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Le magazine engagé des étudiants

Étudiants de France

Union Nationale des Étudiants de France n°288 - Hors-série Mars - Avril 2009 2 euros

e

z e p i c i t r a p ! z e t o v et

dans ce numéro : • le bilan d’activité 20072009 présenté par la Majorité Nationale • les textes des tendances de l’UNEF • les contributions des sensibilités

1

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Rapport d’activité 2 ans avec l’unef

Mars 2007 - Mars 2009 Le dernier congrès de l’UNEF à Lille, en mars 2007, a été l’occasion de fêter le centenaire de l’organisation mais également pour l’ensemble du syndicat, un mois avant les élections présidentielles, de se rassembler derrière un projet ambitieux et offensif qui avait réuni plus de 80% des votes des adhérents. Forts de ce mandat et des lignes jaunes définies pendant ce congrès, l’ensemble des militants des sections locales de l’UNEF ont mené pendant deux ans une activité déterminée contre les différentes attaques portées contre le service public d’enseignement supérieur et les droits étudiants. Cette période qui s’écoule a en effet été une période marquée par l’élection de Nicolas Sarkozy, et avec elle l’accélération des réformes visant à détruire les systèmes de solidarité collective. Ce sont donc deux années où l’UNEF a dû mettre toutes ses forces dans la bataille pour préserver le service public d’enseignement supérieur, et se battre pour conquérir de nouveaux droits pour les étudiants. L’UNEF a su défendre l’ensemble des étudiants sur les universités mais elle est également intervenue auprès des pouvoirs publics en utilisant tous les leviers pour faire avancer son projet. Pétitions, mobilisations, grève, interpellations, rencontres nationales, travail d’expertise et de propositions…, l’UNEF est intervenue sur toutes les problématiques de l’enseignement supérieur, et , en lien avec les syndicats de salariés, a également inscrit son action dans les les mobilisations contre la remise en cause des services publics et de notre système de protection sociale. En deux ans, l’UNEF s’est affirmée comme un acteur central de l’enseignement supérieur et du mouvement social. Les étudiants ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : ils sont toujours plus nombreux à adhérer, à militer et à soutenir l’organisation. Voici donc le bilan présenté par la Majorité Nationale de l’activité menée par l’UNEF ces deux dernières années.

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Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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Mars 2007 80ème Congrès de l’UNEF : l’UNEF orga-

résultat et rappelle l’urgence

semble des univer-

à répondre aux aspirations

sités les étudiants

des jeunes.

lors de leur inscrip-

nise son congrès et fête ses 100 ans du 22 au

tion pour les aider à s’orienter et en leur

tions présidentielles, l’UNEF assume son rôle

Arrêté sur les études de droit : l’UNEF lance une

de porte-voix de la jeunesse en interpellant les

campagne dans les universi-

Le nombre d’adhé-

différents candidats. Elle fixe les 7 exigences et

tés pour dénoncer un arrêté

rents de l’UNEF aug-

lignes jaunes des étudiants et met en garde les

qui vise à reconnaître pour

mente de 15%.

candidats contre toute tentative d’attaque à l’en-

deux mentions du diplôme

contre des jeunes et du service public d’ensei-

de l’IEP de Paris le statut de

gnement supérieur.

première année de master de droit.

25 mars à Lille. A quelques semaines des élec-

Du 26 au 29 mars : comme chaque année, racisme et les discriminations, dans plus de 25

L’ESIB, l’organisation étudiante européenne, dont l’UNEF a participé à la création, devient l’ESU (European Student’s Union),

A.G.E.

marquant ainsi un premier tournant syndical de

l’UNEF organise le Festival étudiant contre le

Avril 2007

proposant d’adhérer.

Frais illégaux : Pour la troisième année consécutive, l’UNEF publie son palmarès des

universités qui pratiquent des frais d’inscription illégaux. Une université sur deux est hors la loi. L’UNEF informe les étudiants et engage des recours devant les tribunaux administratifs.

Voyage d’étude à Rabat et Alger : l’UNEF

l’organisation.

organise du 21 au 28 juillet 2007 un voyage

Juin 2007

d’étude pour étudier les modalités d’accès des

Campagne d’interpellation : après son

étudiants étrangers à l’espace d’enseigne-

congrès l’UNEF lance sur les universités la der-

SOS Examens : à travers des tracts d’infor-

ment supérieur français. Elle y rencontre tous

nière phase de sa campagne d’interpellation

mation et des permanences syndicales, l’UNEF

les acteurs locaux de l’enseignement supérieur

des candidats à l’élection présidentielle sur les

permet que les droits étudiants soient respectés

(universités, ambassades, organisations étu-

7 exigences des étudiants.

pendant la période des examens.

diantes…).

Mobilisation des IFSI : l’UNEF participe et organise la mobilisation des étudiants en soins tation du 24 mai et 14 juin, qui exigent la reconnaissance de leur formation au niveau licence.

Depuis plusieurs années, les conditions de vie

La mobilisation contraint Roselyne Bachelot,

et d’études des étudiants étrangers se dégra-

ministre de la santé à l’ouverture de négocia-

dent de manière dramatique. Ils sont victimes

tions.

d’une politique d’immigration qui se durcit et les place en permanence sous la menace de l’ex-

14 avril : l’UNEF participe à la « Marche des Oubliés » organisée avec l’association AC Le Feu.

Marche des Fiertés : l’UNEF participe, le 30

pulsion. Ces deux dernières années, l’UNEF

juin à la marche des fiertés avec l’intersyndica-

a travaillé, aux côtés des associations d’étu-

le de l’éducation.

diants étrangers, à tous les niveaux pour faire

Juillet 2007

Zoom sur...

infirmiers, notamment les journées de manifes-

La défense des étudiants étrangers

avancer les droits des étudiants étrangers. - L’UNEF défend des centaines d’étudiants dans ces permanences « étudiants étrangers

22 avril : Suite aux résultats du premier tour

1er et 2 juillet : le Collectif National de l’UNEF

de l’élection présidentielle et au vu du danger

rassemble près de 500 militants, deux mois

de 10 universités.

que représentent les propositions avancées

après l’élection de Nicolas Sarkozy, et pose des

- Du 21 au 28 juillet 2007, l’UNEF organise un

pendant la campagne par le candidat de l’UMP,

exigences au moment où les discussions sur la

voyage d’étude à Rabat et à Alger pour étudier

l’UNEF appelle les étudiants à battre la droite au

loi sur l’autonomie des universités sont déjà très

les modalités d’accès des étudiants étrangers

second tour.

avancées.

à l’espace d’enseignement supérieur français.

Mai 2007

». Elle développe les permanences dans plus

Elle dénonce la sélection pratiquée par les

2 juillet : Avec l’ensemble des organisations

CEF.

syndicales de l’enseignement supérieur et la

- En juillet 2008, à Paris 8, l’UNEF obtient la

Manifestation du 1er mai : Entre les deux

CPU, l’UNEF organise les Assises de l’Ensei-

régularisation de 28 étudiants en situation irré-

tours de l’élection présidentielle, l’UNEF appel-

gnement Supérieur, pour demander une autre

gulière.

le les étudiants à descendre dans la rue pour

loi et mettre en avant ses priorités pour l’univer-

- L’UNEF obtient l’accès des étudiants étran-

imposer dans le débat les questions sociales.

sité et les étudiants.

gers au fonds national d’aide d’urgence. - Chaque année l’UNEF a organisé une ren-

Le 6 mai, Nicolas Sarkozy est élu président de la République : l’UNEF prend acte du

Chaînes d’inscription : comme tous les ans

contre nationale des étudiants étrangers.

au mois de juillet, l’UNEF accueille dans l’en-

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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Août 2007

Loi sur le regroupement familial : l’UNEF

voir. Il permet de reconnaître que la responsabi-

participe à la journée de mobilisation du 20 octo-

lité de l’échec ne repose pas sur l’étudiant mais

Le 11 août : la loi relative aux responsabilités

bre contre le projet de loi du ministre de l’immi-

sur le système universitaire. L’UNEF salue une

et libertés universités est adoptée par le Parle-

gration et de l’identité nationale qui vise à durcir

base de travail intéressante, mais dénonce l’ab-

ment. L’UNEF dénonce une loi mauvaise et dan-

les critères de regroupement familial, nouvelle

sence d’augmentation de l’encadrement.

gereuse pour le service public d’enseignement

étape dans le processus de stigmatisation des

supérieur.

immigrés, après les lois CESEDA.

Septembre 2007

Postes aux concours : juste avant les vacances de Noël, le ministre de l’éducation natio-

Régimes spéciaux de retraite : l’UNEF

nale annonce une baisse de 9,7% des postes

appelle les étudiants à se mobiliser aux côtés

ouverts aux concours de l’enseignement pour

des salariés pour la défense des régimes spé-

2008. L’UNEF dénonce une nouvelle saignée

ciaux, et participe à la journée d’action du 18

et lance une campagne avec les syndicats de

octobre. Le pays est perturbé pendant plusieurs

l’éducation.

semaines. Le gouvernement est contraint d’apporter des compensations aux salariés.

SOS Examen : l’UNEF lance sa campagne sur toutes les universités pour informer les étu-

Novembre 2007 FERUF : l’UNEF présente des listes aux élections des conseils de résidence universitaire.

diants de leur droits. Elle défend plusieurs centaines d’étudiants.

Janvier 2008

De nombreux candidats de l’UNEF sont élus et travaillent au quotidien pour améliorer les

Immigration : l’UNEF et RESF lancent un

conditions de vie des étudiants en résidence

appel et participent à la journée de manifesta-

universitaire.

tion du 19 janvier contre la politique du gouver-

Pour la troisième année consécutive, l’UNEF

nement en matière d’immigration.

publie son panier de l’étudiant et dénonce

Franchises Médicales : l’UNEF signe un

la baisse continue du pouvoir d’achat étudiant :

appel unitaire contre la mise en place de fran-

en 5 ans, les dépenses ont augmenté de 27,2%

chises médicales et participe à la journée de

L’UNEF dénonce la réforme des bourses et la suppression des « points de charge »

alors que les aides n’ont augmenté que de 10%.

mobilisation du 30 novembre contre ce nouvel

et lance une campagne de recensement de l’en-

L’UNEF lance une grande campagne de péti-

affaiblissement de la protection sociale.

semble des étudiants lésés.

tions pour exiger des mesures d’urgence.

16 janvier : l’UNEF est reçue par Nicolas Fête de l’Humanité : l’UNEF y tient un stand

Sarkozy. Elle dénonce l’absence de réponse

et y mène sa campagne sur le pouvoir d’achat

à la situation sociale des étudiants et annonce

des étudiants.

que les étudiants ne seront pas des figurants du «sarkoshow» dans les mois qui viennent..

Octobre 2007

Journée de mobilisation dans l’éducation : 2 et 3 octobre : le collectif national de l’UNEF rassemble près de 500 militants. L’UNEF lance sa campagne « 15 milliards pour les riches et

le 24 janvier, 400 000 personnes manifestent

Décembre 2007

combien pour les étudiants ? » et appelle les

8 décembre : l’UNEF organise les Etats

fondes modifications de la LRU, un réengage-

Généraux pour la réussite de tous à l’université

ment budgétaire de l’Etat dans l’enseignement

et publie une plateforme de 50 revendications.

diants. L’UNEF accueille ses adhérents et tous les

lycées.

Bruno Julliard quitte l’UNEF après 2 ans et

21 janvier : le député, Jean-Paul Anciaux, remet à la ministre son rapport sur le logement

étudiant à l’IEP de Paris et à l’université de

étudiant. L’UNEF rend public sa contribution et

Paris 1, lui succède.

les revendications qu’elle porte sur le logement étudiant, en pointant les retards inacceptables

13 décembre : Valérie Pécresse annonce les orientations du plan réussite en licence. A cette

4

ser les suppressions dans les collèges et les

demi passés à sa tête. Jean-Baptiste Prévost,

étudiants en organisant des réunions de rentrée sur tous les campus.

cats de l’éducation pour exiger des créations de postes dans l’enseignement supérieur et refu-

étudiants à se mobiliser pour obtenir de pro-

supérieur et des mesures sociales pour les étu-

à l’appel de l’UNEF et de l’ensemble des syndi-

du plan Anciaux 1.

Février 2008

Bourses aux livres : l’UNEF organise la soli-

occasion, 740 millions d’€ sont débloqués pour

darité en animant les bourses aux livres dans de

favoriser la réussite des étudiants. Ce plan est

nombreuses universités.

une première réponse au chantier imposé par

Stages : le décret garantissant une gratifi-

l’UNEF dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pou-

cation des stages à hauteur de 30% du SMIC

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Mobilisation de l’automne 2007. Fort de sa victoire aux élections présidentielles, et conformément à ses engagements de campagne, Nicolas Sarkozy annonce dès son arrivée au pouvoir, en mai 2007, d’engager son gouvernement dans une réforme de l’université. L’UNEF engage un bras de fer pour défendre les droits étudiants et obtenir à la rentrée 2007 les gardes-fous nécessaires afin de préserver le service public d’enseignement supérieur.

Retour sur six mois de bras de fer pour défendre le service public d’enseignement supérieur L’adoption à marche forcée d’une loi contestée Dès la campagne présidentielle, le ton était donné : Nicolas Sarkozy alors candidat souhaitait réformer l’université sur la base du modèle américain, déclarant par exemple que « le problème des droits de scolarité devra franchement être posé », que « l’Etat n’est pas obliger de financer les filières qui conduisent au chômage » comme les lettres classiques… L’UNEF pose alors très clairement des lignes jaunes lors sa campagne d’interpellation des candidats à la présidentielle. Elle obtient un premier recul : au lendemain des élections législatives, le premier ministre annonce que la réforme de l’université ne modifiera ni le libre accès, ni le caractère national des droits d’inscription. Confrontée à une réforme à marche forcée, l’UNEF demande au gouvernement de revoir son calendrier. Face au refus du gouvernement de modifier son calendrier, dans un contexte où les étudiants ne sont pas présents dans les universités, et consciente du rapport de force, l’UNEF fait le choix de s’investir en juin dans les négociations pour défendre les droits des étudiants. L’UNEF dénonce le premier projet présenté par le gouvernement, insistant sur 3 points : la démocratie car un CA à 20 membres et 3

élus étudiants n’est pas acceptable, l’instauration de la sélection à l’entrée du master et le caractère national de l’autonomie qui peut varier selon les établissements qui créerait des statuts d’université à deux vitesses. L’UNEF vote contre le projet de loi présenté en CNESER du 22 juin. Forte du rapport de force suite à ce vote, l’UNEF obtient 2 reculs du gouvernement : pas de sélection à l’entrée du master et de statut d’université à 2 vitesses. Malgré un rejet de la loi par l’ensemble de la communauté universitaire, la discussion se poursuit au Parlement. La loi est définitivement adoptée par l’Assemblée Nationale le 11 août. L’UNEF dénonce une loi mauvaise et dangereuse.

L’UNEF appelle les étudiants à se mobiliser A la rentrée, le gouvernement, non content d’avoir imposé une loi rejetée par la communauté universitaire, n’a pas cru bon de respecter les promesses budgétaires destinées à accompagner la réforme et à mettre en place les réformes demandées par les étudiants avec le budget 2008. Pour ces raisons, à la rentrée, l’UNEF appelle les étudiants à se mobiliser pour lutter contre le désengagement politique et financier de l’Etat, introduit par la loi et amplifié par l’absence de moyens. Elle demande aussi des réponses sur l’aides sociales et pour favoriser la réussite des étudiants. A son collectif national d’octobre, l’UNEF lance sa campagne « Sarkozy président, c’est 15 milliards pour les riches, combien pour les étudiants ? » et appelle à des AG. Le mouvement prend vite de l’ampleur, dans un contexte de la mobilisation des fonctionnaires et contre les régimes spéciaux. Le 6 novembre, 6 universités sont bloquées, le 19 novembre, 47. Le 20 novembre plus de 50 000 étudiants descendent dans la rue aux côtés des fonctionnaires. Le 26 novembre, 46 universités sont bloquées. L’UNEF soutient ces blocages. Cependant, consciente de l’objectif du gouvernement d’envoyer le mouvement étudiant dans le mur en affichant une fermeté à toute épreuve, l’UNEF construit le rapport de force le plus important et cherche à obtenir le plus d’avancées possibles à la mobilisation étudiante. L’UNEF

maintient l’unité, malgré des désaccords importants sur certaines revendications ou même sur certaines actions radicales. Face à un gouvernement qui s’attache plus à l’affichage d’une réforme qu’à son contenu véritable, l’UNEF cherche à obtenir le maximum de garanties et de gardefous pour répondre aux inquiétudes des étudiants sur le désengagement de l’Etat, les risques de sélection et les inégalités grandissantes entre établissements. C’est pour cette raison qu’elle ne demande pas l’abrogation de la loi mais des modifications sur les points majeurs, à l’image des cheminots qui se battent pour vider sa réforme des régimes spéciaux de son contenu et garantir leurs droits en terme de rémunération, de montant de la retraite et d’âge effectif de départ.

Les premières victoires de la mobilisation étudiante Ainsi, dès qu’elle sent une stagnation du mouvement, l’UNEF,cherche des débouchés à la mobilisation afin de transformer le rapport de force en avancées, contre les principaux dangers de la loi mais également en réponses aux attentes des étudiants (aides sociales, réussite). Le 27 novembre, la ministre entend enfin la mobilisation étudiante et y apporte de premières réponses en apportant un certain nombre de réponse aux inquiétudes des étudiants : augmentation du budget de l’enseignement supérieur de 50% sur 5 ans, mise en place d’un cadrage national des diplômes, création d’un 6ème échelon de bourses et déblocage de 730 millions d’euros pour la réussite en licence. Ces premiers éléments constituent des gardes fous importants aux dangers de la LRU. Consciente qu’il ne s’agit que d’un premier pas, mais au vu de la forte baisse de la mobilisation et des tensions grandissantes dans les universités, l’UNEF, considérant que la mobilisation ne peut plus s’amplifier, appelle les étudiants à prendre en compte ces avancées, à rester vigilants pour que le gouvernement respecte ses engagements. L’UNEF appelle à poursuivre la mobilisation sous d’autres formes pour peser sur la loi quant à la démocratie et aux statuts des personnels.

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La bataille pour la réussite des étudiants

les étudiants, est très largement soutenu par les étudiants en obtient près de 40% des voix.

Zoom sur...

L’UNEF confirme sa place de première orgaCes deux dernières années, l’UNEF a placé

1er cycle. L’échec ne repose plus sur la res-

nisation étudiante, deux ans après la parodie

au cœur de son activité la bataille pour la

ponsabilité individuelle des étudiants mais

d’élections de 2006.

réussite de tous les étudiants. Lors des élec-

sur les insuffisances du système d’ensei-

tions présidentielles de mai 2007, l’UNEF a

gnement supérieur. Les orientations du plan

interpellé l’ensemble des candidats sur la

licence (augmentation du volume horaire,

L’UNEF soutient le mouvement des lycéens contre les suppressions de postes

situation catastrophique des 1ers cycles en

suivi individualisé…) seront autant de points

dans les lycées et appelle les étudiants à les

mettant au cœur du débat la question de

d’appui pour l’UNEF pour demander la mise

rejoindre. Elle participe à l’ensemble des mani-

l’échec. Une fois installé, l’UNEF obtient du

en place de dispositifs de lutte contre l’échec

festations et se met au service des organisa-

nouveau gouvernement l’ouverture du chan-

dans les universités.

tions lycéennes.

tier « réussite en licence ». Cependant la mi-

Cependant, alors que l’amélioration de l’en-

nistre ne semblait pas pressée de faire abou-

cadrement des étudiants fait parti des priori-

tir ce chantier, résolue à ne pas débloquer

tés du plan licence la ministre n’accompagne

de moyens budgétaires. Sous la pression du

ses bonnes intentions d’aucune création de

L’UNEF dénonce le projet du gouvernement de supprimer les tarifs jeunes à la SNCF. Face au tollé général, le gouvernement

premier semestre, la ministre est contrainte

postes d’enseignants et personnels admi-

recule.

d’annoncer un plan pour la « réussite en li-

nistratifs. En novembre 2008, l’UNEF dresse

cence » financé à hauteur de 730 millions

un premier bilan de son application. Celui-ci

d’€ sur 5 ans. Ce plan reprend nombre de

est sans appel loin de la « révolution » pro-

propositions de l’UNEF formulées quelques

mise, le plan licence a été mis en œuvre «

jours plus tôt à l’occasion d’une rencontre na-

avec modération » et « à la carte » par les

tionale sur la réussite des étudiants.

universités. En l’absence de recrutement, de

Pour l’UNEF, le plan licence est une avan-

cadre règlementaire contraignant, le statu

cée importante car le gouvernement recon-

quo a souvent été la règle et l’ambition une

naît enfin la responsabilité du système dans

exception.

L’UNEF soutient la mobilisation des travailleurs sans-papiers.

Mai 2008 1er mai : l’UNEF appelle les étudiants à manifester aux côtés des salariés pour dénoncer les suppressions de postes dans la fonction publi-

l’échec des étudiants, particulièrement en

6 et 7 février : le Collectif National de l’UNEF

avancée. L’UNEF publie un projet de réglemen-

rassemble près de 500 militants. Il est l’occasion

tation des stages avec la CGT, FO et Généra-

de faire le bilan de la mobilisation du premier

Retraites : l’UNEF manifeste aux côtés des

tion Précaire.

semestre et de lancer la campagne de l’UNEF

salariés pour exiger un système de retraite soli-

pour les élections au CROUS.

daire. Elle lance un appel « la retraite une affaire

Mars 2008

des retraites.

de jeunes » avec 13 organisations syndciales et de jeunesse pour protester contre l’allongement de la durée de cotisation et exiger la prise en

1er mars : l’UNEF organise une rencontre nationale sur la précarité des étudiants, dans

compte des années d’étude dans le calcul des retraites.

le cadre de sa campagne pour les élections au CROUS.

L’UNEF interpelle les candidats aux élections municipales autour de 10 priorités. De nombreux candidats reprennent ses propositions : à Toulouse, le maire promet la gratuité des transports pour les moins de 26 ans ; à Montpellier, la ville s’engage à construire 3000 logements.

10 et 11 mai : l’UNEF organise à Evry la rencontre nationale des élus étudiants, qui rassemble près de 400 élus étudiants

17 au 21 mars : l’UNEF organise le Festival étudiant contre le racisme et les discriminations,

de toute la France. Elle publie son plan d’action des élus étudiants.

dans plus de 30 A.G.E.

Logement : l’UNEF lance une campagne de pétitions pour exiger 1 milliard d’€ pour construi-

Avril 2008

re et réhabiliter les cités universitaires. Elle obtient 620 millions d’€ et un plan de construction de 40 000 chambres en cité U.

6

13 mai : pour les 40 ans de mai 68, l’UNEF organise une conférence avec Jacques Sauvageot, vice-président de l’UNEF à l’époque et

Elections au CROUS : du 25 mars au 4 avril, le projet de l’UNEF, de statut social pour tous

l’ensemble des responsables des organisations syndicales (CGT, UNSA, FO, FSU, CFDT).

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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11/03/09 13:24:27

Zoom sur...

que, la baisse du pouvoir d’achat et la réforme est publié. Pour l’UNEF, il s’agit d’une première


L’UNEF réalise 48% des voix aux élections au CNOUS et retrouve sa première place en obtenant 4 sièges sur 8.

Con tre la pré car ité : un sta tut soc ial pou r tous

Juin 2008

principes de sa réforme, ainsi que le projet de

Marche des fiertés : l’UNEF participe, à la

« masterisation » programmé pour 2010. Si

marche des fiertés avec l’intersyndicale de l’édu-

l’UNEF est favorable à la reconnaissance diplô-

cation. Elle adhère au collectif inter-LGBT.

mante des deux années de formation dispensées à l’IUFM, elle dénonce un projet guidé

Elections de la LMDE : l’UNEF poursuit son

avant tout par une logique d’économies budgé-

investissement dans le mutualisme étudiant et

taires conduisant à la suppression des IUFM et

soutient des listes pour l’élection des délégués

au désengagement de l’Etat de la formation des

à l’Assemblée Générale de la LMDE. Elle sort

enseignants.

majoritaire de ces élections. Ces délégués, et de nombreux militants de l’UNEF, participent au

SOS Examens : à travers ses tracts d’infor-

18 juin : l’UNEF organise un rassemblement

Congrès de la LMDE à Grenoble qui est l’occa-

mation et ses permanences syndicales, l’UNEF

devant le ministère contre la réforme des points

sion de célébrer les 60 ans du régime de sécuri-

permet que les droits étudiants soient respectés

de charge et dépose les dossiers de près de 200

té sociale étudiant.

pendant la période d’examens.

étudiants « recalculés ». Le ministère reconnaît que sa réforme des bourses pose problème et

Baisse des aides au logement : l’UNEF

fait des perdants. Face à la pression des étu-

lance une grande campagne de pétitions contre

diants, il est obligé de débloquer 15 millions d’€

la baisse programmée des aides au logement et

pour compenser la baisse des bourses des étu-

obtient plusieurs dizaines de milliers de signatures

diants « recalculés ».

critères d’attribution des aides au logement.

5 et 6 juillet : le Collectif National de l’UNEF rassemble plus de 500 militants pour faire le bilan d’un semestre très chargé, et victorieux

en quelques jours. La ministre du logement, Christine Boutin, ajourne son projet de modification des

Juillet 2008

Plan campus : l’UNEF publie un tour de

sur le plan électoral.

France des universités laissées pour compte par l’opération campus, et exige que 1,5 milliard

Réforme de la formation des enseignants : le 2 juin, Nicolas Sarkozy annonce les grands

d’€ soient alloués à la rénovation de l’ensemble des sites universitaires dégradés.

Zoom sur...

La bataille contre les frais d’inscription illégaux à faire supprimer tous les frais d’inscription il-

Chaînes d’inscription : comme tous les ans

légaux. En septembre, force est de constater

au mois de juillet, l’UNEF accueille dans l’en-

que de nombreuses universités sont encore

semble des universités les étudiants lors de

hors-la-loi. L’UNEF demande que la situation

leur inscription pour les aider à s’orienter et leur

de chaque université soit examinée en CNE-

proposer d’adhérer. Le nombre d’adhérents de

SER. Sur la base du recensement de l’UNEF,

l’UNEF augmente encore.

une réunion est organisée par le ministère. Sous la pression de l’UNEF et du ministère

Elections au CNESER : tous les 2 ans l’en-

Les droits d’inscription nationaux sont fixés

toutes les universités suppriment les frais

semble des élus étudiants élisent leurs repré-

chaque année par arrêté ministériel. Ce-

d’inscription illégaux pour l’année en cours et

sentants au conseil national de l’enseignement

pendant certaines universités mettent en

s’engagent à rembourser les étudiants.

supérieur et de la recherche. L’UNEF rempor-

place en toute illégalité des frais d’inscription

En juillet 2008, lorsque l’UNEF fait son re-

te 42% des suffrages, soit 5 sièges sur 11. Elle

supplémentaires pouvant s’élever jusqu’à

censement, si les pratiques illégales recu-

confirme sa place de première organisation étu-

plusieurs centaines d’euros. Depuis 2005,

lent 35 universités font de la résistance et

diante.

l’UNEF se bat pour faire cesser ces pratiques

demandent des frais d’inscription dépassant

et faire rentrer les universités dans la légalité.

10 000 € pour certains masters (Aix Marseille

Chaque été, pendant les inscriptions, l’UNEF

3). Face à la pression de l’UNEF, plusieurs

Début juillet sont annoncés les montants des droits d’inscription pour l’année. Pour

dresse son palmarès des universités hors-

universités suppriment les frais d’inscription

2008/2009, l’augmentation dépasse les 4%.

la-loi.

illégaux (Aix Marseille 2, Littoral, Lyon 2…)

L’UNEF dénonce une hausse intolérable au vu

En juillet 2007, son recensement montre, que

Face à l’opiniâtreté de certains présidents

de la dégradation de la situation sociale des étu-

malgré les poursuites engagées contre cer-

d’université, l’UNEF engage des recours de-

diants.

tains établissements, une université sur deux

vant les tribunaux administratifs, notamment

a encore recours à ces pratiques. La ministre

contre l’université d’Aix Marseille 3.

de l’enseignement supérieur s’engage alors

Frais d’inscription illégaux : l’UNEF rend public pour la 4ème année consécutive son palmarès 2008 des universités hors la loi. 40% des

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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universités sont encore dans l’illégalité. Elle réa-

programmées dans le budget 2009. Le rassem-

lise des recours gracieux auprès de 35 universi-

blement réunit plus de 500 personnes.

lance sa campagne « Sarko, coupable d’atteinte

tés et attaque plusieurs établissements devant les tribunaux administratifs.

