israel magazine 238

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É D I T I O N

I N T E R N A T I O N A L E

No 238 |

Novembre 2020 | 21ème année

20₪ 6€

LE MAGAZINE DU PROCHE ORIENT ET DU MONDE JUIF

LETTRE OUVERTE A BIBI NETANYAOU PAR RICHARD DARMON

GVAOT : UN VIGNOBLE

FAMILIAL EN SAMARIE

LE GAZ

EST-IL CHER EN ISRAEL ?

MEA CHEARIM ET LE CORONA

AKKO

LA PERLE DU NORD

EMIRATS-UNIS

ACCORD HISTORIQUE OU PIÈGE A LONG TERME ? Israël 30 sh | France/Belgique 6 € | Suisse 9FS | Canada 15$CA | www.israelmagazine.co.il |

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| ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020

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VENTES | LOCATIONS | GESTIONS otre appartement Votre

est capital Prenons le temps d’en parler ensemble

BAT YAM TEL AVIV RAMAT GAN

Elisabeth DRAY & Frédéric LAMY Tél: +972 3 527 00 24 info@ecnadlan.com ecnadlan.com


Édito Édito Édito

Si l’homme savait rougir de soi, quels crimes, non seulement cachés, mais publics et connus, ne s’épargnerait-il pas !. La Bruyère - Les Caractères

Un Chinois ne rougit jamais C’est une affirmation, entendue de mes propres oreilles, qui m’aurait laissé pantois si elle n’émanait pas d’un homme d’affaires sérieux que je connais depuis trente ans, et qui fut l’un des plus grands soldeurs de la place de Paris. A ce titre, il fit des affaires en Chine, y construisit des usines et se retrouva du jour au lendemain ruiné et en fuite, parce que le gouvernement chinois avait décidé, comme il le faisait apparemment avec tous les investisseurs étrangers, de récupérer sa production, ses usines et son argent. Je sais ce qu’il peut y avoir d’apparemment raciste dans cette affirmation car nous, Juifs, qui nous fûmes et qui sommes encore les victimes de tant de clichés pernicieux, de l’ostracisme et de l’imbécillité mondiale, nous nous devons, devant de telles affirmations, de nous montrer très circonspects. Un Chinois ne rougit jamais ? Est à dire qu’ils ne montreraient ni sentiment, ni compassion, ni respect de l’autre, que ce soit en politique, en affaires. Bruce Lee doit se retourner dans sa tombe, encore que ce dernier a peutêtre été lui-même, paraît-il la victime mortelle dont on ne sait quelle conspiration chinoise. Mais les soupçons de préparation de guerre bactériologique, de diffusion d’un virus mortel (un million de personnes seront bientôt mortes du Covid dans le monde), les suspicions de vouloir déraciner les économies mondiales pour se les approprier, la terreur récurrente contre les Tibétains et contre leurs propres citoyens, cette façon également d’inonder le monde de leurs produits basiques et polluants, ne serait-ce pas une nouvelle version mais plus asiatique, du Protocole des Sages de Sion. N’oublions pas que ce document, totalement falsifié, qui voulait démontrer que les Juifs désiraient conquérir le monde, avait été concocté par les Russes et la police secrète tsariste en France. Les arrière-petits-enfants de ces Russes blancs, ces enfants de Poutine, verraient bien, je crois ,et toujours d’un très bon œil, les Chinois pâtir des mêmes suspicions, et les voir subir les pires sanctions économiques. Un Chinois ne rougit jamais. Peut-être, mais la Chine, elle, a rougi souvent, mais du sang de ses enfants.

Le Monde s’ouvre Les adversaires de Donald Trump avaient décidément raison. Cet homme est fou. Complètement fou. Il n’écoute personne, n’en fait qu’à sa tête, licencie celui qui ne lui plait pas, refuse de recevoir les gouvernants qui lui déplaisent, et mène sa barque comme une immense agence immobilière, quand ce qui compte avant tout, ce sont les résultats. Cet homme est dément pour avoir rencontré la Corée du Nord, fait accepter par le monde, Jérusalem comme Capitale de l’Etat d’Israël. Il a fait jouer la force, alternant la carotte et le bâton, pour rapprocher des pays qui ne se connaissaient même pas par Zoom. Et il a désormais fait admettre Israël par quasiment tout le monde arabe. Bibi Netanyahou, dans ses rêves les plus fous, n’aurait pas songé glaner autant de lauriers diplomatiques sans la démesure de Donald Trump. Le Monde s’ouvre, des pays se parlent, et s’aperçoivent, chacun de leur côté, que l’autre n’est pas forcément le démon qu’on raconte. Alors certes Donald Trump, aussi, ne rougit jamais. Mais, lui apparemment, il n’a à rougir de rien. J’ai toujours pensé et je l’ai écrit sans être forcément très original, que la création de l’Etat d’Israël annonçait des temps que certains appellent messianiques. L’agneau juif pait désormais au bord de la rivière avec le loup saoudien et le lion égyptien, comme le bœuf américain, mange déjà de la paille. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est tout simplement Ésaïe. Quel bonheur quand l’Histoire croise l’Ancien testament.

André Darmon | Rédacteur en chef France : 01 86 98 27 27 | Israël : 054 254 45 20 | andredarmon78@gmail.com Abonnez-vous directement sur le site : www.israelmagazine.co.il

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ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |


Numéro 238

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GVAOT, UN VIGNOBLE FAMILIAL EN SAMARIE

Sommaire

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Contact commercial pour la France

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LE GAZ EST-IL CHER EN ISRAEL ?

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AKKO LA PERLE DU NORD

LE CORONA A MEA SHEARIM

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GVAOT UN VIGNOBLE FAMILIAL

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ISRAEL LE GAZ TROP CHER ?

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LETTRE OUVERTE A BINYAMIN NETANYAOU

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LA COVID,UNE OPPORTUNITE POUR ISRAEL

BONNES NOUVELLES D’ISRAEL

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LA FAUNE D'ISRAEL

AKKO LA PERLE DU NORD

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ISRAEL EN QUETE DE PAIX

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NEWS ECO EN BREF

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LE CORONA A MEA SHEARIM

UN ACCORD HISTORIQUE

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LA COVID, UNE OPPORTUNITE POUR ISRAEL

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LA FAUNE SAUVAGE D’ISRAEL

ISRAEL EN QUETE DE PAIX

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NETFLIX RUSTOM 2016

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ACCORDS DE PAIX : LA CONTROVERSE EN ISRAEL

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LETTRE OUVERTE A BIBI NETANYAOU

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LES DANGERS DES RESEAUX SOCIAUX POUR LES ADOS

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ISRAEL EN QUETE DE PAIX

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ISRAEL SUR SA TERRE PAR JACQUOT GRUNWALD

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LES DANGERS DES RESEAUX SOCIAUX ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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Gvaot, un Vignoble familial au cœur de la Région d’Ephraïm.

Par Haïm E. MESSIKA

Perché à 800 mètres d’altitude, au-dessus des collines de Judée, faisant face au site historique du Mishkane Shilo, là où fut conservée de longues années, l’Arche d’Alliance des enfants d’Israël, se dresse le vignoble de Gvaot. Créé par Amnon Weiss, (voir encadré) Gvaot est un témoignage vivant de la renaissance du pays mais aussi de sa terre et de ses vignobles. 8 | ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020

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Photo : Haïm E. MESSIKA

vaot Winery est situé au carrefour du village de Givat Harel, au cœur de la Samarie, sur les rives du Nahal Shiloh. Cette région vallonnée possède une antique et florissante tradition de culture de la vigne. Non loin des "Yichouvim", Eli et Maale Levona, la route qui mène aux chais vaut à elle seule le détour : un paysage enchanteur constellé de milliers d’oliviers, de petites montagnes rocailleuses et de collines, jadis désertiques, redevenues luxuriantes depuis que les véritables propriétaires de la terre sont venus s’y israelmagazine.co.il


réinstaller depuis 100 ans. Le "TaNaKh", nous rapporte dans le Livre des Prophètes, que le Mishkane Shilo est le premier "Beth hamikdash temporaire" (Temple) à avoir été érigé avant même celui construit par le roi Salomon, à Jérusalem. C’est dans ce site chargé d’histoire que Gvaot produit des vins depuis 2005, à base de cépages Cabernet sauvignon, Cabernet franc, Chardonnay et Pinot noir, qui n’ont plus rien à envier aux célèbres vins du terroir français, ou d’ailleurs. Depuis de la création des chais, les vignerons israéliens ont redonné vie à des cuvées produites il y a plus de 3000 ans par nos ancêtres sur la terre d’Israël. Shivi Drori, l’œnologue en chef de la cave, et chercheur en viticulture et œnologie à l’Université Ariel), un agronome qui y enseigne la biologie moléculaire des plantes, a révélé l’existence de plus de 60 anciennes variétés de raisins, cultivées sur la Terre d’Israël et en Samarie en particulier, à partir desquels d’excellents vins ont été produits durant des centaines d’années. Les noms ont certes changé mais la qualité des raisins est très proche des deux cépages (Jandali et H’amdali) cités dans le traité Shabbat du Talmud de Babylone (Page 62-63), il y a environ 2000 ans. C’est la combinaison de technologies de pointe et des raisins récoltés à la main de ce terroir unique, qui permet l’obtention de nectars de grande qualité. Le taux d’ensoleillement exceptionnel, combiné à une altitude élevée contribuent à l’excellence des vins conservés en fûts de chêne. La cave possède des vins de trois niveaux - Masada, Gofna et Herodion. Les vins de Masada (un assemblage corsé de Cabernet Sauvignon (50%), Merlot (35%) et Petit Verdot (15%) sont apparemment les meilleurs de la cave et sont conservés en fûts de chêne pendant deux ans. Shivi expérimente ces assemblages intéressants, les fameux blends. Les vendanges ont commencé et si cela n’était pas à cause, chacun, de nos occupations personnelles, nous nous y serions joints. La cave produit environ 70 000 bouteilles israelmagazine.co.il

par an, et donne à chaque bouteille de vin un soin et une attention particulier, afin de maintenir des normes de qualité élevées tout au long du processus de production. Les vins subissent une fermentation lente et froide pour une conservation optimale des arômes et des saveurs des raisins et pour obtenir des vins particulièrement élégants. Vous pouvez en cliquant sur le barcode ci-dessous, visionner directement sur notre site la vidéo que nous avons tournée sur place avec Moshe Winer, le bien nommé, qui nous raconte en 1 minute 30, l’histoire de ce merveilleux vignoble de la région de la tribu d’Ephraïm. http://www.gvaot-winery.com

AMNON WEISS

Photo : Haïm E. MESSIKA

A

mnon Weiss est un homme d’affaires israélien et un ancien champion paralympique car il a souffert d’un léger handicap dû à la polio. Dans sa jeunesse, il a rejoint le Centre sportif israélien pour les handicapés, où il a pratiqué l’athlétisme parallèlement à des études de psychologie à l’Université Bar Ilan. Plus tard, il a étudié le droit. Membre de la délégation israélienne aux Jeux de Stoke Mandeville, Weiss a remporté la médaille d’or au javelot et au lancer du poids dont il fut le champion national. Aux Jeux paralympiques, Weiss était membre de l’équipe médaillée d’or de basketball en fauteuil roulant et il a remporté trois médailles en athlétisme. Au début des années 1970, Weiss et son épouse célèbre, Daniela, font partie des membres fondateurs de Goush Emounim, qui s’installèrent plus tard à Kdoumim où Daniela fut élue à la tête du conseil local. Leur gendre, Avraham Gavish, fut tué lors d’une attaque terroriste en 2002. Weiss était le propriétaire d’une entreprise d’orfèvrerie, et s’occupa plus tard d'immobilier. En 2005 il investit dans la création de Gvaot Winery.

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"Pour boire un bon vin il faut être deux", affirme le dicton, "moi et le vin".

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our les vrais connaisseurs, l’ambiance et la compagnie est primordiale. La dégustation entre amis (que nous avons payée) fut remarquable par l’accueil chaleureux de l’équipe du Vignoble. Nous avons découvert des vins à la hauteur de leur réputation.

Au verre !

Le premier vin, un blanc de la série Gofna (2017). Un Chardonnay merveilleusement métissé avec un Cabernet Sauvignon (Blanc de Noir). Un très bel assemblage qui donne une légèreté tout en gardant beaucoup d’arômes et de saveurs fraîches. Un réel plaisir. Le second vin fut un rouge, un Cabernet Sauvignon Réserve 2017, série Gofna. Pour ceux qui aiment puissance, profondeur et complexité, vous serez servis. Le troisième, un Petit Verdot Réserve 2017 toujours de la série Gofna. Rares sont les caves et vignobles israéliens qui font du 100% Petit Verdot. Gvaot le fait et réussit à ravir nos palais. Une dégustation intense, un nez, des arômes légèrement épicés et une belle longueur en bouche. Le quatrième fut mon préféré : Cabernet Franc Réserve Gofna. Un Blend très justement dosé. On y reconnait la main de maître. Accompagné par un peu de Merlot et de Petit Verdot, ce vin m’a conquis: très riche en saveurs mais équilibré. Long en

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Photo : Haïm E. MESSIKA

bouche, on y découvre un léger goût épicé qui nous fait voyager. La plupart des vins israéliens sont assez fruités et boisés car il faut plaire aux consommateurs locaux et répondre à leur demande. Gvaot, lui est plus subtil dans ses goûts. Tout en restant un vin israélien il a quelques directions occidentales. Je terminerai par la recommandation du

directeur et gérant du vignoble, Eliav Miller, (quelqu’un qu’il faut rencontrer) : l’essentiel n’est pas tout qui se dit sur un vin, l’essentiel est votre palais et vos goûts personnels. Ne ratez surtout pas leur Rosé! (Une autre fois nous parlerons du vignoble de Shiloh, son voisin).n

Alcooliques pas anonymes

I

l n’est pas de visite dans un chai sans y déguster les vins, accompagnés, ici, d’excellents fromages et d’une merveilleuse huile d’olive. Par ailleurs notre ami Haïm Messika, l’auteur de l’article ci-dessus, aura l’heureuse idée d’amener un superbe tarama (à ne pas confondre avec le Ikra). Un tarama que produit Clémence son épouse. Beaucoup parmi nos lecteurs penseront après nos différentes, répétées et délicieuses visites dans les Winery, que nous sommes peut-être des alcooliques (très anonymes) déguisés en journalistes, mais tel n’est pas le cas. En fait pour être honnête, j’ai véritablement découvert le vin en Israël, pour ma part, moi, le Parisien de naissance et de culture. Et le petit Verdot 2017 de la cuvée Gvaot que nous goûterons, entre autres, nous laissera une profonde impression (de reviens-y). Le Gvaot Gofna Pinot Noir, 2017, la teinte rouge claire nous laissera au fond du palais des arômes de framboise, de fraise mûre, de poivre noir et de fleurs. (Environ 500 bouteilles produites chaque année) Malheureusement nous ne goûterons pas au Gvaot Rosé 2019 dont on nous avait dit le plus grand bien. Ce n'est que libations remises. André Darmon

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HEN BITOUHIM ASSURANCES

Itsik Hen : 052-244 48 59 | Mezi Choucri 052-646 81 81 Nous parlons français Levana Guez : 055-557 58 50

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Studio graphique ISRAEL MAGAZINE

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Israël : le Gaz trop Cher ? Photo : Crédit Albatross

Par Mickaël LAUSTRIAT Pendant longtemps, Israël s’approvisionna en pétrole pour satisfaire ses besoins énergétiques auprès de l’Angola, la Colombie, le Mexique, l’Egypte, la Norvège. Mais en janvier 2009, tout changea : on venait de découvrir d’immenses réserves de gaz naturel dans les eaux israéliennes. On annonça aussitôt qu’Israël allait devenir une puissance énergétique de premier plan, à l’instar des pétromonarchies du Golfe. Et chacun de croire que les factures de gaz allaient baisser...

A

u printemps 2020, l’effondrement du marché mondial de l’énergie va plonger dans le rouge la compagnie américaine Noble Energy qui exploite les gisements de gaz offshore d’Israël : un trou de 4 milliards de dollars. Basée à Huston cette société, qui figure parmi les 1000 plus importantes entreprises mondiales, a trop investi dans le pétrole de schiste américain. Seule solution, la reprise : son conseil d’administration décide de se vendre au géant américain énergétique Chevron (200 000 milliards de dollars, juste devant le français Total). Le deal – 5 milliards de dollars – est signé le 20 juillet. Le ministre israélien de l’Energie Youval Steinitz s’en félicite et y voit une preuve de "la confiance dans l’économie énergétique israélienne". Mais tous ne partagent pas ce bel optimisme, à commencer par l’éditorialiste Avi BarEli, qui s’étonne dans Haaretz que la Compagnie israélienne d’électricité accepte d’acheter ce gaz à un prix bien supérieur à son coût d’exploitation.

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Pour comprendre la formation du prix du gaz offshore, il faut partir de l’unité standard de mesure utilisée par les professionnels de l’énergie : le MMBtu. Ce sigle signifie : un million d’unités Btu, pour "British Thermal Units " (unités thermiques britanniques). Une Btu est la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré Fahrenheit une livre anglaise d’eau à la pression d’une atmosphère. En Israël – d’après Ginaenergy – le prix moyen d’une MMBtu est de 5 dollars.

Multiplicateur : 50

Sachant qu’un million de Btu représentent 27,8 mètres cubes de gaz naturel, une simple règle de trois nous apprend qu’un mètre cube de gaz offshore est facturé 0,18 dollar, soit environ 20 cents, par les compagnies pétrolières. C’est à ce prix que l’achètent les distributeurs israéliens, qui vont le commercialiser auprès des utilisateurs finaux, notamment les ménages. La

compagnie israélienne Supergaz, pour ne citer qu’elle, facture ainsi ses clients 36,59 shekels hors-taxes (soit 10,76 dollars) le mètre cube de gaz, soit 50 fois plus que le prix producteur, payé par les compagnies commercialisant le gaz offshore. Ce multiplicateur – qui peut sembler excessif – s’explique par l’obligation des distributeurs d’effectuer d’importants investissements dans toutes sortes d’opérations industrielles pour mettre le gaz à disposition des ménages. Il n’en reste pas moins que l’énergie est un business des plus rentables. Et cela pour tous les acteurs de la chaîne énergétique, depuis les compagnies qui forent en haute mer jusqu’à celles (plusieurs dizaines en Israël) qui vendent du gaz au public...

