Vatel Planet 2020

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2020

L’HÔTELLERIE-TOURISME À L'HEURE DES TRANSFORMATIONS HOSPITALITY AND TOURISM INDUSTRIES WHEN TIMES ARE CHANGING QUAND INTERNATIONAL RIME AVEC RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE WHEN INTERNATIONAL RHYMES WITH SOCIETAL RESPONSIBILITY > P. 5

PORTRAITS DE PROFESSEURS PASSIONNÉS PORTRAITS OF PROFESSORS WHO LOVE THEIR JOBS > P. 15

RODRIGUES, RESPONSABILITÉ À CIEL OUVERT RODRIGUES, SKY HIGH RESPONSIBILITY > P. 30


SOMMAIRE/CONTENTS DOSSIER/FILE

Quand international rime avec responsabilité sociétale "Hanga Ahazaza" : créer l'avenir Se former à Madagascar et découvrir un nouveau monde Une île, un coup de cœur Le témoignage d'Anne-Lise “J'aurais tellement rêvé d'être à leur place” Coralie sur l’île du zéro gaspillage Beelodge, expérimentation d'une création Au Vietnam, l'écolodgie en action Le CirVath, point de rencontre pour la recherche appliquée

ÉCOLES/ SCHOOLS VATELIENS

Who’s who Reportage Vatel Ouzbekistan et Kazhakstan

Entreprendre à deux et manger du Lyon Vatéliens juniors : tout juste diplômés, déjà en poste

GRAND ANGLE /FOCUS ON Photo de couverture/ Cover picture Akagera National Park - Rwanda

La révolution du tourisme en Chine Le Rwanda s'engage dans un tourisme réfléchi Rodrigues, responsabilité à ciel ouvert

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When international rhymes with societal responsibility "Hanga Ahazaza:” creating the future Go to school in Madagascar and discover a whole new world An island to fall in love with Anne-Lise’s testimonial “I would have loved to be in their shoes” Coralie tells us about the no waste island Beelodge, an experimental creation In Vietnam, ecological lodges The CirVath, a meeting place for applied research

Who’s who More on Vatel Uzbekistan and Kazakhstan

A duo of entrepreneurs in Lyon Junior Vateliens: new graduates already hard at work

The Chinese tourism revolution Rwanda cultivates reflective tourism Rodrigues, sky high responsibility

Ont collaboré à ce numéro et nous les en remercions / They contributed to this issue and we thank them: Jean-Manuel André, Sergueï Aver, Renaud Azema, Paul d’Azémar, Nicole Bamukunde, Coralie Bedat, Nicolas Chalon, Delphine Cinquin, Mathieu Cochard, Marine Dessault, Benjamin Garcia, Edouard Guibaud, Sanjar Kurbanov, Hubert de Murard, Yesmukhamed Nurakhmet, James Perosi-Doughty, Anne-Lise Philippe, Aline Renard-Wang, Martin Rousset, Mathieu Saas, Thibault Salvat, Alain Sebban, Micheal Tshiyoyo, Helen White, Xinglan Zhang. Un grand merci également à tous les collaborateurs des écoles Vatel dont les précieux conseils ont permis à ce numéro de voir le jour / We would also like to thank all the Vatel schools collaborators whose precious advice allowed this issue of the magazine to see the light of day. est une publication de Vatel, Hotel & Tourism Business School • Directeur de la Publication : Alain Sebban • Directrice de la Rédaction : Véronique Hasselweiler • Ligne éditoriale et coordination : Marie-Claude Morat Consultant – Lyon, France • Rédaction : Jean Remy, Giesbert & Mandin – Lyon, France • Conception et réalisation graphique : Jean-Jacques Chapuy, Notice - Lyon, France • Impression : Papier Vert - Lyon, France. Copyright Vatel - 2020 • Groupe Vatel - Direction de la Communication - 8 rue Duhamel - BP 2013 - 69227 Lyon Cedex 02 - France Tél. +33 (0)4 78 38 21 92 - Fax. +33 (0)4 72 40 28 41 - Email : communication@vatel.com • Document non contractuel . Crédit photos: Sergueï Aver, Nicole Bamukunde, Coralie Bedat, Beelodge, Marine Dessault, Edouard Guibaud, Hard Rock Café Lyon, Véronique Hasselweiler, Julie Le Bolzer, James Perosi-Doughty, Anne-Lise Philippe, Mathieu Saas, Micheal Tshiyoyo, Vatel, Xinglan Zhang, De Murard Hubert, ©iStockphoto.com, ©RS Mandimby, ©Shutterstock.com, ©Aleksandr Shuman.


Partout dans le monde, chaque étudiant Vatel est unique All around the globe, each Vatel student is unique

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Alain Sebban, Founding President Vatel Group

epuis vingt ans, nous avons fait le choix d’ouvrir, dans tous les pays concernés par l'évolution du tourisme et qui le désirent, des campus accessibles, d’un niveau pédagogique tout aussi élevé que dans les pays de grande tradition hôtelière. Vatel est sans doute la seule école de management à procéder ainsi depuis longtemps plutôt que d'attirer les étudiants du monde entier en Europe. Pour nous, c’est essentiel. C’est autant une question de bon sens qu’un choix dans la durée. Il y a vingt ans en effet, j'avais été marqué par la prise de position du Premier ministre d’un pays d’Asie qui dénonçait la "fuite des cerveaux" et qui se désolait de voir la jeunesse de son pays se former ailleurs et se couper de ses racines. Avec l’ensemble des acteurs du tourisme, dans chacun des pays où Vatel a ouvert un campus, nous peaufinons le modèle d’un programme international de niveau identique et pourtant adapté à chacun. Qui prodigue le même enseignement, avec la même exigence et avec la même qualité. Qui transmet à tous les étudiants Vatel un savoir-faire et un savoir-être inégalés. C’est l’une des forces de Vatel. Ce choix reste pertinent à l’heure où la crise sanitaire mondiale a confiné des populations entières, touchant de plein fouet les professionnels du tourisme et de l’hébergement. Cette crise va renforcer les tendances de fond qui poussent vers le développement durable, vers la pratique de voyages plus « responsables », et donc l'évolution du secteur du tourisme vers de nouveaux visages de l’hospitalité. A Vatel, nous partageons tous cette envie de façonner ce tourisme plus responsable, avec le même enthousiasme, d’Est en Ouest, du Nord au Sud. Twenty years ago we decided to open campuses in countries where tourism was increasing and who wanted this, accessible campuses with an educational level that was just as demanding as that in countries with a long tradition in the arts of hospitality. Vatel, without the shadow of a doubt, is the only business school that has done this for such a long time, rather than having students from the entire world come to Europe. For us, this is a key point. This is both a question of common sense as well as a sustainable solution. Twenty years ago, I heard the Prime Minister of an Asian country speak out against the “brain drain,” and he lamented the fact that his young students had to go elsewhere for their education, often forgetting their roots. Assisted by all stakeholders in the tourism industry, in each country where Vatel has opened a campus, we are refining the model of an international program of an identical level, nonetheless adapted to the country. One that gives the same courses, has the same exigency, and demands the same quality. One that gives all Vatel students know-how and unequaled soft skills. This is one of Vatel’s strengths. This choice is a relevant one in these challenging times where the worldwide health crisis has confined populations throughout the entire world, heavily impacting professionals in the tourism and hospitality sectors. This crisis is going to strengthen the underlying sustainable development trends towards more “responsible” trips, and thus change the tourism sector towards new types of hospitality. In Vatel, we all share the same desire to build more responsible tourism, with the same enthusiasm, from East to West, from North to South.


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Quand international rime avec responsabilité sociétale When international rhymes with societal responsibility Le secteur du tourisme, qui attire des millions de jeunes partout dans le monde, est au diapason d’une mondialisation aujourd’hui bousculée par les inégalités et les menaces sur notre environnement. En ouvrant des campus aux quatre coins du monde, Vatel exporte son enseignement unique du management de l'hôtellerie-tourisme. L’école prépare des professionnels pour qui “le développement durable dans une hôtellerie responsable, ce n’est pas faire du green washing, mais poser des actes”. The tourism sector, one that now attracts millions of young students throughout the world, is in tune with globalization that is currently being overturned by inequalities and environmental threats. By launching campuses all over the world, Vatel exports its unique courses in the hospitality and tourism management industries. Our school prepares professionals for whom “sustainable development in responsible hotels doesn’t mean greenwashing, but real actions.”

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e modèle Vatel repose d’une part sur sa pédagogie spécifiquement adaptée à l’univers de l’hôtellerietourisme, d’autre part sur une offre de formation au plus près des besoins locaux. A l’inverse de nombreuses écoles de management qui cherchent à attirer des étudiants internationaux vers leurs prestigieux campus, de manière forcément très sélective, Vatel multiplie depuis vingt ans les implantations. L’école ouvre des campus dans tous les pays qui misent sur le tourisme et doivent former leurs futurs cadres. "Vatel démocratise l’enseignement du management de l'hôtellerie internationale de manière à former beaucoup plus de jeunes sans les déraciner, selon des méthodes qui ont largement fait leurs preuves", explique le président-fondateur, Alain Sebban. Il reconnaît que Vatel a fait comme les autres, cherchant à attirer des étudiants internationaux dans ses campus en France : "Mais je me suis aperçu qu’imposer un tel déplacement aux jeunes, c'est non seulement coûteux pour les familles, mais finalement contre-productif. En Europe, ils se sentent déracinés. Puis à leur retour, c’est dans leur pays qu’on les trouve décalés. Nous avons donc fait le choix de créer des écoles dans les pays en développement et de former ainsi beaucoup plus de jeunes professionnels. Dans certains pays, des partenariats permettent même d’aider financièrement les étudiants." C’est le cas au Rwanda, en attendant probablement l’extension à d’autres pays du continent africain d’une convention inédite signée avec la Mastercard Foundation.

Vatel’s model is based on one hand, on its educational methods adapted to the hotel and tourism industries, on the other, on an educational program that matches specific and local requirements. Contrary to many business schools that try to attract foreign students to attend school on their prestigious campuses, in a way that often leaves many of them behind, Vatel has multiplied its schools for the past twenty years. Our Group opens campuses in all countries that have a strong potential in tourism and need to train their future managers and executives. “Vatel has democratized international hospitality management courses so that many more young students can be trained without having been uprooted, using tried and tested methods,” explains Alain Sebban, the President and Founder of Vatel Group. He admits though that Vatel imitated other schools, trying to attract international students to their French campuses: “But I quickly became aware that it was both expensive for families to have their children go abroad, and actually counter-productive. Students felt uprooted in Europe. And when they returned back home, they were no longer in line with the population. Consequently, we decided to open schools in developing countries where we could train more young professionals. In some countries, we even have partnerships that help fund this cost.” This is the case in Rwanda, and this new type of convention signed with Mastercard Foundation will probably spread to other African countries.


