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Comte Vergil

Sonnets de l'apocalypse


DU MÊME AUTEUR

Demain dès l'aube, 2010 Au Fur et à mesure, 2012 Nouvelles d'en bas et d'ailleurs, 2014 Gabriel, 2016 Le Journal d'un vieux jeune, 2016


Comte Vergil

Les Sonnets de l'apocalypse RECUEIL DE POESIE

Azuriel


Achevé le 20 mars 2014, seconde édition comte Vergil ©, Éditions d'Azuriel, 2016 Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous les pays.


Les Sonnets de l'apocalypse Notes de l'auteur pour la présente édition 1. Ce livre n'a pas été écrit pour le gain. D'ailleurs, vous pouvez le lire gracieusement. ₪₪₪ 2. Ce livre fut écrit en trois mois seulement. Son auteur n'avait que l'âge de vingt-deux ans. ₪₪₪ 3. Ce livre est dédié à ceux qui savent lire. Néanmoins il s'adresse à tous les êtres humains. ₪₪₪ 4. Ce livre a trouvé sa forme de lui-même. Car elle est le fond qui remonte à la surface. ₪₪₪ 5. Ce livre n'est pas l’afféterie de l'auteur. Sa bonté pardonne jusqu'à vos bas-instincts. ₪₪₪ 6. Ce livre a été tapé à la machine à écrire. Son auteur détient l'unique manuscrit. ₪₪₪ 7. Ce livre est hautement authentique. Tout ce qui fut écrit est le fruit de recherches. ₪₪₪ 8. Ce livre est le reflet de vous-mêmes. Les miroirs évités voilent l'identité. ₪₪₪ 9. Ce livre existe bien, et il vous survivra. L'accepter tôt ou tard dépendra de vous-mêmes. ₪₪₪ 10. Ce livre est dédié aux poètes du monde, De nos cinq continents et des cinq océans. ₪₪₪


To the happy few, Et ceux qui les suivront.


I. LE CRÉPUSCULE


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1. Ouverture Nombreux sont les inquiets au début de ce siècle Pour y mettre un peu d'ordre on s'applique à la lettre En dépit des chiffres qui servent de couvercle Aux droits du citoyen que nous abusons d'être. J'ai voulu par ces vers figer l'état d'urgence Dépeindre les abus sociaux ou moraux, Dont beaucoup sont témoins en rentrant du bureau. Le climat délétère est propice aux engeances. Que chacun se refuse à vouloir me connaître Et si jamais on vient à me faire paraître, Je vous tire un chapeau en guise de salut. Ces cinquante sonnets sont des travaux de maître, Puisse l'individu me permettre de naître En laissant à la vue ces papiers résolus. C.V. †, 26/12/2013

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2. Des Milliards Des milliards de valeurs devinrent le budget De quelques projets noirs ignorés des sujets. Un bunker en Norvège ouvert par une agence Abrite sous la glace un amas de semences. Un message étranger dans les prés bocagers Apparut quarante ans à l'endroit d'un projet Que l'on avait mené pour le nom de la science Consistant d'émissions d'un signal à fréquence. Des camps pareils à ceux du régime d'Hitler Pour l'instant inactifs sur le sol des indiens Nous laissent présager un conflit nucléaire. Les médias dominants en traîtres exemplaires Ont grand peine à couvrir les détails quotidiens Autant que l'épaisseur de nos noires œillères.

C.V. †, 27/12/2013

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3. Le Chasuble ancien Le chasuble ancien et l'antique chandail Sont chassés pas à pas de la salle d'audience, Et tandis que le vin enivre l'obédience, Les marchands du temple s'arrachent le bétail. Comme peau de chagrin le monde du travail Alimente ses chiens à l'affût de croissance ; Leurs colliers sont scellés par la grande finance Et l'ennui s'immisce jusque dans leur entrailles. Ils osent parler des valeurs démocratiques Mais le droit régalien du peuple est piétiné Au profit d'une caste avide et maléfique. Les écarts sociaux sont si forts qu'ils aliènent : Certains grands reçoivent en une matinée Cent vingt ans du salaire accordé en moyenne. C.V. †, 04/01/2014

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4. La Crise Chaque jour des milliers d'employés licenciés Retournaient chez eux sans être remerciés. Usines et bureaux en dépôt de bilan Congédièrent le peuple aux défilés violents. Irrémédiablement les marchés financiers Fixèrent le montant de tout impôt foncier, Isolant sur le net les penseurs virulents Qui osent critiquer le système accablant. Images à l'appui le troupeau somnambule Oublia son pouvoir dans l'attente incrédule, Ne saisissant jamais ni le fer ni la pierre. Nantis et rentiers partagent le pécule Offrant quelques billets pour bâtir nos cellules Modifiant à loisir nos loyers de misère. C.V. †, 07/01/2014

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5. Les États en faillite Les états en faillite empruntèrent aux banques À des taux toujours plus infinitésimaux Et la planche à billets inondait tout le manque À gagner de la dette à la source des maux. La confiance en l'argent s'émoussait lentement Et les marchés ouverts à la spéculation Créèrent les conflits opposant les nations Tout en plaçant leurs pions au sein des parlements. Au lieu de s'entraider, un torrent de menaces Embourbèrent l'élite au fond de la mélasse Que l'on sait combustible aux élans de révolte. Après avoir construit des abris souterrains, Elle œuvra en secret pour détruire nos grains, Injectant du poison dans toutes les récoltes. C.V. †, 08/01/2014

