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Jeudi 6 décembre 2018 | Volume 43 | 12 e Numéro

TRANSFORMATION ALIMENTAIRE

La qualité à l’avant-plan!

Aussi dans cette édition : Gagnants du Gala Excellence Agricole Montérégie-Est ............p. 12 PDZA : La saison des consultations bat son plein! ...................p. 14 Enrichir les aliments de probiotiques grâce à 25 ans de recherche de pointe! ...................................p. 16 Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©


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FROMAGERIE FRITZ KAISER - NOYAN

Une carte de fromages impressionnante

Véronique LEMONDE GTA

Dans le cadre du 20e anniversaire de la Sélection Caseus, le concours des fromages du Québec, la Fromagerie Fritz Kaiser est revenue à la maison avec cinq prix sur les 27 remis à différents fromages d’ici. C’est que la fromagerie du sud de la Montérégie est habituée aux honneurs et aux distinctions remis à ses produits de grande qualité. Ouverte en 1985, la Fromagerie Fritz Kaiser est le résultat de l’expertise suisse, le pays d’origine de M. Kaiser, et d’une préoccupation particulière pour l’innovation fromagère. C’est en 1978 que Fritz Kaiser, Suisse allemand, rejoint sa famille qui a déménagé au Québec aux alentours de 1975. « J’ai suivi quatre ans de formation en laiterie et fromagerie en Suisse avant de rejoindre ma famille ici. Puis, vers

1980, j’ai décidé de rénover une ancienne laiterie qui se trouvait près de notre maison à Noyan pour débuter la production de fromages de type raclette », de dire le fromager. C’est alors une époque où le Québec produit encore très peu de fromages. Pourtant, des chroniqueurs vins comme le Belge Jules Roiseux invite de plus en plus les Québécois à la découverte, qu’elle soit viticole ou fromagère. « Les Québécois sont très fidèles et quand ils aiment un produit c’est gagné! J’espérais, avec mes premiers fromages, contrer un peu l’importation de fromages européens ici. Que les Québécois consomment des produits faits ici. »

Des coups de cœur Très bien située en tant que fromagerie de taille intermédiaire, la Fromagerie Fritz Kaiser distribue ses produits dans plusieurs chaînes comme les IGA, Métro, Sobeys et Costco. Avec ses produits de raclette en tranches et préemballés, la fromagerie a facilement conquis le cœur des consommateurs. Au-delà de ses fromages à raclette, la Fromagerie Fritz Kaiser a aussi décliné

Photos Robert Gosselin | Le Courrier ©

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ ET PRODUCTION :

ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté

une variété impressionnante de fromages à croûte lavée de type ferme, qu’ils soient de pâte molle, demi-ferme ou ferme. Son réputé Douanier, un demi-ferme séparé en son centre par une cendre végétale comestible, a remporté en 2004 le Grand prix des fromages canadiens. Le Chevrochon, un fromage 100 % lait de chèvre à pâte molle, et le Sœur Angèle, un fromage à pâte molle à croûte fleurie de type camembert mélangeant lait de chèvre et lait de vache, ont aussi eu de belles distinctions en remportant, dans leur catégorie respective, le bronze au World Cheese Awards de 2011. Avec une usine complètement rénovée en 2010-2011, avec de l’équipement neuf provenant directement de Suisse, la Fromagerie Fritz Kaiser ne cesse d’innover et déjà, la relève prend forme avec les trois fils de M. Kaiser qui s’impliquent dans l’entreprise. « Adrian a été formé en Suisse pendant trois ans, dès ses 17 ans, et aujourd’hui, il s’occupe de tout ce qui touche au contrôle de la qualité, les audits, etc. Noah, lui, met la main à la maintenance, la soudure industrielle et à la comptabilité. Le plus jeune travaille aussi dans l’usine lorsqu’il revient de l’école. » Possédant des machines semiautomatique pour laver les croûtes des fromages, Fritz Kaiser est également à faire l’acquisition d’un robot complète-

PUBLIÉ PAR:

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ment autonome qui pourra laver les croûtes d’une pièce au complet, par exemple. « Nous n’avons pas le choix d’aller vers des technologies de pointe, car cela permet, en partie, de combler la pénurie de main-d’œuvre à laquelle nous faisons face en fromagerie. C’est un travail très physique et il est difficile de recruter. Nous pensons même engager pour la première fois des Guatémaltèques l’an prochain », conclut M. Kaiser. fkaiser.com

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est

PAPIER FABRIQUÉ AU QUÉBEC. Merci de recycler ce journal.

Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

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Fritz Kaiser présente ici un magnifique plateau de fromages tous fabriqués à Noyan, parmi lesquels L’Empereur, le Pont Tournant, le Sœur Angèle et le Douanier.

Dorénavant, les croûtes des fromages sont lavées à l’aide de cette machine semiautomatique qui accélère grandement le rythme de travail.


FERME MAUI - LAC BROME

Pour le bon goût de l’agneau frais Véronique LEMONDE GTA

Même s’ils sont pratiquement des nouveaux venus en élevage ovin, depuis 2014, Steve Beerwort et Myriam Grenon ont déjà l’un des plus gros troupeaux de moutons Dorper au Canada, avec 350 brebis et huit mâles de reproduction. En 2018, près de 125 agneaux ont été commercialisés par le jeune couple. « Dans le Dorper, nous avons une très belle grosseur de cheptel, constate Myriam Grenon, agronome de formation. Nous en avons assez pour en vendre un lot s’il y a une demande pour cela, pour vendre quelques agneaux légers, moins de 80 livres, en encan, pour vendre plusieurs agneaux lourds à Agneaux Québec et pour vendre des femelles de reproduction. Mais surtout, nous misons sur la transformation de la viande et la vente à la ferme et dans quelques points de vente à nos clients. » Originaire de l’Afrique du Sud, le mouton Dorper est un croisement entre le Dorset et le Persian. Au Québec depuis peu, moins de 25 ans, la faible présence de laine de cette race - les moutons ont seulement une toison épaisse sur le dos - confère à sa viande un goût qui plaît bien aux consommateurs. « Comme nous avions une étable froide sur place, nous nous sommes tournés vers cette race très rustique qui supporte très bien les climats froids. Aussi, les agneaux sont prêts pour le marché rapidement, à 6-8 mois d’âge, ce qui donne beaucoup de tendreté à la viande. Dès le début, nous avons beaucoup aimé cette race », ajoute Mme Grenon.

