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Transac EDHEC

Décembre 2009

Le Délit d’initié SOMMAIRE Actualité. Economie. Le G20 de Pittsburgh fait-t-il fait avancer la régulation? Page 2 Trading pas à pas. Supports et résistances. Des instruments simples pour affiner une analyse technique. Etude de Google. Page 3 Saga. Institutions. L’influence de Goldman Sachs sur la création de bulles spéculatives. Page 4 Insolites. La crise. Toutes les conséquences inattendues, de la reconversion des traders à l’astrologie. Page 5 Dossier. Trading de devises. Comment expliquer un dollar si bas? Influence de la Chine, régulation… Pages 6, 7 et 8 International. Différentes vues du capitalisme Chine/Palestine Page 9 Microcrédit. Le paradis du capitalisme. Explication de ce principe en vogue. Page 10 Etude. Economie. Une solution afin de réduire l’inflation. Page 11

Les bulles de Goldman Sachs

EDITO D’une bulle à l’autre… La bulle liée à la titrisation vient à peine de s’achever, plusieurs autres ont déjà démarré avec parfois le consentement des Etats. La plus importante nous vient de Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au trésor américain a en effet laissé entendre que les taux historiquement bas de la Fed le resteraient jusqu’au mois d’avril 2010, entraînant de grands déséquilibres dans le marché des changes (dossier pages 6,7 et 8). Depuis cette annonce, le dollar a perdu près de 10% face à l’euro, dans le même temps, l’or prenait 18 % malgré la poursuite du rebond de tous les marchés financiers, lui faisant perdre son statut de valeur refuge. L’or profite surtout à l’heure actuelle du désengagement discret mais constant de la Chine et de quelques autres pays vis-àvis du dollar. En témoignent les réserves chinoises en métal jaune passées de 400 à 1050 tonnes de 2003 à septembre 2009 et la vente de plus de 10 milliards de dollars dans le même temps. La volonté de nombreux pays, parmi lesquels la Russie et la Chine tiennent une grande place, est à la base de la remise en question du statut

de référence du dollar dans les échanges internationaux. Pour quelle nouvelle référence? Il se pourrait que ce soit l’or. Beaucoup d’analystes prévoient le maintien de la hausse de l’once jusqu’à 2000 dollars lors des deux prochaines années. Cela peut vous paraître énorme mais en calculant le cours de l’once en dollars actuels, on obtient un prix actuel de l’or à plus de 2000 dollars. Un objectif à court terme s’établirait plutôt à notre avis autour de 1190 dollars tout d’abord. Mais l’or n’est sans doute pas le meilleur investissement à moyen terme, bien qu’il propose une rentabilité attendue de plus de 70%. Les marchés seront green ou ne seront pas. Le trading du CO2 est déjà lancé et bien lancé, pour preuve le nombre important de futurs sur le NYSE Mercantile Exchange, des Small caps plus accessibles aux investisseurs individuels existent également à la bourse de Paris. Mais, n’ayez crainte, nous vous indiquerons durant l’année quelles opportunités sont à saisir malgré toutes les bulles. Bonne lecture, la Rédaction.


ACTUALITE Le sommet de Pittsburg, entre concessions et ambitions

Le sommet de Pittsburgh (Pennsylvanie) qui s’est tenu le 24 et 25 septembre était pressenti pour être exceptionnel et fondateur d’un nouvel ordre financier, basé sur la régulation, largement étudiée à Londres. On a ainsi parlé de limitation des bonus, de paradis fiscaux et de réforme du FMI. Comment gagner gain de cause en matière de limitation des bonus lorsque l’on a les USA contre soi ? Un petit compromis de facette ou une avancée majeure… Dorénavant, les traders verront leur rémunération variable plafonnée selon un pourcentage de leurs revenus fixes dans la situation où la banque dispose de fonds propres insuffisants. De plus, au moins 50% de ce revenu variable sera versé en actions et pour les gros montants, les

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versements seront échelonnés sur trois ans. Se pose maintenant la question des garde-fous : qui peut assurer l’application de telles mesures ? Les organes de régulation interne? Autant dire que chaque pays demeure encore libre de ses actions. Autre sujet en vogue depuis le début de la crise : la bataille contre les paradis fiscaux. Après avoir établi une liste exhaustive des centres financiers frauduleux, l’OCDE a permis à ces derniers de sortir de cette liste noire en signant douze conventions destinées à mettre fin au secret bancaire. Pour les plus rebelles, l’Union Européenne préconise des sanctions d’ici 2010, au grand damne des Chinois, soucieux de protéger Hong Kong. Sans parler de leur opposition farouche à

la limitation des bonus, source importante de revenus pour la plupart des dirigeants chinois. Ainsi, les « cadeaux » faits aux employés modèles sont placés dans des comptes offshore, le plus souvent à Hong Kong. Une fois encore, la Chine a su défendre des intérêts au FMI. La réforme de cet organe passe par le transfert de 5% des droits de vote des pays développés aux pays émergents, notamment la Corée, la Turquie et bien sûr la Chine au détriment des pays Européens qui voient leurs droits de vote s’amoindrir. Mais ces concessions ont été le prix à payer pour sauver la mise à l’Europe qui avait beaucoup parié sur ce sommet. Loan PUNG


