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BOIS-ENERGIE AGRO COMBUSTIBLES BIOGAZ BIO CARBURANTS

Cogénération biomasse, la France fait-elle comme il faut ?

Numéro 11

Mai 2010

15 €

La cogénération biomasse a du mal à trouver ses marques en France

Les granulés de feuillus ont la vie dure

Les stockages industriels de granulés

TTCR dans les Vosges

Carte 2010 des producteurs de granulés

Le plan biogaz agricole Bretagne et Pays de Loire

Jatropha, la fin d'un mythe ?

Cogénération de Felletin, une pionnière bien mal récompensée

Le miroir aux alouettes de la grande cogénération biomasse Depuis 2004, les acteurs français du bois et de l’énergie sont maintenus en haleine par la politique des grands appels d’offre pour la production d’électricité par la biomasse. Six ans après, le bilan est décevant car sur les dizaines de projets retenus fort peu en fait ont été réalisés. Il est donc naturel aujourd’hui de trouver bien dommage que tant d’énergie et de temps aient été dépensés pour si peu de résultat. La question pour la France est bien sûr d’atteindre ses objectifs fixés pour 2020. La période qui nous sépare de cette date est très courte et il est important de choisir les voies les plus efficaces pour y parvenir. Tout le monde sait qu’à partir de la biomasse il est toujours aisé de produire de la chaleur et seulement parfois possible de produire d’électricité en même temps. La production de chaleur par la biomasse dispose de solutions éprouvées et aux rendements très performants et doit être promue de manière prioritaire si l’on veut obtenir un résultat sensible, et particulièrement en petites et moyennes puissances, ce qui n’est pas aujourd’hui le cas dans le cadre du plan chaleur renouvelable. Sur la question de la cogénération, les constatations sont exactement du même ordre et les résultats de Allemagne, seul pays au monde où la cogénération biomasse ait réellement percé, sont là pour en témoigner : les 2/3 du potentiel se situent dans la gamme de puissance électrique inférieure à 5 MWé, le créneau précisément exclus par la politique française ! Soyons donc moins attachés aux remèdes monolithiques et apparemment faciles, élargissons les cadres d’intervention à tous les secteurs propices et soyons surtout plus attentifs aux rendements globaux écologiques et économiques. Frédéric Douard


Marché BIOENERGIE INTERNATIONAL Numéro 11 Mai 2010 Editeur : BIOENERGIE PROMOTION SARL 6 chemin des Gravières 39140 DESNES) Tél : +33 (0)368 33 51 48 FAX : +33 (0)972 13 08 37 info@bioenergieinternational.com www.bioenergieinternational.com

Directeur de publication : Francois Bornschein,

Rédacteur en chef : Frédéric Douard Publicité : Julien BESSON, jbesson@bioenergiepromotion.fr Tél.direct:+33443570909 GSM : +33 622 41 39 96 96

Abonnement : Jessica : Tél : +33 (0)368 33 51 48

Imprimé sur du papier 50 % recyclé ISSN : 1958-5403 Prix unitaire : 15 €

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Sommaire 4.

TTCR dans les Vosges

8.

Granuler du sarment de vigne

10. Les stockages industriels de granulés

BIOENERGIE INTERNATIONAL est éditée en partenariat avec

www.itebe.org

14. Torréfier la biomasse pour augmenter ses performances

16. Les granulés de feuillus ont la vie dure

Lamine Badji

21. La carte 2010 des producteurs de granulés www.valbiom.be

24. Cogénération de Felletin, une pionnière bien mal récompensée

26. Cogénération biomasse,

Nora Piéret

la France fait-elle comme il faut ? www.bioenergyinternational.com

28. Cogénération biomasse et co-combustion

30. La biomasse-énergie en Afrique Lennart Ljungblom

33. Le plan biogaz agricole Bretagne et Pays de Loire

36. Jatropha, la fin d’un mythe ?

Crédits photos : Compagnie de chauffage de Grenoble, Staffan Melin, Chambre d'agriculture des Vosges, Daniel Ribeiro, RhônalpénergieEnvironnement, Frédéric Douard Soccram et Thermya La rédaction du magazine Bioénergie International ne saurait être tenue pour responsable des opinions émises dans les articles qui restent de la responsabilité de leurs auteurs.

37. Observatoire des prix Bioénergie International n°11 - 2/2010 - www.bioenergieinternational.com

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Marché Nouvelle chaufferie Biomasse à Chalon sur Saône

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e réseau de chaleur de la Ville de C h a l o n - s u r- S a ô n e s’équipe d’une nouvelle chaufferie bois. La Ville cherche ainsi à améliorer les bilans environnementaux et les tarifs de vente de chaleur aux abonnés tout en fiabilisant le réseau. Cette future chaufferie bois va alimenter les bâtiments du quartier Sud SaintCosme et notamment le Nouvel Hôpital de Chalon. Il s’agit d’un bâtiment indépendant qui comprend une chaudière bois de 1,5 MW recouvrant les besoins de 375 logements ainsi que deux chaudières mixtes fioul et gaz de secours pour l’hôpital. La diversité des sources d’énergies utilisées permet de renforcer la sécurité d’approvisionnement. Cette nouvelle chaufferie va permettre d’économiser annuellement l’équivalent de 1,5 million de litres de fioul. En accord avec la réglementation en vigueur, les poussières des fumées sont recueillies grâce à un système de filtrage. L’opération recouvre l’extension du réseau de chaleur sur les zones ZAC Sud Saint-Cosme, ZAC Thalie-Prés-Devant et le nouvel hôpital ainsi que la création de la chaufferie bois pour un coût total de 6,3 millions €. Ville de chalon (03/2010) www.chalon.fr

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Expérience TTCR dans les Vosges :

un double intérêt pour la production de biomasse et le traitement de l’eau Depuis 1996, la Chambre d’Agriculture des Vosges mène une réflexion de développement de la filière bois-énergie dans le département. Des voyages d’études ont été organisés notamment en Autriche et en Suède. En 2001, la mise en place de la chaufferie de la Colombière d’une puissance de 2 MW pour un réseau de chaleur de 2 km a été réalisée en collaboration avec la ville d’Epinal. Cette chaufferie satisfait, entre autre, les besoins en chauffage des bâtiments de la Chambre d’Agriculture et des serres municipales. Une cinquantaine de projets de chaufferies collectives ont vu le jour dans le département.

Contexte favorable aux TTCR Avec un marché de l’énergie qui est en constante évolution, il paraît aujourd’hui indispensable de trouver de nouvelles ressources autres que les énergies fossiles. A ce titre, les cultures agricoles énergétiques telles que les T.T.C.R. (cultures de Taillis à Très Courtes Rotations) représentent une alternative intéressante et prometteuse. La demande de biomasse ne cesse d’augmenter tant au niveau national qu’au niveau départemental. La production de matière première deviendra donc une problématique majeure dans un futur proche. Les cultures dédiées à la production de biomasse seront alors un complément indispensable à la ressource forestière. La technique de culture de saules en T.T.C.R. est aujourd’hui bien maîtrisée. La Suède, l’Allemagne ou encore l’Angleterre ont développé cette culture et ont établi avec précision un processus cultural optimisé. En France, la Bretagne a vu 100 ha de saules implantés entre 1998 et 2005 grâce au programme européen WILWATER réalisé par l’Association d’Initiative Locale pour l’Energie et l’Environnement (AILE). A la suite de demandes grandis-

santes de la part des agriculteurs de notre territoire, des industriels soucieux d’obtenir un approvisionnement sécurisé et des collectivités territoriales vosgiennes, la Chambre d’Agriculture des Vosges s’est lancée dans l’expérimentation grandeur réelle. Les Vosges sont aujourd’hui le département pilote dans l’étude des TTCR dans le grand est.

Objectifs des expérimentations Les T.T.C.R. de saules permettent la valorisation de terres agricoles à faible potentiel agronomique. Selon une étude réalisée par la Chambre d’Agriculture des Vosges, la surface agricole possédant ces caractéristiques représente 4000 ha dans le département. Les exploitants intéressés par les TTCR voient en cette culture la potentialité de valoriser des parcelles problématiques sur leur exploitation. C’est dans le cadre du pôle d’excellence rural intitulé «Plate-forme d’expérimentation et valorisation des co-produits forestiers » initié par M. ROUSSEL, maire de Claudon et président du Pays d’Epinal, que la Chambre d’Agriculture des Vosges a proposé la mise en place de parcelles expérimentales de T.T.C.R. de

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Le taillis de saule à croissance rapide, photo CA Vosges

Plantation de 1 mois à Padoux

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Marché Du biocarburant à partir de tabac

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ux Etats-Unis, des chercheurs de l'université Thomas Jefferson de Philadelphie, pensent modifier génétiquement le tabac pour augmenter la teneur en huile de ses feuilles. Selon les chercheurs, cette manipulation pourrait permettre de tirer jusqu'à 20 fois plus d'huile. Le contexte est favorable au niveau de la disponibilité des terres car la production de tabac a baissé de 39% aux Etats-Unis ces dix dernières années. Cette chute s’explique par la baisse de la demande de cigarettes, affectée par les hausses de taxes, les préoccupations pour la santé et la généralisation des interdictions de fumer. Un programme public incite les planteurs à abandonner le tabac pour d'autres cultures. Face à la demande en biocarburants, certains planteurs de tabac pourraient donc être intéressés par la production de biocarburant. Dans la pratique, les chercheurs assurent qu’il n'y a aucun risque de tabagisme passif pour les automobilistes notamment lors des embouteillages derrière des voitures «roulant au tabac»: la plante ne serait en effet pas brûlée, mais simplement utilisée pour en extraire l'huile et le sucre. Plant Biotechnology Journal

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COSTRUCTION MECANIQUE s.r.l. Via Enrico da Fiume, 32 33080 Fiume Veneto (PN) Tel. +33 0434/959179 Fax. +33 0434/957526 ditec@costruzionimeccaniche.it Bioénergie International n°11 - 2/2010 - www.bioenergieinternational.com


Expérience saules dans le Pays d’Epinal. Vingt hectares ont été implantés en avril 2008 sur six parcelles différentes sur des secteurs allant de Monthureuxsur-Saône à Rambervillers. Cette diversité de terrains permet actuellement d’obtenir une « banque de données » sur l’adaptation et les capacités de production des Saules face aux différentes stations vosgiennes (climat, pédologie…).Dans le cadre du PER, cette expérimentation est financée par l’Etat, la Région, le Département et la Chambre d’Agriculture des Vosges. Particularités de la culture de saules L’eau et le climat sont deux paramètres essentiels au bon développement de la culture. Le saule est une essence mésohygrophile à hygrophile c’est-à-dire qui apprécie les stations humides et bien alimentées en eau. Pour les Vosges, il a donc fallu étudier les conditions climatiques à la fois de la zone de plaine, plus tempérée et à la fois de la zone de montagne. Des pluviomètres de précision ont été placés sur chaque site d’expérimentation afin de comparer les différentes pluviométries. Côté expérimentation des apports d’effluents sur la production vont être testés. Plusieurs parcelles vont faire l’objet d’apport de boues de station d’épuration. Cette partie de l’expérimentation vise à déterminer l’effet de cet apport en élément nutritif sur la croissance des saules. Ici encore, un suivi rigoureux de l’évolution des paramètres du sol sera effectué. Chaque opération de préparation de sol, de plantation, d’entretien ou encore de récolte est chiffrée afin d’obtenir avec précision la rentabilité économique de la culture. Chaque exploitant répertorie les opérations effectuées sur la parcelle et en détaille le coût en matériel, carburant et main d’œuvre. La production varie de 6 à 12 tonnes de matière sèche par hectare et par an en fonction de la capacité des sols, de la reprise de la plantation, des intempéries (sécheresse.)… Les rendements en Suède (pays précurseur de la culture) se situent dans la fourchette basse de cette estimation avec une moyenne de 6-8 t MS/ha/an. Notre climat tempéré aux périodes de végétations plus longues et nos sols plus riches doivent positionner les rendements vosgiens aux alentours de 10 t MS/ha/an sur une station adaptée.

Les bonnes pratiques pour mettre en place une culture de TTCR de saule Une bonne reprise des boutures passe par l’exécution parfaite des quatre phases présentées ci-dessous. Implantée pour une durée de 15 à 20 ans, cette culture ne nécessite qu’une à deux années d’attention rigoureuse mais indispensable. Les 4 premières phases déterminantes sont : Phase n°1 : Le choix de la parcelle La parcelle doit posséder une réserve en eau importante. Un sol hydromorphe, c’est-à-dire gorgé d’eau de façon permanente ou temporaire, n’est pas un problème, cette culture permet donc de valoriser des terres agricoles médiocres. Le sol doit néanmoins être porteur pour la mécanisation. Le saule ne craint pas les inondations ponctuelles. Phase n°2 : La préparation du sol en 3 principales étapes Etape n°1 : Le désherbage. Afin d’obtenir un sol propre à la plantation, il est nécessaire d’éliminer la concurrence herbacée. Un premier désherbage chimique doit donc être effectué. Cette opération n’intervient qu’une seule fois sur les 20 années de la culture ! Etape n°2 : Le labour. L’implantation doit se faire sur un sol travaillé et propre. Un labour de 20 cm de profondeur est nécessaire. Etape n°3 : Le hersage. Le hersage à la rotative (outil utilisé pour aérer le sol) permet d’obtenir un sol finement structuré et apte à recevoir les boutures. Phase n°3 : La plantation La plantation s’effectue à l’aide d’une planteuse spécifique. Les fagots d’1.5 à 2 mètres sont sectionnés en tronçons de 20 cm plantés à 15 cm de profondeur. Le coût de plantation est de l’ordre de 2000€/ha et le rendement est d’un hectare à l’heure. Phase 4 : le désherbage Le désherbage post-plantation est indispensable. Il peut être chimique par anti-germinatif ou mécanique par binage. Il est indispensable d’éliminer la concurrence herbacée lors des premiers mois suivant l’implantation. A l’issu de la première saison de végétation, il est envisageable d’effectuer un recépage. Il s’agit de couper les tiges à 4 cm de hauteur. Le but de l’opération est de redynami-

Saule, photo CA Vosges

ser la culture et de densifier le nombre de rejets par souches. Pour la récolte, deux systèmes de récolte sont les plus fréquemment utilisés : La récolte à l’ensileuse : Ce type de récolte permet d’obtenir immédiatement le produit fini. Les saules sont récoltés à l’aide d’une « ensileuse » munie d’une tête de coupe renforcée. La récolte s’effectue tous les 3 ans avant que les brins n’atteignent 7 cm de diamètre. Les 20 hectares vosgiens devraient donc être récoltés à l’hiver 2010 - 2011 au plus tard. La hauteur du taillis à cet âge est de 6 à 7 mètres. La récolte en tige entière : Ce système récolte les tiges sans les broyer. Il nécessite donc une opération de broyage supplémentaire. Le produit obtenu est une plaquette de granulométrie comprise entre 40 et 60 mm à 50 % d’humidité. Le pourcentage d’humidité est déterminant selon la destination du produit. Les chaufferies de taille importante (+ de 1 MW) peuvent accepter une plaquette à 50% d’humidité. Un séchage naturel en tas est obligatoire afin de baisser le taux d’humidité à 25-30 % pour approvisionner une chaufferie de puissance moins importante. Plus le bois est sec, meilleur est son pouvoir calorifique. Il est alors mieux valorisé.

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Parcelle à Padoux, photo CA Vosges

Lucile RANOUIL Chambre d'Agriculture des Vosges Chiffres clés : 25 hectares de TTCR de saule aujourd’hui dans les Vosges. 10 hectares en projet en 2010. 45 hectares de TTCR de saule à l’horizon 2010 en Lorraine.

