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Jeudi 6 juin 2019 | Volume 44 | 6 e Numéro

Des histoires de familles, des projets uniques!

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LA FRUITERAIE DES GADBOIS - ROUGEMONT

Une famille d’agronomes au service de leur verger

Véronique LEMONDE GTA

À la Fruiteraie des Gadbois, c’est sept acres de bleuets en corymbe, soit 4000 plants, qui attendent les autocueilleurs de la mi-juillet au début de septembre. C’est aussi 25 000 pommiers à haute densité répartis sur 50 acres en une dizaine de variétés qui font la joie des visiteurs, en plus de leur permettre d’admirer une des plus belles vues de la région, le regard embrassant facilement les montagnes des Appalaches au sud. Les Gadbois, c’est surtout une famille d’agronomes extrêmement minutieuse et consciente de son environnement, et ce, depuis quelques générations déjà. « Mon arrière-grand-mère vendait des pommes dans les marchés vers 1940, indique Vincent Gadbois. Cependant, mes arrières-grands-parents n’avaient pas de relève et ce n’est qu’en 1973 que mon père a racheté ce verger aux moines cisterciens juste à côté. »

C’est de son père Paul, agronome, que Vincent Gadbois apprit bon nombre de ses connaissances en pomiculture et en production de bleuets. « Mon père fut l’un des premiers à avoir un verger avec des pommiers à haute densité, soit de plus petits arbres qui produisent beaucoup plus à l’acre. Les plus vieux pommiers ont donc été remplacés en bonne partie. C’est également lui qui a mis au point le système d’irrigation goutte à goutte du verger, ce qui permet de maintenir un apport en eau régulier et suffisant à l’obtention de fruits de gros calibre. » En 1979, son père innove encore en devenant l’une des premières bleuetières au Québec en corymbe, question de diversifier l’entreprise familiale. L’autocueillette est dès lors mise en place.

Acquérir la formation appropriée

Pour la famille Gadbois, la formation a toujours été au cœur de son cheminement en agriculture. C’est à l’Université Laval, à Québec, que Vincent rencontre Céline, sa future compagne, également en voie de devenir agronome. « Se former, savoir trouver la bonne information, et surtout, savoir l’analyser et même la critiquer, c’est plus que primordial. En horticulture, nous devons également être

à même d’expérimenter et d’améliorer notre produit », explique Vincent Gadbois. Après leurs études en agronomie, le couple travaille quelques années à l’extérieur de la fruiteraie avant de racheter, en 1998, la part de marché d’un cousin qui vendait ses pommes au marché public de Drummondville et ainsi pouvoir s’établir sur la ferme familiale. « Nous sommes toujours au marché de Drummondville, deux fois par semaine, après toutes ces années. »

Actions et innovations

Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©

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ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

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lafruiteraie.com

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est

PAPIER FABRIQUÉ AU QUÉBEC. Merci de recycler ce journal.

Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

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Céline, Alexis et Vincent Gadbois, devant leur magnifique verger en fleurs.

Au-delà de ce désir toujours présent de formation, la Fruiteraie des Gadbois n’a jamais hésité à investir dans la technologie ni à poser des gestes innovateurs. « En 2005, nous avons construit un entrepôt ultramoderne pour la conservation de longue durée des pommes à atmosphère contrôlée. Nous pouvons ainsi prérefroidir les pommes en eau glacée et les conserver très longtemps efficacement. Nous économisons aussi temps et main d’œuvre en ayant acquis un pulvérisateur trois rangs pour traiter notre verger », précise M. Gadbois. Pour la deuxième année, le couple s’est aussi rendu à Niagara Falls pour la plus grosse convention maraîchère et fruitière au pays, la Ontario Fruit and Vegetable Convention, pour apprendre encore plus de ses pairs. Il était alors accompagnés de son fils Alexis qui à la suite de la fin de ses études à l’ITA,

compte également se diriger en agronomie à l’université. « Je remercie vraiment mes parents de m’avoir initié jeune au travail au verger, car c’est comme cela que j’ai vu que j’aimais cela », précise ce dernier. « Pour nous, c’était important que nos enfants trouvent chacun leur voie, mais qu’ils aient quand même vu ce que c’était la vie sur la ferme. Ils ont travaillé avec nous dès leur jeune âge, dans le verger, au marché. Nous sommes heureux de voir que cela intéresse notre fils et qu’il y a toujours place à l’expansion, car rester à la fine pointe, c’est précieux pour nous », ajoute Vincent Gadbois. Le couple a d’ailleurs deux filles, dont l’une est en agriculture urbaine. Parce que des projets, ce n’est pas ce qui manque pour la famille Gadbois qui désire toujours améliorer son site, soit par des filets protecteurs, de grands tunnels de récolte, l’utilisation de compost de pulpe de pommes, la lutte intégrée ou par l’introduction de nouvelles récoltes comme pour l’ail depuis peu. « Nous avons 15 000 plants d’ail à être récoltés cet été pour la première fois et nous souhaitons les offrir aux gens sur bâtons », conclut M. Gadbois. La Fruiteraie des Gadbois offrira également, pour la première fois cet été, des pommes Honeycrisp, une variété très demandée par la clientèle.


FERME ÉQUESTRE DE LA CAPUCINE - SAINT-MARC-SUR-RICHELIEU

Le but commun des Goulet Véronique LEMONDE GTA

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Pour la famille Goulet, les chevaux font partie de la vie quotidienne. Il y a plusieurs années, François Goulet et son épouse Marie deviennent propriétaires d’un premier cheval, Capucine. Puis, très rapidement, ils initient leurs enfants au plaisir de l’équitation, partageant leur temps entre leur vie montréalaise et les chevaux qu’ils élèvent les weekends dans la région de Thetford Mines. Entre la vie quotidienne et les cours d’équitation sur la Rive-Sud de Montréal, Pierre-Luc, Catherine et Nicolas grandissent avec l’amour des chevaux, et Nicolas et Catherine font du sport-étude équin au secondaire. Faute de temps et distance oblige, la famille regroupe en 1995 ses chevaux et acquiert une ferme à Saint-Marc-surRichelieu. « Nous sommes arrivés ici en 1995 avec sept chevaux et, dès l’année suivante, nous avons offert un programme pour les jeunes où ils sont invités à passer une journée complète à la ferme pour vivre avec les chevaux. Chaque enfant a son casier et arrive ici pour la journée avec son lunch. C’est assez unique comme concept contrairement à des cours à l’heure », signale Marie, psychoéducatrice à la retraite qui a conçu à l’époque ce programme éducatif de qualité. Outre ces journées à la ferme, des cours de selle classique sont aussi donnés à la ferme équestre par

François, Marie, Nicolas, Catherine et Pierre-Luc ont fait des chevaux un mode de vie familial!


Catherine, la fille de Marie et François, entraîneure certifiée de niveau 2 de la Fédération Équestre du Québec et de Canada Hippique. Catherine a débuté l’équitation à l’âge de 4 ans et, depuis, a compétitionné dans les disciplines de dressage et de concours-complet. De plus, elle a suivi plusieurs cliniques de formation en attelage et en voltige. Aujourd’hui vétérinaire spécialisée en médecine équine, la jeune femme offre aussi des soins ostéopathiques et d’acupuncture aux chevaux.

Une ferme avec les forces de chacun

Avec le souci de garder leur entreprise à échelle humaine, la Ferme équestre de la Capucine fonctionne avec les forces et compétences de chacun. François Goulet, ingénieur-conseil de profession, se dit lui-même « ingénieur-concierge » lorsqu’il travaille sur la ferme, préparant le foin pour les chevaux en petites balles et entretenant ici et là les bâtiments. En plus des cours qu’elle donne et de sa pratique vétérinaire privée, Catherine monte régulièrement ses chevaux d’élevage et compétitionne avec eux. Qu’ils soient Hanovrien, American warmblood ou Westphalien, Catherine a su, au fil des ans, se faire remarquer pour ses performances en dressage, tant au niveau provincial, qu’au niveau national et international, notamment sur le circuit de la Floride. « L’été, c’est des compétitions pratiquement aux deux semaines un peu partout au Québec et

souvent dans l’état de New York. Les weekends, je pars souvent en compétitions avec mes élèves aussi », précise Catherine Goulet. Nicolas, un de ses frères, est lui aussi un athlète équestre aguerri. Ce dernier s’occupe principalement de l’érablière familiale de 2000 entailles, un autre projet qui tient unie la famille Goulet. De plus, il vient tout juste de débuter la culture de 35 000 plants d’ails. Pierre-Luc, lui, est le palefrenier soigneur de la ferme, prenant en charge la régie d’écurie où environ 25 chevaux sont nourris six fois par jour en stalle. « Chacun est impliqué sur la ferme selon ses forces. L’important, c’est le but commun qui nous unit et je crois que notre famille a très bien réussi de ce côté-là », estime Nicolas. La Ferme équestre de la Capucine dispose d’une écurie de 21 stalles aménagées pour les chevaux et les poneys. Le site dispose aussi d’une carrière extérieure en sable clôturée, d’une carrière de saut extérieure en gazon ainsi que d’un manège intérieur chauffé. En plus des deux selleries et du club House, la Ferme compte deux salles chauffées mises à la disposition des enfants pour les dîners, les collations ainsi que les cours théoriques de la journée. En outre, les camps de jours disposent finalement d’une piscine à l’eau salée sous la supervision d’un sauveteur accrédité. La Ferme équestre de la Capucine est un établissement certifié Équi-Qualité. lacapucine.ca