TRADING PAS A PAS Supports et résistances Dans le numéro précédent, nous avions appris à interpréter une MMA. Dans ce numéro, nous verrons comment affiner ou compléter l’analyse faite sur la MMA en utilisant les supports et les résistances. Les notions de support et de résistance sont très simples à comprendre : ce sont en fait des niveaux, des lignes imaginaires contre lesquelles le cours d’une action rebondit plusieurs fois. Lorsque le cours rebondit plusieurs fois à la hausse sur un niveau, on appelle ce niveau une résistance. Lorsque les rebonds sont à la baisse, le niveau est appelé un support. L’importance d’un niveau est proportionnelle au nombre de fois qu’il a été testé par le cours. En général, on définit une ligne de niveau à partir de 3 tests. Les résistances et supports sont appelés lignes de tendance. Les

lignes de tendance sur le long terme sont évidemment plus significatives que les lignes de tendance à court terme. Voyons maintenant comment les utiliser. Nous prendrons comme exemple le cours de l’action Google, de Septembre 2008 à Octobre 2009. La droite rouge représente une résistance : le cours de Google bute dessus et ne la traverse que rarement. La droite verte est un support. La droite rouge a été testée un grand nombre de fois : c’est une résistance importante. On peut donc en déduire que le cours ne franchira pas cette ligne. Si jamais le cours vient à franchir brutalement la résistance, c’est qu’un changement majeur s’opère, et que le cours repartira sur une hausse prolongée.

On raisonne de même pour le support. Ici, pas de franchissement brutal, en revanche, on observe que les deux lignes de tendance sont parallèles ; elles forment un canal de tendance, ici clairement haussier. Un canal aide à prévoir les fluctuations du cours qui va « rebondir » dedans contre les lignes de tendance, mais il donne également une idée de la tendance (baissière ou haussière) du cours selon son orientation. Sa fiabilité est également dépendante du nombre de fois que ses parois ont été testées. Paul LAMY


SAGA Goldman Sachs : La face cachée de la banque Partie 1 : Goldman Sachs ou la « machine à bulles » Goldman Sachs, « The Firm » comme on l’appelle dans les milieux financiers, est l’une des banques d’investissement les plus prestigieuses et les plus courtisées au monde. Pourtant, Goldman Sachs fait l’objet de nombreuses attaques. Passons en revue les principales critiques. été le vice-président exécutif.

Dans un article publié dans le magazine Rolling Stone, le journaliste d’investigation Matt Taibbi désigne Goldman Sachs comme le principal responsable des dernières bulles financières. Le cas de la bulle internet de 2000 est particulièrement frappant : Goldman Sachs est accusée de « laddering ». Qu’est-ce donc ? Le principe est finalement assez simple et revient à manipuler le cours de l’action d’une entreprise donnée. Au moment de l’apogée de la bulle internet, soit entre 1999 et 2000, la Firme réalisait de nombreuses introductions en bourses de start-up et autres sociétés internet. Et ce, tout en sachant que ces sociétés n’étaient aucunement viables à court et à long terme. Depuis la crise de 1929, la loi imposait qu’une société introduite en bourse ait au moins cinq années d’existence et ait déjà dégagé des bénéfices pendant trois ans. Mais Goldman Sachs, tout comme ses concurrents, ne se souciait guère de ces critères. Le Secrétaire au Trésor de l’époque, Robert Rupin, bien qu’au fait de ces pratiques, n’intervint pas car il a travaillé pendant près de trente ans chez Goldman Sachs et en a même

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Mais revenons à la technique du « laddering ». La banque a proposé à ses clients d’acheter les actions des sociétés qu’elle introduisait en bourse au prix d’introduction en leur faisant également signer une promesse d’achat pour de nouvelles actions lorsque le cours aurait augmenté. Goldman Sachs produisait alors des analyses affirmant que le cours de l’action était sous-évalué, ce qui confortait ses clients ayant déjà acheté des actions. La banque avait dès lors une connaissance d’initié. L’entreprise introduite en bourse n’avait alors aucun mal à récolter facilement un joli capital, sur lequel Goldman Sachs prélevait au passage une jolie commission (de l’ordre de 6 à 7%). L’action montait ensuite fortement et Goldman Sachs pouvait alors revendre ses actions qu’elle avait achetées de son côté au prix d’introduction à ses propres clients qui avaient signé une promesse d’achat (ils étaient persuadés de faire une bonne affaire et pensaient que l’action allait encore grimper). Goldman Sachs empoche au passage une jolie plus value qui vient s’ajouter aux commissions précédentes provenant des frais d’introduction. Goldman Sachs sait aussi utiliser son aura pour réaliser de jolis coups sur les marchés. La banque est particulièrement réputée