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Solution BE Etats-Unis 199 (12/03/2010) Peaux d'orange pour la production de carburants propres

Granuler du sarment de vigne Quelle utopie que de vouloir transformer en croquettes un produit que l’on a tôt fait de passer aux brûlots lors de la taille de printemps, telle est la réaction de certains vignerons à cette idée. D’autres plus avisés ont organisé la valorisation des sarments en les récoltant pour en faire un combustible ou plus simplement en les broyant

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'équipe du professeur Henry Daniell de l'University of Central Florida a développé une approche innovante pour la production de biocarburant. Celle-ci utilise des déchets de la vie courante comme les peaux d'orange pour la production d'éthanol. De nombreux produits pourraient ainsi être recyclés sans que cela n'ait de conséquences directes sur les réserves de nourriture mondiale ou n'augmente le prix des denrées alimentaires. D'après le professeur Daniell, en prenant pour exemple la Floride, les peaux d'orange usagées permettraient de produire près de 200 millions de gallons d'éthanol chaque année. Ce procédé utilise des cocktails enzymatiques pour décomposer les peaux d'orange et autres déchets en sucres qui seront ensuite fermentés pour la production d'éthanol. Grâce à l'introduction d'un transgène dans l'ADN chloroplastique, les chercheurs sont parvenus à produire une combinaison de plusieurs enzymes capables de dégrader les parois cellulaires végétales. Selon la composition du déchet suite page 9

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sur place pour un retour à la terre. Cette dernière option est toutefois parfois contestée et accusée de transmettre les maladies aux pieds sains. Concernant la récolte comme combustible, certains préfèreront la mise en bottes pour un usage en chaudière manuelle ou pour une granulation ultérieure tandis que d’autres préfèreront le sarment déchiqueté pour une utilisation en chaudière à plaquettes. On voit également se profiler des expériences de briquetage…bref cela bouge du côté du sarment !

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es analyses et expérimentations effectuées sur ses produits le montrent, le sarment est un combustible fort calorifique et il est de plus facilement récoltable, bottelable, briquetable, granulable ou encore utilisable de manière assez simple en broyat. De toutes ces formules laquelle choisir ?

Les conditionnements en bottes, en briquettes ou broyats sont des options qui présentent chacune leur application, à savoir une utilisation en appareils manuels à hydroaccumulation pour les bottes, à bûches classiques pour les briquettes et en chaudières automatiques à plaquettes pour les broyats.

La solution de la granulation, si elle peut apparaître plus complexe au premier abord, apporte néanmoins de sérieux avantages : - Une amélioration sensible du pouvoir calorifique, -Une combustion plus régulière et plus complète avec par conséquent un taux

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Solution de cendres résiduelles plus faible et donc un risque de mâchefers réduit, - Une granulométrie qui supprime tous risques de blocages ou de bourrages des vis d’alimentation des chaudières, - Une granulométrie qui supprime tous les problèmes de voûtes dans les silos d’alimentation dus dans le cas des broyats à la texture filandreuse du produit. - Une granulométrie qui supprime les risques de remontées de feu dans les circuits d’alimentation, favorisés dans le cas des broyats par un produit peu dense et riche en fines particules, - Une combustion plus propre notamment en supprimant la majeure partie des émissions de micro poussière du fait de leur relative absence du combustible, - Un stockage facilité par une masse volumique forte du produit : 650 kg/m3 ce qui est 3 à 25 fois moins volumineux que les stockages de sarments en broyats ou bottes. La production à partir de petites presses telle que la Brembana demande des puissances électriques raisonnables, de l’ordre de 50 kW pour une production de 250 kg/h avec une consommation moyenne de 0.5 à 0.7 kWhé par kg de granulés.

Valpellet France granule le sarment depuis bientôt trois ans et les analyses réalisées montrent qu’après un séchage naturel et une granulation, le pouvoir calorifique se situe autour de 4,5 kWh/kg à 12% d’humidité, ce qui porte à 7,5 le pourcentage d’énergie électrique à injecter pour la granulation par rapport à l’énergie contenue dans le granulé. Côté chimie, les derniers résultats d’analyses de granulés de sarments sont aussi très satisfaisants malgré les craintes que l’on aurait pu avoir du fait de la culture : - le taux d’azote est à 0,63%, c'est-àdire bien en deçà de la limite fixée pour les granulés certifiés NF AGRO Qualité haute performance, - le taux de soufre est à 0,057%, c'està-dire plus bas que la limite fixée pour les granulés de bois certifiés NF qualité standard, - le taux de chlore est à 0,021%, c'està-dire à un niveau qui permettrait à ces granulés d’entrer dans toutes les catégories de granulés certifiés NF, même la plus sévère ! La production annuelle et moyenne de sarments taillés à l’hectare permet de produire 2,5 tonnes de granulés par ha

et par an pour 10 000 pieds/ha, ce qui veut dire que 2 à 3 ha de sarments suffisent à chauffer une habitation de bonne taille. Sur une base de plantations à 4'000/5’000 pieds/ha, le potentiel de granulés par ha va de 1,2t à 1,5t, ce qui ramène le besoin d’une habitation à la récolte des sarments sur 4 à 6 ha. Ce qu’il faut ajouter, c’est qu’outre les avantages directs pour les exploitations, à savoir d’éviter le travail de brûlage et de se fournir en combustible, une commercialisation du produit excédentaire est possible et améliore l’amortissement des équipements. Parmi les contraintes, notons quand même : - une récolte des sarments et un conditionnement plus stricts, afin d’éviter le ramassage de terre et de cailloux, - la nécessité d’un séchage naturel nécessitant des espaces de stockage abrités et ventilés sur une période de 4 mois suivant les régions, - un broyage fin du produit avant granulation, - l’investissement de transformation qui peut être compensé par la commercialisation. Claude Gros, Valpellet

utilisé, une combinaison spécifique ou "cocktail" d'une dizaine d'enzymes est nécessaire pour transformer la biomasse en vue de la production d'éthanol. Pour produire ces enzymes, l'équipe du professeur Daniell a cloné des gènes spécifiques de ces microorganismes et les a fait exprimer dans des plants de tabac. La production dans ces plantes génétiquement modifiées, dont l'ADN étranger n'a pas été inséré dans l'ADN nucléaire mais dans celui des chloroplastes, présenterait l'avantage de réduire les coûts de production des enzymes recombinantes de plus de 1000 fois par rapport à des productions industrielles par fermentation, ce qui, au final, selon Henry Daniell, réduirait ainsi grandement les coûts de production d'éthanol. Il s'agit là de la première publication abordant l'utilisation de cocktails enzymatiques en vue de la production de biocarburant à partir de biomasse ligno-cellulosique. Bien que ces résultats soient encourageants, avant que ce procédé, opérationnel en laboratoire, puisse être transposé à l'échelle industrielle, les recherches doivent encore être poursuivies. . www.ucf.edu ADIT http://www.bulletinselectroniques.com/ac tualites/62584.htm

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Sécurité BE République Tchèque 14 (2/03/2010)

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e géant énergétique tchèque CEZ envisage de tripler, d'ici 2020, sa production d'énergie à partir de ressources renouvelables. L'objectif est de dépasser le cap des 5 TWh. Dans ce contexte, la part réservée à l'utilisation de la biomasse est de près de 15%. En 2009, CEZ a atteint une production de près de 0.33 TWh d'électricité à partir de biomasse dans des procédés de cocombustion. CEZ utilise de la biomasse principalement dans quatre installations thermiques : Hodonin, Porici, Tisova et Dvur kralove, les 3 premières étant des centrales électrique et la dernière une chaufferie. En 2009, 363.000 t de biomasse, en majorité du bois, ont été brûlées dans ces installations. Récemmentrénovée,la centrale de Hodonin (30 MW) fonctionne depuis le débutdel'année2010exclusivement à partir de biomasse. Sa consommation journalièreestd'environ1.200 tonnes.LessitesdeTisovaet Porici devraient à leur tour subirdestransformationsafin d'y permettre une utilisation accrue de biomasse. CEZ espèreatteindreuneproductionénergétiqueannuelleliée à la biomasse de 0,7 TWh d'iciquelquesannées,dont 1/3enprovenance du site de Honodin. ADIT - http://www.bulletinselectroniques.com/actualites/62440.htm

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La sécurité dans les stockages industriels de granulés Alors que le granulé de bois est devenu un combustible incontournable sur le marché international de l’énergie, il est devenu nécessaire de se concentrer sur les conditions de santé et de sécurité liées au transport et au stockage pour éviter les accidents.

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a production mondiale de granulés a atteint 10 millions de tonnes en 2009 et il est estimé qu’elle pourrait dépasser 50 à 60 millions de tonnes par an en 2020. En 2009 on dénombrait environ 750 usines de granulation du bois. Certains spécialistes annoncent qu’il pourrait il y en avoir plus de 3000 d’ici 2020 avec un rythme de construction de l’ordre de 200 chaque année. D’autres spécialistes prévoient un développement encore plus vertigineux avec des productions de 130 voire 140 millions de tonnes en 2020 si les grandes centrales thermiques au charbon situées en Europe et en Amérique du Nord se convertissent à grande échelle au granulé. De plus en plus, le granulé remplace le charbon dans les centrales thermiques et les grandes chaufferies pour produire électricité et chaleur. En 1997 les premiers chargements par bateaux pour l’export du Canada vers l’Europe faisaient environ 10000 tonnes en 1997. Aujourd’hui certains bateaux transatlantiques permettent de transporter jusqu’à 35 000 tonnes. Ces

questions ne concernent pas les logistiques de petite échelle mais sont devenues une véritable préoccupation pour les vendeurs comme pour les acheteurs industriels. Les dangers sont au nombre de quatre : la montée naturelle en température, le dégazage, les explosions de poussières, et enfin la difficulté de refroidir les silos ou d’éteindre les débuts d’incendie.

La montée naturelle en température Régulièrement la montée en température à l’intérieur d’une masse importante de granulés créée des feux spontanés et des explosions. En réalité on dénombre des feux et des explosions chaque semaine dans l’industrie du granulé de bois dans le monde. C’est la combinaison de trois phénomènes qui est suspectée être la cause de cette montée en température : - la décomposition microbienne du bois,

- l’oxydation chimique de certains composants du bois, - des phénomènes dynamiques hydrothermiques (migration répétitive de l’humidité dans la matière avec des phases d’évaporation et condensation à l’échelle microscopique). L’état actuel des connaissances ne permet pas de déterminer quel est le paramètre qui est le plus important et de quelle façon les essences de bois influencent sur ceux-ci. Les recherches n’ont pas encore permis de définir le point critique de montée de température des granulés en vrac à partir duquel il faut vider le silo suspect en urgence. En fait aucun silo n’a été conçu pour être vidé en urgence ou pour mettre en œuvre une circulation de la matière afin de contrôler la température. De premières estimations fixeraient à 80°C la température à partir de laquelle il faudrait réagir. Or les températures dans les grands silos atteignent souvent plus de 65°C. La marge de manœuvre est

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Sécurité donc très faible. Par conséquent il est capital de mettre rapidement en place une solution opérationnelle pour éviter d’atteindre la température critique propre à chaque qualité de granulé.

Le dégazage Le phénomène du dégazage des granulés est connu depuis le 9 mai 2002 quand le navire MV Weaver Arrow, qui avait pris sa cargaison de pellets à Vancouver, était en cours de déchargement à Rotterdam. Quand le personnel est entré dans la zone de stockage, un homme est mort et deux autres ont été sévèrement intoxiqués par le monoxyde de carbone. La société de recherche Delta (DRC) au Canada a immédiatement proposé des recommandations et des instructions (Feuille d’information pour les bateaux cargos – SCIS) en accord avec les règlements de l’Organisation Internationale Maritime (IMO) pour informer les personnels de bord et les travailleurs des docks portuaires au sujet des granulés et des risques potentiels associés. L’accident a été officiellement annoncé en juin 2002 par une délégation canadienne lors de la conférence Mondiale sur les granulés à Stockholm. Le mois suivant, une première version de classification des granulés comme matériau dangereux en vrac (MHB) a été soumise par la DRC au département fédéral canadien des transports et à l’IMO afin d’introduire les granulés comme matière première dans le règlement du Code du Vrac (BC) de l’IMO. Une correspondance a également été envoyée à l’Inspection Suédoise de la Sécurité Maritime en août 2002 pour obtenir un soutien dans la création de ce nouveau code pour les granulés. L’IMO a approuvé cette introduction dans le Code du Vrac en 2004 et celle-ci a été intégré dans la mise à jour de l’année 2005. A partir de cette date, toutes les cargaisons maritimes de granulés en partance du Canada ont été documentées en fonction du nouveau Code du Vrac et du SCIS. Progressivement les études menées par la DRC ont montré que les phénomènes de dégazage combinés à l’absorption d’oxygène ne sont pas propres aux granulés. En fait les instructions générales dans le règle-

ment de l’IMO montrent du doigt tous les produits à base de bois comme étant absorbeurs d’oxygène et générateurs de monoxyde et dioxyde de carbone. Par la suite on a rapporté d’autres pertes humaines ayant eu lieu sur des bateaux transportant des grumes de bois vert, du bois déchiqueté ou encore du bois destiné à la pâte à papier. Transport Canada a édité un bulletin de sécurité à destination des navires en décembre 2005. D’autres organisations, comme le UK P&I Club, ont prévenu l’industrie des transports maritimes des risques liés au dégazage des granulés. Suite à une collaboration étroite entre la Suède et le Canada, le code BC a été mis à jour pour souligner l’importance des mesures à la fois des taux d’oxygène et de monoxyde de carbone sécurisant ainsi l’entrée dans les soutes et silos. Le nouveau code est entré en vigueur en janvier 2009. Une des conséquences directes de la découverte des risques liés aux granulés en vrac, a été la mutation de l’Association Provinciale des Producteurs de Combustibles Granulés de Colombie Britannique (BCPFMA) en l’Association Nationale Canadienne des Granulés de Bois (WPAC) avec l’objectif principal de conduire des travaux de recherche et développement sur la sécurité. Il s’agit notamment pour l’association de créer une base de données pour la sécurité des matériaux (MSDS) et de mieux informer les partenaires industriels de la chaine d’approvisionnement des dangers du phénomène de dégazage. Un accord a été passé entre le WPAC et l’Université de Colombie Britannique pour étudier plus en détails les aspects quantitatifs du dégazage à partir de réacteurs de laboratoire simulant les conditions de stockage des granulés. Un nombre important des publications listées dans la bibliographie est issu de ces travaux qui alimentent également la base de données canadienne MSDS. Cette base de données, qui est mise à jour régulièrement, centralise désormais toutes les informations en relation avec les risques liés aux granulés. La dernière version publiée date du 5 mai 2009. Elle a été introduite à travers la SCIS dans tous les échanges commerciaux concernant les transports transat-

lantiques entre le Canada et l’Europe. Le 26 novembre 2006, malgré la clarté des instructions à bord du navire vraquier MV Saga Spray et dans le port de Helsingborg en Suède, l’accident de Rotterdam s’est répété. Une personne est décédée, d’autres ont été intoxiquées dont une très grièvement. Immédiatement après l’accident, la WPAC a décidé de monter un projet de recherche nommé « Emissions des granulés de bois pendant les transports maritimes » (EWDOT). Le but du programme est d’établir un modèle liant le contenu des gaz émis dans le milieu fermé des cales et les paramètres de l’air ambiant, de la température de l’eau, de l’humidité relative et de la pression atmosphérique au cours des voyages entre Vancouver et Helsingborg. Le navire MV Saga Horizon a été équipé avec un système élaboré de capteurs de température, de mesure des gaz à plusieurs niveaux dans les cales. Le docteur Urban Svedberg en Suède a analysé les données de cette campagne de mesures. Les résultats de recherche ont été publiés et annoncés lors de séminaires en Suède et au Canada en octobre 2007. En juin 2008 deux personnes ont perdu la vie en Finlande alors qu’elles travaillaient dans un silo de granulés de bois. Le docteur Svedberg en Suède a continué ses travaux sur le dégazage et les risques lors des trans-

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ports de grume de pâte à papier et de bois déchiqueté entre les ports à l’est de la Baltique jusqu’en Suède après que cinq autres personnes ont trouvé la mort dans les ports suédois au cours d’une période de 24 mois. La cause principale de ces décès semble être plus liée à l’absence d’oxygène et moins à celle de la présence de monoxyde de carbone, ce qui est différent du schéma rencontré avec les granulés de bois bien que cela concerne également le bois. Des accidents ont également été notifiés en Allemagne. Le plus récent concerne un accident mortel au cours des derniers mois. Un autre a eu lieu il y a environ un an mais par chance il ne fut pas mortel. En Autriche, de récents travaux de recherche, menés par le docteur Walter Haslinger et associés, ont également prouvé les risques liés aux stockages importants de granulés. Des travaux très poussés sont conduits par l’Université de Colombie Britannique (UBC) avec la collaboration de l’association WPAC pour mieux comprendre les phénomènes de dégazage. Pour cela le laboratoire utilise un très grand réacteur de 5 mètres de haut et de 1,2 mètre de large avec lequel on établit des modèles cinétiques de l’évolution verticale des gaz dans les matériaux stratifiés à l’intérieur des silos de stockage.

