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Volume 9

| numéro 2 | automne 2011

La Une

p. 6

Tribunal pénal international pour le Rwanda 4e Concours photo: Les animaux

p. 24

p. 16 à 20

TS

L’O

Tragédies à Morin Heights, Salvan et Cheiry et leurs liens avec l’Ordre du Temple solaire

Histoire de chenille

Évolution en Tox

Mini-profils

p. 12 et 13

p. 22 et 23

p. 21 et 27 à 31


Dans ce numéro

La première, c’est la page DE NOS LECTEURS; vous y retrouverez les commentaires que l’équipe du Voir-Dire reçoit de temps à autre de votre part et nous espérons que le fait de mettre cet espace à votre disposition vous encouragera à donner votre opinion sur ce que vous avez lu. La deuxième chronique a pour nom UN DOSSIER MARQUANT; nous ouvrons les pages du Voir-Dire à un professionnel du LSJML (actuel ou retraité) pour qu’il/elle nous raconte un dossier qui a marqué sa carrière. Nous espérons que cela permettra de mieux connaître certains aspects moins publicisés des différents secteurs du laboratoire. Carole Rousseau, spécialiste en chimie judiciaire / incendie de 1974 à 2009 (et maintenant jeune retraitée), a généreusement accepté d’inaugurer cette chronique: à partir de la page 6, elle nous décrit l’enquête sur les «suicides» de l’Ordre du Temple solaire. Merci Carole! Si cet article fait revenir à la surface des souvenirs concernant «VOTRE» dossier marquant et que vous avez envie de nous le raconter, soyez assurés que nous avons bien envie de vous lire! SVP contactez le plus tôt possible le Voir-Dire, avant que l’envie vous passe… Nous avons évidemment besoin de volontaires pour alimenter cette chronique et pour partager une expérience particulière avec tous les employés du LSJML. Nous attendons votre appel, votre courriel, ou même votre article…

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2 Voir-Dire

En attendant d’identifier le prochain sujet d’UN DOSSIER MARQUANT et de lire vos futurs commentaires, l’équipe poursuit ses efforts et vous propose dans ce numéro une série d’articles tout à fait passionnants. En page 14, Anne-Marie Simard résume pour nous les travaux de sa maîtrise en Biologie/ ADN; un peu plus loin, Martine Lamarche décrit les récents développements dans la modernisation du secteur Toxicologie. En page 24, Karine Marcoux-Legault nous fait revivre la participation de Michèle Langlois au Tribunal pénal international sur le Rwanda, avec tout ce que cela pouvait avoir de dérangeant du point de vue émotif. Sans oublier le dévoilement des lauréats de notre 4e concours photo (qui compte aussi, encore une fois, les coups de cœur des membres de l’équipe), un article sur la découverte d’une (peut-être) nouvelle chenille au Québec par une de nos collègues de Biologie/ADN, des mini-profils de douze nouveaux visages au LSJML, etc.

Montage de la couverture par : Thierry Marcoux

Rédacteur en chef Denis Cimon - denis.cimon@msp.gouv.qc.ca Direction artistique/Graphisme Thierry Marcoux - thierry.marcoux@msp.gouv.qc.ca Mise en page Nabil Laham - nabil.laham@msp.gouv.qc.ca Équipe de rédaction Dominic Granger - dominic.granger@msp.gouv.qc.ca Isabelle Loranger - isabelle.loranger@msp.gouv.qc.ca Révision linguistique et correction Denis Cimon - denis.cimon@msp.gouv.qc.ca Isabelle Loranger - isabelle.loranger@msp.gouv.qc.ca Direction Photo Thierry Marcoux - thierry.marcoux@msp.gouv.qc.ca

Bonne lecture! Merci à tous ceux qui nous encouragent! Et n’hésitez pas à nous soumettre vos idées de textes!

Collaboration rédaction / photographies Camélia Blanchette-Ruest; Joana Dias; Martine Lamarche; Karine Marcoux-Legault; Émmanuel Milot; Carole Rousseau; Anne-Marie Simard.

Denis Cimon

Le Voir-Dire est publié environ quatre fois par année (printemps. été, automne, hiver) par le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale et distribué aux employés, aux retraités et aux différents contributeurs du LSJML. Toute correspondance peut-être adressée au: Voir-Dire, Équipe de rédaction,1701 rue Parthenais, ième 12 étage, Montréal, Québec, CANADA H2K 3S7. Téléphone: (514) 873-3301 poste 61470. Adresse courriel: voirdire-lsjml@msp.gouv.qc.ca Thierry Marcoux

Ce numéro innove en vous présentant deux nouvelles chroniques.

VOLUME 9, NUMÉRO 2 AUTOMNE 2011

Tous droits réservés pour tous les pays. Toute traduction, adaptation ou reproduction de tout ou en partie par quelque procédé que ce soit est interdite sans l’autorisation de la Rédaction du Voir-Dire du LSJML. © octobre 2011, Voir-Dire, LSJML


Thierry Thierry Marcoux Marcoux

Mots du DG

TOUS vers un même OBJECTIF ! Dans le cadre de notre plan d’action 2011-2012, un des principaux enjeux vise l’amélioration des processus afin de réduire les délais de service. L’objectif de cette orientation stratégique a pour objet le fait que le Laboratoire doive mettre sur pied une approche globale de la gestion des délais qui inclut à la fois la gestion des attentes des clients, le développement de la capacité (ressources humaines et équipements), les procédures de traitement et les suivis du cheminement. Au regard du développement de la capacité incluant les ressources humaines et les équipements scientifiques, force est d’admettre que le LSJML a vraiment atteint son objectif. En effet, au-delà de 165 professionnels, techniciens, personnel de soutien et cadres oeuvrent actuellement au Laboratoire. Nous n’avons jamais été aussi nombreux. Cela est bien compréhensible: les lois changent, le nombre de dossiers augmente, les demandes se font plus pressantes. Il est bien normal que les effectifs suivent la même courbe. Quant aux équipements scientifiques, le ministère a encore cette année investi tout près de 800,0 k$ au niveau de la capitalisation. Tous les secteurs ont pu ainsi profiter de ce financement. En rétrospective, le ministère de la Sécurité publique a injecté tout près de 5 millions de dollars au niveau des équipements de toutes formes (camion de scène de crime, table de radiographie, LC-MS, robots, etc.) dans notre laboratoire.

Au niveau des procédures de traitement, encore là, des changements notables ont été apportés dans les différents secteurs. En biologie, on a revu la structure de gestion de la direction. En documents, on a ajouté du personnel et modifié certaines façons de faire. En toxicologie, l’apport de nouvelles technologies (LC-MS) a amené des changements au niveau de la production. En chimie, il ne reste presque plus de «backlog» 2008-2009. En médecine légale, on a trouvé des moyens de réduire la liste d’attente des rapports finaux. En balistique, malgré l’ajout d’un dossier fort imposant, on continue de réduire la liste des dossiers en attente. Tous les secteurs convergent vers le même objectif par des moyens différents, adaptés à leur façon de faire. Cela répond parfaitement aux attentes de notre plan d’action. Nous devons donc continuer à aller dans ce sens: réduire les délais de service, augmenter la satisfaction de la clientèle, tout en informant nos clients tout au long du processus de réalisation. Ça va bien au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. Ça va bien et on commence enfin à voir la lumière au bout du tunnel et pour une fois ce n’est pas un train. Yves ”Bob” Dufour

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De nos Lecteurs Vous avez des commentaires sur ce que vous avez lu dans le Voir-Dire? Vous avez une opinion ou des informations sur un sujet qui intéresse le LSJML? Cette page vous appartient, profitez-en!

e est uveau Voir-Dir no le t, en em e. Franch at papier!). à toute l’équip ieux qu’en form m up Wow! Bravo co au be s... rbe (les photo vraiment supe ressant. in t t vraimen té es u en nt co Et le Maria Fiorillo apprécié! tre travail est Lâchez pas, vo pop. J’ai aussi feu et le vox à es m ar s le r choses et cié l’article su J’ai appris des r. te ul ns co J’ai bcp appré à rences mbreuses réfé apprécié les no Linda Vézina e partie II… téressée par un je serais très in quoi, on peut fique! Comme ni ag m t es ire rsion du Voir-D La nouvelle ve e adulte! chement d’un auté vers l’âge s, il y a chevau to o grandir en be ph de s ur o rdinaire! .. Pour le conc boulot extrao e Marcoux-Legault Petite critique. un s ite fa us o V Karin Merci! ligne à l’autre...

Mont-Saint-Hilaire, le 27 avril 2011 J’ai pris connaissance du dernier Voir-Dire et je vous félicite […] pour la qualité de sa présentation de même que pour son contenu. Évidemment, certains articles m’intéressent plus que d’autres, ce qui est normal. Je me permets de commenter ici le texte de M. Dufour. J’oublie ici la nationalité de M. Alex Jeffreys (anglais et non américain) que j’ai rencontré à Londres et à Montréal. C’est ou c’était un bon ami de Carole Péclet et je garde un bon souvenir de ces courtes rencontres. Je suis quelque peu étonné lorsque je lis que le secteur privé tente «… de s’ingérer dans notre champ de compétence». M. Dufour mentionne encore que «…notre situation de quasimonopole pourrait être remise en question». Personnellement, j’ai connu le «monopole» du laboratoire dans les années 70-80. Tout ce qui venait du laboratoire était la seule et unique vérité, les spécialistes ne pouvaient pas se tromper. J’ai même assisté à un ou des procès importants où le Juge qui siégeait informait la Défense que les témoins spécialistes du laboratoire ne pouvaient pas se tromper! Et pourtant, j’ai encore

Salut la gang, Bravo pour votre premier numéro électronique du VD. Un autre petit geste pour l’enviro nnement. De plus, c’est tellement plus plaisant de lire un article «imprimé» sur un fond blanc (j’ai toujour s détesté l’im pression sur papier de couleur des ver sions préhistoriq ues du VD). Les photos sont aussi tellement plus belles de cette façon. Les liens ou renvois à des textes complémentaires sont aussi une belle innovation. Ce que j’ai surtout aimé c’est l’en cart «Cet espace attend votre article» qui, quand on clique dessus ouvre une fenêtre courriel «Je veux écrire pour le Voir -Dire !!!» ... ça donne presque le goût de le faire. Wô wô, y a pas juste des fleurs, où donc est la critique? Hé ben la voilà. J’ai bien cherché et je n’ai pas pu avoir un «display» des pages côte à côte (genre catalogue Lee Valley), ce qui empêcherait la cou pure des photos... Encore bravo! Jean Bergeron

en mémoire certains dossiers où une ou des erreurs souvent stupides avaient été commises par un ou des spécialistes du laboratoire. L’erreur est humaine et l’Aura de la vérité n’appar tient à personne. J’ajouterai encore que je suis personnellement très satisfait que ce fameux monopole s’effrite jour après jour et qu’une expertise émanant du secteur privé soit considérée à sa juste valeur pour autant que celle-ci soit effectuée par une ou des personnes compétentes. Je précise encore que mon commentaire est plus large que de protéger ma petite personne qui agit actuellement dans le domaine privé. Je conclus ici en disant que la situation de quasi-monopole dont profitait le laboratoire n’existe plus, heureusement, et que le challenge pour un laboratoire tel que le LSJML est d’offrir un service de qualité tout en acceptant que parfois, le moins souvent possible, une erreur peut être commise. Avec mes salutations,

André Münch

(M. André Münch a travaillé au LSJML en tant que responsable du secteur Documents, de 1970 jusqu’à sa retraite en 1995)

Les opinions exprimées dans cette chronique sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement celles de l’équipe du Voir-Dire.

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Éditorial

Imprimer ou ne pas imprimer…

telle est la question

?

