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Prof. Dr. Takis Alexiou

LA PUISSANCE DE L’AMITIÉ

DE LA TYRANNIE DES MARCHÉS À LA SOCIÉTÉ DE CITOYENS ÉDITIONS QUATRE SAISONS 1


Le livre «LA PUISSANCE DE L’AMITIÉ – De la Tyrannie des Marchés à la Société de Citoyens», écrit par le Prof. Dr. Takis Alexiou, a été publié comme e-book, en Janvier 2013. Direction de Production et Édition Artistique: Takis Alexiou. Couverture: Amel Djenidi. Takis Alexiou. Traduction du résumé en français: Farah Djenidi. Maquette: Litsa Maranti. COPYRIGHT: Éditions Quatre Saisons, Tel: 0030-6944128460, Fax: 0030-210-6011904, e-mail profalex@otenet.gr 2


PROF. DR. TAKIS ALEXIOU

LA PUISSANCE DE L’AMITIÉ De la Tyrannie des Marchés à la Société de Citoyens

ÉDITIONS Quatre Saisons - ATHÈNES 2013 3


Demokritus 4


Pour moi, c’est comme ça. C’est ma théorie. Faites des efforts pour l’améliorer. Thalès de Milet Les Lestrygons et les Cyclopes, Les violences de Poséidon, tu ne les verras pas / A moins de les receler en toi-même, Ou à moins que ton âme ne les dresse devant toi.1 Constantin Cavafy Je ne sais pas si l’humanité suivra consciemment la loi de l’amour. Mais on ne doit pas s’inquiéter. Cette loi, comme la loi de la gravitation, est en vigueur soit on l’accepte, soit on ne l’accepte pas. Mahatma Gandhi Croyez-vous que votre cerveau fonctionne correctement par lui-même? Malheureusement, vous vous êtes trompés! Prof. Gerald Hüther Les régions du cerveau qui sont responsables des sentiments positifs sont aussi liées à la capacité de penser. Dr. Daniel Goleman Les espèces peuvent évoluer à un niveau supérieur, comme le genre humain peut aussi se transformer en une communauté de termites. Prof. Konrad Lorenz Seul celui qui bâtit l’avenir possède le droit de juger le passé. Friedrich Nietzche Le dialogue critique sur les défauts de la société n’est pas une fin en soi, c’est la première pierre pour qu’on puisse les corriger. Prof. Mahmoud Helmi. En battant la douleur devant l’éclat de ton visage/ quand nos rêves émergent autour de l’arbre de vie comme s’ils étaient des éclairs.2 Karl Marx Karl Marx est l’intellectuel le plus mal interprété. Panagiotis Kanellopoulos Mes amis, toute ma fortune. Emilie Dickinson 1 NDT: Traduction par Jacques Lacarrière 2 NDT : Extrait du poème de Karl Marx« Dernier sonnet pour Jenny », paru dans son recueil « Poèmes d’Amour », dédié à son épouse Jenny von Westphalen 5


DÉDIÉ à l’Amitié, qui peut changer le Monde Pacifiquement par le biais de l’Art. Comme Naguib Mahfouz qui disait: «La Science est la langue de la logique. L’Art, c’est la langue d’une personnalité humaine complète.» DÉDIÉ aussi à tous ceux qui veulent un dialogue franc et constructif sur une société vraiment Démocratique et Créative DÉDIÉ surtout à tous les élèves et les étudiants qui, d’eux-même, veulent revendiquer une Éducation contemporaine alternative vraiment Démocratique.

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Immanuel Wallerstein 7


U

N MENTEUR comme un arracheur de dents dirait que «ce n’est qu'une douleur passagère». Cette crise va durer bien longtemps. Même pour l’Allemagne et la France, et ceci même si nous prenions les mesures les plus durs. Les pays qui, sans perdre de temps, rédigeront d’abord le plan d’un nouveau système social, basé pour une fois sur l’histoire de l’humanité, sur les besoins réels de tous les citoyens et non pas sur la cupidité et le profit spéculatif de quelques-uns, qui seront capables de durer 500 ans, en l'appliquant progressivement, seront les seuls gagnants. Comme Karl R. Popper (ainsi que le Prof. Pavlos Tzermias, un historien, helléniste et analyste politique, reconnu à l’échelle planétaire), nous rappelle: «Marx veut nous montrer qu’il n y a que deux possibilités pour les gens: continuer à vivre dans un monde détestable (qui le deviendra de plus en plus), ou créer un monde meilleur. C’est peine perdue de tenir compte de la première possibilité et pour cette raison, la prophétie de Marx est totalement justifiée.» Pour pouvoir réaliser la création de ce monde meilleur, on a besoin de citoyens qui possèdent des consciences démocratiques plutôt que de consciences anticapitalistes. Nos moyens, pour qu’on puisse renverser le pouvoir et installer une société citoyenne meilleure, ce n'est pas avec des conflits ou des confrontations, mais avec un dialogue franc et constructif, sans égoïsme ou préjugés. Le Capitalisme des marchés a déjà fait faillite dans la conscience de tous les peuples, comme le Socialisme de l’ex-Union Soviétique. Ne faisons pas faillite nous aussi. Il nous reste encore assez de temps!!!

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HERS AMIS, il y a deux hommes de lettres exceptionnels provenant de l’Egypte contemporaine: Cavafy d'Alexandrie et Mahfouz du Caire. Cette classification qui fait de Cavafy «un enfant d’Egypte» n’est pas arbitraire, puisque lui-même, à la question posée pendant son voyage en Grèce «Pourquoi vous ne retournez pas au sol natal, puisque vous êtes grec?» il a répondu: «Je ne suis pas grec, je suis 8


alexandrin!»… Moi aussi, je suis alexandrin comme Cavafy et j’ai mieux connu l’Egypte en lisant l’unique œuvre de Naguib Mahfouz. Grâce à son livre intitulé «Amam El Arsh» (Devant le trône), publié pour la première fois en arabe en 1983, et traduit en grec en 2011 où j'ai mieux connu l’écrivain, beaucoup mieux que par son livre «Sagesse d’une vie». Je parle d’abord des principes et des valeurs de cet écrivain, détenteur du prix Nobel sur la liberté, la morale, la politique et bien sûr la Démocratie… Dans un passage de ce livre, Osiris, s’adressant au roi Ménès dit: «Nous avons un point de vue sur l’évaluation des gouverneurs de notre pays et de leurs actions…» À un autre endroit, Mustafa El Nahas, s’adressant au président Anwar El Sadat dit: «J’ai entendu votre allocution sur la Démocratie et j'ai été sidéré… En suite j’ai compris que vous vouliez faire un gouvernement démocratique, mais de pouvoir dictatorial…» Parlant au nom de Saad Zaghoul il continue: «On ne peut pas concéder la Démocratie, on doit la conquérir. Nos moyens sont l’unité et la liberté, le travail et la science, la sagesse et la littérature. Un gouvernement qui provient du peuple et qui s’adresse au peuple, la justice sociale pour tous, la civilisation et bien-sûr la paix…». Nous savons tous que les rêves sont souvent trop éloignés de la réalité. Nous savons aussi que la Démocratie actuelle est déjà très compromise dans le monde occidental, et ce dernier est isolé. La cause est, comme dirait Akhenaton, (toujours dans le livre «Devant le trône») «l’idolâtrie des choses terrestres» et d’après un autre détenteur du prix Nobel d’économie, le prof. Josef E. Stiglitz, «l’individualisme absolu et le fondamentalisme des marchés». La Démocratie dont je parle, est actuellement plus importante que jamais, non seulement pour l’Egypte ou le monde arabe, mais aussi pour la Grèce et tous les autres pays du monde. Pour moi, c’est un crime d'«exporter» aux Arabes le modèle démocratique de l’occident; un modèle politique dans lequel la démocratie est déjà compromise (pour ne pas dire absente); où le pouvoir ne provient pas du peuple et ne 9


s’adresse pas au peuple, comme il le devrait. Il est temps que les marchés quittent l’idée qu’on puisse à nouveau coloniser le monde, cette fois au nom de la «démocratisation» des peuples, ayant de surcroît, les hommes politiques occidentaux comme avant-garde… L’esprit de Naguib Mahfouz, ce grand écrivain et vrai démocrate, n’est pas perdu, tout comme la vertu ou la dignité d’El Ferdaus et d’autres égyptiens et arabes. Toutes ces valeurs sont le meilleur héritage pour qu’une Démocratie réelle puisse être établie en Egypte et dans tout le monde arabe…

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ANS AUPARAVANT, quand l’essai «Pour un mouvement unificateur et politique en Grèce» (Takis Alexiou, Editions PANIFE1, Athènes 2003), a été publié pour la première fois, personne n’imaginait la crise catastrophique actuelle. Pendant cette période, la crise était surtout institutionnelle et culturelle ; aujourd’hui elle est aussi économique. Durant cette période personne n’écoutait… De nos jours, les gens écoutent de plus en plus et se préoccupent de l’avenir. Très souvent, je me souviens les paroles de «Monsieur. K», écrit par Bertold Brecht, qui croyait qu’il n’était pas obligé de vivre dans un certain pays, en disant: «Je peux avoir faim  partout». Aussi, devant le juge, quand ce dernier lui a demandé s’il préférait jurer sur l’honneur ou prêter un serment religieux, il a répondu: «Je suis chômeur»… Je me souviens aussi deux courts extraits de mon essai mentionné plus haut, le premier disant que: «Le mouvement unificateur a été fondé en 1993 dans des conditions hostiles en Grèce, dans une grande impasse provoquée ces années-là par le gouvernement et les parties de l’opposition. Dans un monde dangereux, où tout s’est écroulé, qu’attendons-nous encore pour nous efforcer à unifier les individus provenant de tous les partis politiques de notre pays, excepté ceux provenant de l’extrême droite et de l’extrême gauche?» Le deuxième extrait de ce livre, paru dans sa deuxième édition en 1995, concerne des paroles

1 NDT : PANIFE: Société Panhéllenique de l’Histoire et de la Philosophie 10


Josef E. Stiglitz 11


encourageantes du regretté professeur de l’université Aggelos Aggelopoulos: «Cher M. Alexiou, je vous remercie pour votre lettre du 4.6.93, ainsi que pour votre livre «Une instruction vive». C’est vrai que, si tous les peuples embrassaient l’idée de l’universalité, ainsi que la prédominance de laquelle aspire votre mouvement unificateur, notre monde changerait. Recevez mes salutations distinguées, Aggelos Aggelopoulos».

