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PAYSAGES

DISPARUS ET ÉVÈNEMENTS CLIMATIQUES


nos cours d’eau, dans certains cas exceptionnelles et susceptibles de modifier l’apparence habituelle d’un site. Sans oublier l’effet de surprise devant le spectacle d’un paisible lit de galets transformé en fleuve puissant et agité. Ainsi toujours, les intempéries, neige et glace, que l’on pense trouver, à tort, plutôt en dehors des aires méditerranéennes et qui figent un moment nos reliefs et même nos rivages et amènent des espèces imprévues comme ce flamant rose égaré par la tempête de neige, se posant au hameau du Fangu, secouru et qui pourra rejoindre ses congénères dans la partie alluviale du Fangu après une nuit passée à l’abri, qui plus est dans un hôtel ! Ici, on sait recevoir. Ils changent aussi, ces paysages, par l’action des hommes, qui exploitent et bâtissent. Les clichés qu’il nous a été possible de réunir nous montrent l’évolution des terrains de nos communes, tantôt cultivés, anthropisés, tantôt abandonnés. Et que dire des transformations successives des agglomérations ? Deux photographies des mêmes lieux prises à quelques dizaines d’années d’intervalle provoquent immanquablement une surprenante comparaison. Et les différences constatées sont souvent lourdes de signification car elles marquent en général le passage d’un mode de vie général à un autre.

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PAYSAGES

DISPARUS

i le souvenir par la photographie des personnes disparues a un sens, en faisant réapparaître une émotion variable mais évidente, celui des paysages anciens est également valorisant bien qu’à un autre niveau. Car les paysages changent qui sont souvent chargés d’une parcelle d’histoire.

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Ils changent enfin par la grâce de conditions atmosphériques très favorables et de facilités techniques particulières, ici un fort grossissement, permettant de voir de Galeria des sommets du continent culminant à plus de trois mille mètres et offrant donc un panorama étonnant mais fugace qui établit un lien avec les régions situées plus au Nord. C’est d’ailleurs cette séquence qui ouvre le présent album, avec un beau texte d’Alain Gauthier et les clichés de Charles Albertini et Emmanuel Varoquaux.

Ils changent d’abord sous l’effet des variations climatiques. Ainsi, les trombes d’eau que l’on observe parfois non loin de nos côtes, avec cette sorte de bouillonnement spectaculaire à leur base, comme celle d’octobre 1974 au large de Galeria et dont nous livrons ici le cliché. Ainsi encore les crues de

En fait, cette rubrique qui paraît vouée aux éléments naturels nous ramène constamment à l’histoire de cette terre occidentale de la Corse. Dans ce cas, une « petite histoire » mais qui rend bien compte des activités passées de la microrégion et qui est celle que nous recherchons en priorité.

Date : 18-09-2011 à 18 h 41 Collection : Charles Albertini Cliché : Charles Albertini Informateurs : Charles Albertini, Alain Gauthier, Emmanuel Varoquaux, Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Alain Gauthier

Michel Claude Weiss

Il ne s’agit pas de nuages sur l’horizon, mais de plusieurs sommets des Alpes-Maritimes dépassant 3 000 mètres et vus depuis Galeria à la fin d’une journée de septembre 2011.

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Gélas 3143m

Clapier 3045m Malédie 3059m

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L’île de Beauté depuis le continent Les deux remarquables photographies que nous proposons ici, dues à Emmanuel Varoquaux, en fournissent de somptueux exemples. Prises au cours des hivers 2007 et 2011, elles autorisent l’observation de toute la chaîne volcanique du Cintu et au-delà du San Petrone, du sommet du Tenda, de l’épine dorsale du Cap Corse et plus au sud des hauteurs dominant le golfe de Portu. Les habitants de Galeria et de la vallée du Fangu seront probablement surpris de constater que l’œil du Tafunatu qui les observe en permanence est détectable depuis le continent. Il en est de même sur d’autres clichés pour les éoliennes du Cap. Il serait possible de multiplier les exemples du profil des montagnes de l’île de Beauté surpris juste avant le lever du soleil. Certaines d’entre elles sont particulièrement reconnaissables, tel l’aileron de requin de la Paglia Orba.