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UN ENSEIGNEMENT IDENTIQUE SUR CHACUN DES CAMPUS VATEL

IDENTICAL COURSES ON ALL VATEL CAMPUSES

Chacun des 50 établissements Vatel délivre un contenu et une qualité de formation identiques : le même cursus, les mêmes règles et les mêmes valeurs. Et même, depuis peu, un examen commun à tous ! "Pour pérenniser ce modèle pédagogique, qui doit être appliqué à la lettre, il nous a fallu mettre en place un système de contrôle efficace, avec le rôle pivot du directeur du réseau et du directeur académique.", souligne Alain Sebban. Les échanges d’enseignants se sont développés, renforçant cette homogénéité et surtout cette culture de l’international, inhérente au monde de l’hôtellerie et du tourisme. Partout, les étudiants sont mis en situation de management réel, les aînés encadrant les plus jeunes. Tous ont accès aux mêmes outils pédagogiques, comme par exemple le Vatel International Business Game ou la bibliothèque virtuelle. Les plus motivés ont la possibilité d'intégrer le programme Marco Polo qui permet d’effectuer une année dans un autre établissement Vatel, parfois avec l’aide du groupe Vatel, comme pour l’école sur l’île de Rodrigues. Chaque année, une convention mondiale réunit l’ensemble des directeurs et directeurs des études du groupe Vatel, soit au moins un participant par campus. L’ordre du jour concerne toujours une thématique transversale, touchant aux attentes universelles des jeunes, partout dans le monde. Le sujet retenu est annoncé longtemps à l’avance de manière à ce que chaque école puisse le préparer en amont. Ces conventions débouchent sur des remises en cause et font évoluer le contenu des programmes. Grâce à cette concertation, Vatel prépare partout dans le monde des professionnels engagés et responsables, qui veulent autant réussir leur vie que réussir dans la vie. n

Each of the 50 Vatel schools has an identical high-quality content: the same curriculum, the same rules, and the same values. And we’ve just set up a shared and joint final exam for everyone! “To perpetuate this educational model, which must be consistently applied, we had to put in place an efficient grading system, one where the network director and the head of studies both play a key role,” said Alain Sebban. Discussions between faculty members have increased, strengthening this uniformity and consistency and especially this international culture, which is inherent to the hospitality and tourism universe. Each school puts students in real managerial situations, with older students managing younger ones. All students can access the same educational tools, for example, the Vatel International Business Game or the virtual library. The most motivated ones can join the Marco Polo program, where they study for a year in another Vatel school, sometimes assisted by Vatel Group, as is the case for the school on Rodrigues Island. Each year a worldwide convention brings together the Vatel Group directors and heads of study, at least one participant per campus. The agenda always has a transversal theme, one that concerns universal expectations of young students, wherever they may be throughout the world. The subject is announced in advance, so that each school can prepare it upstream. These international conventions allow us to question ourselves and change the content of the curriculum. Through this type of dialogue, Vatel prepares committed and responsible professionals all over the globe, ones that want to have successful personal and professional lives. n

MOSCOW

KAZAN

PARIS BRUSSELS SWITZERLAND NANTES SOCHI BORDEAUX LYON MONTENEGRO TBILISI ANDORRA NIMES PORTO BAKU MADRID ISTANBUL MALAGA CYPRUS TUNIS CASABLANCA

LOS ANGELES SAN DIEGO

TENERIFE

SAN LUIS POTOSI

MARRAKECH

NURSULTAN

BUKHARA

BAHRAIN

SUZHOU GURGAON

MERIDA

GUADALAJARA

KUNMING

HUANGSHAN HANOI

MEXICO

MARTINIQUE

BANGKOK DAKAR

MANILA NHA TRANG

HO CHI MINH CITY KUALA LUMPUR SINGAPORE

KIGALI KINSHASA

ANTANANARIVO MAURITIUS SALTA

ASUNCIÓN

BUENOS AIRES

Les 55 écoles Vatel dans le monde - juin 2020 The 55 Vatel schools throughout the world - June, 2020

MORONDAVA

RODRIGUES

REUNION ISLAND


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"HANGA AHAZAZA" : CRÉER L'AVENIR "HANGA AHAZAZA": CREATING THE FUTURE Ruzizi Tent Lodge, Ihema lake - Rwanda

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atel Rwanda est l’un des campus Vatel ouverts récemment Vatel Rwanda is one of Vatel’s recently opened campuses. In dans le monde. Préparée dès 2016, la première rentrée 2016, we began to prepare the first intake for 2018, headed by a pu s’effectuer en 2018 sous la direction de Nicole Nicole Bamukunde, a Rwandese who graduated from Vatel Bamukunde, une Rwandaise diplômée de Vatel Lyon, qui a connu Lyon, and who has worked in startups in her country, which is l’expérience des startups dans son pays en plein renouveau. totally renewing itself. Comme de nombreux autres pays d’Afrique (continent où 80 % As is the case in other African countries, (a continent where des groupes internationaux investissent aujourd’hui), le Rwanda 80% of international groups are currently investing), Rwanda mise fortement sur le tourisme. Mais un tourisme respectueux relies heavily on tourism. But a type of tourism that respects the de la splendide nature qui façonne le paysage du pays aux "mille beautiful landscapes that populate this country with “a thousand collines", portant un soin tout particulier aux parcs hills,” paying special attention to its nature reserves naturels et à la préservation des espèces animales and one that strives to protect endangered species. menacées. “Vatel’s model works because it associates theoretical "Le modèle Vatel s’impose de toute évidence parce courses and practical experience. Our budding qu’il associe la théorie et la pratique. Notre jeune tourist industry needs employees who bring in added industrie touristique a besoin de salariés qui value as soon as they begin working, meaning young apportent de la valeur ajoutée dès le premier jour, people who have hospitality skill sets as well as being donc des jeunes disposant de toutes les compétences able to manage a team,” the director said. hôtelières en plus de pouvoir encadrer des équipes.", témoigne la directrice. Young Rwandese students can apply for scholarships Pour accéder à l’école Vatel, les jeunes Rwandais from Mastercard Foundation. This foundation was Nicole Bamukunde peuvent disposer de bourses proposées par la created in 2006 by Mastercard International. It is Mastercard Foundation. Cette dernière, créée en 2006 par an independent body and works nearly exclusively in Africa. Mastercard International, fonctionne de manière indépendante et Helen White, its spokesperson in East Africa, tells us more travaille presque exclusivement en Afrique. Helen White, sa porteabout this commitment:“The Mastercard Foundation dreams of parole en Afrique Orientale, précise le sens de cet engagement : a world where everyone has the opportunity to learn and thrive. "La Fondation Mastercard rêve d’un monde où chacun aurait la In 2018, we launched the Hanga Ahazaza project in Rwanda. possibilité d'apprendre et de prospérer. Le projet Hanga Ahazaza With a 50-million-dollar budget, it aims to allow 30 million a été lancé au Rwanda en 2018. Doté de 50 millions de dollars, young Africans, especially young ladies, find decent jobs where son but est de permettre à 30 millions de jeunes Africains, en they will prosper by 2030. Hanga Ahazaza, means “creating particulier de jeunes femmes, d’accéder à un travail digne et your future,” and it brings together partners from educational épanouissant d'ici 2030. Hanga Ahazaza, qui signifie "créer developmental and private sectors. For our first partnership l’avenir", réunit des partenaires des secteurs de l’éducation, du stage, Vatel was chosen, for the key role it plays in education, its développement et du secteur privé. Vatel a été sélectionné, dans internationally recognized degrees in hotel management and the le cadre de notre première phase de partenariat, pour son rôle value of its professional development programs aimed at young essentiel dans la pédagogie, ses diplômes internationalement professionals who already work in the hospitality industry and reconnus en gestion hôtelière et la valeur significative des who want to improve their skills.” programmes de développement professionnel proposés à des “With Mastercard Foundation, our goal is to help over two jeunes, déjà employés dans l'industrie hôtelière, qui souhaitent thousand young Africans in the next five years so they can find améliorer leurs compétences." quality jobs in their own countries, Nicole Bamukunde explains, "Notre objectif avec la Mastercard Foundation est d’aider plus de summing up her commitment: “Tourism guarantees peace, in deux mille jeunes en cinq ans afin qu’ils soient employables dans Rwanda, in Africa, and elsewhere.” n leur pays, sans délai", explique Nicole Bamukunde, résumant Web site: https://mastercardfdn.org/all/hanga-ahazaza d’un mot son engagement : "Le tourisme est un gage et un signe de paix, au Rwanda, en Afrique comme ailleurs." n Sur le web : https://mastercardfdn.org/all/hanga-ahazaza


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SE FORMER À MADAGASCAR ET DÉCOUVRIR UN NOUVEAU MONDE GO TO SCHOOL IN MADAGASCAR AND DISCOVER A WHOLE NEW WORLD

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our me préparer à travailler partout dans le monde, j’ai choisi le dépaysement total !" Étudiant à Vatel Nîmes, Martin Rousset a pris l’avion pour Antananarivo afin de suivre la spécialisation management de l’écotourisme proposée par Vatel Madagascar en dernière année de MBA. Quel saut pour ce jeune Rhônalpin qui, de son propre aveu, ignorait à peu près tout de cette grande île de la côte sud-est africaine. Sur place, il découvre des gens dont les qualités d’accueil sont innées. "Bien sûr, Antananarivo est une ville tentaculaire, pleine de bouchons, qui fait un peu peur. Mais les habitants parlent notre langue et ont le sens de l’hospitalité chevillé au corps." Les voyages d’études dans des réserves naturelles motivent particulièrement Martin et ses camarades malgaches et français qui voient naître et grandir des établissements hôteliers d’un nouveau type, des écolodges respectueux de la nature et en recherche de liens harmonieux avec les habitants alentour. En dehors de ces explorations, les étudiants voient leurs cours organisés en séminaires, avec des intervenants malgaches et internationaux, experts de l’écotourisme. C’est aujourd’hui décidé : Martin effectuera son stage de fin d’études à Madagascar. "Ici, les structures hôtelières ont besoin de cadres et les jeunes Malgaches ne sont pas encore suffisamment nombreux à être formés. Je me suis adapté à ce pays, j’ai gagné en maturité, je ressortirai grandi de cette belle expérience," conclut-il. n

Vatel Antananarive Madagascar

“To prepare myself to work any place in the world, I chose a complete change of scenery!” Martin Rousset, a Vatel Nimes student, flew to Antananarivo for Vatel Madagascar’s ecotourism management specialization for his last MBA year. Quite a change for this young man from the south of France, who admitted that he knew almost nothing about this large island on Africa’s south-eastern coast. When he arrived, he discovered people with innate hospitality. “Of course, Antananarivo is a huge city, full of traffic jams, it can be scary at times. But its inhabitants speak French and they were born with a sense of hospitality.” Martin and his Madagascan and French friends especially appreciate field trips to nature reserves where they see a new type of hotels being built or expanded, ecolodges that are eco-friendly and strive to blend in with the surrounding inhabitants and landscapes. When they are not exploring these reserves, students have courses consisting of seminars with Madagascan and international speakers, all experts in ecotourism. Martin made a major decision: He’ll do his final internship in Madagascar. “Hotels here need managers and there are not yet enough young Madagascan professionals who are trained to do these jobs. I’ve gotten used to this country, I’m now more mature, and I’ve gained so much from this fantastic experience,” he concludes. n


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UNE ÎLE, UN COUP DE COEUR AN ISLAND TO FALL IN LOVE WITH

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09 km2, 42 000 habitants... L’île de Rodrigues est une perle située à 1h30 de vol de l’île Maurice au cœur de l’océan Indien. Vatel Mauritius y a récemment ouvert une école qui prévoit d'accueillir une quarantaine d'étudiants. Ces jeunes sont loin de tout, souvent d’origine modeste et encore tout imprégnés de vie familiale et de culture insulaire. C'est pourquoi le groupe Vatel, à travers son Président-fondateur Alain Sebban, leur facilite l’accès au programme d’échanges Marco Polo : prise en charge de leur billet d'avion aller-retour jusqu’à l'école d’accueil et hébergement en pension complète offert aux étudiants qui souhaitent effectuer leur 2e année à Vatel Nîmes. Pour Renaud Azema, directeur de Vatel Mauritius : "Ceux qui bénéficieront de cet échange s’enrichiront d’une approche interculturelle en rupture avec leurs habitudes de vie. Sans l’appui du groupe, ils ne pourraient y avoir accès, ni être accompagnés comme ils le seront. Voilà une initiative exceptionnelle pour le développement de ce petit territoire isolé qui veut développer un tourisme écologique". n 109 km2, population of 42,000... Rodrigues Island is a little gem 1.5 hours by plane from Mauritius, in the middle of the Indian Ocean. Vatel Mauritius recently opened a school there for roughly forty students. These young students are far from everything, often of humble origins and only know their family’s lives and insular culture. This is why Vatel Group, and Alain Sebban, its President and Founder, facilitate access to the Marco Polo exchange program for them: paying for their round trip plane ticket to their host school and full board for students who decide to go to Vatel Nimes for their second year. Renaud, Azema, the Vatel Mauritius director says: “Students who take advantage of this program will benefit from a multicultural approach, one that strongly differs from their life on the island. Without the support from our Group, they could not attend school abroad nor be accompanied for this. This is an exceptional initiative to develop this small isolated island that is trying to develop ecological tourism.” n

Vatel Rodrigues


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Anne-Lise PHILIPPE Directrice de Vatel Rodrigues / Vatel Rodrigues’ Director

“J’AURAIS TELLEMENT RÊVÉ ÊTRE À LEUR PLACE…” “I WOULD HAVE LOVED TO BE IN THEIR SHOES...”

Comment avez-vous accueilli le projet de créer une école Vatel à Rodrigues ?

What did you think of the project of opening a Vatel School in Rodrigues?

J’ai été stupéfaite et enchantée. Il faut comprendre ce que cela représente pour nous, Rodriguais, d’accueillir une marque mondialement connue. J’ai une histoire presque intime avec Vatel. Lorsque l’école de Maurice s’est ouverte il y a dix ans, je rêvais d’y aller. Pour plusieurs raisons, je n’ai pas pu le faire. Et aujourd’hui je dirige celle de mon île, Rodrigues.

