Issuu on Google+

Santé au Travail des seniors

3ème Trimestre 2011 I Numéro 15

50 ANS... ET ALORS ? La relation de confiance : c’est essentiel !

› P8

Employeurs : n’oubliez pas la visite de reprise !

› P20


Sommaire 3ème Trimestre 2011 I Numéro 15

4

Brèves

La prévention de la pénibilité au travail VRAI – FAUX ? Journée « Portes Ouvertes » à l’ASMIS

21

Votre santé, votre emploi

Le « projet de prévention » de l’ADAR

27

Territoire de Santé

L’ASTAV va de l’avant !

5

Interview

8

En direct

Jean-Pierre Canarelli, Professeur de chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens

La relation de confiance : c’est essentiel !

22

24

Zoom sur

AMELIORER la santé et la sécurité dans les garages

Technique & Environnement

Aider les entreprises à l’élaboration du document unique

20

Vos droits, vos devoirs

Employeurs : n’oubliez pas la visite de reprise !

26

Aux alentours

La traçabilité, une question d’actualité

11 à 18

Dossier 50 ANS... ET ALORS ? 12-13 « Être senior n’est pas une maladie ! » 14-15 « Travailler atout’âge » : quelques repères

pour le travail des seniors 16 Seniors : quelques repères

Fiche détachable 17 Seniors et emploi 18 Santé au travail des seniors


Édito N°15 I 3ème trimestre 2011 Entreprise et Santé Le magazine des Services de Santé au Travail du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Numéro diffusé gracieusement aux entreprises des services adhérents (voir dernière page de couverture) Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16 Co-édité par : C.I.S.S.T. Centre Inter-Services de Santé au Travail 118 rue Solférino - BP 13 65 59 015 Lille Cedex Tél : 03 20 57 43 14 www.cisst.fr G.I.S.S.E.T. Groupement Inter Services Santé Et Travail 79 rue Jean Baptiste Lebas - BP 185 62 404 Béthune Cedex Tél : 03 21 01 65 36 www.gisset.org Directeur de publication : Raphaël Mulliez Comité de rédaction : Alain Cuisse, Dr Didier Debarge, Bruno Decherf, Louis-Marie Hardy, François Désérable, Dr Alain Moniez Conception : Dr Matthieu Méreau, Méthodes et Médiation - Lille Responsables de rédaction : Matthieu Méreau et Séverine Lhomme Equipe rédactionnelle : Matthieu Méreau Secrétariat de rédaction : Nathanaëlle Debaene Création et mise en page: Séverine Maka 3e AILE - Roubaix Crédit photos : Purestockx, Fotolia, IStockphoto, Phovoir p5 : ARS de Picardie, p8-9 : REXEL, p12 : Anne Chatfield, p22-23 : MTA, p27 : ASTAV Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59 000 Lille Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16 Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau Tél : 03 20 14 07 77 Fax : 03 20 14 06 16 Impression : Imprimerie Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N° ISSN en cours Tirage : 90 000 exemplaires

E

ntreprise et Santé consacre un dossier central aux seniors. Dans les années à venir, leur place dans les entreprises ne fera que croître. Merci au docteur Anne Chatfield, médecin inspecteur régional du travail à la DIRECCTE Nord-Pas-de-Calais pour son éclairage. Nos rubriques habituelles livrent autant de reportages en entreprise qui démontrent la diversité des actions en Santé au Travail. « En direct » : deux exemples de collaboration continue entre une entreprise et son Service de Santé au Travail. Tout cela repose sur une confiance réciproque, dans un dialogue permanent avec la direction, les salariés et leurs représentants. Ces deux exemples démontrent, s’il en était besoin, l’importance de la mise en place des équipes multidisciplinaires de santé au travail. « Interview » : Jean-Pierre Canarelli, président de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie de Picardie, nous explique pourquoi il s’intéresse aujourd’hui à la santé au travail, alors qu’il est professeur de chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens. « Vos droits, vos devoirs » nous rappelle les responsabilités de l’employeur au sujet de la visite de reprise. « Votre santé, votre emploi » nous propose un témoignage sur la démarche de projet face au risque psychosocial. Une question de plus en plus cruciale. Il s’agit d’une association spécialisée dans l’aide au domicile. « Zoom sur » : une action d’ensemble menée auprès des garages du département de l’Aisne. « Technique et environnement » : l’élaboration du Document Unique d’Evaluation des Risques est obligatoire. Voici un exemple concret d’aide apportée aux entreprises. Rubrique « Aux alentours » : l’Observatoire Régional de Santé au Travail NordPas-de-Calais a mené une étude sur la traçabilité des risques professionnels. Bonne lecture ! Raphaël Mulliez Directeur de publication pour les Services de Santé au Travail


Brèves Communiqué par l’ASMIS, Santé au Travail d’Amiens

La prévention de la pénibilité au travail Le code du travail a ignoré le mot « pénibilité » jusqu’en 1975, déjà à l’époque pour mettre en place un régime de retraite anticipée. La retraite à 60 ans, décidée en 1981, avait vidé le dispositif qui est revenu dans la loi « Fillon » de 2003. Cette loi renvoyait à la négociation sociale qui à l’époque n’a pas vraiment abouti. La loi du 9 novembre 2010 portant sur la réforme des retraites a ranimé le sujet ; ses décrets d’application impactent le droit du travail et rappellent aux employeurs qu’ils ont le devoir d’évaluer la pénibilité à laquelle leurs salariés sont exposés. La pénibilité au travail est maintenant définie dans le Code du travail (article L. 4121-3-1). Elle est caractérisée par une exposition à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé. Ces facteurs sont liés à des contraintes physiques marquées, un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail : Les facteurs de risques sont : 1° Au titre des contraintes physiques marquées : a) Les manutentions manuelles de charges ; b) Les postures pénibles définies comme positions forcées des articulations ; c) Les vibrations mécaniques ; 2° Au titre de l’environnement physique agressif : a) Les agents chimiques dangereux ; b) Les activités exercées en milieu hyperbare ; c) Les températures extrêmes ; d) Le bruit ; 3° Au titre de certains rythmes de travail : a) Le travail de nuit ; b) Le travail en équipes successives alternantes ; c) Le travail répétitif caractérisé par la répétition d’un même geste, à une cadence contrainte… TOUS LES EMPLOYEURS sont concernés et sont tenus d’évaluer les risques pour la santé de leurs salariés. En outre, les employeurs de plus de 50 salariés, dont la moitié sont exposés aux facteurs de risques précités, ont l’obligation de mettre en œuvre un plan de prévention, déposé auprès de la DIRECCTE, et l’inspecteur du travail vérifiera la conformité du plan. A défaut, l’entreprise pourra subir une pénalité égale à 1% de sa masse salariale. Pour plus de renseignements, notamment sur la notion de risque et d’exposition aux risques, l’employeur ne doit pas hésiter à contacter son Service de Santé au Travail.

VRAI FAUX ? Les entreprises de plus de 50 salariés risquent une pénalité correspondant à 1% de la masse salariale, en l’absence d’un accord d’entreprise ou d’un plan d’action pour l’emploi des seniors. Améliorer la santé au travail fait partie de ces accord ou plan d’action. Réponse : dossier central.

VRAI FAUX ? La visite de reprise est une obligation à charge de l’employeur. Il appartient à l’employeur de prendre rendez-vous avec son Service de Santé au Travail pour les salariés concernés. Réponse : Rubrique « Vos droits, vos devoirs », page 20.

VRAI FAUX ? Les risques dans les différentes unités de travail d’une entreprise doivent être identifiés et évalués. Les résultats de cette identification et de cette évaluation doivent être colligés dans un Document Unique d’Evaluation des Risques. Réponse : Rubrique « Technique et environnement », pages 24 et 25.

Agenda

JOURNEE « PORTES OUVERTES » à l’ASMIS, Amiens le 8 novembre 2011, de 9h à 17 h (réservé aux adhérents). Mini-conférences, conférences, stands vous permettront d’avoir toutes les réponses à vos questions. Troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux, premiers secours, nouvel étiquetage des produits chimiques, risque routier et vigilance, inaptitude au travail (aspect juridique et reclassement…), repérage et prévention des drogues en entreprise, évaluation des risques professionnels, travail sur écran et relaxation, travail et handicap, dépistages, test de la ceinture de sécurité « voiture tonneau »... Voici les nombreux thèmes abordés au cours de cette journée. ASMIS, 77 rue Debaussaux (accès quai Charles Tellier), Amiens.


Interview

Jean-Pierre Canarelli Professeur de chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens

Président de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie de Picardie

Le travail constitue un axe citoyen pour la prévention de tous les jours.

L’homme est calme. Observateur et apaisant. Dans le monde médical, son parcours est atypique. Chirurgien pédiatrique depuis 36 ans, professeur au Centre Hospitalier et Universitaire d’Amiens depuis 26 ans, Jean-Pierre Canarelli est devenu un des piliers du programme expérimental « Entreprises de Picardie en santé ». Comment passe-t-on de la chirurgie pédiatrique de niveau universitaire à la santé au travail ? Réponses d’un homme qui, derrière sa bienveillance, dévoile une rassurante détermination.

