Gestion et technologie agricoles

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CULTIVER LA P MOTION DE laR Oréussite L’A G R I C U LT U R E E N MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

CULTIVER la réussite

e e Jeudi 10 novembre 2022 | Volume 47 | 2 11 Numéro Numéro

Ces épidémies qui menacent nos élevages

Aussi dans cette édition : Deux projets intéressants de l’IRDA en bien-être animal ............................p.4 Contrôler les mouches avec des guêpes dans les bergeries.......p. 18 Agriculture sur terre municipale : 3 projets prometteurs à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot ..............p. 21


2 - Jeudi 10 novembre 2022 - Gestion et Technologie Agricoles


L A P R O M O T I O N D E L’A G R I C U LT U R E E N M O N T É R É G I E E T A U C E N T R E - D U - Q U É B E C

PRODUCTION AVICOLE ET PORCINE

Le point sur la grippe aviaire et la peste porcine africaine Yves RIVARD GTA

Parmi les nombreuses infections et maladies qui exigent discernement et proactivité de la part des éleveurs, deux épidémies menacent particulièrement les productions avicole et porcine : la grippe aviaire H5N1 hautement pathogène (IAHP) et la peste porcine africaine (PPA). Si la première est déjà signalée au Québec, notamment en Estrie et en Montérégie, la seconde laisse planer de grandes inquiétudes dans le milieu quant à sa possible introduction en sol canadien et aux ravages qu’elle pourrait causer. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) répond actuellement aux cas confirmés d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) chez les élevages de volaille et les petits élevages au Canada. Des restrictions sont imposées depuis plusieurs mois sur les importations d’oiseaux vivants, de produits et de sous-produits d’oiseaux, notamment en provenance des États-Unis, d’Europe, d’Asie et d’Afrique. La particularité de la transmission tient dans le fait que, contrairement à d’autres types d’épidémie, le hasard y tient une place importante. En effet, tout se joue lorsque les oiseaux sauvages migrent vers et à travers le Canada au printemps et à l’automne, transportant ainsi des virus de la grippe. Impossible, donc, de prévoir les interactions et les différentes voies de transmission. Pour rappel, l’IAHP n’est pas un problème de salubrité des aliments. Rien ne dit que la consommation de volaille ou d’œufs bien cuits pourrait transmettre l’IAHP aux humains. La peste porcine africaine pose un risque significatif à l’économie porcine et à l’économie générale canadienne. Le Canada est le troisième pays exportateur de porc

GTA : Le dernier communiqué datant du mois d’août, il importe de savoir : y a-til des cas déclarés de peste porcine africaine en sol canadien? ACIA : Non, aucun cas n’a été signalé sur le sol canadien. GTA : À quoi ressemble le portrait actuel mondialement? ACIA : La PPA est une maladie porcine mortelle; cependant, elle ne peut pas être transmise à l’humain et ne constitue pas un risque pour la salubrité alimentaire. La maladie virale se propage par contact direct ou indirect avec des porcs et des produits du porc infectés. Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire inscrite sur la liste de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Depuis 2018, la PPA se propage rapidement en Asie (notamment en Chine, au Vietnam, en Corée du Sud, aux Philippines et en Indonésie) et dans certaines parties de l’Europe (notamment en Allemagne, en Italie, en Pologne, en Bulgarie, en Serbie et en Slovaquie). Elle s’est récemment propagée en Amérique du Nord, en République dominicaine et en Haïti, à la fin de 2021. GTA : Les produits de viande porcine voyagent beaucoup d’un continent à l’autre. Les accords en cours tiennentils compte de cette nouvelle réalité. Si oui, comment? ACIA : Le zonage est un outil reconnu à l’échelle internationale, utilisé pour aider à gérer les maladies et faciliter le com-

Crédit photo : Pexels

merce international. On s’attend à ce que le commerce international du Canada de tous les porcs vivants, du porc et des produits du porc soit initialement interrompu si la PPA était détectée ici. Une fois les zones établies, l’ACIA travaillerait avec les partenaires commerciaux pour reprendre les échanges. L’arrangement de zonage devrait permettre le commerce sécuritaire des porcs vivants, du porc et des produits du porc provenant de zones exemptes de maladie au Canada en cas d’éclosion de PPA. Des accords de zonage ont été conclus avec les États-Unis, l’Union européenne, Singapour et le Vietnam, et d’autres accords sont en cours de discussion avec d’autres partenaires. GTA : Comment la transmission s’effectue-t-elle? Dans le cas de la grippe aviaire, les oiseaux migrateurs peuvent contribuer. Est-ce le cas de la peste porcine africaine? ACIA : L’ACIA ne peut pas parler de transmissions spécifiques dans d’autres pays. Il existe des voies préoccupantes pour l’entrée et la propagation de la PPA au Canada, notamment : • Voyageurs internationaux – Ils présentent un grand risque d’introduction de la PPA au Canada. Les travailleurs agricoles, les étudiants étrangers ou les chasseurs, qui ont voyagé dans des pays touchés par la PPA, pourraient transporter des produits de porc infectés dans leurs bagages, sur leurs vêtements ou sur de l’équipement contaminés. • Déchets et rebuts alimentaires – Ils peuvent être contaminés par la PPA.

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ÉDITEUR : Benoit Chartier

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ : Guillaume Bédard

RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

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TEXTES ET COORDINATION : Yves Rivard CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

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Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.

Les petits producteurs et les propriétaires de porcs qui nourrissent leurs animaux avec des déchets infectés par le virus peuvent, par inadvertance, propager la maladie. • Alimentation animale – La PPA peut se propager par le biais d’aliments ou d’ingrédients alimentaires contaminés. Il est donc important de s’approvisionner en aliments pour animaux et en ingrédients d’aliments pour animaux auprès d’un fournisseur qui applique des mesures de biosécurité appropriées. GTA : Si un cas venait à être déclaré, quelles sont les mesures spécifiques à déployer? Quelles sont les mesures et procédures adoptées pour éradiquer un élevage contaminé? ACIA : Si la PPA est détectée au Canada, le gouvernement dispose d’un plan d’intervention robuste et rapide. L’objectif serait d’éradiquer la maladie aussi rapidement que possible, notamment par des contrôles stricts des mouvements d’animaux, y compris le zonage pour désigner les zones infectées et exemptes de maladie; la destruction et l’élimination sans cruauté de tous les animaux infectés et exposés; la décontamination rigoureuse des lieux infectés; et la surveillance et le traçage des animaux potentiellement infectés ou exposés. GTA : À quoi ressemble le futur à moyen terme? ACIA : Bien que certains progrès aient été réalisés dans la recherche sur le développement de vaccins, aucun vaccin efficace n’est disponible à l’heure actuelle.

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Imprimé par Imprimerie Transcontinental SENC division Transmag, 10807, rue Mira­beau, Ville d’Anjou Québec H1J 1T7. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Copyright® Tous droits réservés sur les textes et les photos. Les articles sont la responsabilité exclusive des auteurs. Prix d’abonnement : 1 an (taxes incluses)...............3500$ Merci de recycler ce journal.

Prochaine édition 8 décembre

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La menace fantôme

en importance au monde, tant en valeur qu’en volume, et représente environ 14 % des échanges commerciaux de porc dans le monde. Pas moins de 1,4 million de tonnes de porc, d’une valeur de 5 G$, ont été exportées à 93 pays en 2020. L’industrie du porc contribue à 103 000 emplois directs et indirects qui, en retour, génèrent 24 G$, ce qui comprend les intrants, la transformation et l’exportation. Dans ce contexte, tout est mis en œuvre pour empêcher la transmission. L’Agence canadienne d’inspection des aliments, responsable du dossier, a accepté de répondre à nos questions.


