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DU

8 AU 21 MARS 2017

Numéro 620

www.expressions-venissieux.fr

Un numéro spécial tout feu, tout femmes


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CÉRÉMONIE DU 19 MARS À l’occasion du 55e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie et de la Journée nationale du souvenir et du recueillement, la Ville et le comité FNACA de Vénissieux invitent la population à la cérémonie qui se déroulera le dimanche 19 mars au nouveau cimetière, à 11 h 30 (rassemblement sur le parking à 11 h 15).

COLLECTE SOLIDAIRE La Ville de Vénissieux, en partenariat avec Éco-systèmes et la Métropole de Lyon, propose des points de collectes solidaires pour permettre aux habitants de déposer des appareils électriques hors d’usage ou en état de marche. Rendez-vous les samedis 8 avril et 24 juin de 9 heures à 13 heures, sur le parking Marcel-Paul, 16-20, avenue Marcel-Paul pour déposer gros ou petit électroménager (frigo, machine à laver, téléphone, aspirateur, fer à repasser, etc.), écran, téléviseur et moniteur, ou bien encore matériel informatique (ordinateur, disque dur, câble, etc.). Informations : 04 72 21 45 06 (service environnement) ou sur www.eco-systemes.fr/ proximite

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Roger Gaget, passeur de mémoire Disparition - Le 28 juin dernier, à l’hôtel de ville de Vénissieux, Roger Gaget était devenu chevalier de la Légion d’honneur. La cérémonie s’était terminée par un moment très fort, quand l’assistance avait entonné a cappella le Chant des partisans. Juste avant, avec une voix étonnamment puissante pour un homme de son âge, il avait expliqué que “la fin de la guerre n’a pas signifié la fin du fascisme, des idées réactionnaires et racistes”. Et souligné l’importance de “témoigner pour rappeler ce à quoi ces idées nauséabondes ont conduit”. Ce grand homme nous a quittés dans la nuit du 18 au 19 février, à l’âge de 94 ans. Il était président d’honneur de l’ANACR du Rhône, l’association nationale des anciens combattants de la Résistance, organisation qu’il avait co-présidée pendant de longues années. Roger Gaget avait tout juste vingt ans lorsqu’en 1943, il déserta les chantiers de jeunesse pour s’engager dans la Résistance au sein du groupe “Périclès”, école de cadres des maquis du Haut-Jura. Les actions de son réseau empêcheront des renforts allemands venus d’Italie de rejoindre le font de Normandie,

Festival Essenti'[elles] : jusqu’au 10 mars

ARCHIVES PHOTO RAPHAËL BERT

ACTUALITÉS

Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

MERCREDI 8 MARS

Jusqu’au bout, Roger Gaget aura multiplié les interventions, comme ici à la Halle à grains en 2013 avec des jeunes de l’EPJ Max-Barel

où les Alliés venaient de débarquer. Après-guerre, Roger Gaget multipliera les interventions dans des établissements scolaires et au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, animé par la volonté, comme le souligne Michèle Picard dans l’hommage qu’elle lui a rendu, de “faire de l’expérience vécue, bien que violente et traumatisante, une force de vie à transmettre aux nouvelles générations”.

“Nous avons perdu un homme de convictions, fidèle à ses idéaux, ajoute le maire de Vénissieux. […] Il était un de ceux qui nous ont appelés à rester vigilants, qui nous ont transmis le flambeau de la mémoire, de la résilience et de la démocratie. Face au populisme, à la montée effarante du FN en France et de l’extrême droite en Europe, nous devons aujourd’hui plus que jamais, faire vivre ce message au présent.” 

EN COUVERTURE

Pour Marin, la mobilisation s’amplifie #JeSoutiensMarin - En novembre dernier, Marin, un étudiant vénissian de vingt ans, prend la défense d’un couple d’amoureux, à qui un groupe d’individus reproche violemment de s’embrasser en public. Le ton monte. Alors que Marin s’est réfugié dans un bus, l’un des agresseurs le frappe plusieurs fois au crâne avec une béquille. Transporté à l’hôpital dans un état grave, il sera opéré dans la nuit. Il ne quittera le service de réanimation que quatre semaines plus tard, dont deux passées dans un coma profond. Marin est alors extrêmement diminué, mais combatif au possible. Son côté gauche fonctionne mal, sa mémoire récente lui joue des tours. Il souffre de lourdes séquelles physiques et neurologiques. Mais ses souvenirs sont intacts, tout comme son intelligence et son humour. Car le jeune homme, à force de combativité, a bel et bien déjoué les pronostics des médecins. Marin n’est pas seul dans ce

L’appel lancé par la famille sur le site “La tête haute” a déjà généré près de 100 000 euros de dons

combat. La page Facebook “Je soutiens Marin”, créée par ses proches, recueille chaque jour plusieurs centaines de témoignages, dont seule une petite partie est publiée. À l’heure où nous écrivons ces lignes, elle a été “likée” 156 986 fois. La pétition que sa maman a lancée pour qu’il obtienne la Légion

d’honneur a rassemblé 54 128 signatures. Sur son site internet “La tête haute”, dont le premier billet date du 16 novembre, la famille indique avoir déjà reçu près de 100 000 euros de dons pour l’association éponyme, créée mi-février. Car l’enjeu, désormais, c’est la rééducation. “Marin a besoin des meilleurs soins possibles pour réapprendre les gestes du quotidien et recouvrir ses capacités physiques, neurologiques et psychologiques”, explique la famille. L’association se donne aussi pour objectif de venir en aide à toutes les victimes agressées dans les transports en commun, et de financer des programmes de recherche sur le cerveau. Pendant ce temps, Marin continue son combat. Sur une vidéo qui a déjà fait le tour du web, on le voit effectuer quelques pas avec l’aide de ses proches. Un véritable miracle.  A.S.

Législatives - Le 24 février, à nous sommes sur le terrain, en prise moins de quatre mois des élections législatives, le “ticket” Picard - Ahamada était présenté officiellement à la presse. Maire de Vénissieux, Michèle Picard (PCF) est “la personnalité de gauche de l’agglomération, capable de regagner la circonscription”, estime André Gerin, président de son comité de soutien. Son suppléant, Kamal Ahamada, travaille à Bosch Vénissieux, où il est délégué syndical (CGT). “J’ai vu l’engagement de Michèle auprès des salariés, son action contre la désindustrialisation auprès des pouvoirs publics, explique le jeune homme. Ces luttes sont aussi les miennes et nous nous sommes déjà retrouvés sur ces batailles, nous formons un duo complémentaire ! Loin des candidats horssol macronisés ou porteurs de divisions,

avec la réalité du territoire, du travail, du quotidien des habitants.” Pour Michèle Picard, cette campagne sera l’occasion d’aborder “tous les défis de notre territoire : l’industrie, la vallée de la chimie, le contournement ferroviaire qui ne doit pas se faire au détriment des populations, les infrastructures routières (l’anneau des sciences qui se raccordera au boulevard Laurent-Bonnevay déjà saturé, le déclassement de l’autoroute A6/A7 et ses conséquences), le développement humain durable. Nous évoquerons toutes les questions qui se posent à notre société telles que l’emploi, le travail, le logement, la sécurité, les transports, et la laïcité, ce ciment du vivre ensemble”. Commentant la “grande discrétion” actuelle du député sortant,

Centre associatif Boris-Vian, 13, avenue Marcel-Paul. ● De 11 heures à 12 h 30 : table ronde et témoignages avec des intervenants spécialistes de la lutte contre les violences faites aux femmes. ● De 12 h 30 à 13 heures : le Lien Théâtre présentera des éléments du spectacle “Contrecoup” sur le thème de la violence au sein du couple. 13 heures : repas partagé. Médiathèque Lucie-Aubrac, 2/4, avenue Marcel-Houël. ● 19 heures : “Filles de mai” par la compagnie Pare-Choc, théâtre. ● De 20 h 30 à 22 heures : conférence sur Marguerite Yourcenar, première femme à entrer à l’Académie française, animée par Rémy Poignault, écrivain, professeur à l’université. Vidéos d’archives et séances de dédicaces.

VENDREDI 10 MARS Centre associatif Boris-Vian, 13, avenue Marcel-Paul. ● De 14 heures à 16 heures : atelier échange avec un groupe de femmes sur la thématique des violences faites aux femmes, en partenariat avec la maison de quartier Darnaise.

Plus d’informations sur www.latetehaute.fr

Michèle Picard s'engage à être une “députée de combat” La Une de ce numéro spécial est un détournement de l’affiche “We can do it”, réalisée en 1943 aux États-Unis par J. Howard Miller, à la demande de l’entreprise Westinghouse Electric. Il s’agissait alors d’inciter les employées, moitié moins payées que les hommes et vouées à rentrer au foyer après la guerre, à travailler encore plus. Pas franchement féministe ! Ce n’est qu’à partir des années quatre-vingt que “Rosie the Riveter” (Rosie la riveteuse) deviendra une icône de la cause des femmes, un symbole d’émancipation repris par de nombreux magazines et campagnes féministes.

Cinéma Gérard-Philipe, 12, avenue Jean-Cagne. ● De 20 heures à 22 h 30, film “Sonita” (à partir de 12 ans), suivi d’un débat avec le centre associatif Boris-Vian et l’association Gams qui lutte pour l’abolition des mutilations sexuelles et des mariages forcés.

JEUDI 9 MARS

INSCRIPTIONS EN MATERNELLE Les inscriptions scolaires pour la première année en maternelle (enfants nés au plus tard le 31 août 2015) seront closes le 14 avril. Elles ont lieu au 3e étage de la mairie. Prise de rendez-vous par téléphone au 04 72 21 45 56 entre 8 h 30 et 17 heures. Documents à présenter obligatoirement : livret de famille ou la copie intégrale de l’acte de naissance ; justificatif de garde de l’enfant pour les parents divorcés (jugement de divorce) fixant la résidence habituelle de l’enfant ; justificatif de domicile de moins de trois mois et une attestation écrite d’hébergement pour les personnes hébergées ; carnet de vaccinations ou de santé.

Salle Irène-Joliot-Curie, 68, bd Irène-Joliot-Curie. ● 17 h 30 : ouverture du festival par Michèle Picard. Spectacle de danse inter EPJ, interventions, témoignages, échanges avec le public, diffusion d’un film sur la valorisation et le développement de la pratique sportive féminine.

Yves Blein (PS), les candidats estiment qu’il est “disqualifié” : “soutien de Valls, il était responsable des primaires dans le Rhône mais refuse de faire campagne pour le vainqueur de cette consultation, remarque André Gerin. Il fait bien de se faire tout petit : il porte le bilan du gouvernement sortant, pas les valeurs de la gauche !” Kamal Ahamada dénonce, lui, “ceux qui sont “en marche” vers la casse totale de notre système social, de la sécu, des retraites, la casse du monde du travail”. Si elle est élue, la loi sur le noncumul obligera Michèle Picard à laisser son mandat de maire. “Je deviendrai une députée de combat qui se bat pour les villes populaires”, assure-t-elle.  F.T.-B.

Espaces arts plastiques Madeleine-Lambert - Maison du peuple 12, rue Eugène-Peloux. ● De 18 heures à 20 heures : projection de vidéos d’artistes femmes : le féminisme et son histoire dans l’art contemporain, présentée par Johanna Renard, docteure en Histoire et critique des arts. Théâtre de Vénissieux, 12, rue Eugène-Peloux. ● De 20 h 30 à 22 heures : concert d’Emily Loizeau.

DU 7 AU 18 MARS Médiathèque Lucie Aubrac, 2/4, avenue Marcel-Houël. ● Exposition : portraits des huit femmes à avoir été élues à l’Académie française.


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ACTUALITÉS

Huit filles dans le vent PRENDRE SON ENVOL - Danser à Berlin cet été, c’est l’objectif que se sont fixé huit copines des Minguettes, les “Kolor-Hope”. Un rêve tout près de se réaliser, au terme d’un parcours de trois années encadré par l’EPJ Darnaise et les éducateurs de la Sauvegarde 69. n juillet prochain, si tout va bien, destination Berlin pour un séjour d’une semaine largement consacré à la danse hip-hop. Un rêve pour ces huit jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, qui habitent toutes le Plateau. Il y a trois ans, Khoudjedji, Bénédicte, Yasmine, Selma, Aïssatou, Sabrina, Khadidja et Aïcha se contentaient de vivre leur passion par procuration. “Nous ne faisions partie d’aucune association, nous n’étions inscrites nulle part.” Elles se réunissaient dans le parc des Minguettes pour regarder des vidéos sur leurs portables, s’essayer à quelques pas… et papoter bien sûr. “Avec des rêves plein la tête”, mais sans réelle perspective de pouvoir les réaliser. Aujourd’hui, elles dansent, pour de bon, sous la conduite d’un pro. Et s’apprêtent à prendre leur envol pour “la capitale culturelle européenne plébiscitée par les artistes, véritable melting-pot de langues et de cultures”.

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Comme bien souvent, c’est une rencontre qui leur a ouvert de nouveaux horizons. En la personne de Laurie, éducatrice de la Sauvegarde 69. “Nous avons très rapidement repéré leur maturité et leur envie d’agir et de s’investir, témoigne Laurie. On leur a donné un coup de main. Mais attention, toutes les idées partent des filles ! On ne fait rien à leur place. D’ailleurs elles ne l’accepteraient pas !” L’EPJ Darnaise (équipement polyvalent jeunesse municipal) qu’elles ne fréquentaient pas est devenu leur QG. Pour franchir un palier, elles ont contacté en janvier 2016 la compagnie Second Souffle. Son directeur, Azdine Benyoucef, a été séduit par la vitalité qui émanait du groupe. Depuis, chaque mercredi, il anime un cours dans les locaux de l’EPJ. “On est guidé, on progresse, on s’éclate !”, savourent les adolescentes. Et leurs progrès sont spectaculaires. Les filles, qui se font désor-

PHOTO RAPHAËL BERT

Une rencontre

Dans la capitale allemande, les huit jeunes filles (seule Aïcha n’est pas présente sur la photo) espèrent “rencontrer des Berlinois, échanger avec d’autres danseurs hip-hop, découvrir de nouveaux pas et continuer à progresser”

mais appeler “Kolor-Hope”, ont créé une chorégraphie de cinq minutes qu’elles ont déjà interprétée sur plusieurs scènes : au bal des 3e du collège Elsa-Triolet, dans le cadre du festival Arts d’écho au printemps 2016, de la Fête du sport et de la jeunesse, ou encore du festival Dialogue en humanité au parc de la Tête d’Or. En juillet dernier, toujours avec l’EPJ Darnaise et la Sauvegarde 69, elles ont également passé trois jours à SaintPierre-de-Chartreuse.

Rêver plus loin De quoi nourrir des envies d’ailleurs, de s’autoriser à rêver plus loin… Berlin ! Mais les rêves ont un coût : 7 000 euros en l’espèce. Tout compte fait, il leur en manque 5 000. D’où l’idée de répondre à l’appel à projets Jeunes et aussi citoyens (JAC) lancé récemment par la Ville de Vénissieux. “On devait présenter notre projet devant un jury, c’était vraiment stressant car les accompagnateurs ne pouvaient pas rester, témoignent-elles. Le même jour, on a eu un rendez-vous

au service des sports. On a demandé une aide exceptionnelle destinée à la pratique sportive féminine. Nous attendons les réponses.” Nul doute que la Ville ne restera pas insensible à ce beau parcours de réalisation par la danse. D’autant que les filles de Kolor-Hope débordent d’énergie pour boucler leur budget. “On va participer au videgreniers du Charréard le 21 mai, on a aussi un projet de table d’hôtes, on va y arriver !” À Berlin, du 10 au 16 juillet pro-

chain, elles participeront à un stage de danse tous les matins. “On a envie de rencontrer des Berlinois, d’échanger avec d’autres danseurs hip-hop, de découvrir de nouveaux pas, de continuer à progresser.” Dans leur périple, elles seront accompagnées de leur prof, Azdine, du responsable de l’EPJ Darnaise, Jean-Christophe, et bien sûr de Laurie, l’éducatrice rencontrée un jour de 2014 dans le parc des Minguettes. 

