Gestion et Technologie Agricoles

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CULTIVER L A Pla R Oréussite MOTION DE L’A G R I C U LT U R E E N MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

CULTIVER la réussite

Jeudi 9 décembre 2021 | |Volume Volume 46 44 | 12 e| Numéro 2 e Numéro

Aussi dans cette édition : Des yogourts brassés sans gras .................p. 10 Des centres collégiaux technologiques .......p. 14 Transformer des produits biologiques ..........p. 18


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L A P R O M O T I O N D E L’A G R I C U LT U R E E N M O N T É R É G I E E T A U C E N T R E - D U - Q U É B E C

DISTILLERIE DU 29 OCTOBRE - DRUMMONDVILLE

De musicien à maître distillateur La distillerie est présentement établie dans les installations de la Distillerie Noroi à Saint-Hyacinthe en attendant de pouvoir voler de ses propres ailes.

Un projet d’envergure Eliane TREMBLAY-MOREAU GTA

C’est en faisant des expériences chez lui que le musicien Davy Gallant s’est découvert une passion pour la distillerie. Propriétaire d’un vignoble, il a pressé quelque 50 litres de vin. Il a ensuite distillé le marc de raisin dans un alambic qu’il avait acheté sur Internet. C’est en faisant déguster ses produits maison à un ami que son talent pour la création de spiritueux a été connu. Martin Ruel et sa conjointe Julie Chapdelaine se sont joints à Davy Gallant et ils ont fondé la Distillerie du 29 octobre en 2018. Cette date correspond à l’anniversaire de Martin Ruel et de Davy Gallant.

La construction de la Distillerie du 29 octobre débutera en 2022. Elle sera située aux abords de l’autoroute 20 à Drummondville. « Ce ne sera pas une distillerie comme les autres. Ce sera un grand projet d’envergure agrotouristique. Les gens seront invités à venir découvrir toutes les étapes du processus de la conception de spiritueux. L’établissement sera très beau. Il sera tout vitré afin de voir l’intérieur et les installations à partir de l’autoroute. J’invite les gens à venir vivre ma passion avec moi », souligne Davy Gallant.

Des mélanges créatifs

Le maître distillateur s’amuse à créer de nouveaux mélanges originaux. Pour l’instant, 29 octobre propose deux eauxde-vie, SliV et Grappin, et un pastis du

Des alambics en cuivre permettent d’atteindre une grande pureté aromatique.

ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Eliane Tremblay-Moreau CONTRÔLEUR : Monique Laliberté

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ ET PRODUCTION : Guillaume Bédard PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Michel Bienvenue Manon Brasseur Candy Corriveau Luc Desrosiers Isabelle St-Sauveur

DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

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Merci de recycler ce journal.

circulaire puisque la matière première, qui est normalement inutilisée, nous est donnée », explique-t-il. Les produits de la Distillerie du 29 octobre se démarquent particulièrement des autres spiritueux québécois puisqu’ils sont casher. « Le fait d’être casher nous permet de rejoindre un plus grand marché comme celui des croisières. La conception de nos produits est supervisée par un rabbin afin d’avoir la certification casher », dit M. Gallant. La Distillerie du 29 octobre compte proposer de nouveaux spiritueux tels que le whisky, le bourbon et le gin dans les prochains mois. distillerie29octobre.com

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est, Montérégie-Ouest et Centre-du-Québec Surveillez notre prochaine édition 6 janvier 2022 Salon de l’agriculture

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Davy Gallant et Martin Ruel sont des amis de longue date. Photos gracieuseté

Québec, Potion. Les produits sont faits à partir de concentré de fruits du Québec tels que la prune et le raisin. « Nous aimerions produire des spiritueux saisonniers en édition limitée avec des produits de la région tels que les cerises de terre, les pommes, des fraises ou encore des atocas », indique M. Gallant. Les bouteilles ont des illustrations sérigraphiées dessinées par l’artiste multidisciplinaire française Lison Mezzina. Davy Gallant est constamment en développement de nouvelles techniques de production. Il travaille notamment à développer de la vodka à base de lactose. « Ce type de vodka a un goût et une texture uniques. En plus, c’est de l’économie


COLIBRI VANILLE - SAINT-ROCH-SUR-RICHELIEU

Le goût de la vraie vanille Eliane TREMBLAY-MOREAU

GTA

Après avoir eu une ferme de canard puis avoir été l’hôtesse d’un gîte, c’est en 2012 que Chantal Caron a découvert le potentiel de la vanille, alors que sa fille lui a rapporté une gousse de vanille du Mexique. Située à Saint-Roch-sur-Richelieu, Colibri Vanille est une entreprise écoresponsable qui transforme et valorise de la vraie vanille. « La vanille a été trop longtemps sousévaluée. Plus de 90 % des arômes utilisés au Canada sont d’origine chimique. La vraie vanille présente un parfum délicat, suave et prégnant. Jamais la saveur de la vraie vanille ne laisse d’arrière-goût déplaisant », explique Chantal Caron.

Le souci humanitaire

Chantal Caron est une altermondialiste. Elle s’approvisionne de vanille de partout dans le monde en travaillant avec les producteurs afin qu’ils bénéficient de la récolte autant qu’elle. Mme Caron les paie le même prix qu’elle paierait à un négociant local. La vanille provient donc directement des producteurs en commerce équitable sans intermédiaire. « Je suis liée au plus grand réseau de vanille au monde. Nous offrons une quinzaine de variétés de vanille provenant notamment du Guatemala, de l’Ouganda, du Madagascar ou encore du Sri Lanka », souligne-t-elle. Grâce à l’aide de Colibri Vanille, les producteurs peuvent développer tranquillement leurs produits afin qu’ils

Un coffret comportant plusieurs produits de Colibri Vanille

atteignent les plus hauts standards de qualité internationaux. « Je m’assure que personne n’oublie que chaque gousse a ce goût et cette forme si particulière parce qu’un humain l’a quotidiennement et longuement caressée pour soutenir le développement de ses arômes. Des humains qui sont portés par des rêves et passionnés », indique Mme Caron.

