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WAS MAGAZINE WE ARE STRASBOURG Numéro 01/


INOVENCE

4 agences présentes dans toute l’Alsace.

Agence Colmar 19 route de Neuf-Brisach 68000 Colmar

Agence Molsheim 7 rue de Saverne 67120 Molsheim

Agence Strasbourg 32 Bld Clémenceau 67000 Strasbourg

Agence Strasbourg-Robertsau 48 rue Boecklin 67000 Strasbourg

0389244224

0388478547

0388363262

0388317150

INOVENCE SARL : SIRET 448 746 578 000 13 . N. ORIAS 07 002 881 www.orias.fr Sàrl au capital de 240 000 euros. Garantie Financière et assurance de responsabilité civile professionnelles conformes aux Articles L530-1 et L530-2 du code des assurances. Code Naf 672Z.


Communiquez / Participez / Partagez info@wasmagazine.eu www.wasmagazine.fr et aussi sur Facebook


OURS

L’ÉQUIPE WAS DIRECTEUR DE LA PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF Mathieu Wolfersperger DIRECTEUR PHOTO Vincent Muller DIRECTEUR ARTISTIQUE Alban Secula STYLISME Sabrina Mancinelli RÉDACTRICE MODE Marie-Catherine Brandstetter CHARGÉE DE COMMUNICATION Anaïs Fischer COMMERCIALISATION Amine Benchekroun RELECTURE ET CORRECTION L’équipe WAS

LES CONTRIBUTEURS COMMUNICATION Laura Denis / Almira Kokambayeva RÉDACTEURS Axelle Hoffmann / Mylène Specklin / Sasha Kaesser / Zoey R. Daltuner Rachel Sturtzer / Candice Soler-Couteaux / Fatiha Kabel / Nicolas Hecquet / Nicolas Parisot Timothy Dusseault / Vivien Zell / Éric Genetet / Mounir Belhidaoui / Renaud Valambras / Volkan Dulkadir PHOTOGRAPHES Candice Soler-Couteaux / Henri Vogt / Yann Rabanier Julien Haushalter / Vincent Muller GRAPHISME Laura Riendinger / Lucile Desravines / Sven Lallart / Emmanuel Szczygiel / Costel Hoegy / Julien Boyon ILLUSTRATEURS Laura Riedinger / Gilles Dillenseger / Maxime Kaelbel / Fateh Beroual MAQUILLAGE Amandide Carretero / Élise Reisser (école : Candice Mack / www.candice-mack.fr) COIFFURE Florient Motsch / Serge Karl MANNEQUINS Marine Keller / Victoire & Dahlia (agence Zenith Models) DIFFUSION L’équipe WAS

CRÉDIT COUVERTURE Illustration par : Adrià Fruitós - www.adriafruitos.com Ce bimestriel est édité par Untamed’Press 10, place St Étienne - 67000 Strasbourg S.A.R.L au capital de 2000 euros Impression : Tezida 10, rue Viskyar Plania - 1407 Sofia - Bulgarie

Dépôt légal : Janvier 2012 - Exemplaires : 8 000 SIRET : 533 892 66700015 - ISSN : 2119-7520

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26 rue des Tonneliers 67000 Strasbourg


SOMMAIRE

11/ Édito 12/ Sélection 18/ Strasbourg by WAS 26/ Rencontres 42/ Culture 70/ WAS That ?! 84/ Ma WAS In 86/ Le Monde by Rabanier 98/ Elle & Lui 106/ Mode Erratum : dans le numéro 00 de WAS, nous vous avons présenté Pur et caetera que nous avions mal orthographié.

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WAS MAGAZINE NUMÉRO 01 N’hésitez pas à nous contacter via notre site www.wasmagazine.fr ou par mail : info@wasmagazine.eu pour nous proposer vos impressions, des idées, des artistes, musiciens, créateurs de mode, écrivains, personnalités. Si vous êtes graphiste, illustrateur, dessinateur, photographe ou modèle et que vous souhaitez participer à la conception de nos prochains numéros : info@wasmagazine.eu Si vous souhaitez collaborer à la rédaction ou la diffusion de WAS Magazine, contribuer à son évolution du point de vue du contenu, n’hésitez pas !

Contactez l’équipe WAS

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ÉDITO

Numéro 01

Janvier / Février 2012

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Cela va sans dire, l’équipe de WAS Magazine vous souhaite une bonne année. Une bonne récupération aussi, après les dernières semaines passées. Car après avoir fourré de la dinde, s’être explosé la panse, enflammé le foie et cassé la voix au réveillon, après s’être ruiné en cadeaux, foie gras, saumon, bûches et autres caviars, 2011 s’achève en fanfare et 2012 s’annonce comme chaque nouvelle année... Comme chaque mois de janvier vous mentez, aux autres qui ne vous croient plus depuis bien longtemps, mais surtout à vous même, vous obstinant à penser que cette fois-ci, vous avez de sérieuses résolutions pour l’année à venir. J’arrête la clope, les gueules de bois, je me mets au ménage, je vais manger des légumes, et des fruits ! Pour les pires d’entre vous, parce que oui, nous le savons, vos résolutions sont les suivantes, je vais acheter du déo, laver mon linge, faire la vaisselle de 2010, sortir la poubelle de 2009. Et, plein de convictions, vous vous dites : cette fois c’est la bonne, je vais m’y tenir ! Pensez-vous vraiment que quelqu’un va croire à ces balivernes ? Dans dix jours vous aurez déjà lâché l’affaire. Les fruits et légumes…, trop de vaisselle, le tabac ? Faut bien mourir de quelque chose comme disait l’autre. Et puis une ou deux gouttes d’alcool de temps en temps, ça fait pas de mal, tant qu’on sait gérer. Et on a tous un pote qui ne gère pas du tout, ce qui nous fait penser qu’on a de la marge… Comme chaque nouvelle année, vous avez le blues de tourner une page et l’espoir que 2012 vaudra mieux que l’an passé. Vous en avez marre de l’hiver, du froid, mais vous êtes si heureux que le marché de Noël soit fini et que les ruelles soient à nouveau praticables. Comme chaque année, tout se répète. Gueule de bois pour commencer l’année, quelques kilos pris les deux dernières semaines, une odeur de tisane anti mal de crâne se diffusant dans votre appartement. Comme chaque nouvelle année vous avez des envies de changement, de nouveautés. Tout se répète, à ceci près que l’équipe de WAS Magazine vous a concocté un nouveau numéro. Nouvelles rencontres prometteuses, foisonnement d’activités culturelles et créatrices. Tables de haut rang, sport pour têtes brulées et amateurs de zen atittude. L’équipe WAS Magazine n’a pas attendu 2012 pour appliquer les bonnes résolutions des années précédentes… Voyage aux quatre coins de la ville pour vous livrer un nouveau numéro du city mag consacré totalement à Strasbourg et ses habitants ! S Propos par : WAS

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La Gym Suédoise ou comment se défouler dans la joie et la bonne humeur ! Vous n’avez pas réussi à bouder les merveilles culinaires du repas de Noël ? Les conséquences des raclettes chez les potes et des bradeles de mamie deviennent impossible à dissimuler ? Dans une atmosphère survoltée et conviviale, WAS vous a déniché le bon plan pour aller vous acharner sur les calories ! Plus d’excuses, venez à la Gym Suédoise ! Les plus sceptiques vous demanderont si c’est du montage de meubles ? Pas du tout ! Après Ikea et h&m, les Suédois continuent de nous inonder avec leurs concepts simples et ludiques en nous ramenant leur gym ! Avec plus de 500 000 membres en Suède, la Gym Suédoise rencontre,également, un vrai succès en France ! Jamais un sport n’a suscité un tel engouement ! Ce n’est pas un cours

Festival

Les Nuits Européennes

et LE PRÉO présentent

LA NUIT TROPICALE Samedi 28 Janvier 2012 Le PréO - Oberhausbergen - 20h30

d e s p o r t t ra d i t i o n n e l , o n a p l u s l’impression de participer à une fête géante, ce qui est bon pour le moral et les abdos ! Attention en une heure tout y passe : les cuisses, les abdos, les fessiers ! Le cours comprend l’échauffement, les étirements, la musculation, le cardio, la course, le stretching et, pour terminer, la relaxation. Musique boostante, synchronisation des mouvements, les moniteurs (tous bénévoles) ont du punch à revendre et nous font bouger dans tous les sens. On transpire, on brule les calories, nos muscles se tonifient et on améliore notre endurance cardio vasculaire ! On travaille aussi notre coordination, ce qui stimule le système nerveux et permet de créer des endorphines ! Bref, ça nous défoule et revigore en

même temps ! On peut dire bye bye aux calories ingurgitées pendant les fêtes de Noël e t s o u h a i te r b o n vent à cette seconde peau que l’on avait revêtu pour affronter le froid ! À Strasbourg, vous avez le choix entre la salle 23 au Neudorf ou le lycée Lucie Berger, au centre ville. D’autres cours sont donnés à travers toute l’Alsace. Vous trouverez tous les horaires de cours, les salles et les tarifs sur le site internet : www.gymsuedoise.com S Par : Candice Soler-Couteaux

Les Nuits

Européennes Propos recueillis par : WAS

Anthony Joseph & The Spasm Band (Afro Funk / Tropical / Spoken Word)

+ Club Trotter (Discothèque Itinérante)

www.lesnuits.eu

Prix conseillé entre : 5,50 euros et 16 euros En vente dans les réseaux : Fnac, Ticketnet et Boutique Culture. http://www.lesnuits.eu ben@lesnuits.eu

Depuis 1995, vous n’êtes sans doute pas passés à côté de la programmation culturelle des Nuits organisées par l’association Arcane 17. Forts de plusieurs partenariats dans le monde entier (Saint-Pétersbourg, Prague, Bruxelles, Barcelone, Varsovie et j’en passe), cette institution culturelle Strasbourgeoise propose chaque année de nombreux événements musicaux incontournables. Les Nuits Européennes sont un rendez vous festivalier se déroulant en octobre dans les diverses salles de concerts de la CUS (La salle des Fêtes de Schiltigheim, le PréO, le CC Django Reihnardt, la salle du Cercle etc…). Véritable label de qualité, Les Nuits Décalées s’étalent également sur l’année avec à chaque fois une couleur musicale affichée. Ainsi, la récente Nuit Klezmer avec en tête d’affiche David Krakauer illustre la structure même des Nuits : un artiste de renommée

internationale nous menant à découvrir d’autres groupes en passe de devenir mondialement reconnus : Kabbalah. Les Nuits Décalées ont marquées de nombreux esprits, notamment grâce à la venue du fabuleux Staff Benda Bilili en mai dernier, les murs de la salle des fêtes en tremblent encore… Le 28 janvier prochain, ne ratez pas La Nuit Tropicale « Un concert survolté suivi d’un dancefloor endiablé ! ». Entre afro-funk et spoken word vous retrouverez Anthony Joseph & The Spasm Band, un griot né à Trinidad et vivant à Londres qui nous promet une soirée déjantée. Ces musiciens largement promus par la presse spécialisée gagnent encore à se faire connaître. Comptez sur les programmateurs des Nuits pour vous faire découvrir vos futurs artistes favoris ! S

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La Dinette Propos par : Marie-Catherine Brandstetter / Photos par : Vincent Muller C’est en juillet dernier que La Dinette a ouvert ses portes au 5 rue de l’écurie… mais La Dinette, c’est quoi ? Un nouveau concept de restauration à Strasbourg qui mêle la tradition alsacienne au fast-food, pour le côté rapide et à emporter, non pour le côté malbouffe. A la base de ce projet, on trouve Grégory Schneider et Julien Leroy qui se sont rencontrés alors que chacun d’entre eux avait déjà une idée de concept. Le coup de foudre créatif fût immédiat, chacun apportant l’idée qui manquait à l’autre. Pour Gregory, qui tenait alors un bar à Haguenau, l’idée est partie d’une balade en ville un jour où il recherchait à manger. Il manquait quelque chose de régional, qui plaise aux indigènes, mais dans la catégorie petit plat rapide. Pour Julien, travaillant dans la restauration, il s’agissait du désir de créer sa propre boîte en y intégrant ce qu’il aimait : la fusion culinaire autour de la tradition.

Lorraine). La carte entière est un mélange de classique et de dérivés modernes au fil des expérimentations des deux jeunes hommes, c’est ainsi que vous pourrez découvrir la salade de chou cru ou le chouchi, d’inspirations japonaise, ou la choucroute hawaïenne à l’ananas. Le lieu de La Dinette est aussi un bel exemple de ce mélange entre l’Alsace et la modernité. Tout est dans les tons rouge, noir et blanc puisque tout a été réalisé par nos deux compères à leur arrivée . Les cartes sont écrites sur des planches à tarte flambée, les abat-jours ont été faits à partir de moules à Kugelhopf et on peut voir en arrière-plan trois horloges aux heures de Lingolsheim, Strasbourg et Dinsheim. Ajoutez à ceci un délicieux pain perdu aux fruits de saison et à la cannelle, à déguster tout en papotant avec Julien ou Greg et les aficionados du quartier, on parie que vous vous ruerez sur les nouvelles cartes de fidélité.

A partir de cette rencontre se sont posées des questions pratiques telles que comment intégrer ce que l’Alsace a de plus emblématique, la tarte flambée, dans un concept de street food ou comment faire entrer les plats alsaciens dans une box. C’est ainsi qu’ils ont crée leur produit phare : le panini tarteflambée, dont la version au munster cartonne pour seulement 4,50 euros, ou la choucroute box, beau compromis mélangeant le fast-food à un produit local et, qui plus est, de qualité. Les produits, justement, sont eux aussi alsaciens. La choucroute provient de chez Kirn et l’Elsass thé est à la mirabelle (oups de

Prix : à partir de 3,50 euros le hot-dog alsacien et les menus plat-boisson-dessert à moins de 10 euros

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5 Rue de l’écurie 67000 Strasbourg Tél. 03 88 10 94 55 Horaires : ouvert non-stop tous les jours de 11h à 22h, jusqu’ à 23h le samedi, 18h-22h le dimanche. Communiqué


SÉLECTION

La Maison de l’Alsace installée à Paris L’Alsace tient fermement la barre de son patrimoine, où qu’elle soit. Même à Paris, cette région met en avant ses personnalités ayant d’abord vu le jour à Strasbourg, Colmar, Mulhouse… Récit d’un amour déclaré. L’Alsace est au coeur de Paris. Cette région et ses traditions figurent en bonne place, dans un quartier assez connu (et cossu) de la capitale : les Champs-Elysées. Autour des restaurants chics, devant la boutique du Paris Saint-Germain et du cinéma Gaumont, figure une petite maison à deux étages, décorée de poutrelles qui rappellent les demeures des vallées alsaciennes. Lorsque l’on pénètre ce lieu silencieux et calme, il émane de cet endroit un parfum de souvenir. Comment ne pas visiter cet endroit lorsque l’on y revoit les allées de son enfance ? La Maison de l’Alsace, organisme chargé de représenter la région dans cette ville si cosmopolite et multiculturelle qu’est Paris, fut fondée en 1968 par le Département du Bas-Rhin, appartenant aujourd’hui aux deux Départements alsaciens (Bas-Rhin et Haut-Rhin).

Un monument et des personnes C’est un monument dont l’Alsace est très fière, à en croire Bernard Kuentz, directeur de l’enceinte : « Nous sommes très fiers d’avoir une représentation alsacienne au coeur des Champs-Élysées. C’est une volonté de notre part de manifester notre attachement à cette belle région, la nôtre. En invitant régulièrement des personnalités nées en Alsace mais habitant à Paris, il est important pour nous de revendiquer nos racines même si on en est géographiquement loin ! » C’est Kaoutar Harchi qui, il y a quelques semaines, est venue à la Maison de l’Alsace présenter son nouveau roman : « L’Ampleur du saccage », aux éditions Actes Sud (écrivain que nous avons pu interviewer, voir numéro précédent). Mais il n’y a pas qu’elle : d’autres

personnalités d’origine Alsacienne, comme MarieOdile Amaury, qui possède des quotidiens prestigieux tels Le Parisien, Aujourd’hui en France ou encore le sportif L’Équipe, vient régulièrement à la maison alsacienne participer à des débats ou tout simplement se ressourcer, les tableaux des vallées reculées du Haut-Rhin participant profondément à l’atmosphère traditionnelle que revêt le lieu. La Maison de l’Alsace, pont patrimonial établi entre l’Alsace et l’Ile de France, continuera d’éveiller l’esprit d’appartenance des alsaciens à Paris. Organisme qui montre, avec force manifestations, colloques et rendez-vous gourmands, que notre région a droit de cité parmi les grandes fiertés françaises. S Propos recueillis par : Mounir Belhidaoui Illustration par : Flavijus Piliponis

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Atelier Créatif Pour vous le dimanche est synonyme de casse tête pour trouver une activité qui sauverait la journée? Pas de panique, WAS était invité à l’inauguration d’un salon de thé créatif à l’allure décalé Propos par : Candice Soler-Couteaux / Photos : DR Et oui Amandine et Anaïs, 2 strasbourgeoises inventives ont eu l’idée de lancer un concept insolite ! Et vu qu’on aime les initiatives, voici les détails sur cette adresse secrète inédite ! A&A (Amandine a fait les Arts Décos et Anaïs a une formation de fleuriste), vous accueillent dans un appartement à l’ambiance cosy pour participer Aux Petits Ateliers du Grandidier. Une fois le seuil franchi, on a qu’une envie, celle de flâner, tant l’atmosphère de ce lieu est apaisant ! 2 dimanches par mois, les filles vous reçoivent par groupe de 8, à partir de 14 heures pour un atelier bricolage. Autour d’un thé fumant servi dans des tasses rescapées de services en porcelaine et de délicieuses pâtisseries (et pour le coup Anaïs est un peu la Bree Van de Kamp des cupcakes que vous allez les engloutir sans pudeur !) le savoir faire des 2 filles va vous surprendre ! A chaque dimanche son thème ! Elles vous proposent des idées décos à fabriquer vous même, ils ne restent plus qu’à choisir l’atelier qui vous plait le plus. Vous allez créer une pièce unique

et exclusive pour insuffler un petit air rétro et perso à votre appartement ou à votre garde robe ! Les filles organisent également des ateliers de peinture à l’huile durant lesquels vous apprendrez les différentes techniques pour devenir une pro du pinceau ! Ce sont des séances de 3 heures en semaine organisées pour 4 personnes. Les petits ateliers du Grandidier c’est sans aucun doute l’initiative strasbourgeoise la plus girly de ce début d’année ! A tester absolument ! Les Petits Ateliers du Grandidier 5, rue Grandidier 67000 Strasbourg 06.66.91.70.39 Retrouvez tous les thèmes et dates de leurs ateliers sur le site internet : www.lespetitsateliersdugrandidier.com

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STRASBOURG BY WAS

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Pont Saint-Étienne Photo par : Julien Haushalter

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LA KRUTENAU

Propos par : Renaud Valambras Photo par : Julien Haushalter

Située à deux pas du centre de Strasbourg, la Krutenau séduit par son originalité. Véritable village dans la ville, ses habitants chérissent l’ambiance conviviale que l’on y trouve. Devenu un quartier couru, la Krutenau nous offre cependant une histoire plus contrastée qui a sans doute contribué à former son caractère si particulier.

