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Spirit

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AL SHAHANIA STUD STALLION COLLECTION

MARED AL SAHRA

ASSY

JAAFER

2002 Amer x Massamarie Fee 3,000 EUR

2009 Amer x Margouia Fee 4,000 EUR

2003 Amer x Madjela Fee 4,000 EUR (Fresh semen only) Only available in France

Multiple Group 1 winner, sire of CHADDAD winner of the Qatar Total Arabian Trophy des Poulains, (Gr.1 PA).

Dual Group 1 winner including, H.H. The Emir’s Sword (Gr.1 PA) in 2014 and H.H. The Emir’s Trophy (Gr.1 PA) in 2013.

International multiple Group 1 winner, sire of RAJEH, winner of the Qatar Total Arabian Trophy des Poulains (Gr.1 PA).

ASRAA MIN ALBARQ

MEBROUK

ALMAS

2003 Amer x Akie Croix Noire Fee 2,750 EUR

1996 Manganate x Mandore Fee 1,000 EUR

1999 Tidjani x Madjela Fee 1,000 EUR

International multiple Group 1 winner and full brother to AREEJ, winner of the Arabian World Cup (Gr.1 PA).

Multiple Group 1 winner and full brother to DORMANE and DJENDEL.

*Note: VAT 2 & shipping charges Spiritare not included in the above mentioned fees. To book a breeding please contact Lisa Deymonaz our Breeding Manager: +974 - 4490 - 3074 / lisa@alshahaniastud.com www.alshahaniastud.com

Multiple Group 1 winner and half brother to JAAFER.


Edito L’hiver est toujours une période d’entre-deux, l’occasion de revenir sur les derniers évènements et de regarder vers la saison à venir. Pour l’occasion nous vous entraînons en France, en Roumanie, en Australie, en Allemagne, en Angleterre, aux Émirats Arabes Unis et aux États-Unis. Nous vous proposons de partager les émotions et l’expérience des jockeys, des entraineurs, des cavaliers d’endurance et des éleveurs ; de découvrir la gestion d’un hippodrome, des initiatives riches de promesse, des innovations dans l’univers de la sellerie, des mondes artistiques célébrant le cheval. A toutes et tous bonne lecture.

L’équipe

Winter is an intervening period, a time to look back at the last events of 2017 while looking forward to the new season. So let’s tour Europe, England, France, Germany, Romania, before going to the United Arab Emirates, Australia and the United States. You will share the emotions and experience of jockeys, trainers, endurance riders, breeders; you will discover the management of a racecourse, promising initiatives, innovations in the world of saddlery, artistic universe celebrating horses. Enjoy your reading.

The team

www.arabian-horse-spirit.com Facebook : AHS

Edité par Eagran Directrice de la publication & graphisme : Stéphanie Meklis Rédactrice en chef & traduction : Virginie Bauer Responsable communication et développement commercial : Claudie Macaigne Abonnement : www.arabian-horse-spirit.com/abonnement Rédaction : Virginie Bauer / Florent Ayrignac / Mindy Davies / Yvonne Lavagne d’Ortigue / Debbie Burt Photographies : Anaïs Levé / Claudia Duffé / Hipaca Images / Debbie Burt / Archives Départementales de Toulouse / Florent Ayrignac / Sharon Meyers / Martine Salvetat / Laëtita Laurent / Collection Gaston Mercier / Scottsdale Horse Show / Experience Scottsdale / Kalliste Arabians / Sylvia Ilenda / Anette Varjonen / April Visel / Friedman Collection Imprimé en France par Imprimerie du Noisetier Couverture : Qatar Arabian World Cup, Chantilly 2017 - photo Hipaca Images N°ISSN : 2493-7304

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sommaire / contents Editorial ........................................................................................................................P 1 Sommaire ....................................................................................................................P 3

COURSES

Portrait - Olivier Peslier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 6 Ventes Arqana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P14 Qatar Total Arabian Trophy des poulains et des pouliches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P18 Qatar Total Arabian Trophy des juments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P24 Qatar Arabian World Cup . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P28 The Jewel Crown . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P32 Les French Arabian Breeder’s Challenge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P36 Hippodrome de Toulouse : La Cépière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P42

ENDURANCE

Haras de Mangalia - Le trésor de la Roumanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tom Quilty Gold Cup . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’hivernage des chevaux d’endurance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Gaston Mercier, l’homme des défis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

P52 P60 P68 P72

Scottsdale Horse Show . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le cheval arabe sous les projecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le Show . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Portrait - Al Lahab . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

P82 P90 P100 P108

Nos coups de coeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Des chevaux et des timbres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Racing to School . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Artiste : Kathy Russell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

P116 P122 P128 P132

SHOW

CULTURE


arabian horse

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Portrait Jockey - Olivier Peslier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ventes Arqana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Qatar Total Arabian Trophy des poulains et des pouliches . . . . . Qatar Total Arabian Trophy des juments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Qatar Arabian World Cup . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Jewel Crown . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les French Arabian Breeder’s Challenge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Hippodrome de Toulouse : La Cépière. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

P 6 P14 P18 P24 P28 P32 P36 P42

Page de gauche / left page : Vente Arqana 2017 © Hipica Images

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Portrait

Olivier Peslier jockey

TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Claudia Duffé, Anaïs Levé & Hipica Images

Olivier Peslier & Al Mouzdahira

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Olivier Peslier connaît les chevaux et leur potentiel, les pistes sur lesquelles il court. Il sait analyser les techniques de monte française et étrangère. Ses courses servent souvent de référence, comme l’ont souligné maintes fois les commentateurs. En 2018, il comptait près de trois mille cinq cents victoires, dont cent trente-deux Groupe 1 en France et à l’étranger. Il a couru et court toujours pour les plus grandes casaques, celle de la reine Elizabeth II, de Daniel Wildenstein, de Jean-Luc Lagardère, des frères Wertheimer, de SA Cheikh Abdullah Bin Khalifa Al Thani ou des Écuries Royales d’Oman, pour n’en citer que quelques unes. Quatre fois Cravache d’Or (1996, 1997, 1999 et 2000),

Many words are used to qualify Olivier Peslier: «eternal», «exceptional», «best rider in the world», «quiet force»… many are the horses he has ridden, the countries where he has raced, the events he has won. Today the champion jockey doesn’t have anything to prove and if he keeps entering the starting gates it’s only because his love of horses and of his trade are strong. Olivier Peslier knows horses and their potential, the tracks where he gallops. He can analyze the riding techniques whether French or foreign. His races are often qualified as «reference» as many commentators often stressed. By 2018, the number of his victories amounted to three thousand and five hundred including one hundred and thirtytwo Group 1 in France and abroad. He’s been sporting the silks of the most famous owners like HM Queen Elizabeth II, Daniel Wieldenstein, Jean-Luc Lagardère, the Wertheimer’s brothers, HH Sheikh Abdullah Bin Khalifa Al Thani, the Royal Cavalry of Oman to name but a few. Four times Cravache d’Or (1996, 1997, 1999 and 2000), the title of French flat racing Champion Jockey, four times a victor in the Arc de Triomphe aboard Hélissio, Peintre Célèbre, Sagamix and Solémia, he rode the most famous champions in the history of racing: thoroughbreds like

Olivier Peslier casaque Wertheimer & Freddy Head

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COURSES

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ombreux sont les qualificatifs utilisés pour parler d’Olivier Peslier : « éternel », « exceptionnel », « meilleur cavalier au monde », « la force tranquille »… tout aussi nombreux sont les chevaux qu’il a montés, les pays dans lesquels il a couru, les épreuves qu’il a gagnées. Aujourd’hui, le crack-jockey n’a plus rien à prouver et s’il continue à prendre le départ, c’est parce que son amour des chevaux et pour son métier sont les plus forts.


