Gestion et technologie agricoles

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CULTIVER L A Pla R Oréussite MOTION DE L’A G R I C U LT U R E E N MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

CULTIVER la réussite

Jeudi 10 mars 2022 | Volume | Volume 47 44 | 3 e Numéro | 2 e Numéro

ACÉRICULTURE

Laissez la saveur de l’érable vous inspirer

Aussi dans cette édition : La saison des sucres est lancée.....p. 10 L’importance du drainage souterrain ........................................p. 15 La flaveur du sirop d’érable.............p. 21


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L A P R O M O T I O N D E L’A G R I C U LT U R E E N M O N T É R É G I E E T A U C E N T R E - D U - Q U É B E C

ÉRABLIÈRE CHARBONNEAU - MONT-SAINT-GRÉGOIRE

Les sucres comme mode de vie Eliane TREMBLAY-MOREAU GTA

Ayant grandi dans le verger de ses parents et dans la cabane à sucre qu’ils ont louée pendant une dizaine d’années, Mélanie Charbonneau était destinée à posséder sa propre cabane à sucre. Ses parents, Denis et Claudine Charbonneau, se sont d’ailleurs rencontrés dans une cabane à sucre.

En 2004, la famille Charbonneau a acheté une cabane à sucre sur les flancs du mont Saint-Grégoire qui était aussi un terrain de camping. Après de nombreuses rénovations, l’Érablière Charbonneau a ouvert ses portes en 2006. « Entailler les érables, évaporer l’eau d’érable, cuisiner, recevoir des convives, j’aime tout du temps des sucres. Depuis que je suis toute petite, je savais que j’allais faire ça comme métier. C’est vraiment ma passion », mentionne la propriétaire Mélanie Charbonneau. C’est en 2014 qu’elle et son conjoint, Alexandre Jourdain, ont fait l’acquisition de l’érablière. Avec ses 4000 entailles, l’Érablière Charbonneau est unique. L’eau

L’Érablière Charbonneau se situe à Mont-Saint-Grégoire. Photos François Larivière | Le Courrier ©

d’érable est entièrement recueillie à la chaudière. Dans une ambiance chaleureuse d’un chalet de bois ronds, l’Érablière Charbonneau propose un vaste menu composé de recettes maisons telles que tourtière, ragoût de boulettes, saucisse à l’érable, omelette au four, grillades de lard et crêpes accompagnées de jus de pommes et autres breuvages concoctés au verger de la famille. Le bâtiment peut accueillir près de 300 personnes simultanément. En mars 2020, l’obligation de cesser leurs activités a pris de court les propriétaires. Ils avaient donc décidé de donner les aliments périssables à la population.

Activités à faire sur le site

ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Eliane Tremblay-Moreau CONTRÔLEUR : Monique Laliberté

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ ET PRODUCTION : Guillaume Bédard PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Michel Bienvenue Manon Brasseur Candy Corriveau Luc Desrosiers Isabelle St-Sauveur

DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

journalgta.ca

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TÉL. : TÉLÉCOPIEUR : SITE WEB : COURRIEL :

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Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.

Publié 12 fois par année par DBC Communications inc. 655, avenue Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 5G4

La pandémie a poussé plusieurs cabanes à sucre à se réinventer. « Nous avons participé à Ma cabane à la maison. Ce fut un succès. Les gens pouvaient venir chercher leur boite-repas directement sur l’érablière, mais nous voulions proposer un menu de cantine pour ceux qui désiraient participer aux autres activités que le repas de cabane. Nous avons créé une recette de poutine réinventée en lui donnant une touche d’érable. Il y a également de la soupe aux pois, du chili et d’autres produits qui se manger bien en take-out », souligne Mélanie Charbonneau. L’Érablière Charbonneau est un très bel endroit pour célébrer l’arrivée du printemps. www.erablierecharbonneau.qc.ca

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Imprimé par Imprimerie Transcontinental SENC division Transmag, 10807, rue Mira­beau, Ville d’Anjou Québec H1J 1T7. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Copyright® Tous droits réservés sur les textes et les photos. Les articles sont la responsabilité exclusive des auteurs. Prix d’abonnement : 1 an (taxes incluses)...............3500$ Poste publication - convention : PP40051633

Une cantine pour les fringales

Merci de recycler ce journal.

Prochaine édition 7 avril

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Mélanie Charbonneau et sa sculpture d’ours qu’elle a fait faire par un artiste québécois.

L’Érablière Charbonneau est ouverte à l’année. Il est possible de se promener sur un sentier pédestre dans la petite montérégienne, il y a des aires de jeux extérieurs pour les enfants et une miniferme est présente de mars à octobre. L’érablière est aussi à proximité du parcours aventure Arbraska. « Nous avons une boutique ouverte à l’année où nous vendons différents produits de l’érable, mais aussi des produits des entreprises de la région. Il y a du miel, de l’alcool, des produits surgelés, des bonbons, etc. Il y a aussi une boutique

souvenir où les gens peuvent se procurer différents objets à l’effigie de l’Érablière Charbonneau. Il est possible de commander des repas et des accompagnement à partir de notre boutique en ligne », indique Mélanie Charbonneau. Le site peut également héberger une vingtaine de campeurs pendant l’été. Il est aussi possible d’y organiser des réceptions telles que les baptêmes, les mariages et les fêtes diverses.


ÉRABLIÈRE MONT-ROUGE - ROUGEMONT

Une cabane à sucre authentique Eliane TREMBLAY-MOREAU

GTA

Philippe et Marjolaine Beauregard ont l’agriculture dans le sang. Les propriétaires du Potager Mont-Rouge Halte gourmande ont acquis l’Érablière Mont-Rouge en 2021. Le frère et la sœur avaient pour mission d’assurer la continuité de la cabane et de lui donner une vocation quatre saisons. L’Érablière Mont-Rouge est active depuis 1891. Au cours des décennies, elle est devenue un lieu de rassemblement incontournable dans la région. Elle a accueilli des familles, des groupes et des

amis pour venir déguster ses délicieux produits de l’érable dans une ambiance festive. « Nous sommes partis de zéro. Nous n’avions aucune connaissance dans le domaine acéricole. Nous trouvions qu’il manquait cette corde à notre arc. Nous avons eu l’opportunité et nous sommes sautés dessus », explique le copropriétaire Philippe Beauregard. L’ancien propriétaire des 25 dernières années, Fernand Paquette, reste pour transmettre son savoir et pour aider. Sa présence à la cabane permet aux nouveaux propriétaires d’apprendre tout le processus de la gestion et de la transformation.

Préserver l’identité de la cabane

L’Érablière de 5000 entailles avait autrefois une cabane à sucre où les gens pouvaient déguster un repas traditionnel. Bien qu’elle ait changé de vocation, les propriétaires souhaitent garder l’âme de la place ainsi que préserver son identité familiale, rassembleuse et rustique. La cabane est utilisée comme boutique où il est possible de se procurer différents produits d’érable concoctés par Marjolaine et Philippe Beauregard tels que des beignes aux patates, la tire d’érable, du chocolat, la vinaigrette, sans oublier le fameux sirop d’érable. Ils sont également offerts dans différents points de vente.

Tire-toé une bûche!

