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www.cecplus.com

de l’économie nationale à la mondialisation


Avant-propos Environnement économique présente aux étudiants les concepts de base de l’économie pour qu’ils se familiarisent avec cette discipline dans le cadre d’une formation collégiale générale ou technique. Le contenu proposé dans cette réédition a été entièrement revu et augmenté. Il tient compte des réalités économiques actuelles et fournit les données les plus récentes dans ce domaine. Les étudiants trouveront dans Environnement économique un outil pour comprendre les grands problèmes économiques contemporains au centre de nos préoccupations et celles des sociétés, tels que la crise économique et financière de 2008 et la mondialisation. Tout au long de la rédaction de ce manuel, un grand souci a été accordé à la clarté et à l’accessibilité du propos, de même qu’un recours constant aux démonstrations et à l’illustration pour mieux guider l’apprentissage. Cet ouvrage didactique constituera pour les enseignants en économie une référence rigoureuse et complète ainsi qu’un guide précieux pour la préparation du contenu de leur cours et pour leur enseignement. Ce manuel se divise en cinq parties qui couvrent les trois grands thèmes de l’économie : la microéconomie, la macroéconomie et l’économie internationale. La première partie traite de l’introduction à l’économie et du mécanisme des prix. La seconde est consacrée à l’entreprise et à l’organisation des marchés. Quant aux troisième et quatrième parties, l’une porte sur la conjoncture économique et les fluctuations économiques, et l’autre sur le fonctionnement d’une économie ouverte sur le monde. Enfin, la cinquième partie aborde les questions associées à l’économie mondialisée. L’une des particularités d’Environnement économique est d’offrir une information claire et accessible permettant aux étudiants de mettre rapidement en pratique les notions assimilées, favorisant ainsi compréhension et apprentissage. Des encadrés proposent des tendances économiques actuelles liées à des points essentiels du manuel. En outre, des « minitests » sont suggérés tout au long des chapitres et donnent la possibilité aux étudiants de tester leur compréhension et de consolider leurs connaissances. Une riche iconographie, de nombreuses démonstrations et un grand nombre d’exemples, de tableaux et de figures permettent aux lecteurs de mieux transposer les applications économiques dans la vie de tous les jours. Un résumé à la fin de chaque chapitre offre une synthèse des notions présentées. Enfin, des questions de révision et des problèmes complètent les chapitres, fournissant ainsi une autre occasion aux étudiants de mettre en pratique les différents concepts économiques exposés. Environnement économique deviendra rapidement l’outil indispensable pour s’initier à cette discipline et mieux comprendre les opportunités et les défis de l’entreprise dans le monde actuel.

III


Présentation des caractéristiques des chapitres

Le manuel est divisé en cinq parties, chacune d’elles étant introduite par une page d’ouverture.

La conjoncture et les fluctuations

La conjoncture et les fluctuations

Chaque partie du manuel contient un texte présentant l’ensemble des sujets des chapitres de cette partie. Ce texte d’ouverture de partie donne aux lecteurs une vision globale de la matière et met en relation les différents sujets traités.

6Indicateurs macroéconomiques

7Fluctuations économiques : le modèle de l’offre et de la demande agrégées

T

out comme les médecins prennent la température d’un patient pour avoir une idée de son état de santé, les économistes évaluent l’état de l’économie à l’aide de différents indicateurs. Dans cette troisième partie, l’étudiant apprendra comment se mesure la conjoncture économique, tout en prenant en compte trois grandes questions. Qu’est-ce qui détermine le volume de la demande et de l’offre dans l’économie et quels facteurs entraînent sa variation? Pourquoi toutes les économies connaissentelles des fluctuations de leur PIB ? Comment la politique budgétaire et la politique monétaire poursuivent-elles les trois objectifs de maintien du plein-emploi, de stabilité des prix et de stimulation de la croissance ? Après l’étude de cette partie, l’étudiant sera en mesure : • de calculer et d’interpréter les indicateurs de la conjoncture ; • de déterminer ce qui fait varier la quantité de biens produite dans l’ensemble de l’économie ; • d’utiliser le modèle de l’offre et de la demande agrégées pour comprendre les causes des fluctuations économiques et leurs conséquences ; • d’expliquer en quoi consistent la politique monétaire et la politique budgétaire.

102

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 6

Rareté, spécialisation et échange Dans ce chapitre, vous apprendrez :

Chaque texte d’ouverture de chapitre présente les thèmes clés qui seront exposés à l’aide d’explications théoriques et d’exemples concrets.

• Pourquoi l’économie est considérée comme une science sociale. • À quelles questions fondamentales s'intéresse l’économie. • Pourquoi les coûts sont croissants. • Ce que signifient les déplacements de la courbe des possibilités de production. • L'importance de la notion de coût d’opportunité. • Ce que signifient l’avantage absolu et l’avantage comparatif. • Que la spécialisation et l’échange sont une source de gains économiques.

Des économistes qui ont travaillé sur les cycles Nicolaï Dmitrijewitsch Kondratieff, économiste russe (1892-1938)

Mais les choses ne sont pas si simples en raison de la structure des coûts et de la nouvelle économie mondialisée dans laquelle se vend cette chaussure. La fabrication de chaussures exige non seulement de la main-d’œuvre, mais aussi des matières premières (cuir, caoutchouc, etc.), des machines, des bâtiments, des capitaux, ce qui fait finalement grimper le coût de la chaussure à 23 dollars. La différence demeure tout de même importante entre un coût de production de 23 dollars et un prix de vente de 100 dollars. La différence vient des coûts de promotion et de publicité (5 dollars), ainsi que des dépenses liées aux coûts de stockage, de rémunération des actionnaires pour un montant de 22 dollars. Au total, le prix de gros auquel Nike vend aux distributeurs est passé à 50 dollars. Il faut maintenant que le vendeur rémunère le personnel qui vend la chaussure, défraie la location des lieux de vente, etc. Au vu de cet exemple, on peut constater que, dans la nouvelle économie mondiale, on vend autant l’image que le produit lui-même. D’où la prédominance des flux et des systèmes de production et de distribution à travers le monde.

La mondialisation, à travers le tour du monde d’un jeans Depuis le coton du Bénin jusqu’à l’assemblage en Tunisie, sans oublier le cuivre de Namibie, la fabrication du célèbre jeans ressemble à un long voyage, puisque ce vêtement est fabriqué en Tunisie, en Italie, en Allemagne, en France, en Irlande du Nord, au Pakistan, en Turquie, au Japon, en Corée du Sud, en Namibie, au Bénin, en Australie et en Hongrie.

Pourquoi Nike vend-elle ses chaussures plus de quatre fois son prix de revient ? MINITEST

12.3

Joseph Aloïs Schumpeter, économiste autrichien (1883-1950) Schumpeter a tenté d’expliquer ce qui pouvait constituer le « moteur » des cycles économiques. Dans ses travaux de 1939, il démontre que les trois vagues longues (50 ans en moyenne) observées depuis la révolution industrielle ont été scandées par des mutations technologiques. Le premier cycle (1787-1840) serait dû à l’invention de la

DA ⫽ C ⫹ I ⫹ G ⫹ (X-M)

128

■■■ Produit : coton. Activité : agriculture. Lieux : Bénin, Pakistan, Corée du Sud. ■■■ Produit : fil à coudre en coton. Activité : filature. Lieux : Irlande, Hongrie, Turquie. ■■■ Produit : fermeture éclair en laiton. Activité : petite métallurgie. Produit : polyester solidifiant le fil à coudre. Activité : chimie. Lieu : Japon.

4152232 © Shutterstock/aborisov

Jeans : 4152232 © Shutterstock/Mario Tarello

■■■ Produit : boutons en laiton. Activité : petite métallurgie. Produit : teinture indigo (bleue). Activité : chimie. Lieu : Allemagne.

Source : LA DÉLOCALISATION DES ENTREPRISES, Le tour du monde d’un jeans, http://delocalisation-des-entreprises-tpe.emonsite.com/rubrique,a-le-tour-du-monde-d-un-jean,301129.html.

TENDANCES ET DÉFIS DE LA MONDIALISATION

IV

La courbe de demande agrégée montre la quantité de PIB réel qui sera demandée à chaque niveau de prix. Cette courbe est décroissante en raison d’un effet de revenu, d’un effet de taux d’intérêt et d’un effet de commerce international. Examinons chacun de ces effets. Le premier effet d’une variation du niveau des prix sur les dépenses en est un de richesse, dans le sens où la valeur nominale de l’argent que

Une baisse des taux d’intérêt permet aux entreprises de renouveler leurs équipements à moindre coût, et ainsi d’augmenter leur compétitivité pour faire face aux défis de l’avenir.

■■■ Produit : bande polyester de la fermeture éclair. Activité : filature. Lieu : France.

Produit : pierre ponce. Activité : carrière. Lieu : Turquie.

Question : En quoi la théorie de ces deux auteurs se sur le plan de l’analyse des cycles

différencie-t-elle économiques ?

La demande agrégée

Tendances

■■■ Produit : toile denim. Activité : tissage. Lieu : Italie.

La théorie de Schumpeter a fait l’objet de critiques en règle. Or, depuis l’émergence des nouvelles technologies de l’information, elle a une forte audience dans le monde académique. En effet, c’est à partir de ce concept que certains ont cru, il y a deux ou trois ans, apercevoir derrière la nouvelle économie le commencement de la vague montante de la cinquième révolution industrielle.

La demande agrégée (DA) est égale à la somme des dépenses de consommation (C), des dépenses d’investissement (I), des dépenses publiques (G), des dépenses engagées par les étrangers pour acheter la production nationale, soit les exportations (X) moins les dépenses des Canadiens pour se procurer des biens à l’étranger, soit les importations (M) :

Question :Suivez « le tour du monde » de ce jeans et expliquez la localisation de chaque étape de la confection d’un jeans. Justifiez votre réponse.

■■■ Produit : toile denim. Activité : lavage. Produit : jean LC10. Activité : confection. Lieu : Tunisie.

Tendances

vapeur ; le deuxième cycle (1843-1897), au chemin de fer ; le troisième cycle (1898-1939), au développement des industries électriques et chimiques ainsi qu’à l’invention de l’automobile. On représente la phase montante du cycle par la période au cours de laquelle les innovations se diffusent dans le corps économique et social, tandis qu’on explique les phases dépressives en observant le remplacement progressif par les nouvelles entreprises des anciens produits par les nouveaux (phénomène appelé la « destruction créatrice »).

369829152 © Shutterstock/Kristina Greke

Pour caractériser cette nouvelle interdépendance et la nouvelle économie qu’elle permet de créer, prenons l’exemple d’une paire de chaussures Nike, vendue 100 dollars dans un magasin au Canada. Le travailleur qui la fabrique, probablement en Chine, est payé 3,50 dollars. La différence est si importante qu’on pourrait se demander ce qui empêche les consommateurs canadiens de payer la paire de chaussures 107 dollars, par exemple, ce qui doublerait le revenu des travailleurs chinois.

Les rubriques « Tendances » qui accompagnent chacun des chapitres amènent les lecteurs à saisir, dans le concret, des notions importantes en économie. À la fin de ces rubriques, une question leur est proposée afin qu’ils approfondissent leurs connaissances.

Selon Kondratieff, les économies capitalistes sont soumises à des cycles de longue durée, d’environ cinquante ans. Il a tiré cette conclusion à la suite de l’analyse d’une série de statistiques relatives à l’Angleterre, aux États-Unis, à l’Allemagne et à la France, portant sur les prix de gros et les salaires, mais aussi sur la production et la consommation entre 1770 et 1920. L’économie serait ainsi rythmée par des vagues montantes et descendantes : à une phase d’expansion d’approximativement vingt-cinq ans succéderait une phase de dépression de même durée, les deux constituant un cycle complet.

249

Des illustrations étroitement liées au contenu des chapitres établissent un lien entre les questions économiques et des exemples de la vie de tous jours.

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 7


sement de portefeuille répond généralement à des impératifs de rentabilité et de diversification du portefeuille de l’acquéreur et ne vise pas, au premier chef, le développement des activités productives ou industrielles d’une entreprise. • Les investissements directs étrangers (IDE). Les investissements directs étrangers constituent la principale source des délocalisations, car ces opérations d’investissement direct impliquent l’acquisition d’actifs tangibles dans un autre pays. Autrement dit, l’IDE donne lieu à la constitution d’actifs physiques (immobilisations) destinés à soutenir une activité économique dans le pays d’accueil. C’est de ce type de flux dont il sera question ici. C’est, par exemple, le financement d’immobilisations qu’effectuerait une aluminerie canadienne qui voudrait construire une usine au Brésil dans le but d’y produire de l’aluminium. Entre 1990 et 2008, les investissements directs étrangers dans le monde sont passés de 200 à 1 700 milliards de dollars américains.

Les expressions clés en économie sont en caractère gras. On les retrouve dans une liste à la fin de chaque chapitre. Un glossaire à la fin du manuel définit les mots importants. De plus, on peut repérer les expressions clés dans l’index à l’aide des renvois aux pages en caractère gras.

Le tableau 10.2 montre la croissance importante du stock d’investissements directs étrangers au Canada, ainsi que celle du stock des investissements directs canadiens à l’étranger. Ce tableau confirme que le Canada est bien une économie ouverte, non seulement sur le plan du commerce des biens et des services, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, mais aussi sur le plan des investissements étrangers.

Pourquoi aller produire ailleurs ? Pour l’opinion publique et pour de nombreux médias, la délocalisation de la production se réduit à un processus qui consiste à produire des biens là où c’est le moins cher et à les vendre là où existe un pouvoir d’achat. Par exemple, Bell Canada produit des téléphones en Thaïlande pour le marché canadien. C’est le cas également de la Société Daimler AG qui a Investissement direct canadien à l’étranger

Investissement direct étranger au Canada

Milliards de dollars

Milliards de dollars

2006

2007

2008

2009

224,0

226,5

297,7

261,3

Royaume-Uni

58,5

59,8

59,8

65,4

Royaume-Uni

Barbade

40,6

32,5

45,8

40,8

Irlande

20,0

18,4

24,4

Îles Caïmans

16,8

18,7

22,5

États-Unis

2006

2007

2008

2009

265,1

291,0

283,5

288,3

39,4

56,6

66,8

63,5

Pays-Bas

24,8

36,7

49,2

46,5

22,7

Suisse

14,6

15,9

20,9

21,2

19,4

France

17,2

17,2

17,6

18,2

12,9

14,1

14,4

14,8

8,4

9,1

13,9

13,9

13,4

13,6

12,9

13,1

États-Unis

Bermudes

18,1

15,8

18,0

18,2

Brésil

France

16,3

15,1

17,1

15,9

Allemagne

Australie

6,8

7,5

8,7

12,8

Japon

Hongrie

6,6

9,5

13,1

12,2

Luxembourg

Brésil

9,0

7,8

9,9

11,4

Tous les autres pays

Pays-Bas

8,1

7,3

10,0

9,8

8,8

10,7

Allemagne

8,9

Chili

4,6

Suisse

7,6

Mexique Tous les autres pays Total

7,0 7,2

Total

6,6

4,2

7,0

Des minitests entrecoupent l’exposé et permettent aux étudiants de tester leur compréhension et de consolider leurs connaissances.

9,9

34,8

51,7

54,6

60,0

437,2

510,1

540,8

549,4

9,6

9,7

8,3

6,9

6,7

5,2

4,8

4,3

4,9

67,8

66,4

83,0

73,8

518,8

513,1

641,6

593,3

Source : STATISTIQUE CANADA, « Investissement direct étranger », Le quotidien, 14 avril 2010, http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/100414/t100414a1-fra.htm TABLEAU 10.2

Les 300 $ sont donc inclus dans la valeur de la production, calculée dans l’optique de la dépense. Mais cette somme ne correspond à aucune production. Pour connaître la production nette, il faut soustraire l’amortissement du PIB. Finalement, le produit intérieur net (PIN) correspond au PIB après en avoir déduit le total des dépenses consacrées à la dépréciation du capital. Ainsi,

Calculez la valeur du PIN et du PIB avec les données suivantes en millions de dollars : • Dépenses de consommation : 55

PIN ⫽ PIB ⫺ Dépréciation

• Exportations : 10

En raison du caractère non fiable des estimations de l’amortissement, les économistes utilisent plus souvent les chiffres du PIB que ceux du PIN.

