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SAHART 1997 - 2004 4 2

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Donation Valérie et Serge Barkowski

Fondation ONA


De tout temps, dans sa quête de la compréhension du monde, l’homme a oscillé entre la rationalité pure et l’émotion, les sciences exactes et la spiritualité, le chiffre et le verbe, le réalisme et le rêve… prouvant ainsi l’impossible dissociation entre esprit et matière ! De tout temps, il y a eu des hommes et des femmes de bonne volonté, qui ont oeuvré autant pour le progrès de la connaissance scientifique que pour le développement des arts et des lettres. C’est là un phénomène récurrent : depuis l’époque gréco-romaine, l’Empire arabo-perse jusqu’à l’époque contemporaine en passant par la Renaissance et le Siècle des Lumières ! Ce n’est donc point un hasard si, l’humanité, ayant désormais fait voeu de paix, s’attache plus que jamais à la diversité culturelle en tant que concept fédérateur et facteur de rapprochement des peuples ! Dans cette optique, la collection que j’ai à la fois le plaisir et l’honneur d’accueillir, est fort opportunément une double illustration de ce vécu historique : elle illustre autant la diversité culturelle que la grandeur d’âme des mécènes ! En effet, par la richesse esthétique, la variété des techniques et des thèmes, cette collection est une invite muette à la découverte de la diversité culturelle, telle que véhiculée par la sensibilité d’une multitude d’artistes issus de différentes communautés et ayant vécu sous différents cieux. Elle reflète en même temps l’esprit généreux d’une grande Dame fortement attachée aux arts ! Esprit généreux car désireux de “partager” avec autrui sans distinction aucune si ce n’est la croyance aux valeurs de paix et de tolérance. Esprit généreux car soucieux de favoriser l’élévation de l’homme vers sa condition la plus noble : celle qui fait de l’altérité un miroir dans lequel chacun se reconnaît ! Merci donc Mme BARKOWSKI de perpétuer un mécénat aussi désintéressé que soucieux du beau. Rachid SLIMI Président FONDATION ONA


Fondation ONA . Collection SAHART . Donation Serge et Valérie Barkowski

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“ J’ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. “ Arthur Rimbaud, Illuminations.

“- Le désir de partager, de rencontrer, de découvrir est la source de mon énergie, celle qui me permet de déplacer des montagnes. Ce vers d’Arthur Rimbaud évoque pour moi le plaisir qu’il y a à jouer le rôle du trait d’union, marier le possible à l’impossible, le rêve à la réalité, et parfois le hasard à la nécessité.“ Valérie et Serge Barkowski, Belges d’origine, sont des voyageurs à l’ancienne, de ceux qui aiment prendre leurs marques dans les lieux qu’ils découvrent, tisser des liens, engranger les émotions, additionner les expériences et façonner leur réalité. Si Serge Barkowski aujourd’hui nous a quittés, c’est ensemble qu’ils sont arrivés au Maroc et y ont vécu des années uniques. Après un séjour de trois ans à Moscou avec son mari, séjour durant lequel Valérie Barkowski se prend de passion pour l’art “contemporain soviétique”, faisant de nombreuses recherches et y exerçant la profession de courtière en œuvres d’art, ils décident de s’installer à Marrakech. Ils arrivent au printemps de 1996. Serge Barkowski, pour sa part, s’associe avec l’architecte belge Quentin Wilbaux, dans Marrakech Médina, l’une des toutes premières structures de réhabilitation à l’ancienne des maisons de la médina. Valérie, elle, la tête encore pleine d’images moscovites et le cœur battant au rythme des rencontres, décide, avec l’aide de son mari, de créer une fondation privée, relevant du seul mécénat. Dès l’automne 1996, elle y accueille ses premiers artistes. Au fil des années, ils seront plus de 40 à répondre à l’appel et cela jusqu’en 2004, venant de tous les horizons : marocains, russes, français, italiens, américains, espagnols, croates,

