N°1770
La lettre de l’Economie sociale
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ EN SANTÉ C’est parce que « la capacité à accéder à des soins et bénéficier d’une prise en charge des dépenses de santé dépend trop, aujourd’hui, de la situation personnelle sociale et économique de chacune et chacun », ainsi que l’écrit Gérard Raymond, président de France Assos Santé, que l’organisation a fait paraître, le 11 janvier, sous le titre de « Tous unis pour notre santé », ses « 20 propositions pour améliorer la participation des usagers au système de santé ».
JEUDI 20 JANVIER 2022
Mieux comprendre la pauvreté PAGE 3
Les jeunes toujours surprenants PAGE 4
Matmut, deux accords d'entreprise PAGE 5
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armi les 20 propositions, certaines devraient rencontrer l’assentiment général (du moins en parole). Pour d’autres, rien n’est moins sûr. Elles sont réparties en trois « valeurs », qui font référence à la devise de la République : « la Liberté en santé », qui « passe par une émancipation de chacun grâce à l’éducation à la santé » ; « l’Égalité en santé », qui « exige un accès
enfin équitable et juste au système de santé » ; « la Fraternité en santé », qui « appelle un système de santé profondément humaniste et solidaire ».
La liberté En ce qui concerne la liberté, France Assos Santé préconise, afin de « permettre à chacun dès le plus jeune âge d’adopter les bonnes pratiques », de « lutter contre les fausses informations », de
« rendre chacun acteur de sa santé » (par l’élargissement de l’étiquetage Nutriscore, par exemple) et d’instaurer une « taxe santé sur les produits nocifs pour la santé » tels que le tabac et l’alcool. Plus originale semble l’idée de « développer les bonnes pratiques des professionnels de santé en recueillant l’avis des patients sur la qualité » des soins apportés et aussi sur « le comportement des professionnels ». Selon le document,
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ON EN PARLE
cela « se fait aux États-Unis ou dans les pays scandinaves depuis les années 2000 ». Toujours en matière de liberté, est mise en avant l’offre de « consultations de prévention gratuites en santé physique et mentale aux moments-clés de la vie ». Ce qui est, aujourd’hui, « le plus souvent le fait de mutuelles », indique l’association. Ce qui, ajouterons-nous, tend à démontrer l’utilité de ces dernières (voir plus bas). Est promu, également, le fait de rémunérer les « professionnels de santé au forfait plutôt qu’à l’acte » ; une très vieille idée jamais vraiment mise en application à la suite de l’opposition de nombre de médecins. Il est vrai que France Assos Santé ne le demande que « chaque fois que c’est possible ».
L’égalité En matière d’égalité, on remarque tout d’abord le retour de l’idée de « grande Sécu », qui semblait plus ou moins abandonnée (voir La Lettre n° 1769 pour l’un des derniers épisodes). En effet, afin d’instaurer « l’égalité des droits », France Assos Santé « défend un régime unique de Sécurité sociale et plus solidaire » qui prendrait « en charge à 100 % toutes les dépenses de santé, sans diminution du panier de soins et avec suppression des dépassements d’honoraires ». L'association constate, tout d’abord, que ce projet « fait débat ». Ce qui est incontestable. Pour autant, France Assos Santé, tout en reconnaissant que « le reste à charge moyen des ménages français est parmi le plus bas d’Europe », juge qu’il existe de très fortes disparités et que « certaines catégories de personnes accusent des restes à charge très élevés (personnes âgées, personnes handicapées, personnes malades chroniques) ». En particulier, le taux de couverture en complémentaire santé ne serait, selon ce document, que de « 88 % pour les populations les moins aisées » (contre 95 % pour la population générale). Bref, France Assos Santé estime que le système actuel est « illisible et inégalitaire ». Pour elle, cependant, l’instauration d’une « grande Sécu » n’aurait de sens que si la possibilité de dépassements d’honoraires des médecins était supprimée et si « un panier de soins digne et innovant » était maintenu. Sans être prophète, on peut supposer que la suppression des dépassements provoquerait une « bronca » du corps médical. Quant au maintien d’un panier
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de soins remboursé intégralement par la Sécurité sociale, l’histoire montre que cette dernière s’est régulièrement déchargée sur les complémentaires de certaines dépenses. Outre cette idée de « grande Sécu », est proposé, afin de développer l’offre de soins dans des territoires sous-équipés, de créer « de nouveaux lieux de santé pluridisciplinaires ». Ce qui existe depuis assez longtemps, croyons-nous savoir. France Assos Santé « réclame », en outre, « une contrainte d’installation [des professionnels de santé] dans les zones sousdotées ». Remarquons que cette idée est, également, assez ancienne. En 2009, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé sous Nicolas Sarkozy, s’y était essayée ; sans succès à la suite de l’opposition véhémente d’une grande partie du corps médical. Le sujet revient régulièrement à la surface mais les gouvernements successifs, depuis 2009, se contentent d’incitations. Toujours en matière d’égalité d’accès, outre des moyens supplémentaires donnés à l’hôpital public, le collectif d’associations demande de « favoriser le développement de la fabrication [des médicaments] en France et dans l’Union européenne1 ».
