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BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

N°55

3e trimestre 2021

P.15

Cahier central juridique détachable Travailleurs temporaires P.24

Zoom sur Les intérimaires : suivi de santé optimisé P.27

Interview Pr. Daniel Camus Covid-19 : la vaccination

La reprise en SANTÉ ! www.entrepriseetsante.fr


SOMMAIRE P04 P05 P08

Y PENSER !

EN DIRECT

Conseils pratiques

MTA : document unique au Bar de l’Hôtel de Ville SIM’UP : Sport Entreprendre, venez défendre vos couleurs ! STSA : ateliers « Santé Sécurité » chez Canelia

ERGONOMIE & ORGANISATION

P09

ASTAV et évaluation des risques : votre expert de proximité

P10

VU !

VOTRE SANTÉ, VOTRE EMPLOI ASMIS et Maintien en emploi : « L’aventure » d’Isabelle

P11

DOSSIER La reprise en santé !

Actualités

Risques sanitaires et accompagnement psychologique avec le CEDEST, l’AISMT et PÔLE SANTÉ TRAVAIL.

CAHIER JURIDIQUE

P23

Le suivi de santé au travail des travailleurs temporaires

P24

ZOOM SUR

P26

ACTION SANTÉ TRAVAIL et intérimaires : suivi de santé optimisé !

P27

INTERVIEW

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ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE Covid-19 : aérer, cela ne coûte rien !

P30

Pr. Daniel Camus Covid-19 : pour éviter la maladie, la vaccination !

P31

INVESTIR & AGIR ASTIL62 et accompagnement santé : évitons le renoncement aux soins !

DÉTAC

HABLE

P15

ACTU Votre agenda en santé au travail

Entreprise & Santé • 3e trimestre 2021 • N°55 • www.entrepriseetsante.fr

AUX ALENTOURS Ressources humaines : « les RH au quotidien », le baromètre 2021

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ÉDITO

Cet été 2021 est marqué par la reprise d’activité pour l’ensemble des entreprises, après le troisième confinement que la France ait connu en un peu plus d’un an. Nous avons titré notre dossier central « La reprise en santé » : le respect des gestes barrières sur les lieux de travail reste une obligation, en application du protocole sanitaire national. Les témoignages du CEDEST, de l’AISMT Cambrai-Caudry et de PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord illustrent comment les services de santé au travail aident les TPE et PME, sur des questions tant techniques que psychologiques. La vaccination nous aidera à maîtriser l’épidémie de Covid-19. Le Pr Daniel Camus nous apporte son éclairage. Nous le remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions (p. 27). L’aération des locaux de travail est d’une cruciale actualité : cela ne demande pas de dépenses particulières. La rubrique « Environnement et technique » (p. 26) le précise.

une TPE pour l’actualisation du document unique d’évaluation des risques professionnels (p. 5 et 8). Le SIM’UP est partenaire d’une action territoriale de promotion du sport en entreprise (p. 6). STSA anime des ateliers de sensibilisation des salariés en entreprise (p.7). Avec l’ASMIS, nous comprenons comment le maintien dans l’emploi est possible (p. 9). Les travailleurs temporaires ont « deux employeurs » : l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. ACTION SANTÉ TRAVAIL a mis en place une organisation adaptée à cette situation particulière, pour gagner en efficacité auprès des salariés et de leurs employeurs (p. 24). Le cahier juridique central porte également sur le suivi individuel de santé au travail des travailleurs temporaires. Tout ceci démontre l’extrême diversité des prestations que nos services de santé au travail apportent aux entreprises, notamment les TPE et PME.

Évitons le retard ou le renoncement aux soins ! L’ASTIL 62 montre comment les équipes de santé au travail peuvent aider les salariés. Une convention de partenariat a été signée avec la CPAM de la Côte d’Opale (p. 23).

Bonne lecture… et bonnes vacances !

MTA et l’ASTAV montrent comment un service de santé au travail aide

Directeur de publication pour les services de santé au travail

AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 CAMBRAI Tél. 03 27 72 63 63 www.aismtcai.com

Jean-François Lescart

ASTAV - Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes 1, avenue de l’Europe 59880 SAINT SAULVE Tél. 03 27 46 19 24 www.astav.fr

PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban - 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 LILLE Cedex Tél. 03 20 12 83 00 www.polesantetravail.fr

ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 COQUELLES Cedex Tél. 03 21 85 51 85 www.astil62.fr

ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77, rue Debaussaux CS 60132 80001 AMIENS Cedex 1 Tél. 03 22 54 58 00 www.asmis.net

CEDEST - Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10, rue Albert Thomas 59210 COUDEKERQUE-BRANCHE Tél. 03 28 24 98 98 www.cedest.net

MTA - Médecine du Travail de l’Aisne rue Théodore Monod - Z.A. Bois de la Chocque 02100 SAINT-QUENTIN Tél. 03 23 62 52 48 www.mt02.org

AST - Action Santé Travail 174 route de Béthune CS 20023 62160 AIX-NOULETTE CEDEX Tel. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

membres du réseau HAUTS-DE-FRANCE

SIM’UP - Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys - Lille Métropole 22 rue de Lille BP 40018 - 59431 HALLUIN Cedex TÉL. 03 20 94 12 54 www.simup.fr

STSA - Santé Travail Sambre Avesnois 24, rue Romain Duchateau 59720 LOUVROIL Tél : 03 27 53 31 31 www.sante-travail-sa.fr

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Y PENSER ! Premiers secours en santé mentale

Micro-sieste et travail de nuit D’une durée de 15 à 20 minutes maximum, la micro-sieste permet d’augmenter le niveau de vigilance pendant plusieurs heures, en étant immédiatement opérationnel. Le risque d’erreur et d’accident s’en trouve diminué. Elle peut s’organiser sur les lieux de travail, en appliquant des règles et conditions précises. En savoir plus : INRS, Fiche solution ED 6327, Adoptez la microsieste au travail.

Echauffements sur les chantiers L’OPPBTP vient de publier une étude sur l’impact des échauffements sur les chantiers. Elle estime que ces pratiques sont profitables à la prévention, tout en identifiant des points de vigilance. Exemple : ne pas amplifier des écarts générationnels, avoir des objectifs mesurés, associer son service de santé au travail. L’impact sur la santé à moyen terme n’est pas démontré, notamment sur la prévention des TMS. Ceci repose sur un plan d’action global, dont les échauffements ne sont qu’un des éléments. En savoir plus : Echauffements : la pratique d’exercices sur les chantiers, mars 2021, 80 p. Référence OPPBTP : H5 G 01 21. Téléchargeable sur preventionbtp.fr

AUPRÈS DE VOUS…

des solutions. 04

Repérer précocement une souffrance mentale est gage de succès pour aider la personne en difficulté. D’où le concept de « Premiers secours en santé mentale ». Née en Australie il y a plus de 20 ans, la formation de secouriste en santé mentale, est développée en France depuis 2019 avec l’appui de l’Etat, grâce au partenariat entre Infipp, Santé mentale France et Unafam. D’une durée de deux jours, cette formation est ouverte à tout public. En savoir plus : pssm.fr (Association Premiers secours en santé mentale France)

Covid-19 : votre service de santé au travail vaccine Pour juguler la pandémie de coronavirus Sars-CoV-2, responsable de la Covid-19, la vaccination reste un levier essentiel. Votre service de santé au travail participe localement à cet enjeu national. N’hésitez pas à le contacter. Il constitue une solution de proximité, dans le respect des règles sanitaires et déontologiques. En savoir plus : Consultez votre service de santé au travail

VOTRE SERVICE DE SANTÉ AU TRAVAIL VOUS APPORTE COMPÉTENCES ET EXPÉRIENCES POUR LA MAÎTRISE DES RISQUES. CONSULTEZ-LE !

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EN DIRECT

UNE ACTION

BHV Bar de l’Hôtel de Ville 2 salariés Gilles Graczyk, gérant SISSONNE

SANTÉ AU TRAVAIL DE L’AISNE (MTA)

Commerce

Santé au travail et TPE :

gagnant-gagnant !

À Sissonne, près de Laon dans l’Aisne, le Bar de l’Hôtel de Ville est le rendez-vous des joueurs. La période de fermeture liée au confinement a été l’occasion de mettre à plat le document unique d’évaluation des risques. MTA, service de santé au travail de l’Aisne, leur a apporté une aide précieuse. Pour MTA, cette collaboration a été l’opportunité d’actualiser la fiche d’entreprise de « BHV ». Une démarche « gagnant-gagnant » !

L’employeur a l’obligation de réaliser et d’actualiser son document unique d’évaluation des risques professionnels, dès l’embauche de son premier salarié. Avec deux salariés à temps partiel, BHV n’y échappe pas. De son côté, MTA, son service de santé au travail, a l’obligation d’établir une fiche d’entreprise, pour chacune de ses entreprises adhérentes.

Du côté de MTA Chez MTA, le Bar de l’Hôtel de Ville de Sissonne est suivi par le Dr Annie Mailliez, médecin du travail et Stéphanie Brunet, assistante de santé au travail. Maxime Grochowicki est intervenant en prévention des risques professionnels chez MTA : «Le DUERP et la fiche d’entreprise n’ont pas la même finalité. Le DUERP permet à l’entreprise d’orienter ses priorités et ses actions de prévention des risques professionnels. La fiche d’entreprise nous permet de connaître les situations de travail, pour adapter le suivi de santé au travail au plus près des besoins. Le point commun de ces deux démarches est l’identification des risques, pour chaque poste de travail ». Le cas du BHV est emblématique  : « A l’occasion de leur adhésion, nous avons réalisé notre fiche d’entreprise. Nous leur avons présenté une méthodologie d’identification des risques avec

cotation et montré comment cette démarche permettait de programmer des actions de prévention correspondant aux priorités. Nous avons reçu un excellent accueil, permettant une collaboration très fructueuse ».

Du côté de BHV Gilles Graczyk est le gérant de BHV : « Nous courons du matin au soir  ! C’est vrai que nous avons du mal à suivre toute la réglementation et manquons de méthodologie. Alors quand MTA nous a proposé ses services, nous avons tout de suite accepté ! ». Stéphanie Brunet et Maxime Grochowicki se sont rendus sur place. Gilles Graczyk précise  : « Ils nous ont apporté compétences et expertise, avec un œil extérieur. Ils nous ont expliqué une démarche d’identification et d’analyse des risques, avec une cotation pragmatique : rouge-orangevert. Cela nous a considérablement aidé ! Une fois le document réalisé, l’équipe de santé au travail de MTA nous a aussi apporté son avis et ses observations. Cela nous a rassuré sur la qualité de notre DUERP ». Aujourd’hui, BHV mène ses actions de prévention et actualise son DUERP. « L’équipe de MTA a aussi informé nos deux salariées, en s’entretenant directement avec elles sur leurs suivis de santé au travail et en leur remettant une documentation sur les risques du métier. C’est très utile ! », conclut Gilles Graczyk.

