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Jeudi 17 septembre 2020

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Volume 45

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9 e Numéro

RE I A T N E ION ALIM

AT M R O F S L TRAN

SPÉCIA

S R U E T A s!

CRÉde

r u e sav

Aussi dans cette édition : Cohabitation harmonieuse en campagne.......................... p. 14 Semer du seigle et du triticale l’automne......................... p. 17 Inscription aux bourses agricoles de la MRC des Maskoutains.............................................. p. 19


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LES ARGOUSIERS STE-CHRISTINE – SAINTE-CHRISTINE

Découvrez le citron du nord!

Véronique LEMONDE GTA

Un fruit nordique et résistant

La récolte des fruits de l’argousier demande patience et même courage à

Créer de nouveaux produits

Pour rentabiliser son espace et offrir des produits supplémentaires à sa clientèle, Paule Ratté a commencé des cultures intercalaires entre ses plants d’argousiers. Il s’agit de plantes médicinales (bergamote, hysope, calendula, mélisse, agastache...) qui servent à confectionner une gamme de thés de feuilles d’argousiers. « Ces plantes médicinales apportent également beaucoup de biodiversité à mon champ d’argousiers et les tisanes sont excellentes au point de vue nutritionnel. Je produis, entre autres, une tisane avec des racines de pissenlit, des feuilles d’argousiers, de la calendula et de la menthe, parfaite pour les lendemains de veille! » Avec un clapier et un poulailler mobile qu’elle déplace entre ses plants, Mme Ratté fertilise naturellement sa production, alors que ses ruches produisent du miel et pollinise le tout. La productrice est à construire un séchoir pour sa production de thés qui risque de prendre de l’expansion au fil du temps. Une boutique à la ferme est aussi prévue dans l’avenir. Les personnes intéressées peuvent se procurer des produits des Argousiers de Ste-Christine en visitant le marché virtuel de la MRC d’Acton au agromrcacton.ca.

ÉDITEUR : Benoit Chartier

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ ET PRODUCTION :

RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

Guillaume Bédard

ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

PUBLICITAIRES :

Louise Beauregard Michel Bienvenue Manon Brasseur Candy Corriveau Ginette D’Amour Luc Desrosiers Josée Malo Isabelle St-Sauveur

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.

L’argousier est un arbrisseau épineux, originaire des zones tempérées d’Europe de l’Est et d’Asie.

Paule Ratté parmi ses plants d’argousiers. Photos gracieuseté

PUBLIÉ PAR:

TÉL. : 450 773-6028 TÉLÉCOPIEUR : 450 773-3115 SITE WEB : www.dbccomm.qc.ca COURRIEL : admin@dbccomm.qc.ca

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26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest

Merci de recycler ce journal.

Centre-du-Québec

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Paule Ratté a véritablement de la suite dans les idées et est devenue maître dans l’art de rentabiliser l’hectare qu’elle possède à Sainte-Christine. Productrice d’argousiers depuis 2009, Mme Ratté produit également plusieurs plantes médicinales, élève des poulets et lapins fermiers, possède des ruches et héberge même deux brebis islandaises pour la laine. Et la beauté dans tout cela, c’est que toutes ces activités s’entremêlent, se complètent et finissent par former un tout. Rien n’est là pour rien sur la terre de Paule Ratté! Cette ingénieuse femme, technologue alimentaire au départ, découvre les argousiers lors de son DEP en horticulture il y a plus de 10 ans. « Au départ, j’avais l’idée de planter sur ma terre à Sainte-Christine des raisins de table. Mais le sol ici est très rocheux et c’est alors que l’argousier est apparu comme ayant plusieurs attraits, dont le fait de nécessiter un enracinement superficiel. Au départ, les argousiers ont été introduits dans les Prairies pour être des brise-vent, mais très vite, nous avons découvert ses fruits au goût d’agrume », indique en entrevue Mme Ratté, qui est également administratrice à l’Association des producteurs d’argousiers du Québec. En 2009, elle plante donc 350 plants d’argousiers à racines nues, une variété allemande, et en fait une première récolte en 2013. « L’Association a été fondée en 2001 et le projet de départ pour les producteurs québécois était de promouvoir la réalisation d’une usine d’huile d’argousier dans la région de Québec. Mais très rapidement, d’autres variétés ont attiré notre attention, dont plusieurs variétés russes, plus propices à l’autocueillette, car moins épineuses et plus hâtives. Les fruits russes sont beaucoup plus versatiles et ce petit goût d’agrume en fait les citrons du nord pour ainsi dire! L’argousier, c’est tout un monde! »

celui qui décide de s’y atteler. En effet, même si l’argousier est de la même famille des oliviers, il ne possède pas comme lui, ou comme les pommiers par exemple, le gène de scission permettant « d’arracher » facilement le fuit des branches. Par ailleurs, aucun des fruits de l’argousier ne tombe par terre de manière naturelle. Il faut donc souvent couper la branche, la congeler et ensuite secouer la branche pour récolter les fruits. Ainsi, 50 % d’un argousier est coupé, à maturité, pour en récolter les fruits. Aux Argousiers de Ste-Christine, il est donc possible d’acheter des branches déjà coupées avec fruits frais ou encore des sacs d’argouses congelées. Présentement, l’autocueillette de la variété allemande Leikora est en cours. « Il y a plusieurs moments où l’autocueillette est possible selon la variété, de la mi-août jusqu’à la fin de septembre. C’est un arbrisseau très résistant, mais lors de grandes canicules comme cet été, le mûrissement des fruits est parfois retardé comme s’il tombait en dormance. Cependant, c’est un plant qui s’adapte très bien à nos nouveaux climats. »


GLOBE PROTEIN - GRILLON LE PAIN

Un super pain! Véronique LEMONDE GTA

François-Pierre Blain est un entrepreneur passionné de nouveautés. Pour lui, le domaine de l’alimentation a toujours été un terrain de jeu attrayant. Avide de développement et d’alimentation durables, M. Blain lançait, au début de cette année, le premier pain à base de grillons en Amérique du Nord.

Boulangé dans une usine sur la Rive-Sud, Grillon Le Pain Crickbread est un pain protéiné à la poudre de grillon, pétri avec des farines de blé, de pois jaune, de gourganes et d’avoine. Deux tranches de pain représentent ainsi 7 g de protéines complètes, soit l’apport total de la valeur quotidienne recommandée en vitamine B12. « L’idée de produire ce pain nous est venue de la Finlande, qui possède une

des plus grandes fermes d’élevage de grillons au monde. C’est très en demande là-bas et ils ont des pains à la poudre de grillon depuis quelques années déjà », signale François-Pierre Blain. De fait, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a inauguré en 2013 un programme pour encourager l’élevage et la consommation d’insectes, jugeant que cette nourriture bon marché et écologique pourrait être l’une des clés pour nourrir les neuf milliards de personnes qui, d’après les prévisions, peupleront la Terre en 2030. Près de Norwood, en Ontario, se trouve déjà le plus gros élevage d’insectes destinés à l’alimentation humaine en Amérique du Nord, Entomo Farms. « Maple Leaf vient d’investir des sommes colossales pour qu’une deuxième usine de 100 000 pieds carrés voit le jour sous peu, en Ontario. C’est un domaine en pleine croissance. »

Grillons québécois

Les pains burger Grillon Le Pain viennent tout juste d’être mis en marché.

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Photos gracieuseté

Extrêmement soutenant, le pain protéiné à la poudre de grillon est devenu le produit phare de M. Blain qui a démarré, avec sa conjointe, en janvier, la Boulangerie St-Vincent, à Montréal (coin Lacordaire et Hochelaga) pour s’offrir encore plus de visibilité. « Nous avons fait développer notre recette en laboratoire et la boulangerie, ça devient un peu notre rampe de lancement. Nous faisons affaire avec une ferme d’élevage de grillons dans la région de Kamouraska et c’est déjà la folie pour eux. La demande explose pour les insectes! Notre pain est donc à base de grillons québécois. » Déjà disponible dans plusieurs grandes surfaces, dont les épiceries Avril et plusieurs Métro, Grillon Le Pain est aussi offert dans de petites épiceries santé (L’Eau Vive, Panier santé Dame Nature, Marché Tau) en plus d’être accessible en ligne à maturin.ca et marche. programmedux.com. « Nous souhaitons démocratiser le grillon auprès des gens parce qu’en fait, cela ne goûte rien lorsque c’est réduit en poudre. Les gens demandent des alternatives, des options santé de plus en plus. Notre pain offre des

protéines écoresponsables, une courte liste d’ingrédients et c’est fait au Québec complètement. » À peine sorti du four en début d’année, Grillon Le Pain récoltait le prix Innovation en alimentation 2019 du CTAQ, dans la catégorie des produits de boulangerie et fut grand finaliste aux prix DUX 2020. De passage à Dans l’œil du Dragon, en avril, Grillon Le Pain connaît de plus en plus de popularité. Flirtant avec ce succès, Globe Protein, l’entreprise de François-Pierre Blain, vient tout juste de mettre en marché les pains burger Grillon Le Pain. De la poudre de grillon est également disponible en sachet, question d’agrémenter vos smoothies, sauces de pâte ou chili, rajoutant ainsi plus de protéines à vos mets favoris. « Les gens doivent vraiment y goûter, car c’est une belle option pour quiconque souhaite ajouter des protéines à son alimentation. Deux tranches de notre pain, c’est autant de protéines et de B12 que 1 kg de poitrines de poulet grillées ou quatre œufs cuits! », conclut M. Blain.