“L’un des enjeux de cette charte est de faciliter les contacts entre les jeunes et le monde économique, avance Djil Ben Mabrouk, adjoint au maire en charge de l’emploi et du développement économique. En février, un courrier a été envoyé à 38 entreprises de la commune pour connaître le nombre de stagiaires qu’elles sont susceptibles d’accueillir. Fin 2015, six entreprises ont répondu favorablement pour un total de 35 places.” Si la liste de ces entreprises a bien été envoyée aux établissements, la professeure d’anglais de Balzac assure “n’avoir eu aucune information à ce sujet”. “Le lien a pourtant été fait avec l’ensemble des collèges de la ville, réagit l’adjoint. Le dispositif n’est peut-être pas parfait mais il a au moins le mérite d’exister.” Pour les jeunes sans contact ni piston, le site viensvoirmontaf.fr

s’est donné pour mission de “mettre en relation des jeunes de l’éducation prioritaire avec des professionnels motivés”. Le principe est simple : tout élève de 3e REP ou REP+ peut postuler aux offres mises en ligne par des entreprises intéressées par cette démarche et l’équipe du site se charge de traiter les candidatures des élèves. Et ça fonctionne ! Le musée des Confluences accueillera cette année une douzaine de stagiaires dont deux jeunes Vénissians. Sous réserve de mobilité à Lyon ou Villeurbanne, le site propose actuellement de découvrir le métier de journaliste à France 3, de chargé de communication à l’ASVEL Basket, des métiers en lien avec les TCL ou bien encore de la construction, de l’assurance, du consulting… À vos CV ! 

MICHÈLE FEUILLET

Stages de 3e : la quête du Graal Collèges - “Il y a encore quatre ou qui ne s’est pas révélée concluante. cinq ans, même pour les élèves qui n’avaient pas de réseau, la recherche de stage s’avérait bien moins compliquée. Aujourd’hui, seuls 20 à 30 % trouvent un stage dans le secteur qui les intéressent.” Le constat de Mme Bombois, professeur d’anglais au collège Balzac, est implacable. Des difficultés qui s’expliquent de plusieurs façons. Certains secteurs n’acceptent pas ou peu de stagiaires de 3e. “Nos élèves qui souhaitent faire un stage chez un avocat, dans le secteur bancaire ou médical ont systématiquement des retours négatifs, poursuit Mme Bombois. Et les démarches sont devenues très compliquées du côté de la police ou de la gendarmerie en raison du plan Vigipirate.” D’autre part, malgré les contacts pris pour fidéliser les entreprises, certains professionnels refusent de réitérer une expérience

Enfin, ce serait aussi une question générationnelle selon la professeure d’anglais. “Les élèves sont de moins en moins autonomes dans la recherche de stage. Ils ne font plus l’effort de chercher par eux-mêmes…” Les parents font alors appel à leur réseau quand ils en ont un ou aux commerçants de leur quartier. C’est bien grâce au réseau de sa maman que Noah, 14 ans, a décroché son stage d’observation à la rédaction… d’Expressions (qui habituellement accueille des stagiaires recrutés via CV et lettre de motivation) ! Ce collégien d’une grande maturité aura pourtant tout tenté pour décrocher un stage dans le secteur du design. Recherche sur le net, prise de contact par mail, sur place ou par téléphone : “La première fois, je me suis enfermé dans ma chambre pour passer le coup de

fil ! Au début, je bégayais puis j’ai fini par prendre de l’assurance. Pour les mails, j’adaptais mon discours en fonction de l’entreprise.” Mais après 18 refus, Noah a préféré passer par le réseau de ses parents. “Tous m’ont envoyé bouler. À la fin, je déprimais honnêtement…” Et quid de ces collègues de troisième ? “Pour certains, chez un kiné ou chez une esthéticienne, il a juste suffi d’un coup de fil. Ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire passent par l’entreprise de leur père. Et les deux qui n’ont pas eu de stage se sont retrouvés à la cantine du collège.”

Des solutions existent Signée en juin 2015 entre des entreprises vénissianes et la Ville, la charte de coopération s’est notamment donnée pour objectif de favoriser la découverte des métiers en facilitant l’accès aux stages.

PERRINE PLATEAU


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ACTUALITÉS STAGE D’AQUAGYM

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La rue Simone-Veil irriguera le Puisoz

La piscine Auguste-Delaune organise un stage d’aquagym pendant la première semaine des vacances de printemps, du lundi 11 au vendredi 15 avril, de 17 h 30 à 18 h 15. Les inscriptions se feront à partir du 21 mars à la piscine. Nombre de places limité à 50 personnes. Tarif : 5 euros le cours. Renseignements : 04 72 50 16 96.

FINANCES PUBLIQUES

NOUVEAU SERVICE DES IMPÔTS DES PARTICULIERS

La Confédération nationale du logement (CNL), association de défense des locataires et de consommation, propose des permanences à Vénissieux : logement, charges, consommation (eau, EDF, gaz), surendettement… Trois lieux de permanence : - 27, av. Division-Leclerc, le mardi de 9 heures à midi et le jeudi de 14 heures à 17 heures, - 61, bd Lénine, le lundi et le mercredi de 14 heures à 17 h 30, - 40, rue Léo-Lagrange, le mardi de 14 heures à 17 h 30 et le jeudi de 9 heures à midi. Pour en savoir plus : 04 78 70 61 75.

© AGENCE D’URBANISME DE LYON

PERMANENCES DE LA CNL

La rue Simone-Veil, axe central du futur quartier du Puisoz, reliera le boulevard Joliot-Curie à la place Grandclément de Parilly

BURGER KING : C’EST PARTI À l’angle des boulevards JoliotCurie et Marcel-Sembat, on peut déjà apercevoir la structure métallique du futur restaurant Burger King qui ouvrira au printemps. Situé à côté de Carrefour, non loin du concurrent McDonald’s, et juste en face du futur quartier du Puisoz, le fast-food s’élèvera sur deux niveaux pour une surface globale de 652 m2.

CONSULTATIONS AU CDHS

ET VACCINATIONS

Le centre de santé et de prévention du CDHS accueille et propose gratuitement des consultations. Pneumologie : le mercredi de 12 heures à 14 heures. Tabacologie : le jeudi de 14 h 30 à 16 h 30. Tests tuberculiniques et vaccinations BCG, le lundi de 11 h 30 à 13 heures et le jeudi de 12 h 30 à 14 h 30. Vaccinations internationales (payantes) : le lundi de 13 h 45 à 17 h 30 et le jeudi de 13 h 45 à 12 heures. Vaccinations publiques : les 1er et 3e mercredis de 14 à 15 heures et les 2e et 3e mercredis de 17 à 18 heures. CDHS : 5, place de la paix. Tél. 04 72 50 08 68. Sur internet : www.cdhs.fr

COUPURES ERDF ERDF va interrompre la fourniture d’électricité pour travaux sur le boulevard AmbroiseCroizat le vendredi 10 mars de 9 heures à 10 heures (77 et du 81 au 83), de 9 heures à 10 h 30 (du 51 au 55), de 9 à 15 heures (du 57 au 63 et 79). Et le lundi 13 mars de 9 à 16 heures (83), de 9 à 12 heures (81), de 9 à 13 heures (77). Une coupure concernera également l’avenue Pierre-Sémard (du 21 au 23), le mardi 14 mars entre 8 et 12 heures. À noter qu’ERDF met en place un nouveau service gratuit d’information par mail qui permet aux usagers d’être alerté personnellement d’une future coupure d’électricité pour raison de travaux. Plus d’informations : www.erdf-prevenance.fr

Urbanisme - En décidant, le 31 janvier dernier, de donner à l’axe majeur de circulation du futur quartier du Puisoz le nom de Simone Veil, le conseil municipal de Vénissieux a fait un choix symboliquement fort.

Celui d’honorer, de son vivant, la femme française qui, peut-être plus encore que Simone de Beauvoir, incarne le combat féministe. La détermination dont elle a fait preuve, en qualité de ministre de la Santé, pour faire adopter, le 26 novembre 1974, la loi dépénalisant le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), est entrée dans l’Histoire. Pour cela, elle aura dû subir trois jours de débats houleux à l’Assemblée nationale, durant lesquels elle encaissera toutes sortes d’injures. La loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, est une avancée majeure pour les droits des femmes. Jusque-là, une inter-

ruption de grossesse pour une raison non médicale était un délit, passible de prison. Ce qui poussait chaque année 300 000 femmes à avorter clandestinement, dans des conditions dangereuses, humiliantes et traumatisantes. La rue Simone-Veil irriguera le futur quartier du Puisoz sur toute sa longueur, entre le boulevard Joliot-Curie et la place Grandclément de Parilly. Les travaux de terrassement, commencés l’été dernier, dessinent déjà sur le terrain ce grand axe central à la fois automobile, piéton et cycliste, autour duquel les premières constructions seront lancées cet été. 

Pour ses 50 ans, Carrefour s’offre un coup de jeune Commerce - Les travaux, commencés au mois de septembre dernier, ont coûté quelque 4 millions d’euros, pris en charge à la fois par Carrefour et la société Carmila, gestionnaire du centre commercial qui abrite, outre l’hypermarché, une trentaine de boutiques. Parking doté de pergolas colorées, signalétique renforcée, façades rénovées agrémentées de bambous

géants, parvis réaménagé, nouvelles portes d’accès et, à l’intérieur, un éclairage plus chaud, une décoration repensée. Avec notamment cette grande fresque qui rappelle que Vénissieux a été autrefois la capitale de la culture des roses. La recherche de modernité et de convivialité se traduit également par l’installation de bornes digitales pour mieux se repérer, d’un espace wi-fi

doté de canapés, de tables de piquenique et d’une aire de jeux en plein air… Carrefour Vénissieux n’a donc pas lésiné sur les moyens pour séduire la clientèle. Une mise à niveau logique face au développement prochain, juste en face, de l’autre côté du boulevard JoliotCurie, du quartier commerçant du Puisoz. 

Loxam, premier loueur européen de matériel professionnel

PAROLES D’ENTREPRISES Pascal Segot, directeur régional de Loxam, a des raisons d’être optimiste. Numéro un en France avec 600 établissements, numéro un en Europe, son entreprise se porte bien. C’est même, d’après le magazine Capital de février, le “meilleur employeur” de sa catégorie. “La motivation du personnel, c’est important. C’est notamment ce qui nous permet de ne pas appartenir à des banques, et d’avoir 20 % de notre capital détenu par des salariés.” Depuis deux ans, sur 4 000 m2 dont 600 couverts, l’agence vénissiane propose du matériel et de l’outillage pour l’industrie, le bâtiment ou le tertiaire. “Nous nous adressons principalement aux entreprises ou aux administrations. Il n’y a

pas de démarche marketing en direction des particuliers, même s’ils sont toujours les bienvenus”, précise Pascal Segot. L’entreprise a démarré en 1967 à Hennebont, dans le Morbihan, sous le nom de Société armoricaine de location (SAM Loc). Ce n’est qu’en 1994 qu’elle prendra sa dénomination actuelle. Au fil des acquisitions, l’entreprise grandit, pour finalement devenir un groupe et s’implanter en Europe au cours des années 2000. Elle en deviendra le premier loueur de matériel en 2001. Avant de s’exporter sur d’autres continents, notamment au Maroc, au Brésil, en Arabie saoudite et en Colombie, pour proposer aujourd’hui “le 3e parc mondial des matériels d’élévation”. L’agence Loxam de Vénissieux fait partie des signataires de la Charte de coopération Ville-entreprises initiée en juin 2015, dont l’objectif est de favoriser la formation, la découverte des métiers et l’apprentissage. “Pour nous, c’est un moyen de créer du commerce par réseau, indique Pascal Segot. En retour, nous rendons service d’un point de vue social. Nous avons

20 % du capital de Loxam est détenu par des salariés souligne Pascal Segot (à droite)

notamment mis à disposition des responsables ressources humaines pour organiser des tests de recrutement à destination des demandeurs d’emploi. C’est gagnant-gagnant.”  A.S.

57, rue des Frères-Amadeo. 04 72 50 46 46 - http://agence.loxam.fr

Après La Poste, place de la Paix, c’est au tour du centre des finances publiques de Vénissieux de rouvrir ses portes après quelques semaines de travaux de rénovation. Le Service des impôts des particuliers (SIP) a été officiellement inauguré le 23 février, en présence de Philippe Riquier, directeur régional des finances publiques et du Rhône, de Michèle Picard, maire de Vénissieux, et d’Yves Blein, député sortant. Résultat de la fusion de la Direction générale des impôts (qui calcule) et du Trésor public (qui encaisse), il permet un accueil fiscal de proximité pour les communes de Vénissieux, Corbas, Feyzin et SaintFons. Qu’il s’agisse des déclarations de revenus, du calcul de l’impôt, des réclamations et du paiement, les habitants n’auront plus à se déplacer à Lyon, et à la Cité administrative d’État de la rue Garibaldi. “C’est plus qu’une rénovation de locaux qui nous réunit aujourd’hui, c’est une réorganisation de services au profit des Vénissians, a estimé Michèle Picard dans son discours d’inauguration. Simplifier les démarches, centraliser en un point unique les différentes attentes et demandes des contribuables, voilà la très grande utilité de ce nouveau Service des impôts des particuliers.” Le maire a souligné l’importance de la présence des services publics comme outil de cohésion sociale. “Nous en avons fait une priorité, dans toutes les rénovations urbaines que nous menons, et nous en avons fait un levier de l’aménagement territorial, au service de tous, et au service de l’intérêt général”, a déclaré l’élue. F.T.-B.

Les profs de Seguin en grève illimitée Éducation prioritaire - Plus de la moitié des enseignants du lycée professionnel Marc-Seguin sont en grève depuis lundi matin. Ce jourlà, ils étaient réunis devant le rectorat pour faire entendre leur colère. “Nous devrions être reçus jeudi par les autorités académiques. La grève a été décidée en assemblée générale, précise Samuel Delor, délégué CGT Éduc’Action. Nous ne reprendrons que lorsque nous aurons obtenu les moyens nécessaires aux bonnes conditions de travail, tant pour les élèves que pour les enseignants.” Le LP Marc-Seguin est confronté à une double difficulté : “Nous bénéficions jusqu’à ces dernières années de moyens supplémentaires liés aux Zones d’éducation prioritaire (ZEP). Les ZEP ayant officiellement disparu en 2014 pour laisser place aux Réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP +), nous devrions, malgré les promesses de notre ministre de l’Éducation nationale, perdre une grande partie de ces moyens, une situation intolérable face aux difficultés de nos élèves.” Autre source de mécontentement : la baisse de la DHG (Dotation horaire globale), que le ministère attribue chaque année aux établissements pour fonctionner. MarcSeguin n’arrive qu’à la 10e place sur 37 dans le département du Rhône pour le nombre d’heures supplémentaires rapporté au nombre d’élèves. 


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ACTUALITÉS

Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

À Vénissy, le commerce refleurit RÉNOVATION URBAINE - C’est l’un des chantiers emblématiques de la ville. Lancée en 2005, la Zone d’aménagement concertée (ZAC) de Vénissy devient progressivement le poumon du plateau des Minguettes. Plusieurs nouveaux commerces ouvriront avant l’été. l’époque de l’ancienne galerie marchande, nous avions un certain nombre de commerces, mais leur qualité s’est dégradée au fil du temps, rappelle Idir Boumertit, adjoint au Grand projet de Ville (GPV), à l’insertion et à la formation. Aujourd’hui, l’idée de cette ZAC, c’est de s’assurer, en collaboration avec la SERL (*), que les commerces aient les reins solides, qu’ils portent une offre de qualité, et qu’ils prennent en compte le pouvoir d’achat des habitants et la typologie du secteur.” Yazid Ikdoumi, directeur de mission au GPV, ajoute que l’offre de logement à l’échelle de la ZAC a été conçue pour accueillir autant de locataires que de propriétaires. Ces derniers bénéficiant d’une accession “abordable et sécurisée à la propriété”. L’objectif étant de renforcer la mixité sociale.