PRODUCTION AVICOLE ET PORCINE

Bien-être animal : deux projets intéressants du côté de l’IRDA Yves RIVARD

GTA

Fidèle à sa mission, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) œuvre quotidiennement à l’avancement des meilleures pratiques. Parmi ses experts, Stéphane Godbout, chercheur, ing., agr., Ph. D., collabore à différents programmes, dont deux rejoignent notre thématique mensuelle. En voici les grandes lignes. Les travaux de recherche de M. Godbout portent principalement sur les stratégies d’élevage et de gestion des déjections animales, principalement dans le domaine des rejets des systèmes de production animale telles les émissions de gaz et d’odeurs (cohabitation).

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Une seule santé

Dans le cas des deux projets en question, il travaille en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) et l’Université Laval, sous la bannière du concept One Health (Une Seule Santé). « Il s’agit d’une approche intégrée qui met l’accent sur les interactions entre les animaux, les humains et leurs divers environnements. Il encourage les collaborations, les synergies et l’enrichissement croisé de tous les secteurs et acteurs dont les activités peuvent avoir un impact sur la santé, note Stéphane Godbout. Son but est d’améliorer la santé et le bien-être global grâce à la prévention des risques et l’atténuation des effets des crises résultant des interactions entre les humains, les animaux et leurs écosystèmes. » « Nous étudions présentement, en collaboration avec d’autres partenaires, la production en volière, et plus précisément l’impact sur la qualité de l’air lors du passage d’élevage en batterie vers le système en volière, explique ce dernier. Plus de mouvement d’animaux, plus de litière, et donc davantage de gaz et de particules en suspension dans les airs. Y a-t-il un effet sur la santé globale? » Il poursuit : « L’étape suivante consiste à trouver un moyen technique ou pratique pour contrer les effets recensés. Les tests se font à petite et moyenne échelle, chez des producteurs. L’un d’entre eux consiste à répandre un mélange d’huile et d’eau qui vient changer le pH et retenir les particules au sol. Selon les différentes posologies testées, nous tentons

de déterminer les fréquences d’utilisation les plus efficientes. » Le chercheur rappelle que la juste mesure se trouve dans les détails, et qu’aucune surface au sol n’évite les problématiques, soient-elles chauffantes ou non. Ainsi, un sol humide dégage plusieurs gaz, dont de l’ammoniac, et peut causer des dermatites, alors qu’un sol sec permet la suspension de particules, souvent contaminées par des champignons. « Dans certaines situations, on arrive à réduire 90 % des particules en suspension. Mais, l’équilibre offrant le meilleur rendement est un point précis, pas un plateau. Améliorer un aspect pour en dégrader un autre n’offre aucun gain », souligne M. Godbout, qui précise du même souffle que ces recherches doivent mener à des résultats peu coûteux pour les éleveurs et ne pas affecter la production. Donc, beaucoup de valeurs pour arriver à l’équation parfaite. Les résultats finaux pourraient être dévoilés au printemps 2024.

Mener l’élevage à bon porc

Toujours sous la bannière Une Seule Santé et dans une optique de réduction des GES et des rejets dans l’environnement, Stéphane Godbout contribue à un autre programme similaire, mais qui vise l’élevage porcin. « Le projet analyse les grands maillons de la production que sont l’alimentation, la ventilation et la gestion des fumiers. L’objectif : améliorer le confort tout en réduisant les émissions dans l’environnement », explique-t-il. Ce projet, chapeauté par le Programme d’appui à la lutte contre les changements climatiques en agriculture (PALCCA), compile différentes données et explore plusieurs pistes, notamment les possibilités de gestion différente des lisiers. « Comment gérer les déjections au champ? Observe-t-on des gains globaux ou non? En observant sa courbe de croissance, existe-t-il des moyens de diminuer ces effets à travers l’alimentation? » Des questions dont les réponses pourraient changer la donne pour les éleveurs à moyen terme. « Actuellement, les porcheries sont ventilées selon la température. En se fiant à certains indicateurs de ressenti de l’animal, le groupe étudie la possibilité d’aller au-delà du simple contrôle du froid et de l’humidité », conclut M. Godbout. À suivre…


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Modification du Règlement d’application de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles Il y a du nouveau du côté de la Loi modi- décembre 2021. Pour l’harmoniser au précédent règlement est entré en vigueur demande d’exclusion de la zone agricole fiant diverses dispositions législatives Règlement d’application de la Loi sur la en septembre dernier. et les articles 65, 65.0.1 et 65.1 de la principalement aux fins d’allègement du protection du territoire et des activités Ainsi, les changements concernent LPTAA. Voici le schéma vulgarisant la LOI MODIFIANT DIVERSES DISPOSITIONS LÉGISLATIVES PRINCIPALEMENT AUX FINS D’ALLÈGEMENT DU FARDEAU ADMINISTRATIF (ANCIENNEMENT PL-103) fardeau administratif (LPTAA) adoptée en agricoles, un règlement pour modifier le plus particulièrement la procédure de séquence des changements. DÉBUT DU CHEMINEMENT D'UNE DEMANDE D'EXCLUSION À LA COMMISSION DE PROTECTION DU TERRITOIRE AGRICOLE DU QUÉBEC (COMMISSION)

Demande transmise à la municipalité locale (ML) concernée et envoi d’une copie de la demande à la Commission Article 65 (1er alinéa)

Demande adressée directement à la Commission par la ML accompagnée :

La ML a 45 jours pour transmettre ces informations à la Commission

Demande transmise à la ML ou aux ML concernées et envoi d’une copie de la demande à la Commission Article 65 (1er alinéa)

Demande adressée directement à la Commission par la ou les ML accompagnée :

D'une évaluation de l'impact du projet en regard de l'application des distances séparatrices relatives à la gestion des odeurs

D'une évaluation de la conformité de la demande à sa réglementation municipale

La ou les ML ont 45 jours pour transmettre ces informations à la Commission

D'une recommandation De toute autre information exigée par la Commission

D’une évaluation de l’impact du projet en regard de l’application des distances séparatrices relatives à la gestion des odeurs

Transmission des recommandations dans les 45 jours

Article 58.4

Analyse de la présence d’espace approprié disponible hors de la zone agricole par la Commission Article 65.1 (1er alinéa)

Transmission du compte rendu de la demande et de l'orientation préliminaire de la Commission

Demande adressée directement à la Commission par la MRC ou la CM et envoi d'une copie de la demande à la ML ou aux ML concernées Article 65 (1er et 3e alinéas)

La ou les ML doivent transmettre à la Commission : Une évaluation de l’impact du projet en regard de l’application des distances séparatrices sur les odeurs Une évaluation de la conformité de la demande à sa règlementation municipale Une recommandation Toute autre information exigée par la Commission

Regroupement possible de demandes en un seul dossier par la Commission, si celles-ci portent sur le même projet, mais qu'elles identifient des lots dans plus d'une municipalité

Dans les 45 jours qui suivent la réception de la demande

D’une évaluation de la conformité de la demande à sa réglementation municipale D’une recommandation De toute autre information exigée par la Commission