Qatar Total Arabian Trophy des Juments TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Hipica Images

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amedi 30 septembre, le grand week-end de courses de plat en France est lancé. Les chiffres sont vertigineux, seize courses en deux jours, dont neuf Groupe 1, 9.4 millions d’euros de dotation, six cents journalistes accrédités, quarante-deux mille spectateurs, des concurrents qui viennent du monde entier. Deuxième course au programme de ce week-end à Chantilly et premier Groupe 1, cette épreuve réservée aux pouliches de quatre ans et plus a rassemblé dix concurrentes. Si cette course sacre les meilleures femelles de leur génération, elle peut être également un marchepied vers la Qatar Arabian World Cup. Parfois, une concurrente se distingue en grande favorite, ce qui fut le cas de Kiss de Ghazal en son temps et de Sylvine Al Maury l’année dernière. Cette nouvelle édition semblait cependant plus ouverte. On a retrouvé des juments très régulières, abonnées des podiums, comme Jamaheer, Muneera, Almaa ou Karimah. Pour la majorité de leurs entraîneurs, la saison était axée sur cette grande course. Deux d’entre eux, Damien de Watrigant et Thomas Fourcy se sont partagés les cinq premières places. Muneera, la baie brun, devant l’alezane Jamaheer, les pensionnaires de Damien de Watrigant, s’offrent les deux premières places, suivies respectivement d’Almaa et Al Mouzdahira devant Um Graibah, les trois élèves de Thomas Fourcy. Muneera et Jamaheer, deux compagnes d’écurie. Cette dernière a enchaîné les victoires cette année à Toulouse et à La Teste, remportant notamment le Shadwell-Critérium des pouliches (Groupe 2) (voir AHS n°4). A l’exception d’une victoire à La Teste le 17 juin, Muneera a terminé trois fois à la deuxième place ; les deux rivales venaient de s’affronter dans le Prix Nevadour (Groupe 3) remporté par la représentante de Shadwell et son propriétaire-éleveur de

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On Saturday September 30th, the major weekend of flat racing in France was launched. The figures are mindblowing: sixteen races over two days including nine Group 1, which represent the highest standard of Flat racing in the world, 9,4 million euros in prize-money, six hundred international accredited journalists, forty-two thousand spectators in the stands, contenders from all over the world. The second race on the card and first Group 1 scheduled that day was for purebred Arabian fillies and mares 4-years old and up. It gathered ten competitors. If that race crowns the best female of her generation, it can also be a springboard for the Qatar Arabian World Cup the following year. Sometimes a competitor stands out as the hot favourite like Sylvine Al Maury last year. However, this new edition seemed more open with mares like Jamaheer, Muneera, Almaa or Karimah who had been regular winners or placed. For most trainers, their all year has been geared towards this day. Two of them, Damien de Watrigant and Thomas Fourcy, shared the first five places. Muneera, the grey, and chestnut Jamaheer, Damien de Watrigant’s wards, finished first and second followed by Almaa and Al Mouzdahira ahead Um Galbraith, Thomas Fourcy’s three trainees. Muneera and Jamaheer, two stable mates: in 2017 Jamaheer was a victor in Toulouse and La Teste where she snatched the Shadwell-Critérium des pouliches (Group 2) (see AHS n°4) while Muneera was victorious in La Teste on June 17th and finished second three times. The two rivals had just fought in Prix Nevadour (Group 3) with Jamaheer claiming her third win within a year for her ownerbreeder HH Sheikh Hamdan Al Maktoum, in front of Muneera. Ridden with great skill by Christophe Soumillon Muneera, bred and owned by Mohamed Al Nujaifi, had her revenge in Chantilly on a ground turned soft after the night rains. Damien de Watrigant analysed the duel at


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COURSES

Muneera & Christophe Soumillon


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The ewel

Crown

Pièce en deux actes

TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Debbie Burt

Muraaqib

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Le duel annoncé entre Muraaqib et RB Burn n’est que la suite logique de la carrière de deux chevaux qui se sont rencontrés pour la première fois le 2 octobre 2015, à SaintCloud, lors du Qatar Arabian Trophy des poulains. L’alezan portant les couleurs de SA Cheikh Hamdan Al Maktoum, l’avait emporté sur le cheval gris appartenant à SA Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan. Si Muraaqib a poursuivi sa carrière sur les hippodromes européens, ceux des Émirats sont devenus le terrain de chasse de RB Burn, depuis la fin de l’année 2016, lorsqu’il passa de la houlette d’Elisabeth Bernard à celle d’Éric Lemartinel. Et, en ce soir du 10 novembre sur le gazon d’Abu Dhabi, on a bien cru voir se rejouer l’édition de 2016, RB Burn passant la ligne d’arrivée devant Muraaqib, après une lutte acharnée dans la ligne droite. Mais ce n’était que le premier acte d’une pièce qui en comportait deux. En effet, le jockey de Muraaqib, Jim Crowley, en a appelé au jugement des commissaires. L’anglais a estimé avoir été gêné par Gérald Avranche, qui a touché plusieurs fois Muraaqib, RB Burn s’appuyant également sur l’alezan sur toute la ligne droite, sans que son jockey ne le reprenne. Après quarante minutes de délibération, les commissaires inversèrent l’ordre d’arrivée, donnant la victoire à l’élève de François Rohaut, entraîné en France. C’est la sixième victoire en Groupe 1 pour ce fils de Munjiz par Tashreef par Bengali d’Albret et la neuvième sur onze courses. Chaddad (Mared Al Sahra x Nisaee par Dormane) prend le troisième accessit pour son propriétaire omanais Aaisha Yousuf Mohd Al Balushi devant Ahzar (Munjiz x Frasquitha par Dormane) entraîné par Damien de Watrigant, pour le haras de Mandore. Retrouverons-nous les deux rivaux l’année prochaine ? Pour François Rohaut cela ne fait pas de doute. Son programme sera axé sur les courses de 1 600 m et nous devrions retrouver Muraaqib à Goodwood, en Turquie et à Abu Dhabi. Le HH Sheikha Fatima Bint Mubarak Apprentice Jockey Championship, sur 1 600 m, a vu la victoire facile de la

The Jewel Crown, drama in two acts All the elements were at hand to make of the new edition of the Jewel Crown an exciting race. Defending champion RB Burn (Majd Al Araab x Burnie Gee PW by Burning Sand) was facing an opposition ready to take his crown. Like Al Mourtajez last year, another French horse, Muraaqib appeared as his most serious rival. But Al Shaqab’s champion hadn’t been able to threaten Eric Lemartinel’s charge. So the duel between Muraaqib and RB Burn was just another step in the career of two horses who met for the first time on October 2nd, 2015, on Saint-Cloud racecourse for the Qatar Arabian Tophy des poulains. The chestnut colt sporting the colours of HH Sheikh Hamdan Al Maktoum defeated the grey Arabian owned by HH Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan. While Muraaqib pursued his career on European racecourses, RB Burn has been running in the Emirates since 2016 when he left Elisabeth Bernard’s stables to be trained by Eric Lemartinel. On the night on November 10th, on Abu Dhabi’s turf, it seemed as the 2016 edition of the race was being played again as RB Burn crossed the line in front of Muraaqib after a harsh fight in the straight. But it was only the first act of a two acts drama. Indeed, Jim Crowley, went to the Stewarts to lodge a protest. Muraaqib’s jockey said that they received quite a bump and were continually taken off their racing line from about 200m. After a lengthy forty minutes deliberation, the Stewarts reversed the first two places and Muraaqib, trained in France by François Rohaut, was declared the victor of the race. Sired by Munjiz out of Tashreef by Bengali d’Albret Muraaqib was winning his sixth Group 1 in Dubai and the ninth of his eleven outings. Chaddad (Mared Al Sahra x Nisaee by Dormane) owned by Aaisha Yousuf Mohd Al Balushi from Oman finished third ahead Ahzar (Munjiz x Frasquitha by Dormane) trained by Damien de Watrigant, for haras de Mandore. Will the two rivals face each other again next year? For François Rohaut no doubt about it. His programme focuses on 1,600m races and we should see Muraaqib at Godwood, in Turkey and in Abu Dhabi. HH Sheikha Fatima Bint Mubarak Apprentice Jockey Championship on 1,600m was won by Ina Toverud from Denmark riding AF Yatroq (AF Al Buraq x Nuzhaat by Izentespeshal) trained by Ernst Oertel for Khalida Khalifa Al Nabooda. In HH Sheikha Fatima Bint Mubarak

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COURSES

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ous les éléments étaient réunis pour faire de cette nouvelle édition de The Jewel Crown un course excitante. Le vainqueur de l’année dernière, RB Burn, (Majd Al Araab x Burnie Gee PW par Burning Sand) défendait sa couronne face à un parterre de concurrents décidés à l’en déposséder. Comme Al Mourtajez, l’année dernière c’est un autre FR, Muraaqib, qui semblait le plus dangereux. Mais le champion d’Al Shaqab Racing n’avait, alors, pas pu menacer le pensionnaire d’Éric Lemartinel.