8500 m2 de surfaces commerciales à terme L’îlot A a été livré au printemps 2014. Le bâtiment, situé le long de l’avenue Jean-Cagne, comprend 71 logements locatifs sociaux gérés par le bailleur Lyon Métropole Habitat, et 16 autres en accession à la propriété. Au rez-de-chaussée, ses 3 000 m2 de surface commerciale ont vu l’arrivée du supermarché Casino et de son parking de 90 places, d’un salon de beauté, d’une auto-école et d’une agence de voyages. Avant que, fin octobre dernier, l’espace de coworking “La cocotte” n’ouvre ses portes. Entretemps, en novembre 2015, le pôle médical et sa petite dizaine de praticiens avaient élu domicile dans un espace de 700 m2. L’îlot B est en cours de livraison.

PHOTO RAPHAËL BERT

À

Au rez-de-chaussée de l’îlot A, livré au printemps 2014, 3 000 m2 de surface commerciale

Situé de l’autre côté de la place centrale, il intègre 50 logements locatifs sociaux (bailleur 3F), 20 autres en locatif intermédiaire (bailleur privé SNI), et une trentaine en accession à la propriété dont 25 ont déjà été vendus. Un opticien-audioprothésiste vient de s’installer en février, mais d’autres enseignes ne tarderont pas à emménager. Est déjà actée l’ouverture, avant l’été, d’une boulangerie-pâtisserie, d’un prestataire proposant des services liés aux cartes grises, immatriculations et signalétiques, d’un laboratoire d’analyses médicales et d’un bureau de tabac. Pour le second semestre 2017, plu-

sieurs dossiers sont à l’étude : un cabinet dentaire, une boutique de vente de produits médicaux, un cabinet kinésithérapeute, et une boucherie. Des recherches sont également en cours pour l’ouverture d’une épicerie ou d’un commerce de produits électroménagers, d’une brasserie et d’une banque, ces deux derniers points étant particulièrement sensibles. “En ce qui concerne la brasserie, nous n’avons pas encore de piste. Nous voulons un commerce de qualité et accessible à tous, précise Idir Boumertit. Pour ce qui est de la banque, nous avons le souci de permettre aux

habitants d’avoir accès à leur argent malgré le départ de la Caisse d’Épargne l’été dernier.” En tout, 1 850 m2 seront affectés aux commerces dans cet îlot.

Fin des travaux à l’horizon 2020 Une fois ces dossiers menés à terme, le quartier n’aura pas terminé sa mue. Il faudra attendre la livraison des futurs îlots C et D, pour voir le visage définitif de Venissy. “Le lancement de la consultation des promoteurs et architectes pour l’îlot C aura lieu dans les prochaines semaines, pour une livraison

sans doute fin 2020”, indique Nicolas Canivet, responsable du projet de la ZAC de Vénissy à la SERL. Ce nouvel ensemble comprendra 40 à 50 logements locatifs sociaux et 40 à 50 logements privés, en accession à la propriété et/ou en locatif libre. 1 200 m2 seront en outre réservés pour les commerces en rez-dechaussée. Quant à l’îlot D, il pourrait être livré courant 2019 selon Idir Boumertit, et sera composé de 24 logements locatifs intermédiaires (Foncière Logement), tout en bénéficiant de 1 300 m2 de locaux pour l’activité économique. Si l’on sait désormais que les locaux de l’ancien supermarché Dia devraient disparaître avant l’été, deux questions restent en suspens. La Ville s’interroge sur le devenir du centre commercial provisoire qui accueille les commerces de l’ancienne galerie marchande (pharmacie, brasserie, distributeurs de billets, boulangerie). D’autre part, le départ l’été dernier du point préfecture a laissé vide une grande partie de la Maison des services publics. La municipalité a donc engagé une réflexion à ce sujet. “Actuellement, la Maison des services publics héberge la mairie annexe, l’antenne de la Métropole, ainsi que les délégués du gouvernement et du préfet, rappelle Idir Boumertit. Pour les surfaces restantes, nous avons plusieurs pistes. Mais ce qui est certain, c’est que ce lieu apportera un service direct à la population.”  ALAIN SEVEYRAT

(*) La réalisation du projet de la ZAC de Vénissy a été confiée à la SERL (Société d’équipement et d’aménagement du Rhône et de Lyon) par le Grand Lyon dans le cadre d’une concession d’aménagement signée en 2008.

Sillia VL en redressement judiciaire Industrie - Moins de trois ans par un industriel photovoltaïque et par l’hécatombe d’entreprises personnes, explique l’élu. Pour les nous avions alerté sur la fragilité de après avoir repris l’activité de fabrication de panneaux photovoltaïques de Bosch, la société Sillia VL s’est déclarée en cessation de paiement le 23 février. Le 1er mars, le tribunal de commerce de Lyon a désigné un administrateur et ouvert une procédure de redressement judiciaire, qui permet à l'entreprise d'échapper momentanément à une liquidation pure et simple. Ce redressement devra s’appuyer sur un projet de relance de l’entreprise, avec l’appui de nouveaux investisseurs. Les éventuels repreneurs ont six semaines pour déposer leurs offres, que le tribunal examinera lors d’une audience le 12 avril. À Vénissieux, Sillia emploie 130 salariés, dont 128 anciens collaborateurs de Bosch. À Lannion (Côtes-d’Armor), l'effectif est de 46 personnes. L’usine bretonne pourrait être reprise par Urbasolar, l’un des partenaires de Sillia. Quant au site de Vénissieux, un appel à repreneur pourrait être lancé à l’international. Il n’est pas certain qu’une reprise

soit aisée, tant le secteur souffre de la concurrence asiatique. Ni aisée, ni même souhaitée par une partie des salariés eux-mêmes. En effet, lors du transfert à Sillia de l’activité solaire de Bosch, en 2014, une clause sociale a été signée, qui assure aux ex-salariés les mêmes indemnités que celles prévues par l’équipementier allemand. Le terme de l’échéance est en juin prochain… Persuadés que l’activité ne repartira pas, confortés en cela par les nombreuses périodes de chômage partiel

(1) Mensualité calculée sur le lot F16 du programme « Osmose » au prix de 158 538€ au 21 septembre 2016, T3 de 58.9m² - hors stationnement en TVA 7%. Exemple d’un financement à titre indicatif et sans valeur contractuelle pour une opération d’acquisition d’une résidence principale neuve conforme aux exigences de performances énergétiques réglementaires d’un montant global d’opération de 176504 € assurance comprise avec un apport de 5540 €. L’opération est réalisée en zone B1, par un couple avec 1 enfant à charge dont le revenu fiscal de référence est de 30 000€ bénéficiant du Prêt à Taux Zéro, sous réserve de la réglementation en vigueur. Prêt remboursable à raison de 569,88 € par mois pendant 300 mois comprenant une Assurance une tête décès, perte totale et irréversible d’autonomie comprise et incapacité temporaire de travail (41,42€/mois). Prêt à Taux Zéro de 63 415 € et prêt PAS de 95 122€ au taux de 1,55% (hors frais de garantie).Toutes les offres sont valables jusqu’au 31 octobre 2016 et non cumulables avec les offres en cours ou à venir. Voir conditions en agence sur stock disponibles. (2) Le Prêt à Taux Zéro est applicable pour l’achat d’un logement neuf en résidence principale. Le montant du prêt et les conditions de son remboursement dépendent de vos revenus, du caractère neuf du logement, de la composition du foyer, de la zone géographique et de la performance énergétique de la résidence. Voir conditions en agence. (3) Sous réserve d’éligibilité. Illustrations non contractuelles.

similaires, certains salariés préféreraient être licenciés avant l’été, car les conditions offertes par la multinationale seraient plus “avantageuses” que celles d’une PME.

“Climat d’angoisse” Mais cette échappatoire est loin d’être une panacée, comme le souligne Franck Fontimpe. Secrétaire (CGT) du CHSCT de Sillia, qui évoque “un climat d’angoisse” chez les salariés. “Le départ en préretraite Bosch ne concerne qu’une trentaine de

autres, la perspective c’est Pôle emploi. Avec une moyenne d’âge de 45 ans, ça va être très dur de retrouver du travail." Le syndicaliste souhaite que Bosch “assume ses responsabilités. Lorsqu’il a cédé son activité solaire à Sillia, il savait que cette entreprise n’aurait pas les reins assez solides. À lui d’aider pour trouver un repreneur crédible”. Serge Truscello, conseiller municipal (PCF) à Vénissieux, lui-même ancien de Bosch, partage cette analyse. “Lors de la reprise, en 2014,

Sillia, sur la nécessité de sécuriser les salariés.” Selon lui, cette affaire montre aussi la faillite d’un système. “Les millions d’euros du CICE servent à fermer les entreprises, pas à investir, dénonce-t-il. On nous rebat les oreilles avec l’énergie verte, la transition écologique, mais qu’est-ce qui est fait réellement ? Il n’y a aucune volonté politique pour développer une filière du photovoltaïque en France ou en Europe !”  FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

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ACTUALITÉS

Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

BRADERIE DU SECOURS POPULAIRE

Une semaine pour les femmes

Elle aura lieu le samedi 11 mars de 8 h 30 à 11 h 30 dans les locaux de l’association, 99, bd Irène-Joliot-Curie. Vêtements, chaussures neuves et articles divers seront disponibles à la vente.

CAFÉ DU VIVRE ENSEMBLE L’association Oyenga Simy-Flo organise tous les lundis à partir de 14 heures son “café du vivre ensemble, c’est faire ensemble”. Rendez-vous au foyer Max-Barel au 1, rue Max-Barel pour passer un moment convivial, discuter, témoigner, partager ou simplement prendre un thé ou un café. Contact : 06 17 94 48 76.

BOURSE AUX VÊTEMENTS À PARILLY Le centre social de Parilly organise une bourse aux vêtements de puériculture le samedi 11 mars, de 10 heures à 17 heures, dans ses locaux (27, bis avenue Jules-Guesde).

APPEL À BÉNÉVOLES SOS Familles recherche des bénévoles vénissians pour renforcer son équipe. Il ne s’agit pas d’un bénévolat ponctuel puisque l’association recherche des personnes (étudiants, salariés, retraités, sans emploi, etc.) qui ont envie de s’engager dans la durée et de s’intégrer à une équipe. Il faut savoir faire preuve d’empathie et d’une grande capacité d’écoute, et être disponible une à deux demi-journées par semaine. Pour postuler, prendre directement contact avec l’association (04 26 04 65 10).

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SOS FAMILLES EMMAÜS, SOUTIENT LES MÉNAGES ENDETTÉS

Centres sociaux - Une soixantaine de femmes, adhérentes ou bénévoles des centres sociaux vénissians, ont accepté de poser pour une exposition de photographies intitulée “Un p’tit bout de femme”. “Nous avons l’habitude d’associer les habitants à notre programmation, explique Perrine Sanchez, la référente Familles du centre social de Parilly. Cette exposition est l’occasion de mettre en lumière ces femmes du quotidien qui font vivre nos structures.” Pendant une semaine, Perrine Sanchez, Astrid Bertrand, référente du Moulin-à-Vent, et Lydie Rausch, référente des Minguettes, ont pris des clichés des participantes, en pied ou d’une partie de leur corps qu’elles souhaitaient mettre en valeur, et les modèles d’un jour ont ensuite choisi la photo qui leur plaisait le plus. Le résultat qui rend hommage aux habitantes tout en rendant hommage à la Femme est à découvrir

Le documentaire “La saga des Babayagas” est programmé le 16 mars au centre social de Parilly

dans les quatre centres sociaux de la ville depuis la date symbolique du 8 mars jusqu’à la fin du mois. D’autres temps forts sont également organisés dans chaque structure dans le cadre de la semaine de la femme. Le mardi 14 mars de 9 à 11 heures, le centre social Moulinà-Vent organise un quizz sur les droits des femmes (gratuit sur inscription), le mercredi 15 mars de 9 heures à 10 h 30, le centre social Eugénie-Cotton propose une séance de yoga du rire (3 euros sur inscrip-

tion) et le vendredi 17 mars, le groupe des Toqués, composé d’une dizaine d’hommes, concoctera un repas exclusivement réservé aux femmes au centre social de Parilly (10 euros le repas sur inscription). Le jeudi 16 mars à 14 heures, ce dernier propose également la projection du documentaire “La saga des Babayagas”, sur cette structure d’habitation autogérée qui accueille des femmes âgées aux revenus modestes. Une projection ouverte à tous et suivie d’un débat. 

C’était carnaval à Monmousseau

LOTO DE L’OMR... L’office municipal des retraités organise son grand loto le dimanche 12 mars à 14 heures à la Halle aux grains, 85, bd Coblod. 1 carton : 3 euros, 3 cartons : 8 euros, 7 cartons : 16 euros, 10 cartons : 20 euros. Sont à gagner : un ordinateur portable, un aspirateur sans sac, un jambon cru entier, un appareil à raclette multifonction, des paniers garnis, une trottinette… Une tombola sera également proposée.

SOIRÉE PAELLA L’association Aide Hexagone organise sa soirée paella le samedi 18 mars à 20 heures à la Halle aux grains, 85, bd Coblod. Au menu, paella hallal et dessert catalan. Tarifs : 13 euros adulte, 6 euros enfants de 3 à 10 ans. Réservations : 06 02 72 02 74.

CONCOURS DE COINCHE L’association LSR organise un concours de coinche le samedi 11 mars à 14 heures à la Maison du peuple avec de nombreux lots à gagner. 15 euros par doublette. Inscriptions sur place ou par téléphone au 06 84 00 44 29.

“SOS Familles Emmaüs existe pour lutter contre la misère. Notre principal objectif : prévenir l’exclusion financière.” Épaulée par une équipe de sept bénévoles, Brigitte Richardot, présidente de l’association, accueille, écoute puis accompagne les personnes en difficulté qui n’arrivent plus à faire face aux charges qui augmentent et aux dettes qui s’accumulent. Après une étude détaillée de la situation financière des familles, qui tient compte des ressources, des charges et de l’endettement, un échéancier de remboursement cohérent est mis en place. “Nous sommes très attachés à la notion de «”reste à vivre”, précise Brigitte Richardot, c’est-à-dire la somme qui restera à une personne pour pourvoir à sa nourriture, son habillement et au minimum de loisirs auquel elle a le droit pour ne pas se sentir marginalisée.” L’enjeu est de responsabiliser les ménages pour qu’ils parviennent par eux-mêmes à rééquilibrer leur budget. L’association prend en charge des familles orientées par les services sociaux, dont les dettes n’excèdent pas 2 500 euros et qui s’engagent à la rembourser dans les deux ans et demi maximum. “SOS Familles règle directement les dettes aux créanciers et sert ainsi de relais sans frais ni intérêt”, poursuit la présidente. Les remboursements mensuels se font par cession sur salaires, indemnités Assedic ou retraite. Actuellement, 130 dossiers sont en cours, en provenance de toute la métropole lyonnaise : des familles nombreuses ou monoparentales et de plus en plus de personnes seules retraitées. SOS Familles Emmaüs Lyon, 2, avenue Marius-Berliet à Vénissieux. Permanence téléphonique du lundi au vendredi de 9 à 12 heures : 04 26 04 65 10 sosfamilleslyon@wanadoo.fr

Conseils de quartier

... ETJOURNÉE À L’ALPE D’HUEZ Organisée par l’Office municipal des retraités le mercredi 15 mars avec possibilité de balades, randonnée en raquettes, ski de piste ou de fond. Tarif transport : 20 euros adhérents et 25 euros non adhérents. Renseignements et inscriptions avant le lundi 13 mars au siège de l’association, du lundi au vendredi de 9 heures à 12 heures ou au 04 72 51 08 33.

