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HBA Webzine

de

P h oto g r a p h i e s A r g e n t i q u e s

n°2, Hiver

2013

Sajede Sharifi // Passé Imparfait • Nicola Noemi Coppola // Fantômes de l’intangible • Ruben Brulat // Primates • Matthieu Rosier // Vingt six armes de guerre et un boeuf • Rebecca Topakian // Habana Frikis • Guillaume Lapeze // Nyctalopes • Hélène Canaud // Regards

Photo-Argentique.com


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// Edito Déambulations argentiques Dans ce deuxième numéro de HBA, nous vous invitons à découvrir une nouvelle sélection de jeunes photographes, dont la pratique passe par la photographie argentique. Nous avons voulu mettre l’accent sur la diversité des approches, l’originalité des démarches et la pluralité de regard que portent ces jeunes artistes sur leur “réel photographique”. Ce numéro est, par rapport au précédent, marqué par quelques modifications graphiques. Le prochain numéro verra l’ouverture d’un espace d’exposition plus libre au seins de ses pages, dans une volonté de voir cohabiter un ensemble construit d’images issues de divers auteurs. Ce webzine désire également s’ouvrir à quelques textes réflexifs autour de la photographie argentique. Nous en profitons aussi pour renouveler notre volonté de publier ce webzine gratuitement et auprès d’un public le plus large possible. Nous remercions au passage les personnes qui favorisent sa diffusion à travers les médias interactifs. nous espérons que vous apprécierez votre déambulation dans ce petit syncrétisme argentique.

DavidF & Clément Gérardin

En couverture : Guillaume Lapeze, Série «Nyctalopes», 2012 ©Guillaume Lapeze

Edité par le site internet Photo-Argentique.com

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// Sommaire

Edito...........3 Sajede Sharifi // Passé Imparfait...........6 Nicola Noemi Coppola // Fantômes de l’Intangible...........26 Ruben Brulat // Primates...........36 Mathieu Rosier // Vingt six armes de guerre et un boeuf...........95 Rebecca Topakian // Habana Frikis...........59 Guillaume Lapeze // Nyctalopes...........80 Hélène Cannaud // Regards...........108

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Pa s s ĂŠ Im p a r f a it Saj e de Sharif i

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// HBA - Sajede Sharifi - Passé imparfait

// Portfolio

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’errance du regard, la justesse du détail, l’indécision feinte du cadrage... Voila ce qui forme l’unité délicate qui se tisse entre les images de Sajede Sharifi, journaliste et photographe iranienne vivant en France. Ses photographies, compilations de longues pérégrinations dans son pays d’origine, frappent avant tout par la poésie formelle qu’elles distillent. Une élégance des formes et une sensualité des matières qui n’est pas sans rappeler les images mexicaines de Graciela Iturbide. Et si les images se font pures poésie visuelle, elles sont encore amplifiées par le texte qui les accompagne. Un texte qui en dit bien plus à mon sens sur le climat social en Iran qu’il ne veut bien nous le laisser croire au premier abord. En choisissant de ne pas écrire dans sa langue maternelle, le persan, Sajede Sharifi permet à ses hésitations linguistiques, aux petits écarts et accrocs verbaux, de se muer en une véritable poétique du language. Elle fait raisonner l’écrit de nouveaux échos, nous emmenant plus profondément encore dans l’onirisme des images. Clément Gérardin

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// HBA - Sajede Sharifi - Passé imparfait

On a appelé ma mère de l’école maternelle : « Votre fille est malade. Elle a perdu son ombre. » Ma mère respirait chaud dans mes yeux. - « Ma chérie ie ieh h he he he Ça va ? » - « Mon ombre est partie Avec des moineaux. »

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Grande mère nous dit: « une bonne femme regarde nulle part quand un homme musclé montre son respect, si elle veut un jour le marier. » - « Notre voisine est donc amoureuse. » Ma sœur rit doucement. - « Notre voisine se mariera un jour avec cet homme. » Ma sœur le répète, suivant son ombre.

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// HBA - Sajede Sharifi - Passé imparfait

J’invite les étoiles au syndicat étudiant. Les jours « A bas... » sort de la bouche de la fausse liberté. Mai 68 glisse du soleil sur les cheveux d’un cimetière.