I was both flabbergasted and delighted. You have to understand what hosting an internationally recognized school means for us people from Rodrigues. I go back a long way with Vatel. When the school on Mauritius opened ten years ago, I dreamed of going there. For several reasons, I couldn’t though. And today, I direct the school on Rodrigues, my island.

Quel a été votre parcours ?

Tell us about your background.

J’ai suivi un BTS Tourisme à Maurice, puis travaillé chez Air Mauritius. A l’aéroport, je rencontrais souvent Renaud Azéma, qui me parlait de Vatel et de son développement. Quand il a évoqué l’idée d’ouvrir une école à Rodrigues, je n’ai pas hésité et me suis lancée dans l’étude du projet. Durant toute cette période loin de chez moi, je n’avais qu’une idée en tête : l’envie de ramener quelque chose, ici, sur mon île !

I did a two-year vocational degree in Mauritius in Tourism, and worked at Air Mauritius. I often met Renaud Azema in the airport and he spoke to me about Vatel and its expansion. When he said he was thinking of opening a school in Rodrigues, I didn’t hesitate at all and started studying this project. During all the time I was far from home, I only had one idea: bringing something back here, to my island!

Deux ans après sa création, comment l’école se développe-t-elle ?

Two years after it opened, how is the school doing?

C’est un succès qui dépasse nos espérances. Nous avons 28 étudiants, ce qui est déjà beaucoup pour notre population ! Familles, jeunes : tout le monde ici compte sur nous. Nous devons être exemplaires et dispenser une formation qui porte nos valeurs de qualité de service et de préservation du territoire. C’est une pression, et une chance extraordinaire. Quand je regarde mes étudiants, je ne peux m’empêcher de me dire que j’aurais vraiment rêvé être à leur place…

It’s a success that has exceeded all of our expectations. We have 28 students, which is not bad for our tiny population! Families, youngsters, everyone here depends on us. We have to be irreproachable and give courses that convey our values of topquality services and preservation of our territory. It’s both difficult and an extraordinary opportunity. When I look at our students, I can’t help but saying to myself that I would have loved to be in their shoes...


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CORALIE SUR L’ÎLE DU ZÉRO GASPILLAGE CORALIE TELLS US ABOUT THE NO WASTE ISLAND Barrière de corail / Coral reefs Seychelles Island

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Coralie BEDAT 2018 Vatel alumnus

artout dans le monde, tout spécialement dans les lieux touristiques à l’environnement fragile, la profession hôtelière s’efforce de devenir plus écologiquement responsable. Diplômée de Vatel Lyon en 2018, Coralie Bedat s’est engagée corps et âme dans le développement durable à la faveur d’un stage dans un resort sur une toute petite île des Seychelles. "Pionniers du tourisme durable, les hôtels appartenant au groupe qui m’a accueilli produisent déjà certaines des denrées alimentaires selon des recettes locales. Ils souhaitaient aller plus loin en réduisant l’impact écologique de l’ensemble de leurs approvisionnements et en diminuant leurs déchets." En route pour le "zéro gaspillage" ! Coralie a conduit une étude de l’empreinte carbone évaluant les émissions de gaz à effet de serre causés par ces achats et leur impact sur l’environnement. Elle a travaillé main dans la main avec les différents services de l’hôtel, les associations locales et la collectivité. Comment moins gaspiller ? "En proposant une cuisine locale et de saison, souvent la plus appréciée, en veillant aux approvisionnements et à la qualité des aliments. L’origine géographique du produit peut représenter de 40 à 90% des émissions liées au cycle de vie du produit. Aujourd’hui dans ce groupe hôtelier, les produits doivent être essentiellement végétaux, un régime végétarien réduisant les émissions de gaz à effets de serre de 70 %." En plus de l'alimentation, Coralie a travaillé sur les économies d’énergie et sur l’environnement naturel menacé, comme la barrière de corail avoisinant l’île, reconstituée grâce à une association de biologistes experts des fonds marins. "Le développement durable dans une hôtellerie responsable, ce n’est pas faire du green washing, mais poser des actes !" conclut Coralie. n

Throughout the world, especially in tourist attractions where the environment is fragile, the hospitality profession is striving to be more ecologically responsible. A Vatel Lyon 2018 alumnus, Coralie Bedat is firmly committed to sustainable development following an internship in a resort in a minute island in the Seychelles. “Pathbreakers in sustainable tourism, this group’s hotels already produce hundreds of meals using local recipes. They wanted to go even farther by reducing the ecological impact of all of their sourcing and decreasing their waste.” Let’s see what “zero waste” means! Coralie headed a carbon footprint survey to assess greenhouse gas emissions caused by products purchased and their impact on the environment. She worked closely with various departments in the hotel, local associations, and the town. How can we waste less? “By proposing local and seasonal dishes that many people actually prefer, by paying attention to sourcing and the quality of foodstuffs. The geographical origin of a product can represent from 40% to 90% of emissions linked to its life cycle. Today in this hotel chain, products are mainly vegetarian, as this type of diet reduces greenhouse gas emissions by 70%.” Besides working on foodstuffs, Coralie also worked on energy efficiency and on the endangered natural environment, such as the coral reef next to the island, that an association of seabed biologists helped reconstruct. “Sustainable development in responsible hotels doesn’t mean greenwashing, but real actions,” Coralie concludes. n

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BEELODGE, EXPÉRIMENTATION D'UNE CRÉATION BEELODGE, AN EXPERIMENTAL CREATION

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eelodge, comme en anglais bee, l’abeille ! Tout un symbole pour Jean-Manuel André, professionnel de l’hébergement confirmé, qui travaille à la conception de deux établissements dans les stations françaises d’Abondance et de Chatel (Haute Savoie) et d'un troisième en Avignon, en Provence. Son projet ? Renouveler l’hôtellerie traditionnelle en privilégiant une approche saine et équilibrée de l’habitat et du bien-vivre, dans une logique d’écotourisme : de la fabrication des lits aux produits d’entretien, de l’alimentation à la sensibilisation des clients au tri sélectif des déchets, l’éco-responsabilité est prépondérante tout en véhiculant des valeurs de convivialité et de proximité. Un peu comme dans les auberges de jeunesse, on trouvera des espaces partagés cultivant l’art de vivre en commun. Le dosage entre hôtellerie, hostellerie et hébergement étudiant fera l’objet d’une adaptation au cas par cas. Jean-Manuel André, qui enseigne à Vatel Lyon depuis vingt ans, souhaite développer ce nouveau concept dans les stations de montagne actives en période estivale, dans les villes et sur les campus étudiants. De quoi créer des emplois de managers ! Mais auparavant, ce lancement est propice à mobiliser les étudiants de 4è année de Vatel Lyon. Leurs professeurs de marketing et d’économie touristique les font réfléchir en groupes, qui sur la stratégie marketing, qui sur le modèle économique de développement. En marketing, les étudiants ont pour défi d'établir un plan de promotion multicanal, utilisant aussi bien les ressources du web que les outils traditionnels de création de notoriété, en vue de cibler la clientèle et la séduire. Les groupes qui se penchent sur l’économie abordent quant à eux les perspectives de développement propres aux deux territoires : les stations alpines d’Abondance et de Chatel en moyenne montagne et la ville d’Avignon, qui jouit d'une activité de tourisme culturel. Derrière ce module étudiant qui doit déboucher sur des recommandations écrites et une soutenance devant jury, se profile toute la problématique que doit mettre en œuvre un créateur d’établissement hôtelier : choisir un emplacement et un positionnement pertinents, gérer le court terme tout en pensant au futur, utiliser au maximum les ressources des nouvelles technologies. n

Beelodge, because it’s of course full of bees! Quite a symbol for Jean-Manuel Andre, an experienced hospitality professional, who designed two hotels in the French ski resorts of Abondance and Chatel (Haute Savoie), and a third one in Avignon, in the south of France. His project? Renewing traditional hotels with a healthy and balanced approach including both the habitat and living well, in line with ecotourism: from building the beds up to cleaning products, from food to making clients more aware of the importance of sorting waste, eco-responsibility is preponderant while conveying values of conviviality and proximity. Almost like in youth hostels, clients will have shared spaces that promote the art of living together. Each new hotel is a combination of a traditional hotel, a youth hostel and student accommodations. Jean-Manual Andre, who has taught at Vatel Lyon for the past twenty years, would like to expand this new concept in ski resorts in the summer, in cities, and on school campuses. And create managerial jobs! But before this, the launch will mobilize fourth-year students from Vatel Lyon. Their marketing, and tourist economy professors will have them do group work, either on strategic marketing or the economic model of this development project. For their marketing courses, students must draw up a multichannel promotional plan, using both web resources and traditional tools to create a buzz and increase the reputation of the hotel for their target client base. Groups working on economics will focus on the development outlook for both regions: the ski resorts in Abondance and Chatel in mid-sized mountains and the city of Avignon, with its traditions of cultural tourism. Though students must draw up written recommendations and defend them in their final oral exams, this mirrors all concerns that someone opening a hotel has: choosing a location and a relevant target, managing short-term issues while thinking of the future, and using all resources now available in new technologies. n


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AU VIETNAM, L’ÉCOLODGIE EN ACTION ECOLOGICAL LODGES IN VIETNAM

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e plus en plus de communautés humaines considèrent l’écotourisme comme une solution pour promouvoir leur mode de vie, préserver leur culture et la biodiversité qui les entoure. A la responsabilité sociale, s’ajoute la responsabilité environnementale. C’est l’expérience qu’a connue le Vatélien Hubert de Murard en dirigeant le Topas Ecolodge, au nord-ouest du Vietnam, jusqu’en 2019. Un établissement de rêve certifié "Unique Lodge of the World" par National Geographic, perdu au milieu des rizières en espalier, entouré de petits villages et bien loin de Hanoï, la capitale. "Nous avons lancé de nombreux chantiers liés à l’approche écologique et durable. L’électricité provient d’un barrage voisin et des panneaux solaires alimentent l'éclairage public. La piscine est équipée d’une pompe à chaleur qui permet de réaliser 85 % d’économie d'énergie par rapport à un système classique. L’eau, de très grande qualité, provient du puits. Et de plus en plus d’ingrédients composant les menus proviennent des villages alentours. Nous n’utilisons aucun plastique à usage unique. Un broyeur à verre contribue à fabriquer du béton pour nos constructions… La liste est longue.", nous confie le jeune directeur. Et d’ajouter : "Le plus important, ce sont les équipes. 95 % des employés sont issus des villages avoisinants et de groupes ethniques différents. L’écolodge leur offre la stabilité et une expérience autre que le travail des champs. Tous apprennent les métiers de l’hôtellerie sur le tas, sans très bien parler l’anglais, mais leur sens de l'hospitalité innée facilite grandement la tâche !" Juste retour des choses, l’écolodge contribue au développement local : rénovation de l'école, construction du pont pour accéder à l’école, achat de vêtements chauds pour l’hiver... La spirale vertueuse d’un tourisme plus responsable est prête à s’élever ! Car c’est désormais certain : une politique responsable impose de concilier le progrès économique et social avec l’écologie. Tout particulièrement dans les pays dont l’attractivité est liée à la préservation de l’environnement. n

More and more human communities consider ecotourism to be a solution that promotes their way of life, and preserves their culture and biodiversity surrounding them. Environmental responsibility is a part of social responsibility. This is an experience that the Vatelien Hubert de Murard had when he managed the Topas Ecolodge, in the north-west of Vietnam, until 2019. A beautiful hotel, that National Geographic certified as “Unique Lodge of the World,” lost in the middle of espalier rice paddies, surrounded by small villages and far from the capital, Hanoi. “We rolled out several projects linked to an ecological and sustainable approach. Our electricity comes from a neighboring dam and we’ve got solar panels for outside lighting. Our pool is equipped with a heat pump allowing us to save 85% more energy than with a traditional system. Our water, with a very high quality, comes from our own well. And most of our ingredients for our dishes come from surrounding villages. We don’t have any one-use plastic. A glass crusher helps make concrete for our buildings... And the list is a long one,” the young hotel manager adds. He continues: “But the most important element is our staff. Ninety-five percent of our employees come from neighboring villages and different ethnic groups. The ecolodge gives them stable jobs other than just working in the fields. They all learn to do their jobs through learning by doing, without being able to speak English very well, but their innate sense of hospitality makes it easier for them!” As is fitting, the ecolodge helps local development: renovation of the school, a bridge built to reach it, warm clothing purchased for cold winter days, etc. The upwards spiral of a more responsible type of tourism keeps on rising! Now we’re sure: a responsible way of working means conciliating economic and social progress with ecology. Especially in countries whose attractiveness is linked to preserving the environment. n