Nous sommes tous très fiers du Voir-Dire, d’autant plus que nous avons reçu de nombreux commentaires élogieux sur la nouvelle version, de type magazine (vous en trouverez quelquesuns à la page précédente). Dans le passé, une copie papier était distribuée à tous les employés et retraités du LSJML; cependant, dans le but d’être plus écologique et aussi parce que la couleur quadruple les coûts d’impression (de 50¢ à 2$ par numéro…), nous sommes récemment passé à une version numérique, réservant la version papier à nos collaborateurs et aux retraités qui en font la demande. Le problème avec la version numérique, c’est qu’on ne peut plus lire le V-D dans le métro ou l’autobus et que les gens n’y pensent plus une fois rendus à la maison. Par conséquent, nous avons noté que vous êtes moins rapides, et surtout moins nombreux, à nous lire. Or, si l’équipe travaille avec autant d’ardeur sur chacun des numéros du Voir-Dire, si les divers collaborateurs mettent autant d’efforts sur leurs textes, c’est évidemment dans le but qu’ils soient lus et appréciés. D’où cet éditorial: faut-il être écologique? vaut-il mieux être lu? à quel prix? Plusieurs alternatives sont possibles. 1) Continuer avec la version numérique, mais laisser un certain nombre de copies papier disponibles chez les secrétaires de chaque secteur. L’espoir, c’est que les gens s’habitueront graduellement à lire la version numérique à l’écran et/ou à emprunter la version papier. C’est la situation actuelle. 2) Offrir la version couleur en abonnement. Cela restreindrait les copies papier uniquement aux gens qui les veulent vraiment. 3) Imprimer une copie papier pour tout le monde, mais en noir et blanc, la version couleur demeurant disponible à l’écran. Cela faciliterait la lecture et ramènerait les coûts à leur niveau précédent, mais ne règlerait pas le problème écologique. 4) Trouver des annonceurs pour financer notre journal. La difficulté serait d’identifier des fournisseurs appropriés (i.e. éviter la notion de «commandite»). NOUS AVONS ABSOLUMENT BESOIN DE CONNAÎTRE VOTRE OPINION SUR LA QUESTION! RÉPONDEZ-NOUS EN GRAND NOMBRE! Et si vous avez d’autres alternatives à nous proposer, n’hésitez surtout pas à nous en faire part (voirdire-lsjml@msp.gouv.qc.ca). Denis Cimon

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Dossier Marquant

Ordre du Temple So

Tragédies à Morin Heights, Salvan et Cheiry et leurs liens avec l’Ordre du Temple solaire. 4 octobre 1994 Vers 8h30, le matin du 4 octobre 1994, un incendie éclate dans une copropriété située sur Chemin Belisle à Morin Heights. Il s’agit d’une rangée de quatre résidences semidétachées, les 199, 199A, 197 et 197A.

établiront les causes de l’incendie. L’enquête démontre rapidement que l’une des deux résidences sinistrées, le 199A, est la copropriété de Joseph Di Mambro2, chef de l’Ordre du temple solaire3 (OTS). Nous découvrons aussi que les quatre résidences semi-détachées sont communicantes… Plus tard, des vérifications permettent de confirmer que les propriétaires des quatre résidences en copropriété sont membres de l’Ordre. Il s’agit du médecin suisse Luc Jouret4 (197A), de Camille Pilet5 (197), de Dominique 6 Bellaton (199) et de Joseph Di Mambro (199A). Les deux cadavres calcinés sont découverts dans les

À l’arrivée du service d’incendie de la municipalité, les flammes avaient pris de l’ampleur. Une fois l’incendie circonscrit, les pompiers découvrent deux corps carbonisés à l’intérieur d’une chambre à coucher de l’une des résidences. Puisqu’il y a des victimes, le service d’incendie remet le dossier à la police de Morin Heights qui le refile à la Sûreté du Québec.

décombres de la chambre à coucher située à l’étage du 199A Chemin Belisle.

Les 4 et 5 octobre, à la demande de la Section des Crimes contre la propriété1 de la Sûreté du Québec de Montréal, j’accompagne les enquêteurs pour examiner la scène et procéder aux investigations qui

Ces victimes seront ultérieurement identifiées comme étant Colette Genoud et Gerry Genoud7, tous deux de citoyenneté suisse. La femme est couchée sur le lit et l’homme est retrouvé en position semi-

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assise à côté du lit. Ce dernier porte à son cou un médaillon symbolisant l’Ordre du temple solaire. Un fait important à noter: aucune voiture n’est garée devant les résidences. Les quatre résidences ont été examinées en étroite collaboration avec les enquêteurs des Crimes contre la propriété, les enquêteurs des Crimes contre la personne, le Service d’Identité judiciaire de la Sûreté du Québec et la Direction des expertises judiciaires, aujourd’hui nommée Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. 197 Chemin Belisle Cette résidence, appartenant à Camille Pilet, n’a pas été endommagée par l’incendie. Lors de l’examen des lieux, nous retrouvons plusieurs objets révélateurs ayant un lien avec la préparation d’un scénario d’incendie. Sur le téléviseur du salon il y a des allumettes de bois reliées entre elles avec du papier adhésif. Dans une salle de bain, un bec verseur de bidon est trouvé dans une poubelle. Deux bidons vides sont trouvés dans la garderobe de la chambre à coucher. Les détecteurs de fumée ont été enlevés. 197A et 199A Chemin Belisle L’examen des lieux permet d’établir que l’origine de l’incendie se trouve à l’intérieur de


olaire deux résidences, soient les 199A (propriété de Jo Di Mambro) et 197A (propriété de Luc Jouret). La mise à feu est manifestement volontaire. Plusieurs montages de combustibles solides (livres, vêtements, carton, draperies, etc.) sont étalés sur les planchers, des sacs plastique à ordures Vinora8 remplis de liquide pétrolier (gazoline ou diesel ou le mélange des deux) sont disposés dans toutes les pièces, des bidons remplis d’essence ainsi que six dispositifs de mise à feu sont trouvés dans différentes pièces situées sur les deux niveaux des deux résidences. Deux mécanismes ont déclenché le feu, les quatre autres n’ont pas fonctionné.

La Une broches. Ils ont placé quatre paquets d’allumettes par élément chauffant. Le système a ensuite été placé dans une rôtissoire en aluminium dans laquelle baignait de la gazoline. Toutes les composantes des dispositifs ont été achetées chez Canadian Tire.

Résultats des analyses chimiques sur les prélèvements effectués sur les lieux

Les deux mécanismes de mise à feu qui ont fonctionné sont retrouvés l’un dans la chambre à coucher des victimes Genoud (199A) et l’autre dans la chambre à coucher du 197A. Les quatre autres n’ont pas fonctionné pour différentes raisons. L’un des dispositifs s’est allumé pendant quelques secondes, puis s’est soudainement arrêté. Un autre trouvé

199 Chemin Belisle

Expertises des mécanismes de mises à feu au laboratoire Six mécanismes de mise à feu ont été utilisés. Il faut déterminer pourquoi certains ont fonctionné et d’autres pas. Les mécanismes de mise à feu sont assez sophistiqués. La préparation de ces dispositifs a nécessité plusieurs heures de travail. Ils sont fabriqués à partir de radiateurs électriques Mastercraft et de minuteries d’extérieurs Noma programmables sept jours. Les responsables du scénario de mise à feu ont démonté les six radiateurs électriques pour n’utiliser que les résistances chauffantes et le thermostat. Ils ont préparé plusieurs séries d’allumettes entourées de ruban adhésif qu’ils ont ensuite fixées aux éléments chauffants à l’aide de

dans la garde-robe de la chambre, où sont trouvées les victimes, ne s’est pas allumé, peut-être à cause d’une surcharge électrique. Un dispositif trouvé dans la salle de jeu du 199A n’a pas fonctionné car le thermostat était renversé sur le plancher. Étant muni d’une protection thermique, les résistances chauffantes ne pouvaient pas s’allumer. Finalement, une trace de courtcircuit entre la cosse d’un conducteur électrique d’un élément chauffant et la rôtissoire en aluminium du dispositif placé dans la bibliothèque du 199A indique que le mécanisme s’est mis en marche puis a court-circuité.

Certains prélèvements renferment de la gazoline, d’autres du diesel. D’autres encore renferment un mélange de gazoline et de diesel.

L’incendie n’a pas touché cette résidence. Cependant, nous y décelons quelques traces de sang sur le plancher du garage ainsi que sur le cadre d’une porte et sur le plancher de l’étage. C’est le 5 octobre que le spécialiste en projection de sang, André Münch9, expertisera la résidence avec le luminol. 5 octobre L’équipe d’enquêteurs et moi retournons sur les lieux de l’incendie. Ce matin du 5 octobre 1994, un nouvel événement fait la une de tous les quotidiens10. Nous apprenons que, dans la nuit du 4 au 5 octobre 1994, 48 personnes perdent la vie dans des incendies qui se sont déclarés quasi-simultanément à Salvan et à Cheiry en Suisse. Accident? Non. Toutes les victimes sont membres de l’Ordre du temple solaire. C’est le professeur Jean-Claude Martin de l’Institut de Police Scientifique et de Criminologie de l’Université de Lausanne qui est mandaté en qualité d’expert pour effectuer les recherches. L’incendie à Cheiry, dans le canton de Fribourg, a éclaté dans une ferme agricole. 23 cadavres sont découverts à l’intérieur du bâtiment. Vingt d’entre eux portent des impacts de balles.Trois incendies de nature volontaire se sont déclarés aux Granges sur Salvan, dans le canton du Valais, dans trois chalets. 25 cadavres sont retrouvés dans deux des chalets.

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À Morin Heights, André Münch examine au luminol la résidence du 199 dans laquelle quelques traces de sang à peine perceptibles ont été décelées la veille. L’expertise au luminol révèle la présence de sang même si celui-ci avait soigneusement été nettoyé. Ce résultat indique qu’il y a d’autres victimes.

Les immeubles appartiennent à des membres de l’OTS, hormis un des chalets. Un des chalets de Cheiry appartient à Fabienne Koymans, Joseph Di Mambro et Jocelyne Di Mambro11. Un autre chalet appartient à Camille Pilet. Les enquêteurs font rapidement le lien entre l’incendie de Morin Heights et ceux survenus en Suisse. L’hypothèse du meurtre et suicide collectif se confirme. Les incendies ont été allumés par des mécanismes astucieux autant en Suisse qu’à Morin Heights. Des résistances chauffantes munies d’allumettes, des bacs (aluminium au Québec et en plastique en Suisse), de la gazoline déversée sur les planchers et dans des sacs plastique Vinora, etc.

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Le pathologiste Claude Pothel donne les résultats préliminaires de l’autopsie pratiquée sur les deux victimes calcinées. Il s’agit de Colette Genoud, 62 ans et Gerry Genoud, 35 ans, tous deux de citoyenneté Suisse. Les résultats toxicologiques effectués par la chimiste-toxicologue Micheline Gaudette12 indiquent qu’il y a présence d’alcool, de carboxyhémoglobine inférieure à 10%, de Métoclopramide13 et de Flunitrazépam14 dans le sang de Colette Genoud. Les mêmes substances, sauf l’alcool, sont trouvées dans le sang de Jerry Genoud. De plus, son sang contient du diazépam et la carboxyhémoglobine est de 40%. 6 octobre Les enquêteurs découvrent trois autres corps dans un petit réduit, au sous-sol du 199 Chemin Belisle. Il s’agit d’Antonio

Dutoit, 35 ans, d’origine suisse, son épouse Nicky Robinson Dutoit, 30 ans, d’origine Britannique et leur fils Christopher Emmanuel Dutoit, âgé de 3 mois. Aucune trace d’incendie n’est décelée sur les corps. Durant la journée, les enquêteurs découvrent l’auto du couple Dutoit dans le stationnement de l’aéroport international de Mirabel. 8 octobre Les autopsies des trois victimes découvertes le 6 octobre démontrent qu’elles ont été tuées par arme blanche. Antonio Dutoit a été assassiné de cinquante coups de couteau. Le nombre de 50 pourrait correspondre au nombre total de victimes de l’OTS (48 en Suisse et 2 à Morin Heights). Nicky Robinson Dutoit a reçu 14 coups de couteau. Quatre à la gorge pour l’empêcher d’enfanter dans une vie ultérieure (selon la secte, les femmes enfantent par la gorge); huit coups dans le dos, symbolisant la justice; et deux au sein parce qu’elle allaitait son fils considéré comme étant l’antéchrist. L’enfant est mort d’un seul coup de couteau au cœur. Le bébé a été découvert dans un sac de plastique avec un pieu déposé sur sa poitrine. Dans l’esprit de l’OTS, seul un pieu pouvait tuer l’antéchrist. 10 octobre Le corps de Di Mambro est identifié parmi les victimes de Salvan en Suisse. Trois jours plus tard, celui de Jouret est identifié. Les proches des dirigeants sont également au nombre des victimes identifiées au fil des jours. L’institut médico-légal de Lausanne détermine les causes des décès. A Cheiry,


Dossier Marquant 20 des 23 victimes étaient criblées de balles. Elles étaient vivantes au moment du premier coup de feu. À Salvan, les 25 victimes, dont les chefs de la secte (Joseph Di Mambro, Luc Jouret) et leurs proches, sont mortes empoisonnées par voie orale ou intraveineuse.