Une occasion ratée

Le scandale – si scandale il y a – c’est qu’au lieu d’abandonner l’exploitation de son gaz offshore à des compagnies internationales, Israël aurait pu israelmagazine.co.il


contrôler lui-même tout le processus, notamment l’extraction, la production et le stockage : il suffisait de fonder une société nationalisée. Certains experts font remarquer que les investissements nécessaires à cela n’auraient représenté que 4 % des réserves de la Banque d’Israël, évaluées à 126 milliards de dollars en décembre 2019. L’achat par l’Etat hébreu de Noble Energy serait passé incognito dans les finances publiques. Restant propriétaire de ses ressources, l’Etat hébreu aurait pu alors, à l’exemple des monarchies du Golfe ou de la Norvège, devenir une super puissance énergétique. Et faire économiser 15 à 20 milliards de shekels par an aux ménages israéliens. Pour quelles raisons Israël est-il passé à côté de cette possibilité ? Il y a d’abord la soumission de nos dirigeants à l’idéologie de l’ultralibéralisme, qui prône

la privatisation de toutes les activités économiques. La vente de Tnouva, la gestion des ports et d’importantes infrastructures de communication à des compagnies nationales chinoises s’inscrivent dans cette logique. La seconde raison est sécuritaire : en confiant l’exploitation offshore à un géant énergétique comme Chevron, Israël pense désamorcer toute activité terroriste qui viserait les plates-formes en haute mer. Car les attaquer serait s’en prendre directement à Chevron, et indirectement aux USA. Or Chevron, qui exploite d’autres gisements dans la région, est très bien introduit auprès des dirigeants du Moyen-Orient. À l’évidence, ce groupe international saurait désamorcer toute activité mettant en danger ses opérations. Quoi qu’il en soit, pour les ménages israéliens, l’arrivée de Chevron ne devrait rien

Yossi Langotsky, le Découvreur du Gaz offshore

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ans lui, Israël n’aurait peut-être jamais su qu’il y avait des milliards de m3 de gaz dans le sous-sol de ses eaux territoriales. Décrit comme "géologue de profession, mais combattant dans l’âme ", Yossi Langotsky est peu connu du grand public. Né en Israël en 1934 d’une famille juive russe, l’homme mérite pourtant de figurer en bonne place dans le panthéon des héros de l’Etat hébreu. Pendant la guerre des Six Jours, major, à la tête d’une unité d’élite, il oppose une résistance farouche aux soldats jordaniens dans le quartier d’Armon HaNatsiv, à Jérusalem. Trente-six soldats israéliens et 71 Jordaniens perdirent ainsi la vie sur la Colline des munitions le 6 juin 1967. Décoré pour ce fait d’armes, il reprend ses études interrompues à l’Université hébraïque et devient géologue. Après quelques années à l’Institut géologique d’Israël, il rejoint Tsahal et dirige l’unité technologique des renseignements militaires (poste qu’il occupera pendant la guerre de Kippour) puis occupe le poste d’attaché militaire à Washington. Rendu en 1979 à la vie civile avec le grade de colonel, ses connaissances en géologie le propulsent à la tête de plusieurs petites compagnies énergétiques israéliennes. Quand on lui refuse le droit de rechercher du pétrole près de la Mer Morte, il

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changer au montant de leurs factures de gaz. Elle aura seulement permis de voir un peu plus clair derrière les chiffres... n

quitte Israël pour superviser des forages dans les Caraïbes et découvre un champ pétrolifère marin au large de Cuba. Devenu spécialiste des gisements offshore, il répète à qui veut l’entendre que les sous-sols de la Méditerranée recèlent d’immenses quantités de gaz naturel. Il contacte plusieurs dizaines de compagnies énergétiques spécialisées, mais personne ne l’écoute. Finalement, en juin 1999, il réussit à convaincre British Gas d’installer huit plates-formes en mer. Et la preuve est faite : il y a bien du gaz ! Mais cinq ans plus tard, Israël – qui refuse que ces ressources profitent au Hamas, désormais au pouvoir à Gaza – retire à British Gaz sa licence d’exploitation. Yossi Langotsky se tourne alors vers Noble Energy et Delek, et en janvier 2009, ce partenariat conduira à la localisation de plusieurs gisements (Tamar, à 85 km au large de Haïfa ; Dalit, à 50 km à l’ouest de Hadera ; et ensuite celui du Léviathan). Toutes ces découvertes provoquent une vague d’optimisme en Israël, qui dispose désormais de quoi satisfaire ses besoins domestiques en gaz pendant 40 ans ! Yossi Langotsky, âgé de 86 ans, vit à présent avec sa famille dans les environs de Tel-Aviv. Docteur honoris causa de l’Université hébraïque, fondateur de l’Association de défense des enfants autistes, on doit aussi à sa connaissance des sous-sols, le procédé qui permit de localiser les tunnels creusés sous les frontières d’Israël depuis Gaza et le Liban. Comme quoi la géologie a également des applications sécuritaires !

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LETTRE OUVERTE À BIBI NETANYAHOU

Un Accord avec les Emirats "en échange" du Renoncement à l’extension de la Souveraineté d’Israël ?

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par Richard Darmon

ans le sillage du lancement en janvier dernier du "Plan du siècle" du président Donald Trump et suite à vos promesses explicites réitérées lors de vos trois dernières campagnes électorales, nous nous étions pris – nous, si nombreux à vous avoir longtemps soutenu contre vents et marées en tant que seul dirigeant capable de tenir les rênes de ce pays. Capable d’en assumer les défis complexes - à espérer que ce qu’aucun chef de gouvernement israélien n’avait eu le courage et la détermination de réaliser en un peu plus de cinquante ans, vous auriez, vous, l’audace de l’accomplir : faire enfin revenir le peuple d’Israël à ses frontières en JudéeSamarie et dans la Vallée du Jourdain !

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Mais les choses ne se sont pas passées ainsi. La grave crise sanitaire engendrée par la 2ième vague du coronavirus, les dysfonctionnements à répétition du gouvernement d’urgence nationale avec le Parti Bleu Blanc, l’indécision de l’administration Trump, elle-même, sur les modalités d’application de son propre plan, et surtout les implications fort dangereuses pour la sécurité d’Israël de la "contrepartie" incontournable à toute extension de souveraineté israélienne exigée par Washington, à savoir la création d’un Etat palestinien à l’ouest du Jourdain sur les deux-tiers de la Judée et de la Samarie, offerts sur un Plateau d’argent, alors que ces deux régions constituent depuis les temps bibliques le précieux écrin où s’est forgé le peuple d’Israël... israelmagazine.co.il


De plus, au lieu de faire part ouvertement à votre peuple de ces graves dilemmes qui le concernent au premier chef, vous avez sans cesse fait le choix de vous taire et de vous enfermer dans un silence presque coupable au prétexte de certaines "contraintes diplomatiques".

pour mot les conditions que vous aviez vous-même énoncées dans votre discours de Bar-Ilan de juin 2009 ?

Les dangers de la création d’un Etat palestinien à l’ouest du Jourdain ?

Toujours utile que pris dans le tourbillon de ces avertissements américains, de votre propre indétermination et aussi paralysé par le lâchage de votre "partenaire" Bleu-Blanc dans le gouvernement d’urgence, vous avez laissé passer tout le mois de juillet sans rien décider ni sans prononcer un seul mot à l’adresse du pays ! Lequel s’était préparé à cette extension de souveraineté alors soutenue au début de l’été, faut-il le rappeler, par une large majorité de presque 60 % des Israéliens. Cette extension devait peu à peu se réduire courant juillet au gré de vos propres hésitations et des prises de position irresponsables et démobilisantes des leaders du Parti Bleu blanc. A tel point que l’actuel ministre Bleu-Blanc des Affaires étrangères, Gaby Ashkénazi – celui-là même qui vient de dire tout de go lors de sa récente visite à Berlin qu’en passant un accord avec les Emirats, Israël avait "échangé la souveraineté pour la normalisation" - pouvait alors déclarer dès le début août avec fierté et grand soulagement : "Désormais, plus personne ne parle de souveraineté !"...

En fait, l’une des raisons primordiales de votre hésitation à franchir le pas de cette extension de souveraineté en saisissant la fenêtre d’opportunité tout à fait historique ouverte par le Plan Trump a sans doute été votre prise de conscience tardive. Elle a été aiguisée par les arguments fondés opposés à l’établissement d’un Etat palestinien en Eretz Israël de la part des leaders des localités juives de Judée-Samarie et de la Vallée du Jourdain. Car s’il devait s’appliquer dans l’intégralité de toutes ses dispositions, comme ne cessait de le répéter l’entourage (juif !) de Trump, ce "programme de paix" impliquait justement la création d’un Etat palestinien. C’est une entité n’ayant encore jamais existé dans l’Histoire... tout comme le "peuple palestinien" lui-même, un concept forgé à la fin des années 1960 par les stratèges du Kremlin pour contrer le sionisme et son allié américain) sur des régions constituant depuis 3500 ans le berceau de toute l’histoire hébraïque en Terre d’Israël. Et aussi avez-vous peut-être aussi interprété l’insistance de Jared Kuchner, le conseiller de Trump, à répéter de manière explicite qu’au cas où Israël appliquerait sa souveraineté sur ces régions, il s’en suivrait nécessairement "dans les quatre ans" (comme spécifié dans le Plan du siècle) l’établissement d’un Etat palestinien qui émergerait au côté d’Israël. Les grandes villes de la plaine côtière seraient alors à portée directe des roquettes et des RPG portables de toutes les forces terroristes pullulant par définition au sein de ce futur Etat ; et ce, sans que n’aient été remplies par les Palestiniens la dizaine de conditions pourtant qualifiées d’"incontournables" par le Plan Trump pour la création de leur Etat et qui reprenaient en fait presque mot israelmagazine.co.il

Vous laissez passer une occasion historique unique !

Israël a bel et bien échangé la "paix" contre ses territoires !

Puis a surgi – telle une suspecte "planche de salut" pour Benny Gantz, vous-même et aussi Washington - l’offre des Emirats arabes unis de normaliser ses relations avec Israël ! Une issue à tous ces dilemmes dont la Maison Blanche s’est aussitôt accaparée pour changer complètement de cap... et vous avec ! Comme s’il n’était pas très clair – malgré vos inconsistantes dénégations répétant qu’il s’agit là d’"une paix en échange de la paix" – que pour Abou Dhabi, il s’agissait de troquer ce traité de paix à venir (truffé de promesses économiques et sécuritaires) contre les territoires historiques auxquels le peuple d’Israël a pleinement droit. Il s’apprêtait, encouragé par vos promesses maintes fois réitérées, à pouvoir y enfin exercer sa pleine souveraineté. Laquelle n’est pas du tout,

contrairement à ce que certains ont dit et écrit en voulant vous excuser, "une simple mesure administrative"; mais au contraire une décision chargée de sens profonds à la fois symboliques et très concrets quelque 52 ans après la victoire de la guerre (de défense) des Six-Jours ! Comme si les offres alléchantes des Emirs sunnites et de leur clique d’oligarques despotiques en matière de juteux contrats de High-Tech et de cybernétique ou de proche ouverture d’ambassades ne constituaient pas – ce qu’ils ont d’ailleurs eux-mêmes explicitement déclaré – le prix à payer pour empêcher Israël de revenir légitimement à ses frontières, tout en bénéficiant au passage (pour un temps seulement) de la protection des capacités militaires et du savoir-faire israéliens contre l’Iran des mollahs chiites !? Et croyez-vous vraiment qu’après avoir attendu non pas 52 ans mais plus de 2 000 ans, le peuple d’Israël – qui s’apprêtait, entre autres, à fêter en juillet dans une joie profonde et authentique le retour à son plein patrimoine – pourra troquer ses droits légitimes à la souveraineté pour des Joint-ventures cybernétiques et autres Start-ups technologiques communs avec Abou Dhabi ? Lesquels ne profiteront en fait qu’à une minuscule élite d’Israéliens, ceux-là mêmes qui rêvent, désormais tout haut, de passer à trois heures de vol de TelAviv une "semaine paradisiaque" sur les plages et dans les buildings des Emirats ! Binyamin Netanyahou, avez-vous bien compris – même de là où vous siégez après tant d’années au pouvoir - la sage et pertinente mise en garde de Mordéhaï Ha-Yéhoudi énoncée dans la Méguila d’Esther quand, face à l’indécision de sa filleule de reine, devenue l’épouse du roi Assuérus à assumer de sa propre initiative le sauvetage de tous les Juifs alors exilés en Perse et menacés de génocide imminent par Aman, il lui déclare sans hésiter : "(...) Si tu persistes à garder le silence à l’heure où nous sommes, la délivrance et le salut surgiront pour les Juifs d’une autre part(...)!", (Esther IV-14). Car justement, même en ces jours de haute confusion, de cynisme et de dérision, il demeure toujours qu’en Eretz Israël "la Vérité germe de la Terre" - Emet me-Eretz titsma’h ! n ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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UNE CHERCHEUSE DE L’UNIVERSITÉ DE TEL-AVIV FAIT PROGRESSER L’AVENIR DE LA SCIENCE EN EUROPE Photo: Le Prof. Halina Abramowicz (crédit : Université de Tel-Aviv)

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e Conseil de l’Organisation européenne pour la Recherche nucléaire (CERN) a décidé à l’unanimité d’adopter la stratégie scientifique recommandée par un comité dirigé par le Prof. Halina Abramowicz de l’Université de Tel-Aviv pour la quatrième décennie du 21e siècle. Selon cette décision, l’objectif principal de la science des particules en Europe sera la construction d’un nouvel accélérateur d’électrons géant qui constituera une "usine" du boson de Higgs, la "particule divine", observé pour la première fois en 2012.

PAR ALBERT SOUED

DES CHERCHEURS DÉVOILENT COMMENT L’ENVIRONNEMENT PARENTAL AFFECTE LA TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE

ISRAELMAGAZINE MAGAZINE238 238| NOVEMBRE | NOVEMBRE 2020 2020 16 | |ISRAEL

UN NOUVEL ACCÉLÉRATEUR D’UNE LONGUEUR DE 100 KILOMÈTRES Le comité présidé par le Prof. Abramowicz a en fait défini la stratégie du CERN pour la quatrième décennie du 21e siècle, après l’achèvement du programme de recherche du plus grand accélérateur de particules du monde. D’après la décision du comité, le prochain objectif de la science des particules en Europe sera la construction d’un nouvel accélérateur d’électrons circulaire d’une longueur de près de 100 km, qui brisera les records énergétiques produits jusqu’à présent par le LHC. Son but est de constituer une "usine" du boson de Higgs, identifié pour la première fois grâce au Grand collisionneur de Hadron en 2012. Il coûtera environ 25 milliards de dollars.n

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ne étude réalisée sous la direction du Prof. Oded Rechavi du Département de neurobiologie et de l’Ecole des Neurosciences de l’Université de Tel-Aviv, par son étudiante, le Dr. Leah KhouryZeevi, dévoile trois lois qui régissent la transmission héréditaire épigénétique, c’est-à-dire celle qui ne passe pas par des changements des séquences de l’ADN. L’étude, réalisée sur des vers, éclaire les mécanismes moléculaires et la dynamique mystérieuse par lesquels les parents préparent leur progéniture aux difficultés auxquelles ils ont été eux-mêmes confrontés. La plupart des expériences que nous acquérons au cours de notre vie ne seront pas transmises à nos descendants. Par exemple, notre entraînement en salle

de sport aujourd’hui ne rendra pas nos enfants plus forts. Ces dernières années, cependant, les études sur l’hérédité épigénétique montrent qu’il existe des traits acquis qui sont hérités, remettant en question notre perception concernant les limites de l’évolution. "L’hérédité épigénétique découle des réactions à l’environnement et se produit indépendamment des changements dans les séquences d’ADN, par le biais d’autres molécules", explique le Prof. Rechavi. "En réponse aux changements de l’environnement, par exemple une situation de stress, des molécules dites petits ARN font "taire" l’expression de certains gènes ou les bloquent. Des études menées ces dernières années sur des vers de type C.elegans, ont montré que ces petites molécules peuvent également passer aux générations futures, transmettant ainsi des caractéristiques de génération en génération".n israelmagazine.co.il


BONNES NOUVELLES D’ISRAËL

FEMTECH CO OCON HEALTHCARE

FIERTÉ : UN CHERCHEUR ISRAÉLIEN

MEMBRE SENIOR DE L’ACADÉMIE NATIONALE DES INVENTEURS DES ETATS-UNIS

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e Prof. Noam Eliaz du Département de science et génie des matériaux de l’Université de Tel- Aviv fait partie des 38 nouveaux membres seniors récemment élus par l’Académie Nationale des Inventeurs des Etats-Unis (NAI) en reconnaissance de leurs réalisations révolutionnaires pour le développement de brevets et de technologies ayant un impact majeur sur la société et l’industrie dans le monde. C’est le premier chercheur israélien, et en fait le seul chercheur en dehors des États-Unis sélectionné à ce titre par l’Académie américaine, qui compte 189 membres possédant ce statut.