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LE CIRVATH, POINT DE RENCONTRE POUR LA RECHERCHE APPLIQUÉE THE CIRVATH, A MEETING PLACE FOR APPLIED RESEARCH

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DANS LES CAHIERS INTERNATIONAUX DU TOURISME N°12 (2020)

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ès lors qu’elle prétend à un haut niveau académique, une école doit constamment se tenir à la pointe des évolutions du secteur auquel elle destine ses étudiants. Même s’il est longtemps apparu en retard dans le domaine de la recherche, celui du tourisme commence à passionner une nouvelle génération d’enseignantschercheurs, en vertu de son poids dans l’économie. Ils trouvent dans les Cahiers Internationaux du Tourisme, revue du CirVath (Centre International de Recherche Vatel en Tourisme et Hôtellerie), un point de rencontres pour des travaux de recherche appliquée. En animant le CirVath, Vatel s’est doté d’une véritable "tête chercheuse". La création de ce centre s’est appuyée sur l’action de professeurs-chercheurs, soucieux d’innover dans leurs disciplines. Les groupes de recherche ciblent leurs objectifs sur des idées innovantes ou des solutions susceptibles de révolutionner le monde actuel, et sur leur adéquation aux attentes du public. Comme l’indique Benjamin Garcia, directeur académique du groupe Vatel : “Si l’on prend l’exemple de l’intelligence artificielle et de la révolution numérique, ces révolutions peuvent apparaître ici déshumanisantes, et ailleurs tout à fait enviables. Il s’agit de problématiques générales qui s’imposent aux managers sur le terrain. Ils s’y trouveront inévitablement confrontés dans leur activité professionnelle. Elles doivent donc être analysées, théorisées et transmises dans notre enseignement.” Les thèmes de recherche ne manquent pas. Les auteurs encore moins : “Pour chaque numéro des Cahiers Internationaux du Tourisme, publication de référence du CirVath, nous recevons des articles du monde entier et nous ne pouvons les accepter tous. Notre revue n’est pas encore classée mais elle est désormais très recherchée”, constate avec satisfaction Benjamin Garcia. A court terme, le but est d’intégrer les résultats de ces recherches dans l'enseignement Vatel et plus particulièrement dans le programme de Master.

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Malgré la pandémie, le 12 numéro des Cahiers Internationaux du Tourisme est paru au printemps 2020 avec sept études provenant en particulier des écoles d’Asie et de l’école de Nîmes, en France. Les articles couvrent les champs de l’éducation, de l’hôtellerie et de la consommation de loisirs. “Chaque année le CirVath décerne trois prix” dit Henri Magne, vice-président du CirVath “Le prix Recherche revient souvent à une publication académique tandis que les deux autres – Le Prix Innovation et le Prix Spécial – ciblent toujours des travaux qui ouvrent sur de nouvelles approches !” Pour l’édition 2021, étant donné l’impact mondial de la crise sanitaire, le thème autour duquel il est demandé aux auteurs de travailler est la gestion de crise. "C'est souvent dans l'urgence que naissent les meilleures idées" poursuit Henri Magne, “et il sera probablement très intéressant de partager les expériences entre tous les continents où Vatel est de Recherche Vatel Centre Internationalet Hôtellerie en Tourisme présent." En 2021, le CirVath ouvrira le Challenge International de la Recherche et de l’Innovation, destiné aux étudiants des campus Vatel. e

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Schools aspiring to have high academic levels must continuously be at the cutting-edge of changes in fields where their students will be working. Though for a long time tourism could be considered as lagging behind in research, it now interests a new generation of faculty members, because of the heavy impact it has on the economy. In the International Journal of Tourism, the CirVath’s magazine (Vatel International Research Center in Tourism and Hotel Management), they’re able to update themselves on applied research work. By heading the CirVath, Vatel has found itself with a true “homing device.” The Center was founded by research experts who were striving to innovate in their fields. Research groups target innovative ideas or solutions that could change the current world, taking into account how well they meet the expectations of the general public. As Benjamin Garcia, the Vatel Group Academic Director said: “When we consider the example of artificial intelligence and the digital revolution, these solutions can sometimes seem to be dehumanizing and other times quite enviable. These are general problems on-site managers face. They inevitably will be confronted with them in their professional activity. The problems must consequently be analyzed, theorized and studied in our courses.” There’s no shortage of research themes. And none of authors either: “For each edition of the International Journal of Tourism, edited by CirVath, we receive articles from the entire world, and of course we can’t publish all of them. Our magazine isn’t classified yet, but it’s now very sought after,” Benjamin Garcia said with satisfaction. In the short term, our goal is to integrate the results of this research into Vatel’s courses, especially in the MBA curriculum.

IN THE INTERNATIONAL JOURNAL OF TOURISM N° 12 (2020) In spite of the pandemic, the 12th edition of the International Journal of Tourism was published in the spring of 2020 with seven papers from Asian schools and Vatel Nimes, in France. These articles span fields of education, the hospitality industry and leisure activity consumption. “Each year ational ern Int th Va Cir urism the CirVath gives three awards” says Henri Journal of To Magne, Vice President of the CirVath, “The Research Award is often given to an academic publication whereas the other two - the Innovation Award and the Special Award - always target work on new ways of thinking!” For the 2021 edition, because of the global impact of the health crisis, authors will be requested to work on crisis management. “We thought it would be something interesting to share between 2020 all the continents where Vatel is present,” Publication juin added Henri Magne, “because the best Vatel de Recherche Centre Internationalet Hôtellerie ideas often come to light during urgent en Tourisme situations!” Don’t forget, as of next year, the International Research and Innovation Challenge will be sponsored by CirVath, for students on Vatel campuses.

Les Cahiers x Internationau du Tourisme

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ÉCOLES / SCHOOLS

WHO’SWHO James PEROSI-DOUGHTY Professeur de culture juridique, d'économie légale, économie et tourisme et voyage et tourisme/ Professor of legal culture, legal economy, economy and tourism, travel and tourism > VATEL BORDEAUX

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e chemin qui mène à l’enseignement du droit peut se révéler plein de rebondissements : le “droit chemin” de James Perosi-Doughty en témoigne. Ce natif des USA, qui bénéficie de la double nationalité française et américaine, se forme d’abord dans son pays d’origine tout en se forgeant une première expérience professionnelle (ce que font souvent les étudiants américains). Licence de civilisation et traduction françaises en poche, il gagne l’Hexagone en 2009 à 24 ans. Après avoir été lecteur d’anglais à l’Université de Nice, il met le cap sur Bordeaux où il obtient successivement, à l’université Montaigne, un Master I Droit Public, un Master II Recherche puis un Doctorat sur la pensée politique américaine du 20è siècle. Parallèlement, James multiplie les opportunités de prendre des responsabilités qui font de lui un passeur entre les deux cultures : organisation de colloques de jeunes chercheurs, habilitation à faire passer le TOEIC, et même un certificat de guide-conférencier qu’il met à profit, aujourd’hui encore, pour faire découvrir la magnifique ville de Bordeaux aux touristes, anglo ou franco-phones. Assez naturellement, les universités et grandes écoles de Bordeaux font appel à lui pour enseigner soit sa langue maternelle, soit le droit. Depuis 2013, il intervient même au sein de la prestigieuse École Nationale de la Magistrature (ENM) française, implantée à Bordeaux. Cette belle référence lui a valu d’être un jour sollicité par Vatel Bordeaux. Depuis lors, il enseigne – en anglais - des disciplines aussi diversifiées que le droit, le droit des affaires, l’économie du tourisme, l’usage pratique de la langue anglaise dans les domaines touristiques et hôteliers. Impossible de ne pas le questionner sur la différence entre le profil des étudiants de l’ENM, futurs magistrats, et celui des étudiants Vatel, futurs cadres et entrepreneurs : "Malgré la différence évidente de projet professionnel, je leur trouve bien des similitudes, comme le dynamisme et la curiosité. Même une matière aussi austère que le droit les conduit à poser beaucoup de questions. Ils sont sympas, ces étudiants qui savent ouvrir les yeux sur la vraie vie !" The road to teaching law can often be a bumpy one: James Perosi-Doughty tells us about his experience of the “straight and narrow.” This American native who has a French American dual citizenship went to school in the US while working part-time (as do most American students). After he graduated with a degree in French civilization and translation, he went to France when he was 24. He began as a lecturer in English at the University of Nice, before going to the Montaigne University in Bordeaux where he successively obtained a Master 1 in Public Law, a Master II in Research, then a Ph.D in American Politics in the 20th century. At the same time James took advantage of each opportunity to link these two cultures: he organized seminars for young research experts, he was certified to give TOEIC tests, and he was also certified as a tour guide and lecturer, a job that he still does today to show the magnificent city of Bordeaux to French or English speaking tourists. Universities and business schools in Bordeaux also hired him to teach either English or law. Since 2013, he has also taught at the prestigious French École Nationale de la Magistrature (ENM) (National School for Magistrates) in Bordeaux. Because of his vast experience, Vatel Bordeaux contacted him. Since then, he has been teaching - in English - courses such as law, corporate law, tourist economics, as well as English for the hospitality and tourism fields. Of course, we wanted to ask him a few questions about the difference between ENM students, who will be magistrates when they graduate, and Vatel students, who will be entrepreneurs and executives! “Despite the difference in their professional projects, I find quite a few similarities, such as their enthusiasm, and curiosity. Even a boring subject like law leads them to ask a lot of questions. These students who know how to open their eyes and see the real life are fantastic!”

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ÉCOLES / SCHOOLS

WHO’SWHO

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’était peut-être aussi fort que lorsqu’il remporta le championnat du monde de breakdance. Aussi beau que le jour où une professeure d’anglais lui tendit la main à 15 ans pour qu’il s’en sorte, lui qui avait tant de difficulté scolaire depuis son arrivée en Suisse, enfant Zaïrois plongé dans un autre monde. Aussi important que son Bachelor en Économie d’Entreprise HES ou bien que son Master en Ressources Humaines obtenus grâce à cette prise de conscience... Cet événement qui fait monter en lui des larmes de reconnaissance, c’est lorsque les étudiants de Vatel Switzerland lui ont décerné le diplôme de “meilleur professeur”, en 2019 puis en 2020. Comment devient-on le “Professeur Sur”, comme disent les étudiants ? Par passion, par engagement, par un travail acharné aussi. Quand le « cancre » Michael peine encore à l’école, à 12 ans, il enseigne déjà la breakdance à ses copains. “La breakdance, c’est vraiment difficile, explique le champion du monde ; l’engagement physique est très fort en plus de la technique. C’est pourquoi, lorsque plus tard j’ai obtenu mes diplômes universitaires, je me suis dit que j’avais déjà enseigné !” Alors il parvient à concilier ses trois passions : la danse, l’art du management d’entreprise auprès de son association Les Enfants Perdus à Lausanne et la transmission. Le bonheur étant contagieux, il parle avec une chaleur extraordinaire des étudiants qu’il rencontre à Vatel Switzerland : "Le système d’alternance que l’école a mis en place me permet de les voir mûrir de semaine en semaine. Ils expérimentent sur le terrain ce qu’ils apprennent en cours... et ça leur sera très utile plus tard. Ils utilisent, par exemple, les méthodes de recrutement les plus actuelles, tel que l’entretien structuré, et se rendent compte de la compétence qu’ils sont en train d’acquérir." Il les trouve incroyablement matures et talentueux. Et si ce professeur a réussi à accomplir bien plus que ce dont il avait rêvé, c’est tout naturellement qu’il souhaite à ses étudiants d'atteindre leur rêve. Rêver. C’est le maître mot de ce parcours hors du commun.