Catherine Goulet élève plusieurs chevaux de compétition. Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©

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LES JARDINS DIVERSIBIO - FARNHAM

Lorsque l’aventure devient familiale... Véronique LEMONDE GTA

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Rien ne prédestinait vraiment Mathieu Nadeau à la production de paniers de légumes biologiques, à part quelques emplois étudiants dans des serres et aux foins chez des voisins. « J’ai commencé mon Cégep en informatique et je n’aimais pas vraiment cela. J’ai alors eu envie de m’inscrire en Gestion et technologies d’entreprise agricole, à Saint-Jean », indique ce dernier. Ce revirement soudain d’ambition professionnelle amène le jeune homme à travailler en dépistage et en paniers biologiques. « Rapidement, j’ai compris

que l’agriculture conventionnelle, ce n’était pas pour moi. J’ai alors décidé de me créer moi-même un projet. » C’est avec André Samson, de la Ferme des 3 Samson, à Farnham, qu’il apprend les rudiments de l’agriculture biologique et maraîchère, et surtout, qu’il y prend goût. Grâce à son beau-père de l’époque qui est producteur laitier et porcin, à SainteBrigide-d’Iberville, Mathieu Nadeau débute un projet avec une petite parcelle de terre sur un retour de prairies et un vieux bâtiment inutilisé où il s’installe. Dès cette première saison, en 2006, il produit plus d’une quarantaine de paniers de légumes! « En 2007, je me joins au réseau d’Équiterre et je fais 68 paniers. Aussi, je décide d’offrir cinq semaines de paniers d’hiver en fin de saison avec livraison aux deux semaines. Vingt familles me suivent dans cette nouvelle aventure. Le bâtiment n’étant pas chauffé, je prépare mes boîtes à l’intérieur du réfrigérateur et réalise que ce n’est pas une bonne idée de poursuivre le projet pour les prochaines années. Je commence tranquillement à m’acheter de la machinerie, dont un premier cheval de fer, un Farmall 140 », explique Mathieu Nadeau. Après quelques années à mener sa barque seul, montant jusqu’à 90 paniers, Mathieu acquiert une ferme de 15 acres avec deux maisons et une écurie, à Farnham, voisin de son mentor André Samson. « N’ayant servi que de parc à chevaux depuis plus de 15 ans, les terres ont pu être certifiées bio l’année même. »

Mathieu Nadeau, dans l’une de ses serres, à Farnham. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©


Mélanie McCulloch adore interagir avec les clients dans les marchés publics. On la voit ici avec la petite Alyss, la fille du couple. Photo Facebook Jardins Diversibio

Qui prend mari prend potager...

C’est cette même année, en 2012, que Mathieu commence une nouvelle vie à Farnham, avec sa copine Mélanie McCulloch qui décide dès les débuts de leur relation de s’impliquer dans Les Jardins Diversibio. Communicatrice née et spécialisée en marketing, la copine de Mathieu met les mains à la terre et s’occupe des livraisons. En 2013, 115 paniers sont produits et les livraisons passent de 20 à 25 semaines grâce à la construction d’une nouvelle serre tunnel qui permet de prolonger la saison. Plusieurs travaux sont aussi effectués au printemps : fin de

l’établissement de la serre, construction d’un réfrigérateur, excavation des fossés accompagnée du creusement d’un étang d’irrigation, drainage et nivelage des terres, et construction des installations pour laver les légumes à l’extérieur. À la fin de l’automne, quatre nouvelles serres tunnel sont installées aux champs afin de pouvoir y cultiver des légumes tôt au printemps à l’abri des insectes nuisibles, de produire des tomates et concombres de serre ainsi que d’offrir une protection contre le gel aux légumes plus tard en automne. Après la naissance de leur fille, Alyss, en 2016, le jeune couple ouvre un kiosque

au marché de Chambly, les samedis. « Mélanie adore le contact avec les gens. C’est donc elle qui prend en charge la vente dans les marchés publics. Aussi, c’est elle qui gère la page Facebook et tout ce qui est promotionnel. Je pense que nous formons un très bon duo avec nos autres employés. C’est devenu notre mode de vie et Mélanie est embarquée là-dedans à 100 %, ce qui est vraiment agréable. Nous y trouvons tous notre compte. » Paniers de légumes à la base traditionnels, les Jardins Diversibio offrent à ses quelque 200 membres un assemblage de fines herbes, de

carottes, oignons, concombres, tomates et autres légumes populaires, en plus d’y ajouter des fraises, du melon, des cerises de terre ou du cantaloup. « Nous avons planté 13 poiriers en 2015 et nous avons aussi 120 vignes de raisins de table. Les fruits, c’est plus long pour obtenir une production suffisante, mais les gens apprécient aussi beaucoup d’en retrouver dans leurs paniers. » En plus du marché de Chambly les samedis, les Jardins Diversibio se retrouvent également les mercredis au tout nouveau marché bio-local à Candiac. jardinsdiversibio.com

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FERME MBM DAIGLE - SAINTE-HÉLÈNE-DE-BAGOT

Experts en bouvillons Véronique LEMONDE GTA

« Nos enfants font souvent mieux que nous », lance tout sourire Michel Daigle, de la Ferme MBM Daigle, à SainteHélène-de-Bagot. C’est ainsi que, sur la ferme d’engraissement de bouvillons qui peut accueillir jusqu’à 2800 têtes, les deux fils de Michel Daigle, Mathieu et Benoit, ont une place de choix. Associés avec leur père depuis 2008, les deux jeunes hommes habitent tout près de la ferme. « Mathieu s’occupe plus

de l’aspect administratif de la ferme, tandis que Benoit est véritablement le directeur général de l’entreprise. Pour ma part, je continue ce que j’ai toujours fait depuis 40 ans : les semis, l’ensilage, l’arrosage, le désherbage, etc. Je crois vraiment qu’il faut leur donner le plus d’autonomie possible et les laisser aller, car sinon, je serais quand même tout seul à faire tout! », indique M. Daigle. Et effectivement, « faire tout » sur cette ferme au chiffre d’affaires de près de 9 M$ par année ne serait pas une mince tâche. C’est pourquoi la ferme compte aussi sur

des employés réguliers et fidèles, un atout plus que précieux pour le parc d’engraissement de bouvillons et la partie grandes cultures. La Ferme MBM Daigle, c’est six étables qui accueillent des bouvillons (veaux sevrés) de 600-900 livres et une entreprise qui engraisse ces derniers pour les rendre à 1550 livres environ pour l’abattage, soit à l’état mature pour le marché. Les bouvillons séjournent dans un parc d’engraissement pendant 8 à 10 mois et sont nourris essentiellement de maïs-grain, de maïs fourrager, de minéraux et de vitamines. Les céréales (maïs, orge) servies aux bouvillons permettent d’augmenter la tendreté et le persillage de la viande. En tout temps, le bouvillon a accès à de la nourriture et à de l’eau fraîche. C’est en 1977 que Michel Daigle acquiert la ferme familiale de ses parents, alors une ferme laitière. Il débute l’engraissement de bouvillons en 1979 et arrête

complètement le laitier en 1986. « Selon moi, la production laitière est beaucoup plus prenante. J’ai été élevé là-dedans et j’ai fait cela toute ma jeunesse. À un moment donné, la traite, tu viens fatigué de ça. Tu ne peux jamais prendre de congés. Avec l’engraissement de bouvillons, une fois qu’ils ont leur ratio total mélangé et qu’ils sont soignés, c’est fini pour la journée. Tu peux alors vaquer à d’autres occupations sur la ferme, avoir tes soirées ou même des weekends complets si tu as des employés. » Les bouvilllons présents sur sa ferme peuvent être des Angus, Limousin, Simmental ou Charolais, par exemple.

