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MARDI 12 MAI 2020 | les2rives.com

Affaires

– Les commerçants innovent; – Incertitude autour des entreprises culturelles et de service; – La construction et les usines reprennent.

24 pages

Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Malgré la pandémie

La région prépare sa relance


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Affaires

ACTION! Marcel Rainville Directeur général du journal Les 2 Rives

Ne cherchez pas le metteur en scène, ce n’est malheureusement pas un film. Depuis deux mois, la population vit au rythme des annonces quotidiennes de notre premier ministre. Pour nos entrepreneurs et gens d’affaires qui n’ont pas l’habitude de rester les bras croisés, cette attente est insoutenable. Après des semaines à voir le travail de leur vie dégringoler, plusieurs commerçants ont enfin pu rouvrir leurs portes, alors que d’autres doivent encore attendre le « go » salutaire. Mais ce n’est là que le deuxième chapitre qui commence. Après avoir mis en place toutes les mesures sanitaires, est-ce que les employés et les clients seront de retour au poste? Tous les appels prônant l’achat local auront-il trouvé écho? On ne peut encore mesurer l’étendue des dégâts, ni savoir quand se terminera ce cauchemar. Les entrepreneurs sont des gens d’action. Derrière leur admirable abnégation (le mot docile est proscrit), leur silence cache certainement une détresse justifiée.

C’est en temps de crise que l’on peut voir tout le talent d’un gestionnaire à l’œuvre. Leadership, créativité, vision, capacité d’adaptation; il carbure à l’action. Des initiatives émergent de toutes parts et plusieurs utilisent même leurs talents pour fournir de l’aide. On peut être fiers de voir la population se mobiliser. La communauté d’affaires, le communautaire et les élus sont au rendezvous!

production respecte les normes sociales, éthiques et environnementales, en plus d’éviter les taxes. Toutes ces valeurs qui nous sont si « chères », au nom du commerce local et équitable, sont apparemment négociables, souvent pour une poignée de dollars. Il faut se sensibiliser davantage afin de comprendre tout le poids d’un simple clic et la valeur de payer le juste prix pour un

« On peut être fiers de voir la population se mobiliser. La communauté d’affaires, le communautaire et les élus sont au rendez-vous! » Le temps de cette grande pause, on réalise que le concurrent n’est plus le voisin d’en face; il est global. Ce puissant compétiteur continue d’opérer, jour et nuit et ne ferme pas le dimanche. Comme baromètre, on n’a qu’à penser à Amazon qui cherche à embaucher 100 000 personnes pour répondre à la demande pendant la crise! La vente en ligne est ouverte à tous, pour le meilleur et pour le pire. Pour la maîtriser, il faut bien la comprendre. L’enjeu est que les achats en ligne sont faits majoritairement auprès de fournisseurs étrangers, aux règles différentes, créant ainsi une concurrence déloyale. Nos entreprises ne peuvent concurrencer le prix de biens dont on ne connaît pas l’origine ou si leur

produit régional de qualité. Cette courbe aussi doit être aplatie si on ne veut pas vider nos régions de nos commerces de proximité, nos emplois et notre richesse collective. Un examen de conscience s’impose et c’est le moment parfait pour agir. Le modèle capitaliste actuel est de plus en plus remis en question. On parle maintenant des vertus de la décroissance, de démondialisation et de sécurité alimentaire accrue. Consommer moins et mieux, recycler et réutiliser pour sauver la planète et vivre mieux. Si nos entreprises ne peuvent se battre sur le prix, elles peuvent gagner sur la valeur ajoutée québécoise. Alors que le protection-

nisme risque de prendre de l’ampleur dans le contexte, on doit créer de la valeur pour rester pertinent et attrayant. C’est notre force et on en a les moyens et les ressources. Ceux qui s’adapteront le plus vite auront une longueur d’avance! Une chose est sûre, c’est que les gens continuent de consommer, mais différemment. Malgré ce brouillard, il est clair que ce nouveau mode de vie durera longtemps. Puisque l’on doit cohabiter avec cette bête, apprivoisons-la avec une vision sur le long terme. Cette édition spéciale Les 2 Rives AFFAIRES a comme objectif de mettre le tout en perspective, sous l’œil de nos journalistes, afin de voir comment la région s’adapte et prépare sa relance. Normalement, nous présentons dans ces pages les lauréats du Gala du mérite économique de Sorel-Tracy visant à souligner l’excellence entrepreneuriale. Cette reconnaissance n’est que partie remise, mais en attendant, nos bâtisseurs et nos employeurs de la région ont besoin de nous, dans notre rôle de consommateurs et de travailleurs. Nous sommes tous des maillons importants de la santé de notre écosystème. J’en profite pour remercier tous nos partenaires qui choisissent d’annoncer local. Vous nous donnez l’oxygène pour continuer à informer la région. Restons dans l’action et connectés, ensemble. Bonne lecture!

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Des commerces de la région se tournent vers la vente en ligne Katy Desrosiers | Les 2 Rives

présenter plus de 12 000 produits. « La pandémie, ç’a été le coup de pied pour le faire, confesse-t-il. Je suis là-dessus pas mal tous les soirs. Je couche les enfants, j’ouvre l’ordi et ma blonde m’aide. » Au départ, il prenait les commandes par Messenger et envoyait des photos aux clients pour qu’ils puissent faire un choix. Il a même lu des quatrièmes de couverture au téléphone. Maintenant, les clients peuvent trouver directement les items qu’ils cherchent sur le site. M. Lemoine compte le conserver et peut-être, éventuellement, le transformer en site transactionnel. Aussi, ce qui a aidé au niveau de la vente est le service Taxi Coop, qui a effectué plus d’une cinquantaine de livraisons.

Bien que plusieurs commerçants de la région travaillaient depuis des mois ou des années sur une plateforme de vente en ligne, peu l’avaient officiellement mise en place. Avec la pandémie, certains ont redoublé d’ardeur pour offrir à la population leurs produits sur le Web et éviter une fermeture complète.