Créer une lignée pur sang

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Déménagé sur la ferme de la famille de Steve Beerwort, à Lac Brome en 2012, après s’être connu à Québec, le

couple continua pendant quelque temps la production familiale de taures de remplacement. C’est en 2014 qu’ils achètent deux petits troupeaux de Dorper, pur sang et croisé, et délaissent les taures. « Il n’y a pas beaucoup de services dans l’élevage ovin, donc nous avons dû apprendre pas mal par nous-mêmes. Cependant, comme les moutons sont aussi des ruminants et que Steve a travaillé sur la ferme familiale toute sa vie et est technicien agricole, c’est le même genre d’alimentation que les vaches », explique Myriam Grenon. Expansion et logistique obligent, plusieurs rénovations ont tout de même dû être faites pour organiser l’étable qui était auparavant destinée à des vaches. Une maternité, des aires d’engraissement et différents parcs sont disponibles pour le cheptel de la Ferme Maui qui va aussi à l’extérieur. La Ferme Maui a aussi décidé de miser sur la pureté de son troupeau en acquérant des sujets des lignées les plus intéressantes possible, question de pouvoir offrir des brebis reproductrices de grande qualité. « Nous avons vite réalisé que plusieurs Dorper provenaient souvent des mêmes lignées de base au Canada, donc les risques de consanguinités sont plus grands. Nous nous sommes donc tournés vers l’achat de béliers reproducteurs en Saskatchewan et en Iowa, par exemple, pour diversifier notre troupeau et le rendre de plus en plus pur sang. »

Boutique à la ferme Cependant, ce qui motive le plus le couple Beerwort-Grenon, c’est d’offrir une viande savoureuse directement à la ferme, à ses clients de plus en plus nombreux. « Nous visons des agnelages à l’année pour toujours avoir de la viande disponible pour nos clients.

Steve Beerwort et Myriam Grenon posent avec un agneau de race Dorper de quelques semaines. Photo François Larivière | Le Courrier ©

C’est notre objectif premier. En misant sur l’achat local, nous contrôlons le prix de nos coupes et la qualité. » La boutique, directement à la maison de la Ferme Maui, offre des produits frais et surgelés. Côtelettes, rôtis, jarrets, carrés et viande hachée côtoient agneaux entiers, mais également cretons d’agneaux et bacons fumés. Le couple offre également des œufs frais, du poulet de grain et depuis peu, du bœuf. « Nous commençons doucement dans le bœuf Wagu et Angus élevé à l’extérieur en champs. Nous avons 13 têtes présentement qui sont nourries aux grains tous les jours. C’est notre nouveau projet. » Des produits de la Ferme Maui sont aussi disponibles dans une boucherie de Bromont et dans trois IGA de la région de Brome-Missisquoi. Facebook « Ferme Maui » pour plus de renseignements.


FERME MES PETITS CAPRICES - SAINT-JEAN-BAPTISTE

Une famille adepte de produits frais Véronique LEMONDE GTA

Ils se sont connus durant leurs études collégiales à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Gestion d’entreprise agricole (GEA), tous deux issus de fermes familiales. Puis, c’est en achetant une fermette à SaintJean-Baptiste, dans le rang des Étangs, que Charles Boulerice et Diane Choquette ont décidé de se lancer dans la fabrication artisanale de fromage de chèvre. « En achetant la maison ici, nous nous trouvions à reprendre la production de fromage des propriétaires précédents qui vendaient tout, c’est-à-dire le troupeau de chèvres alpines, les ruches et la clientèle bien entendu! », explique M. Boulerice. La quarantaine de chèvres côtoient donc les rangées de bleuets (500 plants) qui furent ajoutées par la suite, mais également quelques vaches et bœufs Ayrshire et Galloway, des lapins, des poules pondeuses et des poulets de grain. Le couple possède finalement des terres de grandes cultures à Saint-Édouard dans le sud-ouest de la Montérégie.

Des fromages appréciés La fromagerie, à même la maison de la famille qui compte deux fils, a son petit coin boutique champêtre et sa cuisine certifiée pour la transformation du lait de chèvre en savoureux fromages. C’est Diane Choquette qui met la main à la pâte pour les opérations de transformation, elle qui a acquis un permis de transformation.

C’est tous les deux jours que Diane entreprend de transformer le lait du troupeau qui est nourrit au foin et au pâturage. Très apprécié, le Capri... Cieux, un fromage de pâte fraîche, se décline de manière amandière, ail et fines herbes et poivrée. Les Perles de chèvres, des boules de fromage frais baignant dans l’huile aromatisée, valent, à elles seules, l’arrêt à la boutique de la fromagerie. Le feta de chèvre, le Micherolle, un demi-ferme, ou le Chèvratout, un type cheddar, viennent également enrichir l’offre de quelque 15 produits de la Fromagerie Mes Petits Caprices. « Nous souhaitons surtout maintenir une gamme de produits que les gens aiment beaucoup. C’est ce qui nous préoccupe le plus », souligne M. Boulerice. La boutique est ouverte du mercredi au dimanche, toute l’année, à l’exception de janvier et février, question de laisser le temps aux chèvres de mettre bas à la fin de l’hiver.

La Fromagerie Mes Petits Caprices offre une quinzaine de produits transformant le lait de chèvre.

Familial avant tout! À la Fromagerie Mes Petits Caprices, tout le monde s’implique, même les deux jeunes fils du couple. « Félix et Étienne ont leurs propres passions. Étienne s’occupe des poules pondeuses en ramassant les œufs et nourrissant ses poules. Félix, lui, a décidé récemment d’élever des poulets de grain et cela fonctionne très bien. Il s’occupe lui-même de son élevage et son poulet est déjà en demande. » Un amour pour les produits frais et pour l’agriculture que le couple a aisément transmis à ses enfants!