SOLIDARITÉ

En costumes - Le groupe “Toutes ensemble”, composé de mamans, a été maître de cérémonie du carnaval organisé le 24 février après-midi au pied des trois tours de Monmousseau. L’animation avait commencé dès le matin par un atelier cuisine : cupcakes et thé à la menthe sont venus agrémenter le déjeuner des pensionnaires de la résidence du 3e âge Ludovic-Bonin. Délicate attention. À 16 heures, les enfants, maquillés par des adolescentes du quartier, pouvaient s’élancer. Le défilé s’est achevé au centre social Eugénie-Cotton, avec goûter partagé pour récompenser les joyeux drilles. Bien mérité, car la température n’excédait pas les 5 °C. 

Un nouveau souffle pour le CLSM Troubles psychiques - À Vénissieux, plus de 30 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cette fragilité sociale peut conduire à des troubles psychologiques : isolement, conduites addictives, consommation de médicaments… Créé dans les années 2000, le Conseil local de santé mentale (CLSM) est le fruit d’un partenariat entre les Villes de Saint-Fons, Vénissieux et l’Association Recherche Handicap et Santé Mentale (ARHM). “La psychiatrie n’a pas les clefs de tous les problèmes, explique Katharina Rollet, nouvelle coordinatrice du CLSM. Elle a ses limites et a besoin d’autres partenaires. Nous réunissons tous les professionnels autour de la problématique de santé mentale (bailleurs, police, PJJ, Éducation

nationale…). Le comité de pilotage est composé des maires des deux communes, de la directrice de l’ARHM, des représentants institutionnels et associatifs, ainsi que des représentants des usagers et des aidants.” Trois grands axes de travail ont été définis : enfance, adolescence et parentalité ; vivre ensemble (logement-relogement) ; soins et accompagnements. “Mais attention, indique Katharina Rollet, le travail au sein de ces groupes n’est pas ouvert au grand public, contrairement aux actions menées dans le cadre des semaines d’information en santé mentale.” La vocation première du CLSM, en effet, n’est pas de traiter des cas individuels mais bien de mettre en relation des professionnels. En ce début d’année 2017, l’objectif est

d’insuffler une nouvelle dynamique à ce travail en réseau. “À la demande des maires, nous allons organiser une rencontre sur les soins psychiatriques sans consentement, précise la coordinatrice. Une autre réunion est prévue sur le trouble psychique. Et le 14 février dernier, nous avons engagé une réflexion sur la pédopsychiatrie.” Mais les actions du CLSM ne concernent pas que les spécialistes. Dans le cadre de la prochaine semaine d’information en santé mentale, un débat sera organisé le 16 mars à 18 heures, au cinéma Gérard-Philipe, autour du film “Moi, Daniel Blake” de Ken Loach, avec la participation d’un psychologue du travail. Soirée ouverte à tous !  M.F.

● Jean-Moulin/Henri-Wallon Visite de quartier le samedi 11 mars. Rendez-vous à 9 h 30 devant le centre commercial Pyramide. Président : Nacer Khamla ● Georges-Lévy/ErnestRenan/Moulin-à-Vent Permanence mardi 14 mars, à 18 heures, salle du 44, rue Ernest-Renan. Président : Hamdiatou Ndiaye ● Léo-Lagrange/Louis-Pergaud Permanence mercredi 15 mars, à 18 heures, au foyer ClaudeDebussy (1, rue Claude-Debussy). Président : Aurélien Scandolara ● Pasteur/Monery Permanence mercredi 15 mars, à 18 h 30, salle d’activités du groupe scolaire Pasteur (6, route de Corbas). Présidente : Sophia Brikh ● Gabriel-Péri Permanence mardi 21 mars, à 17 h 30, restaurant scolaire GabrielPéri (1, rue Prosper-Alfaric). Président : Gilles Roustan ● Charles-Perrault Permanence mercredi 22 mars, à 18 h 30, au local du conseil (4, rue Gaston-Monmousseau). Présidente : Souad Ouasmi


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Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

ACTUALITÉS

Le Sytral s’engage contre le harcèlement sexiste TRANSPORTS EN COMMUN – Une campagne d’affichage, des stickers, un guide pratique, plusieurs actions sont en cours sur le réseau TCL. Et dans le cadre des marches participatives initiées depuis 2015, des utilisatrices vénissianes peuvent se faire connaître pour réfléchir à l’amélioration de la sécurité sur la ligne C12.

n vous protège!” Depuis quelques semaines, des stickers fleurissent çà et là dans les stations de métro, les bus et les tramways. 5000 au total, estampillés d’un visuel distinctif, ils sont là pour rappeler la présence des 6500 caméras qui jalonnent le réseau. Ces autocollants, on les doit aux ambassadrices de la ligne 7 — qui relie Villeurbanne à Vaulx-en-Velin — qui souhaitaient que les voyageurs soient davantage informés de la présence de vidéosurveillance dans les transports en commun afin de les tranquilliser et de dissuader le passage à l’acte. En parallèle, une campagne spécifique contre le harcèlement sexiste

O

Le guide est disponible depuis le 8 mars

dans les transports a été lancée fin janvier. “Une main baladeuse, un pied en prison”, “Il agit en prédateur, nous réagissons”, “À se frotter, on se fait piquer !” Cinq visuels différents et un même slogan repris audessus de chacun : “Tout le réseau fait bloc face au harcèlement sexiste”. Cette communication engagée, qui informe les victimes et interpelle les agresseurs, a frappé les esprits des utilisateurs en prônant la solidarité. Initialement prévue jusqu’à la date emblématique du 8 mars, elle a d’ailleurs été prolongée d’une quinzaine de jours, au moins. Et ces affiches colorées ont, elles aussi, été créées suite aux préconisations de ces fameuses ambassadrices qui ont jugé nécessaire qu’une telle campagne soit mise en œuvre.

Des marches pour trouver des solutions concrètes Mais ces ambassadrices, qui sont-elles ? Dans le cadre du plan de lutte contre les violences faites aux femmes, le Sytral et son délégataire Keolys Lyon ont lancé depuis 2015 des marches exploratoires, menées par de petits groupes de femmes invitées à réaliser un diagnostic de terrain dans des lieux où réside un risque ou un sentiment d’insécurité. “Ce projet entre dans une démarche participative, précise Sandra Bernard, responsable sécurité au Sytral. Les ambassadrices sélectionnées deviennent les actrices de leur propre sécurité. Nous sommes pleinement dans notre mission de service public. Il s’agit d’un véritable enrichissement mutuel puisque, grâce à leur regard extérieur, nous permettons aux femmes de se réapproprier les transports en commun, en favorisant leur liberté de circulation.” Premier réseau de transport urbain français à mettre en place ce genre d’initiative, le Sytral a déjà accompagné deux groupes d’ambassadrices : le premier sur la ligne 7 entre janvier et mars 2016, le

deuxième sur la ligne C14 (entre La Duchère et Gare de Vaise) à la rentrée 2016. La troisième vague de marches participatives commencera au printemps sur la ligne C12 entre Moulin-à-Vent et Hôpital Feyzin Vénissieux et l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 15 mars. “Nous sommes à la recherche de candidates vénissianes, utilisatrices de cette ligne, insiste Sandra Bernard. Des femmes prêtes à s’engager avec nous dans cette démarche citoyenne.” Concrètement, les marches fonctionnent selon quatre grandes étapes. La phase de préparation : les ambassadrices sont sélectionnées et apprennent à travailler en groupe. La réalisation des marches : effectuées de jour comme de nuit, elles permettent aux participantes, accompagnées d’un cabinet d’audit, du Sytral et de Keolys, de poser leur diagnostic. “On leur demande d’être attentives à l’intérieur des bus, aux arrêts et à leur environnement, au trajet qu’elles effectuent pour atteindre ces arrêts et aux raisons qui les poussent à choisir ce trajet plutôt qu’un autre”, poursuit Sandra Bernard. L’analyse et les propositions : devant un groupe d’experts (composé du Sytral, de Keolys, du cabinet du préfet délégué à la défense et à la sécurité, de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité, d’un représentant de la commune, etc.), les ambassadrices sont ensuite invitées à présenter des propositions concrètes qui permettront d’améliorer leurs déplacements. Le suivi des recommandations et les préconisations : après analyse du rapport, l’échange se poursuit avec les experts pour que les ambassadrices soient aussi impliquées durant le processus des travaux d’aménagement, s’il y en a. “L’objectif des marches, conclut la responsable sécurité, c’est de trouver ensemble des solutions concrètes. Un retour sur le terrain est possible pour trouver la réponse la plus adaptée à un problème donné.” Suite au travail

et à l’engagement des ambassadrices de la ligne 7, cinq bus récents ont été mis en service, des travaux d’éclairage public ont été entrepris, les conducteurs ont été sensibilisés à la prise en compte de la sécurité du public féminin, etc. Et le Sytral poursuit sa politique de lutte contre les violences faites aux femmes, en éditant ce 8 mars un guide pratique (disponible dans les agences du réseau) qui revient sur la définition du harcèlement sexiste et les textes de lois associés,

les démarches pour porter plainte, les comportements à adopter face à une situation d’agression pour les victimes et les témoins, les numéros d’urgence, etc. Afin que les femmes se sentent toujours plus en sécurité dans les transports en commun.  PERRINE PLATEAU

Pour postuler en tant qu’ambassadrice de la ligne C12, un formulaire d’inscription est accessible sur le site www.sytral.fr

Un guide contre les violences

“Ça suffit !” - L’image est suffisamment forte pour qu’on la remarque : sous le titre “Ça suffit !”, une femme reçoit le coup de poing d’un homme. À l’origine de ce livret édité par la CAF de Vénissieux avec l’Espace Pandora, soutenu à l’écriture par Jean-Baptiste Cabaud et dessiné par Yann Degruel, on trouve un groupe de femmes, Mots

d’elles d’espoir. “Nous avons toutes subi des violences conjugales, expliquent-elles en préambule, toutes nous avons connu de la part de l’homme que nous aimions, de la part de l’homme avec qui nous avions choisi de construire notre vie, des coups, des injures, des humiliations...” Alors, elles ont conçu ce projet qui pouvait paraître insensé : publier un guide comprenant à la fois des témoignages, des adresses de professionnels vers qui se tourner en cas de violences conjugales, des démarches juridiques à faire, des conseils. Et surtout, insistent-elles, “les pièges à éviter”. Le tout en textes et en bandes dessinées. Le livret sera disponible dans certains services publics, à Expressions et sous forme dématérialisée sur le site caf.fr. 

Un livret édité par l’antenne vénissiane de la CAF


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DOSSIER

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CONTRACEPTION

La “génération pil En 1967, Lucien Neuwirth, député gaulliste de la Loire, a rendu légale la contraception ’était il y a 50 ans. Le 28 décembre 1967, la loi Neuwirth, relative à la régulation des naissances, a autorisé l’usage de la pilule contraceptive. Une loi rendue possible grâce aux combats des femmes et à l’engagement de Lucien Neuwirth — décédé en 2013 — qui, avec le Planning familial, a travaillé à son élaboration et à l’abrogation de la loi de 1920. La France était en effet sous le coup d’une loi visant à repeupler le pays, après la Grande Guerre, en pénalisant la contraception, l’avortement, et en interdisant la “propagande anticonceptionnelle”. Pour des millions de femmes, cette législation répressive se traduisait par des grossesses non désirées, l’opprobre social pour les filles-mères, ou des avortements clandestins pratiqués dans des conditions exécrables, et pouvant mener à la stérilité ou à la mort.

C

Un vrai combat de femmes Seules les Françaises les plus informées, fortunées, ou étant en contact avec des médecins progressistes pouvaient se procurer ces moyens de contraception avant leur légalisation. Il faudra attendre le début des années 1970 pour que la légalisation de la contraception devienne réalité. “Je ne me doutais pas que j’aurais à me battre encore plusieurs années pour arracher la sortie de tous les décrets d’application de la loi”, expliquait Lucien Neuwirth dans le livre “Liberté, sexualités, féminisme : 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes”. Le premier décret ne sera

publié qu’en 1969, et les suivants en 1972. Pouvoir dissocier sexualité et procréation devenait possible. Avec la loi sur l’avortement en 1974, elle a constitué un des grands acquis du XXe siècle, instituant le droit des femmes à disposer de leur corps, leur permettant ainsi l’accès à une plus grande liberté et à une plus grande autonomie sociale et professionnelle, rappelle le Mouvement du planning familial. Cette loi a également créé les établissements d’information, de consultation et de conseil familial (EICCF) et les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF), des structures qui garantissent à toutes et à tous gratuités et confidentialité.

Un tournant en 2013 À la sortie du lycée Jacques Brel, les filles ont bien voulu parler contraception. À 17 ans, Camille a un avis très tranché : “La pilule c’est indispensable, mais elle doit être prescrite par un professionnel. C’est un médicament, on ne peut pas faire n’importe quoi. Mais si on ne veut pas être enceinte, c’est le moyen le plus simple. En revanche, elle ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).” Sarah envisage la pose d’un implant : “Pendant cinq ans, vous êtes tranquilles. Je suis allée au Planning à Parilly, mais c’est un peu loin pour nous qui habitons les Minguettes. Heureusement que les infirmières scolaires sont là car de nos jours, on est encore trop peu informées par nos mères. Les pères, eux, n’en parlent jamais…” Selon Yasmine, la pilule “c’est franchement une belle avancée, je ne sais pas comment fai-

saient nos grands-mères ou arrièregrands-mères. Elles ont dû faire des enfants non désirés. Je comprends qu’elles se soient battues. C’est un vrai combat de femmes”. Mais toutes sont d’accord sur un point : la contraception c’est aussi une affaire de garçons. C’est pourquoi, dans les collèges et lycées, les infirmiers veillent au grain. Jean Reboul, infirmier à Aragon, informe tous les élèves des classes de 3e et de 4e : “On évoque la contraception et bien entendu, les infections sexuellement transmissibles. Nous avons le droit de délivrer la pilule du lendemain.” Les femmes connaissent de mieux en mieux cette contraception d’urgence. Son utilisation s’est fortement développée depuis juin 1999 ; date à laquelle elle est devenue accessible, en pharmacie sans prescription médicale. Cinquante ans après, où en sommes-nous ? Il y a eu un grand tournant en 2013. Cette année-là, les femmes se sont interrogées après avoir entendu parler de Marion Larat, une Bordelaise de 26 ans qui a fait un AVC (accident vasculaire cérébral) trois mois après avoir commencé à prendre une pilule de 3e génération — ce terme de “génération” fait référence à l’évolution de leur composition et de leur dosage en œstrogènes et progestatifs. La jeune femme a déposé plainte en décembre 2012 contre le laboratoire. En quelques semaines, les dangers de la pilule apparaissent au grand jour. Et les femmes y ont gagné en vigilance : elles ont retrouvé leur mot à dire, exigeant auprès de leurs médecins informations et explications. 