Article 58.1

Sollicitation de recommandations auprès de la MRC, de la CM et de l'UPA par la Commission

Regroupement possible de demandes en un seul dossier par la Commission, si celles-ci portent sur le même projet, mais qu’elles identifient des lots dans plus d’une municipalité

Début du cheminement AJUSTÉ d'une demande d'exclusion produite par une municipalité régionale de comté ou une communauté métropolitaine2 par le PL-103 Vue d'ensemble

Début du cheminement TRANSITOIRE d’une demande d’exclusion par une municipalité régionale de comté ou une communauté métropolitaine Vue d'ensemble

Vue d'ensemble

Début du cheminement PRÉCÉDENT d'une demande d'exclusion produite par une municipalité régionale de comté (MRC) ou une communauté métropolitaine (CM)

Article 65 (5e alinéa)

Article 58.1

Pour les recommandations qui n’ont pas déjà été transmises à la Commission

La Commission peut rejeter la demande pour ce seul motif

Transmission des recommandations dans les 45 jours

Sollicitation de recommandations auprès de la MRC, de la CM et de l’UPA par la Commission Article 58.4

Analyse de la présence d’espace appropriée disponible dans le territoire de la MRC et hors de la zone agricole par la Commission Article 65.1 (1er alinéa)

Transmission du compte rendu de la demande et de l'orientation préliminaire de la Commission Article 60.1

Pour les recommandations qui n’ont pas déjà été transmises à la Commission

La Commission peut rejeter la demande pour ce seul motif

Transmission des recommandations dans les 45 jours

Sollicitation de recommandations auprès de la MRC, de la CM et de l'UPA par la Commission Article 58.4

Analyse de la présence d’espace appropriée disponible dans le territoire de la MRC et hors de la zone agricole par la Commission Article 65.1

Pour les recommandations qui n’ont pas déjà été transmises à la Commission

La Commission peut rejeter la demande pour ce seul motif

Transmission du compte rendu de la demande et de l'orientation préliminaire de la Commission Article 60.1

Article 60.1

1 Les articles et alinéas dont il est fait mention dans le document réfèrent à ceux de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. 2 Depuis la sanction de la Loi, le 9 décembre 2021, les municipalités locales ne peuvent plus faire de demandes d'exclusion directement à la Commission.

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Production de poulets pour les marchés de proximité : ce qu’il faut savoir La troisième édition du projet pilote Production de poulets pour les marchés de proximité est présentement en cours. À raison de dix candidats retenus par année, et selon un projet qui devrait compter cinq éditions, le nombre de participants au programme devrait se chiffrer à 50 d’ici 2025. Trop peu d’éleveurs étant parfaitement au fait des méthodes et pratiques de l’initiative à ce jour, voici un rappel de ses principaux bénéfices et avantages. Tenu et organisé par Les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), ledit programme permet à un minimum de 10 candidats, non titulaires de quotas de production de poulets ou de dindons, d’obtenir un contingent annuel. Les éleveurs pourront produire un maximum de 2000 poulets ou 6000 kilos de poulet en poids vif destinés à la vente directe. Le projet vise à exaucer la demande des membres de l’Union Paysanne, de la Coopérative pour l’agriculture de proxi-

mité écologique (CAPÉ) et des éleveurs désireux de développer davantage la vente de poulets directement depuis la ferme, une proximité fortement prisée par plusieurs consommateurs. Tout au long du processus, le candidat demeure responsable du développement de son projet, incluant la vente au consommateur par l’entremise d’un maximum d’un seul intermédiaire. L’élevage doit être mené dans le respect des pratiques d’élevage reconnues au chapitre des règles de salubrité, de bien-être animal et de biosécurité. Une fois sélectionné au cours du mois de novembre, le candidat pourra entamer la production des contingents au début du mois de mars suivant. Un permis du MAPAQ doit être accordé suivant une inspection des infrastructures. Certains investissements peuvent donc être nécessaires pour assurer la conformité du processus.Pour information : volaillesdu quebec.qc.ca.


Carrefour des gestionnaires Hausse de 2,2 % du prix Holstein Québec 2022 du lait à la ferme en 2023 C’est de manière virtuelle que se tiendra cette année le Carrefour des gestionnaires Holstein Québec. Sous la forme de quatre demi-journées, des conférences, des ateliers et des projets de mise en

situation portant sur les conférences seront présentés. Les avant-midi seront consacrés à l’étude de cas d’un jeune repreneur désirant effectuer un transfert d’entreprise non apparenté et qui vise à concrétiser certains projets pour ladite entreprise. La date limite pour s’inscrire est le 11 novembre. Pour information, consultez le site holsteinquebec.com.

Horaire Carrefour des gestionnaires Holstein Québec 2022 JEUDI LE 01 DÉCEMBRE À partir de 8h45

Ouverture de la plateforme virtuelle

9h00

Mot de bienvenue et présentation du groupe

9h45

Présentation de l’entreprise en étude de cas : - Analyse de la situation technico-financière - Vision à court-moyenlong terme - Projet

10h45

Pause

11h00

Ateliers Lactanet et Desjardins - Situation t echnico-financière - Vision à courtmoyen-long terme - Projet

11h45

Plénière et retour sur l’étude de cas

12h00

Dîner

13h30

John Deere Survol des éléments de gestion de la machinerie

14h15

Questions et retour sur la journée

14h30

Fin de la journée

VENDREDI LE 02 DÉCEMBRE À partir de 9h15

Accueil des participants sur la plateforme virtuelle

9h30

Atelier Trouw-nutrition/ Shur-gain Gestion de l’inventaire et la valeur des fourrages

10h30

Pause

10h45

Atelier Lactanet L’économie au cœur de la gestion

11h45

Plénière et retour sur l’étude de cas

12h

Dîner

JEUDI LE 08 DÉCEMBRE À partir de 9h00

Accueil des participants sur la plateforme virtuelle

9h10

Rappel de l’étude de cas

9h30

Atelier Holstein Canada L’élevage de sujets de remplacement

10h30

Pause

10h45

Atelier (à déterminer) Stratégies génétiques et reproduction

11h45

Plénière et retour sur l’étude de cas

Audrey Dallaire, Centre Multiconseils agricoles Gestion des ressources humaines

12h00

Dîner

13h30

Vétoquinol Impacts économiques de la qualité du lait.

14h15

Retour sur la journée

14h15

14h30

Fin de la journée

13h30

15h

Discussion de groupe sur l’étude de cas Fin de la journée

VENDREDI LE 9 DÉCEMBRE À partir de 9h15

Accueil des participants sur la plateforme virtuelle

9h30

Grand retour sur les décisions à prendre Plan d’action pour la ferme Synthèse

10h15

Remise de prix

10h30 à 12h30

Panel de discussion - 3 gestionnaires (à déterminer)

12h

Bières et terrine

13h30

Appréciation de l’évènement et social (facultatif)

