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BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

Santé Qualité de Vie au Travail

UN «+» POUR VOTRE

COMPÉTITIVITÉ ! Vos droits, vos devoirs :

Zoom sur :

Olivier Torrès :

De nouvelles prestations !

Le risque routier

La santé des dirigeants de TPE-PME

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N°31

3ème Trimestre 2015 www.entrepriseetsante.fr


SOMMAIRE

N°31 • 3ème Trimestre 2015

VRAI OU FAUX ?

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BRÈVES

EN DIRECT :

LE PALAIS DES BAMBINS : le port des bébés, une activité sous vigilance ! BUT : chez nous aussi, il gardera son travail ! AVINTIV : le toxicologue industriel mène l’enquête ! VOS DROITS, VOS DEVOIRS :

Une cotisation obligatoire : de nouvelles prestations !

ERGONOMIE & ORGANISATION :

Lingerie : bienvenue à l’ergonomie ! VOTRE SANTÉ, VOTRE EMPLOI :

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Chez Cappelle : de l’aménagement du poste… à l’aménagement des horaires

DOSSIER p.11 à 22

Santé et Qualité de Vie au Travail (SQVT) Plus de compétitivité ! - interview de Stéphane Mathieu - De quoi parle-t-on ? - Point de vue : Semaine de la Qualité de Vie au Travail Une mobilisation nationale annuelle - Prévenir le risque psychosocial, c’est possible ! - TMS : performance et prévention sont « ergo-compatibles » !

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Fiche détachable Santé et Qualité de Vie au Travail

COMMENT FAIRE EN ENTREPRISE ?

ZOOM SUR :

La route : première cause d’accident du travail ! ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE :

colorisk.fr : toujours plus d’infos et toujours plus convivial !

INTERVIEW :

Olivier TORRÈS : « Je suis un économiste PMiste »

AUX ALENTOURS :

« Associez innovation, santé et environnement ! » ACTU :

Votre agenda

Entreprise & Santé • 3éme Trimestre 2015 • N°31 • www.entrepriseetsante.fr


ÉDITO

recteur de l’ARACT Nord-Pas-de-Calais, et Laurence Théry, directrice du CESTPARACT de Picardie, de nous avoir confié leurs points de vue.

Hervé Delpierre Favoriser « La santé et la qualité de vie au travail » permet le développement d’une entreprise, tout en prenant en compte la santé et le bien-être des salariés. Entreprise & Santé se devait de vous apporter des éclairages précis. Dans le dossier central de ce numéro (p. 11 à 22), une entreprise adaptée de 70 salariés et une entreprise chimique comprenant 27 salariés présentent leurs actions, réalisées avec leurs services respectifs de santé au travail. Merci à Stéphane Mathieu qui développe des projets expérimentaux « Santé et Qualité de Vie au Travail » au sein du groupe AFNOR (en relation avec la norme Québécoise « Entreprises en santé »), d’avoir accepté de répondre à nos questions. Merci à Christian Allies, di-

Trois entreprises très différentes témoignent dans La rubrique « En direct » (p. 5 à 7) : micro-crèche et manutentions, commerce et maintien dans l’emploi, PME de la chimie et toxicologie industrielle. Un EHPAD, Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes, montre comment l’ergonomie a amélioré le travail en lingerie (p. 9). 1,5 à 1,8 tonnes de linge sont traitées chaque semaine ! Une entreprise de 60 salariés du secteur de la chimie a investi pour le maintien dans l’emploi et s’interroge. (p.10). Apprentis, salariés ou artisans du bâtiment, colorisk.fr est là pour vous ! Ce site apporte toutes les réponses à vos questions sur la prévention des risques liés à l’emploi de peintures (p. 26). Les artisans du bâtiment doivent également être vigilants avec les « écomatériaux. La rubrique « Alentours » (p. 30) relate une démarche initiée en

vous proposent le magazine :

N°31 • 3ème trimestre 2015 Numéro diffusé gracieusement aux entreprises des services adhérents

Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Directeur de publication : Hervé Delpierre Comité de rédaction : Alain Cuisse, Francine Lemonnier, Louis-Marie Hardy, Dr Alain Moniez Conception et Responsable de rédaction : Dr Matthieu Méreau Méthodes et Médiation - Lille

Picardie par la CAPEB. Les accidents de la route sont la première cause de mortalité par accidents du travail. La rubrique « Zoom sur » (p. 24-25) aborde la question. Economiste et Enseignant-Chercheur à l’Université de Montpellier, Olivier Torrès, s’est passionné pour les enjeux économiques liés aux TPE et PME. Pour lui, la santé de leurs dirigeants en est « le premier actif immatériel »… Merci à lui d’avoir accepté notre interview (p. 27 à 29). Enfin, la rubrique « Vos droits, vos devoirs » (p. 8) rappelle que les services de santé au travail sont là pour conseiller les employeurs et les salariés sur la prévention des risques et la préservation de la santé. Tous les témoignages de ce numéro en démontrent le niveau d’expertise ! Bonne lecture ! Hervé Delpierre Directeur de publication pour les Services de Santé au Travail

AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail - 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 Cambrai Tél. 03.27.72.63.63 www.aismtcai.com ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77, rue Debaussaux CS 60132 80001 Amiens Cedex 1 Tél. 03.22.54.58.00 www.asmis.net AST 62-59 - Association Santé Travail 62-59 6, rue de la Symphorine Parc des Bonnettes - CS 60503 62008 Arras Cedex Tél. 03.21.15.12.32 www.ast6259.fr ASTAV - Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes 1, avenue de l’Europe 59880 SAINT SAULVE Tél. 03.27.46.19.24 www.astav.fr ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 Coquelles Cedex Tél. 03.21.85.51.85 www.astil62.fr

Rédaction : Matthieu Méreau Secrétariat de rédaction : Nathanaëlle Debaene Création et mise en page : Graphic Design Solutions www.gdsgroup.fr Crédit photos : P5 : LE PALAIS DES BAMBINS, P6 : BUT FAYET, P7 : AVINTIV, P9 : EHPAD LES VERTES ANNEES, P10 : CAPPELLE PIGMENTS SAS, P12 : AFNOR, P16 : ANACT NORD-PAS-DE-CALAIS, P17 : ARACT PICARDIE, P18 : APIC RUITZ, P20 : LEFRANT RUBCO, P27 : M. CASTANO, P31 : PÔLE SANTÉ TRAVAIL.

Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59000 Lille Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau, Nathanaëlle Debaene Tél. 03.20.14.07.77 Fax : 03.20.14.06.16 Impression : Imprimerie Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours

CEDEST - Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10, rue Albert Thomas 59210 Coudekerque-Branche Tél. 03.28.24.98.98 www.cedest.net MTA - Médecine du Travail de l’Aisne rue Théodore Monod - Z.A. Bois de la Chocque 02100 Saint-Quentin Tél. 03.23.62.52.48 www.mt02.org PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban - 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 LILLE Cedex Tél. 03.20.12.83.00 www.polesantetravail.fr SIMUP - Service Interprofessionnel de Médecine du Travail des Unions Patronales d’Halluin, Wervicq et Comines (Vallée de la Lys) 22 rue de Lille BP 40018 - 59431 Halluin Cedex TÉL. 03.20.94.12.54 www.simup.fr STSA - Santé Travail Sambre Avesnois 24, Rue Romain Duchateau 59720 LOUVROIL Tél : 03.27.53.31.34 www.sante-travail-sa.fr

Tirage : 99 000 exemplaires Édité par :

Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux Zone Artoipole 62060 Arras Cedex 9 Tél. 03.21.22.28.21

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BRÈVES

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VRAI OU FAUX Pénibilité DES SIMPLIFICATIONS ADOPTÉES

Issue des lois portant sur la réforme des retraites, la prise en compte de la pénibilité au travail a abouti à la création d’un compte individuel. Ce compte permet au salarié, exposé à des facteurs de pénibilité définis dans le Code du travail, d’accumuler des points au prorata de cette exposition. A terme et sous réserve de conditions bien précises, le cumul des points permet de bénéficier d’une formation pour reconversion, d’un travail à temps partiel ou d’un départ anticipé à taux plein. Dans un projet de loi portant sur le dialogue social et l’emploi, l’Assemblée Nationale a adopté le 28 mai 2015 des mesures de simplifications. La déclaration des salariés exposés par l’employeur s’effectuera sous forme dématérialisée, une fois par an, auprès de la Caisse de retraite concernée. Et c’est elle qui en informera le salarié. Par ailleurs, les employeurs pourront utiliser des référentiels établis par branche professionnelle, et homologués par l’Etat, en lieu et place des fiches individuelles. Sur le plan financier, le principe d’une modulation du taux de cotisation a été adopté, afin d’effectuer une montée en charge progressive pour la mise en place du fond « Pénibilité ». Le délai de prescription de l’action individuelle du salarié est ramené de trois ans à deux ans. Enfin, dès lors qu’il déclare l’exposition d’un travailleur au titre du compte personnel de prévention de la pénibilité, la responsabilité de l’employeur ne peut pas être mise en cause pour non-respect de ses obligations. Quatre facteurs de risques sont entrés en application depuis le 1er janvier 2015 ; les six autres le seront au 1er juillet 2016, plutôt que le 1er janvier 2016… A suivre ! Etiquetage des produits chimiques LE RÈGLEMENT CLP S’APPLIQUE POUR TOUTE SUBSTANCE ET MELANGE

Le règlement CLP (Classification, Etiquetage, Emballage) définit au niveau européen les règles d’étiquetage et d’emballage d’une substance et d’un mélange de substances, en fonction de la classification de celles-ci. Depuis 2010, un nouveau système d’étiquettes et de phrases de danger (Phrases H) et/ou de prudence (Phrases P) s’applique aux substances. A partir du 1er juin 2015, ce système s’applique également aux mélanges de substances produits à partir de cette date. En 2017, un système unique CLP sera donc en place. Un seul type d’étiquetage et de message d’information alors utilisé. Source : inrs.fr

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Le sigle SQVT est couramment utilisé pour désigner « Santé et Qualité de Vie au Travail ».

Réponse « Dossier » pages 11 à 22.

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VRAI OU FAUX

Il existe des méthodes pour évaluer le risque psychosocial. Comme, par exemple, la méthode C2R.

Réponse « Dossier » page 18.

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VRAI OU FAUX

Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité par accident du travail.

Réponse « Zoom sur… » pages 24-25.


EN DIRECT v Ser ice

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LE PALAIS DES BAMBINS Micro-crèche 7 salariés

Magali FIGUEROLA, Directrice WIGNEHIES

La méthode est participative. C’est très important Sylvie Poulet, formatrice PRAP, STSA

Chaque salarié a bénéficié d’une formation spécialisée dans le domaine de la petite enfance. Un médecin est référent technique de la structure. Les parents sont donc rassurés. Magali Figuerola situe les enjeux : « Dès la création de la crèche, en janvier 2014, nous avons investi dans du matériel adapté, tel que des tables à langer murales et faciles d’utilisation. J’ai vite remarqué que le matériel était sous-utilisé. Et je me suis inquiétée des mauvaises postures dans le port des enfants. Il en va de la santé de notre personnel ! J’ai cherché une solution qui ne culpabilise pas nos salariés. Je l’ai trouvée auprès de notre service de santé au travail : le STSA ». Le docteur Gilles Fombonne est le médecin du travail qui suit la crèche sur le plan de la santé au travail : « Nous avons des formatrices PRAP, c’est-à-dire Prévention des Risques liés à l’Activité Physique. Sylvie Poulet est intervenue au sein de la crèche. Pour moi, il s’agit d’une ergonomie de premier niveau, qui a toute son importance ».