Centre de Recherche des Energies Propres à UBC

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Sécurité e rapport final concernant les projets de production d'électricité à base de biomasse (sans récupération de chaleur) dans les régions rurales chinoises montre que le prix de revient de la production d'électricité à partir de biomasse se situe entre 0,6 et 0,7 yuan (1 € = 9,6 yuan) par kWh actuellement. La plupart de centrales électriques à base de biomasse sont en déficit, à cause d'investissements élevés, de faibles subventions et de manque de technologies-clés. Le professeur Wang Gehua explique que le coût d'investissement des centrales électriques à base de biomasse est plus élevé que pour les autres types d'installations. De plus, les centrales électriques se battent pour les ressources, conduisant à la hausse du prix de la biomasse. Ceci rend la commercialisation des centrales électriques basées sur la biomasse très difficile. Le rapport propose le renforcement des mesures financières en matière de subvention pour les centrales électriques à base de biomasse, l'établissement de mesures pour attirer les capitaux privés ainsi que l'évaluation des technologies utilisées. ADIT http://www.bulletinselectroniques.com/ac tualites/62072.

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Nuage de poussières

L

Mode de test

Couche de poussières

Les centrales électriques à partir de biomasse déficitaires

Paramètres de test (fines< 63 um)

Unité de mesure

Poussières Poussières blanches d’écorces

Poussières de charbon

Température d’auto inflammation (Godbert Greewald)

Tc

°C

450

450

585

Energie minimum díinflammation

MIE

mJoule

17

17

110

Pression maximum d’explosion

Pmax

Bar

8,1

8,4

7,3

Taux de pression d‘explosion maximum

dP / dt max

Bar/sec

537

595

426

Index de déflagration

K St

Bar.m/sec

146

162

124

Concentration minimum d’explosivité

MEC

g/m3

70

70

65

Concentration limite d’oxygène

LOC

%

10,5

10,5

12,5

Température d’inflammationsur surface chaude (5 min)

Ts

°C

300

310

Température d’inflammation sur surface chaude (19 min)

Ts

°C

260

250

Température d’auto inflammation

Tl

°C

225

215

Classe de poussières (>0 à 200 bar.m/sec)

St 1

St 1

Classe de poussières (Sévérité de l’explosion (ES> 0.5)

Class II

Class II

La poussière de granulés La poussière de granulés est hautement explosive en fonction des essences de bois, elle peut même être plus explosive que de la poussière de charbon comme on peut le voir sur le tableau. Elle est responsable des fréquentes explosions et incendies dont souffrent les usines de granulés, les centres de stockage et de distribution, ainsi que les chaufferies et centrales thermiques. La poussière de bois est la cause de 33% des explosions de poussières industrielles et d’incendies aux Etats-Unis, plus que tout autre type de poussière (Cf le diagramme). Et il apparaît que la poussière de granulés est encore plus explosive que la simple poussière de bois. Le potentiel explosif est proportionnel à la forme et la surface des particules, aux caractéristiques electriques, la composition chimique et l’humidité des matériaux, ainsi que l’humidité relative ambiante. Bien qu’il y ait un besoin évident pour l’industrie de caractériser ces paramètres, encore peu de travaux de recherches ont été conduits. Il existe des corrélations entre la quantité de poussières (les fines), la montée naturelle en température, le dégazage, les explosions/incendies et la présence de spores volantes dans l’environnement

St 1

de travail, qui sont connues mais pas encore quantifiées. Une part importante du coût, de la conversion vers la biomasse des grandes centrales thermiques au charbon, est dépensé dans des mesures de sécurité afin de protéger les travailleurs des expositions dangereuses et les investissements de lourdes pertes.

Le refroidissement des points chauds et l’extinction des incendies Le refroidissement des points chauds et l’extinction des incendies dans les silos de granulés de bois d’échelle industrielle apparaissent comme des objectifs très difficiles à atteindre. En effet les points chauds également nommés boules rayonnantes sont généralement très localisés, situés très profondément dans le silo et par conséquent souvent inaccessibles. C’est pourquoi la plupart des silos construits au Canada sont équipés de capteurs de température afin de fournir des signes d’avertissement. On peut ainsi anticiper les points chauds quelques heures avant qu’aucun autre signe n’apparaisse. De telles installations sont conçues pour se décharger rapidement ou mettre en route un circuit de circulation du produit afin de le

refroidir. Cependant dès qu’un processus exothermique s’est mis en route et qu’il devient incontrolable alors une des solutions sinon la seule consiste à couper toute entrée d’oxygène en bas comme en haut. Parallèlement on neutralise le silo en injectant de l’azote grâce à des tubes insérés depuis le fond. Cette technologie, développée par l’Institut Technique de Recherche Suédois (SP), est reconnue pour être une méthode efficace. Des recommandations et instructions sont actuellement en phase d’écriture. Ces textes définissent les règles de conception de la géométrie et de la répartition de ces tubes en fonction des différents types de silos. D’autres études sont en cours pour évaluer quelles sont géographiquement les meilleures préparations pour éteindre les feux de silos à partir de la technique d’inertage. Le nombre de silos de stockage est en train de grandir rapidement et il est important de proposer des solutions. Comme les granulés sont en passe de devenir un combustible incontournable, la dépendance de l’approvisionnement est devenu un sujet de discussion dans certains milieux : on considère même la création de réserves stratégiques. Potentiellement la demande future de granulés pourrait atteindre 130 à 140 millions de tonnes, ce qui équivaut à la production annuelle de pâte à papier. Afin de se préparer à l’expansion rapide de cette production, des efforts sont en cours pour mettre à jour le contrôle de qualité CEN . Cette norme d’assurance qualité européenne et ses tests doivent être aménagés pour devenir rapidement une norme internationale ISO. Une fois mises en place, ces nouvelles normes permettront d’augmenter la sécurité et de préserver la santé des travailleurs sur les lieux de production, de manutention et de conversion énergétique. Pour information, une nouvelle génération de granulés est en phase de développement pour diminuer la tendance à la montée naturelle en température, au dégazage et augmenter la durabilité. En effet plus la durabilité des granulés est élevée, moins ils ont tendance à produire de la poussière (fines) lors de leur manutention. Dans le futur, l’éventail des ressources qui seront granulées va s’élargir. On peut donc s’attendre à trouver des granulés fabriqués à partir d’écorces, de déchets de moissons, de résidus agricoles ou encore de biomasse cultivées et récoltées pour le marché de l’énergie. Ceci va engendrer des

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Sécurité Petrobras investit dans le biodiesel à base d’huile de palme

Staffan Melin

L

Causes de feux et explosions de poussières aux Etats-Unis

recherches avancées dans les technologies de combustion, incluant les problèmes de corrosion et d’émissions des fumées. Au premier abord un granulé de bois semble bénin. Pourtant derrière ce produit apparemment simple se cache un monde de hautes technologies, de

recherches scientifiques très poussées s’attachant aussi bien à l’ingéniérie de la matière de base, jusqu’au perfectionnement des rendements de la conversion thermo-chimique tout en passant par l’amélioration des conditions sanitaires et sécuritaires de la logistique.

Staffan Melin, Directeur de recherche, Association des granulés de bois du Canada www.pellet.org Traduit de l’anglais par Jeremy Hugues dit Ciles Lectures conseillées : Pellet Handbook, publié par l’Agence Internationale de l’Energie (IEA) en 2010 La base de données Material Safety Data Sheet (MSDS) du 9 mai 2009 par l’Association Canadiennes des Granulés de Bois (WPAC) Best Engineering, Operating and Maintenance Practices for Safety and Health in the Pellet Industry qui sera publié par la WPAC à la fin de l’année 2010

e projet prévoit la mise en place d'une usine de biodiesel dans l'état de Pará (région très affectée par la déforestation) avec une capacité de production de 120 millions de litres de biodiesel par an pour fournir le nord du Brésil. Les investissements s’élèvent à près de 180 millions de dollars. Le projet inclut également l'installation de deux complexes industriels d'extraction de l'huile de palme y compris des broyeurs et une unité de cogénération. Deux grands producteurs d’huile de palme basés dans le secteur assureront l’approvisionnement en matières premières. Près de 3 000 emplois pourraient être créés ce qui conforterait les relations entres les familles de fermiers et les grands producteurs d’huile de palme assure le Président de Petrobras Biocombustível, Miguel Rossetto. Pour ce projet, 3.338 familles de fermiers ont été recensées dans les municipalités d'Igarapé-Miri, de Cametá, de Mocajuba et de Baião, et ont eu leurs propriétés géo-référencées. Cette année, 1.1 million de graines de palmier à huile seront acquises pour commencer à produire des plantes dans les pépinières. Les premières plantations sont prévues à partir de décembre 2011, et on s'attend à ce que les récoltes commencent à partir de 2014. CP Petrobas News Agency www.agenciapetrobrasdenoticias.com.br

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Procédé

Torréfier la biomasse pour augmenter ses performances

Pilote de torréfaction d'une capacité de 2 kg / heure (source Thermya)

La demande croissante en énergies renouvelables ouvre les voies au développement de la production de combustibles à partir de diverses matières premières lignocellulosiques. Il peut s’agir de bois et ses dérivés, écorces, paille de chanvre, paille de céréales, paille de maïs, son de blé, balles de riz,….Parmi les différentes filières de valorisation de la biomasse (combustion, gazéification, pyrolyse, bio méthanisation…), il existe la torréfaction. Ce procédé permet de valoriser certains résidus actuellement inutilisés de l’exploitation forestière et agricole. Si le principe de la torréfaction est connu depuis longtemps, son application à la biomasse et sur une échelle industrielle est beaucoup plus récente.

total. Cette présence d’eau génère un certain nombre de contraintes dans la chaîne de valorisation de la biomasse et affecte sa rentabilité, de la récolte jusqu’à l’usage en passant par la transformation, le stockage et le transport. En effet, avec un volume physique important pour une densité très faible, le rendement de la collecte de la plupart des biomasses non transformées reste limité. Le séchage de la biomasse représente aussi un poste non négligeable notamment dans la production de granulés ou briquettes, mais aussi de bois déchiquetés. D’un point de vue énergétique, la biomasse non transformée affiche des performances relativement faibles. Enfin l’utilisation de la biomasse non transformée dans les centres de combustion des centrales thermiques nécessite des aménagements coûteux et un entretien permanent.

Eliminer l’eau de la biomasse pour une meilleure performance

Le principe de la torréfaction appliqué à la biomasse

A l’état brut, la biomasse contient une forte proportion d’eau qui varie selon sa nature. Par exemple, le bois qui sort de la forêt renferme en moyenne une teneur en eau comprise entre 45 et 60% de son poids

La torréfaction permet de réduire considérablement les coûts de transformation et d’exploitation de la biomasse tout en augmentant les rendements énergétiques. Le procédé de torréfaction développé par

Torréfier la biomasse pour augmenter ses performances

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Principe de fonctionnement du procédé de torréfaction TORSPYD (source Thermya)

Thermya « TORSPYD », consiste à chauffer la totalité de la biomasse par un traitement thermique « doux » (<240°C) afin d’éliminer l’eau et de casser les fibres. Le procédé de torréfaction va assécher la biomasse, la rendre hydrophobe de manière irréversible et concentrer son potentiel énergétique. Le traitement thermique du procédé TORSPYD met en œuvre 2 flux circulant à contre-courant dans une colonne : un flux gazeux et un flux de biomasse. Lors de sa progres-

sion du haut vers le bas de la colonne, la biomasse rencontre progressivement des gaz neutres dont la température est de plus en plus élevée. Lors de sa progression vers le bas, la particule de biomasse perd d'abord, progressivement, son eau. Puis, en chauffant, elle perd une petite partie des substances organiques volatiles les plus légères, qui va s'échapper dans le flux gazeux. Enfin, atteignant la zone la plus chaude, les polymères contenus dans l'hémicellulose sont brisés, provoquant ainsi la détérioration définitive des fibres.

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Procédé Les atouts de la biomasse torréfiée

Des unités de toutes tailles pour différents acteurs de la filière

• conservation de 90% de la masse sèche initiale de la biomasse. • taux d’humidité inférieur à 1%. • produit hydrophobe de manière irréversible. • stockage et transport extérieur sans risque lié aux contraintes climatiques. • produit immunisé contre toutes attaques biologiques (moisissures, fermentations,..). • friabilité facilitant son broyage ou son compactage (densification).

Principe de la technologie TORSPYD (source Thermya)

Ces phénomènes se poursuivent jusqu’à ce que la particule atteigne la grille et soit extraite par le bas de la colonne .Ayant perdu sa chaleur et atteint le haut de la colonne, le flux gazeux chargé d'organiques est extrait, séché, réchauffé et reconditionné, afin d’être réinjecté en bas de colonne et amorcer une nouvelle boucle. A l’issue du processus de torréfaction, la biomasse brute se transforme en BioCoal ou «combustible vert». Le BioCoal produit avec le procédé TORSPYD a un rendement massique de 90% et conserve 95% de l’énergie initiale de la biomasse. Hydrophobe et extrêmement friable, le BioCoal est un combustible très dense en énergie et insensible aux phénomènes de fermentation et aux attaques biologiques. Ces caractéristiques apportent une réponse aux problématiques liées à la transformation, au transport et au stockage de la biomasse brute, dont les principaux inconvénients sont le fort taux d’humidité et la faible densité.

Il y aurait une opportunité de marché pour le bois torréfié dans le secteur de la production de granulés. Cette technologie de torréfaction pourrait intéresser directement différents acteurs de la biomasse : • les producteurs d’électricité utilisant des centrales thermiques au charbon • les exploitants forestiers : le procédé de torréfaction permet de valoriser l’ensemble des résidus forestiers, y compris les ressources forestières qui ne sont plus commercialisables car détruites par les attaques d’insectes xylophages ou par les tempêtes. • Fabricants de granulés de bois Le procédé de torréfaction augmente la valeur ajoutée des granulés traditionnels tout en diminuant sensiblement les coûts de production ainsi que les coûts des matières premières, grâce aux possibilités de diversification des ressources et à l’élimination des contraintes liées à leur préparation (plus besoin de sciure). • Entreprises et entités impliquées dans la recherche et le développement de procédés de gazéification La torréfaction permet une préparation optimale et adaptée de la biomasse en vue de sa gazéification.

Bioéthanol par fermentation bactérienne

P

aris, le 30 mars 2010 – Deinove, le spécialiste mondial des bactéries déinocoques appliquées aux bioénergies annonce la signature d’un contrat de collaboration avec BENP Lillebonne en partenariat avec Syral, filiale du groupe agroindustriel coopératif Tereos, acteur mondial des sucres, des amidons et des alcools.