Charles Boulerice et Diane Choquette, avec un de leurs fils, Félix. Photos François Larivière | Le Courrier ©

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MISSISKA ÉLEVEURS ET FROMAGERS - BEDFORD

Des produits signature au lait jersey Véronique LEMONDE GTA

Une gorgée du lait de vache jersey de Missiska et vous revoilà directement revenu à vos 5 ans! Onctueux et jaune gourmand, le lait de vache jersey contient 5 % de matières grasses, 20 % de plus de calcium et 18 % de plus de protéine que le lait en épicerie. Beaucoup plus protéiné, ce lait entier non homogénéisé est en voie de devenir un produit vedette de la ferme Missiska où un troupeau de 60 jerseys

font la belle vie sous les soins de Caroline Pelletier et Paulin Bard, à Saint-Armand. À l’avant-garde, la ferme Missiska sélectionne ses animaux de reproduction afin d’avoir un maximum d’animaux pourvus du gène A2A2, qui favorise la production de lait plus riche en caséine bêta (ß) de type A2, une protéine aux nombreux avantages. Un lait plus riche en caséine ß de type A2 causerait moins d’effets indésirables aux personnes intolérantes aux protéines laitières. Actuellement, entre 85 % et 90 % du troupeau de Missiska sont pourvues du gène A2A2, alors que naturellement la race jersey compte environ 65 % d’individus avec ce gène. « La conversion du troupeau pour avoir un maximum de sujets avec le gène A2A2 est longue et fastidieuse. Il faut être patient. Cependant, l’importance que nous accordons à la génétique de notre troupeau a ensuite un impact direct sur la matière première, soit le lait », d’expliquer Caroline Pelletier. Nourris exclusivement de fourrage produit à la ferme, les vaches jerseys mâchent plus finement leur nourriture, ce qui permet d’apporter plus efficacement l’ensemble des nutriments tirés de leur alimentation dans leur lait.

La naissance d’une passion

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Le Jersey royal, coulant à souhait avec ses arômes de beurre et de crème, est le produit phare de Missiska.

C’est avec l’appui du Programme d’aide au démarrage d’entreprises laitières des Producteurs de lait du Québec que le couple obtient le prêt d’un quota de 10 kg pour débuter l’élevage de vaches jerseys en 2008. Maintenant dans le domaine de

La fromagerie-boutique Missiska a ouvert en avril dernier, à Bedford. Photo Claude Saucier

l’élevage depuis 20 ans, Caroline Pelletier se souvient encore de ses premières jerseys vers ses 17-18 ans, un cadeau de son père. « J’ai tout de suite eu un coup de cœur pour ses petites vaches élégantes et faciles à manipuler », soutient celle qui a été élevée sur la ferme familiale. Depuis, la transformation et la création de produits de hauts standards ont été au cœur des préoccupations de Caroline et Paulin. C’est ainsi qu’est né le Jersey royal, un fromage à pâte molle affiné 10 jours de type chaource. Le Chaource, un fromage à pâte molle à croûte fleurie à prédominance lactique, est issu d’une technique de fabrication française de la région d’Aube. « C’est très peu connu ici au Québec, en fait, le Jersey royal est le premier fromage de type chaource créé ici. » Le résultat est très onctueux et surtout, reconnaissable à la texture très

coulante qui suit les rebords de sa croûte fleurie. À la boutique, du fromage de grains de différentes saveurs, du fromage de type cheddar, les yogourts et le sérac, un fromage frais blanc maigre fabriqué à partir de petit-lait - « un cousin du ricotta » -, côtoient donc le Jersey royal dont la réputation ne cesse de croître. « Nous avons eu un très gros été à la fromagerie-boutique. Nous sommes très bien situés à Bedford et nous nous sommes bien positionnés dans les guides touristiques et sur les cartes vélo. Nous avons un très bon réseau de distribution dans la région de Brome-Missisquoi et du Richelieu, et nous commençons à nous retrouver à Montréal et dans certains restaurants. » missiska.com


Se former pour transformer ÉLIANE PROVOST

Répondante en formation agricole Collectif en formation agricole Montérégie

GUYLAINE MARTIN

Répondante en formation agricole Collectif en formation agricole Centre-du-Québec

Au Québec, pour obtenir un permis de démarrage d’une entreprise de transformation artisanale de fromage ou autres produits laitiers délivré par le MAPAQ, il faut obligatoirement avoir suivi la formation Contrôle de la fabrication artisanale de fromage offerte à l’ITA. La formation d’une durée de 51 heures couvre toutes les étapes de fabrication artisanale de fromage et d’évaluation du lait. Les apprenants y travaillent avec plusieurs produits comme le lait de chèvre, de brebis et de vache.

Outre la formation préparatoire à l’obtention d’un permis, il est possible de se former dans toutes les sphères du métier de fromager. Plusieurs maisons d’enseignements offrent des formations variées pour répondre à différents besoins. Le Centre d’expertise fromagère du Québec se concentre sur la maîtrise du contrôle des leviers technologiques. Aussi, des formations sur les fromages fermiers artisanaux et sur les laits fromagers peuvent se mettre en place. Il suffit d’exprimer son besoin de formation à sa répondante en formation agricole. Les gestionnaires devront suivre l’incontournable formation sur l’hygiène et la salubrité alimentaires.

La Société d’Agriculture de Saint-Hyacinthe souligne l’excellence en Grandes Cultures dans notre région! La Société d’Agriculture de SaintHyacinthe a récompensé les efforts des meilleurs producteurs agricoles de l’année, lors de son 32e concours régional de Grandes Cultures, dans les catégories Soya, Maïs, Luzerne, Blé et Orge. Les participants provenaient des six sociétés membres de la Société d’Agriculture de Saint-Hyacinthe. Les juges des concours locaux de chacun des comtés pour 2018 étaient Érika David-Dandurand et Claude Charron pour Rouville, Jean-Pierre Desnoyers pour la Vallée des Maskoutains, Sylvain Giard pour Bagot, Claude Charron pour Chambly, Sylvain Beauregard pour Verchères et Yves Fraser pour Richelieu. Bernard Nadeau, juge régional, a évalué les cultures au champ des finalistes, selon plusieurs critères, dont la régularité du semis, le respect de l’environnement, le contrôle des mauvaises herbes, le rendement, la présence de maladies ou d’insectes et l’apparence générale du champ. Les finalistes dans chaque catégorie ont préalablement remporté le premier prix au

niveau local, dans les Sociétés d’Agriculture membres de La Société d’Agriculture de Saint-Hyacinthe. Ce concours régional de Grandes Cultures vise à valoriser la profession des producteurs en grandes cultures et à récompenser leurs efforts pour viser l’excellence. Les gagnants 2018 - Premier prix, catégorie Soya Ferme Grand Rang inc., Laurent et François Bousquet, La Présentation - Premier prix, catégorie Maïs Ferme Jeanipa inc./Maryse Ménard et Pascal Bernier - Premier prix, catégorie Luzerne Ferme Bertrand Rochat, Saint-Césaire - Premier prix, catégorie Blé Ferme Beauvide Inc./Serge Mailloux, Saint-Angèle de Monnoir - Premier prix, catégorie Orge Ferme Mario Bernier inc./Mario Bernier, Saint-Hyacinthe La Sociéte d’Agriculture de Saint-Hyacinthe remercie les différents partenaires du Concours Grandes Cultures 2018.