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C’est le cas entre autres de Botanix Comptoir Richelieu, Dentelle et Denim et la boutique LATTAKZ qui offrent dorénavant une plateforme en ligne transactionnelle. À la Librairie Wilkie, on a bonifié le site existant pour permettre aux gens de consulter les produits en inventaire et faire des réservations. Jocelyne Gaudette, copropriétaire de la boutique Dentelle et Denim, explique que l’idée de mettre en place un site transactionnel planait depuis un moment. « On en parle depuis l’association entre Laura-Kim et moi. Quand t’es dans le train, des fois, tu reportes. Tu sens moins l’urgence de le faire. Mais je pense que maintenant, surtout quand il arrive des situations comme ça, c’est nécessaire d’être sur le Web », souligne-t-elle. Dans le futur, le site sera amélioré pour le rendre plus professionnel afin qu’il soit relié avec l’inventaire en direct. « Il y a un programme d’aide offert par le gouvernement pour la formation. Laura-Kim irait chercher de la formation pour le site et sur l’utilisation des réseaux sociaux », ajoute Mme Gaudette. Avec la plateforme, les propriétaires espèrent attirer une nouvelle clientèle, peut-être de

Jocelyne Gaudette et Laura-Kim Houle, propriétaires de Dentelle et Denim, offrent maintenant un site transactionnel à leurs clients. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

l’extérieur. Cependant, elles sont convaincues qu’une part des consommatrices continuera de venir en boutique pour le service-conseil. Chez Botanix Comptoir Richelieu, une des propriétaires, Éloïse Paquin, avoue aussi que l’idée du site transactionnel germait depuis des années. « C’était beaucoup de frais et ça prenait le temps de le faire. Avec la pandémie, on voyait bien qu’on finirait par être fermés. J’en parlais à la maison et mon plus vieux m’a dit :“On peut en faire un éphémère”. Il m’a montré sur un logiciel comment faire. Ç’a pris quatre ou cinq jours

le mettre en place. Mes autres enfants ont participé, pris les photos des articles, inscrit les codes pour les prix, etc. », raconte-t-elle. Le résultat est là. La semaine dernière, elles étaient rendues à plus de 300 commandes. Les deux sœurs propriétaires songent à rendre le site permanent parce qu’elles savent que plusieurs aiment magasiner en ligne avant de passer en magasin. Aussi, avec cette plateforme, elles ont attiré une nouvelle clientèle, peut-être plus jeune. À la Librairie Wilkie, le propriétaire Daniel Lemoine a adapté son site pour

Un changement nécessaire Le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Sylvain Dupuis, constate que la crise a accéléré la mise sur pied de sites Web et de boutiques en ligne chez plusieurs petits commerçants de la région. « Ça fait des années que les intervenants économiques en parlent, qu’on organise des formations, mais c’est de l’ouvrage à s’occuper, c’est difficile à faire et ça coûte cher », indiquet-il. « S’il y a un côté positif, c’est bien celui-là, continue M. Dupuis. Les entrepreneurs ont donné de l’amour à leur page Web et à leur Facebook pour accélérer la vente en ligne de leurs produits. C’est le dernier coup que ça prenait. » Avec la collaboration de Sébastien Lacroix


Affaires De nombreuses actions pour favoriser la relance économique à Sorel-Tracy Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

découvert les produits offerts chez nous durant la période de confinement pour qu’ils continuent à acheter dans les commerces qui contribuent à notre vitalité économique.

C’était le 20 février dernier, devant près de 120 personnes issues du milieu des affaires. Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, lançait son plan pour une relance économique de la région. Puis, quelques semaines plus tard, la pandémie de la COVID-19 paralysait le Québec. C’est donc dans un tout nouveau contexte et dans l’urgence de passer à l’action que la Ville de Sorel-Tracy devra déployer les mesures pour venir en aide aux commerces et aux entreprises qui ont été affectées par la « pause » décrétée par le gouvernement. Déjà qu’on parlait de la mise à jour économique comme d’un « gros bateau à changer de cap ». En entrevue avec Les 2 Rives, le maire Serge Péloquin assure qu’il ne laissera pas tomber les gens d’affaires de la région. « On mise sur notre capacité de rebondir et de mettre de l’avant le changement. Ce sera là-dessus que se jouera la relance, a-t-il spécifié. C’est une occasion d’accélérer le transfert de l’économie pour créer des emplois et de la richesse. » Une première action a été mise en œuvre lors du dernier conseil municipal, le 4 mai, en adaptant la politique d’approvisionnement afin d’encourager l’achat local. Les directeurs devront maintenant favoriser les entreprises de chez nous pour tous les contrats de gré à gré de moins de 100 000 $. Ce qui permettra d’injecter un peu plus de 8 millions $ dans l’économie de la région.

Parmi les mesures prises par la Ville de Sorel-Tracy, le maire Serge Péloquin et le conseil municipal se sont dotés d’une politique d’approvisionnement pour aider les commerçants locaux. Photo gracieuseté

En collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy (CCIST), la Ville mettra de l’avant une vaste campagne de communication et de promotion pour encourager l’achat local. On compte d’ailleurs sur le fait que les gens ont

Plusieurs réalisations durant la crise De façon à augmenter les ventes en ligne, le service de livraison des marchandises par Taxi Coop, qui avait été mis sur pied en collaboration avec la CCIST et Rio Tinto, sera maintenu jusqu’à nouvel ordre. « Comme notre compagnie de taxis avait une grande diminution de ses activités, on s’en est servi pour faire des livraisons pour les ventes en ligne de nos commerces. C’est très rapide et très apprécié. Plutôt que d’attendre la livraison par la poste, les gens reçoivent le jour même, raconte le maire. C’est une initiative qui en a inspiré d’autres ailleurs au Québec. On a reçu plusieurs appels. » De nombreuses actions ont également été mises sur pied au cours des dernières semaines à Sorel-Tracy, dont la création d’un Fonds d’urgence régional de 200 000 $, en synergie avec la MRC de Pierre-De Saurel, pour rendre accessible de la liquidité pour les entreprises le temps que les aides gouvernementales arrivent. Le report du deuxième versement de taxes au 30 juin a également donné un peu d’air à tous ceux qui avaient des besoins de liquidité. La Ville de Sorel-Tracy a aussi dépêché des équipes de préventionnistes sur le terrain pour faire des recommandations sur des façons sécuritaires d’opérer autant pour les commerçants que pour les clients.

En collaboration avec les Subversifs, ce sont deux productions de 36 gallons, pour un total de 288 litres, de désinfectant pour les mains qui ont été donnés gratuitement à des organismes et des transporteurs de la région. Avec les mesures de déconfinement qui seront annoncées au cours des prochaines semaines, la Ville souhaite embellir, verdir et animer le centre-ville de façon à stimuler le tourisme local au cours de la prochaine saison estivale. « On veut créer des lieux qui sont beaux et où l’on est bien, indique le maire Serge Péloquin. Ça commence par les terrasses, mais on va aussi bloquer certaines intersections de rues pour pouvoir s’étendre et créer un atmosphère au centre-ville, mais également ailleurs dans la ville. » Une nouvelle vision À plus long terme, le maire estime qu’il faudra revoir le modèle de développement économique. « Il faudra faire un reset de notre vision pour adapter et ajuster notre plan », indique le maire de Sorel-Tracy. Il entend d’ailleurs réunir différents acteurs du milieu pour se mobiliser et permettre aux gens d’affaires d’échanger. « La Ville et la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy vont prendre le lead », soutient Serge Péloquin. Une campagne de communication pour la promotion de la ville sera aussi mise de l’avant afin d’attirer de nouveaux résidents. Des efforts seront mis pour attirer de nouvelles entreprises, notamment dans le domaine des technologies.

