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MARDI 19 OCTOBRE 2021 | les2rives.com

Affaires 10e

édition

URGENT Manque criant de main-d’œuvre : passons à l’action! Dans cette édition, plusieurs acteurs économiques partagent des solutions afin de contrer ce fléau.

Cahier NOUS EMBAUCHONS Pages 23 à 30


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S’engager Marcel Rainville Directeur général, Journal Les 2 Rives

générations qui les succèdent sont insuffisantes pour combler les départs à la retraite, nos choix de société et nos pratiques ont également beaucoup évolué et on doit les considérer. Au-delà de miser sur l’immigration et de tenter de retenir indéfiniment les baby-boomers, on doit tous s’engager collectivement, car les solutions sont multiples et les conséquences globales.

région. Celles-ci doivent aussi s’engager envers leurs employés en place pour les soutenir, leur donner plus de pouvoir et de ressources pour gagner leur loyauté. Le mythe du télétravail se déboulonne et l’idée de se partager des employés, plutôt que de se les voler, fait son chemin. Enfin, les employeurs ne doivent pas fermer la porte à de précieux candidats parfois différents, mais compé-

Quelle désolation que de voir une entreprise cesser ses opérations, faute d’avoir pu trouver de la main-d’œuvre. De plus en plus de portes de commerces sont pavoisées d’écriteaux « Employés recherchés » et « Heures réduites » et, derrière elles, ce sont des employés et des gestionnaires éreintés qui s’efforcent de garder le sourire. L’heure est au bilan et aux solutions.

« Au-delà de miser sur l’immigration et de tenter de retenir indéfiniment les baby-boomers, on doit tous s’engager collectivement, car les solutions sont multiples et les conséquences globales. »

Les alertes de bris de services sonnent de partout à un point que la pénurie de main-d’œuvre rejoint la pandémie comme urgence nationale. Ce boulet pour les entrepreneurs et l’économie s’étend maintenant dans toutes les sphères de la société. Le secteur privé est en relance, le secteur public gonfle et les organismes peinent à trouver des bénévoles : tous s’arrachent une même main-d’œuvre qui se raréfie. Ce problème est pourtant documenté par les démographes qui suivent la cohorte de baby-boomers depuis l’après-guerre. Si les

Les différents paliers de gouvernement sont bien sûr des acteurs de premier plan. D’abord en soutenant la formation, la persévérance scolaire, l’orientation des talents vers les postes d’avenir, la requalification pour réduire le nombre de chômeurs, etc. En plus de multiples mesures notamment pour faciliter l’accès à la technologie et l’immigration. Les entreprises doivent se positionner en tant qu’employeur de choix avec des conditions avantageuses et flexibles, s’afficher dans les médias et se connecter aux salons d’emploi et aux écoles qui regorgent dans la

tents et les syndicats peuvent aussi faire partie de la solution. Faute de main-d’œuvre suffisante, nous devons également savoir faire plus avec moins. Certains se souviendront de la sortie de Lucien Bouchard en 2006 affirmant que les Québécois ne travaillent pas assez. Aujourd’hui, il est plutôt question que la semaine de 4 jours augmenterait la productivité avec des employés plus heureux et engagés. Nos employés sont une ressource précieuse et on doit en prendre soin. Saluons d’ailleurs la nouvelle réforme du

régime de la santé et sécurité au travail pour réduire les accidents et maladies professionnelles! Bien entendu, la productivité passe aussi par le virage numérique et l’automatisation avec les nouvelles technologies. La relation entre employeur et employé n’est pas toujours simple, mais c’est une danse à deux et un emploi perdu en est un de trop. Que vous soyez employés, étudiants, retraités, chômeurs, vous avez votre mot à dire dans la solution. Le choix de retourner aux études, se réorienter, démissionner, devoir prendre une pause, faire du bénévolat est personnel à chacun. Je répète souvent à mes jeunes qui se questionnent sur leur avenir : « Vous êtes importants et la société a besoin de vous. Quoi que vous fassiez, faites juste de votre mieux et tout ira pour le mieux ». La dernière fois que le pays avait autant besoin de bras, c’était lors de la conscription. Tant mieux si cette crise-ci aura su améliorer les conditions de plusieurs corps de métier de façon durable. À l’occasion de la Semaine de la PME et dans le cadre de cette 10e édition Les 2 Rives AFFAIRES, nos journalistes ont interrogé plusieurs acteurs économiques afin de dresser le portrait local de ce fléau. En fin de cahier, vous découvrirez plusieurs offres d’emplois intéressantes jumelées à des témoignages d’employeurs qui nous partagent leur réalité pour recruter. Bonne lecture!

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Chantier d’attraction de la main-d’œuvre

Le projet de plateforme virtuelle approuvé les maires de la MRC Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Le Chantier d’attraction de la maind’œuvre a présenté, le 13 octobre, son projet « Carrefour virtuel régional d’attraction, d’installation et de rétention de talents et familles » aux conseillers régionaux de la MRC de Pierre-De Saurel. Ceux-ci ont appuyé le projet, qui pourra donc être déposé au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH).

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Le dépôt a été effectué en vue d’obtenir la subvention de 80 % des coûts via le Fonds région ruralité. Le directeur général du Carrefour jeunesse-emploi et membre du Chantier, Mario Fortin, explique que le projet de plus de 1 M$ sur trois ans fera naître la plateforme et d’autres initiatives pour venir en aide aux entreprises du territoire. « On est vraiment sur une bonne lancée! », déclare-t-il. Dans le meilleur des mondes, le Chantier espère avoir une réponse positive du MAMH avant ou au début de 2022. M. Fortin rappelle que la première étape était de rassembler les entreprises et partenaires autour de l’idée, puis de savoir comment ils envisageaient le projet. Un sondage a été lancé aux entreprises pour connaître leurs besoins. « Une douzaine d’entreprises nous ont relancées pour vraiment être actives avec nous. Pour nous, c’est significatif. Ça montre des besoins, qu’on savait, mais le désir de collaboration qui vient avec, c’est vraiment intéressant », note-t-il. Les réponses reçues variaient en fonction des entreprises, mais le dénominateur commun, selon M. Fortin, est que les gens ont beaucoup travaillé en groupe. Il explique que c’est un peu comme si les gens se disaient qu’ils n’y arriveraient pas seuls, et qu’en se joignant à d’autres qui œuvrent ou non dans le même secteur, ils pourraient trouver de la main-d’œuvre, en partager et trouver de nouvelles solutions. « On sent l’ouverture », avoue-t-il.

Par la suite, le Chantier a monté le projet en conciliant les désirs des élus, des entreprises et des partenaires. En septembre dernier,le coordonnateur du Chantier, Mathieu Beaufort, avait mentionné en entrevue qu’une ressource devrait s’occuper de la plateforme virtuelle, déployée dans le but de multiplier les efforts d’attraction, d’installation et de rétention des travailleurs et des familles dans la région. Des conférences et des salons « On a toujours des initiatives en cours et on sort tout le temps des nouvelles affaires, souligne M. Fortin. On a des conférences, des activités. On est en recrutement et on participe à plein de salons un peu partout », souligne M. Fortin. Entre autres, le Chantier et ses partenaires comme L’Orienthèque, le CJE et le Centre de services scolaire de Sorel-Tracy, ont participé, les 14 et 15 octobre, à la Foire nationale de l’emploi au Stade olympique. Le Chantier prône l’avantage de s’organiser en groupe, en région, plutôt que chaque organisation se déplace de son côté. « Les gens commencent de plus en plus à embarquer et ça commence à payer. On le voit », affirme le directeur du CJE. Également, les conférences se poursuivent. Serge Beauchemin a été reçu au printemps et Danielle Sauvageau était de passage récemment. M. Fortin mentionne qu’elles portent davantage sur le thème des équipes. « Ce ne sont pas juste des employés. Ce sont des membres de ton équipe. Ce sont des êtres humains, des pères et des mères de famille. Comment concilier tout ça et les amener à être plus productifs et à avoir le sentiment d’appartenance? Ce sont toutes des affaires faciles à dire, mais même nous dans nos organismes, nos entreprises, on pense à ce qu’on peut faire différemment. En rencontrant des personnes externes, qui viennent nous raconter leur vécu, ça peut inspirer et déboucher sur des initiatives intéressantes. »

Le directeur général par intérim de la Chambre de commerce et d’industrie de SorelTracy, Sylvain Dupuis, le directeur général du Carrefour jeunesse-emploi Pierre-De Saurel, Mario Fortin, le coordonnateur du Chantier, Mathieu Beaufort et le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©


Une expérience de travail pour tous Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Avec l’Atelier – Centre de travail adapté, des adultes avec des limitations peuvent intégrer le marché du travail. Bien que l’objectif de l’organisme ne soit pas de prouver quoi que ce soit aux entreprises, le directeur Mario Fortin souhaite qu’il démontre que ces personnes valent la peine d’être embauchées. L’Atelier – Centre de travail adapté est un organisme sans but lucratif constitué sous la forme d’une entreprise d’économie sociale dans le parc industriel Joseph-Simard à Sorel-Tracy. Sa mission est de créer un lieu de travail valorisant pour que des adultes avec certaines limitations puissent travailler. Ainsi, les aptitudes et compétences de la vingtaine de participants sont mises de l’avant dans un milieu favorisant un vrai contact social. L’organisme procède entre autres au recyclage de masques de procédure et au déchiquetage de documents confidentiels. « Ce sont des gens qui ne seraient peutêtre pas sur le marché de travail, mais moi je les regarde aller et je me dis qu’ils sont bons sans bon sens. Ils sont attachants, à la tâche et de bonne humeur. Ils sont contents d’être là. Ce n’est pas toujours parfait, comme nous, ils ont leurs hauts et leurs bas, mais côté productivité, c’est quand même surprenant », affirme Mario Fortin. Même si l’objectif de l’organisme n’est pas de montrer aux entreprises que les gens avec des limitations valent la peine d’être embauchés, il souhaite que l’initiative ait cet effet. « La logique du CJE (Carrefour jeunesseemploi de Pierre-De Saurel), du RecycloCentre et de l’Atelier, c’est que peu importe l’état d’un jeune, s’il cogne à l’une de nos trois portes, on va trouver quelque chose pour lui, assure M. Fortin. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il faut s’ouvrir l’esprit et être prêts à faire appel à d’autres types de clientèle. Nous, on montre que c’est possible, entre autres avec l’Atelier et le Recyclo-Centre, d’avoir des personnes qui

ne sont pas exactement le modèle qu’on veut, mais qu’avec de l’accompagnement et de la formation, on est capable d’arriver à quelque chose. » M. Fortin a en tête plein de belles histoires liées aux participants. « Juste de les voir au quotidien, comment ils travaillent et comment ils sont contents de ce qu’ils font, pour moi, c’est une réussite », lance-t-il. L’Atelier est chapeauté par le RecycloCentre. Toutefois, la mission des deux organismes est différente. Le Recyclo-Centre se concentre sur l’insertion socioprofessionnelle. On y retrouve des personnes qui n’ont pas ou peu d’expérience de travail et qui développent des aptitudes liées au savoir-être comme le respect de la hiérarchie et la ponctualité. Par où commencer? Le premier conseil que donnerait Mario Fortin aux entreprises qui souhaitent embaucher des personnes différentes est de vérifier que les employés sont heureux et prêts à accueillir d’autres types de personnes. Selon lui, il faut s’assurer qu’un bon climat de travail règne. Aussi, il croit que l’intégration doit également se faire par les employés. « Tout le monde va se sentir investi de cette mission et les liens vont se créer avec la personne qui arrive », explique le directeur. Finalement, il souligne que la formation est importante. « Si tu engages un jeune un peu plus lent et qu’après deux semaines tu dis qu’il est trop lent et tu le mets dehors, peut-être que tu n’as juste pas attrapé sa vitesse de croisière et que tu ne l’as pas formé comme il faut. J’appelle à la patience, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. On peut peut-être être un peu plus patient et donner la chance au potentiel de se réveiller », soutient Mario Fortin. Il rappelle qu’il est plus facile de bien former un employé et de lui laisser du temps que d’embaucher quelqu’un de nouveau sans arrêt.