Michael Tshiyoyo rofesseur de fiscalité, ressources P humaines, environnement économique, économie d’entreprise / Professor of fiscality, human resources, economic environment, corporate economics > VATEL SWITZERLAND

It perhaps was as strong as the day when he won the worldwide breakdance championship. As amazing as the day when an English teacher held out her hand to him when he was 15, to help him out, a kid who had been struggling in school ever since he arrived in Switzerland, a young Zairian finding it hard to survive in a whole new world. Just as important as his Bachelor’s degree from HES in Corporate Economics, or his Master’s in Human Resources that he obtained after this wake-up call... This event that brought tears to his eyes, tears of happiness when Vatel Switzerland students awarded him the “Best Professor” prize in 2019 and in 2020. How did he become the “Professeur Sur” as his students call him? By passion, by commitment, and by a lot of hard work too. When the “dunce” Michael was still struggling at school when he was 12, he was already teaching his friends to breakdance. “Breakdance is really hard,” the world champ explains, “a lot of physical work plus technical moves. This is why later on when I graduated from the university, I said to myself that I’d already taught!” He was able to accommodate his three passions: dance, managerial arts, and corporate management with his association Les Enfants Perdus (Lost Children) in Lausanne and teaching. As happiness is catching, he warmly speaks about the students he teaches at at Vatel Switzerland: “The mixture of courses that the school has lets me see them become more mature from week to week. They have hands-on experience of what they saw in class... and that’s going to help them later on. For instance, they use current recruitment methods, such as a structured interview, and realize all the skills they’re acquiring.” He finds them unbelievably mature and talented. And if this professor was able to accomplish everything he’d dreamed of doing when he was young, he of course hopes that his students will fulfill their dreams. Dreams. This is the guiding principle of this exceptional learning path.


ÉCOLES / SCHOOLS

Xinglan ZHANG Professeur de chinois/ Chinese teacher > VATEL MAURITIUS

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st-ce Vatel qui l’a choisie ou elle qui a choisi Vatel ? Les deux, sans hésiter, répond cette voyageuse au long cours, qui se compare à “un oiseau trouvant le chemin de sa passion”, en voyageant et en travaillant dans différents pays : Chine, Indonésie, Cambodge... A la faveur d’une mission effectuée pour une agence de voyage chinoise en 2017, elle tombe sous le charme de l’Ile Maurice, “la beauté de sa nature et sa diversité culturelle”. Son chemin croise celui de Renaud Azema, directeur général de Vatel Mauritius, qui recherche un professeur de chinois : “Deux visites de l’école et quelques cours de démonstration m’ont convaincue. Je me suis dit : travailler dans ce beau campus avec une équipe aussi professionnelle, pourquoi pas ? Aujourd’hui, je dois dire que Vatel est un lieu magique, qui amène chacun à trouver lui-même comment s'adapter à son environnement et comment apporter sa richesse.” Les liens économiques, commerciaux et sociaux très forts entre la Chine et l’Ile Maurice ont convaincu Vatel de proposer des cours de mandarin, la langue qui compte le plus de locuteurs dans le monde. Avec la croissance rapide du tourisme chinois dans le monde, cette langue est en passe de s’imposer comme l'une des plus importantes dans l’univers professionnel du tourisme. Connaître le mandarin et la culture chinoise apportent un avantage compétitif décisif aux étudiants de Vatel Mauritius, qui pour la plupart parlent déjà couramment l'anglais et le français. “Le mandarin est considéré comme une langue difficile à apprendre : ne dit-on pas : "c’est du chinois", quand on ne comprend pas quelque chose ? Je pense qu’en réalité cette langue n'est pas si difficile car elle est extrêmement logique et de structure simple.” Elle aime aussi se référer à Nelson Mandela : “Si vous parlez à un homme dans une langue qu'il comprend, vous parlez à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, vous parlez à son cœur.” Cette citation donne des ailes à celle qui confie adorer les langues et les enseigner à des étudiants qui savent se passionner. Did Vatel choose her or did she choose Vatel? Both, without hesitating, this long-distance traveler responds, who compares herself to “a bird finding its way to its passion,” as she travels and works in different countries: China, Indonesia, Cambodia... When she worked for a Chinese travel agency in 2017, she fell in love with Mauritius,“its beautiful natural environment and its cultural diversity.” She then met Renaud Azema, the Vatel Mauritius School Director, who was looking for a Chinese teacher: “Two tours of the school and a few demonstration courses convinced me. I said to myself: why not work on this beautiful campus with its professional team? So today I can say that Vatel is a magical place, one that leads each person to discover how to adapt himself to his environment and how to make it thrive.” Economic, commercial and social links are very strong between China and Mauritius and this convinced Vatel to give Mandarin courses, the most spoken language in the world. With the rapid growth of Chinese tourism throughout the world, this language is becoming one of the main ones in the professional tourism industry. Knowing how to speak Mandarin and understanding the Chinese culture gives Vatel Mauritius students a decisive competitive advantage, especially as most of them already speak fluent English and French. “Mandarin has the reputation of a hard language to learn: people say, ‘it’s Chinese to me,’ when they don’t understand something. I think that this language isn’t too difficult because it’s very logical and it has a simple structure.” She also likes to quote Nelson Mandela: “If you speak to a man in a language he understands, you speak to his head. If you speak to him in his native language, you speak to his heart.” This quotation boosts this lady who admits she loves languages and teaching them to students who love learning them.

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ÉCOLES / SCHOOLS

Bukharao UZBEKISTAN

Ouzbekistan et Kazakhstan : deux nouveaux campus sur la route de la soie Uzbekistan and Kazakhstan: two new campuses on the Silk Road

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amarcande, Khiva, Boukhara... Ces noms tiennent de la légende et pourtant elles existent, ces villes-oasis qui donnent corps aux lointaines caravanes de la soie. On peut aujourd’hui les admirer et savourer l’art de recevoir propres aux Ouzbeks. Plus au nord, l’accueil est le même au Kazakhstan, royaume de la steppe et des nomades, 9ème pays du monde par sa superficie, offrant des paysages somptueux. L’ambiance mille-et-unenuits laisse place ici à la force de la nature ainsi qu’à quelques réalisations architecturales futuristes. Une évasion dans l’un de ces deux pays, ou dans les deux, garantit aux visiteurs un voyage d’exception. Ouzbekistan et Kazakhstan sont différents l’un de l’autre mais en tant qu’anciennes républiques de l’URSS, ils partagent la langue russe et une organisation de l’enseignement similaire. Comme Vatel se tient toujours aux avant-postes du développement touristique, le groupe est souvent sollicité par les responsables académiques et économiques de nombreux pays. C’est ainsi que deux campus Vatel ouvrent leurs portes cette année : Vatel Nursultan au Kazakhstan, Vatel Boukhara en Ouzbekistan. “Développer le tourisme au Kazakhstan est devenu une priorité gouvernementale, fortement exprimée dans la stratégie 2050 qui en fait une priorité. Il faut que le pays dispose de professionnels hautement qualifiés et nous souhaitons que nos futurs diplômés relèvent le défi. S’il existe déjà plusieurs instituts publics et privés, l’implantation d’un partenaire français de la qualité de Vatel

Samarkand, Khiva, Bokhara... These are legendary names, yet they exist, these oasis-cities where caravans on the Silk Road always stopped. Now we can admire them and enjoy the Uzbek art of hospitality. A bit farther north, we’re greeted in the same way in Kazakhstan, kingdom of the steppe and its nomads, the nineth largest country in the world with its sumptuous landscapes. The ‘Thousand and one nights’ atmosphere here is superseded by Mother Nature as well as some futuristic architectural buildings. Traveling to one of these two countries, or to both of them, will guarantee visitors an exceptional trip. Both countries are different but as former USSR republics, they share the Russian language as well as a similar government and educational system. As Vatel is always at the forefront of touristic development, many economic and academic decision-makers from different countries contact us. This is how two Vatel campuses were opened this year: Vatel Nursultan in Kazakhstan, Vatel Bokhara in Uzbekistan. “One of the government’s priorities is to develop tourism in Kazakhstan, and this was set forth in its 2050 strategy. Our country must have highly qualified professionals and we’re hoping that the future alumni will meet this challenge. Though we already have several public and private schools, with the opening of a French partner of Vatel’s quality, we’ll certainly stand out. Our courses will have a dual degree, with our partner university and Vatel’s degree, an international one,


ÉCOLES / SCHOOLS

Nursultan KAZAKHSTAN

nous donnera un avantage certain. Notre formation délivrera un double diplôme, celui de notre université partenaire et celui de Vatel, international, sans que les étudiants aient à quitter le pays”, explique Yesmukhamed Nurakhmet, qui dirigera cette école créée avec l‘appui de Vatel Istanbul. Elle attend une vingtaine d’étudiants au départ et espère doubler ce nombre chaque année, y compris avec des étudiants de différents pays.

“Il faut que le pays dispose de professionnels hautement qualifiés et nous souhaitons que nos futurs diplômés relèvent le défi.” “Our country must have highly qualified professionals and we’re hoping that the future alumni will meet this challenge.”

En Ouzbekistan, la première promotion Vatel comptera déjà 50 étudiants. Traditionnellement ouverts au monde, polyglottes, ses habitants y accueillent déjà plusieurs millions de touristes et des milliers d’étudiants. C’est dire si le nouveau campus s’attachera à cultiver cette tradition en attirant des jeunes de différents pays dans la capitale de l'empire des Samanides, si riche en monuments historiques que l’UNESCO en a classés 140 ! A Vatel, les étudiants pourront suivre le programme de Bachelor, réparti ici sur quatre ans, avec beaucoup d’anglais en première année. Comme toujours au sein du groupe Vatel, ces deux nouvelles écoles seront attachées à la mise en place de l’enseignement pratique avec des établissements hôteliers partenaires. n

without requiring our students to go abroad,” explained Yesmukhamed Nurakhmet, who will direct this school founded with Vatel Istanbul’s support. It is expecting twenty students to begin and hopes to double this number each year, including students from other countries.

In Uzbekistan, the first class already has 50 students. Traditionally open to others, polyglots, its inhabitants already open their arms to several million tourists and thousands of students. The new campus will of course strive to cultivate this tradition by attracting students from other countries into the capital of the Samanid Empire, with its myriad of historical monuments, 140 of which have been UNESCO classified! In Vatel, students can do the Bachelor program, here over a fouryear period, with extra English courses in the first year. As always in Vatel Group, these two new schools will put in place professional experience weeks with partner hotels.n

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Entreprendre à deux et manger du Lyon A duo of entrepreneurs in Lyon

Thibault SALVAT et Mathieu COCHARD 2008 Vatel alumni

"A la fin de nos années Vatel, nous nous étions promis de faire quelque chose ensemble. Nous étions parfaitement complémentaires : un développeur associé à un gestionnaire. Et le désir d’entreprendre était là, présent en nous." Et c’est ainsi qu’en moins de cinq ans, le binôme Mathieu Cochard et Thibault Salvat – 35 ans chacun - ouvre un Hard Rock Café, un restaurant bistronomique dans le plus bel édifice baroque de Lyon et deux autres restaurants sous d’autres concepts en 2020... Et ce n’est pas fini ! “When we graduated from Vatel, we promised ourselves that we’d work together. We were completely complementary: a developer and a manager. Plus, we already knew that we wanted to open our own company.” This is how in less than five years, the Mathieu Cochard and Thibault Salvat duo each of them 35 - opened a Hard Rock Cafe, a gourmet bistro in Lyon’s most beautiful baroque building and two other themed restaurants in 2020... And it’s not over yet!