14h00

Fin de l’évènement

En octobre 2022, la Commission canadienne du lait (CCL) a procédé à l’examen annuel du prix du lait aux fermes canadiennes. Pour donner suite à cet examen et aux consultations qu’elle a tenues avec les parties prenantes, la CCL compte appliquer les changements suivants le 1er février 2023. Le prix du lait à la ferme augmentera de 2,2 %, soit de 0,0174$/litre (moins de 2 cents le litre). Cette hausse a été calculée au moyen de la formule nationale d’établissement des prix, un mécanisme d’établissement de prix qui a été déterminé par l’industrie. Cette formule tient compte des coûts de production des producteurs laitiers ainsi que de l’indice des prix à la consommation. Comme nous l’avions mentionné en juin dernier, la hausse des prix du lait à la ferme qui est entrée en vigueur le 1er septembre 2022 a été soustraite du résultat de la formule d’établissement des prix. Dans la dernière année, les producteurs ont été aux prises avec la hausse du coût des aliments pour animaux, du coût des engrais, du coût du carburant et des taux d’intérêt. De plus, des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement continuent d’exercer une pression à la hausse sur le coût des intrants. Toutefois, les investissements et les gains de productivité réalisés à la ferme ont compensé une partie de ces augmentations. Le coût du lait utilisé pour fabriquer des produits laitiers comme le lait, la

crème, le yogourt, le fromage et le beurre destinés aux secteurs du détail et de la restauration augmentera donc de 2,2 % en moyenne. L’incidence nette de ce rajustement sur les consommateurs dépendra aussi de facteurs comme les coûts de transport, de distribution et de conditionnement dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Le prix payé aux producteurs n’est qu’une portion du prix payé par les consommateurs. Dans la dernière année, l’indice des prix à la consommation annuel moyen pour les produits laitiers a connu une croissance comparable (6,0 %) à celle de tous les autres produits alimentaires (6,3 %). Dans les cinq dernières années, l’indice des prix à la consommation annuel moyen pour les produits laitiers a augmenté de 12 %. En comparaison, l’indice pour la viande a crû de 21 %, celui pour les œufs de 27 % et celui pour le poisson de 15 %. Les regroupements suivants ont contribué à la démarche annuelle: la CCL, les Producteurs laitiers du Canada, l’Association des transformateurs laitiers du Canada, l’Association des consommateurs du Canada, le Conseil canadien du commerce de détail, la Fédération canadienne des épiciers indépendants et Restaurants Canada. Les nouveaux prix deviendront officiels lorsque les autorités provinciales les auront approuvés plus tard en 2022.

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Du succès avec vos céréales d’automne avec le chaulage • SYLVIE RICHARD, AGR.

Coordonnatrice de l’Association des producteurs de pierre à chaux naturelle du Québec (APPCQ)

Il y a plusieurs avantages à intégrer des cultures d’automne dans votre rotation! Parmi les nombreux bénéfices agronomiques, le blé ou le seigle d’automne produisent un rendement intéressant, augmentent le rendement pour la culture qui suit et protègent le sol contre l’érosion. Les cultures d’automne permettent de mieux repartir et planifier vos travaux aux champs en plus de diversifier vos sources de revenus. Pour réussir les cultures d’automne, on pense évidemment à la survie à l’hiver. Plusieurs stratégies s’additionnent pour la favoriser : un bon égouttement de l’eau de surface, un sol structuré qui laisse l’eau s’infiltrer et un sol équilibré, fertile avec un pH de 6,5 à 6,7.

Pourquoi le pH?

Le chaulage permet de : • maximiser la disponibilité des éléments nutritifs pour vos cultures; • fournir un apport en calcium et en magnésium à un coût avantageux, deux éléments essentiels à la santé et

• • •

à la qualité des récoltes; la chaux permet de compenser les exportations; augmenter les niveaux de calcium et de magnésium disponibles et assimilables par la culture; le magnésium stimule la photosynthèse favorisant ainsi la croissance et l’établissement alors que le calcium augmente la formation et le stockage des sucres (peptide) ce qui est important pour la survie hivernale; favoriser l’activité microbienne qui dégrade la matière organique et les résidus de culture; améliorer la capacité d’échange cationique (CEC); favoriser le développement des racines qui explorent davantage le profil du sol ; les cultures deviennent plus résilientes aux variations climatiques; renforcer la structure du sol qui devient plus aéré et meuble, particulièrement intéressant dans les terres argileuses, compactes et mal aérées; la microporosité créée favorise les remontées capillaires.

récolte des céréales à paille. Le sol est portant et risque peu ou pas la compaction. Il est aussi possible de corriger le pH après la récolte de soya qui précède le semis de la céréale d’automne si les conditions du sol le permettent. Si vous êtes en semis direct, il faudra adapter la dose d’application. Pour établir le bon diagnostic et obtenir une recommandation adaptée à vos

parcelles, une consultation avec un.e agronome est recommandée. Votre conseiller.ère agronomique vous guidera pour déterminer le bon produit selon les critères de qualité (IVA, PN, contenu en Ca et Mg et granulométrie), la dose, le moment et le mode d’application. Pour des produits sûrs et de qualité, demandez un produit normé BNQ.

Un sol en santé et vivant favorise la productivité des cultures et la rentabilité de votre entreprise. Parce que le chaulage améliore les propriétés chimiques, biologiques et physiques du sol, c’est un investissement qui vaut la peine!

Comment chauler?

La période la plus connue et la plus propice pour corriger le pH est après la

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Journée Grandes cultures Agri-Vision! Le 7 décembre prochain se tiendra la Journée Grandes cultures Agri-Vision à Saint-Hyacinthe. Que vous soyez un agriculteur, un professionnel, une personneressource ou un étudiant en agriculture, vous êtes invité à assister à des conférences portant sur des sujets d’actualités en grandes cultures. La programmation se détaille comme suit : • 9 h 10 : Progression de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides en Montérégie; • 9 h 50 : Innovation : contrôle en bande des mauvaises herbes et cultures de couverture;

• 10 h 30 : Des progrès dans la prédiction du risque de développement de la sclérotiniose du soya; • 11 h 05 : L’importance de la fertilisation pour aller chercher le plein potentiel des prairies; • 13 h 10 : Peut-on atteindre la carboneutralité en grandes cultures?; • 13 h 55 : Le carbone peut-il aider à stabiliser le rendement des cultures?; • 15 h : La réponse des cultures aux engrais comme indice de la santé des sols; • 15 h 45 : La paille des céréales, on la laisse ou on la sort du champ?. Pour information et inscription : lepoint devente.com/billets/grandes-cultures-2022

JOURNÉE

GRANDES CULTURES

2022

LE 7 DÉCEMBRE 2022 | DE 9 H À 16 H 15

Centre BMO (salle Richard-Robert), 2730, avenue Beauparlant, Saint-Hyacinthe

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Certifiés pour le drainage agricole EPL Lazure se spécialise dans le drainage des terres agricoles depuis 50 ans. L’entreprise est guidée par la volonté d’offrir aux clients des solutions de drainage optimales pour une meilleure rentabilité de leurs terres. Depuis 2020, Maxime Duval a pris les rênes de l’entreprise. Président de Drainage St-Célestin et membre de l’Association des entrepreneurs en drainage agricole du Québec, il a su apporter son savoir et sa notoriété à l’entreprise.

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pour EPL Lazure. Le plan de drainage professionnel comprend un écartement entre les lignes de drains, un filtre si requis, une meilleure disposition et profondeur des drains, les dimensions des tuyaux ainsi qu’un aménagement complémentaire pour assurer un drainage adéquat. Choisir EPL Lazure, c’est travailler avec les gens les plus compétents de l’industrie du drainage agricole.

