Page 1

BIM ESTRIEL GR AT U IT

MAI - JUIN 2017

n° 97

Alexis Deroubaix - Timon d’Aure Redoutables à Saint-Lô

Auvers - Tournée des Grêlons Duarte Romao taille patron

ARGENTAN

Nivard - Up and Quick superstars

MAGAZINE DES SPORTS EQUESTRES ET DES COURSES


Alexis DEROUBAIX - Timon d’Aure, Duarte ROMAO - Utopie d’Bonneville, Franck NIVARD - Up and Quick

SSommaire 4 11 12 22 27 33 40 45

Indoor Brabant ‘S HERTOGENBOCH

EQUICER

TEAM COMPETITION PONEYS

Tournée des Grêlons

est un magazine édité par la Société EDAS Chemin du Poirier - 14220 Hamars SARL EDAS - RCS de Caen 497 704 460 N° de gestion 2007 B 343 Capital de 5 000 € Directeur de la publication Rédacteur en chef : Michel GALLET mgallet.edas@gmail.com Auteur - Photographe : Jean, Eugène BOUGIE Mobile 06 27 22 96 25 j.bougie@wanadoo.fr

AUVERS

Charlotte MEURY - BOUGIE

Quinté

Assistante Communication :

CAEN

Courses et Critèrium de vitesse

Céline BELLONI Mobile 06 28 98 57 96 cbelloni.edas@gmail.com

ARGENTAN

Réalisation graphique :

Josée Mauger - Elevage des Fontaines

Mobile 06 28 98 57 96

Agence EDAS 17 rue Mélingue - 14000 CAEN

REPORTAGE

Impression :

Meeting de printemps - CSI AEC SAINT-LÔ

CORLET Imprimeur 14110 - Condé-sur-Noireau www.corlet.fr Tél. : 02 31 59 53 00

CSIO - Coupe des Nations LUMMEN

ISSN > 221-E Dépôt légal à parution. Ne pas jeter sur la voie publique.

Equin Normand est une marque déposée auprès de l’INPI sous le N° national 07/3527302. Toute reproduction, même partielle, des textes, photos et illustrations est interdite. La revue Equin Normand n’est pas responsable des textes, dessins, photos, cartes de situation et illustrations, qui lui sont envoyés sous la seule responsabilité de leur auteur.

Retrouvez toutes les actualités sur notre site :

www.equin-normand.com


Indoor Brabant - Bois le Duc

Leopold et Zidane Wout et Capetown Marc et Calimero

Trois Ducs sortent du Bois Pour le 50ème anniversaire du concours, dont la première avait été remportée par Nelson Pessoa, il fallait s’attendre à ce que les cavaliers néerlandais mettent tout en oeuvre pour donner à ce demi-siècle une dimension supérieure. Objectif atteint même au-delà des espérances. En effet, derrière Leopold van Asten et VDL Groep Zidane, le podium est complété par Wout van der Schans en selle sur Capetown et Marc Houtzager associé à Calimero. Pourtant, il était difficile d’envisager ce scénario idéal pour une telle occasion sachant que dans ce type de Grand Prix, contrairement à une épreuve de Coupe du Monde, les cavaliers n’étaient pas triés selon l’ordre mondial. C’est ainsi qu’après le passage de 23 concurrents sur 40, on enregistrait encore aucun parcours sans faute. Les Bost, Brash, Van der Vleuten et Ahlmann sortaient avec des pénalités. L’histoire le retiendra, le premier à résoudre les problèmes du parcours et en particulier le vertical sur bidet,premier du triple fut le local Wout van der Schans sachant qu’une barre retomba dans les taquets après un bond de 10 centimètres. Bref ! La chance fait partie de spectre sportif. Finalement, ils furent sept à se qualifier pour un barrage dont on se souviendra que les derniers à pouvoir barrer la route aux Néerlandais furent Kevin Staut et Simon Delestre. On se souviendra aussi qu’après le premier, parti très rapidement mais fautif avec Rêveur de Hurtebise, Simon Delestre essuya un refus brutal de Chesall et qu’à ce moment–là, on nota des élans de joie massifs dans le public. Pourquoi leur en vouloir ? Quel bonheur pour tous, organisateurs et spectateurs de voir Leopold Van Asten qui avait réalisé le meilleur temps en 39.29 avec Zidane entouré de Wout vd Schans et Capetown en 40.51 puis le colosse Houtzager en gros progrès avec Calimero en 41.11

4 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


Leopold Van Asten – VDL Groep Zidane

Marc Houtzager - Calimero

Wout vd Schans - Capetown EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 5


Le Gaudiano Show Le jeune Italien qui porte en 2017 l’uniforme sponsorisé des caribenieri ne fait pas, eu égard à son style l’unanimité auprès des journalistes qui pour la plupart, pour ne pas dire tous, n’ont jamais mis leurs fesses sur un cheval. Bref, le Transalpin installé en Allemagne depuis longtemps, au-delà d’être un garçon aimable est d’une efficacité redoutable. Quand il part c’est pour gagner. A s’ Hertogenbosch, il a fait un tabac. Il remporte le derby avec Carlotta 32 avant de réaliser un doublé dans l’épreuve joker avec encore Carlotta. En fin de liste il bat son propre temps de près de 3 secondes cette fois associé à son autre jument Inc’s Big Think. Enfin, ce qui ajoute encore à son style atypique, il montait dans le Grand Prix le non moins particulier Chalou un hongre de 8 ans par Chacco Blue et Baloubet du Rouet.

6 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


50

! s n A

Un beau cadeau !

Avant de devenir présidente du concours à la suite du décès brutal de Gert-Jan Winkel en 2016, Anky van Grunsven a été la championne de dressage que l’on sait. C’est à ce titre, lors de la soirée d’ouverture au cours de laquelle on fêtait le 50ème anniversaire qu’elle fut honorée par le Président de la Fédération néerlandaise de même que Jos Lansink en tant que meilleurs sportifs de ce demi-siècle. Cette soirée fut aussi l’occasion de revoir en piste les « légendes » tels Bert Romp qui remporta l’épreuve, Rob Ehrens, Frank Sloothak et Henk Nooren. Le plus beau cadeau d’anniversaire fut l’annonce de l’intégration de l’Indoor Brabant désormais dans le Grand Slam Rolex avec Genève, Aix la Chapelle et Calgary.

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 7


Les «

Selle Français » à s’ Hertogenbosch

I

l y ceux qui fréquentent le circuit depuis déjà un certain temps, pour la plupart montés par les cavaliers français : Sydney Une Prince, Ratina d’la Rousserie, Pegase du Mûrier, Hermès Ryan, Sabech d’Ha ou encore Twentytwo des Biches. En revanche, d’autres moins capés faisaient leur entrée sous la selle de nouveaux cavaliers. Inventaire !

TENDRESSE DU FORT Jument par Calvaro et mère Grand Veneur née chez Noël Dufort à Raids dans la Manche. Débutée par Jonathan Tirard, elle fut vendue en Belgique où elle a passé quelques saisons. Montée par Elisa Strubbe, elle fut achetée voilà 3 ans par Jos Verloy. Montée par son fils, Tendrese est passée en janvier sous la selle d’Harry Smolders qui l’a amenée au succès à Bois le Duc.

UGANO DE COQUERIE Hongre par Indoctro et une mère Papillon Rouge né chez Raphaël Dulin à Subligny dans la Manche. Formé chez son propriétaire jusqu’à l’âge de 6 ans en particulier sous la selle de Ferguson Birt, Ugano passe dans les écuries de l’Italien Piergiorgo Bucci qui l’amène régulièrement aux flots dans les épreuves à 145.

