Magazine arts martiaux budo international février 2014

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BIENTÔT DISPONIBLE!

REF.: • KYUSHO20 Tous les DVDs produits par Budo International sont scell s au moyen d une tiquette holographique distinctive et sont r alis s sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De m me, l impression des jaquettes ainsi que les s rigraphies suivent les plus strictes exigences de qualit . Si ce DVD ne remplit pas ces crit res et/ou si la jaquette ou la s rigraphie ne co ncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s agit d une copie pirate.

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CINEMA MARTIAL Antony Szeto es un brillante director de cine y productor australiano, residente en Hong Kong responsable entre otros títulos de la afamada película Wu Shu, producida por Jackie Chan y protagonizada por una de las leyendas vivas del Cine Marcial, el gran Sammo Hung. Hoy os traemos esta entrevista realizada en Hong Kong por Andrew Dasz, uno de los jóvenes valores que está produciendo la factoría Marcial de Hong Kong.

STROEVEN COMBAT SYSTEMS L’Eskrima n’existe pas seulement comme un sport ou une légitime défense pratiquée par des civils, les militaires utilisent également cet art martial réaliste des Philippines. L’Eskrima est idéal pour l'autodéfense car il possède une flexibilité presque illimitée. Nous avons pour cela demandé à Frans de nous parler de la formation des forces spéciales. Nous avons d’abord abordé les Forces spéciales de la Police fédérale brésilienne (COT).

JACKIE CHAN

SDS CONCEPT L'article de ce mois-ci nous ramène à l'essentiel. Dans de précédents articles au sujet du SDSConcept, nous avons traité les principes de l'auto-défense, l'auto-défense pour les femmes, divers objets quotidiens utiles (jamais sans armes), la formation à la sécurité et l'auto-défense avec des objets flexibles. Ce mois-ci, nous allons voir les bases de la manipulation des bâtons d'auto-défense, tels que Palm Stick, Dulo, Kubotan...

JUJUTSU MUGEN MUKERU Fort, violent, objectif… Peut-être cette partie du Bugei Jahapan que l’on appelle Bujutsu porte-t-elle dans sa structure classique, une type de combat puissant et durable. Celui qui pratique les techniques reliées au Ju-Jutsu classique peut percevoir dans sa forme rustique certaines caractéristiques fonctionnelles pour les situations quotidiennes vécues au Moyen Âge.

Au cours des années, Pedro Conde, notre expert de Bruce Lee, a rassemblé tout ce qu’a pu dire Jackie Chan sur Bruce Lee. Plusieurs interviews et de nombreuses années de travail à réunir les petites citations par-ci par-là composent ce magnifique article, pour les passionnés du cinéma d’action et les très nombreux fans que les deux personnages ont dans le monde entier.

COMBAT HAPKIDO Afin de comprendre comment nous en sommes arrivés à la perception actuelle des styles durs et doux, il nous faut revoir les critères utilisés pour les classer : les arts martiaux qui mettent l'accent sur la puissance, les coups et les mouvements linéaires sont définis comme durs ; ceux qui utilisent des redirectionnements plus légers, des prises et des mouvements circulaires sont définis comme doux.

BUDO INTERNATIONAL DANS LE MONDE Budo International est un groupe éditorial international spécialisé dans les Arts Martiaux. Unique organe de presse à vendre une revue spécialisée dans les Arts Martiaux en six langues et dans le monde entier, il est en contact avec toutes les grandes compagnies spécialisées dans son domaine. Budo International touche plus de cinquante pays.

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KRAV MAGA RED

HENRY PLEE Le DVD « KRAV MAGA Recherche Évolution et Développement » est né de la volonté de quatre spécialistes du Krav Maga et des sports de combats, Christian Wilmouth et Faustino Hernandez, Dan Zahdour et Jérôme Lidoyne. Ces derniers sont à ce jour à la tête de plusieurs clubs et d'un groupe d'une vingtaine d'instructeurs et moniteurs multi-disciplines allant du Krav Maga au MMA.

SHAOLIN HUNG GAR KUNG FU Même si Martin Sewer est Suisse et donc un Occidental, il a traversé tous les obstacles sur son chemin pour devenir le meilleur élève et successeur de Chiu Chi Ling. Il a consacré toute sa vie au Hung Gar KungFu traditionnel et s'est engagé à promouvoir et à diffuser ses connaissances et ses compétences en Hung Gar.

Salvador Herraiz, au cours de la vingtaine de voyage qu’il fit à Paris depuis plus de 25 ans, n’a jamais cessé de visiter l’endroit charismatique au centre de la capitale française. Il récupère aujourd’hui, vu son intérêt, la conversation qu’il eut un jour avec Henry Plée, chez lui, dans la même enceinte et juste au-dessus du légendaire dojo.

GKP METICCIOP COMBAT

HUNG GAR KUNG FU

WINGTSUN Pendant les années de la mode du WingTsun en Europe, des milliers de pratiquants de ce bel art martial se rendirent dans les nombreux clubs qui s’ouvrirent dans presque toutes les villes du continent à la recherche de ce que les techniques de marketing ou de promotion définissaient comme « le système de selfdéfense le plus efficace qui existe ». Qui donc cela n’intéressait-il pas ? C’est un peu comme : « Voulez-vous apprendre à voler ? »

Tigre et Dragon, le logo du Weng Chun Kung-Fu. Quand nous regardons le logo du Weng Chun Kung Fu, nous remarquons sans doute, avant toute autre chose, le tigre au milieu. Les mots sur la partie supérieure sont lus ensuite, une fois que nous avons l'image du tigre devant nous, car ils occupent la plus grande partie du logo, plus que le caractère chinois situé à côté du tigre. Rien d'autre ne semble très pertinent pour l’individu moyen qui voit le symbole du Weng Chun.

De nouveaux professionnels de valeur sont en train d’émerger dans le domaine de la self-défense. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir l’un d’eux, fruit du métissage culturel vital du monde moderne. Possédant de puissantes racines érythréennes et italiennes, et installé en Allemagne, le maître Simohon Giaquinto possède un vaste bagage militaire et policier et d’intéressants postulats pédagogiques. Restons attentifs à son travail !

REDACTION: c/ Andrés Mellado 42, 28015 Madrid, Espagne. Tél: (34) 91 897 83 40, Fax: (34) 91 899 33 19, E-mail: budo@budointernational.com • Directeur de publication: Alfredo Tucci, e-mail: budo@dimasoft.es • Coordination Internationale: Alfredo Tucci • Service publicité: (+34) 91 549 98 37. • Correspondants permanents: Don Wilson, Yoshimitsu Yamada, Cass Magda, Antonio Espinós, Jim Wagner, Coronel Sanchís, Marco de Cesaris, Lilla Distéfano, Maurizio Maltese, Bob Dubljanin, Marc Denny, Salvador Herraiz, Shi de Yang, Sri Dinesh, Carlos Zerpa, Omar Martínez, Manu, Patrick Levet, Mike Anderson, Boulahfa Mimoum, Víctor Gutiérrez, Franco Vacirca, Bill Newman, José Mª Pujadas, Paolo Cangelosi, Emilio Alpanseque, Sueyoshi Akeshi, Marcelo Pires, Angel García, Juan Díaz. • Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Les documents reçus sont conservés par la rédaction et ne sont pas rendus à leurs expéditeurs. Leur envoi implique l’accord sans réserve d’aucune sorte pour leur publication.


« Ne suis pas mes traces, je ne sais peut-être pas guider. Ne marches pas devant moi, je ne veux peut-être pas te suivre. Marches à mes côtés, pour que nous puissions cheminer ensemble. » Indiens Utes a vie est un parcours, un chemin que nous traversons, où nous croisons le mystère continuellement, que nous nous entêtons le plus souvent à réduire à une simple succession d’événements nécessairement banaux. Nous ne supportons pas l’intense pression de l’infini et nous nous enseignons mutuellement à réduire le sacré de l’existence à quelque chose de prosaïque. Au pire, seule la douleur ou la présence de notre finitude quand nous la croisons peut nous réveiller de cette léthargie que nous nous sommes imposées. Au mieux, c’est l’effort conscient sur une voie de transcendance, un chemin spirituel, qui fera des miracles. Les personnes les plus éveillées, celles qu’on appela « maîtres » partout dans le monde, ont fait l’effet, parfois malgré elles, d’un coup de fouet pour la conscience des autres. Et pas tellement parce que ce qu’elles dirent ou firent représenta une violence, mais parce que cela redéfinit des directions, modifia des paradigmes, reconduisit le véhicule de la conscience dans une nouvelle direction et ça, c’est toujours traumatique d’une manière ou d’une autre. « Rien ne vient sans peine », dit le proverbe, et rien de véritablement important n’arrivera dans notre vie sans cet effort. Parfois du fait de notre propre stupidité, parce que nous ne donnons de valeur qu’à ce qui nous en coûte, d’autres fois parce que nous étions réellement loin de comprendre ce dont nous avions besoin que nous avons choppé mille fois sur la même pierre. L’ignorance de ne pas savoir est excusable, celle de ne pas vouloir savoir, jamais. Il n’y a pas une seule voie. Il y en a autant que de personnes, mais il existe des cartes, des boussoles, des instruments pour transiter sur le mystère. Les anciens nous léguèrent de magnifiques outils et, comme l’évolution se fait toujours vers l’avant et vers le haut, ils laissèrent des marches sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour faire un pas de plus. Naître en ce moment de l’histoire ou à n’importe quel autre signifie avoir parcouru un chemin, parce que nous ne naissons pas tout seuls, ni à ce moment-là, par hasard. Chaque époque a ses questions, ses tâches, chaque société a ses présupposés, son inconscient collectif, ses vérités, qui ont toutes deux faces… qui ont toutes leur revers. Il convient à chaque génération de faire un pas en avant, d’essayer d’améliorer, de transformer ce qui doit être transformé et de conserver ce qui doit être conservé. Autrement l’évolution deviendrait une involution. Du point de vue personnel cependant, chaque histoire est unique et différente. Si nous sommes des esprits vivant une vie matérielle, chaque esprit a son expérience à réaliser, ses choses à ajuster, ses leçons à apprendre. Sur cette voie, toujours personnelle, nous convoquerons d’une manière ou d’une autre tout ce dont nous avons besoin pour que cela s’accomplisse. Nous rencontrerons les personnes que nous devons rencontrer et nous vivrons des histoires qui provoqueront des réajustements et des transformations en nous et dans les autres. Le respect de la voie que suivent les autres ne peut être formel, il ne durerait pas ni ne résisterait aux heurts de la vie. Cette reconnaissance doit être le résultat de la compréhension du

L

« Qui ne connaît pas le chemin de la mer, doit choisir la rivière pour compagnon. » John Ray

fait que chaque voie est unique et cela ne se produit que lorsque vous acceptez et comprenez la vôtre. Quand vous le faites, chaque personne que vous croisez dans votre vie est une occasion d’agir impeccablement, d’en apprendre sur vous-même et de résoudre toute faille devant être corrigée. Chaque moment est une occasion et chaque carrefour est une opportunité de modifier le cap et de tout changer. Attrapés trop souvent par la vie et le destin, nous restons enlisés à un endroit, sans savoir où aller, ni comment le faire. Souvent, les événements de la vie et la réverbération de nos actes se superposent, s’accumulent et constituent un barrage qui empêche l’eau de nos vies de s’écouler. Dans l’immensité de ces lacs, nous sommes perdus, ancrés dans un espace-temps qui n’est rien d’autre qu’une sorte de prison. Mais, dans les carrefours, les directions deviennent également plus nettes et particulièrement évidentes car nous sommes obligés de nous arrêter. Dans ces moments « sans chemin », nous avons l’occasion d’aller au-delà de nous-mêmes. C’est ce que fit Mandela. Enfermé pendant tant d’années, il sut aller au-delà et accomplir une mission à laquelle il était destiné. Mais il aurait également pu ne pas le faire, il aurait pu choisir de s’ancrer dans son ressentiment, dans la douleur d’une vie perdue. Chaque décision personnelle a d’immenses répercussions, parce que nous méconnaissons tous le potentiel que nous avons en nous et l’énorme force que le destin a préparé pour nous. Le poète avait raison quand il disait : « Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ». Vrai et faux en même temps ! Toutes les grandes vérités sont paradoxales, ainsi si l’on va au-delà du paradigme de l’espace temps, les flèches du passé peuvent tuer les oiseaux d’aujourd’hui et vice-versa, car bien que le passé soit inamovible, le réajustement permettra de tuer ses effets avec les flèches d’aujourd’hui. Les chemins se créent à partir de situations, d’énergies et d’événements qui, loin d’être fortuits, s’inscrivent dans notre destin personnel et sont redéfinis à chaque moment par nos actes et nos positionnements. La vie est un chemin sacré, pas une succession d’événements linéaires. Mais la vie est surtout ce que nous choisissons qu’elle soit, parce que n’importe qui peut se leurrer ou s’y perdre s’il le désire. Chaque choix a son prix, chaque décision sa conséquence, chaque approche son revers, chaque scénario son œuvre. Vivre le chemin avec une attitude sacrée, c’est respecter toutes les choses et tous les êtres, comprendre que tout est connecté et que rien n’est le fruit du hasard. Lire entre les lignes de la vie, les événements, les personnes que l’on croise est ce que nous appelons la sagesse. Il existe également de nombreuses sagesses et chacun possède son propre niveau dans le tout, son propre besoin d’exister et de servir pour accomplir une étape spécifique du trajet. Décourager les autres, dévaloriser leur regard, est une manière bien vilaine de blesser les cœurs ; et le venin de la douleur causée reviendra, d’une manière ou d’une autre, sur celui qui la provoqua. Le respect, c’est ça aussi, comprendre que tout ce qui existe est nécessaire,


Alfredo Tucci est General Manager de BUDO INTERNATIONAL PUBLISHING CO. E-mail : budo@budointernational.com

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ne sous en déplaise. Respecter ne signifie pas nécessairement devoir vivre avec ça ; accepter ne signifie pas vous laisser toucher par ça.


Self-défense Les lecteurs les plus fidèles de ce magazine se souviennent probablement de Christian Wilmouth, un expert en self-défense professionnelle et un personnage très présent dans ce magazine ces dernières années. Ceux qui le connaissent déjà savent la qualité de son travail et sa professionnalité. Son caractère aimable contraste avec son énorme physique musclé et avec la détermination (incroyable !) avec laquelle il se met en dessous de l’attaque décidée d’une batte de base-ball. Nous avons été agréablement surpris de connaître son associé, Faustino Hernandez, boxeur et professionnel de la sécurité privée depuis plus de 30 ans, expert en Savate, en Canne, et basque, pour être plus précis, et fier de l’être. Sincère, direct, taquin et sympathique, décisif dans son travail, réfléchi au moment d’évaluer les pours et les contres, mais décidé comme personne quand il s’agit d’entrer au combat.

Recherche Évolution et Développement


Sa rencontre fut le creuset et l’alchimie dans laquelle fut conçu un nouveau système de self-défense, sensé, pratique et équilibré, un système dont on entendra beaucoup parlé prochainement. Beaucoup d’années dans la profession et une recherche incessante de formules pratiques d’auto-défense les ont conduit à élaborer l’un des systèmes de self-défense les plus efficaces et pédagogiques que nous ayons vu. Inspiré de nombreux systèmes expérimentés et étudiés au cours de leur parcours professionnel, a ainsi vu le jour le Krav Maga R.E.D., que nous avons aujourd’hui le plaisir de présenter dans cet article, annonçant avec lui l’imminente apparition (ce mois-ci espérons-nous) de ce nouveau DVD produit par Budo International. Alfredo Tucci


Self-défense

KRAV MAGA Recherche Évolution et Développement Le DVD « KRAV MAGA Recherche Évolution et Développement » est né de la volonté de quatre spécialistes du Krav Maga et des sports de combats, Christian Wilmouth et Faustino Hernandez, Dan Zahdour et Jérôme Lidoyne. Ces derniers sont à ce jour à la tête de plusieurs clubs et d'un groupe d'une vingtaine d'instructeurs et moniteurs multi-disciplines allant du Krav Maga au MMA. Après s'être entraînés et formés au sein de nombreuses organisations et écoles, après avoir formé des centaines de personnes, dirigé de très nombreux stages et séminaires ou avoir représenté différents courants de Krav Maga en France et en Europe durant près de 15 ans, ils ont décidé d'offrir en premier lieu à leurs élèves, mais aussi aux personnes partageant cette « ouverture d'esprit » qui a été le moteur de leur recherche durant toutes ces années, la synthèse de leur vision du Krav Maga au travers d'un DVD. Ce travail a vu le jour suite à la décision des auteurs, de ne plus représenter aucune fédération ou organisation souvent trop « restrictives » afin de pouvoir œuvrer librement au développement des disciplines qu'ils enseignent. Ce DVD n'a pas pour but de mettre en avant, ni une nouvelle méthode, ni un courant spécifique de Krav Maga. Il s'agit juste là, de présenter un programme de Krav Maga axé sur l'importance du « contenu ».

Car ne l'oublions pas le Krav Maga est pratiqué en France et dans la majorité des pays européens comme une discipline de self-défense. Il y a, à ce propos, un autre facteur important à prendre en compte également. L'enseignement du Krav Maga et la pédagogie qui lui est appliquée diffèrent en fonction des pays où il est révélé. Le Krav Maga étant un « close combat » à l'origine, il est de ce fait enseigné dans son pays de départ, Israël, avec une finalité très guerrière en raison d'un contexte local très « particulier » alors qu'en France par exemple, il est à 95% professé avec la nécessité de se conformer à un cadre légal très strict en matière de légitime défense et d'assistance à personne en danger, tout en faisant preuve d'efficacité dans la gestion d'une situation conflictuelle. Les auteurs sont, en parallèle de cette passion de l'enseignement des sports de combats et de la self-défense, des personnes issues des milieux professionnels de la sécurité, dans lesquels ils ont travaillé pendant plus de 20 ans. C'est cette alchimie entre passion et profession qui les a conduits à ce choix de techniques figurant dans ce DVD. Le DVD « KRAV MAGA Recherche, Évolution et Développement » vous fera découvrir des techniques que beaucoup connaissent, issues des standards de la discipline, mais aussi d'autres plus modernes nées d'un retour d'expérience plus récent. Vous découvrirez également certaines méthodes de travail permettant de voir les « limites » de certaines techniques.

Recherche Évolution et Développement



Self-défense

« Le DVD “KRAV MAGA Recherche, Évolution et Développement” vous fera découvrir des techniques que beaucoup connaissent, issues des standards de la discipline, mais aussi d'autres plus modernes nées d'un retour d'expérience plus récent. » Les auteurs ont construit le programme en gardant en permanence à l'esprit le contexte de vie ainsi que le contexte législatif du pays dont ils sont originaires.

Les 5 axes de travail du KRAV MAGA R.E.D. Lorsqu'on parle de « Close Combat » (Krav Maga en Hébreu) quels qu'ils soient, on parle de méthodes qui sont à l'origine créées pour permettre en peu de temps à des personnes de disposer au minimum de capacités techniques, de bases, de principes pour faire face à une majorité des cas de conflit physique avec ou sans arme. La simplicité et l'esprit combatif prime. Il est vrai que lorsque survient une situation d'agression, plus les gestes appris sont simples et plus vous disposez d'une « agressivité » naturelle et plus vous pourrez faire face. Cependant, même si le Krav Maga que nous pratiquons n'est pas un art martial où de nombreuses années de

pratique sont nécessaires, il n'en est pas moins pour les auteurs, une discipline qui nécessite un apprentissage régulier sur une durée de plusieurs mois et années, et le contexte dans lequel ces derniers l'enseignent, même s'il s'avère être de plus en plus difficile, est loin des nécessités qui seraient celles d'un pays en situation de conflit, voire de guerre. Le programme du Krav Maga R.E.D a donc été construit en 5 axes de travail.

Axe 1 Le premier consiste à mettre en place les bases techniques du pratiquant. Durant cette étape, ce der nier développera les qualités nécessaires à tout combattant. Au programme : déplacement, protection, techniques de percussions, ripostes, gestions des distances, travail debout, travail au sol, gestion de l'effet tunnel, etc., mais aussi les attitudes et postures qui précèdent le moment critique.

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Self-défense Axe 2 Fort de ses acquis et souvent en parallèle, l'élève mettra en œuvre le contenu en pratiquant différents modes de sparring. En Krav Maga, un grand nombre de personnes ne pratique ou n'enseigne aucune méthode de sparring pourtant très utilisées dans les sports de combats, souvent par manque de compétences ou par a priori ou voire même par « peur du combat ». Pour les auteurs, tous les deux étant, parallèlement au Krav Maga, enseignants et/ou anciens compétiteurs de haut niveau dans des disciplines comme la Boxe anglaise, la Boxe thaïlandaise, la Boxe française ou le K1, la nécessité de l'apprentissage du combat au travers de différents ateliers est indispensable au développement d'un pratiquant d'une discipline dite de « self défense réaliste ». Seront donc abordés des sparrings de type Boxe anglaise, Boxe pieds poings et d'autres en mode self-défense, ces derniers permettant une grande liberté d'actions.

Axe 3 Dès lors, un programme comportant des techniques dites « codifiées » peut être abordé selon plusieurs thèmes : pieds/poings, saisies, étranglement, etc. Les auteurs ont cependant voulu aborder ces différents thèmes, avec une orientation pédagogique spécifique, répartis en 3 étapes, et facilitant la compréhension de ce programme. - La première étape comprend l'acte réflexe, qui est l'acte le plus instantané dans tout type de situation, en résumé le geste le plus naturel. - La 2e étape est le « semi-anticipatif » et c'est l'étape qui suit l'acte réflexe lorsqu'on commence à réaliser ce qu'il vient de se passer. Ces deux premières étapes ne peuvent être des techniques 100% codifiées car elles interviennent dès les premiers instants de l'agression. - Enfin vient l'étape 3 de ce schéma. L'étape 3 s'avère être le moment où l'on tente de mettre en application l'intégralité de la technique adaptée à la situation. Exemple : lorsque qu'un coup, un projectile arrive sur vous et que vous avez un réflexe à cet instant précis, quel serait-t-il ? Certains mettraient un bras en opposition d'autres esquiveraient le coup ou le projectile, en bref l'étape 1. Dès lors, dans la fraction de seconde qui suit alors que l'analyse de la situation est encore floue, il est très probable que l'on continuerait à bloquer, esquiver ou autre, mais en se mettant en mouvement et

peut être en tentant de riposter ce qui constituerait l'étape 2. Dès lors, l'analyse complète de la situation nous permettrait alors de mettre en œuvre tous les acquis et techniques dont nous disposons en passant à l'étape 3 pour faire face avec efficacité à l'agression. Ce qu'il faut par contre bien intégrer, c'est que ces trois étapes se situent dans un temps très court et sont intimement liées et indissociables. Par contre, dans le cas où il y a anticipation de la menace, l'étape 3 devient la règle.