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Un beau succès pour le Gala Excellence Agricole Montérégie-Est C’est sous le thème « L’agriculture sans limites! » qu’Errol Duchaine, animateur reconnu, a assuré le déroulement efficace et d’une façon des plus chaleureuse, le premier Gala Excellence Agricole Montérégie-Est, le samedi le 24 novembre, au

Pavillon La Coop, situé sur le site d’Espace Saint-Hyacinthe. Les Sociétés d’Agriculture de SaintHyacinthe et de Richelieu, en collaboration avec les Sociétés d’Agriculture de Rouville, de Chambly, de Verchères, de la Vallée des

Maskoutains et de Bagot, sont fières des résultats obtenus de ce premier Gala. L’objectif recherché et atteint était de mettre en valeur et de récompenser les productrices et les producteurs agricoles, entreprises, hommes et femmes, parmi

les grands de la profession reliés au monde agricole. Le Gala Excellence Agricole Montérégie-Est est sans contredit un nouvel événement régional qui saura faire sa marque au fil des années. Lors des présentations de chacune des douze catégories, les 550 convives ont pu estimer la valeur des lauréats et de la démonstration de leur passion.

Lauréats 2018 du Gala Excellence Agricole Montérégie -Est

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Photo Philippe Manning, IPIX.TV

- Production végétale Ferme Joalin - Jeune ambassadeur Maxime Jodoin - Entreprise agricole Ferme Colette et fils inc. - Innovation Technologies Terralis - Agro-environnemental Ferme Clovis Gauthier et fils - Intervenant économique Prograin - Distinction Ferme avicole B. Morin et fils inc. - Ferme ancestrale Ferme J.C. Marcil - Mérite exceptionnel Jacques Rémy - Nouvelle entreprise Ferme de l’Étang - Femme dans le monde agricole Jacinthe Guilbert - Excellence agricole Michel Gauvin


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PDZA : La saison des consultations bat son plein! Serez-vous de la partie?

ÉVELYNE VOULIGNY

Conseillère en aménagement et en développement rural, MAPAQ Montérégie

C’est bien connu, le métier de producteur ou productrice agricole est prenant. Les moments sans travaux ou sans « remplissage de paperasses » sont rares. Néanmoins, l’arrivée des premières neiges coïncide souvent avec le début d’une période plus tranquille pour la plupart des agriculteurs. Tranquille, vraiment? Comme tous savent que la fenêtre temporelle pour profiter de la participation des producteurs est étroite, tout un chacun programme la tenue d’activités durant l’hiver, et plus particulièrement en décembre et en janvier. Ainsi, les sollicitations fusent de toutes parts : activités de formation, journées d’information, congrès et… séances de consultation pour les plans de développement de la zone agricole (PDZA). Eh oui, les MRC convoquent elles aussi les producteurs agricoles durant la « saison morte »! Actuellement, en Montérégie, les MRC de La Haute-Yamaska et de Roussillon franchissent la dernière étape dans la préparation ou la révision de leur PDZA. Au moment de la validation de leur plan d’action, elles voudront compter sur la

collaboration du monde agricole afin de susciter l’adhésion à leur démarche. Mais… est-ce une invitation à reléguer aux oubliettes ou une réelle occasion de contribuer à une démarche significative?

Cependant, encore faut-il que les producteurs souhaitent être rencontrés!

PDZA, vous dites?

Dans toute démarche participative, la mobilisation est le nerf de la guerre. Celle des producteurs agricoles peut être déterminante dans les suites à donner à un PDZA. Pour preuve, ce témoignage d’une productrice de la MRC de Pierre-De Saurel : « J’avais assisté aux consultations publiques. […] J’avais observé qu’il y avait encore du travail pour rétablir le lien entre les milieux agricole et urbain. J’avais peur que les consultations soient mises sur la tablette, mais on voit des actions concrètes arriver. Je suis fière que la MRC ait compris les enjeux de notre génération. »1 En d’autres mots, l’engagement des producteurs agricoles dans le processus qui mène à la concrétisation du PDZA est l’assurance que leurs préoccupations seront comprises et prises en considération. Aussi, le 12 décembre, la MRC de Roussillon organise une séance de consultation pendant laquelle les participants seront appelés à voter sur l’à-propos des différentes actions mises en avant (voir l’encadré), alors que, dans La Haute-Yamaska, on vient tout juste de tenir une consultation sur le diagnostic et la vision de développement; dans ce cas, les producteurs agricoles seront de nouveau convoqués pour valider le plan d’action à la fin du mois de janvier 2019. Ces rendezvous seront-ils à vos agendas?

Au premier abord, l’acronyme n’évoque pas grand-chose. Mais c’est bien l’appellation que l’on donne à ce document, proche cousin d’un travail de planification stratégique, dont se dotent les MRC depuis maintenant dix ans. Le PDZA vise à mettre en valeur la zone agricole d’une MRC en favorisant le développement durable des activités agricoles. Il repose sur un état de la situation et sur la détermination des possibilités de développement des activités agricoles. Le PDZA permet de définir des actions concrètes pour stimuler le développement de l’agriculture. Une MRC le conçoit et le met au point en tenant compte des particularités régionales et en faisant appel à la collaboration des acteurs du milieu. Par acteurs du milieu, on entend les élus municipaux et les représentants de l’UPA, les agents du développement économique et de l’aménagement du territoire, mais aussi les producteurs agricoles. Ces derniers possèdent un savoir unique lié à une connaissance intime de leur secteur d’activité et du territoire qu’ils occupent. Dans le contexte de la préparation d’un PDZA, il est essentiel d’aller à leur rencontre, d’où l’intérêt des séances de consultation.

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PARTICIPEZ À LA

JOURNÉE TRANSFORMATION ALIMENTAIRE

Avec la collaboration des producteurs agricoles, tout le monde y gagne!

1 « Un circuit gourmand voit le jour dans la MRC de Pierre-De Saurel », Les 2 Rives, 5 juin 2018.

