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A GI R P OUR L E S D R OI T S DE LA J E UNE S S E En Bretagne AU CONSEIL REGIONAL DE BRETAGNE

EUROPE ECOLOGIE LES VERTS

E KUSUL RANNVRO BREIZH

EUROPA EKOLOGIEZ AR RE C'HLAS


E D IT O

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l E p e r i l j e une

Nous le savons, le jeune est un problème ! Pour les uns, il est un trouble à l’ordre public sinon un délinquant qu’il convient de repérer au plus tôt, dès la petite enfance si possible, un futur chômeur qu’il s’agit d’occuper

La situation de la jeunesse a été au cœur des dernières élections régionales en Bretagne et nous ne pouvons que nous en féliciter, tout comme nous saluons la démarche de la majorité régionale de désigner une première vice­présidence à la jeunesse.

Pour les autres, le jeune est un problème social ou économique qu’il faut prendre en charge avec humanité, un être parfois excessif dont il faut gérer, avec pédagogie, les débordements alcoolisés et le penchant pour la fête.

Au delà du symbole, cette vice présidence se doit aujourd'hui d'être utile aux jeunes de Bretagne. La situation de la jeunesse est inquiétante et des mesures concrètes doivent être mises en œuvre rapidement. Elles devront aussi tenir compte des erreurs du passé.

par des stages ou des contrats de travail précaires (CIP, CPE...).

Dans une société où l’on infantilise aussi les adultes, il n’est pas étonnant de constater que les jeunes gens sont déconsidérés et que leurs aspirations, et leurs contradictions parfois, sont mal comprises et peu entendues. Quelque soit le regard porté sur la jeunesse, celle­ci est source de débats passionnés.

Si notre Région a aujourd'hui l'opportunité d'ouvrir la voie de dispositifs innovants à destination de la jeunesse, ses moyens limités font qu'elle ne pourra répondre que partiellement aux enjeux auxquels nous devons faire face. Nous devons donc aussi ici nous placer dans la perspective de 2012 et des échéances électorales importantes à venir.

Fidèles à leurs engagements les élu­e­s Europe Écologie Les Verts au Conseil régional de Bretagne, en lien avec le mouvement des Jeunes Ecologistes et leur campagne intitulée "2072", souhaitent à travers ce document apporter leur contribution au débat régional actuel mais aussi dans la perspective des échéances présidentielles. Pour que la jeunesse soit demain au coeur des politiques publiques.


Mais qu'est ce que la jeunesse au juste ? En matière d'intervention publique, la jeunesse est souvent, à tort, considérée comme un état naturel, défini par la tranche des 15­29 ans.

Cette définition restreinte tend à considérer la jeunesse comme un groupe sociologique homogène tant culturellement que socialement. C'est cette vision qui organise les dispositifs publics en France depuis des années, entrainant une segmentation des dispositifs. Peu en phase avec la réalité des parcours de vie, elle provoque parfois des situations ubuesques pour les jeunes lorsqu'il s'agit de s'y retrouver dans les méandres des différents dispositifs. Il est une autre définition qui préfère considérer la jeunesse comme un processus d'émancipation, de construction des capacités à devenir un adulte mais aussi un citoyen et ne saurait donc en rien se limiter à une classe d'âge.

Ce parcours est caractérisé par les risques de ruptures liés à chaque passage aux différents stades de la vie (passage du collège au lycée, du lycée aux études supérieures ou au premier emploi, des études supérieures au premier emploi...). Avec l'explosion du chômage, la multiplication des stages, des contrats à durée déterminée, des difficultés d’accès au logement… ce parcours est aujourd'hui caractérisé par sa précarité. Le processus qui mène à l'indépendance est ainsi plus chaotique, fragmenté, les risques de rupture plus forts. La précarité augmente, l'insécurité sociale se pérennise, le processus d'émancipation des citoyens de demain est mis à mal.

" La Terre ne nous appartient pas, nous L'empruntons A nos enfantS " C’est pourtant principalement aux jeunes qu'il revient de construire l'avenir. En refusant de leur en donner les moyens, notre société hypothèque son futur. C'est pourquoi il est urgent d’agir pour permettre à la jeunesse de vivre pleinement le présent et de lui offrir les conditions d'un avenir désirable. La priorité est de renforcer ses droits pour sécuriser et faciliter son parcours vers l'indépendance. Les solutions pour donner nouvelles perspectives à

de la

jeunesse viendront des jeunes eux­ mêmes. Il est grand temps de reconnaitre le potentiel de la jeunesse, son énergie, ses ressources multiples, sa créativité. Il est indispensable de construire avec les jeunes les outils qui leurs permettront de se projeter vers l'avenir. Pour cela, il est nécessaire de créer les lieux du débat et de l'échange.

L'enjeu est de taille : apporter des solutions concrètes et prouver à la partie de la jeunesse désillusionnée et éloignée de la vie politique qu’elle peut reprendre son avenir en main.

L'autonomie : voilA le mot cLE Dans une société de la dépendance et de l'infantilisation, pour inverser la tendance, l'action publique doit désormais s'organiser autour du processus d'émancipation. Favoriser l'autonomie et la prise de responsabilité pour garantir la réalisation des individus, tels doivent être les principaux objectifs des politiques de jeunesse. Dans une démarche d’écologie politique, accompagner n’est pas encadrer et encore moins contraindre, mais donner aux jeunes les clés indispensables à leur autonomie, leur donner la capacité d’autogestion dont ils ont besoin afin de se construire comme femmes et hommes, acteurs et citoyens de demain.

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D R OI T A l ' E M P L OI

generation precaire

Si l'ensemble de la population française est touché depuis trois décennies par un chômage de masse inacceptable, le taux de chômage des jeunes est quant à lui dramatique au point que l'on parle de manière récurrente de « génération sacrifiée ». Alors qu'il peut atteindre 50% dans certains quartiers populaires, le taux de chômage moyen des jeunes en France avoisine les 25%.

La jeunesse, variable d'ajustement economique

Dans le même temps, 60% des embauches se font aujourd'hui en contrats à durée déterminée de moins d'un an. Les contrats à durée indéterminée n'en représentent que 16%. Les jeunes sont devenus le public privilégié des politiques de flexibilité des entreprises, et sont en conséquences les premières victimes des crises. La multiplication des stages et des petits contrats, entrecoupés de périodes de chômage, accentue la précarité et allonge d'autant le temps de l'insertion professionnelle et le processus d'autonomisation des jeunes.