La Krutenau En la parcourant aujourd’hui, il est difficile d’imaginer ce qu’était la Krutenau. Entourée par les cours d’eau, traversée par les canaux, elle n’offrait qu’un site marécageux peu accueillant. Ceux qui y trouvent alors refuge y exercent des métiers liés à cette morphologie atypique. Marins, pêcheurs, bateliers s’y côtoient et longtemps la Krutenau reste un quartier modeste, vétuste. Cet univers aquatique trouve aujourd’hui écho dans les toponymes utilisés. Songez au quai des Bateliers, à la place Saint-Nicolas aux Ondes, ou encore à l’impasse de l’Ancre. Le quartier recèle également d’histoires incongrues. Ainsi, la rue du Renard prêchant évoque une légende du moyenâge qui raconte qu’à cet endroit un certain monsieur Fuchs (renard) prêchait au bord de l’Ill pour attirer les canards ! Plus vraisemblablement, il semblerait que la rue doive son nom à un prêtre aux mœurs douteuses... Au cours de la première moitié du XVe siècle, le quartier est incorporé à la ville de Strasbourg. La Krutenau en est toutefois séparée par les imposantes murailles

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qui enserrent alors la ville libre du SaintEmpire romain germanique. C’est au cours du XIXe siècle que le quartier change de statut. Ce changement est particulièrement perceptible avec la transformation de la Maison des Enfants Trouvés (actuellement Lycée Oberlin). Celle-ci avait été bâtie à la Krutenau au XVIIIe siècle car sa présence aurait été mal vue dans les quartiers nobles. En 1824, la nouvelle Université de Strasbourg s’établit dans les locaux de l’ancien orphelinat offrant de nouvelles perspectives au quartier, désormais fréquenté par de nombreux étudiants et des personnalités comme Louis Pasteur qui y donnait des cours de 1848 à 1854. L’autre évolution majeure est la raréfaction des métiers liée à l’eau, d’autant plus rapide que d’autres axes de navigation se développent dans la ville et que, peu à peu, les canaux du quartier sont asséchés. A contrario, les ouvriers affluent à une époque marquée par les prémices de l’industrialisation. La Manufacture des Tabacs, qui n’a mis un terme à son acti-

vité qu’en 2010, joue notamment un rôle important dans le développement économique du quartier, employant plus de 1000 personnes en 1870. Ces années sont donc celles d’un changement en profondeur pour la Krutenau qui devient un centre culturel de premier ordre et qui voit sa composition sociale bouleversée. La Krutenau reste cependant un quartier que l’on pourrait qualifier de populaire. Sa situation idéale à proximité du centreville ne tarde toutefois pas à attirer les convoitises. Les années 1970-1980 sont marquées par le lancement de nombreux projets immobiliers dans le quartier. L’identité de la Krutenau est menacée. Ses habitants craignent de devoir déménager suite à la hausse


des loyers, l’héritage architectural tombe peu à peu sous les coups des pelleteuses. De nouvelles résidences disgracieuses remplacent les habitations traditionnelles. Le dense tissu associatif du quartier pe r me t d ’o rg a n i se r un e vé r it ab le résistance, notamment incarnée par le Cardek qui plaide alors pour un vaste programme de restauration des immeubles insalubres plutôt que leur démolition. Ces luttes ont favorisé une prise de conscience des autorités qui se sont montrées dès lors plus soucieuses de la préservation du patrimoine d’un des quartiers historiques de Strasbourg. Un quartier qui est, de nos jours, de plus en plus plébiscité, notamment par les

étudiants qui en apprécient la proximité du campus Universitaire de l’Esplanade et son attractivité la nuit tombée.

exemple et un bon moyen de découvrir le quartier devant un concert ou autour d’une bonne tarte flambée ! S

La Krutenau est en effet un haut lieu de la nuit Strasbourgeoise, capable d’attirer les noctambules jusqu’aux heures les plus tardives grâce à la présence de nombreux établissements fermant leurs portes aux premières lueurs de l’aube. Dans un quartier devenu aussi prisé, il est sans doute difficile de maintenir entre les habitants des liens aussi étroits qu’auparavant. De nombreux événements rythment toutefois la vie de la Krutenau et y perpétuent une ambiance conviviale. La fête de la Krutenau, organisée chaque année par le Cardek, en est sans doute le meilleur

Le Cardek http://www.cardek.net direction@cardek.net

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LA PLACE D’AUSTERLITZ

La Place d’Austerlitz La place d’Austerlitz a longtemps été considérée comme la porte d’entrée Sud de Strasbourg et constitue un témoin majeur de l’évolution historique et urbanistique de la ville. Aujourd’hui, un nouveau projet d’aménagement est en cours et verra le jour en 2012 afin de redonner à l’endroit une place de première importance au cœur de l’agglomération strasbourgeoise. Un peu d’histoire…. L’histoire de cette place remonte au XIVeme siècle et à la construction de la porte des Bouchers. Elle se situait alors en limite de la ceinture médiévale, dans la continuité de l’axe Nord Sud de la ville historique. Cette toponymie vient du fait que la porte constituait le point d’entrée des bœufs venus à pied de Hongrie et de Pologne qui étaient alors répartis entre les éleveurs au cours de grands marchés aux bestiaux avant d’être conduits dans la plaine des bouchers afin d’être engraissés. Ce nom restera en vigueur du XVeme siècle jusqu’à la révolution. Cette activité et la présence de nombreux canaux et marécages conféraient à l’endroit un caractère très insalubre. Au cours du XVIeme siècle, cette porte devient porte intérieure de la ville suite à la construction d’une nouvelle ceinture extérieure. Elle sera détruite en 1770 lors du passage de Marie Antoinette dans la ville, les dimensions de la porte ne permettant pas le passage du cortège. La porte, où plutôt ce qu’il en reste, prendra alors le nom de porte Dauphine.

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On raconte que Marie Antoinette se serait arrêtée sur le pont du Rhin afin de revêtir un costume français avant d’entrer dans la ville. C’est en 1805 que la porte prendra le nom de porte d’Austerlitz. Napoléon, rentrant victorieux de la bataille d’Austerlitz, empruntera la porte extérieure pour pénétrer dans Strasbourg. La rue et la place adjacentes prendront également cette dénomination. Ce p e n d a n t , p e n d a n t l e s p é r i o d e s d’occupation, ce nom synonyme de victoire française sera interdit par l’occupant. La place prendra alors le nom de place des Bouchers (Metzgerplatz). On peut noter que compte tenu de la large pratique du dialecte alsacien par la population strasbourgeoise, ce nom restera en vigueur jusqu’en 1945, même pendant les périodes où l’Alsace était française. Avec l’évolution des transports, la place, en tant que porte d’entrée Sud pour la ville, devient un nœud de circulation et de flux de première importance, assurant la liaison entre le centre ville et le quartier du Neudorf, la Meinau et Illkirch-

Graffenstaden. En effet, dès 1877, le train hippomobile traverse la place d’Austerlitz mais sera abandonné au début des années 50, au profit des trolleybus et autobus. Dans les années 80, une large partie de la place actuelle est réservée au stationnement et à la dépose des autobus et des cars de tourisme. Cette situation devient rapidement problématique, avec une place engorgée par le défilé incessant des bus, une place devenue désagréable et dangereuse. Depuis le 15 octobre 2007, et suite aux demandes répétées des riverains, la place d’Austerlitz est entièrement interdite au stationnement. Et après…. Cependant, cet espace urbain désormais libre s’avère difficile à lire et à interpréter. De surface équivalente à la place Kléber, la place d’Austerlitz n’a pas de véritable identité, pas de caractère propre. Ceci s’explique notamment par un bâti hétérogène où les époques et les styles architecturaux se côtoient sans vraiment se comprendre. On peut en effet distinguer trois grands symboles


des principales étapes de l’urbanisation strasbourgeoise : un tissu traditionnel post médiéval sur le front Nord-est, un tissu néoclassique au front Sud et un tissu moderne et des constructions d’après guerre au front Ouest, comme le quartier Suisse datant des années 70. Il était donc nécessaire et urgent de recréer un espace de vie et de passage en redonnant une véritable identité à la place. C’est dans ce sens que depuis 2008, un projet d’aménagement est à l’étude, en étroite collaboration avec les habitants et les associations locales. Des réunions d’informations et de concertation ont en effet été organisées par la mairie. Le projet lauréat propose une alternative intelligente et adaptée. Les travaux devraient s’achever au milieu de l’année 2012. Propos par : Timothy Dusseault & Nicolas Parisot Images et projet par : Digital Paysage

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LE PONT DU CORBEAU

Les badauds qui s’attardent aujourd’hui sur le Pont du Corbeau savourent la douceur de vivre des quais Strasbourgeois, admirent le Musée Historique, les maisons à colombages qui bordent l’Ill ou s’apprêtent à déguster des plats « bien de chez nous » à l’Ancienne Douane. Leurs ancêtres, quant à eux, goûtaient, sur place, à de toutes autres saveurs… Propos par : Axelle Hoffmann / Photo par : Vincent Muller

Le Pont du Corbeau Des transformations successives

Le Pont des Supplices Au XIIème siècle, le Pont du Corbeau est connu sous le nom de Schinderbrücke ou Pont des Supplices. Une partie de la justice de la ville de Strasbourg y était effectivement rendue, dans une mise en scène parfois spectaculaire. Lieu d’exécution publique par noyade par excellence, ses victimes favorites étaient les voleurs, maraudeurs, infanticides, femmes infidèles… Les condamnés étaient simplement jetés dans l’Ill jusqu’à ce que l’imagination féconde de la justice médiévale et moderne apporte toute une série d’innovations aux peines et exécutions. Notons l’exemple de la Scupha : cette longue planche basculante dominait, à quelques pas du pont, une eau dans laquelle se déversaient les matières

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fécales, eaux usées et autres déchets divers et variés (notamment ceux des boucheries alentours). Les accusés – malfaiteurs, larcineurs, falsificateurs, commerçants malhonnêtes etc. – y étaient attachés et régulièrement immergés, parfois jusqu’à l’évanouissement. La planche est remplacée en 1477 par le Schandkorb : un grand panier en osier accueillait alors le détenu.

Les criminels étaient, par exemple, enfermés dans des sacs cousus et jetés dans l’Ill. Le nombre de condamnations était très important : entre 1600 et 1621, pas moins de 151 exécutions sont accomplies. On procédait, en moyenne, à 7 exécutions par an, dans ces annéeslà, ce qui était beaucoup pour une ville qui ne comptait alors pas plus de 32 000 habitants.

En 1569, arrive le Zuchthäuschen uff de Schindbruck, ou cage grillagée, installée aux extrémités du pont. Au dernier jour de leur peine, les suppliciés sautaient dans l’Ill et devaient lutter contre le bourbier infâme dans lequel ils étaient plongés pour regagner la rive sur laquelle des aides bienveillants portaient secours à ceux qui ne savaient pas nager.

Le Pont des Bouchers

Pour les délits mineurs, on n’allait jamais jusqu’à la noyade : il s’agissait seulement d’exposer le condamné aux moqueries de la foule, toujours au rendez-vous. La véritable noyade était réservée aux crimes les plus graves : meurtres, viols, incestes, adultères, abandons d’enfant…

Outre sa fonction plutôt funèbre, le Schinderbrücke, qui prend le nom après la Renaissance de Pont des Bouchers, a eu un rôle majeur dans l’essor économique de la cité. Chemin principal du sud de Strasbourg menant à la douane, aux quartiers marchands et à la Cathédrale, il se trouvait sur un axe économique très important que dominait la corporation des bouchers. Sur la rive gauche de l’Ill, dès le XIIIème siècle, un parc à bestiaux et un abattoir en


plein air avaient leurs quartiers. Couverts par un toit au XIVème siècle, il faut attendre le XVIème pour que soit érigée la Grande Boucherie – à l’emplacement de l’actuel musée historique – construite de 1586 à 1588.

Le Pont du Corbeau

De nombreux travaux y sont menés au fil des siècles, du fait de sa proximité avec l’eau : des problèmes d’affouillement d’eau, de rongeurs attaquant les pieds de bois des fondations… fragilisent le bâtiment qui est finalement laissé à l’abandon dès 1859. Il deviendra musée en 1897, inauguré par l’Empereur Guillaume II. En 1920, y est ouvert le musée historique. Sur la berge sud, des baraques appelées « cassines » étaient accrochées au parapet du pont, et ce tout au long de l’époque moderne.

Le Pont du Corbeau a connu, tout au long de son histoire, une succession impressionnante de phases de constructions et de reconstructions. D’abord simple passerelle de bois, restaurée très régulièrement, elle est transformée plus magistralement en 1841 : les cassines sont démolies, l’ancien pont est détruit et remplacé par un pont en fonte, élargi, fabriqué par les ateliers De Dietrich à Niederbronn. Mais si le dos d’âne qu’il formait était essentiel pour la navigation fluviale, les marchands devant le traverser en chariot se trouvaient en difficulté et lui préféraient d’autres voies de circulation.

U n e m u l t i t u d e d e c o m m e rc e s s ’ y développait. Sur l’autre rive s’organisaient les activités commerçantes et quotidiennes des bouchers : marchés aux bestiaux, échoppes, auberges… Les rues, contemporaines, des Bœufs et des Bouchers nous le rappellent aujourd’hui.

A la fin du XIXème siècle, le pont est alors remplacé par un pont aplani en grès rose et pierre de taille. On ajoute à ses quatre extrémités des tourelles ajourées, démontées en 1942. Jusque-là, le quartier tout entier était la place d e s fe sti vi té s d i ve r s e s e t

réjouissances publiques (joutes, foires…). Cette vie animée s’éteint en même temps qu’apparaît le nouveau pont, rendu dès lors à sa première fonction, celle de voie de circulation. Successivement Schinderbrücke, Pont des Bouchers, Pont Rousseau pendant la Révolution Française puis Pont du Corbeau en référence à la Place du Corbeau et à la Cour du Corbeau, ancien hôtel jadis très couru, il n’a pas eu un rôle fondamental dans l’histoire de la cité strasbourgeoise, outre économiquement parlant. Cependant, il incarne, d’un point de vue patrimonial, le reflet des sociétés passées. Aujourd’hui, une plaque de cuivre accolée au Pont du Corbeau indique que la Grande Ile de Strasbourg appartient au Patrimoine Mondial de l’Unesco et rappelle, en quelques mots, les supplices qui y avaient lieu.

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RENCONTRES

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Photo par : Vincent Muller


1955 ILS PRENNENT LE RAP À LA SOURCE

Interview Ca s’est passé le 13 janvier à Strasbourg, le Molodoi a tremblé sous les cris de groupies et fans incontestés du nouveau groupe de rap ! On les nomme « 1995 » dit UNDOUBLENEUFCINQ. Un groupe de jeunes talentueux et ambitieux ! C’est sûr, ils viennent marquer l’histoire du Rap français ! Propos recueillis par : Fatiha Kabel / Photo par : Vincent Muller

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1995 WAS : Alors, tout d’abord 1995 c’est le nom de votre collectif, est ce que vous pouvez vous présenter ?

différence. Pour ce qui est d’autour de notre rap, on est tellement dans notre univers que l’on a plus le temps de voir les actualités niveau rap.

Fonky Flav’ : Oui c’est notre collectif, on est cinq MC accompagnés de notre DJ. Il comprend donc Sneazzy (Emcee), Nek le Fennek (Emcee), Fonky Flav’ (Emcee/Beatmaker), Areno Jaz (Emcee/Graffiteur), Alpha Wann (Emcee), Lo’ (DJ/Beatmaker)

WAS : Est-ce que vous songez à des projets solo ?

WAS : Comment s’est formé le groupe ?

WAS : Vos vidéos circulent beaucoup sur le net, y a-t-il des endroits précis où les trouver ?