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6. De l'Élite mondiale Du projet Rivkin et du rapport de Kinsey, Il n'y a plus de doute aux réelles intentions De l'élite mondiale aux rites écossais, Admirons un instant la puissante invention. Tous les cercles secrets du pouvoir font excès Non de zèle mais bien de leur simple fonction Laquelle est de veiller à ce que notre accès Aux droits du citoyen ne se borne à l'onction. Je connais les français, et même leurs voisins, Ils savent rester droits, et sont même audacieux Jusque dans les rayons de leurs grands magasins, Ils n'ont peur que du ciel et des vils sarrasins Leur tombant sur la tête et ne sont que soucieux De produire un bon vin d'un allègre raisin. C.V. †, 08/01/2014

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7. L'Ukraine se déchire L'Ukraine se déchire et son peuple est en deuil, Mais déjà des lignes de chars et de vaisseaux Affluent en mer morte et à Kiev en son seuil. L'aigle fixe l'étoile et le coq fait des sauts. Le gaz et le pétrole ont ce goût de l'écueil Qui s'infuse et refuse à quitter mon pinceau. Ils suintent la mort et gisent entre les feuilles Qui se laisseront choir dans l'ère du Verseau. Le devoir de mémoire ouvre l’œil sur le monde Attentif aux échos de la bête immonde. Chacun baisse les yeux sur les bouts de son corps Qui marche sans cesse à la recherche de l'onde Rédemptrice à notre âme aux intrigues profondes, L'unité supérieure est un tableau de score. C.V. †, 10/01/2014

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8. 1980 Mil neuf cent quatre vingts est l'année où s'érige Un triste monument d'étrange signature, De vingt pieds de hauteur à donner des vertiges, Six dalles de granit couvertes de gravures. Sur chacune des faces, figurent dix axiomes, À l'image des dix commandements anciens, Gravés en lettres d'or dans plusieurs idiomes, Du sanskrit à l’hébreu, de l'arabe à l'indien. Si leurs lois font frémir il nous faut constater Que la pierre est la seule à savoir nous survivre, Bien que nous ne pouvons nullement la dater, De Carnac à Gizeh, son passé est un livre. Hélas trois fois hélas le français est absent De l’œuvre calculée ; stérile est notre sang ! C.V. †, 11/01/2014

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9. Un Atroce charnier Un atroce charnier découvert en Afrique Fait remonter la piste au commerce d'enfants Mené en Occident par des gens sataniques Lesquels sont des puissants qui s'en cachent bluffant. Le Mossad, le Hamas, le groupe Bilderberg, Skull & Bones, francs-maçons, les Illuminatis, Nous savons qu'ils aiment apparaître en exergue ; L'élite est un furoncle inondé d'apathie. Mais rester leur esclave est bien plus écœurant ; Le poète se veut du rang des opprimés, La misère ne le rend pas indifférent. Il est temps d'éteindre notre téléviseur, Sa lumière n'est plus qu'un vieux spectre abîmé Qui ne cesse de nous induire en erreur. C.V. †, 12/01/2014

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10. Faîtes-le moi savoir Faîtes-le moi savoir si je suis une ordure ; Deux milliards d'habitants vont périr d'un seul coup. Les trois jours qui suivront de New York à Moscou Ce sera le retour du monde à l'âge obscur. Ce jour là soyez-forts, voici ma procédure : Rejoignez vos aimés, armez-vous d'un six-coups Devenez Prométhée, et quelque soit le coût, Allez à l'essentiel, ce n'est pas sinécure ! Les rats seront nombreux et le froid et le doute Variez vos aliments et pensez aux mammouths Congelés l'estomac plein de fruits tropicaux. Quant à moi je serai un seigneur droit en route Vers un nouveau domaine où l'azur du mois d'août Recouvre la cendre de beaux coquelicots. C.V. †, 13/01/2014

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II. LA NUIT


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11. La Nuit tua le jour La nuit tua le jour, réfléchit sa lumière, Et l'astre rougeoyant accusa l'éphémère Le printemps est en deuil laissant choir ses bourgeons Et l'hiver est au seuil d'illusoires donjons. Le vent sème des mots dont l'écho désespère De mourir dans le creux d'une ouïe fine aux prières. Les grands lacs ont taris, irradiant jusqu'aux joncs, Dévoilant le charnier d'arêtes d'esturgeons. Un couple fatigué se repose en silence. Leur voiture a vidé le dernier plein d'essence Dans un trou de verdure où la plaine est creusée. L'homme essaie d'apaiser sa compagne en souffrance; Elle a offert son corps pour un peu de pain rance, Il en mange en cachant une plaie nécrosée. C.V. †, 14/01/2014