ENCLENCHER UNE DYNAMIQUE DE PROGRES SOCIAL

De 1973 à nos jours, 38 séries de mesures différentes ont été appliquées par les gouvernements successifs. Du « pacte » de Raymond Barre au «contrat d'insertion professionnelle» (CIP) du gouvernement Balladur, puis au « contrat première embauche» (CPE) du gouvernement De Villepin, ces dispositifs ont été des échecs retentissants. Inscrits dans une logique libérale de flexibilité, ils ont favorisés la création de contrats de travail au rabais (rémunération inférieure au SMIC pour le CIP, période d'essai de deux ans pour le CPE...), renforçant ainsi la jeunesse dans sa position de variable d'ajustement économique et accentuant son sentiment de marginalisation sociale et sa peur du déclassement. Seuls les «Travaux d'Utilité Collective» (TUC), puis les «contrats emplois jeunes», ont permis de réduire sensiblement le chômage des jeunes. Ces contrats ont néanmoins démontré leurs limites dans la durée. Il nous faut aujourd'hui amorcer une dynamique de progrès social en renforçant les droits de la jeunesse dans son accès au monde du travail.

Le paradoxe breton

La Bretagne n'est bien sûr pas épargnée. La part des jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d'emploi s'élève à 23 %. En 2009, le taux de chômage des jeunes breton­ne­s a progressé de 32% en un an... et touche aujourd'hui un jeune sur quatre. Se sont ainsi 40 000 jeunes en Bretagne administrative qui sont en recherche d'emploi. La Bretagne connait de même une situation paradoxale : un taux d'activité de la jeunesse plus faible que la moyenne nationale, le taux de scolarisation des jeunes breton­ne­s étant particulièrement élevé, mais un taux de chômage plus élevé que la moyenne. L'explication réside sans doute dans la distorsion entre la nature des emplois offerts en Bretagne : l'appareil productif breton est encore essentiellement à la recherche de main d'oeuvre peu qualifiée alors que les jeunes bretons misent sur la formation comme moteur d'ascension sociale et sont en moyenne mieux qualifiés que leurs homologues des autres régions françaises. Les jeunes bretons en recherche d'une première expérience professionnelle sont alors souvent contraints à une onéreuse installation en région parisienne. Se sont ainsi 15 000 jeunes qui quittent chaque année notre région.


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L e r e v e n u m i n i m u m d 'a u t o n o m i e En France, la politique de jeunesse s'appuie essentiellement sur le renforcement des solidarités familiales. Cela a pour conséquences la reproduction des inégalités sociales et une forte dépendance des jeunes à leur famille.

UNE NOUVELLE POLITIQuE EN FAVEUR DE L'EMPLOI DES JEUNES

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Travaillons moins, pour pouvoir travailler tous et mieux. Le chômage des jeunes est d'abord lié au chômage de masse. Une politique de l'emploi en faveur de la jeunesse est donc d'abord une politique d'emploi en faveur de l'ensemble des français. Dans ce cadre il est nécessaire de ré­enclencher le débat sur une nouvelle réduction du temps de travail.

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Développer l'alternance, renforcer les droits des stagiaires, créer de nouveaux emplois aidés qui

ouvrent des postes au sein des secteurs d'avenir (éco­habitat, énergies renouvelables...). Les entreprises reconnaissent peu la formation des jeunes et privilégient l'expérience professionnelle. Tous les jeunes sont ainsi confrontés à la démoralisante mention « expérience exigée » dans la recherche de leur premier emploi. Faciliter l'accès à un premier emploi, c'est faciliter une insertion professionnelle dans la durée.

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Un revenu minimum d'autonomie pour tous les jeunes. Pour éviter les phases de rupture, garantir un minima social pour les jeunes, simplifier la lecture des différents dispositifs d'aides existants, favoriser l'autonomie financière de la jeunesse.

A g i r en B ret a g n e

la jeunesse, moteur de la transformation Ecologique et socialE 1

Créer un nouveau contrat aidé pour permettre une première expérience professionnelle au sein d'entreprises intervenant sur les secteurs d'avenir et de l'Économie Sociale et Solidaire. Notre ambition est de créer 20 000 emplois verts en Bretagne en structurant les nouvelles filières dans le secteur des éco­matériaux et de l’éco­habitat, des énergies renouvelables, des transports en commun, de l’agriculture...

Le modèle "universel" développé en Europe du Nord nous parait plus juste socialement et vecteur d'émancipation pour les jeunes. Ainsi, au Danemark, ceux­ci connaissent une indépendance précoce liée à l'attribution par la puissance publique d'une bourse universelle d'un montant élevé (plus de 900 euros) qui favorise la fluidité des parcours d'insertion professionnelle et sociale entre études et travail salarié, la prise d'initiative et de responsabilité, tout en offrant une couverture sociale pour la jeunesse.

Calqué sur le modèle des "emplois associatifs d'intérêt régional", ce nouveau contrat permettra aux jeunes breton­ ne­s d'accéder à un premier emploi et de développer dans le même temps les filières d'avenir, comme les formes d'économie sociale et solidaire.

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Accompagner la création des entreprises de demain. De même, à l'image de la Région Haute Normandie, nous proposons que la Région Bretagne accompagne les jeunes créateurs d'entreprises dans ces mêmes secteurs par une aide à la dotation en capital. Le fonds d'amorçage interrégional voté par notre Région en juin dernier doit être un outil favorisant la création de ces nouvelles activités.


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D R OI T A u L oge m e nt Indignes­Toit !

CRISE DU LOGEMENT, LA JEUNESSE EN PREMIERE LIGNE

Spéculation, loyers hors de prix, logements dégradés, casse des politiques d'habitat social... selon la fondation Abbé Pierre, en 2010, près de dix millions de personnes sont touchées par le « mal logement » en France. Si disposer d’un logement décent conditionne l’accès des jeunes à l’autonomie, force est de constater que la crise du logement va en s'accentuant et la jeunesse est là aussi en première ligne : en moyenne, les moins de 25 ans consacrent plus de 20% de leurs revenus à leur loyer, dans le même temps, 30% des jeunes français éprouvent des difficultés à payer les factures liées à leur habitation et sont dans une situation dite de « précarité énergétique ».