SANTE AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS (STSA)

Micro-crèche

Le port des bébés : une activité sous vigilance ! Onze enfants peuvent être simultanément accueillis à la micro-crèche « Le Palais des bambins » à Wignehies, dans l’Avesnois. L’accueil a lieu du lundi au vendredi, de 7 heures à 19 h 30. Pratique pour les parents ! Association sans but lucratif, la crèche emploie 7 salariées, âgées de 21 ans à 54 ans. Les enfants ont de 6 semaines à 6 ans. Au total, 32 enfants sont inscrits à la micro-crèche, au sein de laquelle leur sécurité, leur éveil et leur bien-être font l’objet d’une attention constante. Pour le personnel, les manutentions sont là… Directrice, Magali Figuerola a trouvé un partenaire de choix pour la Prévention des Risques liés aux Activités Physiques : son service de santé au travail, STSA comme Santé Travail Sambre Avesnois.

Une formation-action

Devenir acteur de son travail

« Nous intervenons selon un cadre défini au niveau national par l’Institut National de Recherche et Sécurité », explique Sylvie Poulet. « J’ai réalisé une première visite avec prise de photos pour comprendre la structure et l’organisation du travail ». La formation a eu lieu début 2015, en deux groupes, pour tout le personnel. Elle s’est déroulée sur deux journées : « La méthode est participative. C’est très important. Dans un premier temps, nous abordons les gestes et postures sous l’angle théorique : importance pour la santé, facteurs déterminants d’une attitude adéquate, etc. Puis, avec les photographies, nous échangeons, entre nous, sur les situations réelles et leurs solutions. Par exemple, le fait d’enjamber un parc ou d’en ouvrir la porte... Le fait de changer l’enfant dans le lit ou d’utiliser les tables dédiées... Il s’agit alors d’un échange de pratiques, ouvrant des pistes pour lutter contre les mauvaises habitudes, sans culpabilisation ».

Pour le docteur Gilles Fombonne, « les personnes formées deviennent acteurs de la prévention dans leur entreprise. La formation PRAP ne dispense pas d’une réflexion ergonomique globale ». Magali Figuerola précise : « La démarche m’a intéressée parce qu’elle nous amène à prendre du recul par rapport au quotidien. Pourquoi j’ai adopté telle position ? Pourquoi n’est-elle pas bonne ? Quelle est la bonne posture ? A ce propos, les photographies et le dialogue créés par Sylvie Poulet sont très aidants. Je constate déjà des améliorations. Je sais que ce travail doit être poursuivi, les salariées savent que je me préoccupe d’elles. C’est important pour la qualité du service rendu ».

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EN DIRECT

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BUT Grande distribution 32 salariés Frédéric VANDENBERGHE, Directeur Christophe MARLIER, Chef de dépôt FAYET SANTE AU TRAVAIL DE SAINT-QUENTIN (MTA)

Maintien dans l’emploi

Chez nous aussi : il gardera son travail ! 32 salariés travaillent au magasin BUT, situé à Fayet, près de Saint-Quentin. Une équipe de la taille d’une TPE ! Au dépôt du magasin se trouve une mezzanine où l’on stocke des matelas et la chaiserie. Monsieur Y est adjoint au chef de dépôt. Toujours dévoué auprès des clients, il n’hésite pas à monter et descendre plusieurs fois par jour l’escalier de la mezzanine, avec des colis plus ou moins lourds et encombrants. A 51 ans, en 2011, il est confronté à des problèmes de santé. Après deux ans d’arrêt pour maladie, il reprend son poste. Cependant, la réalité est là : il ne peut le garder que sous réserve d’aménagements. C’est chose faite grâce à un dialogue étroit entre la direction du magasin et MTA, son service de santé au travail. Le docteur Véronique Gibbe, médecin du travail pour MTA, situe d’emblée l’enjeu humain : « A 10 ans de la retraite, monsieur Y souhaitait garder son poste, au magasin. Et si monsieur Y arrêtait de travailler, à 51 ans, comment retrouverait-il du travail ? Que faire ? Après une période de pré-reprise en 2012, je ne pouvais que suggérer des aménagements de poste. Et la direction du magasin m’a suivie. Quand la volonté du salarié est associée à la volonté de la direction, on a déjà beaucoup plus d’atouts pour trouver une solution et réussir le maintien dans l’emploi ». Frédéric Vandenberghe est directeur du magasin : « Nous souhaitions garder monsieur Y. Mais cela était-il possible ? La réponse est venue après une étude ergonomique pointue menée par MTA, notre service de santé au travail ». Au dépôt, tout le monde se souvient du jour où monsieur Y a été couvert de capteurs…

De l’observation simple… à la mesure du rythme cardiaque ! Laurence Samain est ergonome à MTA : « Le maintien dans l’emploi est l’une des missions d’un 06

service de santé au travail. Nous avons donc réalisé une étude ergonomique complète : rencontre du directeur et du chef de dépôt, observation du travail en situation réelle, entretiens pour connaître le ressenti et les suggestions des salariés. Dans le cas présent, pour objectiver l’importance des efforts, nous avons fait une cardiofréquencemétrie. C’est-à-dire que nous avons enregistré en continu le rythme cardiaque, en relevant toutes les tâches effectuées. Nous avons pu ainsi évaluer la charge physique, en repérant les séquences les plus génératrices d’efforts ». Les résultats de l’étude ont été restitués à l’ensemble de l’équipe. « Ceci a permis de mettre à plat beaucoup de choses ».

Du simple rangement… à l’achat d’une nacelle ! Chef de dépôt, Christophe Marlier en présente les suites : « Cette réflexion collective nous a permis de repenser les allées et les passages, la signalétique et les rangements. La disposition des références sur les palettes a été révisée, afin d’éviter de charger et décharger trop souvent les colis. Reste cet escalier qu’il faut monter et des-

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Le maintien dans l’emploi est l’une des missions d’un service de santé au travail Laurence Samain, Ergonome, MTA

cendre… ». La solution est pour bientôt. En effet, dès juillet 2015, le magasin sera équipé d’une nacelle, avec une aide financière de l’AGEFIPH1. Monsieur Y pourra alors retrouver pleinement ses fonctions. Tout ceci a été possible à partir du moment où monsieur Y a bénéficié de la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) et de l’intervention du SAMETH 02 (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés). Une chaîne de solidarité, en quelque sorte…

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www.entrepriseetsante.fr 1 Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées.


EN DIRECT I

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POLYMER GROUP (NOUVEAU NOM : AVINTIV) Industrie Non tissé 255 salariés Denis GRIFFON,Responsable HSE

Les échanges et la transparence sont essentiels Dr Marie-Cécile Dubus, Médecin du travail, PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord

BAILLEUL POLE SANTE TRAVAIL METROPOLE NORD

Risque chimique :

Le toxicologue industriel mène l’enquête ! Sur le site de Bailleul, POLYMER GROUP emploie 255 salariés. Leur savoirfaire : la fabrication de « non-tissé ». Nous avons tous utilisé du non-tissé : filtre à air, filtre d’aspirateur, couche-culotte, coques de bateau, bandes de pansement, charlottes de bloc opératoires, etc. C’est dire si les usages du nontissé sont multiples… Les matières premières en sont le coton et différentes fibres. Deux procédés coexistent sur le site de Bailleul : liage chimique ou liage thermique. Différents additifs entrent dans la fabrication, en fonction des exigences du client. Quand les salariés ont présenté des irritations cutanées, POLYMER Group s’est tourné vers son service de santé au travail : PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord.

EHS manager, Denis Griffon resitue le contexte : « En 2013, dans différents services de découpe et de production, des irritations cutanées sont apparues chez plusieurs salariés. Après quelques recherches menées avec notre infirmière, nous avons décidé de faire appel à notre médecin du travail. Et le docteur Marie-Cécile Dubus est venue sur place avec Samuel Chochoy, toxicologue industriel. Nous étions alors armés pour faire une véritable enquête… ». En effet, il a fallu passer en revue tous les produits chimiques utilisés, étudier les processus, mener des campagnes de dosages atmosphériques. « Le dialogue avec les salariés et le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des conditions de travail a été constant ».

Connaître et communiquer Le docteur Marie-Cécile Dubus suit l’entreprise depuis un an et demi, quand elle constate lors des visites médicales que plusieurs salariés présentent des signes d’irritations cutanées. « Les salariés s’inquiétaient. Un travail avait déjà été fait à partir des Fiches de Données de Sécurité. Il fallait aller plus loin. En

toute transparence. Et retransmettre toute information aux salariés ». Cette ligne de conduite a été maintenue tout au long des investigations.

Doser et expliquer Toxicologie industriel à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord, Samuel Chochoy résume l’enquête qui a duré une année : « Tout d’abord, nous avons fait un état des lieux des connaissances en étudiant les procédés de fabrication et les différentes conditions d’exposition des salariés. Puis nous avons engagé des campagnes de prélèvements atmosphériques, notamment 20 prélèvements d’air respiré, sur deux équipes alternantes, dans les conditions réelles et habituelles de travail. Deux campagnes de prélèvement d’ambiance et de dosimétrie individuelle ont eu lieu. Elles ont permis d’objectiver et de caractériser le niveau d’empoussièrement total. De situer les résultats par rapport à des objectifs à atteindre pour l’entreprise. De comprendre les phases exposantes par rapport aux situations de travail ». Les résultats ont toujours été communiqués et expliqués aux salariés.

Comprendre et agir Denis Griffon poursuit : « Nous avons pu nous situer par rapport aux valeurs limites publiées à travers le monde. Nous avons revu nos cahiers des charges en termes d’achats ; nous avons amélioré nos dispositifs de captation vis-à-vis de l’émission de poudre ; nous avons renforcé les règles d’hygiène, à savoir l’utilisation stricte des locaux de repos pour boire et manger. Car les poudres absorbantes dessèchent la peau des salariés si elles s’y déposent ! ». Marie-Cécile Dubus conclut : « La confiance, les échanges et la transparence avec l’entreprise et ses salariés sont essentiels dans ce type d’accompagnement ainsi que le travail d’équipe avec le toxicologue». Les irritations cutanées ont disparu.