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EN DIRECT

UNE ACTION

Pour toute entreprise

SPORT ENTREPRENDRE : venez défendre vos couleurs ! Pour la deuxième fois, l’association des entreprises du versant nord-est de la métropole nord, Val de Lys Entreprendre, organise à la rentrée « Sport Entreprendre ». Il s’agit d’inciter les salariés à la pratique sportive en rappelant les bienfaits de l’activité physique sur la santé et le bien-être. Avec un appel : « Entreprises, collectivités, associations, commerçants, professions libérales, artisans, venez en équipe défendre vos couleurs ! ». Cet appel s’adresse à toutes les forces économiques de la Vallée de la Lys et de la Métropole Lilloise. Une nouvelle fois, le SIM’UP, service interprofessionnel de santé au travail Métropole Nord-Vallée de la Lys, est partenaire de « Sport Entreprendre ». « Si nous nous sommes présents lors de cette journée, c’est pour communiquer différemment auprès des entreprises et de leurs salariés tout en faisant passer des messages de prévention à travers nos stands et ateliers de sensibilisation : Prises de tension, vérification auditive et visuelle, conseils de prévention… Car être au plus près des salariés et des chefs d’entreprise, c’est une culture essentielle pour nous et cela nous permet de sortir du cadre traditionnel d’un service de santé au travail », précise Hervé Morel, directeur du SIM’UP.

La promotion du sport " Sport Entreprendre " a essentiellement l’objectif de promouvoir le sport auprès des entreprises et de leurs salariés. La pratique régulière d’une activité sportive est un facteur essentiel, qui contribue à la santé, tant sur le plan psychologique que physique. L’activité physique est préconisée tant sur le plan préventif que curatif, pour nombre de maladies. Le " Sport sur ordonnance " est reconnu depuis le 1er mars 2017, pour les personnes atteintes de maladie chronique.

La promotion du sport en entreprise « La pratique d’une activité sportive est un facteur essentiel dans la réussite de l’entreprise et contribue au bien-être de ses salariés », précise Patrick Vandamme, président du SIM’UP. « Accessible à tous, ludique et conviviale, cette campagne de promotion du sport permet aux 06

SPORT ENTREPRENDRE Patrick Vandamme, président du SIM’UP Hervé Morel, directeur du SIM’UP WERVICQ-SUD

SANTÉ AU TRAVAIL MÉTROPOLE NORD VALLÉE DE LA LYS (SIM’UP)

salariés et salariées, de porter haut les couleurs de leur entreprise en alliant esprit d’équipe et goût du challenge ! ». Sport Entreprendre est ouvert à tout salarié, quel que soit son niveau de pratique, du plus sportif au pratiquant occasionnel. « A côté des stands de prévention que nous organisons, nous avons également constitué plusieurs équipes du SIM’UP qui participeront aux épreuves proposées par Sport Entreprendre ! Car c’est aussi un moyen de promouvoir l’image de l’association, vis-à-vis de ses partenaires du quotidien, au-delà des valeurs de dynamisme et de solidarité », conclut Hervé Morel.

Demandez le programme Sport Entreprendre : Bonne humeur et convivialité ! Le jeudi 16 septembre 2021, 15 h 30 Château Dalle Dumont, Werwicq-Sud 15 h 30 : Accueil 16 h 30 : Départ de la course de relais par équipe de trois personnes : - Course à pied (3,7 km) - Tir à l’arc (6 flèches) - VTT (chaque équipe vient avec un VTT fonctionnel et un casque homologué). 19 h : remise des prix, détente. >>> Contact : accueilvaldelys@orange.fr

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EN DIRECT

UNE ACTION

CANELIA Agroalimentaire 180 salariés

Agroalimentaire

Julie Bethry, directrice Adrien Donat, coordinateur sécurité Alban Cnudde, responsable sécurité environnement PETIT-FAYT

La sensibilisation ouvre des horizons ! Le lait fait partie de l’histoire de Petit-Fayt, commune rurale de 300 habitants proche d’Avesnes-sur-Helpe. Une coopérative familiale y est née en 1860  ! Aujourd’hui, Canelia poursuit cette activité en employant 180 salariés. Société anonyme associant Ucanel1 et le groupe Lactalis, Canelia conditionne en packs, le lait des producteurs locaux. Canelia produit également du beurre pour des biscuiteries ou chocolateries, implantées en France et Belgique. Le 21 avril 2021, les salariés ont été invités à participer, dans le strict respect des protocoles et consignes sanitaires, à des ateliers «  Santé Sécurité  », mis en place avec le partenariat de STSA, Santé au Travail Sambre Avesnois.

SANTÉ AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS (STSA)

Julie Bethry est directrice du site Canelia Petit-Fayt : « À l’occasion de la journée mondiale de la sécurité, le 28 avril 2021, le groupe Lactalis nous a demandé de promouvoir la prévention participative et la qualité de vie au travail. En dialogue avec le CSE, nous avons organisé une journée complète, où chacun pouvait participer à un atelier interactif de son choix, au moment qui lui convenait le mieux. Nous avons été surpris par le succès, en termes de participation et de satisfaction ! »

152 participations « Chaque mois, nous organisons déjà un atelier en interne portant sur une "règle d’or de sécurité ". Pour cette journée, après rencontre avec Valérie Herdhuin, conseillère santé travail chez STSA, nous avons choisi, parmi leurs propositions, trois thèmes : risque routier,

nutrition et sommeil, massage cardiaque et défibrillateur », explique Alban Cnudde, responsable sécurité environnement Canelia. Une courte vidéo de Julie Bethry introduisait chaque atelier : « La santé et la sécurité sont des valeurs essentielles pour l’entreprise ».

Innover avec l’ostéopathie Adrien Donat est coordinateur sécurité Canelia : « S’agissant des manutentions manuelles, nous avons testé un partenariat avec un ostéopathe local, Samuel Verlinden. Grand succès ! Chaque participant a eu un entretien individuel sur l’importance de l’équilibre musculo-squelettique et des techniques de relâchement ». Un autre atelier, organisé par nos soins, portait sur l’ergonomie du poste de travail sur écran. 1-Union Coopérative Agricole Nord Est Lait

Les ateliers « sur mesure » de STSA Le risque routier Valérie Herdhuin est conseillère santé travail et référente risque routier : « Nous avons mené une réflexion, par ateliers interactifs de 10 personnes, sur le bon usage de la route. Les quizz avec votes par télécommandes permettent de fructueux échanges. Une mise en situation avec lunettes de simulation démontre les effets de la consommation d’alcool. Biensûr, du temps est préservé pour répondre à toute question ».

Massage cardiaque et défibrillateur Formatrice sauvetage secouriste du travail, Sylvie Poulet explique : «  Nous avons travaillé en petit groupe sur la situation d’arrêt cardiaque. En 30 minutes, des exercices pratiques rappellent les gestes du massage cardiaque et l’usage du défibrillateur. Dialoguer et répondre à toute question permettent d’expliquer la réussite du " geste qui sauve ". Nous intervenons régulièrement chez Canelia ».

Nutrition et sommeil Infirmière santé travail, Vanessa Goossens pratique l’éducation à la santé : « Le sommeil et l’alimentation sont particulièrement impactés en travail posté. Chez Canelia, nous avons fait le choix, en 30 minutes par atelier, d’échanger en privilégiant la réponse aux questions et la remise de documentation. Et en étant " praticopratique  " : une alimentation saine est possible et peu contraignante. Un véritable " plus " pour la santé et le travail posté ! »

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ERGONOMIE & ORGANISATION

Évaluation des risques et TPE

Votre service de santé au travail : votre expert de proximité !

UNE ACTION

ARIA Industrie automobile 9 salariés Christophe Ducroo, responsable de la communication Dana Lecocq, assistante en gestion de projet FAMARS SANTÉ AU TRAVAIL DU VALENCIENNOIS (ASTAV)

Sept constructeurs produisent chaque année 700 000 véhicules dans les Hauts-de-France. Présidée aujourd’hui par Rodolphe Delaunay, l’Association Régionale de l’Industrie Automobile, de loi 1901, a tout juste 25 ans. Implantée à Technopôle Transalley, à Famars, elle a d’abord regroupé des constructeurs (Stellantis1, Renault), puis, dès 2003, des équipementiers et des sous-traitants. En 2020, pour ses 9 salariés, elle a fait appel aux experts de l’ASTAV, service de santé au travail de Valenciennes, pour mettre à plat son évaluation des risques professionnels. Responsable de la communication à l’ARIA, Christophe Ducroo situe l’importance de l’association : « Aujourd’hui, l’ARIA représente 224 adhérents : constructeurs automobiles, équipementiers (pièces séries et biens d'équipements, fournisseurs de biens d'équipements, universités, lycées, écoles d'ingénieurs, consultants concernés par la Filière Automobile, prestataires. Elle représente 35 000 emplois, sur les 55 000 que compte le secteur automobile dans les Hautsde-France. Nous avons accompagné 200 entreprises en 2020 ». Assistante en gestion de projet à l’ARIA, Dana Lecocq précise : « Nous accompagnons, au quotidien, nos entreprises adhérentes au niveau des ressources humaines et de la formation. Actuellement, nous les accompagnons pour le Plan de relance, sur lequel deux délégués territoriaux travaillent en lien avec les entreprises ». Un « arrêt sur image » pour la prévention Dana Lecocq poursuit : « En appelant 08

l’ASTAV, nous avons bénéficié d’une expertise spécialisée et d’un regard extérieur. L’idéal pour mettre à plat notre évaluation des risques et bénéficier d’informations et conseils audevant de l’épidémie de Covid-19. Nous avons pu mieux comprendre et appliquer au quotidien les différents protocoles sanitaires qui se sont succédés en 2020. Nous avons aussi actualisé notre document unique d’évaluation des risques professionnels et bénéficié d’une formation incendie d’une part, et prévention des risques routiers d’autre part. Tout cela s’inscrit dans les informations régulières que nous recevons de la part de l’ASTAV, notamment via leurs newsletters ». Christophe Ducroo précise : « Cet accompagnement fait partie de la cotisation annuelle ! En fait, Ils sont experts dans leur domaine, comme nous sommes experts dans l’industrie automobile ». L’expertise de l’ASTAV Technicien supérieur QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement) à l’ASTAV, Bruno Figurski explique sa démarche : « Mon intervention directement

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dans l’entreprise avait pour but de faire un point sécurité général et accompagner la structure afin qu’elle se mette en conformité avec le Code du travail. La relation humaine est au cœur de notre métier ce qui m’a permis d’apporter des conseils avisés pour la mise à jour du document unique et du plan de prévention Covid-19. Mon expertise dans les obligations réglementaires a permis également de mettre à jour l’affichage obligatoire, d’organiser des formations de sensibilisation d’évacuation incendie et risques routiers professionnels. Un véritable accompagnement personnalisé a vu le jour avec ARIA dans une démarche de sécurité ». Bruno Figurski est intervenu en liaison étroite avec le Dr Estelle Bekono, médecin du travail à l’ASTAV, qui assure le suivi de santé au travail des salariés de l’ARIA. En matière de prévention, la multidisciplinarité qu’apporte l’ASTAV est un atout incontestable pour accompagner une l’entreprise, notamment une TPE. 1-Anciennement PSA.