Axe 4 Là, il s'agit de la capacité de gestion du stress. Cette partie est essentielle à la formation d'un bon pratiquant de Krav Maga, dans la mesure où vous vous concentrez sur le réalisme et l'efficacité. On dissociera cependant le stress physique et le stress psychologique même si l'on recherche à générer les deux, souvent par le biais de l'un ou l'autre dans les éducatifs. Au programme : désorientation, parcours de fatigue, travail en milieu clos, atmosphères confinées, dépassement de soi, travail les yeux bandés, etc., le tout suivi de mises en situation d'agressions les plus réalistes possibles. Important ! Lorsqu'on parle d'agression réaliste, il est nécessaire de penser à la sécurité des pratiquants. C'est pourquoi les auteurs utilisent, entre autres, un matériel adapté comme ici dans la vidéo, des gilets renforcés au niveau de la poitrine du dos et des épaules et le port de casque.

Axe 5 L'axe 5, lui, a pour but de développer des compétences techniques complémentaires chez nos pratiquants. Au programme, l'utilisation de clés ou d'armlock pouvant compléter certaines techniques ou être mises en œuvre dans des situations particulières, mais aussi l'utilisation de bâton ou autre, pour se défendre face à différents types d'agressions. Mais les auteurs insistent sur un der nier point précis, « la remise en question permanente », car en matière de self-défense et donc de Krav Maga, l'ego, la fierté doivent être mis de côté, il faut accepter de dire qu'une technique est devenue obsolète et, dans ce cas, la changer au profit d'une autre plus efficace. Au final, le plus important, c'est de réussir à préserver son intégrité physique en cas d'agression.

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Curriculums des auteurs : Wilmouth Christian Co-Fondateur de Krav Maga Recherche, Évolution et Développement Directeur Technique du centre THE FIGHTING ZONE de Dax - Instructeur Krav Maga (AEKM, FEKAMT, KMPI, FFKDA, KMWLE, ICCS) - Moniteur Muay Thaï, K1, Kick Boxing, Savate - Diplômé d'état - Chef Instructeur SPK, ROS, Bâton et Tonfa - Professionnel en sécurité privée depuis 22 ans - Formateur sécurité privée, forces de l'ordre, armées (+ de 12 ans). Faustino Hernandez Co-Fondateur de Krav Maga Recherche, Évolution et Développement Directeur Technique du centre ART OF FIGHTING 64 de Bayonne et Ustaritz - Instructeur Krav Maga (AEKM, FEKAMT, FFKDA) - Instructeur SPK, Canne défense - Moniteur de Savate Boxe Française - Spécialiste Boxe Anglaise (30 ans) - Professionnel en sécurité privée (+ de 30 ans) - Formateur en sécurité privée (+ de 10 ans).

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ort, violent, objectif… Peut-être cette partie du Bugei Jahapan que l’on appelle Bujutsu porte-t-elle dans sa structure classique, une type de combat puissant et durable. Celui qui pratique les techniques reliées au Ju-Jutsu classique peut percevoir dans sa forme rustique certaines caractéristiques fonctionnelles pour les situations quotidiennes vécues au Moyen Âge. Contrairement au Yoroi Kumiuchi ou Kumiuchi, le Ju-Jutsu était pratiqué sans armure et possédait, dans ses formes établies de manière ordonnée (Seitei-Gata), des techniques qui étaient utilisées quand le samouraï portait son costume normal et pas celui qu’il utilisait pour aller à la guerre, de sorte que, pour beaucoup, les techniques de Ju-Jutsu furent associées uniquement à la self-défense. La forme ancienne pratiquée dans le Bugei Juhapan devait être rapide et directe face à la première attaque de l’agresseur, ce qui nous amène à penser que parmi les techniques développées pour le Ju-Jutsu, on conservait encore l’idée que le samouraï pouvait être attaqué par surprise à n’importe quel moment. On peut comprendre à travers les Seitei-Gata, que l’agresseur utilisait la plupart du temps, à l’époque où l’art martial se développa, des situations récurrentes très différentes de celles qui surgirent aux époques plus modernes. Ainsi, on voit clairement une différence dans les formes utilisées suivant le moment historique, même si elles ont des points communs. Beaucoup se sont interrogés sur leur fonctionnalité dans une situation réelle, mais faisons remarquer que n’importe quelle technique peut être facilement adaptée aux

situations car la pratique du Katuto dans le Bujutsu (la vraie façon de combattre) était exigée dans la majorité des écoles et que tel était son but. Certaines écoles plus spécialisées enseignaient aux élèves à attaquer le côté Yin du corps, utilisant des moyens non conventionnels comme pincer les mamelons ou les testicules, déchirer les joues, arracher les oreilles, luxer les côtes et même arracher la langue de l’adversaire avec les mains, autrement dit utiliser les aspects les plus violentes. Le Mugen Mukeru est l’une des études les plus intéressantes du Ju-Jutsu le plus rustique. Dans la sagesse des techniques appliquées dans le Ju-Jutsu, nous apprenons toujours que le simple est fort et puissant. Autrement dit, c’est une voie qui favorise les actions rapides et efficaces. Certes nous pouvons tous comprendre qu’une voie plus simple favorise un raisonnement plus clair et cohérent. D’autre part, nous savons que ce n’est pas ce facteur seulement qui favorise leur efficacité. Une technique efficace est une technique qui a un début et une fin, sans interruption. Beaucoup de gens confondent et croient que, comme le Ju-Jutsu possède des techniques qui sont la plupart du temps composées de clés, leurs mouvements exigent une grande force physique, de sorte que certaines techniques sont impossibles à réaliser sans l’aide de la musculation. Cependant, comme les autres arts martiaux conçus par les Japonais, le Ju-Jutsu fut créé pour répondre aux besoins d’un peuple de petite taille et possédant un corps relativement plus fragile. Nous pouvons donc penser qu’ils n’ont pas pu créer quelque



chose qu’ils n’auraient pas pu utiliser. Il se peut qu’avec les années et l’arrivée de ces arts martiaux en Occident, beaucoup de ces techniques aient été adaptées à la population locale et par conséquent adultérées. Bien que l’on crée de nouveaux arts martiaux et de nouvelles techniques infaillibles, il est rare de voir un art martial aussi efficace dans le combat au corps à corps que certains styles de Ju-Jutsu. La modernité a apporté le discernement et, avec lui, la perception de la différence de besoins aux époques distinctes. Cependant, ils font tous, même les plus modernes, allusion au merveilleux système de clés que l’on trouve dans l’ancien Ju-Jutsu. Nous invitons maintenant le lecteur à découvrir d’autres aspects de cet ancien Ju-Jutsu. Parmi les styles de Ju-Jutsu, le Mugen Mugeru (qui veut dire viser l’infini) est l’un des plus anciens. Il n’existe aucune trace écrite de ses formes et ses connaissances ont été transmises de génération en génération par la tradition orale. Il remonte à une manière de penser plus rude, de caractère presque tribal. Cette esthétique particulière nous amène à croire qu’après les anciennes méthodes, Zue (collections) et Den (traditions), le Mugen Mugeru fut probablement l’un des arts adoptés qui reçut le caractère d’identité Shizen, quand la culture rémanente était déjà influencée par les arts militaires. Anthropologiquement parlant, pour éclairer et apporter une petite lumière sur la culture, ces aspects plus particuliers sont considérés comme une origine possible des Emishi, en reculant assez loin dans l’histoire du territoire japonais. Ils furent, au fil des décennies et

des mélanges avec d’autres ethnies et cultures, condamnés à l’oubli, voire la disparition (un sujet que nous traiterons dans un autre article). Comparé à d’autres techniques de mains nues, le Ju-Jutsu se spécialise dans les manières de saisir et de tordre, en utilisant le sol comme une grande arme en sa faveur. La partie des Atemi-Waza est secondaire dans la majorité des systèmes japonais, mais est largement explorée dans le Mugen Mukeru dont l’accent mis sur la frappe avec les mains fermées est attribuée à un ancien usage de pierres pour augmenter les dégâts engendrés contre les os des membres supérieurs ou même de la région cranio-faciale, sans exclure les blessures par impacts provoquées par le coude ou les pieds. Dans le cadre du Ju-Jutsu, l’une des choses que vous pourrez voir le plus clairement, c’est que le Mugen Mukeru a conservé la capacité de traction. Beaucoup de pratiquants de Ju-Jutsu aimaient écourter les distances pour suffoquer les possibilités d’attaques directes et favoriser un combat plus impliqué avec des clés, des étranglements et des chutes qui apportaient un avantage sur un adversaire prêt uniquement aux mouvements traumatiques. Pour ce faire, de nombreuses formes ont été développées et leur exécution perfectionnée. Pour que ces techniques soient possibles, les maîtres mirent au point une manière de préparer le corps qui devait répondre comme un tank de guerre. Bien que l’on n’utilise plus les pierres pour accroître les dégâts, le corps doit être en mesure de générer et de supporter de tels impacts, ce qui explique



également les postures et les bases caractéristiques. Dans les systèmes japonais, ces aspects ont fini par recevoir des noms différents parce qu’on croyait qu’ils possédait une influence d’origine chinoise plus ou moins grande en ce qui concer ne l’accent particulier mis sur les Atemi-Waza, alors que les systèmes dérivés de sources plus japonaises ne présentent pas de préférence particulière pour ces techniques. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les arts martiaux japonais se sont développés de cette manière. Tout d’abord, il y eut un grand changement dans le comportement au cours du Sengoku Jidai, comparé aux époques antérieures. Le plus souvent, les affrontements se réalisaient sur les champs de bataille et les guerriers, d’une manière ou d’une autre, étaient fortement protégés. Une autre raison secondaire, c’est que, même quand l’adversaire n’utilise pas d’équipement de protection, les chances de le battre avec un tel bagage sont très maigres du fait d’une plus grande maîtrise et évolution des arts martiaux. En cas d’échec de l’application technique, l’ennemi utiliserait alors l’arme qu’il aurait encore en son pouvoir pour réduire son adversaire. Le plus important donc était de ne pas permettre cette possibilité. Mais revenons au Mugen Mukeru. Entraînés au premier cycle de Chuden, ces Seitei-Gata révèlent les nombreuses techniques qui étaient considérées comme des trésors par les maîtres du Moyen Âge. Les plus éminents spécialistes affirment qu’ils sont les vestiges de la période

Sengoku et que leurs formes répondent aux nécessités historiques quotidiennes. Le nom de Mugen Mukeru est resté inchangé dans ces études liées au « Yamada Den » (la tradition de la famille Yamada), considérée comme le plus prometteur des enseignements du Ju-Jutsu Mugen Mukeru. Que ce soit vrai ou faux – il nous faut toujours le dire car l’histoire est racontée et transmise par des personnes –, ce que représente la survie de ces Seitei-Gata, c’est la particularité de chaque forme et leurs points de convergence. Beaucoup prétendent que la plupart des formes ont changé, ne laissant que le sens directionnel de leurs applications. D’autres préfèrent dire que rien n’a changé des SeiteiGata originaux. Nous restons dans les limites de la pratique, en temps que patrimoine et non comme un point de désaccord, estimant qu’il n’y a pas un seul document prouvant leur modification ou leur conservation. Cette pratique est arrivée jusqu’au XXe siècle de cette manière et a demeuré jusqu’à ce jour. Dans notre institution, nous ne conservons que ce qui nous fut enseigné. Nous étudions cinq types de Mugen Mukeru : • Ikusa Mugen Mukeru • Sangen Mugen Mukeru • Hangetsu Mugen Mukeru • Sanzui Mugen Mukeru • Sanchi Mugen Mukeru

Ikusa On peut traduire Ilkusa par « guerre » et pour ce Seitei-Gata, sa terminologie fait



référence aux guerriers qui portaient deux épées (Senshi). Uke utilise des armes ; il utilise le Katana, le Wakizashi, le Tanto ou Tanbo. Ce type de Ju-Jutsu était spécifique pour les attaques consécutives. Pour cette raison, on voit comment il fait très attention à se positionner différemment et de manière adéquate. La plupart des séquences préétablies sont destinées à la défense d’attaques provenant d’un katana suivie de deux attaques possible avec le Tanto (couteau) ou le Wakizashi (épée courte).

Sangen Indubitablement, toutes les formes de Mugen Mukeru sont puissantes et bien dirigées. « Sangen Mugen Mukeru » signifie : « diriger l’infini de la province de la montagne ». Ces techniques représentent un genre de Seitei-Gata qui illustrent les différents types de Ju-Jutsu pratiqué par les différentes familles des régions proches d’Hokkaido. On croit que tout cela fut organisé en une unique pratique séquentielle où chacun des cinq Mugen Mukeru possédaient dix séquences propres. Sangen se pratique sans utiliser les armes. Tori et Uke restent mains nues. Leurs formes sont également des exemples de l’utilisation d’attaques dans les régions inférieures du corps d’Uke telles que les genoux, les chevilles, les orteils, etc.

Hangetsu « Han » – demi ; « Getsu » – lune Se caractérise par le fait qu’Uke effectue

deux attaques, la deuxième en utilisant un Tanto ou Aikiuchi se trouvant dans le Hara-Obi. Le mot Hangetsu se réfère à la main qui est cachée, à la demi-lune que l’on ne voit pas.

Sanzui Sanzui signifie « trois euax ». Ce nom provient des trois familles pratiquantes : Inoue, Aoki et Hayashi. Le point original de cette forme est l’orientation unique et spécifique pour la selfdéfense de l’époque. Ses techniques varient selon que l’on fasse Nage no Gikkou, Kansetsu no Gikkou, Katame no Gikkou ou Shime no Gikkou, étant donné que toutes les formes de Mugen Mukeru ont une forte particularité orientée vers les Atemi.

Sanchi Sanchi signifie trois terres, en japonais. Il est destiné à la self-défense. Ses formes présentent des mouvements et des techniques particulières. De nombreux maîtres ont expliqué cela par le fait que ces techniques sont prévues pour se battre dans des forêts et dans des endroits ne permettant que de difficiles et petits mouvements. Nous pourrons bien sûr trouver des explications différentes pour chaque contenu technique, mais leurs formes restent dans une logique de self-défense quotidienne de l’époque. Vous pouvez trouver sur YouTube de nombreuses vidéos illustrant ces cinq formes.


ÂŤ Dans le prochain article de ce magazine, nous vous offrirons un article sur la culture shizen et ses origines. Âť


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Crouching Tiger, Hidden Dragon, le logo du Weng Chun Kung Fu Quand nous regardons le logo du Weng Chun Kung Fu, nous remarquons sans doute, avant toute autre chose, le tigre au milieu. Les mots sur la partie supérieure sont lus ensuite, une fois que nous avons l'image du tigre devant nous, car ils occupent la plus grande partie du logo, plus que le caractère chinois situé à côté du tigre. Rien d'autre ne semble très pertinent pour l’individu moyen qui voit le symbole du Weng Chun. Un pratiquant d’art martial prête sans doute une certaine attention au caractère à côté du tigre et aux mots, puis s’arrêterait probablement, incapable de comprendre la profondeur du sens derrière ces mots. Beaucoup de pratiquants d’arts martiaux verraient également « Shaolin » et « Weng Chun » et exclueraient la possibilité que les deux soient reliés de quelque façon. Le logo du Weng Chun symbolise cependant les racines de l'art de Shaolin d’une manière que beaucoup seraient incapables d’imaginer. Le logo en lui-même est beaucoup plus que des mots et deux images. Cet article étudiera les significations qui se cachent derrière le logo du Weng Chun pour que nous puissions tous en prendre connaissance. L'ensemble du logo peut être verbalement représenté par les cinq phrases apparemment simples suivantes : Tout dans le logo est contenu dans un cercle. Sur la partie supérieure du cercle on peut lire : « Weng Chun Kung-Fu ». Sur la partie inférieure du cercle, on peut lire : « Le pouvoir interne de Shaolin ». Au milieu du cercle se trouve l'image ci-dessus mentionnée d'un tigre accroupi comme prêt à bondir sur sa proie. À droite du tigre, apparaît le caractère chinois signifiant « éternel ». Pas grand-chose, me direz-vous. Vous verrez bientôt qu’il n’en est rien. Il y a beaucoup plus à comprendre dans le logo que ces cinq énoncés. Examinons les mots de plus près.


« Weng » signifie éternel, perpétuel. C'est le même « éternel » que le caractère mentionné ci-dessus. « Chun » signifie printemps (la saison). Mettez-les ensemble, Weng Chun signifie éternel printemps, ce qui se réfère à une renaissance perpétuelle de tout et reflète la réalité Chan de l'impermanence et de la nature du changement. « Kung », signifiant habileté, est suivi de « Fu », qui signifie effort. Ensemble, Kung et Fu se réfèrent aux compétences que l'on acquiert à force de travail et d'efforts. « KungFu » renvoie également à l'idée de karma dans le sens où ce que vous ferez aujourd'hui, vous affectera demain. Si vous vous entraînez durement aujourd'hui, demain vous serez compétent. Si vous êtes paresseux aujourd'hui, demain votre santé pourrait s’en ressentir. Pour le Chan, c'est le principe de la cause et de l’effet ou de l'action-réaction. « Pouvoir interne » semble pouvoir se passer d’explication, mais en est-il ainsi ? Le pouvoir

interne se réfère généralement à la circulation du Chi dans le corps et l'univers, mobilisant sa force de vie pour travailler pour vous. Mais, le pouvoir interne se réfère également à la connaissance spécifique du combat et à la santé que l’entraînement du Weng Chun apporte à l'élève. Le Weng Chun est un système complet intégrant plusieurs domaines de formation principaux. Le premier se centre sur la condition physique et la santé. On travaille à la fois la santé interne et externe, au moyen d’exercices consacrés au développement de l’une et de l’autre à travers la respiration et l'entraînement physique. L’ e x p r e s s i o n « pouvoir interne » couvre également les aspects souples et internes du système Weng Chun pour la self-défense. Le système Weng Chun apprend aux élèves à entrer en harmonie avec l'énergie de l'adversaire au lieu de répondre par la force. C’est là que réside l’entraînement souple, au moyen duquel l’élève apprend à recevoir la puissance d'un adversaire sans lui permettre d'altérer sa propre structure. En mettant l’accent sur l’entraînement interne, on apprend à utiliser l'ensemble du corps pour développer la puissance, on apprend à unifier les membres et le tronc pour avoir un outil plus efficace. « Shaolin », pourquoi ce mot se trouve-t-il dans le même logo que Weng Chun ? Comment les deux sont-ils reliés ? Malheureusement beaucoup de gens, même les pratiquants d’arts martiaux, assimilent le Wushu moderne (c'est-à-dire, Jet Li) au Shaolin. Le Wushu moderne est un sport, pas un combat réel. Il est amusant à regarder, mais tout le monde ne peut pas le pratiquer. Le Shaolin est un entraînement que l’on fait pour être en harmonie avec la réalité. Le Wushu moderne n'a pas de compétence réelle en terme d’applications de combat et il est loin d'être un vrai combat. Bien que le Wushu utilise certains mouvements du Shaolin, ce n'est pas un vrai Shaolin. Il se centre sur la démonstration acrobatique plutôt que sur une science martiale efficace. Les véritables arts martiaux de Shaolin se composent de trois choses. On les appelle les trois trésors de Shaolin. Les trésors sont : le Chan (Zen), la santé et le combat. La santé désigne à la fois les bénéfices internes et externes que l'on obtient quand on pratique le Shaolin. « Combat » se réfère méthodes de combat au corps à corps développées et pratiquées par les moines Shaolin depuis des siècles, le Weng Chun étant l'un des plus avancés de ces systèmes. Les moines Shaolin ont également développé


ces méthodes de combat comme une extension de leurs études du Chan. Le Chan met l'accent sur l’élimination des illusions pour découvrir la réalité et rien n'est plus réel que les combats mettant la vie en danger. Vous vous souvenez de ce Weng signifie ? Nous ne voyons pas beaucoup de personnes de 60 ans pratiquer le Wushu, mais il y a de nombreuses personnes de 60 ans qui pratiquent le Weng Chun. Regardons maintenant de plus près les deux images du logo du Weng Chun. La première est le tigre. Les tigres ont longtemps été un symbole de puissance et de force dans de nombreuses cultures. C’est cette image particulière du tigre qui est importante dans le logo du Weng Chun. Le tigre est représenté comme s'il était prêt à sauter sur sa proie. Il est prêt à frapper, mais n’en ignore pas moins ce qui l’entoure. C'est l'une des idées clés du Weng Chun : « Conserver votre espace mais restez concentré ». Dans le système du Weng Chun, le cercle représente la conscience de ce qui nous entoure tout en conservant et en créant de l’espace. Le tigre accroupi dans le cercle rappelle aux pratiquants l'importance de la structure circulaire pour la santé et le combat. Le tigre est également en train de chercher à réduire la distance avec sa proie le plus facilement et le plus sûrement possible. Les tigres n'attaquent pas de front, mais à partir d'un angle avantageux plus sûr de manière à être plus efficaces. Si vous regardez un tigre, il décrira un cercle jusqu'à trouver le meilleur endroit à partir duquel attaquer. Et ce n'est là qu'une partie de la symbolique du tigre. Il représente également les méthodes corporelles du Weng Chun. Le tigre est détendu mais prêt ; il est en bas, mais il peut attaquer en haut ; il est subtil, mais puissant. Le tigre rappelle aussi au spectateur une autre créature en raison de sa pose particulière dans le logo du Weng Chun. Cette créature est le dragon. La posture courbée du tigre rappelle la pose la plus habituelle du dragon, recourbé et prêt à frapper. Le dragon, selon la philosophie Shaolin, est invisible, mais il est présent avec le tigre. Alors que le tigre représente les aspects visibles du Shaolin (le combat), le dragon représente les aspects internes invisibles du Shaolin (le Chan et la santé). Pour le Weng Chun, ce sont les dix sagesses de l'art et du pouvoir inter ne. Le dragon et le tigre existent en harmonie l’un avec l’autre dans le logo du Weng Chun. La posture courbée du tigre, depuis la queue jusqu’à sa patte avant, dessine également une ligne qui renvoit au Yin-Yang, se référant à l'harmonie que les pratiquants de Weng Chun utilisent pour vaincre leurs adversaires au lieu de les affronter. Le tigre et le dragon font un, comme le Chan, la santé et le


combat. Il est indubitable que le Shaolin et le Weng Chun font partie d'un même ensemble. La deuxième image est celle du caractère « Weng ». Le caractère représente les triangles de Weng Chun. Le triangle représente le centre dans l'espace du cercle et l’usage des angles pour pénétrer l'espace. Beaucoup de structures physiques du Weng Chun exigent que le corps prenne des formes triangulaires pour atteindre une e f f i c a c i t é maximale. « Weng » implique également l'espace. Le symbole lui-même couvre t o u t

l'espace dimensionnel, nous rappelant d'être conscients de notre espace dans les situations de combat, de rester concentrés tout en préservant notre espace. L'expression du Weng Chun de l'espace tridimensionnel se reflète dans les concepts traditionnels Shaolin du Ciel, de l'Homme et de la Terre. Le tigre et le caractère chinois réunis engendrent une autre facette au symbolisme. En plus de la référence mentionnée ci-dessus à propos de la façon d’attaquer du tigre, les symboles nous rappellent d’être semblables au tigre, de faire toujours le tour de l'adversaire pour trouver la meilleure position, de rechercher le meilleur point de contact, pour ensuite combler l'écart, plutôt que de nous précipiter tout droit sur lui. C'est la manière correcte de faire face et d’en finir avec un attaquant. Lors de l'encerclement, nos triangles doivent rester alignés (observer les pattes du tigre), prêt à bondir. C'est ce qu'on appelle conserver notre espace sans perdre de vue l’objectif. Les images combinées introduisent les cercles dans la pensée du Weng Chun, pourquoi donc ? Beaucoup de gens assimilent le combat à un affrontement direct et linéaire, mais les cercles ne sont pas directs. Comment les cercles peuvent-ils exister au sein de Weng Chun ? Ils sont tout simplement un outil stratégique qui viennent appuyer les tactiques de combat. Ils interviennent également dans la manière de considérer la santé dans le Weng Chun,


dans la mesure où les racines Shaolin font de l'art martial un vaisseau pour améliorer la santé du pratiquant tout autant que ses compétences. Les cercles se meuvent également continuellement et sans fin, contrairement aux angles d'un triangle. Intimement liés, les cercles et les triangles travaillent ensemble comme le Yin et le Yang. Il ne faut pas être tendu dans un combat ou au cours de la pratique, il faut rester détendu et fluide pour aider à conserver notre santé et pratiquer la self-défense. C'est ça, le logo du Weng Chun. Cinq phrases expliquées en quelques paragraphes. Le logo et ses explications sont simples, mais ils contiennent plus de significations que ce qu’on imagine. Il en est de même pour le Weng Chun. Chaque mouvement est relié au Chan, à la santé et au combat, les trois trésors de Shaolin. Écrit par le musée Ving Tsun des États-Unis à partir d’interviews du Sifu Andreas Hoffmann. Weng Chun Kung Fu Association internationale - www.weng-chun.com <http://www.weng-chun.com>


Self-dĂŠfense


De nouveaux professionnels de valeur sont en train d’émerger dans le domaine de la self-défense. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir l’un d’eux, fruit du métissage culturel vital du monde moderne. Possédant de puissantes racines érythréennes et italiennes, et installé en Allemagne, le maître Simohon Giaquinto possède un vaste bagage militaire et policier et d’intéressants postulats pédagogiques. Restons attentifs à son travail !