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OMBREUX SE DEMANDERONT l’importance des paroles d’un Saint dans une époque aussi dure que la notre. Saint Augustin disait que: «La foi c’est de croire à l’existence de ce qu’on ne peut pas encore voir, et notre récompense pour notre foi, c’est de pouvoir finalement  le voir». Quelqu’un pourrait aussi mettre en doute les paroles d’un écrivain transcendantal, comme Henry David Thoreau: «Ce monde n’est qu’un canevas qui reste blanc pour notre imagination» ou les paroles d’un écrivain de théâtre, détenteur du prix Nobel, comme Georges Bernard Shaw: «L’origine de la création est l’imagination. On imagine ce qu’on désire, on prétend ce qu’on imagine par le biais de notre volonté et enfin on crée ce qu’on prétend». Nikos Kazantzakis aussi, soutien que: «Vous avez vos pinceaux et vos couleurs, peignez le paradis et entrez-y». On pourrait peut-être aussi ne pas tenir compte des paroles provenant de célèbres chefs politiques, comme William Jennings Bryan, qui a dit que «Le destin n’est pas un instrument du hasard mais une question de choix» ou comme Abraham Lincoln qui a dit que «La foi aux choses qu’on peut voir et toucher n’est pas foi. Alors que la foi à l’invisible est un triomphe et une bénédiction». Mais c’est impossible d’avoir des oreilles bouchées aux paroles d’Albert Einstein, cet éminent physicien, détenteur du prix Nobel, qui croyait que: «La logique vous rendrait du point A au point B, l'imagination vous emmènera partout». Alors, il est temps que l’imagination prenne son envol, pour qu’on puisse s’acheminer vers une société vraiment Démocratique, sans obstacles… 12


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ELON LA PSYCHOLOGIE et la structure tridimensionnelle du cerveau humain, la sexualité correspond à la partie pulsionnelle ou somatique, l’amour, comme passion, correspond à la partie affective et l’amour, comme sentiment, à la partie rationnelle de l’esprit… L’Amitié pour sa part, apparaît dans tous les fonctionnements de l’homme. Elle présuppose la Connaissance de soi et elle implique la Participation, qui est la présupposition la plus importante, afin d’organiser cette société meilleure. En ce qui concerne l’Art, je suis d’accord avec César Aira, cet écrivain argentin, qui a dit:  «Quand tout le monde pourra écrire des poésies ou s’occuper de toutes sortes d’arts, le poète ou tout autre artiste, pourront être des hommes ordinaires, libéré de cette misère psychologique qu’on appelle talent, style, mission, travail». C'est-à-dire qu’il sera libéré de la misère de l’avidité catastrophique, de l’individualisme absolue, et de notre égoïsme exalté.

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E SENS D’AMOUR OU D’AMITIE provenait autrefois de la religion et il avait une notion métaphysique. Puis, il a été incorporé dans la Psychologie - la Psychothérapie - la Psychiatrie, notamment à cause de la signification de l’intelligence émotive (EQ: Emotional Quotient) et de tous les sentiments positifs, non seulement pour notre santé corporelle, mais aussi pour l’évolution de la vie. Ces derniers temps, tout comme la Neurobiologie qui s'intéresse à l'étude du cerveau humain, l’Economie et récemment les  Sciences Politiques, tous ont utilisé la notion de l’égoïsme-individualisme absolu, le comportement le plus négatif de tous les comportements humains, et ceci est à l’antipode des sentiments positifs. Les termes d’amour et de d’amitié, termes sauvegardés par la science, sont utilisés dans cet essai, parce que leur rôle est significatif pour pouvoir surpasser l’impasse actuelle et créer une société meilleure. Nous devons comprendre que tout type de violence, provenant d’expériences traumatiques du passé et 13


de nos sentiments négatifs, ne résulte qu’à rendre l’Etat encore plus autoritaire et inhumain «et de plus en plus corrompu, or notre but est de le détruire», disait Marx. Personnellement, je crois que la société meilleure dont on parle, ne peut se faire en démolissant sa version précédente, au contraire, on doit la reconstruire sur une nouvelle structure.

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ES CIGARETTES SONT DANGEREUSES pour la santé… Mais notre indifférence et notre insensibilité à l'égard de ceux qui ne sont pas à NOTRE service sont encore plus dangereuses pour la santé humaine et peuvent même tuer l’Homme… Les exemples quotidiens sont innombrables: Nous achètons des cadeaux très chers à nos enfants afin de s’acheter leur «respect», tandis que nous devrions leur offrir la moralité et instruire leurs âmes. Nous pouvons nous montrer impolis quand nous n’arrivons pas à l’heure aux rendez-vous fixés avec des personnes dont nous ne pouvons pas profiter et parce qu’ils ne servent pas nos intérêts dans un futur proche. Nous oublions souvent de nourrir notre animal domestique, ce compagnon, ou d’arroser notre plante qui purifie l’air intérieur et embellit la maison. Notre voisin est absolument absent… Et toutes ces omissions ont lieu parce qu’on a beaucoup de travail ou parce que nous sommes très occupés… Mais de qui ou de quoi veut-on vraiment échapper, puisque ce ne sont que notre égoïsme et notre avidité qui nous poursuivent? P.S. L’indifférence, l’insensibilité et la vacherie ne définissent pas la haine, car tourner le dos aux problèmes d’autrui n'est pas comme le torturer soi-même. Mais le pire de ce qu’on voit souvent c’est «de prendre plaisir» à voir la souffrance d’autrui, c’est à dire de faire preuve de ruse et de sadisme…

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ANS LES ANNÉES PRÉCÉDENTES, le bonheur était un sujet de poésie et de philosophie. Quelques années plus tard c’est devenu le sujet de la Philologie, de la Sociologie et de la Psychologie et récemment de la Médecine 14


Martin Buber 15


et de l’Economie. Dans le cadre de la société egocentrique actuelle, on n’utilise pas par hasard mais plutôt de façon insidieuse le terme «Bonheur» au lieu du terme «Amitié», puisque le Bonheur est indissolublement lié à l’individualisme absolu, tandis que l’Amitié ne se limite pas au «Moi», mais elle s’étend au «Toi» et au «Nous». Le Bonheur ne concerne qu’une seule personne, tandis que l’Amitié exige au moins deux personnes conscientes, équipées d'un libre arbitre authentique. Si on comprend pourquoi la structure Politique offre inconditionnellement les droits de souveraineté aux marchés de l’argent au lieu du peuple, on pourra absolument tout changer et espérer l’arrivée de cet avenir meilleur. Nous savons que tout au long de notre vie, nous devrions résoudre des problèmes (Karl R. Popper). Mais cela ne signifie pas répéter ou aggraver ces problèmes, comme le font très fréquemment les politiciens et d'autres personnes, sans jamais payer leurs fautes. C’est pourquoi je crois qu'en excluant toute sorte de violence, on réévalue certaines notions, comme la Connaissance de soi, l’Amitié, la Participation et la Démocratie (l’Etat). La communication internationale entre les personnes est devenue plus rapide et plus efficace, profitant de la technologie actuelle des ordinateurs et plus précisément celle des réseaux sociaux.

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OTRE BASE SE TROUVE dans la connaissance de l’économie fondamentaliste des marchés de l’argent fondée sur notre individualisme-égoïsme absolu et elle est nourrie par l’usage de cette violence inexplicable actuelle. Tout simplement, la société inhumaine actuelle, nourrie par notre individualisme et notre égoïsme, ne pourrait pas exister si la violence et l’agression n’avaient pas leur place… Alors, créer cette société meilleure, n’est pas un sujet politicoéconomique, mais surtout un sujet biologico-anthropologique, dépendant directement de notre degré d’instruction sur l’amitié réelle. Quelle que soit la caractérisation donné à l’Amitié, qu'on appelle réelle, sincère, vieille, forte, bonne, vraie, fine, unique, 16


profonde, de cœur etc., l’Amitié est une relation essentielle entre le «Moi-Toi», qui présuppose une relation essentielle entre le «Moi- Moi-même» (Connaissance de soi) et s’étend à une relation essentielle entre le «Moi-Nous» (Participation), d’après Martin Buber. Aristote a dit que l’Amitié («Moitoi») est une âme en deux corps, c'est-à-dire qu’entre les amis, les explications sont inutiles (Catherine Mansfield) et la rhétorique, les oppositions, les conflits, l’hostilité, tous ces moyens usités par les hommes politiques, n’ont pas lieu d’être. D’après Robert McAfee Brown, le vieillissement de la société ressemble au vieillissement interne des personnes et commence au moment où on ne protège plus nos relations amicales, basées, d’après Rachel Naomi Remen, sur un silence affectueux, où l’un écoute plus attentivement l’autre. Dans ce cas, l’Amitié n’est qu’une douce «obligation» et elle n’est jamais empreinte d’opportunisme (Khalil Gibran). La notion d’Amitié dans ce cas contient l’Amour comme sentiment, la Confiance, la Sécurité et bien-sûr, le Bonheur. L’opinion de K.S. Lewis qui stipule que l’Amitié n’est pas nécessaire, tout comme la Philosophie et l’Art, n’est pas correcte, puisque même l’Organisation Mondiale de la Santé constate que le Bonheur (notion que l’Amitié contient déjà) constitue un facteur essentiel de bonne Santé. L’opinion de Nicholas A. Christakis et James H. Fowler qui consiste à dire que nous sommes tous connectés les uns aux autres, n’est pas une opinion innovatrice. Parmi d’autres, Goethe a dit la même chose, en nous rappelant que si on se compare à des hommes «comme il faut», on les aide à devenir eux aussi «des hommes comme il faut». Néanmoins, on ne peut pas vraiment profiter des plaisirs de la vie que si on les partage. Comme Shakespeare l’a dit, l’âme déborde de joie en pensant aux bons amis. Notre tendresse pour eux, provoque aussi le même sentiment (Thomas Jefferson). Aussi, une Amitié finie n’était jamais réelle (St. Jérôme) et l’Amitié réelle ne peut être fondée que sur la Vérité et la Connaissance (Henry David Thoreau)… Je continue, en constatant tout simplement que la 17