DES

DOCUMENTS RARES

EN QUÊTE D’EXPLICATIONS L’arrière-pays niçois depuis Galeria Tous les habitants de l’île connaissent les images de la Corse vue depuis le continent. Ces observations ne sont en effet pas exceptionnelles depuis les hauteurs niçoises par exemple, et cela en particulier l’hiver par temps sec et clair, le matin ou le soir. Date : 04-02-2011 à 6 h 11 Collection : Emmanuel Varoquaux Cliché : Emmanuel Varoquaux Informateurs : Alain Gauthier, Emmanuel Varoquaux Collectage : Alain Gauthier Texte : Alain Gauthier

La chaîne du Cintu au lever du soleil vue depuis le continent. On peut observer sur un agrandissement du Tafunatu, le trou, visible donc grâce à la pureté de l’atmosphère et à l’excellence de l’optique de l’appareil, à près de 200 kilomètres.

Nous allons dans ce court article : - donner quelques illustrations spectaculaires de ce phénomène ; - fournir et commenter une image originale de l’arrièrepays niçois vue depuis la Corse, et décrire sommairement l’expérience historique qui, en 1925, permit de rattacher géodésiquement l’île au continent ; - fournir quelques explications physiques permettant de comprendre en détail les observations et leurs limites.

Le phénomène observé depuis fort longtemps avait même été utilisé par les géographes de l’armée et cela dès le début du XIXe siècle pour tenter de « rattacher » géodésiquement la Corse au continent1 (Capitaine Durand en 1827 et Capitaines F. Perrier, Bugnot et Proust en 18632). Le continent depuis la Corse La réciproque est bien entendu vraie : le continent est visible depuis les hauteurs de la Corse. Les amateurs de montagne ont vu, au moins une fois, en particulier en hiver ou au printemps, les reliefs alpins (alpes niçoises) depuis la chaîne du Cintu ou les contreforts balanins. Début 2012, l’arc alpin (Apennin et collines de Toscane) était bien visible depuis les sommets du Cap et cela même en plein jour. Il est vrai que la distance entre la Corse et le continent italien est nettement inférieure à celle qui sépare la Corse des côtes provençales. Il est par contre beaucoup plus rare, sinon exceptionnel, de pouvoir observer, pratiquement depuis le rivage, les montagnes continentales depuis l’île de Beauté. C’est cet Paysages disparus et évènements climatiques

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Date : 05-12-2007 à 6 h 26 Collection : Emmanuel Varoquaux Cliché : Emmanuel Varoquaux Informateurs : Alain Gauthier, Emmanuel Varoquaux Collectage : Alain Gauthier Texte : Alain Gauthier

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La Corse vue depuis les hauteurs d’Antibes au petit matin. On distingue sur cette image le relief depuis le Cap Corse jusqu’aux environs du Capu d’Ortu avec bien entendu toute la chaîne du Cintu. Les identifications des sommets ont été réalisées par l’auteur de la photo, Emmanuel Varoquaux.


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« exploit » photographique qu’a pourtant réussi Charles Albertini deux soirs de suite en septembre 2011, prouesse qui fournit le prétexte de cet article. La visibilité directe du continent français depuis les montagnes corses a été utilisée il y a maintenant près d’un siècle pour réaliser le rattachement géodésique direct entre ces deux parties du territoire métropolitain. C’est au cours de l’été 1925 que Paul Helbronner réussit la jonction de la Corse au continent français. Les détails de cette mission ont été publiés dans un volume de 1492 pages format 20 X 30 en 19293 et ont fait par ailleurs l’objet de plusieurs articles dans diverses revues scientifiques. En juillet et août 1925, Helbronner secondé par plusieurs officiers et près de 200 militaires du 173e, fait construire trois stations d’observation sur le Cintu, le Rotondu et le Stellu. Le principe utilisé par Helbronner est simple à expliquer, s’il est, à l’époque, lourd à mettre en œuvre. Il consistait à viser, de nuit, grâce à une lunette grossissante, des points du continent sur lesquels on allumait un signal lumineux assez puissant pour pouvoir être observé sur l’île. En procédant ensuite par triangulation très précise, en appliquant différentes équations correctrices pour tenir compte de la rotondité de la Terre, et en mesurant les angles entre deux visées effectuées depuis un sommet corse vers deux stations provençales, Helbronner a pu situer avec une grande précision pour l’époque, la position exacte (à un mètre près) de la Corse dans le golfe Ligure. Compte tenu de la rotondité de la Terre et des distances importantes entre les stations4, il choisit des stations suffisamment hautes pour être visibles (Coudon près de Toulon (702 m), sommet de la Sauvette dans les Maures, altitude de 779 m, du Mt Chauve (840 m) et du Mt Agel (1 149 m) près de Nice. On remarquera que ces stations sont proches du littoral, et cela pour diminuer au maximum la distance entre station émettrice et station réceptrice. Le 6 août 1925, Helbronner observe, depuis le Rotondu, les feux allumés par ses assistants sur le Coudon et La 14