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belges, et de toutes les disciplines : graveurs, peintres, photographes, sculpteurs ou bien encore écrivains. Chaque artiste ayant résidé à la Fondation – à de rares exceptions près – a laissé, sous la forme d’un don d’œuvre, une trace de son passage. Chacune de ces traces témoigne d’une rencontre, d’un moment précieux passés dans un pays que, pour la plupart, ils ne connaissaient pas ou peu et que Serge et Valérie Barkowski leur ont permis de découvrir. Séjours après séjours, une importante collection, véritable mosaïque culturelle, directement inspirée de Marrakech et du Sud marocain, s’est constituée. Aujourd’hui, la Fondation a fermé ses portes à Marrakech. Valérie Barkowski ne s’estimant pas le droit de s’approprier cette mémoire riche des œuvres réalisées, souhaitait rendre à Marrakech et aux Marrakchis, complices impliqués de cette aventure, la jouissance de toute cette richesse. La rencontre avec Tania Chorfi, responsable du département des Arts à l’ONA fut déterminante. De cette rencontre naît une belle amitié ainsi que l’idée de faire don de la collection Sahart à la prestigieuse Fondation ONA, la mieux habilitée au Maroc pour l’accueillir et la faire connaître. Pour preuve, cette exposition et ce catalogue dont nous vous laissons tout le plaisir de la découverte.


Fondation ONA . Collection SAHART . Donation Serge et Valérie Barkowski

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Marrakech L’idée de départ était simple : “ Je souhaitais, quand je suis venue m’installer à Marrakech, donner aux artistes de ma connaissance, l’occasion de s’exprimer en toute sérénité, sans contrainte matérielle et cela dans un cadre propice à l’inspiration...“ Si, au début, les artistes invités étaient des proches ou des connaissances, très vite, il n’y eut d’autres critères de sélection que celui de la “rencontre”. Ces rencontres pouvaient être initiées de nombreuses façons : - Un vernissage au cours duquel l’on rencontre l’artiste exposant, comme cela s’est passé avec Nourreddine Chater. - Le fruit du hasard, ce qui fut le cas avec Eva Wagner, artiste autrichienne qui venait d’exposer à Casablanca et qui cherchait un lieu de vie et de travail à Marrakech; ou bien encore, tout comme avec Gennaro Cicalese, sur la base de la remise d’un dossier. Seul le principe de liberté a toujours guidé Valérie Barkowski. Une liberté revendiquée dans ses choix mais également dans celle qu’elle a toujours laissée aux artistes : “Je n’ai jamais choisi d’inviter tel ou tel artiste sur la seule base du fait que j’aimais ou pas son travail. Il arrive que la démarche d’un artiste soit intéressante, mais que l’on ne soit pas sensible à son résultat… Il arrive également que l’on soit touché par l’œuvre et non par son auteur.”

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Chacun a son médium d’expression. Le but de la fondation était de mêler les richesses et que se créent des échanges nés de rencontres. Marrakech, ville Rouge aux portes du désert, avait tout pour jouer le rôle du catalyseur : la lumière, les sons, les couleurs de la Médina bien sûr. Mais aussi l’univers des souks, la disponibilité des Marrakchis, le savoir-faire de ses artisans travaillant à “atelier-ouvert” permettant ainsi à certains artistes en résidence de redécouvrir des techniques oubliées, des matériaux qu’ils n’auraient jamais pensé intégrer dans leurs œuvres tel Hervé Ingrand, Sandra Cabezuelo-Bertozzi, Etienne Yver ou bien encore Frédéric Levy-Hadida. Les artistes-résidents étaient invités et pris en charge pour des périodes allant de un à trois mois. De manière à leur permettre de travailler en toute liberté, il fallut trouver un lieu adéquat. Un premier petit riad fut aménagé dans la Médina, près du palais de la Bahia. Outre les facilités de logement, il leur fallait également des espaces-atelier; c’est ainsi que la fondation s’installa à Dar Najma dès l’automne 1996. Les premiers artistes à venir en résidence furent deux Italiens : Giovanni Franzi et Gennaro Cicalese. Giovanni Franzi témoigne de manière révélatrice de l’importance que peut avoir ce type de dépaysement pour un artiste : “(...) tout (...) m’a vidé la tête de toutes les complications égocentriques, (…) j’ai commencé à vivre, simplement. Les tableaux que j’ai réalisés, Sciukran, Slurp, Camel Trophy (…) démontrent l’influence bénéfique de ce séjour sur l’expression formelle de ma thématique. Paradoxalement, j’ai progressé en peinture, dans un pays où la peinture n’existe pas en tant que telle.”


