Franc-maçonnerie Ain 18e-19e siècles

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Les loges, les Lumières et la Révolution :

Bourg-en-Bresse, un cas d’école

La franc-maçonnerie est plus célèbre que vraiment connue. Son image, souvent nimbée de mystère, cache une réalité multiforme plus diverse et complexe que la caricature à laquelle la réduit trop souvent l’opinion publique.

Pourtant, elle est présente dans la vie quotidienne de notre pays depuis près de trois siècles. L’historien qui veut comprendre la société française et ses évolutions doit donc aussi se pencher sur l’histoire des loges. Depuis les années 1730 et jusqu’à aujourd’hui, celles-ci ont été des lieux de rencontres, d’échanges, de débats. Elles ont donc créé de nombreuses interactions avec le milieu social dans lequel elles se développaient, ont subi son influence et, en retour, l’ont influencé. Depuis plusieurs décennies, ce rôle de la franc-maçonnerie dans l’histoire de France est en partie reconnu. De grands historiens, souvent « profanes » d’ailleurs, lui ont consacré des ouvrages ou des chapitres savants. L’Université accueille chaque année des recherches sur les loges mobilisant les méthodes classiques des sciences sociales. Parodiant une célèbre formule, on pourrait dire que l’histoire de la francmaçonnerie est presque devenue un sujet trop sérieux pour le laisser aux Maçons ! La grande question qui sous-tend cet intérêt est bien sûr la contribution réelle des loges à la diffusion des Lumières puis des idées nouvelles dans la marche de la société française vers la modernité.

Si l’on bénéficie donc aujourd’hui de synthèses de qualité sur l’histoire générale de la franc-maçonnerie en France, pour continuer à progresser dans la connaissance du « fait maçonnique », il faut maintenant multiplier les monographies. Seule des approches au plus près du terrain peuvent nous procurer une vision plus fine de l’origine des loges, de leur recrutement et de leur fonctionnement, du rôle des maçons dans la société de leur temps. L’étude sur la franc-maçonnerie à Bourg-enBresse que nous propose ici Christian Buiron est exemplaire à plus d’un titre.

Tout d’abord, elle repose sur vingt ans de collecte de données. La matière première de l’historien, ce sont les archives. Celles rassemblées par l’auteur permettent ainsi quelques conclusions inattendues au regard des généralités de l’histoire maçonnique. Un exemple parmi d’autres. Bourg compte à partir de 1784 une loge du Rite Écossais Rectifié. Voilà un fait bien apte à retenir l’attention du lecteur averti car pour le spécialiste, le Rite Écossais Rectifié représente le grand

Préface

système de Maçonnerie spiritualiste et théosophique du siècle des Lumières. Il y aurait donc eu des Maçons théosophes en Bresse ? Pas vraiment, comme le montre fort bien Christian Buiron : aucune différence idéologique entre les deux loges de Bourg. La loge rectifiée n’est en rien créée pour des raisons de choix philosophique ou religieux, mais tout simplement à la suite d’une bien classique querelle entre les Frères. Le choix du « Directoire Écossais d’Auvergne », l’autorité du « R.E.R. » dans la région, s’explique simplement par le fait que les novateurs craignaient de ne pas être soutenus par le Grand Orient dans leur projet. Ils se tournèrent alors vers une structure alternative, plus modeste et heureuse de gagner là quelques nouveaux affidés. Le retour aux archives relativise aussi un mythe de l’histoire maçonnique de Bourg. Bien loin de la statue du commandeur que dresse l’« histoire sainte » de l’Ordre, le célèbre Jérôme Lalande paraît avoir été assez désinvolte avec les Frères de sa ville natale et ses liens avec les loges bressanes semblent des plus relâchés.

La recherche de Christian Buiron illustre un des acquis importants de l’historiographie maçonnique contemporaine. En raison de son caractère propre, on a trop longtemps traité l’étude de la franc-maçonnerie comme une approche un peu à part, ayant ses règles particulières et demeurant plus ou moins hermétique aux investigations de l’historien. Si, bien sûr, les loges ont des usages ou un vocabulaire spécifique – mais avec lequel on peut se familiariser en une heure – elles n’ont en rien vécu en vase clos. La première règle à suivre pour écrire une bonne histoire de la franc-maçonnerie, c’est de remettre celle-ci dans le contexte social, religieux et politique de son temps. Christian Buiron nous rappelle systématiquement la place de chacun des Maçons dans la ville et rapproche toujours les étapes successives de la vie des deux loges de l’histoire de Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle. Cette remise en contexte et en perspective reste la clef d’une bonne compréhension du « fait maçonnique ». Celui-ci n’est, en fin de compte, qu’un aspect parmi d’autres de l’histoire sociale.