Septembre 2008 Pour la quatrième année consécutive, l’UNEF sort son enquête sur le pouvoir d’achat des étudiants à la rentrée. Le constat est encore une fois sans appel : alors que les dépenses obligatoires ne cessent d’augmenter

4 et 5 octobre : le collectif national de l’UNEF qui rassemble plus de 550 étudiants. L’UNEF

Rentrée universitaire : l’UNEF accueille ses adhérents et tous les étudiants en organisant

aux droits étudiants ! » et appelle à des assemblées générales sur les universités.

des réunions de rentrée sur tous les campus.

Bourses aux livres : l’UNEF organise la solidarité en animant les bourses aux livres dans de nombreuses universités.

Octobre 2008

(+5,9%), les aides n’augmentent pas. La situation de précarité des étudiants s’accroît donc un

1er octobre : l’UNEF organise une opération

7 octobre : l’UNEF participe à une journée

peu plus en cette rentrée. Elle lance sa campa-

« RU gratuit » pour protester contre la baisse du

internationale d’action sur le pouvoir d’achat et

gne pour exiger un plan d’urgence pour les étu-

pouvoir d’achat et défendre le service public du

à la manifestation appelée par l’ensemble des

diants.

CROUS, remis en cause par le rapport Lambert.

confédérations syndicales.

Soutenue par les organisations de personnels

Fête de l’Humanité : l’UNEF tient un stand

du CROUS, l’UNEF met la pression sur le gou-

et fait signer de nombreuses pétitions pour sa

vernement et fait ainsi entendre les revendica-

L’UNEF participe à la mobilisation contre le fichier EDVIGE et notamment au rassemble-

campagne de rentrée sur le pouvoir d’achat des

tions des étudiants.

ment du 16 octobre devant l’Assemblée Nationale. L’importante mobilisation fait reculer le

Zoom sur...

étudiants.

8

Réforme de la formation des enseignants :

gouvernement qui est contraint de retirer les

18 septembre : l’UNEF participe au rassem-

le 4 octobre, l’UNEF participe aux états géné-

points les plus dangereux pour les libertés publi-

blement organisé devant le ministère de l’en-

raux sur la formation des enseignants à l’univer-

ques de son projet initial.

seignement supérieur, pour dénoncer les 900

sité de Paris 12 avec l’ensemble des syndicats

suppressions de postes dans les universités

de l’éducation.

L’UNEF à l’offensive pour porter un coup d’arrêt aux politiques du gouvernement La rentrée universitaire est marquée par de

d’enseignants et de personnels, et le refus

(à VSQ, à Paris X, à Rouen…). Ces choix ont

nombreuses attaques contre la communauté

de la mise en concurrence entre des uni-

surtout permis de structurer les campus en

universitaire. Non contente de dégrader plus

versités. Parce que le gouvernement reste

portant nos revendications et nos analyses

encore les conditions de vie étudiantes par

sourd aux revendications étudiantes, l’UNEF

auprès des étudiants et. Sans ce travail, la

sa politique (90% des étudiants voient leur

décide d’organiser des assemblées généra-

mobilisation des étudiants au second semes-

pouvoir d’achat diminuer à la rentrée), Va-

les dans toutes les universités, et impulse

tre n’aurait pas été possible.

lérie Pécresse annonce la suppression de

une journée nationale de manifestation le 20

900 emplois dans l’enseignement supérieur.

novembre pour mettre un frein aux politiques

Cette décision résonne comme une véritable

menées par le gouvernement. Ces assem-

provocation pour les étudiants. Un an après

blées générales vont rassembler de nom-

les garanties obtenues grâce à la mobilisa-

breux étudiants partout en France (ils sont

tion, le compte n’y est pas : en trompe l’œil,

plus de 500 à Reims, Clermont, Rennes…)

le budget de l’enseignement supérieur est

et vont être une des clés de la réussite de la

insuffisant et ne répond pas aux priorités des

journée du 20 novembre. 200 000 personnes

étudiants. Contrairement aux engagements,

dont 20 000 jeunes descendent dans la rue.

l’enseignement supérieur n’est pas une prio-

Souvent isolée, l’UNEF fait le choix de prépa-

rité budgétaire.

rer l’affrontement en augmentant le rapport

Dans ces conditions, l’UNEF décide de ne

de force dans les universités. C’est ce qui

pas en rester là et lance une campagne axée

a permis notamment que la Ministre tienne

sur trois revendications principales : un plan

ses engagements sur les 50 000 nouveaux

d’action sociale pour les étudiants pour ré-

boursiers, ou d’obtenir des avancées pour

pondre à la précarité, un plan de recrutement

les droits des étudiants dans les universités

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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de l’éducation pour dénoncer la politique du gouvernement en matière d’éducation. Cette journée est une réussite, rassemblant près de 80 000 personnes.

La bataille de l’UNEF pour défendre la résidence universitaire d’Antony

Zoom sur...

19 octobre : l’UNEF appelle les étudiants à manifester de Paris aux côtés des personnels

La résidence Jean Zay d’Antony est une des

maintien du CROUS comme gestionnaire de

plus grandes cités universitaires d’Europe.

la résidence.

Construite en 1955, elle n’a jamais connu de

L’UNEF est intervenue à tous les niveaux

réhabilitation d’ampleur et les 2100 cham-

pour obtenir un plan de rénovation de la cité

bres qu’elle compte pourraient devenir inuti-

U. Elle a lancé une pétition qui a recueilli plu-

lisables si elles ne sont pas réhabilitées rapi-

sieurs milliers de signatures pour demander

dement. Sans réhabilitation de la résidence,

une réhabilitation de la résidence et le refus

la perte des chambres de la cité universitaire

de son transfert. Celle-ci a permis de faire

d’Antony représenterait une baisse de 16%

débloquer 2 millions d’€ par le Région Ile-de-

des chambres CROUS d’Ile de France. La

France. Cependant l’Etat refuse d’intervenir.

communauté d’agglomération des Hauts

Grâce à l’action de l’UNEF, le conseil d’ad-

de Bièvres, dont fait partie la ville d’Antony,

ministration du CROUS de Versailles rejette

souhaite se voir transférer la gestion des

la convention de transfert de la cité U de

bâtiments de la résidence par l’Etat. Le but

l’Etat vers la communauté d’agglomération.

affiché est la destruction partielle ou totale de

Cependant l’Etat passe en force et publie

la résidence, qui ne correspondrait pas à son

d’arrêté de transfert malgré le rejet du CA

environnement urbain. L’UNEF s’oppose for-

du CROUS. L’UNEF continue la bataille en

tement à un transfert de la résidence de l’Etat

déposant un recours devant le tribunal admi-

vers la communauté d’agglomération parce

nistratif.

qu’elle est contradictoire sa rénovation et le

Présidence Française de l’Union Européenne : l’UNEF, avec l’ESU et l’International de l’Education, lance une campagne de péti-

Budget 2009 : l’UNEF dénonce un budget

tions sur la mobilité étudiante. Lors de la confé-

2009 pour l’enseignement supérieur en trompe

rence sur la mobilité organisée à Nancy, l’UNEF

l’œil et qui tourne le dos aux priorités des étu-

interpelle la ministre de l’enseignement supé-

diants. Pour la première fois depuis 15 ans,

Mouvement des étudiants en IUT : Au mois

rieur pour exiger les moyens nécessaires pour

900 postes sont supprimés dans les universi-

de novembre et de décembre dernier, les étu-

favoriser la mobilité des étudiants.

tés. L’UNEF interpelle les parlementaires et fait

diants des IUT se sont fortement mobilisés pour

voté des motions dans de nombreux conseils

défendre l’avenir de leur formation à l’appel des

d’administration d’université. De nombreux bud-

directeurs d’IUT. L’UNEF a pleinement son rôle

gets d’université sont repoussés par les conseils

de syndicat de tous les étudiants en permet-

d’administration (Rouen, le Havre, Montpellier

tant de rendre leur mouvement autonome et en

FERUF : l’UNEF présente des listes aux élec-

3…). La mobilisation permet à certaines univer-

le structurant. Au-delà de la défense d’une for-

tions des conseils de résidence universitaire.

sités d’obtenir une rallonge budgétaire et le réta-

mation, ce mouvement a permis de mettre en

De nombreux candidats de l’UNEF sont élus

blissement de quelques postes (Montpellier 3,

lumière les problèmes budgétaires des univer-

et travaillent au quotidien pour améliorer les

Besançon…).

sités et l’augmentation de la concurrence dans

Novembre 2008

conditions de vie des étudiants en résidence universitaire.

Grèce qui réunit plusieurs centaines de personnes.

l’enseignement supérieur.

10 décembre : l’UNEF participe à une journée d’action dans l’éducation aux côtés des syn-

20 novembre : à l’appel de tous les syndicats

dicats lycéens et de personnels.

de l’Education, plus de 200 000 manifestants défilent dans les rues de nombreuses villes de

Mobilisation lycéenne : l’UNEF appel-

France pour dénoncer la politique éducative du

le les étudiants à soutenir la forte mobilisation

gouvernement (réforme du lycée, suppressions

lycéenne contre la réforme du lycée et les sup-

de postes…). Plus de 20 000 jeunes descendent

pressions de postes et se met au service des

dans la rue à l’appel de l’UNEF.

syndicats lycéens. La forte mobilisation impose

Décembre 2008

à Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale de reculer et reporter d’un an sa réforme.

Bourses : l’UNEF obtient une réouverture 1er décembre : l’UNEF participe à la journée mondiale de lutte contre le SIDA.

12 décembre : l’UNEF appelle à la solidari-

exceptionnelle du système de bourse devant

té avec la jeunesse de Grèce mobilisée et orga-

permettre à 25 000 étudiants d’obtenir une

nise un rassemblement devant l’ambassade de

bourse. Cette mesure, réclamée par l’UNEF,

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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9

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était indispensable pour respecter l’engage-

juste et durable entre palestiniens et israéliens

ment de Valérie Pécresse de 50 000 nouveaux

afin de dénoncer les violences exercées contre

boursiers échelon 0 (exonération des frais d’ins-

les civils, exhorter Israël à mettre fin à son inter-

cription) à la rentrée 2008. En effet, plus de 25

vention militaire et appeler à l’ouverture de nou-

000 étudiants ne pouvaient pas bénéficier de

velles négociations dans la perspective d’un

la bourse à laquelle ils avaient droit en cette

accord de paix.

rentrée pour cause de critères trop restrictifs conduisant le gouvernement à économiser plusieurs millions.

Janvier 2009

29 janvier : une journée de manifestations est appelée par l’ensemble des organisations syndicales du pays. L’UNEF et les étudiants descendent dans la rue aux côtés des salariés. Plus de 2,5 millions de personnes dont de nombreux jeunes, manifestent pour dénoncer les politiques du gouvernement, et notamment l’absence

dans l’enseignement supérieur en 2010 et 2011

de réponses face à la crise et ses conséquen-

et la réécriture complète du décret modifiant le

ces sociales.

statut des enseignants-chercheurs. L’UNEF

Février 2009

prend acte de ces premiers éléments de réponse mais en l’absence de réponse sur l’ensemble des revendications des étudiants, appelle

Face aux restrictions budgétaires, le mouvement français pour le planning familial est menacé. Le MFPF, l’UNEF et la LMDE lan-

dence. Elle permet de former plus de 50 élus de toute la France pour mieux défendre les droits

Pendant un siècle, l’UNEF a incarné la vo-

des étudiants et améliorer leur vie quotidienne

lonté d’unité du mouvement étudiant. Parfois

en résidence universitaire.

contesté ou fragilisé, le mouvement étudiant

6 février : L’UNEF organise une rencontre nationale des élus étudiants en conseils de rési-

mation et ses permanences syndicales, l’UNEF

a néanmoins démontré, par son histoire, sa

Mobilisation dans l’enseignement supérieur : alors que la grogne monte dans les uni-

capacité à s’organiser de manière autonome

versités, les 7 et 8 février, le Collectif national

étudiants. La réunification syndicale entre

de l’UNEF réunit plus de 500 étudiants. L’UNEF

l’UNEF-ID et l’UNEF-SE en 2001 a permis

appelle les étudiants à se réunir massivement

de refermer 30 années de division de l’UNEF.

dans les assemblées générales et à voter la

Il est aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin,

Réforme de la formation des enseignants : le ministère de l’éducation nationa-

grève.

l’UNEF souhaite donc faire franchir une nou-

A l’appel de l’intersyndicale de l’enseignement

velle étape à ce processus, dans le prolon-

le annonce la suppression de 3000 postes

supérieur et de la recherche, le 10 février, plus

gement de la réforme statutaire votée lors du

ouverts aux concours de l’enseignement pour

de 100 000 personnes dont 70 000 étudiants

précédent congrès en 2007.

2009. L’UNEF dénonce cette nouvelle saignée

descendent dans la rue pour dénoncer les poli-

C’est pour cette raison que l’UNEF, à l’occa-

et lance une campagne pour informer les étu-

tiques du gouvernement en matière d’enseigne-

sion de son collectif national des 4 et 5 oc-

diants et demander un plan pluriannuel de

ment supérieur (réforme du décret sur le statut

tobre 2008, a voté un appel pour l’unité du

recrutement dans l’éducation. Elle interpelle

des enseignants-chercheurs, suppressions de

mouvement étudiant, en direction des orga-

également Xavier Darcos et Valérie Pécresse

postes…). Le gouvernement refuse pourtant

nisations étudiantes, des groupes organisés

pour demander des garanties sur la réforme de

d’apporter des réponses à la communauté uni-

dans la jeunesse et de tous les étudiants.

la formation des enseignants. De premiers élé-

versitaire.

L’UNEF prend contact avec les organisations

permet que les droits étudiants soient respectés pendant la période d’examens.

19 janvier : l’UNEF participe à la journée de mobilisation dans l’éducation.

ments de réponse sont apportés par les ministres le 15 janvier.

10

5 et le 11 mars.

L’UNEF appelle à l’unité du mouvement étudiant

plusieurs centaines de milliers de signatures.

SOS examens : à travers ses tracts d’infor-

pant à une nouvelle journée de mobilisation le

Zoom sur...

cent une campagne de pétitions qui recueille

les étudiants à maintenir la pression en partici-

De nouvelles journées de mobilisation ont lieu

avec pour seule boussole les intérêts des

localement et nationalement.

les jeudi 19 et 26 février, la communauté univer-

De premiers pas ont été faits dans ce sens,

sitaire reste fortement mobilisée avec toujours

les militants de la Confédération étudiante de

L’UNEF condamne l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui fait plusieurs

plusieurs dizaines de milliers de personnes

Rennes, Bordeaux, etc…ont rejoint les rangs

dans la rue.

de l’UNEF au mois de juillet 2008, de même

centaines de victimes. Elle appelle à participer

Fin février, face à la pression, le gouverne-

que la section locale de Sud étudiant de

aux manifestations du samedi 10 janvier orga-

ment commence à reculer. Le premier minis-

Marseille au mois d’octobre. Ces premières

nisées par le Collectif national pour une paix

tre annonce le gel des suppressions de postes

avancées en appellent d’autres.

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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Bilan électoral

Résultats du CNESER et du CNOUS 2008 L’UNEF est représentée dans les universités et dans les CROUS au travers de ses élus étudiants. Tous les deux ans, ont lieu les élections des représentants étudiants dans les conseils centraux des universités (conseil d’administration, conseil des études et de la vie universitaire, conseil scientifique) et des conseils d’administration des CROUS. Ces élus votent ensuite pour élire leurs représentants nationaux au CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) et au CNOUS (conseil national des œuvres universitaires et sociales). Lors de l’ensemble de ces élections, les listes « UNEF et associations étudiantes » sont ressorties très largement victorieuses, confortant ainsi la place de l’UNEF comme première organisation étudiante représentative. Voici le bilan électoral de deux ans de travail dans les conseils.

Aix-Marseille 1, 2 et 3 Amiens

2006

2008 (en%)

33,7% 29,4%

1

25% 28%

Gains (en points)

Nancy 1 et 2

33,3%

39,2%

+5,9

Nantes

32,4%

32%

-0,4

-8

Nice

20,6%

13%

-7,6

-1,4

Nîmes

33,3%

2

44,1%

Liste

Voix Elus

UNEF

774

5

FAGE

394

2

PDE

212

1

FSE/SUD

131

0

UNI

265

2

247

1

Les élections au CNESER

Bilan des élections au CNESER - Progression 2006-2008 (en%)1

Résultats CNESER

Angers

19,3%

36%

+16,7

Orléans

50%

+5,9

Artois

54,5%

36%

-18,5

Paris 1

44,1%

36%

-8,1

Paris 2

25,8%

14,3%

-11,5

Lors des élections au CNESER, la liste « UNEF et associations étudiantes » a remporte une victoire historique en obtenant 774 voix, soit 41,5% des suffrages et 5 élus sur 11. Ces résultats montrent que les étudiants ont très largement fait le choix de l’UNEF, de sa démarche syndicale et de son efficacité à défendre les droits des étudiants.

Avignon

25%

38,1

+13,1

Besançon

36,7%

26,1

-10,6

Paris 3

30%

52%

+22

0%

26,7%

+26,7

Liste

Résultats CNOUS

Voix Elus

Bordeaux 1, 2,3

29,6%

29,9%

+0,3

Paris 4

Brest

33,3%

24%

-9,7

Paris 5

20%

12%

-8

UNEF

82

4

Caen

20,6%

40%

+19,4

Paris 6

15,6%

22,7%

+7,1

FAGE

38

2

Cergy-Pontoise

36,7%

44%

+7,3

Paris 7

16,1%

40%

+23,9

PDE

30

1

Chambéry ClermondFerrand 1 et 2 Dijon

28%

25%

-3

Paris 8

41,7%

65,2%

+23,5

UNI

22

1

30,6%

23,8%

-6,8

Paris 10

45,4%

32%

-13,4

22,9%

20%

-2,9

Paris 11

30,3%

36%

+5,7

Evry

46,2%

55%

+8,8

Paris 12

32,3%

40%

+7,7

Grenoble 1,2 et 3

33,7%

29%

-4,7

Paris 13

32,3%

32%

-0,3

IEP Paris

45,4%

36,4%

-9

Pau

24%

36,8%

+12,8

La Rochelle

52,4%

36,8%

-15,6

Le Havre

41,7%

52,4%

10,7

Le Mans

17,2%

28%

+10,8

Lille 1,2 et 3

26,5%

37,5%

+11

Limoges

27,6%

23,1%

-4,5

Littoral

32,4%

43,5%

+11,1

Lorient-Vanne

57,7%

35%

-22,7

Lyon 1,2 et 3

32,6%

32,4%

-0,2

Marne la Vallée

50%

46,7

-3,3

Metz

43,3%

44%

+0,7

22,7%

+6

20%

+13,1

Montpellier 1, 2,3 16,7% Mulhouse

6,9%

Perpgnan

16,7%

19%

+2,3

Poitiers

15,6%

24%

+8,4

Reims

30%

26,9%

-3,1

Rennes 1 et 2

37,9%

41,3%

+3,4

Rouen

36,4%

28%

-8,3

Saint-Etienne

22,6%

30,4%

+7,8

Strasbourg1,

30,3%

25,8%

-4,5

Toulon

7,7%

20,8%

+13,1

Toulouse 1, 2, 3

40%

31,6%

-8,4

Tours

14,7%

21,7%

+7

Valenciennes

27,6%

28%

+0,4

Versailles

48,4%

34,6%

-13,8

TOTAL

Les élections au CROUS et au CNOUS Après la parodie d’élection de 2006, où l’UNEF n’avait pas cédé au chantage du gouvernement en plein mouvement pendant le CPE en boycottant les élections au CROUS, elle retrouve sa place de première organisation étudiante dans les CROUS en remportant très largement les élections. Elle remporte 38% des suffrages et 44% des sièges (soit 81 élus) et redevient majoritaire dans 19 académies. Ces résultats sont confirmés par les élections au CNOUS. En votant massivement pour l’UNEF les étudiants ont exprimé le rejet des politiques du gouvernement et l’absence de réponse apportées à leur situation sociale. Ils ont ainsi largement plébiscité le projet de statut social porté par l’UNEF.

30,62% 31,65% +1,03

1. La LRU a modifié le nombre d’élus étudiants, c’est pourquoi les résultats sont donnés en pourcentage 2. L’université de Nîmes a été créée en 2007

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TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA MAJORITÉ NATIONALE

Protéger la jeunesse et démocratiser l’université pour préparer l’avenir

C

e 81ème congrès de l’UNEF s’ouvre dans un contexte de crise économique sans précédent depuis les années 30. Cette crise n’est pas simplement l’énième soubresaut d’un système financier à la dérive, elle représente la faillite de la mondialisation libérale et de ses dogmes. Elle trouve son origine dans une profonde inégalité de répartition des richesses et consacre l’échec des politiques libérales imposant l’affaiblissement de l’action publique et des protections collectives comme règles de développement indépassables. Si la crise ne peut à elle seule expliquer les difficultés sociales et la régression libérale

le prix et les milliards offerts aux plus aisés, aux sans contrôle ni garantie apparaît pour ce qu’il

Malgré la diversité de leurs origines et de leurs

est : un scandale politique économique et social.

situations, les jeunes partagent un même besoin

Les règles du jeu prétendument immuables de la

de formation et d’insertion, et une aspiration

société libérale ont fait la preuve de leur échec

commune à l’autonomie. Pour ces raisons,

et sont aujourd’hui profondément contestées.

toute politique de division et de stigmatisation

Les jeunes et les salariés refusent de payer pour

de la jeunesse est vouée à l’échec. Pour faire

une crise dont ils ne sont en rien responsables.

face à la crise et préparer l’avenir, la société

Les mobilisations puissantes aux Antilles, les

doit impérativement mettre la jeunesse en

récentes mobilisations des lycéens et étudiants,

sécurité sociale et donner à l’ensemble de

la réussite des journées interprofessionnelles qui

notre génération les moyens d’accéder à une

ont rassemblé plusieurs millions de personnes

formation qualifiante. Il y a urgence : si la société

constituent un indéniable changement de rapport

n’a d’autre perspective à offrir à sa jeunesse que

de force social.

déqualification, précarité, et chômage, elle pose

dans lesquelles s’est enlisé notre pays, ses

les bases d’une explosion sociale sans précédent

conséquences sociales vont durablement peser

Frappés de plein fouet par les politiques

sur le contexte dans lequel nous inscrivons notre

libérales, les jeunes se retrouvent aujourd’hui

action syndicale. La France s’enfonce dans la

en première ligne. Fragilisés socialement, sans

récession et l’explosion du chômage, la précarité

revenu stable ni réelle protection, ils subissent

La période qui s’ouvre est déterminante pour

et l’incertitude face à l’avenir assombrissent

de plein fouet la récession et l’explosion des

l’avenir de l’enseignement supérieur. Après une

l’horizon de milliers de jeunes et de salariés.

inégalités. La pression du chômage de masse,

période de stagnation de la massification et

qui augmente plus fortement chez les 18-25 ans,

d’abandon des universités, la perspective d’une

En menant une politique de délitement de

entraine une généralisation de la déqualification

baisse du nombre d’étudiants et d’une régression

l’Etat et des solidarités, le gouvernement

et le développement de l’emploi précaire. Si le

de la démocratisation se profile. En renforçant

porte la responsabilité principale dans cette

diplôme reste une protection contre le chômage,

l’autonomie des universités, sans contrôle et sans

dégradation de la situation. La prétendue «

il n’est plus une perspective d’ascension sociale.

moyens équitablement répartis, la politique du

rupture » sur laquelle Nicolas Sarkozy a été élu en

L’attention portée aux aspirations de la jeunesse

gouvernement depuis 2007 répond à la logique

2007, se résume finalement à un alignement sur

dans une société détermine ses valeurs et son

simpliste et libérale de démission de l’Etat du

le modèle néolibéral américain au moment précis

avenir. C’est le signe d’une société qui régresse.

service public d’enseignement supérieur et vise

où celui-ci échoue. Alors que la France résiste

et d’une rupture politique durable avec notre génération.

l’apparition d’une poignée de grandes universités

mieux que ses voisins grâce à ses systèmes de

Cette société de l’insécurité sociale, de l’injustice,

protections collectives et à l’activité d’un secteur

de la régression, du bien-être de quelques-uns

Les premières victimes de cette course à la

public puissant, le gouvernement s’obstine à «

au prix du malheur de millions d’autres, cette

concurrence entre établissements sont les

maintenir le cap » de réformes dictées par une

société n’est pas la nôtre. Notre projet syndical

universités de masses, privées des moyens de

logique libérale de remise en cause des services

s’inscrit résolument dans une volonté de rupture

faire réussir les étudiants qu’elles accueillent,

publics. Cet acharnement témoigne d’une volonté

avec la société telle qu’elle s’impose à nous.

notamment ceux issus des milieux modestes.

de profiter de la crise pour faire avancer le modèle

Nous refusons de grandir dans une société qui

Une bataille est d’ores et déjà engagée, entre les

de société où les salariés et l’État sont mis à

se déconstruit. Nous refusons d’être une variable

partisans de l’affaiblissement du service public

contribution tandis que les actionnaires voient

d’ajustement lors de l’entrée sur le marché du

d’enseignement supérieur qui est aujourd’hui à

leurs superprofits épargnés et leur égoïsme social

travail. Nous refusons d’être l’otage de la crise et

l’œuvre, et les tenants d’une nouvelle étape de

encouragé. Face à la crise, le gouvernement a

du chômage pour construire notre avenir.

la démocratisation, dont l’UNEF doit être le fer

donc choisi la politique du pire. Il ne prépare pas l’avenir, il l’hypothèque.