Philosophie (donc le Philosophe aussi) jugent l’époque, ils ne l’expriment pas (Hugo von Hofmannsthal), tenant compte du fait qu’on doit surmonter le stade de la critique pour constituer une proposition. Nos moyens pour que cela soit réalisé sont le dialogue essentiel et la volonté ferme d’apprendre la Vérité. La moindre ostentation n’y a pas sa place. D’après Schopenhauer, notre but n’est pas la séduction mais d’enseigner aux autres gens ou d'apprendre des autres: de se libérer intellectuellement. C’est une condition nécessaire pour qu’on puisse changer le monde, en utilisant un langage clair, simple, direct, en sachant aussi que «les hommes matures n’ont pas besoin de chefs» (H.G.Wells), mais d’amis, connaisseurs de soi, qui ont la volonté de participer aux choses publiques, de compagnons vivants, et non de compagnons morts (Friedrich Nietzsche) qui, au nom de la liberté et de l'illuminisme, sont esclaves de leur individualisme-égoïsme absolu et souvent ils se font défenseurs d’une économie et d’une politique fondamentaliste catastrophique!

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ON BUT EST D’EXPRIMER de façon simple et synoptique ce que je pense sur cette crise généralisée, qui ne concerne pas seulement la Grèce ou l’Europe, mais le monde  entier. Je crois que l’attitude de ceux qui ne disent pas toute la Vérité concernant la situation actuelle, en s’occupant de domaines peu importants, comme par exemple la convention de prêt, le referendum, une autre «recette», des élections etc. et se déchargent ainsi de la responsabilité à transformer l'humanité en une communauté de termites, comme l'a dit Lorenz, est criminelle.

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UELLE EST CETTE VERITÉ dont je parle? Georges Irvin a déclaré que «pour survivre dans la zone euro, il faut se développer», tandis que Franklin Allen considère la faillite comme la meilleure solution. Genaro Zezzo nous pose ce dilemme «changements des institutions 18


Nikolai Kontratieff 19


européennes ou états «colonies»» et Martin Schulz, à la tête du group du parti socialiste européen, déclare qu’il y a de l’argent, mais que son partage est injuste…. Combien de fois en Grèce avons-nous entendu ces mêmes paroles? Maria Fragkaki, par rapport à une politique alternative sur l’économie de l’Europe, est convaincue qu’on doit principalement donner l’attention à la limitation et au contrôle du capital financier, ce qui servira les besoins de la société et non pas ses propres intérêts. D’après cette opinion, une politique alternative sur l’économie pourrait forcer le capitalisme à mettre l’Homme au centre de son intérêt… Cette opinion ignore totalement le principe fondamental selon lequel «Les systèmes sont d’abord nés, ils ont une longue durée et à un moment particulier ils tombent en crise, ils se divisent et finalement ils se transforment en quelque chose d’autre». On y ajoute que: «La période du passage d'une étape à l’autre est particulièrement imprévisible, mais réceptive aux actions individuelles et collectives», Prof. Immanuel Wallerstein.

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ARMI LES ÉCONOMISTES SOVIÉTIQUES les plus importants figure Nikolai Kontratieff. Il était aussi un pur régénérateur social dans les années 20. En 1930 il a été exilé par le régime de Staline en Sibérie où il «a disparu»… Josef Subeter a appelé dans son mémoire les fluctuations économiques de longue durée les «cycles Kontratieff». Ces cycles se composent d’une phase ascendante «A»  et d’une phase descendante «B». La durée moyenne de chaque phase est de 25 à 35 ans. Nous savons très bien que maintenant, nous nous trouvons dans la phase descendante. Peut-être ne savonsnous pas que, pendant cette phase, un autre cycle historique, qui a duré 500 ans environ, se termine et que le système capitaliste du départ sera remplacé par un autre système politique, pour l’instant méconnu… Les conflits à tout crin seront une réalité, puisque nous fondons la base d’un système historique qui nous accompagnera pour les 500 ans à venir, comme nous informe 20


l'éminent sociologue américain Wallerstein, déjà mentionné plus haut …

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E SYSTÈME AVIDE DU CAPITALISME financier est celui qui est en crise actuellement, dont la période transitive a déjà commencé, mais on ne sait pas quelle sera la forme exacte de cet imminent «autre» système social. Mais on sait certainement que, pendant les périodes de crise, le nombre de personnes qui possèdent un libre arbitre et une pensée consciente, augmente. Offrant ainsi aux individus une opportunité unique de devenir créatifs, de penser et de trouver les moyens pour surmonter les impasses actuelles.

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E LIBRE ARBITRE signifie tout simplement adopter une attitude responsable. Cette attitude détermine le comportement de personnes qui cultivent consciemment des relations essentielles avec a) elles-mêmes b) les autres et c) la société (Prof. Martin Buber). Des personnes qui admettent leur individualisme-égoïsme absolu et qui veulent participer aux choses publiques, au travers des relations essentielles et d’Amitié réelle… Je me réfère au triptyque: CONNAISSANCE DE SOI – AMITIÉ – PARTICIPATION. Je me réfère aussi au besoin de transformer pacifiquement la société, par des procédures participatives et non pas viser tout simplement à conquérir le pouvoir…

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N NE PEUT PAS lire l’Histoire ancienne et contemporaine, sans prendre connaissance de la capacité inhabituelle de l'Homo Sapiens à être violent et destructeur…» nous dit Georges Monbiot ; mais il ne dit pas que l'Homo Sapiens peut aussi avoir le comportement inverse. Ce journaliste et écrivain, qui a reçu de nombreux prix, considère que «le pouvoir n’est jamais dénoncé volontairement. Si on veut le prendre, on doit l’arracher. Cela demande l’implication active d’un réseau de révolutionnaires, prêts à risquer leur vie, 21


afin de changer le monde… (en coordonnant) leurs attaques… comme membres d’une espèce, pas d’une nation… en prenant le contrôle de la politique mondiale». Nombreux sont ceux qui partagent cette opinion. Il s’agit d’un autre cas de logique contradictoire et d’absurdité, qui ne s’intéresse pas au changement mais au pouvoir, ignorant que «la vie n’est pas d’abord la poursuite du plaisir» comme Freud croyait, ou une poursuite de la puissance, comme Adler enseignait à ses élèves, mais une poursuite de sens… permettant à l’homme de rester courageux, digne et désintéressé (même s’il se trouve dans les pires conditions), comme le cas concret de Viktor E. Frankl, ce professeur éminent de la Psychiatrie, qui a passée plusieurs années dans des camps de concentration nazies.

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ES DERNIERS TEMPS, on parle beaucoup d’économie «réelle», malgré l'affirmation des spécialistes que l’argent fait partie «de la réalité virtuelle»… En tout cas, on ne réalise pas que c’est cette économie «réelle» du capitalisme qui a mis la crise en scène. Mais Friedrich Nietzsche a constaté que «le monde réel est beaucoup plus limité que le monde imaginaire». Bien qu’on ait besoin d’argent liquide pour pouvoir servir nos besoins primaires, on a besoin, plus que jamais, d’Imagination, ou autrement dit de la «fusée» de Jules Verne, pour voyager dans la Réalité d’un monde meilleur.

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UAND L’ARGENT devient le seul but dans la vie, aucun comportement ne peut être acceptable» déclare catégoriquement le Professeur et détenteur du prix Nobel de l’économie Josef E. Stiglitz. Cela concerne non seulement les banquiers et les hommes politiques, mais principalement nous, les citoyens, puisque nous maintenons, de notre individualisme-égoïsme absolu et de notre consommation illimitée ce système de crédit inhumain. Pour nous, c’est une méthode de «Psychothérapie» (shopping therapy)… Je crois que le problème n’est ni économique, ni politique, comme 22


Arthur Schopenhauer 23


nombreux le disent, ni un problème social; c’est d’abord un problème personnel, c'est-à-dire moral. Héraclite disait que «le caractère de l’homme est sa destinée» ou si vous préférez utiliser un vocabulaire plus contemporain, le problème est neurobiologique. Parce que comme nous informe le grand Professeur de Neurobiologie de la Clinique Universitaire Göttingen Gerald Hüther «On vit dans un monde où rien n'est comme il faudrait. Mais ce monde est unique pour nous. Et puisque ce sont des hommes comme nous, qu'ils l’ont construit comme ça, nous seuls pouvons le changer. Mais d’abord, on doit nous-mêmes  changer». Il ajoute  que: «Le réseau des connections nerveuses dans notre cerveau change quand on l’utilise de manière différente»… La manière dont l’homme utilise cet organe de la pensée et ses productions dépend du sentiment, du motif et de l’intention parue à chaque instant… Quand l’égoïsme (et l’argent) deviennent la rengaine de la pensée, de la sensation et de l’action, l’individu se dégénère dans le monde de la bêtise la plus profonde (Geerk F.), c'est-àdire dans le monde barbare des marchés de l’argent, dans lequel on vit si intensément ces dernier temps. «Cette autre chose», cet autre chemin à prendre c’est le chemin de l’Amitié, de l’Amour, comme Hüther dit, c’est une offre profonde sentimentale, c’est un profond sentiment d’unité entre les gens… Celui qui veut apprendre à utiliser, alors, sa tête d’une manière très élargie, doit apprendre à aimer, parce que l’Amour naît de l’impression de l’Homme à être profondément lié à tous». Car, ces sentiments positifs, l’Amour et l’Amitié, sont responsables de l’élargissement, non seulement de notre conception sensorielle et mentale, mais aussi de nos sentiments, de notre conscience et de notre libre arbitre, cette dernière étant la seule condition pour qu’on puisse changer vraiment…

