EQUIN NORMAND JAN-FEB 2017

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n° 95 JA N V I E R- F É V R I E R 2 0 1 7 BIM ESTRIEL G R AT UIT

Maëlle Martin, la nouvelle vague du Saut d’Obstacles français

Etienne Poisson - Quabri de l’Isle Quelle histoire !

Sébastien Baude l’ « Equin 2016 »

MAGAZINE DES SPORTS EQUESTRES ET DES COURSES



Maelle Martin er Giovanni de la Pomme, Sébastien Baude, Pedro Veniss et Quabri de l’Isle

SSommaire 4 7 8 12 21 23 29 34

CSI ** AEC SAINT LÔ

Trophées 2016 CDE 50 Les Prix « Equin normand » GRAIGNES

JIM - CSI *** MAASTRICHT

Salon des Etalons

est un magazine édité par la Société EDAS Chemin du Poirier - 14220 Hamars SARL EDAS - RCS de Caen 497 704 460 N° de gestion 2007 B 343 Capital de 5 000 € Directeur de la publication Rédacteur en chef : Michel GALLET mgallet.edas@gmail.com Auteur - Photographe : Jean, Eugène BOUGIE Mobile 06 27 22 96 25 j.bougie@wanadoo.fr Charlotte MEURY - BOUGIE Assistante Communication : Céline BELLONI Mobile 06 28 98 57 96 cbelloni.edas@gmail.com

SAINT LO

Réalisation graphique :

Reportage

Mobile 06 28 98 57 96

Agence EDAS 17 rue Mélingue - 14000 CAEN

ETIENNE POISSON - QUABRI DE L’ISLE Impression :

German Masters STUTTGART

CORLET Imprimeur 14110 - Condé-sur-Noireau www.corlet.fr Tél. : 02 31 59 53 00

Memorial Eric Wauters MALINES

ISSN > 221-E Dépôt légal à parution. Ne pas jeter sur la voie publique.

Equin Normand est une marque déposée auprès de l’INPI sous le N° national 07/3527302. Toute reproduction, même partielle, des textes, photos et illustrations est interdite. La revue Equin Normand n’est pas responsable des textes, dessins, photos, cartes de situation et illustrations, qui lui sont envoyés sous la seule responsabilité de leur auteur.

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SAINT- LO

CSI ** AEC

n joli quintet pour une Symphonie dirigée par Reynald Angot

Si l’AEC - Association des Ecuries de Concours- crée voilà une dizaine d’années a partiellement réussi son objectif de rassemblement des cavaliers professionnels dans la perspective double d’organiser des manifestations et de dynamiser le commerce.

Elle a, en revanche, grâce à la ténacité et à la motivation de ses fondateurs Philippe Epaillard et Antoine Courpied, puis de l’équipe actuelle menée par Charles-Hubert Blin, pu, tant au printemps qu’en automne gagner son pari de proposer des manifestations très attractives. Par ailleurs son partenariat avec la MFR de Balleroy permet de former des cavaliers de jeunes chevaux en alternance.

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Pour ce CSI** qui s’est tenu du 24 au 27 novembre, on

dénombrait officiellement 430 chevaux présents chaque jour sur le site. Cela ajouté au fait que les épreuves se sont déroulées à la satisfaction générale. Des ancrages positifs à quelques mois du Meeting de printemps articulé autour de deux CSI** avec pour le vainqueur éventuel des deux Grands Prix une prime substantielle de 50.000€. Cet événement, car s’en est un, se déroulera du 7 au 9 puis du 14 au 17 avril (Pâques). Entre deux, aura lieu un concours SHF réservé aux jeunes chevaux. Si le savoir-faire technique de l’AEC est reconnu, il lui faudra désormais tout mettre en oeuvre pour capter un public encore orphelin, à cette date, de feu le concours mythique de Sainte-Mère-Eglise.


Classement 1 - Reynald Angot- Symphonie des Biches 0 et 38.80, 2 - Alexis Gautier/ Siroco de Coquerie 0 et 40.64, 3 - Nadja Peter Steiner/ Capuera II 0 et 40.87, 4 - Maelle Martin / Unique d'Elbe 0 et 41.08, 5 - Tony Cadet / Uppsala del Cabalero, Claudia Gisler / Cordel 0 et 42.67,

Deuxième du Grand national à Auvers en mars, vainqueur du Pro1 du Normandie Horse Show en août, Reynald Angot n'a pas manqué sa fin de saison en s'imposant, non sans effort, dans le GP final du CSI** de l'AEC avec Symphonie des Biches. Alexis Gautier, totalement retrouvé, prend la deuxième place avec son cheval familial Siroco de Coquerie. Nadja Peter Steiner lauréate de la qualification de vendredi confirme en complétant le podium associée à Capuera II.

Et si Patrice Delaveau avait été sans faute avec Lacrimoso Tout cela c'est comme "ma tante", Grouchy à Waterloo, enfin les Sudistes et les Nordistes de Jean-Marc Thibault. Bref ! Premier des 12 barragistes (sur 59 partants) qui n'étaient d'ailleurs que 3 à la pause méridienne, le Vice Champion du Monde donné comme favori logique avec Lacrimoso fautait sur le vertical naturel. Malgré cela, il bouclait son parcours en 39.95. Il est évident que sans faute dans un temps rapide, le scénario aurait pu être différent. Et c'est dans la foulée que, d'abord la Suissesse Peter- Steiner parfaitement rodée avec son hongre Oldenburg de 13 ans, puis Alexis Gautier prenaient le commandement. Le Saint-Lois qui avait fait résonner une note un peu boisée sur un vertical au premier tour, confirmait là, au barrage, tous les progrès accomplis par Siroco de Coquerie dont la vitesse n'est pourtant pas la première qualité. Rudy Cock et Valentin Besnard, un bémol plus bas, pour demeurer dans le vocabulaire musical, seront aussi sans faute en selle, respectivement, sur Vauban de Sainte Hermelle et Urcos de Kerglenn. Après Bertrand Pignolet et Urano de Cartigny fautifs- 8 points- après un premier tour pourtant de très belle facture, Reynald Angot entamait un exercice qui s'avéra payant après quelques sueurs froides de la part de Symphonie des Biches. Pratiquement deux secondes plus rapide qu'Alexis Gautier, le Champion du Monde 2002, montrait une fois de plus que "Manchot", il ne l'est que de naissance ! Ensuite, on savait ou du moins on pensait que l'affaire était entendue. Elle le fut même si les parcours sans pénalité de Tony Cadet et Upsala Del Cabalero, Claudia Gisler et Cordel et enfin Maelle Martin furent agréables à suivre. La jeune Française, égérie de SaintLô et Stuttgart montait Unique d'Elbe pour la deuxième fois seulement en remplacement de son cavalier Laurent le Vot blessé. EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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lexis Gautier – Siroco de Coquerie

Après un Meeting d’Automne encourageant, le cavalier « Destrier- Equin normand » ne cachait pas son optimisme pour son dernier concours de l’année. De là à prendre la deuxième place derrière un Reynald Angot très incisif sans doute pas. Voilà une fin de saison qui ouvre des perspectives très positives pour 2017.

adja Peter –Steiner Capuera II

Agée de 32 ans, la Zurichoise est installée aux côtés du marocain Ouaddar chez Marcel Rozier à Bois le Roi. En août, elle avait déjà participé au CSI** du NHS avant d’aller briller avec son cheval Celeste 26 à l’occasion de Marocco Tour. Associée à son gris Capuera II, Nadja a bien marqué son passage au concours de l’AEC. Lauréate de la première épreuve qualificative, elle termine 3ème de la seconde et 3ème du Grand Prix.