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DOMAINE VINÉTERRA - MONT-SAINT-HILAIRE

Lancer un vignoble en pleine pandémie! Véronique LEMONDE

GTA

La famille Beauchemin-Martin n’aurait jamais cru prendre de tels risques en 2020. Pourtant, déjà en 2019, une première cuvée de leurs vins célébrant diverses légendes de la montagne SaintHilaire était produite dans un chai temporaire, juste à côté de la maison familiale. Ensuite, la construction d’un magnifique bâtiment près de l’autoroute, juste en face de la célèbre montagne, débutait cet hiver. Puis, la COVID arrêta les travaux abruptement en mars. « Nous étions rendus à la peinture et à la finition en mars, mais nous n’avions pas encore fini non plus. Nous devions ouvrir en mai. Naturellement, les raisins, eux, n’attendent pas pour mûrir et pousser. Et nous devions vendre notre cuvée 2019. Ce fut assez ardu ces derniers mois », indique René-Carl Martin, copropriétaire avec son épouse du Domaine Vinéterra. Par chance, la famille – les Beauchemin étant en agriculture depuis cinq générations sur ces terres – a d’autres atouts dans sa manche, comme la grande culture de soya, un champ de tournesol, une production maraîchère et des raisins produits pour d’autres vignobles.

Savoir bien s’entourer

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Tout jeune encore dans son aventure viticole, le Domaine Vinéterra a su s’entourer d’experts pour l’aider à lancer de bons produits, que ce soit un agro-

nome viticole et un œnologue. Aussi, l’apport de la fille des propriétaires, Éliane, est loin d’être négligeable. Finissante en technique des Procédés et de la qualité des aliments de l’ITA, la jeune femme a plein d’autres projets comme acquérir une formation en sommellerie, par exemple. Elle entame également une technique en Horticulture agroenvironnementale afin d’affiner ses connaissances et techniques en culture maraîchère. « Les vignobles au Québec changent et s’associent de plus en plus aux meilleurs œnologues, sommeliers. Nous faisons donc nos choix avec une aide technique très précieuse », signale M. Martin. Le Domaine Vinéterra a d’ailleurs produit une très bonne première cuvée avec plus de sept produits différents, soit 15 450 bouteilles. Composés d’assemblages, les vins du vignoble regroupent quatre blancs – dont deux en monocépage, un Muscat et un St-Pépin – deux rouges et un rosé. « Cet été, en plus de la pandémie qui a retardé notre ouverture, nous avons vécu la sécheresse comme tous les producteurs, ce qui nous a obligé à restreindre nos nouvelles plantations. Nous vivons comme cela toutes sortes de défis reliés à notre production, puisque notre sol, un loam argileux, demande aussi un très bon drainage. Nous devons aussi installer des filets pour empêcher les coccinelles d’atteindre nos raisins », de dire Isabelle Beauchemin. « Nous voulons que les gens viennent au vignoble pour le vin, mais aussi pour nos autres productions et activités. Nous

voulons mettre sur pied des ateliers ou conférences viticoles à notre installation qui est très bien placée géographiquement. Nous voulons aussi nous ouvrir aux

groupes corporatifs, aux groupes d’amis, etc. Les projets ne manquent pas », conclut M. Martin. vineterra.ca

Isabelle Beauchemin, Éliane Martin et René-Carl Martin viennent tout juste de procéder à l’ouverture du Domaine Vinéterra, en juillet. Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©

La boutique regroupe tous les vins du vignoble, en plus d’une multitude de produits locaux des environs. Également, la famille offre ses produits de l’érable, des tournesols coupés, du maïs sucré, des citrouilles et des courges, en saison.


PORT’AIL DU CUL-DE-SAC – SAINTE-VICTOIRE-DE-SOREL

Des produits qui se font en famille Véronique LEMONDE GTA

Depuis 13 ans qu’Isabelle Demers œuvre dans la production d’ail. Une activité qui est devenue un mode de vie pour celle qui souhaitait réorienter sa carrière pour passer plus de temps avec ses enfants. Avec cinq enfants, âgés de 2 à 25 ans - la jeune dame est même déjà grand-mère! Mme Demers ne regrette pas du tout aujourd’hui d’avoir pris ce virage agricole qui lui confère une belle qualité de vie avec les siens. Cultivés sans herbicides ni insecticides, les 5000 plants d’ail de variété Music du

Port’ail du Cul-de-Sac devaient, au départ, être vendus entiers. Puis, la productrice a commencé la confection d’ail mariné, ce qui a remporté un bon succès. Cependant, c’est lorsqu’elle a jeté son dévolu sur la mise en valeur et la transformation de la fleur d’ail, récoltée en juillet sur les plants, que l’entreprise a connu un véritable essor. « C’est mon père qui a développé une recette de fleur d’ail marinée précisément pour l’entreprise. Il aime beaucoup jouer dans les recettes, dans la cuisine et il m’aide énormément lorsque nous avons des événements ou des kiosques », explique Isabelle Demers.

de pots de fleur d’ail marinée. Nous effectuons aussi la production de sel de fleur d’ail. »

Ventes et événements

Pour l’instant, plusieurs événements et marchés auxquels participait le Port’ail du Cul-de-Sac ont été et sont annulés à cause de la COVID. C’est le cas du Festival de l’ail de Sainte-Anne-deBellevue qui devait avoir lieu en août. Et c’est aussi le cas de certains salons de

métiers d’art auxquels se rendait Isabelle Demers l’automne. « Nous fonctionnons beaucoup par poste et par livraison. Aussi, nous avons maintenant une dizaine de points de vente, surtout dans des épiceries de la Rive-Sud. » Le Métro de Saint-Hyacinthe et de Beloeil, ainsi que le Provigo de Sorel, la Laiterie Chalifoux et Rose Drummond, pour ne nommer que ceux-ci, tiennent sur leurs tablettes des produits de fleur d’ail de l’entreprise. À découvrir!

Aide à la transformation

Le petit pot de fleur d’ail marinée est le produit phare de l’entreprise Port’ail du Cul-de-Sac. Photos gracieuseté

Le nombre de produits du Port’ail du Cul-de-Sac est limité. L’entreprise reste à échelle humaine et très familiale. C’est pourquoi Mme Demers fait affaire avec le Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA), à SaintHyacinthe, pour transformer sa fleur d’ail. C’est grâce au programme industriel du CRDA, qui répond aux besoins des entreprises agroalimentaires en matière d’essais et de transformation des aliments à petite échelle, que l’entreprise de Sainte-Victoire a accès à un petit incubateur industriel. « Nous louons à l’heure et seulement à des moments précis dans l’année pour transformer nos produits. Tout l’équipement est sur place pour la transformation et c’est souvent environ une semaine de travail très intense pour produire entre 250 et 300 caisses

Isabelle Demers dans son champ d’ail Music.

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VIGNOBLE DU MOUTON NOIR - SAINT-ANTOINE-SUR-RICHELIEU

Un produit pétillant et jeune! Véronique LEMONDE

GTA

Au début de l’âge adulte, Frédérique Larose découvre qu’elle est intolérante au malt, ce qui, du coup, limite les produits alcoolisés qu’elle peut consommer. C’est ainsi que la jeune femme réalise que les alternatives pour les jeunes, outre la bière et les boissons maltées, ne sont pas

légion. Déjà, le projet du Brouteux, une boisson à base de vin aromatisée, prenait forme dans l’esprit de Frédérique Larose. C’est que la jeune femme de 21 ans a la chance d’avoir grandi au cœur du Vignoble du Mouton Noir, le domaine viticole lancé par ses parents, Chantal Pageau et Daniel Larose, en 2005, dans le décor bucolique de Saint-Antoine-surRichelieu. Le nom du Vignoble du Mouton

Noir est un clin d’œil à l’ancienne vocation de bergerie des lieux. Le nouveau prêtà-boire Le Brouteux reste donc dans la même veine, côté dénomination. C’est ce printemps, grâce à la pandémie, que Frédérique a conçu Le Brouteux avec l’aide du maître de chai du vignoble, Sébastien Vicaire. « Je travaillais en cinéma 3D, alors je me suis retrouvée sans emploi avec la COVID. J’ai donc eu le temps de mettre sur pied le projet du Brouteux. Je souhaitais vraiment une alternative pour les jeunes et aussi quelque chose qui peut les introduire à découvrir le monde du vin tout en douceur », indique Mme Larose.

