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HISTOIRE & PATRIMOINE RÉGION

NAZAIRIENNE

PRESQU’ÎLE GUÉRANDAISE

L’histoire locale de la Région Nazairienne et de la Presqu’île Guérandaise

Pratiques religieuses en Brière au milieu du XXe siècle

Mémoires de La Chapelle-des-Marais

Marcel Belliot


Pèlerinage au Calvaire de Pontchâteau, 1948. (Collection Société des Missionnaires Montfortains)


Éditorial

Il nous faut faire un effort d’imagination pour nous représenter, dans les rues d’une modeste agglomération, une telle foule, recueillie : les femmes, les cheveux dissimulés sous un foulard, un chapeau ou une coiffe (on se couvrait la tête, en signe de respect, durant les cérémonies), les hommes, en costume de ville, portant cravate, dans une attitude calme et attentive, les enfants « endimanchés ». Ceci, pour l’apparence. En réalité, il s’agit bien là de l’expression d’une piété vécue par chacun. Ces fêtes religieuses, que Marcel Belliot a le mérite de nous rapporter, sont, à la fois, joyeuses et empreintes d’une foi sans faille. On faisait confiance au clergé, respecté. Il avait une autorité morale incontestable. Au cours de ces années, la Seconde Guerre mondiale n’est pas éloignée dans la mémoire collective. Tous ces gens, paraissant sur ces photos, ont subi la peur des bombardements, engendrant la mort et les destructions. La prière nait, souvent, de la proximité du danger. La religion est porteuse d’espoir, « le dernier des maux », dans la boîte de Pandore. C’est même le seul recours dans les moments extrêmes. Jusque dans les années 60, les pratiques religieuses sont suivies avec assiduité. Marcel Belliot nous offre, là, une étude qui nous touche de près. Des souvenirs vécus reviendront à la mémoire de bien des lecteurs. Ce texte, étayé d’une documentation précise, mérite qu’on s’y réfère. C’est l’histoire d’un peuple, le nôtre, pas seulement en Brière, mais partout en France. Il n’est qu’à se remémorer cette statue, « La Vierge de Boulogne » appelée aussi « Notre Dame du bon retour », dont les moulages parcouraient le territoire, attirant la foule en prières. Marcel Belliot nous laisse un document précieux, qui nous rappelle le lien qui existait entre la religion, ses pratiques, et la société, à une certaine époque. Existait alors une certaine pression sociale sousjacente. C’est un aspect de notre civilisation qu’il dépeint, ses origines, en un mot, nos racines. Ce nouveau numéro hors-série de notre revue HISTOIRE & PATRIMOINE ne manquera pas d’exciter la curiosité des uns, l’étonnement des autres, sans doute l’incompréhension de certains, et, discrètement, l’attendrissement des plus anciens, mêlé à un peu de regret de la beauté des rites, de leur décorum, et à la poésie, celle des rogations dans la campagne… Christiane Marchocki Présidente de l’APHRN

1e page de couverture : Pèlerins en procession, au bourg de La Chapelle-des-Marais, vers 1960 (Photo Guy Belliot) Ci-dessus : Statue de Saint Corneille, dans l’église de La Chapelle des Marais. (Photo Marcel Belliot)

HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n° 12 — octobre 2018

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A . P. H . R . N

Association Préhistorique et Historique de la Région Nazairienne

Agora (case n° 4) 2 bis avenue Albert de Mun - 44600 Saint-Nazaire aphrn.asso@gmail.com - http://aphrn.fr - Tél. 06 62 58 17 40 HISTOIRE & PATRIMOINE Hors-série n° 12 - octobre 2018 ÉEditeur : A.P.H.R.N Directrice de la publication : Christiane Marchocki Maquette/Mise en page/Coordination : Tanguy Sénéchal Impression : Pixartprinting Dépôt légal : 4ème trimestre 2018 N° ISSN : 2274-8709 Revue consultable aux Archives de Loire-Atlantique sous la cote Per 145

Sommaire 08 Monseigneur au village 16 La mémoire des « Missions » en presqu’île guérandaise 30 Le Pardon de Saint Corneille, à La Chapelle-des-Marais L’évolution du sentiment religieux, dans une paroisse de 44 Brière, au milieu du XXe siècle 44 - 1e partie - 1938-1955 62 - 2e partie - 1956-1971 2

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Pratiques religieuses en Brière e au milieu du XX siècle