La fraternité Dans le dernier chapitre, celui concernant la fraternité, France Assos Santé lance quelques pistes originales, comme la création d’un nouveau métier, celui de « référent parcours », « expert des pathologies du patient, ce professionnel de santé serait un facilitateur des parcours de santé complexes et, à ce titre, l’interlocuteur privilégié de tous les intervenants ».
Dans le même ordre d’idée, est proposé le principe de « développer l’intervention de patients partenaires auprès des personnes malades dans les services de santé ». En matière de « fraternité entre générations », il faudrait « garantir par un financement solidaire la prise en charge de la limitation d’autonomie ». Il s’agit, en fait, de ce que l’on nomme le 5e risque de la Sécurité sociale, qui reste à développer. Enfin, afin de rapprocher « les populations isolées et/ou démunies » de l’offre de soins, France Assos Santé, demande que des moyens « soient donnés aux collectivités locales pour mettre en place des permanences médicales et/ou des équipes médicales mobiles ». Autre préconisation, celle de « développer les usages du numérique en santé [mais avec] un accompagnement humain [pour ceux qui en sont exclus] ainsi qu’une alternative physique ». Une conclusion s’impose : ces « 20 propositions » (toutes ne sont pas citées ici) vont du banal au déjà essayé sans succès mais en passant par le très intéressant. Il n’en reste pas moins que, ainsi que le dit Gérard Raymond, elles « s’inscrivent dans les valeurs fondamentales de notre société. Valeurs qui unissent et engagent les citoyens pour un système de santé plus solidaire et humaniste ». France Assos Santé espère que les candidats aux présidentielles « sauront s’en inspirer pour faire progresser la démocratie en santé, dans l’intérêt de tous et pour la sauvegarde de notre système de santé ». Voir les 20 propositions de France Assos Santé sur France-assos-sante.org. Jacques des Courtils
France Assos Santé Tous unis pour notre santé 20 propositions pour améliorer la participation des usagers au système de santé
France Assos Santé La voix des usagers
Défendre vos droits Vous représenter Agir sur les lois
France Assos Santé est une organisation de référence pour représenter et défendre les intérêts des patients et des usagers du système de santé. Sa mission est inscrite dans le Code de la santé publique. Forte d’un maillage territorial de 18 délégations régionales, elle anime un collectif de plus de 80 associations nationales et de plusieurs centaines d’associations régionales qui agissent pour la défense des droits des malades, l’accès aux soins pour tous et la qualité du système de santé.
1 Ce sujet a été abordé dans les n° 1745 et 1747 de La Lettre. Les avis « autorisés » (de personnalités de l’ESS) divergent sur l'intérêt d’une telle proposition.
EN MOUVEMENT
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Mieux comprendre la pauvreté Depuis 2009, la Fondation de recherche Caritas décerne chaque année un prix de 10 000 euros à un jeune chercheur en sciences sociales, pour épauler un projet ou une publication sur des thèmes liés à la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté.