Signalons par ailleurs que l’Académie compte plus de 1 000 membres associés, y compris hors des États-Unis possédant le statut de fellows, dont trois Israéliens. "C’est un grand honneur pour moi d’être membre de la communauté universitaire des inventeurs aux États-Unis", a déclaré le Prof. Eliaz. "En tant qu’inventeurs et entrepreneurs, notre travail consiste à rechercher constamment le prochain défi professionnel et à développer de nouvelles inventions révolutionnaires, au profit de l’avancement de la société et de la technologie.n

INNOVATION ISRAÉLIENNE :

UN FILTRE DE BRUIT POUR LES ÉTUDIANTS SOUFFRANT D’UN TROUBLE D’HYPERACTIVITÉ AVEC DÉFICIT DE L’ATTENTION

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ne startup israélienne Nuancehear a développé un appareil qui aide les étudiants atteints de trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention TDAH. L’appareil filtre le bruit de fond et se concentre sur l’audition d’un enseignant ou d’un conférencier. L’appareil permet à l’élève de filtrer le bruit de fond. Les enfants atteints de TDAH signalent une amélioration de leur capacité à se concentrer, une amélioration de la capacité d’écoute, même assis à l’arrière de la classe. Le concept de l’appareil "Sound Selector" est inspiré du développement de leur ancien appareil pour les malentendants. Adoptant la même technologie, ils l’utilisent désormais pour se concentrer sur le son et neutraliser au maximum les bruits de fond qui dérangent particulièrement les personnes souffrant de TDAH. L’appareil est connecté à un casque et comprend un ensemble de huit microphones. À l’aide d’un algorithme avancé, l’appareil détecte la direction d’où provient chaque son. Il produit également un écart d’environ 15 décibels entre la direction principale et les autres directions d’où proviennent les sons. Ainsi, l’utilisateur n’est pas déconnecté de l’environnement et entend ce qui se passe autour de lui et les bruits de fond sont atténués. "Lorsque nous fournissons un son plus clair sur le bruit, nous contribuons à libérer des ressources cognitives pour la communication et l’apprentissage", ajoute Tami Harel, étudiante au doctorat et clinicien en communication chez Nuance". Normalement, l’élève de la classe doit utiliser beaucoup de ressources cognitives pour séparer le discours du bruit, et cela se fait au détriment de la capacité de comprendre ce que l’enseignant dit, participe ou même écrit en même temps.n israelmagazine.co.il

REMPORTE DES COMMANDES DE PLATEFORMES INTRA-UTÉRINES SPHÉRIQUES POUR 13 MILLIONS DE DOLLARS

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a société israélienne a développé une plate-forme intra-utérine sphérique pour la contraception et d’autres applications médicales, visant à traiter une variété de conditions de la santé des femmes sans hormones nocives ni procédures invasives. FemTech, OCON Healthcare, a reçu ainsi 13 millions de dollars de commandes intra-utérines. La société a signé des accords de distribution avec DKT d’Amérique du Sud et Consilient Healthcare au Royaume-Uni et en Irlande - où le produit sera entièrement remboursé par les services nationaux de santé. Ces nouveaux accords signifient qu’elle sera disponible dans 30 pays, avec des accords de distribution d’une valeur de plus de 35 millions de dollars à ce jour. Les ventes d’OCON dépassent jusqu’à présent 7 millions de dollars. Le PDG, Keren Leshem, a déclaré : "Nous sommes fiers de notre partenariat avec DKT & Consilient Health dans le cadre de ces accords de distribution exclusifs pour pénétrer onze territoires stratégiques, où le marché des contraceptifs affiche une forte croissance d’une année sur l’autre. Nos données montrent une augmentation de la demande de solutions réversibles innovantes à long terme sans hormones, conçues pour s’adapter à l’anatomie féminine, améliorant ainsi la qualité de vie des femmes.n

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BONNES NOUVELLES D’ISRAËL

NEURA, BASÉ EN ISRAËL, DÉPLOIE LA TOUTE PREMIÈRE SOLUTION DE

TEST PRÉDICTIF COVID-19

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a solution, nommée ViruScore, aide les communautés à suivre leur "score d’indice pandémique. Selon les tests, la solution a multiplié par six la capacité de tests des professionnels de la santé et produit des résultats avec un taux de précision de 98%. Sa plateforme d’intelligence comportementale humaine est une approche basée sur l’IA qui peut être utilisée dans le domaine médical dans la bataille contre Covid-19. Actuellement, la solution est utilisée par HY Laboratories, le principal fournisseur israélien de tests Covid-19 et l’un des cinq meilleurs HMO au monde. Neura utilise l’IA et l’apprentissage automatique pour transformer de grandes quantités de données sensorielles anonymisées à partir d’appareils mobiles. Cela peut surveiller d’importantes informations exploitables telles que les modèles de rassemblement de foule, un "indice de distance sociale" et les taux généraux de rencontre humaine. Les informations peuvent ensuite être utilisées par les organisations de santé ou les gouvernements pour aider à suivre la propagation de Covid-19 afin de créer un score de risque dans les communautés. Les scores sont classés sur une échelle à quatre niveaux allant de la "probabilité la plus élevée" à la "probabilité la plus faible" de risque de pandémie. "La solution de Neura est un bond en avant important pour le déploiement de la technologie d’intelligence comportementale dans la lutte contre Covid-19", a déclaré le PDG de Neura, Amit Hammer. "Être en mesure d’identifier les groupes à haut et à faible risque, les futures épidémies et les super-épandeurs comportementaux est essentiel aux efforts du gouvernement pour lutter contre le virus. Avec la récente approbation par la FDA du pool de tests Covid-19, les connaissances de Neura iront plus loin en aidant à ralentir et à briser la chaîne de l’infection.n

UN DRONE GÉANT FABRIQUÉ PAR IAI POUR L’ARMÉE DE L’AIR ALLEMANDE DÉCOLLE

Le drone Heron TP d’Airbus Photo: Ministère de la défense

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eux ans après la signature d’un accord pour la vente de sept drones Heron TP produits par les industries aérospatiales israéliennes (IAI) et Airbus DS Airborne Solutions à l’armée de l’air allemande, le premier avion de la série a décollé. Le drone avancé a décollé pour son voyage inaugural depuis une base militaire dans le sud d’Israël, les acheteurs allemands étant contraints de le regarder via Zoom,

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en raison des restrictions de Covid-19. Le drone allemand Heron TP est un avion de moyenne altitude, de longue endurance et multi-missions avec une variété de charges utiles. Il est basé sur le drone israélien "Eitan", qui est en service opérationnel dans l’armée de l’air israélienne. Avec une envergure de 26 mètres (environ 85 pieds), c’est l’un des plus gros drones au monde, capable de transporter jusqu’à deux tonnes. L’AUV peut être équipé d’équipement de renseignement et de surveillance, de matériel de communication ou de technologie de guerre électronique. Selon les médias allemands, un débat est en cours pour savoir s’il doit également être armé pour les missions d’attaque. L’accord de vente de 600 millions de dollars avait été signé en juin 2018. Le personnel de l’armée de l’air allemande s’entraîne avec ses homologues israéliens dans une base de

DES ROBOTS À L’INFORMATIQUE QUANTIQUE :

L’ACCÉLÉRATEUR IAI OUVRE SES PORTES AUX STARTUPS

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e Centre d’innovation des industries aérospatiales israéliennes (IAI) ouvrira pour la première fois ses portes aux entreprises externes. Le centre, basé à Ramat Gan, a annoncé dimanche que son programme d’accélérateur de 13 semaines sera ouvert aux startups actives dans un large éventail de disciplines, notamment l’apprentissage automatique, l’informatique quantique, le radar, la détection, la robotique, Big data, vision par ordinateur, cockpits intelligents, propulsion, drones, cyber, impression 3D, nouvelles sources d’énergie, systèmes de surveillance de la santé et de l’utilisation (HUMS), IoT, etc. IAI familiarisera également les startups participantes avec ses activités de marketing et ses clients mondiaux. L’objectif du programme d’accélération est de co-créer un produit minimum viable (MVP) pouvant être intégré dans les systèmes de la grande entreprise.n

l’IAF au centre d’Israël. "Il s’agit d’une phase importante et historique dans la coopération stratégique entre Israël et l’Allemagne: un drone développé par Israël, produit pour l’armée de l’air allemande, a décollé pour son premier vol dans le ciel israélien", a déclaré le chef du bureau exécutif de l’UAV en la présence du ministre israélien de la Défense. Par ailleurs, l’administration américaine a annoncé qu’elle allègerait les restrictions imposées aux fabricants de drones sur les exportations vers les pays étrangers qui ont empêché la vente de drones capables de transporter plus de 500 kg de fret sur une distance de plus de 300 kms. La levée des restrictions augmentera la concurrence entre le Heron-TP et le MQ-9 Reaper du général Atomix.n israelmagazine.co.il


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ACCORD ISRAËL - ÉMIRATS

VERS LA PAIX AU PROCHE-ORIENT ? par Guy MILLIERE

31 août 2020. Le premier vol de la compagnie israélienne El Al s’envole de l’aéroport Ben Gourion en Israël en direction de l’aéroport d’Abou Dhabi, où il atterrira cent cinquante minutes plus tard. Le vol est passé au-dessus du territoire saoudien. Il a fait un léger détour symbolique pour passer au-dessus du territoire du Sultanat d’Oman, pour montrer que l’espace aérien du Sultanat est lui aussi ouvert aux avions de ligne israéliens. D’autres vols suivront. Des avions de ligne des Émirats suivront la même trajectoire et atterriront en Israël.

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endant le vol, Binyamin Netanyahou parlera au téléphone avec le pilote, tout en suivant du doigt sur une carte la trajectoire de l’avion. Le vol est l’une des concrétisations de l’accord rendu public dix-huit jours plus tôt, le 13 août, annonçant un accord de paix entre Israël et les Emirats Arabes Unis. Cet accord n’est pas simplement le troisième accord de paix entre Israël et un pays arabe. C’est le premier accord de "paix chaude" entre Israël et un pays arabe : les accords avec l’Egypte et avec la Jordanie peuvent

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être qualifiés d’accord de "paix froide", car ils ont institué une relation de non belligérance entre Israël et les deux pays concernés, et ont conduit à une coopération en matière de renseignement militaire, mais les relations entre Israël, l’Egypte et la Jordanie ne sont, en dehors de cela, pas des relations normales de pays à pays. L’accord Israël-Emirats Arabes Unis est aussi le premier accord qui ne repose sur aucune concession exigée d’Israël en faveur des "Palestiniens". Le rattachement de trente pour cent de la Judée-Samarie et

de la Vallée du Jourdain, prévu pour juillet 2020, a été suspendu, comme l’ont dit Binyamin Netanyahou et Jared Kushner, le principal négociateur de l’accord pour l’administration Trump, mais il n’a pas fait l’objet d’un renoncement de la part d’Israël. Et si le prince Mohammed Ben Zayed, qui dirige les émirats, a dit le contraire et a parlé de renoncement au rattachement, chacun sait que c’est parce que le prince ben Zayed veut dire qu’il a obtenu quelque chose. Les dirigeants "palestiniens" ne s’y sont pas trompés : ils ont vociféré, discernant et israelmagazine.co.il


une page pourrait bien être effectivement tournée très bientôt, la page de la "cause palestinienne". Ce qui se passe est le résultat de ce qui peut être appelé la doctrine Netanyahou, qui consiste, depuis des années, à faire d’Israël la puissance indispensable du Proche-Orient, à mettre en place un rapprochement stratégique entre le monde arabe sunnite et Israël pour faire face au danger incarné par l’Iran, qui menace le monde arabe sunnite tout autant qu’Israël, et à marginaliser dans ce cadre les organisations "palestiniennes".

La Doctrine Trump Ce qui est en train de se passer est aussi le résultat de la doctrine Trump pour le Proche-Orient. Dès le début de sa présidence, Donald Trump a posé les jalons permettant d’assurer la sécurité d’Israël, allié majeur des Etats-Unis dans la région, et d’avancer vers une paix régionale au Proche-Orient. Donald Trump a commencé, dès février 2017, par faire comprendre qu’il entendait sortir des paramètres de la "solution à deux Etats" et par souligner qu’à la différence de ses prédécesseurs, il n’exercerait aucune pression sur Israël. Il a ensuite fait un voyage crucial qui l’a conduit à Riyad, en Arabie Saoudite, en mai 2017, voyage au cours duquel il a dit vouloir renouer le partenariat stratégique entre les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et le monde arabe sunnite (qui avait été délaissé sous Obama au profit de l’Iran), et se placer du côté du monde arabe sunnite face à l’Iran, en posant des conditions énoncées clairement: les pays arabes sunnites doivent, a-t-il dit, couper tout lien avec des organisations terroristes, prôner un islam plus tolérant, se moderniser économiquement, et s’ouvrir à Israël, en faisant d’Israël un partenaire économique et stratégique. Donald Trump s’est rendu ensuite en Israël, et Air Force israelmagazine.co.il

One a effectué le premier vol entre l’Arabie Saoudite et Israël. Il est allé à Ramallah et a dit à Mahmoud Abbas qu’il mentait, incitait au terrorisme et n’était pas un "partenaire pour la paix". Il a reconnu officiellement Jérusalem, capitale d’Israël et y a placé l’ambassade des Etats-Unis en Israël. Puis il a coupé le financement américain donné à l’UNWRA, en faisant dire par le Département d’Etat que les Etats-Unis ne reconnaissaient plus désormais comme

"réfugiés" que les Arabes ayant effectivement quitté le territoire d’Israël en 1948-49, soit quelques milliers de personnes très âgées, et non quatre ou cinq millions de personnes. Il a, en parallèle, fait sortir les Etats-Unis de l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien, et mis en place des sanctions très strictes destinées à asphyxier le régime des mollahs et à le pousser à se soumettre ou à se démettre. Il a présenté en 2019 un plan de paix régionale, élaboré avec Binyamin Netanyahou, qui propose une paix entre

Israël et les factions "palestiniennes" conduisant à un "Etat palestinien" si les factions "palestiniennes" acceptent d’être désarmées, de renoncer intégralement au financement du terrorisme et aux incitations au meurtre de Juifs israéliens; d’éduquer les Arabes "palestiniens" placés sous leur responsabilité aux valeurs de paix et de respect des droits de l’homme, de renoncer à toute revendication territoriale excédant les limites d’un territoire qui, sur une carte, correspond peu ou prou aux territoires de Judée et de Samarie occupés aujourd’hui par l’Autorité Palestinienne. Il n’a pu présenter le plan qu’en janvier 2020, en raison du fait que les élections israéliennes, en avril 2019, puis cinq mois plus tard, en septembre de la même année, n’ont pas conduit à la possibilité de créer un gouvernement israélien stable. Le plan a été rejeté par les factions "palestiniennes", ce qui était prévisible et prévu (personne au sein de l’administration Trump ne s’attendait un seul instant à ce que les factions "palestiniennes" acceptent le plan): le but n’était pas et n’a jamais été de créer un "Etat palestinien", mais de donner au monde arabe sunnite la possibilité de dire que les factions "palestiniennes" rejettent tout ce qu’on leur propose, et de donner aux dirigeants arabes sunnites la possibilité de se rapprocher d’Israël ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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sans passer pour des gens trahissant les "Palestiniens". Le plan n’a pas fait l’objet d’un rejet ferme des arabes sunnites, qui ont énoncé de simples "réserves" formelles. Lors de sa présentation, les ambassadeurs de trois pays arabes sunnites (Emirats, Bahreïn, Oman) étaient présents, signifiant que les pays en question l’acceptaient. L’accord du 13 août a pour effet que les transactions commerciales et financières qui existaient déjà entre Israël et les Emirats auront lieu désormais officiellement et au grand jour, et prendront un nouvel essor. Des contrats se chiffrant en centaines de millions de dollars seront signés : les Emirats ont de l’argent à investir, Israël est, avec les Etats-Unis, l’une des deux principales puissances mondiales dans le secteur des hautes technologies, et dispose d’un savoir-faire inestimable en matière de dessalement de l’eau de mer, d’agriculture en milieu désertique et de moyens de défense. L’accord offre aux Emirats une protection militaire cruciale face à l’Iran, et offre surtout à Israël la possibilité d’être militairement présent à quelques dizaines de kilomètres à peine de la côte iranienne et d’installer là des unités anti-missiles et des moyens d’observation. C’est un accord gagnant-gagnant. Le prince ben Zayed y gagne la stabilité et la sécurité de son régime. Israël y gagne une sécurité renforcée et des synergies financières qui renforceront son statut de Start up nation. La fourniture par les Etats-Unis d’avions de combat F-35 aux Emirats, demandée par le prince ben Zayed, et acceptée par Trump, a fait l’objet d’objections de la part d’Israéliens craignant que la supériorité militaire israélienne puisse se trouver détériorée. L’administration Trump a donc mis la fourniture de F-35 aux Emirats en suspens, mais la présence de militaires israéliens sur le territoire des Emirats devrait atténuer les objections israéliennes: aucun pays arabe n’a accepté jusque là sur son sol la présence de militaires israéliens, et la défense des Emirats reposera essentiellement sur les systèmes anti-missiles israéliens.

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La visite officielle de la ministre israélienne Miri Regev aux Émirats arabes unis en 2018 avait suscité des réactions mitigées sur les réseaux sociaux qui se demandaient si cela marquait le début du réchauffement des relations entre Israël et les EAU. La réponse a été donnée.. Afp Plusieurs pays arabes sunnites attendent le résultat de l’élection présidentielle américaine du 3 novembre prochain pour suivre le même chemin que les Emirats. Si Joe Biden était élu, le processus enclenché ne s’arrêtera pas totalement: les démocrates renoueront des liens avec les Mollahs, les renforceront et leur permettront de menacer plus fortement Israël, mais aussi le monde arabe sunnite.

Judée et Samarie, à l’horizon 2024, définies comme territoires israéliens Si Donald Trump est réélu, le processus enclenché se poursuivra, et plusieurs pays arabes sunnites suivront le chemin des émirats, et passeront des accords de "paix chaude" avec Israël. Bahreïn et Oman. L’Arabie Saoudite et le Soudan suivront. L’Egypte, en paix avec Israël, glissera d’une "paix froide" à une "paix chaude". Le plan de paix régionale présenté par Donald Trump le 28 janvier 2020 donne quatre ans aux factions "palestiniennes" pour accepter ce qui leur est proposé, après quoi la proposition ne tiendra plus. Le second mandat de Donald Trump, si celui-ci est réélu, mènera à 2024 il est très vraisemblable qu’une paix réelle entre le monde arabe sunnite et Israël aura pris forme. Il est vraisemblable que les factions palestiniennes n’auront pas accepté ce qui leur a été proposé, et que les pays arabes sunnites accepteront une solution au problème "palestinien" sans "Etat palestinien".

Ce qui est prévu à Washington par l’administration Trump, si Donald Trump est réélu, est que la Judée et la Samarie soient, à l’horizon 2024 définies comme territoires israéliens, avec rien de plus que des territoires autonomes arabes. La Jordanie sera poussée à donner ou redonner la nationalité jordanienne aux Arabes de ces territoires: nombre d’entre eux ont eu la nationalité jordanienne jusqu’en 1988. L’Autorité palestinienne sera contrainte d’accepter un rôle amoindri et différent, ou devra disparaitre, et le Hamas sera placé face aux mêmes contraintes. Le régime des mollahs sera, dans ce cadre, toujours la principale puissance ennemie pour Israël et le monde sunnite, mais il sera plus asphyxié encore qu’aujourd’hui. Il survivra sans doute, grâce à son alliance avec la Chine, mais il ne pourra pas déstabiliser la région et sera largement hors d’état de nuire. La Chine, dans ce cadre, sera endiguée par l’administration Trump, qui ne cache pas ses intentions de faire payer à Xi Jinping son attitude inadmissible pendant la pandémie et son agressivité conquérante et brutale dans tous les domaines. La Turquie sera elle aussi endiguée par l’administration Trump. L’Union Européenne continuera peut être à soutenir la "cause palestinienne", au côté du régime des mollahs très asphyxié, ce qui n’aura pas grande importance dès lors que les Etats-Unis seront toujours la première puissance économique et militaire du monde, et qu’Israël sera plus que jamais la première puissance économique et militaire du Proche-Orient. n

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Akko, la Perle du Nord

par Mickael LAUSTRIAT

Photo Shutterstock

En ces temps d’incertitude où la vérité et le mensonge se parlementent, il est impératif de ne pas perdre le Nord. Et pour cela, direction St-Jean d’Acre, que nous préférons appeler de son nom biblique : Akko. 2020 24 | |ISRAEL ISRAELMAGAZINE MAGAZINE238 238| NOVEMBRE | NOVEMBRE 2020

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A

moins de deux heures de voiture de Tel-Aviv, Akko – en plus de sa plage et de son port de plaisance – est un concentré de l’Histoire d’Israël. La ville existe depuis 3500 ans et la visiter, c’est s’offrir une longue remontée dans le temps, depuis l’époque pharaonique jusqu’aux pages douloureuses du Mandat britannique. Si tout reste encore à découvrir de l’influence égyptienne à Akko lors de l’extension maximale de l’empire du Pharaon Thoutmôsis III, la ville est par contre clairement mentionnée dans le Livre des Juges (Choftim 1,31). Située dans le territoire attribué à la tribu d’Acher lors du partage de la Terre par Josué, la ville est alors peuplée de Cananéens. Akko passe un temps sous domination assyrienne, puis fait partie de l’empire d’Alexandre le Grand, avant d’être reprise par Ptolémée, qui lui donne son nom. Après vient le temps de l’occupation romaine, qui va durer plusieurs siècles, jusqu’à la prise de la ville par les Arabes en 638. Elle change de main au début des Croisades, quand le 26 mai 1104, Beaudoin 1er – qui s’est proclamé roi de Jérusalem, en toute modestie – y plante son étendard. Reprise par Saladin, elle sera reconquise par Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Akko devient alors le port principal de la Terre sainte. Venus des grandes places de l’Europe, des marchands vénitiens, génois, français et allemands y commercent. C’est à cette époque que la ville prend le nom de St-Jean d’Acre.

avec une partie de ses disciples et y fonde une yeshiva. Il sera rejoint par Nahmanide (Ramban), éminente autorité rabbinique du Moyen-Âge. Depuis Akko que Nahmanide écrira une lettre à son fils, qui restera connue comme "L’épître du Ramban", où il conseille à son fils (qui occupe une fonction officielle en Espagne) de cultiver l’humilité, de fuir l’immoralité, tout en soulignant l’importance des prières quotidiennes. Mais cette toute première Alya des grands esprits du

peuple juif est mise à mal en 1291. Akko est alors prise par les Mamelouks et cela marque la fin du royaume latin de Jérusalem et le début d’une longue présence musulmane, qui culminera avec son annexion dans l’Empire ottoman en 1516.