Mémoires de La Chapelle-des-Marais

Marcel Belliot

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Le basculement d’un monde

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ette publication rassemble une série d’articles parus dans la revue “Histoire et Patrimoine“ en 2017 et 2018. Elle traite des pratiques religieuses en Brière et dans la presqu’île guérandaise au milieu du XXe siècle. La religion catholique occupait un rôle essentiel dans la société de l’époque, notamment dans les campagnes où le quotidien des fidèles était rythmé par le calendrier des fêtes et des cérémonies. Pour comprendre ce monde dont les croyances, les valeurs et les rites nous paraissent aujourd’hui lointains, le détour par « fait religieux » est irremplaçable et les trente années qui encadrent le milieu du dernier siècle offrent, à cet égard, une fenêtre d’observation passionnante. Elles ont en effet vu briller les derniers feux d’une société traditionnelle organisée autour de l’église et de son clergé… et émerger un monde nouveau, plus ouvert et de plus en plus sécularisé. Les articles réunis dans ce numéro concernent principalement les années 1940/1970. Ils s’efforcent de faire revivre un monde aujourd’hui évanoui au moment où il basculait. Les sources utilisées Pour mener à bien ma recherche, j’ai exploité de nombreuses archives inédites1 sur la vie religieuse dans ma paroisse natale, La Chapelle des Marais en Brière. La plupart d’entre elles reflètent le point de vue et les analyses du clergé local et diocésain. J’ai ainsi pu consulter les comptes rendus des visites pastorales effectuées tous les quatre ans, de 1943 à 1967, par l’évêque de Nantes à l’occasion des confirmations, quelques chroniques paroissiales annuelles des années 40 et 50, une collection incomplète (1966 à 1971) de Le Pèlerin de Saint Corneille, bulletin paroissial hebdomadaire, les compte rendus de l’Amicale Saint Corneille (1954/1971)… sans oublier la version résumée du registre de paroisse qui, de 1860 à 1971, a recensé les évènements marquants survenus dans la commune. J’ai aussi rencontré de nombreux témoins de cette époque, laïcs et religieux, afin de confronter ces sources avec leurs souvenirs.

1 - On trouvera, page 28, quelques détails sur la conservation et la sauvegarde des archives paroissiales de La Chapelle-des-Marais. Une bonne partie d’entre elles a disparu ou a été dispersée à partir des années 70. Ce qu’il en reste est, cependant, précieux et est conservé aux Archives Historiques du diocèse de Nantes.

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Les archives historiques du diocèse de Nantes m’ont donné accès à d’autres sources importantes, comme le Livre des missions où sont rassemblés les rapports rédigés, de 1938 à 1962, par les Pères de l’Immaculée à l’issue des missions qu’ils avaient prêchées dans les paroisses de la région. La Semaine Religieuse du Diocèse de Nantes, disponible sur toute la période, a également fourni de nombreuses informations sur les activités de l’évêque de Nantes, la vie religieuse du diocèse et les débats qui l’animaient. J’ai enfin mis à contribution les ressources documentaires du Parc régional de Brière ainsi que les archives personnelles de Guy Belliot, fondateur de l’association “La Fouée de feu“ à La Chapelle des Marais. Qu’ils en soient tous ici spécialement remerciés. Les cinq articles de ce numéro proposent plusieurs éclairages complémentaires sur les pratiques religieuses en Brière et dans la presqu’île guérandaise au milieu du siècle dernier. Monseigneur au village rappelle un petit événement survenu avant la dernière guerre dans mon village natal de Mayun à La Chapelle des Marais. Le dimanche 24 avril 1938, Monseigneur Villepelet, évêque de Nantes vint inaugurer et bénir une “salle d’œuvres“ destinée à abriter les activités culturelles et religieuses des fidèles du plus gros village de la paroisse. Le concours de foule et d’autorités locales qui se déploya, ce jour-là, dans ce petit coin de Brière, la chaleur de l’accueil qu’y reçut l’évêque et l’enthousiasme du cortège qui accompagna sa promenade villageoise illustrent la force du sentiment religieux dans la population de l’époque et ils témoignent aussi du respect et de l’autorité dont jouissaient l’église et son clergé à la fin des années 30. Une journaliste du Courrier de Saint-Nazaire et de la région s’était déplacée pour rapporter l’événement. Une large place est faite à son récit vivant et pittoresque. La mémoire des missions en presqu’île guérandaise est consacré aux “missions“ organisées tous les dix ans dans les paroisses du diocèse pour réveiller la foi des chrétiens, affermir les justes dans le bien et ramener au bercail les brebis égarées. Prêchées par des missionnaires spécialisés et soigneusement préparées, elles duraient de deux à trois semaines, mobilisant, à tour de rôle puis tous ensemble, les hommes et les jeunes gens, les femmes et les jeunes filles, les enfants et les malades…