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ette année, c’est Pierre-Antoine Chauvin qui a été distingué pour sa thèse intitulée « L’administration de l’attente : politiques et trajectoires de relogement des familles sans domicile à Paris », consacrée à la régulation des files d’attente pour le logement 2009 - 2021 social. Cette étude s’appuie notamment sur une Les Lauréats du « ethnographie statistique » du travail administratif, Prix de Recherche qui permet de comprendre en détail les mécanismes Caritas d’attribution d’un bien particulièrement convoité au sein de l’espace parisien. Elle invite, plus spécifiquement, à réévaluer le rôle des administrations publiques dans la mise en œuvre du droit au logement. À l’occasion de la remise de ce prix, en décembre, la Fondation a rassemblé dans un livret les témoignages de chercheurs ayant été lauréats depuis les débuts. Y sont
montrés de nombreux visages de la pauvreté : des bidonvilles de la région parisienne aux mécanismes de l’aide sociale, en passant par les impacts de la législation. Les lauréats viennent de différents domaines des sciences sociales (anthropologie, sociologie, sciences politiques, droit…) et travaillent sur certains aspects les moins connus de la pauvreté (bidonvilles, habitat en camping…). Pour la Fondation Caritas France, « ce prix permet de mieux comprendre les ressorts de la pauvreté, de déconstruire les préjugés et de nourrir les pratiques de celles et ceux qui agissent au quotidien contre la pauvreté ». Voir les témoignages des chercheurs récompensés depuis 2009 sur Urlz.fr/h5YE
TERRITOIRES D’INDUSTRIE : 44 lauréats issus de l’ESS
Dans le cadre du plan France Relance, les 44 lauréats du programme « Territoires d’industrie » issus de l’ESS ont été présentés le 21 décembre par Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, et Olivia Grégoire, secrétaire d’État à l’ESSR. C’est ainsi que 17,2 millions d’euros ont été alloués à ces 44 acteurs industriels, soit 13,4 millions d’euros à 31 associations, 3,2 millions d’euros à 12 coopératives et 0,6 million d’euros à une fondation reconnue d’utilité publique. Ces entreprises sont réparties dans toutes les régions métropolitaines et en outre-mer (Martinique, La Réunion). Cet investissement doit permettre la création de 521 emplois et une partie des projets vise à soutenir le développement des formations aux métiers de l’industrie de demain. Rappelons que l’initiative « Territoires d’industrie », annoncée par le Premier ministre en novembre 2018, s’inscrit dans une stratégie de l’État de reconquête industrielle et de développement des territoires. Le programme bénéficie à 146 territoires répartis sur plus de 500 intercommunalités. L’État s’est engagé, au début du programme, à flécher 1,36 milliard d’euros en priorité aux projets issus des Territoires d’industrie, sous forme d’aide à l’ingénierie, de financements de fonctionnement ou d’investissement. En janvier 2021, 253 projets au total avaient ainsi été soutenus. Voir la liste des entreprises de l’ESS bénéficiaires sur Urlz.fr/h5YH et pour tout savoir sur Territoires d’industrie : Urlz.fr/g64Q
TRAVAILLEURS ET CAPITALISTES Pour l’ex-ministre (du gouvernement Fillon) Anne-Marie Idrac, qui a notamment dirigé la RATP et la SNCF, « une entreprise n’a pas à fonctionner comme une démocratie ». Cependant, estime-t-elle, l’expérience montre que « la présence d’administrateurs salariés et de représentants de salariés actionnaires » est positive : « Leur point de vue est utile. » C’est ce qu’elle déclare dans une interview croisée avec l’économiste et essayiste Alain Minc parue dans Challenges le 25 décembre. Pour ce dernier, d’ailleurs, « il faut transformer les travailleurs en capitalistes ».
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EN BREF
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Les jeunes, toujours surprenants À l’occasion du Parlement des jeunes1, le 16 décembre 2021, la Fondation Jean-Jaurès et la Macif ont présenté une enquête2, réalisée par BVA, sur « les jeunes et l’entreprise ».
RAILCOOP :
les pour, les contre
© DR
Selon Ouest-France du 15 novembre, qui traite du lancement de la ligne de fret Toulouse-Decazeville (Aveyron) par Railcoop (voir page 7), « l’entreprise coopérative Ethiquable, située à Fleurance dans le Gers, [a été] la première à [lui] confier des chargements de chocolats et de café ». Dans le même quotidien, un représentant de la CGT Cheminot estime qu’il s’agit d’un « projet privé, qui sert les intérêts de quelques-uns avec l’argent public, puisque des collectivités territoriales sont sociétaires ». Il reprend là l’un des arguments développés, le 17 mars, dans un communiqué de son organisation, selon lequel, « sous couvert du statut de coopérative [...], Railcoop souhaite en fait participer à l’atomisation du système et à l’abandon pur et simple du service public ferroviaire ».
de société, notamment sur l’environnement (29 %), la lutte contre le racisme et les discriminations (27 %) ou contre les inégalités entre les femmes et les hommes (25 %). De plus, les jeunes estiment qu’il faut des preuves concrètes : refuser de travailler avec des fournisseurs ne respectant pas les engagements de l’entreprise (26 %), créer des partenariats avec des associations (25 %) ou verser de l’argent pour des causes (23 %). Peut-être en raison de ce qui précède, quatre jeunes sur dix déclarent rêver de rejoindre une entreprise locale (39 %).