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VOS DROITS VOS DEVOIRS

Services de santé au travail

Une cotisation obligatoire : de nouvelles prestations ! Venu du Québec, le terme « Santé au Travail » est apparu au sein des Congrès de Médecine du Travail dans les années 90. Les différentes lois et décrets de 2002, 2004, 2011 et 2012 visent à organiser la Santé au Travail en France. Et cela, en application de la directive européenne de 1989. Aujourd’hui, en complément du binôme Médecin du Travail-Secrétaire Médicale, la cotisation de « Santé au Travail » permet à une TPE ou une PME de bénéficier de l’expertise d’un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (ex. : ergonome, toxicologue, technicien ou ingénieur Hygiène Sécurité Environnement), d’un Infirmier en Santé au Travail, d’un Assistant en Santé au Travail, voire d’une Assistante sociale. En bref, si la cotisation obligatoire est née de la loi de 1946, des prestations totalement nouvelles apparaissent au XXIème siècle! Pour un médecin, la Médecine du Travail est un mode d’exercice salarié, dans des conditions matérielles satisfaisantes. Pensons à la Médecine Scolaire, organisée et financée par l’Etat, pour s’en convaincre… Financée par les entreprises, pour un montant total annuel de près de 1,5 milliards d’euros, la Médecine du Travail apporte au médecin, outre la sécurité de l’emploi, un cabinet médical et une secrétaire médicale dédiée. Pendant des années, les salariés du secteur privé – en moyenne 16 millions – ont eu une visite médicale annuelle, pour accéder à un « sésame » : la fiche d’aptitude médicale au poste de travail. De nombreux employeurs estimaient que cette visite médicale annuelle coûtait cher, comparativement au montant de la consultation chez un médecin généraliste… 98 % des salariés sont déclarés « apte au poste de travail ». Et de graves préoccupations ont vu le jour : amiante, TMS, RPS… Aider l’employeur et ses salariés à la maîtrise des risques « à la source » est devenue une priorité sanitaire, sociale et économique. 08

A propos des ressources humaines, en général Réaliser des visites médicales d’aptitude pour 16 millions de salariés demande de nombreuses compétences. Soit au minimum 7 000 à 8 000 médecins du travail. Aujourd’hui, les médecins du travail en activité sont au nombre de 5 500… Développer le conseil en TPE ou PME sur la maîtrise des risques professionnels et la prise en compte de la santé au travail des salariés demande également beaucoup de compétences. C’est la raison pour laquelle la loi de 2011 a créé les équipes de santé au travail, apportant au médecin du travail des collaborateurs pour accompagner en santé au travail les salariés et les chefs d’entreprise. A propos des infirmières de santé au travail, en particulier On n’imagine pas faire tourner les hôpitaux, les cliniques et les soins au domicile sans infirmiers. Ni la santé scolaire sans infirmière de santé scolaire. 65 ans après la loi de 1946 - qui a créé en France la médecine du travail - la loi de 2011 permet aux Services de Santé au Travail d’intégrer des Infirmières de santé au travail. Elles secondent les médecins du

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travail dans le suivi de santé au travail des salariés, qui ne repose donc plus que sur les visites médicales. A propos des perspectives Les questions de santé au travail prennent de plus en plus d’importance au sein des entreprises, quelles que soient leurs tailles. Comment une TPE ou une PME peut-elle avoir accès financièrement à un médecin spécialisé, un toxicologue, un ergonome, un ingénieur HSE, des assistantes et des infirmières en santé au travail, des secrétaires médicales ? Certainement pas en faisant appel à des prestataires, dont le coût peut lui être prohibitif. Par contre, elle y a accès grâce à sa cotisation en Santé au Travail. C’est le sens général des réformes en cours.

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ERGONOMIE EN DIRECT & ORGANISATION

> EHPAD

Lingerie : bienvenue à l’ergonomie !

En participant aux « Matins des préventeurs » à Fourmies, fin 2012, Philippe Pelletier apprend que le STSA, Santé Travail Sambre Avesnois, pouvait l’aider en réalisant une étude ergonomique. En 2013, c’est chose faite. Le docteur Gille Fombonne, médecin du travail qui suit l’EHPAD, anime le « Groupe TMS » au sein du STSA : « Notre groupe de travail comprend aujourd’hui une référente groupe TMS (AST : Assistante en Santé au Travail), une infirmière en santé au travail, deux formatrices et une ergonome. Nous développons une offre de service concrète pour nos entreprises adhérentes : études ergonomiques, formations, projets Prévention durable des TMS en partenariat avec l’ARACT ». Philippe Pelletier précise : « L’amélioration des conditions de travail à la lingerie était une priorité pour l’établissement au vu des risques repérés dans notre Document Unique ». Une démarche classique et pragmatique Inès Brassens est aujourd’hui ergonome au STSA : « L’étude a été réalisée en 2013. J’en assure le suivi ergonomique auprès de l’EHPAD, en liaison avec le docteur Gilles Fombonne. L’étude s’appuie sur une analyse précise de la demande au

15 sacs de 15 kilos par jour… Et une cinquantaine le lundi ! La quantité de linge à nettoyer à la blanchisserie de l’EHPAD « Les vertes années » à Wignehies, dans l’Avesnois, est impressionnante : 1,5 à 1,8 tonnes de linge à traiter par semaine, pour 82 résidents. Les chiffres donnent le vertige ! Ils sont incontournables. Les résidents doivent avoir quotidiennement leur linge propre : du drap de lit au mouchoir personnel. Sur les 62 salariés de l’EHPAD, l’équipe de la lingerie comprend 4 personnes. Cathy Murice anime avec constance et rigueur cette petite équipe depuis des années. Directeur depuis 2010, Philippe Pelletier a fait appel au STSA, son service de santé au travail, pour engager une démarche ergonomique. travers d’un pré-diagnostic. L’observation du travail réel a été menée avec la mise en place de groupes de travail, impliquant l’ensemble du personnel, la direction et la cadre de santé. Les préconisations ont concerné l’organisation globale du circuit du linge : une des solutions retenues consiste à effectuer un pré tri au niveau des services soignants ». Deux ans après l’étude, en 2015, les salariés ont répondu à un questionnaire mis au point par Inès Brassens. « Des services soignants à la lingerie, la satisfaction exprimée est générale ». Des résultats au-delà des attentes Pour Philippe Pelletier : « L’étude a été menée de manière très professionnelle. En associant l’ensemble du personnel. Et en venant à des moments critiques, tels que le lundi matin. Aujourd’hui, le pré-tri est effectué par les soignants. Des chariots adaptés, fonctionnels et esthétiques, ont été réalisés « sur mesure » par des fournisseurs. La trappe pour l’arrivée du linge a été remise en fonction. Des sacs « portefeuille », de 10 kilos et de couleurs différentes facilitant le tri, ont été mis en service. » A présent, c’est le poste de repassage qui fait l’objet d’une nouvelle étude. D’autres analyses ergonomiques seront confiées au

STSA, notamment pour la prévention des TMS auprès des soignants. Philippe Pelletier poursuit : « L’important c’est le travail collectif et participatif. Chacun a joué son rôle. Par exemple, Christophe Chimot, responsable des services techniques, a été vigilant sur la prise en compte des préconisations techniques. Les soignants ont acceptés de faire le pré-tri. Ce n’était pas évident…». Et de conclure : « Ce qui est mieux pour le personnel, est mieux pour les résidents ! ».

EHPAD « Les vertes années », blanchisserie 62 salariés PHILIPPE PELLETIER, Directeur WIGNEHIES SANTE AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS (STSA)

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VOTRE SANTÉ VOTRE EMPLOI

> Maintien dans l’emploi

Chez Cappelle : de l’aménagement du poste… à l’aménagement des horaires

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CAPPELLE Pigments est implanté à Halluin depuis 1890. En étant toujours à la pointe du progrès et des exigences des clients, l’entreprise est spécialisée dans la production de pigments minéraux, principalement destinés à la fabrication de peintures ou à la coloration des résines ou plastiques. Sur le site d’Halluin, travaillent 60 salariés. Devant les restrictions d’aptitude médicale affectant un agent de maintenance-mécanicien d’entretien, l’entreprise décide de tout faire pour garder son salarié. Agé de 55ans, ce salarié a fait une grande partie de sa carrière dans l’entreprise. Le SIMUP, service de santé au travail de CAPPELLE Pigments, a pris en charge la réalisation d’une étude ergonomique.

« C’est l’esprit de la société » nous déclare Geert Verhelle, directeur du site depuis 1996. « Je suis là depuis 1996 et je n’ai eu aucune démission. Nous sommes une petite société. Quand un de nos salariés est en difficulté de santé, nous allons loin dans l’aménagement du poste, car nous n’avons pas les moyens d’en créer un nouveau ». C’est ce qui s’est passé pour cet agent de maintenance, pour lequel réaliser certains gestes et manipulations devient difficile, en raison de son état de santé. Depuis quelques années, les arrêts maladie se succèdent. Le docteur Françoise Flament est le médecin du travail qui suit CAPPELLE Pigments : « Les restrictions d’aptitude médicale ne constituaient pas une solution pour l’entreprise. Une étude ergonomique a donc eu lieu. Et l’entreprise a investi dans l’aménagement du poste, afin de l’adapter aux capacités du salarié. Puis, elle s’est engagée dans des aménagements d’horaires, pour permettre une coupure plus importante le midi ».

ergonomique. « Schématiquement, nous avons réalisé une analyse des tâches et des outils, avec mesurage des ambiances de travail. Plusieurs visites et entretiens ont eu lieu au sein de l’atelier, avec le salarié concerné et ses collègues. S’agissant d’un travail de maintenance, il fallait appréhender l’ensemble des tâches et des situations de travail vécues par le salarié. Les difficultés ont été identifiées. Des préconisations précises ont été formulées. Par exemple, des outils portatifs légers sans vibration. Ou bien des modifications de processus, en changeant les systèmes de fixation. Il n’est plus nécessaire de visser. Il suffit d’emboiter ou de clipser… Ces dispositions sont définies à partir des limites de contraintes biomécaniques du salarié en difficulté. De plus, elles sont bénéfiques pour l’ensemble des salariés concernés ». Les préconisations sont réalisées pour un montant global d’investissement de 10 000 €. Une fois mises en place, elles sont validées par Martine Treulier.

10 000 € d’investissements Ergonome et IPRP (Intervenante en Prévention des Risques Professionnels) au SIMUP, Martine Treulier a réalisé l’étude

Des horaires aménagés A la reprise du travail, tout semble aller pour le mieux. Jusqu’à un nouvel arrêt de travail… La modification des tâches n’a pas

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eu, finalement, tous les résultats escomptés. « Nous avons voulu poursuivre la démarche en réfléchissant sur l’organisation du travail, notamment les horaires. Notre volonté reste de garder notre salarié. Nous avons alors proposé un poste de journée, permettant un repos de 1 h 15 le midi. Nous avons aménagé en parallèle les horaires de la femme du salarié, qui travaille chez nous aussi » poursuit Geert Verhelle. Et de conclure : « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas cacher notre déception. Car, malgré nos efforts et nos investissements, notre salarié est de nouveau en arrêt maladie pour une durée de deux mois ». Difficile de ne pas être déçu !

CAPPELLE PIGMENTS, Production de pigments 60 salariés Geert VERHELLE, Directeur du site HALLUIN SANTÉ AU TRAVAIL DE LA VALLÉE DE LA LYS (SIMUP)


Santé et Qualité de Vie au Travail (SQVT)

Plus de compétitivité ! En intégrant les facteurs favorables à la santé des salariés dans le fonctionnement d’une entreprise, celle-ci gagne en compétitivité... C’est ce qui est démontré dans ce dossier d’Entreprise & Santé, consacré au concept de «Santé et Qualité de Vie au Travail « (SQVT). Au moment où la «Médecine du Travail» est devenue

«Santé au Travail», de nombreuses entreprises évoluent... Et elles sont demandeuses de conseils et d’expertises plutôt que de visites médicales... Tout en préservant la santé de leurs salariés, grâce à ces conseils expérimentés et ces expertises spécialisées, elles savent qu’elles peuvent augmenter leurs performances.