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Sauvette et dans la nuit du 25 au 26 août, « pendant huit heures consécutives…. Mes cinq projecteurs lumineux, celui du Stello, dans l’île, à 60 kilomètres, et les quatre du continent, le Mont Agel à 198 km, le Mont Chauve à 206 km, la Sauvette à 236 km et le Coudon à 256 km, ne cessant pas de briller d’un éclat intense, je les pointais de 20 heures le soir à 4 h du matin, recueillant ainsi en cette nuit exceptionnelle une trentaine de séries sur les cinq positions prévues… ». Cette nuit de fin août 1925, grâce à une atmosphère particulièrement limpide, le littoral continental est donc observable depuis la région toulonnaise jusqu’à la région niçoise soit sur une distance horizontale supérieure à 150 kilomètres. L’ensemble de ces observations et la photo de Charles Albertini prouvent donc qu’il est possible de voir le continent depuis la montagne insulaire lorsque les conditions météorologiques sont favorables. La photo prise par Charles Albertini, indique que cette vision est possible depuis le rivage. Après avoir indiqué les conditions de prise de vues et identifié, grâce à Emmanuel Varoquaux, les sommets visibles sur l’image prise depuis Galeria, nous donnerons quelques explications pour décrypter un phénomène qui au premier abord semble flirter avec les limites des lois de la physique et en particulier avec la propagation en ligne droite des rayons lumineux. En effet, compte tenu de la courbure de la Terre, et de la distance horizontale entre Galeria et Nice, il peut sembler a priori difficile, d’observer l’un des deux territoires depuis l’autre et cela en particulier lorsque l’observateur - photographe se trouve presque au niveau de la mer. La prise de vue d’octobre 2011 et l’identification des reliefs La photo a été prise le 18 septembre 2011 à 18 heures 41 par Charles Albertini à l’aide d’un appareil numérique de

la marque Canon, en utilisant à la fois le zoom optique et le zoom numérique de l’appareil. Les sommets identifiés au-dessus de la maison sont de gauche à droite le Gélas (3 143 m), la Malédie (3 059 m) et le Clapier (3 045 m). La maison est située à environ 30 mètres d’altitude. Tentative d’explication du phénomène La distance entre la Corse et la partie du continent français la plus proche est d’environ 180 km. Il existe à une distance d’environ 200 km du continent une dizaine de sommets corses qui dépassent 2 500 mètres et parmi ceux-ci, un particulièrement reconnaissable de loin : la Paglia Orba (2 525 m). L’un de ces sommets dépasse légèrement 2 700 mètres (Monte Cintu 2 706 m). Ces distances permettent-elles une observation directe ? 1. Distance entre Corse et continent On montre par le calcul que la distance maximale du point observé dépend de l’altitude de l’observateur. Un autre calcul révèle que l’altitude du point observé intervient également. Une formule assez simple permet de calculer l’altitude minimale de ce que l’on peut observer compte tenu de la distance et en fonction de l’altitude de l’observateur, soit [D – 3,6 h1√ 3,6]2 = h2 où h1 est l’altitude de l’observateur, D la distance entre l’observateur et l’objet observé et h2 l’altitude minimale que l’objet doit avoir pour pouvoir être observé depuis h1. À titre d’exemples : a. pour un observateur situé à 1 mètre d’altitude, seul un sommet dépassant 3 000 mètres serait visible à 200 kilomètres ; b. pour un observateur à 150 mètres d’altitude et à une distance de 180 km, il suffirait que le sommet dépasse un peu 1 500 mètres pour qu’il soit observable, à la condi-