pour ses différentes analyses et particulièrement celles sur les matières premières ; les recommandations de Goldman sont toujours attendues et suivies par les marchés. Lorsque le pétrole était coté à 90$ (fin 2007) à New York, la banque a acheté massivement des barils. Elle a ensuite publié des notes et analyses selon lesquelles le cours allait encore grimper. Le cours de l’or noir a alors mécaniquement grimpé (jusqu’à 147,50$) et la Firme a réalisé d’énormes profits en revendant ces barils à un prix bien plus élevé. Récemment, des critiques ont émané du gouvernement américain, jugeant que l’envolée des cours du pétrole entre janvier et juillet 2008 était le fruit d’une intense spéculation de la part des grandes banques d’investissement. Des auditions (les fameux « hearings ») ont eu lieu au Congrès à partir de fin juillet 2009 pour déterminer leur rôle. La CFTC, une agence américaine chargée de réguler les marchés de matières premières, cherche même à limiter l’activité des spéculateurs. Qui est alors monté au créneau pour nier en bloc ces accusations et défendre ses positions ? Goldman Sachs. Aujourd’hui, la banque a avancé ses pions sur un autre marché : celui du dioxyde de carbone. Goldman Sachs disposerait ainsi de 10% en valeur du marché des quotas d’émissions de dioxyde de carbone et lorsqu’elle s’en retirera, plus dure sera la chute pour les autres acteurs de ce marché ! Retrouvez dans le prochain Délit la partie 2 : « Goldman Sachs et l’administration américaine : une longue histoire d’amour »

Arnaud Bavelier


INSOLITES Des conséquences insolites de la crise économique et financière.

Malgré les heurs et malheurs de la planète financière, l’humour et l’autodérision n’ont pas déserté Wall Street. Au premier anniversaire de la faillite de Lehman Brothers, la société d’investissement Headgeable.com a organisé le concours du plus gros loser de la crise. Le premier prix est un voyage à Rome, « dernier grand empire à s’être effondré sous une montagne de dettes, une monnaie dévaluée et des dépenses incontrôlées». Que le deuxième lauréat ne se sente pas floué : l’Islande et son système bancaire effondré puis rafistolé à grand renfort d’aide internationale lui tendent les bras. Le dernier heureux gagnant ira découvrir Las Vegas, ses casinos, ses hôtels de luxe, et ses saisies immobilières dont elle est la capitale. Le rêve américain n’a pas été noyé dans l’océan houleux des subprime, d’autant plus qu’un nouveau type d’organisation caritative a émergé : l’opération Save the Dream parcourt les Etats-Unis pour aider les propriétaires en difficulté à renégocier leurs prêts. Cependant la crise immobilière n’a

pas eu que d’heureuses conséquences, les familles surendettées et privées de leur foyer auront vraisemblablement apprécié la vente aux enchères de maisons saisies à New York, début 2009, pendant que les nouveaux propriétaires sabraient le champagne.

et le Lion a mis à mal l’économie mondiale. Plus généralement, et en accord avec l’astrologie védique très influente en Inde, pourquoi les entreprises et les indices boursiers ne suivraient-ils pas scrupuleusement l’alignement des planètes ?...

A Londres, les traders infortunés se sont reconvertis : le gouvernement britannique loue leurs services gustatifs pour détecter le caviar de contrefaçon. Pendant ce temps, les banques qui les employaient jadis ne savent que faire des chefs-d’œuvre acquis en période faste. On trouve un Van Gogh chez AIG, un Wahrol chez Citigroup, et surtout plusieurs centaines de tableaux dans les réserves de la Royal Bank of Scotland, une véritable National Gallery à elle toute seule. Sous la pression du Parlement britannique, ces conservateurs de musée en herbe ont finalement accepté de rendre leur collection publique.

Enfin, le site vesseltracker.com permet de suivre le trajet des navires de commerce grâce à un système informatique. La position du cargo est représentée par un symbole sur une carte Microsoft Virtual Earth. Mais ces images deviennent une représentation atypique de la crise : à Singapour par exemple, la carte est couverte de points orange, couleur du symbole des bateaux à l’arrêt, alors que le bleu des cargos en mouvement se fait discret. Gageons que la reprise économique fournira à tous une occupation salutaire, marins et astrologues compris.