DOSSIER

Santé et Qualité de Vie au Travail (SQVT)


Interview

Stéphane Mathieu Directeur régional du groupe AFNOR depuis 2000, Stéphane Mathieu suit le projet « Santé et Qualité de Vie au Travail en Aquitaine © », lancé en 2012. Une expérience unique et innovante en France ! Ingénieur chimiste de formation, Stéphane Mathieu s’oriente dès 1992 dans le conseil en management des organisations. Il réalise alors de nombreuses missions d’accompagnement en qualité totale et certification ISO 9001. En 1995, il a rejoint l’AFNOR et suit plus particulièrement des travaux sur les systèmes de management : Qualité (série ISO 9000), Environnement (série ISO 14000), Santé et Sécurité au Travail. Il s’intéresse alors à une norme québécoise communément dénommée « Entreprise en Santé » (BNQ 9700-800). C’est avec passion, que Stéphane Mathieu a répondu aux questions d’Entreprise & Santé.

Santé et Qualité de Vie au Travail Qu’entend-on par Santé et Qualité de Vie au travail ? Stéphane Mathieu : SQVT ou Santé et Qualité de Vie au Travail est une démarche innovante d’organisation qui vise le développement du capital humain. Elle repose sur un ensemble de pratiques de management et sur la promotion de comportements de santé en milieu professionnel qui ont un effet positif sur le bien-être au travail et la performance globale des entreprises. Quelle est l’origine de cette approche ? Stéphane Mathieu : L’origine de cette approche est double. En France, l’Accord National Interentreprises (ANI) de juin 2013 sur la Qualité de Vie au Travail (QVT) a permis de fixer un cadre de référence avec la mise en évidence de facteurs influençant le bien-être au travail tels que : • Environnement (matériel, outils…)

• Opportunités de développement personnel et professionnel • Contenu du travail, autonomie, auto-organisation • Soutien managérial et soutien des collectifs • Qualité du dialogue social • Sécurité d’emploi • Équilibre vie privée/vie professionnelle, etc. D’autre part, au Québec, des démarches intitulées « Entreprise en Santé » se sont développées dès 2008 avec la publication d’une norme québécoise. Elles reposent sur une approche globale de la santé avec 4 grands domaines d’actions : • Pratiques de management • Environnement de travail • Conciliation vie privée/vie personnelle • Habitudes de vie. Globalement, les démarches françaises (reposant sur l’ANI1) et québécoise sont proches. Par contre, une différence peut être constatée au niveau des « habitudes de vie » qui

ne sont pas abordées dans l’ANI. Les « habitudes de vie » couvrent les comportements de santé tels que la prévention des addictions (alcool, tabac, drogues mais aussi jeux, internet, …) et la promotion de saines habitudes en termes d’alimentation, de nutrition et d’activités physiques et sportives… Pourquoi la développer ? Stéphane Mathieu : Les bénéfices pour les entreprises peuvent être multiples avec des effets positifs en termes de performance sociale et économique : • Réduire l’absentéisme et améliorer le présentéisme • Augmenter la satisfaction, l’engagement et la motivation des salariés • Réduire le turn over du personnel et assurer un recrutement performant • Diminuer les coûts en santé et sécurité au travail

• Améliorer la productivité, la performance de l’entreprise • Améliorer l’image de l’entreprise et son approche éthique au niveau du facteur humain • Devenir un acteur responsable de la société. D’ailleurs, les démarches SQVT (Santé et Qualité de Vie au Travail) rejoignent, sur le fond, le concept RSE : Responsabilité Sociale des Entreprises. Où en sont les entreprises dans le déploiement de l’approche SQVT ? Stéphane Mathieu : Au niveau de la santé au travail et plus particulièrement la santé psychologique, on peut constater la montée en puissance des démarches RPS (Risques Psychosociaux) suite aux différentes crises suicidaires au début des années 2010. Aujourd’hui, les entreprises souhaitent aborder l’autre dimension de la santé au travail, celle qui est « posi-

1 Accord National Interprofessionnel du 19 juin 2013

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tive » au travers de démarches de type SQVT ou « Entreprise en santé ». Cependant, le déploiement de ces démarches reste encore émergeant.

D’où l’expérimentation lancée en 2012 en Aquitaine… Stéphane Mathieu : Oui. Tout à fait. Elle vise à explorer la dimension positive de la santé au travail au-delà des risques psychosociaux. L’enjeu consiste ainsi à : • (Re)créer des milieux de travail favorables à la santé au sens de la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé selon laquelle : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » • Développer des comportements de santé et le bien-être au travail comme des leviers de la performance globale. Cinq entreprises et une collectivité territoriale y participent : EHPAD de La Madeleine (Etablissement d’Héberge-

ment pour Personnes Agées Dépendantes), EMAC (PME dans le domaine de la sous-traitance de l’industrie automobile), FINSA (PME dans la filière bois), La Poste (Direction du Courrier Aquitaine), VEOLIA PROPRETE Aquitaine, Conseil Départemental de Gironde. Au côté de l’AFNOR, s’associent de nombreux partenaires : la DIRECCTE Aquitaine, la CARSAT Aquitaine, l’ARACT Aquitaine, le Fonds National de Prévention (CNRACL), l’ARS Aquitaine, l’IREPS Aquitaine. Et les services de santé au travail. Notamment dans le cadre de l’évolution actuelle de la Médecine du Travail vers la Santé au Travail. Qu’apportent les services de santé au travail ? Stéphane Mathieu : Leur rôle est essentiel. Ils ont une expertise indéniable et une expérience incontournable. Ils répondent à un besoin et des attentes exprimées au sein de nombreuses entreprises : la

qualité de l’environnement professionnel, la qualité des organisations, la question de la santé au sens large. Sur ce dernier point, on peut citer, par exemple, les questions relatives aux maladies chroniques évolutives et le retour à l’emploi, la place des entreprises dans la prévention des addictions ou des maladies cardio-vasculaires, l’importance du sommeil pour une vie saine, etc. Il existe, à mon sens, de vraies attentes sur l’adoption de comportements favorables à la santé.

Les québécois sont-ils en avance à ce sujet ? Stéphane Mathieu : La dynamique « Entreprise en Santé » est partie d’une initiative entre les Pouvoirs Publics et les Employeurs. Les partenaires sociaux s’y sont également engagés. Le résultat en est l’élaboration d’un référen tiel portant sur les bonnes pratiques managériales et opérationnelles favorables à la santé globale. D’où la publication, dès 2008, de la

DOSSIER

« Aujourd’hui, les entreprises souhaitent aborder l’autre dimension de la santé au travail , celle qui est "positive" au travers de démarches de type SQVT »

norme BNQ 9700-800 intitulée « Prévention, Promotion et Pratique organisationnelle favorable à la santé en milieu de travail ». Avec à la clé, une démarche de certification qui progresse petit à petit. Les québécois ont également une « culture » de l’évaluation. Au Canada, Desjardins est l’un des plus grand groupes coopératifs bancaires. Ils se sont engagés dans un mouvement et un programme en santé et mieux être. Au bout de trois ans, les résultats sont là : diminution de l’absentéisme de 28 %, diminution du taux de roulement de 54 %, diminution du tabagisme de 26 %, diminution du sentiment de déprime de 26 %, retour sur investissement de 1,50 à 3,00 $ par dollar investi. C’est encourageant… En quoi l’AFNOR estelle concernée par la Santé et Qualité de Vie au travail ? Stéphane Mathieu : La mission de l’AFNOR est de bâtir des consensus et d’assembler des possibles. C’est au travers

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« Développer des comportements de santé et le bien-être au travail comme des leviers de la performance globale »

de cette mission que nous avons lancé une expérimentation en région Aquitaine voici 3 ans en présence de l’ancien Ministre de la Santé du Québec, Monsieur Roger Bertrand. Ce projet a été lancé suite à un témoignage en 2011 sur les retours d’expériences des démarches « Entreprise en Santé » avec des résultats significatifs en termes de performance sociale et de retour sur investissement de 3,00 $ par $ investi. Au niveau AFNOR, comme je vous le disais avec l’expérimentation en Aquitaine, nous avons donc mobilisé des entreprises pilotes pour explorer cette dimension « positive » de la santé au travail, co-construire des outils méthodologiques inspirés de la démarche « Entreprise en Santé » et les tester au travers de diagnostics croisés. Parallèlement, au niveau national, AFNOR a signé un partenariat en février 2014 avec l’organisme québécois Groupe Entreprise en Santé pour déployer une offre de services SQVT en France avec des solutions en termes de formation, de certification de compétences et d’animations collectives.

Pour vous, la SQVT, c’est l’avenir ! Stéphane Mathieu : On perçoit nettement, depuis un an, un virage sur les questions de

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santé au travail. On bascule vers une pensée et un discours positifs, optimistes et constructifs sur ces questions complexes et sensibles. Il y a des volontés de changer. Dans cette perspective, l’approche québécoise est intéressante : elle est positive, pragmatique et préventive. Au-delà du constat des effets délétères pour la santé reliés à telle organisation ou tel environnement professionnel, les réflexions actuelles portent sur la préservation du capital humain et la recherche de démarches concrètes qui puissent y contribuer. Avec la définition et l’adoption de pratiques favorables à la santé. C’est un champ extraordinaire d’innovation sociale et organisationnelle. Le lien entre bien-être et performance de l’entreprise commence à être partagé. Des clignotants favorables sont nettement perçus. Attention aux conditions de réussite et de succès ! La Santé et la Qualité de Vie au travail et la Responsabilité Sociale des entreprises constituent des enjeux d’avenir pour chaque entreprise. Ces démarches ne réussiront que s’il existe une réelle implication de la direction, sans tomber dans la dérive d’un simple affichage. Sous ces conditions, il y a une nouvelle place à prendre pour les services de santé au travail et les partenaires sociaux. Pour de nombreuses

organisations, il va falloir sortir des jeux de postures acquises. De nouvelles postures sont à conquérir !

Quel conseil donneriezvous à un patron de TPE ou de PME ? Stéphane Mathieu : Allez-y ! Ces démarches SQVT révèlent les vrais gisements de leur entreprise : ceux de leur capital humain. Elles sont sources de véritables innovations sociales et managériales. En termes de conseils, j’en citerai trois : • L’engagement doit être sincère et durable

• La démarche doit impérativement reposer sur le volontariat au niveau des salariés • Il convient d’adopter le principe des petits pas en encourageant l’adhésion progressive et en valorisant les succès au fur et à mesure. Le fait que la direction engage une démarche sera perçu comme un vrai signe de reconnaissance « affective » au niveau des salariés d’une PME ou TPE. Leurs attentes sont incroyablement significatives sur ces questions de santé physique et psychologique.

« Les services de santé au travail répondent à un besoin et des attentes exprimées au sein de nombreuses entreprises »

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De quoi parle-t-on ? Les partenaires sociaux sont très clairs : «La compétitivité des entreprises passe notamment par leur capacité à investir et à placer leur confiance dans l’intelligence individuelle et collective pour une efficacité et une qualité du travail. Elle dépend aussi de leur aptitude à conjuguer performances individuelles et collectives dans le cadre du dialogue social. La qualité de vie au travail contribue à cette compétitivité» (Accord National Interprofessionnel du 19 juin 2013).

La santé…

DOSSIER

Santé et Qualité de Vie au Travail

Dès 1946, dans le préambule relatif à sa Constitution, l’Organisation Mondiale de la Santé écrit que : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». 69 ans après, cette définition n’a rien perdu de son actualité. Le mot « bien- être » était déjà employé en 1946 !