La Cépière

Hippodrome de Toulouse TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Claudia Duffé, Archives Départementales & Anaïs Levé

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n 1919, le programme d’été de la Société des courses de Toulouse prévoyait six épreuves pour chevaux de pur-sang et sept épreuves pour arabes et anglo-arabes. C’est donc une longue histoire qui lie l’hippodrome aux courses arabes. Le programme de 2017 proposait vingt-et-une courses réservées aux pur-sang arabes, soit 25% de la totalité de celles qui se courent en France. Et pour la première fois, un Groupe 1, le Challenge Breeders’Classic, y sera disputé cette année. La Cépière, ce nom bien connu des turfistes du Sud-Ouest a d’abord été, au Moyen-Âge, un domaine appartenant aux comtes de Toulouse, puis, au XVe siècle, à Bernard et Hugues de La Cépière, avant de passer dans les mains de propriétaires successifs. Dès 1866, la Société des courses de Toulouse loue un terrain à son propriétaire du moment, PaulAlexis Sabatiè, pour y créer un hippodrome. Cent cinquante-deux ans plus tard, La Cépière est devenu le troisième hippodrome français, derrière Vincennes et Cagnessur-Mer, au nombre des courses.

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La Cépière racecourse, Toulouse, France In 1919, the card of the summer meeting organised by the Société des courses de Toulouse featured six events for thoroughbreds and seven for purebred Arabians and AngloArabians. The history between the racecourse and Arabian racing is a long one. In 2017, twenty-one races for purebred Arabians only were scheduled, that is to say 25% of all the races run in France. And for the first time, a Group 1, the Challenge Breeders’ Classic, will be held this year. La Cépière, this name is famous among racegoers in the South-West of France. It was a medieval estate that first belonged to the Counts of Toulouse, and then, in the 15th century, to Bernard and Hughes de La Cépière. It would subsequently change hands many times. In 1866, the Société des courses de Toulouse leased some land from the then-owner, Paul-Alexis Sabatiè, to build a racecourse. One hundred and fifty-two years later, La Cépière is the third French racecourse in terms of the number of races,


Nous avons rencontré Francis Montauban, le président de la Société sportive des courses, et Arthur Serres, le directeur du site et des Courses. Avec eux, nous sommes revenus sur l’activité de l’hippodrome et sa gestion au quotidien. La Cépière s’étend sur 34 hectares à proximité du centre de Toulouse. Il propose des courses de plat, de trot et de steeple. Cette année, quarante-huit réunions sont prévues, soit 380 courses environ comprenant 142 courses de plat (100% de premium) 40 courses de steeple et 192 courses de trot. L’hippodrome est ouvert toute l’année, mais il n’y a pas de courses en juillet ni en août. Quand on demande à Arthur Serres quelles sont ses priorités, il vous répond spontanément « Que tout se passe bien ! » puis il ajoute « Faire un site accueillant, en mouvement, et toujours s’améliorer ». Pour cela, la sécurité sur les pistes et l’accueil du public sont au coeur de ses préoccupations. Pour l’entourer, il dispose d’une équipe technique avec un responsable de piste et une équipe d’employés entretenant le site, pistes et infrastructures. Sont disponibles sur place pour les courses, 130 boxes et environ 50 stalles. Dans les boxes, pas de mangeoire, ni d’abreuvoir, pour répondre à des questions sanitaires. « Les boxes, une fois préparés, sont scellés. A partir du moment où l’entraîneur accepte un box, la responsabilité lui en incombe. Une fois que les chevaux sont partis, on nettoie, on désinfecte, on re-paille et on referme », nous expliquet-il.

behind Vincennes and Cagnes-sur-Mer racecourses. We met Francis Montauban, the President of the Société sportive des courses, and Arthur Serres, the Managing Director and Operations Manager. Together we discussed the management of the racecourse and all its activities. La Cépière covers 34 hectares, a few kilometers from the center of Toulouse. It is home of flat racing, harness racing and jumps. This year forty-eight meetings are to be held, that is to say 380 races, including 142 flat races, 40 steeplechases, and 192 harness races. The racecourse is open all year long but there is no racing in July and August. When you ask Arthur Serres about his priorities, he spontaneously answers «That everything goes well!» and he adds «Having welcoming grounds, moving forward, and getting better all the time». To achieve such goals the safety of the tracks as well as public access and reception are paramount among his preoccupations. He can rely on the assistance of a technical staff with a track manager and a team of employees who maintain the grounds, the tracks and the facilities. Derrière les tribunes en 1935

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« Le site est vivant, tous les jours on y voit des chevaux. » raconte-t-il. Si dans les années 70, on en comptait jusqu’à 250 à l’entraînement, aujourd’hui 60 s’y entraînent à l’année, dont une vingtaine de pur-sang arabes entraînés par


Éric Dell’ova, des pur-sang anglais et quelques trotteurs. L’hippodrome accueille également des chevaux en transit, comme les chevaux de CSO en route pour l’Espagne, qui peuvent y passer la nuit. Autre priorité, le gazon. De sa qualité dépend la sécurité des chevaux et des jockeys. « Le gazon est riche car il reçoit des apports d’engrais, le sol est bien structuré ce qui lui permet de supporter autant de courses, de résister aux impacts des chevaux. On passe la tondeuse un à deux jours avant les courses et il faut remettre la piste en état au plus vite après les courses pour préserver le gazon. Un bon gazon doit respirer et donc être décompacté régulièrement, ce qui est fait au moyen de scarificateurs. L’arrosage est dosé, afin de permettre à l’herbe de s’ancrer profondément. Et il ne faut pas oublier l’aspect visuel, « il faut offrir un beau spectacle », souligne Arthur Serres. Au mur de son bureau de grandes cartes des pistes qu’il destine aux jockeys, afin qu’ils sachent quels tracés emprunter : en plat les distances sont de 1 200, 1 300, 1 400, 1 600, 2 000, 2 100, 2 200, 2 400 et 3 000 mètres ; en obstacle de 3 500 à 4 200 mètres et en trot de 2 150 à 2 950 mètres. La piste de galop, de 1 875 mètres, corde à droite, est relativement plate et offre une ligne droite de 350 mètres. Arthur Serres est passionné par son métier. Ce jeune directeur, qui a fait ses études à l’École d’Ingénieurs de Purpan, à Tou-