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12. Le Tétrade Laissez-moi vous parler du retour du Seigneur Au travers des quatre lunes rouges prochaines. La première aura lieu d'ici quelques semaines, Et viendra témoigner dans toute sa splendeur De ma grande entreprise ignorée à cette heure. Quatre mois passeront dans la peur et la haine Quand l'astre reviendra dans sa robe d'indienne, Lorsque la frondaison prend la même couleur. L'an nouveau une éclipse obombre vos espoirs De n'être spectateurs de mon troisième auspice : Quinze jours suffiront à porter préjudice. Vous venez me relire obscurcis dans l'abysse, Hésitants et honteux vous recherchez l'indice Ah ! l'ultime occurrence ; tous mes vers il faut boire ! C.V.†, 15/01/2014

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13. Même le Vatican Même le Vatican avait son télescope Au fond de l'Alaska non loin du projet HAARP Scrutant les comètes telle que Hale-Bop Mais le pape-pantin restait comme une carpe. Les avions modifiés par les soins du cyclope Quadrillaient les cieux des fibres d'une écharpe Dont l'aloi métallique étudié en Europe Stérilisait les sols jusqu'aux plantes acarpes. Plusieurs espèces tributaires de l'homme Ont perdu leurs forêts pour bâtir son royaume L'abeille entremetteuse a quitté le décor. Je retiens mes larmes, je ne suis pas mazette Et fais sonner l'alarme au moment où la dette Se gonfle comme un bœuf, ou plutôt un veau d'or. C.V. †, 16/01/2014

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14. La Mémoire de l'homme La mémoire de l'homme est le substrat des âges. Ce que l'on cherche à faire aux moyens d'épandages, C'est bloquer les liaisons du système nerveux Devant cette évidence on crie au désaveu. Sommes-nous condamnés parce que trop nombreux ? Quitte à devoir mourir essayons d'être heureux, Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches J'ai rêvé de couper leur immeuble à la hache. Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à oser ? Dieu vomit les tièdes et leurs airs officieux ; La chance ne sourit dit-on qu'aux audacieux. Le climat déréglé est autant sclérosé, Le décor rectiligne a soustrait à nos yeux L'horizon harmonieux des cimes sous les cieux. C.V. †, 17/01/2014

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15. L'Eugénisme L'eugénisme est la science idéale aux problèmes, Elle pousse l'élite au tragique dilemme Qui veut que l'on choisisse à l'ère citoyenne Qui doit vivre ou mourir, ainsi la race aryenne. L'institut allemand de cet art fut fondé Douze ans avant la guerre et bien sûr secondé Par les dons très discrets d'un empire oligarque Qui aujourd'hui encor détient toutes marques. Il convient à chacun d'accepter notre fin, Mais il faut ajouter qu'une fois au parfum, Il s'agit d'éviter cette fatalité. Est-ce trop excessif de tourner révolté ? Nul n'a jamais écrit, inventé ou sculpté Que pour sortir en fait de l'enfer répété. C.V. †, 18/01/2014

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16. Le Génie génétique L'officieux premier séquençage ADN Survient au moment où s'effondrent les tours. - Pour envahir l'Irak et traquer Ben Laden, La fiole de Powell fut un gage d'humour Tout notre génome compte un nombre efficace De gènes mis là par transfert horizontal, Je ne veux pas apprendre au singe la grimace, Mais nous sommes issus d'une espèce spéciale. Tellement spéciale qu'à quelques lettres près, Nous toucherions l'étoile en le faisant exprès, Et la paix reviendrait dans notre société. Le génie génétique éprouve l'éprouvette ; Du mouton scintillant au maïs dans l'assiette, Son commerce vaut pour tripler son impiété. C.V. †, 19/01/2014

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17. La Cohorte Une cohorte avançait sur la route assombrie, Hommes, femmes et enfants, progressaient, sans bruit. Quand le ciel déversait sa corrosive pluie, Les carcasses d'autos leur servaient d'abris. Le vent avait semé la cendre des volcans Et c'est l'air tout entier qui s'était irradié, Si bien que le décor paraissait incendié. On pillait au besoin les cadavres fréquents. Les enfants silencieux nés dans cette période Commencèrent très tard à lire et à compter, La culture n'a pas eu l'effet escompté. Je ne suis pas sujet aux mirages d'Hésiode Aussi dois-je avouer mon authenticité Qui n'a jamais cessé de croire en l'unité. C.V. †, 20/01/2014

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18. L'aéroport Au milieu du désert du nouveau continent S'est construit un étrange aéroport mondial Le coût exorbitant de ce testimonial Attire les soupçons de tunnels résonnants. L'étalon maléfique accueille les passants Dans un hall où le sol dessine des symboles, Et les fresques des murs des enfants en idoles. Vu du ciel, sa structure est d'un genre indécent. À divers endroits des bases souterraines Abritent des secrets bien gardés des profanes, Rien ne semble apaiser cette ambiance anxiogène. Nous savons désormais que les jours sont comptés Avant que les banques ne referment leurs vannes Jusqu'à ce que tout soit au chaos confronté. C.V. †, 21/01/2014