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L’Atelier – Centre de travail adapté embauche une vingtaine d’adultes avec différentes limitations. Photo gracieuseté


En poste depuis plus d’un mois à la MRC de Pierre-De Saurel

Beritan Oerde dans l’action pour favoriser l’immigration Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Embauchée comme chargée de projet à l’immigration vers la fin août à la MRC de Pierre-De Saurel, Beritan Oerde veut faire partie de la solution afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans la région.

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Diplômée en sciences politiques à l’Université de Concordia et en sociologie à l’Université de Montréal, Mme Oerde s’y connaît en immigration, elle qui a notamment travaillé pour la Fondation Kurde du Québec. Trilingue, elle a entre autres aidé de jeunes immigrants kurdes pour leur recherche d’emploi. Comme chargée de projet à l’immigration, son rôle se divise en deux volets, soit créer un comité de pilotage composé de plusieurs intervenants de la région spécialisés en immigration, puis monter un plan d’action visant à identifier les enjeux en matière d’attraction, d’intégration citoyenne, d’établissement durable et de pleine participation des personnes immigrantes et des minorités ethnoculturelles. Déjà, le comité de pilotage a été formé. D’autres membres pourraient s’y ajouter, mais il est présentement composé de Mégane Hennequin, directrice diversité et inclusion à L’Orienthèque, de Laurianne Smolla, enseignante responsable de la francisation en entreprise au Centre de services

scolaire (CSS) de Sorel-Tracy, de Mario Fortin, représentant du Chantier d’attraction de la main-d’œuvre, de Jacinthe Parent et Irina Oprea, de Place aux jeunes et du CJE de Pierre-De Saurel, de Lucien Audet, du ministère de l’Immigration, Francisation et Intégration du Québec, d’Antoine De TillyLaberge, de Développement économique Pierre-De Saurel et de Karine Généreux, coordonnatrice des services éducatifs au CSS de Sorel-Tracy. Un plan d’action d’ici février « Une première réunion du comité de pilotage est prévue en novembre, mais on veut se rencontrer au moins trois fois d’ici la remise du plan d’action en février. […] Le but, entre partenaires, est de dresser un portrait de la région. On veut identifier les défis pour ensuite s’y attaquer et c’est tous ensemble qu’on peut le faire. À partir de ce portrait, on produit le plan d’action pour agir concrètement », explique Beritan Oerde. La chargée de projet devra, à travers ce plan d’action, sensibiliser non seulement les employeurs, mais aussi les municipalités aux bienfaits de l’immigration. « Une fois que ce plan d’action sera approuvé, on va pouvoir le mettre en pratique. Par exemple, on peut créer un forum avec le comité, des conférences devant des municipalités ou des entreprises, etc. On va s’inspirer de régions qui ont réalisé de bons coups en ce sens, comme la MRC des

Maskoutains qui a vu sa population immigrante augmenter », souligne Mme Oerde. Une aide financière de 80 351,25 $ avait été octroyée à la MRC de Pierre-De Saurel par le gouvernement du Québec pour l’embauche d’une ressource, en l’occurrence Beritan Oerde, et la confection d’un plan d’action. La MRC a ajouté, à ce montant, 26 783,75 $, ce qui porte le total à 107 135 $. Une fois le plan d’action complété, d’autres sommes importantes sont prévues à la fois par Québec et la MRC pour mettre en place des actions. À la MRC de Pierre-De Saurel, l’équipe assure que ce plan se soldera par des gestes concrets pour aider à contrer la pénurie de main-d’œuvre. « Notre rôle comme MRC, c’est de créer un environnement favorable pour non seulement intégrer les immigrants, mais pour les garder. C’est pour ça qu’on travaille avec les municipalités, les employés et les employeurs. Chaque immigrant a une réalité différente », conclut la coordonnatrice aux communications de la MRC, Josée-Ann Bergeron.

La nouvelle chargée de projet à l’immigration de la MRC de Pierre-De Saurel, Beritan Oerde. Photo gracieuseté


Pénurie de main-d’œuvre : L’Orienthèque veut faire partie de la solution Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Même si elle a subi une baisse de la clientèle dans les 18 derniers mois en raison de la pandémie et du phénomène de rareté de main-d’œuvre – un phénomène répandu pour les organismes en employabilité, L’Orienthèque s’est adapté aux demandes de la clientèle. L’organisme sorelois a dû modifier son offre de services, notamment en étant disponible à distance durant la pandémie. « Le profil de la clientèle change et leurs besoins aussi, d’où l’importance de s’adapter, constate la directrice générale de L’Orienthèque, Mylène Castonguay. Les démarches vont parfois être plus courtes parce que les gens arrivent et trouvent plus rapidement un emploi. » Mme Castonguay remarque aussi beaucoup plus de clients qui veulent se réorienter et qui sont en questionnement quant à leur emploi actuel. « Des postes qui étaient jadis inaccessibles pour eux deviennent soudainement accessibles. Avec l’impact de la COVID, certains domaines sont devenus précaires, ce qui pousse certaines personnes à se questionner », illustre-t-elle.

Des programmes utiles Le principal défi de L’Orienthèque, en cette période particulière, est d’innover dans ses services, relate la directrice générale. « On parle beaucoup de maintien en emploi. Oui c’est une chose se trouver rapidement un emploi, mais encore faut-il le conserver. À L’Orienthèque, on a un nouveau projet depuis janvier qui s’appelle VISER JUSTE et qui vise à travailler avec des organismes de la Montérégie pour accompagner les gens et favoriser le maintien en entreprise », souligne Mme Castonguay. En lien avec la mission de L’Orienthèque, une autre solution pour contrer la pénurie de main-d’œuvre est de favoriser la diversité en milieu de travail. C’est pourquoi l’organisme dispose de plusieurs programmes, non seulement au niveau de l’immigration, mais aussi dans différents volets. « On a des programmes au niveau de la clientèle judiciarisée (voir texte en page 12), des femmes dans les métiers non traditionnels, de la clientèle expérimentée, de la clientèle en pré-employabilité, etc. Il faut poursuivre cette ouverture-là et on la sent, cette ouverture, auprès des employeurs. […] Les besoins sont là et on veut innover dans ce qu’on offre pour répondre aux besoins des gens », constate Mylène Castonguay.

L’importance de se concerter L’Orienthèque et la MRC de Pierre-De Saurel collaborent depuis quelques années en matière d’immigration. L’organisme donne son apport au Chantier d’attraction de la main-d’œuvre, en plus de s’associer à d’autres organismes spécialisés en emploi. « Il existe différentes ressources dans la région, c’est donc important de se parler afin de trouver des solutions ensemble, en commençant par des services qu’on offre déjà, puis en allant voir plus loin ce qu’on pourrait faire de plus. On est axés sur cette collaboration et on sent une très grande volonté pour réussir dans la région. On a tous à y gagner et on travaille pour la même cause », convient la directrice de L’Orienthèque. Selon elle, en continuant de travailler ensemble et en offrant plus de services, la région est sur la bonne voie pour contrer le fléau de la pénurie de main-d’œuvre. « Il faut continuer à faire preuve de beaucoup d’ouverture. Il faut innover dans nos façons de faire, considérer de nouvelles avenues et voir les choses différemment. Par exemple, certains ont goûté au télétravail et ne pourront plus travailler dans un milieu qui n’en offre pas. Les entreprises ont des besoins criants et nous, on veut vraiment les aider pour trouver des solutions », conclut Mylène Castonguay.

La directrice générale de L’Orienthèque, Mylène Castonguay. Photo gracieuseté

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Gaétan Bergeron quitte pour la retraite après 50 ans

Le Centre Hi-Fi vendu à Stéréo Plus Alexandre Brouillard | Les 2 Rives

produits Sony que le Centre Hi-Fi n’offrait pas, sinon il n’y aura pas beaucoup de changements dans les produits offerts », mentionne-t-il.

Le commerce d’électronique Centre Hi-Fi situé au 250, boulevard Fiset, à SorelTracy, a été vendu à Stéréo Plus. Après plus de 50 ans dans la vente d’appareils électroniques, Gaétan Bergeron a décidé de tourner la page et de vendre son commerce à Richard Archambault et ses associés. En 2011, le magasin d’appareils électroniques Gaétan Bergeron (Dumoulin) du boulevard Fiset, à Sorel-Tracy, avait changé de bannière pour devenir un Centre Hi-Fi. Dix ans plus tard, l’heure de la retraite a sonné pour M. Bergeron. Après plus de 50 ans dans le monde de l’électronique, il a officiellement vendu son commerce. « Le changement a eu lieu le 1er octobre dernier et les opérations continuent comme si rien n’était. Il y a seulement quelques marques de manufacturiers qui changeront », informe le nouveau propriétaire, Richard Archambault. La marque Stéréo Plus avait été fondée en mai 1982 par un consortium dont faisait partie le Sorelois Marcel Guimond. En 2018, le cofondateur avait fermé son commerce de la rue du Collège, laissant ainsi Sorel-Tracy sans Stéréo Plus après plus de 36 ans d’activités dans la région. Au plus fort, il y avait 88 magasins Stéréo Plus au Québec. Aujourd’hui, il reste une vingtaine de ban-

Le Centre Hi-Fi est devenu une succursale Stéréo Plus le 1er octobre dernier. Photo gracieuseté

nières réparties un peu partout en province. Richard Archambault confie que c’est M. Bergeron qui lui avait fait part de sa volonté de vendre son commerce. « Ça fait quelques années qu’on était censé faire le move. C’està-dire que j’achète son magasin à l’époque que j’étais avec Centre Hi-Fi. En juillet dernier, il m’a confié qu’il était tanné et qu’il voulait prendre sa retraite. Si je ne l’achetais

pas, il m’a même dit qu’il fermerait son magasin. [...] M. Bergeron est dans le monde de l’électronique depuis très longtemps. C’est une institution, je voulais donc perpétrer tout ce qu’il a fait lors des dernières années », confie-t-il. Alors que le changement est encore tout récent, il assure que les clients remarqueront peu de changements. « On va offrir les

Un nouveau défi Richard Archambault et ses associés sont déjà bien implantés dans le domaine de l’électronique avec plusieurs succursales Stéréo Plus, dont à Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke, Granby, Victoriaville, Chicoutimi et Drummondville. Au début de sa carrière, M. Archambault avait fait ses classes sous la bannière Centre Hi-Fi durant une dizaine d’années avant de passer pour Stéréo Plus en 2020. « C’est une bannière 100 % québécoise, tandis que Centre Hi-Fi est ontarien. [...] Je suis content de venir à Sorel-Tracy, c’est une belle ville. J’ai déjà rencontré des clients dans les dernières semaines et ils sont vraiment sympathiques », mentionne-t-il, vraisemblablement heureux d’ouvrir sa huitième succursale Stéréo Plus au Québec. Même si M. Archambault et ses associés ont engagé les anciens employés du Centre Hi-Fi, ils sont encore à la recherche de personnel supplémentaire. « Ce n’est pas toujours facile trouver de bons employés. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pourquoi M. Bergeron a décidé de prendre sa retraite », conclut Richard Archambault.

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Le CJE de Pierre-De Saurel s’adapte au contexte de la pénurie de main-d’œuvre Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Alors que la mission du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de Pierre-De Saurel demeure la même, soit d’accompagner les jeunes, peu importe leur provenance et leur désir de s’accomplir, les raisons de fréquentation de l’organisme ont un peu changé. Dorénavant, plusieurs recherchent un soutien pour réorienter leur carrière.