4-5


Jean-Pierre Canarelli Interview

1

/ Vous êtes Professeur de chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens. Reconnu bien au-delà de la région. Aujourd’hui, vous vous préoccupez de prévention, de santé publique et de santé au travail, pourquoi ? Très tôt dans mon activité de chirurgie, je me suis intéressé au difficile problème du handicap congénital ou acquis des enfants. La prévention de l’obésité commençait déjà à devenir une préoccupation majeure chez l’enfant. Et, chemin faisant, je me suis penché sur les questions de prévention des accidents domestiques, ainsi que les problèmes d’intoxication alcoolique chez l’enfant, secondaires à la consommation des parents et de la mère en particulier. Très tôt, mon regard sur mes petits patients et leurs familles est donc celui d’une médecine sociale et humaine...

2

/ « Entreprises de Picardie en santé » regroupe 92 entreprises volontaires, qui réalisent, avec leur Service de Santé au Travail, des séances d’information santé à leurs salariés, sur le temps de travail. En quoi cela vous intéresse-t-il ?

Pour le pédiatre que je suis, quand on veut faire passer un message de prévention qui porte sur le comportement, par exemple sur l’alimentation, l’alcool, le tabac ou la sédentarité, il est très important de prendre en charge l’impact familial. On ne peut pas imposer à l’enfant ou l’adolescent des choses qui vont l’exclure de son environnement familial. Il faut donc des messages répétés et adaptés à l’âge, mais cohérents et ayant la même finalité avec ceux qui sont dispensés auprès des familles. Ces messages doivent être retrouvés dans les transports, à la maison et au travail. Pour l’enfant, le travail, c’est le milieu scolaire. Pour les parents, c’est l’entreprise. Un même message doit être conçu et ciblé visà-vis de la famille dans son ensemble ; il doit être décliné de manière différente mais cohérente au sein du milieu éducatif, du monde du travail et des différents médias. Avec cette approche à laquelle je tiens particu-

Professeur de chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens Président de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie de Picardie

lièrement, le programme « Entreprises de Picardie en santé » représente une réelle opportunité.

3

/ Pour vous, les entreprises peuvent jouer un rôle majeur dans la prévention des grandes maladies, telles que l’hypertension artérielle, le diabète, les cancers, etc... Pourquoi ?

Oui, sans aucun doute. Le travail nous permet d’aborder les questions de « bonne santé », sans être considéré comme un malade potentiel. Il faut apprendre très tôt les bons comportements et les bons usages. Je pense que, jusqu’à présent, au travail, on se préoccupait surtout de la prévention des pathologies d’origine professionnelle. Ce n’est plus le seul rôle. La grande nouveauté, c’est que le travail constitue un axe citoyen pour la prévention de tous les jours. Et cela concerne l’ensemble du monde du travail, y compris le personnel des établissements de santé, par exemple. Pour moi, c’est une évidence. Prenons l’exemple de l’alimentation : pour ceux qui le veulent, cela sera plus facile de changer ses habitudes si le message est global et répété. Le monde du travail a un rôle majeur à jouer.

4

/ Connaissiez-vous l’action des Services de Santé au Travail, avant de vous engager dans le programme « Entreprises de Picardie en santé » ? Qu’en retenez-vous ? Dans mon esprit, les Services de Santé au Travail se préoccupaient surtout de la question des maladies professionnelles et des risques liés au travail ou au trajet. J’ai découvert une grande motivation à toujours mieux répondre aux besoins des entreprises et des salariés. Donc, aux besoins de la population générale. Avec un vrai besoin exprimé par les salariés d’une information non pontifiante et non réductrice. Les professionnels de santé des Services de Santé au Travail sont dans une prise en charge et un accompagnement personnalisé, de l’entreprise et de son salarié. Le salarié peut avoir des

réponses à des questions qu’il ne pose pas à son médecin traitant, car il va le voir pour une maladie. L’idée que je retiens, c’est que beaucoup de choses sont possibles, en associant le monde du travail. Et cela, pour qu’au niveau du comportement individuel, on aille vers une meilleure hygiène de vie.

5

/ Vous êtes le fondateur du réseau Oncopic, c’est-à-dire un réseau qui regroupe de nombreux intervenants concernés par le cancer. Vous en avez été le président jusque 2010. Que dire du travail en réseau ? Le travail en réseau est une nécessité incontournable. Il faut mettre ensemble des métiers différents qui ont le même but. Il faut mettre en relation des gens qui ne se connaissent pas. Il y a un potentiel énorme de personnes très qualifiées qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Il existe, à proximité de notre domicile et de notre entreprise, de nombreux professionnels compétents. Le médecin du travail en fait partie. Il faut conseiller les gens dans la proximité, se rencontrer et se coordonner pour répondre à leurs besoins. Il y a du chemin à faire. Par exemple, avoir un annuaire des compétences locales disponibles serait un grand pas....

6

/ Vous êtes président de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie de Picardie. Quel est son rôle, qui la compose ?

Cette Conférence permet de réunir des professionnels de santé, des élus, des associations d’usagers, des représentants du monde économique et social. Ensemble, ils doivent étudier une problématique de santé dans la région, essayer de trouver des solutions, valider les projets. Tout cela, en correspondance des besoins des usagers. La Conférence travaille en harmonie avec l’Agence Régionale de Santé. La parole est libre. Tous les apports sont pris en compte pour identifier ce qui ne va pas et proposer des solutions.


7

/ En conclusion, pouvez-vous nous citer un fait majeur à prendre en compte pour l’avenir ?

La démographie médicale est un gros problème. Cela nous amène à repenser nos habitudes et nos pratiques. Entreprises de Picardie en santé en est un exemple très intéressant. Car il va falloir multiplier les actions de prévention, développer les diagnostics précoces, favoriser toutes actions locales qui puissent coordonner les acteurs de métiers différents. Avec une même finalité : améliorer la santé de nos populations. En Picardie nous avons un exemple historique. Il y a vingt ans, nous avions la mortalité infantile la plus élevée de

France. Aujourd’hui, nous sommes au niveau de la moyenne nationale. Nous le devons à un travail collectif, qui n’a exclu aucun acteur, que celui-ci soit public ou privé, en liaison avec les élus. Il faut travailler sur les déterminants de santé, en regardant au-delà des cinq ans à venir... A ce sujet, « Entreprises de Picardie en santé » ouvre de nombreuses pistes de réflexion.

BIOGRAPHIE express

Né à Paris en 1947, JeanPierre Canarelli arrive à Amiens en octobre 1970. A 23 ans, il entre comme interne de Chirurgie au Centre Hospitalier Universitaire d’Amiens. Depuis, il n’a plus quitté la cité de Jules Verne, également surnommé « La petite Venise du Nord ». Depuis 1975, il a dirigé de nombreux travaux scientifiques, qui ont fait l’objet de publications, sur la chirurgie digestive du nouveau-né, la prévention des accidents chez l’enfant et la prise en charge des parents, suite à l’annonce d’une malformation chez l’enfant.

1975

Assistant en chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens

1985

Professeur des Universités en chirurgie pédiatrique au CHU d’Amiens

1995-2003

Président de la Commission Médicale d’Etablissement du CHU d’Amiens jusque mars 2003

2005-2010

Responsable du Pôle de Pédiatrie et du Centre d’Activités Chirurgie Pédiatrie au CHU d’Amiens

2006-2010

Fondateur et président du réseau ONCOPIC jusque 2010 (Réseau Régional de Cancérologie) Président de la Conférence Régionale de Santé de Picardie

2010

Président de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie de Picardie

6-7


En direct

Rexel/AST 62-59

La relation de confiance : c’est essentiel ! Chez REXEL France, à Dourges dans le Pas-de-Calais, c’est une relation de confiance qui s’est bâtie au fil des ans avec le Service de Santé au Travail Arras-Béthune-Lens-Liévin (AST 62-59). Karine Pluchart, animateur QSE, n’hésite pas à solliciter l’AST 62-59 pour bénéficier de son expertise et de ses prestations. Cette confiance s’est tissée progressivement, grâce à la participation régulière, aux réunions du Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), du docteur Philippe Durak, médecin du travail. Le « docteur » est là pour répondre aux questions posées par les salariés. Le CHSCT est présidé par le directeur du site, M. Sylvain Vasseur. Reportage sur quelques exemples concrets.