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19. Le Refuge La confiance est très dure a offrir de nos jours La nuit est ce refuge où brûlent les ruptures. Sa lune est un symbole utile à nos amours, Confidente éclairée aux spirites blessures. Les envois répétés de curieux satellites Demeurent silencieux au-dessus de nos têtes. C'est le verre levé et le vers en orbite Qu'il faut vivre jusqu'à ce que la fin s'arrête. Nous vivons à court-terme une époque houleuse Sept milliards aujourd'hui et combien divisés L'invention de l'écran formate les pleureuses. Le socialisme et le capitalisme sont Basés sur la croissance éternelle et miser Là-dessus, c'est ne pas apprendre leur leçon. C.V. †, 22/01/2014

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20. Platon parle d'une île Platon parle d'une île enfouie en une nuit ; Atlantis n'était plus, mais avant le déluge, Un poète attentif aurait trouvé refuge Puis aurait raconté aux hommes son ennui. Les pères du zodiac furent les sumériens, Ces êtres éclairés de Mésopotamie Ont fondé et l’Égypte et l'empire achéen. L'étude de leurs temps est fait de tsunamis. Quand les fouilles feront la science de chacun, Que nul n'ignorera le tribut des anciens, Nous saurons la morale au sens de Saint d'Aquin. Ce jour là nous vivrons mille fois plus prospères, C'est le vœu que je fais en bon platonicien. Même dans le chaos j'ai foi en notre père. C.V. †, 23/01/2014

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III. L'AUBE


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21. Lève la main Lève la main et jure être venu en paix. Les étoiles mourraient, le jour naissait à peine. Las d'enterrer les morts, nous avions l'irrespect De laisser leur dépouille en curée aux hyènes. Le troc est un moyen de vendre ses services Afin d'acquérir ce qui nous est nécessaire, Car ce que l'on possède et de quoiqu'il s'agisse, Nous le cédons toujours avec un goût amer. Avant l'apocalypse, tout le monde achetait Dans de grands bâtiments des produits très variés Emballés de plastique et cartons coloriés. Maintenant, on échange en bon piémontais Des aliments souvent louches et avariés Et pour le moindre fruit on devient meurtrier. C.V. †, 26/01/2014

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22. Le Matin lève-toi Le matin, lève toi et mange avant d’œuvrer À midi assieds-toi avec les écrivains Qui savent partager et leur pain et leur vin, Et travaille à nouveau avant de t'enivrer. Quand le ciel vespéral tire ses rayons d'ambre, Retourne à ton logis sans perdre de ton temps, Cueillant sur le trajet de quoi orner ta chambre, Car pendant ton labeur une femme t'attend. Charpentier ou maçon, nobles sont les métiers Qui épuisent la force et fatiguent l'esprit Car le glas ne sonne que la fin d'un chantier. La paresse est facile et chasse les mérites, Avise ton prochain sur cette tromperie Lorsque tu es témoin de sa triste conduite. C.V. †, 01/02/2014

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23. Il faut se souvenir Notre monde est une souffrance déployée Ainsi s'écriaient-ils, cherchant à se distraire Pour mieux éprouver ses curieux locataires. Nous sommes ce virus aux affects dévoyés. Il nous plaît de danser, de boire et de fumer, Jusqu'à ne plus savoir ce que l'on voudrait fuir. Mais le jour nous rappelle aux devoirs exhumés De l'écume nocturne où l'on veut se détruire. Il faut se souvenir des proverbes anciens Leur sagesse profonde indique la conduite La plus salutaire au grand triomphe du bien. L'ire est à la vertu ce que l'homme est aux femmes, Un opposé féroce à l'addition fortuite Autour duquel se tisse et l'enfant, et l'infâme. C.V. †, 02/02/2014

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24. Une Puce en implant Une puce en implant cutané s'envisage. Remplaçant portefeuille et carnet de santé Il est dit que certains la portent au visage Pour que nous l'ayons tous il faudra patienter. Les exosquelettes sont nés je vous informe, Tandis que la science aux sourds rend l'audition À l'aveugle la vue et l'allure aux difformes, Le progrès fait l'organe au moyen d'impressions. Le transhumanisme est l'avenir de l'humain, La barque de Thésée aura ses lendemains, Peu importe tous ceux qui s'y opposeront. Ceux-là sont avertis dans l'écrit d'un apôtre ; La marque de la bête à la fin sera nôtre Que chacun portera sur la main ou le front. C.V. †, 04/02/2014

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25. Des Vortex Le feu, l'air, l'eau, la terre ont des liens étroits Les élémentaires sont agents d'unité La kabbale est pliene de secrets et d'effroi Mais dont nous nous servons pour la prospérité. Des vortex d'énergie ont élu domicile Aux endroits médians où se croisent des lignes Et c'est précisément en ces lieux que nos villes Se sont vues bâtir ; apprenez-en les signes. L'expression du thorus récemment découvert Nous permet d'avancer dans une nouvelle ère, Où la géométrie approche le divin. Les chakras indiens nous enseignent les points Où s'allument les feux sous nos épais pourpoints, Mais j'ignore comment ils m'ont fait écrivain. C.V. †, 06/02/2014