tion toutefois que les conditions météorologiques soit convenables. Ces deux exemples montrent d’une part qu’il n’est a priori pas possible de distinguer la Corse depuis le niveau zéro, mais que par contre la rotondité de la Terre n’empêche pas d’observer au moins la partie supérieure de l’île et sans pour cela être obligé d’évoquer des phénomènes de type mirage ou autres, pour peu que l’observateur se trouve sur un point haut. La réciproque est évidemment vraie. Il doit être possible de voir les montagnes des Alpes-maritimes depuis certaines régions de l’ouest de la Corse et de Galeria en particulier et cela d’autant plus que les sommets de l’arrière-pays niçois dépassent parfois les 3 000 m. 2. L’état de l’atmosphère Si la vision de la Corse reste un phénomène assez rare, bien que le trajet en ligne droite des rayons lumineux l’autorise, cela est dû à la transparence de l’atmosphère perturbée par les substances en suspension et les mouvements des masses d’air. Il faut que l’atmosphère soit particulièrement calme et limpide pour que l’on puisse découvrir une plus ou moins grande partie de l’île et cela en fonction de l’altitude de l’observateur. 3. La réfraction des rayons lumineux Un autre paramètre intervient, il s’agit de la réfraction. Il correspond à une modification de l’indice de réfraction en fonction de la densité ou de la pression de l’atmosphère et se traduit par la courbure vers le bas des rayons lumineux lorsqu’ils traversent des milieux d’indices de réfraction différents, comme le ferait une lentille ou un prisme interposé sur le trajet d’un rayon lumineux.

de l’atmosphère étant souvent perturbées, les images de ces zones sont souvent floues. 4. Focale utilisée Un dernier paramètre ne doit pas être oublié pour interpréter les images prises tant depuis la Corse que depuis le continent. Il s’agit de l’utilisation des zooms optiques et maintenant électroniques qui équipent les appareils numériques. Observée à l’œil nu la Corse est certes visible mais sous forme d’un liseré de très faible hauteur et la proximité des montagnes corses du cap d’Antibes est en réalité provoquée par l’utilisation lors de la prise de vue du zoom.

Bibliographie Article sur la courbure terrestre et ses conséquences sur Wikipédia : htpp://fr.wikipédia.org/wiki/Courbure terrestre Articles sur le net : - Lumière d’altitude : La Corse vue du continent ; - Voit-on vraiment la Corse du continent ? Palmieri J. (2010) - Paul Helbronner (1871 – 1938) et la géodésie de la Corse, Bull. Soc. Hist. Nat. de la Corse, fasc. 730 – 733, p. 229 – 277. Notes

En résumé Lorsque les conditions météorologiques sont favorables (quelques dizaines de jour par an), la distance entre la Corse et la région niçoise est suffisamment faible (environ 200 km) pour permettre la visibilité directe de la partie la plus élevée du relief insulaire depuis le continent ou des montagnes de l’arrière-pays niçois depuis la Corse et Galeria en particulier. Le phénomène de réfraction autorise une vision « supplémentaire » d’une partie de l’une ou l’autre de ces deux régions et l’utilisation des zooms diminue de façon spectaculaire les distances apparentes entre l’île et le continent ou vice – versa. Au-delà de l’explication rationnelle, les images ont un côté magique mais aussi pratique. En effet si la Corse est visible du continent italien, elle est aussi parfois observable depuis l’arrière-pays provençal et l’on peut se poser la question de l’influence de cette visibilité passagère sur le peuplement humain de l’île.

1. Un premier rattachement géodésique avait été tenté par Tranchot dès la fin du XVIIIe siècle, lors de la réalisation du Plan Terrier. 2. C’est à cette occasion que le Cintu fut reconnu comme le plus haut sommet de l’île et détrôna le Rotondu. 3. Description géométrique des Alpes Françaises : tome IX, Jonction géodésique directe de la Corse au continent français – Chaîne méridienne de Corse – Mesure de l’arc méridien des Alpes françaises. Nb illustations, 1492 p. 4. Il y a 271,1 km entre le Rotondu et le Coudon et 255 km entre le Cintu et le Coudon. Les distances sont plus faibles, mais encore très importantes entre le Stellu et le Mt Agel : 195, 6 km, etc.