Sur Internet, certaines analyses de la crise ont le mérite d’être anticonformistes. Par exemple, l’astrologue et financier indien Raj Kumar Sharma est intimement convaincu que le combat entre Saturne

Diane Rousseau

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DOSSIER : LES FLUCTUATIONS DES DEVISES Les mécanismes à l’origine des fluctuations des taux de changes Euro fort, Dollar faible, Yuan sous-évalué… Les devises font l’objet de fluctuations que l’on peut parfois considérer comme aléatoires. En réalité elles résultent d’un ensemble de politiques, de contextes économiques ou d’instruments spéculatifs très sophistiqués. Commençons par définir le taux de change : le taux de change d’une devise, également appelé parité d’une monnaie, correspond au cours d’une devise par rapport à une autre. Libéralisme oblige, ce taux de change devrait fluctuer librement en fonction de la loi de l’offre et de la demande, ellemême influencée par les performances économiques de son pays. Une devise est donc souvent qualifiée de thermomètre de l’économie. Mais la réalité est toute autre, et la santé économique d’un pays ne suffit pas à expliquer toutes les variations du taux de change. Comment expliquer par exemple la faiblesse du Yuan comparée à une rayonnante économie chinoise ? Ceci s’explique tout d’abord par l’intervention des pouvoirs publics, désireux de maintenir un taux de change favorable à la balance commerciale. Ainsi la politique de change peut mettre en place des taux d’intérêts élevés pour attirer les capitaux et limiter les fuites, mais son principal outil réside principalement dans l’utilisation des réserves (or, devises, DTS) : une banque centrale peut dévaluer ou réévaluer sa monnaie en vendant ou achetant sa propre monnaie sur le marché des changes. Quant à la politique monétaire, elle peut utiliser la masse monétaire pour agir sur l’offre ou la demande de monnaie. Ainsi, la politique de la FED durant la crise, visant à financer l’activité économique par la création monétaire, l’endettement et de faibles taux directeurs, a contribué à augmenter la masse monétaire et donc

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l’offre de Dollar. Voila qui explique en partie la faiblesse actuelle du billet vert… Mais les taux directeurs intéressent également les spéculateurs. Ainsi, à travers le Carry Trade, les spéculateurs jouent sur les différences entre les taux directeurs des banques centrales. Pour ce faire, ils empruntent dans une monnaie à faible taux, comme le Yen durant la décennie 90 ou le dollar qui frôle actuellement le 0% d’intérêt. Ensuite ils investissent ces fonds dans une monnaie plus rémunératrice telle que le réal brésilien (environ 10%) ou le dollar canadien. La différence entre les taux constitue la plus-value réalisée, augmentée d’un éventuel effet de levier. Ces opérations étant passées sur des volumes colossaux, la loi de l’offre et de la demande tend donc à déprécier la monnaie d’emprunt et à apprécier la monnaie d’investissement. Le taux de change des monnaies est alors fortement affecté, source supplémentaire de plus-values lors du remboursement du prêt. Cette technique de spéculation plutôt risquée lors d’un changement brutal des taux directeurs, au vu de la quasi-faillite du fond LTCM en 1998, repose sur les prévisions de ces derniers. Ainsi les déclarations de Ben Bernanke sur sa volonté de garder les taux de la Fed proche de 0% à moyen terme expliquent en grande part la

chute récente du Dollar. Enfin, le dernier mécanisme responsable des fluctuations monétaires, mais non pas le moindre, n’est autre que la confiance et plus particulièrement le goût du risque. Les bons du Trésor américains sont considérés comme les actifs les plus sûrs et les plus liquides à travers le monde. Ainsi, en période de fortes turbulences économiques, ce sont des actifs particulièrement recherchés par les investisseurs comme l’atteste le rebond du dollar par rapport à l’euro après la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. A l’inverse, depuis la parution d’indicateurs plus optimistes quant à la reprise depuis mars 2009, le goût du risque renaît peu à peu chez les investisseurs qui se détournent des bons du Trésor américain au profit d’actifs plus rémunérateurs entraînant une nouvelle dépréciation du billet vert. Les mécanismes de fluctuation des monnaies sont donc pluriels et intrinsèquement liés. Ils agissent, de plus, de manière forte et rapide, entraînant de puissants effets sur le reste de l’économie. Leur régulation par le FMI et les banques centrales semble donc nécessaire. Armand Vidal et Emmanuel Badoual


Le règne des taux de change faibles Alors que la sortie de crise se profile, les principales devises semblent mener un combat sans merci pour savoir laquelle d’entre elles est la plus… faible ! Le Dollar, la Livre Sterling et même le Yuan se sont effectivement affaiblis au cours des derniers mois par rapport à l’Euro. Rien d’étonnant pour le Dollar (1,50 Euro au 25/10), qui après avoir bénéficié du statut de valeur refuge pour s’apprécier d’environs 20% face à l’Euro est délaissé pour des actifs plus rémunérateurs. Cela se comprend également pour la Livre Sterling du Royaume-Unis (0,92 Euro au 25/10) qui en plus de finances publiques délicates (un déficit public estimé à 12,4% du PIB)

a opté pour une détente monétaire. En revanche, plus difficile d’expliquer la dépréciation du Yuan face à l’Euro depuis Octobre 2008 : un euro valait alors 8,7 Yuans, contre 10,24 au 25/10. La croissance chinoise devrait pourtant atteindre 8,5% en 2009, tandis qu’on craint une récession de 2,7% aux Etats-Unis et 4,2% dans la zone Euro (FMI).