Napoléon Il faudra attendre Napoléon pour voir le retour d’une présence occidentale Le siège de St Jean d'Acre en 1291

Outre des Chrétiens, des Juifs d’Europe y débarquent : le rabbin Yehiel de Paris, après que 24 charrettes de traités talmudiques eurent été livrées aux flammes en 1242, accoste et s’installe à Akko israelmagazine.co.il

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Le sinistre Fort où les Anglais emprisonnèrent les Juifs pendant le Mandat en Terre sainte. Le 20 mars 1799, après sa victorieuse campagne d’Egypte, le jeune général Bonaparte fait le siège de la ville. Mais les Ottomans résistent, conseillés par Louis de Phélippeaux, un émigré, officier royaliste d’artillerie (et ancien condisciple de Napoléon !) passé aux Anglais. L’arrivée d’une armada de navires turcs qui acheminent 12 000 hommes va précipiter les choses.

Après Bonaparte, les Anglais Quand ils apprennent que les renforts attendus ont été capturés par la flotte britannique devant Haïfa, les troupes françaises décident, le 20 mai 1799, de se replier après huit assauts, faute de vivres et de munitions, tandis que

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la peste se répand parmi les blessés. De ce bref épisode napoléonien, qui marquera longtemps les esprits, il reste toute une ligne de fortifications construite à la hâte par Phélippeaux lors du siège et que l’on peut découvrir aujourd’hui. Admirer la ville depuis le Tel Akko, la "colline Napoléon" – d’où se dévoile une vue magnifique sur la mer – permet de mieux comprendre son importance stratégique. La défaite française marque le début d’une longue collaboration entre l’Empire ottoman et la couronne britannique, qui se poursuivra en dépit de la prise d’Akko par le général égyptien Ibrahim, fils de Mehémet Pacha, en 1832. Et c’est tout naturellement aux Anglais qu’échoit la ville, lorsqu’après la Première Guerre mondiale, on procède au démembrement de l’Empire turc. Durant la Seconde Guerre mondiale, Akko va devenir le

camp de base des forces anglaises luttant contre la Syrie, alors ralliée à Vichy. Dans les années qui ont précédé la proclamation de l’Etat d’Israël, la citadelle se transforme en prison où seront enfermés, jugés et exécutés les "terroristes juifs" de l’Irgoun. Parmi ses plus célèbres prisonniers figurent Vladimir Jabotinsky, l’idéologue de la droite politique israélienne, et Its’hak Shamir, qui deviendra Premier ministre en 1983 et 1986...

Ambiance orientale La richesse de cette histoire plurimillénaire explique pourquoi chaque année Akko reçoit près d’un million de visiteurs. Classée en 2001 comme appartenant au Patrimoine israelmagazine.co.il


mondial de l’humanité, la Vieille ville d’Akko fait la joie des touristes qui visitent ses mosquées, ses khans (caravansérails), ses bains publics. Ambiance garantie où l’Orient affirme sa présence par toute une variété colorée d’étalages de poissons, de pâtisseries, de magasins vendant parfums et épices. Le marché d’Akko propose un étonnant choix de produits authentiques du Moyen-Orient, du poisson frais aux seaux d’épices en passant par les délicieuses pâtisseries et desserts arabes. Les vestiges laissés par les Croisés (de 1104 à 1291) sont pratiquement intacts, comme le fameux "tunnel des Templiers". Long de 150 mètres et découvert en 1994, il permettait de se rendre discrètement du port au palais édifié dans la Citadelle. Les touristes juifs se fraieront un passage dans les ruelles étroites pour visiter la synagogue du Ramhal (Rabbi Moché Luzzato), qui vécut à Akko de 1743 à 1747. On ne se laissera pas impressionner par des musulmans

Akko est classée en 2001 comme appartenant au Patrimoine mondial de l’humanité, qui organisent de temps en temps des prières devant ce lieu de culte juif. Dans la ville moderne, au 13 rue Kaplan, la synagogue tunisienne d’Akko, est unique en son genre : sur 4 étages, tous ses murs recouverts de mosaïques racontent toute l’histoire biblique et contemporaine d’Israël, sa flore, sa faune. Décorée pendant 54 ans par son fondateur Tsion Badash, celui-ci voulut rappeler la synagogue de la Ghriba dans l’île de Djerba, où il avait vécu. suite en page 24

Akko, la synagogue Tunisienne

Les Templiers

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Voici le tunnel des Templiers, un ordre de moines soldats, qui soignaient les malades de Terre Sainte. Ce passage souterrain de 350 mètres reliait la forteresse des Templiers, aujourd’hui disparue et la marina actuelle. Il permettait d’amener les trésors arrivés du port en toute discrétion.

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es Templiers possédaient un ordre militaire monastique, au nom du pape, dont le but était d’aider les pèlerins et les malades venus d’Europe en Terre d’Israël pour visiter les Lieux saints. A leur arrivée, ils se sont installés à Jérusalem, sur le mont du Temple, d’où leur nom de "Templiers", gardiens du temple. Après la conquête de Jérusalem par Saladin en 1187, les Templiers ont élu domicile à Acre, et commencé à construire leur quartier dans la partie sud-ouest de la vile. Sur ces lieux, à l’extrémité ouest du tunnel, fut construite la citadelle principale de l’ordre templier. "La citadelle des Templiers était un des bâtiments les plus imposants de la ville donnant sur la mer. Cette citadelle robuste possédait une entrée protégée par deux tours fortes, dont l’épaisseur des murs atteignait les 8.5 mètres. Deux tours plus petites ont été construites au côté des deux tours fortes ; en haut de chaque tour fut placé un lion doré de la taille d’un taureau." (Selon les dires du Templier vivant à Acre à l’époque du siège de 1291).

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L’exemple de Yaffo Aujourd’hui Akko – 50.000 habitants – est une ville où la mixité religieuse ne fait pas problème. 70 % de la population est juive. En octobre 2008, Akko fit les gros titres de l’actualité quand le comportement d’un automobiliste musulman lors de la fête de Yom Kippour – roulant à tombeau ouvert et autoradio à fond à proximité d’une synagogue – fut perçu comme une provocation, qui déchaîna des heurts entre communautés. Trois jours et quatre nuits, nourris de fausses nouvelles, les médias se chargèrent d’amplifier la crise, alors que tout demeurait calme dans les autres villes "mixtes" d’Israël – Haïfa, Nazareth, Lod, Yaffo. Finalement, pour calmer le jeu, tous – rabbins, imams, élus municipaux – décidèrent de se rencontrer. Les tensions cessèrent et le président Shimon Pérès salua "le haut degré de bonne volonté des deux côtés". Depuis, la majorité des habitants de la Vieille Ville – principal centre d’attraction – qui est musulmane, sont de plus en plus nombreux à jouer la carte du

tourisme. Restaurants, sorties en mer, location de "lofts dans la muraille", le cœur d’Akko semble engagé dans un processus d’embourgeoisement analogue à celui de Yaffo. Des investisseurs américains, qui l’ont

bien compris, retapent de vieilles maisons arabes et dans quelques années, cette petite perle du nord d’Israël pourrait bien devenir l’un des nouveaux lieux branchés d’Israël. n

Ces Francophones qui ont choisi Akko

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avid Benitah raconte : "Je suis monté en Israël il y 25 ans. Après notre mariage à Haïfa, nous avons résidé quelque temps en Samarie, puis nous sommes arrivés à Akko en 2005. Au Moyen-Âge, c’est par le port d’Akko que le Rav Yehiel de Paris, le Ramban puis le Ramhal et d’autres sages et leurs élèves sont entrés en Israël. Cela me parlait. J’avais l’impression de faire partie d’une chaîne. Nous y avons acheté une maison et nous avons vu la ville, qui semblait endormie, se réveiller et se développer. La vie y est beaucoup plus calme et bien moins chère qu’ailleurs. Aujourd’hui il y a une réelle vie juive et sioniste à Akko, avec de bonnes écoles, plusieurs synagogues et une yeshiva."

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NEWS ECO EN BREF Edelstein visite l’usine de caoutchouc de Barkan et souligne l’emploi conjoint israélo-arabe

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ans l’usine Supergum de Barkan, comme dans de nombreuses autres usines, beaucoup de Palestiniens travaillent. "Notre présence" les aide également ", a déclaré le ministre israélien de la Santé, Youli Edelstein. Ce dernier et le chef du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, ont visité une usine de la zone industrielle de Barkan en Judée et Samarie. Cette usine a lancé une nouvelle ligne de production de masques chirurgicaux à commercialiser à la fois aux Israéliens et aux clients à l’étranger. "Les habitants de Judée et de Samarie protègent les citoyens d’Israël et, comme vous le voyez ici, dans cette usine, ils nous protègent également sur le plan de la santé", a déclaré Edelstein. "Viendra le jour où nous appliquerons officiellement la loi israélienne à la Samarie, à la région de Binyamin et à la Judée. En attendant, nous appliquons la souveraineté sur le terrain." Edelstein a insisté sur le fait que "nous devons construire en tout lieu et donner à chaque fille et garçon de Samarie les mêmes droits que les enfants de Tel-Aviv. Nous devons protéger les familles qui sont ici et qui réalisent le sionisme. Nous annexerons par des actes - pas avec des mots, pas avec des annonces, pas avec des promesses. Dans l’usine Supergum de Barkan, comme dans de nombreuses autres usines, beaucoup de Palestiniens travaillent également. Notre présence les aide également. Un État palestinien est un État terroriste, tant pour les citoyens israéliens que pour les citoyens arabes de l’Autorité palestinienne. Tant que je serai au gouvernement, un État palestinien ne sera pas créé", a ajouté Edelstein. Dagan a déclaré que "des centaines de milliers d’Israéliens vivent ici, et personne n’a demandé la permission de déménager au conseiller principal et gendre présidentiel, Jared Kushner. Et c’est ainsi que nous devons faire preuve de souveraineté également.

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Comment 200 entreprises israéliennes faisaient déjà des affaires aux E.A.U.

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vec des sociétés relais et des filiales dans des pays tiers et un vœu de silence sur leurs origines, les fabricants et startups israéliens vendent des biens et des services aux pays du Golfe Persique depuis des années. Israël et les Émirats arabes unis (EAU) n’ont toujours pas de relations diplomatiques officielles, mais, officieusement, une relation financière étendue entre les deux est devenue un secret de polichinelle. Selon l’Association des fabricants d’Israël, environ 200 entreprises israéliennes exportent déjà des produits vers les EAU. Ces entreprises proviennent principalement des domaines de l’équipement médical, des télécommunications et de la sécurité nationale. Le commerce entre les deux pays se fait par l’intermédiaire de filiales de pays tiers, aux États-Unis ou en Europe, ce qui rend difficile d’obtenir une image précise de l’étendue des exportations israéliennes vers les Émirats arabes unis. Les biens exportés sont des produits finis qui ne nécessitent aucun entretien courant - qui ne pourrait être fourni sans liens directs entre les pays - ou qui peuvent être entièrement entretenus par le client, une fois achetés. L’Association des fabricants d’Israël estime qu’il sera plus facile pour les entreprises israéliennes d’exporter directement vers les Émirats arabes unis et elles ne seraient plus dépendantes des sociétés intermédiaires. Ainsi Powering Collective Thinking Ltd., basée à Ramat Gan, travaille avec Dubaï, l’une des sept monarchies constituantes des Émirats arabes unis, sans faire de publicité. Second exemple: Insights. Des responsables à Dubaï ont entendu parler de la société par le biais d’une publication de l’Université de New York et l’ont approchée par des canaux réguliers, a révélé, Gal Alon, fondateur et président d’Insights. Selon Alon, l’entreprise a tout de suite su, rien qu’en regardant l’adresse e-mail de l’expéditeur, qu’elle était approchée par le gouvernement de Dubaï. Dubaï savait que c’était une société israélienne, a déclaré Alon, mais cela n’a tout simplement jamais été abordé. Quiconque examine le site Web d’Insights ne peut pas le manquer car ses clients intègrent des agences gouvernementales israéliennes mais aussi les villes de Tel-Aviv et de Jérusalem, a-t-il expliqué.

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NEWS ECO EN BREF

Un fermier américain utilisant Viridix

Viridix et Talgil s’associent pour offrir aux exploitations une irrigation intelligente de pointe

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iridix, basé en Israël, un d é v e l op p e u r de systèmes d’irrigation de précision, a annoncé qu’il avait conclu un partenariat avec Tal Mor Talgil, un fabricant de contrôleurs d’irrigation professionnels. Le partenariat fournira aux agriculteurs la possibilité d’automatiser les cycles d’irrigation en optimisant les besoins en eau pour chaque culture. Viridix collecte des données relatives aux conditions météorologiques, aux protocoles d’irrigation et aux caractéristiques du sol pour automatiser les opérations agricoles. Son système peut analyser ces données et calculer les besoins en eau requis pour les cultures, économisant ainsi du temps, de l’eau et de l’énergie. Le système de contrôle d’irrigation Talgil fournit à chaque plante la quantité d’eau idéale pour l’aider à s’épanouir. "Viridix et Talgil vont de pair", a déclaré Tal Maor, PDG de Viridix. "Les deux sociétés tirent parti d’une technologie de pointe

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pour produire un impact élevé avec un minimum de tracas, et il est tout à fait logique de créer une offre conjointe qui offre une plus grande valeur que chaque système séparément. Grâce à cette collaboration, nous sommes en mesure de fermer la boucle d’irrigation de précision et d’offrir aux producteurs le niveau avancé d’automatisation dont ils ont besoin pour atteindre leurs objectifs de production de manière efficace et durable. "La collaboration avec Viridix ajoute une autre dimension importante à la valeur que nous apportons à nos clients: les données", a ajouté Yosee Ochman, directeur général adjoint de Talgil. "Désormais, nos clients n’ont plus à calculer manuellement les plans d’irrigation pour différentes parcelles, ni à les ajuster manuellement en fonction des conditions météorologiques changeantes. Viridix fournit des prescriptions d’irrigation précises et très granulaires mises en œuvre sur les parcelles. Les données en temps réel sur le potentiel hydrique du sol aident également à boucler la boucle opérationnelle et à garantir que l’eau aille là où elle devrait. "

Subventions à la poste

6100 citoyens israéliens ont reçu un chèque de 750 shekels correspondant à l’aide pour chaque citoyen dans les agences de la poste. Le 23 août 2020, 100000 Israéliens sont allés a la poste, plus 20% que d’habitude que les jours de réception de pensions. 359000 personnes n’avaient pas reçu cette subvention car ils étaient inconnus du Bitouah leoumi, la plupart à Jérusalem. 5.675000 personnes ont déjà reçu cette subvention, ce qui correspond à 6.3 milliards de shekels. israelmagazine.co.il

L’Autorité israélienne de l’innovation reçoit une augmentation budgétaire de 114 millions de dollars

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e bras d’investissement technologique du gouvernement affirme que les subventions aux startups en difficulté se sont révélées les plus efficaces pour aider les entreprises technologiques en début de croissance à survivre à la crise de Covid-19. L’Autorité israélienne de l’innovation, qui sert de bras d’investissement technologique du gouvernement, s’est vu allouer 390 millions de shekels supplémentaires (114 millions de dollars) en plus de son budget habituel pour augmenter les investissements dans les startups à croissance précoce au milieu de la crise du coronavirus (Covid-19). Les nouveaux fonds permettront à l’IIA de prolonger sa date limite de demande de subventions accélérées jusqu’au 19 novembre 2020. L’injection de liquidités porte le budget total de l’IIA en 2020 à 2,25 milliards de shekels (660 millions de dollars) contre 1,7 milliard de dollars (500 millions de dollars) en 2019. À ce jour, l’IIA a reçu 250 demandes de financement accéléré et en a approuvé 142. L’Autorité soutient donc des entreprises qui ont de bonnes chances de surmonter la crise mais qui rencontrent actuellement des difficultés pour lever des fonds ou réaliser des ventes. Les subventions d’investissement de l’IIA permettent aux entreprises de se maintenir la tête hors de l’eau tout au long de la crise, et de continuer à servir de principal moteur de croissance d’Israël alors qu’il cherche à sortir de la crise. ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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Le Corona à Méa Shearim Par Odile Solnika

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e ministère de la Santé israélien, en mars 2020, a mis du temps pour reconnaître le danger et convaincre les dirigeants de la communauté juive ultra-orthodoxe de changer leur comportement. Les résidents de Méa Shearim vivent dans une enclave, et pour la majorité d’entre eux, n’ont pas accès à Internet. Sans télévision, ils n’ont pas pu découvrir les vidéos sur la contamination du Corona en Italie et en Chine. Ils n’ont pas saisi l’importance de cette crise sanitaire et n’ont pas vraiment cru les autorités gouvernementales.

A Méa Shearim, vous vous immergez dans un shtetl de la Russie du XIXème siècle, déconnecté de la vie moderne. La télévision et les médias traditionnels y sont bannis. Le message concernant le danger de la contamination du Corona n’a pas été transmis en temps réel dans ce secteur de la ville de Jérusalem. 34 | ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020

Selon les propos de Binyamine Cohen, qui tient une boutique au 6, rue Méa Shearim, "au début, l’information n’a pas été transmise durant presque trois semaines. D’abord ici, ils n’ont pas de médias et ils ne les croient pas trop. Ils n’écoutent pas les informations." Dans ce quartier construit en 1874, on refuse l’autorité de l’Etat d’Israël. Des affiches murales sont placardées régulièrement sur les murs du quartier comme uniques outils de communication. Pour la plupart des habitants, l’Etat d’Israël n’est pas légitime car seul le Messie est en droit de recréer le royaume d’Israël. Ils sont retranchés dans leur vie de quartier sans chercher à connaître ce qu’il se passe à l’extérieur. Une visite à Méa Shearim est comme une plongée dans l’univers de Bashevis Singer et dans les magasins, les gens conversent en yiddish. L’hébreu est réservé aux textes sacrés. Nous sommes catapultés dans un shtetl du fond de la Russie ou de la Pologne du XIXème israelmagazine.co.il


siècle ; le temps s’est figé, et au milieu de ce ballet de schtrammels, dans ces synagogues diverses, nous pouvions pour un instant, tendre la main à nos ancêtres ashkénazes. La majorité des hommes consacrent leur vie à l’étude de la Torah.

