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20 /05/11


Le mot de la semaine Chacun son rythme

« Tu travailles dans la publicité ? Ah oui, c’est toi qui colle des affiches ? » « Non non, on développe des campagnes de publicité pour différentes marques pour des affiches oui, mais aussi à la TV, à la radio et sur le web ». « Ah oui, l’Internet, c’est un truc à la mode ça ». (Une conversation que j’ai eu avec une personne de 50 ans, qui travaille dans une usine de biscuits depuis 30 ans dans la Manche). Il est clair que pour nous publicitaires, le digital est au cœur des nouvelles stratégies. Constamment en veille, nous sommes au courant de la dernière campagne sortie hier, voire celle qui sortira demain, les initiés sont tellement réactifs qu’ils peuvent influencer la décision d’annulation d’une campagne en 2 jours (cf. campagne « Mon minou tout doux » pour VEET). Mais est-ce que Madame Michu l’a vu cette campagne Minou tout doux ? Est-ce que Madame Michu est même au courant de cette campagne qui a fait un bruit monstre sur les réseaux sociaux ? Le bad buzz Veet était en trending topic sur Twitter. Une campagne digitale en chasse une autre. Il y a peu de temps, on parlait de ce Minou tout doux, de Qui veut tuer un ami 2, de Pleasure Hunt de Magnum… Comme cela a été dit dans un précédent édito, « à chacun sa lecture et ses usages alors continuons à avancer » mais il est clair que le digital va très vite. Nous pouvons faire un constat : « Nous sommes en avance par rapport aux non initiés ». Et surtout de mon côté, je me pose cette question « Au delà de ce fait avéré, le train digital ne va t-il pas si vite qu’il laisse bon nombre de personnes sur le quai ? » L’accélération est telle qu’elle n’intéresse pas le grand public pour le moment. Pour que ce dernier entende parler d’une campagne digitale, il faut qu’elle soit relayée par un média traditionnel, surtout par la TV. Le web a beau être un média qui parle à tous, les campagnes publicitaires ne parlent pas à tous pour le moment contrairement à une campagne TV. L’une des problématiques du digital est donc de trouver la façon de regrouper son public autour de temps forts comme le fait la télévision (événements sportifs, séries, informations, jeux) ou alors d’améliorer la coopération entre le web et les médias traditionnels. La route est encore longue mais nous sommes sur la bonne voie, il suffit par exemple de regarder la dernière campagne McDonald’s pour le 1955 qui affiche fièrement en packshot le renvoi vers la page Facebook France. Julien Liberge, DDB° Paris


“on en parle” Le combat du net NDLR : Le grand défi des prochaines années pour les professionnels du web est celui de la neutralité. La menace qui plane sur la neutralité du net est double. D’un côté les pouvoirs publics et les politiques veulent contrôler internet (Hadopi, vie privée, eG8...) et de l’autre côté les fournisseurs d’accès sont en train de créer aux Etats-Unis un web à deux vitesses avec pour les riches du très haut débit et pour les plus pauvres un accès très limité comme aux premières heures d’internet (Cf. Comcast, AT&T). « Nous vivons un tournant dans la toute jeune histoire du web : à partir d’aujourd’hui, le réseau peut devenir un outil bénéfique pour nos sociétés, vecteur d’éducation et de culture, ou prendre le chemin totalitaire de la surveillance et du contrôle. » « Les internautes ne consomment pas la même quantité de data, il est normal de les faire payer en proportion de ce qu’ils utilisent. » « La neutralité du net est l’équivalent contemporain du droit à la liberté d’expression. » « Aujourd’hui, on peut accéder à un blog aussi rapidement qu’au Wall Street Journal, et s’il est bon, il peut recevoir autant de trafic qu’un groupe de presse. Mais si de grosses entreprises peuvent payer pour un accès plus rapide et prioritaire à internet, le blog n’a plus aucune chance, et les grosses entreprises savent que quand elles paient pour l’accès, elles gagnent. »