Messes et prédications, célébrations et veillées de prières, réunions publiques et visites à domicile rassemblaient, à l’église ou dans leurs quartiers, une foule nombreuse. La mission culminait le dimanche de clôture lorsque les fidèles, dûment confessés les jours précédents, communiaient en masse et se rendaient en procession vers un monument, en général un calvaire, spécialement élevé pour garder le souvenir de ce moment de foi. Les missions paroissiales ont disparu au début des années 60. Le temps enracine les coutumes, il arrive aussi qu’il les rase : la conclusion mélancolique du dernier rédacteur du Livre des missions pourrait être celle de l’article… Le Pardon de Saint Corneille à La Chapelle des Marais raconte la naissance, la gloire et la disparition d’un pèlerinage qui, de 1883 à 1966, a rassemblé chaque année, à la mi-septembre, des milliers de fidèles venus parfois de fort loin pour célébrer Saint Corneille, protecteur du bétail et patron de la paroisse. Une procession colorée parcourait ce jour-là les rues du bourg de la Chapelle. Précédé par une vingtaine d’attelages de bœufs revêtus de velours rouge piqué de roses et frangé de dentelles blanches, un char supportant la statue du saint était traîné par une paire de bœufs puissants magnifiquement décorés. Très populaire, ce pèlerinage répondait aux besoins de piété et de religiosité d’une société paysanne proche de la nature, attachée à ses saints et soucieuse de la bonne santé de ses troupeaux. Les mutations sociologiques d’une population de plus en plus ouvrière aussi bien que l’évolution générale des sensibilités religieuses firent progressivement de la “fête des bœufs“ un anachronisme selon le mot du curé de l’époque. Participant régulier du pèlerinage, l’évêque de Nantes, Monseigneur Villepelet, plaida longtemps sa cause : du moment qu’on y prie, il faut le maintenir, disait-il. Il dut rendre les armes en 1966 et céder aux instances du curé pour qui le Pardon était une manifestation où la religion n’avait plus sa place. Monseigneur eut cependant le mot de la fin en lui confiant, lors du dernier Pardon auquel il assista, que décidément les plus pieux étaient les bœufs ! Les deux derniers articles traitent de l’évolution du sentiment religieux dans une paroisse de Brière au milieu du XXe siècle. Située au nord de la Brière et peuplée d’environ 2 300 habitants en 1950, la commune de La Chapelle des Marais a longtemps vécu de l’agriculture. La proximité de Saint-Nazaire (20 km) et de ses activités navales et industrielles en a fait progressivement une commune ouvrière, mais

les habitants n’ont pas quitté leurs villages et beaucoup d’entre eux ont continué de cultiver leurs maigres lopins de terre. Cette double activité est allée de pair avec une double culture et la population est restée très liée à l’église et à ses institutions : clergé, écoles, associations, mouvements de jeunesse, action catholique. Cette emprise religieuse s’est peu à peu relâchée dans les années 50/60 sous les effets conjugués de la croissance économique, de la scolarisation, de la montée de l’individualisme et du bouleversement des mentalités qui a explosé en 1968… Un premier article est centré sur la période 1940/1955. Il raconte ce qui fut sans doute un “âge d’or“ pour l’Église catholique. Il en décrit les fondements religieux, les outils pastoraux et les cérémonies. Le second article traite de la période 1956/1971. Dans le “monde ancien“, pratiques religieuses, rapports sociaux et rites familiaux étaient étroitement liés ; la religion offrait un socle de croyances et imposait des règles et des pratiques qui permettaient aux fidèles de “gagner leur salut“ Dans le “nouveau monde“, elle a exigé un engagement plus réfléchi et plus personnel, tendant vers un humanisme universel fondé sur l’évangile. Les réformes liturgiques post conciliaires et un certain “ouvriérisme“ du clergé local ont pu désorienter les fidèles attachés à la “religion de leurs pères“. La disparition, au fil des années 60, des grandes manifestations religieuses traditionnelles a été le signe le plus visible de ce basculement. À la fin des années 60, l’effondrement des vocations sacerdotales annonçait la crise d’une église qui avait de plus en plus en plus de mal à affirmer son autorité sur les fidèles tant en matière de foi et de mœurs que de pratiques religieuses. Au terme de ce rapide survol de l’évolution du sentiment religieux en Brière au milieu du XXe siècle, on ne peut que souhaiter que ce sujet soit davantage traité par la recherche universitaire. Le basculement religieux qui a caractérisé cette période explique sans doute une partie du malaise et des inquiétudes de la société d’aujourd’hui. Il mérite d’être mieux connu.