Joseph Di Mambro et Luc Jouret Au cours du mois d’octobre, à la demande des autorités suisses, des échantillons sanguins sont prélevés sur les membres des familles des victimes pour permettre, grâce à l’ADN, l’identification des victimes en Suisse. Début novembre Tous les cadavres des incendies des 4 et 5 octobre, au Québec et en Suisse, sont identifiés à l’aide de leur ADN: 21 Suisses, 19 Français, 9 Canadiens, 2 Belges, un Espagnol et une Britannique. Parmi les adultes, on compte 27 femmes et 19 hommes. Un bébé de trois mois et six autres enfants (cinq filles et un garçon) âgés de quatre à seize ans sont également au nombre des victimes. Parmi les victimes, il y a Emmanuelle Di Mambro, fille de Jo, qui est morte avec lui à l’âge de 12 ans.

L’enquête policière Selon la reconstitution des événements par les enquêteurs, Jo Di Mambro est entré chez les Templiers en 1971. Il s’est ensuite associé au médecin suisse Luc Jouret, qui avait des dons d’orateur, et à Camille Pilet, qui avait beaucoup d’argent. Di Mambro est le cerveau et le maître des finances de l’organisation. «Au départ, l’idée était de regrouper des individus à la recherche d’un idéal spirituel. Plus tard, l’intention s’est transformée. Di Mambro et les autres utilisent la secte pour recruter des gens fortunés susceptibles d’adhérer aux principes du mouvement, mais surtout, d’enrichir leurs fortunes personnelles», explique le lieutenant Richard St-Denis15 de la SQ. Ensemble, les dirigeants de la secte ont monté des scénarios pour mystifier tous les membres de l’Ordre. Les membres de la secte étaient soumis à un code de conduite particulier. De plus, Di Mambro prétendait que sa fille Emmanuelle avait été conçue sans qu’il n’ait eu à toucher à Dominique Bellaton, la mère de l’enfant. Les préoccupations monétaires l’ont emporté sur les motivations spirituelles. En 1991, Di Mambro voyait l’Ordre se désagréger et son autorité contestée. À cette époque, la secte comptait jusqu’à 567 membres dans 10 pays. Au moment du carnage, Di Mambro avait 70 ans, il était malade et avait vécu dans le mensonge toute sa vie. Il ne pouvait plus faire marche arrière. Ne pouvant pas s’imaginer vivre l’autre vie sans sa fille Emmanuelle, il a décidé d’emmener tout le monde avec lui, y compris sa fille.

Le chef de l’Ordre et ses acolytes voulaient quitter la Terre pour l’étoile Sirius et emmener avec eux les membres. Les enquêteurs pensent qu’une pire tragédie avait été évitée de justesse en 1993. La grande finale devait se dérouler à St-Sauveur, dans les Laurentides. Elle aurait pu faire une centaine de morts plutôt que 53. Une enquête menée par la SQ sur le bien-fondé de diverses allégations de trafic d’armes a obligé Di Mambro à modifier son scénario. La SQ voulait savoir pourquoi Luc Jouret et d’autres membres de la secte cherchaient à se procurer des armes munies de silencieux. On sait maintenant pourquoi, puisque des armes munies de silencieux ont servi à assassiner les membres de l’Ordre dans le chalet de Cheiry, en Suisse. Les témoignages recueillis auprès de membres québécois de l’Ordre du temple solaire, toujours vivants en 1994, ont confirmé aux enquêteurs l’hypothèse d’un carnage qui devait se dérouler en avril 1993. La série de meurtres et de suicides a commencé le 30 septembre par l’assassinat de la famille Dutoit. Joseph Di Mambro considérait le bébé Dutoit comme étant l’antéchrist. L’Ordre devait donc l’éliminer selon les rites prévus. La famille Dutoit a été tuée par arme blanche parce que Di Mambro la considérait comme étant «polluée». Selon les enquêteurs, Joël Egger et Dominique Bellaton16 sont les principaux assassins de la famille Dutoit. Les deux «Chevaliers» sont arrivés au Canada le 29 septembre et sont repartis en

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Dossier Marquant Suisse le 30 septembre, laissant la voiture des Dutoit à l’aéroport de Mirabel. Selon la police, l’antéchrist devait obligatoirement être éliminé par deux chevaliers. Les suisses Colette et Gerry Genoud ont également participé au crime. Ces derniers sont restés sur place. Ils ont absorbé des médicaments et sont morts dans l’incendie qui a ravagé la maison. Jo Di Mambro avait confié l’éducation de sa fille Emmanuelle aux Dutoit. Antonio était son homme à tout faire. Il s’occupait aussi des effets spéciaux lors des cérémonies de la secte. Sa femme Nicky était la gouvernante d’Emmanuelle Di Mambro que son père, Jo Di Mambro, présentait comme un enfant cosmique, une «avatar» ou une incarnation divine qui devait redresser les Templiers. Jo Di Mambro avait interdit à Nicky Dutoit d’avoir un enfant. En 1991, le couple Dutoit prit ses distances de l’ordre en prenant conscience de la supercherie financière. Nicky a dû choisir entre Jo Di Mambro et son mari. Elle a choisi son mari. En 1993, elle a eu un bébé qui est mort à sa naissance. En 1994, elle a donné naissance à un garçon qu’elle a nommé Christopher Emmanuel, ce qui a fâché Di Mambro puisque le prénom Emmanuel avait une signification particulière au sein de l’Ordre. Le carnage en Suisse d’octobre 1994 a été planifié dans ses moindres détails quatre mois plus tôt. Jo Di Mambro avait décidé de passer à l’acte en exécutant les membres qui voulaient prendre leur distance et en persuadant les autres que le moment était venu d’effectuer «le transit vers l’étoile Sirius». Les principaux instigateurs disaient qu’ils ne pouvaient plus reculer. La plupart des victimes ont été invitées en Suisse. Selon Richard St-Denis, «elles se sont

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rendues dans les chalets parce qu’elles croyaient pouvoir récupérer de l’argent». Une partie des victimes avaient accepté de mourir; elles se seraient administrées du flunitrazépam. Cependant, la plupart des victimes avaient été piégées et assassinées. «Pourquoi les incendies? Parce que selon le rituel de l’Ordre, le feu représente le seul moyen de débarrasser le corps de son sang souillé. Le feu devait permettre d’être projeté dans un autre monde, sur l’étoile Sirius», explique le lieutenant St-Denis de la SQ. La SQ a aussi expliqué pourquoi il y avait absence de sang sur les murs où ont eu lieu les meurtres de la famille Dutoit à Morin Heights. Antonio Dutoit dénonçait les pratiques de l’OTS. Il était devenu l’ennemi de Jo Di Mambro. Le sang de la famille était donc souillé. Le lieutenant StDenis pense que: «Alors, pour éviter toute contamination, les auteurs du triple meurtre ont porté des gants et un tablier, et nettoyé soigneusement la scène de crime». L’inspecteur Gilles Thériault, responsable des Crimes contre la personne de la SQ, a mentionné que «certains membres de l’Ordre du temple solaire ont réalisé qu’ils l’avaient échappé belle, alors que d’autres se sont montrés déçus de ne pas avoir été emmenés dans l’au-delà.» Finalement, le dossier est classé. «Tout le monde est mort, il n’y a aucun témoin et notre enquête est terminée, même si nous ne sommes pas sûrs à 100 pour cent de toutes les circonstances du drame», a déclaré Michel Brunet, porte-parole de la Sûreté du Québec.

L’Ordre du temple solaire refait parler de lui France, le 15 décembre 1995. Seize personnes, dont trois enfants, ainsi que la femme et le fils de Jean Vuarnet17 ont été retrouvées mortes. Les victimes étaient placées en étoile autour d’un brasier dans une clairière du Vercors. Des neuroleptiques ont été trouvés ainsi que des armes près des dépouilles placées en cercle... Toutes les victimes avaient une ou plusieurs balles dans la tête. Au Québec, en 1997, nouveau massacre dans le petit village de Saint-Casimir-dePortneuf. Dans la nuit du 22 au 23 mars, 5 adeptes de l’Ordre du temple solaire, dont 3 Français, sont retrouvés carbonisés à Saint-Casimir. Comme leurs amis qui ont perdu la vie en Suisse et dans le Vercors quelques années plus tôt, ces membres de l’OTS vont répéter les mêmes gestes. L’objectif? Rejoindre les fidèles de Luc Jouret partis trouver le bonheur sur Sirius. Ils utilisent les mêmes moyens qu’à Morin Heights et qu’en Suisse: les médicaments et les mécanismes de mise à feu. Trois adolescents ne voulaient pas mourir. Ils ont négocié avec leurs parents et obtenu la vie sauve. Carole Rousseau


Bibliographie

Notes

1.

1

La Section des Crimes contre la propriété a été démantelée au début des années 2000. Les enquêteurs de cette section investiguaient les incendies et enquêtaient sur les véhicules volés.

2

Joseph Di Mambro est un des fondateurs de l’Ordre du temple solaire. Il était le cerveau de la secte. Il s’est attaché la collaboration de Luc Jouret et de Camille Pilet.

3

OTS: autrefois nommé Ordre International Chevaleresque de Tradition Solaire. C’était un groupe ésotérique néo-templier fondé par Luc Jouret dans les années 80. Il rebaptisa cet ordre: Ordre du temple solaire.

4

Luc Jouret: médecin suisse, cofondateur de l’Ordre du temple solaire. De 1983 à 1993, il s’emploie à recruter des membres pour l’Ordre. Il est un excellent orateur. Il seconde Jo Di Mambro.

5

Camille Pile: cadre à la retraite de la firme horlogère Piaget. Il possède une fortune considérable. Il deviendra, au début des années 90, l’un des personnages clefs de l’OTS.

6

Dominique Bellaton a eu une fille avec Jo Di Mambro qu’ils ont nommée Emmanuelle. Jo avait décidé qu’elle serait porteuse de «l’enfant cosmique». Au cours d’une cérémonie, quand une épée vient effleurer le ventre de la jeune femme, un éclair lumineux jaillit. La «conception théogamique» vient de se produire. Rares sont ceux qui savaient alors que Dominique est la maîtresse de Jo, et qu’elle est enceinte depuis quelques semaines.

7

Ils sont unis dans la vie. Jerry a 35 ans et Colette 62 ans. Leurs autopsies ont été pratiquées par le Dr. Claude Pothel.

8

Les sacs Vinora AG 8640 Rapperswil (35 Litres) sont vendus en Europe. Ils ne sont pas disponibles au Québec.