L
Ce modèle apparaît plus attractif que la start-up (26 %) et l’entreprise de l’ESS (25 %), et bien plus qu’une entreprise du CAC 40 (13 %). Voir les résultats complets de l’enquête sur Urlz.fr/h5Cc Plus de 1 000 jeunes étaient réunis au théâtre du Châtelet, à Paris, pour prendre part à des débats sur l’emploi, la confiance et l’autonomie. La Macif en était un partenaire majeur. Voir Leparlementdesjeunes.com.
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2 Étude réalisée par internet du 5 au 15 novembre 2021, auprès d’un échantillon de 1 000 Français âgés de 18 à 24 ans, représentatifs de cette tranche d’âge.
69 sur 547, au minimum
a promotion du 1er janvier de la Légion d’honneur a distingué 547 personnes : 1 grand’croix, 5 grands officiers, 16 commandeurs, 72 officiers et 453 chevaliers. Cette promotion est marquée par un souci de parité (la moitié des personnes récompensées étant des femmes), mais également par la pandémie de Covid-19 (l’ensemble des membres du conseil scientifique sur le sujet est ainsi distingué). On y compte 69 décorés dont l’activité dans des structures de l’ESS est explicitement indiquée : 4 commandeurs, 9 officiers et 56 chevaliers, soit 12,6 % des personnes remarquées, plus donc que le poids de l’ESS dans le PIB, par exemple. On remarque une grande variété d’organismes ainsi signalés : de nombreuses associations œuvrant dans le domaine de
la santé, bien évidemment, mais aussi des associations d’aide à la personne handicapée, d’aide humanitaire, de lutte contre l’exclusion, de lutte contre les violences faites aux femmes ou encore sportives, d’anciens combattants, d’anciens résistants ou déportés, d’éducation, ainsi que des fondations caritatives ou culturelles, des coopératives agricoles, etc. Tous ces chiffres sont donnés, bien entendu, sauf erreurs ou omissions et, encore une fois, ne prennent en compte que ce qui est signalé dans le Journal officiel. On ne sait pas, par exemple, dans quel cadre travaillent les décorés responsables de réseaux d’aide à domicile ou d’établissements pour personnes âgées. © DR
Ainsi que l’écrit Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation : « Ce qui frappe dans un premier temps, c’est que cette enquête balaie en partie l’idée que la jeune génération ferait passer au second plan les “fondamentaux” de l’entreprise, à savoir l’argent. » Effectivement, pour 43 % des jeunes interrogés, il est primordial d’avoir un emploi bien payé, avant le fait d’avoir un poste autonome (18 %) ou permettant de défendre des valeurs qui leur tiennent à cœur (16 %). Il n’empêche que, pour eux, l’entreprise doit s’engager sur les sujets
Voir la liste complète des décorés sur Urlz.fr/h6g7
Emmaüs International, le président réélu Le 1er décembre, les participants à l’assemblée mondiale – organisée en numérique – d’Emmaüs International ont réélu le Béninois Patrick Atohoun à la présidence ; lequel entame ainsi son deuxième mandat. Diffusé depuis Saint-Malo, cet événement a rassemblé plus de 350 participants, représentant 220 groupes présents dans 37 pays.
VIE MUTUALISTE
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Mutac Capital Obsèques, une garantie élaborée par Mutac (mutuelle de prévoyance et d’assistance obsèques), a reçu, en 2022 et pour la 15e année consécutive, un label d’excellence décerné par Les Dossiers de l’épargne. Depuis plus de dix ans, la mutuelle est, vraisemblablement, l’organisme le plus récompensé de ce marché.
Le 3 décembre, le Groupe Matmut signait un accord d’entreprise promouvant l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il a été suivi, le 10 du même mois, par un accord portant sur l’emploi des personnes en situation de handicap et des proches aidants.