Nouveau président national

Très impliqué auprès des Producteurs de bovins du Québec dont il est président de la section bouvillons, Michel Daigle est, depuis mars, président de l’Association nationale des engraisseurs de bovins (ANEB), dont le siège social

Michel Daigle défend avec vigueur l’industrie bovine canadienne.

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Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©


est à Calgary. « Le plus gros de l’engraissement de bouvillons se fait en Alberta à 70 %, alors que le Québec sort 100 000 bouvillons par année contre 500 000 environ pour l’Ontario. C’est donc la province qui est le plus petit joueur qui donne pour l’instant le président de l’organisation », lance-t-il à la blague! Pour ce nouveau président très passionné, un des plus gros défis de l’industrie bovine réside dans la désin-

formation face à la production de viande rouge. « Selon plusieurs groupes, la viande rouge est devenue un poison pour notre alimentation et pour l’environnement. Cependant, il y a plein de données erronées qui sont diffusées au public. L’alimentation de nos animaux n’a jamais été aussi efficace que ces années-ci, nous nourrissons principalement nos bouvillons avec des choses qui iraient autrement au dépotoir. Des

résidus d’orge de bière, des feuilles d’épis de maïs ou des grains toxiqués qui ne peuvent être consommés. Environ 50 à 60 % de ce qu’ils mangent provient de produits que nous recyclons finalement. Les bouvillons mangent de l’herbe et le transforment en viande, la biomasse est valorisée également. » Selon lui, ce discours mondial fait fi de l’amélioration constante que les producteurs portent au bien-être de

leurs animaux, à des méthodes d’abattage insensibilisées et à la réduction, voire l’interdiction, de l’utilisation de certaines classes d’antibiotiques. « Le bœuf est une protéine salubre et sécuritaire et nous souhaitons continuer de bien faire comme producteurs et de faire valoir notre produit. Je crois qu’avant tout, il faut laisser les gens choisir ce qu’ils veulent manger », ajoute M. Daigle.

Conseils pour une première expérience réussie dans une microbrasserie Passer une soirée dans une microbrasserie de votre région est une expérience qui vous attire, mais vous craignez (un peu) qu’on se moque de vos faibles connaissances en matière de bières? Voici ce que vous devez savoir pour vous mêler aux habitués en toute simplicité! Tout d’abord, notez que ce ne sont pas tous les établissements qui décrivent leurs bières artisanales selon les termes de couleurs (ex. : blanche, blonde, rousse, noire). Ainsi, vous aurez peut-être du mal à vous retrouver sur le menu, ce qui est parfaitement normal! Par ailleurs, n’ayez crainte : comme les bières servies dans ces endroits changent au gré des saisons, vous ne serez pas le seul client à vous interroger. Les serveurs sont là pour partager leurs connaissances et pour vous guider vers les bières qui correspondent à vos préférences. Les bières amères, les bières sauvages et les stouts sont souvent à l’honneur, mais rares sont les endroits qui ne gardent pas une bière facile à boire de style blonde ou rousse au menu. Surtout, n’hésitez pas à poser des

questions, car là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir!

Goûtez!

Vous hésitez entre deux ou trois bières dont la description vous « parle »? Demandez à goûter avant de commander une pinte — c’est chose fréquente dans ces lieux. Le serveur vous apportera l’équivalent d’une gorgée dans un verre de dégustation. D’ailleurs, faites la distinction entre goûter (gratuitement) une bière et commander un galopin, ce petit verre d’environ 120 ml (4 oz). La plupart des brasseries artisanales offrent d’ailleurs des plateaux de dégustation dans de tels verres : voilà une excellente façon de vous initier à de nouvelles saveurs! Enfin, ne vous privez pas d’une ambiance agréable, seul ou entre amis, parce que vous ne connaissez pas tous les procédés de fabrication de la bière! Après tout, l’important n’est pas ce que vous buvez, mais les circonstances qui enveloppent ce moment de détente. Bonnes découvertes!

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FARNHAM ALE & LAGER - FARNHAM

Un peu de bières dans votre été! Véronique LEMONDE GTA

Avec la saison des terrasses qui s’ouvre, quoi de mieux qu’une bonne bière rafraîchissante pour allonger les soirées plus chaudes. La brasserie industrielle Farnham Ale & Lager revient cette année en force avec sa bière 42, une pale ale estivale aux reflets orangés. Avec ses arômes de houblons très présents, la 42 rappelle aussi les fruits tropicaux. Bien présentes sur les tablettes dans plus de 1800 points de vente au Québec, la brasserie Farnham Ale & Lager offre ses produits, simplement nommés de nombres, dans des canettes au look actuel et bicolores. C’est en 2013 qu’Alexandre Jacob, avec quelques associés, démarre ce qui allait devenir

« la plus grosse microbrasserie au Québec », située à Farnham. Avec six produits réguliers, plus quelques bières saisonnières et ses 12 000 hectolitres de bière par année, la brasserie a su évoluer pour rejoindre les besoins de sa clientèle. « Bien sûr que nous avons grossi avec les années et ce qui était pertinent il y a six ans ne l’est plus nécessairement aujourd’hui. Par exemple, présentement, les IPA de style New England, les produits voilés et très houblonnés ont la cote », de dire M. Jacob, président de la brasserie. Farnham Ale & Lager invite également les gens à s’attabler à son salon de dégustation, offrant toutes les bières Farnham et quelques autres, de même qu’un petit menu gourmand. Une terrasse est aussi disponible en été. « Avec notre

salon de dégustation, cela nous permet de faire connaître un peu plus nos produits aux gens. C’est toujours ça le but ultime, leur faire découvrir quelque chose de nouveau. Et ça se prête très bien à une escapade dans la région de Farnham l’été, car habituellement, ce n’est pas dans la culture du consommateur d’ici de se déplacer pour acheter ses produits sur place. Ils aiment mieux que la bière vienne à eux en épicerie par exemple, d’où l’importance d’un très bon réseau de distribution », ajoute Alexandre Jacob.

Bières primées

Tout récemment, leur Scotch Ale, une bière d’un brun rougeâtre, décrochait une médaille d’or Prix du public - bière 2019, dans le cadre de l’événement gourmand Québec Exquis!. Aussi, cette même bière terminait au premier rang de sa catégorie, lors du Barcelona Beer Challenge, en Espagne. De plus, la médaille d’argent du Barcelona Beer Challenge, dans la catégorie British Bitter, fut remportée par leur bière 35, une bière traditionnelle de type pub anglais. farnham-alelager.com

Les gens sont invités à prendre place au pub de dégustations de la brasserie Farnham Ale & Lager. Une belle virée agrotouristique en perspective!

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Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©


AGROTOURISME

L’autocueillette de fruits des champs : une formidable activité familiale!

5 petits fruits qui gagnent à être connus

Un champ de petits fruits juteux est la destination familiale idéale pour une sortie estivale! En effet, il n’y a rien de plus savoureux que des baies que l’on a cueillies soi-même… à part peut-être lorsqu’elles sont servies avec de la fondue au chocolat! Voici quelques bonnes raisons de vous lancer dans l’auto-

Les bleuets, les fraises et les framboises font la joie des Québécois pendant la belle saison. Vous aimeriez ajouter encore plus de couleurs et de saveurs à votre été? Voici cinq petits fruits à découvrir sans tarder!

cueillette et de vous « bourrer la fraise », comme on dit! Pour prendre l’air : flâner dans un paysage bucolique en mangeant quelques fruits gorgés de soleil à la sauvette… que demander de plus? Psitt! N’oubliez pas crème solaire, bouteille d’eau et chapeau! Pour enseigner aux enfants : cette activité peut facilement se transformer en une visite éducative. Les enfants constatent que leurs petits fruits favoris ne poussent pas au supermarché et qu’il faut « travailler » avant de les manger!

1. Chicoutai

En outre, les producteurs de petits fruits offrent à leurs clients des produits et des services variés : confitures, tartes, liqueurs, jus, modules de jeux pour les enfants, fermette, etc. En cette saison d’abondance, soutenez les fermes maraîchères de votre région!

Besoin de renforcer votre système immunitaire? L’argousier est 30 fois plus vitaminé que l’orange! Petit fruit orangé au goût acide, il est délicieux en confiture et dans les jus.

Ce fruit orangé très répandu sur la Côte-Nord ressemble à une framboise, bien qu’il soit moins sucré. On peut notamment utiliser la chicoutai pour en faire du sirop, des compotes et même des boissons alcoolisées — rendez-vous à la Société des alcools du Québec pour les découvrir!