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« C’est davantage pour une réorientation de carrière ou c’est plus axé sur un accompagnement de nature psychosociale. Parce que [la pandémie], ç’a été rough pour des gens », mentionne le directeur général du CJE, Mario Fortin. Parmi ceux qui désirent revoir leur plan de carrière, il constate que plusieurs proviennent du milieu de la santé ou de l’aide aux personnes. M. Fortin avoue qu’un tel contexte de pénurie de main-d’œuvre ne s’était pas vu depuis des années. Bien qu’il soit facile de trouver un emploi actuellement, le conserver peut être une autre paire de manches. « Les employeurs embauchent vite, mais ils désembauchent assez vite, indique-t-il. C’est quand même difficile pour des jeunes qui sont embauchés, qui pensent que ça va bien, mais qui ne gardent pas leur job. Tout est à recommencer. Ça déstabilise le marché de l’emploi. » D’un autre côté, ceux pour qui tout se passe bien magasinent les emplois et améliorent leur conditions de travail. Mario Fortin affirme que même si les besoins actuels des jeunes sont différents, les professionnels de l’organisme sont outillés pour les aider. Cependant, depuis les derniers mois, une légère baisse de fréquentation a été constatée. « À cause du confinement, il y a eu beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi et il y en a qui n’en ont pas recherché tout de suite parce qu’ils espéraient réintégrer leur milieu », relate-t-il. Aussi, il avance que la facilité pour la majeure partie des jeunes de la région de se trouver un emploi peut être une cause.

Également, le programme Place aux jeunes en région, qui permet d’accueillir des jeunes de l’extérieur, de leur faire découvrir la région et de les mettre en contact avec des employeurs du coin, a légèrement changé. En raison des mesures sanitaires, il n’est plus possible de faire des séjours de groupe. Maintenant, les séjours individuels ou en couple sont priorisés. Des pistes de solution Pour aider à la pénurie de main-d’œuvre, Mario Fortin croit que l’immigration est une bonne solution, mais elle n’est pas la seule. Il fait remarquer que plusieurs personnes sont disponibles à travailler même si elles ne cadrent pas parfaitement avec les critères des employeurs. « On travaille pour amener ces gens à être pris sur le marché du travail. Je me dis que les entreprises, il faut aussi qu’elles fassent leur bout de chemin. Il existe plein de programmes de subventions salariales pour accueillir une clientèle différente. Il reste juste à avoir l’ouverture d’esprit de le faire », explique le directeur général du CJE. Il rappelle que comme employeur, pour attirer des employés, il faut essayer d’être « sexy ». « Ce n’est pas vrai que ce qui marchait dans les années 90 marche encore aujourd’hui. La façon que les gens intègrent le marché du travail et ce qu’ils souhaitent faire, ce n’est pas la même chose qu’avant. On ne peut pas appliquer la même formule », soutient-il. En effet, selon lui, les entreprises doivent s’adapter à la nouvelle génération pour qui la vie ne tourne pas seulement autour du travail. Il souligne d’ailleurs que certaines entreprises ont moins de difficulté à recruter que d’autres. « Et quand on va voir chez eux ce qui se passe, bien, c’est le fun en titi et t’as le goût de travailler là », ajoute-t-il. Le CJE est situé au 37, rue du Roi à SorelTracy. Il offre différents services, entre autres d’accompagnement à l’emploi et de persévérance scolaire, pour les jeunes de 15 à 35 ans.

Le directeur général du CJE, Mario Fortin, affirme que les professionnels de l’organisme sont outillés pour s’adapter aux différents besoins des jeunes. Photo Antony Deguise


Malgré une baisse d’étudiants remarquée à Sorel-Tracy

La formation professionnelle, une solution importante pour pallier la pénurie de main-d’œuvre Alexandre Brouillard | Les 2 Rives

Alors que pour plusieurs personnes la formation professionnelle pourrait être une solution pour régler le problème de pénurie de main-d’œuvre qui frappe de plein fouet plusieurs domaines d’activités, les Centres de formation professionnelle et d’éducation des adultes de Sorel-Tracy (CFPEAST) accueillent moins d’étudiants dans les dernières années. Pour Julie Martineau, agente de développement aux CFPEAST, il existe un lien direct entre le plein emploi et le taux d’inscription dans des centres comme les CFPEAST. « La conjoncture économique qui permet d’obtenir très facilement un emploi nécessitant peu, voire pas de qualification, n’incite pas les gens à s’inscrire à l’école, et ce, malgré nos formations de courte durée et l’accès rapide au marché du travail », déplore-t-elle. Les CFPEAST offrent des cours qui ajoutent aux connaissances de base ainsi que du perfectionnement des compétences professionnelles qui mènent à l’obtention d’un diplôme, qu’il soit d’études secondaires (DES) ou d’études professionnelles (DEP). Plusieurs formations sont disponibles, telles que coiffure, secrétariat, soudage, usinage, comptabilité et dessin industriel. « Les CFPEAST sont des acteurs importants pour pallier la pénurie de maind’œuvre. Nous avons la chance d’offrir des formations de courte durée, axées sur la pratique, qui permettent à nos élèves d’intégrer le marché du travail rapidement. […] C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement investit dans différents programmes comme les DEP, ASP ou AEP », justifie-t-elle. Pour Mme Martineau, les formations professionnelles sont « des autoroutes de

Dans la région, une des solutions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre pourrait passer par les formations professionnelles qu’offrent les CFPEAST. Photo Alexandre Brouillard | Les 2 Rives ©

possibilités et la destination est prometteuse, il est donc impératif que les élèves du secondaire connaissent mieux cette avenue. » Travailler en collaboration Afin d’inciter les jeunes à choisir une formation professionnelle, les CFPEAST travaillent avec le Centre de services scolaire (CSS) de Sorel-Tracy et avec des entreprises de la région. « Nous travaillons avec des entreprises de la région afin de démarrer des formations en alternance travail-études et ainsi permettre aux employeurs de bénéficier d’aide dans leur entreprise le plus rapidement possible et d’accélérer la formation pratique de

futurs employés », explique l’agente de développement. De plus, elle assure que les CFPEAST collaborent avec différents établissements scolaires de la région pour « bien positionner la formation professionnelle comme voie d’avenir ». Elle déplore toutefois que plusieurs mythes et préjugés persistent encore face aux formations professionnelles et qu’il soit parfois ardu de bien faire valoir leurs bénéfices. « Le réflexe de nous considérer comme cheminement scolaire n’est pas toujours naturel, mais nous constatons une belle ouverture de la part des établissements de la région à faire rayonner notre offre de formations », mentionne-t-elle.

Ajuster l’offre à la demande Alors que la région est en constante évolution et que des entreprises quittent et arrivent, Julie Martineau explique que les CFPEAST ajustent leur offre de formations en fonction des entreprises présentes. « La grande région de la Montérégie prépare actuellement un plan de positionnement de la formation professionnelle ainsi que de l’offre de formation pour les trois prochaines années. Nos centres participeront de façon active à cette démarche qui vise à adapter notre offre de services aux besoins du marché du travail », détaille-t-elle. Elle souligne également que le Service aux entreprises (SAE) leur permet de faire de la formation sur mesure et de répondre précisément aux besoins des employeurs de la région. « Il est primordial pour notre organisation d’avoir la meilleure équation formation-emploi », assure-t-elle. Finalement, Mme Martineau indique que les CFPEAST travaillent actuellement avec leurs partenaires pour revoir l’ensemble de leur offre de cours afin de s’assurer de la pertinence de chacune des formations et, au besoin, de bonifier l’offre selon les besoins actuels en main-d’œuvre. Les CFPEAST seront présents le 24 novembre prochain pour la troisième édition du salon de l’éducation organisé par le Service d’orientation de l’École secondaire Fernand-Lefebvre de Sorel-Tracy. « Il ne faut pas oublier que les parents et les conseillers d’orientation jouent un rôle très important en matière d’information et d’orientation scolaires et professionnelles. […] La formule gagnante reste dans la formation et la qualification de la main-d’œuvre pour assurer la pérennité des entreprises et des individus », conclut Julie Martineau.

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Ex-détenus ou personnes avec un casier judiciaire

L’Orienthèque sensibilise les employeurs à ne pas se passer d’une main-d’œuvre compétente Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Dans le cadre de la Semaine nationale de la réhabilitation sociale qui a eu lieu du 12 au 15 octobre, L’Orienthèque tient à sensibiliser les employeurs à ne pas se priver de personnes ayant un casier judiciaire quand vient le temps de procéder à une embauche, surtout en cette période de pénurie de main-d’œuvre.

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Cathy Harvey et Mélissa Boisclair-Trudel, deux conseillères en emploi à L’Orienthèque, insistent sur la réhabilitation sociale lorsque vient le temps de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre. « Notre message dans le cadre de la Semaine nationale, c’est qu’on aimerait voir une plus grande ouverture des employeurs. Encore aujourd’hui, certains passent à côté d’une main-d’œuvre intéressante. Ce n’est pas parce que quelqu’un a un casier judiciaire qu’il n’a pas les atouts pour travailler. C’est prouvé qu’un emploi est un grand succès qui porte à ne pas récidiver, ça leur permet de se sortir la tête de l’eau bien souvent », martèlent les deux conseillères, en entrevue. L’Orienthèque accompagne également les personnes voulant effacer leur casier judiciaire. « C’est très hasardeux et coûteux

aujourd’hui. Bien souvent, il faut attendre après la probation qui dure deux ans, puis après une période d’admissibilité qui dure cinq ans. Donc certaines personnes doivent attendre sept ans avant d’effacer leur casier. En 2021, ça tourne autour de 1000 $ une demande de pardon. Imaginez si la personne n’a pas d’emploi pendant tout ce temps », ajoutent les conseillères. D’ailleurs, il est même probable que certains candidats détenant un casier judiciaire soient admissibles à la subvention salariale selon les critères de Services Québec, ce qui représente un incitatif supplémentaire à ne pas négliger pour des employeurs potentiels. Des programmes qui fonctionnent Depuis 2009, L’Orienthèque offre un programme de préparation à l’emploi directement au centre de détention de Sorel-Tracy. Quatre fois par semaine, une conseillère à l’emploi se rend à la prison soreloise pour rencontrer des détenus voulant s’orienter vers un travail à leur sortie de détention. Bon an mal an, une centaine de personnes utilisent ce service par année. En 2016, des services externes se sont ajoutés. Outre l’aide apportée pour les demandes de pardon, l’organisme conseille les chercheurs d’emploi ayant un casier judi-

Une conseillère en emploi de L’Orienthèque se rend au centre de détention de SorelTracy quatre jours par semaine pour aider des détenus à se préparer pour un emploi lorsqu’ils sortiront de prison. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

ciaire dans une démarche d’orientation (conception de CV, retour vers la formation, etc.). Une quarantaine de personnes bénéficient de ces services externes par année. « On va d’abord évaluer les objectifs de la personne et on va l’aider en fonction de ce qu’elle veut faire et de ses compétences. On va la préparer à appliquer sur des emplois en établissant des questions potentielles ou en lui fournissant une liste d’employeurs potentiels », indiquent Cathy Harvey et Mélissa Boisclair-Trudel. Le rôle de L’Orienthèque n’est toutefois pas d’appeler les employeurs pour leur faire part des bienfaits d’embaucher une per-

sonne ayant un casier judiciaire. C’est pourquoi les deux conseillères tenaient à profiter de la Semaine nationale de la réhabilitation sociale pour le faire dans les médias. « Dans le cadre d’un déjeuner-conférence en 2018, on a fait un exercice. On a montré des profils aux participants et on leur a demandé qui, selon eux, avait un casier judiciaire. C’était effectivement la personne qu’on s’attendait le moins. Le but de l’exercice était de ne pas se fier à ses préjugés. Rencontrez les candidats. Regardez leurs compétences d’abord. Prenez le temps de les questionner en entrevue, vous trouverez peut-être la perle rare », concluent les deux conseillères en emploi.


