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SACHIKO KASE

KYUSHO La femme ne doit pas être défensive, elle doit être consciente de sa situation et ne pas rejeter ou ignorer une menace possible, elle doit devenir proactive, prendre l'initiative et choisir le moment tout en manipulant l'état d'esprit des attaquants afin d'avoir la possibilité d'un avantage.

L’idée de cet entretien nous est venue, il y a juste un mois, quand Sachiko Kase, la plus jeune des deux filles du regretté sensei Taiji Kasé, m’annonça que sa sœur aînée Yumiko avait écrit un livre sur la vie de son père. Nous avons donc eu l’idée de le publier dans le meilleur magazine d’arts martiaux.

COMBAT HAPKIDO Dès le début, ma vision du Combat Hapkido était celle d’un système d'autodéfense réaliste bien structuré, exhaustif et efficace. Il était donc logique (en fait, inévitable) que dans son programme, nous incluions l'étude et l'utilisation appropriée d’objets choisis pour la protection individuelle. Nous nous abstenons, correctement, de les appeler des armes parce qu'ils n’en sont pas et n'ont pas été conçus pour l’être.

BILLY BLANKS Après avoir vu Billy Blanks enseigner une heure de Tae Bo®, j'ai réalisé que mon entraînement d’une heure quatre fois par semaine n’était rien du tout. Billy a près de 60 ans et il est dans la forme la plus incroyable que j'ai jamais rencontrée à son âge. En fait, je ne connais personne quel que soit son âge qui soit en aussi bonne forme physique que lui.

WING CHUN

E-BUNTO Six nouveaux S h i d o s h i célébrèrent l'obtention de leur diplôme selon la tradition Shizen, avec toutes ses cérémonies, ses rituels et ses a n c i e n n e s danses autour du feu, ses coups de feu cérémoniaux, et la compagnie de leurs proches; dans la générosité et l’abondance, ils célébrèrent et honorèrent tous les mondes visibles et invisibles, selon l’ancien rite du puissant peuple de Tengu dans une soirée magique et inoubliable… Qui a dit qu'il ne restait plus rien d’authentique ?

KAPAP Né pour lutter. On m'a récemment demandé quand j'avais appris à me battre. Je considère que j'ai commencé à me battre dès mon premier souffle. Je suis né dans une salle d'urgence de l'hôpital, luttant pour ma vie, et je me suis battu aux soins intensifs pendant des mois jusqu'à pouvoir aller à la maison sain et sauf.

Beaucoup de pratiquants de Wing Chun Gung Fu ont entendu parler au cours des ans des débuts légendaires de l'art martial, lorsque Yim Wing Chun, ou Ng Mui, fut témoin du combat entre un serpent et une grue. Elle aurait ensuite intégré les idées de chacun d’eux dans un nouveau système de combat spécialement conçu pour qu’une femme, plus petite et plus faible, soit capable de vaincre un homme dans un combat mortel.

BUDO INTERNATIONAL DANS LE MONDE Budo International est un groupe éditorial international spécialisé dans les Arts Martiaux. Unique organe de presse à vendre une revue spécialisée dans les Arts Martiaux en six langues et dans le monde entier, il est en contact avec toutes les grandes compagnies spécialisées dans son domaine. Budo International touche plus de cinquante pays.

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KRAV MAGA RED Un Krav Maga, des spécificités pour chaque public. Certaines personnes estiment que le Krav Maga est une discipline qui doit être enseignée de la même façon à tous les publics car sinon il perdrait de son authenticité voire de son efficacité. Mais une question se pose. Quelle est la principale utilisation, vocation du Krav Maga.

SDS-CONCEPT Le sparring au couteau et le combat au couteau vont-ils ensemble ? La réponse est clairement oui ! La Coupe internationale de couteau se tiendra à Vienne pour la cinquième fois cette année, un tournoi semi-contact aux points. Chaque impact vaut un point, la réaction, la vitesse et l'agilité sont essentielles, tout comme dans la vie réelle.

WINGTSUN De toutes les techniques qui constituent le système WingTsun, je peux affirmer sans crainte de me tromper que la moins pratiquée dans toutes les branches et les écoles est le Chi Gerk. Le concept de Chi Gerk (jambes collantes) contient un certain nombre de techniques très importantes si nous voulons mettre en pratique notre système à la recherche de l'efficacité maximale.

ESCRIMA L'art de l'efficacité. Il y a beaucoup d ' a r t s martiaux qui sont plus ou m o i n s efficaces. Il y a six ans, je suis tombé sur l’Eskrima développé par Frans Stroeven. Je cherchais un nouveau système qui me permette simultanément de rester en forme et de pratiquer un art martial efficace, comme le veulent beaucoup de gars de mon âge.

HWA RANG DO® Le Hwa Rang Do ® (littéralement « la voie des jeunes chevaliers ») est un art martial traditionnel coréen dont les racines se perdent dans l'antiquité des trois royaumes qui forment la Corée d'aujourd'hui, il y a environ 2000 ans. Les leçons de Hwa Rang Do ®, disciplinées et dures, sont fascinantes car elles proposent actuellement des méthodes et des approches qui sont en train de disparaître partout.

SHAOLIN HUNG GAR KUNG FU Les éléments du Hung Gar ne sont pas basés sur des positions, des postures ou des techniques, mais ils sont une conception de certains pouvoirs particuliers dans le corps humain. La théorie des éléments est très abstraite, mais mise en rapport avec les différents animaux, elle devient la source de pouvoirs énormes. Ces pouvoirs sont l'une des premières caractéristiques du style Hung.

SHUGENDO Y BUJUTSU

WENG CHUN KUNG FU Le Weng Chun Kung Fu a évolué à partir de deux lignées principales de l'histoire chinoise des arts martiaux. Tout d'abord, il y a le Weng Chun Kung Fu datant de l'époque des temples de Shaolin, et ensuite la tradition un peu plus jeune du Weng Chun Kung Fu tel qu'il fut pratiqué et transmis en secret au sein de la compagnie d’opéra de la Jonque Rouge sous le règne Manchu. Les 16 stratégies de combat du Weng Chun proviennent de cette période souterraine du mouvement.

Il fait très froid, un groupe de gens vêtus de blanc marche avec difficulté dans la neige profonde. Le son du Horagai (conque japonaise) déchire le silence et au loin résonne le bruit tonitruant d’une cascade. Nous sommes en Europe, dans les Alpes autrichiennes, un groupe de Shugenja s’avance pour aller pratiquer le Takigyo, une méditation dans le courant d'une chute d'eau.

REDACTION: c/ Andrés Mellado 42, 28015 Madrid, Espagne. Tél: (34) 91 897 83 40, Fax: (34) 91 899 33 19, E-mail: budo@budointernational.com • Directeur de publication: Alfredo Tucci, e-mail: budo@dimasoft.es • Coordination Internationale: Alfredo Tucci • Service publicité: (+34) 91 549 98 37. • Correspondants permanents: Don Wilson, Yoshimitsu Yamada, Cass Magda, Antonio Espinós, Jim Wagner, Coronel Sanchís, Marco de Cesaris, Lilla Distéfano, Maurizio Maltese, Bob Dubljanin, Marc Denny, Salvador Herraiz, Shi de Yang, Sri Dinesh, Carlos Zerpa, Omar Martínez, Manu, Patrick Levet, Mike Anderson, Boulahfa Mimoum, Víctor Gutiérrez, Franco Vacirca, Bill Newman, José Mª Pujadas, Paolo Cangelosi, Emilio Alpanseque, Sueyoshi Akeshi, Marcelo Pires, Angel García, Juan Díaz. • Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Les documents reçus sont conservés par la rédaction et ne sont pas rendus à leurs expéditeurs. Leur envoi implique l’accord sans réserve d’aucune sorte pour leur publication.


« Le sens commun est l’ensemble des préjugés accumulés à travers les siècles » Albert Einstein

E

« Après vivre et rêver, ce qui importe le plus, c’est de se réveiller » Antonio Machado

xpliquer la spiritualité, telle que je la comprends, pas comme une religion, mais comme la connaissance de l'invisible, est aussi difficile si pas plus que d'expliquer les couleurs à un aveugle. Cependant, contrairement à l'aveugle de naissance, nous avons tous les outils de perception pour interagir avec ces plans dimensionnels, parce que nous sommes nés dotés de ceux-ci. Il ne pouvait pas en être autrement, car nous sommes des êtres spirituels vivant une vie matérielle. Comme les têtards sortis de l’eau sous forme de grenouille, nous sommes capables de retourner là-bas et d’y chapoter quand nous le voulons, mais plus encore, comme les batraciens, nous découvrons très vite que nous adorons ce milieu et qu’il nous complète. Les religieux croient parce qu’ils ont foi en une disposition particulière du monde invisible. Le scientifique croit… parce qu’il a foi dans sa méthode. Pour l'étudiant de la spiritualité cependant, il existe deux voies : le développement de la médiumnité, la perception sensorielle de l'invisible, et/ou l'étude et l'interaction directe et personnelle avec les plans de l'invisible. La foi, dans ce cas-ci, se construit à travers des expériences directes, qui sont souvent une bonne matière de travail, saine, mais il faut bien sûr que l'étudiant fuie toute mystification, une exigence par ailleurs extrêmement difficile à satisfaire. Les personnes sensibles n'ont souvent pas la force ni le caractère et les gens forts sont souvent dénués de sensibilité ou de l'intérêt. Tous, cependant, ont tendance à être attrapés dans les mailles de la tromperie de la perception, fruit de l'éducation reçue ou de la pression de la conscience validée par leur entourage. Le principal problème pour aborder la spiritualité de manière cohérente réside dans l'ignorance, non pas celle ce qui est le résultat de ne pas savoir, car il est facile d’y remédier, mais la véritable ignorance, celle qui ne veut pas savoir. Quoi qu’il en soit, il n'est pas facile de construire une solide connaissance du monde invisible pour des raisons évidentes et le fait que nous ne puissions pas le voir n’est pas la moindre d’entre elles. Des gens de toutes les traditions et de tous les temps sont venus, équipés de la capacité de voir ce que les autres ne voient pas, d’entendre ce que les autres n'entendent pas, ou de sentir ce que les autres ne sentent pas. Il y en a même qui flairent les énergies et perçoivent de subtils changements invisibles à travers l’odorat. De toute évidence, cette utilisation extraordinaire des sens n’est pas ordinaire. Les savants disent que les perceptions hors du commun sont particulièrement liées à la glande pinéale ainsi qu’à un usage non conventionnel du cerveau, capable de traduire des sensations, fictives pour la majorité, en un amalgame de données cohérentes. Il ne s’agit pas tant d’une compétence ou d’une anomalie biologique, mais du développement d'une capacité innée en chacun de nous. Mon expérience dans ce domaine ainsi en témoigne, car j'ai vu, comme tout le monde, qu’en faisant les exercices adéquats, on pouvait facilement accéder à l'information cachée dans un modèle symbolique ou réelle que l’individu ignorait complètement. Il en est ainsi parce que nous savons tous chapoter dans ce milieu comme les grenouilles, et plus encore, nous le

faisons constamment, mais nous ne nous rendons compte de son existence que lors d'occasions exceptionnelles, marquées par des événements exceptionnels. Pour les chamans de l'ancien Mexique, ces situations extrêmes avaient le pouvoir de secouer les bulles d’énergie des individus, déplaçant violemment le point d’ancrage de leur conscience, modifiant complètement leur perception. Le problème, c’est que le résultat n'était pas durable et que le point d'ancrage avait tendance à revenir à sa place habituelle, poussé par nos habitudes et les accords collectifs. Mais il n’est pas nécessaire d'attendre que de telles situations surgissent pour augmenter notre perception de l'invisible. Beaucoup d'écoles et de traditions ont exploré le potentiel humain et développé des méthodes pour augmenter la conscience et nos possibilités d'interaction avec le monde des énergies occultes. Le principal problème pour le néophyte c’est toujours d’identifier ces processus et d’acquérir une juste crédibilité envers son véritable potentiel à ses propres yeux. Il est pour cela essentiel de garder un esprit ouvert et attentif à toute mystification et tromperie de soi-même ou des autres. Pour cela, la première étape dans toute école sérieuse commence habituellement par la consolidation, chez l’initié, d’un caractère solide et bien construit, associé à une capacité d'introspection et de surveillance de ses propres misères. Rien n'est plus dangereux pour un individu déséquilibré, que de lui ouvrir les portes de l’exceptionnel et de le laisser s’y mouvoir à son aise ; tôt ou tard, la catastrophe est assurée. Rester lucide est dès lors le premier commandement pour se fourrer dans un tel guêpier. Non pas parce que la lucidité est nécessaire pour découvrir notre potentiel caché, mais parce qu’elle nous permettra d'être prêts à l’utiliser correctement. Ces compétences ne sont rien d’autres qu’une arme de notre conscience et les armes ne tuent pas toutes seules, elles tuent les imbéciles qui les utilisent. Il existe en outre – et nous ne pouvons pas les ignorer – d’autres risques inhérents à l'utilisation ignorante de nos potentialités occultes. Notre bulle d'énergie possède des mécanismes automatiques d'autoprotection, qui doivent passer en commandement manuel et éventuellement être annulés dans le processus de développement de notre médiumnité. La peur est l'un d'eux, il provoque une immédiate « coagulation » (pour ainsi dire) de nos bulles, qui rejettent ainsi le contact avec les consciences et les énergies présentes dans l'univers de l'invisible. Pour les attester et interagir avec elles, il est essentiel de s’ouvrir à elles et cela, sans les précautions nécessaires, c’est s’exposer à tout. Il existe en outre des énergies à haute tension, auxquelles il faut être prêt à faire face, car contrairement à ce qu’exposent les visions optimistes de nombreuses religions, il y a de tout là-bas, comme ici… et on n’entre pas dans un forêt tropicale sans une carte ou une boussole ni sans l'équipement approprié. Parfois, il convient même d’avoir été « vaccinés », parce que les infections ne sont pas seulement de ce plan. Ainsi, affronter de telles aventures pour son propre compte est, bien sûr, possible, mais compte-tenu de l'ampleur de la tâche et des dangers qui pourraient exister, ce n’est à mon


Alfredo Tucci est General Manager de Budo International Publishing Co. E-mail : budo@budointernational.com

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avis pas quelque chose de recommandable. Une vie appliquée à une telle tâche, même si la personne qui l’affronte est absolument extraordinaire, est insignifiante face à un tel défi. Ce n'est pas la tâche d'une seule personne, mais de beaucoup. Il faut du temps, du discernement et de la persévérance pour ce défi démesuré. Ce n'est que lorsque de nombreuses vies et générations se seront consacrées à cet effort, qu’il sera possible d'établir des voies cohérentes. Il en est ainsi pour toutes les questions relatives à la connaissance humaine ; nous nous basons sur l’antérieur pour aller plus loin, nous évitons les routes qui ne mènent nulle part, les sentiers impossibles, les dangers, nous attestons les découvertes, nous assurons les périmètres et nous avançons… C'est ce qu'on appelle l'évolution. Ces sentiers dans l’invisible sont connus comme les « rivières navigables de la spiritualité ». Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup dont les chemins aient été convenablement débroussaillés, dont il existe de bonnes cartes, dont on ait établi des références cohérentes et testé les informations… mais il y en a, c’est sûr. La plupart du temps, ils vous trouvent tout autant que vous les trouvez ; en général, ce sont des « clubs » avec « un droit d'admission réservé » accroché sur la porte et qui maintiennent toujours un certain secret, car même s’ils pouvaient opérer à la lumière du jour, ils savent avec certitude que leurs connaissances ne sont que pour quelques-uns. Parce que… Comment expliquer les couleurs à un aveugle ? Les Miryoku de la tradition e-bunto, toujours lucides, divisèrent les êtres humains en affamés, malades, endormis et éveillés. Ils appelèrent également ces derniers « généreux ». Ils étaient éveillés, parce qu'ils savaient le pourquoi des choses et comprenaient ce qu'ils faisaient, et, généreux, parce que tôt ou tard, quand vous vous réveillez, tout comme dans Matrix, vous finissez pas être le lien nécessaire pour éveiller les autres. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie. » Shakespeare, Hamlet.


« Kyusho Self Protection » pour les femmes Reconnaissons-le, les arts martiaux sont remplis de programmes de self-défense pour les femmes, dont le nom est à lui seul une recette pour l'échec. Le terme « self-défense » a une connotation négative car dès le début, il peut signifier l'échec de l'individu. Le problème en effet, c’est que cette étiquette connote l'idée que la personne est victime de violence ou d'agression et qu’elle doit réaliser une action défensive. Cette prémisse d'agir après coup est la raison pour laquelle la plupart des gens succombent aux actions des agresseurs et ne se remettent jamais complètement de l'attaque initiale ou d'une situation induisant la peur. Si une femme adopte une mentalité défensive ou agit en fonction d’un entraînement, cela ouvre la porte à de nombreux problèmes lors d’une altercation avec un individu socialement déviant, prédateur et agressif. En prenant la défensive, elles permettent à l'attaquant d’avoir l’initiative et de créer une dynamique dans son attaque. La femme ne doit pas être défensive, elle doit être consciente de sa situation et ne pas rejeter ou ignorer une menace possible, elle doit devenir proactive, prendre l'initiative et choisir le moment tout en manipulant l'état d'esprit des attaquants afin d'avoir la possibilité d'un avantage. Cette approche inverse est en fait une méthode plus sûre et un mécanisme de prévention et de protection. Elle doit d'abord devenir consciente de la situation et son attitude doit devenir plus proactive ou offensive, car cela sera déterminant pour son habileté et sa sécurité. Il s'agit d'un « point vital » dans la protection pour être bien préparée à toute éventualité, avec un état d'esprit, des objectifs et des outils bien aiguisés. L’entraînement doit englober bien plus que de simples « techniques », ces dernières doivent être réflexives, adaptables, spontanées et possibles à réaliser sous l'effet de l'adrénaline lors d'un stress sévère ou d'une urgence. Malgré cela, au-delà de ces limites, il existe des limites innées qui doivent également être prises en considération par l’individu pour réussir dans la réalité. Ce n'est pas une limite technique, c'est l'esprit même de l'individu et sa capacité à faire le nécessaire. Il y a une grande différence dans le comportement ou la motricité globale des hommes et des femmes qu’il faut considérer avant de devoir affronter un combat réel. Tout doit être basé sur des actions instinctives afin de pouvoir atteindre la protection la plus efficace sans avoir besoin de passer par la pensée ou la pratique constante (même si, bien sûr, ce choix serait optimal). Il faut entraîner des outils appropriés, naturels pour une femme et conformes à la motricité globale naturelle de l’individu. Cela leur permettra d'accroître leur efficacité sans engendrer de dommage pour elles-mêmes. Un grand nombre de compétences physiques que vous croyez posséder (et que vous contrôlez dans un environnement parfait) seront inutilisables lorsque l'adrénaline viendra altérer vos référents sensoriels, la compréhension mentale et musculaire ainsi que le traitement ou le contrôle de la situation. En outre, cela engendrera un effet boule de neige sur l’individu qui perdra de plus en plus le contrôle de soi. La première compétence que vous perdrez, c’est celle de réaliser des séries d'actions complexes (et c’est exactement ce que sont les techniques stylisées). Si vous comptez

Texte : Evan Pantazi - www.kyusho.com Stagiaire : Danielle Halley Photos : Brian Hall - www.brianhallpictures.com


Points Vitaux


dessus, vous vous retrouverez alors dans une situation totalement étrange, qui conduira à davantage de stress, d'adrénaline et de blocage physique. Au-delà des tendances réflexives innées, on trouve les barrières mentales qui vont de la normalité (penser que cela ne vous arrivera pas, que ça arrive aux autres car rien ne vous est encore arrivé) pour aller au-delà de la crainte commune, jusqu’à la répulsion ou l'impossibilité de frapper quelqu’un d’autre. Beaucoup de personnes (en particulier du sexe féminin) ont cette répulsion ou cette incapacité, de sorte que les actions violentes aux yeux, à la gorge, aux articulations et aux os, typiques dans un cours de self-défense, ne seront jamais acceptées par leur conscience qui ne leur permettra pas de les utiliser instinctivement. En outre, il faut apprendre à ne pas se présenter soimême comme une cible potentiel et éviter les pensées, les actions ou les habitudes qui nous définissent effectivement comme telle. La pratique d’une série de techniques pour une situation donnée est tellement pleine de limites qu'elle devient une recette pour l'échec… Elles doivent au contraire être éduquées à l’objectif (cible) plus qu’à la technique, considérant toutes les limites énoncées précédemment et les tendances instinctives. Elles doivent découvrir leurs tendances naturelles (pas celles de quelqu'un d'autre) et les perfectionner dans des actions fiables et prévisibles. Il y a beaucoup trop de façons pour un individu d’être attaqué, il est dès lors impossible de pratiquer une technique pour toutes les possibilités, il vaut mieux pour elles de comprendre et d’apprendre à avoir une attitude mentale différente. Entraîner des cibles (des objectifs) spécifiques, avec des mouvements dynamiques, du timing, de la force et de l’intensité ainsi que dans différents environnements (car chacun affectera différemment les capacités ou les possibilités de la personne), permettra au pratiquant d’avoir de plus grandes possibilités d’adaptation. Les cibles également ne devraient pas être des cibles que l’agresseur protège instinctivement car cela diminuerait l’efficacité ou les effet que le pratiquant pourrait obtenir. Ainsi les coups à l'aine ou d’autres coups typiques comme les coups aux yeux sont protégés par des réflexes innés qui provoquent instinctivement des actions typiques de retrait ou de protection. Les cibles vitales étudiées ne doivent pas avoir ce réflexe, elles doivent cependant être assez puissantes pour désactiver instantanément la fonctionnalité physique des attaquants, c'est ça le Kyusho. L’entraînement doit être divisé en modules séparés avec une augmentation de la préparation mentale et physique en rapport avec l'intensité de l'attaque. Avec ce type d’entraînement, le pratiquant va deviendra tout à fait autonome et capable de se protéger lui, et ses proches… car l'individu apprendra à agir naturellement. On n'est pas obligé d'effectuer un tas de techniques, on n’apprend pas à agir d’une manière qui ne soit pas instinctive. On se perfectionne pour acquérir une plus grande sécurité et devenir plus efficace en toute circonstance. Initialement, il faut aider l’élève à dépasser les nombreux obstacles qui l'empêcheront d'agir. Elle doit aller au-delà de sa peur et devenir capable de renverser et de frapper une autre personne sans craindre de faire mal. Ce sera beaucoup plus difficile que si quelqu'un l’attaquait vraiment, mais s’il y a la moindre hésitation ou réticence à frapper l'autre, elles ne seront jamais capables d’agir correctement


Self-dĂŠfense


« L’entraînement doit inclure le timing, la distance et la détermination à agir de manière à effectivement frapper les attaquants plutôt que d’attendre leurs coups pour les stopper ou les saisir. » lorsqu’elles rencontreront le stress du conflit réel. Tout cet entraînement sera inefficace si elles ne se sont pas d'abord débarrassées de ce qu’on appelle le « biais de la normalité » qui indique qu’elles continuent de croire que l’attaque ne sera pas pour elles. Elles doivent bien comprendre que, comme tout le monde, elles ont besoin de se protéger, que personne n'est à l'abri. Vient ensuite le développement de leurs armes naturelles qui sont très différentes de l'inclination ou des actions naturelles d’un homme. On travaille avec elles les coups réels à main nues (armes appropriées qui utilisent leur tendance naturelle à la main ouverte) contre les instructeurs afin qu'elles s’endurcissent face à la peur et à l’hésitation. Leurs actions ne devraient pas être émotionnelles, mais plutôt délibérées et immédiates. Une fois qu’elles connaissent leurs armes naturelles, il faut augmenter le niveau de stress afin qu'elles puissent voir si elles resteront naturelles et fiables dans des conditions d'incertitude, d'immédiateté, de stress élevé et de mobilité. Si elles ne le sont pas, les armes qu’elles ont tendance à utiliser naturellement dans la situation de stress provoqué devront remplacer les autres qui ont échoué. Et une fois qu’elles les connaissent, ces armes devront être entraînées sans cesse et perfectionnées de manière dynamique et jamais simulées. Une fois que les armes naturelles de la femme seront connues et auront été perfectionnées, on pourra enseigner les cibles… mais seulement celles qu'elle atteint naturellement dans des conditions de stress élevé, voire face à plusieurs attaquants dans des entraînements en situation dynamique. Ces cibles doivent être des structures anatomiques plus faibles qui vont engendrer beaucoup d'effet sans une vitesse ou une puissance excessives. Ces cibles ne doivent pas être protégées par un réflexe, comme l'œil ou l'aine, et se trouver de préférence hors de la visée des attaquants et dès lors contrôlée. Elles devraient être très peu nombreuses car la qualité et l’accessibilité est beaucoup plus importante que la quantité. Le principe c’est qu’elles soient aussi simples que possible car ainsi, les possibilités d’échec sous pression seront moindres. Ensuite, il faut travailler la coordination dans les coups, conjointement à la capacité à y accéder correctement lorsqu'il faut agir dans la hâte, en reculant ou allant sur le côté. Il faut ensuite les entraîner à utiliser l'autre main ou l’autre jambe avec une capacité, un effet et une confiance identique. L’entraînement doit inclure le timing, la distanciation et la détermination à agir de manière à effectivement frapper les attaquants plutôt que d’attendre leurs


Points Vitaux


coups pour les stopper ou les saisir. La femme doit faire l’expérience de toutes les vitesses et toutes les intensités afin d’être pleinement consciente de ses capacités et de ses possibilités, et l’entraîneur doit être toujours veiller à l’aider ou modifier ce qui est nécessaire. Le stress provoqué aidera à développer la volonté de combat et à accroître la confiance en soi, la coordination, la précision et la fiabilité des armes naturelles, les cibles Kyusho et la réponse. On peut utiliser pour cela une attaque verbale, la surprise, la force, de nouvelles situations et de nouveaux environnements. L’entraînement en situation les aidera à déterminer si elles sont en mesure de gérer l'agresseur avec un timing et un ciblage précis, dans différents endroits et environnements, avec différents vêtements, chaussures et conditions du sol. Cela les aidera à développer leur « conscience de la situation » dans tous les secteurs. Une fois que ces caractéristiques sont assimilées, nous pouvons alors augmenter la demande et l'urgence en travaillant contre une attaque qu’elles n'ont pas interceptées et dans laquelle elles se retrouvent physiquement attrapées. Cela peut changer la dynamique, mais la discipline et la simplicité qu’elles ont déjà assimilées les protégera. L’entraînement recommence avec ce nouveau paradigme, mais avec une nouvelle idée. Quand on est saisi, la tendance naturelle c’est de résister ou de tenter de s'échapper. Une petite femme qu’on a attrapé par les deux bras, par exemple, va naturellement essayer de se libérer ou se débattre, mais c’est le plus souvent inefficace car l'attaquant, beaucoup plus fort et agressif, s’y est préparé et sa saisie est également beaucoup plus puissante. La femme doit s’en rendre compte et en tirer parti… car il y a une solution très simple. Lorsque l'attaquant saisit, notre tendance c’est d’essayer de nous séparer d'eux, de commencer à résister ou à tirer. Mais c'est alors que nous pouvons intervenir, en pivotant, en montant ou en descendant ou en utilisant d'autres directions. Ils tirent sur vous et vous entrez plus vite pour surprendre et compenser leur force et donc leur contrôle. C'est le moment d'attaquer les cibles Kyusho les plus faibles qui ont été étudiées et travaillées dans le premier niveau du programme de Self Protection du Kyusho. Nous devons de nouveau veiller ici à ce que les objectifs initiaux qui ont été utilisés dans la phase d'interception soient toujours viables pour elles dans ce type de situation beaucoup plus critique (notre expérience montre que la plupart le sont, mais que certaines cibles et certaines armes supplémentaires peuvent être nécessaires). Là encore, on ne se base pas sur la technique, mais sur l'arme naturelle, la cible et les capacités de coordination de chaque femme individuellement. Toute nouvelle cible ou armes doit, encore une fois, se trouver hors de la visée principale (si ce sont des attaquants récidivants, ils seront très conscients du fait qu’ils peuvent recevoir un coup de genou ou un coup de pied à l'aine et seront prêts à le bloquer), elles doivent utiliser les habiletés motrices globales et obtenir un plus grand effet en générant moins de puissance. Votre étude continue du Kyusho vous permet de comprendre les structures anatomiques les plus faibles qui aideront infiniment les femmes, mais plus encore… il est indispensable pour quiconque de pratiquer le Kyusho correctement pour qu’il devienne réel.