Les rabbins, vecteur de communication à la place des médias Selon Binyamine Cohen, "ils ont leurs rabbins qu’ils écoutent. Ces derniers n’ont pas été informés à temps ; on leur dit de mettre les masques, ils les ont porté ; si on leur demande de ne pas les porter, ils ne les porteront pas. Les rabbins ont eu l’information entre deux semaines et un mois après que le Covid 19 se soit déclaré dans tout le pays." Selon Israël, 23 ans, résident de Méa Shearim, "durant plusieurs heures et pendant quelques jours, nous avons aussi entendu des haut-parleurs branchés sur des voitures qui circulaient dans les rues, en nous demandant de faire attention au Corona. Il y avait une combinaison des instructions du ministère de la Santé et les recommandations de rabbins."L’étude de la Torah est si fondamentale pour eux, que la plupart des Juifs ultra-orthodoxes de ce quartier ne veulent surtout pas être déconcentrés par la vie moderne durant leurs études. Israël, dont le père enseigne dans une Yeshivah donne son point de vue à Israël Magazine. Est-ce que les rabbins de Méa Shearim communiquent avec les autorités gouvernementales en cas d’urgence ? "Oui. Mais quand on leur demande tout à coup de fermer toutes les Yeshivot, ils deviennent suspicieux. Et ils ne veulent pas trop écouter et pensent que ce n’est pas forcément pour des raisons de crise sanitaire. Ils ne comprennent pas. Au début de la pandémie, certains n’ont pas voulu fermer les études de Torah parce israelmagazine.co.il

Binyamine Cohen dans sa boutique

Une visite à Méa Shearim est comme une plongée dans l’univers de Bashevis Singer et dans les magasins, les gens conversent en yiddish. L’hébreu est réservé aux textes sacrés.

ouvertes malgré les instructions gouvernementales de les fermer durant la pandémie. De manière générale, elles ne sont pas seulement des endroits de prières. Selon Israël, "à Méa Shearim, elles sont le centre de la vie sociale. En effet, les cafés, les restaurants, les cinémas, n’existent pas dans ce quartier. Par conséquent, les synagogues représentent le seul lieu où il soit possible de se rencontrer. Tous les deux jours, chacun est invité à se rendre à une fête, à un mariage, à une bar mitsvah, à un cours, parce que c’est une grande communauté religieuse."

que l’étude de la Torah est fondamentale, cruciale. Des rabbins pensaient que cette pandémie n’était pas si sévère. La plupart des Orthodoxes pensent que la Torah les protège et nous ne pouvons pas les empêcher de continuer à étudier les textes. Je peux faire un parallèle avec les interdictions d’étudier pour les Juifs religieux dans les yeshivot en Russie durant la période stalinienne et celle du KGB. Mon grand père était activiste et encourageait à étudier malgré ces interdictions. Les Juifs ultra-orthodoxes sont d’ailleurs méfiants à l’égard des médias. Ils vivent en dehors du temps comme ils vivaient dans des shtetls". Des synagogues sont restées

Ont-ils établi une la distanciation sociale pendant les mariages et funérailles ? Israël : "Ils n’ont pas vraiment changé leurs habitudes. Certains portaient des masques et d’autres, non. C’est très difficile parce que pendant les fêtes, il est très compliqué de leur demander de réduire le nombre d’invités, de modifier leurs habitudes." Dans les ruelles de Méa Shearim, nous pouvons aussi observer que le port du masque obligatoire est respecté par certains et ignoré par d’autres. Mais le 17 mars, en début de confinement et de distanciation, 150 hommes ont célébré un mariage à Beth Shemesh au mépris des règles de base. ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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Interpellations policièrs musclées à Mea Shearim

Des interpellations policières musclées

d’Israël, dans une bulle atemporelle, en déconnection avec le monde extérieur.

En avril 2020, des barrages routiers de la police ont été imposés autour de Méa Shearim, afin de contenir la propagation du Covid 19. Les policiers ont accentué les contrôles en recevant des jets de pierre de dizaines de manifestants. Selon Binyamine Cohen, "les torts sont partagés. Les policiers étaient trop agressifs et en face, les extrémistes ont essayé de déchaîner la population. Les Netourei Karta, à Méa Sharim, représentent une petite minorité, soit moins de 10% des habitants. Les Juifs ultra-orthodoxes en général sont calmes, ne sont pas violents, et ne veulent pas se battre. Quand il y a des violences, cela ne concerne que ceux qui appartiennent à Netourei Karta." Selon lui, "bien qu’ils aient suivi les instructions des rabbins, les médias n’auraient montré que les comportements violents concernant ces extrémistes. Je ne suis pas d’accord. C’est de la désinformation ; on s’est focalisé sur ces ultra-orthodoxes. Il y a effectivement quelques extrémistes parmi les juifs ultraorthodoxes. Mais ce n’est pas la majorité. Tout ceci a été monté en épingle." Des groupes se considérant comme antisionistes à Méa Shearim, n’adhèrent pas à la violence. Leur principale préoccupation est d’étudier la Torah. Les Juifs ultra-orthodoxes de ce quartier vivent en autarcie, détachés de l’Etat

Des groupes se considérant comme antisionistes à Méa Shearim, n’adhèrent pas à la violence. Leur principale préoccupation est d’étudier la Torah

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La propagation choquante du Covid 19 à Méa Shéarim Binyamine Cohen précise que suite aux instructions gouvernementales de fermer tous les commerces dans le quartier pour cause de crise sanitaire durant deux mois consécutifs, il a ensuite perdu 70 % de sa clientèle, faute de touristes étrangers cette année. Dans une autre boutique de souvenirs de la ruelle de Méa Shearim, le gérant se plaint d’avoir perdu 90 % de ses clients venant de l’étranger. Suite à l’obligation de fermeture pour des raisons sanitaires entre le courant du mois de mars 2020 et Lag Baomer, certains commerces de

la rue de Méa Shearim autour du Kikar Chabbat ont fait faillite, car ils n’ont pas pu continuer à payer leurs loyers élevés, faute de revenus. Rappelons ce chiffre stupéfiant : une personne sur deux hospitalisée pour coronavirus est ultra-orthodoxe alors que la communauté représente 10% de la population totale. Ils vivent dans des appartements petits et surpeuplés. Le ministère de la Santé israélien a révèlé que seulement 35 personnes avaient été contaminées au début du mois d’avril 2020 dans ce quartier et que seulement 17 personnes avaient contracté le Corona courant juillet 2020. Qui croire ?

Foyer infectieux ou pas ? Les Juifs ultra-orthodoxes de Méa Shearim dédient leurs vies à l’étude de la Torah. Pour se protéger de toute influence moderne, ils n’ont pas accès aux médias traditionnels. Ils ont ainsi été très surpris par le Covid 19. Ils ont ensuite décidé de suivre les consignes sanitaires des rabbins. Beaucoup de médias ont mis en accusation ce quartier comme foyer infectieux. Or, les chiffres du ministère de la Santé Israélien ne révèlent pas un fort taux de contamination du Covid 19 à Méa Shearim, en comparaison avec d’autres secteurs de la ville de Jérusalem.n israelmagazine.co.il


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LA COVID, UNE OPPORTUNITÉ POUR ISRAËL économique et sociétal La vente des F5 aux Emirats a nui quelque peu à l’accord historique et a compliqué la vie quotidienne des Israéliens, pas franchement souriante aujourd’hui Photo GPO

par Frank Khalifa

On entend un discours récurrent chez la plupart des économistes martelant les esprits déjà en proie aux données macabres de ce satané virus. Les perspectives économiques sombres depuis le début du confinement annoncent une récession sans précédent depuis le krach boursier de 1929.

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et du télétravail, dans le secteur public e toute évidence, Israël doit repenser israélien mais, cela ne suffira pas à juguler son système économique et sociétal! le choc économique. En effet, nonobstant Quid du jeune ménage et du retraité ? les premiers balbutiements de son Quid du petit entrepreneur ? (97% des secteur gazier, un déficit structurel en entreprises en Israël sont des PME). Ceuxinfrastructures et un dualisme social qui ci, soudainement privés de leur mobilité, se creuse, Israël dispose de fondamentaux ont pris en pleine face la crise sanitaire et économiques exceptionnels qui devraient économique. Bien évidemment, dès le 18 entraîner un vrai rebond pour l’année mars 2020, le digital s’est montré un allié Lastaille, vegas au , le début de de la déroute des investissements de Tshouva de Dankner 2021 selon etles experts. Le modèle de travers la visioconférence

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économique israélien repose largement sur la performance de son innovation, forte de 7000 start-ups actives et de 350 centres de R&D, qui représente 9% des emplois, 13% du PIB (PIB par tête de l’ordre de 42000 USD en 2019) et près de 50% des flux de biens et services. La Banque centrale israélienne (BOI), dont les taux directeurs sont historiquement bas (taux de base à 0,1%) mise ainsi sur un rebond de son israelmagazine.co.il


Ainsi, le leadership israélien bâti sur un modèle sécuritaire absolument nécessaire a certainement une lacune en matière de vision sociétale chez ses dirigeants toutes tendances politiques confondues. PIB de 6,8% en 2021 et le FMI prévoit un taux de croissance du PIB de 5%. Le taux de chômage retrouverait son niveau précrise en 2022 c’est-à-dire une situation de quasi-plein emploi autour de 6% de la population active. Avec la crise sanitaire, le taux de chômage était passé de 3,6% en janvier 2020 à 27% mais le FMI prévoit un taux de chômage de 12% en 2020 et de 7,6% en 2021. La BOI, plus optimiste, estime que le taux de chômage ne reviendra à son niveau de janvier 2020 qu’à la fin de l’année 2021.

Des Chocs exogènes Cependant, notre analyse ne serait pas objective si elle ne mentionnait pas trois écueils de taille, à savoir, un choc exogène lié à un conflit militaire soudain et surtout, l’inertie de son administration tout comme l’instabilité politico-électorale. Et, c’est sur ce dernier point que le bât blesse puisque les mesures effectives se font fait attendre provoquant l’ire de la rue israélienne. Pourtant, le gouvernement Netanyahou a pris les bonnes décisions. Israël a effectué la plus grande levée de fonds de son histoire, avec près de 90 milliards de shekels (NIS) (soit environ 23 milliards d’euros) par émission de bons du Trésor et emprunts sur les marchés asiatiques, pour relancer son économie. Les marchés financiers ne s’en sont pas émus puisque les souscriptions étaient largement au rendezvous. Les agences de notation continuent à israelmagazine.co.il

faire confiance dans la capacité d’Israël à surmonter rapidement la crise du Covid19. Le plan de relance, avec près de 11% de déficit budgétaire qui, contrairement aux analyses classiques, ne devrait pas peser sur les finances publiques compte tenu du dynamisme du modèle économique israélien. Il a déjà consacré plus de 11 milliards de shekels (environ 3 milliards d’euros) pour la consolidation de son système de santé, 20 milliards de shekels (5 milliards d’euros) et 41 milliards de shekels (10 milliards d’euros) respectivement pour les nouveaux demandeurs d’emploi et en direction des jeunes entrepreneurs. Mais, la crise sanitaire oblige Israël à repenser le modèle économique afin de trouver de nouvelles voies de la croissance car une injection de deniers publics sans effet multiplicateur du fait d’une crise de confiance voire de défiance peut entraîner un effet de massue en lieu et place de l’effet d’accélérateur attendu pour la croissance. Quelles sont ces nouvelles voies ? Tout d’abord, la Méditerranée est la première zone touristique du monde avec près de 400 millions de touristes. Il est urgent pour Israël de renforcer et de différencier son offre touristique par la promotion de l’événementiel et par des déréglementations et incitations fiscales afin de soulager le tourisme et le transport, tout en assurant la protection et la confiance des consommateurs. Il s’agit donc ici d’une mesure de politique structurelle contrairement à la relance de nature conjoncturelle.

Un Capitalisme éthique ! Deuxièmement, avec 1,8 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (soit 1 personne sur 5 pour une population totale de 9 millions), il est impensable pour la "start-up nation" de laisser sur le carreau tant de personnes. Il y a ici un moyen de redistribution intelligente des richesses en direction des plus démunis. Souvenonsnous du miracle brésilien occasionné par Lula au Brésil par la redistribution d’une petite allocation aux plus démunis ! Et puis, pour les férus d’économie, rappelons que le capitalisme dans son essence était porteur d’éthique : "ce n’est que dans la vue d’un profit qu’un homme emploie son capital... en cela, il est conduit par une main invisible, à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions...Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler" (Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776). Ainsi, le leadership israélien bâti sur un modèle sécuritaire absolument nécessaire a certainement une lacune en matière de vision sociétale chez ses dirigeants toutes tendances politiques confondues. Troisièmement, le secteur agro-alimentaire et de la grande distribution en Israël doit orienter ses filières dans une voie de développement durable avec l’appui de la R&D afin de créer les emplois de demain. Quatrièmement, l’économie sociale et solidaire (ESS) regroupant les entreprises et organisations (coopératives, fonds d’investissement participatif, associations, mutuelles ou fondations) qui cherchent à concilier activité économique et ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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La Méditerranée est la première zone touristique du monde avec près de 400 millions de touristes. utilité sociale, est une occasion unique de repenser le pacte social durement éprouvé par l’instabilité politique et la crise sanitaire et économique en Israël. A ce titre, et pour coller à l’actualité, une ONG israélienne vient de lancer un "crowdfunding" (financement participatif via une plateforme internet) appelé "human warmth" pour apporter de l’aide au Liban via une campagne de communication, même si pour le moment, les deux pays sont "techniquement" en guerre. Cette initiative a été saluée par la presse internationale et ne manquera pas de faire des émules sur le plan externe en termes d’image, et en

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interne, en termes de créations d’emplois notamment en direction des personnes âgées placées en maisons de retraite qui font également l’objet d’un engouement pour le financement participatif. Cinquièmement, Israël, déjà en pointe dans le modèle de l’économie circulaire va se heurter, avec la crise sanitaire, au problème du jetable qui vient constituer un obstacle

au recyclage. Il s’agit là d’une véritable gageure pour les perspectives de créations d’emplois de l’ingénierie circulaire en Israël. Bien évidemment, la liste des solutions qui s’offre à Israël pour repenser son système de modèle économique et sociétal n’est pas exhaustive mais, il y a ici des sentiers de croissance endogène très prometteurs. Wait and see... n

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par Noémie Grynberg

Autrefois, dans les villes d’Israël volaient des faucons rouges et des chacals hurlaient. La nuit dans le Néguev, on pouvait voir des caracals et des chats des sables. Les vautours planaient, les loups rodaient sur de vastes régions du sud et de Galilée et les marais dissimulaient des crapauds verts. Mais aujourd’hui, l’urbanisation du pays fait que cette faune sauvage variée a presque disparue. Heureusement, on trouve encore sous les pierres des geckos et des scorpions. Quant aux hérissons, renards, lapins, lièvres, sangliers et hérons, ils peuplent toujours discrètement les paysages de la Terre promise.

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Caracal (Caracal caracal).

A la Découverte de la Faune sauvage d’Israël M

algré l’extension des villes, la nature sauvage du pays subsiste en partie. En la protégeant, il est possible de continuer à admirer la faune errant librement dans son environnement originel. Des félins aux scorpions et crapauds bizarres, Israël abrite un éventail d’animaux sauvages dont voici quelques spécimens intéressants. A vous de les découvrir lors de vos escapades à travers la contrée.

1/ Gazelle des montagnes de Palestine (Gazella gazella). Si vous avez déjà fait de la randonnée en Israël, vous avez probablement rencontré un ou deux de ces ruminants. Ici depuis longtemps, ils sont même mentionnés dans la Bible. Les gazelles des montagnes vivent en communauté, principalement dans les déserts de Judée et du Néguev. Créatures plutôt délicates, avec des pattes minces et de petites israelmagazine.co.il


dans leur élément et la fourrure sur leurs pieds les protège du terrain chaud. Aucun chat des sables n’a été repéré ces dernières années en Israël, ce qui indique peut-être qu’ils ont disparu de la région, possiblement poussés hors de leur milieu par les renards.

4/ Caracal (Caracal caracal).

La Gazelle des montagnes de Palestine (Gazella gazella). cornes, leur apparence est trompeuse : super rapides, ces petites antilopes peuvent sprinter jusqu’à 80 km/h.

Petite gerboise égyptienne (Jaculus jaculus).

2/ Petite gerboise égyptienne (Jaculus jaculus). Kangourou, gerbille ? Ce petit rongeur sautillant habite dans le désert. Animal nocturne et solitaire, il possède d’incroyables sens de l’odorat, de la vue et de l’ouïe, ce qui l’alerte de tout ce qui se passe dans son environnement. Il a également de longues pattes semblables à celles des kangourous qui lui permettent de bondir et de parcourir de grandes distances à la recherche de nourriture. En Israël, les gerboises égyptiennes se raréfient parce que la israelmagazine.co.il

construction détruit leur habitat naturel et que les chats vivant à la périphérie des villes les chassent, ce qui en fait une espèce protégée.

Cette belle espèce féline sauvage peuple les hauteurs du Golan jusqu’à la mer Morte. Leur nombre semblent avoir augmenté au fil des ans. Les caracals vivent généralement seuls mais ont également été aperçus en petits groupes. Ils s’avèrent des grimpeurs d’arbres experts et chassent surtout les lièvres et les perdrix. Bien qu’ils ne soient pas en danger d’extinction, ils sont considérés comme vulnérables, c’est pourquoi il est illégal de les tuer, comme cela arrive parfois ailleurs dans le monde, par des braconniers pour leur viande et leur peau ou par les agriculteurs pour protéger leur bétail.

Chat des sables (Felis margarita).

3/ Chat des sables (Felis margarita). Ce qui ressemble à un chaton moelleux se révèle en fait un animal complètement sauvage, à l’aise dans les dunes de sable et les déserts pierreux. Beaucoup plus petits que leurs cousins domestiques, ces petits fauves sont des animaux solitaires et nocturnes qui passent leurs journées à se cacher. Ils sortent la nuit pour chasser leurs proies, notamment des rongeurs, des insectes et des lézards. Leur pelage pâle et sablonneux les aide à se fondre

Léopard d’Arabie (Panthera pardus nimr).

5/ Léopard d’Arabie (Panthera pardus nimr). Sorte de légende en Israël, ce carnassier reste le graal des promeneurs tentant l’impossible pour le repérer. Pourtant, malheureusement, les chances de tomber sur ce spécimen sont incroyablement minces car il est au bord de l’extinction. Si toutefois par miracle vous en rencontrez un, vous pourrez le reconnaître à sa petite ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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exorbités, cet amphibien a été enregistré pour la première fois en Israël à la fin du XIXe siècle. Au fil des décennies, son nombre a diminué. De nos jours, il ne reste que quelques centaines d’individus. Selon la Société pour la protection de la nature en Israël, leur préservation pourrait être facilitée en les protégeant du drainage et de la pollution ainsi qu’en créant des piscines artificielles. Comme beaucoup de leurs compagnons sauvages, ces crapauds sont des animaux nocturnes qui chassent la nuit et passent les journées torrides au fond d’un terrier, parfois même estivant (équivalent de l’hibernation pour l’été).