VATELIENS

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erial Restaurateurs ? Pourtant, interrogez Mathieu sur son Serial Restaurants? Well, let’s ask Mathieu about his background: he’ll parcours : il vous expliquera dans un sourire qu’en bon fils de explain that as his parents owned a restaurant, he promised himself restaurateurs, il s’était promis de ne jamais suivre cette voie. he’d never follow in their steps. But after he went to the university for Mais un passage éclair à la fac le conduit à se remettre en question. a short time, he changed his mind. And when he met Mrs. Sebban, the Sa rencontre avec Madame Sebban, cofondatrice du groupe Vatel, le Vatel Group co-founder, his decision was clinched. He’d go to Vatel décide. Ce sera Vatel Lyon. Le projet de vie se dessine. Lyon. He honed his project. La scolarité passe vite et Mathieu et Thibault, les deux diplômés, School went by quickly and Mathieu and Thibaut began working after s’engagent dans la vie professionnelle. Chacun de son côté mais comme graduation. Each one in different jobs, but they always stayed in touch. promis, sans se perdre de vue. Ils se retrouvent un jour salariés du même One day they both found themselves working for the same hotel in établissement à Genève. C’est le moment de créer enfin cette entreprise Geneva. This was when they decided to found the company they’d dont ils rêvent car ils se sentent très complémentaires. Une opportunité been dreaming of, as they were very complementary. An opportunity à Lyon, la ville de leurs études, leur permet de conquérir la Capitale in Lyon, where they both went to school, allowed them to conquer des Gaules sur des notes de rock : "Nous avions entendu parler du the city using rock music: “We’d heard about the success of the succès du Hard Rock Café de Marseille et découvrons alors que la Marseille Hard Rock Cafe and we found out that the chain wanted chaîne souhaite s’implanter à Lyon. Nous avons immédiatement établi to expand in Lyon. And we were there for them!” Mathieu adds. They la connexion !" raconte Mathieu. Ils ouvrent ainsi le premier Hard Rock thus opened the first Hard Rock Cafe in Lyon, in a building ideally Café de la métropole lyonnaise, dans un immeuble idéalement situé sur located downtown, in a busy street. The City was delighted when the une artère clé, en plein centre. La Ville voit d’un très bon œil s’implanter Cafe opened, because it strengthened its image as an international cette enseigne qui renforcera son image internationale de plus en plus destination. It gave a helping hand to the two young entrepreneurs. affirmée. Ses services appuient efficacement les jeunes entrepreneurs. Getting the best loan, negotiations with the owner, recruitment of a Tournée des banques, négociations avec le propriétaire, recrutement team now employing roughly fifty, etc. A success. “We’re aware of our d’une équipe qui réunit aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs... complementarity and we both know our limits, that’s why neither of us C’est le succès. "Nous sommes conscients de nos complémentarités et have the same functions or even the same jobs, even when one of us nous connaissons chacun nos limites, c’est pourquoi nous n’intervenons has to help out in the kitchens or at the bar!” says Thibault. pas l’un et l’autre sur les mêmes fonctions ou les mêmes tâches, même The Hard Rock Cafe was a resounding success. This story could lorsqu’il s’agit de donner un coup de have ended here, but it didn’t. In 2019, main en cuisine et au bar !" témoigne with two other partners, the two friends Thibault. opened the Grand Réfectoire, a gourmet “Nous sommes conscients de nos Le succès du Hard Rock Café est au bistro in the Lyon Hotel Dieu, an iconic rendez-vous. L’histoire pourrait s’arrêter building, classified as a historical complémentarités et nous connaissons là mais en fait, tout s’enchaîne. En monument, that has been totally chacun nos limites...” 2019, avec d’autres associés, les deux renovated. The 21st century brasserie amis ouvrent le Grand Réfectoire, un spirit in a convent, but this convent restaurant bistronomique à l’Hôtel opens its doors to everyone! Investment “We’re aware of our complementarity Dieu de Lyon, un lieu emblématique is key. Mathieu speaks of it calmly, as and we both know our limits...” classé monument historique, if the peace of mind in this venue has entièrement rénové. L’esprit brasserie affected him. du XXIe siècle entre en quelque sorte Other projects, with different concepts au couvent, mais toutes portes grandes ouvertes ! are piling up: a pizzeria seating 250 right next to the new Ikea store, L’investissement est de tout premier plan. Mathieu en parle en toute expected to have over 3.6 million customers per year in the outskirts tranquillité, comme si la sérénité des lieux déteignait sur lui. of Lyon. And a Dean & David exclusive franchise in the AuvergneD’autres projets, sur des concepts très différents, se bousculent : une Rhône-Alpes region. The two entrepreneurs will progressively open pizzeria de 250 couverts adossée au tout nouveau magasin géant Ikea, restaurants for this German chain. And this when Le Grand Réfectoire qui accueillera plus de 3,6 millions de clients par an en périphérie is just over a year old and the Hard Rock Cafe hasn’t even been open lyonnaise. Et une franchise Dean & David en exclusivité dans la grande for four years! région française d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les deux entrepreneurs implanteront progressivement des restaurants de cette chaîne allemande. MANAGEMENT MEANS LEARNING Et tout cela alors que le Grand Réfectoire n’a guère plus d’un an et le “When you’re a manager, you have to know how to replace a cook in Hard Rock Café moins de quatre ! the kitchens, spend a whole day behind your computer screen, speak with your employees as well as your banker or the mayor of Lyon, ENTREPRENDRE, C’EST APPRENDRE how to join a network, and above all, how to give back to those who "Entreprendre, c’est savoir alternativement remplacer un salarié have given to you,” Mathieu explains. This reminds him of the Vatel absent en cuisine, passer une journée derrière un ordinateur, parler spirit: “the manager would tell us: ‘Learn how to present a dish before aussi bien avec nos collaborateurs qu’avec les banquiers ou le maire thinking you know how to manage!’” de Lyon, nous insérer naturellement dans un réseau, et surtout rendre Vatel is truly a “school of life,” he adds. And Thibault continues: “Of à tous ceux qui nous ont donné », explique Mathieu. Cela lui rappelle course, no school can really prepare you to found a company because you learn by doing, especially for managing your team members, which l’esprit Vatel :“Le directeur nous disait : "apprenez à savoir présenter une assiette avant de vous prendre pour un manager !" is something that is fantastic, but extremely hard to do. But with Vatel, Vatel s’est révélée être une véritable "école de la vie" ajoute-t-il. Et you acquire excellent basic knowledge to progress in your profession.” Thibault de préciser : "Certes aucune école ne prépare vraiment à Giving back to Vatel? That’s for instance, recruiting interns who, as la création d’entreprise car on n’apprend jamais mieux que sur le time goes by, will perhaps themselves become entrepreneurs too! n terrain, notamment le management humain qui représente ce qu’il y a de plus beau et de plus difficile. Mais Vatel permet d’acquérir de très bonnes connaissances de base pour évoluer professionnellement." Rendre à Vatel ce que Vatel leur a apporté ? C’est par exemple recruter des stagiaires qui deviendront, qui sait, à leur tour entrepreneurs ! n

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"Prendre le temps de réaliser ses rêves" "Take time to make your dreams come true" Connaître une étonnante évolution au sein d’un grand groupe hôtelier et traverser l’Amérique Latine en moto comme en son temps Che Guevara : on peut faire les deux quand on est Vatélien, passionné et ouvert au monde ! Mathieu Saas, diplômé de Vatel Paris, a rencontré le groupe Accor en effectuant son stage de fin d’études au Sofitel de Montréal. L’étudiant fait ses preuves et se voit nommé assistant chef de réception dans ce bel établissement de centre-ville. Deux ans plus tard, toujours au sein du groupe, il devient responsable d’hébergement au Novotel de Maffliers, en Ilede-France. La pertinence des questions qu’il adresse à rythme soutenu au siège du groupe, en matière de Distribution et Digital, le fait repérer comme étant “créatif ” : le groupe le nomme alors responsable du déploiement des outils de distribution et de gestion en France, puis en charge du plan digital en Europe du Sud et Afrique avant de gravir la marche qui le hisse au poste de directeur digital, informatique et distribution sur l’Italie, la Grèce et Israël, avec une centaine d’hôtels sous sa coupe. Chemin faisant, il s’installe à Milan, boostant au passage ses compétences linguistiques. Une réorganisation au sein d’Accor l’amène à suspendre sa collaboration avec le groupe. Il met à profit quelques mois de liberté pour entreprendre un grand voyage à travers l’Amérique Latine. Un stage de perfectionnement en espagnol, une moto achetée en Bolivie et revendue ailleurs… Et au cœur de ce périple, enseigner l’anglais dans un petit village reculé de Colombie, là où l’électricité ne parvient que quelques heures par jour. “Prendre le temps de réaliser ses rêves, c’est essentiel”, explique-t-il. Nous le retrouvons aujourd’hui au sein du groupe Grape Hospitality operateur propriétaire et gestionnaire de 87 Hôtels et 70 Restaurants en Europe. Having promotion after promotion in an international hotel chain and crossing Latin America on a motorbike just like Che Guevara did: when you’re an impassioned Vatelien and open-minded, you can do both! Mathieu Saas, a Vatel Paris alumnus, discovered Accor group when he was doing his final internship at the Montreal Sofitel. As they were very satisfied by his work as a student, he was quickly promoted to the post of front desk manager in this beautiful hotel in the city center. Two years later, still in the same group, he was promoted as the rooms division manager at the Maffliers Novotel, in Ile-de-France. Because of the many questions he addressed to the group’s head office concerning Distribution and Digital technology, he was pinpointed as being “creative.” The group thus promoted him to manage the distribution and administration tool roll out in France, then he was put in charge of the digital plan in Southern Europe and Africa, before being promoted once again as the digital, IT, and distribution manager in Italy, Greece, and Israel, for roughly a hundred hotels. He then moved it Milan, where of course he became fluent in another language. When Accor group was reorganized, he decided it was time for him to leave. He decided to take advantage of the few months of liberty he had to travel through Latin America. He took Spanish lessons, bought a motorcycle in Bolivia, sold it in another country... And during this trip he also taught English in a little village in the middle of nowhere in Colombia, a place where the electricity only worked a few hours per day. “You have to find the time to make your dreams come true,” he says. Today he works for the Grape Hospitality group, an operator, owner and manager of 87 hotels and 70 restaurants in Europe. www.grape-hospitality.com Mathieu SAAS M1 2007, Vatel Paris Project Director Italy, Grape Hospitality Group


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Vatéliens Juniors : tout juste diplômés, déjà en poste Junior Vateliens: newly grads already hard at work

Tout un parcours à Vatel His entire education at Vatel

Le parcours étudiant de Serguei Aver l’a conduit de Suisse aux Philippines, puis de Suisse aux USA. Et tout cela pour un rêve : vivre à New York ! Encore fallait-il séduire les entreprises américaines… Il intègre alors Vatel, plus précisément l'école de Martigny en Suisse, dont il apprécie le niveau élevé, la rigueur et l’enseignement théorie/expérimentation qui, pense-t-il, "fait plus tard gagner du temps". En fin d’année, il pose sa candidature au programme Marco Polo, qui offre aux étudiants la possibilité d’effectuer une année académique dans un autre campus Vatel que celui d’origine. Il est retenu. Cap sur Manille ! Et même sur la Chine où il effectue un stage de six mois. En Asie, Serguei découvre l’interculturalité tout comme il prend conscience de la richesse culturelle que détiennent les codes de l’hôtellerie traditionnelle. Son rêve américain reste, lui, intact. Sitôt le Bachelor validé, il poursuit sa formation à Vatel San Diego. Une manière d’intégrer les connaissances et l’état d’esprit propres aux entreprises américaines, voire de commencer à se constituer un réseau. Alors s’ouvrent les portes de New York ! La société Bagatelle l’engage en tant qu’operation manager. Puis il rejoint Petrossian. Une simple rencontre a convaincu le spécialiste du caviar de s’adjoindre les compétences de cet "européen newyorkais", capable de créer des ponts fructueux entre acteurs du luxe, de la restauration et des transports des deux côtés de l’Atlantique. As a student, Serguei Aver studied in Switzerland, then in the Philippines, back to Switzerland, and then in the USA. All of that to fulfill a dream: living in New York! He still had to attract American companies though... This is when he decided to study at Vatel, in Martigny, Switzerland, because he appreciated its high level, its thoroughness and courses including theory and practical application, thinking they “would save time late on.” At the end of the year he applied for the Marco Polo program, which gives students an opportunity to do one academic year in a different Vatel campus. And he was accepted. Manila, here we come! And even in China, where he did a six-month internship. In Asia, Serguei discovered a cross-cultural life and became aware of the cultural wealth holding the keys unlock the traditional hospitality industry codes. He still had his American dream, though. After he graduated with his Bachelor, he continued at Vatel San Diego. A way to understand the frame of mind and knowledge that American companies have, as well as starting to build a network. Then doors opened for him in New York! He’s hired by Bagatelle as their Operations Manager. After that, he joined Petrossian. Just one meeting with him and the caviar specialist was convinced of the skill sets this “New Yorker and European” had, someone who could build bridges between players in the world of luxury goods, restaurant services, and transportation on both sides of the Atlantic. Serguei AVER 2017 Vatel alumnus Boutique General Manager & Project, Petrossian


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Vatéliens Juniors : tout juste diplômés, déjà en poste Junior Vateliens: newly grads already hard at work