DES CHOIX POLITIQUES A COTE DE La PLAQUE

La droite au pouvoir n'a eu pour seule action que de favoriser l'avènement de son rêve d'une société de propriétaires. Pour y parvenir, plutôt que d'accompagner l'accès au logement, le gouvernement préfère pousser les ménages à l'endettement. Les conséquences des politiques actuelles risquent d'être dramatiques. Les crises de l'endettement grecques et espagnoles le prouvent.

Pression dEmographique et fonciEre

En Bretagne, l’augmentation des prix de l’immobilier, provoquée par le décalage entre une pression démographique forte et une insuffisance de production, rend difficile l’accès au logement pour les populations les plus modestes. Dans le même temps, la production de logements est elle­même freinée par l’augmentation des coûts de construction et surtout par la pression foncière.

Exil et Double peine

Dans les métropoles bretonnes l'augmentation des prix de l'immobilier oblige ainsi les plus modestes, et notamment les jeunes ménages primo­accédants à la propriété, à s’exiler dans les périphéries. Sur les zones littorales, les pressions foncières liées à l'habitat secondaire les relèguent à l'intérieur des terres. Les plus modestes sont ainsi contraints de vivre éloignés des centres urbains où ils travaillent pourtant. L'utilisation quotidienne de la voiture individuelle s'impose alors, aggravant un peu plus leurs charges.

Logement et mobiliTE

Enfin, l’offre actuelle de logements est principalement proposée dans la durée. Or, les jeunes sont de plus en plus contraints à la mobilité et amenés à travailler sur différents bassins d’emplois au gré des contrats à durée déterminée. L'offre de logements est ainsi en décalage avec la réalité des besoins.


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L a C i g ü e, c o o p éra t i v e ét u d i a n t e d e l o g em en t s A Genève, Les difficultés d'accès au logement ont amené les jeunes en formation à s'organiser. La Ciguë est une coopérative de logement pour personnes en formation. Elle propose des

INNOVER EN FAVEUR DU LOGEMENT POUR TOUS

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Réactiver les dispositifs permettant de réquisitionner les logements anormalement vides ou d'imposer aux propriétaires des pénalités incitant à la mise en location. Car près de deux millions de logements sont inoccupés ou en situation de sous occupation en France.

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Fixer un taux minimum de constructions universitaires dans les communes accueillant des organismes de formation. Pour faciliter l'accès au logement des étudiant­e­s .

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Encadrer les prix de l'immobilier et des loyers. Pour apporter des solutions rapides et efficaces à la crise du logement.

A g i r en B ret a g n e

DE NOUVELLES FORMEs D'ACCES AU LOGEMENT S'il nous faut dès aujourd'hui réitérer l'engagement de notre région en faveur de la production de logements sociaux, il est en parallèle nécessaire de développer de nouvelles formes d'accès au logement.

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Créer un statut de coopératives d'habitants. Qui permettra de proposer un nouveau type de rapport au patrimoine, un accès au logement à moindre coût, et une accession progressive à la propriété pour les plus modestes. Notre Région doit demander un droit à l'expérimentation de ce statut.

logements à bas coût tout en inscrivant les jeunes locataires dans une démarche de responsabilisation par l’autogestion. En effet, chaque locataire est membre de la coopérative et est donc amené à participer à la gestion des espaces communs, mais aussi de la coopérative et donc à la définition du montant des loyers.

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Définir un statut juridique de la colocation. Mode d'habitat privilégié par les jeunes, cette dernière n'est

toujours pas encadrée juridiquement, au détriment des droits des colocataires.

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Relancer le modèle juridique de la coopérative HLM. Il permet une accession progressive à la propriété en considérant chaque loyer versé comme un achat mensualisé du logement occupé. Il facilite ainsi la primo­accession des plus modestes.

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Accompagner les nouvelles formes innovantes d'habitat, telles les "colocations solidaires" développées entre autre par les associations "un toit pour toi" ou "la Maison en Ville". Pour répondre aux nouveaux besoins de la jeunesse. En milieu rural, des initiatives telles "Campus Vert", permettant d'offrir des logements à bas coûts pour les jeunes ainsi que des revenus complémentaires pour les paysans, doivent aussi être favorisées. Enfin, pour répondre aux contraintes de mobilité, l'action vers les Foyers de Jeunes Travailleurs, les hôtels à vocation sociale (ex : Sociotel) ou vers les systèmes d'hébergement temporaire chez l'habitant (ex : Rennes Hébergement) doit être prolongée et renforcée.


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D R OI T a L ' e d uc a t i on Education sacrifiee, generation desarmee

Former les citoyens de demain

L'école, lieu de connaissance et de formation des futurs citoyens, doit permettre à chacun d'acquérir une capacité à comprendre et à s'adapter au monde complexe dans lequel nous vivons. Elle doit être le lieu de développement de l'ouverture d'esprit et du sens critique. Là, est le vrai chantier de l’école : éduquer des acteurs lucides et solidaires, capables de dessiner et de construire les nouveaux projets de société de demain.

Accompagner le processus d'emancipation, laisser la place aux experimentations

Or, le système scolaire français, qui s'attache de plus en plus à la seule question de la formation au détriment de l'éducation, repose essentiellement sur l'évaluation des performances individuelles à des fins de sélection et ne laisse que peu de place à la participation active et à l'engagement collectif. De même, l'importance accordée au diplôme, l'absence de réel processus de validation des acquis de l'expérience, la linéarité du système éducatif, ne laisse pas de place aux essais, à l'erreur, aux expérimentations, pourtant nécessaires au processus d'autonomisation et de prise de responsabilité.

reinvestir dans l'education, engager une revolution pedagogique

Alors que les « projets éducatifs » des gouvernements successifs se sont trop souvent résumés à des projets de réforme de l’institution scolaire, il nous faut inscrire la question de l’école dans celle plus vaste de l’éducation. Tout cela doit être inscrit dans une perspective globale de formation tout au long de la vie. Il nous faut adopter de nouvelles méthodes d'enseignement plus collaboratives et adaptées au rythme de chacun. Il s'agit donc de réinvestir massivement dans l'éducation, de la maternelle au supérieur, ainsi que dans la formation pédagogique des enseignants.