Producteurs agricoles de la MRC de Roussillon, prononcez-vous sur les actions du Plan de développement de la zone agricole! La MRC de Roussillon souhaite entendre votre voix sur les actions à mettre en place de manière prioritaire selon vous dans le plan de développement de la zone agricole. La consultation s’adresse aux producteurs agricoles, aux partenaires du milieu, aux transformateurs, aux citoyens et aussi aux consommateurs des produits régionaux. Consultation publique Mercredi 12 décembre 18 h 30 Exporail, le Musée ferroviaire canadien 110, rue Saint-Pierre Saint-Constant Pour plus de renseignements, visitez le www.roussillon.ca/pdza ou communiquez avec Marie-Ève J. Turcotte, coordonnatrice au codéveloppement agricole et agroalimentaire de la MRC de Roussillon, à me.jturcotte@mrcroussillon.qc.ca ou au 450 638-1221, poste 222.

LE RENDEZ-VOUS DES ENTREPRENEURS DU SECTEUR AGROALIMENTAIRE EN MONTÉRÉGIE! DES CONFÉRENCES SUR DES SUJETS D’INTÉRÊT

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La boutique éphémère et le push and pull

JULIE PIVIN

Conseillère en transformation alimentaire MAPAQ Montérégie

En général, ce sont les besoins des consommateurs qui sont à l’origine des changements dans le commerce de détail. L’évolution des dernières décennies le montre bien. Les commerces de quartier ont laissé leur place aux magasins à grande surface et ces derniers se voient aujourd’hui bousculés par le commerce en ligne. Cette réalité touche aussi le marché de l’alimentation. Les plus âgés se rappellent sans doute l’époque où l’on faisait l’épicerie une fois par semaine, toujours le même jour. Ce temps est révolu. Aujourd’hui, on va à l’épicerie comme on ouvre la porte du réfrigérateur, presque à toute heure. On choisit au jour le jour, on recherche la qualité et surtout la fraîcheur et on se soucie de la provenance des aliments. Du même coup, il existe déjà plus d’une façon de vendre des denrées alimentaires en ligne. Ma collègue, Julie Chabot, conseillère en transformation alimentaire, a recensé les options suivantes : la boutique en ligne propre à

un producteur ou à un transformateur; la boutique spécialisée en ligne qui regroupe des produits selon une similarité; l’abonnement ou la formule « boîte »; le regroupement de producteurs et de transformateurs qui offrent leurs produits dans une plateforme Internet collective; le site d’achats groupés qui permet aux consommateurs de profiter d’un prix à la baisse; l’épicerie ou le supermarché en ligne. Mais, le commerce en ligne sert-il bien les intérêts de la majorité des entreprises de transformation alimentaire? Selon Françoise Beaudet, professionnelle de la mise en marché, « c’est une belle stratégie commerciale qui s’oriente vers une clientèle assez branchée côté réseaux sociaux, les trentenaires, les milléniaux qui aiment la spontanéité et vivre des expériences fortes qui seront partagées très rapidement. Pour les séduire, il faut un plan de communication très fort et être présents et actifs sur les réseaux sociaux. Il faut savoir créer un buzz autour de son produit et surtout de l’événement ». Mme Beaudet traite bien le sujet sur son site Internet En pratique.ca. Pour être reconnu et faire de la revente, il faut d’abord et avant tout être connu. C’est ici qu’entre en jeu un concept qui gagne en popularité dans toutes les sphères du commerce de détail, à savoir la boutique éphémère ou la pop-up shop. La boutique éphémère a une durée d’une journée à trois mois. Elle se veut un lieu

de rencontre spontané, un lieu d’échange avec le client, ce que le commerce en ligne n’offre pas nécessairement. C’est pourquoi des commerçants qui ont opté pour la vente en ligne font aussi le choix d’organiser de ces boutiques éphémères, puisque, de cette façon, le consommateur peut voir, toucher, goûter et sentir le produit qu’il convoite. Toque & Tablier a tenu ce pari en louant un espace dans un centre commercial de Laval pendant deux mois, afin de présenter sa collection de gâteaux aux fruits, qui marient saveurs et ingrédients peu communs. La présidente de cette jeune entreprise, Marylin Trudel, souhaitait mettre en pratique la stratégie du push and pull ou du pousser-tirer au moyen d’une boutique éphémère et ainsi pénétrer un nouveau marché où l’entreprise n’était que très peu présente jusqu’à ce moment. « La notion de saisonnalité est importante, compte tenu du type d’aliments que l’on prépare. La boutique éphémère nous permet d’obtenir une grande visibilité pour notre marque auprès des consommateurs, sans avoir à financer l’établissement d’une boutique permanente 12 mois par année. Autrement dit, compte tenu de notre réalité, la boutique éphémère nous permet d’être présents quand ça compte! Dans notre segment de marché, les consommateurs préfèrent pouvoir goûter au produit avant d’acheter, ce que nous

permet notre point de vente temporaire. Par la suite, une fois que le produit est connu du consommateur, ce dernier est à l’aise d’utiliser la boutique en ligne pour commander à nouveau. » La technique du pousser-tirer consiste à attirer la clientèle à la boutique pour lui faire découvrir les produits, pour ensuite l’inviter à se procurer plus de produits chez les détaillants partenaires de la région qui les auront en stock toute l’année. Ainsi, c’est la boutique qui va à la rencontre du client, tout en bénéficiant non seulement de l’achalandage déjà acquis du centre commercial, mais aussi d’une source inestimable de commentaires et d’appréciations du produit. Les agrotransformateurs exploitent déjà très bien ce concept sous une autre forme. Les marchés fermiers ou les foires automnales où des marchands se regroupent pour faire découvrir leurs nouveautés de l’année restent d’actualité, mais ces derniers ne s’endorment pas sur leurs lauriers : année après année, ils rivalisent d’originalité pour se distinguer et proposer une expérience culinaire ou alimentaire qui comble de façon marquante les cinq sens de la clientèle, tout en lui faisant connaître les points de vente de leurs produits. Retenons de tout cela que les habitudes des consommateurs évoluent, si bien que l’industrie doit s’adapter. Usez donc de créativité et soyez à l’écoute de vos clients!

Les facteurs de risques dans la transition à la production animale biologique La tenue des registres

MARIE-ÈVE DUBUC, AGRONOME Conseillère en production animale MAPAQ Montérégie

La compréhension du processus de certification Un deuxième facteur de risque fréquemment souligné est la difficulté de bien comprendre et de maitriser le processus de la certification. L’agriculteur qui amorce une reconversion de ses activités doit connaître les principes et les normes liés aux modes de production biologique et être au fait des étapes à franchir pour y arriver.