…et la qualité de vie… En 1994, L’Organisation Mondiale de la Santé définit la qualité de la vie comme « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s’agit d’un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement ». Une notion au sein de laquelle la dimension et la perception personnelles jouent un rôle fondamental !

… au travail ! Dans l’Accord National Interprofessionnel signé le 19 juin 2013, la qualité de vie au travail « a comme objectif de concilier les modalités de l’amélioration des conditions de travail et de vie pour les salariés et la performance collective de l’entreprise. Elle fait valoir que la perception qu’ont les salariés de la qualité de vie au travail dépend de leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de leur travail. Elle met en avant le rôle des salariés et de leurs représentants en tant qu’acteurs de la construction des solutions proposées, notamment organisationnelles, aux côtés des directions, de l’encadrement et des experts. En cela, c’est un objet à part entière des relations sociales dans l’entreprise ». Le même accord précise : « Elle peut se concevoir comme un sentiment de bien - être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué ».

A noter ! Qualité de vie au travail et Qualité des soins. Dans la procédure de certification des établissements de santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) considère que le développement de la Qualité de Vie au Travail (comme définie ci-dessus par l’ANI du 19 juin 2013) est une des dimensions à prendre en compte. La qualité de Vie au Travail est un des facteurs de Qualité des soins. Tout simplement !

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Points de vue

Semaine de la Qualité de Vie au Travail

Une mobilisation nationale annuelle Du 15 au 19 juin 2015, a eu lieu la 12ème semaine de la Qualité de Vie au Travail. Depuis 2003, les chefs d’entreprise et les salariés, les responsables Ressources Humaines, les consultants, les managers, les médecins du travail, les chargés de prévention, les partenaires sociaux et les institutionnels sont donc invités à partager, dans chaque région, expériences et connaissances sur la Qualité de Vie au Travail. Ce rendez-vous phare de la vie sociale et économique française est porté par le réseau ANACT-ARACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail – Agences Régionales pour l’Amélioration des Conditions de Travail). Merci aux directions des ARACT Nord-Pas-de-Calais et Picardie de nous livrer leurs points de vue.

Christian ALLIES

Directeur de l’ARACT Nord-Pas-de-Calais (Association Régionale de l’Amélioration des Conditions de Travail) Délégué régional ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail)

« Il en ressort que l’entreprise peut être « libérante », au-delà d’être libérée ! » Nous sommes là pour améliorer les performances d’une entreprise en s’appuyant tous ensemble sur l’organisation du travail pour améliorer la santé des salariés et de leurs dirigeants. Il n’y a pas de définition de la « Santé et Qualité de Vie au Travail », car il s’agit d’un cadre défini par les partenaires sociaux. Néanmoins : les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte (ANI1 du 19 juin 2013). Ce cadre ouvre des chantiers expérimentaux. Chaque entreprise va rentrer dans la Qualité de Vie au Travail à travers son prisme : l’absentéisme, la santé ou des dysfonctionnements qui lui sont propres, l’existence préalable d’accords divers... La question commune est la suivante : comment les organisations de travail, à travers leurs dirigeants et les représentants des salariés, arrivent à se projeter dans l’avenir à travers leurs pratiques du dialogue social ? A ce titre, la Santé et la Qualité de Vie au Travail est un nouveau challenge pour l’entreprise toute entière... Aujourd’hui, la réflexion porte sur la Qualité de Vie au Travail et la Responsabilité Sociale des Entreprises, comme autant de facteurs de développement de celles-ci.

Certes, ce challenge n’existe pas partout… Il est important parce que l’environnement économique et social fait que l’on est obligé d’interroger des éléments nouveaux : nous allons travailler plus longtemps et la prise de conscience de l’impact des organisations ne fait que commencer... Il y a deux ans, la mobilisation était faible sur ce thème. Aujourd’hui nous avons des demandes du secteur public et du secteur privé qui souhaitent s’engager dans des intentions de projets de Qualité de Vie au Travail. Et je dirais très simplement : on ne fait pas tout n’importe comment et on ne fait pas tout en un seul coup ! Il faut injecter un peu de méthode. Il y a un cadre d’expérimentation, ancré dans les réalités de l’entreprise : sa stratégie, le vécu des managers et des salariés, l’état du dialogue social interne... Cette année, pour la Semaine de la Qualité de Vie au Travail, nous avons donné la parole aux chercheurs, aux salariés et aux dirigeants d’entreprise. Il en ressort que l’entreprise peut être « libérante », au-delà d’être libérée ! A condition de se poser une question : comment manager autrement demain ? Devenir animateur plus que contrôleur... 1 Accord National Interprofessionnel du 19 juin 2013

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Directrice CESTP-ARACT de Picardie Centre d’Ergonomie et de Sécurité du Travail – Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail

« la Qualité de Vie au Travail concerne toutes les activités et tous les secteurs de l’économie ». Le CESTP-ARACT Picardie est une structure paritaire au service des entreprises du territoire, pour le développement de l’innovation sociale. A l’ARACT, pendant de nombreuses années, nous nous sommes intéressés aux conditions de travail avec l’optique d’être attentifs à leurs dégradations. Au fil de nos expériences et actions auprès des entreprises, nous avons évolué. Certes, il faut repérer et identifier les situations dégradées. Mais il faut aussi et surtout s’appuyer sur les facteurs de qualité de vie au travail que l’entreprise utilise. Nous disposons d’une méthodologie, commune au réseau ARACT-ANACT, permettant d’identifier les leviers et ressources de l’entreprise pour améliorer la qualité de vie au travail. Elle repose sur six axes : partage et création de valeur, employabilité et développement personnel, contenu du travail, santé au travail, relations de travail et climat social, égalité des chances. Actuellement, nous développons cette méthodo-

DOSSIER

Laurence THÉRY

logie dans des établissements du secteur social et médico-social ou encore dans le secteur des industries agroalimentaires. Depuis déjà douze ans, nous participons à la Semaine pour la Qualité de Vie au Travail, mise en place par le réseau ANACT-ARACT. En Picardie, nous décernons, chaque année, le trophée Qualité de Vie au Travail à trois entreprises, pour valoriser leurs démarches. En 2015, le thème était : « Rendre le travail parlant avec des espaces de discussion sur le travail ». Nous avons organisé une conférence débat portant sur le « Le lean en débat : enjeux de santé et performance », un atelier de co-développement sur le management avec La Poste, et une conférence avec le Centre Régional d’Economie Sociale et Solidaire, traitant de la Qualité et la Santé au travail dans les structures d’économie sociale et solidaire. Ces exemples démontrent que la Qualité de Vie au Travail concerne toutes les activités et tous les secteurs de l’économie.

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Santé au Travail d’Arras-Béthune-Hénin-Lens (AST 62-59)

Prévenir le risque psychosocial, c’est possible ! Implanté près de Ruitz, l’APIC (Atelier Protégé pour l’Industrie et le Commerce) comprend 70 salariés. Rattaché à l’APEI « Les Papillons Blancs » de Béthune, l’APIC embauche des personnes en situation de handicap. Elle développe trois axes d’activités : montage et assemblage (notamment d’échafaudages), mécano-soudure et travaux de finition de bâtiment. Suite à la visite médicale d’un salarié, décision est prise entre l’APIC et l’AST 62-59, son service de santé au travail, d’inclure l’évaluation du risque psychosocial dans le Document Unique d’Évaluation des Risques. Les situations critiques sont alors identifiées selon une démarche rigoureuse, associant le médecin du travail et une ergonome de l’AST 62-59, les salariés et la direction de l’APIC. Le dialogue initié par la méthodologie permet d’aborder « sans tabou » la question du risque psychosocial.

Pour Hervé Denonelle, directeur de l’APIC : « Les risques psychosociaux font peur. Ils ne sont pas évidents à aborder au sein d’une entreprise. Sur 70 salariés, 10 ne sont pas orientés vers une entreprise adaptée. Pour moi, nous avons les mêmes problématiques qu’une entreprise classique vis-à-vis du risque psychosocial. Avec l’AST 6259, nous avons appris à aborder ce risque, comme un autre risque. Ils nous ont apporté une méthodologie ». Le docteur Fabrice Roy est le médecin du travail de l’AST 62-59 qui suit l’APIC : « Le suivi médical d’un salarié nous a amenés à nous questionner sur l’existence de tensions psychosociales et d’en évaluer l’importance. Nous avons proposé à l’APIC d’utiliser la méthode C2R, modèle d’analyse des risques psychosociaux développé par l’ANACT, Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail ». Cette méthode a été déployée en liaison avec le CHSCT 18

(Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Une approche participative La méthode C2R, comme « Contraintes Ressources Régulation » évalue six facteurs de risque : l’intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, le degré d’autonomie, la qualité des rapports sociaux, la souffrance éthique et l’insécurité de la situation de travail. Ergonome européen à l’AST 62-59, Marie-Françoise Roy explique : « On part de situations réelles de travail, dont on analyse les contraintes et les ressources, grâce à l’expression des salariés. Des situations-problèmes sont alors identifiées et sont mises en débat pour trouver les actions à mener. La première phase est de former la direction et les salariés à la méthodologie, pour qu’ils se l’approprient et ouvrent un dialogue permanent sur cette notion de tension psychologique

et sociale dans la réalisation d’une tâche ou d’une activité. Cette tension peut résulter de l’organisation. L’organisation peut être améliorée si le collectif arrive à échanger à son sujet ». Des retombées concrètes En juillet, un comité de pilotage associant la direction et des salariés représentant les différents métiers est installé. Il est formé sur la compréhension des risques psychosociaux et la démarche C2R. En septembre, des salariés sont formés à la réalisation d’entretiens auprès de leurs collègues. En novembre-décembre, les situations-problèmes étaient collectivement analysées. Marie-Françoise Roy précise : « 60 entretiens ont eu lieu. 5 situations à risques qui pour finir n’avaient qu’une seule origine et 14 situations irritantes ont été repérées. Elles ont toutes été mise en débat collectif pour l’élaboration de solutions ».

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Hervé Denonelle conclut : « En 2014, nous avons pris du temps. En 2015, nous en gagnons. Car, aujourd’hui, la méthode est entrée dans le fonctionnement de l’entreprise, qui peut ainsi améliorer et ajuster en continu son organisation, tout en préservant la santé de ses salariés. Je pense qu’aujourd’hui, chacun trouve sa place et son importance dans l’établissement ».

APIC, Atelier Protégé pour l’Industrie et le Commerce 70 salariés

Hervé DENONELLE, Directeur RUITZ SANTE AU TRAVAIL D’ARRAS-BETHUNE-HENIN-LENS (AST 62-59) 1 Association de Parents d’Enfants Inadaptés


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TPE spécialisée en chimie

TMS : performance et prévention sont « ergo-compatibles » ! Créé en 1898, LEFRANT RUBCO s’étend sur 80 000 m², à Muille-Villette, près de Péronne. 27 personnes travaillent sur le site. Reprise en 2007 par des actionnaires locaux, LEFRANT RUBCO travaille la chimie à façon et fabrique des additifs pour caoutchouc et des agents dispersants écologiques pour les peintures. 70 % du Chiffre d’Affaire se fait à l’exportation. Au début de 2013, l’ASMIS (Association Santé et Médecine Interentreprises du Département de la Somme) propose ses compétences en ergonomie, pour améliorer le poste de mélange et conditionnement de chimie poudre. Fin 2013, une nouvelle ligne de production est mise en route. Les résultats sont là : la prévention des TMS permet d’améliorer la compétitivité et la satisfaction des clients !