M

on nom est Simohon Tuwoldè Giaquinto. Je suis moitié italien et moitié érythréen. Je suis le fondateur de combat mixte GKP, le premier système de combat codé érythréen. GKP signifie «Programme Giaquinto d’apprentissage du couteau » (Giaquinto Knife Knowledge Program). Je ne suis ni africain ni italien. Je suis métissé et j'aime ce terme, car à l’époque lointaine où Mussolini a colonisé l'Érythrée, les Noirs étaient considérés comme des esclaves, les blancs comme une race supérieure et les métis devaient être tués à la naissance. D’après leur théorie ils n’étaient pas des êtres humains dignes, parce qu'ils étaient le fruit de l'union de la « race supérieure » avec la « race inférieure ».

Par ailleurs, selon certaines études faites par les médecins, le gène de l’ethnie noire était plus fort que le gène de l’ethnie blanche. Un métis était donc essentiellement africain. Cela fit enrager le dictateur fasciste. D’après moi, la demi-race est plutôt la synthèse et le renforcement de l'ensemble. Au moins deux langues, au moins deux cultures, deux façons de penser, et donc plus de liberté mentale. C’est ça que veut dire pour moi métis ! L'Érythrée se trouve en Afrique de l'Est, en face de la mer Rouge. Il y a neuf groupes ethniques en Érythrée : Tigrinya, Tigre, Bilen, Saho, Nara, Hidareb, Rashaida, Kunama et Afar. Dans la formation de l'identité de chacun de ces groupes ethniques, la culture guerrière est présente. Je proviens de l'ethnie Bilen. Les Bilen étaient de grands combattants, ils

utilisaient le couteau « Bilao » (avec une lame à double tranchant), l’épée « Sefi » et le bâton « Shafo ». Dans le style de combat d’Érythrée, il existait également une technique appelée N'Kullit, « jeter sur le côté », et il existe des techniques appelée Refi Arehsi, « se reposer et labourer ». En Érythrée, il n’existe pas de véritable art martial, il n'existe pas d'écoles d'arts martiaux, et ceux qui connaissent le combat de leur propre ethnie, ne s’entraînent pas parce qu’ils travaillent dans les champs du matin au soir. Mais, comme dans d'autres endroits d’Afrique, il y a une culture guerrière qui se transmet de père en fils et qui est utilisée pour forger le caractère de l'homme et lui enseigner la lutte. En fait, il y a d'autres rites symbolisant la résistance à la souffrance, la circoncision par exemple (qui n'est pas juste un rite religieux) ou


Self-défense

Pour plus d'informations ou pour réserver des cours de GKP, vous pouvez me contacter à l'E-mail :



certains types de danse guerrière empoignant diverses armes. En outre, il y a aussi l'aspect militaire, qui dut se développer, car le pays traversa malheureusement une dramatique guerre civile qui dura 30 ans et qui impliqua toutes les familles. Au programme de la formation militaire, il y a l’entraînement du Mkalahal MTKA, autrement dit de la défense et de l'attaque. J'ai commencé à m’entraîner en 1987 avec mon père, qui fut mon professeur. C’était un guérillero du front de libération. Il fut également instructeur des soldats et fondateur d'une méthode de combat avec couteaux militaires : la GMKC (Giaquinto Military Knife Concept). Ma formation fut totalement de style militaire. J'ai bénéficié pendant un certain temps de la double nationalité et cela m'a permis d'être engagé comme soldat dans un autre état africain et d'être agent de police pendant dix ans en Italie, ainsi que d’enseigner l'auto-défense et la gestion du stress psycho-

physique dans les départements anti-émeute à travers le Red Man Training. En 2001, j'ai commencé à développer le GKP et je l’ai terminé en 2010. Dans le GKP combat mixte, j’ai mis toute mon expérience. Ma méthode d'enseignement pour les civils est basée sur 60 leçons. Chaque élève a une carte GKP sur laquelle il écrit le nombre d'heures de chaque cours. Il peut donc contrôler la progression de son apprentissage et je peux suivre chaque élève. Dans le cours de base, vous vous entraînez trois fois deux heures par semaine et, en 5 mois, vous terminez le cours de base. Le programme comprend la formation aux principes de la self-défense, comment se comporter dans la vie quotidienne pour éviter de se retrouver dans des situations à risque, et la défense contre les attaques à mains nues et les agressions armées. Contre les armes, je leur apprends à se battre avec des armes. On commence par l’utilisation de l'arme elle-même pour ensuite s'entraîner avec toutes sortes

d'objets : tasse, bouteille, stylo, téléphone ; ou encore des armes douces : foulard, sweat-shirt, veste. En Érythrée, on utilise le Nezela, un châle qui peut servir pour se défendre et contreattaquer. Il est également important de savoir se défendre contre les armes à mains nues, mais seulement en dernier recours, si vous n'avez pas eu le temps de trouver rapidement une arme. La première chose que j'enseigne dans le GKP, c’est que la meilleure défense, c’est d’abord de vous éloigner de l’arme à feu, puis c’est le pistolet, dans les pays où il est autorisée, ou le spray tactique antiagression, dans les pays où il est autorisé également. Mais le spray anti-agression, lorsque vous êtes à l'intérieur, quand il y a du vent ou d'autres personnes proches de l'attaquant, vous ne pouvez pas l'utiliser pour vous éloigner de l’arme à feu. Je vous apprends donc à l'utiliser comme un objet contondant. Avec le temps, j'ai étudié divers arts martiaux pour comprendre leur fonctionnement et, ce faisant, je suis devenu Sifu (maître) de Kungu.


Dans mes cours, je n’enseigne pas les arts martiaux, mais j’enseigne comment appliquer le GKP contre d'autres systèmes et contre les voyous dans la rue. Cette manière de former mes élèves garantit la réussite de l’application du GKP, parce que s’ils s’entraînaient exclusivement à lutter contre le GKP, ils n'auraient pas la moindre idée de ce que pourraient faire d'autres combattants provenant d'autres systèmes, et de nos

jours le délinquant habituel est bien préparé, même au combat. Le GKP est une méthode très complète de combat, ce n'est pas une self-défense qui dérive d'un art martial. Dans les niveaux plus avancés, l’élève ne devra pas aborder d'autres arts martiaux, il devra seulement découvrir le cœur du combat mixte GKP. Dans le GKP, le couteau a une grande importance, chacun de

nos gestes provient du couteau et la philosophie de la façon dont nous nous déplaçons est la philosophie du couteau. Nous n'utilisons donc pas les prises et les projections, mais avec les mains et les coudes nous faisons les mêmes choses que ce que nous ferions avec un couteau : nous frappons, nous frappons, nous frappons.


GKP Station Dès enfant, mon père m'a fait pratiquer la frappe de colonnes de pneus avec les mains nues et avec des armes. Puis, quand j'ai commencé à étudier les arts martiaux parallèlement à la formation que je recevais de mon père, j'ai découvert un outil asiatique appelé « mannequin de bois ». Après avoir passé 20 ans à m’entraîner sur des pneus et sur le mannequin de bois, j'ai décidé de créer un outil pour le GKP. C’est le GKP STATION. Vous pouvez vous entraîner contre lui en utilisant les mains nues, les bâtons, mais surtout de vrais couteaux, sans que l'outil ne soit endommagé.

Chine En 2011, je me suis rendu en Chine pour faire connaître le GKP et j'ai trouvé un ami, maître de Wing Chun Kung Fu, Maître Heman Leung. Il est le président de la Chin Woo Association et petit-fils du grand maître de Kung-Fu Yip Man. Le GKP a été très bien accueilli en Chine, tant de la part des autres enseignants, que par le grand maître et acteur Chiu Chi Ling. Tant et si bien que, quelques mois plus tard, je fut réinvité avec mon élève instructeur pour présenter le GKP à l’occasion de la célébration du 90e anniversaire de la Chin Woo Association. On en parla dans les journaux chinois et il fut également repris dans un livre écrit par le maître Heman Leung. Les maîtres de Kung-Fu chinois que je connaissais ont d'abord appelé le GKP : Kung-Fu érythréen.

Érythrée En 2011, je suis, après tant d'années, retourné en Érythrée et j'ai enseigné le combat mixte GKP, avec l'autorisation du gouvernement. Ce fut un événement tout à fait unique, car l'instabilité politique a conduit à interdire l'enseignement des techniques de combat.

Allemagne En Italie, j'ai formé très peu d'instructeurs, mais je pense maintenant à l'avenir européen. Je suis allé vivre à Berlin, en Allemagne, un état européen qui m'a toujours fasciné, et mon objectif est de faire connaître le combat mixte GKP dans toute l'Europe, tout en conservant le siège à Berlin. À mes côtés, se trouve ma compagne de vie, instructrice de GKP. Cela permet de partager le travail et la vie.




L'article de ce mois-ci nous ramène à l'essentiel. Dans de précédents articles au sujet du SDS-Concept, nous avons traité les principes de l'auto-défense, l'auto-défense pour les femmes, divers objets quotidiens utiles (jamais sans armes), la formation à la sécurité et l'auto-défense avec des objets flexibles. Ce mois-ci, nous allons voir les bases de la manipulation des bâtons d'auto-défense, tels que Palm Stick, Dulo, Kubotan...

SDS-Concept – Avoir tout sous contrôle Le SDS, le Self-Défense Stick, est un outil d'auto-défense de 8 à 15 cm de long, utilisé dans le SDS-Concept. Cependant, l'arsenal du SDS-Concept comprend également des outils alternatifs tels que cuillères, stylos, magazines enroulés, lampes de poche, téléphones mobiles et bien d’autres. La forme, les caractéristiques, le matériel, la taille, le poids, ainsi que les points forts et les points faibles sont essentiels pour la manipulation. Grâce à son idée de base simple, le SDS est idéal pour tous ceux qui veulent améliorer leur sécurité dans des situations dangereuses à travers l'utilisation d'un outil. Le SDS ou d'autres objets sont utilisés avant tout pour amplifier les coups de poing, les pressions ou les clés. Le SDS doit être quelques centimètres plus long que la largeur de la main de l'utilisateur. Quand on le tient dans le poing, le SDS doit dépasser des deux côtés. Selon la terminologie du SDS-Concept, on appelle l'extrémité inférieure du SDS « la crosse » et la partie supérieure, « la tête » ; la tête dépasse en haut. On tient le SDS de manière à serrer avec le poing la partie médiane, « le «corps », laissant dépasser la tête et la crosse des deux côtés. Cela peut différer pour les objets plus petits qui montrent soit la tête soit la crosse. Les bases du SDS-Concept contiennent dfférentes prises qui permettent d’utiliser efficacement le SDS. Ces diverses prises se traduisent par une pléthore d'options. Nous utilisons le SDS pour amplifier les coups de poing ou de pression, pour les clés, pour poignarder, pincer, appuyer, comme levier ou comme un fouet.


Amplifier les coups de poing Le SDS est tenu par son corps (saisie en marteau). Les coups de poing sont donné avec la crosse (de haut en bas ou horizontalement) ou avec la tête (de bas en haut ou horizontalement). Selon la tactique, les zones cibles sont la tête ou l'aine de l'adversaire, ou les bras et les jambes si on ne cherche pas à infliger des blessures graves.

Texte : Peter Weckauf & Irmi Hanzal. Photos : Mike Lehner



Amplifier les pressions La pression sur les zones sensibles (points de pression) déclenche généralement certaines réactions qui peuvent être très utiles dans certaines situations telles que la résistance passive ou le déverrouillage de clés. Optez pour le nez, les oreilles et le cou de l'adversaire. L'intention n'est pas de blesser l'attaquant.

Pincer Le SDS est tenu fermement, le pouce est utilisé pour appuyer ou lever certaines parties du corps (peau, oreilles, mamelons, organes génitaux, doigts). Ces techniques sont principalement utilisées pour briser la résistance passive (sécurité) ou afin de ne pas blesser l'agresseur.

Amplifier les clés Dans un conflit, les clés sont utilisées pour contrôler ou immobiliser l'attaquant, briser ses articulations, si nécessaire, ou l’obliger à se rendre. Habituellement, on utilise les deux mains pour les clés. Les cibles privilégiées sont les mains et les bras de l'adversaire. Les enchaînements de clés, tels qu’on les appelle, sont utilisés pour pratiquer ces techniques au cours de l’entraînement.

Poignarder Le pouce tient fermement sur le SDS dans le poing de l’empêcher de reculer. Cette variante de la saisie permet de poignarder ou de frapper aux yeux, au cou ou à l'aine de l'adversaire, par exemple.


« La vraie grandeur est représentée par le respect mutuel pour les réalisations des autres et leur dévouement aux arts martiaux. »


Serrer Saisissez le poignet de l'adversaire avec les deux pouces, puis tenez le SDS aux deux extrémités et serrer. Ceci provoque une douleur chez l'agresseur qui desserre habituellement son étreinte (main ou vêtements).

« L'article de ce mois-ci nous ramène à l'essentiel. »

Libérer ou faire levier Le SDS fonctionne aussi parfaitement pour amplifier la pression et obtenir un effet de levier dans les prises. En particulier, lorsque l’on saisit vos mains, le SDS provoquera une douleur momentanée, parfaite pour désamorcer le conflit.

Finalement… Quand nous avons commencé notre série sur le SDS-Concept, nous avions l'intention de faire connaître le SDS-Concept au grand public et d'inspirer les pratiquants d’arts martiaux intéressés. Nos fans internationaux présents dans de nombreux pays et qui n'ont pas la possibilité d'apprendre et de pratiquer le SDS-Concept avec nous, nous sont particulièrement chers. Le SDS-Concept est un jeune système européen avec une identité autonome et des structures et des concepts clairs. L'autonomie ne signifie cependant pas qu'il ne puisse pas y avoir des similitudes ou de chevauchements avec d'autres systèmes. Chaque pratiquant, fan, élève, instructeur et maître a sa place dans la communauté des arts martiaux et nous avons l’intention de parcourir ce chemin avec eux tous, de nous inspirer les uns les autres et de rester toujours des élèves d’arts martiaux. La vraie grandeur est représentée par le respect mutuel pour les réalisations des autres et leur dévouement aux arts martiaux. Je suis particulièrement reconnaissant à mon cher ami Alfredo Tucci, qui m'a donné une plate-forme unique à partir de laquelle j'ai pu informer nos amis partout dans le monde à propos de notre travail.

Fouetter Tenez le SDS par le corps (saisie en marteau) tandis qu’un trousseau de clefs dépasse au niveau de la tête, comme on le voit sur l'image. Utilisez le jeu de clés comme un fouet pour augmenter la distance.

Le prochain cours d’instructeurs aura lieu à Vienne, en Autriche, en Mars 2014.


AUTEUR: SALVATORE OLIVA

REF.: DVD/TV2

TITRE: J.K.D. STREET SAFE: REF.: DVD/SALVA • DVD/SALVA2 TITRE: KNIFE FIGHTING: • DVD/SALVA3 • DVD/SALVA4 TITRE: PROFESSIONAL • DVD/SALVA5 FIGHTING SYSTEM: • DVD/SALVA6 TITRE: PROFESSIONAL • DVD/SALVA6 FIGHTING SYSTEMKINO • DVD/SALVA7

REF.: DVD/BL

AUTEUR: B. RICHARDSON

MUTAI: TITRE: BRUCE LEE: L’HOMME ET SON HÉRITAGE

AUTEUR: RANDY WILLIAMS

AUTEUR: JOAQUIN ALMERIA

REF.: DVD/ALM2 TITRE: JKD TRAPPLING TO GRAPPLING

REF.: DVD/ALM3 TITRE: FILIPINO MARTIAL ARTS

TITRE: HOMMAGE BRUCE LEE AUTEUR: TED WONG & CASS MAGDA

REF.: DVD/ALM4 TITRE: STREETFIGHTING! JEET KUNE DO

REF.: DVD/RANDY1 REF.: DVD/RANDY2 TITRE: WING TITRE: WING CHUN KUNG FU: CHUN KUNG FU: SIU LIM TAO CHUM KIU Anglais / Espagnol / Italien

TITRE: JKD STREET DEFENSE TACTICS: TITRE: EXPLOSIVE DUMOG TITRE: JKD STREET TRAPPING”

Anglais / Espagnol / Italien

Anglais / Espagnol / Italien

TITRE: JEET KUNE DO BRUCE LEE’S YMCA BOXING

REF.: DVD/YAW2 TITRE: YAWARA KUBOTAN AUTEUR: MASTER PEREZ CARRILLO

TITRE: JKD EFS KNIFE SURVIVAL AUTEUR: ANDREA ULITANO

REF.: DVD/DP1 TITRE: 5 EXPERTS EXTREME STREET ATTACKS AUTEURES: VICTOR GUTIERREZ, SERGEANT JIM WAGNER MAJOR AVI NARDIA, J.L. ISIDRO & SALVATORE OLIVA

AUTEUR: BOB DUBLJANIN

TITRE: JEET KUNE DO ELEMENTS OF ATTACK

REF.: DVD/SILAT3

TITRE: JEET KUNE DO

DVD/RANDY4 TITRE: CONCEPTS & PRINCIPLES

REF.: DVD/EFS1

TITRE: JKD ”

REF.: DVD/RANDY3 TITRE: WING CHUN KUNG FU: BIU JEE

REF.: DVD/SILAT

REF.: DVD/JKDTIM

REF.: DVD/JKDTIM3

AUTEUR: TIM TACKETT

REF.: DVD/JKDTIM4

REF.: MUKRANDY4 REF.: MUKRANDY6

REF.: MUKRANDY5

REF.: MUKRANDY3

ANGLAIS

AUTRES STYLES

REF.: DVD/JKDTIM2

REF.: MUKRANDY1

REF.: MUKRANDY2

TITRE: THE WOODEN DUMMY ANGLAIS / ITALIEN

TITRE: PENTJAK SILAT

REF.: DVD/SILAT4

REF.: DVD/BURTON REF.: DVD/BURTON2 TITRE: JEET KUNE DO TITRE: JEET KUNE UNLIMITED DO UNLIMITED

TITRE: TITRE: ESPADA Y DAGA BUKA JALAN SILAT




Rencontre de dragon Ce sont indiscutablement les deux grands noms du cinéma martial. L’un est le génie créateur, l’artiste original, l’étoile fugace du firmament martial. L’autre, le roi de la persévérance, la sympathie sans limite, l’humilité et l’intelligence dirigeant la carrière la plus prolixe, la plus réussie et la plus fructueuse du cinéma martial. Tous deux à leur manière conquirent le cœur du public et de l’industrie comme personne dans ce genre. Au cours des années, Pedro Conde, notre expert de Bruce Lee, a rassemblé tout ce qu’a pu dire Jackie Chan sur Bruce Lee, un sujet par ailleurs récurrent depuis sa première rencontre, quand à 18 ans il participa comme cascadeur avec Bruce Lee dans une production qui fit parler d’elle, engendrant un nouveau langage cinématographique appelé cinéma martial. Plusieurs interviews et de nombreuses années de travail à réunir les petites citations par-ci par-là composent ce magnifique article, pour les passionnés du cinéma d’action et les très nombreux fans que les deux personnages ont dans le monde entier. Texte : Pedro Conde & Gladys Caballero Photos : Pedro Conde & Budo International Archives ackie Chan est né à Hong Kong le 7 avril 1954. Dans l’horoscope chinois, cette année se trouve sous le signe du cheval, un animal qui représente la force et l’énergie et qui se trouve tout près du signe du dragon, sous lequel naquit Bruce Lee. La famille de Jackie Chan provenait de la ville de Yintai, dans la province de Shantung. L’ethnie de cette région est réputée dans toute la Chine pour sa corpulence et son agressivité. Ce sont des gens qui aiment les prouesses physiques et qui ont donné au monde de grands guerriers et experts martiaux. Indiscutablement, Jackie

J

Chan a fait honneur au sang de Shantung qui court dans ses veines. Le père de Jackie Chan était un expert en Kung-Fu Siu Hung Kun, mais il gagnait sa vie comme cuisinier. En 1940, il s’en alla vivre à Hong Kong pour entrer comme cuisinier dans une ambassade étrangère. En 1957, alors que Jackie était enfant, la personne pour laquelle le père de Jackie travaillait fut envoyée en Australie. Avant de s’en aller, il invita son cuisinier et sa famille à l’accompagner dans ce pays. Ils acceptèrent. Jackie passa donc son enfance en Australie, plongé dans un environnement et une éducation britannique.