Unité de torréfaction d'une capacité de 20 000 t/an (source Thermya)

La taille d’une unité de torréfaction varie selon la capacité de production requise et le type de ressource de biomasse brute disponible. Globalement, la capacité de production des unités de torréfaction déjà développées par Thermya peut varier de 100 kg/h à 5 000 kg/h. Des unités d'autres tailles peuvent être rapidement développées. Les unités de torréfaction sont conçues et construites pour fonctionner en continu sur la base de 8000 heures de production par an. *Thermya est une société d’ingénierie créée en 2002 et spécialisée dans la conception de solutions technologiques dédiées à la valorisation énergétique de la biomasse non comestible.

Contact Natacha Kienlen Tel : + 33 (0)5 56 15 13 62 kienlen@thermya.com

Signé le 22 mars dernier, ce contrat prévoit la validation industrielle des procédés de production d’éthanol par fermentation à partir de céréales fourragères. L’objectif est une production d’éthanol plus performante et plus rentable. La signature de cet accord s’inscrit dans le cadre du projet Deinol soutenu par OSEO. D’ici 2014, le projet Deinol a pour objectif d’ouvrir la voie à la production d’éthanol ligno-cellulosique (ou éthanol de 2ème génération) dans des installations industrielles existantes et sans investissements majeurs. Le Brésil et les EtatsUnis assurent à eux seuls plus de 90% de la production mondiale de bioéthanol, l’Europe en représentant en 2009 moins de 5%. La Directive européenne 2009/28 fixe un objectif de 10 % d’énergie renouvelable dans les transports à l’horizon 2020 et réserve le marché européen aux biocarburants « durables » qui permettent d’économiser au moins 35% puis 50% et 60% d’émissions de gaz à effet de serre par rapport aux carburants fossiles. CP Tereos & Deinove

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Tendances Valboval, nouvelle usine de granulés dans le Nord

V

endredi 23 avril à Artres près de Valenciennes, Valboval inaugurait officiellement son site de production. Les associés, Dominique Gorisse et Sébastien Jacq cherchaient une solution pour valoriser les produits d’élagage. A force de réflexion, ils décident de se lancer dans l’aventure Valboval, qui veut dire valorisation du bois valenciennois. Parallèlement, ils découvrent une ancienne coopérative agricole adaptée à leur activité, un bâtiment de 3000 m2 en ossature bois. En quatre mois, le matériel est installé et en janvier les premiers sacs de granulés bois sont prêts à la vente. Entre le début et la fin de chaîne, il faut environ 30 minutes pour faire un sac et six personnes. La cadence est de 5 tonnes à l’heure. La demande est si forte qu’il n’y a pas encore de stockage. Les granulés de qualité domestique sont fabriqués à partir d’une matière première achetée. Les granulés industriels sont quant à eux fabriqués à partir de plaquettes non écorcées. Pour cela, les plaquettes sont broyées, séchées, broyées à nouveau finement avant granulation. Valboval 52 rue de la Gare 59269 Artres Source : Anne Seigner www.va-infos.fr

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Les granulés de feuillus ont la vie dure Depuis des siècles en Europe comme en Amérique du Nord, lorsque on veut se chauffer au bois, en bûches en l’occurrence, on choisit du feuillu et plus particulièrement du hêtre ou du chêne. Aujourd’hui concernant les granulés, l’homme achète plutôt en fonction de critères de marketing comme la couleur, le pays d’origine ou le type de certification.

D

ans la plupart des pays d’Europe et dans l’Ouest des Etats-Unis, un bon granulé est souvent un granulé blanc, un granulé de bois résineux. Dans l’Est des USA et en Italie, parce que les forêts sont peuplées d’essences feuillues, ce sont surtout des granulés de bois dur que l’on brûle dans les poêles. En France, sur les 350 000 tonnes de granulés produites en 2009, moins de 4% étaient issues de bois durs alors que les feuillus couvrent 67% de la forêt de l’hexagone. Pourtant lors de la première

vague d’usines de granulés construites en France entre 1982 et 1996, la plupart de ces installations granulaient du bois dur. A l’époque ces granulés étaient surtout destinés à des chaufferies industrielles ou collectives. Aujourd’hui les raisons de la disproportion sont nombreuses. Tout d’abord le parc de chaudières à granulés français est plutôt domestique et importé principalement d’Autriche et de pays nordiques où les constructeurs ont l’habitude de granulés fabriqués exclusivement à partir de résineux. Ensuite par voie de consé-

La plupart des granulés francais n'etaient qu'en bois feuillus jusqu'en 2003

quence et par facilité, les porteurs de projets de la seconde vague à partir de 2003, ont choisi de monter leurs grandes et modernes usines autour des connexes de résineux. En effet les quelques dixièmes de point de taux de cendres permettant d’obtenir le sésame des marques du marché domestique ont été défavorables aux feuillus. En effet, s’il est naturellement facile d’obtenir un taux de minéraux bas en résineux, en feuillus cela relève d’une grande rigueur dans la gestion des approvisionnements afin de ne pas alourdir par des intrants

Sciure de chêne pour la granulation

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Tendances extérieurs un taux naturellement plus haut. Or, au début des années 2000 une part importante des appareils de chauffage sur le marché ne tolérait pas les granulés dont le taux de cendres dépassait les 1% car le surcroit de cendres obstruait les arrivées d’air comburant dans le foyer. Cette situation est en train d’évoluer rapidement. Enfin en raison de contre références de la fin des années 90 justement sur ces nouveaux types d’appareils, les granulés de bois feuillus ont parfois été associés à un combustible à problèmes alors que bien souvent cela relevait d’une méconnaissance des opérateurs tout simplement sur des réglages différents à réaliser.

Des approvisionnements qui s’épuisent et qui se libèrent Depuis 7 ans, l’industrie du chauffage au granulé de bois française affiche une croissance annuelle moyenne de 60%. Les sources d’approvisionnement disponibles en provenance des unités de transformation de bois résineux se font plus rares. Aussi pour continuer sur la lancée, la filière devra trouver d’autres ressources. Or, sans forcément aller chercher vers des nouvelles organisations, il se trouve parallèlement que certains approvisionnements qui étaient destinés au panneau de particules ou à la papeterie se libèrent en larges volumes suite à des pertes de marché au niveau mondial, suite à l’utilisation des papiers recyclés ou de pâte vierge importée. Or une part importante de ces flux était issue de forêts de feuillus. On retrouve la même situation aux USA où les usines de granulés compensent maintenant en partie la perte de production de panneaux de particules (cf. figure). Il existe également les sous-produits des scieries, menuiseries et parqueteries de bois dur dispersées sur tout le territoire français. Ces connexes de seconde transformation sont économiquement difficilement transportables et sont disponibles en volumes plus restreints : ils ne peuvent donc alimenter que des unités de granulation de tailles plus modestes, de 3000 à 10000 tonnes par an. Ce créneau de marché à la productivité forcément plus faible disposera cependant du double atout d’une ressource proche et donc moins chère et d’un marché de proximité à la hauteur de son offre et au coût d’acheminement également moins cher.

Les exemples de projets Propellets.ch

L

a Chaux de Fonds : villa nouvelle génération

Evolution temporelle de la répartition de la consommation de connexes de bois aux USA (source: North America wood pellet sector)

Des bois plus durs à granuler Alors pourquoi devant ces gisements français évidents, les industriels ne se jettent pas dans l’aventure du granulé de bois dur? Et bien tout d’abord parce qu’en France, il n’existe pas à l’heure actuelle d’usine de référence produisant plus de 10 000 tonnes de granulés de feuillus par an. En fait de par la dureté de cette ressource, les rendements de production sont plus faibles. Les moteurs des presses consomment 20 à 30% d’énergie en plus. Les filières s’usent également plus vite. De plus les essences feuillues contiennent moins de lignine que les rési-

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neux ce qui rend la granulation un peu plus difficile. Par ailleurs et nous en avons déjà parlé, le taux de cendres est un autre obstacle. La marque certifiée DINplus qui s’est largement diffusée en Europe et qui a fait longtemps référence toute seule, imposait un taux de cendres inférieur à 0,5% ce qui était difficile à obtenir avec les bois feuillus. Enfin le marketing non officiel chez les constructeurs d’appareils autrichiens ou allemands a tendance à privilégier les granulés clairs, et ces facteurs combinés n’ont pas encouragé les candidats granulateurs à se lancer dans la fabrication d’un granulé qui serait donc plus difficile à vendre.

Villa avec une surface chauffée de 165 m2, toute la maison est chauffée avec le poêle à granulés et des panneaux solaires pour l'eau chaude sanitaire. Il n'y a ni radiateur, ni chauffage au sol. Les villas nouvelle génération sont issues de la collaboration entre un architecte, un promoteur immobilier et un spécialiste du bois. Un service écologique global est offert, qui prend en compte l'énergie solaire active et passive, la récupération de l'eau de pluie, l'utilisation de matériaux naturels et indigènes. Ce type de bâtiment répond aux critères MINERGIE. Données techniques Puissance : 10.9 kW Marque:WodtkeTopelineO4.8 Promoteur immobilier : ProcitéSA,2300LaChauxde-Fonds (032 914 76 76) Fournisseur : Lack, 2740 Moutier Installateur : Lack, 2740 Moutier Volume silo à granulés : réservoir d‘environ 80 litres, intégré dans le poêle Système d‘alimentation : vis Retrouver tous les exemples de Propellets.ch sur www.propellets.ch

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Tendances Yssingeaux se dote d’une chaufferie bois

B

ernard GALLOT, M a i r e d’Yssingeaux et Christophe THEVENON, Directeur régional Sud-Est de Cofely ont signé le 3 mars un contrat de Délégation de Service Public pour la conception, la réalisation, le financement et l’exploitation pour une durée de 24 ans, d’une chaufferie et d’un réseau de chaleur alimenté à 90 % par du bois. Ce projet est né d’une volonté commune d’agir concrètement pour le Développement Durable, en décidant de remplacer de nombreuses chaufferies existantes utilisant des combustibles fossiles par du bois-énergie, une énergie renouvelable permettant d’éviter l’émission de 70 800 tonnes de CO2, soit la moitié du parc a u t o m o b i l e d’Yssingeaux. L’utilisation de biomasse (environ 6 000 tonnes par an) permettra également de réaliser des économies, les prix du bois-énergie étant déconnectés des prix des énergies fossiles. Par ailleurs, ce réseau représente un formidable atout pour la filière bois locale qui fournira le combustible, composé à 50 % de plaquettes forestières, et devrait générer la création d’environ huit suite page 19

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Apprendre des américains et des italiens Pourtant sur la côte Est en Amérique du Nord, la quasi-totalité de la production de granulés est issue de bois durs. En 2009 ce sont plus de 1 300 000 tonnes de granulés de feuillus qui ont été produites et vendues au parc local de poêles à granulés américains. La même année le Pellet Fuels Institute (Association de l’industrie du granulé combustible aux USA) a rajouté à sa gamme de normes, la qualité Super Premium qui se différencie de la qualité Premium principalement par le taux de cendres qui passe de 1% à 0,5%. Or plus de 80% de ces granulés de feuillus passent sous la sévère barre de la teneur en minéraux. Pour cela, les producteurs américains ont leur secret qui réside essentiellement dans le contrôle permanent de leur approvisionnement. Avec la crise des subprimes et l’industrie du meuble qui a été délocalisée en Asie, 380 scieries américaines ont fermé en 2009. Les quantités de connexes ont dramatiquement diminué. Un producteur de granulés qui est également scieur raconte que sur 5 de ses scieries qui fonctionnaient en 3/8, seules deux pro-

duisent encore mais uniquement 8 heures par jour. Aussi certains granulateurs ont du se tourner vers les bois ronds soudainement disponibles. Avec ce schéma d’approvisionnement, le rendement de production défavorable aux bois durs redevient équivalent à celui des résineux. En effet la perte dans les presses est compensée par le débit massique plus important des broyeurs avec les bois de feuillus. Si certains utilisent de l’huile végétale à raison de฀1 litres par t/ heure pour lubrifier la filière, et soulager un peu les moteurs, d’autres s’en passent ou bien font un mélange incorporant jusqu’à 20% de bois résineux. Les gros projets en cours qui visent l’export vers l’Europe, sont conçus en incluant une centrale en cogénération qui fournit une énergie thermique à bas prix. Il est ainsi possible d’installer des séchoirs à bande au lieu des tambours à contact direct avec les fumées. Cette technologie encore rare dans les usines de granulés, permet de diminuer le taux de cendres, les émissions de COV, d’obtenir une matière qui glisse mieux dans les filières et cerise sur la gâteau un granulé plus clair ! En Italie où la production nationale a atteint les 700 000 tonnes en 2009, plus de la moitié des granulés sont produits

En Italie plus de 300 000 tonnes de granulés de bois dur ont été consommées par des poêles à granulés en 2009

à partir de feuillus et plus particulièrement de hêtre. C’est une preuve de plus que le granulé de bois durs a toute sa place même sur un marché essentiellement composé de poêles, appareils les plus sensibles à la teneur en cendres.

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Tendances Granulés de 9mm en chêne, photo Frédéric Douard

Du potentiel et encore des efforts Il découle de ce rapide tour d’horizon que l’essence du bois importe peu. Ce sont les caractéristiques physico-chimiques du granulé produit qui comptent. D’ailleurs aucune des normes ne se préoccupe de ce critère au final subjectif. La recette du succès du granulé de bois dur est la même que celle des bois résineux : la maîtrise de l’approvisionnement et le savoir faire technique. Sans bien évidemment ponctionner dans les ressources du bois d’oeuvre, il existe un véritable gisement de feuillus français disponible pour garantir la croissance du marché du granulé. Parallèlement il est indispensable de favoriser la création de petites unités pour granuler les gisements de connexes de bois dur avec des circuits courts de distribution du combustible.

Enfin à l’heure où les performances de rendement des appareils de chauffage à granulés ont atteint leur apogée, il faut absolument que les constructeurs travaillent encore plus à une plus grande tolérance du taux de cendre pour le ramener vers les 1%. D’ailleurs, la nouvelle norme européenne sur les granulés biocombustibles (EN 14 961-2) va en ce sens puisqu’elle n’exigera qu’un taux maximum de 0.7% de cendres pour la qualité première. Cette marge de tolérance aux cendres pourra indéniablement ouvrir davantage la ressource pour la production de granulés et en particulier vers la ressource majoritaire feuillue en Europe, diminuant par le même coup les éventuelles tensions possibles sur les prix de la matière première.

