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Février 2010

Numéro 19

Le Délit d’initié

SOMMAIRE Actualité. Revivez l’actualité du dernier mois à travers nos news. Pages 2 et 3. Finance. Le Portugal tient bon. Transparence financière au Vatican : un voeu pieu ? Réflexion sur la crise de la dette souveraine. Pages 4 à 6. Economie. Espionnage économique : la guerre secrète ? Page 7. Dossier : coupe du monde Russie/Qatar. Retour sur les deux pays qui à la surprise générale organiseront les coupes du monde de football en 2018 et 2022. Pages 8 et 9.

T

Transac EDHEC

Le financement de WikiLeaks.

p.11

EDITO

de Steve Jobs, et on en passe et ransaction EDHEC vous des meilleurs. souhaite une bonne année pleine d’investissements prolifiques, Comme Marc Twain qui « de dividendes juteux et de stages choisira le paradis pour le climat prometteurs en cette année qui et l’enfer pour la compagnie », s’annonce rayonnante. Entre on préfère les guerroyements un CAC qui ouvre l’année en de notre cher capitalisme chatouillant les 4000 points, prédateur à l’engourdissant un scenario de croissance ennui d’un enrichissement trop enfin positif, la baisse du facile. chômage, le climat est au beau fixe. Restent les petits nuages Au plaisir de vous voir lire le Délit tels les déboires de Goldman entre deux épisodes arrosés de Sachs, l’agitation certaine de votre vie tumultueuse. vos prochaines vacances en Tunisie, l’ISF épisode 2, la santé Bonne lecture, la Rédaction.

Région. Le Nord : bref apperçu de l’économie régionale. Page 10. Entreprise. WikiLeaks, un financement qui manque de transparence. Page 11.

Espionnage économique : la guerre secrète ? p.7


Les News du mois Transaction EDHEC a suivi pour vous l’actualité économique et financière. Trader, la fin des bonus ? La mesure serait presque passée inaperçue si elle n’avait pas tant été annoncée depuis le début de la crise. Le 10 décembre dernier, ont été finalisées les réglementations sur les bonus financiers accordés aux banquiers au sein de l’Union Européenne même et dans les filiales des banques européennes qu’elles soient en Chine ou aux Etats-Unis. Les traders désignés coupables Fin 2009, le premier ministre anglais Gordon Brown était fier d’annoncer que les Bonus de 2010 et dépassant 25 000 euros seraient taxés à hauteur de 50%. Rien de tel pour calmer l’électorat et se démettre de son titre de pire gestionnaire de la crise. Certes, cela a calmé l’opinion publique de savoir que les « vilains banquiers responsables de la crise » au sein de la City allaient payer pour la crise et en un sens rembourser une minuscule partie des milliards injectés dans les banques pour éviter la panne sèche des

systèmes bancaires et financiers… Les coupables étant déjà désignés depuis un an, la mesure adoptée finalement le mois dernier n’a fait que très peu de bruit. Des taxes déjà contournées Elle consiste, dans les grandes lignes, à plafonner les bonus des banquiers, à un pourcentage de la rémunération fixe et ne dépassant pas la moitié du montant total perçu. De plus la partie payée en liquide ne devra pas dépasser 30% de la prime voire 20% pour les primes les plus élevées. La parade a cependant déjà été trouvée : l’augmentation de la rémunération fixe des banquiers. Ainsi, pour pénaliser les soi-disant responsables de la faillite du système financier venant des Etats-Unis, les banquiers européens se voient réduire leur prime de performance et augmenter par voie de conséquence la partie fixe, cette dernière n’étant nullement liée aux résultats. La mesure qui se veut éthique et source d’une meilleure efficacité du système engendre déjà des effets pervers. Autre problème, la compétitivité des

banques européennes se voit mise à mal. Les meilleurs risquent ainsi de fuir les banques européennes pour les banques américaines et asiatiques qui ne connaissent pas cette limitation. Ces réglementations européennes ne vont pas « assainir » le système bancaire en profondeur au même titre que les ratios mis en place par exemple, et le pire est que sa limitation aux seules banques européennes et à leurs filiales risque de créer une fuite, source probable d’un affaiblissement des banques européennes. Pauline Bellet En décembre vous avez eu froid, très froid,

La Prime à la casse, c’est fini ! Le mois de décembre a connu un véritable raz-de-marée de clients désireux de bénéficier de la prime à la casse avant que celle-ci ne disparaisse le 1er janvier 2011. Les ventes de voitures neuves en France devraient approcher les 370 000 pour ce mois de décembre… Du jamais vu ! La prime à la casse fut instaurée fin 2008, pour soutenir le secteur automobile frappé de plein fouet par la crise économique. Elle consistait à offrir 1000 euros pour l’achat d’un véhicule neuf peu polluant en remplacement d’un ancien modèle destiné à la casse. Le gouvernement a souhaité la réduire progressivement, passant de 1000 à 700 euros en janvier 2010

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et de 700 à 500 euros au 1er juillet 2010. Toutes les bonnes choses ont une fin…