Un éventail de produits

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La confection d’une pâte de vanille de qualité. Photos gracieuseté

Colibri Vanille offre une panoplie de produits tels qu’extrait de vanille, pâtes de vanille, bouquets de gousses de vanille ou encore du cacao. Les extraits de vanille sont réalisés à partir de vanille en gousse mûrie à point et transformées

patiemment à la main, comme il se doit. Chaque produit est de qualité supérieure et transformée par de fins connaisseurs. Derrière chaque article se trouve une histoire inspirante qui rappelle la mission humanitaire de l’entreprise. Colibri Vanille propose également des produits rares et recherchés qui sont saisonniers comme de la farine de banane verte de Guinée ou encore du poivre Voastsipériféry Une gamme de produits de Colibri Vanille a été développée à l’intention des épiceries. Ces produits sont disponibles dans plus de 300 épiceries fines. Toute la collection se retrouve sur sa boutique en ligne. colibrivanille.com


BONBON COLLECTIONS - SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE

Des petites douceurs sans danger Eliane TREMBLAY-MOREAU

GTA

Fondée en 2016 par Thao Nguyen, Bonbon Collections est une entreprise qui confectionne des pâtisseries sans allergènes prioritaires, sans gluten, sans colorants ou ingrédients artificiels. L’ensemble des produits sont naturels et végétaliens. L’entreprise a vu le jour lorsque la fille cadette de Thao Nguyen est née avec de nombreuses allergies alimentaires. « Il n’y avait pas d’options pour acheter quoi que ce soit. Lorsqu’il y a une seule allergie, il y avait des produits, mais lorsque c’est plusieurs allergies combinées, il n’y avait absolument rien sur le marché. La mission de l’entreprise est d’offrir la paix d’esprit à ceux pris avec des allergies », explique Mme Nguyen. Bonbon Collections vient répondre à la demande grandissante pour des produits

naturels et véganes, sans les dix allergènes prioritaires identifiés par Santé Canada, soit arachides, œufs, lait, noix, blé, soja, sésame, fruits de mer, sulfites et moutarde.

La fabrique du bonheur

La cuisine centrale, située à Saint-Brunode-Montarville, est un lieu totalement isolé qui ne laisse entrer aucun allergène. Elle est appelée la Fabrique du bonheur. « Nous fabriquons tout de A à Z afin qu’il n’y ait ni allergène ni contamination croisée. La Fabrique adhère à des protocoles stricts et détient tous les permis prévus par la loi. Nous établissons un lien de confiance avec nos clients puisqu’ils savent qu’il n’y a aucun risque et que nos recettes ne changeront jamais », souligne Thao Nguyen. Bonbon Collections offre des produits comme des gâteaux, cupcakes, pâtisseLe directeur général Geoffrey Vande Weerdt et la fondatrice Thao Nguyen. Photos gracieuseté

Des cupcakes et un gâteau fabriqués entièrement par Bonbon Collections.

ries, biscuits, chocolats et bonbons. Toutes les recettes ont été développées par Mme Nguyen afin de retrouver une texture et un goût similaires aux produits industriels. Pour éviter de mettre des agents de conservations, les produits sont congelés. Cela permet une meilleure longévité aux produits tout en restant naturels. « Bonbon Collections est la preuve qu’il est possible de fabriquer en gros sans ajouter d’ingrédients chimiques. Je ne dirais pas que nos produits sont bons pour la santé, mais ils rendent moins

coupables », ajoute-t-elle. Ces petits délices ne sont pas uniquement destinés aux personnes atteintes d’allergies ou souffrant d’intolérances. Ils sont une alternative plus saine aux produits de boulangerie ordinaires tout en incluant les personnes avec des restrictions alimentaires », poursuit Thao Nguyen. Les produits sont disponibles dans plus de 200 points de vente à travers le Québec et sur la boutique en ligne. www.bonboncollections.com

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BOB MAGNALE - ACTON VALE

Des bières à succès Eliane TREMBLAY-MOREAU

GTA

Bob Magnale est née de deux amis qui avaient une passion commune, brasser de la bière. C’est en ayant du succès dans des compétitions de brasseurs amateurs que Christian Roberge et Mattias Gruvman ont décidé de fonder leur propre microbrasserie en 2014. Ils ont été brasseurs itinérants chez Kruhnen, à Blainville, ainsi qu’à la microbrasserie Les Insulaires, à Laval. Vu la popularité de leurs produits, ils ont décidé d’ouvrir leur propre usine de production. « Les locaux dans le Grand Montréal

n’étaient pas abordables. Nous sommes tombés en amour avec le local de l’ancien restaurant de la gare d’Acton Vale. Cependant, le projet est tombé à l’eau et c’était impensable de faire le projet dans cet espace. La MRC d’Acton nous a contactés pour nous proposer un autre local. Acton Vale est l’endroit idéal pour une microbrasserie. Il n’y en a pas dans le coin et, en plus, il y a beaucoup d’eau », souligne Christian Roberge. C’est donc depuis le début de 2021 que les deux entrepreneurs sont installés dans le parc industriel d’Acton Vale. « On décide de devenir brasseurs lorsqu’on réalise qu’on apporterait des modifica-

L’usine de production d’Acton Vale. Photos François Larivière | Le Courrier ©

Christian Roberge et Mattias Gruvman devant des barils de bourbon.

tions à ce que l’on boit. Notre mission est de proposer aux gens quelque chose de différent à boire et de leur montrer que la bière peut goûter autre chose que ce qu’ils sont habitués à consommer », mentionne M. Roberge.

Des brasseurs artisans

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Bob Magnale propose 18 produits originaux. Les brasseurs aiment jouer avec plusieurs saveurs hors du commun. C’est notamment ce qu’ils ont fait avec la bière Kiwiliner Weisser, une bière acidulée aux kiwis. Ils ont également constaté que la demande en région se dirige vers les bières plus classiques. Ils ont donc lancé deux bières portant le nom d’Acton Ale qui rendent hommage à l’histoire de la ville d’Acton Vale. Les deux brasseurs ont la tête pleine d’idées. Ils envisagent de sortir une dizaine de nouveaux produits chaque année. « Quand on est brasseur, on est un peu tout. On est un peu plombier, électricien, chimiste ou biologiste. Chaque jour est un

Quelques sortes de bières de Bob Magnale.

nouveau défi. Il faut être créatif et voir ce qu’on peut faire à partir de rien. Nous partons d’une poche de grains et de l’eau, puis nous arrivons à faire un produit extraordinaire », indique Christian Roberge.

Des projets d’expansion

Bob Magnale a ouvert sa boutique en octobre. Des bières et des produits à l’effigie de l’entreprise y sont disponibles. Les artisans brasseurs souhaiteraient bientôt ouvrir un salon de dégustation adjacent à la microbrasserie afin d’accueillir les gens. « C’est important d’avoir un contact avec le public et de pouvoir parler avec lui afin de trouver la bière qui lui convient. Personne ne peut dire qu’il n’aime pas la bière. Il n’a seulement pas trouvé sa bière », explique Christian Roberge. Un agrandissement de 2500 pi2 à leur local de 3800 pi2 est également à venir pour l’été 2022. Les bières Bob Magnale sont disponibles dans plus de 75 points de vente à travers la province.


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Des yogourts brassés sans gras : comment arriver à la bonne recette?