8 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


TIPSY GIRL LOISEL Jument par Diamant de Semilly et la fameuse Inedite de Balme (Palestro II). Née chez Françoise Donze à Dagny sur Meuse. Montée jusque-là par Yohan Beuzelin, elle évoluait pour la première fois sous la selle de Romain Duguet. TIPSY DU TERRAL Première aussi pour Romain Duguet avec la jument Tipsy du Terral. Une fille de Roulon et mère Quat’sous née au Gaec du Terral à Flavin dans le Cantal. Vendue à 5 ans au Hongrois Ferenc Saringer, elle est acquise ensuite par la Suissesse Fanny Queloz qui, pour des raisons professionnelles, met ses chevaux à la disposition de cavaliers de haut niveau. SAWYER L’ENCHANTE Hongre par Gold de Bécourt mère Muguet du Manoir né à Lanmeur dans le Finistère. Monté un instant par le Saoudien Albaitony en 2013, il évolue en CSI* et ** depuis 2015 en compagnie du Néerlandais Piet Raijmakers jr. ULTIMATUM IDEAL Début de ce hongre, fils d’Ideal de la Loge et mère Laudanum sous la selle de Pius Schwizer. Ultimatum est né chez les Lefèvre à Avançon dans les Ardennes. Avant d’être vendu et monté par les Italiens Bassi et Addis, puis par les Crotta, il fut exploité par le local Romain Duperret 2ème du CSI*** du NHS 2016 à Saint-Lô. EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 9


10 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


EQUICER France avec

Team Compétition Poneys

Poneys sous les Pommiers a été l’occasion pour TCP de prendre ses marques sportives et de se faire voir en EQUICER avec les responsables de la société. Erick Bossard, directeur EQUICER France, Sébastien, « Coach » de TCP, Anne-Flore Laforge, Valentine Binet, Justine François, Louise Deveaux, Agathe Dulong, Olivier Deveaux, EQUICER France. A genoux : Romain Lefèvre, Hannah Petit, Axel Lessens et tous les parents en soutien. Team Compétition Poneys a été créé à l’initiative de Sébastien Laforge. Cavalier depuis son plus jeune âge, Sébastien a une expérience large dans le domaine du cheval. Formateur de jeunes chevaux, il est également éleveur mais aussi et surtout avide de transmettre sa passion. Ces activités diverses, il les exerce dans une niche du Pays d’Auge près de Lisieux. Au Pré d’Auge, sur une structure créée en 2000, Sébastien, nourri de son expérience a donné naissance à TCP (Team Compétition Poneys), une association 1901 dont l’objectif est, dans le cadre de la formation qu’il dispense aux jeunes cavaliers, de les faire participer aux Championnats de France de Lamotte Beuvron. Outre la formation proprement dite, le « Coach » s’est fixé pour mission de réunir, auprès de partenaires divers, le budget nécessaire à cette entreprise. Il a, parmi d’autres, trouvé un écho favorable auprès d’EQUICER France. Son directeur, Erick Bossard et l’un de ses experts Olivier Deveaux, ont procuré, entre autres soutien, ces splendides vestes vert –pomme qui ne manqueront pas, toute la saison, de bien identifier les cavaliers de TCP.

www. team-competition.fr - www. equicer.fr EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 11


AUVERS - CARENTAN Tournée des Grêlons

Grand Prix de Muneville le Bingard

signé Hinard !

Signé Hinard et tous les bénévoles qui, pendant 50 ans, ont oeuvré pour organiser un concours hippique dans cette commune manchoise de 700 habitants située à mi-chemin entre Coutances et Périers. La famille Hinard en fut, pendant longtemps le moteur, un moteur puissant compte-tenu de la carrière d’Alain, Champion de France en 1977 avec Déesse II. En 1990, année de ce reportage, l’association était encore très vivace. De nombreuses animations donnaient au concours une ambiance de fête villageoise dans laquelle tous s’impliquaient. Puis, le temps a passé, les gens ont vieilli. C’est un lieu commun de l’existence.

12 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017

Le concours hippique a changé de visage. Malgré cela, Alain Hinard a jusqu’en 2016, tout mis en oeuvre pour maintenir le rendez-vous avec ses racines. Et, la sagesse guidant cette noble association, il a été décidé d’y mettre fin. C’est ainsi que le 19 mars 2017, alors qu’à Paris depuis la verrière du Grand Palais, on diffusait les images pitoyables d’une épreuve majeure censée représenter l’excellence française tant dans le sport équestre que dans le luxe, à Auvers, avec la simplicité et l’émotion qui s’y attachent, le solde des comptes (7000€) a été partagée entre l’épreuve principale du jour, France Alzheimer et la caisse sociale de la commune de Muneville le Bingard.


1990-2017 En 1990, le concours de Muneville le Bingard avait lieu en juillet. Ce qui s’y déroula à la buvette, prit, quelques semaines plus tard, une place dans la grande histoire du saut d’obstacles. Paul Rident, fut l’un des lauréats récompensés par des Normands en tenues traditionnelles. Parmi les concurrents, l’on notait la présence de Xavier Leredde, Eric Levallois, Denis Brohier entre autres et Eric Navet. Eric venait d’être sélectionné pour représenter la France aux Jeux Equestres Mondiaux à Stockholm. Après plusieurs parcours, quelques- uns sans faute d’autres moins réussis, il buvait un Perrier au milieu des éleveurs du coin. Au détour d’une conversation, l’un d’eux lança « Il serait bien capable de les mettre tous d’accord ». Une intuition égale à celle qui leur a fait choisir des croisements propres à faire naître des champions. Le 12 août Eric Navet associé à Quito de Baussy devenait Champion du Monde. 2017, à Auvers, forte de tous ces souvenirs, les bénévoles de l’association équestre de Muneville le Bingard emmenés par la toujours vive Madame Hinard, 96 ans, recevait les honneurs de toute la communauté manchoise.

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 13


Prime de la fidélité pour Nicolas Delmotte et Connor

Un parcours de 13 obstacles à 140 bien dosé et au final 11 barragistes Un barrage ouvert par celui qui l'emportera. En effet, Nicolas Delmotte fidèle parmi les fidèles de la Tournée des Grêlons avait qualifié deux chevaux. Avec Darmani Van't Heike en ouvreur, il écope de 4 points dans le temps de 38.75. Un temps qui sera battu par, cela coule de source, un cavalier sans faute. Alexis Gautier est surpris de l'arrêt de Ramouncho de Grée sur le N°1. Pénalisé de 6 points il termine 11ème. Après Romain Bourdoncle fautif avec Uhlorian, c'est au tour de Florian Angot de fouler la piste avec Soprano de Grandry qui boucle un sansfaute mais moins rapide que celui du Nordiste. Le cavalier de Noron la Poterie termine 4ème. Nicolas Tison et Uzelle d'Arthenay sortent avec 4 points. Alexandra Ledermann lauréate de la grosse épreuve de samedi, se lance pour réaliser le doublé avec Requiem de Talma. Avant le passage des suivants, son objectif est réalisé. Elle prend la tête en 37.62. Successivement Félicie Bertrand-Almeria Z, et Tony Cadet- Ratina Kervec sont fautifs (4 points) alors qu'Axel Van Colen est sans faute avec Cherisma Z en 41.71. Il complétera le top 5. Restaient alors François-Xavier Boudant associé à Vertige de Galarzacs et Nicolas Delmotte en selle sur Connor. Le premier passe la cellule en 38.15. Il sera 3ème. Nicolas Delmotte plus lent qu'Alexandra Ledermann jusqu'à l'avant dernier obstacle, sous les encouragements d'Alain Hinard, accélère pour s'imposer en 37.21.