Beau bilan sur les ventes : elle aura en effet permis de passer de 600 000 à 1 million de véhicules neufs et la mise à la casse d’autant de voitures anciennes. Mais cette mesure a un coût : en deux ans, il serait selon le Ministère de l’Indus-

trie de 1,02 milliard d’euros. Il est légitime de se poser des questions concernant l’avenir de l’automobile vus les achats anticipés avant la deadline et ce qui s’est passé chez notre voisin allemand. En effet, quand l’Allemagne décida d’arrêter son dispositif de prime à la casse en septembre 2009, les ventes chutèrent brusquement et ne sont jamais véritablement remontées, passant de 3,2 millions d’immatriculations en 2009 à 2,4 millions cette année à la midécembre. En France, les constructeurs automobiles anticipent déjà une baisse de 10 à 15%... Mathilde Caraud


Les News du mois La neige gèle l’économie mais pas seulement... Retards à la SNCF,

Et là le mécontentement commence à se faire entendre. Mais que fait le gouvernement ?!

avions qui ne décollent plus, camions et voitures bloqués sur les routes, problèmes

Une théorie développée par Watkins

de ravitaillement en sel. Outre la gêne

identifie

occasionnée pour les consommateurs

d’expliquer

et usagers, cette neige a engendré des

prévisibles. L’optimisme, tout d’abord

surcoûts assez impressionnants.

exprimé par Brice Hortefeux qui a fait bien

des en

biais

qui

partie

permettent

les

surprises

pâle figure face aux villages inaccessibles Les compagnies aériennes sauvent

et aux usagers ayant fêté le réveillon de

les meubles...

Noël dans les enceintes de Roissy… Et on parle de principe de prudence, de médias

En ce qui concerne les aéroports, rien de

trop alarmistes… D’autre part, une forme

comparable avec le coût occasionné par le

d’égocentrisme s’est fait ressentir, chacun

volcan islandais au nom imprononçable.

négligeant son importance dans l’absence

Les avions qui n’ont pas décollé (soit

de mesures prises pour contrecarrer

30 à 40% des vols pendant presque une

les

semaine)

La pagaille due aux intempéries était

ne représentent finalement

que 1% du trafic aérien de l’année 2010,

conséquences

des

intempéries.

prévisible… très prévisible…

et aucun risque de retrouver les pertes de mai dernier évaluées à 2 milliards d’euros. Mais les intempéries accentuent

Le tout est de savoir si à l’avenir les

la perte de compétitivité des compagnies européennes

face

aux

désertée par les consommateurs. finalement

les

Cela urge… En moins de deux semaines, l’Irlande se voit proposer un plan d’aide à hauteur de 85 milliards d’euros. Les Irlandais ne traînent pas pour mettre sur pied ce plan d’austérité redoutable : 15 milliards d’euros d’économies sur quatre ans. A commencer par 2011, réel tour de vis : le budget irlandais présente des mesures d’austérité à hauteur de 6 milliards d’euros. Pour cela, un tiers de cet effort sera réalisé via des hausses d’impôts et pour les deux tiers via des économies dans les dépenses : suppressions d’emplois publics, baisse importante de certaines dépenses sociales et des investissements de l’Etat. Cependant, elle ne renonce pas à tout, ouf... L’ancien Tigre celtique maintient sa fiscalité si avantageuse pour les entreprises, par peur de voir partir des multinationales américaines aussi prestigieuses que Google ou Facebook.

...mais la période de Noël est

sont

Difficile de mettre sa fierté de côté… C’est pourtant ce qu’a été obligé de faire l’Irlande en acceptant la main tendue par la BCE et le FMI. Le 18 novembre au soir, la même équipe qui s’était rendue à Athènes quelques mois plus tôt devait convaincre le pays d’accepter une aide d’urgence. En effet, le déficit irlandais a explosé cette année en raison des sommes astronomiques englouties par l’Etat dans le renflouement des banques.

compagnies

américaines et asiatiques.

Ce

Le sort de l’Irlande

transports

terrestres qui ont été les plus touchés : retards dans les approvisionnements, camions restés en rades sur l’autoroute… « Cette semaine de Noël représente en général 20 % du chiffre d’affaires annuel. Les arrêtés de circulation dans les deux jours qui viennent seront particulièrement catastrophiques sur notre secteur » déclare un représentant du secteur. Les consommateurs eux aussi ont été frileux malgré cette période de fête. Une baisse

mesures seront prises pour réduire

entre 10 et 15% de la consommation a été

l’impact des précipitations neigeuses et

prévue pour le mois de décembre dans

éviter cette mauvaise surprise.

le secteur de l’habillement par exemple. Ainsi, l’économie française a presque gelé

Mais cela ne suffira pas à sauver le gouvernement actuel. Des élections législatives auront lieu début 2011. C’est que la vieille tradition irlandaise refait surface : souffrir ou partir… Mathilde Caraud

Pauline Bellet

sous ses 15 centimètres de neige…

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Finance Le Portugal tient bon Mi-janvier le gouvernement portugais de José Socrate se félicitait de ne pas céder aux facilités financières européennes. Le Portugal a en effet émis plus de 1 milliard d’euros de dette, dont la plupart à 10 ans, pour un taux moyen de 6.8%. Franc succès pour ce pays qui empruntait jusqu’alors à plus de 7%. Mais ce taux reste toujours largement supérieur au Bunds. La situation portugaise montre à nouveau les faiblesses de la zone euro.