Dès la première bouchée de yogourt, nous décidons si nous aimons cette variété, si nous allons en racheter, la proposer à notre mère, la mettre dans les boîtes à dîner des enfants. Mais au cours de ces quelques instants où se prend notre décision, sur quoi se base-t-on? C’est important pour l’entreprise de transformation alimentaire de bien comprendre ce que les consommateurs préfèrent et de contrôler ces facteurs pour obtenir des yogourts qui restent les mêmes d’un lot à l’autre. Les yogourts brassés ont certains défis particuliers, parce qu’on doit les manipuler après la fermentation initiale. Les yogourts sans gras sont encore plus délicats à produire, parce que le gras assure une certaine stabilité à la structure du yogourt, et qu’en son absence les protéines du lait doivent faire tout le travail. Sébastien Villeneuve et Daniel SaintGelais, du Centre de recherche et de développement d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Saint-Hyacinthe, et Valérie Guénard-Lampron, étudiante au doctorat, se sont penchés sur ce sujet. Un bon yogourt a la bonne viscosité (pas trop liquide, pas trop solide), il est uniforme (pas de grumeaux) et il ne perd pas son petit lait. « Le principal avantage que nous avions pour rendre nos résultats applicables, c’est que les installations disponibles à Saint-Hyacinthe nous permettent de travailler en grosses quantités, qui s’approchent plus des vraies conditions des entreprises de production de yogourt. Nos résultats sont plus facilement transférables à l’industrie. » - Sébastien Villeneuve

Dans ses premiers travaux de recherche, l’équipe a d’abord constaté que comme ce sont les protéines qui font l’ensemble du travail de texture dans les yogourts sans gras, la température des différentes étapes est cruciale. En effet, les protéines sont très sensibles aux variations de température, qu’on pense au blanc d’œuf dans la poêle ou au JellO dans le réfrigérateur. Le yogourt brassé doit être fermenté en cuve, puis refroidi, transporté entre les cuves, brassé, lissé et empaqueté dans son contenant final. Chaque étape a ses effets. Pour savoir dans quel ordre il vaut mieux les faire, ils ont refroidi les yogourts avant ou après le brassage, dans divers types de machines avec plus ou moins de pression, et fait varier la durée de chaque étape. Ils ont aussi étudié les transformations du yogourt dans son contenant final pendant 22 jours, afin de voir si le petit lait sortait du yogourt et si la texture était stable dans le temps. Pour bien comprendre les effets de chaque variation, ils ont même porté leur attention sur ce qui se passe à l’échelle moléculaire, par exemple la façon dont les protéines se lient entre elles à chaque étape. En effet, le travail des chercheurs, ce n’est pas juste de constater les effets, mais aussi de comprendre pourquoi, afin de s’assurer que leurs trouvailles restent vraies dans différentes circonstances. En fonction du type de yogourt souhaité, les recommandations varient, mais certaines de leurs constatations demeurent toujours vraies. Par exemple, si le yogourt est trop froid lors du brassage et du transport, cela brise complètement sa structure qui ne peut plus reprendre la

bonne texture par la suite — il reste trop liquide. S’il est trop chaud, il va laisser sortir son petit lait en refroidissant.

Concrètement, les résultats des études de MM. Villeneuve et Saint-Gelais et de Mme Guénard-Lampron vont aider les producteurs de yogourts à prendre des décisions pour la construction de leurs chaînes de production. Il y a toujours des compromis à faire, mais grâce à l’équipe de Saint-Hyacinthe, les producteurs en savent plus sur les impacts de leurs décisions sur leurs yogourts et pourquoi.

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LA FROMAGERIE NOUVELLE-FRANCE, UNE RÉUSSITE 100 % RACINOISE C’est en présence du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, M. André Lamontagne, que les propriétaires de la Fromagerie Nouvelle France, Marie-Chantal et JeanPaul Houde, ont procédé aujourd’hui à l’ouverture officielle de leur établissement au cœur du village de Racine, en Estrie. Depuis 2010, l’entreprise était locataire des installations de la Fromagerie du Presbytère à Sainte-Élizabeth-deWarwick. Marie-Chantal et Jean-Paul Houde ont d’ailleurs exprimé leur reconnaissance à M. Jean Morin, fondateur et président de la Fromagerie du Presbytère, qui les a hébergés pendant toutes ces années. Marie-Chantal Houde se réjouit : « 2021 marque l’année où la Fromagerie Nouvelle France s’affranchit. Nous sommes enfin chez nous, à Racine, dans nos installations, tout près de la bergerie et de la maison. »

Bien implantée au cœur du village, cette « nouvelle » Fromagerie Nouvelle France comprend un atelier de fabrication, des salles d’affinage et une boutique. Une terrasse extérieure verra le jour d’ici une année ou deux. « Une relève engagée et motivée est un gage de vitalité pour les régions. Je suis particulièrement fière de voir de jeunes entrepreneurs du secteur agricole, comme Marie-Chantal et Jean-Paul Houde, agir en tant que leaders de leur communauté et briller par leur créativité. L’investissement de 350 000 $ du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada dans le cadre du Fonds d’investissement dans la transformation des produits laitiers a amené les installations de la Fromagerie Nouvelle France dans leur localité d’origine, à Racine. Plus encore, il consolide le développement d’une communauté entière », a soutenu la ministre MarieClaude Bibeau qui tient à féliciter les deux fondateurs de l’entreprise.

La Fromagerie Nouvelle-France. Photo gracieuseté


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INSTITUT QUÉBÉCOIS DU DÉVELOPPEMENT DE L’HORTICULTURE ORNEMENTALE

Partie 2. Les violettes africaines: régie de culture ROXANE BABIN, AGR.,

Conseillère en serriculture et en R&D en entreprise, IQDHO (rbabin@iqdho.com)

Embellir son environnement intérieur avec des plantes vertes est une tendance en décoration. Qui plus est, le travail à distance a incité davantage de gens à s’entourer de verdure et l’industrie des plantes d’intérieur a le vent dans les voiles. La violette africaine, une plante facile à faire refleurir, a l’avantage d’offrir en plus un accent de couleur toute l’année avec ses fleurs.

la canopée. Elle nécessite une luminosité vive mais tamisée. Des ombrières diminuant de moitié ou légèrement plus la lumière sont généralement nécessaires durant les mois de plus fort ensoleillement, de mai à septembre. Les racines de la violette africaine sont fines et advenant que le substrat sèche trop ou qu’il soit maintenu trop humide, celles-ci peuvent mourir. Il faut donc que le substrat soit léger et poreux pour qu’il se draine bien. Cette plante est peu gourmande en éléments fertilisants et ne tolère pas les excès en sels solubles. La fertilisation peut débuter lorsque les racines atteignent le bord du pot, avec 75 à 100 ppm d’azote en continu ou 200 ppm une fois

Source IQDHO. Violette africaine en fleurs.

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Source IQDHO. Fleurs de violette africaine.

Dans l’article Partie 1 sur les violettes africaines, nous avons présenté l’historique et les principales améliorations apportées à l’espèce depuis le début du 20e siècle. Cette deuxième partie porte sur la régie de culture et les principaux problèmes rencontrés en production.