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Le CDE 50 fête ses Champions

C’est sous la présidence toute récente de Jean-Claude Leconte que s’est déroulée, après l’assemblée générale, la traditionnelle cérémonie de remise des Trophées 2016. Au-delà des titres suprêmes des horse-ballers, c’est toute la communauté équestre de la Manche qui a été honorée et ce jusqu’au jeune amateur de la plus petite catégorie. Et c’est bien là l’essentiel.

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ébastien

BAUDE

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L’ « Equin 2016 »


Christophe Challon et Cristalline enlèvent la première course Equin normand, Sébastien Baude et Copacabana Beach la seconde. (Photos Thierry Canteux)

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n partenariat particulier uni l’Hippodrome de Graignes et Equin normand. Et ce, dès la création du magazine. Le 7 novembre 2016, pour sceller davantage cet échange le Président Dupré a suggéré de labelliser deux courses Equin normand. Belle occasion puisque Benjamin Devulder, membre de l’écurie Equin normand de saut d’obstacles avait, la veille remporté le Grand Prix de Pontivy avec son étalon de seulement 7 ans Vert de Gris. Alexis Gautier, l’autre cavalier de l’écurie de CSO et double Champion de France était retenu par des nécessités professionnelles. Deuxième de la première course au sulky de Calie de Bassière pensionnaire de Ph. Bazire, Sébastien Baude remportait brillamment la seconde associé Copacabana Beach pour le compte de F. Leblond-Maro. Les deux lauréats recevaient, outre le dernier numéro d’Equin normand, un flacon de champagne Quartz de la très réputée maison CATTIER à Chygny les Roses (51). Par ailleurs, et à l’unanimité des votants, Sébastien Baude était nommé l’ « Equin 2016 ». Une distinction purement honorifique qui récompense un garçon installé à Saint-Floxel dans la Manche et qui au-delà d’être un grand professionnel est d’une extrême simplicité et d’une gentillesse totale. Il faut croire que c’est contagieux dans le coin puisqu’il est le voisin d’Etienne Poisson, de Jacques Hamel, et d’autres. EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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Les Courses en Basse Normandie

Quelques grandes dates au calendrier 2017

S’il faut malheureusement regretter la disparition des réunions de plat sur les hippodromes de Lisieux et Vire, il faut en revanche se réjouir du nombre toujours aussi important de rendez-vous de notoriété. A commencer par ceux de l’hippodrome de Clairefontaine pendant les mois de juillet et août. Le Trophée de Grande Vitesse est programmé le samedi 29 avril en semi-nocturne à Argentan Le Trophée Vert fera étape à Granville le dimanche 4 juin et à Carentan le 6 août Le Quinté aura lieu le mercredi 19 juillet sur l’hippodrome de Cherbourg – La Glacerie Le Grand National du Trot se disputera à Lisieux le mercredi 27 septembre Tout cela sans oublier les nombreuses réunions premium.

Dès le début du mois de janvier la saison hippique commence 15 janvier - Argentan (61) - Trot 22 janvier - Argentan (61) - Trot 29 janvier - Argentan (61) - Trot 5 février - Argentan (61) - Trot 5 février - Cherbourg (50) - Trot 12 février - Graignes (50) - Trot

17 février - Graignes (50) - Trot SN 19 février - Vire (14) - Trot 26 février - Argentan (61) - Trot 5 mars - Argentan (61) - Obstacle 5 mars - Cherbourg (50) - Trot 12 mars - Le Mont Saint Michel (50) - Trot

Fédération Régionale des Courses de Basse-Normandie 4, rue Ecuyères-14500 Vire Tel 02 31 68 09 04 Email : fede.bassenormandie@lescourseshippiques.com www.lescourseshippiquesbassenormandie.com


JIM

Maastricht

« Alaaf » !! Un vivat qui fuse de toutes parts dans une foule bigarrée, costumée qui déambule gaiement et bruyamment en même temps que sur une scène des groupes inondent la place du Vrijhof de chansons populaires. Nous sommes le 11 novembre. Et c’est à 11heures 11 précises qu’ont débuté les festivités qui marquent le début du carnaval. Une tradition héritée de ce qui se fait chez les voisins de Cologne. Si en France, en Belgique et dans les pays coalisés contre l’Allemagne en 1914, le 11 novembre est dédié à la commémoration de l’Armistice, aux Pays-Bas rien de tout cela pour la bonne et simple raison que le pays se déclara et demeura neutre pendant toute la durée de la guerre. C’est à cette période que, depuis 1988, avec une interruption en 2011 et 2012, a lieu dans l’enceinte du merveilleux parc expo du « MEEC » le CSI***. Alors que Maastricht est fortement imprégnée de culture française depuis d’Artagnan jusqu’en 1814, les cavaliers français n‘y participent que rarement. Seuls deux ont inscrit leur nom au palmarès du Grand Prix : Michel Robert en 1991 avec Nonix et Roger-Yves Bost en 2006 avec Ideal de la Loge.

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« Alaaf » !!

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GRAND PRIX LONGINES

Nicola Philippaerts et Zilverstar T

Sans barragiste avec 19 partants les « Orange » sont amers

Pour

le féru de saut d'obstacles, le 13 novembre restera marqué d'une pierre blanche. En effet, chez eux, à l'exception d'Harry Smolders, ils étaient tous là. Tous et surtout Jeroen Dubbeldam, Champion Olympique, Champion du Monde et d'Europe, là avec Zenith. Et pour être certain que le Grand Prix serait à sa mesure, il était le dernier à s'élancer au premier tour. Quelle déculottée 19 OUI 19 cavaliers néerlandais sur les 40 engagés du Grand Prix, soit la moitié et .......... pas un, pas un seul au barrage. Et qui plus est, une sortie en forme de déroute puisqu'après avoir plusieurs fois occasionné du bruit sur les barres, Zenith faisait tomber la palanque. Des Américains qui "Trumpent" énormément Contre toute attente, les élèves ont dépassé le maître. Après Lucy Davis et Cassis 54, ce sont en effet, les deux frères Porter qui se sont qualifiés pour le barrage. Deux frères qui, depuis quelques mois sont coachés par ........Jeroen Dubbeldam ! L'aîné, Wilton se payant même le luxe de monter sur le podium. Avec ces trois Yankees, l'Italien Michael Cristofoletti associé à Belony (Balou du Rouet), les trois Belges Philippaerts, Guery et Brunseels auxquels s'est joint Hansi Dreher et voilà la composition d'un barrage où l'orange avait un goût amer.