L’hospitalité du Community manager Hospitality of the Community manager

“Notre professeur des Ressources Humaines avait bien raison de nous pousser à utiliser LinkedIn : en passant par ce réseau social pour contacter un responsable de l’Évian Resort, j’ai obtenu un stage de community manager qui s’est transformé en emploi ! J’ai eu de la chance.” témoigne Edouard Guibaud. De la chance peut-être, celle de retrouver la Haute Savoie et la montagne alpine qu’il affectionne. Mais une chance qu’il a su méthodiquement préparer. Après deux années de droit, le jeune homme s’est orienté vers le management hôtelier, pensant alors se diriger soit vers les RH – “le choix de la raison” - soit vers le marketing, “celui du cœur” ! Le cœur l’a emporté. Amateur d’art et de photo, formé à Vatel Lyon, il présentait le profil idéal pour devenir community manager au sein du vaste ensemble de l’Évian Resort, pôle central de la ville thermale du Lac Léman. Là, il crée des contenus pour les différents comptes sociaux des établissements, modère les commentaires et répond aux questions des internautes sur les plateformes de voyage, participe à des actions transversales au sein d’une équipe marketing forte d’une douzaine de collaborateurs, dont trois sont voués au digital. L’offre d’Evian Resort se compose de deux hôtels (Hôtel Royal et Hôtel Ermitage), d’un golf, d’une salle de concert, d’un casino, sans oublier les thermes d’Évian-lesBains. Par conséquent, le Vatélien se sent chez lui : “En circulant constamment au sein des différents établissements, je me trouve au contact quotidien des directeurs, des chefs, pâtissiers et sommeliers, tous ces professionnels dont notre politique de communication fait des "ambassadeurs".” Ses principaux outils de travail ont beau se nommer Instagram, Facebook, Youtube, Pinterest... son métier est donc plus que jamais inscrit dans l’univers de l’hospitalité, sens relationnel et souci du détail chevillés au corps. “Our Human Resources professor was right when he told us to use LinkedIn: when I used this social networking service to contact the manager of Evian Resort, I got an internship as their community manager and after that they hired me! I was lucky,” Edouard Guilbaud says. Lucky, yes he was, lucky to go to the Haute Savoie and its alpine mountains that he loves. But luck that he methodically prepared. After two years of law school, he decided to continue in hotel management, thinking he’d work in the HR department - “the practical choice,” - or in marketing “my heart’s choice.” And the winner was... his heart! An art and photo buff, educated at Vatel Lyon, he had the ideal profile to be Evian Resort’s community manager, one of the main departments of this spa town near Lake Geneva. He creates content for the various social networking sites hotels have, manages comments and answers questions internet users have on travel platforms, takes part in transversal actions with the other twelve members of his marketing team, three of whom only work with digital technology. Evian Resort has two hotels (Hotel Royal and Hotel Ermitage), a golf course, a concert hall, a casino, without of course forgetting the Evian-les-Bains spa. This Vatelien feels right at home here: “As I constantly visit different hotels and venues, I’m in contact with their managers, chefs, pastry cooks and wine stewards, all of these professionals that we promote in our communication as “ambassadors.” Though his main tools are called Instagram, Facebook, YouTube, or Pinterest, his job is a very important one in the hospitality industry, requiring vast interpersonal skills and an eye for detail. Edouard GUIBAUD 2019 Vatel alumnus Community manager, Évian Resort


GRAND ANGLE / FOCUS ON

LA RÉVOLUTION DU TOURISME EN CHINE THE CHINESE TOURISM REVOLUTION Le pays le plus peuplé du monde met en place une industrie touristique marquée autant par le nombre que par l’exigence de qualité qu’impose une clientèle aisée. L'hôtellerie doit s'adapter. Vatel prépare les futurs managers et directeurs aux spécificités de ce marché complexe. The most populous country in the world has put in place a tourist industry taking into account the number of visitors and the demand for high quality its affluent clients have. The hospitality industry must adapt itself. Vatel prepares future managers and directors to tackle the specificities of this complex market. Campus Vatel Huangshan

L Clés Plus de

6 milliards DE VOYAGES DOMESTIQUES (touristes chinois en Chine) en 2019

63 millions DE TOURISTES ÉTRANGERS en Chine (2018)

3 Campus Vatel EN CHINE : Huangshan, Kunming, Suzhou

e tourisme domestique chinois est devenu, de très loin, le premier au monde. Par millions, les Chinois se rendent sur les sites naturels dont regorge leur immense pays. Ils vont à la rencontre d’un patrimoine historique de plusieurs milliers d’années. Ou tout simplement, ils profitent de congés payés acquis depuis une vingtaine d’années pour se rendre à la plage. Pour accompagner cette révolution culturelle, l’hébergement doit être au rendez-vous. Le nombre d’ouvertures d’hôtels explose : 2 000 établissements, soit 415 000 chambres, étaient en construction en 2019. Et 700 autres (150 000 chambres supplémentaires) sont prévues dans les prochains 12-24 mois. La moitié des hôtels ouverts dans la fertile région Asie-Pacifique sont situés en Chine. Les majors voient dans cet immense marché une manne, surtout pour leurs marques milieu de gamme. Ils ouvrent des établissements de plusieurs centaines de chambres. "Tout va très vite. D’ailleurs l’enjeu ne se situe déjà plus dans les villes phares, mais dans les cités de deuxième ou troisième rang, des capitales régionales dont les populations se comptent quand-même par millions." souligne Aline Renard-Wang, en charge du développement international du groupe Vatel. 65 villes chinoises sont millionnaires en habitants. Les 32 provinces en comptent en moyenne 50 millions chacune. Les groupes américains, européens, japonais, indiens, ont rapidement été rejoints par de nouveaux entrants chinois. Premier d’entre eux, le groupe hôtelier Jinjiang rassemble 12 000 hôtels sous sa bannière, sous différentes marques. Et puisque les Chinois commencent à visiter le monde - un peu plus de 6 millions ont voyagé à l’étranger en 2019 - ce groupe veut s’exporter pour les accueillir. Il s’est offert en 2015 le français Louvre Hotels (hôtels Campanile entre autres) puis en 2018 l’américain Radisson.

Chinese domestic tourism has become, by far, the largest in the entire world. Millions of Chinese visit the many natural parks their huge country has. They appreciate a historical heritage that is several thousand years old. Or simply go to the beach, with their annual vacation time acquired in the last twenty years. To accompany this cultural revolution, they have to have a place to stay. The number of hotels being opened is exploding: 2,000 hotels with 415,000 rooms were built in 2019. And another 700 (an extra 150,000 rooms) are planned in the next 12-24 months. Half of the hotels open in the fertile Asia-Pacific region are in China. The main ones see this as a huge asset, especially for their mid-range brands. They are opening hotels with several hundred rooms. “Things are going quickly. The stakes are no longer in the largest cities, but rather in the second or third largest ones, regional capitals who have a population of a few million people,” Aline Renard-Wang in charge of international development for Vatel Group says. There are 65 Chinese cities with a population of over one million. The 32 provinces have on average a population of 50 million each. American, European, Japanese and Indian groups have rapidly been joined by new Chinese ones. The leading one is Jinjiang group, with 12,000 hotels in its portfolio and different brands. And as Chinese people are starting to visit the world - a bit over six million travelled abroad in 2019 this group would like to go abroad too to host them. In 2015 it acquired the French Louvre Hotels group (Campanile hotels among others) and in 2018 the American Radisson group.

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Temple des trois pagodes Dali, Yunnan Temple of the Dali’s three pagodas, Yunnan

Keys Over

6 billion DOMESTIC TRIPS Chinese tourists in China (in 2019)

63 million FOREIGN TOURISTS in China (2018)

Three Vatel Campuses IN CHINA: Huangshan, Kunming, Suzhou

TRADITIONS ET NOUVELLES VALEURS ÉDUCATIVES

TRADITIONS AND NEW EDUCATIONAL VALUES

"Ayant vécu en Chine de 1990 à 2019, j’ai connu la Chine “As I lived in China from 1990 to 2019, I experienced Deng de Deng Xiaoping - avec un niveau de service inexistant - et Xiaoping’s China - with an abysmal service level - and now désormais la présence d’hôtels de classe internationale qui there are international hotels with not just 5 stars, but 6!” revendiquent non pas 5, mais 6 étoiles !” témoigne Paul says Paul d’Azemar, who now manages Vatel’s international d’Azémar, qui anime aujourd’hui le réseau international network throughout the world. “These changes didn’t take de Vatel dans le monde. “Ces place without a huge amount of transformations ne se sont pas training, and 99.9% of it was local réalisées sans un énorme effort de staff. Why were they only local? formation, et à 99,9 % de formation Because Chinese people speak in de personnel local. Pourquoi local Chinese and the staff has to speak seulement ? Parce que les Chinois La reconnaissance du groupe Vatel this language! Only a handful of parlent chinois et que le personnel senior executives are expats who est désormais forte en Chine. doit donc parler cette langue ! Seule have no contact with clients.” une poignée de hauts managers est Vatel Group is now constituée d'expatriés qui ne sont In 1995, when he first set foot in pas en contact avec la clientèle." this country to make Vatel more well known in China. well known, Alain Sebban was En 1995, quand Alain Sebban arpente le pays pour la one of the very first executives of a business school to première fois en vue d’y faire connaître Vatel, il est l’un attempt such an adventure. He got in before the others des tout premiers dirigeants d’écoles de management à did. So much so that now, Vatel Group has three campuses tenter pareille aventure. Il prend de l’avance. À tel point in China and is getting ready to open a fourth one. Also qu’aujourd’hui, le groupe Vatel dispose de trois campus Chinese authorities are asking Vatel to set up exchanges et s’apprête à en ouvrir un quatrième. À tel point aussi between professors, French nationals are requested to train que les autorités chinoises demandent à Vatel d’organiser their colleagues in courses with discussions, participation des échanges de professeurs, les Français étant chargés de and self-affirmation, educational values that the local former leurs collègues pour développer un enseignement professors have not yet embraced. Vatel Group is now construit sur l’échange, la participation et l’affirmation well known in China. The presence of its leaders in the de soi, des valeurs éducatives auxquelles les mentalités delegation that accompanied Emmanuel Macron, the locales ne sont pas encore préparées. La reconnaissance French president, when he visited Beijing last November, du groupe Vatel est désormais forte en Chine. La présence reinforced these positions and shared trust. n de ses dirigeants dans la délégation accompagnant le président français Emmanuel Macron, lors de sa visite à Pékin en novembre dernier, a conforté ces positions et cette confiance mutuelle. n


GRAND ANGLE / FOCUS ON

LE RWANDA S'ENGAGE DANS UN TOURISME RÉFLÉCHI RWANDA CULTIVATES REFLECTIVE TOURISM

Akagera National Park Lever de soleil / Sunrise

Marqué par une histoire douloureuse, le Rwanda connaît un nouvel essor économique et émerge à l’international, plus déterminé que jamais, comme destination touristique de choix. La première fois, on s'y rend pour observer les gorilles. Mais très vite, ses paysages fantastiques, la richesse de sa culture et l’incroyable volonté constructrice de son peuple s’imposent au visiteur qui a tôt fait de reprendre des billets pour sillonner plus longuement les routes impeccablement goudronnées du pays des mille collines. Multiplication des éco-lodges, suppression du plastique à usage unique, respect du bienêtre animal : le Rwanda a compris ce que le voyageur d’aujourd’hui recherche, mais a également très bien saisi que protéger sa nature, c’est préserver ses ressources sur le long terme. Une politique de développement touristique intelligente, mesurée et écologique. Impacted by its painful history, Rwanda is now enjoying a new economic boom and is becoming, with more determination than ever, a leading international tourist destination. Tourists go for the first time to see gorillas. But as they are quickly drawn to its fantastic landscapes, the wealth of its culture and the incredible determination its inhabitants have to rebuild the country, visitors often can’t wait to purchase tickets to stay even longer next time, wandering down the perfectly paved roads in the Land of a Thousand Hills. Multiplication of ecolodges, ban on one-use-only plastic, respect of animal well-being: Rwanda has understood what today’s tourists are seeking, but has also understood that protecting its natural environment rhymes with preserving its resources over the longterm. An intelligent, well thought-out and ecological tourist development plan.