Nicolas Tison – Uzelle d’Arthenay

Classement

Alexandra Ledermann – Requiem de Talma

1 - Nicolas Delmotte / Connor 0 et 37.21, 2 - Alexandra Ledermann / Requiem de Talma 0 et 37.62, 3 - François-Xavier Boudant / Vertige de Galarzacs 0 et 38.15, 4 - Florian Angot / Soprano de Grandry 0 et 40.22, 5 - Axel Van Colen / Cherisma Z 0 et 41.71.

Félicie Bertrand – Almeria Z

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 15


Grand Prix « Elite » Manche

Duarte Romao et Utopie du rêve à la réalité


Le plus « normand » des Portugais Dans les années 60, nos parents et grands- parents fredonnaient « Les Cloches de Lisbonne », une mélodie populaire interprétée par Maria Candido, Luis Mariano, Gloria Lasso et autres vedettes du moment. Les paroles évoquent le départ, au son des cloches, depuis la rade de la capitale portugaise, des marins et conquistadors vers des destinations lointaines. Les Cloches de Lisbonne auraient pu sonner pour le départ en 2005 du jeune Duarte Romao. Né à Lisbonne en 1984, il venait d’avoir 21 ans. La passion du cheval lui avait été transmise, dès son enfance, par l’intermédiaire de son grand–père maternel José Lachado, par ailleurs torero. Avant de mettre les voiles, Duarte avait participé aux Championnats d’Europe jeunes cavaliers avec Elisco de Gamet « C’était un cheval qu’on m’avait prêté par le biais du marchand Guy d’Oriola à qui j’ai demandé de m’aider pour venir travailler en France. Il faisait du commerce avec Jean-Baptiste Thiébot ». Eh oui ! C’est à Benoitville dans le Cotentin que Duarte Romao qui ne parle pas un mot de français débarque. Benoitville n’est pas sur la route des Indes mais Duarte Romao n’est pas non plus Vasco de Gama et Jean-Baptiste Thiébot n’a pas une tête de conquistador. Alors, les Cloches de Lisbonne n’ont pas sonné !

« Quand je suis arrivé à Benoitville je ne parlais pas un mot de français » Le Portugais va demeurer dans le Cotentin jusqu’à la fin de la saison 2006 avant d’aller passer deux ans chez Christian Hermon. Il quitte Beaumont en Auge pour le Haras de la Bosquetterie. Là, Duarte va parfaire son métier pendant 4 ans avec quelques bons résultats et plus particulièrement le titre des 4 ans à Fontainebleau avec Safari d’Auge. C’est lui qui débute Qlassic Bois Margot et Rissoa d’Ag. Après un retour au Portugal, puis un séjour dans les écuries Stephex et Ashford Farm en Belgique, Duarte Romao intègre la structure créée par Nicolas Paillot pour développer le marché américain « J’y suis resté peu de temps. Nous nous sommes séparés à l’amiable, je ne m’y trouvais pas à mon aise » précise le quasi Normand qui s’installe alors à son compte près de Cambremer : « J’ai travaillé pour Benjamin Ghelfi avant d’intégrer, au milieu de 2015, le Haras de Lécaude où Pénélope Leprévost souhaitait développer ses activités. Je suis indépendant. Mon travail consiste à monter les chevaux de propriétaires, faire du coaching pour des clients, participer au développement commercial. Utopie d’Bonneville m’a été confiée par sa propriétaire Emilie Garin voilà 1 an. En fin de saison, elle avait déjà bien progressé. Maintenant, elle est devenue performante avec encore une marge de progression suffisante » conclut Duarte. Pour le succès d’Auvers et la naissance de la petite Leonor le 15 mars : Que sonnent les cloches de Lisbonne!

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 17


Nicolas Delmotte, vainqueur du GP du deuxième weekend, 2ème et 3ème du GP « Elite » Manche remporte le challenge récompensé par une semaine au Sénégal pour 8 personnes. Florian Angot remporte, avec Tip Top des Tess la vitesse du samedi 25 mars. Il s’est par ailleurs mis en évidence avec Soprano de Grandry. Jérôme Hurel remporte une épreuve avec Houston et se classe 4ème du Grand Prix avec Ohm de Ponthual. Benjamin Devulder ici avec son espoir Vert de Gris remporte, 8 épreuves avec ses autres chevaux pendant les deux derniers concours de la Tournée des Grêlons.

18 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


Mention bien pour le jeune Manchois Alexandre Dufour qui s’invite au barrage avec Velours d’Argouges

P

rivé de Grand National, Alain Hinard a, malgré tout réussi à attirer pour son Grand Prix de clôture un plateau de même qualité. La quantité était aussi au rendez-vous puisqu'ils furent 76 à prendre le départ. Après le succès de Benjamin Devulder et Soraya de Saint Martin, le 8ème en deux semaines à Auvers pour le cavalier « Equin normand », la cavalerie "Elite" pour le challenge Manche du même nom s'est mise en piste et cela sous le soleil. De ces conditions idéales, sur un parcours unanimement apprécié tant dans sa conception technique que dans sa subtilité, 14 cavaliers ont gagné leur billet pour le tour du vainqueur. Et de ceux-là c'est, il faut bien le dire avec une certaine surprise, Duarte Romao associé à la jument Utopie d'Bonneville qui a émergé. Ses deux deuxièmes places récentes dans des CSI*** espagnols expliquent la forme que le couple a affiché sur la piste d'Auvers.

Lancé par la jeune Flore Giraud victime de 4 points avec Ulisca du Touney, le barrage prenait rapidement de la dimension avec le passage de Nicolas Delmotte et Darmani Van't Heike. Il se chuchotait même que le Nordiste serait difficile à battre. Son parcours avait été limpide, parfait dans ses trajectoires et surtout très incisif dans le final. Bref du très très bon Delmotte. Le temps de 39.51 fut battu- 39.31- par Julien Anquetin et le puissant Gigant B mais avec 4 points de pénalité sur le vertical, avant dernier obstacle. Patrice Delaveau sortit de piste avec 16 points pour Urcos de Kerglenn.

Comme on pouvait s'y attendre Mathieu Billot fut parfaitement en phase avec Radja des Fontaines mais il manqua 23 centièmes pour espérer gagner. Espérer seulement, car si Jérôme Hurel- Ohm de Ponthual et Nicolas Delmotte - Connor déroulèrent un parcours suffisant pour les maintenir dans le top 5, le couple leader restait bien arrimé. Jusqu'au passage de Duarte Romao et Utopie d'Bonneville. La jument alezane de 9 ans par Landor et une mère Jalisco B née dans le Loir et Cher (Sarl European Horses) est en Normandie depuis le printemps 2016. Duarte Romao y est associé essentiellement. Sans faillir, avec beaucoup de précision, le toujours souriant Portugais a mis le chrono à l'heure d'été en 39.11. Jérôme Hurel, dernier à partir avec le géant Houston n'a pas été en mesure de rivaliser.