Ce succès mérite cependant d’être relativisé. Selon Jean-Luc Proutat, responsable économies OCDE à BNP Paribas, la Banque Centrale Européenne a certainement aidé à faire baisser les taux d’intérêts en achetant des obligations portugaises juste avant l’opération. Elle avait déjà eu recours à ces achats massifs pour la Grèce et l’Irlande. Cette intervention est d’autant plus probable que les taux d’intérêts sur la dette portugaise n’ont pas baissé sur toutes les maturités. Ainsi, pour une émission de dette à trois ans, le taux reste toujours supérieur de 400 points de base au taux allemand. Ce coût de la dette, malgré une indéniable amélioration, continue à pénaliser le Portugal. Le pays fabrique certes peu d’inflation, mais sa croissance reste faible. Cette situation conjuguée à des taux d’intérêts élevés promet de nouveaux ajustements budgétaires difficiles, surtout pour un pays qui affichait un déficit à 7.3% du PIB en 2010.

Depuis la crise irlandaise de cet hiver, Christine Lagarde et son homologue allemand Wolfgang Schäuble exhortent le Portugal à recourir à l’aide financière internationale, afin d’éviter une propagation de la crise des dettes souveraines à l’Espagne et à la Belgique. Mais le premier ministre José Socrate résiste aux pressions, redoutant les contreparties qui lui seraient imposées par le FMI. Cette première émission de l’année semble montrer que le marché croit aux efforts budgétaires de la péninsule ibérique.

Des solutions existent bien à ce problème de l’endettement des pays européens. La tragédie grecque n’est pas une fatalité. La BCE peut toujours continuer à acheter plus de dettes. Cependant ces interventions ne peuvent s’inscrire dans la durée sans une modification de ses statuts. Elle n’a pour mission que le maintien du taux d’inflation de la zone euro en deçà de 2%. Une autre piste serait le renforcement de la solidarité autour des dettes des pays de la zone. La France et l’Allemagne ne se sont en effet pas montrées hostiles à une extension des capacités de financement européen via le FESF, le Fonds Européen de Stabilité Financière. Plus de moyens financiers pourraient être mis sur la table, ainsi que la possibilité pour le fonds d’acheter directement de la dette souveraine sur le marché secondaire. Armand VIDAL

Transparence financière au Vatican : un vœu pieux ? Depuis fin Septembre, le Vatican fait l’objet d’une enquête sur un transfert de fonds douteux qui le plonge ainsi dans un nouveau scandale financier.

Les modes de financement du plus petit Etat du monde sont d’apparence

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complexe. En effet, ils s’organisent autour de trois sources. La première vient des intérêts rapportés par les investissements réalisés par le SaintSiège. La deuxième correspond aux contributions volontaires et annuelles des diocèses, plus connue sous le nom de Denier de Saint-Pierre. En ce sens, les contributions les plus significatives

viennent d’Italie, de France mais aussi des Etats-Unis et d’Allemagne. Proportionnellement au nombre de pratiquants, le Japon et la Corée arrivent en tête. L’Italie a cependant un statut particulier dans ce classement puisque ses flux financiers vers le Vatican viennent pour partie d’accords bilatéraux prévoyant pour 2009 0,8%


Finance des impôts italiens au bénéfice du Saint-Siège. La dernière source de financement du Vatican est l’Institut des Œuvres Religieuses (IOR) ou Banco Vaticano. Cette dernière, fondée en 1942 par le pape Pie XII, est chargée de l’administration des biens de l’Eglise catholique. Il faut alors distinguer dans la mission de gestion de l’IOR, le patrimoine du Vatican, soit 600 millions d’euros, de celui de l’ensemble de l’Eglise catholique qui représente, lui, plus de 5 milliards d’euros. La définition des activités légales de l’IOR reste néanmoins floue : le Vatican maintient lui-même que cet institut n’est pas une banque au sens propre du terme, ce qu’infirme la Banque d’Italie. L’enquête en cours en est ainsi complexifiée. Les faits sont les suivants: le 6 septembre l’IOR demanda à une banque italienne, le Credito Artigiano, de lui transférer 23 millions d’euros à partir d’un compte gelé par décision de justice quelques mois plus tôt pour défaut de transparence. Peu après, le Credito Artigiano, tenu comme toutes les banques italiennes de signaler chaque opération avec le Vatican à la Banque d’Italie, informa cette dernière de la requête de l’IOR. Puis le 20 septembre le parquet de Rome saisit les 23 millions d’euros résultant de la transaction entre les deux organismes et ouvrit une enquête sur le président de la Banque du Vatican et son directeur général pour non justification de transfert de fonds.