VOTRE SANTÉ VOTRE EMPLOI

UNE ACTION

Maintien en emploi

« L’aventure » d’Isabelle Quand l’inaptitude médicale au poste de travail se profile, il faut penser à l’avenir ! Assez tôt et tous ensemble : employeur, salarié et médecin du travail ! C’est « l’aventure » vécue par Isabelle Verbost, au sein du Laboratoire Unither à Amiens. Son médecin du travail, le Dr Marie-Aude Gudin, de l’ASMIS (santé au travail de la Somme) le confirme. Implanté à Amiens, le Laboratoire Unither, appartenant au groupe Unither Pharmaceuticals1, est spécialisé depuis 26 ans dans la production d’unidoses stériles (ex. : collyre, médicaments pour l’asthme, sérum physiologique en fioles de polyéthylène, etc.). Avec 350 collaborateurs, il produit chaque année 1,5 milliard d’unidoses, dispensées à travers le monde entier. Isabelle, d’opératrice-régleuse à aidelaboratoire Isabelle Verbost témoigne : « J’étais très bien comme opératrice-régleuse sur la ligne de production. Suite à des ennuis de santé, j’ai dû admettre que cela n’était plus possible. Heureusement, j’ai été très bien suivie. En 2020, j’ai accepté un coaching de reconversion sur trois mois. On doit alors faire un travail sur soi, pour avoir des pistes, dans l’entreprise ou à l’extérieur. Le poste d’aide laboratoire a été identifié, dans l’entreprise. Actuellement, je suis à l’essai sur 6 mois. J’apprends l’informatique. Cela se passe très bien. Normalement, au 1er septembre, je deviens définitivement aide-laboratoire ».

Laboratoire Unither : le coaching de reconversion Mathieu Vannier est responsable HSE et services généraux au Laboratoire Unither : « La réussite repose sur l’anticipation et la confiance entre salarié, médecin du travail et Direction. Le Dr Marie-Aude Gudin y contribue en permanence. Isabelle Verbost s’est impliquée dans la recherche de solutions. Acceptant à l’été 2020 le coaching de reconversion2 proposé par la Direction, elle a défini son projet professionnel, puis identifié des postes de travail au sein de l’entreprise. Un premier essai de quelques semaines a permis de valider l’une des options. Un deuxième essai de plusieurs mois est en cours. A son terme, si l’affectation à ce poste est validée par la salariée, le manager, le médecin du travail et la Direction, la décision de reclassement sera effective. Tout cela demande aussi des échanges permanents ». ASMIS : le suivi personnalisé de santé au travail Le Dr Marie-Aude Gudin, référente maintien dans l’emploi à l’ASMIS, précise : « De 2017 à 2020, à chaque arrêt maladie et visite de pré-reprise, nous franchissions une

1-Entreprise française implantée en France, aux USA, au Brésil et en Chine, leader mondial de la fabrication en soustraitance de produits pharmaceutiques en Unidoses. 2-Financé par HandiEM (Association paritaire qui gère le Fonds Handicap de la branche des entreprises du médicament, pour le maintien et le développement de l’emploi des personnes handicapées) et réalisé par HandiExpeRH (cabinet conseil en Santé et Qualité de Vie au Travail).

étape. En 2018, le temps partiel thérapeutique et la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ont été cruciaux. Réaliser le coaching durant un arrêt maladie, notamment grâce à un essai encadré, a été possible avec l’accord de l’Assurance Maladie ». Stéphanie Varlet est assistante sociale au Pôle Social de l’ASMIS : « Nous accompagnons le(la) salarié(e) dans toutes ses démarches. Nos délais d’instruction sont très courts, grâce à la cellule locale de coordination pour la prévention de la désinsertion professionnelle ». Le Dr MarieAude Gudin conclut : « Pour réussir une telle démarche, il faut avoir trois alliés : le temps, la volonté de chacun, le lien entre tous les acteurs concernés ».

LABORATOIRE UNITHER 350 salariés Mathieu Vannier, responsable HSE et services généraux Isabelle Verbost, aide laboratoire AMIENS SANTÉ AU TRAVAIL DE LA SOMME (ASMIS)

La suite : le suivi personnalisé et le coaching de reconversion

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VU ! Au revoir la Direccte. Bonjour la Dreets ! Depuis le 1er avril 2021, dans chaque région, la Dreets regroupe la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et les services déconcentrés de la cohésion sociale. Ces Dreets sont organisées en pôles : « politique du travail », « concurrence, consommation, répression des fraudes et métrologie », « missions économie, entreprises, emploi, compétences, solidarités et lutte contre les exclusions ». Dreets, comme Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités.

Napo est de retour… Napo est né en 2007. Il aura une carrière européenne. Personnages principaux de films d’animation, Napo, Napette et le Patron sont confrontés à des enjeux de santé et sécurité au travail. En quelques minutes, dans un langage universel accessible à tous, ils ouvrent des perspectives de réflexions et solutions. En 2021, six nouveaux clips sont mis en ligne, tous pleins d’humour et de bons conseils : Allégez la charge, Stop à la pandémie, Télétravail… Avec Napo, la prévention est possible ! Napo est développé par un consortium européen, dont l’INRS est partenaire pour la France.

En savoir plus : dreets.gouv.fr En savoir plus : napofilm.net

Les vidéos d’animation « Stagiaire-apprenti : une formation sécur’ » Dans le cadre du Plan régional de santé au travail (PRST), le partenariat entre la Dreets, la MSA, l’Enseignement agricole, la DRAAF, la Chambre d’agriculture, l’OPPBTP, et la Carsat a permis la réalisation de quatre vidéos d’une durée d’une minute chacune. Basées sur des retours d’expérience, elles permettent d’animer des échanges pour sensibiliser « les nouveaux arrivants » d’une entreprise à la prévention des risques professionnels. Ces vidéos sont accessibles sur la chaîne Youtube du PRST Hauts-de-France ou le site internet de la Dreets Hauts-de-France. 10

Pour visionner

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ou hauts-de-france.dreets.gouv.fr/Stagiaireapprenti-une-formation-secur-la-preventiondes-risques-professionnels


DOSSIER

La reprise, en santé ! C’est l’été ! Un été particulier marqué par la reprise généralisée de l’activité économique, juste après notre troisième confinement… Pour faire face à la pandémie de Covid-19, qui reste présente, il nous faut conserver différents réflexes de prévention. Tout en n’oubliant pas de vivre ! Le bien-être et l’équilibre psychologique, ça compte !

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DOSSIER

Y penser…

Avec la mise en place progressive des réouvertures, l’activité économique reprend. Le protocole national pour la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19 a été actualisé le 30 juin, par le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Au plus près des entreprises, les services de santé au travail apportent toutes les expertises nécessaires pour conseiller les employeurs et les salariés. Le dialogue social est essentiel pour la mise en œuvre des mesures de prévention.

DÉSIGNER UN RÉFÉRENT COVID-19 Il s’assure de la mise en œuvre des mesures définies et de l’information des salariés. Son identité et sa mission sont communiquées à l’ensemble du personnel.

NETTOYER POUR MAÎTRISER LES TRANSMISSIONS MANU-PORTÉES Mettre en place des procédures de nettoyage/ désinfection régulières (a minima journalière et à chaque rotation sur le poste de travail) des objets et points contacts que les salariés sont amenés à toucher sur les postes de travail et dans tous lieux.

INFORMER CHAQUE SALARIÉ, QUEL QUE SOIT SON STATUT Informer sur les modes de propagation du virus, les gestes barrières, les mesures de distanciation physique et les dispositifs de protection de la santé des salariés.

ÊTRE PRÊT À PRENDRE EN CHARGE UNE PERSONNE SYMPTOMATIQUE ET LES CAS CONTACTS Avec le service de santé au travail, rédiger préventivement une procédure adaptée de prise en charge sans délai des personnes symptomatiques afin de les isoler rapidement dans une pièce dédiée, avec port du masque chirurgical et de les inviter à rentrer chez elles en utilisant si possible un autre mode de transport que les transports en commun et contacter leur médecin traitant. De même, disposer d’une procédure pour les cas contacts.

MAINTENIR LES GESTES BARRIÈRES ET LA DISTANCIATION SOCIALE La continuité de l’activité dans un contexte de circulation du virus est assurée par le respect de l’ensemble des règles d’hygiène et de distanciation physique. Le port du masque est systématique au sein des entreprises dans les lieux collectifs clos.

ORGANISER LES FLUX DES PERSONNES ET LA DENSITÉ D’OCCUPATION DES LIEUX Prendre toutes les mesures d’organisation nécessaires pour limiter le risque d’affluence, de croisement (flux de personnes) et de concentration (densité) des personnels et des clients afin de faciliter le respect de la distanciation physique. Chaque collaborateur doit pouvoir disposer d’un espace lui permettant de respecter la règle de distanciation physique d’au moins un mètre par rapport à toute autre personne (ex. autre salarié, client, usager, prestataire, etc.), associé au port du masque. 12

RÉUNIONS EN PRÉSENTIEL, MOMENTS DE CONVIVIALITÉ

Ils sont possibles si la distanciation sociale et les gestes barrières sont strictement respectés.

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DÉPISTAG E ET VACCINAT IONS Votr

e service travail est de santé au h mettre en abilité à les votre entre œuvre pour prise. Pour cela, le salarié est autorisé à s'absenter sur ses heures de travail.

ANGOISSES, ANXIÉTÉS ET RISQUE PSYCHOSOCIAL

Médecins du travail, infirmiers de santé au travail, psychologues du travail peuvent vous aider. N’hésitez pas à consulter votr e service de santé au travail.


DOSSIER

Le poids des mots

Télétravail : un nombre minimum de jours pour chaque employé

Aération Pour le dictionnaire Larousse, l’aération est l’action de renouveler l’air d’une pièce. Dans les recommandations et protocoles sanitaires face au Covid-19, il est bien question d’aération. Pas de dépenses inutiles, donc ! Il s’agit bien d’organiser ce renouvellement d’air en ouvrant régulièrement les portes et fenêtres. Si une ventilation artificielle est en place, il s’agit bien de vérifier son efficacité et sa maintenance.

Purification La purification permet de débarrasser quelque chose de ses impuretés (ex. : bouillir de l’eau). La purification de l’air relève de technologies très variées (Ultraviolet, Filtration, Ozone, etc.). Aucune technologie de purification de l’air n’est « prescrite » dans les recommandations ou protocoles sanitaires. L’INRS (Institut national de recherche et sécurité) rappelle que ces dispositifs de purification ne sauraient se substituer à l’aération (apport d’air extérieur) tel que défini par le Code du travail.