Thierry Geistel est directeur de site : « J’ai deux types de clients. D’une part, les acheteurs de nos produits ou clients externes, qui sont très sensibles à la qualité et aux délais. D’autre part, mes salariés ou clients internes, dont le bien-être au travail est gage d’une production performante ». Il vient d’arriver sur le site quand il reçoit le docteur Jean-Marc Geslin, médecin du travail de l’ASMIS, qui suit LEFRANT RUBCO : « J’ai présenté les différents pôles de l’ASMIS. Monsieur Geistel m’a parlé de ses projets et de sa volonté d’améliorer les conditions de travail. L’intervention de Nathalie Lachambre, ergonome à l’ASMIS, l’a tout de suite intéressé ». Une des priorités est l’amélioration des conditions de travail et la prévention des Troubles Musculo-Squeletiques sur un poste où les salariés atteignent la cinquantaine. 20

Un investissement conséquent… « Nous sommes au tout début 2013 quand je fais connaissance de Nathalie Lachambre», précise Thierry Geistel. « Dans l’entreprise, nous avions remarqué deux ou trois points évidents d’amélioration sur un poste de travail. Elle a observé l’ensemble de la ligne de fabrication. En filmant les situations de travail, en impliquant et associant les salariés à l’analyse de leurs tâches et activités, en étant à l’écoute de leurs besoins et contraintes. Elle nous a apporté une méthodologie que nous n’avions pas ». Nathalie Lachambre précise : « L’important est de bien identifier le projet de l’entreprise, ses volontés et le sens de sa démarche. En donnant la parole aux salariés et en observant les postes, nous avons identifié 30 séquences de travail alors que l’entreprise en avait repéré 10… ». Pour l’entreprise

se pose alors la question de concevoir et installer une nouvelle ligne de fabrication. L’investissement est quatre fois plus élevé que celui envisagé au début de la réflexion collective. Un retour sur investissement en conséquence ! « J’ai réfléchi… et j’ai dit : on y va ! » nous raconte, avec passion, Thierry Geistel. « Nathalie Lachambre nous a mis en contact avec Emmanuel Delecourt, Ingénieur Conseil – Direction des Risques Professionnels de la CARSAT1 Nord Picardie pour l’obtention d’une Aide Financière Simplifiée. Tout a été très rapide. Devant notre dossier, la CARSAT a donné son feu vert en mars 2013, en nous apportant une subvention correspondant à 40 % de l’investissement ». La mise en route s’est effectuée en 3 jours au lieu des 5 prévus. Le même niveau de production

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est atteint en 5 jours et non pas 6 ou 7. La maintenance en est facilitée. L’installation sera amortie en 3 ans au lieu des 5 prévus. Et les salariés sont formels : la pénibilité a été réduite. Et les clients, satisfaits de l’amélioration des délais de livraison.

LEFRANT RUBCO 27 salariés Thierry GEISTEL, Directeur de site MUILLE-VILLETTE SANTE AU TRAVAIL DE LA SOMME (ASMIS)

1 Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au travail


COMMENT FAIRE EN ENTREPRISE ? En France, les partenaires sociaux ont signé, le 19 juin 2013, un Accord National Interprofessionnel intitulé : « Vers une politique d’amélioration de la Qualité de Vie au Travail et de l’Egalité Professionnelle ». Ces notions sont donc inscrites dans le dialogue social. L’arrêté d’extension de cet accord a été publié au Journal Officiel du 15 avril 2014. Compte-tenu de son caractère expérimental, le présent accord est conclu pour une durée déterminée de 3 ans, à compter de son entrée en vigueur. Il cessera, de plein droit, de produire ses effets au terme de ce délai, c’est-à-dire le 15 avril 2017. Les notions présentées ci-après sont extraites de cet Accord National Interprofessionnel.

DOSSIER

Santé et Qualité de Vie au Travail

Fiche détachable

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1 Approche systémique (article 3) « Traiter de la qualité de vie au travail et de la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, éléments incontournables pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, est un enjeu majeur de progrès social et de performance économique pour les Entreprises ».

2 Eléments descriptifs (article 2) « La qualité de vie au travail résulte de la conjonction de différents éléments - qui participent du dialogue social - et de la perception qu’en ont les salariés, tels que : · la qualité de l’engagement de tous à tous les niveaux de l’entreprise ; · la qualité de l’information partagée au sein de l’entreprise ; · la qualité des relations de travail ; · la qualité des relations sociales, construites sur un dialogue social actif ; · la qualité des modalités de mise en œuvre de l’organisation du travail ; · la qualité du contenu du travail ; · la qualité de l’environnement physique ; · la possibilité de réalisation et de développement personnel ; · la possibilité de concilier vie professionnelle et vie personnelle ; · le respect de l’égalité professionnelle ».

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Elaborer la démarche dans le cadre du dialogue social (article 13 et suivants) • Faire un diagnostic partagé de négociation retenus.

permettant de spécifier les thèmes

La réalisation du diagnostic préalable partagé doit faire l’objet d’une information des salariés et implique la mise en œuvre d’une méthodologie qui favorise leur participation et la confiance. Le diagnostic préalable doit permettre de déterminer les enjeux propres à l’entreprise en matière de qualité du travail, de qualité de vie au travail et de conciliation des temps.

DOSSIER

Fiche détachable

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Qualitatif et quantitatif, il doit être établi selon des modalités réalisables quelle que soit la taille de l’entreprise, en croisant notamment les éléments déjà existants dans l’entreprise. • Définir, élaborer et mettre en œuvre des actions collectives et individuelles Ces actions portent, en fonction du diagnostic et de la situation de l’entreprise, sur les thèmes participant de la qualité de vie au travail. •S’appuyer sur les différents outils existants dans l’entreprise •Favoriser l’expression directe des salariés Sur leur travail, l’amélioration des processus de leur travail, les marges d’autonomie dont ils pourraient disposer. Ces modalités pourront faire l’objet d’expérimentations. • Utiliser des indicateurs de suivi Ces indicateurs peuvent être de trois types : - indicateurs de perception des salariés - indicateurs de fonctionnement - indicateurs de santé au travail.

LIRE LE TEXTE INTÉGRAL DE L’ANI DU 19 JUIN 2013

Permettant d’évaluer la mise en œuvre d’actions concrètes dans l’entreprise et donc relevant des thèmes qui seront retenus l’entreprise, ils pourront notamment relever des domaines suivants : - les relations sociales et de travail ; - le contenu et la qualité du travail ; - l’environnement physique de travail ; - la réalisation et le développement professionnel ; - l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes ; - la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle ; - la mixité des emplois ; - les modalités de mise en œuvre de l’organisation du travail.

CHAQUE ENTREPRISE bénéficie d’une expertise indépendante en santé au travail, grâce à son médecin du travail et ses collaborateurs. Je note ses coordonnées.

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ZOOM SUR

Association Santé travail 62-59

La route : première cause d’accident du travail ! Chaque année, en France, 600 personnes meurent d’un accident du travail. Et 55 % des accidents mortels du travail sont des accidents de la route, selon la Sécurité Routière. La route est donc la première cause de mortalité par accident du travail, soit lors du trajet entre le domicile et le lieu de travail (accident de trajet), soit lors d’un déplacement nécessité par le travail lui-même (accident de mission). Ces chiffres parlent d’eux même. On l’oublie trop souvent… C’est pourquoi l’AST 62-59 (Santé au travail d’Arras-BéthuneHénin-Lens) met en place progressivement une offre de service auprès de ses entreprises adhérentes. Notamment auprès des TPE et PME.

Au sein du service, un groupe de travail «Risque routier» a vu le jour (voir encadré). Assistante en Santé au Travail, Emeline Lemaire pilote ce groupe. Elle a été formée à l’Institut National de Sécurité Routière et de Recherches (INSERR) à Nevers, seul organisme national de formation spécifiquement dédié à la Sécurité Routière. « En effet, face à l’accident de la route, la prévention est la seule attitude qui puisse réduire le coût humain des personnes blessées ou décédées. Chacun doit prendre conscience de ses comportements générateurs de risque. Et les éviter. Les obligations de maintenance des véhicules sont complémentaires des comportements routiers adéquats. En grande majorité, les accidents surviennent avec des véhicules correctement entretenus ou chargés ». Document Unique : une première approche ! Le risque routier doit être abordé dans le Document Unique d’Evaluation des Risques (DUER). « Le document unique est une porte d’entrée pour aborder le risque routier en entreprise. Que ce soit en accident de trajet ou accident de mission, le risque routier est le risque majeur en termes d’accident du travail. Les données en accidentologie routière permettent une évaluation du risque adaptée à l’entreprise ». Le DUER permet aussi de définir une politique de prévention adaptée.

car « la route parle à chacun et c’est une manière d’aborder le risque et la maîtrise du risque de manière très didactique ». Le programme est complet : « Nous abordons l’évaluation du risque routier dans le Document Unique avec un diagnostic des facteurs d’accident par la méthode VECO, comme Véhicule-Environnement-ConditionsOrganisation ». Un rappel du Code de la route peut être effectué. « La mise en place de plan d’actions, avec des exemples concrets, et la sensibilisation des salariés sont des suites logiques ». Sensibilisation des salariés : une suite logique « L’idéal est d’intervenir dans une entreprise au sein de laquelle le chef d’entreprise est sensibilisé. Deux types de modules sont possibles : sensibilisation au risque routier ou rappel du Code de la route. Ces modules font appel à des supports pédagogiques modernes et interactifs. On peut citer par exemple la mesure du temps de réaction par simulateur ! ». L’acquisition de comportement favorable à la prévention des accidents de la circulation est au cœur de la sensibilisation. L’entreprise est un lieu où l’on peut toucher un maximum de gens « pour des comportements citoyens ». Emeline Lemaire conclut : « Il suffit de visiter des Centres spécialisés dans la rééducation pour se convaincre que l’accident de circulation ne doit pas avoir lieu ! ».

Echanges et sensibilisations des chefs d’entreprise : un premier pas ! « Nous organisons des réunions de sensibilisation d’une heure et demi à deux heures, à destination des chefs d’entreprise de TPE ou PME ». Ces réunions permettent des échanges très concrets, 24

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ZOOM SUR

» Le groupe « Risque Routier t, le groupe associe

aria Composé sur la base du volont es très complémentaires : des personnes aux compétenc en santé travail, - Emeline LEMAIRE, assistante pilote du groupe éral de l’AST 62-59 - Alain CUISSE, Directeur Gén ISNE, Joris FACQ, - Michel COLIN, Yveline DEGU du travail François JARYSTA, médecins rvenante en addictions - Tifanie BOULINGUEZ, inte en santé travail - Magali SAUVAGE, infirmière té travail - Fanny Magret, assistante en san Hygiène Sécurité - Benoît ZAEPFFEL, ingénieur Environnement ce Prévention des Risques - Laurence CLETON, formatri liés à l’Activité Physique enne Hygiène Sécurité - Lauriane PLUMART, technici Environnement.

il emière cause de décès au trava En France, la route est la prAM TS et source INRS) rce CN (Données arrondies selon sou ts du travail avec arrêt par an,

iden •Au total, près de 700 000 Acc dont 600 mortels. te, an sont des accidents de la rou travail perdues. • 74 000 accidents du travail par de es rné jou de s ail et 5 million la route, soit 10,5 % des accidents du trav de ts du travail sont dus aux acciden • 67 % des accidents mortels ues ure particulière ou un deux-ro soit 400 décès par an. ail mettent en cause une voit trav du s tier rou ts den acci • 50 % des motorisé. un camion. s du travail mettent en cause • 11,3 % des accidents routier véhicule utilitaire. un se cau en du travail mettent • 7,1 % des accidents routiers

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ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

> Risques chimiques

colorisk.fr : toujours plus d’infos et toujours plus convivial !