Cependant, la manière concrète de réaliser le processus de certification varie selon les réalités de chaque ferme. En outre, les exigences de la production biologique peuvent laisser place à des interprétations, par exemple pour connaître les intrants qui sont permis et ceux qui ne le sont pas. Il a donc été mis en évidence le besoin d’offrir des services de vulgarisation. Une des premières étapes importantes pour un producteur voulant amorcer la transition est de choisir l’organisme certificateur avec qui, il est souhaitable de développer une relation profitable tout au long de la démarche. Une des solutions mises en avant à ce chapitre est précisément d’offrir plus de ressources d’accompagnement et de vulgarisation et de faciliter l’accès à ces ressources.

Le besoin d’expertise technique Une troisième préoccupation des agriculteurs se rapporte à la recherche d’expertise technique. Le changement du mode de production exige de s’entourer de personnes qui maîtrisent l’agriculture biologique. Cela signifie se bâtir un nouveau réseau de contacts et de partenaires. Alors que l’agriculteur est en apprentissage, il doit faire des choix stratégiques quant aux techniques de production à adopter et aux intrants à utiliser. Il s’agit donc d’une période cruciale au cours de laquelle l’agriculteur doit être soutenu et aiguillé. Dans le secteur laitier, le besoin d’expertise technique s’articule particulièrement autour du défi de maintenir l’état de santé du troupeau sans utiliser d’antibiotiques dans le secteur laitier ou autour de celui d’assurer la

gestion des mauvaises herbes dans les grandes cultures.

Le défi des prix élevés et l’accès aux intrants Un quatrième obstacle est le prix des intrants autorisés dans l’agriculture biologique et, en parallèle, un accès stable et constant à ces intrants. Il s’agit même du défi le plus problématique et exigeant au niveau du temps à investir, quand on pense à la recherche nécessaire pour trouver des sources d’aliments biologiques pour les animaux d’élevage. L’étude de CBD fait ressortir des réalités différentes selon la région et la province des participants en ce qui a trait aux difficultés d’approvisionnement. Toutefois, de façon générale, le coût des aliments biologiques pour le bétail est beaucoup plus élevé que celui des aliments conventionnels. De plus, si l’on additionne le coût du transport, il est difficile d’obtenir des prix compétitifs. Ce défi constitue une barrière importante à l’expansion du secteur bio. En conclusion, il y a lieu de noter que les deux premiers obstacles sont partagés par tous les agriculteurs qui ont participé à l’étude, et ce, peu importe la production. Il est aussi surprenant de constater que ces deux obstacles sont directement rattachés au processus de la certification, et non pas aux techniques de production. Pour information, consultez l’étude Transitioning to Organic : A Risk Based Analysis et les documents connexes : https://www.cog.ca/cog_news/ cog-releases-project-findingstransitioning-to-organic-a-riskbased-analysis/

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 décembre 2018 - 15

L’étape de la transition à l’agriculture biologique comporte son lot de changements, d’inconnu et de stress, au point où cette période de conversion peut rendre vulnérables certaines entreprises. À ce propos, l’organisme Cultivons biologique Canada (CBC) a commandé une étude sur les risques et les coûts de la transition à l’agriculture biologique, dans le but de mieux comprendre la réalité des agriculteurs canadiens et de proposer des outils pratiques et des solutions concrètes. L’étude, effectuée par Serecon Inc. et le Groupe Agéco, s’est appuyée sur une analyse de la documentation existante et sur des études de cas d’entreprises agricoles et a fait appel à des groupes de discussion formés d’agriculteurs ayant vécu la transition. L’étude met en lumière un certain nombre de risques que sont susceptibles d’affronter les agriculteurs qui s’engagent dans une « transition biologique ». Notamment en ce qui concerne les producteurs laitiers convertis au bio (et, par extension, la grande majorité des agriculteurs se consacrant à des productions animales biologiques), les personnes consultées ont mis en évidence quatre risques principaux.

D’abord, la charge reliée à la tenue de registres est augmentée lors de la transition et tout au long de la certification. Ainsi, il est nécessaire d’avoir des registres concernant la majorité des activités de la ferme et ceux-ci doivent être très détaillés, de manière à pouvoir répondre aux exigences de l’organisme certificateur. Au cours de la période de transition, il est nouveau de consigner autant d’information et cela occasionne des risques d’erreurs, engendrées par des renseignements manquants, inexacts ou incomplets. Les registres ont un rôle crucial dans la certification et une erreur peut avoir comme conséquence d’empêcher ou de retarder le processus, ce qui pourrait décourager l’agriculteur. Il a été démontré que remplir avec rigueur les registres demande des efforts importants et accrus jusqu’à ce que cela soit bien intégré dans la routine quotidienne du travail. Une des recommandations formulées dans l’étude de CBC est justement de mettre des formulaires normalisés à la disposition des producteurs pour diminuer les risques d’erreurs et faciliter la transition.


Enrichir les aliments de probiotiques grâce à 25 ans de recherche de pointe! Au cours des dernières décennies, l’industrie alimentaire a innové en développant des aliments enrichis susceptibles de contribuer à une meilleure santé humaine. Les aliments fonctionnels (associés à la réduction de risques de maladies) sont de plus en plus connus, et parmi eux les probiotiques. Claude Champagne, chercheur au Centre de recherche et de développement de Saint-Hyacinthe, est un chef de file mondial dans ce domaine de recherche et il compte à son actif plusieurs avancées scientifiques transférées à des entreprises alimentaires canadiennes. Enrichir des aliments avec des probiotiques n’est pas chose facile. Il existe des dizaines de souches et chacune a ses propriétés et ses fragilités. Certaines probiotiques sont sensibles à l’oxygène, à la chaleur, à l’acidité et au taux d’humidité de la matrice alimentaire dans laquelle on les ajoute. Un grand nombre de variables doivent être testées pour identifier les mariages parfaits et les meilleures méthodes de transformation. Depuis les années 1990, M. Champagne cherche à mieux comprendre les caractéristiques de diverses souches de probiotiques et à découvrir des méthodes efficaces pour les insérer dans les aliments, tout en limitant l’impact sur leur taux de survie et sur la saveur des aliments enrichis. Voici un survol de quelques-unes de ses découvertes les plus intéressantes.