Pour soutenir l’agriculture locale : encourager les fermes du Québec permet aux entrepreneurs de continuer à nous offrir des produits de qualité. Et comme c’est tellement meilleur, pourquoi s’en priver? Pour goûter la fraîcheur suprême : lorsque vous effectuez de l’autocueillette, faire passer le fruit du plant à votre panier ne prend qu’une seconde — difficile de trouver plus frais!

3. Argousier

4. Camerise

Contrairement à la croyance populaire, il n’y a pas que des bleuets au Saguenay— Lac-Saint-Jean! Fruit du chèvrefeuille bleu, la camerise se déguste comme un bleuet, c’est-à-dire dans les tartes, les con¬fitures ou les tartinades.

5. Amélanche 2. Sureau

Le sureau pousse dans un arbre et prend l’aspect d’une grappe de raisins très foncés. Ce n’est pas une bonne idée de le manger cru puisqu’il contient une toxine qui, heureusement, disparaît à la cuisson. On peut entre autres en faire du sirop, du vinaigre, de la gelée… et des remèdes pour combattre la grippe!

Plus répandus dans l’Ouest Canadien, les vergers d’amélanchiers se trouvent également en Mauricie et au Saguenay—LacSaint-Jean. Plus sucrée et plus grosse encore que le bleuet, l’amélanche n’a pas besoin d’être transformée pour être savourée! Ces fruits peuvent être difficiles à trouver dans certaines régions, mais, croyez-le, ils en valent le « goût »!

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Plan d’agriculture urbaine à Victoriaville : une mobilisation citoyenne en marche PIERRE JUTRAS

Conseiller en aménagement du territoire et en développement rural Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

Depuis l’été 2018, la Ville de Victoriaville et ses partenaires, notamment le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville, travaillent à l’établissement d’un plan d’agriculture urbaine sur le territoire de la Ville de Victoriaville, avec le soutien financier et technique du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Une trentaine d’organismes et d’entreprises sont en outre réunis au sein d’un conseil de concertation pour en assurer la réalisation. En adoptant un tel plan, la Ville de Victoriaville et ses partenaires souhaitent

implanter un système d’économie circulaire qui met en relation les secteurs de la production, de la transformation alimentaire, de la distribution, de la consommation et du recyclage des matières résiduelles. Fait à noter, Victoria-

ville comprend aussi une zone agricole située à l’extérieur des limites de son périmètre d’urbanisation, où se trouvent près d’une quarantaine d’exploitations agricoles. Les objectifs poursuivis par cette opération de planification mobilisatrice consistent notamment à renforcer la sécurité alimentaire, à faire la promotion des saines habitudes de vie, à augmenter la part de l’achat local et à améliorer la qualité de l’environnement. Dans cette perspective, une première étape du plan a été franchie récemment : la réalisation d’un portrait-diagnostic a permis d’établir l’état des connaissances sur la population et ses habitudes de vie, les secteurs géographiques vulnérables, les projets et les installations d’agriculture urbaine déjà réalisés, la présence de déserts alimentaires, la réglementation en vigueur en matière d’urbanisme et les ressources disponibles. Dans la foulée, les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces en lien avec l’agriculture urbaine à Victoriaville ont été mis en évidence.

Un projet qui s’insère dans une stratégie gouvernementale de soutien de l’agriculture urbaine Le Jardin des rendez-vous constitue le potager urbain collectif de Victoriaville.

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ERRATUM

« La CUMA et les coûts de production », article paru dans l’édition du 11 avril 2019 du GTA (p.12). L’achat en CUMA génère des coûts annuels totaux de 48 $/hectare et non de 12 $/hectare (tableau 1). Les économies annuelles enregistrées par les membres de la branche par rapport à un achat individuel (tableau 2) sont plutôt de 3840 $ pour la Ferme A, de 4560 $ pour la Ferme B, de 5040 $ pour la Ferme C. Dans le cas de la Ferme D, on constate une perte de 480 $. Pour que la situation d’achat en CUMA soit plus positive pour la Ferme D, il aurait fallu que la superficie totale couverte par la branche soit plus grande, permettant ainsi de diminuer les coûts totaux à l’hectare. Par ailleurs, plus les membres d’une branche utilisent l’équipement dans des proportions semblables, plus ils tirent un avantage similaire de l’achat en CUMA. Dans cet exemple, la Ferme D utilisant l’équipement dans une plus grande proportion que les autres membres, cela n’a pas été à son avantage. Ces données étant fictives, la grande conclusion de l’article demeure inchangée. N’hésitez pas à adapter ce calcul à votre situation ! Pour de plus amples explications, communiquez avec Laurence Gendron à l’adresse courriel suivante : laurence.gendron@mapaq.gouv.qc.ca.

La démarche entreprise par la Ville de Victoriaville fait partie de neuf projets pilotes retenus par le MAPAQ à l’échelle du Québec. Ces derniers s’inscrivent dans une stratégie de soutien de l’agriculture urbaine, sous la responsabilité du MAPAQ, étalée sur une période de trois ans, soit de 2016 à 2019. Les neuf projets se déroulent dans deux communautés autochtones, deux municipalités régionales de comté (MRC) et cinq municipalités. Le MAPAQ reconnaît la valeur de l’agriculture urbaine sur les plans économique, social et de la santé, de mêmes que les bienfaits qui découlent de cette activité pour la population. À ce propos, la popularité grandissante de l’agriculture urbaine que l’on observe depuis les dernières années contribue non seulement à sensibiliser la population aux réalités des activités agricoles, mais aussi à améliorer les milieux de vie.

Une ville novatrice en matière d’agriculture urbaine

Depuis plusieurs années déjà, de nombreux projets porteurs en matière d’agriculture urbaine ont été lancés à Victoriaville. On peut mentionner le Jardin

des rendez-vous qui constitue le potager urbain collectif de Victoriaville, qui s’inscrit dans le mouvement international des Incroyables Comestibles. Cette dernière initiative a reçu, en novembre 2018, de la part de la Corporation des Fleurons du Québec, le prix du meilleur projet d’agriculture urbaine et a vu sa certification « quatre fleurons » renouvelée par cet organisme. La Ville de Victoriaville a aussi adopté, en 2016, un règlement sur la garde de poules comme usage complémentaire de l’habitation.

Une consultation citoyenne bien amorcée

Parallèlement à la réalisation du portraitdiagnostic, la Ville de Victoriaville a annoncé au cours d’une conférence de presse, le 20 mars dernier, le lancement d’une consultation publique. Celle-ci vise à dynamiser la participation citoyenne et à connaître les idées et les projets qui pourraient être réalisés dans le contexte du Plan d’agriculture urbaine. Cette consultation publique, coordonnée par le CISA du Cégep de Victoriaville, se déroule sur deux plans. D’une part, jusqu’au 16 juin prochain, les citoyens sont invités à présenter leurs propositions ainsi qu’à commenter les idées déjà formulées dans le site Internet vic.to/agricultureurbaine. D’autre part, pour mieux susciter l’intérêt des citoyens, la consultation se traduit par la création d’un kiosque mobile sur l’agriculture urbaine qui sera dressé à l’occasion de différentes activités sur le territoire de la Ville de Victoriaville jusqu’en juin 2019.

Vers la réalisation d’un plan d’action à l’image de Victoriaville

La dernière étape du plan d’agriculture urbaine consistera en la réalisation d’un plan d’action qui sera directement alimenté par les résultats de la consultation publique. Ce plan d’action prendra notamment en considération les résultats du portrait-diagnostic qui aura permis de dégager les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces liés au développement de l’agriculture urbaine. Le plan d’action tiendra compte également des capacités du milieu à le mettre en œuvre. Le Plan d’agriculture urbaine de Victoriaville est attendu à l’automne 2019.


7 bonnes raisons de visiter un marché public Même si certains marchés publics sont ouverts toute l’année, la saison estivale vous permet de flâner entre les kiosques et de vous procurer de délicieux produits, et ce, souvent à ciel ouvert! Voici sept arguments qui vous convaincront de planifier une visite à un marché public de votre région cette semaine. 1. La fraîcheur : vous trouverez sur les nombreux étalages une grande diversité d’aliments frais, nutritifs et parfois bios.

2. La variété : en plus des légumes et des fruits, vous pourrez vous procurer des pâtisseries, du pain, du chocolat, du poisson, de la viande, du fromage, du miel, du café, des produits transformés (confitures, pâtés) et plus encore! 3. L’artisanat : les marchés publics proposent régulièrement des produits faits à la main, comme des savons, des bijoux, des chandelles ou des vêtements. Idéal pour dénicher des cadeaux originaux!