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Affaires Pour contrer la fermeture des salles à manger

Des restaurateurs se réinventent avec la livraison et les plats pour emporter Katy Desrosiers | Les 2 Rives

salle. Au Belvédère, la propriétaire croit que certains ne savent pas encore que le restaurant offre la livraison. Tranquillement, le nombre de commandes augmente.

Les restaurateurs de la région ont dû se retrousser les manches afin de demeurer ouverts malgré la fermeture requise des salles à manger. Certains ont opté pour la livraison, d’autres pour les commandes à emporter et quelques-uns ont même mis en place les deux.

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Le copropriétaire du restaurant Le Fougasse, Jean-Philippe Boulet, la copropriétaire du restaurant Le Belvédère, Jessica Mireault et le propriétaire du restaurant Distingo, Rémy Salvail, s’entendent tous pour dire que la décision de se réinventer s’est prise presque instantanément. « Il fallait essayer quelque chose parce que les frais, ça continue de rouler. Pour la livraison, je me suis demandée comment je pouvais m’organiser toute seule et comment je pouvais aider les gens », explique Jessica Mireault, qui offre aussi la livraison de produits de base comme des fruits et légumes. Pour le moment, elle est seule en cuisine et son conjoint effectue les livraisons. Un site transactionnel a été créé pour faciliter les commandes. Ceux qui ne seraient pas à l’aise avec la plateforme peuvent aussi commander par téléphone. Dans les prochaines semaines, Mme Mireault souhaite offrir des repas pour emporter, ce qui lui permettrait d’augmenter le nombre de commandes et de réembaucher des employés. Au restaurant Le Fougasse, Jean-Philippe Boulet a voulu offrir la livraison et les repas

Rémy Salvail du Distingo Resto/Pub affirme que les clients apprécient grandement le service de plats pour emporter. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

pour emporter d’abord pour conserver le plus d’emplois possible. L’équipe du service est normalement composée d’étudiants et d’employés réguliers. Le copropriétaire a pu garder les employés réguliers et les réaffecter à différentes tâches comme la prise de commandes et la livraison. En cuisine, l’équipe est presque complète. Le restaurant bénéficie aussi de la subvention salariale offerte par le gouvernement. « L’autre raison, c’est que tu perds la fidélité de tes clients. Si tu fermes, c’est facile de perdre ce lien de confiance. Ils peuvent aller ailleurs », relate-t-il. Au Distingo Resto/Pub, Rémy Salvail savait bien qu’avec la situation qui dégéné-

rait, le restaurant ne resterait pas ouvert bien longtemps. Il s’était donc préparé, même s’il a dû remercier une partie de son personnel. « Il faut réduire le menu parce que certaines choses ne s’emportent pas très bien. Et il faut que ça se fasse rapidement parce que nous, c’est du prêt-à-manger. C’est chaud quand les gens viennent le chercher », raconte-t-il. Heureusement, chez les trois restaurateurs, les clients sont au rendez-vous. Au restaurant Le Fougasse et au Distingo Resto/Pub l’équipe en cuisine produit presque le même nombre de repas qu’à l’habitude. Rémy Salvail explique qu’il y a toutefois une baisse des revenus puisqu’ils ne peuvent compter sur la vente d’alcool en

Pour la suite? Tant que la situation ne reviendra pas à la normale, les restaurateurs comptent conserver leur formule. Pour ce qui est d’adapter la salle à manger en prévision d’une réouverture, ils y travaillent, mais se demandent si les gens seront au rendezvous. « En Allemagne, les salles sont à 50 % de leur capacité, il y a des plexiglas entre chaque personne et les gens doivent arriver avec leur masque, l’enlever pendant le repas et le remettre pour partir. Ils doivent donner leurs coordonnées au cas où il y aurait des cas répertoriés, pour retracer qui était assis où. L’expérience client n’est plus la même. Tu vas au resto pour te détendre, mais quand il y a tellement de mesures qui t’enlèvent ton bonheur, est-ce que les gens vont vouloir venir? », constate Jean-Philippe Boulet. Même son de cloche du côté de Jessica Mireault. « Un des dirigeants de la Cage aux sports disait : “Aller au restaurant si t’as l’impression d’aller à l’hôpital. T’es mieux de ne pas ouvrir la salle.” Il faut que le côté plaisant soit là », renchérit-elle. Rémy Salvail, lui, affirme qu’il faut prendre le tout semaine après semaine. Il continue de travailler sur différents projets qui étaient en cours avant la pandémie comme la terrasse.


Affaires Malgré une incertitude qui plane pour les salons de coiffure et d’esthétique

Une certaine reprise autorisée pour quelques entreprises de service Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Les entreprises de service sont dans l’incertitude concernant la reprise complète de leurs activités. Les cliniques dentaires et d’optométrie ont été autorisées à reprendre certaines activités, mais pour les salons de coiffure et d’esthétique, aucune réouverture n’est prévue à l’horizon. Opto-Réseau Sorel-Tracy traitait les urgences sur rendez-vous depuis quelques semaines, comme un corps étranger dans l’œil ou un bris de lunettes. Dre Valérie Bardier et son conjoint Dr Joël Godin, optométristes et propriétaires de la clinique, s’étaient équipés pour ouvrir de façon sécuritaire. « On avait les masques, les gants. On prend la température des gens avant qu’ils entrent. On était la seule clinique qui prenait les urgences dans la région, donc on roulait déjà avec ces différentes normes. Au début, c’était très calme, mais après, c’est parti. On a maintenant des cas chaque jour », souligne Dre Bardier. Avec la reprise, l’éventail des services s’élargira. Ceux qui possèdent une prescription pourront prendre rendez-vous pour se procurer de nouvelles lunettes. Un service de livraison et de cueillette sans contact a aussi été mis en place pour ceux qui devaient se procurer des produits comme des verres de contact. Des lunettes de soleil ont aussi été vendues de cette manière sur les réseaux sociaux. Le couple est aussi propriétaire d’Opto-Réseau Contrecœur, qui est fermé pour l’instant.