Areno : C’est vraiment vers début 2009 que le groupe s’est formé. Alpha et moi étions déjà dans le game à l’affût du rap dans la capitale. Dj Lo vendait des crêpes sur Montparnasse puis Flav lui a proposé un bon plan. Ce deal c’est « 1995 », c’était du sérieux. Flav : Il nous fallait un mec avec un certain profil et c’est là où Sneazzy nous a rejoint. On roule aussi avec l’Entourage, on est un collectif de rappeurs mais plus que des MC. C’est vraiment divers. On a de tout et c’est ce qui fait « 1995 » aujourd’hui. WAS : Comment se passe le travail en studio ? Estce que chacun apporte sa touche personnelle ou rien n’est programmé ? Nekfeu : Chacun travaille dans son coin puis après ça se fait tout seul. Le fait d’être un groupe contribue à ce que chacun sache où il est performant, où il se sent le plus à l’aise, et apporte donc aux autres.

Alpha Wann : Comme dit, nous sommes avant tout un collectif mais c’est vrai que chacun fait sa petite création de son côté. Maintenant le premier qui se lance vraiment dans un projet solo c’est Areno.

Flav : C’est simple on a notre facebook « 1995 » où vous pouvez retrouver toute l’actualité. Chacun a le sien, ainsi tous nos fans peuvent nous suivre. WAS : Vous entamez la tournée de votre EP « La Source » dans toute la France, comment ça s’est passé jusqu’à présent ? Sneazzy : C’est de la folie, on a affiché complet un peu partout. Le public est là ainsi que les fans. Chaque soir c’est du pur kiff. La tournée pour « La Source » est celle de notre premier EP mais il y a déjà d’autres projets en cours. Retrouvez leur actualité sur : www.facebook.com/undoubleneufcinq https://twitter.com/#!/1995posse

WAS : Après avoir écouté votre EP « La Source » pour laquelle vous faites cette tournée, on ressent un certain retour au rap à l’ancienne. Vous écoutez un peu ce qui se passe niveau rap ces derniers temps ? Sneazzy : Perso, je trouve que ce n’est pas ancien. Au contraire on veut ramener une fraîcheur. On fait notre propre recette et on veut vraiment faire la

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LES SALES MARINES

Les Sales Marines Propos par : Marie-Catherine Brandstetter Photos par : Vincent Muller http://www.lessalesmarines.com http://www.lessalesmarines.bigcartel.com Sarah, de son vrai nom, originaire de Strasbourg, comme WAS. Elle conclut une licence en histoire de l’art par une année à Florence et un stage au Musée Zoologique de Strasbourg, section taxidermie. C’est là qu’elle découvre la résine et les techniques d’inclusion, le déclic se fait. Elle poursuit son cheminement en Amérique Latine avant de poser ses valises à Barcelone en janvier 2011. Les Sales Marines naîtront au mois de mai. Très vite, elle ouvre un e-shop et se fait connaître par le boucheà-oreille et les réseaux sociaux comme Facebook. Son travail est en constante évolution, tout comme ses inspirations, de la taxidermiste Polly Morgan à la mode des années 60 en passant par les cabinets de curiosité, Sarah s’attache à représenter un microcosme à l’intérieur d’une pièce.

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À Barcelone, elle chine des perles et chapelets au marché aux puces des Encants qui lui servent de base pour ses colliers. À ceci, elle ajoute des bouts de cartes postales anciennes, d’affiches du cirque Barnum ou de vieilles encyclopédies dénichées chez les bouquinistes. Le mélange est hétéroclite mais le résultat unique, presque précieux. Chaque bijou finit par ressembler à son propriétaire, à moins que ce ne soit l’inverse… S


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01/ King of the beach : 21 euros 02/ Les jardins du palais : 23 euros 03/ Betsy and cocos : 19 euros 04/ L’accordÊoniste : 23 euros 05/ Les jardins du palais : 19 euros 06/ Surf in USA : 21 euros Les Sales Marine en boutique chez Mirabile : http://mirabil-visu.over-blog.com

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SPEECHES, UN COUP DE GUEULE VESTIMENTAIRE


CULTURE

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Photo par : Vincent Muller


ATELIER URBAIN

Atelier Urbain Propos recueillis par : Nicolas Hecquet / Photo par : Vincent Muller

Robert Hermann, premier adjoint au maire chargé de la démocratie locale, et Alain Jund, adjoint au maire en charge de l’urbanisme, ont inauguré une nouvelle forme de concertation citoyenne pour l’aménagement futur de Strasbourg : l’Atelier Urbain. WAS : Pour ceux qui n’auraient pas encore eu vent de l’Atelier Urbain, pouvez-vous nous dire en quoi consiste ce projet ? Robert Herrmann : L’Atelier Urbain est une forme de dialogue public ouvert à une population qui n’est pas tirée au sort, qui n’est pas sélectionnée, et que l’on essaie d’embarquer sur des thématiques qui sont fondatrices de ce qu’est la ville et qui viennent enrichir nos réflexions. Les élus et les techniciens ont beaucoup de talent mais ils ont besoin de s’enrichir des compétences extérieures dans un temps qui n’est pas celui de la décision mais qui va, au fur et à mesure, nourrir les décisions à venir, et éventuellement permettre de les orienter et de les enrichir. Les citoyens ne laissent plus la ville entre les mains des élus et des techniciens, mais veulent s’en saisir et veulent participer à sa définition. Alain Jund : Nous avions l’ambition de répondre à un certain nombre de questions simples et compliquées à la fois. La première : comment travailler sur la ville de demain. La deuxième : comment donner à un maximum de personnes les capacités de comprendre les enjeux. Enfin, comment, à travers le débat, donner de nouveau l’envie de ville. La démarche de l’Atelier Urbain, c’est d’avoir les clés, de comprendre les enjeux et de construire ensemble. WAS : Dans votre présentation, vous évoquez volontiers « l’imaginaire » et vous dites vouloir romancer, dessiner, sonoriser la ville, tout ceci autour d’une question : « Peut-on faire la ville sans d’abord la rêver ? » C’est une approche peu habituelle de l’urbanisme que vous proposez aux habitants. Pourquoi ce choix ? A.J : C’est une manière de redonner du sens à la ville. A quoi les gens aspirent ? C’est en fonction du rêve, de la vision que l’on peut avoir de la ville, et puis d’un certain nombre de contraintes,

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que le débat évolue et se fait. On peut rêver, il faut rêver, et ça ne veut pas dire qu’il y a la triste réalité ensuite. Il faut gérer entre le besoin et l’envie. Et au cours des discussions, le rêve s’est porté plutôt sur la manière de vivre ensemble que sur la construction de la ville. Cela a soulevé la question de l’interaction des habitants entre eux : est-ce que l’on fait une ville où les gens peuvent se rencontrer ou est-ce que l’on construit des formes où les citoyens sont des objets à côté d’autres ?


R.H : Le rêve, c’est d’abord un média pour dire aux gens « Vous avez la parole ! » WAS : Vous avez organisé la première phase de l’Atelier Urbain parallèlement aux Journées de l’Architecture qui, depuis 2000, invitent les habitants à re-découvrir les grandes oeuvres architecturales de la région. Etait-ce par souci de complémentarité ? Pour davantage sensibiliser les participants de l’Atelier Urbain à l’architecture ? A.J. :Je pense que c’était aussi un moyen pour, mais c’était plutôt le hasard du calendrier... C’était néanmoins une conjonction intéressante qui a permis la rencontre de réseaux, de personnes qui se croisent très peu. Lors de l’exposition à la Chambre (Mission photographique du territoire de Strasbourg, de Gilles Leimdorfer), ou à la conférence au TNS (« Formes et silhouettes urbaines »), on a vu un public à la fois de spécialistes et de techniciens, mais aussi de personnes qui étaient simplement curieuses.

hauteur et la densité de la ville. Se pose aussi la question de la société dans laquelle on veut vivre. Si l’on s’appuie sur ce que dit Pierre Radanne (Pierre Radanne a été directeur adjoint du cabinet ministériel de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, et est actuellement président de l’association Dossiers et Débats pour le Développement Durable - ndlr)à propos du mariage unique et indéfectible entre l’Homme et la planète, il y a deux méthodes. L’une pédagogique, volontaire et démocratique qui permet aux gens de s’approprier les questions. L’autre autoritaire, sans adhésion, avec des heurts, des violences, des tensions et des contraintes. Le chemin que nous avons décidé de prendre, c’est le pari de l’intelligence des gens. Dans les arguments que nous avons reçus, des personnes disaient que ce qui fait symbole dans la région, c’est la cathédrale de Strasbourg. Et ils disaient aussi qu’elle ne pouvait pas avoir de concurrente. Si l’on met une tour, on perd le symbole. C’est un argument qui n’est pas celui d’un urbaniste, mais qu’il faut entendre parce qu’il est puissamment ancré. S

WAS : L’Atelier Urbain est en quelque sorte une enquête auprès des citoyens, à mi-chemin entre un débat populaire et un référendum local... Leurs avis sont-ils simplement consultatifs, ou ont-ils un vrai pouvoir de décision ? R.H : Concernant la démocratie locale, nous avons toujours dit que les instruments que nous mettions en place étaient des instruments qui permettaient de nourrir une réflexion. Mais, infine, c’est les élus qui ont le dernier mot au Conseil municipal, majorité et opposition confondues. On ne veut pas qu’il y ait de confusion là-dessus. D’ailleurs, les gens ne demandent pas à prendre les décisions. La première chose qu’ils appréhendent, c’est la difficulté de gérer les contradictions. Et très souvent, à la sortie des réunions, ils confient ne pas vouloir être à notre place (sourires). Les gens demandent d’abord d’être intégrés aux phases de réflexion et d’analyses, de participer à des formes de coconstruction, que la collectivité soit transparente et qu’il y ait un débat public autour des questions centrales. WAS : Quels sont les enjeux aujourd’hui de l’aménagement de la ville de Strasbourg ? A. J : C’est la gestion du paradoxe. Comment faire accepter des projets par tous, même quand cela implique un grand changement juste à côté de chez soi.

Les étapes de l’Atelier Urbain, avec Yves Aubert, directeur général adjoint de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg. L’Atelier Urbain, c’est partager, nourrir la réflexion, l’orientation, la vision de la ville. Chaque année, un thème sera choisi. Cette année, c’est la silhouette urbaine : la façon dont la ville se forme et évolue. L’année prochaine, ce pourrait être la question de l’identité européenne et transfrontalière de la ville. Autour de cette logique de saison et de thème, l’Atelier est constitué de plusieurs phases. En octobre, c’était une étape de lancement et de mise en partage du sujet pour recueillir l’avis des gens. Ce lancement d’octobre sera suivi par des temps de débat plus approfondis sur les thèmes qui ont émergé. Les choses vont s’enchaîner au printemps. Nous allons lancer, courant janvier, un groupe de travail et puis d’autres rencontres à partir des questions soulevées lors de la première phase. S

R.H :Aujourd’hui, une chose est sûre, c’est qu’il faut préserver les espaces ruraux et bâtir la ville sur la ville. Il y a un consensus qui s’est fait sur l’idée qu’on ne pouvait plus continuer à s’étaler. Les questions qui restent ouvertes concernent la

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Le Jardin Médiéval de l’oeuvre de Notre-Dame Il est un lieu en plein cœur de notre ville, jardin délicieux et raffiné qui éveille autant les sens qu’il exalte l’imagination, mais que la plupart des badauds ne voient pas. Si celui-ci est connu, ce n’est pas pour autant qu’il est visité ; souvent, on y promène rapidement son regard sans prendre le temps d’y entrer et d’en découvrir les trésors : il s’agit du jardin médiéval du musée de l’Oeuvre Notre-Dame, attenant à celui-ci et dont l’entrée est libre. Si le temps n’y est pas encore propice à la flânerie, il n’y a pas de saison pour en admirer la belle sobriété et les antiques sculptures. Ce jardin fut créé en 1937 par Hans Haug, historien d’art alsacien qui déploya tout son savoir dans l’aménagement d’un jardinet inspiré de ceux qu’on pouvait trouvé au quinzième siècle. Vous pourrez vous aventurer parmi les trois modestes plates bandes qui fourmillent de plantes médicinales, aromatiques ou

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condimentaires aux fragrances agréables et retrouver ainsi ce qui dans l’imaginaire populaire renverrait à jardin d’apothicaire. Mais surtout, prenez le temps d’admirer ces dalles funéraires, témoins d’un temps où l’art même dévoué à la mort prenait une splendeur par delà la tombe. Cet ensemble de dalles funéraires parmi lesquelles celle de Louis V tient la place centrale, la cuve baptismale romane sculptée avec industrie contribuent à faire de ce petit coin où vous pourrez, la belle saison venue, vous délassez à l’ombre des fraîches ramures du bosquet. Propos par : Volkan Dulkadir Photo par : Yann K.


LITTÉRATURE

« Alcool : les jeunes trinquent » Essai de Marina Carrère d’Encausse Les éditions Anne Carrière - 2011 Classé au rang des grandes préoccupations nationales, l’alcool chez les jeunes est le nouveau fléau à la mode. Entre le nombre de tués sur la route le weekend, les comas éthyliques, les bagarres, les déviances dues à l’abus d’alcool sont nombreuses et de plus en plus fréquentes. Marina Carrère d’Encausse, médecin échographiste, fille de la secrétaire perpétuelle de l’Académie française et animatrice sur France 5 publie ces jours-ci cet essai sur les comportements de jeunes vis à vis de l’alcool. Biture express, soit 4 verres d’alcool bus en 2h. Enquêtes sur les enfants de 11 ans qui subissent leur première cuite. Approche dite culturelle de la première gueule de bois, rite initiatique, nécessité d’ivresse. Un constat qui a de quoi interroger, mais encore faut-il ne pas oublier de prendre le recul nécessaire à la lecture d’un tel essai, forcément engagé. Cette étude est en effet celle d’un médecin, et la tendance va souvent à l’alarmisme, même si de nombreux témoignages de parents démontrent que trop souvent, l’alcool n’est pas assez considéré comme dangereux. À lire donc, avec modération.

Prix conseillé : 18 euros http://www.anne-carriere.fr

« La petite » Roman de Michèle Halberstadt Les éditions Albin Michel - 2011 La petite n’a pas de prénom, c’est la dernière de la famille, l’oubliée, l’éternelle enfant. Elle est discrète, elle est seule. Un matin, elle a douze ans et avale avant de partir à l’école tous les médicaments qu’elle trouve dans la boîte à pharmacie de la salle de bain. Bientôt elle s’endormira. Rien n’est grave, ni dramatique, elle a simplement décidé de quitter ce monde. Au fil de la lecture, on comprend pourquoi il faut « se méfier des enfants sages ». La petite, écrasée par sa brillante grande soeur, torturée par la mort de son grand-père, par les fausses copines de l’école, par la solitude... Un engrenage, un tourbillon de petites choses, de poussières qui petit à petit mènent l’enfant de douze ans à commettre ce geste. Un geste qui comme nous le confie l’auteur, « n’est pas grave ». Du moins aux yeux de la petite. Ce livre est une boucle, qui part d’une pulsion de mort pour démontrer la force de vie qui habite tout un chacun. La fin de ce roman est heureuse, mais il pose de véritables questions de société. L’adolescence écrite sous la plume sublime de Michèle Halberstadt, écrivain et productrice de cinéma. Un roman sensible, heureux, une brise d’air frais sur le paysage de la littérature française. Prix conseillé : 12,90 euros http://www.albin-michel.fr

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« Pour mémoire » Roman de Mazarine Pingeot Les éditions Julliard - 2011 Pour mémoire est un roman concis et incisif. Violent de par son fond et impactant de par sa forme, il est un livre nécessaire. L’histoire d’une adolescence hantée par la Shoah, d’un jeune garçon marqué jusque dans son corps par un passé commun et une mémoire collective. Bien qu’il ne soit pas juif, il vit ce crime contre l’humanité que fut l’holocauste dans sa chaire, se privant de nourriture pour ressentir, ou pour se faire pardonner cette ignominie. Il est seul, privé de communication, d’éducation, sur ce fait si marquant de l’Histoire, qui pose les questions trop actuelles de la surenchère victimaire. Comment raconter la Shoah, l’enseigner, l’accepter, en tirer les conséquences ? Comment vivre avec cette mémoire quand on est un adolescent fragile, isolé du monde, malgré une famille, l’école, les livres... Dans ce roman philosophique, Mazarine Pingeot nous livre des clés pour ne pas oublier, et pour appréhender notre passé.

Prix conseillé : 14 euros http://www.julliard.fr

« Geluck enfonce le clou » BD / Livre illustré de Philippe Geluck Les éditions Casterman - 2011 On connaissait le Geluck version Drucker, avec son chat gentillet, ses lunettes de premier de la classe, ses blagues potaches. Dans cet ouvrage, entre la BD et le livre illustré, Geluck se lâche. Il se met en scène, se moque, de lui-même avant tout, pour mieux se moquer du reste. Si ses dessins, accompagnés de textes qu’il signe d’une plume novice, tombent parfois dans la facilité, ils restent néanmoins divertissants et drôles. Chacun en prend pour son grade, selon la mode humoristique tendancielle. Un livre du moment, qui tape avec acidité sur les institutions : religion, homme/femme, capitalisme, santé… Geluck balaye le monde d’un coup de crayon, loin de son chat candide, qui fait toutefois quelques brèves apparitions. Rien de palpitant dans cet ouvrage, car rien de nouveau, si ce n’est cette vision et cette approche grinçante des temps modernes. Prix conseillé : 18 euros http://www.casterman.com

Merci à la librairie Kléber qui nous a permis de rencontrer ces écrivains ainsi qu’à l’hôtel Cathédrale. Photos par : Vincent Muller

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* art is nothing...