Les visages du Brouteux

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Le Brouteux, c’est le projet de Frédérique Larose, ici accompagnée du maître du chai du Vignoble du Mouton Noir, Sébastaire Vicaire. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Vin aromatisé pétillant – parce que Frédérique souhaitait des bulles! - Le Brouteux se déclinera en plusieurs saveurs. Pour l’instant, le lancement officiel, en juillet, présentait le Rosie, un vin aromatisé aux fraises et pamplemousse contenant 6 % d’alcool. Tous les autres produits à venir auront le même look old hollywood, une esthétique qui plaisait bien à la jeune femme. Ainsi, le Reggie sera aromatisé au citron et à l’orange avec pour base un blanc sec. Le Gigi, quant à lui, sera à saveur de pêche. Tous ces produits devraient être mis en marché d’ici quelques mois. « Frédérique est une jeune femme dynamique et élégante et je suis très content d’être associé à elle pour ce beau projet. Chez les jeunes, en Europe, ce type de produits est très populaire et je

crois que c’est un tremplin très intéressant pour se diriger vers des vins plus conventionnels », ajoute M. Vicaire. « Ce n’est pas un vin de garde bien entendu, mais avec le Rosie, on parle d’un vin de saison frais avec des notes de melon d’eau, très rafraîchissant. Je crois que les jeunes vont vraiment apprécier », note Mme Larose. Le Brouteux se retrouve à La Boîte à vin, située à l’épicerie écoresponsable Bokal, à Beloeil, de même que dans certaines épiceries spécialisées. Quelque 3500 bouteilles ont été lancées pour commencer cette aventure.

Des vins nature

Du côté des vins produits par le Vignoble du Mouton Noir, Daniel Larose se fait un point d’honneur de travailler ses vins de manière naturelle, sans aucun produit œnologique, sauf les sulfites, levure et produit de collage. Un vin conventionnel, en comparaison, intègre près de 50 produits œnologiques. Autre caractéristique, le vignoble effectue souvent ses vendanges tardivement. Lorsque les raisins sont récoltés en surmaturité, les vins qui en résultent n’ont que très peu d’acidité grâce aux microfissures qui se produisent sur les fruits. « Nos vins sont extrêmement travaillés. Nous faisons de petites quantités, mais la qualité est ce qui compte le plus pour nous », indique Daniel Larose. Le Vignoble du Mouton Noir produit environ 3000 bouteilles par an. vignobledumoutonnoir.com


DÉLICES D’AUTOMNE DÉLICES D’AUTOMNE Mettez votre récolte d’automne en conserves! Potage crémeux à la courge musquée Vous avez cueilli une quantité considérable de fruits et de légumes dans votre potager ou vous vous êtes laissé emporter au marché public, de sorte que vous vous retrouvez avec des surplus? Assurez-vous de ne rien gaspiller en préparant des conserves!

Préparer

Voici deux manières d’apprêter vos fruits et vos légumes avant de les mettre en pot : • Cuisez-les : transformez vos fruits en de délicieuses confitures, préparez votre recette familiale de sauce à spaghetti ou blanchissez vos différents légumes. • Marinez-les : le vinaigre permet aux aliments d’être suffisamment acides pour être mis en conserve avec la méthode du bain-marie. Pensez à faire macérer vos concombres, vos carottes, vos haricots verts et même vos pêches dans une saumure à base d’eau et de vinaigre.

• Dans une marmite d’eau bouillante : cette méthode se sert de l’eau en ébullition pour sceller adéquatement les bocaux. Le bain-marie est recommandé pour la nourriture plus acide, comme les baies, les cornichons et les tomates. • Sous pression avec un autoclave : les températures plus élevées de l’autoclave permettent de sceller les pots en verre contenant des aliments qui ne seraient pas assez acides pour la première technique. Avant la mise en conserve, rappelezvous de toujours stériliser vos bocaux, d’utiliser de nouveaux couvercles et de choisir des bagues métalliques exemptes de rouille.

Sceller

Deux techniques peuvent vous permettre de sceller vos couvercles métalliques aux pots :

Envie d’un potage onctueux qui « goûte l’automne »? Rien de plus facile! Combinez une courge sucrée avec des assaisonnements parfumés et des délices maraîchers saisonniers, laissez mijoter, mélangez, et le tour est joué!

Ingrédients (Pour 6 personnes) • • • • • • • • • • • • • •

1 c. à soupe de beurre 1 oignon jaune coupé en dés 3 gousses d’ail finement hachées 1 c. à thé de cari jaune en poudre 1/4 c. à thé de cannelle moulue Sel et poivre 1 courge musquée pelée, épépinée et coupée en dés 1 pomme de terre pelée et coupée en dés 3 tasses de bouillon de poulet 1 boîte de lait de coco 1 c. à soupe de pâte de tomates 1 c. à soupe de sirop d’érable Le jus d’un demi-citron Quelques brins de ciboulette hachés

revenir encore une minute. Ajouter ensuite le cari et la cannelle et continuer à faire revenir pour une autre minute. Saler et poivrer généreusement. 2. Verser les cubes de courge et de pomme de terre dans le chaudron. Bien mélanger pour que la préparation d’oignons et d’épices enrobe les cubes. 3. Ajouter le bouillon, le lait de coco, la pâte de tomates, le sirop d’érable et le jus de citron. Porter à ébullition, réduire le feu et laisser mijoter de 20 à 30 minutes. 4. À l’aide d’un mélangeur sur pied ou d’un robot-mélangeur, réduire en une purée lisse. Ajuster l’assaisonnement et garnir de ciboulette au moment de servir.

Préparation

1. Dans un grand chaudron, faire fondre le beurre, puis faire revenir l’oignon à feu moyen-élevé jusqu’à ce qu’il soit translucide. Ajouter l’ail, puis faire

Formation en ligne pour les gestionnaires de produits transformés Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) propose une formation en ligne sur la gestion et la mise en marché des produits transformés. La formation s’adresse aux gestionnaires des petites et

moyennes entreprises en transformation agroalimentaire. La formation se divise en quatre modules et dure environ huit heures. Les participants qui terminent la formation avec succès dans un délai de 60 jours obtiennent une

attestation provenant de la plateforme. Pour en connaître davantage : https://www.craaq.qc.ca/Publications-duCRAAQ/formation-gestion-et-mise-en-marche-desproduits-transformes/p/OWFALI0101

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COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE

La transformation alimentaire, au cœur de notre offre de formation!

ÉDITH LUSSIER

Répondante en formation agricole Cemtre d’emploi agricole Saint-Hyacinthe

Depuis plusieurs années, le Collectif en formation agricole de la Montérégie propose de plus en plus de cours en lien avec la transformation alimentaire. Dans une optique de diversification, plusieurs producteurs agricoles transforment euxmêmes leurs produits. Grâce aux formations suivies jusqu’à présent avec nous, ils produisent maintenant eux-mêmes leurs fromages, bonbons à l’érable, confitures, alcool et même leur pain. L’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) propose plusieurs formations sur la transformation de la viande, du lait, des alcools, des fruits et des légumes. L’ITA a ajouté des cours sur la lactofermentation, la microdistillation avancée, le brassage de la bière, ainsi que plusieurs formations en hygiène et salubrité. Parcours Formation propose deux formations sur les produits de l’érable soit Univers des défauts de saveurs du sirop d’érable en grands contenants-niveau de base et Production de sirops d’érable

biologique : démarche de certification et méthodes de production. Nos maisons d’enseignement ont tous les équipements pour recevoir les étudiants et les formateurs peuvent répondre à vos questionnements et interrogations. Vous pouvez consulter l’offre de formations en transformation alimentaire complète au www.uplus.upa.qc.ca et https://ita-formationcontinue.omnivox.ca/ N’attendez plus, osez transformer vous aussi!

COHABITATION HARMONIEUSE EN ZONE AGRICOLE EN MONTÉRÉGIE

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Les producteurs s’efforcent de diminuer l’impact de la fertilisation À ce temps-ci de l’année, certaines odeurs saisonnières liées aux activités agricoles peuvent être incommodantes. L’UPA de la Montérégie, 13 MRC et l’agglomération de Longueuil souhaitent informer la population sur l’importance de l’utilisation des engrais de ferme. Cette initiative est issue de la campagne de sensibilisation à la cohabitation harmonieuse en zone agricole qui a été lancée grâce au soutien financier du MAPAQ. Bien que désagréables à sentir, le fumier et le lisier, résultant des déjections animales d’une exploitation agricole, sont des engrais naturels. Ils sont importants dans la régénérescence des sols cultivables. En clair, ils nourrissent la terre pour que celle-ci puisse, à son tour, nous nourrir en faisant pousser les végétaux, légumes et céréales. Depuis plusieurs années, les producteurs agricoles privilégient de nouvelles façons de faire pour limiter l’impact de la fertilisation des sols. Des machineries permettent, par exemple, d’abaisser la propulsion du lisier grâce à des rampes, ce qui réduit sa projection dans les airs et atténue le déploiement des odeurs. L’enfouissement est également une pratique utile car en plus de ne pas générer beaucoup d’odeurs, cette technique augmente l’efficacité de la fertilisation. Certains agriculteurs ont aussi mis en place des haies brise-vent qui créent, en même temps, une barrière contre les odeurs entre les propriétés agricoles et celles des autres habitants. D’autres privilégient l’entreposage du lisier dans des fosses étanches. Les éleveurs d’animaux, quant à eux, portent une attention particu-