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26. Près de Sarajevo Près de Sarajevo s'élèvent des montagnes D'aspect pyramidal où viennent les chercheurs Étudier leurs secrets et tout le monde y gagne. La plus haute fait deux-cent mètres de hauteur. Non loin d'elles se trouve un tunnel mystérieux Où l'air circule de manière impossible La structure atypique abrite en plusieurs lieux Des monolithes au pouvoir imprévisible. Depuis l'Antiquité la science est printanière, Il est temps de songer à sa réécriture, Ses lacunes sont là devant toute nature. L'homme doit se peser au sein de l'univers, Sa misère est le fruit des moindres forfaitures, Son culte du passé nous apprend son futur. C.V. †, 07/02/2014

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27. À l'étudiant Jeune étudiant d'un système désuet Secoué par les flots entre doute et angoisse Le cœur aigri soudain de n'être pas en place Sur le pont supérieur du navire muet Sans Dieu ni maître tu es seul à suer Tu démêles les nœuds de toutes les menaces Qui pèsent nuit et jour sur ton espoir de grâce Et pour ta liberté tu es prêt à tuer. Songe à tous ces billets, soupire « ah, si j'étais !» Si aisé sois-tu détourne tes désirs, Et redonne à l'espoir le poids d'un loisir. Qu'importe le nombre de nos téraoctets Sur nos clefs USB que l'on t'aura fait lire, Songe à ton avenir, empereur sans empire ! C.V. †, 09/02/2014

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28. Les Tambours Ils sont dix ils sont cent à réclamer du pain Les tambours du Maghreb résonnent à Dubaï, La cadence d'un pas marqué par l’attirail Devenus les garants des odes de Crispin. Nous inversons le temps, nous ouvrons de grands livres, Nous écoutons tout-au-tout icône ou prophète, Descendants d'Abraham ou fils de Mahomet, Nous sommes sept milliards et ne voulons que vivre. Nous avons transformés le décor pour l'argent, Dix pages du plafond se décollent sur moi, La pollution atteint un pic bien dérangeant. La société nous aide à quitter nos parents, Nous devons les louer pour subir notre émoi De croquer à ce point l'infini permanent. C.V. †, 12/02/2014

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29. L'Examen Quand la lumière est faible à ne plus voir tes mains, Affronte les ténèbres, et pense aux lendemains Jamais rien n'est acquis nous disent nos aïeux Tombés au champ d'honneur sous de sombres cieux. Hexagone éclaté, bientôt vient l'examen Qu'un souffle d'ouessant pourtant assez commun Nous oblige à humer ‒ j'ai le nez audacieux ‒ La beauté du défi ; le soufre dans les yeux. Le génie social nous a rendu objets Insérés dans un schème où les loyaux sujets S'accrochent au système ainsi qu'avant aux saints. Qu'il est bon de grandir le sourire léger, De grimper dans les arbres, de pécher le rouget, On nous tue à feu-doux et bientôt dès le sein. C.V. †, 13/02/2014

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30. Les Sujets oubliés Tous les sujets traités feront des oubliés Par exemple Albert Pike ou les vaisseaux nazis, Les artefacts anciens qui creusent l'hérésie, Et les trésors gardés par l'ordre templier. Rien non plus sur les arts prostitués pour l'argent, De l'épave de l'arche au sommet Ararat, Des records de climat, des secrets des sourates, Et du temps qu'il a fait en Azerbaïdjan. Amis frères humains, qui après nous vivez, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois Je vous souhaite une terre à pouvoir cultiver. Le livre est un miroir tout au long du chemin, Apprenez à le lire à l'aide d'un seul doigt, Riez entre les lignes d'Auguste le romain. C.V. †, 14/02/2014

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IV. LA MATINテ右


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31. La Toile Cet affreux entrelacs d'iniques sentiments Congestionnés ici sur l'abstrait filament, La toile chronophage enchante nos esprits, C'est un pain quotidien pétri de duperies. Les avis d'inconnus aux jolis maniements Sont autant de reflets du même dévoiement. L'existence devient tributaire du prix, Le charnier de pixels restera incompris. La terre est une orange et l'horloge s'active, Écorchez-lui la peau, arrachez un quartier, Si elle vire au bleu rincez-vous les gencives. L'érudit est parti faire un tour aux archives, C'est un mythe obsolète à l'heure des métiers, Il sait tout du sursis que nous offre l'ogive. C.V. †, 16/02/2014

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32. Nuits blanches Tant de nuits blanches à noircir ces feuillets À penser au désastre arrivant à grands pas, Le début de la fin nous condamne au trépas Et mon œuvre saura se faire relayer. Que l'homme ait des défauts, le souffle de mon vers En est tout imprégné malgré mon intention D'éviter à tout-prix d'être vu de travers. Je me sens investi d'une atroce mission. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, Le miracle est celui de l'astre flamboyant Ce puissant confident des espoirs bienveillants. Que cette œuvre ne soit pas sujette au compas, L'analyse imbécile engendre des croyants, Qu'on la lise à voix haute aux amis non-voyants. C.V.†, 17/02/2014