Classement 1- Duarte Romao, Utopie d'Bonneville 0 et 39.11, 2 - Nicolas Delmotte, Darmani Van't Heike 0 et 39.51, 3 - Mathieu Billot, Radja des Fontaines 0 et 39.73, 4 - Jérôme Hurel, Ohm de Ponthual 0 et 40.46, 5 - Nicolas Delmotte, Connor 0 et 40.50

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 19


Retrouvez toutes les offres sur : http://www.equiressources.fr/

ACHETEUR H/F Offre N° E013259 Lieu de travail : Département 14 Type de contrat : CDI - Temps plein Début de contrat : Dès que possible

Poste et missions : - Manager la performance des fournisseurs existants; mettre en place et piloter les indicateurs de suivi vérifier la mise à jour permanente de l’ERP; mener des audits. - Sélectionner qualifier les nouveaux fournisseurs. - Sélectionner les produits. Définition, nouveautés. - Élaboration du cahier des charges (qualité, quantité, stock, commandes, délais, ...). - Participer aux travaux de réduction de coûts en cas de demandes spécifiques. - Identifier les produits novateurs, assurer la veille technologique du secteur et la veille marketing des tendances de la demande. - Prospecter les marchés et les fournisseurs et évaluer la concordance de leurs propositions avec les besoins. - Gestion des relations avec les fournisseurs: contrats, mener les négociations annuelles, résoudre les litiges,... - Participation avec le service réapprovisionnement à la définition et la mise en œuvre du plan d’approvisionnement (gestion des coûts et des flux) et au contrôle des dérives contractuelles des fournisseurs. - Déplacements à l’international pour les salons professionnels, la recherche produits et fournisseurs ou les rencontres fournisseurs à l’international (Chine, Inde, Afrique du Nord, etc.). Profil : Première expérience significative et réussite dans un poste similaire. - Poste basé en Normandie, prévoir des déplacements à l’international - Maitrise du pack office. - Anglais courant impératif. - Pouvoir de négociation, diplomatie, rigueur, organisation, coordination, initiative, esprit analytique, autonomie, gestion du stress. - Des connaissances techniques sur les produits du secteur Équitation, produits chevaux et cavaliers seront indispensables. - Formation supérieure spécialisée en logistique ou achat.

LAD JOCKEY H/F Offre N° E013212

Lieu de travail : Département 50 Type de contrat : CDI - Temps plein Début de contrat : Dès que possible Secteur d’activité : Trot (entraînement) Logement : Oui Possible en dépannage Poste et missions : URGENT Écurie de trotteurs recherche un lad H/F Le poste proposé est un CDI mais si le candidat le souhaite, cela peut être un CDD de courte durée. La personne doit savoir atteler. Profil : Expérience : 1 - 3 ans Minimum 2 ans Compétences transversales : Permis B (voitures) Souhaité

Assistant d’élevage H/F Offre N° E013269

Lieu de travail : Département 14 Type de contrat : CDI - Temps plein Début de contrat : Dès que possible Secteur d’activité : Sport / Loisir Logement : Oui Poste et missions : Assistant d’élevage et travaux d’entretien Profil : Expérience : 1 - 3 ans motivation et sérieux indispensables Niveau de formation : Indifférent Compétences spécifiques : - Technique(s) d’élevage (passage à la barre, manipulation des foals, suivi se la reproduction,...) Exigé - Poulinages Souhaité - Conduite de tracteur Exigé - Utilisation et entretien du matériel agricole Souhaité Compétences transversales : Permis B (voitures) Exigé

CAVALIER D’ENTRAINEMENT H/F Offre N° E013255

Lieu de travail : Département 27 Type de contrat : CDD - Temps partiel 30.00 heure(s) par semaine 6 mois Début de contrat : Dès que possible Poste et missions : Recherche un(e) cavalier(e) d’entraînement au lot ou à mitemps. Disponible le plus rapidement possible. Profil : Expérience : 1 à 3 ans Expérience(s) dans : Galop (entraînement) Niveau de formation : Indifférent

ENSEIGNANT ANIMATEUR H/F Offre N° E013306

Lieu de travail : Département 50 Type de contrat : CDD - Temps plein 2 mois Début de contrat : 08/07/2017 Secteur d’activité : Sport / Loisir Logement : oui L’entreprise : Centre equestre bord de mer dans la Manche Poste et missions : Recherche un animateur(rice) ou enseignant(e) à temps plein pour Juillet Août 2017 Titulaire BPJEPS, CQP, BAP, AAE. Logement sur place possible. Souriant et convivial, vous serez en charge d’animer des stages poneys pendant les vacances scolaires. Profil : Expérience : Indifférent Expérience(s) dans : Sport / Loisir Niveau de formation : Indifférent Diplôme Exigé : BPJEPS (Niv 4) Diplôme Exigé : CQPASA (Niv 5)


Quinté à Caen

Ave Avis : un gros bonnet !

A

près trois réunions d'ouverture pour la saison 2017, l'Hippodrome de la Prairie accueillait son traditionnel Quinté, l'une des trois épreuves phares de l'hippodrome caennais avec les Ducs de Normandie le 17 mai et le Grand Prix de la ville de Caen en octobre. Dans le cadre d'une course européenne dotée de 40.000€ avec départ à l'autostart sur la distance de 2200m. Le Prix de Cauvicourt réunissait une brochette de 16 trotteurs parmi lesquels des millionnaires. Tiégo d'Etang, Uhlan du Val et Billie de Montfort étaient en première ligne. Une première ligne complétée par Aladin d'Ecajeul dont c'était la dernière sortie. Le vainqueur drivé par Mathieu Abrivard était favori. Favori après une dernière sortie discrète. Ave Avis est un mâle de 7 ans par Kesaco Phedo et une mère par Tenor de Beaune. Une souche maternelle où l'on retrouve le célèbre Buffet II. Entraîné par Jean-Michel Bazire, il est la propriété de Mme Roffi-Urano. Ancien vainqueur du critérium des 5 ans, Ave Avis a remporté en 2016 le Critérium d'été (GrII). Pour ce quinté, le pensionnaire de JMB courait pieds nus et équipé d'un bonnet intégral qui, selon son driver lui a donné le calme et l'attention indispensables à la victoire. Une victoire construite dans le sillage de Billie de Montfort qu'il a, grâce à des ressources intactes pu déborder à l'entrée de la ligne droite. La 3ème place revient à Ulk Medoc très habilement drivé par Tony Le Beller.

22 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


L

a réunion de Caen fut aussi l’occasion d’assister à une très belle victoire de Dryade de Chenu. En réalité une véritable promenade de santé pour la pensionnaire de Jean-Michel Baudouin « DESTRIER Trotting ». Drivée avec habilité par Tony Le Beller, cette jument âgée de 4 ans née chez Frank Pellerot dans la Sarthe remportait à Caen sa 4ème victoire. C’est une fille d’Oiseau de Feux. La course monté donna aux jeunes D. Castillejo et Ludivine Drapier l’occasion de se mesurer dans une ligne droite finale intense. Le représentant de l’écurie Levesque avec Bellinissimo, un pur produit maison s’imposait in-extremis devant la jockette de l’écurie Lefaucheux en selle sur Abatha.

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 23


Courses à Argentan

Jordan Delaunay :

J

Il suffisait de déceler une tension particulière qui dénotait de celle des autres jockeys avant le départ de la course pour se rendre compte que celui du N°2 Edjira n’avait pas 10 ans de métier. En effet, Jordan Delaunay, qui vient de fêter ses 18 ans participait à sa première course. Né le 30 mars 1999 à Mortagne au Perche, Jordan semblait davantage attiré par le football qu’il a pratiqué pendant 10 ans. Ses soeurs cavalières lui donnent envie de changer de voie. Il suit la classe de 3ème au lycée agricole de Sées. Ensuite il intègre la MFR de Vimoutiers pour préparer un bac Pro GGEH qu’il passera en juin. Depuis le début de sa formation, il a pour maître de stage Louis Baudron.

Première

!