Le retour sur site des salariés fait souvent débat. Depuis plusieurs mois, la règle était de réaliser en télétravail toutes les activités qui le permettaient. Certains salariés étaient en télétravail à 100 % de leur temps de travail. Depuis le 9 juin, les employeurs fixent dans le cadre du dialogue social de proximité, un nombre minimal de jours de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent. Ils veillent au maintien des liens au sein du collectif de travail et à la prévention des risques liés à l’isolement des salariés en télétravail. Pour exemple, dans la fonction publique, un fonctionnaire doit prendre au minimum deux jours de télétravail par semaine. Il s’agit donc bien d’un retour partiel en entreprise, pour les salariés qui étaient en télétravail à 100 %.

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DOSSIER

- Pandémie -

La Covid-19… sous toutes ses formes Il y a un peu plus d’un an, apparaissait une nouvelle maladie infectieuse à travers le monde entier : la Covid-19, causée par un virus respiratoire, le Sars-Cov-2. Cette pandémie a entraîné en France trois confinements successifs et l’édiction de « gestes barrières accompagnés d’une distanciation sociale ». Aujourd’hui, la vaccination est en place. Des traitements sont annoncés pour l’automne. Qu’en est-il de la maladie ?

RIEN À SIGNALER !

LA COVID LONGUE

Selon l’Inserm, citant la littérature scientifique internationale, 20 à 50 % des personnes infectées n’expriment aucun symptôme. Bref, elles sont porteuses du virus et il ne se passe rien ! On peut parler aussi de porteur sain ou de porteur asymptomatique. Ouf ! C’est un virus (le SarsCov-2) qui ne fait rien sur près d’une personne sur deux.

Après un an de recul, il est constaté que différents symptômes persistent chez certains patients, sur plusieurs semaines à plusieurs mois, sans mettre en jeu le pronostic vital. Ces symptômes sont très variables d’un patient à un autre. Cela concerne des patients admis en réanimation et des patients ayant eu des formes moins graves de Covid-19. Les mécanismes sousjacents ne sont actuellement pas identifiés. L’étude Cohorte French Covid, menée par l’Inserm, montre que, six mois après une hospitalisation pour Covid-19, 25 % des patients présentent encore au moins trois symptômes et que 60 % d’entre eux présentent encore au moins un symptôme.

LA COVID-19 CLASSIQUE Selon l’Inserm, dans 80 % des cas de maladie, il s’agit de symptômes légers ou modérés, qui disparaissent spontanément après 5 à 14 jours. Ouf ! 8 cas de Covid-19 sur 10 sont bénins. Sur les 20 % restants, certaines personnes vont nécessiter une hospitalisation, notamment pour gêne respiratoire. Certaines d’entre elles, nécessiteront un séjour en réanimation. On parle alors de formes graves de la maladie, qui peuvent conduire au décès. Ces formes graves de maladie concernent plus particulièrement les personnes de plus de 65 ans et de sexe masculin, ainsi que des personnes « vulnérables » en raison d’un facteur de risque associé. D’où l’importance majeure de la prévention. Et l’importance de voir rapidement son médecin généraliste, dès les premiers doutes. Toujours selon Inserm.fr, en France, « les plus de 65 ans représentent trois quarts des personnes diagnostiquées qui nécessitent une hospitalisation et la moitié de celles qui nécessitent une réanimation. Les 45-64 ans comptent pour un peu moins de 20 % des hospitalisations ». 14

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ET LA SANTÉ MENTALE ? Dans les suites de la Covid-19, quelle que soit sa forme, une anxiété ou une dépression peuvent apparaître. De même, les patients admis en réanimation sont susceptibles de développer un stress post-traumatique.


BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

LE CAHIER JURIDIQUE détachable !

Avec ce cahier central, nous abordons les fondamentaux législatifs de la Santé au Travail, tels que définis par le Code du travail et donc, applicables aux entreprises privées. Il s’agit de synthèses qui ne se substituent pas à la lecture des textes originaux.

L’ACTU Le suivi de santé au travail des travailleurs temporaires Le travailleur temporaire bénéficie du même suivi individuel de santé au travail que tout autre salarié. Sa situation de travail repose sur un dialogue et un contrat de mise à disposition entre deux entreprises : n L’entreprise de travail temporaire, employeur de droit. n L’entreprise utilisatrice, employeur de fait. Le travailleur temporaire a, pour sa part, un contrat de mission avec l’entreprise de travail temporaire. De ce fait, son suivi individuel de santé au travail est adapté à cette situation. Ce suivi individuel de santé au travail repose sur le principe général suivant : n En absence d’exposition à un risque professionnel défini à l’article R 4624-23 du Code du travail, le travailleur temporaire bénéficie de visite d’information et de prévention. n En cas d’exposition à un risque professionnel défini à l’article R 4624-23 du Code du travail, le travailleur temporaire bénéficie d’un examen médical d’aptitude.

En cas de situation de handicap ou de pension d’invalidité, telle que définie à l’article L. 4524-1 du Code du travail, il bénéficie d’un suivi adapté.

n

À tout moment, le salarié de travail temporaire peut bénéficier d’une visite auprès du médecin du travail, soit à sa demande, soit à la demande de l’employeur. Cette visite peut aussi être demandé par le médecin du travail lui-même. L’organisation de ce suivi individuel de santé au travail peut demander, le cas échéant, la collaboration effective entre deux services de santé au travail : celui de l’entreprise de travail temporaire et celui de l’entreprise utilisatrice.

Réalisé en n collaboratio avec

ACTION SANTÉ TRAVAIL

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Source : Code du travail, Loi n°2016-1088 du 8 août 2016 et décret n° 2016-1908 du 27 décembre 2016. Attention ! Ceci constitue une synthèse qui ne saurait se substituer à la lecture du document original.

PRINCIPE GÉNÉRAL DU SUIVI INDIVIDUEL DE SANTÉ AU TRAVAIL Le suivi individuel de l’état de santé du travailleur est assuré par le médecin du travail et, sous son autorité, l’infirmier de santé au travail (ou le médecin collaborateur ou l’interne de médecine du travail). Suivi individuel de base : visite d’information et de prévention et attestation de suivi (Article L 4624-1 du Code du travail) • Effectuée après l’embauche par l’infirmier de santé au travail, et donnant lieu à la délivrance d’une attestation. • L’infirmier peut orienter le travailleur sans délai vers le médecin du travail, dans le respect du protocole élaboré par ce dernier. • Les modalités et la périodicité de ce suivi prennent en compte les conditions de travail, l’état de santé et l’âge du travailleur, ainsi que les risques professionnels auxquels il est exposé. Suivi individuel renforcé et aptitude médicale au poste de travail (Article L 4624-2 et L 4624-23 du Code du travail) • Examen médical d’aptitude, réalisé par le médecin du travail, avant l’embauche. • Pour tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l’environnement immédiat de travail bénéficie d’un suivi individuel renforcé de son état de santé. n Postes exposant les travailleurs : • à l’amiante ; • au plomb dans les conditions prévues à l’article R. 4412-160 ; • aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction mentionnés à l’article R. 4412-60 ; • aux agents biologiques des groupes 3 et 4 mentionnés à l’article R. 4421-3 ; • aux rayonnements ionisants ; • au risque hyperbare ; • au risque de chute de hauteur lors des opérations de montage et de démontage d’échafaudages. n Tout poste pour lequel l’affectation sur celui-ci est conditionnée à un examen d’aptitude spécifique prévu par le Code du travail présente également des risques particuliers : • jeunes de moins de 18 ans, affectés à des travaux interdits susceptibles de dérogation (art. R. 4153-40) ; • opérations sur ou à proximité d’installations électriques (art. R. 4544-10) • autorisation de conduite dont Caces (art. R. 4323-56) • recours à la manutention manuelle inévitable supérieure à 55 kg (art. 4541-9) n S’il le juge nécessaire, l’employeur complète cette liste par des postes présentant des risques, après avis du ou des médecins concernés et du comité social et économique s’il existe, en cohérence avec l’évaluation des risques et, le cas échéant, la fiche d’entreprise. Cette liste est transmise au service de santé au travail, tenue à disposition du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi et des services de prévention des organismes de sécurité sociale et mise à jour tous les ans. L’employeur motive par écrit l’inscription de tout poste sur cette liste. Suivi individuel adapté (Article L 4624-1 du Code du travail) Tout travailleur bénéficiant de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ou titulaire d’une pension d’invalidité est orienté sans délai vers le médecin du travail et bénéficie d’un suivi individuel adapté de son état de santé. 16

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Pas de risque particulier au poste de travail (voir encadré) Suivi individuel de base (VIP : Visite d’information et de prévention donnant une attestation de suivi valable au maximum 2 ans) n Réalisé, dès l’embauche, par le service de santé au travail de l’entreprise de travail temporaire ou un service de santé au travail proche du lieu de travail de l’intérimaire ou au service autonome de l’entreprise utilisatrice. n Pour trois emplois au maximum. n Avec orientation systématique vers le médecin du travail pour : l Le travailleur handicapé ; l Le titulaire d’une pension d’invalidité. l La

femme enceinte ou allaitante, à sa demande. n Pas de visite d’information et de prévention d’embauche si : l Le service de santé au travail a pris connaissance d’une attestation de suivi délivrée pour un même emploi dans les 2 années précédentes. l L’intérimaire est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d’exposition équivalents. l Aucune mesure individuelle d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail ou d’aménagement du temps de travail ou d’avis d’inaptitude n’ont été émis par le médecin du travail au cours des deux dernières années.

Présence d’un risque particulier au poste de travail (voir encadré) Suivi individuel renforcé (SIR : Examen médical auprès du médecin du travail délivrant un certificat d’aptitude médicale, valable au maximum 2 ans) n Réalisé par le médecin du travail de l’entreprise de travail temporaire, avant l’embauche. n Pour trois emplois au maximum. n Pas d’examen médical d’aptitude si : l Le médecin du travail a pris connaissance d’un avis d’aptitude médicale pour le même emploi, émis lors des deux années précédant l’embauche. l Le travailleur de travail temporaire est appelé à occuper un emploi identique présentant des risques d’exposition équivalents. l Aucune mesure individuelle d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail ou d’aménagement du temps de travail ou d’avis d’inaptitude n’ont été émis par le médecin du travail au cours des deux dernières années. Entreprise & Santé • 3e trimestre 2021 • N°55 • www.entrepriseetsante.fr

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ATTENTION ! En cas d’exposition à un risque particulier en cours de mission, alors que le salarié de travail temporaire n’a pas bénéficié d’un suivi individuel renforcé L’entreprise utilisatrice doit organiser un examen médical d’aptitude qui sera réalisé par son service de santé au travail.

ATTENTION ! En cas de travailleur handicapé ou titulaire d’une invalidité : suivi individuel de santé au travail adapté. Contacter son service de santé au travail.

À SAVOIR ! Le dossier médical de santé au travail

Il est conservé par le service de santé au travail de l’entreprise de travail temporaire.