Cinéma Martial « En 1971, la communauté cinématographique fut secouée en apprenant que l’acteur que Raymond Chow avait engagé toucherait la plus grande somme d’argent que personne n’avait jamais gagnée jusqu’à présent et ce, bien qu’il n’ait jamais était l’acteur principal d’aucun film ni là-bas, ni en Occident. » Jackie Chan Très vite commença le calvaire pour Jackie, quand on l’envoya à l’école. Ses parents avaient beau insister, promettre et menacer, Jackie non seulement était incapable d’être bon dans aucune matière, mais encore, il avait bien du mal à passer d’année en année. Là où il était vraiment bon, c’était en sport, il adorait faire des acrobaties. Par contre, tout ce qui avait à voir avec des lettres ou des pages le rebutait. Tant et si bien qu’il ne fut même pas capable de terminer l’école primaire. Jackie Chan revint à Hong Kong en 1961 pour étudier le Kung-Fu du nord sous la direction d’un bon ami de son père, le sifu Yu Jim Yuen. Ce maître donnait cours d’arts martiaux à une dizaine d’enfants, tous de mauvais élèves, mais excellents sportifs et acrobates. Commencèrent alors les dix années les plus dures pour Jackie Chan. À l’école du sifu Yuen, il apprit ce que signifiaient les mots discipline et sacrifice, les entraînements n’avaient en réalité ni début ni fin, car Yuen et ses élèves faisaient vie commune et n’importe quel moment ou situation était valable pour mettre à l’épreuve leurs habiletés physiques et martiales. Le sifu Yuen forma un groupe d’élèves pour travailler à l’Opéra chinois traditionnel et Jackie Chan en faisait partie. Ils s’appelaient « Ki Xiao Fu » (qui signifie quelque chose comme « le groupe des sept »). Ce groupe était composé de : Yuen Lo (Jackie Chan), Yuen Biao, Yuen Wah, Yuen Corey, Yuen Miu, Yuen Tak et Yuen Ng Ming Choi. En entrant à l’académie de l’Opéra chinois du maître Yu Zhanyuan, dans les cantons Yu Jim Yuen, ils devinrent membre de la « famille » et tous les élèves adoptèrent le surnom du maître. Les interventions du groupe consistaient en des représentations de contes et de légendes traditionnels, agrémentés de multiples acrobaties spectaculaires. En 1970, Raymond Chow (Man Wai) abandonna la Shaw Brothers et monta son propre studio qu’il appela la Golden Harvest, et Jimmy Wang Yu, la vedette masculine de l’époque, la plus célèbre de tous le SudEst asiatique, s’en alla avec lui. Il ne fut pas le seul à l’accompagner. En effet, le suivit également le réalisateur Lo Wei. Le nouveau studio commença de zéro et Raymond essaya d’engager, dans le cadre de ses possibilités, les personnages les meilleurs et plus expérimentés de chaque profession. Il savait parfaitement, qu’à part les vedettes et les réalisateurs, il avait besoin d’un bon chorégraphe. Le meilleur était Han Ying Chieh. Il prit alors contact avec lui et lui fit une grande offre. Il voulait qu’il chorégraphie 10 films par an. Han Ying Chieh lui dit qu’une telle chose était impossible et qu’il ne pourrait prendre en charge que trois ou quatre films, cinq tout au plus. Il était clair que Raymond avait besoin d’un autre chorégraphe qui eut de l’expérience et soit de toute confiance. Han Ying Chieh lui recommanda alors d’engager son ancien assistant, Sammo Hung, qui

avait une certaine expérience en plus d’être son homme de confiance. Tout cela se passait en 1971. Venait de sortir en salle « A Touch of Zen », le dernier film de King Hu, qui fut acclamé unanimement par le public et par la critique et avait été chorégraphié par Han Ying Chieh, qui avait gardé pour lui et son assistant les rôles de méchant. Han Ying Chieh avait dirigé les scènes d’action de trois des cinq films les plus rentables du SudEst asiatique. Raymond Chow ne croyait pas au hasard, il accéda donc à sa demande, bien qu’avec une certaine réticence. Sammo Hung avait tout juste 19 ans, il était en train de commencer, il s’occupa donc des films de moindre catégorie du studio. Presque tous les films d’Angela Mao Ying de la Golden Harvest furent un succès, en Asie d’abord, puis en Occident. Ils furent tous chorégraphiés par Sammo Hung qui devint, avec les années, l’un des piliers du studio. Grâce à lui, beaucoup de ses camarades de l’Académie trouvèrent du travail dans le septième art, parmi eux, Jackie Chan. Ces années-à l’Opéra chinois traversa une grave crise précisément à cause de l’industrie cinématographie. Le public préféra aller au cinéma qu’aller au théâtre voir les contes et les légendes traditionnels qui était par ailleurs souvent transposés au cinéma avec plus de moyens et d’effets spéciaux. Les membres qui faisaient partie de ces compagnies de l’Opéra durent donc chercher du travail dans les studios de cinéma pour pouvoir subsister. La compagnie et les groupes du sifu Yuen ne furent pas une exception. Sammo Hung fit en sorte que beaucoup de ses « frères » de



Cinéma Martial « Les gens ont tellement parlé de lui que l’on pourrait remplir des milliers de gros livres sans pour autant lui rendre justice. » Jackie Chan l’Académie obtiennent du travail dans le studio comme figurants ou, du fait de leurs connaissances martiales et acrobatiques, comme extras. À ce sujet, Jackie Chan se souvient : Tout commença en 1970, quand Raymond Chow, un haut dirigeant de la Shaw Brothers, en eut marre de la manière de fonctionner du studio et décida de prendre son indépendance, fondant la compagnie Golden Harvest, qui surgit de rien mais distribua le travail de producteurs indépendants. Raymond Chow savait qu’il avait besoin de quelque chose de grand pour que le monde du cinéma tienne compte de lui. En 1971, la communauté cinématographique fut secouée en apprenant que l’acteur que Raymond Chow avait engagé toucherait la plus grande somme d’argent que personne n’avait jamais gagnée jusqu’à présent et ce, bien qu’il n’ait jamais était l’acteur principal d’aucun film, ni là-bas, ni en Occident. C’était un Chinois, Américain de naissance, dont le rôle dans une série de télévision populaire américaine avait fait de lui un personnage culte en Amérique et à Hong Kong. Il s’agissait de Bruce Lee, Lee Siu Lung ou « Petit Dragon », Lee en cantonais. Le contrat de Bruce Lee fut un précédent sans pareil dans la communauté du cinéma de la colonie britannique. Raymond fit un pari très, très risqué et commenté par tous les medias. « The Big Boss » sortit en salle le 31 octobre 1971 à Hong Kong, Bruce Lee étonna le public en général et les critiques en particulier, quelque chose d’absolument incroyable et inattendu, car à Hong Kong, tout le monde était très familiarisé avec les arts martiaux. Jackie Chan savait pourquoi il eut un tel impact sur tout le monde : Le film montrait une nouvelle sorte de héros, plus fort, plus vif, et un type de combat d’art martial beaucoup plus excitant, plus rapide et mortel que l’attaque d’un cobra, réduit à l’essentiel. Contrairement à la raideur du style de combat des films de spadassins qu’avait produit le Shaw Brothers, celui-ci semblait brutal et les coups étaient incroyables. Le personnage de Bruce Lee n’était pas stoïque, ce n’était pas une âme noble qui vivait sa vie cherchant la vengeance


Jackie Chan


Cinéma Martial « Bruce Lee jouait avec tout son corps, il avait cette qualité ; son charisme et sa présence sur l’écran étaient tels qu’il éclipsait tous ceux qui l’entouraient. » Jackie Chan honorable. C’était un combattant de rue, un délinquant juvénile, qui avait été expulsé de chez lui à cause de sa passion pour les bagarres. En résumé : c’était un homme réel. « The Big Boss » sortit en salle dans 16 cinémas simultanément, une chose absolument incroyable et surprenante à cette époque, surtout pour une production locale. Il battit les records dès son premier jour de projection et parvint à recueillir 372.000 dollars de Hong Kong en un seul jour, faisant salle pleine à toutes les séances. Il passa à l’histoire pour être parvenu à recueillir plus d’un million de dollars en trois jours, devenant en peu de temps (19 jours) le film le plus rentable de l’histoire de la colonie. Cela marqua beaucoup de personnes qui travaillaient dans l’industrie cinématographique et Jackie Chan ne fit pas exception : Quand mes frères d’académie et moi sommes allés voir le film, nous nous sommes retrouvés au milieu d’une foule de personnes qui avaient passé des heures à attendre pour obtenir des entrées. Nous n’y serions pas parvenu sans nos habiletés acrobatiques. On nous guida jusqu’à une fenêtre ouverte derrière le cinéma et nous nous sommes faufilés par là sans que personne ne s’en rende compte. Bien que nous n’ayons pas payé pour entrer, nous étions prêts à détester le film. Après tout, Bruce Lee était un Chinois d’outremer, qui était sorti de rien, touchait cent fois notre salaire et tout Hong Kong était complètement fasciné par lui. Nous voulions faire la même chose, mais nous ne pouvions pas. Ce film était tout ce que les nôtres n’étaient pas. Il est probable que « The Big Boss » ne paraisse pas aussi impressionnant aujourd’hui, mais pour nous, à cette époque, ce fut une révélation. Et effectivement, ce fut une révélation pour beaucoup et, en revanche, ce ne fut pas aussi impressionnant pour d’autres, par envie ou par jalousie. Jackie Chan se trouvait parmi ces derniers. - Juste comme je le disais, commenta Sammo Hung à la sortie du cinéma, frappant son poing dans l’air. Un vrai combat, un vrai héros, j’aime ça. - Bah, il n’a rien, répondis-je. Si tu crois que c’est si réel, comment se fait-il que quand il se bat contre un grand groupe de


Bruce Lee




Cinéma Martial « Il avait un charisme énorme, une présence physique que vous ne pouviez pas ignorer. S’il était avec vous dans la pièce, il était impossible de ne pas faire attention à lui et il était très difficile de faire attention à quelqu’un d’autre. » Jackie Chan


personnes, celles-ci l’attaquent une par une ? - Exact, cela n’arrive pas dans la vie réelle, répondit Yuen Biao. Nous avons tous des bleus qui le prouvent. Sammo secoua la tête et nous renvoya d’un geste : - Vous ne savez pas ce que vous dites, je parie que c’est le début de quelque chose de grand et si je me trompe, je ravalerai mes mots. « The Big Boss » fut un grand succès en salle non seulement à Hong Kong, mais dans toute l’Asie. Son succès fit de Bruce Lee la

plus grande vedette de Hong Kong et grâce à lui, la Golden Harvest, un modeste studio au début, devint un sérieux adversaire pour la Shaw Brothers. À ce sujet, Chan se souvient : The Big Boss opéra un retournement complet de l’industrie cinématographique à Hong Kong. La Shaw Brothers avait toujours été la reine indiscutable du cinéma de Hong Kong, pratiquement un monopole. Elle avait de grands acteurs, les meilleurs réalisateurs et un plus gros budget, mais la Golden Harvest, en fichant Bruce Lee, avait tout changé. La Shaw s’était trompée et maintenant le studio s’était rendu compte qu’il pouvait être battu. Tout le monde savait que Bruce Lee avait été d’abord à la Shaw Brothers et ceux-ci lui offrirent un contrat standard, à peine suffisant pour survivre. Bruce Lee se vengea de cette insulte des millions de fois, à chaque dollar qu’il fit rentrer dans le compte en banque de la Golden Harvest. En attendant, chaque producteur indépendant, studio et magnat du cinéma de Hong Kong, cherchaient désespérément un acteur de cinéma martial qui ressemblât, parlât, travaillât ou se battît comme le Petit Dragon. Ils cherchaient un autre Bruce Lee. Cela engendra beaucoup de frustration pour tout le monde, y compris pour nous-mêmes, car quand nous nous réunissions l’après-midi pour boire un verre et bavarder, la conversation se terminait toujours de la même manière : « Qu’a donc Bruce Lee que nous n’ayons pas ? », « Quel est le secret de son succès ? » Jackie Chan, comme tous ceux qui travaillaient dans l’industrie du cinéma, voulait participer à un long-métrage avec le nouveau phénomène et découvrir de ses propres yeux le secret de son succès, mais avait-il une chance d’y parvenir ? Tout commença par un coup de téléphone de mon « grand frère » : - Hé, Grand Nez, dit Sammo, j’ai une offre pour toi. Les bureaux de la Golden Har vest avaient téléphoné à Sammo qui travaillait pour eux comme coordinateur de cascadeurs. Je l’écoutais très ému me parler du nouveau film qu’il allait tourner avec la Golden Harvest et qui allait se dérouler à l’époque de l’occupation japonaise en Chine. « Fist of Fury » était une histoire de rivalité et de vengeance entre deux écoles d’arts martiaux, l’une


Cinéma Martial chinoise et l’autre japonaise. Il y avait là des dizaines de rôles pour des spécialistes. - Tu peux être l’un d’entre eux, dit Sammo. Si tu veux… Avant d’avoir pu dire oui, Sammo ajouta, comme s’il avait lu dans mes pensées : - Oh… Oui. La vedette du film est Bruce Lee. Je me suis mis à crier comme un fou au téléphone. Sammo se mit à rire de ma réponse. - Je suppose que ça veut dire oui, non ? Bon, présente-toi à la Golden Harvest demain matin à la première heure. Si tu arrives en retard, mauvaise chose, ne fous donc pas tout en l’air et n’oublie pas, tu me dois une énorme faveur. Je savais qu’il me le rappellerait pendant tout le temps que je serais sur le plateau. Sammo ne perdait jamais une occasion pour se faire aduler quand nous travaillions ensemble, mais s’il y avait un moment qui le justifiait, c’était bien celui-là. Bien sûr, j’allais observer, écouter et apprendre et si j’en avais l’occasion, j’enseignerais au Petit Dragon ce qu’un gars de Shandong était capable de faire. Quand je suis arrivé sur le tournage, je me suis rendu compte que tous les spécialistes un peu réputés avaient été engagés pour le projet. Un « Hola ! » attira mon attention et je vis Yuen Biao, debout, avec les mains dans les poches. Près de lui, se trouvait une grande bringue que j’ai immédiatement reconnu comme étant le grand frère Yuen Wah. Le hasard voulut qu’il soit engagé comme doublure de Bruce Lee en partie du fait de ses habiletés impressionnantes et en partie parce que son physique s’ajustait à la minceur de Bruce Lee, rapide et explosif comme un fouet. Les désaccords entre Lo Wei et Bruce Lee étaient bien connus et curieusement, au cours de la première rencontre

de Jackie Chan avec le Petit Dragon, celui-ci fut témoin d’un affrontement entre eux… La ressemblance entre Bruce Lee et Yueh Wah fut encore plus évidente quand Bruce Lee apparut sur le tournage, secouant la tête avec une rage à peine dissimulée. Ce que Yuen Wah ne pouvait égaler, c’était l’intense magnétisme personnel de Bruce Lee, même quand il était simplement en train de marcher. La raison de sa colère était que, justement, derrière lui se trouvait le réalisateur du film, le fameux Lo Wei. Ce dernier avait tourné de nombreux films à succès, y compris les débuts de Bruce Lee avec « The Big Boss » et il se vantait d’être le premier réalisateur millionnaire de Hong Kong. Les spécialistes qui travaillèrent avec lui avaient une opinion différente de ses habiletés. Plus que pour cette vantardise, Lo Wei était fameux pour rester endormi sur son siège au cours des tournage ou pire encore, c’était un joueur qui donnait plus d’importance aux courses de chevaux qu’aux scènes qui étaient en train d’être tournées. Il augmentait même le volume de la radio pour écouter la retransmission des courses de Happy Valley. De fait, si quelqu’un osait interrompre la retransmission, son mauvais caractère affleurait, il criait sur lui et le chassait du plateau, pour pouvoir continuer en paix avec ses chevaux. Il était clair que Bruce Lee ne ressentait



Cinéma Martial « C’était un expert martial incroyable, aussi bon que le disaient les gens. Je ne crois pas que j’aurais pu le battre dans un combat et je n’aurais pas été idiot au point d’essayer de le faire. » Jackie Chan que du dédain pour l’homme qui se faisait appeler : « Le Mentor du Dragon ». - Le rendez-vous était hors contexte, dit en se raclant la gorge Lo Wei qui allait derrière Bruce Lee. - Ce furent tes propres paroles, non ?, répondit Bruce Lee. - Je n’ai jamais dit que je t’avais appris à te battre, répondit Lo Wei pour tranquilliser sa vedette. J’ai juste dit que je t’avais appris à te battre pour les caméras. L’habileté, le talent, t’appartiennent, Bruce, moi je t’ai seulement peaufiné. Nous observions la scène non conformes, ne sachant pas si intervenir ou pas. Il semblait que quelque chose de mauvais allait arriver, mais après tout, nous n’étions que des cascadeurs. De quels droits allions nous nous impliquer dans une discussion entre le réalisateur du film et sa vedette ? En voyant le regard noir, furieux, de Bruce Lee, on aurait pu croire que les jours de Lo Wei étaient comptés. Alors qu’il semblait que la situation allait exploser, une petite main toucha l’épaule de Bruce Lee. C’était Liu Lianghua, l’épouse du réalisateur. - S’il vous plaît, Bruce, dit-elle. Ne prenez pas autant au sérieux ce que dit mon mari, il n’y a rien d’insultant dans ses paroles. Tout le monde sait que vous êtes le maître et que nous ne sommes que de simples élèves. Bruce Lee baissa les poings et ses épaules se détendirent. Lo Wei fit par hasard un pas sur le côté et se mit derrière le mince corps de son épouse. - C’est bon, madame Lo, dit finalement Bruce lee. Par respect pour vous, je vais oublier ce qui s’est passé, mais si votre mari parle à nouveau de moi aux journalistes, je lui apprendrai comment on se bat. Bruce Lee abandonna alors le plateau en secouant la tête. Lo Wei pâlit : - Est-ce une menace ?, cria-t-il, gesticulant anxieusement vers nous. Il m’a menacé ? Vous êtes tous témoins !!! Nous avions tous observé avec déplaisir comment Lo Wei s’était caché derrière les jupes de sa femme et nous n’avions maintenant rien à lui dire. Lo Wei nous regardait et son visage trahissait un mélange de peur et de gêne. Nous lui avons tourné le dos et avons continué notre conversation oisive. - Allons, les gars, nous avons un film à tourner, vociféra Sammo tandis qu’il entrait sur le plateau. Cessez de bavarder et bougez-vous. Quand Sammo et le cameraman arrivèrent, nous nous mimes rapidement debout, le visage attentif et le corps en alerte. Je crois que notre position envers notre nouveau réalisateur était très claire… Comme Jackie Chan l’a expliqué précédemment, il savait que c’était une grande opportunité et qu’il devait en profiter. Malgré sa jeunesse (17 ans), il ferait ce qu’il fallait pour se faire remarquer parmi tant de doublures et démontrer ce qu’était capable de faire un gars de Shandong. Il apparut au cours de brefs instants en train de se battre contre une fille dans la cours de l’école Ching Wu. Il ne se fit pas particulièrement remarquer dans cette scène, mais une autre resta gravée dans la rétine de milliers de spectateurs et ce fut la scène où il doubla le mauvais Suzuki, projeté dans les airs par un


Jackie Chan


coup de pied sauté et traversant le shoji (le mur de papier de la maison) pour retomber sur la pelouse du jardin, même si, malheureusement, on ne vit pas son visage… Pour expliquer la scène, Bruce Lee avait dessiné ce qui allait être la chute de Suzuki. Le spécialiste qui allait la faire devait traverser le mur de papier et tomber cinq mètres plus loin. La seule manière de le faire était d’utiliser un câble. Le problème, c’était qu’ainsi, on pouvait le tirer mais pas amortir sa chute. C’était là que résidait le danger, parce que le harnais devait être centré dans le dos et on ne pouvait pas tomber sur lui car on aurait pu sérieusement se blesser à la colonne vertébrale. Bruce demanda un volontaire et personne n’osa le faire. Je m’offris cependant. Alors qu’on était en train de me mettre le harnais, j’ai compris pourquoi aucun des cascadeurs ne voulait le faire. Mais je ne pense jamais au risque, juste que tout ira bien. Quand je fus prêt, Bruce Lee s’approcha et vérifia qu’on ne voyait pas le harnais, ni qu’on le devinait. Il dit alors : - OK, allons-y. Et il me dit à l’oreille : - Bonne chance mon gars. Je suis donc monté sur la table, me mettant à la hauteur adéquate, j’ai fait un signe à Bruce Lee et il cria : - Action ! J’ai alors senti une terrible traction et je suis parti en arrière. Après quelques brefs instant, j’ai senti que je redescendais, j’ai alors détendu les muscles et je me suis tourné sur le côté pour rouler et ne pas atterrir sur la colonne ou sur le cou. J’ai senti une grande douleur et le brouillard se fit. Quand je suis revenu à moi, Sammo Hung et Bruce Lee était là, très inquiets. Avec leur aide, je me suis redressé et je leur ai dit que j’allais bien. C’est alors que Bruce Lee me dit, très satisfait : - Très bien, mon gars, ça c’est une prise de vue ! « Fist of Fury » sortit en salle le 22 mars 1972 avec un succès extraordinaire, sans précédent dans la

« Pour moi, il n’était pas Bruce Lee, le puissant Dragon, il était et sera toujours Bruce Lee, un grand maître, une personne aimable et un homme de bien. » Jackie Chan cinématographie de Hong Kong. Il était clair qu’une nouvelle vedette allait faire des ravages dans le septième art du Sud-Est asiatique, mais que pensait Jackie Chan de Bruce Lee après avoir travaillé avec lui ?


