
Pourquoi naître artiste ?
soufflé par des dieux de hasard, porté par un vent dérisoire survolant les flots lumineux et vibrants, un chromosome de papier s’est logé dans la boîte à idée de l’enfant grec, squatter sauvage, paramètre indéboulonnable et sans gêne, plaisir vissé à vie.
assis à l’aise sur un poney pelé du Péloponnèse, le véloce Pavlos fait fi de tous bois. Derrière les oliviers, la mer d’huile salive son écume des jours enflammés qui en disent long sur le murmure d’une nature riche généreuse et bienveillante envers ses hommes braves, burinés, aux mains calleuses et métier rude.
enveloppante et sereine, elle couve immensément l’horizon troublé par la nuit tentaculaire dévoreuse de soleil aux chouettes étoiles régurgitées.
sous ces propices auspices, un monde rêvé tire l’enfant ébloui par la manche. il tend les deux joues à la bise subtile de cellophane bruissant dans les feuillages, tombée dans la chaude oreille distraite de l’enchanteur été chatoyant. il s’aveugle des facettes facétieuses et faces secrètes, diamants d’ondes fines, carreaux de carats liquides, épouvante mouvance des mers aux monstres engloutis et aux légendes perpétuelles rythmées de mélopées, de tragédies chaloupées, Homère, oh désespoir des navigateurs naufragés et des cyclopes au mauvais œil, au pied marin et à la poutre aiguisée.
en ces temps du sort et de Grèce agressée, même les poètes content les heures de sang perdues dans le tunnel des colonels, sablier d’oubliés.
Les maisons de carton blanc et bleu au fil de l’eau s’embrasent de liberté sous les larmes rouges des braves, voisins de Chypre à couteaux tirés, vif coup d’éclat de sentinelles au vil sempiternel coup d’état.
Dans le champ du peuple où l’herbe respire, fleurissent les cravates de feu, coquelicots de Corot, rayon de Barbizon, délivrés des chenilles de chars, vomis de canons aux papillons d’artifice, évolution de cancans, révolution de cocon, résolution de coco, réclusion de félons...
La misère est un PLat
qui ne se manGe Pas.
L’existence se construit tant bien que mal au pied des arbres enracinés, des murs mystérieux, des intrigues ordinaires, des palais ancestraux et des guerres ulcérées, pouvoirs à portée de bras avides, espoir des justes sur l’indescriptible désolation du monde et salvateur regard des artistes perçant les meurtrières, incontournables réveilleurs de l’histoire.
se sauver au quotidien, s’inventer simplement d’une main de savetier prodigieux, parler véritablement de sa possible vie, s’armer habilement des outils et se nourrir intelligemment d’exception, d’envies, de rencontres, d’aléas, de questions, voilà l’envol du défi, puissant moteur à réaction qui pointe son nez dans l’air du temps pour qui veut respirer…
La glace souffle le chaud sur l’être né enfant pour longtemps, destin de bandes dessinées, magasin de magazine, étalage de personnages, insulaire insolé rayonnant au miroir de mémoire. il observe de ses yeux intransigeants et croque l’existence avec envie, gourmandise exacerbée de contemplation, volonté d’être unique, de s’accorder avec soi-même.
Pourquoi naître ConsCient ?
La séduction s’emballe de tissus d’addiction, se pare d’apparats cousus de fils apparents, pactes empaquetés, rengaine de gaines, chemin de chemises, vision de vestons, chape de chapeaux, chatouillement de chaussettes sous les pieds et chaussures de charme aux belles plantes voutées…
PavLos raConte
extraorDinairement
L’orDinaire.
Désormais à portée de main, l’objet des désirs s’affiche, s’impose en dictature de pointures, de tailles, de formes des choses, réalité immédiate, manufacturée, emballée, présentée, incontournable, incontestable, envahissante.
Les jours modernes se suivent en cœurs et paroles de papiers, en photogénique cohorte consommée, fumants de cigares, rutilants de joyaux, cerclés de lunettes écaillées, nourris de plats garnis, gavés de gâteaux, drapés de drapeaux, pétillants de pétales, irradiants de rideaux, bardés de dollars…
Pavlos capture l’éphémère sous plexiglass, le réinvente, le traduit, le retranscrit dans l’illusion de son talent pur, impressionnant artisan à la force de frappe unique d’un singulier et spectaculaire bonheur massicoté.
Par ses récupérations obsessionnelles, accumulations de stockage, transformations hallucinantes, domaines de prédilection urbains, affinités et sujets contemporains, amitiés et proximité notamment avec Pierre restany, il a souvent été rangé hâtivement dans le camp des nouveaux réalistes.
or, dans ses préoccupations solitaires et tenaces, Pavlos ne se reconnaît d’aucun mouvement spécifique, d’aucune démarche collective, d’aucune approche concertée ou stratégie de groupe, aussi célèbre ou important soit–il.
sur ses plates-bandes à part, il tranche à vif, trace sa lumineuse différence, la langue immortelle de son académie, son dictionnaire de rigueur, son alphabet composé, sa sublime universalité, la puissance de son mouvement, chef de file de lui-même de son incroyable exigence.
equilibriste aux mains expertes à couper le souffle, coloriste à haut risque, il dispose, raconte, respire son parcours unique fourmillant d’alvéoles.