LEs bretons et l'ecole, un attachement fort

En Bretagne plus qu'ailleurs, la conviction que l’école est vecteur de réussite sociale est fortement ancrée. Les fortes mobilisations contre le Contrat Première Embauche (CPE), puis la Loi sur les Libertés et Responsabilités des Universités (LRU), nous rappellent l'importance qu'attachent les bretons à la qualité de l'enseignement.

proteger les jeunes du chomage

Le fort investissement des familles et des élèves dans l'école explique en partie les bons taux de réussite au bac et le niveau de formation élevé des jeunes bretons. Nous ne pouvons que nous en féliciter car les chiffres sont sans appel : les jeunes les plus diplômés connaissent toujours les meilleurs taux d'insertion professionnelle. Cependant, si le diplôme protège encore du chômage dans une certaine mesure, il n'assure plus une entrée rapide dans la vie active ni ne garantit l'accès à l'emploi en adéquation avec le niveau d'étude. En Bretagne plus qu'ailleurs, les jeunes sont soumis à une double pression : obtenir un diplôme tout en connaissant la crainte du déclassement et de la dévalorisation de leur formation. Le niveau de formation reste une protection contre le chômage. Nous devons donc agir pour que chaque jeune sorte du système scolaire avec une qualification et lutter contre le phénomène de décrochage. Dans le même temps, l'expérience est un atout important pour une entrée rapide et pérenne dans le monde du travail. Inciter à l'engagement et faire reconnaître les acquis de l'expérience doivent donc aussi être des éléments forts de l'action régionale.


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L e c o n t ra t d e réu s s i t e s o l i d a i re Cette initiative est un contrat entre un jeune et sa ville. La ville aide le jeune dans son projet : permis de conduire, accès à un diplôme, une école, projet d’entreprise,… En contrepartie celui­ci met ses capacités au service de la ville : soutiens scolaires, spectacles, bénévolat,… Cet engagement peut être par la suite valorisé auprès des employeurs, dans le cadre du "passeport engagement" dont nous proposons la mise en oeuvre en Bretagne (voir page 13).

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Cette initiative permet à de nombreux jeunes de franchir un cap vers l’âge adulte, et aussi de retisser un lien social entre les habitants des territoires.

Constituter des « unités pédagogiques » pour favoriser un enseignement à taille humaine ; structurer le cursus scolaire en « unités capitalisables », contre l’aléatoire des notes et les dangers du contrôle continu ; ouvrir l'école aux sphères familiales et associatives ; articuler la formation initiale avec la formation tout au long de la vie... c'est d'une révolution pédagogique dont nous avons besoin pour permettre aux jeunes d'acquérir les moyens de l'autonomie.

A g i r en B ret a g n e

DE NOUVELLES qualifications pour de nouveaux emplois 1

Développer fortement les formations qualifiantes dans le domaine de l'énergie, de l'Economie Sociale, de l'éco­habitat... Pour garantir un emploi aux jeunes en Bretagne, en adéquation avec leur niveau de qualification, nous devons développer les filières économiques d'avenir sur notre territoire.

Valoriser les acquis de l'experience, s'investir au service de tous 2

Généraliser en Bretagne les systèmes d'accompagnement individualisé bénévole. ce type d'accompagnement s’organise sur la base d’un binôme un étudiant – un jeune et permet de lutter contre l'échec scolaire, de favoriser l'engagement des jeunes, l'entraide et l'auto­formation. Adossé au « passeport engagement » et à

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Abolir la règle de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Car la question des moyens est un élément centrale des enjeux liés à l'éducation nationale.

une monnaie complémentaire, ce dispositif sera un outil de reconnaissance des acquis de l'expérience.

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Mettre en oeuvre, en Bretagne, un « contrat de réussite solidaire » (voir encadré). Avec la même volonté de favoriser l'engagement et de le faire reconnaître comme un vecteur de formation.

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Ouvrir l'école sur la société. En prolongeant les horaires d'ouverture des lycées le soir et le samedi, pour y permettre l'accueil d'autres activités. Renforcer le dispositif Karta, qui a vocation à faciliter le développement de projets éducatifs à l'initiative de lycéen­ ne­s et permettant de favoriser la citoyenneté.

un jeune, une qualification : lutter contre le decrochage 5

Mettre en oeuvre un plan à destination des "décrocheurs". Pour lutter contre le décrochage, il nous faut multiplier le nombre de structures d'accueil des jeunes sans qualification.


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D R OI T A L a m ob i l i t e rOulez jeunesse !

liberte, mobilite

Responsables d’une part prépondérante ­ environ 40 % ­ et croissante de la consommation d’énergie fossile et des émissions de gaz à effet de serre, les transports n’en sont pas moins indispensables à la vie sociale et économique. La mobilité est un facteur de liberté et d'autonomie. Pour les jeunes, l'obtention du permis de conduire conditionne généralement l'accès au premier emploi et est ainsi un élément clé de l'insertion professionnelle. De même, difficile de voir ses ami­e­s ou d'accéder aux loisirs sans véhicule, particulièrement en milieu rural.

crise climatique, justice sociale

Face à l’épuisement progressif des énergies fossiles et l'augmentation de leur prix, la diminution des déplacements contraints et le déploiement de nouvelles formes de mobilité sont indispensables au risque d'accentuer la crise climatique, les inégalités sociales et territoriales.

amenagement du territoire et deplacements

La Bretagne présente des caractéristiques spécifiques en matière de mobilité :

– Un tiers de la population bretonne ne peut actuellement accéder au train faute de gare ou de ligne ferroviaire. – La moitié de la population réside dans des communes de moins de 5 000 habitants, avec une dispersion de l’habitat sur 100 000 villages et lieux­dits. Il est alors difficile, pour des raisons économiques, de développer des transports en commun pour cette population. Ainsi, pour nombre de personnes l'usage de la voiture reste aujourd'hui obligatoire pour la majorité des déplacements et le budget transport représente une part importante des charges qui pèsent sur les breton­ne­s. En Bretagne, plus qu'ailleurs la question des déplacements est ainsi intiment liée à celle de l'aménagement du territoire, aux formes d’habitat et de travail, aux modes de consommation, à l'accessibilité des loisirs et des lieux de fêtes.

se deplacer mieux, moins cher

En Bretagne, la part des transports ferroviaires dans les déplacements des jeunes est de 15%. Soit plus élevée que pour la moyenne de la population bretonne dans son ensemble. Si le train est ainsi un mode de déplacement privilégié, le co­voiturage est celui qui se développe le plus chez les jeunes aujourd'hui. Ecologique, convivial et surtout économique, le co­voiturage est amené à grandir.