Des équipes dévouées

EPL Lazure possède six équipes de drainage. Elles prennent le temps de rencontrer les agriculteurs afin de les interroger sur l’historique de leurs terres. Une investigation sur le terrain permet d’identifier les problèmes de compaction, les zones difficiles à sécher, les cours d’eau et les fossés, les types de sols et la présence d’ocre ferreuse. Les éléments recueillis lors de l’investigation sur le terrain et un échantillonnage rigoureux permettront de déterminer la technique de drainage la plus appropriée. Ses équipes couvrent les régions du Centre-du-Québec et de la Montérégie. L’entreprise cherche d’ailleurs à agrandir son équipe technique afin de servir un plus grand nombre d’agriculteurs. Maxime Duval tient à souligner le travail de sa représentante Lyne Laplante. « C’est une femme qui est engagée et passionnée. Ces nombreuses années d’expérience dans le domaine lui ont permis de rencontrer plusieurs cas parti-

Crédit photo : EPL Lazure.

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14 - Jeudi 10 novembre 2022 - Gestion et Technologie Agricoles


Bœuf Québec passe en mode coopérative C’est maintenant officiel : Bœuf Québec changera de forme juridique en date du 23 novembre, date à laquelle l’entité deviendra une coopérative en bonne et due forme. Les membres seront les producteurs de bouvillons, les éleveurs de veaux d’embouche et les partenaires autres. Comme l’a souligné Jean-Sébastien Gascon, directeur général de Bœuf Québec, le changement de forme juridique sera entériné dans le cadre du colloque de la Société des parcs d’engraissement, à l’origine de la première forme juridique, prévu pour la fin novembre. Pour marquer le passage en mode coopératif, Bœuf Québec s’est doté d’un nouveau visuel incluant deux nouveaux logos, plus faciles à identifier.

En croissance continue

Depuis 2017, Bœuf Québec a connu une croissance continue, tant dans la distribution de ses produits que dans ses effectifs. À preuve : la marque, qui n’était présente que dans une seule bannière, occupe aujourd’hui les comptoirs de dix bannières et distributeurs. Au cours de cette même période, le nombre d’employés est passé d’un à dix. L’objectif de la coopérative demeure le même : produire davantage de profits pour les producteurs de bouvillons et de veaux d’embouche. Selon M. Gascon, Bœuf Québec vise à générer 850 $ de valeur supplémentaire par carcasse.

Des visuels plus attractifs pour Bœuf Québec, désormais une coopérative. Photo: Bœuf Québec.

Ottawa investit près de 1 M$ pour la santé des vaches laitières En vertu d’un investissement de près de 1 M$ du gouvernement du Canada, l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec pourra développer un outil numérique pour anticiper et réduire les risques liés aux maladies métaboliques des vaches laitières. Les maladies métaboliques sont un problème de santé majeur pour les vaches laitières, surtout lors de la période suivant le vêlage. Cet investissement permettra à l’Association de développer des algorithmes qui prédiront les risques pendant la lactation à partir de métabolite sanguin obtenu avant le vêlage. L’outil et les résultats seront publiés en ligne pour les producteurs laitiers et les vétérinaires. En étant mieux équipés pour comprendre et anticiper les risques, ils pourront rapidement prendre des mesures correctives pour améliorer la santé et le bien-être des animaux. Cet outil aidera les productrices et producteurs à être plus efficaces dans leur travail et limitera les pertes économiques causées par les maladies tant pour les

producteurs que pour les transformateurs. Il améliorera aussi la capacité des vétérinaires à intervenir et renforcera les relations de travail entre les producteurs et les transformateurs.

Faits en bref

• Le financement pouvant atteindre 998 456 $ annoncé provient du Programme canadien des priorités stratégiques de l’agriculture - un investissement de 50,3 M$ sur cinq ans pour aider le secteur agricole à s’adapter et à rester concurrentiel. • Fondée en 1969, l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec est une organisation sans but lucratif qui compte environ 420 membres exerçant leur profession dans le secteur des animaux de production partout au Québec. • L’industrie laitière canadienne est un pilier essentiel des communautés rurales au Canada et un important moteur de l’économie. On compte 9952 fermes laitières au Canada, qui génèrent plus de 45 000 emplois directs.

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LES ENTREPRISES LAFRANCE

Une famille au service de l’agriculture Bien connue pour son travail dynamique dans le milieu du commerce du grain avec Les Entreprises Lafrance Division Grains, tout comme dans le domaine de l’alimentation animale avec Les Moulées Bellifrance, la famille Lafrance demeure avant tout une famille d’agriculteurs. « On restera toujours des agriculteurs, avant de parler de grain et de business avec nos clients, on parle du temps, des précipitations, on se demande des nouvelles de nos champs », témoigne Claude Lafrance. Observateur et visionnaire Claude Lafrance a le don de saisir les occasions qui se présentent. De ce fait, en 2009 son intuition l’a mené au commerce du grain, en créant Les Entreprises Lafrance, Division Grains, avec sa conjointe Lyne Fontaine qui gère l’entreprise à titre de directrice générale. « Je me suis rendu compte qu’il y avait un grand potentiel dans le commerce du grain. On a commencé avec 20 000 tonnes d’achats de grain par année, et aujourd’hui, nous en sommes à 400 000 tonnes par an. On achète directement des producteurs, à la grandeur du Québec et de l’Ontario, du maïs, soya, blé, orge, seigle, que l’on revend ensuite à l’industrie de l’alimentation animale et pour la production d’éthanol », relate Claude Lafrance. En 2016, David Michon, négociant de grains reconnu dans le marché, doté de la même vision et également agriculteur, s’est joint aux propriétaires pour participer

à l’évolution de l’entreprise. Aujourd’hui, l’équipe composée de quatre négociants de grains, issus du milieu agricole, possédants une grande expertise dans le domaine, et une profonde compréhension

des enjeux rencontrés par les agriculteurs, œuvrent à offrir un service optimal à leur clientèle. Profitant des forces de chacun, et mue par un esprit entreprenant et innovateur,

la famille Lafrance gère maintenant trois entreprises qui fonctionnent en synergie : la Ferme Bellifrance, Les Entreprises Lafrance, Division Grains, et Les Moulées Bellifrance.

Claude Lafrance, actionnaire de l’Entreprise Claude Lafrance (Ferme), Entreprises Lafrance Division Grains inc, et Moulées Bellifrance inc., Lyne Fontaine, actionnaire de Entreprises Lafrance Division Grains inc, David Michon, actionnaire de Entreprises Lafrance Division Grains inc, Amélie Lafrance, actionnaire de Moulées Bellifrance inc, Marylène Lafrance, actionnaire de Moulées Bellifrance inc, et Simon Bilodeau, actionnaire de Moulées Bellifrance inc.

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Contrôler les mouches avec des guêpes dans les bergeries? CHANTAL LEMIEUX ET MARIE-ANGE THERRIEN, AGRONOMES JEAN-PHILIPPE LÉGARÉ, BIOLOGISTE Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Les guêpes dites « parasitoïdes » sont utilisées dans quelques fermes laitières et avicoles au Canada pour contrôler les mouches. Les résultats semblent concluants, selon le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario. Alors, qu’en est-il des bergeries? Des guêpes parasitoïdes sont présentes naturellement au Québec. Toutefois, leurs populations sont trop faibles pour contrôler les mouches dans les bergeries. Une équipe d’agronomes du MAPAQ a lancé un projet en 2021 afin d’évaluer l’efficacité des guêpes parasitoïdes pour contrôler les mouches dans les bergeries. Détrompez-vous; il ne s’agit pas des guêpes qui vous tournent autour lors d’un pique-nique : les guêpes parasitoïdes sont plus petites qu’une mouche à fruits. Pourquoi utiliser des guêpes parasitoïdes? L’objectif est triple : • Diminuer le nombre de mouches dans les bergeries. • Réduire l’utilisation d’insecticides (sels, aérosols et autres arrosages). • Réduire l’utilisation de pièges à mouches, le plus souvent faits de plastiques non biodégradables.