Le docteur Virginie Dieu, est médecin référent en toxicologie à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord : « En liaison étroite avec la branche professionnelle, représentée par la CAPEB, colorik.fr bénéficie d’une étroite collaboration entre médecins du travail, ergonomes, toxicologues industriels et enseignants de la branche professionnelle. Cette pluridisciplinarité apporte une richesse inédite d’informations pragmatiques. Le but est de permettre à chacun de bénéficier de conseils avertis en prévention des risques chimiques. Dans la version 2014, nous avons élargi le champ d’information aux travaux en hauteur, aux manutentions, à la co-activité, au bruit, au risque électrique, etc. Notre but est de donner une approche globale des risques liés à l’activité de peinture ». Le « Tout en un » Le site permet de bénéficier d’informations pratiques pour l’évaluation des risques et de conseils pour la prévention. Pour les salariés, des fiches synthétiques ont été réalisées. Ceci permet de savoir si une substance est classée à risque CMR, c’est-à-dire Cancérogène, Mutagène ou Toxique pour la reproduction. Le contenu a évolué depuis 2010 pour

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Quand on pense peinture, on pense risque chimique ! Et on a raison. Depuis 2010, le site colorisk.fr constitue une mine d’informations, facilement accessible et toujours disponible ! Entrez selon votre profil : salariés peintres en bâtiment, artisans peintres en bâtiment, professionnels de santé au travail, professionnels de l’enseignement et même… peintres du dimanche ! Et bénéficiez de conseils appropriés. Ouvert en 2010, le site a été remis à jour en 2014 : nouvelle ligne graphique et lecture plus agréable, mais aussi et surtout nouvelle architecture avec des actualisations et des compléments de contenus.

tenir compte également de l’évolution des peintures et de leurs compositions. Une rubrique « Question/Réponse » a été ouverte pour tenir compte des demandes les plus fréquemment rencontrées en pratique quotidienne. Par exemple : « Je suis enceinte, puis-je peindre ? ». Faciliter les échanges Virginie Dieu précise : « Attention, le site ne remplace pas l’échange direct avec le médecin du travail et son équipe. Il permet de gagner du temps. Il permet d’avoir accès aux informations au moment où on le souhaite. Mais cette information doit toujours être resituée dans la situation réelle de travail. Les équipes de santé au travail sont là pour compléter cette information et ouvrir un dialogue au sein de l’entreprise ou du centre de formation ». Rien ne remplace en effet un échange direct avec son médecin du travail. Une navigation intuitive Chacun peut entrer dans le site par un des cinq profils : salariés peintre en bâtiment, artisan peintre en bâtiment, professionnel en santé au travail, peintre du dimanche ou professionnel de l’enseignement. Une

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phrase d’accueil rappelle l’objectif du site. Pour les salariés peintres en bâtiment « Le site COLORISK permet de compléter les connaissances sur les substances présentes dans les peintures et ainsi de mieux cerner le risque qu’elles représentent pour la santé et mieux s’en protéger. COLORISK est aussi une base de données documentaires, riche en supports d’information sur le risque chimique, utiles dans la pratique professionnelle pour adopter de bonnes habitudes de travail ». Une série de questions vous permet de poursuivre la navigation selon votre centre d’intérêt. Bonne navigation !

SIX PARTENAIRES Colorisk.fr est le fruit d’un partenariat entre : - PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord - AST 62-59 (Association Santé Travail 62-59) - CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) - ARS Nord-Pas-de-Calais (Agence Régionale) - Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais - ISTNF (Institut de Santé au Travail du Nord de la France).


Enseignant-Chercheur à l’Université de Montpellier et à Montpellier Business school, Olivier TORRES est un économiste « à part ». En effet, la majorité des chercheurs en économie travaillent sur les grandes entreprises. Olivier TORRES, lui, a orienté, très tôt, ses travaux de recherche sur les TPE et PME. Leur insertion au sein de leurs territoires, la notion de proximité, les conditions de leur pérennité sont ses thèmes de prédilection. Il a ainsi travaillé sur la « santé » des petites et moyennes entreprises. Et tout naturellement sur la santé de leurs dirigeants. Très spontanément, il a accepté d’être interviewé par Entreprise & Santé. Avec passion et un accent du sud très chaleureux, Olivier TORRES nous livre donc ses réflexions… A lire sans modération !

Olivier TORRES Enseignant-Chercheur à l’Université de Montpellier

©M. Castano

INTERVIEW

« Je suis un économiste PMiste » Vous êtes économiste. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la santé des dirigeants de TPE-PME ? Olivier Torrès : Je suis un économiste PMiste ! Car 99,80 % des entreprises en France ont moins de 250 salariés. Elles représentent 60 % des emplois salariés, hors statuts de la fonction publique. Et 55 % du PIB, le fameux Produit Intérieur Brut… Et aussi 2,4 millions de travailleurs non salariés. Le monde des PME et TPE représente donc 2 emploi sur 3 ! Ces entreprises sont partout… Sauf dans les théories économiques et celles du management. Ces théories parlent du « salarié » et du « cadre » en faisant référence, quasi exclusive, aux grandes entreprises. Et dans la majorité de ces théories, l’employeur est oublié ! Ces théories sont toutes nées de la révolution industrielle. Le monde a évolué.

Dans la même lignée, tous les modèles portant sur la santé des salariés s’appliquent mal pour les TPE et PME et pas du tout pour les non salariés. La problématique d’une grande entreprise n’est pas celle d’une TPE ou d’une PME. Pour exemple, le « patron » d’une PME ou d’une TPE appartient à la classe moyenne en termes de revenu. Pour 50 à 60 heures par semaine, on est entre 3 000 à 4 000 euros par mois. On est loin des revenus d’un dirigeant salarié de grande entreprise. Et pourtant ce sont ces revenus qui font toujours la une de la presse, donnant une image du « patron », qui ne correspond pas à la réalité des TPE et PME. Les sciences économiques et du management ont donc littéralement zappé la PME et la TPE. De nombreux auteurs ne s’intéressent qu’à la grande entreprise. D’où un effet « Gulliver »

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INTERVIEW : OLIVIER TORRES

Un phénomène anodin pour un grand groupe peut avoir un effet cataclysmique dans une TPE ou une PME

en termes de représentation : on ne voit les patrons qu’à travers ce qui est dit et écrit sur les dirigeants des grandes entreprises. Il faut développer une véritable intelligence de la TPE et la PME. Pour vous, la santé du dirigeant est le premier actif immatériel de la TPE ou la PME. Pouvez-vous nous expliquer ? Olivier Torrès : Je vais être direct. Prenons des exemples. La mort de Steve Jobs a fait baisser l’action d’Apple de 1%... La mort accidentelle de Christophe de Marjerie n’a pas fait disparaître le groupe Total. En 48 heures, il est remplacé. Prenons l’exemple de Michelin : le groupe est capable de survivre à la mort de celui qui l’a fondé. Par contre, si un patron de PME se tue contre un platane, c’est, en règle générale, le dépôt de bilan. C’est la théorie de l’effet du grossissement, forgé par Henri Mahé de Boislandelle : un phénomène anodin pour un grand groupe peut avoir un effet cataclysmique dans une TPE ou une PME. En PME/TPE, la santé du dirigeant est le premier actif immatériel, en termes de comptabilité. Alors que les frais de communication ou de publicité entrent dans la comptabilité, la santé du dirigeant n’y figure pas. Le système comptable se moque de la santé et l’ignore… Il est vrai qu’il est né à partir des grandes entreprises ! En 2009, vous avez créé AMAROK, le premier observatoire de la santé des dirigeants. Pourquoi ? Olivier Torrès : Plus la taille de l’entreprise est petite, et plus la structure est légère, 28

moins on a de connaissances. Il y a des sujets pour lesquels nous n’avions même aucune connaissance. Comme la santé des dirigeants de TPE et PME, par exemple. Dans le monde de la santé au travail, il existe un biais de représentation, car on parle quasi-exclusivement des salariés avec le prisme des grandes entreprises… D’où l’idée de l’observatoire AMAROK. C’est est un observatoire à vocation scientifique et expérimentale dont le but est l’étude des croyances, des attitudes et des comportements des dirigeants de PME, artisans et commerçants, à l’égard de la santé physique et mentale, que ce soit leur propre santé ou celles de leurs salariés. Pourquoi ce nom bizarre : « AMAROK » ? Olivier Torrès : Ce nom provient d’une légende Inuit, qui signifie que le loup doit protéger le caribou. Sinon, il crée les conditions de sa propre famine. La société doit protéger les patrons de TPE et de PME, car, comme les caribous, ce sont eux qui nourrissent l’économie réelle… Personnellement, je m’intéresse depuis plusieurs décennies aux TPE ou la PME, car il y une injustice flagrante de la société vis-à-vis d’elles. Par exemple, il existe peu d’historiens de la PME pour des raisons de difficultés méthodologiques. On peut facilement explorer les trois siècles d’archives de Saint Gobain. Une PME ou une TPE, elle, ne laisse pas beaucoup d’archives. Il en est de même, pour la sociologie. Les grands auteurs de la sociologie ont publié sur le patronat du CAC 40. Les idées et les mots ne sont pas

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applicables aux TPE ou PME. Or, comme dit Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » ! Donc, on s’est très peu intéressé aux TPE ou PME, qui sont portant les « fantassins de l’économie ». On est devant une mécanique qui renvoie la TPE ou la PME au second plan. Or, dans leur ensemble, elles font tourner l’économie. Le nom « Amarok », c’est une façon de remettre les idées en place : les patrons de TPE ou PME ne sont pas des loups et il faut les protéger. Quels en sont vos premiers enseignements ? Olivier Torrès : Avec Thomas Lechat, nous avons beaucoup travaillé sur la mesure du stress des dirigeants de TPE et PME. Je ne parle pas des cadres d’entreprises qui gèrent des budgets. Je parle bien des chefs d’entreprises qui gèrent une trésorerie. C’est très différent. Diplômé de l’Institut Supérieur du Commerce de Paris et docteur en management de l’Université de Montpellier, Thomas Lechat est aujourd’hui ingénieur de recherche à l’Observatoire Amarok. Ses travaux, notamment publiés dans HBR France, Harvard Business Review, concernent le stress, la satisfaction et la santé au travail des chefs d’entreprise. Notre principale conclusion peut se résumer en un slogan : « Entreprendre, c’est bon pour la santé ! Bien que le patron d’une TPE ou d’une PME soit souvent dans une situation de stress, de surcharge de travail et de solitude, ces contraintes sont plus choisies que subies. C’est une question d’état d’esprit. De ce fait, elles pèseront moins