Dre Valérie Bardier et Dr Joël Godin ont aménagé leur clinique d’optométrie. Photo gracieuseté

À la Clinique dentaire Fortin-Gouin et Vertefeuille, les urgences peuvent être traitées en clinique depuis vendredi dernier. Auparavant, on traitait certains cas par téléphone comme des prescriptions pour des infections. Dans la région, seulement la Clinique dentaire Saurel avait été autorisée à traiter les urgences puisqu’elle possédait déjà certains équipements spécialisés. Cependant, l’Ordre des dentistes a autorisé récemment d’autres cliniques à rouvrir pour des urgences. La Clinique dentaire Fortin-Gouin et Vertefeuille a donc établi un protocole strict en attendant les recommandations officielles de l’Ordre. L’objectif est de traiter trois patients par demi-journée. Un parcours a été instauré

pour qu’aucun patient ne se croise. Lorsqu’une intervention sera terminée dans une salle, celle-ci ne sera réutilisée que trois heures plus tard, le temps que les particules en suspension dans l’air se déposent et que la pièce puisse être désinfectée. Pour l’ouverture régulière, entre autres pour les nettoyages, la Dre Virginie FortinGouin se doute que ce ne sera pas de sitôt. « Ce qu’on souhaite, ce serait de faire le plus de soins différents possible, parce que les traitements semi-urgents, si on attend quelques mois, ils vont devenir urgents », explique la dentiste. Même si certains employés sont au chômage, quelques-uns ont été affectés à la numérisation des dossiers.

Incertitude pour les coiffeurs Au NZO Salon, les propriétaires Alexandre Chabot et Thierry Dussault opèrent seuls. Bien que le salon soit fermé, le couple effectue la vente de colorations pour leur clientèle régulière et la vente de produits divers pour le grand public. Une formule de livraison a été mise en place et une centaine sont effectuées chaque semaine. Avec ce service, ils ont pu aller chercher de nouvelles clientes qui désiraient acheter leurs produits d’une entreprise locale plutôt que d’une multinationale. Même si leur situation financière est stable, les propriétaires trouvent difficile de ne rien savoir concernant une future réouverture. « On ne sait pas quand on va recommencer à fonctionner. Il fallait penser à long terme. [...] Le plan de réouverture est entamé depuis plusieurs semaines. On prépare les espaces, on installe les plexiglas. On n’a pas encore reçu les recommandations du gouvernement, mais on s’inspire de grosses compagnies comme L’Oréal pour s’assurer que les clients et les employés soient en sécurité », mentionne Alexandre Chabot. Les propriétaires songent aussi à réserver certaines plages horaires pour les personnes âgées. Au début de la crise, lorsque le salon était encore ouvert, le port du masque et la désinfection des postes entre chaque client avaient déjà été instaurés. M. Chabot souligne que dans le domaine de la beauté, le milieu était déjà très aseptisé et que le tout se poursuivra après la crise.

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De l’aide pour passer à travers la crise Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

D’autres sommes sont attendues dans la région au cours des prochains jours pour aider les commerces et les entreprises à passer à travers le ralentissement économique causé par la pandémie du coronavirus (COVID-19). La Société d’aide au développement des collectivités (SADC) Pierre-De Saurel offrira bientôt un nouveau programme d’aide financière pour les entreprises du territoire qui n’auraient pu bénéficier des premières mesures annoncées. Une somme de 287 millions $ provenant du fédéral sera séparée entre 268 organisations, dont 67 au Québec. On peut donc s’attendre à environ un million $ pour chacune d’entre elles, espère la directrice générale de la SADC de Pierre-De Saurel, Sylvie Pouliot. « Nous avons hâte de l’annoncer. Ce sera d’ici une semaine ou deux », croit-elle. La SADC Pierre-De Saurel a également été impliquée auprès des entreprises dès les premiers jours de la crise. Un moratoire de trois mois sur le paiement du capital et des intérêts des prêts contractés envers la SADC a immédiatement été offert. L’organisme a également guidé les entrepreneurs vers l’aide fédérale, dont le programme de prêts de 40 000 $ sans intérêt pendant un an auquel plusieurs ont eu recours pour avoir rapidement des liquidités.

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Les entreprises soutenues Le Centre local de développement (CLD) de Pierre-De Saurel a également coordonné le programme de 1,4 million $ qui a été offert par le gouvernement du Québec aux entreprises de la MRC. Une aide qui a été calculée en fonction de la population et de

La Chambre de commerce plus présente que jamais pour les entrepreneurs Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Plusieurs entrepreneurs de la région vivent une période difficile, que ce soit en raison d’une fermeture prolongée ou d’une diminution de leurs revenus. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy (CCIST), Christian Deguise, affirme que plusieurs mesures sont déployées pour les soutenir.

La directrice générale de la SADC, Sylvie Pouliot. Photo gracieuseté

l’indice de vitalité de la région. Une quinzaine de dossiers étaient en traitement, la semaine dernière, pour avoir recours à un prêt de 5000 à 50 000 $, avec un taux de 3 % d’intérêt après un moratoire de trois mois. Le Fonds d’urgence régional de 200 000 $, mis sur pied par la MRC de Pierre-De Saurel, a aussi été géré par le CLD. La semaine dernière, ce sont 22 dossiers qui avaient été acceptés pour des prêts de 1000 $ à 5000 $, sans intérêt, sans garantie et remboursable dans six mois, pour un total de 92 500 $. Par ailleurs, les services d’accompagnement ont pu continuer à distance avec les entrepreneurs. Ce qui a permis d’échanger des idées sur la façon de passer au travers. « Ça leur donne un soutien moral, pour qu’ils voient qu’ils ne sont pas seuls, souligne la directrice générale du CLD, Josée Plamondon. Ça permet aussi de faire du brainstorming. Souvent, quand on a un problème et qu’on a une vision différente, ça amène une solution différente. »

« Plusieurs entreprises avaient déjà fait leur commande pour le printemps. Tout ce matériel là, que ce soit des meubles, des chaussures, il faut qu’elles le paient éventuellement, mais elles ne peuvent pas le vendre puisqu’elles sont fermées », explique M. Deguise. Même si certains commerces ont pu rouvrir leurs portes le 4 mai, ce n’est pas toute la communauté entrepreneuriale qui a relancé ses activités. Le président croit que plus le départ tardera, plus il y aura de dommages. « Du côté de la restauration, ceux qui se sont virés vers le take out, ils ont de bonnes chances de s’en sortir. Ceux qui ne l’ont pas fait, je ne sais pas. Le temps nous le dira », ajoute-t-il. Tous les jours, il reçoit des appels d’entrepreneurs. Celui qui en est à son troisième mandat comme président de la Chambre est fier du travail effectué pour les entreprises d’ici. « On aide les entrepreneurs. On est l’oreille pour les écouter. Souvent, on a des solutions qu’ils ne voyaient pas pour certains problèmes, précise M. Deguise. Sylvain Dupuis, mon directeur général, il fait une super job. Présentement, la Chambre de commerce est plus active que jamais. Avec toutes les ententes qu’on a avec

Christian Deguise en est à son troisième mandat comme président de la CCIST. Photothèque | Les 2 Rives ©

la MRC, puis le CLD et tout ça, on est rendu ailleurs. » Aussi, Christian Deguise croit que la situation actuelle entraînera un retour vers certaines bases, comme l’achat local. « Les gens vont prendre conscience de l’importance de commencer par leur région, même si ça coute quelques dollars de plus. Là, le monde réalise que c’est notre région qui prime », lance le président.