Mouches et guêpes parasitoïdes

Les bergeries, comme d’autres lieux d’élevage, sont propices au développement de plusieurs espèces de mouches, qui dérangent les animaux et font baisser la production. Elles peuvent aussi transmettre des maladies bactériennes, virales et parasitaires.

Les guêpes parasitoïdes utilisées pour ce projet se reproduisent en pondant leurs œufs dans une pupe hôte de mouche; chez les mouches (diptères), la pupe est le stade intermédiaire entre l’état de larve et celui d’adulte. En se développant, les larves de guêpes tuent leur hôte. Les guêpes parasitoïdes préfèrent certains habitats et certains hôtes pour se reproduire. C’est pourquoi les guêpes utilisées pour lutter contre les mouches affectant le bétail sont vendues en mélange composé de quelques espèces qui s’attaquent aux principales espèces de mouches dans les élevages.

Étapes du projet

Durant l’été 2021, le projet a été mené dans trois bergeries en Estrie et au Centre-du-Québec. Voici les étapes du protocole qui a été appliqué.

Calcul du nombre de guêpes nécessaires

L’équipe a évalué le nombre de guêpes à introduire : on recommande d’utiliser 200 guêpes par brebis et 400 guêpes pour chaque brebis accompagnée de ses agneaux, car leur fumier, plus riche et plus humide, est plus attractif pour les mouches.

Relâchement de guêpes parasitoïdes

Les guêpes sont vendues sous forme de pupes de mouches parasitées. Livrées dans des sacs de 25 000 guêpes, elles ont été mises dans des pochettes moustiquaires et installées en hauteur pour éviter que les animaux les piétinent ou les mangent. Les pupes de mouches parasitées par les guêpes ont été relâchées à partir du 10 mai, lors des premières observations de rassemblement de mouches du côté sud des bâtiments et lorsque les risques

Piège à mouches collant. Crédit photo : Marie-Ange Therrien, MAPAQ.

de gel étaient passés. Les relâchements se sont terminés le 8 octobre 2021, pour une durée totale de 22 semaines. Les larves parasitées étaient livrées toutes les deux semaines, et les sacs comportaient des dates de relâchement différentes pour les deux semaines à venir. Elles étaient dispersées à plusieurs endroits dans les bergeries, puisque les guêpes ne parcourent pas de grandes distances.

Identification des zones de reproduction des mouches

Plusieurs fois durant la saison, l’équipe a identifié les zones où des pupes de mouches étaient présentes dans les bergeries pour déterminer à quel endroit relâcher les guêpes.

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Décompte de mouches adultes sur pièges jaunes englués

Des pièges à mouches collants ont été installés à partir du premier relâchement des guêpes pour mesurer l’évolution de la population de mouches une à deux fois par semaine. Les guêpes parasitoïdes s’attaquent aux pupes et non aux mouches adultes, qu’il convient de contrôler aussi. Ainsi, du trappage de masse était aussi réalisé dans les bergeries à l’aide de pièges de type « corde à linge ». Les producteurs ont aussi appliqué d’autres traitements en granules ou en aérosols lorsque les populations de mouches étaient trop importantes.

Taux d’émergence des guêpes achetées

Source : OMAFRA : Lutte contre la mouche domestique dans les élevages de volailles Publication 849F (Gratuit) (gov.on.ca)

Il était important de considérer les taux d’émergence des guêpes provenant des pupes de mouches parasitées vendues par le fournisseur. Trois échantillons ont été envoyés au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ en juin, en juillet et en août. Les

conditions ambiantes ont été évaluées durant le transport avec des sondes HOBO pour mesurer la température et l’humidité.

Récolte de pupes de mouches dans les bergeries

Des pupes de mouches ont été récoltées en juin et en août. Le LEDP a analysé l’efficacité des guêpes en comparant le taux de parasitisme des pupes de mouches recueillies dans les bergeries qui participaient au projet avec le taux de parasitisme de deux bergeries témoins.

Observations et résultats

Les observations de l’équipe se divisent en deux catégories, soit le décompte des mouches dans les bergeries et les analyses au laboratoire.

Décompte des mouches

En règle générale, plus la saison avance, plus la température augmente et plus il y a de mouches. Le graphique 1 montre que les populations de mouches étaient élevées malgré les relâchements de guêpes parasitoïdes chaque semaine. Le nombre de mouches diminue après les écurages puisque les œufs, les larves et les pupes de mouches sont enlevés, ce qui brise le cycle de reproduction. Il diminue aussi après les traitements insecticides, car les adultes sont visés, mais les œufs, les larves et les pupes ne sont pas affectés. Le graphique indique aussi qu’on trouve plus de mouches là où il y a des agneaux (piège 3). Il importait d’abord de connaître la viabilité des guêpes parasitoïdes reçues par le fournisseur. Le laboratoire a donc évalué le taux d’émergence de guêpes provenant des pupes de mouches parasitées. Les guêpes étaient en général viables, mais leur taux d’émergence variait. Il était plus faible en juin qu’en juillet et en


о Devrait-on augmenter le nombre de guêpes à certains moments dans l’été? Le cycle de vie de la mouche est en effet bien plus court lorsque les températures sont plus élevées : il peut durer jusqu’à 48 jours en avril, mais entre 10 et 15 jours en juillet. • Réchauffement climatique : о L’été très chaud de 2021 a-t-il eu un effet sur les résultats? Il semble que la température optimale pour la reproduction des guêpes parasitoïdes soit autour de 25 °C et que pour certaines espèces, la ponte cesse à 35 °C alors qu’à cette température, les mouches sont fonctionnelles.

Dépenses liées à ce type de projet

Avant de se lancer dans un tel projet, il faut savoir que les coûts sont élevés pour des résultats encore mitigés. L’achat de guêpes parasitoïdes des mois de mai à septembre pour une bergerie de 320 brebis a engendré des frais d’environ 4000 $. Pour les bergeries de 450 et de 650 brebis, les coûts ont atteint 6860 $ et 8800 $ respectivement.

Suite du projet en 2022 Récolte de pupes de mouches. Crédit photo : Marie-Ange Therrien, MAPAQ.

août. L’hypothèse de l’équipe est que cette faible émergence en juin est due à la température élevée lors du transport, qui a été mesurée grâce aux sondes de température qui avaient été mises dans les boîtes de transport.

Résultats du laboratoire — Taux de parasitisme dans les bergeries

Des pupes de mouches ont été récoltées dans les bergeries pour les faire analyser au laboratoire. Comme l’objectif d’un tel projet est de limiter la reproduction des mouches, on recherche deux choses : • soit aucune émergence de mouches, • soit un fort taux d’émergence de guêpes parasitoïdes, ce qui signifie que les pupes de mouches sont mortes.