• Taxes indirectes : 6 • Importations : 12

Toutes les dépenses décrites précédemment sont en même temps des revenus. Les deux concepts s’équivalent comme deux faces d’une même médaille. Le revenu doit être égal à la dépense pour une raison simple : chaque transaction met en jeu deux parties, soit un acheteur et un vendeur. Dans l’économie canadienne, chaque dollar dépensé par un acheteur est un dollar de revenu pour un vendeur.

• Investissements bruts : 20 • Dépréciation : 8 • Salaires : 50 • Dépenses du gouvernement : 12 MINITEST

Prenons l’exemple d’Alexandre qui dépense 100 $ chez le dentiste pour un nettoyage dentaire. Alexandre achète un service offert par le dentiste. La transaction de 100 $ accroît le revenu et la dépense au Canada du même montant de 100 $. Le PIB canadien connaît une hausse de 100 $ mesurés comme revenu ou comme dépense. C’est pourquoi il est également possible de calculer la production selon les revenus.

6.1

Positions de l’investissement direct étranger en fin d’année (en milliards de dollars)

COMMERCE INTERNATIONAL ET FLUX DE CAPITAUX

199

LA MÉTHODE DES REVENUS a méthode des revenus pour calculer le PIB consiste non pas à mesurer la valeur des produits finaux, mais à mesurer les revenus que les entreprises versent pour rémunérer les facteurs de production qu’elles utilisent : le salaire pour rémunérer le facteur « travail », les intérêts pour le facteur « capital », le loyer aux propriétaires fonciers, le bénéfice pour l’entrepreneur. Le tableau 6.2 donne une idée de ces grandeurs et leur part relative. On explique la présence des revenus nets des agriculteurs et des entrepreneurs individuels par le fait qu’il est difficile de décomposer dans le détail la rémunération des facteurs de production de ces types de travailleurs.

60594556 © Shutterstock/StockLite

L

La production ne concerne pas seulement celle des biens, mais également celle des services. Dans ce cas, les coûts de main-d’œuvre constituent l’essentiel des coûts de production.

De nombreux graphiques et tableaux aident à se représenter les données abstraites et favorisent l’intégration des sujets expliqués.

fait augmenter la production de 15 tonnes, le deuxième, de 19 tonnes, le troisième, de 14 tonnes, le quatrième, de 12 tonnes et, enfin, le cinquième, de 2 tonnes. L’évolution de la production de Filcotril montre que, au fur et à mesure que le nombre de travailleurs augmente, la production de textile s’accroît, mais de plus en plus lentement par la suite. L’engagement d’un travailleur supplémentaire n’ajoutera plus rien à la production (comme c’est le cas du sixième travailleur) et pourrait même la faire diminuer (comme c’est le cas du septième travailleur).

La somme des revenus consacrée à rémunérer les facteurs de production forme le revenu intérieur net (RIN). Les salaires constituent de loin la composante la plus importante du PIB (53,6 %). Pour évaluer le PIB selon la méthode des revenus, il faut ajouter aux revenus totaux des facteurs de production du RIN le montant des taxes indirectes (TPS et

Le graphique 4.1 démontre cette évolution. Le produit total enregistre d’abord une croissance forte (de 0 à 15 et de 15 à 34), mais à partir du point A, une réduction de la croissance (de 34 à 48 et de 48 à 62), puis une stagnation au point C, à 62 tonnes, et enfin une décroissance de 62 tonnes à 58 tonnes après l’entrée du septième travailleur.

Millions de dollars Part du PIB (en %) Salaires

819 066

53,6 %

Bénéfices

159 872

10,5 %

Intérêts

Les différents types de produits On pourrait présenter l’évolution de la production de Filcotril à l’aide de concepts plus précis, moins globaux, qui ciblent la production par travailleur. Pour cela, nous utiliserons les deux notions suivantes : le produit moyen (PM) et le produit marginal (Pm).

63 947 880

Revenus nets des entreprises individuelles

98 999

6,5 %

163 634

10,7 %

Taxes indirectes moins subventions Amortissement (dépréciation) PIB

Production totale (PT) (en tonnes)

Produit moyen (PM) du travail (en tonnes)

0

0

1

15

15

2

34

17

Zone de rendements croissants

Zone de rendements décroissants

Zone de rendements négatifs

Production (en tonnes)

TABLEAU 4.1

3

48

16

4

60

15

5

62

12,4

6

61

10,1

7

58

8,3

108

Produit marginal (Pm) du travail (en tonnes) >

15

>

19

> > >

0,07 %

220 860

14,4 %

1 527 258

TABLEAU 6.2

Main d’œuvre (T) (en nombre de travailleurs)

Revenu intérieur net

4,2 %

Revenus nets des agriculteurs

100 %

PIB selon la méthode des revenus en 2009

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 6

14 12 2

>

8

>

⫺4

Évolution de la production de Filcotril

C

60

PT B

50

40 A

30

L’ESSENTIEL DU CHAPITRE 1. Il faut distinguer le profit économique du profit normal dans le sens où le profit économique tient compte de l’ensemble des coûts, y compris les coûts d’opportunité, alors que le profit comptable ne retient que les coûts explicites.

2. Bien qu’il existe plusieurs structures de marchés, les économistes distinguent quatre grandes structures de marchés : la concurrence parfaite, le monopole, la concurrence monopolistique et l’oligopole. On regroupe les deux dernières sous le vocable « concurrence imparfaite ».

3. Les entreprises maximisent leurs profits en produisant une quantité pour laquelle le coût marginal est égal à la recette marginale.

4. En concurrence parfaite, l’entreprise ne peut influencer le prix du marché ; elle s’y adapte. Sa recette marginale est égale au prix. Elle maximise son profit, à court terme, par l’égalisation du prix et du coût marginal.

5. Pour que l’entreprise en concurrence parfaite continue de produire, elle doit couvrir son coût variable. Il est cependant possible qu’elle continue à produire si elle couvre ses coûts fixes.

6. Le monopole est une structure de marché où une seule entreprise produit la totalité de l’offre. À l’origine du monopole, on trouve des barrières à l’entrée qui sont soit naturelles, soit produites par des lois.

7. La courbe de demande du monopole est identique à la courbe de demande du marché. Le monopoleur maximise son profit en fixant un prix supérieur au coût marginal. Par rapport à la concurrence, les acheteurs du monopole paient un prix plus élevé pour une production moindre.

8. La concurrence monopolistique se rapproche de la concurrence parfaite à l’exception du fait que les entreprises y vendent un produit différencié. À long terme, de nouvelles entreprises entrent dans le marché tant que des profits existent, de sorte que l’équilibre n’est atteint que lorsque les profits sont nuls.

9. L’oligopole maximise son profit en se comportant tantôt comme un monopole, tantôt en concurrence en fonction du nombre d’entreprises qui composent l’oligopole. Les entreprises de l’oligopole se font concurrence sur des aspects autres que les prix pour dissuader des concurrents éventuels d’entrer dans le secteur.

EXPRESSIONS CLÉS • • • • • • • • • • • • • • •

Structures de marchés Concurrence pure et parfaite (CPP) Demande horizontale Profit économique Recette marginale (Rm) Monopole pur Barrières à l’entrée Discrimination Concurrence monopolistique Différenciation des produits Équilibre à court terme Capacité excédentaire Oligopole Concurrence hors-prix Courbe de demande coudée

QUESTIONS DE RÉVISION ET PROBLÈMES Questions de révision

1. Quelle est la différence entre concurrence parfaite et monopole, puis entre oligopole et concurrence monopolistique ?

2. Pourquoi le prix est-il égal à la recette marginale en concurrence parfaite et non dans le cas du monopole ?

Soit une entreprise dont la production totale s’accroît de 100 à 400 unités quand le nombre de ses travailleurs passe de 5 à 6. Quel est le produit marginal du sixième travailleur ?

20

10

0

1

2

3

4

5

4.1

64

7 T (Travailleurs)

GRAPHIQUE 4.1 Courbe de production totale (PT)

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 4

En fin de chapitre, on trouve un résumé de tous les sujets traités et une liste des expressions clés du chapitre qui sont définies dans le glossaire.

3. Quelles sont les principales barrières à l’entrée ? À quoi servent-elles ?

4. Que signifie la différenciation du produit ? 5. Qu’est-ce que la concurrence hors-prix ? Donnez-en des exemples.

6. Quelles différences y a-t-il entre les quantités et

L’ESSENTIEL DU CHAPITRE

les prix pratiqués par un monopole et par la concurrence ? Comparez ces différences à l’aide d’un graphique.

1. L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée aux variations de prix. Lorsque la demande est inélastique, la courbe de demande a une forte pente et la variation des prix n’a que peu d’effets sur la quantité demandée. Lorsque la demande est élastique, la variation des prix modifie sensiblement la quantité demandée et la courbe de demande se rapproche de l’horizontale.

7. Pourquoi la recette marginale du monopole est-elle inférieure au prix ?

8. Comment l’entreprise en concurrence parfaite détermine-t-elle le niveau de production qui maximise son profit ?

9. À partir de quel moment l’entreprise prend-elle la décision de cesser sa production ?

2. L’élasticité-prix de l’offre mesure la sensibilité de

98

6

MINITEST

la quantité offerte aux variations de prix. Si les variations de prix modifient peu les quantités offertes, l’offre est inélastique. Si la courbe d’offre est proche de l’horizontale, les variations de prix entraînent de fortes variations de la quantité. L’offre est alors élastique.

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 5

3. La répartition du fardeau de la taxe entre le consommateur et le producteur dépend de l’inclinaison de la courbe de demande. Plus la demande est élastique, plus le producteur supporte une fraction plus importante de la taxe.

QUESTIONS DE RÉVISION ET PROBLÈMES Questions de révision

1. Quelle est l’utilité du concept d’élasticité ? 2. Quelle est la relation entre l’élasticité et le chiffre d’affaires d’une entreprise ?

3. Pourquoi l’élasticité varie-t-elle avec le temps ? 4. Que signifie une élasticité-revenu positive ?

prix créent des surplus ou des pénuries. Les prix plafonds provoquent une demande excédentaire et les prix planchers, une offre excédentaire.

Chaque chapitre contient également de nombreuses questions de révision et des problèmes à résoudre qui favoriseront l’assimilation du contenu et la mise en pratique des notions apprises.

5. L’État peut jouer un rôle lorsque les marchés sont déficients, particulièrement en cas d’externalités positives ou négatives. Les solutions pour régler les externalités négatives consistent à définir des droits de propriété ou à user de permis négociables.

duit est-elle supportée par le consommateur ?

6. a) Pourquoi les prix planchers ont-ils tendance

7. Comment calcule-t-on l’élasticité croisée de la

b) Comment le gouvernement peut-il y faire face ?

9. L’application du principe pollueur-payeur, pour réduire la pollution, est-elle une mesure efficace ? Justifiez votre réponse.

10. Devrait-on facturer l’eau aux contribuables au même titre que l’électricité pour préserver la ressource et assurer plus de justice entre les utilisateurs ? Justifiez votre réponse.

EXPRESSIONS CLÉS Problèmes

1. Le tableau suivant donne les prix et la quantité demandée de blé. Déterminez les coefficients d’élasticité-prix de la demande.

• Élasticité-revenu de la demande • Élasticité croisée de la demande • Prix plancher

Prix (en $)

Quantité (en tonnes)

5,00

2,5

4,00

3,5

• Prix plafond • Externalités • Externalités positives • Externalités négatives

58

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 3

Qdx (en milliers)

Qdz (en milliers)

6

100

100

5

110

150

4

120

3

150

2

200

500

1

300

1 100

225

les quantités demandées dans le marché de la viande de porc. Prix Quantité offerte (par kg) (en milliers de kg)

3,00

5

2,00

7

• Quelle situation prévaut sur le marché ? • Quel type d’intervention le gouvernement doit-il privilégier dans un tel contexte ? e) Plutôt que de faire comme aux questions c) ou d), le gouvernement tente de réduire l’offre du produit afin que le prix du marché s’établisse à 1,50 $. • Quelles seront les quantités offertes et les quantités demandées ? • À combien s’établira le revenu des producteurs? Illustrez cette situation dans le graphique fait en a).

325

3. Le tableau suivant donne les quantités offertes et

Quantité demandée (en milliers de kg)

4. Vous êtes directrice d’un opéra. Vous manquez de fonds et votre directeur financier vous conseille de baisser le prix d’entrée. Est-ce que la baisse des prix est une solution adéquate? Justifiez votre réponse.

5. La Société de transport de Montréal (STM) procède à une hausse du tarif de la carte pour diminuer son déficit. Est-ce la bonne décision à prendre ? Justifiez votre réponse.

0,50

20

60

6. Utilisez les données fournies dans le tableau

0,70

30

50

ci-dessous, concernant quatre demandes à différents prix, pour répondre aux questions suivantes.

0,90

36

36

demande ?

• Élasticité nulle • Elasticité-prix de l’offre

Prix (en $)

à créer des excédents ? b) Pourquoi les prix plafonds provoquent-ils des pénuries ?

• Élasticité-prix de la demande • Élasticité infinie

dées pour les biens X (Qdx) et Z (Qdz). À l’aide du seul critère du revenu étudié dans le présent chapitre, déterminez si ces demandes sont élastiques ou inélastiques.

5. Dans quelles circonstances une taxe sur un pro-

8. a) Qu’est-ce qu’une externalité négative ? 4. Les interventions de l’État dans le mécanisme des

2. Le tableau suivant présente les quantités deman-

1,10

46

32

Prix

D1

D2

D3

D4

1,30

52

28

1,50

60

26

1,70

68

24

1,90

80

22

6 5 4 3

125 140 150 170

20 35 50 80

50 60 75 100

40 60 105 150

2 1

225 325

125 300

150 300

210 400

a) Tracez la courbe d’offre et la courbe de demande et déterminez le prix et la quantité d’équilibre dans le marché de la viande de porc. b) Quel est le revenu à l’équilibre des producteurs de viande de porc ? c) Le gouvernement intervient dans ce marché et fixe le prix à 1,50 $/kg. • S’agit-il d’un prix plancher ou d’un prix plafond ? • Quel sera le prix dans le marché ? • Quelles seront la quantité offerte et la quantité demandée ? • Quelle peut être la conséquence d’une telle intervention sur le marché ? d) Plutôt que de fixer un prix de 1,50 $/kg, le gouvernement autorise les producteurs à offrir les quantités disponibles à ce prix. Parallèlement, il laisse le marché libre de fixer les prix. • Quel sera le prix dans le marché ? • Quel sera le revenu des producteurs ?

a) Calculez les coefficients d’élasticité pour chaque courbe de demande. b) Expliquez la relation entre le degré d’élasticité et la recette totale pour chaque courbe de demande.

7. À partir des données du tableau ci-dessous, choisissez les valeurs possibles de l’élasticité-prix de la demande et de l’élasticité-revenu de la demande parmi les combinaisons qui suivent. Justifiez votre choix par des calculs en utilisant les formules appropriées et en essayant des périodes différentes entre 2008 et 2010. Année

Quantité demandée

Prix (en $)

Revenu (en $)

2008 2009 2010

25 000 15 000 5 000

1 3 3

4 000 4 000 6 000

ÉLASTICITÉS, ÉTAT ET PRIX

59

PRÉSENTATION DES CARACTÉRISTIQUES DES CHAPITRES

V


Table des matières La courbe de demande du marché . . . . . . . . . . . . . . . 22 Déplacements de la courbe de demande . . . . . . . 22

PREMIÈRE PARTIE Introduction à l’économie et fonctionnement du mécanisme des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

CHAPITRE 1 Rareté, spécialisation et échange

1

L’offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 La courbe d’offre du marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 Déplacement de la courbe d’offre . . . . . . . . . . . . . 26

.....

3

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’économique comme science sociale . . . . . . . . . Les questions économiques fondamentales . . .

4 6

La détermination du prix d’équilibre : la loi de l’offre et de la demande . . . . . . . . . . . . . . 26 Les courbes de demande et d’offre comme instrument de prévision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

Que produire et en quelle quantité ? . . . . . . . . . . . . . .