lière au stockage des fumiers en installant une toiture, en plantant des écrans boisés qui agissent comme brise-odeurs ou en améliorant les procédés de traitement des déjections de leur exploitation. Il est difficile d’offrir un milieu agricole dépourvu d’odeurs, mais les agriculteurs, conscients du problème, mettent en place des techniques efficaces pour en diminuer les impacts. Ils sont également encadrés par des normes environnementales et tentent d’atténuer les inconvénients liés à leurs activités. Rappelons que le projet de cohabitation harmonieuse en zone agricole est d’envergure régionale. Il a pour objectif de favoriser le vivre ensemble et le dialogue entre les producteurs agricoles et les résidents. Les différents partenaires veulent démystifier les croyances, atténuer les contrariétés et aborder les enjeux liés au travail agricole. Il est important pour les instigateurs de ce projet de faire ressortir la multifonctionnalité de la zone agricole comme lieu de vie, de travail et de loisir. Les partenaires du projet sont les MRC d’Acton, de Beauharnois-Salaberry, de Brome-Missisquoi, du Haut-Richelieu, du Haut-Saint-Laurent, des Jardins-de-Napierville, de La Haute-Yamaska, de MargueriteD’Youville, des Maskoutains, de Pierre-De Saurel, de Roussillon, de Rouville et de la Vallée-du-Richelieu, l’agglomération de Longueuil, la Fédération de l’UPA de la Montérégie (FUPAM) et la Direction régionale de la Montérégie du MAPAQ. Ce projet a été financé par le MAPAQ dans le cadre du programme Territoires : priorités bioalimentaires et il se poursuivra jusqu’au mois d’octobre 2021.


Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2020 - 15


Déplacer des bovins laitiers, les mains dans les poches? Pourquoi pas! MARIE-ÈVE DUBUC

Agronome et conseillère en productions animales

CATHERINE SOUCY

Technicienne agricole Direction régionale de la Montérégie-Ouest MAPAQ

Dans un contexte où bon nombre de producteurs laitiers modifient leurs installations pour passer de la stabulation entravée à la stabulation libre, la manipulation des animaux est appelée à se dérouler différemment et peut même représenter un obstacle à l’utilisation optimale des nouveaux bâtiments. Il y a lieu d’adapter ses habitudes et de mettre à jour les notions de la manipulation des bovins laitiers qui sont fondées sur leurs comportements naturels, de manière à réduire le stress et les blessures que subissent les animaux et à améliorer l’efficacité du travail à la ferme.

16 - Jeudi 17 septembre 2020 - Gestion et Technologie Agricoles

Optimiser les performances et assurer le bien-être animal

Il y a plusieurs bénéfices concrets à perfectionner ses méthodes de manipulation des bovins. D’abord, du point de vue des animaux, autant ils peuvent apprendre de la répétition d’expériences positives, diminuant de la sorte leur crainte des humains, autant ils réagissent aux interactions négatives, pas nécessairement répétées, et peuvent développer une peur plus grande des humains en général et à l’égard de certaines personnes en particulier. Confrontés à une situation aversive, les animaux subiront un stress qui affectera tant leur bienêtre que leur productivité. À ce propos, la littérature scientifique fait état d’une réduction de la production laitière (notamment en raison d’un plus grand volume de lait résiduel dans le pis après la traite) et de différents effets négatifs sur la fertilité et la santé en général. Par ailleurs, des animaux calmes au moment d’un déplacement dans le bâtiment risqueront moins de se blesser. De l’autre côté de la médaille, travailler avec des animaux plus calmes est plus sécuritaire. Dans les méthodes de manipulation, tout est une question de positionnement de l’humain et non de force. Des installations bien conçues et de bonnes

Photo Éric Labonté, MAPAQ

techniques contribuent à l’efficacité des tâches, comme elles réduisent les besoins en main-d’œuvre pour certaines opérations (ex. : entrer une vache dans le taillesabot) et rendent le tout plus agréable pour tous. Il y a de véritables avantages économiques à adopter les bonnes pratiques de manipulation et cela ne nécessite aucun investissement majeur.

Limite de la zone de fuite Point d’équilibre

Observer l’animal et mettre à profit son instinct naturel

Pour profiter de ces avantages, l’observation des animaux est un élément clé. La compréhension de l’animal et de son comportement permet d’ajuster ses méthodes de manipulation de manière à travailler en harmonie avec le troupeau. La vue est le sens prédominant de la vache, qui possède un champ de vision panoramique de 330 degrés. Les seuls « angles morts » où l’animal ne peut voir sont situés sous son museau et à l’arrière, il faut donc éviter de s’y trouver. La position latérale des yeux de la vache est une caractéristique de proie, tandis que l’humain, qui a les yeux en position frontale, fait de lui un prédateur. Les détails, les reliefs, les textures et les zones d’ombrage et de luminosité sont des éléments dont la clarté échappe à la vision de la vache. Pour cette raison, au moment de la manipulation ou d’un déplacement, il est nécessaire de dégager le chemin qu’emprunte l’animal et de limiter les distractions qui pourraient constituer un frein ou causer du stress. Une vache stressée libère des phéromones de stress qui rendront le reste du troupeau attentif à un danger potentiel, en raison d’un sens olfactif développé, ce qui risque d’entraver le déplacement fluide du groupe. De plus, les gestes vifs et trop rapides de l’humain peuvent engendrer la peur chez les bovins, vu leur perception différente des objets en mouvement. La compréhension des autres sens de l’animal peut aussi nous orienter. À cause de leur audition sensible, les vaches laitières sont très importunées par les cris ou les sifflements au moment des manipulations. Les auteurs d’une étude rapportée dans une conférence de AnneMarie De Passillé ont analysé la percep-

45°

Zone non-visible

B A

Position pour faire avancer l’animal Position pour arrêter l’animal

Source de l’image : https://www.agrireseau.net/bovinslaitiers/documents/p.45-46-47%20v1.pdf

tion des vaches concernant certains comportements des humains et ils ont mis en lumière le fait que crier est perçu comme aussi aversif que le bâton électrique. Crier représente donc un comportement à proscrire en tout temps. Il est préférable d’avoir un environnement calme, sans bruits stridents et dérangeants. Pour s’assurer de la réceptivité de la vache à nos actions, l’orientation des oreilles est un élément à observer. Plus l’animal est calme, plus il est réceptif au message véhiculé par la position du manipulateur. Au contraire, un animal stressé sera imprévisible, il ne verra pratiquement pas devant lui et il réagira instinctivement pour se sauver! Ces éléments sont bons à savoir pour tous les types de manipulation à la ferme, soit de la taille des onglons, du passage au bain de pieds et de l’administration des soins jusqu’à la traite. Une proie, instinctivement, veut toujours garder un œil sur un prédateur potentiel, ce qui la mènera à son patron de mouvement caractéristique, soit le demi-cercle. L’utilisation des zones d’influence est un allié pour le déplacement des bovins. En accentuant ou en relâchant la pression sur la zone de fuite, la zone de perception et le point

d’équilibre, il est possible de diriger les animaux. Comme ce sont des animaux grégaires, il suffit d’utiliser cette technique à l’égard des vaches dominantes pour que l’ensemble du troupeau soit porté à suivre leur déplacement (les références indiquées au bas de l’article fournissent des compléments d’information quant à ces notions clés). Une fois en mouvement, il faut marcher lentement et respecter le rythme de l’animal, puisqu’à sa pleine vitesse, la vache a un pas plus lent que l’humain. À la suite de l’intégration de ces notions à ses méthodes, il s’agit de prendre son temps; les déplacements et les manipulations s’effectueront calmement, les mains dans les poches, en silence et en observant les animaux. De plus, le concept du « budbox » est un atout favorable à la manipulation. Il est possible d’aménager un « budbox » au moyen d’un jeu de barrières dans des installations déjà existantes. Tirer avantage des comportements naturels et instinctifs des bovins laitiers permet de manipuler les animaux sans forcer, sans stresser et sans se blesser. Au mois de décembre 2019, la Direction régionale de la Montérégie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a tenu trois activités destinées à outiller les producteurs laitiers relativement à la manipulation sécuritaire des animaux à la ferme. Les 52 producteurs laitiers ayant assisté aux ateliers ont signifié l’importance du sujet et les participants sont repartis avec des renseignements concrets pour améliorer la gestion des déplacements des animaux dans leurs exploitations. Il y a beaucoup d’information en ligne pour acquérir de bonnes techniques de manipulation, par exemple en utilisant l’expression « dairy stockmanship » dans le moteur de recherche de Google. L’éleveur qui souhaite en apprendre davantage peut consulter une liste de sources documentaires et de vidéos, en français, en anglais et même en espagnol (utile pour les travailleurs étrangers temporaires), à l’adresse Web suivante. www.mapaq.gouv.qc.ca/ deplacementbovinslaitiers