Les ParoLes s’envoLent et Les PaPiers restent.
Dans une aile de l’atelier sur cour, fixé sur son sort, un ange a fait son jardin secret. au fond de la pièce, les feuilles kidnappées attendent la rançon du succès. Détournant l’attention, revues et corrigées, elles prêtent le flanc à l’artistique. sur le sol, quelques évadées gisent encore, rescapées d’une mise en boite assurée. tapies dans l’ombre, sous le rideau illusionniste aux faux airs de faussaire, s’activent des mâchoires de hachoir, torture de sciure, réclamantes de réclames. Ces bouffeuses mécaniques mastiquent, dévoreuses de grain, raseuses de raisin, voleuses de vélin, chineuses de chine, jappeuses de japon, croqueuses de carton...
Des pièces historiques racontent des histoires. affabulatrices, elles brouillent les pistes, trompent l’œil et sans ride, mentent sur leur âge. majeures ou mises à l’index, elles se font face et s’exposent à tous les regards, lumineuses, impudiques faces de façon.
La mémoire des forêts s’effeuille, racines, terreau, branches de vies éternelles. Parchemins de caractère, impressions compressées, feuilles effleurées prises en main, fines affinées prises en guerre, belles fleurs fanées de filigranes, de tout temps, l’existence de l’homme s’affiche ainsi, se palpe, s’inscrit, se retranscrit, se façonne, se prouve, s’éprouve, se broie, s’ébruite. Le monde se rassure, s’invente, s’idéalise, se passionne d’aventures et suit ses meneurs, ses prescripteurs aux couleurs attirantes, aux atours et accessoires d’irrésistible force. Panneaux de panache, fantastiques Comics, les fous de l’action flamboient en morceaux de choix, sections d’assaut, place de héros, prises d’idéaux, prose de Pavlos, des Pavlos, des Pavlos et encore des Pavlos qui tuent s’émouvant.
Les suPPLiCes sont Lisses,
Les suPPorts sont forts,
Les suPer sont fiers !
J. Corbu

79 x 94 x 7 cm


PORTRAIT de SUPERMAN
102,5 x 172 x 7 cm papier d’affiche et plexiglass

16 SUPERMAN et WONDER WOMAN


20 WONDER WOMAN
178 x 127 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass
Pivotement, retournement,
WonDer Woman est en CoLLant.
Lasso Doré, Lassée De rien,
WonDer Woman est en satin.
Primesautière et Bon teint
WonDer Woman est un mannequin.
DiaDème De feu, mèCHes sauvaGeonnes,
WonDer Woman est une Lionne.

22 WONDER WOMAN
62 x 89 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass





32 SPIDERMAN 1
155 x 121 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass
2012 sur Le fiL Dérisoire,
Poor sPiDerman,
Histoire De trou noir,
Histoire De mémoire. sur Le fiL Du rasoir,
sPeeD sPiDerman
Histoire DéviDoir,
Histoire à tiroirs, sur Le fiL rePoussoir,
HarD sPiDerman
Histoire De fiLet,
Histoire De tomBer, sur Le fiL Dans Le soir,
ProuD sPiDerman,
Histoire De BomBes noires,
Histoire De viCtoire.