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La cabane à sucre a été construite dans les années 1920. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Pour inciter les gens à venir à la cabane, les propriétaires ont organisé l’an passé le forfait Tire-toé une bûche! chaque fin de semaine de la saison. Puisqu’il en faut peu pour être heureux, il suffit d’avoir quelques bûches, un feu de camp, des guimauves et une ambiance festive pour profiter des joies du temps des sucres. Avec le succès rencontré la saison passée, l’activité est de retour cette année. « Les gens peuvent réserver leur place pour deux heures. En 2021, nous avons accueilli jusqu’à 700 personnes par jour de fin de semaine. Ça a été très populaire. Cette année, nous aimerions organiser des méchouis pour offrir quelque chose à manger », indique Philippe Beauregard. À l’occasion de Pâques, une chasse aux cocos de Pâques est organisée. Les

Philippe Beauregard termine son MBA l’Université Laval.Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

enfants cherchent des œufs en chocolat qui sont cachés dans des chaudières accrochées aux arbres. La famille Beauregard a des idées plein la tête quant à l’avenir de l’Érablière Mont-Rouge. Toutes dans l’objectif de mettre en valeur la richesse de la nature. « C’est fou le sirop d’érable. Ça part de l’eau d’érable et en la faisant bouillir, ça devient un sirop. Ce phénomène me fascine. On se souhaite une bonne saison », conclut Philippe Beauregard, qui attend la venue de ses jumeaux à la fin de la saison des sucres. www.erablieremont-rouge.ca


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MA CABANE À LA MAISON

L’expérience de la cabane à sucre à la maison Eliane TREMBLAY-MOREAU

GTA

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Ma cabane à la maison est de retour pour une deuxième saison et près de 50 érablières participantes offrent des boîtes gourmandes. Ma cabane à la maison est l’initiative de Stéphanie Laurin, qui est présidente de l’Association des cabanes à sucre du Québec et copropriétaire du Chalet des érables à Sainte-Anne-des-Plaines. L’Association a commencé en février 2021 dans le but d’assurer la survie des cabanes à sucre, alors qu’elles ne pouvaient pas accueillir de gens en pandémie. L’initiative propose des boîtes-repas, à partir de 30 $ par personne. Chaque cabane à sucre participante met de l’avant son menu, composé de ses recettes originales concoctées avec amour. Les boîtes-repas commandées peuvent être récupérées à la cabane à sucre ou chez Metro. Certaines érablières livrent à domicile. « Tout a commencé par une idée simple, mais ambitieuse. Si on se mobilisait, à l’échelle de la province, pour venir en aide aux cabanes à sucre du Québec et qu’on unissait nos forces pour sauver ce riche pan de notre patrimoine, heurté de plein fouet par la pandémie? Et si on permettait aux Québécois de vivre la saison des sucres dans le confort de leur foyer? Quelques mois et partenaires plus tard, nous avons pu lancer cette initiative rassembleuse qui fait autant le bonheur des becs sucrés que des érablières », explique Mme Laurin.

Pour sa première édition, plus de 500 000 repas ont été distribués et l’initiative a généré des retombées économiques de plus de 11,5 millions de dollars dans les régions du Québec.

Une nouvelle saison

Au départ, Ma cabane à la maison était une solution temporaire pour survivre à la pandémie. « En raison du succès de l’année précédente et puisqu’on ne pouvait pas garantir que les salles à manger pourraient ouvrir pendant la saison, nous avons démarré une deuxième année. Les gens ont beaucoup aimé vivre l’expérience de la cabane à sucre à la maison en famille. Ils n’ont qu’à mettre de la musique traditionnelle, se mettre une chemise à carreaux et faire de la tire sur la neige dans leur cour », dit Stéphanie Laurin en riant. Cette année, certaines cabanes à sucre ont opté pour la boîte-repas, malgré la possibilité d’accueillir des gens. Selon Mme Laurin, le tiers d’entre elles vont ouvrir leur salle à manger uniquement, le tiers ne va que préparer des boîtes-repas et le tiers fonctionnera en mode hybride. Plusieurs cabanes à sucre ont élargi leur éventail de repas. On y retrouve une offre plus diversifiée.

lement pour les entreprises, il sera désormais possible de commander pour des grands groupes dans le cadre d’événements commerciaux qu’ils soient virtuels ou en présentiel. « Nous savons que plusieurs entreprises organisent des partys de bureau dans les cabanes à sucre. Cette année, ce sera plus difficile puisque nous ne pouvons ouvrir qu’à 50 % de capacité et que la

main-d’œuvre se fait rare. C’est une solution qui devrait plaire à tous », souligne Stéphanie Laurin. Tous les achats de boîtes gourmandes se font directement sur les boutiques en ligne des cabanes à sucre, accessibles via la plateforme commune macabanealamaison.com. La saison se terminera le 23 avril.

Ma cabane au boulot

Une nouveauté s’ajoute cette année. Les grandes tablées pourront également commander des boîtes-repas. Grâce à un volet commercial développé spécia-

Les boîtes-repas contiennent tout le nécessaire pour créer l’ambiance de la cabane à sucre à la maison. Photo gracieuseté


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COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE DE LA MONTÉRÉGIE

La formation en acériculture, de tout pour tous Martin, tel, : 819-758-6401, poste 2702, gmartin@formationagricole.com.

En Montérégie KARINA SALAZAR,

Répondante en formation agricole

Les collectifs régionaux en formation agricole offrent des formations dans nombreux domaines. L’acériculture est un des sujets le plus populaires, avec près de 1174 personnes qui ont pris part à des cours l’année dernière. Avec la complexification de l’industrie et l’apparition de nouvelles technologies, les producteurs ont compris l’importance de maximiser le rendement de l’entreprise. Dans ce contexte, l’acquisition de nouvelles connaissances devient primordiale afin de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Au Centre-du-Québec, une offre de cours exceptionnelle!

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L’offre de cours est variée chaque année, comme les grands classiques (les cours sur l’entaillage et l’évaporation de l’eau d’érable) reviennent chaque année. Parmi les nouveautés ; mise à jour sur la tubulure et la vacuum, production de sirop d’érable biologique et utilisation de la sertisseuse se sont démarquées. Pour être prévenu en premier du calendrier de formation, vous pouvez laisser vos coordonnées à votre répondante en formation agricole, Guylaine

La saison de formation a connu un grand succès seul le cours Utilisation du GPS dans l’érablière sera offert le 28 mai prochain. Vous pouvez vous inscrire directement sur le site www.uplus.upa.qc.ca.

Pour les nouveaux producteurs

Le 15 décembre dernier, les producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont émis plus de 7 millions de nouvelles entailles dans l’ensemble de la province. Cette émission a fait en sorte que l’on retrouve maintenant 211 nouveaux producteurs acéricoles en Montérégie-Est et 66 en Montérégie-Ouest. N’oubliez pas que les deux syndicats de la région collaborent pour offrir des formations sur mesure à leurs producteurs. N’hésitez pas à communiquer avec les syndicats en question pour leur proposer des formations qui répondent à vos besoins. En décembre prochain, un cours de qualité du sirop sera notamment offert dans les deux régions. À surveiller.

ABATTAGE D’ARBRE SÉCURITAIRE – CERTIFIÉE CNESST

Cette formation est obligatoire pour les personnes qui font de l’abattage manuel d’arbres et qui sont assujetties à la CNESST Elle couvre les sujets suivants : • L’équipement de protection indivi-

duelle, l’entretien de la scie et les techniques d’affûtage. • Les techniques de travail sécuritaires pour abattre les arbres résineux ou feuillus. • L’ébranchage et le tronçon des arbres.

Les formations sont données sous une forme hybride. La CNESST accorde aux employeurs qui soient producteurs agricoles ou producteurs forestiers une subvention à la réussite de la formation.


COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE CENTRE-DU-QUÉBEC

Ça va donner un grand coup GUYLAINE MARTIN AGR.

Répondante en formation agricole

L’ajout de 7 millions d’entailles supplémentaires mènera à la création de 1 300 nouvelles entreprises acéricoles. Voilà beaucoup d’intéressés potentiels pour les formations en acériculture! Conseils de vos répondantes en formation agricole, si vous voyez passer une formation qui vous intéresse, inscrivez-vous sans tarder! Agricarrières a eu la bonne idée de développer une formation en ligne en collaboration avec le Centre Acer. La formation «Débuter en acériculture » est justement destinée aux nouveaux acériculteurs. La formation peut être suivie en tout temps. Le participant peut retourner sur la plate-forme de formation autant de fois qu’il le souhaite. Quatre yeux peuvent même regarder l’écran… Au risque de subir de petites critiques, le Centre Acer a ajouté une formation en mars parce que les besoins sont tellement grands. Lise Lessard attend les intéressés le 11 mars, en ligne, pour la formation « Utilisation et calibration des instruments de mesure utilisés en acériculture ». Le bon sirop s’obtient en prenant des mesures tout au long de sa préparation : densité, degré Brix, taux de sucre,

température, transmittance, etc. Des instruments servent à prendre ces mesures. Encore faut-il qu’ils soient bien calibrés. Cela s’apprend. Il faut rester attentif, car il y a une offre de formation après la saison des sucres en mai et en juin. Par exemple, le 3 juin,

Parcours Formation organise la formation « Aménagement acérico-forestier ». Cette formation donne des notions de sylviculture pour avoir une érablière saine ayant une bonne croissance. L’offre de formation en acériculture se retrouve sur U+ uplus.upa.qc.ca .