12

aspirations de notre génération.

entreprises ou à un système bancaire en faillite

compétitives

sur

la

scène

internationale.

de lance. A ceux qui souhaitent poursuivre cette Cette situation politique et sociale appelle

politique et céder aux tentations de la sélection,

une intervention forte de la part de la principale

notamment à l’entrée du M1, et de la libéralisation

Cette politique libérale injuste avant la

organisation de jeunesse. Ce 81ème congrès de

des frais d’inscription, nous opposerons la plus

crise est aujourd’hui devenue insupportable.

l’UNEF est l’occasion de porter des revendications

grande fermeté. Mais résister ne suffit pas, il nous

Le décalage entre la politique d’économies

syndicales offensives et rassembleuses pour

faut désormais créer les conditions d’un rebond de

budgétaires dont les plus faibles doivent payer

répondre à la crise qui frappe notre pays et aux

la démocratisation, en portant des revendications

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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permettant de remettre l’égalité au cœur du

de développement de notre organisation, mais

civilement à 18 ans, les jeunes sont considérés

service public d’enseignement supérieur, et en

également une nouvelle dynamique syndicale de

comme mineurs socialement et restent coincés

ouvrant de nouvelles perspectives de conquêtes

rassemblement. L’UNEF est la maison commune

entre la dépendance familiale et la précarité des

pour les étudiants. Sursaut ou déclin : pour la

du mouvement étudiant : la majorité nationale

petits boulots.

démocratisation de l’enseignement supérieur,

souhaite proposer à l’ensemble de l’organisation

Face à une mutation sociale de cette ampleur, la

l’alternative est claire.

de poursuivre nos efforts collectifs pour organiser

société a su dans le passé s’adapter. Après la 2nde

le plus grand nombre d’étudiants au sein du

guerre mondiale, l’apparition d’un temps de la vie

syndicat majoritaire.

après le travail, s’est accompagnée de la création

A la logique de libéralisation de l’enseignement supérieur nous opposons une autre perspective

du régime solidaire de retraite, afin de sortir les

: une université publique capable d’offrir à

Ces derniers mois ont montré la force de la

vieux de la misère et rompre avec les solidarités

l’ensemble d’une génération les moyens de

jeunesse organisée pour imposer de premiers

privées ou familiales. Pourtant, notre société

construire son émancipation et d’acquérir le plus

reculs au gouvernement. Il n’y a rien d’automatique

considère toujours la jeunesse comme une forme

haut niveau de qualification possible. Il est urgent

à ce que de cette crise et du nouveau rapport de

de purgatoire nécessaire. La jeunesse doit être le

d’achever la massification de l’enseignement

force social sorte un progrès. Notre responsabilité

temps de l’émancipation, pas celui des galères qui

supérieur et d’engager une nouvelle étape de la

est à la mesure de ce rapport de force, elle est

conditionnent des choix dont découle toute notre

démocratisation de la réussite. Les universités

particulièrement lourde au vu des attentes de

vie future, personnelle ou professionnelle. En

ne pourront relever ce défi sans de nouvelles

notre génération. C’est l’aptitude de l’UNEF à faire

application de la Charte de Grenoble qui prévoyait

réformes qui convergent vers l’objectif impératif

face à ce contexte inédit qui sera jugée par les

dès 1946 le « droit à une prévoyance sociale

de réussite du plus grand nombre. Loin de rendre

étudiants.

particulière » pour les étudiants, nous exigeons la

cette exigence caduque, la crise témoigne du

création d’un statut social qui garantisse à chacun

Protéger et qualifier les

les moyens d’accéder à l’autonomie, de mener

diplôme reste la meilleure arme face au chômage.

jeunes pour faire face à la

universel et doit protéger l’ensemble des jeunes

Donner aux jeunes les moyens de se former relève

crise

besoin de dépenses d’avenir pour faire face à ses conséquences économiques et sociales. Le

qui n’accèdent pas aujourd’hui à une formation et

d’une relance par l’investissement dont notre pays ne peut pas se priver. Cette orientation syndicale offensive doit résolument s’ancrer dans l’action. Le milieu

à bien un parcours de formation. Ce statut est

une insertion de qualité. Il se compose d’un volet Pour sortir de l’incertitude, notre génération a

financier, l’allocation d’autonomie, d’un véritable

exprimé son besoin de protection sociale ainsi que

service public de la vie étudiante (logement,

son aspiration à une insertion professionnelle de

transport, restauration) et d’un droit à une

qualité. La société doit y apporter des réponses !

protection sociale de haut niveau (santé, régime

étudiant a fait la preuve ces derniers mois de sa

La hausse du chômage, la déqualification, la

combativité, de ses ambitions, de son impatience.

précarité et la baisse du pouvoir d’achat ne sont

La forte mobilisation de la communauté universitaire

en rien une fatalité : la crise ne fait que mettre en

témoigne du refus déterminé des étudiants d’une

lumière et amplifier les conséquences de l’absence

politique universitaire qui fragilise leur avenir. Dans

de statut social de la jeunesse. En période de

la continuité de cette mobilisation, notre congrès

chômage, le diplôme reste la meilleure arme.

100 000 étudiants vivent sous le seuil de

doit être un point d’appui pour la suite : l’UNEF

L’accès de tous à une qualification est nécessaire

pauvreté, un étudiant sur deux est contraint de se

doit ouvrir un nouveau cycle de contestation

pour donner aux jeunes les moyens de faire face à

salarier pour financer ses études. Cette précarité

et de conquête dans l’enseignement supérieur.

la crise et leur donner une perspective d’insertion

sociale en constante augmentation depuis 2001

Face à un gouvernement sourd enfermé dans ses

durable. Dans ces conditions, l’émancipation

provoque chaque année la sortie sans diplôme

certitudes, nous devons œuvrer à la construction

par le diplôme suppose une mise en sécurité

du système éducatif de dizaines de milliers de

d’un rapport de force majoritaire, s’appuyant sur

sociale et doit permettre l’acquisition de

jeunes. Pour financer ses études, un étudiant n’a

des mobilisations victorieuses et s’inscrivant dans

qualifications protectrices sur le marché du

le choix qu’entre la précarité des petits boulots et

la durée. A l’heure où le gouvernement délégitime

travail.

la dépendance familiale. L’absence d’alternative

ont besoin d’un syndicalisme de transformation

A – Mettre les jeunes en sécurité sociale

sociales. Nous refusons que le salariat étudiant soit une solution pour financer ses études, parce qu’étudier est un métier à temps plein.

sociale puissant, alliant rapport de force construit et recherche permanente de débouchés.

1. L’allocation d’autonomie : pierre angulaire du statut social

augmente l’échec et reproduit les inégalités

ses interlocuteurs, ignore l’action collective et s’attaque à tous les contre-pouvoirs, les étudiants

étudiant de sécurité sociale).

La massification de l’enseignement supérieur, l’allongement de la durée des études et le recul

- Un système d’aide sociale à bout de souffle

Puissante sur le plan électoral, au cœur des

de l’âge moyen d’entrée sur le marché de l’emploi

mobilisations de la communauté universitaire et de

ont conduit à l’émergence d’un nouvel âge de la

Le système d’aide sociale actuel, hérité

la jeunesse, l’UNEF sort renforcée de la période

vie qui s’étend de la fin des études secondaires à

de l’après guerre, n’a pas su s’adapter à la

récente. Nous devons continuer de tracer le sillon

l’installation dans un emploi stable : la jeunesse.

massification de l’enseignement supérieur et à

d’un syndicalisme étudiant toujours mieux reconnu

Cette période, au cours de laquelle chacun à

l’accueil de nouveaux publics à l’université. A la

comme acteur à part entière des transformations

vocation à construire son projet de formation,

fois insuffisant, illisible et injuste, le système d’aide

sociales, agissant en lien avec le syndicalisme

d’insertion, à déterminer ses propres choix de vie,

sociale est à bout de souffle. Il est insuffisant car

salarié. Ce congrès doit ouvrir un nouveau cycle

est aujourd’hui une période d’instabilité. Majeurs

même le montant des aides les plus élevées ne

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couvre que partiellement les besoins des étudiants

dehors de toute logique d’assistance, nous voulons

: 40% des boursiers sont contraints de travailler,

permettre aux jeunes de prendre toute leur place

augmentant ainsi leur risque d’échec. Le système

dans la société, en reconnaissant leurs droits.

la tendance. - Permettre l’accès de tous les jeunes à un

est illisible : il existe plus de 150 aides recensées

Le financement de l’allocation autonomie

gérées par de multiples opérateurs. Le système

implique la refonte des aides existantes : aides

La crise du logement revêt pour les jeunes

est injuste : chaque année, l’Etat consacre ainsi 1,7

d’Etat (bourses, demi-part fiscale…) et les aides

une dimension particulière. L’augmentation des

milliard d’€ aux familles les plus riches déclarant

financées par la part socialisée des salaires (aides

loyers ces dernières années, l’insuffisance et la

une demi-part fiscale au titre d’un étudiant à

au logement, allocations familiales…). Mais on ne

dégradation du parc de logements sociaux géré

charge et seulement 1,3 milliard d’€ aux étudiants

peut envisager de démocratiser l’enseignement

par le CROUS contraignent de nombreux jeunes,

les plus modestes par le biais des bourses. Ces

supérieur à moyens constants : sa mise en

à rester habiter chez leurs parents, à travailler

exonérations peuvent s’élever à plus de 4300€ par

place nécessite le doublement des sommes

pour payer leur loyer, ou à accepter un logement

an pour les familles les plus favorisées alors que

actuellement consacrées aux aides directes. Un

insalubre. Pourtant, pour de nombreux étudiants,

le montant maximum des bourses est de 4000€!

investissement public massif et la création d’une

l’accès à un logement indépendant détermine

Enfin ce système est structurellement inadapté :

nouvelle cotisation sociale doivent permettre de

la possibilité même de faire les études de leurs

les bourses comme les exonérations fiscales sont

débloquer les 7 à 8 milliards d’€ nécessaires.

choix, de les réussir et d’accéder à l’autonomie.

calculées en fonction de la situation des parents,

Enfin parce que les étudiants ont vocation à gérer

La priorité pour le logement étudiant doit être

sans prise en compte de la situation réelle de

leurs propres affaires, l’allocation d’autonomie

la construction et la réhabilitation de logements

l’étudiant. Un tel système enferme le jeune au

doit être gérée par des représentants élus des

sociaux. Nous nous battrons pour le respect

sein de la cellule familiale et est un obstacle à la

bénéficiaires. Pour la société, il ne s’agit pas

strict des engagements de construction et de

prise de l’autonomie. Aucun choix de vie ni aucun

d’une dépense supplémentaire, mais le choix d’un

réhabilitation suite à la remise du rapport « Anciaux

projet d’étude n’est possible sans le consentement

investissement dans l’avenir et la jeunesse. Sa

2 ». Le CROUS doit être l’opérateur unique du

au moins implicite des parents. Ce système est

mise en place en période de chômage intéresse

logement social étudiant. Il offre la garantie d’un

facteur de reproduction sociale : le jeune ne peut

toute la société et permettrait de libérer des

établissement entièrement public qui attribue

envisager d’autres formations que celles que sa

milliers d’emplois actuellement occupés par les

les logements sur critères sociaux et associe les

famille est en mesure de financer. L’instauration

étudiants salariés.

étudiants à sa gestion. Les réhabilitations doivent

logement autonome

d’un statut doit permettre de remplacer la

La conquête du droit à l’autonomie est notre

s’opérer sans perte de chambres. Des mesures

solidarité familiale par la solidarité collective.

ambition et toutes les avancées en ce sens sont

doivent également être prises pour faciliter l’accès

Nous refusons que le financement des études

des points d’appui pour notre démarche syndicale

des étudiants au parc privé : maîtrise des loyers,

repose sur l’attribution d’un capital de départ

(augmentation du nombre et du montant des

réquisition des logements vides, extension du

destiné à égaliser les « chances » de réussite de

bourses, basculement de la 1/2 part fiscale dans

cautionnement solidaire, revalorisation des aides

chacun sur la ligne de départ avant de lancer les

le système d’aides directes…).

au logement, exonération de la taxe d’habitation…

jeunes dans une compétition effrénée, ou sur un investissement individuel (prêts) : l’éducation est un droit collectif qui relève d’un investissement de

2. Ouvrir de nouveaux droits pour la jeunesse

la société pour son avenir.

système de protection sociale de ces dernières Le statut social ne se limite pas à une dotation

années transfèrent la solidarité nationale vers la «

financière. Lorsqu’il s’agit de se loger, se restaurer,

responsabilité » individuelle. Alors que la situation

se soigner, d’accéder à la culture, au transport,

sanitaire et sociale des étudiants se dégrade,

Ce statut social passe notamment par la refonte

nous refusons de nous en remettre uniquement au

(23% des étudiants renoncent à des soins faute de

de l’ensemble des aides existantes et l’instauration

marché. La société doit donc donner aux jeunes

moyens financiers, 15% d’entre eux n’ont pas les

d’une aide unique : l’allocation d’autonomie. Elle

tous les outils nécessaires pour les protéger et

moyens de se payer une complémentaire santé)

doit être universelle pour garantir le droit de chaque

être acteur de leur propre vie. Offrir une protection

les étudiants ont besoin d’une protection sociale de

jeune à l’autonomie et à la formation. Elle doit

à l’ensemble de la jeunesse implique l’ouverture

haut niveau. Nous réclamons un régime obligatoire

également couvrir les jeunes pendant la période

de droits nouveaux: droit à l’accès à un logement

qui prenne en charge 100% des dépenses de

d’insertion professionnelle et de recherche du

autonome, droit à la santé, droit à la culture et aux

santé. A court terme, il est indispensable de mettre

premier emploi. L’allocation d’autonomie doit être

loisirs, droit au transport… Ces droits nouveaux

en place une aide à la mutualisation permettant à

en partie individualisée en fonction de la situation

doivent être garantis par un véritable service public

chaque jeune de prendre en charge ses dépenses

propre de chaque jeune (logement indépendant,

de la vie étudiante, bénéficiant d’un financement

de manière autonome. L’accès aux soins des

situation géographique) et calculée sur la base

public et garantissant des tarifs abordables et

jeunes et le développement de politiques de

d’une déclaration fiscale indépendante.

l’égalité de traitement sur le territoire. Ces services

prévention adaptées sont également déterminants.

Nous ne voulons pas d’un « revenu minimum »

ont vocation à être gérés par des représentants

Nous devons obtenir la transformation des MPU

mais d’une allocation dont le montant est suffisant

élus des usagers au sein des CROUS d’une part,

en véritables centres de santé.

pour permettre à chaque jeune de couvrir

via la mutualité étudiante d’autre part. Alors que

Enfin nous devons défendre la gestion par les

l’ensemble de ses besoins et pour mener à bien

depuis plusieurs années, l’Etat se désengage

étudiants du régime étudiant de sécurité sociale

son projet sans être contraint de se salarier1. En

financièrement des CROUS et que les attaques

: garantie de la solidarité intergénérationnelle, il

contre les systèmes de protection sociale se

permet la mise en place de politiques de prévention

multiplient, nous devons nous battre pour inverser

adaptées aux problématiques étudiantes.

- Une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation et en insertion

1. Les données de l’OVE actualisées évaluent à plus de 900€ les besoins mensuels d’un étudiant pleinement autonome

14

- Rendre les étudiants maîtres de leur santé Les politiques libérales de remise en cause du

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3. Conquérir l’égalité des droits entre français et étrangers

la jeunesse, la société doit répondre à cette

professionnelle pour mettre fin aux filières

exigence de démocratisation de l’enseignement

tubulaires et favoriser les réorientations.

supérieur. Des réformes profondes doivent

Protéger socialement la jeunesse pour garantir un droit à la réussite doit répondre à un impératif absolu : l’égalité stricte des droits entre étudiants français et étudiants étrangers. Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, le gouvernement mène une offensive en matière de politiques migratoires qui consacre l’utilitarisme migratoire et la remise en cause des droits des étrangers présents sur notre sol. Le ministre de l’identité nationale et de l’immigration somme les préfets de faire du chiffre et de remplir des quotas d’expulsions. Les rafles se multiplient, les étrangers sans papiers n’osent plus sortir, circuler, aller travailler et étudier. Ce durcissement n’est pas sans conséquence

Individualiser la pédagogie.

Alors que

s’engager pour donner à l’université les moyens

les publics qui accèdent à l’université se sont

d’accueillir 3 millions d’étudiants, d’assurer la

diversifiés, les méthodes de transmission des

réussite de chacun d’entre eux, et de leur donner

savoirs n’ont pas évolué : cours en amphi à 600,

les moyens d’une insertion professionnelle durable

absence de lien entre enseignants et étudiants…

et de qualité. Si les jeunes diplômés subissent

L’étudiant doit être replacé au cœur du système

la déqualification, les jeunes non-qualifiés se

universitaire. L’individualisation de la pédagogie

retrouvent en fin de file d’attente sur le marché

et le suivi de chaque étudiant doivent devenir la

de l‘emploi : l’objectif d’augmentation du nombre

règle. En première année, les cours en amphi

de jeunes qui acquièrent une qualification est

doivent disparaître au profit des cours en petits

donc inséparable de celui de leur reconnaissance

groupes. La formation et l’évaluation des carrières

effective sur le marché du travail.

des universitaires doivent prendre en compte la question de la pédagogie.

1. Révolutionner la pédagogie pour permettre la réussite de tous

- Améliorer l’orientation

sur l’accueil des étudiants étrangers. Alors que

Un étudiant sur deux échoue en première année

A tous les niveaux d’étude, l’orientation ne doit

l’accès au savoir doit être un droit pour chacun,

et 150 000 jeunes sortent du système éducatif

pas être contrainte, ni être le privilège des milieux

et que les pouvoirs publics affichent l’ouverture

sans qualification : la sélection par l’échec joue à

informés. Il faut permettre à chaque étudiant une

internationale

supérieur

plein en premier cycle, où seuls ceux qui ont un

orientation progressive et réversible. Pour cela un

comme une priorité, les étudiants étrangers

bagage culturel suffisant réussissent à l’université.

véritable service public d’orientation doit être mis

subissent des conditions d’étude indignes et

Si la mise en place du plan licence a été un

en place avec des moyens humains (recrutement

leurs droits sont systématiquement bafoués.

premier pas pour reconnaître la responsabilité du

de COPSY) et financiers conséquents. Pour

Notre démarche syndicale vise l’amélioration

système universitaire dans l’échec des étudiants,

faciliter les réorientations, une carte nationale des

concrète des conditions d’accueil, de vie et

l’absence d’amélioration de l’encadrement et de

passerelles et des équivalences doit être définie.

d’étude des étudiants étrangers. Nous réaffirmons

pilotage par l’Etat ne permettent pas d’en faire

notre attachement à la liberté de circulation et à

un outil efficace pour lutter durablement contre

l’exercice du droit d’asile. Pour permettre l’égalité

l’échec. Pour amener plus de jeunes vers une

entre tous, nous devons lutter contre la sélection

qualification, il est indispensable de faire porter les

qui s’exerce à l’étranger via les Centre d’Etudes en

efforts sur les premiers cycles universitaires afin

Les examens sont trop souvent utilisés comme

France et les consulats. La législation régissant le

de faire de la lutte contre la sélection par l’échec

un instrument de sélection des étudiants alors

séjour des étudiants étrangers est une machine

une priorité.

qu’ils devraient être un élément à part entière

de

l’enseignement

à « fabriquer » des sans-papiers en raison de la lourdeur des démarches administratives et

- Faire des examens un élément de progression et non de sélection

de la pédagogie. Les contenus des examens - Priorité aux premiers cycles !

de l’arbitraire des préfectures. Nous réclamons

doivent valoriser la réflexion sur la répétition et le bachotage. Nous refusons les examens

l’abrogation de la circulaire autorisant le contrôle

Les premiers cycles universitaires sont une

couperets : l’évaluation doit prendre en compte la

du parcours pédagogique des étudiants, du ressort

véritable « boucherie » pédagogique et sociale :

progression des étudiants et non les sanctionner,

strict des universités, par les préfectures. L’accès

leur organisation doit être totalement repensée.

le contrôle continu primer sur le contrôle terminal,

à l’université doit s’effectuer uniquement sur des

Non sélective et pluridisciplinaire dans les

le contrôle terminal et les sessions de rattrapages

critères pédagogiques. La carte d’étudiant doit

premières années, la licence doit permettre à la

doivent constituer une véritable 2nde chance. Les

donner automatiquement droit à une carte de

fois une sortie qualifiante vers le marché du travail

corrigés des examens doivent être systématisés.

séjour.

et garantir la poursuite d’études en master. Pour atteindre cet objectif, il convient d’agir sur trois

B - Garantir l’accès de tous à une qualification

leviers :

2. Protéger les jeunes sur le marché du travail

Augmenter le taux d’encadrement des étudiants pour faire passer le volume horaire à

Alors que jusqu’au début des années 80,

L’accès au diplôme reste la meilleure protection

25 heures d’enseignement minimum par semaine

les études débouchaient directement sur une

contre le chômage et est une condition

dans toutes les filières. Nous demandons un

insertion professionnelle durable, aujourd’hui

indispensable de l’émancipation individuelle.

plan pluriannuel de recrutement d’enseignants-

l’accès des jeunes diplômés à l’emploi est un

Pourtant, si l’université a honorablement réussi la

chercheurs et de personnels administratifs et

véritable parcours du combattant. A la sortie des

massification de l’accès aux études en l’absence

techniques.

études, ils accumulent souvent les stages, les

de moyens suffisants pour l’accompagner, sa

Construire des cursus pluridisciplinaires

périodes de chômage, les emplois précaires avant

démocratisation reste encore un défi pour la

progressifs au niveau des grands domaines

d’accéder à un emploi stable (en moyenne à 27

société.

de formations, avec des contenus disciplinaires,

ans). La pression exercée par le chômage accroît

méthodologiques et de préparation à la vie

ce processus de déqualification et de concurrence

Pour répondre au besoin de qualification de

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sur le marché de l’emploi. Faisant écho au nombre

indispensable de permettre à chaque étudiant

Pour une formation professionnelle des

important d’étudiants-salariés, la présence d’une

de valider les années d’études dans le calcul

enseignants accessible à tous. Si nous

telle main d’œuvre malléable et bon marché

des annuités ouvrant droit à la retraite pour

sommes favorables à une reconnaissance

déstabilise le marché du travail et nivelle vers le

garantir son droit à la retraite.

qualifiante des 2 ans de formation en IUFM, nous

bas les salaires et les conditions de travail de tous les salariés. Face à cette situation, le patronat et ses relais

Pour

une

reconnaissance

des

qualifications

enseignants initiée par le gouvernement. Guidée par une logique d’économies budgétaires rendues

politiques mettent en accusation l’université,

En l’absence de cadrage national des diplômes

possibles par la suppression de la rémunération

coupable de délivrer des diplômes inadaptés

et d’inscription dans les conventions collectives,

liée au statut de fonctionnaire stagiaire, cette

et dévalorisés. A l’inverse, le diplôme reste la

les qualifications délivrées par l’université sont

réforme liquide la formation professionnelle des

meilleure arme contre le chômage et la garantie

largement utilisées par les entreprises sans être

futurs enseignants et remet en cause l’accès de

d’une

professionnelle.

reconnues, en termes de statut et de rémunération.

tous les étudiants à ces métiers. Nous exigeons

La vraie dévalorisation des diplômes réside

Il est nécessaire de renforcer le diplôme afin d’en

la mise en place d’une autre réforme à la rentrée

dans leur absence de reconnaissance par

faire un outil de protection collective sur le marché

2011, après une année de débat et de négociation

les entreprises qui profitent du chômage pour

du travail. Aux côtés des syndicats professionnels,

avec l’ensemble de la communauté éducative, afin

utiliser les qualifications des jeunes diplômés

nous

des

de faire évoluer la place du concours, le contenu

sans les rémunérer à leur juste valeur. Ce n’est

qualifications dans les conventions collectives et

de la formation professionnelle dont les IUFM

pas l’université qui est responsable du chômage

dans la grille indiciaire de la fonction publique. Des

doivent être l’opérateur, de permettre un véritable

mais la situation économique et la dérégulation

négociations de branches portant sur les salaires

cadrage des masters préparant aux concours de

du marché du travail. Pour protéger les jeunes

et la reconnaissance des qualifications doivent

l’enseignement, et de renforcer l’accompagnement

sur le marché du travail, il convient d’améliorer

aboutir, au besoin par l’intervention de l’Etat et par

social des étudiants se destinant à ces métiers.

globalement la situation de l’emploi et de renforcer

un conditionnement de la fiscalité d’entreprise.

la préparation à une insertion professionnelle

A chaque poste doit être associé un niveau de

durable à l’université.

qualification et un niveau de rémunération.

meilleure

insertion

réclamons

une

reconnaissance

Remettre cœur

du

l’égalité service

d’enseignement

au

public

- Favoriser l’emploi des jeunes

- Construire l’université de tous les métiers

C’est en sécurisant le marché du travail pour

L’université ne prépare plus aujourd’hui aux seuls

tous les salariés que les jeunes seront mieux

métiers de la recherche, du droit ou de la médecine.

protégés. Pour nous, il n’y a pas un problème

Elle doit préparer à tous les métiers, notamment

nouvelle

d’emploi des jeunes mais un problème global de

à ceux nécessitant un niveau de qualification

l’emploi qui se répercute particulièrement sur les

élevé. L’université doit progressivement intégrer

démocratisation

jeunes, car ils sont plus fragiles socialement et

toutes les formations supérieures (formations

Le service public d’enseignement supérieur est

font office de première variable d’ajustement.

paramédicales, enseignement agricole, écoles

un outil puissant : en 30 ans, il a multiplié par dix

Parce que les jeunes sont des travailleurs

d’archi…). Des équivalences entre les formations

ses effectifs permettant une réelle massification de

comme les autres, nous refusons toute réponse

doivent être multipliées et la pluridisciplinarité

l’accès aux études. Cette massification a ouvert les

spécifique prétendument destinée à réduire le

développée

portes de l’enseignement supérieur à une partie

chômage des jeunes (du type CPE) et aboutissant

professionnelle

surtout à réduire leurs droits, et à les stigmatiser.

d’insertion le plus large possible.

pour

assurer

progressive

une et

orientation un

champ

pour

supérieur

franchir étape

une de

la

de la jeunesse qui en était jusqu’alors exclue : elle constitue un indéniable progrès social. Pourtant,

des

la démocratisation de la réussite reste encore un

des actions communes avec les syndicats

étudiants à la vie professionnelle, faute de quoi

défi pour la société. L’université n’est plus celle

professionnels pour la défense de l’emploi.

l’insertion professionnelle de qualité restera

de la réussite et de l’ascension sociale : 40% des

Alors que l’Etat organise le plus grand plan

réservée à une minorité sociale au sein des

inscrits en 1er cycle sont en situation d’échec, les

social en supprimant plus de 30 000 emplois

filières sélectives. Nous refusons la logique

enfants d’ouvrier sont sous-représentés parmi

dans la fonction publique, nous demandons une

adéquationniste et revendiquons une insertion

les bacheliers et quasiment absents des effectifs

programmation de l’emploi public (éducation,

professionnelle durable : il s’agit de répondre

d’étudiants en master. L’université, qui accueillait

santé..) afin de faire face aux besoins d’un service

aux besoins de qualification et de reconversion

moins de 5 % d’une classe d’âge dans les années

public de qualité et sortir les étudiants se destinant

future du salarié, pas aux besoins de court terme

1960, accueille aujourd’hui près de la moitié d’une

à ces métiers de l’incertitude. En l’absence de

des entreprises. L’ensemble des cursus doit être

génération : son organisation n’a pourtant pas

minima sociaux avant 25 ans ou d’indemnisation

professionnalisé et chaque niveau de diplôme doit

suffisamment suivi l’évolution de son public.

chômage, pour ne pas être contraint de prendre le

être qualifiant. Cela passe par l’intégration dans

Loin de répondre aux insuffisances du service

premier emploi venu pour pouvoir survivre une fois

tous les cursus de modules de construction du

public, la loi sur l’autonomie votée en 2007 les a

diplômé, la période de recherche du 1er emploi

projet professionnel, de préparation à la rédaction

renforcées. Fragilisé par des années de pénuries

doit être protégée par une extension de la

de CV et aux entretiens d’embauche, de cours

budgétaires, le service public d’enseignement

protection sanitaire et sociale et la création d’une

de droit du travail, de langues et d’informatique,

supérieur est aujourd’hui mis à mal par un

aide à la recherche du 1er emploi. Le recul de l’âge

de stages règlementés (rémunération à hauteur

désengagement de l’Etat, qui se défausse de

moyen d’entrée dans un emploi stable conduit les

de 50% du SMIC dès le 1er mois, encadrement

ses responsabilités politiques sur les universités

jeunes à cotiser plus tard que par le passé : il est

pédagogique…).

autonomes pour se limiter à assurer un service

Cette démarche doit être un point d’appui pour

16

dénonçons la réforme en cours de la formation des -

L’université

doit

préparer

l’ensemble

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minimum. Dans leur course en avant vers la

le débat universitaire l’exigence d’une nouvelle

l’Etat, garanti par une loi de programmation, avec

concurrence, les établissements mènent des

loi d’orientation et de programmation pour

pour objectif d’augmenter les crédits récurrents de

politiques malthusiennes, réservant l’essentiel

l’enseignement

les

fonctionnement des établissements et de réduire

de leurs moyens à quelques formations élitistes

objectifs politiques à une augmentation effective

les inégalités entre universités et grandes écoles.

et délaissant les formations de 1er cycles, en

des moyens, notamment humains, pour les

L’enseignement supérieur doit être accessible à

particulier dans les secteurs jugés les moins

accompagner.

tous et tendre vers la gratuité.