130 boxes and about 50 stalls are available for racing. In the boxes there are no feeders nor water troughs per sanitary regulations. «Once ready, the boxes are sealed. When a trainer accepts a box he takes over the responsibility. After the horses have departed the boxes are cleaned, sanitised and bedded with straw before we close them again» he explains. «This is a lively place, you can see horses every day» he tells us. If you could count up to 250 horses in training in the 1970s, today 60 are stabled for the year at the training center, including about twenty horses schooled by Éric Dell’ova, thoroughbreds and a few trotters. The racecourse also welcomes horses in transit who can spend the night on the premises, like show jumping horses on their way to Spain. The lawn is another of his priorities. The safety of horses and jockeys depends on its quality. «We add fertilizer, the structure of the soil is good so the lawn can resist the impact of horses in so many races. We mow the lawn one to two days before races and after we have to restore the tracks to protect the grass. A good lawn must breathe so the soil needs to be regularly loosened which we do using scarifiers. Watering has to be measured in order to help the grass take root as deeply as possible.» And we can’t forget the visual impact: «the show must be beautiful»

chevaux à l’entraînement 1964

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Arthur Serres stresses. On the wall of his office you can see big maps with the tracks. They are made for jockeys so they can find out the different starting points: in flat races the distances are 1,200, 1,300, 1,600, 2,000, 2,100, 2,200, 2,400 and 3,000 meters; in steeple-chase from 3,500 to 4,200 meters and in harness racing from 2,150 to 2,950 meters. The righthanded flat racing track is 1,875 meter long with a 350 meters straight. Arthur Serres is passionate about his job. This young manager studied agriculture at Purpan École d’Ingénieurs in Toulouse, started to work at La Teste Racecourse under the direction of Jean-Marie Plassan before Francis Montauban invited him to join the team in Toulouse. «I want to thank them both. I was lucky that these two persons trusted me when I was inexperienced. They are very committed to their work, sharing many ideas with their collaborator as well as their time.» «I have a great team with Arthur, Michel Caralp, our Finance Director, and Manon Lagarde, our Head of Communications. We trust each other,» adds Francis Mon-

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louse, a débuté à La Teste, sous la houlette de Jean-Marie Plassan, avant que Francis Montauban ne l’engage à le rejoindre à Toulouse. « Je les remercie tous les deux. J’ai eu cette chance d’avoir deux personnes qui m’aient fait confiance, alors que j’avais peu d’expérience. Ce sont des présidents très investis tous les deux, qui donnent beaucoup d’idées et beaucoup de leur temps. »


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arabian horse

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Endurance Haras de Mangalia - Le trésor de la Roumanie . . . . . . . . . . . . . . . . Tom Quilty Gold Cup . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’hivernage des chevaux d’endurance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Gaston Mercier, l’homme des défis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Page de gauche / left page : Photo Martine Salvetat

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Haras de Mangalia

Le trésor de Roumanie TEXTE & PHOTOS Florent Ayrignac

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n ce froid dimanche de février, nous avons rendez-vous avec Nicolae Stretean au coeur du Haras de Mangalia, au sud-est de la Roumanie. Ancien vétérinaire puis directeur du haras de Mangalia, il a travaillé au service du haras national pendant trente-huit ans, avant de prendre sa retraite. Nicolae est un homme de cheval, au sens noble du terme. Il a voué sa vie à la sélection du pur-sang arabe. Le temps de cette rencontre, il nous dévoile, avec un grand enthousiasme, l’histoire de sa vie… celle du haras national de Mangalia. Au XIXe siècle, l’empire austro-hongrois rayonnait en Europe centrale. Fondé sur un régime monarchique, l’empire des Habsbourg s’étendait jusqu’en Transylvanie, dans les Carpates, une région au centre de l’actuelle Roumanie. A cette époque, le cheval occupait une place essentielle dans la société. Le rôle de la cavalerie dans l’empire austro-hongrois était considéré comme stratégique et primordial, car il fallait défendre cet empire qui se déployait jusqu’au coeur de l’Europe. La cavalerie était composée de chevaux de grande taille, des chevaux lourds et solides, mais qui manquaient parfois de résistance face aux efforts physiques. C’est pourquoi le colonel de cavalerie Ioszef Cekonicz, le colonel Bruderman et le général de brigade Mihaiy Fedlalah, tous officiers de l’armée austro-hongroise, furent chargés d’une mission : revaloriser la qualité des chevaux de l’empire. Ils partirent donc pour la péninsule arabique afin de ramener des chevaux arabes, une race déjà bien connue pour ses qualités amélioratrices. Des chevaux furent achetés en Irak, en Syrie, en Arabie Saoudite, à des tribus de bédouins, avant d’être conduits au haras de Babolna, en Hongrie. Le 16 novembre 1918, à la fin de la Première Guerre Mondiale, l’empire austro-hongrois abdique face aux alliés. Ses territoires sont éclatés en états-nations. Une république

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Mangalia Farm Stud, Romania’s War Chest It’s cold on this Sunday in February, when we went to meet Nicolae Stretean at Mangalia horse stud. The farm is located in south-eastern Romania. Former director of Mangalia, Nicolae worked for the national stud for thirty-eight years before retiring. He is a true horseman in the noblest sense of the word. This former veterinary dedicated his life to the selection of purebred Arabians. During our meeting he enthusiastically told us about his life… that of Mangalia national farm stud. In the XIXth century the Austro-Hungarian Empire was spreading out in Central Europe. Founded on a monarchic system the Habsbourg empire reached Transylvania in the Carpathians, a region at the heart of today’s Romania. At that time, horses played an essential part in society. The cavalry, especially, was central as they had to defend an empire placed in the centre of Europe. So the regiments were of strategic and primary importance. Their horses were big, in size and weight, but could lack resistance when physical efforts were required. That’s why three officers in the Autro-Hungarian army, Ioszef Cekonicz, colonel in the Cavalry, colonel Bruderman and brigadier-general Mihaiy Fedlalah, were entrusted with the task of improving the breed. Thus they travelled to the Arabian Peninsula to find Arabian horses, who were already recognised for the quality they gave when crossed. Horses were bought from Bedouin tribes in Irak, Syria and Saudi Arabia, before journeying to Balbona horse stud in Hungary. On November 16th, 1918, at the end of War World I, the Austro-Hungarian Empire was dissolved. Austro-Hungarian lands became nations. The Hungarian People’s Republic was created but the Communists seized control and established the Hungarian Soviet Republic. Backed by


Les souches d’origine pur-sang arabe du haras de Mangalia Nicolae Stretean nous présente les six souches qui vont faire du haras une référence, en terme d’élevage. Parmi les six chevaux arabes importés par la Roumanie, se trouvaient trois juments et trois étalons. Pour une meilleure compréhension, il faut noter que les juments sont identifiées par un numéro, le nom de l’étalon reproducteur à la base de la lignée et celui de son propre père. Par exemple, la jument 67 Siglavy Bagdady 15 est la 67e femelle, née au haras, de l’étalon Siglavy Bagdady 15e descendant de Siglavy Bagdady. 67 avant le nom signifie également que la jument avait été choisie comme poulinière, par la commission de sélection du haras. Jument 67 SIGLAVY-BAGDADY 15 Née à Babolna, en 1907, de la jument 8 Dzingis-Khan et de l’étalon Siglavy-Bagdady. Cette jument a vécu jusqu’à

France, Romania saw the opportunity to encompass Transylvania, which was mainly populated by Romanian ethnies. In July 1919, the victorious Romanian army entered Budapest. The kingdom of Romania would claim Transylvania which was attached to the country through the Trianon Treaty (1920). Then, stationed in Budapest, the Romanian army seized the opportunity to grab «war chests» meant to compensate for the damages suffered by the Kingdom during the war. They collected thirty-four horses from Balbona farm stud, including six purebred Arabians and twenty-eight Shagya Araber. From 1928 on, those horses were taken to Cislau Stud in the Buzau County, to Radauti’s stud in the Suceava County, then to Mangalia in the Constanta County. The influential Arabian strains at Mangalia horse stud Nicolae Stretean presents the six bloodlines which made of the stud a reference in terms of breeding. Among the six Arabian horses imported by Romania, were three mares and three stallions. For a better understanding, you have to note that mares are identified with a number, the name of the foundation sire and that of her own sire. For example 67 Siglavy Bagdady 15 is the 67th mare born at the stud by the 15th product of Siglavy Bagdady. 67 also means that the mare was selected by the stud commission as a broodmare. 67 Siglavy-Bagdady 15 Born in Balbona in 1907, this mare by Siglavy-Bagdady out of 8 Dzingis-Khan, lived at Mangalia until the age of thirty-one. She was covered by Gazal II and perpetuated his bloodline. 44 Habdan I-7 Born in Balbona in 1908, this mare by Habdan I out of 212