Le terme «  auto-défense  » a une connotation négative car depuis le début, il peut signifier l'échec de l'individu. Le problème c’est que cette étiquette connote l'idée que la personne est victime de violence ou d'agression et que le pratiquant doit réaliser une action défensive. Cette prémisse d'agir après coup est la raison pour laquelle la plupart des gens succombent aux actions de l'agresseur et ne se remettent jamais complètement de l'attaque initiale ou d'une situation induisant la peur. La femme ne doit pas être défensive, elle doit être consciente de sa situation et ne pas rejeter ou ignorer une menace possible, elle doit devenir proactive et prendre l'initiative et choisir le moment tout en manipulant l'état d'esprit des attaquants afin d'avoir la possibilité d'un avantage. Le «  Kyusho Self Protection  » est une méthode d’entraînement des points vitaux qui contemple les réalités d’une attaque. C’est une méthode simple mais puissante, qui offre aux individus plus faibles, plus lents, plus âgés ou moins agressifs, une possibilité de faire face à un attaquant plus grand, plus fort et plus agressif. Au moyen de l’usage des cibles anatomiques les plus fragiles du corps, en utilisant vos propres actions et tendances naturelles corporelles, vous pourrez facilement vous protéger ainsi que protéger d’autres, tout en considérant les limites physiques provoquées par le stress, quand votre adrénaline grimpe. Grâce à un travail échelonné et progressif de vos propres habilités motrices générales (plutôt qu’avec les techniques des autres), vous augmenterez vos possibilités de succès.


REF.: • KYUSHO-21


Les 16 stratégies de combat du Weng Chun Kung Fu – Première partie Le Weng Chun Kung Fu a évolué à partir de deux lignées principales de l'histoire chinoise des arts martiaux. Tout d'abord, il y a le Weng Chun Kung Fu datant de l'époque des temples de Shaolin, et ensuite la tradition un peu plus jeune du Weng Chun Kung Fu tel qu'il fut pratiqué et transmis en secret au sein de la compagnie d’opéra de la Jonque Rouge sous le règne Manchu. Les 16 stratégies de combat du Weng Chun proviennent de cette période souterraine du mouvement. Loi Lau Hoi Song Huen Lau Kau Da Kwun Fun Jeet Tschuen Chum Kiu Biu Chi L'intention était de développer un système à la fois rapide à apprendre et applicable à une self-défense efficace, qui permettrait même de vaincre par surprise des adversaires expérimentés. L’accent fut mis sur le combat rapproché extrême, où l'adversaire est forcé et retenu pour l’empêcher de gagner à nouveau de la distance. Ceci est décrit par les quatre premiers mots des 16 stratégies de combat: Loi Lau Hoi Song.

ainsi que la possibilité de l'utiliser pour contre-attaquer. Un combattant de Weng Chun expert se meut souplement avec la puissance de l'adversaire et se fraye une voie dans une distance extrêmement proche, où il utilise ses outils éprouvés tels que les coups de genoux et les coups de coudes ou les combinaisons spécifiques de coups et de saisies ou de projections et de coups. Le Jiu Jitsu Brésilien, qui est également enseigné à l’Association internationale de Weng Chun Kung Fu, offre une approche similaire en cherchant à attirer l'adversaire dans une série de saisies, pour l’obliger au combat au sol et finalement à la soumission. Le combattant de Weng Chun cherche également à entrer en distance courte pour contrôler ses adversaires avec des combinaisons de coups de poing, projections, luxations, étranglements, etc., mais il a l'intention de rester debout sur ses deux pieds et de contenir d'en haut l'adversaire au moyen de techniques de genoux spécifiques.

Loi Lau (« Quand il vient, colle-toi ») La réaction instinctive commune devant une menace est la tension, exercer une force contre la force. Le combattant de Weng Chun surprend toutefois son adversaire en ne se défendant apparemment pas, il l'encourage à attaquer et à aller vers l'avant. Il n'utilise pas la force contre la force de l'adversaire, mais il reste là où il est et se meut avec lui, l'utilisant à son propre avantage. C'est le sens de Loi Lau. L'attaquant ne se rend pas compte qu'il est attiré dans un piège qui utilise sa propre force et l’attrape dans une situation à laquelle il ne peut guère échapper. Les mauvais combattants ne laissent guère de possibilités d'erreurs à leurs adversaires. Ils se crispent et dès le début s’efforcent de prévenir toute opportunité de l’adversaire. Ceci implique cependant que l'adversaire se crispe également et retienne sa force, veillant soigneusement à ne pas perdre son centre. C'est là qu’on applique le principe de Loi Lau. Un bon combattant crée une ouverture pour son adversaire, l'invitant à « entrer » et à attaquer. C'est alors que le piège se referme, car en attaquant, par exemple avec un coup de pied latéral, l'adversaire s’ouvre, il perd son centre et offre au combattant de Weng Chun une ouverture

Texte : Andreas Hoffmann, Christoph Fuß, Photos : Gabriela Hoffmann & Budo International

Hoi Song (« Quand il s’éloigne, accompagne-le ») Lorsque l'attaquant se rend compte qu'il est sur le point d'être pris au piège, il cherche à se retirer et à retrouver la distance, mais il en est empêché par le pratiquant de Weng Chun qui le suit et le soumet, généralement en l'attaquant sur le côté ou par arrière. C'est le sens de Hoi Song. Loi Lau Hoi Song représente un changement de paradigme dans le Weng Chun Kung Fu. Alors que le Shaolin Weng Chun utilise également les coups en distance longue, le Weng Chun qui découle de la tradition de la Jonque Rouge se concentre uniquement sur les méthodes en distance très rapprochée. Elles conviennent particulièrement à l'auto-défense ou au secteur de la sécurité privée, mais elles ont aussi leurs limites. Pour le MMA ou le Sanda, ou en général pour le combat sur toutes les distances, il est certainement souhaitable d'apprendre également le Shaolin Weng Chun, qui fait partie du programme d'études de l’Association internationale de Weng Chun Kung Fu dirigée par Sifu Andreas Hoffmann.


Weng Chun


Weng Chun


Weng Chun


Le Krav Maga est issu des milieux professionnels et est avant tout un « close combat ». Lorsque l'on parle de close combat, on parle d'une discipline adaptée au milieu militaire ayant pour objectif principal la mise hors d'état de nuire d’un adversaire lui causant un maximum de dommages en peu de temps voire plus…


KMRED – Un Krav Maga, des spécificités pour chaque public Cependant, la diffusion du Krav Maga depuis plusieurs années s'est étendue à des publics très divers. En effet, il est aujourd'hui enseigné et pratiqué au sein d'unités militaires d'élite dans le monde entier, mais est aussi très présent dans nos sociétés civiles où il est alors enseigné et pratiqué par des agents des forces de l'ordre, des agents de sécurité, mais également des hommes, des femmes ainsi que des enfants n'ayant aucuns liens avec les milieux professionnels. Certaines personnes estiment que le Krav Maga est une discipline qui doit être enseignée de la même façon à tous les publics car sinon il perdrait de son authenticité voire de son efficacité. Mais une question se pose. Quelle est la principale utilisation, vocation du Krav Maga. Eh bien, sauf erreur, il est considéré de nos jours très souvent comme une discipline de self-défense.

En 2014, ère du Mixed Martial Arts, le Krav Maga est en pleine évolution sur le plan technique, car la recherche de l'efficacité et l'examen des retours d'expérience les plus récents ont démontrés les failles de certains aspects techniques. C'est une bonne chose et c'est l'esprit que nous avons chez KMRED Krav Maga Recherche Evolution et Développement. Cependant, il est nécessaire de se poser d'autres questions importantes. Peut-on réellement enseigner le « même » Krav Maga à tout le monde ? Chez KMRED, nous avons fait le choix d'étudier au mieux les besoins des différents publics auprès de qui nous l'enseignons depuis toutes ces années et, partant de bases et de principes communs qui sont les fondements du KM, nous avons adaptés nos programmes.


Prenons tout d'abord la destination d'origine du KM, le personnel des armées. La finalité dans ce cas est guerrière et l'intégrité physique de l'adversaire n'est en aucun cas la priorité, seul le résultat compte, le but est de détruire. Maintenant intéressons-nous à un public pour qui le KM peut s'avérer particulièrement utile : les forces de l'ordre. Il faudra cependant aussi s'intéresser dans ce cas aux différentes législations et règles d'engagement qui diffèrent beaucoup d'un pays à l'autre. L'objectif ici est le maintien de l'ordre et, à ce titre, la priorité reste, dans la majorité des cas, la recherche du contrôle d'un ou plusieurs individus en tentant au maximum de préserver leur intégrité physique. De plus, il est nécessaire d'associer les techniques du Krav Maga à l'utilisation de matériels comme le tonfa ou le bâton télescopique, par exemple, auquel il faudra rajouter le travail de menottage, le travail en équipe, etc. Il s'avère là évident que le Krav Maga pratiqué par cette « catégorie » ne peut pas avoir la même finalité que dans le cas précédemment cité. Et il est aussi évident que le KM ne peut être pratiqué seul, il convient de le coupler au travail des accessoires mis à disposition des forces de l'ordre ainsi qu'avec des techniques appelées « gestes et techniques d'intervention professionnelle ». Cette recherche est l’un des axes de


travail ayant fait l'objet d'une étude très approfondie au sein du groupe KMRED de par les origines professionnelles de ces fondateurs. Mais maintenant, intéressons-nous au public qui est à l'origine de la démocratisation du Krav Maga comme discipline de self défense : les civils. Par ce terme, nous faisons référence aux hommes, femmes, enfants qui pratiquent dans des clubs et académies toute l'année cette self-défense à travers le monde entier. Là aussi il faut se poser cette question… Faut-t-il enseigner un Krav Maga identique à des hommes, à des femmes ou à des enfants ? Notre recherche nous pousse depuis longtemps à faire la différence en matière de programme entre ces différents publics. En effet, une femme qui courra principalement le risque d'être agressée par un ou plusieurs hommes doit-elle apprendre à se défendre face à une batte de base-ball ? Ou encore, quelles sont les chances pour un homme de se faire saisir par les cheveux ? Ou enfin, un enfant qui pratiquerait dans une section où l'âge du groupe oscillerait de 7 à 10 ans a-t-il besoin de pratiquer les défenses sur menaces d'armes à feu ?

Nous pensons, dans le groupe KMRED, qu'il est important de faire évoluer la pratique du Krav Maga en conservant « l'esprit » du KM, mais en modernisant son contenu et en différenciant les programmes en fonction du public. Bien sûr, il serait difficile de faire changer le programme d'un art martial existant depuis des centaines d'années et codifié depuis autant de temps comme le Karaté ou le Judo, mais même si le Krav Maga a fait à ses début l'objet d'une codification précise, pourquoi en raison du fait qu'il est de nos jours principalement pratiqué comme une discipline de self-défense, ne devrait-il pas évoluer et se développer autour de techniques de plus en plus efficaces et adaptées à chaque public concerné ? Ceci bien sûr en conservant cet « esprit » si particulier de travail qui fait du Krav Maga l’une des disciplines les plus efficace actuellement sur la planète de la self-défense. Notre recherche continue, ainsi nous pourrons faire évoluer notre contenu et le développer !!!!!


Shifu Shi Miaozhi, uno de los mejores Maestros surgidos de la mejor generación de Shaolin, y alumno del muy respetado Maestro Shi de Yang presenta en este DVD una de las formas más características del estilo Shaolin, la Xiao Hong Quan. El origen de este Tao Lu está a medio camino entre la realidad histórica y la leyenda. Con varios siglos de antigüedad, hoy en día se sigue considerando como imprescindible en la enseñanza de este arte marcial, debido a que contiene la esencia misma del Shaolin Gong Fu y es una buena herramienta para aprender el Gran Método de la Palma, Zhang Fa Técnicas de Palma). Una de las características que la hace famosa es que resulta muy práctica para el combate real. Shaolin Xiao Hong Quan se podría definir como un Tao Lu cuyo desarrollo es exacto y con ritmo, la técnica es potente y con fuerza, pero si es ejecutado correctamente se podría decir que es como el viento. Este Tao Lu tiene los movimientos y pasos básicos de otros tipos de Gong Fu. Se puede decir que tiene un sistema completo de las combinaciones de mano, pierna, ojo y paso, así como el sistema entero de la teoría y la practica sobre las proyecciones ofensivas y defensivas. El DVD contiene los ejercicios de calentamiento, la rutina a distintas velocidades de ejecución y angulos, forma paso a paso y aplicaciones técnicas para la defensa personal. Una rutina que todas las personas interesadas en aprender este arte marcial deberían conocer en profundidad.

REF.: • MIAOZHI-1 Tous les DVDs produits par Budo International sont scellés au moyen d’une étiquette holographique distinctive et sont réalisés sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De même, l’impression des jaquettes ainsi que les sérigraphies suivent les plus strictes exigences de qualité. Si ce DVD ne remplit pas ces critères et/ou si la jaquette ou la sérigraphie ne coïncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s’agit d’une copie pirate.

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Le Wing Tsun est un excellent style de boxe chinoise, qui permet de consacrer toute une vie à la pratique et à la croissance intégrale du pratiquant. Les idées, la technique, la philosophie… tout cela fait partie d'un art ancestral et devrait être étudié et compris comme un tout. Le Sifu Salvador Sánchez centre son deuxième DVD sur le mannequin de bois et comment celui-ci influence toute la pratique du Wing Tsun. Comme dans le système actuel la forme est apprise dans les derniers niveaux du style, les nombreux pratiquants qui abandonnent n'ont pas la possibilité de connaître ses idées, ses tactiques et ses stratégies et ne peuvent dès lors pas les intégrer dans leur pratique. Pour la TAOWS Academy, il est très important que le pratiquant comprenne ce qu'il fait dans tous ses aspects. Nous poursuivrons pour cela, dans ce DVD, le même schéma que dans un cours, un stage ou une formation. Notre schéma est en 6 étapes : la première, c’est l’idée à développer, ce que nous voulons obtenir. La deuxième, ce sont les formes (Siu-Nim-Tao, Chum Kiu, Biu Jee, mannequin de bois) selon les niveaux. La troisième, ce sont les déplacements, la mobilité. Le quatrième pilier est le Chi Sao/Chi Gerk, l’adhérence, l'âme de notre système. Le cinquième élément est la non-adhérence ou le non-contact, savoir comment faire pour entrer en contact avec l’adversaire en toute sécurité. Enfin, la sixième section est la Sparring, le combat ou Lat-Sao. Bruce Lee disait qu’on apprenait à combattre en combattant, et c’est la chose plus juste qu’ait jamais dite un artiste martial. Comment faisons-nous en sorte que le Wing Chun soit un art martial efficace et respecté ? En pratiquant des exercices qui nous rapprochent progressivement du combat, jusqu'à ce que chacun de nous puisse, en tant que combattant, tirer le meilleur parti de ce merveilleux système de combat.

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Tous les DVDs produits par Budo International sont scellés au moyen d’une étiquette holographique distinctive et sont réalisés sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De même, l’impression des jaquettes ainsi que les sérigraphies suivent les plus strictes exigences de qualité. Si ce DVD ne remplit pas ces critères et/ou si la jaquette ou la sérigraphie ne coïncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s’agit d’une copie pirate.

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Les multiplicateurs de force – Première partie Grand Maître John Pellegrini La plupart des pratiquants d’arts martiaux connaissent les différentes circonstances historiques qui ont conduit au développement de certaines armes d'arts martiaux, inhabituelles et « peu orthodoxes », dans différentes parties du monde. Le premier exemple qui vient à l'esprit, ce sont probablement les événements de 1604, quand Okinawa fut envahi et occupé par le Japon et que ses forces militaires interdirent à la population locale de posséder et de porter des « armes militaires » telles que des épées. Les habitants d'Okinawa, ingénieux, répondirent en transformant d’innocents outils quotidiens, utilisés pour l’agriculture ou la pêche, en armes mortelles. Le Kama, le Tonfa, le Bo, le Nunchaku, etc., sont ainsi né. Ils sont devenus des armes mortelles et sont encore étudiés aujourd'hui dans de nombreuses écoles d'arts martiaux traditionnels. La machette, le foulard, le fouet, la canne et l’éventail ne sont que quelques autres exemples d'objets qui n'ont pas été initialement conçu comme


« Ceux qui croient que la police va les protéger vivent dans un monde de fantaisie, pas dans le vrai. »

« La police arrive presque toujours après que les violences aient eu lieu et un peu trop tard pour vous protéger. »


armes mais qui ont été convertis à cette fin par différentes cultures à des moments différents. Fait intéressant, ce processus se poursuit encore de nos jours dans la communauté de la selfdéfense. Mais pourquoi, me direz-vous, en cette ère de la haute technologie des armes de poing et des lames tactiques de grande qualité, devons-nous continuer de chercher des moyens de transformer des objets ordinaires en armes d'auto-défense ? La réponse est douloureusement simple et se décline en deux parties. La première, c’est le fait que de nombreuses lois réglementent rigoureusement la vente, la possession et, surtout, le port des armes de poing et des couteaux dans la plupart des pays à travers le monde. Ces lois varient d'une nation à l’autre et va du contrôle rigoureux à l'interdiction absolue (aux ÉtatsUnis, où je vis, les lois sont différentes dans chacun des 50 états !). La deuxième raison est le fait évident que, même dans les rares endroits où vous pouvez être autorisé à posséder et à porter une arme, vous ne l'aurez pas toujours sur vous (pensez à un avion, par exemple). Mais, avant de poursuivre notre discussion sur les armes improvisées dans les arts martiaux et de la connecter spécifiquement au Combat Hapkido, permettez-moi de prendre le temps de partager avec vous ma philosophie personnelle sur les lois relatives aux armes. Je trouve qu’elles sont sont oppressives, injustes et qu’elles « punissent » injustement les citoyens respectueux de la loi, en les privant de moyens de se protéger. Les lois sont également pour la plupart inutiles. Les criminels, les voyous et les terroristes, par définition, ne respectent pas et n’obéissent pas à ces lois, peu importe combien il y en a, et ils trouveront toujours le moyen d’obtenir des armes pour exercer la violence, infliger des blessures et la mort à des victimes innocentes. Ceux qui croient que la police va les protéger vivent dans un monde de fantaisie, pas dans le vrai. La police arrive presque toujours après que les violences aient eu lieu et un peu trop tard pour vous protéger. Un autre aspect inquiétant et potentiellement dangereux des lois sur l’interdiction des armes est la preuve historique que, dans les régimes totalitaires, les forces militaires et de police sont pires que des criminels et sont plus violentes du fait de leur pouvoir absolu sur une population désarmée. Je crois à la liberté, à la responsabilité individuelle et au droit des gens de bien à se protéger euxmêmes et leurs proches et même à protéger leur propriété. Il est, malheureusement, très triste que la plupart des gouvernements ne fassent pas confiance aux gens qui auraient des armes et ne se soucient pas des


innombrables tragédies qui résultent de leurs lois paranoïaques. Par conséquent, pour compenser cette triste situation qui nous est imposée, nous devons nous tourner vers le sujet de « armes improvisées » et, comme les agriculteurs d’Okinawa il y a 400 ans, nous devons à nouveau exercer notre créativité pour trouver des utilisations défensives à des objets quotidiens communs apparemment inoffensifs. Dès le début, ma vision du Combat Hapkido était celle d’un système d'auto-défense réaliste bien structuré, exhaustif et efficace. Il était donc logique (en fait, inévitable) que dans son programme, nous incluions l'étude et l'utilisation appropriée d’objets choisis pour la protection individuelle. Nous nous abstenons, correctement, de les appeler des armes parce qu'ils n’en sont pas et n'ont pas été conçus pour l’être. Ce sont des objets d'utilisation quotidienne, disponibles pour n'importe qui et, surtout, que l’on peut légalement posséder et porter à tout moment, presque partout dans le monde. Nous aimons à les appeler « des multiplicateurs de force » parce que, littéralement, ces objets, lorsqu'ils sont correctement utilisés, augmentent considérablement le pouvoir des techniques à mains nues telles que les blocages, les coups, l’activation des points de pression et la manipulation des articulations. Augmenter sensiblement la force d'une technique est particulièrement crucial dans la situation fréquente d'un attaquant plus grand et plus fort contre une personne agressé, plus petite et plus faible (pensez aux personnes âgées, aux enfants, aux petites femmes, etc.). Un multiplicateur de force savamment utilisé contribuera grandement à « égaliser les chances ». Quels sont donc les multiplicateurs de force choisis par le Combat Hapkido ? Avant de vous les décrire, je dois faire un autre petit détour pour que l’idée suivante soit absolument claire : en cas d'urgence, presque tout peut servir comme outil d'auto-défense (ou multiplicateur de force). Une brosse à cheveux, une bouteille, un ordinateur portable, un chapeau, un livre, une serviette, une chaussure et un million d'autres choses autour de vous peuvent être utilisés avec succès pour vous protéger contre une attaque. En tant qu’élèves des arts de combat, nous devons toujours être prêts, ouverts d'esprit et ingénieux. Nous devons posséder l’esprit de « survie », sans lequel aucune arme, réelle ou improvisée, ne nous aidera à résoudre les combats en notre faveur. Il est donc important de comprendre que, par le simple fait d’avoir sélectionné un petit groupe d'objets spécifiques avec lesquels nous entraîner, nous ne dénigrons pas d'autres choix et nous n’excluons pas l'exploration et la pratique d'autres outils dans nos efforts pour améliorer nos chances de survie. Dans la deuxième partie de cet article, nous examinerons en détail l'arsenal des multiplicateurs de force dans le système du Combat Hapkido. Nous allons regarder de plus près ces objets et je vous révélerai pourquoi ils ont été choisis, quel type d’objets est de la meilleure qualité et où les trouver. Ne le manquez pas… Je vous promets que votre patience sera récompensée.


Le DVD «Krav Maga Recherche et Développement» est né de la volonté de 4 spécialistes du Krav Maga et des sports de combats, Christian Wilmouth et Faustino Her nandez, Dan Zahdour et Jérôme Lidoyne. Ces derniers sont à ce jour à la tête de plusieurs clubs et d’un groupe d’une vingtaine d’instructeurs et moniteurs multi-disciplines allant du Krav Maga au MMA. Ce DVD n’a pas pour but de mettre en avant, ni une nouvelle méthode ni un courant spécifique de Krav Maga. Il s’agit juste là, de présenter un programme de Krav Maga axé sur l’importance du «contenu» et le partage de nos expériences.

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Karaté

Entretien avec Sachiko Kasé Par : Martin Fernandez Rincon

L’idée de cet entretien nous est venue, il y a juste un mois, quand Sachiko Kase, la plus jeune des deux filles du regretté sensei Taiji Kasé, m’annonça que sa sœur aînée Yumiko avait écrit un livre sur la vie de son père. Nous avons donc eu l’idée de le publier dans le meilleur magazine d’arts martiaux. Et Alfredo Tucci nous a gentiment apporté sa collaboration.

Tout d’abord, je voudrais vous remercier, ta sœur, ta mère et toi, pour votre confiance. J’ai eu le privilège de lire une ébauche du livre avec de superbes photos (pour la plupart inédites) et de visionner les deux DVD qui accompagnent le livre et qui contiennent des photos et des vidéos clips. Et je voudrais dire aux lecteurs que la famille Kasé a apporté une grande contribution aux fans de sensei Taiji Kasé et aux gens qui n’ont pas connu sensei, mais qui ont suivi son enseignement par le biais de ceux qui ont eu la chance d’être ses élèves. Au cours de cet entretien, nous montrerons des détails de la personne qu’était le maître pour mieux le connaître. Note : Certains sujets abordés dans cet entretien sont repris de manière plus détaillée dans le livre.