A court terme, une faible devise favorise donc la croissance. Ceci est particulièrement vrai pour le Royaume-Unis qui, au vu de l’amélioration de sa compétitivité prix face à la zone Euro, intensifie les échanges avec le reste de l’Europe et devient un lieu de shopping privilégié pour ses voisins. L’Euro apparaît donc comme le grand perdant de cette course aux Il est plus surprenant encore de faibles taux de change… Du moins voir ces tendances accueillies à à court terme, car à plus long terme bras ouvert ! Il semble qu’une la zone euro devrait améliorer son devise faible en temps de reprise attractivité, sa compétitivité produit soit particulièrement appréciée : et engranger d’importants excédents elle améliore la compétitivité des commerciaux… prix à l’exportation, elle incite à la Emmanuel Badoual consommation et au tourisme, elle dynamise l’activité économique.

Le Yuan : L’arme secrète du mandarin 2200Md de dollars dans ses coffres, première détentrice de bons du Trésor américains et forte d’un Yuan faible, l’empire du milieu est-il devenu une menace pour l’ordre monétaire mondial ? D’une part, avec une monnaie sous-évaluée d’environ 40% par rapport au dollar, la Chine possède un avantage commercial extraordinaire. De plus, la nonconvertibilité du Yuan et sa fixité au dollar la préserve de la chute récente du billet vert. Ce contrôle de la monnaie est de fait fortement décrié par les occidentaux qui y voient une arme déloyale accroissant artificiellement la compétitivité de ses produits. D’autre part, grâce à son excédent commercial la Chine repose sur un matelas de réserves de change de plus de 2200Md de dollars investis majoritairement dans des bons du Trésor américains. Etant devenue la première créancière de l’Oncle Sam depuis l’automne 2008, la Chine joue un rôle primordial dans le financement de l’économie

de la première puissance mondiale, comme l’a rappelé Hillary Clinton dans son premier voyage officiel à Pékin en février 2009. La Chine possède donc une réelle arme au service de ses intérêts économiques, voire politiques. Cependant cette arme est à double tranchant. En effet ayant mis tous ses œufs dans le même panier, l’empire du milieu fait maintenant face à un dilemme pour sécuriser ses avoirs. Si les autorités chinoises poursuivent leurs achats de dollars, leurs réserves continueront à fondre à mesure que le billet vert s’effondre. A l’inverse, si elles renonçaient à leurs achats le cours du dollar

chuterait, diminuant d’autant leurs actifs libellés dans cette monnaie en plus d’arrêter le financement de l’économie américaine, primordiale pour les exportations chinoises. La Très Grande Alliance entre les deux pays semble désormais jouer en défaveur de la Chine d’où une volonté de diversification, contribuant notamment aux tensions sur le marché des matières premières et à l’envolée du métal jaune. Consciente que cette situation à court terme n’est pas viable, la Chine prône la création d’une nouvelle monnaie internationale destinée à se substituer au dollar. Armand Vidal

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DOSSIER : LES FLUCTUATIONS DES DEVISES Peut-on réguler la spéculation ? Après l’imbroglio sur l’adoption de la taxe supplémentaire de 10% sur les bénéfices des banques et le remboursement des prêts accordés par les Etats à ces mêmes banques (BNP, Société Générale, Goldman Sachs…), Barroso, Sarkozy, Merkel se prononcent pour la taxe Tobin dans leur quête de réforme du capitalisme et de contentement de l’opinion publique de leur pays respectif. Mais qu’est donc cette taxe Tobin ? Est-elle applicable et peut-elle freiner la spéculation ?

américain, elle n’est pas explicitement mentionnée dans le rapport final. Un objectif et un mode d’application difficiles à définir Aide aux pays pauvres, moralisation du capitalisme, taxe déguisée des banques…, les objectifs ne manquent pas, mais suivant leur nombre, l’assiette fiscale n’est pas la même et le nombre de pays acceptant le système non plus. A l’heure actuelle, il se murmure à l’Elysée, que la taxe Tobin serait proposée dans le cadre

Piste envisagée James Tobin, conseiller de J.F.Kennedy, a l’idée en 1972 de taxer les mouvements de capitaux à court terme, cette idée, d’abord reprise par les alter mondialistes dans les premières années, est devenue le modèle à suivre pour tous les dirigeants européens. Tobin voulait, grâce à cette taxe, aboutir à la stabilisation des échanges sur les devises, en reversant une partie des recettes au FMI lui permettant de jouer pleinement son rôle de stabilisateur du marché monétaire. Tous les gouvernements français successifs depuis François Mitterand, se sont prononcés pour cette taxe, alors pourquoi n’est elle pas appliquée ? « Pas assez efficace », comme l’a dit Dominique Strauss Kahn, à l’époque ministre des finances, et surtout peu envisageable en tant de croissance. Cependant, le G20 a donné au FMI lors du sommet de Pittsburgh la mission de trouver des mécanismes permettant aux marchés financiers de rembourser les dettes qu’ils ont contribuées à contracter, cette taxe Tobin est une des solutions envisagées. Mais ne voulant pas froisser le partenaire

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de la lutte contre le réchauffement climatique lors du futur sommet de Copenhague, il n’est pas certain que cela plaise à nos partenaires US et chinois. Dans son expression la plus simple, soit une taxe à hauteur de 0,01%, la taxe rapporterait plus de 75 milliards d’euros par an avec des mouvements de change de l’ordre de 3000 milliards de dollars par jour. L’avènement du trading automatique (1/3 des transactions sur le marché des changes), dont nous vous parlions dans le numéro de la rentrée, ainsi que le retour de l’appétence pour le risque devraient faire exploser tous ces chiffres. La base à imposer est ellemême sujet à débat, certains souhaitent

taxer seulement le Trading en compte propre, en sachant pertinemment que le contrôle des activités de Trading des banques est très difficile à opérer. La Constinuous Linked Settlement Bank (CLS Bank), banque centrale des banques centrales, a pour objectif d’éviter le défaut de paiement entre les différents acteurs de ce secteur et centralise tous les ordres, ce qui pourrait permettre cette taxation mais avec quelle clé de répartition ? Une efficacité à démontrer… Le taux de taxation trop faible, très inférieur à 1%, ne peut être en l’état un frein à la spéculation, comme le prouve la Stamp Duty (taxe britannique équivalente de 0,5%) dont les effets sur la spéculation restent peu probants. Cependant tous les pays industrialisés tentent à l’heure actuelle de réduire leur déficit accru du aux plans de relance, cette manne fiscale supplémentaire pourrait être la solution à tous leurs problèmes. Ce serait un signe fort envers le 
 secteur bancaire qui représente aux Etats-Unis 5% des emplois mais 40% des profits. L’institut Montaigne n’a lui pas abandonné son idée de réformer les activités spéculatives en proposant un taux d’imposition de 60 à 70% sur le trading sur fonds propres, la titrisation, la production de produits dérivés et structurés…Un système difficile à mettre en place, sans doute, excessif sûrement, mais qui rappelle que le plus fort de la crise n’est pas si ancien. Qui se souvient, par exemple, de la date précise de découverte des erreurs de Jérôme Kerviel ?

Marc PRIMOT


INTERNATIONAL Un Nasdaq «à la chinoise» Il était tant que la Chine se dote d’un tel marché… En effet, depuis les années 1970, plusieurs pays ont introduit le marché de capitaux pour les entreprises de croissance afin de permettre aux « start-ups » de trouver plus facilement des moyens de financement qui leur font souvent défaut. Malgré cet engouement international (75 marchés de ce type ont été créés jusqu’à présent), seulement la moitié subsiste encore. Inaugurée le 23 octobre dans la ville méridionale de Shenzhen, la nouvelle Bourse chinoise des valeurs de forte croissance, ChiNext (abréviation de ChinaNext) entra en activité une semaine plus tard. Cette réforme des marchés de capitaux en Chine permet notamment

d’accompagner le développement des start-ups spécialisées dans les technologies et l’innovation dans la mesure où elles sont souvent exclues du marché du crédit bancaire. Réservée aux entreprises ayant un bénéfice net d’au moins 1 million d’euros sur les deux années précédentes et ayant un minimum de 2 millions d’euros d’actifs, ChiNext aura également une « une influence sur l’économie d’innovation du pays », si l’on en croit Zuo Xiaolei, économiste en chef de Galaxy Securities. En effet, son incidence sur le volume de liquidités en circulation présage le développement de « champions nationaux » chinois. Elle participera également au renouveau des PME chinoises, celleslà même qui ont été exclues du marché du crédit bancaire en temps de crise financière et économique.