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Les uniformes verts envahissent la terre. Leurs armes, sur nos livres est-ce le signe d’une guerre ? D’être étudiant est déjà un crime. D’être étudiante, active, pédicurée, en voile de couleur, ce n’est que la honte à ta famille, à ton pays.

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Je donne un baiser au mistral qui souffle pendant trois jours : « Adieu politique » Je suis maintenant une rose mélancolique. Je me tiens debout dans le vase carré. Les pissenlits passent sans aucun message. Kant, Descartes, Hegel… Soufflent dans ma tête. Je n’en parle plus. J’ai déjà payé cher.

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La presse a la fièvre. Je travaille dur comme une ouvrière. Mes collègues journalistes : féministes, réformistes, communistes, humanistes, sont tous mes amis. Cela ne dure pas longtemps, l’épidémie arrive. Les journaux, fermés. Ses hommes, enfermés. Je me tiens debout respire respire respire

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Un long hiver tombe, sur toute la ville. Je n’ai pas vingt cinq ans Mais je dors longtemps dans le pays de l’oubli. Je caresse mes rêves. Réveillée ou rêvée Je ne sais pas comment un petit prince tomba de ma fenêtre.

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Je vole doucement. Le bleu du ciel change vers le vert quand petit prince par surprise m’embrasse. Je figure la vue sur notre maison : ma mère avait des larmes. ma sœur fixait son regard à ce soudain départ. Mon père bougeait la main: - « Au revoir ma fille. Quoi qu’il t’arrive on est là pour toi » - « là ? » - « ici ici ii i en bas. »

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Sajede Sharifi

contact : sajedesharifi@gmail.com toutes les photos et textes ŠSajede Sharifi

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// HBA - Nicola Noemi Coppola - Fantômes de l’intangible

// Portfolio

Fant ô m es de l ’ I n t a n g i bl e Nic ola N oe mi Coppol a

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evant cette série d’images de Nicola Noemi Coppola, je ne peux m’empêcher de penser à cette citation de Saint-Augustin soulevée par Pétrarque dans l’ascension du mont Ventoux « Et les hommes vont admirer les cimes des monts, les vagues de la mer, le vaste cours des fleuves, le circuit de l’Océan et le mouvement des astres et ils s’oublient eux-mêmes. » Par cette série, ce sont ces indices d’une certaine beauté du monde que Nicola donne à voir. Des indices comme autant de mystères d’ailleurs, et d’une étrange beauté, de ces phénomènes minces, tels que les ondulations de la mer, le souffle du vent sur le ras de l’eau, délicats déplacements du visible par l’invisible. Dans une volonté de ré-enchantement du monde, entre microcosme et macrocosme, la perte d’échelle est significative et souligne une inquiétante étrangeté artificielle du naturel, où la perspective absente et la perte de repères font écho à la photographie japonaise, je pense à Tomoko Yoneda, Hiroshi Sugimoto, ou encore à Naoya Hatakeyama. Mais l’indice laisse planer le doute, et au milieu de cette masse instable, est-ce l’ombre d’un nuage qui passe, ou bien une forme qui se meut au dessous  des flots ? Ainsi, par le Noir et blanc, le dramatique se déploie, comme dans ces images à valeur de preuve sans preuve telle celle du monstre du Loch Ness, rentrée dans la mythologie d’un monde qui continue de se questionner sur sa propre existence à la rencontre d’un événement manqué, où il ne resterait que la trace d’une chimère déjà disparue : c’est le fantôme de l’intangible que Nicola Noemi Coppola capture sur son film. Jérôme Michel

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Nicola Noemi Coppola

Plus d’infos sur : Fea.lk/Hsrd contact : nikiplex@gmail.com toutes les photos ©Nicola Noemi Coppola

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// Portfolio

Primates

Ruben Brul at

U

ne immersion. À la fois par le corps et par l’image. Voilà bien ce que met en jeu le jeune photographe Ruben Brulat. À vingt quatre ans et déjà moult concours et lieux d’exposition prestigieux à son palmarès, Brulat s’applique à mettre en scène dans ses images la relation fortement problématique du corps avec le lieu auquel il est confronté. C’est tout particulièrement le cas dans sa série Primates, datant de 2009. Celle-ci met en scène un corps nu, autoportrait allongé ou recroquevillé, au milieu de gigantesques espaces naturels. La plongée du cadrage, l’ouverture très large du champs, la qualité de détail dûe à l’utilisation de la chambre grand format, sont ici au service d’un paysage de nature sauvage, au relief abrupt, aux roches aiguës et aux glaciers gigantesques.