Cette belle étude répond à ses promesses en apportant des éléments nouveaux, concrets et précis sur la place, le rôle et l’itinéraire des Maçons dans la Révolution. Les Frères sont pour la plupart des notables – mais l’éventail reste large – et étaient déjà engagés dans la vie de Bourg dans les années 1780. Ils vont donc être associés aux débuts de la Révolution qu’ils accueillent avec faveur comme la majorité des Français. Passé l’enthousiasme pour les idées nouvelles, chacun ensuite fait son chemin dans les événements qui s’enchaînent. À noter que la « solidarité maçonnique », qui suscite tant de fantasmes, ne tient pas longtemps face aux clivages idéologiques et aux luttes politiques. Globalement les Maçons se situent au centre-gauche. Monarchiens (partisans d’une monarchie constitutionnelle) ou Girondins, ils manifestent un attachement sincère aux valeurs humanistes que porte 1789, mais deviennent réticents quand la Révolution s’emballe et que les accusateurs publics tiennent le haut du pavé. Beaucoup des acteurs de la Révolution à Bourg se connaissaient de longue date et avaient travaillé ensemble en loge dans la décennie

qui précède la Révolution. Ces résultats sont d’ailleurs cohérents avec les conclusions d’autres monographies régionales, les seuls travaux qui puissent – loin des généralités approximatives – nous donner des éléments fiables sur cet enjeu historiographique majeur.

Si l’histoire se veut une science sociale qui nous aide à comprendre d’où nous venons et qui nous sommes, elle est aussi un récit. Celui que nous retrace aujourd’hui Christian Buiron redonne vie à un chapitre important du « roman de Bourg-en-Bresse ». Après avoir refermé ce livre, allez-vous promener dans les rues du centre du vieux Bourg. Sans beaucoup d’efforts, vous y rencontrerez les ombres des Frères Des Élus et Des Vrais Amis et, dans un dialogue silencieux avec les hommes et les pierres, vous pourrez revivre un des épisodes fondateurs de notre société d’aujourd’hui.

Directeur de la Bibliothèque du Grand Orient de France et du Musée de la franc-maçonnerie

1 - Bourg-en-Bresse au XVIIIe siècle

2 - Les débuts de la Franc-Maçonnerie à Bourg-en-Bresse

3 - La Loge de Saint-Jean Des Élus

3.1 - Les premières dissensions

3.2 - Lalande en Loge

3.3 - Une Loge inconnue

3.4 - Mais que fait Lalande ?

3.5 - Avant la Révolution...

3.6 - Nouvelles dissensions, la Loge de Saint-Jean Édouard

4 - La Loge de Saint-Jean Des Vrais Amis

5 - Les Francs-Maçons dans la cité de 1789 à 1800

5.1 - Les Loges maçonniques

5.2 - L’Ain avant la Constituante

5.3 - La Constituante (9 juillet 1789 -30 septembre 1791)

5.4 - Les appels au calme et au civisme

5.5 - Les élections et l’organisation du pays

5.6 - Le Clergé et la constitution civile

5.7 - Les élections – la fuite du roi

5.8 - La Législative (1er octobre 1791 - 20 septembre 1792)

5.9 - La Convention (21 septembre 1792 – 26 octobre 1795)

5.10 - La légalité du divorce

5.11 - Les députés de l’Ain et la mort du roi

5.12 - Le début de la Terreur

5.13 - La tentation du fédéralisme

5.14 - Le retour des Jacobins

5.15 - Le gouvernement par la Terreur

5.16 - Les arrestations de Francs-Maçons

5.17 - Les problèmes du Clergé

5.18 - Les Francs-Maçons sous l’échafaud

5.19 - Les terroristes terrorisés

Table des matières
11 Introduction 15
Préface
25
33
41
79
93

5.20 - La réhabilitation du Frère Jean-François Vuy

5.21 - La fin du terrorisme

5.22 - Le Directoire (27 octobre 1795 - 9 novembre 1799)