6 priorités pour renforcer le service public d’enseignement supérieur

des universités à la performance entrainant un

supérieur,

articulant

porteurs (lettres et sciences humaines) où le sous encadrement est chronique. Cette « nouvelle donne » universitaire va non seulement aboutir à

Afin de revenir sur l’instauration d’un financement

un renforcement des inégalités entre universités d’excellence et universités de proximité, mais également à l’apparition de véritables déserts

durcissement des inégalités, nous revendiquons une répartition des moyens en fonction des

1) Pour l’égalité des droits, un cadrage national des diplômes !

universitaires sur le territoire, encouragée par le

besoins, sur la base de critères nationaux et objectifs, qui permettent de mieux prendre en compte les contraintes de chaque université (taux

Les

d’une

de boursiers, d’étudiants salariés, besoins des

Ces évolutions affaiblissent le service public

université à l’autre, et participent à la mise en

sciences humaines). La part des financements

d’enseignement supérieur et constituent autant

concurrence des universités. L’éclatement et

sur contrat doit être strictement minoritaire et

de frein à la démocratisation. Nous estimons

l’illisibilité de l’offre de formation suite à la réforme

la politique contractuelle faire l’objet d’un débat

indispensable d’inverser la tendance et de

LMD constituent un frein à la mobilité, instaurent

national et transparent sur ses objectifs.

mettre en perspective de nouvelles évolutions

une sélection insidieuse, empêchent toute réelle

Si le secteur privé, qui bénéficie des retombées

de l’enseignement supérieur qui recréent les

reconnaissance des diplômes et accentuent

des qualifications, doit contribuer au financement

conditions de l’égalité au sein du service

les inégalités entre étudiants. Si l’UNEF a fait

de l’enseignement supérieur, ceux-ci doivent

public et renforcent le rôle de pilotage et de

avancer ce constat, nous devrons accélérer la

être strictement minoritaires et l’Etat doit

régulation de l’Etat. Face au risque d’apparition

mise en place d’un nouveau cadrage national des

mutualiser l’ensemble des financements privés, à

de déserts universitaires, nous opposons la mise

diplômes, garantissant des intitulés communs

commencer par la taxe d’apprentissage, pour les

en place d’un politique nationale d’‘aménagement

et harmonisant par le haut les droits étudiants.

répartir afin d’éviter tout risque de dépendance

du territoire. Face aux divisions entre universités

Nous demandons la mise en pace d’un référentiel

aux besoins à court terme du marché. Nous

et filières sélectives, nous opposons l’unification

pédagogique national encadrant le volume

dénonçons

de l’enseignement supérieur. Face au financement

horaire, le taux d’encadrement et le contenu des

fondations universitaires destinées à collecter des

des universités à la performance, nous nous

formations.

financements privés. Nous nous opposons à toute

processus actuel de fusions d’universités.

diplômes

différent

aujourd’hui

battons pour un financement public, égalitaire, et en fonction des besoins. Enfin,

de

nouvelles

réformes

doivent

l’instauration

par

la

LRU

de

libéralisation des frais d’inscription, notamment

2) C’est à l’Etat de financer l’enseignement supérieur !

voir le jour afin d’achever la massification

sous la forme de frais progressifs basés sur le revenu des parents, tels qu’à Sciences-Po, qui poussent les établissements à ne recruter que des

et de franchir une nouvelle étape de la

Alors que le gouvernement utilise le financement

étudiants issus de milieux aisés pour assurer leur

démocratisation. A l’inverse de la loi LRU,

de l’enseignement supérieur pour renforcer la

financement. La redistribution ne peut s’effectuer

ce combat s’inscrit dans le cadre d’un service

concurrence entre établissements et que le

au sein de chaque établissement, mais exige une

public de l’enseignement supérieur renforcé :

sous-financement pousse les universités à «

fiscalité plus juste.

indépendant des intérêts particuliers, le service

diversifier » leurs ressources en s’engageant

public est le seul outil capable de préserver

dans une course inégale aux financements privés

l’éducation des logiques marchandes et de mener

ou dans des augmentations illégales des droits

une politique universitaire au service de l’intérêt

d’inscription, nous affirmons que de nouvelles

général.

modalités de financement sont nécessaires pour

Le renforcement de l’autonomie des universités,

recréer les outils de l’égalité au sein du service

couplé aux fusions anarchiques d’universités

public d’enseignement supérieur.

encouragées par le biais des PRES ou de la

L’allongement de la durée de la vie, le progrès scientifique et technique, l’évolution des savoirs et

3) Pour un aménagement du territoire au service de la démocratisation

des connaissances pose à la société française un

Le financement de l’enseignement supérieur

mise en œuvre de l’opération campus, entrainent

double défi : organiser la formation supérieure de

doit relever de l’Etat, seul à même de porter une

de profondes recompositions de la carte

toute une génération et faire bénéficier l’ensemble

vision de long terme et de garantir les missions

universitaire. La volonté politique de faire émerger

de la société des savoirs réservés jusqu’ici à

du service public : péréquation, accueil de tous,

quelques grands pôles compétitifs sur la scène

quelques-uns. C’est un choix de société majeur,

démocratisation, maintien des disciplines jugées «

internationale menace l’avenir des universités de

pas moins révolutionnaire que la mise en place

non-rentables », aménagement du territoire. Malgré

villes moyennes et de certains centres délocalisés.

de l’instruction primaire obligatoire à la fin du XIXe

un changement de ton du gouvernement au sujet

Les risques de création de déserts universitaires

siècle. Une politique volontariste d’élévation du

du sous-financement de l’enseignement supérieur,

ou de découplage entre universités d’excellence

niveau de qualification est aujourd’hui nécessaire,

nous dénonçons une stagnation des crédits

adossées à la recherche et universités de proximité

à l’image des politiques menées pour permettre à

budgétaires affectés aux universités qui ne permet

limitées à la Licence sont réels. Ils auraient pour

80% d’une classe d’âge d’obtenir le bac. L’objectif

ni de rattraper les retards accumulés, ni d’engager

conséquence de limiter le choix ou de détourner

de 50% d’une génération diplômée de licence

une politique ambitieuse de démocratisation.

des études des milliers de jeunes, et conduiraient

doit être une priorité. Nous devons porter dans

Nous réclamons un réengagement financier de

à un recul de la démocratisation.

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17

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Aux logiques de concurrence à l’œuvre,

nos aspirations. A l’opposé d’une Europe du tout

en 2006 qui a entrainée un accroissement de

nous opposons la nécessité de construire

marché, de la concurrence et des technocrates,

la concurrence entre les équipes et les labos,

des

et

nous voulons participer à l’émergence d’une

notamment pour la course aux financements,

des mutualisations facteurs de progrès. Nous

Europe démocratique, facteur de solidarité et de

et la remise en cause de pans entiers de la

demandons une réglementation de la mise en

progrès social.

recherche jugée « non-rentable ». En concentrant

coopérations

entre

établissements

place des PRES pour en faire des structures de

d’échéances

les moyens sur quelques thèmes « stratégiques »

coopération portées par tous les établissements

électorales européennes, nous souhaitons

ou quelques « pôles », le gouvernement remet en

d’une même région, destinée à la mutualisation

porter les aspirations de notre génération en

cause l’adossement de l’ensemble des formations

de

service

faveur d’une réorientation de la construction

à la recherche qui permet la prise en compte

interuniversitaires) et garantissant une gestion

européenne et d’une Europe de l’Education

des savoirs récents dans les enseignements

démocratique

représentation

réellement facteur de progrès. Sous couvert

dispensés et qui détermine la qualité de

étudiante. Si nous ne sommes pas défavorables

de mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne ou

l’enseignement. L’Etat doit au contraire garantir

au principe de regroupement de certaines

d’application du processus de Bologne, il existe

l’équilibre qui est pourtant en train de se rompre

universités, notamment dans les grandes villes,

incontestablement en Europe une pression à la

entre recherche fondamentale et recherche

nous demandons l’arrêt des fusions en cours et

libéralisation des systèmes éducatifs. Alors que va

appliquée. Il est indispensable d’accroitre le

l’ouverture d’un débat national sur l’aménagement

s’ouvrir le débat sur les perspectives européennes

financement public de la recherche pour atteindre

du territoire en matière universitaire, afin de garantir

en matière d’enseignement supérieur après 2010,

3% du PIB et garantir son indépendance et la

l’égalité d’accès à des formations de qualité. Ce

nous devons peser sur ces discussions et imposer

mise en place de projets sur le long terme, par

débat doit s’accompagner de l’élaboration d’une

la construction d’un service public d’enseignement

le biais d’une hausse des crédits récurrents des

carte nationale des formations.

supérieur à l’opposé des logiques de concurrence.

labos et d’une limitation des financements sur

L’Europe doit se fixer des ambitions politiques

projets via l’ANR. Les organismes de recherche

communes élaborées démocratiquement: nous

doivent être préservés, tout en améliorant les

demandons l’élaboration d’un traité européen sur

coopérations avec la recherche universitaire,

En maintenant la partition historique entre

l’enseignement supérieur, assorti d’un budget

et le renforcement de la pluridisciplinarité du

grandes écoles et universités, l’Etat organise

spécifique, et garantissant une harmonisation

CNRS, à l’opposé de la logique d’instituts

une concurrence inégale au sein du service

par le haut des droits étudiants (libre accès à

proposée par le gouvernement. Nous réclamons

public, en concentrant les moyens sur les filières

l’université, limitation des droits d’inscription,

un véritable statut du doctorant (financement

sélectives et en délaissant les universités. Les

définition d’un statut social de l’étudiant au niveau

sur la durée de la thèse, encadrement, moyens

filières sélectives, les prépas et les grandes

européen, d’un cadre européen des formations,

matériels de l’intégration dans les labos, propriété

écoles publiques ou privées, sont des voies de

permettant une reconnaissance effective des

intellectuelle). L’augmentation quantitative du

contournement royales pour les élites richement

diplômes et des qualifications en Europe). La

nombre de financements est une priorité: 40%

dotées – par l’argent ou le capital culturel de

mobilité étudiante, aujourd’hui réservée à une

des docteurs abandonnent leur thèse en cours

leurs parents – qui souhaitent éviter les amphis

minorité (seulement 1% des étudiants en France),

faute de moyens. Parce que la véritable fuite des

bondés de la fac et se reproduisent au sein de ces

doit devenir un droit. L’évolution du contenus des

cerveaux est moins celle de docteurs partant

filières à l’écart de l’université et de la recherche.

formations et l’augmentation en nombre et en

exercer à l’étranger que celle des étudiants qui se

La sélection à l’entrée des écoles et des classes

montant des aides nationales à la mobilité doivent

détournent à priori des métiers de la recherche

prépas entretient la reproduction sociale. Si les

rendre effectif le droit à un semestre à l’étranger

du fait de carrières peu attractives dans le privé

dispositifs de discrimination positive à l’entrée

dans les cursus. Une augmentation du budget

et d’une politique de sous-recrutement dans la

permettent à certains de se donner bonne

éducatif de l’UE est nécessaire pour permettre

recherche publique, nous réclamons notamment

conscience, ils ne règlent pas le problème de

la mise en place d’un fond européen à la mobilité

un plan pluriannuel de recrutements d’emplois

fond.

destiné à compenser les différences de coût de

scientifiques statutaires et la reconnaissance du

Il est temps de mettre un terme à cette division en

la vie pour les étudiants en mobilité), ainsi qu’un

doctorats dans les conventions collectives.

supprimant les grandes écoles et en avançant vers

fonds de cohésion universitaire (sur le modèle des

l’unification de l’enseignement supérieur autour de

fonds structurels) afin de lutter contre le « dumping

l’université. L’excellence doit revenir à l’université :

universitaire ». Nous ne pourrons porter seuls ce

les classes préparatoires doivent y être intégrées.

projet. Afin que l’ESU devienne le véritable porte

les

Nous refusons tout financement public et

voie syndical des étudiants, nous entendons

des

reconnaissance par l’Etat d’établissements ou de

y poursuivre notre investissement et travailler

formations privés, qui encouragent la concurrence

avec les organisations partenaires de l’UNEF au

déloyale entre établissements.

renforcement du pôle syndical au sein de cette

certaines

activités et

une

(recherche, réelle

4) Unifier l’enseignement supérieur

A

quelques

semaines

organisation.

5) Construire une Europe de l’éducation facteur de progrès

syndicat de tous

étudiants, combats

de

moteur notre

génération Dans la période, alors que le gouvernement s’attaque à l’ensemble des protections collectives,

6) Défendre la recherche publique et les jeunes chercheurs

Pour notre génération, l’Europe est une

18

L’Unef,

le rôle de l’UNEF est fondamental. Il nous appartient ainsi de le renforcer et de démontrer l’utilité de l’engagement collectif. Afin d’être

évidence. Pourtant, le contenu actuel de la

La recherche publique a été modifiée en

les acteurs centraux de la protection et de la

construction européenne ne correspond pas à

profondeur par l’application de la loi recherche

transformation de l’enseignement supérieur, nous

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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11/03/09 13:25:02


devons rassembler autour de notre conception du

reposant sur le droit de tendance, la construction

questions universitaires. Elle doit se saisir de tous

syndicalisme de transformation sociale.

de cette démarche au sein de la « maison

les sujets permettant d’aboutir à la transformation

commune » qu’est l’UNEF, et le syndicalisme de

de la société.

A – L’UNEF organisation transformation sociale

de

transformation sociale. Les premiers pas franchis depuis l’appel au rassemblement du mouvement étudiant doivent nous permettre de passer à

1. Face à la crise renforcer et développer les solidarités

L’UNEF s’inscrit dans la tradition du mouvement

une nouvelle étape dans les mois à venir. Nous

ouvrier. Rassemblant les étudiants pour assurer

prendrons toutes les initiatives pour faire avancer

Le mouvement ouvrier s’appuie sur trois

leur défense matérielle et morale, indépendamment

ce processus : construction de campagnes locales

piliers : le syndicat pour défendre ses droits, la

des opinions philosophiques et religieuses de

communes, élaboration de listes communes lors

mutuelle pour assurer la protection collective et la

chacun : le seul propriétaire de l’UNEF, c’est ses

des échéances électorales locales…

coopérative pour organiser la solidarité matérielle

adhérents. Nous défendons un syndicalisme

Au vu du contexte politique et social, chacun

au quotidien. L’UNEF s’est construite sur cet

revendicatif, qui combine la rue et les urnes. Nous

doit prendre ses responsabilités. Le renforcement

héritage pour améliorer les conditions matérielles,

refusons la fausse division entre syndicalisme de

du mouvement étudiant est plus que jamais

sanitaires et morales des étudiants. Face à la crise

lutte et syndicalisme d’accompagnement. Dans la

incompatible avec ses divisions. Ceux qui prônent

et aux politiques libérales qui cassent tous les

période, seul un syndicalisme de transformation

la division au nom d’un soi-disant pluralisme font

systèmes de protection collective, nous devons

sociale, alliant rapport de force construit et

le jeu des réactionnaires qui savent profiter à la

renforcer et développer les solidarités en direction

recherche permanente de débouchés, évitera

moindre occasion des divisions du camp adverse.

des étudiants et de l’ensemble de la jeunesse.

deux déconvenues : celle des luttes qui n’ont

L’unité du mouvement étudiant est fondamentale

pas su trouver de traduction concrète pour les

pour construire des mobilisations larges et pour

étudiants et celle de l’existence d’une bureaucratie

maintenir un rapport de force durable.

outil de transformation sociale

2. Des sections syndicales au service des étudiants

sociale doit nous permettre d’agir au quotidien

La gestion du système étudiant de sécurité

qui se juge à elle seule légitime pour négocier dans l’intérêt des étudiants en dehors de tout rassemblement majoritaire. Parce qu’un pas vaut

- Renforcer la Mutuelle des Etudiants comme

sur l’accès aux soins, la prévention des risques spécifiques à la jeunesse pour améliorer les

mieux que milles programmes, aucune victoire n’est ni partielle, ni totale : elle nous donne un

Afin de renforcer le rapport de force à tous les

conditions de vie et d’études des étudiants. Le lien

point d’appui pour aller plus loin, à condition de

niveaux, l’UNEF doit ainsi se doter de sections

permanent entre les élus de la LMDE, élus sur

construire avec les étudiants un rapport de force

syndicales fortes, permettant d’assurer, au

des listes soutenues par l’UNEF, et les militants

permanent. Dans le contexte, nous devons être en

quotidien, la défense individuelle et collective de

du syndicat, doit permettre de conserver une

état de mobilisation permanente (syndicalisation,

tous étudiants. Nous devons également formuler,

mutuelle militante, à l’offensive pour défendre le

pétitions,

générales,

dans les filières, des revendications pour répondre

régime de sécurité sociale étudiant.

grève…) afin de structurer notre milieu, de

aux problématiques de tous les étudiants. Parce

l’organiser et de le préparer à l’affrontement avec

que syndiquer le plus grand nombre d’étudiants

le gouvernement en lui donnant le cas échéant les

est aussi un élément déterminant pour augmenter

moyens de se mobiliser.

le rapport de force et assurer notre indépendance

Là où le service public est défaillant, l’UNEF

financière, la syndicalisation permanente doit être

doit permettre à chaque étudiant d’avoir accès

au cœur de notre activité.

aux services nécessaires au bon déroulement

élections,

assemblées

B – Renforcer l’outil syndical pour résister et conquérir de nouveaux droits

de ses études. Les coopératives sont un outil

3. Les élections étudiantes au service du rapport de force

La construction d’un syndicat de masse, outil au service des étudiants doit nous permettre

- Renforcer la solidarité en développant les services pour les étudiants

essentiel pour organiser la solidarité. Elles sont aussi un outil décisif pour structurer davantage notre milieu et développer notre organisation. Le

Dans un an se dérouleront les élections universitaires

organisées

services pédagogiques sont autant de pistes à

champs d’intervention et de légitimer notre action.

dorénavant sur une même période. Cette

explorer pour améliorer le quotidien des étudiants.

période électorale doit être un enjeu majeur pour

Mais au-delà, sur le modèle des caisses de

l’organisation : chaque étudiant convaincu est

secours créées par les ouvriers, nous devons

un outil supplémentaire au service du rapport de

réfléchir au développement de nouveaux outils

force. Au service de notre projet syndical, nos

pour protéger les étudiants et développer la

Plus que jamais, dans une période de régression

élus participent concrètement à faire avancer

solidarité.

sociale et d’attaques contre le service public

nos propositions. Notre réseau d’élus doit être

d’enseignement supérieur, l’UNEF a vocation à

structuré pour mutualiser les expériences et les

s’ouvrir et à organiser en son sein toute la jeunesse

victoires locales.

1. Construire l’unité du mouvement étudiant

et

au

CROUS

développement de partenariats culturels et de

de renforcer le rapport de force, d’accroître nos

Ce qui motive notre combat, c’est la bataille

pour porter sa voix et faire avancer ses droits. Conscients de nos responsabilités pour créer les

2. Engagés contre les discriminations

C. L’UNEF organisation de jeunesse

pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations,

conditions du rassemblement, nous souhaitons

qu’elles

soient

sociales,

faire de ce chantier une priorité. Pour nous, il doit

L’UNEF, en tant qu’organisation de jeunesse,

culturelles, de genre ou fondées sur l’orientation

reposer sur 3 principes : le respect du pluralisme

n’a pas vocation à intervenir seulement sur les

sexuelle. L’UNEF doit s’engager et être de toutes

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Premiers signataires

les batailles pour défendre l’égalité des droits et lutter contre toute forme de discrimination.

3. L’UNEF engagée dans le combat féministe A l’université comme dans l’ensemble de la société, les inégalités sont criantes. Nous devons nous battre pour l’égalité hommes / femmes à tous les niveaux : à l’université, dans le monde professionnel, ou dans la vie quotidienne… mais aussi dans notre organisation. Mais au-delà, c’est l’image du rôle social de chacun que nous devons nous efforcer de changer. Cette bataille doit être menée aux côtés des organisations et associations féministes.

4. Défendre la laïcité La politique de Nicolas Sarkozy de remise en cause des protections collectives et de mise en avant de la régulation de la société par le religieux représente une remise en cause sans précédent de la laïcité, et préparent le terrain au repli sur soi et au communautarisme. Notre projet syndical s’inscrit dans le combat pour l’émancipation et défend une République laïque : la laïcité est le souci de ce qui est commun et à ce titre un ciment de la société. Nous refusons notamment le financement et la reconnaissance des

diplômes

des

établissements

privés

confessionnels par l’Etat.

5. L’UNEF internationaliste Au-delà des frontières géographiques, culturelles et politiques, tous les peuples aspirent à leur émancipation, dont l’Education est le premier des outils. L’UNEF est internationaliste parce que son combat de transformation sociale par l’Education est un vecteur universel pour le progrès et la paix. Parce que notre internationalisme est avant tout un anti-impérialisme, l’UNEF doit pleinement assumer son rôle de solidarité internationale. Au vu des développements sociaux et politiques récents, nous devons en particulier développer nos relations avec les étudiants d’Amérique latine. Il est de notre responsabilité de donner une grille de lecture à des milliers de jeunes qui soit s’identifient à certains conflit, soit ou désirent agir parce qu’ils refusent les injustices : nous combattons notamment les lectures ethnicoreligieuse de conflits politique internationaux, au Proche-Orient ou ailleurs.

20

PREVOST Jean Baptiste, Paris 1, Président LE CRAS Thierry, Paris 13, Vice-Président, élu au CNESER MELIN Anna, Paris 13, Secrétaire Générale, élue au CNESER MAURICE Sébastien, Paris 10, Trésorier ALLEK Sifax, Nancy, Président d’AGE ANFOSSI Vincent, Toulon, Président d’AGE AOUDIA Sahra, Nimes, Présidente d’AGE AOUDJEHANE Kamel, Paris 8, Bureau National ARADJ Serge, Paris 6, Vice président d’AGE AUBRY Manon, IEP, Présidente d’AGE AUMJAUD Gilles, Grenoble, Tresorier d’AGE AUVRAY Emmanuel, Le Mans, Président d’AGE BALLAIRE Laure, IEP, Secrétaire Générale d’AGE BALLON Maeva, Paris 10, Secrétaire Générale d’AGE BEAUJOLIN Lucas, Paris 6, Secrétaire Général d’AGE BECHU, Mathieu, Paris 12, Secrétaire Général d’AGE BEGAT Christophe, Aix- Marseille, Secrétaire Général Adjoint BENOIST Tristan, Paris 6 , Bureau National de la LMDE BENOIT Simon, La Rochelle, Secrétaire Général d’AGE BENTAOUNE Anissa, Paris 10, Présidente d’AGE BENY Deborah, Lille, Responsable de CAS de Lille 3 BERTEMONT François, Caen, Président d’AGE BIARD Tina, Montpellier, Présidente d’AGE BOIX Romain, Toulouse, Trésorier d’AGE BORDENAVE Vincent, Paris 1, Secrétaire général d’AGE, VPE CEVU BOUDIN Clément, Paris 4, Secrétaire Général de la LMDE BOUDRA Mounir, Avignon, Président d’AGE BOURGUIGNON Thomas, Evry, Sécrétaire Général d’AGE BRETON Thalia, Paris 2, Trésorière adjointe de la LMDE BRYGO Philippine, Paris 4, Présidente d’AGE BURGAT Yannis, Lyon, Secrétaire Général d’AGE CALVIGNAC Damien, Nancy, Trésorier d’AGE CAN Thomas, Rouen, Secrétaire générale de l’AGE CARDIN Jean-Edouard, Littoral, Président d’AGE CARVALHO Sandra, Bordeaux, Trésorière d’AGE CHAILLOU, Sébastien, Paris 1, Président d’AGE, VPE CA CHAUMETTE Boris, Commission de contrôle, élu au CNESER CHAUVIN Catherine, Artois, Présidente AGE CLUZEL Augustin, Paris 2, Président d’AGE CORNUET Nicolas, Paris 11, Président d’AGE COTORA Maria, IEP, Bureau National CREAC’H Malorie, Brest, Secrétaire Générale d’AGE DE HAAS Magali, Strasbourg, Secrétaire Général d’AGE, VPE CROUS, DELAIR Laure, Paris 12, Présidente d’AGE, VPE CROUS Créteil DENIAUD Justine, Nantes DIDISSE Jonasse, Rouen, BN, président d’AGE DJEBARA Azwaw, Paris 1, Bureau National, élu au CNESER DOBBELS David, Paris 1, Bureau National, élu au CNESER DOLIVET Léa, Tours, Secrétaire Générale DUBIN Olivier, VSQ, Trésorier d’AGE ERICH Amandine, Rennes , Secrétaire Générale d’AGE FAURE Albain, Aix Marseille, Secrétaire Général d’AGE FAVARO Vanessa, Paris 10, Bureau National FILOCHE Germain, Paris 1, Commission de Contrôle FLEURET Alexandre, IEP, Vice Président d’AGE FONTENAS Alban, Grenoble, Bureau National GARNIER Juliette, Lyon, Présidented’AGE GOBERT Thomas, Valenciennes, Président d’AGE GOUET BREVAULT Mélodie, Rennes , Présidente d’AGE GOUGAIN Nicolas, Rennes 2, Bureau National de la LMDE GRIFFOND Juliette, Paris 12, Bureau National LEBOUC VAUTIER Paul, Le Havre, Secrétaire Général d’AGE HALLIER Vivien, Paris 13, Président d’AGE HARO Mathieu, Strasbourg, Trésorier d’AGE HURTADO Line, Lyon, Vice Présidente d’AGE IWASAKI Ken, Paris 4 Secrétaire général d’AGE JANODET Annabelle, Paris 2, Bureau National, élue au CNESER JAOUANNET Maelle, Nice, Présidente d’AGE JEUDY Mila, Paris 1,Commision de contrôle JOHO Julie, Strasbourg, Présidente d’AGE JOUKILI Ayat, Grenoble, Secrétaire Générale d’AGE JOURDAIN Lucas, Paris 1, Président de la

Commission de Contrôle, élu au CNOUS JUMEL Amandine, Le Havre, déléguée au BN KERGUTUIL Gaëlle, Versailles Saint Quentin, BN de la LMDE LABBE Ludivine, Toulouse, Présidente d’AGE LE DISERT Marine, Paris 2, Secrétaire générale d’AGE LE ROY-MIGNOT Thibault, Caen, Secrétaire Général d’AGE LEMOIGNE Elodie, Paris 13, Bureau National LEPERLIER Gilles, La Réunion, Président d’AGE, élu au CNOUS LESUEUR Mathieu, Antilles-Guyane, Président d’AGE LIEWIG Elodie, Toulouse, Secrétaire Générale d’AGE, VPE Toulouse I LOMBARD Sébastien, Cergy, Président d’AGE MAGAGNINI Lucie, Besancon, Présidente d’AGE, VPE CROUS MANDELBAUM Julie, Paris 2, Bureau National MARDOC Laure, IEP, Secrétaire générale d’AGE MARGAUD Antoine, Secrétaire Général d’AGE MAROIS Simon, La Rochelle, Président d’AGE MARTINET William, VSQ, Secrétaire Général D’AGE MASEGOSA Jerome, Pau, Président d’AGE MASSIBOT Hadrien, Lyon, Trésorier d’AGE MERIGOT Nicolas, Evry, Président d’AGE MERLO Salomé, Paris 4, Bureau National MICELLI Julien, Reims, Président d’AGE MICLOT Camille, Paris 1, Bureau National, élu au CNOUS MOHDEB Said, Paris 8, VPE CEVU MORAND Anthony ,Le Havre président d’AGE MOREAU Léo, Cergy, Secrétaire Général d’AGE MUNCH Jean-Arnaud, Paris 13, Bureau National NEUHEUSER Jean-Christophe, Mulhouse, Président d’AGE ODERDA Marion, Paris 12, Bureau Naional, élu au CNOUS PAILLER Noémie, Brest, Présidente d’AGE PASQUIER Hélène, Lyon, Bureau National PELAY Malvina, Paris 8, Président e d’AGE PERREAU Camille, Bordeaux, Présidente d’AGE PERRIGUEY Ambre, Rennes, Secrétaire Générale d’AGE PESCHANSKI Adrien, Paris 1, Trésorier, PIEDERRIERE Annaïg, Cergy, Bureau National, élue au CNESER PIERRE Marie-Charlotte, Grenoble, Présidente d’AGE, VPE CROUS POLENNE Cecilia, Montpellier, Secrétaire Général d’AGE POSSON Johan, Tours, Président d’AGE PROSPER Juan, La Réunion, Secrétaire Général d’AGE, VPE PROTAIN Michael, Nancy, Secrétaire Général d’AGE RAHMANI Siham, Perpignan, Présidente d’AGE, RINGOT Victor, Président d’AGE, Lille RODRIGUES Audrey, Paris 13, Secrétaire Générale RODRIGUEZ DE ALMEIDA Frédéric, Paris 12, Trésorier d’AGE RODRIGUEZ Quentin, Paris 7, Secrétaire général d’AGE ROME Sylvestre, Paris 6, Président d’AGE RUELLE Yves, Marne la Vallée, Bureau National SABAU Yannick, Cergy, Bureau national SAILLARD Mélodie , Metz, Président d’AGE SARIFI Rabi, Lille, Responsable de CAS de Lille 1 SAVINEL Alexia, Secrétaire Générale d’AGE, Lille SENN Lucile, Lorient Vannes, Présidente d’AGE SHAHRYARI Sayna, Paris 7, Présidente d’AGE SILISTRINI Michael, Nancy, VPE Nancy II SOULIER Benoit, Versailles Saint Quentin, Président d’AGE, VPE CROUS Versailles SOUVETON Nicolas, Paris 12, BN de la LMDE STOECKEL Karl, Paris 1, Bureau National, élu au CNOUS SZEFTEL Gabriel, Paris 1, Commission de Contrôle, VP de la LMDE TORTEL Alexandre, Paris 10, Trésorier de la LMDE TOUBIANA Julie, Aix Marseille, Présidente d’AGE VAILLANT Myriam, Bordeaux, Secrétaire Générale d’AGE VALLE Lucienne, Saint Etienne, Présidente d’AGE, VPE de l’université de St Etienne VALLETTE Raphael, Marne La Vallée, Président d’AGE VERAN Lauriane, Paris 2, Bureau National VERSOS Catarina, Paris 12, Bureau National de la LMDE VIOLET Guillaume, Paris 13, Bureau National VOISIN Florent, Paris 1, Bureau National, élu au CNESER ZAROUKIAN Anouch, Orléans, Président d’AGE, VPE de l’université d’ Orléans ZEMMOUR Emmanuel, ENS Ulm