4. Les dégustations : selon les commerçants, il est souvent possible de faire des dégustations. De quoi faire de belles découvertes… et vous mettre en appétit! 5. Les exclusivités : certains aliments ne peu¬vent se trouver en épicerie en raison de leur incapacité à tolérer le transport. Les marchés publics sont donc une place de choix pour se les procurer! 6. L’authenticité : au marché public,

vous avez un lien direct avec le producteur. En discutant avec lui, vous pourrez en apprendre davantage sur ses méthodes d’élevage, par exemple. 7. Les conseils : vous vous retrouverez aux premières loges pour obtenir des conseils sur la préparation ou la conservation des différents aliments. Cet été, visitez les marchés publics près de chez vous : vous y découvrirez une communauté de gens sympathiques et passionnés!

Privilégier les aliments locaux, c’est simple et payant! D’innombrables fruits, légumes, fromages, céréales, viandes, alcools et compagnie sont cultivés ou produits dans la Belle Province, et ce, pour le plus grand plaisir de nos papilles. Il existe plusieurs façons de privilégier les aliments du Québec, et plus particulièrement ceux de votre région.

Comment faire?

À l’épicerie : la loi oblige les épiceries à indiquer la provenance de tous leurs fruits et légumes. Prenez soin de vérifier cette indication pour choisir. Pour faire de bons choix, recherchez le logo des Aliments du Québec! Près de chez vous : préférez l’achat direct en vous rendant dans un marché public ou à un kiosque fermier ou en vous abonnant à un service de livraison de paniers bios, par exemple. Et pour faire le plein d’aliments d’une fraîcheur incomparable, faites de l’autocueillette chez les agriculteurs de votre région!

Pourquoi le faire?

La qualité : encourager vos producteurs locaux vous permet d’acheter des produits cueillis à maturité qui seront plus frais et plus nutritifs, car ils n’auront pas voyagé sur de grandes distances avant de se retrouver dans votre assiette. L’écologie : en achetant localement, vous contribuez à diminuer la pollution par le transport, de même que l’utilisation des emballages, car vous avez la possibilité d’acheter vos aliments en vrac.Votre alimentation est donc beaucoup plus responsable! Le contact : en rencontrant les producteurs locaux, vous pouvez non seulement découvrir la très grande diversité de produits québécois, mais aussi poser des questions à propos des méthodes de cueillette, notamment. Bref, favoriser l’achat local, c’est avantageux sur plusieurs plans et simple comme bonjour. Pensez à tenir compte du calendrier des récoltes afin de vous procurer des aliments de saison savoureux et moins coûteux!

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Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 juin 2019 - 17

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JARDIN-ÉCOLE DU PROGRAMME PCHO

Un jardin aux saveurs de potager Jean-Luc LORRY

Le Courrier de Saint-Hyacinthe

Les étudiants finissants de la cohorte 20162019 du programme Paysage et commercialisation en horticulture ornementale (PCHO) de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), campus de Saint-Hyacinthe, ont procédé dernièrement à l’inauguration officielle du jardin-école Oleris. Cette année le thème choisi était d’aménager une terrasse dite gourmande devant l’entrée principale de l’Institut. Comme le mot « oleris » signifie plantes comestibles en latin, ce nouvel aménagement se compose de zones potagères et de zones de plantation ornementale. Le jardin Oleris se divise en trois secteurs. La zone bistro offre à la communauté étudiante et au corps professoral un environnement agréable pour partager un repas ou se détendre à l’extérieur des bâtiments. Cette section compte trois tables pouvant recevoir jusqu’à 24 personnes. La zone lunch où il est également possible d’y manger est entourée de bacs potagers et chacune des trois tables sera séparée par des haies de bleuets pour offrir un peu d’intimité. La zone « Foodscaping » démontre qu’il est possible d’intégrer des plantes potagères, comme des piments, des choux et des bettes à carde, dans un aménagement paysager.

Petite cohorte

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La cohorte 2016-2019 du programme PCHO comptait 14 étudiants au départ.

Pour la dernière année d’études qui se conclue par la réalisation d’un jardin à thème, ils n’étaient plus que quatre. Selon l’ITA, les raisons invoquées par ces étudiants de quitter ce programme étaient variées, comme une réorientation de carrière, des raisons personnelles ou encore administratives.

« Il est normal de perdre des étudiants en cours de parcours scolaire. C’est la réalité de tous les établissements d’enseignement et pour tous les programmes offerts au Québec », indique dans un courriel Annie Marcotte, conseillère adjointe de la formation continue et de la promotion au campus de Saint-Hyacinthe de l’ITA.

Même si la promotion de finissants 2018 du programme PCHO regroupait cinq étudiants, Annie Marcotte assure que l’avenir de ce programme n’est pas compromis. « Le nombre de demandes d’admission pour ce programme à l’ITA est constant depuis les dernières années », souligne Mme Marcotte.

Les étudiants finissants de la cohorte 2016-2019 du programme Paysage et commercialisation en horticulture ornementale (PCHO) ont procédé à la traditionnelle inauguration du jardin-école. Sur la photo, dans l’ordre habituel, Émilie Audet, Zacharie Labrecque, Sarah Prévost et Dominique Carrier. Photo Annie Beauregard | Le Courrier ©


L’irrigation des cultures : un investissement qui rapporte! Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les terres irriguées ne représentent

qu’environ 20 % des superficies cultivées à travers le monde. Or, elles fournissent quelque 40 % de la production agricole!

L’irrigation accroît le rendement des terres et la qualité des produits.

Autrement dit, l’irrigation des cultures maraîchères permet d’obtenir de meilleurs rendements, soit généralement

de deux à trois fois supérieurs. Pas étonnant, donc, que de plus en plus de terres soient irriguées. Se doter d’un bon système d’irrigation comporte en effet plusieurs avantages pour les entreprises agricoles. Cela permet notamment de mieux gérer le calendrier d’arrosage et d’ainsi fournir aux cultures l’eau dont elles ont besoin au moment requis. En d’autres mots, fini le temps où les récoltes dépendaient exclusivement de la volonté de dame Nature — voilà assurément de quoi réduire le niveau de stress des agriculteurs! L’irrigation par système goutte-à-goutte favorise en outre la concentration d’intrants, lesquels atteignent plus facilement les racines. Ainsi, non seulement le rendement des terres est amélioré par l’irrigation, mais les produits présentent une qualité accrue et uniforme, pour le plus grand plaisir des producteurs… et des consommateurs! De bonnes pratiques en matière d’irrigation permettent également : • De limiter l’érosion des sols; • De diminuer la multiplication des maladies racnaires; • De protéger les cultures du gel (dans le cas de l’irrigation par aspersion); • D’optimiser l’utilisation de l’eau en milieu agricole; • De réduire le lessivage des engrais et des pesticides. Bref, l’irrigation est un atout indéniable, voire indispensable, en agriculture. Bien entendu, s’équiper correctement représente une dépense substantielle, mais en regard des multiples bienfaits de l’irrigation, celle-ci doit avant tout être considérée comme un investissement.

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AU JARDIN

Le potager hors sol : une solution avantageuse! L’aménagement d’un jardin hors sol — un bac de culture ou un potager surélevé, par exemple — présente de nombreux avantages. D’abord, cela permet aux jardiniers de cultiver des fruits, des légumes et des fines herbes, et ce, qu’ils aient accès ou non à un sol fertile. Même ceux dont la cour est entièrement asphaltée peuvent faire pousser des végétaux : il leur suffit d’installer leur bac de culture à un endroit propice. Qui plus est, le potager surélevé permet un jardinage ergonomique. Grâce à lui, les personnes à mobilité réduite et

La pomiculture vous intéresse?

les aînés, par exemple, peuvent savourer les joies de l’horticulture sans risquer de se blesser. Par ailleurs, les bricoleurs peuvent fabriquer eux-mêmes leur jardin hors sol et adapter ses dimensions à l’espace dont ils disposent. En terminant, lorsque vous optez pour le jardinage hors sol, assurez-vous de cultiver des végétaux dont la profondeur des racines est adaptée à celle de votre bac, faute de quoi vos récoltes ne seront peut-être pas à la hauteur de vos attentes. Renseignez-vous! Produisant de jolies fleurs parfumées au printemps et des fruits délicieux en automne, les pommiers sont des arbres fort appréciés. Vous aimeriez vous lancer dans la pomiculture à domicile? Voici quelques informations qui vous seront utiles! D’abord, saviez-vous que les fleurs d’un pommier ne peuvent être fécondées par le pollen d’un arbre de même cultivar? En effet, la pollinisation croisée est obligatoire pour qu’il y ait fécondation et, par conséquent, fructification. En d’autres termes, vous devez posséder au moins deux pommiers de cultivars différents pour espérer récolter des fruits. Cela dit, si l’un de vos voisins a un pommier — ou même un pommetier! —, vous avez de bonnes chances de croquer le fruit défendu l’automne venu.