Phillippaerts avec application Nicola devait aller plus vite que l'Italien Cristofoletti qui avouait avoir été dans un vrai jour de chance. Ses 38.38 étaient largement accessibles à l'un des trois Belges qui évoluent régulièrement au niveau cinq étoiles. De fait, avec le fils de Berlin déjà routinier avec ses 12 ans, Philippaerts savait précisément où il posait les pieds. En 36.58, il se mettait à l'abri de ses deux compatriotes d'autant que Gancia de Muze, la jument de Bruynseels chauffait terriblement et que Jérôme Guéry se montrait plus rapide mais hélas un peu trop gourmand avec Grand Cru son cheval olympique. Restait Dreher qui d'emblée faisait preuve de prudence avec Cool and Easy. Une prudence qui malheureusement ne suffisait pas à éviter une faute.

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A Suivre

T

out d’abord Silberrose, une jument hanovrienne de 8 ans par Stakkato Gold victorieuse d’une épreuve très spéciale à 140 sous la selle de Poeter Clemens le cavalier des écuries de Jos Lansink. Ce type d’épreuve semble-t-il très courant autrefois aux Pays-Bas à la particularité de permettre aux cavaliers de sauter les obstacles dans les deux sens, ceci en accumulant des points. Une fois le parcours terminé, ils disposent de 30 secondes pour sauter le dernier qui ajoute ou retranche 200 points. Janou, une jument canadienne (CSHA) de 9 ans par For Pleasure lauréate d’une vitesse à 145 avec le Néerlandais Timothy Hendrix et ce devant Cim Air un hongre holsteiner de 8 ans par Con Air 7 et monté par Hans Dieter Dreher. Pour le Selle Français on remarquait Urlando des Forêts un étalon de 8 ans par Diamant de Semilly né chez Fabrice Paris à Couvains. Vendu 70.000€ à Krismar Stables aux ventes Fences. Il était monté par Niels Bruynsseels.

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Hey Porter, Hey Porter

Il faut être de la génération des rockers pour se souvenir avoir fredonné cette célèbre chanson, sa première, de Johnny Cash alias « The Man in Black ».

« Hey Porter, Hey Porter, would you tell me the time” etc….etc… De Porter, à Maastricht, il y en avait deux Wilton l’aîné 22 ans et Lucas le cadet 19. Deux gars originaires du Texas, aujourd’hui installés avec leurs parents en Floride. Champions Jeunes cavaliers et juniors aux USA, ils sont arrivés en Europe au printemps pour travailler chez Jeroen Dubbeldam. Marqués à la culotte par le plus célèbre des Bataves, ils ont créé la surprise en dépassant leur maître dans le Grand Prix. L’aîné, associé à Caletto Cabana, un étalon Holsteiner de 9 ans par Cassini I, se classe 3ème. Le cadet, en selle sur B once Z une jument Z par Baloubet du Rouet prend la 5ème place.

Lucas Porter

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Wilton Porter


Vdl Groep Prix Gancia de Muze : Quelle facilité Avec le Prix Audi disputé le samedi soir, le prix VDL constitue le vendredi la grosse épreuve d’ouverture du CSI de Maastricht. Sur la hauteur d’1 mètre cinquante avec barrage, qualificatif pour le Grand prix, il rassemblait une cinquantaine de couples dont 13 chevaux de 9 ans qui sont censés constituer la relève de l’élite. La victoire est revenue au Belge Niels Bruynseels qui montait Gancia de Muze, une jument BWP de 10 ans par Malito de Rêve et Nimmerdor. Il devance Remco Been, le cavalier national de VDL associé au très prometteur VDL Holland v. Bisschop un étalon de 9 ans, également BWP par Heartbreaker.

freejump

Enfin, pénalisé d’1 point de temps dépassé, Calimero, un hongre KWPN de 9 ans par Quidam de Revel et une mère Achill/Libero H (comme Bisschop) piloté par Marc Houtzager a montré beaucoup de force.

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Technico commercial (h/f) Offre N° E012263

Cavalier d’entraînement (H/F) Offre n° E012048

Lieu de travail : Département 61 Type de contrat : CDI - Temps plein Début de contrat : Dès que possible Poste et missions : Société spécialisée dans la conception et la vente de produits nutritionnels et d’entretien du Cheval à haute Valeur ajoutée. Dans le cadre d’un remplacement, nous recherchons pour rejoindre nos équipe un «technico-commercial h/f» pour le secteur de l’Orne. Sur un département, vous suivez et développez un portefeuille de clients, auxquels vous proposez un accompagnement personnalisé au travers des produits et solutions proposés par la société. Vous visitez vos clients, en organisant de manière autonome les tournées, et prenez en charge leurs commandes, de la prise de commande jusqu’au recouvrement en passant par la livraison. Vous participez aux actions de promotions de la société, au travers de foires, salons, etc. Passionné par l’élevage équin, vous avez impérativement une première expérience réussie dans la vente de produits ou solutions dans ce secteur, idéalement acquise dans le domaine de la nutrition animale. Vous avez développé un sens du contact, du service client et des capacités relationnelles indiscutables. Vous êtes localisé sur le département du 61. Vous êtes titulaire du permis B. Candidature : LM + CV Profil : Expérience : 1 - 3 ans Vous avez impérativement une première expérience réussie dans la vente de produits ou solutions dans ce secteur. Expérience(s) dans : Commerce Compétences transversales : Permis B (voitures) Exigé

Etalonnier en prestation de service H/F Offre n° E012302

Lieu de travail : Département 14 Type de contrat : Autres Prestation de service - Temps partiel 6.00 heure(s) par semaine Début de contrat : Dès que possible Pas de logement possible sur place, vous devez donc résider proche de Deauville. Entreprise : le haras possède 3 étalons pur sang anglais et 10 poulinières plus des poulinières venant de l’extérieur Poste et missions : Élevage / Haras de pur sang anglais possédant 3 étalons et 10 poulinières plus des juments venant de l’extérieur recherche pour la saison de monte 2016 un étalonnier. Sa mission: - Réaliser les saillies (tenir les étalons lors des saillies en monte en main) - Effectuer la toilette intime de la jument avant la saillie Expérience exigée Travail à la prestation de service ( salaire a définir ) Profil : Expérience : 4 - 10 ans Compétences spécifiques : Technique(s) d’élevage (passage à la barre, manipulation des foals, suivi se la reproduction,...) Souhaité

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Lieu de travail : Département 14 Type de contrat : Autres CDD évolutif CDI - Temps partiel 24.00 heure(s) par semaine 3 mois Nombre de postes : 3 Début de contrat : Dès que possible Poste et missions : URGENT Pour une écurie de débourrages et de pré-entraînement de PS, vous monterez les chevaux tous les matins. Vous possédez une bonne expérience de l’entraînement des chevaux de course (galop ou trot). Possibilité de formation complémentaire si nécessaire pour des cavalier venant de l’équitation de sport avec de bonnes bases en dressage et/ou CCE (sortie en compétition amateur minimum) CDD évolutif CDI Poste à mi-temps Salaire intéressant + primes Profil : Expérience : 1 - 3 ans Vous devez avoir une expérience dans la monte de jeunes chevaux de course trot ou galop Expérience(s) dans : Galop , Trot Compétences spécifiques : Débourrages et/ou travail du jeune cheval Exigé Niveau d’équitation minimum : Galop 7 et + Souhaité