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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Contribution de la sensibilité DEMOS, membre de la Majorité Nationale

Unifions notre projet pour l’Enseignement Supérieur autour du principe d’Autonomie Intellectuelle

S

i l’Union Nationale des Etudiants de France porte un projet fort et cohérent pour les aides sociales avec l’allocation autonomie, les orientations sur l’Enseignement Supérieur ne s’inscrivent pas dans un cadre revendicatif unique. Pour aboutir à un véritable projet qui rassemble l’ensemble des étudiants, nous devons nous fixer des objectifs clairs.

réformes visent à empêcher la formation de

C’est

cette

de

la

base

pour assurer que l’Enseignement Supérieur

revendications notamment sur les doctorants,

permette le développement de l’esprit critique.

de nouveaux concepts comme l’écologie, et

Une

l’Enseignement

assurera à l’UNEF de rester le syndicat de tous

Supérieur qui oublierait de former des citoyens

les étudiants, en phase avec l’ensemble de son

critiques ne permettrait pas de transformer

milieu.

de

l’apparition

à

qui

démocratisation

permettra

effervescence

citoyens responsables. L’UNEF doit se battre

nouvelles

la société. Nous devons donc analyser les réformes gouvernementales et les contenus

Le combat pour la démocratisation de l’Enseignement Supérieur :

des enseignements en prenant en compte la « valeur émancipatrice » des différentes formations. Nos réactions et nos revendications

Dans son « Manifeste pour une réforme

doivent se faire en fonction de ces principes. Le

démocratique de l’Enseignement Supérieur »

projet de l’UNEF pour l’Enseignement Supérieur

de 1964, l’UNEF défendait déjà la massification

doit viser cet objectif.

de l’enseignement supérieur qui a abouti à « l’université des 2 millions d’étudiants ». Notre

Le combat syndical :

projet syndical vise à transformer l’Université pour transformer la société en permettant à

Pour les mêmes raisons, le syndicat doit être

de nouvelles couches sociales d’accéder à

un outil d’émancipation sociale par sa structure

une éducation de haut niveau. Aujourd’hui, le

et par son fonctionnement. Faire le choix, en

gouvernement, s’il ne porte pas dans l’immédiat

conscience, de se syndiquer à l’UNEF, c’est

de projet destiné à introduire une sélection à

déjà faire preuve d’une capacité de résistance

l’entrée de l’Université, utilise d’autres moyens

face au gouvernement et d’une certaine

pour attaquer cet objectif en détruisant le contenu

autonomie intellectuelle. Le rôle du syndicat

des enseignements : les filières misant sur

est de prolonger la formation du militant dans

l’acquisition d’un esprit critique sont menacées,

un espace d’épanouissement et de formation

les contenus des diplômes sont modifiés vers

à l’esprit critique : l’engagement militant n’est

davantage de professionnalisation, les moyens

pas une forme d’ « encartement moral » ! Il

sont davantage tournés vers des supplétifs au

est bien entendu pour cela nécessaire qu’un

détriment des enseignements fondamentaux…

étudiant qui s’engage puisse prendre part à

Signataires Thomas Can, secrétaire général de l’AGE de Rouen Boris Chaumette, Commission de contrôle, élu au CNESER Jonas Didisse, BN, président d’AGE de Rouen Michael Fercoq, trésorier de l’AGE du Havre Jonathan Halimi, AGE de Paris 3 Amandine Jumel, déléguée au BN Ghislain Lafleur, VPE du CROUS de Haute Normandie Paul Lebouc Vautier, secrétaire général de l’AGE du Havre Pétronille Le Thiec, AGE de Caen Loic Lucas, VPE de l’Université de Rouen Marine Malandain, VPE de l’Université du Havre Pauline Masson, AGE de Rouen Anthony Morand, président d’AGE du Havre Florent Simon, trésorier de l’AGE de Rouen Mathilde Thune, commission administrative

toutes les discussions de son syndicat. Les

Le combat pour une autonomie intellectuelle :

structures d’un syndicat doivent permettre à l’individu de proposer, débattre, s’approprier les revendications et les orientations. Ainsi,

L’enjeu pour le gouvernement est d’empêcher

les militants doivent disposer d’une marge de

l’acquisition d’une « autonomie intellectuelle

manœuvre locale suffisante pour prendre des

» tout en maintenant un nombre important

initiatives, avec l’accord de leur section locale et

d’étudiants car les demandeurs d’emplois avec

dans le respect des orientations de la structure

un haut niveau de formation sont devenus

nationale.

nécessaires à l’économie libérale. Ainsi, les

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TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA tendance pour une unef unitaire et démocratique

Face à la déferlante des attaques, faisons le choix de la résistance !

L

e 81ème congrès de L’UNEF s’inscrit dans un contexte social particulièrement difficile. Les deux premières années du règne Sarkozy ont été celles de tous les reculs : de l’offensive contre l’Université publique à la casse du droit du travail, en passant les politiques racistes par l’ex-ministère Hortefeux, rien n’échappe au rouleau compresseur conservateur. Les politiques libérales menées depuis des années sont directement à l’origine de la crise économique que l’on connaît. Pourtant, ces politiques sont aujourd’hui accélérées par le gouvernement Fillon.

Dans l’enseignement supérieur français, la

attaquant sur tous les fronts en même temps, il

mise en place de la LRU et la multiplication

a voulu infliger une défaite majeure au salariat

de réformes et décrets la complétant ont

et à la jeunesse. Loin d’y parvenir, Sarkozy

largement redessiné le paysage universitaire.

ne fait qu’attiser la colère : la mobilisation

Dans la France d’après, le « marché du savoir

historique du 29 janvier en est un signe. La

et de la connaissance » remplace peu à peu le

résistance des enseignants chercheurs depuis

service public d’enseignement supérieur. La

de nombreuses semaines montre la voie sur les

conséquence : l’éducation à plusieurs vitesses

facs. Les étudiants sont mobilisés et d��terminés.

devient la norme. Pour les élites, des pôles ultra

Aujourd’hui le gouvernement tente d’imposer un

compétitifs et concurrentiels. Pour les classes

projet global et cohérent dans les Universités, et

populaires entrées par effraction à l’Université

face à cela nous devons organiser une riposte à

après 1968, des collèges universitaires n’offrant

la hauteur des enjeux. Nous devons porter dans

que des Licences hyper-professionalisantes

le milieu étudiant un projet alternatif et crédible,

n’ayant aucune valeur à moyen terme sur le

une rupture radicale avec les politiques libérales

Sous couvert de « modernisation » du pays,

marché du travail. En cassant ainsi les diplômes,

à l’œuvre à l’Université Seul un mouvement

c’est un nouveau modèle de société que la

le gouvernement s’attaque à nos protections

d’ensemble, majoritaire, unitaire et démocratique

classe dirigeante met en place. Un modèle dans

collectives. Tout comme le gouvernement

permettra de l’emporter et de mettre un coup

lequel le droit de tous à l’éducation, ou encore

renvoie la question de la hausse des salaires

d’arrêt à l’offensive du gouvernement. A la veille

à la santé, sont des reliques du 20° siècle. Le

à la négociation entreprise par entreprise,

de son 81ème Congrès, l’UNEF est donc mise

gouvernement de combat qui se trouve face à

il

laisser

devant ses responsabilités. Le CPE l’a montré

nous a entrepris une destruction systématique

chaque futur salarié négocier en tête à tête

en 2006, la capacité organisationnelle et la

de tous les acquis sociaux : remise en cause du

avec son patron. La précarité n’est donc plus

force militante de notre syndicat sont des atouts

droit de grève par le biais du « service minimum

simplement le lot quotidien des étudiants, c’est

majeurs. Il est temps de les mettre au profit d’une

», marchandisation des services publics, baisse

aussi leur seule perspective d’avenir. Alors

lutte sans concession contre les ravages de la

des impôts des plus riches, répression syndicale

que le pouvoir d’achat des étudiants ne cesse

modernisation universitaire. A l’heure où nos

dans le privé… Les objectifs sont clairs. Il s’agit

de baisser, le gouvernement propose des

camarades syndicalistes antillais nous montrent

de détruire les protections collectives des salariés

crédits à la consommation pour financer ses

la voie de la victoire, il est grand temps de suivre

pour baisser le « coût » du travail, d’ouvrir de

études ! Toujours plus soumis à la nécessité

l’exemple et de faire de notre Congrès la rampe

nouveaux marchés juteux, d’en finir avec toute

de se salarier au détriment de leurs études, les

de lancement d’une riposte qui soit enfin à la

forme de redistribution des richesses. Pendant

étudiants sont parmi les premières victimes de la

hauteur des enjeux et des attaques !

que les licenciements se multiplient, que le taux

crise économique.

individualise

les

diplômes

pour

sont asphyxiés financièrement, des milliards

Pourtant les résistances sont nombreuses face

sont distribués aux banques et les exonérations

à cette offensive sans précédent de la classe

I - La destruction du droit à l’éducation : une attaque

de cotisations patronales n’ont jamais été si

dirigeante. Depuis mai 2007 les étudiants se sont

contre la jeunesse pour

nombreuses. A l’échelle mondiale, c’est la guerre

mobilisés avec vigueur contre la LRU, n’ont eu

qui s’intensifie entre les pays impérialistes pour

de cesse de dénoncer les suppressions de poste

l’accaparement des richesses et des ressources

dans l’Education Nationale, ont lutté au côté des

partout sur la planète : occupation militaire de

lycéens, ont combattu les expulsions d’étudiants

l’Irak et de l’Afghanistan, menaces d’intervention

étrangers. Comme l’ensemble du mouvement

L’objectif du gouvernement de baisser le coût

contre l’Iran, soutien sans borne à l’Etat d’Israël

social, le milieu étudiant n’a pas baissé les bras

du travail est cohérent avec les impératifs du

malgré la barbarie dont il a fait preuve lors de

devant l’arrogance et les attaques de Sarkozy

nouveau Monopoly mondial qui sévit depuis vingt

l’agression militaire contre Gaza.

et de son gouvernement. Mais ce dernier a

ans : les Etats sont aujourd’hui en compétition

tout fait pour submerger les résistances : en

pour attirer les capitaux mondiaux, ce qui

de chômage explose et que les services publics

22

mieux salariat

précariser

le

!

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implique de taxer moins les entreprises et d’avoir des salariés bon marché avec des niveaux de qualification comparables. Le système éducatif

1- La réalité du milieu étudiant : précarité et inégalité devant le droit à l’éducation.

est au cœur de toutes les attaques. Il faut pour

successifs ont mis l’Université au banc des accusés sur la question du chômage des jeunes, en opposant aux formations généralistes la rhétorique de la «professionnalisation». C’est

la classe dirigeante réorganiser l’ensemble du

La précarité étudiante n’est plus à démontrer.

un des objectifs majeur qui a guidé la mise en

marché de travail, et donc réorganiser l’école

Depuis de nombreuses années se multiplient

place des réformes depuis une dizaine d’année.

qui forme les salariés de demain. Leur but est

les rapports qui l’attestent. Chaque année ce

Puisque le problème viendrait des formations,

de changer les règles du jeu, et pas seulement

sont plus de 800 000 étudiants qui sont obligés

il suffirait de calquer le contenu des formations

de faire des économies budgétaires. Comme le

de salarier pour financer leurs études. 20% de

sur les besoins immédiats du patronat régional

rappelait il n’y a pas si longtemps un ponte du

ceux-ci sortent du système universitaire sans

en termes d’emploi. La réforme LMD de 2003,

Medef, il est nécessaire de revenir un à un sur

diplômes, faute de pouvoir concilier scolarité

permettant à chaque université de produire sa

tous les acquis de 1945, et notamment l’accès

et salariat. Dans le même temps les dépenses

propre offre de formation régionale, répondait à

de tous à l’éducation et au savoir. Ce n’est pas

obligatoires augmentent chaque année ; frais

cet objectif. Cette tendance aux diplômes courts

un hasard si c’est l’Ecole dans son intégralité

d’inscription, hausse des loyers, augmentation

et professionnalisants est accentué par le Plan

qui se retrouve aujourd’hui dans la ligne de

du coût de la vie... Résultat, ce sont aujourd’hui

Réussite en Licence, qui remplace le contenu

mire du gouvernement. De la maternelle à

100 000 étudiants qui vivent sous le seuil de

fondamental de la Licence par des compétences

l’Université, c’est la marchandisation à tous les

pauvreté, pendant que le reste des étudiants

techniques (expression orale, rédaction de

étages : réforme de la maternelle, du primaire,

galèrent pour s’en sortir. Dans ce contexte,

CV,

du lycée, suppression des RASED, suppression

non content de laisser la masse des étudiants

déconnectées de l’enseignement fondamental

de postes, LRU…

dans une situation sociale inacceptable, le

du diplôme.

maîtrise

des

outils

informatiques…)

gouvernement en rajoute : suppression des

Contre la professionnalisation, défendre l’«insertion professionnelle durable»

contre

points de charges, augmentation des frais

l’école publique, Sarkozy n’a pas caché qu’il

d’inscription, proposition de crédits étudiants à

comptait faire de l’Université sa priorité. C’est

la consommation... Touchés de plein fouet par

l’enseignement supérieur qui forme une bonne

la crise économique, les étudiants sont parmi

Statistiquement, il est incontestable que

partie des futurs salariés et les enseignants.

les premières victimes de la régression sociale

les filières professionalisantes sont celles qui

Pour changer l’école, son fonctionnement et

orchestrée par Sarkozy.

permettent aux jeunes d’accéder plus vite à

Dans

son

offensive

généralisée

l’emploi. Cela tient en partie à la sélection

son rôle, il faut d’abord changer la formation de ses enseignants. Ce n’est pas un hasard si

Comme si cela ne suffisait pas, les conditions

à l’entrée des diplômes professionnels, qui

l’Université est un des secteurs les plus touchés

d’étude se dégradent elles aussi. On ne compte

recrutent leurs étudiants en fonction d’une

par les réformes qui sont menées tambour

plus les bâtiments délabrés dans les facs, violant

estimation des débouchés sur le marché

battant depuis mai 2007. A cela s’ajoute la

toutes les normes d’hygiène et de sécurité.

du travail. Contrairement aux idées reçues,

pression de Bruxelles, les classes dirigeantes

Pendant que 10 pôles d’excellence triés sur le

professionnalisation et démocratisation des

des différents pays d’Europe avançant la

volet sont refaits à neuf, on confie la gestion de la

études font dans la réalité rarement bon ménage.

construction d’un système marchand européen

misère aux universités elles-mêmes. Sur le plan

Statistiquement, le différentiel s’inverse sur une

qui puisse concurrencer les systèmes américains

social, les CROUS sont asphyxiés et menacés de

carrière entière : non seulement en fonction

et japonais. L’Europe est à la traîne sur ce

disparaître. Si l’on ajoute à cela la précarisation

du niveau de diplôme au départ, mais aussi et

terrain, et la France, où les gouvernements

du service public lui-même, la suppression

surtout en fonction du degré de culture générale,

successifs ont dû affronter un mouvement

de nombreux postes de fonctionnaires dans

de vision transversale des problèmes. Ceux qui,

étudiant puissant, en est l’un des plus mauvais

l’enseignement supérieur et la précarisation des

au long de leur vie professionnelle, seront le

élève dans la mise en place du marché du savoir

personnels, c’est le fait d’étudier dans de bonnes

plus à même d’affronter les défis des mobilités

et de la connaissance.

conditions qui est devenu précaire.

professionnelles, les évolutions des entreprises comme les évolutions économiques et sociales

Les attaques pleuvent depuis dix ans sur

Cernés par la précarité, chez eux comme dans

diverses et variées, ce sont ceux qui auront au

l’Université, et le gouvernement Sarkozy est

leur fac, les étudiants sont au cœur d’un système

départ le bagage le plus élevé en termes de

dans la droite ligne de ces prédécesseurs : des

largement inégalitaire. La précarité des étudiants

culture générale. Une formation suffisamment

décrets aux réformes, tout est bon pour mettre

est un obstacle au droit à l’éducation pour tous.

générale, c’est donc la garantie de ne pas être coincé dans un secteur d’activité particulier, et

en œuvre le modèle marchand. L’introduction de la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités, loi cadre qui transforme en profondeur l’enseignement supérieur, a entamé

2 Professionnalisation et déqualification des diplômes : la précarité comme seul horizon.

donc à la botte d’un employeur. Sur un marché international toujours en mouvement, des diplômes directement adaptés au besoin des entreprises immédiats est une aberration pour

un tournant. Face à la multiplicité des attaques, nous devons aujourd’hui dégager la cohérence

La précarité n’est plus simplement le quotidien

les futurs salariés. Enfin, la professionnalisation

du projet du gouvernement afin de pouvoir établir

des étudiants : si on ne s’oppose pas à

ne peut que renforcer les inégalités sociales.

la stratégie la meilleure qui soit et imposer notre

l’entreprise actuelle de casse de nos diplômes,

Quand on est issu d’un milieu populaire, ce n’est

propre projet pour l’Université.

c’est aussi leur seule perspective d’avenir.

pas notre famille qui nous permet d’accéder

Depuis plusieurs années, les gouvernements

à un certain niveau de culture générale : soit

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Pour un processus non achevé qu’il est temps de stopper !

c’est l’école, soit on se retrouve coincé dans

gouvernement a inversé le rapport de force en

une inégalité de départ qui se cumulera tout au

2007 en introduisant la pierre angulaire de son

long de notre vie. La professionnalisation sert

dispositif pour l’enseignement supérieur. Celle-

avant tout les employeurs, en leur fournissant

ci, loi cadre de dérégulation, pose les conditions

Comme dans tous les pays «avancés» d’Europe

des salariés « prêts-à-l’emploi » adaptés sur

indispensables à la mise sur pied du marché du

dans l’application du modèle libéral, nous nous

mesure aux besoins du patronat local. A celle-

savoir et de la connaissance et représente un

dirigeons vers un système éducatif à plusieurs

ci, nous devons opposer une véritable politique

point d’appui pour toutes les réformes qui lui ont

vitesses : d’un côté des «collèges universitaires»

d’insertion professionnelle durable, vectrice

succédé.

de masse formant jusqu’à la Licence, de l’autre des «pôles d’excellence» sélectifs adossés à la

d’émancipation sociale.

La LRU, pierre angulaire du dispositif gouvernemental

Mission : déqualification !

recherche. L’Opération Campus, qui concentre les moyens sur dix campus universitaires, vise à la création de ces pôles compétitifs à l’échelle

L’objectif de la professionnalisation telle qu’elle

La LRU est une loi cadre. Elle pose les deux

mondiale. Dans la même veine, B. Apparu,

se pratique est de déqualifier nos diplômes, de

composantes nécessaires à l’apparition du

rapporteur UMP pour l’enseignement supérieur,

soumettre les futurs salariés au patronat. La

marché dans l’enseignement supérieur :

avouait que la possibilité pour les universités

casse du cadre national des diplômes impulsée

de sélectionner leurs étudiants était un élément

par la réforme LMD participe de cette entreprise :

- L’apparition de plusieurs opérateurs mis en

indispensable du projet gouvernemental et avait

sans cadrage national des contenus de diplômes

concurrence : on parle pour la première fois

été évacué de la loi LRU pour des raisons de

et sans reconnaissance de ceux-ci dans les

dans cette loi non plus de l’Université, mais des

stratégie politique. La Réforme de l’Allocation

conventions collectives, avec des diplômes à la

universités qui représentent autant d’opérateurs

des Moyens aux universités (RAMU), qui pose

carte qui différent d’une fac à l’autre, les salariés

sur le nouveau marché. Pour ca la loi donne

entre autres le taux de réussite au diplôme

de demain se retrouverons en tête à tête avec

aux universités la possibilité de se construire un

comme critère pour l’attribution de financements

leur patron, sans possibilité de se défendre

patrimoine (possibilité de vendre ou louer leurs

aux facs, va obliger les universités à sélectionner

collectivement. Si on peut se réjouir à première

bâtiments dans une logique purement financière),

leurs étudiants à l’entrée de certains diplômes

vue de la reconnaissance du niveau Bac + 5 de

de chercher des financements (crédits d’impôts

pour conserver leurs crédits. Fini le temps où

la formation des enseignants, la Masterisation

pour les financeurs et participation de ceux-ci

le gouvernement prenait le risque de formuler

que tente d’imposer le gouvernement est être

dans le dispositif universitaire par le biais des

son projet et de permettre à une opposition

en réalité une nouvelle attaque contre la valeur

fondations) et enfin de choisir son personnel.

politique de voir le jour : dans la France d’après,

de nos diplômes, qui fera passer à moyen terme

Le choix des personnels porte un sérieux coup

il intervient par micro-réformes dont l’aspect

le niveau de qualification standard de Bac + 3 à

au statut de la fonction publique, corrolaire de

technique rend difficile la compréhension du

Bac + 5. En effet, on imagine mal par exemple

l’existence du service public : avec le marché de

processus d’ensemble. Le retrait de la RAMU doit

un avocat moins formé qu’un enseignant, et

l’enseignement apparaît un autre marché, celui

être obtenue, sans quoi la sélection sera bientôt

donc les concours du barreau rester à Bac +

des personnels enseignants et non-enseignants.

une pratique commune. Enfin, la Masterisation

4. Le Bac + 5 va devenir la règle pour accéder

Le décret sur le statut des universitaires est un

de la formation des enseignants est un préalable

à un emploi de qualité, alors que la sélection

décret d’application de la LRU.

à l’application de ce modèle au primaire et

à l’Université s’opère actuellement à l’entrée - L’apparition d’un régulateur de marché

réforme Darcos au lycée. La suppression des

processus qui laissera à terme la masse des

indépendant, à savoir l’Etat. Pour les libéraux,

concours nationaux n’est qu’une question de

étudiants sur le banc de touche, c’est-à-dire avec

la concurrence ne peut être effective que si

temps, les Masters enseignement n’ayant aucune

des Licences qui ne vaudront plus grand-chose.

les financements publics sont distribués d’une

cohérence au niveau national. Le projet de loi

De plus, en supprimant les stages rémunérés, le

manière unique et objective : la réforme de

sur les Etablissements Publics d’Enseignement

gouvernement laisse sur le carreau les étudiants

l’allocation des moyens s’inscrit par exemple

Primaire est une réforme de gestion du primaire

qui n’auront pas les moyens de financer deux

dans cette logique. D’une part on a institué des

calquée sur le modèle de la LRU.

ans de plus à la fac .

critères objectifs de répartition, d’autre part les

3 - La mise en concurrence des Universités : l’arme de déqualification massive de nos diplômes.

24

au secondaire, comme le laisse envisager la

du M2. La réforme des IUFM enclenche un

budgets sont globalisés avec la fin du fléchage

La mise en place du marché de l’enseignement

des crédits. Les règles du jeu sont posées, et les

supérieur est la meilleure arme du gouvernement

opérateurs peuvent librement développer des

pour

stratégies sur le marché.

diplômes. d’une

professionnaliser L’existence

multiplicité

et

déqualifier

nos

d’un

marché,

donc

d’«offre

de

formations»,

Avec la LRU, «tout devient possible». Le

est contradictoire avec l’idée d’un cadrage

Le débat dans la communauté universitaire,

terrain était préparé à l’avance : l’autonomie

national des contenus de diplômes et de leur

déclenché par la mobilisation des enseignants-

pédagogique des diplômes mise en place par

reconnaissance dans les conventions collectives.

chercheurs, s’est cristallisé à juste titre autour

la réforme LMD était un préalable à l’autonomie

Les «universités entrepreneuriales», dans leur

de la loi LRU. Si les stratégies internationales

financière. La réforme ECTS de 2001 fourni la

construction d’une stratégie économique et

de

l’enseignement

monnaie européenne des futures marchandises

poussées par les critères d’efficacité mis en

supérieur ont toujours eu du mal à s’imposer en

échangeables internationalement. Les réformes

place actuellement, chercheront les meilleurs

France face à un mouvement étudiant fort, le

et décrets actuels visent à achever le processus.

débouchés immédiats pour leurs diplômés en

marchandisation

de

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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professionnalisant à outrance. Quand bien

d’ouvrier à de grandes chances de finir ouvrier.

casser nos droits, il veut nous infliger une défaite

même les universités ne seraient pas contrôlées

Les réformes gouvernementales vont avoir

historique.

majoritairement par des investisseurs privés,

comme conséquence de fermer les portes des

Le gouvernement n’a qu’une chose en tête,

les objectifs d’asservissement de l’Université et

facs d’élites aux étudiants issus des classes

briser une à une les résistances pour dérouler

des futurs salariés au marché seront remplis.

populaires. Le système de l’«orientation active»

son projet. La mise en place successive de ses

Enfin, suivant les conseils avisés du MEDEF,

est un dispositif qui permet de gérer les flux

décrets accélère la destruction de nos droits.

la substitution du marché au service public

d’étudiants, pour éviter par exemple qu’un

Nous devons nous donner les moyens de mettre

constitue une ultime victoire de la droite contre

bachelier

professionnel

un coup d’arrêt à la politique de Sarkozy, et pour

le mouvement social : la destruction du droit à

s’inscrive en Licence générale (partant du

cela de le combattre frontalement. Nous ne

l’éducation et de l’accès au savoir pour tous.

principe qu’il y échouera). Ce principe est injuste

pouvons pas laisser ce gouvernement détruire

socialement : chacun doit pouvoir s’inscrire

nos droits les uns après les autres sans rien

librement dans l’Université de son choix, sans

faire. Nous devons chercher par tous les moyens

être jugé sur des pré-requis mais sur ses

à riposter pour imposer un projet alternatif.

4 - Quand le marché remplace le service public : la fin du droit à l’éducation pour tous

technologique

ou

résultats. Le système induit par l’orientation active ne cesse d’être renforcé, par exemple avec

Une offensive idéologique l’émancipation de la jeunesse

contre

le Plan Réussir en Licence quand il promet une prime aux IUT attirants plus de bacheliers pro

A) Une stratégie qui réponde aux enjeux de la situation et qui permette de gagner.

et techno que la moyenne nationale. S’il existait Ce qui relevait du service public est désormais

plusieurs Bacs pour plusieurs milieux sociaux, il

considéré comme une manne de profit à

doit aujourd’hui exister pour le gouvernement de

exploiter. En substituant le marché au service

multiples offres de formations universitaires pour

public, le gouvernement change le rôle de

plusieurs milieux sociaux, et chacun doit être sûr

l’Université, comme le rapport des étudiants aux

de rester socialement à sa place.