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Un « vrai problème » de mutualisation
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Ainsi que le signale Véronique Jolly, directrice générale adjointe du Groupe, en charge des RH, l’une des finalités de cet accord est de « lever certains freins chez des collaboratrices qui, spontanément, ne se projettent pas sur certains postes ». Quant à l’accord sur l’emploi des personnes en situation de handicap et des proches aidants, il prévoit, notamment, l’embauche d’au moins 60 personnes en situation de handicap en trois ans. Aujourd’hui, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap au sein du Groupe est de plus de 7 %, soit le plus important du secteur de l’assurance.
e premier a été signé par la CFE-CGC, FO et la CFTC ; le second par la totalité des organisations syndicales représentatives, y compris, donc, par la CFDT et la CGT. L’un a pour objectif de poursuivre et consolider la politique déployée depuis la signature en 2013 d’un premier accord. Il est présenté comme « particulièrement volontariste et ambitieux », avec notamment un budget « équité » de correction annuelle des salaires, d’un montant global de 850 000 euros répartis sur trois ans. En outre, priorité sera donnée, à compétences comparables, aux candidatures féminines pour les postes de cadre, particulièrement de manager.
Dans une tribune publiée par le Fil-Social le 3 janvier, Philippe Mixe, président de la Fnim (Fédération nationale indépendante des mutuelles), présente de « vraies causes et vraies solutions pour un vrai problème », celui des « difficultés d’accès à une complémentaire santé pour les seniors ». Pour lui, « les tarifs élevés des contrats des seniors résultent Philippe Mixe pour l’essentiel de mesures prises par le passé ». Outre, « l’augmentation [...] de la pression fiscale sous toutes ses formes », il pointe particulièrement, la loi de généralisation de la complémentaire santé en entreprise, qui « sous couvert d’un progrès social, [a organisé] une véritable régression, [...] les retraités, les jeunes, les indépendants et les inactifs [...] ne bénéficiant plus d’une large mutualisation ». Parmi les solutions « simples » à mettre en œuvre, il faudrait, selon lui, mettre fin à la « taxation de produits de luxe » qui frappe la complémentaire santé. De même, alors que dans les contrats collectifs d’entreprise la part salariale est déduite des revenus imposables, il suggère de généraliser à « tous les bénéficiaires de contrats », y compris individuels, cette déduction.
Jean-Paul Benoit
La dualité de la Mutualité À l’occasion des Journées de l’économie autrement (Dijon, 26 et 27 novembre), le président de la Fédération des mutuelles de France, vice-président de la Mutualité française, JeanPaul Benoît expliquait lors d’un débat vidéo que « les mutuelles ont toujours eu une dualité. Il y a un héritage ouvrier d’auto-organisation et de réponse aux besoins par les personnes ellesmêmes. [Ces organismes étaient considérés comme] subversifs par les classes dominantes. En parallèle, existait un héritage de la tradition de charité. [Ce qui en faisait] plutôt des instruments de contrôle. [Même si] les deux tendances se sont retrouvées, cette conception duale imprègne encore notre réalité aujourd’hui ».
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un label d’excellence de plus
Matmut, deux accords d'entreprise
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Mutac,
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PARTENARIAT
OCIRPAIDANTS
AIDE FINANCIÈRE versée au salarié lorsqu’il prend des congés sans solde pour aider son proche en perte d’autonomie. CAPITAL IMMÉDIAT versé au proche en perte d’autonomie. SERVICES D’ACCOMPAGNEMENT SOCIAL PERSONNALISÉ DÈS L’ADHÉSION • Aide à l’accomplissement • Protection juridique. de formalités administratives. • Aide à domicile. • Bilan psychosocial. • Prestation de garde de nuit • Assistance disponible à domicile. 7j/7 et 24h/24. • Aide à l’achat de matériel • Sessions de formation paramédical. pour l’aidant.
À PROPOS DE L’OCIRP – ASSUREUR À VOCATION SOCIALE Notre union d’institutions de prévoyance innove depuis plus de 50 ans en collaborant avec ses membres pour protéger le salarié et sa famille en les aidant à faire face aux conséquences d’un décès ou de la perte d’autonomie. Plus de six millions de garanties OCIRP ont été souscrites pour couvrir ces risques lourds. Nos contrats collectifs négociés au sein des entreprises ou des branches professionnelles garantissent le versement d’une rente ou d’une aide financière ponctuelle, et un accompagnement social personnalisé. Porteuse de l’engagement social de l’OCIRP, sa fondation d’entreprise agit au cœur des familles vivant un deuil ou confrontées aux questions liées à l’autonomie.