Vous pouvez également contactez votre répondante en formation agricole, pour la Montérégie, Karina Salazar, tél. : 450 4545115, poste 6288 ou ksalazar@upa.qc.ca, pour le Centre-du-Québec, Guylaine Martin, tél. : 819 758-6401 poste 2702, gmartin@formationagricole.com

Le Centre Acer donne une formation sur la calibration des instruments de mesure en acériculture. Photo: Centre Acer

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LES PRODUCTEURS ET PRODUCTRICES ACÉRICOLES DU QUÉBEC

L’acériculture au Québec, en pleine expansion L’acériculture est un domaine en pleine croissance au Québec. Il est formé de 13 300 acériculteurs et acéricultrices, réparti au sein de 8000 entreprises acéricoles. Tous ensemble, ils réalisent près de 57 millions d’entailles pour répondre à la demande des différents marchés, ici et à l’international. En 2021, la production s’est élevée à 133 millions de livres de sirop d’érable. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) donnent le coup d’envoi à la saison des sucres 2022, sous le thème « L’acériculture au Québec, en

pleine expansion ». En effet, la filière acéricole québécoise se réjouit d’une forte hausse de la demande en produits d’érable. L’année 2021 a été l’occasion de tout mettre en œuvre pour permettre à notre industrie de continuer à croître et à produire encore davantage de sirop d’érable : ajout d’entailles, nouveaux acériculteurs et planification de la construction d’espace d’entreposage supplémentaire pour mettre le sirop d’érable en réserve. En 2022, tout est en place pour récolter et entreposer ce produit tant prisé. Que le sirop coule à flots !

Ajout d’entailles

Découlant d’une décision du conseil d’administration des PPAQ et de la décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ), les PPAQ ont octroyé 7 millions de nouvelles entailles en décembre dernier. Ainsi, 2,9 millions d’entailles ont été distribuées pour des projets de démarrage de nouvelles érablières et 3,7 millions d’entailles, pour des projets d’agrandissement d’érablières déjà existantes. Du 7 millions, 5 % des entailles ont été réservées pour distribution en terres publiques, comme le prévoit le Règlement sur le contingentement des producteurs et productrices acéricoles. La totalité des entailles émises sera en production d’ici 2023.

Le portrait de la Montérégie

Avant l’émission des nouvelles entailles, la Montérégie comptait 566 producteurs acéricoles possédant plus de 3,2 millions d’entailles. À ce portrait s’ajoutent 211 nouveaux producteurs en Montérégie-Est répartis dans 85 municipalités avec plus de 500 000 nouvelles entailles.

Plus d’acériculteurs et d’acéricultrices

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Photo : PPAQ

Les projets de démarrage gagnants ont ainsi permis à un peu plus de 1200 nouvelles entreprises, soit 2000 nouveaux producteurs et productrices acéricoles, d’intégrer la grande famille des PPAQ. Dès la présente saison des sucres, cer-

tains d’entre eux sont déjà à pied d’œuvre afin de produire notre précieux sirop d’érable, contribuant ainsi à la vitalité économique de la province répartie en 12 régions acéricoles. Ils ont jusqu’en 2023 pour s’installer.

Réserve : construction d’un 2e entrepôt

Afin de soutenir l’augmentation des ventes et des exportations, qui avoisinent les 20 % depuis deux ans, la nécessité de prévoir des espaces de stockage suffisants pour les prochaines années est dans la mire des PPAQ. Tout comme le besoin de renflouer la réserve stratégique mondiale de sirop d’érable située à Laurierville, dans le Centre-du-Québec. C’est pourquoi les travaux de construction d’un second entrepôt devraient débuter ce printemps. Ces activités sont en phase avec la planification stratégique des PPAQ, qui prévoient atteindre des ventes de 185 millions de livres de sirop d’érable par an d’ici 2023. « L’acériculture est en expansion, c’est le cas de le dire! Nous sommes très heureux de compter maintenant 8000 entreprises et 13 300 producteurs et productrices acéricoles pour nous permettre de répondre à la demande sans cesse grandissante de sirop d’érable, ici et dans plus de 60 pays. Nous espérons que dame Nature fera preuve de générosité et qu’elle nous offrira une bonne coulée. Bonne saison 2022 à tous ! », a déclaré Serge Beaulieu, président des PPAQ.


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L’heure des choix en organisation du travail SANDRA DAGENAIS,

Conseillère en économie et gestion et en relève et établissement, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Vous arrive-t-il de dire ou d’entendre de la part de vos collègues les phrases suivantes? La gestion de tel dossier ou de tel programme prend de plus en plus de temps. Malgré les heures supplémentaires, je n’arrive plus à prendre le dessus sur le travail. La paperasse administrative est de plus en plus importante et compliquée à gérer, et je n’ai plus de temps pour autre chose. Je manque de temps pour tout faire! Quels que soient le milieu de travail ou les responsabilités de chacun, certains se sentent ensevelis sous leurs tâches. Rapidement, ceux-ci peuvent éprouver un sentiment d’inefficacité ou d’incompétence qui influence leur estime personnelle, ou même vivre un épuisement professionnel. Il y a quelques années, embaucher une personne-ressource supplémentaire aurait été la solution la plus simple. Cependant, la pénurie de main-d’œuvre que nous connaissons actuellement modifie considérablement les options qui s’offrent à nous, et ce, peu importe le secteur d’activité dans lequel nous évoluons. Dans cette situation, nous devons être imaginatifs et trouver d’autres solutions que l’embauche de nouvelles personnesressources. Certains diraient qu’il faut « penser à l’extérieur de la boîte » ou encore qu’il faut changer nos paradigmes pour faire les choses autrement. Il est également possible d’améliorer nos façons de faire par un ensemble de petits gestes. Voici quelques pistes de réflexion pour maximiser les heures consacrées au travail et nous redonner un sentiment d’efficacité et d’efficience et du plaisir à travailler.

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Les demandes récurrentes

Vous avez souvent le même genre de demandes de la part de vos collaborateurs, de vos clients et de vos fournisseurs? Avez-vous pensé à faire un gabarit de réponse dans lequel vous n’auriez que quelques modifications à faire avant de répondre? Vous pourriez même inclure des liens hypertextes au besoin pour ajouter des références supplémentaires. Cette astuce est parfaite pour les courriels, mais aussi pour les ordres du jour ou les comptes rendus de réunion, et même pour une trousse d’accueil des nouveaux employés, par exemple.

La gestion des priorités

Il est primordial de faire la distinction entre ce qui est urgent, important, obligatoire, utile, etc. et ce qui l’est moins afin de bien prioriser nos actions et leur séquence de réalisation. Peut-être aurezvous la surprise de réaliser que vous faites certaines tâches par habitude ou en

double et qu’elles n’ont pas la valeur ajoutée escomptée. Cette prise de conscience concernant certaines actions peu importantes ou peu urgentes pourrait vous permettre de dégager du temps pour autre chose.