À SAVOIR ! En cas d’arrêt de travail

Les dispositions relatives à la visite de reprise ou de pré-reprise s’appliquent. n Visite de pré-reprise par le médecin du travail : l A l’initiative du salarié, du médecin traitant, du médecin-conseil Cpam. l Pendant l’arrêt de travail. l Réalisée par le médecin du travail. l Pour préparer la reprise et favoriser le maintien dans l’emploi. n Visite de reprise par le médecin du travail l Obligatoire après un congé de maternité, une absence pour cause de maladie professionnelle ou une absence d’au moins 30 jours pour cause d’accident du travail, de maladie ou d’accident non professionnel. l Réalisée

par le médecin du travail le jour de la reprise du salarié et au plus tard dans un délai de 8 jours. l Pour s’assurer que le poste de travail est compatible avec la santé du salarié ou examiner les possibilités d’aménagement, d’adaptation ou de reclassement.

IMPORTANT ! Obligation d’information et de formation à la sécurité dans l’entreprise utilisatrice

En cas de poste de travail présentant un risque particulier pour la santé ou la sécurité du travailleur temporaire : n Formation renforcée à la sécurité. n Information adaptée.

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Bien accueillir les apprentis

DOSSIER

- Réouverture -

Durant les trois confinements imposés en 2020 et 2021, la formation des apprentis a continué. Elle a été organisée et réalisée à distance, sans stage en entreprise. Au moment de la réouverture des restaurants, de nombreux apprentis vont donc découvrir le monde du travail et l’entreprise. Thierry Brechon, chef de projet à l’Institut de santé au travail du Nord de la France. « Lors de la reprise d’activité dans le BTP en 2020 après le premier confinement, une augmentation du nombre d’accidents du travail a été constatée en comparaison des années antérieures. Rappelons que l’employeur a l’obligation d’accueillir tout nouveau travailleur, en y intégrant la santé et la sécurité au travail. Après une longue période d’absence, il est important de renouveler cet accueil sécurité. "Autant que nécessaire " nous dit le législateur. De fait, la période actuelle est particulièrement indiquée. En 2021, nous lançons, grâce à un large partenariat, une campagne de sensibilisation, centrée sur les métiers de la restauration et de l’hôtellerie. Elle aboutit à la mise à disposition d’un kit qui facilite la mise en œuvre de cet accueil. Rappelons que le premier interlocuteur de proximité d’une entreprise est son service de santé au travail. A ce titre, nous avons bénéficié de leur expertise et de la participation de l’AISMT Cambrai-Caudry ».

À UTILISER SANS MODÉRATION ! « Tuto Prev’ - Hôtellerie-Restauration »

Outil d’accueil INRS/Carsat, disponible en ligne gratuitement sur inrs.fr

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DOSSIER

UNE ACTION

Confinements

Et un ! Et deux ! Et trois ! Face à l’apparition de la Covid-19, le 1er confinement a placé, sans aucune préparation, les entreprises dans une situation totalement inédite. Pour le 2nd confinement, elles s’étaient mieux préparées. Se sont-elles habituées avec le 3e confinement ? Et aujourd’hui, qu’en est-il ? Pour répondre à cette question, deux professionnels en santé au travail du CEDEST nous apportent leur témoignage.

Fanny Delhaye,

Cyrielle Blondé

Intervenante en prévention des risques professionnels, CEDEST

Des protocoles sanitaires à l’évaluation des risques « En tant que préventeur, nous apportons des ressources expertes en dehors de toute question médicale. La réponse à une question médicale relève alors d’une mise en contact directe et rapide avec le médecin du travail de l’entreprise. Pour notre part, nous avons répondu à de nombreuses questions sur la mise en oeuvre des protocoles sanitaires, édictés et actualisés au niveau national. Dès avril 2020, nous avons développé des webinaires, réunions en ligne. Nous avons régulièrement 10 à 20 participants qui peuvent échanger et poser toute question, en fonction de l’évolution de la situation et des protocoles sanitaires. Nous mettons à disposition de nombreux outils, notamment affiches et documentation. Aujourd’hui, l’information est toujours d’actualité ! Et les visites sur site permettent de rebooster les mesures mises en place ! Des entreprises sont très outillées, d’autres moins».

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psychologue du travail, CEDEST

Des conséquences psychologiques indéniables « Lors du premier confinement, de nombreux salariés sont passés au télétravail du jour au lendemain. Ils y ont découvert des avantages, notamment en matière de gestion du temps. Ils ont aussi parfois connu de réelles difficultés relationnelles avec leurs collègues, managers ou même leur famille. N’oublions pas que lors du premier confinement, crèches et écoles étaient fermées. Le télétravail ne permet pas d’échanges directs où le non verbal a son importance. Il laisse place à plus d’interprétations personnelles. Au regard de ces difficultés, un équilibre " présentiel - à distance " est à trouver, avec l’émergence de solutions pérennes sur le plan personnel (ex. : garde d’enfants). La peur d’attraper la maladie a été à son apogée en 2020 mais l’angoisse sociale est toujours là pour certains. Il y eu aussi de nombreuses injonctions paradoxales de la part d’institutions représentant l’ "autorité " qui ont parfois généré un stress important. Par exemple : " ne pas se promener " lors du premier confinement, versus " il faut se promener " lors du troisième confinement. Certains pourraient en garder des séquelles et ne plus faire confiance à l’ "autorité ". Enfin, cette situation a également été l’occasion pour certains de se poser la question du changement d’organisation voire même d’activité. Cette expérience nous a permis de nous rendre compte que les questions de prévention d’un risque de santé publique sont devenues vitales au point même de poser la question de la pérennité de l’entreprise. »

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DOSSIER

UNE ACTION

Covid-19 Le psycho-traumatisme La Covid-19 a créé un véritable traumatisme psychosocial. Notamment dans certaines activités, telles que le soin en réanimation ou l’aide à domicile. Dans des entreprises où un deuil est survenu du fait de la Covid-19, il en est de même. Infirmière en santé au travail à l’AISMT Cambrai-Caudry, Daphnée Patte nous éclaire sur la prise en charge des psycho-traumatismes en entreprise.

sein d’une PME. Nous avons organisé avec mon collègue infirmier du travail un débriefing, sous 48 heures, où la parole de chacun a pu s’exprimer. Dans ce type de situation, l’objectif est de permettre aux salariés de raconter à leur manière l’épreuve traversée afin de prévenir et/ou d’identifier les risques de syndrome de stress post-traumatique.

Infirmière en santé au travail à l’AISMT CambraiCaudry depuis 2017, Daphnée Patte suit un cursus de formation pour la prise en charge du psycho-traumatisme en milieu de travail, à l’institut Symbiofi de Loos, spécialisé en psychosanté. Rien de plus parlant que des exemples précis !

POUVEZ-VOUS DÉFINIR VOTRE RÔLE ?

Mon deuxième exemple est celui d’une auxiliaire de vie qui a fait « Je reçois des salariés sur l’objet d’une agression sexuelle orientation de leur médecin du au domicile d’un bénéficiaire. J’ai travail. La demande peut venir Daphnée Patte, aussi l’exemple d’une fleuriste qui de l’entreprise, mais le médecin du Infirmière en santé au travail, AISMT a été agressée dans son magasin travail établit toujours le diagnostic et s’est fait voler sa caisse… Je reçois de souffrance psychologique ou mentale, alors en entretien. Il n’existe pas un nombre avant que je n’accompagne un (une) salarié(e). d’entretiens type. Tout va dépendre de la charge La situation à l’origine de ces souffrances émotionnelle de la victime, de son vécu, de ses capacités psychologiques peut être personnelle ou professionnelle, d’adaptation… toutefois mon accompagnement se limitera toujours au cadre du travail. Il apparait, en effet, essentiel de s’interroger Un dernier exemple est lié à la Covid-19. C’est une petite avant chaque prise en charge sur l’impact de cette soufentreprise au sein de laquelle un salarié, très reconnu et france dans le cadre de la vie professionnelle de la victime ; apprécié au sein du collectif de travail, est décédé de la si cela est nécessaire, nous orientons le(la) salarié(e) vers Covid-19. Bien sûr, une vague émotionnelle importante un thérapeute. Je me définis avant tout comme une est survenue au sein de l’entreprise. Je me suis mise praticienne de l’écoute attentive, j’aide à la verbalisation à disposition des uns et des autres, pour une écoute des émotions, à mettre des mots sur les maux ». personnalisée et confidentielle, qui a permis à chacun de verbaliser les émotions et de recevoir un soutien adapté pour traverser et surmonter ce douloureux événement ».

POUVEZ-VOUS NOUS DONNER DES EXEMPLES D’INTERVENTION ? « Le premier exemple est un grave accident du travail au

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DOSSIER

UNE ACTION

Covid-19 et activité L’APEI de Saint-Omer : « on ne s’arrête pas ! » 500 personnes en situation de déficience intellectuelle bénéficient des services de l’APEI – Les Papillons Blancs de Saint-Omer. De l’entreprise adaptée aux services d'accompagnement à domicile, en passant par les foyers d’hébergement et le foyer d’accueil médicalisé, les activités de l’APEI de Saint-Omer sont importantes. En 2020, la Covid-19 a demandé au personnel, comme aux 213 travailleurs handicapés, un effort d’adaptation exceptionnel. Pour cela ils ont bénéficié de l’expertise de l’équipe audomaroise de PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord. « En mars-avril 2020, nous avons été directement impactés par l’épidémie de Covid-19 », situe d’emblée Christophe Ruffin, directeur APEI1 Saint-Omer. « Quelques cas se sont déclarés très tôt dans nos équipes. La situation a été maîtrisée. En parallèle, nous avons pris, en urgence et en application des protocoles nationaux, des mesures adaptées à chaque secteur d’activité ». Si les travailleurs handicapés de l’Esat ont été mis à l’arrêt pendant le confinement, et les salariés de l’entreprise adaptée placés en activité partielle, il a été gardé une activité réalisée par les moniteurs d’atelier. Les accueils de jour ont été fermés, mais les lieux d’hébergement et le foyer d’accueil médicalisé est resté en activité et mis en confinement strict. Les activités d’accompagnement à domicile ont continué. « En juin, nous avons repris une activité normale, en gardant des protocoles stricts et en assimilant de nouveaux modes de fonctionnement ».

L’IMPLICATION DU PERSONNEL Eric Leroy, responsable des ressources humaines précise : « Un dialogue social permanent, l’application de protocoles de travail très stricts, un redéploiement du personnel basé sur le volontariat, l’expertise et la disponibilité du Dr Sabine Verbecq et Benoît Traisnel, respectivement médecin du travail et infirmier de santé au travail

à PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord, nous ont permis de franchir la vague ». Par exemple, un cadre infirmier a accepté de se mettre à disposition 24 h sur 24, durant tout le mois d’avril, auprès d’un foyer placé en confinement. À noter qu’il n’y a pas de dispositif de chômage partiel en établissement médico-social, aussi nous avons pu mobiliser des salariés pour venir en renfort des services les plus impactés.