Lad driver / Lad Jockey expérimenté H/F Offre n° E011722 Lieu de travail : Département 61 Type de contrat : CDD évolutif vers un CDI Temps plein 3 mois Début de contrat : Dès que possible Poste et missions : Haras et centre d’entraînement recherche professionnel pour débourrer et entraîner les trotteurs. Recherche personne avec expériences récentes et à l’appui pour débourrer et atteler les trotteurs. Vous intégrez et renforcez une équipe déjà existante et participez occasionnellement à la vie de l’élevage. Profil : Expérience : 1 - 3 ans Expérience indispensable dans l’entrainement Expérience(s) dans : Trot Compétences transversales : Permis B (voitures) Souhaité

Lad driver H/F Offre n° E012223

Lieu de travail : Département 27 Type de contrat : CDD - Temps plein 3 mois CDD évolutif CDI Début de contrat : Dès que possible Secteur d’activité : Trot Poste et missions : Recherche «palefrenier soigneur» pour : - travail des chevaux montés et attelés - entretien des boxes et écuries - conduite de tracteur avec le training Profil : Expérience : 1 - 3 ans Expérience(s) dans : Trot Compétences spécifiques : Conduite de tracteur Exigé Compétences transversales : Permis B (voitures) Exigé



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SAINT - LO Du 17 au 19 Février

SALON DES ETALONS

Business ! Sport ! Spectacle ! Si le label « Haras national » demeure le phare patrimonial de Saint-Lô, en particulier pour un plus large public, c’est désormais sous celui de « Pôle Hippique » que les professionnels, qu’ils exercent dans le domaine des courses ou du sport, vont se reconnaître et davantage encore se faire reconnaître. Depuis sa création en 2005, le Salon des Etalons, la manifestation propre du Pôle Hippique, organisé conjointement avec l’ASEP et l’ONP, n’a cessé d’acquérir une portée nationale, voire internationale. En 2016, un volet consacré aux étalons trotteurs, ouvrait la porte à l’arrivée des poneys pour l’édition 2017 qui sera la 13ème. Vendredi 17 Février Salon des Etalons Trotteurs Embryonnaire en 2016 mais réussie, la journée est reconduite avec la volonté de lui donner davantage de dynamisme. Le soutien du Conseil des Chevaux, de l’école AFASEC ainsi que de plusieurs professionnels sont le gage de sa promotion. La réunion de courses programmée en fin d’après-midi sur l’hippodrome de Graignes sera le complément d’une journée trot sur le territoire de l’Agglo saint-loise. Samedi 18 Février De la nouveauté et du dynamisme Le Masters des Etalons : Jusque-là organisé dans le cadre du Meeting d’Automne, vient s’intégrer avec plus de cohérence dans le programme du salon. Réservé aux chevaux de 5 et 6 ans inscrits au salon, avec environ 10 sujets par génération, le Masters comprendra un jugement au modèle vers 11 heures et un parcours d’obstacles en fin de journée. Comme lors du Grand match, les éleveurs pourront gagner des saillies. Pendant le Masters, les stands demeureront ouverts au public. Le Grand Match : Initié en 2015, cette compétition ludique aura lieu le samedi à partir de 20 heures. Afin de lui donner un caractère plus dynamique et plus festif, outre d’être limitée aux chevaux de 7 ans et plus se déroulera par équipes de 2 sur 1 manche avec barrage. Lors du 1er tour les étalons de 7 ans ne sauteront pas les deux derniers obstacles réservés aux plus âgés sur une hauteur supérieure. Là, les stands seront fermés pour laisser exclusivement la place au spectacle. La journée du dimanche 19 février ne subit pas de modifications majeures. L’arrivée en force des poneys Deux sessions d’environ 1 heure le samedi et 1h30 le dimanche Jusque-là, le salon des poneys de sport avait lieu une semaine après celui des chevaux. Une tentative avait déjà été tentée voilà deux ans en collaboration avec l’ANPFS. En 2016, c’est en association avec l’ONP (Organisation Normandie Poneys) boostée par un trio composé de Valérie Mauger, Marion Lestelle et Nicolas Hervé que le poney de sport prend une vraie place au sein de la manifestation. Pour participer au salon, les 25 à 30 poneys approuvés doivent remplir certains critères de performances sportives tout autant que des références de descendance. Un Hall réaménagé Plus d’une décennie d’expérience permet d’apporter des améliorations. Pour 2017, les organisateurs, au-delà des nouveautés sportives, ont travaillé pour favoriser la circulation et les échanges. N’est-ce pas là l’objectif majeur du salon des Etalons ! EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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Etienne POISSON - QUABRI DE L’ISLE

Quelle Histoire !! Quelle histoire ! Dans « Les Enfants du marais » ce merveilleux film empreint d’un humanisme débordant, cette réplique revient à plusieurs reprises dans la bouche d’André Dussolier. Elle convient parfaitement à celle d’Etienne Poisson, de Quabri de l’Isle et de tout l’élevage du GAEC de la Perette. Dimanche 11 décembre, autour de 18H00, Jérôme, le fils d’Etienne, celui qui reprend le flambeau de l’élevage de l’Isle exulte devant sa tablette. Quabri de l’Isle, le cheval né à la maison vient de remporter le Grand Prix « Grand Slam » de Genève. Etienne ne l’a pas vu en direct ; il était invité chez des amis à Surtainville, un peu plus haut dans la Hague. Le soir, à la Perette sur la commune de Saint-Marcouf de l’Isle, toute la famille rentrée, la traite terminée, s’est rassemblée devant le grand écran pour assister à cette apothéose. Oh ! Il était déjà heureux Etienne. Quabri, sous la selle de Pedro Veniss, avait, en plus de sa participation aux JEM et aux JO, gagné de nombreuses Coupes des nations avec l’équipe du Brésil. Mais il manquait encore la « grosse perf » individuelle. C’est chose faite et de quelle manière : le Grand Slam Rolex en Suisse et ce devant toute la crème mondiale. Quabri de l’Isle, cheval raisonné, appliqué, manque…….du moins manquait de rapidité. En contraignant les autres à courir, il a prouvé le contraire en les prenant, de sur croît, à leur propre piège.