Grands Maîtres B.I. : Ce livre et le matériel audiovisuel qui l’accompagne, c’est superbe, profond et émouvant. Pourrais-tu me dire comment est venue l’idée de ce livre et pourquoi ce package 2 DVD + le livre ? S.K. : Je suis contente de voir que tu as aimé le livre. Je pense vraiment que ma sœur a fait du bon travail mais je dois t’avouer qu’elle a commencé à y travailler depuis au moins 3 ans ! Oui, tu as raison Martin. Je crois que l’on forme une bonne équipe ma sœur et moi. Comme nous avons des caractères très différents, on se complète beaucoup et cela ne pouvait pas être mieux ! Quand ma sœur a commencé à écrire le livre, elle n’avait

pas encore d’idée à ce propos. Alors, nous avons commencé à rassembler un certain nombre de photos et de vidéos. En voyant tout ce matériel réuni, ma sœur a eu l’idée de faire un album photo avec beaucoup de photos privées et personnelles. Comme il y en avait beaucoup, ils n’ont pas pu tout mettre dans le livre et ils ont donc eu d’idée de faire un DVD spécial pour les mettre toutes. Ensuite, avec toutes les vidéos qui ont été rassemblées, elle a eu l’idée de faire un DVD qui montre notre père enseigner en Europe. Nous voulions montrer comment il enseignait, la manière dont il se comportait avec ses élèves et par-dessus tout, ses techniques

fabuleuses. Le responsable de ces DVD a eu la bonne idée de choisir différentes techniques avec différents assistants. C’était une brillante idée. Après cette première ébauche, elle a dû chercher comment structurer le livre. Elle est venue en France pour trouver son inspiration et je lui avais donc programmé des entretiens avec des élèves français. Parmi eux, Alain Verbeeck un assistant très proche de mon père lui donna l’inspiration qu’elle recherchait et elle a ainsi pu commencer à écrire le livre. C’est de cette manière que cet ensemble (livre + 2 DVD) a pris forme. B.I. : Mais quel rôle ta mère Madame Kasé a eu dans la rédaction de ce livre ? S.K. : Elle a été la source des principales informations telles que les petites histoires et les anecdotes que ma sœur raconte dans le livre ; elle est aussi une de notre plus grande supportrice !! Elle reste toujours le pilier de la famille !! B.I. : Et pourquoi a-t-il été écrit pour le 10e anniversaire de la mort de ton père ? S.K. : Au début, nous ne pensions pas l’écrire spécialement pour cette occasion… Nous avions eu besoin de temps pour récupérer après la mort de notre père et être capable d’aller de l’avant comme il nous l’avait enseigné. Ensuite, il nous est venu l’idée d’écrire un livre pour partager nos souvenirs avec ceux qui ont aimé notre père. Nous pensions que nous pourrions le diffuser plus tôt, mais nous avions eu pas mal de contretemps dans l’élaboration du livre lui-même : des erreurs et de mauvaises interprétations dans la version anglaise, l’équipe de l’édition à Tokyo a changé à cause de problèmes internes etc. Avec tous ces retards, nous avons décidé que ce serait une bonne idée de le publier pour les 10 ans de commémoration de notre père en 2014. B.I. : La vérité est qu’il y a certaines questions qui me viennent à l’esprit après avoir lu le livre et regardé les photos et vidéos. Mais je ne révèlerai pas trop de choses pour que les lecteurs puissent avoir le plaisir de le découvrir comme moi. Mais peux-tu m’en dire un peu plus concernant la contribution de ta mère, pour que ton père ait pu se consacrer corps et âme à la pratique et l’enseignement du Karaté ? S.K. : Très honnêtement, mon père n’aurait pas eu la carrière qu’il a eue sans le soutien inconditionnel de ma mère ! Je crois vraiment


Grands Maîtres - À gauche : Mon père a 14 ans, il est en deuxième année de collège. - Au milieu, en bas : Mon père avec ses parents et son frère cadet Yasuaki. Photo rare prise dans un studio professionnel en 1933. - En haut à droite : Mon père, complètement à gauche, vêtu de son uniforme de collégien avec ses parents et ses frères en pleine guerre (vers 1941).


que ma mère a eu des moments difficiles quand elle est arrivée en France avec ses deux jeunes enfants que nous étions en 1967. Elle ne parlait pas la langue, n’avait pas d’amis, pas de famille. Elle a dû se sentir très seule. La France et Paris étaient très différents à cette époque (il y a 46 ans). Très peu de Japonais, pas d’épicerie japonaise, pas de chaîne de TV japonaise. Mais elle ne s’est jamais plainte. Mais parler uniquement de ma mère n’est pas suffisant pour ma part. Il y a un autre membre de la famille que je voudrais citer et qui a contribué grandement dans l’histoire de notre père et de notre famille : ma sœur aînée ! B.I. : Peux-tu m’en dire plus ? S.K. : S’il est vrai que ma mère était le pilier de la famille, c’est parce qu’elle a pu compter sur sa fille aînée. Ceci n’est pas révélé dans le livre car c’est elle qui écrit, mais je trouve que c’est important de le dire. Comme ma mère avait des difficultés à parler français, ma sœur aînée l’a aidée depuis son plus jeune âge. Elle a aussi joué un grand rôle auprès de mon père et je peux

même dire que, d’une certaine manière, ma sœur a été la première assistante de mon père. Elle a joué un rôle majeur quand j’étais adolescente et quand j’étais en conflit avec mon père. Comme je suis arrivée en France à l’âge de 3 ans, j’étais plus « française » dans ma mentalité et je trouvais que l’éducation Budo était stricte et difficile à supporter contrairement à ma sœur aînée. Alors je me disputais avec mon père parce que j’avais le même caractère que lui, fort et indépendant. Ma mère et ma sœur ont eu des moments difficiles, coincées entre nous deux et elles en ont beaucoup souffert. Aujourd’hui, je le regrette, mais à cette époque, je ne trouvais pas d’autres moyens pour m’exprimer. Cependant, ma sœur et ma mère ont toujours essayé de me couvrir, car elles ne voulaient pas que la famille soit déchirée. B.I. : En définitive, ton père fut l’un des maîtres les plus importants du 20e siècle parce qu’il a eu une longue carrière empreinte d’une grande signification globalement parlant. En fait, il y a eu d’autres grands maîtres de son style, mais


Karaté très peu ont laissé une empreinte aussi profonde avec des successeurs connus (Ha). À mon humble opinion, c’est un fait qu’il était tellement humble qu’il n’en a jamais rien dit. Pour preuve, la Kase Ha Shotokan Ryu est reconnue comme la ligne spécifique et originelle de son travail à travers le monde.

Qu’en pense ta famille et toi, sachant que le travail de ton père est toujours vivant et qu’il y a tant de disciples dans tant de pays ? S.K. : Je trouve fascinant qu’il y ait autant de personnes qui continuent son travail à travers l’Academy Kase Ha, dans d’autres endroits ou dans leur propre dojo dix ans après. Nous sommes vraiment contentes et tellement fières bien sûr. Le plus incroyable, c’est que les plus proches assistants et élèves sont toujours en contact avec nous en France et dans les autres pays européens. Et c’est ce qui constitue notre plus grand héritage, un héritage qui vient du cœur, c’est vraiment inestimable. Quand on compare à ce qui arrive en général quand de grands maîtres (pas uniquement dans le monde du Karaté)

- En bas à gauche : Mariage le 15 avril 1952. - En bas au milieu : Pendant leur lune de miel, dans un Ryokan, hôtel de style japonais, à Shuzenji, en avril 1952. - En haut : Mon père avec ma soeur Yumiko vers 1963. - Petite photo au milieu à droite : Mon père, ses filles et Sensei Shirai dans le jardin de la maison d’Ichikawa. À l’arrière-plan, le dojo particulier qu’il avait fait construire (janvier 1965).


Grands Maîtres disparaissent, c’est vraiment incroyable. En général, même s’il y a une continuation au début, cela s’estompe rapidement. Le plus incroyable, c’est l’impact qu’a eu mon père sur ses élèves directs. Récemment, je suis allée à un stage en France pour faire la promotion du livre. J’ai rencontré de jeunes élèves qui n’avaient jamais rencontré mon père et n’avait jamais suivi son enseignement directement. Mais ils ont été formés par ceux qui l’ont connu directement et c’est assez incroyable de voir à quel point mon père est encore vivant. B.I. : À ton avis, comment ton père voyait sa mission d’enseigner et de nous transmettre ce qu’il avait appris de ses professeurs et instructeurs et qu’est-ce qu’il a apporté en plus ? S.K. : Il avait foi dans ce qu’il enseignait ; il croyait vraiment dans ce qu’il enseignait de ce qu’il avait appris de sensei Yoshitaka Funakoshi, son sensei. Mon père a eu un grand choc quand il a appris son décès. Et tu remarqueras que mon père s’est éteint le même jour que lui : le 24 novembre. Ce qu’il a apporté en plus, ça a été de développer l’enseignement de sensei Yoshitaka.

B.I. : Peux-tu me dire si ton père t’avait parlé de ses inquiétudes concernant le développement et l’engagement de ses élèves dans différents pays ? Si c’est le cas, peux-tu nous en dire plus ? S.K. : Juste avant son décès, mon père voulait retourner en Afrique du Sud, le premier pays étranger qu’il avait visité en partant du Japon. Mon père aimait vraiment ce pays. Il voulait aller soutenir ses élèves Shotokan car apparemment, d’autres styles de Karaté se sont développés. Il voulait emmener toute sa famille. B.I. : Sensei Kasé était toujours très heureux et très impliqué dans ce qu’il faisait. Mais peux-tu me décrire une journée normale de ton père quand il était à la maison ? Quel genre de choses avait-il l’habitude de faire ? S.K. : Quand il n’enseignait pas, mon père aimait se reposer à la maison. Il avait besoin de recharger ses batteries parce qu’il avait un travail très intéressant, mais qui était également très fatigant et très stressant car il prêtait attention à tout ce qui l’entourait et à tout le


Karaté monde. C’est la raison pour laquelle, quand il était à la maison, il aimait beaucoup lire. C’est une activité calme qui lui permettait de se reposer et de rester « actif » d’une certaine manière, en apprenant des choses. Donc régulièrement, il avait l’habitude de commander beaucoup de livres dans une librairie japonaise « Junku » qui se trouve à Paris et où ma mère avait

l’habitude d’aller pour y récupérer sa commande. Il aimait aussi beaucoup collectionner les appareils photos et les pièces détachées. Il aimait les tester. Il avait aussi un télescope qu’il avait installé près d’une fenêtre de notre salon pour regarder les étoiles quand cela était possible. Il avait également une collection de montres qu’il gardait précieusement dans un coffret. Nous avons partagé cette collection à sa mort. Il aimait beaucoup la cuisine « faite-maison » de ma mère. Elle cuisine merveilleusement bien. Quand il était de bonne humeur, il aimait partager ses moments libres et ses expériences de ses voyages avec nous, ce qu’il avait mangé, qui il avait rencontré etc. Je crois que nous étions des privilégiées pour ces précieux moments qu’il nous accordait en famille.

- En bas à gauche : Lors d’un voyage en Afrique du Sud en 1960. - Au milieu en bas : Lors d’un stage à Saint-Raphael en 1971. - En bas à droite : Au dojo de mon père, le « Fudo Karaté Club » en 1975. - Petite photo en haut : Mon père avec ma soeur Yumiko, été 1960.


Grands Maîtres B.I. : N’importe qui qui le connaissait savait qu’il était aimé et respecté de tous. Mais avez-vous eu quelques soucis après la mort de sensei Kasé ? Par exemple, un groupe de personnes ou quelques élèves mal intentionnés se sont manifestés et ont prétendu être les héritiers de son enseignement ? S.K. : Oui, c’est vrai. Un ou deux ans après sa disparition, des élèves français et européens ont prétendu être ses

héritiers. Récemment, fin 2013, juste avant Noël, un assistant très proche nous a fait un scandale. Nous avons pensé que, comme mon père était trop bon envers tout le monde, des gens arrogants ont cru qu’ils avaient le droit de faire ça. Malheureusement, ces gens n’ont pas compris grand-chose à l’enseignement de mon père. Ils ne sont pas très nombreux, mais c’est vraiment choquant et nous n’avons pas de mots pour décrire de telles attitudes. Nous avons juste pitié pour eux. Maintenant que j’y pense, il serait peut-être intéressant de savoir ce qu’un « réel héritier » ou un « successeur officiel » doit faire. Parce que beaucoup de gens en parle, mais je ne suis pas sûre que tout le monde sache ce que sont les devoirs et obligations qui incombent à un héritier digne de ce nom ! Ce serait un sujet très intéressant à développer à l’avenir !

B.I. : J’ai entendu parler de l’association AKS (Amicale Kasé Souvenir), mais je n’en sais pas plus. Peux-tu m’expliquer de quoi il s’agit ? S.K. : AKS est une association qui a été créée avec tous les membres de ma famille incluant ma mère et ma sœur. Elle a été créée quand mon père était encore en vie fin 2003. Son objectif était de travailler aux côtés de mon père pour lui apporter un soutien, quand je me suis rendue compte, à mon retour du Japon en 2002 et quand mon père est tombé malade en 2003, que la famille pouvait avoir des problèmes financiers si on ne faisait rien. C’est la raison pour laquelle j’avais demandé de l’aide auprès de tout le monde y compris la Fédération française de Karaté et j’avais commencé à faire du bon travail jusqu’à ce qu’il décède un an plus tard. J’étais anéantie, car cela arriva juste au moment où je commençais à rétablir une communication avec mon père après être partie de la maison à 22 ans. Je ne trouve pas de mot pour décrire mes sentiments à ce moment-là. Mais au moins, j’ai passé une année entière à ses côtés, en abordant avec lui de nombreux sujets et surtout le Karaté, son sujet favori. Quand


Grands Maîtres il était de bonne humeur, il pouvait parler des heures, mais quand il était fatigué ou n’était pas d’humeur, il restait silencieux. Il nous a fallu 10 ans à notre famille pour accepter sa mort et pouvoir aller de l’avant comme il nous l’avait appris. Et parce que des gens qui ont vraiment aimé notre père n’ont pas arrêté de nous soutenir. Aujourd’hui, l’objectif de notre association est de maintenir et de perpétuer l’héritage de notre père, comme écrire un livre qui sera disponible prochainement. Nous avons également gardé contact avec toutes les personnes qui ont compté pour mon père en France et à l’étranger. C’est la raison pour laquelle nous (ma mère et moi) voyagerons cette année très spéciale. Ma sœur Yumiko se joindra à nous quand elle le pourra. AKS représente mon père et je ferais de mon mieux pour rester digne de son nom. Ma mère et ma sœur m’ont toujours soutenue. J’ai leur soutien tant que je reste loyale et honnête dans tout ce que je fais. J’ai plusieurs projets que je souhaite réaliser, mais il est encore trop tôt pour en parler. Je voudrais d’abord voir comment les gens vont réagir face à notre livre + DVD. C’est après que je déciderais quoi faire. B.I. : Un mot concernant l’Academy KS.K. ?

S.K. : L’Academy créée du vivant de mon père doit continuer sans lui. Dirk Heene, le président actuel, a la lourde tâche de continuer à diriger l’Academy sans mon père. Notre famille a toujours gardé contact avec lui et l’a soutenu autant qu’elle le pouvait. Ma mère est la présidente honoraire. B.I. : Ton père m’a raconté que, quand il enseignait au Japon, il se sentait quelquefois incompris, parce que les Japonais ne comprenaient pas toujours très bien le but principal de son travail. Il disait : je sens que je suis mieux compris dans d’autres pays… Mais il était un peu farceur. Que peux-tu me dire à ce propos ? S.K. : Je crois que l’enseignement de mon père et sa manière de penser étaient plus adaptés aux Occidentaux qu’aux Japonais même s’il est né au Japon et a reçu une éducation au Japon. C’est la raison pour laquelle il sentait le besoin de partir et de vivre à l’étranger quelque part en Europe. Il a décidé de s’installer en France parce qu’il adorait ce pays pour une raison très spéciale. B.I. : Peux-tu me raconter un moment où ton père fut spécialement heureux à propos d’un événement de Karaté ou dans sa vie de karatéka ?

S.K. : Il était spécialement heureux quand il parlait du karaté de la quatrième dimension. Quand il était de bonne humeur, il pouvait nous en parler pendant des heures, essayant de nous expliquer, à ma sœur et à moi, en quoi consistait son Karaté de la quatrième dimension. Comme je n’avais pas tout compris et loin de là, j’ai demandé à certains proches assistants des explications. Mais eux non plus n’ont pas pu me répondre. B.I. : Après tout ce que nous venons de dire dans cet entretien, y a-t-il quelque chose de particulier que tu souhaiterais dire à nos lecteurs, pour qu’ils puissent en savoir un peu plus sur le côté plus humain et plus familial de sa vie ? S.K. : De mon point de vue, je dirai que mon père avait le même type de problème que n’importe quel autre père avec ses filles, surtout avec moi. Donc, d’une certaine manière, nous étions une famille comme tout le monde, excepté sur un seul point : mon père était exceptionnel dans ce qu’il faisait ! Il a toujours gardé cette qualité de sa personnalité qui était extraordinaire : être intéressé par tous les gens qu’il rencontrait et être curieux à chaque instant. Ses yeux étaient pétillants de vie.


Karaté Un grand événement familial pour mon père fut la naissance de mon petit neveu Yusuke. Mon père fut vraiment content quand son petit-fils est né. Et Yusuke a reçu une très grande influence de sa part. S’il est vrai qu’ils n’ont pas vécu ensemble, ma sœur s’est toujours arrangée pour venir rendre visite aux parents le plus souvent possible avec lui.

Par exemple, avant d’aller s’installer au Chili, ma sœur est venue passer deux mois à Paris, Yusuke était âgé de 3 ans. Ils ont ainsi passé du temps ensemble et Yusuke a des souvenirs qu’il n’oubliera jamais même à cet âge ! Ensuite, ils ont habité trois ans en Argentine (il avait entre 9 et 11 ans). Mon père est décédé à ce moment-là. Yumiko est venue avec Yusuke et il a vécu la mort de son grand-père en direct. En fait, Yusuke a été présent à des moments-clés de la vie de mon père. Il gardera ces souvenirs (bons et mauvais) pour toujours ! B.I. : Nelson Mandela est décédé récemment et je sais que ton père admirait beaucoup ce grand personnage. Que peux-tu me dire à ce sujet ?


Grands Maîtres S.K. : Indiscutablement, mon père a été inspiré par ce grand personnage et plus particulièrement, quand il a eu des difficultés avec différentes organisations, des partenaires financiers ou des élèves qui l’ont trahi. Nelson Mandela avait cette forte conviction dans sa lutte parce qu’il savait qu’il avait raison. Même s’il avait été emprisonné pendant 27 ans, il était capable de garder la foi et ensuite de pardonner aux personnes responsables de sa captivité… Mon père a toujours gardé une grande conviction parce qu’il voulait continuer le Karaté de sensei Yoshitaka Funakoshi. Si tu appartiens à une grande organisation, tu ne peux pas faire ce que tu veux. Tu dois faire des compromis. Lui n’en a pas fait. Il voulait rester libre pour être capable de poursuivre le Karaté qu’il voulait développer. La liberté a un prix. C’est la raison pour laquelle il ne s’est pas enrichi (mais je vous rassure, il avait assez d’argent pour vivre confortablement) parce qu’il voulait que ses filles sachent apprécier réellement ce que l’on avait.

Ce que j’apprécie le plus, c’est son héritage qu’il nous a laissé à ma sœur et à moi. Toute son éducation Budo qui nous a permis de survivre et de puiser la force que nous avions tout au fond de nous. C’est également être connecté à tous ces gens qu’il a aimés et dont il a pris soin, ces personnes qui nous ont soutenues pendant ces moments difficiles. B.I. : Ton père était passionné de livres et s’intéressait à tous les domaines. Est-ce que tu te rappelles du nom du der nier livre que ton père a lu ? S.K. : Mon père ne lisait plus que des magazines vers la fin. Il en avait un qu’il appréciait particulièrement qui s’appelle : « Bungei Shunjun », un magazine mensuel japonais que je pourrais comparer à « l’Express », « Le Nouvel Observateur » ou « Le Figaro Magazine » en France, mais avec un accent mis sur la littérature. Je ne connais pas les équivalents dans les autres pays.

B.I. : Peux-tu nous commenter l’épisode où ton père et sensei Shirai avaient été invités par le gouvernement français à effectuer une démonstration pour marquer le relais de la torche olympique lors des jeux d’hiver à Grenoble le 1er janvier 1968 ? S.K. : Cela a été l’un des plus grands moments de sa vie. Il a trouvé que c’était un grand honneur de faire cette démonstration de Budo japonais lors d’une si grande occasion. C’était juste un rêve qui se réalisait. B.I. : Quel en a été l’impact sur la vie de ton père ? S.K. : Cela a eu un immense impact dans son implication pour enseigner le Karaté en France. B.I. : L’une des principales caractéristiques de l’enseignement de ton père était la liberté, loin des stéréotypes et des règles ; il nous encourageait à nous entraîner, à réfléchir et à pratiquer. Il n’y avait pas de raccourcis dans son Karaté. Mais il y a eu des gens qui ont essayé de le gêner parce qu’il n’avait pas passé le diplôme requis par le gouver nement français ? S.K. : Je n’aime pas beaucoup parler de ça p a rc e q u e l a d e m a n d e d u gouvernement français de l’époque était complètement hallucinante ! Et parce que mon père fut tellement blessé par cet épisode. B.I. : À mon avis, il est difficile d’écrire sur ton père sans mentionner son élève et ami sensei Shirai. Que peux-tu me dire concernant la relation que vous entretenez lui et ta famille ? S.K. : C’es t une lo ng ue histoire d’une grande amitié qui a co mmencé il y a lo ng temps , avant même que je sois née, c’est-à-dire plus de 50 ans ! Il y a énormément de choses à dire à ce propos. Ils se sont rencontrés pour la première fois à la JKA, quand mo n père était déjà ins tructeur et l’as s is tant de sensei Nishiyama. Sensei Shirai y a été accepté en tant que stagiaire et cela se passait en 1960. C’es t à partir de ce mo ment-là que leur amitié a commencé et ne s’est jamais éteinte. Sensei Shirai a connu cet entraînement extrêmement sévère de mon père qu’il avait lui-même reçu de s ens ei Yoshitaka Funakoshi. Tout cela s’est produit avant d’arriver en Europe. Donc leur relation va bien au-delà de ce que tu peux l’imaginer !


AUTEUR: SALVATORE OLIVA

REF.: DVD/TV2

TITRE: J.K.D. STREET SAFE: REF.: DVD/SALVA • DVD/SALVA2 TITRE: KNIFE FIGHTING: • DVD/SALVA3 • DVD/SALVA4 TITRE: PROFESSIONAL • DVD/SALVA5 FIGHTING SYSTEM: • DVD/SALVA6 TITRE: PROFESSIONAL • DVD/SALVA6 FIGHTING SYSTEMKINO • DVD/SALVA7

REF.: DVD/BL

AUTEUR: B. RICHARDSON

MUTAI: TITRE: BRUCE LEE: L’HOMME ET SON HÉRITAGE

AUTEUR: RANDY WILLIAMS

AUTEUR: JOAQUIN ALMERIA

REF.: DVD/ALM2 TITRE: JKD TRAPPLING TO GRAPPLING

REF.: DVD/ALM3 TITRE: FILIPINO MARTIAL ARTS

TITRE: HOMMAGE BRUCE LEE AUTEUR: TED WONG & CASS MAGDA

REF.: DVD/ALM4 TITRE: STREETFIGHTING! JEET KUNE DO

REF.: DVD/RANDY1 REF.: DVD/RANDY2 TITRE: WING TITRE: WING CHUN KUNG FU: CHUN KUNG FU: SIU LIM TAO CHUM KIU Anglais / Espagnol / Italien

TITRE: JKD STREET DEFENSE TACTICS: TITRE: EXPLOSIVE DUMOG TITRE: JKD STREET TRAPPING”

Anglais / Espagnol / Italien

Anglais / Espagnol / Italien

TITRE: JEET KUNE DO BRUCE LEE’S YMCA BOXING

REF.: DVD/YAW2 TITRE: YAWARA KUBOTAN AUTEUR: MASTER PEREZ CARRILLO

TITRE: JKD EFS KNIFE SURVIVAL AUTEUR: ANDREA ULITANO

REF.: DVD/DP1 TITRE: 5 EXPERTS EXTREME STREET ATTACKS AUTEURES: VICTOR GUTIERREZ, SERGEANT JIM WAGNER MAJOR AVI NARDIA, J.L. ISIDRO & SALVATORE OLIVA

AUTEUR: BOB DUBLJANIN

TITRE: JEET KUNE DO ELEMENTS OF ATTACK

REF.: DVD/SILAT3

TITRE: JEET KUNE DO

DVD/RANDY4 TITRE: CONCEPTS & PRINCIPLES

REF.: DVD/EFS1

TITRE: JKD ”

REF.: DVD/RANDY3 TITRE: WING CHUN KUNG FU: BIU JEE

REF.: DVD/SILAT

REF.: DVD/JKDTIM

REF.: DVD/JKDTIM3

AUTEUR: TIM TACKETT

REF.: DVD/JKDTIM4

REF.: MUKRANDY4 REF.: MUKRANDY6

REF.: MUKRANDY5

REF.: MUKRANDY3

ANGLAIS

AUTRES STYLES

REF.: DVD/JKDTIM2

REF.: MUKRANDY1

REF.: MUKRANDY2

TITRE: THE WOODEN DUMMY ANGLAIS / ITALIEN

TITRE: PENTJAK SILAT

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REF.: DVD/BURTON REF.: DVD/BURTON2 TITRE: JEET KUNE DO TITRE: JEET KUNE UNLIMITED DO UNLIMITED

TITRE: TITRE: ESPADA Y DAGA BUKA JALAN SILAT


TCS KNIFE FIGHTING CONCEPT Knife Cup 2014 - Compétition de sparring au couteau Le sparring au couteau et le combat au couteau vont-ils ensemble ? La réponse est clairement oui ! La Coupe internationale de couteau se tiendra à Vienne pour la cinquième fois cette année, un tournoi semi-contact aux points. Chaque impact vaut un point, la réaction, la vitesse et l'agilité sont essentielles, tout comme dans la vie réelle.


DĂŠfense de Couteau


Peter Weckauf

15 novembre 2014, c'est le grand jour : la Coupe Internationale de couteau aura lieu à Vienne pour la cinquième fois, avec des participants venus d'Autriche et de l'étranger. Les événements précédents ont vu des concurrents de Russie, de la République tchèque, d'Allemagne, d'Angleterre, de S uède, d'Italie, d'Es pag ne, de Grèce, d'Argentine, de Suisse, de Slovaquie et bien sûr d'Autriche. Le sparring au couteau est avant tout une compétition sportive, qui met l'accent sur les habiletés, la vitesse, la précision et l'agilité. Le sparring au couteau est basé sur le véritable combat au couteau, avec, bien sûr, la grande différence qu'il

y a, dans le sparring au couteau, des règles, des catégories, des arbitres et des points. L'idée de cet événement est de rencontrer d'autres participants dans un échange sportif de talents. On fera particulièrement attention à l'équité, une force excessive sera punie, ainsi que les coups de pied, les coups de poing ou les projections, qui conduiront à la disqualification. Les participants utiliseront des couteaux de pratique en mousse (Soft Sticks). Les participants doivent porter un casque, des chaussures, des coquilles et des protections pour les poings (des gants de free fight) afin de réduire le risque de blessure.