Jeremy HUGUES dit CILES, pour Bioenerergie International

Granulés de bois durs aux USA, photo Gitchie Gumee Pellet Company

emplois locaux équivalent temps plein sur la filière de valorisation des plaquettes industrielles et la filière forestière, tout cela sans risque de diminution pour cette dernière en croissance continue. Le réseau de chaleur de plus de 7 km alimentera une trentaine de bâtiments consommant plus de 12 000 MWh : les bâtiments communaux, l’hôpital, les établissements scolaires, les logements collectifs publics et privés, ainsi que les nouveaux projets de l’agglomération Yssingelaise comme le complexe sportif de Choumouroux, les futurs logements du Clos Verdun…. Le maire d’Yssingeaux a souhaité que ce service soit également accessible aux particuliers situés à proximité du réseau, en substitution de leur chaudière pour le chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire, afin de bénéficier au plus grand nombre. L’investissement, supérieur à 7 millions € sera subventionné par le Fonds Chaleur à hauteur de 55 %. Le solde sera intégralement supporté par le concessionnaire. Les travaux débuteront en septembre 2010 pour une chaufferie et un réseau opérationnels au début de la saison de chauffe 2011. Cofely créera une société dédiée pour cette opération, filiale à 100 %, pour gérer le réseau : Yssingeaux Energies Sucs. Mairie d’Yssingeaux Valérie ESCOFFIER 04.71.65.73.39 ville.yssingeaux@wanadoo.fr

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Marché Le Centre Hospitalier de Périgueux sera chauffé au bois

D

ans le cadre de sa prochaine extension, le Centre Hospitalier de Périgueux (CHP) a confié à Cofely la conception, la réalisation et l’exploitation de sa nouvelle centrale de chauffage à biomasse. Cofely a proposé une installation comprenant deux chaudières bois d’une puissance totale de 5,6 MW ainsi qu’une chaudière mixte pour l’appoint et le secours. Les 11 000 tonnes de bois nécessaires à la production annuelle de chauffage et d’eau chaude sanitaire proviendront de broyats de palettes et de plaquettes forestières locales. Le projet permettra en effet : - d’éviter le rejet à l’atmosphère de 8 000 tonnes de CO2 par an ; - de créer six emplois directs ; - au CHP d’effectuer une économie de 40 % sur sa facture énergétique. Cofely investira au total 5,5 millions € dans le projet, subventionnés en partie par l’ADEME. Les travaux ont débuté en avril pour une durée de 18 mois. D’une durée de 22 ans, ce partenariat public-privé représente pour Cofely un chiffre d’affaires annuel de 2 millions €, incluant la maintenance du chauffage et de la climatisation du Centre Hospitalier. Bruno Anceau 05 53 45 27 19 bruno.anceau@ch.perigueux.fr

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140 producteurs de granulés sur le marché francophone européen

Si vous n'êtes pas référencé sur cette carte : faites connaitre votre activité à info@bioenergie-promotion.fr Unités de production de granulés en cours de construction bois et granulés de produits agricoles Granulés de produits agricoles Grossistes ou importateurs Granulés de bois

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Marché la Lufthansa veut utiliser régulièrement du biocarburant à partir de 2012

C

’est ce qu’a annoncé son président, Wolfgang Mayrhuber, le 9 mai dernier. Il indique que la compagnie souhaiterait utiliser un mélange de biocarburant et de kérosène sur ses vols commerciaux de façon régulière à partir de 2012. Lufthansa pourrait ainsi recueillir des données sur l’utilisationdecetypedecarburant sur une durée d’exploitation longue, plutôt que sur un vol ponctuel, comme cela a été fait jusqu’à aujourd’hui. Lufthansa voit deux avantages majeurs à l’utilisation du biocarburant. Elle permettrait tout d’abord d’apporter une sécurité d’approvisionnement, notamment dans l’éventualité de chocs pétroliers, mais aussi de réduire ses coûts dans le cadre du système d’échange d’émissions qui doit s’appliquer aux compagnies aériennes à partir de 2012. La compagnie hollandaise KLM filiale du groupe Air France avait elle aussi annoncé son intention d’utiliser du biocarburant sur ses vols commerciaux à partir de 2011.

V.B.I. Zone Artisanale du Muckental - 3, Allée de l'Europe 67140 BARR - F - Tel : 06.78.82.29.62 - Fax : 03.88.08.06.50 info@vbi-bois.fr

Deutsche Lufthansa AG Corporate Communications

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La carte Producteurs

Class.

CP

Ville MEXIMIEUX MARLE MOUGINS PAUVRES ORMES COGNAC VERDILLE IVRY EN MONTAGNE BAIGNEUX LES JUIFS LOUDEAC BOURGANEUF SAINTE SABINE EN BORN LEVIER FOURNETS LUISANS MONTLEBON ARC SOUS CICON BOULLEVILLE CLEVILLIERS LE BOUSQUET D'ORB DOMAGNE ST SAUVEUR DES LANDES ST BARTHÉLÉMY PONTCHARRA LE CHEYLAS COGNA ST VINCENT DE TYROSSE YSSINGEAUX CRAPONNE SUR ARZON GIRAC MENDE NOIRLIEU 8000 GERBEVILLER PONTIVY SARS ET ROSIERES ARTRES SOMAIN ARLANC HERMENT AMBERT PERPIGNAN AMPLEPUIS NOIDANS LES VESOUL ARC LES GRAY TOURNON CHAINAZ LES FRASSES ST PIERRE EN FAUCIGNY LES GRANDES VENTES SECONDIGNÉ SUR BELLE SAINTE FLORENCE CHALLANS JAUNAY CLAN GOLBEY FRAIZE LA BRESSE CERISIERS

2009

2010

25000

Capacité totale t/an

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55

VERT DESHY SAS SYLVENERGIE Picardie ZETA PELLET EURODESI SAS SCA ARCIS sur AUBE Tonnellerie VICARD DUREPAIRE SCAEMB/CFBL SCA DE LA HAUTE SEINE HD Services COSYLVA GRASA SA Haut-Doubs Pellet USIBOIS DU DOUBS Simonin Frères SOFAG Aswood SICSA STIVAB OMISN COOPEDOM BOIS 2R Bretagne Rhônalbois – Raboterie de la Bièvre Azur Pellets AEB Alpes Energie Bois Tabletterie Richard SERVARY-Bioforest BIOVAL COGRA SA Jauzac COGRA 48 SUNDESHY VDM Energie verte Socofag - Glon BARA SAS VALBOVAL NEO SPHERE SGA EO2 Auvergne ACEDA ALCAL EINNA BIOCOMBUSTIBLES Haute-Saône granulés INTERVAL usine de fourrage ALPIN PELLET ALTERBOIS Lalliard MANUBOIS Lefebvre Archimbaud PIVETEAU BIOWOOD Fontenay CILC ENERGIE GRANUVOSGES PELLET Vosgien ENERGIERENOUVELABLE DE L'EST La parqueterie de Bourgogne

France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France France

01800 02250 06250 08310 10700 16100 16140 21340 21450 22600 23400 24440 25270 25390 25500 25520 27210 28300 34260 35113 35133 38270 38530 38570 39130 40230 43200 43500 46130 48000 51330 54830 56300 59230 59269 59490 63220 63470 63600 66100 69550 70000 70100 73460 74540 74800 76950 79170 85140 85300 86130 88190 88230 88250 89320

40000 80000

56 57 58

CVE La Toulousaine De Céréales RAGT

agro agro agro

09100 SAINT MICHEL 32220 ESPAON 81000 ALBI

400

6000

1500

20000

59 60 61 62 63 64 65

UFAB Le Gouessant Natural Energie Déshydrome SODEM S.A. BOIS SUP-SIDESUP Alpha Pellets N'Ergya MG Granulés

agro et bois agro et bois agro et bois agro et bois agro et bois agro et bois agro et bois

22402 26530 28410 45300 52330 74360 89160

LAMBALLE CEDEX LE GRAND SERRE MARCHEZAIS ENGENVILLE PRATZ VACHERESSE ARGENTEUIL SUR ARMANCON

5000 20000 3000 8400 9500 4000 4000 7000 2500

10000 40000 40000 20000 30000 7500 5000

66 67 68 69 70 71

Agence de Promotion du Pellet Bourgogne Pellets CHAMPS D'ENERGIES EO2 Landes SCHILLIGER BOIS COOPERATIVE DE BLE

en cours de construction en cours de construction en cours de construction en cours de construction en cours de construction en cours de construction

13580 21110 37170 40200 68600 81630

LA FARE LES OLIVIERS AISEREY CHAMBRAY LES TOURS PONTENX LES FORGES VOLGELSHEIM SALVAGNAC

72 73 74 75 76 77 78 79 80 81

Ardennes Energy BOIS ENERGIE CEVENNES LANGUEDOC SUTRALIS SARL Natur-System EUROPEENNE DE BIOMASSE IMPEX GROUP INTERNATIONAL SA Innoressources CCMM BIOCHAUD PACAH Combustibles

grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes grossistes

08140 30100 59200 62160 75002 75008 80170 83000 85000 86500

BAZEILLES ALES TOURCOING GRENAY PARIS PARIS WIENCOURT L'EQUIPÉE TOULON CHALLANS MONTMORILLON

10000 10000 30000 3000 15000 2000 1500 4000 2000 650 5220 25000 1500 2000 7000 20000 1000 400 1500 1500 2000 4500 6000 100 10500

3000

5000 2000 10000 5000

1000 6000 10000 30000 70000 2000 2000 10000 25000 30000 15000 500 5000 2000 3000 4000 7000 5000 7000 25000 50000

15000 10000 15000 28000 32500 50000 350 2000 14000 14500 16000 15000 150 200 2000 1000 20000 400 400 2000 5000 1000 1500 6000 25000 35000 60000 80000 800 1000 1000 1000 1200 2000

4000 4000 22000 220 4500 3000 44000 28000 8000 800 500 1200 300 700

15000 4000 20000 30000 30000 300 500 4500 1600 5000 56000 80000 20000 5000 1000 2000 1000 2000 800 2000 1000 1000

15000 500 80000 24000

Producteurs

Class.

CP

Ville

2009

82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98

Pelltec GmbH Allemagne Enertec GmbH (PowerPellets) Allemagne Weag & Mohr GmbH & Co. KG (Moselpellets) Allemagne Schneifel-Pellets Sägewerk AssenmacherAllemagne Energiepellets Oberhonnefeld GmbH Allemagne Westerwälder Allemagne Monnheimer-Holzwerk GmbH u. Co.KG Allemagne Süd-Energie Bioplus GmbH Allemagne Bio-Energie Mudau GmbH & Co. KG Allemagne Biopell Holding GmbH Allemagne Emil Steidle GmbH & CO. KG Allemagne Naturenergie Ostalb eG Allemagne Allspan Spanverarbeitung GmbH Allemagne BK Bioenergie GmbH Allemagne German Pellets GmbH Allemagne Bioenergie Sonnen-Pellets GmbH Allemagne FireStixx Hartleitner GmbH & Co. KG Allemagne

47665 52159 54294 54597 56587 57520 64689 67590 69427 72186 72488 73441 76189 77694 77955 79256 89446

SONSBECK ROETGEN TRIER ORMONT OBERHONNEFELD-GIEREND LANGENBACH GRASELLENBACH MONSHEIM MUDAU EMPFINGEN SIGMARINGEN BOPFINGEN KARLSRUHE KEHL ETTENHEIM BUCHENBACH ZIERTHEIM

99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115

Bioflam Agrofino Peltracom Delhez bois Exipel (EXINOR) Belpellets Granubois Viscardy Pellets Mandi Energies Renouvelables des Ardennes(ERDA) IBV BADGER Pellets (RECYBOIS) Avantis (Ecoflam) Hogramix GPP Energy Velghe-Pellets Wonterspan Burn Me

Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique Belgique

2480 3900 4770 4960 5537 5555 5600 6220 6680 6690 6700 8573 8970 8970 9070 9800 9970

DESSEL OVERPELT AMEL MALMEDY ANNEVOIE BIEVRE ROMEDENNE FLEURUS BERTRIX VIELSALM VIRTON TIEGEM RENINGELST POPERINGE HEUSDEN WONTERGEM-DEINZE KAPRIJKE

116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127

Enerpellet Biogar MABRIK S.A Grans del Lluçanès, SL Rebrot i Paisatge, S.L. RIBSA Natural 21 EMPA S.A BIOTERNA Rebi ENERPELLET FLOAR INDUSTRIAL

Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne Espagne

01170 08210 08515 08530 09430 25240 31330 31400 42003 48392 50180

VITORIA LEGUTIANO BARBERA DEL VALLES SANT MARTI D'ALBARS LA GARRIGA HUERTA DE REY LINYOLA VILLAFRANCA SANGÜESA SORIA MUXIKA UTEBO

128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151

FENACO Landi MIVELAZ BOIS VALPELLETS SA Rinaldi Hugo Scierie des Bayards, Keller Roland Moulin-Brule Pellets du Jura SA OLWO BestPellet GmbH Holz Pellets, Rudolf Nyffenegger AG WK-Paletten AG Peter Holzbau AG Holzbau Zenger AG "AEK Pellet AG Werk Klus" MitHolz AG Flückiger Holz AG Pelletwerk Mittelland AG Balteschwiler AG Mühle Scherz AG Tschopp Holzindustrie AG Peter Holzbau AG Holzbau Zenger AG "AEK Pellet AG Werk Klus" MitHolz AG Flückiger Holz AG Pelletwerk Mittelland AG Balteschwiler AG Mühle Scherz AG Tschopp Holzindustrie AG BÜRLI PELLETS Keller Konrad AG Beniwood AG Bartholdi Pellets AG

Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse Suisse

1070 1724 1958 2067 2127 2720 2943 3076 3178 3457 3535 3638 3804 4710 4710 5040 5040 5080 5246 6018 3638 3804 4710 4710 5040 5040 5080 5246 6018 6142 8476 9200 9565

PUIDOUX LE MOURET UVRIER CHAUMONT NE LES BAYARDS TRAMELAN VENDLINCOURT WORB BÖSINGEN WASEN IM EMMENTAL SCHÜPBACH BLUMENSTEIN HABKERN 400 BALSTHAL/KLUS BALSTHAL SCHÖFTLAND SCHÖFTLAND LAUFENBURG SCHERZ BUTTISHOLZ BLUMENSTEIN HABKERN 400 BALSTHAL/KLUS BALSTHAL SCHÖFTLAND SCHÖFTLAND LAUFENBURG SCHERZ BUTTISHOLZ GETTNAU UNTERSTAMMHEIM GOSSAU SG SCHMIDSHOF

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2010

Capacité totale t/an

50000 35000

30000 60000

50000 12000 50000

50000 55000

15000 20000 30000 33000 85000 90000 130000 150000 40000

15000

9600 25000 60000 70000

25000 25000

2000

6000 1000 1200 2000 400

1000 60000

24000 3000 10000 50000 1000 60000

24000 3000 10000 50000 7000 6000 12000 10000

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Opinion Cogénération de Felletin, une pionnière bien mal récompensée Le site de la chaufferie de Felletin, photo Soccram

La cogénération, c’est la production simultanée de chaleur et d’électricité avec un minimum de perte d’énergie. Plus développée dans les pays de l’Europe du Nord qu’en France, elle est le plus souvent utilisée dans le secteur industriel ou dans certains établissements publics gros consommateurs ; les collectivités locales y ont recours moins fréquemment. L’originalité de l’installation de Felletin, petite ville située en Limousin, réside dans l’utilisation de deux énergies : les déchets de bois et le gaz naturel, ce dernier étant appelé uniquement en appoint et secours. Le projet a émergé à l’occasion d’une réflexion sur la rénovation du chauffage des bâtiments municipaux, en prenant en compte la nécessité d’utiliser les déchets de bois produits en quantité par les scieries de Felletin et de ses alentours, mais aussi pour permettre l’arrivée du gaz naturel à Felletin grâce à une consommation en quantité suffisante pour rentabiliser l’opération.

Description de l’installation Elle comprend 5 éléments principaux : Une logistique d’approvisionnement avec deux cheminements possibles : Une entrée par des fosses qui alimentent un broyeur dont le produit va à la chaudière quand elle est en demande ou vers la stockage des produits finis lorsque la chaudière n’a pas besoin, Un hangar de stockage mécanisé

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pour les combustibles prêts à l’emploi, alimenté par le circuit du broyeur ou pas des camions, et qui se décharge automatiquement vers la chaudière en continue à partir d’un extracteur de type excavateur et des convoyeurs à bandes, lorsque le circuit broyeur n’est pas alimenté. Une chaudière Alstom d’une hauteur de 23 m qui brûle 9 tonnes d’écorces et de sciures à l’heure. Elle fonctionne toute l’année, avec juste un mois d’arrêt en été, au moment où

les besoins de chaleur sont au plus bas et sont couverts par la chaudière gaz de secours. Une turbine à vapeur qui entraîne un alternateur qui produit l’électricité vendue à EDF et pour une petite partie autoconsommée. Un réseau de chaleur de 4 km de longueur qui dessert le Lycée des Métiers du Bâtiment (qui représente la moitié de la consommation totale), les autres bâtiments scolaires (collège, écoles élémentaire et maternelle, l’Institut médico-éducatif), les

L’extraction automatique du combustible depuis le stockage, photo Frédéric Douard

Le hangar de stockage et les convoyeurs automatiques, photo Soccram

bâtiments municipaux (mairie, salle polyvalente, gymnase,..), des habitats collectifs (HLM, maison de retraite) et la manufacture de tapisserie. Une batterie d’aérothermes pour évacuer la chaleur non utilisée.