A

Dourges, Rexel représente plus de cent emplois, sur une plate-forme logistique dédiée au matériel électrique. Cette plateforme est née en 2007 du regroupement de trois sites (Vendin le Vieil, Armentières, Sainte Catherine les Arras). Comme toute plate-forme logistique, trois grands secteurs constituent l’unité de production : la réception, la préparation de commande et l’expédition. Pour le docteur Philippe Durak, médecin du travail : « De la prise électrique à la couronne de câble hors gabarit, on y

travaille du plus léger au plus lourd, dans des installations neuves et modernes ». Depuis 2008, plusieurs améliorations ont été conduites en santé au travail. Actuellement, une grande partie des salariés dépasse la quarantaine, avec 10 à 15 ans d’ancienneté.

Etre au cœur des situations de travail Pour Karine Pluchart : « il est très important de se voir et de dialoguer

sur les lieux de travail ». Et c’est ainsi qu’elle a développé des formations Prévention aux Risques liés à l’Activité Physique (PRAP) avec Sandrine Lambert, diététicienne et formatrice PRAP à l’AST 62-59. Leur point commun : réaliser des formations après avoir observé et photographié les situations de travail. Et, bien-sûr, reprendre ce travail photographique pour dialoguer avec les salariés. Pour Karine Pluchart, « les opérateurs sont les acteurs de la formation ». Après une « première » en 2008, deux sessions par an sont actuellement réalisées. A la fin 2011, 60 personnes auront été formées. Une autre particularité de ces formations est « de coller aux problèmes d’exploitation ». De courte durée pour ne pas gêner la production, les modules de formation sont donc très préparés en amont. Sandrine Lambert souligne que « les temps de parole des salariés sont très importants ; on aborde avec eux de nombreux sujets et on analyse ensemble les améliorations à apporter. » Petit à petit, une réflexion globale s’est installée. « Par exemple, des exercices d’échauffement pourraient s’envisager à la prise de poste ». A noter qu’en 2011, ces formations sont renforcées par la présence de Déborah Leclercq, ergonome à l’AST 62-59. La formation comprend deux journées sur place à une semaine d’écart. Avec un travail de repérage fait par l’opérateur.


« Le ressenti, c’est très important » précise Sandrine Lambert. De même, les postes de travail, sont régulièrement vus, entre les formations. « Ceci permet de voir ce qui a été modifié ».

Répondre aux attentes et... suivre ! Pour le docteur Philippe Durak, médecin du travail, « il est très important de répondre aux questions et aux attentes ; il est également capital que la direction donne des suites aux observations que nous pouvons faire ». C’est ainsi que des mesures de bruit et d’éclairage ont été réalisées en 2008 et suivies d’améliorations à différents postes. Les fiches de données de sécurité ont été analysées. La pulvérisation de vernis sur les blocs moteurs a fait l’objet d’une étude et de préconisations précises pour l’aspiration des solvants. Des mesures de vibrations sur les chariots automoteurs ont permis de cerner des problèmes précis sur les temps de chargement et déchargement. Un matériel, adapté aux quais, a été mis en place. Grâce à l’ergonomie, des améliorations des conditions de travail ont été apportées sur différents postes (exemple : bureautique, manutention). « Tout ceci est possible parce que j’ai pu faire intervenir Isabelle Decoster, ingénieur HSE, Chrystelle Vinsot, métrologue, Déborah Leclercq, ergonome et Sandrine Lambert, formatrice PRAP, qui sont mes collègues à l’AST 62-59. Aujourd’hui, être médecin du travail, c’est faire un travail d’équipe... ».

Une présentation nationale Cette collaboration régulière et exemplaire, entre Rexel et l’AST 62-59 a été présentée par Sandrine Lambert au Centre Logistique de Meung sur Loire (45), lors d’un séminaire qui regroupait les Animateurs QSE des Centres Logistiques de Rexel France.

> REXEL Centre Logistique de Dourges 110 salariés Karine Pluchart, Animateur QSE Santé au Travail d’Arras-BéthuneLens-Liévin (AST 62-59)

8-9


En direct

Les explications se font en situation réelle de travail.

Manutentions

La formation : c’est avec l’entreprise ! P

5 heures du matin au magasin LECLERC d’Attin, près de Montreuil, dans le Pas-de-Calais. Le docteur Catherine Bouvier, médecin du travail, et Nadège Fontaine, Assistante Santé Travail, sont sur place, au quai de réception. C’est l’arrivée des palettes. Le « dépotage » commence : il faut dépalettiser et mettre en rayon les marchandises reçues. Bonjour les manutentions ! C’est justement pour cela que les spécialistes de la Santé au Travail de Calais - Boulogne - Le Touquet (ASTIL 62) sont sur place....

> LECLERC Magasin d’Attin

our Cyril Rivenez, responsable Qualité « c’est tous les jours qu’il faut penser à l’amélioration des manutentions... cela ne peut pas être l’histoire d’un jour au cours duquel tout serait résolu ». La collaboration avec la Santé au Travail de Calais-Boulogne-Le Touquet s’inscrit d’ailleurs dans le temps. La formation à la manutention est complémentaire d’autres actions. Par exemple, le mode de conditionnement des marchandises reçues joue un rôle. Et cela concerne le fournisseur. Toutes ces actions, mises bout à bout, s’inscrivent sur le long terme. La formation à la manutention reste incontournable. Et elle peut se mettre en œuvre immédiatement.

tique. Les exercices pratiques se font avec les charges manutentionnées lors de la mise en rayon : packs, cartons, sacs, etc... Les explications se font en situation réelle de travail. La durée du module de formation ne bouleverse pas l’organisation du travail. Pour Nadège Fontaine1 , « c’est très important de travailler en amont avec le responsable Qualité ; c’est essentiel de former les salariés en situations de travail, avec les charges réellement portées. Les échanges sont très fructueux et concrets ».

D’abord coller à la réalité ! « Quand le docteur Catherine Bouvier et Nadège Fontaine sont venues à cinq heures du matin, c’est pour voir les salariés en action et connaître les marchandises manutentionnées. C’est à partir de cette observation, que s’est bâti le module de formation ». Pour Cyril Rivenez, c’est capital : « C’est pour cela que la formation est concrète. Elle va parler aux salariés ».

Présenter au CHSCT La deuxième étape est de présenter au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail le module de formation qui a été conçu. Celui-ci intègre les situations de travail observées, sur la base notamment des photos réalisées sur place. Dans la foulée, cette formation est validée par la direction.

110 salariés Cyril Rivenez, Responsable Qualité

Former au travail !

Santé au Travail de Calais - Boulogne - Le Touquet (ASTIL 62)

La formation mise en place au magasin LECLERC d’Attin se déroule par groupe de dix salariés, sur une demijournée. Elle allie la théorie et la pra-

1

Avec une collègue Assistante Santé Travail et un médecin du travail, Nadège Fontaine a bénéficié d’une formation spécifique en Belgique, à Liège, qui développe ce type d’intervention (PREVENT/J.P. Desmarets).


DOSSIER › › ›

Numéro 15 3ème trimestre 2011

Santé au Travail des seniors

50 ANS... ET ALORS ? Les « seniors » représentent un marché intéressant pour de nombreuses entreprises. Plusieurs salons et manifestations en témoignent. Voyages, loisirs et nouvelles technologies, forme, santé et bien-être constituent autant de secteurs d’activité, sur lesquels les seniors représentent une part de marché croissante. Et sur le marché du travail, où sont-ils ? Comment vont-ils ? 10-11


50 ANS... ET ALORS ?

« ETRE SENIOR N’EST PAS UNE MALADIE ! » Interview du docteur Anne Chatfield, médecin inspecteur régional du travail, DIRECCTE Nord Pas-de-Calais (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation du Travail et de l’Emploi)

Vous êtes médecin inspecteur régional du travail, à la DIRECCTE Nord-Pas-de-Calais, pouvez-vous nous présenter vos missions ?

Car il y a des enjeux financiers : il faut globalement travailler plus pour pouvoir faire face et payer le nombre de retraites liées au vieillissement de la population.

Nous avons un objectif unique : la protection de la santé physique et mentale des salariés sur les lieux de travail. Pour cela, nous avons plusieurs moyens : le contrôle des Services de Santé au Travail, tant dans leur organisation que leur fonctionnement, la veille sanitaire vis-à-vis des maladies professionnelles, tant au niveau des alertes que de la mise en place d’enquêtes et d’études, la participation dans les services déconcentrés de l’Etat à la politique du travail. Nous participons également à des études sur les risques professionnels et leur prévention. Le vieillissement en est un exemple. Nous sommes experts en santé au travail pour différentes institutions. Globalement, on peut dire que nous participons au développement de la santé publique, par nos interventions dans le champ de la santé au travail.

Il y a un véritable hiatus entre ce que l’on veut mettre en avant et le ressenti du senior. L’entreprise peut dire que l’expérience du senior lui est très précieuse. Et en même temps nous rencontrons de nombreux seniors qui se sentent dévalorisés. Il y a aussi le poids des représentations. Je m’explique. Dans de nombreuses entreprises, à 55 ans, vous êtes « âgé » et on pense « préretraité ». Et pourtant, dans la vie de tous les jours, à 55 ans, vous êtes encore « un jeune dynamique». Aujourd’hui, les seniors font « plein de choses ». Et on leur propose de plus en plus d’activités, ne serait-ce qu’au niveau des voyages et des loisirs... Il y a un paradoxe. A 55 ans, au travail, on est vieux ; et dans la vie de tous les jours, on est encore jeune !