Étendu de tout son long sur le sol, agrippé à l’extrême à un rocher ou presque totalement immergé dans une eau glacée, le corps est saisi dans une tentative de contact fusionnel avec la matière brute naturelle, comme pour y inscrire profondément son empreinte. Une forme de Land Art photographique, dont la démarche évoque spontanément les Souffles de l’artiste italien Guiseppe Penone. Est à souligner également la dimension performative qui sous-tend les photographies de Brulat ; Le retardateur et la distance à parcourir pour rejoindre le lieu de pose engendre une course, dont la violence et la verticalité sont paradoxalement totalement absentes de l’image. Celle-ci est bien au contraire marquée par le calme et l’horizontalité du corps allongé. On pense notamment à cette saisissante image, où le personnage flotte au milieu d’une eau glacée et absolument lisse, au milieu de gigantesques icebergs.

“ La présence du corps dans ce monde naturel si puissant crée une forte « suspension » dramatique. ”

En contre-point de cet univers brutaliste, un corps nu, vulnérable, minuscule et immobile, vient par son organicité, perturber l’équilibre monumental entre les masses minérales et végétales du lieu. S’il peut échapper au premier regard jeté à l’image, il n’en reste pas moins un « ponctum » énigmatique, une ponctuation graphique dans un espace naturel homogène au sens le plus barthésien du terme. Il est le point «  d’accroche  » et par la même d’immersion du spectateur dans l’image.

La présence surréaliste du corps dans ce monde naturel si puissant et massif crée par sa seule présence une « suspension  » dramatique et narrative. Elle interroge son propre rôle dans l’image. Le corps du photographe, mis en scène, est par la même envisagé comme une jonction visuelle et sémantique avec l’espace qu’il occupe. Clément Gérardin

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Ruben Brulat

Plus d’infos sur : www.rubenbrulat.com contact : hello@rubenbrulat.com toutes les photos ŠRuben Brulat

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// HBA - Matthieu Rosier -Vingt six armes de guerre et un boeuf

// Portfolio

V i ngt s i x a r me s de gu e r re e t un bo e uf M atthi e u R osi er

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u premier abord, on pourrait être porté à croire que les photographies de Matthieu Rosier ne forment qu’un simple répertoire d’engins de guerre, prêts à être envoyés au champs de bataille.

fait osciller le spectateur entre humour décalé et critique politique. La présence de ce bœuf, autre symbole fort du Nord-Pas-de-Calais, au milieu de ces machines-monument, photographié avec la même rigueur et le même processus de prise de vue vient, comme un cheveu sur la soupe, désamorcer la rigueur documentaire (que la neutralité du texte soutient manifestement) des images, dans une singulière forme d’autodérision.

“Une typologie entre humour décalé et critique politique.”

C’est dans un deuxième temps que l’on aperçois les socles et autres haies décoratives qui les entourent. C’est le socle qui fait ici monument. Et le texte qui accompagne avec intelligence les images nous éclaire fort bien sur ce point : Il s’agit bien d’une typologie d’armes-monuments datants de la Seconde Guerre Mondiale, qui jalonnent le Nord-Ouest de la France. Une typologie au sens «  Becherien  » du terme, issue d’un processus de prise de vue méthodique (cadrage latéral, distance et focale identique, homogénéité de la lumière...) Mais derrière la froideur clinique de cette typologie, se cache une ambivalence qui

D’un autre côté, la série de Matthieu Rosier interroge d’une manière critique la conversion de ces engins, conçus initialement pour donner la mort, en objets, certe de souvenir, mais avant tout de tourisme et de pittoresque. C’est là tout le talent de Matthieu Rosier, qui maintiens le spectateur, avec l’aide d’un simple bovin, dans une forme d’indécision critique quand à son travail. Clément Gérardin 57


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Entre Honfleur extrême Est du Calvados et Cherbourg pointe Ouest de la Manche soit une distance de 158 kilomètres, en longeant la côte. On trouve 29 musées et mémoriaux, réservés aux souvenirs de guerre. Soit un musée tous les 5,4 kilomètres, sans compter les 29 cimetières militaires dispatchés dans la Manche et le Calvados : 22 britanniques 3 Allemands 2 canadiens 1 polonais et 1 américain.