Haras de Mangalia

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ENDURANCE

démocratique hongroise est créée, mais elle sera très vite renversée par un gouvernement communiste. Soutenue par la France, la Roumanie voit ici une opportunité pour s’approprier la Transylvanie, peuplée majoritairement de roumains. L’armée roumaine entre victorieuse à Budapest, en juillet 1919, et négociera le rattachement de la Transylvanie à la monarchie roumaine, dans le cadre du traité de Trianon (1920). Alors stationnée à Budapest, l’armée roumaine en profite pour s’emparer de « trésors de guerre », sensés compenser les dommages que le pays a subis, engendrés par le conflit. C’est ainsi, que l’armée roumaine récupérera trente-quatre chevaux du haras de Babolna, dont six pursang arabes et vingt-huit Shagya Araber. Ces chevaux seront conduits au Haras de Cislau, dans la région de Buzau, à celui de Radauti, dans celle de Suceava, puis à Mangalia dans la région de Constanta, à partir de 1928.


Gaston Mercier L’homme des défis

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TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Collection Gaston Mercier

J’ai fait mes selles par nécessité. Au début de l’endurance, il n’y avait rien, que des selles de dressage, de CSO ou de vieilles selles de l’armée. » C’est ainsi que Gaston Mercier revient sur les débuts d’une aventure qui allait faire de lui une figure incontournable dans l’univers de l’endurance, de la sellerie et du monde du cheval.

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Gaston Mercier, one for challenges «I had to make my own saddles. In the early days of endurance, only dressage, show jumping saddles and old saddles from the army were available.» That’s when everything started, an incredible adventure which would make of him a unique figure in the universe of endurance, saddlery and equines.


Autour de nous, l’activité est intense. En effet, la sellerie Mercier soumissionne un lot de selles pour la Garde Républicaine qui doit être prêt fin janvier. Du haut de son bureau dominant l’espace d’exposition de la sellerie, Gaston Mercier ne perd rien des va-et-vient. Derrière l’homme, il y a désormais une marque connue de tous car son sens pratique, allié à son sens de l’innovation, ont donné naissance à tout un matériel destiné au confort du cheval et à celui de celles et ceux qui le montent. Une vraie révolution. Pour comprendre comment tout est arrivé, faisons d’abord un saut dans le temps.

Néanmoins, poussé par ses amis dont Raymond Johnson, il y revient dans les années 80. Il fait alors de la compétition au plus au niveau. Il termine deuxième à Florac et à Moncuq, remportant toujours la Meilleure Condition. En 1987, il est médaillé d’or au championnat d’Europe à Erlangen, en Allemagne, en individuel et par équipe. Un exploit qu’il ré-édite en 1989 à Luriano en Italie. Sans oublier le championnat de France. C’est avec son cheval Mao IV (Gosse d’Avril x Cassalia), qu’il a fait naître, qu’il partage ses plus belles victoires. « Mes médailles m’ont fait connaître et ont fait connaître mon nom. » précise-t-il. Les cavaliers s’intéressent à sa selle, fabriquée sur mesure par ses soins - une selle qui a fêté ses trente ans en 2017 et qu’il définit comme « fabriquée par un sellier et utilisée par un cavalier. » Il décide alors de faire profiter les autres de ses recherches. Mais comme aucun défi ne le rebute, il galope sur la Route des Mousquetaires aux côtés de deux cavaliers d’envergure, le maître-écuyer et randonneur Jean-Yves Bonnet, le médaillé de bronze de concours complet Didier Séguret et le chan-

Gaston Mercier et Carine à l’arrivée des 100 km de Rodez

The activity around us is intense. Indeed the Mercier saddlery has been tendering saddles for Garde Républicaine (guards of honour for the French Republic) and they have to be ready for the end of January. From his office, overlooking the exhibition hall, Gaston Mercier follows everything. His name is now a famous brand: being practical and innovative, he created equipment dedicated to the confort of horses and riders. A true revolution. But to understand how everything unfolded let’s step back in time. It began in 1976 when master-rider Jean-Yves Bonnet and Luc de Montal, Rodez national stud director, devised the first endurance race ever created in France, Rodez 100km. «All the riders you could find or imagine were contacted. They came with all kinds of horses and nobody knew what to do. Only Denis Letartre and Pierre Passmard had a prior experience in endurance rides as they had participated in the Tevis Cup». Soon after the two men founded Association Française des Courses d’Endurance (the French Association of Equestrian Endurance Races). «I was a trail

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ENDURANCE

Tout a commencé en 1976 quand, sous l’impulsion de Luc de Montal, directeur du haras national de Rodez, et de JeanYves Bonnet, la première course d’endurance est créée en France pour fêter le bimillénaire de la capitale du Rouergue, les 100 km de Rodez. « Tous les cavaliers possibles et imaginables ont été contactés. Ils sont venus avec toutes sortes de chevaux mais personne ne savait ce qu’il fallait faire à part Denis Letartre et Pierre Passmard qui avaient fait la Tevis Cup ». Les deux hommes fonderont dans la foulée l’Association Française des Courses d’Endurance Équestre, le futur CNREE (Comité National des Raids Equestres d’Endurance). « Moi, j’avais l’expérience de la randonnée, j’ai ménagé ma monture et j’ai fini sans problème. Mais il y en avait tout de même un, la gestion du cheval. » Cette mauvaise gestion retrouvée à Florac, le détourne alors de l’endurance.


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arabian horse

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Scottsdale Horse Show . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le cheval arabe sous les projecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le Show . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Portrait - Al Lahab . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Page de gauche / left page : Ladoire Intercontinental Cup, Deauville 2011 Š Virginie Bauer

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Scottsdale

Horse show

TEXTE Virginie Bauer PHOTOS Scottsdale Horse Show, Experience Scottsdale & Kalliste Arabians

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cottsdale, Arizona. Un nom évocateur de western, de grands espaces et de chevaux arabes. Aujourd’hui, c’est l’une des cents plus grandes villes des États-Unis, une ville fière de son passé, la ville la plus à l’ouest de l’Ouest (« The West’s Most Western Town ») comme on peut le lire sur son sceau officiel. Avec plus de 200 000 habitants au début des années 2000, on a du mal à imaginer que tout n’était que nature vierge, quand Winfield Scott découvrit cet endroit en 1888 et acheta 640 acres pour y créer une ferme. Située à proximité de l’Arizona Canal, la propriété de l’homme qui donna son nom à la ville se développa grâce à l’eau de la Salt River. Les barrages construits sur son cours en 1908 et 1933 contribuèrent à l’expansion de Scottsdale. C’est aussi une ville de culture qui a su attirer des artistes. En 1937, le célèbre architecte Franck Lloyd Wright - qui concevra des années plus tard le musée Guggenheim à New York - construisit Taliesin West, sa maison, son studio et son école d’architecture, au pied de la chaîne des McDowell, à proximité. Mais pour les amateurs de chevaux arabes américains, Scottsdale est « le plus grand show du monde » et pour les Américains « le Super Bowl des chevaux arabes » : le All Arabian Horse Show est devenu l’une des attractions majeures de la ville et une de ses marques de fabrique. En 1955, le premier concours se déroula sur le terrain de l’Arizona Biltmore Hotel. Puis, Anne McCormick donna 61 hectares de terres de son ranch à Scottsdale, où elle élevait des chevaux arabes, afin d’y créer un centre équestre. Elle baptisa le lieu Paradise Park. Les premiers concours rassemblaient alors une cinquantaine de chevaux. L’Arabian Horse Association of Arizona soutient la manifestation depuis ses débuts. La municipalité de Scottsdale subventionne le show.