Régie de culture

Il faut compter environ 10 à 12 semaines pour compléter la production d’un jeune plant provenant de plateaux de multicellules vers le format de vente le plus commun, soit le pot de 4 po. Bien que la plante se bouture facilement, le processus est long et plusieurs variétés sont protégées par brevet. Le semis quant à lui donne un ensemble de plantes aux caractéristiques variables et n’est donc généralement pas utilisé. La plupart des producteurs démarrent la production à partir de multicellules ou de plants préfinis. Cette espèce d’origine tropicale préfère des conditions chaudes (20-27 °C) et humides (70-80 %). Des températures plus froides ralentiront la vitesse de croissance. Dans son milieu naturel, elle se retrouve généralement sous le couvert de

Source IQDHO. Violette africaine cultivar ‘Hawaiian Pearl’.

par semaine. Un ratio d’éléments NPK tel que 4-1-4 ou 4-1-6 peuvent s’avérer de bons choix.

Principaux problèmes en production

La production commerciale du Saintpaulia est un peu délicate, car cette plante est sensible à plusieurs maladies et est capricieuse sur l’irrigation. En effet, une différence de température d’environ 3 °C entre l’eau d’arrosage et la température

du feuillage est suffisante pour causer des dommages sur le feuillage. Les systèmes d’irrigation qui fournissent l’eau sans mouiller le feuillage, comme les tables inondantes et les tapis capillaires permettent de garder le feuillage sec. Ceci limite également les conditions favorables aux maladies foliaires. Les maladies fongiques tel que le Botrytis, la pourriture de la couronne et le mildiou poudreux sont les principales maladies à surveiller. Les acariens nuisibles (tarsonèmes et mite du

cyclamen) peuvent affecter le développement des plants et les thrips peuvent également devenir un problème. Il est intéressant de noter qu’il existe des cultivars québécois ayant remporté des prix dans les expositions organisées par les clubs d’amateurs aux États-Unis comme au Canada. Il est possible que la demande pour des cultivars rares ou de collection soit présente pour une production de niche.


COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE DE LA MONTÉRÉGIE

La transformation alimentaire, au cœur de notre offre de formation

ÉDITH LUSSIER,

Répondante en formation agricole de la Montérégie

Depuis plusieurs années, le Collectif en formation agricole de la Montérégie propose des cours en lien avec la transformation alimentaire. Dans une optique de diversification, plusieurs producteurs agricoles transforment eux-mêmes leurs produits. Grâce aux formations suivies jusqu’à présent avec nous, ils produisent maintenant eux-mêmes leurs fromages, bonbons à l’érable, confitures, alcool et même leur pain. L’Institut de technologie agroalimentaire propose plusieurs formations sur la transformation de la viande, du lait, des alcools, des fruits et des légumes. L’ITA a ajouté des cours sur la fabrication de kombucha et lactofermentation, la production artisanale de boissons alcooliques, le contrôle de la fabrication de produits laitiers ainsi que plusieurs formations en hygiène et salubrité. Parcours Formation propose deux formations sur les produits de l’érable soit Univers des défauts de saveurs du sirop

d’érable en grands contenants et production de sirops d’érable biologique : démarche de certification et méthodes de production. Nos maisons d’enseignement ont tous les équipements pour recevoir les étudiants et les formateurs peuvent répondre à vos questionnements et interrogations. Vous pouvez consulter l’offre de formations en transformation alimentaire complète au www.uplus.upa.qc.ca https://ita-formationcontinue. omnivox.ca/ N’attendez plus, osez transformer vous aussi !

AEC en transformation des aliments

Le cégep de Maisonneuve est le seul établissement offrant l’attestation d’études collégiales en transformation des aliments. Ce programme permet aux étudiants d’acquérir les compétences pour travailler dans un contexte d’usines agroalimentaires. Vous y apprendrez les exigences d’hygiène, de salubrité, de respect de la réglementation et des procédures ainsi que le contrôle qualité et la tenue de registres. Le programme est d’une durée de 7 mois en formule hybride (présence et dis-

tance) avec un stage de 3 semaines en entreprises. La prochaine cohorte débute le 14 février 2022. Cette formation peut également être offerte avec la participation financière du gouvernement du Québec dans le cadre de la mesure de formation de la main-d’œuvre. Pour ce faire vous devez être recommandé par un agent d’aide à l’emploi et répondre aux critères d’admission. Pour plus de détails et inscriptions : https://fc.cmaisonneuve.qc.ca/ formations/transformation-des-aliments/ #information-generale-1-tab

COLLECTIF EN FORMATION AGRICOLE CENTRE-DU-QUÉBEC

Retour à la normale GUYLAINE MARTIN AGR.

Répondante en formation agricole

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Les participants aux formations sur mesure en agriculture ont repris le chemin des salles. Après une offre de formations en ligne extraordinaire l’an passé. L’offre en ligne est toujours excellente sinon meilleure que l’an passé. Près de 250 formations sont offertes en ligne. La formation doit s’adapter à la réalité des productrices et des producteurs agricoles et de leurs travailleurs. On peut dire que c’est maintenant le cas. Les formations sont offertes en plusieurs formats : en salle, en ligne sans formateur, en ligne avec formateur, à la fois en salle et en ligne, etc. Ce qui prendra de l’ampleur, ce sont de courtes capsules de formation comme on en retrouve pour apprendre à changer des robinets sur le net. Ça marche! Le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+) propose la plus grande offre en agriculture biologique. Plus de 20 formations sont proposées. Elles touchent le maraichage, les grandes cultures, la production fruitière et la production laitière. Elles abordent des notions tech-

niques, économiques ou de marketing. En grandes cultures, les producteurs qui hésitent à faire le saut ont la possibilité d’explorer la transition en grandes cultures en parlant de chiffres avec l’agronome, Anne Le Mat. Denis La France partage ses connaissances sur la gestion des sols et des mauvaises herbes pour une 43e année. Près de 100 formations en productions animales sont en préparation. Lactanet vole la vedette avec une offre de quatre formations en production laitière en ligne : Un test de gras plus rentable : c’est possible? Maîtriser le coût de production de ses fourrages grâce au rendement, Marge robot : constats et stratégies d’alimentation, Durable et rentable, c’est faisable! Les abeilles étant des animaux, il y a également une offre en apiculture. Les notions de gestion financière et de gestion des ressources humaines se rendent à la ferme par la magie des plateformes en ligne. En petits groupes, les producteurs et les productrices agricoles peuvent analyser leurs chiffres, partager leurs expériences d’avoir à gérer des employés ou apprendre l’espagnol. Pour plus d’information sur la formation sur mesure en agriculture, on peut consulter www.uplus.upa.qc.ca ou contacter sa répondante en formation agricole, pour le Centre-du-Québec, Guylaine Martin, tél. : 819 758-6401 poste 2702, gmartin@ formationagricole.com, pour la Montérégie, Karina Salazar, tél. : 450 774-9154 poste 5210, rfamonteregie@upa.qc.ca


Les centres collégiaux de transfert technologique : des agents de développement économique pour les régions recyclable dans lequel le fromage continuait à s’affiner pendant sa mise en vente, tout en mettant le produit en valeur »3. JULIE PIVIN,

Cintech agroalimentaire

L’achat local, la consommation écoresponsable et l’innovation technologique font partie des sujets de l’heure. Du moins, ce sont des sujets qui ont fait réfléchir davantage les Québécois depuis le début de la pandémie de COVID-19. L’alimentation a été et est encore au cœur des conversations et des préoccupations. Les politiques gouvernementales en matière d’autonomie alimentaire, les invitations à manger local et toutes les structures mises en place pour favoriser l’achat de produits d’ici ont porté fruit. Les nouveaux projets et les innovations alimentaires sont en plein essor, mais percer le marché de l’alimentation et y trouver sa place n’est pas sans difficulté.