9

André Münch, spécialiste en Documents qui a pris sa retraite en 1995. En plus de ses fonctions dans la division Documents, François Julien l’a formé pour le seconder dans les examens de scènes de crimes.

2.

Rapport d’expertise de Carole Rousseau, Montréal 18 juillet 1995, chimiste de la Direction des expertises, ministère de la Sécurité publique, Gouvernement du Québec. Rapport d’expertise du Dr Jean-Claude Martin, Lausanne 25 janvier 1995, professeur associé, Institut de Police scientifique et de Criminologie, Université de Lausanne.

3.

Le Journal de Montréal, mercredi 5 octobre 1994, Mystérieux incendie à Morin Heights, pages 1 et 3.

4.

Communiqué  de la Sûreté du Québec, Montréal le 18 novembre 1994

5.

Le Journal de Montréal, samedi 19 novembre, Le massacre de l’OTS était prévu à St-Sauveur, pages 2 et 3

6.

La Presse, samedi 19 novembre 1994, Joseph Di Mambro et Luc Jouret voulaient quitter la terre pour l’étoile Sirius, pages A1, A2 et A4.

7.

Le Devoir, samedi 19 novembre 1994, Transit vers Sirius, pages A1 et A16.

8.

Le Soleil, samedi 19 novembre 1994, Un voyage vers une autre planète, A1 et A3

9.

The Gazette, samedi 19 novembre 1994, Cult leader ordered killing of 3-month-old “Antichrist” child: SQ, page A2

10. Le Journal de Montréal, mardi 2 novembre 1999, L’enquête sur le drame de l’Ordre du Temple Solaire dans le Vercors exclut toute intervention extérieure,page 37. 11. http://archives.radio-canada.ca/societe/ criminalite_justice/dossiers/537/ 12. http://www.sectes-infos.net/Temple.htm 13. http://www.youtube.com/watch?v=zVoqRuV9Zo 14. Exhibit A, émission sur l’Ordre du Temple Solaire de Morin Heights

10

La photo de la une du Journal de Montréal du mercredi 5 octobre a gagné le prix de la meilleure photo de l’année. Paraissent sur la photo: les enquêteurs, le SIJ, les pompiers et Carole Rousseau.

11

Jocelyne Di Mambro est l’épouse de Joseph Di Mambro.

12

Micheline Gaudette a travaillé au LSJML jusqu’en 1997.

13

Le métaclopramide augmente la vidange gastrique et la motilité intestinale; c’est un antiémétique, il occasionne la sédation et augmente les actions sédatives des autres dépresseurs du système nerveux central.

14

Le Flunitrazépam n’est pas vendu au Canada et aux États-Unis. C’est un hypnotique, un semisédatif et il cause une amnésie antérograde.

15

Richard St-Denis a étudié tous les aspects de l’Ordre du temple solaire. En 1994, il était lieutenant à la Sûreté du Québec.

16

Les cadavres calcinés de Joël Egger et Dominic Bellaton sont parmi les victimes de Salvan en Suisse.

17

Jean Vuarnet est un skieur français, champion olympique de descente en 1960.

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Science et Loisirs

Qui est-elle ? De par ma curiosité, je me devais d’identifier cette chenille que nous n’avions jamais vue. Loin de connaître toutes les espèces, elle ne figurait pas parmi celles que nous sommes capables d’identifier, les plus communes. Une recherche dans les sites d’identification de chenilles du Québec ne donna aucun résultat. C’est en passant par les sites européens que je finis par y voir une ressemblance avec Ceramica pisi ou de son nom commun: Noctuelle du pois. Cette espèce ne figurant pas dans le livre «Papillons du Québec», j’ai donc adressé une demande d’identification à l’Insectarium, au Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, ainsi qu’à l’un des auteurs du livre «Papillons du Québec».

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D’un ministère à l’autre J’ai reçu rapidement une réponse du Ministère comme quoi ma demande avait été transférée au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune afin de mieux me servir. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un courriel pour m’informer que MA chenille était en cours d’identification. Puis, un autre courriel: «Je vous signale simplement que nous traitons toujours votre demande d’identification. Les photos que vous nous avez soumises portent à croire qu’il pourrait s’agir de Ceramica pisi, mais cette espèce n’a jamais été rapportée au Québec. C’est pour cette raison que nous validons présentement l’identification avec des spécialistes extérieurs. Nous vous reviendrons dès que nous aurons une réponse définitive».

Son identification Je vous épargne les détails mais j’étais vraiment excitée! Je surveillais avec impatience mes courriels de jour en jour jusqu’au moment où je reçus le fameux verdict! L’identification de ces espèces de lépidoptères (les papillons) de la famille des noctuidés se fait surtout au stade adulte; ce qui explique pourquoi la réponse fut si longue à venir. Dans un courriel détaillé, avec photos à l’appui, j’appris d’abord que Ceramica s’appelait dorénavant Melanchra et qu’il y en avait quatre espèces au Québec: M. adjuncta, M. assimilis, M. picta et M. pulverulenta (cette dernière ne semblerait pas avoir encore été photographiée!!!). Pour en revenir à ma chenille, ce serait donc une Melanchra assimilis; une espèce qui fréquente plusieurs habitats mais semble préférer les tourbières. Sa cousine européenne (Melanchra pisi) a des couleurs similaires mais se distingue par un patron granuleux entre les lignes abdominales et dorsales.

Dominic Granger

Dominic Granger

C’est le 18 septembre 2010, lors d’une ballade au Parc du Mont St-Bruno dans le secteur des prés (chemin du Grand Duc), que je l’ai rencontrée. Elle m’apparut assez brillamment vêtue avec sa robe verte et jaune qui contrastait avec les diverses nuances de beige défraîchi caractéristiques des plantes fatiguées de l’été. J’ai vu en elle une possibilité… En effet, mon conjoint m’avait lancé un défi: un concours photo! Mon précédent sujet, une sauterelle nerveuse, ne m’avait donné que des photos floues. Cette chenille, mise à part la vivacité de ses mâchoires, était d’une quiétude contagieuse. J’ai fait quelques clichés, dont plusieurs flous (le vent bien sûr), avant le retour à la maison pour le grand visionnement de notre «travail». Je l’avoue, la lutte a été chaude, certaines des photos de Jean-François étaient vraiment réussies.

Et le papillon… Le papillon est beaucoup moins coloré, comme la plupart de ses congénères nocturnes mais avouez… il est quand même assez coquet!


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Dominic Granger

Pour vous aid er Ă  identifie r les insecte entourent, vo s qui vous ici quelques liens: http://www.lesi nsectesduquebe c.com/ordre.h tm http://www2.vi lle.montreal.qc. ca/insectarium nouveau/menu. /toile/ php?s=info&p= fich http://entomof aune.qc.ca/Inse ctes_du_Quebe c.html http://www.sci b.gc.ca/spp_pa ges/pdfs/noctu (papillons noct idae3eb_f.pdf urnes du Canad a) (en anglais)

Dominic Grange

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Science

Projet de maîtrise en biologie C’est après avoir travaillé parmi vous pendant près de deux ans que je termine présentement mon travail de maîtrise, au cours de laquelle j’ai effectué mon projet de recherche en Biologie sous la direction de Vahé Sarafian et Luc DesGroseillers, mon codirecteur à l’Université de Montréal. Je tiens d’ailleurs à remercier tous ceux qui ont accepté de participer à mon étude, sans quoi ce projet n’aurait jamais pu avoir lieu… Je vous présente donc aujourd’hui un aperçu de mon projet et des résultats que nous avons obtenus. Une copie complète de mon mémoire sera disponible au labo, si jamais vous souhaitez en savoir plus! Cela va comme suit… Les fluides corporels incriminants Les fluides corporels retrouvés sur le lieu d’un crime seront principalement utilisés pour générer un profil génétique d’ADN afin d’identifier un suspect ou une victime, d’incriminer un suspect, ou encore de l’innocenter. Toutefois, cela ne fournit pas d’information sur les circonstances dans lesquelles la trace analysée dans l’enquête a été déposée sur le lieu du crime. Afin de déterminer si le fluide analysé est pertinent dans l’enquête en cours, il faut se demander si les taches retrouvées sont liées au délit. Est-il possible que les suspects aient pu se trouver sur la scène de crime avant – ou après – que celui-ci ne se produise? Est-ce que la victime et le suspect ont pu être en contact à d’autres moments que celui du crime présumé? S’assurer de la pertinence de l’échantillon dans l’enquête est d’autant plus important lorsque le crime concerne des proches. Imaginez un couple vivant sous le même toit depuis longtemps. Après plusieurs années de vie commune, le couple se sépare et l’homme quitte le domicile familial. Quelques semaines après leur

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séparation, la femme est victime d’une agression sexuelle dans le salon de sa maison. L’analyse de la scène de crime met en évidence une tache de sperme sur le divan, identifiée comme provenant du mari selon son profil d’ADN. Peut-on considérer le mari comme un suspect dans l’affaire? La tache de sperme est-elle reliée à l’agression, ou était-elle présente avant même que le couple ne se sépare? Datation des fluides corporels Présentement, il n’existe pas de technique de datation des fluides biologiques assez fiable pour son implantation dans les analyses de routine en laboratoire.Toutefois, puisque les substances biologiques sont les indices les plus fréquemment retrouvés en sciences judiciaires, pouvoir déterminer le temps de leur déposition sur une scène de crime pourrait apporter des éléments décisifs dans plusieurs investigations. Effectivement, si le temps du crime est inconnu des enquêteurs, mais que l’on a la certitude qu’un échantillon biologique est lié au délit commis, déterminer son âge permettrait d’établir le temps du crime. À l’inverse, si le temps du crime est bien établi et qu’une substance biologique est retrouvée sur le lieu du crime, déterminer son âge permettrait de s’assurer que la tache analysée est bel et bien reliée au délit. L’ARN…un espoir L’analyse de l’ARN (acide ribonucléique) dans les échantillons biologiques pourrait permettre d’améliorer les estimations effectuées. L’ARN est synthétisé à partir des séquences contenues dans l’ADN par transcription. Les ARN sont présents de façon transitoire dans la cellule, et peuvent jouer plusieurs rôles, dont agir comme support de l’information génétique et régulateur de l’expression génique. La

majorité des ARN sont impliqués dans la synthèse des protéines. L’utilisation de l’ARN permet d’analyser de faibles quantités d’échantillons (jusqu’à 0,001 µL de fluide!), puisque des milliers de copies du même ARN sont présentes dans une cellule. ARN : sang, sperme, salive Afin de documenter la stabilité de l’ARN dans les taches de fluides séchées et d’estimer l’âge des spécimens, nous avons analysé la dégradation de 4 marqueurs ARN dans des échantillons typiques en biologie judiciaire. Puisque la grande majorité des études publiées cible la datation des taches de sang, nous avons inclus dans notre étude les trois fluides les plus fréquemment retrouvés sur les scènes de crime, soit le sang, le sperme et la salive. Lors de l’établissement du projet de recherche, il s’agissait, à notre connaissance, de la seule étude analysant la dégradation de l’ARN dans des fluides autres que le sang à des fins de datation. Au total, 16 donneurs ont participé à cette étude. De nombreuses espèces d’ARN sont présentes dans les échantillons. Nous avons choisi des ARN présents dans tous les fluides testés et étant impliqués dans le métabolisme ou l’intégrité cellulaire. Afin de simuler un vieillissement naturel des échantillons, nous avons mesuré sur une période d’environ 6 mois la quantité de chaque ARN détectable dans des conditions standards d’entreposage (température pièce, sans contrôle particulier de l’humidité ambiante). De plus, puisque les échantillons provenant d’enquêtes sont rarement analysés immédiatement à leur arrivée au laboratoire, nous avons comparé la quantité d’ARN détectable dans des échantillons congelés à celle obtenue pour les échantillons entreposés à température


pièce. À notre connaissance, il s’agit de la seule étude qui adresse la question du délai d’analyse et la possibilité de congeler les échantillons avant d’en extraire l’ARN.