1 - Une situation contrastée Des résistances importantes Depuis l’élection de Sarkozy, les luttes se sont multipliées dans de nombreux secteurs de la société. De la mobilisation contre les régimes

diplômes. La jeunesse n’est plus formée en tant que future génération de citoyens, à qui il faudrait

Le projet du gouvernement de marchandisation

spéciaux à la défense des travailleurs sans-

donner des clefs de compréhension du monde

de l’enseignement supérieur n’est pas compatible

papiers, les solidarités tentent de s’organiser.

pour faire exister la démocratie. Le rapport au

avec notre projet syndical. La démocratisation

Dans ce contexte de résistance sociale, le

diplôme est individualisé, les cadres collectifs

de l’Université, c’est-à-dire la réussite de

milieu universitaire est l’un des plus combatifs.

sont brisés comme les solidarités qu’ils auraient

tous sans distinction de classe sociale, est

Les batailles locales sur des revendications

pu permettre. Derrière l’étudiant «acteur de sa

incompatible avec l’apparition des «universités

spécifiques ont été très nombreuses. Surtout,

formation», c’est l’étudiant-client «investissant

entrepreneuriales». Au fil des réformes, notre

la mobilisation contre la LRU a mis des milliers

dans sa formation» qui se profile. C’est ainsi qu’il

syndicat n’a pas su décrypter à temps la

d’étudiants dans la rue et en AG, démontrant ainsi

faut comprendre la volonté gouvernementale

cohérence du projet de la classe dirigeante. Le

la combativité du milieu étudiant. Aujourd’hui

d’introduire un système de prêts à taux zéro pour

terrain était miné depuis plus de dix ans. Des

plus que jamais, la jeunesse est déterminée à en

supplanter le système de bourses sur critères

erreurs stratégiques de taille ont été commises.

découdre avec Sarkozy.

sociaux. Les réformes ne visent pas uniquement

Si certains droits étudiants ont pu être conservés,

à mettre les facs en concurrence, elles mettent

les réformes structurelles passent. Durant cette

les étudiants eux-mêmes en concurrence. La

période l’UNEF a su gagner des batailles, mais

Pour la première fois depuis mai 2007, la

marchandisation du système éducatif permet

il est aujourd’hui grand temps d’affronter la

confiance est dans notre camp. En chute libre

l’apprentissage dès le plus jeune âge de la

machine libérale, sans quoi il est bien possible

dans les sondages, le chef de file des libéraux

guerre économique. Le projet du gouvernement

qu’elle finisse par perdre la guerre !

paye aujourd’hui une politique antisociale qui ne

Un gouvernement affaibli

passe plus. Considéré comme intouchable en

représente une offensive idéologique sans précédent contre la jeunesse.

II) Une

La mise en place de deux systèmes universitaires, pour deux jeunesses

construire

stratégie la

pour

contre

2007, le gouvernement Fillon a subi un premier revers politique lors des municipales de 2008. Fragilisé, il a répondu à la crise économique par un cadeau de 15 milliards aux banquiers. Plus

offensive

que jamais sous pression, Sarkozy doit affronter La mise en place d’une université à deux

Nous sommes face à un projet global du

une exaspération généralisée de la population

vitesses revient à en éjecter aujourd’hui les

gouvernement qui vise à redéfinir l’enseignement

contre leurs politiques au service des plus

fils des classes populaires qui se sont battus

supérieur. Les nombreuses réformes et les

riches.

pour y entrer hier. Si la démocratisation de

décrets ne sont que les différents volets d’un

Dans ce contexte, la mobilisation des lycéens

l’école n’était pas effective, elle sera bientôt

projet dont le but est de remettre en cause

cet hiver a donné des sueurs froides aux

impossible avec ce modèle universitaire. Les

l’accès à une éducation de qualité pour tous et de

dirigeants. Si les lycéens ont réussi à eux seuls

différents types de Bacs ne sont pas composés

soumettre l’université à la loi de la concurrence

à faire reculer le gouvernement, c’est avant tout

du même public social, comme les différents

internationale. Dans ce contexte l’idée même

parce qu’il tremble devant l’idée d’un mouvement

types de Bacs n’amène pas aux mêmes strates

de démocratisation de l’enseignement supérieur

de la jeunesse qui pourrait s’étendre aux salariés,

de l’échelle sociale. Étonnamment, un fils

est en recul. Sarkozy ne veut pas seulement

à l’image de la mobilisation anti-CPE. Et surtout

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la révolte de la jeunesse grecque n’était pas

sociaux ont été nombreux. Mais que ce soit le

loin de donner des idées en France, scénario à

mouvement contre la réforme des retraites

éviter absolument pour les dirigeants. Face à la

ou de la Sécu, que ce soit le mouvement des

grève exemplaire en Guadeloupe, il a été obligé

intermittents ou bien la grève à la SNCM, il est

Il faut, dès que possible, créer des liens entre

d’accorder 200 euros d’augmentation de salaire.

clair qu’aujourd’hui aucun secteur n’est assez fort

les questions concrètes pour montrer la logique

Cette victoire prouve que c’est possible de

pour gagner seul. La victoire contre le CPE est à

des attaques actuelles et la nécessité d’y

remporter des victoires face à ce gouvernement

ce titre une lutte exemplaire : dans l’unité, il est

répondre. Lorsque différentes universités sont en

et ne fait que l’affaiblir d’autant plus.

possible d’infliger une défaite à un gouvernement

lutte sur la réforme des IUFM, les suppressions

et à sa politique.

de postes... Nous devons expliquer à tous les

Des difficultés à remporter des batailles

Unifier les revendications…

C’est fort de ce bilan que nous devons

étudiants que ces réformes découlent de la

Poutant le bilan des victoires depuis 2007

entamer un bras de fer sans concession avec

LRU, nous devons pousser à ce que ces luttes

n’est pas significatif. Malgré les résistances,

le gouvernement et Sarkozy. Nous ne pouvons

s’unifient contre la réforme elle-même. Lorsque

l’université à la sauce libérale prend corps. Si les

nous permettre d’attendre sagement 2012,

plusieurs universités sont en lutte, nous devons

différentes mobilisations ont pu obtenir quelques

l’urgence est d’infliger au gouvernement une

montrer ce qui leur est commun. L’opposition

avancées, la politique du gouvernement continue

défaite sur le terrain social. Lycéens, étudiants,

entre «facs poubelles» et «pôles d’excellence»,

à s’appliquer. Parce qu’elles sont restées

jeunes travailleurs, salariés du public comme

la sélection sociale sont des phénomènes

parcellaires, isolées, ces luttes n’ont pas permis

du privé, nous devons unir nos forces pour

largement perçus par les étudiants, à nous

de gagner dans la durée .

renverser la vapeur. Au-delà de simples

de montrer que cela passe par les réformes et

A l’inverse de 2006 lors du CPE, la mobilisation

campagnes politiques et de journées d’action

qu’il faut lutter contre pour construire une grève

n’est pas parvenue à recentrer ses revendications

sans lendemain, nous devons construire pas à

nationale à même de renverser le rapport de

sur des mots d’ordre clairs et permettant de faire

pas un rapport de forces suffisant pour obtenir

forces.

le lien entre le milieu étudiant, les personnels et

enfin des victoires significatives.

les enseignants chercheurs. Pour autant, l’heure

Loin d’être un vœu pieu, la grève générale est

n’est pas au défaitisme. La mobilisation récente

le seul moyen pour gagner et la seule perspective

de la communauté universitaire montre que les

que nous offre le contexte social. Face à

On ne fait pas une grève massive en étant

enseignants sont prêts à tenir un bras de fer

l’arrogance de Sarkozy, seul un mouvement

minoritaire, et notre boussole est donc bien

avec Pécresse. Cette détermination redonne

d’ensemble unifiant les luttes sectorielles peut

la construction d’une grève majoritaire. Il est

espoir au milieu étudiant : les jeunes ne sont pas

nous permettre de gagner. La grève générale

nécessaire de s’adresser à l’ensemble des

prêts à abandonner la bataille contre l’autonomie

aux Antilles nous montre le chemin d’une lutte

étudiants et pas seulement aux seuls mobilisés,

des universités et voir leur avenir sacrifié par les

exemplaire, unitaire et démocratique. Nos

en massifiant et en conscientisant patiemment.

politiques libérales.

camarades antillais nous ont montré qu’il était

Mais on ne fait pas non plus une grève majoritaire

Malgré l’arrogance du gouvernement et sa

possible de gagner contre ce gouvernement.

sans que la majorité des étudiants soient actifs.

volonté de faire taire les voix discordantes, le

L’unité syndicale qui a permis la réussite de la

Il faut donc chercher à convaincre qu’il faut

mouvement social relève la tête. Au-delà des

journée du 29 janvier doit être un point d’appui

s’impliquer au quotidien dans la construction de

universités, c’est le contexte social qui doit nous

pour construire une résistance collective qui

la grève, condition pour pouvoir ensuite dégager

convaincre qu’il y a aujourd’hui toutes les raisons

renverse radicalement le rapport de forces.

des forces pour se tourner vers l’extérieur. Pour

de se mobiliser. La journée d’action unitaire du 29

Défendre

une

orientation

dans

les

mobilisations qui permette de gagner

cela, nous devons pousser au développement

janvier a été sur ce point une immense réussite.

Sur quels axes mobiliser ?

des cadres d’auto-organisation, à commencer

Cristallisant le ras le bol de la grande majorité

Pour gagner la bataille, il ne suffira pas

par les AG elles-mêmes ! L’auto-organisation doit

de la population, cette journée a mis ensemble

d’expliquer les dernières réformes en date dans

permettre à l’ensemble des étudiants de se saisir

dans la rue le privé et le public, les profs et les

l’enseignement supérieur, surtout dans une

des enjeux de la situation et de la mobilisation

cheminots, les hospitaliers et les licenciés de

période où chaque année universitaire connaît

ainsi que de pouvoir décider tous ensemble de la

Renault-Sandouville, les étudiants, les lycéens…

son lot de mouvement social. Les différents

totalité des questions relatives à la mobilisation.

Au-delà de toute attente, ce sont 2,5 millions de

décrets du gouvernement sur le financement, les

La massification d’une mobilisation passe par

personnes qui, dans la rue, ont redonné espoir

enseignants chercheurs, les personnels, sont

la prise en charge par la majorité des étudiants

au mouvement social et ont dégagé de nouvelles

des conséquences directes de la loi d’autonomie

de leurs propres affaires. Pour permettre aux

perspectives pour l’avenir.

des universités. L’enjeu est de parvenir à mettre

étudiants d’écrire leur propre tract et de fixer

en lumière, au travers de toutes ces réformes, le

leur propre rythme, nous devons développer

projet global du gouvernement : la mise en place

des comités de mobilisation ouverts à tous

du marché du savoir et de la connaissance. Il

ceux qui veulent mener de l’activité. Construire

faut amener la question de la LRU en l’articulant

l’auto-organisation, cela ne veut pas dire que le

Incontestablement, le rapport de forces n’est

aux mesures concrètes et immédiates qui en

syndicat se dissout devant la mobilisation mais

donc plus le même en 2009 qu’en 2007. Dans la

découlent aujourd’hui et se battre également pour

simplement que celui-ci respecte les formes

jeunesse comme chez les salariés, l’heure est

son retrait. Il faut avancer sur des revendications

d’organisation dont se dotent la mobilisation

à la mobilisation. Pour autant les victoires sont

qui portent un projet en rupture avec celui du

(AG…) et les mots d’ordre et rythmes décidés

maigres depuis l’élection de Sarkozy et le bilan

gouvernement, des revendications aptes à

par les cadres d’auto-organisation.

doit en être tiré. Depuis 2003, les mouvements

enrayer la machine libérale : le cadrage national

2 -Il est possible de gagner, par la grève générale !

26

des intitulés et des contenus des diplômes.

Pour permettre au mouvement de s’étendre et

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de se renforcer, nous devons chercher à l’unifier

permanente des salariés.

ne soient plus en ordre dispersé.

nationalement, tant au niveau des rythmes que

Pour que nos diplômes aient une valeur

de ses revendications. C’est en centralisant la

Un mouvement d’ensemble ne se décrète pas,

reconnue partout dans la société, il faut aussi

grève à un niveau national que nous en ferons

il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour le

remettre en oeuvre un cadre national des

plus qu’une somme d’universités en lutte.

déclencher. Il faut comprendre aujourd’hui que

diplômes. Non seulement la dénomination des

Les étudiants ne gagneront pas seuls, il faut

c’est possible et s’appuyer sur ces potentialités,

mentions des diplômes doit être la même partout

chercher à entraîner, une fois que les étudiants

pour mobiliser les étudiants et les amener vers

ainsi que les modalités de validation, mais le

sont mobilisés, les salariés dans la bataille. Et

la victoire afin d’imposer un projet alternatif

contenu du tronc commun de chaque mention

c’est possible parce que l’université n’est pas

pour l’enseignement supérieur qui permette

doit être défini nationalement.

un vase clos coupé du reste de la société. Afin

réellement de permettre un libre accès de toutes

Exemple : un diplôme qui a le même contenu et

de faire le lien entre les étudiants et les salariés

et tous à un enseignement supérieur et à des

le même intitulé partout et reconnu nationalement

la question centrale qui doit être au cœur de

diplômes de qualité.

une Licence MacDonald’s. Ce diplôme pourrait

notre intervention est celle des diplômes et des qualifications; si nous nous battons pour

même parfaitement être reconnu dans la

B) Imposer un projet alternatif

Convention collective de MacDonald’s ou de la

des diplômes de qualité pour tous c’est parce

restauration rapide, il n’en resterait pas moins

que cela permettra d’avoir des conditions de

Aujourd’hui le syndicat doit se donner les

un diplôme bidon. Il est donc impératif de lier un

travail décentes (conventions collectives) et

moyens de construire une mobilisation d’ampleur

cadrage national et un contenu tourné vers la

des salaires à la hauteur des qualifications. En

car l’enjeu est de taille : imposer face au projet du

connaissance de la discipline.

cela nos revendications rejoignent celles des

gouvernement, une éducation et des diplômes

salariés.

de qualité pour tous. Un diplôme de qualité, c’est un diplôme

Organiser le milieu étudiant

accessible à tous, qui donne des connaissances

Pour reconstruire largement la conscience

disciplinaires, un esprit critique réel et qui donne

dans le milieu étudiant de la nécessité de

A

l’opposé

de

la

professionnalisation

voulue par le MEDEF, nous proposons une

des droits dans le monde du travail.

véritable insertion professionnelle de qualité.

s’organiser collectivement pour agir, il n’y a pas de raccourci. Il faudra des luttes d’ampleur

Pour une insertion professionnelle de qualité

Accessible à tous

L’ensemble des formations doit comprendre des enseignements d’insertion professionnelle

mais la première chose à faire, c’est de faire la démonstration au quotidien de l’utilité de

Un diplôme de qualité accessible à tous passe

avec des cours, par exemple, de droit du travail,

l’organisation collective et du syndicat. Notre

par un véritable service public d’enseignement

dispensés par des juristes, des syndicalistes,

syndicat doit être en capacité d’agir au quotidien

supérieur débarrassé des logiques marchandes

des salariés...

pour la défense des droits des étudiants et doit

et de rentabilité, avec des financements

L’ensemble des diplômes doit donner accès

peser sur la réalité en obtenant des victoires sur

100% publics et égalitaires, seule garantie de

à des qualifications reconnues dans les

les questions les plus concrètes et immédiates

l’égalité entre tous. C’est aussi un encadrement

conventions

(pouvoir d’achat en baisse, frais d’inscription

pédagogique de qualité et des conditions

doivent garantir un niveau de rémunération et

qui augmentent, problèmes d’inscription, de

d’études décentes, aux antipodes de ce que veut

des droits précis en termes de conditions de

bourse…). Ce n’est que par la résolution la plus

faire le gouvernement avec les suppressions

travail. Sur le marché du travail, il faut également

systématique des problèmes que rencontrent

de poste et l’Opération campus. Cela veut dire

que l’ensemble des diplômes aboutissent à des

l’ensemble des étudiants tout au long de

aussi absence de sélection, qui prive certains du

grades reconnus au même niveau dans les

l’année que nous ferons la démonstration dans

droit de progresser, alors que Pécresse évoque

conventions collectives.

la pratique que ce n’est que par l’organisation

à nouveau une possibilité de sélection entre L et

et la lutte collective que l’on peut défendre nos

M.

Ces

qualifications

Les stages tels qu’ils existent aujourd’hui n’apportent en terme de formation que très peu. Dans l’immédiat nous devons nous battre pour

droits ou en gagner de nouveaux (campagnes SOS examens, SOS inscriptions, problèmes de

collectives.

Un vrai contenu

un suivi pédagogique strict des stages, une rémunération des stagiaires à la hauteur du poste

bourses, de logement...). Lors des campagnes visant à résoudre les problèmes concrets des

Un diplôme de qualité, c’est d’abord un fort

occupé, et une limitation de la durée des stages

étudiants, nous devons faire le lien avec les

contenu général, c’est-à-dire que l’essentiel

afin d’empêcher les entreprises de fonctionner

réformes universitaires et la dégradation de

du contenu du diplôme est tourné vers la

avec une majorité de stagiaires (l’équivalent de

l’enseignement supérieur et expliquer que seule

connaissance de la discipline. Il faut donc

200 000 emplois temps plein).

une opposition sans concession à l’ensemble

privilégié l’acquisition de connaissances réelles

Il est évident que les politiques sociales et

des réformes libérales permettra d’enrayer la

et non pas de micro compétences adaptées à un

universitaires du gouvernement ne sont que

dégradation continuelle de nos conditions de vie

poste de travail spécifique dans une entreprise

deux volets d’un projet politique cohérent. Avec

et d’études. Nous pouvons donner confiance aux

spécifique (ex: chef de rayon Carrefour…)

la forte augmentation de la sélection sociale, la

étudiants pour qu’ils luttent en s’appuyant sur les

Seule une formation initiale d’un haut niveau de

revendication d’un diplôme qualifiant resterait

difficultés actuelles du gouvernement et sa peur

qualification, tant dans les savoirs fondamentaux

lettre morte sans un accès égal de toutes et tous

que les luttes se généralisent. Les étudiants

que

à des conditions de vie et d’étude décente.

sont un des secteurs les plus combatif, il faut

professionnels,

organiser la combativité sur la durée pour qu’ils

des bases nécessaires à la requalification

dans

les

domaines peut

techniques

garantir

et

l’acquisition

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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Pour un pré-salaire d’autonomie !

et du rapport de forces existant, la confrontation

droits étudiants sont préservés, de relayer

apparaît de plus en plus indispensable pour

les luttes qu’il peut y avoir sur l’université, de

Dépourvue de statut social propre, la jeunesse

imposer notre projet, et l’arme dont nous

nouer des contacts avec les enseignants et les

compte parmi les premières victimes de la

disposons reste l’action collective. Nous devons

BIATOSS et obliger l’université à se positionner

crise et se voit contrainte à une alternative

chercher à construire un syndicat de masse,

sur certains sujets. Pour obtenir de réelles

entre dépendance familiale et salariat. Pour

unifié, démocratique, qui soit dans le camp du

victoires, il faut combiner l’action des élus et la

ses franges les plus en difficulté, un salaire à

mouvement social et qui se donne pour objectif

construction d’un véritable rapport de forces.

mi-temps ne suffit même pas à répondre aux

de transformer la société.

Nous devons envisager les élections de l’année

besoins minimaux alimentaires ou de santé, et les étudiants boursiers pouvant se passer d’un complément salarial se font rares.

prochaine comme une période test pour un

1-Faire le choix mouvement social

définitif

du

programme d’urgence pour les étudiants en rupture radicale avec le gouvernement et son projet : il faut le battre dans la rue et dans les

Les jeunes aujourd’hui sont toujours infantilisés

L’heure est à la résistance et à son

; majeur civilement à 18 ans, ils sont socialement

organisation. Le rôle de l’UNEF dans la jeunesse

dépendants de leurs parents jusqu’à 25 ans

est aujourd’hui central : pour le service public

Ce n’est qu’une fois ce rapport de forces

(demi-part fiscale, allocations familiales jusqu’a

d’enseignement supérieur, pour notre avenir

établit, et pas avant, que des négociations

21 ans) et ne peuvent de fait s’émanciper et

à tous, contre la machine libérale, le syndicat

peuvent être envisagées. La LRU l’a montré,

prétendre à leur autonomie (logement individuel,

doit dès aujourd’hui poser les bases de

une négociation à froid ne peut pas être une

choix d’études et de vie…). La famille reste

l’affrontement.

négociation victorieuse. Se mettre à la table

urnes !

encore l’horizon indépassable d’un système

Pour s‘inscrire dans le camp du mouvement

des négociations avec un gouvernement quand

d’aide sociale injuste et insuffisant (plus de

social, le syndicat doit d’abord démontrer son

on est le syndicat majoritaire n’est pas un

500000 bourses définies sur les revenus des

utilité au quotidien pour pouvoir convaincre

acte répréhensible en soi. Mais cela entraîne

parents). Nous proposons donc une allocation

les étudiants de se mobiliser, au moment où

parfois le syndicat dans une position difficile à

d’autonomie pour toutes et tous basé sur un

le gouvernement casse le service public de

tenir : comment refuser une réforme que l’on a

projet pédagogique et professionnel et non

l’enseignement supérieur et organise la mise en

négocié ? Comment négocier ce que l’on refuse

pas une « aumône de l’Etat providence ».

concurrence entre les universités. Une UNEF

? Finalement cela revient presque à chercher, en

Cette allocation serait financée par deux biais

responsable c’est une UNEF qui s’oppose sans

commun avec le gouvernement, à appliquer une

: en préalable la refonte du système d’aides

concession aux réformes libérales. En fédérant

réforme dont nous ne voulons pas. Pour imposer

sociales actuelle et par la cotisation sociale

sur son projet, elle fait le choix d’être une

nos revendications et gagner, le moyen d’action

(cotisation salariale et cotisation patronale). Le

boussole pour canaliser la colère qui monte de

privilégié doit rester la construction d’une grève

montant doit être suffisant et évalué de manière

plus en plus afin de défendre nos droits et en

étudiante et à terme la construction de la grève

rigoureuse pour permettre aux jeunes de se

gagner de nouveaux.

générale.

consacrer pleinement à leur projet avec un suivi pédagogique pour une meilleure réussite et une

La faible participation des étudiants aux

Pour être un syndicat responsable, l’UNEF a

insertion professionnelle satisfaisante. La forme

élections (moins de 20%) démontre qu’ils ne

besoin d’être un outil efficace, au service des

de rétribution ne peut être un salaire en tant que

jugent pas cela utile et qu’ils ne pensent pas

étudiants.

tel puisque ce dernier est indexé sur une grille

que le syndicat est utile pour les représenter.

de qualification. Le jeune étant en formation et

En prouvant au quotidien l’utilité du syndicat,

cherchant à acquérir ces qualifications, doit donc

en prouvant que le projet que nous portons

avoir une rémunération forfaitaire, un présalaire

et que notre stratégie permettent de gagner,

définit préalablement

au même titre que les

nous pouvons faire du temps des élections un

retraites par répartition. Ceci supposera une nette

élément de la construction du rapport de forces

L’UNEF demeure encore aujourd’hui et de

hausse des salaires puisque la cotisation est un

sans concentrer tous nos efforts. Elle ne doit

très loin la première organisation étudiante.

élément de salaire. Cette hausse des salaires

pas non plus être un obstacle à la mobilisation

La majeure partie des étudiants, lorsqu’ils

est indispensable, c’est pourquoi il faut relier

des étudiants et l’UNEF doit, si nécessaire,

rencontrent un problème, se tournent vers

nos revendications avec les salariés (hausse

faire le choix du mouvement et ne pas céder

l’UNEF. Néanmoins, il y a toujours moins de 1%

des salaires…) et revenir sur la destruction du

au chantage électoral comme elle a su le faire

d’étudiants syndiqués et le décalage entre niveau

système des retraites par répartitions

au moment des élections du CROUS de 2006,

des luttes et niveau d’organisation des étudiants

pendant le CPE.

reste fort. Nous devons travailler à renforcer

III- Un syndicat de tous les

Construire un syndicalisme unifié

Avoir des élus permet d’avoir des informations

l’organisation des étudiants, l’unification du

sur ce qui se passe et de gagner quelques

milieu étudiant et l’unification syndicale. En

avancées mais il est utopique de croire que c’est

effet, ce n’est que par la construction d’un outil

dans ces instances que la seule action des élus,

cherchant consciemment à regrouper en son

Plus que jamais les étudiants ont besoin d’un

permet de changer l’université (composition

sein la majorité des étudiants que nous nous

syndicat utile au quotidien, qui soit à l’offensive,

des conseils défavorable aux étudiants…).

donnerons les moyens de construire un outil à

qui ne lâche rien face aux attaques libérales.

Finalement, avoir des élus permet d’informer

même de résister efficacement aux attaques de

Face à la cohérence du projet gouvernemental

l’ensemble des étudiants, de vérifier que les

la classe dirigeante.

combats

28

2 - Construire un outil efficace

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devons

minoritaires ne sont pas conviés aux réunions

que les adhérents payent une cotisation en

systématiquement chercher à renforcer l’UNEF

Pour

cela,

bien

sûr

nous

hebdomadaires, les adhérents n’ont pas tout

adhérant.

en y faisant adhérer de nouveaux étudiants.

le temps accès aux locaux du syndicat, encore

Nous devons également chercher à gagner

moins quand ces camarades sont dans une

les gens sur la durée : trop nombreux sont les

tendance minoritaire. Sans parler de l’interdiction

étudiants qui ne restent à l’UNEF qu’un an, au

pour les minorités de s’adresser à l’ensemble

cours de leur première année, et qui repartent

des adhérents du syndicat du fait de l’absence

ensuite faute d’avoir été convaincus de l’utilité

de partage des fichiers d’adhérents.

3 - Un syndicat de transformation sociale Pour un syndicat de transformation sociale

du syndicat. Nous devons chercher à faire de

Le droit de tendance est un fonctionnement

chaque adhérent de l’UNEF, un militant syndical

qui permet d’exprimer, de mesurer et de

En tant que syndicat étudiant, l’UNEF a vocation

régulier. Cela ne veut pas dire faire de l’activité

représenter les différentes orientations. Il faut

à défendre les intérêts matériels et moraux

militante un préalable mais chercher à faire que

donc que l’orientation du syndicat soit sous

des étudiants. Cependant, notre engagement

l’ensemble des membres du syndicat puisse

contrôle permanent des adhérents. Aujourd’hui

syndical ne se limite pas à l’université. Les

mener une activité.

les modalités de vote organisent la concurrence

valeurs que nous portons nous conduisent à

entre les AGE : les voix des adhérents d’une

nous battre sur le terrain de la transformation de

Aujourd’hui c’est un mouvement social en

petite AGE où il y aurait 100 adhérents et où

la société. Ce qui se passe dans le reste de la

miettes qui fait face à la déferlante libérale. Le

90 d’entre eux se déplaceraient pour voter

société a des conséquences sur ce qui se passe

milieu étudiant est plus que concerné par cette

compteraient bien moins que les 90 votants

à l’université et inversement. Pour construire une

situation. Des associatifs, des « syndicalistes de

d’une grosse AGE qui aurait 500 adhérents.

autre université, il nous faudra lutter pour une

lutte », des « syndicalistes d’accompagnement

Nous proposons donc que chaque adhérent qui

société plus juste et plus égalitaire.

», des écologistes ont décidé de faire bande à

se déplace pour voter compte pour un et que sa

part. Cette division affaiblit considérablement

voix représente un mandat.

Les étudiants ne sont pas que des étudiants, ce sont des futurs salariés et plus de la moitié

Les nécessités démocratiques dans notre

d’entre eux sont déjà salariés pour financer

organisation sont liées à la nécessité de

leurs études. Dans cette lutte pour transformer

C’est pour cela que, en tant qu’organisation

construire une organisation de masse. En effet,

la société, les salariés sont la force qui joue un

majoritaire, la responsabilité de l’UNEF est

il est impensable que des dizaines de milliers

rôle central. C’est la raison pour laquelle l’UNEF

encore plus importante que celle des autres

de jeunes puissent passer de la démocratie et

doit se considérer clairement comme étant du

organisations dans la réussite de ce processus.

de l’autoorganisation des luttes étudiantes de

côté des salariés et de leurs organisations.

Elle doit créer au jour le jour les conditions de

ces dernières années au régime de caserne du

L’UNEF doit faire le choix de l’action dans et en

l’unification du mouvement étudiant. Elle doit

syndicat. Les AGE ne doivent pas être mises

dehors de l’université, avec les organisations qui

donc pousser le plus souvent possible aux

sous tutelle du Bureau National mais doivent

luttent et se mobilisent au sein des mouvements

rapprochements

communes

conserver une certaine autonomie pour faire du

sociaux.

locales et nationales, réunions unitaires, listes

syndicat un outil dans lequel tous les étudiants

communes... La seule unité d’action bien

puissent trouver leur place.

le mouvement étudiant, nous ne gagnons rien à être divisés.