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Marrakech (suite) Giovanni Franzi n’est pas le seul à évoquer l’influence bénéfique — et parfois radicale — de sa résidence. L’un des témoignages les plus éloquents est celui de Aleksandar Zaar qui séjourna à la fondation en 2002 et 2003 : “Cette résidence a vraiment été déterminante pour mon travail. Elle m’a permis de mener à maturité beaucoup de choses, et par là de progresser de façon importante. J’étais à la Fondation en même temps que Frédéric Lévy-Hadida, François Lelong, Cyril Commarque et sa femme. Mes nombreux entretiens avec Frédéric m’ont permis de découvrir sa technique, celle du monotype, que je ne connaissais pas. Elle est encore aujourd’hui l’une de mes expressions. (…). La rencontre avec François Lelong a également été importante pour moi (…) Résider en un lieu avec d’autres artistes, être confronté à leur travail, montrer le sien, avoir le sentiment de prendre racine, de s’imprégner de l’atmosphère du lieu et de son rythme est sans doute, pour moi, la particularité la plus forte de cette expérience à Marrakech, particularité que je n’ai jamais retrouvée ailleurs...” Certains artistes en résidence ne parvenaient pas à travailler. Le choc du changement était trop intense. Trop d’images, trop de sons et de couleurs inconnues. Trop d’émotions comme le disait Sandra CabezueloBertozzi à la fin de son premier séjour, s’excusant presque de ne pas avoir “travaillé”. Ce n’est qu’après leur retour dans leur pays qu’ils comprenaient l’étendue des découvertes qu’ils avaient faites, la force des émotions ressenties. Ou bien encore lors d’un second séjour. Juan-Maria Puigvert, poète et peintre d’origine catalane,

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fut également dans l’incapacité de produire, trop intrigué par ce monde et cette culture qu’il ne connaissait pas. A l’inverse, d’autres, travaillèrent intensément, comme Etienne Yver dont les sacs de ciment — il a été l’un des premiers à les utiliser — jonchaient le sol de l’atelier au point que Valérie écrivait : “Il travaille énormément, et ses œuvres s’entassent dans les ateliers trop petits…“. Ou bien encore les monotypes de Fréderic Levy-Hadida qui tapissaient tout le patio du riad. Ou François Lelong, peintre Français, pour qui, à une certaine époque, le Maroc devint son lieu de “production” de prédilection comme il l’évoque dans l’une de ses lettres. D’autres artistes changèrent de médium d’expression; pour exemple, Tatiana Panova, jeune artiste russe, arrivée peintre et repartie photographe. Venant du “pays du froid“, elle est très vite “fascinée par l’intensité de la lumière du Sud marocain” et se met à travailler sur les jeux d’ombres. Elle séjourna plusieurs fois à Marrakech et continua le travail, initié ici, à Moscou. En mars 1999, revenue une dernière fois à Marrakech, elle eut l’occasion de partager sa recherche lors d’une exposition organisée à la galerie de Bab Doukkala. C’était cela aussi, l’idée de Valérie Barkowski. Faire partager, le plus souvent possible, jusqu’au bout, le plaisir de la découverte et des rencontres et, pour l’artiste, le meilleur aboutissement qui soit était l’exposition. Ce qui n’était pas évident à l’époque; à la fin des années 90, à Marrakech, il y avait peu de lieu pour exposer et il fallait déployer une grande énergie pour monter des expositions. Nous tenons à remercier tous ceux qui participèrent à cette dynamique, la ville de Marrakech qui mit à disposition la galerie de Bab Doukkala, le Ministero del Gusto qui a accueilli dans sa galerie certains artistes ayant résidé à la Fondation, tout comme Dar Zellig et l’Institut Français de Marrakech.