Alain Gauthier

Ce phénomène a pour conséquence de permettre de distinguer une partie plus importante de la Corse que celle qui est théoriquement possible. Il révèle donc les parties de plus faibles altitudes de l’île. Toutefois, les basses couches Paysages disparus et évènements climatiques

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Date : 1938 Collection : Reparata (Lili) Mattei Cliché : X Informateurs : Reparata (Lili) Mattei, Paul Agostini, Marie-Laure Simeoni Collectage : Paul Agostini, Marie-Laure Simeoni Date : 2004 Collection : Marie-Laure Simeoni Cliché : Marie-Laure Simeoni Informateurs : Reparata (Lili) Mattei, Paul Agostini, Marie-Laure Simeoni Collectage : Paul Agostini, Marie-Laure Simeoni Texte : Paul Agostini, Marie-Laure Simeoni

Une partie du hameau de Barghjana en 1938 et de nos jours. Le contraste entre ces deux clichés est évident : en arrière-plan, on aperçoit sur la photo la plus ancienne que chaque parcelle de terre est mise en valeur (culture du blé et de l’orge, mais à d’autres endroits du village, on s’intéressait également au lin) alors que le paysage actuel ne laisse voir que du maquis et quelques rares murs qui ont résisté au temps. Date : années 1950 Collection : Félicien Rossi Cliché : X Informateur : Félicien Rossi Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

La zone de Galeria à une époque où les espaces dégagés voire travaillés n’étaient pas rares.

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Date : années 50 Collection : Christian Guerrini Cliché : « CIM » Informateur : Christian Guerrini Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

Vue générale du village de Galeria et du hameau de Calca. Date : 1972 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

Vue du village de Galeria à partir de la butte de l’Ambiu.

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Date : 2011 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

De 1972 à 2011, de notables changements sont intervenus signant une nette extension de l’agglomération.


Date : Eté 1954 Collection : Pierre Fatticci Cliché : Pierre Fatticci Informatrice : Jeanne Canava Collectage : Jeanne Canava Date : Eté 2004 Collection : Pierre Fatticci Cliché : Pierre Fatticci Informatrice : Jeanne Canava Collectage : Jeanne Canava Texte : Jeanne Canava

En 50 ans, la proportion de résidents permanents n’a cessé de diminuer alors que le nombre de résidences secondaires a augmenté de façon sensible. Les terrains dans et autour du village étaient cultivés et propres ; aujourd’hui, ils sont en friche ou remplacés par du béton. Paysages disparus et évènements climatiques

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Date : 1936-1937 Collection : Foyer rural de Galeria Cliché : X Informateurs : Marie Luciani et Nicolas Spinosi Collectage : Michel Claude Weiss Date : 2004 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Texte : Michel Claude Weiss

Le secteur de Camparellu à Galeria (1936-1937). Au premier plan, à gauche, on distingue un pagliaghju, démoli seulement au cours de l’hiver 2004. La « maison rouge » visible ici a été construite en 1935. En juillet 2004, le paysage a complètement changé, modifié par l’apparition de nouveaux bâtiments et l’aménagement de cette partie du village

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Date : 1969 Collection : Hansveli Beer Cliché : Hansveli Beer Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Anne-Marie Acquaviva Légende : Anne-Marie Acquaviva et Michel Claude Weiss

Le centre du village de Galeria quand le bâtiment de la « Casa Marina » était celui de la gendarmerie et où le Bureau de poste était dans son prolongement. Date : 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Texte : Catherine Giralt-Simeoni

Le centre de Galeria de nos jours. Plus de gendarmerie, celle-ci étant maintenant installée derrière l’église ; plus de Bureau de poste, désormais ouvert sur la place de la mairie. D’autres commerces ont pu s’ajouter. Quant aux voitures, elles n’ont pas su garder le même aspect.

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Date : 1971 Collection : Hansveli Beer Cliché : Hansveli Beer Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Anne-Marie Acquaviva Texte : Anne-Marie Acquaviva et Michel Claude Weiss

Le village de Galeria en 1971. Au premier plan, dans la partie droite de la photographie, l’espace libre qui apparaît est maintenant occupé par les locaux de la gendarmerie. Date : 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Légende : Catherine Giralt-Simeoni

En quelques décennies, le secteur considéré s’est fortement étoffé. Une transformation difficile à nier.

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Date : 1971 Collection : Hansveli Beer Cliché : Hansveli Beer Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Anne-Marie Acquaviva Texte : Anne-Marie Acquaviva et Michel Claude Weiss

Le camping Spinosi de Galeria (l’Idéal camping) au début de son exploitation. A gauche, on aperçoit des tentes à proximité immédiate d’une vigne. A ce moment-là, la végétation était plutôt maigre comparée à l’actuelle.