La délégation efficace

Quelqu’un de votre équipe a plus de temps libre ou souhaite relever de nouveaux défis? C’est assurément une occasion en or de déléguer certaines de vos tâches à cette personne, si celle-ci a la capacité de les effectuer. Vous devrez bien sûr rester attentif à certains facteurs. Réfléchissez bien à ce que vous souhaitez déléguer, car certaines tâches s’y prêtent moins bien. Dès qu’une tâche possède un enjeu politique, de vision, de mission ou de valeur d’entreprise, vous devriez la garder pour vous afin de conserver un certain contrôle sur ces aspects de l’organisation. Gardez à l’esprit qu’il est aussi important de déléguer des dossiers intéressants et motivants, pas seulement ceux que vous n’aimez pas faire. Déléguez le résultat attendu et non le cheminement souhaité pour y arriver. Ce sera plus motivant pour celui qui reprendra le dossier, car il s’investira à sa façon. Vous pouvez également faire des suivis réguliers avec cette personne pour vous assurer que tout va bien. Si ce processus vous insécurise, commencez par de petites tâches, cela vous permettra de gagner en confiance.

Je suis en mesure d’ignorer les grugeurs de temps : réseaux sociaux, discussions de corridor, réunions improductives, etc. C’est facile d’allonger une pause ou de prendre des messages personnels sur votre temps de travail. Quelques minutes au quotidien peuvent faire une réelle différence à la fin du mois lorsqu’on y pense. J’ai appris à dire non gentiment aux demandes où mon aide n’aurait aucune valeur ajoutée. Vous ne pouvez pas être partout. Faites une sélection avisée de vos implications. Je réalise une seule tâche à la fois. C’est un défi de tous les instants, car le rythme du travail est effréné, et nous sommes continuellement stimulés. Gérer plusieurs dossiers en même temps peut donner un sentiment d’inefficacité et ralentir la réalisation des tâches qui s’effectuent moins rapidement lorsque vous butinez sans cesse de l’une à l’autre. Mieux vaut vous concentrer sur un dossier à la fois et le terminer avant d’en commencer un autre.

La gestion du temps

Ce volet à lui seul pourrait faire l’objet de l’article entier. Que répondriez-vous à ces affirmations? J’utilise un agenda papier ou électronique au quotidien. Bravo, c’est le début d’une bonne organisation du travail. Il faut toutefois vous assurer de maximiser l’utilisation de cet outil avec les onglets de réunions, de tâches, de rappels, etc. Surtout, n’oubliez pas de prévoir du temps pour les imprévus et de bien évaluer le temps à consacrer à chaque dossier. Je planifie bien ma semaine ou mon mois de travail. Pour certains, la planification est une perte de temps, car ils n’ont pas l’impression de travailler. Pourtant, c’est une excellente façon de bien organiser et de prioriser notre temps de travail. Vous verrez mieux les échéanciers et serez mieux préparés à y faire face. Vous gagnerez en efficacité. Je réserve des plages horaires fixes pour répondre aux courriels et faire les retours d’appels. Vous serez plus efficace si vous effectuez ces tâches par bloc qu’à la pièce, car vous devrez laisser en plan ce que vous faites pour y revenir par la suite. Bien sûr, s’il y a une urgence, il faut vous en occuper rapidement, mais est-ce toujours le cas? Mes tâches sont réparties selon mon niveau d’efficacité dans la journée. Par exemple, si vous êtes plus efficace le matin, attaquez-vous aux mandats plus corsés ou qui vous stimulent un peu moins. Les tâches demandant moins de concentration peuvent facilement se faire à un moment où votre énergie baisse.

Photo : Pexels

Des solutions personnalisées

Si vous souhaitez approfondir ces éléments avec des professionnels pour maximiser votre prestation de travail, c’est possible grâce au Programme servicesconseils. Les consultants du domaine d’intervention en gestion et soutien aux gestionnaires du Réseau Agriconseils pourront vous accompagner dans l’amélioration de la productivité et de la structure organisationnelle et décisionnelle de votre entreprise. À partir d’un diagnostic de vos façons de faire, un plan d’action reflétant vos besoins pourra être mis en place. Pour plus de détail sur le service offert, communiquez avec : Montérégie – Les réseaux Agriconseils. Vous êtes maintenant mieux outillés pour gagner en efficacité dans l’organisation de votre travail. Un petit changement à la fois, en commençant par les éléments les plus simples à appliquer dans votre quotidien, tout en vous faisant accompagner au besoin, sera votre gage de succès.


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L’importance d’un bon drainage souterrain Le drainage souterrain des sols agricoles au Québec n’est pas une technique nouvelle. Il est utilisé afin d’évacuer l’excédent d’eau contenu dans le sol souvent en période de semis ou à la récolte et même parfois en période de forte pluie en été. Ce surplus d’eau à un effet néfaste sur le développement des plantes. On se doit d’envisager et de prioriser cette technique lorsque le rabattement naturel de la nappe d’eau ne permet pas un ressuyage de la zone racinaire en deux ou trois jours. Le drainage d’une terre agricole est une étape importante dans le processus de valorisation de celle-ci. Afin d’obtenir son plein potentiel, il est primordial d’accorder une grande attention à la gestion de l’eau, car celle-ci demeure l’élément limitant le plus la croissance des plantes. Grâce au drainage souterrain, le sol se réchauffe plus rapidement et permet l’atteinte des conditions optimales menant à l’amélioration de sa structure.

Objectif du drainage

• Aérer la zone racinaire des plantes cultivées. • Permettre la circulation de la machinerie plus tôt au printemps et plus tard à l’automne tout en réduisant les risques de compaction. • Évacuer rapidement le surplus d’eau qui s’infiltre dans le sol.

16 - Jeudi 10 mars 2022 - Gestion et Technologie Agricoles

• Maintenir la nappe d’eau à un niveau adéquat, selon les particularités du sol, de la culture et du climat.

Un bon réseau de drainage souterrain : •

Assure de meilleures conditions du sol au semis ainsi qu’à la récolte • Permet un semis plus hâtif

• Améliore la structure du sol et augmente la réserve d’eau utile dans celui-ci • Favorise l’activité microbienne nécessaire à la décomposition des résidus

• Assure une meilleure aération du sol favorisant son réchauffement • Réduit le coût des travaux • Assure de meilleurs rendements donc de meilleurs profits.


Les nombreux bienfaits du sirop d’érable Le sirop d’érable contient de nombreux bienfaits et il est le complice d’une saine alimentation. Le sirop d’érable du Québec pur à 100 % est naturel, non raffiné, stérile, sans gluten, végétalien, et qu’il ne renferme ni colorant, ni saveur artificielle, ni agent de conservation. Contenant 100 composés nutritifs essentiels, dont des minéraux, des vitamines, des acides aminés, des phytohormones et 67 polyphénols, il n’est pas étonnant que les propriétés et les composantes naturelles du sirop d’érable soient au cœur de nombreux travaux de recherche, tant au Québec qu’à l’échelle internationale.

Le sirop d’érable est un allié en cuisine, offrant des possibilités infinies. Grâce à sa douceur et à son arôme sans pareil, l’érable améliore la saveur des aliments qu’il accompagne. Il peut avantageusement remplacer d’autres agents sucrants. Le sirop d’érable est aussi un carburant naturel privilégié par plusieurs sportifs puisqu’il fournit des glucides simples, qui se transforment facilement en glucose. Plusieurs athlètes consomment des produits d’érable sous une forme ou sous une autre avant, pendant et après l’entraînement.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mars 2022 - 17


Le broyage des feuilles dans les vergers, une pratique à la base de la production fruitière intégrée EVELYNE BARRIAULT, AGRONOME,

Conseillère viticole et pomicole, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

La tavelure est le principal ennemi des pommiers au Québec. Pour faire face à un tel adversaire, on devrait avoir recours à tout un attirail de moyens de lutte. On entend souvent parler de fongicides, mais pas assez de méthodes préventives comme le broyage des feuilles, qui est pourtant une pratique à la base de la lutte intégrée. Connue depuis près de 100 ans, cette approche requiert certaines adaptations pour être appliquée aux conditions du Québec. Le broyeur EliminaeMD a été développé au Québec et, lorsqu’il est bien utilisé, ses bienfaits vont au-delà de la lutte contre la tavelure.