Photo ; gracieuseté

« d’exercer, dans un domaine particulier, des activités de recherche appliquée, d’aide technique, de formation et de diffusion d’information en vue de contribuer à l’élaboration et à la réalisation de projets d’innovation technologique et sociale ainsi qu’à l’implantation et à la diffusion de l’innovation au sein d’entreprises et d’organismes »1. En d’autres mots, les CCTT sont des agents de développement économique pour les régions qui ont pour mission d’accompagner les entreprises et les organismes dans l’innovation. À ce sujet, les domaines de l’agroalimentaire et du bioalimentaire sont très bien soutenus : plus d’une dizaine de CCTT les accompagne. Plus précisément, les trois CCTT suivants sont orientés vers la transformation alimentaire.

Merinov

Ce centre d’innovation de l’aquaculture et des pêches du Québec, mandaté par le Cégep de la Gaspésie et des Îles, concentre ses recherches sur la pêche, l’aquaculture, la transformation et la valorisation des produits aquatiques. Il œuvre depuis plus de 10 ans au service des entreprises du secteur.

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Photo : Saladexpress

Dans un récent article du GTA, nous avons parlé de différentes approches collaboratives de développement de produits qui ont fait leurs preuves. Voyons maintenant l’approche proposée par les centres collégiaux de transfert technologique, communément appelés les CCTT. Leur mandat, qui leur a été confié par le ministère de l’Enseignement supérieur, est

L’Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire (ITEGA)

Cette organisation est associée au Collège de Maisonneuve et a comme mission de « développer et [de] partager des pratiques innovantes en emballage et procédés alimentaires »2. Par exemple, l’ITEGA, en collaboration avec la fromagerie Domaine Féodal, a « participé à la conception d’un emballage entièrement

Associé au Cégep de Saint-Hyacinthe, Cintech agroalimentaire est le centre de transfert technologique spécialisé dans la transformation alimentaire au Québec. Sa mission, comme celle de tous les CCTT, est l’innovation des produits et la compétitivité des entreprises de toutes tailles. Cintech jouit de la confiance de ses partenaires et de ses clients depuis 25 ans. Ses services sont axés sur les besoins des clients et sur une approche collaborative de type 360 degrés. Mme Sophie Vincent, vice-présidente Sensoriel et Consommateurs chez Cintech, précise que l’idée est d’accompagner les entreprises par une approche efficace, adaptée et rapide. L’atout majeur de Cintech est la complémentarité des forces de chacun lors de la collaboration. Afin de maximiser les chances de succès, tous les experts doivent être présents dès la phase d’idéation, incluant les consommateurs au cœur du processus. À ce sujet, Mme Vincent insiste sur le fait que c’est lui qui a le dernier mot! Elle explique que tous les promoteurs arrivent avec la meilleure idée du monde, mais qu’ils oublient qu’avant leur offre de produit, les gens mangeaient déjà. Il faut préciser dès le départ en quoi le nouveau produit ou l’amélioration proposée conviendra au consommateur ainsi qu’où et en quelle quantité souhaitera-t-il se le procurer. Quel procédé de fabrication sera réglementaire et le plus rentable? Quelle technologie ou quel équipement sera le plus adéquat? Considérant que peu d’innovations restent plus d’un an sur les tablettes ou, en d’autres mots, que 85 % des produits sont considérés comme des échecs, le recours à l’aide professionnelle doit être considéré comme un investissement très rentable. C’est ce qu’a confirmé Mme Martine Leduc, directrice marketing et innovation chez Saladexpress, une entreprise qui met en valeur les légumes d’ici depuis 1989. « Le budget accordé à la recherche consommateur est un montant important

Photo : Saladexpress

alors nous avons toujours une petite crainte de ne pas trouver toutes les réponses à nos questions versus l’investissement. Mais la recherche consommateur avec Cintech nous a permis de faire des choix de saveurs et c’était l’objectif. Nos produits ont été mis en marché dans la majorité des chaînes d’alimentation. C’est notre plus grande réalisation », souligne-t-elle dans une entrevue qu’elle nous a accordée. Mme Leduc ajoute que Cintech, à l’aide de son équipe indépendante, est « apte à vous proposer les solutions que vous n’arrivez pas à voir même si elles sont au bout de votre nez. […] c’est un bel accélérateur de développement lorsque les équipes à l’interne sont débordées par la tâche quotidienne. » En conclusion, que vous souhaitiez passer d’une production artisanale à une production commerciale, évaluer vos besoins d’équipements et de technologies, développer des procédés de fabrication ou revoir votre image et vos emballages, les CCTT ont les équipes et l’expertise pour vous accompagner dans tous vos projets. Confidentialité garantie! 1 http://www.education.gouv.qc.ca/ colleges/enseignants-et-personnel-decollege/recherche-cctt/ 2

http://itega.ca/a-propos

3

Sandra Sirois, « ITEGA : quand la science et l’innovation révolutionnent l’emballage alimentaire », Est Média Montréal, 9 juillet 2020.

Photo : Cintech

Conseillère en transformation alimentaire, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation


Je suis parce que nous sommes LAURENCE GENDRON, AGRONOME, M. SC.,

Conseillère en économie et gestion, Directions régionales de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

YVES SIMARD, AGRONOME,

Conseiller en économie et gestion et en relève agricole, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Je suis parce que nous sommes est une phrase dérivée du terme africain « ubuntu ». Elle peut être interprétée comme le fait « d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi »1. Même si l’expression renvoie aux vertus d’humanité et de compassion2, elle est reprise ici pour désigner l’entreprise agricole. Comme l’individu, l’entreprise est unique. Elle est fortement influencée par les acteurs qui l’entourent de près (propriétaires, employés, conseillers, clients, fournisseurs, etc.) comme de loin (gouvernement, marché mondial, etc.). L’entreprise agricole doit reconnaître qu’elle est parce que les autres sont, c’est-à-dire qu’elle doit se connaître elle-même (environnement interne) et

connaître ceux qui l’entourent (environnement externe). Elle doit aussi savoir gérer ces deux facettes de son identité. Nous avons vu, dans le premier article de cette série, que le plan stratégique est une feuille de route qui précise les étapes à suivre pour atteindre les objectifs de l’entreprise. Nous avons aussi vu que l’une des premières étapes à franchir pour obtenir cette feuille est d’avoir une vision d’équipe commune. Cette étape donne un sens à l’entreprise et aux actions des personnes qui y sont impliquées (Pourquoi existe-t-elle? Quelle est la façon dont elle veut se comporter et pourquoi veut-elle être reconnue?). Pour avancer, l’entreprise doit définir son identité (vision, valeurs, mission), mais aussi connaître l’environnement dans lequel elle évolue. La connaissance de l’environnement est la deuxième étape clé du plan stratégique.