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ART CULINAIRE

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TOMI UNGERER

Tomi Ungerer

2011 l’année Tomi Ungerer à Strasbourg ! Propos par : Axelle Hoffmann / Illustration par : Laura Riendinger

Expositions, spectacle sons et lumières, cérémonies en tous genres, ont célébré son 80ème anniversaire et sa carrière, dont il est inutile de rappeler la richesse, la diversité, l’inventivité, la pertinence et la fantaisie ou encore les publications de plus de 130 ouvrages, près de 500 affiches, des milliers de dessins… Mais cet anniversaire n’a pas sonné le glas de sa carrière : l’homme, tout comme l’artiste, est encore bouillonnant d’idées, de projets, d’envies, et friand de nouvelles expériences. On a d’ailleurs bien hâte d’en savoir plus… En attendant, retour sur la carrière d’un touche-à-tout.

Une jeunesse bouleversée et indisciplinée / Expositions, Né le 28 novembre 1931 à Strasbourg, dans une famille d’horlogers, l’enfance de Jean Thomas, dit Tomi, Ungerer, est bouleversée par la mort de son père, en 1935. Les difficultés matérielles qu’entraîne ce décès obligent la famille à quitter Strasbourg pour s’installer près de Colmar. L’Alsace est ensuite occupée par les Allemands : il en fera toujours référence. En 1940, la maison et l’usine familiale sont

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réquisitionnées par l’armée. A l’école, Tomi est soumis à la germanisation de l’enseignement. De cet endoctrinement nazi, il gardera d’ailleurs un souvenir impérissable : insouciance de la jeunesse et douleur de la guerre marqueront en effet toute son œuvre. Ses dessins de l’époque en témoignent déjà. Tomi Ungerer redevient français en 1945, mais il est bien difficile de se réadapter en cours d’études à une discipline différente, et surtout à une autre langue officielle après quatre années de domination allemande. Constamment puni pour avoir parlé Alsacien, il est qualifié de « pervers et subversif » par son proviseur. Il se fera renvoyer de l’école avant de passer son baccalauréat. De toute cette période, Ungerer a gardé beaucoup d’indignation face à l’intolérance. Débute alors pour le jeune Tomi une série d’années à la fois insouciantes et difficiles : il décide, après son échec à la deuxième partie du baccalauréat, de partir en stop au Cap-Nord, en Laponie. Il relatera ses expériences de voyages dans ses Carnets qu’il fait le plus souvent à vélo. En 1952, pour échapper de nouveau à la guerre, il s’engage dans


« 130 OUVRAGES

500 AFFICHES DES MILLIERS DE DESSINS »

le corps des Méharistes en Algérie. Supportant mal la discipline militaire, il tombe gravement malade et est démobilisé l’année suivante. De retour à Strasbourg, il s’inscrit aux Arts Décoratifs d’où il est renvoyé, quelques temps après pour indiscipline. Il travaille dès lors comme étalagiste puis comme dessinateur publicitaire pour des entreprises locales. C’est durant cette période qu’il est attiré par la vie culturelle et artistique américaine, découvrant par exemple le dessinateur Saul Steinberg. Il effectue durant la même période de nombreux voyages à travers l’Europe, puis décide en 1956 de partir pour les Etats-Unis.

Une jeunesse bouleversée et indisciplinée / C’est à New-York qu’il s’installe et qu’il fait deux rencontre déterminantes : celle tout d’abord de Nancy White, qu’il épouse en septembre 1956 et celle d’Ursula Nordström, éditeur chez Harper et Row, qui lui donnera sa première chance de publication. Il conçoit alors la maquette de ses premiers livres pour enfants tout en travaillant pour la presse et la publicité. En 1957, son premier livre pour enfants, The Mellops go flying, paraît chez Harper and Row. Dès sa parution, l’ouvrage connaît un réel succès et obtient le célèbre prix du « Spring Book Festival ». Parallèlement, Ungerer réalise sa première campagne publicitaire pour les machines Burroughs, dessine également pour les revues Esquire, Life, Holiday, Harpers, The New York

Times ainsi que pour la télévision. De 1958 à 1962, il poursuit son travail d’illustrateur pour la jeunesse avec des héros comme Crictor, Adélaïde, Emile, les Trois Brigands, Rufus, ainsi que des livres satiriques comme Horrible et The Underground Sketchbook. Ses livres pour adultes lui assurent également la réputation d’un des plus importants dessinateurs satiriques et humoristiques de notre temps. Sa notoriété traverse l’Atlantique pour l’Europe, où la majorité de ses livres pour la jeunesse et pour adultes, comme Fornicon (où il critique la sexualité mécanisée), Babylon (sur la mort, préfacé par Friedrich Durenmatt), Schwarbuch (Le livre noir, sur la guerre) ou The Party (paru en 1966, dans lequel il exprime une vive critique de la société new-yorkaise)… sont édités. Simultanément, il dessine des affiches contre la guerre du Vietnam et contre la ségrégation raciale. Rapidement, il est mis à l’index, fiché comme « communiste » et suivi de près par les autorités américaines. Ses livres sont d’ailleurs interdits dans les bibliothèques subventionnées, ses dessins étant jugés hautement politiques ou subversifs par l’administration américaine.

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TOMI UNGERER

Une carrière internationale / En 1971, Tomi Ungerer rompt avec New York, et part avec sa seconde épouse, Yvonne Wright, en Nouvelle Ecosse (Canada) où ils vivent dans une ferme isolée. Loin de la ville, Tomi veut « exorciser les démons de sa vie citadine ». Dans le même temps, plusieurs expositions en France – et notamment à Strasbourg qui lui consacre une grande rétrospective en l’honneur de la donation d’une partie de son œuvre et de sa collection de jouets en 1975, enrichie régulièrement par de nouveaux legs – et en Allemagne lui sont consacrées. En 1976, les Ungerer s’installent en Irlande. En 1981, une rétrospective très importante est organisée au Musée des arts décoratifs de Strasbourg, et, dès lors, une reconnaissance, nationale et internationale, lui est manifestée , régulièrement, par une accumulation impressionnante tant d’expositions que de titres, prix et récompenses : « Moraliste impitoyable » par le biais du prix Burckhart, décerné par la fondation Goethe de Bâle, commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 1984, chargé de mission, en 1985, à la commission interministérielle France-RFA, Chevalier de la Légion d’Honneur en 1990, … En 2007 le Musée Tomi Ungerer – Centre International de l’Illustration offre à son travail un lieu d’accueil sans précédant,

un espace d’exposition de son travail, de ses influences, de ses goûts et de ses combats. « Ce musée a été pour moi une véritable délivrance. Depuis, je m’aperçois que c’est comme si un trait avait été tiré sur mon passé, en me permettant d’aller de l’avant, l’esprit libre »… et c’est tout ce qu’on lui souhaite car il confie que « c’est incroyable la vie d’un artiste. Il faut bien 60 ans pour apprendre correctement son métier, et passé ce cap, il ne te reste plus beaucoup de temps. Tu as cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de ta tête… » On ressent d’ailleurs ce changement dans son discours et son attitude face au public et aux journalistes : l’éternel insatisfait, manquant cruellement de confiance en lui, a laissé place à un homme décomplexé, plus sûr de lui et de son art. Aujourd’hui, Tomi Ungerer vit toujours en Irlande, bien que plus nomade que jamais, voguant de New York à Londres, de Paris à Berlin, de Cork à Zurich, tout en gardant des contacts très étroits avec l’Alsace et ses souvenirs d’enfance : car au goût le l’absurde et de la provocation, jusqu’à la cruauté, répond dans toute l’œuvre de Ungerer, la pudeur, la tendresse et le ravissement devant l’enfance.

« C’est incroyable la vie d’un artiste. Il faut bien 60 ans pour apprendre correctement son métier, et passé ce cap, il ne reste plus beaucoup de temps (...) »

UNGERER UNE OEUVRE Dessinateur, illustrateur, graphiste, sculpteur, écrivain, humaniste engagé, collectionneur, humoriste et moraliste provocateur, poète de l’enfance et de la nature, Tomi Ungerer est un artiste aux talents multiformes, maniant le crayon aussi aisément que le pinceau ou l’aplat coloré de l’affiche. Il surprend aussi par sa productivité : ses idées dont le nombre paraît illimité fusent, jaillissent, de son esprit fécond, inventif et aiguisé. Pourtant, il n’a jamais souhaité les laisser s’enfermer dans un seul « genre » graphique. Si l’on reconnaît toujours sa « patte », il l’exprime à chaque fois dans un genre différent. Précisons cependant qu’il existe dans le travail d’Ungerer une œuvre constante : la satire sociale, présente partout, tout le temps, à différents niveaux et avec une ardeur évolutive selon le genre et le thème dans lesquels elle s’exprime ; mais toujours là,

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confidentielle ou explosive. Et tout le monde en prend pour son grade : la bonne société américaine (The Party, 1966), les classes moyennes, l’amitié franco-allemande, le dialecte alsacien, l’enfance, l’éducation, les amants, la société de consommation, les trop-nantis ou les imbécoles repus, ou, plus sérieusement, le fascisme, (Nich wahr ?), la guerre du Vietnam, le conservatisme politique américain, sa politique impérialiste, le racisme… Propos par : Axelle Hoffmann Illustration par : Laura Riedinger


MUSIQUES

Musiques Rétrospective 2011 A l’heure où j’écris ces lignes (fin novembre) aucun classement quel qu’il soit ne pointe le bout de son nez et déjà j’entrevois les centaines de best of 2011 qui perceront d’ici un voire deux mois. Toutes proportions gardées, plusieurs albums sortent du lot mais beaucoup d’entre eux se retrouveront inévitablement dans les meilleurs de l’année sans forcément avoir cassé la moindre brique. Le but ici ne sera pas de faire un classement des meilleurs albums de l’année avec des notes, des étoiles, des pourcentages et des smileys engendrant au moins autant d’intérêt qu’un samedi soir sur TF1. Amener des bons albums qui auront marqué me semble plus intéressant car beaucoup trop de presses spécialisées, de sites ainsi que des blogs en tout genre seront là pour vous orienter dans ce qui se fait de mieux avec un avis tranché ou faussement objectif. On ne parlera cependant ici presque exclusivement que de musiques indépendantes : c’est-àdire que l’on parlera surtout de tous ces groupes qui font de la musique en subissant le moins de pression possible autour de leur production qui peut alors voir le jour sous leur aspect le plus sincère (la plupart du temps). Propos par : Vivien Zell Illustration par : Lucile Desravines

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« Le gratin de 2011 » 1. Plusieurs albums resteront incontournables en 2011 et vont squatter dans tous les classements de musiques indépendantes. Aux côtés de Panda Bear, Bon Iver, James Blake et (pour certains dont moi) Radiohead celui qui selon moi a le plus de chances de faire mouche sur tous les plans restera l’intemporel et parfait album Helplessness Blues des Fleet Foxes. Ces mecs m’impressionnent sérieusement ! Ils ont réussi en deux albums à atteindre la perfection que Nature et Découverte se donne tant de mal à atteindre depuis 15 ans : une incommensurable impression d’espace et de bien-être. Écouter cet album c’est comme passer une soirée au coin du feu avec le groupe dans une cabane en forêt au beau milieu du Wyoming, où ils versent une larme de bonheur en te regardant attraper ton premier castor avec un piège… En fait je suis le genre de mec paumé les jours fériés sans supermarché ouvert alors que ces mecs doivent pêcher le saumon à mains nus… Ça force le respect non ?

Et puis on pourrait presque palper leur barbe à la seule écoute de cet album transpirant la sincérité. J’attends la version collector avec l’écureuil séché et on en reparle, pour le moment cet album reste l’essence même du don et du partage et Fleet Foxes nous jettent leurs émotions à la tronche avec leur Helplessness Blues où chaque titre arrive comme celui qu’on attendait pour parfaire petit à petit cet album magistral. S Fleet Foxes / Helpnessness Blues Bon Iver / Bon Iver Radiohead / The King of Limps Panda Bear / Tomboy James Blake / James Blake

« L’électro 2011 : London win ! » 2. En 2007 l’électro se trouvait entre Paris et Berlin avec les deux mêmes prétendants majeurs qu’en 2011, respectivement Justice et Modeselektor. Alors qu’il y a 4 ans, Justice gagnait la bataille du côté français grâce à son premier album c’est bien de Londres cette fois qu’un des meilleurs albums électro 2011 nous est arrivé. Très actif en terme de DJ puis de producteur pour ses nombreux remixes axés dubstep (Radiohead, Modeselektor, MIA), SBTRTK sort son premier album en 2011 et s’impose déjà comme un tournant majeur du genre. Mais quel genre ? Onze titres suffiront pour comprendre qu’il ne s’agit ici pas de dubstep à proprement parler puisque l’apport de SBTRKT est conséquent et fait évoluer le genre grâce à une sensibilité propre le rapprochant plus de James Blake ou Jamie XX que d’autres hideux Skrillex (et heureusement, imaginez un masque vaudou à lunettes rasé sur un coté du crâne… Non ?).

C’est donc bien ici que le producteur anglais fait mouche avec son album parfaitement produit utilisant sa techno pour mettre en avant plusieurs featuring (Sampha, Little Dragon, Jessie Ware…). Touchant et sensible, SBTRKT nous livre ici à l’instar de James Blake, une pépite qui sera à la base d’un nouveau courant dont ils sont d’ors et déjà tous deux les têtes pensantes, redéfinissant les frontières d’un genre qui s’enlisait dans le mauvais gout. À suivre de près ! S SBTRKT / SBTRKT Modeselektor / Monkeytown Justice / Audio Video Disco

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« Album pop de 2011 »

Tune Yards / W H O K I L L The Shoes / Crack my Bones Metronomy / The English Riviera

3. Les trois auront été incontournables cette année : de la pop dansante de The Shoes à l’album estival de Metronomy, tous deux apportent une belle pierre à l’édifice pop. Les radios s’y sont mises, les spots publicitaires, les reportages de l’été de France 2 et M6 sans doute aussi… Mais un autre se situe au-dessus du lot, bien au-dessus… « Wow ! » : Ce fut ma première réaction après l’écoute de W H O K I L L, le second album de Merrill Garbus alias Tune Yards. Oui, Merrill comme une fille, et effectivement, ce n’est pas ce qui saute aux oreilles après l’écoute des premiers titres. Ce disque est puissant, et sa force tient surtout dans son originalité, sa richesse et sa fraicheur. Malmené mais jamais bousculé par la force de la voix de Merrill qui prend (à tout moment) des tournures biscornues et tellement inattendues, soutenue par une explosion des cuivres ou des breaks improbables, elle nous rappelle que malgré tout, c’est elle et elle seule qui nous emmène dans son univers bariolé, haut en couleurs et explosif. Joie lo fi, optimisme contagieux W H O K I L L est un patchwork si riche qu’on le dirait tout droit sorti du sac de Mary Poppins, celui qui n’a pas de fond et d’où tout et n’importe quoi peut sortir. Ce second album de Tune Yards doit être celui qui m’a procuré le plus de bonheur en 2011. Il fait simplement du bien et se place de lui-même dans le groupe de tête des albums de cette année. S

« Rock Garage 2011, à la source : San Francisco » 4. À quelques semaines d’intervalle les Thee Oh Sees sortent une compilation de leurs singles devenus introuvables, un album : Castlemania et dans la foulée quelques mois plus tard un deuxième album : Carrion Crawler / The Dream. Ok, mais c’est bien toute la scène garage rock de San Francisco qui est en effervescence puisque Ty Segall (autre acteur garage rock) a enchainé une compilation sortie en vinyle uniquement tout début 2011 sobrement intitulée San Francisco Rock Compilation or Food or Weird Beer From Microsoft, un live et finalement un album : Goodbye Bread cet été.

Des titres comme Stinking Cloud (complétement barré), Corrupted Coffin, Spider Cider, restent gravés dès la première écoute. Seize titres au total pour un album garage essentiel bien au-delà de 2011. S

Bon dans tout ça on va quand même essayer de faire la part des choses bien que le tout soit complètement bon. Castlemania sorti plus tôt cette année aura retenu plus particulièrement mon attention. Présentant un garage rock certes, mais la plupart du temps complètement déjanté qu’ils qualifient eux-mêmes d’acid-rock : rifs dissonants, fuzz à foison et échos omniprésents. Il séduit dès son ouverture avec le folk lo-fi de I Need Seeds sur laquelle on dirait que le chant est porté par un gamin de 8 ans qui fume depuis 25 ans... Franchement ingénieux et bourré de charme, même si on ne l’attendait pas au tournant (enfin si en fait…) on ne peut qu’apprécier Castlemania qui est pour le coup plus mélodique que ses prédécesseurs.