En quoi l’emploi des seniors est une question d’actualité ?

Existe-t-il une définition légale du senior ?

Tout d’abord un chiffre : 37 % des seniors ont un emploi et sont donc « en activité ». L’allongement de la durée de vie est une réalité. Et l’âge du départ à la retraite recule. En conséquence, les jeunes d’aujourd’hui vont travailler plus longtemps que leurs parents...

Pas vraiment. Si on regarde les accords pour l’emploi des seniors, dans les suites de la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2009, on peut trouver deux « seuils » en fonction de la notion de recherche d’emploi ou d’activité. C’est d’une part 50 ans et

plus, d’autre part 55 ans et plus. En pratique, des entreprises ont signé des « accords seniors » pour des salariés de 45 ans et plus...

Si définition il y a, correspondelle à une réalité médicale ? Etre senior n’égale pas maladie. C’est très important. En d’autres termes et de manière un peu humoristique : « être senior n’est pas une maladie ». Il vaut mieux parler de vieillissement. En se basant sur la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, « le vieillissement est un processus graduel et irréversible de modification des structures et des fonctions de l’organisme résultant du passage du temps ». Le vieillissement est un processus physiologique. A 35 ou 45 ans on peut avoir une diminution de ses capacités du fait d’une maladie ou d’un accident... A 60 ans, on peut se sentir très bien et être très dynamique. Ceci pour dire qu’il y a de grandes variations d’un individu à l’autre, en fonction de ce qui vous est arrivé dans la vie. La presbyacousie et la presbytie sont inévitables et font partie du processus normal de vieillissement. Les problèmes de dos peuvent être dus à votre métier et aux charges que vous avez manutentionnées pendant 20 ou 40 ans de travail... Il est donc bien reconnu que le travail est un facteur important qui peut influencer, à terme, votre état de santé.


Est-ce que la situation des seniors au sein des entreprises est généralisable ?

Il ne faut pas dire « santé au travail des seniors » et, de ce fait, stigmatiser une population qui pourra travailler encore pendant 10 ou 15 ans... La santé au travail concerne tous les salariés, quels que soient leurs âges. C’est donc la prévention qui est essentielle. Pour avoir à terme dans l’entreprise des seniors dont la santé n’a pas été altérée par le travail, c’est simple : il faut faire de la prévention dès le départ ; mais la prévention ne consiste pas seulement en l’amélioration des postes de travail mais peut se faire aussi par l’anticipation dans la gestion des compétences ou par la formation etc... En d’autres termes, il ne faut pas penser « santé au travail » quand la population de l’entreprise aborde la cinquantaine... On ne parlerait pas de la même façon de la santé des seniors si la prévention était effective !

Oui et non. Oui, avec le poids des représentations dont j’ai déjà parlé. Non, en fonction des situations individuelles. De manière un peu directe, je dirai : ce n’est pas le fait d’être senior qui est une difficulté ; c’est le fait d’être malade ou non, quel que soit l’âge. S’agissant des risques liés au travail, c’est la prévention qui est capitale. Bien sûr, le secteur d’activité et le métier vont jouer un rôle. Les risques sont variables en fonction des situations de travail. La taille de l’entreprise va être influente en cas de nécessité de reclassement. Dans une grande entreprise, il y a plus facilement des possibilités de reclassement ; mais les salariés nous expriment souvent qu’ils sont peu reconnus et même dévalorisés au-delà d’un certain âge... Dans une petite entreprise, il y a peu de possibilités de reclassement ; mais il y a plus souvent une solidarité, voire une atmosphère de compagnonnage. J’aurais presque tendance à penser que dans une petite entreprise, s’il n’apparaît pas de reclassement à rechercher du fait d’une maladie, les seniors sont mieux reconnus et « préservés »... Bien sûr, il faut être prudent avec les généralisations. Cela peut être très variable d’une entreprise à une autre, à taille égale et activité identique.

Il y a un point très important visà-vis des seniors : c’est l’écoute, surtout dans le climat actuel. On entend trop souvent des salariés nous dire : « A mon âge, je vais avoir des problèmes... », « Dans mon boulot, je vais être mis de côté... ». S’il s’agit d’un ressenti, qui n’a pas de réalité, il faut savoir en tenir compte, rassurer et corriger. C’est important pour le salarié et son entreprise.

En conclusion, pouvez-vous nous dire quelques mots du programme « travailler atout’âge » ? Ce programme est né dans les suites de l’accord de 2009, dans un contexte où le chômage touche durement les « seniors ». Devant la teneur des accords d’entreprise en cours d’élaboration, il est apparu très important à plusieurs médecins du travail de pouvoir expliquer et dédramatiser. Comme je l’ai déjà dit : l’âge n’est pas une maladie. Ce sont les conditions de travail et la prévention qui doivent faire l’objet d’attentions et d’améliorations. Sans rejeter une catégorie de salariés. En tant que médecins inspecteurs du travail nous avons animé un groupe de travail pluridisciplinaire, auquel participaient des professionnels de différents Services de Santé du Travail de la région Nord-Pas-de-Calais qui se sont beaucoup investis pour l’élaboration de divers outils. Vous présentez ce programme par ailleurs dans ce magazine. Je tiens à ce propos à saluer le docteur Christine Thévenard, qui a initié et lancé ce programme avant d’être appelée à d’autres fonctions. Les outils mis au point sont toujours d’actualité. Une entreprise peut en bénéficier en contactant son médecin du travail.

DOSSIER › › ›

En quoi la « santé au travail » des seniors est-elle particulière ?

12-13


50 ANS... ET ALORS ?

Un outil pour les équipes de santé au travail

« TRAVAILLER ATOUT’ÂGE » : QUELQUES REPÈRES POUR LE TRAVAIL DES SENIORS

Les situations de travail des seniors sont très variables d’une entreprise à une autre. L’activité et la taille de l’entreprise, le métier et le poste de travail influent sur la santé au travail des seniors. Le nombre de seniors au travail va augmenter dans les années à venir. Aborder le devenir des seniors au sein des entreprises, est donc une question cruciale. Investir tôt dans la prévention, c’est préserver l’avenir de l’entreprise. En avril 2010, 22 professionnels de la santé au travail de la région Nord-Pas-de-Calais ont publié en commun un guide, un diaporama et une grille d’évaluation pour faciliter les dialogues sur le travail des seniors au sein des entreprises. « Travailler atout’âge » est le nom de ces supports.

O

n change d’époque. Durant les années 80 et 90, dès 55 ans, on pouvait prendre le chemin de la préretraite. Aujourd’hui, à 55 ans, chacun sait qu’il travaillera jusque 60 ans, 62 ans, voire 65 ans... Dans ce contexte, le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans est un enjeu majeur pour la vie d’une entreprise. Devant cet enjeu, les Services de Santé au Travail peuvent apporter une précieuse expertise et des conseils avisés. Des médecins du travail, des infirmières et assistantes de santé au travail ont associé leurs expériences respectives pour élaborer un Guide à disposition de leurs collègues. A noter que des « seniors » ont accepté d’être photographiés en situation réelle de travail pour illustrer ce guide. A noter également que chacun d’entre nous est ou sera senior...

Parlons de...

HVci‚

notre santé au travail

aa^hhZbZc ^Z^

i

K

Les auteurs du guide expriment clairement une volonté partagée : « Faisons en sorte que l’âge ne soit plus un facteur de discrimination au travail ». Pour y parvenir, ils donnent deux axes d’actions : prévenir la désadaptation au travail et préserver la santé des séniors. Prévenir et préserver ont un sens très précis. Car la prévention, pour porter ses fruits à 50 ans, doit donc commencer dans

K^Z^aa^hhZbZci

la vie professionnelle. Par exemple, il faut adopter très tôt des gestes et postures correctes, afin de ne pas avoir, après 20 ou 30 ans de vie professionnelle, des lésions irréversibles du dos. Une conception ergonomique du poste de travail empêche à terme l’apparition de troubles ou lésions liés à la situation de travail. Il en est de même pour l’exposition au bruit et la préservation de l’audition. Le terme « préserver » évoque bien le fait de garder intact « le capital santé » de chacun. Préserver, c’est investir pour l’avenir.

> Les Outils de « Travailler atout’âge » Trois outils pour aider les équipes de santé au travail ont été publiés avec le support de l’Institut de Santé au Travail du Nord de la France (ISTNF) : • Un guide « Le travail des seniors, repères et outils », composé de neuf fiches, à destination des professionnels de santé. • Un diaporama, composé de 32 diapositives, pour communiquer en entreprise. • Une grille d’évaluation de l’indice de capacité de travail, permettant un suivi longitudinal individuel et/ou collectif à valeur prédictive.