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Marrakech (suite) L’enthousiasme des artistes pour la Médina — à ce titre, l’expérience des carossas est amusante et révélatrice (voir encadré) — pour sa population, pour la ville de Marrakech et l’expérience de la résidence, nécessita très vite de s’agrandir. Aussi, en 1998, soit deux ans à peine après ses débuts, Valérie Barkowski déménagea les locaux de la fondation dans un riad plus spacieux, dans Derb Dabachi où elle a continué à accueillir, pendant près de six ans encore, des artistes de tous pays et toutes disciplines. Mais la vie de la Fondation ne s’est pas limitée à accueillir des artistes dans un riad. Très rapidement, Valérie et Serge Barkowski prirent conscience qu’il leur fallait aller plus loin.

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Après une période d’adaptation initiale au cœur de la ville, adaptation d’autant plus facile et rapide que l’équipe mise en place par Valérie afin d’accueillir les artistes était très chaleureuse, les artistes “se montraient curieux de découvrir d’autres aspects du Maroc. A l’époque, mon mari voyageait beaucoup, tant dans le haut Atlas que dans les régions sahariennes, et les artistes séjournant à la Fondation, bien souvent, avec grand plaisir, l’accompagnaient. Il parut opportun d’offrir aux artistes le désirant la possibilité de séjourner non seulement à Marrakech mais également dans d’autres régions du Maroc…”. Aussi, quelque part dans le désert, allaient s’écrire d’autres chapitres de l’histoire de la Fondation.

Valérie & Serge Barkowski


HervĂŠ Ingrand


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C’est là, en un lieu minéral au milieu des dunes sahariennes, que quelques tentes se sont temporairement dressées pour accueillir les artistes de la Fondation. Mais pourquoi là ? S’il faut en croire la mémoire de la Fondation, un beau jour de 1998, Serge Barkowski, accompagné d’Andreï Karpov et d’Ivan Kolesnikov, se serait arrêté, au cours de l’une de ses expéditions-découvertes, au lieu-dit Baghlou, au pied d’un village fantôme, perché sur un pic rocheux. Le site est fantastique, historique, il se trouve sur l’ancienne route des caravanes entre Tombouctou et Sijilmassa et serait notamment mentionné dans les chroniques de Léon l’Africain. Jusque-là, pourrait-on dire, rien que de très “normal” mais… Andreï Karpov en se promenant sur une des dunes de sable, proche du lieu, y aurait découvert une ancienne pièce d’or ! L’histoire est-elle vraie ? Ce qui l’est, c’est que la décision fut prise d’installer là quelques tentes sous la garde de Youssef, un nomade de la région. Youssef qui, très vite, avec sa petite famille deviendra un pilier de l’organisation comme en témoigne superbement le “journal de campagne“ d’Isabelle Lousberg, jeune photographe belge qui est restée trois semaines seule dans le désert en décembre 2000 (voir plus loin). Le campement a connu des périodes fastes, résonnant des bruits de voix et de travail de plusieurs invités, s’emplissant de l’écho des conversations et des confidences que l’on ne peut avoir nulle part ailleurs, les regards perdus, face à la lune. Il a compté jusqu’à 4 ânes, 30 poules et même un potager. Un point d’eau tout proche faisait de cet endroit un petit paradis terrestre.