Thierry Marcoux

Résultats Nos résultats montrent que l’analyse de différents ARN pourrait être utilisée pour estimer l’âge des taches de sang et de sperme. Tout d’abord, les profils de dégradation des ARN corrèlent avec le temps d’entreposage des taches. La stabilité de tous les marqueurs choisis dans cette étude est similaire, mais varie entre les fluides, la dégradation des ARN testés étant plus rapide dans les taches de sang que les taches de sperme. La composition distincte des deux fluides pourrait expliquer cette différence. De plus, la variation entre les échantillons de sang provenant de plusieurs individus est minime. Pour le sperme, la composition non homogène du fluide pourrait expliquer la faible variation observée entre les individus. En ce qui concerne la salive, une variation importante est observée entre les individus. De meilleurs marqueurs devront donc être identifiés si l’on veut poursuivre des études sur la datation par l’ARN dans ce fluide. Lors de l’établissement du projet de recherche, nous voulions mesurer la quantité de deux ARN et établir un ratio entre les quantités détectables de chacun, pour que la quantité initiale d’ARN dans la tache ne soit plus un paramètre important

à considérer. En effet, l’analyse d’un ratio rend l’estimation indépendante de la taille de l’échantillon, puisque l’on suppose que le ratio de deux ARN à un temps donné sera le même peu importe la grosseur de la tache. Toutefois, les résultats obtenus dans cette étude ne nous permettent pas d’effectuer l’estimation de l’âge des échantillons à l’aide d’un ratio de deux ARN, puisque la différence de stabilité entre les marqueurs choisis est trop faible. Par contre, les cinétiques de dégradation de chaque ARN pour le sang et le sperme peuvent être décrites par une fonction exponentielle qui pourrait être utilisée pour effectuer la datation. Pour que cette analyse soit indépendante de la taille de l’échantillon, plusieurs mesures devront être effectuées sur le même prélèvement. Par exemple, en mesurant la quantité d’un marqueur d’ARN détectable dans un échantillon à 3 reprises sur un intervalle de temps adéquat, il sera possible d’établir le taux de dégradation de l’ARN. Nos résultats permettent d’observer une première phase de dégradation rapide de l’ARN suivie d’un plateau plus stable après 2 semaines (sang) ou 2 mois (sperme) d’entreposage, ce qui permettrait une estimation par groupe d’âge. Par exemple, un échantillon de sang pourrait être classé comme plus vieux ou plus jeune que 14 jours, mais ne pourrait être précisément attribué à un âge de 7 jours. Ce principe de datation par groupe d’âge est semblable aux conclusions tirées par un autre groupe de recherche pour la datation des taches de sang. Dans le cas où la taille du spécimen est limitée, il pourrait toutefois être difficile d’effectuer plusieurs mesures pour le même prélèvement si la quantité d’ARN est insuffisante. Finalement, afin de faciliter le traitement des spécimens provenant des scènes de crime, nos résultats montrent que les échantillons

pourraient être congelés un certain temps avant leur analyse en laboratoire. Perspectives futures Les prochaines études devront se concentrer sur l’identification de nouveaux marqueurs de stabilités variées ainsi que les possibilités d’effectuer une datation lorsque ceux-ci sont combinés dans une même analyse, en plus de documenter l’effet de diverses conditions environnementales comme la température, l’humidité et l’exposition à la lumière sur la dégradation des ARN choisis. Il serait en théorie possible de développer une méthode de datation basée sur l’ARN pour tous les fluides contenant suffisamment d’ARN et pour lesquels la variation entre les individus est faible. Bien entendu, ce projet consiste en une étude « preuve de concept », et il faudra appliquer les méthodes de datation par l’ARN à des échantillons réels pour déterminer leur applicabilité dans les enquêtes judiciaires. Par contre, les résultats que nous avons obtenus supportent la possibilité d’effectuer la datation des fluides à l’aide de l’ARN et nous permettent d’encourager des recherches futures afin de développer une méthode plus précise. Vancouver…me voilà! Je fais présentement des démarches pour déménager dans la belle ville de Vancouver à l’automne, afin d’aller profiter de l’océan et des Rocheuses… Au moment où j’écris ces lignes (et depuis les 5 derniers mois, en fait!), je suis en train de passer une enquête de sécurité de la GRC pour un poste d’Adjointe aux Services de l’Identité judiciaire en Colombie-Britannique. Je croise les doigts… Ce fut un plaisir de travailler parmi vous et je vous dis à bientôt j’espère… Anne-Marie Simard

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Concours Photo

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Les Gagnants

2ième Prix Hirondelle, Joana Dias Montréal, Île Bizard

3ième Prix Zèbres, Camélia Blanchette-Ruest Tanzanie, cratère du N’Gorongoro

1er Prix Manchots royaux, Emmanuel Milot Ratmanoff, îles Kerguelen

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Concours Photo

Camélia Blanchette-Rue

En voyant cette photo, je me suis dit: «Où est-ce? Dans la jungle? Quel cour d’avoir osé s’approcher ainsi!». J’adore les félins en tous genres et, puisqu’un l peut dormir en moyenne jusqu’à 20 heures par jour, j’aimerais bien me réincar en cette espèce dans ma prochaine vie, pour me reposer de ma vie présente, p que mouvementée! Avouez qu’elle a l’air tellement bien sur sa branche!

Isabelle Lora

Geneviève Blais

Que de couleurs! Quelle vivacité! Deux perroquets, croqués sur le vif pendant qu’eux-mêmes croquent on ne sait trop quoi... J’ai trouvé cette photo très vivante et particulièrement réussie du côté «netteté» de l’image: on distingue le moindre détail, chaque plume, les débris de repas, l’œil vif et luisant des sujets. On trouverait presque naturel de les voir sortir du cadre et s’envoler. Nabil Laham

Sarah N

Les qualités techniques de cette photo (cadrage, etc.) lui ont valu d’être particu ment intéressante au jury, malgré son apparente simplicité: on a l’impression de un marin solitaire (ou un vidangeur…), posant un regard philosophique sur le m avant de retourner à son métier… L’équipe

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Coups de Coeur

est

Isabelle Marineau

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Étendu dans l’herbe sous le doux chaud soleil de fin de journée, n’était-ce pas là la définition du pur bonheur ?!? En tout cas, c’est surement le cas pour ce félin... 3 grands PLUS qui font de cette image un coup de coeur: le choix de l’angle de prise de vue (la plongée), le cadrage (serré sur l’animal) et la lumière (naturelle, contrastée, et équilibrée). Une belle démonstration d’un point de vue original que j’affectionne particulièrement. Bravo!

anger

Thierry Marcoux

Martine Bazinet

Un toutou souriant, qui attend son maître, un bâton dans la gueule. Puis, avec une ou deux secondes de retard, le choc: il ne s’agit pas d’un bâton, mais d’une jambe... J’aime beaucoup quand une image possède ce type d’impact, en deux temps. Sans compter qu’on a deux fois le thème du concours dans la même photo! Isabelle

Noël

Marineau

ulièree voir monde

Les derniers instants d’une proie avant que le prédateur ne lui saute dessus… L’équipe a beaucoup apprécié cette image de la vie quotidienne de nos animaux domestiques, une illustration du fait qu’il n’est pas obligatoire de se déplacer dans une contrée sauvage pour prendre des photos animalières de qualité.

du VD

L’équipe du VD

Denis Cimon

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Concours Photo

Félicitations à Emmanuel Milot (Bio), Joana Dias (Bio) et Camélia Blanchette-Ruest (Bal) nos gagnants de cette édition du concours photo du Voir Dire dont le thème Les Animaux qui nous entourent a permis de recueillir un peu plus d’une cinquantaine de photographies, toutes bien intéressantes et parfois surprenantes, et qui montre que beaucoup d’employés du LSJML voyagent aux quatre coins de la Terre ! Thierry Marcoux

Merci à nos commanditaires qui ont offert de beaux prix à nos gagnants

Un sac de transport spécialement conçu pour protéger un appareil photo et ses accesoires des éléments parfois incontrôlables de la nature! Une gracieuseté de notre fournisseur Royal Photo du boulevard Rosemont.

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Un ensemble d’accessoires d’enregistrement et d’impression de photographies numériques qui comprend 160 feuilles 4x6” glacées, et 50 DVD-R. Une gracieuseté de notre fournisseur Staples Avantage.

Une carte cadeau de $25, gracieuseté du Café Vienne qui permet de pallier à une petite crise de caféine ou de contrôler un gargouillis gastrique (surtout en réunion) ou de diversifier son éternel lunch...


Nouveaux Profils Isabelle Dumais Technicienne, Biologie/ADN

Isabelle est Gaspésienne de naissance, et les générations qui l’ont précédée proviendraient d’un pirate irlandais réfugié en Nouvelle-France. À la fin du primaire, sa petite sœur et elle ont été transplantées de Maria à la rive nord de Montréal et elle a fait ses études dans diverses écoles de la région. Après une brève incursion en muséologie, elle obtient un DEC en Techniques de bioécologie, ce qui l’amène à travailler comme patrouilleur pour Les amis de la montagne, sur le Mont-Royal (interventions sur les plantes envahissantes, suivis de conservation, interaction avec les usagers qui contreviennent aux règlements), puis au Ministère de la Faune, avant de se retrouver chez nous au LSJML. Dans ses temps libres, Isabelle fait du vélo, de la randonnée pédestre, du kayak, de la peinture à l’acrylique et lit des romans fantastique. Quelques voyages: immersion anglaise à Vancouver, écotourisme au Vénézuela.

les Ursidés, en particulier l’ours brun. Un magasin dans lequel elle viderait son compte en banque: «Ça ne risque pas d’arriver puisque je n’aime pas magasiner». La plus grande invention de l’Humanité: les biscuits aux brisures de chocolat. Un souvenir de vacances agréable: «en camping avec une amie au Mont Tremblant, il nous est arrivé plein de faits cocasses: un poteau de la tente a brisé et il a fallu le recoller avec du ruban gris à plusieurs endroits, la table à pique-nique a pris feu parce que j’avais mis le poêle à gaz (liquide) à l’envers…» Son animal préféré:

Marie-Pierre Taillon

Spécialiste, Toxicologie

Née à Mont-Laurier, d’un père briqueleur et d’une mère secrétaire médicale (et récemment retraitée), Marie-Pierre a un frère qui en est à sa deuxième petite princesse: la première a 3½ ans et la deuxième arrivera bientôt (Marie-Pierre attend impatiemment de devenir marraine…). Après avoir terminé son Cégep à Mont-Laurier en sciences pures, MariePierre déménage à Montréal pour étudier à l’UQAM en biochimie; elle habite encore Montréal aujourd’hui. Outre quelques emplois d’été en restauration et pour l’entreprise de son père («Mon frère et moi, on faisait mieux les joints de brique que ses employés…»), Marie-Pierre a travaillé 12 ans pour Algorithme Pharma, qui l’a embauchée tout de suite après son diplôme, surtout pour travailler en développement de méthodes. Dans ses temps libres, Marie-Pierre aime se promener en ville et faire de la photo (elle s’est dotée d’un AEC en photographie, du Cégep du Vieux-Montréal); elle voudrait d’ailleurs aller en Europe, surtout à Paris et Venise, pour prendre quelques milliers de clichés... Son animal préféré: «J’ai une petite Yorkshire qui s’appelle Ali, elle a 2 ans ». Sa couleur préférée: le noir. Son repas préféré: la pizza («avec une bonne frite!») Sa boisson préférée: l’eau. Un magasin dans lequel elle viderait son compte en banque: un magasin de scrapbooking. Un métier qu’elle n’aimerait pas exercer: «tout ce qui a rapport aux bibittes ou aux serpents». Ce qu’elle aimerait que Dieu lui dise à son arrivée au paradis: «Je vais maintenant te dévoiler tous

les secrets de l’Univers.»