D

Au Haras des Rouges Terres aux portes de Sées, on travaille dans les trois disciplines, trot, galop et obstacle. Jordan a choisi d’être jockey de plat. Le 5 avril, entouré de son boss Louis Baudron et de Rodolphe Thomas (toque bleue) qui montait l’autre cheval de la casaque blanche à écharpe rouge Jordan montait Edjira une femelle grise de 3 ans. « Cette course n’a pas été facile, j’ai fait un mauvais parcours. J’étais stressé. Je n’étais pas fier de moi » réagit Jordan qui participait le 16 avril à sa deuxième course sur l’hippodrome de Fougères. « J’ai fait un super parcours, derrière celui qui gagne. Le cheval a manqué de gaz pour finir. J’étais plus confiant, je suis content de ma course » conclut le jeune Ornais qui envisage de rester à la maison Baudron pour prendre de l’expérience et y ouvrir au plus vite son palmarès

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 27


Faits marquants Des Maiden prometteurs Le Prix du Haras de Fresnay-Le-Buffard est revenu assez facilement à Galipad, au centre sur la photo, monté par Maxime Guyon pour les couleurs Wertheimer. Le pensionnaire d’André Fabre est un fils de Galileo et le neveu de Solemia (Poliglotte) lauréate du prix de l’Arc de Triomphe. Partants dans 6 courses, PierreCharles Boudot, cravache d’Or 2016, s’impose avec facilité en selle sur Bernina Range née en Normandie chez les Lengin. Bernina enregistrait là son premier succès en France après 3 victoires à Milan et Pise à ses débuts. American Woman montée par Thomas Huet s’impose avec énergie dans le Prix du Haras du Mezeray au dépens de Simply Sweet et Ronan Thomas pour l’entraînement de Louis Baudron. La lauréate est une fille d’American dont elle est la première gagnante en France.

28 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


ARGENTAN Critérium de Vitesse de Basse-Normandie

Nivard – Up and Quick

Insolents !

Q

uel plateau pour en découdre sur les 1609 mètres de l'épreuve phare de l'hippodrome ornais en pleine dynamique de notoriété. Et plus particulièrement les trois favoris dans l'ordre Bird Parker, Billie de Montfort et Up and Quick. C'est dans l'ordre inverse qu'ils ont franchi le poteau mais c'est avec un quasi boulevard lorsqu'il s'agit de telles vitesses que le revenant Up and Quick s'est imposé. Parti comme un bolide le pensionnaire de Franck Leblanc couvrait les 500 premiers mètres en 1.07.4 soit à la vitesse de 53 kms heure ! Suivi comme son ombre par David Thomain et Billie de Montfort 2ème sur cette piste en 2016, le vainqueur du Prix d'Amérique 2015 n'avait pas gagné en France depuis le GP de Paris de la même année cela sous la mène de JM. Bazire. Là, placé tête et corde, le fils de Buvetier d'Aunou retrouvait Franck Nivard dans son sulky. Pour l'histoire c'est avec le Manchois que le cheval avait ouvert son palmarès. C'était le 27 août 2011 à Vincennes dans le prix de Lagny. Depuis le quintuple vainqueur du Prix d'Amérique enlevait avec lui, en 2013 le Critérium des 5 ans avec une réduction de 1.11.5 sur la distance de 3000m. Après le Prix de Bretagne de la même année, où il se classait deuxième, Franck Nivard n'avait plus drivé Up and Quick. Les records battus.

30 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017

Eloigné des pistes pendant un an, l'étalon de Philippe Delon (Ecurie Quick Star à Mardilly dans l'Orne) revient non seulement par la grande porte mais il y ajoute avec le temps de 1.09.4 le record de l'épreuve et de la piste détenu par Aladin d'Ecajeul - 1.09.8 en 2015. Billie de Montfort deuxième de l'épreuve est en 1.09.6 Bird Parker mal parti et revenu en 3ème épaisseur prend la 3ème place avec un temps de 1.09.7. Up and Quick fait la monte au Haras de Sassy à St Christophe le Jajolet dans l’Orne.


1.09.4 !!!!

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 31


REPORTAGE

Josée MAUGER

Normande d’adoption, l’Avignonnaise est, avec Radja des Fontaines, toujours sur le « Pont » et à la « Barre » ! Ils ne sont pas légion les éleveurs normands qui ont conservé leurs chevaux lauréats au niveau mondial. Sans remonter aux temps anciens et sans prétendre en dresser une liste exhaustive on peut citer, Alain Navet et Quito de Baussy, le clan Brohier- Bizot avec Narcos II et plus près de nous Old Chap Tame, Fernand et Xavier Leredde avec Papillon Rouge, les Lebon avec Jubilée et Kronos d’Ouilly, Alexis Pignolet et Nippon d’Elle. Avec Radja des Fontaines, Josée Mauger est de ceux-là. Cavalière – éleveuse aux Fontaines à La Barre de Semilly, près de Saint-Lô, la pétulante Sudiste vit aux côtés de son compagnon Henri, un véritable conte de fée depuis l’été 2016. Confié à Mathieu Billot, le fils d’Hurlevent de Brekka s’est d’emblée imposé à Lausanne avant d’aller à Barcelone, Oslo, Helsinki, la Corogne, Madrid, Malines, Vilamoura et de revenir, en passant par Royan, se ressourcer sur ses terres normandes à Auvers . Radiographie d’un voyage vers les étoiles

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 33


Lara Faye et Orielo des Fontaines

Un âne en cadeau Née à Avignon, d’un père opticien dans une famille de 6 enfants, peutêtre une raison pour laquelle elle n’aura pas froid aux yeux, Josée (Gruel) Mauger dit avoir toujours été attirée par le cheval : « Mon grand-père m’avait acheté un âne, les poneys n’existaient pas à l’époque. J’avais 6 -8 ans. A 12 ans, ma tante m’a emmenée au club voisin du Lozet et m’a offert ma première leçon puis ma première carte. Mon instructeur M. Roques était un homme passionné. Il nous a fait aimer le dressage et le complet ». Malgré les dispositions que la jeune Josée montrait à cheval en glanant de l’expérience jusqu’au 3ème degré (galop 9), ses parents n’étaient pas convaincus, eux qui la voyaient journaliste. Après le bac, elle se dirige vers une licence d’espagnol : « En réalité c’était davantage par relation avec le cheval que j’ai choisi cette voie mais je n’avais pas de but professionnel précis à cet égard. J’ai pratiqué le dressage jusqu’à la reprise 5 (Saint-Georges) et obtenu le 3ème degré (galop 9) » précise-t-elle en poursuivant : « Lorsque je préparais le monitorat, j’allais m’entraîner au parc Borelli à Marseille. J’ai monté en courses de cavalières et pratiqué le complet dans les grosses séries. Je rêvais d’aller passer un an à Saumur. J’ai eu l’occasion d’aller y faire un stage de 3 semaines. Là, je me suis rendue compte que mon niveau était très convenable. J’ai passé le diplôme d’instructeur ». C’était au début des années 70, Josée fut la première instructrice féminine.

Premières expériences Bardée de ses diplômes, Josée se tourne définitivement vers le cheval. Elle passe 1 an près de Limoges sous l’autorité du Commandant de Fombelle « Il nous faisait faire des trucs dingues : monter sans selle en se tenant les deux jambes en arrière » se souvient-elle. Ce sera ensuite une autre année près de Troyes en Champagne comme instructrice avec des chevaux de complet. La discipline encore spécifique aux militaires, on la retrouve à Coëtquidan : « Je gagne le cross. Je me souviens d’ André Legoupil et d’autres qui disaient « d’où elle sort celle-là ». J’ai rencontré un propriétaire, promoteur immobilier à Sarzeau. Il possédait un cheval nommé Tarzan qu’il m’a confié pour participer au Championnat de France qui se déroulait au Haras du Pin. Le parcours était très dur, il se déroulait sur celui du Championnat d’Europe de l’année précédente. Peu de cavaliers terminaient».

34 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017

Hortense Fontaines et Radja poulain

Jean-Yves Touzaint m’avait prévenue, « Si tu passes le 3 tu finis le tour ». « Je peux vous assurer que ça m’a boostée pour passer le 3. J’ai terminé classée. L’un de mes meilleurs souvenirs ». A la suite de cet épisode, c’est naturellement à Sarzeau que Josée pose ses valises.