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C’est là-bas, à plus de 5 heures de marche de tout autre lieu habité, que Tomas Naegerl, sculpteur-urbaniste autrichien a planté son projet fou de “Source” inspiré d’une ancienne coutume de puisage de l’eau. Il a réussi à faire travailler tout le monde, deux mois durant, sous un soleil de plomb pour tendre une bâche et récolter la rosée du matin. C’est là aussi que François Lelong a conçu et réalisé ses premières installations de Land Art et que Corinne Cauvin a réalisé un documentaire sur son travail; là encore qu’Isabelle Lousberg semait ses “boîtes miracles“ pour récolter des photos de paradis; là, enfin, qu’Etienne Yver fit “(…) de nombreux croquis qui furent la colonne vertébrale de l’exposition que je fis à ma rentrée en France et que j’appellerai Retour du Maroc. Je me souviens des nuits sous les étoiles à parler avec Valérie, à côté de la grande tente berbère, ou bien encore, lors de mon second séjour, avec Serge me racontant quelques pans de son histoire, ses déserts, sa Russie, Pasternak, ses interrogations sur la vie, sa maladie et sa conscience aiguë de la finitude, son plaisir dans les affaires, ses bonheurs, sa “miraculeuse rencontre avec Valérie” et, grâce à elle, sa découverte de l’art et des artistes. Serge était un fol amoureux de la vie, et une leçon pour nous tous ! “ Sans parler de Sandra, Annie, Nourreddine dont vous retrouverez aussi les témoignages dans le corps de ce “Carnet de rencontres“.


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Ce camp était le prolongement logique de l’aventure initiée en Médina. L’endroit où l’on pouvait enfin “Apprendre à voir les choses, à aller au-delà de l’évidence solaire de cet exotisme qui m’est nouveau. Une solution : rester, méditer, s’imprégner, s’ouvrir jusqu’à l’écartèlement“. Isabelle Lousberg En ce lieu, Valérie et Serge Barkowski souhaitaient que les artistes se retrouvent, se confrontent à eux-mêmes et à la force du désert, qu’ils puissent travailler et envisager des installations d’œuvres moins formelles que dans une galerie. Ce lieu a fortement inspiré et marqué les artistes comme le pressent Valérie Barkowski dans une de ses lettres écrites à Eva Wagner et rédigée après un séjour à Sahart “Je suis curieuse de voir comment ces impressions vont se traduire dans leur travail. Je suis certaine que ce sera un long procédé qui les marquera profondément…” Elle avait raison. L’abondante correspondance, sous toutes ses formes — fax, dessins, lettres, mails — que nombre d’artistes ont entretenu avec elle longtemps après leur résidence, comme pour prolonger un peu plus encore les effets de cet “instant béni” passé à Sahart ainsi que leur contribution active et généreuse apportée à la réalisation de ce “carnet de rencontres” sont de très jolies marques de la bonne intuition de Valérie Barkowski.


“Il était une fois au Maroc. C’était en 1998. Avec Ivan Kolesnikov et Serge Barkowski, nous voyagions à travers le Sahara. Nous sommes arrivés près de la forteresse détruite. Il faisait tellement chaud qu’on n’avait plus la force de bouger. Je n’ai pas voulu marcher, regarder les ruines et suis resté dans la voiture. Mais en sortant de la voiture, tout à coup, j’ai vu quelque chose briller sur le sable. C’était une pièce d’or du XVIe siècle. Cette pièce, le ciel étoilé du Sahara; comme si tu te trouvais dans la Chambre des étoiles… Marrakech, El-Souera — mais principalement — les gens étonnants et merveilleux font surface dans ma mémoire avec le sentiment que je dois obligatoirement revenir dans ces lieux magnifiques.” A. Karpov, 2007


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Serge誰 Stas-Shuripa Sergue誰 Stas-Shuripa, Palm trees, acrylique sur toile, 45 x 60 cm, 2000, Marrakech.