22 professionnels de santé au travail ont collaborés, sous l’impulsion de Christine Thévenard, aujourd’hui médecin du travail au Centre Hospitalier d’Arras :

aa^hhZbZ ^Z^ HVci‚ c

i

K

• Catherine BERNARD, médecin du travail, CENTRE HOSPITALIER DE CALAIS • Michèle BOULANT, infirmière, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Anne CHATFIELD, médecin inspecteur HVci‚ régional du travail, DIRECCTE • Laurence CHIVOT, médecin du travail, MSA • Maria COEHLO, assistante santé travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord

• Corinne CROGUENNOC, médecin du travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Fréderic DAUWER, médecin du travail, AST62-59 • Véronique DELEPAUT, médecin du travail, ASTIL 62 • Olivier DELORAINE, médecin du travail, GROUPEMENT HOSPITALIER de l’INSTITUT CATHOLIQUE DE LILLE • Anne DOUBLET, médecin du travail AST 62-59 • Hélène ESCANO, médecin du travail, AST 62-59 • Claude GRZEGORZEWSKI, médecin du travail PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Jeanne Marie GUILLUY, médecin du travail, AST 62-59 • Marie Dominique HOCHART, médecin du travail, PÔLE

Parlons de...

notre vieillissement

allongement de la vie professionnelle. Ces dispositifs existent au sein de chaque pays en Europe. Au niveau d’une entreprise, un salarié qui a 20 ou 30 ans d’ancienneté représente un « capital d’expérience » qu’il est important de valoriser. L’aménagement de poste s’inscrit alors en complément de cette valorisation. Cet aménagement concerne les charges physiques et mentales de travail. De nombreuses entreprises, notamment à l’étranger, s’engage dans des programmes de « promotion de la santé » sur les lieux de travail. La finalité de ces démarches est « d’arriver à un âge avancé en bonne santé physique et mentale par une prévention tout au long de la vie ». Les conditions de travail en font partie.

i

K

Pour les auteurs du guide K^Z^aa^hhZbZci des professionnels de santé « Travailler atout’âge », il faut raisonner vieillissement, et éviter de regarder les seniors comme une catégorie particulière. Ils rappellent la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé : « le vieillissement est un processus graduel et irréversible de modification des structures et des fonctions de l’organisme résultant du passage du temps ». D’ailleurs, pas besoin d’être médecin ou iZci^Zbah Zhaut Edaa^hhZde scientifique niveau pour comprendre que la c ^Z^ force musculaire et la résistance à l’effort, la vue et l’audition, la mémoire et le sommeil se modifient avec l’âge. De même, l’état de santé K^Z^aa^hhZbZci général des personnes de 60 à 80 ans est, aujourd’hui, meilleur qu’il y a 30 ou 50 ans. En d’autres termes et d’une manière générale : « on vit plus longtemps aujourd’hui en vieillissant mieux. Cependant, il faut relativiser cette affirmation en fonction des postes occupés, des secteurs d’activités et de la Catégorie Socio Professionnelle (CSP) ».

SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Bruno LELEU, médecin du travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Stéphanie LUBREZ, médecin du travail, AST 62-59 • Véronique MARTINACHE, médecin du travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Véronique MONSTERLEET, médecin du travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Stéphanie PORCON, infirmière, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord • Annie ROUTIER, médecin du travail, ASTAV • Christine TALLON, médecin du travail, PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord

DOSSIER › › ›

> Les contributeurs de « Travailler atout’âge »

iZci^Zah Ed

Parlons de... nos potentiels

Les dispositions législatives et les accords de branches cherchent à concilier le vieillissement inéluctable de la population et le nécessaire

 Votre médecin du travail, saura vous orienter par rapport aux besoins spécifiques de votre entreprise.

14-15


50 ANS... ET ALORS ?

SENIORS :

QUELQUES REPERES A propos de définition

s

• Dans le langage us uel Le terme senior tend à remplacer la notion de personne âgée. Cette évolutio n va de pair avec l’a llongement de la durée de vie et l’a mélioration de la santé des personnes âgées de plus de 60 ans.

A propos de démographie • Proportion des plus de 60 ans la population est une En France, le vieillissement de . En 2005 : 21 % de la réalité depuis plusieurs années En 2020 : 27,3 % de la population a plus de 60 ans. . En 2050 : 33 % de la ans 60 population aura plus de . population aura plus de 60 ans • Proportion des plus de 50 ans ulation française a enActuellement : 12,7 % de la pop e 50 et 64 ans ; 30 % a tre 55 et 64 ans ; 20 % a entr recensement 2008). EE, plus de 50 ans. (Source INS • Espérance de vie e de vie à la naissance En France l’espérance moyenn et 83 ans pour les mes hom les est de 75,5 ans pour vie est variable selon les femmes ; cette espérance de es. Elle s’allonge réguliècatégories socioprofessionnell rement.

A propos du taux d’emploi des seniors • Les chiffres actuels en Europe En France, 38 % des personnes âgées de 55 ans à 64 ans ont un emploi. Ce taux est de 32 % en Italie, 33 % en Belgique, 43 % en Espagne, 45 % en Allemagne, 57 % au Royaume Uni et... 70 % en Suède ! • L’objectif de l’Europe L’objectif, énoncé lors du Conseil Européen de Stockholm, était d’atteindre d’ici 2010 un taux d’emploi de 50 % pour les personnes âgées de 55 à 64 ans.

• Dans la vie économ ique Les « seniors » rep résentent aujourd’hu i un véritable « marché ». Leur po uvoir d’achat intére sse de nombreuses entreprise s, notamment po ur la forme et le bien-être, les loisirs et le tourisme , les médias et les nouvelles technologies. Ce ter me s’applique aux personnes de 50 ans, souvent qualifiées de « jeunes retraités ». • Dans les sports Le terme senior désig ne un concurrent qui a dépassé l’âge limite des juniors (20 ans) et n’est pas en core vétéran (à partir de 45 ans). • Dans l’accord natio nal interprofessionn el du 13 octobre 2005 Le terme senior s’a pplique aux personn es âgées de plus de 45 ans. • Dans les objectifs européens Le terme senior s’a pplique aux personn es âgées de 55 ans à 64 ans.

A propos des relations entre l’âge et l’état de santé • Etat de santé mental et physique Selon de nombreuses études, l’état de santé, sur le plan mental et physique, va dépendre des conditions de vie et de travail, de la catégorie socioprofessionnelle, de l’accès aux soins, des habitudes de vie (comportement à risque et/ou comportement bénéfique pour la santé). • Particularité des seniors Outre les évolutions naturelles liées au vieillissement, le senior a accumulé au fil des ans un ensemble de facteurs de risques et/ou des facteurs favorables à sa santé. Son état de santé est également lié aux antécédents de maladie ou d’accidents. On parle aujourd’hui de « préservation du capital santé » à propos d’attitudes favorables à la santé à acquérir dès le plus jeune âge...


50 ANS... ET ALORS ?

SENIORS ET EMPLOI Depuis la loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2009 (article 87), un dispositif est mis en place pour favoriser le maintien dans l’emploi et le recrutement des seniors.

Développer la conclusion d’accords au sein des entreprises et des branches pour favoriser l’emploi au-delà de 50 ans : • Entreprises de 50 à 300 salariés : accords de branches ou accords d’entreprises ou plan d’action de l’entreprise • Entreprises de plus de 300 salariés : accords d’entreprises ou plan d’action de l’entreprise

!!! @ @ @

Fiche DOSSIER › › ›

> Fiche détachable Entreprise & Santé N° 15

Depuis la loi de janvier 2010, les entreprises et les établissements publics employant au moins 50 salariés risquent une pénalité (affectée à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) si elles n’ont pas conclu un accord ou établi un plan d’action relatif à l’emploi des seniors. Cette pénalité s’élève à 1% de la masse salariale.

Liste des accords de branches, exemples de bonnes pratiques et d’indicateurs sur www.emploidesseniors.gouv.fr et/ou auprès de votre DIRECCTE.

La préservation de la santé peut faire partie des accords de branches ou d’entreprises et des plans d’action, notamment au niveau de l’amélioration des conditions de travail et de la prévention de la pénibilité.

 Pour en savoir plus, contacter votre Service de Santé au Travail

16-17


50 ANS... ET ALORS ?

SANTE AU TRAVAIL DES SENIORS Trois principes

1.

Eviter la désadaptation et préserver la santé sont deux objectifs majeurs pour « la santé au travail » des seniors.

2.

Le parcours professionnel peut avoir un impact sur la santé d’un senior (exemple : exposition au bruit et surdité professionnelle, apparition de Troubles MusculoSquelettiques, etc.…)

3.

La prévention doit exister dès le début du parcours professionnel d’un salarié.