Direction Saint-Lô Là hasard de la vie, elle rencontre un jeune étudiant en médecine. « Un vrai coup de foudre» confesse-t-elle. Coup de foudre dont naîtront rapidement des jumelles et plus tard deux garçons. Francis Mauger, l’étudiant en question, vient effectuer son internat à l’hôpital de Saint-Lô : « Du 8ème étage de la tour je voyais les chevaux chez les Levallois. J’y allais parfois. Un jour M. Levallois m’a proposé de travailler chez lui alors que son cavalier venait de partir. J’y suis restée 2 ans. J’ai débourré le Tot de Semilly. J’ai aussi monté Graine d’Oria. C’était la dernière fille de Rantzau, Germain Levallois y était très attaché. A Fontainebleau, dans le championnat des 6 ans, nous étions 31ème, seuls les 30 premiers étaient retenus pour la finale. Nous avons gagné le « Salon du Cheval. Je montais aussi Jaika des Champs à Loïc Renimel. J’avais aussi Gitan du Fougeray, un trotteur performant. Nous louions des boxes chez Georges Levallois, le frère de Germain. On allait travailler les chevaux sur les carrières du Haras national. A ce moment, là, nous avons migré vers La Barre de Semilly ».


Aux Fontaines Un village sur la commune de la Barre de Semilly au coeur de ce que l’on nomme le « Bocage Saint-Lois ». Le corps de ferme dégradé à l’époque est entouré de 15 hectares de pâtures. « Nous avons dû d’abord entamer des travaux d’importance pour que la maison soit habitable. Très vite nous avons aménagé 10 boxes, puis deux et quatre autres. C’était toujours plein avec des jeunes chevaux, des chevaux de propriétaires. Là, j’ai passé des dizaines de générations de jeunes chevaux avec l’aide du talentueux et jovial Raphaël Marquer » s’enthousiasme Josée.

Vice-Championne de France des cavalières en 1992 Josée, cavalière de jeunes chevaux participe aussi aux épreuves pro, les B1 et autres de l’époque. Elle monte en particulier Oriele de la Mare (Uriel et Goelette B par Gaur (PS) à Jean-Pierre Hebert d’Annoville. Josée Mauger blessée, c’est Eric Navet qui la remplace pour la finale de Fontainebleau. Oriele est Championne des 6 ans. En 1992, la Saint-Loise est vice-championne de France des cavalières avec Suriele de Ver (Uriel et Violette de Parme par Furioso (PS) « Cette année-là, la championne était Christelle Ribes. Il avait fallu négocier ferme avec Bernard de Vains pour qu’il consente à me confier la jument ».

L’élevage et Radja Avec les gains acquis avec Orielle de la Mare, Josée achète Uriela de la Mare (Surioso de Ver et Qurielle de la Mare par Uriel), la propre soeur d’Orielle. Par Qouglof Rouge, Uriela a produit Iana Fontaines, 3ème du Championnat d’Europe par équipe 2007 à Auvers avec Laura Faye et Hortense Fontaines par Arra d’Auzay à l’attachant Patrick Blanckaert. Hortense a produit Oriela des Fontaines (Diams du Grasset) ISO131, Parme des Fontaines (Germino d’Elle), Qlotilde Fontaines (Hurlevent de Brekka) et le dernier Radja des Fontaines (Hurlevent de Brekka). Pour ses accouplements Josée Mauger fait confiance à Xavier Leredde : « Sur les conseils de Xavier j’ai choisi Hurlevent de Brekka. Les sangs de Quidam de Revel et Quat’sous étaient censés amener du cadre et de la force à une souche bourrée de sang ».

Bien vu Xavier !

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 35


L’ Epopée « RADJA » Grand, 1.72m, d’une extrême gentillesse mais plutôt tardif, Radja ne fut pas présenté dans les concours d’étalons. Hongre, le grand alezan fut confié à 4 ans à Benjamin Devulder : « Benjamin lorsqu’il était chez Thierry Navet avait monté Oriela des Fontaines. J’avais été satisfaite. Pour des raisons matérielles, j’ai confié Radja contractuellement à la famille Faye que je connaissais bien puisque Laura montait Iana. Radja était manifestement trop fort pour une jeune fille. Au début de l’été 2013, alors que le cheval était fâché sur les rivières et les bidets, je l’ai récupéré. Immédiatement et comme Benjamin montait ou avait monté plusieurs de mes chevaux, je lui ai proposé de prendre Radja. Avec du temps, il a bien récupéré la situation ».

Benjamin Devulder et un NHS 2014 mémorable

Six mois profitables chez Nicolas Delmotte

D’emblée, Benjamin retrouve les sensations qu’il avait eues avec Radja. Après un galop d’essai au NHS, il enchaîne SaintJames, Auvers et les premiers classements à Saint-Hilaire du Harcouët à 135cm. A Betton en avril 2014, il remporte une 135, il récidive à Hennebont et au Touquet. A Saint-James le cavalier « Equin normand » se classe 3ème du GP à 145 avant d’en remporter une autre lors du CSI** du NHS et d’offrir le titre de meilleur cheval du NHS 2014 à Radja en même temps que celui de meilleur cavalier pour Benjamin. L’année 2015, avec des classements consécutifs à Tours, Deauville et de très belles performances à Montfort sur Meu et Saint Quai Portrieux, devient plus terne à l’automne ce qui conduit les deux parties à cesser leur collaboration.

Josée qui connait le talent et la méthode du Nordiste, lui confie Radja qui débute raisonnablement à Auvers. D’autres classements prometteurs s’ajoutent à Sancourt et à Maubeuge puis à Deauville et au Touquet. A Compiègne les deux parties s’accordent sur une nouvelle orientation du cheval « Nicolas a fait un très bon travail mais il avait trop de chevaux de ce niveau pour sortir suffisamment Radja dans les grosses épreuves. Il nous a conseillé de le confier à un cavalier qui avait besoin de renforcer son effectif de pointe. Il nous a suggéré Mathieu Billot » confie Josée Mauger qui n’imaginait pas vivre une telle fin de saison.

36 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


Et la propriétaire, comment voit-elle l’Europe au travers de ses pérégrinations équestres.

Avec Mathieu Billot, Radja touche les étoiles Excessif peut-être mais qu’importe. Il faut imaginer le bonheur d’un éleveur dont le cheval aborde aussi rapidement le haut niveau et ce avec un succès immédiat. Alors comment imaginer le bonheur de cet éleveur lorsqu’il en est toujours propriétaire, cela entendons-nous bien, conscient également des charges y afférent. C’est aussi à Auvers, le 20 août, que Mathieu Billot débute Radja sur des épreuves à 135 puis 145. Trois semaines plus tard, le Deauvillais l’envoie au feu dans le CSI***** Longines de Lausanne. A la surprise générale, le couple remporte une épreuve à 155. L’entente est parfaite. Dans la foulée, le sélectionneur emmène Mathieu à Barcelone où il se classera 2 fois deuxième d’une 145. Puis ce sera un voyage en Scandinavie avec la Coupe du monde d’Oslo, et le Grand Prix Helsinki. Après un passage éclair à Pontivy et le Mans avec un succès, direction Madrid pour le Grand Prix. Dans la capitale espagnole, Mathieu glane une 6ème place dans une 145 avant d’en remporter une à la Corogne où il se classe 10ème du Grand Prix, CSI***** et de terminer la saison à Malines, là sans résultat probant. Qui lui en tiendrait rigueur ? Pour entamer la saison 2017, Mathieu emmène son protégé respirer l’air frais de l’Atlantique au Portugal. De Vilamoura, il ramène une très belle deuxième place dans une 145 avant de participer à la première étape du Grand National de Royan où il termine à la 8ème place. A Auvers, une semaine plus tard, le couple se classe 3ème du Grand Prix « Elite » Manche.