RESTONS CONNECTÉS
11 MILLIONS d’aidants en France.
61 % ont une activité
professionnelle.
Source : Baromètre 2019, Fondation April et BVA.
OCIRP : Union d’institutions de prévoyance régie par le Code de la Sécurité sociale. Photo : iStock/Peopleimages
LA GARANTIE SURMESURE POUR LE SALARIÉ AIDANT
KALÉIDOPRESSE
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Le mal-être dans les associations « Les salariés du secteur associatif disposent rarement d’un cadre d’activité conforme au droit du travail, aux valeurs proclamées et aux exigences des missions à caractère social qui leur sont confiées. » Voilà le résumé de l’article « Détresse éthique dans les associations », paru dans la revue Santé & Travail de janvier. « Sur le papier, le monde associatif est souvent présenté comme un laboratoire des transformations sociales et un creuset de la démocratie. Sur le terrain, les salariés constatent souvent un décalage entre les
AVVOCATO DI STRADA
missions d’utilité publique confiées à leur structure, [...] qui donnent du sens à leur activité, et les moyens toujours plus contraints dont ils disposent pour les mener à bien. » Le tableau ainsi décrit est sombre : « Le pouvoir est parfois, pas toujours, aux mains d’un bureau de bénévoles, [qui] méconnaissent souvent les fondamentaux du droit du travail et leurs devoirs en tant qu’employeurs. » L’une des autres raisons avancées pour expliquer cette situation est qu’« auparavant, les associations étaient financées
Un article publié le 12 décembre par Le Figaro, dans sa sélection du « Meilleur du journalisme européen », traite du « plus grand cabinet d’avocats d’Italie (mille “associés”, spécialistes du droit civil et pénal) » mais aussi du « plus pauvre : zéro euro de chiffre d’affaires ». L’article d’origine est paru dans La Repubblica. Les clients de ce cabinet « figurent tout en bas de l’échelle sociale. Ils vivent dans le dénuement le plus total, à tel point qu’ils n’ont même pas d’adresse : ce sont des clochards, des sans-abri, des sans domicile fixe ». Les avocats qui leur viennent en aide, réunis depuis 2001 en association, se font appeler Avvocato di strada (Avocat de rue). L’un des fondateurs, Antonio Mumolo, « avait pour habitude d’apporter bénévolement de la nourriture et des couvertures aux sans-abri de Bologne ». Il explique
par dotations, mais depuis dix ans, elles doivent répondre à des appels d’offres publics ». Ce qui « impacte énormément les marges de manœuvre et le travail des salariés » et provoque une « forte dégradation de l’exercice du métier ». On remarquera que l’article ne traite que d’un secteur du monde associatif, celui de l’action sociale, et que, par ailleurs, le sujet semble prendre de l’importance au vu des nombreux livres parus sur le sujet. La Lettre en a déjà recensés plusieurs (voir page 8 par exemple).
que beaucoup d’entre eux lui posaient des questions d’ordre juridique, comme des problèmes « d’héritages refusés, d’enfants retirés faute d’adresse de résidence, de faillites économiques ou encore d’absence d’accès aux soins de santé ». D’où la création de l’association. Pour lui, « ces invisibles finissaient dans la rue non seulement en raison de leur toxicomanie, de leur alcoolisme ou de problèmes psychiatriques, mais surtout à cause d’un déni de leurs droits ». Aujourd’hui, l’association est présente dans 56 villes et offre une assistance gratuite aux sans-abri : 38 000 personnes ont ainsi été suivies depuis 2001, 3 000 dossiers sont ouverts chaque année, « des centaines de causes gagnées, mais surtout des centaines d’anciens sans domicile fixe ont quitté le monde d’en bas pour retourner vivre dans le monde d’en haut ».