Sergue誰 Stas-Shuripa, Palm trees, acrylique sur toile, 45 x 60 cm, 2000, Marrakech.


Gennaro Cicalese

Gennaro Cicalese et Giovanni Franzi étaient les deux “premiers” résidents. “Arrivés à Marrakech, de Paris, le 24 novembre 1996, nous sommes immédiatement allés Rue de la Bahia à la Petite Maison, un vrai petit riad dans la Médina; la Fondation nouveau-né faisait ses premiers pas. Tout s’aménageait progressivement. Quand nous avons rencontré Valérie et Serge Barkowski, nous avons tout de suite été sous le charme de leur sensibilité pluri-culturelle et nous avons essayé d’organiser avec eux les ateliers et de planifier le travail. Ils nous ont montré les endroits-clés de la ville, donné les bons contacts. Nous avons rencontré leurs amis marrakchis et une foule de gens, de toutes nationalités. On était en novembre, mais le temps à Marrakech ressemblait au printemps de chez nous : merveilleusement lumineux, chaud, des couleurs incroyables, des gens fantastiques, les ruelles, les petites boutiques, les animaux, le trafic complètement fou, le chant du muezzin, du mouvement partout, des mots, des sons, des filles entièrement couvertes mais les pieds nus et peints au henné… Les premiers jours, la médina de Marrakech nous est apparue comme un rêve psychédélique où nous pouvions pénétrer juste en ouvrant la porte… Nous nous y sommes promenés et avons vu et rencontré des gens amusants; nous découvrions Marrakech en épousant les pas sautillants du Génie de la Koutoubia dans les souks…”

Gennaro Cicalese, Le génie de la Koutoubia danse le souk, acrylique sur toile, 110 x 80 cm, 1997, Marrakech


Andre誰 Karpov

Andre誰 Karpov, sans titre, huile sur toile, 100 x 160 cm, 1997, Marrakech Andre誰 Karpov, sans titre, huile sur toile, 60 x 50 cm, 1997, Marrakech


Tatiana Panova Tatiana Panova, Shadows serie, tirage couleur, s.d., Marrakech

Tatiana Panova, Shadows serie, tirage couleur, s.d., Marrakech

Tatiana Panova, Shadows serie, tirage couleur, s.d., Marrakech


Giovanni Franzi

“...Cette expérience m’a vraiment secoué et je n’en assimile vraiment les conséquences qu’après six mois, je n’ai pas encore pu les transcrire dans de nouvelles peintures… Maintenant je vais me remettre à travailler anxieux de voir le résultat de mes réflexions sur la difficulté de traduire la simplicité de l’être…”. Extrait d’une lettre à Valérie, écrite près de 6 mois après son retour.

Giovanni Franzi, Royal Air Maroc, acrylique sur toile, 100 x 120 cm, 1997, Marrakech


François Lelong

François Lelong, Branches d’eucalyptus écorcées, hauteur : 1,50 m, mai 2001, Dunes de Ba Hallou, Sahara Tafilalt

Extrait d’une lettre de François Lelong à V. Barkowski à son retour du désert, en 2001. “Avec peut-être plus d’intensité que l’année dernière, cette parenthèse d’ailleurs et d’une certaine solitude me laisse une belle et lancinante impression. Même si c’est à Marrakech que je suis visiblement et artistiquement actif, ce nouvel (et chaotique) intermède désertique a probablement la part belle dans tout ce qui m’aura séduit là-bas…”

François Lelong, sans titre, technique mixte sur bois, 100 x 140 cm, 2001, Marrakech

François Lelong, Galets, diamètre : 4 m, mai 2001, Oued Rheris, Sahara Tafilalt


Hervé Ingrand

Hervé Ingrand, sans titre, huile sur toile, 67 x 40 cm, Marrakech

Hervé Ingrand, Exposition de tableaux à la Ménara, huile sur toile, 73 x 100 cm, 1998., Marrakech