L’opacité du plus petit Etat du monde est remise en cause Les mouvements des comptes de l’IOR sont donc soumis à un contrôle permanent depuis l’année dernière suite à la demande de la Banque centrale italienne qui considérait que le traitement spécial réservé au Vatican

dans le domaine bancaire devait prendre

l’Union Européenne mais aussi avec

fin. Cette attention particulière accordée au Saint-Siège s’inscrit dans la lutte accrue contre le blanchiment d’argent lancée par l’Union Européenne en 2007. Dans ce nouveau scandale financier, il s’agit bien de l’opacité des comptes du plus petit Etat du monde qui est mise en cause ainsi que l’éventuel blanchiment d’argent venant de la mafia auquel il pourrait participer. Cela fut déjà suspecté au début des années 1980 avec l’affaire de la banque Ambrosiano. A cette époque, l’IOR était le principal actionnaire de cette banque dont il a été révélé qu’elle recyclait l’argent sale de la mafia mettant de fait en cause le dirigeant de la Banque du Vatican, Paul Marcinkus surnommé le « banquier de Dieu ».

l’Organisation pour la coopération et le développement économique, le Groupe d’action financière internationale afin d’établir une série d’accords définissant le nouveau statut de l’IOR.

Cependant le Saint-Siège a récemment manifesté sa volonté de s’insérer dans le système financier international en s’efforçant de respecter les règles de transparence imposées par l’Union Européenne. Il a, pour cela, nommé Gotti Tedeschi, professeur de finance et d’éthique à l’université catholique de Milan pour résoudre le problème de l’organisation de ses finances. Il est, par ailleurs, en pleines négociations avec la Banque centrale italienne,

le Saint-Siège a manifesté sa volonté de s’insérer dans le système financier international Le scandale du Credito Artigiano va donc à l’encontre des efforts réalisés par le Vatican depuis cette année pour rentrer dans la « liste blanche » des pays exemplaires en matière de transparence financière. C’est pourquoi l’IOR affirme que le transfert de fonds dont il aurait été le demandeur résulte d’un malentendu : les opérations qualifiées de douteuses par le parquet de Rome ne seraient en fait que des opérations de trésorerie de l’IOR d’un de ses comptes vers un autre dont il est aussi propriétaire. L’enquête ouverte récemment laisse penser que l’IOR et le Vatican ne défendent pas nécessairement les mêmes intérêts. Les voies du Seigneur sont impénétrables… Marie Frantz

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Finance Réflexion sur la crise de la dette souveraine Depuis l’adoption du traité de Maastricht en 1992, la seule solution pour lutter contre l’endettement des Etats consiste à respecter les critères de convergence sur l’inflation, la dette et le déficit budgétaire. Pendant deux décennies, les politiciens, les économistes et les médias ont principalement focalisé leur attention sur ces seuls critères de convergence. Pourtant d’autres solutions auraient pu éviter cette crise de la dette, comme un partage favorable de la valeur ajoutée aux ménages…

La modification du partage de la valeur ajoutée… La richesse des nations est redistribuée auprès de trois agents économiques : les travailleurs sous forme de salaire, les sociétés sous forme de profit et l’Etat sous forme d’impôt. Pendant ces trois dernières décennies après la fin de l’indexation des salaires sur le niveau de l’inflation, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a cessé de diminuer alors que la part des dividendes n’a cessé d’augmenter. Sur le plan macroéconomique, cela se traduit par un ralentissement de l’augmentation de

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la demande des ménages, une réduction des taux d’investissement des sociétés et une augmentation des dépenses d’intervention de l’Etat pour enrayer ce ralentissement économique. Le début de l’endettement des Etats et des ménages Durant cette même période, le chômage de masse s’installe dans la plupart des pays européens et les gouvernements sont obligés d’accroître leurs dépenses sociales afin d’accomplir leur fonction d’Etat Providence. Les emprunts Giscard, lancés dans les années 70, marquent le début des émissions obligataires souveraines en France. Sur ce graphique on constate une forte corrélation entre la courbe de la rémunération des actionnaires et celle de l’endettement de l’Etat et des ménages. En effet, une grande partie de ces revenus seront investis en bonds du trésor qui offrent des rendements sans risque pour les investisseurs. Pour les ménages, l’effet cliquet accentue la montée de l’endettement. Afin de maintenir leur niveau de consommation, certains ménages ont recours au crédit à la consommation. Favoriser le travail au détriment du capital

En améliorant la part de rémunération du salaire dans la valeur ajoutée, les gouvernements peuvent résoudre une partie du problème de l’endettement. De plus, une modification de la répartition de la valeur ajoutée, stimulera l’inflation par les coûts de production. L’inflation est également un facteur favorable au désendettement puisqu’elle peut être utilisée comme un instrument de transfert de richesse des agents en capacité de financement vers les agents en besoin de financement. Rappelons que c’est l’inflation qui a provoqué la disparition de la classe des rentiers en Allemagne au début du XXème siècle.