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Pour contrer la pénurie de main-d’œuvre

Jocelyn Daneau compte améliorer l’image de marque de Sorel-Tracy et rétablir sa réputation Alexandre Brouillard | Les 2 Rives

Améliorer l’image de marque de la Ville de Sorel-Tracy et la rendre plus attirante pour inciter les citoyens à y demeurer ou de nouvelles personnes à s’y établir, voilà la solution du candidat à la mairie de la Ville de Sorel-Tracy, Jocelyn Daneau, pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

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« La pénurie de main-d’œuvre n’est pas un phénomène qui est arrivé du jour au lendemain, lance d’emblée Jocelyn Daneau. Les démographes nous avertissent depuis longtemps que ce problème va frapper la province. Sorel-Tracy ne fait pas bande à part, ça fait longtemps que c’est sur le radar et qu’on aurait pu se préparer à y faire face. » Pour le candidat à la mairie, il ne fait aucun doute qu’une meilleure préparation dans les dernières années aurait pu permettre à la Ville d’être en partie épargnée par cette pénurie. Il soutient toutefois que plusieurs solutions existent pour lutter contre ce fléau. « Mes cinq priorités, qui sont les synthèses de mes 65 engagements, représentent la solution pour remettre la Ville sur le devant de la scène et ainsi régler le problème de main-d’œuvre. Pour ce faire, on doit attirer de nouveaux résidents et améliorer son taux

de rétention de la main-d’œuvre en améliorant et en gérant l’image de marque de la Ville », soutient l’économiste à la retraite. Il croit que l’image de marque de la Ville et sa réputation ont trop longtemps été laissées de côté. « Une bonne image de marque et une bonne réputation donneront le goût aux citoyens de rester ici ainsi qu’à de nouvelles personnes de venir s’installer. Il faut donc un plan concret et novateur pour rétablir la réputation de notre ville et même de notre centre-ville. C’est pourquoi je propose la Promenade des Filles du Roy », ajoute-t-il. S’inspirant entre autres de la Ville de Québec et de sa promenade Samuel-De Champlain, le projet de M. Daneau a pour but de réinventer et revitaliser le centre-ville historique de Sorel-Tracy. « Il faut prendre appui sur l’urbanisme britannique existant dans le Vieux-Sorel et créer un espace allant du centre-ville, jusqu’à l’Hôtel de la Rive et jusqu’à la Maison des gouverneurs, détaille-t-il. Avec ce projet et mes autres engagements, les gens vont vouloir venir s’établir à Sorel-Tracy, parce que l’image de marque et la réputation de la Ville seront rétablies. Il faut donner le goût aux citoyens de vivre ici, donner la confiance aux jeunes de s’installer à Sorel-Tracy. »

Le candidat à la mairie de Sorel-Tracy, Jocelyn Daneau, veut gérer et améliorer la marque de Sorel-Tracy pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Photo Manning Communication

Assurer la cohérence dans l’administration de la Ville Pour Jocelyn Daneau, l’administration des dernières années n’a pas bien géré ses relations avec ses différents partenaires économiques. Il considère donc primordial de rétablir la cohérence dans l’administration de la Ville. « Un maire ne peut pas passer son temps à se chicaner avec tout le monde comme le fait Serge Péloquin. Ce n’est pas normal ce qui s’est passé avec les dirigeants du magasin Hart et de sa filière Maison en Gros. Il faut que l’administration municipale favorise l’implantation de nouveaux commerces à Sorel-Tracy et non le contraire », soutient-il.

Le sexagénaire a donc l’intention de renouer les liens avec l’ensemble des partenaires de la Ville et assurer la cohérence dans son administration. « Il faut favoriser la création d’une atmosphère propice aux citoyens et aux investissements privés des différents secteurs. Il faut donc doter la Ville d’une vraie stratégie de développement économique », explique-t-il. En somme, Jocelyn Daneau croit que pour améliorer la réputation de la Ville de Sorel-Tracy et par le fait même régler la pénurie de main-d’œuvre, il est nécessaire d’avoir un développement économique significatif, de nouveaux investissements privés ainsi que de nouveaux citoyens.


Serge Péloquin émet plusieurs pistes de solutions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre Alexandre Brouillard | Les 2 Rives

Le maire sortant de la Ville de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, est bien au fait que plusieurs entreprises et commerces de la région manquent d’employés. C’est pourquoi il propose cinq solutions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre et ainsi améliorer la situation à Sorel-Tracy. Alors que ce fléau frappe de plein fouet la province, le candidat à la mairie admet sans équivoque que la pénurie de main-d’œuvre cause aussi de nombreux problèmes à SorelTracy. Pour M. Péloquin, elle concerne tous les types d’emplois et plusieurs raisons peuvent l’expliquer. « Il y a la démographie vieillissante du Québec et les gens qui souhaitent prendre leur retraite beaucoup plus tôt que la moyenne pour toutes sortes de raisons. On sait, qu’au Québec, il y a actuellement près de 200 000 postes vacants. C’est pour cette raison qu’on ne parle plus de rareté, mais de crise de la main-d’œuvre. Le taux de chômage atteint un plancher historique et le taux d’emploi atteint un sommet inégalé », signale-t-il. Tout d’abord, M. Péloquin a constaté un besoin à Sorel-Tracy d’accompagner les travailleurs étrangers temporaires dans leur demande pour venir s’installer ici. « Parfois, des travailleurs immigrants contactent directement la municipalité pour obtenir de

l’aide. Un programme existe, mais le processus administratif [au gouvernement fédéral] devrait être plus simple. Et on devrait trouver un moyen de mettre en place une ou deux ressources dans la Ville pour aider ces gens à remplir leur demande, pour les informer et pour accompagner les entreprises soreloises dans le processus », détaille-t-il. Ensuite, il croit que les employeurs devraient miser sur leur entreprise comme lieu de formation. « On a plein de bons travailleurs ainsi que d’ouvriers et je sais que les entreprises peuvent les former localement », affirme-t-il. M. Péloquin avance aussi l’idée d’améliorer le taux de rétention des travailleurs et d’en attirer de nouveaux à Sorel-Tracy. « Certains retraités voudraient demeurer à l’emploi, mais il faudrait les encourager à le faire et les retenir sur le marché du travail. Ce sont des gens expérimentés qui pourraient transférer leurs compétences aux plus jeunes. Mais il s’agit d’un enjeu fiscal parce que certains sont désavantagés monétairement s’ils ne prennent pas leur retraite », avance-t-il. Concernant les plus jeunes, le maire sortant affirme qu’ils doivent être davantage inspirés et impliqués dans des corps de métier. « Je crois qu’il faudrait faire des suivis individualisés auprès d’eux pour qu’ils trouvent une carrière. Il faut être attractif ainsi que séduisant auprès de nos jeunes et leur offrir un milieu de vie intéressant », soutient-il.

Finalement, il assure que la solution devra passer par l’immigration. Alors que depuis 1991, c’est le gouvernement du Québec qui fixe le nombre d’immigrants, M. Péloquin aimerait que ce chiffre soit augmenté. « Augmenter le nombre d’immigrants qui entrent au Québec aiderait beaucoup à contrer la pénurie de maind’œuvre », assure-t-il. Par ailleurs, M. Péloquin informe que la Ville continue son travail de recrutement, alors que des employés sillonnent les salons d’emploi au Québec pour trouver de nouveaux citoyens et employés. « Le Chantier d’attraction de la main-d’œuvre travaille fort. Beaucoup de gens présents dans ces salons sont des immigrants qui cherchent un emploi, mais aussi un milieu de vie. On en profite donc pour présenter la région et la Ville », précise-t-il. Sorel-Tracy, une image de marque à travailler? Serge Péloquin n’est pas d’accord avec l’autre candidat à la mairie de Sorel-Tracy, Jocelyn Daneau, qui affirme que l’image de marque de la Ville est problématique et à travailler. « Quand les gens viennent ici, ils découvrent toute la qualité et la personnalité de Sorel-Tracy. L’image de la Ville s’est beaucoup améliorée. On trouve de très beaux quartiers, de beaux lieux publics et une belle diversité de services. Sorel-Tracy est une

Le maire sortant de la Ville de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, émet plusieurs idées pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Photo gracieuseté

ville entière. […] Il faut croire que mon adversaire ne vit pas dans la même Ville que nous. L’image, ça commence avec des ambassadeurs de la Ville et lui, de ce que je comprends de toutes ses publications des sept dernières années, il a contribué à la ternir et non pas à la valoriser », conclut Serge Péloquin.

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Pénurie de main-d’œuvre

Il faut miser sur l’éducation, l’immigration et les travailleurs expérimentés, selon Jean-Bernard Émond Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Le député provincial Jean-Bernard Émond est d’avis que pour aider à régler la problématique de la pénurie de maind’œuvre, il faut entre autres se concentrer sur l’éducation, l’immigration et le retour au travail des travailleurs expérimentés, soit les travailleurs retraités. Selon M. Émond, plusieurs facteurs expliquent cette pénurie, dont le vieillissement de la population qui engendre plusieurs postes vacants dus aux départs à la retraite. Il croit que la pandémie a peut-être accéléré les départs. Toutefois, il fait remarquer le retour de la bonne performance de l’économie du Québec. « C’est une bonne nouvelle. Par contre, les entreprises roulent à fond et elles manquent de monde. Le phénomène est présent dans notre région. À chacune de mes rencontres avec le milieu des affaires, des entrepreneurs m’en parlent », explique le député. Des améliorations en immigration Jean-Bernard Émond avance qu’il est important pour la CAQ que la clientèle immigrante soit arrimée avec les besoins du

marché du travail. « Trop souvent dans les dernières années, on a eu des exemples catastrophiques d’immigrants qui sont bardés de diplômes qui se ramassent chauffeurs de taxi parce qu’ils n’étaient pas en mesure de trouver une job en lien avec leurs compétences », lance M. Émond. C’est pourquoi le gouvernement a mis en place la plateforme Arrima, qui représente une modernisation majeure dans le système d’immigration québécois, selon lui. « Ce que notre gouvernement est en train de faire, poursuit-il, c’est de s’assurer que quand ils arrivent sur le sol québécois, il y a un emploi de qualité qui les attend et que les mécanismes sont en place pour leur permettre de s’intégrer à la société québécoise. » Le député mentionne que des pressions sont faites auprès du gouvernement fédéral pour contrôler davantage l’immigration dans la province. Une réalisation dont M. Émond est fier est le rapatriement d’un point de service du ministère de l’Immigration et de la Francisation à Sorel-Tracy. Ainsi, un fonctionnaire du ministère qui connaît les réalités de la région est basé dans les bureaux de Services Québec et collabore avec des organismes comme L’Orienthèque.

Le député Jean-Bernard Émond croit important de miser sur l’immigration, l’éducation et les travailleurs expérimentés dans ce contexte de pénurie de main-d’œuvre.