Quelle probiotique choisir? En tentant d’identifier quelles souches de probiotiques étaient les plus stables à utiliser en alimentation, il a découvert que certaines d’entre elles peuvent se multiplier lors d’un processus de fermentation. À la demande de l’Agence spatiale canadienne qui souhaitait fournir des aliments enrichis aux astronautes, il a identifié des souches dont le jumelage facilitait une fermentation dans du lait ou un breuvage de soya, ce qui permettait d’augmenter leur nombre à 10 milliards par portion. M. Champagne a aussi voulu savoir quelles souches de probiotiques étaient les plus résistantes à l’entreposage. Industries Lassonde, un leader en produits alimentaires, était alors à la recherche de probiotiques pouvant être ajoutées à ses jus de fruits. « J’ai découvert que certaines souches pouvaient résister jusqu’à 30 jours dans des conditions d’entreposage réfrigéré. Cette avancée technologique a permis à Industries Lassonde de rencontrer l’exigence réglementaire canadienne qui veut qu’un produit alimentaire conserve au minimum 1 milliard de bactéries probiotiques jusqu’à sa date de péremption. »

Comment protéger les probiotiques? Au fil des ans, M. Champagne a découvert diverses méthodes/technologies permettant de protéger les probioti-

ques dans un aliment. Il s’est aperçu notamment que dans les yogourts, il y a parfois des interactions négatives qui interviennent entre les bactéries lactiques et les probiotiques. Ses recherches ont démontré que le taux de survie de probiotiques est augmenté si elles sont jumelées à des ferments compatibles ou si on enrichit leur milieu pour favoriser leur croissance. Le moment pour incorporer des probiotiques à un produit laitier est un autre facteur de succès documenté par le chercheur. Pour le cheddar, il a découvert qu’il est préférable d’ajouter les souches dans le lait avant le processus de cheddarisation et salage, alors que pour la crème glacée, il vaut mieux les mettre directement dans la crème glacée molle plutôt que dans le mélange avant congélation. Le choix du type d’aliment (ou matrice) influence la survie des probiotiques. M. Champagne l’a démontré scientifiquement en faisant des simulations de digestion humaine à l’aide d’un système digestif artificiel, l’iViDiS, développé au Centre de recherche et de développement de Saint-Hyacinthe. Ce faisant, il a prouvé que les protéines laitières protègent les probiotiques pendant leur passage dans le milieu acide de l’estomac et leur permet de survivre jusque dans l’intestin. Il a également mis en valeur tout le potentiel de l’encapsulation et de la microencapsultation, pour protéger

encore plus et mieux les probiotiques pendant les processus de fabrication, de congélation et/ou d’entreposage. Ses travaux de recherche ont permis de démontrer que lorsque des cultures de probiotiques microencapsulées sont ajoutées dans de petits capuchons de chocolat, leur stabilité dans la crème glacée est multipliée par dix.

Et le goût dans tout cela? Pour être attrayants et appréciés des consommateurs canadiens, les produits enrichis de probiotiques doivent avoir bon goût. L’ajout d’un milliard de bactéries par portion ne modifie pas le goût, mais pour un produit riche de 20 à 50 milliards, la situation est bien différente. Pour éviter que les probiotiques changent la saveur d’un aliment, de façon générale le chercheur recommande que leur nombre soit au plus de 10 milliards par portion. L’étendue des recherches et des découvertes de M. Champagne dans le domaine des probiotiques depuis plus de deux décennies a permis d’appuyer les entreprises canadiennes désireuses d’offrir aux consommateurs des produits alimentaires attrayants et innovateurs qui soutiennent leur santé tout au long de l’année. Plusieurs produits enrichis de probiotiques sont déjà sur les tablettes des épiceries et répondent aux attentes des consommateurs. Cela est dû en partie à la science réalisée par Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Dépistage en pépinière : une étape très importante en production

CATHERINE POIRIER

DEP, technicienne en projets et innovation IQDHO

16 - Jeudi 6 décembre 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

La production de plantes ornementales au Québec présente de nombreux défis. À l’extérieur, en champ comme en contenant, il y a beaucoup de facteurs qui peuvent influencer la production et les rendements dont la température, les conditions météorologiques et les ravageurs. Certains

facteurs sont impossibles à contrôler, d’autres, oui heureusement! Toute action de lutte, qu’elle soit biologique ou chimique, préventive ou curative, commence tout d’abord par un bon dépistage. Dans une pépinière, le dépistage est l’affaire de tous. Il est important de mentionner aux travailleurs qui œuvrent directement avec les plantes que toute anomalie (blessure, décoloration de l’écorce, des tiges ou des feuilles, ralentissement de croissance, etc.) doit être automatiquement signalée au directeur de production, superviseur ou personne responsable. Cependant, pour optimiser le dépistage, il est plus simple

Dépistage réalisé en pépinière par une personne spécialisée à l’aide d’une loupe

de nommer une personne qualifiée qui effectuera cette tâche hebdomadairement et de façon plus attentive.

Tâches et objectifs de la personne responsable du dépistage Le dépistage doit être effectué régulièrement. En période estivale, il est conseillé de faire un dépistage au moins une fois par semaine. Cette régularité permet de dénicher tout problème dans la culture et le contrôler ou l’éliminer avant qu’il ne se propage. Comme les conditions climatiques changent énormément et influencent souvent l’émergence de certaines maladies ou le développement d’insectes ravageurs, la personne responsable du dépistage doit se renseigner des prévisions météorologiques locales pour la journée et la semaine. Cette personne doit également s’informer, à l’aide d’outils comme le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP), de l’émergence ou de l’évolution de maladies ou d’insectes ravageurs présents dans sa région, ainsi que les mesures d’intervention à prendre. En ayant ces deux pistes de départ en tête, elle sera plus alerte aux signes ou symptômes présents dans les plantes cultivées. Il est important que la personne qui effectue le dépistage en pépinière connaisse les symptômes généraux de la plupart des maladies qui affectent les plantes produites, qu’elle connaisse bien les différentes variétés et espèces présentes dans la pépinière et qu’elle soit attentive aux moindres symptômes d’une infection ou de changements dans la croissance de la plante.