Marcel Belliot le 10 octobre 2018 marcel.belliot@orange.fr

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Un évêque au milieu de son peuple La Fête Dieu de Nantes, de 1938 Les deux visites de Mgr Villepelet à La Chapelle-des-Marais Les sources La “salle d’oeuvres“de Mayun L’arrivée au village Au pays des Vanniers Monsieur le Curé entre en scène Le compliment des enfants et le chant de la Mayonnaise La réponse de Monseigneur Une autre époque

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Monseigneur au village

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Monseigneur au village Le 24 avril 1938, Jean-Joseph Villepelet, évêque de Nantes, visite le village de Mayun à La Chapelle-des-Marais Marcel Belliot

On peine aujourd’hui à mesurer l’empreinte qu’exerçait la religion catholique sur les mentalités et les croyances des Briérons au milieu du siècle dernier. Dans un précédent numéro de cette revue1, j’ai rapporté comment les « missions », organisées tous les dix ans dans les paroisses de la région, mobilisaient la piété populaire et pouvaient rassembler, notamment le jour de leur clôture, des foules considérables.

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es visites pastorales de l’évêque constituaient un autre moment très fort de la vie paroissiale. Elles se faisaient tous les quatre ans à l’occasion des confirmations.

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Précédées par l’exploitation d’un questionnaire sur la pratique religieuse dans la paroisse et complétées par un rapport du curé, elles fournissent 1

1- La mémoire des missions dans la presqu’île guérandaise (voir page 16)

une matière très riche sur la manière dont les chrétiens “vivaient“ leur religion. Conservées aux archives diocésaines, elles permettent de suivre, en continu, l’évolution du sentiment religieux dans notre région.


officiel de l’évêque ainsi que de nombreux articles sur ses activités pastorales ou conférencières. Soucieux de rester proche des fidèles, en dépit d’une élocution chantante et parfois précieuse, Monseigneur Villepelet n’épargnait ni son temps ni ses déplacements pour dispenser conseils et instructions. Ainsi, entre avril et juillet 19382, il a parcouru son diocèse en tous sens, célébrant près de 80 confirmations, inaugurant une douzaine d’églises et d’écoles ou d’oratoires, “honorant de sa présence“ une dizaine de conférences, de pèlerinages ou de fêtes patronales… sans parler des imposantes cérémonies organisées dans sa cathédrale et dans les rues de Nantes pour Pâques, la Pentecôte, la Fête Dieu ou les ordinations3.

Clôturant la procession, la foule des fidèles des paroisses nantaises (hommes d’un côté et femmes de l’autre) était groupée autour de ses bannières, accompagnée des enfants de chœur et encadrée par son clergé en surplis et en chape. Cette année-là, entre la cathédrale, la préfecture, les bords de l’Erdre et les “Cours“ Saint Pierre et Saint André, le cortège a chanté psaumes et cantiques avec ensemble, grâce, innovation heureuse, des haut-parleurs disposés sur la façade de la cathédrale et dans les arbres des cours. Sous les pas des fidèles s’élevaient les parfums des fleurs coupées et de l’encens, le parfum de la prière. La procession de la Fête Dieu devait avoir fière allure et donner une image à la fois triomphante et rassemblée de la communauté chrétienne.

La Fête Dieu de Nantes de 1938 Les deux visites Certaines célébrations pouvaient de Mgr Villepelet rassembler des foules considérables à La Chapelle comme la Fête Dieu de Nantes du 19 juin 1938. Elle avait été soigneusement des Marais, en 1938

Un évêque au milieu de son peuple Les visites épiscopales quadriennales n’étaient pas les seules occasions qui permettaient à un évêque de rester en contact avec les fidèles de son diocèse. Les grandes fêtes religieuses lui en offraient de nombreuses autres. Jean-Joseph Villepelet évêque de Nantes de 1936 à 1966, était très attaché aux manifestations traditionnelles d’expression de la foi chrétienne et la lecture de la « Semaine religieuse du diocèse de Nantes » en témoigne avec abondance. On y trouve l’agenda

préparée, comme en témoignent les nombreux articles que lui consacre, avant et après l’évènement, la Semaine Religieuse, Les Fêtes Dieu de Nantes assemblaient des milliers de fidèles dans une ville ornée de tentures et d’oriflammes et le long de rues où des mains d’artistes avaient dessiné des rosaces de fleurs et semé des hermines. Le défilé, de 10 h à midi, suivait un ordre précis : en tête les “communiants“ de l’année suivis par les élèves des “écoles libres “, les enfants de la Croisade eucharistique, les infirmières catholiques, les délégués des œuvres d’action catholique, les religieux des congrégations masculines et féminines du diocèse, précédant un magnifique dais de velours rouge abritant l’évêque portant l’Hostie du Saint Sacrement. Derrière le dais et en bon ordre, défilaient les autorités civiles et administratives du département : sénateurs, députés, conseillers généraux, conseilleurs municipaux. 2 - Semaine religieuse du diocèse de Nantes. 3 - L’ordination du 28 juin 1938 a ainsi vu l’ordination de 138 clercs : 41 tonsurés, 31 prêtres, 39 sous-diacres et 27 clercs mineurs.