« Elite » Manche convient très bien à Radja des Fontaines

Lausanne – « Le vendredi, il fait 4 points. Dans l’épreuve qu’il va gagner, il est l’avant dernier à partir, il n’y a que 3 sans –faute. Nous étions agrippés, le double difficile est passé, la palanque qui tombait facilement passée aussi. Il est sans – faute et …meilleur temps. Fantastique ! ». Le lieu ? « Magnifique, au bord du lac, il faisait beau et chaud ». Barcelone« C’est l’été encore, la chaleur, l’ambiance, le Polo Royal, comme Lausanne : des concours huppés». Oslo et Helsinki – « Une grande ferveur populaire, un programme superbement conçu, un spectacle permanent, beaucoup d’animations entre les épreuves. Nous avons été surpris par la qualité des transports à Oslo où il y a très peu de voitures. Des trams à toute heure, souvent même à 5 heures du matin. En Finlande où l’on ressent l’influence russe dans la population, nous avons été impressionnés par le niveau économique ». Madrid « Le séjour ne nous a pas particulièrement marqués si ce n’est la richesse de la ville qui contraste avec le reste du pays ». La Corogne- « Quelle classe chez Zarra. Des installations aménagées avec goût et une opulence délicate : des fleurs, beaucoup de fleurs, des drapeaux et une organisation parfaite. A mon avis Mathieu a été un peu trop gourmand ». Malines- « Chaleureux, très bruyant malgré tout. Mathieu passait après Mickael Whitaker qui a abandonné. De ce fait il a un peu bousculé Radja qui aime être très détendu avant de rentrer en piste ».

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 37


Pôle Hippique - SAINT- LÔ Episode 1

Meeting de Printemps AEC Deroubaix – Devulder, les gars du Nord

U

n grand longiligne, un petit trapu, Alexis Deroubaix et Benjamin Devulder auxquels il faut associer Julien Epaillard et Thomas Rousseau, ont marqué le premier épisode du Meeting de printemps mis sur pied par l’AEC (Association des Ecuries de Concours). Avec un thermomètre qui tutoya les 30 degrés, on en évoquera encore dans 30 ans le souvenir.

Thomas Rousseau et Urbane de Ribaudière en ouverture. Comme il l’avait fait à Auvers, l’un de nos plus habiles cavaliers fait sienne la première qualificative au Grand Prix. Avec Urbane de Ribaudière, il devance Alexandra Ledermann et Quiet Love. Romain Bourdoncle complète le top 3 avec Rubelia. Reiko Takeda , la cavalière du pays du « Soleil Levant » Vraiment de circonstance avec de telles conditions météo d’avoir le plaisir d’accueillir à Saint-Lô la Japonaise. Agée de 32 ans, Reiko est l’héritière du groupe pharmaceutique du même nom, le plus important du Japon. Convertie à la pratique de l’équitation après des études de littérature et de sociologie, Reiko est venue en Europe pour monter au haut niveau. Après la Belgique et l’Allemagne, elle réside en Angleterre où, pour participer aux JO de Rio, elle s’est attaché les services de William Funnell, d’où sa présence chez nous aux côtés du cavalier britannique.

40 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


Julien Epaillard et poignée dans le coin.

Cristallo

Il n’existe sans doute pas sur le circuit mondial un cavalier avec un sens aussi supérieur de l’équilibre et de la trajectoire, éléments essentiels et complémentaires pour aller vite et gagner. Il l’a encore démontré en s’emparant d’un nouveau succès sur cette piste où voilà 20 ans, il détruisait déjà toute opposition possible avec Arpège Pierreville. Là, en 38.38, le Cherbourgeois reléguait l’attachant Duarte Romao et Utopie D’Bonneville à près de 3 secondes alors que Robert Breul prenait la 3ème place avec Utwo d’Esquelme à deux secondes de plus.

Alexis Deroubaix et Timon d’Aure en costaud

Et de 4 pour Benjamin Devulder Après Royan, Auvers et un doublé dans l’épreuve des 6 ans au chronomètre de nouveau à Auvers, le cavalier « Equin normand », continue à engranger les succès. A Saint-Lô il remporte deux épreuves avec Urinam Dromelle dont le GP du CSI*, une autre avec l’insatiable Soraya de Saint-Martin et le Grand Prix des 7 ans avec sa nouvelle recrue Apauline Platière (Dollar de la Pierre) de l’élevage Leforestier à Périers.

Avec un temps court qui élimina plusieurs candidats de la victoire, le GP de clôture de ce premier épisode est revenu à Alexis Deroubaix associé à Timon d’Aure (Mylord Carthago). Le Nordiste, cavalier du Haras du Plessis, sans doute par mimétisme avec la classique cycliste qui se déroulait le même jour, a tenu à s’imposer à la manière de ces « costauds » qui entrent seul avec un groupe de poursuivants aux trousses sur le vélodrome de Roubaix et finissent par s’imposer. Alexis était le premier d’un groupe de 7. La tête dans le guidon, en équilibre sur sa selle avec un Timon d’Aure sur le grand braquet, tout était en ordre pour réaliser un temps de référence : 40.71. Deux autres sprinters étaient plus rapides Reynald Angot avec Symphonie des Biches : 40.34 et Patrice Delaveau avec Carinjo : 40.45. L’un et l’autre victimes d’une crevaison terminent respectivement 3ème et 4ème. La seconde place revient à un rouleur appliqué. Tony Hanquinquant en selle sur Chacco Rouge à près de 4 secondes du vainqueur.

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 41


Episode 2

Deroubaix – Timon D’Aure.... et les Chenu

Redoutables !

Redoutables en tous points ! Pourquoi ? Le couple Deroubaix-Timon d’Aure ne cesse, depuis bientôt un an de s’affirmer au meilleur niveau. Souvenons-nous. Ils faisaient partie du trio barragiste du Grand Prix du CSI*** du NHS. Ouvreurs, ils s’étaient fait déborder par Mathieu Billot-Shiva d’Amaury et le surprenant Romain Duperret- Star de Baimont. Deroubaix- Timon d’Aure dans un espace qu’ils connaissent parfaitement avaient une revanche à prendre. Depuis cet épisode, le Nordiste et le fils de Milord Carthago n’ont cessé de progresser avec, à chaque fois des repères. Le GP ** de Jardy, un classement à Canteleu, 2 à Rouen avant une pause hivernale réparatrice. Après un début discret lors du GN de Royan, le couple a fait l’impasse sur Auvers avant d’aller glaner un premier succès dans le GP CSI** du Mans. Une opération bien préparée Dans une maison où la stratégie qu’elle soit d’élevage, de commerce ou de sport est assisse sur des fondations frappées au coin du BSP (Bon Sens Paysan) on ne peut pas imaginer que le Meeting de printemps de l’AEC n’ait pas été l’objectif de ce début de saison. A voir comment André et Anick Chenu portaient une attention particulière à leur protégé lors de la reconnaissance du premier événement il n’était pas pensable que derrière tout cela, il n’y avait pas la mise en route d’une « machine à gagner ». C’est ce que le philosophe Edgard Morin décrit lors de sa récente rencontre avec Leonardo Jardim, l’entraîneur de Monaco (source le JDD) :