Des arbres vulnérables

Comme plusieurs autres végétaux de la famille des rosacées, les pommiers sont sensibles aux maladies, aux champignons pathogènes et aux ravageurs. Ainsi, un entretien rigoureux de votre terrain vous aidera à prévenir l’apparition d’insectes. De plus, certaines plantes telles que l’ail, la menthe et le romarin ont un effet répulsif : cultivez-les au pied de vos arbres. Enfin, si vous envisagez l’achat d’un pommier pour agrandir votre verger, optez pour un spécimen immunisé contre la tavelure de la pomme. Ce champignon, qui apparaît souvent vers la fin du printemps, peut causer la chute des jeunes fruits. Pour faire le bon choix, informez-vous auprès d’un spécialiste!

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FAC

La préparation est la meilleure façon de gérer les risques à la ferme De nombreux risques peuvent avoir des répercussions sur la rentabilité des fermes, ainsi que sur leur prospérité à long terme. Les producteurs peuvent gérer certains risques, mais plusieurs, comme les phénomènes météorologiques extrêmes, qui vont en augmentant et en s’intensifiant, les éclosions de maladies, les cybermenaces et les pannes de courant, pour n’en nommer que quelques-uns, sont indépendants de leur volonté. Des spécialistes en agriculture indiquent que la préparation est la meilleure façon de gérer ces risques non maîtrisables, et soulignent qu’il existe différentes ressources. La préparation est la meilleure façon de gérer les risques à la ferme. Voici des outils qui s’offrent à vous.

De l’aide dans votre boîte de réception

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Agriculture et Agroalimentaire Canada offre plusieurs ressources sur son site Web pour aider les producteurs à se préparer aux situations d’urgence. L’une de ses dernières en date est le Bulletin sur la gestion des urgences en agriculture. Les producteurs peuvent s’abonner pour recevoir par courriel ce bulletin bimestriel qui regorge de nouvelles et d’information sur les urgences en agriculture, les questions émergentes et les principaux risques auxquels fait face le secteur agricole, et qui offre des ressources en matière de planification d’urgence. « Dans un

contexte où le commerce mondial s’intensifie et où le nombre de phénomènes météorologiques extrêmes ne cesse d’augmenter, il est essentiel que les producteurs disposent des moyens de protéger leurs animaux, leur propriété et leur entreprise », déclare Frédéric Seppey, sous-ministre adjoint, Direction générale des services à l’industrie et aux marchés, à Agriculture et Agroalimentaire Canada. « L’information contenue dans ce bulletin encourage les producteurs et les transformateurs à examiner attentivement leurs risques et les sensibilise aux meilleures pratiques et aux divers aspects à prendre en considération lorsqu’ils créent un plan d’urgence et une trousse d’urgence pour leur ferme », ajoute M. Seppey. Les producteurs peuvent s’abonner au Bulletin sur la gestion des urgences en agriculture et fournir de l’information qui pourrait être incluse dans les prochains bulletins en écrivant à aafc.agem-guag.aac@canada.ca.

Responsabilité partagée

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) indique que la gestion des urgences dans le secteur agricole est une responsabilité partagée qui nécessite une étroite collaboration entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les administrations municipales, les intervenants du secteur et les producteurs. La présidente de la FCA, Mary Robinson, souligne que le contexte

d’exploitation dans lequel évoluent les producteurs canadiens ne cesse d’évoluer. Les conditions météorologiques de plus en plus instables, la consolidation et l’intégration soutenues des marchés agroalimentaires et l’évolution rapide de la technologie font qu’il est essentiel d’être capable d’intervenir rapidement et de façon proactive en cas d’urgence, dit-elle. « Une planification stratégique à tous les ordres de gouvernement est essentielle », dit Mme Robinson. Il existe des programmes et des outils de gestion des risques de l’entreprise qui peuvent aider les producteurs à atténuer les impacts des pertes de revenu et de production. Voici trois programmes bien connus : Agri-stabilité offre de l’aide en

cas de repli considérable du marché, Agri-investissement aide les producteurs à faire face à des baisses de revenu, et Agri-protection fournit une protection pour réduire l’impact financier des pertes attribuables à des risques naturels.

En conclusion

Les conditions météorologiques exceptionnelles, les éclosions de maladies et les pannes de courant sont des menaces quotidiennes sur lesquelles les producteurs partout au pays n’ont aucune emprise. Diverses ressources, comme des bulletins d’urgence et des programmes de financement offerts par le gouvernement fédéral, peuvent aider les agriculteurs à atténuer ces risques et à les gérer de façon proactive.


Technique de stérilisation des insectes prometteuse pour la lutte contre un insecte ravageur du poivron de serre JANE ROBINSON

AgInnovation

Les producteurs de poivrons de serre de l’Ontario sont aux prises avec un insecte ravageur très envahissant, mais ils ne disposent que de très peu de moyens de lutte efficaces pour en venir à bout. En effet, le charançon du poivron menace le secteur ontarien du poivron de serre de 420 M$ – une culture à rentabilité élevée qui couvre une superficie d’environ 520 hectares (1285 acres) en Ontario. Une chercheure de l’Université de Guelph, Dre Cynthia Scott-Dupree, met actuellement à l’essai une stratégie de lutte génétique qui pourrait bien apporter aux producteurs un espoir dont ils ont tant besoin. « Le charançon du poivron a commencé à causer d’importantes pertes économiques en Ontario en 2015 », affirme Mme Scott-Dupree, professeure à l’École des sciences de l’environnement et titulaire de la chaire Bayer en matière de lutte antiparasitaire durable. Aucun insecticide efficace contre l’insecte adulte n’existe vraiment, et les dommages directs causés aux poivrons ne sont pas apparents tant que le fruit n’est pas coupé. » Les charançons femelles adultes pondent un seul œuf dans une perforation à la surface du poivron. Après l’éclosion de l’œuf, les larves s’alimentent à l’intérieur du poivron. L’insecte adulte émerge à l’intérieur du fruit, s’y alimente un peu

plus, s’y accouple, puis en sort. Et le cycle recommence. Il y a environ cinq ans, Mme ScottDupree a commencé à travailler à la mise au point d’une technique de stérilisation des insectes (TSI) visant à lutter contre la mineuse s’attaquant aux chrysanthèmes cultivés en Ontario. Bruce Power s’est ensuite adressée à elle au sujet du potentiel d’utilisation du rayonnement gamma comme moyen de lutte contre les insectes nuisibles dans l’agriculture ontarienne. « Je leur ai parlé du problème lié au charançon du poivron, car je savais que les producteurs étaient à court de solutions », dit-elle. La TSI est une technique de stérilisation qui permet de réduire rapidement une population d’insectes ravageurs. Elle a été utilisée avec succès pour lutter contre le carpocapse de la pomme en ColombieBritannique et le ver en vis chez les animaux d’élevage américains. Dans le cas du charançon du poivron, comme les pupes sont irradiées, les insectes mâles en croissance ne produisent pas de sperme viable; toutefois, leur apparence et leur comportement ne sont pas affectés. « Nous voulons que les mâles soient stériles, mais qu’ils se comportent et s’accouplent normalement. C’est l’équilibre magique que nous recherchons », ajoute-t-elle. Si le concept de Mme ScottDupree donne les résultats escomptés, les charançons femelles continueront de pondre leurs œufs à l’extérieur du poivron, mais il n’y aurait pas de galeries ou

Lilian Schaer, AgInnovation Ontario

d’autres dommages aux cultures du fait de la non-éclosion des œufs. « Ce qui est passionnant avec la TSI, c’est qu’il s’agit d’une technique qui s’harmonise parfaitement avec les stratégies de lutte biologique en serre. Les charançons stériles n’auront aucun effet négatif sur tout autre aspect de la culture en serre », affirme Mme Scott-Dupree. Avec l’appui du programme Gryphon’s Leading to Accelerated Adoption of Innovative Research (LAAIR) de l’Université de Guelph, Mme Scott-Dupree concentre ses travaux sur l’établissement de la dose

efficace de rayonnement et sur le perfectionnement d’une méthode d’élevage de masse en milieu artificiel qui permettra de fournir des charançons stériles en nombres suffisants aux producteurs. Le travail s’effectue en équipe, avec des collègues de l’Université de Guelph et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Quant à la commercialisation de la technique, cela se fera dans l’avenir. « Je ne pense pas qu’il sera difficile de trouver une entreprise intéressée par la commercialisation si nous prouvons que concept a du potentiel », conclut-elle.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 juin 2019 - 23


La transition bio, c’est se lancer dans l’inconnu! CLAUDIA GRENIER AGRONOME

Conseillère en grandes cultures biologiques Direction régionale de la Montérégie, secteur Ouest MAPAQ

Michel Vandersmissen est propriétaire d’une entreprise agricole depuis 18 ans. Il exploite un total de 232 hectares. Au printemps 2018, il a fait le grand saut et a consacré 150 hectares de ses terres à la culture biologique. L’année prochaine, il ajoutera 40 hectares de culture biologique. Dans l’entretien qui suit, M. Vandersmissen rend compte de son expérience personnelle relativement à cette première année de « transition bio ».