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ES MOTEURS DU CAPITALISME ne sont pas seulement les banques, les banquiers et les grands actionnaires. Les moteurs du capitalisme ne sont pas non 24


plus les grands industriels, les grands hommes d’affaires et les grands commerçants. Ce ne sont ni les marchés de l’argent et les intérêts spéculatifs si peu nombreux, ni les grands investisseurs –les «Soros» de toute sorte- et les agences de notation … La pire forme du capitalisme, qui nourrit toutes les autres formes, n’est que notre individualisme-égoïsme absolu, cette Chimère dont dès l’Antiquité, Bellérophon et puis St. Georges et nombreux d’autres sages, font des efforts de nous en libérer, sans résultat. C’est donc ce monstre qui nous captive l'esprit au point d'ignorer autrui, au lieu de le comprendre ou de se soucier vraiment de lui… «Aimer, aimer c’est notre seul travail…» disait Rumi, un Humaniste, Philosophe et Poète important du 13ème siècle provenant de la Bactriane de l’Asie centrale. C’est ce que nous devons faire pour mieux vivre… «J'ignore si l’humanité suivra consciemment la loi de l’amour mais on ne doit pas s’inquiéter. Cette loi, comme celle de la gravitation est en vigueur, qu'on le veille ou non.» souligne Gandhi. Quel est l’effet d’aimer? C’est la conscience, la solidarité, l’honorabilité, la dignité, le plaisir, le bonheur, la paix, la liberté, la sécurité, la sensibilité, le dialogue et le respect… ainsi que tous les sentiments positifs et les pensées constructives qui ne se limitent pas qu'à l’espèce humaine, mais s’élargissent à tous les organismes vivants, à la Nature et à tout l’univers.

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OUR DECRIRE LA TRAGIQUE SITUATION mentale des hommes politiques il faut se référer à l’essai exceptionnel du grand Philosophe Arthur Schopenhauer, intitulé «L’art d’avoir toujours raison», où il dit, entre autres, ce qui suit: «Enervez votre adversaire», «Interrompez-le, arrêtez-le, changez de sujet de discussion»,  « Formulez un raisonnement faux», «Dissimulez votre plan», «Faîtes des conclusions hâtives», «Inversez le sens» et «Prétendez que vous avez gagné, même si vous avez perdu»… 25


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ONCERNANT NOS PRÉTEURS, je trouve le chapitre «Il ne faut pas s’endetter»  des Œuvres morales du Plutarque (45-120 a. J.C.) très intéressant. Entre autres, il souligne: «Ils transforment le marché en lieux de supplice pour les pauvres débiteurs. Ils les massacrent et ils les mettent en pièces». Il conclue ainsi: «T’as de l’argent? Il ne faut pas emprunter, parce que t’en n’as pas besoin. Tu n’as pas d’argent? Il ne faut pas emprunter, parce que tu ne pourras pas t’acquitter de tes dettes» et finalement ta liberté sera limitée et ta dignité bradée.

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ONCERNANT LES DÉBITEURS, je crois qu’en aucun cas nous devons nous limiter à l’idée commune, qui consiste à dire que l’on paye les erreurs des hommes politiques corrompus, seuls responsables de la situation tragique actuelle de notre pays. La dette des débiteurs, c'està-dire la notre, citoyens conscients de la mauvaise situation dans laquelle nous nous trouvons et désirant se comporter de manière responsable, comme des personnes qui possèdent le libre arbitre et une conscience, c’est de contribuer par tous les moyens possibles, à la création d’une Démocratie de participation, qui défend par la Constitution les besoins réels de tous les citoyens et non pas les intérêts spéculatifs d’une poignée d’individus, comme il se fait actuellement au nom de gouvernements socialistes …

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ES 20 PAYS LES PLUS «DÉVELOPPÉS» et «concurrentiels» du monde, ainsi que les 8 autres qui veulent déterminer la destinée de notre planète, sont aussi ceux qui «accueillent» la plus grande partie des millions de pauvres, de sans-abri, de chômeurs, de gens affamés et de misérables. Aussi, certains de ces pays développés profitent en soutirant l’argent d’autres pays ou d’autres peuples, ou en les incitant à la guerre. Dans ces conditions, ce fameux développement, 26


Alain Touraine 27


ainsi que la concurrence n’ont rien à faire dans les sociétés de citoyens dont le principe fondamental est la coopération entre les êtres. Sinon, il doit être orienté à la prospérité de tous et à la protection de l’environnement. Selon cette logique, le Produit National Brut (PNB) nous donne un faux indice sur la prospérité de la société, puisque il exclue certaines catégories sociales, comme plusieurs millions de pauvres, ou ceux qui touchent un bas salaire ou une retraite médiocre. Sans oublier les dépressifs, qui même en percevant des revenus moyens-hauts, ils se sentent désorientés, sans pouvoir donner un sens à leur vie. Nous devons souligner aussi que la demande en psychotropes n’a jamais été aussi grande que pendant ces dernières décennies et tout particulièrement pendant la dernière… Le Professeur d’Economie Richard Layard, spécialiste du bonheur, nous informe que: «Durant les dernières années, les gens ne sont pas plus heureux. Ils sont plus riches, ils travaillent moins, ils ont plus de vacances, ils voyagent plus souvent, ils vivent plus longtemps… Mais ils ne sont pas plus heureux. On doit faire une étude plus approfondie sur ce fait choquant…». Cette étude concerne plutôt la Psychologie, la Neurobiologie ainsi que les Sciences Sociales et l’Economie… Du même coup, on se souvient des paroles de Démocrite (460 – 370 a. J.C) qui préférait «vivre pauvre dans une Démocratie qu’être riche dans une Tyrannie». Aussi, il croyait que: «la pauvreté dans une Démocratie est meilleure que toutes les richesses d’une Aristocratie ou une Autocratie, puisque nous préférons la Liberté à l’esclavage»…

J

’ENTENDS SOUVENT «L’ARGUMENT» qui stipule que les pauvres, les indigents, les sans-abri, les affamés et les misérables ayant toujours existé, ils continueront d’exister… Je suis en désaccord totale avec cette idée et en me référant aux faits (sans utiliser de guillemets), je peux dire que la traite des Noirs et les marchés aux esclaves qui avaient lieu pendant une période très prospère, n’a pas empêché que la vie 28


humaine ait moins d’importance que celle d’une assiette volante d’un jeu de tir… Aussi, autrefois, les femmes n’étaient pas les égales de l’homme et c’était interdit pour elles, tout comme pour les citoyens Afro-Américains de faire des études… Et je peux encore citer d’innombrables exemples. Je suis sûr que d’une chose: dans le futur, il n’y aura pas de pauvres, il suffit de leur donner l’opportunité d’avoir une vie digne… Quoi de plus nécessaire, pour qu’on puisse créer une politique démocratique de caractère vraiment sociale? Mais pour qu’on puisse réaliser cette idée, je crois qu’on doit d’abord libérer la profession des hommes politiques, où il y a un numerus clausus, afin de se délier du totalitarisme de tous les partis qui s’intéressent plutôt à servir leurs propres intérêts plutôt que de protéger l’Histoire du pays et le futur du Peuple…

I

L EST DÉPLORABLE de constater que l’on puisse accepter la pauvreté, comme on accepte aussi l’utilisation, même limitée, de la violence, souvent permise et imposée dans une société soi-disant démocratique… J’ai une question à vous poser: Quand un peuple est aux abois et dans la désolation à cause des choix incorrects du parti gouvernant et du parti d’opposition, on appellerait cela «utilisation limitée de violence» ou «utilisation étendue de violence»??? Aussi, quand nombreux deviennent chômeurs à cause des choix incorrects du parti gouvernant et du parti d’opposition, on appellerait cela «utilisation limitée de violence» ou «utilisation étendue de violence»??? Et finalement, quand une personne se suicide à cause des choix incorrects du parti gouvernant et du parti d’opposition, on appellerait cela «utilisation limitée de violence» ou «utilisation étendue de violence»???