6 - La tentative de reprise des travaux en 1810

6.1 - Nouvelles dissensions au sein de la Loge provisoire

6.2 - L’ « affaire » Broutet

6.3 - Une lourde menace pèse sur la Loge

6.4 - Accusations et défense

6.5 - La Loge Des Élus n’est plus une Loge maçonnique

6.6 - La Loge Des Élus s’éteint

7 – Épilogue provisoire

8 – Table des illustrations

9 – Glossaire

10 – Annexes

179
221
227
231
239 Index 321

La franc-maçonnerie à Trévoux, de l’église à la loge

On ne peut écrire l’histoire de la franc-maçonnerie sans traiter du contexte historique dans lequel elle a pris naissance. Son recrutement s’étant fait dans divers milieux (corporations, confréries, clergé, artisanat, bourgeoisie etc.), et ses membres ayant joué souvent des rôles importants dans la vie de l’époque, son histoire et celle de nos provinces s’éclairent mutuellement.

Ainsi la grande histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain que Christian Buiron a entreprise et dont deux volumes ont déjà paru (loges de Bourg et de Trévoux), livre au public des documents totalement inédits provenant d’archives privées et du très riche fonds conservé à la Bibliothèque nationale de France, mais donne aussi une fresque bien documentée de la société aux XVIIIe et XIXe siècles, que le public amateur d’histoire découvrira avec profit.

ancien directeur des Archives de l’Ain (de 1972 à 2003)

PRÉFACE

En partageant avec le lecteur l’intégralité des archives et documents, sans rien occulter et sans rien modifier, Christian Buiron, relate la vie de la loge de Saint-Jean de La Sincérité et du Secret, fidèle au « devoir de vérité » qu’il s’est imposé pour l’écriture de l’histoire de la franc-maçonnerie dans l’Ain.

C’est le moyen le plus sûr pour faire comprendre ce qu’est la Franc-maçonnerie pour ce « propugnateur de la liberté de conscience », qui préfère laisser le lecteur se forger sa propre opinion. Ainsi ce secret maçonnique qui fait tant fantasmer « les profanes », semble se réduire d’une part, à l’intimité de ce que chaque frère peut vivre et ressentir en son for intérieur, et d’autre part, au respect que chaque frère témoigne à son frère en ne dévoilant pas son appartenance ; il s’agit tout simplement de la liberté d’adhérer, de vivre des émotions personnelles, de dévoiler ou de ne pas dévoiler ses appartenances politiques, philosophiques, etc. Des choix, des droits de chaque homme dans une démocratie.

La loge de Trévoux au XVIIIe siècle n’était composée que de « frères professant la religion catholique, apostolique et romaine », plusieurs membres étaient à la fois religieux et Francs-maçons, et cela ne posait de problème à personne. Le chanoine Bracquier, franc-maçon, a refusé de prêter le serment civil : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse (ou du diocèse) qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi ». Chanoine et franc-maçon, un choix d’homme libre.

Des relations difficiles entre l’Église et la franc-maçonnerie

Les relations entre l’Église et la franc-maçonnerie, surtout aux temps modernes, sont très complexes. Pour comprendre ce qui sépare l’Église, et plus spécialement l’Église catholique, de la franc-maçonnerie, il faut remonter aux origines lointaines, symboliques, spirituelles de cette dernière ; ses racines se confondent avec l’histoire de l’humanité, et sa filiation avec la maçonnerie opérative des constructeurs du Moyen-Âge n’est pas étrangère aux positions de l’Église.

Au concile d’Avignon en 1326, alors que la franc-maçonnerie n’existe pas encore, l’Église catholique condamne les corporations de constructeurs et les fraternités d'ouvriers : condamnation du secret (c’est la discipline de l’arcane), du fait d’association et de toute démarche initiatique.

De 1732 à la fin du XIXe siècle, l’Église va porter dix-sept condamnations contre la franc-maçonnerie, dont treize en 149 ans ! Les francs-maçons, accusés de tous

les maux, ne se reconnaissent pas dans ces condamnations ; cet acharnement est à l’origine d’un fort mouvement d’anticléricalisme.

L’Église et la franc-maçonnerie ont traversé l’Histoire, en se combattant ou en s’ignorant ; ces siècles de combat ont généré ce résultat déplorable.

Ordonné prêtre en 1996, initié franc-maçon au Grand Orient de France en 2001, j’ai été excommunié depuis le 23 mai 2013 : plus le droit de célébrer ni de recevoir les sacrements. Je subis cette décision de l’Église par une méconnaissance flagrante de ce qu’est, aujourd’hui, la franc-maçonnerie. J'ai pu constater combien de propos erronés, infondés et injustifiés ont été tenus sur la maçonnerie !