Une méthode préventive

Le champignon qui cause la tavelure (Venturia inaequalis) passe l’hiver sur les feuilles de la saison précédente, qui sont tombées au sol. Selon l’historique du verger, le champignon peut être peu présent ou très présent, mais puisqu’il est endémique au Québec, nul ne peut prétendre qu’il n’en a pas dans son verger. Le broyage des feuilles permet d’accélérer la décomposition de celles-ci et ainsi d’agir

de façon préventive en réduisant à la source la quantité de spores du champignon pouvant infecter les pommiers. La méthode est encore plus efficace si un engrais azoté, tel que l’urée, est appliqué sur le sol avant de broyer les feuilles. En effet, des études ont démontré que l’on pouvait ainsi réduire jusqu’à 80 % de la production d’ascospores de tavelure.

Une technique connue depuis près de 100 ans

Le broyage des feuilles dans les vergers est une pratique connue depuis 1937. Cette pratique a été progressivement délaissée, au profit de la chimie moderne qui propose des fongicides ultras efficaces. Toutefois, les problèmes de résistance aux fongicides, la perte et les restrictions entourant certaines matières actives (mancozèbe, captane, etc.) de même que l’engouement pour des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement et de la santé invitent les producteurs et les productrices à s’intéresser davantage à cette pratique de broyage.

Une adaptation de la technique aux conditions du Québec

Si on pouvait aspirer toutes les feuilles du verger, ce serait une bonne façon de se débarrasser de l’ennemi. Toutefois, il faudrait avoir un endroit pour disposer de ces feuilles loin du verger. Les machines utili-

sées en Europe ont été testées au Québec, mais sans succès. Ici, les feuilles tombent souvent tardivement à l’automne, avec l’arrivée des premières neiges, et se retrouvent collées au sol, concentrées sous les arbres, au printemps. Le défi consiste à décoller les feuilles et à les mettre en andain pour ensuite les broyer. Là encore, on pourrait utiliser une faucheuse à fléaux, mais il faudrait repasser pour broyer les branches après la taille. C’est dans cet esprit qu’il y a maintenant plus de 10 ans, une équipe de l’Institut de recherche et développement en agroenvironnement (IRDA), sous la direction du chercheur Vincent Philion et de ses collaborateurs, a mis au point la machine ElimineaMD. La conception de cet appareil repose sur la modification d’un broyeur de branches traditionnel par l’ajout de certaines composantes mécaniques, telles qu’un andaineur et une brosse à chaîne. Il n’existe pas d’appareil conçu spécifiquement pour cet usage sur le marché. Toutefois, les pomiculteurs peuvent le fabriquer ou le faire fabriquer dans un atelier de mécanique en s’inspirant des plans disponibles sur les sites Web de l’IRDA et d’Agri-Réseau.

Les avantages du broyage dans la lutte contre la tavelure

Le broyeur à feuilles ElimineaMD est utilisé depuis quelques années aux Vergers Pierre Tremblay et Fils, à Mont-Saint-

Grégoire, dans le cadre d’un projet de verger vitrine. Considérant qu’une grande partie des spores de tavelure ont été détruites, cette pratique permet d’intégrer des fongicides à moindre risque, tels que le bicarbonate de potassium, en ayant l’esprit tranquille. En plus d’accroître l’efficacité de la lutte contre la tavelure, nous avons remarqué que le passage du broyeur en début de saison permet de gagner une longueur d’avance sur les mauvaises herbes qui envahissent le rang. Comme une image vaut mille mots, une vidéo sur les broyeurs à feuilles a été tournée dans les vergers. Elle comprend des témoignages de producteurs qui l’utilisent et de concepteurs de l’appareil ElimineaMD qui expliquent en détail comment modifier un broyeur traditionnel. Vous pouvez observer la machine en action sur la chaîne YouTube de l’IRDA. Le broyeur EliminaeMD sera également en démonstration lors d’une journée portes ouvertes qui aura lieu en juillet prochain dans les vergers vitrines. Surveillez l’annonce du Réseau-pommier et venez constater les effets de cette méthode de rechange et de plusieurs autres pratiques de production fruitière intégrée dans un verger. Pomiculteurs, à vos ateliers! Avant que le printemps arrive, consultez les plans du broyeur dans le Guide pour le montage et l’utilisation du broyeur de litière EliminaeMD disponible sur le site Web www.agrireseau.net.

Un plan d’action régional pour faire face aux changements de demain Par où commencer? GERARDO GOLLO GIL, AGRONOME,

18 - Jeudi 10 mars 2022 - Gestion et Technologie Agricoles

Directeur adjoint de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Les effets des changements climatiques se font sentir, à différents degrés, aux quatre coins de la planète. Et vous, agriculteurs et agricultrices, êtes aux premières loges pour le constater. Affectées par la sécheresse, le gel hâtif ou l’arrivée de nouveaux ravageurs, les entreprises de la province doivent adapter leurs pratiques pour assurer leur pérennité.

Et si l’agriculture durable faisait partie de la solution?

En implantant des pratiques agroenvironnementales au sein de votre entreprise, vous créerez un modèle de gestion durable tout en vous plaçant dans une meilleure posture pour faire face aux changements climatiques. En effet, adopter des pratiques durables permet de mieux préserver les ressources comme le sol, l’eau et la biodiversité. Il convient de prendre bien soin de ces éléments pour assurer la continuité de vos opérations et léguer une entreprise rentable et résiliente.

• Par l’adoption de pratiques permettant de diminuer l’apport d’éléments physiques et chimiques vers les cours d’eau; • Par la réduction du travail et de la compaction du sol; • Par une gestion rationnelle des pesticides et l’utilisation de méthodes alternatives; • Par un souci de conservation des milieux naturels pour préserver la biodiversité. Toutes ces pratiques sont des exemples d’actions concrètes qui peuvent être posées pour établir une agriculture prospère et durable, capable d’alimenter notre monde sans compromettre celui de demain. Elles tiennent compte de l’ensemble des facteurs contribuant à assurer la compétitivité et la longévité des entreprises agricoles.

Une formule triplement gagnante

Les entreprises responsables qui offrent des produits sains et locaux ont la cote. En accélérant l’adoption de pratiques agricoles durables dans votre entreprise, vous répondrez aussi aux attentes des consommateurs, qui souhaitent s’approvisionner en produits ayant une plus faible empreinte écologique. L’agriculture durable est gagnante sur trois plans : votre santé, celle de votre entreprise et celle de vos clients.

Mobiliser les acteurs de la région pour atteindre ses objectifs

En annonçant la sortie du Plan d’agriculture durable 2020-2030 (PAD), le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. André Lamontagne, annonçait la volonté du gouvernement d’accélérer l’adoption de pratiques agroenvironnementales et de faire du Québec un chef de file de l’agriculture durable, tout en se donnant les moyens de ses ambitions. C’est pourquoi la Direction régionale de la Montérégie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) s’est dotée d’un plan d’action régional qui permettra d’ancrer les objectifs du PAD dans notre territoire. Le plan d’action régional s’inscrit dans les objectifs et les indicateurs du PAD et s’articule autour de cinq moyens, dont la mise en place de cohortes régionales, la concertation et la collaboration entre les acteurs du milieu agricole (conseillers de première et de deuxième ligne, MRC, organismes privés et entreprises agricoles) et la mise en place de projets de démonstration et de mobilisation. Concrètement, ces moyens se traduiront en grande partie par des projets en lien avec les pratiques agroenvironnementales au champ et les cohortes régionales.

Collaborer pour mieux réussir

Le succès de ce plan repose d’abord et avant tout sur l’implication des acteurs régionaux, dont les producteurs et productrices agricoles qui sont au cœur du développement d’une agriculture régionale prospère et durable. Il s’agit d’une mobilisation sans précédent pour une agriculture en harmonie avec l’environnement, et ce, au bénéfice des générations futures.