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Thee Oh Sees / Castlemania Thee Oh Sees / Carrion Crawler - The Dream Ty Segall / Goodbye Bread


« Meilleur album de groupe ayant annulé une date à Strasbourg » 5. Ils sont quatre depuis 2004 et sortent trois EP cette même année. Trois ans après ils sortent leur premier album toujours à quatre et il faudra attendre encore quatre ans pour qu’ils sortent leur second album à trois cette fois et cette année, en 2011. Complexe ? On y est Battles est un groupe de math rock (forme de musique rock expérimentale vulgairement définie par la complexité des rythmes des compositions). Gloss Drop est donc le second album de Battles, sorti en juin dernier faisant suite à l’excellent Mirrored (2007) et après le départ de Tyondai Braxton en 2010, la voix du groupe. À partir de là, une certaine appréhension, Battles perdait non seulement sa voix mais aussi un claviériste et guitariste (en la même personne de Tyondai), on se demandait dès lors ce que Gloss Drop pouvait bien donner. La première écoute de cet album prouvait à tous que le groupe n’a rien perdu de sa productivité ni de son énergie et encore moins de son génie. Gloss Drop sonne comme un nouvel OVNI et ne ressemble pas vraiment à Mirrored mais plutôt aux premières productions de Battles en 2004 : EP C et B EP. Le titre Africastle ouvre le bal et présente l’album tel qu’il sera : un concentré d’énergie travaillé au millimètre. Puis s’enchaînent uniquement des titres s’apparentant à du bonheur brut, de

« Cru c hillwave 20 11 »

6. Année très prolifique pour ce que l’on appelle communément la chillwave. Oui, parce que les gens sont toujours pas contents d’avoir des définitions et qu’il faut sans cesse créer de nouvelles catégories pour rendre le tout beaucoup plus digeste, la critique a créé le mot chillwave ces 2 dernières années... Je ne suis pas fan de ce genre de nouvelles appellations, c’est pourquoi je vous ai épargné le « post-dubstep » récemment utilisé pour catégoriser des artistes tels que SBTRKT ou James Blake. Chaz Bundick (Toro Y Moi) avait même milité personnellement en 2010 pour lutter contre cette appellation qui le ciblait tout particulièrement et qu’il trouvait hautement débile dans sa définition propre : « Vague tiède », non mais sérieux ? Bref, aujourd’hui devant le nombre de groupes qui se sont

leur single Ice Cream (au clip complètement barré et faisant intervenir pour le coup la voix de Matias Aguayo), Inch Worm et Wall Street en passant par Futura… Aucune déception, ils répondent parfaitement à la demande. Le tout ponctué des interventions de Gary Numan et de Yamantake Eye respectivement sur My Machines (second single de l’album) et Sundome, ne défraichit en rien la qualité de l’album. Et même en l’absence d’un tube comme Atlas qu’ils nous offraient sur leur précédent album, Gloss Drop reste un manifeste en puissance de ce que Battles entreprend désormais en trio, et reste un album au sommet de la musique alternative en 2011. Ah oui, qu’on n’aura pas vu à Strasbourg… S

Battles / Gloss Drop

fondus dans ce (over) melting pot, chillwave s’est incrusté trop profondément et est resté définissant une musique pop électronique abusant d’effets avec des synthés en tête de peloton, le tout soutenu par des samples, et des boucles. Les trois grands acteurs actuels de ce mouvement ont sortis un album cette année, un bon album pour chacun, une bonne occasion donc de découvrir ce genre pour les non-initiés. Pour les autres, on sera d’accord pour dire que cette année 2011 fait la part belle à ce mouvement avec trois œuvres déterminantes. Depuis un peu plus de deux ans les productions de Washed Out, Toro Y Moi et Neon Indian ne sont pas passées inaperçues puisqu’elles sont à la base de cette nouvelle étiquette pop. En 2011 tous reviennent, chacun avec un disque essentiel. En 2011 l’été a commencé fin février grâce à Chaz Bundick qui sortait son sublime Underneath The Pine. Onirique et groovy Underneath The Pine est un apport conséquent à ce nouveau genre, un chef-d’œuvre avant-gardiste qui en définit un peu plus les limites tout en s’y complaisant à merveille. Entre les rythmiques funk voire disco caractéristiques de Toro Y Moi (et que dire de la voix…) cette œuvre fait l’amalgame parfait de la danse et de la mélancolie donnant cette fluidité et son pouvoir de séduction inaltérable à l’album. S Toro Y Moi / Underneath The Pine Washed Out / Within and Without Neon Indian / Era Extraña

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« Meilleur EP de 2011 »

7. Après le magique In Love With Oblivion sorti cette année, Crystal Stilts est revenu en cette fin d’année avec un Radiant Door composé de cinq titres. Même si à l’écoute de certaines mélodies on s’imagine très (trop) fortement un Lucky Luke ou autre John Wayne, solitaires sur leur cheval dans le grand Ouest américain au soleil couchant, une gerbe de blé dans la bouche, la musique de Crystal Stilts est teintée d’une noirceur à peine perceptible comme à son habitude, et tente ici de nouvelles directions ravissantes. Weekend après un premier album datant de 2010 reste dans ses sentiers shoegaze avec cinq titres séduisants formant un EP tant précieux qu’indispensable dans ce courant musical. Eux aussi après un album PARFAIT sortis toute fin d’année dernière reviennent avec le meilleur EP de l’année. Quatre titres qui pourraient être sorti directement de la BO d’un Shining

version 2011. Total Decay nous livre ici ce que Soft Moon fait de mieux et de violent donc version petit encas pour patienter. Les 4 titres qui s’y trouvent de Repetion (qui rend malade avec sa boucle de basse absolument séduisante) à Visions forment un bloc solide quasi hermétique sans vraiment d’introduction, ni même de conclusion. C’est super violent et sombre à souhait, un peu comme retomber sur un Tuperware oublié depuis Noël dernier au fond du frigo : on ne sait pas vraiment quelle forme ça a pu prendre en un an mais on sait que ça va être terrible et on appréhende l’ouverture. Pour Total Decay c’est un peu pareil, violent mais par contre qu’est-ce que c’est bon ! La parenthèse post-punk super dark que Soft Moon nous apporte pour alimenter nos cauchemars touche à son but. Bien qu’assez proche du mouvement coldwave (et totalement revendiqué) il s’en dégage une certaine chaleur non négligeable et un charme fou ! Non je ne suis pas du tout gothique mais après écoute de cet EP (tout comme leur premier excellent album) on en redemande et malgré tout on ne peut pas se lasser de passer ses titres en boucle. Frapper avec un EP était légitime puisque Soft Moon ne déroge pas de son style, quatre titres accrocheurs et malsains à souhait suffisent amplement pour les propulser dans les groupes dont on attend énormément en 2012. Nouvel album à venir en mai… S The Soft Moon / Total Decay Crystal Stilts / Radiant Door Weekend / Red

« Meilleures expérimentaions sonores en 2011 » directement du titre phare issu de cet album, l’excellent It’s Choade My Dear. Ces deux premières pistes nous suffisent à toucher du doigt ce qu’il y a d’effrayant dans l’univers déjanté de Connan Mockassin. Mais c’est aussi ce qu’il y figure de plus magique, à la hauteur d’un Tim Burton sous coke, Connan Mockasin fait un amalgame parfait d’un univers atypique et effrayant où la beauté qui s’en dégage est incompréhensible mais devient très vite palpable et le charme opère dès lors.

8. Avec une pop inclassable, Connan Mockasin a ça de particulier qu’il arrive à charmer avec pas grand-chose dans le sens où sa musique est bien souvent minimaliste mais avec des idées surprenantes. Au premier abord une musique décousue qui flirte avec une incompréhension générale de ce que l’artiste veut retransmettre. Pourtant, à s’y attarder (et il le faut pour ne pas passer à côté), les émotions sont bien omniprésentes et ce dès la première piste : Megumi The Milkyway Above ! suivi

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Rien que la voix qui pourrait être celle d’un enfant sortant tout droit d’un roman de Dickens déstabilise au plus haut point. Il s’agit bien là de poésie ! Sous acide sans doute, mais cet album qui mêle énormément d’influences, qu’elles soient pop, jazz voire bossa-nova (Faking Jazz Together), le tout tiré sous un psychédélisme ambiant mais pertinent. Une curiosité qui séduit sans trop de mal et on redemande assez vite de réécouter cet album marquant qui perdurera. Connan Mockasin / Forever Dolphin Love


On pensait être prêts… Pourtant ça fait longtemps qu’on en attendait plus de Civil Civic qui se contentait de lâcher deux ou trois morceaux par ci par là, sur le net ou en vinyle mais créant le buzz à chaque fois. Peut-être parce que Aaron Cupples et Ben Green travaillent à distance, respectivement entre Londres et Barcelone. Peu importe, il nous arrive finalement avec leur premier album, et Rules est une boîte de pandore post punk frisant la perfection. Même si l’on retrouve quelques titres déjà entendus (Run Overdrive, Less Unless…) on se plait à les réécouter intégrés sur leur premier album leur conférant une autre dimension. Plaisant du début à la fin, la puissance omniprésente de ce combo australien guitare basse boîte à rythme (ils y tiennent) défie la décence sillonnant un large trou dans l’encéphale de l’auditeur. Impossible de s’en lasser et grâce à eux, je sais ENFIN comment Leslie Nielsen (RIP) faisait pour passer un mouchoir d’une oreille à l’autre dans Hot Shots ! S

Civil Civic / Rules

« Et le hip-hop en 2011 ? » 9. J’écoutais du hip-hop à l’époque où le label Rawkus était maître du monde, je faisais du skate et je voulais être black juste pour assumer un T-shirt Black on Both Sides de Mos Def… Et pour d’autres raisons en fait, mais aujourd’hui je dois avoir le recul de Justin Bieber sur son autobiographie sur l’année hip-hop 2011. J’ai donc demandé à DJ Q de me dire ce qu’il en pensait pour être complet : Watch The Throne fut annoncé comme un classique avant même sa sortie... Je pense que c’est vrai, ce disque bien qu’il semblait étrange à la première écoute possédait au moins 3 titres énormes : H.A.M, Otis et Niggas in Paris. L’album arrive en grande pompe : artwork au top, clip à buzz, production instrumentale de barjo. Kanye West est égal à lui-même dans ses flows et Jay-z me semble être au top de sa forme dans ce même registre. Pas mal d’éléments qui peuvent permettre de ranger l’opus dans la case « Classics » mais seules les années nous le diront ! Orelsan et son Chant des Sirènes a fait mouche cette année en France, sans parler des chiffres de vente, il nous revient avec un premier clip : Raelsan et boom en 3 minutes on a compris qu’il a digéré toutes ses bonnes et mauvaises actions du passé : ce qui ne tue pas rend plus fort. Fini la méchanceté gratuite, bête et méchante (et trop marrante mais bon les plus courtes sont les meilleures). On retrouve dans Le Chant des Sirènes son flow technique, ses punchlines créatives : tout ce qu’on aime ! En résumé: un beau retour, un beau disque mais vraiment axé sur une certaine partie du public. Question subsidiaire : Qu’est-ce que le live donnera ? Réponse bientôt aux atrefacts… Le troisième effort qui retient mon attention en 2011 est sorti en mai et s’appelle Elmatic, du rappeur de Detroit Elzhi. Déjà en place dans l’underground, Elzhi avance à mon avis d’un grand pas avec ce disque. Elmatic est un disque concept puisque c’est une reprise de Illmatic, le premier album de NAS et un des plus grands disques de rap. Ici les instrus composées à la base par les

pionniers Q. TIP, L.E.S., Large Professor, Pete Rock et Dj Premier sont rejoués et réadaptés par le groupe Will Session. Cet album est magnifique à mon sens, si vous connaissiez Illmatic, vous passerez certainement un agréable moment à écouter cette nouvelle version et si vous ne le connaissiez pas, dépêchezvous de vous y mettre ! S DJ Q sortait il y a peu une nouvelle mixtape pour Vicius : The vicius mixtape - THE SEVEN SINS, réalisé en collaboration avec Jaek El Diablo. Elle reste téléchargeable sur soundcloud. http://soundcloud.com/jaekeldiablo/vicius-mix-tape Jay-Z & Kayne West / Watch The Trone Orelsan / Le Chant des Sirènes Elzhi / Elmatic

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« La meilleure réédition de 2011 » 10. Loin des grandes légendes de la musique rock des années 60 ou 90, respectivement The Beach Boys avec leur Smiles Sessions et les Smashing Pumpkins avec Siamese Dreams (qu’on ne présente plus), j’ai préféré mettre la lumière sur un artiste se trouvant chronologiquement entre les deux. C’est en 1979 que Jacno sort sa première production physique de 5 titres et reste aujourd’hui la meilleure réédition de cette année. J’étais trop jeune donc, mais Groquik était déjà parti en train, sans doute grâce à son golden parachute Nesquik et devait vivre de ses rentes d’acteur anthologique dans leurs spots télévisés. Et je n’ai (à mon grand regret) eu l’occasion de ne voir que Quicky, son cousin lapin... Et c’est bien la musique enjouée (il devait être content) de Rectangle de Jacno qui raisonnait illustrant à l’écran le départ de Groquik à la gare et l’arrivée de son cousin. Bien au-delà de cette touche commerciale des plus kitsch, Jacno révolutionnait son temps avec son premier album éponyme exclusivement de synthétiseurs. L’héritage trop peu perçu laissé par cet artiste est incommensurable et serait pour certains à la base d’une autre vague européenne s’émancipant dans les années 80, la plus froide du nom... Cinq titres qui redéfinissent l’intemporalité : premier essai hautement transformé de Jacno, qui était, reste et sera essentiel. S

Jacno / Jacno The Smashing Pumpking / Siamese Dream The Beach Boys / The Smile Session

« La musique de 2011 vue par des Strasbougeois » 11. Et finalement, pour parfaire cette sélection, j’ai demandé d i re c te m e n t à d i f f é re n t s a c te u r s d e l a v i e m u s i c a l e Strasbourgeoise de me dire ce qu’ils ont écouté de mieux ces douze derniers mois en me donnant leur TOP 5 des albums sortis en 2011. S

Marteau Boy Il a produit sa première perle électro-pop nommée Indigo fin octobre 2011 et prévoit déjà un nouvel EP cette année ! Artiste à suivre donc... http://marteau-boy.bandcamp.com/album/indigo 1. Connan Mockasin / Forever Dolphin Love : La voix est fantomatique, la musique est psyché-pop-aquatique, la production est ultra-organique et spatiale. Sans conteste, Connan Mockasin est l’un des derniers grands explorateurs de l’imagination humaine (merci le LSD ?). Le meilleur album de l’année selon moi. 2. La Femme / Le Podium (EP) 3. Gesaffelstein / Conspiracy Pt.1 & Pt.2 4. Toro Y Moi / Underneath The Pine 5. Metronomy / The English Riviera

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BIG OH Producteur et DJ résident dans LE club électro Strasbourgeois par excellence : Le Rafiot, il organise les soirées Ghetto Hype à la pointe de l’électro actuelle qui continueront de tenter de couler la péniche tout au long de 2012. http://ghettohype.com/site 1. Surkin / USA : Incontestablement l’album de l’année, je l’attendais depuis longtemps et il a été largement à la hauteur de mes espérances ! 2. Azari & III / Azari & III 3. Buraka Som Sistema / Komba 4. Tiger & Woods / Through The Green 5. Gucci Mane & Waka Flocka Flame / Ferrari Boyz

Julien Chanteur dans le groupe Plus Guest, ils sortiront leur disque sur Deaf Rock Records début de cette année avec bien sûr beaucoup de dates de concert. Les détails viendront (très vite)... http://www.deafrockrecords.com/artists/plus-guest 1. Die! Die! Die! / Form : Tous leurs disques sont bons, le dernier aussi et il est sorti cette année alors voilà. J’ai longtemps hésité avec le dernier Avril Lavigne mais il manque de tubes. 2. French Films / Imaginary Future 3. Youth Lagoon / The Year Of Hibernation 4. The Drums / Portamento 5. The Vaccines / What Did You Expect From The Vaccines ?

Atef Guitariste dans le groupe Hermetic Delight qui sortait en octobre dernier l’album Universe Like Thousands of Red Alternatives (toujours disponible) oscillant avec brio entre post-punk affirmé et shoegaze. Le groupe sera en tournée en Turquie pour plusieurs dates du 24 février au 4 mars entre Istanbul et Ankara. http://hermeticdelight.com http://hermeticdelight.bandcamp.com 1. Civil Civic / Rules : On a rarement aussi bien combiné musicalité et patate... 2. Anna Calvi / Anna Calvi 3. Connan Mockasin / Forever Dolphin Love 4. Dirty Beaches / Badlands 5. Crocodiles / Mirrors

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Des vêtements de « Kalité » Kali est ce que l’on pourrait appeler une couturière de l’ombre. Loin de son travail à mi-temps comme habilleuse à l’Opéra national du Rhin (elle a récemment travaillé sur les costumes du Chat Botté), cette jeune femme de 35 ans confectionne, chez elle, les habits dont vous avez toujours rêvés. http://kali.fortin.over-blog.com / kali.fortin@free.fr Dans son atelier de couture, installé au dernier étage d’un immeuble qui donne sur le quai Saint-Jean, Kali se met à l’ouvrage pour donner vie à vos désirs vestimentaires, quels qu’ils soient. Car c’est précisément là l’ objet de son travail : « Ce n’est pas de la création pure et simple, mais toujours une confection d’après un modèle, un dessin ou une photo, que les personnes m’apportent. Je peux aussi inventer des habits d’après les idées que l’on me propose, mais c’est rare, peut-être deux fois par an. » Vous rêvez de telle ou telle robe vue dans un magazine de mode ? Kali est là pour vous... Votre veste est légèrement trop ample et aurait besoin d’une retouche ? Kali est là pour vous...

Vous êtes un chouïa difficile et vous aimeriez avoir la chemise – qui vous va si bien – de votre penderie en sept exemplaires ? Kali est encore là pour vous ! De la barbotteuse pour bébé à la robe de soirée, rien ne lui semble impossible. Et les idées farfelues ne lui font pas peur. Son habit le plus original : « Une robe de mariée créole pour une Tahitienne, faite en patchwork de bouts de rideaux. C’était plutôt bariolé mais elle lui allait vraiment bien ! » Kali cousait déjà petite pour ses amis ou sa famille, mais elle s’est lancée dans cette aventure, en avril 2009, grâce à la mise en place du statut d’auto-entrepreneur. Ce contrat lui permet aussi de travailler

avec des boutiques de Strasbourg, comme La Petite Emilienne. Mais son petit plus, c’est l’expérience qu’elle a pu avoir dans les ateliers de l’Opéra. Elle y a notamment appris des techniques de montage qu’elle peut utiliser dans ses confections personnelles. Comme une sorte de maîtrise universelle, Kali fait comprendre que « la couture, quel que soit le domaine, est modulable. » « Patience et minutie » sont les deux termes que notre couturière de l’ombre emploie pour qualifier son travail. Une chose est sûre, c ’est qu’il est également authentique. C’est le privilège de porter un vêtement unique et idéal, sans pour autant devoir se serrer la ceinture... S

Propos recueillis par : Nicolas Hecquet / Photo par : Henri Vogt

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WAS THAT ?!