Le faste qui se déployait, dans ce qui devait être la plus importante manifestation religieuse du département, se retrouvait, dans un cadre plus champêtre, mais avec la même ferveur dans les célébrations locales et villageoises auquel l’évêque participait volontiers. C’est ainsi qu’en 1938, Monseigneur Villepelet a effectué deux visites à La Chapelle-des-Marais, la première en avril à Mayun pour inaugurer une salle paroissiale, la seconde en septembre à Québitre pour bénir un oratoire à la mémoire de l’abbé Vaillant, prêtre réfractaire pourchassé pendant la Terreur. Je me suis particulièrement intéressé à la première de ces visites, celle effectuée à Mayun, mon village natal.

Les sources

Nous avons la chance, grâce aux comptes rendus d’un journal local, Le Courrier de Saint-Nazaire et de la Région, de disposer d’un témoignage exceptionnel sur cette visite épiscopale. Jacqueline Bruno, journaliste au Courrier, a su exprimer avec un rare bonheur et même, pour ceux qui HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n° 12 — octobre 2018

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Un souvenir d’enfance Les objectifs et le déroulement des “Missions“ Qui étaient les “missionnaires“ ? L’importance du contexte local Des missions en général bien préparées Des exercices de piété adaptés aux différentes catégories de fidèles Confessions et Communions, les grands moments de la mission La procession de clôture de la mission Les années 60 et la fin des missions Un temps de foi

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La mémoire des "Missions" en presqu'île guérandaise

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La mémoire des "Missions"

en presqu'île guérandaise Marcel Belliot

Tout au long du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe, la vie des paroisses françaises a été rythmée par les “Missions“, qui, tous les dix ans, s’efforçaient de raviver la foi des croyants et réveiller la pratique religieuse…

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n 1957 — j’avais dix ans — j’ai participé à la dernière mission organisée à La Chapelle-des-Marais, une paroisse de Brière, mi-ouvrière, mi-rurale, où l’emprise de la religion catholique sur la vie sociale et les relations familiales était particulièrement forte.

Un souvenir d’enfance

J’en ai conservé quelques souvenirs, notamment celui des “veillées “ organisées dans l’église où, dans la chaleur de braseros spécialement installés pour l’occasion — nous étions en janvier/février et il devait faire très froid —, nous écoutions pieusement les prêches des missionnaires, chantions ensemble et prions en chœur. J’ai accompagné plusieurs fois mes parents à ces cérémonies, faisant à pied et dans la nuit, le kilomètre qui séparait Mayun, notre village, du bourg de La Chapelle où se trouvait l’église. Ce souvenir s’était un peu perdu quand, il y une vingtaine d’années, à la mort de ma mère, j’ai découvert dans ses papiers un curieux document : sous la plume de mon père et de sa belle écriture, un fichier répertoriait, quartier par quartier, les 211 familles

du village de Mayun et en recensait les 643 habitants, établissant la liste des 277 adultes qui “pratiquaient “ et des 193 autres qui “ne pratiquaient pas “. Au vu des noms et de la composition des familles, ce fichier datait de la fin de l’année 1956. J’en ai conclu que mon père, qui était à l’époque l’un des cinq conseillers paroissiaux de La Chapelle-des-Marais, avait été chargé par le curé d’établir la liste des catholiques pratiquants du village… et de repérer les autres. La STASI au village, en quelque sorte ! Ce fichier avait dû servir au travail préalable de la “Mission “, organisée, du 20 janvier au 10 février 1957, à La Chapelle-des-Marais. Récemment retrouvé dans mes cartons, il m’a donné envie d’en savoir davantage sur les objectifs et le déroulement des missions paroissiales ainsi que sur leur disparition. Les ressources documentaires que j’ai rassemblées à cette fin proviennent, pour l’essentiel, des archives diocésaines de Nantes. Elles doivent beaucoup au “Livre des Missions “ qui rassemble les “comptes rendus“, rédigés, de 1938 à 1962, par les missionnaires diocésains des “Pères de l’Immaculée“. J’ai exploité une quinzaine de ces rapports, privilégiant ceux des missions prêchées en Brière

et dans la Presqu’île Guérandaise1. Des entretiens avec quelques-uns des acteurs et des témoins de cette époque ont complété ma documentation.