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L a c a rt e Z O U : d es t ra n s p o rt s g ra t u i t s p o u r l es j eu n es Zou ! C'est le nom donné à la carte qui, pour 15 euros, permet aux jeunes de moins de 26 ans de Provence Alpes Côtes d'Azur ­ collégiens, lycéens, apprentis, stagiaires de la formation professionnelle ­ de bénéficier de la gratuité du trajet de leur domicile à leur lieu de formation, et de 50% de réduction sur n'importe quel autre trajet dans la région, par Train Express Régional (TER), ou par car.

favoriser les transports de proximite

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Réduire le poids des investissements routiers. Si tous les discours s’accordent pour dire qu’il faut orienter les déplacements vers les modes doux et les transports collectifs, dans les faits, la majeure partie des moyens de l'État et des collectivités sont encore affectés aux seuls investissements routiers.

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Réorienter les investissements vers les transports de proximité qui représentent 98 % des déplacements du quotidien. Mettre fin aux projets coûteux et dépassés comme l'aéroport de Notre Dame des Landes.

A g i r en B ret a g n e Pour une autre politique des deplacements 1

Étendre et améliorer le réseau ferroviaire breton. En particulier les lignes Nord – Sud : Saint Brieuc – Lorient, Brest ­Quimper, Rennes­Nantes.

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Renforcer, mieux faire connaître et étendre le dispositif Actuêl. Ce dispositif offre 75% de réduction sur les transports régionaux pour les personnes en situation sociale fragile ou en recherche d'emploi. Tendre vers la gratuité pour les trajets domicile / lieu de formation.

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Développer un service public du co­voiturage et de l'auto­stop. Il aura pour mission de favoriser ces modes de déplacement : en intégrant les systèmes de co­voiturage et d'auto­stop aux politiques de multi­modalité, en rendant

visible ces modes de déplacement sur le portail Breizhgo, en favorisant dans sa politique d'aménagement le développement des aires de co­voiturage et d'auto­stop en Bretagne, en incitant les partenaires de la Région, notamment les acteurs économiques, à favoriser ces modes de déplacement. Le co­voiturage est un mode de déplacement pertinent au sein des territoires peu denses, non desservis par le train, et pour lesquels le déploiement des transports collectifs est rendu difficile pour des raisons économiques.

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Développer l’interconnexion des différents systèmes de déplacement : trains, bus, vélos, autos partagées, taxis individuels ou collectifs. En étendant le système de carte Korrigo. Celui­ci devra néanmoins se mettre en conformité avec les règles liées au respect de la vie privée et des libertés individuelles pour éviter les risques de « traçages » des déplacements.


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D R OI T A L a p a r ol e SOYONS SERIEUX, SOYONS VIEUX

Sentiment d'impuissance, pessimisme face a l'avenir

Les difficultés sociales des jeunes sont indéniablement l'un des principaux obstacles au désintérêt de la jeunesse pour la politique institutionnelle ­ sans situation stable comment prendre le temps de s'engager et de se pencher sur les problèmes de la société ? Dans le même temps, la forme et le fonctionnement de nos institutions sont largement excluants.

un deficit de representation

Dans une société où l’on infantilise aussi les adultes, il n’est pas étonnant de constater que les jeunes gens sont déconsidérés et que leurs aspirations sont mal comprises et peu entendues. La classe politique est un bon miroir de cet état de fait : la majorité des « représentants du peuple » sont des hommes, blancs, de plus de 50 ans... en deçà du seuil fatidique des 30 ans, rares sont ceux (et encore plus rares celles) qui peuvent prétendre à quelques responsabilités politiques. Soyons sérieux, soyons vieux. Qu'attendre alors des institutions politiques lorsque « ce que je vis mes représentant­e­s ne le vivent pas ». On se demande après pourquoi l'engagement politique traditionnel ne mobilise pas les hordes de jeunes qui préfèrent les apéros facebook aux manifestations citoyennes et rester à la maison plutôt que d'aller voter.

D'autres formes d'engagemenTs

Si la crise de confiance dans le personnel politique est majeure, la jeunesse n'en demeure pas moins politisée et engagée sous des formes moins institutionnalisées et plus ponctuelles. Surtout, elle continue de faire confiance à la démocratie associative et participative. Elle veut être co­productrice d'une démocratie plus directe et plus partagée. L'ampleur du mouvement des indignés espagnols et ses revendications démocratiques nous le rappelle. La question de l'engagement de la jeunesse pose donc d'abord la question du renouvellement des pratiques démocratiques, de la valorisation des différentes formes d'engagement, des procédés éducatifs qui favorisent l'autonomie et la prise de responsabilité.


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Un e mo n n a i e c o m p l ém en t a i re po u r v a l o r i s e r l e s e n g a g e m e n t s : l 'e x e m p l e d u S OL Avec la carte SOL, vous donnez ou échangez du temps et des services dans des activités d’entraide et de solidarité. Ce temps et cet engagement sont comptabilisés en SOL. Ces SOL vous donnent par la suite accès à des services publics proposés par certaines collectivités territoriales (culture, loisirs…), des réductions sur des biens et services dispensés par des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Le SOL permet ainsi de "récompenser" le bénévolat associatif. Il peut aussi, à l'exemple des villes de Carhaix et Toulouse, servir de support à l'aide sociale : les bénéficiaires des minima sociaux peuvent se servir de leur carte SOL pour un abonnement à l'école de musique, au club de foot...

Renouveller le paysage politique

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Favoriser les scrutins proportionnels de liste, reconnaitre le vote blanc, accorder le droit de vote aux étrangers. Dans un pays où les assemblées manquent cruellement de diversité ­ femmes, jeunes, personnes issues de l'immigration ­ ces mesures permettront le renouvellement de la vie politique.