Le cocktail est simple : 1. Prenez une bouteille de vodka 2. Trempez-y un tampon avec applicateur. 3. Insérez le tout dans votre « porte de sortie » 4. Savourez la montée de l’ivresse qui parcours votre corps (de derrière à en haut ) 5. N’oubliez pas de retirer le... truc que vous vous êtes inséré. A faire entre amis, mais à ne pas partager.

UN COCKTAIL CHÉRIE ? Depuis peu, la nouvelle tendance prend d’assaut les Etats-Unis. Les américains, toujours en quête de l’ivresse subite et efficace, ont trouvé un nouvel outil économique pour accélérer les effets de la vodka.

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ROLLER DERBY

Roller Derby Hell’s Ass Derby Girls

Dimanche 20 novembre, 13h. Rendez-vous est donné à la salle de la Musau. La rédac’ va s’essayer au roller derby : ce mystérieux sport ex-clu-si-ve-ment féminin, encore relativement underground, dont la côte monte en flèche depuis le succès au cinéma du film « Whip It ». Propos recueillis par : Zoey R. Daltuner / Illustration par : Gilles Dillenseger

Oui… mais, non. Léger ennui administratif aidant *, il me sera impossible d’enfiler les quads – ces patins oldschool à quatre roues, deux sous la voûte plantaire et deux sous les talons, propres à l’activité. – Pour la fresh meat que je suis, le test in situ s’effectuera donc… en chaussettes. L’échauffement dit offskate durera 30 minutes. Après un bref rappel des règles de base, ainsi que la vérification du bon port des protections obligatoires (à savoir : casque, protège-dents, coudières, protège-poignets, genouillères) – étapes systématiques à chaque séance – les filles s’étirent, exécutent plusieurs tours de terrains, et terminent par des petits jeux destinés à développer leur équilibre et leur agilité. Reste de l’entraînement… vu du banc de touche. Ça bouge, ça cogne, ça décoiffe ! Comme nous l’explique le site internet de la Women’s Flat Track Derby Association, le but est de passer sans chuter au travers du pack adverse. Pour un match se déroulant sur deux périodes

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de 30 minutes, entrecoupées d’une pause de 15 minutes, les deux équipes alignent cinq joueuses chacune sur le rink – circuit ovoïde qui peut être plat ou légèrement incliné : une jammeuse – l’équivalent d’une attaquante, trois blockeuses – l’équivalent des défenseuses, et un pivot central. Comme au hockey, l’on risque un temps de prison (c.à.d. une pénalité) si l’arbitre juge qu’il y a eu faute majeure tels des coups volontaires ou des insultes. Légions chez les collègues masculins, on ne déplore étrangement pas autant de comportements déviants chez les filles. Où l’on perçoit une des différences fondamentales entre hommes et femmes ! * En effet, les accidents trop fréquents ont conduit les responsables à redoubler de vigilance : ne peuvent pratiquer que celles qui auront préalablement acquis la licence. (Le prix s’éleve à 65 Euros).


Interview express Décryptage en compagnie de Barbara Poirot-Zender – alias Sweety Poison, responsable du créneau (affilié au club Strascross depuis 2010) : WAS : Quand l’envie est-elle née ? Barbara Poiret-Zender : J’ai découvert le roller derby alors que je regardais un documentaire sur Planète – super chaîne TV au demeurant ! Un genre de déclic s’est produit parce que j’ai immédiatement accroché au concept. Mais, n’étant à l’époque pratiqué de façon démocratisée qu’en Amérique du Nord seulement, j’ai rapidement dû abandonner l’idée d’en faire un jour… Coïncidence providentielle : en parallèle, j’apprenais que des copines über motivées décidaient de créer une team Strasbourgeoise ! Les fières « Hell’s Ass Derby Girls » étaient nées, l’aventure commençait. Respect aux trois membres fondatrices : Bloody Veggie, Hell O’Junkitty et Race Kelly. Je citerais également le film de Drew Barrymore, qui n’incarne rien de moins que notre Bible ultime. On y appréhende le mode de fonctionnement d’une équipe, on y retrouve notamment les minimum skills – soit les connaissances basiques exigées afin de passer le niveau supérieur (débutante > intermédiaire > confirmée). WAS : Quelles sont les qualités d’une bonne joueuse ? Barbara P-Z : L’élément essentiel : l’énergie, la motivation. Qu’est-ce que toi, individu, tu peux apporter au groupe ? On attend un réel investissement de la part de nos recrues. Il ne s’agit pas juste de venir faire le spectacle. Aussi, sur un autre plan : ne pas rechigner devant l’effort. Sincèrement, on accueille toutes les aspirantes candidates. Anecdote mignonne : il m’arrive de recevoir des mails de filles inquiètes, qui s’interrogent quant à leur légitimité à vouloir essayer ce sport. Elles ne se sentent pas à la hauteur, croient qu’elles ne cadreraient pas etc. Je les rassure illico, pas de discrimination ici ! Pour reprendre le slogan de campagne d’une célèbre chaîne de fast-food : « Venez comme vous êtes ! ». WAS : Quid de cette ambiguïté un poil schizophrène : adopter une attitude ostensiblement sexy tout en sachant se montrer agressive ? (Bien qu’elles ne revendiquent une quelconque appartenance, on observera une certaine influence d’une mouvance punk et féministe, associée à une imagerie étroitement liée à la mode rockabilly et burlesque, tatouages, piercings, make up savamment étudié). Barbara P-Z :On joue clairement sur les deux tableaux. Ni posture, ni désir de contradiction. Est-ce qu’on peut, au 21ème siècle, s’assumer sans pour autant instantanément tomber dans le cliché de la pouffiasse (sic) ? OUI, la preuve. Le mini short, les chaussettes montantes ou les bas résilles : il y a une incontestable volonté de styliser une allure. Mais, hé, il s’agit avant tout d’une simple question de praticité.

On a besoin de confort dans l’exécution des mouvements. Pourquoi se gêner et ne pas mêler l’utile à l’agréable ?! (… Loin de ces seules considérations esthétiques, elles ne jurent véritablement que par l’AC-TION). On n’hésitera pas une seconde à se mettre sur la tronche – dans les limites du raisonnable, hein. Cette sensation grisante, cette dose d’adrénaline pure, on vit pour ça. « On est des vikings ! » WAS : Finalement, que penses-tu que ce sport représente pour les filles ? Barbara P-Z : Il véhicule des valeurs fortes telles que l’acceptation de soi – « On ne rentre pas dans le moule ? On s’en fout ! », la cohésion de groupe etc. Concrètement, c’est une authentique bouffée d’oxygène qui permet à ses adeptes de se lâcher. A fond. Malheureusement, certaines craignent encore le regard désapprobateur inhérent à nombres de milieux professionnels ou sociaux. Mais une fois sur la piste, la magie opère. Elles tombent les masques et s’imaginent super-héroïnes en s’inventant des surnoms inspirés, drôles, couillus. Grâce à ces avatars, ces doubles qu’elles n’oseraient pas forcément révéler au grand jour, elles s’émancipent pleinement. Victime de son succès, l’équipe est au complet pour la saison 2011/2012. Cependant, elles cherchent toujours activement leurs arbitres – qui recevront naturellement la formation adéquate sur place. Alors, Mesdemoiselles, mesdames ET messieurs, plus de doute possible : lancez-vous ! S http://www.hellsassderbygirl.com

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Ce que vous vous apprêtez à découvrir à travers ces pages est ce qu’on pourrait qualifier de « new burlesque ». Loin du genre littéraire farceur cher au XVIIème siècle, le new burlesque se définit comme l’art de l’effeuillage glamour, véritable performance scénique, à l’opposé d’un strip-tease vulgaire comme on aurait pu en trouver au fin fond d’un bar glauque des années 90.

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MA WAS IN LA CHRONIQUE D’ÉRIC GENETET

MA WAS IN... Éric Genetet est l’auteur de : Le Fiancé de la lune aux éditions Héloïse d’Ormesson et Chacun son Foreman aux éditions Le Verger. Son troisième roman sortira en 2012. Ma WAS in passe ses week-ends au lit à décortiquer la presse, alors que moi, qui espère qu’elle acceptera enfin une invitation à bruncher, j’épluche mes patates bios et mes idées noires transgéniques, je bois des cafés, je vais voir des films. Vendredi dernier, j’ai fait un cauchemar que je ne souhaite pas au WAS 1 au 2e étage, un type infréquentable qui a voté pour l’extrême droite plus souvent que Jean-Marie lui-même. Dans mon rêve, je devenais SDF. Sarko et Angela Merkel sont venus chez moi, ils ont tout pris, sauf une chaise sur laquelle ils m’ont ligoté… Je me suis réveillé au moment où j’appelais ma WAS in au secours. Du coup, le lendemain, je suis allé jouer au loto, on n’est jamais trop prudent. Et je n’ai pas gagné, sinon j’aurais commencé ma chronique par : Le week-end denier, je suis devenu millionnaire. Elle aurait eu de la gueule ma chronique. Le lundi matin, dans notre escalier commun, ma WAS in est toujours élégante et pressée. On discute cinq minutes, pas plus. Elle évoque l’article marquant de ses lectures du week-end. Ma WAS in s’indigne. Elle a un cœur rouge dessiné dans la main comme ceux du Mouvement des Indignés. Je me demande toujours pourquoi elle est remontée comme une pendule de si bonne heure. J’ai beau faire des jeux de mots crétins pour la faire rire, elle s’indigne et moi je l’écoute s’indigner en imaginant que, grâce à elle, je suis proche d’un groupe qui fait avancer une certaine idée du monde. Ce matin-là, ma WAS in, qui répète souvent qu’il faut prendre les gens pour ce qu’ils sont, pas plus pas moins, était fâchée contre le box-office du cinéma français, devant la liste des films ayant réalisé plus de dix millions d’entrées. Elle avait appris le classement par cœur, je crois : 1 Les Ch’tis, 2

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La grande vadrouille, 3 Astérix et Obélix, 4 Les visiteurs, 5 Don Camillo, 6 le corniaud, 7 la guerre des boutons, 8 Trois hommes et un couffin, 9 Les bronzés 3, 10 Taxi 2… Les Français se bousculent pour voir des comédies. « Mais, tu te rends compte ? » m’a-t-elle envoyé en pleine figure, comme si j’étais un distributeur milliardaire de blockbuster, « et y’a un p’tit nouveau qui a fait son apparition dans le classement, Intouchable. ». À ce moment-là, j’allais donner mon avis, comme tout le monde, sur le raz de marée, j’avais même commencé à sourire de respect devant la réussite d’un acteur que j’aime bien et d’un comique de la télé qui a dépassé son service après-vente, mais, avec un l’air accablé d’un politique responsable de rien face au problème de la dette, ma WAS in ajouta : « Tu vois Gérard (oui, elle a oublié mon nom, comme mes invitations à déjeuner) le triomphe d’Intouchable est une catastrophe pour la création. Les gens vont voir ce genre de films, des utopies sociales sur le ressort des différences et des inégalités, ça marche, ça cartonne, mais ça n’encourage pas les producteurs de ciné à investir dans des projets plus pointus, exigeants, avec de vrais morceaux de réflexion à l’intérieur… Merde ma pilule... ». Elle est montée chez elle en avalant les marches comme un politique des couleuvres, me laissant dans l’entrée de l’immeuble avec mes contre-arguments et une envie pressante terrible. Je ne pouvais pas bouger, j’avais peur de la rater et qu’elle imagine que j’avais filé. J’ai serré les dents en attendant, me disant que les Français allaient voir ce genre de films pour passer un moment de détente, pour rire un peu et oublier leurs soucis pendant deux heures. Je sautillais dans tous les sens pour ne pas pisser sur mes nouvelles bottines Kenzo (c’est pas si cher finalement !!!). Ma WAS in est revenue. Avant qu’elle n’ouvre la bouche, j’ai dit que les comédies aident certainement les gens à penser à autre chose qu’à leur quotidien, que Edwy Plenel parle d’une preuve que notre société rêve d’empathie face au cauchemar de la haine, et que ce film fait réfléchir à ça justement. Là, elle s’est fâchée : « C’est une illusion d’optique. Pour comprendre sa vie, trouver les clés de sa propre existence, on ne peut pas faire l’impasse sur la quête de sens, sur des

échanges entre les hommes autour de sujets essentiels comme notre condition de vie, nos révoltes. Les succès du cinéma français appauvrissent l’être humain et le confortent dans sa médiocrité… et après on s’émerveille devant Miss France qui est le summum de la connerie, même quand une Alsacienne décroche la couronne sacrée. ». Là, j’ai ajouté que c’était peut-être le cas pour les Ch’tis ou les Visiteurs, mais qu’Intouchable était chouette à voir et à revoir, que ça fait du bien de temps en temps. J’étais content, j’avais placé une phrase entière dans la conversation, j’avais argumenté, mais j’ai pris un autre Scud en pleine poire : « Nous devons donner du poids à notre dimension critique, avec les 10 premiers films du box-office, que des spectacles légers et sans intérêt dont il ne reste rien, les gens sont réduits à des consommateurs de pop-corn, ces comédies contribuent à l’anéantissement des cerveaux. Tu vois, ce n’est pas avec ce genre de nanars que je me sens vivante, mais en allant voir des films d’auteur qui bougent les neurones. Explique-moi pourquoi il n’y a pas un seul Godard, pas un Truffaut ou un Resnais, dans le top ten ? ». Je n’ai pas osé évoquer la liberté de chacun, les questions de gout, parce qu’il était évident que j’allais essuyer un nouvel assaut sur les différences sociales et les aliénations du peuple dont l’opium reste, apparemment les comédies, plus encore que le cinéma. Et puis surtout, j’avais très envie de soulager ma vessie, et accessoirement, de l’inviter à diner le soir même. Je suis resté muet. Elle m’a dit : « Tu l’as vraiment aimé Intouchable ? » J’ai répondu : « Je ne sais pas, je ne l’ai pas vu. » Elle a ajouté : « Pareil ». J’ai dit que j’avais oublié un truc chez moi, elle est partie travailler, imperturbablement. On avait discuté cinq minutes, pas plus. J’en ai conclu qu’il était inutile de rêver, que j’avais plus de chance de toucher le loto que ma WAS in ! Quelle intouchable ! S Propos et photo par : Éric Genetet

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LE MONDE BY RABANIER

Le Monde by

Rabanier C‘est dans le cadre de ses études que Yann Rabanier a réalisé la série à suivre. Une succession d’objets phalliques enfermés dans des préservatifs sur le point d’exploser. De quoi s’interroger sur la phallocratie généralisée, sur le renforcement des clivages entre les hommes et les femmes. Un trop plein de virilité retenu dans des capotes sur le point de céder. Des symboles de la masculinité enfermés. Un voyage dans un univers clos et empli de symboles.

Photos par : Yann Rabanier http://www. yannrabanier.com

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La journée dans son intégralité nécessite donc une grande préparation. Si la gente demoiselle dispose de sa matinée devant elle avant de rejoindre ses congénères, il lui faudra néanmoins : boire plein de thé détox pour éliminer un quelconque traumatisme de la veille, passer une heure dans sa salle de bain –c’est le moment de tester toutes ces choses pour lesquelles on a pas le temps la semaine et qui serviront à peaufiner le look shopping du week-end -, checker les nouveautés sur asos.com pour préparer le débriefing avec les filles et rendre l’appart présentable parce que si on sait à quel moment on en part, on ne sait jamais quand on y remettra les pieds. Il faut tenir compte du fait que le chez-soi d’une fille peut voir débarquer dans la même journée : une horde de copines prête à tester LE nouveau styler qu’on vient de s’acheter, je fais ici une parenthèse pour les mâles qui s’égareront à lire cet article : le styler, n.m. issu de l’américain, appareil à plaques chauffantes servant à donner du style à ses cheveux… mais non, blague c’est naturel que les filles aient les cheveux lisses un jour et ondulés le lendemain, si vous vous interrogez vraiment sur le mystère féminin, c’est à dire ce que font les filles toutes ensembles dans la salle de bain pendant trois plombes, remplacez le mot styler par le mot vibromasseur. Je ferme ici la parenthèse pour continuer sur la possible visite d’un homme dans l’antre féminine (l’appart, hein !), ce qui induit de faire disparaître tout ce qui traîne. Vêtements sortis, essayés, gardés une demi-minute, balancés sur un coin de fauteuil, styler et maquillage pour faire croire que si, si c’est naturel ce courbé de cils charbonneux, reste de tablette de chocolat près du lit à proximité d’un vieux dvd, noooon jamais une fille ne s’enferme chez elle en coupant son téléphone pour regarder un film avec Cameron Diaz en pyjama écossais et pantoufles fourrées assorties, tout le monde sait que les filles se baladent chez elles en tenue de cheerleaders et dorment avec leur meilleur ami, Chanel n°5. En retard, comme toujours, la fille prendra tout de même soin de jeter un dernier regard à sa silhouette dans le miroir, le temps de remettre sa frange en place ; vers son intérieur, le temps de planquer les escarpins portant les traces de souffrance de la veille ; sms groupé aux copines, toutes autant en retard les unes que les autres; retour à la case départ, besoin d’un sac à main beaucoup plus grand pour le shopping à l’intérieur duquel on glisse son petit sac du soir ; prête à sortir. S

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Illustration par : Lucile Desravines

Maniaque ? Tout l’art se révèle dans les détails. Un problème de frange et le monde entier cesse de graviter.