Étapes de dépistage Le dépistage s’effectue en plusieurs étapes simples permettant d’optimiser les résultats, à condition de le faire régulièrement. Ces étapes sont: 1. Surveiller les conditions météorologiques et l’évolution des ravageurs de la région; 2. Effectuer une tournée de dépistage dans les zones de contenant et le champ, tout en prenant des notes sur les conditions environnementales de chacune des sections (accumulations d’eau, herbes trop hautes, sections près d’un boisé, etc.); 3. Noter toute anomalie causée par des maladies, des ravageurs ou des blessures en inscrivant la section dans la pépinière; 4. Mettre un ruban de couleur sur la plante affectée qui pourra être taillée plus tard ou mise sous surveillance dans le cas d’une blessure, ou s’il y a lieu, sortir la plante de la section dans le cas où elle serait le foyer d’infection. Mentionner au directeur de production d’éliminer le plus tôt possible les plantes porteuses de maladies qui pourraient se propager. En effectuant un dépistage complet chaque semaine, il sera possible de reconnaître des zones problématiques dans la pépinière et de les corriger éventuellement. De plus, cela facilite le travail de votre conseiller en pépinière qui pourra alors se concentrer davantage sur les meilleures méthodes d’intervention adaptées à votre situation.


Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 dĂŠcembre 2018 - 17


Tirez profit du Web! mentionner à titre d’exemples l’acquisition de Whole Foods par Amazon ou l’entente entre Sobeys et Ocado pour le déploiement d’un service de commande en ligne. À l’évidence, les ventes par Internet sont en voie de provoquer une véritable révolution dans les manières de commercialiser les aliments! Or, en ces temps de forte effervescence, comment une petite entreprise peut-elle planifier une stratégie de vente en ligne efficace et profitable? De nombreuses questions s’imposent : - Quelle clientèle cible suis-je en mesure d’atteindre avec Internet? - Comment assurer une complémentarité de mes canaux de commercialisation? - Quel potentiel de ventes puis-je en tirer? - Que doit inclure un plan de commercialisation de vente en ligne pour une petite entreprise? - Comment maintenir la chaîne de froid de l’aliment jusqu’à sa livraison à la clientèle? Pour répondre aux besoins des entreprises quant au développement du commerce électronique, la Direction régionale du Centre-du-Québec du MAPAQ organise une Journée INPACQ

représenter un défi majeur pour le transport de certains aliments comme les viandes.

Pourquoi s’y intéresser?

JULIE CHABOT

Conseillère en transformation alimentaire Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

L’évolution du commerce électronique ne peut être ignorée. Selon le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations), près de six Québécois sur dix ont effectué au moins un achat en ligne en 2017. De plus, ceux qui n’achètent pas en ligne se réfèrent au Web pour s’informer ou comparer les produits.

Quelle place occupe le Web au sein de votre entreprise? Si les entreprises ont d’abord utilisé le Web pour informer et promouvoir leurs produits ou leurs services, certaines entreprises ont choisi de l’exploiter comme un canal de commercialisation proprement dit. Essentiellement un complément aux autres circuits de distribution, la vente en ligne s’exerce de différentes façons : par le site Web transactionnel de l’entreprise, par une intégration à l’offre d’un détaillant alimentaire en ligne, par l’utilisation d’un site Internet de commerce de détail en ligne (ex. : Amazon), etc. Bien qu’on l’associe au monde virtuel, ce mode de commercialisation nécessite une organisation logistique efficace en matière d’expédition. Entre autres choses, le respect de la chaîne de froid peut

Qu’en est-il du secteur alimentaire? Toujours selon le CEFRIO, 16 % des cyberacheteurs québécois auraient acheté un article de la catégorie « alimentation, santé et beauté », au cours du mois précédant l’enquête. Bien que cette catégorie soit large, il ressort de l’enquête que les boissons alcoolisées, les commandes complètes d’épicerie, les produits fins et les aliments biologiques ou naturels sont les dépenses les plus importantes de la sous-catégorie alimentation. En outre, l’actualité nous rappelle régulièrement que de grands acteurs s’intéressent concrètement au secteur de l’alimentation en ligne. La liste est longue, mais on peut

Commercialisation et marketing qui se tiendra le mercredi 20 février 2019 à Victoriaville, sous le thème « Tirez profit du Web! ». Les participants assisteront d’abord à la conférence de JoAnne Labrecque, spécialiste du marketing alimentaire, qui dressera l’état du commerce en ligne dans le secteur de l’alimentation. Suivra Jean-François Renaud, expert en stratégie marketing numérique, dont la conférence soulignera les clés du succès d’un plan de commercialisation et présentera plusieurs astuces pour augmenter les ventes en ligne. Par la suite, Cédric Fontaine apportera des explications simples à des sujets tels que la livraison, le service à la clientèle, la fraude, etc. Cette conférence s’appuiera sur une expérience réelle et des exemples concrets. Enfin, la journée se conclura par le témoignage de Claudia Poulin, copropriétaire de l’entreprise Evive Smoothie, spécialisée dans les cubes de smoothies surgelés. Ce témoignage portera sur son expérience, sur la complémentarité des canaux de distribution, le marketing et la logistique des livraisons dans un contexte de surgelé. Pour vous inscrire à la Journée INPACQ Commercialisation et marketing, rendez-vous au www.inpacq.ca.

INNOVATION ET PROGRÈS

18 - Jeudi 6 décembre 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

EN AGROALIMENTAIRE AU CENTRE-DU-QUÉBEC

BOVINS LAITIERS

ACÉRICOLE

BOVINS DE BOUCHERIE

12 DÉCEMBRE 2018

11 JANVIER 2019

Place 4213 | Victoriaville

Hôtel Le Victorin | Victoriaville

23 JANVIER 2019 CENTRE-DU-QUÉBEC

30 JANVIER 2019 MAURICIE

L’agriculture de demain, c’est aujourd’hui

Comment s’assurer d’une meilleure production?

Place 4213 | Victoriaville

La Porte de la Mauricie | Yamachiche

GRANDES CULTURES ET CONSERVATION DES SOLS 7 FÉVRIER 2019 Best Western Hôtel Universel | Drummondville

LAIT BIOLOGIQUE

OVINS

COMMERCIALISATION ET MARKETING

VEAUX DE GRAIN

14 FÉVRIER 2019

15 FÉVRIER 2019

20 FÉVRIER 2019

28 FÉVRIER 2019

Complexe des Seigneuries | Saint-Agapit

Complexe Hôtelier Du Pré | Princeville

Place 4213 | Victoriaville

Lieu à déterminer

La programmation détaillée et les modalités d’inscription sont disponibles au www.mapaq.gouv.qc.ca/inpacq

POUR INFORMATION : 819 293-8501, poste 4407


Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 6 dĂŠcembre 2018 - 19


20 - Jeudi 6 dĂŠcembre 2018 - Gestion et Technologie Agricoles

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Le Courrier de Saint-Hyacinthe - Édition du 6 décembre 2018

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Le Courrier de Saint-Hyacinthe - Édition du 6 décembre 2018

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