Prêt à aller plus loin?

Vous avez tout à gagner à vous impliquer dans la démarche! Et surtout, vous ne serez pas seul : vous pourrez compter sur une équipe régionale expérimentée et diversifiée et un réseau de conseillers experts très actifs sur le terrain. Pour en apprendre plus sur les enjeux et les actions du plan d’action régional de la Montérégie, rendez-vous au Québec.ca/agriculturedurable. De plus, l’Initiative ministérielle de rétribution des pratiques agroenvironnementales encourage financièrement les producteurs et productrices qui s’engagent à adopter des pratiques générant des gains environnementaux importants. Pour connaître les clientèles et les pratiques admissibles, consultez le www.fadq.qc.ca/initiative-ministeriellede-retribution-des-pratiques-agroenvironnementales.


Le sirop d’érable : origine et évolution ABDEL NACER HAMMOUDI, AGRONOME,

Conseiller en acériculture, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

L’origine du sirop d’érable

La production de sirop à partir de l’eau d’érable est une activité sociale et économique dont les origines remontent à avant l’arrivée des Européens au Canada, lorsque les peuples autochtones occupaient seuls le territoire du Québec. À cette époque, les Autochtones entaillaient les arbres avec une hache pour en recueillir la sève dans un morceau d’écorce. Celleci était ensuite bouillie dans un contenant d’argile pour la transformer en sirop (Tyminski, 2011).

D’une saison à l’autre : une production inégale

De la pratique artisanale à l’industrialisation acéricole

Au fil des ans, les méthodes de production et de transformation n’ont cessé d’évoluer. Le 19e siècle sera celui du passage d’un certain archaïsme dans les techniques d’entaillage et de récolte vers de nouveaux moyens mis à la disposition des acériculteurs par la recherche et la science. Ainsi, on passe de l’entaille faite à coups de hache au vilebrequin, puis à la perceuse. De la goutterelle au chalumeau de bois, puis de

Dates marquantes dans l’histoire acéricole

Août 1966 – Incorporation de la Fédération des producteurs de sucre et de sirop d’érable du Québec Décembre 1966 – Première requête (de trois) de plan conjoint déposée à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec Vers 1970 – Installation des premières tubulures de plastique dans les érablières 1990 – Entrée en vigueur du plan conjoint permettant aux producteurs et productrices acéricoles de négocier avec les acheteurs, de façon collective et organisée, et de gérer la production et la mise en marché de leurs produits 2000 – Création de la Réserve stratégique mondiale de sirop d’érable qui assure un approvisionnement constant des marchés, indépendamment du volume récolté 2002 – Entrée en vigueur de l’agence de vente des producteurs de sirop d’érable 2004 – Adoption du Règlement sur le contingentement de la production acéricole 2005 – Début des projets de recherche sur le sirop d’érable 2013 – Arrivée de l’eau d’érable à boire sur les marchés 2018 – Modification de l’appellation de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec qui devient les Producteurs et productrices acéricoles du Québec

2021 – Émission de sept millions d’entailles de contingent

Le sirop d’érable en quelques chiffres

À la fin du 19e siècle, les États-Unis étaient responsables d’environ 80 % de la production mondiale de sirop d’érable, tandis que le Canada occupait seulement 20 % du marché. Depuis ce temps, les parts de marché se sont graduellement inversées entre les deux pays. En 2020, la production du sirop d’érable était pratiquée par environ 11 300 producteurs et productrices acéricoles, ce qui constitue 71 % de la production mondiale. Le produit est vendu à près de 60 pays. La consommation mondiale de sirop d’érable est estimée à 237,5 millions de livres et génère des revenus annuels de 497 millions de dollars pour un volume de 130 millions de livres. La consommation de sirop d’érable par habitant au Québec est de plus de 3,2 livres. Le nombre d’entailles a augmenté de 4 % pour atteindre 13,1 millions de livres en 2020 alors que le rendement par entaille était de 3,46 livres.

Défis à venir

• La saison de coulée commencera de 9 à 12 jours plus tôt, environ, entre les années 2046 et 2065 et de 15 à 19 jours plus tôt entre 2081 et 2100, selon une étude réalisée par Ouranos, un consortium en climatologie régionale. • La gestion des eaux usées provenant des opérations de lavage, de rinçage et d’assainissement ainsi que la gestion et le recyclage des tubulures usa-

gées devront être revus. • La transition énergétique des érablières pour réduire les gaz à effet de serre sera une préoccupation bien utile et nécessaire. En conclusion, comme par le passé, les producteurs et productrices acéricoles auront de nouveaux défis à relever. Pour répondre aux besoins de l’industrie, ils devront concilier économie et développement durable et se doter d’une vision commune et d’un plan stratégique de développement pour l’ensemble de la filière, et ce, au bénéfice de tous.

Références

- Si l’érable m’était conté, 1920-2020 : un siècle d’acériculture au Québec (2020). Producteurs et productrices acéricoles du Québec. - Incroyable érable (2019). Philippe Mollé et Producteurs et productrices acéricoles du Québec. - Analyse des impacts des changements climatiques sur la production de sirop d’érable au Québec et solutions d’adaptation (2018). Projet piloté par Daniel Houle, MFFP-Ouranos. - www.erableduquebec.ca/a-propos/histoire/ - www.agriclimat.ca/wp-content/uploads/2018/10/2.-Rapportsirop-%C3%A9rable.pdf - www.ouranos.ca/wp-content/uploads/RapportSirop2018.pdf - www.maplesyruphistory.com/wpcontent/uploads/2021/11/1953-quebec-round-can.gif - www.ppaq.ca/fr/ - www.lafermemartinette.com/categories-du-sirop-derabl

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mars 2022 - 19

Le rendement de sirop d’érable en livres par entaille dépend de deux facteurs : la quantité de sève produite et sa concentration en sucre. Ces facteurs peuvent varier selon les techniques de fabrication du sirop (ex. : la méthode de récolte, le niveau et la qualité du vacuum, les pratiques sanitaires et la qualité de l’entaillage), les conditions forestières (ex. : la taille et la santé des arbres) et les conditions climatiques (ex. : la qualité des cycles de gel et de dégel). Un des facteurs qui peut influencer la concentration en sucre de la sève est le type d’érable utilisé. Parmi les six espèces d’érables indigènes du Québec, l’érable à sucre et l’érable rouge (aussi appelé plaine) sont les principales essences exploitées commercialement dans la production acéricole. Toutefois, l’érable à sucre est l’essence privilégiée par les producteurs et productrices de sirop d’érable, car la concentration en sucre de sa sève est supérieure à celle des autres essences. D’ailleurs, pour fabriquer un litre de sirop, il faut quarante litres d’eau d’érable! Plusieurs auteurs ont également noté qu’une des conditions climatiques déterminantes dans la récolte de la sève d’érable est la température : elle doit être à près de 0 °C la nuit et à plus de 4 °C le jour (Marvin 1957, 1958; Pothier, 1995). En plus de permettre la coulée de la sève, cette variation des températures favoriserait la production d’une sève plus sucrée. Cependant, les conditions optimales pour la production de sirop d’érable pourraient varier d’un arbre à l’autre (Tyminski, 2011).

métal. Du seau de bois pour recueillir la sève au seau de métal pour arriver au système de tubulures composé de tuyaux de plastique reliés à des pompes. Cette invention facilite grandement le travail des producteurs et des productrices à partir des années 1970. Dix ans plus tard, l’apparition de l’osmose inversée, un système de purification de l’eau, permet à l’acériculture de devenir une activité économique importante pour la province. Pour la cuisson, le traditionnel chaudron de métal suspendu au-dessus d’un feu en plein air a été remplacé par un évaporateur, pour lequel les frères Small ont obtenu un brevet en 1889. Avec le perfectionnement de l’équipement, la construction d’abris était nécessaire pour éviter les pertes de chaleur lors de l’ébullition de l’eau d’érable. C’est ainsi que les premières cabanes à sucre ont vu le jour. En 2016 apparaît la classification du sirop d’érable, un système unique au Québec. Elle permet de garantir la qualité des produits et est basée sur la couleur du sirop et l’authenticité du goût d’érable. De cette classification découlent quatre classes de sirop d’érable : doré (goût délicat), ambré (goût riche), foncé (goût robuste) et très foncé (goût prononcé). On trouve le sirop d’érable dans les grandes surfaces et les marchés publics sous un nouveau format qui convient mieux aux besoins des acheteurs, de plus en plus urbanisés. Vers les années soixante, un concours de dessin est organisé par le ministère de l’Agriculture pour orner la conserve de sirop d’érable, dessin qui apparaît encore aujourd’hui sur nos conserves.