BIOGRAPHIE express

La santé du dirigeant est le premier actif immatériel de la TPE ou la PME

que sur un salarié. En faisant 60 heures par semaine et plus, le patron d’une TPE ou d’une PME est en « auto-exploitation librement consentie ». Mais ce qui les fait tenir, tient à ce que les psychologues de la santé appellent les facteurs salutogènes : la maîtrise de son propre destin, l’endurance apprise à l’épreuve des faits, l’optimisme et la passion nécessaires au succès. A priori, ces facteurs permettent de « vivre mieux et plus longtemps ». En outre, de manière endogène, la fonction de dirigeant crée l’espoir, la capacité de se projeter et la fierté de réussir. Si ces éléments ne sont pas là, le chef d’entreprise d’une TPE ou d’une PME peut être en difficulté… Ces éléments, très factuels, jouent un rôle important. Vous avez beaucoup travaillé sur l’importance des TPE et PME vis-à-vis de leurs territoires d’implantation. La santé du dirigeant de TPE et PME a-t-elle une influence qui va au-delà de son entreprise ? Olivier Torrès : Oui. Des chercheurs américains ont fait le constat que sur les territoires où le taux de TPE ou PME est élevé, les gens sont en meilleure santé. C’est surprenant mais pas étonnant. L’explication est la suivante : la petite entreprise génère beaucoup de valeurs positives pour les habitants comme notamment un plus fort esprit entrepreneurial. Les habitants du territoire, dans leur majorité, sont également salariés de ces petites entreprises. Ils connaissent bien leur patron, avec lequel ils ont des relations de proximité et de

solidarité. La PMisation d’un territoire est un facteur salutogène car elle génère des comportements plus responsables et un sentiment de maîtrise du destin. Il n’y a rien de pire qu’un territoire dépendant d’une grande multinationale qui peut du jour au lendemain fermer son implantation locale pour aller se localiser ailleurs. Un mot pour conclure ? Olivier Torrès : En santé au travail, il est temps de changer nos représentations. Et d’améliorer nos connaissances. Cellesci sont issues, comme en économie, de l’étude de ce qui se passe dans les grandes entreprises. Ces connaissances, hormis par exemple ce qui relève de l’environnement physique de travail comme l’exposition au risque chimique ou au bruit, ne sont pas toujours transposables aux TPE et PME. Car les relations au travail et au dirigeant ne sont pas les mêmes. Et le « moteur » du chef d’entreprise de TPE ou PME n’est pas le même que pour un dirigeant, lui-même salarié, d’une grande entreprise. Nous avons tout à découvrir avec les TPE et les PME !

OLIVIER TORRES Originaire de Sète, ses parents tenaient un bar. Il a donc grandi dans l’ambiance d’une TPE. Economiste de formation et normalien, Olivier Torrès a choisi de faire sa carrière d’enseignant-chercheur sur des thèmes « originaux », mais combien essentiels ! En effet, il s’est intéressé aux commerçants, artisans, chefs d’entreprise de TPE et PME. Bref, 98 % des patrons français. Soit 2,5 millions de personnes en France, qui représentent 60 % des emplois salariés (hors statut de la fonction publique). Après avoir étudié les impacts territoriaux de leurs activités, il a été un des premiers à se poser des questions essentielles : Qu’en est-il de leur santé ? Qu’en est-il de la relation de leur santé avec celle de leurs salariés ? Et celle de leur territoire ? Olivier Torrès n’a pas perdu de temps. • 1985-1987 : DEUG Sciences économiques, Université de Montpellier. • 1987 : Ecole normale supérieure de Cachan • 1990 : Agréation d’Economie et de Gestion • 1991 : DEA en analyse industrielle • 1997 : Doctorat en Sciences de Gestion • 2004 : Habilitation à diriger des recherches en sciences de gestion Fondateur de l’observatoire AMAROK en 2009 (dédié à la santé des « patrons » de TPE et PME), Olivier Torres a notamment publié : - Les PME, Collection Dominos, Flammarion, Paris (1999) - PME, de nouvelles approches, Economica, Paris (1998) - La santé des dirigeants, De Boeck, 2012 - Les grands auteurs en entrepreneuriat et PME (en coll. Avec K. Messeghem) EMS (2015). Olivier TORRES est aujourd’hui Professeur à l’Université de Montpellier et à Montpellier Business School et Président de l’AIREPME (Association Internationale de Recherche en Entrepreneuriat et PME).

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AUX ALENTOURS

Artisans du bâtiment

« Associez innovation, santé et environnement ! » En mars 2015, la CAPEB Picardie (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) a organisé trois journées de sensibilisation et d’information Santé-Environnement, dédiées à la rénovation énergétique. La même programmation a été proposée pour l’Aisne (BTP CFA de Laon), la Somme (BTP CFA d’Amiens) et l’Oise (BTP CFA d’Agnetz), au plus près des artisans concernés. Répondant à un appel à projet du Conseil Régional de Picardie visant à l’organisation de journées de sensibilisation à la découverte des Eco-matériaux, la qualité de l’air intérieur et les risques sur la santé liés aux travaux de rénovation énergétique, la CAPEB Picardie a réalisé ainsi sa deuxième édition de ses Journées Santé Environnement. Carlos Martins est le secrétaire général de la CAPEB Picardie : « Nos artisans sont de plus en plus fréquemment amenés à utiliser des produits biosourcés, bien souvent à la demande des clients. Naturellement, nous pourrions imaginer qu’ils sont inoffensifs pour la santé car issus de produits naturels. Les artisans doivent prendre conscience qu’il existe des risques pour eux-mêmes, leurs salariés et leurs clients durant les travaux et ce quel que soit le produit utilisé à savoir biosourcé ou pas. Les EPI (Équipement de Protection Individuel) sont obligatoires, quel que soit le produit utilisé ». En rénovation énergétique, les éco-matériaux recouvrent une gamme de produits très divers : lin, chanvre, ouate de cellulose, laine de mouton, etc. Le matin, les intervenants ont pu échanger avec près de 200 apprentis, sous la forme d’ateliers très dynamiques autour de mini-conférences. Attention aux empoussièrements ! Mathieu Martin est toxicologue industriel à l’ASMIS (Santé au Travail de la Somme) : « C’est très important d’échanger avec les apprentis ; ils représentent l’avenir. Pour notre part nous avons abordé la problématique de l’exposition aux fibres et poussières générées par la manipulation des laines 30

minérales. Cet empoussièrement est nocif pour la santé. Il est très important d’utiliser des produits, des procédures et équipements de prévention adaptés ». Outre l’ASMIS pour la Somme, ces journées ont associés le SISTBTP pour l’Aisne et le SMIBTP pour l’Oise. Des sujets très pragmatiques Plusieurs autres points ont été abordés : qualité sanitaire du bâti et rénovation énergétique, nouveaux matériaux et nouveaux risques sur la santé des artisans et de leurs salariés, mise en œuvre des matériaux et principes de prévention, rénovation énergétique et opportunités de marché pour les artisans. Le Picardie Pass Rénovation, dispositif d’aides à la réalisation de travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique des particuliers, a été présenté aux professionnels. « Tous ces sujets sont cruciaux pour la réussite de nos entreprises artisanales ! Les éco-matériaux nécessitent les mêmes règles et moyens de protection que tout autre matériau. D’autant plus que nous n’avons pas assez de recul au sujet des impacts pour la santé. Et il en va de la santé des clients, des salariés autant que de celle de l’artisan ! », souligne Carlos Martins.

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Un partenariat très large Ces journées ont reposé sur la mobilisation de nombreux partenaires : DREAL, DIRECCTE Picardie, OPPBTP, CoDEM, BTP CFA de Picardie, CARSAT Nord Picardie, Conseil Régional de Picardie, Picardie Pass Rénovation, IRIS ST, UPA Picardie… C’est dire comment le thème était abordé sous des angles multiples et complémentaires ! Les artisans du bâtiment en Picardie • 98 % des entreprises du bâtiment en Picardie, soit 10 000 établissements de moins de 20 salariés (source : INSEE- ESTEL, janvier 2013). • Plus de 8 établissements sur 10 ont moins de 10 salariés. • L’âge moyen des artisans et chefs d’entreprises picards est de 43,9 ans.

L’apprentissage et le bâtiment en Picardie • 2 238 jeunes étaient en apprentissage dans les spécialités bâtiment en Picardie durant l’année scolaire 2012-2013


AGENDA

ACTU

durable des ion nt éve pr : rs eu nt éve pr s de in « Mat Troubles Musculo Squelettiques » tre 20 et 250 salariés) Réservé aux adhérents du STSA (en 00 sur Louvroil > Le Mardi 06 octobre 2015 de 8h30 à 11h 00 sur Fourmies > et le Mardi 13 octobre 2015 de 8h30 à 11h

déjeuner : venez nous enariat avec l’ARACT, vous invite à un petit part en ois), vesn bre-A Sam ail Trav au té Le STSA (San n durable des TMS dans votre entreprise. questionner sur la démarche de préventio ns du STSA sur ce sujet. lissements ayant déjà bénéficiés des actio Des échanges seront organisés avec des étab ain Duchateau) Lieu : STSA Antenne de Louvroil (24 rue Rom is Braille) et STSA Antenne de Fourmies (2 rue Lou ou b.verwaerde@st-sa.fr 31 31 53 Contact et inscription : 03 27

treprises, « Un contact différent avec les en un Service Relation-adhérents »

NTÉ TRAVAIL Métropole Nord Réservé aux adhérents de PÔLE SA

ice de la relation-adhérents > Le service adhésions est devenu le serv entreprises adhérentes : poursuit une politique de service rendu aux Nord e opol Métr AIL TRAV TÉ SAN E PÔL , Derrière ces mots de santé, pour organiser des actions pour une mise en place facilitée du suivi • Recueillir les informations essentielles mations plus ciblées. plus pertinentes, ou pour donner des infor le portail pénibilité. Il s’agit d’une entreprises comme l’espace adhérents ou les avec age erfaç d’int s outil les r ente • Prés permet d’améliorer les supports. -back de la part des utilisateurs qui nous mission didactique mais c’est aussi un feed l’initiative de PÔLE SANTÉ ses adhérentes, à leurs demandes ou à epri entr les avec fixés sont us ez-vo Des rend iat, les attentes, les besoins… ctifs de faire le point sur notre partenar obje r pou ont es ontr renc Ces L. VAI TRA n sur : www.polesantetravail.fr entreprises adhérentes. Plus d’informatio et ainsi améliorer la relation avec nos

l d’Objectifs « Signature du Contrat Pluriannue et de Moyens » Nord PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole

la performance et à la compétitivité de Parce que la santé au travailer participe à PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole l’entreprise, le mercredi 1 avril dernier, de Santé au travail Nord-Picardie et la Nord, la Caisse d’Assurance Retraite et le Contrat Pluriannuel d’Objectifs DIRECCTE Nord-Pas de Calais ont signé définit la politique de santé au travail et de Moyens (CPOM) 2015-2019, qui le Douaisis, la Flandre intérieure et sur le territoire de la Métropole Lilloise, res communes : Intérim, Maintien dans l’Audomarois. Il définit 9 actions prioritai aux études et enquêtes régionales ou l’emploi, Pénibilité au travail, Participation lutions et RElations en Santé Travail), nationales, Observatoire EVREST (EVo oduction (CMR), Amiante, Troubles TPE, Cancérogènes Mutagènes pour la Repr Musculo-Squelettiques (TMS-PROS). vail.fr/cpom.html Pour en savoir plus : www.polesantetra

Entreprise & Santé • 3éme Trimestre 2015 • N°31 • www.entrepriseetsante.fr

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Entreprise & Santé N°31  

Numéro 31 du magazine Entreprise & Santé

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