Seigle et triticale : des céréales semées à l’automne pour une récolte abondante de fourrage de qualité au printemps LOUIS ROBERT

Agronome Direction régionale de la Montérégie-Est MAPAQ

Après l’été de sécheresse que nous avons connu, de nombreux éleveurs sont à la recherche de solutions de rechange pour l’approvisionnement en fourrage de leur troupeau. Je les encouragerais à envisager le semis de seigle ou de triticale d’automne, une pratique qui est largement répandue dans les fermes laitières de la Nouvelle-Angleterre depuis plusieurs années et que commencent à adopter quelques entreprises québécoises. Cette option présente un potentiel extrêmement intéressant : une récolte très hâtive (en mai) de plus de cinq tonnes par hectare (matière sèche) de fourrage de belle qualité (de 15 à 17 % de protéines, digestibilité comparable à celle du maïs), sans pour autant mobiliser des surfaces au détriment de la rotation habituelle, c’est-à-dire que ces céréales s’insèrent facilement dans la rotation, moyennant possiblement de petits ajustements. Parmi ces derniers, il y en a un qui me paraît incontournable et essentiel si l’on veut vraiment réussir : il faut être en mesure de semer au moins deux semaines avant la date normale visée pour la récolte de céréale. Cela signifie des fenêtres de cinq à sept jours autour du

15 septembre pour le seigle et autour du 10 septembre pour le triticale, et si on peut même le faire avant ces dates, ce ne sera que plus fructueux. Contrairement à la récolte de céréale, dans le cas de production fourragère, l’initiation des talles dès l’automne aura un effet positif sur le rendement. On comprend dès lors que l’on exclut les champs occupés actuellement par le maïs. Le semis de seigle ou de triticale d’automne se prête très bien au semis à la volée dans la culture de soya au stade « début défoliation », tout comme le blé d’automne. On peut évidemment les semer dans un champ de céréale récolté. Il y a donc beaucoup de possibilités, mais il faut procéder au semis plus tôt que pour une céréale d’automne destinée à la récolte de grain. Je m’attends quand même, encore cette année, à ce que certains s’essaient à un semis en octobre et abandonnent en constatant la faible récolte de fourrage au printemps 2021. Les autres techniques culturales mises à contribution, bien qu’elles soient moins capitales que la date de semis, peuvent quand même faire la différence entre une réussite et un échec. On ne recommande aucune fertilisation minérale si un engrais de ferme a été épandu avant le semis, que ce soit du lisier ou du fumier de bovins, du lisier de porcs ou de volailles, etc. En l’absence de toute fertilisation organique, un épandage de 80 à 100 kg N (kilogrammes d’azote) par hectare pour le

triticale, mais d’au maximum 75 kg N par hectare pour le seigle (risque de verse), dès que la portance du sol le permettra au printemps, sera bénéfique. L’épandage d’engrais de ferme sur la culture au printemps est à proscrire, compte tenu des risques de souiller la récolte. Peu importe la variété (ou l’espèce – seigle ou triticale), on devra calibrer le semoir pour étendre au moins 300 grains au mètre carré, à un pouce de profondeur. Que ce soit le seigle ou le triticale, les deux se prêtent très bien au semis direct. La récolte s’effectue au stade « gonflement », soit avant la sortie des épis, alors que l’on peut les voir prendre du volume dans la gaine de la feuille étendard. Il ne faut pas « passer tout droit » : dans nos conditions, ce stade est généralement atteint à la troisième semaine de mai environ, et la qualité fourragère du matériel se dégrade très rapidement après ce stade. Ces deux espèces, il faut le rappeler, procurent aussi tous les avantages des cultures de couverture (réduction des risques d’érosion, stimulation de la vie microbienne et établissement d’une bonne structure, etc.). De plus, elles se distinguent véritablement sous deux aspects en particulier : le captage des nitrates résiduels et la lutte aux mauvaises herbes. Enfin, elles ouvrent de nouvelles possibilités dans la rotation, comme l’établissement d’une prairie au prin-

temps, directement dans le couvert de la céréale d’automne.

Seigle ou triticale?

Le seigle est plus rustique que le triticale, aussi ses chances de survie à l’hiver, dans les conditions propres du Québec, sont-elles un peu meilleures. C’est peutêtre son seul avantage par rapport au triticale. Celui-ci, beaucoup plus feuillu que le seigle, a toujours donné un indice de qualité fourragère (combinant rendement et qualité) supérieur à celui du seigle, dans les essais côte à côte. D’une hauteur d’environ les deux tiers de celle du seigle, le triticale procure pourtant un tiers de plus de rendement. Il est davantage recommandé et utilisé que le seigle au Vermont et dans l’État de New York. La disponibilité de la semence peut cependant constituer un obstacle. À ce sujet, rappelez-vous que, dans le contexte de la production de fourrage d’appoint, les caractéristiques variétales, notamment la sensibilité à la fusariose, ne sont pas aussi importantes que dans la production de grain et qu’une semence de qualité « commerciale » fera très bien l’affaire. Les quelques variétés de triticale d’automne que les distributeurs locaux ont offertes ces dernières années sont toutes très sensibles à la fusariose de l’épi.

Se lancer dans la transformation alimentaire (première partie) CARROLYN O’GRADY Avec la collaboration d’Abdel Ahraiba et de Julie Pivin Conseillers en transformation alimentaire MAPAQ

Répondez-vous à un besoin des consommateurs?

Avant d’entreprendre un projet en lien avec la transformation alimentaire, le plus

L’offre de formation en transformation alimentaire

Il est impératif de bien connaître et de maîtriser les étapes de la fabrication de votre produit. L’expérience pratique compte, mais la formation donnée par des experts ou des personnesressources l’est tout autant. Dans certains types de fabrication, la formation est obligatoire pour obtenir les permis exigés quant à la transformation de vos produits, par exemple pour la fabrication de produits alcoolisés ou de fromages. L’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) (www.ita.qc.ca) offre une variété d’activités et de programmes de formation continue concernant les procédés de fabrication de divers produits transformés, sur différents sujets comme l’étiquetage ou la salubrité des aliments.

Vous trouverez le détail de l’offre de formation sous l’onglet « Formation continue » dans le site Web de l’ITA.

Formation et permis obligatoires

La formation en hygiène et en salubrité alimentaires est obligatoire pour toutes les entreprises qui transforment des aliments. Elle a notamment pour objet de prévenir les toxi-infections et ainsi de préserver la santé des consommateurs. Pour de plus amples renseignements sur cette formation et plus précisément sur l’hygiène et la salubrité alimentaires, visitez la section « Qualité des aliments » à : www.mapaq. gouv.qc.ca/transformation. Il peut également être nécessaire de se munir de certains permis pour réaliser des activités de transformation, selon le secteur d’activité visé. Dès que vous procédez à de la vente au détail (vente directe au consommateur), un permis de transformation alimentaire est obligatoire. Dans ce cas, vous pouvez effectuer dans votre propre cuisine la transformation de produits jusqu’à concurrence de 100 kg par mois; cette condition particulière vous aidera sans doute à démarrer votre projet, tout en respectant les normes de salubrité. Si aucun permis n’est exigé pour la transformation et la vente en gros (vente à un magasin, à un traiteur, à un restaurant, à une autre entreprise, etc.) d’un produit végétal ou d’origine végétale (confiture, marinade, etc.), il en est tout autrement pour la transformation et la

vente en gros des produits carnés, qui requièrent de se procurer un permis de type C1. Il est à noter que vous ne pouvez pas effectuer la transformation dans votre cuisine domestique lorsque vous effectuez des activités de vente en gros. Pour de plus amples informations à propos des permis, communiquez avec le service des permis du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation au smsaia@mapaq.gouv.qc.ca. Il est à noter que les producteurs agricoles qui ont un permis de transformation alimentaire s’appliquant au lieu où se fait la préparation de ses produits, peuvent avoir en main une copie de ce permis, de même que la carte de producteur délivrée par le MAPAQ, lorsqu’ils vendent leurs produits transformés dans un marché. Cela les soustrait à la nécessité d’obtenir un permis pour chaque marché où ils vendent leurs produits ou encore lors d’événements de courte durée tels que des évènements spéciaux, des foires agricoles ou la tenue de kiosques temporaires. Enfin, qu’en est-il de l’aménagement du lieu de préparation alimentaire, de l’étiquetage, du registre de la traçabilité et du calcul du coût de revient? Tous ces éléments primordiaux seront abordés dans la seconde partie de cet article, dans l’édition d’octobre du journal GTA. Soyez à l’affût ou consultez l’article intégral dès aujourd’hui dans notre site Web! www.mapaq.gouv.qc.ca/demarragetransformation

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2020 - 17

Vous souhaitez démarrer votre propre entreprise dans le domaine de la transformation alimentaire? Voilà un beau projet, qu’il est essentiel toutefois de bien planifier! Un bon point de départ consiste à visiter le site Web du MAPAQ, au www.mapaq. gouv.qc.ca/transformation : vous y trouverez une « trousse de démarrage », qui réunit des documents et sources d’information utiles pour entreprendre un tel projet. Pour vous familiariser avec la réglementation, consultez l’Aide-mémoire pour les exploitants d’établissements de restauration et de vente au détail, publication qui résume notamment la Loi sur les produits alimentaires et le Règlement sur les aliments. N’oubliez pas de vérifier le droit d’usage auprès de votre municipalité et, éventuellement, de communiquer avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec. Enfin, l’outil AgroDémarrage (http://outils.craaq.qc.ca/ agro-demarrage) peut vous guider dans les étapes de la planification de votre projet, du plan d’affaires jusqu’au financement de l’entreprise.

important est de se glisser dans la peau du consommateur. Le produit que l’on souhaite commercialiser répond-il à un besoin particulier? Pour vous aider à répondre à cette question, voici comment valider les besoins des consommateurs : • Visiter les épiceries et discuter avec les gérants de département; • Discuter avec la clientèle; • Suivre les réseaux sociaux; • Assister aux conférences portant sur les tendances alimentaires; • Effectuer une étude de marché. À propos des études de marché, on trouvera une plus ample information dans le site Web de la Banque de développement du Canada (www.bdc.ca).