Qui peut participer ? Tout le monde est bienvenu, peuvent participer aussi bien les débutants et que les combattant avancés de toutes les organisations et groupes, les bleus et les vétérans. Pour donner de mêmes chances à tous, il y aura un groupe débutants pour les participants sans expérience de la compétition et un groupe avancé pour les combattants les plus expérimentés. Les femmes se battront dans la catégorie dames, qui est devenue de plus en plus populaire au fil des ans et a déjà produit des rencontres étonnantes.

Le tournoi Le tournoi débutera par des tours préliminaires, répartis en catégories, les catégories seront divisées en groupes, en fonction du nombre de participants. Chaque combat dure trois minutes. Ceci permet à chaque participant de faire quatre ou cinq matchs et lui offre la possibilité de se qualifier pour l'événement principal. Les débutants et les femmes obtiendront des résultats intermédiaires en fonction du nombre de tours gagnés. Lorsqu'il y aura ex-æquo, les points le résultat se décidera aux points. Les participants classés premiers et deuxièmes de chaque catégorie (débutants, avancés, dames)

participeront à l'événement principal. Dans l'événement principal, on utilisera le mode KO afin de décider des quatre premiers classés (demi-finales et finales).

Techniques d'entraînement L'entraînement pour la Knife Cup devrait se concentrer sur l'agilité, la vitesse et la flexibilité ainsi que sur la tactique. Les exercices et les techniques suivantes peuvent aider à perfectionner ces compétences. À la Knife Cup de cette année, nous espérons voir de nombreux participants de toutes les organisations et groupes parce que c'est le sport qui nous unit tous. La date limite pour les candidatures est le 13 novembre 2014. Inscrivez-vous ici : https://sami-international.com/event/id/42/tcsknife-fighting-championship-2014 Pour obtenir plus d'informations et les règles du tournoi : http://www.knifefighting-concept.com/aboutus/competition/ Pour plus d'informations sur les séminaires et les cours de moniteurs, consultez: www.sds-concept.com


DĂŠfense de Couteau


Peter Weckauf


On définit le point vital en Taekwondo comme n’importe quelle zone du corps sensible ou fragile, vulnérable à une attaque. Il est essentiel que l’élève de Taekwondo ait une connaissance des différents points afin de pouvoir utiliser l’outil adéquat pour attaquer ou bloquer. Toute attaque indiscriminée doit être condamnée, elle est inefficace et c’est un gaspillage d’énergie. » Général Choi Hong Li, Encyclopédie du Taekwondo, Volume II, page 88. Le Taekwondo est l’un des arts martiaux les plus importants et professionnels dans le monde aujourd’hui. Fondé le 11 avril 1955 par le général Choi Hong Hi, il continua de prospérer, même après la mort de son fondateur en juin 2002. Avec le temps, les facteurs sportifs l’emportèrent et beaucoup d’autres aspects furent ignorés ou rejetés dans le secteur des méthodes de self-défense originales. Dans les écrits originaux du général Choi, le ciblage, la structure et même l’usage des points vitaux «  Kupso  » (Kyusho), ainsi que le développement des armes pour y accéder, sont décrits, mais ils n’ont jamais été entièrement enseignés. Le Kyusho International a développé un programme pour expliquer, instruire, intégrer et développer cet incroyable art martial en revenant à ses concepts fondateurs. Ce nouveau programme a tout l’appui du fils du fondateur, Choi Jung Hwa. L’objectif de cette série est d’étudier les formes (Tul) réalisées en fonction des préceptes du fondateur de «  l’Encyclopédie du Taekwondo » (15 volumes écrits par le Général Choi Hong Li, incluant leurs points vitaux). À travers cette structure, le Kyusho s’intégrera initialement de nouveau dans le Taekwondo. Le Kyusho international est fier d’apporter son aide à cette tâche de collaboration monumentale et historique.

REF.:¥ KYUSHO20

Tous les DVDs produits par Budo International sont scellés au moyen d’une étiquette holographique distinctive et sont réalisés sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De même, l’impression des jaquettes ainsi que les sérigraphies suivent les plus strictes exigences de qualité. Si ce DVD ne remplit pas ces critères et/ou si la jaquette ou la sérigraphie ne coïncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s’agit d’une copie pirate.

COMMANDES : Budo international. net


Six nouveaux Shidoshi célébrèrent l'obtention de leur diplôme selon la tradition Shizen, avec toutes ses cérémonies, ses rituels et ses anciennes danses autour du feu, ses coups de feu cérémoniaux, et la compagnie de leurs proches; dans la générosité et l’abondance, ils célébrèrent et honorèrent tous les mondes visibles et invisibles, selon l’ancien rite du puissant peuple de Tengu dans une soirée magique et inoubliable… Qui a dit qu'il ne restait plus rien d’authentique ?


Arts Martiaux Japonais

Texte : Joho Goemon Kawazuki

Fête de remise des diplômes des nouveaux Joho (Shidoshi), lignée Kawa, école Kaze no Ryu Ogawa Ha, dirigée par Shidoshi Jordan Augusto Oliveira La tradition de la culture Shizen a un grand défenseur avec Shidoshi Jordan Augusto, l'un des der niers connaisseurs avertis de la culture Shizen restée, jusqu’à ce jour, secrète. Le très riche bagage de ce peuple, qui possède sa propre langue, le Shizengo, avec des dialectes et trois types d’écritures différents, et de vastes enseignements dans le domaine de la philosophie, de stratégie, de médecine, les arts de combat, etc., provient des habitants des îles japonaises avant l'arrivée des Yamato, à qui ils se mêlèrent après la destruction de leurs villages. Ils réussirent malgré tout à conserver leur mémoire collective et leurs traditions jusqu’à aujourd’hui. Shidoshi Jordan est peut-être le dernier de cette lignée culturelle (s'il y en a d'autres, nous n'en avons pas entendu parler) et le premier non-japonais qui ait continué à enseigner l’ancienne sagesse d'un peuple particulièrement fuyant à tout point de vue et qui a conservé secret son savoir. Parmi tout leur bagage culturel, le joyau le plus précieux et caché est peut-être leur connaissance de l'invisible, appelée e-bunto (Ochikara en japonais) qui signifie « la grande force ». C’est une question qui passionne notre directeur Alfredo Tucci depuis des années. Ayant une formation en anthropologie, il s’y est plongé au point d'avoir déjà écrit deux livres : « Au Seuil de l'invisible. La culture de chamanisme japonais Shizen » et dernièrement, « L’Armature de l’invisible. La structure de l'univers des chamans Shizen », traduits en anglais (le premier), en portugais et en italien. Jusqu’alors, curieusement, rien

« Les fêtes étaient un aspect essentiel de la vie quotidienne des villages. Leur but était de réunir les quatre villages, au moins quatre fois par an, coïncidant avec les changements saisonniers. »

« La nuit étoilée de Valence fut pleine d'une grande magie, de charme et d’une force exceptionnelle. Une partie de cette énergie transcende dans le reportage photo qui accompagne l'article. » n'avait été publié sur le sujet. Aujourd'hui encore, rien n'apparaît sur Google, tant est grand le zèle avec lequel les Shizen ont toujours gardé leurs secrets. L'article que nous publions aujourd'hui nous parle de la grande fête qui s'est tenue à Valence, en Espagne et qui eut lieu en deux parties. La célébration spirituelle de la fête dédiée à Shojobu Tengu et la mise en scène d'une œuvre de théâtre originale présentant, sous le nom de « Le Peuple de Tengu », un exemple de l'histoire et des particularités culturelles des « naturels », traduction de leur nom japonais « Shizen ». À la fête, participèrent des invités et des initiés à l’e-bunto du monde entier. Au cours de celle-ci, il y eut des danses en l’honneur de tous les Tengu, des tirs cérémoniaux, des intronisations et des offrandes, autrement dit toutes les anciennes cérémonies qui encadraient un tel acte dans la tradition Shizen. Les rituels pour une telle fête commencèrent sept jours avant, avec diverses cérémonies et soins pour que tout ait lieu comme il se doit.

Petite approche des cérémonies Les fêtes étaient un aspect essentiel de la vie quotidienne des villages. Leur but était de réunir les quatre villages, au moins quatre fois par an, coïncidant avec les changements saisonniers. Les villages pouvaient offrir plus de fêtes s’ils le jugeaient plus approprié, car l'abondance de nourriture permettait d’assurer les bons soins de tous ses membres, y compris les plus défavorisés et de créer un cadre favorable de coexistence et de communion. L'idée était de créer un lieu de rencontre, et pas seulement entre les personnes. Il s’agissait aussi d’essayez de réaliser leur union avec les forces universelles qu’ils cultivaient et conformaient à travers leur profonde spiritualité, l’e-bunto.


La fête que nous avons célébrée aujourd'hui fut consacrée à l'entrée des nouveaux Joho dans le « royaume » de Do No Tengu, l’ancien Tengu seigneur des chemins. Autrefois, la fête était réalisée immédiatement après la retraite des Senseis, qui se rendaient directement à la célébration après leurs dix ou douze jours de retraite dans la salle du Tengu. Les Joho occupent la place la plus élevée dans la tradition Shizen. La personne qui détient ce titre a dû en effet surmonter de très grandes épreuves et des années d'études pour obtenir une telle considération. Au cours de la célébration, les Joho font neuf fois le tour du feu avec la couleur de chaque Tengu couvrant leur dos, pour que les Oni (démons, génies) qui persécutent ces Tengu ne les trouvent jamais, symbolisant ainsi qu’au terme de nombreuses années d'étude et de préparation, ils arrivèrent au bout du chemin après avoir parcouru tous les royaumes du Tengu. Ils se distinguent en se vêtant maintenant de blanc, symbolisant que plus rien de négatif dans le monde ne pourrait désormais les toucher. Le reste du village danse avec eux, après leur parcours autour du feu, la danse de chaque Tengu avec son rythme particulier marqué par le Taiko (tambour japonais) et ses chansons. Il y eut neuf

danses consacrées à Susunda Tengu (noir), Senso Tengu (rouge), Kaze no Tengu (bleu), Bioki no Tengu (gris), Aino Tengu (rosa), Shojobu Tengu (jaune), Karassu Tengu (rouge et noir), Tateru Tengu (vert) et Dono Tengu (brun ou blanc). Quand la célébration commença, on réalisa la cérémonie du tir rituel avec l'arc japonais, réalisée toujours en l'honneur des invités les plus illustres. Il s’agit d’un type de tir spécifiquement réalisé pour le Shojobu Tengu, car la fête que nous rappelons aujourd’hui eut également un hôte illustre Tengu, dans ce cas Shojobu Tengu, le seigneur de la sagesse, le grand roi maître de toute les richesses. Le type nourriture servie correspondit alors à sa fréquence : sashimi, coquillages, fruits de mer, fruits nobles, etc. Pendant le rituel, la nourriture est consacrée à ce Tengu et c’est la même que celle que mangent les invités, incorporant ainsi en eux cette fréquence. La nuit étoilée de Valence fut pleine d'une grande magie, de charme et d’une force exceptionnelle. Une partie de cette énergie transcende dans le reportage photo qui accompagne l'article. Vous pouvez également la suivre en cliquant sur les petits links audiovisuel qui accompagnent ce texte et qui offrent un avant-perçu des deux DVD en préparation : le premier, un documentaire sur l’e-bunto et le deuxième, le making off du spectacle avec des parties de celui-ci ainsi que le back stage, des interviews, etc.

« Le très riche bagage de ce peuple, qui possède sa propre langue, le Shizengo, comprenant des dialectes et « Les Joho occupent la trois types d’écritures place la plus élevée dans la différents, et de vastes tradition Shizen. La enseignements dans le personne qui détient ce titre domaine de la philosophie, la a en effet dû surmonter de stratégie, la médecine, les très grandes épreuves et arts de combat, etc., des années d'études pour provient des habitants des obtenir une telle îles japonaises avant considération. » l'arrivée des Yamato. »


Dans la culture Shizen, Shojobu Tengu est le maître par excellence du tir cérémonial. Considéré comme le maître de l'or terrestre et de la conscience (la sagesse), ses tirs cérémoniaux étaient, par extension, réalisés pour honorer les invités les plus distingués et bien sûr, dans les cérémonies qui lui étaient dédiées. On tire deux flèches ; l’archer présente ses flèches et son arc horizontalement en signal de respect et de soumission, tandis que le Miryoku, le prêtre chaman, effectue l'appel.


Une reprĂŠsent moderne de Valen l'univers mystĂŠrieux et ses traditions sp sa culture, avec le cadre


tation unique dans le théâtre le plus nce, emporta un public enchanté vers x et riche de la culture Shizen, ses arts pirituelles et guerrières, son histoire et label de l’ambassade du Japon dans le de l'année Espagne-Japon.


Texte : Joho Mitsutake Kawazuki

Un montage exceptionnel que le public a adoré Magnifique représentation au théâtre de La Rambleta de « Les Shizen, le peuple de Tengu », un spectacle audiovisuel dans le cadre, précisément, de l’année EspagneJapon, une grande initiative de l'ambassade du Japon en Espagne, qui célèbre l'établissement des relations entre les deux pays. Le spectacle, créé pour l'occasion, faisait également partie de la célébration publique de l'obtention du diplôme, à l’école Kaze no Ryu, des six nouveaux Shidoshi Joho, tel qu’on les appelle en Shizengo. Il y aura un documentaire sur cette représentation, avec son making off, son back stage, ses interviews etc., qui inclura une grande partie du spectacle, pour que tous ceux qui s'intéressent à la culture Shizen partout dans le monde et n’ont pas pu, puissent en profiter quand même. « Le peuple de Tengu » fut conçu comme comme une présentation publique de la tradition Shizen, cadrée historiquement et culturellement. Il souligne ses deux aspects les plus intéressants : sa tradition martiale, le Bugei, et sa culture spirituelle, l’e-bunto. L’œuvre, dont nous vous présentons ici un résumé et un vaste reportage photographique, met à la portée du public en général énormément d’informations sur une culture presque inconnue, même dans le Japon d’aujourd’hui, du fait de la méfiance des Shizen à se montrer publiquement. Anthropologiquement, cette attitude est facile à comprendre chez un peuple persécuté, qui n’a réussi à rester en vie que grâce au secret et à la cohésion autour de ses traditions. Dans le nouveau monde dans lequel nous vivons, un monde qui a transgressé les anciennes limites des différences dans le cadre de la société

de l'information, la réapparition des Shizen, une ancienne culture qui s’est maintenue incroyablementdans sa totalité, avec sa propre langue et ses trois formes particulières d’écriture, est une occasion unique. L’occasion, non seulement de ne pas perdre cette richesse, mais encore de pouvoir l’admirer dans toute son originalité, sa profondeur et sa grandeur. La conserver permettra également, à tous ceux qui sont destinés à en vivre et à en préserver les richesses, de la connaître, aujourd'hui et dans les siècles à venir.

Les Shizen : le peuple de Tengu L'histoire du peuple des naturels, ou Shizen, remonte à quelque 18.000 ans, au dernier âge glaciaire, quand un groupe de tribus, fuyant le froid, à travers le détroit de Tartarie, arrivèrent aux îles japonaises où ils établirent domicile. La forêt leur donnait tout ce dont ils avaient besoin pour vivre et, conscients de leur situation, ils agissaient en conséquence. Ce fut la principale raison pour laquelle ils acquirent, par l'observation, une connaissance profonde de la nature, gagnant ainsi le surnom de « naturels ». Mais bientôt leur paix fut troublée par le désir de conquête de nombreuses tribus dirigées par les Yamato qui débarquèrent au sud de l'île et se mirent à les attaquer. Les Shizen et beaucoup d'autres tribus indigènes des îles à la population décimée se retirèrent au nord. Au cours des siècles, l'avancée irrésistible des Yamato les obligea à se reclure dans les denses forêts de l'île d’Hokkaido qui devinrent ainsi leur dernier refuge et leur foyer. En dépit d'une connaissance approfondie de la nature, il leur fut difficile de s’adapter parce que les hivers étaient longs et rudes et la

« Le peuple de Tengu » fut conçu comme une présentation publique de la tradition Shizen, cadrée historiquement et culturellement. Il souligne ses deux aspects les plus intéressants : sa tradition martiale, le Bugei, et sa culture spirituelle, l’e-bunto. » nature qui les entourait, sauvage et impitoyable. L'art de la survie devint une priorité à partir de ce moment-là et c’est dans cet esprit qu’ils préparèrent les générations suivantes. Bientôt, ils développèrent des techniques de défense, d’attaque, de dissimulation, d'embuscade, de communication et de divination à travers l'observation de la nature. La forêt était leur foyer et cette fois, il n’allait pas être si facile de les expulser de là. Ainsi, au cours du XII e siècle, pendant la période Kamakura, s’établirent quatre villages, perdus


dans les forêts denses, du nom de Kawa, Tayo, Yabu et Yama qui constituèrent le germe d'une nouvelle espérance pour le peuple Shizen. Les rebelles et les proscrits des envahisseurs Yamato vinrent s’ajouter et augmentèrent le nombre de villageois. Seuls ceux qui en étaient dignes étaient reconnus comme des Shizen, après avoir réussi de dures épreuves, car pour eux, être un Shizen ne dépendait pas de la race ni du lieu de naissance, mais de l'attitude et de l'honneur de la personne. Une culture riche se développa alors, qui n’était pas seulement militaire, mais était aussi une culture qui maîtrisait de profondes formes spirituelles particulières qu’ils appelaient en Shizengo, leur langue, « l’e-bunto » (Ochikara en japonais) autrement dit « La grande force ». Les villages furent détruits au moins deux fois. Certains de leurs habitants cependant s'infiltrèrent parmi les Yamato, au début comme des espions, mais finalement avec les années et après la der nière défaite et l'anéantissement des villages, il y eut une intégration des survivants dans la société japonaise. En tant que peuple persécuté pendant tant de siècles, il ne leur fut pas difficile de garder pour eux et en secret, leurs coutumes, leur langue et leurs formes culturelles, s’organisant en groupes secrets et réseaux de pouvoir et d'influence dans la société japonaise. La fréquentation et la coexistence des deux cultures, loin de produire une acculturation de leurs traditions, leur permit au contraire de favoriser l'enrichissement des arts Shizen. Comme bon nombre de leurs membres s’étaient mélangés avec l'aristocratie japonaise, les arts les plus sophistiqués, telles que la cérémonie du thé, l’Ikebana ou le Sumi-e, finirent par faire partie de leur patrimoine. Les féroces guerriers Shizen adoptèrent rapidement les arts martiaux des samouraïs japonais,

connus sous le nom de Bugei, développant leur propre style dans des matières aussi diverses que le Jujutsu, l’Iaijutsu, le Kenjutsu ou l’Aïkijutsu, conservant cependant la mémoire de leurs anciennes formes dévastatrices plus particulières, réunies dans l’Uchiuu Shizen et qui furent très appréciées par les meilleurs samouraïs de l’époque. Mais la culture Shizen ne fut pas la seule à tirer bénéfice de ce processus d'intégration. Leurs mythes et leur spiritualité imprégnèrent la culture japonaise à travers leur riche mythologie. La propre disposition ouverte face aux formes religieuses des Japonais fut un bouillon de culture propice à l’établissement de cet événement. Le culte à Tengu commença à faire partie de la culture japonaise, même s’il s'installa, étant donné qu’il était secret, de manière tardive et confuse. À ce jour, la culture japonaise parle de Karassu Tengu, en particulier dans ses traditions guerrières, mais les informations qu'ils gèrent ne sont souvent qu’un tas de légendes et d'incohérences. Le développement du Bugei uni à la spiritualité conduisit à des résultats impressionnants. La capacité de concentration et de connaissance de soi des guerriers était telle qu'ils furent capables de réaliser des prouesses qui les rendirent légendaires. Ils étaient ainsi capables de dévier des flèches et même de les attraper au vol, de faire des coupes parfaites avec le katana là où d’autres ne parvenaient qu’à érafler, etc. Quand l'esprit se fusionne avec le corps et que l’un et l’autre agissent comme un seul, on peut tout obtenir. Au fil du temps, la société Shizen s’intégra dans la culture japonaise, essayant toujours de garder vivante sa langue, sa culture et sa spiritualité. C'est ainsi qu’au début du XXe siècle, à l’époque des grandes migrations japonaises au Brésil, un groupe

appartenant à la lignée du village de Kawa arriva en terres brésiliennes, à la recherche d’un meilleur sort. L'un d'eux, le sensei Hiroshi Ogawa, créa la première école Shizen hors des terres japonaises, comme une auto-défense et en réponse aux attaques que la population japonaise souffrait d'un groupe de fanatiques qui n'acceptaient pas la défaite du Japon de la Seconde Guerre mondiale. Cet épisode de l'histoire du Brésil a été récemment reflété dans le film « Dirty Hearts ». C'est dans cette école qu’un élève, Shidoshi Jordan Augusto, après 20 ans d'immersion dans la connaissance de la culture Shizen, reçut son diplôme en tant que premier Shidoshi non-japonais de l’histoire. À partir de ce moment, l'engagement de Shidoshi Jordan pour la conservation de la culture Shizen fut total et fructueux. Le destin le conduisit en Europe, il y a huit ans, et depuis lors, la semence de la culture Shizen a repris puissamment racine et de là, elle est à nouveau exportée vers les nombreux pays qui constituent aujourd'hui l’Inter national Bugei Society, un groupe destiné à l'enseignement des formes culturelles Shizen. Ces pages ont, depuis déjà huit ans, publiés d'innombrables vidéos et articles qui ont favorisé ce processus au sein de la communauté martiale qui professe aujourd'hui un respect bien mérité vis-à-vis de son travail. Notre directeur, Alfredo Tucci, a déjà écrit deux livres sur les incroyables connaissances des Miryoku, les prêtres chamans Shizen. Et l’e-bunto, si redouté pendant des siècles, a commencé aujourd'hui à être admiré et reconnu comme l’héritage d’une culture unique.


Shidoshi Jordan étonna comme touj tirs à l'arc guerriers, la cérémonie du t martial des Shizen dirigés par un


ours avec sa technique parfaite à l'épée. Les thé, les emprisonnements, l’univers culturel et ne narration et une musique magnifiques.


Des techniques martiales avec des armes variÊes, les danses traditionnelles Odori et une mise en scène minutieuse qui enchantèrent le public.


Les tirs contre les quatre Oni, les démons qui dévastent les villages, où l’archer crie le nom de chacun d'eux avant de leur lancer des flèches, font partie des coutumes spirituelles des Shizen. Ils furent présentés pour la première fois en public. Shidoshi Koji Kawazuki réussit quatre cibles parfaites !


Eskrima L'art de l'efficacité Il y a beaucoup d'arts martiaux qui sont plus ou moins efficaces. Il y a six ans, je suis tombé sur l’Eskrima développé par Frans Stroeven. Je cherchais un nouveau système qui me permette simultanément de rester en forme et de pratiquer un art martial efficace, comme le veulent beaucoup de gars de mon âge. Mon nom est Niels, je suis un vieil élève d’Eskrima de 39 ans. À 39 ans, on est réticent à commencer à pratiquer un art martial complètement nouveau, du moins ce fut le cas pour moi. Mais j'avais déjà pratiqué divers arts martiaux dans le passé, j’avais donc une base solide. Frans m'a demandé de donner mon avis sur son Eskrima et d'écrire à ce sujet mon propre point de vue. Oui, Frans est mon professeur et il y a beaucoup d'élèves bien meilleurs et bien plus expérimentés dans l'art de Eskrima que je ne le serai jamais. Je suis donc très honoré de le faire. Enfant, j'ai commencé à pratiquer le Judo jusqu'à l’âge de 21 ans. Mes performances ne furent pas sans mérite. J'ai atteint le plus haut niveau du podium à plusieurs reprises au cours de divers tour nois nationaux et internationaux, j'ai été plusieurs fois champion de Hollande du Sud et j’ai été classé troisième aux championnats néerlandais avec l'équipe de Peter Snijders. J'ai aussi une formation militaire qui m’a permis d’apprendre le Kempo et la Boxe et j’ai reçu une formation aux armes (couteau et armes à feu, bien sûr).


Avec cette toile de fond, on est très critique vis-à-vis de ce que les enseignants peuvent faire. Je fais ainsi d’abord attention à l'efficacité et peut-être moins à l'art et à la beauté. Je ne suis pas fan des styles complexes globaux qui ont un tas d’éléments d'art martial. À la fin, il ne reste plus que vous et votre adversaire. Mais une autre raison a également influencé mon choix. À cette époque, on m’avait diagnostiqué un diabète de type 1, la variante génétique. Cela rendait plus difficile la pratique d’un nouveau sport. J'ai alors commencé à chercher un art martial efficace que je pouvais faire à un niveau plus récréatif.

Découverte de l’Eskrima Quand j'ai commencé à chercher un cours sur l'Internet, je me suis souvenu que j'avais un livre sur les arts martiaux avec des photos particulièrement impressionnantes et que ce livre était une sorte de livre de référence, avec une liste de tous les arts martiaux connus. Je l'avais acheté dans ma jeunesse et l’avais lu en grande partie à l’époque. Je l’ai pris et je l’ai feuilleté de nouveau, avec, je l'avoue, un sentiment de nostalgie. Kung Fu, Karaté, Taekwondo, Ninjutsu, tout était là. Bien sûr, j'admirais les belles photos de ces maîtres de Taekwondo qui, volant dans les airs, détruisaient des piles de planches ou ces karatekas capables de briser vingt briques. Des performances surhumaines, pourrait-on dire. Mais là encore, si vous avez 39 ans, vous êtes capables de relativiser et vous n’avez plus aucune envie de rompre vingt briques. Je ne me voyais pas non plus en tenue de Ninja à me faufiler la nuit dans les bois à la recherche d'un ennemi imaginaire que je devrais achever. Mais je peux comprendre que cet art martial parle à l'imagination. Mon frère pratiquait le Karaté et cela lui allait très bien. Les katas et la manière dont il apprenait les techniques de Karaté s’ajustaient bien à son caractère. C’est un homme de discipline et il a fait, dans cet art martial, de grands progrès, dignes d'admiration. Il m'a demandé de venir pratiquer avec lui, mais j’ai décidé que le Karaté, ce n'était pas pour moi. Je suis tombé sur le Jiu-Jitsu, logiquement dans mon cas avec une base de Judo. Mais j'ai remarqué que j’étais très critique par rapport à la façon dont l'enseignant enseignait. Les techniques m’étaient très familières. Il y avait tout simplement beaucoup d'éléments de Judo dans le Jiu-Jutsu. J'ai rapidement décidé d’éliminer le Jiu-Jitsu de ma liste. J’ai senti que l'enseignant ne correspondait pas à mes critères. Après avoir vu le film « Traqué », une production hollywoodienne dans laquelle le lieutenant Bonham, ancien militaire et expert de la survie, et l'agent du FBI Durrell doivent capturer leur ancien élève, un assassin bien entraîné du nom de Hallam. Hallam a tué plusieurs chasseurs dans une forêt où il a vécu. Il sait comment garder à distance les deux hommes. Il a toujours un pas d’avance. C’est un film avec Tommy Lee Jones et Benicio del Toro. Ce que ce film a de bon, c'est qu'il montre beaucoup de techniques de couteau. Il m'a donné l’envie de me centrer sur le combat armé plutôt que sur une formation au combat à mains nues.