 Une conséquence Les facteurs qui influent sur la santé physique et mentale sont les mêmes quel que soit l’âge du salarié. Agir sur ces facteurs, c’est prévenir les situations de pénibilité. Développement personnel Reconnaissance Pression psychologique

Environnement de travail Risques Nuisances et Dangers

Charge mentale Charge physique et Conception du poste de travail

Fiche DOSSIER › › ›

> Fiche détachable Entreprise & Santé N° 15

Une réalité L’âge et le vieillissement concernent chaque catégorie de salariés : Directeur Cadre Agent de maîtrise Ouvrier Employé

 Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à consulter votre Service de Santé au Travail.


Sur l’arrondissement de Valenciennes :

• Sauveteur Secouriste du Travail SST - Formation initiale SST - Recyclage

> CONTACT : prevarisc@astav.fr

• Prévention des Risques liés à l’Activité Physique

Christine Bassez, Responsable formation Tél. : 03.27.32.51.86

• Pack Prévention (SST initial + PRAP)

Adresse de correspondance : PREVARISC 24, rue Macarez 59300 Valenciennes

PRAP - Industrie BTP Commerce PRAP - Sanitaire et Social

Industrie BTP Commerce Sanitaire et Social

18-19


Vos droits, vos devoirs

Suspension du contrat de travail pour arrêt

Employeurs : n’oubliez pas la visite de reprise ! Après une maladie, un accident ou un congé maternité, notre santé peut avoir évolué.... Cela peut avoir des conséquences sur la vie domestique (ex. : monter un escalier, faire du sport, porter les sacs des courses...). Cela peut avoir des conséquences sur la vie au poste de travail. C’est la raison pour laquelle une visite médicale de reprise doit avoir lieu. Le législateur impose que l’aptitude médicale du salarié au poste de travail soit confirmée. Et la responsabilité de l’employeur est engagée.

L

a visite médicale de reprise doit être réalisée par le médecin du travail de l’entreprise dans cinq cas précis définis par le législateur (article 4 4624-21 du code du travail) :

mesures » (article R 4624-22 du code du travail). Dans le même article, le code du travail précise : « cet examen a lieu lors de la reprise du travail et au plus tard dans un délai de huit jours. »

- après un congé de maternité ; - après une absence pour cause de maladie professionnelle ; - après une absence d’au moins huit jours pour cause d’accident du travail ; - après une absence d’au moins vingt et un jours pour cause de maladie ou d’accident non professionnel ; - en cas d’absences répétées pour raison de santé.

Une obligation de l’employeur

Cette visite médicale a pour objet « d’apprécier l’aptitude médicale du salarié à reprendre son ancien emploi, la nécessité d’une adaptation des conditions de travail ou d’une réadaptation du salarié ou éventuellement de l’une et de l’autre de ces

Le docteur Jacques Deblauwe, médecin référent juridique à PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord, nous précise que « la réalisation de cette visite de reprise est sous la responsabilité de l’employeur ». Il appartient donc à l’employeur, et à lui seul, de prendre rendez-vous auprès du médecin du travail et d’en informer le salarié. « Le contact pour le rendez-vous incombe à l’employeur, qui a donc l’obligation d’informer son Service de Santé au Travail des reprises de travail de ses salariés ». A noter que si c’est le salarié qui prend lui-même son rendez-vous pour une visite de reprise, il ne peut le faire qu’après

en avoir informé son employeur. Et cela, avant la réalisation de la visite médicale.

Attention à la suspension du contrat de travail Tant que la visite de reprise n’a pas eu lieu, le contrat de travail est suspendu. « C’est bien la réalité de la visite de reprise qui met fin à la suspension du contrat de travail », nous précise Jacques Deblauwe. « C’est d’autant plus important, que, si la visite de reprise n’a pas eu lieu alors que le salarié a repris son travail, l’employeur fait travailler un salarié sans connaître son aptitude médicale au poste, alors que son contrat de travail reste suspendu.... En cas d’accident du travail durant cette période, par exemple, l’employeur sera de fait placé en situation de faute inexcusable ». La visite de reprise, sur le plan juridique, n’est donc pas une question anodine.


Votre santé, votre emploi

A l’ADAR Flandre métropole, l’absentéisme a déjà représenté 14 000 jours par an, pour 900 salariés... La direction a décidé de regarder la réalité en face : la pénibilité du travail en est peutêtre une des raisons. L’activité de cette association sans but lucratif est l’aide à domicile. Elle assure ce service auprès de 6000 personnes. La plupart de ces personnes sont âgées. En dialogue avec les salariés, en particulier au niveau du CHSCT, un projet de prévention s’est mis en place dès 2010. Il associe de nombreux acteurs, tant en interne qu’en externe.

Absentéisme et santé

Le « projet de prévention » de l’ADAR

F

inancée notamment par la CARSAT Nord Picardie et le Conseil Général du Nord, l’ADAR est une association sans but lucratif, qui a été créée en 1967. Le conseil d’administration, présidé par Emilienne Leroy depuis de nombreuses années, est très actif dans la vie de cette association. Première association certifiée NF service du département, elle réalise, chaque année, plus de 800 000 heures de prestations sur la métropole lilloise et Merville. Elle dispose d’un agrément préfectoral pour intervenir auprès de personnes dites fragiles et elle est autorisée par le président du Conseil Général du Nord dans le cadre de la loi du 2 janvier 2002-2.

Une volonté de la direction Pour Monsieur Christian Paul, directeur général, « le temps de nos aînés n’est pas notre temps ! ». « Et pourtant, notre personnel dispose de 30 minutes en moyenne pour aider une personne âgée à son domicile au

lever, avec toilette et petit déjeuner. Il s’agit d’un métier difficile pour notre personnel. Une aide à domicile est souvent arrivée à ce métier en deuxième partie de carrière, après d’autres souffrances au travail vécues par exemple en industrie ». C’est dans ce contexte général que le projet de prévention a vu le jour.

Le dialogue social, comme condition de réussite Devant les chiffres d’absentéisme, Madame Pascaline Passery, directrice des ressources humaines décide d’ouvrir le dialogue. Et c’est avec le CHSCT, que le projet est défini, mis en œuvre et suivi. Première étape, le diagnostic. Il permet de faire un constat collectif, avec questionnaire auprès des salariés, sur la charge de travail physique et psychique. Deuxième étape, la restitution des résultats. Pour le docteur Didier Debarge, médecin du travail à POLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord, « c’est une étape très importante,

car il faut oser regarder la réalité en face et voir les difficultés, dans un esprit de coopération ». Deux axes sont identifiés à l’ADAR : travailler sur le rôle de l’encadrement des administratifs, analyser la pénibilité au domicile. Ils structurent l’élaboration du plan d’action.

Un travail collectif Dans un film relatant la démarche et projeté devant près de 200 personnes à l’Assemblée Générale de POLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord en juin dernier, Luc Hossepied, journaliste, souligne l’importance des partenariats dans la démarche de l’ADAR, notamment avec l’ARACT Nord Pas de Calais et la CARSAT Nord Picardie. Il souligne aussi « l’importance de savoir libérer la parole ». Il conclut : « Pour aborder la pénibilité au travail, il faut accepter de se remettre en cause, il faut créer des liens avec les salariés, pour pouvoir repérer les pistes d’amélioration pour leur bien-être ».

20-21


Zoom sur

Médecine du Travail de l’Aisne (M.T.A.)

AMELIORER la santé et la sécurité dans les garages 192 sur 197 garagistes se déclaUne visite dure en rent satisfaits ou très satisfaits. moyenne deux heures. Ils ont reçu la visite de spécialistes de la santé au travail. Ceux-ci ont réalisé un « audit de santé et de sécurité ». Le but ne action de ce type ne s’im- les documents officiels ». C’est aussi provise pas. Elle a demandé l’occasion d’engager une démarche de ces professionnels : contriun important travail de re- de prévention, qui, souvent, démarre buer à l’amélioration de la santé cherche pour élaborer des proto- par de petites modifications. et de la sécurité du personnel coles d’intervention concertés et d’atelier dans les garages. D’où réunir les documents susceptibles Les garages au scanner d’être remis aux garagistes. Les viviennent ces spécialistes ? Du sites ont eu lieu en 2008 et 2009. En Au sein de MTA, le docteur FranService de Santé au Travail de 2010 et 2011 se sont mises en place çoise Vermeersch, médecin du tral’Aisne (MTA). Dès 2005, ce ser- des actions d’information et de for- vail, a coordonné les travaux du mation dans les CFA de Laon et de vice décide en effet de conce- La Capelle (voir Entreprise et San- groupe pluridisciplinaire qui s’est mis en place dès 2005. Premier travoir et de réaliser une action té n° 14). L’accompagnement vers vail : rassembler la documentation d’évaluation des risques et de « plus de santé et de sécurité dans disponible. Que celle-ci soit scienles garages s’inscrit dans le temps. conseils de prévention, auprès A noter que 84 % des garages visi- tifique ou grand public. Deuxième travail : élaborer des protocoles et de ses 206 garages adhérents, tés ont moins de 10 salariés ; 73 % des supports de visites utilisables du département de l’Aisne. Une moins de cinq salariés ». par chaque médecin du travail du service. Troisième travail : organiaction de longue haleine, menée Le temps, un allié ser et planifier les visites, suivre et sur les lieux de travail, au plus collecter l’ensemble des informaprès des employeurs et de leurs Dans un film réalisé à l’occasion de tions recueillies en respectant les cette action, M. Dupont, secrétaire règles de confidentialité. « Une visalariés.