« C’était un bon expert martial, mais du fait de sa réputation, on exagéra beaucoup sa qualité. » Jackie Chan Quand on le voyait on pensait que c’était un homme impulsif, obsédé par la perfection de lui-même, déterminé à atteindre ses objectifs. Sur le tournage, il travaillait pour dix, chorégraphiait les combats, nous instruisant individuellement de ce qu’il attendait de nous et regardant même à travers la caméra pour s’assurer que tout ce qui allait sortir sur le grand écran était exactement ce que son cerveau avait imaginé. Lo Wei pouvait être le réalisateur du film, mais c’est Bruce Lee

qui était aux commandes et tout le monde sur le tournage le savait. Lo Wei était satisfait et le laissait avoir le contrôle, car cela signifiait moins de travail pour lui. En outre, après le vilain incident du début, Lo Wei n’allait pas entrer en conflit avec sa vedette si tempéramentale et dangereuse. Presque tous, unanimement, coïncidaient sur le fait que le succès du long-métrage se devait au Petit Dragon, sa vedette, mais certains, une minorité, continuaient de croire que cela se devait à son réalisateur en général et à Hang Ying Chieh, en particulier. Bruce Lee était fatigué de discuter et voulait faire les choses à sa manière, démontrant à tous qu’il était le seul responsable de son succès. Dans « The Way of the Dragon », il exerça de scénariste, directeur des scènes d’action, directeur des cascadeurs et acteur principal. Ce fut une grande leçon. Il montra à Jackie Chan le chemin à suivre. Une grande partie du succès de Bruce Lee se devait au fait qu’il était bon acteur, qu’il comprenait la photographie et savait en outre chorégraphier et diriger. Personne à cette époque ne dominait tant de matières. Aujourd’hui, c’est plus fréquent, parce que si vous voulez triompher, vous devez connaître tous les détails de ce travail. Après un autre succès éclatant, qui dépassa les longsmétrages précédent, Bruce Lee se lança dans le tournage du « Jeu de la mort » qu’il interrompit pour un projet plus ambitieux, une superproduction U.S.A. & Hong Kong, la première co-production réalisée à la colonie avec un grand studio d’Hollywood. Ce grand film exigeait un grand nombre de cascadeurs et bien sûr, Jackie Chan y participa. Pendant le tournage d’Opération Dragon, j’étais derrière la caméra, en train d’attendre, je voyais Bruce Lee


préparant la chorégraphie du combat. Quand tout fut prêt, ce fut à mon tour d’attaquer. Je suis entré soudain et ma vue s’est troublée parce qu’il me frappa avec le bâton, juste derrière la tête (il signale l’endroit exacte). Il se trompa et calcula mal. Je n’ai rien fait, seulement recevoir le coup et tomber par terre, j’étais étourdi. De là, j’ai regardé Bruce Lee, il ne fit aucun mouvement, il observait tout, continuait de jouer. Il se retourna et resta immobile jusqu’à ce que le metteur en scène dise : « Coupez ! ». Il s’est alors retourné et a dit : « Mon Dieu ! » Il a couru vers moi pour s’excuser : « Pardon, pardon ». Devant de très nombreux cascadeurs, il m’a relevé et a commencé à me demander pardon. J’avais mal pour le coup, mais je commençais à récupérer. J’étais jeune et très dur, je venais de l’Opéra de Pékin. J’ai pourtant fait semblant d’être mal car je voulais accaparer l’attention de Bruce Lee et qu’il me tienne le plus longtemps possible. Je me suis plaint toute la journée et puis durant toute la nuit. Et chaque fois qu’il me voyait de loin, il me faisait signe et me demandait comment j’allais, Je lui disais que j’allais mieux et quand il se retournait, je massais la zone comme si elle me faisait encore mal. Cette scène fut une des nombreuses auxquelles il participa, comme celle où il attaque et est frappé par Bruce Lee avec le Tabak-Toyok philippin

(Nunchaku) et tombe dans la piscine d’acide. Il intervint également dans une scène emblématique : quand Bruce Lee casse le bras, sans aucune pitié, à l’un des gardiens de Han… La vie de cascadeur n’était pas facile, ni même pour un jeune de l’Opéra chinois. Ces années-là, il n’y avait pas beaucoup de travail. Les salaires n’étaient pas très élevés et les conditions de travail pénibles. Les accidents, mortels parfois, étaient fréquents. Il n’y avait pas de syndicat et c’est à peine s’il y avait des contrats. Il n’y avait pas non plus d’effets spéciaux par ordinateur. Vous deviez tout faire vous-mêmes et si vous vous faisiez mal ou vous vous blessiez, simplement vous n’alliez plus travailler. Nous avions une philosophie de vie très particulière : vit rapidement et jouit de chaque minute parce que c’est peut-être la dernière. Pour pouvoir travailler plusieurs jours dans un film, il fallait respecter deux règles : ne jamais démontrer que vous étiez meilleur que la vedette et essayer d’apparaître de côté ou de dos à la caméra pour que le public ne vous reconnaisse pas. On pouvait ainsi être tué plusieurs fois au cours d’une même production. Dans Opération Dragon, j’ai rompu une de ces normes. Ce fut dans la scène où Bruce me casse le bras dans les caves. J’étais très jeune, j’avais 18 ans, et c’était pour moi une fierté d’apparaître dans cette scène face à

la caméra et que tout le monde me reconnaisse, mais je me suis trompé. Le public ne prêta attention qu’à l’expression du visage de Bruce Lee et à sa musculature. Bruce Lee jouait avec tout son corps, il avait cette qualité ; son charisme et sa présence sur l’écran étaient tels qu’il éclipsait tous ceux qui l’entouraient. En terminant le tournage d’Opération Dragon, Jackie Chan eut l’occasion de coïncider avec le Petit Dragon, ce sera leur dernière rencontre… En juillet 1973, en sortant du studio, j’ai rencontré Bruce Lee et il me dit : « Hey Jackie, où vas-tu ? » et je lui ai répondu : « Je vais au bowling ». Il me demanda s’il pouvait m’accompagner. Je suis resté sans voix. Je me rendais à la gare car les taxis étaient trop chers pour moi, mais j’étais si fier… Bruce Lee allant au bowling avec moi. Soudain je me suis senti grand. Tout le monde làbas voulait qu’il signe quelque chose, j’étais alors un peu comme un garde du corps : « Non, non. Allez vous-en. Éloignez-vous de Bruce. » Il ne voulait pas jouer au bowling. Il resta simple là à me regarder jouer. J’étais très bon. De fait, j’ai de nombreux trophées et je voulais m’exhiber, mais chaque fois que je me retournais pour voir s’il était impressionné, ses yeux étaient en blanc, le regard perdu. Finalement, il me dit qu’il devait s’en aller et appela un taxi. Alors qu’il


CinĂŠma Martial



« Le Petit Dragon n’était pas un conte de fée, ni un dieu, c’était un homme. C’était un homme que vous deviez admirer, mais pas quelqu’un que vous deviez adorer. » Jackie Chan


Cinéma Martial entrait dans le taxi, j’ai vu comment il levait son pantalon et laissait voir des bottes avec beaucoup de talon. Je ne m’étais jamais rendu compte auparavant de sa petite taille. Je me suis toujours souvenu de ces chaussures, elles étaient très étranges. Lorsque nous nous sommes quitté, je lui ai dit : « Adieu, frère Dragon ». Il est resté à me regarder comme s’il voulait dire quelque chose, mais il ne le fit pas. Ce fut la dernière fois que je le vis. Six jours plus tard, j’appris qu’il était mort. Je n’en croyais pas mes oreilles. Je suis allé au studio et ils me l’ont confirmé. C’est alors que je

me suis rendu compte qu’il était vraiment mort et que ce n’était pas un truc publicitaire. Après cette perte irréparable, l’industrie du cinéma de la colonie essaya de trouver un successeur, quelqu’un qui puisse encore lui permettre de gagner des milliers de dollars. Grâce à Bruce Lee, on avait fait connaître les arts martiaux à niveau mondial, il fallait continuer avec ce filon en or… Une fois Bruce Lee disparu, à Hong Kong, tous les acteurs se croyaient le nouveau Bruce Lee, tous voula ie nt l’im ite r. Je m e souviens qu’il y eut une époque où il

existait de nombreux clones de Bruce, surtout commercialement, hors de la C hine , où ce s film s étaient diffusés. Il y avait Bruce Li, Bruce Lai, Bruce Liang, etc. Moi même j’ai interprété le deuxième Bruce Lee (Fist of Fury II). Si vous regardiez l’affiche de l’abribus, de loin on aurait dit que Bruce Lee é ta it l’a cte ur principa l, m a is ensuite, si vous le regardiez de près, vous voyiez Jackie Chan. Les ge ns pa ssa ie nt e t disa ie nt : « Regardez, un nouveau film de Bruce Lee. » J’ai alors commencé à pe nse r que je pourra is m e différencier de Bruce Lee. C’était


Bruce Lee pour moi un super-héros, mais je ne suis pas un super-héros. Quand il frappait, il faisait… (il réalise la technique et met la tension et prend l’expression de Bruce Lee). J’ai dé cidé e n re va nche de fa ire le contraire… (il frappe et se plaint, prenant une expression comique). Il donnait des coups de pied haut, je donne des coups de pied bas. Parce que je pensais que c’était quelque chose qu’il avait déjà fait et voilà, c’était son style et sa manière de faire les choses. Mais j’ai décidé de fa ire m e s propre s chose s, e n a jouta nt de nouve a ux é lé m e nts comme incorporer les pirouettes et le s a croba tie s da ns le s ba ga rre s, sa ute r e ntre le s ta ble s e t d’a utre s m ouve m e nts com pliqué s. Autrement dit, j’ai décidé de créer mon propre style, ma manière de faire les choses. À l’Opéra de Pékin, j’ai appris à chanter, mais également à faire des acrobaties et des arts martiaux qui n’incluaient pas seulement des coups de pied et des coups de poing. Nous faisions également des pirouettes, nous apprenions à m a nie r de s la nce s, de s épées, des armes et d’autres objets qui se combinaient sur la scène. C’était comme une fusion de s a rts m a rtia ux chinois. E t j’a i dé cidé d’amener tout cela à l’écran, mais à ma manière. Je n’ai pa s e ssa yé d’e ntre r e n compétition avec Bruce Lee. Il fut le premier. Je voulais être Jackie Chan. Effectivement, Jackie Chan se proposa d’être lui-même et d’interpréter un autre type de héros dans « Snake in the Eagle’s Shadow » y « Dunken Master » et il parvint à obtenir ce qui pour certains était impossible : battre les records d’entrées en salle des films de Bruce Lee dans le Sud-Est asiatique ; en Occident, il tarda un peu plus… Bruce Lee devint célèbre comme un grand météore : trè s r apideme nt et très soudainement. Cela explique pourquoi il fut soudain soumis à une grande pression et je crois qu’il ne fut pas toujours capable de gérer la situation. Les gens autour de lui se comportaient pr esque com me des hystériques. Tout d’un coup, ils le m etta ient sur un

pié de sta l e xa gé ra nt tout, puis soudain ils essayaient de l’enfoncer a ve c de s sca nda le s e t d’a utre s histoires. C’était un bon expert m a rtia l, m a is du fa it de sa réputation, on exagéra beaucoup sa qualité. Par exemple, s’il lançait un coup de pied très rapidement, il y avait immédiatement un groupe de gens qui disaient qu’en réalité, il avait lancé trois coups de pied, mais te lle m e nt ra pide m e nt que nous n’avions pas été capables de les apprécier. Je crois que c’est arrivé assez souvent en ce qui concerne Bruce Lee. Dans mon cas, je crois que j’ai pris la célébrité avec plus de tranquillité en ce sens que j’y suis arrivé de manière plus échelonnée. D ’a bord e n ta nt qu’a cte ur de l’Opéra de Pékin, ensuite comme cascadeur de films d’action, puis com m e a cte ur se conda ire e t fina le m e nt com e a cte ur e t réalisateur de films d’arts martiaux e t d’a ction. E n outre , da ns l’environnement dans lequel j’ai grandi et mûri, j’ai connu beaucoup de ve de tte s e t j’a i a ssisté également à leur décadence. J’ai beaucoup appris de tout cela. Jackie Chan eut l’occasion de travailler avec Bruce Lee dans deux films où il put le connaître, l’observer et vérifier sa qualité martiale en dehors des caméras. Mais quelles conclusions tira-t-il de tout cela ? Que pense-t-il du Petit Dragon ? Les gens ont tellement parlé de lui que l’on pourrait remplir des milliers de gros livres sans pour autant lui rendre justice. Il avait un charisme énorme, une présence physique que vous ne pouviez pas ignorer. S’il était avec vous dans la pièce, il était impossible de ne pas faire attention à lui et il était très difficile de fa ire a tte ntion à quelqu’un d’autre. C’était un expert martial incroyable, aussi bon que le disaient les gens. Je ne crois pas que j’aurais pu le battre dans un combat et je n’aurais pas été idiot au point d’essayer de le faire. Malgré cela, si vous me demandez ce que j’ai appris de Bruce Lee le temps que j’ai passé avec lui, je dirais que j’ai appris deux choses qui ont été très importante pour moi. La première, c’est qu’un grand succès ne vient qu’avec une grande ambition. Enfant, je n’ai jamais été particulièrement intéressé par le monde du cinéma. Adolescent, plus que rien d’autre, je souhaitais avoir la liberté de jouer, manger, dormir et vivre comme je le voulais. J’aurais été heureux toute ma vie comme cascadeur et peut-être, si j’avais

pensé au futur, comme coordinateur de cascadeurs. Mais avec Bruce Lee, j’ai rencontré un homme qui voula it cha nge r le m onde , un homme dont l’idée du succès était d’être aimé et admiré et dont se souvie ndra ie nt de s m illie rs de personnes. Et en une carrière de moins d’une dizaine d’années et en l’espace de cinq films seulement, il atteint son objectif. Je suppose que c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que l’horizon de ce qui était possible était bien plus grand que ce que je n’imaginais. Après tout, si Bruce Lee y était parvenu, pourquoi pas moi ? Parce que, et ça c’est la deuxième leçon que j’ai appris en étant avec Bruce Lee, le Petit Dragon n’était pas un conte de fée, ni un dieu, c’était un homme. C’était un homme que vous deviez admirer, mais pas quelqu’un que vous deviez adorer. Quand nous étions sur le tournage, il était toujours entouré de gens qui essayait de s’approcher de lui, ils lui disaient tous : « Bruce, tu es le meilleur, le plus grand. » Je l’admirais, tout autant que les autres, mais je n’ai jamais pu m’intégrer à cette multitude. Je m’arrêtais à 30 mètres derrières ses fans, obser vant à distance, et ça me dégoûtait quand même les cascadeurs possédant des années d’expérience lui baisaient les pieds. Après avoir travaillé avec lui, nous avions tous senti ses coups de poing et ses coups de pied, ils étaient puissants et habiles, mais je connaissais des gens qui étaient aussi forts et aussi habiles que lui ou même plus, mais peu importait, Bruce était Bruce et rien que pour ça, il était le meilleur. Bruce Lee ne demandait pas à être traité comme ça, il était suffisamment intelligent pour savoir la vacuité de ces flatteries, car elles se devaient à la haute position qu’il occupait, du fait de la quantité d’argent qu’il apportait au studio et de tous ses adulateurs. Plus tard, quand je suis parvenu à triompher par moi-même, je suis parvenu à comprendre la position dans laquelle se trouvait Bruce Lee. Quand vous être une super star, peu importe ce que cela veut dire, il y aura toujours des gens qui vous traiteront comme si vous n’étiez pas un être humain. Me rappelant de lui, je ne commets pas cette erreur. Pour moi, il n’était pas Bruce Lee, le puissant Dragon, il était et sera toujours Bruce Lee, un grand maître, une personne aimable et un homme de bien. Et vous savez quoi ? J’aimerais bien qu’on se souvienne de moi de cette manière


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Le major Avi Nardia, l'un des principaux instructeurs officiels pour l'armée et la police israéliennes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le Close Quarter Combat (CQB), et Ben Krajmalnik ont réalisé un nouveau DVD basique sur les armes à feu et la sécurité et sur les techniques d'entraînement dérivées de l'IPSC (Instinctive Point Shooting Combat). Le tir instinctif en combat est une méthode de tir basée sur les réactions instinctives et cinématiques pour tirer en distance courte dans des situations rapides et dynamiques. Un discipline de self-défense pour survivre dans une situation où la vie est menacée, où il faut une grande rapidité et une grande précision, où il faut sortir le pistolet et tirer en distance courte, sans utiliser la mire. Dans ce premier volume, nous étudierons : le maniement des armes (revolver et semi-automatique), la pratique du tir à sec et la sécurité, le Point Shooting ou tir instinctif en distance courte et en mouvement, des exercices de rétention de l'arme en situation de stress et avec plusieurs attaquants, des exercices de recharge avec chargeur, à une main… et finalement des pratiques en galerie de tir avec pistolets, fusils K-74, M-4, mitraillette M-249 et même lance-grenades M-16.

Tous les DVDs produits par Budo International sont scell s au moyen d une tiquette holographique distinctive et sont r alis s sur support DVD-5, format MPEG-2 (jamais VCD, DICX ou similaires). De m me, l impression des jaquettes ainsi que les s rigraphies suivent les plus strictes exigences de qualit . Si ce DVD ne remplit pas ces crit res et/ou si la jaquette ou la s rigraphie ne co ncide pas avec celle que nous vous montrons ici, il s agit d une copie pirate.

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Le Kihon Waza (techniques de base) est la partie la plus importante de l'entraînement de tout art martial. Dans ce DVD, le maître Sueyoshi Akeshi nous montre divers types d'entraînement du Kihon avec Bokken, Katana et à mains nues. Il explique dans tous les détails chaque technique afin que le pratiquant ait une idée plus claire de chaque mouvement et de la manière dont le corps doit correspondre au travail de chaque Kihon. Toutes les techniques ont comme base commune l'absence de Kime (force) afin que le corps puisse se développer en accord avec la technique du Battojutsu et, bien que cela puisse paraître étrange à première vue, tout le corps doit être détendu pour atteindre une capacité de réponse rapide et précise. Toutes les techniques de base sont effectuées à la vitesse réelle puis sont expliquées afin que le pratiquant puisse atteindre un niveau adéquat. L'absence de poids dans les pieds, la détente du corps, le fait de laisser tomber le centre de gravité, sont des éléments importants sur lesquels le maître insiste et qui permettent d'obtenir un bon niveau technique et une relation directe entre la technique de base et l'application réelle.

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NOUVEAU LIVRE !

« Karaté : Images d’une histoire » est l’ouvrage qui possède la plus grande quantité de documents d’archives historiques de l’histoire du Karaté. Funakoshi, ses maîtres, les grands des générations suivantes, Nakayama, Yamagushi, tout cela dans des documents inédits ou peu connus, des photos qui font partie de l’histoire du Karaté. Un livre merveilleux. Le terme « philosophe » est largement utilisé quand on parle du Karaté traditionnel et classique, mais pour mieux comprendre à quoi se réfère cette philosophie du Karaté sans se perdre en vaines élucubrations, il n’y a rien de mieux que de connaître les opinions et les pensées des grands maîtres à propos de la signification de l’objectif de cet art martial et de sa pratique.

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Que voulons-nous être ? Pendant les années de la mode du WingTsun en Europe, des milliers de pratiquants de ce bel art martial se rendirent dans les nombreux clubs qui s’ouvrirent dans presque toutes les villes du continent à la recherche de ce que les techniques de marketing ou de promotion définissaient comme « le système de self-défense le plus efficace qui existe ». Qui donc cela n’intéressait-il pas ? C’est un peu comme : « Voulez-vous apprendre à voler ? »


« La mauvaise presse de notre style parmi les pratiquants d’arts martiaux ne peut être attribuée à personne d’autre qu’à nous-mêmes. »

L

a plupart des personnes qui vinrent découvrir notre style à cette époque étaient attirées par ce rêve que la publicité dans la presse spécialisée les avait vendu et bien sûr, abandonnèrent peu après, n’obtenant pas cette technique infaillible de protection supérieure à toutes les autres. Parallèlement, de nombreux instructeurs qui se formèrent et emboîtèrent le pas du cheval gagnant de l’époque, abandonnèrent peu de temps après le navire, lançant, dans beaucoup de cas, toute leur colère et leurs frustrations contre ce style qui n’était pas parvenu à satisfaire leurs attentes. Ce ne fut finalement rien de plus qu’une mode parmi tant d’autres qui viennent, brillent et s’éteignent dans l’oubli. Les années passant, nous ne sommes plus restés que quelques-uns. Comme je le commentais dans l’article du mois précédent, ces réflexions nous situent à une époque où le style grimpa au plus haut du panorama des arts martiaux en Europe pour être, peu de temps après, divisé en mille morceaux sous formes de petites organisations qui, dans la plupart des cas, s’affrontaient les unes les autres ou à tout le moins se tournaient le dos. Triste panorama pour des « frères » ayant une même origine. Mais, comme le définit une loi universelle, tout ce qui monte… finit par retomber. Et il en fut ainsi. Nous observons parfois, avec une certaine perspective, le panorama du WingTsun en Europe et nous devons bien reconnaître qu’en de nombreuses occasions, la mauvaise presse qu’a notre style parmi les pratiquants d’arts martiaux ne peut être attribuée à personne d’autre qu’à nous-mêmes. Mais loin de nous lamenter et d’essayer de rendre les autres responsables de nos problèmes ou même (l’option que beaucoup ont choisi) de l’abandonner pour chercher le style à la mode actuellement, certains, comme moi, pensent que ce style extraordinaire de boxe chinoise a encore de nombreuses choses à offrir au pratiquant d’art martial. Évidemment, il est clair que nous n’apprenons à voler à personne !!! Et que, bien sûr, notre style n’est pas

meilleur qu’un autre (il n’est pas pire non plus). Nos propositions vont dans le sens de faire du style WingTsun une voie de pratique des arts martiaux ou mieux dit, de la Boxe chinoise – si nous voulons définir avec plus d’exactitude ce que nous faisons –, loin des affirmations grandiloquentes au moyen desquelles nous essayions dans le passé de capter de grands groupes d’élèves. Pendant plusieurs années, nous n’avons pas très bien défini ce que nous voulions être et peut-être y a-t-il un vieux proverbe espagnol qui décrit à la perfection la situation actuelle du style en Europe. Traduit littéralement cela donne : « De ces argiles viennent ces boues ». Une de mes phrases favorites et que j’ai coutume d’utiliser dans mes formations pour instructeurs dit plus ou moins ceci : « Baissons la tête, fermons nos gueules et consacrons du temps à suer dans le silence d’une salle d’entraînement. » Cette sentence est en train de pénétrer petit à petit auprès de certains de ceux qui veulent du bien à ce style et ont décidé de continuer d’étudier et de pratiquer cet art qui nous passionne. Il existe une tendance chez certaines des organisations les plus grandes de WingTsun en Europe, immergées dans une lutte-campagne, à se qualifier « d’authentique et unique WingTsun ». Je me demande pourquoi elles s’évertuent tellement à s’attribuer l’étiquette d’uniques et authentiques. Il me semble que si ces gens utilisaient tout ce temps à pratiquer dans les salles d’entraînement, il ne leur resterait plus ni le temps ni l’envie de se perdre dans de telles disputes. J’aimerais personnellement que nos pratiquants, nos instructeurs et nos écoles soient un jour reconnus pour la leçon d’humilité, de sérieux et de travail qu’ils sont capables de donner et pas pour les étiquettes que ces personnages s’entêtent à s’attribuer. Ridicule, sans nul doute. Centrés sur la manière d’améliorer ce que nous aimons tant et ce à quoi nous consacrons une grande partie de notre vie, j’aimerais consacrer l’article de ce mois sur un thème que j’ai déjà traité dans l’un ou l’autre article de ce magazine ou dans mon blog, mais qui

me semble très important pour pouvoir proposer une voie à suivre : Que voulons-nous être ? La question semble évidente, mais elle ne l’est pas tant si nous regardons avec perspective la série d’articles que j’ai écrits, il y a quelques mois, et qui s’intitulait : « À la recherche d’un style reconnaissable ». Et bien que, dans mon deuxième livre qui sera bientôt mis en vente, je consacre un chapitre important à ce sujet, je ne voudrais pas m a n q u e r l’occasion de vous proposer de nouveau une série de questions sur lesquelles réfléchir. Je crois que cela nous fera toujours du bien. Quand je pose la question : « Que voulons-nous être ? », en plus d’une invitation à la réflexion, c’est également une claire exposition d’intentions. - En premier lieu, nous devons récupérer l’esprit critique. Quand j’ai commencé à pratiquer notre système, mon maître insistait toujours sur le fait de ne jamais croire les choses « parce que ». Il insistait sur le fait d’être toujours critique et d’exprimer toutes les questions qui pouvaient se présenter à moi, de ne rien accepter sans l’avoir vérifié et de ne jamais me laisser hypnotiser par ceux qui, élevées au sommet par un titre de grand maître, affirmaient et exprimaient des doctrines n’espérant qu’un type de réponse : l’assentiment.