L’APPORT DE PÔLE SANTÉ TRAVAIL MÉTROPOLE NORD Infirmier de santé au travail à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord, Benoît Traisnel explique : « Connaissant déjà l’APEI, dans le cadre de notre suivi de santé au travail, je me suis rendu à plusieurs reprises sur place pour l’adaptation de situations de travail. Nous avons aussi apporté en continu notre expertise à distance, en visio. Le plus délicat a été la perte de repères des personnes handicapées, tant dans la période de confinement où des travailleurs handicapés sont restés chez eux, que dans la période reprise d’activité sur site, où toutes les règles avaient été chamboulées du fait des protocoles sanitaires ». Christine Houssin, agent de prévention, Stéphanie Hannebicq, assistante, complètent l’équipe de santé au travail, au sein de laquelle le Dr Agathe Leroy a pris la succession du Dr Sabine Verbecq.

1-Association de Parents d’Enfants Inadaptés

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APEI SAINT-OMER : PLUS DE 500 BÉNÉFICIAIRES ! Une organisation en 3 pôles : Pôle Travail - Etablissement et service d’aide par le travail (Esat) « Les Piérides » (Menuiserie, Espaces verts, Mécanique générale, Assemblage et conditionnement) : 246 adultes handicapés - Entreprise adaptée « L’Atelier du Lobel » : 43 salariés dont 37 travailleurs handicapés - Légumerie du marais audomarois

Pôle Hébergement - Accueil de Jour « Le Potendal » : 61 adultes handicapés. - Foyer de vie, Foyer d’accueil médicalisé : « Foyer Julien Leclerc » : 40 places - Foyer d’hébergement du chemin vert : 48 adultes (La cerisaie, Les Aubépines, Les 4 saisons) - Structures pour personnes handicapées vieillissantes : 18 places

Pôle Services et action en milieu ouvert - Sessad « Le Patio » (Service d’éducation spécialisé et de soins à domicile) : 35 enfants (O à 20 ans) - Samsah (Service d’accompagnement médicosocial pour adultes handicapés) et Savs (Service d’accompagnement à la vie sociale) - La maison de Jean-François (Lieu d’accueil et d’écoute)

Lire la suite :

PÔLE SANTÉ TRAVAIL - Métropole Nord


INVESTIR & AGIR

Accompagnement santé

Evitons le renoncement aux soins !

« Régulièrement, nos médecins voient des salariés en difficulté manifeste d’accès aux soins » situe Christophe Géneau, directeur de l’ASTIL 62. « Or, un retard ou un renoncement aux soins peut avoir de graves conséquences sur la vie professionnelle. A la CPAM de la Côte d’Opale, une équipe accompagne les assurés en difficulté d’accès aux soins. Nous avons signé une convention de collaboration, le 11 mars 2021, dans le cadre de notre mission de prévention de la désinsertion professionnelle ». Bien sûr, rien ne se fait sans l’accord du salarié. Et tout se fait dans le respect du secret médical. Selon le baromètre national 2019 , 25 % des personnes interrogées dans différents lieux d'accueils (CPAM, centres d'examens de santé, structures partenaires…) déclaraient avoir renoncé à au moins un soin au cours des douze derniers mois. Les raisons en sont multiples : financière, sociale, culturelle, matérielle, organisationnelle. 1

Du soin à l’emploi « Le renoncement aux soins peut aboutir à une difficulté ou une perte d’emploi. Par exemple, une salariée avait abandonné ses soins ophtalmologiques, devant le reste à charge élevé. La question de son maintien en emploi s’est posée », témoigne Fabienne Calon, assistante santé travail, coordinatrice maintien dans l’emploi à l’ASTIL. « Avec son accord, nous l’avons orientée vers la mission accompagnement santé de la CPAM : une solution a été trouvée ».

Repérer, orienter… solutionner ! À l’ASTIL, un Groupe pour la prévention de la désinsertion professionnelle (GPDP) associe deux médecins du travail, deux infirmières santé travail, une secrétaire médicale, trois référents maintien dans l’emploi. Il apporte une expertise spécialisée pour trouver la solution de maintien en emploi, la mieux adaptée à chaque cas. La convention signée avec la CPAM de la Côte d’Opale complète ce dispositif. « Trois référentes alertent la CPAM, avec l’accord du salarié, en cas de repérage d’une situation de renoncement aux soins. Cinq alertes ont déjà eu lieu en trois mois », précise Fabienne Calon. Les référentes sont Dolorès Barois sur le Calaisis, Anne Rasseneur sur le Boulonnais, Laurinda Willery sur le Montreuillois.

1-Baromètre du renoncement au soin, Colloque national « Renoncement et accès aux soins », Paris, Juin 2019, Caisse Nationale d’Assurance Maladie – Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services). Actes disponibles sur assurance-maladie-ameli.fr

UNE ACTION

CPAM de la Côte d’Opale L’accompagnement personnalisé santé

Cirigée par Françoise Le Fur, la CPAM de la Côte d’Opale couvre 500 000 bénéficiaires, sur quatre territoires : le Boulonnais, le Calaisis, l’Audomarois et le Montreuillois.

Les conventions

Coordinatrice du projet à la CPAM de la Côte d’Opale, Sylvie Austal explique : « Nous avons mis en place la mission d’accompagnement santé, en 2018. Aujourd’hui, nous avons 196 conventions établies avec des différents partenaires. En 2020, 300 accompagnements avec soins réalisés ont abouti ». Notons au passage que ce service de l’Assurance Maladie est gratuit pour tous les assurés du régime général : les salariés, les étudiants, les apprentis, les personnes en situation de handicap, en situation sociale complexe… et les travailleurs indépendants, "sans cotisation supplémentaire !".

Les actions

Aurélie Dagbert est responsable de la mission accompagnement santé : « Six conseillères, spécialement formées, accompagnent les assurés en difficulté. Il peut s’agir de renoncements pour des raisons financières (reste à charge trop important, impossibilité de faire l’avance des frais,…), méconnaissance des circuits administratifs (difficulté d’ouvrir des droits de base ou d’obtenir la complémentaire santé solidaire), mais encore des difficultés d’accès au système de santé (à quel spécialiste s’adresser, comment prendre un RDV, comment s’y rendre (déplacements),…) ou en lien avec la fracture numérique (comprendre et utiliser les services internet, mon compte Améli…). Dès qu’un signalement nous parvient, l’assuré est appelé sous 48 heures. Ce premier contact permet de prendre en compte sans délai la demande. Tout se construit alors sur une relation de confiance ! ».

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ZOOM SUR

UNE ACTION

Intérimaires : suivi de santé Chaque année, entre 10 000 et 13 000 intérimaires sont suivis par ACTION SANTÉ TRAVAIL sur ses cinq secteurs d’activité : Arras, Béthune, Bruay-Saint Pol, Hénin-Beaumont et Lens. Les missions d’intérim s’exercent dans tous types d'activités. Au total, près de 200 agences d’intérim sollicitent ACTION SANTÉ TRAVAIL.

Le suivi médical des intérimaires Succédant au Dr Marie-Christine Marek depuis janvier 2021, le Dr Pascaline Duval, médecin du travail à ACTION SANTÉ TRAVAIL, est référente pour le suivi médical des travailleurs temporaires : « Nous suivons des intérimaires de tout âge : aussi bien des jeunes qui débutent… que des seniors en reconvertion professionnelle ! Nous suivons également des salariés qui ont fait le choix de l’intérim pour toute leur vie professionnelle. Nous sommes plus vigilant durant la visite avec l’intérimaire car celui-ci peut minimiser ses difficultés de santé, car il a un besoin urgent de la mission

proposée. Ce suivi de santé au travail d’un salarié intérimaire associe deux expertises : celle du médecin du travail de l’agence d’intérim et celle du médecin du travail de l’entreprise utilisatrice car les risques professionnels sont variés. Avec un souci de plus en plus récurrent : la prévention de la désinsertion professionnelle des travailleurs temporaires lors d’un arrêt maladie pour accident de travail ou maladie professionnelle».

L'origine du projet : réduire les interlocuteurs pour plus d’efficience Au moment de la création d’ACTION SANTÉ TRAVAIL (issue de la fusion des SSTI d’Arras, Béthune, Hénin et Lens) 40 médecins du travail (sur un total de 70) avaient en charge le suivi des intérimaires. Ce nombre trop élevé d’interlocuteurs entraînait une dilution de l’efficacité et le mécontentement de chacun des partenaires. AST a donc voulu réorganiser le secteur de l’intérim grâce à la création d’une « Cellule intérim » dont

le but était d’harmoniser les pratiques et de gagner en réactivité. Le nombre de médecins est passé de 40 à 19. Sur la base du volontariat, ces 19 médecins du travail et leurs équipes, se sont spécialisés dans le suivi de santé au travail des intérimaires, l’objectif du projet étant « d’apporter un suivi médical adapté à chaque travailleur temporaire ». Dominique Lecerf-Le Vély, chargée de communication d’AST, explique : « Dans chaque secteur, des médecins, des infirmiers et des secrétaires, dédiés à ce suivi, apportent désormais un service harmonisé et efficace, réactif et de proximité. Pour les agences d’intérim, les interlocuteurs sont clairement identifiés et connus. Chacun est gagnant : intérimaire, entreprise utilisatrice, entreprise de travail temporaire et service de santé au travail ». Ce dispositif a d’ailleurs été encouragé et approuvé par la Dreets.

Se connaître… pour mieux se comprendre ! « Rien de tel pour se comprendre, que de se connaître et d’échanger ! », poursuit

Le Fastt, partenaire d’ACTION SANTÉ TRAVAIL En 2020, au niveau national, le Fonds d’action sociale du travail temporaire a mobilisé 33 millions pour délivrer des services au bénéfice des 2,6 millions de personnes qui ont réalisé au moins une mission de travail temporaire. Financé, au travers d’un accord de branche, par les entreprises de travail temporaire, le Fastt est géré par les partenaires sociaux1. Sandrine Champenois, deléguée territoriale Hauts-de-France Normandie, explique la convention récemment signée 24

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avec ACTION SANTÉ TRAVAIL.

Qu’apporte le Fastt ? « Le Fastt intervient pour soutenir les parcours de vie et d’emploi des salariés intérimaires. Par exemple, nous solutionnons des problématiques de mobilité, de garde d’enfant, qui peuvent contraindre une mission d’intérim. Nous apportons aussi un accompagnement sur des besoins de budget ou de logement. Le Fastt pilote également le régime de


ZOOM SUR

Le suivi de santé des intérimaires Loi Travail du 8 août 2016 et décret 2016-1908 du 27 décembre 2016

Voir la synthèse dans le cahier juridique central de ce numéro d’E&S (pages 15,16,17,18).

optimisé Dominique Lecerf-Le Vély. « Nous organisons régulièrement, dans chaque secteur, des petits-déjeuners avec les responsables d’agences d’intérim, les médecins du travail, les infirmiers, les secrétaires médicales. Des pistes d’amélioration y sont identifiées et mises en oeuvre». Ces petits-déjeuners ont été suspendus durant les périodes de confinement mais ont pu reprendre en visio dès le 10 juin 2021 pour le secteur de Béthune. Seront prévus des petits déjeuners de suivi en septembre pour le secteur d’Arras et en octobre pour le secteur de Lens. « Le lien doit rester permanent ».