C

OMMENT QUALIFIERIEZ-VOUS le régime d’une ville et d’un pays auxquels la poétesse et peintre connue Etel Adnan  se réfère dans son livre «des 29


villes et des femmes», et dit «les sans-abri sont misérables, les routes sont brûlés, la criminalité nous rappelle une guerre civile, la ville est divisée entre les riches et les pauvres, les noirs et les blancs, les gens en bonne santé et les malades, il n’y a qu’angoisse, corruption, panique et morts»??? Elle se réfère à New York des Etats-Unis, le symbole de «Liberté» et de «Démocratie» du monde occidental, qui n’est en réalité ni libre, ni démocratique… Selon Rumi, nous sommes obligés de vivre dans ce monde fou, où «tout est contraire à ce qu’il devrait être». Je me souviens du cas de Ferdaus, une femme vraiment libre et très digne, condamnée à mort (parce qu’elle avait tué un proxénète, particulièrement violent), et qui a refusé la grâce du Président égyptien de l’époque, pour ne pas devoir sa vie au pouvoir… Que dire? Si ce n’est le moment de se réveiller et d’être réaliste, pas pour continuer de l’accepter comme nous le faisons actuellement, mais pour la changer doucement, peu à peu… Et si chaque Pouvoir avait des «prostituées» comme Ferdaus, c’est sûr que nous vivrions dans un monde bien meilleur…

L

E CHOIX ENTRE DÉMOCRATIE ET TYRANNIE, ne peut pas être posée théoriquement. Mais pratiquement, tenant compte de notre situation inhumaine, imposée par le capitalisme financier, la Démocratie est totalement abolie et transformée en Tyrannie «parlementaire». «…À un gouvernement démocratique, ayant un pouvoir totalitaire», mentionne l’écrivain, détenteur du prix Nobel Naguib Mahfouz dans son livre exceptionnel «Devant le trône», se référant à Anwar el Sadat… La détermination du Professeur de Philosophie Karl R. Popper pour la Démocratie le pousse à dire: «Un État est politiquement libre quand les institutions politiques permettent aux citoyens de changer effectivement le gouvernement tout en évitant la violence…». Mais ce n’est pas du tout suffisant, parce que 30


AndrĂŠ Breton 31


les Démocraties qui ne respectent pas la souveraineté et les besoins réels du peuple et utilisent la violence, ne sont pas du tout de vraies Démocraties, qu’importe si ces actes de violence sont graves ou pas. Une fois encore, les hommes vivent dans «une époque d’indignité spirituelle et morale», comme a pu le dire Konrad Heiden. Et nous ne pouvons obtenir une régularité élémentaire à notre vie qu’en y appliquant quelques principes fondamentaux, comme la Vérité, la Justice et le Dialogue critique, qui sont éloignées de l’intérêt personnel, de l’arrogance, de la corruption, des armements, des marchés extérieurs, des fonds secrets, et ce qui est le pire de tous, de la diplomatie secrète et fluctuante, mentalité adoptée par les partis et les hommes politiques jusqu’à nos jours…

P

AR CHANCE, notre élite intellectuelle se réveille et s’occupe de sujets comme la Nation - l’Europe et la Mondialisation (Nikos Paraskevopoulos). Ils nous annoncent que les nouvelles provenant de l’Europe sont mauvaises (John Keane) et ils constatent qu’il y a un déficit démocratique dans l’Union Européenne (Erik o. Eriksen). Par chance, ils nous informent que la Démocratie est en déchéance (Kostas Douzinas) et il y a un nouveau triangle d’irrégularité concernant: les Marchés, l’U. E. et le Bloc pro-austérité (Stathis Kouvelakis). Par chance ils repèrent la perplexité de la vie politique (Dimitris Christopoulos), la myopie politique des gouvernements (Luccino Galino) mettant l’accent sur la Démocratie qui est en danger (Luke Martell). Par chance ils se demandent qui est le vrai dominant (Guinto Rossi), ils confirment que la Démocratie est en régression (Jean Paul Fittoussi), en reconnaissant que l’oligarchie européenne des marchés existe en fait (Xenophon Kontiadis) et que la Grèce est devenue leur enjeu (Gesine Letzsch). Par chance le déficit Démocratique se trouve être la pointe des troubles sociaux (Serge Halimi), la Démocratie régresse (Giovani Perelli), ils nous expliquent pour quelle raison nous devrions être furieux 32


(Rebecca Herms) et pourquoi nos droits sont attaqués (Judith Butler). Par chance, enfin, ils prévoient la réalisation du putsch des marchés (Bili Meyer) et nombreux d’autres choses dans le même esprit… C'est-à-dire que nous sommes bloqués en faisant des constatations et des analyses pendant plusieurs décennies, en négligeant ce qui est le plus important: Nous devons tous avoir des propositions précises, avec chacun son point de vue, afin de créer une meilleure société, dans laquelle nous pourrons vivre en toute dignité, ainsi que nos enfants et nos petits-enfants…

L

ES GENS RECONNAISSENT de plus en plus que la fameuse «humanisation»  du capitalisme, ou autrement dit le capitalisme «laïque»  ne consiste pas en une proposition alternative à une société Démocratique, du moins dans un avenir proche. Ces récentes associations autogestionnaires de crédit à but non lucratif aux Etats-Unis, dont les déposants sont les seuls actionnaires et le capital est investi aux programmes de développement des petites et moyennes entreprises régionales ou des municipalités, ainsi que les banques des pauvres (Grammeen Bank), fondées par le Professeur, Economiste et détenteur du prix Nobel Muhammad Yunus, ne sont pas des actions drastiques mais des réactions face au système injuste actuel, qui, même s’il a vieilli, il est encore capable d’esquinter ou d’incorporer, c'est-à-dire d’insérer dans ses propres intérêts les corps étrangers, comme il a déjà fait avec le Professeur Yunus de Grammen Bank, qui est accusé de malversations…

N

OUS POUVONS TOUT RECOMMENCER si nous tenons compte que a) la crise du capitalisme financier va durer encore longtemps et b) dans cette période de transition qui a déjà commencé, nous devons planifier et fonder, sans tarder, un système anthropocentrique et juste pour la société, donnant la priorité à la protection de l’environnement. 33


C’est le moment de tenir compte du fait que: «Nous devons proclamer la Démocratie (dont le peuple est souverain), qui transforme les travailleurs en citoyens responsables (synonyme de citoyens qui possèdent de libre arbitre), et qui consiste dans la condition principale du redressement économique et social, au moins dans les pays qui ont choisi la liberté politique au lieu du totalitarisme», comme l’a dit Alain Touraine. Il est bien fréquent de parler d’un totalitarisme capitaliste ou communiste…

D

ANS LA POLITIQUE, la transparence ne suffit pas, si les hommes politiques font des choix exempts de moralité ferme et d’honnêteté», souligne l’Académicienne Jacqueline de Romilly. En connaissance de cause, je suis sûr, que dans le monde politique contemporain, non seulement l’honnêteté et la moralité sont absentes, mais aussi la transparence. La pensée des hommes politiques n’est pas seulement vague et structurée de façon partisane, mais elle tourne aussi autour de leur propre intérêt. Leur langage n’est pas seulement brut et contradictoire, mais aussi hypocrite. Nous cherchons toujours le dialogue sincère et constructif, car il est le seul «mécanisme» nous permettant de résoudre nos problèmes et de sortir de cette crise pacifiquement… Le Président du PASOK2 et ancien Premier Ministre a reconnu, pour l’énième fois, ses erreurs, ceux de son gouvernement et de son parti politique. Et pour l’énième fois, les erreurs sont encore répétées, car ce qui leur importe le plus c’est que nous soyons toujours les payeurs. Mais jusqu’à quand  devrionsnous payer? Le temps est venu pour que les hommes politiques de tout parti et de chaque gouvernant surtout, réalisent qu’ils doivent eux aussi payer pour leurs fautes. Pas en se démettant tout simplement de leur fonctions (nous n’avons d’ailleurs aucun exemple de démission par des hommes politiques), mais en liquidant leurs biens, comme nous le faisons quand nous ne

2 NDT : C’est le Parti Socialiste grec.

34


Gerald H端ther 35


pouvons plus payer nos dettes (non pas parce que nous avons fait de faux calculs, mais plutôt parce que nous sommes au chômage) et la banque nous saisit notre bien…

C

ES DERNIERS TEMPS, nous avons subi et nous continuerons a subir des chocs psychologiques, l’un après l’autre, pas plus pour ces mesures économiques strictes au détriment des bas et moyens revenus, que pour des confrontations violentes entre les membres du gouvernement et du corps parlementaire concernant des sujets critiques sur le présent et l’avenir de notre pays, et surtout du comportement fluctuant et décalé du Premier Ministre, qui dit et fait comme bon lui semble, non seulement à l’intérieur du pays, mais aussi à l’étranger, en ignorant ses partenaires et en méprisant tout un Peuple, le forçant par la violence à tomber dans les abysses. Chaque fois que ce Peuple doit exprimer son mécontentement et son indignation, il est effrayé et bastonné en respirant des produits chimiques cancérigènes. Ceci abolit la logique et la définition la plus simple de la Démocratie, ce système social fondé sur la Justice, visant la Vérité et qui résout tous les litiges PACIFIQUEMENT…

N

OUS CONNAISSONS AUJOURD’HUI la réponse à la question «qui, de l'œuf ou de la poule, est apparu en premier?», comme nous savons aussi que chaque impasse dans une société est le résultat des impasses individuelles des citoyens. Ainsi, les meilleures sociétés ont besoin de bons esprits nourris par la paix et des sentiments positifs qui conduisent l’Homme à la Connaissance. De surcroit, la Vérité est reliée à la Connaissance non pas au pouvoir, ce dernier étant d’essence et d’intention une action totalitaire, même dans les «Démocraties» capitalistes les plus développées comme celle du Danemark…. 36


L

A DÉMOCRATIE n’est ni urbaine, ni centriste, ni alliée, ni socialiste, ni gauche, ni communiste («laïque»), ni couronnée, ni présidée, ni chrétienne, ni islamique, ni directe, ni indirecte… La Démocratie n’a nul besoin d’adjectifs! La Démocratie est un système social indépendant, fondé sur la Justice, comme je l’ai déjà dit plus haut, qui, en cherchant la Vérité, résout les litiges Pacifiquement!!! Démocratie et Capitalisme ou Communisme, sont des notions incompatibles, puisque ces derniers ont utilisé et continueront d’utiliser des méthodes VIOLENTES qui peuvent s’étendre. La question n’est pas dans quel monde on ne veut pas vivre, mais dans quel monde on veut vivre. La Démocratie donne du sens à notre vie et présuppose par cette nature de mots, des relations essentielles avec soi-même, avec autrui et avec la société… La Démocratie est le seul Système Social Pacifique, pouvant vraiment s’intéresser aux besoins de tous les citoyens et ne pas protéger les escroqueries d’un petit nombre de personnes…