© CENTRE DE DOCUMENTATION DU PLANNING FAMILIAL

MICHÈLE FEUILLET — PERRINE PLATEAU

Ce slogan est emblématique du combat mené par le Mouvement français pour le planning familial

Le Pass contraception prévention

La pire décision pour une femme 22 ans, Vanessa, Vénissiane, étudiante en informatique, vient de prendre la décision la plus difficile pour une femme : celle d’avorter. “Je suis enceinte. Difficile pour nous de garder ce bébé. Mon compagnon ne travaille pas. Bien sûr que je m’interroge. Et si je n’avais jamais d’autres enfants ? Le rendez-vous est pris la semaine prochaine à l’hôpital Femme mère enfant pour une IVG médicamenteuse. J’aurai sûrement des regrets. Nous n’avons aucun moyen de l’élever aujourd’hui. C est la décision la plus difficile à prendre dans une vie de femme.” Vanessa prend pourtant la pilule. “Mais je suis un peu tête en l’air, il m’arrivait de l’oublier. Quand vous faites le test de grossesse et qu’il est positif, le ciel vous tombe sur la tête.” Selon un rapport publié le 27 juillet dernier par la Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees),

À

218 000 IVG ont été comptabilisées en 2015 en France, soit un taux d’environ de 15 IVG pour 1 000 femmes. Si une légère baisse est notable depuis 2013, aucune inflexion significative n’est à noter sur la décennie. Le recours à l’avortement étant même plus élevé que dans les années 1990, période durant laquelle le chiffre annuel dépassait rarement les 210 000. C’est parmi les femmes de 20 à 24 ans que les IVG restent les plus fréquentes. Le nombre d’avortements a tendance à diminuer chez les moins de 20 ans : “22 000 ont été concernés l’an dernier (7,6 pour 1 000 adolescentes de 15 à 17 ans et 19,5 pour 1 000 femmes de 18 à 19 ans), ils augmentent en revanche au-delà de 25 ans. L’avortement concerne dans des proportions équivalentes les femmes seules et en couple.” Autre enseignement : “Les IVG concernent de plus en plus souvent les

mêmes femmes plusieurs fois au cours de leur vie”, note le rapport, reprenant les constats de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Ainsi, poursuivent les auteurs, “la part des femmes ayant eu précédemment deux IVG ou davantage augmente de 6,8 % en 1990 à 13,6 % en 2011”. Ce qui interroge quant au suivi et à l’information des patientes, notamment sur la contraception. Dans l’agglomération lyonnaise, il faut en moyenne une semaine pour obtenir un rendez-vous. Ici comme ailleurs, c’est l’hôpital public qui assure le plus grand nombre d’IVG, le privé n’en assurant en moyenne que 15 %. L’hôpital Femme mère enfant (HFME), le centre hospitalier Lyon-Sud, l’hôpital de la Croix-Rousse accueillent les femmes qui veulent interrompre leur grossesse. À Vénissieux, le centre hospitalier Les Portes du Sud également. 

PHOTO RAPHAËL BERT

INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE

Depuis 2001, les infirmières scolaires sont autorisées à prescrire la pilule du lendemain dans les collèges et lycées

Auvergne-Rhône-Alpes - L’accès à la contraception est un droit pour les mineures sans autorisation parentale. Après une longue phase de concertation, la Région RhôneAlpes votait en 2011 la mise en place d’un Pass Contraception prévention, destiné aux jeunes porteurs de la carte M’Ra pour qu’ils puissent accéder de façon autonome, anonyme et gratuite à l’ensemble de l’offre contraceptive, prévenir et identifier les risques d’infections sexuellement transmissibles. Ce dispositif permet l’accès pour les jeunes filles à une consultation médicale, avec le cas échéant une prise de sang ou un prélèvement

local et une analyse médicale permettant l’accès à la contraception et/ou au dépistage d’infections sexuellement transmissibles. Pour les garçons, une consultation médicale et, en cas de besoin, des analyses médicales dans une démarche de dépistage d’infections. Le Pass comporte plusieurs coupons papier ; seul est mentionné le numéro de la carte M’Ra pour garantir le respect de la confidentialité. Ces coupons sont commandés depuis le site Internet de la région http://www.rhonealpes.fr/996-passcontraception-prevention.htm Les coupons sont adressés à l’adresse de son choix. 


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DOSSIER

ule” a 50 ans en France. Une avancée considérable pour la condition féminine dans l’Hexagone. DATES-CLÉS

MÉTHODES CONTRACEPTIVES

● 1909

: institution d’un congé de maternité de 8 semaines sans rupture de contrat mais sans rémunération.

À chaque femme de faire son choix

● 1923

: le code pénal fait de l’avortement un délit, afin de mieux poursuivre les avorteurs et avortées devant les cours d’assises. 1939 : le Code de la famille aggrave les peines sanctionnant l'avortement.

● 1942 : la loi du 15 février fait de l'avortement un crime contre la sûreté de l'État, passible de la peine de mort. Cette loi est abrogée à la Libération.

1955 : l'avortement thérapeutique est autorisé. Gregory Pincus, médecin américain, met au point la pilule contraceptive qui sera commercialisée en 1960 aux États-Unis.

● 1956 : création de la “Maternité heureuse”, qui deviendra le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) en 1960. ● 1967 : la loi Neuwirth autorise la vente de produits contraceptifs mais encadre la publicité. La loi n'est toutefois appliquée qu'à partir de 1972.

1970 : le congé maternité est indemnisé à 90 % par l’Assurance maternité. Création d’un congé parental d’éducation. ●

1971 : le Nouvel Observateur publie le “manifeste des 343” — aussi appelé “manifeste des 343 salopes” mais pas par les initiatrices — dans lequel 343 femmes (des personnalités du spectacle, de la littérature et de la politique) déclarent avoir avorté.

1974 : l'Assemblée nationale vote le projet de Simone Veil, ministre de la Santé, qui libéralise totalement la contraception. La Sécurité sociale rembourse la pilule. Les mineures ont droit à l'anonymat.

PHOTO RAPHAËL BERT

● Juin

Une discussion avec un professionel de santé permet de bien connaître les avantages et les inconvénients de chaque moyen de contraception

e meilleur moyen de contraception n’existe pas. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. À chaque femme d’essayer celui qu’elle souhaite pour pouvoir juger si c’est celui qui lui convient.” Au quotidien, le docteur Viviane Ramackers reçoit les femmes au centre de planification et d’éducation familiale, situé 3 bis, place Grandclément à Parilly. Elle assure les consultations gynécologiques, les suivis de grossesse, et administre des conseils concernant les moyens de contraception qu’elle a la possibilité de délivrer gratuitement aux mineures et aux non assurées sociales. Des conseils bienvenus car ces dernières années, les méthodes contraceptives se sont beaucoup diversifiées. Petit tour d’horizon. - La pilule contraceptive : il s’agit d’un comprimé à prendre tous les jours à la même heure pendant 21 ou 28 jours. Il existe les pilules combinées œstroprogestatives qui contiennent deux hormones et les pilules progestatives qui n’en contiennent qu’une. Jugée trop contraignante par certaines femmes, “elle reste le premier moyen utilisé pour l’entrée dans la contraception”, avance le docteur Ramackers qui observe toutefois qu’aujourd’hui, “la mode n’est plus à la pilule. Les hormones ont une mauvaise image et les a priori dont elle est l’objet ont été amplifiés par la polémique sur les pilules de 3e et 4e générations”. La pilule coûte entre 2 et 14 euros

L

et certaines sont remboursées à 65 % par la Sécurité sociale. - L’implant contraceptif : petit réservoir en plastique qui contient une des deux hormones de la pilule, il doit être inséré sous la peau du bras, sous anesthésie locale et peut être laissé en place pendant trois ans. En théorie très efficace, plébiscité par de nombreuses jeunes femmes, l’implant peut déclencher de nombreux effets secondaires. “J’en pose beaucoup mais j’en enlève beaucoup également, remarque le docteur Ramackers. Il peut aussi provoquer une prise de poids, de l’acné, et les règles ne sont plus du tout contrôlées. Elles disparaissent totalement chez certaines femmes quand d’autres subissent un saignement en continu.” L’implant coûte 107 euros et est remboursé à 65 %. - Le stérilet : aussi appelé dispositif intra-utérin (DIU), il est placé dans l’utérus par un professionnel et reste efficace entre 5 et 10 ans selon le modèle choisi. Il en existe deux types : le DIU au cuivre qui rend les spermatozoïdes inactifs et le DIU hormonal qui délivre en continu une petite quantité d’hormone progestative. “C’est un contraceptif très efficace mais la pause n’est pas si anodine, certaines femmes peuvent le considérer comme une procédure invasive, commente le docteur Ramackers. Il existe aussi des risques d’expulsion.” À noter que contrairement à certaines idées reçues, le stérilet peut être posé

chez une femme qui n’a pas encore eu d’enfant. Le stérilet coûte entre 30 et 125 euros et est remboursé à 65 %. Il existe d’autres méthodes de contraception, peu ou pas remboursées par la Sécurité sociale : le patch contraceptif à coller soimême sur la peau, l’anneau vaginal, le diaphragme ou la cape cervicale. Les médecins généralistes, les gynécologues et les sages-femmes sont là pour aider les femmes à choisir le contraceptif qui conviendra le mieux. Enfin, quelle que soit la méthode choisie, les préservatifs, masculin et féminin, sont les seuls contraceptifs qui protègent du VIH et de la plupart des maladies sexuellement transmissibles. 

Où se renseigner ? Centre de planification et d’éducation familiale de Vénissieux 3 bi,s place Grandclément. Tél. : 04 72 89 42 96. Ouvert les lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 8 h 30 à 12 heures et de 13 h 30 à 17 heures et le mardi de 13 h 30 à 17 heures. www.choisirsacontraception.fr www.filsantejeunes.com www.sante.gouv.fr (rubrique Contraception) www.ameli.sante.fr (rubrique Contraception) www.planning-familial.org

Novembre 1974 : débat houleux à l'Assemblée nationale sur le projet de Simone Veil d'autoriser l'interruption volontaire de grossesse (IVG). ●

● 1975

: la loi Veil autorise l’IVG pour une période probatoire de 5 ans.

● 1979

: une nouvelle loi sur l’IVG rend définitive les dispositions de la loi de 1975.

● 1982

: l’IVG est remboursée par la sécurité sociale.

● 1990 :

autorisation de l’utilisation du RU 486, technique médicamenteuse de l’IVG.

1993 : la loi dépénalise l’auto-avortement et crée le délit d’entrave à l’IVG qui sanctionne le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher une IVG en perturbant l'accès aux établissements ou en exerçant des menaces sur le personnel ou les femmes concernées.

● 2000

: loi relative à la contraception d’urgence qui ne la soumet plus à une prescription obligatoire.

2001 : loi qui allonge le délai légal au recours à l’IVG de dix à douze semaines. Les infirmières scolaires sont autorisées à délivrer la pilule du lendemain dans les collèges et lycées.

2013 : décret établissant le remboursement à 100 % du forfait IVG par l’Assurance maladie, ainsi que la gratuité des contraceptifs médicaux pour les mineures âgées de plus de 15 ans. ●

● 2017 : loi sur le délit d’entrave numérique à l’IVG qui étend le délit d’entrave à l’IVG déjà existant aux sites internet diffusant de fausses informations sur l’avortement.

Source : ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits de la femme


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CULTURE AU CINÉMA GÉRARD-PHILIPE DU 8 AU 14 MARS “Sonita” de Rokhsareh Ghaem Maghami, vost ● “Chez nous” de Lucas Belvaux, AD ● “La sociale” de Gilles Perret ● “Et les mistrals gagnants” d’Anne-Dauphine Julliand ● “Logan” de James Mangold, audiodescription (AD) ● “La confession” de Nicolas Boukhrief, sortie nationale, AD ● “Patients” de Grand Corps Malade, Mehdi Idir, AD ● “M. et Mme Adelman” de Nicolas Bedos, AD ● “Paula” de Christian Schwochow, vost ● “Blow Out” de Brian De Palma, vost ● “Le gouffre aux chimères” de Billy Wilder, vost (Ciné Collection) ● “Spartacus” de Stanley Kubrick, vost (Ciné Collection) ●

DU 15 AU 21 MARS “Neruda” de Pablo Larraín, vost (Reflets ibériques) ● “Carmina !” de Paco León, vost (Reflets ibériques) ● “De plus belle” d’AnneGaëlle Daval, AD ● “Kong : Skull Island” de Jordan Vogt-Roberts, vf, 2D et 3D ● “Chacun sa vie” de Claude Lelouch, sortie nationale, AD ● “Logan” de James Mangold, vf ● “Patients” de Grand Corps Malade, Mehdi Idir, AD ● “Noces” de Stephan Streker ● “Moi, Daniel Blake” de Ken Loach, vost (Ciné débat) ● “Time Out” d’Andrew Niccol, vost ● “La nuit du chasseur” de Charles Laughton, vost ● “Lion” de Garth Davis, vost/vf ● “M. et Mme Adelman” de Nicolas Bedos, AD ●

Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

Montée de sève poétique “Magnifique printemps !” Regroupant deux manifestations (le 19e Printemps des poètes qui se déroule du 11 au 18 mars et la 22e Semaine de la langue française et de la francophonie du 18 au 26 mars), “Magnifique printemps !” prend pour thème principal “Afrique(s)”. Dans la métropole lyonnaise, ce sont les Vénissians de l’Espace Pandora qui organisent cette montée de sève poétique. “Au départ du Printemps des poètes, rappelle Georges Képénékian, premier adjoint au maire de Lyon, chargé de la culture, existait cette idée que la poésie sorte de ces espaces parfois confinés pour aller à la rencontre d’autres publics dans les métros, les hôpitaux, les lieux où les gens ne s’attardent pas. Nous en avons gardé l’esprit et Pandora, pour cette nouvelle édition, va donner des rendez-vous dans différents lieux.” Après un lancement le 11 mars à 10 h 30 à l’hippodrome de Parilly, à l’occasion de la Fête du livre de Bron, le Magnifique printemps va se promener dans divers quartiers de Lyon, Oullins, Villeurbanne, Tassin, Vaulx-en-Velin et Vénissieux… jusqu’à Grenoble, pour un concert de Gaël Faye le 22 mars. C’est justement le même Gaël, à la fois rappeur et écrivain salué grâce à son roman “Petit pays” — qui a obtenu le Goncourt des lycéens —

PRINTEMPS DU CINÉMA Du 19 au 21 mars, toutes les séances seront à 4 euros.

LES CENT ANS DE KIRK DOUGLAS Ciné Collection rend hommage à celui qui a fêté son centenaire le 9 décembre dernier avec deux films majeurs : “Le gouffre aux chimères” (1951) le 9 mars à 14 h 30 et “Spartacus” (1960) le 12 mars à 16 h 30.

Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, sera présent pour l’événement les 11 et 12 mars

que l’on retrouvera le 24 mars à 20 h 30 à Bizarre !, salle vénissiane des musiques actuelles (article cidessous). Avec, en première partie, le slameur Mehdi Krüger, ex-Lee Harvey Asphalte. Le Magnifique printemps sera également l’occasion de retrouver, ici et là, quelques-uns des écrivains qui ont été en résidence littéraire à Vénissieux auprès de l’Espace Pandora. Denis Pourawa sera le 16 mars à 18 heures à la Manufacture des tabacs puis à 20 heures à la salle des Rancy (Lyon 3e) et le 22 mars à 19 heures à la brasserie de l’hôtel de ville (Vaulx-en-Velin), cette fois en compagnie de Samira Negrouche, qui lui a succédé. Samira sera encore le 20 mars, à partir de 20 heures, aux Asphodèles (Lyon 3e) et le 25 mars au CCO de Villeurbanne pour la soirée de clôture, entre 12 et 23 heures. Mouloud Akkouche, qui avait précédé Denis Pourawa à Vénissieux, sera présent à cette même soirée de clôture et, également, le 23 mars à 18 heures à l’école Supdemod (Confluence) et

Le grand pays du rap

DÉBATS Le 14 mars à 20 heures, la projection de “La sociale” — sur l’histoire de la Sécu — sera suivie d’un débat avec l’historien Michel Étiévent. Le 16 mars à 18 heures, c’est autour de “Moi, Daniel Blake”, que s’animeront les conversations sur le thème “Santé et travail”. Horaires sur le site www.ville-venissieux.fr/cinema/

Programation détaillée sur le site : espacepandora.org

Tandis que, le 12 mars à 18 h 30, la salle Érik-Satie accueille le concert des lauréats, le 18 mars à 15 h 30 à l’école, à l’occasion de “L’heure en musique”, Gwenaël Dubois, enseignant de formation musicale, viendra parler de Maurice Ravel. Renseignements : 04 37 25 02 77.

LE PORTE-PÔT Amateurs de blues, tenez-vous prêts : Zu débarque à l’épiceriecomptoir du Porte-Pôt le 10 mars à partir de 19 h 30. Zu, c’est du blues français acoustique, nourri de Bill Deraime et Benoît Blue Boy mais aussi de Robert Johnson et Slim Harpo.