6

Le déplacement de la courbe de demande . . . . . . . . . 28

Comment les biens sont-ils produits ? . . . . . . . . . . . . .

6

Le déplacement de la courbe d’offre . . . . . . . . . . . . . . 29

Pour qui les biens et les services sont-ils produits ? . . .

6

Les ressources sont-elles pleinement utilisées ou gaspillées ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L’effet du déplacement des courbes de demande et d’offre sur le marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

7

L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

Le pouvoir d’achat est-il constant ou rongé par l’inflation ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

7

Qu’en est-il de la capacité de l’économie de croître à long terme ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

8

Microéconomie et macroéconomie . . . . . . . . . . . Le raisonnement économique . . . . . . . . . . . . . . . .

4

Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . . 31 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

8 8

Les possibilités de production et les coûts croissants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 Les facteurs entraînant un déplacement de la courbe des possibilités de production . . . . . . . . 10

Les coûts d’opportunité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Mode de calcul et signification . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Une première application des coûts d’opportunité : le commerce international . . . . . 12 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 16 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

DEUXIÈME PARTIE L’entreprise et l’organisation des marchés . . . . 35

CHAPITRE 3 Élasticités, État et prix

. . . . . . . . . . . . . . . . . 37

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Les élasticités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 L’élasticité-prix de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . Interprétations et déterminants . . . . . . . . . . . . . . . Les cas extrêmes d’élasticité . . . . . . . . . . . . . . . . . L’élasticité et la recette totale . . . . . . . . . . . . . . . . .

38 40 41 42

L’élasticité-prix de l’offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 La forme de la courbe de l’offre . . . . . . . . . . . . . . . 47 L’élasticité croisée de la demande . . . . . . . . . . . . . . . 47

CHAPITRE 2 Demande, offre et prix

L’élasticité-revenu de la demande . . . . . . . . . . . . . . . . 48 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

L’élasticité et la taxation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 L’économie de marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 La demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

L’incidence d’une taxe imposée aux producteurs . . . 49

VI

L’incidence d’une taxe imposée aux consommateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50


L’intervention gouvernementale dans le mécanisme des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

CHAPITRE 5 Marchés et organisation industrielle

Le prix plancher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53 Le salaire minimum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

Le contrôle de l’offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Les structures de marchés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 L’entreprise dans un marché de concurrence parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Quelques solutions aux échecs du marché . . . . 56

Profit économique et profit normal . . . . . . . . . . . . . . . 80

Monopoles, externalités, biens collectifs . . . . . . . . . . 56

La recherche du profit maximal . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 La recette totale et le coût total . . . . . . . . . . . . . . . . 80 La recherche du profit maximal avec l’unité marginale à court terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Le prix plafond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

Les droits de propriété . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 Le permis négociable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

. . 77

L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 Seuil de rentabilité, perte et fermeture . . . . . . . . . . . . 84 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 L’équilibre à long terme de l’entreprise . . . . . . . . . . . 84 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 58 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

Avantages et inconvénients de la concurrence pure et parfaite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

Le régime de monopole pur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 La maximisation du profit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89

CHAPITRE 4 Production, coûts et marché

Avantages et inconvénients du monopole . . . . . . . . . . 91 . . . . . . . . . . . 61

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Le court terme, le long terme et les marchés . . 62 La production et le court terme : la loi des rendements décroissants . . . . . . . . . . . 63 Les différents types de produits . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 Les relations entre les différents types de produits . . 65

La concurrence monopolistique . . . . . . . . . . . . . . 93 L’oligopole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 98 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99

Les coûts de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 Les coûts de production à court terme . . . . . . . . . . . . Le coût fixe (CF) et le coût variable (CV) . . . . . . . . . Le coût marginal (Cm) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les différents coûts moyens . . . . . . . . . . . . . . . . . . La relation entre le produit marginal et le coût marginal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les relations entre les coûts . . . . . . . . . . . . . . . . . .

66 66 67 67 68 69

Les coûts à long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 74 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

TROISIÈME PARTIE La conjoncture et les fluctuations . . . . . . . . . . . . 101

CHAPITRE 6 Indicateurs macroéconomiques . . . . . . . . 103 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 La mesure de la production . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 La méthode des dépenses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Les dépenses de consommation (C) . . . . . . . . . . . . . . 105 Les dépenses d’investissement (I) . . . . . . . . . . . . . . . 106

TABLE DES MATIÈRES

VII


Les dépenses gouvernementales (G) . . . . . . . . . . . . . 106

L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142

Le commerce extérieur (X -M) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107

Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142

La méthode des revenus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108

Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 142 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143

Le flux circulaire des revenus et des dépenses . . . . . 109

La méthode de la valeur ajoutée . . . . . . . . . . . . . . 110 PIB réel et PIB nominal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 Ce que le PIB ne mesure pas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

Les indicateurs du marché du travail . . . . . . . . . 115 Les formes du chômage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 Le chômage saisonnier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 Le chômage frictionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

CHAPITRE 8 La politique monétaire et la politique budgétaire

. . . . . . . . . . . . . . 145

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 La politique monétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147

Le chômage cyclique ou conjoncturel . . . . . . . . . . . . . 117

Les fonction de la monnaie, les types de monnaie et la masse monétaire . . . . . . . . . . . . . . . 147

Le chômage structurel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

Le marché monétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147

L’inflation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119

La demande de monnaie réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148 Les déplacements de la courbe de demande de monnaie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148

Les utilités de l’IPC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121 Pourquoi l’inflation est-elle un problème ? . . . . . . . . . 121 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 122 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123

CHAPITRE 7 Fluctuations économiques : le modèle de l’offre et la demande agrégées . . . . . 125

L’offre de monnaie et la création de monnaie . . . . . . . 149 L’équilibre sur le marché monétaire . . . . . . . . . . . . . . . Les instruments de la politique monétaire . . . . . . . Les réserves obligatoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les facilités de prêt et de dépôt . . . . . . . . . . . . . . . Les opérations sur le marché libre (open market) .

150 151 151 151 152

L’effet de la politique monétaire . . . . . . . . . . . . . . 152 La politique budgétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154 Le budget, le solde budgétaire et la dette . . . . . . . . . . 154 L’effet multiplicateur de la politique budgétaire . . . . . 156

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126 Les cycles économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126 Le modèle de l’offre et de la demande agrégées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127

La politique budgétaire expansionniste et la politique budgétaire restrictive . . . . . . . . . . . . . . 158

La demande agrégée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128

Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 161 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162

L’offre agrégée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’offre agrégée à court terme . . . . . . . . . . . . . . . . . Les déplacements de la courbe d’offre agrégée à court terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’offre agrégée à long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les déplacements de la courbe d’offre à long terme . .

131 131 131 134 134

L’équilibre macroéconomique à court terme . . . . . . . 135 L’équilibre macroéconomique à long terme . . . . . . . . 136 L’écart inflationniste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136 L’écart déflationniste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137

La stabilisation en réponse à une baisse de la demande agrégée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138 La politique de stabilisation en réponse à un choc de l’offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139 La stabilisation en réponse à une hausse de la demande agrégée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

VIII

TABLE DES MATIÈRES

L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161

QUATRIÈME PARTIE L’ouverture économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163

CHAPITRE 9 Balance des paiements et fluctuations du taux de change . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166 La balance des paiements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 La balance courante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 La balance des capitaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167

La détermination du taux de change . . . . . . . . . . 169


Les taux de change et le système de change . . . . . . . . 169 L’offre et la demande de dollars canadiens . . . . . . . . . La demande de dollars canadiens . . . . . . . . . . . . . . L’offre de dollars canadiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le taux de change d’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . .

172 172 173 174

Les variations de la demande et de l’offre de dollars canadiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174 Les variations de la demande de dollars canadiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174 Les variations de l’offre de dollars canadiens . . . . 176 Le taux de change comme outil de la politique monétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179

CINQUIÈME PARTIE L’économie mondialisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207

CHAPITRE 11 Mondialisation financière et crise . . . . . 209 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 La mondialisation financière . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 Les coûts et les avantages de la mondialisation financière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La stimulation de l’investissement et la baisse du coût du capital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La diversification du risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le transfert de technologie et de techniques de gouvernance, de même que l’amélioration du système financier économique . . . . . . . . . . . . .

212 213 213

213

Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 179 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179

Une brève histoire des crises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215

CHAPITRE 10 Commerce international et flux de capitaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181

La crise de 2008 : les causes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217 La montée des inégalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217 La forte progression des liquidités et les pratiques financières à risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182 Les principes de base du commerce international : les avantages comparatifs . . . . . 182 Comment le commerce international modifie-t-il les prix et les revenus dans les pays ? . . . . . . . . . . . . . 185 Les nouvelles approches et tendances du commerce international . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188 Le protectionnisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les moyens et les arguments . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’effet des tarifs douaniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’effet des quotas à l’importation . . . . . . . . . . . . .

189 190 190 191

Les règles du commerce mondial . . . . . . . . . . . . . . . . 193 La régionalisation économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 L’Union européenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195 L’Accord de libre échange nord-américain . . . . . . . 196

La crise financière et économique de 2008 . . . . 214

Les conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219 Sur le plan économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219 Sur le plan de la pensée économique . . . . . . . . . . . 220

La régulation du capitalisme financier . . . . . . . . 221 Encadrer la titrisation et les intermédiaires intervenant dans la titrisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221 Limiter les bonus et les rémunérations des dirigeants et des courtiers (traders) . . . . . . . . 221 Augmenter le pouvoir des autorités de régulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222 Renforcer le Fonds monétaire international . . . . . 222 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . . 223 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224

Le commerce international actuel . . . . . . . . . . . . . . . . 196

L’investissement international . . . . . . . . . . . . . . . 197 Les sources de l’investissement international . . . . . . 198 Les raisons d’être des délocalisations . . . . . . . . . . . . . 199 Les conséquences des délocalisations . . . . . . . . . . . . 201 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 205 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205

CHAPITRE 12 Tendances et défis de la mondialisation . . . . . . . . . . . 225 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226 Les théories et débats autour de la mondialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226 Les tendances économiques et financières de la mondialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227 Le commerce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227 Les investissements directs étrangers (IDE) . . . . . . . . 228

TABLE DES MATIÈRES

IX


Les flux financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230

Tendances

Un mouvement vers l’émergence de systèmes de production mondiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231

L’espérance de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Une impulsion à la constitution de blocs économiques régionaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234

Les déterminants du prix du pétrole . . . . . . . . . . . . . . 23

Une tendance à l’expansion technologique . . . . . . . . 234

L’élasticité-prix de la demande des denrées alimentaires dans dix pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

Un mouvement vers l’élargissement des négociations commerciales multilatérales . . . . . 235 Une tendance à la prédominance de l’évaluation des performances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235

7

L’industrie du textile au Vietnam . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Les postes de dépenses de consommation par ménage au Québec en 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 L’industrie aérospatiale du Québec . . . . . . . . . . . . . . . 71

Une tendance à recentrer les politiques économiques vers le marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236

La concurrence est-elle pure et parfaite dans le commerce en ligne ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Les dérives de la mondialisation . . . . . . . . . . . . . . 237 Les tendances positives de la mondialisation . . 239 Les défis de la mondialisation . . . . . . . . . . . . . . . . 241

L’incontournable iPod . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

Le défi économique et politique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241

Des économistes qui ont travaillé sur les cycles . . . . . 128

Le défi social et culturel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241

La croissance de la productivité du travail et du PIB par habitant, 1981-2009, au Québec et dans d’autres pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137

Le défi éthique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242 Le défi scientifique et écologique . . . . . . . . . . . . . . . . 242 L’essentiel du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 Expressions clés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 Questions de révision et problèmes . . . . . . . . . . . . . . 244 Questions de révision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244

Glossaire

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245

X

Le temps de travail nécessaire à l’achat de… . . . . . . . 118

La dette du Québec dans le contexte canadien et mondial (un point de vue sur une question controversée) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157 La parité du pouvoir d’achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171 Les gains et les pertes du commerce extérieur québécois par produit et par région sur 10 ans (1995-2005) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259

La crise économique et financière de 2008 : survol des impacts au Québec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxx

La mondialisation, à travers le tour du monde d’un jeans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233

Bibliographie Index

Les dix pays les plus riches et les plus pauvres . . . . . 113

TABLE DES MATIÈRES


Production, coûts et marchés Dans ce chapitre, vous apprendrez : • Comment la production d’une entreprise évolue lorsque l’on maintient un facteur de production fixe. • Quelles sont les relations entre l’évolution des coûts et les différentes productivités d’une entreprise. • Quelle est la relation entre les courbes à court terme et les courbes à long terme. • Quelles sont les causes des économies d’échelle et celles des déséconomies d’échelle. • Quelles sont les relations entre les différents types de produits et quelles sont les relations entre les coûts de production ?


HENRY FORD (1863-1947)

La manière habituelle est d’évaluer le coût de fabrication et de fixer le prix ensuite. […] Mais à quoi bon connaître un coût de fabrication si cela ne vous sert qu’à vous démontrer qu’il vous sera impossible de fabriquer à un prix permettant de vendre.

INTRODUCTION ans les chapitres précédents, nous avons abordé l’économie sous l’angle de la rareté. Nous présentions l’activité économique comme la façon dont une société s’organise pour produire afin de satisfaire ses besoins. Pendant des siècles, la production a surtout été centrée sur un petit nombre de produits, essentiellement des produits agricoles.

D

Dans le monde contemporain, l’activité de production est devenue complexe et diversifiée. On y observe une prédominance dans les secteurs de services comme les transports, l’éducation, la santé ou le commerce. Dès le chapitre 1, nous avions évoqué une question économique fondamentale : Comment les biens sont-ils produits ? En effet, la production est possible techniquement de différentes manières, même si elle nécessite toujours une combinaison de facteurs de production (matières premières, biens intermédiaires, machines, travail humain). La production d’une automobile exige de l’assemblage, de la peinture, mais aussi de la gestion, de l’organisation, de la conception et des biens intermédiaires comme des pneus ou des vitres. À partir de là, le problème de la production consiste à choisir la meilleure combinaison des facteurs de production, celle qui permet de produire à un moindre coût. Les entreprises qui font de tels choix, qui prennent de telles décisions, poursuivent comme principal objectif la maximisation du profit. On définit le profit par la différence entre les recettes et les coûts. Profit ⫽ Recettes totales ⫺ Coûts totaux Dans ce chapitre, nous étudierons comment se comportent les différentes productions de l’entreprise et en quoi ces productions déterminent ses coûts. Pour l’entreprise, l’enjeu est de taille ; le but de l’opération, c’est le choix du niveau de production qui minimise ses coûts et lui permet donc de maximiser ses profits. Dans un premier temps, nous examinerons le comportement de la production et, dans un deuxième temps, nous analyserons ses coûts. Toutefois, les décisions de production sont tributaires de deux considérations : le temps et le type de marché dans lequel l’entreprise évolue.

LE COURT TERME, LE LONG TERME ET LES MARCHÉS propos du temps dans la production et les coûts de l’entreprise, il faut distinguer deux périodes : le court terme et le long terme. Le court terme est une période de temps durant laquelle on ne peut pas modifier la quantité de certains facteurs de production. Ces facteurs sont appelés « facteurs fixes ». Il peut s’agir de biens d’équipement comme une usine, de services et même de la maind’œuvre qualifiée. Le court terme ne correspond pas à une période de temps précise ; il peut s’étendre sur quelques années ou sur quelques mois, tout dépend de l’entreprise et de ce qu’elle produit. En revanche, le long terme est une période de temps durant laquelle on peut faire varier l’ensemble des facteurs de production. C’est le cas lorsqu’une entreprise projette de lancer de nouveaux produits, de changer ses méthodes de production en réalisant d’importants investissements, ou d’accroître ses activités à l’étranger en délocalisant en tout ou en partie ses activités.

À

Quand vient le temps de déterminer la stratégie de maximisation des profits, le niveau de la production et le type de marché dans lequel intervient l’entreprise

62

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 4


Ainsi, ce producteur ne fixera pas le niveau de sa production et ses coûts dans le marché de l’automobile ou de l’essence comme il le ferait s’il fixait sa production et ses coûts dans le marché de l’habillement ou de la chaussure. Autrement dit, le niveau de concurrence est une variable déterminante dans la stratégie de l’entreprise.