A g i r en B ret a g n e

Ouvrir des espaces de co­construction Un de nos objectifs prioritaires est de permettre à la jeunesse de faire entendre sa voix. Il apparait indispensable aujourd'hui de développer des espaces de co­construction des politiques régionales avec la jeunesse.

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Elargir la représentativité du Conseil régional des lycéens et apprentis, afin qu'il devienne un véritable Conseil régional de la jeunesse réunissant aussi les mouvements de jeunesse politique et d'éducation populaire, les syndicats étudiants et de chômeurs....

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Ouvrir de nouveaux espaces de débats et d'actions au sein des lycées, compétence de notre Région, en favorisant l'implication des lycéen­nes dans la vie de leur établissement.

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Créer un statut de l'élu­e. Qui interdise le cumul des mandats, qui facilite les passerelles entre engagement politique, vie professionnelle et études.

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Donner une plus grande autonomie au Conseil national de la jeunesse. Ses compétences doivent être

étendues et son action intégrée dans une logique de co­ construction des politiques publiques.

valoriser les engagements Parce que les formes d'engagement sont multiples, que l'engagement des jeunes en dehors du temps scolaire ou professionnel participe à leur formation et leur émancipation, il est du rôle de notre Région de favoriser et valoriser ses engagements. Pour cela, nous proposons de :

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Lancer un appel à projets permanent pour accompagner et mettre en avant les projets portés par des jeunes en Bretagne ; Etendre le déploiement du système SOL à l'ensemble des jeunes de Bretagne afin d'inciter à l'engagement associatif (voir encadré) ; Valoriser les acquis de l'expérience par la mise en oeuvre d'un "passeport engagement", en partenariat avec les entreprises bretonnes. A l'exemple de celui imaginé par le Département de la Drôme, ce passeport permettra aux jeunes de faire connaitre à leur futur employeur l'ensemble des expériences acquises à travers leurs différents engagements.


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D r oi t a l a s a nt e

Liberte, Egalite, Sexualite

un gouvernement en mode retropedalage

Au nom de la rigueur, le gouvernement Fillon a cherché à remettre en cause l'action du planning familial en rabotant les aides publiques qui lui étaient attribuées. L'action des planning familiaux est pourtant plus que jamais nécessaire : en Bretagne, chaque année, près de 8 000 interruptions de grossesse non thérapeutiques sont réalisées par les 31 établissements de santé agréés. Le nombre d'IVG n'a cessé de progresser depuis 1995 au rythme annuel moyen de 1,4 %.

Droit A l'ivg et a la contraception : le combat continue !

Le combat pour l'accès à la contraception et à l'IVG rencontre toujours aujourd'hui de nombreux obstacles : ­ la persistance de délais d’attente trop importants dans certaines zones de fortes demandes, notamment dans les grandes métropoles ; en milieu rural c'est l'absence d'établissements de santé de proximité qui est un frein à l'accompagnement des jeunes. ­ l’impossibilité d’accéder au remboursement des soins et des contraceptifs sans passer par la couverture santé des parents. Alors que la loi garantit un accès autonome des jeunes à la contraception, pour lequel le consentement parental n’est plus requis, ce droit leur est dénié de fait lorsqu’ils doivent faire appel à la couverture sociale de leurs parents ; ­ l’hétérogénéité des coûts des contraceptifs détermine leur prescription. Le coût de certains produits contraceptifs et leur non remboursement par l’Assurance maladie peuvent être considérés comme limitant l’accès à la contraception ; ­ l’insuffisant recours à la pilule du lendemain : le recours facilité, surtout pour les jeunes, à la contraception d’urgence en cas de rapport mal ou non protégé reste trop faible pour entraîner une diminution du nombre des avortements. La prévention des grossesses non désirées supposerait un recours beaucoup plus systématique à la contraception d’urgence. De plus, et malgré la démocratisation des moyens de communication, il existe toujours un haut niveau d’ignorance en matière sexuelle chez certains jeunes, qui se retrouvent désarmés face à leur propre corps (53 % des interruptions de grossesse sont dues à un rapport non protégé). Le renforcement des outils de prévention et d'accès anonyme et gratuit à la contraception est aujourd'hui nécessaire.


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Un acces aux soins pour tous

Si la couverture maladie complémentaire tend à se généraliser, elle reste inégale : les plus pauvres, les étrangers et les jeunes sont toujours les moins biens couverts. Ainsi, en France, 14% des 18­29 ans ne disposent pas de couverture maladie complémentaire. Les individus non couverts tendent à restreindre leur accès au soin et ce n'est pas l'augmentation du forfait hospitalier et l'instauration des franchises médicales qui arrangera cette situation, bien au contraire.

PRevenir plutot que guerir

A g i r en B ret a g n e

Le pass' contraception, autonomie et securite L’accès anonyme et gratuit à la contraception participe au processus d’émancipation des individus en permettant à chacun, fille et garçon, de décider de ses actes, d’accéder, sans tabou et en toute sécurité, à une sexualité la plus épanouie possible.

Au vue de la situation en Bretagne, nous proposons que le Conseil régional, mette en oeuvre le dispositif « Pass contraception » tel que développé actuellement par la Région île de France. En leur permettant de s’inscrire dans une démarche de sexualité libre et épanouie, en les sensibilisant aux comportements à risques et en les invitant à adapter leurs pratiques, en leur offrant un accès anonyme et gratuit à l’ensemble des modes contraceptifs existants sur le marché, remboursés par la sécurité sociale et/ou non remboursés (pilules de 3ème génération, stérilet, anneaux vaginaux, patch, préservatifs masculins et féminins…) ainsi qu’aux démarches médicales nécessaires, en leur permettant de

L'accès à la santé est un droit élémentaire, un dispositif d'aide à l'obtention d'une couverture maladie complémentaire pour tous les jeunes doit être envisagé.

s’intégrer dans une démarche de prévention des grossesses précoces non désirées, le pass' contraception permettrait de favoriser le parcours d’autonomie des jeunes et plus particulièrement des mineures. Le « Pass contraception » pourra être composé des éléments suivants : ­ Un coupon destiné à la consultation dans un centre de planification et d’éducation familiale (CPEF), chez un médecin généraliste ou un gynécologue. ­ Un coupon pour une prise de sang (glycémie et lipides) par une infirmière libérale ou un laboratoire breton. ­ Un coupon permettant la délivrance de tous contraceptifs pendant 3 mois (notamment pilule, patch, anneau), à l’attention des CPEF ou des pharmacies bretonnes. Le « Pass contraception » offrira ainsi à tous les jeunes un mode contraceptif pendant trois mois et ce, avec un suivi médical d'une durée de six mois. Il pourra être délivré par les infirmières au sein des lycées.