SPIDERMAN 2
180 x 117 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass

SPIDERMAN
106 x 82 x 7 cm


HULK
182 x 122 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass
musCLé De masses, masqué De musCLes, Poussé aux nerfs, Passé au vert, HuLk voit rouGe, rouGe sévère.



183 x 127 x 7 cm papier d’affiche et plexiglass
Gants, Bottes, oreiLLes Dressées, Bannière De Lumière, BouCLier étoiLé
CaPtain amériCa
CHauve CHauvin, uni Les états.





56 SURFER D’ARGENT
185 x 112 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass

as Du surf intersiDéraL au Gré Du vaGue à L’âme, amer GLissant équiLiBriste interGaLaCtique,
L’Homme D’arGent enCaisse Les BiLLets D’Humeur et renD La monnaie, menues PièCes DéComPtées
Jouant à CasH CasH.
Homme Des PLanètes LiquiDes,
HaBiLLé PourfenDeur
De Commères Comètes Gazeuses
GazouiLLantes à La queue ruisseLante, PâLe soLeiL réfLéCHi au rayon uLtra vioLent
DéCaPiteur De têtes De GonDoLes et De suPermartiens, iL truque Le système métrique étriqué, rouLe sa Caisse imPosante et rèGLe ses ComPtes sonnants et tréBuCHants, toutes fraPPes ComPrises.

197 x 127 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass

en quatre mouvements De CatWoman féLine De Lune, Le fauve BonDit.
Deux entreCHats De La femme CHat féLonne De nuit, L’intruse s’enfuit. tenue Griffée et Pattes Gantées, La minette est DéJà Prête, tenaCe auDaCe De CHatte Bottée, La tiGresse est une temPête.
fortune De tHune, friC D’amérique, Griffeuse, tueuse, La Bête s’exCite, voLeurs, PiLLeurs, Les triCHeurs meurent,
Dans Les rueLLes au sort CrueL. mouLée miauLant, CHâssis Bâti, La Créature attise L’envie, Dans La PénomBre La femme se CaCHe, Parée De noir et De CravaCHe.


66 FLASH GORDON
185 x 113 x 7 cm
papier d’affiche et plexiglass 2013
oraGe De feu, raGe D’aCtion,
fLasH GorDon Donne Le ton.
eCLats D’états, état Du monDe,
fLasH GorDon orDonne La fronDe.
L’affaire est CLaire De Guerre éCLair,
CHirurGiCaLe, LétaLe, fataLe,
La fouDre va fonDre L’ennemi Démis,
Carton GLaCé et PLanCHes étaLes,
BanDes DéCimées et BuLLes aux airs
D’imPitoyaBLe Loi Des séries.
Juste au CorPs, nez à nez, CHassé-Croisé et Prise De tête, Le masque aGaCe.
fiLin fiLé, BoBine aviDe, L’araiGnée s’arrête net.




a tire D’aiLe Dans manHattan,
Des fiLLes De L’air Croisent Les nuaGes,
attiré D’eLLes Dans manHattan,
Défi De L’air Dans Les ParaGes,
Batman exPLose Le mur Du son,
sauver Le monDe est sa mission.
a tire D’aiLe Dans Les Gratte-CieLs,
Des fiLLes De Joie Croisent Des miraGes,
attiré D’eLLes Dans Les PruneLLes,
Défi De PoiDs D’or au BraquaGe,
Guns De GanG, Bruits De BriGanDs,
Batman s’imPose sans ConCession,
sauver La PLaCe est sa Passion.



astres Contre Désastre, siGnes DésiGnés,
LoquaCes LoGos, Haro sur Les Héros !



BIBLIOGRAPHIE
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Frédéric BALLEStER, « Papiers en fête », La Malmaison, Espace Miramar, Cannes, 2004.
Frédéric BALLEStER, texte pour l’exposition, « Hommage au Pop Art », Galerie Rive Gauche /Galerie Laurent Strouk, Paris, 2005.
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yves dIEuLAFAIt « Entretien » pour le catalogue de l’exposition Cinéma-Cinéma , Guy Pieters Gallery, Knokke-le-Zoute, novembre 2008.
J. CORBu , texte pour le catalogue de l’exposition « les SuPER » à la Galerie Laurent Strouk, Paris France. Juin 2013.