35879905 © Shutterstock/Vasily Smirnov

deviennent des facteurs importants. Un producteur qui fait des affaires dans un marché où les entreprises sont si nombreuses que nulle d’entre elles ne peut fixer à elle seule le niveau de la production, ne se comportera pas de la même façon que s’il produisait dans un marché où un petit nombre d’entreprises contrôlent tout le marché.

LA PRODUCTION ET LE COURT TERME : LA LOI DES RENDEMENTS DÉCROISSANTS a fonction de production d’une marchandise est la relation entre les quantités des facteurs utilisés pour produire cette marchandise et le volume de production qui en résulte. Il s’agit d’un des éléments clés de l’entreprise. Sa finalité est de fournir le meilleur produit possible, au moindre coût et dans les délais prévus. Le produit en question peut aussi bien être un bien matériel qu’un service. Cette fonction est elle-même constituée de sous-systèmes : études, méthodes, approvisionnement, ateliers, logistique, etc. L’organisation pratique d’une fonction de production va dépendre de nombreux facteurs : du type de production (unitaire, en petites ou en grandes séries, continue ou discontinue, etc.) du secteur, de la structure organisationnelle et de l’organisation du travail.

L

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans les coûts de production : les matériaux, la maind’œuvre, la machinerie, l’énergie, etc.

On peut aussi présenter la fonction de production comme la relation entre les intrants (matières premières, main-d’œuvre) et les extrants (la production). Dans ce cas, il s’agit essentiellement d’une relation technique. Or, la réalité d’une entreprise est plus complexe. Une fonction de production ne couvre pas seulement la production (la conception technique du produit à fabriquer), mais aussi la définition de la meilleure méthode de fabrication possible (celle qui assurera le meilleur compromis quant aux coûts, aux délais et à la qualité), la mise en place des plans de production en fonction de la demande et des délais de production, et enfin le lancement et le suivi de la fabrication du produit. Pour bien connaître sa fonction de production, une entreprise doit donc être en mesure de choisir la combinaison d’intrants la plus économique, de prévoir les conséquences d’une modification dans le prix, la quantité et la qualité des intrants. Prenons l’exemple d’une entreprise textile, Filcotril. Pour produire son bien, Filcotril utilise deux facteurs de production : la main-d’œuvre (les ouvriers) et les machines. La production (en tonnes) se fait dans un horizon à court terme, à l’aide d’un facteur fixe (les machines) et d’un facteur variable (la main-d’œuvre). Le tableau 4.1 contient les données sur l’évolution de la production de Filcotril dans un contexte où l’entreprise réalise une production totale (PT) avec un nombre fixe de machines et une main-d’œuvre (T) qui varie. Ainsi, lorsque le nombre de machines est fixe et que la main-d’œuvre est variable, on assiste à une hausse de la production totale. Or, cette hausse se fait à des taux croissants, dans un premier temps, et décroissants, par la suite. Autrement dit, la croissance de la production est de moins en moins rapide : le premier travailleur PRODUCTION, COÛTS ET MARCHÉS

63


60594556 © Shutterstock/StockLite

La production ne concerne pas seulement celle des biens, mais également celle des services. Dans ce cas, les coûts de main-d’œuvre constituent l’essentiel des coûts de production.

fait augmenter la production de 15 tonnes, le deuxième, de 19 tonnes, le troisième, de 14 tonnes, le quatrième, de 12 tonnes et, enfin, le cinquième, de 2 tonnes. L’évolution de la production de Filcotril montre que, au fur et à mesure que le nombre de travailleurs augmente, la production de textile s’accroît, mais de plus en plus lentement par la suite. L’engagement d’un travailleur supplémentaire n’ajoutera plus rien à la production (comme c’est le cas du sixième travailleur) et pourrait même la faire diminuer (comme c’est le cas du septième travailleur). Le graphique 4.1 démontre cette évolution. Le produit total enregistre d’abord une croissance forte (de 0 à 15 et de 15 à 34), mais à partir du point A, une réduction de la croissance (de 34 à 48 et de 48 à 62), puis une stagnation au point C, à 62 tonnes, et enfin une décroissance de 62 tonnes à 58 tonnes après l’entrée du septième travailleur.

Les différents types de produits On pourrait présenter l’évolution de la production de Filcotril à l’aide de concepts plus précis, moins globaux, qui ciblent la production par travailleur. Pour cela, nous utiliserons les deux notions suivantes : le produit moyen (PM) et le produit marginal (Pm).

Main d’œuvre (T) (en nombre de travailleurs)

Production totale (PT) (en tonnes)

Produit moyen (PM) du travail (en tonnes)

0

0

1

15

15

2

34

17

3

48

16

4

60

15

5

62

12,4

6

61

10,2

7

58

8,3

Produit marginal (Pm) du travail (en tonnes)

Zone de rendements croissants

Zone de rendements décroissants

Zone de rendements négatifs

Production (en tonnes)

TABLEAU 4.1

15

19

14

12

2

⫺1

⫺3

Évolution de la production de Filcotril

C

60

PT B

50

40 A

30

Soit une entreprise dont la production totale s’accroît de 100 à 400 unités quand le nombre de ses travailleurs passe de 5 à 6. Quel est le produit marginal du sixième travailleur ?

20

10

0

1

2

3

MINITEST

4.1

64

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 4

GRAPHIQUE 4.1 Courbe de production totale (PT)

4

5

6

7 T (Travailleurs)


On obtient le produit moyen (PM), appelé aussi « productivité moyenne » ou « production moyenne », en divisant la production totale par le facteur variable utilisé (ici la main-d’œuvre), soit : PM ⫽

PT T

C’est la mesure du rendement par travailleur. Le tableau 4.1 présente les résultats de la PM de Filcotril. Le produit marginal, appelé aussi « productivité marginale » ou « production marginale », est plus intéressant. Il désigne le supplément de production imputable à l’utilisation d’une unité supplémentaire du facteur variable. Autrement dit, c’est le supplément de production du dernier travailleur engagé. On obtient le produit marginal (Pm) en divisant l’accroissement de la production totale par l’accroissement de la quantité de main-d’œuvre, soit : Pm du travail ⫽

⌬PT ⌬T

Par exemple, le restaurant Resto chaud sert 1 000 repas par jour. Si l’on ajoute un serveur de plus, on pourrait servir jusqu’à 1 050 repas. La production marginale du serveur supplémentaire est donc 50 repas. Pour ce qui est des résultats du calcul de la Pm de Filcotril, ils sont inscrits dans le tableau 4.1. L’évolution du produit marginal permet de comprendre la loi des rendements marginaux décroissants. En effet, le produit marginal est d’abord croissant. Il croît pour atteindre son maximum à la deuxième unité de main-d’œuvre, mais, à partir de la troisième unité, on entre dans la zone des rendements décroissants. La production marginale augmente encore, mais moins qu’auparavant. Le rendement marginal du septième travailleur est même négatif. De manière générale, on définit la loi des rendements décroissants, ou « loi des rendements marginaux décroissants » ainsi : si des quantités croissantes d’un facteur variable sont combinées avec une quantité donnée de facteur fixe, la production marginale du facteur variable finit, à partir d’un certain moment, par décroître. Cette décroissance est due à l’intensité d’utilisation du facteur variable alors que le facteur fixe ne se modifie pas. C’est ce qui explique l’évolution du produit total décrit plus haut. Mais qu’en est-il de la relation entre le produit moyen et le produit marginal à court terme ?

Que stipule la loi des rendements marginaux décroissants ? MINITEST

4.2

Les relations entre les différents types de produits Tant que le produit marginal est supérieur au produit moyen, ce dernier croît. Mais ce produit moyen décroît dès que le produit marginal passe en dessous du produit moyen, comme le montre le tableau 4.1. On pourrait illustrer ces relations entre le produit moyen et le produit marginal en prenant le cas d’un étudiant qui a obtenu la note de 60 % à son premier examen et qui désire accroître sa moyenne aux deux prochains examens. S’il obtient à chacun de ses deux examens (examens marginaux) des notes supérieures à 60 %, sa moyenne montera, et s’il obtient des notes inférieures à 60 %, sa moyenne baissera. Les principes de production analysés précédemment, qui valent à court terme lorsque l’on a un facteur fixe et un facteur variable, s’appliquent également à long terme lorsque tous les facteurs de production peuvent varier. Toutefois, la fonction de production à court terme avec facteur fixe est la fonction de production la plus courante dans la réalité économique. À long terme, il est possible de produire la même quantité de différentes façons, avec plus de choix de combinaisons de facteurs de production puisqu’ils sont tous variables. Mais indépendamment de la période, l’intérêt de la fonction de production réside dans le fait suivant : les facteurs de production de l’entreprise sont en relation directe avec les coûts de production ; ces facteurs déterminent même les coûts de production. PRODUCTION, COÛTS ET MARCHÉS

65


La fonction de production permet d’avoir un bon aperçu des principales catégories de coûts de l’entreprise. De plus, les concepts qui décrivent ces coûts s’apparentent beaucoup aux concepts de produit moyen et de produit marginal. Ainsi, lorsqu’un facteur est fixe, il se traduit par une dépense constante dite « coût fixe », et un facteur variable se traduit par un coût variable.

Supposons que la production totale d’une entreprise augmente de 50 % quand elle double le nombre de ses travailleurs. Cette entreprise se trouve-t-elle dans la zone de rendements croissants ou décroissants ? MINITEST

57258859 © Shutterstock/jordache

4.3

Des équipements automatisés nécessitent peu de personnel, ce qui permet aux entreprises de réaliser des économies importantes de coûts de production et d’accroître leurs profits.

Pour ce qui est des coûts de l’entreprise, il faut rappeler que nous raisonnons dans le contexte d’un marché concurrentiel. L’entreprise doit payer ses facteurs de production (capital, travail) au prix courant du marché. C’est, par exemple, le cas d’une entreprise en Beauce qui fabrique des meubles, d’un fabricant de bonbons à Montréal, des constructeurs de bateaux à Halifax. Les achats de matières premières ne sont pas assez importants pour influer sensiblement sur le prix de celles-ci. Filcotril se trouve dans la même situation en regard du prix des facteurs de production, celle d’une petite entreprise dans un marché concurrentiel. Le tableau 4.2 montre l’évolution des coûts de Filcotril pour différents niveaux de production. Mentionnons également que l’entreprise travaille dans un horizon à court terme et que chaque unité de main-d’œuvre lui coûte 10 $, ce qui permet de rassembler, dans un même tableau, la production et les coûts de Filcotril.

LES COÛTS DE PRODUCTION Les coûts de production à court terme Rappelons qu’en économique tous les coûts sont des « coûts d’opportunité » (chapitre 1). En effet, lorsque l’on emploie une ressource pour n’importe quel usage, on ne peut pas produire certains autres biens avec la quantité utilisée de cette ressource. Ainsi, chaque coût est d’abord un coût explicite pour la ressource utilisée, mais également un coût implicite d’utilisations possibles de cette ressource. Autrement dit, son coût d’opportunité.

Le coût fixe (CF) et le coût variable (CV) On peut définir le coût total comme l’ensemble des charges entraînées par la production d’un bien ou d’un service. Le coût total comprend deux composantes : le coût fixe et le coût variable. Le coût fixe (CF) ne varie pas à la suite de changements dans le niveau de production. On doit le supporter même si la production est nulle. Ce sont donc des coûts constants. Pour Filcotril, ils s’élèvent à 100 $ (voir la colonne 3).

(1) Quantité de maind’œuvre (T)

(2) Produit total

(3) Coût fixe

(4) Coût variable

(5) Coût total

(6) Coût marginal

(7) Coût fixe moyen

(PT)

(CF)

(CV)

(CT)

(Cm)

0

0

100

0

100

1

15

100

10

110

2

34

100

20

120

3

48

100

30

130

4

60

100

40

140

5

62

100

50

150

6

61

100

60

160

TABLEAU 4.2

66

Variation à court terme des coûts de production de Filcotril

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 4

⬎ ⬎ ⬎

0,67 0,53 0,71

0,83

5

⬎ ⫺10

(9) Coût total moyen

(10) Produit marginal

(CFM)

(8) Coût variable moyen (CVM)

(CTM)

(Pm)

6,67

0,67

7,33

2,94

0,59

3,53

2,08

0,62

2,71

1,67

0,67

2,33

1,61

0,81

2,42

1,64

0,98

2,62

15

19

14

12

2

⬎ ⫺1

N.B. Les chiffres sont arrondis. Tous les coûts sont exprimés en dollars. Le prix d’une unité de main-d’œuvre est de 10 $.


© CAE

• • • • • • • • •

Dans la catégorie du coût fixe, on peut mentionner les exemples suivants : le téléphone ; l’Internet ; les intérêts sur les emprunts ; les loyers ; la dépréciation de l’équipement ; les dépenses d’assurance ; le traitement des cadres ; les impôts fonciers et autres taxes ; une partie des frais d’entretien, de chauffage ou d’électricité.

En ce qui concerne le coût variable (CV), qui correspond aux facteurs de production variables, il fluctue en fonction du niveau de la production. Mentionnons par exemple le salaire des travailleurs et l’achat de matières premières, mais également les coûts de transport et de communication en dehors du tarif de base. Le coût variable de Filcotril varie de 0 à 60 $ (voir la colonne 4), constitué exclusivement de main-d’œuvre à 10 $ l’unité.

La spécialisation pousse les entreprises des différents pays à produire des biens de plus en plus sophistiqués, à l’image de ce simulateur de vol de l’hélicoptère NH90 produit par CAE au Québec.

On obtient le coût total (CT) en additionnant le coût variable (CV) et le coût fixe (CF) pour chaque niveau de production, soit : CT = CV + CF Pour l’entreprise, la distinction est importante entre coût fixe et coût variable, car, à long terme, l’entreprise peut faire varier le coût fixe en changeant le niveau de sa production. Par contre, à court terme, l’entreprise n’a aucun contrôle sur le coût fixe.

Le coût marginal (Cm) Le coût marginal est l’un des coûts les plus déterminants pour l’entreprise. Il mesure le coût additionnel encouru pour la production d’une unité supplémentaire. Autrement dit, il permet à une entreprise comme Filcotril de déterminer les coûts de production d’une tonne additionnelle de textile. On calcule le coût marginal (Cm) en divisant le changement du coût total par le changement de la quantité produite, soit : Cm ⫽

Changement du coût total Changement de la production totale Cm ⫽

⌬CT ⌬PT

Le tableau 4.2 montre que, lorsque la production textile passe de 15 à 34 tonnes, il faut utiliser une unité de main-d’œuvre supplémentaire. Notre coût total passe alors de 110 $ à 120 $ (chaque unité de main-d’œuvre coûte 10 $). La variation de la production est de 19 tonnes (34 – 15) et la variation du coût total, de 10 (de 110 $ à 120 $). Le coût marginal de chaque tonne est donc de 0,53 $ (résultat arrondi).

Les différents coûts moyens Les producteurs portent une attention particulière à leurs coûts moyens ou coûts par unité produite, essentiellement parce que les prix de vente sont ordinairement exprimés à l’unité. Trois catégories de coût moyen (CM) retiendront notre attention : le coût fixe moyen, le coût variable moyen et le coût total moyen. Le coût fixe moyen est le coût fixe total (CFT) par unité de production. On obtient le coût fixe moyen (CFM) en divisant le coût fixe total par la production totale, appelée également « produit total » ou « quantité produite », soit : CFM ⫽

CFT PT

PRODUCTION, COÛTS ET MARCHÉS

67


Dans quelle catégorie de coût inscririez-vous les éléments suivants ? a) Les matières premières b) Les coûts de maind’œuvre directe c) Le transport d) Les commissions des vendeurs e) Les salaires des professionnels f) Le loyer

Le coût fixe moyen diminue à mesure que la production augmente, du fait qu’il est réparti sur une production beaucoup plus importante. C’est le phénomène de « l’étalement des frais fixes ». Pour Filcotril, par exemple, le coût fixe moyen baisse à mesure que la production augmente (voir la colonne 7 du tableau 4.2). Le coût variable moyen (CVM) est le produit du rapport entre le coût variable total et la quantité produite (voir la colonne 8), soit : CVM ⫽

Pour le coût total moyen (CTM), ou « prix de revient » (voir la colonne 9), on l’obtient en divisant le coût total par la quantité produite, soit :

g) Les taxes et assurances h) Les amortissements d’actifs i) Les frais de bureau j) Les frais financiers MINITEST

4.4

CVT PT

CTM ⫽

CT PT

La relation entre le produit marginal et le coût marginal Les coûts et la production ne sont pas indépendants. Ils représentent les deux faces d’une même médaille. Le tableau 4.2 illustre ce lien. Remarquez que lorsque le produit marginal (colonne 10) est à la hausse passant de 15 à 19, le coût marginal (colonne 6) diminue, passant de 0,67 à 0,53. À l’inverse, dès que le produit marginal commence à décroître, le coût marginal remonte, ce qui confirme le

589571 © Shutterstock/Paul Laragy

La division du travail est au cœur des économies industrialisées. Elle a permis des gains de productivité appréciables, en particulier pour l’industrie de l’automobile. C’est d’ailleurs Henry Ford qui fut à l’origine de son implantation.