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Un second souffle pour la relance des activités manufacturières Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

La reprise des activités manufacturières, le 11 mai dernier, devrait permettre de relancer les entreprises de la région qui avaient pu continuer d’opérer tout en réduisant leur production au minimum.

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Chez ArcelorMittal, qui avait décidé de fermer temporairement le complexe de Contrecœur-Ouest, où est produit de l’acier servant à l’industrie de l’automobile et de la construction, la relance des activités est également graduelle. « Les niveaux d’opération et de maind’œuvre de nos usines sont variables en fonction des commandes et de la vigueur des différents secteurs économiques, précise le directeur des communications, LouisPhilippe Péloquin. On doit constamment ajuster ces niveaux et on s’attend à ce que ça continue à fluctuer dans les prochains mois selon la vitesse de la reprise dans nos différents marchés en Amérique du Nord. » ArcelorMittal espère que les réouvertures entraîneront une hausse éventuelle de la demande d’acier par certains domaines qui redémarrent, comme les chantiers de construction industriels et commerciaux. « Pour voir un impact concret, il va falloir que les donneurs d’ordre préconisent l’utilisation de produits québécois. Ce que le gouvernement encourage et qu’on espère voir arriver », analyse le porte-parole d’ArcelorMittal Produits longs Canada. La reprise des activités industrielles se passe bien chez CNC Tracy qui avait été

ArcelorMittal ajuste ses niveaux de main-d’œuvre en fonction de la demande d’acier. Photothèque | Les 2 Rives ©

classé dans la catégorie « production des intrants nécessaires aux secteurs prioritaires » de la liste des services essentiels, le 23 mars. Depuis la fermeture des entreprises, ce sont environ 25 % des employés qui étaient demeurés en poste pour s’assurer de répondre aux besoins des entreprises essentielles, que ce soit à l’atelier d’usinage ou en télétravail. Les employés mis à pied temporairement seront maintenant rappelés graduellement

selon leur ancienneté et la demande des clients. Le rappel progressif se fait également pour des raisons de santé et de sécurité, indique Rhéanne Latour, la responsable des ressources humaines chez CNC Tracy. « Nous sommes presque 50 employés et il serait irresponsable de les rappeler tous en même temps, juge-t-elle. Nous établissons des plans afin que tous reviennent au travail de façon sécuritaire. Outre la santé et la sécurité de notre équipe, une grande majorité de nos employés ont des enfants

et doivent ajuster leurs horaires de travail. » À l’usine d’Alstom, la quasi-totalité des activités ont repris, avec l’ensemble des employés. « À ce stade, il est trop tôt pour commenter l’impact de la crise sanitaire sur les activités d’Alstom dans le monde et en particulier à Sorel-Tracy », a toutefois fait savoir le directeur des communications d’Alstom au Canada, Adrien Vernhes. On se souviendra qu’Alstom avait suspendu temporairement ses activités à compter du 24 mars, lorsque le premier ministre François Legault avait demandé de « mettre le Québec sur pause durant trois semaines ». Seules des activités extrêmement réduites de réception de pièces en entrepôts et sur les bogies de Citadis Spirit à Ottawa ont pu être maintenues. Considérées comme étant prioritaires à partir du 13 avril, les activités d’Alstom ont repris progressivement. Les travailleurs ont ainsi pu continuer les différents contrats sur les bogies des voitures pour le métro de Montréal et pour les véhicules légers sur rails d’Ottawa, de Toronto et d’Hamilton, ainsi que pour des pièces mécano-soudées au Chili et aux États-Unis. Une attention particulière est aussi apportée aux mesures d’hygiène et de distanciation sociale dans les différentes entreprises. La présence du personnel est modulée dans certains endroits. Quand la distanciation physique ne peut pas être respectée, le port d’équipements supplémentaires est rendu obligatoire.


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Les concessionnaires automobiles s’adaptent en temps de crise Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

autos. On a un carton rouge pour dire de ne pas toucher au véhicule, puis un carton vert pour dire qu’il est nettoyé. C’est plus compliqué, mais on se débrouille! », lance le propriétaire des deux concessions, Richard Macdonald.

Alors que le département du service des concessionnaires automobiles est ouvert depuis le 15 avril, celui des ventes n’a redémarré que le 4 mai dernier. Dans les deux secteurs, il a fallu que les propriétaires fassent preuve de beaucoup de créativité afin de faire respecter les mesures de distanciation sociale.

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Chez Pierre Lefebvre Toyota, les clients n’entrent pas à l’intérieur, sauf pour payer avec leur carte. Un employé les accueille et leur demande de se laver les mains. Au service, une tente est aménagée à l’extérieur comme salle d’attente. Seulement ceux qui ont un rendez-vous sont acceptés. Les mécaniciens désinfectent les surfaces avant d’entrer dans l’auto du client et utilisent des gants qu’ils jettent après utilisation. Aux ventes, seulement quatre clients sont acceptés dans la salle de montre. Un protocole strict de désinfection est mis en place, notamment pour les essais routiers. « On a adopté plusieurs mesures, mais ça se passe bien puisque les épiceries ont fait le chemin avant nous. Quand les clients arrivent, ils savent que des mesures sont prises et la plupart sont compréhensifs », explique Chantal Lefebvre, une des copropriétaires. Richard Morrissette, qui possède SorelTracy Nissan, Sorel-Tracy Mitsubishi et Sorel-Tracy Ford, a aussi imposé des mesures strictes d’hygiène. « Il y a du Purell un peu partout. Quand on va reporter le véhicule au client, on lave