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Science

scientifique dans la Section Toxico

Historique de l’accréditation ISO Il y a à peine 3-4 ans, le secteur Toxicologie relançait vraiment son travail vers une accréditation ISO. La plupart des méthodes et procédures ISO étaient rédigées, mais il y avait de grandes lacunes dans les dossiers de validation. De plus, nous pouvions observer un manque d’engagement du personnel de la section pour une multitude de raisons, telles que le manque d’effectifs et le renouvellement des processus analytiques en cours. Les tentatives d’obtenir une accréditation ISO 17025 / CAN-P-1578 ont été multiples mais sans résultat concret pendant plusieurs années.

La nouvelle vague Il y eut la venue de nouveaux employés fraîchement diplômés, et ceux venus avec un bagage professionnel et une expérience vécue dans le secteur privé, hautement règlementé. En tout 8 nouveaux employés ont été accueillis en Toxicologie depuis 3 ans. Tout ceci a amené un souffle nouveau au mouvement initié quelque temps auparavant. Le secteur Toxicologie utilise plusieurs méthodes (19 documents MA-) et instruments analytiques différents (6 documents IT-, 20 documents DR-); le nombre de documents de ce secteur représente environ 25% de l’ensemble des documents du système qualité. On comprend donc que ceci représente pour la documentation et la validation (qui doit être complète et robuste) de l’ensemble des méthodes en toxicologie, une tâche longue et fastidieuse. Ceci s’apprivoise avec le temps, et avec l’expérience de rédaction des méthodes, IT, DR et validations. En se dotant d’une structure adéquate, le

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personnel acquiert une plus grande facilité, voire un automatisme à penser et à travailler avec les normes ISO. Pour ce faire, plusieurs documents ont dû être réécrits après un court moment d’utilisation, car le fond ou la forme se sont avérés insuffisamment détaillés et/ou inadéquats dans le contexte ISO. Petit train va loin dit le dicton, mais puisqu’il n’y a pas de personnel dédié à temps plein pour cette tâche dans notre secteur, chacun met un peu du sien sur une base quotidienne ou hebdomadaire. Ce fait ralentit le processus d’uniformisation de nos procédures et rend parfois difficile le suivi de ce dernier lorsqu’il s’échelonne sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. On est encore loin du résultat final, puisqu’à ce jour, une seule méthode analytique a été mise dans la portée de l’accréditation (Dosage de l’alcool éthylique et certaines substances volatiles) sur un total de 19 méthodes utilisées couramment. Par contre, à la fin de l’été 2011, on compte ajouter à la portée d’accréditation 4 méthodes avec leurs formulaires, instructions de travail, documents de référence et dossiers de validations associés. Un plan détaillé a été établi et prévoit l’ajout graduel de nouvelles méthodes et procédures dans les limites de nos ressources et priorités. Dans le but de nous aider dans le processus d’accréditation et d’amélioration continue, le secteur a fait appel depuis environ 2 ans, à plusieurs stagiaires cégépiens et universitaires (du programme COOP ou non) pour divers projets de recherche et développement/validations analytiques. Cette approche s’est avérée très enrichissante et bénéfique pour le secteur. Les étudiants sélectionnés en entrevue ont démontré un grand enthousiasme

face au fait de venir travailler au LSJML, ce qui les préparerait mieux au futur marché de l’emploi. Ainsi, depuis 2-3 ans, 8 stagiaires sont venus nous aider à faire avancer divers projets pour lesquels nous manquions de temps et de ressources pour leur exécution. Ces étudiants se sont montrés très productifs et dévoués à leurs responsabilités. Le sang jeune et nouveau, la soif de savoir et le désir de faire avancer les choses des recrues temporaires, couplé au personnel d’expérience, sont une vague déferlante positive pour le secteur. Par leur questionnement, ceux-ci forcent l’ensemble de l’équipe permanente à argumenter sur certaines façons et raisons de faire. Depuis septembre, une de nos stagiaires actuelles, Brigitte Desharnais, entreprend son projet de maîtrise en chimie analytique dans notre secteur, une collaboration avec l’université Concordia. Elle nous aidera à améliorer nos procédés analytiques.

Renouvellement des équipements et des procédés Il y a environ 3 ans, les délais moyens relatifs à l’émission des rapports d’expertises étaient d’environ plus de 2 mois pour les rapports d’alcoolémie (certificats de l’analyste) et de plus de 9 mois pour les rapports en

Thierry Marcoux

L’Évolution


ologie et Alcools (Étude de Cas). toxicologie. Ceci était dû, entre autres, aux ressources réduites de techniciens et professionnels, à l’instrumentation limitée ou désuète dans plusieurs postes clés (pas d’instrumentation de rechange en cas de bris ou panne) et au processus analytique manuel et peu automatisé. Compte tenu de tout ceci, le secteur a été amené à renouveler son parc technologique et ses procédés pour répondre aux besoins de sa clientèle et réagir aux plaintes grandissantes concernant les délais d’analyse. L’instrumentation LC-MS (Liquid Chromatography - Mass Spectrometry) qui datait de plus de 10 ans a pu être renouvelée il y a 2 ans. Ceci a amené le secteur à développer et valider une nouvelle méthode analytique de dépistage général. On en a profité pour accroître notre productivité et rendement en développant une méthode innovatrice et audacieuse qui permet de combiner 5 méthodes actuelles en une seule et même méthode (nécessitera donc moins de temps d’analyse). Cette méthode de dépistage général dite de 2e génération permet de dépister plus de 60 substances (médicaments et drogues d’abus). Ceci a demandé davantage de temps et d’énergie que prévu initialement, mais l’équipe LC-MS a pris beaucoup d’expérience et a relevé le défi. Nous sommes dans la phase finale de validation avec la comparaison des résultats de chaque échantillon analysé sur le vieil et le nouvel instrument ainsi que l’analyse de plusieurs tests d’efficacité. Malgré que la validation de la méthode de 2e génération n’est pas encore tout à fait finalisée, nous entamons un nouveau projet sur une méthode de 3e génération

encore plus étendue. Avec l’acquisition d’un 2e système LC-MS et l’embauche d’un étudiant COOP, nous comptons augmenter à plus de 250 substances supplémentaires ce que nous pourrons dépister en routine (plusieurs de celles-ci étant de nouveaux médicaments/nouvelles drogues illicites que nous ne pouvions pas détecter auparavant ou de nouvelles substances maintenant présentes sur le marché comme le Spice ou méphédrone). La section utilise aussi l’instrumentation GC-MS (Gas Chromatography - Mass Spectrometry). Les techniques analytiques LC-MS et GC-MS sont complémentaires (car il n’y a pas d’instrument universel) et sont nécessaires pour l’élucidation de nos dossiers. En sciences, il est crucial de demeurer à l’affût du développement technologique (lecture d’articles scientifiques, participation à divers congrès/activités de développement et communications avec fournisseurs/ manufacturiers d’instrumentations scientifiques). Ceci nous a permis de constater qu’un logiciel (AMDIS), encore mal connu et peu utilisé, pourrait être intéressant pour nos besoins. Nous avons décidé de l’évaluer. Il a fallu adapter nos banques de données, processus analytiques (semi-validation) et rapports informatisés pour son implantation, mais ceci fut avantageux. Le temps nécessaire à l’analyse de données a diminué de moitié avec ce logiciel et il nous permet de détecter davantage de drogues et médicaments (qui seraient passés inaperçus de par leur faible concentration), de façon quasi automatique. Il va de soi que, quelle que soit la sophistication de la technologie, en sciences, le jugement humain est

(heureusement!) toujours nécessaire. De toute évidence, l’automatisation par la technologie s’avère une aide importante pour surmonter le nombre croissant de dossiers et d’échantillons que nous avons à traiter. Aussi, notre processus d’extraction (purification et concentration de l’échantillon) a largement été modifié pour accroître la productivité et nous pouvons dorénavant traiter hebdomadairement presque le double d’échantillons (nous sommes passés de 20 à 36 échantillons possibles). Les modifications et améliorations de chaque maillon de la chaîne se répercutent positivement sur l’ensemble de nos activités analytiques. En réduisant le temps nécessaire à l’exécution des tâches de routine, on libère le personnel pour pouvoir accomplir d’autres tâches diversifiées plus enrichissantes professionnellement et accroître leur motivation sur le plan scientifique. On se doit aussi de garder la reconnaissance de notre expertise scientifique par nos pairs, car on gagne en crédibilité. On compte actuellement un délai moyen de 1 mois pour l’émission de notre rapport d’expertise en alcoolémie et de 5 mois en toxicologie et il est en constante diminution. L’objectif final est un délai maximal de 3 mois pour 90% de nos rapports d’expertises, que l’on souhaite atteindre en 2012. Bravo à l’ensemble de l’équipe pour vouloir améliorer et faire évoluer les choses! Martine Lamarche

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Témoin Expert

TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL

POUR LE RWANDA

Au-delà des murets en Tanzanie: le témoignage de Michèle Langlois

Le témoignage de Michèle Langlois au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), nous en avons tous entendu parler mais nous en savons peu. Michèle se fait discrète sur le sujet. Pour elle, ce dossier fut traité comme tous les autres dossiers, avec professionnalisme et minutie, en étant bien documenté, pour terminer par un rapport d’expertise dont les conclusions sont objectives et défendables. J’ai eu l’occasion d’en causer avec elle, en toute simplicité, et je trouve que les éléments à retirer de cette expérience sont nombreux. L’espace d’un moment, transportons-nous donc à Arusha, en Tanzanie, non pas pour y admirer la faune africaine, mais pour

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ressentir l’ambiance autour d’un procès portant sur le génocide le plus rapide de l’histoire et dont l’ampleur se traduit entre autres au nombre de morts qu’il a fait par jour.

Le contexte Le 6 avril 1994, le président rwandais Juvénal Habyarimana est tué alors que l’avion le transportant est touché par des tirs provenant vraisemblablement du camp militaire de Kanombe et s’écrase, ne laissant aucun survivant. Dès le 7 avril 1994, le génocide commence et se terminera le 4 juillet 1994. L’ONU estime qu’environ 800,000 Rwandais, en majorité des Tutsi ou des Hutu modérés,

trouveront la mort dans cette guerre civile opposant le gouvernement rwandais, constitué de Hutu, au Front patriotique rwandais (FPR), majoritairement Tutsi. Les autorités rwandaises perdirent la guerre mais atteignirent leur objectif génocidaire puisqu’on estime qu’à la mi-mai, 80% des massacres étaient complétés.

Les accusés Théoneste Bagosora était directeur de cabinet du ministère de la défense, cousin de l’épouse du président Habyarimana et membre de l’Akazu, organisation formée autour du président rwandais et qui aurait servi à renforcer son pouvoir. À la suite de l’attentat du 6 avril 1994, Bagosora


mène la constitution du gouvernement intérimaire. Il est considéré comme une des têtes dirigeantes du génocide. Il fut arrêté le 9 mars 1996 au Cameroun. Aloys Ntabakuze était commandant du para-commando dans l’armée rwandaise. Il est considéré comme un instrument important dans la direction et l’exécution du génocide. Il fut arrêté le 18 juillet 1997 au Kenya.

La demande d’expertise Trois rapports d’expertises, provenant d’un spécialiste en documents du Kenya, ont été présentés au TPIR. Ce spécialiste reliait l’ensemble des documents soumis (des extraits d’agenda et des listes de noms pour opérations militaires) aux deux accusés. À la demande de la défense, le tribunal de l’ONU accepte qu’une contreexpertise soit effectuée. C’est donc à l’été 2004 que Me Paul Skolnik et Me André Tremblay, procureurs québécois, prennent contact avec Michèle Langlois. Le choix d’un spécialiste en documents francophone est favorisé, pour faciliter les échanges, mais la France, pour des raisons politiques, est exclue; la direction du laboratoire accepte le dossier et le TPIR reconnaît les qualifications de Michèle. Le dossier est ouvert… et les pièces, nombreuses, commencent à être transmises. Après l’étude des documents, Michèle conclut que certains des documents soumis, soit des pages d’agenda, sont identifiés comme ayant été rédigés par Bagosora et Ntabakuze. Par contre, les autres documents ne correspondent pas à l’écriture des deux accusés, ce qui contredit certaines conclusions du premier expert. À partir de ce moment, Michèle sait qu’elle devra se rendre au Tribunal pour témoigner.