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Photo gracieuseté

Le retour des travailleurs expérimentés Une autre solution serait de faire plus de place aux travailleurs expérimentés, plus âgés. Le député croit qu’il faut accompagner ces travailleurs retraités qui possèdent des années d’expérience, qui sont en pleine forme et qui souhaitent revenir sur le marché du travail. Alors qu’avant les employeurs recherchaient des employés à temps plein, avec le contexte actuel, ils sont plus prêts à être conciliants au niveau des horaires. Également, Jean-Bernard Émond applaudit l’octroi par le gouvernement de 30 M$ pour un programme de formation de courte durée. « Ça peut être pour des gens nouvellement embauchés pour obtenir une promotion, pour requalifier des travailleurs retraités ou pour permettre à des gens qui ont perdu leur emploi d’être embauchés par un nouvel employeur », détaille M. Émond. Il ajoute qu’au niveau du réseau public, le ministre de la Santé, Christian Dubé, déploie des mesures semblables pour tenter de ramener par exemple des infirmières retraitées dans le milieu. Outre les travailleurs retraités, le député invite également les employeurs à s’ouvrir aux employés différents, qui peuvent avoir une déficience intellectuelle et/ou physique, et aux gens qui veulent faire une forme de réinsertion dans la communauté. D’ailleurs, il souligne L’Orienthèque et le Carrefour jeunesse-emploi de Pierre-De Saurel qui ont bénéficié de subventions

importantes du gouvernement dans la dernière année et qui sont très proactifs dans le recrutement de main-d’œuvre. Valoriser la formation professionnelle En éducation, le député et adjoint parlementaire à l’éducation soutient qu’il faut valoriser la formation professionnelle et les programmes techniques au collégial afin que les jeunes soient outillés avec un diplôme qualifiant. Il note l’importance de les soutenir. « C’est le message que j’envoie à la communauté entrepreneuriale, de favoriser la conciliation travail et études. Je sais que la communauté d’affaires chez nous le fait très bien », avance-t-il. Dans les prochains mois, Jean-Bernard Émond tentera de faire connaître davantage la plateforme Arrima. Il mentionne que le gouvernement veut aussi faciliter la tâche aux entreprises qui souhaitent faire venir des travailleurs étrangers. Également, il désire faire valoir les crédits d’impôt pour personnes retraitées qui permettent de recevoir la rente de retraite tout en retournant sur le marché du travail et que ça vaille la peine. « On a une démographie vieillissante dans la région est c’est important de faire connaître ce principe-là », souligne-t-il. M. Émond compte aussi poursuivre son travail pour apporter des projets de toute sorte dans la région afin de la rendre encore plus attrayante et inciter les familles à s’y installer.


Enjeu de la pénurie de main-d’œuvre

Louis Plamondon croit qu’il faut des solutions adaptées aux différents secteurs d’activité un transfert des pouvoirs d’Ottawa vers le Québec afin d’accélérer les demandes. Il croit que les permis de travail devraient être attribués seulement par la province pour faciliter, entre autres, la situation avec les travailleurs étrangers. Québec pourrait leur délivrer un permis de travail qui permettrait de travailler pour plus d’un employeur et pour plus qu’une seule période. « Et un coup qu’ils ont un permis de travail pour deux ou trois ans, si ça fonctionne bien, qu’ils s’adaptent bien dans la région et qu’ils émettent le choix de devenir résident, il faut accélérer la résidence », avance-t-il. Une autre situation à gérer, note-t-il, est la réunification des familles. Il se souvient de deux soudeurs costaricains qui sont restés dans la région pendant deux ans et qui avaient demandé leur résidence permanente pour prolonger leur permis de travail, en plus de demander que leur femme et leurs enfants viennent demeurer ici. La demande a été refusée et ils ont dû partir. Le député déplore qu’on perde ainsi des employeurs qualifiés et compétents. Rétention et attraction du personnel Le député suggère aussi de se pencher sur la rétention des jeunes diplômés, qu’il n’est

pas rare de voir s’envoler pour d’autres pays. « Les bons étudiants finissants se voient offrir des emplois autant en Asie, en Europe qu’aux États-Unis. […] Avant, tu formais le monde pour ton coin de pays, mais là, tu les formes et ça devient des étoiles filantes », image le député. « C’est beau que notre nation rayonne à travers le monde, ajoute-t-il, mais il faut qu’elle reste un peu ici. Il y a toute une politique à changer au niveau de l’éducation. » Une autre clé, selon le député, est de fournir des incitatifs aux personnes retraitées afin de réintégrer le marché du travail. M. Plamondon explique qu’une personne de 65 ans peut accumuler jusqu’à 5000 $ en travaillant sans que son supplément de revenu garanti ne soit affecté. Le député suggère d’augmenter la limite à 15 000 $. Il propose également un congé d’impôt pour ceux qui reviennent travailler, plus spécialement pour des entreprises dans le domaine du service à la clientèle. Il croit que ces mesures inciteraient davantage des travailleurs à revenir à temps partiel. « Je vais leur donner l’exemple, je vais continuer! », rigole-t-il.

Le député Louis Plamondon croit qu’il faut miser sur la robotisation, l’immigration et les travailleurs retraités pour aider à la pénurie de main-d’œuvre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Une importante pénurie de main-d’œuvre touche le Québec et la région de SorelTracy n’en fait pas exception. Pour contrer cette problématique, le député fédéral Louis Plamondon croit nécessaire de se pencher sur certaines solutions comme la robotisation, la valorisation des métiers dans le domaine du service, la simplification du processus d’immigration et le retour au travail des personnes retraitées.

Faciliter l’immigration Louis Plamondon affirme que l’immigration fait partie de la solution et qu’il absolument la moderniser et la « débureaucratiser ». « Ça n’a pas de bon sens qu’une entreprise qui trouve deux bons soudeurs ou un mécanicien en Ukraine, ça prenne 18 mois avant qu’ils arrivent ici », déplore le député. Comme la particularité de la maind’œuvre est différente au Québec que dans d’autres provinces, M. Plamondon réclame

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Louis Plamondon, qui avait fait de la pénurie de main-d’œuvre un cheval de bataille durant la plus récente campagne électorale, avance que des experts estiment que la pénurie de main-d’œuvre devrait durer jusqu’en 2030. Pour aider au problème, il croit que des solutions différentes devront être envisagées pour chaque secteur d’activité. Par exemple, pour des régions comme la nôtre où se retrouvent des industries, une des pistes de solution sera, selon lui, d’investir massivement dans la mécanisation et la robotisation. « Les petites entreprises de 15-20 employés, elles n’ont pas les moyens de mettre 200 000 $ pour une recherche. Il faut que le gouvernement axe ses soutiens aux entreprises industrielles là-dessus », avance-t-il. Au niveau des programmes de soutien aux personnes comme la Prestation cana-

dienne de la relance économique (PCRE) ou la Prestation canadienne d’urgence (PCU), le député avoue qu’elles ont été nécessaires. Toutefois, il affirme que si elles sont poursuivies, elles devront être plus ciblées. Il pense également à des secteurs plus durement touchés pendant la pandémie comme le milieu culturel qui aura nécessairement besoin d’aide pour se relever. Le milieu de la restauration en est un autre qui n’a pas été épargné. « Il y a tout un problème parce qu’à 20 $ de l’heure, on ne trouve plus de laveurs de vaisselle, admet-il. Si on monte le salaire à 22 $ ou 23 $, nécessairement la facture va se retrouver au client et là, tu débalances complètement l’économie parce qu’avoir un bon salaire ne signifiera quasiment rien. » Selon lui, il faudra, au niveau de l’éducation, valoriser davantage les emplois en service et les postes de manœuvres.


Hausse marquée de l’achalandage au niveau touristique

« Je pense qu’on a battu des records dans la région »

- Roxanne Dugas, Tourisme région Sorel-Tracy

Katy Desrosiers | Les 2 Rives

réponses cumulées, 58 % de l’achalandage provenait de gens de la région et 41 % de gens de l’extérieur. Mme Dugas avance que le résultat évolue depuis les deux dernières années et que de plus en plus de gens de la région visitent les entreprises du coin. Pour la provenance des visiteurs de l’extérieur, la région en première place est la Montérégie, suivie en seconde place du Grand Montréal et en troisième place du Centre-du-Québec. Toutefois, les régions de la Montérégie et du Grand Montréal à elles seules constituent 85 % des visiteurs. « C’est une bonne saison. Oui il y a la COVID, mais ça fait trois ans qu’on fait énormément d’efforts. Peut-être qu’on commence à voir les résultats, en tout cas, je l’espère. Et on est dans le bon créneau. On est dans le Grand Montréal et c’est un grand bassin. On a tout en main pour continuer de recevoir autant de monde », mentionne Mme Dugas, tout en demeurant prudente puisque les chiffres du sondage ne représentent que quelques membres.

L’été 2021 a été particulièrement occupé pour les entreprises touristiques de la région. La directrice générale de Tourisme région Sorel-Tracy, Roxanne Dugas note que plusieurs entreprises ont constaté une forte hausse d’achalandage et que l’engouement pour le plein air était sans pareil.

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Avec la pandémie, les Québécois ont davantage visité des attraits locaux. En plus, cette année, les mesures sanitaires étaient allégées comparativement à l’été dernier. « Le ministère du Tourisme a dévoilé un communiqué qui dit que c’était un été super performant. Je l’ai vu aussi. Je pense qu’on a battu des records dans la région, comme partout au Québec », souligne la directrice. Comme chaque année, l’équipe de Tourisme région Sorel-Tracy a fait parvenir un sondage à ses membres. Mme Dugas a reçu les réponses de 17 de ses 65 membres. Une question demandait de quantifier l’achalandage pour la saison. Roxanne Dugas a pris la peine d’ajouter l’option très forte hausse (plus de 20 %) au sondage. D’habitude, le dernier choix était forte hausse (entre 11 % et 20 %). « Une chance que j’ai ajouté l’option très forte hausse parce que 29 % ont répondu ça.

Le kayak est une des activités qui a attiré des visiteurs dans la région pendant la saison estivale. Photo Nomade Magazine

Pour la forte hausse, c’est 18 % et pour la hausse moyenne (de 6 % à 10 %), c’est 24 %. Personne ne m’a dit avoir eu une baisse »,

affirme la directrice. Il y a également 23 % des répondants qui ont connu un achalandage comparable à l’an dernier. Selon les

Le plein air est roi Les activités les plus populaires cet été étaient inévitablement celles de plein air. « Tout ce qui est kayak, canot, paddleboard, depuis l’an passé, c’est en forte demande. Je pense que ceux qui ont eu plus de difficulté


sont les activités à l’intérieur comme les centres d’exposition », soutient Mme Dugas. La saison a aussi été excellente pour le camping, les marinas et les activités agrotouristiques locales. Pour les événements, Roxanne Dugas croit que le calendrier local était plus rempli que par le passé. Au niveau de l’hébergement, la directrice avoue qu’il a toujours été difficile de convaincre les gens de dormir dans la région. Mais du côté de Parcs Canada, la saison de location des tentes oTENTik a été exceptionnelle. Lancée au Lieu historique national du Canalde-Saint-Ours il y a trois ans et ayant connu une pause l’an dernier en raison de la pandémie, l’initiative avait eu des débuts difficiles. « Ils sont habitués que le prêt-à-camper partout au Canada, ça se loue tout seul dans les parcs nationaux. Mais ici, c’était un défi de faire coucher les gens à Saint-Ours. Ce n’est pas un parc national. Mais cette année, ils sont contents, c’était tout le temps loué », lance Roxanne Dugas. À l’Hôtel de la Rive, la situation semblait bien aller. « J’ai parlé à Robert [Faithfull, propriétaire de l’Hôtel de la Rive] à la mi-été et ça allait bien leur affaire. Ils vont chercher beaucoup de nuitées avec le spa », souligne-t-elle. L’initiative du gouvernement avec les Passeports Attraits, qui permettait à des entreprises de se regrouper pour offrir des forfaits, a été bénéfique entre autres pour Statera. Comme les forfaits étaient à rabais

pour le consommateur, le gouvernement payait la différence aux entreprises. Avec le tout, Statera a réussi à tirer son épingle du jeu, selon Mme Dugas. Un intérêt marqué pour la région Pour la période du 23 juin au 5 septembre, Roxanne Dugas note une augmentation de 89 % du nombre de visites sur son site Internet comparativement à la même période en 2019. La comparaison n’a pas été faite avec 2020 puisqu’aucune campagne de promotion n’avait été déployée. Toujours pour juin à septembre, Mme Dugas constate environ 100 000 utilisateurs, soit une moyenne de 1300 par jour. Du jamais-vu selon elle. Il a même fallu augmenter la bande passante du site Internet pour pouvoir accueillir tous les visiteurs virtuels. Cette année, Tourisme région Sorel-Tracy a aussi collaboré avec des créateurs de contenu spécialisés en conseils voyage. En plus de publications sur les réseaux sociaux, des articles de blogues ont été écrits, ce qui pourra être utilisé comme carte de visite dans les années à venir. Au 30 septembre, la portée totale de la campagne de création de contenu était évaluée à 687 077 personnes atteintes. Malgré la bonne saison, Roxanne Dugas croit qu’un des défis pour les prochaines années sera de convaincre les gens de continuer à pratiquer des activités de plein air et surtout, de choisir la région pour les pratiquer.