Et pourtant …

Et pourtant l’Église et la franc-maçonnerie se réfèrent à la Bible ; l’Église descend de la tribu de Jude, la maçonnerie a construit une légende avec un habitant de Tyr et une femme de la tribu de Dan.

L’une et l’autre se rencontrent et collaborent à l’œuvre commune : la construction du temple de la sagesse primordiale. Si Salomon est le symbole de la sagesse reçue, Hiram est celui de la sagesse de la conquête. Si l’Église est dotée d’outils spécifiques : les sacrements, la franc-maçonnerie emploie une démarche : l’initiation. Si la vie en Christ invite à participer à la vie divine, l’initiation maçonnique invite à croître personnellement vers la stature parfaite de son humanité. Ces deux dynamiques, divinisation et humanisation étant des chemins complémentaires, elles peuvent se rencontrer sans concurrence, sans tyrannie de l'une sur l'autre.

Et pourtant le christianisme est une religion à mystères qui a hérité de la tradition ésotérique du judaïsme, lui aussi religion à mystères. Le texte biblique ne laisse-t-il pas entendre que Moïse a été adopté par une fille de Pharaon ? Il est, en fait, un prince égyptien, initié dans le Temple d’Amon (où il a été d’ailleurs aussi élevé) : c’est un prêtre initié égyptien.

Et pourtant le christianisme est une religion initiatique. Ne parle-t-on pas de sacrements de l’initiation ? Le rituel du baptême des adultes commence par une mort symbolique. La mort symbolique est toujours le centre d’une initiation. Cyrille de Jérusalem, dans sa deuxième catéchèse mystagogique réservée aux initiés aux mystères, écrit : « On apprend au baptisé qu’il a été nu pour dépouiller l’homme ancien ; qu'en le plongeant par trois fois dans l’eau on lui a fait vivre les trois jours et les trois nuits que le Christ a passé sous terre. Les immersions représentent la nuit (avec la tête dans l’eau), les sorties de l’eau représentent les jours car alors on voit la lumière. L’eau du baptême est à la fois tombeau et matrice. » On se croit dans un temple maçonnique !!! Cet aspect initiatique disparaît évidemment quand on adopte le baptême des nouveau-nés.

Occasion d’espérer ? « Et pourtant … elle tourne » aurait murmuré Galilée, réhabilité par l’Église catholique plus de trois cent cinquante ans après sa

condamnation ! C’est peut-être, comme l’écrit Marguerite Yourcenar (Mémoires d’Hadrien), « avoir tort que d’avoir raison trop tôt ! »

La loge de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret

Le travail historique de Christian Buiron et la mise en lumière de cette loge spécifique de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret nous interpellent. En dehors de tout esprit polémique, la longue et merveilleuse recherche historique de l’auteur offre à notre contemplation des hommes - des frères - qui unifient en eux ce double chemin, cette double appartenance. Loin de renier leur foi chrétienne, loin de dénaturer leur chemin initiatique, ils avancent en hommes libres et debout, honorant leur liberté de conscience dans chacune de leurs institutions.

L’exemple de ces frères nous invite à une triple exigence : une relecture historique, une ouverture au dialogue, une conviction : la liberté de conscience.

Depuis un demi-siècle, les relations entre les catholiques et les autres religions connaissent quelques avancées, après des siècles de critiques, de condamnations entendues, suivies parfois d’expéditions sanglantes.

La franc-maçonnerie de 2014 n’est plus celle de la IIIe République, 160.000 francs-maçons se répartissent en de nombreuses obédiences ; le Grand Orient de France est la plus importante avec 50.000 membres. Les différences entre obédiences tiennent souvent aux positions philosophiques, les unes prônent la liberté de conscience, d’autres la croyance en Dieu.

En loge, aucune pensée unique ne peut exister, même si des valeurs communes sont revendiquées : la fraternité vécue en loge, la recherche personnelle de la vérité, l’engagement citoyen, l’attachement à la laïcité…Chaque frère constate que toutes les opinions sont présentes, hormis les extrêmes.

Pour faire bref, on peut dire que la franc-maçonnerie française n’est plus celle de 1900, elle n’en demeure pas moins une famille spirituelle originale.

L’Église aussi a nettement évolué, mais ma condamnation de mai 2013 s’adresse à des Maçons d’un autre temps. L’Église m’a exclu, la franc-maçonnerie m’a soutenu.