U

du CHSCT au garage GUEUDET de Saint-Quentin, témoigne. « Cette action nous a permis de rendre accessible les fiches de données de sécurité grâce à l’informatique. Les compagnons attendent l’information ; quand on est informé et formé, on peut faire respecter des consignes ; ce sont des chaînes à mettre en route ». Il précise que des formations devraient se développer en réseau entre garagistes d’un secteur, pour permettre la participation de salariés des petits garages. Une idée qui pourrait faire son chemin... Pour M. ROLAND du garage ROLAND Agence de SaintQuentin « cette action a permis de lever le voile sur tous les aspects de sécurité au niveau de l’atelier et de l’accueil client, de faire le point sur

site dure en moyenne deux heures » nous dit-elle. « Elle comprend un volet technique d’analyse des risques au niveau des locaux et des postes de travail : sol, électricité, incendie, levages et manutention, manipulation des produits, etc. Elle comprend un échange sur les risques pour la santé : peau, poumon, audition, risque psychosocial, dos, etc ». Françoise Vermeersch précise : « Nous avons toujours été bien reçus. Les visites s’effectuaient sur rendez-vous. Le garagiste recevait une documentation préalablement à notre venue. Puis nous réalisions avec lui la visite des lieux et postes de travail. Après nous lui adressions un compte rendu synthétisant les projets de l’entreprise, les points


> C’est selon ! Les comptes rendus d’audits donnaient, par courrier, à l’employeur les point positifs et les points à améliorer. C’est selon les garages ! Un point positif chez l’un d’entre eux peut être un point négatif chez un confrère... Voici une liste non exhaustive des points examinés :

Les compagnons sont preneurs d’information... Il faut sensibiliser, informer, former... Ce n’est pas facile, car il faut s’investir. Il faut passer du temps. C’est nécessaire. positifs et les points à améliorer ». Une telle démarche donne l’opportunité de mettre en phase la réalisation de la Fiche d’Entreprise que chaque médecin du travail doit réa-

> Le groupe «GARAGES » Citons les membres du groupe « Garages », à la Santé au Travail de Saint Quentin (MTA) : Coordonnateur : Françoise VERMEERSCH, Médecin du Travail Participants : - Dominique BOUILLET - Technicienne en Ergonomie - Stéphanie BUISINE - Ingénieur Responsable pôle Prévention - Françoise CHAPELET - Médecin du Travail - Jean-Paul DUFOSSEZ - Médecin du Travail - Mickaël GERARD – Technicien prévention - Véronique GIBBE - Médecin du Travail - Brigitte MARIO - Formatrice - Laurence SAMAIN - Technicienne en Ergonomie, Formatrice

- - - - - - - - - - - - - - -

existence d’une évaluation des risques actualisée règles générales d’hygiène circulation et états des sols incendie, explosion bruit produits dangereux (fiches de données de sécurité, conditions d’utilisation, manipulation, étiquetage) diagnostic amiante du bâtiment levage et manutention machines et appareils spéciaux fosse de visite préparation et peintures des véhicules réparation et entretien des garnitures de frein actions de prévention (EPI, sensibilisation, information des salariés) organisation des secours équipements sociaux

liser et celle du Document Unique d’Evaluation des Risques, dont chaque employeur a la responsabilité. Et elle ouvre un dialogue constructif. A noter que les Services de Santé au Travail d’Amiens et de Beauvais ont été associés au début de la démarche et dans la gestion des FDS.

Des attentes exprimées L’ensemble de ces audits met en valeur plusieurs attentes. La métrologie (bruit, monoxyde de carbone, éclairage, ventilation) objective les situations à améliorer. Les demandes d’information sont nombreuses : risques et dangers pour la santé, moyens de prévention, règlementation et responsabilité. Des demandes de formation sont exprimées. L’idéal serait de développer avec les employeurs et leurs salariés des modules adaptés, tant les points à aborder sont techniques et spécifiques (hygiène industrielle, produits chimiques, levage et manutention, etc). Visiter et accompagner 200 garages, c’est un travail de longue haleine...

22-23


Technique & Environnement

Santé au Travail d’Amiens (ASMIS)

Aider les entreprises à l’élaboration du document unique Le 7 novembre 2001, le décret n°2001-1016 est publié au Journal Officiel. Ce décret fait obligation à l’employeur de transcrire et mettre à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques professionnels pour la sécurité et la santé des travailleurs à laquelle il doit procéder en application des articles L.4121-2 et L.4121-3 du Code du travail. Au delà d’être une obligation, cette évaluation est surtout très utile. Elle est le point de départ d’une politique de prévention adaptée à chaque entreprise.

A

la Santé au Travail d’Amiens (ASMIS : Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme), le succès a dépassé toutes les projections. Tirés à 15 000, puis 30 000 exemplaires, le guide « Evaluation des risques professionnels » a été diffusé à 200 000 exemplaires ! Tant la demande est forte. Au départ, ce guide était destiné aux 10 000 adhérents de l’ASMIS. Sa force : être un support d’aide à l’élaboration d’un document unique.

www.risques-pro.net Pour Leslie Bruxelle-Valck, conseillère en prévention, Intervenante en Prévention des Risques Professionnels à l’ASMIS, « le but est d’apporter une aide simple et efficace à l’entreprise, sans se substituer à l’employeur ; c’est bien l’employeur qui doit réaliser lui-même le Document Unique d’Evaluation des Risques ». Dans ce sens, à l’ASMIS, un dossier et des fiches d’aide à l’identification et à l’évaluation des risques sont mis à disposition des entreprises adhérentes. « Très vite, il est apparu évident que la mise en ligne sur

internet de ces supports d’aide augmenterait l’efficacité du guide tout en facilitant son actualisation ». D’où le relais de la démarche par un site dédié : www.risques-pro.net

Trois étapes au sein de l’entreprise L’entreprise est invitée à réaliser son document unique en respectant trois étapes. D’abord, elle définit les unités de travail, puis elle sélectionne les fiches d’aides nécessaires à l’identification et à l’évaluation des risques présents. Elle les complète alors et évalue les risques en considérant toutes les étapes des activités (en service et en maintenance), en concertation avec les salariés et leurs représentants. Enfin, elle élabore un tableau de bord des évaluations des risques et des actions de prévention.

Des fiches pratiques Chaque fiche comporte un bref extrait de la règlementation. Puis une rubrique, intitulée « Avez-vous pensé à... », invite l’entreprise à passer

en revue des points essentiels. Une plage d’observation complémentaire permet à l’entreprise d’aller plus loin dans son évaluation. Enfin, le report des conclusions dans le tableau de bord permet de définir les actions de prévention à mener.

Des thèmes précis Les risques liés à l’environnement de travail font l’objet de 10 fiches (Aération et assainissement, risques psychosociaux, bruit, éclairage, etc). Il en est de même pour les risques liés aux matières et/ou aux matériaux (Agents chimiques, port de charges, conduites d’engins, etc). Cinq fiches abordent les autres risques (relations entreprises utilisatrices/entreprises extérieures, travaux de chantier, travaux de bureau, travail de nuit, travaux temporaires en hauteur). Chaque entreprise choisit ses fiches en fonction de ses risques. Pour en savoir plus, un e-mail : risques-pro@asmis.net


COMMUNIQUÉ

> Les Points essentiels du décret 1.

L’évaluation des risques est réalisée par le chef d’entreprise en concertation avec les salariés et/ou leurs représentants

2. Elle comporte un inventaire des risques identifiés : - dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement ; - pour toutes les étapes des activités (en service ou en maintenance). 3. La mise à jour est effectuée au moins chaque année ainsi que lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions d’hygiène et de sécurité ou les conditions de travail.

Imprimerie VG GOOSSENS : à la pointe du progrès !

D

ans le numéro 14 d’Entreprise et Santé (p12-13), nous avons relaté une action de prévention menée chez VG GOOSSENS, imprimerie située à Marcq en Baroeul, près de Lille. Réalisée avec PÔLE SANTÉ TRAVAIL Métropole Nord, cette action portait sur le risque chimique et le nouvel étiquetage. L’imprimerie VG GOOSSENS nous prie d’insérer les photos ci-jointes, qui correspondent mieux aux technologies qu’elle utilise. En effet, les deux photos publiées dans le numéro 14 d’Entreprise et Santé ne correspondent pas à cette entreprise. Avec toutes nos excuses.