Renard roux (Vulpes vulpes) taille, sa longue queue, son pelage jaune pâle et ses taches noires (seul type de léopard à vivre en Israël). Et rassurez-vous: les léopards ne mangent pas d’humains mais plutôt des proies beaucoup plus petites telles que les lièvres, les rongeurs et autres petits animaux.

6/ Putois marbré (Vormela peregusna). À ne pas confondre avec la mouffette (même s’il dégage aussi une forte odeur lorsqu’il est menacé), ce mammifère s’avère un petit chasseur avec une mauvaise vue mais un bon odorat. En Israël, il a été repéré pour la première fois au début du XXe siècle dans les régions de Jérusalem et de la mer Morte. Depuis, le mustélidé a migré plus au sud dans le désert, probablement à la suite de l’extension de l’agriculture dans ces régions autrefois arides. Le nombre de putois marbrés en Israël reste inconnu. Ils demeurent difficiles à piéger ou à observer dans leur habitat naturel. Ne dormant pas deux fois au même endroit, chaque nuit ces félins partent à la recherche d’un nouveau lieu où se reposer.

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7/ Renard roux (Vulpes vulpes) L’habitat préféré de cet omnivore est les montagnes, les oueds et les terres agricoles. Il vit principalement dans les régions nord et centre du pays, rarement dans les zones désertiques ou alors à proximité des aires humaines. Le renard est actif la nuit ou tôt le matin ; pendant la journée il se cache dans des terriers. L’endroit recommandé pour le voir : le Moshav Almagor, au nord du lac de Tibériade, mais aussi récemment à Ashkelon.

8/ Salamandre de feu du Proche-Orient (Salamandra infraimmaculata). Considérée comme une espèce en voie de disparition et protégée, elle vit dans les régions du Carmel et de Galilée. L’animal a besoin d’un environnement humide pour grandir et prospérer. Ces reptiles noirs à taches jaunes ou oranges sur le dos se nourrissent de petits insectes. Deux glandes à venin à l’arrière de leur cou émettent du poison.

9/ Crapaud syrien (Pelobates syriacus). Dodu, brillant, avec de grands yeux

10/ Grenouille peinte du Hula (Latonia nigriventer). Cette espèce était considérée comme éteinte lorsque les marais ont été asséchés dans les années 1950. En 2011 cependant, un garde-forestier est tombé sur une grenouille peinte du Hula. Actuellement en danger critique d’extinction, on estime que quelques centaines résident encore dans leur environnement d’origine.

11/ Scorpion aveugle (Akrav israchanani). Celui-ci ne parcourt plus la Terre Sainte. Mais en 2006, des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont trouvé huit espèces anciennes totalement inconnues et préservées à l’intérieur de la grotte d’Ayalon (près de Ramleh), parmi lesquelles un scorpion aveugle, malheureusement mort. Toutefois ses contemporains sont peut-être en train de se cacher dans les sombres profondeurs. On a également trouvé des crustacés d’eau de mer et d’eau douce ainsi que d’autres espèces terrestres qui étaient toutes apparentées mais distinctes des créatures modernes.n Noémie Grynberg israelmagazine.co.il


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NETFLIX par Yehouda Bethléem

Rustom R

ustom est un film indien écrit par Vipu. K Rawal et réalisé par Tinu Suresh Desai avec Akshay Kumar et Ileana d’Cruz dans les rôles principaux. Il est basé sur la vie de l’officier de marine K. M. Nanavati. Le tournage du film a commencé en février 2016 et la sortie mondiale eut lieu le 12 août 2016. L’affaire Nanavati a été un tournant dans le système judiciaire indien puisqu’en 1959, ce fut le dernier procès avec un jury, en raison de l’immense soutien que l’accusé reçut du peuple. Je ne sais pas comment je suis tombé sur ce film indien, moi qui les fuyais, ne pouvant pas croire que les deux cultures pouvaient s’harmoniser. Et pourtant, je n’ai pas décollé du film jusqu’à la fin, un film qui dure toutefois 2h20. J’ai découvert un autre cinéma, sympathique, superbement filmé, tout en couleurs et en décors invraisemblables, avec ce qui ne gâte rien, des femmes plus jolies, les unes que les autres.

Histoire de gros sous et de sous-marins

Nous sommes ainsi dans l’Inde d’après la décolonisation, et ce qui frappe d’emblée, c’est la richesse apparente, en l’occurrence de Bombay. L’Inde, ainsi, ce n’était pas seulement les bidonvilles de Dehli et les vaches sacrées qui déambulent dans les rues. En 1959, l’officier de marine indienne, Parsi

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Rustom Pavri (Akshay Kumar), parti souvent en mission au large, est marié à Cynthia Pavri (Ileana D’Cruz). Cet homme d’honneur et de discipline, envoyé en Angleterre sur un navire de guerre, est impatient de rentrer chez lui pour retrouver sa jeune épouse Cynthia ; mais leur mariage éclate soudainement et va virer au cauchemar, lorsque Rustom découvre la liaison de sa femme avec son ami Vikram Makhija (Arjan Bajwa) un homme d’affaires influent et manipulateur. Rustom prend alors un pistolet dans l’armurerie du navire et appelle le secrétaire à la Défense, Bakshi, au siège à New Delhi. Ensuite, il part armé, le cœur brisé et meurtri, à la recherche de Vikram, l’amant de Cynthia, d’abord dans son bureau, puis chez lui. Rustom retrouve Vikram dans sa chambre puis le serviteur de Vikram, entendra trois coups de feu. Il se précipite dans la pièce, pour découvrir le corps de Vikram dans une mare de sang. Rustom s’éloigne, le pistolet à la main. Impassible, Rustom se rend lui-même auprès des forces de l’ordre, avouant son crime et l’inspecteur Vincent Lobo (Pavan Malhotra, excellent acteur) lance l’enquête. Le film retrace le procès de ce militaire qui reçoit le soutien de la presse (les jurés reçoivent des exemplaires gratuits du journal faisant des révélations discréditant Vikram), des jurés, mais aussi de la communauté perse d’Inde dont Rustom est issu. Chaque audience fait l’objet d’un événement avec une foule en délire qui a pris son parti. L’officier assurera lui-même sa défense, une défense aussi malhabile qu’intelligente. Je ne vous raconterai plus rien mais il y a dans le scenario des rebondissements assez extraordinaires mais réels puisque le film, disais-je, retrace la vie d’un véritable officier de marine, KM Nanavati. La vérité n’est pas là où on l’attend. Les véritables motivations de l’amant ne seront pas celles que l’on espère d’un homme amoureux israelmagazine.co.il


NETFLIX et la détresse d’une femme laissée seule pendant des mois à la merci du premier charlatan, est à prendre en considération. Cela en fait un film très attachant, sous-titré en français, avec une bande-son agréable, un film possédant un sens de la narration (et des acteurs formidables et presque caricaturaux) que l’on a peut-être perdu en Occident. Dépaysant. Mais en regardant le film, on ne peut pas ne pas penser (vous comprendrez pourquoi) à la terrible bataille judiciaire israélienne concernant l’achat de sous-marins allemands commandés par Israël et pour laquelle on voudrait incriminer absolument notre Premier ministre. A voir sans attendre.

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Broadchuch

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roadchurch est une série télévisée britannique créée par Chris Chibnall. Broadchurch, petite ville côtière du comté de Dorset, et ses désormais célèbres falaises, ses inspecteurs teigneux mais qui souffrent chacun de leurs terreurs personnelles mais qui doivent évoluer dans une communauté ou tout le monde se connaît. L’acteur anglais David Tenant, qui joue le rôle de l’inspecteur principal Alex Hardy, fait ainsi partie, parait-il, des cinq meilleurs artistes et comédiens anglais, les scénarios sont bien ficelés pour cette série difficile mais qui s’attarde sur les douleurs humaines. Un bon moment pour cette série qui comporte trois saisons. A voir aussi sans tarder. La première saison parlait du meurtre d’un enfant, la seconde du procès du meurtrier qui est en fait un ami de la famille. La troisième évoque le viol incroyable d’une femme, la cinquantaine, pendant une soirée qui réunit des amis. Des cas extrêmes qui entraînent des agissements extrêmes pour des personnages extrêmes. YB

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par Robert Bendenoun

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avid Ben Gourion, Premier ministre de l’Etat d’Israël fraîchement créé, dans son discours proclamant l’Indépendance, le 14 mai 1948 : "C’est là le droit naturel du peuple juif de mener, comme le font toutes les autres nations, une existence indépendante dans son État souverain... Nous tendons notre main en signe de paix et de bon voisinage à tous les États qui nous entourent et à leurs peuples, et nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’Etat d’Israël est prêt à apporter sa contribution au progrès du Proche-Orient dans son ensemble." Toute l’ambiguïté est là: comment le peuple juif peut-il demeurer souverain sur toute sa terre, sans rechercher à s’insérer de façon harmonieuse dans un Moyen-Orient habitué aux drames ? 48 | ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020

Des Accords de paix

pour un Etat souverain Les Emirats arabes unis et la controverse en Israël L’Accord de normalisation des relations

Le 13 août dernier, créant la surprise, Benjamin Netanyahou et Donald Trump ont annoncé la signature d’un traité de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis (EAU). Les deux dirigeants, et le cheikh Mohammed Ben Zayed, ont confirmé ensuite cet accord. L’accord "historique" prévoit l’ouverture de représentations diplomatiques, la mise en place de liaisons aériennes, la signature d’accords de coopération dans différents

domaines (économiques, culturels, scientifiques, énergétiques, écologiques militaires...). Il s’agit en effet depuis 1994, du premier rapprochement pacifique entre Israël et un pays arabe, qui selon ses auteurs, devrait entraîner d’autres Etats à se joindre à cette nouvelle galaxie procheorientale (Bahreïn, Oman, Maroc, Arabie Saoudite, Soudan.). Mais selon Trump, la contrepartie israélienne sera de "renoncer" au projet d’extension de la souveraineté israélienne sur la Vallée du Jourdain et les localités juives de Judée-Samarie, de le geler ou de le reporter, comme semble le signifier Benjamin Netanyahou. Cet accord vient israelmagazine.co.il


Perdre son âme pour emplir une tirelire est une chose, hypothéquer l’avenir et perdre son indépendance en est une autre

se superposer et prendre la place du Deal du siècle proclamé par l’administration Trump, qualifié d’"historique". Le journaliste Shlomo Piotrkowski, "..Il faut d’abord comprendre que l’accord du siècle est perçu dans l’administration américaine d’une manière différente de ce qu’il est perçu en Israël. Pour nous, en Israël, la discussion de l’Accord du siècle tournait principalement autour de la question de la souveraineté. Le président américain et son peuple, à l’exception de l’ambassadeur David Friedman, ne sont pas tellement intéressés par la souveraineté, c’était un moyen et une fin, des carottes pour les Israéliens et un bâton pour les Palestiniens.".

Le Prix à payer

Cet accord met fin à l’isolement d’Israël dans le concert des nations arabes, lui ouvre des portes et des marchés indispensables, mais ce qu’il est encore difficile de percevoir, outre un sentiment de trahison pour les habitants de Judée-Samarie, c’est le montant du prix à payer. israelmagazine.co.il

Jamais dans le passé l’Etat d’Israël et son dirigeant n’ont été à ce point inféodés au géant américain, et lui être quelque peu soumis pour toute décision importante. Yared Kushner, l’un des principaux artisans de cet accord n’a pas cherché à en dissimuler la portée : "J’espère que le fait qu’Israël abandonne pour l’instant l’idée de la souveraineté permettra aux Palestiniens de revenir à la table des négociations". S’il s’agissait de créer un pôle antagoniste à celui de l’Iran, fallait-il le relier au principe d’extension de la souveraineté tel que défini par le candidat Netanyahou dans toutes ses interventions. C’est ce qu’a fait pourtant le ministre des Affaires étrangères émirati, Anwar Gargash, en répondant aux questions du Figaro : "Avec les plans israéliens d’annexer une partie de la Cisjordanie et les tensions dans la région qui s’accroissent, nous estimions que le temps pressait. C’était l’occasion de changer la dynamique déstabilisatrice. L’accord de paix des Émirats arabes unis avec Israël est une "solution gagnant-gagnant" qui élimine la "menace imminente" d’annexion en Cisjordanie qui saperait toute perspective de solution à deux États" Signer les yeux fermés n’est pas le gage d’une maîtrise de situation. Les Emirati l’ont compris, et leur ambassadeur à Washington, Yousef Al-Otaiba, a affirmé que son pays "restait un ardent partisan du peuple palestinien qui a droit à "sa dignité, ses droits et à son propre Etat souverain". L’homme d’affaires Haïm Saban, soutien du Parti démocrate, intermédiaire entre Israël et les Emirats arabes unis durant la concrétisation de cet accord, a rivé le clou de ceux qui déjà s’empressent de réserver leurs billets pour Dubaï ou Abou Dhabi: "La souveraineté n’a pas été reportée mais annulée. Les débats autour du sujet de la

souveraineté ont permis de couvrir ce qui se préparait depuis plus d’un an. Je riais lorsque j’entendais ceux qui parlaient d’une ‘occasion unique qu’il ne fallait pas rater’. J’ai toujours dit que cela ne se produira jamais". On ne peut être plus clair. "C’est à moi que revient le grand privilège d’établir le troisième accord de paix entre Israël et un Etat arabe... C’est la seule vision viable de la paix." a déclaré Benjamin Netanyahou, laissant sans voix ceux qui avaient espéré en ses promesses.

Les Réactions ne se sont pas fait attendre

Les réactions positives : Yariv Levin, président de la Knesset : "Cet accord est un succès diplomatique historique... la paix dans une position de force, une réelle volonté des deux côtés, une paix qui n’est pas conditionnée par une capitulation face aux Palestiniens et des concessions sur des territoires de notre patrimoine historique. L’intelligence politique nous commandait d’accepter avec compréhension la demande du Premier ministre de suspendre la question de la souveraineté". Benny Gantz, ministre de la Défense : "Cet accord aura inévitablement des retombées positives pour l’avenir du Proche-Orient et sur la position d’Israël dans le monde et au Moyen-Orient..." Yaïr Lapid (Yesh Atid), chef de l’opposition : "C’est la meilleure preuve que la voie politique juste est de mener des négociations, et non par des annexions unilatérales qui auraient porté atteinte à la sécurité d’Israël." Avigdor Lieberman : "le sujet de l’annexion a toujours été un slogan électoral." Rav Eliyahou, grand rabbin de Safed : "Il y a une prophétie qui se réalise, la promesse de Dieu à Abraham : ‘Et par toi seront bénies toutes les nations de la terre‘". Les réactions mitigées : Miri Reguev (Likoud), ministre des Transports, proche de Netanyahou : "Il s’agit d’un accord historique à tous points de vue... Mais il ne faut en aucun cas qu’il se fasse sur le ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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compte de la souveraineté à laquelle le Premier ministre, comme nous tous, est attaché". Naftali Benett (Yamina) : "J’applaudis à cet accord qui officialise les bonnes relations qui régnaient entre Israël et les Emirats arabes unis et je remercie le président Trump pour son action constante en faveur d’Israël... Ceci dit, il est décevant que Benjamin Netanyahou ait loupé une occasion unique en cent ans d’étendre la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain. Les réactions négatives émaneront des dirigeants des conseils régionaux de Judée-Samarie : Yossi Dagan (président du Conseil régional de Samarie) : "Si effectivement Benjamin Netanyahou a vendu la souveraineté contre un morceau de papier avec un Etat éloigné qui n’a jamais menacé Israël, cela signifie qu’il a trompé toute une population et par là, il scie la branche sur laquelle repose son règne".

L’avenir

David Elhayani (président du conseil des localités juives de Judée et Samarie): "Le Premier ministre a promis de manière récurrente l’extension de la loi israélienne... Il nous a menés en bateau et avec nous un demi-million d’habitants et des centaines de milliers d’électeurs... Vous avez trahi notre confiance et celle des habitants de Judée-Samarie et de la vallée du Jourdain..." Danny Danon, exambassadeur israélien auprès de l’ONU, du Likoud : "une occasion historique de faire respecter la souveraineté en Judée et en Samarie a été manquée. Je crois qu’à l’avenir nous trouverons le courage et la détermination de mener une décision pour la souveraineté." C’est le professeur Kedar qui a le mieux résumé les enjeux: "La paix avec les EAU n’est pas un événement historique, pour plusieurs raisons : Nous avions déjà des relations officielles avec le Qatar, et ces relations ont été rompues en 2000. La même chose pourrait arriver à la

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paix avec les EAU; Cette paix s’inscrit dans un contexte iranien et non palestinien. L’histoire palestinienne ne doit pas être incluse dans l’équation ; Begin a commis une erreur historique, liant la paix avec l’Égypte à un accord sur l’autonomie palestinienne, ce sont les fruits amers de cette erreur que nous mangeons à ce jour."