Le ChiNext fera cependant l’objet d’une surveillance plus stricte, notamment en ce qui concerne la transparence du marché. Pour restreindre les risques de spéculation irrationnelle, les ventes et les achats d’actions durant le premier jour de cotation sont bloqués si la valeur chute ou augmente de plus de 80% par rapport au prix initial. Lorsqu’une entreprise entre en bourse en Chine, le prix de ses actions grimpe rapidement pour ensuite chuter brutalement puisque les investisseurs sont à l’affût de profits rapides et élevés. Or, les actions des sociétés qui sont cotées au ChiNext ne risquent pas de s’envoler en raison de la petite taille des entités et de la faiblesse des fonds collectés. Guillaume WOLFF

La Bourse des tunnels

Non, bourse ne veut pas forcément dire spéculation effrénée, trader passé par une école prestigieuse travaillant pour une banque non moins reconnue. L’investissement, c’est aussi l’histoire d’une vie parfois, celle d’un espoir ou d’un combat. La Palestine, ou l’histoire d’un pays en guerre contre un autre qui par ses mouvements politico-religieux

armés nous ramène à ce principe de réalité, que l’on a pu souvent oublier lors de la crise que nous traversons actuellement. Venons-en aux faits : depuis 2000, des tunnels ont été construit entre l’Egypte et 
 la bande de Gaza pour alimenter un trafic de produits de contrebande. Mais depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas, ces tunnels sont devenus une manne financière. Le Hamas se procurait entre autres des armes de contrebande dans sa lutte contre Tsahal, l’armée israélienne. Mieux, ce business lui aurait apporté de 6 à 8 millions de $ par mois. Mais qui se cache derrière ces tunnels

? Principalement des familles riches, mais aussi les gros commerçants de Gaza, qui suite à l’instauration du blocus par l’armée israélienne et la chute de leurs activités, se sont mis à acheter des tunnels. Prix : 100.000 à 120.000 $ pièce. Ainsi, quatre mille Palestiniens espéraient avoir fait l’affaire de leur vie en investissant, comme en bourse, dans des parts du plus d’un millier de tunnels creusés entre Gaza et l’Egypte. Ils en sont pour leur frais. Les attaques israéliennes et les opérations de destruction entreprises de l’autres côté par l’armée égyptienne ont enterré tous leurs espoirs. Les pertes sont estimées à quelque 500 millions de dollars. Une catastrophe pour les familles aisées qui avaient misé une grande partie de leur épargne dans l’aventure. Alexis Kricorian

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MICROCREDIT Le microcrédit: le nouveau visage humain du capitalisme? Bien qu’il existe des antécédents dans les prêts sur gages apparus dès le 19ème en Europe, le microcrédit dans sa forme actuelle n’a commencé à se répandre que depuis les années 1970, notamment dans les pays en voie de développement. Par contre, il a fallu attendre que le prix Nobel soit attribué au professeur Bangladeshi pionnier du microcrédit Muhammed Yunus en 2006 pour que ce produit de la micro-finance gagne en ampleur dans les pays développés. Sa fonction première est d’accorder à des personnes, à première vue insolvables, des prêts d’un faible montant mais qui leur permettront de financer leur petite entreprise et de sortir ainsi de la pauvreté. Alors quelles institutions encadrent ces prêts? Comment sontelles rémunérées? Et qui couvre le risque en micro-finance? D’après la Banque mondiale, 500 millions de personnes bénéficient d’un microcrédit. Ce sont les institutions de

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micro-finance (IMF) qui régissent ces prêts à l’instar de la Grameen banque de M.Yunus ou encore Planet Finance créée par Jacques Attali en 1998 et l’Association pour le droit à l’initiative économique qui accordent de 10000 à 13000 par an de microcrédits à des chômeurs, Rmistes porteurs de projets d’entreprise en France. La micro-finance s’est avérée être très rentable pour ces IMF c’est pourquoi nombreuses d’entre elles choisissent de devenir des sociétés privées de microcrédit. Leurs services sont rémunérés grâce aux taux d’intérêts très élevés qu’elles imposent aux emprunteurs et qui varient entre 15% et 20%. Ces taux peuvent paraître abusifs mais ils sont incompressibles dans la mesure où les frais administratifs relatifs à ces prêts à faible montant sont inévitablement plus élevés (ils sont estimés à 11% du portefeuille de prêts en 2006) que ceux des prêts en banques traditionnelles car cellesci réalisent des économies d’échelle impossibles en micro-finance. La marge de profit reste cependant importante et les actionnaires de sociétés de microcrédit ravis. Compartamos a, par exemple, au Mexique nourri une polémique en 2007 puisque son action s’est vendue dès son entrée en bourse au prix fort étant donné que le taux annuel de 85% assurait aux actionnaires un rendement annuel de 55%. Cela étant, les IMF répondent à leur rôle de façon plus efficace lorsqu’elles sont rentables que lorsque leur actif est déficitaire, ce qui les pousse à