la bonne idée Temps de chien Le contexte : «Le temps se détraque». «Y a plus de saison»... toutes ces sentences se vérifient de plus en plus. Sans parler des catastrophes naturelles. Pour les Tours Operators, vendre une destination pour son climat devient vraiment délicat. La problématique : Comment faire du sujet de conversation le plus banal (la météo) un levier pour mobiliser les internautes ? L’insight : « J’en ai vraiment marre de ce temps tout pourri, il me faut des vacances au soleil. » L’idée : C’est bien parce que c’est après avoir subi plusieurs jours de mauvais temps, qu’on rêve de partir au soleil que TUI, le plus important Tour Operator européen, propose de vous faire gagner un voyage de rêve. Fort de cette vérité, la marque a lancé en Allemagne une application mobile qui récompensera la personne qui aura subi la pire météo ces quinze derniers jours. De manière simple, il suffit de se géolocaliser en utilisant l’application qui enregistrera pendant quinze jours les conditions météorologiques de votre région, prenant en compte trois paramètres (les précipitations, le vent, la température). Sur Facebook, vous entrez en compétition avec toutes les autres personnes qui utilisent l’application et bien sûr vous pouvez challenger vos amis. A la fin du concours, celui qui aura vécu les pires conditions météo gagnera un superbe voyage. Avec cette idée, TUI démontre son savoir-faire et l’extrême pertinence de son catalogue de destinations. La vidéo : http://bit.ly/kvaj5v


la moins bonne idée Dessine-moi une paire de lunettes Oakley, la marque d’équipements pour le ski, présente sa nouvelle gamme à travers une campagne d’affichage et d’un site internet qui créent un univers BD de Heroic Fantasy pour vanter les super-pouvoirs de ses produits. Pourquoi pas. Mais l’expérience digitale proposée sur le site internet est très limitée et les spécificités de chaque produit sont présentées dans des phylactères (les bulles de BD). Si l’univers graphique est très puissant et clivant, en revanche le digital n’apporte rien. Un univers graphique fort n’est pas suffisant pour créer une expérience digitale digne de ce nom et faire «liker» l’internaute. Très décevant. Le site : http://bit.ly/fYDO1u


à découvrir Et le gagnant est... Très récemment le palmarès de The One Club qui remet les fameux Pencil est tombé. Les idées digitales qui ont été récompensées sont le fruit, pour la plupart, de grandes marques internationales comme Google, M&M’s, Nestlé, Frito Lay... Mais ce qui est encore plus notable et qui se confirme de festival en festival, c’est que les agences récompensées pour des idées digitales ne sont pas des «pure players» (on retrouve dans la liste seulement R/GA, SMFB et Tribal DDB°) mais des agences de communication qui proposent des concepts forts (Goodby, BBH, 180...). La bataille de la créativité est en cours et donc plein de belles idées à (re)découvrir. Le palmarès : http://bit.ly/kmfIx5


le digital est partout ... et sent la bière Le Digital Post parle souvent de projets menés par des étudiants (comme le InternStore des étudiants d’HyperIsland ou encore l’idée de la Berghs School of communication http://bit.ly/h7N7bR ) car ils ont intégré les nouveaux codes de la créativité digitale. Donc là encore deux étudiants de la Miami Ad School d’Hambourg, Max Arlestig et Maximilian Gebhardt s’illustrent par une très belle idée communicante pour Heineken. Ils ont créé un décapsuleur Bluetooth qui est relié Facebook. Ainsi quand on ouvre une bouteille d’Heineken grâce au décapsuleur, il crée automatiquement un event Facebook. La personne qui comptera le plus de participants à son event recevra gratuitement des caisses de bouteilles de bières... Efficace. La vidéo : http://bit.ly/kQpLrK


Les marques agissent ...et les chanteurs aussi En fait de chanteur, on veut parler de Lady Gaga, est-elle vraiment encore ce qu’on peut appeler une chanteuse ? En reine du marketing post-moderne, elle s’est associée à l’éditeur de jeux Facebook Zynga, pour lancer son nouvel album. Ainsi, Lady Gaga et Zynga ont créé un univers particulier au sein de Farmville, le jeu qui a connu le plus grand succès avec plus de 100 millions de joueurs, qui sera à l’image de l’entertain woman : Gagaville. On pourra customiser sa ferme et la plonger dans l’univers délirant de Gaga avec des moutons bikers ou des licornes. Et bien sûr, si on récolte assez de cristaux paradisiaques on recevra en exclusivité un titre inédit de Lady Gaga. Le co-branding gagnant-gagnant entre les producteurs de contenus ou éditeurs de jeux vidéos et les marques offre de riches possibilités (cf. dernièrement Rio et Angry Birds). La vidéo : http://bit.ly/jztEVe Le site : http://www.farmville.com/gagaville.php