Frans Stroeven Ce que notre époque a de bien, c'est que nous avons l'Internet à notre disposition. Après une recherche rapide, je suis donc tombé sur Frans Stroeven. Un professeur qui enseignait à Utrecht le bâton et le couteau, l’Eskrima. J'étais très peu familiarisé avec l’Eskrima à cette époque. J'ai donc décidé d'aller jeter un œil. Quand je suis entré dans son club de gym, j'ai été très vite impressionné. J'ai vu quelqu'un au


Eskrima


travail qui, non seulement était capable de faire des techniques d’un niveau très élevé, mais aussi d’être un excellent enseignant pour ses élèves. En fait, la plupart de ses élèves étaient très compétents en général. J'ai été immédiatement accroché.

Modestie de la philosophie Tout le style est très efficace, pratique et sans fioritures. J'ai vu son aspect « d'art », mais à la différence d'autres arts martiaux et de leurs instructeurs, l'art avait une fonction et appuyait le véritable objectif : battre votre adversaire. En outre, le style de Frans Stroeven est facile à apprendre. Les techniques sont sous forme de principes, particulièrement logiques. Frans a toujours cherché à perfectionner les techniques, ce qui signifie aussi que, s’il y a des éléments dans les techniques qui ne sont pas efficaces, ils sont supprimés. Le résultat c’est que l'effet maximum est atteint. Cette philosophie combinée à la logique imprègne tout son système et le rend unique. Vous trouvez cette philosophie chez les très bons enseignants aux Pays-Bas. C'est la raison pour laquelle la Hollande fonctionne bien dans de nombreux arts martiaux. C'est un certain état d'esprit, une certaine modestie qui est pratiquée dans les arts martiaux aux Pays-Bas. Cette modestie se reflète dans les techniques. En outre, on fait très attention à la manière dont elles sont enseignées. Je sais que Frans met beaucoup d'énergie dans ses enseignements, qu’il sait inspirer ses élèves jour après jour et les aide dans leur processus d'apprentissage. Frans a exercé différents styles d’Eskrima pendant longtemps. En explorant ces styles, il a remarqué que les styles d’Eskrima étaient différents les uns des autres. Si vous étudiez vraiment les différents styles, vous pourrez également découvrir des différences quant à l’efficacité. En fait, si vous réduisez un art martial à son strict minimum, autrement dit si vous le dépouillez de son art, les techniques qui fonctionnent sont vraiment très élémentaires et très simples.

Le flux La philosophie pratiquée par Frans a toujours à voir avec l’agilité et ce qu'il appelle « le flux». Les mouvements d'attaque et de défense se suivent facilement les uns les autres, en permanence. Ce flux est au cœur de son système. Les enchaînements d’attaques ne peuvent être stoppées parce que, quand l'adversaire fait des mouvements défensifs, on peut prévoir ce qui va suivre. Ainsi, les séries d'attaques « fluctuantes » anticipent les techniques défensives ou les contre-attaques de l'adversaire. Ce que Frans fait, c’est combiner les différentes techniques des différents styles d'Eskrima avec sa vaste expérience et sa perspicacité en ce qui concerne les dommages que les armes peuvent faire. Mais ces principes s'appliquent également au combat à mains nues. En fait, ce que vous apprenez à faire avec une arme (bâton ou couteau), vous pouvez également le faire à mains nues. On ne peut


Eskrima

Vous pouvez visiter notre site Web www.knifefightsystem.com ou HYPERLINK : "http://www.scseskrima.com" www.scseskrima.com et vous pouvez me contacter Ă  HYPERLINK "mailto:sekan@ziggo.nl" sekan@ziggo.nl ou HYPERLINK : "mailto:scseskrima@gmail.com" scseskrima@gmail.com Pour la Suisse, vous pouvez contacter Lavinel Olcan HYPERLINK : "http://www.swiss-eskrima.ch" www.swiss-eskrima.ch


comprendre le « flux » que lorsque l’on voit les principes derrière une attaque ou une défense. Parfois, les principes se trouvent dans la façon dont on se tient en position d'attaque ou dans la façon dont vous gardez la distance, ou encore dans la façon dont vous suivez de près votre adversaire. Les exercices dans son système sont utilisés pour dominer les principes de base, pas pour le spectacle. Les exercices sont là pour augmenter la vitesse de vos attaques ou maîtriser une attaque ou une défense. En défense, l'attaque est cachée, car les contre-attaques sont également fondées sur les principes du flux. Frans utilise « le flux » pour la formation de ses élèves, c'est pourquoi ses élèves sont très agiles et efficaces, même à un bas niveau. Se développer en s’entraînant est très important. Selon Frans, l’Eskrima est un art martial vivant. La recherche de nouvelles combinaisons, de nouvelles techniques, doit continuer. Frans a développé de nombreuses nouvelles techniques dans son système. Les critères pour les utiliser correctement sont basés sur l'agressivité, l'agilité et la prévisibilité. Le flux est ainsi infini. Vous pouvez voir sur YouTube des vidéos qui illustrent ce qu'il fait. Voyez par vous-même ce qui rend si efficace le système de combat de Stroeven. D'une certaine manière, on peut dire que son système reflète son caractère. Il est lui-même un homme qui vit modestement, sans fioritures et très pragmatique. Mais il possède également une grande compréhension de lui-même. Et je pense que cela fait d’un enseignant un grand maître. Un bon sens de l'humour aussi, d'ailleurs. La preuve, c'est qu'il a produit de nombreux champions d’Eskrima, même des champions d'Europe et du Monde. Beaucoup de pratiquants d'autres disciplines d'arts martiaux viennent se former ou suivre ses cours.

Développement Après quelques années, j'éprouve toujours beaucoup de plaisir, j'ai suivi les cours d’entraînement du couteau et d’instructeur. Et je l'aime toujours autant. Frans est également en train de se développer et de s’étendre inter nationalement, il est capable d’enseigner au-delà des frontières des Pays-Bas et même de l’Europe. Je suis bien heureux de n’avoir que 70 km à faire pour pouvoir pratiquer avec le maître en personne. Je me rends compte que c'est un luxe que tout le monde ne possède pas. Si vous avez la chance de pouvoir suivre ses leçons, ne laissez pas passer cette opportunité ! Vous pourriez le regretter. Suivez régulièrement ses messages sur Facebook, ses vidéos sur YouTube, et voyez par vous-même. Pour l'instant, je vous souhaite la bienvenue dans le monde de Frans Stroeven !


Eskrima


La Colonne de Raúl Gutiérrez Les formes ou katas de Fu-Shih Kenpo – Deuxième partie Précisément, la forme suivante dans le processus d'enseignement correspond à une « forme de la respiration » appelée « Le Tigre respire », qui se réalise à travers le mouvement de diverses applications ou méthodes de respiration, utilisant dans certains cas une tension dynamique, bien définie dans le développement de l'action technique, dans des zones musculaires constamment impliquées dans un processus de contraction-relaxation absolument nécessaire pour une meilleure utilisation de la consommation d'énergie. Finalement, avant la série des formes d'auto-défense, l'élève découvre la « forme des points vitaux », où appliquant le concept de latéralité, le système enseigne certaines des zones les plus sensibles du corps humain en termes de vulnérabilité, ainsi que les meilleures façons de les frapper ou de les percuter. Son programme spécifique de self-défense est la pierre angulaire de tout le système, sa particularité réside dans le

fait qu'il est totalement implicite et explicite dans ses formes d'auto-défense qui contiennent tous les concepts et principes du Kenpo : Première forme ou kata : Les Tigres Jumeaux 20 techniques des deux côtés Deuxième forme ou kata : La Sagesse du Tigre 32 techniques Troisième forme ou kata : La Danse du Tigre 32 techniques également Quatrième forme ou kata : Le Vieux Tigre ou le Guerrier Fu Shih 25 techniques Cinquième forme ou kata : Le Tigre et le Dragon 21 techniques En outre, le système s’enrichit l'apprentissage et de la pratique de l'utilisation de diverses armes, à la fois contemporaines et

de


Kenpo traditionnelles, et approfondit l'étude de diverses formes ou katas adaptés aux gestes de mains vides du Fu Shih Kenpo : • Bâtons courts • Couteau (différents formats) • Canne • Bo ou longue perche • Tonfa • Nunchaku • Yawara • Sai • Kama Nous essayons de comprendre les usages et l'histoire des armes, leurs types de mouvement et possibilités, aussi bien du point de vue culturel que du point de vue pratique de

l'auto-défense, mais toujours depuis une perspective Fu Shih Kenpo, adaptées et utilisées dans les principes et les concepts de cet art martial, indépendamment et sans porter atteinte à leur utilisation et enseignement dans les systèmes et arts martiaux spécialisés et spécifiques à celles-ci et à d'autres armes. Plus précisément et tel que défini antérieurement, la forme des Tigres Jumeaux est la première forme d'autodéfense du Fu Shih Kenpo. Elle contient une série de dix techniques d'auto-défense qui sont effectuées à partir de deux angles possibles et présentent des actions de défense active sur : • Attaque circulaire ou directe de poing sur le cou ou au visage • Tentative de double saisie du revers • Attaque descendante verticale ou circulaire du poing ou bâton court • Coup de pied frontal au niveau moyen • Étreinte intégrale dans le dos au niveau moyen

« La forme des Tigres Jumeaux est la première forme de self-défense du Fu Shih Kenpo »


La Colonne de Raúl Gutiérrez • Contrôle ou clé en cadenas latéral sur le cou • Attaque de poing transversale ou circulaire • Double saisie du revers • Attaque de poing frontale directe • Coup de pied frontal Cette forme, développée suivant une ligne d'action ou « embusen » principalement rectiligne, est basé sur certaines des premières techniques du programme d’Ed Parker, mais transformées et enrichies par Raúl Gutiérrez, sur base de la méthodologie Fu Shih Kenpo. Autrement dit, les techniques ne sont pas seulement montrées sur la première ligne de réponse à une attaque, elles contiennent une séquence de réponses plus étendue, afin de pouvoir compter sur de nouvelles actions possibles de l'attaquant ou de fournir à l’élève les moyens d'improvisation technique nécessaires dans la fluidité des ressources pour conclure de manière définitive une situation donnée. Indiscutablement, la forme des Tigres Jumeaux se réfère, d’une part, à l'animal de Shaolin qui oriente ou stimule (avec le Dragon) la réalisation des techniques du Kenpo et, d'autre part, à la double réalisation des techniques depuis deux angles différents, afin de travailler ou d'améliorer la latéralité et la motricité nécessaire dans la réponse. La fluidité, la vitesse adaptée et la coordination doivent accompagner votre pratique à tout moment. Et le travail lent et de respiration (respiration de base, naturelle) est tout autant recommandé que le travail de la vitesse et le développement des objectifs spécifiques de santé et d'autodéfense. La forme se réalise entièrement depuis des positions naturelles et ses mouvements sont réalisés depuis

l’application réelle et efficace de la self-défense, où les techniques mentionnées développent et mettent en évidence les concepts et les principes qui animent la méthodologie basée sur l'efficacité du système Fu Shih Kenpo. Tenant compte de l'extension conceptuelle de cette forme (10 techniques de self-défense), je vais maintenant définir ou marquer les lignes qui favorisent le développement de la première technique de la forme des Tigres Jumeaux. L'attaque peut se produire avec ou sans mouvement, ce qui implique un rapprochement de l’agresseur vers notre position, autrement dit, il doit casser la distance pour atteindre une position qui lui permette de me frapper, sans réaliser de déplacement, en lançant une attaque de poing circulaire à la zone haute, qui peut atteindre le côté du cou ou le visage. En premier lieu, nous devons agir sur la distance et la position, mais en même temps gérer nos bras pour développer la ligne défensive, « pilotés » cependant par l'alignement de notre corps. Ainsi, une première interprétation fondamentale nous amènerait à réaliser l’action suivante : devant cette première réponse de notre part, nous enchaînons une autre séquence d'attaques pour, comme je le disais avant, neutraliser une réponse possible depuis une autre partie du corps ou pour assurer ma position face à l'attaquant, en réalisant une attaque de la paume, de l'avant-bras ou du sabre, suivant les circonstances, vers l'autre zone du cou ou du visage, pour continuer avec un poing inversé de niveau moyen et un poing circulaire de niveau haut, tous deux avec le même bras. Nous aborderons la troisième partie de cet article dans notre prochain article du magazine de juillet/août 2014. Merci…

« La forme des Tigres Jumeaux se réfère, d’une part, à l'animal de Shaolin qui oriente ou stimule (avec le Dragon) la réalisation des techniques du Kenpo et, d'autre part, à la double réalisation des techniques depuis deux angles différents. »


Kenpo


Édition et photos : Ken Akiyama www.KAPAPusa.com


Né pour lutter On m'a récemment demandé quand j'avais appris à me battre. Je considère que j'ai commencé à me battre dès mon premier souffle. Je suis né dans une salle d'urgence de l'hôpital, luttant pour ma vie, et je me suis battu aux soins intensifs pendant des mois jusqu'à pouvoir aller à la maison sain et sauf. Depuis lors, j'ai été impliqué dans de nombreux combats : dans les rues de Tel-Aviv, dans la guerre du Liban, au cours de mon service militaire au Yamam, l’unité spéciale anti-terroriste israélienne, et bien d’autres. Toutes ces expériences m'ont incité à respecter et à apprécier la vie comme un cadeau. Je m'inspire du mot latin « spiritus », qui signifie « souffle », « âme » et « vigueur ». Ceci pour expliquer que les arts martiaux impliquent beaucoup plus que le combat contre d'autres personnes. Il y a une grande profondeur dans l'apprentissage des arts martiaux et un tel apprentissage ne doit pas être précipité. Vous ne pouvez pas devenir professeur de natation le jour où vous sautez dans une piscine pour la première fois.


Grands Maîtres L’esprit des arts martiaux israéliens Plus j'enseigne les arts martiaux israéliens, plus je me demande si quelqu'un comprend vraiment ces arts martiaux ou si c'est juste un style à la mode. Les arts martiaux israéliens ne sont pas les meilleurs à tous points de vue. Ainsi, les arts martiaux philippins offrent une connaissance approfondie du bâton et du couteau de combat, la Boxe thaï et le Karaté mettent plus l’accent sur les frappes, tandis que le grappling et el BJJ excellent au sol. Qu’est-ce qui définit donc les systèmes israéliens ? Hanshi Patrick McCarthy m'a appris qu’étudier la culture et les gens qui ont développé un art martial aidait à sa compréhension. Ainsi, les arts martiaux japonais viennent d'une culture de la conformité alors que le Jiu-Jitsu Brésilien est plus décontracté. Chaque art martial est façonné par les attitudes des gens qui les développent. Pour décrire la culture israélienne, je dirai que si vous me racontez quelque chose de fantastique, je voudrai le voir ; si vous me montrez quelque chose d'incroyable, je voudrai le sentir. Je ne vous crois que si votre affirmation passe ce test. Les arts martiaux israéliens se concentrent sur l'aspect pratique ; c'est pourquoi j’aime à décrire l’Académie Avi Nardia comme une académie « d'arts martiaux pratiques ». J'ai récemment conçu avec FOX Knives un couteau appelé « The Israeli Tracker ». Je me suis inspiré, pour sa conception, sur l'esprit du couteau comme un outil pratique pour la survie élémentaire. Un couteau de survie doit exceller dans des tâches telles que couper des cordes, faire du feu, construire un abri et bien d’autres choses. Le couteau est avant tout un outil qui aide à vivre, mais la plupart des systèmes ne montrent que l’aspect destructeur du couteau. N'importe quel imbécile peut prendre une vie, même un enfant peut mortellement manier une lame. De plus, pour ça, pourquoi ne pas simplement utiliser une pierre ? Afin de prouver ce concept, je voudrais proposer un atelier intitulé « Rien que couteau ». Dans ce cours, les étudiants peuvent utiliser le couteau qu'ils veulent. Ils devront penser : « Comment vais-je survivre, camper et construire un abri avec un Karambit ? » Le Karambit est assurément le dernier couteau que je choisirais pour une équipe des forces spéciales. Il leur faut un couteau tactique qui puisse accomplir des tâches fonctionnelles. À l’Académie Avi Nardia, nous enseignons aux élèves à comprendre le couteau comme un tout et pas seulement comme un outil de mise à mort. Nous enseignons également l'utilisation de la force et nous soulignons que ce qui est enseigné dans de nombreuses cours de couteau sera considéré comme un assassinat par un tribunal et pas comme une légitime défense. Dans mon académie, nous ne combattons pas parce que nous haïssons l'homme en face de nous. Nous nous battons pour défendre nos amis et nos familles. L'esprit ultime des arts martiaux israéliens c’est de comprendre que vous

n'aurez jamais une autre occasion de vous défendre. Nous devons utiliser la pensée, le corps et l'esprit conjointement aux techniques, aux principes du mouvement et à la situation. Ce n'est pas avec la meilleure technique que l’on gagne un combat où notre vie est en danger, c'est avec un esprit déterminé à survivre, à de ne jamais se rendre.

Shin Gi Tai Récemment, mon professeur d’Aiki Jujutsu Kenpo, Hanshi Patrick McCarthy, rappela l'ancienne maxime chinoise : « Shin Gi Tai », préparer le corps, cultiver la pensée, nourrir l'esprit. Aujourd'hui, beaucoup de gens ne poursuivent plus que la voie du corps, surtout avec la nouvelle vague du MMA. On oublie cependant que la plupart des meilleurs combattants de MMA ont une base dans un style principal tel que le Jiu-Jitsu, le Karaté ou la Boxe Thaï ; qu’ils n’ont pas seulement le « MMA » comme style. Il est très important que les nouveaux élèves comprennent cela. J'ai fait de la compétition dans divers arts martiaux de contact, j’ai formé des combattants de Vale Tudo et certains de mes amis et élèves (y compris le champion de l’UFC, Carlos Newton) sont mondialement réputés en combat sportif. Mes mots sont donc basés sur l'expérience. Le combat sportif est un moyen de nous tester et d’explorer nos capacités, mais il ne nous enseigne pas comment faire face aux pertes dans notre vie quotidienne, que ce soit la mort de ceux que nous aimons ou des pertes dans les affaires. Les compétitions sont une petite partie de la vie et un petit combat comparé à l’affrontement permanent de quelque chose d'aussi dangereux que le cancer, par exemple. Alors que le sport est un combat pour la réalisation, une bataille personnelle est une lutte pour la survie. Pour survivre, il faut être capable de penser dans les situations difficiles, développer et conserver la santé physique et entraîner l’ « esprit » lui-même. Sun Tzu allait dans ce sens quand il disait : « Connais-toi toi-même et tu gagneras toutes les batailles ». C'est la clé qui permet de transformer un combattant sportif en un véritable guerrier. Au cours de ces dernières années, j'ai été impliqué dans des projets de formation à la survie dans l'Arctique, le désert et la jungle. Mon académie a des camps d'entraînement dans les jungles de la Thaïlande appelés « Warrior by Nature » avec des méditations sur la nature ellemême. Dans la jungle, avec la chaleur, l'humidité, les mouches, les serpents, les abeilles et autres dangers, vous êtes constamment tentés d'abandonner. Tout là-bas veut vous tuer. Ce stress environnemental, combiné avec de longues journées de Boxe Thaï, de MMA et de KAPAP Combatives, crée une expérience qui défie l'esprit, le corps et les émotions. S’entraîner dans ces conditions extrêmes m'a poussé à réfléchir sur l'importance de la force mentale.

Après la jungle, j'ai travaillé sur un projet dans l'Arctique avec mon vieil ami, élève et champion de l'UFC, Carlos « The Ronin » Newton. Nous avons développé un programme d'arts martiaux pour les tribus autochtones Cris et Inuits, basé sur l’Avi Nardia Academy. Nous avons vécu un véritable entraînement arctique à -45 degrés, où une erreur peut être votre dernière erreur. Ce fut un honneur d'être accueilli par ces communautés et de pouvoir étudier la façon dont ces tribus vivent quotidiennement dans ce froid étonnant. L'expérience fut une sorte de réveil spirituel. Quand je les ai quitté, les enfants sont venus et m'ont embrassé. Je suis fier d'avoir fait quelque chose pour eux qu'ils ont compris et valorisé. Cette expérience avec les Inuits et les Cris m'a rappelé un vieux dicton amérindien : « Certaines choses attirent l'attention, mais ne poursuivez que celles qui capturent votre cœur ». La sagesse derrière ces mots m'a permis de reconsidérer le passé, le présent et l'avenir du KAPAP et de l’Avi Nardia Academy.

KAPAP : Alors, maintenant et à l'avenir Quand je suis retourné en Israël après 8 ans d'études des arts martiaux à l'étranger (principalement au Japon), j'ai été recruté de nouveau dans l'armée israélienne par le lieutenant-colonel Avi Harus (RIP) pour créer un nouveau système corps-à-corps pour les recrues des forces spéciales de l'armée. J'étais auparavant sous-officier supérieur et je suis devenu à ce moment-là officier supérieur avec le grade de major. Lorsque j'ai évalué leur programme, j'ai constaté que le système d'arts martiaux qu'ils pratiquaient n'avait pas été mis à jour depuis plus de 30 ans. J'ai développé un nouveau programme de combat face à face, plus pratique, plus efficace, et qui s’ajustait à la mission de l'école. Ce programme que j'ai développé là-bas est la base de ce qui deviendra l'un des arts martiaux les plus respectés du monde. Quand l’unité spéciale anti-terroriste israélienne voulut rafraîchir son système, tous les entraîneurs CQB d’Israël convoitèrent le poste prestigieux. L'unité en question est le Yamam, la division des opérations spéciales de la police nationale israélienne. Elle est reconnue comme l'une des unités de combat les plus expérimentées et prête au combat dans le monde. Toutes les demandes et propositions pour ce poste prestigieux ont été examinées et j'ai obtenu le poste. En tant que sergent-major du commandement dans le Yamam, j'ai travaillé avec le lieutenant-colonel Chaim Peer, un homme très respecté de l’unité supérieure des forces spéciales de l'armée (similaire à la Delta Force aux États-Unis). Le lieutenant-colonel Peer possède une grande connaissance des besoins de l’unité et des tactiques et, avec ma connaissance des arts martiaux, nous avons créé un nouveau système de combat rapproché pour l'une des plus prestigieuses unités d'élite des opérations de combat dans le monde. Je l'ai appelé KAPAP.


KAPAP était un acronyme hébreu oublié par la plupart et qui signifie « combat face à face ». J'ai nommé le nouveau système KAPAP pour nous assurer que notre nouveau système se distinguait des styles de Krav Maga. Pour référence, « Krav Maga » est devenu le nom par défaut du combat au corps à corps à partir de la fin des années 1960. Lorsque nous avons développé le KAPAP, nous avons spécifiquement construis un programme pour l'unité d’opérations spéciales. Il ne fallut cependant pas attendre longtemps avant que notre nouveau système soit reconnu comme un programme de combat extrêmement efficace et avant-gardiste. Même si notre système n'a pas été conçu, originalement, pour le grand public ni même pour les pratiquants d’arts martiaux, le KAPAP

est rapidement devenu populaire et a acquis une solide réputation au sein de la communauté du CQB. Finalement, j’ai quitté Israël et j’ai commencé à faire connaître les principes et les méthodes de tactiques défensives à la police et aux civils. Le KAPAP a continué de grandir. Ces quelques dernières années, j'ai voyagé non-stop pour l'enseigner. J'ai maintenant une grande équipe d'instructeurs avec des écoles KAPAP dans le monde entier. Nous avons même enseigné le KAPAP en Antarctique. En 15 ans seulement, le KAPAP a cessé d'être un système pratiqué par un petit groupe pour devenir un système mondial, un système pour tous. Mon objectif principal est grandir et de développer continuellement la qualité de mes instructeurs de sorte que le même


Grands Maîtres message, les mêmes techniques et le même esprit puissent être appris dans chaque école. Pour ce faire, l'organisation est essentielle. Suite à l'encouragement de mes amis et professeurs, j'ai construit l’Avi Nardia Academy qui représente mon équipe d'écoles dans le monde. Comme j’ai également des ceintures noires en Karaté, Judo, Jujutsu japonais et Machado Brazilian Jiu Jitsu, l’Avi Nardia Academy est une école d'arts martiaux pratiques qui inclut le corps à corps, le couteau, le bâton, les armes à feu et tout le reste. Nous enseignons un art martial traditionnel, sportif et de combat sous un même drapeau à quiconque souhaite apprendre et progresser, et avec une seule condition majeure : l'intégrité. Le KAPAP n'est plus seulement les « arts martiaux des forces spéciales israéliennes ». Je me sens très honoré d'avoir un

merveilleux élève âgé de 72 ans dans mon académie. C’est un exemple du KAPAP tel que je le vois progresser à l'avenir. Nous devons aider les civils, y compris les femmes, les enfants, les personnes âgées et les adolescents. Je considère aujourd’hui mes réalisations personnelles dans la vie autrement qu’avant et je considère maintenant qu’enseigner aux enfants handicapés est plus important qu’enseigner aux forces spéciales. J'enseigne à partir du cœur et comme un guerrier. Ma philosophie se centre sur la vérité, l'amour et la paix. J'encourage mes élèves à faire preuve de compassion, sans être vulnérables. Ce qui est intéressant, c’est que peu importe que les gens soient physiquement forts ou faibles, nous pouvons tous choisir d'être aimable, respectueux et pacifique.


De toutes les techniques qui constituent le système WingTsun, je peux affirmer sans crainte de me tromper que la moins pratiquée dans toutes les branches et les écoles est le Chi Gerk. Le concept de Chi Gerk (jambes collantes) contient un certain nombre de techniques très importantes si nous voulons mettre en pratique notre système à la recherche de l'efficacité maximale.