68

DEUXIÈME PARTIE CHAPITRE 4


lien entre la productivité et les coûts. En somme, lorsque l’entreprise se trouve dans la zone des rendements croissants, ses coûts baissent, mais une fois dans la zone des rendements décroissants ses coûts augmentent.

Les relations entre les coûts Examinons d’abord la relation entre le coût total moyen et le coût marginal. Le coût marginal est inférieur au coût total moyen tant que le coût total moyen décroît. Par la suite, le coût marginal se trouve au-dessous du coût total moyen lorsque ce dernier croît. Pour bien comprendre ces relations, prenons un exemple. Supposons que Filcotril produise 10 tonnes de textile chaque semaine au coût moyen de 5 $ la tonne, donc pour un coût total de 50 $. Le coût moyen pour produire 11 tonnes sera supérieur à 5 $, si la onzième tonne (la tonne marginale) coûte plus de 5 $. À 7 $, le coût marginal (coût de la onzième tonne) sera plus élevé que le coût moyen, qui lui devient égal à 5,18 $ soit 57/11. Par contre, si le coût de la onzième tonne est inférieur à 5 $, disons 3 $, le coût marginal sera inférieur au coût total moyen (53/11) soit 4,80 $. Par conséquent, on peut vérifier que : • si le coût marginal est au-dessous du coût moyen, le coût moyen diminue ; • si le coût marginal est au-dessus du coût moyen, le coût moyen augmente. Examinons maintenant les relations entre l’ensemble des coûts. Les relations entre les coûts apparaissent encore plus évidentes lorsque nous procédons à une représentation graphique des différents coûts. Prenons pour exemple le tableau ci-dessous qui rassemble les coûts de production de la boulangerie Tout cuit, qui se spécialise dans la production de bagels.

Quantité de bagels (à l’heure)

Coût total (en $)

Coût fixe (en $)

Coût variable (en $)

PT

CT = CFT + CVT

CFT

CVT

0

2,00

2,00

0,00

Coût fixe moyen (en $)

Coût variable moyen (en $)

CFM = CFT/ PT CVM = CVT/ PT –

Coût total moyen (en $)

Coût marginal (en $)

CTM = CT/ PT

Cm = ⌬CT/⌬PT

– 1,00

1

3,00

2,00

1,00

2,00

1,00

3,00 0,80

2

3,80

2,00

1,80

1,00

0,90

1,90 0,60

3

4,40

2,00

2,40

0,67

0,80

1,47 0,93

11

11,80

2,00

9,80

0,18

0,89

1,07 1,80

12

13,60

2,00

11,60

0,17

0,97

1,13 2,00

13

15,60

2,00

13,60

0,15

1,05

1,20 2,20

14 TABLEAU 4.3

17,80

2,00

15,80

0,14

1,13

1,27

Coûts de production de l’entreprise Tout cuit

PRODUCTION, COÛTS ET MARCHÉS

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4:40 PM

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La politique monétaire et la politique budgétaire Dans ce chapitre, vous apprendrez : • Ce qu’est la monnaie et son rôle dans l’économie. • Ce qu’on entend par marché monétaire et quel est son rôle. • Pourquoi on a recours à la politique monétaire. • Par quels mécanismes la politique monétaire influe sur l’économie. • Quels sont les effets de la politique monétaire et de la politique budgétaire. • Comment agit le multiplicateur.


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INTRODUCTION ans le chapitre 6, nous avons mentionné l’importance pour l’entreprise de tenir compte de son environnement économique pour être en mesure d’interpréter les indicateurs de la conjoncture tels que le PIB, l’inflation et le chômage. Dans le chapitre 7, nous avons montré qu’en plus de maîtriser les éléments de la conjoncture, il fallait pouvoir les analyser afin de comprendre le sens dans lequel devaient évoluer les dépenses globales dans l’économie, et d’y adapter la production de l’entreprise. Nous avons vu également que la compréhension des fluctuations économiques à l’aide du modèle de l’offre et de la demande agrégées est vitale.

D JEAN ARTHUIS (1944-)

Dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons développer l’intelligence économique.

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Les fluctuations de la conjoncture économique ont évidemment un impact majeur sur les modes de production des entreprises. Par exemple, la hausse du prix du pétrole de 1973 a modifié sensiblement la façon de produire des entreprises, les forçant à adopter des méthodes de production plus économes en énergie et à mettre sur le marché des produits moins énergivores, dans l’industrie automobile notamment. Lorsque l’économie fonctionne au-delà de ses capacités, les coûts de production (comme les salaires) sont à la hausse, ce qui incite les entreprises à investir dans des méthodes de production plus intensives en capital. Si elle peut anticiper ces changements, l’entreprise pourra y faire face beaucoup plus efficacement, et elle sera alors plus concurrentielle.

John-Maynard Keynes est sans doute l’économiste dont les idées ont le plus marqué l’économie après la Seconde Guerre mondiale. Son génie est d’avoir compris très tôt que le marché ne pouvait à lui seul assurer le retour à l’équilibre. Il a donc plaidé pour une forte intervention de l’État dans l’économie.

Par ailleurs, lorsque surviennent des fluctuations économiques, les responsables politiques temporisent ou interviennent. Ils peuvent différer leurs actions s’ils estiment que le problème se résoudra de lui-même, mais ils interviennent la plupart du temps, car les gouvernements ont de nombreuses raisons de le faire par souci : • d’améliorer l’efficacité de l’économie par la mise en place d’une saine concurrence ; • de réduire les inégalités, notamment au moyen de programmes sociaux accessibles et gratuits ; • de stabiliser l’économie par l’intermédiaire de la politique monétaire et budgétaire ; • de conduire une politique commerciale internationale équilibrée, en jouant habilement du protectionnisme et du libre-échange. Dans le présent chapitre, nous verrons principalement comment il est possible de stabiliser l’économie par l’entremise de la politique monétaire et de la politique budgétaire.

Quel est le motif du gouvernement lorsqu’il accorde des prêts et bourses ? MINITEST

8.1

146

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8

Les entreprises sont très attentives par rapport à ces interventions, entre autres à la politique monétaire. En effet, les variations des taux d’intérêt qui influent sur les investissements des entreprises dépendent de cette politique. Les consommateurs sont également sensibles aux variations des taux d’intérêt quand vient le temps, par exemple, d’acheter des biens durables comme une automobile ou une maison. C’est pour cette raison que nous étudierons d’abord les facteurs qui déterminent le taux d’intérêt et l’impact de la politique monétaire sur les prix, sur la production et sur le chômage. Nous analyserons ensuite la politique budgétaire, en particulier l’impact des variations des dépenses gouvernementales sur la production, le niveau des prix et le chômage.


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LA POLITIQUE MONÉTAIRE ous avons traité de la monnaie dans les chapitres précédents, notamment dans le chapitre 6, dans lequel nous avons évoqué le pouvoir d’achat de la monnaie en relation avec le taux d’inflation. Dans le chapitre 7, nous avons étudié l’équilibre macroéconomique, les dépenses, la demande et l’offre globales dans le marché des biens et des services. Or, rien n’a encore été dit à propos du marché monétaire. En réalité, nous n’avons pas encore parlé du rôle de la monnaie dans l’économie. Pourtant, on entend souvent dire que l’argent mène le monde, qu’il est la cause de tous les maux ! Toutes les semaines, on entend parler des taux d’intérêt et, tous les jours, de la valeur de notre dollar (chapitre 9). La monnaie joue donc un rôle capital en économie. Il faut d’abord comprendre en quoi consiste ce rôle. Par la suite, nous examinerons le fonctionnement du marché monétaire, et ce n’est qu’après avoir compris ces deux processus que nous pourrons décrire la politique monétaire.

N

L’importance des phénomènes monétaires fait généralement l’objet d’un consensus parmi les économistes. Les divergences apparaissent lorsqu’il est question d’évaluer le rôle de la monnaie dans l’économie. Après avoir rappelé certaines définitions, nous examinerons le fonctionnement du marché monétaire et de la politique monétaire. On reconnaît généralement trois fonctions à la monnaie : • l’unité de compte ; • le moyen d’échange ; • la réserve de valeur.

64223455 © Shutterstock/NatUlrich

Les fonctions de la monnaie, les types de monnaie et la masse monétaire

La monnaie serait le dénominateur commun permettant de comparer la valeur de tous les biens et services ; elle constituerait un équivalent général. Par conséquent, l’unité de compte est une mesure de la valeur des biens et des services échangés. Il est en effet plus pratique de dire qu’un pantalon vaut 50 dollars que de dire, par exemple, qu’il vaut 10 bas ou trois poulets.

En constituant un équivalent général, la monnaie permet des échanges plus fluides.

La monnaie est un moyen de règlement des transactions dans une société donnée. On dit alors que la monnaie est un moyen d’échange. C’est son rôle le plus évident : de façon imagée, on pourrait dire qu’elle constitue le lubrifiant du système économique puisqu’elle permet une plus grande fluidité des échanges. Enfin, grâce à la monnaie, il est possible d’accumuler des richesses sous forme de pouvoir d’achat futur, donc de différer sa consommation en épargnant. Cette fonction de réserve de valeur pose cependant problème, car elle suppose la stabilité du pouvoir d’achat de la monnaie, ce qui semble plus une exception que la règle. Par ailleurs, d’autres actifs comme l’or ou l’immobilier remplissent mieux cette fonction.

Lorsque vous payez votre loyer, à quel titre utilisezvous de la monnaie ? MINITEST

8.2

Le marché monétaire En théorie économique, le marché monétaire illustre l’équilibre entre l’offre et la demande de monnaie. Il est à l’équilibre, comme tous les marchés, lorsque la quantité demandée de monnaie est égale à la quantité offerte. Mais qu’en est-il précisément de la demande et de l’offre de monnaie ?

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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La demande de monnaie réelle

Pourquoi la demande de monnaie est-elle une demande réelle de monnaie ? MINITEST

On représente la courbe de demande de monnaie avec une pente négative, comme l’illustre le graphique 8.1.

Taux d’intérêt

8.3

La demande de monnaie est une demande réelle, obtenue par l’élimination de l’effet de la hausse des prix. On l’obtient en divisant la demande nominale de monnaie par un indice de prix (chapitre 6). Dans ce contexte, le facteur qui a une incidence importante sur la quantité demandée de monnaie est sans conteste le taux d’intérêt, car il se présente comme le coût d’opportunité de la détention de monnaie. Concrètement, si un individu détient sa richesse sous forme de billets de banque dans son bas de laine au lieu d’acheter des titres avec ces billets, il renonce à percevoir l’intérêt que ces titres rapporteront. Ainsi, plus les taux d’intérêt sont élevés, plus ce coût d’opportunité (la perte d’argent) est grand et plus la quantité demandée de monnaie diminue, car on préfère placer cet argent plutôt que de le détenir sous forme liquide. Par contre, lorsque les taux d’intérêt sont bas, la quantité de monnaie détenue est plus élevée, car la perte découlant d’un non-placement des liquidités est moins importante.

A

iA

Si le taux d’intérêt augmente, la quantité de monnaie demandée diminue.

Si le taux d’intérêt diminue, la quantité de monnaie demandée augmente.

B

iB

QA

Demande de monnaie

QB Quantité de monnaie réelle

GRAPHIQUE 8.1 Courbe de demande de monnaie

Les déplacements de la courbe de demande de monnaie Outre le taux d’intérêt, il y a d’autres raisons pour lesquelles les gens désirent détenir plus ou moins de monnaie : ce sont des motifs de spéculation, de précaution ou de transaction. La demande de monnaie pour des motifs de spéculation varie avec le niveau des anticipations sur les taux d’intérêt. Par exemple, si l’on anticipe que les taux d’intérêt vont augmenter, il vaut souvent mieux conserver son patrimoine sous forme monétaire en attendant une meilleure occasion de placement. Quand les taux d’intérêt sont très bas, les quantités de monnaie détenues pour des motifs de spéculation sont généralement importantes, car on s’attend le plus souvent à une hausse. À l’inverse, elles tendent à diminuer quand les taux d’intérêt sont estimés si élevés que l’on ne s’attend plus qu’à une baisse. La détention de monnaie se justifie également pour des motifs de précaution (nécessité, prévention ou malchance, chômage, maladie, etc.). Cette demande varie avec la facilité plus ou moins grande d’obtenir du crédit. Cependant, la monnaie détenue pour des motifs de transaction augmente quand le revenu augmente, car on achète plus et le besoin de liquidité est plus

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Taux d’intérêt

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Pour un taux d’intérêt constant lorsque le PIB Pour un taux d’intérêt constant lorsque le PIB La demande de monnaie augmente. La demande de monnaie diminue.

DM2 DM0

DM1 Quantité de monnaie réelle

important. Dans l’ensemble de l’économie, la demande de monnaie pour des motifs de transaction est une fonction positive du PIB réel et le facteur le plus important à l’origine du déplacement de la courbe de demande de monnaie. Ainsi, une diminution du PIB réduit la demande de monnaie (moins de transactions sont réalisées) et génère un déplacement de la courbe de demande de monnaie vers la gauche, de DM0 à DM1, comme le montre le graphique 8.2, alors qu’une augmentation du PIB accroît la demande de monnaie et provoque un déplacement de la courbe de demande de monnaie vers la droite, de DM0 à DM2. Il faut mentionner enfin que les nombreuses innovations financières (cartes de crédit, cartes de débit, virements automatiques, paiements préautorisés, etc.) influent également sur la demande de monnaie.

630631 © Shutterstock/Feng Yu

GRAPHIQUE 8.2 Variation de la demande de monnaie lorsque le PIB varie

Quelques observations sur les billets de banque...

L’offre de monnaie et la création de monnaie L’offre de monnaie se définit comme la quantité de monnaie en circulation ; autrement dit, c’est la masse monétaire. Elle se compose de billets de banque, de pièces, de comptes-chèques et de dépôts à vue (on peut récupérer son argent à la demande). Mais cette définition de la masse monétaire laisse une question en suspens : celle des limites. Où se trouve en effet la frontière entre ce qui est liquide et ce qui ne l’est pas ? La définition varie donc selon la réponse donnée. Pour tenter de répondre à cette question, les économistes ont construit plusieurs instruments de mesure de l’offre de monnaie afin de rendre compte de la diversité des formes de monnaie et de déterminer quels actifs on peut inclure dans la masse monétaire. En fait, les économistes proposent trois mesures de la masse monétaire, de la plus étroite à la plus large. On définit d’abord la masse monétaire comme le total des pièces, des billets et des dépôts détenus par les entreprises et les particuliers dans le système bancaire. On désigne cette partie de la masse monétaire par M1. Au Canada, la valeur de M1 était de 507 milliards de dollars en 2009 selon les données de Statistique Canada.

L’utilisation des billets de banque a tendance à diminuer en raison de la multiplication des moyens électroniques de transaction. Seule la Banque du Canada détient le pouvoir d’émettre des billets de banque, qui sont désormais fabriqués selon des procédés de plus en plus sophistiqués afin de prévenir la contrefaçon (hologrammes, encres d’impression optique, etc.).

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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Taux d’intérêt

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Offre de monnaie

Quantité déterminée par la Banque du Canada

Quantité de monnaie réelle

GRAPHIQUE 8.3 Offre de monnaie

De quel ensemble votre compte à la banque ou à la caisse populaire fait-il partie : M1, M2 ou M3 ?