Plusieurs mesures sanitaires ont été prises dans les concessionnaires automobiles de la région, dont Pierre Lefebvre Toyota. Dans l’ordre : Claude, Denis et Chantal Lefebvre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

le volant et tout le reste. On a installé des panneaux de plexiglas pour protéger nos employés. On laisse le client faire son essai routier seul et on lui donne un plan pour qu’il sache où aller conduire le véhicule pour qu’il l’essaie dans toutes les conditions. Il y a plusieurs autres mesures et on est contents de voir que les clients répondent bien à ça », souligne-t-il. Le service de changement de pneus est aussi très apprécié. « On va chercher le véhicule chez le client qui laisse ses clés dans sa

boîte aux lettres et on va lui reporter après. On évite ainsi que les clients attendent ici sur place », explique M. Morrissette. Au Prix du Gros, qui comprend les succursales soreloises de Hyundai et Kia, un seul client à la fois peut se présenter dans la salle de montre et il doit être accompagné d’un employé. « On a une personne à chaque place qui s’occupe exclusivement de nettoyer les véhicules et les surfaces. Même chose pour les essais routiers : il faut nettoyer les clés, les

Les consommateurs au rendez-vous La folie des pneus n’est pas aussi intense que par les années passées, constatent les trois propriétaires. « C’est différent qu’avec les pneus d’hiver, puisqu’il y a une date limite pour les installer, mais pas pour les enlever, explique Chantal Lefebvre, de Pierre Lefebvre Toyota. Ce n’est pas aussi intense parce que ce n’est pas conseillé de se promener en auto autrement que pour les déplacements essentiels. » Du côté des ventes d’automobiles, même s’ils ont perdu deux des meilleurs mois de l’année, les propriétaires sont heureux de voir que les clients étaient au rendez-vous lorsque tout a redémarré le 4 mai. Richard Morrissette constate que la clientèle réponde bien jusqu’à maintenant, alors que cinq véhicules ont été vendus le premier jour de réouverture seulement chez Nissan. Même chose du côté du Prix du Gros, constate Richard Macdonald. En deux jours, six véhicules ont été vendus chez Hyundai et sept chez Kia. « Dans tout le groupe du Prix du Gros, 69 véhicules ont été vendus le 5 mai, le plus gros nombre depuis septembre 2019. On n’a pas ralenti, même si on a la moitié de notre staff et que ça prend pas mal plus de temps pour faire une vente avec le processus de désinfection. »


Affaires

Adapter sa production en temps de crise Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

Réorienter sa production en temps de pandémie, c’est le défi qu’ont saisi quelques entreprises. C’est le cas d’Underbase, au centre-ville de Sorel-Tracy, qui a pu demeurer à flot en s’adaptant à la demande. La petite entreprise, qui a pignon sur la rue du Roi, fait généralement dans la production de chandails et d’objets promotionnels personnalisés. Elle s’est d’abord tournée vers la confection de t-shirts avec des écritures « Ça va bien aller » aux couleurs de l’arc-enciel. Puis, au cours des dernières semaines, c’est la confection des masques artisanaux qui occupe le personnel de la boutique, avec deux couturières et une personne à la découpe du tissu. Puisque la demande a explosé avec la recommandation de la Direction de la Santé publique de porter le masque en public. La demande est si forte que la boutique a actuellement une longue liste d’attente. L’approvisionnement en élastique lui cause problème, si bien que des commandes ont été placées chez quatre fournisseurs pour recevoir au plus vite une livraison un lot de 300 mètres d’élastique qui lui permettent de fabriquer 400 masques. Ce qui est devenu une denrée rare. « Les gens sont compréhensifs. Il y en a qui paniquent et qui nous rappellent après une semaine parce qu’ils ne l’ont pas encore

reçu. Nous ne les avons pas oubliés, mais il faut comprendre que nous sommes à la merci des fournisseurs », souligne la propriétaire Amélie Laplante, qui envisageait aussi la possibilité d’acheter un lot de masques d’une entreprise canadienne et devenir une distributrice.

Comme la demande est énorme, l’entreprise n’est toutefois pas en mesure de personnaliser les masques au goût de tout un chacun, comme elle le fait en temps normal avec des commandes de t-shirts ou d’autres produits. « Je le faisais plus au début, mais ça nous faisait perdre un temps fou. C’est pour ça qu’on y va plus pour répondre au besoin qu’à l’esthétisme », explique la propriétaire. Quelques modèles de différentes couleurs sont disponibles. Certains optent pour un modèle uni. Tandis que d’autres y

font apposer une écriture « Ça va bien aller », un logo d’entreprises dans certains cas, ou encore avec des bouches rigolotes ou des dents de requins imprimées sur le tissu. Amélie Laplante admet que ç’a été très stressant d’avoir à se revirer de bord de cette façon. « Parfois, je m’arrête, et je trouve ça irréel d’en être rendu à faire des masques, confie-t-elle. Mais j’y vais avec le besoin de la clientèle et la survie de mon commerce. C’est ce qui permet de payer mes coûts fixes en ce moment. »

Les t-shirts et les masques ont été développés rapidement pour répondre à la demande chez Underbase. Photo gracieuseté

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Plusieurs jeunes à la recherche Sébastien Lacroix | Les 2 Rives

Si certains craignent que le coronavirus et les généreuses mesures mises de l’avant par le fédéral freinent le retour au travail, ce ne serait pas le cas chez les jeunes de moins de 20 ans. Ils sont en effet nombreux à chercher un emploi en ce moment.

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Plusieurs jeunes qui habitent chez leurs parents et qui ne vont plus à l’école, ou à temps très partiel, sont des plus en plus disponibles pour combler des postes dans plusieurs entreprises. C’est ce que constate le Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) Pierre-De Saurel. « Il y a même des parents qui nous appellent. Parce que ça les fatigue de voir leurs enfants toute la journée et qu’ils veulent que leurs jeunes se trouvent de l’emploi, raconte le directeur général du CJE, Mario Fortin. Plusieurs ont réussi à se trouver un emploi chez Walmart, qui a simplifié son processus d’embauche, et dans les marchés d’alimentation. » Il y a toutefois bon nombre d’endroits qui embauchent généralement des jeunes, mais qui ne sont pas ouverts. C’est le cas des bars et des restaurants, mais aussi dans les camps de jour, dont l’ouverture est incertaine au cours des prochains mois. Le programme Emploi d’été Canada, qui permet d’embaucher bon nombre d’étudiants chaque année, tarde lui aussi à se mettre en œuvre cette année. « Plusieurs