INSTITUT QUÉBÉCOIS DU DÉVELOPPEMENT DE L’HORTICULTURE ORNEMENTALE

Le rôle du magnésium méconnu en horticulture ornementale horticulture ornementale. Nous présenterons les différents rôles du Mg et attirerons votre attention sur ses particularités.

Rôle principal JOCELYNE LESSARD, AGR.,

Conseillère en serriculture, IQDHO

Le magnésium (Mg) est l’un des trois nutriments secondaires requis par les plantes pour une bonne croissance. Le terme secondaire fait référence à la quantité plutôt qu’à l’importance du nutriment. Le Mg est l’élément oublié des chercheurs en agriculture. Encore aujourd’hui, très peu d’universités s’intéressent à cet élément essentiel de toute fertilisation en

L’importance du Mg en photosynthèse est connue depuis longtemps. Le rôle le plus important du Mg est celui d’atome central dans la molécule de chlorophylle. La chlorophylle est le pigment qui donne aux plantes leur couleur verte et qui effectue le processus de photosynthèse. La chlorophylle aide à l’activation de plusieurs enzymes végétales requises pour la croissance et contribue à la synthèse des protéines. Les enzymes dans les cellules des plantes nécessitent du Mg pour fonctionner. Les recherches permettent d’en savoir davantage sur le rôle majeur du Mg en photosynthèse.

Nouvelles connaissances

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Feuille de tomate carencée en magnésium. Source : IQDHO

Nous savons maintenant que le Mg a un rôle important dans la translocation des assimilats et des sucres et sur leur déplacement vers les différents organes de la plante tels les racines, les fruits et l’apex. Par exemple, une plante carencée en Mg arrête immédiatement de transporter ses assimilats et ses sucres ayant pour conséquence une accumulation de sucres dans les feuilles. On constate que les feuilles carencées en Mg ont un taux de sucre deux à trois fois plus élevé. En plus d’enregistrer un taux de sucre plus élevé dans les feuilles, on

observe aussi un ralentissement important de la croissance des racines, un arrêt du transport du phosphore et un arrêt de la fabrication d’huiles, de lipides et autres substances. En sachant qu’une carence en Mg prend normalement trois semaines à devenir apparente, cela signifie que la plante est en pause durant cette période. Le Mg est un élément mobile. Il se déplace dans la plante. C’est pourquoi la carence sera visible en premier sur les feuilles du bas et progressera vers la tête du plant. Puisque la photosynthèse est ralentie, il y aura accumulation de radicaux libres, qui seraient normalement éliminés par l’action antioxydante dans la cellule, mais rendue inactivée par l’absence de Mg. Les cellules de la feuille carencée deviennent intoxiquées, la chlorophylle n’étant plus disponible. Les cellules vertes tournent jaunes et ne laissent éventuellement que la nervure verte. Éventuellement, la feuille carencée deviendra nécrosée totalement. La présence de sucres en abondance dans la feuille carencée en Mg attire des bioagresseurs comme les insectes suceurs. Des végétaux carencés en cet élément attirent davantage de pucerons par exemple et la plante a moins de lipides ou de couches protectrices pour se défendre contre des maladies. Une application foliaire de sel d’Epsom bien effectuée règle rapidement ce déséquilibre. Le transport des

produits de la photosynthèse reprendra aussi rapidement que 12 heures après l’application. Des applications au sol de sel d’Epsom fonctionnent pour corriger le problème, mais un peu moins rapidement. Les insectes se retrouvent ainsi privés de leur source de sucre. Les apports de Mg devraient donc être valorisés davantage. Une carence en Mg n’est pas qu’une considération esthétique. Le Mg est en équilibre avec deux autres éléments nutritifs importants: le potassium et le calcium. Il faut toujours respecter les rapports entre ces éléments au risque de débalancer leurs absorptions même si les toxicités en Mg sont rares. En agriculture conventionnelle, le pH reste aussi un facteur important et le Mg est moins disponible à un pH bas. Il est nécessaire de commencer par une analyse de votre eau d’irrigation et du pH de votre terreau.

Conclusion et pistes de solution

Le rôle de la fertilisation, en respectant l’équilibre des éléments, est encore un outil sous-utilisé pour le contrôle des insectes et des maladies. Il y a là beaucoup de questionnement et tout un éventail de recherches qui pourraient être conduites vers cette direction. Le Mg semble être l’élément nutritif ayant un fort potentiel de développement qui pourrait aider à se libérer des pesticides chimiques encore trop présents dans notre agriculture.


AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA

La recherche sur la flaveur du sirop d’érable Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) réalise des recherches sur la flaveur du sirop d’érable depuis 1998. Une collaboration entre Jacinthe Fortin et Nancy Graveline du Centre de recherche et de développement sur les aliments et les chercheurs du Centre ACER a permis d’établir des bases solides pour caractériser le goût du sirop d’érable. Le cœur de leur démarche fut l’élaboration d’une Roue des flaveurs de l’érable, qui visait à aider l’industrie à valoriser le sirop d’érable autrement que par sa couleur et ses défauts de saveur. Le terme « flaveur », qui provient du vieux français, englobe toutes les notes aromatiques perçues lors de la dégustation, au contraire du « goût » qui lui ne comprend que les saveurs de base : sucré, salé, acide, amer et umami. La Roue des flaveurs de l’érable a été développée pour permettre de mieux exprimer le goût du sirop dans toutes ses nuances et rendre compte du spectre étendu des saveurs des produits d’érable élaborés en Amérique du Nord. Pour identifier les flaveurs d’une gamme étendue de produits d’érable, l’équipe de recherche a eu recours à l’évaluation sensorielle. Dans un premier temps, elle a sélectionné une grande variété de sirops provenant du Québec. Puis elle a recruté quatre jurys de dégustation composés d’amateurs et de producteurs de sirop

d’érable, d’intervenants de la filière acéricole et d’experts en dégustation. Au terme des évaluations, les chercheurs ont regroupé des termes selon leur similarité et ont finalement établi un lexique de 91 mots (ou référentiels). Illustrés par des produits bien concrets tels que « sucre doré, sciure de bois, banane, foin », ces référentiels ont été regroupé en 13 familles de flaveurs et 39 sous-familles, pour ainsi former la Roue des flaveurs de l’érable. Grâce à la Roue des flaveurs de l’érable, les intervenants de la filière acéricole peuvent maintenant utiliser un langage commun pour exprimer à la fois la qualité et la variété de flaveurs des produits de l’érable. L’ensemble de l’industrie possède ainsi un outil pour présenter les produits de l’érable aux consommateurs canadiens et étrangers. Les bénéfices de ces travaux de recherche se font déjà sentir au sein de l’industrie acéricole. Grâce au travail continue des scientifiques, il est probable que d’ici quelques années, l’industrie puisse bénéficier d’autres outils rapides, pratiques et automatisés pour caractériser la flaveur et la qualité du sirop d’érable.

compétences en dégustation en suivant ces étapes : 1. Humez le produit en trois petites inspirations rapides. Notez mentalement vos impressions. 2. Mettez le produit en bouche et faites-le circuler afin de couvrir l’intérieur de la bouche en entier. Il est recommandé de le cracher si vous le pouvez. Prenez environ une minute pour bien percevoir toute la palette des flaveurs. 3. Cherchez à rattacher cette flaveur à

vos propres expériences (par exemple l’odeur d’un sac de guimauves). 4. Si possible, partagez vos perceptions avec d’autres personnes. Cette action aide souvent à déclencher les associations de la mémoire. Lorsque la caractéristique est bien identifiée (par exemple la vanille), il s’agit alors de mémoriser sa sensation et son nom. 5. Si possible, ajoutez à votre évaluation le degré d’intensité (par exemple léger, moyen ou fort).