L

ES GENS DOIVENT SE MOTIVER…ils doivent agir pour renverser ces régimes…  «On ne peut pas changer l’image de ce monde si on ne change pas au moins, nos systèmes politiques…» soutient dans son interview en 2005 la fameuse psychiatre et écrivain Nawal El Saadawi… Mais je me demande, pour l’énième fois, quel est la nature des choses? Dès la révolution égyptienne de 1919 contre l’occupation britannique, de 1952 contre le Roi jusqu’à la révolution contre Moubarak en 2011, qu’est ce qui a vraiment changé? Mis à part pour l’occupation britannique qui est devenue égyptienne, puis militaire et maintenant, probablement, religieuse??? Après la place Tahrir au Caire, maintenant c’est le tour de la place Syntagma à Athènes. Aussi, c’est le moment approprié pour répondre à la question: Maintenant que nous sommes réveillés, peut-on avoir conscience que la Démocratie, comme système sociale, est totalement absente du globe??? Savons-nous que c’est elle que nous cherchons??? La Démocratie a sa propre 37


structure concernant tous les secteurs de la Vie quotidienne et ces structures nous devons les adapter au 21ème siècle, pas à pas. Mais le début du changement nécessite d’abord le changement structurel de notre propre pensée. Telle est la plus grande révolution, l’unique que nous devons faire, grâce à laquelle nous pourrions sortir de l’impasse…

E

N CONCLUSION, une fois de plus, je dois mettre l’accent sur: 1) L’absence de Démocratie! Quels que soient les efforts que nous devons faire pour humaniser les marchés de l’argent, ils seront vains, puisque le Capitalisme comme système a accompli son cycle. Il est impossible de faire reculer le temps à quelques décennies en arrières, c’est-à-dire à l’époque où le capitalisme était moins barbare qu’aujourd’hui. 2) Le fait que le capitalisme financier et la Démocratie soient deux notions complètement incompatibles. 3) Le fait que le Capitalisme n’ait pas d’avenir. Nous nous trouvons déjà dans une période transitoire, de destination inconnue, et nous sommes conscients que le modèle communiste n’est pas une solution alternative pour le 21ème siècle. 4) Notre besoin évident de créer une meilleure société de citoyens, de participation essentiellement démocratique, qui naitra pacifiquement en instaurant des réformes radicales et sans violences, en faisant des révolutions (Eric Hobsbaum), qui sauvegarderont constitutionnellement, comme je l’ai déjà mentionné, les besoins réels de tous les citoyens et non pas nourrir l’avidité et les intérêts spéculatifs d’une certaine minorité…

N

OTRE RÉPONSE à la raisonnable question comment peut-on échapper à cette épidémie universelle d’avidité, qui soutient le capitalisme monétaire ou, comme l’appelle l’éminent économiste Stiglitz «le fondamentalisme des marchés»? En la traitant comme chaque maladie ayant comme remède l’Amitié réelle (terme qui n’a pas de sens en 38


Simon Weil 39


politique), qui présuppose la Connaissance de soi et nous guide à la Participation, par le biais de l’Art socialisé, conscient et concret. «Les idées sont des chaînes qu’on ne peut pas couper sans sentir son cœur se fendre», nous assure Karl Marx. C'està-dire, comme Hüther le dit également, on ne peut pas couper ces chaînes sans être profondément bouleversé, reconnaissant que notre attitude négative (égoïste -individualiste) adoptée jusqu’à maintenant envers la vie, a été néfaste… Il s’agit d’une nouvelle approche dans le domaine de l’Education et de la Culture, où le pas suivant doit être la création d’un modèle politico–économique, qui prise l’Homme et l’Environnement.

C

E N’EST PAS POSSIBLE, ce n’est pas démocratique que l’avenir d’un etat dépende de l’accord ou du désaccord de deux chefs de partis politiques qui ont poussé notre pays dans les abysses ces trente-sept dernières années. La solution à notre problème ne peut être ni les élections ni la collaboration des gouvernements, pour la simple et bonne raison que le problème se trouve dans le Capitalisme des marchés que ces deux partis ainsi que leurs branches, défendent bec et ongles. La Gauche dite traditionnelle et progressiste, n’a fait malheureusement aucune proposition alternative, complète et réaliste, pour la création d’une meilleure société démocratique, qui a besoin avant toute chose, au-delà du temps nécessaire de sa réalisation, d’Imagination: de pensées et d’idées nouvelles, pour l’instant absentes dans tout le spectre du monde politique actuel…

A

U-DELA DU CONSEIL d’André Breton de désavouer les partis déjà dès 1950, c’est le moment de se souvenir des paroles de Simone Weil, qui nous indique que les individus désirant offrir leurs services au domaine publique, ayant comme guide la Justice et la Vérité, doivent être soutenus pas leurs Amis et pas par les partis, car: «Un parti politique est une machine qui crée une passion collective. Un parti politique 40


est une organisation, dont le but est de forcer collectivement la pensée de chaque homme qui en fait partie. Le premier et seul objectif de chaque parti politique est de se renforcer sans limite. Cette caractéristique tridimensionnelle nous montre que chaque parti est totalitaire de nature et d’intention» et elle continue: «Les partis sont des organisations créées officiellement et en publique, de telle manière à tuer la notion de Vérité et de Justice». Il est donc totalement nécessaire, pour nous, les citoyens contribuables, de tourner le dos au totalitarisme des partis et d’arrêter de payer pour leurs malversations financières, de rembourser leurs dettes et de payer le coût des élections! Jusqu’à ce que nous puissions nous décharger de cette gangrène politique et économique. Les Hommes politiques doivent prendre en charge et en toute transparence leurs dépenses. A cet effet, il vaut la peine de se référer aux dernières élections, par des électeurs sympathisants du parti… Les politiciens socialistes, socio-démocrates, les politiciens de l’emploi, ainsi que les divers politiciens conservateurs et néolibéraux, qui obéissent aveuglement aux marchés de l’argent, sont condamnés, comme tous les nostalgiques du modèle communiste sociale de l’ex-Union Soviétique…

S

OUVENT, NOUS PARLONS d’«égoïsme» concernant le comportement de divers hommes politiques en grèce -et pas seulement… c’est peut-être parce que nous faisons notre autocritique? Je ne pense pas  non! Ou bien parce que nous acceptons ce comportement catastrophique sur l’avenir du pays tout entier? Non! Parce que malgré une crise aussi importante que celle-ci, nous ne pouvons pas être conscients et possesseurs de libre arbitre de temps en temps. Changer notre mentalité c’est une procédure thérapeutique, une procédure longue, même si nos intentions peuvent être sincères, désirant de se libérer de l’individualisme- égoïsme absolu, qui est sans doute une épidémie universelle, jusqu’à présent la pire de toutes les épidémies de l’Humanité… 41


N

OUS NE SOMMES PAS seulement des spéctateurs qui se trouvent par hasard sur une scène cosmique. Nous sommes des formateurs et des créateurs vivants dans un univers de participation» souligne le Prof. John Weeler, collaborateur d’Albert Einstein et de Niels Bohr. Bertolt Brecht disait que: «L’Homme n’est pas une goutte dans le fleuve de la vie. Il est la force qui crée et fait bouger ce fleuve». Et comme force créatrice, étant des hommes conscients et possesseurs de libre arbitre, habitants dans un univers de participation, on ne peut que condamner catégoriquement toute sorte de violence et de tyrannie et faire de notre mode de vie et de nos projets l’établissement d’une Démocratie de participation, d’une société de Citoyens Actifs, de la République d’Aristote…

M

AINTES FOIS JE ME SUIS DEMANDÉ comment est-il possible que la violence et la guerre puissent prendre ainsi la place de la Paix et du Dialogue, et ce, entre les partenaires et les alliés d’une Union des Peuples et des pays, ayant une monnaie et des frontières communes? Non seulement à cause de ces «conflits difficiles» de nos gouverneurs à Bruxelles, mais à cause des «révoltes laïques, des révolutions et de la guerre» que les partis de Gauche proposent aux citoyens, sans pouvoir comprendre l’évidence, c'est-à-dire les élections et les changements attendus des partis politiques défendant catégoriquement la soit disant seule solution démocratique pour confronter la crise, n’y changeront rien du tout. Parce que la pensée Démocratique, comme ils devraient le savoir, est une affaire collective et pas individuelle et l’individu ne peut pas soudainement avoir de la conscience et devenir possesseur de libre arbitre. Cela signifie que, les gouvernants ne s’intéressent pas aux problèmes du Peuple comme ils se plaisent à le déclarer, mais ne cherchent qu’à voir les pourcentages stationnaires ou en hausse de leurs partis, ignorant ce qui est le plus important, c'est-à-dire si les conditions de vie du Peuple tout entier pendant 42


Nawal El Saadawi 43


cette période intermédiaire de passage d’une société à l’autre, pourront devenir plus humaines et dignes, dans la zone euro ou en dehors…

P

UISQU’ON NE PEUT PAS nous demander de faire un choix entre la Démocratie et la Tyrannie, on ne peut pas nous demander non plus si nous devons rester dans l’Union Européenne ou en sortir. Pour la simple raison  que les conditions sociales dans la zone euro seront sans doute meilleures si nous restions dans l’Union Européenne durant les années à venir de cette période intermédiaire, celle du passage du capitalisme financier à la société pacifique de citoyens actifs. En tenant compte du fait que cette crise n’est pas seulement grecque, mais aussi européenne et universelle. Tout comme pour les tractations pour une Démocratie réelle dans les années à venir, ne sont pas seulement une affaire nationale, mais aussi européenne et universelle…

L

E PROBLÈME LE PLUS IMPORTANT dans la vie est l’incertitude et non ce qui est prévisible. Le rêve de l’occident est le turbo-capitalisme 3, c'est-à-dire la conquête et le contrôle total du monde européen, représenté plutôt par l’Allemagne que par tous les pays d’Europe, et ceci est un phantasme d’après la théorie du chaos, puisque les systèmes chaotiques surpassent chaque effort et prévision, chaque contrôle et gestion. En termes simples, nous devons nous rendre compte que nous sommes les coopérateurs créatifs (participants) de la nature (et de la société) et pas leurs régulateurs, comme disent le Prof. F. David Peat et le Prof. John Briggs. Nous devons aussi clarifier le fait que notre comportement «chaotique» collectif et individuel, né de 3 NDT : Terme créé par Edwart Lattwak, paru dans son livre publié en 1999 «Turbo-Capitalism: Winners and Loosers  ». Le "turbo capitalisme", c'est le capitalisme déchaîné, libéré de toute intervention et de toute réglementation, qui impose sa loi à la société. 44


notre individualisme-égoïsme absolu, appelé par le psychiatre éminent Prof. Irvin Yalom «saletés du cerveau» ce qui n’a rien à faire avec la théorie scientifique du chaos…