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Akuna Matata Lodge

MISER SUR UN TOURISME DE LUXE RESPECTUEUX DE L'ENVIRONNEMENT

BUILDING UPON LUXURY TOURISM RESPECTFUL OF THE ENVIRONMENT

Dans un pays de la taille de la Bretagne et d’une population In a country that’s only as big as Brittany, with nearly 13 million de près de 13 millions d’habitants, le tourisme de masse est inhabitants, mass tourism is not an option. Even worse, should it inenvisageable. Pire, s’il se développait, il serait néfaste tant pour develop, it would harm both the Rwandese and their environment. les Rwandais que pour leur environnement. Après le génocide After the 1994 genocide and the first years of reconstruction of the de 1994 et les premières années de reconstruction du pays, country, the government nonetheless aimed to open the country to la volonté du gouvernement a pourtant été d’ouvrir le pays à other nations. Tourism has boosted the economy, now attracting l’international. Véritable booster d’économie, le tourisme attire both investors and travelers. Rwanda understood that an increase aujourd'hui investisseurs et voyageurs. in the number of visitors had to go Le Rwanda a compris qu’il était hand-in-hand with a true commitment indispensable de coupler l’accroistowards ecology. Many initiatives make sement des visiteurs avec un véritable this little African country a pioneer in engagement pour l’écologie. De sustainable development: a ban on De nombreuses initiatives font de ce plastic bags since 2004, the vote of a law nombreuses initiatives font de ce petit pays africain, un pionnier banning one-use-plastic in 2019, and petit pays africain, un pionnier du du développement durable : le the restoration of two million hectares développement durable... bannissement des sacs en plastique of degraded land, a construction project en 2004, le vote d’un projet de loi to build tomorrow's cities into 100% préconisant l’interdiction du plastique Many initiatives make this little African sustainable ones... In gorilla country, à usage unique en 2019, la restauration things are changing. And they’re country a pioneer in sustainable de 2 millions d’hectares de terres changing quickly! development... dégradées, l'amorce d'une politique de construction des villes du futur 100% President Paul Kagame’s focus is clear: durables… Au pays des gorilles, en matière d’écologie, les aiming for luxury tourism. One night in the best ecolodges costs choses bougent. Et elles bougent vite ! nearly 1,000 USD and a permit to see the gorillas about 1,500 USD. This is a strategy where a profit can be made by hosting L’angle d’attaque du président Paul Kagame est clair : privilégier a limited number of visitors, one where the country does not un tourisme de luxe. Une nuit dans les meilleurs éco-lodges develop at a frantic pace, but rather at a reasonable one. avoisine les 1 000 $USD et un permis de voir les gorilles coûte environ 1 500 $. C'est une stratégie qui permet d’engranger des THE ROLE PLAYED BY MEMORY bénéfices tout en accueillant un nombre de visiteurs restreint, Planning a country’s economic and touristic development, trying to de ne pas se développer à vitesse effrénée mais plutôt de façon decrease its carbon footprint or how well its environment is doing, raisonnée.


GRAND ANGLE / FOCUS ON

LE RÔLE DE LA MÉMOIRE

these things can only be done during times of peace. Peace that was necessary, but not evident 26 years ago, right after the Envisager le développement économique et touristique d’un genocide. Yet, today both victims and their former executioners pays, pouvoir s'inquiéter de son empreinte carbone ou de la coinhabit without vengeance or revenge. This is a superb example bonne santé de son environnement, cela n’est possible qu’en of resilience: rebuilding without minimizing the seriousness and temps de paix. Une paix nécessaire qui n’était pas évidente, il violence of what took place. The poignant Kigali Memorial y a 26 ans, au lendemain du génocide. Pourtant, aujourd’hui, is a testimonial to the easing of tensions President Kagame victimes et anciens bourreaux cohabitent recommended. “Rwanda is a very ‘safe’ sans esprit de vengeance. C'est un superbe country,” explains Emma Lesideau, a exemple de résilience : reconstruire sans French national born in Rwanda who minimiser la gravité et la violence des decided to return here. “First, because any évènements. Le poignant mémorial de infractions are punished by prison terms, Kigali témoigne de l’apaisement prôné “Ici, on assume pleinement but I also think that because we witnessed par le Président Kagame. “Le Rwanda est all these terrible events, people are now un pays très “secure”, explique Emma qu’à compétences égales, on disgusted by violence.” Lestideau, française née au Rwanda qui préférera recruter une femme Progressing, growing together, more than a décidé de revenir y vivre. D’une part a mere commitment, this is a true need for parce que les délits sont punis de prison plutôt qu’un homme.” this country which is not only in advance mais je crois aussi parce qu’après avoir été for its stance on ecology but also for parity, témoins de tous ces évènements, les gens “Here we totally embrace as its government includes 50% of women. sont dégoûtés de la violence.” “Here we totally embrace the fact that with the fact that with identical Avancer, grandir ensemble, plus qu’une identical skills, we’d prefer to hire a woman volonté, c’est un besoin pour ce pays qui skills, we’d prefer to hire a rather than a man,” explains Emma. And n’est pas seulement en avance dans le to reduce these inequalities, Rwanda is domaine de l’écologie mais aussi dans woman rather than a man.” doubling its efforts. celui de la parité, son gouvernement étant composé pour moitié de femmes. “Ici, on assume pleinement qu’à compétences égales, on préférera recruter une femme plutôt qu’un homme” témoigne Emma. Et pour combler les inégalités, le Rwanda met les bouchées doubles. CHALLENGES Si celui qu’on surnomme la Suisse Africaine est en avance sur son temps dans bien des domaines, il lui reste cependant encore des défis à relever. Exemple concret, les jeunes femmes rwandaises commencent à se réaliser. Néanmoins, elles ont encore besoin d'être encouragées, voire poussées à entrer dans le monde professionnel. Alors, les usages changent, doucement, au quotidien, et évoluent avec l’apparition de nombreuses formations du supérieur, parmi lesquelles Vatel a, incontestablement, un rôle à jouer.

CHALLENGES The country nicknamed ‘Swiss Africa’ is ahead of its time in many fields, but there are still many challenges to be met. One example, young Rwandese women are just beginning to enter the workplace. They still need to be encouraged, or even pushed to apply for jobs though. But things are changing however, slowly but surely, and many schools of higher education are opening and Vatel is one of them, one that without the shadow of a doubt, has a key role to play. That’s also the spirit of hospitality: being open towards others, just like Rwanda that’s targeting international visitors and tourism; creating exchanges; contributing to the development of the country and the well-being of its population. n

Car c’est aussi ça, l’esprit de l’hôtellerie : s’ouvrir sur le monde, à l’image du Rwanda qui se tourne vers l’international et le tourisme ; créer des échanges ; contribuer au développement du pays et au bien-être de sa population. n

Kigali Convention Centre

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Rodrigues island, Mauritius. Rodrigues island, Mauritius

RODRIGUES, RESPONSABILITÉ À CIEL OUVERT RODRIGUES, SKY HIGH RESPONSIBILITY Une petite île du bout du monde peut soulever des questions essentielles. Comment être à la fois touristique et authentique ? Accueillante, moderne et sans plastique ? C’est son équilibre que Rodrigues tente, non de trouver, mais d’inventer. A tiny island in the middle of nowhere can pose essential questions. How can it be both touristic and authentic? Welcoming, modern, and without plastic? Rodrigues is not trying to reach the right balance, but to invent it.


GRAND ANGLE / FOCUS ON

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l y a des endroits, comme ça, dont on sait bien qu’il vaudrait mieux qu’on n’en parlât jamais, mais qu’on ne peut s’empêcher de raconter de long en large au premier venu à peine rentré. C’est le cas de Rodrigues – prononcez à la française, sans « s » –, écrin de terre prisonnier d’un lagon émeraude trop grand pour elle, qui l’éblouit tour à tour de vert, de bleu et même de jaune à chaque caprice du ciel. Rodrigues, c’est une île de 109 km2 à une heure et demi d’avion à l’est de Maurice, en plein cœur de l’océan Indien. Sa population, 42 000 personnes, vit pour l’essentiel de pêche à l’ourite (petit nom créole du poulpe), d’agriculture et de tourisme. Un tourisme à taille humaine, constitué d’hôtels familiaux de bord de mer et de multiples chambres d’hôtes nichées çà et là sur ses collines basaltiques. Son modèle, certes, doit se développer, mais ne compte pas pour autant se laisser submerger, comme le souligne Franchette Gaspard Pierre Louis, commissaire à l’Assemblée régionale (protectorat mauricien, l’île jouit d’une relative autonomie) : “Nous avons fixé une limite de 100 000 touristes annuels, afin de préserver un modèle de développement durable et harmonieux”, précise-t-elle.

There are places like that, ones you know you shouldn’t talk about, but ones you can’t stop winding on about to the first person you see as soon as you get back. This is the case for Rodrigues - pronounced in the French way, without saying the “s” - a little jewel of land imprisoned in an emerald green lagoon much too big for it, one that changes its hues from green, to blue and even sometimes yellow depending on the whims of the weather.

“Nous devons nous nourrir de l’exemple des autres et de leurs conséquences.” “We must feed upon the example of others and their consequences.”

L’HEURE DE L’INVENTION Echaudée par le modèle de son voisin, Rodrigues marque sa différence. “La quantité n’est pas un objectif en soi. Certaines régions ont regretté d’avoir cherché à maximiser leur nombre de touristes”, acquiesce Renaud Azéma, directeur de Vatel Mauritius et master franchisé pour l’Océan Indien, qui a proposé, il y a deux ans, de fonder une école Vatel ici, sur une colline surplombant ce lagon aux couleurs insolentes. Car l’île est consciente de sa fragilité : “Nous devons nous nourrir de l’exemple des autres et de leurs conséquences. Nous ne sommes pas dans l’optique de « rattraper » quelque retard que ce soit, mais d’inventer notre modèle”, insiste Franchette Gaspard Pierre Louis. Illustrations on ne peut plus claires de cette volonté : le bannissement de toute bouteille ou consommable en plastique (dont vous avez dû vous délester à l’aéroport) ; l’interdiction trois mois par an de la pêche à l’ourite ; l’interdiction du polystyrène ; l’horizon de 2030 pour que toute l’île fonctionne aux énergies renouvelables…

Rodrigues is a 109 km2 island an hour and a half by plane from Mauritius, smack in the middle of the Indian Ocean. Its population, 42,000 people, are mostly fishermen, fishing for ourites (the Creole name for octopus,) farmers, or take care of tourists. Human sized tourism, with family-owned hotels on the seaside as well as many bed and breakfast rooms up in the surrounding basaltic hillside. Its model must of course expand, but does not want to explode, says Franchette Gaspard Pierre Louis, a commissioner at the Regional Assembly (as a Mauritian protectoral, the island is relatively autonomous): “We’ve decided to limit tourists to 100,000 per year, to preserve a sustainable and harmonious development model,” she explains. TIME TO INVENT

Having experienced its neighbor’s model, Rodrigues is determined not to follow in its footsteps. “Quantity is not a goal in its own right. Some regions regretted that they tried to have a huge number of tourists,” Renaud Azema, the Vatel Mauritius director and Master Franchisee for the Indian Ocean, said. Two years ago, he had the idea of opening a Vatel School here, on a hill overlooking this lagoon with its unusual colors. Because the island is quite aware how fragile it is: “We must feed upon the example of others and not be aiming to ‘catch up’ to them, rather invent our own model,” insists Franchette Gaspard Pierre Louis. Clear illustrations of this determination: a complete ban on all bottles or consumables made from plastic (you have to leave yours at the airport); no ourite fishing for three months per year; polystyrene is also banned; and by 2030, the entire island will be run using renewable energies... MORE THAN A SCHOOL, AN OPENING

PLUS QU’UNE ÉCOLE, UNE OUVERTURE Rodrigues accueille donc désormais l'une des plus petites écoles du groupe Vatel. Pourquoi ce choix ? “L’essor du tourisme à Rodrigues ne fait guère de doute, estime Renaud Azéma. Il faudra l’encadrer, l’organiser et former des managers responsables.” Pour les Rodriguais, Vatel signifie plus encore : la possibilité de suivre des études supérieures sans devoir s’exiler à Maurice – un crève-cœur pour une population à forte tradition familiale. “La présence de Vatel nous donne aussi une visibilité internationale, qui nous permet de discuter avec des établissements de formation dans d’autres secteurs”, se réjouit la commissaire de l’Assemblée régionale. Un cercle vertueux bienvenu car, chacun en est convaincu, personne mieux que la jeunesse rodriguaise ne saura offrir à l’île la possibilité de développer son tourisme en restant verte, authentique, sereine et belle… si belle ! n

Rodrigues now has one of Vatel Group’s smallest schools. Why did we make this choice? “The tourism boom in Rodrigues is here,” Renaud Azema believes. “It must be managed, organized, and responsible managers must be educated.” For those living in Rodrigues, Vatel is much more than that: the possibility of having a higher education without having to leave for Mauritius - something that’s heartbreaking for this population with its strong family traditions. “The presence of Vatel also gives us international visibility, allowing us to discuss with other schools preparing different degrees,” the commissioner of the Regional Assembly adds, pleased. A welcomed virtuous circle as, each stakeholder is convinced of this, no population better than young Rodriguans is better equipped to develop the island’s tourism while remaining green, authentic, serine and beautiful... so very beautiful! n

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DON'T ‘‘IWANT

TO WAIT UNTIL 40 TO MAKE IT BIG !

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VATEL, THE 1ST WORLDWIDE BUSINESS SCHOOL GROUP IN HOSPITALITY AND TOURISM MANAGEMENT

9,000

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Vatel Group and its campuses throughout the world have won the “Best Hospitality Management School” award in the Worldwide Hospitality Awards Ceremony, competing against 42 prestigious international schools.