Date : 1960 Collection : Pierre Albertini Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Pierre Albertini Collectage : Blanche Albertini-Bono Légende : Blanche Albertini-Bono

Le golfe de Galeria il y a quelques décennies. Date : sans doute avant 1950 Collection : Catherine Bouchité-Maestracci et Marc Maestracci Cliché : X Informateurs : Catherine Bouchité-Maestracci et Marc Maestracci Collectage : Catherine Bouchité-Maestracci et Marc Maestracci Légende : Catherine Bouchité-Maestracci et Marc Maestracci

Vue du hameau de Calca à la fin de la période traditionnelle. Paysages disparus et évènements climatiques

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Date : 1930 ? Collection : Roch Albertini Cliché : X Informateur : Roch Albertini Collectage : Roch Albertini Texte : Roch Albertini

La tour génoise de Galeria faisait partie de l’ensemble des sept tours génoises de la juridiction de Calvi gérée par la « Camera » Elle contribuait avec d’autres côtières ou légèrement à l’intérieur des terres, comme Nuvalezza, à protéger la « Balagne di là » parfois appelée péjorativement « Balagne déserte », de l’Argentella au Sia, soit cinq pieve et une quarantaine de hameaux. Sa construction est attestée par des sources écrites authentiques ; commencée en 1551, elle est terminée en 1573, même si une première décision non suivie d’effet remontant à 1541, donne concession à Giovanni Agosto de Franchi. Le document de programmation trentenaire des tours défensives de 1573 atteste de la fonctionnalité de la tour de la « Foce di u Fangu ». L’état quasi exhaustif des fortifications torréennes de Corse, qui détaille le statut de chacune de leurs garnisons, nous apprend que la tour galeriaise

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était occupée par un chef et deux soldats ; son armement nous est révélé par un inventaire plus tardif (1664) ; la puissance de feu se résume à une seule petite pièce d’artillerie : un faucon. A la fin du XVIIe siècle et au début du suivant, les archives notent que désormais l’entretien de la tour est passé à la charge de la communauté villageoise. Les défenseurs, toujours au nombre de trois, sont rémunérés correctement : 16 livres pour le caporal et neuf livres pour les soldats. La fin de son occupation peut être datée avec une relative précision (1792). Ce que les périls extérieurs venus de la mer n’ont jamais réussi, la rébellion des autochtones va l’obtenir spectaculairement en faisant exploser les réserves de munitions contenues dans la tour elle-même et le magasin-casernement attenant. Les Niolins mécontents, revendiquant leurs droits communautaires ancestraux, n’acceptaient pas que les terrains de vassalité de la tour et les bâtiments eux-mêmes aient été cédés en 1785 à une société dont nous ne savons rien si ce n’est qu’elle aurait en échange édifié quelques ouvrages d’utilité publique comme un hôpital, une caserne et même un aqueduc. Cette hypothèse paraît très possible. Aujourd’hui encore, et malgré une restauration peu respectueuse de l’orthodoxie architecturale historique,

on observe les blocs de parement de pierre liés au mortier de chaux en éparpillement proche des arases d’origine. Ils témoignent que les réactions des Corses à ce qu’ils perçoivent, à tort ou à raison, comme spoliation, peuvent avoir des conséquences destructrices, toujours visibles, dans ce magnifique espace symbolique caractérisant l’entrée du village, deux longs siècles plus tard. Date : 2011 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Texte : Michel Claude Weiss

La tour de Galeria et le magasin attenant revisités en 2011. D’aucuns osent prétendre que les ruines étaient plus belles et aussi plus émouvantes. Sans conteste, elles étaient moins pratiques pour les gens d’aujourd’hui.


Date : 1969 Collection : Hansveli Beer Cliché : Hansveli Beer Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Anne-Marie Acquaviva Légende : Anne-Marie Acquaviva et Michel Claude Weiss

Le « Ponte Vechju » avant sa restauration. Date : 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Légende : Catherine Giralt-Simeoni

Le « Ponte Vechju » aujourd’hui. La dernière grande crue de 1992 l’avait encore endommagé. Sa restauration a été réalisée en 2010. Paysages disparus et évènements climatiques

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ÉVÈNEMENTS CLIMATIQUES

Date : 1964 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

Ruines de l’ancienne exploitation minière de l’Argentella. Photographie prise du territoire de Galeria lors d’un important incendie qui avait mobilisé des gens de cette dernière commune.