TRAVAUX À FORFAIT CIBLEZ VOTRE CLIENTÈLE AVEC

18 - Jeudi 17 septembre 2020 - Gestion et Technologie Agricoles

INFORMATION : 450 773-6028


NOUVELLE FORMATION EN GESTION D’ENTREPRISE AGRICOLE

Une courte formation pour apprendre à bien gérer une entreprise agricole JOHANICK RIENDEAU

Répondante en formation agricole Collectif en formation agricole de l’Estrie

Vous sentez qu’il vous manque quelques outils et connaissances pour améliorer le rendement de votre entreprise agricole? Vous souhaitez prendre la relève d’une production existante? Cette formation est pour vous! • Formation offerte sur deux ans, d’octobre à mars • Donné en ligne (70 %) et en présence physique (30 %) • Visionnement des cours selon votre horaire • Possibilité d’aide financière et de subvention • Perfectionnement en gestion des ressources humaines, financière et des opérations et développement de plan d’affaires. « Les compétences en gestion sont essentielles à la viabilité des fermes d’aujourd’hui. Cette formation répond efficacement aux besoins des productrices et des producteurs de se former à distance, à leur rythme, tout en reconnaissant leurs acquis », se réjouit Maxime Lafond, producteur laitier de Weedon et président du Syndicat de la relève agricole de l’Estrie. Afin de tenir compte des horaires atypiques et des contraintes propres au métier des productrices et producteurs agricoles, 70 % des cours offerts seront sur Internet et pourront être visionnés à tout moment par les personnes inscrites. Le 30 %

restant est offert en présence physique au Cégep de Sherbrooke. Le Centre de formation continue du Cégep de Sherbrooke est le seul au Québec à proposer une telle formule qui est ouverte aux personnes de toutes les régions. La formation est offerte de façon à coïncider avec la période où les activités agricoles sont au ralenti, de la fin du mois d’octobre au mois de mars. Le programme prévoit 750 heures de cours sur deux années et permet d’obtenir une Attestation d’étude Collégiale (AEC).

Reconnaissance des acquis

Les participantes et participants qui possèdent déjà, de par leur expérience, certaines des compétences à développer pourraient voir leurs sessions allégées de certains cours.

Expertise agricole au Cégep de Sherbrooke

Le Cégep de Sherbrooke détient une expertise reconnue dans le domaine agricole depuis plusieurs années déjà par l’offre du programme menant à un DEC (3 ans à temps plein) en Gestion et technologies d’entreprise agricole (GTEA) et par les nombreuses collaborations qu’il a établies dans le milieu. Pour savoir quel programme correspond le mieux à vos besoins n’hésitez pas à contacter le Cégep de Sherbrooke. 819 564-6725 www.cegepsherbrooke.qc.ca/aec-gea Rencontre d’information le 22 septembre.

BOURSE AGRICOLE

La MRC et ses partenaires espèrent vos candidatures! riat agricole de l’Université Laval, la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, la MRC des Maskoutains et divers programmes de formations agricoles. Soutenir les jeunes entrepreneurs en s’associant à la MRC représente bien notre devise, soit : Apprendre, Grandir, Réaliser et Innover vers l’Avenir (Agria) », a précisé Serge Lefebvre, président de la Fondation Agria.

Critères et procédures

Le soutien financier vise à reconnaître les efforts des jeunes entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans. Ils doivent être ou en voie de devenir propriétaires, en partie ou en totalité, d’une entreprise agricole située sur le territoire de la MRC des Maskoutains, être membres de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), détenir une formation répondant aux critères de la Financière agricole du Québec et avoir au moins un an d’expérience en agriculture. Pour participer, il faut soumettre un formulaire d’inscription disponible à la MRC des Maskoutains ou sur son site Internet au mrcmaskoutains.qc.ca. Le formulaire doit être accompagné d’un plan d’affaires, ou d’une description complète du projet justifiant un besoin d’accompagnement et d’une lettre de motivation expliquant les particularités du projet. La date limite pour soumettre les dossiers de candidature est le vendredi 6 novembre, avant 12 h. La Bourse agricole de la grande région de Saint-Hyacinthe est offerte grâce à la

Marc-Antoine Pelletier (Ferme Les Délices du Rapide), lauréat en 2018, Serge Lefebvre, président de la Fondation Agria, Kévin Richard (Les Productions Richard), lauréat en 2018, Steve Carrière, agent de développement à la MRC, Jonathan Gadbois (Les Fermes Gadbois), lauréat en 2017, et Francine Morin, préfet de la MRC des Maskoutains. Les Studios François Larivière | MRC des Maskoutains ©

contribution de la MRC des Maskoutains et de la Fondation Agria, en collaboration avec les partenaires suivants : Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, la Société d’Agriculture de Saint-Hyacinthe, le Réseau Agriconseils Montérégie, Caisse Desjardins de la Région de Saint-Hyacinthe, Promutuel, Agrocentre Saint-Hyacinthe, Agrocentre Technova, Financement agri-

cole Canada, La Société d’aide au développement de la collectivité (SADC), La Coop Comax, la Fédération de l’UPA de la Montérégie et les Syndicats de l’UPA Vallée maskoutaine et Maskoutains Nord-Est. Pour obtenir des informations supplémentaires, veuillez contacter Steve Carrière, agent de développement à la MRC des Maskoutains, au 450 768-3005.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2020 - 19

L’appel de candidatures pour la 13e édition de la Bourse agricole de la grande région de Saint-Hyacinthe est en cours. La MRC des Maskoutains et la Fondation Agria, de même que leurs partenaires invitent les jeunes entrepreneurs du territoire de la MRC à soumettre leur candidature pour obtenir une bourse de 10 000 $. Ils ont jusqu’au 6 novembre pour transmettre leur dossier. Depuis sa création, près de 300 000 $ ont été remis à 26 jeunes entrepreneurs agricoles. « Nous l’avons constaté au fil des ans, la Bourse agricole de la grande région de Saint-Hyacinthe donne une grande visibilité aux jeunes entrepreneurs et aux produits qu’ils offrent. Elle leur permet également d’élargir leur réseau professionnel. J’encourage les jeunes œuvrant dans le secteur agricole à profiter de cette superbe opportunité », a indiqué Francine Morin, préfet de la MRC des Maskoutains. La Fondation Agria est partenaire de la Bourse agricole depuis le début. Sa mission a toujours été de favoriser la formation en agriculture au Québec et elle entend bien continuer de soutenir la formation des futurs professionnels de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec. « Au fil des ans, la Fondation Agria a aidé financièrement plusieurs établissements d’enseignement, sous forme de bourses, de prix d’excellence ou de dons totalisant plus d’un million de dollars. Nous sommes fiers d’appuyer notamment la plateforme de formation en entrepreneu-


Quand transformer rime avec s’adapter!

KARINE ALLARD

Conseillère en développement régional Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

JULIE CHABOT

Conseillère en transformation alimentaire Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

Gérer les liquidités, développer la relation client sur Internet, réorganiser les activités et les points de vente de l’entreprise ont caractérisé les derniers mois des transformateurs alimentaires. Fidèles au poste pour nourrir le Québec, les entreprises ont affronté la vague du confinement de manière différente selon qu’elles se consacraient aux denrées de commodité ou aux aliments de luxe. La diversité du portefeuille client a été synonyme de partage de risques. Voyons comment deux entreprises se sont adaptées à la suite de ce printemps exceptionnel et comment elles perçoivent l’avenir. Nous avons interrogé deux entrepreneurs de la région du Centre-du-Québec pour connaître leur expérience. D’une part, René Bougie exploite la Miellerie King à Kingsey Falls; son entreprise distribue une trentaine de produits dans plus de 250 points de vente au Québec. En activité depuis 2016, la Miellerie King fabrique non seulement des miels, des caramels et des sauces, mais aussi des boissons alcoolisées. D’autre part, Guylaine Roy dirige la Tomaterie Saint-Pierre-les-Becquets et l’entreprise commercialise principalement des produits transformés à base de tomates et de canneberges depuis 2002, qui sont distribués dans plusieurs points de vente, dont le Grand Marché de Québec.