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D r oi t a l a f e t e

Thursday night fever

la fete est finie

Pratiques à risques, drogues, alcoolisation massive, violences... la fête est souvent perçue comme le lieu de tous les dangers. Les politiques de gestion de la fête se résument alors souvent à des approches sanitaires et sécuritaires, et les breton­ne­s se souviennent encore des moyens quasi­militaires employés par la préfète Bernadette Malgorn pour calmer les ardeurs étudiantes, à Rennes et à Brest, à grand coup de matraques, de gaz lacrymogène et autres canons à eau.

les pratiques festives, reflets de notre societe

Force est de constater que la situation de la jeunesse a modifié durablement les comportements festifs. Avec la précarité, la jeunesse s'allonge et la fête n'est plus un rite de passage qui marquait les transitions vers l'âge adulte. De plus, face à un avenir de plus en plus sombre, émerge une véritable crise de confiance entre les jeunes et leurs ainés : l’affaiblissement des fêtes inter­générationnelles génère un repli des générations sur elles­mêmes. Alors que les comportements d’ivresse ont toujours été enseignés d’une génération à l’autre, cette transmission cède aujourd'hui sa place à l’autoexpérimentation et peut conduire à des pratiques à risque. Les pratiques festives des jeunes ne sont plus comprises par leurs aînés, les politiques sécuritaires envers les jeunes et la fête sont symptomatiques de cette incompréhension.

la fete, espace d'auto­gestion et d'emancipation

Pourtant, la fête a d'abord une vocation sociale et culturelle. Elle est un espace de régulation des émotions, de cohésion sociale, de construction d'une culture commune, d’apprentissage collectif et inter­générationnel. La fête renforce les appartenances, assure le passage d’un stade à l’autre dans nos vies, permet la rencontre. Elle peut être un espace d'auto­gestion et d'émancipation de la jeunesse. Il est temps de reconnaître la vocation sociale et culturelle de la fête et d'adapter les politiques publiques de gestion de la fête pour que celle­ci devienne un lieu d'auto­organisation, d'émancipation individuelle et collective des jeunes et de brassage intergénérationnel.


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Mettre en oeuvre les politiques nationales de prévention. Que se soit autour des fêtes étudiantes ou des évènements organisés par le mouvement électro, les logiques répressives qui animent les politiques nationales depuis une dizaine d'années ont démontré leur inefficacité. Il est temps d'inverser la tendance et de mettre en oeuvre des politiques efficaces de prévention pour une bonne gestion publique de la fête. Cela signifie des moyens nouveaux pour les associations de prévention et les politiques de la Ville.

2 2 Pour une meilleure gestion publique de la fete

A g i r en B ret a g n e la fete, outil de responsabilisation 1

Valoriser et soutenir les rassemblements festifs auto­organisés par les jeunes. Parce que la fête est aussi un apprentissage de la vie en société et que la responsabilisation passe par la prise de responsabilités.

2 Faire de la place à la fête. Alors que le nombre de lieux dédiés à la fête (bars, cafés­ concerts, discothèques...) diminue en Bretagne, il nous faut repenser la place des jeunes dans la vie de nos villes et nos villages. Dans le cadre des politiques d'aménagement du territoire, notre Région se doit d'inciter les communes bretonnes à multiplier la part des espaces publics, à maintenir les lieux de fête dans les bourgs et les quartiers, à identifier les espaces pouvant accueillir des manifestations artistiques ou festives gérées par les jeunes.

Drogues, arrêter l'hypocrisie. La prohibition des drogues douces n'a fait que renforcer l'économie parallèle, les réseaux mafieux et les violences qui en découlent. Pour lutter contre les trafics et mettre en oeuvre une véritable politique de prévention, nous souhaitons la dépanalisation de l'usage et de l'auto­production du cannabis.

donner du sens a la fete 3

Élargir et échelonner les horaires d’ouverture des bars et discothèques engagés dans une programmation culturelle régulière. A l'image d'expériences déjà menées dans certaines villes bretonnes, nous souhaitons que la Région Bretagne intervienne auprès de la préfecture pour que les établissements proposant une programmation culturelle puissent voir leurs horaires d'ouverture élargis. Ce système permet de multiplier l'offre culturelle et de maintenir ouverts des lieux où la fête est régulée.

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Fêter les "passages" (obtention d'un diplôme, majorité, arrivée dans une ville...) en organisant des temps festifs mobilisant les collectivités publiques et l'ensemble des générations.

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Engager notre Région dans l'organisation et la promotion de fêtes inter­générationnelles. La dimension inter­générationnelle est l’une des spécificités de nombreuses fêtes populaires en Bretagne (festivals, fest­ noz, fest­deiz…). Ce brassage générationnel permet de recréer les liens d'écoute et de dialogue entre jeunes et adultes. Il doit être favorisé.


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D r oi t a l a c ul t ur e

"Creer, c'est resister"

pour une societe multiculturelle

Il n’y a pas des gens cultivés d’un côté et des masses à instruire de l’autre. Il n'y pas de bon et de mauvais goût. Il y a l’art, les artistes, la création artistique, des cultures et des pratiques culturelles propres à chaque citoyen­ne ou groupe de citoyen­ne­s. Alors que les pratiques culturelles des jeunes sont devenues plus diversifiées, plus individualisées et, plus autonome à l’égard de celles des adultes, la politique culturelle publique se doit de prendre en compte la diversité des identités culturelles et sortir du seul objectif de l’accès de tous à la culture dite « universelle ». Il s’agit désormais de proposer une politique culturelle locale, exigeante artistiquement, mais qui est élaborée avec et pour les habitants. La jeunesse doit être la priorité d’une politique publique d’émancipation et de construction de l’identité par les arts et la culture : il faut donc accompagner les jeunes qui s’impliquent dans la vie culturelle, dans des projets innovants, favorisant l’esprit collectif, la rencontre des cultures et le sens de la fête partagée.