Bizarre ! - Écrire du rap, l’inter- derniers titres, sortis en janvier derpréter, placer sa voix : tout cela n’est pas inné et la salle de musiques urbaines de Vénissieux propose un “Focus rap” animé par Keizan les 9, 16, 23 et 30 mars, de 18 h 30 à 20 h 30. Le coût de 20 euros donne droit à un concert gratuit sur la saison 2016-17. C’est aussi le 9 mars à 20 h 30 que l’on pourra voir à Bizarre ! dDamage, Joe la Mouk et Schlaasss Release Party, dont le deuxième album, “Casa Plaisance”, est sorti le 3 mars. Ils laisseront la place, le 11 mars à 20 h 30 à Robse et DemiPortion qui donnera à entendre ses

nier sur son album “2 chez moi”. Enfin, le 24 mars à 20 h 30, le slameur Mehdi Krüger et le rappeur Gaël Faye, dans une soirée en partenariat avec Les Chants de mars, s’inscrivent logiquement dans le “Magnifique printemps !”, réunion du Printemps des poètes et de la Semaine de la langue française (article ci-dessus). L’un et l’autre savent manier les mots et Gaël Faye, auteur d’un premier roman très applaudi (“Petit pays”), collectionne les prix.  Réservations : 04 72 50 73 19.

CENTRE ASSOCIATIF BORIS-VIAN

FORMATIONS ET JARDINIÈRES Le CABV poursuit ses programmes de formation en direction des bénévoles et des conseils d’administration des associations. Ainsi, les 13 et 20 mars, entre 18 et 21 heures, on pourra s’initier au traitement de texte avec Isabelle Monnery, chargée de la vie associative à BorisVian (niveau débutant). Les 14, 21 et 28 mars, entre 18 et 21 heures, se déroulera la deuxième session du module “Mettre en place une comptabilité associative” avec Valérie Maire, comptable au CABV. Le 15 mars, de 18 à 21 heures avec Corine Romeu, directrice de la structure, il sera question de l’appel à projet “Feuilhade”, du nom de la Fondation pour la solidarité de proximité. Enfin, le 23 mars entre 18 et 20 heures, Anne-Sophie Franc, avocate au cabinet Delsol, interviendra sur “la responsabilité des dirigeants d’une association”. Devenu une Fabrique d’initiatives citoyennes (FIC), le centre associatif met également en place des ateliers sur le thème “Jardiner dans la ville”, un programme qui va tourner jusqu’au mois de juin autour du travail de la terre et du bricolage. Pour commencer, on apprendra à fabriquer ses jardinières le 11 mars, de 9 h 30 à 15 h 30 (avec repas partagé), en compagnie de bénévoles bricoleurs. Puis le 25 mars, entre 9 h 30 et 12 h 30, c’est la construction d’un nichoir à abeilles sauvages qui occupera les apprentis jardiniers, en compagnie d’un intervenant de l’association Arthropologia. Ces deux premiers ateliers se déroulent au CABV. Deux autres auront lieu les 15 avril et 24 mai, le premier au jardin de la Passion, le second sur le parvis du cinéma Gérard-Philipe. Les formations et ateliers sont gratuits avec inscription obligatoire au 04 72 50 09 16. Pour les formations, il faut être adhérent au CABV et payer une caution de 10 euros qui sera encaissée en cas d’absence le jour de la formation.

À VENIR ÉCOLE DE MUSIQUE JEAN-WIÉNER

SOIRÉE REFLETS DU CINÉMA IBÉRIQUE ET LATINO-AMÉRICAIN En partenariat avec l’association Pour le cinéma de Villeurbanne, qui organise la manifestation, et l’association vénissiane LSR, le festival hispano-latino-américain du Zola s’exporte à Gérard-Philipe ce 18 mars: à 18h30, “Neruda”, portrait du poète chilien au moment de sa traque en pleine guerre froide. Puis, à 21 heures, “Carmina”, comédie grinçante espagnole. Soirée complète : 10 euros, un film: 6,70 euros. Dégustation de tapas avec LSR.

le 24 mars à 19 heures aux ateliers Terreaux. Enfin, Michel Calzat, qui fut longtemps délégué du préfet à Vénissieux, présentera le 22 mars à 18 heures au musée africain (Lyon 7e) son livre de photos, “J’aimais cet homme qui chantait le fleuve”, publié à La Passe du vent à Vénissieux avec des textes de Fatoumata Keïta. Signalons encore, parmi les multiples offres, la venue de Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992, les 11 et 12 mars et une conférence d’Andreï Makine, prix Goncourt 1995 et académicien, le 21 mars à 18 heures dans les salons de l’hôtel de ville de Lyon. Plus un bœuf poétique, une soirée tunisienne, des poésies algériennes, une nuit du slam, de la poésie électro, la remise des prix Kowalski et René-Leynaud, un concours de poésies par sms et twitter, etc. Que demander de plus ? 

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Le Porte-Pôt : 329, route de Vienne, Vénissieux. Tél. : 04 72 62 86 18.

MUSÉE JEAN-COUTY L’ouverture d’un nouveau musée est toujours une bonne nouvelle d’autant plus que celui consacré au peintre lyonnais Jean Couty (19071991), qui ouvrira ses portes pour la première fois ce 18 mars, est à deux pas de l’atelier de l’artiste et de la maison construite par son grandpère paternel, dans le quartier SaintRambert, en face de l’île Barbe. Pour cette première exposition, qui sera visible jusqu’au 31 décembre 2017, ont été réunies 150 œuvres qui cou-

vrent une période d’une soixantaine d’années. Placé par les spécialistes quelque part entre Courbet, pour son humanisme, et Rouault, pour son mysticisme, Couty a épousé les grands courants artistiques de son époque, proche par exemple d’un Fernand Léger quand il peint les ouvriers sur des toiles grand format. Le vernissage du nouveau musée est prévu le 17 mars. 1, place Henri-Barbusse, Saint-Rambert, Lyon 9e. Tél. : 04 72 42 20 00. Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 à 18 heures. Plein tarif : 6 euros ; tarif réduit : 4 euros, gratuit pour les moins de 12 ans.

THÉÂTRE DE VÉNISSIEUX Le 17 mars à 20 heures, en deux monologues saisissants tirés de deux romans de Sorj Chalandon, JeanMarc Avocat sera “Mon traître” : l'histoire d'un leader de l'IRA et son amitié avec le narrateur qui apprendra, quelques années plus tard, le double-jeu de l'activiste irlandais, également informateur des services secrets britanniques. Dans une mise en scène d'Emmanuel Meirieu, Jean-Marc Avocat hésite entre la politique et les sentiments. Du beau travail ! Plein tarif : 19 euros, tarif réduit : 12 euros. Réservations : 04 72 90 86 68.


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CULTURE

Une femme à sa place CHANSONS - Vivant entre Aubervilliers et Vénissieux, où sa famille réside toujours, la chanteuse Mireille Rivat a rejoint il y a cinq ans le collectif Place aux femmes. Lequel organise à Aubervilliers des rendez-vous réguliers dans des lieux où les femmes ne sont pas toujours présentes. Et a enregistré un CD, véritable hymne au “deuxième sexe”.

es actions les plus simples sont souvent les plus pertinentes. Celles qui se font sans provocation ni discours agressif. Mireille Rivat en sait quelque chose. Originaire de Vénissieux, cette jeune femme à la voix splendide a un jour décidé de “monter à Paris” et de participer au Jeu de la chance, premier télé-crochet qui révéla Mireille

L

Mathieu, Thierry Le Luron… et Mireille Rivat elle-même. Devenue chanteuse professionnelle, elle enregistre des albums, joue dans des films, chante des spectacles, fait du théâtre et travaille même dans un cirque en Bulgarie. Elle rencontre Place aux femmes, un collectif d’Aubervilliers — où elle habite — qui a eu une “grande idée” : “Réunir des femmes tous les quinze jours dans des lieux où elles ne viennent pas faute d’argent ou parce que les gens qui fréquentent ce lieu sont des travailleurs qui vivent la plupart du temps seuls.” Le collectif se réunit ainsi depuis cinq ans dans divers cafés d’Aubervilliers. “Notre réponse est simple. On ne crie pas “À bas les hommes !” ou “Vive les féministes !”, on ne prêche pas le moralisme, on n’organise pas spécialement de grands débats, on est juste là à boire un verre. Les habitués

du café regardent un match de foot à la télé ou jouent aux cartes. Ils ne nous regardent pas trop bizarrement. C’est pépère et pas du tout agressif !” Un label est même créé que les patrons des bistrots — déjà une dizaine — affichent sur leurs vitrines : “ICI, les FEMMES se sentent chez elles, AUSSI”. Une chorale est créée au sein du collectif, Auberbabel, “le lieu où l’on met en avant la musicalité des langues”, que Mireille engage pour son spectacle sur 1936. Aujourd’hui, la formation est riche d’une quarantaine de personnes et a participé au CD sur les femmes. Comme, pour Mireille, Histoire et chansons sont inséparables, elle a sélectionné onze titres : chansons militantes italiennes, telles “Bella Ciao”, indissociable des “mondine”, les ouvrières des rizières, ou “La lega”, “chanson révolutionnaire qui parle des femmes” mais aussi des reprises du répertoire de Sapho, Anne Sylvestre, Brigitte Fontaine ou les Femmouzes T. On y retrouve aussi “La grève des mères”. “Georges Montéhus, son auteur, rappelle Mireille, a fini en taule à cause d’elle !” Et aussi des textes de Sacha Guitry et René de Obaldia, plus une chanson écrite par Mireille Rivat et Colette Schoubert, “Il était une fois”. “La vie est un grand théâtre, reprend la chanteuse. Et, dans ce théâtre, on parle de la présence des femmes !”

Lorsque s’allument les brasiers du Che

Déjà une dizaine de bistrots d’Aubervilliers affichent le label sur leurs vitrines

En même temps qu’elle enregistrait ce CD, qui compte aussi la participation de la chanteuse lyrique Alice Fagard, Mireille s’attaquait à un travail de longue haleine,

La chanteuse vénissiane espère pouvoir jouer son spectacle sur le Che dans sa ville d’origine

un projet autour de Che Guevara, assassiné il y aura cinquante ans le 9 octobre prochain. “Je me suis toujours intéressée aux chansons qui racontent l’Histoire et les luttes. L’épopée de Guevara raconte l’Histoire entre la crise de 1929 et mai 1968, y compris celle de l’Europe. Le spectacle et l’album que je prépare s’intituleront : “Lorsque s’allument les brasiers”. Cette histoire-là me trouble. Le nom du collectif, Place aux femmes, sous-entend place au peuple et aux gens qui fabriquent l’Histoire tous les jours. J’ai été reçue à la radio cubaine, à La Havane, pour présenter mes titres sur Guevara, je suis tombée sur tous ces gens accrochés à l’icône, ces collectionneurs d’affiches, etc. L’icône du Che voyage, raconte la révolte, fait partie du romantisme révolutionnaire. Les humains ont besoin de références pour se battre : avant Mandela, l’icône était Guevara, et Bolivar a servi de modèle à la génération du Che et de Castro. Et quand on dit que

ces deux-là étaient des sanguinaires, on pourrait alors dire pareil de nos résistants et des révolutionnaires ! Les jeunes doivent se reposer la question de l’engagement, c’est pour cela qu’il faut remettre le Che sur le devant de la scène.” Mireille regrette que la culture soit devenue lisse. “J’ai participé à des concerts où j’ai chanté avec Magma et Monique Morelli. Le public était prêt à entendre des choses différentes. Aujourd’hui, on place les artistes dans des niches. La loi du marché est devenue une règle du jeu culturel. Nous ne pouvons pas être orphelins de notre Histoire et considérer que 1939 ou 1945, c’est le vieux monde.” Mireille, qui participera au prochain Parole ambulante à Vénissieux, espère pouvoir jouer l’intégralité de son spectacle sur Guevara dans sa ville.  JEAN-CHARLES LEMEUNIER

Samantha Barendson, poète avec tripes “Machine arrière” - “J’écris depuis une forme de mélancolie”, explique Samantha Barendson dans une interview à Thierry Renard donnée en conclusion d’un petit livre, “Machine arrière”, publié à La Passe du vent. Petit livre par le nom-

bre de pages — à peine 82 de poésies courtes, suivies d’une dizaine d’autres d’entretien et présentation de l’auteur — mais grand livre pour le contenu. En textes très courts qu’on pourrait comparer à des haïkus, non pas pour leur composition mais pour la forme de détachement à décrire des événements du quotidien, tragiques ou légers, la jeune poète retranscrit une vie : la disparition du père, l’arrivée d’un nouvel homme dans la vie de sa mère, l’enfance, un tremblement de terre, les copines d’école, les premiers baisers, les premières règles, etc. “Machine arrière” est, dit-elle, “la sensation d’une existence uniquement à partir de souvenirs.” Celle qui se revendique du Syndicat des poètes qui vont mourir un jour, “un collectif de poètes vivants, une douzaine en provenance de Lyon, Grenoble, Marseille, Nice…”, éclaire de quelques mises au point son écriture et celle de ses amis : “Nous voulons dépoussiérer l’idée, fausse, que se font généralement les gens d’une poésie élitiste, intellectuelle, inaccessible ou incompréhensible. Nous la rendons sexy, dynamique, drôle, percutante, forte, bouleversante, entêtante, présente.” Et sexy, dynamique, drôle, per-

cutant, fort, etc., “Machine arrière” l’est. Pas étonnant que Samantha, qui pratique aussi bien le français, l’italien que l’espagnol, parle de piano, guitare et violoncelle à propos de son polyglottisme. Son livre instille dans la tête du lecteur une petite musique qui ne le quitte pas. La poésie, pour elle ? “Quelque chose avec des tripes et il faut lutter pour ne pas la laisser se faire avaler par la guimauve des médias.” Première lauréate du prix RenéLeynaud en 2015 pour “Le citronnier”, un recueil en hommage à son père prématurément disparu, Samantha Barendson a depuis transformé ce texte en roman : “Mon citronnier” est sorti le mois dernier chez Jean-Claude Lattès. Elle participe à “Magnifique printemps !” (voir p. 10) et sera présente au NTH8 le 11 mars, à la Manufacture des tabacs le 13 mars et à l’université Lyon 3 le 21 mars.  J.-C.L.

Samantha Barendson, “Machine arrière”, La Passe du vent, 10 euros. Samantha Barendson rend la poésie sexy, dynamique, drôle, percutante, bouleversante, etc.


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SPORTS RÉSULTATS FUTSAL Même en futsal, les Vénissians aiment la coupe de France. Ils ont décroché un billet pour les 8e de finale de la coupe nationale en allant s’imposer à Montceau-lesMines (5-3). Avec Dramé, les frères Wassil et Wahid Azazga ont été les artisans de cette qualification.

HANDBALL Tout s’est joué sur un détail à l’occasion du choc entre Vénissieux et le leader Villeurbanne, remporté par ce dernier (23-22), samedi dernier, dans un gymnase TolaVologe archicomble.

BASKET Il fallait se méfier de TullinsFures, une équipe qui aime faire chuter les grosses cylindrées de Nationale 3. Les basketteuses de l’ALVP ont pu s’en rendre compte en s’inclinant 58-52. Néanmoins, elles préservent leur seconde place derrière Voiron et devant Veauche, également battus.

FOOTBALL Bonne performance de l’AS Vénissieux Minguettes (HR) qu a fait match nul 2 à 2 avec le FC Bords de Saône, menant même 2-1 à une poignée de secondes de la fin. En revanche, l’équipe réserve (PHR) n’a pas existé dimanche au stade AugusteDelaune, où elle a bu la tasse (3-0) face à l’ES Portes Hautes Cévennes. Important succès des Vénissians de l’USV à Loire-surRhône (1-0) en vue du maintien en Excellence de district.