L’adaptation a fait ressortir des pratiques gagnantes à conserver

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La mise en marché a présenté, sur différents plans, des obstacles à surmonter. Par exemple, l’annulation d’activités de

vente et de promotion, la fermeture des restaurants et des établissements hôteliers, de même que la saison touristique compromise ont obligé les entrepreneurs à se mettre à la recherche de solutions. « Au tout début de la crise, les ventes ont baissé, les gens se concentraient sur les produits de commodité », indique René Bougie. En réponse, la Miellerie King a soigné ses communications, développé de nouveaux canaux de vente, mis sur pied un service de livraison à domicile et préparé une forme d’accueil différente à la boutique adjacente au lieu de transformation. M. Bougie dit vouloir accentuer ses efforts en matière de vente directe ainsi que pour le volet « accueil et interprétation ». Une clé du succès de la Miellerie King depuis le printemps est sans doute la consolidation d’un réseau de promotion local en collaboration avec d’autres entreprises. Les Vendredis gourmands sont un rendez-vous hebdomadaire réunissant plus d’une quinzaine d’entreprises qui invitent les consommateurs à adopter l’achat local. Certains points de vente regroupent plusieurs entreprises, ce qui permet aux clients de se créer un itinéraire et de se procurer facilement les produits qu’ils désirent. Quant aux activités et aux marchés publics en vigueur, les ventes semblent au rendez-vous. À La Tomaterie Saint-Pierre-lesBecquets, il a fallu s’adapter à la réduction des heures d’ouverture des lieux de vente, comme au Grand marché de Québec, et de la boutique de l’entreprise. La Tomaterie et les autres entreprises qui vendent leurs produits au Grand Marché de Québec avaient souhaité que l’endroit reste ouvert tous les jours à heures restreintes au lieu d’ouvrir seulement certaines journées. En fait, les entreprises désiraient éviter de créer de la confusion parmi la clientèle, à savoir si le marché était ouvert ou non, de manière qu’elle puisse maintenir ses habitudes d’approvisionnement. Il est certain que cette situation a eu des répercussions sur le volume des ventes, puisque, durant un certain temps, les gens se déplaçaient beaucoup moins. Cependant, comme bien d’autres entreprises agroalimentaires, La Tomaterie a réussi à pallier ce manque à gagner en s’associant à des sites Web de

vente en ligne, telles que panierlocal.ca ou www.marchevicto.com. L’entreprise avait déjà envisagé la possibilité d’offrir ses produits dans des sites Web transactionnels, mais les conditions particulières du printemps ont précipité le processus. De fait, la propriétaire a confirmé son intérêt d’opter pour ce type de commercialisation, car la production peut être ajustée en fonction des commandes, ce qui donne la possibilité de limiter les pertes. Qui plus est, la quantité des commandes s’est avérée suffisamment intéressante pour justifier le choix de cette avenue. Il va sans dire que les consommateurs ont été au rendez-vous et l’entreprise a bien senti la fierté des gens d’adhérer au mouvement d’achat local. Pour La Tomaterie, l’expérience de la vente en ligne a été très concluante, malgré les adaptations nécessaires. Ce type de commercialisation s’est révélé un complément de la vente directe au marché public et en boutique. À moyen terme, la propriétaire aimerait avoir sa propre boutique en ligne, alors que le site Web de La Tomaterie a consisté davantage jusqu’à présent à donner une vitrine aux différents produits de l’entreprise. À cela s’ajoute l’intérêt de développer la vente des produits sur des sites Web transactionnels qui distribuent davantage à la grandeur du Québec, voire au-delà! « On souhaite que l’habitude d’acheter en ligne se maintienne parmi la clientèle tout au long de l’année, car cela pourra contribuer à compenser pour certaines périodes où les ventes sont moins grandes », mentionne Mme Roy. Malgré ce virage numérique et les adaptations nécessaires en raison de la pandémie, le désir reste encore très fort de poursuivre la vente directe et de maintenir une relation privilégiée avec la clientèle, qui, selon la propriétaire, représente la raison d’être de l’entreprise. Et pourquoi ne pas être présent dans d’autres marchés publics ou encore conclure des partenariats avec des entreprises ayant des activités complémentaires?

Rester aux aguets des changements et des occasions

En vue des prochains mois, les entreprises suivent de près la situation afin de

La Miellerie King

La Tomaterie Saint-Pierre-les-Becquets avec sa terrasse rustique et sa boutique.

déterminer lesquels de leurs produits montrent le plus intéressant potentiel. D’ailleurs, devant la hausse marquée des ventes des alcools québécois, la Miellerie King a modifié son plan de développement de manière à accélérer le volet de la distillerie. Aussi, pour l’automne et l’hiver qui viennent, l’entreprise entend planifier ses activités de mise en marché en fonction de la nouvelle réalité. Les activités automnales et la période des fêtes ne seront pas les mêmes que par les années passées. La crise liée à la pandémie de la COVID-19 a stimulé la capacité d’adaptation des entrepreneurs, comme en rendent compte les deux cas présentés. Les efforts, la rapidité d’action et la créativité déployés par les entrepreneurs sont dignes de mention. Pour l’avenir, ils se doivent d’être à l’affût des changements et des occasions à saisir. Comme le dit René Bougie de la Miellerie King : « On est tous face à la même épreuve. La différence, c’est comment on va y faire face. ».

Un programme pour appuyer la mise en marché

Mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le Programme Proximité a pour objet de consolider les initiatives de mise en marché axées sur la proximité et les besoins des consommateurs. Par exemple, le volet 2 du programme peut soutenir la réalisation du plan de commercialisation d’une entreprise qui désire ajuster sa stratégie. Pour obtenir plus d’information sur ce programme, il suffit de communiquer avec la direction régionale du Ministère.


Améliorer son rendement de maïs et soya en période de sécheresse ANDRÉ BEAUDET, AGR.,

Collaborateur spécial En collaboration avec l’Association des producteurs de pierre à chaux naturelle du Québec (APPCQ)

On peut dire que l’année 2020 ne finira pas de nous surprendre. Un semis fait dans de bonnes conditions et tout-à-coup, une sécheresse sans précédent pour la plupart des régions du Québec. Tous ont pu remarquer que les cultures continuaient leur croissance même avec si peu de précipitations, alors que d’autres cultures étaient en grande période de stress. Quoi faire pour éviter cet arrêt de croissance hâtif? Il faut se rappeler que le sol contient trois éléments : l’eau, l’air et naturellement le sol. Pourquoi vous mentionner cela? Comment faire en sorte que les racines puissent trouver l’eau du sol?

Préparation de sol

La préparation du sol au printemps est cruciale pour le développement de la

culture. Il faut des équipements de sols bien ajustés. Un vibroculteur par exemple doit être bien au niveau. Ça ne prend vraiment pas grand chose pour piquer 5 cm plus profond en avant qu’en arrière. Résultat, en sol lourd par exemple, on soulèvera plus de mottes de terre. Cela peut demander de passer un coup de vibro supplémentaire et ainsi assécher le sol inutilement ou sinon, on aura un lit de semence trop grossier qui conduira à une levée inégale. « Oui d’accord, mais mon vibro est bien ajusté et je n’aime toujours pas la texture de mon sol. Elle est trop grossière et je dois passer jusqu’à trois passages de vibro! Pourquoi? » Il y a peut-être le calcium du sol à vérifier. Souvent, on peut penser qu’un pH de 6,8 est satisfaisant. Et c’est peutêtre une erreur.

Quoi regarder? Quoi comprendre?

Le pH eau est l’indication du pH de l’eau en solution. Entre un pH de 7 et un pH de 6, il y a dix fois plus d’acidité et 100 fois plus d’acidité à un pH de 5. Donc, il ne faut

surtout pas penser que chaque dixième de pH en moins n’est pas grave. Le pH tampon, lui, sert au calcul de la quantité de chaux à mettre selon le type de sol ou la capacité d’échange cationique (CEC). Un sol plus lourd aura besoin de plus de chaux pour un même pH. Une autre mesure, encore plus importante que les deux dernières, est le pourcentage de saturation en calcium du sol. On entend rarement les gens parler de cela, pourtant, c’est une valeur cruciale pour la santé du sol. Un pourcentage de saturation sous 65 % donnera un sol beaucoup moins friable, aura tendance à croûter et à faire de la motte lorsque travaillé au printemps. Pourquoi cela? Le calcium est une grosse particule. S’il en manque dans le sol, il sera remplacé par des particules plus fines, comme le magnésium ou l’hydrogène, contribuant à l’affaissement du sol et à la compaction. L’ajout de calcium aidera à la floculation du sol. Avec une bonne teneur en calcium, soit entre 70 et jusqu’à 80 % de saturation si possible, le sol sera plus friable et

permettra de minimiser le nombre de passages pour la préparation du sol au printemps. L’humidité mieux conservée favorisera une levée plus égale. Il est très rare de voir une déficience de calcium sur du maïs ou du soya. Ce sont des cultures assez tolérantes, mais il ne faut surtout pas penser que le rendement ne s’en trouvera pas affecté. Le calcium est reconnu pour aider à la tenue des plants et l’ouverture/fermeture des stomates des feuilles qui empêchent la perte de l’eau. Un sol bien aéré, avec une belle texture aidera les plants à descendre leurs racines pour aller chercher l’eau en période de sécheresse. L’optimisation de la texture du sol est connue comme une stratégie gagnante à bien des niveaux. L’apport de chaux fait indéniablement partie d’une solution efficace. Combiné à un engrais vert, vous ne pourrez que constater la qualité améliorée de vos champs. Bonne récolte! Et surtout, si vous mettez la chaux recommandée, ça va bien aller!