On définit ensuite la masse monétaire (désignée par M2) comme l’ensemble de M1 plus les comptes d’épargne des particuliers et les dépôts à terme autres que ceux des particuliers. Les actifs de M2 ont en commun la particularité d’être liquides ou facilement convertibles en monnaie M1. La valeur de M2 se chiffrait à 985 milliards en 2009.

MINITEST

8.4

Enfin, on mesure aussi la masse monétaire comme la somme de M1 et de M2, plus les dépôts à terme autres que ceux des particuliers dans les banques, ainsi que les dépôts dans les institutions parabancaires, les fonds communs de placement ainsi que les rentes individuelles souscrites auprès des compagnies d’assurance vie. On désigne cette partie de la masse monétaire par M3. En 2009, la valeur de M3 s’élevait à 1 300 milliards.

Qui crée, au Canada, l’essentiel de la masse monétaire ?

La Banque du Canada, responsable de la gestion monétaire, fut créée en 1935 à la suite de la crise de 1929. Avant cette date, c’était au ministère fédéral des Finances qu’incombait le contrôle des différentes institutions financières. Aux États-Unis, l’organisme qui joue le rôle de banque centrale est le système de réserve fédérale (la Fed), créée en 1913 à la suite de la panique bancaire de 1907.

MINITEST

8.5

© Mike Gericke 2008 CC-BY-ND

Comme l’illustre le graphique 8.3, on représente l’offre de monnaie par une droite verticale, ce qui revient à émettre l’hypothèse que l’offre de monnaie est totalement indépendante des taux d’intérêt. Elle dépendrait plutôt du choix de la Banque du Canada, qui détient le pouvoir de contrôler la quantité de liquidité allouée au système financier. Mais, paradoxalement, et, contrairement à ce que certains pourraient croire, ce sont les institutions financières et non la banque centrale qui génèrent l’essentiel de la création de monnaie.

L’équilibre sur le marché monétaire Après avoir considéré le comportement de la demande et de l’offre de monnaie, examinons comment le marché monétaire atteint l’équilibre grâce aux modifications du taux d’intérêt.

Édifice de la Banque du Canada à Ottawa. La Banque du Canada contrôle la quantité de monnaie en circulation et influe sur les taux d’intérêt.

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Taux d’intérêt

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i

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Offre de monnaie Offre excédentaire de monnaie

ie

Demande excédentaire de monnaie

Demande de monnaie

Qe Masse monétaire

GRAPHIQUE 8.4 Équilibre dans le marché monétaire

Supposons que le taux d’intérêt soit au-dessus du taux d’équilibre ie. L’excès de monnaie qui en résulte signifie que les ménages et les entreprises détiennent une trop grande quantité de monnaie par rapport à leurs besoins : l’offre de monnaie est excédentaire. Ils s’en départissent en achetant des titres financiers, par exemple, des obligations. Ces achats entraînent une augmentation de la demande d’obligations et de leurs prix, ce qui fait baisser le taux d’intérêt. Imaginons maintenant que le taux d’intérêt soit inférieur au taux d’équilibre ie. Les gens désirent détenir plus de monnaie que la quantité disponible. Comme la demande de monnaie est excédentaire, ils chercheront à vendre des obligations pour détenir plus de liquidités. Plus ils en vendront, plus leur prix baissera et plus le taux d’intérêt grimpera.

Les instruments de la politique monétaire La politique monétaire est une intervention des autorités monétaires sur les variables monétaires et financières (masse monétaire, taux d’intérêt, volume du crédit, taux de change) en vue d’atteindre des objectifs macroéconomiques fixés, comme le taux de chômage ou d’inflation. Dans la plupart des cas, les objectifs consistent en une saine croissance économique, en une inflation basse et stable et en un taux de chômage faible. C’est en contrôlant le niveau des liquidités du système financier que les banques centrales, y compris la Banque du Canada, gèrent la politique monétaire. Essentiellement, le contrôle de l’offre de monnaie passe par trois instruments : les réserves obligatoires, les facilités de prêt et les opérations sur le marché libre.

Les réserves obligatoires Les institutions financières détiennent des réserves sous forme de numéraires ou de dépôts auprès de la banque centrale afin de pouvoir satisfaire les besoins de leurs clients. Une banque centrale peut exiger des réserves obligatoires. Toutes choses étant égales par ailleurs, plus les réserves exigées sont élevées, moins il y a de monnaie en circulation (diminution de l’offre de monnaie) et vice-versa. Les facilités de prêt et de dépôt Une banque centrale peut offrir des facilités de prêt et de dépôt aux institutions financières. Lorsque celles-ci reçoivent un prêt, l’offre de monnaie augmente, car elles en disposent davantage. En revanche, l’offre de monnaie diminue lorsque ces institutions font un dépôt auprès de la banque centrale puisqu’elles se départissent ainsi d’une partie de leur monnaie. LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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OM1

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Taux d’intérêt

Taux d’intérêt

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OM2

i1

i2

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OM2

OM1

i1

i2

DM

a

Masse monétaire

DM

b

Masse monétaire

GRAPHIQUE 8.5 Baisse et hausse des taux d’intérêt et variation de l’offre de monnaie

Les opérations sur le marché libre (open market) Les achats et les ventes de titres du gouvernement par la banque centrale sur le marché libre influent sur l’offre de monnaie et sur l’équilibre du marché monétaire. Lorsque la banque centrale achète des titres, elle introduit de la nouvelle monnaie dans le système financier (graphique 8.5 a) et lorsqu’elle vend des titres elle réduit la quantité de monnaie du système financier (graphique 8.5 b).

Comment les réserves obligatoires régulent-elles la quantité de monnaie ? MINITEST

8.6

À la suite d’une modification de l’offre de monnaie, le taux d’intérêt diminue en raison de l’accroissement de l’offre de monnaie et augmente à cause de la diminution de l’offre de monnaie (graphique 8.5 a et b). En fait, c’est le taux directeur, fixé par les autorités monétaires, qui régularise les taux d’intérêt du marché et des institutions financières et régit l’ensemble des conditions de crédit, par conséquent l’activité économique dans son ensemble : la croissance, le chômage et l’inflation.

L’EFFET DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE

T

out le monde s’accorde pour dire que la politique monétaire peut stimuler l’économie. Les divergences apparaissent quand vient le temps d’évaluer ses effets quantitatifs et ses mécanismes.

En effet, on a longtemps cru que la monnaie ne pouvait exercer qu’une influence négligeable sur la production. Autrement dit, les variations de la quantité de monnaie entraînaient directement et uniquement une variation des prix. Il a fallu attendre Keynes, économiste britannique du début du XXe siècle, pour comprendre que la monnaie agit sur le secteur réel, le secteur de la production des biens et des services. La plus ou moins grande abondance de monnaie influerait sensiblement sur le niveau de la production et celui de l’emploi. La monnaie est donc active. L’accroissement de la quantité de monnaie accroît la demande de biens et de services, surtout en période de sous-utilisation des capacités de production. Dans les faits, les conditions du marché monétaire et financier peuvent influer sur le taux d’intérêt, et, par le fait même, sur la production des biens et des services. C’est pourquoi le niveau des taux d’intérêt constitue l’instrument principal pour faire varier la masse monétaire et représente la variable fondamentale à travers laquelle se fera sentir l’impact de la monnaie sur le PIB.

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Commençons par examiner les effets possibles d’une politique monétaire expansionniste en distinguant les effets de cette politique à long terme des effets à court terme. Imaginons une économie, que nous appellerons Galaxie, dont le marché monétaire à l’équilibre correspond à une masse monétaire de 100 milliards et à un taux d’intérêt de 5 % (point A, graphique 8.6). Si la banque centrale abaisse le taux d’intérêt à 3 %, l’offre de monnaie passe de 100 à 110 milliards (point B, graphique 8.6). Supposons également qu’au moment de la baisse du taux d’intérêt, l’économie fonctionnait en dessous de son potentiel, soit 100 milliards (point A, graphique 8.7) pour un PIB potentiel de 125 milliards, comme le montre le point B sur le graphique 8.7. Voilà une situation propice à l’apparition du chômage. En raison de la baisse du coût de l’argent, les investissements augmentent, de même que les dépenses de consommation. Par conséquent, la demande agrégée augmente de 100 à 125 milliards, c’est-à-dire au plein potentiel, contribuant du même coup à faire baisser le taux de chômage. La courbe de demande agrégée (graphique 8.7) se déplace de DA1 à DA2. En résumé, lorsque l’économie fonctionne sous son plein potentiel, une politique monétaire expansionniste pousse l’économie vers son plein potentiel.

Taux d’intérêt %

Dans l’hypothèse d’un écart inflationniste, la hausse du taux d’intérêt ramènerait l’économie à son plein potentiel au moyen d’une baisse de la demande agrégée.

Quel est le lien entre le taux d’intérêt et l’offre de monnaie ? MINITEST

8.7

OM1 OM2

9 8 7 6 5

A

4 3

B

2 1

DM 0 0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

100 110 120 130 140 150 160 170 180 Masse monétaire

Niveau des prix

GRAPHIQUE 8.6 Accroissement de l’offre de monnaie de Galaxie

180 160

Offre agrégée

140 120

B

100

DA2

A

80 60

Effet de la baisse DA1 du coût de l’argent

40 20 0 0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

100 110 120 130 140 150 160 170 180 PIB réel Y = 1,25 P

GRAPHIQUE 8.7 Effets de la politique monétaire expansionniste

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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4:17 PM

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LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE Édifices du Parlement du Canada. C’est au Parlement que revient le pouvoir de déterminer la politique budgétaire et fiscale du pays.

a politique budgétaire désigne la politique économique que le gouvernement conduit à partir du budget de l’État. Cette politique permet de modifier la demande agrégée de l’économie, donc le PIB, en fonction des objectifs macroéconomiques visés, tels que la lutte au chômage ou l’inflation. Pour gérer sa politique budgétaire, le gouvernement peut agir à l’aide des dépenses publiques ou des recettes provenant de la taxation. Dans ce dernier cas, on utilise aussi l’expression «politique fiscale».

L

La politique budgétaire peut remplir deux rôles. Premièrement, elle peut être employée dans le but de relancer l’économie, comme c’est le cas au Québec et au Canada, avec la mise en œuvre de grands programmes d’infrastructures, notamment depuis la récession de 2008. Deuxièmement, elle permet également d’éviter la surchauffe, afin que l’économie ne fonctionne pas au-dessus de son niveau potentiel. Ainsi, le gouvernement peut modifier le niveau d’imposition pour ajuster la production au niveau de la demande. 46383367 © Shutterstock/Caitlin Mirra

Les effets d’une politique budgétaire s’échelonnent sur une longue période. D’abord, il y a un effet direct sur la dépense agrégée lorsque le gouvernement accroît ses dépenses, ce qui revient à agir directement sur la production et sur le revenu. Par la suite, la hausse du revenu stimule la consommation, laquelle relance à la hausse la dépense agrégée et le revenu : il s’agit de l’effet multiplicateur. L’impact d’une politique budgétaire ou fiscale est bonifié par l’effet multiplicateur d’une augmentation du revenu.

Le budget, le solde budgétaire et la dette Le budget du gouvernement présente les dépenses et les revenus du gouvernement prévus pour une période donnée (habituellement un an). Il fait aussi état des priorités du gouvernement en matière de dépenses publiques. En outre, afin d’estimer les recettes et les dépenses publiques, le budget présente des projections sur la manière dont l’économie pourrait évoluer.

25042195 © Shutterstock/Yuri Arcurs

L’essentiel des dépenses de l’État réside dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Plus de 50 % des dépenses de l’État au Québec sont concentrées dans ces deux secteurs.

Mais avant d’étudier dans la pratique comment fonctionne la politique budgétaire, il faut connaître quelques définitions.

154

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8

Les principales sources de revenus d’un gouvernement sont généralement les impôts sur le revenu des particuliers et des sociétés, ainsi que les taxes à la consommation. Les impôts sur le revenu des particuliers sont les impôts que paient les individus sur leur revenu déclaré au cours d’une année. Les montants versés par les Canadiens représentent la moitié des revenus du gouvernement fédéral du Canada en 2009-2010 (tableau 8.1), ce qui en fait sa plus importante source de revenus. Les impôts sur le revenu des sociétés sont les impôts que paient ces dernières sur les profits qu’elles réalisent. Quant aux revenus des taxes à la consommation, ils proviennent des différentes taxes appliquées aux biens et aux services consommés. Au Canada, ils incluent les revenus de la taxe sur les produits et services (TPS), les droits de douane à l’importation, ainsi que les taxes sur l’essence, les alcools et certains autres articles. Les taxes à la consommation constituent la deuxième source de revenus en importance du gouvernement fédéral du Canada, soit près de


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12 % en 2009-2010. Les autres revenus proviennent notamment des contributions aux régimes de sécurité sociale (comme les cotisations au régime d’assurance-emploi), de la vente de biens et de services (les passeports, par exemple) et de placements.

Budget

Impôt sur le revenu des particuliers (IRP)

2009-2010

2010-2011

2011-2012

2014-2015*

108,2

117,0

124,5

150,6

Impôt sur le revenu des sociétés (IRS)

22,3

25,5

28,9

33,2

Taxe sur les produits et services (TPS)

25,8

27,3

28,8

33,7

Cotisations d’assurance-emploi

16,6

17,6

20,0

26,6

Autres revenus

41,0

43,9

46,8

52,4

213,9

231,3

249,0

296,5

Total des transferts aux particuliers

69,7

72,0

71,4

77,1

Prestations d’assurance-emploi

22,4

22,6

19,6

18,4

Autres transferts à des particuliers

47,3

49,4

51,8

58,7

51,4

56,8

56,3

62,4

Charges de programmes directes

116,8

120,4

113,7

118,2

Total des dépenses de programmes**

237,8

249,2

241,4

257,7

Total des revenus

Transferts à d’autres administrations canadiennes

Service de la dette

29,9

31,3

35,3

40,6

Total des dépenses

267,7

280,5

276,7

298,3

Solde budgétaire

ⴚ53,8

ⴚ49,2

ⴚ27,6

ⴚ1,8

Opérations non budgétaires

⫺17,3

4,6

4,6

11,5

Ressources ou besoins financiers

ⴚ71,1

ⴚ44,6

ⴚ23,0

9,7

517,5

566,7

594,3

622,1

⫺6,7

8,1

6,4

6,5

Impôt sur le revenu des sociétés (IRS)

⫺24,3

14,3

13,3

4,7

Taxe sur les produits et services (TPS)

0,4

5,8

5,5

5,4

Total des revenus fiscaux

⫺8,8

8,1

6,9

5,8

Cotisations d’assurance-emploi

⫺1,7

6,0

13,6

10,0

Total des revenus

ⴚ8,2

8,1

7,7

6,0

Prestations d’assurance-emploi

37,4

0,9

⫺13,3

⫺2,1

Dette fédérale nette Variation annuelle (%) Impôt sur le revenu des particuliers (IRP)

Autres transferts à des particuliers

4,4

4,4

4,9

4,3

Transferts à d’autres administrations canadiennes

10,5

10,5

⫺0,9

3,2

Charges de programmes directes**

17,0

3,1

⫺5,6

1,3

Total des dépenses de programmes

14,4

4,8

ⴚ3,1

2,2

14,0

14,3

14,7

15,3

Principaux ratios (%) Total des revenus/PIB Dépenses de programmes**/PIB

15,6

15,4

14,3

13,3

Solde budgétaire/PIB

⫺3,5

⫺3,0

⫺1,6

⫺0,1

Dette nette/PIB

33,9

35,1

35,1

32,2

Service de la dette/revenus

14,0

13,5

14,2

13,7

* Croissance annuelle moyenne, 2012-2013 à 2014-2015. ** Comprend le Plan d’action économique. Source : MINISTÈRE DES FINANCES DU CANADA ; GROUPE BANQUE SCOTIA, « Prévisions du PIB nominal : études économiques Scotia », Perspectives fiscales, 4 mars 2010, http://www.scotiacapital.com/English/bns_econ/federal_f.pdf. TABLEAU 8.1

Revenus et dépenses du budget du gouvernement fédéral (en milliards de dollars)

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

155


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Est-il exact d’affirmer que si le déficit du gouvernement diminue, la dette diminuera également ? MINITEST

8.8

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11:22 AM

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Les dépenses des gouvernements varient d’un pays à l’autre. À différents degrés, les pays dépensent dans les domaines de la sécurité nationale, des transports, de l’éducation, de la santé, de la culture, etc. Au Canada, près de la moitié du budget (116,8 milliards) a été affectée à la santé et aux services sociaux en 2009-2010 (tableau 8.1). Il est à noter qu’une part importante des sommes dirigées vers la santé et les services sociaux est transférée aux provinces pour financer leur propre système de santé et leurs programmes sociaux. Les transferts à des fins générales aux autres administrations publiques représentent aussi des dépenses importantes (51,4 milliards) pour le gouvernement canadien. Ces transferts constituent une autre source de financement pour les provinces et les municipalités. Ils incluent, par exemple, les paiements de péréquation, un programme qui sert à redistribuer les revenus fiscaux entre les régions membres de la confédération : une part des revenus prélevés dans les régions plus riches est redistribuée dans les zones moins prospères. Enfin, le gouvernement du Canada doit payer des intérêts sur sa dette. Il s’agit de la dette publique, qui correspond aux montants dus par les administrations publiques. Elle provient des prêts obtenus sur les marchés financiers et de la dette interne contractée principalement envers les régimes de retraite des fonctionnaires. Le service de la dette représente l’ensemble des montants versés chaque année par les administrations publiques à titre de remboursement de leur dette. Ce service inclut le paiement des intérêts sur la dette et la fraction du capital remboursée. En 2009-2010, ce remboursement représentait un peu plus de 12 % des dépenses totales du gouvernement, soit 30 milliards de dollars. Le déficit public (déficit budgétaire), qu’il ne faut pas confondre avec la dette publique, survient lorsque les dépenses d’un gouvernement excèdent ses recettes fiscales au cours d’une période donnée, habituellement d’un an. En 2009-2010, le déficit budgétaire a atteint 53,8 milliards de dollars, soit près de 3,5 % du PIB. La dette représente les déficits cumulés (la somme des déficits) et en 2009-2010, elle s’élevait à 517,5 milliards de dollars, soit 34 % du PIB.