WingTsun « Il existe une tendance chez certaines des organisations les plus grandes de WingTsun en Europe, immergées dans une lutte-campagne, à se qualifier « d’authentique et unique WingTsun ». Je me demande pourquoi elles s’évertuent tellement à s’attribuer l’étiquette d’uniques et authentiques. Il me semble que si ces gens utilisaient tout ce temps à pratiquer dans les salles d’entraînement, il ne leur resterait plus ni le temps ni l’envie de se perdre dans de telles disputes. » C’est un point fondamental dans la définition d’objectifs. Cet esprit critique doit être et sera présent dès maintenant dans tout ce que nous ferons et, bien sûr, il doit toujours régir notre croissance et notre évolution. - Le deuxième point important serait de cesser de nous référer aux maîtres et à leurs réussites. On entend souvent des gens ou même des institutions parler des réussites, des années auparavant, de leurs instructeurs vedettes, des batailles et des combats qu’ils gagnèrent et des grandes réussites qu’ils obtinrent sans le passé. La phrase « ici et maintenant » est la seule importante pour moi. Il va sans dire que j’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour ceux qui, avant nous, travaillèrent et rendirent célèbres le style que nous aimons tant. Nous devons leur donner une place sur les autels ou dans les saluts au début et à la fin des cours, mais… la seule chose importante c’est de quoi nous sommes, nous, capables en ce moment-

même. Essayer de nous perfectionner chacun au maximum. Arriver au plus haut niveau de notre développement individuel sans chercher à savoir si d’autres sont ou furent plus ou moins que nous. Les réussites des autres dans le passé peuvent nous servir d’inspiration, mais pas beaucoup plus. Nous devons faire confiance à notre propre travail. Nous arriverons alors à une conclusion importante à propos de notre relation avec les autres : nous devenons indépendants de ce que les autres peuvent être parvenus à obtenir. Ainsi, parler (en mal, surtout) des autres pour essayer de donner une meilleure image de nous, est non seulement ridicule, mais encore c’est très négatif pour les arts martiaux et pour la vie en général. - La troisième des propositions devrait être, d’après moi, d’engendrer des dynamiques de travail différentes. Je suis surpris quand je vois un grand nombre de pratiquants de WingTsun de mon école (la branche dont je proviens) s’afférer avec force à ce qu’ils apprirent de leurs maîtres, utilisant l’expression éculée : « nous faisons comme ça parce que notre maître faisait comme ça. » Cela me semble un choix pour le moins maladroit. Il y a quelques jours, je lisais une phrase du grand Mohamed Ali qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez à cinquante ans tout comme vous viviez à trente, c’est que vous avez perdu 20 années de votre vie… » Comme toujours, le génial Ali nous fait réfléchir à propos d’idées telles que l’évolution et l’absence d’évolution (l’involution). Si dans un

art martial dynamique, adaptable, polyvalent et que pratiquent des individus vivants, rien ne change avec le passage des ans, c’est que quelque chose fonctionne vraiment mal dans la transmission de celui-ci. L’une des choses que j’aime le plus de ce beau système, c’est combien il peut être différent d’une branche à l’autre. Et elles ont toutes en partie raison. C’est la preuve évidente de ce que les styles sont changeants et engendrent des points de vue, du travail et donc des évolutions différentes. Et je suis absolument sûr que c’est là l’une des grandeurs majeures de ce style de boxe chinoise : la variété dans le même style. - En quatrième et dernier lieu, j’aimerais me référer au titre de cet article. Que voulons-nous être ? Trop souvent, nous observons comment les professeurs déambulent d’un endroit à l’autre, sans conduire leurs élèves nulle part. Cela se doit souvent au fait que nous ne nous sommes pas posé cette simple question : que voulons-nous être ? Quand je pose cette question à mes élèves, je veux les faire réfléchir sur le sujet. Que voulons-nous être ? Taureau ou torero ? Il semble évident que, dans la comparaison taurine que je fais, j’attends la réponse numéro 2 : torero !


L’intelligence, la polyvalence, la stratégie et la technique pour affronter un ennemi nettement supérieur en force, agressivité et résistance. Si nous sommes d’accord avec ça, le point suivant doit être de définir des systèmes de travail et d’entraînement pour atteindre cet objectif. Le manque d’objectifs a pour conséquence un manque d’identité, une absence de style reconnaissable et donc l’impossibilité d’une évolution logique. Finalement, nous oublierions de nouveau ce que nous voulons être.

L’ultime objectif du style WingTsun est l’absence de forme ! Ce concept définit une manière d’agir et d’affronter un adversaire (créer une structure qui finalement disparaît par le changement constant dans la recherche d’une adaptabilité totale). Peut-être ce concept engendre-t-il souvent de la confusion chez les pratiquants et les professeurs de notre style. Peut-être beaucoup oublient-il qu’il n’y a pas de raccourcis pour atteindre l’absence de forme, mais qu’il faut travailler


WingTsun dur et étudier en profondeur. Cela ne vient pas non plus par hasard. C’est là où j’insiste sur l’importance de la Voie. Peut-être beaucoup oublient-il qu’il faut parcourir un chemin pour en arriver là. Trop souvent, les pratiquants passent leur vie à penser ou à essayer d’imiter ce que certains très grands maîtres faisaient à la fin de leur vie (du véritable art), oubliant que même les plus grands parcoururent un chemin avant d’en arriver là.

Le mois prochain, notre article se centrera sur le travail de Biu Tze Tao et ses applications pour le combat. Nous essayerons de donner notre humble point de vue sur le sujet. Jusqu’alors, nous ne pouvons rien faire d’autre que de prédire ce que nous avons dit : baisser la tête, fermer nos gueules, suer dans le silence d’une salle d’entraînement et essayer de nous faire connaître pour les deux mots qui doivent présider chacune de nos écoles : respect et humilité ! Un cordial salut martial !




L’Eskrima pour les forces militaires L’Eskrima n’existe pas seulement comme un sport ou une légitime défense pratiquée par des civils, les militaires utilisent également cet art martial réaliste des Philippines. L’Eskrima est idéal pour l'autodéfense car il possède une flexibilité presque illimitée. Pensez au bâton court, au couteau, au tonfa, à la lampe de poche, les possibilités sont infinies. À la demande des forces militaires dans le monde entier, Frans Stroeven a donc formé un certain nombre d'entre elles à l'art martial de l’Eskrima, un système connu sous le nom du système de combat Stroeven. Nous avons demandé à Frans de nous parler de la formation des forces spéciales. Nous avons d’abord abordé les Forces spéciales de la Police fédérale brésilienne (COT).

Les Forces spéciales de l a Police fédérale brésilienne (COT) Le COT – Commando de Operações Táticas (Commando d’opérations tactiques) – de la Police fédérale a été créé en 1987 avec pour mission de répondre aux attaques terroristes à l'intérieur du pays. Il participe à des missions de haut risque telles que saisies de drogues, actions d'expropriation, conflits rurales, sécurité VIP, démantèlement des organisations criminelles, et est couramment utilisé pour escorter les prisonniers à haut risque. Cette unité spéciale est située à Brasilia, la capitale du Brésil, mais peut être opérationnelle partout au Brésil dans les deux heures. À leur demande, Frans formé ces Forces spéciales en



Eskrima et au combat au couteau. « Ces gars-là ont déjà une très bonne formation en Jiu-Jitsu brésilien, thaï-boxing, etc. Ma mission était d'enseigner le combat au couteau et le combat au bâton (bâton court). La formation était de huit heures par jour, ce qui est évidemment assez lourd pour la plupart d'entre nous, mais est normal pour eux. Ces gars-là étaient en pleine forme, je leur ai donc donné des séances d'entraînement de haut niveau. »

Le système de la boîte Le système de la boîte est un concept que Frans a particulièrement conçu pour des groupes spécifiques tels que les forces spéciales de police et militaires. Le système de la boîte se concentre sur des méthodes de formation efficaces et de courte durée, qui sont faciles à apprendre et extrêmement efficaces. Frans : « En fait, j’ai conçu cela pour une raison simple. Le combat au corps à corps doit être aussi bref que possible et les techniques aussi simples et efficaces que possible. Les forces spéciales COT ont été formées à ce système et ça a fonctionné parfaitement. Je leur ai enseigné une variété d'attaques qui peuvent être exécutées à partir de n'importe quelle position. Nous avons également fait des blocages et des désarmements, des clés et des exercices agressifs. Vous pouvez imaginer qu’avec 8 heures d’entraînement par jour, ces gars obtenaient des résultats incroyables. Le dernier jour de la formation, nous avons

terminé avec un entraînement spécial en uniforme et avec toutes les armes. » Frans nous a dit par la suite que ces gars recevaient cinquante coups de bâton quand ils laissaient tomber le bâton ou le couteau au cours de l'entraînement. « No pain, no gain », ajouta Frans, avec un sourire.

Combat au couteau Le combat au couteau est également un élément important de la formation. Frans appelle cela : se battre sans combattre. « Parce que le combat pour les forces spéciales doit être aussi court que possible. Nous utilisons donc des techniques très directes visant à en finir avec l'adversaire le plus rapidement possible. Mais nous avons aussi travaillé la sensibilisation. Ce que peut faire un couteau en tant qu’arme efficace est souvent sous-estimé. Pour le démontrer, nous avons fait un exercice. Couteau contre arme à feu, je pus imaginer la surprise de la plupart d’entre eux quand ils ont remarqué la rapidité avec laquelle on peut faire une attaque au couteau. Ils n'ont pas eu le temps de dégainer leur arme, sans parler de tirer.

À l’autre bout du Monde L’entraînement des Forces armées philippines À l'invitation des Forces armées des Philippines, Frans a donné un cours de formation de deux jours à différentes unités de combat et forces spéciales. Frans : « Ce fut un grand honneur pour moi d'être appelé là-bas et de former des Philippins, n’étant pas Philippin moimême. Les entraîner à ma façon de pratiquer l’Eskrima SCS (Système de Combat Stroeven) fut donc quelque



chose de tout à fait exceptionnel ». Ces gars-là maîtrisaient déjà l’Eskrima et beaucoup d'entre eux sont membres de l'équipe d’Arnis. Ils ont donc déjà un background d’entraînement intensif en Eskrima. Frans : « Pour être honnête, l’entraînement de ces gars était un grand défi. Ils voulaient bien sûr découvrir et tester mon Eskrima et mon système, l'ambiance fut donc un peu tendue au début. Mon partenaire Ahmed et moi avons réalisé une première action, et après un court silence, nous avons été chaleureusement applaudi. Ils devaient également faire contact avec le corps et s'y habituer, parce que dans mon système, nous pratiquons en touchant le corps avec le bâton (full contact). Ils ont finalement aimé travailler comme ça. Après deux jours de formation dans mon système, ces eskrimadors ont commencé à me poser des questions sur mon style. Les résultats ont vraiment été formidables. »

Combat au couteau Le combat au couteau a également été très apprécié par l'armée philippine. Ils ont le combat au couteau dans le

sang et les meilleurs combattants de couteau viennent des Philippines. Mais, en quelque sorte, le combat au couteau SCS est différent de ce que d’autres pourraient faire. Le combat au couteau de Frans est un mélange de techniques philippins et de techniques européennes complétées par l'école hollandaise qui se centre sur les méthodes de combat réalistes. Il ne s’agit pas de certaines méthodes de formation étranges qui ne vous permettront pas de gagner quoi que ce soit, mais de techniques réalistes agressives qui peuvent être utilisées à tout moment. Frans : « Ce n'est qu’ainsi que vous pouvez former des soldats afin qu'ils puissent les utiliser dans l'action. »

SCS Le système de combat Stroeven en tant que concept fonctionnera pour tout le monde. Peu importe que vous apparteniez aux forces militaires ou spéciales ou que vous soyez juste quelqu'un qui veut ouvrir une école pour enseigner ce style du combat dynamique, prenez contact avec Frans Stroeven, vous pouvez également vous former au SCS. Vous êtes bienvenus dans son monde, dans le monde de l’Eskrima.









Le Fu-Shih Kenpo : Mouvement et flexibilité Toutes les écoles chinoises, qu’elles soient internes ou externes, du nord ou du sud, mettent l’accent sur une bonne souplesse. Pour faire de la self-défense, il n’est pas nécessaire de pratiquer les difficiles exercices d’un futur expert martial, mais le mouvement est essentiel pour compléter un niveau de compétence dans les coups de pied et éviter l’épuisement et les blessures en pratiquant. Ceux qui se consacrent aux arts martiaux devraient pouvoir être aidé dans leur recherche d’autres méthodes et exercices à pratiquer. Si on a pratiqué un style et qu’on a la sensation d’être arrivé à un point mort, en ce qui concerne la souplesse par exemple, il faut chercher d’autres styles et systèmes pour trouver de nouveaux stimulants et de nouveaux objectifs. Quand nous travaillons pendant longtemps avec un même groupe d’exercices, le corps et l’esprit perdent beaucoup de leur enthousiasme. Le corps se fatigue, il devient paresseux et cesse de coopérer. En assouplissant le corps avec de nouveaux exercices, on fait des merveilles. La souplesse, c’est la vie ; la rigidité, c’est la mort. Divisez les mouvements en deux ou trois groupes : partie supérieure du corps, hanches et jambes, variez les séries toutes les deux ou trois semaines, cherchez constamment de nouveaux exercices, ne laissez pas vos jambes se raidir et faites toutes sortes de mouvements avec chaque séance d’entraînement.

Entraînement pour les femmes Entraîner et former des femmes, ce n’est pas la même chose qu’entraîner des hommes. C’est la même chose que pour les enfants et les adultes, ils sont ou devraient être soumis à des méthodes différentes. Dans l’entraînement des femmes, il faut tenir compte des qualités et des limites propres à leur sexe et il faut considérer les choses depuis un autre niveau émotionnel. Les femmes sont généralement plus souples que les hommes, mais elles ont moins de force et de puissance pour les frappes et les manœuvres techniques. Elles doivent apprendre à attaquer toujours des zones sensibles, des points vitaux et avec des techniques naturelles et spontanées, faciles à utiliser. Elles ne devraient jamais utiliser les manœuvres qu’elles n’ont pas perfectionnées et qu’elles ne sont pas capables d’appliquer en toute confiance. Elles ne devraient pas réaliser des techniques comme les doigts dans les yeux ou le coup de pied aux organes génitaux si elles n’ont pas pleinement confiance en elles. Le cadre de travail de l’entraînement avec elles consiste en un répertoire de coups de poing individuels, avec les jointures, une variété de coups simples qui n’exigent pas beaucoup de puissance pour être efficaces et, le plus important, des connaissances de base et un entraînement avec les armes naturelles. Les techniques doivent être réalistes et chercher l’efficacité et la simplicité. Les coups sur le nez, les oreilles, le menton, la trachée, le plexus solaire, les organes génitaux, la clavicule, les ménisques, la rotule, les doigts de pied, les côtes flottantes, les reins, les cervicales, le cou, etc., et en utilisant le poings, les paumes, les coudes, les genoux et les coups de pied, sont les éléments à perfectionner avec elles

conjointement à un grand sens de la sécurité et de la confiance en leurs propres ressources. De cette manière, une femme peut avoir des possibilités quand elle est attaquée. Elle doit d’abord chercher l’efficacité, ensuite le style, l’art, les formes, etc. L’entraînement avec les armes naturelles (stylos, clés, bâton, sacs, etc.) devrait être direct et précis. Dans notre système, toutes les armes, ou mieux dit n’importe quel objet utilisé comme arme, doivent être utilisées avec la seule idée d’infliger un grand dommage si on se trouve dans la situation de défendre sa vie ou celle d’un autre. L’entraînement avec sparring pour la femme, en Fu-Shih Kenpo, se structure de la manière suivante : 1) Sparring de main. Semblable à la boxe, mais avec des attaques constructives dans le périmètre du corps. 2) Sparring de pied–coups de pied. Il faut mettre l’accent sur les angles d’approche correctes, la théorie correcte, les concepts bien appliqués, le travail effectué de manière décidée. 3) Sparring standard. Mains et pieds, toutes sortes de saisies et de coups sont permis. 4) Attaque armée. Contre-attaques avec différents éléments armés. On demande à l’agresseur d’attaquer le corps ou la tête de celui qui doit se défendre. C’est utile pour la technique constructive et donne une certaine liberté à l’agresseur. L’agressé doit pratiquer et tester l’efficacité d’une série de techniques. La majorité des femmes ont tendance à reculer devant les attaques. Dans ce cas, cela ne fait que leur nuire car l’agresseur a plus d’espace et de temps pour organiser ses attaques. Le défenseur peut apprendre que le mouvement court et progressif de pas rapides écourte les angles et lui permet d’obstruer en toute sécurité l’arc que produit l’arme en attaquant. Il se peut que la femme soit blessée, mais elle apprend à être constructive dans la défense. 5) Attaque armée contre l’autre armé ou désarmé. C’est le contraire de ce que nous avons exposé antérieurement. Ici, normalement c’est la femme qui attaque l’homme. La femme qui attaque a la liberté de la technique, il lui est permis d’attaquer le périmètre défensif de l’adversaire si elle le désire. Souvenez-vous que ce n’est pas seulement attaque et défense. Dans les sparrings, il y a toujours deux instructeurs disponibles pour surveiller ce sparring. Ensuite, ceux-ci donnent des conseils constructifs ou bien critiquent le combattant qu’ils sont en train d’observer. Remarque : Dans ces cinq méthodes de sparring, il n’y a pas d’arbitre, il n’y a pas de points, il n’y a pas de limites de temps. Si les adversaires amènent le combat au sol, ils ont 10 secondes pour que l’un domine l’autre ou pour forcer une soumission, utilisant des techniques douloureuses, sans que l’instructeur n’annule le combat, ensuite les adversaires doivent se remettre debout. Au début, ce type de combat n’est pas très joli, il n’est pas stylisé parce qu’il faut le répéter. Quand le Fu-Shih Kenpo est utilisé pour la self-défense, l’élève ne cherche pas le stylisme mais l’efficacité. Ensuite, à mesure que les combattantes pratiquent, elles atteignent petit à petit un meilleur niveau de compréhension et d’expression de l’art martial en tant que tel. Leur esthétique augmente et les mouvements finissent par être assez jolis. Bien que mortels, ils conservent toutes les qualités correctes des arts martiaux.


« Pour faire de la self-défense, il n’est pas nécessaire de pratiquer les difficiles exercices d’un futur expert martial. »




Yin et Yang (première partie) epuis l'introduction des arts martiaux asiatiques dans le monde occidental, on a vu une tendance, de la part des instructeurs et du grand public, à les classer dans deux grandes catégories : les styles « durs » et les styles « doux » (ou souples). Au fil des années, cette perception générale s'est emparée de la communauté des arts martiaux et la terminologie de styles « durs» et « doux » est désormais communément acceptée et rarement remise en cause. Les medias d'arts martiaux ont eux-mêmes contribué à renforcer cette idée avec beaucoup d'articles se référant aux différents arts et styles en termes de « doux » ou de « durs » et contrastant leurs attributs. Je pense que nous pouvons raisonnablement convenir que certains arts martiaux peuvent être assez facilement reconnus et classés comme « principalement » dur ou doux. Rares sont ceux qui contesteront le fait que le Taekwondo, le Tang Soo Do, le Shotokan et l’Isshin Ryu, par exemple, sont principalement durs et que l’Aïkido, le Jiu-Jitsu et le Tai Chi peuvent être considérés comme doux. Mais, à y regarder de plus près, ces simplifications soignées et ces classifications superficielles ne reflètent pas la véritable nature ni la riche complexité (pour ne pas mentionner l'histoire) de la plupart des arts martiaux. Afin de comprendre comment nous en sommes arrivés à la perception actuelle des styles durs et doux, il nous faut revoir les critères utilisés pour les classer : les arts martiaux qui mettent l'accent sur la puissance, les coups et les mouvements linéaires sont définis comme durs ; ceux qui utilisent des redirectionnements plus légers, des prises et des mouvements circulaires sont définis comme doux. En général, cette distinction est correcte, précise et même utile. Le problème cependant, c’est que la plupart des arts martiaux

D

« Les instructeurs traditionnels et les entraîneurs sportifs qui limitent ou rejettent la formation croisée rendent un mauvais service à leurs élèves. »


contiennent des éléments des deux ! En fait, plus un système d'art martial est « complet », détaillé et structuré, plus son programme englobera à la fois le linéaire, le dur, la frappe, et le circulaire, le doux et la saisie. Cela ne devrait pas nous surprendre. Les arts martiaux ont été développés en tant que méthodes de combat sur le champ de bataille et ont donc dû contenir une grande variété de stratégies, de techniques, de tromperies subtiles et d’adaptations environnementales, intégrant donc nécessairement, à la fois les aspects doux et dur. Mais en plus de cette considération pratique et historique, la raison la plus convaincante pour abandonner la perspective simpliste du doux/dur, c’est le fondement ésotérique même de la philosophie à la base de tous les arts martiaux asiatiques, exprimé avec tant d'élégance par son symbole : le Yin et le Yang. Ce symbole, merveilleux dans sa simplicité, signifie avant tout la dualité de toute chose dans l'univers et la nécessité absolue de l'existence des contraires. Les pratiquants d’arts martiaux peuvent considérer ce symbole et sa signification comme un véhicule strictement éducatif, dépourvu et vide de toute connotation religieuse ou mystique. Il s'agit d'un outil pédagogique, une source d'inspiration, un dispositif pour nous rappeler d'être flexible et en constante évolution. Il évoque la fluidité et nie la rigidité. Il nous pousse à chercher plus encore, à expérimenter le possible et à rejeter les limitations. À son niveau le plus pragmatique, le Yin-Yang nous révèle qu’aucun art martial n’est totalement doux ou dur ; que les mouvements linéaires et circulaires se c o m p l è t e n t mutuellement ; que les frappes et le grappling sont à la fois utiles et

nécessaires ; que le combat armé et non armé sont les deux faces de la même réalité. La construction artificielle du dur opposé au doux est une illusion. Depuis que le premier UFC est apparu sur la scène mondiale, la nécessité de « l’entraînement croisée » (cross-training) est devenue évidente et, avec la popularité croissante des arts martiaux mixtes, de plus en plus d'instructeurs et d’élèves ont finalement compris le message, ils ont ouvert leur l'esprit et ont eu la sagesse de compléter leur style dur avec des techniques douces et leur style doux avec des techniques d u r e s .



Grands Maîtres Maintenant, le combattant debout apprend à survivre au sol, le judoka apprend à donner des coups de poing, le kicker de Taekwondo apprend à faire des clés et le pratiquant d’Aïkido apprend à donner des coups de pied. C’était prévisible. Cette tendance cependant ne s'est pas développée sans controverse et la formation croisée a fait l'objet de beaucoup de débats et de critiques négatives. Les deux groupes les plus virulents dans le débat se trouvent aux deux extrêmes de la communauté des arts martiaux. Tout d'abord, il y a, comme on pouvait s'y attendre, les traditionalistes purs et durs qui considèrent la formation croisée comme irrespectueuse, voire déloyale, détournant les pratiquants de l'étude de leur « véritable » art martial. Étonnamment, à l'autre extrême, se trouvent de nombreux pratiquants d'arts martiaux "sportifs", qui se sont spécialisés dans un type spécifique de compétition avec des techniques limitées et des règles strictes. L'idée c’est qu’en ne participant qu’à des tournois de Taekwondo, par exemple, ils n'ont pas besoin d ' a p p re n d re les clés ou les renversements. Ils

considèrent le cross-training comme une perte de temps confuse, voire contre-productive. Dans la même logique, si un combattant ne s’entraîne que pour la compétition de MMA, pourquoi perdre du temps à

apprendre le désarmement ou le combat au bâton philippin ! Je ne suis pas du tout d’accord avec ce point de vue, car ils passent complètement à côté de la formation croisée. Ce n'est pas seulement (et ça ne devrait pas l'être !) une question de compétition sportive. Il s'agit de forger un meilleur pratiquant d’art martial ! Les instructeurs traditionnels et les entraîneurs sportifs qui limitent ou rejettent la formation croisée rendent un mauvais service à leurs élèves. Certains manquent de confiance en eux et ont une attitude fermée, d'autres sont motivés par l'ego et la cupidité. La formation croisée sérieuse, équilibrée et structurée est non seulement intelligente et bénéfique, elle est aussi profondément cohérente par rapport au principe intemporel du Yin et du Yang. Ceci révèle que nous pouvons atteindre des niveaux beaucoup plus élevés de compétence, de connaissance et de confiance en expérimentant et adoptant le dur et le doux, le linéaire et les coups et les saisies, avec et sans armes. Pour le prochain numéro, je partagerai avec vous mon point de vue et mes expériences personnelles par rapport au principe du Yin et du Yang et son influence la création de Combat Hapkido.