24 - Jeudi 6 juin 2019 - Gestion et Technologie Agricoles

Entretien avec M. Michel Vandersmissen, producteur de grandes cultures

Pourquoi se convertir au biologique? À côté de l’un de mes champs, ce sont des producteurs bio très expérimentés qui cultivaient et je trouvais ça intéressant. J’ai vu les chiffres, alors, bien évidemment, j’ai été tenté. L’idée me trottait dans la tête et je cultivais déjà un peu de façon raisonnée. Selon moi, la rentabilité de la production de blé biologique est comparable à celle du maïs conventionnel. Avoir un plus grand choix de cultures rentables à commercialiser était très intéressant et je me lassais de faire seulement du maïs et du soya. Je crois que la culture biologique permet aux plus petites entreprises d’augmenter leur rentabilité, sans nécessairement augmenter leur superficie de production, et, en plus, cela convient mieux aux fermes de 100 hectares, étant donné la charge de travail plus importante. Par contre, ce n’est pas que des chiffres, le bio. Ce n’est pas une recette miracle. Quelles sont les étapes que vous avez franchies avant d’entamer cette transition? Avant de se lancer dans le bio, il faut que l’entreprise soit en bonne santé financière. Il faut que l’entreprise ait beaucoup de liquidités, car les deux années de conversion sont longues à traverser. Il ne faut pas se lancer dans le bio pour redresser la santé financière de l’entreprise. Si c’est le cas, on se dirige vers un précipice. Il y a beaucoup d’insécurité durant la transition; on ne sait pas trop à quoi s’attendre comme récolte. C’est se lancer dans l’inconnu! J’ai aussi participé à beaucoup de journées d’information organisées par le CETAB+, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et La Financière agricole du Québec. J’ai aussi posé beaucoup de questions à mes voisins, les frères Dewavrin, mais rien de tel que de faire ses propres erreurs, on apprend plus vite! Vous allez bientôt amorcer votre deuxième année de conversion. Quelles ont été vos plus grandes difficultés? L’année avait super bien commencé, mais je n’ai pas fait la chose la plus importante : l’observation. J’avais la théorie, mais il

Photo Éric Labonté, MAPAQ

faut savoir l’appliquer et l’adapter et agir au besoin. C’est le côté pratique qui m’a manqué. La grosse erreur que j’ai faite est de semer trop tôt dans mes terres loam-sablonneuses. La mauvaise herbe, je ne l’ai pas regardée. Il aurait fallu attendre que la mauvaise herbe germe plus. Les « vrais bio », c’est comme les amoureux de la nature, ils observent beaucoup de choses. Les faux semis ne fonctionnaient pas, parce que la terre n’était pas assez chaude et qu’il n’y a pas eu assez de pluie. Le 15 mai, il est tombé de la pluie, ce qui a déclenché la pousse des mauvaises herbes. C’est correct, mais, au même moment, je commençais les semis, alors qu’il aurait fallu que je débute mon deuxième passage de faux semis. L’année prochaine, avant le 25 mai, je serai plus patient. Mais c’est dur d’être patient quand tout le monde autour de toi travaille! C’est de la sagesse, que ça prend. Il faut attendre, sinon c’est juste un problème que l’on remet à plus tard. Il faut se dire : si je veux travailler moins cet été, il faut que je sois plus patient ce printemps. Quel a été votre plus grand accomplissement? C’est avec un champ de pois de conserverie qui a été semé plus tard, le 10 de juin, que j’ai compris bien des affaires. Pour ce champ, j’ai attendu, j’ai passé un coup de vibroculteur et c’est devenu vert, il n’y avait que du chénopode! Alors là, tu détruis tout, tu es content, parce que tu ne passes pas pour rien! Après ça, le contrôle des mauvaises herbes était plus facile. En fait, j’ai l’impression que 60 % de l’émergence des mauvaises herbes a lieu vers la fin mai. Alors, je peux dire que, pour ce champ, le contrôle des mauvaises

herbes a été une réussite et c’était une fierté. Le champ était beau, jusqu’à la sécheresse. Quels sont vos objectifs de production pour l’année prochaine et, si c’était à refaire, qu’est-ce que vous feriez différemment? Je vais faire des céréales pour diminuer ma charge de travail, car il y a beaucoup moins de sarclage à faire. Le blé talle rapidement, couvre le sol hâtivement, brisant ainsi le cycle de certaines mauvaises herbes. J’aimerais aussi avoir un stagiaire afin de me dégager du travail. Ça fait beaucoup de travail avec l’entretien des équipements et je ne peux pas tout faire. J’avais l’impression l’année passée d’en avoir trop sur les épaules. Je ne faisais pas assez d’observation. La grosse partie du travail, c’est d’observer, marcher dans les champs, et non de suivre un protocole préétabli. L’année dernière, je ne me suis pas concentré à la bonne place. En bio, ce n’est pas l’entrerang le problème, c’est le rang! C’est les deux pouces de chaque côté de la plante et j’aurais dû regarder ça plus attentivement. Je n’ai pas assez porté attention aux profondeurs des semis, je sème toujours un peu trop creux. Dans certains champs, après cinq jours, j’avais 60 % du soya qui était levé et le restant était encore en terre. Là, ça part en catastrophe; tu ne peux pas passer le peigne, sinon tu arraches les petits. Donc, tu perds trois ou quatre jours à attendre, mais la mauvaise herbe, elle, elle part! La levée, c’est super important : il faut avoir une levée égale pour passer le peigne le plus rapidement possible. Aussi, j’ai appris à faire la différence entre la théorie et la pratique. Dans les livres sur le bio, il

n’est pas recommandé de passer le peigne dans les stades cotylédons. Mais, en pratique, il faut faire des essais. L’auteure remercie M. Vandersmissen pour son temps et sa grande générosité. Comme bien d’autres producteurs qui ont fait la transition vers le biologique, M. Vandersmissen soutient que la transition doit se planifier. Les terres doivent être en bonne condition, soit bien drainées et bien nivelées – des investissements qui sont souvent oubliés. La transition vers le biologique implique également l’achat de nouveaux équipements. Il est important de se préparer et il ne faut pas attendre à la dernière minute. M. Vandersmissen a déposé des demandes d’aide financière pour l’achat d’équipements de désherbage mécanique. Notons que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a mis sur pied différents programmes d’aide financière à l’intention des producteurs agricoles. Ce qu’on retient des propos de M. Vandersmissen, c’est que la transition vers le biologique entraîne énormément de changements. Cette décision ne peut pas uniquement reposer sur le coût de production. Il faut y mettre du temps, faire preuve de persévérance et, surtout, de résilience. C’est difficile de regarder ses champs dont le contrôle des mauvaises herbes est un échec et ne pouvoir rien n’y faire. La conversion requiert aussi beaucoup de patience de la part du producteur. Même s’il aurait aimé en apprendre moins la première année, M. Vandersmissen a tout de même convenu qu’il valait mieux apprendre au début, pour mieux performer après.


De la ferme à votre assiette, des façons de s’approvisionner localement Kiosques à la ferme

KATHERINE DUCHARME Conseillère en agrotourisme et en commercialisation Direction régionale de la Montérégie, secteur Est MAPAQ

MOHAMMED ADLI Conseiller en agrotourisme et en commercialisation Direction régionale de la Montérégie, secteur Ouest MAPAQ

L’été approche à grands pas et avec lui arrive le temps de s’approvisionner en produits frais et locaux. Étant donné l’impressionnant bassin d’entreprises agricoles dans la région, il est plutôt facile de trouver à proximité ce que l’on cherche. Qu’il s’agisse de légumes, de petits fruits, de produits du terroir ou de boissons alcoolisées, les producteurs vous attendent tout au long de l’été. Marchés publics et kiosques maraîchers se donnent comme mission de vous faire découvrir des produits de qualité à quelques kilomètres de chez vous. En effet, beaucoup d’entreprises ont opté pour la vente en circuit court : il ne vous reste plus qu’à les découvrir!