L’effet multiplicateur de la politique budgétaire

© Jean Gagnon 2010 CC-BY-SA

En général, une variation de la demande agrégée provoque une variation plus importante du PIB. Le multiplicateur est le rapport entre la variation du PIB et la variation initiale de la demande agrégée (augmentation de l’investissement, des dépenses publiques ou des exportations, ou de plusieurs de ces éléments). L’effet multiplicateur des dépenses publiques dépend de la propension marginale à consommer le revenu, ou PmC (qui s’obtient en divisant la variation de la consommation par la variation du revenu), c’est-à-dire de la proportion de l’augmentation du revenu qui sera dépensé. De fait, si le consommateur dépense 80 % de chaque dollar de revenu supplémentaire qu’il perçoit (donc PmC = 0,8), l’effet sur l’économie est plus important que si ce même consommateur n’en dépense que 60 %. Si le gouvernement envoie un chèque-cadeau de 200 $ à tous les citoyens, certains iront le dépenser rapidement (politique budgétaire efficace), tandis que d’autres ne Centrale électrique La Grande-1, à la baie James. L’État est intervenu fortement dans l’économie québécoise. La nationalisation de l’électricité et la construction de barrages par la société d’État Hydro-Québec a permis au Québec d’avoir des avantages comparatifs dans la production de l’électricité et d’attirer, notamment, les industries de l’aluminium.

156

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8


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La dette du Québec dans le contexte canadien et mondial (un point de vue sur une question controversée) Le graphique représente la dette brute de l’ensemble des provinces canadiennes ainsi que le ratio de ces dernières par rapport à leur PIB nominal. Terre-Neuve-et-Labrador a pendant longtemps été la province la plus endettée au pays. Les bienfaits de l’exploitation du pétrole brut et du gaz naturel ont toutefois permis une amélioration significative de la situation financière de cette province au cours des dernières années. Ainsi, le Québec était au 31 mars 2009 la province la plus endettée avec le ratio de la dette brute sur le PIB le plus élevé du Canada. Les déficits ont un impact direct sur l’ampleur de la dette du gouvernement du Québec. D’autres facteurs ont aussi contribué à une progression de la dette au cours des dernières années, comme le plan de relance économique que le Québec a mis de l’avant à l’instar de plusieurs autres gouvernements ainsi que le programme de renouvellement des infrastructures publiques en vigueur depuis quelques années. Il existe plusieurs méthodes pour mesurer la dette du gouvernement du Québec. La dette brute est la mesure la plus large de l’endettement de la province. Elle inclut la dette contractée sur les marchés ainsi que le passif net au titre des régimes de retraite et des avantages sociaux futurs des fonctionnaires. Cette méthode permet de faire des comparaisons internationales. Avec 94,0 %, la dette du Québec en proportion du PIB établie de cette manière est la cinquième plus élevée des pays de l’OCDE, tout juste derrière l’Islande (96,3 %), la Grèce (102,6 %), l’Italie (114,4 %) et le Japon (172,1 %). Il s’agit d’un résultat peu reluisant pour le Québec, surtout si l’on considère que la province devra prochainement surmonter un important vieillissement de sa population et que la Grèce et l’Islande doivent actuellement faire des choix difficiles pour améliorer leur santé financière.

En G$

Tendances

Question : Pour quelles raisons, selon vous, le pourcentage de la dette par rapport au PIB est plus élevé au Québec qu’au Canada ?

Dette en % du PIB dans les pays de l’OCDE du plus endetté au moins endetté Rang Pays 2008 Rang Pays 2008 1

Japon

172,1

18

Norvège

56,0

2

Italie

114,4

19

Pologne

54,0

3

Grèce

102,6

20

Irlande

48,5

4

Islande

96,3

21

Suède

47,1

5

Québec

94,0

22

Espagne

47,0

6

Belgique

93,5

23

Suisse

44,0

7

Total OCDE

78,4

24

Finlande

40,7

8

Hongrie

77,0 25

République tchèque

40,7

26

Danemark

39,8

27

République slovaque

30,8

9

France

75,7

10

Portugal

75,2

11

Zone euro

73,2

12

États-Unis

70,0

13

Canada

69,7

28

Corée

26,8

14

Allemagne

68,8

29

NouvelleZélande

25,3

15

Autriche

66,2

16

Pays-Bas

65,8

30

Luxembourg

16,3

RoyaumeUni

31

Australie

14,3

17

56,8

32

Estonie

8,2

Source : DESJARDINS – ÉTUDES ÉCONOMIQUES, « La taille de la dette du Québec est très préoccupante », Point de vue économique, 23 mars 2010, http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/actualites/point_ vue_economique/pv100323.pdf. En % 60

Dette brute au 31 mars 2009

200 180 160

En G$ (gauche)

50 En pourcentage du PIB (droite)

140 40 120 100

30

80 20

60 40

10 20 0

0 C.-B.

Alb.

Sask.

Man.

Ont.

Qc

N.-B.

N.-É.

Î.-P.-É

T.-N.-L

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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Si une hausse des dépenses du gouvernement de 30 milliards fait augmenter le PIB de 90 milliards, quelle est la valeur du multiplicateur ? MINITEST

8.9

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4:17 PM

Page 158

modifieront pas leurs habitudes de consommation et préféreront épargner une partie importante du montant reçu (politique budgétaire peu efficace). Pour illustrer l’effet multiplicateur, imaginons qu’à l’étape 1 le revenu national augmente de 100 en raison d’une hausse des dépenses publiques. On suppose ici que la propension marginale à consommer est égale à 0,75. Ainsi, à l’étape 2, le revenu augmente de 75, soit l’équivalent de l’augmentation de la consommation engendrée par l’augmentation du revenu (0,75 ⫻ 100 ⫽ 75). À l’étape 3, le revenu ayant augmenté de 75 à l’étape précédente, en supposant toujours, une PmC de 0,75, la consommation augmente maintenant de 56,25 (soit 0,75 ⫻ 75). D’étape en étape, sous l’effet de la relation entre la consommation et le revenu, l’augmentation initiale de 100 du revenu national se traduira en une augmentation cumulative de 400. Il s’agit d’un multiplicateur de 4 : le revenu augmente donc quatre fois plus que la hausse initiale. Par conséquent, l’effet multiplicateur =

Variation du PIB Variation des dépenses

La politique budgétaire expansionniste et la politique budgétaire restrictive Comment le gouvernement pourrait-il utiliser la politique budgétaire pour faire baisser le niveau de l’inflation ? MINITEST

Prenons un exemple pour bien comprendre l’effet de cette stratégie dans la réalité. Supposons que le gouvernement de Galaxie (une économie fictive) se trouve dans une situation d’équilibre de sous-emploi au point A du graphique 8.8. S’il commande des avions pour un montant total de 5 milliards de dollars chez Bombardier, il accroît la demande adressée à ce constructeur, mais aussi la demande agrégée dans l’économie, comme le montre le graphique. En effet, l’achat d’avions par le gouvernement se répercute de plusieurs façons. L’emploi et les salaires augmentent chez Bombardier, tout comme les profits et par le fait même, les dividendes des actionnaires. Les revenus des employés ayant augmenté, la consommation est à la hausse. Par ailleurs, de nombreuses entreprises sous-traitantes voient leur demande augmenter ; à leur tour, elles engagent du personnel supplémentaire et versent des revenus qui sont dépensés. 7568440 © Shutterstock/Prism68

8.10

Quand le niveau de production est inférieur au plein-emploi, les gouvernements peuvent également contribuer à ramener le plein-emploi en augmentant les dépenses publiques.

Cette dynamique ne s’arrête pas là, car l’effet multiplicateur entre en jeu et tous ces effets pris en compte font en sorte que la variation de la production est nettement supérieure à l’impulsion initiale de 5 milliards lancée par le gouvernement (graphique 8.8). Il n’est pas exclu que l’accroissement des dépenses

Les dépenses des consommateurs constituent l’essentiel des dépenses dans une économie. Lorsque l’économie fonctionne à pleine capacité, le chômage est plus bas, et les revenus des consommateurs sont à la hausse. En étant optimistes, les consommateurs dépensent plus pour l’achat de biens et de services.

158

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8


Niveau de prix

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OALT Achat d’avions de 5 milliards

Effet multiplicateur

OACT C B

Accroissement du PIB de 20 milliards

A

DA 1 PIB potentiel 100

DA O

DA O⫹∆D

120

PIB réel

Niveau de prix

GRAPHIQUE 8.8 Hausse de la demande et effet multiplicateur

OALT Effet multiplicateur

Réduction des dépenses publiques de 5 milliards

OACT B A C

Diminution du PIB de 20 milliards

DA 0 DA 1 120 YP

DA O⫹∆D

140

PIB réel

GRAPHIQUE 8.9 Baisse de la demande et effet multiplicateur

du gouvernement incite la compagnie Bombardier à ouvrir une nouvelle usine et à se procurer de nouveaux équipements, provoquant ainsi un accroissement de la demande de biens d’investissement. Ainsi, une dépense initiale du gouvernement de 5 milliards a généré 20 milliards de richesse en faisant passer le PIB de 100 à 120 milliards. Sur le graphique 8.8, le passage du point A au point C montre cet effet multiplicateur de 4, soit 20/5. Dans le cas d’une politique budgétaire restrictive de baisse des dépenses, l’effet du multiplicateur sera symétrique, mais inverse, comme le montre le graphique 8.9. De ce point de vue, par sa tendance expansionniste et même si elle est financée par l’emprunt, la politique budgétaire améliore la situation présente, mais ne risque-t-elle pas de faire supporter le poids de la dette aux générations futures et de réduire leur niveau de vie ? Si l’accroissement des dépenses gouvernementales se traduit par des investissements en infrastructure, en capital humain ou en recherche, et non en dépenses courantes, les générations futures pourront en tirer profit. Encore faut-il, toutefois, que les rendements de ces investissements soient supérieurs aux taux d’intérêt payés pour contracter ces emprunts. C’est bien le cas dans le

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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secteur de la recherche ou dans celui de l’éducation. Dans ce dernier domaine particulièrement, le rendement des investissements à long terme est très élevé. Si le gouvernement dépense 2 milliards de dollars qu’il emprunte et si le multiplicateur est de 2, le revenu national augmentera de 4 milliards. Mais quand l’économie reprendra le chemin de la croissance, il faudra rembourser les 2 milliards plus les intérêts. L’économie semble gagnante entre une augmentation du revenu national de 4 milliards aujourd’hui et une baisse de la consommation due au remboursement de 2 milliards que le gouvernement a emprunté dans le passé, plus les intérêts futurs. Si l’État emprunte la totalité des 2 milliards de dollars de dépenses supplémentaires à ses propres citoyens par une émission d’obligations, les conditions seront encore plus favorables. En effet, le remboursement consistera en un transfert de revenus entre les citoyens. Le gouvernement taxera une partie de la population afin de rembourser ceux qui ont acheté des obligations pour financer la hausse des dépenses publiques de 2 milliards. Finalement, on assistera à un transfert de revenus des contribuables vers les détenteurs d’obligations sans réduction de la consommation. Il faut cependant être prudent avec ce raisonnement, car le transfert de richesse par la taxation peut accroître les inégalités de revenu et faire baisser de façon sensible la consommation pour les détenteurs de revenus les plus faibles, si la taxation se traduit par un transfert de richesse des revenus moyens ou faibles vers les revenus élevés, à moins que la progressivité de l’impôt n’atténue cet effet. Par ailleurs, une partie de l’impact des politiques budgétaires et monétaires sur l’économie peut être annulée par des changements au niveau international. On sait en effet que le Canada vend une grande partie de sa production à l’étranger (près de 40 %), surtout aux États-Unis. La production canadienne est donc très sensible à toute fluctuation du taux de change du dollar canadien. La politique monétaire expansionniste provoque une diminution des taux d’intérêt. La baisse des taux d’intérêt au Canada fait baisser la valeur du dollar canadien, car si les taux d’intérêt américains ne varient pas, les investisseurs déplacent leurs capitaux vers les États-Unis à la recherche de rendements plus élevés et se débarrasseront de leurs actifs en dollars canadiens. La valeur du dollar canadien étant plus faible, le Canada exportera plus et importera moins, les exportations nettes (X-M) seront à la hausse et le PIB s’accroîtra davantage. La politique budgétaire expansionniste accroît la demande de monnaie pour des motifs de transaction, ce qui fait augmenter les taux d’intérêt. Si les taux d’intérêt augmentent au Canada, mais qu’ils restent stables aux États-Unis ou en Europe, les investisseurs achèteront des actifs financiers canadiens et vendront les actifs libellés en dollars américains ou en euros, ce qui aura pour effet d’augmenter la valeur du dollar canadien. Dans ce cas, les exportations canadiennes baisseront et les importations seront à la hausse, les exportations nettes seront à la baisse et le PIB réel se contractera également. Ainsi, pour une économie ouverte au commerce international comme celle du Canada, la politique budgétaire est souvent jugée moins efficace que la politique monétaire. C’est d’ailleurs la politique monétaire qui sert à réguler l’inflation et la croissance économique au Canada. Nous examinerons en détail dans le chapitre suivant ces notions relatives à l’efficacité de la politique monétaire et de la politique budgétaire dans le contexte d’une économie ouverte comme celle du Canada.

160

TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8


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L’ESSENTIEL DU CHAPITRE

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EXPRESSIONS CLÉS • Taux d’intérêt

1. Dans une économie donnée, la monnaie représente le dénominateur de tous les biens et services produits. Elle sert d’unité de compte, de moyen d’échange et de réserve de valeur.

• Unité de compte • Moyen d’échange • Réserve de valeur • Demande de monnaie

2. Il existe plusieurs mesures de la masse monétaire : M1, M2, M3. Elles incluent les pièces de monnaie, les billets de banque et les compteschèques. Elles diffèrent selon le degré de liquidité des autres actifs retenus en plus des pièces, des billets et des comptes-chèques.

3. La courbe de demande de monnaie illustre une relation inverse entre le taux d’intérêt et la quantité de monnaie demandée, car le taux d’intérêt correspond au coût d’opportunité de la détention de monnaie.