Au-delà du cas particulier et historique de la Loge de Saint-Jean de la Sincérité et du Secret, au-delà du cas personnel de nombreux frères et sœurs aujourd’hui, l’heure n’est-elle pas venue de réfléchir sur le dialogue qui pourrait exister entre l’Église et la franc-maçonnerie, un dialogue vrai et respectueux.

Le « secret maçonnique » ne dessert-il pas ce dialogue ? La franc-maçonnerie ne pourrait-elle pas ouvrir ses portes pour éviter tous ces fantasmes que ce secret fait naître, pour montrer l’objet de ses travaux, qui elle est, … ?

L’Église ne pourrait-elle pas risquer ce dialogue ? Cette invitation au dialogue n’est-elle pas lancée par le Pape François, lui-même : « L’Esprit-Saint nous fait entrer dans le mystère du Dieu vivant et nous sauve du danger d’une Église

gnostique et d’une Église autoréférentielle fermée sur elle-même. Quand l’Église se ferme elle tombe malade. Je préfère une Église accidentée parce qu’elle prend des risques qu’une Église malade. » La méconnaissance génère trop souvent la peur … Osons l’ouverture et le dialogue … L’ignorance n’est-elle pas pire que la malice ?

Je n’ai pas choisi la franc-maçonnerie contre l’Église. Je choisis de garder ma liberté de penser et de pensée. Un choix où la liberté individuelle, la conscience et la foi se nourrissent sans s’annuler.

Nous défendons tous les valeurs de l’Évangile, humanistes : la liberté, la vérité, la justice. Notre bouche en est pleine. Et bien souvent, ces valeurs, nous les taisons, nous les prostituons, nous les oublions et nous nous asseyons dessus, au nom du politiquement correct, au nom du bien penser, au nom de la tranquillité. Notre cohérence, notre unité intérieure se trouvent ici questionnées.

Jusqu’où, aujourd’hui, pourrai-je défendre la liberté, la justice, la vérité ? Aurai-je le courage d’aller jusqu’au bout de ces valeurs, ce qu’elles me demandent, ce à quoi elles m’appellent, ou bien vais-je rester tiède ?

Il est écrit, au livre de l’Apocalypse : « Dieu vomit les tièdes ».

La liberté n’est pas un vain mot : elle est une réalité, elle n’existe qu’en acte, elle a un prix. Nous devrions toujours être prêts à le payer.

Pascal Vesin.

TABLE DES MATIÈRES

Préface

1 - L’histoire de Trévoux 17

1.1 - L’imprimerie

1.2 - Le Parlement

1.3 - La vie religieuse

1.4 - La confrérie des Pénitents

1.5 - Des pénitents francs-maçons

2 - Les débuts de la franc-maçonnerie 37

3 - La loge de Saint-Jean de La Sincérité et du Secret 47

3.1 - La création de la loge en l’an de grâce 1765, le 24 du douzième mois de l’année.

3.2 – Le service religieux de Mgr le Dauphin.

3.3 - Les obsèques du Vénérable Chandelon

3.5 - Les travaux maçonniques reprennent force et vigueur en 1779

3.6 – La loge demande des lettres patentes au Grand Orient

3.7 – L’installation de la loge par la Grande Loge provinciale de Lyon

3.8 – Les relations avec le Grand Orient de France

3.9 – La loge se met en sommeil en 1790 avec les évènements révolutionnaires

3.10 - La période révolutionnaire

3.11 - La loge se réveille au XIXe siècle

3.12 – L’installation de la Régulière loge de la Sincérité du Secret

3.13 – Les dernières traces

4 - L’installation de la loge L’Amitié fraternelle à Bourg-en-Bresse 127

5 - Épilogue 146

6 - Glossaire 153

7 - Table des illustrations 159

8 - Annexes 163

8.1 – Tableaux de la loge : 1788 à 1827

8.2 – Liste des francs-maçons de la loge

8.3 – Notices du dictionnaire des révolutionnaires de l’Ain

8.4 – Extraits, lettres, documents maçonniques

8.5 – Les sceaux de la loge

8.6 – Calendriers maçonnique et révolutionnaire

8.7 - Bulle pontificale In eminenti apostolatus specula du 28 avril 1738 contre la franc-maçonnerie - Clément XII

8.8 - Bulle Providas romanorum du 16 mars 1751 Sur les francs-maçons - Benoît XIV