Eva Wagner

“Marrakech a vraiment été une expérience pour moi. Je n’y connaissais personne, mais, avec l’aide de Valérie Barkowski, j’ai rapidement trouvé tout ce qu’il me fallait pour travailler. J’avais déjà travaillé dans d’autres pays, mais Marrakech, ce n’est pas seulement un autre pays, c’était un “cosmos” tout à fait différent. Les sons et les odeurs de la ville, le mode de vie différent, les gens et l’organisation de la vie, tout était “autre”. Et ça, c’est vraiment l’expérience capitale que j’ai faite. (…) J’étais “à la maison” mais isolée (…) dans une autre culture, loin de mes repères quotidiens et du monde affairiste de l’art. Et cela m’a vraiment permis de me concentrer sur moi-même et mon travail (…) de rechercher ses racines. D’une certaine manière, Marrakech a été le rêve qui a enrichi la réalité de ma vie…”

Eva Wagner, sans titre, huile sur toile, 170 x 145 cm, 1998, Marrakech

Eva Wagner, sans titre, huile sur toile, 170 x 140 cm, s.d., Marrakech


Isabelle Lousberg

Isabelle Lousberg, La dune, sténopé, tirage unique, 2001, Sahart

De retour à la “civilisation”après plus de 3 semaines seule dans le désert. “Les premières heures passées hors du désert le furent dans un petit village, Rissani. Jour de souk, du monde fourmillant qui me donne mal à la tête, j’ai perdu l’habitude, je sers la main de celui qui m’accompagne, peur de tomber, je me sens perdue, noyée dans le bruit de la foule. Le désert me manque déjà, j’ai envie de m’y réfugier, d’y retrouver cette paix enveloppante du vide et du rien. Il restera à jamais rayonnant dans un coin de mon cœur, comme une lumière belle et encourageante.”

Isabelle Lousberg,, L’arbre, sténopé, tirage unique, 2001, Sahart


Najia Mehadji

Cette toile fait partie d’un diptyque directement inspiré de la coupole de la Qubbat Barudiyin, monument du XIIe siècle (fontaine, surmontée d’une coupole), à Marrakech.

Najia Mehadji, Coupole, huile sur toile, 120 x 120 cm, 1997, Marrakech


ivan kolesnikov Ivan Kolesnikov, sans titre, huile sur toile, 100 x 79 cm, 1997, Marrakech.

Ivan Kolesnikov, sans titre, huile sur toile, 140 x 170 cm, 1997, Marrakech.


Pascal Amel

“Ce qui est étonnant avec ce livre à exemplaire unique, qui est marginal dans ma production, c’est qu’il réunit en définitive les principaux pôles d’intérêts qui m’orientent. Non seulement la musique, l’écriture fictionnelle et les arts plastiques, mais également le rapport que j’entretiens avec les civilisations du passé (en l’occurrence – pour ce livre – l’antiquité grecque puisque je suis parti de l’exemplaire d’un numéro de revue consacré à Dionysos que j’ai détourné), le sacré et l’érotisme. C’était en avril 1997, à la Fondation de Valérie Barkowski, à Marrakech, Maroc. Qui fut le lieu également où est né le Festival des Gnaoua d’Essaouira puisque ce fut durant ce mois-là, que, après une nuit de rêveries et de discussions enflammées sur ce qui serait souhaitable de faire pour cette confrérie sur laquelle j’avais déjà travaillé et qui me fascinait tant, mon ami Abdeslam Alikane, gnaoui d’Essaouira, de passage à Marrakech pour quelques jours, et moi-même l’avons projeté – élaboré dans ses grandes lignes; et que nous l’avons inauguré, un an plus tard, en juin 1998 (moi en tant que président du Festival, lui en tant que directeur artistique). C’est dire combien pour moi, ce lieu – ce séjour – reste marqué du sceau de l’amitié et de l’expérimentation, de la poésie et de l’innovation. C’est dire aussi que j’en garde un souvenir indélébile”. Pascal Amel

Pascal Amel, “Les poètes en action”, Livre d’artiste. Exemplaire unique. 17 x 21,5 cm, 1997, Marrakech.