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A Tombouctou, ville du Nord Mali communément appelée la ville aux 333 Saints et Tétons, dernière ville avant le désert ; se trouvait un monument de guerre représentant deux arches croisées avec en dessous 3000 fusils brûlés, utilisés pendant une rébellion Touareg. À moins de 100 mètres du monument de paix une deuxième arche simple. Communément appelée la porte du désert. Une fois franchie on est dans le Sahel, partie la plus aride du Sahara. De l’autre côté de l’arche on se trouve dans la ville aux 333 Saints et Tétons. Point de départ pour les caravanes de chameaux, accompagnées des vaches à lait.

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CommunĂŠment appelĂŠs vaches des sables.

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Entre Honfleur extrême Est du Calvados et Cherbourg pointe Ouest de la Manche soit une distance de 158 kilomètres, en longeant la côte, on trouve 29 musées et mémoriaux, réservés aux souvenirs de guerre. Soit un musée tout les 5,4 kilomètres. Entre, ces mémoriaux on trouve le paysage rural, les terres parcellées, abritant aussi des hippopotames. Hippopotame communément appelé, ici, vache de terre. Entre ces vaches de terres, une vache à terre, morte, enferraillée la vache de terre. En broutant, elle a avalé une vieille conserve, une boucle de ceinture ou un éclat d’obus. Morte, elle ne regarde plus. Mais lorsque la vache de terre est bien vivante, même lorsqu’elle nous tourne le dos, on a l’impression qu’elle nous regarde. Ses yeux sur le côté du crane. Elle a le regard profilé. Simple à saisir.

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Matthieu Rosier

Plus d’infos sur : matthieurosier.com et : http://collectifvost.tumblr.com/ contact : rosier.mateko@gmail.com toutes les photos et textes ŠMatthieu Rosier


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// Portfolio

Haba n a Fr i k i s Re b e cc a To pak i an

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usqu’en 1966, le rock’n’roll était interdit à Cuba. À l’occasion d’une tournée musicale que j’accompagnais, le Brutal Fest Tour, festival hardcore et métal, j’ai pu rencontrer une jeunesse cubaine en rébellion contre la dictature de l’Etat et d’une société traditionnelle holiste. Contre les « repas  », adeptes du reggaeton cubain, qui font l’unanimité sur l’île, les jeunes « frikis », tels qu’ils se surnomment en adaptant l’expression anglaise «  freaks  », se tournent vers les contre-cultures de l’ennemi impérialiste : le punk, le hardcore, le métal, le skateboard.

Les frikis, « emokids  », «  metaleros  » et autres « punkis », se retrouvent au « Parque », une sorte de terre-plein entre deux voies sur l’avenue G. C’est là aussi que s’entraînent les skateurs qui espèrent être un jour reconnus par des professionnels de passage pour une compétition, qui leur offriraient leurs propres planches. L’après-midi, ils se retrouvent parfois au Café Literario avec les étudiants et les jeunes professeurs de l’université de la Havane, où l’on discute d’une nouvelle révolution envisageable et de partis alternatifs. Dans un pays où tout est contrôlé, c’est dans une énergie productrice que les jeunes se débrouillent pour faire des projets et affirmer leur individualité.

“Les jeunes frikis se tournent vers les contrecultures de l’ennemi impérialiste”

À Cuba, s’habiller autrement, porter des piercings ou jouer dans un groupe de rock est un geste fort d’opposition à la soumission généralisée à la dictature. Dans un pays où internet n’existe pas, où il est interdit de communiquer avec les touristes ou de sortir du territoire, l’échange et la diffusion d’une culture venue de l’extérieur devient un acte de résistance. Les jeunes échangent des clés usb ou des CDs gravés contenant de la musique obtenue de touristes ou de cousins vivant en Amérique.