Source : INSEE, 2006

La crise financière actuelle trouve donc ses racines dans la répartition de la valeur ajoutée. Les pays européens ayant une répartition favorable au salaire ont des taux d’endettement beaucoup plus faibles que les pays ayant une répartition favorable au capital. Aninh Souidaray


Economie Espionnage économique : la guerre secrète L’affaire d’espionnage économique qui vient d’ébranler Renault est là pour le rappeler : dans un monde où l’avantage technologique est une condition sine qua non de survie, l’espionnage économique est devenu une réalité industrielle.

Récemment, le constructeur automobile français a fait les grands titres de la presse après que trois cadres haut placés ont été mis à pied sur fond de soupçons de revente de secrets industriels. L’affaire a eu un grand retentissement pour deux raisons : un des trois cadres impliqués fait parti du comité de direction où siègent les 30 personnes les plus importantes dans l’organigramme de l’entreprise. Il est accusé, ainsi que son adjoint et un autre cadre, d’avoir revendu des secrets industriels sur les véhicules électriques, projet phare de l’Alliance Renault-Nissan. Alors que les premiers modèles 100% électriques vont commencer à être commercialisés à partir du printemps, Renault se retrouve

faciliter la commercialisation de véhicules électriques par ces mêmes entreprises chinoises pour un coût certainement moindre. Ce n’est pas la première fois que la Chine se retrouve accusée d’espionnage industriel mais ce problème épineux concerne l’ensemble des pays développés sans distinction.

menacé par la révélation de son modèle économique à des concurrents étrangers. Les premiers soupçons se portent sur des entreprises chinoises. S’il semble qu’aucun des 200 brevets déposés sur le tout-électrique n’ait été compromis, les secrets transmis pourraient tout de même grandement

économique provenant de notre pays serait trois fois plus important que les deux autres pays cités. De quoi tordre le cou à certaines idées reçues. Mais la France est aussi une des principales victimes de l’espionnage. Dans les années 70, Israël a réussi à s’emparer des principaux plans de construction des

La France, leader de l’espionnage industriel Ainsi, cela peut paraître étonnant mais l’Allemagne subirait plus d’espionnage de la part de la France que de la Chine ou de la Russie. Dans un mémo diplomatique récemment révélé par Wikileaks, on apprend qu’en valeur l’espionnage

Mirage III et 5 ainsi que des technologies présentes à bord, ce qui lui a permis de construire un appareil pratiquement identique pour son armée de l’Air. Aujourd’hui, le secteur aéronautique reste une des principales cibles de l’espionnage industriel. Les ingénieurs d’EADS doivent suivre d’importantes consignes de sécurité, notamment en ce qui concerne leurs ordinateurs portables, pour éviter toute fuite. Une des techniques les plus courantes et employée notamment par les Chinois est d’offrir une clé USB à des ingénieurs très qualifiés. Celle-ci, une fois insérée dans l’ordinateur ciblée, installe généralement un Trojan qui va envoyer à distance tous les fichiers et dossiers contenus sur le disque dur. Aujourd’hui, on chiffre en dizaine de milliards de $ les dégâts occasionnés par ces activités illégales. Dans le secteur pharmaceutique, les conséquences peuvent être dramatiques lorsque certaines biotech travaillent sur une molécule spécifique et que les recherches conduites finissent dans des mains concurrentes. La lutte contre de telles menaces s’avère très difficile étant donnés l’opacité et le grand secret qui entourent de telles activités et que le dépôt de plaintes contre des entreprises étrangères et situées à l’autre bout du monde ne débouche que très rarement sur une condamnation suivie de réelles sanctions pour les entreprises ou agences pratiquant l’espionnage économique. Arnaud BAVELIER

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Dossier : Coupe du Monde Russie/Qatar 2018, en Russie Le 2 décembre dernier, le comité exécutif de la Fédération Internationale de Football (FIFA), présidé par Joseph Blatter, a décidé d’accorder l’organisation de la coupe du monde 2018 à la Russie plutôt qu’à l’Angleterre, et qu’aux duos Espagne/Portugal et Belgique/Pays-Bas, créant alors une grande incompréhension et une vive polémique autour de cette décision...

Des infrastructures pour l’instant inadaptées La désignation de la Russie est d’autant plus surprenante que c’est le pays qui nécessite le plus d’investissements en termes d’infrastructures, ce qui laisse penser qu’il pourrait ne pas être prêt pour accueillir l’événement sportif qui rassemble le plus de personnes dans le monde en 2018. En effet, tout y est encore à construire : stades (un seul stade, le Luzhniki à Moscou, est aux normes d’une phase finale de coupe du monde), hôtels pour accueillir les supporters, réseau de transport adapté au trafic généré par un tel événement. La taille du pays présente en soi de sérieux problèmes logistiques, même si la Coupe du Monde s’organisera autour de 13 villes, regroupées en 4 pôles géographiques afin de limiter les trajets entre les stades. Toutes les villes accueillant un match sont ainsi situées dans la partie « européenne » de la Russie, à l’exception d’Ekaterinbourg. L’organisation de la coupe du monde 2018 représente ainsi pour la Russie l’occasion de moderniser ses infrastructures, et en parallèle, le tourisme généré par l’événement va contribuer au développement des entreprises locales