faire appel à des subventions externes. Le soutien de multinationales comme celui de Danone à la Grameen Banque reste cependant nécessaire à la bonne marche des IMF. En ce qui concerne la garantie du remboursement du prêt, toute la particularité du microcrédit réside dans le fait que les contractants ne sont pas tenus de présenter des garanties monstres, ce qui à la base rend les prêts en banques inaccessibles pour eux. De plus, on constate qu’il y a très peu d’impayés (environ 1,9% en 2006) et malgré les taux d’intérêts élevés, le profit que tirent les bénéficiaires du prêt en montant leur propre affaire est plus élevé. D’après M.Yunus « Le socialbusiness est la pièce manquante du système capitaliste. Son introduction peut permettre de sauver le système ». Cependant, dans certains cas les personnes très pauvres se retrouvent dans l’incapacité de couvrir leur prêt alors elles en contractent un autre pour payer le précédant et s’engouffrent ainsi dans un cercle vicieux qui profite uniquement aux sociétés privées de micro-finance. En résumé, le microcrédit et plus généralement la micro-finance ont recours à des mécanismes novateurs qui profitent et au petit emprunteur et aux IMF, le tout étant de maintenir l’équilibre entre l’objectif social, celui d’encourager l’esprit entrepreneurial chez les plus lésés tout en réalisant des bénéfices en vue de la pérennité du système. Mouna LAAZIZ


ETUDE L’inflation : la solution face à l’endettement de l’Etat Français ? Alors que le président de la république Nicolas Sarkozy exclut toute hausse d’impôt afin de financer la dette publique, s’élevant à 1500 milliards d’euros soit environ 77% du produit intérieur brut de l’année 2009, la question du financement de la dette devient un enjeu crucial pour l’avenir de la nation qui risque en cas de mauvaise gestion financière de perdre son autonomie politique puisque le projet de loi de finance 2010 table sur une charge net du service de la dette à 42,5Mds € soit le deuxième plus gros poste de dépense dans le budget de l’Etat. Face à l’endettement, l’inflation semble être le meilleur remède. En effet, un taux inflation supérieur au taux d’intérêt nominal permet de réduire mécaniquement la valeur réelle des créances de l’Etat puisque les taux d’intérêts réels deviennent négatifs (approximativement, taux intérêt réel = taux intérêt nominal – taux d’inflation). Ainsi grâce à la forte croissance des pays émergents, les pays industrialisés (PI) endettés peuvent profiter de cet effet mécanique de l’inflation pour réduire leur dette. En effet d’une part, cette forte croissance se traduit par une augmentation des salaires dans ces pays (revendication salariale en Chine …) provoquant par la suite une augmentation des coûts de production. D’autre part elle provoque une

à la stabilité des prix et par conséquent aux anticipations des agents économiques. Ainsi les pays de la Zone Euro se privent de cet effet économique et doivent trouver d’autre solution pour résoudre ce défi de l’endettement.

augmentation de la consommation des matières premières et par conséquent elle favorise une hausse structurelle des prix des matières premières. Ainsi ces deux conséquences favorisent une inflation importée dans les PI qui peut être utilisée pour réduire l‘endettement. Pourtant il faut savoir qu’une partie de la dette de l’Etat français est indexée sur l’inflation afin de protéger les créanciers. Cette dette, OATi*, représente environ 15% de la dette de l’Etat. Par conséquent si on observe une hausse de l’inflation, elle se traduirait également par une augmentation des charges liées au service de cette dette pour l’Etat. L’autre problème majeur provient des règles misent en place par l’adoption de l’euro, notamment la règle qui stipule une maîtrise de l’inflation en dessous des 2%. En effet pour la Banque Centrale Européenne, l’inflation n’est pas considérée comme une solution mais comme une menace car elle nuit

L’inflation peut donc résoudre une partie du problème de l’endettement, mais pour qu’elle soit pleinement efficace, il faut que la BCE abandonne ses règles d’orthodoxie monétaire et que l’ensemble des PI favorisent un retour de l’inflation afin d’éviter toute fuite de capitaux. Ce scénario semble envisageable dans la mesure où les principaux PI sont aujourd’hui très endettés. Cependant pour que ce scénario soit réalisable, les élites politiques doivent également compter sur une augmentation des impôts, une maitrise des dépenses mais aussi et surtout sur un soutien de l’investissement dans les secteurs porteurs tel que le « Green Business » et l’économie numérique afin de favoriser un retour de la croissance. Aninh SOUIDARAY *OATi : Obligation Assimilable au Trésor indexée sur l’Inflation

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Délit d'initié n°10  

Au sommaire de ce numéro: Le G20 de Pittsburgh fait-t-il fait avancer la régulation? // Supports et résistances, des instruments simples pou...

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