76,7% des personnes interrogées déclarent préférer l’accord avec les EAU au projet d’annexion Que faire de cet accord qui parle du renoncement des valeurs de la droite israélienne, soutenues pourtant par une majorité d’Israéliens qui incluent d’étendre la souveraineté de l’Etat à la Judée-Samarie et à la plaine du Jourdain, comme cela a déjà été fait avec Jérusalem et le plateau du Golan. 1/ l’euphorie aidant, les Israéliens mesurent mal l’incidence de la situation nouvellement constituée ; selon un sondage réalisé par Channel 12, 76,7% des personnes interrogées déclarent préférer l’accord avec les EAU au projet d’annexion, même si 61,4%, (dont 50% de droite) considèrent que Benjamin Netanyahou a rompu sa promesse envers ses électeurs en abandonnant ses projets d’annexion prévus pour le 1er juillet. 2/ les répercussions positives peuvent être contrebalancées par des décisions fâcheuses, et comme l’a déploré le Professeur Eldad, Jared Kushner veut

offrir aux musulmans du monde entier, "en particulier ceux des Emirats arabes, chiites, la possibilité de se rendre à la mosquée Al-Aqsa : "Kushner veut établir une nouvelle Mecque. Bien sûr, nous n’avons pas lu de tweet ou entendu de de murmure à propos de la prière des Juifs sur le Mont du Temple...". Mais le Mufti de Jérusalem, sunnite, qui veille, semble vouloir s’opposer à cette possibilité. 3/ Netanyahou aurait accepté que les Etats-Unis, toujours à l’affût de leurs seuls intérêts, vendent des avions-furtifs F-35 aux Emirats arabes unis, dans le cadre de cet accord de normalisation, ce qui n’est pas sans aller à l’encontre de la politique israélienne de Défense en la matière. "Il n’y a eu aucun accord de ma part, ni ouvert ni secret sur une quelconque vente d’armes américaine aux Emirats." a affirmé Benjamin Netanyahou. 4/ Le statu quo peut suffire aux résidents de Judée-Samarie, qui pour la plupart ont refusé la Plan Trump dans sa formulation qui prévoyait la création d’un Etat palestinien, la mise en place d’un tracé désavantageux, et qui n’acceptent pas non plus que leur avenir soit lié aux accords passés, fussent-ils historiques. En effet la construction d’habitation se poursuit dans les Yshouvim (au total 7 892 unités pour une superficie de 6133 dounams de terres.), des plans d’installation d’infrastructures (une autoroute, des routes, écoles, centres médicaux...) sont sur la table, budgétisés, et avalisés, et le réseau de transport est en passe d’être étoffé.n israelmagazine.co.il


COMMUNIQUÉS D'ANDRE DARMON

J’ai pris la décision dans le dernier numéro de faire passer un communiqué d’un groupement religieux. Je me suis fait alors asticoté assez durement par plusieurs de nos lecteurs (certains m’ont compris, d’autres pas), des lecteurs qui m’ont affirmé que je n’avais pas le droit de faire cela, et que je devais même leur présenter des excuses etc. Je dois dire que j’ai eu l’occasion souvent de donner des conférences en France, et à leur demande, devant des hommes et des femmes qui ressentent un lien fort avec le Judaïsme. Des protestants judaïsant, des Chrétiens pour Jésus etc. J’y ai toujours rencontré respect pour notre travail, admiration pour notre pays et notre culture. Ceux qui ont voulu me démontrer par leurs courriers agressifs que tous les Juifs messianiques, les Juifs pour Jésus, étaient des ennemis pour Israël et que ces gens adoraient en fait un messie dont ils n’attendaient plus que le retour, m’ont surpris. Sachez que j’étais déjà au courant. Pas qu’ils étaient des ennemis ce que je ne crois pas un instant mais sachez que j’etais au courant que ce n’est pas tout à fait le même Messie que nous, nous attendons. Et que pour paraphraser largement Jean Paul Sartre, je ne me suis jamais senti autant juif que lorsque je me trouve face à des Non-Juifs. ces derniers, par ailleurs, ont toujours montré de la bienveillance envers le magazine depuis 20 ans et en particulier pendant cette période difficile en voulant soutenir le magazine (ce qui ne fut pas le cas du tout des entreprises ni des associations Juives sauf de Hai Bahem que je vous recommande grandement) Il est aussi évident que malgré l’amitié que nous leur portons, je ne pourrai pas permettre une campagne de soutien répétée d’une quelconque association religieuse non juive, ce qui deviendrait alors une campagne de prosélytisme, contraire à mes convictions foncières. J’ai pris la volonté de cette organisation de faire une publicité, comme une marque d’amitié et de soutien, simplement. Elles sont si rares en ces temps. Demain, nous irons à Abou Dabi, à Dubaï, (je cherche déjà un billet d’avion). Nous entretiendrons certainement bientôt les meilleures relations du monde avec les Emirats. Il est certain nous ne deviendrons pas pour autant musulmans. Je vous souhaite à tous de superbes fêtes de Tishri.

André Darmon | Rédacteur en chef

France : 01 86 98 27 27 | Israël : 054 254 45 20 | andredarmon78@gmail.com

COMMUNIQUÉ D’ANDRÉ DARMON, DIRECTEUR ET RÉDACTEUR EN CHEF

La crise serait là pour encore quelques mois selon les experts. Il faut s’y préparer Vous êtes toujours des centaines à répondre positivement à mon appel. Et il serait trop long de raconter les mille et une façons dont vous avez montré votre attachement à Israël Magazine. J’avais souvent dit à la télévison, à la radio et dans ces colonnes que mes lecteurs, mes abonnés, constituaient réellement une seconde famille. Je ne savais pas à quel point c’était vrai. Vous avez été, vous êtes et vous serez encore formidables, car la crise sanitaire n’est pas terminée et la crise économique va certainement perdurer. Comme les mois précédents je vous encourage toujours à vous réabonner, à abonner des amis, à faire des abonnements de soutien et pour les entreprises à publier car de notre côté rien n’a changé. Je m’honore depuis toujours et depuis 22 ans de payer sans retard, tous mes collaborateurs, mes imprimeries, la poste, les envois à l’étranger, nos graphistes et nos journalistes. Depuis 6 mois votre concours m’a facilité les choses et nous a démontré que nous n’étions pas seuls. Les mois qui s’annoncent seront encore difficiles. Le paradoxe, c’est dans ces moments difficiles, nous avons l’envie forte que le magazine soit encore meilleur. Je m’y attelle chaque jour, sans relâche. A nos lecteurs, aux abonnés et à ceux qui croient dans l’avenir du magazine comme ils ont cru à sa naissance, je vous le disais le calcul est fort simple : 500 abonnés supplémentaires jusqu’à la fin de l’année (vous êtes déjà 200 de plus, depuis 4 mois). A vos téléphones, à vos tablettes, à vos ordinateurs. Et contactez moi en direct : 054 254 45 20 | 01.869 82 727

André Darmon

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L’émir Fayçal ben Hussein est disposé à adopter la Déclaration Balfour (1917) reconnaissant aux Juifs "un foyer national juif" en Palestine

Par Haïm Ouizemann

Israël va normaliser officiellement ses relations diplomatiques avec les Emirats Arabes Unis. L’événement, s’il était prévu de longue date, demeure tout de même historique car il conduira d’autres États arabes à suivre résolument l’exemple des Émirats arabes unis. A n’en pas douter, la Paix, le Shalom constitue pour le peuple juif l’un des principaux piliers de son essence et de son existence.

La Paix : un principe fondamental La paix, en hébreu shalom, est l’une des plus grandes valeurs que connaisse la tradition écrite et orale d’Israël. Ainsi la Tora enseigne : "Quand tu marcheras sur une ville pour l’attaquer, tu l’inviteras d’abord à la paix". (Deutéronome 20 : 10). Ainsi le Patriarche Avraham décide-t-il de conclure le premier traité de paix avec Avimélekh:

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Israël en quête de "Un temps pour la guerre et un temps pour la paix" (Ecclésiaste 3 : 8) "Abraham prit du menu et du gros bétail qu’il remit à Avimélekh et ils conclurent mutuellement une alliance" (Genèse 21: 27) de paix au lieu qui sera dénommé Beer Sheva ("le puits du serment" ou "le puits des sept brebis" scellant l’accord). Le 25 mai 1979, Anouar Sadate, président de la République arabe d’Egypte, après son discours historique à la Knesset à Jérusalem (20 novembre 1977) et la signature des accords de paix à Camp David (17 septembre 1978), et du traité de paix du 26 mars 1979, demande à se rendre symboliquement à Beer Sheva, afin de démontrer sa sincérité et son attachement à vouloir une paix durable sur le modèle de celle obtenue par le Patriarche Avraham. Cette quête de paix gravée à même la tradition hébraïque est l’un des principes fondamentaux qu’adopteront

les fondateurs du nouvel état juif en 1948 en invitant l’ennemi à conclure la paix : "Nous tendons la main à tous pays voisins et à leurs peuples et nous leur offrons la paix et des relations de bon voisinage ; nous les invitons à coopérer avec le Peuple juif rétabli dans sa souveraineté nationale. L’État d’Israël est prêt à contribuer à l’effort commun de développement du Moyen-Orient tout entier" (Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël). Comment expliquer la réussite de cette paix avec Avimélekh ? Avraham, homme de concorde et de bonté (Hessed) avait déjà conclu un accord moral de paix avec son neveu qu’il considère comme "frère". "Avram dit à Loth : "Qu’il n’y ait donc point de querelles entre moi et toi, entre mes pasteurs et les tiens ; car nous sommes frères". (Genèse 13 : 8). israelmagazine.co.il


la Paix Autrement dit, la véritable paix n’est rendue possible que si l’on comprend que nous sommes tous frères ! Mais que revêt le sens du terme Shalom en hébreu ?

Sens du mot Shalom Le terme shalom revêt en hébreu plusieurs significations, énumérées par l’Académie de la Langue Hébraïque. Le premier sens est d’ordre physique. La faute, désordre mental et spirituel, conduit à un état de déséquilibre physique : "Il n’y aucune harmonie [shalom] dans mes membres, en raison de mon péché." (Psaume 38 : 4). Le terme Shalom signifie donc plénitude, perfection et intégrité du corps. Le second sens renvoie au silence et à la quiétude : "Que la sérénité [shalom] règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais ! (Psaume israelmagazine.co.il

122 : 7). Le troisième sens est celui du bon et de la rédemption : "Morde’haï rechercha le bien de son peuple, et parla pour le salut [shalom] de toute de sa postérité" (Esther 10: 3). Enfin le quatrième sens du mot Shalom est "bien-être" sur le plan physique et spirituel : "Il [Joseph] s’informa auprès d’eux [de ses frères] de leur bien-être ; il dit : votre vieux père, dont vous avez parlé, se trouve-t-il bien ? vit-il encore ? (Genèse 43 : 27). Quant au Prophète Moïse, il s’enquiert du bien-être de son beau-père, prêtre de Midian : "Moïse sortit au-devant de son beau-père, se prosterna et l’embrassa ; ils s’informèrent du bien-être [shalom] l’un auprès de l’autre, ensuite ils entrèrent dans la tente" (Exode 18 : 7). La paix ne se conclut jamais à distance mais se construit sur la confiance mutuelle de dirigeants disposés à faire le premier pas pour le bien de leur peuple respectif. A ce propos, rappelons l’accord Fayçal-Weizmann (3 janvier 1919). L’émir Fayçal ben Hussein est disposé à adopter la Déclaration Balfour (1917) reconnaissant aux Juifs "un foyer national juif" en Palestine, alors sous occupation britannique en échange de l’indépendance sur la Grande Syrie. Malgré la confiance liant les deux hommes, l’accord restera lettre morte en raison du gouvernement britannique qui ne tiendra point ses promesses faites à l’Emir Fayçal. Aux quatre nuances du terme shalom, il est possible d’en ajouter une supplémentaire, à savoir "payer, compenser, donner en contrepartie". Tout accord de paix ne peut se fonder que si les deux parties belligérantes s’accordent d’un commun accord à faire des concessions et renoncer à une partie de leurs revendications. Ainsi, pour l’accord avec les Emirats arabes unis, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a renoncé momentanément, selon ses dires, à appliquer l’annexion ou l’élargissement de la souveraineté en Judée-Samarie. Or, il n’est point interdit d’imaginer que ce renoncement momentané conduise probablement et paradoxalement à l’annexion, à plus ou moins long terme, des territoires de Judée-

Samarie face à une autorité palestinienne qui, fortement affaiblie, ne jouira plus de l’appui automatique de la Ligue arabe. Cette dernière ne se focalisera plus cas sur la cause palestinienne en totale déliquescence face aux intérêts d’une paix durable et stable avec l’Etat sioniste soutenu par les Etats-Unis d’Amérique et ce, quel que soit le pouvoir en place. Les intérêts de la paix finissent toujours par l’emporter.

Rêve d’un Proche-Orient pacifié Il reste à espérer que de nombreux Etats arabes comme Oman, Bahreïn, le Soudan, l’Arabie saoudite suivront l’exemple des Emirats Arabes Unis et qu’un jour prochain, à l’instar des Européens, les Israéliens juifs et non juifs pourront voyager vers ses pays dans le cadre d’une confédération économique proche-orientale. Pourquoi pas également avec le Liban avec lequel fut pourtant déjà conclu un accord de paix (17 mai 1983) avec Amin Gemayel qui, comme son frère Bashir Gemayel, fut assassiné ? Cet accord de paix ne durera que dix mois et sera aboli, entre autres, sous la pression syrienne. Si cette vision de paix relevait de l’utopie, il y a encore trente-cinq ans, les dirigeants arabes ont progressivement pris conscience que la realpolitik et le pragmatisme devaient l’emporter sur toute autre considération idéologique. Comprenant les enjeux d’une paix véritable avec Israël fondée sur des intérêts communs essentiellement d’ordre économique, technologique et militaire, ces mêmes états arabes de tendance sunnite n’aspirent plus à dépendre nécessairement d’une résolution du conflit israélo-palestinien. De plus, une collaboration militaire rapprochée avec l’Etat hébreu leur permettra de freiner l’hégémonie iranienne shi’ite, puissance atomique menaçant toute la région du Proche-Orient. L’on peut affirmer que paradoxalement, le projet de Shimon Peres, ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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l’ex-président de l’Etat d’Israël rêvant d’un "nouveau Proche-Orient" ("Mizra’h HaTichon Hé’Hadash") est en voie de s’accomplir par un gouvernement de droite dirigé par Benyamin Netanyahou. En définitive, après les accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie, l’Etat d’Israël est sur le point de conclure une série de

plusieurs accords de paix avec ses voisins arabes, reconnaissant de fait la cause sioniste. Serons-nous les témoins d’une remise de prix Nobel tripartite à Benyamin Netanyahou, Donald Trump et les Emirats Arabes Unis ? Là où résident l’harmonie, la quiétude et la concorde, réside la bénédiction

s’exprimant par la prospérité matérielle et le progrès technologique. Nos Sages enseignent : "l’instrument de la bénédiction n’est autre que la paix". n

La Presque paix avec le Liban Avec l’invasion du Liban en juin 1982, Ariel Sharon, le ministre de la Défense du gouvernement Begin, a échafaudé un plan global dont l’objectif est la redéfinition de la carte géopolitique du Proche-Orient. En 1982 Israël voulait détruire les bases de l’OLP au Liban, chasser l’armée syrienne et consolider un Etat libanais fort dirigé par Bachir Gemayel, le chef chrétien des Forces libanaises auquel Israël s’est allié. Tout cela devant aboutir à la conclusion d’un traité de paix avec ce nouvel Etat libanais. Mais le plan ambitieux d’Ariel Sharon s’écroule en se heurtant à la complexité meurtrière de la mosaïque libanaise. Elu à la présidence de la République le 23 août 1982, Bachir Gemayel est assassiné le 14 septembre. Les miliciens chrétiens des Phalanges libanaises pénètrent dans la nuit du 16 septembre 1982 dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila où ils massacreront près de 2.000 civils pendant trois jours pour venger la mort de Gemayel qu’ils attribuent à l’OLP. Ce carnage provoque une vague de contestations sans précédent en Israël et contraint Begin à tenter d’aboutir à un accord de paix avec le Liban sécurisant le Nord d’Israël. C’est ainsi qu’à l’automne 1982, le Président Amin Gemayel (frère de Bachir) confie au diplomate et professeur de droit international Antoine Fattal la mission de mener les négociations secrètes d’un accord de

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De gauche à droite: Antoine Fattal, William Draper et David Kimche paix avec Israël. Ces négociations ont failli capoter lorsqu’Ariel Sharon a révélé leur existence. Toutefois, l’accord sera signé le 17 mai 1983 par David Kimche, directeur adjoint du Mossad et diplomate, l’Américain William Draper, ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth et le Libanais Antoine Fattal. Israël se retire des territoires libanais contre un engagement libanais de contrôler sa frontière avec Israël. A peine signé, cet accord de paix est contesté par

© Harnik Nati GPO

un front du refus soutenu par la Syrie. Les Druzes attaquent alors dans le Chouf les chrétiens maronites lâchés par les Israéliens qui découvrent avec stupeur le fanatisme et la violence des chiites libanais. Amin Gemayel n’a plus d’autres choix que de se dédire en abrogeant purement et simplement les accords de paix israélolibanais le 5 mars 1984 et en fermant le 25 juillet le bureau de la mission israélienne de Dbaiyeh (nord de Beyrouth).

Bachir Gemayel avec Ariel Sharon israelmagazine.co.il


LIRE

"Israël sur sa terre ce qu’en disent les Palestiniens" de Jacquot Grunwald

L

e livre du rabbin-journaliste Jacquot Grunwald, Israël sur sa terre – Ce qu’en disent les Palestiniens, est un ouvrage essentiel pour tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à l’histoire des liens entretenus par le peuple juif et la terre d’Israël, de la Bible à nos jours.

Débutant son ouvrage avec l’incroyable découverte des manuscrits de la mer Morte en 1949 dans les grottes de Qumran, manuscrits les plus anciens jamais retrouvés, l’auteur survole l’histoire de cette province, alors romaine, en accompagnant Jésus dans son périple en Judée. Après la riche présence romaine et byzantine, la conquête arabe du 7ème siècle marque un lent déclin démographique de cette région au profit de Damas et Bagdad, capitales des différents califats. La conquête des Croisés mettra ensuite un terme à la présence juive dans la région, que seuls les Mamlouks restaureront. Les Juifs expulsés d’Espagne et d’ailleurs s’installeront progressivement dans les quatre cités "saintes" de la région, Jérusalem, Safed, Hebron et plus tard Tibériade. Enfin, sous l’empire ottoman, c’est un certain Dahar El Omar qui appellera les Juifs à se réinstaller en Galilée et restaurera la ville détruite de Tibériade en y installant le célèbre rabbi Haïm Aboulafia. Jacquot Grunwald nous raconte l’épopée de grands sages juifs qui n’ont jamais coupé leurs liens avec la terre promise : rabbi Yehiel de Paris, Maïmonide, Nahmanide, Judah Halévi, rabbi Yehouda Hahassid, les disciples du Baal Shem Tov et ceux de son opposant, le Gaon de Vilna. israelmagazine.co.il

Il rappelle justement la mémoire de ces rabbins, "sionistes" avant l’heure, comme Yehouda Elkalaï et d’autres. L’Etat d’Israël n’est pas né de la Shoah Dans ce livre, d’un style particulièrement agréable et teinté d’humour, le lecteur trouvera une multitude d’arguments appuyant le droit historique et moral du peuple juif sur sa terre. Ainsi de témoignages de grands écrivains français du 19ème et 20ème siècle, comme Chateaubriand et Lamartine, décrivant la Palestine comme une terre de désolation qui, selon eux, mériterait d’être repeuplée par les Juifs. Avec justesse, Jacquot Grunwald insiste sur le fait que l’Etat d’Israël n’est pas né de la Shoah qui, bien au contraire, a failli mettre un terme à la création d’un état pour les Juifs. L’auteur s’attaque également à la douloureuse question des réfugiés palestiniens et de leur instrumentalisation par les différents dirigeants arabes afin de maintenir les générations suivantes dans un climat de haine et de vengeance meurtrière. Il souligne les trop rares initiatives palestiniennes pour arriver à un accord de paix avec les israéliens, en comparaison aux refus de dialogue et aux échecs de négociation, depuis les cents années écoulées à partir des premières émeutes arabes (1920). Mais Jacquot Grunwald se veut optimiste : il appelle les Palestiniens à forcer l’histoire pour arriver à une paix sincère avec les Juifs qui n’ont jamais renoncé, depuis l’occupation romaine, à leurs racines historiques et religieuses. Les derniers chapitres sont rédigés sous la forme d’une lettre adressée à Ibrahim, ou Avraham

par David Shapira *

pour les Juifs, du nom d’un ancêtre commun au judaïsme et à l’Islam. Ce livre, riche en personnages, l’est aussi en évènements, dont certains peu connus, comme l’interdiction par le pape Martin V, en 1428, de transporter les Juifs en Palestine en bateau. Le lecteur sera encore surpris d’apprendre que le premier roi de France à visiter une synagogue fut Louis XIV, le 25 septembre 1657 à Metz, lors des fêtes de Souccot, ou encore que Jean-Jacques Rousseau souhaitait que les Juifs aient "un Etat libre, des écoles, des universités." C’est désormais fait. A travers les nombreux éléments rapportés par cet ouvrage foisonnant, le lecteur plongera dans une rétrospective historique d’une actualité brûlante, illustrant les liens qui unissent le peuple juif à sa terre. A lire à tout prix ! • Historien et Guide : 054-2244845 A commander sur Amazon https://www.amazon.fr/ISRAELSUR-SA-TERRE-Palestiniens/dp/ 8002005007 ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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ENSEIGNER EN ECOLE JUIVE AUJOURD’HUI en France 1ère partie

Par Charles Novak "La Mémoire est l’avenir du passé". écrivait Paul Valéry. Frédérick Jézégou, un autodicdate peu connu, lui répond : "Quand j’aurai perdu la Mémoire, j’essayerai d’imaginer le passé, le présent, l’avenir et la mort". C’est on ne peut plus vrai. Lorsqu’on enseigne l’histoire, il est de tradition de dire qu’un peuple a besoin de sa Mémoire pour avancer, sinon ce peuple disparaît.