WingTsun Chi Gerk… Le grand oublié ! Il y a un an, j'ai conçu avec mon équipe de moniteurs plus avancés une série d'entraînements que nous appelons TAOWS Lab (Laboratoire de TAOWS Academy). Avec le LAB, nous voulions faire un pas de plus dans l'entraînement pour tenter d'intégrer l'ensemble du système suivant une ligne cohérente de travail et de pratique qui s'approche de notre idée originale : pouvoir appliquer notre style dans n'importe quelle situation de combat. Beaucoup de lecteurs pourraient penser : « Mais… n'est-ce pas exactement ce que tout pratiquant de Wing Chun vise avec sa formation ? » Et la réponse ne peut être que oui, en effet. Chacun fait de son mieux pour y parvenir. Et c'est précisément la raison pour laquelle nous croyons que pour obtenir un système logique sans « incohérences techniques », nous devons pratiquer beaucoup plus sous la tutelle des meilleurs maîtres : le silence et l'effort dans la salle d'entraînement ! Le TAOWS Lab est un groupe où nous essayons d'analyser notre système de différents points de vue. En de nombreuses occasions, pour comprendre certains aspects, prendre du recul et regarder les choses d'un autre point de vue peut nous donner d'énormes et d'agréables surprises. Il s'agit de notre approche initiale. Si nous regardons notre style avec des objectifs très clairs, mais en étudiant certains autres aspects tels que la biomécanique, la stratégie, la physique, l'anthropologie, etc., nous parviendrons sûrement à connaître beaucoup mieux le style que nous pratiquons. Beaucoup de puristes des styles chinois n'aiment pas trop ces méthodes, mais je voudrais les inviter à connaître notre travail. Je suis sûr qu'ils le trouveront des plus intéressant et peut-être même pouvons-nous leur donner un autre point de vue qui enrichisse leur propre pratique. Quoi qu'il en soit, ceux qui connaissent notre travail connaissent parfaitement notre obsession à défendre la tradition et à préserver les valeurs traditionnelles de notre art. En étudiant l'histoire de notre style, ce qui m'a le plus surpris, c'est de découvrir comment le Grand Maître Yip Man fut capable de réaliser des « changements » dans le système « traditionnel ». Ne me dites pas qu'il n'est pas curieux que celui est aujourd'hui le plus haut représentant du Wing Chun traditionnel fut à l'époque traité de « révolutionnaire ». Je ne voudrais pas imaginer la quantité de problèmes personnels que cela a dû provoquer. Si, dans une ligne directe du grand maître Cham Wha Sun et du grand maître Leung Bik sans « contamination » apparente, le grand maître Yip Man a osé enseigner son propre point de vue et essayer de simplifier le système, nous pouvons nous faire une idée de la difficulté de proposer de nouvelles idées et de nouveaux points de vue. Dans divers écrits, je commente les énormes différences entre le Wing Chun que le grand maître Yip Man a appris de


WingTsun


« En étudiant l'histoire de notre style, ce qui m'a le plus surpris, c'est de découvrir comment le Grand Maître Yip Man fut capable de réaliser des changements dans le système traditionnel. Ne me dites pas qu'il n'est pas curieux que celui est aujourd'hui le plus haut représentant du Wing Chun traditionnel fut à l'époque traité de révolutionnaire. » Fat Shan par rapport à celui qu'il apprit du grand maître Leung Bik (fils du Dr Leung Jan père et maître des deux). Il est impressionnant de voir comment, en une génération, un même style peut engendrer autant de différences entre deux pratiquants contemporains. Si nous étudions la première et la dernière époque de Yip Man à Hong Kong, nous trouvons également de grandes différences. Si finalement nous regardons les premières années de l'époque « post » Yip Man et l'actuelle, nous trouverons (à quelques exceptions près) de grandes différences. Qu'est-ce qui provoque cela ? Comment est-il possible que, dans la même lignée d'un style, il puisse exister des styles aussi différents ? L'explication se trouve, à mon avis, dans les caractéristiques qui définissent notre système, mais surtout dans le fait que les idées et les concepts ont toujours été au-dessus des techniques. Je ne veux pas dire par là que la technique n'est pas importante, mais peut-être que, dans ce système, les concepts sont encore plus importants. Cela crée ces différences à beaucoup de niveaux, y compris l'esthétique des mouvements d'une école à l'autre. En lançant notre TAOWS Lab, nous essayons de soumettre à différents points de vue ce que nous faisons déjà. Dans mon expérience avec la pratique, j'ai dû tester à plusieurs reprises l'efficacité du Wing Tsun dans la pratique réelle. Ce n'est pas quelque chose dont je me sente particulièrement fier, mais croyez-moi, je peux reconnaître ce qui fonctionne et ce qui absolument inapplicable dans le combat réel. En ce qui concerne le chapitre du Chi Gerk, j'ai étudié en profondeur le travail de nombreuses écoles de Wing Chun en Europe et en Amérique. S'il existe un élément commun à presque toutes les écoles de Wing Chun d'Europe, c'est bien le peu de temps consacré au Chi Gerk. Comme je le disais dans un autre cas, la pratique du Chi Sao (l'âme du système) finit par engendrer une dépendance. Quelque chose de presque maladive. Cela engendre un important déséquilibre dans la pratique, parce que dans le cas d'un combat réel ou d'une auto-défense, la pratique du Chi Gerk devient fondamentale. La pratique du Chi Gerk a été réduite à quelques exercices simples où un pratiquant appuie sur la jambe du partenaire d'entraînement pour que celui-ci réagisse par contact pour obtenir la position. À mon avis, ces exercices et leur pratique sont trop pauvres. Trop superficiels. Si nous nous situons de nouveau dans la situation de comprendre l'idée par dessus la technique, nous devrons comprendre que le sens littéral de « Chi Gerk » fait directement référence à « jambes collantes ». Nous conviendrons que l'intention des « jambes collantes » devrait être similaire à celle des mains collantes : rester en contact avec les membres inférieurs de l'adversaire et céder aux pressions pour rencontrer un vide de force qui


WingTsun puisse être postérieurement exploité pour attaquer les bases de l'adversaire. Mais quand nous commençons à pratiquer un peu plus sérieusement cet aspect particulier de notre style, s'ouvre devant nous un champ de possibilités inimaginables. Lorsque nous avons décidé d'aborder l'entraînement du Chi Sao, nous avons eu l'idée d'étudier un style qui gère l'usage des jambes suivant une idée similaire à celle du Wing Tsun : le Jiu Jitsu Brésilien. En BJJ, le pratiquant utilise ses jambes en se collant à l'adversaire pour l'empêcher de passer la garde et le surpasser. Pour cela, les jambes acquièrent une mobilité et une force incroyable, une capacité à se coller et à lutter contre un ennemi basée sur le contrôle « collant » de l'adversaire au moyen des jambes. Ce travail technique nous a ouvert les yeux sur la façon dont nous pourrions centrer correctement la pratique du Chi Gerk. Si nous entraînons, suivant une même direction, la pureté des techniques de Chi Gerk et la maîtrise correcte de l'angle et de la pression conjointement aux incroyables exercices qui sont utilisés dans le monde du grappling pour développer une compétence, nous aurons la combinaison parfaite. Après cette phase d'entraînement, nous commençons à remarquer que les possibilités de faire des choses avec les jambes augmentent de façon exponentielle. Nous ne nous contentons pas de toucher avec notre jambe les jambes de l'autre pour essayer d'inhiber une partie de son mouvement. Nous pouvons faire pression, céder, balayer, gagner une position pour projeter, écraser avec le pied, frapper, etc. Un nouvel arsenal incroyable s'ouvre devant nos yeux. Nous sommes aux premiers stades de développement de ces exercices spécifiques, mais nous pouvons dire sans aucun doute que plus nous pratiquons et comprenons le Chi Gerk, plus les chances de victoire sont grandes. Vous constaterez également qu'une capacité similaire en Chi Sao décidera toujours d'un usage correct du Chi Gerk. Si nous regardons depuis une certaine perspective les arts martiaux chinois, nous verrons que l'utilisation des jambes pour se coller, écraser avec le pied, balayer, etc., est très habituelle dans d'autres styles (Choi Li Fut, Hung Gar…). Il s'agit donc de l'une de ces « matières oubliées » à laquelle nous devrons consacrer quelques heures pour arriver à améliorer notre performance. Comme toujours, le Wing Tsun est généreux, plus nous investissons dans sa pratique correcte, plus il nous apporte… Il n'y a pas de secrets.


« Bruce Lee fut bien sûr l'une de mes plus grandes idoles, il était vraiment tout le temps dans une forme étonnante » « Il y a beaucoup de pratiquants d'art martiaux qui ne sont tout simplement pas en forme, mais je crois que, pour devenir le meilleur, vous devez être comme un pratiquant d'art martial, vous devez d'abord être en grande forme. »


Mr. Tae Bo, Mr. Fitness, Mr. Competitor, Mr. Entrepreneur, Mr. Success Story, Mr. Nice Guy, Billy « Tae Bo® »… Blanks est tout cela et bien plus encore. Après avoir vu Billy Blanks enseigner une heure de Tae Bo®, j'ai réalisé que mon entraînement d'une heure quatre fois par semaine n'était rien du tout. Billy a près de 60 ans et il est dans la forme la plus incroyable que j'ai jamais rencontrée à son âge. En fait, je ne connais personne quel que soit son âge qui soit en aussi bonne forme physique que lui. Il me fallait, sans plus attendre, l'interviewer sur sa vie et son expérience des arts martiaux et du fitness. Billy a commencé la passion de sa vie à Erie en Pennsylvanie sous la direction de Tom Meyers. Après seulement trois ans d'entraînement, il a obtenu sa première ceinture noire à l'âge de 14 ans.

Par: Don Warrener

Les arts anciens de Billy Blanks B.I.: Quelles ont été vos plus grandes victoires comme compétiteur ? B.B.: J'ai beaucoup gagné quand j'ai commencé la compétition, mais je pense que la victoire la plus significative fut celle de 1975, quand j'ai gagné contre l'AAU Nationals. Tous les meilleurs combattants du monde sont venus à ce tournoi et j'ai dû faire 24 combats pour gagner. Il y eut 12 combats le samedi et 12 le dimanche. J'ai été le premier Américain à remporter ce titre. Avant moi, les gagnants étaient tous des étrangers. Des gens comme Victor Moore participaient à la compétition et beaucoup de combattants que j'ai affrontés étaient de grands noms de l'époque. Je n'avais même pas eu envie de participer au tournoi, car je ne me croyais capable de battre aucun de ces grands combattants, mais on me persuada de le faire. C'est grâce à cette expérience que j'ai vraiment commencé à croire en moi. B.I.: Avez-vous pratiqué d'autres arts martiaux ? B.B.: Oui, j'ai aussi fait beaucoup de Boxe quand j'étais enfant et j'ai gagné les championnats Golden Gloves. B.I.: Quels sont les légendes de l'époque que vous avez combattues ? B.B.: Je pense que je les ai toutes combattues à un moment ou un autre. Je me suis battu contre Wally Slocki, un Canadien qui avait les meilleurs coups de pied que j'aie jamais vus. Puis je me suis battu contre Joe Lewis à mon école. Il avait coutume de venir et nous boxions quand où il passa au Kickboxing et recherchait quelqu'un de différent pour s'entraîner. Et il y eut, bien sûr, Bill Wallace, qui avait l'habitude de venir à ma salle de gym. Nous avons pratiqué et combattu en sparring du temps où il vivait à Los Angeles. B.I.: Quels étaient vos héros à cette époque ? B.B.: Wow, c'est dur de répondre à cela, parce qu'il y en avait tellement… Wally Slocki me servit de modèle pour mes coups de pied, car il avait les coups de pied les plus forts et les meilleurs que j'aie jamais vus. Et pour le fitness, Bruce Lee fut bien sûr l'une de mes plus grandes idoles, il était vraiment


Interview tout le temps dans une forme étonnante. J'aimais aussi beaucoup regarder Tadashi Yamashita. Il était le plus rapide de tous ceux que j'aie jamais vu. Et il y a aussi mon bon ami, Don Jacob de Trinidad. Il est un pratiquant d'art martial incroyable et il est rarement reconnu pour sa vraie grandeur. C'est un professeur extraordinaire, il faisait les meilleures démonstrations que j'aie jamais vues, sans exception, et pour couronner le tout, il a une personnalité exceptionnelle et c'est un modèle formidable pour nos jeunes. Mais la seule personne qui m'émerveille encore, c'est le Grand Maître Parc Jong Soo de Toronto, mon professeur. Non seulement c'est un véritable gentleman, mais encore sa technique et sa capacité de combat sont incomparables. Il n'y a vraiment personne comme lui. Je me souviens un jour à son école, il m'a dit : « Ton attaque est très bonne, mais montre-moi maintenant comme tu te

défends. » J'ai reçu une belle leçon. Il était fort rapide et très trompeur. Beaucoup m'ont offert de hauts grades dans le passé, mais je n'en ai jamais accepté aucun, sauf le 8e dan que m'a offert le Grand Maître Parc et que j'ai accepté avec une humilité sincère. B.I.: Quelle est votre opinion de l'UFC et du MMA ? B.B.: Lorsque l'UFC a démarré, il a changé la perception du public des arts martiaux et beaucoup croient maintenant que c'est la référence pour tous les arts martiaux. Les combattants de l'UFC sont un mélange de gladiateurs des temps modernes et de pratiquants d'arts martiaux. Les caractéristiques que les véritables écoles d'arts martiaux enseignent à chaque pratiquant, la discipline, la concentration mentale et la conscience de soi, ces caractéristiques ne semblent pas être très présentes chez certains membres de l'UFC. Il y a certains combattants, comme Lyota Machida et Georges St-Pierre, qui ont le véritable esprit des arts martiaux et une vraie base martiale et on le voit dans la façon dont ils répondent lors d'une interview. Ce que l'UFC a de bon, c'est qu'il l'a transformé en un sport qui est vu par des millions de téléspectateurs. B.I.: Comment et pourquoi avez-vous abouti à Hollywood étant d'Erié (Pennsylvanie) ? B.B.: J'ai toujours rêvé d'être comme Bruce Lee dans ses films. J'ai donc décidé d'aller à Boston,


d'abord, et d'établir mon programme Tae Bo®. Puis, à 28 ans, je suis allé vivre à Los Angeles et j'ai essayé de percer dans l'industrie du cinéma. B.I.: Comment avez-vous réussi à Hollywood ? B.B.: Bien, mais quand le Tae Bo® a décollé, j'ai dû mettre tout cela en veilleuse. Je n'ai fait que quelques grands films comme « Le Dernier Samaritain » avec Bruce Willis et « Le Collectionneur » avec Morgan Freeman. B.I.: Avez-vous l'intention d'y retourner ? B.B.: Oui, j'ai l'intention de reprendre contact avec l'industrie du cinéma très bientôt. Je viens de terminer l'écriture d'un script que j'aime vraiment et j'espère pouvoir en être l'acteur ainsi que le producteur. B.I.: Si un jeune vient vous voir et demande à entrer dans le monde hollywoodien, que lui diriez-vous de faire ? B.B.: La première chose que je dirais, c'est qu'ils doivent d'abord croire en eux et croire qu'ils peuvent le faire. Ensuite, ils ont besoin d'avoir à l'esprit des objectifs très précis de ce qu'ils veulent accomplir. Ils ne doivent jamais perdre de vue leur style de vie personnelle car Hollywood peut être un endroit cruel et il y aura toujours quelqu'un d'autre pour devenir la prochaine grande vedette. B.I.: Alors, d'où vous est venue l'idée du Tae Bo® ? B.B. : Vers 1975, je travaillais dans mon sous-sol avec l'un de ces vieux enregistreurs de cassettes avec des écouteurs, ça m'aidait vraiment beaucoup. Et un jour, alors que j'étais avec l'entraîneur (Chuck Merriman) et la « Transworld Oil Team », je lui ai demandé si je pouvais le prendre pour une séance d'entraînement. Après avoir vu que beaucoup d'entre eux ne pouvaient tout simplement pas suivre le rythme, j'ai su que j'avais là quelque chose de bon. Je l'ai d'abord appelé Karaerobics, mais j'ai pensé ensuite : « Je fais du Tae Kwon Do, pas du Karaté, et je fais aussi beaucoup de Boxe, je vais donc l'appeler


Tae Bo®. » Il y a beaucoup de pratiquants d'art martiaux qui ne sont tout simplement pas en forme, mais je crois que, pour devenir le meilleur, vous devez être comme un pratiquant d'art martial, vous devez d'abord être en grande forme. C'est, je pense, la seule raison pour laquelle j'ai eu un tel succès dans les compétitions. J'étais en grande forme par rapport à la plupart des autres. B.B.: Savez-vous ce que Tae Bo ® signifie également ? B.I.: Non, qu'est-ce que ça représente ? B.B.: Eh bien, c'est aussi un acronyme pour : T = Total ; A = conscience ; E = excellence ; B = corps ; O = obéissance. B.I.: C'est très bien, mais y a-t-il un autre style d'arts martiaux impliqué dans sa création ? B.B. : Non, aucun autre style d'arts martiaux, mais j'ai fait du ballet pendant 12 ans et mon professeur russe m'a appris à considérer la musique. J'utilise cela dans chaque exercice Tae Bo®. Les étirements dans le ballet sont excellents et je les utilise aussi. J'ai aussi eu la chance de danser dans 12 ballets différents, y compris Casse-Noisette, Le Lac des cygnes et Billy The Kid.

B.I.: Qu'est-ce qui a permis au Tae Bo® d'avoir un tel succès ? B.B.: Je pense que plusieurs facteurs. Le premier et le plus important, c'est que j'appelle la vérité, que se mettre en forme, c'est un dur travail et rester en forme encore plus dur. En outre, ce fut le premier entraînement réel où vous voyiez des femmes transpirer vraiment. Si vous faites du Tae Bo® vous allez transpirer, ça c'est sûr. B.I.: A-t-il changé au fil des ans et si oui, comment a-t-il changé ? B.B.: Oui, nous changeons tout le temps pour suivre le rythme du temps. Le plus grand changement, c'est la musique, car il nous faut toujours être à jour. B.I.: Quelle fut la plus grande impulsion qui vous mena au succès ? B.B.: Un gars est venu un jour à mon studio et m'a demandé si je voulais l'enregistrer et j'ai dit oui tout de suite. Après ça, tout le reste c'est du passé. B.I.: Alors qu'est-ce qui lui est arrivé ? Cet enregistrement semble avoir disparu… B.B.: Tout a un temps et c'était une autre époque. Nous avons eu beaucoup de succès avec le Tae Bo®, nous avons vendu plus de 175 millions de DVD en 1999. Maintenant, je pense que nous sommes à plus de 200 millions d'exemplaires vendus. Plus qu'aucun autre DVD de Fitness de l'histoire. Quand il était si populaire, il ne fut surpassé en ventes que par le film Titanic. Jusqu'à ce jour, j'ai fait plus de 175 DVD d'entraînement différents. Vous vous souvenez de mon école à Sherman Oaks, lorsque vous êtes venu me voir, combien elle était pleine ? Nous avions des cours tout le temps de près de 200 personnes et 200 autres prêtes à entrer au cours suivant. Je me souviens que la première fois que je suis allé au Japon pour enseigner, il y avait 20.000 fans qui m'attendaient à l'aéroport. Autant de personnes, m'ont-ils dit, que quand les Beatles sont allés au Japon. C'était une foule énorme de gens partout.


B.I.: Pourquoi avez-vous fini par aller vivre au Japon ? B.B.: Eh bien, avec tout ce qui y est arrivé à Hollywood, j'ai dû m'éloigner. Je suis allé vivre dans un tout petit village au Japon, où je pratiquais juste pour moi et je courais tous les jours. J'ai recommencé à faire mes propres exercices quotidiens, à avoir une alimentation saine et à revenir aux choses importantes pour moi. Je me retrouvais célibataire après un divorce et je n'avais pas vraiment envie d'une autre relation, jusqu'au jour où j'ai rencontré la femme la plus étonnante et merveilleuse. Nous nous sommes finalement mariés et nous avons maintenant une fille de 5 ans et la vie ne pourrait être meilleure. B.I.: Quelle était la différence entre le Japon et l'Amérique ? B.B.: Ce fut vraiment différent pour moi car les Japonais ne montrent pas leurs émotions comme nous le faisons en Amérique, cela fait partie de leur culture. Je me souviens un jour que j'enseignais, j'ai remarqué que personne ne faisait attention à moi, je me suis arrêté et leur ai dit que je voulais qu'ils comptent à voix haute. Ils étaient en état de choc, mais ils l'ont fait, et ils sont un peu sortis de leur coquille. Maintenant, ma femme, ma fille et moi, nous nous rendons trois ou quatre fois par an à Osaka pour enseigner, car nous avons toujours une école là-bas. B.I.: Qu'avez-vous appris d'eux ? B.B.: J'ai appris à contrôler mes émotions, comment ne pas montrer mes émotions et comment être plus patient. B.I.: Qu'en est-il des arts martiaux ? B.B.: Je me suis entraîné un peu en Karaté Shotokan ainsi qu'au Karaté d'Okinawa. J'ai même rencontré et pratiqué avec l'un des derniers ninjas. Ce fut vraiment formidable et j'apprécie vraiment toute cette connaissance. B.I.: Je sais que la religion est très importante pour vous. Pouvez-nous dire comment vous avez rencontré Dieu ? B.B.: Je suis vraiment heureux que vous posiez cette question. Quand j'étais jeune, j'allais à l'église tout le temps, mais le jour


« Mon prochain projet, c'est le « Billy Blanks ® Ancient Arts Center » que nous allons ouvrir à Dana Point en Californie en septembre 2014. »


Interview où j'ai fêté mes 18 ans, je me suis juré de ne jamais y retourner. Puis, un jour après avoir déménagé à Los Angeles, j'étais à la maison à regarder la télévision et j'ai vu ce prédicateur, Frederick Casey Price. Il disait des choses très différentes de ceux que j'avais entendu avant, qui étaient de vrais hypocrites. Ils parlaient tous du verbe, mais pas de suivre une voie, mais lui, c'était différent. Le lendemain, j'ai alors demandé à mes élèves s'ils savaient où se trouvait l'église de cet homme et un jeune de 18 ans me dit qu'il pouvait m'y conduire. Alors j'y suis allé. Quand je suis arrivé, j'ai écouté son sermon et je me répétais à moimême, je ne peux pas attendre qu'il ait fini, je dois

m'en aller. Et quand il eut fini, je me suis levé et je me suis mis à courir. Je me suis retrouvé au pied de l'autel en train de pleurer à chaudes larmes. C'est là que j'ai pensé consacrer ma vie au Christ et que j'ai commencé à vraiment étudier la Bible. Vous voyez, je suis né dans le ghetto et j'ai rêvé de sortir du ghetto, de devenir un champion d'arts martiaux, de devenir comme Bruce Lee, d'avoir des voitures coûteuses et une vie rapide. Mais quand j'ai eu toutes ces choses, j'ai réalisé qu'elles ne m'avaient pas vraiment apporté toute la satisfaction que j'avais imaginé. Je me sentais vide. Ce n'est que lorsque j'ai accepté le Christ dans ma vie que je me suis senti comblé. B.I.: Quels sont vos projets ? B.B. : Mon prochain projet, c'est le « Billy Blanks ® Ancient Arts Center » que nous allons ouvrir à Dana


Point en Californie en septembre 2014. Il aura des services étonnants avec un Health Spa japonais complet et un centre de fitness avec beaucoup de place pour que je puisse enseigner le Tae Bo® et les arts martiaux comme j'ai toujours eu envie de le faire. Mon but est d'avoir un studio où la discipline et la conscience de soi seraient à l'avant-garde de l'enseignement, en plus, bien sûr, du fitness. B.I.: Eh bien Billy, cela fait plus de 40 ans que nous nous sommes rencontré pour la première fois à Buffalo, à ce tournoi où nous sommes devenus amis quand j'ai fait la première interview de vous pour mon vieux magazine. Je crois que j'ai un don pour choisir les gagnants. Je savais alors que vous étiez un gagnant et vous avez largement démontré que j'avais raison. J'espère que nous pourrons refaire ceci à nouveau dans 40 ans. B.B.: Je l'espère aussi. Merci beaucoup.


Une fois révisés et ajustés les concepts et les méthodologies d'une école qui provient d'une méthode de combat réel, la Zen Nihon Toyama-Ryu Iai-Do Renmei (ZNTIR) s'efforce actuellement de maintenir cette tradition vivante et de conserver les formes originales à travers un système qui unifie le corps, la pensée et l'esprit de manière réaliste et efficace. Ce DVD a été créé à la demande des pratiquants de la filiale espagnole de la Zen Nihon Toyama-Ryu Iaido Renmei (ZNTIR - Spain Branch) afin de faire connaître au monde entier un style de combat avec une vraie épée, créé au XXème siècle dernier, mais dont les racines plongent dans les anciennes techniques guerrières du Japon féodal. Il vous présente la structure de base de la méthodologie qui est appliquée dans le style, depuis les exercices d'échauffement et de préparation codifiés, en passant par les exercices de coupe, les gardes, les katas de l'école, le travail avec un partenaire et l'initiation au Tameshigiri, les exercices de coupe sur une cible réelle, la pierre angulaire sur laquelle se base le Toyama-Ryu. Nous espérons que la connaissance de l'existence d'un style comme le Toyama-Ryu Batto-Jutsu soit un stimulant envers ce style traditionnel, très différent des disciplines de combat actuelles et qu'il attire ceux qui désirent aller plus loin dans leurs pratiques martiales. Ce DVD sera utile à tous ceux que le sabre japonais intéressent, amateurs ou professionnels, pour appuyer leur apprentissage ou comme objet de consultation.

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Tous les DVDs produits par Budo International sont scell s au moyen d une tiquette holographique distinctive et sont r alis s sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De m me, l impression des jaquettes ainsi que les s rigraphies suivent les plus strictes exigences de qualit . Si ce DVD ne remplit pas ces crit res et/ou si la jaquette ou la s rigraphie ne co ncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s agit d une copie pirate.

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Les cinq éléments du Shaolin Hung Gar Kung-Fu Les éléments du Hung Gar ne sont pas basés sur des positions, des postures ou des techniques, mais ils sont une conception de certains pouvoirs particuliers dans le corps humain. La théorie des éléments est très abstraite, mais mise en rapport avec les différents animaux, elle devient la source de pouvoirs énormes. Ces pouvoirs sont l'une des premières caractéristiques du style Hung.


La plupart des ceux qui pratiquent le Hung Gar Kung Fu original connaissent l'existence des cinq styles d’animaux. On sait moins, cependant, que la théorie des cinq éléments est également une partie de cet art ancien. La doctrine des éléments et les styles d’animaux sont l’un et l’autre de véritables trésors qui offrent une connaissance et des compétences approfondie aux élèves intéressés. Ici, en Occident, nous considérons généralement quatre éléments : l’air, l’eau, le feu et la terre.