le www. de la semaine Alors on danse

Pour présenter sa nouvelle collection de T-shirt, Uniqlo lance une nouvelle fois une grande parade carnavalesque. Chaque internaute choisit son T-shirt préféré, se logue via Twitter ou Facebook et choisit quelques mouvements chorégraphiques pour faire danser son avatar. Uniqlo réinvente ici le concept de «catwalk» en le rendant participatif et ludique. Le site : http://bit.ly/gVfF0F


la vidéo culte WTF C’est peut-être la réaction que suscitent chez vous les mèmes, ces idées qui, prenant parfois la forme d’un dessin très simple, se propagent à travers le web dans une frénésie de share et autres RT. Comment expliquer l’engouement soudain que les poneys ont suscité, il y a quelques temps déjà ? Le phénomène du mème demeure un mystère, tant l’absurdité ou l’inutilité de son contenu semblent impossibles à corréler avec la vitesse vertigineuse de son succès. Pourtant, créer un mème est peut-être le but ultime de tout publicitaire : produire des idées, c’est-à-dire, d’après la définition qu’en avait donné Philippe Michel, “quelque chose dont on a l’envie de se souvenir”. Or, c’est peut-être justement l’inouï qui parvient à mêler le désir à la mémoire. Un exemple édifiant est celui de ce nouveau mème : le Nyan Cat, un chat-biscuit qui émet une musique entêtante voire insoutenable en se déplaçant dans l’espace, semant au passage un arc-en-ciel ondulé. Sur le site, le défi est de supporter le plus longtemps possible cette vision psychédélique, et on vous incite même à tweeter votre temps records. Preque 10 millions de vues pour la première vidéo sur Youtube, et surtout, des dizaines et des dizaines de remake, tous plus incongrus les uns que les autres : un Nyan Cat dans les champs, un Nyan Cat à tête humaine, un Nyan Cat Licorne... Et certaines durent jusqu’à 3 heures... A vous de les découvrir! Le site : http://nyan.cat/


incroyable

22,2% C’est la part de Netflix, service payant de vidéos streaming, au sein du trafic internet aux Etats-Unis. Il dépasse ainsi pour la première fois le téléchargement illégal de fichiers. Autrement dit... le contenu payant en streaming est en train de dépasser le téléchargement illégal.


news du monde digital _ Google contre le blocage_

Lors d’une conférence sur la vie privée tenue à Londres, Eric Schmidt, président exécutif de Google, a qualifié de “stupides” les lois voulant fermer les sites de téléchargements illégaux. Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s’apprêtent à légiférer autour de l’accès aux sites de partage de fichiers illégaux, il a brandi le drapeau de la liberté d’expression.

_ LinkedIn passe aux actions_

L’entrée en Bourse du réseau social professionnel, l’une des plus importantes depuis la crise financière, a été accueillie triomphalement par les investisseurs à New York. Le titre LinkedIn s’est envolé dès les premiers échanges sur le New York Stock Exchange, pour finir à 94,25 dollars, plus de deux fois sa valeur d’introduction (+ 109,44 %). Une véritable ovation de la part des marchés financiers.

_ Vente privée s’allie à Amex_

Grâce à sa co-entreprise avec le mastodonte américain des cartes de paiement et des chèques voyages, le site marchand français aura accès à une base de donnée de 40 millions de titulaires de cartes.

_ Houellebecq remercie Wikipedia_

Enfin l’épilogue pour le conflit opposant Wikipedia et l’auteur de la Carte et le Territoire. Les éditions numériques et rééditions papier du dernier roman de Houellebecq comprendront désormais des remerciements adressés à Wikipédia, dont les articles ont été cités à l’intérieur du roman.

_ Et bientôt pour Rovio_

De son côté, Rovio Mobile, créateur du jeu vedette Angry Birds, vise une mise en Bourse à New York dans les deux ou trois ans, d’après son PDG, Niklas Zennstroem. L’entreprise finlandaise, qui a connu une croissance fulgurante en passant d’un groupe de 12 personnes à cent employés en un peu plus d’un an, s’attend à des ventes de 50 à 100 millions d’euros en 2011.

Le Digital Post n°54  

L'actualité digitale par DDB° Paris

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