Railcoop sur les rails De nombreux titres de presse ont repris, en la modifiant peu ou prou, une dépêche de l’AFP du 29 décembre concernant Railcoop (voir La Lettre n° 1765). Ainsi, pour Géo du 4 janvier, « tandis que Railcoop fait rouler des trains de marchandises depuis novembre 2021, la coopérative entend lancer son premier service voyageurs en décembre 2022 ». Le Figaro du 30 décembre annonce en titre « Lille-Nantes, Strasbourg-Clermont : feu vert de l’Autorité des transports à Railcoop » et précise que « les autres liaisons autorisées sont Massy-Brest, Saint-Étienne-
Thionville, Grenoble-Thionville et Le Croisic-Bâle ». Certains quotidiens régionaux (Le Télégramme, La Montagne, Ouest-France, Le Journal du Centre et L’Alsace par exemple) se penchent plus spécifiquement sur les lignes qui seront ouvertes dans les régions qu’ils couvrent. La Dépêche insiste sur le fait que le siège de l’entreprise est situé à Cambes, dans le Lot, et donne la parole à Alexandra Debaisieux, la directrice de Railcoop, pour qui cette nouvelle « confirme la pertinence des offres développées et construites avec les
sociétaires ainsi que la complémentarité de [leur] proposition avec le service public ». Pour sa part, L’Usine nouvelle du 22 décembre a rencontré Nicolas Debaisieux, le directeur général de Railcoop, « qui compte déjà 10 600 sociétaires et un capital social de 4,1 millions d’euros ». Selon le magazine : « La région Rhône-Alpes a cédé huit trains pour un montant tenu secret. Il s’agit d’anciens TER. » Ces trains seront « complètement réhabilités » et « pour la ligne BordeauxToulouse, Railcoop devra recruter une centaine de personnes ».
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Bulletin d’abonnement Oui, je m’abonne*
L’ESS comme modèle de travail plus durable Pour Arnaud Lacan, l’ESS est une « forme d’économie qui semble venir de la nuit des temps et [est] concomitamment une organisation novatrice des rapports de production ou de consommation ». Toutes À la reconquête du travail durable ces entreprises, même quand ce n’est pas leur but affiché, « œuvrent [...] à la fabrication d’un modèle de travail plus durable » avec des « emplois à forte valorisation intrinsèque ». L’ESS, de ce fait, « dispose d’une sorte d’avantage concurrentiel sur le marché du travail en termes d’emplois porteurs de sens ». Mais « attention aux promesses non tenues. Ces modèles ne sont pas à l’abri de dérives préjudiciables ou de comportements managériaux, qui peuvent conduire à l’exact inverse du but recherché et mener au mal-être des collaborateurs ». L’un de ces risques de dérive « consiste à mettre au-dessus de tout l’adhésion aux valeurs comme un référent suffisant pour justifier des pratiques inacceptables ». C’est pourquoi l’ouvrage se termine par « une proposition de management spécifique à l’ESS », définie comme du « management post-moderne* », afin que « le projet collectif de solidarité rencontre le projet personnel de développement professionnel ». 3
À la reconquête du travail durable L’économie sociale et solidaire en pionnière Face à la crise de nos systèmes traditionnels et à la précarisation du marché du travail, il devient nécessaire de favoriser des modèles de travail plus durables. L’économie sociale et solidaire (ESS) a toujours été pionnière en la matière. Groupements d’employeurs, coopératives d’activités et d’emplois, Scop et Scic, Territoires zéro chômeur de longue durée, tiers-lieux… L’ESS expérimente, innove, invente des modèles de travail et d’emploi plus protecteurs pour les travailleurs, plus ancrés dans les territoires, plus respectueux de l’humain. À ce titre, elle peut impulser une dynamique de changement inspirante pour l’ensemble de la société. Comment ces initiatives positives d’ESS peuvent-elles essaimer pour permettre le développement d’un grand nombre d’emplois de qualité dans ou hors salariat : des emplois à la fois porteurs de sens, sécurisés et inscrits dans un collectif de travail, à rebours de la tendance actuelle à l’ubérisation ? Et comment imaginer un modèle de management qui favorise cette organisation épanouissante, loin des systèmes fondés sur la surveillance des salariés et la verticalité ? L’auteur avance des pistes à la fois souhaitables et réalistes, en faveur d’une meilleure cohésion de la société, d’une solidarité accrue et du renforcement des liens sociaux. Arnaud Lacan est professeur de management à Kedge Business School et chercheur associé à Aix-Marseille School of Economics. 14 euros
ISBN : 978-2-36383-296-2 Diffusion : Interforum – Volumen Distribution : Interforum
1 AN / 23 NUMÉROS ❑ 270 €TTC (France) ❑ 285 €TTC (International) 2 ANS / 46 NUMÉROS ❑ 495 €TTC (France) ❑ 525 €TTC (International)
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à retourner par courrier à La Lettre ESS, CIEM : 12, rue de L’Eglise, 75015 Paris, ou par e-mail à contact@ciem.fr
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L’économie sociale et solidaire en pionnière
À la reconquête du travail durable. L’économie sociale et solidaire en pionnière, Arnaud Lacan, Les Petits Matins, juin 2021, 157 P., 14 €. * Cette appellation est-elle vraiment heureuse ? Les expressions comme maths post-modernes ou physique post-moderne, par exemple, sont souvent employées très péjorativement, NDLR.