Mais le Hung Gar Kung-Fu traditionnel en reconnaît cinq : le feu, le bois, l'eau, le métal et la terre. Ces cinq éléments sont profondément ancrés dans le style Hung et comme nous venons de le dire, sont directement associés aux cinq styles d’animaux. Dans l’un de mes articles précédents sur le style du dragon, par exemple, je parle du lien entre le dragon et l’élément terre. Mais commençons par le commencement. La plupart des choses que l’on trouve dans les livres ou sur d'Internet utilisent une phraséologie fleurie. Vous avez sûrement lu des choses telles que : l'élément bois signifie utiliser une position basse et enracinée tout comme l’arbre puissant enfonce profondément ses racines dans la terre, par exemple. La plupart du temps, ces conseils n’apportent pas une aide réelle, ils sont tout simplement trop abstraits pour permettre d’évoluer dans le Hung Gar. Mais l'élève avide de connaissances veut précisément comprendre quelle technique se cache derrière un élément. Il a appris que tout dans le Hung Gar Kung Fu a un sens pour le combat. Mais un professeur de Hung Gar traditionnel n’apporte pas la solution sur un plateau d'argent. Un Sifu dira plutôt à son élève : « Regarde attentivement ! Il s'agit d'une technique de type métal. » L'élève ambitieux regarde attentivement et pense au début : « Super ! Ça doit être métal, ce n’est pas grand-chose », et point final. Mais ce n'est pas si facile. Le maître a raison. Il a montré une technique métal typique. Mais qu'est-ce que cela signifie exactement et pourquoi elle est associée à l'élément métal reste un mystère pour l'élève. Comme mentionné plus haut la théorie des cinq éléments est abstraite, elle est plus que de simples techniques et de simples mouvements, beaucoup plus. Ce sont cinq conceptions différentes de la puissance. Nous pourrions parler de cinq types différents de force. Ou de cinq façons fondamentales d'utiliser le corps dans le combat pour engendrer de la puissance. Je laisse à l'élève ambitieux et désireux de connaissance le soin de préciser quels sont ces mouvements et ces philosophies. Même si elles contiennent d'énormes et de dangereux pouvoirs, capables de provoquer de graves blessures à l'adversaire lorsqu'elles sont utilisées en combinaison avec les techniques de main et les styles d’animaux, elles apparaissent très banales une fois découvertes. Ce sont ces pouvoirs exactement qui sont responsables de la réputation du Hung Gar au cours de ces mille dernières années. Ces blessures graves causées par des mouvements de combat infimes, précis et perfectionnés laissent les observateurs tremblant de peur. Cela explique pourquoi les personnes qui pratiquent le Hung Gar sont souvent décrites comme d’une rapidité, d’une

résistance et d’une puissance surhumaines. Souvent, lorsqu'on parle de la théorie des éléments, on veut également parler des différentes relations entre les éléments et les cycles de conversion qui en résultent. Toutefois, dans le style Hung original, ces derniers sont sans importance. L'objectif principal du Hung Gar et la raison de son développement ont toujours été d'être aussi efficace que possible dans le combat. Dans un combat à mort, on n'a pas le temps de réfléchir à l’élément qu’utilise l'adversaire dans son attaque pour ensuite appliquer le contre-élément. La victoire ou la défaite se décide en une fraction de seconde. Un de mes frères du Hung Gar aime à résumer la théorie des éléments de la façon suivante : « Il s’agit seulement de détruire le corps de l'adversaire. »

Terre L'élément Terre représente la stabilité d'une montagne et la douceur du sable sec traversant les doigts. La puissance provient d'une position basse, enracinée dans la terre et transmise au poing, comme un uppercut, qui affecte les fonctions vitales de la rate et de l'estomac. La terre est l'un des cinq éléments du Hung Kuen. En général, les techniques Terre sont caractérisées par des positions basses et arrondies, et des mouvements vers le haut soutenus par un qi très puissant. C'est ce qui explique sa relation au style de dragon du Hung Gar mentionné dans un article précédent. Le Qi et la technique sont mieux précisés par les adjectifs « solide » ou « stable », mais dans le style Hung, nous ne préférons jamais exclusivement le dur ou le doux. Les deux aspects sont d'égale importance. Il s’agit plutôt d’utiliser les deux types d’habiletés suivant ce qu’exige la situation. Si les coups de mon adversaire sont durs et rigides par rapport aux miens, je préférerai le côté doux. Mais si ses attaques sont douces et faibles, je choisirai le côté dur du Hung Gar. Symboliquement, nous pouvons dire que l'élément Terre est, dans le combat, solide comme le roc et doux comme le sable sec. L'étudiant ambitieux doit savoir que la Terre est l'épicentre de tous les éléments. C'est ce qui explique l'illustration circulaire avec la Terre au centre. Comme nous le savons, la médecine traditionnelle chinoise a toujours fait partie du style Hung original. Les blessures qui se produisent au cours de l'exercice ou du combat doivent être soignées. L'élément Terre a ici aussi sa place. Il est en relation avec la rate (Yin) et l'estomac (Yang). Si nous voulons prendre soin et bien traiter nos organes « centraux », nous devons manger tranquillement et régulièrement. Ce que nous mangeons est


tout aussi important, car cela détermine comment nous nous sentons et l’état de notre corps physique : « Vous êtes ce que vous mangez ». L'élément Terre est en outre associé à bien d'autres choses comme la couleur jaune ou la saveur sucrée. Il est possible de projeter la théorie des cinq éléments à presque tout. Là, nous perdons de vue ce qui est vraiment pertinent. Toutes ces significations symboliques ne doivent pas être prises trop au sérieux, car

elles nous distraient de l'essence du système Hung Gar. Nous devons toujours nous rappeler le but premier de cet art martial. Il a été conçu pour être aussi efficace que possible dans une lutte à mort et pour conserver le pratiquant en bonne santé le plus longtemps possible. Pour nous, d'un point de vue pratique, cela veut dire que l'élément Terre représente un certain type de puissance dans le combat.


Le Kihon Waza (techniques de base) est la partie la plus importante de l'entraînement de tout art martial. Dans ce DVD, le maître Sueyoshi Akeshi nous montre divers types d'entraînement du Kihon avec Bokken, Katana et à mains nues. Il explique dans tous les détails chaque technique afin que le pratiquant ait une idée plus claire de chaque mouvement et de la manière dont le corps doit correspondre au travail de chaque Kihon. Toutes les techniques ont comme base commune l'absence de Kime (force) afin que le corps puisse se développer en accord avec la technique du Battojutsu et, bien que cela puisse paraître étrange à première vue, tout le corps doit être détendu pour atteindre une capacité de réponse rapide et précise. Toutes les techniques de base sont effectuées à la vitesse réelle puis sont expliquées afin que le pratiquant puisse atteindre un niveau adéquat. L'absence de poids dans les pieds, la détente du corps, le fait de laisser tomber le centre de gravité, sont des éléments importants sur lesquels le maître insiste et qui permettent d'obtenir un bon niveau technique et une relation directe entre la technique de base et l'application réelle.

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Michele Panfietti (PrĂŠsident mondial de la WKA et de la WTKA et organisateur du Festival d'Oriente de Carrare et Milan) Interview de : Nicola Pastorino & Leandro Bocchicchio


P

armi les nombreuses p e r s o n n e s rencontrées et interviewées au cours du récent « Sport Show Revolution » de Chiuduno (Bergame), nous en avons « captée » une, de grande importance dans le panorama national (et au-delà) des arts martiaux. Une personne qui, grâce à son intuition, résultat d'une énorme passion pour les arts martiaux et la culture orientale en général, a depuis quelques années contribué à leur diffusion dans tout le pays et ce, de manière significative, et décidément audacieuse et novatrice. Il s'agit de Michele Panfietti, président mondial de la WKA et de la WTKA, mais surtout le véritable architecte de ce qui est devenu aujourd'hui, en nombre et en pertinence, l'événement d'arts martiaux et de la culture orientale le plus important d'Italie et l'un des plus importants dans le monde : le Festival d'Orient. Nous eu une brève et très agréable conversation avec lui au cours de laquelle nous lui avons demandé d'expliquer les raisons du succès

de cet événement, ce qui l'a conduit à le créer et quels sont ses projets d'avenir. Habitué à le voir dans l'exercice de ses fonctions d'organisateur à Carrare, hyperactif et concentré pour que tout se passe bien, nous avons profité du calme relatif du contexte pour lui demander de nous raconter le fond de son aventure de ces dernières années à la tête d'un événement qui a commencé un peu comme un pari, mais qui a maintenant atteint une dimension médiatique presque mondiale. Budo International : Avant de parler des projets qui concernent le Festival d'Orient et d'autres, pouvez-vous nous dire la raison de votre présence ici et ce que vous pensez de ce « Sport Show Revolution » ? Michele Panfietti : L'événement est certainement bien fait, c'est l'une des neuf étapes de notre « Marathon Martial » qu'est le championnat d'Italie de la WTKA. Nous sommes très désireux de promouvoir ces initiatives, d'autant plus que nous sommes les seuls à réunir les différents

styles d'arts martiaux. Depuis que nous avons commencé, il y a 9 ans, ce fut notre carte de visite, notre marque de fabrique, que d'être en mesure de combiner et de mélanger des arts martiaux qui semblaient impossible avant à faire travailler ensemble. Notre fédération est pluridisciplinaire, les compétitions que nous organisons sont elles aussi pluridisciplinaires. De tout cela, est né le Marathon Martial, puis le Festival d'Orient. B.I. : Parlons du Festival d'Orient, avec ses numéros de plus en plus impressionnants et un intérêt croissant, jusqu'où vous proposez-vous d'arriver ? M.P. : C'est un défi permanent. De par mon tempérament, je cherche toujours à donner le meilleur, pour la passion qui brûle en moi. Ce n'est pas un objectif en particulier, mon but est de contribuer toujours plus à la diffusion de la culture des arts martiaux et de l'Orient. En effet, en ce moment, le Festival d'Orient est incroyable, il est considéré comme l'événement pour promouvoir la culture orientale le plus important dans le monde.


Noticias Italia

Cette année, des délégations coréennes de responsables gouvernementaux qui organisent un festival dans leur pays sont même venues. Il fut incroyable pour eux qu'il y ait un événement de ce genre. Ils sont venus pour, disons, apprendre à unifier les différents aspects culturels aussi bien que nous. Les Festivals de Carrare et de Milan ont atteint un nombre effrayant : environ 90.000 visiteurs en tout. Les medias de masse présents sont de niveau national (Rai, Mediaset, etc.) et international, et nous suivent de plus en plus. Cette année, nous allons également étendre l'événement à Rome, les 30 et 31 mai, 1 et 2 juin, afin de l'amener au centre-sud de l'Italie. B.I. : L'idée de la diffusion du festival à deux dates et en des lieux distincts se fait en fonction des chiffres dont nous avons parlé ou est-ce le

résultat d'un projet bien précis de l'organisation ? M.P. : Des deux en réalité. Il y a un plan d'affaires commercial, mais il existe aussi clairement la volonté d'accroître à tout le territoire l'influence de notre festival et de donner la possibilité de participer aux nombreuses personnes qui le souhaitent. Nous sommes partis de Carrare, puis nous avons été à Milan et maintenant nous allons à Rome, c'est un moyen de distribuer du Festival dans le nord, le centre et le sud de l'Italie. Nous avons atteint une telle dimension qu'il serait difficile de le réduire à une seule date. Carrare est un salon important et complexe de 45.000 m2 ; nous avons pour cette raison décidé de le partager. Avec le temps, nous avons énormément grandi ; maintenant les entités culturelles et martiales orientales ont le plaisir de venir car elles ont compris qu'il s'agit d'un cadre

important dans lequel promouvoir sérieusement leur propre activité. Comme nous travaillons sérieusement en prenant soin des détails, en faisant des choses d'un certain niveau, en proposant des spectacles et des conférences de grande profondeur, de plus en plus de gens apprécient et comprennent que cet événement vaut la peine d'être visité. Pour le moment, les résultats satisfaisants nous donnent raison. B.I. : Au nom de tous les lecteurs de Budo International, nous vous remercions de nous avoir donné une partie de votre temps et nous espérons vous retrouver bientôt à nos micros. M.P. : Bien sûr ! Nous vous attendons au festival pour promouvoir Budo International et les arts martiaux, une chose que vous faites également avec beaucoup de passion et d'excellents résultats. Merci !


Le Hwa Rang Do ® : Un art martial et un mouvement de pensée et d'action Le Hwa Rang Do ® (littéralement « la voie des jeunes chevaliers ») est un ar t mar tial traditionnel coréen dont les racines se perdent dans l'antiquité des trois royaumes qui forment la Corée d'aujourd'hui, il y a environ 2000 ans. Dans l'ancien royaume coréen de « Silla », les « Hwarang» (littéralement « jeunes cavaliers ») se préparaient à la guerre à travers une double formation : (1) culturelle : la philosophie morale, l'éthique, la musique, la stratégie, les mathématique et la littérature; (2) martiale : le combat armé et non armé sur tous les types de terrain et à cheval.


Corée « Les leçons de Hwa Rang Do ®, disciplinées et dures, sont fascinantes car elles proposent actuellement des méthodes et des approches qui sont en train de disparaître partout. »


Styles Coréens « L'approche orientée vers la force de caractère typique du Hwa Rang Do ® a eu beaucoup de succès. »


L

'intégration des techniques de combat et des disciplines culturelles tendaient à former des combattants très motivés, capables de stimuler les troupes à réaliser les actes terribles et dévastateurs typiques de la guerre de cette époque de l'histoire. Avec cette motivation et cette force, le royaume de « Silla », le plus petit des trois, est parvenu après des siècles de lutte et d'actions diplomatiques sages à unifier pour la première fois la Corée en un seul pays (environ 670 après J.-C.). Ceci donna lieu à une période de paix et de floraison des arts coréens et du bouddhisme qui est devenu un élément clé de la culture de Silla (les œuvres artistiques et architecturales de cette période incluent le temple de Hwangnyongsa, le temple de Bunhwangsa et la grotte de Seokguram, un site inscrit au patrimoine de l'humanité). Le Hwa Rang Do ®, en tant qu'art martial codifié dans les années 60 par le fondateur le Dr Joo Bang Lee (10ème Dan), reflète toute la culture Hwarang de Silla en plus de ses techniques martiales. Divisé en « Nae Kong » (techniques internes liées à l'énergie), « Wae Kong » (techniques externes, y compris 365 types de coups de pied et près de 4000 techniques de clés et de combat au corps à corps), « Moo Gi Kong » (108 types d'armes traditionnelles) et « Shin Kong » (les techniques mentales), son aspect principal est, cependant, ce qui est éthique et relatif à l'autodiscipline. En ce sens, le grand maître Taejoon Lee (président de la World Hwa Rang Do® Association - WHRDA - et 8e dan) dit ceci : « Le Hwa Rang Do® n'est pas seulement un art martial, c'est avant tout un mouvement de pensée et d'action ; la vraie force de combat d'un guerrier ne réside pas seulement dans les techniques martiales qu'il connaît, mais aussi et surtout dans sa motivation à se battre et à ne jamais abandonner ! Pour cette raison, le World Hwa Rang

Do® Association est une organisation à but non lucratif dédiée au bien social et pas à son enrichissement ou à l'argent. » L'approche orientée vers la force de caractère typique du Hwa Rang Do ® a eu beaucoup de succès aux États-Unis

(où se trouve le siège actuel du Dr Joo Bang Lee et de son fils Taejoon Lee) tout comme en Italie, où des dizaines d'écoles ont prospéré pendant plus de 10 ans. À la question : « Pourquoi se consacre-t-il de cette manière au Hwa Rang Do ? D'où lui


Styles Coréens

vient cette dévotion » », l'instructeur en chef Mark Mattiucci, officier supérieur des carabiniers et responsable pour l'Italie, répondit : « Certainement pas pour l'argent ! J'ai depuis longtemps la liberté et la possibilité de pratiquer et d'enseigner le Hwa Rang Do ® sans contraintes économiques car mes revenus ne viennent pas de là. Dans la pratique, je peux choisir mes élèves avec une extrême dureté, les soumettre à des examens constants et lourds qui couvrent les aspects physiques, culturels et martiaux et je peux rester fidèle à la culture d'origine du Hwarang (un dur entraînement du corps, du mental et de l'esprit) ». Tout cela ne semble pas faire souffrir la structure de la branche italienne de la WHRDA qui grandit constamment d'année en année, depuis son développement à l'étranger. On a récemment ouvert une nouvelle école au Luxembourg et nous avons des aspirants à instructeurs provenant d'autres pays de l'UE qui sont en train de se soumettre à un rigoureux processus de sélection. Quand on lui demande pourquoi, le colonel répond ceci : « Je ne vais pas être banal et répéter quelque chose que tout le monde sait, à savoir que nous vivons dans une société où tout est considéré comme temporaire et disparaît avec le temps. Le Hwa Rang Do ®, pratiqué comme nous le pratiquons, est un mouvement qui s'oppose à tout cela en proposant un modèle de pensée dans lequel la motivation de faire mieux et de le faire pour le bien de tous est dominante, dans laquelle l'excellence physique et mentale sont les objectifs de la formation. En tant qu'êtres humains, avec les années, nous allons naturellement devenir faibles et

incapables et nous finirons par mourir, mais, selon l'éthique de la Hwa Rang Do ®, cela ne justifie pas notre paresse d'aujourd'hui ni la reddition à quoi que ce soit. » Bien sûr, en entendant ces paroles, on sent une forte charge émotionnelle, mais un mouvement est tout simplement une façon de penser, et se demander pourquoi alors pratiquer un art martial ou du moins pourquoi étudier un art martial pour un suivre le mouvement éthique est certainement légitime. Cette question trouve une grande partie de sa réponse dans l'histoire de l'approche de l'instructeur chef du Hwa Rang Do ®, qui déclare en résumé : « Mon histoire n'est pas différente de celle de la majorité des enseignants provenant d'autres arts martiaux qui ont décidé de se joindre à moi et de rejoindre le Hwa Rang Do ® au cours des 10 dernières années. J'étais professeur de selfdéfense avec des années d'études martiales derrière moi et j'étais fondamentalement malheureux de ce que j'étais devenu : un immense réservoir de techniques diverses, mais déconnectées les unes des autres. J'ai ressenti le besoin de quelque chose de substantiel qui permettrait de relier tout ce que j'avais étudié, quelque chose qui lui donnerait un sens plus élevé et qui dirigerait tout cela sagement. La rencontre avec le Hwa Rang Do ® arriva par hasard ainsi que la décision de contacter la WHRDA, mais ce fut la rencontre postérieure avec le Suprême Grand Maître Dr Joo Bang Lee, une légende vivante des arts martiaux coréens, qui me convainquit que c'était là ma voie ». Le chef instructeur abandonna la pratique des arts martiaux antérieure au Hwa Rang Do ® et se jeta à corps perdu

dans l'étude de cet art martial, devenant, au prix d'énormes sacrifices, ceinture noire, en très peu de temps par rapport aux élèves ordinaires (quand on sait qu'un élève de Hwa Rang Do ® emploie habituellement au moins 7 ans pour atteindre la ceinture noire 1er dan). Il cessa de donner cours d'auto-défense et débuta un nouveau cours de Hwa Rang Do ®, le premier en son genre en Italie. Les débuts furent difficiles, il avait très peu d'élèves ! La nature particulière de l'art martial et la dureté incomparable de l'enseignant étaient une combinaison qui rendait la pratique très difficile pour les débutants. « Je ne peux manquer de dire que beaucoup d'élèves, fascinés par mon cours, ont vite abandonné l'idée de rester mes élèves à cause de ma façon d'être. Ma façon d'intégrer le Hwa Rang Do ® dans la vie et l'enseignement n'était pas adaptée aux débutants. Pourtant, j'ai insisté et, au fil du temps, des dizaines d'écoles se sont ouvertes en Italie et aujourd'hui, des milliers d'étudiants apprécient cet art martial. L'approche de la culture Hwarang est forte et implique toute la personne. Tout cela me rapproche de cet art et c'est pour cela que j'en reste un élève et un enseignant. Si la rencontre avec le Dr Joo Bang Lee m'a attaché à la Hwa Rang Do ®, la rencontre avec son fils, le Grand Maître Taejoon Lee, a au fil des ans construit et perfectionné toute la culture et la philosophie du Hwarang de laquelle je me nourris actuellement. Être l'humble disciple d'un maître de ce niveau vous oblige à réviser sérieusement vos croyances de base, pour devenir quelqu'un de nouveau peut-être, mais l'effort ouvre un tas de perspectives qui le rendent extrêmement gratifiant. » Au cours des dernières années, grâce aux efforts du Grand Maître Taejoon


Lee, le Hwa Rang Do ® a subi de nombreux changements dans l'UE. L'instructeur en chef Mattiucci a eu l'occasion de participer à des stages en dehors de l'Italie (Hollande, Allemagne et Danemark) avec d'autres enseignants à l'expérience avérée comme l'instructeur en chef Alexander Krijger. Les leçons de Hwa Rang Do ®, disciplinées et dures, sont fascinantes car elles proposent actuellement des méthodes et des approches qui sont en train de disparaître partout. Les raisons de cette fascination peuvent se retrouver dans les films de ces dernières années, avec le succès de films traitant de samouraïs, de légionnaires, de gladiateurs, de la Rome antique, de Sparte, etc. Notre société, en effet, a grandi technologiquement, mais très peu du point de vue éthique. Ce qui est facilité par un surplus des technologies disponibles (vds, smartphone, tablette, etc.) qui ne va pas de paire avec un développement de l'esprit humain qui se retrouve, au contraire, de plus en plus seul et sans motivation dans ce qu'il fait. Les anciens guerriers, les Hwarang coréens, les héros de Sparte, les soldats romains, les samouraïs, étaient des gens dévoués au combat, mais surtout motivés à se battre jusqu'au bout, c'est là que réside la fascination qu'ils exercent.


À

l'intérieur du Temple de Shaolin, Shi De Yang est l'un des maîtres les plus respectés. Tous les pratiquants de Shaolin du monde aiment beaucoup regarder les démonstrations de Kung-Fu de Shi De Yang. Ses mouvements incarnent les principes du véritable Shaolin. Sa pratique est strictement traditionnelle et est très différente de ce que les gens sont habitués à voir, de sorte que vous ne

verrez pas Shi De Yang effectuer des sauts spectaculaires, ni exécuter des coups de pied papillons ou des sauts mortels… Le Kung-Fu de Shi De Yang n’est pas le Wushu moder ne orchestré pour plaire à un public, il est fait pour le développement de soi, pas pour le divertissement. Shi de Yang incarne dès lors la culture et l'essence de Shaolin dans sa propre personne. Son savoir-faire exceptionnel lui a valu le respect de tous ses frères dans le Temple de Shaolin et au cours des dernières décennies, il a occupé des postes importants comme celui d’instructeur en chef du Temple de Shaolin et de vice-président de l'Institut de recherche des arts martiaux de Shaolin. Il a également sa propre école privée appelée Songshan Shaolin Wuseng Houbeidui, située à 2 km seulement du Temple de Shaolin et dans un environnement naturel spécial pour pratiquer le Kung Fu et la méditation, loin des centaines de touristes qui visitent le Temple tous les jours. Contrairement à d'autres écoles, celle du Grand Maître Shi De Yang accepte des élèves du monde entier. Comme il dit : « En tant que bouddhiste, je ne fais pas de distinction de race ou de couleur, nous sommes tous égaux. » Le Grand Maître Shi De Yang est spécialisé en Luohan Quan, Da Hong Quan, bâton Shaolin, entre autres styles de Shaolin. Son Kung-Fu et sa philosophie sont sans frontières, il a visité plus de 20 pays et a enseigné en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Australie, au Mexique, en Argentine, en Uruguay, entre autres. Il dit toujours : « Ma philosophie et mon Kung-Fu n’ont pas de frontières, je désire que tout le monde puisse en profiter et connaître la vraie culture de Shaolin. » Comme maître et moine Shaolin, il souligne l'importance de la pratique du Chan (zen), car il considère que les arts martiaux sont un véhicule pour le zen et que nous devrions tous en profiter pour améliorer notre vie.

L’interview Dites-nous, de quelle ville provenez-vous et comment se passa votre enfance ? Ma maison se trouve dans la province de Henan, dans le comté de Tai Kang. Mon enfance a été très simple, mémorable et attachante. J'ai de très bons souvenirs. Qui vous a influencé pour que vous décidiez d'aller au Temple de Shaolin pour apprendre le Kung-Fu ? J'ai décidé d'aller à la terre sainte du Temple de Shaolin pour apprendre la culture de Shaolin, influencé par ma grand-mère et les gens de mon village. À l'époque, les temps étaient différents et le Temple de Shaolin était à peine en train de resurgir.


Grands Maîtres Ce fut facile d'entrer dans le Temple de Shaolin ? Ce ne fut pas si facile, mais pas si compliqué ni mystérieux non plus, comme le disent ou le pensent les gens. Lorsque vous êtes entré, combien de personnes vivaient dans le Temple ? Quand je suis arrivé au Temple de Shaolin, il y avait plus de 60 moines, chacun avec ses tâches spécifiques dans le Temple. Comment étaient les entraînements à l'époque? À part la pratique bouddhiste quotidienne vieille de milliers d'années, le reste du temps, nous pratiquions les arts martiaux. Comme chacun le sait, l’entraînement du Temple de Shaolin est l’un des plus difficiles au monde et il faut être très persévérant dans la pratique et lui consacrer de nombreuses heures.

Interview : Bruno Tombolato Traduction Chinoise : Lin Yan & Bruno Tombolato Photos : José Ramón Couto & Bruno Tombolato


On parle de plusieurs écoles dans le Temple de Shaolin, à laquelle appartenez-vous ? Sous les dynasties Ming et Qing, il y avait beaucoup de moines dans le Temple de Shaolin et pour faciliter son administration, ils se divisèrent en quatre écoles, celle de l'Est, celle de l'Ouest, celle du Nord et celle du Sud. Aujourd'hui, on utilise les technologies de pointe pour son administration, mais à cette époque, le Temple inventa cette façon de faire. Ma lignée est celle de la branche sud du Temple Shaolin et s’appelle Nanyuan. Parlons de votre maître, le Vénérable Shi Su Xi. Votre maître a sûrement vécu des moments très difficiles et de nombreux changements. Quelle histoire pouvez-vous nous raconter qui l’ait marqué ? Tout le monde, dans sa vie, passe par de bons moments et par des moments difficiles, les expériences de chacun sont différentes et chaque donne forme à sa vie. Ce qui m’a le plus marqué, ce que je respecte et admire chez mon maître, c’est sa foi, sa constance et sa persévérance. Son esprit et ses enseignements perdureront dans le temps. Quelle serait la meilleure manière de nous référer aux arts martiaux de Shaolin ? Wu Gong, Kung Fu ou Wushu ? Initialement c’est la même chose, mais les gens les différencient. Wu Shu est plus général, c’est le nom donné aux arts martiaux chinois ; Wu Gong est une forme plus polie de les appeler ; et Gong Fu se réfère aux gens qui ont déjà réussi dans leur étude ou pratique des arts martiaux Shaolin. Qu'est-ce qu'un moine Shaolin ? Un vrai moine Shaolin est une personne qui suit les règles strictes et la discipline du bouddhisme : pratiquer dur, ne pas se battre pour la gloire et la fortune, ne pas commettre de fraude, ne pas tromper les gens. Ceux qui utilisent le nom de Shaolin pour tromper les gens et commettre des injustices ne sont pas des moines Shaolin. Pour être un moine Shaolin, le plus important c’est la droiture. Quelle était votre vision du Temple de Shaolin à l’époque et quelle est votre vision aujourd'hui ? Le Temple de Shaolin n’est pas différent du passé, ceux qui font la différence ce sont les gens. Quant au changement d'apparence du bâtiment, c’est juste pour s'adapter à son temps et continuer. Enfin, un conseil ou un commentaire que vous souhaiteriez offrir aux lecteurs de ce magazine… Être une personne honnête, travailler correctement et pratiquer le Kung Fu avec le cœur. Élever son âme, être quelqu’un de bien et être utile pour notre société, tout commence à partir de petites choses, et ne pas oublier que faire des choses positives vaut mieux que faire des choses négatives. Merci.