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(hôtels, restaurants,…) et nationales (chaînes d’hôtels, compagnies aériennes, etc.). Une telle opportunité est donc une aubaine pour la Russie, dans un contexte politique et économique tendu, et la décision de la Fifa peut alors sembler infondée. Mais le soutien sans faille des autorités russes et du Premier ministre Vladimir Poutine ont dû rassurer les membres du CE de la Fifa. Le dirigeant russe avait d’ailleurs déjà joué un rôle central dans l’obtention par Sotchi des JO d’hiver de 2014. L’incompréhension et la colère des supporters anglais Le choix de la Fifa pour le pays hôte de la coupe du monde 2018 est d’autant plus choquant que la Russie affrontait l’Angleterre, symbole historique du football mondial, et représentée par la délégation anglaise composée de David Cameron, premier ministre anglais, David Beckam, et le prince William. Côté adverse, l’influence du premier ministre russe, Vladimir Poutine, semble avoir joué un rôle dans le résultat. En effet, celui-ci a notamment soutenu publiquement la FIFA, dont certains

membres ont été accusés de corruption dans le processus de désignation. Des enquêtes réalisées à ce propos par différents médias anglais, comme la BBC ou le Sunday Times, pourraient ainsi avoir joué en défaveur de la candidature anglaise qui ne récolta que deux voix et fut éliminée dès le premier tour du scrutin. Au vu des importants problèmes d’infrastructures en Russie, la décision de la Fifa peut choquer, particulièrement pour les supporters anglais, qui affichent publiquement leur déception. Présent à Zurich, le premier ministre anglais, David Cameron, avait pourtant promis le Mondial «le plus extraordinaire de l’Histoire» le 2 décembre au matin, mais cela n’a pas suffi. Sa candidature a sans doute payé au prix fort les récentes révélations sur des cas de corruption touchant le CE de la Fifa... Ainsi, les décisions prises par le comité exécutif de la Fifa le 2 décembre 2010 - la Russie en 2018 et le Qatar en 2022 - ont lancé de vives polémiques et continueront à faire couler beaucoup d’encre à l’avenir… Gaston De Cagny


Dossier : Coupe du Monde Russie/Qatar 2022, le défi qatari Un scandale pour certains, une formidable ouverture pour d’autres, l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2022 déchaîne les passions dans la sphère du ballon rond. Mais bien qu’inattendu et contestable d’un point de vue footballistique, on doit bien reconnaître que le dossier qatari a réussi à surmonter bien des difficultés pour rendre une copie honorable.

Une candidature surprenante. Qu’on se le dise, le Qatar ne partait pas avec beaucoup d’atouts. En effet ce pays, classé 114ème équipe mondiale par la FIFA (derrière de grands pays de football comme la Chine ou l’Ouzbékistan), n’a quasiment aucune structure aujourd’hui, connaît des pics de chaleurs à 50°C en juillet, ne possède pas un bassin de population suffisant à rentabiliser le coût d’une coupe du monde et inspire de sérieux doutes quant à la sécurité de l’évènement. Et pourtant, le Qatar s’est présenté... et a gagné devant l’Australie, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon. La solution qatarie. On sait tous que les dirigeants de ce petit pays pétrolier sont plus riches que Crésus (et si c’est possible) grâce à l’or noir et au gaz naturel. Et c’est dans ce genre d’occasion qu’on se rend compte que le dollar surmonte toutes les difficultés. Pas de structure ? Pas de problème, neuf stades seront construits pour l’occasion puis démontés pour être offerts à des pays « pauvres ». Il fait chaud ? Pas dans les stades où une climatisation, alimentée par des panneaux solaires, permettra de suivre agréablement le spectacle (et s’il fait très chaud mais qu’il pleut ? Ils n’ont pas pensé à tout les Qataris). Pas

assez de spectateurs ? Le Qatar promet de faire des coûts attractifs et prend le risque d’être largement déficitaire. Des problèmes de sécurité ? C’est mal connaître le dossier, puisque le Qatar est bien plus sûr que d’autres pays qui ont organisé une Coupe du Monde (Afrique du Sud notamment). Comme aurait très bien pu le dire Pierre Ménès, « c’est une Coupe du Monde IKEA, la maquette est belle, mais le résultat final y ressemble rarement ». Coût estimé du projet : 3,82 milliards de dollars soit environ 4500 dollars par habitant.

des institutions de la FIFA, car aucune preuve irréfutable n’a été fournie. Tout d’abord, le Qatar s’est offert un porteparole de luxe en la personne de Zinedine Zidane, plus grand footballeur de tous les temps. Ce qui a convaincu Zidane de représenter le Qatar ? Le projet... et le porte-monnaie : 11 millions d’euros (1 million pour être porte-parole et 10 millions pour avoir gagné) soit plus que le budget annuel d’ELA, son association caritative. Ensuite le Qatar s’est allié à l’Espagne pour un ticket EspagnePortugal (2018) Qatar (2022) et a ainsi profité de l’opération de communication des Espagnols (qui n’auront rien gagné dans l’affaire). Enfin le Qatar a bien entendu joué la carte de l’ouverture, de l’innovation, de « nous on ne l’a jamais eue ». Mélangeons tous ces ingrédients et, magie, la candidature qatarie est retenue.