Nom -----------------------------------------------------------Prénom ---------------------------------------------------------
AGENDA
Société --------------------------------------------------------Adresse ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
29 JANVIER • LYON La lèpre, cette oubliée
Code postal --------------------------------------------------Ville ------------------------------------------------------------Pays ------------------------------------------------------------Téléphone ----------------------------------------------------E-Mail ---------------------------------------------------------Mode de réglement
❏ ❏
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À l’occasion de la 69e Journée mondiale des malades de la lèpre, 12 000 bénévoles seront mobilisés pour informer sur cette maladie oubliée. À Lyon, la Fondation Raoul Follereau investira la place de la République avec un groupe portant des masques déchirés, faisant écho à la campagne de communication « La lèpre déchire encore des vies. » Les passants ne seront pas interpellés mais un QR code, imprimé sur les t-shirts du groupe, renverra vers un mini-site web.
L’économie sociale et solidaire s’installe, pour la 5e fois, sur les bancs de l’école. C’est l’occasion de faire découvrir l’ESS et ses modes d’entreprendre. Cette opération est portée par l’Office central de la coopération à l’école (OCCE), Coop FR et l’Esper (L’Économie sociale partenaire de l’école de la République), avec le soutien des ministères de l’Éducation nationale et de la Transition écologique et solidaire.
Informations : Raoul-follereau.org
23 AU 27 MARS • ENTRE PARIS ET BOURG-SAINT-MAURICE Courir pour le cœur
15 FÉVRIER • SURESNES (92) Un starter pour les entrepreneuses
Date & Signature
22 AU 27 MARS • FRANCE ENTIÈRE L’ESS sur les bancs
L’association France Active Métropole, en partenariat avec la mairie de Suresnes, organise une journée de l’entrepreneuriat féminin, qui s’inscrit à la suite du programme Start’Her. Cet événement offrira à toutes les entrepreneuses des Hauts-de-Seine l’occasion de se rencontrer et de se renseigner sur les thèmes suivants : « Le vaste écosystème de l’entrepreneuriat féminin », « Entreprendre à tout âge », « Des solutions pour dépasser les freins au financement » ou « Entreprendre dans l’ESS ». Informations : Start-her.fr
La Lettre de l’Economie sociale, bimensuelle d’informations mutualistes, coopératives et associatives, est éditée par la Coopérative d’information et d’édition mutualistes (Ciem) – Rédaction, administration et abonnements : 12, rue de l'Eglise, 75015 Paris – Tél. : 01 44 49 61 00 – E-mail : contact@ciem.fr – Prix de vente au numéro : 12,30 € – Abonnement annuel (23 n os) : 270 € – Commission paritaire n° : 0423 I 83 045 – ISSN : 0248-8957 – Fondateur : Jean-Louis Girodot – Présidents d’honneur : Georges Optat, Georges Rino – Directrice de la publication : Laurence Hamon – Directeur délégué : Philippe Marchal – Rédacteur : Jacques des Courtils – Imprimerie : Chateaudun Reprographie – L’autorisation d’effectuer des reproductions, par reprographie ou dans le cadre d’un panorama de presse diffusé sur Intranet, doit être obtenue auprès du Centre français du droit de copie (CFC). www.economiesociale.com.
Informations : Lesper.fr
Sensibiliser le grand public au don d’organes, tel est l’objectif de la 35e édition de la Course du cœur. La pandémie a des répercussions dramatiques sur l’activité de greffe (avec une chute de 25 % en 2020, soit près de 1 500 greffes de moins qu’en 2019). C’est pourquoi une équipe d’une dizaine de coureurs greffés (cœur, foie, rein…), accompagnés de près de 300 coureurs, salariés de grandes entreprises ou d’institutions, partiront sur les routes de France pour porter ce message. Informations : Lacourseducoeur.com
Papier : Navigator Universal 80 grs. Provenance : Portugal - Setubal. Taux de fibres recyclées : 0 %. Eutrophisation : PTot 0,09 kg/tonne de papier.