R

EMARQUE: L’opinion de nos partenaires Européens du nord à propos de la Grèce (et actuellement nous pouvons ajouter à celle-ci le Portugal, l’Italie ainsi que l’Espagne) est qu’il n’y a pas de citoyens responsables, tandis que dans leurs pays les citoyens responsables sont nombreux. C’est très imprécis puisque leur fameuse «responsabilité» se limite, dans la plupart des cas, à leur soumission totale à un modèle socio-économique inhumain et dépassé (Samir Armin). Une responsabilité de cette sorte est un phantasme dangereux, complètement étranger à ce libre arbitre que nous devons développer si nous voulons créer une société meilleure, évitant le pire. Est-ce qu’on s’est demandé comment est-il possible que l’Italie, qui est le 7ème pays le plus développé et concurrentiel au monde soit au bord de la faillite??? Après le Portugal et l’Irlande, les suivants sont l’Espagne, la Belgique et la France.

L

’HISTOIRE EUROPÉENNE provient d’un très beau mythe grec, dont le protagoniste est l’amour de Zeus, le protecteur de l’hospitalité, du vœu, de la justice et de la démocratie. L’Histoire de l’Europe contemporaine du 20ème siècle est sauvage, douloureuse, malheureuse. Cette histoire comprend deux Guerres Mondiales, des colonies, du nazisme, du fascisme, des dictatures, des prisons pleines de prisonniers politiques, de camps de concentration, de tortures, d’exploitation de l’Homme par l’Homme, de faim, de chômage, de misère et de victimes innombrables. La politique colonialiste barbare qui existait dans le passé sous le faux prétexte de civiliser des peuples «sauvages», elle est plutôt faite ces derniers jours pour démocratiser des peuples politiquement «ignorants». C'est dit autrement mais le prétexte est le même… De nos jours, notre système économique inhumain, dont le 45


protagoniste est l’Allemagne et l’apothéose des marchés, tue l’Europe. C’est évident, sachant que cette Europe «du noyau dur» vise à assujettir économiquement les pays «rétifs» du sud (même en changeant leur charte politique), mais aussi à élargir son influence et ses frontières, offrant, en même temps et gratuitement des «cours de Liberté et de Démocratie» aux arabes, qui se sont récemment révoltés… Le Ministre du Reich à la Propagande Goebbels disait «N’importe quel mensonge, à force d’être répété, finit par être cru», en se référant, parmi d’autres, aux juifs qui «empestaient». De nos jours ce sont les pays européens du nord (PIGS4) qui empestent… Mais c’est bizarre que le mot «cochon» (Schwein en allemand) soit à la fois une insulte et le plat préféré des allemands …

Q

UAND NOS RYTHMES DE VIE sont déterminés par l’argent et pas par l’Homme, il y a un problème. Nous savons tous, qu’importe si nous sommes spécialistes ou pas, que l’opinion de ce célèbre philo-nazi architecte et urbaniste Le Corbusier qui disait «la ville qui dispose de promptitude dispose de succès» était criminelle. Dans ce cadre, c’était normal de créer non seulement des usines de «machines» mais aussi les fameux «fast-food», en détruisant les habitudes alimentaires des habitants des grandes villes, dans les rythmes effrénés d’une «Profitopolis»  inhumaine, expliquant que les gens, depuis les années 70, avaient besoin d’une nouvelle ville (Josef Lehmbrock & Wend Fisher)… Comme le temps est fonction de la pensée, la Vérité est fonction de la Connaissance. La Connaissance vécue par les «Profitopolis» dans le monde entier consiste en ces villes qui ont des conséquences sérieuses et irrémédiables sur la santé humaine: des conséquences corporelles, émotionnelles, mentales et spirituelles… Ces

4 NDT : Cet acronyme a été utilisé pour la première fois en 2008 par des journalistes britanniques et américains, spécialisés en économie pour désigner quatre pays de l’Union Européenne  : Portugal, Italie, Grèce et Espagne (« Spain » en anglais) qui sont les plus fragilisés par la crise. 46


Friedrich Nietzche 47


derniers temps dans le monde occidental, malgré cette fameuse psychasthénie, une ergasiomanie continuelle, la situation change radicalement grâce à la création des restaurants de «slow food», résultat d’une tension humaniste et philosophique, connue comme «slow living». Dans ce cas, la théorie qui dit que l’Homme apprend de ses fautes reste toujours valable lorsqu’il arrive à les reconnaitre et à les accepter. Cela est très rassurant, puisque l’application au travail et l’ergasiomanie sont deux notions complètement différentes et cette dernière, au-delà d’une psychasthénie, désigne aussi l’exploitation de l’Homme par l’Homme et l’assujettit au pouvoir barbare des marchés et des intérêts spéculatifs d’un petit nombre de personnes…

D

EVIENS CE QUE TU ES»  nous incite le fameux Philosophe allemand Nietzsche, évidemment avant qu’il ne puisse connaitre le mythe non justifié de ses compatriotes, celui qui fait aussi du grec un désœuvré et un fainéant. Par contre, le mythe est totalement justifié concernant l’homme politique grec comme le récusable Premier Ministre. La télévision anglaise diffuse parmi ses programmes une série qu’ils appellent «Go Greeks»… Or nous savons tous qu’une généralisation ne correspond jamais à la réalité! Mais, peut-être si on changeait le titre de cette série en «Go Karaghiosis» (qui est en même temps feignant, servile (bossu), imposteur (voleur) et roublard), nous pourrions révéler le comportement de certains grecs qui ne sont autres que des hommes politiques??? Même aujourd’hui, la figure de Karaghiosis, d’origine ottomane, nommé héros national de la Grèce contemporaine, est une sorte de «loisir»  dans les écoles primaires -et pas seulement- du pays tout entier. Il est clair que cette figure de théâtre d’ombres, provenant de l’Est n’est pas responsable de la misère actuelle de la Grèce, puisque ceux qui ont abandonné cette mentalité, ont été pris au piège d’imiter la culture avide de l’Ouest d’une consommation effrénée, c’est-à-dire de porter des jeans, de 48


boire du coca-cola et de danser le rock… Il semble que c’est le moment de revenir à soi et devenir soi-même.

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E NOUVEAU PREMIER MINISTRE GREC, malgrélui, a plongé dans l’embarras les deux partis du pouvoir et leurs adhérents, ainsi que les partis de Gauche qui sont représentés au Parlement, pour la même raison: tous ont peur d’affaiblissement s’il réussit son œuvre difficile de soulager un Peuple qu’il a obligé à survivre même sans électricité. L’offre éventuelle de notre nouveau Premier Ministre comme technocrate et non comme homme politique, peut alors marquer a) le début de l’affaiblissement progressif de ce pouvoir partisan établi, très coûteux et totalitaire... et b) la création du plus favorable climat transitoire dans la société grecque, concernant le plan et la réalisation d’une société humaine de manière pacifique.

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ONNAITRE SON IDENTITÉ NATIONALE» c'est ce qu’un Ministre et cadre du Pasok nous demande dans le Parlement, tout comme un autre Ministre, cadre dans le même parti, ayant plus d’expérience que le premier, relève dans une émission que «Le peuple exigera que les partis soient démocratiques». Cela signifie que l'on parle correctement de totalitarisme dans les partis, tant que la période du capitalisme barbare des marchés de l’argent continuera d’y être présente… Et tout cela parce que, comme l'a déclaré dans la même émission l’ex Ministre et cadre du parti de la ND: «Nous n’avions pas la culture du dialogue», qui signifie que la condition principale du bon fonctionnement du régime démocratique qui est le dialogue, et bien-sûr le dialogue critique et constructif, n’existait pas avant et n’existe toujours pas aujourd'hui… La seule conclusion logique à cela est que nous devons immédiatement travailler en surpassant la critique mal comprise et les pieuses prières bien comprises, sur le projet commun de ce nouveau système social et politico-économique, qui servira les besoins réels de tous 49


les citoyens. C'est-à-dire que nous travaillerons pacifiquement sur le projet et la fondation d'une Démocratie Réelle du 21ème siècle, qui nous accompagnera pendant les 5 siècles à venir, en se développant continuellement, tout en étant conscients que «Le royaume des cieux est un état du cœur, pas une chose qui arrive sur terre ou après la mort», Friedrich Nietzsche.