Des éleveurs du monde entier font le déplacement jusqu’à

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Pendant une semaine, du 15 au 25 février 2018, le Scottsdale Arabian Horse Show a accueilli 300 000 personnes et plus de 2 200 chevaux arabes et demi-sang arabes. Plus de deux millions de dollars d’allocation furent distribués pendant dix jours. Depuis 1987, la compétition se tient au West World de Scottsdale. On y trouve le Tony Nelssen Equestrian Center qui fait plus de 27 871 m2 et comprend l’Equidrome avec ses 3 400 places assises, dix carrières « Arenas », 1 200 boxes, un espace d’exposition où plus de trois cents exposants tiennent des stands proposant toutes sortes de vêtements, d’accessoires et d’équipements pour hommes et chevaux. De chaque côté de l’Equidrome, le North et le South Hall offrent d’autres événements.


Le Cheval Arabe

Sous les projecteurs PHOTOS Sylwia Ilenda

MOZN ALBIDAYER (SMA Magic One / Mattaharii)

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ylwia Ilenda est une artiste polonaise qui photographie les concours nationaux et internationaux. Vous avez déjà découvert son travail dans les pages de notre magazine. En 2017, elle a, entre autre, immortalisé les chevaux qui se sont présentés sur les carrières d’Aixla-Chapelle et Paris pour la All Nations Cup et le Championnat du Monde. Laissez-vous guider par son oeil pour admirer les chevaux primés.

Sylwia Ilenda is a Polish artist. For years she has been photographing horses at national and international events as you could already see in the pages of the magazine. In 2017 she travelled to Aachen, for the All Nations Cup, and Paris, for the World Championships. Let’s follow her in the arenas of those two major shows and admire the champions.

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ALEXXANDERR (Excalibur EA / Ar Most Irresistible)


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Portrait

Al Lahab

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TEXTE Virginie Bauer PHOTOS April Visel & Friedman collection

l Lahab : trois syllabes pour un immense cheval, un champion à l’incroyable longévité. Sa carrière a commencé l’année même de sa naissance, en 1999, lorsqu’il remporta le titre de champion « foal » aux championnats nationaux d’Israël, où il a vu le jour. Il obtiendra son dernier titre, en 2010, lorsqu’il reçut la médaille d’or qui récompense les étalons seniors au show international de Dubaï. Al Lahab : un magnifique étalon gris, presque blanc aujourd’hui, l’incarnation du cheval égyptien Saqlawi Jedran. Une beauté et une présence dont faisait déjà preuve son grand-père paternel, Imperial Imdal, qui fut le premier étalon pur égyptien à remporter le championnat du monde du cheval arabe, en 1986. Ce champion américain arriva en 1994 chez Ariela Arabians, où il devint reproducteur en titre pendant quelques années. C’est là, en Israël, que naquit son fils Laheeb en 1996. Le Dr Nasr Marei fut l’un des premiers éleveurs à le voir: « Il n’avait que trois mois, il se tenait près de sa mère et j’ai vu tout de suite qu’il était très spécial », confiait-il dans un interview en 2009* « Je l’ai toujours suivi où qu’il aille, afin de voir ce qu’il allait devenir et, plus tard, comment il allait produire. Il ne m’a jamais déçu. » Vice-champion du monde en 1999, il devint la même année le premier étalon pur-égyptien à devenir reproducteur en Pologne, d’abord à Michalow puis à Janow Podlaski. Il sera également le premier étalon égyptien né en Israel à aller faire la monte en Égypte où le Dr Marei lui confiera ses meilleures juments en 2007. La mère de Al Lahab est The Vision HG. Cette jument noire a pour père un autre grand champion américain, Thee Desperado ( The Ministril x Aka Amiri Asmaar) et pour mère Belle Staar (The Ministril x Alia-Aenor). Le poulain possède donc par deux fois le sang de The Ministril, un des champions et reproducteurs américains les plus influents au monde (997 produits enregistrés). Après avoir fait ses début dans son pays, le jeune Al Lahab partit pour

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Al Lahab: three syllables for an incredible horse, a champion with a long career. It started in 1999, the year of his birth, when he became foal champion at the Israeli Nationals, his native country. It ended in 2010 when he won the Gold for senior stallions at the Dubai international show. Al Lahab: a beautiful grey stallion, almost white today, who embodies the Saqlawi Jedran Egyptian strain. His beauty and presence he inherited from his grandfather, Imperial Imdal (Ansata Imperial x Dalia by Morafic) who was the first Straight Egyptian to win the title of Senior World Champion in Paris in 1986. In 1994, the American champion arrived at Ariela Arabians where was to be herd sire for three years. There, in Israel, his son Laheeb was born in 1996. Dr. Nasr Marei was one of the breeders to see him: «He was still next to his dam, only three months old, but I could tell already that he was very special» he said in an interview in 2009* «Since that very first encounter, I followed him wherever he went and was keen to know how he developed, and later on, how he would produce. I was never disappointed.» Reserve-World Champion in 1999, Laheeb became the first straight Egyptian stallion to serve as chief sire in Poland, first at Michalow horse stud then at Janow Podlaski. He would also become the first Egyptian stallion born in Israel to serve in Egypt where he covered Dr. Marei’s best mares in 2007. Al Lahab’s mother is Vision HG. This black mare was sired by another great American champion, Thee Desperado (The Ministril x Ak Amiri Asmarr by TheEgyptianPrince), out of Belle Staar (The Ministril x AliaAenor by TheEgyptianPrince). The colt had twice TheEgyptianPrince and The Ministril in his pedigree. The Ministril was one of the most influential champion and sires in the the world with 997 foals registred. After his beginnings in his country young Al Lahab went to Germany to start a career in Europe. There his path


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STYLE & CULTURE arabian horse

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Nos coups de coeur P116 Des chevaux et des timbres P122 Racing to School P128 Artiste : Kathy Russell P132

Page de gauche / left page : centaure - film de aktan arym kubat

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Des Chevaux et des

timbres

La poste polonaise célèbre la plus noble conquête de l’homme TEXTE Virginie Bauer

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Of Men and stamps.

’été dernier, le haras de Janow Podlaski a fêté ses deux cents ans. Pour commémorer cette occasion, la poste polonaise a émis une série de neuf timbres rassemblés en un carnet. Neuf timbres, soit neuf chevaux dont les noms s’inscrivent dans l’histoire du haras.

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The Polish Post celebrates the noblest conquest of men. Last year Janow Podlaski horse stud celebrated its 200th anniversary. To commemorate the event the Polish Post issued a folder containing nine stamps. Nine stamps that’s to say nine horses whose name are part of the history of the stud.


En 1962, la poste polonaise sort le premier timbre polychrome avec un cheval ; il représente le Roi Macius I, héros d’un célèbre roman pour enfant écrit par Janusz Korczak. Il est suivi, en 1963, d’une série célébrant les races de chevaux. Le sujet du premier, un timbre triangulaire d’une valeur de 20 Grosz, n’est autre que le célèbre étalon arabe polonais Comet. Il est suivi de deux autres timbres triangulaires représentant le cheval tarpan et le Sokolksky, puis de timbres rectangulaires à l’effigie des chevaux de la région de Mazury, des chevaux de steeple-chase, de races diverses et de trois autres timbres consacrés aux chevaux arabes. Ils sont tous imprimés selon le procédé de la photogravure. Les races de chevaux sont régulièrement l’objet de timbres isolés ou de séries.