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L’éleveur dans son cadre de vie La route de crête qui domine la mer entre Sainte-Marie du Mont et Saint-Vaast la Hougue perce le coeur de l’élevage du cheval de sport tout autant que celui du trotteur d’ailleurs. Après Jean Brohier (Tame), de Valavielle (Brécourt),Vasche (Utah), Alcide Bacheley, le pape des juges SF, Georges Brohier (Pierreville), Boudant (Girl), Ruel (Blondel), Féron (Aferco, Nayana) et d’autres, la ferme de la Perrette incite soudain le passant à se muer en voleur de poules. Quel rapport avec le cheval ? A première vue aucun et pourtant. Pourtant, quand, dans une cour de ferme, là ou ailleurs dans la Manche, vrai département de diverses productions agricoles, s’ébattent canards, poules, pintades, poulets et coqs à la crête rougeoyante, prêts à finir sur une bonne table, nous sommes au royaume des amoureux du bel et bon élevage. A dire vrai, le mérite d’une belle basse-cour revient plutôt à la « patronne » madame Poisson. La voiture arrêtée, Etienne Poisson paraît à la porte souvent suivi du « pti quin » (le petit chien). Etienne est de ceux dont on dit dans la Manche qu’ils ne sont pas « malins ». Le mot prend ici tout son sens latin qui signifie de nature mauvaise ou perfide. Non ! Etienne est tout sauf cela. Lorsque qu’il était jeune, un homme sage aussi et aujourd’hui disparu avait coutume de dire « Les p’tits Pêchons c’est des bons ptiots » ! Etienne, on aime le côtoyer, l’entendre, l’écouter aussi. Avec lui, tout est rondeur, délicatesse, douceur même. Il a aux mains le toucher qui impose et rassure. Un geste suffit pour dire à ses animaux qu’il les aime. Là est sans doute le secret qui lui permet, aujourd’hui, de détenir un élevage de chevaux de sport dont la constance dans l’excellence est la même depuis 50 ans.

Le cheval à la sauce hollandaise En 1951, madame Poisson mère achète à madame Mauger de Foucarville, Hollandaise, une jument demi-sang pour le travail. Etienne se souvient : « Elle n’était pas très grande mais courageuse. Tous les 15 jours, dans la vachère, elle portait une vache au marché de Carentan. Pour le labour, elle était en tête des chevaux plus lourds ». L’arrivée du tracteur donna à Hollandaise une autre destinée. En 1964, elle donne naissance à Une Belle par Enfant Terrible. Etienne le dit : « J’aimais beaucoup Enfant Terrible » La souche Poisson était née. Et de quelle manière ! Il y eut d’abord Camée par Prince du Cy puis Derby VI, un Uriel. Tous deux montés par Alain Navet et Emmanuel Henry, coururent au niveau mondial pour finalement être indicés à 160. En 1970, nait Etoile de Juin vendue au Dr Gabillot pour produire depuis de très bons « du Banney » dont Isba sous la selle de Jean-Louis Roudault. La naissance de Framboise (Quastor) l’année suivante ajoute un pilier à cet élevage déjà renommé. En effet, Framboise engendrera Kisba (Uriel), Un Rêve de l’Isle (Muguet du Manoir) et Qu’en dira T’on (Uriel) brillant sous la selle de Patrice Delaveau. Camée de l’Isle (Qouglof Rouge) et Val de l’Isle (Uriel) ont porté haut le nom de l’élevage Poisson à l’étranger. Miss Framboise (Nankin) constituera une relève solide d’où Isabella de l’Isle (Count Ivor) puis Quenotte de l’Isle (Qredo de Paulstra) mère des deux derniers titrés nationaux Espoir et Flocon de l’Isle.

« C’est vrai que 2004 a été une bonne année. Faut pas pleurer. Et puis, même quand on est malheureux, faut pas pleurer, ça fait rire ». 2004- Une belle année, d’autres aussi et des déboires Quarante années s’étaient écoulées. L’élevage d’Etienne Poisson – qui a grandi uniquement à partir d’Hollandaise- comptait 8 poulinières. Dinastie (Socrate de Chivré) l’avant dernier poulain de Framboise avait déjà 6 produits à son actif dont Kalin de l’Isle (Urbain du Monnai) indicé 132 sous la selle de Gilbert Doerr entre autres. Dans les concours de poulinières, Etienne avait glané 4 premiers prix et 2 deuxièmes. Au championnat de France, Quabri, un joli mâle par Kannan était couronné Champion de France suprême. Philosophe, Etienne s’en souvient encore tout en mesurant l’ampleur de son plaisir : « C’est vrai que 2004 a été une bonne année. Faut pas pleurer. Et puis, même quand on est malheureux, faut pas pleurer, ça fait rire ». Etienne Poisson est comme l’écrit Balzac dans le Lys dans la vallée, à une époque de sa vie où : « les aspérités se fondent et les angles s’émoussent ». Mais cet homme-là, n’a-t-il jamais eu d’aspérités et quel qu’angle pointu ?

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Fort de ce titre, les poulains labellisés de l’Isle se sont vendus et même bien vendus pour certains. Il fallait s’en réjouir. En 2010, tout se présentait bien pour Artiste de l’ Isle (Orlando). Le fils de Quenotte survolait la compétition au NHS et se classait 4ème au Championnat de France. Hélas deux jours plus tard, Artiste était trouvé mort dans le champ victime d’un ulcère. Ce jour-là Etienne fut malheureux. Il n’est pas impossible qu’il ait pleuré à l’abri des regards. Arrivent 2014 et 2015. Double Clic ! D’abord avec Espoir de l’Isle. Un jeune mâle par Quenotte et Malito de Rêve. Champion de France dans la catégorie des mâles jeunes, donné vainqueur du titre suprême par les pronostiqueurs, il fut écarté de la finale à deux. Cela au grand dam de Jérôme Poisson. Une déception que la sagesse paternelle sut rapidement apaiser. Espoir fut vendu au Groupe France Elevage de Falaise. En 2015, son frère Flocon était couronné dans la catégorie des mâles âgés. D’un commun accord le GAEC de la Perette a souhaité le conserver, en attendant peut-être le bon client.


Le marché de Carentan : pour vendre et pour causer

C’est un lundi matin comme tous les lundis matin au marché de Carentan. Etienne y vient régulièrement. Pour vendre parfois mais aussi pour rencontrer, les paysans de sa génération et refaire le monde : le même chaque semaine. Ce jour-là, Etienne était venu vendre une bonne vache normande. Je le retrouve attablé avec ses trois amis habituels ou presque. André Gossé, pierre angulaire de la société des courses de Graignes passe et l’interroge « Alors t’as vendu ? » Etienne répond avec une moue de raison « oui 20,20 ». Il faut savoir qu’en Normandie, comme dans de nombreuses régions françaises, le commerce des bovins se négocie encore en francs. Des 4 autour de la table, où Etienne m’a fait une place, seul Pierre Rolland, agriculteur retraité qui en connaît manifestement un rayon en génétique équine qu’elle soit de sport ou trotteuse ne s’appuie pas sur un bâton. Le bâton, comme à la neige, c’est une technique. Il n’est pas seulement une aide à la marche. Pour le paysan ou le marchand de bestiaux, il est le prolongement de la main comme la règle l’est pour l’instituteur. Celui de Marc Dubost de Biniville (prés de Valognes), en face de qui je suis assis, est à la mesure des mains de l’homme qui le possède et le manie depuis longtemps : long, lisse et avec du corps. J’ai l’occasion de le détailler lorsqu’il le pose sur le coin de la table pour illustrer la conversation. Ainsi, je rappelais à Etienne que voilà longtemps, fier de sa terre, il m’avait dit que le meilleur champ de la Manche se situe derrière l’église d’Emondeville. Il le confirme au risque de se voir contredire. Contredire non mais Marc Dubost se souvient que chez lui on disait que c’était à Carquebut. Il cite sa mère « ma mère disait qu’en déposant un manche à balai le soir dans le champ, le lendemain il était recouvert ». Une preuve supplémentaire que dans ces endroits-là, au printemps, la nuit, on entend pousser l’herbe. Léonard de Caumont, vif, à qui on donnerait 10 ans de moins, autrefois boucher à Carentan et qui me saluera avec un « au revoir l’ami » - on est un peu en compagnie de Barbey d’Aurevilly-rappelle que dans les temps anciens, les seigneurs donnaient leur meilleure parcelle au clergé pour y accueillir le cimetière. Voilà, c’est de tout ça dont il est question le lundi au marché de Carentan. J’avais passé un moment mémorable d’échanges et de bonheur, le petit bonheur de tous les jours, avec de la tendresse même. Alors, pour revenir aux références cinématographiques, et aux « Enfants du Marais », pour qualifier ce bon moment, cette autre réplique d’André Dussolier – Amédée- assis dans l’herbe pour un pique-nique avec Jacques Villeret - Riton et Jacques Gamblin - Garris :