Les objectifs et le déroulement des “Missions“

On pourrait faire remonter les “Missions“ au Concile de Trente et à la renaissance catholique qui a suivi les guerres de religion sous l’impulsion de personnalités comme François de Sales, Vincent de Paul, le fondateur des Lazaristes, ou Jean Jacques Olier, le créateur du séminaire de Saint Sulpice. On pourrait aussi les faire remonter au XVIIIe siècle et au Père Louis Marie Grignon de Montfort, qui fonda une congrégation de prêtres pour propager la religion catholique dans les paroisses françaises. On les datera cependant plus sûrement du XIXe siècle et des efforts de reconquête entrepris par l’Église pour rechristianiser la France après la tourmente révolutionnaire. Affermir les justes dans le bien et ramener au bercail 1 - J’ai aussi exploité quelques comptes rendus de missions prêchées dans des paroisses plus rurales comme Maumusson, un village proche d’Ancenis ou Beaupréau un gros bourg agricole situé près de Cholet (Maine et Loire).

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L’origine du Pardon Pourquoi Saint Corneille ? Le rayonnement du Pardon La fin du Pardon

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Le Pardon de Saint Corneille à La Chapelle-des-Marais

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Le Pardon de Saint Corneille à La Chapelle des Marais 1883-1966 - Vie et mort d’un pèlerinage Marcel Belliot

Le Pardon de saint Corneille a été célébré à La Chapelle des Marais, pour la dernière fois, en 1966. Durant près d’un siècle, chaque dimanche suivant le 16 septembre, une grande procession a parcouru les rues du petit bourg briéron pour honorer le second patron de la paroisse1.

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récédé par une vingtaine d’attelages de bœufs revêtus d’un velours pourpre piqué de roses et frangé de dentelles blanches et suivi par les reliques de saint Corneille, un char supportant la statue du saint était trainé par une paire de bœufs magnifiquement décorés. Venus des paroisses voisines et parfois de beaucoup plus loin, des milliers de pèlerins participaient chaque année à la « fête des bœufs ». Comment est né, a vécu et est mort un des pèlerinages les plus populaires du pays ? Appuyé sur des documents d’époque, cet article témoigne des soucis et des joies d’un monde paysan où la santé des troupeaux était une préoccupation quotidienne. Il rend compte aussi d’une atmosphère religieuse où l’Église catholique, grâce au culte de ses saints, à la richesse de ses rites et à la pompe de ses cérémonies s’efforçait de répondre aux attentes de ses fidèles.

Le Pardon de saint Corneille à La Chapelle des Marais n’a pas surgi de nulle part et il s’est inscrit dans un long passé de dévotion envers le saint protecteur des troupeaux. « Pour certains, le saint vétérinaire serait présent à cet endroit depuis fort longtemps. En 1641, il avait déjà son autel à gauche de l’oratoire de la vieille chapelle (emplacement de l’église actuelle). Plus tard, l’historien Grégoire 2 nous rapporte « qu’une épizootie terrible s’étant abattue sur les bœufs du pays breton, des pèlerinages à saint Corneille des Marais eurent lieu aux jours les plus sombres de la Révolution » 3 . Autre témoignage sur le rôle particulier de saint Corneille dans la paroisse des Marais (nom originel de la commune de La Chapelle) : la plus grosse des quatre cloches installées en grande pompe en avril 1876 dans le clocher de l’église fut baptisée « Marie-Corneille », associant le nom de sa marraine Marie Perraud à celui

1 - La Patronne principale de la paroisse est la Vierge Marie, Notre Dame de Toutes Aides. La frairie des Marais, longtemps dépendante de la paroisse de Missillac, ne devint paroisse autonome qu’en 1771.

2 - Abbé Grégoire, Le diocèse de Nantes pendant la Révolution. 3 - Pierre Yves Gaudard, Un clientélisme mythique ou le culte de Saint Corneille à La Chapelle des Marais, Université Paris V, 1987.

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L’origine du Pardon

du saint vétérinaire… En 1981 enfin, la Sacrée Congrégation des Rites déclara officiellement saint Corneille patron secondaire de la Paroisse. Mais l’évènement véritablement fondateur du Pardon de saint Corneille fut la marche du 2 janvier 1882. En 1881, une épizootie redoutable sévissait dans la région de Saint-Gildas des Bois, à une vingtaine de kilomètres de La Chapelle des Marais. L’abbé Blais, curé de La Chapelle de 1927 à 1939, a raconté l’événement dans son Bulletin paroissial4 : « L’an du Seigneur mille huit cent quatre-vingt-deux, le deuxième jour du mois de janvier, vers huit heures moins le quart, entraient dans l’église environ trois cents hommes de la paroisse de Saint Gildas des Bois. Cruellement éprouvés par une épidémie qui sévissait dans leurs bestiaux puisque les pertes étaient portées de 17 à 18 000 francs. Plusieurs fois, ils avaient sollicité M.  Philippe Perigaud, natif de La Chapelle des Marais et vicaire de Saint-Gildas, de les conduire en pèlerinage à saint Corneille. Cédant à leurs pressantes sollicitations, enfin le deux janvier fut le jour fixé pour 4 - Texte recueilli par Pierre Yves Gaudard dans Ethnographie en Brière, L’Harmattan 2005.