Se connaître en tant qu’entreprise

L’objectif est d’abord de connaître les forces et les faiblesses de l’entreprise. Pour y arriver, on évalue les ressources internes qui la composent (humaines, financières, matérielles, technologiques, intellectuelles, etc.)3. Quelle est la situation financière de l’entreprise? Connaîtelle des enjeux de main-d’œuvre? Le produit qu’elle offre se démarque-t-il de la concurrence? Quels sont les points à améliorer dans sa gestion? Les clients, les concurrents et les fournisseurs peuvent aussi être analysés. L’objectif est de comprendre la relation que l’entreprise

entretient avec eux; selon le cas, cette relation constitue une force ou une faiblesse. En somme, l’entreprise se définit simplement comme une personne présente ses qualités et ses défauts!

Définir son environnement d’affaires

Puisque « l’environnement est complexe et de plus en plus imprévisible »4, l’entreprise doit ensuite identifier les occasions dont elle peut profiter et les menaces auxquelles elle fait face. Quels sont les facteurs externes susceptibles de l’influencer? Un outil qui aide à définir l’environnement d’affaires est le PESTEL, un acronyme qui renvoie aux éléments politiques, économiques, sociologiques, technologiques, écologiques et légaux entourant l’entreprise. Ainsi, la politique fiscale, les négociations de commerce international, le taux d’intérêt, les attentes sociétales, les avancées technologiques, les changements climatiques ainsi que les lois et les règlements sont autant de facteurs externes à observer. On les reconnaît facilement au fait qu’ils influencent significativement l’entreprise, mais que celle-ci ne les contrôle pas beaucoup (ou pas du tout). L’analyse FFPM (forces, faiblesses, possibilités, menaces) est excellente pour évaluer comment les forces internes de l’entreprise l’outillent pour faire face aux menaces et comment ses faiblesses peuvent être transformées en possibilités. Elle résume donc bien la situation actuelle de l’entreprise et lui permet de se positionner pour l’avenir5.

Conclure la réflexion stratégique

Lorsqu’une entreprise a franchi les deux premières étapes de la planification stratégique (identité et environnement d’affaires), elle a terminé sa réflexion stratégique, ellemême préalable à la mise en œuvre d’un plan d’action stratégique. Les dernières étapes consisteront à se fixer des objectifs qui lui permettront de se rapprocher de sa vision, puis à définir les actions à entreprendre pour les atteindre. En ayant reconnu qu’elle est parce que les autres sont, l’entreprise a fait la lumière sur son parcours. Elle s’est dotée de moyens pour prendre des décisions éclairées. Cela entraînera sûrement des changements en son sein, autant d’un point de vue humain que d’affaires. Voilà une belle façon de recentrer l’entreprise sur les personnes qui la composent, tout en stimulant sa croissance! Vous pourrez lire le dernier article de cette série sur la planification stratégique dans la prochaine édition du GTA. 1 Quote by Desmond Tutu : “Ubuntu [...] speaks of the very essence of being...” (goodreads.com) 2 Understanding the Meaning of Ubuntu : A Proudly South African Philosophy (theculturetrip.com) 3 CEGA – Formation / Les secrets de la planification stratégique 4 CEGA – Formation / Les secrets de la planification stratégique 5 Analyse FFOM : un outil pratique pour la planification stratégique | BDC.ca

De plus en plus de place à la robotisation en agriculture RÉJEAN PRINCE, AGRONOME,

Les systèmes de robotisation sont très bien implantés dans le secteur industriel, et cette réalité s’étend progressivement au monde agricole. En effet, plusieurs entreprises de transformation alimentaire, plus touchées par le manque de main-d’œuvre et l’intensification de la concurrence, ont dû se tourner vers la robotisation de leurs équipements.

La robotisation : de la traite à la cueillette

La transformation alimentaire n’est toutefois pas le seul secteur exposé à ces enjeux puisque d’autres types d’entreprises agricoles ont désormais recours à la robotisation. On peut notamment penser aux nombreuses fermes laitières qui ont adopté les robots de traite. Plus récem-

Un coup de pouce pour l’intégration de nouvelles technologies dans l’industrie alimentaire

Le manque important de main-d’œuvre au Québec compromet non seulement la

profitabilité des entreprises, mais également leur capacité à saisir des occasions de marché. Pour pallier ce problème, les entreprises doivent accroître la productivité de leur main-d’œuvre, et la robotisation apparaît comme une avenue intéressante pour y arriver. C’est pour cette raison que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) est fier de soutenir les entreprises de transformation alimentaire qui souhaitent accroître la productivité de leur main-d’œuvre en vertu du programme Transformation alimentaire : robotisation et systèmes de qualité. Depuis l’implantation de la version 20182021 de ce programme, plus de 53 entreprises de la Montérégie œuvrant dans la transformation alimentaire ont été aidées, ce qui représente un total de 4 421 575 $ d’aide financière.

Notre mission : vous accompagner

Les entreprises devront assurément faire preuve d’adaptabilité face à l’intégration de ces nouvelles technologies. Il s’agit d’une grande préoccupation pour le MAPAQ qui est soucieux d’outiller les

producteurs et les transformateurs dans l’adoption de ces technologies, surtout en considérant leur évolution rapide. Je vous invite à en discuter avec les divers intervenants du domaine agricole et à vous informer dès maintenant alors que la robotisation agricole en est encore à sa phase expérimentale. Cette solution pourrait vous permettre de remédier au manque de main-d’œuvre, d’augmenter votre productivité et d’accroître par le fait même la compétitivité de votre entreprise. Si vous êtes une entreprise de transformation alimentaire et que vous souhaitez en savoir plus sur le programme Transformation alimentaire : robotisation et systèmes de qualité, consultez la page Web suivante : www.mapaq.gouv.qc.ca/robotisation. Vous trouverez tous les détails sur la clientèle et les projets admissibles, l’aide financière et le processus de dépôt d’une demande.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 9 décembre 2021 - 15

Directeur régional de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

ment, certains producteurs maraîchers ont fait l’acquisition de robots désherbeurs totalement autonomes. En Montérégie, un producteur de brocolis a eu la chance d’expérimenter le robot SAMI lors de démonstrations au champ : ce dernier parcourait le champ et récoltait les légumes de façon automatisée. Le robot SAMI, qui est en fait un acronyme de « système agricole multifonctionnel intelligent », est une technologie très prometteuse, bien qu’elle ne soit pas encore tout à fait au point. Selon son concepteur, une entreprise québécoise, cette nouvelle technologie remplacerait environ 25 cueilleurs. Pour l’instant, l’intelligence artificielle ne permet pas de cueillir d’autres légumes que le brocoli, mais une nouvelle programmation est envisagée afin de la rendre plus polyvalente. Ainsi, il est réaliste de croire que l’arrivée de nouvelles avancées technologiques en agriculture est imminente!