Opération séduction. Le Qatar a mis le paquet pour vaincre le scepticisme ambiant concernant sa candidature. Nous ne parlerons pas ici de la corruption

Un petit pays, riche mais pas fan de foot peut organiser une Coupe du Monde grâce à un dossier finalement solide, des soutiens de poids et une bonne communication. C’est la leçon du jour ! On en saura d’ailleurs bientôt plus sur la légitimité d’une Coupe du Monde qatarie puisque la Coupe d’Asie de football aura lieu cette année au… …Qatar ! Ronan Cornillet

Quelles retombées pour le Qatar ? On a vu que le Qatar a mis des moyens faramineux pour conquérir (l’organisation de) la Coupe du Monde, mais est-ce réellement rentable ? Aujourd’hui, les retombées sont négatives tant il existe des doutes sur les conditions d’attribution de cette CM (« tous corrompus à la FIFA »). Mais pour demain, voire après-demain, cet événement planétaire offre des possibilités inestimables. En effet, la planète entière va zoomer sur ce petit pays qui est plutôt discret. Entre l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Egypte ou

Israël, difficile de se faire une place au Moyen-Orient. Et pourtant le petit Poucet va passer pour le bon élève, pacifique au coeur d’une région instable. Economiquement, cette image vaut de l’or, Dubaï le montre : les investisseurs ne vont pas tarder à affluer que ce soit pour construire les infrastructures ou même juste pour être présents le jour de l’ouverture du plus grand évènement sportif universel. Les touristes vont faire marcher l’économie locale. Bref, 2022 pourrait signifier le début de l’envol économique qatari.

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Région Le Nord : bref aperçu de l’économie régionale La région Nord Pas-de-Calais est com-

dustrielles françaises. La dernière mine

produits aquatiques, industrie du com-

posée de comtés historiques français

ferme en décembre 1990. De plus, les

merce, nutrition-santé-longévité, maté-

: comté de Flandres, de Boulogne, de

affaissements miniers entraînent des sé-

riaux et applications pour une utilisation

Hainaut, et d’Artois à la frontière du plat

quelles environnementales importantes,

durable. Onze pôles d’excellence écono-

pays. La région est devenue française en

avec des terrains très pollués. Cepen-

mique ont aussi été créés, sur la logis-

1713, il s’agissait auparavant des Pays-

dant, cela a permis le développement

tique, l’automobile, l’agro-alimentaire…

Bas du Sud, ou Pays-Bas espagnols. Sa

précoce de l’éolien et l’accent est à pré-

avec près de 4 000 chercheurs dans

position géographique en fait une région

sent mis sur le développement durable.

toute la région. La sidérurgie s’est dépla-

d’échanges avec son histoire et son éco-

cée vers Dunkerque pour l’apport en mi-

nomie propre.

nerais par bateau. La centrale nucléaire

Région particulièrement fertile,

de Gravelines fournit une grande partie

l’agriculture est la première de ses ac-

de la région en énergie. La politique de

tivités économiques, avec la culture de

ré-industrialisation a été réalisée entre

céréales, de betteraves, et de pommes de

autres grâce à l’industrie automobile,

terre. L’activité brassicole a commencé

avec Toyota à Onnaing et Renault à

en 967 avec la brasserie d’Esquermes.

Douai par exemple. Le chômage reste

La filière du houblon est actuellement

cependant supérieur de trois points à la

en déclin du fait de la concurrence belge.

moyenne nationale.

La pêche est aussi une activité tradition-

Le centre d’affaires Lille-Europe

nelle importante, avec trois ports indus-

La région Nord est aussi une véritable

est très actif. Près de Lille se trouvent

triels majeurs : Calais, Boulogne, et le

plaque tournante, avec de nombreuses

les sièges de certaines grandes entre-

port autonome de Dunkerque.

plateformes multimodales. Le TGV est

prises, notamment de VPC (La Redoute,

Avec la Révolution industrielle

arrivé en 1993, le tunnel sous la Manche

3 Suisses) et grande distribution (Au-

vient l’avènement de l’industrie métal-

est ouvert en mai 1994, avec une forte

chan), la famille Mulliez possédant en

lurgique lourde, avec le charbon, l’acier,

augmentation de l’intensité du trafic de-

sus un ensemble de sociétés comme Dé-

puis le textile. La carbochimie, dérivée

puis l’Angleterre. Les canaux, qui exis-

cathlon.

de l’activité houillère, débute dès 1860.

tent depuis la Révolution industrielle

Le Nord est également sujet à certaines

favorisent le commerce.