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Date : hiver 2004 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

Mansu sous la neige. Date : janvier 1985 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Légende : Michel Claude Weiss

Date : janvier 1985 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateur : Michel Claude Weiss Collectage : Michel Claude Weiss Texte : Michel Claude Weiss

Hiver 1985, à Galeria, le secteur du Ciuttone sous la neige, une blancheur de paysage accentuée par un ciel plombé. Une perspective nordique en Méditerranée.

La zone de l’église de Galeria après une abondante et inhabituelle chute de neige. Un spectacle peu connu des gens fréquentant saisonnièrement la région. Paysages disparus et évènements climatiques

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Date : 2010 Collection : Charles Albertini Cliché : Charles Albertini Informateur : Charles Albertini Collectage : Charles Albertini Légende : Charles Albertini

La Paglia Orba et le Tafunatu prisonniers de la neige. Date : 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Légende : Catherine Giralt-Simeoni

La Paglia Orba et le Tafunatu dépouillés de leur parure hivernale.

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Date : hiver 2004 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

La plage de la Ricciniccia et les reliefs attenants en hiver. Date : janvier 1985 Collection : Michel Claude Weiss Cliché : Michel Claude Weiss Informateurs : Michel Claude Weiss et Pascale Gilbert Collectage : Michel Claude Weiss Texte : Michel Claude Weiss et Pascale Gilbert

Lors de l’hiver 1985, un client inhabituel de l’hôtel du Fangu, un phoenicoptéridé, dérouté par la tempête de neige. Ce flamant rose est ici, entre autres, avec la gérante des lieux, Arlette Gilbert.

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Date : 1992 Collection : José Acquaviva Cliché : José Acquaviva Informateur : José Acquaviva Collectage : M.C. Weiss Texte : Michel Claude Weiss

Crue « centenaire » du Fangu au pont de Tuarelli. Sur ce cliché, on peut se rendre compte de la force des eaux. En effet, les 20 et 21 octobre 1992, le cours d’eau a connu sa plus forte crue jamais enregistrée par la station hydrométrique de la vallée depuis sa création en 1976. La très grande crue a emporté le limnigraphe lors de son passage, ce qui a privé les scientifiques des mesures précises de tels phénomènes. Date : novembre 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Légende : Catherine Giralt-Simeoni

En temps normal, comme ici, le cours d’eau a perdu de son agressivité et signe un paysage plutôt émollient. Date : 2008 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

Crue du Fangu en amont de Tuarelli.

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Date : 2008 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

Péché d’orgueil : la partie alluviale du Fangu se prenant presque pour l’Amazone. Date : novembre 2011 Collection : Catherine Giralt-Simeoni Cliché : Catherine Giralt-Simeoni Informatrice : Catherine Giralt-Simeoni Collectage : Catherine Giralt-Simeoni Légende : Catherine Giralt-Simeoni

Fin novembre 2011, la rivière paraît être privée d’eau et montre son habituel spectacle de galets roulés.

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Una memoria di u Fangu


Date : 2008 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

Période de pluies dans la moyenne vallée du Fangu. La route est littéralement transformée en ruisseau. Date : 2008 Collection : Tumasgiu Simeoni Cliché : Tumasgiu Simeoni Informateur : Tumasgiu Simeoni Collectage : Tumasgiu Simeoni Légende : Tumasgiu Simeoni

La montagne de Valdu Tondu ornée de cascades en période de pluies.

Date : 29 octobre 1974 Collection : Ecole de Galeria, Casa Marina Cliché : Jean-Luc Angles (gendarme à Galeria) Informateurs : Nice-Matin (30 octobre 1974), Jean-Luc Angles Collectage : Marie-Laure Simeoni Texte : Marie-Laure Simeoni.

Le 29 octobre 1974 entre 10 heures 20 et 11 heures, trois trombes d’eau se sont formées à 8 miles au large de Galeria, à la suite de la rencontre de deux vents contraires et d’un cumulo-nimbus dont la partie inférieure se trouvait à 300 mètres d’altitude. A leur base, elles mesuraient environ 100 m. La deuxième trombe au lieu de suivre sa trajectoire a marqué un arrêt et s’est dirigée vers Galeria. Finalement, elle a repris sa route vers le sud. Si elle était arrivée jusqu’au village, elle aurait pu y faire des dégâts non négligeables. Paysages disparus et évènements climatiques

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