Les résultats sont très variables : Aucune émergence

de 5 à 67 %

Émergence d’un parasitoïde de 0 à 40 % Émergence d’une mouche de 20 à 93 %

Le laboratoire a fait une vérification des pupes sans émergence de mouches ou de guêpes. L’équipe a remarqué que certaines pupes contenaient des mouches avortées, mais on ne peut pas déterminer si ces dernières sont mortes de façon naturelle ou à cause de l’effet de la guêpe parasitoïde. Par ailleurs, les pupes avec des signes de parasitisme ont été trouvées dans les deux entreprises témoins (sans introduction de guêpes) qui participaient au projet. Notons que des guêpes avaient été introduites dans l’une de ces entreprises en

2020. On sait que les guêpes sont indigènes au Québec.

Constats et hypothèses

Force est de constater que les résultats obtenus sont moins concluants que ce que l’on espérait. L’équipe émet tout de même diverses hypothèses qui pourraient guider des recherches ultérieures. • L’accumulation du fumier dans les bergeries pourrait-elle empêcher les guêpes parasitoïdes de se rendre jusqu’aux pupes de mouches? • Pour ce qui est du relâchement des guêpes : о Comme les guêpes marchent plus qu’elles ne volent, devrait-on les relâcher en bordure des barrières dans les parcs?

Le projet s’est poursuivi à l’été 2022 dans les trois bergeries, mais sans relâchement de guêpes parasitoïdes. Le décompte de mouches a été fait pour suivre l’évolution des adultes dans les bergeries. Des pupes de mouches ont aussi été envoyées au laboratoire pour évaluer le taux de parasitisme. L’équipe pourra ainsi comparer le nombre de mouches dans les bergeries et les traitements nécessaires pour contrôler leur population avec les résultats obtenus en 2021 et 2022.

Partagez votre expérience

Vous avez réalisé un projet maison? Vous utilisez les guêpes parasitoïdes depuis plusieurs années? Nous aimerions connaître les résultats de vos essais. Communiquez avec Marie-Ange Therrien au 819 820-3001, poste 4364, ou par courriel : marie-ange.therrien@mapaq.gouv.qc.ca.

Graphique 1. Décompte des mouches dans une des trois bergeries Résultats du laboratoire — Taux d’émergence

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COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE CENTRE-DU-QUÉBEC

Bienvenues dans l’A-Tribu! Une formatrice spécialisée

GUYLAINE MARTIN AGR.

Répondante en formation agricole

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VEC Entreprises et Communauté, le service aux entreprises affilié au Cégep de Victoriaville, a accouché d’une toute nouvelle formation en gestion des ressources humaines s’adressant aux femmes gestionnaires d’une entreprise agricole. Le nom de la formation est A-Tribu. A pour agricultrices, Tribu pour collaboration et codéveloppement. La formation est entièrement offerte en ligne. La première cohorte sera offerte dès le 15 novembre à l’ensemble des agricultrices du Québec. La formation d’une durée de 36 heures, réparties sur 12 semaines, permet aux agricultrices d’échanger sans tabous sur les réalités, les défis et les embûches vécus dans leur organisation. C’est une pause bien méritée pour ces femmes qui souhaitent briser l’isolement et prendre du recul pour mieux planifier la gestion de leur entreprise tout en échangeant avec d’autres gestionnaires qui ont un quotidien similaire au leur. Le démarrage d’une deuxième cohorte est déjà prévu pour janvier 2023.

La formation A-Tribu a été conçue et sera offerte par Valérie Côté, détentrice d’un baccalauréat en relations industrielles et copropriétaire d’une ferme laitière familiale. Elle a développé la formation en ayant le souci de vulgariser la gestion des ressources humaines, de la rendre attrayante et innovante. Elle a développé des outils pratiques et applicables aux différents modèles agricoles. « Et en formant une communauté, en travaillant en codé-

veloppement, si j’ai une problématique précise chez moi, je vais être en mesure d’échanger avec d’autres femmes qui vivent probablement la même situation que moi. Ensemble, on va trouver des solutions », précise-t-elle. Le développement de la formation A-Tribu a été rendu possible grâce au financement accordé à l’UPA Centre du Québec par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, dans le cadre de l’Initiative ministérielle de soutien à la formation continue en ligne.

La participation financière d’AGRIcarrières, par le biais du programme de la Commission des partenaires du marché du travail, et le soutien des membres du Collectif en formation agricole Centre-duQuébec ont également contribué à élaborer les grandes orientations de cette formation. Pour en savoir plus: www.vecformation.ca/formation-a-tribu Source : www.cegepvicto.ca/nouvelle/nouvelleoffre-de-formation-en-ressources-humainespour-les-femmes-gestionnaires-en-agriculture

VEC, une composante du Cégep de Victoriaville, a lancé la nouvelle formation A-Tribu en présence de partenaires du projet. Photo crédit : gracieuseté.


Agriculture sur terre municipale : trois projets prometteurs à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot MÉLISSA NORMANDIN

Il y a plus de villes qu’on le pense qui possèdent des terres agricoles dans la région métropolitaine et qui ont heureusement la volonté d’y assurer le maintien des activités agricoles. La Ville de Notre-Dame-del’Île-Perrot en est un bon exemple. D’une superficie totale d’une trentaine d’hectares, dont une douzaine demeure en boisé pour la conservation de la rainette faux-grillon de l’Ouest, la terre agricole détenue par la Ville a été défrichée en 2013-2014. C’est l’organisme de développement économique régional qui avait repéré ce site et avait réussi à rassembler divers acteurs, dont les représentants de la Ville, pour mettre en place ce projet en privilégiant la concertation et la mise en commun des expertises des différents partenaires. Après quelques années de travail, la Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot a finalement signé en 2020 des baux de location avec deux entreprises qui participent au développement d’une agriculture diversifiée et rassembleuse sur son territoire. Conseillère en aménagement et en développement rural, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

AgriTropiQ : une ferme maraîchère spécialisée en légumes exotiques biologiques

Crédit photo : Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot.

M. Robert a fait appel aux programmes offerts par le MAPAQ. Il a été déclaré admissible à l’obtention d’une aide financière du programme Territoires : relève, entrepreneuriat et entreprises de petite taille. Cet appui financier le soutiendra notamment dans l’achat de différents équipements, tels qu’un système d’irrigation, des silos, un dôme et des filets antiinsectes. L’ouverture officielle de la microbrasserie a eu lieu à la fin septembre et huit bières sont présentement offertes.

Des projets pour la communauté

Photo crédit : AgriTropiQ.

Mathieu Robert : une ferme brassicole et maraîchère biologique

M. Robert a pour sa part un projet de démarrage d’une ferme brassicole et maraîchère. Pour ce Perrotdamois, ses six années à titre de gérant des champs au sein d’une entreprise maraîchère de l’île Perrot lui ont permis de confirmer sa passion pour ce secteur d’activité. Cet entrepreneur loue le restant des superficies « remises en culture » sur le site municipal, soit environ 11 hectares. Son objectif est de fournir les matières premières nécessaires à la fabrication de la bière de la microbrasserie Perodam, dont il est le copropriétaire. L’établissement est situé à quelques centaines de mètres du lieu de production. Les surplus seront vendus à une malterie québécoise. Les superficies lors de la saison 2022 ont été occupées majoritairement par les cultures du seigle et de l’orge brassicole. L’an prochain, M. Robert envisage de faire des tests sur quelques plants de houblon afin d’atteindre graduellement son objectif de 100 plants. De plus, la partie maraîchère de l’entreprise occupe environ 1 hectare et permettra d’y produire deux cultures en particulier, soit des citrouilles et des courges ainsi que de l’ail. Un kiosque de vente directe est aussi prévu. On peut déjà entrevoir une belle complémentarité dans l’offre de produits des deux locataires présents sur le site.