Partager l’info en temps réel ! Plusieurs supports de communication sont partagés entre AST et les agences d’intérim : plaquette "Loi Travail – Spécial Intérim", fiche mémo «Vos correspondants dans chaque secteur», "Fiche de liaison" pour identifier les expositions des intérimaires, "Guide de Bonnes Pratiques à l’usage des ETT et des EU" reprenant toutes les données liées à l’intérim. Sans oublier le portail sécurisé

complémentaire santé et de prévoyance pour la branche du travail temporaire ».

Pourquoi cette convention avec l’AST ? « Lors de notre première rencontre avec l’AST nous avons très vite repéré des enjeux communs sur le suivi médical des salariés intérimaires et particulièrement l’accompagnement des salariés intérimaires en problématique de santé ou en situation de reconversion professionnelle. En effet, dès qu’un intérimaire se trouve en arrêt de travail

"APTINTERIM" : l’agence se connecte au site grâce à un identifiant et un mot de passe individuel et sécurisé afin de vérifier la date de la dernière visite de son intérimaire (ainsi que ses emplois) : elle évite ainsi de demander un rendezvous qui ne serait pas nécessaire. Ce portail régional sera prochainement déployé à l’échelle nationale.

Informer et sensibiliser Dominique Lecerf-Le Vély poursuit : « Nous organisons des actions de sensibilisation spécialement dédiées au travail temporaire, même si les intérimaires sont difficiles à toucher du fait de la multiplicité de leurs missions et de leurs lieux de travail. Par exemple, une diététicienne de l’AST peut réaliser des ateliers de sensibilisation « Hygiène de vie » adaptés aux intérimaires, souvent soumis à des horaires atypiques et des postes de travail itinérants ». Ce volet "prévention" sera prochainement développé afin que les intérimaires puissent plus facilement y accéder (webinaires…).

suite à un accident ou en maladie professionnelle au-delà du terme de sa mission, il lui devient compliqué d’avoir accès à un suivi par un service de santé au travail… car il n’est plus en poste ! »

Quels en sont les objectifs ? « Cette convention, première du genre à être signée, comporte trois objectifs : mieux prévenir professionnelle,

n

n renforcer

la

désinsertion

la prévention des expositions aux risques professionnels,

Le Guide de « Bonnes pratiques » à l’usage des entreprises de travail temporaire et des entreprises utilisatrices Bientôt aux Editions Européennes Universitaires !

Ce livret propose une méthodologie pour une action concertée permettant une meilleure intégration de l’intérimaire à son poste de travail : qualité et sécurité de la mission en dépendent !

n développer la promotion de la santé.

Les salariés intérimaires, en problématique de santé, repérés par l’AST, sont vite orientés vers le Fastt, et accompagnés. Les salariés de travail temporaire et leurs entreprises y gagnent en prévention santé et accompagnement social ». Voir fastt.org, la plate-forme d’animation de la politique sociale au bénéfice des intérimaires. 1-Association sans but lucratif créée en 1992. Gérée par Prism’emploi (organisation représentant les professionnels du recrutement et de l’intérim) et les organisations syndicales représentatives des salariés intérimaires : CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, UNSA.

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ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

Covid-19

Aérez ! C’est l’essentiel… et cela ne coûte rien ! Si plusieurs personnes sont présentes dans un espace clos, sans aération, l’air peut se saturer en CO2 (dioxyde de carbone) et en aérosols porteurs de microbes. D’où l’importance d’aérer, au lieu de songer d’emblée à des techniques coûteuses de « purification de l’air ».

Aérer au moins 5 minutes toutes les heures Le protocole national pour la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19 (actualisé le 9 juin 2021) précise : « Il est nécessaire d’effectuer une aération régulière des espaces clos » et « de privilégier une ventilation de la pièce par deux points distincts (porte et fenêtre par exemple) ». En outre, « il ne faut pas utiliser de ventilateur, si le flux d’air est dirigé vers les personnes ». S’agissant des espaces clos recevant du public (ERP), le Haut Conseil de santé publique (HCSP) recommande d’ouvrir les fenêtres au moins 5 minutes toutes les heures. Dans son rapport publié en 20171, véritable référence sur la qualité de l’air intérieur, l’Anses rappelle que « pour prévenir des risques liés à une mauvaise qualité de l’air intérieur, il convient en premier lieu de limiter toutes les sources de pollution pouvant affecter la qualité de l’air intérieur, de ventiler et aérer ».

En cas de ventilation mécanique ou de climatisation Le protocole national demande de « s’assurer d’un apport d’air neuf adéquat par le système de ventilation régulièrement vérifié et conforme à la réglementation ». Il précise que « les systèmes de climatisation, dont la maintenance régulière doit être assurée, doivent éviter de générer des flux d’air vers les personnes et de recycler l’air, en recherchant la filtration la plus performante sur le plan sanitaire ».

Et les purificateurs d’air ? Dans un communiqué du 19 novembre 2020, l’Institut national de recherche et sécurité (INRS), précise que les purificateurs d’air basés sur une filtration HEPA2 « peuvent diminuer la concentration de virus susceptibles d’être présents dans l’air mais ne peuvent en aucun cas se substituer aux apports d’air extérieur définis par le Code du travail ». Pour l’INRS : « Il est fortement déconseillé de choisir des appareils utilisant un traitement physico-chimique de l’air (catalyse, photocatalyse, plasma, ozonation, charbons actifs…). Non seulement leur efficacité vis-à-vis des virus n’est pas prouvée mais suite à une dégradation de polluants parfois incomplète, ils peuvent impacter négativement la qualité de l’air intérieur par la formation de composés potentiellement dangereux pour la santé, y compris des agents chimiques CMR3 ».

Et la mesure du taux de CO2 ? Le HCSP indique que « le taux de renouvellement de l’air peut être approché facilement par la mesure de la concentration en dioxyde de carbone dans l’air à des points et des périodes représentatives en période d’occupation. Une concentration en CO2 supérieure à un seuil de 800 ppm doit conduire dans tous les cas à ne pas occuper la salle et à agir en termes d’aération/renouvellement d’air et/ou de réduction du nombre de personnes admises dans les locaux d’un ERP ». A noter qu’un détecteur de CO2 en continu dans l’air ambiant en continu coûte 100 à 200 (vert : tout va bien ; orange : attention ; rouge : aérez !). 1- Identification et analyse des différentes techniques d’épuration d’air intérieur émergentes, Avis de l’Anses Rapport d’expertise collective, septembre 2017. Anses.fr 2- HEPA : Haute efficacité contre les particules aériennes. 3- CMR : cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques.

N’hésitez pas à consulter votre service de santé au travail.

Ses spécialistes sont à même de mesurer la qualité de l’air respiré et de vous apporter tout conseil adapté à votre activité et vos locaux. 26

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INTERVIEW Grâce, notamment, au déploiement de la vaccination, la sortie de la crise Covid-19 devient envisageable. Du « vaccinodrome » au professionnel de santé le plus proche, en passant par les services de santé au travail, chacun peut donc trouver vaccination à sa convenance. Reste à comprendre pourquoi la vaccination est une « pierre » essentielle pour endiguer l’épidémie de SarsCoV-2. Infectiologue à l’Institut Pasteur de Lille, professeur de médecine à l’Université de Lille, Daniel Camus a consacré sa vie à la maîtrise du risque infectieux. Très pragmatique, toujours didactique et réceptif à toute innovation, il a accepté de nous éclairer sur les enjeux de cette vaccination.

Daniel Camus

professeur de médecine à l’université de Lille

Covid-19

Pour éviter la maladie : la vaccination ! Quel est le principe général de la vaccination ? Daniel Camus : « Vacciner, c’est amener l’organisme à reconnaître un agent infectieux, en créant un premier contact entre le système immunitaire et cet agent infectieux, rendu pour cela non pathogène. Sans avoir la maladie, on éduque le système immunitaire, c’est à dire les défenses naturelles de l’organisme vis-à-vis de cet agent infectieux. Si, un jour, on est en contact une nouvelle fois avec l’agent infectieux, « le vrai », notre organisme réagira vite et fort, en empêchant le développement de la maladie. Si on laisse faire la maladie naturelle, il y aura aussi éducation du système immunitaire… Mais en payant un lourd tribut ! »

Sans vaccination, quelles maladies seraient encore présentes parmi nous ? Daniel Camus : « Prenons, pour exemple, la France et ses 11 vaccinations obligatoires, depuis le 1er janvier 2018, chez l’enfant de moins de deux ans. Il s’agit des vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B, la méningite à méningocoque C, la pneumonie à pneumocoque et l’Haemophilus influenzae B, responsable de graves méningites. Le bilan est très clair ! On ne rencontre plus de diphtérie. Le nombre de tétanos a été réduit à quelques cas par an en France. On n’a pas vu de poliomyélite depuis des

dizaines d’années. La coqueluche a diminué, mais reste un problème. Le nombre de rougeole, rubéole, oreillons a largement diminué, mais pas autant que voulu. Le nombre d’hépatite B a diminué. Il existe encore des cas de méningites à méningocoque, mais cette maladie est devenue rare... Les atteintes neurologiques liées à Haemophilus Influenzae B ont disparu. Par ailleurs, au niveau mondial, la variole a été complètement éradiquée de la surface du globe. Vaccination recommandée et non obligatoire, le BCG a concouru à réduire l’incidence de la tuberculose, qui reste une préoccupation majeure pour les populations pauvres et précarisées. Donc, la vaccination permet de réduire, voire de faire disparaître des maladies.