« À son niveau le plus pragmatique, le Yin-Yang nous révèle qu’aucun art martial n’est totalement doux ou dur. »




Texte et photos : Franco Vacirca La conviction est vitale Sandra Nagel


Le principe fondamental du Gracie Jiu-Jitsu : la patience En Gracie Jiu-Jitsu, le principe du combat à plus à voir avec la préparation qu’avec la finalisation. Une attaque hâtive et sans préparation provoque beaucoup plus de dégâts et peut avoir des conséquences désastreuses pour soimême. On applique donc la patience comme l’un des principes les plus importants du véritable Gracie Jiu-Jitsu (GJJ). Et c’est peut être ce qui se passe avec le Jiu-Jitsu brésilien (BJJ) en tant que sport, même si on ne risque pas sa vie dans un tournoi de BJJ, comme ça peut être le cas dans une situation de self-défense. Les combattants de GJJ (et cela inclut aussi les femmes du GJJ) apprennent à se centrer sur un développement salutaire. Cela s’applique à tous les secteurs du Gracie Jiu-Jitsu, que ce soit le mental ou le physique, qu’il s’agisse d’éthique,

de respect, de courage, d’amabilité ou d’amitié. Dans un combat, la phase initiale est évidemment essentielle par rapport à ce qui se passera ensuite. C’est pour cela qu’il faut suivre ici une règle importante que me donna mon maître Pedro Hemeterio : « Celui qui a le contrôle du centre de l’adversaire et est capable de s’adapter avec peu d’énergie, souplesse et liberté a, à moitié, gagné la bataille. » Dans un combat de Gracie JiuJitsu, il est très important de se situer de manière à pouvoir toujours être actif. On doit être toujours capable d’échapper à la pression de l’adversaire et, si possible, de parvenir à faire pression sur l’adversaire debout, mais sans perdre sa propre force et énergie physique. On doit toujours conserver suffisamment d’espace libre pour pouvoir changer souplement de position et s’adapter à la situation. Pendant tout le combat, et en particulier au début, il est important d’utiliser les attaques avec parcimonie. Si rien ne nous y oblige,

chaque attaque de l’ennemi doit pouvoir être contrée par plus d’une technique de contre-attaque, de manière à pouvoir conserver la possibilité d’appliquer plus de techniques de contre. Les combattants de GJJ intelligents apprennent, avec les années d’expérience et le développement personnel, à faire une lecture correcte de leur adversaire dès le début pour aller de mieux en mieux et être en mesure d’agir plus rapidement. Les débutants font souvent l’erreur d’attaquer l’ennemi dès le départ. Ceci peut être exploité par un combattant de GJJ expérimenté qui rencontrera un rival rapidement épuisé. Le plupart des combattants de GJJ débutants sont très « carrés » et manquent de « courbes », on peut donc souvent les voir venir de loin et pressentir leurs attaques. Un combattant de GJJ expérimenté, au contraire, peut appliquer les techniques de manière très arrondie et très souple, il est parvenu à maîtriser la capacité à


Jiu Jitsu détourner la force pour se rapprocher de l’ennemi. L’objectif de tout débutant devrait être d’apprendre à « s’arrondir » dans l’application des techniques. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, car cela exige beaucoup d’entraînement, des mois parfois à ne pratiquer qu’une seule technique. Vient ensuite, un peu plus tard, la pratique de la technique de combat avec les différents partenaires d’entraînement. Il s’agit là d’un aspect important, mais il faut d’abord apprendre le point antérieur. Dans notre formation au Gracie Jiu-Jitsu, ces exercices avant le combat libre réel jouent un rôle encore plus important car les combattants de GJJ apprennent ainsi à intérioriser la technique. Les exercices intenses et très techniques de techniques individuelles ou de courtes séries techniques améliorent la fluidité et permettent de développer une vitesse naturelle. Ces exercices aident également tout particulièrement les combattants de GJJ plus passifs. Ceux qui ont tendance à jouer un rôle plus passif sont pratiquement obligés à prendre un rôle plus actif. En GJJ nous n’avions rien contre le rôle passif, au contraire, il vaut souvent mieux que tout autre chose, mais les deux rôles doivent être pratiqués afin de bien les comprendre tous les deux. Ce jeu de rôles permet bien sûr également de fixer l’attention sur la défense. Vous aurez ainsi l’occasion de voir ce que ferait un autre pratiquant de GJJ dans la même situation ou dans une situation similaire. En Gracie Jiu-Jitsu, on se pose toujours la question de savoir comment un débutant devrait assembler son répertoire initial. En BJJ sportif, on s’efforce d’apprendre les techniques de renversement du Judo, du Sambo et de la Lutte. En Gracie Jiu-Jitsu, comme me l’enseigna le professeur Pedro Hemeterio qui l’avait appris à son tour d’Hélio Gracie le fondateur du GJJ, de telles mesures ne sont pas nécessaires. Dans le véritable GJJ, il s’agit de self-défense, ce qui signifie que nous considérons dès le début qu’une position incorrecte pourrait nous coûter la vie. Par conséquent, le premier mouvement est déjà conçu pour nous protéger (survie). Les techniques qui ne servent qu’à faire de la compétition sur le tatami sont superflues pour nous. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas bonnes, elles ne sont tout simplement pas utilisées pour notre propre défense qui est notre principal objectif. Il vaut mieux exécuter une technique avec 20% de précision et 80 % de conviction qu’avec 80% de

précision et 20% de conviction. Voici quelques points importants que doit prendre en compte un débutant sur le chemin de la ceinture bleue pour pouvoir, en cas de besoin, appliquer dans la rue ce qu’il a appris : • L’efficacité d’une technique peut être nécessaire quand on manque de conviction. • La conviction est très importante, plus importante même que la technique. • La conviction peut influencer de manière significative la réussite ou l’échec.

• Si vous ne pouvez peut-être p a s , a u d é b u t , e ff e c t u e r u n e technique parfaitement, essayez de l e f a i re a v e c c o n v i c t i o n , v o u s pourrez ainsi tirer profit de cette expérience. • Quand vous pratiquez une technique, faites-le avec toutes vos pensées bien en place ; la première étape consiste à combiner précision et conviction. • Pratiquez chaque technique avec autocontrôle ; mais ne laissez jamais votre désir de maîtriser la technique affecter votre conviction.






l y a un an, le grand maître Martin Sewer fut invité par l'Institut international des arts martiaux à assister au World Black Belt Hall of Fame annuel en Malaisie. Rappelons que Martin Sewer fut à plusieurs reprises invité à Kuching, en Malaisie, en raison de sa réputation sans cesse croissante au sein de la communauté internationale des arts martiaux. Au cours de l'événement de l'année dernière, non seulement il a obtenu la première place dans la catégorie de grand maître du tournoi, mais encore il a été nommé « Grand Maître de l'année 2012 ». Rappelons en outre, que cet événement mémorable fut éclipsé par la nouvelle de l’incendie d’une école de Kung-Fu locale suite à un accident. Lorsque le grand maître Martin Sewer apprit ce qui s'est passé, il a très vite réagit et a pris l'initiative de soutenir la reconstruction de l'école de Kung-Fu en leur remettant le « Lai Si » (« good fortune money » qu’il reço it chaque année po ur s o n anniv ers aire). Ce fut une année glorieuse pour Martin Sewer, et ses él èv es , de reto ur en Su is s e, n'auraient pas pu être plus fiers. Mais le plus intéressant, c’est que Martin Sewer fut invité à revenir à l'événement international à Kuching en 2013. À peine arrivé, le grand maître Song, l'un des principales personnalités au sein de l'organisation, lui demanda de faire une démonstration de ses habiletés.

I

Le public était composé de nombreux maîtres et grands maîtres d’arts martiaux, ainsi que de diverses personnalités de Malaisie, telles que le sous-ministre de la Santé publique. Martin Sewer montra certaines parties de la célèbre Tit Sin Kuen, une forme secrète légendaire. Après cette performance, il fut non seulement nommé conseiller principal de l'événement, mais aussi récompensé par un nouveau rang au World Black Belt Hall of Fame ; il reçut la médaille d'or pour son travail et son engagement par rapport à l'original Hung Gar Kung Fu. La jour née avait déjà été longue et mouvementée, mais le grand maître Martin Sewer ne put aller dormir avant d’avoir reçu une autre récompense. Un délégué de la Fédération mondiale de Kuoshu au Bangladesh lui remit en effet le prix d'invité VIP officiel à l'événement de l'Institut des Arts Martiaux. C’est alors seulement que le grand maître Martin Sewer, épuisé par un long voyage et une soirée mouvementée, put se retirer pour la nuit et prendre un repos bien mérité. Le deuxième jour de l'événement, le tournoi des démonstrations, très attendu, eut finalement lieu. Comme l'année précédente, Martin Sewer a participé dans la catégorie de grand maître et a, de nouveau, remporté la première place de sa catégorie en effectuant la forme bien connue du Ti gre et de l a Gru e. On peu t comprendre l'importance de la forme du Tigre et de la Grue, en chinois

« Fu Hok Yin Seung Kuen », quand on sait que le véritable Hung Gar K ung -F u es t s o uv ent dés ig né comme le « Kung-Fu du Tigre et de la Grue ». En 1975, Chiu Koe, le g rand-père dans le K ung F u de Martin Sewer (« Sigung » en chinois), héro s fo lklo rique po pulaire et homme d'honneur, remporta les championnats nationaux de Wushu chinois avec cette même forme. La v icto ire du s ucces s eur du s t y le officiellement désigné, Martin Sewer, dans la catégorie de grand maître était donc une digne suite de la réussite de la lignée Hung Gar. Les festivités officielles du Hall of Fame se poursuivirent par l'annonce des résultats du tournoi. En 2012, M a r t i n S e w e r re ç u t l e t i t re d e « Grand Maître de l'année » et en 2013, il fut nommé « Instructeur de Grands Maîtres de l'année ». Suite à cette nomination, on lui demanda de montrer à nouveau son Hung Gar Kung-Fu, mais cette fois il n’eut pas seulement à présenter son savoirfaire au moyen d’une démonstration, i l f u t é g a l e m e n t c h a rg é d e l ' e n s e i g n e m e n t d ’ a u t re s g r a n d s maîtres au cours d’un séminaire pratique. Ce séminaire, qui eut lieu à huis clos, a donné à Martin Sewer l ' o c c a s i o n d e f a i re s e s p re u v e s auprès de ses pairs. Évidemment, avec succès ! Tout comme après les démonstrations, les participants quiittèrent le séminaire bouche bée et pensifs et, même plusieurs jours après, les participants c o m m e n t a i e n t l e s e x e rc i c e s e t


Hung Gar



Kung Fu la légèreté humoristique qui caractérise les leçons de Martin Sewer. Le troisième jour, les émotions atteignirent leur sommet. Du fait de ses performances et de son séminaire pratique, Martin Sewer fut élu « Grand Maître Instructeur de l'année 2013 ». Mais ce ne fut pas tout, et ceux qui furent tentés d'exprimer leurs félicitations à ce stade doivent attendre encore un peu. Le plus grand honneur était encore à venir. Quand toutes les récompenses et titres honorifiques furent distribués, les festivités pour la réouverture de l'école de Kung-Fu qui avait brûlé l'année précédente commencèrent. Tout le monde se mit à applaudir et ce fut un moment émouvant pour les élèves locaux, mais aussi pour les élèves de Martin Sewer en Suisse qui avaient indirectement apporté une précieuse contribution à la reconstruction de l'école à travers le don Lai Si de leur Sifu. Alors que l'événement en arrivait progressivement à sa fin et qu’un certain nombre de participants pensaient probablement déjà au voyage de retour, une grande surprise pour Martin Sewer et ses étudiants restait à venir. Devant tous les grands maîtres présents et autres spectateurs, le grand maître Martin Sewer reçut le rang de 9ème Duan dans l'art du Hung Gar Kung-Fu de l'Institut international d'arts martiaux, avec le commentaire : « C'est le moins qui nous puissions faire pour vous honorer. » Peu de temps après avoir reçu cet honneur extraordinaire, les nouvelles circulèrent dans les journaux et les plat efo rmes médiatiques . Co ns idérant qu’il av ait ét é exceptionnellement honoré, en ce qui concerne l'appréciation de ses compétences par l'Institut International des Arts Martiaux, Martin Sewer a déclaré, dans une interview après la cérémonie, qu'il continuera néanmoins à travailler avec le 8ème rang, que son professeur Chiu Chi Ling lui avait décerné. Martin Sewer et ses élèves furent surpris de cette dernière récompense, mais certains des grands maîtres les plus expérimentés d’Asie, en particulier à Hong Kong, ne le furent pas du tout. « Comment pourrait-il en être autrement, a dit l'un d'eux. Même s i Martin S ewer es t S uis s e et do nc un Occidental, il a traversé tous les obstacles sur son chemin pour devenir le meilleur élève et successeur de Chiu Chi Ling. Il a consacré toute sa vie au Hung Gar Kung-Fu traditionnel et s'est engagé à promouvoir et à diffuser ses connaissances et ses compétences en Hung Gar. Il publie des livres, des articles et participe activement à la communauté des arts martiaux. C'est comme ça qu’il faut être. » D’autres grands maîtres présents approuvèrent de la tête et l’un d’eux ajouta : « Je n’en connais pas beaucoup qui sont capables de réaliser autant de choses, mais ce fou de Suisse a réussi à le faire. »






Classiques

LE PÈRE DU KARATÉ EUROPÉEN Il est clair que le puissant Karaté européen ne remerciera jamais assez le travail réalisé par son précurseur et véritable père, le Français Henry Plée, qui a déjà 90 ans. Charismatique, curieux, pittoresque même, avec certaines étrangetés qui alimentent son aura de grand maître, Plée fit venir les premiers maîtres japonais jusqu'à son club parisien, le premier dojo européen de Karaté (qui se trouve toujours là où il était, bien que remodelé après un épouvantable incendie relativement récent). Il créa ainsi le germe du Karaté sur le vieux continent. Salvador Herraiz, au cours de la vingtaine de voyage qu’il fit à Paris depuis plus de 25 ans, n’a jamais cessé de visiter l’endroit charismatique au centre de la capitale française. Il récupère aujourd’hui, vu son intérêt, la conversation qu’il eut un jour avec Henry Plée, chez lui, dans la même enceinte et juste au-dessus du légendaire dojo. Texte et photos : Salvador Herraiz, 7e dan de Karaté Paris aris est une ville où je me suis rendu à de nombreuses occasions, depuis les années 80, pour des motifs de Karaté. Là, pendant plusieurs années, avec mon équipement de compétition discret, j’ai participé à la Coupe de France de Wado Ryu que mon ami, le maître Patrice Belrhiti, organise depuis des dizaines d’années. Paris est également un endroit où ont lieu des cours et des galas qui sont devenus légendaires. Et puisque je me suis si souvent rendu dans la ville de lumière, j’ai bien sûr eu une conversation approfondie avec le maître Henry Plée, un conversation que nous voulons rééditer ici aujourd’hui, dans Budo International, car la validité de son contenu est restée inchangée. Qui donc, dans le monde des arts martiaux, n’a pas entendu parler du maître Henry Plée. Cet homme est une légende en Occident. Il introduisit la pratique du Karaté en Europe et a énormément fait pour le développement de cet art martial mais aussi du Judo, de l’Aïkido, et bien d’autres, à travers l’édition de magazines et publications diverses. Il possède une trentaine de dan (!), répartis entre divers arts martiaux : Judo, Aïkido, Kendo, Bo-Jutsu et Karaté. C’est avec ce dernier qu’il en est arrivé à être plus connu ces dernières années. Henry Plée est 10e dan de Karaté, octroyé par Tsuneyoshi Ogura (1909-2007). En France, dans toute l’Europe et dans le monde entier, il est connu et respecté. Tous les maîtres français ont été ses élèves ou ont eu quelque chose à voir avec lui. C’est, je le répète, une légende.

P

Henry Plée est né en 1923, à Arras, dans le Pas de Calais, au nord du pays. Il commença des études d’architectures qui furent interrompues par la Deuxième Guerre mondiale. J’ai fait personnellement la connaissance d’Henry Plée en 1990. Sans mettre en doute, loin de là, son importance et la place bien méritée qu’il occupe dans l’histoire du Karaté, sa manière d’être me causa une étrange sensation. Un matin de printemps, je me suis rendu à mon rendez-vous avec Henry Plée. L’endroit ne pouvait être autre que sa maison, se trouvant juste audessus de son dojo, le premier endroit où l’on pratiqua et enseigna officiellement le Karaté en Europe. Le dojo de la Montagne Sainte Geneviève dans le centre de Paris, tout près de la Cathédrale Notre-Dame, est un endroit paisible et attirant, où conjointement au domicile familial, se trouve le fameux club de Karaté et le magasin d’articles d’arts martiaux qu’il a toujours possédé. Je dois dire que je n’ai jamais manqué de m’y rendre, chaque fois que je suis allé à Paris. Il sera toujours l’endroit où commença le Karaté en Europe et donc presque un endroit de culte pour les passionnés de son histoire. Henry Plée me reçut chez lui, une vieille demeure qui inclut le fameux magasin d’arts martiaux qu’il a laissé à ses fils et le Shobudo (Club de Karaté), club au sommet de l’élite. Monsieur Plée, dont les élèves ont gagné 32 titres de France, d’Europe et du Monde, m’attendait déjà. Nous nous sommes installés dans une pièce au style particulier, de laquelle on en découvre d’autres tout aussi originales. Peu de lumière, d’innombrables objets traditionnels du Budo, des épées, des

armures de samouraï… Les meubles de style ancien et l’atmosphère qui s’en dégage me font penser à lui comme une personne plutôt philosophique, profonde, très profonde, et même un peu bizarre parfois. Henry Plée s’était antérieurement intéressé à la Boxe et à la Savate, mais à partir de 1948, il commence à traduire le magazine « Judo Kodokan » et à s’intéresser aux arts martiaux. Un peu plus tard, il prendra contact avec des maîtres de Karaté comme Mochizuki, Murakami et Oshima qu’il fait venir à Paris pour y donner cours. Parmi les premiers élèves de Plée, on trouve le fameux (dans le monde du Karaté) Jacques Delcourt. Sur le mur principal de la pièce, il y a deux armures qui impressionnent terriblement. Entre les deux, un cadre ressort. C’est le père de Maître Plée. « J’ai commencé à l’âge de cinq ans à pratiquer la Boxe avec mon père qui était à l’armée. Ensuite j’ai fait de la Savate. » Monsieur Plée, quels furent vos débuts dans les arts martiaux ? « En 1948, j’ai commencé à traduire et à publier le magazine Judo Kodokan. Je l’ai fait pendant de très nombreuses années. J’ai également traduit avec Gichin Funakoshi à partir de 1948. » Le maître Henry Plée a eu de nombreuses et bonnes relations avec les maîtres japonais. Quel fut son contact avec le maître Mochizuki ? « J’étais un bon judoka. Mochizuki est venu avec son Aïkido. J’ai pratiqué l’Aïkido avec lui (il se réfère à Minoru Mochizuki, une grande légende du Budo japonais, possédant plus de 50 dan en tout). Nous sommes devenus amis et il m’a envoyé son fils Hiroo. »


Maîtres Hiroo Mochizuki est venu en Europe. Mais d’autres maîtres le firent également, non ? « Oui, Murakami est venu, il est mort il y a quelques années. Et aussi Oshima, Kase, Tokitsu, Nambu, … Mochizuki Hiroo eut une expérience de combat désagréable. Au Japon, il avait entendu que le Wado Ryu ressemblait un peu à de la Boxe et pour ça… Mais c’était un très bon karatéka. » Mochizuki fut un maître remarquable, c’est lui qui introduisit le Wado Ryu en Europe. De fait, il existe des livres de Mochizuki sur les katas de Wado Ryu, édités en outre en collaboration avec… Henry Plée. Il est vrai que par ailleurs, Mochizuki pratiqua également le Shotokan et que plus tard il mélangea les systèmes et les idées pour développer son Yoseikan Budo, etc. Mais il fut indiscutablement un maître de Wado Ryu important. Que pense-t-il des Japonais ? « En 1950, les Japonais n’aimaient pas les Occidentaux. Ils venaient de terminer une époque qui leur avait laissé un très mauvais souvenir de l’Occident, du fait

de l’occupation. Les Japonais malmenaient les Occidentaux à cause de l’occupation américaine. Les Japonais pensent que celui qui n’est pas de leur pays est mauvais. Ils se considèrent comme supérieurs. » On dirait que monsieur Plée n’a pas une trop bonne opinion des manières nipponnes. Il poursuit : « Il y a peu, les Américains achetèrent des actions

d’une grande entreprise japonaise et ce fut un vrai scandale. » Henry Plée réfléchit un moment et met dit : « Si vous allez au Japon, vous finirez par être blessé en Karaté, d’une manière ou d’une autre. » Nous changeons de sujet. Une autre personne qui fut très importante dans le monde des arts martiaux en Occident fut Donn F. Draeger. Ils se connaissent bien. Je lui pose la question, il acquiesce et me répond : « Il fut très important. Il a fait du Karaté avec Fukuda (qui traduisait le magazine). Il est venu en France pour un championnat de Judo et est venu me voir pour la bibliothèque

1. Enseigne originale du club historique. 2. Salvador Herraiz, dans la cour intérieure de l’endroit, à l’entrée du portail du dojo. 3. Henry Plée et quatre autres responsables. 4. Henry Plée entre le pionnier anglais Vernon Bell et Hiroo Mochizuki. 5. Plée, enfant en 1930, jouant à se battre sur la plage. 6. Plée et Hiroo Mochizuki aux débuts du Karaté en Europe. 7. Pose technique en Kokotsu Dachi Shotokan. 8. En 1949, dans le dojo du maître Kawaishi de Judo à Paris. Geniot, Plee, Valin, Conquil et Gillet. La veste grise qu’utilise Plée vient d’Allemagne, des temps où il y avait été fait prisonnier en 1944. 9. Plée reçoit un Sokuto Geri de Taiji Kase. 10. Henry Plée et Hiroo Mochizuki au cours du premier championnat de France de Karaté, le 25 octobre 1957. 11. Un autre moment du kata.


Interview 12. Plée réalisant une casse de démonstration au cours du championnat de France de 1957. 13. Henry Plée, pionnier du Karaté en Europe.