Deux poulinières des années 2000 : Uranie (Laudanum) et Obéissante (Nankin)

Etienne en 1999 avec Dinastie de l’Isle suitée de Lavande de l’Isle (Urbain du Monnai) vendue à Denis Hubert puis internationale en Suisse.

« J’suis bien content d’être venu » !!

Aujourd’hui, le GAEC de la Perette conduit avec l’aide d’Etienne et Josette les parents, par Fabrice, celui qui fait pousser le blé et le maïs et Jérôme qui s’est toujours passionné pour le cheval, conduit un élevage de 8 à 10 poulinières toutes issues de la souche d’Hollandaise. La victoire de Quabri de l’Isle à Genève comme le dit Etienne « ça ne rapporte rien mais au moins ça nous montre qu’on ne travaille pas pour rien ». Il suffit de le méditer ! Les fils de Quenotte de l’Isle - Artiste de l’Isle (Orlando) Les Champions de France 2014 et 2015 - Espoir de l’Isle (Malito de Rêve) - Flocon de l’Isle (Malito de Rêve) EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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Quabri de l’Isle Etalon Selle-Français Né le 1er juin 2004

Origines

- Kannan - Dinastie de l’Isle par Socrate de Chivré et Framboise par Quastor Champion de France suprême des foals en 2004

V

endu poulain à Patrick Bizot, il débuta la saison des 4 ans avec Alexandre Saliba cavalier du Haras des Tame. Après quelques autres parcours en compagnie de Simon Body, il passe sous la houlette de Benjamin Devulder qui le conduira jusqu’au CIR des 5 ans. Vendu à une propriétaire américaine qui avait pour habitude de castrer tous les mâles avant de leur faire traverser l’Atlantique, on ignore toujours pourquoi Quabri sauva ses attributs. Nous sommes en février 2010, Nicolas Mignon, un jeune cavalier luxembourgeois, part aux USA pour la tournée de Floride avec Rodrigo Pessoa : « Rodrigo me faisait travailler régulièrement en Belgique. Là-bas à Wellington, la propriétaire de Legacy Stables à qui appartenait Quabri ne parvenait pas à l’utiliser. Le cheval était très vert. Elle l’a proposé à Rodrigo qui n’a pas été très intéressé. Son père Nelson lui a dit qu’il faisait une erreur. Il lui voyait déjà un avenir olympique. Mai, je le montais dans quelques épreuves de 6 ans. Je l’aimais beaucoup et j’y croyais. J’ai proposé de le racheter. Au printemps 2010, il est arrivé chez moi. Je me souviens l’avoir monté pour la première fois en concours à Roeser au Luxembourg. A le voir sauter avec une telle force, les gens me disaient qu’il était préparé ».

Enthousiaste encore aujourd’hui sous le charme de Quabri, Nicolas poursuit « Au fur et à mesure que je le montais, je voyais émerger la qualité du cheval. Et je m’apercevais surtout que mon niveau ne lui convenait pas, j’avais des problèmes de contrôle. En le conservant j’allais gâcher sa carrière.Par l’intermédiaire de Cassio Rivetti (licence Ukrainienne) j’ai vendu Quabri fin 2012 à Olexandr Onyschenko. Il l’a monté un peu avant de le confier à Ulrich Kirchhoff (NDLR : Kirchhoff, cavalier allemand, champion olympique en 1996 avec Jus de Pomme, passait sous licence ukrainienne). Kirchhoff trouvait que le cheval manquait de qualité pour lui. Pedro Veniss qui m’avait déjà demandé Quabri à plusieurs reprises a sauté sur l’occasion ». Aujourd’hui, Nicolas Mignon forme des jeunes chevaux à Chaumont –Gistoux près de Waterloo où il loue des boxes dans les installations de Jérôme Guéry. En ce qui concerne la carrière de reproducteur de Quabri, Nicolas l’avait confiée techniquement à Linalux. Le stock de paillettes encore en sa possession a été vendu au GFE.

Avec Pedro Veniss Cheval lent, assez lourd diront certains, Quabri de l’Isle entame sa vie avec Pedro Veniss au CSI*** de Maubeuge en 2014. Sans faute en 44.31. Il enchaîne avec le CSI*** du Touquet puis celui de Béthune dont il termine 4ème du Grand Prix. Petit à petit les performances s’accumulent jusqu’à une victoire dans la Coupe des nations de Calgary en 2015 et une 3ème place dans le Grand Prix « Rolex Grand Slam ». Ensuite, il y a eu en 2016, une participation aux Jeux Olympiques de Rio puis, avant l’exploit de Genève un double sans-faute, le seul de la compétition, dans la finale de la Coupe des nations de Barcelone.

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QUABRI de L’ISLE

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STUTTGART

Les Masters : pas tous German ! Ahlmann, Werth, Chardon…………..mais aussi Maelle Martin et Bosty !

Stuttgart qui honorait cette année le départ de Gotthilf Riexinger et Hauke Schmidt aux commandes depuis

32 ans, représente, à nos yeux, le meilleur de ce qui se fait au plan sportif, populaire et médiatique en Europe dans le domaine des sports équestres en indoor. Ce qui se fait là dans l’excellence industrielle d’une région où résonnent les noms de Porsche, Mercedes-Benz, Kärcher, Stihl, Bosch, Hewlet-Packard avec un taux de chômage proche de zéro, retentit naturellement sur l’ensemble des manifestations. Et plus particulièrement sur les German Masters qui, outre trois Coupes du Monde, proposent un cross indoor à nul autre pareil et dont ils sont les pionniers. Ils ajoutent à cela, le Mercedes Master, une épreuve dont le format unique est rehaussé d’une riche dotation. Dans ce contexte rassurant, Christian Ahlmann, Isabel Werth et Ijsbrand Chardon ont gravé leur nom au palmarès des épreuves mondiales. Roger-Yves Bost a, selon son habitude, remporté une épreuve alors que la débutante à ce niveau, Maelle Martin, a été saluée par une « standing ovation » pour sa deuxième place derrière Daniel Deusser dans le Mercedes Master.