Mathieu Robert, propriétaire d’une ferme brassicole et maraîchère à Notre-Damede-l’Île-Perrot. Crédit photo : Prémisse Boîte Créative.

La Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot est au cœur du succès de ce projet. Elle a obtenu une subvention de la Communauté métropolitaine de Montréal pour implanter un système de drainage souterrain en 2019. Elle a de plus assumé ellemême le creusage d’un puits et le raccordement au réseau électrique. Rappelons que le site a été initialement conçu comme système expérimental en agroforesterie, c’est-à-dire que différentes rangées d’arbres séparent les planches de culture. À la suite d’une entente avec les producteurs-locataires, la Ville a aménagé, au courant de l’été dernier, des jardinets communautaires. Avec l’engouement des citoyens pour l’agriculture de proximité, Notre-Dame-de-l’Île-Perrot a fait le pari que l’ouverture et la collaboration de tous sur le site permettront un rapprochement significatif entre les consommateurs et les producteurs.

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Cette entreprise a démarré en 2015. Selon les cofondateurs d’AgriTropiQ, MM. Papy Bulembi et Hugues Moke, anciennement en activité dans différents incubateurs agricoles, l’occasion de viabiliser les investissements grâce à un bail de location à long terme était trop belle pour ne pas la saisir. Leurs douzaines de variétés de légumes exotiques et toutes leurs feuilles sont destinées aux marchés ethniques, aux populations d’origine africaine, haïtienne, mais aussi québécoise. Ils vont même jusqu’à livrer leurs produits à Toronto, tout en ayant de fidèles clients Perrotdamois. En plus d’approvisionner près de 200 familles en paniers hebdomadaires et des épiceries spécialisées, ils planifient de mettre en place un kiosque de vente directe sur le site. L’entreprise a obtenu une aide financière de la Direction régionale de la Montérégie du MAPAQ pour l’implantation de trois serres dont la construction s’est terminée au printemps 2022. Cet investissement lui permettra de prolonger sa saison d’activité en plus d’être mieux outillée pour la production de certaines variétés exotiques. Les perspectives et les améliorations continues d’AgriTropiQ pour les prochaines années : développement des distributeurs (notamment dans la région de Toronto), transformation et mise en marché de sauce typique africaine, confection de paniers d’hiver et implantation de couvre-sol pour mieux contrôler les mauvaises herbes.


Les marchés de Noël : le plaisir de partager vos découvertes… gourmandes! Qu’est-ce que les marchés de Noël?

KATHERINE DUCHARME

Conseillère en agrotourisme et en commercialisation de proximité, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

MOHAMMED ADLI

Conseiller en agrotourisme et en commercialisation de proximité, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

La course contre la montre est commencée! La recherche du cadeau parfait pour chacun de vos êtres chers est entamée pour plusieurs ou débutera très prochainement. Les centres commerciaux seront bientôt bondés. Tous commenceront à courir les boutiques et à dévaliser les tablettes de certains magasins pour s’assurer de tout trouver, mais surtout de trouver LE cadeau parfait pour chacun. Par où commencer ses recherches? Nous vous suggérons d’entreprendre votre chasse aux cadeaux dans les magnifiques marchés de Noël de la Montérégie.

En Montérégie, plusieurs marchés de Noël, rassemblant artisans et producteurs agroalimentaires, proposent aux « chercheurs de cadeaux parfaits » la possibilité d’offrir leurs plus belles créations. Dans une ambiance chaleureuse, féérique et enivrante, ils vous offrent des idéescadeaux sensationnelles et uniques. Les marchés de Noël ont ce je-ne-sais-quoi que les centres commerciaux n’ont pas. Bijoux, chocolats, tricots, peintures, savons artisanaux, produits de lavande, cidres, vins épicés et bien plus s’y retrouvent. Les possibilités sont infinies! Dans certaines municipalités, les marchés de Noël sont devenus une tradition. Plusieurs marchés ouvrent une ou deux journées, tandis que d’autres ouvrent quelques fins de semaine. Certains se situent à l’extérieur dans de merveilleuses maisonnettes de Noël, alors que d’autres se trouvent à l’intérieur dans de petits refuges réconfortants. Une chose est bien certaine : peu importe la formule, vous y trouverez des cadeaux remarquables!

familles d’aller se procurer un sapin de Noël ainsi que quelques décorations de Noël (comestibles ou non). Au cours des cinq derniers siècles, ces marchés ont peu à peu introduit des produits comestibles qui n’étaient pas destinés à la décoration de sapins uniquement. C’est ainsi que le marché de Noël d’autrefois s’est transformé en un marché d’artisanat et de plaisirs gourmands!

Pour découvrir un marché de Noël près de chez vous, consultez le site Internet du MAPAQ à l’adresse : www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Regions/ monteregie/agrotourisme/Pages/ Marches-de-Noel.aspx LE cadeau parfait se trouve peut-être à quelques kilomètres de votre maison. Joyeuses fêtes et, surtout, bonnes découvertes dans les marchés de Noël montérégiens!

D’où proviennent les marchés de Noël?

Originaires de l’Europe centrale, ces petits marchés ouvraient quelques jours avant Noël. Ils permettaient alors aux

Crédit photo : François Larivière.

22 - Jeudi 10 novembre 2022 - Gestion et Technologie Agricoles

La 25e édition des Journées horticoles et grandes cultures : un événement à ne pas manquer! Après deux ans d’absence en raison de la pandémie, ce rendez-vous incontournable pour les producteurs et les conseillers fait son retour en salle du 6 au 8 décembre 2022 au centre communautaire de Saint-Rémi. Depuis 25 ans, l’équipe de la Montérégie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et celle du Centre local de développement des Jardins-de-Napierville ont à cœur de proposer un événement qui met l’accent sur la formation continue et le réseautage. Le milieu agricole évolue rapidement et les défis sont nombreux. C’est pourquoi, année après année, le comité organisateur se fait un devoir de présenter un programme enrichissant et actuel pour permettre aux participants de parfaire leurs connaissances et de rester à la fine pointe du domaine agricole, afin d’innover et d’améliorer leurs pratiques agroenvironnementales.

Une programmation diversifiée

L’édition 2022 propose une centaine de conférenciers et une cinquantaine d’exposants avec lesquels les producteurs et productrices pourront échanger sur différents sujets. La programmation couvre 12 thématiques réparties sur trois jours, notamment la lutte intégrée dans les petits fruits, les

terres noires, la gestion de l’eau, l’horticulture biologique, la transformation alimentaire et plus encore.

Un quart de siècle, ça se fête!

Afin de souligner la 25e édition, les participants sont conviés le mardi

6 décembre, dès 16 h 30, à une soirée réseautage. Venez discuter, boire et manger avec les partenaires dans une ambiance festive! Les places sont limitées. Vous devez obligatoirement vous inscrire avant le 29 novembre.

Pour vous inscrire ou consulter le programme complet, visitez le www.agrobonsens.com/evenement/jhgc2022. Les inscriptions faites avant le 29 novembre permettent d’économiser sur le prix d’entrée, qui inclut le dîner. Nous vous attendons en grand nombre!


Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 10 novembre 2022 - 23


24 - Jeudi 10 novembre 2022 - Gestion et Technologie Agricoles