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Opinion

Ecorces combustibles avant broyage, photo Frédéric Douard

Les chiffres de l’installation

+ Chaudière à bois : Production de vapeur surchauffée : 16.6 MW, 41 bars, 430°C , 18 T/h. + Turbine à vapeur : Production d’électricité : 3,5 MW, 6000 Volts. + Réseau de chaleur : Puissance thermique : 8,5 MW, de 70° à 110°C. + Chaudière de secours au gaz : Production d’eau chaude : 7,35 MW, 110°C.

Consommation et production Consommation de bois : 60 000 tonnes de produits connexes de scieries sont utilisées chaque année ce qui correspond à 200.000 m3 fournis principalement par Mallarini scieries situé à Felletin et par un GIE Bois-Energie regroupant la majorité des scieries situées dans un rayon de 60 km autour de Felletin. Production de chaleur : le réseau de chaleur distribue environ 14.000 MWh par an aux usagers locaux. Production d’électricité : 20.000 MWhé par an. Le rendement global de l’installation reste faible du fait que la plus grande part de l’énergie thermique n’est toujours pas utilisée alors que les bois

des nombreuses scieries voisines pourraient être séchés sur une installation aussi économique que facile à réaliser sur le site de Felletin. Cette opération serait gagnante pour tous.

Montage juridique et financier Aspect juridique : la société SOCCRAM a été désignée concessionnaire de service public pour une durée de 20 ans par délibération du conseil municipal du 14 mai 1999. Elle a été chargée de construire la chaufferie et le réseau de chaleur, puis d’exploiter et d’entretenir l’ensemble des installations pendant la durée du contrat. Aspect financier : Sur un montant global d’investissements de 14 millions €, seuls 2,765 millions € de subventions ont été apportés : 1,394 millions € de fonds européens par l’Etat, 762.000 € de l’Ademe, 457.000 € de la Région Limousin et 152.000 € du Conseil Général de la Creuse, le reste étant supporté par la concession. Cette réalisation innovante présente de nombreux intérêts pour la commune :

La chaudière lors de la construction, photo Soccram

La turbine à vapeur, photo Soccram

répondant ainsi au souci de préservation de l’environnement en évitant à la fois l’utilisation des énergies fossiles et le recours à l’énergie nucléaire. - sur le plan économique, les avantages sont multiples : pour la filière bois, en aidant à résoudre le problème d’élimination des déchets de scieries,

La chaufferie de Felletin pourrait aussi contribuer à la valorisation des bois broyés lors de l’entretien des voies de circulation.

pour la région, en créant 10 emplois directs sur le site,

Contact Ville de Felletin Floriana TCHAO-AGO www.felletin.fr

pour la création d’activité, avec la production de chaleur à un prix stable pendant toute la durée du contrat de concession,

Contact Soccram Laurent BOUSSON, chef d’exploitation de la centrale l.bousson@soccram.fr

- sur le plan écologique, produire de l’électricité et de la chaleur à partir d’une énergie locale et renouvelable

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Livraison de plaquettes fines dans le hangar, photo Frédéric DOUARD

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Vision Cogénération biomasse, la France fait-elle comme il faut ? En 2004, alors que dans le même temps son tarif d’obligation d’achat d’électricité produite par la biomasse n’attirait aucun candidat, la France choisissait la procédure de l’appel d’offre pour essayer de sortir des projets.

L

ors du premier appel d’offre de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), la valorisation de la chaleur était optionnelle et la puissance électrique devait dépasser 12 MW. Sur les 14 projets retenus en 2005, moins d’un tiers a vu le jour, les réalisations se concentrant principalement chez les papetiers qui étaient alors les seuls à maîtriser de tels approvisionnements de biomasse. Au vu de ce faible succès le deuxième appel d’offre en 2006 a baissé la puissance électrique minimum à 5 MW et cette fois en imposant un rendement global moyen de 50%. A ce jour malgré les 128€/MWh électrique promis, parmi les 22 lauréats de 2008, seule la centrale de Mende devrait produire en 2010. L’usine de 9 MWé de Grand Couronne devrait être mise en route en 2011. Les autres sont encore en train de consolider les approvisionnements et les financements. Pour le troisième appel de 2009, la puissance minimum a été légèrement diminuée à 3 MWé sans toucher au niveau de rendement global. Le 14 janvier 2010, la CRE a retenu 32 projets dont la moitié ont une puissance électrique comprise inférieure à 5 MW. Le gouvernement a déjà annoncé un quatrième appel d’offre dans lequel les puissances

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électriques devront désormais dépasser 12 MWé sans non plus toucher le niveau d’efficacité énergétique. La France a donc choisi de laisser le marché des puissances de 5 à 12 MWé s’organiser à travers l’arrêté du 28 décembre 2009 qui a augmenté le tarif d’obligation d’achat à 125 €/MWh en maintenant la barre d’efficacité à un petit 50%. Les projets de puissance inférieure devront par conséquent se contenter des 49 €/MWhé sans obligation de valorisation de la chaleur voire de 61€/MWhé si le rendement global dépasse les 70%.

Le 12 décembre 2008 le Paquet Energie voté par l’ensemble des 27 Etats européens à attribué à la France un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans sa consommation totale d’ici 2020. L’objectif du Grenelle de l’environnement qui est aligné sur l’objectif européen est de produire par la voie de la cogénération, 1,4 Mtep d’électricité en 2020 alors que nous sommes actuellement à 0,2 Mtep. Au vu de cet objectif très ambitieux et parallèlement au vu des difficultés que rencontre la France pour développer sa filière cogénération biomasse, on est en droit de réfléchir à d’autres straté-

Tarifs de rachat de l'électricité biomasse pour les grandes puissances fin 2009 (source EREF 2009)"

gies. D’autres Etats comme l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Finlande ou les Pays-

Bas affichent également une volonté de promouvoir cette filière.

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Vision Tarifs d’obligation de rachat de l’électricité produite à partir de biomasse en Allemagne en 2009 (source DBFZ 26/10/2009)

En Allemagne entre 2003 et 2009, la cogénération à biomasse solide a progressé en moyenne de 17% chaque année. Le nombre d’installations et la puissance électrique installée sont ainsi passés de respectivement 92 et 450 MWé à 242 et 1180 MWé. La clef de cette croissance allemande est le soutien à toutes les gammes de puissance en proposant un système de tarification adapté dès le 1er avril 2000 avec l’Acte des Sources d’Energies Renouvelables (EEG mis à jour le 1er janvier 2009). Par ailleurs le gouvernement allemand soutient la recherche et le développement en ajoutant un bonus de 20 €/MWhel pour des installations à technologies innovantes. On pense notamment à la gazéification et à la micro-cogénération. L’Allemagne l’a compris et les 10 dernières années de développement de la cogénération biomasse Outre-Rhin le confirment : les deux tiers du potentiel se situent dans la gamme de puissance électrique inférieure à 5 MWé selon l’étude du Centre Allemand de Recherche sur la Biomasse (DBFZ). En France, la filière bois ne comprend pas non plus pourquoi le gouvernement délaisse les projets de petites puissances. «Sur le plan de l'aménagement du territoire et de la mobilisation de la biomasse, ce sont pourtant les plus pertinents» dit Pierre DUCRAY, directeur de l'Union de la

Proposition de tarif de rachat de l’électricité issue de la cogénération biomasse en France (source: CIBE 2006)

Coopération Forestière Française (UCFF). La Commission Interprofessionnelle du Bois Energie (CIBE) propose d’ailleurs depuis 2006 une tarification qui se rapproche du modèle allemand qui réussit si bien. Le second point qu’il semble primordial d’intégrer dans la stratégie de développement est l’exigence d’un niveau plus élevé de rendement global des projets de cogénération. Pourquoi demander un rendement global de cogénération de 65% pour le gaz naturel et seulement 50% pour la biomasse ? Le bois est une énergie renouvelable, cependant non illimitée et il est évident qu’on ne doit pas la gaspiller en particulier à l’échelle des grandes centrales. Le «guide des bonnes pratiques de la cogénération biomasse» rédigé en mars 2006 par Force Technology montre à partir de statistiques établies sur un échantillon représentatif de 63 centrales cogénération biomasse, situées dans 7 des pays les plus en avance dans le domaine, pendant une période de 24 mois, que quelque soit la technologie choisie, les centrales ont un rendement global moyen de 65%. C’est également le niveau de rendement que recommande le CIBE pour la cogénération bois en France. En relevant les tarifs de rachat sans augmenter le rendement minimum de la cogénération, la stratégie française de soutien à la cogénération biomasse risque d'entraîner un immense gaspillage des ressources. On trouve déjà cette situation dans divers pays comme l’Italie, la Belgique, le Royaume-Uni, les PaysBas où de vieilles et très importantes centrales au charbon substituent progressivement les énergies fossiles par des granulés de bois. Aujourd’hui ces centrales électriques consomment des quantités industrielles de granulés de bois par an avec un rendement global inférieur à 25%. La chaleur non valorisée de ces cen-

Evolution et répartition par gamme de puissance de la cogénération biomasse (industrie papetière exclue) en Allemagne (source: Christiane Hennig, German Biomass Research Centre - DBFZ - 26-10-2009)

Rendements de 63 centrales à cogénération biomasse classés par technologie (source: Biomass CHP best practice guide - mars 2006)

trales électriques et qui part aux oiseaux ou aux poissons pourrait fournir le chauffage annuel de centaines de milliers de foyers européens si elle était co-générée ou plus simplement si les quantités de granulés utilisées ainsi étaient plutôt utilisées directement au chauffage des habitations par des poêles ou des chaudières. En conclusion précisons qu’une politique de tarif de rachat de l’électricité biomasse basée sur des grands projets avec un mauvais rendement minimum imposera obligatoirement des tarifs d’achats élevés pour compenser la mauvaise efficacité énergétique. Ce mauvais rendement entraînera également une consommation excessive de bois et un immense gaspillage pour produire peu d’énergie et, pour couronner le tout, une distorsion de concurrence pour l’accès à la ressource. En effet, ces tarifs trop élevés favoriseront ces acheteurs aux dépens de la filière bois matériau mais aussi à la filière bois-énergie chaleur qui paradoxalement dispose de systèmes de

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chauffage à haut rendements, compris entre 70 et 95% ! N’est-il pas alors totalement aberrant de demander aux contribuables de subventionner une électricité biomasse chère car produite en dépit d’une bonne efficacité alors que la même ressource de biomasse utilisée efficacement en chaleur ou en cogénération avec bon rendement global permettait d’atteindre les objectifs du Paquet Energie bien plus rapidement et surtout pour bien moins cher ! Jeremy HUGUES dit CILES, pour Bioénergie International A l'heure où nous mettons sous presse, nous apprenons que le 11 mai, le Comité Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire a décidé que les scieries qui choisiront de s’équiper de chaudières à cogénération et qui s’engagent à disposer de capacités de séchage du bois bénéficieront d’un tarif d’achat de l’électricité préférentiel dès le seuil de 1MWe.

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Modèle Méthanisation : nouveau décret en France

Photo GAEC Oudet

L

e décret 2010-419 du 28 avril 2010 vient compléter la nomenclature des installations classées en donnant plus de précisions sur les démarches réglementaires liées à la méthanisation à la ferme. Dans ce décret, la rubrique 2781 concerne la production de biogaz par des unités agricoles et on distingue deux sous-rubriques : La sous-rubrique 2781-1 s’applique aux installations de méthanisation de matière végétale brute, effluents d’élevage, matières stercoraires, déchets végétaux d’industries agroalimentaires. Si la quantité de matières traitées est supérieure ou égale à 30 t/j, l’installation est soumise à autorisation. Si la quantité de matières traitées est inférieure à 30 t/j, l’installation est soumise à déclaration ou à contrôle périodique prévu par l’article L. 512-11 du code de l’environnement. La seconde sousrubrique, 2781-2, s’appliquera à la méthanisation d’autres déchets non dangereux sous le régime. suite page 29

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Cogénération biomasse et co-combustion :

le très bel exemple de la centrale de la Poterne à Grenoble Mise en service en 1993, la centrale thermique de la Poterne est un modèle de réussite d’une valorisation thermique du bois de rebut et de cogénération biomasse. Elle est gérée par la Compagnie de Chauffage, Société Anonyme d’Economie Mixte Locale. La Compagnie gère depuis 1960, un réseau de chauffage urbain moderne et performant. Second réseau de chaleur après Paris avec plus de 90 000 équivalent-logements, soit 200 000 personnes chauffées, le réseau dessert 7 communes de l’agglomération grenobloise (Grenoble, Echirolles, La Tronche, Pont-de-Claix, Eybens, Gières et Saint-Martin d'Hères). Cet outil de production d’énergie répond parfaitement aux exigences européennes en matière d’environnement. Grâce à sa technologie originale elle offre aux usagers du chauffage urbain un maximum de sécurité en garantissant performance, diversité énergétique, rentabilité et protection de l’environnement.

Approvisionnement et consommation en bois Le bois est fourni par Lely Environnement, entreprise qui recycle et valorise les déchets bois. Les bois de rebut sont issus du tri des DIB (déchet industriel banal), du centre de tri, des déchetteries et des bois prélevés par EDF sur les barrages. Ces bois subissent ensuite les traitements suivants : 1 – Broyage grossier (réduction de volume), 2 - Elimination des grosses ferrailles, 3 - Stockage sur aire bétonnée, 4 - Broyage fin 5 - Déferraillage, démétallisation, criblage final (broyat de 50 mm), 6 - Mesure et ajustement du pouvoir calorifique et de l’humidité du bois. Actuellement, la consommation annuelle de la chaufferie est de 20 000 tonnes de bois. Le combustible arrive par camions, puis il est acheminé dans un silo de stockage d’un volume de 700 m3.

Livraison de bois déchiqueté

Ensuite une vis d’alimentation achemine les plaquettes de bois dans la chaudière.

Une technologie très élaborée : la chaudière à lit fluidisé La chaudière est une chaudière à vapeur type LFC (Lit Fluidisé Circulant), de marque CNIM (Procédé Ahlström) de 72,5 MW de puissance, couplée à un turbo-alternateur de 13,5 MW. Deux chaudières fioul de 35 MW et 29 MW ont été récupérées de l’ancienne centrale Teisseire. Les combustibles utilisés sont le charbon, le bois et les farines animales.

Schéma du lit fluidisé circulant de Grenoble

Le procédé du lit fluidisé circulant consiste à brûler le combustible en sus-

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Modèle

Schéma d’ensemble de l’installation

pension dans l’air et pendant un temps assez long. Le lit est constitué, au départ, par un mélange de 95% de sable et de 5% de charbon. Le sable joue le rôle de modérateur et il sera remplacé par les cendres au cours de la combustion. Le surplus de cendres est alors évacué par extraction). La combustion est « étagée » par injection d’air en différents points de la chambre de combustion. L’air primaire est injecté sous la grille pour mettre le lit en suspension et démarrer la combustion (voir schéma). L’air secondaire est alimenté dans le foyer, à environ 2 mètres au dessus de la grille, et en 12 points. L’air de fluidisation en surpression est quant à lui injecté en 88 points sous le siphon. Il permet de remettre la matière en suspension après sont passage dans le cyclone, pour la réintroduire dans la chambre de combustion. Cette technologie originale permet : d’avoir une température de combustion faible (comprise entre 850°C et 950°C), ce qui limite la formation d’oxydes d’azote (NOx), de brûler des combustibles dits « pauvres » (en PCI) qui ne pourraient être brulés dans des chaudières classiques. d’atteindre des rendements de combustion qui sont supérieurs à 95% de pouvoir introduire du calcaire dans la chambre de combustion, afin de piéger le dioxyde se soufre (SO2) qui se forme dans les fumées de combustion. On obtient alors du sulfate de calcium, produit inerte évacué avec les cendres.