The Polish Post has always celebrated horses. Already in 1919 they appeared ridden by Uhlans, the Polish cavalrymen. Those were monochromatic stamps of various colours using the typographic technique. Riders and cavalrymen regularly appear on stamps. Since 1938 carriages, whether stagecoaches or mail coaches, have become a recurring theme too. We have an example with the beautiful multicoloured series of 1965: nine stamps representing carriages from the collection of the Museum-Castle in Lancut. In 1962 the first polychromatic stamp with a horse appeared. It depicted king Matt I, the hero of a famous Polish novel for children which was written by Janusz Korczak. The following year a series celebrating various horse breeds was issued. The first one, which value is 20 Grosz, is of a triangular shape and portrays none other than the famous Polish Arabian stallion Comet. The other triangular stamps represent the Tarpan and the horse from Sokolka. Rectangular stamps of steeplechasers, horses from the Mazury region, mixed horse breeds and three other stamps of Arabian horses complete the series. They were printed according to the photogravure process. Horse breeds including Polish ones are regularly issued by the Polish Post. On February 25th, 1967 a new series celebrated the following equestrian sports: dressage, show jumping, harness and flat racing, cross-country and polo. Those polychro-

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Ce n’est pas la première fois que la poste polonaise célèbre ainsi les chevaux. Ceux-ci apparaissent sur les timbres postes polonais dès 1919 : ils sont montés par des Uhlans, lanciers polonais des régiments de cavalerie légère. Les timbres sont monochromes, déclinés en différents coloris en impression typographique. Les cavaliers et la cavalerie polonaise vont être régulièrement l’objet de séries. En 1938 ce sont les attelages qui font leur apparition, essentiellement les diligences et malle-postes. C’est un autre thème récurrent de la philatélie polonaise que l’on retrouvera, notamment, dans une très belle série colorée de 1965 : neuf timbres imprimés en offset représentant des attelages de la collection du musée - château de Lancut.


Racing to School l’art au secours des courses TEXTE & PHOTOS Debbie Burt

Racing to School est une association caritative britannique. Sa mission est d’attirer l’attention des jeunes sur le monde des courses et les possibilités d’y faire carrière. Debbie Burt est une figure incontournable du monde du pur-sang arabe car elle est la rédactrice en chef du magazine numérique The Arabian Racehorse et la photographe officielle de l’Arabian Racing Organization, l’autorité des courses de pur-sang arabes britannique. Sa route et celle de Racing to School étaient faites pour se croiser.

Racing to School is a British educational charity. Its aim is to spark interest in the world of horse racing and to open minds to the many different career opportunities within the industry. Debbie Burt is a well-known figure in the world of Arabian horseracing; she is the editor of The Arabian Racehorse online magazine and the official photographer of the Arabian Racing Organization, the British authority for Arabian racing in the UK. Her path and that of Racing to School were meant to meet.

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Ces deux dernières années, je me suis personnellement impliquée dans le Newmarket Beacon Project. Soutenu par l’écurie Godolphin, réalisé par Racing to School, il a pour but d’impliquer des écoles dans le monde des courses à l’aide d’un programme sur mesure d’activités d’apprentissage. En 2017, j’ai été le professeur d’un groupe d’étudiants de la Newmarket Academy au National Heritage Centre for Horseracing and Sporting Art, tout récemment ouvert. Le but était de produire l’armature métallique d’un cheval. L’Heritage Centre a la chance de posséder le squelette de l’un des plus grands champions pur-sang anglais du XXe siècle, l’étalon Hyperion. De plus, tout à côté, juste devant le Jockey Club Rooms sur la High Street de Newmarket, on trouve la statue de bronze grandeur nature d’Hyperion. Ce bronze a été sculpté par John Skeaping RA, qui est également l’auteur d’un petit livre très utile How to Draw Horses (Comment dessiner les chevaux), dans lequel il suggère une méthode de base très proche de celle consistant à produire des armatures. En la combinant avec la méthode de construction employée par Mark Coreth (sculpteur de la statue grandeur nature de Frankel, à l’Heritage Centre et aussi à Ascot), qui intègre des mesures très précises, chaque élève a fini par réaliser l’armature d’un mini Hypérion. Enfin, à l’aide de la fameuse séquence photographique de Muybridge d’un cheval au galop, les élèves ont disposé leur création en une pose de leur choix, pour réaliser un troupeau d’Hyperions au galop !

Racing to School Sculpting Success Children engaging with the educational charity Racing to School have been a familiar sight on British racecourses for many years. Dressed in brightly coloured jockeys silks, they pop-up in the weighing room or by the paddock, engaged in a range of numeracy and literacy projects. As the years have passed these educational visits have expanded to include trainers yards and stud farms too. My own career path has always revolved around horses and racing, either in a practical capacity, or as part of the media. However, my creative side is not just confined to photography and writing, I also sculpt and was for 10 years involved with the Society of Equestrian Artists, first as secretary and then as Chairwoman. It was during this period that I suggested to Racing to School that they expanded their programme to include art. Initially this involved an artist taking a class at a trainers yard or going racing, encouraging the students observational skills by drawing from life. For the last two years, I have been personally involved with the Godolphin-backed Newmarket Beacon Project, delivered by Racing to School, which focuses on engaging schools in racing areas with a bespoke programme of learning activity. In 2017 I tutored a group of students from the Newmarket Academy at the newly opened National Heritage Centre for Horseracing and Sporting Art. The aim was to produce a wire armature of a horse; the Heritage Centre is fortunate to own the skeleton of one of the 20th Century’s most successful thoroughbred stallions, Hyperion. In addition, just around the corner is a life size bronze statue of Hyperion, outside the Jockey Club Rooms on Newmarket’s High Street. The bronze was sculpted by John Skeaping RA, who also produced a very useful little book called How To Draw Horses in which he suggests a basic method, very similar to how armatures are produced. Combining this with the armature building method employed by Mark Coreth (sculptor of the life-size Frankel at the Heritage Centre and also at Ascot), which involves very precise measurements, every student had a mini Hyperion armature by the end of the session. Finally, using Muybridge’s famous sequence of photos of a galloping horse, the students then arranged them in to a pose of their choice to produce a herd of galloping Hyperions! The Newmarket Academy were delighted with the results, however were keen on my next annual visit, that the students were able to go further and produce an actual sculpture. With time being of the essence, I prepared 27 small, very basic armatures for a horses’ head and it was agreed

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oilà des années maintenant que l’on peut voir sur les champs de courses les élèves qui participent au programme éducatif de Racing to School. Vêtus de casaques colorées, ils surgissent au pesage ou près du rond de présentation, plongés dans de nombreux travaux d’écriture ou de calculs arithmétiques. Avec le temps, ces visites éducatives se sont développées et incluent maintenant les écuries des entraîneurs et les haras. Mon propre parcours professionnel a toujours tourné autour des chevaux et des courses, que cela soit par le biais de la pratique ou celui des médias. Cependant, ma créativité ne s’est pas uniquement limitée à la photographie et à l’écriture, je fais de la sculpture et, pendant dix ans, je me suis impliquée au sein de la Society of Equestrian Artists (Société des artistes équins), d’abord comme secrétaire puis comme présidente. C’est à cette époque que j’ai suggéré à Racing to School de développer son programme pour y inclure l’art. Au départ, il fallait qu’un artiste amène une classe chez un entraîneur ou aux courses, stimulant les aptitudes d’observation des élèves grâce au dessin sur le vif.


Portrait Kathy

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athy Russel est une artiste américaine spécialisée dans l’art animalier. Photographe, elle a découvert l’art numérique et y a trouvé comment exprimer ses sentiments. Elle transcende le réalisme de ses sujets, pour les transformer au gré de son imagination créative. Les équidés et surtout les chevaux sont ses modèles préférés ; ils s’intègrent à son amour plus large pour la nature et toutes ses créatures. Toujours désireuse de se remettre en question, elle participe à différentes expositions aux États-Unis et ses oeuvres ont été récompensées à plusieurs reprises. Nous vous invitons à sa rencontre. J’ai grandi aux États-Unis, à Fairfax, en Virginie, à proximité de Washington D.C, la capitale de notre pays. A l’époque, notre maison était entourée de fermes et de haras. Aujourd’hui, il n’y a plus que des immeubles. Les terres ont été morcelées.