Cet été, le Gib Fest s’est tenu sur plusieurs fins de semaine et a majoritairement axé sa programmation sur des spectacles d’artistes locaux. Photo Prêts pour la route

Les activités en plein air ont été particulièrement populaires cet été. Photo parMo

L’industrie touristique aussi affectée par la pénurie de main-d’œuvre Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Malgré une bonne saison touristique, la difficulté de recruter de la main-d’œuvre est un enjeu qui vient souvent aux oreilles de la directrice de Tourisme région SorelTracy, Roxanne Dugas. Même si situation n’est pas exclusive à la région, elle demeure préoccupante. Roxanne Dugas affirme que dans le sondage qu’elle a envoyé à ses membres, la problématique de recrutement revenait à quelques reprises dans les commentaires. Elle note que la pénurie est marquée entre autres chez les restaurateurs. Pendant le Gib

Fest, des restaurateurs devaient fermer tôt même s’il y avait de l’achalandage, justement parce qu’ils manquaient de personnel. Des gens qui souhaitaient organiser des soirées sous une formule 5 à 7 dans la région avaient de la difficulté puisque les salles de réception n’ont pas assez d’employés. « Et là, c’est l’œuf ou la poule. Si tu n’as pas d’événements, tu ne peux pas garder ton staff », souligne Mme Dugas. Outre que pour le milieu de la restauration, Roxanne Dugas n’a pas eu vent que la problématique de recrutement était marquée pour d’autres domaines. « Le camping, ça génère par mal d’employés, mais ça avait l’air quand même correct », avance-t-elle.

Par contre, elle rappelle que plusieurs entreprises touristiques sont des micro-entreprises qui nécessitent à la base peu d’employés. Pour aider à régler la problématique de pénurie de main-d’œuvre, elle souligne que

le ministère du Tourisme, le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme et des collèges déploient une importante campagne pour ajuster la situation.

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Nouvelle directrice générale de Développement économique Pierre-De Saurel

« L’innovation est le dénominateur commun pour le décloisonnement »

– Érica Zoia

Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Nommée il y a à peine quelques jours comme directrice générale de la nouvelle entité Développement économique Pierre-De Saurel, Erica Zoia est déjà au travail. Elle a d’ailleurs identifié sa première priorité à réaliser au cours des prochaines semaines. « Ce sera d’entamer une étude stratégique afin d’identifier les secteurs clés, puis de mettre en évidence les forces et faiblesses de la région », aborde-t-elle, en entrevue. Selon Mme Zoia, la région a le potentiel de ressortir du lot, mais pour ce faire, il faut passer par l’innovation. « Sorel, c’est un petit secret à redécouvrir, poursuit-elle. C’était un pôle manufacturier très connu dans le passé. Aujourd’hui, on doit le remettre sur le portrait, mais de façon innovante avec l’intégration de technologies et d’innovation à tout niveau. » Ainsi, l’innovation pourrait non seulement attirer de nouveaux talents de l’extérieur, mais également retenir ceux qui y sont déjà, ce qui contribuerait grandement à contrer la pénurie de main-d’œuvre qui sévit

dans la région. « Je dis toujours que l’innovation est le dénominateur commun au décloisonnement. Comme organisme de développement économique, on doit accompagner les entreprises dans la bonne stratégie de décision pour être capable de faciliter le recrutement de la maind’œuvre », souligne-t-elle. Avec le nouveau conseil d’administration mis en place cette année et le nouveau nom de l’entité, la directrice générale entend répondre aux exigences actuelles des commerces et entreprises. « On veut se mettre à jour pour être une valeur ajoutée aux entreprises locales. Nous aussi, on doit se moderniser. Tout ce qui touche l’accompagnement des entreprises, la rétention et l’attraction d’entreprises ainsi que la pénurie de main-d’œuvre est prioritaire pour moi », indique-t-elle. Bien accueillir les nouveaux venus Pour le président du conseil d’administration de Développement économique Pierre-De Saurel, Luc-André Lussier, la région a besoin de 10 000 à 15 000 citoyens supplémentaires. « J’entends des gens chialer que des restos sont fermés le dimanche et le lundi… c’est normal, il n’y a pas suffisamment de clientèle. […] Avant de penser à attirer des entreprises, il faut s’assurer que celles qu’on a vont bien. Aller chercher des entreprises seulement, ce n’est pas la solution. Il faut d’abord une attraction de la main-d’œuvre régionale, nationale et internationale. Si on redore le blason de Sorel-Tracy, peut-être que des gens en milieu urbain vont venir ici », souligne-t-il. Le président ajoute que le rôle de l’organisme sera beaucoup plus grand que seulement l’attraction de la main-d’œuvre. « Recruter à l’international, c’est facile, mais quand la personne arrive, c’est là que la game commence. Comment va-t-on l’intégrer dans son milieu pour qu’elle veuille rester, s’enraciner et développer un sentiment d’appartenance? Imagine si une entreprise va recruter deux soudeurs roumains, les installe dans un 4 et demi à Sorel-Tracy et leur dit : “on se voit lundi”… […] Ce n’est pas tout

Erica Zoia, directrice de Développement économique Pierre-De Saurel.

Luc-André Lussier, président du conseil d’administration de Développement économique Pierre-De Saurel.

Photo gracieuseté

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d’aller les chercher, il faut avoir une structure d’accueil », détaille-t-il. Erica Zoia misera sur la collaboration entre les organismes et les entreprises pour s’attaquer au fléau de la pénurie de maind’œuvre. « Pour obtenir de bons résultats, la collaboration est importante entre toutes les entités qui sont sur le terrain à Sorel-Tracy. De notre côté, on va miser sur le positionnement de Sorel-Tracy. Avec un bon positionnement et du dynamisme local, c’est comme ça qu’on va avoir les bonnes munitions pour retenir et attirer des personnes », croit-elle. Un rôle proactif C’est pourquoi Développement économique Pierre-De Saurel sera actif et non passif, assure Mme Zoia. « On veut être une valeur ajoutée. On ne fera pas seulement des recherches de financement. On sera un facilitateur pour ces entreprises. »

Luc-André Lussier abonde dans le même sens. « Je veux qu’on soit proactifs, que nos employés de bureau et Erica aillent rencontrer les entrepreneurs et les investisseurs étrangers pour stimuler le développement économique, que ce soit à travers de projets d’expansion d’entrepreneurs existants dans la région ou à travers de nouveaux projets. » Une synergie est également importante entre les organismes, poursuit M. Lussier. « Le CLD administrait surtout des programmes de subventions et de prêts, il avait un rôle pratiquement que financier. Ce volet est encore là et il est encore très important, mais notre priorité numéro un, c’est de rallier tous les organismes de la région qui ont à cœur le développement économique. Dans le passé, d’un point de vue extérieur, ces gens ne se parlaient pas assez, ce qui fait qu’on n’avait plus ou moins de synergie ou de dynamisme pour avancer dans la même direction. »

20 - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - Affaires

Un « fit » parfait D’origine italo-canadienne, Erica Zoia est diplômée en Gestion touristique à l’Université de Padoue où elle a gradué en 2006. Elle a travaillé dans les télécommunications intégrées, dans les secteurs de la sécurité et de la défense dans des firmes privées. Elle s’occupait entre autres du développement de l’entreprise, du recrutement et des usines de production à l’étranger. Elle a également œuvré en développement économique dans la région de Saint-Jeansur-Richelieu. Mme Zoia a été élevée sur une ferme, autant au Québec qu’en Italie. Elle s’y connaît donc en agriculture, mais aussi en développement international des affaires ainsi qu’en développement économique et industriel.

« C’est vrai, j’ai toujours prôné le développement économique. Avant, je le faisais au privé, mais maintenant, je le ferai de l’autre côté [dans le domaine public]. Le langage des entrepreneurs, je le comprends très bien. Je connais leurs besoin et je comprends leurs défis. Je sais aussi que l’entrepreneur a besoin d’une instance comme la nôtre pour les aider », insiste-t-elle. Aux yeux du président du conseil d’administration, Erica Zoia, avec son bagage personnel et professionnel,représentait la parfaite candidature pour ce poste. « Elle va comprendre les réalités de la région, nos entrepreneurs industriels, le développement économique local et international, l’attraction de la main-d’œuvre, l’intégration des immigrants, etc. », conclut Luc-André Lussier. J.-P.M.


Entrevue avec la nouvelle présidente du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy

« L’union fait la force » Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Nouvellement choisie comme présidente du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de SorelTracy (CCIST), Claudine Couture-Trudel mise sur le travail d’équipe et la concertation entre organismes afin de non seulement contrer le fléau de la pénurie de main-d’œuvre, mais aussi pour stimuler le développement économique. En entrevue, la vice-présidente, Stratégie et affaires publiques chez QSL identifie d’ailleurs la pénurie de main-d’œuvre comme le principal défi à Sorel-Tracy. Mme Couture-Trudel veut toutefois bien s’entourer pour s’y attaquer. « Ça nous touche nous aussi chez QSL, mais ça touche tous les entrepreneurs de la région, dont les restaurateurs. Il y a des organismes ici dont c’est la mission [de s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre], et nous, à la Chambre, on veut travailler en collaboration avec eux pour continuer ce qui est fait et voir ce qu’on peut faire de plus afin de rendre la région plus attractive », indique la nouvelle présidente du CA. La clé du succès est le travail d’équipe, répète-t-elle. « L’union fait la force. Il faut que tout le monde se concerte pour faire valoir les atouts de la région. Par exemple, pour un nouveau commerçant qui veut arriver avec sa famille, où sont les écoles? Quels sont les loisirs? Peut-on aider tout le monde dans la famille à se trouver un travail? À la Chambre de commerce, on veut accueillir les nouveaux membres et les aider à réseauter », avance-t-elle, en ajoutant que le réseautage en personne pourrait bientôt recommencer en fonction de la situation épidémiologique. « C’est dans les plans de mettre une programmation en tenant compte des limites imposées par la pandémie. Ce ne sera pas comme avant, mais on travaille pour que les gens se réunissent afin de partager leurs bons coups ensemble », promet-elle. Des cartes-cadeaux 2.0 Dans le cadre du programme J’ai trouvé à Sorel-Tracy!, instauré pendant la pandémie pour aider les commerçants locaux, la CCIST prépare une deuxième vague de

cartes-cadeaux bonifiées pour les achats des Fêtes. Les détails seront dévoilés sous peu, mais la campagne d’achat local ressemblera à celle qui s’est déroulée en 2020, alors qu’à l’achat d’une carte-cadeau de 50 $ chez un commerçant participant, celle-ci était bonifiée de 10 $ pour atteindre 60 $ grâce à des partenaires financiers. La MRC de Pierre-De Saurel a d’ailleurs confirmé sa participation au projet en injectant 25 000 $ lors de la dernière séance du conseil, le 13 octobre. « Les retombées directes et indirectes de cette campagne 2020 sont estimées à 1 M$. On prépare donc une mouture 2.0 qui fera à nouveau profiter les commerçants locaux juste à temps pour les cadeaux de Noël. On a été des leaders ici avec ce programme, même que d’autres chambres de commerce se sont informées auprès de notre directeur général pour exporter ce bon coup ailleurs », annonce Claudine Couture-Trudel. La présidente confirme par ailleurs que le directeur général Sylvain Dupuis, qui avait annoncé son départ de la CCIST en juin dernier, est toujours en poste de façon intérimaire. Rappelons qu’il est également en poste comme directeur général de La Traversée. « Il sera encore là pour un moment, confirme Mme Couture-Trudel. Aucune date d’arrêt n’a été établie. Pour le moment, on a de beaux projets et il a le désir de rester, donc on ne change pas une formule gagnante. »

– Claudine Couture-Trudel

beaucoup, autant avec les jeunes que ceux qui ont plus d’expérience », indique-t-elle. De son côté, Claudine Couture-Trudel a été élue administratrice au CA de la CCIST il y a environ un an avant d’en devenir la présidente il y a quelques jours. De plus, elle siège sur le CA de la Société des parcs industriels de Sorel-Tracy. La vice-présidente, Stratégie et affaires publiques chez QSL considère important de s’impliquer dans la région, même si elle n’y réside pas. « J’ai un énorme intérêt pour la région. Chez QSL, on s’implique dans les communautés où on fait affaire, et c’est vrai! Vous voyez l’exemple à Sorel-Tracy, mais on est dans 59 terminaux portuaires. Notre implication s’exprime en fonction des projets dans les différentes régions, et ici, dans la région, on a beaucoup de projets et on veut faire partie de la solution », conclut-elle.