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A «RÈGLE D’OR», comme disent les anglais en se basant sur le fameux principe de Hillel «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse», ainsi que la prise de position de Kant concernant le respect d'autrui, ne sont pas du tout suffisants pour qu’on puisse caractériser un Etat libre politiquement… Je crois aussi que même l’estimation de Popper, plus élargie, qui dit que «nous seront libres quand nous pourrons nous libérer sans violence de nos gouverneurs» n’est pas suffisante. Combien même le faire valoir de la Démocratie dans le monde occidental puisse l'élever au meilleur régime, il y a toujours eu des phénomènes de violence, d’effusion de sang, de faim, de misère, de douleur. De plus, pendant ces dernières années de crise, ces phénomènes deviennent de plus en plus fréquents et dangereux dans le monde entier… Ainsi, un Etat peut être libre politiquement, c'est-àdire Démocratique, seulement si les phénomènes de violence, d’exploitation de l’Homme par l’Homme et d’injustice seront exclus de la société par des procédures de participation. En d’autres termes, un Etat libre politiquement ne servira plus la spéculation  et l’escroquerie de quelques-uns et commencera plutôt à s’intéresser aux besoins réels de tous les citoyens, sans mettre de limites et donner des compensations etc… Personnellement, je crois que même si ce sujet est en apparence politique, les hommes politiques actuels, qui représentent les intérêts d’un marché financier inhumain et s’y inclinent, ne pourront pas y donner une solution. Le changement peut arriver par les citoyens conscients, pacifistes, actifs et résolus, artistes et amateurs d’art, dont le nombre augmente quotidiennement… 50


Karl Marx 51


D

’APRÈS THUCYDIDE citant Périclès: «Bien que quelques-uns d'entre nous sont capables de planifier et appliquer la politique, nous sommes tous capables de la juger». Mais cela ne signifie pas du tout que le Peuple, composé de vous et moi, des individus qui ont leur libre arbitre et une pensée consciente, ne peut pas avoir des idées et gouverner. Cela pourrait signifier, à tord, que ceux parmi nous qui sont incapables de construire un instrument de musique, ne peuvent non plus en jouer… La Démocratie n’a jamais été une vraie démocratie. Mais je soutiens qu’elle peut et elle doit le devenir. Je ne suis pas contre les idées de Popper, au contraire, je les apprécie beaucoup, non seulement notre choix commun aux Lumières, mais aussi le rationalisme et le dialogue critique. Mais je considère que pendant les dix-sept années qui ont précédé sa mort, beaucoup de choses ont changé et notre obligation sacrée est de tout revoir à nouveau. D’ailleurs, lui aussi était défenseur de la conception de Thalès de Milet qui, s’adressant à ses élèves disait: «Pour moi, il en est ainsi. C’est ma théorie. A vous de faire des efforts pour l’améliorer.». Pour cette raison, j’y ajoute les paroles de Démocrite qui disait: « Je préfère vivre pauvre dans une Démocratie qu’être riche dans une Tyrannie», parce que: «La pauvreté dans une Démocratie est la meilleure de toutes les richesses dans une aristocratie ou dans une autocratie. Car la liberté est meilleure que l’esclavage». Et je souligne que cela ne correspond plus à l’actualité, puisque dans les dites «démocraties» actuelles, les pauvres ne peuvent même pas survivre… Concernant la liberté, elle est sans doute meilleure que l’esclavage. Mais je me demande ce qu’on peut faire avec notre liberté, si on est au chômage, sans abri avec le ventre creux??? De surcroît, ces dernières années, les «Démocraties» sont devenues des tyrannies parlementaires du marché de l’argent, en refusant d'un commun accord, toute différenciation dans la Tyrannie. 52


Dans ce cadre de pensée, on ne peut pas permettre à la Démocratie de continuer de fonctionner d’une manière réactionnaire, ne sauvegardant que les institutions, comme Popper le réclame afin d'éviter une dictature éventuelle. C’est le moment pour la Démocratie de fonctionner aussi d’une manière créative, sauvegardant l’amitié et les institutions qui correspondent aux besoins des plus nombreux (de tous les citoyens) et non pas aux intérêts de quelques-uns. Parce que ce n'est qu'ainsi que le Peuple sera souverain, comme il aurait pu l’être depuis longtemps, et nous pourrions enfin mettre fin à la crise et toute l’Humanité connaitrait la prospérité…

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LORS, ON DIT NON au pouvoir des partis, aux coulisses de la politique, à la diplomatie secrète, au soit disant «intérêt national», à la propagande, aux armements et à la guerre. On dit OUI à la Démocratie, à la transparence, à la solidarité des Peuples, au respect de la Différence, à l’Education et au Dialogue. On dit NON à la barbarie des marchés de l’argent, à l’exploitation de l’Homme par l’Homme, à l’injustice, à l’escroquerie, à la violence consciente, à la violence dirigée contre des cibles multiples. On dit OUI à la culture, à la Justice sociale, à la prospérité de tous les citoyens, à l’Art conscient qui a un objectif. Grand nombre de personnes ne sont pas d’accord avec la théorie de la résistance passive de Gandhi, considérant que la violence est la meilleure solution ou, dans le meilleur des cas, un mal nécessaire… Je crois qu’aujourd’hui, on ne peut pas seulement rejeter la violence et tous les sentiments catastrophiques; mais on peut plutôt cultiver les sentiments positifs (Daniel Goleman), en dépassant notre résistance passive et en tenant compte de la Vérité unique, relevée dans le vers de notre grand 53


poète Cavafy: «Les Lestrygons et les Cyclopes, Les violences de Poséidon, tu ne les verras pas, A moins de les receler en toimême, Ou à moins que ton âme ne les dresse devant toi».

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OMMENT EST-IL POSSIBLE D’ARRÊTER l’écriture de cet essai, lorsqu’un grand nombre d’évènements terribles nous bouleversent quotidiennement? Je ne me réfère pas aux personnes débutantes sur la tribune, qui sont jeunes pour la plupart, et désespérément superficielles (si on imaginait l’avenir de la politique dans notre pays…) Je ne me réfère ni aux défenseurs «beuglants» des pauvres, qui habitent les villas privées de grand luxe, ni à ceux qui, soudain, défendent les droits des «travailleurs». Je ne me réfère pas non plus à la situation récemment imposée à la Grèce par le secrétaire d’Etat allemand, … Je me réfère plutôt aux informations qui nous signalent du même coup que des élèves s’évanouissent de sous-alimentation, et qu’au même moment, le Président du Parlement annonce que le Parlement a approuvé une allocation pour l’«obtention de l’objectif visé» au personnel du Parlement. Puis le vice-président du PASOK disant, en français cette foisci, que les grecs ne sont pas des «cossards» mais des «cons»… Prenons nos responsabilités, je crois que nous devons admettre que nous sommes des «cons», de la même façon que les hommes politiques doivent admettre de leur côté qu’ils ont été et sont même aujourd’hui les pires «maques», détruisant totalement un pays pendant trente-huit ans!!! Et le plus important c’est que maintenant, les citoyens se sont réveillés et tous ces hommes politiques impénitents, disparaitront non seulement du Parlement grec, mais aussi du pays… Je me demande vraiment, qui sont les pires, les hommes politiques pourris grecs ou les surveillants allemands qui sont des accros du boulot??? Je crois que très bientôt nous n’aurons besoin ni des uns ni des autres!!! 54


Carl Popper 55


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N RÉSUMÉ, JE CONSIDÈRE QUE: Cette société meilleure désirée par tous, ne peut pas être réalisée en démolissant l’ancienne à l’aide de pincesmonseigneurs et de cocktails Molotov, mais en la reconstruisant sur une nouvelle structure, le tout PACIFIQUEMENT. Penser que l’on peut restaurer ou rénover cette ruine est dors et déjà vain. Le fondamentalisme des marchés de l’argent est indissolublement lié à notre individualisme-égoïsme absolu, qui se trouve aux antipodes des sentiments positifs comme l’Amour et l’Amitié. Il se fonde aussi sur notre mimétisme aveugle de consommer, qui est nommé en psychothérapie «shopping therapy»… Des notions comme celle de l’Amour et de l’Amitié sont l’enjeu de recherches sur le cerveau humain et de la neurobiologie, en prouvant la grande importance de l’intelligence émotionnelle et plus précisément de sentiments positifs, pas seulement pour notre sante corporelle, mais aussi pour l’évolution de la vie humaine. Surmonter la crise n’est pas un sujet a priori économique, ni politique ou social. Il s’agit d’un sujet principalement atomique et morale, c’est-à-dire d’un sujet neurobiologique, un sujet Educatif et Culturel. Parce que notre Education, notre Culture et notre Société ne s’amélioreront que dans le cadre de changements profonds chez les individus, acquérant conscience et libre arbitre. En ce qui concerne l’Education, dans une société vraiment Démocratique nous devons mettre l’accent sur le fait d’éviter ou de dénouer immédiatement, ne serait-ce les conflits les moins importants entre les élèves ou entre les élèves et les professeurs, en dialoguant sincèrement de manière critique et constructive… Nous devons aussi faire la même chose dans un cadre familial pour les conflits entre les enfants ou entre 56


les parents et leurs enfants… Nous savons presque tous que cet inhumain capitalisme financier n’a pas de place dans une Société Démocratique de Citoyens, en reconnaissant aussi que notre volonté de créer une Démocratie authentique présuppose des individus authentiques, qui ont une certaine connaissance de soi, qui participent aux choses publiques, qui créent entre eux des relations amicales. L’Art conscient, socialisé, qui a un objectif, a plein de bonnes choses à offrir à ce projet, en élargissant notre conception et en nous ouvrant de nouveaux horizons à la recherche de cette société meilleure, qui sauvegardera les besoins réels de tous les citoyens, non les intérêts spéculatifs d’une minorité. En s’adressant au G20, nous disons: Vous n’êtes que 20, provenant d’un monde violent qui vient de mourir. Nous sommes des millions provenant d’un monde pacifique qui arrive…

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REF, le plus important est de réaliser que: Le système social inhumain des marchés de l’argent qui exclue la Démocratie et nous entraîne de plus en plus vers notre misère est moribond ; chaque effort de le maintenir vivant sera temporaire et de courte durée. Pour que le changement de la société réussisse, nous devons d’abord changer notre mentalité. Le changement de notre mentalité doit nous mener de notre égoïsme-individualisme absolu à l’Amitié, qui présuppose une connaissance de soi en allant vers la Participation. Et je termine, en posant une question, dont la réponse prouve que cette allégation présentée plus haut est correcte: Qu’avons-nous vraiment fait ces trentehuit dernières années après le rétablissement de la Démocratie? Et pour quelle raison avons-nous placé à l’Ecole Polytechnique Grecque pendant la célébration de cette année, ce panneau dont le slogan est le même qu’à l’origine «Pain-EducationLiberté»??? 57


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Prof. Dr. Takis Alexiou - La Puissance de l’ Amitié