Tout commence par une tartine Parce que dans un groupe de filles il y en a toujours une super en avance et toutes les autres à la bourre, la ponctuelle aura pris soin de garder une table à l’Epicerie, rue du Vieux Seigle. L’endroit n’est pas très grand mais ultraconvivial, en plein centre-ville, présente un beau décor à l’ancienne et propose des tartines, beaucoup de tartines. De l’ultralégère chèvre-thym à la plutôt copieuse pruneau et fourme d’Ambert en passant par celle aux abricots ou à la spécialité du moment, l’Epicerie joue sur le régressif. Un communard, parce que même les apéros sont d’appellation vintage, pour faire descendre le tout et vous avez trouvé le parfait QG de ces dames.

COSmaniac Un carambar en poche et c’est parti pour le shopping. Une bonne journée filles, outre les potins et les macarons, se compose surtout… de shopping. Direction la boutique COS rue du Dôme, où on aime se perdre au milieu de la gigantesque surface épurée, happée par les jeux de matières et couleurs des vêtements qui l’habitent.

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Une fois relookée de pied en cap de la façon la plus délicieuse qui soit, il est temps de compléter sa tenue de la pièce qui fera toute la différence. Pour cela, on file à l’angle de la rue des Veaux et de la ruelle de l’Abreuvoir à la friperie le Léopard. N’ayons pas peur de fouiller, nous avons affaire ici à une vraie bonne friperie à l’ancienne, avec des fripes et accessoires dans tous les sens, de la belle robe sixties au blouson nineties que Marty McFly ne renierait pas. Comment ça Retour vers le futur date de 1985 et ne peut pas être d’appellation « nineties » ? Tss il voyageait déjà dans le futur à l’époque…

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Un remontant et ça repart Après avoir passé un bon moment à essayer des fringues en tout genre voire des superbes robes de mariées à manche ballons en macramé qui auraient fait la fierté de Tata Suzanne à une époque où on filmait les mariages en super 8, il sera opportun de caser un goûter. Pour ce faire, on remonte deux rues jusqu’à Insolenza pour reposer ses bottines fatiguées autour d’un chocolat chaud.


Illustration par : Lucile Desravines

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Sur le sentier de la guerre

La soirée approche et la fille, telle la hyène, opère en bande. Il lui faut rassembler la meute féminine dans sa tanière. Pour cela, la bande flaire le repère le plus proche, prête à s’y terrer. Afin de ne pas rendre ce passage diffusable sur une chaîne animalière, les scènes de salle de bain seront coupées au montage, évoquant trop la hyène en préparation d’un combat sanglant.

h/ L’affaire est dans le sac

Voici venu le temps d’aborder la question cruciale du contenu du sac à main. Et particulièrement le sac à main de soirée, pas celui qui fait la moitié du poids d’une fille et qu’elle a trimballé toute la journée. Ce qui nous intéresse est le sac de soirée ou l’art de faire tenir une vie dans un minuscule sac à main-minaudière. Pour commencer, la fille devra peut-être remplacer le sac qu’elle avait préparé le matin par celui qu’elle aura acheté dans la journée, ça fait partie des aléas de l’existence. Quant au contenu, le sac de soirée limitant les possibilités, tout est question d’organisation. Il faut : un rouge à lèvres, le genre très beau, très chic qui impressionnera les gens autour. Accompagné de son petit poudrier-miroir parce que le rouge à lèvres, sans en mettre sur les dents, c’est mieux. On ajoute un indispensable porte-monnaie avec le minimum : sa CB, un peu de liquide et un truc qui fait office de papier d’identité avec une photo où l’on a pas l’air de sortir de prison. Mais aussi : un stylo pour noter un éventuel numéro de téléphone, n’importe quel bout de papier ou ticket de tram pour noter ledit numéro de téléphone, ses clefs sinon ça craint pour la fin de soirée, un smartphone pour localiser ses amies, sa maison, le bar où tout se joue. Ajoutez une mignonette de vodka et vous aurez le minimum de survie.


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Sale ? Non ! Protecteur de la planète ! Écolo en puissance ! Son appartement : Montagne de linge sale, de vaisselle dans l’évier. Cendriers pleins, caleçons au sol. Le rangement : Ranger c’est très bien, mais ça fait un peu trop Ikea pour nous les hommes, pas assez personnel. Une chaussette sale qui traîne, c’est un trait de personnalité. Il faut la jouer aventureuse, un peu sauvage, le matin on chasse la deuxième chaussette associée à la paire, on fait moins de machines, on recycle nos vêtements, pour marquer notre conscience du déclin de la planète. Les produits détergents détruisent la Terre, nous on la défend ! Acte écolo. Son attitude : Quand il rentre tard le soir, complètement torché, qu’il tombe dans l’entrée et qu’il pue l’alcool, qu’il ronfle comme un gorille sous somnifères, c’est parce que ce monde lui met la pression et l’épuise. Comment lui en vouloir ?

Mais lorsqu’il se décide à se lever, il est productif ! S’il sent qu’il va conclure, il s’active : ménage, chemise propre, petit plat bien senti, bougies, lumière tamisée, draps qui sentent bon, préservatifs à proximité. L’homme est aussi capable de grandes choses, pour peu que cela vaille la peine de se bouger. Entre ceux qui s’engraissent à faire les geeks et ceux qui se dopent aux stéroïdes et poudre de protéines pour la gonflette, ceux qui hantent les bibliothèques et ceux qui écrivent des poèmes sur facebook, elle a toute les chances de trouver le prince charmant. S

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Illustration par : Lucile Desravines

Lui et Elle : Il avec la gente féminine quelques points de convergence qui les rapprochent. Par exemple la passion de la nourriture. Mais il ne faut pas trop étudier les menus favoris, parce que si l’homme a une tendance très écolo en ce qui concerne la protection de la planète et le rejet de produits ménagers, pour ce qui est dans l’assiette, il a pour habitude de rejeter le vert. Les légumes ? Pourquoi ? Un bon steak nom de Dieu ! Alors ok les couleurs ça fait joli dans l’assiette, mais avec une soupe, même orange fluo, il tient pas deux heures sans aller au grec ou au macho tellement son ventre se tord de faim. L’homme n’est pas fait pour manger des fleurs, des plantes ou des trucs dans le genre, il n’a pas chassé pendant des millénaires au péril de sa vie pour se réduire à manger ce qui pousse dans un jardin. C’est dégradant. Qu’on lui laisse son côté animal. Le ménage ? Très peu pour lui, tous ces produits détruisent notre chère planète, conscience écolo, une fois de plus. La javel est un danger pour la Terre, sur laquelle pousse l’herbe que mangent les bœufs, qu’il dévore ! Faire la vaisselle, c’est consommer beaucoup d’eau, vitale. Il vaut mieux ne rien faire, affalé sur le canapé.


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h/ Bagel Avenue

Vous rêvez d’un dépaysement typiquement américain en ces mornes semaines d’hiver ? Bagel Avenue est là pour vous. Venez vous imprégner des effluves new-yorkaises en plein centre-ville strasbourgeois, autour du plus typique des lunchs : le bagel. Petit pain rond, célèbre outre-Atlantique pour sa forme au cœur tronqué, dont la garniture se décline autour du cream-cheese et d’une multitude d’ingrédients à votre gré. Vous vous sentez d’humeur sucrée ? Outre les bagels version sweet, Bagel Avenue propose la crème des desserts américains : cheesecake, cupcake, muffin, donut … et whoopie pie ! Gageons que vous n’en n’avez jamais trouvé ailleurs à Strasbourg ! Accompagnez le tout d’un Caramel Latte, voyage immédiat au cœur de l’East Coast : Manhattan. Trop fiévreux pour sortir de votre nid douillet ? Bagel Avenue livre à domicile, y compris les surprenantes Bagel Box comprenant tout ce dont vous avez toujours pu rêver en une boîte. Les plus téméraires n’hésiteront plus à braver le froid hivernal, du lundi au samedi, de 8h30 à 20h, let’s go ! S

Bagel Avenue - 2 rue Sebastopol 67000 Strasbourg tel : 03 88 25 20 20

h/ Un p’tit son entre potes Napoleon Great Army Créé au printemps 2010 par Jérémy Mahieu et Mathieu Aribart, ce label (Stand Out Records) produit les Scarlet Quenns et Napoleon Great Army. Depuis un an, les deux producteurs découvrent et font la promotion de groupes de rock en passe d’envahir les salles de concerts bondées et hystériques. Quatuor de rock alternatif qui ose des nuances d’agressivité et de légèreté, nous transportant vers des univers à la fois sauvages et apaisants, leur musique est à l’image de leur nom de scène, à la fois brutale, onirique et glorieuse. La partie Arcole de leur double Ep est sortie et la partie Brumaire sortira en février. Longue vie à l’Empereur. S Guitare et Chant : James et Machek Basse : Vincent Batterie : Matthieu Label manager : jeremy.mahieu@standoutrecords.com mathieu.aribart@standoutrecords.com

Photo par : Antoine Guilbert

info@standoutrecords.com \ 103

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h/ La Famille Clothing French Couture Propos recueillis par : WAS

La Famille Clothing est une marque de textile lancée durant l’année 2009 par 6thMilks (Alan Pivovar de son vrai nom), un jeune graphiste indépendant et Maliciousse. Celle-ci prit forme officiellement le 1er janvier 2010 par l’arrivée d’un site de vente en ligne ainsi que de Maliciousse au sein de l’équipe en tant qu’imprimeur et co-directeur. Le Famille Clothing prit très vite de l’ampleur en France mais aussi à l’étranger grâce à la confiance accordée par des magasins tels que Culture Kings à Brisbane (Australie) ou encore 911 Store à Rennes. La marque compte aujourd’hui plus de sept points de vente à travers le monde entier (Australie, Espagne, France)... 6thMilks, diplômé d’un BTS en design graphique au lycée Le Corbusier, s’amusait à créer des t-shirts pour lui et ses potes, jusqu’au jour où il les a mis en première page de son site perso. Lorsque quelques jours après, il reçoit des commandes du monde entier, et des encouragements à produire davantage, il se décide à se lancer. Il a alors 19 ans seulement ! Prodige... Côté inspirations, la musique, l’art, les cultures du monde entier, pour rendre le visuel esthétique, impactant, humoristique mais toujours de manière à ce que le message Photo par : Naomi Heinrich T-shirt : « The Pursuit of Hypeness » 32 euros.

soit le plus efficace possible. Direct, sans chichis, donc efficace. Après une importante collection d’été, comportant plus de quinze produits différents tel que des t-shirts, sacs, goodies... La Famille Clothing continue à s’impliquer dans la culture qui la motive en travaillant avec des artistes musicaux, dans un premier temps par le sponsoring à court terme (20Syl d’Hocus Pocus !) et par la suite, à travers une collaboration avec le rappeur américain : Mr J. Medeiros pour la chanson « Books & Pastels ».


Leur volonté première de sortir uniquement des produits issus de l’artisanat Français reste leur ligne directrice dans l’évolution de la marque et dans le developpement des collections futures. Les différentes créations de la Famille Clothing sont disponibles dans les boutiques suivantes : Young Money ( Marseille), 911 Store (Rennes), Anrosa (Nantes), 6 Feet Upper (Annecy), Non Stop Sneakers (Madrid), Gone Fashion (Montréal) et bientôt chez Wizy (Châlons-en-Champagne). Ne ratez pas la série « Pinard & Cocaïne » en vente en ligne ! S http://www.lafamille-store.com T-shirt : « Get Drunk » 32 euros Sweat-shirt : « La Famille Clothing » 69 euros

h/ Apéro Duff Propos par : WAS

Après une dure et longue journée de glande masculine, mais virile, pourquoi ne pas succomber à la tentation d’une mousse bien fraîche entre potes devant un épisode des Simpsons. En vente au Village de la Bière (22, rue des Frères) la bouteille de Duff accompagnera ce moment. Gros coup de « com’ » évidemment, parce que cette bière on la boit plus pour son côté fun que pour sa qualité. À la différence des filles qui sont, au moment même ou l’heure de l’apéro est arrivée, en train de se mutiler le visage à coups de maquillage, de se brûler les pointes de leurs cheveux avec des machines à boucles et autres sèches cheveux, l’homme savoure avec délectation le pouvoir de son sexe : glander, roter et se gratter les parties devant la télé. Chez les mecs on fume à l’intérieur, trop métrosexuel de fumer à la fenêtre, ou pire, de descendre dans la rue. Chez les mecs on squatte le canapé, en calbute s’il vous plaît. Tandis que les filles passent deux heures dans une salle de bain chauffée comme un « hammam », embuée de produits et de parfums. Un bon pack de Duff éclusé, il est 21 heures et tout le monde à faim. Il faut sortir. S

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Réussir à trouver la tenue qui fera mouche en ces mornes mois d’hiver où le soleil se couche à 15h vous apparaît comme une épreuve insurmontable ? Laissez-vous envoûter par les inspirations venues du grand froid et partez à la chasse aux lumières à travers notre série mode. Pour braver les frimas nocturnes, jouez sur les tons clairs. Le meilleur moyen de se démarquer dans la brume hivernale est d’adoucir les textures et les couleurs de sa garde-robe, en pensant tout de même à relever le tout d’une touche brillante dans les accessoires, telle une princesse russe. C’est pourquoi nous vous avons sélectionnés un camaïeu allant de la pureté du blanc à la douceur du camel, relevé de matières duveteuses et veloutées. N’hésitez plus à sortir votre chapka ou votre manteau fourré, non seulement vous en serez réchauffée mais toute votre allure montera en grade grâce à l’élégance qui s’en dégagera. Voyez les choses du bon côté, c’est votre dernière chance de l’année de pouvoir vous emmitoufler et jouer à la tsarine.

Contributeurs Mode Photographe : Vincent Muller Stylisme : Sabrina Mancinelli, Marie-Catherine Brandstetter Maquillage : Amandine Carretero, Elise Reisser pour Candice Mack Coiffure : Florian pour Avilla Factory et Serge Karm pour Extatic. Modèles : Marine Keller, Antonia Dobonyi et Victoire, Dahlia (Zenith Models) Boutiques Les Petites / Albe / Gloss / Devernois / JB Martin / Eden / La Lucarne /

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Blouse imprimée CHLOE : 820€ Gilet à torsades PAUL SMITH : 250€ Pantalon PAUL SMITH Bottes cavalières CELINE : 895€ Borsalino BRONTE Boutique Albe


Blouse SWEEWE, chez Gloss : 39€ Pantalon LES PETITES : 195€ Bandeau en fourrure LES PETITES : 150€ Collier LA LUCARNE : 99€


Modèle de gauche Blouse SWEEWE, chez Gloss : 39€ Pantalon LES PETITES : 195€ Bandeau en fourrure LES PETITES : 150€ Collier LA LUCARNE : 99€ Modèle de droite Pull maille GOOD LOOK, chez Gloss : 65€ Short en velours SESSUN, chez Gloss : 104€ Caban doublé SESSUN, chez Gloss : 205€ Boots EDEN : 135€


Doudoune à manches courtes col fourrure : 335€ Pull en cachemire DEVERNOIS : 190€

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Robe col macramé chez Gloss : 45€ Gilet en fourrure LES PETITES : 475€ Bandeau SESSUN chez Gloss : 36€ Bracelet force VINTAGE CHOCOLATE chez Gloss : 30€ Collier Cerf VINTAGE CHOCOLATE : chez Gloss : 35€ Bottes JB MARTIN : 189€

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Gilet en fourrure LES PETITES : 475€ Pull à torsades irlandais LES PETITES : 185€ Pantalon SEE U SOON, chez Gloss : 60€ Gants cuir DEVERNOIS : 80€ Collier Cerf VINTAGE CHOCOLATE, chez Gloss : 35€ Bottes JB MARTIN : 189€


Pachmina DEVERNOIS : 98€ Robe pull LES PETITES : 165€ Merci au restaurant l’Ancienne Douane


Pachmina DEVERNOIS : 98€ Robe pull LES PETITES : 165€


MEETIC et VOUS Vous avez cherché l’âme-sœur. Vous avez trouvé l’âme-sœur. Vous avez trouvé quelqu’un. Vous ne cherchez personne. Vous ne souhaitez pas vous engager. Vous voulez vivre à fond les joies du célibat. Vous rêvez de serments… Quel que soit votre statut, quelle que soit votre recherche, quelle que soit votre demande :

VENEZ FAIRE UNE RENCONTRE MEETIC ! Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de répondre au questionnaire suivant et de voir qui il vous sera donné de rencontrer aujourd’hui ! Cela ne nécessite aucun engagement de votre part, Meetic s’occupe de tout.