sont en attente et n’ont pas eu de réponses sur ce programme. Souvent, les embauches se font tôt, mais les employeurs sont en attente », explique Mario Fortin. Le directeur général du CJE Pierre-De Saurel ne croit pas non plus que la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) sera un frein à la reprise économique. « C’est certain que quand tu fais le calcul, il y a moyen de passer un été assez relax en demeurant sur la PCUE, mais on voit qu’ils cherchent à être actifs, témoigne-t-il. On prête beaucoup de mauvaises intentions aux jeunes, mais nous on voit qu’il y en a plusieurs qui veulent travailler. » L’organisme, qui dessert les chercheurs d’emploi jusqu’à 35 ans, a également reçu bon nombre de demandes de la part des plus vieux. Plusieurs attendent toutefois de voir ce qu’il adviendra de leur travail. « Il y en a qui sont sur la PCU. Comme c’est bon pour quatre mois, ils attendent de voir la reprise, indique Mario Fortin. Il y a beaucoup d’inconnu. Ça vient de repartir, mais on ne sait pas si ça va refermer. » Pour les plus vieux, le CJE a également aidé bon nombre d’entre eux à se trouver du travail dans le milieu hospitalier et des soins de santé en les guidant sur le site JeContribue pour ceux et celles qui n’avaient pas peur de la COVID-19. Il y en a aussi un bon nombre de personnes qui n’étaient pas nécessairement heureuses dans leur travail et qui ont profité de ce « temps d’arrêt » dans leur vie profes-


d’un emploi dans la région

Des jeunes sont prêts à travailler dans plusieurs secteurs où des emplois sont recherchés, dont le commerce au détail. Photothèque | Les 2 Rives ©

sionnelle pour faire appel aux services de réorientation de carrière. Une reprise graduelle chez les 35 ans et plus Du côté de l’Orienthèque, qui dessert les chercheurs d’emploi de plus de 35 ans, on constate une hausse de la demande des services d’accompagnement et d’aide à la recherche d’emplois depuis les annonces de reprise graduelle de l’économie. « La réouverture graduelle des entreprises fait aussi en sorte que les offres d’emplois disponibles commencent déjà à

être plus diversifiées. Ce qui est bénéfique pour les chercheurs d’emploi », indique la directrice générale par intérim, Mylène Castonguay. L’Orienthèque observe également qu’une clientèle a mis ses démarches sur pause. Puisque certaines personnes préfèrent attendre un retour un peu plus à la normale et ainsi pouvoir rencontrer leur conseillère en personne. Des mesures de déconfinement ont d’ailleurs commencé à être mises en place afin de pouvoir accueillir de nouveau la clientèle dans ses locaux du boulevard Poliquin.

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Affaires Malgré la crise, certaines entreprises font des affaires d’or

Pleximax sollicité comme jamais Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Avec la crise entourant la COVID-19, certains secteurs d’activités traversent une période plus difficile que d’autres. Chez Pleximax, les commandes ont explosé, si bien que le propriétaire Christian Deguise a un calendrier de production rempli pour plusieurs semaines.

problème d’approvisionnement pourrait survenir. Le plexiglas est fabriqué au New Jersey et les réserves baissent. « Je ne sais pas s’il y en a qui ont l’idée d’ouvrir une manufacture de plexiglas au Québec ou au Canada, mais ce serait bien le fun, mentionne l’homme d’affaires. On ne subirait plus le taux de change qui n’arrête pas de monter. »

M. Deguise réalise des objets en plexiglas et autres matériaux depuis 28 ans. Son modèle d’affaires a toujours été la fabrication de produits sur mesure, comme des présentoirs et des pare-brise de motos ou de bateau. Depuis le début de la pandémie, son volume d’affaires a grandement augmenté puisqu’en plus des commandes régulières, il reçoit maintenant des demandes pour des panneaux de protection. « Fabriquer un présentoir pour mettre des magazines ou faire un display pour protéger le client et la caissière, au niveau de la fabrication, c’est la même chose en principe, mais là, c’est le volume. C’est une affaire de fou. J’en ai quasiment pour un mois et demi en avant. Puis je voulais ralentir en plus. C’est moins le fun de ce côté-là », explique M. Deguise. En effet, le propriétaire a connu une année plutôt difficile, alors qu’il a perdu sa conjointe et il a lui-même fait face à des problèmes de santé. Avec l’été qui s’en vient, il sait bien que le rythme des commandes ne diminuera pas. Ces temps-ci, en plus d’offrir des dispositifs de protection pour les commerces, M. Deguise fabrique des séparateurs pour installer dans des véhicules. « Les camions des travaux publics, d’Hydro-Québec, peu importe, ça leur prend tous des séparateurs. Les taxis aussi, ça va leur en prendre. C’est loin d’être fini cette affaire-là », lance-t-il. Également, avec le nombre de commandes en hausse constante, un

Et la relève? Christian Deguise aimerait bien pouvoir déléguer graduellement des tâches et compter sur quelqu’un de confiance pour reprendre son entreprise. Cependant, pour le moment, il n’y a pas de candidat en vue. « J’aimerais ça que Pleximax continue, c’est mon bébé, c’est moi qui l’ai fondé. Quand j’ai parti l’entreprise, je travaillais chez Pratt & Whitney et tout le monde me disait que j’allais me planter. Je voulais au moins l’essayer. Et 28 ans plus tard, je suis encore là », souligne le propriétaire, en affirmant que son entreprise roule à fond. M. Deguise a effectivement plusieurs gros clients dans la région, ce qui lui assure une certaine pérennité. « C’est une entreprise qui pourrait rouler à deux ou trois personnes. Mais moi, je le fais tout seul. Ça donne une idée de comment je suis organisé, mais très bientôt, il va falloir que je trouve quelqu’un », ajoutet-il, en précisant que son médecin lui a demandé de ralentir la cadence. Malgré tout, l’entrepreneur ne baisse pas les bras. « Ce n’est pas évident. Ça prend une certaine force de caractère, mais c’est un milieu que j’aime même si c’est très prenant. Où se trouve mon commerce, c’est aussi ma maison et où j’étais tout le temps avec ma conjointe, alors ça brasse des choses. Mais j’ai confiance d’être capable de continuer d’avancer », affirme Christian Deguise.

Christian Deguise connaît une période très achalandée avec son entreprise Pleximax. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

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Affaires

L’industrie de la construction Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives

Alors que la construction résidentielle a repris vers la mi-avril, les autres chantiers ont débuté le 11 mai partout au Québec. Dans la région, les entrepreneurs ont mis tout en branle au cours des dernières semaines afin que les travailleurs soient en sécurité.