« Dans le cas de grande réussite, on a l’impression qu’il peut y avoir comme une télépathie entre les joueurs. On entre alors dans une danse, jusqu’à créer une symphonie ». Pour le final, comme le faisait fort justement remarquer Jean-Paul Lepetit, philosophe lui aussi « Il avait déjà quasiment gagné ». Même rigueur pour la reconnaissance d’équipe, comparable à celle du Hollandais Rob Ehrens avec ses cavaliers. Cela en se basant sur le fait que le duo Deroubaix –Timon d’Aure était dans une forte dynamique. Une dynamique que ces trois personnages avait poussée à son paroxysme tant leur attitude débordait de sang-froid auquel l’expérience permettait de laisser percer un éclair de désinvolture propre à déstabiliser la concurrence. Le contrat : battre le temps de 40.10 Vingt-sixième à partir au premier tour sur 52 partants, Alexis Deroubaix devenait le 7ème à se qualifier pour le barrage. Il y en aura 5 autres. Pendant que les derniers cavaliers effectuaient leur parcours, Alexis s’isolait au bout de la piste, signe d’une opération minutieusement préparée. Son plus dangereux adversaire en termes de compétence intrinsèque était Julien Epaillard déjà vainqueur de 3 épreuves majeures. Deuxième sur la liste du barrage, il effectue un parcours certes capable de lui octroyer la victoire mais aussi capable d’être battu. C’est effectivement ce que fera, à la surprise générale le jeune picard Vincent Balleux avec Signée Lulu en 40.10 Alors que la carrière Uriel s’était tue, Alexis Deroubaix entamait son chemin qui, pour cette occasion pascale sera tout sauf de croix. Une foulée enlevée sur l’oxer AEC à mi-parcours, Timon d’Aure était lancé, propulsé plutôt. Pour atteindre le dernier obstacle, les foulées de galop arrivaient à point. A point pour laisser enlever, avec audace la foulée victorieuse. 39.94 ! Le travail entamé par le trio Chenu-Deroubaix portait ses fruits : Une surprime de 50.000 Euros pour le vainqueur des deux Grand Prix. Personne n’y croyait. Eux oui !

42 EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017


Julien Epaillard imprime sa marque Cristallo et Quatrin de la Roque au repos en perspective du CSI*****d’Anvers, Julien revenait en 2ème semaine avec Sheriff de la Nutria et Sephora Sonzéenne. Avec le premier, il pulvérise toute opposition dans la 140 du vendredi. Avec la seconde âgée aussi de 11 ans, Julien exécute un barrage rehaussé d’un virage spectaculaire sur la réception d’un vertical sur bidet, cela à la limite de la rupture à la suite d’une glissade. Grand Prix des 7 ans Thomas Rousseau et Ascott des Vaux Seule Maelle Martin, qui clôturait ce barrage à 19 était plus rapide que le vainqueur. Hélas pour la sublime amazone, Atout des Tramble fut fautif. Thomas remporte cette finale en selle sur le fils de Diamant de Semilly et Super de Bourrière né chez Georges Lepetit à Portbail dans la Manche.

Alexandra Ledermann Une régularité de métronome

Vincent Balleux – Signée LULU

Après une finale de la Tournée des Grêlons remarquée, la Normande n’a pas manqué son Meeting de Printemps. Sans en faire le détail, elle a été classée et bien classée dans 5 des 6 épreuves principales avec Quiet Love et surtout Requiem de Talma. Les observateurs avisés ont particulièrement apprécié son premier tour du Grand final Prix qui, une fois de plus mettait en évidence, est-ce utile de la rappeler, les qualités de la Championne d’Europe. Il est cependant utile de rappeler qu’Alexandra Ledermann que l’on a plaisir à revoir très souvent, est toujours le dernier – dernière- cavalier français à avoir obtenu une médaille individuelle olympique – elle avait 27 ans- et la première femme à avoir conquis un titre européen – elle en avait tout juste 30-. C’était à Hickstead en 1999 avec Rochet M. Car, comme l’a très justement précisé, Philippe Rozier, pourtant fier de sa médaille olympique avec l’équipe de France, en sport équestre, au-delà de la valeur des titres par équipe, seuls comptent les performances individuelles. Avec les Navet, Robert, Bourdy, Bost, Staut, Delaveau, Alexandra Ledermann est de ce cercle restreint. Thomas Rousseau – Ascott des Vaux EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 43


LUMMEN Coupe des Nations LONGINES

L’ Allemagne sans trembler Cette première Coupe des Nations de la saison 2017 semblait un peu pâle sur le papier avec l'absence des

ténors partis faire sauter la banque en Chine pour une épreuve du GCT. En fait, sur un terrain en herbe d'une qualité exceptionnelle où lequel Eugène Mathy avait dressé un parcours fluide, agréable mais sélectif, la compétition a pris un tour ludique et détendu pour finir sur un barrage à trois palpitant. L’Allemagne défendue par André Thieme l’emporte facilement « aux points » devant la France représentée par Pénélope Leprévost et par « Ko » devant la Belgique avec Pieter Devos.

U

La Coupe des Nations

n podium dont d'entrée de jeu le Belge s'est privé des deux premières places. En effet, parti avec assurance, Pieter Devos essuyait un refus brutal de Dream of India sur le vertical du double Longines. Une faute et un temps qu'on n’évoque même pas, il était alors évident que la victoire se jouerait entre l'Allemand et la Française. C'était Pénélope Leprévost, double sans faute que Philippe Guerdat avait désignée.

Depuis que la FEI a rebattu les cartes avec la montée en puissance du Global Champions Tour et l’absence de partenaire titre, le circuit des Coupes des Nations aborde un tournant de son existence historique. Inutile de faire de longs discours. Il faut de l’argent. Car, au-delà de l’intérêt sportif et populaire que constitue pour le moment cette compétition ; on ne peut que constater lorsqu’il y a concurrence de dates, une érosion du niveau global. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit le format sportif de la Coupe : 2 manches avec les mêmes couples sur le même parcours. Si le sport et le spectacle sont à la hauteur on en redemande, sinon ??

L'Allemand c'était André Thieme. Le colosse originaire d’Hoyerswerda (Mecklembourg) n’est pas un « manchot ». Encore moins associé à son gris Cothendrix (Contendro I) dont l'action est conséquente. Avec, en particulier, une gestion très pointue du vertical qui l'emmenait vers la ligne finale, il bouclait son tour en 39.75. C'était au tour de la Française. Convaincue de la capacité de sa jument après leur succès récent à Lanaken, la cavalière normande après avoir géré une réception scabreuse sur l'oxer Longines, reprenait Ratina d'la Rousserie sur le vertical blanc isolé, sans pour autant perdre son influx. Une ligne finale tonique ne suffisait pas. En 40.47, elle donnait la 2ème place à l'équipe de France dont Cédric Angot / Saxo de la Cour (0 et 4), Maelle Martin / Giovani de la Pomme (0 et 12), Bernard Briand-Chevalier / Qadillac du Heup (4 et 4) complétaient la composition.

EQUIN NORMAND n°97 MAI - JUIN 2017 45


5 Chevaux nés dans la Manche 3 pour la France – 1 pour l’Espagne – 1 pour l’Italie Saxo de la Cour (Hélios de la Cour) monté par Cédric Angot est né chez Michel et Jean-François Couétil à Moyon. Qadillac du Heup (Hélios de la Cour) confié à Bernard Briand-Chevalier a vu le jour chez les Groualle à Quettreville sur Sienne. Ratina d’la Rousserie (Quaprice Boimargot) montée par Pénélope Leprévost est née chez Michel Roger à Colomby. Unicstar de l’Aumone (Ninio de Rox) sous la selle de l’Espagnol Sergio Alvarez Moyaesest est issu de l’élevage de Joseph Laisney à Saint-Sauveur Lendelin. Tower Mouche associé à l’Italien Bruno Chimirri (Diamant de Semilly) a ses racines dans le clan Bellet à La Mouche.

Qadillac du Heup Saxo de la Cour

Unicstar de l’Aumone

Ratina d’la Rousserie

Tower Mouche


Profile for JEAN BOUGIE

EQUIN NORMAND MAY -JUNE 2017  

French Equestrian and Racing Magazine

EQUIN NORMAND MAY -JUNE 2017  

French Equestrian and Racing Magazine

Advertisement

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded