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Jeudi 10 mai 2018 | Volume 43 | 5 e Numéro

SPÉCIAL HORTICULTURE RE E

LES

EXCEPTIONNELLES 2018 r u e o c e d s p Cou ! s é r o col


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LES EXCEPTIONNELLES

Les plantes coups de cœur des Québécois! Seul programme d’évaluation horticole 100 % québécois, Les Exceptionnelles® vous dévoile ses gagnantes 2018, des plantes naturellement performantes et faciles d’entretien, qui ont été sélectionnées par la votation du public à l’été 2017. Depuis plus de douze ans, le programme fait appel au public pour voter pour ses fleurs annuelles préférées parmi les centaines de variétés qui arrivent sur le marché chaque année. Ainsi, ce sont entre 150 et 200 nouveautés qui sont présentées chaque été dans les jardins d’évaluation du programme, parmi lesquelles, de 6 à 10 gagnantes ressortent du lot et deviennent des Exceptionnelles.

Les huit plantes annuelles primées cette année ne font pas exception à la règle et sont à la fois belles, performantes, résistantes aux insectes et maladies et faciles d’entretien. De plus, la diversité de la sélection 2018 permet une belle complémentarité, tant en plates-bandes qu’en pots. Découvrez cette sélection d’exception qui comblera tous les types de jardiniers.

Une année de nouveautés! Cette année, un vent de changement souffle sur le programme Les Exceptionnelles grâce à l’arrivée de deux nouveaux jardins d’évaluation dès cet été : le Jardin Roger Van Den Hende à Québec et

le Jardin botanique de Montréal. Avec le Jardin Daniel A. Séguin, ce seront donc plus d’un million de visiteurs qui pourront voter pour leurs Exceptionnelles favorites tout au long de la saison estivale! Autre grande nouveauté en 2018 : les premières plantes potagères seront admissibles à la votation du public. Ainsi, les tomates, la bette à carde, le basilic et même le tatsoï feront leur apparition aux jardins. Enfin, depuis quelques semaines, la liste des détaillants officiels des Exceptionnelles est en ligne à lesexceptionnelles.ca. Vous pouvez aussi suivre toutes les activités des Exceptionnelles sur la page Facebook LesExceptionnelles. N’oubliez

pas d’aller voter pour courir la chance de gagner un assortiment d’Exceptionnelles 2019 incluant tout le matériel nécessaire à la plantation offert par Fafard! Qui sait, peut-être que votre plante coup de cœur deviendra une Exceptionnelle l’an prochain! lesexceptionnelles.ca

LA MARGUERITE DU CAP BRIGHT LIGHTS™ DOUBLE MOONGLOW

LE DAHLIA ‘XXL TABASCO’

La floraison semi-double de cette plante est continuelle durant toute la saison, peu importe les conditions, et ses fleurs sont fréquentées par les pollinisateurs.

Cette plante s’est distinguée grâce à son immense fleur composée de pétales pointus striés de tonalités orange, jaune et rouge. Sa couleur flamboyante et attrayante, un véritable tape-à-l’œil, est parfaite pour attirer les colibris.

LA THUNBERGIE AILÉE TANGERINE SLICE A-PEEL®

ÉDITEUR : Benoit Chartier

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ Guillaume Bédard

RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

PUBLICITAIRES :

ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES : Véronique Lemonde COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau DIRECTEUR ADJOINT PRODUCTION : Louis Pelletier

Louise Beauregard Michel Bienvenue Manon Brasseur Candy Corriveau Luc Desrosiers Philippe Dumaine Josée Malo Isabelle St-Sauveur

PUBLIÉ PAR:

TÉL. : TÉLÉCOPIEUR : SITE WEB : COURRIEL :

450 773-6028 450 773-3115 www.dbccomm.qc.ca admin@dbccomm.qc.ca

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PAPIER FABRIQUÉ AU QUÉBEC. Merci de recycler ce journal.

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Originaire de l’Afrique du Sud, cette plante qu’on appelle poétiquement « Suzanne aux yeux noirs » est une plante grimpante idéale pour donner de la hauteur à un arrangement. Tangerine Slice A-Peel®, une création québécoise, donne une fleur bicolore orange et rouge.


LE ZINNIA DU MARYLAND ZAHARA™ RASPBERRY RIPPLE

Double Zahara™ Raspberry Ripple donne une grosse fleur double et bicolore en forme de pompon. Ses grosses fleurs roses sont fréquentées par les abeilles et les papillons.

LE PÉLARGONIUM HORTICOLE TANGO™ BICOLOR CHERRY

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Les fleurs de ce pélargonium sont comestibles; leur goût est légèrement acidulé. Elles peuvent égayer les assiettes en offrant un bel impact visuel dans une salade.

L’ALSTROEMÈRE ROCK ‘N’ ROLL®

Grand coup de cœur du public lors de la dernière évaluation, cette alstroemère se cultive autant au soleil qu’à la mi-ombre. En surcroît de son feuillage décoratif déjà spectaculaire, lorsque la floraison rouge-orange apparaît en juillet, c’est l’apothéose!


LE BÉGONIA D’HIVER SOLENIA® YELLOW

Ce type de bégonia très florifère est bien adapté pour une culture en pot, en suspension ou en pleine terre. Ce bégonia se plaît même à l’intérieur de la maison.

LA SAUGE MYSTIC SPIRES IMPROVED

Cette sauge est un centre d’inspiration dans un grand pot, la verticalité des épis contrastant bien avec les plantes plus basses. Peu exigeante, cette plante tolère très bien la sècheresse.

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Les Exceptionnelles 2018 : conseils de production en bref BRIGITTE MONGEAU, DTA

Conseillère en serriculture et en jardineries IQDHO

MARYLAINE DE CHANTAL, AGR., M. SC.

Coordonnatrice des activités et mandats spéciaux IQDHO

Pour faire suite au texte Les Exceptionnelles : les plantes coups de cœur des Québécois, publié dans les pages précédentes, voici quelques caractéristiques et conseils de production pour ces huit plantes annuelles.

Exceptionnelles® 2018 Formats de pot Alstroemeria Rock ‘n’ Roll® Format vente : pots min. 1 gallon

Begonia hiemalis Solenia® Yellow Format vente : pots 6 po et plus

Dahlia ‘XXL Tabasco’ Format vente : pots 6 po et plus

Osteospermum Bright Lights™ Double Moonglow Format vente : pots de 4, 5 et 6 po

Pelargonium hortorum TangoTM Bicolor Cherry Format vente : pots de 6 po ou plus et en paniers

Salvia Mystic Spires Improved Format vente: pots de 6 po et plus

Thunbergia alata Tangerine Slice A-Peel® Format vente : pots 1 gallon et en paniers de 12 po

Zinnia marylandica ZaharaTM Raspberry Ripple Format cellules: plateau de 200 ou 288 cellules pour un produit finit en pots de 4 à 6 po et de 1 gallon Format vente : pots de 6 po et 1 gallon

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*ppp = nombre de plants par pot

Nombre de semaines de production (du transplant à la finition) et du nombre de plants par pot (ppp*) 4-5 po

6-8 po

7-9 po

10-12 po

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16 sem.

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5 à 7 sem. 1 ppp

6 à 8 sem. 1 ppp

7 à 9 sem. 2 ppp

10 à 12 sem. 3 ppp

5 à 6 sem. 1 ppp

6 à 8 sem. 1 ppp

8 à 10 sem. 1 à 3 ppp

10 à 12 sem. 3 ppp

4 à 6 sem. 1 ppp

5 à 7 sem. 1 ppp

7 à 9 sem. 3 ppp

10 à 12 sem. 3 ppp

9 à 10 sem. 1 ppp

11 à 12 sem. 1 ppp

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11 à 12 sem. 3 ppp

4 à 8 sem. 1 ppp

6 à 10 sem. 2-3 ppp

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8 à 12 sem. 4-5 ppp

6 à 8 sem. 1 ppp

7 à 9 sem. 1 ppp

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10 à 12 sem. 3 ppp

11 à 12 sem. semis à la finition

8 à 9 sem. 3 ppp

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Les Exceptionnelles 2018 : bien les cultiver! Les Exceptionnelles® 2018

Salinité (mS/cm) Humidité du sol (méthode 2:1)

Pinçage

Phytoprotection/Maladies

Insectes/acariens communément retrouvés

Alstroemeria Rock ‘n’ Roll®

0,75-1,2

légèrement humide

au besoin pincer léger 2 sem. après transplantation

Botrytis, Pythium, Rhyzoctonia (pourritures racinaires)

thrips; pucerons à l’occasion

Begonia hiemalis Solenia® Yellow

0,6-0,9

humide sans excès

au besoin pincer léger 2 sem. après transplantation

blanc (oïdium)

thrips, aleurodes

Blanc (oïdium) ; Très sensible à pourriture du collet (Rhizoctonia) et Pythium

pucerons, tétranyques, thrips, aleurodes

départ: 0,8-1,2 croissance: 0,75-1,5

modérée

1er pinçage 10-14 jrs suivant transplantation; 2e pinçage si en pots de 8 po. et +; pincer tête quand boutures ont 3 ou 4 paires de nouvelles feuilles

Osteospermum Bright Lights™ Double Moonglow

0,6-0,9

modérée

2 sem. après transplantation pincer 1 fois et laisser 4 ou 5 nœuds

sensible au Botrytis et à pourriture des racines et tiges

surtout aleurodes et tarsonèmes

Pelargonium hortorum Tango™ Bicolor Cherry

0,75-1,5

modérée

non requis

sensible au Botrytis, Xanthomonas, Pyhthium

thrips et pucerons

Dahlia ‘XXL Tabasco’

Salvia ‘Mystic Spires Improved’

0,8-1,5

modérée

au besoin quand racines atteignent le bord du pot et dès que que la croissance redémarre. 1 ou 2 pinçages supplémentaires peuvent être requis pour pots de + de 6 po. S’assurer de conserver 4 feuilles matures sur tige avant pincer les têtes. Plants refleuriront 4 à 6 sem. après pinçage.

Thunbergia alata Tangerine Slice A-Peel®

0,6-0,9

modérée

pincer 1 fois après transplantation. Un ou 2 pincages additionnels peuvent être requis pour de grands formats de pots.

Rhyzoctonia, Pyhthium

pucerons, aleurodes, tétranyques. tarsonèmes

Départ: 0,75 stade 3 et 4: 1,2

stade 1: humide stade 2: modérée stade 3 et 4 : légèrement sec

non requis

Botrytis et blanc (oïdium)

pucerons (début de production), thrips (durant floraison)

Zinnia marylandica Double Zahara™ Raspberry Ripple

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surtout aleurodes et tarsonèmes

Différents paramètres de culture pour les Exceptionnelles® 2018

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Bonne terre, beaux jardins GUY-ANNE LANDRY AGRONOME, M. SC.

Conseillère en horticulture Direction régionale de la Mauricie - MAPAQ

Vous demeurez dans un nouveau quartier résidentiel et vous désirez aménager votre terrain, voire y faire pousser un jardin? Sachez que les maisons sont souvent vendues sur un terrain nu et que la couche de terre en surface a été retirée, puis remplacée par du sol souvent plus lourd qui provient des couches profondes. En général, la terre est donc de mauvaise qualité, et pour le jardinier, cela représente un gros inconvénient. La qualité du sol avant la plantation du jardin est primordiale. C’est même l’un des facteurs clés de la réussite d’un beau potager. Mais au fait, qu’est-ce qu’on entend par « une bonne terre »? Pour définir cette expression, on utilise fréquemment plusieurs qualificatifs comme une terre fraîche, riche, meuble et profonde. On considère « une bonne terre » comme une terre fertile qui possède de bonnes conditions physiques, chimiques et biologiques. Une terre est considérée comme fraîche lorsque le contrôle de l’humidité est adéquat. Réalisé par un bon drainage du sol, ce contrôle permet de bien alimenter les racines et d’éviter l’excès d’eau. En favorisant ainsi une bonne aération, on empêche l’asphyxie racinaire et certains problèmes de maladies.

Une terre fertile est riche en organismes et permet notamment la minéralisation de la matière organique contenue dans le sol, ce qui rend disponibles des éléments essentiels aux plantes tels que l’azote, le phosphore et le souffre. D’autres organismes, comme les vers de terre, bouleversent la structure du sol, l’aèrent et le mélangent. Une terre riche contient aussi des nutriments indispensables à la croissance des plantes. Dans un sol fertile, le taux de matière organique devrait atteindre près de 4 %. Un pourcentage trop élevé peut indiquer une matière organique peu décomposée et donc de mauvaise qualité à cause d’un mauvais drainage ou d’un sol trop acide. Ainsi, une terre est considérée comme riche lorsque

la quantité de matière organique se situe à un niveau suffisant pour permettre une rétention d’eau adéquate et une bonne structure du sol. Une bonne terre qui répond aux besoins des plants du potager a un pH qui se situe généralement entre 5,5 et 6,5. On dit qu’une terre est meuble lorsque ses particules (sa texture composée de sable, de limon et d’argile) sont agrégées et qu’elles forment une multitude de petits amas visibles et facilement détachables. La terre possède alors une bonne structure sans zones compactées. Un sol est qualifié de profond quand la terre meuble se trouve sur une profondeur d’au moins trente centimètres. Une terre meuble et profonde permet la pénétration

et l’exploration des racines sans nuire à l’échange ni à la circulation de l’air et de l’eau. Évidemment, une grande fertilité ne s’obtient pas du jour au lendemain. Pour avoir « une bonne terre » à jardin, un travail d’amélioration du sol est, dans bien des cas, indispensable. Il faudra bêcher la terre pour l’aérer en plus d’y ajouter de la matière organique (compost, fumier décomposé, terreau de feuilles) avant de pouvoir faire de la plantation. Mais pour les petits jardins, il y aura toujours la possibilité de pratiquer la culture en pots et d’acheter cette « bonne terre » en vrac ou préensachée. Pour obtenir des conseils pour votre potager ou vos cultures en pots, n’hésitez pas à contacter votre centre jardin local.

Ces pourcentages permettent de déterminer la texture de l’échantillon à l’aide du triangle de texture de sol. Pour ce faire, il suffit de tracer une ligne parallèle aux axes selon chacun des pourcentages de sable, de limon et d’argile obtenus. Le point de jonction des droites correspond à la texture de l’échantillon. Dans l’exemple, la texture du sol est donc un limon sableux.

Images adaptées de : publicdomainpictures.net/view-image.php? image=48370&picture=bleu-bocal-cliparts

Photo Martin Blache MAPAQ

Le test du bocal GUY-ANNE LANDRY, AGR., M. SC.

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Conseillère en horticulture Direction régionale de la Mauricie - MAPAQ

Une bonne terre offre un juste équilibre entre les différents éléments qui la composent. Théoriquement, une bonne terre à potager serait constituée d’environ 65 % de sable, de 15 % d’argile, de 10 % de limon et de 10 % d’humus. Le test du bocal permet d’évaluer de façon approximative la composition du sol qui forme la texture. Pour faire ce test : 1. Prélever un échantillon représentatif dans les 30 premiers centimètres de sol. 2. Placer une tasse de ce sol sec dans un bocal en verre transparent, haut et étroit. 3. Ajouter de l’eau propre jusqu’à ce que le bocal soit presque plein. 4. Placer le couvercle et agiter vigoureusement le mélange de terre et d’eau pendant quelques minutes, puis laisser reposer durant au moins 24 heures. Le mélange se déposera au fond du bocal en strates distinctes; le composé le plus lourd (sable) se retrouvera en dessous. Après le temps d’attente, il est possible de calculer le pourcentage de chacun des éléments, de déterminer la texture de l’échantillon de sol et d’inter-

préter le résultat obtenu. Attention! Il faut bouger délicatement le bocal, car sinon, les strates se retrouveront de nouveau en suspension, et le processus devra être repris à partir de l’étape 4. Dans l’exemple du bocal ci-contre, il est possible d’obtenir le pourcentage de chacun des trois éléments en mesurant la hauteur de chaque strate.

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Triangle-texture-sols.png

Pourcentage de sable = (6,5 cm x 100) ÷ 9 cm = 72 % de sable Pourcentage de limon = (1,0 cm x 100) ÷ 9 cm = 11 % de limon Pourcentage d’argile = (1,5 cm x 100) ÷ 9 cm = 17 % d’argile


Le traitement à l’huile de dormance, une police d’assurance qui peut être utile MARYLAINE DE CHANTAL, M. SC., AGR.

Coordonnatrice des activités et mandats spéciaux IQDHO

Insectes et acariens réprimés Le printemps est la période favorable pour effectuer un traitement à l’huile de dormance afin de limiter le développement d’acariens comme les tétranyques rouges du pommier et les tétranyques de l’épinette, ou encore d’œufs d’insectes comme ceux des pucerons. De plus, les kermès, les lécanies et les cochenilles, qui ont hiverné au stade larvaire sur l’écorce des plants, seront aussi réprimés par l’huile de dormance. Avez-vous eu des infestations pendant la saison précédente? Si la réponse est oui, alors l’utilisation de l’huile de dormance sera particulièrement utile. Prendre note que les tétranyques à deux points hivernent sous forme adulte dans les débris au sol; ils sont peu sujets à être atteints par une pulvérisation d’huile avant le débourrement des végétaux. Le traitement à l’huile est aussi le meilleur traitement à effectuer pour le contrôle des pucerons à galles de l’épinette et du porte-case du mélèze. Le traitement permet aussi d’abaisser les populations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, phytoptes, tétranyques et autres.

Conditions d’application • Si possible, faire le traitement lorsqu’il y a eu 3 jours avec une température de 12°C à 15°C. La chaleur active le métabolisme des œufs, acariens et

• • • •

insectes, puis permet une meilleure action de l’huile ; Il ne doit pas y avoir de gel 24 heures suivant l’application du produit ; Il ne faut pas qu’il pleuve en dedans de 24 heures suivant l’application ; Ne pas appliquer l’huile si la température est en dessous de 4°C ; Il n’est pas recommandé de traiter les conifères de couleur bleu. Le produit fera verdir les conifères de couleur bleu. La nouvelle croissance sera cependant de couleur bleu. Dans ce cas, il s’agit que d’une décoloration et non de phytotoxicité.

Avantages de cette méthode

Traitement effectué dans une production de cèdres en champ. Photo IQDHO

Un traitement à l’huile bien exécuté lors du stade de dormance permettra de diminuer les applications d’insecticides et d’acaricides durant la période de croissance. La plupart des acariens prédateurs et autres insectes utiles s’installent dans les cultures suite à la levée de la dormance. Ainsi, l’utilisation hâtive d’huile avant le débourrement aurait peu d’impact sur eux. Le mode d’action des huiles de dormance n’entraîne pas de résistance chez les insectes et acariens ciblés. Pour prévenir la phytotoxicité, appliquer : • Avant le débourrement des bourgeons; • Lorsque la température est au-dessus de 4°C; • Quand il n’y a pas de risque de gel 24heures après le traitement; • Éviter les applications lors de chaleurs importantes (> 30°C);

• Lorsque les conditions permettent un séchage rapide du produit sur les végétaux traités (p. ex.: le matin, quand il fait beau); • Respecter la dose prescrite sur l’étiquette; • Ne pas appliquer les fongicides CAPTAN, MAESTRO, FOLPAN ou tout produit contenant du soufre ou du cuivre dans un délai de 10 à 30 jours avant et après une application d’huile; Non recommandé sur certaines plantes, dont le : • épinettes et les genévriers bleus (éliminerait la couleur bleue); • érables rouges, les érables japonais et les érables à sucre; caryers; • pins de Douglas; • certains pommetiers et pommiers comme Empire et Red Delicious.

Consulter l’étiquette du produit pour connaître la liste complète des végétaux sensibles. Pour une meilleure efficacité, appliquer : • Lorsqu’il y a peu de vent (≤ 15 km/h); • Assurer une agitation constante du mélange; • Utiliser beaucoup d’eau afin de s’assurer que le produit recouvre bien l’écorce des arbres: • Circuler à basse vitesse pour une bonne couverture (3 km/h); • Si on vise le tétranyque à deux points, attendre des températures de 12°C afin qu’il soit actif (qu’il respire) pour que l’huile ait un effet. Tiré et adapté de : RAP PEP. Bulletin d’information No 2, 24 avril 2018.

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ÉTUDIANTS AU JARDIN

Générations végétales : les variétés ancestrales LAURENDRÉEPATRICIA ARNOLDGÉLINAS

Étudiante en Technologie de la production et de l’environnement (TPHE) Institut de technologie agroalimentaire Campus de Saint-Hyacinthe

Du jardin à l’assiette, du parent à l’enfant, les plantes potagères du patrimoine sont notre legs et un trésor à partager. Les semences du patrimoine, les variétés ancestrales, les fruits et les légumes héritages sont des synonymes pour nommer les plantes utilisées et développées par nos ancêtres, un pan de notre histoire.

La petite histoire des fuits et légumes « Héritages »

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Leur histoire prend racine dans la nôtre, elle se retrouve dans les jardins de nos prédécesseurs qui conservaient les semences des meilleurs plants et qui cultivaient leur potager avec amour pour nourrir leur famille. Elle se retrouve dans les valises des familles immigrant au Québec, apportant leur espoir et leurs graines de variétés venues d’outre-mer. En cherchant un peu, on peut aussi la retrouver dans les tiroirs de nos grandsparents. Avec le temps, ces variétés ont été oubliées et la majorité a été perdue, parfois simplement à cause d’un manque de relève. Cependant, grâce au travail d’organismes, de banques de semences et d‘agriculteurs à petite ou grande

échelle, certaines de ces variétés ont persisté jusqu’à ce jour.

Préserver soi-mêmeles semences de variétés ancestrales Il est possible de préserver soi-même les semences de variétés ancestrales. Pour ce faire, il faut simplement suivre quelques règles, afin d’éviter les croisements entre variétés d’une même espèce et assurer la production de semences fidèles à la variété. Bien que pour certaines espèces il soit facile de reproduire la même variété (comme le haricot et le pois), d’autres demandent un peu plus de gymnastique. Ainsi, les plantes qui se pollinisent avec leurs propres fleurs, comme le haricot et le pois, ne nécessiteront qu’une faible distance entre les cultivars pour éviter un mélange de génétique. En revanche, celle qui se pollinise avec les voisines, comme la tomate, aura besoin d’être isolée de plusieurs dizaines de mètres des autres, afin de produire des semences fidèles au cultivar. Deux facteurs de réussite important pour bien préserver les caractéristiques d’une variété: la distance à respecter entre chaque cultivar et le nombre de plants nécessaire à la bonne pollinisation. Pour avoir de plus amples informations sur le sujet, l’ouvrage La conservation des semences, de l’organisme Semences du patrimoine Canada, est un outil facile d’utilisation qui offre de l’information précieuse sur la production et la récolte de semences de plusieurs espèces. La préservation de semences de fruits et de

légumes du patrimoine peut devenir une activité éducative et ludique à faire avec les enfants; on leur offre ainsi un amour profond de la nature et un savoir inestimable qui autrefois était passé de génération en génération.

Où se procurer des semences ancestrales? Si vous désirez vous procurer des semences ancestrales, il est possible d’en acheter en ligne chez certains semenciers locaux, d’adhérer à des groupes d’échange de semences ou encore de vous inscrire au programme de Semences du patrimoine qui vise à préserver ces semences et à les rendre disponibles facilement. Il est aussi

possible de s’approvisionner lors de diverses fêtes des semences, où bon nombre de semenciers sont présents.

Par où commencer? Voici quelques idées... 1. Tomate ‘Mémé de Beauce’ : fruits rouges et de grosse taille, savoureux; 2. Tomate ‘Petit moineau’ : petites tomates de la taille d’un dix sous, très sucrées; 3. Haricot ‘Beurre de Rocquencourt’ : haricot jaune aux délicieuses graines noires; 4. Melon de Montréal : melon cultivé à Montréal et autrefois exporté jusqu’à Boston dans les grands restaurants; 5. Salsifis des prés : racines au parfum de noisette.

Variétés ancestrales et modernes. Photo Laurendrée-P. A-G


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Congeler des plants de framboisiers et les conserver pour l’été suivant MARC POIRIER, AGR. Conseiller en développement du bioalimentaire Secteurs horticole et grandes cultures Direction régionale du Centre-du-Québec-MAPAQ

Avez-vous entendu parler de la production des framboisiers à haut potentiel de rendement? Cette technique consiste à produire des plants de framboisiers à potentiel élevé, de les congeler ou de les conserver au frais pendant l’hiver et de les replacer au champ ou sous tunnel pour la mise à fruit. Cette pratique permettrait d’augmenter jusqu’à cinq fois les rendements d’une culture conventionnelle. Ce type de production est actuellement à l’essai chez quelques producteurs de framboises du Québec. Les producteurs participants tentent de mettre au point cette technique de production développée dans des pays nordiques de l’Europe. L’un des principaux objectifs est de pouvoir cultiver des variétés à haut potentiel de rendements qui ne sont pas rustiques au Québec.

Une programmation des plants sur 2 ans

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La première étape consiste à faire croître des plants dans des contenants tout au long de la saison estivale dans l’objectif d’obtenir de longues cannes de framboisier prêtes à produire à l’été de l’année

suivante. Les tiges sont produites dans des contenants afin de pouvoir les protéger des rigueurs de l’hiver, soit à l’aide de couvertures thermales au champ ou dans un entrepôt frigorifié à une température d’environ -2 oC. Le printemps venu, les contenants sont remis au champ en rang, souvent sous un grand tunnel. C’est à ce moment qu’il sera possible d’exploiter le plein potentiel de production des plants et ainsi obtenir un rendement beaucoup plus élevé qu’une culture conventionnelle. De plus, la qualité de la framboise sera largement supérieure à celle produite en champ, car les fruits seront protégés des intempéries, des insectes, des maladies, etc. Actuellement, plusieurs techniques se développent pour améliorer la rentabilité des cultures, l’efficacité du travail et les rendements par superficie. La programmation des plantes est une alternative des plus intéressantes pour maximiser le plein potentiel de production. Par contre, il est important d’avoir une bonne compréhension des interactions entre la plante et son environnement. Ces méthodes permettent notamment des progrès importants dans la production de petits fruits. De plus en plus de producteurs tentent l’expérience de nouvelles méthodes de production, mais cela requiert souvent plus de connaissances techniques, une bonne préparation, de la persévérance et idéalement de l’accompagnement d’un conseiller agronomique, car l’enjeu en vaut la chandelle!

Photo Van der Avoird Trayplant


ÉTUDIANTS AU JARDIN

Des plantes qui transpirent pour nous CHANTAL PROVOST

Étudiante en Technologie de la production horticole et de l’environnement (TPHE) Institut de technologie agroalimentaire Campus de Saint-Hyacinthe

Les étés en ville sont de plus en plus chauds et accablants. L’ombre est rare et votre balcon est brûlant. Transformez-le en îlot de verdure et convainquez vos voisins de faire de même! Cette mesure a bien plus d’effet que vous ne le pensez. Voici pourquoi. On sait qu’en ville, il fait plus chaud qu’ailleurs. C’est ce qu’on appelle le phénomène d’îlot de chaleur urbain. Cette élévation de température est causée en partie par l’activité humaine et par la modification de la nature de la surface du sol. En effet, le béton, l’asphalte et la brique absorbent beaucoup de chaleur durant le jour et la rediffusent le soir venu, ce qui réchauffe l’air ambiant et, par le fait même, tout l’environnement urbain. La différence de température enregistrée entre un îlot de chaleur urbain et les zones avoisinantes peut atteindre 12°C. En été, cette chaleur accablante peut avoir des effets néfastes sur l’environnement et la santé, entraînant une détérioration de la qualité de l’air, de l’inconfort et l’exacerbation de maladies chroniques préexistantes. Vu l’importance de l’urbanisation à l’échelle mondiale

(plus d’une personne sur deux vit aujourd’hui en ville), ce phénomène est amené à prendre de l’ampleur. Il devient donc urgent d’agir.

Les plantes à la rescousse Face au phénomène grandissant des îlots de chaleur urbains, les plantes sont probablement nos meilleures alliées. Dans ce cas particulier, c’est le phénomène d’évapotranspiration des végétaux et la création d’ombre qui permet aux plantes de rafraîchir l’air des villes. Lors de la transpiration, la plante transforme en vapeur d’eau l’eau liquide puisée dans le sol, qu’elle diffuse dans l’atmosphère. Ce mécanisme qui sert de moteur pour la circulation de la sève brute rafraîchit la feuille et du même coup, l’air ambiant. Un arbre mature peut ainsi « transpirer » jusqu’à 450 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de cinq climatiseurs fonctionnant 20 heures par jour. Un rendement qui force le respect et l’admiration. On n’a qu’à faire un bref calcul pour avoir une bonne idée de toute la valeur que représente une rue bordée d’arbres. De par leurs caractéristiques physiologiques, notamment leur capacité à réduire le bruit, à absorber les polluants ainsi qu’à filtrer l’eau et l’air, les plantes aident à résoudre de nombreux problèmes environnementaux. Les ouvrages utilisant des plantes vivantes pour cet effet portent le nom de phytotechnologies. Un bien grand mot qu’on aime accoler à des concepts grandioses tels que les toits et les murs végétalisés, mais qui traduit au fond toute

utilisation de plantes vivantes dans le but d’améliorer l’environnement. Voilà qui donne une toute nouvelle dimension à nos plates-bandes! Car loin d’être de simples ornements, les végétaux des jardins privés et publics ont un effet important sur l’environnement urbain, en plus d’avoir un impact significatif sur la santé physique et mentale des citadins. Un effet dont nous commençons

tout juste à prendre la pleine mesure et que chacun de nous, à l’échelle individuelle, peut facilement contribuer à amplifier. Toutes les formes de végétalisation de surfaces, aussi dérisoires puissent-elles paraître, contribuent à réduire le phénomène d’îlot de chaleur urbain et bien plus. Nous pouvons dès lors commencer la lutte, un balcon à la fois.

Par l’ombre et l’évapotranspiration, les végétaux contribuent à contrer les îlots de chaleur urbains. Photo Claude Vallée

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mai 2018 - 17


Le bio en plein essor en Montérégie : on continue, et le programme aussi!

ÉLISABETH LEFRANCOIS, AGR.

Conseillère en productions fruitières émergentes et horticulture biologique

L’agriculture biologique est sur toutes les lèvres en ce moment. Elle a le vent dans les voiles et a d’ailleurs été établie comme l’un des huit vecteurs de croissance dans la nouvelle Politique bioalimentaire 2018-2025 du gouvernement du Québec. De plus, parmi ces huit vecteurs de croissance, on trouve l’alimentation santé, les pratiques écoresponsables et les achats de proximité : des concepts qui sont au cœur de l’agriculture biologique. Par ailleurs, lors du Sommet sur l’alimentation, on a indiqué comme cible de doubler la superficie consacrée à la production biologique d’ici 2025, c’est-à-dire passer de 49 000 hectares en 2015 à 98 000 hectares en 2025. Cet objectif est aussi inscrit à la nouvelle politique bioalimentaire.

Que se passe-t-il en Montérégie?

En 2018, selon le portailbioquebec du CARTV (Conseil des appellations réservées et des termes valorisants), la Monté-

régie compte 336 entreprises certifiées et 38 entreprises en précertification. En tête arrivent les productions végétales, suivies des entreprises qui préparent ou reconditionnent des aliments (distributeurs ou négociants). Viennent ensuite les entreprises en productions acéricoles et en productions animales. La Montérégie compte environ 21 % des entreprises en productions végétales qui détiennent une certification biologique au Québec; cela a peu changé entre 2014 et 2017. Par contre, sur le plan de la superficie couverte, le pourcentage est passé de 16 % à 24 %.

Les superficies augmentent-elles? En vous promenant dans les rangs, voyezvous plus de « biologique »? Vous devriez! Entre 2014 et 2017, en Montérégie, on a doublé le nombre d’hectares en productions végétales certifiées biologiques, passant de 8401 ha à 19 978 ha (source : portailbioquebec.info). C’est une hausse considérable. On observe une augmentation du nombre d’entreprises, 195 versus 150, mais c’est surtout la taille moyenne des entreprises qui a changé. La superficie moyenne par entreprise a augmentée de 61 ha à 102 ha. Sans surprise, les productions qui occupent le plus grand nombre d’hectares sont les céréales et les oléagineux ainsi que les fourrages. La production de légumes en champ vient au troisième rang.

Selon le site portailbioquebec du CARTV, la Montérégie compte plus d’une cinquantaine de producteurs de légumes variés. De ce nombre, une trentaine sont membres du réseau « Fermier de famille » d’Équiterre — prochainement administré par la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPE). Plusieurs producteurs de la région font aussi leur mise en marché de façon individuelle. La formule « panier de l’agriculture soutenue par la communauté » est toujours bien présente, mais on trouve des producteurs biologiques également dans les marchés fermiers et dans les épiceries. Gardez l’œil ouvert.

Stratégie bio du MAPAQ Le MAPAQ a déployé dès 2015 une stratégie de croissance pour le secteur biologique. Le Programme d’appui pour la conversion à l’agriculture biologique, qui en fait partie, vise à soutenir les producteurs lors de l’augmentation des superficies certifiées et pour la construction ou la modification d’installations d’élevage. Depuis avril 2016, pour la Montérégie, 118 demandes ont été acceptées, ce qui représente 36 entreprises différentes en 2016-2017 et 58 entreprises différentes en 2017-2018. Tout près de 470 000 $ ont été versés aux producteurs biologiques de la

Montérégie. Le secteur de l’horticulture représente près de la moitié des demandes, et les entreprises ont reçu un peu plus de 275 000 $. Les grandes cultures raflent la coupe en ce qui a trait aux superficies avec plus de 1 000 hectares.

Le Programme d’appui pour la conversion à l’agriculture biologique se poursuit Pour le volet 1, qui concerne l’augmentation des superficies certifiées biologiques, les entreprises peuvent obtenir de l’aide financière après leur précertification et une autre somme après leur certification. Il faut présenter des demandes distinctes pour chacune des étapes. Il est très important de se rappeler que les entreprises disposent d’un délai maximal de six mois après l’obtention de leur précertification pour déposer leur demande d’aide financière et d’un délai maximal de six mois après l’obtention de leur certification pour déposer leur demande. Pour le volet 2, qui concerne les installations d’élevage, la demande doit être déposée avant le début des travaux. Les formulaires sont disponibles dans la section sur les programmes du site Web du MAPAQ ou auprès de votre direction régionale. Communiquez avec cette dernière pour plus d’information ou afin de déposer une demande.

FERME UMAMI DE SAINTE-MARTINE

Un nouvel acteur « gage de saveur »

MÉLISSA NORMANDIN

18 - Jeudi 10 mai 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

Conseillère en aménagement et en développement rural

Les citoyens des environs de Beauharnois et de Sainte-Martine profiteront, pour une deuxième saison, d’un grand éventail de légumes frais offerts par un agriculteur de la région. M. Simon Leduc, qui a fondé la Ferme Umami en 2017, cultive déjà une quarantaine de variétés pour composer des paniers maraîchers hebdomadaires des plus diversifiés. Voici le portrait d’une entreprise qui devrait trouver un écho dans la municipalité régionale de comté de Beauharnois-Salaberry, habituellement mieux connue pour l’importante présence d’exploitations laitières et d’entreprises de grandes cultures.

Toute une lancée! Natif de Saint-Étienne-de-Beauharnois et travaillant d’abord pendant plusieurs années dans la ferme familiale spécialisée dans les grandes cultures, Simon a fait le grand saut dans la production maraîchère biologique il y a deux ans. Cela faisait déjà quelque temps qu’il mûrissait l’idée, notamment à la suite de nombreuses recherches et d’un séjour dans une entreprise pionnière de l’agriculture biologique intensive, soit les Jardins de la Grelinette. Simon décide de louer cinq acres de l’entreprise familiale. S’établissant sur une

parcelle entourée principalement de boisés, la Ferme Umami prend forme et son fondateur s’assure d’effectuer un virage vers la production biologique des plus efficaces. Il commence par cultiver 0,6 acre la première année, puis il doublera la superficie pour la nouvelle saison qui débute. Satisfait de la réponse positive de la population l’an dernier, Simon entame cette deuxième saison avec confiance en multipliant par deux son offre de paniers hebdomadaires. Il passe ainsi d’une trentaine de paniers à une soixantaine, voire plus. Outre le point de chute déjà établi à Beauharnois en 2017, Simon offrira un nouveau point de livraison à Sainte-Martine cette année.

Plusieurs projets à venir Au moment de notre rencontre en mars dernier, Simon venait de terminer la construction de sa première serre. Cette nouvelle installation lui permettra de mieux maîtriser plusieurs paramètres importants de la production maraîchère : les rotations, les volumes, une diversité accrue de légumes et une production plus hâtive en saison, au grand plaisir des consommateurs. Ces derniers n’étaient pas en reste lors de la première saison en profitant chaque semaine d’un panier composé de 9 à 12 variétés différentes de légumes en moyenne, et ce, durant 18 semaines d’affilée. Des nouvelles serres font partie de la planification de l’entreprise pour les prochaines années, tout comme l’aménagement d’autres équipements. Simon reconnaît l’importance de s’entourer d’experts en fonction du développement de ses différents projets. Il a d’ailleurs eu recours à de

l’encadrement technique en matière de serres et il prévoit poursuivre de la même manière au fur et à mesure que d’autres projets seront planifiés.

À l’écoute des consommateurs Comme c’est le cas pour la plupart des entreprises maraîchères de proximité, le défi est de se distinguer des grandes chaînes d’épicerie et des nombreux kiosques accessibles durant la saison estivale. Simon a fait le pari que ses légumes ont vraiment un goût unique, que le consommateur ne retrouvera en aucun autre endroit. D’ailleurs, le nom de son entreprise est inspiré de cette distinction de saveur, d’un emprunt japonais. « Umami », qui se traduit généralement par « c’est savoureux», représente l’une des cinq saveurs de base avec le sucré, l’acide, l’amer et le salé. De plus, en offrant fréquemment un choix parmi les légumes qu’il cultive, Simon s’assure de répondre davantage aux préférences de sa clientèle. La Ferme Umami fournit souvent une fiche explicative et des idées de recettes pour agrémenter la découverte de nouveaux légumes. Finalement, il y a une partie du travail qui consiste à bien informer et à sensibiliser les consommateurs aux différentes réalités de la production agricole pour s’assurer qu’ils reviendront année après année, peu importe les imprévus, notamment au chapitre de la température.

dégustant ses légumes frais et 100 % biologiques. Pour y parvenir, le bouche à oreille et les réseaux sociaux étaient les principaux outils de communication utilisés pendant la première année d’activité. Pour souligner le début de sa deuxième saison, la Ferme Umami lancera son site web. Restez à l’affût et surtout, mangez local cet été!

Voir grand! Simon a l’ambition que de plus en plus de citoyens de sa région soit en mesure d’expliquer ce que signifie la Ferme « Umami » et d’employer ce nom en

C’est avec sa conjointe, Véronique Billette, et leur petite fille de quelques mois que Simon Leduc a fait la livraison de ses premiers paniers en 2017.


Résultats d’un réseau de parcelles avec et sans atrazine L’atrazine est le cinquième pesticide le plus vendu au Québec en plus d’être utilisée sur près du quart des superficies en maïs sur le territoire (Présence des pesticides dans l’eau du Québec, 20112014, MDDELCC). Depuis mars 2018, le Code de gestion des pesticides en restreint l’usage en l’incluant dans la liste des pesticides qui peuvent être utilisés « sous prescription ».

STÉPHANIE MATHIEU, AGR. Conseillère en grandes cultures

Historique du projet

La Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture (SPQA) a comme objectif principal de réduire de 25 % les indices de risques pour la santé et l’environnement associés aux pesticides d’ici 2021. À l’automne 2015, nous réalisions que nous n’avions que peu de chances d’atteindre l’objectif provincial de la SQPA. Ainsi, en collaboration avec les clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) de la Montérégie, nous avons mis sur pied un projet nous permettant de redoubler d’efforts afin de diminuer les risques liés aux pesticides sur les entreprises. Pour ce faire, nous avons ciblé l’usage de deux pesticides à haut risque, soit les traitements de semences insecticides de type néonicotinoïdes ainsi que l’atrazine. Le présent article traitera du volet herbicide du projet.

Parcelles comparatives Au cours des saisons 2016 et 2017, 46 parcelles comparatives avec et sans atrazine ont été réalisées sur des entreprises de la Montérégie. Les régions de Lanaudière et de Chaudières-Appalaches ont également pris la même initiative. Ces deux régions ont respectivement fait 19 et 20 parcelles pour un total de 85 sites pour les 3 régions. Dans le cadre du projet, le traitement herbicide à l’essai était au choix du producteur. Au cours des deux années, 89 % des mélanges pulvérisés contenaient un herbicide du groupe 27. Avant le passage de l’herbicide, un plastique était installé à cinq endroits dans chacun des traitements. Cette surface non traitée servait de témoin enherbé. Pour chaque parcelle, une bande équiva-

lant à la largeur du pulvérisateur et contenant le traitement herbicide sans atrazine était comparée à une surface similaire traitée avec le même traitement contenant de l’atrazine. Environ quatre semaines après le traitement herbicide, une lecture du recouvrement de chacune des mauvaises herbes était réalisée dans les quadrats enherbés et dans ceux traités. Également, des prises de rendements manuels ont été effectuées à l’automne à proximité des cinq quadrats pour chacun des deux traitements.

Des résultats rassurants Si l’on regarde le portrait de la pression des mauvaises herbes des 79 champs à l’essai, on constate que 70 % d’entre eux étaient considérés comme infestés de mauvaises herbes. Cela constitue un bon point de départ pour un essai portant sur des herbicides. Les données obtenues ont été traitées de façon statistique. Sur 85 parcelles, 6 parcelles ont été éliminées en raison d’erreurs techniques. Sur les 79 parcelles conservées, seulement 5 ont révélé une efficacité de désherbage moindre avec le traitement sans atrazine comparativement au traitement avec atrazine. Le tableau ci-dessous donne un aperçu

de l’efficacité du désherbage dans ces champs. Le seul champ qui a subi une baisse de rendement causée par la pression des mauvaises herbes est identifié par un astérisque. Fait à noter, dans les témoins enherbés, il y avait 50 % plus de mauvaises herbes du côté du traitement sans atrazine. Ce champ ayant été désherbé tardivement, il est fort probable que l’impact sur le rendement ait eu lieu avant le traitement herbicide. À la lumière de ces résultats, il est difficile de tirer des conclusions ou de faire des recommandations élargies par rapport à l’utilisation ou non de l’atrazine dans les mélanges herbicides. On peut cependant dire que, dans 94 % des champs étudiés dans le cadre de ce projet, l’atrazine n’a pas été essentielle à l’obtention d’un désherbage satisfaisant. En somme, les parcelles, telles qu’elles ont été réalisées dans le cadre de ce projet, sont une façon accessible de recueillir de l’information fiable dans les conditions réelles de l’entreprise. À l’approche de la saison de culture 2018, il est à souhaiter que ces résultats alimenteront la réflexion des producteurs et de leurs agronomes et les inciteront à faire leur propre essai à la ferme.

Caractéristiques de l’atrazine L’atrazine est un herbicide du groupe 5 qui contrôle principalement des feuilles larges telles que la petite herbe à poux, le chénopode blanc, la renouée persicaire, etc. La seule graminée indiquée à l’étiquette est la folle avoine. Cet herbicide pénètre la plante principalement par les racines, mais également par le feuillage, et il migre ensuite vers ses points de croissance. L’atrazine est utilisée en raison de son action résiduelle et de son faible coût. Elle est homologuée avec plusieurs herbicides et se retrouve dans de nombreuses formulations commerciales. Depuis la venue des herbicides du groupe 27, l’atrazine a regagné en popularité pour son effet synergique avec plusieurs de ces produits. Par exemple, elle est ajoutée au Callisto® pour améliorer le contrôle de la petite herbe à poux.

Traitement herbicide (avec et sans atrazine)

% de recouvrement moyen des témoins enherbés Sans Atrazine Avec atrazine

% de recouvrement moyens des quadrats traités Sans atrazine Avec atrazine

Espèces de mauvaises herbes moins bien contrôlées

81

80

16

0,2

Petite herbe à poux, chénopode, panic

Armezon, glyphosate*

86

35

4,3

0,8

Renouées, chénopode

Converge Flexx

4,9

2,2

3,0

0,4

Renouée liseron, Echinochloa pied de coq

Glyphosate

23

8

7

1,4

Chénopode, galingsoga, ricinelle, pied-de-coq, etc.

Halex + glyphosate

31

6

6.0

0,2

Pissenlit et ricinelle

Producteurs agricoles de la Haute-Yamaska, votre participation est sollicitée! Le 30 mai, vous êtes conviés à une consultation publique qui se tiendra chez vous. Dans le cadre de l’élaboration de son plan de développement de la zone agricole, la MRC de La HauteYamaska souhaite vous réunir pour un exercice de consultation visant à mieux

connaître la réalité agricole et votre opinion sur le développement de l’agriculture dans votre milieu. Venez nous parler des enjeux auxquels vous faites face dans la pratique de vos activités au quotidien. Votre participation est importante!

30 mai à 19 h Salle communautaire de Roxton Pond 905, rue Saint-JeanRoxton Pond Pour plus de renseignements, consultez le www.haute-yamaska.ca ou contactez Samuel Gosselin, conseiller au développement de la ruralité et de l’agroalimentaire à la MRC de La Haute-Yamaska, au 450 378-9976, poste 2504 ou au sgosselin@haute-yamaska.ca.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mai 2018 - 19

Armezon


DES ÉTUDIANTS AU JARDIN

La piscine vivante : une alternative qui fait rêver CHARLIE HUDON

Étudiante en Technologie de la production et de l’environnement (TPHE) Institut de technologie agroalimentaire Campus de Saint-Hyacinthe

Plutôt que de se baigner dans une piscine chlorée, les adeptes de la baignade consciencieux de l’environnement peuvent se tourner vers la piscine naturelle, une alternative écologique aux piscines traditionnelles qui ne nécessite aucun produit chimique polluant et qui se sert plutôt des végétaux et autres organismes vivants pour assurer la qualité de l’eau.

Des avantages écologiques et plus encore

20 - Jeudi 10 mai 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

En plus d’être à la base de projets d’aménagement d’une beauté fulgurante, les piscines naturelles présentent de nombreux avantages. Elles permettent de conserver une eau de qualité sans avoir à la traiter avec des produits chimiques. Elles contribuent à la biodiversité en créant un habitat sain pour une multitude de vivants, dont les végétaux plantés, mais aussi des insectes, des amphibiens et des organismes aquatiques de toutes sortes, en plus d’attirer les oiseaux, les papillons et les libellules qui viendront s’y nourrir. De plus, si la construction est bien réfléchie, les piscines naturelles sont aussi moins coûteuses, demandent

moins d’entretien et résistent bien à nos hivers (sans avoir à les vider chaque automne!) Leur fonctionnement est assez simple, il est donc possible de fabriquer sa propre piscine et de laisser place à sa créativité. Des plans et exemples sont disponibles sur le web.

Fonctionnement général Les piscines naturelles doivent faire entre 30 et 50 m2 et être assez profonde pour éviter au mieux que possible des problèmes d’algues. Elles ne nécessitent qu’un système d’aération simple qui assurera la circulation de l’eau à travers les végétaux et un espace réservé à la filtration par les plantes, qui doit idéalement correspondre à 50 % de la surface totale. Les plantes permettent une oxygénation de l’eau et assurent un milieu de vie sain pour de bonnes bactéries se nourrissant de débris et d’organismes nocifs. La présence des végétaux évite aussi l’apparition des algues, en créant de l’ombre et en compétitionnant avec elles pour les minéraux. Si la piscine est bien conçue, il sera facile de maintenir un pH adéquat (entre 5.5 et 6.5), aucun traitement chimique n’est nécessaire. Il suffit de créer un écosystème bien équilibré et le tour est joué!

Une disposition stratégique des plantes Les piscines naturelles sont généralement disposées de la sorte : la zone de baignade se trouve au milieu. La lagune, zone de transition entre le lieu de baignade et le

Étang de baignade. Photo Claude Vallée

milieu végétal, inclut les plantes flottantes qui feront de l’ombre, protégeant les micro-organismes des rayons UV et nuisant aux algues. En zone moins profonde, on trouve des plantes d’oxygénation qui contribuent à l’équilibre du milieu en absorbant les excès minéraux (nitrate, phosphate) et les contaminants tout en libérant de l’oxygène. Cette zone inclut un système de recirculation de l’eau (ex. : chute, cascade).

Quelques bons choix de plantes

Les nénuphars (Nymphaea) En plus d’être beaux, les nénuphars sont faciles de culture et sont excellents pour faire de l’ombre aux microorganismes et

ainsi nuire aux algues. Ils s’adaptent à n’importe quelle profondeur d’eau. Le cornifle immergé (Ceratophyllum demersum) Cette plante immergée est un atout important, car elle dégage beaucoup d’oxygène, elle filtre les débris et excrète une substance inhibant la croissance des algues. Les lentilles d’eau (Lemna minor) Elles aussi sont d’excellentes plantes pour faire de l’ombre, elles couvriront rapidement une grande surface. La scirpe épingle (Eleocharis acicularis) Elle dégage elle aussi beaucoup d’oxygène, est très rustique et s’adapte à différentes profondeurs d’eau. C’est un excellent choix de plante immergée.


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Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mai 2018 - 21


ÉTUDIANTS AU JARDIN

Plantes à la rescousse! ALEENA MASSENET

Étudiante en Technologie de la production et de l’environnement (TPHE) Institut de technologie agroalimentaire Campus de Saint-Hyacinthe

22 - Jeudi 10 mai 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

Être capable de décontaminer un sol grâce à des plantes, cela semble idéaliste et pourtant, c’est possible! Bien qu’il y ait des contraintes, le domaine de la phytoremédiation commence à se faire connaitre dans l’industrie de la réhabilitation des sols et offre une alternative environnementale à une problématique bien plus présente que l’on ne le pense. Au Canada, plus de 30 000 sites contaminés et réhabilitables ont été recensés, ceci comprend les milieux urbains, périurbains et campagnes. Cela représente des milliers d’hectares! Ces anciens dépotoirs à neige, sites d’enfouissement, d’activités industrielles, minier ou militaire sont souvent laissés à l’abandon dû aux coûts vertigineux associés à la décontamination conventionnelle (l’excavation du sol et son transport vers un site d’enfouissement). C’est une méthode qui ne règle pas le problème, mais plutôt, le déplace ailleurs. La phytoremédiation est l’utilisation de plantes et des microorganismes qui leur sont associés pour extraire, dégrader ou immobiliser les contaminants environnementaux. Elle présente une alternative

moins couteuse et plus respectueuse de l’environnement et de l’écosystème en place à la décontamination conventionnelle. Encore peu connue du grand public, cette technique permettrait de remplacer ces terrains vagues, qui ont une tendance à devenir le réceptacle de toute sorte de déchets, par des endroits verdoyants et agréables tout en procédant à leur réhabilitation. Ces terrains peuvent même être transformés en parc et utilisés par les citoyens pour la durée du projet. Bien sûr, ce n’est pas tous les terrains qui sont propices à la phytoremédiation. Puisque cette technique utilise le vivant, il faut que le terrain et le climat soient propices à la croissance des plantes choisies et que la zone contaminée soit à une profondeur accessible aux racines. De plus, c’est un processus qui demande beaucoup de temps et un entretien régulier. La phytoremédiation est donc plus appropriée pour les propriétaires n’ayant pas un besoin immédiat du terrain. La phytoremédiation est en plein essor, mais il reste beaucoup de choses à savoir et à découvrir. L’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) à Montréal effectue des projets afin de découvrir les plantes les plus appropriées pour les différents environnements. Les plantes intéressantes sont celles dites « hyperaccumulatrices ». Comme le nom l’indique, elles ont la capacité d’accumuler une grande quantité de contaminants dans leurs tissus. De plus, les plantes doivent être résistantes aux contaminants, être capables de pousser dans des conditions difficiles, avoir une croissance

rapide et un bon système racinaire. Les saules, les peupliers et les brassicacées (ex. la moutarde et la barbarée vulgaire) sont au centre des recherches.

Comment appliquer cette nouvelle science à la maison? Les terrains résidentiels peuvent également contenir des contaminants de sources variées (pollution préexistante, résidu d’insecticide et herbicide, résidu de peinture, pollution des voitures et des systèmes de fosse septique, etc.). Installer des plantes le long d’allée bétonnée et au bas des pentes permet de filtrer l’eau qui

s’en écoule et d’en améliorer la qualité avant qu’elle n’atteigne les cours d’eau ou le système d’égout. Planter des arbres, utiliser des haies plutôt que des clôtures, créer un jardin de pluie et planter des végétaux ayant une profondeur d’enracinement variée permet également d’assainir le sol. Ces gestes, généralement peu dispendieux, permettront d’améliorer l’environnement et la qualité de vie des résidents. Vive les plantes! Pour en savoir plus, consulter le site de la Société québécoise de phytotechnologie : www.phytotechno.com/.

La barbarée vulgaire est utilisée pour extraire le plomb des sols contaminés. Photo Jacques Brisson


Lutter contre la pyrale du maïs à l’aide des trichogrammes, ces petits insectes qui tuent le problème dans l’œuf! JOSÉE BOISCLAIR

Chercheure et agronome Entomologie et cultures maraîchères IRDA Centre de recherche Saint-Bruno-de-Montarville

La pyrale du maïs est le principal ravageur du maïs sucré. Depuis plus d’une vingtaine d’années, des producteurs de maïs sucré optent pour la lutte biologique et protègent avec succès leurs champs contre cet insecte nuisible. Relâchés de 3 à 5 fois par saison par centaines de milliers par hectare à l’aide de trichocartes, les trichogrammes détruisent les œufs de la pyrale du maïs. En effet, les femelles de ces minuscules guêpes, inoffensives pour l’être humain, pondent leurs œufs dans les œufs de pyrale qu’elles trouvent sur le feuillage des plants de maïs. Ainsi, elles entraînent la mort des œufs de pyrale et empêchent l’émergence des larves de pyrale qui peuvent endommager l’épi. Le problème est ainsi tué dans l’œuf! Depuis 2017, deux aides gouvernementales ont été mises en place par le MAPAQ via le Programme Prime-Vert, pour étendre les lâchers de trichogrammes sur une plus grande échelle afin de réduire l’utilisation des insecticides contre la pyrale du maïs et ainsi, protéger

l’environnement et la santé humaine. Une première aide vise à soutenir financièrement l’achat des trichogrammes. Le deuxième soutien fait l’objet du projet « Utilisation à grande échelle des trichogrammes contre la pyrale du maïs dans le maïs sucré frais et de transformation au Québec », mené par une équipe de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) et coordonné par Josée Boisclair, chercheure, agronome et entomologiste. Ce deuxième appui permet aux producteurs d’obtenir le soutien technique d’un conseiller agricole. L’aide technique est disponible pour les producteurs qui souhaitent utiliser les trichogrammes pour la première fois ou qui veulent augmenter leur superficie couverte par cette méthode de lutte. Plus spécifiquement, l’ensemble de ces efforts vise à accroître l’utilisation des trichogrammes, pour qu’à la fin du projet prévue à la fin 2018 : 1) le nombre d‘utilisateurs de trichogrammes ait doublé, passant de 100 à 200 et/ou 2) les superficies déjà sous lutte biologique à l’aide des trichogrammes aient doublé, faisant passer les 520 hectares pour le maïs sucré frais et les 280 hectares pour le maïs sucré de transformation à un total de 1 600 hectares. Au printemps 2017, une première étape d’information a été effectuée grâce à des rencontres régionales avec des producteurs et des conseillers. Par la

suite, les conseillers ont procédé au recrutement et à l’inscription des producteurs et les ont assistés dans l’évaluation de leurs besoins en trichogrammes, la pose des trichocartes, le suivi de la pyrale et l’évaluation des dommages à la récolte. La compilation des données récoltées en 2017 et leurs analyses ont permis de dresser le portrait suivant : • Un total de 159 producteurs de maïs sucré a utilisé les trichogrammes contre la pyrale du maïs, ce qui représente une augmentation de 59 % par rapport à 2016. • Ces producteurs ont utilisé les trichogrammes sur 1 252 hectares de maïs sucré, ce qui correspond à une augmentation de 57 % par rapport à 2016. • Les trichogrammes ont été utilisés par 23 % des producteurs de maïs sucré du Québec, et ce dans treize régions du Québec. • Afin de faciliter la mise en place de l’utilisation des trichogrammes contre la pyrale du maïs, les conseillers de 22 clubs-conseils ont apporté un soutien technique aux producteurs. • Le nombre d’applications d’insecticides, pour l’ensemble des ravageurs, a été réduit de 77 % dans le maïs sucré frais et de 100 % dans le maïs sucré de transformation tout en assurant une récolte de qualité. Aucun traitement n’a été fait dans les champs de maïs sucré de transformation utilisant les trichogrammes. En conclusion, les efforts déployés en 2017 ont permis de nous rapprocher de

l’objectif de 100 nouveaux producteurs et de 800 ha de nouvelles superficies pour 2018. L’atteinte de cet objectif contribuera à une réduction encore plus importante de l’utilisation d’insecticides, ce qui s’inscrit dans la diminution de 25 % des risques associés à l’utilisation des pesticides visée par la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture. Pour plus d’information concernant ces aides gouvernementales, les producteurs intéressés sont invités à communiquer avec leur agronome-conseil ou leur conseiller horticole au MAPAQ.

A. Les trichocartes sont installées au champ sur les plants de maïs. B. Les trichogrammes émergent des trichocartes et se dispersent dans le champ à la recherche d’œufs de pyrale. Photo B. d’Anatis Bioprotection

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mai 2018 - 23


24 - Jeudi 10 mai 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

Gestion et Technologie Agricoles - Mai 2018  
Gestion et Technologie Agricoles - Mai 2018  
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