D

e par son histoire et depuis la Troisième République, la France a établi le principe de laïcité à savoir la neutralité de l’Etat en matière religieuse. D’ou la nécessité pour faire contrepoids à l’école publique, la création de l’école privée dite religieuse. Enseignant d’histoire-géographie et d’histoire juive depuis quelques années dans des écoles juives, mon expérience m’a amené à analyser un système qui selon moi s’effondre et qui est loin des valeurs juives. En effet, quand la République est en proie à toutes les attaques et à toutes les divisions communautaires, la question est de savoir, de connaître l’intérêt de l’école juive non seulement au sein de la République mais aussi en tant que vecteur de maintien de l’identité juive pour la communauté. Chaque foyer juif rêve de placer son enfant dans un établissement juif de qualité, le problème est de savoir lequel et pour quelles raisons choisir un établissement. Pour son enseignement religieux ? Pour ses résultats scolaires ? Pour la qualité de

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École Maimonide- Holon : l’exode des familles juives a contraint les écoles françaises à changer leur modèle économique ses enseignants ? Pour son prestige? Pour ses valeurs ? Ces questions sont loin d’être aussi simples. Car chaque établissement à ses problématiques, ses objectifs, et l’école juive sombre dans un clientélisme incroyable où les valeurs de base ne sont plus là. Les principaux acteurs à en pâtir sont l’identité juive et l’enseignant. Je n’ai pas travaillé dans toutes les écoles juives mais certaines, et d’ailleurs parmi elles, une ou deux étaient excellentes. Une école dans le 94, qui malgré les nombreuses difficultés, a le privilège d’avoir un rav extraordinaire et un nouveau directeur "cash" qui s’est vu la mission de "redresser" cette école a été... menacé par certains parents. La qualité d’une école est à l’image de sa direction et inversement hélas. Par ailleurs, chaque école dans lesquelles j’ai travaillé, a d’excellents enseignants qui se dévouent corps et âmes pour les élèves, cachant les nombreux dysfonctionnements de l’établissement. L’enseignant est en première ligne, comme un soldat qu’on met au front, je n’oserai dire sacrifié. Cet article vise à souligner comment les élèves juifs appréhendent l’enseignement, leur propre identité, et surtout comment fonctionne une direction d’école juive. Or malgré la qualité des enseignants et le taux exceptionnel de réussite au bac cette année 2020 en France, le niveau scolaire baisse d’année en année, tant dans l’enseignement des matières profanes de l’Education nationale comme l’histoire-géographie, que l’enseignement de l’histoire juive.

LES CONSÉQUENCES DE L’ALYA SUR L’ENSEIGNEMENT JUIF Chaque établissement privé a une logique financière de remplissage qui amène l’établissement à faire de la "politique” au cas par cas, une conséquence directe de l’Alya externe vers Israël ou interne vers des quartiers sécurisés. On constate une baisse de la population juive dans des quartiers juifs précis ou dans les beaux quartiers de Paris. Beaucoup sont partis, avec à la fois, un niveau social élevé et un savoir élevé. Ce qui est sûr, c’est que l’Alya vers Israël a considérablement modifié l’école juive. Dans des quartiers plus populaires ou plus concentrés dans des quartiers juifs, les écoles juives ont toutes des problèmes d’effectifs qu’il faut combler. Pour remplir, on prend chez l’autre, on prend les élèves difficiles, débauche un enseignant réputé. Ce constat nous montre que la religiosité fait fuir de plus en plus un nombre croissant d’élèves vers des établissements peu religieux, et remet en question le pourquoi de l’identité. Le paradoxe est que le désir d’être en communauté n’a jamais été aussi fort mais les raisons ont changé. Elles ne sont plus pour les raisons religieuses. Parallèlement, nous constatons une évolution sociale : beaucoup de familles juives de Sarcelles s’installent à Saint-Brice. Ville qui va connaître bientôt une population juive supérieure à celle de Sarcelles qui reste "plus populaire" de réputation et ou, la proximité avec israelmagazine.co.il


d’autres communautés immigrées est forte. Le conflit déclaré entre ses deux écoles a pour toile de fond une rivalité entre une nouvelle classe sociale juive de Saint-Brice qui a réussi face une classe sociale juive plus simple, plus populaire à Sarcelles. L’évolution sociale de la communauté vers Saint-Brice correspond en parallèle à l’évolution de ces deux écoles, avec comme toile de fond moins de religiosité. La principale conséquence est un débauchage incroyable. Les parents ont le pouvoir. La fermeté de l’ancienne ou la nouvelle direction disparait au profit d’une politique pragmatique envers ces parents. Une seule catégorie subit cette relation intéressée : l’enseignant. Les parents peuvent contester des notes, des sujets, voire tout simplement un professeur. Personnellement, j’en suis venu moi-même à proposer à certains parents de noter euxmêmes lorsqu’ils contestaient une note. Cela va du surnotage pour des élèves qui se croient bons, ou note de la part de la direction quand l’enseignant met des notes trop dures. et surtout l’école décide au nom du maintien des effectifs de garder des élèves qui n’ont plus normalement leur place au sein de l’établissement du fait de leur travail, ou de leur mauvais comportement. L’argument le plus développé, c’est que chaque élève a "sa chance".

UN NOMBRE CROISSANT D’ENFANTS DE DIVORCÉS DÉPASSÉS PAR UN SYSTÈME SCOLAIRE À LA RECHERCHE D’UN CHALLENGE FINANCIER Paradoxalement, le nombre d’enfants de divorcés augmente de manière exponentielle dans le milieu scolaire juif, une augmentation non prise en compte. Car bien évidemment cela a un impact sur les réussites des enfants. Quand certaines femmes n’ont pas obtenu le "guet", cela a pour conséquence leur éloignement de la religion et de la communauté. Cela a un impact forcément à l’école si les enfants sont en école juive. Or ce n’est pas le cas. Le nombre de divorcés dans la communauté est révélateur d’une communauté en crise où les valeurs israelmagazine.co.il

doit adopter des solutions à moins qu’elle veuille juste se calquer sur l’indifférence de l’école publique... Ce qui n’était pas en soi le but d’une école juive à l’origine. Le paradoxe serait que c’est l’école publique qui soutient le plus ces enfants en difficulté..

sont remises en question. Marier pour se marier, a pour conséquence sur les enfants, des troubles d’apprentissage. Pourtant, le nombre croissant de ces enfants TDAH (trouble de l‘attention et du handicap) ne cesse d’augmenter au point que cela exige dans certains établissements une classe à part. Une assistance psychologique est nécessaire. Dans certaines écoles religieuses, parfois des enseignants sont intrusifs et jugent trop vite ou ne cherchent pas à comprendre au nom de la Thora les difficultés de l’enfant. C’est aussi le remplissage et d’emblée, cela nie les valeurs juives de soutien car aucun soutien scolaire n’est proposé à ce genre d’élèves et aucun dialogue n’intervient avec les foyers monoparentaux en butte à de nombreux problèmes sociaux. Vu le nombre croissant de ces élèves, il convient nécessairement de le prendre en compte, mais le désir de remplissage communautaire est plus important que de comprendre la difficulté de ces enfants. Ainsi, lorsque ce genre d’enfants a un mauvais comportement, on le met sur le compte de sa situation familiale précaire ; mais quand il s’agit de difficultés scolaires ou d’une relâche dans le travail, l’argument fréquent est : "sa situation familiale précaire n'excuse pas ses difficultés car certains s’en sortent". En d’autres termes, au nom des effectifs, on accepte le mauvais comportement, mais pas la relâche dans le travail. Cela devrait être le contraire, non ? Cette inversion du problème prouve à juste titre que l’école ne défend pas les valeurs de réussite pour tous, mais une politique de remplissage qui nie la réussite pour tous. Nous sommes à l’opposé du but d’une école. Certes, l’école n’est pas là pour materner mais, il est évident que vu le nombre croissant de ces enfants en marge de l’école, l’école juive

LES RÉSEAUX SOCIAUX, LES GROUPES WHATSAPP, ET LE LASHON HARA, OU LA CALOMNIE INCONTRÔLABLE Les établissements ont donc une logique financière qui n’a rien à voir avec la défense des valeurs juives. Cette relation curieuse entre intérêt pour le vivre ensemble et logique financière est accentué par l’esprit d’une communauté ou "tout le monde se connaît" et "tout le monde parle sur tout le monde" pour des établissements de taille moyenne et dans des quartiers juifs très précis (95, Paris XXème, XIXème, 93 etc..). En dépit que chaque juif a son identité, cet esprit de groupe est une illusion tant les tensions sont grandes entre chaque acteur de ce système scolaire. La médisance a des conséquences incroyables sur l’enseignant, l’enseignement et les politiques de l’école. Ces bruits, ses rumeurs sont amplifiés par les réseaux whatsapp, que cela soit ceux des parents, et même des élèves. Certaines directions refusent de s’en mêler même lorsqu’il s’agit de harcèlement sur un élève ou de propos interdits par la Loi. Le prétexte est déclarer que cela ne relève plus du cadre de l’école. Autre anecdote véridique: dans une autre école, un enfant déclare un soir à ses parents qu’un enseignant lui a retiré son assiette et donc l’a empêché de manger. La mère aussitôt prend son portable et s’adresse au groupe whatssap des parents. Aussitôt, déchaînement de mamans en colère "on empêche un enfant de manger, c'est scandaleux, alors qu’on paye", une cabbale se déchaîne alors contre l’enseignant demandant son renvoi; les parents vont voir le directeur qui a peine à leur résister. L’enseignant pourtant très réputé et apprécié des enfants se voit convoqué et explique : l’enfant jouait avec la nourriture et la jetait sur ses voisins de table. D’où le retrait de l’assiette..... Sa mère avait cru son fils..n ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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Les Dangers des réseaux sociaux : L’Ego des Ados

“Rien n’est plus irritable que l’indépendance de l’adolescent. Si l’on froisse en lui, ce droit, qu’il vient de se découvrir, il se rebiffe et fait, par révolte, le contraire de ce qu’on lui commande” (Desmarchais, Le feu intérieur, 1933). par Jessica Accorder de l’indépendance à son Adjedj adolescent, c’est lui accorder sa confiance et par conséquent lui laisser faire ses choix et appréhender ses propres jugements de valeurs. Mais nous faisons face à un système où l’accès est facilité à tous types d’informations, où l’influence des réseaux sociaux a un réel impact sur la vie des jeunes et sur leurs représentations du monde. La construction identitaire débute aux prémices de l’adolescence, ce pourquoi les références auxquelles les jeunes s’attachent vont être conséquentes dans la création de leur “Être” adulte. Qu’est-ce qu’être parent d’un ado en 2020 ? Mettre en garde son enfant des dangers d'Internet et des réseaux sociaux, même si l’on sait pertinemment que nous ne pouvons pas tout contrôler ? Limiter l’accès aux réseaux sociaux, ce qui nous vaudra les foudres de nos chères têtes blondes ? Quels peuvent être les différents dangers des réseaux sociaux ? Où tout est dit, tout est vu, tout est partagé, où est donc la limite ?

JE TE LIKE, TU ME LIKES, PAR UN PETIT POUCE

Une récente étude a été publiée dans le JAMA psychiatry (2019) concernant le temps passé sur les réseaux sociaux corrélé aux troubles émotionnels des jeunes entre 12 et 15 ans. Elle révèle qu’une consommation massive (de plus de trois heures) des réseaux sociaux peut entraîner chez les ados, un mal-être, un sentiment d’insatisfaction, de culpabilité, voire même une tendance à la dépression. Mais

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quelles sont les attentes de nos jeunes sur ces diverses plate-formes d’échange et de partage ? Les réseaux sociaux confèrent à chacun le droit et la capacité de se faire entendre. De faire entendre sa voix et sa voie. Des moindres faits et gestes des célébrités et personnalités publiques jusqu’aux disputes avec notre entourage, désormais tout a vocation à être discuté sur le web. Dans ce monde où l’espace public d’expression est en ligne, accessible en quelques clics sur nos smartphones, la frontière entre vie privée et vie publique s’efface de plus en plus. Une information partagée avec des “amis” sur un réseau revêt du caractère public et peut être diffusée sans restriction. Sur les réseaux tels que Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok, et bien d’autres, le mot “ami” prend une toute autre forme que celle de la réalité. On parle ici d’amitié numérique où le fondement du lien amical est radicalement opposé au sentiment d’amitié de la vraie vie. Il n’est pas le reflet d’une relation étroite entre deux personnes qui s’apprécient. Certes, nous créons des liens virtuels avec nos amis proches, issus de réelles rencontres, mais il s’agit plutôt d’un lien entre deux profils israelmagazine.co.il


ayant quelques points communs; ce qui est jugé suffisant par les internautes pour laisser l’autre avoir accès à ses données personnelles. La confiance que l’on accorde en ligne est bien plus grande que celle accordée dans une rencontre en face-à-face. Le désir de contact l’emporte sur les exigences de sécurité des données, qui semblent être reléguées au second plan. Le psychologue Svenn Lindskold (1978) évoque le concept de “confiance épaisse” (thick trust) qui représente une source avec laquelle on partage des intérêts et des affinités, où le cadre de sociabilité importe et non pas la certification des informations échangées. Cette théorie du vingtième siècle est actuelle, car les stratégies de défense et de protection que la psyché met en place lors d’une rencontre physique ne sont plus de mise derrière son écran. On nous offre l’accessibilité et la capacité de diffuser, de dénoncer, et ce, sans limite sur les réseaux sociaux. Mais attention ! Prendre publiquement position nécessite d’être conscient et d’assumer les potentiels risques inhérents, ce que les adolescents ne mesurent pas toujours. L’impact de la diffusion d’opinions, de photos, de vidéos peut avoir des conséquences dramatiques.

LE BUT DE CES DIFFÉRENTS RÉSEAUX EST D’AVOIR BEAUCOUP D’AMIS, DONT NOMBREUX SONT UNIQUEMENT VIRTUELS,

On distingue plusieurs grands dangers auxquels s’exposent les plus jeunes : le cyber-harcèlement, l’intimidation, les insultes, les commentaires humiliants, la création de groupes de discussion pour moquer une personne. Ces conséquences sont monnaie courante sur les réseaux où ces nombreux “amis” peuvent vite devenir des “ennemis”. Les adolescents peuvent également israelmagazine.co.il

être victimes d’arnaques et être exposés à des contenus choquants, à caractère violent et/ou sexuel. Méfiance, face aux faux profils où peuvent se cacher prédateurs sexuels et autres malfrats malveillants. Certains jeunes développent également une certaine addiction à ces réseaux sociaux. Ils attendent de la reconnaissance, par l’intermédiaire des “j’aime” (like), qui rehaussent leurs ego, alors en pleine construction. Quel est donc l’intérêt principal de cette toile d’araignée numérique pour nos jeunes ?

ON EST TOUS EGO

Le but de ces différents réseaux est d’avoir beaucoup d’amis, dont nombreux sont uniquement virtuels, et d’être le plus populaire possible, tout ceci dans une mise en scène de son image sur la toile. Certains jeunes affirment qu’il est plus aisé “d’être soimême” derrière un écran. On peut interpréter ce désir d’être “soi-même” par le processus d’individualisation et la démarche d’émancipation de la tutelle parentale. La virtualité devient alors un moyen d’ouverture aux autres où les codes sociaux d’échange réel disparaissent, ce qui peut être une forme de réassurance chez certains jeunes en manque de confiance. L’exposition de soi, aujourd’hui, est influencée par de jeunes adultes, parfois adolescents dit “populaires” appelé “influenceurs”. Nous avons connu de grands influenceurs de pensées ayant révolutionné certaines époques et fait avancer les mentalités et l’égalité entre les hommes, mais nous faisons face à une génération de jeunes gens, vantant les mérites de la chirurgie esthétique, se photographiant à longueur de temps, exhibant sacs de luxe et vêtements hors de prix, face à des piscines à débordement... La superficialité est-elle donc devenue la plus grande source d’intérêt des

jeunes ? Comment expliquer cette tendance à la surexposition de soi ? Pour les auteurs Twenge et Campbell (2009), elle révèle une “exacerbation pathologique du Moi, qui est la conséquence de la culture narcissique traversant les sociétés capitalistes avancées”. Les marques d’expression de soi sur les réseaux sociaux sont souvent orientées vers autrui, dont il est attendu une réaction, voire une évaluation en retour. La démarche est donc non seulement d’élargir la surface de ses relations en ligne, mais également de faire valider par l’autre l’expression de son soi intime, que l’on partage par parcimonie ou à outrance. On ne parle pas ici d’exhibitionnisme, mais bel et bien d’un besoin de reconnaissance par ses pairs et par conséquent, de se rencontrer soi à travers l’approbation de l’autre.

LA SUPERFICIALITÉ ESTELLE DONC LA PLUS GRANDE SOURCE D’INTÉRÊT DES JEUNES ? La manipulation de l’image de soi affichée sur les réseaux sociaux permet à ces jeunes de projeter une image plus conforme à leurs aspirations profondes et les amènent à utiliser autrui comme instrument de flatterie du soi virtuel. L’autre devient alors le miroir de sa propre personne, et le nombre de “suiveurs” (followers) la valeur que l’on s’accorde. L’entrée dans l’adolescence marque le début de la quête identitaire où l’adolescent se lance dans la marche vers l’affirmation de soi. Cette phase à travers les réseaux n’est pas le reflet d’expérimentations identitaires, mais le dévoilement organisé de ce que les jeunes estiment être leurs identités, qu’ils cherchent à faire adouber et par de là, exprimer leurs singularités. Mais peut-on parler d’affirmation des singularités lorsqu’on tente de calquer les faits et gestes des starlettes à la mode ? n ISRAEL MAGAZINE 238 | NOVEMBRE 2020 |

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