Les photographies qui suivent sont originellement présentées à l’intérieur d’une auto-édition qui prend une forme rappelant celle du fanzine, objet de diffusion à moindre coût utilisé par les mêmes contre-cultures dans un esprit Do It Yourself. Elles sont accompagnées de courts textes racontant la vie de ces jeunes cubains. Rebecca Topakian

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Rebecca Topakian

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N yct a l op e s Guillaume Lapeze

« C’était la plénitude de l’impudeur, qui regardait comme sienne la terre entière, mesurant sa violence à une étendue sans fin, et ne connaissant plus d’apaisement. »

Georges Bataille, L’Abbé C

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l’origine de ces images : la fête. Pourtant, ce n’est ni l’enivrement ni la joie qui s’y montrent. L’ivresse dionysiaque laisse ici place à la dépense gratuite et destructrice, à la déshumanisation et à la perte du soi dans une ronde de figures incertaines et chancelantes. On ne sait si elles s’élèvent ou s’écroulent, si elles dansent ou soutiennent avec peine le poids de leur chair dans un équilibre difficilement maintenu. Les corps s’assemblent avec naturel aux objets comme les bribes d’une réminiscence comatique. Le pessimisme s’empare de la festivité et la ramène à sa fonction d’anéantissement : les corps, blessés, étendus au sol ou désarticulés participent d’une course violente hors du monde que seul le jour peut-être arrêtera – jusqu’à ce qu’une silhouette impudique défie le réel de sa fierté exhibitoire, chantre de l’inconscience. Le non-sens tragique est alors ce qui seul s’offre aux yeux de ceux qui refusent le réel : jouant de l’ambiguïté historique du mot, les nyctalopes désormais voient dans la nuit et ferment leurs yeux à la tombée du jour. Rebecca Topakian

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Guillaume Lapeze

Plus d’infos sur : http://o-x.fr/xv4tg contact : lapezeguillaume@ymail.com toutes les photos ŠGuillaume Lapeze

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// HBA - Hélène canaud - Regards

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Re g a rd s Hélèn e Canaud

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es regards. C’est cela avant tout, qu’Hélène Canaud essaye de saisir dans ses photographies. Dans un déroulement potentiellement infini, ses portraits se succèdent, communauté bigarrée où l’âge, le genre et l’origine viennent se mêler, se mélanger, se côtoyer. C’est bien sûr là toute la difficulté du projet. Comment extraire l’unité de la diversité ? Comment saisir une identité et une altérité ? Des questions qui se sont posées de tout temps aux portraitistes, et qui sont au cœur de la recherche photographique de Canaud. L’unité de ses portraits ne vient pas ici d’un ensemble social, géographique ou géopolitique. Elle nait bien davantage de l’affirmation de l’esthétique et du regard singulier qu’Hélène Canaud pose sur ses modèles. Les liens entre les images se tissent avant tout grâce à cette ambiance duveteuse, cette lumière diaphane qui baigne les personnages. L’éclairage est doux, naturel, produisant des ombres qui se glissent entre les paupières, creusent les joues, soulignent les lèvres.

Le grain de la peau affleure, les cicatrices, les dissymétries du visage ressortent, révélant une sensibilité à fleur de peau. La lumière ne sert pas ici de faire valoir, mais met à nu le visage, dans ses défauts comme ses qualités, aux antipodes de la perfection académique du portrait de studio. Et si ces images fuient l’esthétique lisse et clinquante des portraits paradigmatiques de la mode et de la publicité contemporaine, elles prennent bien davantage leurs racines dans la peinture classique, et en particulier les portraits hollandais du XVIIe siècle. Elles abritent cette même fragilité, cette littéralité crue et à la fois délicate que l’on retrouve dans les visages des personnes portraiturées par Rembrandt ou Vermeer. Par ses portraits, Hélène Canaud fait tomber le masque social qui altère habituellement le regard du photographié. Le modèle se donne, s’abandonne au photographe, dévoilant enfin l’être derrière le paraître. Clément Gérardin

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Hélène Canaud

Plus d’infos sur : http://helene-canaud.com contact : ouidaine@hotmail.com toutes les photos ©Hélène Canaud

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