• Motifs de spéculation • Motifs de précaution • Motifs de transaction • Offre de monnaie • Dépôts à vue • M1, M2, M3 • Opérations sur le marché libre • Réserves obligatoires • Politique monétaire • Politique budgétaire

4. La détention de monnaie pour des motifs autres que les variations du taux d’intérêt provoque un déplacement de la courbe de demande de monnaie. Il en est ainsi lorsque les gens détiennent de la monnaie pour des motifs de précaution, de transaction ou de spéculation. Un accroissement du PIB fait augmenter la demande de monnaie, et une diminution du PIB provoque la baisse de la demande de monnaie.

QUESTIONS DE RÉVISION ET PROBLÈMES Questions de révision

1. Quelles sont les trois fonctions de la monnaie ? 2. Quelles sont les différences entre M1, M2 et M3 ?

5. Ce sont les variations du taux d’intérêt qui permettent d’équilibrer la demande et l’offre de monnaie.

3. Pourquoi le taux d’intérêt représente-t-il le coût

6. La politique monétaire expansionniste provoque à

4. Quels sont les principaux instruments de la poli-

court terme un accroissement du PIB, une baisse du chômage et une hausse du niveau des prix. La politique budgétaire expansionniste produit à court terme les mêmes effets que la politique monétaire expansionniste.

d’opportunité de la détention de monnaie ?

tique monétaire ?

5. Pourquoi la demande de monnaie baisse-t-elle lorsque le taux d’intérêt augmente ?

6. Comment la politique monétaire influence-t-elle 7. La politique monétaire expansionniste réduit les taux d’intérêt de même que le taux de change du dollar canadien, alors que la politique budgétaire expansionniste augmente les taux d’intérêt et le taux de change. Par conséquent, la politique monétaire expansionniste accroît les exportations nettes, alors que la politique budgétaire les réduit.

la demande agrégée ?

7. Quelle est la relation entre le taux d’intérêt et le taux de change ?

8. Que signifie l’effet d’éviction ? 9. Pourquoi, à long terme, la politique monétaire expansionniste est-elle sans effet sur le PIB ?

LA POLITIQUE MONÉTAIRE ET LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE

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10. Dans quelles conditions un accroissement des dépenses gouvernementales est-il bénéfique pour l’économie ?

4:18 PM

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b) La politique monétaire fait chuter le taux d’intérêt et la politique budgétaire le fait grimper. La demande agrégée augmente avec les deux politiques.

11. Pourquoi la droite d’offre de monnaie est-elle une droite verticale ?

Problèmes

1. Décrivez étape par étape et en vous servant de graphiques appropriés présentés dans ce chapitre : a) Comment une politique monétaire peut lutter contre l’inflation. b) Comment une politique budgétaire peut faire baisser le taux de chômage. c) Comment une politique monétaire peut faire baisser le taux de chômage. d) Comment une politique budgétaire peut faire baisser le taux d’inflation.

9. Pour chacune des mesures suivantes, dites si elle constitue une politique monétaire restrictive ou une politique monétaire expansionniste. Faites la représentation graphique correspondant à chaque mesure en montrant clairement l’effet sur le taux d’intérêt. a) Une diminution des réserves obligatoires. b) Une augmentation des impôts sur le revenu des particuliers. c) La Banque du Canada encourage les banques à accorder des prêts. d) La Banque du Canada vend des obligations du gouvernement. e) La Banque du Canada achète des obligations du gouvernement.

10. Lorsque la Banque du Canada met en œuvre la 2. Quels sont les motifs de l’intervention du gouvernement dans l’économie ?

3. Expliquez comment le taux d’intérêt s’ajuste pour assurer l’égalité entre l’offre et la demande de monnaie.

4. Quels sont les moyens d’intervention de la banque centrale sur l’offre de monnaie ?

5. Énumérez les principales dépenses et les principaux revenus du gouvernement du Canada.

6. Expliquez la différence entre le déficit budgétaire et la dette publique.

7. Expliquez en quoi consiste le principe du multiplicateur.

8. Laquelle de ces deux affirmations est vraie et laquelle est fausse ? Expliquez votre réponse en vous servant de graphiques appropriés présentés dans ce chapitre. a) La politique monétaire fait monter le taux d’intérêt et la politique budgétaire le fait chuter. La demande agrégée augmente avec les deux politiques.

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TROISIÈME PARTIE CHAPITRE 8

politique monétaire, elle s’attend à ce que différentes variables économiques connaissent des changements : taux d’intérêt, demande agrégée, investissements, offre de monnaie, etc., dans un ordre cohérent. Parmi les séquences présentées ci-dessous, laquelle est la bonne ? Illustrez votre choix à l’aide de graphiques appropriés. a) C ⫹ I ⫹ G ⫹ Xn, puis l’offre de monnaie et les taux d’intérêt, puis l’investissement. b) C ⫹ I + G ⫹ Xn, puis l’investissement, puis l’offre de monnaie, puis les taux d’intérêt. c) L’offre de monnaie et les taux d’intérêt, puis C ⫹ I ⫹ G ⫹ Xn, puis l’investissement. d) L’offre de monnaie et les taux d’intérêt, puis l’investissement, puis C ⫹ I ⫹ G ⫹ Xn. e) Les taux d’intérêt et la demande de monnaie, puis l’investissement, puis C ⫹ I ⫹ G ⫹ Xn.


L’ESSENTIEL DU CHAPITRE

redistribution. Il fait des gagnants et des perdants dans les pays qui s’adonnent au commerce.

entreprises transfèrent dans un pays étranger certaines de leurs activités pour diminuer leurs coûts de production. Pour bien comprendre le mouvement actuel de délocalisation, il faut réaliser que les investissements directs étrangers (IDE), la création d’entreprises multinationales et la délocalisation de la production décrivent finalement la même réalité. Les IDE sont portés par les entreprises multinationales et ces dernières sont les vecteurs de la délocalisation.

3. Parmi les multiples arguments en faveur du pro-

9. Il y a investissement direct étranger (IDE) lors-

tectionnisme, c’est celui de la protection des industries naissantes qui retient l’attention des économistes. Selon cet argument, un pays ne devrait pas ouvrir son marché aux importations étrangères avant d’avoir atteint un certain seuil de développement. Sans quoi, il risque d’être envahi de produits concurrents et de voir disparaître son industrie qui n’a pas une taille suffisante pour être concurrentielle.

qu’un investisseur vivant dans un pays (le pays d’origine) acquiert un actif dans un autre pays avec l’intention de le gérer. C’est cette fonction de gestion qui distingue l’IDE de l’investissement de portefeuille (actions, obligations ou autres instruments financiers).

1. Le développement du commerce international tire son origine du concept d’avantage comparatif, proposé par David Ricardo (1772-1823), qui partait d’un constat simple : ce que l’on vend est, par définition, différent de ce que l’on achète.

2. Le commerce international exerce des effets de

4. Du point de vue des effets, un tarif douanier ou un quota a les mêmes conséquences sur le consommateur. Toutefois, un tarif douanier représente une source de revenus pour le gouvernement, alors que le quota exige la délivrance de licences d’importation.

5. Contrairement à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qui n’était qu’un simple accord, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est une institution, comme le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation des Nations Unies (ONU), ce qui lui confère une plus grande crédibilité. De plus, elle dispose d’un mécanisme de règlement des différends.

6. On peut considérer l’Union européenne comme la forme la plus évoluée de l’intégration, car en plus de former une zone de libre-échange et une union douanière, elle se donne des politiques fiscales et monétaires communes et une monnaie unique (l’euro).

7. Le commerce est devenu principalement une affaire de pays riches et un commerce de proximité. À cet égard, l’Europe et le Canada sont deux cas exemplaires : l’Union européenne représente à elle seule près de 40 % du commerce mondial et le Canada réalise plus de 80 % de son commerce avec les États-Unis.

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8. La délocalisation est le processus par lequel des

QUATRIÈME PARTIE CHAPITRE 10

10. L’accélération des IDE à partir des années 1990 résulte essentiellement de l’effet combiné des fusions-acquisitions, des politiques de libéralisation économique dans un grand nombre de pays de l’est de l’Asie et de l’ancien bloc soviétique. Elle provient également de la rationalisation à l’échelle mondiale de l’appareil de production des entreprises multinationales.

11. Les délocalisations ont d’abord touché les industries œuvrant dans les secteurs nécessitant une main-d’œuvre abondante et bon marché. Actuellement, la délocalisation touche l’ensemble des secteurs d’activités industrielles et les services.

12. La mondialisation accélère le changement structurel : elle détruit des emplois en même temps qu’elle en crée. Mais les nouveaux emplois ne se trouvent pas au même endroit, voire dans le même pays, ni dans le même secteur.

13. Les pays en voie de développement considèrent les délocalisations comme des occasions favorables pour leur croissance économique. Il en est de même des technologies de l’information et de la communication, car elles ouvrent de nouvelles occasions d’affaires à des pays émergents.

14. Les pays en voie de développement, ainsi que d’autres pays, seront donc amenés à se livrer une concurrence féroce pour attirer les investis-


sements en jouant notamment sur la faiblesse de leurs normes environnementales ou en violant les droits du travail de certains travailleurs.

8. Quelle est la principale caractéristique du commerce international actuel ?

9. Pourquoi est-il impossible de dissocier com-

EXPRESSIONS CLÉS • Avantages comparatifs

merce international et investissement étranger ?

10. Quelles sont les différentes sources de flux de capitaux dans le monde ?

• Quotas • Gains à l’échange • Protectionnisme

11. Quelles sont les raisons pour lesquelles les entreprises délocalisent leur production ?

• Industries naissantes • Tarif douanier Problèmes

• GATT • OMC

1. Supposons deux pays, Cuba et le Brésil, pouvant

• ALENA • Union douanière • Marché commun • Règles du commerce • Zone de libre-échange • Intégration économique • Investissements directs à l’étranger (IDE) • Délocalisation

produire chacun de la canne à sucre et du tabac. Dans chaque pays, toutes les ressources sont pleinement utilisées et les coûts de production sont constants. Dans ces conditions, lorsque Cuba utilise l’ensemble de ses ressources pour produire uniquement de la canne à sucre, il est en mesure d’en produire 80 tonnes. Par contre, si Cuba se concentre uniquement dans la production de tabac, il est en mesure d’en produire 40 tonnes. Pour le Brésil, les productions maximales sont de 60 tonnes de canne à sucre ou de 60 tonnes de tabac.

QUESTIONS DE RÉVISION ET PROBLÈMES

a) Tracez les droites des possibilités de production de Cuba et du Brésil dans un graphique.

Questions de révision

b) Calculez le coût d’opportunité d’une tonne de tabac à Cuba et au Brésil. Calculez également le coût d’opportunité d’une tonne de canne à sucre dans chacun des pays.

1. Définissez ce qu’est un gain à l’échange dans le commerce international.

2. Quel est l’effet du commerce international sur le prix des biens et sur les revenus des travailleurs dans les pays qui font du commerce ?

3. Quelles sont les différentes sources de gains à l’échange ?

4. Sur quels moyens le protectionnisme repose-t-il ? 5. Quelles sont les principales règles du commerce international ?

6. Quels sont les différents stades de l’intégration économique ?

7. Quel est l’objectif principal de l’ALENA et de l’Union européenne ?

c) Dans quel produit chacun des pays devrait-il se spécialiser ? d) Quelle sera la production totale de tabac et de canne à sucre dans les deux pays ? e) Supposons que Cuba et le Brésil vivent en économie fermée et orientent ainsi leur production : Cuba produit 40 tonnes de canne à sucre et le Brésil, 30 tonnes de tabac. Quelle sera la production de tabac de Cuba et la production de canne à sucre du Brésil ? Quelle sera la quantité totale de tabac et de canne à sucre dans les deux pays ? f) Supposons que Cuba produise 10 tonnes de tabac et en achète 15 au Brésil, et que ce dernier produise 12 tonnes de canne à sucre et en achète 20 à Cuba. Quelle sera la quantité disponible de canne à sucre et de tabac pour chaque pays ?

COMMERCE INTERNATIONAL ET FLUX DE CAPITAUX

205


g) Quel est le gain réalisé par chaque pays et pour chaque produit, en raison du passage de l’économie fermée (question e) au commerce (question f ) ?

4. Pourquoi le commerce international modifie-t-il

h) Quels sont les termes de l’échange (les prix) qui rendent le commerce de tabac et de canne à sucre rentable pour les deux pays ?

5. En quoi la théorie des avantages comparatifs

2. Le Canada et le Mexique ont signé un traité de

6. Le protectionnisme a permis le développement.

libre-échange qui s’est traduit sur le plan commercial par un accroissement considérable des exportations de textile du Mexique vers le Canada et par un accroissement également important des exportations canadiennes de matériel de transport vers le Mexique. Expliquez cette affirmation et illustrez à l’aide de graphiques d’offre et de demande : a) l’effet de ce commerce sur le prix du textile et du matériel de transport dans les deux pays ; b) l’effet de ce commerce sur la répartition des revenus entre les travailleurs qualifiés du secteur des transports et les travailleurs non qualifiés du secteur du textile, et ce, dans les deux pays.

la répartition des revenus dans les pays impliqués dans le commerce ? Justifiez votre réponse.

est-elle dépassée et quelles sont les autres approches proposées ?

Pourquoi est-ce encore possible de nos jours ?

7. Pourquoi le commerce international doit-il se donner des règles ?

8. Pourquoi dans des pays comme le Canada associe-t-on mondialisation et délocalisation ?

9. Pourquoi est-il important de distinguer l’IDE des autres flux d’investissements ?

10. Nommez les différents types de délocalisation. 11. Pourquoi faut-il relativiser les conséquences des délocalisations ?

12. Quels dangers représentent les délocalisations 3. Quelles sont les hypothèses qui rendent possible l’analyse du commerce international en termes d’avantages comparatifs ? Expliquez.

206

QUATRIÈME PARTIE CHAPITRE 10

pour les pays les plus pauvres ?


de l’économie nationale à la mondialisation Mohamed Dioury est diplômé d’économie et de sciences politiques de l’Université de Paris (Panthéon-Sorbonne) et de l’Université Laval (B. Sc., M. Sc.). Il a complété une scolarité de doctorat en sciences politiques à l’Université Laval.

Environnement économique présente l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour comprendre le contexte économique dans lequel évolue l’entreprise : fonctionnement des marchés, conjoncture économique et mondialisation des économies. Axé sur une analyse structurée de l’environnement économique national et mondial, cet ouvrage propose :

Il enseigne l’économie au Collège François-Xavier-Garneau depuis 1988. Il a enseigné également l’économie à l’Université du Québec à Rimouski, à l’Université Laval, au Cégep de Baie-Comeau et aux Îles Comores à titre de coopérant volontaire.

• un exposé systématique des notions économiques, grâce à une mise à jour adaptée des principales connaissances en microéconomie, en macroéconomie et en économie internationale ;

Son domaine de recherche est la mondialisation. Il a donné des conférences aux niveaux national et international, publié des articles et un livre sur le sujet. Il est lauréat du Grand Prix du livre d’affaires 2008, remis par la Coop HEC Montréal, pour son essai La mondialisation : Peu de gagnants, beaucoup de perdants. Il est aussi l’auteur de quatre manuels en économie pour le collégial et l’université.

• une synthèse des faits et circonstances entourant les grands défis économiques contemporains, telle la crise économique et financière de 2008 ; • des rubriques « Tendances » qui mettent en lumière des réalités économiques incontournables liées aux notions des chapitres ; • des « minitests » au fil du texte pour donner l’occasion aux étudiants de tester et de consolider leurs connaissances ; • des questions de révision et des problèmes en fin de chapitre pour vérifier les notions acquises et les mettre en application ; • une riche iconographie, de nombreuses illustrations et démonstrations qui établissent des parallèles entre les questions économiques et la vie de tous les jours. Les étudiants du collégial trouveront dans cet ouvrage, de façon claire et accessible, l’information et les données les plus actuelles en économie. Ils pourront ainsi s’initier à cette discipline et saisir ses grands enjeux pour le monde des affaires.

CODE DE PRODUIT : 250694

ISBN 978-2-7617-3252-9


Environnement Économique