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33. Sonnet du visionnaire Qui voit loin derrière est aussi clairvoyant. Les prophètes maudits et les divins génies Ont toujours en commun des états larmoyants, Le lyrique a conquis d'entières décennies. Que disait notre Horace a propos des gaulois ? Cet ami de Virgile, héritier de Catulle ? « Nunc est bibendum » ; ce n'est pas son exploit, Son Mécène savait qu'il fallait du recul. Tous les observateurs, et que Dieu les bénissent, Sont parfois vigilants aux formes du pouvoir La richesse circule avant-tout dans le noir. Ce ne sont pas des vers de plaisant Adonis, Comme Horace je dis à présent qu'il faut boire Un sonnet sur Bacchus pour sa constante gloire. C.V. †, 18/02/2014

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34. Intrication quantique Mutations éternelles, au sein de l'esprit brut, Les contraintes formelles, pour éviter la chute, Le carré dans le rond, et l'on est audacieux. Le rond dans le carré, et l'on est silencieux. Le cosmos a tissé entre-eux beau et hideux. Vouloir et pouvoir, choisissez qui des deux Mérite la diérèse ! Ô passion et raison ! Et le noir et le blanc, quelle belle liaison ! Notre génération affronte les défis Des inégalités ; elle est le seul témoin De ce progrès soudain qui relia les points. Cette force est autant une philosophie Nous aimons mettre en cause un amas de ces choses Qui nous couvrent d'ennui et parfois d'ecchymoses. C.V. † ,19/02/2014

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35. Repus et dépassés Repus et dépassés par tant de nouveautés Nous œuvrons chaque jour, sommes précipités Au creux du ventre mou de notre monde absurde Et certains s'y noient comme des pierres lourdes. Il s'agit d'offrir à notre souffle de vie Le choix d'être heureux sans aucun préavis. Le bonheur vient du cœur disent les religieux Dans leurs temples divers où l'on étouffe Dieu. L’œil d'ivoire a beau luire, pas de sommet sans socle, Pour un peu on lirait l’œdipe de Sophocle Et les drames anciens au succès permanent. Un auteur me parla des motifs rémanents, S'il faut vivre son temps excusez ma manière, Nous n'entrons dans le rang qu'une fois au cimetière. C.V. †, 20/02/2014

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36. L'habile verset Moissons fragiles des famines noyées, La faim s'enivre de volutes choyées. C'est l'habile verset apocalyptique Que murmurent le fou, le pauvre et l'hérétique. Ce quatrain fut écrit à l'aube des treize ans, Je l'avais retrouvé dans l'un de mes carnets Acheté à bon prix sur l'étal d’Épernay Dépouillé des tableaux d'augustes paysans. La mémoire inutile de l'homme le tue À vouloir convenir aux coutumes d'hier Jusqu'au service abscons où il est abattu. Le modem au début faisait un bruit étrange, La monnaie unique a niqué les frontières Tout en facilitant le commerce et l'échange. C.V. †, 21/02/2014

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37. Le Culte du démon Nous ne sommes pas seuls au sein de l'univers, Et la terre n'est pas notre propriété, Nous sommes visités depuis l'éternité Par des esprits du ciel grâce à des trous de verre. Le culte du démon sur le damier maçon Restera dans l'obscur souterrain de ses loges, Leur façon de tuer des enfants m'interroge : Les savoir impunis me donne des frissons. Les pauvres orphelins emportés par la chèvre Disparaissent trop vite et leur chevet sont vides Sans amis, sans parents, sans dieu, ni liquide. Je me ronge les ongles et déchire mes lèvres, L'enfant montre les crocs et le père chancelle, Tous-deux confondus dans cet ordre naturel. C.V †, 22/02/2014

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38. Le Cœur aimanté L'homme tient dans ses mains le destin de la terre L'empreinte d'un grand cerf gît dans le limon clair. Recherchez l'évidence, ne soyez jamais sûrs, Faîtes-vous la fissure où s'engouffre un futur. Observez les fourmis au zoom ou à la loupe, Voilà l'un des fragments du diamant que je coupe. La science a de beaux jours s'il on veut bien l'apprendre, L'intuition est un don qu'il nous faudrait comprendre. Le cœur est un muscle sensible au magnétisme, Il transmet au cerveau qui traite les données, Et nos peurs murmurent le poids de l'organisme. Schumann et sa fréquence à l'état naturel ; Les oiseaux migrateurs, les essaims de Guinée Ou les bancs de poissons ; leurs charniers sont formels. C.V. †, 23/02/2014

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39. Les Cahiers du jour Il fallait se lever, se vêtir et partir Dès l'aurore en transport en commun à l'école Où l'on nous apprenait à compter et à lire ; Nous avions des ciseaux et des tubes de colle. Sur nos cahiers du jour recouverts d'encre bleue Figurait dans la marge une note sur dix Que le maître apposait d'un rouge scandaleux À côté des devoirs et divers exercices. Chaque enfant partageait son pupitre de bois Avec un autre élève et l'on levait le doigt Si l'on voulait parler ou aller aux toilettes. À seize heures et demie on sortait de la classe Où restait le dernier qui faisait la grimace, Puni de n'avoir pas récité le poète. C.V. †, 24/02/2014