Marchés publics

Pour la saison de 2019, on compte tout près de 30 marchés publics en Montérégie. De Hudson à Granby, en passant par Saint-Jean-sur-Richelieu et Farnham, ces marchés permettent de s’approvisionner tout en soutenant l’agriculture de la région. Certains d’entre eux proposent une étonnante variété de produits tels des fruits, des légumes, des viandes de toutes sortes, du pain, du fromage et plus encore. Il est même possible de faire une épicerie complète dans quelques-uns de ces marchés publics. En plus de faire de merveilleuses trouvailles, ils permettent d’avoir un contact direct et privilégié avec le producteur.

Au fil de la saison, les producteurs mettent à profit les kiosques à la ferme pour vendre les fruits de leurs récoltes. Dès la mi-mai, certains proposeront leurs magnifiques asperges pour laisser place par la suite aux concombres, aux fraises, aux bleuets, aux poivrons et à bien d’autres fruits et légumes. La Montérégie comptant 816 kiosques à la ferme, il est bien peu probable que vous n’en croisiez pas un cet été! De plus, il est impossible d’avoir des produits plus frais qu’en se les procurant au kiosque à la ferme ou, encore, en les cueillant soi-même. Dans la région, il y a presque 250 entreprises agricoles qui vous offrent cette possibilité.

Réseau des fermiers de famille

Durant la période estivale en Montérégie, ce sont 26 fermes qui proposent, sous forme de paniers, leurs légumes biologiques. Coordonné par Équiterre, le réseau des fermiers de famille permet aux consommateurs de se procurer des légumes biologiques chaque semaine à l’un des points de distribution situés sur le territoire montérégien. Mettant à profit la formule de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC), le réseau mise en 2019 sur un partenariat avec près de 20 000 familles québécoises et néo-brunswickoises, pour leur offrir chaque semaine des produits variés et frais. Simple, efficace et écologique, l’ASC permet aussi aux entreprises qui le souhaitent et qui le peuvent de vendre leurs paniers biologiques… l’hiver! Pour consulter la liste des points de distribution ou pour connaître les fermes faisant partie du réseau des fermiers de famille, consultez le site Internet equiterre.org.

Marchés virtuels

Encore peu connus, les marchés virtuels donnent la possibilité d’acheter des produits locaux dans le confort de son salon. Été comme hiver, on peut y trouver des mets préparés, des fruits, des légumes, des produits transformés et même du chocolat. Quel est le point commun de tous ces aliments? Ils sont fabriqués dans un esprit de développement durable et écologique. Tout comme

Photo Éric Labonté, MAPAQ

les paniers de légumes biologiques, la commande est livrée à des points de chute qui sont déterminés chaque semaine. Il existe tout près d’une quinzaine de marchés virtuels sur le territoire montérégien. Étonnant, non?

Routes et circuits agrotouristiques

Les circuits et les routes agrotouristiques de la Montérégie sont l’occasion de s’adonner à des activités estivales selon une formule peu compliquée. On peut y consacrer une demi-journée, une journée complète, voire toute une fin de semaine. La journée même, vous pouvez décider de partir à la découverte de votre région, de goûter des produits du terroir aussi frais qu’authentiques, de plonger dans des histoires riches et étonnantes ou de rencontrer des producteurs et des artisans passionnés. Ces circuits vous conduiront à la découverte de produits

uniques à travers les paysages champêtres et bucoliques de la Montérégie. De nombreux produits et services s’offrent à vous : • L’autocueillette de petits fruits, de pommes et de citrouilles; • Des tours guidés de vignobles, de cidreries, de fromageries, de charcuteries, de brasseries artisanales, de mielleries et d’hydromelleries; • Des visites de fermes aux élevages diversifiés, de lavandières, et plus encore. Apprenez-en davantage sur les circuits et les routes agrotouristiques et gastronomiques de la Montérégie : http://lecircuitdupaysan.com/ et https://gardemangerduquebec.ca/circuits/. Force est de constater que les possibilités d’approvisionnement sont nombreuses en Montérégie durant la saison estivale. N’hésitez pas à rechercher les produits et les aliments d’ici!

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Richard Lauzier, le 30 avril dernier à l’âge de 67 ans. Nous désirons lui rendre hommage en publiant quelques lignes sur son engagement marqué en recherche et auprès des producteurs agricoles pour témoigner de toute l’appréciation et le plaisir que nous avons eu à côtoyer cet homme.

producteurs agricoles du milieu pour mettre en place des projets concrets d’amélioration de la conservation des sols et de l’eau par différentes pratiques et aménagements. D’ailleurs, son travail exemplaire et son implication ont étés soulignés par l’Ordre des agronomes du Québec qui lui a remis en 2008 la Médaille de distinction agronomique.

De 1995 jusqu’à son départ à la retraite en 2014, Richard s’est démarqué comme agronome du bureau de renseignements agricole de Bedford où il a été reconnu pour son engagement contagieux dans l’amélioration de la qualité de l’eau en milieu agricole et la protection des cours d’eau. Il y a aussi favorisé la mise en place de projets de recherche et la vulgarisation des résultats auprès de la clientèle.

Nos pensées vont à la famille de Richard.

La réduction des apports en phosphore vers la Baie Missisquoi étant un enjeu majeur dans ce coin de la Montérégie, Richard s’est associé aux

L’équipe des Directions régionales de la Montérégie-Est et de la Montérégie-Ouest Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 juin 2019 - 25

HOMMAGE À RICHARD LAUZIER


La Financière agricole dresse son bilan annuel dans la région de la Montérégie La Financière agricole du Québec a dévoilé récemment le bilan 2017-2018 de ses activités en matière de financement, d’assurance et de protection du revenu auprès des entreprises agricoles de la région de la Montérégie. Ces informations découlent du rapport annuel pour l’exercice financier s’étant terminé le 31 mars 2018.

Des programmes de financement au service des entreprises agricoles et forestières

• 377,7 M$ en garanties de prêts • 377,6 M$ aux producteurs agricoles, dont 270 M$ à des entreprises laitières et céréalières • 148 000 $ aux producteurs forestiers • 159 projets admissibles à une subvention à l’investissement

Une aide financière directe et adaptée à la réalité des jeunes de la relève pour des projets structurants

• 89 relèves • 2,4 M$ • Tarifications avantageuses en financement et au Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA)

Des programmes d’assurance et de protection du revenu diversifiés et avantageux

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• Plus de 80 M$ versés aux producteurs

dans le cadre des programmes d’assurance et de protection du revenu couvrant la plupart des risques auxquels font face les entreprises agricoles - Assurance récolte (ASREC) (saison 2017) • 3000 clients assurés • Indemnités totales de 13,8 M$, dont 6,9 M$ pour les cultures légumières • Indemnités de 6,5 M$ pour les cultures affectées par la grêle - Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) • 1497 clients assurés • Compensations de 5,9 M$, principalement pour le produit céréales et canola - Agri-stabilité • 3920 participants • Paiements de 10,1 M$ - Agri-Québec Plus • 3419 participants • Paiements de 2,7 M$ - Agri-investissement • 4620 participants • Contributions gouvernementales de 12,2 M$

- Agri-Québec • 4134 participants • Contributions gouvernemen tales de 35,6 M$ • Initiative Canada-Québec d’aide aux entreprises agricoles affectées par des épisodes exceptionnels de grêle en 2017 • 192 participants • Aide de 6 M$ « Le gouvernement veille à la pérennité et à la stabilité des entreprises du secteur agricole et agroalimentaire, notamment par les programmes et services de La Financière agricole du Québec qui y contribuent assurément. Ce

sont des outils prometteurs pour l’avenir de nos agriculteurs », a souligné André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. « Nos programmes favorisent le développement et la stabilité de plus de 24 000 entreprises agricoles et forestières québécoises réparties dans toutes les régions du Québec. Nos conseillers sont dévoués, à l’écoute et ils ont à cœur la réussite des entrepreneurs », a ajouté Sonia Simard, directrice territoriale, centre de services de Saint-Hyacinthe. La Financière agricole du Québec offre des produits et des services en matière de financement, d’assurance et de protection du revenu pour plus de 24 000 entreprises agricoles et forestières québécoises.


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