La voie vers la ceinture noire chez les Vacirca Brothers – Deuxième partie La voie de la ceinture violette : Le mouvement fluide naturel (technique) La ceinture bleue a maintenant une « perception » assez vaste du Vacirca Brothers Jiu-Jitsu et peut tirer un certain avantage de certaines expériences. Cela dit, il est important de comprendre quand et comment appliquer les techniques contre quelqu'un qui a des compétences similaires. En pratiquant les combinaisons, nous voulons améliorer, d'une part, les techniques de base et, d’autre part, utiliser les combinaisons adéquates pour déjouer un adversaire, pas la force, nous voulons gagner grâce à la tactique. Une personne plus petite ou plus faible, souvent une femme contre une homme, permet de démontrer le fait que la force musculaire peut ne pas être la réponse. Le grand maître Helio Gracie, qui a beaucoup amélioré nos techniques de Jiu-Jitsu, s’en est rendu compte quand il étudia cet art martial avec son frère Carlos Gracie qui avait, à son tour, appris le Jiu-Jitsu de son maître japonais Mitsuyo Maeda qui mesurait quelque 160 cm. Que l’on soit plus ou moins fort, on devrait vous utiliser les techniques d’Hélio Gracie contre quelqu'un de plus grand, de

Texte : Franco Vacirca &v Sandra Nagel Photos : Alica Fröhlich


plus fort et, souvent, contre quelqu'un de plus jeune que nous. Les athlètes mal formés au Jiu-Jitsu brésilien ne peuvent être un modèle sur la voie vers la ceinture noire. Il est nécessaire, à mesure que l’on vieillit surtout, d’apprendre des choses qui valent la peine. De la ceinture bleue à la ceinture noire, on exige maintenant une plus grande précision dans le développement du mouvement, peu importe que vous luttiez contre quelqu'un d’un rang supérieur ou inférieur et peu importe que vous gagniez ou que vous perdiez. Ce qui est nécessaire, même si nous allons apprendre de nouvelles techniques, c’est de ne pas oublier les techniques de base, mais de continuer à les pratiquer et à les appliquer. L'accent est mis non pas sur la quantité mais sur la qualité et, dans notre Jiu-Jitsu en particulier, sur la manière de combiner les anciennes et les nouvelles techniques. La ceinture

bleue (et les rangs plus élevés, bien sûr) devrait pouvoir avoir clairement en tête le combat et être en mesure de contrer le partenaire d'entraînement, afin que lui et tous les participants puissent bénéficier cette « auto-formation ». Continuer d’apprendre donne envie de porter le kimono !

La voie vers la ceinture marron : concrétiser et continuer de progresser À la Triangle Academy, nous exigeons maintenant d’être plus précis lors du combat quand on porte une ceinture violette. La fluidité du mouvement est en train de transformer l'élément « eau » (dans le programme de la ceinture bleue) en élément « feu ». Contrairement à d'autres écoles de Jiu-Jitsu qui traitent exclusivement ou principalement la compétition

sportive de Jiu-Jitsu, nous donnons beaucoup d'importance au fait que celui qui porte une ceinture violette et veut être ceinture marron soit en mesure de reconnaître et d’expliquer les différences essentielles entre le Jiu-Jitsu sportif et le Jiu-Jitsu de la rue. Ce n'est pas si facile, parce que beaucoup de jiu-jitsukas qui ont atteint un tel niveau vivent, dans cette « phase-feu », un grand développement personnel très émotionnel et souvent, le point de vue des éléments essentiels est très loin. Celui qui veut atteindre la ceinture marron à la Triangle Academy doit être capable de passer cette étape et de continuer de se développer, mais sans oublier l'essence du véritable Gracie JiuJitsu. Techniquement, j’attends de celui qui porte la ceinture marron qu’il maîtrise toutes les positions et situations, que ce soit debout ou au sol. Il ne faut pas oublier non plus


que celui qui porte la ceinture marron est en réalité la main droite de celui qui porte la ceinture noire, si l’on peut dire. Cela dit, quelle est la différence entre les deux ? Bien sûr, entre autres choses, l'expérience de la ceinture noire. Cette distinction est essentielle et très importante, elle doit être considérée dans tous les cas. Pour que celui qui porte la ceinture violette atteigne son objectif, la Triangle Academy lui apprend à utiliser les différents outils qui l’entourent pour l’accompagner et l’orienter dans ses objectifs. À mon avis, non seulement le programme technique, mais aussi le randori, doivent être correctement entraînés. Il se peut donc que l’on exige que les participants en randori soient capables de se libérer d’une situation spécifique, telle que « la montée », et que le partenaire d'entraînement qui se trouve dans la montée ne puisse pas attaquer avec une clé du bras droit. Ensuite, plus tard, je pourrais même leur demander que, dans tous les randoris, ils ne puissent réaliser que des clés de jambes pendant un mois. Les jiu-jitsukas très avancés sombrent dans la monotonie, il se peut donc même qu’ils cessent de s’amuser avec le Jiu-Jitsu, parce qu'ils croient « avoir atteint leur but » et développent un faux sentiment de sécurité. Un autre défi pourrait être que, lors de randori, un élève ferme les yeux et se base sur le contact corporel. Souvent les jiu-jitsukas font l'erreur d'appliquer une force et un poids excessifs, surtout si les p a r t e n a i re s o n t d e s c o m p é t e n c e s techniques similaires. Quand on voit l’adversaire, on a la sensation que l’on peut également obtenir ce que l’on voit. Mais si je ne peux pas voir quoi que ce soit, je dois alors me fier pleinement à mes sensations et donc utiliser mes instincts, non seulement pour survivre à une situation, mais aussi pour la maîtriser. Une autre possibilité est de dire aux jiujitsukas qu’ils ne peuvent attaquer que le bras droit de l'adversaire ou que la jambe gauche. Je lez mets alors au défi, juste pour savoir comment ils mettent vraiment en évidence avec leurs capacités, et pas seulement celles qu’ils pensent avoir.

La voie vers la ceinture noire : contre-attaquer et développer Une ceinture noire doit être capable de faire preuve d’une très grande précision dans tous les domaines et de se distinguer comme un maître de l'excellence et de l'essence. C'est du moins le cas à la Triangle Academy de Zurich. Il doit toujours être capable d'expliquer l'objet véritable de Jiu-Jitsu et être prêt à tout moment à travailler sur ses faiblesses et pas seulement sur ses points forces. Il doit

maintenant être en mesure d’annuler totalement son partenaire d'entraînement. Il doit être capable de développer de nouveaux éléments, surtout si je ne suis pas du même avis ou si je fais d'abord croire que je ne suis pas du même avis. Je fais cela, non seulement pour les débutants, mais surtout pour les pratiquants avancés, parce que je veux et j'ai besoin de ceintures noires qui aient atteint cette mentalité. J’ai besoin qu’ils me prouvent qu'ils sont capables d’accepter et de prendre en compte les critiques. Je veux et j'ai besoin que le porteur d’une ceinture noire puisse réellement traiter la question dans tous les domaines. Il doit être au plus haut niveau capable de démontrer comment un bon pratiquant de Jiu-Jitsu doit appliquer les trois principes fondamentaux (patience, timing et précision), indépendamment de la résistance à vaincre, qu’elle soit physique ou mentale. Une ceinture noire doit conserver ces vingt capacités mentales et toujours y travailler durement, car il en est le représentant au plus haut niveau : 1 Courage 2 Amabilité 3 Tolérance 4 Simplicité 5 Sincérité 6 Discipline 7 Forme physique 8 Respect 9 Technique 10 Honnêteté 11 Sagesse 12 Impartialité 13 Discrétion 14 Conviction 15 Implication 16 Hygiène 17 Éducation 18 Agilité mentale 19 Symétrie anthropométrique 20 Polyvalence Si vous avez lu l'article avec attention, vous aurez probablement remarqué que cela n'a rien à voir avec gagner ou perdre. Dans la carrière de Jiu-Jitsu, vous pouvez plusieurs fois expérimenter qu’une ceinture bleue peut vaincre une ceinture noire en randori… mais cela ne veut rien dire. Celui qui pense d'une manière aussi mesquine n’ira pas loin en Jiu-Jitsu, il ne faut pas oublier que nous sommes des êtres humains et que nous avons tous nos bons et nos moins bons moments. Et cela s'applique généralement à tous les arts martiaux. Le Jiu-Jitsu offre un large éventail de raisons pour lesquelles commencer à pratiquer. Je crois donc que chacun devrait trouver par lui-même pourquoi pratiquer le Jiu-Jitsu. Que les jiu-jitsukas aient beaucoup de plaisir et de succès !


NOUVEAU LIVRE !

« Karaté : Images d’une histoire » est l’ouvrage qui possède la plus grande quantité de documents d’archives historiques de l’histoire du Karaté. Funakoshi, ses maîtres, les grands des générations suivantes, Nakayama, Yamagushi, tout cela dans des documents inédits ou peu connus, des photos qui font partie de l’histoire du Karaté. Un livre merveilleux. Le terme « philosophe » est largement utilisé quand on parle du Karaté traditionnel et classique, mais pour mieux comprendre à quoi se réfère cette philosophie du Karaté sans se perdre en vaines élucubrations, il n’y a rien de mieux que de connaître les opinions et les pensées des grands maîtres à propos de la signification de l’objectif de cet art martial et de sa pratique.

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Le major Avi Nardia, l'un des principaux instructeurs officiels pour l'armée et la police israéliennes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le Close Quarter Combat (CQB), et Ben Krajmalnik ont réalisé un nouveau DVD basique sur les armes à feu et la sécurité et sur les techniques d'entraînement dérivées de l'IPSC (Instinctive Point Shooting Combat). Le tir instinctif en combat est une méthode de tir basée sur les réactions instinctives et cinématiques pour tirer en distance courte dans des situations rapides et dynamiques. Un discipline de self-défense pour survivre dans une situation où la vie est menacée, où il faut une grande rapidité et une grande précision, où il faut sortir le pistolet et tirer en distance courte, sans utiliser la mire. Dans ce premier volume, nous étudierons : le maniement des armes (revolver et semi-automatique), la pratique du tir à sec et la sécurité, le Point Shooting ou tir instinctif en distance courte et en mouvement, des exercices de rétention de l'arme en situation de stress et avec plusieurs attaquants, des exercices de recharge avec chargeur, à une main… et finalement des pratiques en galerie de tir avec pistolets, fusils K-74, M-4, mitraillette M-249 et même lance-grenades M-16.

Tous les DVDs produits par Budo International sont scell s au moyen d une tiquette holographique distinctive et sont r alis s sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De m me, l impression des jaquettes ainsi que les s rigraphies suivent les plus strictes exigences de qualit . Si ce DVD ne remplit pas ces crit res et/ou si la jaquette ou la s rigraphie ne co ncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s agit d une copie pirate.

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Wing Chun Le serpent et la grue Deuxième partie : La grue Beaucoup de pratiquants de Wing Chun Gung Fu ont entendu parler au cours des ans des débuts légendaires de l'art martial, lorsque Yim Wing Chun (qui donna son nom à l’art) ou Ng Mui (une nonne Shaolin, si on croit qu'elle a existé) fut témoin du combat entre un serpent et une grue. Elle aurait ensuite intégré les idées de chacun d’eux dans un nouveau système de combat spécialement conçu pour qu’une femme, plus petite et plus faible, soit capable de vaincre un homme dans un combat mortel. Une autre version plus probable affirme que quelqu'un a pris les deux modèles animaux de Shaolin qui dépendaient le moins de la taille et de la force (le serpent et la grue) pour créer un tout nouveau système de combat qui devait mettre l'accent sur les concepts et les principes scientifiques permettant de battre quelqu'un de plus grand et de plus fort. Il est même possible que ce soit un expert dans les autres styles d’animaux de Shaolin et dans d'autres styles de Gung Fu qui existaient à cette époque en Chine. Certains de ces concepts font référence à la force empruntée, au blocage en angle, au Facing, à l'économie de mouvement et de temps, au jeu de jambes, au timing, aux saisies, au mouvement multidirectionnel, aux clés, à l'unité corporelle et à la théorie de la ligne centrale. Chacun de ces sujets est abordé dans « La Théorie du combat de A à Z, volume VI », de ma série de 6 livres. Mais pour l'instant, je voudrais explorer plus en profondeur les racines du serpent et de la grue du Wing Chun. On lit souvent que le Wing Chun utilise des mouvements du serpent et de la grue, mais la discussion se termine généralement avec la mention de Boang Sau Wing Arm Deflection pour représenter l'aile de la grue et de Biu Jee Finger Jab illustrant le serpent. Au lieu de m'ar rêter là comme la plupar t le font habituellement, je vais parler ici de beaucoup d’autres caractéristiques du serpent et de la grue qui influencent le CRCA Wing Chun. Dans cette deuxième partie, nous allons examiner le rôle joué par la grue dans le combat.

Caractéristiques de la grue Utilisation des ailes - En raison de sa petite taille et de son poids léger, plutôt que d'utiliser des mouvements de blocage énergiques, la grue utilise l'ouverture de ses ailes dont les bords sont tranchants comme des lames pour détourner les attaques et pour couper l’adversaire dans ses attaques. Comme la grue, le combattant Wing Chun utilise également le blocage à 45º « coupant l’angle », ainsi que les bras pliés pour attaquer et défendre avec les coudes qui peuvent faire un maximum de dégâts tout en exigeant très peu de poids ou de force musculaire. Attaque et défense simultanées - Une autre habileté que le Wing Chun emprunte à la grue, c’est l'idée de bloquer et de frapper en même temps. De cette façon, le

pratiquant de Wing Chun peut frapper l'adversaire plus tôt et avec une puissance empruntée. En d'autres termes, si deux coups de poing arrivent et que vous répondez avec blocage-blocage-coup de contre, vous frappez l'adversaire en retour dans le troisième temps avec seulement votre propre puissance de frappe. Mais si, au lieu de cela, vous bloquez le premier coup de poing, puis simultanément vous bloquez le deuxième et vous frappez en même temps, vous allez le frapper plus tôt (au deuxième temps) avec votre propre puissance et avec la puissance « empruntée » de son élan. Cela vous permettra de maximiser l'effet de la contre-attaque lorsque vous combattez quelqu'un de plus grand et plus fort. Dans les stades les plus avancés, un coup de pied peut également être envoyé avec la contreattaque, illustrant ainsi la maxime du Wing Chun « Som Jiu Chai Doh » : « Exécuter trois mouvements à la fois. » Utilisation du bec - Toute personne observant une grue au combat remarquera immédiatement qu'elle donne de brusques coups de bec à son adversaire. La plupart de ces attaques visent les yeux, le point le plus vulnérable du corps humain dans le combat. Pensez un peu, quelle autre partie du corps que les yeux pourriez-vous toucher avec aussi peu de force tout en causant autant de douleur, de dommages et de blessures ? Et comme nous, les humains, nous n'avons pas de bec, dans le CRCA Wing Chun, nous interprétons cette caractéristique de plusieurs façons : comme un coup de tête ou en utilisant le bout des doigts et les ongles pour attaquer les yeux. Un adversaire qui ne peut plus voir est un combattant beaucoup moins efficace et la menace est réduite. On n’a pas besoin de force musculaire pour attaquer efficacement les yeux d'un adversaire plus grand et plus fort. Et quand on est en grappling, le pouce et l'index peuvent créer un pincement en torsion redoutable, semblable à la morsure d'une grue, dans une technique qu’on appelle « l'œil de Phoenix ». Rester debout sur une jambe - Une des caractéristiques les plus importantes de la grue est sa capacité à tenir pendant de longues périodes en équilibre sur une jambe. Connue dans le Wing Chun comme Dook Lop Ma, la posture sur une seule jambe est utilisée pour le coup de pied, le coup de pied multiple « invisible », le blocage de jambe, le blocage de coup de pied, le balayage, l'évasion et l’entraînement du pied collant. L'utilisation de ses serres - Lorsque les grues se battent, elles utilisent leurs serres pour saisir et griffer leurs agresseurs. Cela donna naissance dans le Wing Chun à l'idée du piégeage tout en frappant, qui aide quand on se bat contre un adversaire plus fort, surtout quand on tire directement sur eux dans un coup pour « emprunter » leur puissance. Au niveau Biu Jee, les doigts sont utilisés pour agripper la peau et les cheveux et pour attaquer les nerfs. Attaque angulaire - Quand une grue combat, elle va attaquer sans relâche, mais quand elle est submergée par une force trop importante, elle volera à reculons momentanément puis réattaquera depuis un autre angle plus efficace. Ceci inspira l'utilisation du jeu de jambes du CRCA pour ajouter de la puissance, modifier la distance, d'améliorer le facing et ajouter ou soulager la pression. Loyauté - Choisie par les Japonais comme le symbole du mariage, la grue est connue pour son extrême loyauté, car les grues s'accouplent avec un seul partenaire pour la vie. S'inspirant de cette autre des caractéristiques de la grue, les règles de conduite du Wing Chun traditionnel encourage la loyauté envers son pays, sa famille, son instructeur, les autres élèves et les propres élèves. Comme vous pouvez le voir, le pratiquant de CRCA Wing Chun s’inspire beaucoup du serpent et la grue au combat, à la fois dans leur action et dans leur principe. C'est la raison pour laquelle j’ai choisi de les inclure dans le cadre du logo de la Close Range Combat Academy que vous voyez ici (remarquez que les ailes de la grue sont en fait des couteaux).


Wing Chun


Wing Chun


Traditions

Il fait très froid, un groupe de gens vêtus de blanc marche avec difficulté dans la neige profonde. Le son du Horagai (conque japonaise) déchire le silence et au loin résonne le bruit tonitruant d’une cascade. Nous sommes en Europe, dans les Alpes autrichiennes, un groupe de Shugenja s’avance pour aller pratiquer le Takigyo, une méditation dans le courant d'une chute d'eau.


Traditions Depuis son enfance, Christian Grübl pratique les arts martiaux japonais et il les enseigne depuis presque aussi longtemps. Dans son Dojo, il transmet le Karaté, le Ninjutsu et le Yagyu Shinkage Ryu à ses élèves de manière non-sportive et plus traditionnelle. Il y a dix ans, grâce aux arts martiaux, il a trouvé sa voie vers le bouddhisme et vers le Shugendo. Son professeur, Shokai Koshikidake, dont il a reçu son initiation de moine Yamabushi, est le chef et grand maître de la plus ancienne tradition Shugendo de tout le Japon. Mais que signifie exactement Shugendo et qui sont les moines Yamabushi qui sont parfois associés aux Ninja, les guerriers de l’ombre japonais ? Y a-t-il un lien avec les habiletés et les pouvoirs mythiques des légendaires Shinobi ?

Soke Shokai Koshikidake Le Shugendo est la religion de la montagne. La raison pour laquelle la montagne est importante pour cette religion vient de l’un des enseignements fondamentaux qui existe chez nous au Japon depuis les temps anciens. Nous vénérons la montagne comme le monde de l'esprit. La montagne est le lieu où réside l'esprit des ancêtres et des dieux. La montagne représente parfois la frontière et la barrière entre ce monde et un autre monde. Pour réaliser ce monde spirituel, nous devons libérer nos sens qui proviennent du monde matériel. Nous devons anesthésier les six organes des sens : les yeux, les oreilles, le nez, la langue, et l'esprit. À cet effet, nous effectuons les cérémonies de mort et de renaissance rituelle dans la montagne. Ces cérémonies rituelles nous permettent d’expérimenter par nous-mêmes le fait d'être capables d'échapper à la souffrance de la transmigration des âmes. La mort rituelle libère l'âme

« La montagne est le lieu où réside l'esprit des ancêtres et des dieux. La montagne représente parfois la frontière et la barrière entre ce monde et un autre monde. »

de notre corps. Et nous commençons notre voyage vers le monde intérieur de l'Univers.

Sensei Christian Grübl En fait, les moines Yamabushi n'ont rien à voir avec les arts martiaux. Dans les temps anciens au Japon, existaient ce qu'on appelle les « Sohei », des moines bouddhistes armés formés aux arts martiaux. Certains d'entre eux eurent une très grande influence sur la politique. Les guerriers ninjas japonais d'autre part sont souvent associés à des techniques de « Kuji in » et « Kuji kiri », les gestes magiques de la main que l’on voit généralement dans les films de ninjas. Cela pourrait les relier aux Yamabushi, mais ces performances ont un sens tout à fait différent de la cérémonie qui est représentée. Le Kuji est utilisé pour établir un dialogue sacré entre le pratiquant et une certaine déité de méditation, une forme transcendantale de Bouddha. Il n'est pas destiné à être utilisé pour accroître la puissance d’un guerrier et le doter de pouvoirs surnaturels ni pour démoraliser et détruire ses ennemis. Au contraire, le véritable Kuji devrait être utilisé uniquement pour faire le bien à tous les êtres vivants et pour atteindre plus rapidement l'objectif de libération (l'éveil) des pratiquants. Historiquement, il y a certaines indications à l'école de « Kukishin Ryu » de « pirates » des ninjas, où les Yamabushi, sont mentionnés. On peut y lire dans les transmissions « Densho » que certains Yamabushi étaient instruits par le Shinobi à certaines techniques de méditation qui leur permettaient de marcher sur des braises sans se brûler et de méditer sous des cascades en plein hiver. Que ces données soient véridiques, cela reste controversé.


Traditions

Il est un fait que certaines écoles de Bujutsu comme la Katori Shinto Ryu incorporent dans leur tradition les enseignements et les techniques du bouddhisme secret Mikkyo (école ésotérique ou intérieure des enseignements du Dharma). Au Japon aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui pratiquent les arts martiaux et qui sont actifs en tant que Shugenja ou Yamabushi. Il ne faudrait pourtant pas les confondre, car ce sont deux choses distinctes (concepts). Un Shugenja apprend à prier pour lui et les autres, en étudiant les enseignements bouddhistes du Dharma et les pratiques shintoïstes. La prière englobe les nombreux sutras et mantras bouddhistes ainsi que les noritos shintoïste. Ces prières

sont bénéfiques pour le pratiquant et pour les moines pour qui il prie. Un rituel bien connu qui a un lien avec les arts martiaux est le fameux Takigyo, la méditation sous une cascade. Il a été pratiqué par de nombreux maîtres de Karaté japonais jusqu'à un grand âge, par exemple par Gogen Yamaguchi du Goju Ryu ou Masataka Oyama, le célèbre fondateur du Karaté Kyokushin. Grâce au Takigyo ascétique et à l’expérience de la mort rituelle sous une cascade, le Yamabushi établit un lien profond avec la totalité de l'existence. Par ailleurs, le but des arts martiaux est de tempérer le corps, de se concentrer sur l'esprit et de respirer. Cette pratique à plus long terme développe donc la force mentale du pratiquant d’art

martial. Pour le Shugenja, le rituel est une communion avec la nature et la possibilité de réaliser la bouddhéité (nature). Une autre pratique importante du Shugendo est ce qu'on appelle le rituel du feu « Goma », que l’on peut observer dans de nombreux temples bouddhistes Shingon (au Japon). Un rituel du feu permettant d’éliminer les obstacles est divisé en sections chronologiques où on présente des offrandes à une ou à plusieurs divinités, dans ce cas, à des formes divines de Bouddha et de Kami de la foi shinto. Dans le Goma, les flammes représentent le feu de la sagesse des Bouddhas qui brûle l'ignorance et l'illusion et les transforme en sagesse. Le Horagai, la conque, est un instru-


« Il est un fait que certaines écoles de Bujutsu comme la Katori Shinto Ryu incorporent dans leur tradition les enseignements et les techniques du bouddhisme secret Mikkyo (école ésotérique ou intérieure des enseignements du Dharma). » ment traditionnellement utilisé par les samouraïs. Dans principaux lieux de pratique Shugendo, dans les montagnes Haguro, Omine, Kumano et Kii, on peut entendre la plainte de cet instrument. Quand les samouraïs s’en allaient à la guerre ou sur le champ de bataille, ils jouaient des notes sourdes et profondes. Les Yamabushi réalisent des combinaisons qui vont de cinq tons jusqu'à plusieurs mélodies avec des significations codées différentes. La conque est également utilisée pour la communication lors des déplacements en montagne. Ainsi, le dernier groupe signale aux autres que tout va bien, surtout si on a un jour de brouillard. Ce fut l'utilisation originale du Horagai. Il fut ensuite de plus en plus intégré dans les actes rituels et son timbre est devenu l'emblème des enseignements bouddhistes du Dharma.


Traditions


Traditions Le Soke Shokai Koshikidake enseigne sa tradition familiale Shugendo vieille de 1300 ans dans son Temple de Higashine. Jusqu'à très récemment, il était presque impossible pour les étrangers d'étudier ou de pratiquer cette tradition parce que la plupart des écoles Shugendo sont très dogmatiques et secrètes. Le Soke Koshikidake est l'un des rares prêtres à transmettre ces connaissances aux étrangers. Le Sensei Christian Grübl enseigne le Shugendo à ses élèves en Autriche et va chaque année au Japon pour approfondir les enseignements de Shugendo. Une fois par an, a lieu l’entrée dans la montagne où tous les moines Yamabushi se réunissent pour pratiquer ensemble dans les montagnes. Ceux qui sont intéressés par le Shugendo en général ou qui ont eux-mêmes foulés cette voie peuvent obtenir des information sur le site web suivant : HYPERLINK "http://www.shugendo-austria.org" www.shugendo-austria.org



Magazine arts martiaux budo international juin 2014