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Chez Construction Alexandre Bélisle, le chantier des Habitations Bosco a beaucoup changé. La chargée de projet, Annie Parenteau, a aménagé une toilette avec lavabo au sous-sol pour permettre aux employés de se laver les mains souvent. Les sous-traitants et les employés remplissent chaque jour des documents nécessaires à être envoyés à l’Association professionnelle de construction et d’habitation du Québec (APCHQ) et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). Les masques et les visières sont commandés et devraient arriver sous peu. « L’emphase est de plus en plus mise sur se tenir à deux mètres l’un de l’autre. On se le dit beaucoup entre nous. Quand c’est recommencé le 20 avril, j’étais tous les jours sur le chantier pour m’assurer que les règles soient respectées. Ça peut être stressant pour les employés, c’est important d’en jaser », souligne Mme Parenteau, en ajoutant que ses 25 employés sont revenus au travail à la date prévue pour ses deux chantiers, soit les Habitations Bosco et les quadruplex sur le chemin des Patriotes.

Des affiches sont installées sur les chantiers. Photo gracieuseté

Du côté des Habitations Regard-sur-leFleuve, près de l’Hôtel-Dieu de Sorel, les interventions ont aussi repris le 20 avril sur le chantier. Le gestionnaire du projet, Construction Sorel, a mis en place plusieurs mesures. « Les gars prennent ça au sérieux, il n’y a vraiment pas beaucoup d’interventions à faire », note le président Sylvain Descheneaux. Des inspecteurs sont passés sur les chantiers des deux entrepreneurs et tout est conforme, assurent-ils. Des défis Chez Construction Sorel, M. Descheneaux estime que l’entreprise a arrêté « à 95 % » pendant environ un mois. Un chiffre d’affaires qui ne sera pas récupéré. « Oui c’est un ajustement, oui il y a des coûts ratta-


Affaires

a pris toutes les mesures

Aux Habitations Bosco, les mesures de distanciation sociale sont respectées entre les travailleurs. Photo gracieuseté

chés à ça, mais je ne pense pas que ce sera aussi pire que certaines études qui parlaient de pertes de productivité de 20 %. […] On espère qu’il n’y aura pas de vacances de la construction, mais on ne sait pas ce qui va arriver avec ça », souligne-t-il. Cette pause a toutefois permis à l’entreprise de rattraper un retard dans certains dossiers. « On est toujours dans l’instantanéité, donc a pris le temps de faire un ménage de la cour. Les employés en santé et sécurité ont travaillé très fort aussi », ajoute-t-il. L’entreprise soreloise compte une vingtaine de chantiers, dont quatre majeurs à Montréal, où l’éclosion de COVID-19 est la plus forte au Canada. Bien que les chantiers industriels ont redémarré le 11 mai, pas question de pousser la machine à fond,

prévient Sylvain Descheneaux. « Il ne faut pas repartir les travaux à 125 milles à l’heure. Il faut y aller graduellement, s’assurer que toutes les mesures sont prises en bonne et due forme. » Chez Construction Alexandre Belisle, la situation des locations est plus difficile. Plusieurs logements doivent être livrés pour le 1er juillet et l’équipe travaille fort pour finir les deux projets à temps. « Les gens ne sont pas sortis et n’ont pas pu visiter les logements pendant un mois. On se ramasse tout près de juillet. J’ai beaucoup de gens de 60 ou 70 ans qui veulent louer dans les Habitations Bosco, mais qui sortent encore très peu. On prend donc d’autres approches, comme en diffusant des vidéos en direct », conclut Annie Parenteau, qui a déjà loué 47 de ses 56 logements.

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Affaires Temps durs pour le milieu culturel

« On sera le dernier wagon à se raccrocher au train »

– Marie-Josée Bourbonnais

Katy Desrosiers | Les 2 Rives

Le milieu culturel est particulièrement touché depuis le début de la crise. Les événements rassemblant des foules ont été les premiers suspendus et seront probablement les derniers à reprendre. Chez Azimut diffusion, malgré tout, on se prépare pour l’après. La programmation automne 2020 devait au départ être lancée la semaine dernière. « On nage dans beaucoup d’incertitude. On reporte beaucoup de spectacles qui risquent d’être re-reportés. Ce qu’on entend de plus en plus, c’est que même l’automne demeure incertain. Peut-être même que pour le théâtre, la danse ou la musique, si les compagnies ne peuvent pas répéter, elles ne pourront pas offrir de spectacle. On sera probablement le dernier wagon à se raccrocher au train », souligne la directrice générale d’Azimut diffusion, Marie-Josée Bourbonnais. Plus de détails sur la relance devraient être connus en juin. Cependant, Mme Bourbonnais constate que plus les annonces tardent, plus il sera difficile d’offrir une saison à l’automne. Elle craint également de ne pas pouvoir replacer tous les spectacles déjà prévus en raison de conflits d’horaire.

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Des spectacles en distanciation sociale La directrice doute qu’il soit réaliste d’offrir des spectacles avec des critères stricts de distanciation sociale. « Simon Leblanc, c’est complet. S’ils disent de le présenter avec une distanciation sociale, je fais quoi? C’est sûr que je ne peux pas dire à des gens “Vous, vous ne viendrez pas”. Ça ne se fait pas », affirme Mme Bourbonnais. Elle se demande aussi si les artistes accepteront de présenter du matériel devant un public grandement réduit et avec un cachet moindre. Si elle est en mesure d’ouvrir sa salle seulement au quart, cela signifie le quart des revenus. Il serait aussi impensable, selon elle, d’offrir le service de bar. Et pour s’assurer du respect des mesures et du nettoyage adéquat de tout, elle devrait se trouver plus d’employés. « Le calcul ne tiendrait pas la route », avance-t-elle.

Impossible de savoir pour l’instant quand les diffuseurs comme Azimut diffusion pourront reprendre leurs activités. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La directrice se questionne aussi sur la possibilité d’offrir du contenu en ligne pour garder un lien avec le public. Seulement, si elle va dans cette direction, elle veut s’assurer que ce sera du contenu de qualité. L’après Pour le moment, le diffuseur garde la tête hors de l’eau financièrement. « Ce qui nous a aidés à garder le cap, c’est qu’on avait vraiment une belle lancée. De repartir la machine, ça va être difficile, mais comme on a eu une belle année, ça aide à passer les premiers mois de la crise. On est capable de s’en sortir pour un bout, mais on ne pourrait pas durer un an sans support », souligne-t-elle. Comme l’équipe est très petite, la plupart des employés ont conservé leur emploi. Azimut diffusion bénéficie aussi de la subvention salariale et les deux paliers de gouvernement ont versé un certain montant de leurs subventions habituelles. « J’espère cependant que le gouvernement a prévu de l’argent pour la relance, parce que ce sera important. On devra probablement se réinventer. Comment les gens vont se comporter? Le jour où ce sera correct, est-ce qu’ils auront le goût de venir? », se questionne Mme Bourbonnais.


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