Culture partout, culture de tous

La culture est partout en Bretagne, comme en témoignent les très nombreux projets associatifs et artistiques, ainsi que les festivals, qui enrichissent le lien social, renforcent le dynamisme des territoires et façonnent une identité riche, plurielle et ouverte sur le monde. La politique culturelle régionale se doit de favoriser l'accès de tous à la cultures, de créer les conditions d’une présence artistique sur l’ensemble du territoire, de renforcer les droits des artistes et des acteurs culturels locaux, de permettre la circulation des oeuvres et des artistes, de favoriser la transmission de la mémoire et de la connaissance. Surtout elle se doit de traiter de manière égale toutes les cultures : les free parties et teknivals participent aussi au développement des cultures de demain, ils sont des espaces d'auto­organisation de la jeunesse. La répression à leur encontre doit cesser.

SS

Ya d'Ar Brezhoneg

Les langues de Bretagne doivent faire l'objet d'une action ambitieuse. Le nombre de personnes parlant breton est passé de 1,1 million au milieu du 20ème siècle à 200 000 en 2007. La langue bretonne, source de diversité culturelle, est aussi un vivier d'emplois pour les jeunes breton­ne­s. Son aprentissage doit être favorisé et développé.


Z OOM

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L e p a s s ' c u l t u re Mis en oeuvre par la Région Pays de la Loire, le pass' culture est un mini­chéquier nominatif composé de neuf "pass" qui,

pour 8 €, offre des entrées gratuites et des réductions dans tous les domaines culturels et sportifs. Spectacles, cinéma, événements sportifs, livres, patrimoine, pratiques artistiques ou sportives, engagement citoyen.... Avec le soutien de 900 partenaires culturels et sportifs qui participent à l’opération sur la Région, ce dispositif favorise l'accès de tous à toutes les cultures.

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La culture, outil d'éducation populaire. La politique culturelle française, obsédée par « l’excellence artistique », a contribué à isoler le secteur culturel des préoccupations des citoyens. Il nous faut aujourd'hui réamorcer un projet ambitieux en faveur de l'éducation populaire, en lien avec les politiques culturelles et l'éducation nationale. Pour que la politique culturelle soit prioritairement au service de l'humain.

A g i r en B ret a g n e

Decentraliser les politiques culturelles 1

Faire des collectivités locales bretonnes les acteurs des politiques culturelles. Pour favoriser la diversité culturelle, équilibrer l'aménagement culturel, impliquer les habitants dans la construction des politiques, l'État doit décentraliser ses politiques et garantir les financements des politiques culturelles locales.

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Mettre tout en œuvre pour obtenir le transfert de la compétence « enseignement bilingue » à la Région Bretagne, avec les moyens correspondants. Le développement des langues et cultures de Bretagne est un vivier d'emplois pour les jeunes de notre région. Une politique ambitieuse de transmission des langues et cultures de Bretagne doit être menée. La priorité reste de former plus de locuteurs de nos langues régionales : en

Refonder le statut d'intermittent. Le statut d'intermittent doit être refondé pour permettre aux artistes de vivre de leur travail et de disposer des temps nécessaires à la création.

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Une nouvelle approche du droit d'auteur. La loi HADOPI doit être abandonnée. Nous proposons la mise en oeuvre du principe de « licence globale » qui légalisera le téléchargement en contrepartie d'une rémunération versée aux auteurs (quelques euros par mois). Cette solution permettra de sécuriser la rémunération des auteurs et de décriminaliser les internautes.

développant l’enseignement bilingue et immersif, les activités périscolaires ou la formation des adultes en langue bretonne. Il est de même indispensable que l’environnement quotidien favorise la pratique de la langue, y compris dans les médias et l’espace public.

Promouvoir culturelle

la

diversite

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Permettre un accès de tous à toutes les cultures. A l'image de la Région Pays de la loire, mettre en œuvre un « pass' culture » (voir encadré).

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Les jeunes, acteurs de la culture en Bretagne Parce que les jeunes doivent être considérés comme co­ acteurs des pratiques culturelles et non comme des consommateurs de produits culturels, nous proposons la création d'un appel à projets permanent pour valoriser les logiques d’innovation et de participation des jeunes dans le domaine culturel. Cet appel à projet permettra notamment de soutenir les jeunes créateurs en Bretagne.


A rennes : www.jeunes­ecologistes.org/rennes a nantes : www.jeunes­ecologistes.org/nantes

A saint nazaire : www.jeunes­ecologistes.org/saint­nazaire

EUROPE ECOLOGIE LES VERTS AU CONSEIL REGIONAL DE BRETAGNE EUROPA EKOLOGIEZ AR RE C'HLAS

E KUSUL RANNVRO BREIZH

Groupe des élu­e­s Europe Ecologie Les Verts au Conseil Régional de Bretagne 13 C, rue Franz Heller, 35 700 Rennes

http://europe­ecologie­regionbretagne.over­blog.com Guy Hascoët

Président du groupe Membre de la Commission Permanente et de la Commission Finances

Gaëlle Rougier

Membre de la Commission Permanente et de la Commission Aménagement du territoire

Anne-Marie Boudou

Membre de la Commission Environnement

Yannik Bigouin

Membre de la Commission Culture Président de l'EPCC Livres et Lectures en Bretagne

Strollad Europa Ekologiez Ar re C'hlas e Kusul Rannvro Breizh 13 C, Straed Franz Heller, 35 700 Roazhon ­

02 23 21 36 70

René Louail

Membre de la Commission Economie

Janick Moriceau

Membre de la Commission Permanente et de la Commission Economie

Sylviane Rault

Membre de la Commission Solidarités

Photos : sven / clouded souls Photographies d'oeuvres murales réalisées par des artistes rennais, brestois, havrais et dublinois

Agir pour les droits de la jeunesse en Bretagne  

Notes des conseiller-e-s régionaux Europe Ecologie Les Verts et du mouvement des Jeunes Ecologistes

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