J’ai toujours aimé les animaux, et les équidés, en particulier. Quand j’étais enfant, je n’avais pas le droit d’avoir un animal de compagnie, aussi j’apprivoisais les animaux sauvages. Les écureuils entraient dans la maison, pour que je leur donne des cacahuètes et s’asseyaient sur mes genoux pour les manger. J’ai eu un putois et un opossum apprivoisés. Monter à cheval était ma préoccupation première. J’étais cette fille typique qui voulait un poney de toutes ses forces. Cependant, il m‘a fallu attendre d’avoir presque trente ans pour avoir mon premier cheval. Dès que je le pouvais, je passais tout mon temps sur le dos de cet adorable Quarter Horse. C’était mon cheval de coeur. Je l’ai gardé de nombreuses d’années, puis j’ai acheté un Spotted Saddle Horse âgé de huit mois. Je l’ai éduqué moimême. Je m’asseyais dans le champ et il posait sa tête sur ma cuisse quand il dormait. A vingt-huit ans aujourd’hui,

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il est à la retraite. Mon Quarter Horse a du être euthanasié, à l’âge de vingt-quatre ans.

Je me déplace toujours avec mon appareil photo. Autrefois, je le prenais même à cheval, mais le résultat n’était pas fameux. J’ai commencé à prendre des photos quand j’étais jeune. Mon père m’a donné mon premier appareil, un petit Kodak. Je me suis vraiment concentrée sur la photographie quand je vivais à Washington D.C., au début des années 1980. A l’époque, je photographiais des amis musiciens qui jouaient dans des groupes. Mais je n’étais pas une photographe professionnelle. Ces groupes avaient des fans dans le monde entier. Il y a quelques années, les éditions Barnes and Noble ont utilisé une de mes photos pour la quatrième de couverture de l’Encyclopédie de la musique punk. Une fois à la retraite, je me suis entièrement consacrée à la photographie. J’avais remplacé depuis longtemps mon petit Kodak par des Nikon et des objectifs Tamron. J’ai pris ma retraite des affaires juridiques, à Fairfax en Virginie, et me suis installée dans l’ouest de l’état.

La vie sauvage Je vis dans les montagnes Bleues, entourée par un parc National. Un rêve de photographe. Les montagnes sont anciennes et érodées ; il s’en dégage une force que l’on peut ressentir au plus profond de son âme. Des ours noirs se baignent dans mon étang, des chevreuils et des renards s’aventurent près de la maison et des ratons-laveurs viennent jusqu’à la fenêtre, pour voir si je ne vais pas leur donner quelque chose. Il y avait une biche qui mangeait presque dans ma main, Sweetpea, tout le monde la connaissait ici. Elle avait toujours des jumeaux et, plus d’une fois, elle leur a donné naissance près de chez moi. Elle a vécu au


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Kathy Russell is an American wildlife artist. A photographer at heart she discovered digital art and found a perfect way to express her feelings. She enhances the realism of her subjects to transform them, thanks to her creative imagination. Equines and horses are her favourite subjects although they are part of a greater love for nature and all its creatures. Always eager to challenge herself, her images have entered various competitions in the USA and won awards. We asked her to tell us more about herself, her interests, her love of horses and her work. Meet Kathy Russell. I grew up in Fairfax, Virginia USA. Just outside of the

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nation’s capital of Washington, D.C.. Our home was surrounded by farms and horse farms at that time. Now it is completely covered in buildings and subdivisions. I have always loved animals and especially equines. I was not allowed to have a pet when I was younger, so I befriended the wild creatures. I had squirrels that would come into the house to get peanuts. They would sit on my knee eating their treats. I had a pet skunk and opossum. I would find places to ride horses wherever I could. I was that typical girl that wanted a pony with every fiber of her being. I didn’t get my first horse until I was in my late 20’s. I spent every minute I could on that sweet Quarter Horse. He was the horse of my heart. I had him for a number of years and then purchased an


eight month-old Spotted Saddle Horse. I trained him myself. I would sit out in the field with his head in my lap while he slept. He is retired now at the age of 28 this year. My Quarter horse had to be put down at the age of 24. I always take my camera everywhere with me. I used to try to strap it to me when riding, which didn’t work too well. I started taking photos when I was young. My father gave me my first camera, a little Kodak box camera. I started to concentrate more on photography when in lived in Washington D.C. in the early 80’s. Taking pictures of friends that were in bands at the time. I was most definitely not a professional photographer. The bands developed a following all over the world. Barnes and Noble book publishing used one of my photos for the back cover of The Encyclopedia of Punk a number of years ago. Once I retired, I devoted my time to my photography. My little Kodak has long been replaced by Nikons and Tamron lenses. I retired from legal work in Fairfax, VA. and moved to the western part of the state. Wildflife I am in the beautiful Blue Ridge Mountains, surrounded by a National park. To me, a photographer’s dream. The mountains are old and worn, there is a strength to them that you can feel to your soul. I have Black bears

that swim in my pond, deer and fox wander by the house and raccoons peek in the window looking for handouts. There was a doe that would almost eat out of my hand. Sweetpea, was the neighborhood deer that everyone knew. She always had twins and many a year gave birth to them next to my home. She lived to be at least 12 years old and passed away one really bad winter. I think I will always feel that excitement that makes it hard to hold your camera still when I see an awesome buck or those elusive creatures that are rarely seen like a bobcat or weasel. Horses As much as I love the wildlife, I always go back to my first love which is horses. There are a number of old, small towns here that are centered around the equine. Many Olympic riders come from these towns. One of the largest qualifying shows is held in Upperville, Virginia. Horses and riders are coming from all over the United States to compete. The Piedmont area, the land before the mountains, is known for its fox hunting, point to point races, polo, thoroughbred horses and old family estates. Almost every discipline you can think of and a paradise for equine photographers. Many of my images are of horses that have crossed my path. I’ve never edited any photographs of my Quarter horse. I don’t think I could ever create an image that

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HIPPODROME DE LA TESTE

L'1 DES 4 PLUS BEAUX DE FRANCE 1 of the 4 most BEAUTIFUL racecourses in FRANCE

2018 Calendrier des courses de pur-sang arabes Racing calendar for purebred Arabians

27 avril 8 mai 6 juin 3 juillet 3 juillet 3 juillet 13 juillet 13 juillet 13 juillet 22 juillet 22 juillet 1er août 1er août 8 août 17 août 50 8 sept. 8 sept.

PRIX DORMANE PRIX DJELFOR WATHBA STALLIONS CUP - Prix BA Toustem PRIX SHADWELL - Criterium des pouliches PRIX SHADWELL - Coupe du Sud-Ouest PRIX SHADWELL - Bengali d'Albret PRIX RAZZIA III PRIX TIDJANI WATHBA STALLIONS CUP - Prix Nez d'Or WATHBA STALLIONS CUP - Prix Burkeguy PRIX MANDORE WATHBA STALLIONS CUP - Prix Mangalie d'Albret PRIX AKBAR PRIX ARCA PRIX NEVADOUR PRIX NEVADA Spirit II PRIX CHERI BIBI

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4 ans 3 ans 4 ans et + 4 ans et + 4 ans et + 3 ans 3 ans 3 ans 3 ans 4 ans et + 4 ans et + 3 ans 3 ans 4 ans 4 ans 3 ans 3 ans

20 000 € 18 000 € 15 000 € 25 000 € 20 000 € 18 000 € 20 000 € 20 000 € 16 000 € 25 000 € 12 000 € 16 000 € 16 000 € 14 000 € 20 000 € 25 000 € 25 000 €

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Arabian Horse Spirit 5  

An exceptional magazine for an exceptional horse Discover issue number 5. Its new way of tackling our subject matters, the elegant graphic...

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