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MERCEDES GERMAN MASTERS

Daniel D ! Vainqueur de l’épreuve mondiale de Lyon et d’un nombre conséquents d’épreuves majeures depuis l’été, Daniel Deusser s’était déjà dès l’épreuve d’ouverture fixé l’objectif de remporter le Mercedes Master. Facile vainqueur de cette première qualification avec Happiness Van T Paradijs, il avait choisi First Class van Eeckelghem pour la seconde remportée par Roger-Yves Bost et Pégase du Murier. Rappelons que la finale rassemble les douze meilleurs des deux épreuves (classement établi selon un barème de points qui va de 50 à 1). Après un premier tour, les sans faute se départagent sur un barrage. L’édition 2016 demeurera dans les annales. En effet, exit les ténors, il n’en resta que trois dont deux jeunes Jan Wernke et Maëlle Martin pour dompter l’homme du moment Daniel Deusser. La Française auteure d’un superbe parcours vierge avec Giovani de la Pomme cédait la place à l’Allemand qui écopa de 8 points avec Nashville. Même s’il est de règle que dans une compétition tout est possible, il semblait difficile que Deusser fût battu. Effectivement, avec 2 secondes de moins que Maëlle Martin, le cavalier des écuries Stephex ne manquait pas son rendez-vous badois avec Happiness qui fut débutée au haut niveau par Eiken Sato. L’histoire retiendra qu’au premier tour Bosty était éliminé du barrage pour 1 point de temps dépassé avec Qoud’coeur de la Loge. Il s’en veut encore.

Maëlle M ! Encore sous le coup de son succès dans le Grand Prix du CSI*** de Saint-Lô, Maëlle Martin s’est présentée à Stuttgart dans le même esprit. Soit : sans état d’âme avec la fraîcheur et l’enthousiasme qui avait enchanté le public normand. Là, dans le temple du concours indoor, nous insistons, elle entamait le barrage à trois associée à son étalon de pointe Giovani de la Pomme. Lancée à vive allure mais au contrôle, la Championne d’Europe jeunes cavaliers de 2012, ne fut pas en mesure de serrer comme elle l’aurait voulu le virage qui l’emmenait vers l’obstacle final. Après le passage fautif du jeune Allemand impétueux Jan Wernke, elle imagina jusqu’au bout voir se réaliser le rêve de tourner la clé dans la Mercedes allouée au vainqueur. Le public ne se trompa pas. Et malgré le succès de l’un de leurs compatriotes c’est Maëlle Martin qui suscita l’engouement du public. Les journalistes ne manquèrent pas de nous assaillir pour en savoir davantage sur la « petite Française » dont ils feraient vite l’égérie du saut d’obstacles français si, comme on le lui souhaite ardemment, Maëlle Martin étoffe rapidement son piquet pour lui permettre de manifester son immense talent.

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GRAND PRIX COUPE DU MONDE LONGINES

Christian Ahlmann et Taloubet

Z

Trop faciles !

En 2015, Christian Ahlmann avait réalisé le doublé Mercedes masters- GP Coupe du Monde avec Colorit et Codex One, une performance seulement réalisée, qui plus est avec le même cheval, par John Whitaker et Milton en 1988 puis Meredith Mickaels-Beerbaum et Shutterfly en 2008. En 2016, l’actuel N°1 mondial, repart avec sa 3ème Mercedes en 12 mois. Des 19 barragistes, il propulse, le mot est approprié, son étalon de 16 ans Taloubet Z avec 2 secondes d’avance sur son dauphin. La deuxième place revient à Steve Guerdat. Le Suisse, qui précédait l’Allemand sur la piste de la HMSH (Hans Martin Schleyer Halle s’était remarquablement adapté avec Bianca à ce parcours qui comportait 10 obstacles. En 44.95, il avait un instant occupé la tête pour seulement 8 centièmes devant Cian O’Connor. Avec Good Luck, son fils de Canturo, l’Irlandais l’avait faite façon bûcheron. Après le passage de Christian Ahlmann, le classement ne fut pas modifié.

Les Français

Ils étaient cinq. Deux franchirent le portail du barrage. Kevin Staut prit une jolie 6ème place avec Rêveur de Hurtebise sans toutefois avoir les moyens d’aller titiller le niveau du vainqueur. Bosty à son travail avec le volontaire Pegase du Murier se reprenait pour sauter le mur au barrage et concluait avec 8 points et sans le sou puisque seuls les 12 premiers passaient à la compta. Simon Delestre en selle sur Chadino fut pénalisé de 4 points tout comme Olivier Robert et Quenelle du Py. Quant à Pénélope Leprévost, elle ne fut pas la seule, John Whitaker, Ludger Beerbaum, et Peder Fredricson en firent autant, elle renonça, Flora de Mariposa se montrant un peu sensible.

Les chefs de piste en ligne de mire

Dix-neuf barragistes à Oslo, autant à Stuttgart, 16 à Genève, les chefs de piste reçoivent des volées de bois vert. Cela ne date pas d’aujourd’hui mais l’accroissement des épreuves de haut niveau tout autant que les dotations qui s’y attachent engendrent des comportements nouveaux pour les cavaliers et les propriétaires. Dans la dernière production de l’un de nos confrères, Skelton, déclare que les parcours sont trop faits pour le public et le spectacle, pas assez pour le cheval. Même le champion olympique. Dans un contexte sociétal très sensible quant au bien être des chevaux tout en répondant aux contraintes commerciales des organisateurs, les chefs de piste deviennent les boucs émissaires idéals. Un cadre plus rigide en généralisant le format avec une seconde manche règlerait bien des problèmes. En France, le « Super Dix » du Grand national et en Allemagne le « Riders Tour » sont particulièrement instructifs à cet égard. Pour le Riders Tour afin de corser la compétition, les compteurs sont remis à zéro pour la seconde manche. EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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Karen Tebar - Ricardo

DRESSAGE T

rois Français participaient à la Coupe du Monde de dressage. Assez inhabituel ! Une initiative, la seule capable d’élever le niveau de la discipline dans notre pays. Depuis la qualification olympique de l’équipe de France et au-delà des résultats, une dynamique s’est installée dans le dressage français. A Stuttgart, Karen Tebar venue là en voisine (elle habite Waiblingen) prend la 8ème place avec Ricardo dans la Coupe du Monde (reprise libre) avec 74.857. Pierre Volla associé à Badinda Altena est 10ème avec 73.648 et Ludovic Henry associé à After You dont c’était la rentrée passe 70% avec 70.251.Dans le Grand Prix Karen Tebar est 9ème, Ludovic Henry 12ème et Pierre Volla 14ème

Ludovic Henry - After You Pierre Volla - Badinda Altena

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Bosty et Sydney Une Prince mettent

« Le Feu » 34 EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

chez les Maneblusser !


L’histoire remonte à l’an 1657. En hiver, un soir de pleine lune, un homme voyant la tour de la cathédrale illuminée d’une lumière rouge cria « au feu » imaginant un incendie. Les habitants s’empressèrent alors de remplir des seaux pour l’éteindre jusqu’au moment où ils virent, du brouillard, apparaître la lune. Depuis ce jour, les habitants portent le sobriquet d’Eteigneurs de Lune (Maneblusser en Flamand). En revanche, le 30 décembre 2016 vers 18h00, dans la Nekkerhalle, il y avait bien le feu. Un feu allumé par le Français Roger-Yves Bost associé à sa jument Sydney Une Prince. Le couple olympique venait de remporter le Grand Prix Coupe du Monde avec une seconde d’avance sur le jeune Belge Jos Verlooy en selle sur Caracas. Une performance que le leader incontesté et incontestable du saut d’obstacles français réalise après une période automnale un peu moins percutante qu’à l’habitude même si Kevin Staut, malheureux à Malines demeure en tête du classement provisoire de la Coupe mondiale 2016-2017 et que Simon Delestre est toujours N°2 mondial. EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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Coupe du monde de Voltige

Domination allemande Les Français avec « l’Empereur » Vincent Haennel et « le Roi » Clément Taillez marquent leur passage. Manon Noël s’affirme.