Le challenge de la Ville remporté par Bourg-lès-Valence Twirling-bâton - En pleine préparation pour les championnats d’Europe du 12 au 16 avril, en Croatie, Stéphane Moreira s‘est contenté du “minimum syndical” lors du challenge de la Ville de Vénissieux, au gymnase JacquesAnquetil le 5 mars. Il faut dire que la qualification avait déjà été acquise à Montargis, les 25 et 26 février derniers. Dans la compétition vénissiane, qui a réuni un peu plus de 200 twirleurs issus de 17 clubs, Stéphane Moreira s’est imposé en danse solo, une de ses spécialités. Il a également pris la seconde place lors du duo “supérieur senior” avec Laurie Parcero, puis en individuel, aux “2 bâtons avancés”. Pas de quoi s’inquiéter, confie la présidente Valérie Girodon, qui nous apprend que, “blessé à un talon depuis quelques semaines, Stéphane n’a pas voulu prendre de risques inutiles. Il va devoir faire face à des échéances internationales”. Il n'était pas le seul ambassadeur de l’Amicale laïque du Charréard. Cinq autres succès ont été remportés par les Vénissians. Deux lors des duos, grâce à Lyna Bouzit et Amaia Parlant en débutantes minimes, et Justine Crozier et Séverine Blanc en seniors. Un en solo avec Alexandra Segeral en “1 bâton” seniors, et enfin deux par équipes (petite

RUGBY Certes, il reste plus que jamais concerné par le maintien en Promotion Honneur, mais, dimanche, au stade Laurent-Gerin, le XV de l’US Vénissieux Rugby a dominé Lavancia-Dortan (45 à 12). De quoi entretenir l’espoir.

KARATÉ Le Sen No Sen s’est illustré, le week-end dernier, à la Maison du Judo lors des qualificatifs aux championnats de France. Il a obtenu 18 médailles (8 en or, 7 en argent et 3 en bronze) et 21 qualifications individuelles. Les champions : la minime Ghania Bellout (- 50 kg), les cadets Ilies Elguir (- 52 kg) et Idriss Bakhti (- 70 kg), les juniors Kamil Merah (- 61 kg), Chahine Bellout (- 68 kg) et les seniors Léa Gothuey (- 61 kg) et Kévin Aouf (- 71 kg).

Légèrement blessé, Stéphane Moreira a préféré assurer en se concentrant sur la danse solo, épreuve qu’il a remportée

équipe de twirling seniors, et grande équipe danse twirl minimes). D’autres twirleuses du club ont été en vue. Tout proches de l’or, la senior Alexandra Segeral (2e en “2 bâtons intermédiaires”), les minimes Irina Rajovik en solo “1 bâton préliminaire”, et Lyna Bouzit, en intermédiaires. Et enfin, sur la 3e marche du podium, la poussine Séphana Laraoui (solo 1 bâton) et la cadette

Emma Erracchdi (également en solo 1 bâton). Parmi la vingtaine de catégories en compétition, deux ont été choisies par le jury pour l’obtention du trophée de la Ville. Qualifiée en phase finale, Séverine Blanc a pris la 3e place. Et c’est Loana Torres de Bourg-lès-Valence qui a remporté le trophée, remis par Andrée Loscos, adjointe aux sports. 

ATHLÉTISME

EKIDEN POUR LES QUIDAMS On attend du monde pour la 2e édition d’Ekiden (que l’on peut traduire par “relais” en japonais) qui va se tenir au parc de Parilly, le samedi 25 mars, à partir de 10 heures. Créé par l’association d’agents de la Ville de Lyon et de la Métropole (l’ASLSM), ce marathon en relais de six coureurs engagés sur 5 km, 7,195 km et 10 km est ouvert à tous. Pourquoi cet Ekiden ? “L’envie de réunir des sportifs de tout niveau, de tous horizons pour un moment de rencontres sympas”, avait expliqué à Expressions, Stéphane Front, responsable de la section athlé de l’association lyonnaise. La première fut un succès. En effet, 88 équipes s’étaient engagées, soit quelque 1 128 coureurs, dont des athlètes de l’AFA Feyzin/Vénissieux. Pour la seconde édition, plus de 130 équipes se sont déjà inscrites. La limite a été fixée à 300 équipes, il reste donc de la place. Outre l’AFA qui devrait avoir des représentants, deux équipes de la direction municipale des sports et de la jeunesse de Vénissieux sont attendues pour cet événement. Renseignements et inscriptions sur www.lyon-ekiden.fr

AGENDA SAMEDI 11 MARS

Élodie Garneri, 7 européenne ! Escrime - La performance est de taille. Encore cadette, l’épéiste Élodie Garneri, de Vénissieux Escrime, a atteint les phases finales des championnats d'Europe d'escrime, début mars, à Plovdiv en Bulgarie. Elle a dû batailler, se débarrassant successivement en phase préliminaire de l’Estonienne Karoliine Loit, de la Suédoise Selma Abu Eid Tjulin, de la Bulgare Maria Gnatova, de la Serbe Milica Kecman et de la Biélorusse Kseniya Masheuskaya ! Elle ne s’est inclinée que face à la Belge Une sacrée performance pour cette cadette qui prenait part à ses 1ers championnats d’Europe

Anne Bultynck. Pour atteindre les 8e de finale, elle a dû s’imposer face à une Finlandaise, une Israélienne et une Russe. Éliminée en quart de finale par la Britannique Laura Sheffield, elle décroche une 7e place pour ses premiers championnats d’Europe. Chapeau bas pour la Vénissiane entraînée par la maître d’armes Julien Guichardan, du Centre régional d’entraînement, de formation et de détection épée de Lyon (CREFED). Également engagée par équipes, elle a pris part au parcours honorable de l’équipe de France qui a dû se contenter d’une 8e place. 

Vénissieux cœur de cibles Fléchettes traditionnelles - Le ministère des Sports n’a toujours pas accordé son agrément, les compétitions officielles restent rares et les clubs proposant cette discipline ne sont pas légion, mais les fléchettes tentent de se faire une place au soleil du mouvement sportif. Depuis deux ans, Vénissieux montre l’exemple. L’an dernier, un Open de ligue et du comité (ouvert à tous, licenciés ou non) était programmé au gymnase Alain-Colas, durant le week-end de la Pentecôte. “Surtout pour faire promotion de cette discipline”, avait expliqué Stéphane Quiquandon, responsable des Darts Club des Gones, dont le siège est sur Lyon 5e. Le 26 février dernier, les Darts ont récidivé en organisant la Coupe du Comité, toujours au gymnase Alain-Colas, mais réservée cette fois à ses licenciés. Une quarantaine de compétiteurs se sont affrontés en simples et en doubles sous la formule du 501. Pour faire court, chaque joueur débute avec un capital de 501 points. Il lance une volée

Les footballeurs de l’ASV Minguettes accueillent SaintChamond au stade LaurentGérin, à 18 heures. ● Les handballeurs du VHB accueillent Marsannay à Tola-Vologe, à 20 h 45. ● L’équipe de futsal de l’AS Vénissieux Minguettes reçoit Lyon Moulin-à-Vent au gymnase Jacques-Anquetil, à 20 h 45. ● Double Open du comité et de la ligue du Sud-Est de fléchettes, organisé par le Darts Club des Gones, au gymnase Alain-Colas, de 9 à 18 heures. Le lendemain, suite et fin de 9 à 18 heures. ● Coupe de la ville de Vénissieux pour des doublettes organisée par l’ASB Vénissieux au boulodrome Legodec, à partir de 13 h 30. Inscriptions 20 euros. La finale est prévue le jeudi 16 mars à 17 heures. Tél. : 04 72 50 66 15. ●

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GYMNASTIQUE Avec Virgil Bertet, le CMO-V tient son champion RhôneAlpes en Fédéral (+ 18 ans). Dimanche, aux championnats individuels FFG régionaux disputés à Bellegardesur-Valserine, les gymnastes vénissians se sont tous qualifiés pour les Zones FFG. Logan Bars est 3e en Fédéral 18 ans, Kamil Karaoui 4e en Fédéral 10-11 ans, Romain Houël 9e en Fédéral 1213 ans et Mathis Teyssier 11e en fédéral 10-11 ans. Place aux demi-finales des championnats de France, en Avignon, le week-end des 1er et 2 avril.

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DIMANCHE 12 MARS Les footballeurs de l’US Vénissieux reçoivent SaintJean-d’Ardières au stade Laurent-Gérin, à 15 heures. ●

SAMEDI 18 MARS ● Les basketteurs du CLAM-V reçoivent le PLHM Lyon 8e au gymnase Alain-Colas, à 20 heures.

DIMANCHE 19 MARS Les basketteuses de l’ALVP accueillent Saint-Rambert ULR au gymnase JacquesAnquetil, à 15 h 30. ● 30e Cyclo Vénissiane et 5e Trans Vénissiane VTT, organisées par l’Amicale cycliste du Moulin-à-Vent. Départ du gymnase AlainColas à partir de 8 heures. Renseignements sur acmveclm.com ● Vénissiades de Printemps (gym et escalade) organisées par la Ville aux gymnases Albalate et Ostermeyer. ●

Après la coupe du Comité qui s’est tenue à Vénissieux le 26 février, un autre rendez-vous est programmé les 11 et 12 mars : l’Open

de trois fléchettes, additionne les scores obtenus et soustrait le résultat à son capital. Pour l’emporter, il faut arriver le premier à zéro exactement. À ce jeu de précision, le Marseillais Éric Boyer et Emmanuelle Saez

Glatigny, d’Oyonnax, récente sélectionnée en équipe de France, ont très largement dominé les débats. Prochain rendez-vous les 11 et 12 mars pour l’Open, une compétition ouverte à tous, toujours au gymnase Colas. 


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SPORTS

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Ouverture en fanfare CYCLISME - Dimanche 26 février, avec plus de 300 engagés, le Grand prix de rentrée du Moulin-à-Vent a retrouvé l’affluence des grands jours pour la rentrée cycliste 2017.

PHOTOS RAPHAËL BERT

Ils roulent, Clémentine aussi

Même si les Vénissians ont été quelque peu discrets, le Grand prix d’ouverture, organisé par le club du Moulin-à-Vent, a remporté un franc succès

our leur retour à la compétition, dotés du transpondeur (puce électronique), les 307 cyclistes qui ont pris part au Grand prix d’ouverture (GPO) de l’ACMV ont apprécié les conditions de course, ainsi que l’organisation assurée par une équipe de passionnés, sympathisants et proches des coureurs. Même les adeptes des cyclos de l’amicale n’avaient pas rechigné à donner la main… Rue Hénaff, effervescence inhabituelle : spectateurs installés près de la ligne de départ et d’arrivée, à deux pas d’une petite tribune dominée par Cédric Bith, speaker d’un jour, et d’un stand de chronométrage, d’un coin buvette-restauration avec inscriptions et remise des dossards. Avec les signaleurs, il fallait bien au bas mot une cinquantaine de bénévoles pour faire de

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cette course qui fait tourner la tête (parcours en boucle) un grand rendez-vous incontournable. Toutes les conditions étaient réunies pour que les Vénissians soient maîtres à domicile sur l’une des courses placées sous l’égide de la FSGT, ouvertes aux coureurs Ufolep et FFC Pass’Cyclisme. Il n’en a rien été. Clémentine Harnois, leader chez les féminines de l’Amicale cycliste du Moulin-àVent, s’est offert un nouveau podium (3e) derrière le duo Balandra (Trévoux) - Rocfort (BerthelotMermoz), mais l’insuffisance du nombre d’engagées est venue atténuer la portée de sa performance. On peut également noter les bonnes prestations des Vénissians Anthony Léger et Jean-Christophe Gros, respectivement 8e et 9e en FSGT, 3e et 5e catégories. Mais les premières places ont

échu aux visiteurs. Robin Amengual (Flacène, Mâcon), finissant en solitaire, n’a jamais été inquiété en 5e catégorie. Les autres primés du jour, tous vainqueurs à l’issue d’un sprint, ont été Bruno Remond (Gières), Corentin Fourceaux (Aumale, Seine-Maritime) et Martin Lemarchand (Pierre-Bénite/SaintGenis-Laval). Coup de cœur du jour pour Max Alcaraz, 15 ans, fils de Jean-Paul et Fatima, mais également petit-fils de Paula, conseillère municipale vénissiane, et du regretté José. Licencié au VC Corbas (les clubs vénissians ne licencient pas encore de cadets), il a participé à la fête avec deux autres cadets, remportant même sa première victoire. Et c’est Andrée Loscos, adjointe aux sports, qui l’a récompensé.  DJAMEL YOUNSI

On a du mal à la croire Clémentine Harnois, toute fluette, aux allures d’ado, quand elle affirme qu’elle s’est mise au vélo à l’âge de 18 ans… pour perdre du poids. “J’ai démarré à Vaulx-en-Velin uniquement pour m’affiner et j’ai tout de suite accroché”, se souvient-elle. On pourrait ajouter que son père n’était pas maladroit sur un vélo. Mais dès sa première course, elle comprend l’exigence de la discipline. “J’ai été décrochée après 200 mètres de course. L’allure était démentielle, je n’étais pas dans le même tempo.” Ce qui ne l’a pas dissuadée de pousser son flirt avec le cyclisme. Étudiante à Villeurbanne dans un cursus qui la mènera à un diplôme d’ingénieure en transports,

elle obtient son premier poste à Aixen-Provence. Pas de quoi l’empêcher de continuer à pédaler par monts et par vaux. De retour dans le Rhône, notamment pour donner du volume à sa carrière professionnelle, elle prend une licence au Moulin-à-Vent. Et poursuit régulièrement sa ronde des entraînements et des courses. Même la naissance de sa fille Éloïse, il y a presque un an, n’a pas freiné sa passion du vélo. “Il m’a fallu réorganiser ma vie, qui est désormais millimétrée, quasiment chronométrée, sourit la jeune femme, trentenaire. Au lieu des trois entraînements hebdomadaires, je suis passée à deux, axés davantage sur le qualitatif.” Et s’il ne lui déplaît pas de remporter des courses ici et là, c’est d’abord pour se maintenir en forme et se faire plaisir. Deux fois par semaine, elle prend son “Specialize” (modèle S-works pour les initiés), pour des sorties d’une heure trente en moyenne. “Un vélo qui vous donnera des ailes”, assure le fabriquant. Logique pour Clémentine, aussi à l’aise sur le plat que sur les pentes du mont Ventoux. 

Clémentine Harnois est arrivée 3e dans sa catégorie

Les filles du LOU Rugby aux sommets Tournoi des 6 stations - Elles sont en seconde, première ou terminale, en bac général, technologique ou professionnel, et ont une passion commune : le rugby. Elles font partie de la section sportive féminine du lycée Jacques-Brel. Du 13 au 17 février, dans les Alpes, quatorze d’entre elles, accompagnés de trois enseignants (Mme Lacroix, MM. Joly et Meissirel), ont participé à l’original Tournoi des six stations, du rugby à 7 joué sur une neige damée, mêlant anciens internationaux et sportifs amateurs. Mandoline, Camille, Souraya, Anna, Chloé, Camille, Jade, Ines, Lozana, Laina, Alizée, Thereza et Léa étaient les invitées de l’UNSS (Union nationale sport scolaire). Elles ne sont pas près d’oublier ce séjour. “Nous étions logées dans la vallée à Bride-les-Bains, et tous les

jours nous montions dans les différentes stations : Les Menuires, ValThorens, Valmorel, Les Contamines, La Clusaz, et Châtel.” Le matin, ski ou luge, mais à 15 heures, les filles se retrouvaient sur le front de neige. “Avec les anciens joueurs internationaux, nous animions des ateliers rugby pour les enfants qui voulaient découvrir notre sport.” Elles se souviendront longtemps de la gentillesse de Frédéric Michalak, qui joue actuellement au LOU, de Brian Liebenberg le “SudAf ”, et de bien d’autres. “Ils se sont vraiment intéressés à ce que nous faisions. C’est drôle de les rencontrer. Ils ont joué pour les plus grands clubs, les équipes nationales, certains étaient à la coupe du monde, et ils étaient avec nous !” Autre étonnement pour les Vénissianes : la générosité des sponsors. “Nous avions l’impression de faire partie de la jet-set ! On était invité à des cocktails, à des repas, au spa, dans des grands hôtels où nous ne serions jamais allées !” En fin de journée, les filles de Brel assistaient à toutes les compéti-

tions de gala sur neige : trois matches de deux fois sept minutes. “Pour nous, ce tournoi a été la réalisation d’un rêve ultime : rencontrer nos idoles et surtout partager des moments forts sur et en dehors du terrain autour des valeurs du rugby.” Après ce stage en altitude, les

joueuses vénissianes sont fin prêtes pour leur grand rendez-vous du 15 mars, à 14 heures, au stade Laurent-Gerin : la finale académique contre les filles de l’équipe de Nantua.  M.F.