Distribution de la chaleur La Centrale de la Poterne permet d’alimenter le réseau de chaleur de l’agglomération grenobloise qui représente le deuxième plus grand réseau de chaleur après Paris. La chaleur produite est dis-

tribuée au réseau de chaleur urbain de 130 km à une température de 185 °C. La consommation d’énergie primaire est de 334 000 MWh pour une production électrique de 45 600 MWh. Le combustible bois représente 5 % de la production totale de la centrale, soit un équivalent de 4 000 équivalent-logements.

Une cogénération pleine d’atouts Le turboréacteur permet de valoriser l’investissement de la chaudière LFC en utilisant la force motrice de la détente de 90 tonnes de vapeur par heure pour la production d’électricité. Cette électricité permet de faire fonctionner la centrale et l’excédent est revendu au gestionnaire local de l’électricité. L’intérêt est également important pour le réseau électrique car la production est maximale en hiver, période de pointe en matière de consommation électrique. La production d’électricité est intimement liée à celle de la chaleur. Pour produire 12 MW électrique au turbo, il faut évacuer 55 MW en chaleur réseau. Par conséquent, si le réseau est moins demandeur, on aura moins de puissance disponible pour le turbo-alternateur.

Teisseire. La transformation pour l’utilisation de bois de rebut à permis une réduction des rejets de CO2 par rapport aux énergies fossiles de 11 %. Tous les équipements de la Centrale ont été conçus de manière à limiter les nuisances sur l’environnement, aussi bien au niveau esthétique que sur l’isolation phonique. Les émissions sont contrôlées à la cheminée de manière permanente. Les fumées sont débarrassées de leurs cendres par un cyclone. Les cendres extraites du LFC, ainsi que les cendres récupérées en bas des économiseurs et de l’électrofiltre sont récoltées dans un silo à cendres. Les poussières fines sont ensuite captées grâce à un filtre électrostatique. La cheminée est composée de trois conduits (un par chaudière) d’une hauteur de 65 m, d’un diamètre de 6 m. Renseignements Compagnie de chauffage 25, avenue de constantine F- 38100 GRENOBLE Tél. +33 (0)4 76 33 23 60 Web : HYPERLINK "http://www.cciag.fr" www.cciag.fr

Fosse de réception du bois

Aspects environnementaux En matière d'environnement, la simple mise en conformité ne suffit plus : les investissements doivent déjà prendre en compte les exigences des années à venir, d'où des choix techniques "propres" assurant dès maintenant, des performances 2 à 3 fois supérieures aux exigences européennes en vigueur. Le procédé de combustible du "lit fluidisé circulant" utilisé à la Poterne réduit les émissions de soufre à 70 %, celles d'azote de 40 %, celles des poussières de 90 % par rapport à l'ancienne centrale

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La rubrique 2910-C La sous-rubrique est créée en référence au biogaz produit sous la rubrique 2781-1. Lorsque l'installation consomme exclusivement du biogaz provenant d'installation(s) classée(s) sous la rubrique 2781-1 et si la puissance thermique maximale de l'installation est supérieure à 0,1 MW, nous avons deux possibilités : lorsque le biogaz est produit par une installation soumise à autorisation ou par plusieurs installations soumises à déclaration au titre de la rubrique 2781-1, elle est soumise à autorisation. lorsque le biogaz est produit par une seule installation, soumise à déclaration au titre de la rubrique 2781-1, elle est soumise à déclaration. En mettant en place ces nouvelles rubriques spécifiques à la méthanisation à la ferme, cette nouvelle nomenclature des installations classées va faciliter l’instruction des projets. En effet, elle pourrait permettre de réduire les délais d’instruction des projets de méthanisation à la ferme. L’instruction des unités soumises à déclaration passerait d'un an au minimum à six mois. L’instruction des unités soumises à autorisation resterait comprise entre dix et vingt-quatre mois. www.legifrance.gouv.f r

Le bâtiment chaufferie de la Poterne

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Situation La biomasse-énergie en Afrique, un potentiel loin d’être pleinement exploité L’énergie produite à partir de la biomasse représente la majeure partie de l’approvisionnement énergétique de l’Afrique. Il est toutefois important de noter que les données sur la biomasse en Afrique sont particulièrement problématiques. La plupart des pays ne disposent pas de bases de données fiables et actualisées sur l’énergie, tout spécialement en ce qui concerne la biomasse. Les estimations disponibles indiquent que la biomasse constituait 58 % de la consommation énergétique finale en Afrique. Selon la même source, la biomasse représentait 49 % de la fourniture totale en énergie primaire. Bien qu’elle ait connu une baisse de sa part relative dans l’approvisionnement total en énergie primaire en l’espace de 30 ans (de 62 à 49 %), la biomasse joue encore un rôle dominant. La forte dépendance vis-à-vis de la biomasse est particulièrement visible en Afrique subsaharienne, où elle représente 70 à 90 % de l’approvisionnement en énergie primaire dans certains pays et, selon les estimations, 86 % de la consommation énergétique.

C

ette dépendance, pour les utilisations non électriques, en Afrique ne devrait pas évoluer dans un avenir proche, étant donné la stagnation,et quelquefois la baisse, des revenus nationaux par habitant et la faible progression de l’utilisation des énergies « conventionnelles ». Le nombre absolu des personnes dépendant de l’énergie de la biomasse en Afrique devrait augmenter entre 2000 et 2030, passant de 583 millions à 823 millions, soit une augmentation d’environ 27 %. Généralement, plus le pays est pauvre, plus nette est sa dépendance vis-à-vis des ressources en biomasse traditionnelle. L’utilisation de la biomasse traditionnelle présente de sérieux inconvénients pour l’environnement. La pollution de l’air intérieur résultant de cuisinières à biocombustible sans conduit de cheminée constitue un

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facteur essentiel de maladies respiratoires dans des régions montagneuses de l’Afrique subsaharienne. Le recours à la biomasse, particulièrement sous forme de charbon de bois, favorise aussi la dégradation des terres.

Utilisation de la biomasse à petite échelle Au cours des 20 dernières années, des efforts importants ont été faits pour moderniser les systèmes d’utilisation de la biomasse à petite échelle : mise au point d’un four à carboniser à haut rendement et d’une cuisinière améliorée respectant l’environnement pour les ménages ruraux et urbains en Afrique subsaharienne. Ces deux initiatives ont apporté des avantages significatifs aux populations pauvres. Les cuisinières améliorées proviennent pour

la plupart du secteur informel, qui fournit un emploi aux pauvres des villes. Les efforts visant à améliorer et à moderniser la biomasse à petite échelle représentent une composante importante des stratégies énergétiques nationales dans de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne et pourraient potentiellement aboutir à des avantages considérables pour les pauvres des zones urbaines comme des zones rurales. Le biogaz est une autre technologie d’utilisation de la biomasse à petite échelle qui a suscité un intérêt considérable au cours des trente dernières années. D’un point de vue conceptuel, la technologie du biogaz semble simple. La viabilité technique de cette technologie a été prouvée à maintes reprises dans de nombreux essais sur le terrain et des projets pilotes. Néanmoins, plusieurs pro-

Commerce du bois de feu au Cameroun, photo Frédéric Douard

blèmes sont survenus quand une diffusion massive a été tentée, ce qui a entraîné des taux de diffusion du biogaz relativement faibles. Il existe aujourd’hui un consensus général sur le fait que les installations combinées fosse septique/biogaz qui sont gérées par des institutions comme des écoles et des hôpitaux sont plus viables que des petits digesteurs anaérobies.

La cogénération, solution décentralsée de production d'énergie, photo Frédéric Douard

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Situation Utilisation de la biomasse à grande échelle

Approvisionnement total en énergie finale en Afrique, biomasse comprise Taux de croissance annuel (%) 2002-2020

2020

Elle englobe la combustion directe pour la chaleur industrielle, la production d’éthanol, la gazéification, la cogénération chaleur/électricité, la production de biogaz, le briquetage et la production d’électricité. L’exploitation des déchets agricoles existants offre un potentiel important de développement de l’énergie de la biomasse sans introduire de perturbation excessive dans les pratiques agricoles et la production alimentaire et ne nécessite pas la mise en production de nouvelles terres. Parmi les résidus de culture les plus courants et les plus adaptés figurent la bagasse de canne à sucre, les déchets de sisal, les parches de café, les balles de riz, les rafles de maïs et les feuilles de bananier. À la différence de beaucoup d’autres résidus de culture, ces déchets sont produits au cours des opérations de transformation et sont rarement remis sur les terrains. Par conséquent, l’utilisation de ces déchets agricoles pour la production d’énergie ne devrait pas avoir d’impact négatif sur la gestion des sols et la production alimentaire et pourrait constituer une source de revenus complémentaires. Les grands systèmes de production énergétique à base de biomasse les mieux connus, avec un bilan économique solide, sont les installations de cogénération utilisant la biomasse et la production d’éthanol comme substitut au pétrole. Diverses formes de biomasse peuvent être utilisées pour alimenter l’installation, notamment la bagasse des industries sucrières et des déchets des industries du papier, du bois de palme et du riz. La cogénération offre d’importantes possibilités de production d’électricité et/ou de chaleur, tout en évitant les effets environnementaux négatifs d’une utilisation accrue des combustibles fossiles. Les industries peuvent être situées dans des zones isolées sans être raccordées au réseau électrique. L’électricité excédentaire peut être mise à disposition d’autres usagers par le biais de miniréseaux. La vente éventuelle du surplus de production à la compagnie électrique nationale permet d’aug-

Afrique Total pays en d’éveloppement Monde

Biomasse (Mtep)

Part de la biomasse dans l’approvisionnement total (%)

Biomasse

367 1 127 1 428

43 18 10

1,9 1,1 1,4 Source : AIE, in Karekezi et al.,

menter les revenus des industries proches du réseau. Les estimations montrent que plusieurs pays d’Afrique orientale et méridionale pourraient couvrir une partie de leur consommation électrique actuelle au moyen de la cogénération à partir de la bagasse dans l’industrie sucrière. L’île Maurice fournit un excellent exemple et couvre près de 40 % de sa demande électrique grâce à la cogénération dont la moitié à partir de bagasse. L’industrie sucrière est une importante utilisatrice de la cogénération. Au début de l’année 2000, la cogénération dans les raffineries de sucre au niveau mondial avait presque atteint une capacité de 1 100 MWth, auxquels s’ajoutaient 450 MWth en construction. La plupart des aménagements sont enregistrés en Inde et sur l’île Maurice. Un certain nombre de renouvelables affichent un bilan positif impressionnant en Afrique, notamment dans la réduction du profil de risque des secteurs électriques et dans la couvertureouverture des besoins énergétiques de communautés rurales isolées. Toutefois, le potentiel et les arguments en faveur de la promotion des renouvelables ne sont pas bien exposés dans les documents sur les politiques énergétiques. De ce fait, le financement consacré au développement des renouvelables est minuscule comparé à celui des énergies conventionnelles. En outre, au niveau international, l’intérêt pour les renouvelables est motivé par le changement climatique et des préoccupations environnementales qui sont souvent inapplicables en Afrique. Pour privilégier le développement des énergies renouvelables en Afrique, il serait donc possible de partir des arguments suivants : – Un renforcement de la sécurité énergétique découlant d’une réduction de l’exposition au risque de flam-

Balle de riz, photo Frédéric Douard

Balle de riz non valorisée au Sénégal, photo Frédéric Douard

bée des prix du pétrole à l’importation et des fréquentes pénuries d’électricité hydraulique liées à la sécheresse. – La disponibilité de ressources renouvelables abondantes et compétitives comme la cogénération. – La possibilité de fournir des services énergétiques à des coûts compétitifs à des populations rurales isolées, à l’écart du réseau électrique. – Un potentiel significatif de créations d’emplois et d’entreprises lié aux renouvelables et aux initiatives d’efficacité énergétique.

en coédition avec Liaison ÉnergieFrancophonie et traduit de l’anglais par Jean-Luc Thierry, chargé de mission sur l'énergie à Greenpeace France Liaison Énergie-Francophonie, Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie (IEPF) - 56, rue Saint-Pierre, 3e étage, Québec G1K 4A1 CANADA Canada www.iepf.org - iepf@iepf.org Global Chance - 17 ter rue du Val, 92190 Meudon, FRANCE - France www.global-chance.org - globalchance@wanadoo.fr

Par Stephen KAREKEZI, Johnny KIMANI et Ayogo WAMBILE de l’AFREPEN (African Energy Policy Research Network's à Nairobi) : Dossier réalisé par Global Chance,

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Marché Cogénération de biogaz agricole dans l’Aube

A

Dampierre dans l’Aube, près de 10 000 m3 de lisier de porc se transforment chaque année en électricité. L'installation de la SAS Ener'Buiss, d'une puissance de 150 kW électriques, est installée sur le site de la SCEA La Buissonnière. Il s'agit de la plus grosse porcherie équipée d'une unité de méthanisation en France. Cette installation, conçue et construite par agriKomp, permet de valoriser le lisier produits chaque année par la porcherie naisseur-engraisseur de 450 truies. Quelques centaines de tonnes de déchets de céréales et de déchets d'endives viennent compléter ce lisier pour produire 150 kW électriques, revendus à la SICAE de Précy Saint Martin. La chaleur est valorisée sur l'installation et pour le chauffage d'une partie de la porcherie. L'installation ne se compose que d'une préfosse, d'un digesteur et d'un cogénérateur en container. Le stockage existant (lagune) est intégralement réutilisé pour le stockage du digestat. www.biogastechnik.de

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Initiative Le plan biogaz agricole Bretagne et Pays de la Loire Installation Biogasyl en Vendée, photo Aile

La grande région Bretagne et Pays de la Loire est la première région d'élevage française et concentre un grand nombre d'industries agroalimentaires. Les agriculteurs, les entreprises agroalimentaires et les collectivités y sont confrontés à une problématique de gestion des déchets organiques. Grace à la méthanisation qui est un procédé biologique permettant de valoriser des matières organiques en produisant une énergie renouvelable, ces différents acteurs peuvent gérer localement leurs déchets organiques. Le résidu liquide appelé digestat peut-être épandu par les agriculteurs, notamment en substitution aux engrais minéraux qui eux subissent des transports importants. Le biogaz est le plus souvent valorisé en électricité injectée sur le réseau et en chaleur valorisée impérativement localement. Très développée en Allemagne, la production de biogaz agricole reste très faible en France, même dans les régions de l’ouest où le potentiel est à la mesure de l’importante activité agricole.

Un plan biogaz pour stimuler la filière Le plan biogaz agricole a été créé pour soutenir cette filière émergente en Bretagne et Pays de la Loire entre 2007 et 2009. Ce plan a trois axes prioritaires : Le premier volet prévoit de diffuser des informations sur la technique de méthanisation auprès des acteurs potentiels que sont les agriculteurs, les organisations professionnelles agricoles, les entreprises agroalimentaires et les collectivités. La méthanisation est un projet qui s’inscrit à l’échelle territoriale. Même si individuellement, chaque acteur est confronté à une problématique particulière, une approche collective permet de favoriser de nombreuses synergies et de résoudre les problèmes particuliers.

Le second volet du plan, quant à lui, prévoit de mieux structurer l’offre en équipements en accompagnant les entreprises locales compétentes et intéressées qui interviennent comme fournisseurs pour des unités de méthanisation. Ces entreprises sont orientées vers la mise en place de partenariats avec des sociétés étrangères plus expérimentées. Le dernier volet du plan a pour objectif de faire émerger des projets cohérents, c'est-à-dire prenant en compte à la fois la disponibilité des matières organiques, l’existence de débouchés pour l’énergie thermique et les capacités à gérer le digestat, le résidu organique obtenu après fermentation. Ce plan biogaz agricole a été créé début 2007 par les conseils régionaux de Bretagne et des Pays de la Loire ainsi que les délégations régionales Ademe de ces deux régions.

Armelle Damiano, de l’association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement Aile, anime ce plan sur les deux régions.