Après Madrid, Paris et Salzburg, Malines accueillait

une épreuve de la Coupe du Monde de voltige avant une ultime étape à Leipzig et la finale à Dortmund en mars. Chez les hommes, Clément Taillez « Le Roi » prend la 3ème place. Vincent Haennel « L’Empereur », par ailleurs vice-champion du monde 2016 au Mans, se classe 5ème. Chez les femmes, la Nordiste et championne de France Manon Noël manifeste beaucoup de potentiel et se hisse à la 4ème place.

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Les As de Malines

- L’Allemand Holger Wulschner, gagnant du Grand Prix des Flandres avec BSC Cavity et 3ème du GP Longines avec BSC Skipper - Le jeune Belge Gilles Thomas, 18 ans, Champion d’Europe junior, vainqueur du prix Samsung, une épreuve de vitesse - Simon Delestre et Sultan du Château lauréats du prix KBC - La Belge Elisa Strubbe, 20 ans, remporte la très convoitée Queens Cup réservée aux cavalières avec Gliadiator van’T Paradijs

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Trophée FEI Poneys

Une première pour Zara

Poels

L

a perspective de la création d’une Coupe d’Europe ou du monde réservée aux poneys fait son chemin. Pour John Roche le directeur de la FEI, l’expérience de Malines est très positive « Pour cette année, nous n’avons pas encore décidé s’il y aura d’autres épreuves mais il est sûr que nous travaillons sérieusement à une série complète pour la saison 2016-2017 ». La première qui rassemblait une trentaine de couples dont 3 Françaises est revenue à la Belge Zara Poels originaire de Kampenhout et fille du « Toubin Clément » belge Bart Poels.

Le clan français était composé de Marine Lebas coachée par Cédric de Chambord, Alice Lainé, la fille de Bruno, le boss de « Litière.com » et Rose de Balanda la fille d’Inès. Hélas, les tricolores ont connu une réussite mitigée. Rose de Balanda s’est trou vée éliminée avec Team Love du Buisson, Alice Lainé est victime de 8 points avec Simili de la Buqueuse et Marine Lebas de 4 avec Animo II. Super favori, Harry Allen, vainqueur de la première manche est fautif également. La lauréate, âgée de 16 ans, dernière des 6 barragistes et qui participait à sa dernière épreuve poney en compagnie de Calimero ne devait qu’être sans faute pour s’imposer. En effet, les 5 autres avaient été victimes soit de 4 soit de 8 points de pénalité. En 38.87, la jeune Belge l’emporte devant la Norvégienne Sanne Sofie Hoilund : 4 points mais en 32.26. Photos de haut en bas : Zara Poels, Marine Lebas, Alice Lainé, Marine Lebas et Cédric de Chambord, Bertram et Harry Allen.


GRAND PRIX COUPE DU MONDE LONGINES

Roger–Yves BOST et Sydney Une Prince : Un Feu d’artifice

T

outes les victoires sont belles, toutes laissent un souvenir plus ou moins fort. Seulement certaines, rares, ont une dimension humaine et sportive qui relève de l’exploit. D’autant plus lorsque le vainqueur est déjà porteur d’un capital sympathie important. Celui du cavalier de Barbizon a largement dépassé les frontières françaises. Que l’on soit à Aix la Chapelle, à Bois le Duc, à Stuttgart on parle du « grand Bosty » pas seulement pour ses qualités sportives mais aussi et surtout pour sa simplicité et l’exemple qu’il donne de ce qu’est et doit être un grand sportif. Assurément, son succès de Malines, où jusque-là il n’avait jamais brillé, conforte, au-delà de tel ou tel classement proprement comptable par ailleurs très respectable, sa position de leader du saut d’obstacles français. Le meilleur représentant français de la discipline aux derniers Jeux Olympiques est celui qui, de nouveau, après une période de pause vient remettre la machine à gagner en route. Lors de la reconnaissance du Grand Prix, il ne manquait pas de dire avec toute la modestie qui sied « Il faut que j’en gagne une ». Derrière cela, il avait encore en mémoire ce fichu point de temps dépassé lors de la classique du Mercedes Masters à Stuttgart, tout autant que le barrage du Grand Prix un peu manqué. Mais il savait aussi que depuis son retour à la compétition, Sydney une Prince progressait naturellement vers une belle performance.

Une ambiance de kermesse Aidé par un tirage au sort favorable, il partait le dernier. Bosty avait, en revanche, contre lui, malgré sa popularité, le public flamand. Une population qui traditionnellement, dans une ambiance de kermesse profite totalement des jours charnière entre Noël et le Nouvel An pour s’encanailler, autrefois au motocross, aujourd’hui au cyclo-cross à Zolder et à Loenhout ou à Malines pour ce que restera une idée de génie du regretté Eric Wauters. Eric Wauters qui a laissé son nom à cette organisation dont c’était la 36ème édition, perpétuée et développée par son épouse et ses filles. En partant le dernier d’un barrage qui comptait 12 couples, le Français devait battre Jos Verlooy. Porté par une Nekkerhalle survoltée le jeune Belge associé à Caracas, un étalon de 11 ans par Casall, avait réussi à être le seul cavalier sans faute en dessous de 40 secondes. En ajoutant qu’en compagnie de Gudrunn Patteet fautive à 8 points il était le seul Belg e représenté au barrage. Une déception plus générale dans la mesure où, la veille lors du Grand Prix des Flandres les cavaliers locaux provisoirement au commandement pour trois d’entre –eux s’étaient fait voler la victoire par le surprenant allemand Holger Wulschner qui encore lui, occupait la deuxième place du Grand Prix.

« J’ai vraiment envie d’aller en Amérique » Parti tranquillement - ce mot est-il approprié lorsqu’il s’agit de Roger- Yves Bost - le Français, sachant sa fille de Baloubet du Rouet très rapide, après avoir serré toutes ses courbes, forçait l’allure sur l’avant dernier obstacle, un oxer qui avait été fatal à Kevin Staut et Ayade de Septon pour se diriger avec vigueur vers l’oxer Longines logé au bord des tables et l’enjamber avec une puissance qui le propulsait de l’autre côté en seulement 38.86 soit pratiquement une seconde de moins - 39.71- que le Belge. Et voilà ! Tout simplement. Avec cette victoire, Roger-Yves Bost, plus motivé que jamais, manifestait son enthousiasme pour une qualification à la finale de la Coupe du Monde « J’ai vraiment envie d’aller en Amérique » ! EQUIN NORMAND n°95 JANVIER-FÉVRIER 2017

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