Le témoignage: le côté émotif

Le témoignage: la Cour

Le 31 mars 2006, Michèle quitte Montréal pour la Tanzanie. Dès son arrivée, elle est sous la protection de l’ONU, ce qui implique une surveillance continue. Elle est conduite à l’intérieur d’une zone protégée, entourée de murets; des gardes sont omniprésents, ce qui accentue le sentiment du danger. Michèle ressent également un malaise. Elle est hébergée dans un environnement luxueux, voire opulent, tandis que son témoignage s’imbrique dans le drame d’une population entière et tout l’environnement rappelle le dossier, comme si on tombait dans sa «marmite». De l’autre côté du muret, se trouve une population dont la pauvreté est criante. Curieuse, Michèle tente quelques pas hors de la zone sécurisée. Stupéfaite, elle y voit un guerrier Masaï, qui la fixe avec hargne. Une femme qui passe découvre violemment son visage, elle est complètement défigurée. Un chauffeur se met en colère en voyant Michèle le photographier avec son véhicule; le chauffeur de l’ONU doit s’interposer et discuter avec l’homme pour le calmer. Michèle apprend que la présence du TPIR ne fait pas l’unanimité dans la population: au début du conflit, les décisions de la communauté internationale de ne pas intervenir et même de retirer une partie de ses effectifs (à la suite de l’assassinat de 10 Casques bleus belges le 7 avril 1994), sont des sujets controversés. C’est une population profondément meurtrie que Michèle aura découvert autour des murets.

Avant son départ, entre deux vaccins préventifs, elle aura pris soin de visionner la salle de cour du TPIR sur Internet, question de s’y sentir chez elle dans quelques jours. Une fois sur place, dans les jours précédents son témoignage, Michèle révisera son dossier et demeurera à l’hôtel. Le TPIR a été mis en place le 8 novembre 1994 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Michèle doit entrer par la porte arrière, pour sa sécurité, le devant étant occupé par des manifestants. À sa gauche, un bunker, dans lequel les témoins visuels du génocide sont gardés. À l’intérieur, Michèle attend son tour, surveillée par un garde du corps, dans une petite salle isolée. Elle sera appelée durant l’après-midi du 4 avril et son témoignage se terminera le 5 avril 2006. Le tribunal est composé de trois juges, présidé par le juge Erik Mose, de 6 avocats à la couronne et de 7 avocats à la défense. Les deux accusés, jugés simultanément, soit Bagosora et Ntabakuze, sont évidemment présents. Cinq interprètes traduisent les témoignages.Tout est filmé. Sur sa table de témoin, un écran d’ordinateur, dans lequel elle peut voir ce que fixent les caméras, c’est-à-dire elle-même… Elle porte des écouteurs lui permettant d’entendre les interprètes. Elle débute en répondant à quelques questions: «Vous travaillez pour la police?»… Une entrée en matière qui se veut familière! Une Cour comme les autres… ou presque. Par la suite, son témoignage prend davantage les allures d’un cours théorique durant lequel elle explique ses conclusions. Elle est finalement remerciée par la Cour pour la qualité de son témoignage et, de son côté, elle a le sentiment du devoir accompli.

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La suite La journée suivant son témoignage, il pleut. Michèle déprime brièvement, mais la joie communicative d’une employée de l’hôtel devant cette pluie qui tombe, symbole pour elle et son peuple de bonnes récoltes, lui procure un changement de perspective et lui redonne le goût de sortir un peu. Accompagnée d’un chauffeur de taxi du complexe hôtelier où elle séjourne, elle peut quitter la zone sécurisée, mais uniquement après avoir signé une décharge officielle, libérant l’ONU de la responsabilité pour sa sécurité... Elle voit enfin un peu de la Tanzanie, quelques rues d’Arusha, avec ses couleurs locales et ses coutumes. Le 7 avril 2006, elle quitte, fatiguée, avec le sentiment de revenir du bout du monde… Le 18 décembre 2008, Bagosora fut condamné à la prison à perpétuité pour génocide, complicité de génocide, incitation publique et directe à commettre un génocide, crime contre l’humanité (meurtres, dont dix Casques bleus belges, extermination, viol, persécution et autres actes inhumains) et violations à l’article 3 des conventions de Genève et de son protocole additionnel II (violence et atteinte à la dignité de la personne). Le 18 décembre 2008 également, Ntabakuze fut lui aussi condamné à la prison à perpétuité pour génocide, crime contre l’humanité (meurtre, extermination, persécution et autres actes inhumains) et violations à l’article 3 des conventions de Genève et protocole additionnel II (violence). Àujourd’hui, le TPIR est toujours actif et le sera encore pour quelques années puisque neuf individus demeurent recherchés, une dizaine d’accusés sont toujours en procès et dix-huit individus ont fait appel de leur sentence. Bagosora fait partie de ces dix-huit, même s’il a admis avoir rédigé les écrits qui lui étaient attribués par Michèle dans son rapport d’expertise. Karine Marcoux-Legault

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Références http://www.mko-fr.org/voyage/trektanzanie/tanzanie_13.php http://www.icj-cij.org/homepage/index.php http://www.scribd.com/doc/12172777/Judgement-and-SentenceJugement-BagosoraKabiligiNtabakuzeNsengiyumva http://www.haguejusticeportal.net/eCache/DEF/10/107.html http://www.haguejusticeportal.net/eCache/DEF/10/084.html http://en.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9oneste_Bagosora http://en.wikipedia.org/wiki/International_Criminal_Tribunal_for_ Rwanda http://en.wikipedia.org/wiki/Rwandan_Genocide http://www.operationbrokensilence.org/?p=2870 http://www.seneweb.com/news/rwanda http://www.flickr.com/photos/71542883@N00/34903903/ http://fr.wikipedia.org/wiki/Akazu


Nouveaux Profils Karine Fiola

Spécialiste, Biologie/ADN

Après s’être juré de ne jamais vivre dans une grande ville, Karine a quitté son Rimouski natal pour aller étudier à l’université de Sherbrooke, puis elle a déménagé à Montréal, où elle habite depuis les deux dernières années de ses études doctorales; «comme quoi, il ne faut jamais dire jamais». Avant de se joindre au LSJML, Karine a travaillé chez DNA LandMarks à St-Jean-sur-Richelieu, une compagnie spécialisée dans le séquençage et le génotypage (surtout chez les plantes), où elle s’occupait principalement d’assurer le séquençage de clones complexes. Fait intéressant: elle était aussi en charge d’un projet qui consistait à faire de l’art avec de l’ADN… Ses temps libres? «Je suis une grande sportive, je pratique et je regarde régulièrement plusieurs sports (hockey, tennis, natation). J’aime les bonnes bouffes entre amis. Et j’adore voyager en famille ou entre amis.» Par exemple, des villes comme Londres, Paris, Vancouver, Las Vegas, Los Angeles et San Francisco, mais aussi Cuba et le Mexique. Son animal préféré: les poissons en général («Je suis un fan des aquariums, au grand désarroi de mon mari mais au grand plaisir de Un son qu’elle déteste: le réveil-matin à 5h30. Ce qu’elle fait quand elle est énervée: «Je branle du pied.» Un autre métier qu’elle aimerait exercer: pédiatre. La personne qu’elle voudrait rencontrer: le Dalaï-lama.

ma fille.»).

Emmanuel Milot Spécialiste, Biologie/ADN

Emmanuel est né à Trois-Rivières, aîné d’une famille de trois frères. Après des études primaire et secondaire dans sa ville natale, il obtient des diplômes dans trois universités différentes: le bac à l’UQTR, la maîtrise à McMaster et le doctorat à Laval (en co-direction avec le CNRS de Chizé, en France); ces diplômes tournent autour de son animal favori, l’oiseau. Plus précisément, les recherches d’Emmanuel ont porté sur la génétique des populations et les méthodes d’identification génétique. Il a déjà été éditeur de Québec Oiseaux et les oiseaux lui ont permis de voyager un peu partout dans le monde, entre autres dans les îles subantarctiques françaises, l’Afrique du Sud, l’Île de la Réunion (demandez-lui de vous raconter l’histoire de la boîte de menthes et des condoms…) et, plus prosaïquement, la France, l’Italie, le Nouveau-Brunswick et plusieurs régions reculées du Québec. Il a aussi eu la chance de visiter le Chili (avec sa belle-famille) et aime camper à Cape Cod avec ses deux jeunes enfants. Emmanuel aime le vélo, la lecture et le vin et n’aime pas le manque de politesse. Son repas préféré: tout repas à base d’agneau, saucisson, caris créoles. Un bruit qu’il déteste: le claquement des talons sur les sandales! Un magasin dans lequel il viderait son compte en banque: la SAQ. Un autre métier qu’il aimerait exercer: journaliste (peut-être). La plus grande invention de l’Humanité: la solidarité

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Nouveaux Profils Isabelle Bachand Spécialiste, Biologie/ADN

Née à Granby (le bungalow familial s’y trouve toujours), Isabelle est depuis toujours sportive: athlétisme/handball au primaire et aujourd’hui, gym, Ultimate Frisbee, vélo et randonnée pédestre; elle aimerait faire davantage de snorkeling (son sport préféré), mais ce n’est pas facile ici… Au secondaire, elle travaillait dans une crèmerie («en quatre étés, j’ai mangé presqu’autant de crème glacée que j’en ai vendu!») et, durant le cégep et l’université, à l’usine IBM de Bromont. Pendant ses études en biotechnologie à Sherbrooke, Isabelle a effectué deux stages en Guadeloupe, ce qui lui a donné la piqûre des voyages: trois mois de backpacking en Europe, le Costa Rica, la Californie, Hawaii et la République Dominicaine, entre autres. Isabelle fréquente régulièrement les microbrasseries («j’ai un intérêt assez marqué pour la bière») et les restos («j’adore la bouffe!») pour, côté scientifique oblige, faire des découvertes et se renseigner sur les ingrédients secrets. Elle s’inspire de ce qu’elle a goûté pour cuisiner, «partir des ingrédients bruts et acheter le moins possible de produits transformés». Un son/bruit qu’elle déteste: le reniflement. Ce qui l’importune: le smalltalk, l’hypocrisie, les gens qui posent des questions mais qui n’écoutent pas la réponse. Un autre métier qu’elle aimerait: guide naturaliste au Costa Rica.

Joana Dias

Spécialiste, Biologie/ADN

Joana nous vient du Portugal, diplômée en biologie, en génétique moléculaire humaine et en génie des matériaux, et avec 8 années d’expérience professionnelle au Laboratoire de police scientifique de la Police judiciaire portugaise, à Lisbonne. Mordue de voyages, elle a accumulé une impressionnante feuille de route en Europe et en Amérique et espère un jour visiter l’Afrique et l’Asie. Joana aime le chocolat et lit présentement Anne of Green Gables, sur la recommandation du guide de la citoyenneté canadienne. Intérêts et passe-temps: maniaque des oiseaux («je me promène partout pour les chercher»), Joana aime aussi travailler le verre fusionné («des petits bijoux, des plats à service, des pièces décoratives, etc. C’est un passe-temps qui me rend très calme.») Son repas préféré: du spaghetti au beurre avec deux oeufs miroir. Un souvenir de vacances: «Un restaurant inoubliable trouvé sur la route en Gaspésie (après Percé), vraiment une perle complètement inespérée. Je ne me rappelle pas du nom, mais je vais y retourner certainement.» Ce qui l’importune: la vitesse dans notre vie («La plupart du temps sans justification, il n’y aurait aucune véritable conséquence si on faisait les choses tranquillement, en prenant son temps, et en s’amusant pendant qu’on les fait.»)