Un accompagnement par un référent technique expérimenté AILE est le référent technique qui accompagne les porteurs de projets depuis les premiers renseignements jusqu’à la mise en route de l’installation. Les porteurs de projets peuvent contacter Aile qui, après examen du projet, évaluera les conditions de réussite et fournira aux porteurs de projets les démarches à réaliser. La mission de AILE est aussi de faire bénéficier les nouveaux porteurs de projet des retours d’expériences des premiers projets. AILE donne des recommandations pour envisager un projet de métha-

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Photo GAEC Bois Joly

nisation pour lequel, il faut : -disposer de déjections en quantité suffisante et constante, -disposer d’autres matières organiques (fumier, plantes énergétiques, déchets agro-alimentaires, déchets de collectivités,…), -disposer au total d’au moins 200 tonnes de matière sèche par an de substrats, -disposer d’un minimum d’ouvrages de stockage, -avoir des compétences en mécanique, -disposer chaque jour d’un minimum de temps, -raisonner le projet sur un minimum de 10 ans. AILE propose un accompagnement qui peut se décomposer en deux étapes : Après avoir pris connaissance du projet (qui est le porteur du projet ? dans quel but se monte-t-il ? quels seront les substrats et les débouchés ?),

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Evénement BE Suède numéro 12 (2/03/2010) Le biogaz comme carburant, une spécialité suédoise

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'après un rapport publié par des chercheurs de l'université de Lund, l'utilisation de biogaz produit à partir de déchets comme carburant permettrait de réduire de 95% les émissions des gaz à effet de serre en comparaison avec l'essence. Le groupe de chercheurs a réalisé cette étude à la demande de l'Agence suédoise de l'énergie et se base sur l'observation d'une unité de production de biogaz de la région de la Scanie. Cette étude de cas vise à faciliter l'analyse et l'optimisation d'autres installations de ce type. En Suède, on en compte une vingtaine dont la production est utilisée comme carburant dans les véhicules. A ceci s'ajoute la production, de volume équivalent, de biogaz lors du traitement des eaux usées dans les stations d'épurations. "L'installation que nous avons étudiée est assez représentative des installations qui traitent les déchets et les fumiers en Suède", souligne Mikael Lantz, doctorant spécialiste des systèmes écologiques et énergétiques. "Nous avons pris en compte l'ensemble de la chaîne de production et avons compté à la fois les émissions directes et indirectes. Ce qui est novateur dans notre démarche, c'est la prise en compte de facteurs suite page 35

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Initiative indirects souvent ignorés comme l'impact du remplacement des engrais minéraux par les engrais biologiques. Les fuites de méthane des installations ont aussi été mesurées et non basées sur des données de référence comme souvent dans les analyses de ce genre."

Carte des installations biogaz en Bretagne et Pays de la Loire

AILE réalise un pré-diagnostic à partir d’un questionnaire. En fonction du résultat, il existe trois possibilités : -soit la mission d’accompagnement est interrompue, -soit des compléments d’informations sont demandés pour pouvoir poursuivre, -soit le dossier est complet et le suivi du projet démarre jusqu’à la mise en route de l’unité de méthanisation. AILE fait ensuite une visite du site potentiel de l’unité de méthanisation, fournit une liste des entreprises locales spécialisées dans la méthanisation et présente les démarches administratives à réaliser. Le dossier d’ingénierie de l’unité de méthanisation est alors soumis à expertise en vue des demandes de financements. AILE a mis en place pour cela un guide des démarches administratives. Ce guide, initialement conçu par Rhônalpénergie-Environnement, a été adapté aux régions Bretagne et Pays de la Loire. Les démarches administratives recouvrent : - Le financement du projet : des études à la réalisation - Lesautorisationsadministrativesnécessaires -Les contrats éventuels Ce guide est téléchargeable sur le site de AILE. Pour chacune des deux régions Bretagne et Pays-de-la-Loire, on y

trouve : -les contacts nécessaires, - un questionnaire premier contact pour la réalisation d’une analyse d’opportunité, - un cahier des charges étude d’ingénierie, - une liste des entreprises méthanisation, - un dossier type de demande d’aides, - une nomenclature ICPE, - les données techniques raccordement, une lettre de demande de déclaration d’exploiter, - une lettre de demande de certificat ouvrant droit OA, - un exemple de contrat de fourniture de chaleur, - un exemple de contrat de traitement de co-substrats, - un exemple de certificat d’économie d’énergie.

Des enjeux positifs sur tous les fronts Au niveau environnemental, la méthanisation permet la réduction des gaz à effet de serre mais aussi la maitrise des odeurs car l’ensemble du processus de dégradation est effectué en milieu clos et élimine les émanations gênantes. Sur le plan économique, le développement de cette filière de valorisation énergétique, en plus de fournir de la chaleur

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et de l’électricité renouvelable, va permettre de créer des emplois sur la région Ouest. Pour les agriculteurs, c’est aussi l’opportunité de pouvoir diversifier leurs activités en se créant un complément de revenu et sécurise leur profession. Ils ont de nouvelles cartes en mains pour appréhender les évolutions de l'agriculture de demain.

Dés résultats encourageants Fin 2009, on compte une trentaine de projets de méthanisation agricole dans l’Ouest. Dans le cadre du plan biogaz agricole, ils ont fait l’objet d’accords de subventions de la part de l’ADEME, la Région, le Département, l’Europe et d’autres financeurs, selon les cas. Au total, 8 unités sont construites (ou en construction) dont 6 à la ferme et 2 sur un site industriel dédié.

Contact Armelle DAMIANO, AILE Plan Biogaz agricole Bretagne et Pays de la Loire armelle.damiano@aile.asso.fr www.aile.asso.fr

Les scientifiques constatent que les émissions de GES liées à l'utilisation du biogaz sont de 16g/kWh (méthane, dioxyde d'azote et dioxyde de carbone). Avec quelques améliorations simples, la réduction pourrait être portée aisément à 120%, c'est à dire que le biogaz irait au delà de la neutralité carbone. Il permettrait de capter les GES dans l'atmosphère. Pour comparaison, la valeur généralement retenue comme référence pour le biogaz est une réduction de 80% des émissions (par rapport à l'essence). Pour rendre le biogaz encore plus écologique les chercheurs proposent entre autre de chauffer les unités de production de biogaz avec des copeaux de bois. Une autre proposition consiste à recouvrir les réservoirs de fumiers pour réduire des rejets d'azote. Cette amélioration a déjà été réalisée sur l'unité étudiée. La possibilité d'une réduction d'émission de GES de 120% présentée dans le rapport pourrait être réalisée sans augmenter d'un centime le prix du carburant. Près de 23.000 véhicules roulent déjà au biogaz en Suède. ADIT - http://www.bulletinselectroniques.com/act ualites/62422.htm

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Etude BE Etats-Unis 199 (12/03/2010) Biocarburants : des algues au rythme effréné Bien qu'il y ait encore assez peu d'acteurs dans le domaine des biocarburants à base d'algues, notamment par rapport à l'éthanol cellulosique, le potentiel semble prometteur et bien perçu par les autorités américaines. A titre d'illustration, on rappellera que lors du premier appel de l'agence Arpa-e en novembre 2009, la société DuPont s'était vue allouer 9 millions de dollars pour son projet de recherche sur le bio-butanol à partir de macroalgues. La société Sapphire, pour sa part, est déjà en pleine phase de déploiement : l'un de ses produits a déjà été testé en vol par une compagnie aérienne et la subvention de $100 millions qu'elle vient de recevoir pour la construction de son site "industriel" doit lui permettre de passer à l'échelle industrielle d'ici fin 2011 ou début 2012. On ne peut d'ailleurs manquer d'être surpris par le rythme de croissance effréné de cette (assez jeune) start-up : 130 salariés, un centre de recherche et une unité pilote au Nouveau Mexique, le tout en seulement 2 ans et demi d'existence. Bill Gates ne s'y est sans doute pas engagé par hasard... suite page 37

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Jatropha : la fin d’un mythe ? Pendant longtemps Jatropha était célébrée comme une plante miracle. Toutefois, le mythe semble à présent vouloir s’écrouler. L’étude intitulée « Jatropha ! Un piège socio-économique pour le Mozambique », effectuée par l’association mozambicaine des agriculteurs, l’UNAC, et par l’organisation de défense de l’environnement, Justiça Ambiental, dresse un tableau qui est tout sauf rose, au moins pour ce qui est de la mise en culture de Jatropha dans ce pays.

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elon cette étude, Jatropha n’est pas une solution pour combattre la pauvreté. À titre de preuve, les auteurs contredisent quatre déclarations fondamentales relatives aux avantages généralement attribués à cette plante : Premièrement : Jatropha se développe bien sur des sites marginaux et est aussi capable de rendements élevés sur des sols pauvres. Au Mozambique, Jatropha est presque toujours cultivée sur des terres arables irriguées et en recourant à divers intrants comme des fertilisants et des produits phytosanitaires. Néanmoins, les rendements escomptés ne sont pas obtenus. Deuxièmement : Jatropha n’est pas exigeante en eau d’irrigation et en entretien. Au Mozambique, les plantes de Jatropha doivent être irriguées pendant la phase végétative initiale, même dans les zones dans lesquelles les précipitations annuelles atteignent entre 80 et 1400 mm. Troisièmement : Jatropha est résistante aux nuisibles et aux maladies. Selon l’étude, Jatropha est très sensible aux maladies et aux champignons, virus et insectes. Quand les plantes sont fortement infestées, elles ne produisent plus de feuilles et doivent être arrachées. Même l’usage intensif de fertilisants et de pesticides ne permet pas de résoudre le problème. Il est en outre prouvé

que les nuisibles s’attaquant à Jatropha peuvent se propager et infester les champs environnants. Quatrièmement : la production de Jatropha ne menace pas la sécurité alimentaire et offre de bonnes opportunités de développement aux petits paysans. Au Mozambique, Jatropha se substitue à la production de plantes vivrières par les petits paysans alors que 87 pour cent de la population sont fortement tributaires de l’agriculture de subsistance. La proposition qui vise à inciter les petits paysans à cultiver Jatropha à large échelle est ainsi source de grandes préoccupations. En outre, la plupart des familles d’agriculteurs n’ont soit aucun, soit guère accès à des marchés, à des structures de stockage ainsi qu’à des ressources en matière de communication et d’information. Aussi leur est-il pratiquement impossible de réaliser des cultures de rente destinées à l’exportation telles que Jatropha. L’étude recommande de mettre fin à la production de Jatropha au Mozambique jusqu’à ce que les conséquences de celle-ci sur l’agriculture de subsistance et sur la souveraineté alimentaire des communautés rurales soient précisément connues. En conclusion, démontre qu’au Mozambique, le Jatropha n'a pas répondu aux espérances de la population, et représente un grand risque de

Jatropha malade, photo Daniel Ribeiro

détérioration des vies et de la souveraineté de la nourriture dans les secteurs ruraux. Les arguments principaux avancés par les porteurs de projets de production de Jatropha comme : culture sans danger pour la sécurité alimentaire, avec une récolte sure et certaine de combustibles, source de revenus agricoles supplémentaires pour les agriculteurs, vecteur potentiel du développement dans les milieux ruraux, se sont avérés non fondés une fois comparés à l'évidence des développements courants de Jatropha en Mozambique. Malheureusement, le gouvernement n’est pas prêt pour traiter les conséquences probables du développement du Jatropha. Les acteurs du marché du Jatropha semblent volontairement rendre flou la réalité autour de cette culture et de son impact sur l’environnement. Le grand public doit être informé mieux au sujet des vérités du Jatropha. Aussi, une recherche plus indépendante est certainement nécessaire. D’après Report "Jatropha, a socio-economic pitfall for Mozambique" (Août 2009) (UNAC/ib) Auteurs : Daniel RIBEIRO et Nilza MATAVEL Lamine BADJI

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Observatoire

Fourchettes de prix constatés au détail pour le second trimestre 2010 en France et Belgique briquettes, à emporter par le client

235 à 388 € la tonne TTC

bûches coupées en 33cm livré à 30 km (commandé par 5 stères)

65 à 71 € la stère TTC

granulés en vrac, livrés par camion souffleur à 70 km, pour une commande de 5 tonnes (diamètre 6 à 9 mm) granulés en sac, à emporter par le client (diamètre 6mm) petites plaquettes sèches livrées par camion bennant de 30 m3 à 70 km (marchés petit collectif et particuliers, dim 3 x1 x1 cm) bois déchiqueté humide livré par camion à fond mouvant de 90 m3 à 70 km (marchés collectif et industrie)

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209 à 250 € la tonne TTC

Actuellement, Sapphire cherche à abaisser les coûts de fabrication, par exemple en simplifiant le cuvelage et en améliorant le rendement de la "récolte". La course à la compétitivité avec les autres formes de biocarburants est évidemment engagée. Mais les "algal biofuels" bénéficient de quelques avantages comparatifs. Avec les aquifères salins abondants au NouveauMexique, un ensoleillement record et une absorption de CO2 atteignant les 90%, la société tient en effet un certain nombre de cartes en main. Les avantages comparatifs seraient encore multipliés si le CO2 devait se voir affecter un prix à la tonne dans les prochaines années. Mieux encore, les terres au Nouveau Mexique étant peu fertiles, le développement des biocarburants à base d'algues envisagé par Sapphire échappe à l'actuel débat sociétal relatif à l'éviction foncière générée par d'autres formes d'énergie renouvelable. ADIT - http://www.bulletinselectroniques.com/ actualites/62591.htm

221 à 275 € la tonne TTC

40 à 129 € la tonne TTC

40 à 56 € la tonne TTC

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Evénement BE France 238 (23/02/2010) Bioproduction d'isobutène

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lobal Bioénergies accélère le développement de son procédé Fondée en 2008, Global Bioénergies, qui emploie aujourd'hui une quinzaine de salariés, est la seule entreprise en Europe et l'une des rares au monde à développer un procédé biologique de production d'hydrocarbures. Sous licence exclusive, elle travaille en effet au développement d'un procédé innovant de bioproduction d'isobutène. Celui-ci repose sur l'implantation d'une voie métabolique artificielle dans différents microorganismes et est adapté à l'utilisation de diverses ressources végétales, telles que le sucre de canne ou de betterave, le glucose issu de l'amidon de céréales, ou encore les sucres obtenus à partir de la digestion de matière lignocellulosique (déchets agricoles ou forestiers). Rappelons que l'isobutène est un hydrocarbure gazeux qui se volatilise spontanément lors de la fermentation, une propriété qui permet de s'affranchir d'une limite habituellement liée à la toxicité du produit s'accumulant dans le milieu réactionnel. Qui plus est, il ne nécessite aucun effort de purification tel que la distillation dans le cas de l'éthanol. Autant d'avantages qui permettent d'espérer des données environ-

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Evénement nementales et économiques très supérieures à celles des différentes approches actuelles de production de biocarburants. Or en utilisant des procédés chimiques éprouvés et bon marché, l'isobutène gazeux peut ensuite être facilement converti en hydrocarbures liquides (essence, kérosène, diesel, ETBE). Global Bioénergies vient de recevoir d'OSEO un financement d'un montant de 760.000 €, dont 100.000 proviennent du FEDER, afin d'accélérer le développement de ses travaux. "Nous avons récemment démontré expérimentalement que la voie métabolique artificielle considérée permet bien de produire de l'isobutène. Il s'agit d'en augmenter le rendement", déclare Marc Delcourt, Président de Global Bioénergies, avant d'ajouter : "Ce financement d'OSEO va nous permettre d'accélérer les travaux d'amélioration de la voie métabolique, préalable indispensable à l'industrialisation du procédé". www.global-bioenergies.com ADIT http://www.bulletinselectroniques.com/actu alites/62337.htm

8 février 2010, Johannes Braun www.innovationlejournal.com

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R11 Bioénergie international - mai 2010  

Un numéro qui fait le point sur la politique française en matière de production électrique à partir de la biomasse. Quatrième édition égalem...

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