Claudine Couture-Trudel, nouvellement présidente du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, veut travailler en collaboration avec les organismes de la région pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Une chambre de commerce en santé En date du 5 octobre, la CCIST comptait près de 540 membres. Ce nombre croît d’année en année et l’intérêt pour siéger sur son conseil d’administration est bel et bien présent. La preuve, c’est que lors de l’assemblée générale annuelle qui a eu lieu le 16 septembre dernier, plusieurs jeunes ont fait leur entrée au CA, dont Rolland-Pierre Chalifoux et Jérémy Fréchette. « Non seulement la Chambre est en bonne position financièrement, mais on voit que les jeunes s’y intéressent. Selon moi, c’est un signe d’une chambre [de commerce] en santé. J’adore le mélange qu’on a dans notre nouveau CA, qui touche un peu à toutes les sphères d’activité. J’en apprends

Affaires - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - 21


S’insérer dans le monde Louise Grégoire-Racicot Chroniqueuse lgracicot@sympatico.ca

On en parlait depuis longtemps, mais on n’arrivait pas à y croire. La seule pyramide des âges ne convainquait pas grand monde qu’une pénurie de main-d’œuvre s’amorçait. Aujourd’hui, on y est!

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Peut-être la pandémie l’a-t-elle mieux révélée. D’autant qu’elle s’accentue dans certains secteurs comme le tourisme, la restauration, la fabrication, la santé et l’éducation dont certains travailleurs ont choisi de s’orienter autrement. Parce qu’ils ont réalisé que les conditions d’emploi d’avant-pandémie leur conviennent de moins en moins. Parce qu’ils ont goûté autre chose, découvert qu’ils peuvent et veulent vivre autrement. Les entrepreneurs et administrateurs publics crient donc au secours. Ils ne peuvent plus produire autant qu’ils le pourraient, engranger plus de profits qu’ils le font alors que la demande pour leurs produits augmente. Ou offrir tous les services auxquels les citoyens ont droit et pour lesquels ils paient des impôts. La solution de plusieurs? Ouvrir grandes les portes du Québec à l’immigration. Oui, c’est bien l’immigration. Elle est certes source d’enrichissement collectif, humanitaire et culturel importante dans une société comme la nôtre. Elle peut aussi permettre de maintenir notre poids démographique par rapport aux autres provinces canadiennes. Si bien pensée, elle permettrait de combler au plus tôt les postes vacants avec des travailleurs déjà formés pour le faire et qu’on ne trouve plus nécessairement ici. Mais il ne faut pas penser qu’elle est une panacée à tous nos maux, inspirée par une pensée magique qui empêcherait d’en considérer d’autres. Elle ne doit surtout pas être une solution qui empêcherait de considérer qu’il y a ici une main-d’œuvre peut-être disponible qu’on peut négliger, voire oublier. Comme des aînés déjà à la retraite ou à la veille de

l’être, des personnes à mobilité réduite ou vivant un handicap. Heureusement, déjà des organismes régionaux, soucieux de les intégrer au monde du travail, font ce qu’il faut pour mieux les préparer à un nouvel emploi. Mais pour qu’ils réussissent vraiment, il faudra que des employeurs aussi se préparent à recevoir des employés différents de ceux sur qui ils ont toujours compté ou recherchent actuellement. Car les temps changent. Peut-être les exigences de ces employés éventuels seront-elles inédites, car vraisemblablement, la retraite, le chômage ou la pandémie les a forcés à vivre autrement, à replacer le travail dans un ordre nouveau de priorités. Les entreprises en manque d’employés devraient certes ne pas ignorer que des travailleurs plus âgés aimeraient travailler de nouveau en présentiel à la condition d’en tirer un avantage économique certain, de ne pas être pénalisés fiscalement, d’avoir des heures de travail qui leur conviennent mieux et des vacances ajustées à leurs besoins, à leur état. Ils apprécieraient certes participer à la planification de leurs horaires de travail. Le travail à distance peut aussi convenir à cette main-d’œuvre expérimentée et ouverte à discuter de nouvelles conditions de travail pour contribuer ses connaissances et talents. Ou encore à des personnes à mobilité réduite. Car l’attrait du travail subsiste certes chez plusieurs personnes, peu importe leur âge. Plusieurs voudraient y voir une autre façon ou une occasion nouvelle de s’insérer dans le monde, d’exercer leurs talents, de créer de la valeur. Et en retour, de ressentir de nouveau un sentiment d’accomplissement et d’efficacité personnelle. De cultiver, malgré des contraintes de vieillissement ou de santé plus fragile, le sentiment d’être utile, agissant, actif et solidaire. Il doit bien y avoir moyen que tout le monde y trouve son avantage!

Le fléau de la pénurie de main-d’œuvre nous frappe de plein fouet et les solutions sont nombreuses pour le contrer. Photo freepik.com


Cahier emploi

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Des employeurs témoignent de leur réalité pour recruter

Affaires - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - 23


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Aider les employés au-delà du travail François Laramée | Les 2 Rives

Chez les concessionnaires automobiles Kia Sorel-Tracy et Hyundai Sorel Tracy, tous deux situés sur le boulevard Fiset, les employés peuvent compter sur un employeur compréhensif et sensible aux besoins de leurs travailleurs. « On tente d’accommoder nos employés pour qu’ils soient heureux au travail et parfois même au-delà du travail si c’est possible. C’est un peu comme une famille, on tente de s’aider et de s’entraider et on sent que c’est du donnant-donnant. Nous recevons aussi beaucoup de nos employés » précise Sophie Landry, contrôleur financier et responsable des ressources humaines pour les deux concessions. « Nous faisons beaucoup pour garder notre personnel. De la formation en con-

tinu, des rabais sur les voitures évidemment, nous adaptons les horaires le plus possible et nous encourageons les promotions à l’interne. Par exemple, notre réceptionniste avait de belles compétences en administration, alors elle a récemment obtenu une promotion au service des finances des concessions. Mais là, nous recherchons une réceptionniste… » Les deux concessions, qui font partie de la bannière Le Prix du Gros, préfèrent utiliser le bouche à oreille pour recruter leurs employés. « Nous utilisons beaucoup les réseaux sociaux, le fameux Facebook et les sites internet spécialisés. Le bouche à oreille nous aide également et devrait nous permettre de combler les quatre postes actuellement ouverts sur la quarantaine d’emplois dans les deux concessions » indique Mme Landry.

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Les concessions Hyundai et Kia offrent des conditions flexibles à leurs employés pour aider à leur rétention. Photothèque | Les 2 Rives ©


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Des journées de recrutement pour trouver de nouveaux employés François Laramée | Les 2 Rives

Au Métro Plus de l’avenue de la Plaza à Sorel-Tracy, un des plus importants supermarchés de la région, le recrutement de nouveaux employés est difficile depuis plus d’un an. « Nous utilisons plusieurs moyens et plusieurs stratégies. De l’affichage, des offres d’emplois, des sites de recrutement et nos outils internet. Nous tentons d’embaucher des étudiants, une clientèle peut être plus disponible et intéressée, donc nous utilisons aussi les réseaux sociaux et nous misons sur le bouche à oreille entre les jeunes », souligne Roseline Lacourse, adjointe administrative. Metro Plus a récemment tenu des « journées emploi » où la direction rencontrait

des gens intéressés à joindre l’équipe, qui compte près d’une centaine d’employés. « Idéalement, ces journées nous permettent de rencontrer directement les gens intéressés et parfois même à les embaucher directement sur place, mais je dois avouer que toutes ces stratégies et tous ces moyens pris pour rejoindre des travailleurs ne fonctionnent pas à la hauteur de nos attentes. Cela fait en sorte que nos équipes en place doivent parfois travailler plus d’heures et plus fort pour répondre à notre clientèle », précise Mme Lacourse. La situation n’est guère mieux dans les autres supermarchés ou marché d’alimentation de la région où la pénurie de main d’œuvre force les directions à déployer beaucoup d’imagination pour offrir un service complet à la clientèle.

Metro Plus doit user d’imagination avec des journées spéciales d’embauche pour trouver des employés. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

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EMBAUCHONS Être créatif et offrir un bon environnement de travail :EMBAUCHONS la clé de la rétention François Laramée | Les 2 Rives

Les employeurs rivalisent d’imagination pour recruter et garder leurs employés. En ce sens, Julien Perron, directeur de la succursale Rôtisserie Saint-Hubert du boulevard Fiset de Sorel-Tracy, s’en tire bien. « Nous sommes chanceux, nous n’avons presque pas souffert de pénurie de maind’œuvre depuis un an. Nous recrutons vraiment beaucoup chez les jeunes de niveau secondaire, ils forment le cœur et la grande majorité de nos employés. Les jeunes se retrouvent ensemble, cela crée une ambiance de travail conviviale pour eux et un environnement de travail qui leur plait de toute évidence. Lorsqu’ils joignent l’équipe et qu’ils se retrouvent entre jeunes ils veulent rester. La flexibilité des horaires

contribue également à garder nos jeunes employés qui, de plus, bénéficient évidemment de rabais sur tous les produits de la Rôtisserie Saint-Hubert ce qui est un petit plus dans les circonstances », témoigne M. Perron. Selon le directeur, il faut agir rapidement si le candidat est motivé. « Souvent, nous engageons nos employés directement sur place lorsqu’ils se présentent. Nous prenons le temps de faire sur le champ une entrevue et si l’impression est bonne, c’est réglé. ». La Rôtisserie Saint-Hubert de SorelTracy compte une centaine d’employés. « Nous demeurons actifs et ouverts pour recevoir de nouvelles candidatures. Cela dit, on se compte chanceux si on se compare à d’autres commerces qui souffrent beaucoup plus que nous de la pénurie de maind’œuvre », conclut M. Perron.