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INTERVIEW Celui-ci donne l’ordre à la machine cellulaire de fabriquer une protéine donnée. Cela ne fonctionne jamais en marche arrière : un ARN messager ne peut pas donner de l’ADN, ni le modifier. Ces vaccins ne présentent donc pas de risque génétique. Pour la Covid-19, ces vaccins à ARN messager donnent l’ordre de faire de la protéine " Spike ". »

On cherche encore un vaccin pour le paludisme et le VIH. Attention ! Si on lève la garde, la maladie reprend le dessus. Cela se voit, par exemple, avec la rougeole, qui est très contagieuse et requiert de ce fait une couverture vaccinale de 95 % des enfants. »

Quelle est la particularité des vaccins Covid-19 ? Daniel Camus : « Jusqu’à présent, pour fabriquer un vaccin, on produisait en très grande quantité l’agent infectieux, pour le rendre atténué, inactif, tué, ou en extraire une partie. Bref, pour le rendre inoffensif, mais reconnaissable ! En cas de contact, le système immunitaire peut alors faire son travail. Pour les quatre vaccins Covid-19, actuellement autorisés en Europe et en France, on a procédé différemment. A sa surface le virus SARS-CoV-2 a des protéines, les fameuses protéines « Spike », qui lui permettent de se fixer sur les récepteurs présents à la surface d’une cellule, pour s’y introduire et se reproduire. Toute seule, cette protéine est inoffensive. On fait donc produire par les cellules de l’individu vacciné, cette protéine « Spike ». Le système immunitaire la reconnaît comme étant étrangère, et fait alors également son travail. »

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Pour la Covid-19, la vaccination est-elle la seule réponse possible ? Daniel Camus : « Pour arrêter la progression d’une maladie infectieuse, il faut construire un mur de pierres. Chaque pierre est différente et essentielle. S’il manque une pierre, le virus s’engouffre ! L’immunité vaccinale est la plus grosse pierre du mur. La vaccination doit être associée à d’autres moyens de lutte. Par exemple, le dépistage et l’isolement, pour prendre en charge les personnes positives. En sachant que la Covid-19, est souvent silencieuse. C’est à dire sans symptômes. Par ailleurs, les mesures d’hygiène restent essentielles : port du masque, respect des distances, lavage des mains, confinement en aérant les locaux. Quant aux traitements, nous n’avons pas actuellement de traitement spécifique. Nous avons des traitements symptomatiques, dont la réanimation pour les cas les plus graves. » Que dire à propos des « vaccins à ARN » ? Daniel Camus : « Il faut comprendre leur mécanisme. Une cellule est une machine qui produit « des tonnes » de protéines. Pour cela, l’ADN, code génétique situé dans le noyau de la cellule, fabrique un ARN messager.

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Les vaccins Covid-19 ont été mis au point en un an… Peuton leur « faire confiance » ? Daniel Camus : « Oui ! Car on n’a pas été trop vite… on s’est juste donné les moyens d’aller vite ! Avec quatre leviers : la cible était déjà identifiée, la durée de fabrication a été plus courte, les délais d’enregistrements ont été réduits, les coûts des essais thérapeutiques ont été pris en charge par les Etats. » La cible était déjà identifiée… pouvez-vous préciser ? Daniel Camus : « Tout à fait ! Ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à une épidémie de coronavirus. En 2002-2004, en Asie, le virus SARS-CoV-1. En 2012, en Arabie, le MERS-CoV. En 2019, le SARS-CoV-2. On savait déjà que si on empêchait l’ancrage du virus sur une cellule, en neutralisant donc sa protéine Spike, il reste à l’extérieur et ne peut pas vivre plus de quelques heures. » Le vaccin Covid-19 peut être produit plus vite qu’un vaccin habituel… Daniel Camus : « Dans un vaccin habituel, on produit d’abord l’agent infectieux : cela demande des mois et des mois. Par exemple, pour que le vaccin de la grippe soit disponible pour la 3e semaine de septembre, sa mise en production démarre en février ! Pour la Covid-19, on gagne du temps, parce qu’on n’a pas besoin de produire le virus SARS-CoV-2 en quantité. Donc, les délais sont tout naturellement raccourcis. »


INTERVIEW

Pour essayer d’arrêter la progression d’une maladie infectieuse, il faut construire un mur de pierres. La vaccination est une pierre essentielle ! Les délais d’enregistrement ont été réduits. Comment cela est-il possible ? Daniel Camus : « En modifiant les procédures, sans modifier le procédé ! Je m’explique. Les protocoles ont été strictement respectés : tous les essais ont été réalisés, puis validés par les différentes agences. Pour les vaccins Covid-19, les essais intermédiaires ont été analysés de suite. L’enregistrement s’en est donc trouvé accéléré. Sans précipitation. » Les essais thérapeutiques euxmêmes ont été faits en un an ? Daniel Camus : « Les essais thérapeutiques représentent un coût très important, d’ordinaire supporté par les laboratoires. Il y a les essais de phase 1 sur des centaines de sujets, les essais de phase 2 sur des milliers de sujets, les essais de phase 3 sur des dizaines de milliers de sujets. Pour les vaccins

BIOGRAPHIE EXPRESS

Daniel Camus

Covid-19, les états ont payé ces essais. Ce financement public, très conséquent, a permis de réaliser, en toute rigueur, les essais sur une année. » Devrons-nous actualiser les vaccins chaque année, à l’instar de la grippe ? Daniel Camus : « Oui, c’est tout à fait possible, compte tenu des variants. Mais l’urgence, c’est 2021, avec les vaccins actuels ! La couverture vaccinale idéale se situe à 80 % des adultes. Cela sera atteint au mieux début 2022. Et la vaccination de l’enfant pourrait compenser l’insuffisance de couverture des adultes. Mais il nous faut, aussi et surtout, ne pas relâcher les mesures barrières en 2021. » Quel conseil donneriez-vous à une TPE ou une PME ? Daniel Camus : « L’entreprise "ne porte pas le chapeau" de cette

l’université de Lille, Professeur de médecine à ue à l’Institut Pasteur Daniel Camus est infectiolog é en 2003 le Centre de Lille, au sein duquel il a cré pour la santé. Chef de prévention et d’éducation cinations de 1976 du service du centre de vac sforme en centre à 2007, Daniel Camus, le tran amment pour les de référence international, not 2000, Daniel Camus vaccinations du voyageur. En création d’entreprise a été lauréat du concours de la Recherche, pour innovante du ministère de tion des banques son initiative sur l’informatisa ées aux voyageurs de données sanitaires destin internationaux. relations hôte-agent Spécialisé sur l’étude des ches font autorité. infectieux, ses travaux de recher 1983-1985 sur un Il a notamment travaillé, en pour le Walter Reed vaccin contre le paludisme,

épidémie. Mais elle a un niveau de responsabilité dans sa propagation. Les protocoles sanitaires sont d’ailleurs bien respectés en milieu de travail. A ce propos, avoir une aération correcte est capital. Il faut donc vérifier le système d’aération : prise d’air extérieure, pas de recirculation, élimination au dehors. La purification de l’air ambiant demande une réflexion préalable. Si certains procédés sont efficaces, d’autres ne le sont pas. Attention au choix du matériel ! Dans ce contexte, la mesure du niveau de confinement peut être très intéressant. Cela se fait par la mesure du taux de CO2, avec des appareils qui coûtent moins de 100 €. Ces détecteurs ont une vertu pédagogique : au-delà de 800 ppm, il faut sortir et aérer. La pandémie de Covid-19 n’est pas seulement une crise sanitaire. C’est aussi une crise sociétale, économique, financière… Mais faisons confiance à la reprise de l’activité ! » on DC. A Salvador Army Institute de Washingt é pendant deux ans de Bahia, au Brésil, il a travaill sur la bilharziose. de la Santé, il a été De 2007 à 2010, au ministère gestion du risque la et chargé de la prévention cial du directeur spé ler infectieux. Il a été conseil de la pandémie nt me général de la santé, au mo H1N1. ndiale de la santé Au sein de l’Organisation mo upe de travail « gro du (OMS), il a été membre du Haut Conseil Global Action Plan ». Au sein 2017, il a été vicede la santé publique jusqu’en ladies liées aux ma président du Comité des tation (CMVI). por voyages et des maladies d’im on spécialisée issi mm Il est membre de la Co ergentes, au ém ies lad maladies infectieuses et ma lique. pub té san sein du Haut Conseil de la

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AUX ALENTOURS

Ressources humaines

“Les RH au quotidien”, le baromètre 2021 Les éditions Tissot et Payfit (logiciels de gestion de paye) publient les résultats de leur enquête 2021 « Les RH au quotidien ». 71 % des professionnels des RH ont choisi ce métier pour la dimension humaine et sociale. A l’instar des résultats 2018, 2019 et 2020 et selon les professionnels RH, les salariés attendent d’eux qu’ils travaillent en priorité sur la Qualité de vie au travail (78 % des répondants), ainsi que la formation et la gestion des carrières et des compétences (61 % des répondants). Si plus de 9 RH sur 10 déclarent se sentir utiles, motivés et épanouis, plus d’un RH sur 4 pense changer de métier dans les 10 prochaines années !

Un quotidien difficile n

61 % pointent le manque de temps et de ressources,

n

65 % estiment que le métier se complexifie,

36 % ont de plus en plus de mal à suivre les évolutions règlementaires,

n

Les entreprises face à la crise Covid-19 n 82 % des entreprises sont impactées par des mesures structurelles, n

71 % favorisent le télétravail,

n

37 % ont recours à l’activité partielle,

n

82 % se déclarent proches de l’épuisement,

n 33 % imposent un calendrier de présence par roulement

n

71 % se sentent frustrés,

sur les lieux de travail,

n

71 % sont isolés.

n

16 % imposent des congés payés.

Les RH face à la crise Covid-19 n 79 % déclarent être davantage sollicités par la direction, n

75 % déclarent être davantage sollicités par les salariés,

91 % pensent que le niveau de sollicitations sera équivalent ou supérieur à 2020. n

LE BAROMÈTRE

réalisent une enquête Depuis 2018, les éditions Tissot et Payfit 25 janvier au 22 du sée réali annuelle. En 2021, l’enquête, onnes, aborde les pers 825 de tatif ésen février sur un panel repr points suivants : ce métier ; n Les raisons du choix de n Le travail quotidien ; n Les missions ; n L’image ; n Les services digitaux ; taire. n La gestion de la crise sani

Téléchargeable sur editions-tissot.fr >>> 30

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Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive - Tél. 03 20 14 07 77 Directeur de publication : Jean-François Lescart Conception et Réalisation : Méthodes et Médiation – Lille Responsable de rédaction : Dr Matthieu Méreau Méthodes et Médiation - Lille Coordinatrice d’édition : Nathanaëlle Debaene Méthodes et Médiation – Lille Rédaction : Dr Matthieu Méreau

Comité de rédaction : Alain Cuisse, Francine Lemonnier, Damien Vandorpe, Dr Alain Moniez Relecture scientifique : Bernard Fontaine Correctrice : Christine Bayart Création et mise en page : HOLI - www.agence-holi.com Crédit photos : ADOBE STOCK; P6: VAL DE LYS ENTREPRENDRE; P7: CANELIA, P8: ARIA; P9: LABORATOIRE UNITHER; P19: ISTNF; P20: CEDEST; P21: AISMT;

P25: ACTION SANTE TRAVAIL; P27: Pr DANIEL CAMUS. Coordination, fabrication, diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59000 Lille Tél. 03 20 14 07 77 Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau, Nathanaëlle Debaene Tél. 06 71 32 00 85

Impression : Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours Tirage : 94 000 exemplaires Édité par : Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux Zone Artoipole 62060 Arras Cedex 9 Tél. 03 21 22 28 21

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Entreprise & Santé N°55  

Numéro 55 du magazine Entreprise & Santé: " La reprise en santé ! "

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