EXPOSITIONS NATIONALES HOLSTEIN

Pour l’amour des vaches ment progressé au niveau des jeunes vaches », explique Vincent Landry. D’autres événements se sont aussi déroulés parallèlement, dont le Gala des Maîtres-éleveurs 2019 et 2020, une conférence sur la génomique et une fête de bienvenue.

SARAH VILLEMAIRE | Le Courrier

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C’est au Centre BMO de Saint-Hyacinthe que s’est tenue la récente édition des Expositions nationales Holstein rassemblant plus de 450 animaux pour l’occasion. Un pari réussi pour les organisateurs qui ont su mobiliser les troupes en moins de 90 jours afin d’offrir un événement de calibre international. Le cœur était à la fête pour les exposants et les visiteurs qui ont pu revivre ces festivités après quelques mois d’absence. Compte tenu des consignes sanitaires en vigueur, une limite de 1000 personnes était attendue sur les lieux. Pour répondre à la forte demande, Holstein Canada a d’ailleurs mis en ligne une plateforme de diffusion en direct, le tout animé et commenté dans les deux langues. En tout, 15 000 personnes se sont connectées pour assister à l’événement. Pour Vincent Landry, chef de la direction pour Holstein Canada, cette formule risque d’avoir une place de choix dans les prochaines éditions. « C’est très profitable pour nos visiteurs internationaux qui bénéficient de cette plateforme. C’est une belle façon de nous mettre en valeur et d’offrir une visibilité marketing exceptionnelle pour le marché canadien. Pour nous, c’est un plus à conserver », précise-t-il. Mentionnons que chaque province canadienne et six États américains étaient représentés parmi les exposants.

Un travail d’équipe

La crème de la crème des vaches Holstein a foulé les planches du Centre BMO à Saint-Hyacinthe dans le cadre des Expositions nationales Holstein. Photo François Larivière | Le Courrier ©

De haut calibre

Fidèle aux habitudes d’Holstein Canada, la programmation a laissé principalement place aux jugements des classes de vaches. Les bêtes de type rouge et blanc ainsi que des génisses de type noir et blanc étaient à l’honneur le vendredi. Le lendemain, c’était au tour des classes de génisses rouge et blanc et des vaches de

type noir et blanc à se faire juger. En tout, 44 catégories ont été jugées durant les festivités. L’équipe organisatrice a d’ailleurs été impressionnée par la qualité des animaux. « Cette année, on a découvert et redécouvert certaines vaches, ce qui amène une dynamique très intéressante. On voit même que le niveau a grande-

L’équipe de Holstein Canada a pu compter sur le soutien de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe et de l’équipe de GoXpo dans les préparatifs et le montage des installations. En terrain connu, l’équipe de montage a su recréer, en quelques heures, un nouvel espace prévu à cet effet tout en enlevant la surface synthétique. Le démontage a d’ailleurs débuté peu après la fin des compétitions afin de remettre l’endroit dans l’ordre. « Notre équipe est bien fière de cette opportunité de recevoir les plus belles vaches d’Amérique. C’est une belle expérience que l’on a acquise et on espère pouvoir renouveler l’expérience dans le futur », mentionne François Brouillard, directeur général de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe. Ce partenariat a d’ailleurs été un choix facile pour la direction de Holstein Canada qui ne regrette pas son choix. « Il fallait pouvoir s’appuyer sur des gens d’expérience et c’est ce que l’on a fait. C’était une belle édition et on en ressort beaucoup de positif », conclut M. Landry.


TOURNEZ-VOUS VERS L’EXCELLENCE!

Des entrepreneurs récompensés Trois jeunes entrepreneurs agricoles de la région ont été récompensés dans le cadre de la 16e édition du concours Tournezvous vers l’excellence!, une initiative de La Financière agricole du Québec. Le concours souligne l’importance du travail de jeunes entrepreneurs agricoles et récompense celles et ceux qui se distinguent par leurs aptitudes professionnelles et leurs qualités de gestionnaires dans leur milieu. En vue de souligner l’excellence des pratiques en développement durable des jeunes entrepreneurs, La Financière agricole du Québec a remis une bourse de 1500 $ à Olivier Lamoureux, de la Coop les Jardins de la Résistance. Son entreprise est spécialisée dans la production maraîchère biologique. Elle est située à Châteauguay, dans la Montérégie. Cette reconnaissance en matière de développement durable a été décernée à la Coop les Jardins de la Résistance pour ses pratiques exemplaires, notamment le mode de production zéro déchet et l’offre de paniers bio visant à réduire l’empreinte écologique. La coopérative a également mis en place un kiosque agrotouristique à la ferme visant à augmenter l’accès aux produits frais locaux à la collectivité, en plus d’une rémunération équitable des employés. Le Fonds d’investissement pour la relève agricole a remis à Sophie Brodeur une bourse de 1500 $. Mme Brodeur s’est démarquée parmi les finalistes du concours par la pertinence de sa formation ainsi que par l’importance de son encadrement et de son mentorat dans la réussite de son projet d’affaires. Son entreprise, la Ferme Réso, se spécialise dans la production de veaux de grain. Elle est située à Saint-Dominique, dans la région de la Montérégie. « Ayant grandi sur une ferme, l’agriculture a toujours occupé une place importante dans ma vie. Mes études en production animale et en sciences de l’environnement, ainsi que mes diverses formations et expériences de travail m’ont permis de développer une vision élargie et diversifiée de l’agriculture. Mon réseau de contacts est important pour moi, afin de recueillir des conseils judicieux. Tout cela me permet aussi d’observer diffé-

Un maraîcher de l’Estrie se démarque

Edem Amegbo, d’Au jardin d’Edem, s’est vu décerner une bourse de 2 500 $. Son entreprise se spécialise dans la production maraîchère biologique exotique. L’entreprise est située à East Farnham en Estrie. « En tant qu’entrepreneur immigrant, j’ai réussi à me tailler une place à mon image dans mon pays d’adoption. Au fil des ans, j’ai su me distinguer avec la production de légumes exotiques. Ma clientèle africaine parcourt jusqu’à 200 km pour venir chercher mes produits. En plus, mon entreprise contribue à nourrir 120 familles sur une base hebdomadaire et permet à de nombreux Québécois de découvrir de nouvelles saveurs », mentionne Edem Amegbo.

Olivier Lamoureux

Edem Amegbo

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Sophie Brodeur

rents modèles de gestion et de remettre en question mes propres choix », explique Sophie Brodeur.