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comte Vergil

40. Prétexte Il fallut que je vive à l'écart du réel Pour tenir dans le cadre d'un art disparu Me faut-il avouer tous mes péchés véniels Pour que s'élimine au majeur droit ma verrue ? Verrons-nous l'avenir enterrer le passé Pour que naisse un beau jour la conscience unifiée ? J'ai vécu dans les fers jusqu'en avoir assez De devoir m'adapter au système édifié. Mon reste d'espérance est teinté du souci De donner du ressort à l'aristocratie Qui n'a jamais quitté l'inconscient collectif Me voilà à présent sur l'autre continent Dont la rive latine écume les manants Dont je fais des portraits, capturés sur le vif. C.V. †, 25/02/2014

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V. L'APRÈS-MIDI


Les Sonnets de l'apocalypse

41. Le Sentier C'est un sentier battu oublié du trafic Qui borde ces endroits souvent ensoleillés, L'air, chargé des parfums les plus aromatiques Vous caresse sans fin et vous fait tournoyer. Parfois l'eau d'un ruisseau fait des gouttes des notes S'y ajoutent les chants des oiseaux insolites Aux plumages légers comme nos spationautes, Cherchant l'aube perchés sur l'arbre satellite. On s'affaire sans risque à meubler son foyer, L'oreille attentive aux échos organiques Digérés par les villes, de ces âmes broyées. Mon bureau de poète a payé ses loyers . Sa ténébreuse limbe où se love l'éthique Est encor mon royaume où les mots sont choyés. C.V.†, 27/02/2014

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comte Vergil

42. Orgueil et châtiment Le juste châtiment infligé à l'humain Pour s'être fourvoyé dans le sombre chemin Du monde matériel était une évidence Attendue en gage d'expier leur suffisance. Dante fut aux enfers et je l'ai secondé Dans les limbes sans-fond d'âmes dévergondées S'en prenant à ma mante aux plis immaculés Par la bénédiction d'être miraculé. Nous avons attendu la sotte providence Et construit nos cités pour cacher la déviance Originaire de nos textes apocryphes. Nul ne nous sauvera lorsque tout s'éteindra Nous serons spectateurs d'un nouvel opéra, Un balai d'étoiles se moquant de Sisyphe. C.V.†, 02/03/2014

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Les Sonnets de l'apocalypse

43. Herméneutique Qu'on me lénifie si mes maux méphitiques Et cet amphigouri demeurent hermétiques Et ma plume obombre les vices éternels De l'homme contadin guettant les péronnelles. Dans l'air caligineux mon souffle métallique Devient nitide comme un pli zététique L'empyrée me défie aux quatre coins du ciel, Les beautés sylphides m'ont fait un mauvais fiel. L'afflux d'un priapisme éveille mes vertiges, Le caravansérail d'un ocelle hyalin, C'est un mur hiémal qui stoppe le malin. Ma fervente dilection des contours callipyges Dilacère mon tronc et l'écuisse en phébus, Logorrhée imbécile algarade et hiatus. C.V.†, 12/03/2014

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comte Vergil

44. Ma Barque Je ne veux plus d’attaches, aucun port pour ma barque Que la brume promène, que les algues caressent. J’ai autant souvenirs que mes amies les Parques. Je dois partir au loin, la liberté m’oppresse. Je porterai colliers et me ferai des marques, Sur ce corps et cette âme, et n’aurai plus d’adresse. Je fuirai l’influence, serai le seul monarque D’un monde où chaque épi vous plonge dans l’ivresse. Puis un jour, comme un spectre, je serai de retour, En toute discrétion, aurai femme et enfants Et mon toit roulera comme ces clairs tambours. Mes doigts seront noirs, d’encre, de sueur et d’amour Je serai cuit par l’astre, ce soleil étouffant Dont les puissants rayons font la vie à rebours. C.V.†, 13/03/2014

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Les Sonnets de l'apocalypse

45. Les Enseignements Tous les enseignements reçus dans ma jeunesse Ne m'ont servi à rien, saluez la prouesse De m'y être rendu sans n'avoir rien reçu Que des heures d'ennui sans aucune autre issue. Vînt un jour où j'allai découvrir le travail ; Tous mes chefs ignorants menaient leur bétail Parlant de réussite au milieu du chaos Insolents et trop sourds aux échos de là-haut. Ma colère et ma peine ont trouvé le repos Dans l'étude des arts et la beauté du monde Qui ne se voit vraiment que sous ses oripeaux. Qu'on me laisse étranger, sans maison ni drapeau Je refuse toujours les médailles immondes ; Les lauriers couronnent aujourd'hui des suppôts. C.V.†, 14/03/2014

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comte Vergil

46. L'Enfer est : c'est ici L'enfer est ; c'est ici, verset huit, à propos du déclin, Quand les anges ailés sauvent les orphelins. Ils s'en vont vers le temple et referment la porte, Laissant les moribonds au sort qui les emportent. Quand ils sortent leur tête à la fin de la guerre, Ils règnent à nouveau sur les eaux et déserts Où la vie dans mille ans sera comme le jonc Qui se plie et ne rompt que pour d'autres bourgeons. Pardon mais, s'il vous plaît, parlez-vous bien de guerre ? Tout-à-fait sans nul doute et thermonucléaire. Et si monsieur veut bien, je vais lui rappeler Que l'essence qu'il met dans une chevrolet Est extraite d'un sol où la vie a fanée, Depuis plus de soixante millions d'années. C.V.†, 15/03/2014