Attelages, prêts pour la procession, en 1962. Photo Guy Belliot

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L’avant-guerre Les années d’occupation à La Chapelle-des-Marais La vie religieuse pendant la guerre L’enquête pastorale de 1943 L’immédiat après guerre, l’église au coeur de la vie locale 1945-1955 : petits et grands évènements de La Chapelle-des-Marais La défense des écoles libres De la naissance à la mort, une prise en charge complète des fidèles Une pastorale en évolution sous l’influence de l’action catholique JOC et ACO Une vie sociale rythmée par la religion et son cycle liturgique Pratiques religieuses et fêtes familiales La fin d’une époque

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L’évolution du sentiment religieux dans une paroisse de Brière au milieu du XXe siècle 1e partie - 1938-1955

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L’évolution du sentiment religieux dans une paroisse de Brière

au milieu du XX siècle e

Première partie : 1938-1955

Un peuple chrétien rassemblé autour de son Église Marcel Belliot

Le sentiment religieux était particulièrement intense dans notre région au milieu du siècle dernier : fêtes et cérémonies religieuses, processions et pèlerinages rythmaient la vie d’une société dont les cadres hiérarchiques et les références morales étaient intimement liés à l’Église catholique.

D

ans de précédents numéros de cette revue, j’ai décrit les “missions paroissiales“ prêchées dans la presqu’île guérandaise durant l’après-guerre (H & P n° 88, janvier 2017) et j’ai rendu compte de la visite effectuée par l’évêque de Nantes, en 1938, à La Chapelle-des-Marais dans le village de Mayun (H & P n° 89, avril 2017). Quel contraste entre ce “monde d’avant“ et celui d’aujourd’hui où la religion catholique a quasiment disparu de l’espace public et où la visibilité même de la religion dans cet espace est remise en cause ! Une révolution est passée par là. Née dans les années 50, elle a mis du temps à produire tous ses effets, mai 1968 cristallisant le grand basculement à partir duquel, décidément, rien ne serait plus comme avant.

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— HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n° 12 octobre 2018

Né après la guerre dans une famille très chrétienne de paysans-ouvriers de La Chapelle-des-Marais, j’ai conservé une grande tendresse pour la société traditionnelle où j’ai grandi… La marche du monde et mon chemin de vie m’en ont peu à peu éloigné, mais je n’ai jamais perdu le souvenir de ce monde où la religion commandait les pratiques sociales et organisait les rites familiaux. La mémoire de ce monde disparu s’évanouit cependant peu à peu en même temps que s’éteignent ses derniers témoins… Cela m’a donné l’envie de le décrire et d’en raconter l’histoire. J’ai pris pour terrain de recherche la commune de Brière où je suis né, La Chapelle-des-Marais… Ce faisant, je n’ambitionne pas de raconter l’histoire officielle de mon petit pays, dans son épaisseur économique, culturelle et sociale. Les historiens de métier s’en

chargeront ! Je souhaite plus modestement essayer de redonner vie à la sensibilité religieuse d’une époque qui ne manquait ni de grandeur, ni de convictions, ni de poésie. J’ai pu mener à bien cette entreprise grâce aux archives diocésaines de Nantes1 où sont conservées les archives paroissiales de La Chapelle-des-Marais. J’ai ainsi pu consulter les comptes rendus des visites pastorales effectuées tous les quatre ans par l’évêque de Nantes à l’occasion 1 - Je relate, par ailleurs (note 2, page 28), l’histoire des archives paroissiales de La Chapelle-des-Marais et la perte importante de documents survenue à la fin des années 90, lorsque l’ancien presbytère est devenu médiathèque municipale. Beaucoup d’archives de la paroisse avaient déjà été dispersées ou perdues dans les années 70. Ce qui en subsiste est désormais conservé et consultable aux archives diocésaines de Nantes.


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Quelques éléments de repère La pratique religieuse dans les années 50/60 L’abandon des fêtes religieuses traditionnelles Les métamorphoses des cérémonies liturgiques La fin d’un monde

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L’évolution du sentiment religieux dans une paroisse de Brière au milieu du XXe siècle 2e partie - 1956-1971

HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n° 12 — octobre 2018

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Le “fait religieux“ en Brière au milieu du XXe siècle

Seconde partie : 1956-1971

La fin d’un monde Marcel Belliot 64

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Dans un précédent article1, j’ai rappelé la force du sentiment religieux en Brière et dans la Presqu’île guérandaise au milieu du XXe siècle. Exploitant les sources paroissiales et diocésaines disponibles, j’ai décrit combien l’Église catholique, son clergé et ses institutions encadraient la vie familiale et sociale d’un peuple chrétien soudé autour de sa foi.