Aujourd’hui, les seuls vestiges de la

tensions sociales particulières comme

Le Nord a réussi sa reconversion

grande époque industrielle de la région

l’illustre Zola en 1885 dans Germinal.

économique au cours des années 1990

sont les terrils que l’on peut toujours ob-

A la fin des Trente Glorieuses, la région

et 2000 avec la mise en place de pôles

server le long de l’autoroute du Nord.

Nord est économiquement sinistrée,

de compétitivité au nombre de six : tex-

avec près de la moitié des friches in-

tiles innovants, transports terrestres,

Diane Rousseau

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Le Délit d’initié - Page 10


Entreprise WikiLeaks : un financement qui manque de transparence WikiLeaks a fait couler beaucoup d’encre notamment en publiant de nombreux documents secrets sur les guerres en Afghanistan et en Irak ainsi que des télégrammes de la diplomatie américaine durant la seconde partie de l’année 2010. Si la finalité de WikiLeaks est connue, les moyens à sa disposition et notamment les sources de son financement le sont beaucoup moins.

Un financement compliqué WikiLeaks est un organisme sans but lucratif financé uniquement par des dons. Les rares informations disponibles proviennent en grande partie de Julien Assange lui-même. Ainsi, il affirme qu’environ la moitié de l’argent perçu provient de modestes donations effectuées depuis le site. L’autre moitié proviendrait de « contacts personnels », incluant des millionnaires lui offrant jusqu’à quelques dizaines de milliers d’euros. D’après la fondation Wau Holland qui s’occupe de la collecte des dons pour WikiLeaks, la somme moyenne par donation est de 20 euros. Le site avait déjà dû fermer temporairement par le passé par manque d’argent et certains évènements récents ont encore accru les difficultés. En effet, après avoir été expulsé des services d’hébergement d’Amazon pour infraction

des conditions de service le 1er décembre dernier, Paypal a décidé de bloquer les transactions financières en direction de WikiLeaks. Une décision similaire avait été prise par Moneybookers en août dernier suite à des pressions conjointes des États-Unis et de l’Australie après la diffusion de 92 000 documents relatifs aux opérations militaires de l’OTAN en Afghanistan. Ce fut ensuite au tour de Mastercard International et Visa Europe d’annoncer le 7 décembre qu’ils suspendaient les virements à destination de WikiLeaks. Heureusement pour le site,

tombe plutôt bien pour ses détracteurs. On peut également rappeler le fait que la fondation allemande Wau Holland a fait l’objet d’une procédure d’avertissement pour des retards dans sa communication financière début décembre. bien que tout lien avec WikiLeaks ait été nié. À la même période, c’est PostFinance qui a clos le compte de Julian Assange. Là aussi, la présidente de PostFinance assure n’avoir subi aucune pression pour prendre cette décision. Le moins que l’on puisse dire c’est que le timing est quand même bien étrange. La Haute Commissaire en

il peut toujours se financer via Flattr. Ce service de paiement en ligne a été créé par le cofondateur du célèbre The Pirate Bay, Peter Sunde. Il consiste en un abonnement de 2€ minimum pour les utilisateurs qui peuvent ensuite soutenir un contenu en cliquant sur le bouton Flattr qui lui est associé. À la fin du mois, le montant de l’abonnement est alors divisé entre les contenus soutenus par l’utilisateur. Les autres méthodes pour effectuer des dons, notamment par la poste, sont détaillées dans la partie « Support » de WikiLeaks. Finalement Assange devrait toucher environ 1,7 millions de dollars grâce aux contrats signés pour son autobiographie, ce qui lui permettra de se défendre durant ses différents procès et de soutenir financièrement WikiLeaks.

charge des droits de l’Homme à l’ONU a quant à elle affirmé que les pressions subies s’apparentent à une forme de censure. Déclaration faite après celles de Paypal, Visa et Mastercard, ainsi que celle de la Bibliothèque du Congrès américain qui bloque l’accès à WikiLeaks. Plus récemment, c’est la justice américaine qui a fait pression sur Twitter afin d’obtenir des informations sur des utilisateurs proches de WikiLeaks. Pour finir, on notera que le site bénéficie du soutien de Reporters sans Frontières : « C’est la première fois que nous observons une tentative de censure à l’échelle internationale d’un site dont la vocation première est la transparence. Nous ne pouvons qu’être sidérés par le fait que des pays comme la France et les États-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d’expression sur celle de la Chine ».

Des pressions incessantes Comme évoqué précédemment, Moneybookers a effectivement subi des pressions puisque les États-Unis et l’Australie l’ont mis sur une liste de surveillance. De même, le mandat d’arrêt d’Interpol à l’encontre de Julian Assange pour un dossier qui avait été clos puis ré-ouvert quelques semaines plus tard

De nombreux événements se sont enchainés en très peu de temps pour WikiLeaks qui semble avoir atteint un moment clef de son existence. Son avenir paraît en tout cas plus que compromis... Gaël Brino

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Délit d'Initié n°19