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Les Sonnets de l'apocalypse

47. L’Égale vanité. À moi s'agrippent les grappes de la colère, L'archange marqué par l'empreinte indélébile, Un profond traumatisme où l'homme se profile, Panse avec ses plumes mes plaies similaires. Les barreaux sont rongés par le temps séculaire Transportés par le vent aux abords des chenils. Et ma langue assassine arrache quelques fils De salive acide à l'espace interstellaire. Si bien que deux et deux font quatre messieurs, Et que tous ont vécu et souffert sous les cieux De n'avoir jamais pu être libres que diable ! Cruauté de la mort dont le vol auspicieux Est si neutre et correct qu'il est presque audacieux D'oser dire que l'homme ignore l'équitable. C.V.†, 16/03/2014

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comte Vergil

48. Prenez une guitare Prenez une guitare et pincez ses six cordes, Allez au bord de l'eau faire de beaux accords, Apprenez pas-à-pas la patience en l'effort, Délestez votre corps du poids de la horde. Tracez sur une plage un amas de symboles, Cherchez-en l'origine et reliez tous les points, L'océan viendra l'effacer avec soin, Dans le creux de la vague où l'écume rigole. Tous les sens à l'affût de la moindre rupture Qui viendrait épancher notre soif de culture, Nous sommes des tissus d'expériences filées. Tu penses te connaître, mais lorsqu'on t'interroge Alors tu ne sais plus et regarde l'horloge, Te faut-il remonter au temps de Galilée ? C.V.†, 17/03/2014

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Les Sonnets de l'apocalypse

49. Tributaires de tout Tributaires de tout nous croyions être libres, Si le crime est proscrit, bien des peines varient ; La justice est injuste et sa loi se calibre En fonction du plafond de notre plaidoirie. Qu'on épargne l'épargne avec hargne et panache, L'humaine condition remplira sa mission Doit-elle s'accomplir sur un coup de bravache Afin de se sortir de sa tribulation. Si je fus le témoin d'un siècle effroyable, Sachez que j'ai vécu sans remords ni regrets, Honoré d'avoir pu prendre part au progrès. Chaque vie est en soi une énigme insondable Le pourquoi du comment n'est jamais important, Quand bien même Balzac eut-été méritant. C.V.†, 18/03/2014

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comte Vergil

50. Le Ciel et l'enfer Le ciel et l'enfer briseront leurs alliances Sur l'autel-sacrifice où gît notre existence, Dans ces cœurs aimantés au fond de la caverne. Même tout l'or du monde apparaîtra bien terne. Les enfants apprendront sur le tas la survie Comment boire et manger, cultiver et tisser En fonction des milieux qui les ont asservis. Le bon-sens est un don de nos sociodicées. C'est ainsi qu'ils sauront revenir sur ces dates Du signal des hébreux et du livre des actes, Vingt-et-un siècles pour assister au spectacle. La quatrième lune est prévue pour Pâques L'acrostiche en indice est dans le sonnet quatre Le chaos du dernier fait l'éloge de Pi. C.V.†, 20/03/2014

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Tables des sonnets I. LE CRÉPUSCULE....11 25. Des Vortex...................45 1. Ouverture........................13 26. Près de Sarajevo..........46 2. Des Milliards...................14 27. À l'étudiant...................47 3. Le Chasuble ancien........15 28. Les Tambours...............48 4. La Crise.........................16 29. L'Examen......................49 5. Les États en faillite.........17 30. Les Sujets oubliés.........50 6. De l'Élite mondiale..........18 IV. LA MATINÉE.........53 7. L'Ukraine se déchire........19 31. La Toile.......................55 8. 1980..............................20 32. Nuits blanches...............56 9. Un Atroce charnier..........21 33. Sonnet du visionnaire....57 10. Faîtes-le moi savoir.......22 34. Intrication quantique.......58 II. LA NUIT..................25 35. Repus et dépassés........59 11. La Nuit tua le jour.......27 36. L'habile verset...............60 12. Le Tétrade....................28 37. Le Culte du démon.......61 13. Même le Vatican...........29 38. Le Cœur aimanté..........62 14. La Mémoire de l'homme30 39. Les Cahiers du jour......63 15. L'Eugénisme..................31 40. Prétexte........................64 16. Le Génie génétique.......32 V. L'APRÈS-MIDI........67 17. La Cohorte...................33 41. Le Sentier....................69 18. L'aéroport......................34 42. Orgueil et châtiment......70 19. Le Refuge....................35 43. Herméneutique...............71 20. Platon parle d'une île....36 44. Ma Barque...................72 III. L'AUBE..................39 45. Les Enseignements........73 21. Lève la main................41 46. L'Enfer est : c'est ici....74 ’ vanité...............75 22. Le Matin lève-toi...........42 47. LÉgale 48 . Prenez une guitare........76 23. Il faut se souvenir.........43 24. Une Puce en implant....44 49. Tributaires de tout.........77 50. Le Ciel et l'enfer..........78


Les Sonnets de l'apocalypse

ISBN n°777-666-47-08 Comte Vergil, 2016 ©

Les Sonnets de l'apocalypse  

Le crépuscule, la nuit, l'aube, le matin, l'après-midi.

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