8.9 - Création de la confrérie des pénitents

8.10 – La loge de Table

8.11 – Le livre d’architecture de la loge de Saint-Jean de La Sincérité et du Secret

Index

PREMIÈRE PARTIE : 11

LA FRANC-MAÇONNERIE, ORIGINE ET DÉBUTS

LES ORIGINES BRITANNIQUES

LES DÉBUTS DE LA FRANC-MAÇONNERIE EN FRANCE

DEUXIÈME PARTIE : 21

LA FRANC-MAÇONNERIE À BOURG-EN-BRESSE AU XVIIIE SIÈCLE

BOURG-EN-BRESSE AU XVIIIE SIÈCLE

LA LOGE DE SAINT-JEAN DES ÉLUS

Les premiers francs-maçons

Premières dissensions7

Lalande et la loge de Bourg-en-Bresse

Une loge inconnue ?

Nouvelles dissensions

LA LOGE DE SAINT-JEAN DES VRAIS AMIS

AVANT LA RÉVOLUTION

LA FRANC-MAÇONNERIE À LA FIN DU XVIIIE SIÈCLE

LES FRANCS-MAÇONS DANS LA CITÉ PENDANT LA RÉVOLUTION

LE RÉVEIL DE LA FRANC-MAÇONNERIE

TROISIÈME PARTIE : 45

LA FRANC-MAÇONNERIE À BOURG-EN-BRESSE AU XIXE SIÈCLE

LA TENTATIVE DE REPRISE DES TRAVAUX EN 1810

L’AMITIÉ FRATERNELLE

Le projet de création de la loge

Les démarches

L’allumage des feux

Les maçons sous la IIe République (1848-1852)

Une perquisition

Une nouvelle perquisition

La Loge ne résiste pas au Second Empire (1852-1870)

La dissolution de la Loge

Le réveil de la Loge en 1868

L’installation le 29 mars 1868

La IIIe République (1870-1940)

Le combat républicain et laïc (1870-1900)

La loge au travail

À l’aide

De l’exigence

Un monument pour Edgar Quinet

Des projets de loges maçonniques dans l’Ain

La rue des Tanneries

Un frère escroc

Une demande d’initiation irrégulière

Le frère Buiron et Monsieur de Balorre

Le vœu Pochon

La société des crèches de la ville de Bourg-en-Bresse

Des appels à la solidarité maçonnique

L’acharnement de M. Verne, Maire de Bourg

TABLE DES MATIÈRES

La paisible vie de la loge

Les francs-maçons de la Grande Loge Alpina de Suisse.

Le patriotisme

Soutien au cabinet Bourgeois

Pochon soutient le cabinet Bourgeois

Serment judiciaire

Des incidents à la fête solsticiale du 7 juin 1896

Fête solsticiale 30 mai 1897

Obsèques de Léon Giraud, Vénérable

Une fête de Jeanne d’Arc

QUATRIÈME PARTIE : 153

LA FRANC-MAÇONNERIE À BOURG-EN-BRESSE AU XXE SIÈCLE

La franc-maçonnerie dans la presse

Le recrutement

La presse lève le voile

Les fêtes solsticiales

Les obsèques

Élucubrations maçonniques

Le frère Claude Sengissen

Alpina Suisse

Des tensions dans la loge

L’éducation, l’enseignement

L’armée et les militaires

Les attaques contre la franc-maçonnerie burgienne

Le droit du travail

“La politique”, sujet de désunion de la loge

La loge et Lalande

Masques et visages maçonniques

Une correspondance malheureuse

1906-1907 : annus horribilis

Le favoritisme

La protection de l’enfance

Préoccupation écologique

Élections

Répertoire maçonnique

La fête solsticiale de juin 1908

Les sociétés catholiques de gymnastique et de préparation militaire

Les funérailles d’Eugène Jean Jacques Bizot

Les fêtes civiles

La mort du sénateur Pochon

L’installation des officiers de la loge en décembre 1908

La statue de Lalande

Le 29e Congrès des Loges de l’Est, les 20, 21, 22 et 23 mai 1909

Une vie maçonnique apaisée

Le 23e régiment d’infanterie

Le vœu de la loge de Narbonne

Le rituel de la majorité maçonnique

Les lettres de Jacques Bonhomme

Le monument Michel Servet à Vienne

Le monument du frère Pochon

La Marine française

La période 1914-1918

Entre les deux guerres

ÉPILOGUE PROVISOIRE 239 GLOSSAIRE 259 ANNEXES 267

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