14. Plée, en bas à gauche, près de Tsutomu Oshima. Dans le cercle, en haut à droite, Jacques Delcourt. 15. Plée, près de Nambu et d’autres à Saint Raphaël.

exceptionnelle que je possède. » Monsieur Plée se réfère aux exemplaires des livres qu’il possède, des livres curieux, intéressants, uniques. Et avec Draeger, il eut un bel exemple de Karaté, n’est-ce pas ? « J’avais un club de Judo et il est venu m’aider. Donn venait toujours une demi heure avant et faisait du Karaté. Je lui ai demandé si c’était de la Boxe française et il me dit que non. Ensuite il m’envoya un film. » Ce film, avec des techniques d’Obata, Nishiyama et Nakayama, ainsi qu’un livre de Yoshitaka Funakoshi, furent les premier professeurs d’Henry Plée. Donn

Draeger aida également à obtenir l’autorisation de pratiquer le Karaté après l’interdiction de sa pratique avec l’occupation américaine. Plée me parla un peu plus de cela. « Oui, le général McArthur interdit le Karaté. Draeger insista pour qu’il soit autorisé. Le film mentionné joua également un rôle important dans son rétablissement. On était en 1946. » Henry Plée me parle alors des maîtres et de leurs manières. « J’aime ceux qui ne sont pas très maîtres. Quand je suis allé au Japon, Donn m’aida avec les maîtres. J’ai ensuite connu de véritables maîtres, mais ceux-là on ne les voit pas. Ce n’est

pas la même chose un professeur d’université qu’un Einstein. Les véritables maîtres ne parlent pas. Le véritable maître n’est pas visible pour les gens ordinaires. Il faut un niveau. Einstein n’avait aucun intérêt à parler de mathématiques avec quelqu’un sans niveau. Gichin Funakoshi et Itosu étaient des maîtres en 1901. Funakoshi depuis tout petit voulut enseigner aux plus jeunes. Ils n’étaient pas de ce niveau. Funakoshi eut du mal parfois à enseigner. » On dirait qu’Henry Plée pense aux maîtres clandestins des époques de Matsumura, etc. « Funakoshi, dans ses mémoires, affirme qu’il y avait des



Interview maîtres cachés. Un bon maître a quatre ou cinq bons disciples. »

Le 21 novembre 1965, il y eut un congrès européen de Karaté dans la ville de Paris. C’était le troisième. L’Autriche, avec Kart Neveceral à la tête, la Yougoslavie et le Portugal viennent s’ajouter à l’intérêt pour l’organisation européenne. Henry Plée, en tant que conseiller technique, apporte le travail de quatre experts japonais qui aideront à commencer le travail technique. Il s’agit de Kono, Yamashima, Toyama et Suzuki. Autrement dit, le style Wado Ryu domine indiscutablement le conseil technique de l’Europe. On formalise les statuts et avec cela, naît officiellement ce qui sera l’Union européenne de Karaté. Le 7 mai 1966 aura lieu le premier championnat d’Europe à Paris, tant par équipes qu’individuels, mais pour l’instant on ne pense qu’au masculin (et il en sera ainsi jusqu’à 10 ans plus tard). Cinq pays par équipes et un de plus pour l’individuel. Ce n’est pas mal pour commencer ! La France se retrouve première, suivie de la Suisse et de l’Italie. En individuel, c’est le Français Baroux qui l’emporte, suivi également du Français Sauvin, de l’Italien Geronema et de Setrouk (France). Les blessures et les coups incontrôlés apparaissent tant et plus. Il y a un problème à résoudre. L’Union européenne de Karaté fait ses premiers pas solides. Henry Plée se charge du secrétariat général, l’Italien Ceracchini est nommé vice-président et Leo Arts accède à la fonction de trésorier. Pour Henry Plée, il y a une claire différence entre le karaté sportif

et le Karaté qu’il appelle martial. Il me parle très souvent de leurs différences au cours de mon séjour là-bas. Que pense-t-il de l’existence des styles ? « Quand on apprend à cuisiner, on vous montre des plats. Quand vous avez le diplôme, si vous ne faites pas de nouveaux plats, vous n’êtes pas un maître. Il faut créer. » Pour Plée, il y a une grande différence entre le véritable Karaté intérieur martial et le sport. Le premier exige une pureté efficace. Le sport, suit une voie différente. Que pense-t-il de l’inclusion possible du Karaté aux Jeux olympiques ? « Les championnats ont besoin d’argent et les professionnels ont besoin de titres. Les fédérations veulent avoir de bons compétiteurs pour obtenir des subventions. Pour les championnats, il faut unifier les katas et les règlements… mais seulement ça. » Mais cela rompt un peu… ou beaucoup les styles de Karaté et les limites dans ce but ? « C’est autre chose. La cime du Karaté, c’es t de rév éler les qualit és physiques et mentales. Avant on disait du Judo : il faut mettre du Judo dans la vie et inversement, mettre de la vie dans le Judo. » Mo ns ieur P lée s o ulig ne de nouveau la différence qu’il faut très clairement percevoir entre la partie sportive que les fédérations doivent développer et la partie mart iale, plus inter ne et personnelle. « Le championnat est un jeu (les olympiades par exemple). Le s po rt es t un s po rt . Le mo t s po rt s ig nifie div ert is s ement . C’es t un mo t franco-espagnol que les Anglais s’attribuèrent et qu’ils vinrent ens uit e implant er chez no us co mme un mo t ang lais . » On pourrait donc dire que le Karaté sportif n’est pas le Karaté, non ? « C’est autre chose. C’est une erreur d’utiliser le mot Karaté

En haut, Salvador Herraiz et Henry Plee, réunis il y a 25 ans à Paris. Plus bas, cours traditionnel à Saint Raphaël en 1965. Debout, au centre, Yoshinao Nambu, et devant lui, Henry Plée près des légendaires Valera, Lavorato, Baut y Baroux. Henry Plée en 2009, recevant des mains de Jacques Delcourt son importante reconnaissance. Extérieur de la cour, rue Sainte Geneviève à Paris. Dernière, en bas, Herraiz y Plée dans une discussion animée au domicile du maître français.


Grands Maîtres dans les championnats, même si c’est bon pour la publicité. » Il y a un autre esprit qui règne dans l’une et l’autre chose ? « Dans le Karaté art martial, on ne prend jamais l’initiative de l’attaque tandis que dans le sport, on attaque, il est offensif. Le véritable Karaté est défensif. » J’interromps monsieur Plée… « Karate ni Sente Nashi » (il n’y a pas de technique offensive en Karaté), phrase importante de Gichin Funakoshi qui est

aujourd’hui inscrite sur son monument à Kamakura au Japon. Monsieur Plée acquiesce et me dit : « Exactement ». Ensuite il poursuit : « Dans les arts martiaux, on va tuer pour se défendre. Il est difficile d’essayer de ne pas attaquer. Attendre que l’adversaire attaque. L’esprit doit être vigilent, mais neutre, et en attaquant l’autre… Mais cette idée est en train de se déformer. La position Kokutsu est défensive et dans le combat sportif, on a tendance

à faire Fudo, elle se transforme en offensive. » Le sport ou son esprit est-il mauvais ? (Je me réfère à son esprit du point de vue du Karaté en tant qu’art martial). « Le sport est bon pour la jeunesse. C’est la vie. Au-delà de 30 ans, on finit par pratiquer l’art martial. On perd la vitalité et on cherche autre chose. » Soudain le professeur Plée se lève et va vers son ordinateur dans la pièce adjacente. De là, il me dit : « Je vais


Interview vous faire un cadeau. Ce sont les normes pour le bon développement du Karaté en tant qu’art martial. Il faut les suivre non seulement dans le dojo, mais aussi en dehors. Je suis autorisé à vous les révéler. » Il se réfère à l’authentique version des 20 règles d’or que dicta Gichin Funakoshi. « Le sport est un rituel. Tous les animaux ont leur rituel au sein de l’espèce. Le meilleur obtient la meilleure femelle et a le droit de la féconder. C’est ainsi que s’améliore l’espèce. La femme choisit un beau corps même si cette personne est idiote. On va s’améliorer et on ne tue jamais les membres de la même espèce. C’est juste un rituel. Les hommes disent souvent quand ils discutent : “Allons dans la

rue, on va voir si tu es un homme.” Tout ça c’est un rituel. Et ensuite, ils ne se tuent jamais. Jamais. » Mais parfois cela arrive. Il y a des assassinats, du terrorisme… « Mais, bon, il y a toujours des fous en liberté. Mais ce sont des exceptions. Dans les combat, s’ils voulaient vraiment tuer, ils arracheraient les yeux ou ils mordraient le cou. Mais ils ne le font pas parce que tout ça, c’est un rituel. Ils s’agrippent… mais ne se mordent pas. Les animaux à cornes, quand ils se battent, attaquent de face et ne se font rien. Leurs cornes s’entrechoquent. C’est aussi un rituel. Quand ils veulent vraiment tuer, quand ils chassent une autre espèce, ils attaquent de manière circulaire et traversent l’autre, ils lui ouvrent le ventre. C’est différent, ils veulent tuer. Il y a une censure psychique qui nous en empêche. » Pour monsieur Plée, le mot « maître » a un sens profond, comme nous l’avons vu. Il continue de me parler. « Un maître comme quelque chose de complet n’existe pas. Seulement partiellement. Picasso avait un bon niveau de peinture, mais il n’était pas complet dans le reste. Dali également. Dali remplissait ses tableaux de messages ésotériques. Il était plus que spécialiste. » Pour terminer sur ce sujet, monsieur Plée me donne son opinion sur lui-même : « Je ne suis pas un maître. Un bon professeur, si. Et avec beaucoup de chance. » Monsieur Plée s’étend sur le sujet, mais je voudrais en toucher d’autres différents. Que fait maintenant Henry Plée ? A-t-il des professeurs dans son club ? Donne-t-il cours personnellement ? « J’ai des professeurs qui donne cours et je leur donne cours à eux. Ça doit être comme ça. Et il faut avoir quelqu’un à la tête, toujours. Ainsi, si le maître meurt, il n’y a pas de problèmes ni d’éclatement. Si tout le monde a le même niveau, ça explose quand le maître manque, car ils veulent tous occuper sa place. Un maître doit avoir préparé tout cela. Si à sa mort il y a un éclatement, c’est parce qu’il n’était pas un grand maître. Seulement un pédagogue. » Monsieur Plée veut-il ajouter quelque chose pour les karatékas ? « Mettre l’accent sur le Kyokun, les 20 préceptes que je vous ai donnés. Ils doivent être transmis aux disciples, de préférence verbalement et être compris. Ils ont différents niveaux de compréhension et des parties obscures. Il faut pour cela également inventer votre méthode, mais quand on est un grand expert, quand il y a quelque chose de nouveau, on le sent, quand on perfectionne la cuisine, on ajoute des ingrédients et elle s’améliore. » Il y a longtemps, en 2008, le président honoraire de la WKF, l’incombustible Jacques Delcourt, décora Henry Plée en tant que chevalier de l’ordre national du Mérite. Jacques Rouge, le président du Comité olympique international félicita en personne son compatriote pour ce titre. Indiscutablement, Maître Plée occupe et occupera une place proéminente dans l’histoire du Karaté européen.




Posture du chien tête en bas – Chatuspadasana Dans notre dernière posture, nous avons ouvert et permis aux énergies de traverser la colonne vertébrale vers le cerveau. Cette nouvelle posture ouvre de nouvelles voies de communications neuronales. Mais elle poursuit aussi un autre objectif qui est la bonne oxygénation du sang, du corps et en particulier du cerveau (qui contrôle toutes les autres fonctions de l'organisme). Naturellement, à mesure que nous avançons dans la vie, la plupart des gens ont tendance à s'affaler dans leur posture, la colonne vertébrale se courbe vers l'avant au niveau des épaules et les épaules se ferment vers l'avant du corps. Cet affalement conduit à de nombreux problèmes de santé indésirables qui vont d'un léger inconfort à l'incontinence et la constipation, car cela engendre la fatigue, la compression et la suffocation des intestins et de la fonction intestinale. D’autres problèmes physiologiques peuvent se produire : mauvaise mémoire, manque de concentration et pauvre sens de l'équilibre, et ce ne sont là que les effets secondaires observables de votre cerveau qui ne reçoit pas assez d'oxygène du sang. Commençons par le cerveau. Le cerveau a de nombreuses structures similaires aux autres parties de notre corps. Il a besoin d'être bien alimenté et continuellement. Mais notre cerveau a besoin d'autres choses et si nous voulons en prendre soin, nous devons augmenter la circulation du sang vers lui. C’est vital car notre sang transporte l'oxygène vers le cerveau et l'oxygène est vital pour le bon fonctionnement du cerveau, la croissance et la guérison. Le bon fonctionnement du cerveau exige un

équilibre crucial entre une respiration correcte pour l'oxygénation, des niveaux adéquats de dioxyde de carbone et d'oxyde nitrique pour la circulation du sang, et un programme d'activités cérébrales ou des exercices pour stimuler la croissance (tel que nous l’avons vu dans des postures antérieures). Pour augmenter volontairement l’oxygène et la circulation du sang dans le cerveau, nous devrions d'abord comprendre comment nous respirons physiquement. Nous sommes faits pour respirer facilement et sans l’aide de la pensée consciente, par le nez et la bouche fermée. La façon naturelle de respirer d’un nouveau-né, c’est avec le ventre ou respiration diaphragmatique (et nous augmenterons encore plus la capacité, en utilisant le périnée pour respirer plus en profondeur). Nos sinus, nos cavités orales et les parties supérieures de la structure du poumon maintiennent un certain niveau d'agents chimiques de contrôle, tels que le dioxyde de carbone et l'oxyde nitrique qui nous aident à contrôler le tonus de vaisseaux sanguins et la circulation. Lorsque nous respirons normalement et profondément au niveau du diaphragme, nous passons l'air et l'oxygène vers le bas, dans les zones les plus basses de nos poumons, où se produit la plus grande partie de la circulation du sang. C’est également là qu’ont lieu la plupart des échanges d'oxygène et de dioxyde de carbone. Nous devons donc réapprendre à respirer naturellement à l'aide de notre muscle diaphragmatique pour obtenir les quantités adéquates d'oxygène dans le sang et les amener à notre cerveau et dans les autres régions du corps. Lorsque nous utilisons notre bouche pour respirer, nous ne réinhalons pas le dioxyde de carbone stocké et l'oxyde nitrique qui aident le

sang à circuler vers le cerveau pour oxygéner les cellules cérébrales. Ce sont le dioxyde de carbone et l'oxyde nitrique (l’oxyde nitrique aide à dilater les vaisseaux sanguins dans les poumons afin que nous puissions obtenir une bonne circulation à ce niveau pour l'échange d'oxygène et de dioxyde de carbone) qui ouvrent les vaisseaux sanguins dans le cerveau afin que nous puissions y obtenir des niveaux d'oxygène appropriés. Mais, du fait de la gravité et d’une mauvaise posture, la traction vers le bas de la tête et des organes dans le plancher pelvien commence à arrondir nos épaules parce que les muscles pectoraux, qui sont de grands muscles puissants, se contractent. Comme ils se resserrent, les épaules sont tirées vers l'avant. Nos muscles du milieu du dos, trapèzes et rhomboïdes, qui sont plus faibles, sont moins souvent utilisés (ainsi que le groupe de muscles de la coiffe des rotateurs). Les déséquilibres musculaires tels que ceux-ci se traduiront par un mauvais positionnement des épaules provoquant généralement une tension chronique épaule/cou et des douleurs du fait d’une surabondance d'énergie et de trop de tensions. Ceci est parfaitement symbolisé par la posture « Se pencher en avant », Padahastasana. Il y a aussi le problème de la compression du thorax, l'expansion mécaniquement limitée des poumons par cette compression du thorax engendrant une moindre oxygénation du sang et du cerveau. Dans les cas graves, cela peut entraîner la mort ou la perte de conscience ou encore des lésions cérébrales anoxiques, du fait de la compression du cou ou de la poitrine. Nous indiquons juste ceci pour illustrer le fait que cette mauvaise posture peut nous affecter en silence et provoquer avec le temps des troubles physiques...


mais pas seulement physiques. On comprime aussi les transmissions énergétiques qui affaiblissent davantage les organes, les intestins et les fonctions du corps. En outre, les énergies vont librement monter à travers la colonne vertébrale vers le cerveau, dans une posture affalée ou arrondie, mais elles ne seront pas libérées. Cela conduira à une perte d’attention ou de concentration car trop d'énergie monte dans les trois voies principales (Ida, Pingala et Sushuma), sans pouvoir être libérée et équilibrée pour redescendre vers le bas à travers les voies frontales.

Posture du chien tête en bas – Chatuspadasana Quand vous avez fini la posture Padahastasana, « Se pencher en avant », faites avancer vos mains loin des pieds et jusqu’à une position légèrement plus large que la position des épaules. Lorsque que vous avancez vos mains vers l'avant, laissez les talons des pieds se soulever du sol afin de permettre à l’énergie de monter, mais aussi pour permettre une plus grande distance entre les pieds et les mains. Cette distance doit permettre à vos hanches de former un angle vers le haut de manière à ce que le corps forme un triangle avec le sol. Une fois en place, laissez à nouveau les talons reposer à plat sur le sol (si vous le pouvez). Les paumes sont placées à plat sur le sol pour permettre à l'énergie de passer à travers la base des mains par opposition aux pieds. Cela permet de concentrer l’énergie sur le haut du corps, les bras et le cerveau. Une fois que cette base est située et stabilisé, tirez la tête au-delà des bras le plus confortablement possible pour étirer la poitrine (muscles pectoraux). Cette posture renforce le milieu du dos et la région des épaules (muscles du dos, trapèze et rhomboïdes, ainsi que le groupe de muscles de la coiffe des rotateurs). Cette posture va aider à corriger la mauvaise posture arrondie des épaules et les compressions des organes internes, du diaphragme et des intestins grâce à l'étirement de la poitrine et le renforcement du dos, mais aussi parce qu’elle libère le torse de l'attraction gravitationnelle et de la compression. Quand on relâche la pression, les intestins s’ouvrent d'abord car les organes se détachent et les étirent, ce qui est bénéfique pour la régularité et une bonne élimination. Effectué quotidiennement ou presque, le positionnement intérieur et extérieur de cette posture fera également l’effet d’une action de pompage. Comme la pression sur les intestins se libère, on libère également la pression sur le diaphragme, ce qui permet de décompresser et offre au muscle une plus grande amplitude de mouvement ; la respiration se faisant ainsi plus profonde dans le bas des poumons. Vous découvrirez également que cette posture inhibe la quantité d'air que vous pouvez respirer par la bouche tout en augmentant la quantité d'air que vous pouvez respirer par le nez (méthode appropriée). Un autre avantage est la plus libre circulation du sang vers le cerveau maintenant que la gravité va en sa faveur et non contre elle. Combiné avec la plus grande capacité de respiration et la décompression de tous les organes et des intestins, le débit de sang oxygéné vers le cerveau

ainsi que dans tout le corps est fortement augmenté car la pression a diminué. En utilisant les mouvements plus lents et les postures de yoga, la respiration ne sera pas élevée comme dans des exercices plus rigoureux, tels que la course ou la marche rapide. Cela permettra une respiration diaphragmatique lente, détendue et profonde qui va augmenter l'oxygénation et la santé globale de l'individu grâce à une légère augmentation de la circulation et augmentation de l'oxygène vers votre cerveau. Des exercices plus rigoureux peuvent être bons pour vous aussi, mais ils poussent également vos muscles à absorber une grande partie de l'oxygène disponible dans votre système et cela entrave l’accroissement du transport d’oxygène vers votre cerveau.

Respiration et intention Partant de la posture Padahastasana, « se pencher en avant », expirez par le nez permettant au corps de se détendre. Inspirez lentement et profondément par le nez à mesure que les mains se séparent des pieds jusqu’à une position légèrement plus large que la largeur des épaules, pour détendre les organes et élargir la poitrine afin d’augmenter la capacité respiratoire. Lorsque vous tirez votre tête audelà des bras, expirez lentement et doucement tout en concentrant votre attention sur l’augmentation du flux sanguin dans la tête. À chaque respiration dans cette posture, remettrez votre tête entre les bras et sentez les énergies qui descendent frontalement dans le torse, passent à travers le périnée puis à travers les talons. En expirant lentement, tirez votre tête et sentez l'énergie passer de la plante du pied, monter par l’intérieur des cuisses, puis à travers le périnée et la colonne vertébrale jusqu’à la tête et aux paumes. Ne maintenez pas la posture trop longtemps au début car votre corps n'est pas habitué à l'augmentation du flux sanguin. Avec le temps, vous pourrez le faire. Prochain numéro : « Posture de la Fente » Janurasana

Instructrice de yoga : Carolina Lino - Ponta Delgada, Açores Photos : Tiago Pacheco Maia - Ponta Delgada, Açores




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 RANGE COMBAT

DVD 1 : “Bot” Jom Doh : les bases La forme « Bot » Jom Doh complète, les 108 mouvements, des informations historiques sur les sabres du Wing Chun, les techniques de blocages et de frappes détaillées, les déplacements du « Bot » Jom Doh, les détails sur l’orientation des déplacements de la forme, les éducatifs en solo du Bot « Jom » Doh. DVD 2 : “Bot” Jom Doh, Applications, Educatifs, Concepts et Principes

Une vaste collection de livres sur le Wing Chun en 6 volumes par Sifu Randy Williams. La série contient l’histoire du Wing Chun, la théorie et la description en détail de toutes les formes du Wing Chun, le tome 6 est axé sur l’instruction du système et fournit des informations supplémentaires de A à Z à propos de la théorie du combat en Wing Chun ! Ce grand ouvrage, écrit à l'origine en 1988 et récemment révisé et mise à jour est un must pour la bibliothèque de tout étudiant sérieux de cet art. Vous pouvez commander la série des 6 livres, ou chaque volume individuellement. Les nouveaux DVD peuvent également être commandés individuellement ou tous ensembles directement auprès de notre site:www.shop.crca.de Un Volume 1seul DVD (armes) Biu Jitsu DVD Série des 5 DVD

Cinq nouveaux DVD de Wing Chun

€ 49,90 € 39,90 € 25,90 € 149,90

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Applications des mouvements de la forme « Bot » Jom Doh, couteau contre couteau, couteau contre bâton, éducatifs, concepts et principes, éducatifs au couteau spécialement créés pour le mannequin de bois, blocages et frappes détaillés, les techniques de couteau comparées à leurs homologues à mains nues, les principes de coupe 1 DVD: CRCA Wing Chun “Biu Jitsu” combat au sol Contient : le concept de « l'ingénierie inverse », les étouffements : les « Guillotines » debout, arrières et frontales, le tête-et-bras, l’étouffement « side-mount Shoulder », et beaucoup d’autres éducatifs et techniques. Série de 2 DVD : “Look Deem Boon” Gwun Volume 1 ( 55 min. ) Contient : les détails de la perche, les éducatifs à la perche, les déplacements, la présentation de la forme, la forme « Look Deem Boon » Gwun, les frappes 6 ½ de la perche, les applications perche contre perche.

“Look Deem Boon” Gwun Volume 2 (60 min.) Educatifs au sac loud, éducatifs au mannequin, éducatifs à deux, présentation de la forme, perche contre couteau