:

campagnes

Un syndicat internationaliste

qu’indispensable est insuffisante. Tous ces rapprochements doivent avoir pour but de

Pas de démocratie sans indépendance

C’est par son combat pour le droit des

montrer que ce qui nous unit est plus fort que ce

Les campagnes syndicales et les positions

Algériens à l’autodétermination que l’UNEF

qui nous divise. Nous ne devons pas avoir peur

de l’UNEF ne dépendent pas de l’étiquette du

s’est en grande partie construite telle qu’elle

de l’inconnu ni du débat au sein de l’organisation.

gouvernement. Elles s’élaborent collectivement

est aujourd’hui. Cela s’est aussi passé en

Nous n’avons rien à craindre à envisager à terme

(par les militants et les adhérents) par l’analyse

soutenant des actes qualifiés de terroristes par

le dépassement de l’actuelle UNEF dans un

des préoccupations concrètes des étudiants.

les autorités françaises. Nous ne devons pas

outil hégémonique rassemblant l’ensemble des

Elles se dotent d’objectifs concrets (repousser

rougir de cet héritage. Aujourd’hui, les guerres

étudiants et resserrant leurs rangs pour affronter

une attaque, obtenir des victoires) et d’une

et occupations militaires sont incessantes, avec

tous ensemble les batailles futures.

stratégie syndicale reposant sur la construction

leur lot de barbarie et de cruauté. L’agression

d’un rapport de force. On peut alors tirer de

israélienne contre la bande de Gaza l’a une

vrais bilans et dire en quoi l’UNEF a fait (ou pas)

nouvelle fois montré. Il y a encore plus besoin

avancer les intérêts des étudiants.

que l’UNEF se déclare clairement comme étant

Pas d’unité sans démocratie L’unité n’est pas possible sans démocratie. La question de la démocratie dépasse la simple

L’indépendance politique n’est pas l’absence

du côté de l’ensemble des peuples opprimés.

position de principe et s’inscrit dans la volonté de

d’appartenance à un parti : être à l’UNEF

Cela passe notamment par la lutte contre

rassembler le plus d’étudiants au sein de l’UNEF

n’implique pas de rendre sa carte. Il s’agit de

toutes les occupations militaires (Palestine,

pour en faire le syndicat de tous les étudiants.

prendre toutes les décisions dans les cadres du

Irak, Afghanistan, Côte d’Ivoire…) et le combat

Dans le cadre des mobilisations étudiantes,

syndicat, indépendamment des partis politiques

pour le droit des peuples à l’autodétermination

on constate les aspirations qui existent à

ou des centrales syndicales.

; ce qui est d’autant plus nécessaire lorsque

l’apprentissage de la démocratie et à sa mise

L’indépendance

financière

vis-a-vis

des

c’est notre propre gouvernement qui est à

en pratique. Ces éléments doivent se retrouver

gouvernements, des administrations, des partis

l’offensive. Les politiques guerrières ont aussi

au quotidien dans le syndicat. Trop souvent

politiques ou des organisations syndicales de

des conséquences pour la population de l’Etat

dans les AGE, les camarades des tendances

salariés doit être recherchée. C’est pour cela

qui les mène. Quand il augmente son budget

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militaire, il baisse les budgets sociaux, quand il

La relative politisation des étudiants doit nous

entre en guerre, il fait passer des lois liberticides

permettre d’intervenir de manière forte sur

au nom de l’union nationale. Pour qu’elle soit

le terrain des luttes anti-racistes et de battre

réelle, les peuples opprimés doivent compter

en brèche toutes les formes de racisme,

sur leurs propres forces et sur le soutien des

d’antisémitisme, d’islamophobie et les préjugés

autres peuples. En aucun cas leur émancipation

xénophobes quels qu’ils soient.

ne peut passer par l’appel à d’autres puissances

RESF a organisé des mobilisations dans les

militaires et économiques ou aux institutions

écoles, collèges et lycées et a parfois réussi à

mises en place par celles-ci (OTAN, ONU, OMC,

empêcher des expulsions par des mouvements

FMI…). L’UNEF doit l’affirmer en participant

de grève impliquant les élèves et les profs. Mais il

à la préparation d’échéances de solidarité

est impossible d’empêcher toutes les expulsions

internationale telles que les contre-sommets de

une à une. C’est pourquoi il faut s’organiser sur le

l’OTAN, du G8…

modèle de RESF en créant des collectifs Réseau Université Sans Frontières, pour recenser tous

Un syndicat qui lutte contre toutes les oppressions

les cas de Sans-papiers, organiser la solidarité sur un plan local et mener la bataille pour que Français et Etrangers soient égaux en droits à

L’UNEF doit faire le lien entre toutes les

l’université, tout en préparant dès maintenant un

luttes d’émancipation qui traversent la société.

grand mouvement pour la régularisation de tous

Certaines catégories de la population subissent

les sans-papiers et pour l’abrogation de toutes

des

les lois racistes.

discriminations

et

des

oppressions

spécifiques. C’est pourquoi nous devons mener des campagnes offensives pour gagner l’égalité

Voter pour la TUUD c’est voter pour :

des droits entre les hommes et les femmes, nous devons participer régulièrement aux collectifs

- Une opposition sans concession aux

qui luttent pour le droit des femmes, l’avortement

politiques libérales qui détruisent nos droits et le

libre et gratuit (CADAC et Planning Familial par

service public d’éducation

exemple), nous devons nous investir pleinement

- Des diplômes nationaux de qualité en lien

dans les journées nationales d’action sur ces

avec la recherche et permettant une insertion

questions.

professionnelle réussie et durable

L’organisation devrait également regarder ses pratiques de près, notamment en ce qui

- Une tendance qui se prononce clairement contre la LRU et ses conséquences.

concerne la division des tâches militantes :

- La construction au quotidien du rapport de

depuis plusieurs années la présidence de l’UNEF

forces, en organisant et mobilisant les étudiants

est confiée à un homme et le secrétariat général

et qui tend vers l’unification des luttes et la

à une femme ! Nous devons être un syndicat

construction d’un mouvement d’ensemble

féministe en principe ... et en pratique ! De même, nous devons lutter pour l’égalité des droits entre hétéros et Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transsexuels et Intersexes (LGBTI),

- Un syndicat qui fonctionne de manière démocratique et transparente seule garantie de l’unité et de l’engagement de tous -

L’unification

du

mouvement

étudiant,

dans l’organisation et à l’université. Cette égalité

nécessaire parce qu’ensemble nous sommes

en pratique passe par une participation active

plus forts.

de l’ensemble des camarades du syndicat aux

- Un statut social pour les jeunes en formation

diverses échéances qui ont lieu dans l’année :

et en insertion permettant l’accès de tous à

journée mondiale contre l’homophobie, marches

l’éducation et à l’autonomie

des fiertés et journée mondiale contre le SIDA.

- Un syndicat qui fait le choix définitif du

Là où des associations LGBTI existent, l’UNEF

mouvement social et qui se bat pour la

doit se lier à elles pour préparer ces échéances.

transformation de la société : égalité des droits

Enfin, il s’agit de lutter concrètement pour

homme/femme et étrangers/français, soutien

construire un syndicat anti-raciste. Aujourd’hui,

aux luttes LGBTI et antiracistes, pour la solidarité

les discours sur l’immigration, les quartiers

internationale.

Premiers signataires Allain Damien, Strasbourg Barbier Guillaume, VPE CROUS, Amiens Beaujean Pierre-Antoine, trésorier, Clermont Ferrand Bergdoll Lucie, Paris 6 Berland Marc, CA, Angers Bernalicis Ugo, vice président d’AGE, Lille Borensztejn Antoine, Paris 6 Bouënel Delphine, CA, BN, CNOUS, Paris 5 Brouillard-Dusong Valentin, CA, Délégué au BN, Angers Broustail Batiste, Caen Brusadelli Nicolas, CA, BN, Amiens Chapuis Mathieu, Reims Chaudieu Victor, trésorier, Chambéry Ciapin Etienne,Grenoble Corcaud Simon, Angers Cure Perrine, VPE CROUS, Clermont Ferrand Daveine Thibault, secrétaire Général, Chambéry Deias Damien, secrétaire général, Dijon Delegue Jean, Paris 3 Delrue Benoit, CA, Lille Di Giovanni Anne-Sophie, reponsable de CAS, Grenoble 1 Djemaï Hichem, Paris 10 Ducatez Simon, Littoral Dufour Suzanne, Paris 1 Duriez François, VPE, Lille 3 Eisenberg Mathilde, Paris 10 Gaujard Caroline, Paris 10 Giono Jérémie, CA, BN, Grenoble Gouardou Mickael, Grenoble Helle Delphine, trésorière, Dijon Hémon Régis, président d’AGE, Nantes Hordé Jessica, présidente d’AGE, Paris 5 Jacquot Clément, président d’AGE, Clermont Ferrand Jamet Lucile, CC, Amiens Janodet Charly, président d’AGE, Dijon Lederer Agathe, Paris 3 Lelong Mathieu, Littoral Leroy Olivier, Stasbourg Lihouc Camille, Lille Marchina Bastien, Montpellier Molis Audrey, présidente d’AGE, Amiens Montforte Dimitri, CA, BN, Paris 10 Perrin Morand, CA, CNESER, Nancy Pierrick Vuitton, Bureau d’AGE, Nancy Planard Elsa, présidente d’AGE, Chambéry Richin Danielle, Paris 13 Sainty Benjamin, Le Mans Scali Damien, Lille Schaal Goulven, Paris 8 Schmit Pierre-Antoine, vice président d’AGE, Grenoble Simon Eloi, Paris 10 Telliez Germain, VPE, Amiens Tessier Matthias, Nantes Vacher Kevin, Aix-Marseille Viaouet Gildas, Nantes Viaouet Pierrick, Rennes Vidal Natacha, Angers Zambelli Julien, CA, Paris 7

populaires, les»racailles» de banlieues et les politiques gouvernementales en matière d’immigration renforcent les théories racistes et leurs colporteurs. Près de 25 % de la population estime que le FN fait des propositions positives pour lutter contre l’insécurité et l’immigration.

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Contributrion de la sensibilité Unité ét Action de la Tendance pour une UNEF unitaire et démocratique

N

ous avons fait le choix de rédiger notre contribution avec des camarades d’autres tendances, ou qui ne se reconnaissent dans aucunes d’entre elles. A notre avis, le système en Tendances, telle qu’il est aujourd’hui en place à l’UNEF, cloisonne le débat et ne permet pas la participation de l’ensemble des camarades aux prises de décisions. Pour y remédier, nous appelons l’ensemble de l’organisation à une réflexion sur son fonctionnement, afin de se donner les moyens de devenir un vrai syndicat de masse.

Pour un vrai Statut Social de l’étudiant... Aujourd’hui, toute l’UNEF partage le constat de la précarité accrue qui frappe les étudiants. Tous sont d’accord pour affirmer la nécessité d’un « statut étudiant ». La question que nous posons, c’est : qu’entendons-nous par là? Pour tous les courants de l’UNEF (et même du milieu étudiant plus largement), il s’agit de donner à l’étudiant une aide financière afin qu’il puisse subvenir à ses besoins. Le débat est ensuite de savoir comment on donne cet argent, sous quelle forme... Pour nous, l’enjeu est ailleurs.

...des aides matérielles conçues comme des nouveaux droits ! Le seul moyen d’obtenir des victoires durables, c’est de sortir du marché privé l’ensemble des besoins fondamentaux des étudiants : − Étudier : il faut revendiquer la gratuité des études, et permettre à tous d’avoir accès gratuitement aux polycopiés et à la documentation nécessaire à la réussite de ses études; − Se loger : il faut fournir un logement public à chaque étudiant, en multipliant les constructions et en nationalisant les résidences étudiantes privées. Il faut tendre à la gratuité des loyers, par le plafonnement tant au niveau du public que du privé. Nous devons également faire supprimer la taxe

d’habitation pour les étudiants. − Manger : il faut remettre à flot la Restauration Universitaire, en améliorant qualité et capacités d’accueil, et en baissant fortement le prix du ticket, ce qui implique des augmentations massives de subventions publiques. En parallèle, il faut mettre en place un réseau d’épiceries sociales gérées par les CROUS. − Se soigner : il faut défendre la Sécurité Sociale étudiante, et améliorer le Régime obligatoire plutôt qu’encourager le recours aux complémentaires, qui par nature creusent les inégalités. Nous devons également nous battre pour le retour à une caisse unique, la LMDE, et faire supprimer les SMERs. De plus, il faut généraliser les Centres de Santé Universitaires : il ne suffit pas d’être couvert, encore faut il avoir accès aux soins... − Se déplacer : enfin, nous devons revendiquer la gratuité des transports pour les étudiants, à tous les échelons (SNCF, Régions, Départements, Agglomérations...), en commençant par l’échelon local. Pour les autres besoins (loisirs, accès à la culture...), il faut également rechercher la baisse des coûts en priorité.

Signataires Marc Berland, Angers, CA Jérémie Giono, Grenoble, BN Valentin Brouillard-Dusong, Angers, Délégué au BN et CA Alalou Sébastien, Lyon 2 Allain Damien, Strasbourg Barka Elise, Lille 1 Bernalicis Ugo, Lille 3, VP d’AGE Bourdon Xavier, Nantes Broustail Baptiste, Caen Ciapin Etienne, Grenoble 2 Collineau Marlène, Nantes, Trésorière de l’UNEF-Nantes et VP-CROUS Corcaud Simon, Angers Cossange Nicolas, Montpellier 2 (Béziers) Creton Kevin, Lille 2 Delalleau François, Lille 1 Delegue Jean, Paris 3 Delrue Benoit, Lille 3, CA Di-Giovanni Anne-Sophie, Grenoble 1, Responsable de CAS Ducatez Simon, Littoral (Calais) Duriez François, Lille 3, VPE Girard Eloise, Nantes, SG de l’UNEF-Nantes Gouardou Michael, Grenoble 1 Heiber Simon, Grenoble 2 Hemon Régis, Nantes, Pdt de l’UNEF-Nantes Lelong Mathieu, Littoral (Boulogne sur mer) Leroy Olivier, Strasbourg Lihouc Camille, Lille 3 Marchina Bastien, Montpellier 2 Ribero Nicolas, Nantes, Pdt de la FERUFNantes Schmit Pierre-Antoine, Grenoble 2, VP d’AGE Simon Eloi, Paris 10 Tessier Mathias, Nantes Vidal Natacha, Angers

Si l’on satisfait la majorité des besoins des étudiants par le biais du secteur public, on sort des logiques de rentabilités qui ont courts sur le Marché privé (tant en terme de logement que de restauration, et tout le reste...). Sortir du marché les besoins fondamentaux permet de protéger dans la durée alors qu’un simple augmentation des aides ne garantie en rien une protection durable face à une inflation spéculative mécanique. Une aide financière devra compléter ces aides matérielles. Cette conception du Statut Social s’inscrit dans une réflexion renouvelée de la mise en Sécurité Sociale des étudiants, qui doit être le point de départ de débats dans notre organisation dans le cadre de la Sécurité Sociale Professionnelle.

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TEXTE PRÉSENTÉ PAR LA tendance refondation syndicale

Protéger les étudiants face à la crise Quel rôle pour l’UNEF, à l’heure de notre

De fait se met en place un véritable cercle

politique actuelle du gouvernement. Les prix

81ème congrès ? Nous sommes aujourd’hui

vicieux, la consommation chutant en entraînant

des produits de première nécessité n’ont cessé

avant tout dans un contexte de crise. Une

inexorablement une baisse de la production, qui

d’augmenter durant les deux dernières années,

crise annoncée comme sans précédent au vue

entraîne elle même une diminution du nombre

le Secours Populaire ayant calculé que les

de l’importance des conséquences sociales

d’emplois, ne permettant plus, de fait, la

familles les plus précaires avaient subi une

qu’elle engendre. Cette crise, depuis le

consommation nécessaire au fonctionnement

hausse de leurs dépenses « incompressibles »

tournant spectaculaire qu’elle a pris au mois de

de la machine économique. C’est donc tout

(logement, nourriture) de 30 % !

septembre avec un effondrement de l’économie

le système économique qui est aujourd’hui

mondiale, a donné lieu à bon nombre d’analyses

remis en cause, dans ses objectifs, et dans son

qui convergent toutes vers une dénonciation

fonctionnement.

de la financiarisation de l’économie et de ses

Grâce à un niveau de dépenses publiques toujours très élevé (52.4 % du PIB en France contre 37.4 % aux Etats-Unis en 2007),

excès. La spécificité de cette crise demeure

En parallèle, nous nous trouvons à un moment

d’arriver à ralentir les effets de la crise. Car si

l’incapacité des politiques à en saisir l’ampleur

de bilan des deux premières années du mandat

la France subit, aujourd’hui, moins violemment

et les conséquences, conséquences que nous

de Nicolas Sarkozy, dont l’analyse économique

que les autres pays développés le choc de

avons décidé de ne pas sous-estimer au vu de

fut si pertinente qu’il prônait l’importation en

la crise, c’est parce que l’héritage de l’Etat

leurs impacts certains dans les années à venir

France des recettes américaines qui ont plongé

providence,

sur la population, notamment étudiante.

le monde entier dans cette crise.

mutualisés, n’ont pas pu (encore) être détruits

nos

dispositifs

de

solidarité

par la droite au gouvernement. Face à la crise, D’abord qualifiée de financière, abstraite

Ainsi, l’un des premiers actes du président

c’est bien la nécessité de la protection sociale,

et sans réels dangers pour la population

Sarkozy fut de faire voter la loi Libertés et

des dispositifs de solidarités, que nous devons

française, car limitée à l’étranger, à l’image

Responsabilités des Universités durant l’été

mettre en avant. La meilleure protection contre

du nuage radioactif de 1986 qui ne devait

2007, le tout avec un minimum de concertations,

le chômage, c’est un diplôme. La meilleure

pas traverser les frontières, la crise ne devait

et à un moment où la communauté universitaire

protection contre la précarité chez les étudiants,

pas traverser l’Atlantique. Pourtant, force

pouvait bien difficilement réagir. Force est de

c’est un statut social qui incite à la formation.

a été de constater que les jeux financiers

constater que cette loi, bien loin de la réforme

De telles revendications sont non seulement

effectués, prônant comme moyen d’accession

universitaire ambitieuse pour permettre un

justes dans un contexte de crise économique,

à la propriété une spéculation financière

développement serein des universités que

mais nous permettent de remettre en avant la

sans

répercussions

nous prônions lors du précédent congrès, va

nécessité de la formation comme protection

considérables sur notre société. En effet, la

surtout laisser la possibilité à des présidents

face au chômage.

crise des subprimes a dans un premier temps

d’universités rendus surpuissants de gérer

déstabilisé le système bancaire mondial,

la pénurie financière et le manque de postes.

causant nombre de faillites et perturbant ainsi

Certes, quelques pôles d’excellence arriveront

devons donc prendre part à la construction

nos habitudes de consommation intimement

à se tirer du lot pour obtenir le soutien de

d’un nouveau modèle social. Un système

liée aux établissements de crédits.

l’Etat, mais on est loin d’avoir ici une politique

qui réhabilite la formation, l’enseignement

volontariste en terme d’éducation et de

supérieur et la recherche comme nouveaux

recherche.

vecteurs d’investissements dans une économie

limites,

Seulement,

ont

à

eu

des

l’instant

la

machine

économique devient folle, c’est l’ensemble

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Nous,

jeunes

syndicalistes

étudiants,

de la connaissance et du savoir. Un système

du monde économique qui se retrouve mis

Pour autant, si ce gouvernement a toujours

qui réhabilite la protection sociale universelle,

à mal. La conséquence la plus dramatique

été très arrogant envers le mouvement social,

et qui fasse de la formation un pilier de cette

ne se faisant pas attendre, c’est bien une

instaurant des lois telles que le fumeux «

protection sociale.

véritable crise sociale qui prend place, gelant

service minimum » pour encadrer le droit de

la consommation des plus précaires qui était

grève, il semblerait que le réveil dû à la crise

conditionnée par les différents prêts d’argent.

soit douloureux, et nous devons en prendre

pragmatique dans ses propositions et

Faute d’une hausse convenable des salaires,

compte. Le pouvoir d’achat en berne et la

radicalement tournée vers un projet social

la part dans la redistribution des richesses n’a

situation actuelle des entreprises ne permettent

face à la crise.

cesser de baisser face à celle du capital durant

pas d’envisager une amélioration à venir sans

les vingt dernières années.

intervention étatique et décrédibilisent la

Cette

action,

nous

l’envisageons

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I. L’enseignement supérieur comme vecteur de protection sociale

économique que nous vivons actuellement ne

à l’enseignement supérieur (2007) insistait

touchera pas tous les territoires de la même

sur l’importance de ces universités pour la

façon. En effet, les territoires dépourvus

démocratisation de l’enseignement supérieur.

de tissus industriels solides, privés d’une

La crise économique qui nous touche va

présence de l’Etat via les services publics, ces

Or, la politique actuelle du gouvernement

profondément impacter les politiques publiques

territoires isolés donc, avant tout ruraux mais

remet totalement en cause le succès de ces

en France. Avec un gouvernement qui nie la

parfois situés en banlieue, seront touchés de

universités, et surtout leur capacité de permettre

réalité de cette crise et fait le choix de tailler

plein fouet par la crise.

aux étudiants de se former efficacement

massivement dans le budget des structures

dans une période de forte augmentation du

publiques, notamment celui de l’Education

Dès lors, ces étudiants choississent de se

chômage. Quand le gouvernement choisit de

nationale et, dans une moindre mesure, celui de

former dans des universités pour des critères

donner l’augmentation la dotation global de

l’enseignement supérieur et de la recherche.

avant tout de proximité, mais également

fonctionneme t… la plus faible aux universités

financiers (Cf. Stephane Beaud). Cherchant à

de proximité une réduction de l’augmentation

Pour autant, la France n’a jamais été un bon

se professionnaliser pour entrer sur le marché

de dotation globale de fonctionnement la plus

élève pour le financement de ses universités.

du travail le plus vite possible, ils verront leurs

faible aux universités de proximité (+ 3.63

Loin

l’enseignement

perspectives locales se réduire : la hausse

% contre une moyenne de 6.5 %) tout en

supérieur en France fait figure de parent pauvre

des faillites d’entreprises et la réticence à

impactant fortement les réductions de postes

depuis de nombreuses années comparé aux

investir en période de crise diminueront ces

sur ces universités (- 0.4 % contre – 0.2 %),

autres pays développés. En y investissant que

perspectives professionnelles. Si l’on y ajoute

il envoie un message clair : les universités de

1.1 % du PIB contre 1.5 % en moyenne dans

un désinvestissement de l’Etat dans les

proximités n’ont pas vocation à donner une

les autres pays de l’OCDE, la France n’a pas

formations les moins professionnalisantes, le

formation de qualité aux étudiants.

fait le choix d’un investissement massif dans

diplôme y sera bien moins protecteur face au

l’université pour développer une société de la

chômage.

d’être

une

priorité,

Une formation complète pour un diplôme protecteur face au chômage

connaissance et du savoir. Nous devons donc nous concentrer sur ces Au contraire, la logique qui se met en

universités, qui sont de fait un vrai vecteur

Faire le choix de se battre pour que les

place à travers la concentration d’un certain

d’ascension sociale pour les étudiants qui s’y

universités de proximité puissent développer

nombre

gigantesques

forment. Dans le contexte de crise actuelle, sur

une offre de formation qui renforce l’accès

pôles universitaires comprenant plus de 50

des territoires qui seront de fait plus touchés, la

des étudiants à l’université, c’est leur donner

000 étudiants, pôles dits « d’excellence »,

formation par le biais des universités devrait au

un autre avenir que la seule concurrence dont

décliné par le plan campus va accélérer le

contraire être remis en valeur afin de permettre

les étudiants et leurs formations souffriront

développement le développement d’un système

à ces étudiants d’être armés efficacement

forcément. Le gouvernement a choisit de

universitaire à deux vitesses. Dans ce contexte,

contre le chômage.

concentrer la recherche dans certains pôles

d’universités

en

trois profils d’université vont se mettre en place : les pôles d’excellence qui auront vocation à attirer « l’élite » enseignante et étudiante de

universitaires, dans un souci de rentabilité dont

Universités de proximité : retour sur un succès aujourd’hui menacé

classements internationaux en recherche, la France est 18ème en terme de financement de

la communauté universitaire, et qui auront les faveurs du ministère ; les universités de taille

l’efficacité reste à démontrer (6ème dans les

Les universités de proximité ont un

la recherche - OCDE).

moyenne dont il y a fort à parier que le budget

rôle spécifique d’attraction de « nouveaux »

évoluera peu, et qui se structureront sur des

étudiants vers l’enseignement supérieur en

politiques d’attractivité des étudiants. Et pour

offrant des formations proches de leur domicile

universités,

finir, les grands perdants de cette réforme : les

à des publics situés dans des zones isolées.

pluridisciplinaires de proximité, voient leurs

universités dites de proximité, les plus petites

Leur existence même est un facteur d’élévation

postes d’enseignants chercheurs remplacés

et les plus isolés, souvent pluridisciplinaires et

de l’ambition sociale des familles présentent sur

par de simples chargés d’enseignement. Nous

très professionalisantes (telles que définies par

ces territoires, souvent peu formées. Ainsi, le

considérons, à la TRS, qu’il s’agit clairement

le ministère de l’enseignement supérieur).

taux de boursiers y est en moyenne supérieur

d’une ligne jaune à ne pas franchir.

à 30 %, contre une moyenne nationale de 22 Nous considérons, à la TRS, que c’est sur

%.

On peut alors craindre que les plus petites notamment

les

universités

Car la dualité enseignement/recherche est au cœur du fonctionnement de l’université, elle permet aux étudiants de bénéficier de

ces dernières que nous devrons concentrer nos efforts pour que les étudiants ne payent

Contribuant de façon positive à l’attraction

cours délivrés par des spécialistes dans leurs

pas les pots cassés de la crise et de la politique

de nouveaux publics vers l’enseignement

domaines, sur des contenus dont l’actualité

du gouvernement dans les prochaines années.

supérieur, la capacité des universités de

scientifique est assurée.

proximité à faire réussir ceux-ci ces dernières

A) Désenclaver et développer les universités de proximité Par son caractère avant tout financier, la crise

années a été démontrée par leur succès : 20 %

C’est cette spécificité qui permet aux

des étudiants y sont inscrits. Dans son rapport

universités

sur l’enseignement supérieur en France,

l’enseignement supérieur en proposant des

François Goulard, alors ministre délégué

formations de qualité reconnues dans les

de

continuer

à

démocratiser

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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33

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autres pays européens. C’est également à

soient portés sur ces campus : découverte de

où l’étudiant obtient son diplôme et le moment

travers la pluridisciplinarité, souvent propre

l’entreprenariat social et solidaire … Préparer

où il trouve un emploi. En effet, selon un avis du

aux universités de proximité, permettant à

les étudiants à s’insérer sur le marché du travail

Conseil économique et social les plus diplômés

des enseignants chercheurs de différentes

passe également par une approche novatrice

connaissent toujours, trois ans après la sortie

disciplines de travailler dans une même

de ces problématiques.

du système éducatif, un taux de chômage de

formation, que les étudiants peuvent se former et s’orienter convenablement. C’est enfin

9%.

De la même façon, l’incitation à la

grâce à la qualité des enseignements reçus

formation chez des étudiants intéressés en

Aussi, ce temps de latence est le point

en licence et en master que de nouveaux

premier lieu par des études courtes passe

problématique dans l’insertion professionnelle

étudiants emprunteront avec succès la voie de

par un développement de la pluridisciplinarité

des étudiants. Mais il ne faudrait pas penser

la formation par la recherche.

et des passerelles à l’université. Pour les

que ces derniers demeurent le même pour tous.

universités de proximité, nous considérons

En effet, ces jeunes issus de l’enseignement

que c’est via des co-habilitations entre ces

supérieur sont confrontés à des problèmes

universités que ces passerelles seront le plus

d’insertion professionnelle plus ou moins

visibles pour les étudiants, et les inciteront au

conséquents selon leur âge, leur diplôme, leur

Notre rôle de syndicat étudiant nous met dans

mieux à poursuivre des études en leur donnant

cursus ou leur filière de formation, mais aussi

la responsabilité non seulement de contester

une vision des autres possibilités qui leurs sont

leur environnement, social ou familial.

cette évolution dangereuse des universités de

offertes. La mobilité étudiante doit dès lors être

proximité, mais également de définir des modes

favorisée pour rendre réelles ces opportunités

de fonctionnement. Relayés avec d’autres

de formation.