Pour les filles, “ce tournoi a été la réalisation d’un rêve ultime : rencontrer nos idoles et surtout partager des moments forts sur et en dehors du terrain autour des valeurs du rugby”


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MAGAZINE

Dessiner pour l’égalité des sexes Associé au réseau Unesco depuis dix ans, le collège Honoré-de-Balzac organise pour la deuxième année un concours de dessins humoristiques. Avec pour parrain DuBouillon, qui s’est rendu au Moulin-à-Vent pour conseiller les élèves. JEAN-CHARLES LEMEUNIER

Les élèves ont bénéficié des conseils éclairés du dessinateur DuBouillon

’an dernier, à l’occasion des 70 ans de l’Unesco, le collège Honoré-de-Balzac (qui fait partie depuis 2007 du réseau des établissements scolaires associés à l’institution) avait lancé un concours de dessins humoristiques, relayé par des classes de Guyane, de La Réunion, d’Alsace et de Givors. Deux élèves de 6e de Balzac avaient eu les honneurs du jury, dans lequel on retrouvait trois dessinateurs professionnels : Bridenne, Keravis et DuBouillon. Ce dernier a remis le couvert cette année. Il est même venu, le 17 février dernier, rencontrer à Balzac des élèves de 5e et 3e dans la classe de la prof de musique Hélène Leone. Le but de sa présence était double : découvrir les premiers dessins du nouveau concours et écouter la chorale du collège interpréter une chanson que le dessinateur a écrite et qui sera chantée en juin. “Cette année, explique Hélène Leone, nous avons fait travailler les élèves sur l’égalité filles/garçons. Nous avons également organisé, le 8 février, un café-philo-chocolat-débat sur cette même thématique qui a été très réussi. Nous avions contacté l’association lyonnaise Égaligone, quatre jeunes femmes qui travaillent au centre associatif Boris-Vian et Helen Dugelay de l’OL, venue parler des filles dans le foot professionnel. Dominique Letard, le directeur de l’UNSS (Union nationale sport scolaire), dont le siège est à Sembat-Seguin, a témoigné sur les projets d’accompagnement des filles dans le sport. Des parents du centre social du Moulin-à-Vent étaient présents, dont trois mamans. Nous avions dix tables et une thématique par table : le vêtement, la représentation des femmes dans les paroles de rap, les femmes et le travail…” Pour l’heure, place aux dessins avec DuBouillon. Avant de parler des travaux des élèves, celui qui enrichit de son humour l’actualité

L

hebdomadaire du Progrès accepte de répondre aux interrogations des jeunes. “Vivez-vous de votre métier ?” Qu’il soit écrivain, peintre ou dessinateur, l’artiste qui intervient dans les classes entend toujours cette question. Elle est l’occasion pour DuBouillon de retracer son parcours, qui l’a fait passer de Tintin à Paris Match, Lyon Poche et Le Progrès. On lui demande alors s’il fait le même genre de caricature que dans Charlie Hebdo. “C’est différent, je dessine pour Le Progrès de Lyon qui a un grand lectorat très populaire. Charlie Hebdo est orienté politiquement, il se moque du pouvoir en place…” “De la religion aussi”, remarque un élève. “Oui, et c’est la liberté de notre métier de pouvoir plaisanter sur des sujets très sérieux. Les journaux comme Charlie se sont toujours moqués de l’autorité, de l’armée, de l’institution de l’État, de la religion aussi et, à une époque, ça ne posait pas de problème. La religion est devenue aujourd’hui très envahissante et nous avons envie de parler de tout. Mais elle n’est pas le seul sujet de nos dessins.” On pense au Tartuffe de Molière et à son “Couvrez ce sein que je ne saurais voir”. En matière de presse caricaturale, Molière lui ferait dire : “Montrez ce dessin que certains ne sauraient voir !”

élèves vont pouvoir peaufiner dès la rentrée des classes et dont voici quelques exemples dans cette page. D’autres arriveront encore. Les résultats du concours seront proclamés le 20 juin au Théâtre de Vénissieux. 

En maillot à l’Assemblée Il est temps de regarder les œuvres des élèves, projetées au tableau. Le premier montre une fille obligée de s’exhiber en maillot devant un parterre d’hommes à l’œil bien arrondi par sa performance. On comprend que c’est la seule façon pour elle de se faire entendre. “Cette assemblée masculine, commente DuBouillon, pourrait être l’Assemblée nationale. Tu devrais le préciser au-dessus, parce que l’hémicycle sera trop dur à dessiner.” L’élève mentionne alors son inspiration, cette “dame qui, à l’Assemblée, s’est fait siffler en jupe”. Sur un autre dessin, une fille demande à un garçon son numéro de téléphone. “C’est très intéressant et très bien dessiné, remarque DuBouillon. Un dessin doit être compréhensible au premier coup d’œil !” Sur un autre, un garçon se vante de ses conquêtes et une fille dit qu’elle aussi en a eu. Un rappeur — c’est clairement écrit audessus du personnage — est entre les deux. Explication de texte : “C’est parti d’une chanson où la fille fait des choses que le garçon ne tolère pas. Elle dit qu’elle a eu plusieurs conquêtes, elle se fait passer pour une… heu… voilà… alors que, pour un garçon, c’est bien !” Il s’agit à présent de retravailler un peu le dessin pour que le sens apparaisse mieux. Il va en être ainsi des autres propositions que les

“La mode et le harcèlement de rue” (ci-dessus) dessiné par Johnny “Les inégalités salariales” (ci-contre) par Thibaut “A l’Assemblée nationale” (ci-dessous) par Linda

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Numéros rapides d’urgence Samu : ✆15 Police secours : ✆17 Pompiers : ✆18 Violences conjugales, victime ou témoin : ✆3919

Maisons du Rhône MAISON DU RHÔNE VÉNISSIEUX NORD  3 bis, place Grandclément ✆ 04 72 90 02 00  Antenne Ernest-Renan : Les lundis et jeudis permanences PMI et bilan de santé 44, rue Ernest-Renan ✆ 04 78 75 67 05 MAISON DU RHÔNE VÉNISSIEUX SUD  Vénissy : 19, avenue Jean-Cagne ✆ 04 72 89 34 81  Le Corallin : 2 bis, avenue Marcel-Cachin ✆ 04 72 89 03 20

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41 C, chemin du Charbonnier

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PORTRAIT

Mercredi 8 mars 2017 - n° 620 - www.expressions-venissieux.fr

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SAMIRA NEGROUCHE

Lettres pour l’autre À l'invitation de l'Espace Pandora, Samira Negrouche s'est installée à Vénissieux fin janvier pour une résidence littéraire. L'occasion de rencontrer grands et petits lors d’ateliers d'écriture. Elle participera, à Lyon, à “Magnifique printemps !”, réunion du Printemps des poètes et de la Semaine de la langue française, du 11 au 26 mars. JEAN-CHARLES LEMEUNIER

ans son “Dictionnaire des idées reçues”, Flaubert ironisait sur la poésie, vue par le plus grand nombre comme “tout à fait inutile, passée de mode”. Il n'en est heureusement rien et la présence d'un poète dans une ville est salutaire, qui lui permet de rencontrer un grand nombre de personnes. C'est le cas de Samira Negrouche, huitième poète à être invitée en résidence littéraire à Vénissieux par l'Espace Pandora. Arrivée le 26 janvier, Samira a déjà rencontré les enfants de l'école Paul-Langevin et les adultes des cours de dessin des ateliers HenriMatisse. Elle poursuivra avec d'autres écoles et collèges, les centres sociaux des Minguettes, la Maison de quartier Darnaise, le jardin de la Passion et la médiathèque Lucie-Aubrac. “Tous ces ateliers sont très différents les uns des autres. Aux uns, je parle de résistance et d'engagement en poésie. Avec les arts plastiques, nous réfléchissons à la façon de traduire l'image en poésie et la poésie en image. À chaque atelier, mes propositions sont spécifiques, sinon c'est ennuyeux ! Le standard est sans intérêt.” À propos de son art, Samira évoque l’exigence. “Il existe des poésies et non une poésie. C'est une littérature exigeante, à plusieurs couches, plusieurs entrées. Il faut réussir à prendre les gens par la main pour les amener dans des niveaux différents.” Ce n'est pas la première fois que cette jeune poète, qui vit à Alger, vient à Vénissieux. Pourtant, Samira a découvert d'autres aspects de la commune. “Ma première image était celle des barres de béton. Aujourd'hui, j'aime beaucoup la présence des cheminées. Il se détache une grande sensibilité de ces symboles industriels, qui évoquent la chair des anonymes qui ont construit une partie de notre monde. Médecin de formation, je connais les maladies qui ont découlé de l'industrialisation et, malgré tout, elles me touchent, ces cheminées !” Elle insiste aussi sur “une diversité qui gagnerait à être montrée”. “Je sais que vit ici, souvent difficilement, une population modeste mais c'est une énergie à transformer. On oublie que la richesse est aussi humaine.” Elle cite New York comme exemple de diversité et fait un détour sur les élections américaines. “Ce qui se passe aux États-Unis

D

est inquiétant… et réjouissant en même temps. C'est vrai qu'il existe toujours là-bas une inégalité flagrante mais la prise de conscience commence depuis l'assassinat de tous ces Noirs. Une école d'art, le Pratt Institute à Brooklyn, m'a invitée en novembre 2015 à participer à une master class sur les questions de racisme et de domination. Les artistes et les intellectuels réfléchissaient sur les schémas de la domination et regardaient comment rééquilibrer la balance pour que le ressentiment s'apaise. Après ma lecture à Brooklyn, je me suis rendue à Berl's, une librairie consacrée à la poésie. Parmi les amis artistes qui m'accompagnaient, l’une était inquiète que je ne puisse plus revenir dans le pays si Trump gagnait l'élection. L'inquiétude existait déjà chez les gens conscients. Demain, il est possible que les droits les plus élémentaires soient bafoués. L'Algérie aurait pu faire partie des sept pays désormais interdits. Il faut lire “Citizen” de Claudia Rankine, qui témoigne de cette période d'éveil des créateurs par rapport à ce nouveau racisme antiétrangers aux États-Unis. Ici, nous sommes dans le post-post-colonialisme. Ce qui nous manque le plus profondément, ce n'est pas tant l'intelligence qu'un minimum d'empathie. Et de se poser des questions sur sa place à soi et celle de l'Autre, en face.” La maturité de la jeune femme trouve son origine dans son parcours. Née à Alger en 1980, elle est élevée par sa mère alors que son père travaille en France. “Il y avait grandi et était devenu vraiment français, même s'il continuait à parler le kabyle et avait gardé sa nationalité algérienne. La dernière fois que je l'ai vu, j'avais neuf ans et c'était à l'aéroport Saint-Exupéry. D'où mon émotion chaque fois que je reviens à Lyon. Il est mort quand j'avais 17 ans et je lui ai consacré un poème alors que j'avais 12 ans. Ma mère, qui enseignait le français à Alger, désirait que ses enfants aient une éducation algérienne et elle a choisi de rester au pays.”

La jeune poète algéroise n’en est pas à son premier séjour à Vénissieux : “Ma première image était celle des barres de béton. Aujourd'hui, j'aime beaucoup la présence des cheminées. Il se détache une grande sensibilité de ces symboles industriels”

commencé à lire très jeune parce que mon grand-père, qui était analphabète, avait acheté une librairie en 1963. Il avait un respect profond pour l'instruction et voulait que ses enfants fassent des études. D'une conscience politique très forte, il pensait qu'il fallait instruire la population. Je passais mes étés à travailler dans la librairie, ma chambre était une remise de livres.” L'adolescente se sensibilise à la parole, à la résistance, à la musique, aux arts en général. Elle dévore tout ce qu'elle trouve dans la librairie du grand-père, la bibliothèque de sa mère, celle de l'école, du lycée, de l'ENS d'Alger où travaille une de ses tantes… “J'ai lu beaucoup de poésies maghrébines, une de mes profs militant pour son ensei“… des chars dans la ville, gnement. Se posait alors le couvre-feu, la surveillance la question de l'identité des habitants parce que des groupes algérienne et il était armés tournaient dans les quartiers. important de se sensibiliPuis les premiers assassinats…” ser à la littérature des aînés, ceux qui ont défriSamira a 8 ans quand, en octo- ché une part de la mémoire qui bre 1988, l'Algérie bascule dans ce n’était pas enseignée à l'école.” que l'on a appelé “la décennie L'arabisation des cours débute noire”. “Il y a eu l'arrêt du processus à la fin des années soixante-dix et électoral, des chars dans la ville, le Samira, qui va souvent chercher couvre-feu, la surveillance des habi- pour ses devoirs les renseignetants, parce que des groupes armés ments dans des livres en français, tournaient dans les quartiers. Puis les traduit. les premiers assassinats : ceux du voiLe français devient “une langue sin d'en face, du père d'une copine, étrangère importante” et c'est dans de mon cousin le chanteur Matoub cette langue que Samira écrit ses Lounès… J'ai grandi dans cet envi- premiers poèmes, alors qu'elle ronnement.” parle berbère à la maison et arabe Face à l'horreur, Samira trouve à l'école. “Pas par choix idéologique le réconfort de la lecture. “J'ai mais parce que je lisais de la poésie

en français : Hugo, Verlaine, Baudelaire, Lamartine…” Entre son premier recueil, publié à 20 ans et contenant des poèmes écrits pour la plupart entre 15 et 18 ans, et son deuxième, deux ans après, arrive ce que la jeune femme appelle “une fulgurance” : elle s'ouvre à la poésie contemporaine. Elle estime que “L'opéra cosmique” et “À l'ombre de Grenade” ont “transfiguré” son écriture. Lorsqu'on lui demande le nombre d'ouvrages qu'elle a publiés, elle compte sur ses doigts : “Six recueils, deux livres d'artistes, un petit livre et plus d'une centaine de collaborations à des livres collectifs.” Brillante en classe, Samira obtient son bac à 16 ans, s'inscrit en fac de médecine à Alger et obtient son diplôme de médecin. Parallèlement, à 19 ans, elle fonde une association et organise des rencontres littéraires qui vont devenir un festival. Puis elle est chargée de mettre en place le Printemps des poètes. “J'ai fait cela jusqu'en 2012 et ça

m'épuisait totalement. J'ai décidé de me consacrer à un travail plus personnel. Je suis heureuse de ce que j'ai pu faire, offrir à d'autres ce que je n'ai pas pu avoir tout de suite : une poésie contemporaine de qualité et diversifiée.” Son plus gros budget, reconnaît-elle aujourd'hui, passe dans le culturel. “Je me fous de me passer d'un déjeuner pour mieux profiter de l'expo Matisse. Si je ne peux m'acheter qu'un seul jean en cinq ans, ce n'est pas grave, le sens de la vie n'est pas inscrit dans l'argent. Je ne veux pas me retrouver dans un boulot planplan pour juste gagner du fric et m'acheter une décapotable, ce serait une insulte à mon histoire.”  Dans le cadre de “Magnifique printemps”, Samira Negrouche sera le 20 mars à 19 heures au théâtre des Asphodèles (Lyon 3e), le 22 mars à 19 heures à la Brasserie de l'hôtel de ville, à Vaulx-en-Velin, et le 25 mars au CCO de Villeurbanne, pour “Mémoire vive”, la clôture qui se déroulera entre 12 et 23 heures.

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