Transformer des produits biologiques : les grandes lignes pour y parvenir JULIE CHABOT,

Conseillère en transformation alimentaire, Direction régionale du Centre-duQuébec

KIM DESPRÉS,

Conseillère en transformation alimentaire, Direction régionale de la Mauricie

Les ventes de produits alimentaires biologiques continuent leur progression amorcée il y a déjà plusieurs années au Québec. Alors qu’il y a à peine dix ans, ces produits étaient le choix d’une clientèle restreinte, ils séduisent aujourd’hui une tranche d’âge beaucoup plus large de la population, qui est plus soucieuse de sa santé et du développement durable. À l’heure actuelle, la demande grandissante des consommateurs pour les produits biologiques dépasse l’offre dans tout le Canada1. Dans la province, entre 2015 et 2019, le nombre de produits biologiques québécois est passé de 4 000 à 10 6002. Ce texte présente sommairement les éléments à considérer, du point de vue des opérations, pour une entreprise souhaitant se lancer dans la transformation de produits biologiques.

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Qu’est-ce qu’un aliment transformé biologique?

Au Québec, l’utilisation de la mention « biologique » ou « bio » est encadrée par une loi. Cet attribut est un terme valorisant. Le produit est fabriqué selon un cahier des charges et soumis à une certification. Bien qu’il représente un travail rigoureux, ce cahier des charges est essentiel pour garantir aux clients le sérieux de la démarche de certification biologique. Les normes régissent la réception, la fabrication et l’entreposage des produits transformés. Les produits biologiques transformés doivent contenir au moins 95 % d’ingrédients issus de l’agriculture biologique. Les aliments en contenant de 70 à 95 % seront étiquetés de façon à en communiquer la proportion.

La formulation d’un produit biologique

- Les ingrédients doivent être certifiés. - La portion non biologique de la formulation peut comporter : • des ingrédients d’origine agricole conventionnelle, lorsque ceux-ci sont non disponibles sous forme biologique; • des substances permises selon la liste officielle (CAN/CGSB-32.311). - Un produit ne peut contenir un ingrédient qui se trouve à la fois sous sa forme biologique et non biologique. - Dans le calcul de la proportion d’ingrédients biologiques, l’eau et le sel sont retirés.

Les matériaux d’emballage ayant un effet moins négatif sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie doivent être privilégiés. Crédit photo © Marc Lajoie, MAPAQ

Les sites Internet de certains certificateurs offrent des outils pour vous aider dans vos démarches.

Exemples :

• Chiffrier de calcul de la formulation excluant l’eau et le sel; • Plan de préparation; • Modèles de registres de préparation; • Etc.

L’étiquetage : ce qui s’ajoute aux règles de base

Les normes biologiques imposent quelques particularités dans la mise en marché des produits. Notamment, la publicité pour les produits certifiés biologiques est encadrée et doit se conformer à certains critères. En plus des exigences générales d’étiquetage, certaines autres spécificités s’appliquent. Tous les produits biologiques comportant une étiquette en faisant mention doivent être identifiés clairement et correctement pour la vente. Les inscriptions doivent apparaître sur l’étiquette attachée à l’emballage du produit ainsi que sur tous les documents de transaction commerciale (ex. : facture). Celles-ci sont : - le nom d’usage commercial de l’entreprise, - l’identifiant de l’organisme de certification, - le numéro de lot. Le logo et la mention « vérifié par » sont ajoutés de façon volontaire. Selon le pourcentage d’ingrédients biologiques contenu dans le produit, des mentions différentes sont permises : - Pour un produit qui en contient 95 % ou plus, le terme « biologique » peut être utilisé; - Pour un produit qui en contient entre 70 % et 95 %, la mention « contient X % d’ingrédients biologiques » doit être utilisée; - Pour un produit qui en contient moins de 70 %, seule l’identification des ingrédients biologiques dans la liste d’ingrédients est permise.

Certaines mentions sont aussi interdites : - la mention « 100 % biologique », - la mention « vérifié par » si le produit contient moins de 70 % d’ingrédients biologiques, - toute mention spécifiant une précertification ou une conversion, - toute mention permettant à l’entreprise de faire un usage polyvalent d’un même emballage. L’entreprise peut consulter son organisme de certification biologique pour valider cet aspect de ses étiquettes.

Les activités de transformation : qu’en est-il?

La ségrégation des matières et les précautions pour éviter la contamination croisée sont au premier plan dans une production mixte. La réception, l’entreposage et l’expédition des matières premières et des produits finis requièrent des mesures permettant d’empêcher toute substitution de produit. Par exemple, une identification claire, des espaces d’entreposage distincts et l’utilisation de contenants fermés constituent des pratiques courantes. Bien que les bonnes pratiques de nettoyage et d’assainissement s’appliquent, notons que les récipients et les surfaces de travail requièrent la prise de précautions supplémentaires pour éviter le contact avec des résidus de produits non biologiques. Un plan de contrôle révisé annuellement encadre les activités, et des registres permettent de faire le suivi des activités quotidiennes. Comme dans toute cuisine de transformation, un processus de traçabilité est requis. Certaines solutions sont aussi à privilégier pour favoriser la gestion parasitaire.

L’audit : une étape essentielle de la certification

Un organisme de certification accrédité par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) doit auditer l’entreprise qui souhaite obtenir une certification biologique. Cet audit sert

à vérifier que les documents produits et les procédures mises en place pour respecter les exigences techniques sont adéquats. Lors de l’audit, le représentant de l’organisme de certification effectue des exercices de balance et de traçabilité. Il vérifie également plusieurs éléments dont : - les lieux de l’exploitation, - les procédures, - les registres, - les factures. Lorsque des non-conformités sont observées, l’entreprise doit les corriger ou mettre en place un plan d’action détaillé pour remédier au problème observé dans les délais établis. En cas d’impossibilité pour l’entreprise de respecter les exigences, la certification peut être révoquée. Afin de maintenir la certification, le processus d’audit est renouvelé annuellement.

Les références : organismes et documentation

C’est en 2000 que l’appellation « biologique » devient réservée au Québec et qu’elle requiert une certification. Le CARTV est mandaté pour contrôler cette appellation dans la province. La partie 13 du Règlement sur la salubrité des aliments au Canada (RSAC) spécifie les différentes exigences relatives aux produits biologiques. En vertu du RSAC, les produits doivent être certifiés conformément aux normes canadiennes sur l’agriculture biologique. Ils doivent donc respecter les exigences des documents suivants : - Système de production biologique – Principes généraux et normes de gestion (CAN/CGSB-32.310) - Système de production biologique – Listes des substances permises (CAN/CGSB-32.311) Il existe aussi une norme pour les produits aquacoles. Ces normes servent de base pour la certification des produits biologiques du Québec. À cette base se greffent des exigences de la norme québécoise que l’on retrouve dans le Cahier de charges de l’appellation biologique au Québec. La Politique bioalimentaire 2018-2025 vise à poursuivre la croissance du secteur biologique. Plusieurs programmes d’aide financière du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) comportent une bonification pour les exploitations certifiées biologiques. Les transformateurs peuvent également avoir recours au programme Transformation alimentaire : robotisation et systèmes de qualité pour un projet de certification biologique. N’hésitez pas à communiquer avec votre direction régionale du MAPAQ pour de plus amples informations. 1.Association pour le commerce des produits biologiques, L’état du secteur des produits biologiques, 2017 2. Plan de développement du secteur biologique québécois 2020-2025.pdf (yapla.com)


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