1. Je préfère qu’il/elle soit : choisir une réponse par ligne

9. Ma vision de la fidélité :

a Tromper c’est trahir b On peut s’aimer tout en restant libre

a Timide ou b Séducteur / Séductrice c Instinctif/Instinctive ou d Réfléchi / Réfléchie e Organisé / Organisée ou f Imprévisible

10. Veiller à l’équilibre du régime alimentaire des enfants :

a Un calme rassurant ou b Une énergie stimulante

a C’est fondamental pour leur santé b C’est une erreur de les restreindre

3. Il/elle mâche son chewing-gum bruyamment :

11. Mon régime alimentaire :

a Je lui fais remarquer immédiatement b Je manifeste mon agacement par mon attitude

a Mange de tout ou b macrobiotique c végétarien

4. Pour me tenir compagnie j’ai :

12. Je me verrais bien vivre :

a La carte bleue ou b La nature

a Dans un igloo

5. Je veux offrir un cadeau et repère un article en magasin :

13. L’intensité de mon désir :

2. J’ai plutôt besoin qu’il/elle m’apporte :

b Dans un loft

a J’ai souvent envie de faire l’amour b Je n’ai pas une libido très développée

a Je ne l’achète pas, il y a sûrement mieux ailleurs b J’achète sans hésiter

14. La longueur de mes cheveux : 6. La fantaisie dans la sexualité :

a Courts

a J’aime pimenter ma sexualité b Je ne suis pas adepte de nouvelles expériences

b Longs

15. Mon peintre préféré :

a Monet ou b Picasso c Van Gogh ou d De Vinci

7. Mon pêché mignon : a Des bonbons acidulés ou b Un massage des pieds 8. Mes amis m’apprécient surtout pour :

a Ma rigueur et mon sens de l’organisation b Ma souplesse et mes idées farfelues

LES RESULTATS :

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Voici

TELLE EST VOTRE HISTOIRE. Lisa est une jeune femme de 32 ans qui a connut de nombreux déboires amoureux. Après un grand amour passionné dans lequel elle avait tout perdu, elle aspirait maintenant au calme et au routinier couple soudé. C’est une jeune femme optimiste, impatiente et naïve. Elle est allée sur Meetic pensant que des hommes qui prendraient la peine de répondre à 120 questions d’un test d’affinités et de rester plusieurs heures quotidiennes devant leur PC à attendre la perle rare ne pouvaient qu’être des hommes bien. Si ils voulaient un plan cul se disait-elle, ils perdraient moins de temps à aller dans les bars. C’est ainsi qu’elle contacta un profil très prometteur, brun aux yeux malicieux, nommé Dominique. Le courant passa immédiatement entre eux et une histoire prometteuse elle aussi se profila. Dominique était un jeune homme séduisant et spéculateur, opportuniste et inconséquent. Lisa en fut rapidement folle. Justement voilà. Au fil du temps et de leurs rencontres, elle se rendait compte qu’ils ne se voyaient systématiquement qu’un soir sur deux et ceci de son fait à lui. Cela faisait plus de trois semaines maintenant au rythme fidèle d’un soir sur deux. Cette curieuse fréquence de rencontres valut au jeune homme le surnom de Monsieur On/Off et à la jeune fille des interrogations de plus en plus poussées à sa meilleure amie.

Je suis sûre qu’il est marié. Non ! As-tu déjà été chez lui ? Et bien non. Je n’y suis pas encore allée car il vient d’acheter son appartement et qu’il est en plein travaux. La preuve, il m’a raconté les peintures qu’il achetait et m’a décrit sa salle de bains. T’appelles ça une preuve toi ? Tu ne veux pas me croire, libre à toi, je te comprends. Je ne te demanderai donc qu’une seule chose : demain, lorsqu’il passera te prendre à ton travail et qu’il te demandera ce que tu veux faire, tu lui proposeras d’aller à son appartement, prétextant que tu n’y as jamais été et que cela te ferai très plaisir de le voir, de partager cela avec lui. Le lendemain, Lisa avait grimpé dans la voiture de son prétendant, stressée par ce qu’elle s’apprêtait à dire, stressée par la réponse qu’il lui donnerait. C’est qu’il n’en donna aucune… Ses derniers mots furent : « T’as envie de faire quoi ce soir ? ». Ceux de Lisa quant à eux furent simples et souriants : « J’aimerai beaucoup qu’on aille chez toi ». Silence… Démarrage, bruit de moteur, clic-clac du clignotant. Elle triturait son sac à main et observait Dominique du coin de l’œil : aucune réaction.

1 km, toujours rien, si ce n’est qu’elle se rendait compte qu’ils étaient sur le chemin de son appartement à elle. « Il habiterait tout près de chez moi ? Super » S’était-elle dit, curieuse de voir l’immeuble dans lequel il vivait. Clic-clac à droite. « Dingue, c’est la même rue que la mienne ! » « Pourquoi s’arrête-t-il devant chez moi ? » D’un geste de la tête, il lui somma de sortir de la voiture et c’est ce qu’elle fit. La portière entrouverte elle se devait de savoir : « Que ce passe-t-il, tu es marié c’est ça ? » « Je suis désolé, tu es une fille vraiment bien et c’est pour cela que je préfère que l’on arrête » « Ah parce que là tu veux dire que tu fais une bonne action, tu te prends pour un héros, tu me sauves d’une terrible déception ? » « En quelque sorte oui ». « Laisse-moi te dire qu’en quelque sorte tu n’es qu’un enfoiré qui s’ennuie. Et pourquoi Meetic si tu es marié ? » « Parce là je suis sûr de trouver des filles biens, dans les bars, il y a que des pétasses ». Lisa lui claqua la portière au nez de même qu’elle claqua sa Meetic inscription.

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Vous êtes une femme et avez un maximum de

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Rendez-vous avec

Je vous présente

TELLE EST VOTRE HISTOIRE. Christine est rousse, a 58 ans, un grand fils qui fait sa vie, un job de pré-retraite, une maison pleine de souvenirs à entretenir et de nouvelles galères. Son mari qui était l’homme de sa vie est mort il y bientôt 3 ans et elle aimerait beaucoup rencontrer quelqu’un avec qui elle puisse sortir, rire et rêver. Elle est une femme passionnée, un tant soit peu futile, romantique et quelque peu délurée. La voilà bon gré mal gré sur le site Meetic, à répondre à mille questions dans l’espoir de pêcher un bon poisson. Son mari ayant été un grand intellectuel, elle se devait de lui faire honneur et à la question « 10. Niveau minimum d’études », elle répondit « Bac + 5 et plus ». Q u e l l e n e f u t p a s l a d é ce p t i o n d e Christine lorsqu’au bout de 5 jours sans aucun message ni contact, elle reçut un mail de l’équipe Meetic lui suggérant de revoir ses critères à la baisse afin d’augmenter toutes ses chances de rencontre. Qu’à cela ne tienne, elle prendrait un « minimum Bac + 4 ». Et c’est grâce à son réajustement de critères qu’elle se trouva assaillie de demandes. Une, deux, trois fenêtres clignotaient en attente de ses réponses à elle. Jeunes, ils l’étaient. Des commerciaux, des chefs d’entreprises, des gars en activité et surbookés. Dans le lot, un seul ressortait. C’était LE gars. Grand, fort, bien fringué. Bon ok il y avait un petit hic, il se pseudommait : We Are Strasbourg

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aimercestmerveilleux. Christine le savait, Christine le sentait mais Christine avait faim. Nicolas. Il avait 55 ans, un travail qui le faisait se déplacer souvent et lui permettait de rester actif, une vie sociale apparemment bien remplie. Il était de tempérament impulsif, exigeant et cachait parfaitement son manque de confiance en lui et sa crédulité derrière un débit de parole bien actif lui aussi. Débit de paroles. En effet Dès leur première rencontre sur le site, aimercestmerveilleux® suggéra à Christine de se parler par webcam interposée. Il trouvait les écrits trop longs, pas assez spontanés. Après quelques chats vidéos avec elle, ils allèrent dîner dans un très joli restaurant et se laissèrent séduire mutuellement. Cette soirée tenu toutes ses promesses et Christine rentra chez elle, galamment raccompagnée au pas de sa porte, certaine que c’était le début d’une très jolie histoire. Que fait-on en général lorsque l’on rentre seule d’une romantique soirée et que l’on va se coucher, après être resté 10 minutes à se brosser les dents, les yeux dans le vide et l’excitation au ventre ? Et bien on envoie un SMS de bonne nuit et c’est ce qu’elle fit. Elle attendit de se caler dans ses coussins afin de lire sa

réponse. Déverrouiller… Message… Et là, HORREUR : des fautes, des fautes, des fautes. Ce n’était pas des abréviations ni la faute à l’intuitif, c’était juste des fautes. Pas de frappe mais d’orthographe, de grammaire, de syntaxe. « J’ai vraimment passer une Super soiré en ta conpagnie. Je pense que le courant est bien passer. Tu est quelqu’un d’agréable et de charment. Je te souhaites de trés beaux rêves ». « Ah non là, je peux pas. Je peux pas c’est rédhibitoire. Non c’est impossible ! » Christine passa la nuit à réfléchir à ce qu’elle allait faire et décida de ne plus donner suite à aimercestmerveilleux. Au bout de trois jours d’anxiété face à son écran vide, Nicolas à lâché sa webcam et s’est lâché en débit manuscrit : « Sale petite pute, tu va me le payé tu va voire. Tu te prens pour qui ? Une star de cinéma, t’est pas un peu barges ? ». C’est à peu près une dizaine de tels messages que Christine avait le bonheur de lire, le matin, lorsqu’elle ouvrait sa boîte Meetic. Elle avait réveillé la bête… Sur Internet. Elle décida d’envoyer un message à Meetic en leur suggérant d’embaucher plus de spécialistes à la conception de leurs tests d’affinités et de mettre en place un pare-feu Puis elle claqua sa Meetic inscription.

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Vous êtes une femme et avez un maximum de

Vous serez en présence de

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Rencontrez

TELLE EST VOTRE HISTOIRE. Ro main est un jeu n e t re n te n aire à qui tout réussi à force de patience et de travail acharné. Il a une bonne situation professionnelle, s’est acheté un appartement et a de nombreux amis avec qui sortir le week-end et passer des vacances. Le grand problème de Romain est qu’il est quelque peu timoré. Il met des jours voire des semaines à prendre des décisions, il n’oublie jamais d’en peser le pour et le contre. C’est quelqu’un de généreux en amour comme en amitié bien qu’il n’ait pas souvent eu de chance avec les femmes, il croit toujours en l’amour mais ses côtés prudents et indécis prennent souvent le dessus des situations qu’il vit. Et justement, en voilà une… Romain était inscrit depuis un mois déjà sur Meetic. Il n’a pas eu beaucoup de chance jusque là car les seules femmes qui l’ont contactées lui ont d’emblée posé les questions suivantes : « Quelle e st t a s i t u a t i o n p ro fe ss i o n n e l l e » , « As-tu des enfants », « As-tu un grand appartement »… Et j’en passe et des meilleures. Par ailleurs, elles ne manquaient jamais à la fin de leur mail, de s’excuser de leur « curiosité ». Cependant, Romain étant quelqu’un d’accomodant et surtout de désireux de rencontrer une femme, il accordait du crédit à l’une ou l’autre d’entres-elles jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elles n’habi-

taient souvent pas le même continent que lui. Voilà-t-il pas qu’un soir, une nouvelle jeune femme le contacte. Elle était très séduisante et habitait la même région que lui ! Elle n’a posé aucune question indiscrète et se disait être une jeune femme facile à vivre, à la recherche de l’amour. Romain a rapidement eu envie de la voir. Ils se fixèrent un rendez-vous dans un café de la ville la plus proche. Plus le grand jour approchait et plus R o m a i n s ’ i n q u i é t a i t . L’ i n q u i é t u d e caractérise Romain. L’inquiétude est Romain sauf que là, ça en devenait limite de la parano. En effet, il s’était mis en tête que ce rencard était peut-être un traquenard et qu’il allait en fait avoir un rendez-vous avec une personne qui ramènerait ses frères ou ses cousins pour ensuite le faucher de tout ce qu’il possédait. Persuadé des risques encourus, il décida de se rendre au bar à vélo et de ne porter ni sa belle montre de sortie ni ses beaux vêtements. C’est ainsi qu’en plein mois de novembre et par nuit noire, Romain qui parcouru 25 kilomètres à bicyclette, anxieux de ce qui l’attendait s’est retrouvé, collant et transpirant face à la plus jolie fille qui lui ait été donné de rencontrer. Il passa ensuite 25 minutes aux toilettes à tenter de refaire une coupe de ses cheveux raplaplas à la forme de son bonnet, à sortir son plus vieux jean de ses chaussettes et à décoller les stickers fluos de ses mollets. Selon lui, la rencontre

n’était pas si désastreuse compte tenu de son allure, il était plutôt content. C’est là que Liliane choisit le cocktail le plus cher de la carte…et que Romain triturait fébrilement le seul billet de 10 qu’il avait fourré dans la poche de sa veste Queshua avant de partir. Il dû se contenter de ne rien prendre à boire alors que les 25 kilométres qu’il venait de parcourir lui avaient asséché la gorge. Il repartit aux toilettes, boire un peu d’eau du robinet. Autant vous dire que pour Liliane, belle jeune femme séductrice, bien dans son époque et quelque peu superficielle, la soirée fut à coller parmi les pires rancards qu’elle ait eu à subir. Pourtant il était prometteur ce Romain mais là, cela dépasse tout ! Il ne s’est même pas donné la peine de s’apprêter pour la voir alors qu’elle avait passé deux heures à se préparer. Lorsqu’elle lui demanda si ils pouvaient dîner ensemble, il a refusé, prétextant du travail à finir. Bien entendu, elle ne savait pas que Romain, toujours dans les toilettes, se mordait les doigts de ne pas avoir mis sa montre et sorti sa BM. Il aurait pu inviter cette jolie créature à dîner, bien finir la soirée et qui sait, une belle histoire serait née. Au lieu de cela il du se contenter de rentrer à vélo et en rentrant, il du se désinscrire de Meetic car Liliane L’AMBITIEUSE aura eu le temps de rentrer dans sa voiture et de lui claquer sa Meetic réputation !

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Mamcs

Jusqu’au 12/02/2012 // L’Europe des Esprits ou la fascination de l’occulte, 1750-1950

Musée Historique

Jusqu’au 05/02/2012 // Les Frères Réunis à Strasbourg, une loge maçonnique engagée

Musée Tomi Ungerer

Tomi Ungerer et ses maîtres. Inspirations et dialogues.

Musée Archéologique Strasbourg-Argentorate

Adrien Mondot - Cinématique

20 au 25/01/2012 // Cinématique ( Adrien Mondot ) à 20h30 les 20 et 21, 17h30 le 22, 15h et 20h30 le 25

21/02/2012 // Fabrice Eboué / PMC - Salle Schweitzer

Salon Studyrama des études supérieures Pôle des grandes écoles de Strasbourg 07/01/2012 // au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg.

Salon du Tourisme, des Loisirs et du Bien-être 10 au 12/02/2012 // au Parc des Expositions Wacken

Salon des Vins et Vignerons indépendants 17 au 20/02/2012 // au Parc des Expositions Wacken

Pôle Sud 17.18/01/2012 // Jonathan Capdevielle 24.25 /01/2012 // Cie Caterina & Carlotta Sagna 01.02/02/2012 // Thierry Bae - Cie Trait de Ciel 23/02/2012 // Grand Magasin 12.13/02/2012 // Gina ( Eugénie Rebetez ) à 20h30

Vernissages 04.22/01/2012 // Filmatruc en construction Silvi Simon 03/02 au 11/03/2012 // Memories and Nightmares Lottie Davies


Yuksek

Sefyu

07/01/2012 // Si Cranstoun à la Salamandre à 20h30 20/01/2012 // D.u.o ( wriggles ) à 20h30 au Point d’eau à Ostwald 20/01/2012 // Sati(e)rik Excentric, au Pôle Sud à 20h30 22/01/2012 // Isabelle Boulay Salle Erasme du Palais des COngrès à 18h00 22/01/2012 // Rock Meets Classic au Zénith à 18h00 02/02/2012 // Ours à l’Illiade d’Illkirch à 20h30 04/02/2012 // Elmer Food Beat à la Salamandre à 20h00 05/02 /2012 // Anoine Léonpaul à l’Illiade d’Illkirch à 20h30

La Laiterie 12.18.19/01/2012 // Shaka Ponk à la Laiterie à 20h00 26/01/2012 // Lofofora + Bukowski 27/01/2012 // Ziggi Recado + Guest 01/02/2012 // Ben Howard + Guest à 20h00 02/02/2012 // Black Dahlia Murder + Skeletonwitch à 19h30 03/02/2012 // Yuksek + 1ère Partie 08/02/2012 // Jono Mc Cleery + Nostalgia 77 à 20h00 10/02/2012 // Sefyu à 20h00 14/02/2012 // Aldebert à 20h00 16/02/2012 // Asking Alexandria + Guest 17/02/2012 // Mustang à 20h00 19/02/2012 // Agnostic Front + Death by Stereo + Naysayer à partir de 18h30 21/02/2012 // Benabar 24/02/2012 // Tarja à 20h00

Zénith 15/01/2012 // Nicolas Canteloup « n’arrête jamais !» à 15h00, De 52 à 56 EUR 26 /01/2012 // Le Lac des Cygnes, De 39 à 58 EUR, à 20h30 02/02/2012 // The Australian Pink Floyd Show à 20h00, De 45,50 à 56,50 EUR 11/02/2012 // Letz Zep à 20h30 16/02/2012 // Les Etoiles du cirque de Pékin à 20h30, De 34 à 46 EUR 25/02/2012 // Hansi Hinterseer & das Original Tiroler Echo à 20h00, De 35,60 à 66,10 EUR

Concert Philarmonique 12.13/01/2012 // PMC Salle Erasme / Le cri des peuples du Nord - Sibelius/Grieg/Sibelius, 20h30 18/01/2012 // La ruée vers les notes - Chaplin 20h30 19/01/2012 // Concert à l’Aubette 12h30 26.27/01/2012 // Extases Musicales - Nielsen/Prokofiev/Scriabine 20h30 29/01/2012 // Bridge/Williams/Britten/Bliss 11h00 09.10/02/2012 // L’âme Russe - Rachmaninoff/Moussorgski 20h30 16/02/2012 // Les paradis perdus - Wagner/Mahler 20h30 19/02/2012 // Schuman/Chostakovitch 11h00

Benabar


PROCHAIN NUMÉRO

03 / 2012



WAS Magazine 01 / We are Strasbourg