Déguster le sirop d’érable

Même si une formation approfondie est requise pour devenir un dégustateur professionnel, vous pouvez améliorer vos

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada 2019. © Centre ACER 2019

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mars 2022 - 21


La réserve de sirop d’érable : un outil stratégique pour répondre à la forte demande En raison de la forte augmentation des ventes et des exportations de sirop d’érable, et à la suite d’une saison de production 2021 moyenne, plusieurs médias se sont inquiétés d’une possible pénurie de sirop d’érable. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) tiennent à rassurer la population qu’ils ont la capacité de répondre à la demande locale et internationale. Mise en place en 2000, la réserve stratégique de sirop d’érable est une initiative des PPAQ qui permet notamment de pallier les aléas annuels de la météo. Ainsi, quand la production dépasse la demande, le sirop d’érable en surplus est entreposé en barils dans la réserve. À l’inverse, lorsqu’une trop faible récolte survient, le sirop entreposé est offert et vendu aux acheteurs afin de combler la demande. La réserve joue donc un rôle hautement stratégique dans la gestion des stocks, car elle assure un approvisionnement constant des marchés nationaux et internationaux, indépendamment de l’ampleur de la récolte annuelle. Cette dernière permet aussi de stabiliser le prix du produit en éliminant les variations de prix causées par de potentielles ruptures de stock ou des surplus de production.

Une initiative des producteurs acéricoles du Québec

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Située à Laurierville, dans le Centre-duQuébec, cette réserve de sirop d’érable unique au monde a une superficie de

267 000 pieds carrés - l’équivalent de cinq terrains de football. Au début de la saison 2021, la réserve contenait environ 100 millions de livres de sirop d’érable répartis en barils de 45 gallons stérilisés et scellés. On prévoit qu’il en restera un peu moins que la moitié juste avant la prochaine récolte au début 2022. Cette réserve de sirop d’érable est exclusivement alimentée par les producteurs acéricoles du Québec, qui produisent environ 72 % de la production mondiale. En 2021, la production mondiale de sirop d’érable a atteint 182 millions de livres, dont 133 millions de livres provenaient du Québec.

réserve stratégique contient suffisamment de stock pour répondre aux besoins de l’industrie à court et moyen termes en sirop d’érable dits « conventionnels ». De plus, lorsque les stocks baissent, comme c’est le cas présentement, les PPAQ peuvent émettre du contingent supplémentaire aux producteurs

acéricoles pour répondre à la demande. Les PPAQ sont donc allés de l’avant avec l’émission de 7 millions de nouvelles entailles qui seront en production d’ici les trois prochaines années, ce qui portera à plus de 57 millions le nombre d’entailles total que compte le Québec », de conclure M. Beaulieu.

Pourquoi les PPAQ ont recours à la Réserve? En ce moment, la progression des ventes de 2020 et 2021, combinée à la récolte moyenne au Canada et aux États-Unis, incite les transformateurs et embouteilleurs de l’érable à compléter leurs besoins en sirop en multipliant leurs commandes auprès de la Réserve. « L’industrie acéricole est en santé. La pandémie a certainement engendré un engouement pour l’achat local, sans oublier les efforts de promotion qui se voient récompensés », affirme Serge Beaulieu, président des PPAQ. « Les stocks sont à la baisse, mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter : notre organisation dispose des outils pour continuer de répondre à la demande. La

Mise en place en 2000, la réserve mondiale de sirop d’érable est une initiative des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ). Située à Laurierville, dans le Centre-du-Québec, cette réserve de sirop d’érable unique au monde a une superficie de 267 000 pieds carrés – l’équivalent de cinq terrains de football. Photo PPAQ


Les avantages du recyclage pour l’environnement Le recyclage est bon pour 1. Conserve l’énergie : le recyclage des matériaux nécessite de l’énergie, cependant, c’est beaucoup moins par rapport à ce qui est nécessaire pour fabriquer de nouveaux produits. La fabrication de produits en plastique recyclé permet d’économiser de l’énergie et des matières premières par rapport à la fabrication de nouveaux produits en plastique. 2. Sauve la forêt : lorsque vous recyclez du papier, vous aurez un effet direct sur le nombre d’arbres abattus. Sauver les arbres signifie sauver les forêts. Un grand nombre d’arbres doivent être abattus pour fabriquer du papier à partir de zéro, donc lorsque vous recyclez, vous contribuez à empêcher l’abattage des arbres. Au lieu de jeter les vieux papiers et les vieux journaux, envoyez-les à la place au recyclage. 3. La pollution est réduite : lorsque vous jetez des déchets, ils émettent des gaz à effet de serre lorsqu’ils commencent à pourrir. Vous savez cette odeur nauséabonde que l’on trouve généralement près des poubelles. Ces gaz à effet de serre polluent l’environnement et attirent les insectes, les mouches et les vers. Lorsque vous recyclez les déchets au lieu de les envoyer à la poubelle, vous réduisez directement la pollution. De plus, le recyclage de divers produits entraîne une réduction des émissions de carbone, ce qui réduit l’empreinte carbone de ce produit. 4. Économie d’argent : le recyclage et l’utilisation de produits recyclés vous aideront à économiser de l’argent. Par exemple, vous pouvez recycler les déchets de légumes et de fruits, l’herbe et les feuilles pour faire du compost. De plus, vous pouvez vendre vos déchets recyclables à des entreprises de recyclage. Cela signifie que le recyclage peut certainement mettre de l’argent dans vos poches lorsque vous ne choisissez pas de le jeter. Crée des emplois : le recyclage crée plusieurs opportunités d’emploi dans n’importe quelle communauté. Un certain nombre de personnes peuvent trouver un emploi dans le secteur du recyclage et dans des endroits où des produits recyclés et des matériaux liés au recyclage sont produits.

Semaine canadienne de la sécurité en milieu agricole

Aide-mémoire des mesures de prévention essentielles en agriculture Intoxication, chute, blessure causée par un animal, électrocution, brûlure, etc. : lors­que vous travaillez dans le do­maine de l’agriculture, vous êtes exposé à une foule de ris­ques. Pour assurer votre sé­curité si vous êtes employé dans une ferme — ou si vous en êtes propriétaire —, il importe de garder en tête les mesures de prévention de base préconisées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail et l’Union des producteurs agricoles : • Lisez attentivement l’étiquette des produits dangereux avant de les utiliser et suivez leurs instructions à la lettre (portez les équipements de protection individuels requis); • Assurez-vous de garder une distance sé­curitaire avec les gros animaux d’éle­vage (l’un d’entre eux pourrait ruer, vous faire tomber et vous piétiner); • Regardez où vous posez les pieds lors de vos déplacements afin de ne pas trébucher sur un obstacle ou de glisser (en tout temps, faites en sorte que rien n’obs­true votre vue); • Choisissez une méthode sûre lors de la manutention d’objets lourds ou volumineux (pour éviter les efforts excessifs, utilisez un chariot ou demandez l’aide d’un collègue, le cas échéant); • Inspectez méticuleusement l’état de vos machines (utilisez une liste à cocher pour vous assurer que tous les dispositifs de protection sont en place, par exemple). Rappelez-vous qu’agir en prévention comporte de nombreux avantages. Ces mesures simples contribuent entre autres à améliorer la rentabilité de votre entreprise et à augmenter sa productivité. Bref, vous avez tout à y gagner!

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 mars 2022 - 23


24 - Jeudi 10 mars 2022 - Gestion et Technologie Agricoles


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