L’AGRICULTURE, MA VOISINE! AUX CAMPS DE JOUR

Une activité d’animation appréciée des enfants et des municipalités Plus d’une centaine d’enfants inscrits aux camps de jour ont eu l’occasion d’en apprendre plus sur les réalités agricoles de la Montérégie lors de l’activité d’animation L’agriculture, ma voisine! qui s’est tenue dans cinq municipalités du territoire de la MRC des Maskoutains cet été, soit SaintSimon, La Présentation, Saint-Damase, Saint-Dominique et Saint-Pie. Compromis lorsque la pandémie a entraîné l’arrêt de nombreuses activités, le projet de visiter des camps de jour pendant la belle saison a finalement pu avoir lieu et les municipalités se sont empressées de s’inscrire. Dans toute la Montérégie, 32 camps de jour ont béné-

talents dans la salle! Je vois une belle relève agricole parmi nos jeunes », a souligné la députée Chantal Soucy. À travers des interventions interactives adaptées aux enfants de 8 à 12 ans, les animateurs d’Agro-Passion ont su intéresser les participants au monde rural qui les entoure. L’activité se terminait par la plantation d’un haricot dans un petit pot que chaque enfant pouvait rapporter à la maison pour arroser, transplanter et voir pousser. Dans le contexte de pandémie actuel, cette animation a été fort appréciée par les enfants étant donné que plusieurs activités et sorties ont été annulées cette

Photo Olivia Goyette

année. Les ajustements nécessaires ont été apportés afin d’adapter l’animation aux changements imposés par les règles sanitaires et de distanciation sociale en vigueur.

Les partenaires du projet

Initié par l’UPA de la Montérégie, par 13 MRC de la Montérégie, dont la MRC des Maskoutains, et l’agglomération de Longueuil, ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) dans le cadre du programme Territoires : priorités bioalimentaires. Il se poursuivra jusqu’au mois d’octobre 2021.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2020 - 21

Photo Anna Potapova

ficié de l’activité. Des réservations sont déjà prises pour l’an prochain. La Ville de Saint-Pie a pu bénéficier de cette activité grâce à la générosité de Chantal Soucy, députée de SaintHyacinthe, qui a d’ailleurs coanimé l’atelier, le 17 août. « Comme vous le savez, le monde rural fait partie intégrale de la grande région de Saint-Hyacinthe. Le camp de jour de SaintPie a manifesté sa volonté de faire cette activité avec ses jeunes et il était important pour moi de leur offrir cette opportunité. Étant moi-même fille d’agriculteur, c’est avec plaisir que j’ai animé l’activité de plantation d’haricots! Il y avait beaucoup de


Saison 2020, de nouvelles mesures pour la chasse aux cerfs MARIANNE CUSSON, BIOLOGISTE M.SC. Agence forestière de la Montérégie

ANAÏS GASSE, BIOLOGISTE M.SC.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Vous avez plusieurs cerfs de Virginie (chevreuils) sur votre lot et ils persistent à manger la régénération forestière et une partie de vos récoltes? Présente en grand nombre, cette bête peut effectivement causer certains problèmes. Toutefois, plusieurs solutions existent pour faciliter votre cohabitation. Parmi celles-ci, l’une des plus accessibles et efficaces est la chasse. La récolte de cerfs femelles est effectivement une méthode reconnue de contrôle des populations. Vous connaissez des chasseurs? Invitez-les en grand nombre à venir récolter des cerfs femelles sur votre lot! Vous êtes chasseur vous-même? Sachez que plusieurs nouvelles modalités de chasse ont été mises en place cette année. Elles visent notamment à optimiser la mise en valeur et la conservation du cerf et de son habitat, de prévenir la propagation de maladies graves pour les cerfs et de favoriser la cohabitation de l’espèce avec les citoyens en milieu urbain, périurbain, agricole et forestier. Voici quelques-unes de ces importantes nouveautés :

Un permis de zone

22 - Jeudi 17 septembre 2020 - Gestion et Technologie Agricoles

Le permis de chasse au cerf est maintenant associé à une zone de chasse, comme l’était déjà le permis de chasse à

l’orignal. Ainsi, le chasseur devra connaître la zone où il prévoit de chasser le cerf avant d’aller acheter son permis. Cela permettra une gestion plus fine du cheptel ainsi que de mieux l’adapter aux réalités des différentes zones.

Plus de cerfs par chasseur

La limite de prises de cerf est désormais augmentée à 2 cerfs/chasseur/an. Le chasseur désirant récolter deux cerfs devra se procurer deux permis, soit un permis régulier et un permis supplémentaire (disponible à moindre coût). Ces deux cerfs devront être abattus dans deux zones de chasse différentes à l’exception des zones 5 ouest, 8 est et 8 sud, soit trois des cinq zones de la Montérégie où il est possible de récolter deux cerfs dans la même zone.

Nouvelles dates et nouveaux engins

En 2020, les périodes de chasse au cerf seront synchronisées dans le sud du Québec. La période de chasse à l’arc et arbalète se déroulera du 3 au 16 octobre. La période de chasse à l’arme à chargement par la bouche et fusil débutera le 17 octobre pour cinq jours. Enfin, la période de chasse à l’arme à feu se déroulera du 7 au 22 novembre. Il sera désormais possible de chasser à l’arme à feu dans toutes les zones de chasse de la Montérégie puisqu’une saison à l’arme à feu apparaît même dans les zones 8 est et 8 nord. De plus, lors de

la période de chasse à l’arme à chargement par la bouche, il sera également possible de chasser au fusil.

Permis de 1er abattage remplacé par le permis de cerf sans bois (femelle ou faon)

Les chasseurs de la Montérégie connaissent probablement le permis de 1er abattage. Gagné par tirage au sort, ce permis permettait d’abattre d’abord un cerf sans bois, puis un mâle adulte, en vertu de son permis régulier. Il a été aboli et remplacé par le permis de cerf sans bois, aussi gagné par tirage au sort et déjà largement utilisé ailleurs dans la province. Contrairement à l’autre, il ne permet pas la récolte d’un deuxième cerf, mais plutôt d’opter pour une femelle ou un faon lors d’une période de chasse autorisant seulement la récolte de mâles adultes (ex. : saison de l’arme à feu).

Partage du permis de cerf sans bois (femelle ou faon)

Désormais, le chasseur qui détient un permis de cerf sans bois pourra le partager avec n’importe quel membre de sa famille immédiate. Jusqu’alors, il pouvait seulement le faire avec un jeune de 12 à 17 ans ou un étudiant de 18 à 24 ans. Pour qu’un membre de sa famille puisse utiliser son permis, il doit être son (sa) conjoint(e), son enfant ou son petit-enfant, son parent ou grand-parent, son frère ou sa sœur ou encore l’enfant ou le petit-enfant de son (sa) conjoint(e). Aussitôt le cerf sans bois

abattu en vertu de ce permis, le chasseur doit immédiatement perforer le permis de cerf sans bois à l’endroit prévu et apposer le coupon de transport de son permis régulier sur l’animal. Si le cerf sans bois a été abattu par un membre de sa famille, le titulaire du permis spécial pourra continuer sa chasse en vertu de son permis régulier. Son permis de cerf sans bois devient invalide lorsqu’il est perforé (ou aurait dû l’être) ou lorsque le coupon de transport du permis régulier auquel il est associé a été détaché (ou aurait dû l’être).

Période d’appâtage pour le cerf

Afin d’assurer la santé des cerfs et la sécurité publique, l’appâtage à des fins de chasse est dorénavant permis uniquement du 1er septembre au 30 novembre, à l’exception des substances minérales qui demeurent autorisées à l’année. N’hésitez pas à consulter le https:/ /mffp.gouv.qc.ca/la-faune/plans de-gestion/ cerf/ afin de connaître toutes les modalités qui s’appliquent pour la zone où vous chassez. La saison de la chasse arrive à grands pas. Soyons nombreux à y participer pour une saine gestion des cerfs et des forêts!


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