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Véronique David

Spécialiste, Biologie/ADN

Véronique est née à Montréal, mais a résidé et étudié sur la rive sud jusqu’à la fin du collégial; elle a ensuite déménagé à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) pour obtenir entre autres une maîtrise en biologie marine (pour ce diplôme, Véronique a malheureusement été obligée d’effectuer plusieurs voyages de plongée aux Bermudes…). De retour au Québec en 2003, Véronique a travaillé dans un laboratoire pharmaceutique à St-Hubert, où elle oeuvrait comme chargée de projet en R&D; ce poste impliquait entre autres le développement et la validation de nouvelles méthodes d’analyse. En 2007, elle est entrée au Cabinet Conseil Vaillancourt & Farley; cette entreprise de consultation scientifique de Boucherville s’occupe de supervision/gestion de projets de recherche en entreprise, mais aussi d’évaluation technique/financière pour la réclamation de crédits d’impôts pour la recherche scientifique et le développement expérimental Dans ses temps libres, Véronique aime faire du jogging et lire; elle garde aussi un très bon souvenir du film What dreams may come (Au-delà de nos rêves), avec Robin Williams, pour «la beauté des images et la notion dépeinte du bien et du mal». Avis aux intéressé(e)s : depuis le début des années 2000, les parents de Véronique sont propriétaires d’un B&B dans les Cantons de l’Est. Son repas préféré: les sushis. Un autre métier qu’elle aimerait exercer: Ce qui l’importune: les pertes de temps.

vétérinaire.

Un son qu’elle déteste: les ongles sur un tableau. Sa boisson préférée: le porto.

Sylvain Raymond Technicien, Biologie/ADN

Montréalais d’origine, Sylvain a d’abord étudié à l’université de Montréal (en biologie) puis à l’UQAR (en océanographie). Il se joint au LSJML après avoir travaillé trois ans comme technicien dans un laboratoire de production pharmaceutique à St-Hubert. Il s’intéresse à la musique, au cinéma et à la littérature (romans policiers/espionnage/fantastique); il joue aussi au hockey dans une ligue de garage. Depuis longtemps adepte du camping en famille (plus jeune, il s’est promené un peu partout au États-Unis et au Canada), il découvre maintenant les plages américaines (et Disney World) avec son épouse et ses deux enfants. Le livre qu’il lisait au moment de la rédaction de cet article: Dôme de Stephen King. Un autre métier qu’il aimerait exercer: pilote d’avion. Son animal préféré: le dauphin. Selon lui, la plus grande invention de l’Humanité: les antibiotiques. Un film qui l’a impressionné: Avatar, pour la qualité des images et aussi l’histoire. Un bruit qu’il déteste: la tondeuse du voisin pendant le souper. Son repas préféré: le steak.

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Nouveaux Profils Jean-Luc Laporte

Médecin-patholigiste

Né à Tulle en France, Jean-Luc y a passé toute son enfance et son adolescence (ses parents y résident toujours).Après avoir étudié la médecine à Bordeaux (où habite son frère), JeanLuc a fait sa résidence en pathologie à Paris; il y a ensuite travaillé comme pathologiste, à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière. Il a poursuivi sa carrière à Stavanger (en Norvège) et, de 2000 à 2011, à l’hôpital Notre-Dame (CHUM). Jean-Luc adore voyager; il s’est d’ailleurs promené un peu partout (Europe, USA, Australie, Inde, Japon). «J’aime découvrir de nouveaux endroits mais j’aime aussi revenir dans les villes que je connais, où j’ai quelques habitudes». Amateur de photographie et d’art contemporain, Jean-Luc aime les sucreries, fait de la natation et du vélo, étudie l’allemand et, chose surprenante pour un Français, ne boit pas de vin. Sa couleur préférée: le noir. La plus grande invention de l’Humanité: l’écriture. Son repas préféré: «Je dirais qu’il y en a beaucoup! Je suis un gourmet et un gourmand!» Un autre métier qu’il aimerait exercer: monteur pour le cinéma. Un métier qu’il n’aimerait pas exercer: comptable. Un souvenir de vacances agréable: « Pas de souvenir en particulier, mais juste des sensations, par exemple le matin l’été dans le sud de la France quand le soleil se lève et qu’il fait encore frais, où tout est calme et paisible, et que la journée s’annonce chaude et ensoleillée. »

Amélie Laporte Technicienne, Biologie/ADN

Née à Saint-Hyacinthe, Amélie a vécu sur la ferme de ses parents jusqu’au moment où son père a vendu pour déménager en ville; Amélie avait alors 16 ans et sa sœur, 14. À Saint-Hyacinthe, Amélie a étudié la transformation des aliments à l’Institut de technologie agroalimentaire et, pendant ses études, elle travaillait dans un épicerie: «Je n’aimais vraiment pas ce travail. J’ignore encore comment j’ai fait pour travailler là tout ce temps. Ensuite j’ai travaillé comme technicienne au laboratoire dans une pharmacie et en même temps je travaillais au contrôle de la qualité dans une usine alimentaire. Deux emplois vraiment intéressants où j’ai beaucoup appris.» Dans ses temps libres, Amélie apprécie le cinéma, le badminton et la natation (une amie est d’ailleurs prof de natation). Aussi, après un premier voyage en Europe l’année dernière avec ses parents, Amélie espère bien y retourner dès que possible. Un son qu’elle déteste: le téléphone qui la réveille un samedi matin. Un magasin dans lequel elle viderait son compte en banque: IKEA. Un autre métier qu’elle aimerait exercer: travailler pour une compagnie de publicité. Un métier qu’elle n’aimerait pas exercer: travailler pour la voirie ou dans la construction, «c’est trop bruyant et l’été il fait tellement

chaud».

La plus grande invention de l’Humanité: tout ce qui est relié à la science et qui sert à guérir des gens chaque jour. Ce qui l’importune le plus: les gens qui jettent leur déchets par la fenêtre de leur auto.

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Nisrin Rifai

Technicienne, Biologie/ADN

Née à Rabat, au Maroc (où se trouvent encore ses parents, son frère et ses deux soeurs), Nisrin a d’abord étudié en gestion de petites et moyennes entreprises; un diplôme de technicien spécialisé lui permettait de trouver du travail rapidement afin de financer ses études universitaires. Elle a ainsi travaillé comme assistante comptable dans une entreprise de textiles, puis comme surveillante générale dans une école supérieure privée (elle s’occupait de la gestion des horaires, des inscriptions des étudiants, du paiement des factures, du contrôle des dépenses, etc.). Après son baccalauréat en physique, Nisrin a pris époux puis est venue s’installer au Québec, où elle a obtenu un DEC en Techniques de laboratoire – Biotechnologies du CÉGEP Ahuntsic, avant de se joindre à l’équipe du LSJML. Ses passe-temps préférés sont la broderie et la cuisine, mais elle aime aussi la lecture de textes scientifiques et, au niveau sports, la marche et l’aérobie (elle aimerait d’ailleurs avoir le temps d’en faire davantage). Sa couleur préférée: marron et gris. Selon elle, la plus grande invention de l’Humanité: Internet. Sa boisson préférée: le jus d’orange. Un autre métier qu’elle aimerait exercer: architecte. Un métier qu’elle n’aimerait pas exercer: tout ce qui est service à la clientèle. Ce qu’elle aimerait que Dieu lui dise à son arrivée au paradis: «Tu étais sur le bon chemin.»

Sarah Noël

Spécialiste, Biologie/ADN

Après avoir vécu dans différents secteurs du Québec (15 déménagements en 15 ans), Sarah a assumé sa bougeotte en visitant les cinq continents avant d’avoir 30 ans, au prix de quelques sacrifices : «Pendant plusieurs mois je me suis serré la ceinture et j’ai limité mes dépenses au maximum. J’en ai mangé des Ramen et des patates, mais ça m’a permis de partir pendant 8 mois en Europe!». Évidemment, elle accumule les souvenirs impérissables, dont celui-ci, don de la forêt tropicale bolivienne  : «J’ai été parasitée par une larve de mouche, ce qui est plutôt rare… J’aurais voulu garder la larve jusqu’à maturité, mais c’était vraiment trop douloureux. Pour la faire sortir, j’ai dû l’attirer avec l’odeur d’une tranche de bacon collée sur ma peau toute une nuit. J’ai gardé précieusement la larve dans une fiole d’éthanol, et j’en ai même extrait un peu d’ADN que j’ai utilisé pour ma maîtrise. Je dis souvent qu’il s’agit du plus beau souvenir que j’aie ramené!». Avis aux intéressé(e)s : forte de son expérience avec ses deux jeunes enfants, Sarah donne aussi des conférences sur comment voyager en famille.

la salamandre à points bleus. «C’est une très jolie espèce que l’on retrouve dans les forêts québécoises. J’ai entre autres travaillé avec la population du Mont-Royal pendant mon doctorat.» Un film qui l’a impressionné: Mr. Nobody, «un petit film de science-fiction dont on a peu entendu parler mais qui m’a étonné par la complexité de son scénario qui présente les 12 vies parallèles d’un individu. La musique est envoûtante et les images sont très belles.» Son animal préféré:

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Allées et Venues ENTRÉES EN FONCTION : NOM APPAREILS DE JEUX Steve HUNTER BIOLOGIE Isabelle DUMAIS Amélie LAPORTE Nisrin NIFAI Sylvain RAYMOND Isabelle BACHAND Joana DIAS Karine FIOLA Emmanuel MILOT Sarah NOËL Véronique DAVID MÉDECINE LÉGALE Jean-Luc LAPORTE TOXICOLOGIE Lucie VAILLANCOURT Marie-Pierre TAILLON

POSTE

D.E.F.

technicien en électrotechnique

le 3 octobre 2011

technicienne de laboratoire technicienne de laboratoire technicienne de laboratoire technicien de laboratoire spécialiste en sciences physiques spécialiste en sciences physiques spécialiste en sciences physiques spécialiste en sciences physiques spécialiste en sciences physiques technicienne de laboratoire

le 16 mai 2011 le 16 mai 2011 le 16 mai 2011 le 16 mai 2011 le 30 mai 2011 le 30 mai 2011 le 30 mai 2011 le 30 mai 2011 le 30 mai 2011 le 6 septembre 2011

médecin pathologiste

le 20 juin 2011

technicienne de laboratoire spécialiste en sciences physiques

le 6 juin 2011 le 3 octobre 2011

Dans mes favoris ...

Nous avons tous dans nos ordinateurs des liens internet favoris, ceux que nous consultons régulièrement et même parfois tous les jours. Ces liens nous mènent vers des sites informatifs, utilitaires, inspirants ou encore des blogues qui méritent d’être connus. Je dirais même qu’en consultant la liste des favoris d’une personne, nous en apprenons beaucoup sur celle-ci. Nous vous invitons à nous présenter un ou plusieurs de vos liens préférés.

Curieux de voir l’étendue du travail possible d’un retoucheur d’images : http://homepage.mac.com/gapodaca/digital/digital.htm Besoin d’une police de caractères pour faire cette carte de fête à Moris : http://www.dafont.com/fr/ Et puis zut alors, je lui fais un Album photo à Moris : http://www.livrephoto.ca/Accueil Besoin du logo de compagnie de Moris ? : http://www.brandsoftheworld.com/ De tout sur ce qui touche l’environnement à Montréal : http://www.cremtl.qc.ca/ Y-as-tu ben du monde en ville ? http://www.montrealcam.com/fr-index.php et finalement; pour envier les idées des autres : http://weburbanist.com/ Thierry Marcoux

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Voir-Dire, vol 9, numéro3