C

e premier article portait sur la période 1938-1955 et je le concluais ainsi “Jusqu’au milieu des années 50, la rumeur du monde, les bruits de la ville et les luttes ouvrières des Chantiers où travaillaient la plupart des hommes du pays n’avaient pas encore mis à bas les équilibres d’une communauté humaine organisée autour de son église et de ses prêtres. Les années suivantes allaient changer la donne“ Dans ce second article, consacré à la période 1956-1971, je veux décrire ce changement. Je m’appuierai de nouveau sur des documents d’époque, issus, pour l’essentiel, des archives de la paroisse briéronne où je suis né, La Chapelle-des-Marais. Paroisse autrefois paysanne, elle est devenue, au fil du dernier siècle et proximité de Saint-Nazaire oblige (moins de 20 km), de plus en plus ouvrière, L’évolution du “fait religieux“ à La Chapelle-des-Marais, telle qu’elle ressort des archives paroissiales, illustre assez bien la révolution culturelle et sociétale qui, en une vingtaine d’années, à transformé le rapport au religieux de la population de Brière et de la presqu’île guérandaise. Parmi les documents consultés, je citerai plus particulièrement les enquêtes et les rapports pastoraux (RP) rédigés tous les quatre ans par le curé de la paroisse à l’occasion des visites de confirmation de l’évêque de Nantes (1955, 1959, 1963, 1967) et la collection 1966 à 1971 du Pèlerin de Saint Corneille (PSC), bulletin paroissial hebdomadaire (voir encadré) et les archives de L’Amicale Saint Corneille (ASC)… J’ai complété cette documentation, reflet des points de vue et des sentiments du clergé local, par le recueil de nombreux témoignages

Ci-dessus Pardon de Saint Corneille : cérémonie au Calvaire, 1960. (Collection Guy Belliot)

1

d’acteurs2 de cette époque, confrontant leurs souvenirs avec les sources dont je disposais. Plutôt que “dérouler“ le récit linéaire de l’histoire religieuse dans ma paroisse natale durant ces quinze années de rapides mutations, j’insisterai sur les dynamiques de changement social et culturel de cette période et sur l’évolution parallèle des croyances et des pratiques religieuses,

Quelques éléments de repère

Un des évènements importants de cette seconde période (1956/1971) a sans doute été l’élection de Bernard Legrand3 à la mairie de La Chapelle des Marais en mars 1959. Né à Châteaubriant en 1926, militant syndicaliste CFTC aux Chantiers navals de Saint-Nazaire, il était membre de l’Action Catholique Ouvrière 4 (ACO)5 ;. Marié avec une jeune fille de La Chapelle-des-Marais, il s’investit beaucoup dans l’Amicale Saint Corneille, patronage qui proposait aux jeunes du pays diverses activités sportives et culturelles (voir encadré). Sa victoire aux élections municipales de 1959 contre un maire sortant, commerçant du bourg, fut vécue par certains comme une petite révolution… Avec lui, c’était une nouvelle génération et de nouvelles sensibilités qui accédaient au pouvoir.

2 - Parmi les personnes rencontrées ou contactées, citons notamment Francis Allain, Gilles Belliot, Guy Belliot, Philippe Mahé, Joseph Mahé, Jean Baptiste Legoff, Jean-Claude Broussard, Bernard Guihéneuf, Berthe Richeux, Jean-Paul Rivalland, Bernard Gervaud, Joseph Gervaud, Yves Sarzeaud, Guy Broussard… 3 - Maire de La Chapelle-des-Marais de 1959 à 1974, Bernard Legrand a été élu conseiller général en 1961 puis sénateur en 1974 jusqu’à sa mort en 1996, à l’âge de 70 ans. 4 - Pour plus de détails sur les mouvements d’action catholique, voir page 58.

1 - Voir page 46.

5 - RP 1955.

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A . P. H . R . N

Association Préhistorique et Historique de la Région Nazairienne

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Illustration : Lors de la Mission de Guérande, en 1949, le clergé pose devant le calvaire. (Collection Société des Amis de Guérande)

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Sur la place de l’église de La Chapelle-des-Marais, une procession du 15 août, en 1952. La statue de la Vierge est portée par quatre jeunes hommes de la paroisse. (Collection particulière de l’auteur)


Impression Pixartprinting - Réalisation Tanguy Sénéchal

Attelages, prêts pour la procession du pardon de Saint-Corneille, à La Chapelle-des-Marais, en 1962.

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(Photo Guy Belliot)

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HISTOIRE & PATRIMOINE - Hors-série n° 12 - octobre 2018 Pratiques religieuses en Brière, au milieu du XXe siècle

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