4. « Le document unique d’éva-

luation des risques est tenu à la disposition des travailleurs, des membres du CHSCT, des délégués du personnel, du médecin du travail, des agents de l’inspection du travail, des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale, des agents des organismes professionnels de santé, de sécurité et des conditions de travail, … Un avis indiquant les modalités d’accès des travailleurs au document unique est affiché à une place convenable et aisément accessible dans les lieux de travail. Dans les entreprises ou établissements dotés d’un règlement intérieur, cet avis est affiché au même emplacement que celui réservé au règlement intérieur. »

5. Le défaut de tenue du DOCU-

MENT UNIQUE est sanctionné pénalement.

24-25


Aux alentours

Observatoire Régional de Santé au Travail Nord-Pas-de-Calais

La traçabilité, une question d’actualité Aujourd’hui, personne n’imagine acheter une denrée alimentaire sans en connaître l’origine, la date de fabrication, le numéro de lot et la date limite de consommation. De même, dans une automobile, chaque pièce est suivie à la trace. En cas de défectuosité, les modèles peuvent être rappelés... Qu’en est-il de l’exposition aux risques des salariés ? Une question à laquelle a tenté de répondre l’Observatoire Régional de Santé au Travail Nord-Pas-de-Calais, pour l’exposition aux agents chimiques cancérogènes, mutagènes, et reprotoxiques (CMR).

E

n octobre 2008, un rapport national propose que l’ORST Nord-Pas-deCalais mène une expérimentation « grandeur nature » à partir du premier semestre 2009 sur la traçabilité des expositions CMR (Rapport Lejeune remis à la Commission des Accidents du Travail et des Maladies Professionnelles).

recenser les agents chimiques à risque CMR en vue de la déclaration annuelle obligatoire ; 3 sur les 10 disposent d’une démarche d’évaluation aboutie. Sur les 16 établissements de taille plus importante, 8 ont un programme informati-

26 entreprises

Propositions

Cette étude a été confiée à l’Institut de Santé au Travail du Nord de la France. 26 entreprises ont accepté d’être visitées et de répondre à des entretiens réalisés auprès de directeurs, de cadres, d’employés et d’ouvriers, dans le respect de la confidentialité. 9 entreprises réalisent du traitement de surface, 4 du soudage, 4 des travaux d’aménagement ; 4 ont une activité dans le bois, 2 dans l’étanchéité, une dans le caoutchouc ; 2 sont prothésistes dentaires.

Recensements, évaluations et déclarations obligatoires Sur les 26 entreprises, 18 font l’objet d’expositions à des agents CMR. Les plus petites souffrent d’un manque de compétences face à cette question. Quelle que soit la taille de l’entreprise, il est peu fait appel à un laboratoire agréé pour les dosages obligatoires. Un seul des 10 petits établissements visités dispose d’un outil informatique pour

sier CMR »), par méconnaissance de la réglementation et à cause des difficultés techniques. Pour les employeurs, il n’y a pas d’opposition de fond, mais nécessité d’un accompagnement. La majorité des salariés questionnés est favorable à un dispositif de déclaration des expositions, réserve faite des conséquences éventuelles sur la préservation de l’emploi.

que pour recenser les agents chimiques à risque CMR en vue de la déclaration annuelle obligatoire ; 7 sur les 16 disposent d’une démarche d’évaluation aboutie. Aucune des 26 entreprises ne répond à l’ensemble de ses obligations en matière d’agents chimiques à risque CMR (listes des salariés exposés, fiches individuelles d’exposition, « dos-

Les membres du conseil d’administration de l’ORST Nord-Pas-de-Calais constatent que les obligations sont anciennes mais peu connues. Il est nécessaire de développer une expertise auprès du chef d’entreprise et de simplifier les documents administratifs, notamment pour les TPE-PME. Sur la mesure de l’exposition, il faut viser une traçabilité collective et responsabiliser les fabricants et les fournisseurs de produits. Enfin, il faut développer la formation et l’expertise des membres des instances représentatives du personnel et des membres des Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, de manière à jouer un rôle plus prégnant en matière de prévention des risques.


Territoire de Santé

Président Dr Philippe Mine

Arrondissement de Valenciennes

Directrice Paule Lebecq

L’ASTAV va de l’avant ! 5000 entreprises et leurs 70 000 salariés bénéficient des prestations de l’ASTAV, Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes. Regroupant près de 350 000 habitants sur 85 communes, l’arrondissement de Valenciennes est un des six arrondissements du département du Nord. Avec 549 habitants au km², il est un des plus denses de la région Nord-Pas-de-Calais (324 habitants/km²). Un arrondissement qui a vu la création de près de 2 000 entreprises en 2010.

L

e dynamisme de l’ASTAV est à la mesure du renouveau de l’arrondissement. Renouveau économique, urbanistique et culturel. Le bassin d’emploi du Valenciennois est le 3° de la région. Certes, les fermetures dans la sidérurgie et la métallurgie laissent un taux de chômage préoccupant (14,4 % de la population active). Au regard de l’histoire industrielle de l’arrondissement, la santé au travail a son importance ! Aujourd’hui, une forte présence des entreprises de fabrication de matériels de transports a relancé l’activité. Elles constituent 46 % des effectifs industriels. Dans ce contexte, l’ASTAV se présente comme « un Service de Santé au Travail, de Prévention et de Conseil ». Président du Conseil d’Administration, le docteur Philippe Mine résume le projet stratégique : « évoluer vers la santé au travail de demain en préservant et en déployant les compétences nécessaires à nos actions, notamment en maintenant au mieux la ressource médicale et en renforçant le travail en équipe pluridisciplinaire ». Directrice, Paule Lebecq a pris la succession de Jean Loup Ledoux en juillet 2010. Inutile de dire que les projets en cours de réalisation sont nombreux : évolutions du fonctionnement et de l’organisation, mise en place de la démarche qualité et de la communication, recherche d’une meilleure synergie des équipes et du service par de nouveaux locaux. En 2010, près de 700 actions ont été menées en entreprise, en sus des 56 000 visites médicales. Sans oublier la participation active à de nombreux groupes de travail tant sur l’arrondissement qu’au niveau régional.

Carte d’identité - 5 000 entreprises adhérentes - Suivi de Santé au Travail de 70 000 salariés, notamment de secteur industriel - 11 centres, dont 1 Centre de Prévention des Risques Professionnels : pôle pluridisciplinaire, le SAMETH (Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés), PREVARISC (Formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST), Formation Prévention des Risques liés à l’Activité Physique (PRAP). - Projet immobilier en cours: construction dès août 2011 d’un nouveau centre regroupant les centres du secteur de Denain et

un autre en étude pour arriver à terme à 4 centres médicaux. - 100 professionnels au service de la santé au travail : 32 médecins spécialistes en santé au travail 32 auxiliaires médicaux (dont 5 formatrices) 10 intervenants pluridisciplinaires dont 4 Assistantes en Santé au Travail (en ergonomie, métrologie, risques chimiques, QHSE, psychologie…) 14 administratifs équivalents temps plein 5 maintiens dans l’emploi des travailleurs handicapés

26-27


Une édition CISST - GISSET Groupement Inter Services Santé et Travail 40 bis Allée du Bénélux - Zone Artoipôle 62060 ARRAS Cedex 9 Centre Inter-Services de Santé au Travail 118 rue Solférino 59015 Lille Cedex 62 59 80

Grâce au soutien de :

02 60

ASMIS Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77 rue Debaussaux CS 60132 80001 Amiens Cedex 1 Tél : 03 22 54 58 00 / www.asmis.net AST 62/59 Association de Santé au Travail 6 rue de la Symphorine Parc des Bonnettes 62 008 Arras Tél : 03 21 15 12 32 / www.ast6259.fr ASTAV Association de Santé au Travail de l'Arrondissement de Valenciennes 62 rue Milhomme 59300 Valenciennes Tél : 03 27 46 19 24 / www.astav.fr ASTIL 62 Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 Boulevard du Parc - BP 94 62903 Coquelles Cedex Tél : 03 21 85 51 85 CEDEST Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10 rue Albert Thomas 59210 Coudekerque-Branche Tél : 03 28 24 98 98 / www.cedest.net MTA Médecine du Travail de l'Aisne rue Théodore Monod ZA Bois de la Chocque 02100 Saint-Quentin Tél : 03 23 62 52 48 / www.mt02.org

« LE » magazine de Santé au Travail des entreprises du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie : des réalisations d’entreprises, des « actus » et des conseils 4 numéros par an diffusés auprès de 85 000 entreprises La vie en Santé au Travail des PME et des TPE

PÔLE SANTE TRAVAIL Métropole Nord 118 rue Solférino Lille BP 1365 59015 Lille Cedex Tél : 03 20 12 83 00 / www.polesantetravail.fr

Avec le site : - Retrouvez des infos par branches d’activités - Entrez en contact avec votre Service de Santé au Travail - Prenez connaissance de l’actualité en Santé au Travail

www.entrepriseetsante.com


Entreprise et Santé - numéro 15