Des dispositifs concrets pour améliorer la qualité des universités de proximité

partenaires de la communauté universitaire, ils permettront de mettre un frein à cette logique de désinvestissement de l’Etat qui abandonne

l’environnement social des jeunes concernés,

B) Favoriser une mobilité étudiante choisie et non plus subie

peu à peu son rôle protecteur.

mais au delà de ce fait un facteur déterminant reste l’impact du territoire sur lequel évolue l’étudiant. Parce que les disparités territoriales

Le coût du maintien des unités de recherche

Une crise qui oblige les étudiants à être mobiles

dans les universités de proximité est souvent

en France demeurent un problème majeur dans l’insertion professionnel, l’UNEF doit agir en conséquence. En effet, il est extrêmement

évoqué pour en justifier le désinvestissement

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte

et le regroupement sur des pôles plus

de crise sans précédent, caractérisé par un taux

professionnellement dans certaines régions

importants. Pour autant, de nombreuses

de chômage record qui touche particulièrement

sinistrées. Prenons comme exemple quelques

unités de recherches situées sur des territoires

les jeunes1 . Ainsi, l’INSEE prévoit au moins 300

données chiffrée du taux de chômage par

isolés ont su mutualiser par elles-mêmes

000 chômeurs supplémentaires pour la seule

département selon les estimations de l’INSEE

leurs moyens pour acheter du matériel que

année 2009. Dans un contexte de chômage de

au 3ème semestre 2008:

leur tutelle refusait de financer, à l’image des

masse et de croissance économique en berne,

Hérault 11,10%

regroupements de laboratoires universitaires

le peu d’efforts consentis par les pouvoirs

Gard

10,80%

qui s’allient sur des projets communs et

publics n’ont pas réussi à enrayer un chômage

Ain

4,90%

mutualisent leur matériel. La TRS appelle donc

qui touche actuellement près d’un jeune actif

Cantal 4,80%

à la création de Groupements d’Intérêt Public,

sur quatre.

et plus généralement la coopération entre les universités de proximité, qui leur permette de

difficile,

voir

impossible

de

s’insérer

Ces statistiques nous démontrent bien que Le chômage des jeunes ne demeure pas une

qu’aujourd’hui

sont variables selon les territoires. Derrière ces

continuer à produire une recherche de qualité,

l’enseignement supérieur et in fine l’obtention

chiffres il faut bien voir des environnements

tout en justifiant le maintien de leurs postes

d’un diplôme tend à protéger du chômage. En

différents notamment en terme de bassins

d’enseignants-chercheurs.

effet, le taux de chômage des non diplômés

d’emploi. Dans ce contexte de crise, nous

dépasse 13% alors que les diplômés de

devons axer notre réflexion sur des solutions

En ce qui concerne l’insertion professionnelle,

l’enseignement supérieur sont quasiment en

à apporter à ce problème. La disparité

souvent mise en exergue dans les universités

plein emploi avec un taux qui avoisine les 5%2.

géographique des bassins d’emplois amène les

proximité,

nous

devons

prôner

fatalité.

Nous

savons

les possibilités de s’insérer professionnellement

mutualiser le matériel de recherche et ainsi de

de

une

démarche innovante, surtout dans une période

étudiants à se déplacer dans le but de s’insérer Pour

autant

ou de bénéficier d’une meilleure formation.

d’un

emploi

En effet, il serait hypocrite et dangereux de

du

immédiatement

cursus

penser que l’ensemble des étudiants arrivera à

mettant en place via les Bureaux d’Aide à

universitaire. Ici réside un problème récurrent

s’insérer à proximité de leur lieu d’étude ou de

l’Insertion Professionnelle des conventions

à l’insertion des jeunes diplômés, à savoir le

vie. Ainsi cela pose la question des possibilités

entre entreprises et universités pour garantir

temps de latence qui s’écoule entre le moment

de mobilité des étudiants afin de ne pas être

rémunération

1. Selon Eurostat, en 2006, le chômage des jeunes de moins de 25 ans atteignait en France 21,6% alors que le taux de chômage général était de 9,2%. 2. Source INSEE ministère de l’emploi, 2007

pieds et poings liés à un territoire à faible

pédagogique

aux

d’autres aspects du monde de l’entreprise,

à

l’obtention

diplôme

à fortiori pour les jeunes. Ainsi, tout en

suivi

pas

d’un

ne

et

garantit

l’obtention

où le chômage va fortement augmenter,

étudiants stagiaires, nous proposons que

34

Trop souvent, ce temps de latence incarne une période de précarité variable selon

la

sortie

possibilité professionnelle.

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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11/03/09 13:25:22


Valoriser la mobilité nationale internationale des étudiants

ET

objectif que le processus de Bologne semble avoir quelque peu oublié …

C’est également dans cette optique qu’il nous

paraît

indispensable

que

l’agence

nationale de la mobilité prenne toute sa place Face à ce constat, la TRS tient à proposer

Or, force est de constater que les possibilités

en ayant la possibilité d’assurer un logement

des solutions globales. Parce qu’à présent

de formation à l’étranger ne sont que trop

à ces étudiants ou personnes issues de

seule la mobilité des jeunes s’avère être un

peu exploitées. En 2008 ce sont moins de

l’enseignement supérieur partant à l’étranger

moyen de limiter le temps de latence. Aussi

1,5% des étudiants qui sont partis à l’étranger

pour écourter leur délai de latence, voire

cette population exerce déjà cette mobilité par

via le programme Erasmus. Ce constat est

parfaire leur formation.

contrainte. C’est pourquoi nous voulons, offrir

inacceptable, tant cet outil pourrait être vecteur

aux jeunes issues de l’enseignement supérieur

d’intégration. Ce processus doit donc être

C’est aussi par ce genre d’actions que nous

un moyen d’orienter leur mobilité plutôt que de

développé pour intégrer la quasi-totalité des

pourrons nous poser légitimement comme le

la subir.

cursus universitaire.

syndicat qui défend les droits des étudiants dans cette période de crise, et convaincre

Cependant, nous ne pouvons pas attendre

Car

lorsque

nous

parlons

d’insertion

toujours plus d’étudiants de nous rejoindre.

d’un gouvernement réactionnaire, dans ce

professionnelle, nous ne pouvons pas faire

C’est en rénovant nos pratiques que nous

contexte de crise, de répondre aux besoins

l’impasse sur la possibilité qu’il existe de

pourrons conserver cette nouvelle génération

des étudiants sans nous mettre en dynamique

s’insérer à l’étranger. En effet, à l’heure où

en attente d’engagement dans notre syndicat.

en lançant nous-même notre projet pour les

des pays faisant parti de l’union européenne

étudiants. C’est pourquoi la TRS propose, que

enregistrent un taux de chômage chez les

l’UNEF mette en place une agence nationale

jeunes de moins de 25 ans inférieur de moitié

de la mobilité.

à celui de la France, nous ne pouvons faire l’impasse sur cette possibilité.

Défendre un modèle européen l’enseignement supérieur

de

La période actuelle se prête parfaitement à la promotion d’un tel travail à l’heure où l’Europe

Cette agence aurait pour rôle de permettre aux jeunes issus de l’enseignement supérieur

Dans cette optique la TRS tient à porter

est en pleine construction. Parce qu’il est de

qui veulent effectuer un stage dans un autre

une réforme structurelle de l’enseignement

plus en plus difficile de nous limiter au cadre

ville, ou se déplacer hors de leur logement

supérieur faisant de la mobilité internationale

strictement national dans notre mobilisation,

personnel pour un temps court, de trouver

des étudiants, une arme face à la crise et au

car nous faisons partie d’une Europe qui

plus facilement où se loger sans payer deux

chômage. Cette réforme doit être ambitieuse

reste à construire dont nous devons être des

loyers. En travaillant avec des partenaires

et contrairement à la LRU, elle doit avoir pour

acteurs privilégiés. Le tord de la majorité

au niveau national, cet organisme, via peut-

objet de réformer les contenus pédagogiques

nationale sur ce sujet a été d’appréhender la

être une cotisation modique, deviendrait vite

plutôt que de se focaliser uniquement sur un

question européenne seulement sous l’angle

incontournable pour les étudiants, tout en

nouveau mode de gouvernance. C’est bien en

des échanges Erasmus. D’autant plus qu’elle

répondant à un besoin concret pour ceux-ci.

réformant l’organisation de nos enseignements

commence à se rendre compte que le cadre

que nous donnerons un nouveau souffle à

de l’ESU n’est pas adapté à un vrai mouvement

Nous considérons que la problématique

l’université. Parce que la délivrance d’un

de syndicalisme européen. Dans ce cas, la

de l’insertion professionnelle des étudiants

diplôme n’est pas garante d’un emploi, c’est

question du maintien de notre investissement

doit également s’appréhender à l’échelon

bien par une promotion de nos compétences

dans cette organisation doit être posée.

international.

s’adapter

internationales en plus de nos qualifications

avec ses qualifications et ses compétences

que nous offrirons à chacun la possibilité d’une

dans un environnement nouveau est une

mobilité choisie plutôt que subie.

La

possibilité

de

L’UNEF doit impérativement travailler avec des partenaires européens sur des sujets de lutte communes. Si l’ont parle souvent d’augmenter

qualité aujourd’hui indispensable pour un salarié, est très reconnue par l’environnement

Ainsi nous proposons de décomposer nos

notre rapport de force, le développer au-delà

professionnel et encore trop peu mise en

enseignements en deux parties. Une partie dite

de nos frontières est indispensable à l’aube du

valeur par l’enseignement supérieur. Pourtant

« majeure » comprenant les enseignements

bilan du processus de Bologne. Nous devons

c’est aussi en s’attaquant à ce sujet qu’il nous

spécifiques à chaque filière, et une autre

appréhender l’Europe comme un véritable

est possible de limiter le temps de latence

partie dite « mineure », consacrée à un

outil politique au service des étudiants. Nous

des jeunes en recherche d’emploi. Il est donc

enseignement dispensé en langue étrangère.

sommes aujourd’hui à la veille des élections

nécessaire de permettre aux étudiants de

Ce mode d’enseignement doit permettre à

européennes et l’UNEF doit impérativement

voir leurs compétences reconnues par d’autre

chaque étudiant de s’intégrer en France ou

imposer ses problématiques étudiantes dans

pays, car c’est autant plus de possibilités qui

à l’étranger tout en étant capable d’agir dans

ce débat.

s’offre en terme de débouchés professionnels.

une perspective d’ensemble. Parce que la

La modification de la carte universitaire qui

Le fait que nous soyons tous touchés par

maîtrise d’une langue étrangère garantit dans

va se concrétiser dans les années à venir en

cette crise internationale doit s’accompagner

de nombreux domaines une compétence

France, avec très clairement des universités à

de perspectives de même envergure pour les

reconnue, qui reste trop peu développée en

deux vitesses faute de moyens publics suffisant

étudiants. Cela nous permettra de remettre

France. En facilitant la mobilité des étudiants

pour les subventionner, cette évolution ne se

dans le débat européen la problématique de

nous travaillons à leur adaptabilité, qualité

fera pas qu’en France, mais dans bien d’autres

l’harmonisation européenne des diplômes,

cruciale en tant de crise.

pays européens. Ce modèle anglo saxon et

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libéral de l’évolution des universités, est-il le seul que les pays de l’union européenne

Créer un droit à la formation tout au long de la vie

Toutes

ces

mesures

contribuent

à

la

construction d’un véritable hélicoptère social

peuvent définir pour harmoniser leurs diplômes

capable

? Ou les nombreuses mobilisations étudiantes

La formation tout au long de la vie se

facilitant le passage de salarié à étudiant. Cet

à l’échelle européenne ne posent-elles pas la

concrétise pour les salariés et les personnes

aspect social sera aussi couplé à un aspect

question de la défense d’un autre modèle, plus

en recherche d’emploi en permettant l’accès

humain en créant une solidarité accrue entre

basé sur un enseignement supérieur public

de tous à la formation. Ce retour à la formation

les générations.

accessible à tous et émancipateur ?

doit être favoriser par des mesures permettant aux salariés de continuer à percevoir leur

d’évoluer

transversalement

en

B) Lutter contre l’extrême pauvreté des jeunes les plus démunis

II. Créer un système de

salaire afin de maintenir leur niveau de vie

protection sociale par la

contre leur précarisation future. Lorsque l’on

Dans un contexte de paupérisation des

constate qu’en moyenne 70% des personnes

différents milieux sociaux, il est primordial de

formées retrouvent un travail à l’issue de cette

protéger les jeunes, diplômés ou non, contre la

formation, l’incitation à la reprise des études se

pauvreté. Lorsque l’on sait que 20% des jeunes

pose comme un vecteur réel de lutte contre le

de 15 à 25 ans sont au chômage et qu’un

chômage.

tiers des chômeurs « officiels » n’ont le droit à

formation

A) Pour la création d’un crédit de formation universel

en leur permettant de se former pour lutter

Dans l’objectif de favoriser la formation

aucun revenu individuel (AC chômage), nous

comme principal rempart contre le chômage

Cette démarche doit être incitative lorsque

considérons à la TRS que les minima sociaux

résultant de la crise, nous proposons d’instaurer

l’on sait que seulement 0,3% des salariés

doivent s’étendre à tous les jeunes à partir

un crédit de formation universel. Un crédit,

retournent sur les bancs de l’université en

de 18 ans afin de permettre un garde fou à la

c’est à dire, à partir de 16 ans, la possibilité de

France, soit 10 fois moins que dans les pays

précarisation. En effet, en raison d’un temps de

bénéficier de 20 semestres de formation pris

nordiques. Ce crédit de formation créera de

latence accru entre l’obtention du diplôme et le

en charge par l’Etat. Universel, car accessible

fait des passerelles entre un monde du travail

premier emploi stable, le jeune sans emploi doit

à la fois aux jeunes en situation de formation

touché de plein fouet par la récession et une

trop souvent compter sur la solidarité familiale

initiale ou de reprise d’étude mais également à

université où la formation peut apporter une

pour subsister.

toute personne jusqu’à l’age de la retraite qu’il

réelle solution au déclassement social et au

soit salarié ou à la recherche d’un emploi.

chômage.

En

outre,

la

crise

étant

génératrice

d’insécurité sociale et de baisse du pouvoir

Protéger les jeunes et les étudiants en formation initiale

Ce constat nous a amené à définir un crédit

d’achat, il n’est pas certain que l’ensemble

de formation universel comme protection

des parents salariés puissent assumer leurs

contre la précarisation des emplois. En effet

enfants en âge de se prendre en charge. De

Définir un outil qui permet une réelle

la flexibilité et l’instabilité des emplois doit faire

fait, cette absence de solidarité familiale doit

accession à l’autonomie et à l’indépendance

émerger une université évolutive prévoyant et

être compenser par l’élargissement du RMI

des jeunes (vis-à-vis des parents et de l’Etat)

anticipant les différents changements de la

pour permettre aux jeunes de subsister en

passe nécessairement par une formation

société pour lutter plus efficacement contre

attendant de trouver un emploi.

permettant de s’insérer avec succès sur le

le chômage. Les ouvriers peu qualifiés sont

marché de l’emploi. C’est un outil de justice

les premières victimes de licenciements et

sociale, car il permet d’offrir à chaque jeune

ne peuvent pas retrouver de travail en raison

protection des plus précaires, le crédit de

quelque soit son milieu familial la possibilité

de leur qualification trop faible, entraînant un

formation universel sera une mesure incitative

d’accéder à un haut niveau de formation. Ce

déclassement social de fait. Ce phénomène

pour la formation en donnant aux étudiants un

vecteur d’ascension sociale se concrétise par

se retrouve dans toute la société, les salaires

pécule suffisant pour assurer matériellement

une aide individualisée basée sur le foyer fiscal

à l’embauche des cadres ayant diminué de 15

leurs études, et s’articule naturellement avec

du jeune en formation. Cette aide nécessite

% en moyenne, et les jeunes diplômés sont de

le RMI qui assure uniquement la survie des

une prise en compte de la situation individuelle

plus en plus contraints d’accepter des emplois

personnes. De fait, les jeunes, les salariés et

et de l’environnement dans lequel il a évolué :

déqualifiés par rapport à leur formation. Les

les personnes en recherche d’emploi peuvent

son degré d’indépendance par rapport à ses

diverses observations sociologiques tendent

délibérément faire le choix ou non de débuter

parents, de salariat, de reprise des études..

d’ailleurs à prouver l’instabilité des premières

des études supérieures ou de les reprendre

L’aide individualisée peut se présenter sous la

expériences effectuées par les diplômés

et

dans le futur. Dans cette situation, nous

forme d’un ensemble comprenant la prise en

le fait qu’elles sont le fruit d’opportunités

considérons, à la TRS, qu’il est nécessaire

charge des frais d’inscriptions, des dépenses

et non pas liés à la sécurité de l’emploi : les

de répondre aux différentes situations des

de logement en fonction des besoins de

étudiants cherchent à avoir des expériences

étudiants en instaurant une véritable sécurité

l’étudiant. En effet les 100 000 étudiants

« valorisables » par peur d’être trop vite

sociale professionnelle permettant à chacun

quittant l’université chaque année démontrent

déclassés, d’où la prépondérance du choix de

d’avoir un droit personnel à la formation tout au

que le système d’aide sociale n’est pas en

contrats précaires pour s’insérer au plus vite

long de la vie.

capacité de permettre à tous les étudiants

sur le marché du travail.

En

complément

de

cette

politique

de

d’accéder à la formation initiale.

36

Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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La mise en place de cette sécurité sociale

et de gagner des droits dans un contexte social

la tendance majorité nationale connaît le détail

couplée à l’élargissement des minima sociaux

de plus en plus difficile, l’attente sera grande

des comptes de l’UNEF, quand on demande

a pour objectif

chez les étudiants de débouchés militants.

une solidarité de l’ensemble des AGE en cas de

de couvrir l’ensemble des

étudiants en prenant en compte leurs parcours individuel, tout en laissant bien à chacun le choix de se former ou non. Nous considérons que faire des études ne doit pas être un moyen

difficultés financières ? Ces questions doivent

S’appuyer sur les nouveaux outils du militantisme pour rendre autonomes nos militants

être résolues au plus vite pour permettre un

Les étudiants sont dans l’attente de formes

bureau national de l’UNEF et nos AGE doivent

de repousser l’entrée dans une période de chômage, mais bien vu uniquement comme

fonctionnement plus ouvert de notre syndicat. Tout aussi important, les liens entre le

une opportunité de progression personnelle et

d’engagement

possibilités

être clarifiés. Nous posons la question à nos

sociale.

de s’investir tout en étant reconnus. C’est ce

camarades de la majorité nationale : malgré

que l’UNEF doit être capable de leur offrir.

le développement des formations régionales,

Pourquoi par exemple continuer à organiser

ceux-ci considèrent-ils que leurs camarades

des manifestations « traditionnelles » devant le

en AGE ne sont pas assez « autonomes » pour

ministère de l’Enseignement Supérieur, certes

choisir par eux-mêmes leur bureau ? Sont-ils si

des grandes messes toujours plébiscitées dans

mal organisés qu’ils ne puissent militer sans un

le syndicat, quand des actions plus originales,

cadre du bureau national dans certaines AGE

plus mobilisatrices sont possibles ?

? Et pourquoi ne pourraient-ils pas définir des

III. Pour

une

réforme

statutaire de l’UNEF Le texte que nous avons écrit avec nos camarades l’an passé, « Pour un syndicalisme

ponctuelles,

de

du 21ème siècle », revendique clairement

campagnes plus adaptées à la situation locale,

un renouveau des pratiques militantes. Le

De la même façon, nous devons quitter notre

centralisme « démocratique », propre aux

vision archaïque des formes de communication

organisations de masse notamment, a fait

avec les étudiants pour être enfin visibles

long feu. Le syndicat doit être un outil dont

sur Internet, principal média d’information

Nous avons décidé, à la TRS, que plutôt que

chaque adhérent peut se saisir, sur lequel les

et d’échange des étudiants aujourd’hui. Ce

d’envoyer nos membres du bureau national

militants, les élus étudiants peuvent se reposer

n’est pas un hasard si nombre d’organisations

structurer le fonctionnement de l’ensemble

pour appuyer leurs idées et leurs projets. Le

étudiantes

syndicales

de nos AGE, que ce sont au contraire les

syndicalisme étudiant stakhanoviste calqué sur

ou

réseaux

présidents d’AGE qui devraient structurer

le modèle des centrales syndicales salariés est

communautaires.

européennes,

associatives,

utilisent

les

syndicat ?

le débat en participant ponctuellement au

mort. Fini le temps de l’OCI …

Comprendre l’évolution l’engagement des étudiants

sans entrer en opposition avec l’orientation du

bureau national. De cette façon, ceux-ci sont

de

Il s’agit en effet du moyen le plus simple de

non seulement à même de saisir les enjeux

s’engager sur une cause donnée, et de le faire

politiques du syndicat, mais de les partager

connaître autour de soi.

avec le reste de leur AGE, tout en fonctionnant de façon beaucoup plus autonome. Une telle

Le militantisme ne peut plus être seulement vu sous le prisme d’un engagement total, sous un mode révolutionnaire et stakhanoviste. Les parcours militants des jeunes, et notamment

Permettre aux adhérents de s’impliquer dans le syndicat : les éléments que nous devons réformer dans les statuts de l’UNEF

des étudiants qui s’impliquent aujourd’hui

réforme est-elle inconcevable dans l’UNEF ? A moins de considérer que l’héritage trostkiste est au cœur du fonctionnement du syndicat, cette mise sous tutelle des AGE par le bureau national n’a plus lieu d’être dans un syndicat du

dans le mouvement social sont sporadiques,

Tous ces éléments précités, la TRS les

fragmentés dans leur durée, finalisés vers des

a développés avec succès dans ses AGE.

objectifs limités. Ils sont aussi vécus comme

La réforme des statuts que nous appelons

Nous avons sus rallier des étudiants d’autre

des choix individuels, plutôt que des luttes

de nos vœux doit ainsi avoir deux éléments

forces, syndicales ou associatives, via notre

et des combats communs. (Daniel Cefaï, «

structurants : la défense d’un fonctionnement

engagement pour faciliter leur implication dans

Pourquoi se mobilise-t-on ? »). Ce militantisme

plus transparent et démocratique de l’UNEF,

le syndicat, pour reconnaître leurs initiatives,

irrégulier, fluide et volatile qui caractérise les

ainsi que la possibilité pour les AGE d’avoir un

pour faciliter leur volonté de porter l’orientation

derniers mouvements étudiants d’ampleur,

fonctionnement plus autonome.

de l’UNEF de façon innovante. Ces ralliements

nous pouvons la capter au sein du syndicat,

XXIème siècle.

doivent nous poser la question de l’intérêt de la

et c’est ce que nous voulons faire avec la

Aujourd’hui, il est tout à fait impensable pour

tendance refondation syndicale. Mais, pour

un syndicat de salarié de ne pas être transparent

cela, il nous faut bien renouveler, refonder

envers ses adhérents, aussi bien en terme de

notre fonctionnement.

fonctionnement interne (vote à bulletins secrets

grande UNEF dans le contexte actuel.

Face à la crise, une politique de grands projets étudiants

Il existe aujourd’hui un formidable potentiel

…) que de gestion financière (quittus financier

Dans la période de crise actuelle, notre

d’engagement que nous sommes encore loin

détaillé lors des congrès). Dans l’UNEF, il est

volonté de rassembler le mouvement étudiant

d’avoir su attirer vers nous. Si nous choisissons

ainsi anormal que le vote à bulletin secret soit

doit aussi avoir pour objectif de porter des

de nous doter pour les années à venir d’une

une exception, alors même qu’il est la norme

projets d’envergure pour répondre aux besoins

orientation offensive, si nous démontrons aux

dans toute organisation démocratique. De la

des étudiants, notamment ceux auxquels le

étudiants la capacité qu’à l’UNEF de défendre

même façon, pourquoi seule les statutaires de

gouvernement ne répondra pas. Nous ne

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11/03/09 13:25:25


devons pas ressusciter le fantasme de la

national.

mythique « Grande UNEF », mais bien mettre en dynamique le syndicat pour relancer une

De la même façon, le champ mutualiste,

politique de projets innovants propre à cette

à travers le travail avec la mutuelle des

période historique du syndicat quand, pour

étudiants, est un point de développement

répondre aux attentes des étudiants après

au potentiel énorme pour notre syndicat.

guerre, l’UNEF avait créé les CROUS, lancé

Les étudiants des campus santé qui nous

le principe du mutualisme étudiant …

sont aujourd’hui largement fermés par les

Premiers signataires

leur

Montrer que l’UNEF peut faire sienne des

engagement personnel, nous l’avons dis

valeurs devenues phares dans la société

précédemment. Force est aujourd’hui de

est un gage de notre position centrale dans

Maxance Barré (Poitiers), Malik Baikou (Bordeaux), François Benoiton (Pdt Angers), Anne-Charlotte Bourris (Rennes), Julien Bugeau (Trésorier Limoges), Alexandre Campos Oriola (Pdt Limoges), Guillaume Chiche (Bureau National), Simon Clerec (Bureau national), Thibault Delahaye (Paris 5), Ibrahima Dia (Limoges), Alexis Duprez (Angoulème), Julia Duschenes (Rennes), Lamia El Aharaage (Limoges), Violaine Godet (CA, Angers), Hervé Grasser (Strasbourg), Pierre Grasser (Strasbourg), Julie Haouzi (Présidente P3), Floriane Maillet (SG Dauphine), Cécile Marty (Angers), Pauline Mentec (Secrétaire Général Poitiers), Jérémie Michel (SG Angers), Pierre Alexis Moreau (Trésorier Dauphine), Thibaud Neuille (Trésorier Poitiers), Boris Oberthal (SG Limoges), Mohammed Nehal (SG P3), Maxime Taxil (P3), Guillaume Sylvestre (Commission de contrôle), Alain Thébault (Paris 1),

constater que les élus étudiants, nos élus

le milieu étudiant.

Charlie Zerna (Trésorier Angers)

corpos commencent à se sentir de plus en C’est aussi par ce genre d’actions que

plus concernés par les réformes de casse

nous pourrons nous poser légitimement

du service public de la santé, à commencer

comme le syndicat qui défend les droits des

par la réforme Bachelot des hôpitaux passée

étudiants dans cette période de crise, et

en urgence en février 2009. Aujourd’hui,

convaincre toujours plus d’étudiants de nous

seule la LMDE se préoccupe de sensibiliser

rejoindre. C’est en rénovant nos pratiques

le milieu étudiant à ces problèmes.

que nous pourrons conserver cette nouvelle génération en attente d’engagement dans notre syndicat.

Dans un contexte social tendu, les valeurs mutualistes portées par la LMDE seront a fortiori complémentaires du discours

Une UNEF moderne doit apporter à ses adhérents

de l’UNEF, notamment via la défense de l’économie sociale et solidaire, qui est elle aussi une réponse à la crise de notre

L’attente des étudiants et des adhérents

système

économique

actuelle,

via

la

envers un syndicat étudiant est fortement

promotion de l’entreprenariat sans profits.

axée

sur

la

reconnaissance

de

étudiants puisque nous sommes majoritaires dans les conseils universitaires, sont bien mal considérés : difficulté à négocier le rattrapage des cours, pas de statut des élus dans nombres d’université, aucune formation au fonctionnement de l’université, pas de reconnaissance du travail accompli … les élus étudiants doivent-ils donc être les serfs des conseils centraux ? C’est à l’UNEF de défendre la reconnaissance de l’investissement militant des adhérents dans les universités, et de porter une réforme du statut des élus étudiants.

Investir d’autres de mobilisation conscientisation Autre

évolution

nécessaire

champs et de

que

nous

porterons sur nos AGE : l’intervention sur les thématiques de société. De nombreuses associations se structurent aujourd’hui sur le campus autour de thèmes aussi divers et variés que le développement durable, la citoyenneté européenne … C’est à nous de convaincre ces étudiants que leurs idées seront mieux défendues au sein du syndicat, aussi bien au niveau local qu’au niveau

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Etudiants de France n°288 • Hors- Série • Mars- Avril 2009

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EDF Texte congrès