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Contrairement à d’autres restaurants, la Rôtisserie Saint-Hubert de Sorel-Tracy n’a presque pas souffert de pénurie de main-d’œuvre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©


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Faute d’employés, le Resto Tracy EMBAUCHONS est à vendre Alexandre Brouillard | Les 2 Rives

Alors que le Resto Tracy devait rouvrir ses portes très bientôt après plusieurs mois de fermeture en raison de la pandémie, les propriétaires Patrick Savard et sa conjointe Marie Josée Averill ont finalement décidé de mettre à vendre le commerce. Ce sont les difficultés à trouver des employés qui auront eu raison du restaurant. Propriétaires du Resto Tracy depuis 2016, M. Savard et Mme Averill ont mis à vendre leur établissement de restauration à contrecœur. « Ce n’est pas une question financière, assure d’emblée Mme Averill. On ne trouve pas du tout de personnel et c’est devenu impossible d’opérer le restaurant. Sur 28 entrevues pour trouver des employés, 20 candidats nous ont demandé de ne pas être déclarés », se désole Mme Averill. Ce restaurant est implanté depuis près de 60 ans sur la route Marie-Victorin, à SorelTracy. En 1963, il portait le nom « Restaurant Clovis », puis pendant plus de 40 ans, il

a été connu sous le nom « Restaurant Tracy » pour finalement devenir le « Resto Tracy » en 2016. « C’était une décision difficile à prendre parce que le Resto Tracy est une institution dans la région. Il est ouvert depuis environ 60 ans. Peut-être que des personnes seront intéressées à l’acheter », confie Mme Averill. Elle considère dommage de ne pas pouvoir rouvrir le restaurant parce que de nombreux clients étaient impatients de pouvoir y retourner. « Juste hier [13 octobre], j’ai répondu à 55 personnes qui voulaient savoir quand on rouvrait. La demande est donc encore présente et la clientèle est fidèle », assure la copropriétaire. Mme Averill n’écarte pas la possibilité d’un partenariat, advenant qu’une personne démontre de l’intérêt envers le restaurant. « Peut-être que mon mari serait intéressé parce qu’il a toujours été dans le domaine de la restauration. Mais en ce moment, on ne peut pas opérer le restaurant, c’est pourquoi on l’a mis à vendre », conclut Marie Josée Averill.

Faute d’employés, les propriétaires du Resto Tracy, Patrick Savard et Marie Josée Averill, ont mis à vendre l’établissement. Photothèque | Les 2 Rives ©

Affaires - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - 27


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EMBAUCHONS Prendre les bouchées doubles au golf EMBAUCHONS

Au Club de golf Continental du chemin des Patriotes à Sainte-Victoire de Sorel, l’organisation a dû travailler un peu plus fort cet été pour boucler la boucle. La directrice Andrée-Anne Daneau a utilisé

tous les outils à sa disposition pour recruter du personnel. « Nous venons de passer un très bel été au niveau du golf et je ne peux pas dire que nous avons manqué de personnel sur le terrain, mais il en est tout autre côté restauration. Nous avons utilisé les réseaux sociaux, les affichages, les sites internet de recrutement, des publicités sur notre site internet, nous avons offert d’importants avantages et rabais golf pour dénicher des employés, mais nous avons manqué de personnel pour notre service de restauration », constate Mme Daneau. Le Club a donc dû faire des choix, indique la directrice. « Il a fallu prendre les bouchées doubles pour offrir un service correct à nos joueurs et visiteurs qui voulaient

se restaurer, mais il a fallu couper l’offre de petits déjeuners. Nous manquions carrément d’employés, que ce soit pour le service ou dans la cuisine. » Selon Mme Daneau, les différentes prestations gouvernementales comme la PCU et la PCRE ont probablement joué en leur défaveur. « Entre travailler une quinzaine d’heures par semaine ou rester à la maison et toucher les prestations, il y en a sûrement qui ont choisi le chèque. Disons que nous avons pu combler environ 60 % de nos besoins en personnel de restauration. C’est pourquoi les quelque 60 employés du Club ont parfois dû prendre les bouchées doubles. La saison de golf se termine bientôt et la salle à manger fermera le 18 décembre prochain. On prendra sûrement l’hiver pour se reposer » conclut Andrée-Anne Daneau.

Le Club de golf Continental a dû couper les petits déjeuners, faute d’employés au restaurant. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Bientôt de la maind’œuvre extérieure François Laramée | Les 2 Rives

28 - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - Affaires

La copropriétaire de Comptoir Richelieu – Botanix, Éloïse Paquin, admet que la période estivale a été difficile au niveau du recrutement d’employés. « En juillet et en août, nous avons dû fermer les dimanches pour se donner un peu de répit. Même si nous sommes toujours ouverts, notre période la plus achalandée est toujours le printemps alors que tout le monde se prépare pour les jardins et la plantation. C’est aussi la période où nos besoins en personnel sont les plus importants », indique-t-elle. Au plus fort de la saison, l’entreprise comptait une cinquantaine d’employés. « Pour combler nos besoins, nous avons utilisé tous les outils à notre disposition dont des affichages de nos offres, l’utilisation des

réseaux sociaux, notre site internet et le bouche à oreille. Lorsque quelqu’un vient directement sur place pour déposer un CV, nous prenons le temps de faire, sur place, une entrevue et il nous est arrivé à quelques reprises de procéder directement à des embauches », raconte Mme Paquin. Avec l’arrivée de l’automne, comme les besoins en main d’œuvre sont moins grands, Botanix n’est pas en pénurie d’employés pour l’instant. La copropriétaire et sa sœur Sophie pensent toutefois déjà au printemps prochain. « Nous entamons des démarches pour faire venir dès l’an prochain, si possible, de la main-d’œuvre de l’extérieur du pays comme plusieurs autres entreprises qui œuvrent dans la culture ou le paysagement, car le travail est parfois rude et nécessite une main-d’œuvre aguerrie », conclut Éloïse Paquin.

Éloïse et Sophie Paquin ont déjà entamé leur processus d’embauche pour le printemps prochain, leur période forte de l’année. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©


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Tout le personnel met l’épaule à la roue EMBAUCHONS

Les autobus INTERSCO de Sorel-Tracy roulent et peuvent maintenir leur offre de services de transport, mais la situation est à la limite. « Je dois faire du remplacement pour certaines routes et le personnel de bureau fait de même pour que nous puissions maintenir nos services », indique le président des Autobus Intersco de Sorel-Tracy, Christian Joyal. « Pour recruter des chauffeurs, nous utilisons évidemment tous les moyens à notre disposition, que ce soit les affichages d’emplois, les sites internet d’offre d’emplois, les magazines, les réseaux sociaux, etc. Depuis quelques semaines nous avons même stationné un autobus avec une immense affiche “chauffeurs recherchés”. Nous avons fait de même à nos bureaux

d’Acton Vale et de Verchères, mais je dois tout de même avouer que les résultats ne sont pas au même niveau que nos efforts », constate M. Joyal. Depuis quelques mois, quatre personnes ont répondu aux offres d’emplois, mais trois d’entre eux sont partis entre autres en raison de la complexité de l’obtention d’un permis de conduire de classe 2, regrette le président. « En comparaison, en 1998, j’avais publié une offre d’emploi dans le journal. J’avais reçu 65 messages et réponses en quelques jours. On est vraiment loin de ça cette année. C’est pourquoi le personnel de bureau et de direction doit mettre l’épaule à la roue pour assurer le transport scolaire. On ne voudrait pas en venir à des ruptures de services, ce serait vraiment pénible pour les enfants et les parents aussi, alors on travaille un peu plus fort et on poursuit nos efforts de recrutement », précise M. Joyal.

INTERSCO manque cruellement de chauffeurs pour ses autobus, au point où les employés de bureau doivent dépanner. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Un repas… et un emploi! François Laramée | Les 2 Rives

Bonduelle est une des plus importantes entreprises de transformation alimentaire de la région. Quatre usines sont situées en Montérégie, dont une à Saint-Denis-SurRichelieu. On y transforme des légumes, principalement, pour la consommation domestique, et c’est pourquoi les quatre usines emploient quelque 1200 personnes au plus fort des opérations.

L’usine Bonduelle, située à Saint-Denis-sur-Richelieu, emploie plusieurs personnes de la région. Photo François Larivière | Les 2 Rives ©

Affaires - Les 2 Rives - Mardi 19 octobre 2021 - 29

Stéphane DeGuise, spécialiste en acquisition de talent Québec, donc responsable du recrutement de personnel, utilise tous les outils connus pour recruter du personnel. « Nous affichons dans nos journaux locaux, sur nos sites internet, dans les outils spécialisés de recrutement et même des agences de recrutement. Nous misons également, depuis quelques années, sur des travailleurs étrangers. Nous en avons environ une centaine à l’usine de Saint-Denis, par exemple, mais plus les années passent, plus il faut être imaginatif et capable de sortir de la boite », évoque-t-il.

Comme Bonduelle produit entre autres des conserves de légumes, l’employeur a lancé une campagne de recrutement pour le moins unique et originale après de nombreuses heures de réflexion. « Nous avons imprimé des étiquettes spéciales en inscrivant sur une conserve de maïs, par exemple : “On vous offre un repas et un emploi”. Nous avons donné gratuitement des milliers de boîtes de conserves ainsi imprimées dans les différentes banques alimentaires de la Montérégie et même à Montréal. En quelques semaines, nous avons eu une centaine de réponses. Tous les postulants n’ont pas été embauchés, mais l’opération a vraiment été couronnée de succès et nous allons sûrement la répéter l’an prochain, car nous avons toujours 70 postes à combler dans nos quatre usines. Et nous continuons aussi de répondre dans l’heure qui suit lorsque nous recevons un CV, il faut vraiment être proactif si nous voulons recruter de nouveaux employés », précise Stéphane DeGuise.


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EMBAUCHONS Solliciter ses employés pour en trouver d’autres EMBAUCHONS

Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) est le plus gros employeur de la région avec plus de 1400 employés dans ses installations soreloises. Aux prises également avec une pénurie de main-d’œuvre, l’entreprise métallurgique a innové en demandant à ses employés de solliciter leurs contacts via les réseaux sociaux. Vers la mi-septembre, plusieurs employés de RTFT, autant à Sorel-Tracy qu’à HavreSaint-Pierre, ont demandé à leurs contacts, sur leur page Facebook ou autres réseaux sociaux, s’ils étaient intéressés à postuler. Le Programme de recommandation des employés RTFT est effectif depuis le 20 sep-

Le Programme de recommandation des employés RTFT est en vigueur depuis le 20 septembre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

tembre dernier. « Le Québec fait actuellement face à une pénurie de main-d’œuvre et RTFT n’échappe pas à cette situation préoccupante », écrivait l’employeur sur sa page Facebook, le 17 septembre dernier. L’entreprise demande donc aux personnes souhaitant y travailler de créer son profil en ligne et d’appliquer sur le poste convoité. La recommandation du candidat doit se faire après que celui-ci ait postulé en ligne. « Nous invitons nos employés à recommander des candidats qu’ils sont prêts à endosser, en qui ils ont confiance et qui répondent aux exigences du poste convoité », indique également Rio Tinto Fer et Titane. Vers la mi-octobre, au rtftcarriere.com, de nombreux postes étaient toujours ouverts chez Rio Tinto Fer et Titane.

QSL veut démocratiser le métier de débardeur Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Environ 115 employés de QSL travaillent au terminal de Saint-Joseph-de-Sorel, mais une vingtaine de postes sont toujours ouverts. L’entreprise doit composer avec un problème de main-d’œuvre important malgré de bons salaires et des conditions de travail intéressantes. « C’est un défi comme plusieurs autres entreprises », admet la vice-présidente, Stratégie et affaires publiques de QSL, Claudine Couture-Trudel. En ce moment, un poste de coordonnateur, deux postes de superviseurs de terminal

et un poste de surintendant de navire sont ouverts dans la région. Quant aux débardeurs, QSL procède à des embauches en continu. « Ce qu’on veut passer qu’on message, toutefois, c’est qu’on embauche les gens pour leur savoir-être d’abord, puis on les forme ensuite. On veut éliminer la barrière entre nous et les gens. On veut monter, par exemple, c’est quoi une journée dans la vie d’un débardeur. À quel point travailler à l’extérieur, ce n’est jamais routinier », poursuit-elle. C’est pourquoi QSL réalise de temps à autre des capsules web afin de démocratiser le travail. L’entreprise pourrait aussi réaliser des journées portes ouvertes afin de montrer à la population en quoi consiste le travail.

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QSL emploie environ 115 travailleurs dans la région, mais 20 postes sont toujours vacants. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©


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