Richard Laillier

Je voyage peu – sans doute trop peu – je voulais me perdre dans la Médina, pour découvrir... Je n’y suis pas parvenu. 3 heures après ma descente d’avion je me sentais dans une ville amie, familière. Je me souviens des yeux, des yeux des Marrakchis qui brillent, les yeux pour un dessinateur sont importants, un outil de travail en quelque sorte. Les yeux que je croisais étaient vifs, utiles, des yeux qui regardaient et qui voyaient. Dans la pénombre du hammam, dans les flaques de lumière qui tombaient des murs noirs, les yeux regardaient sans jamais s’imposer. Alors j’ai regardé : la ville, ses habitants … J’ai rangé mes crayons et j’ai sorti mes yeux. Et puis j’ai commencé à voir le temps, pas celui qui passe, l’autre – le temps présent. Il y avait à une centaine de mètres de riad zeitoun el jedid un bureau de tabac. J’ai mis parfois trois heures pour l’aller et le retour, J’avais le temps et les yeux pour boire le thé et parler sur le chemin. Les yeux et le temps - Richard Laillier- janvier 2008

Richard Laillier, sans titre, pierre noire sur papier abrasif, 20 x 50 cm, 1997, Marrakech

Richard Laillier, sans titre, pierre noire sur papier abrasif, 31,5 x 40 cm, 1997, Marrakech


Etienne Yver

Extrait d’un courrier fax de Valérie à Eva Wagner : “Quoi de neuf Radio Médina ? Etienne est parti sous la tente (dans le désert) avec Serge. Encore un stakhanoviste, il n’arrête pas de travailler. Depuis deux semaines, il peint sur des sacs de ciments et… “hier je suis allée présenter un dossier aux cimenteries Asmar pour essayer de monter une exposition avec eux…”. Comme quoi, les séjours à la Fondation ne sont pas nécessairement consacrés à la rêverie et à la réflexion…

Yver, Etienne, sans titre, acrylique sur sac de ciment Gazelle, 60 x 90 cm, 1998, Marrakech

Yver, Etienne, sans titre, acrylique sur sac ciment Gazelle, 63 x 96 cm, 1998, Marrakech


Jasmine Vanhevel Jasmine Vanhevel, sans titre, tirage couleur numéroté 1/5, 40 x 60 cm, s.d., Marrakech

Jasmine Vanhevel, sans titre, tirage couleur numéroté 1/5, 40 x 60 cm, s.d., Marrakech


Nourreddine Chater

“Valérie et moi, on s’est d’abord rencontré lors d’une exposition. Et puis, j’ai été étonné, elle est venue me voir avec Serge dans le Sud. C’était la première fois que des gens prenaient le temps de venir me voir là-bas. Après, on s’est revu à Marrakech et j’ai eu l’occasion de séjourner à la Fondation en même temps qu’Hervé Ingrand et Juan-Maria Puigvert. Puigvert m’a laissé un grand souvenir : on a vraiment beaucoup parlé, discuté de la peinture, de sa première rencontre avec un pays musulman. Il n’arrivait pas à travailler, alors il a beaucoup lu et réfléchi et on a aussi réfléchi ensemble… Mon travail l’intriguait aussi. C’était une sorte d’atelier croisé qui m’a énormément apporté. Avec Hervé Ingrand, le contact était tout à fait différent…”

Nourreddine Chater, Shi, acrylique sur papier, 13 x 35 cm, 1998, Marrakech

Nourreddine Chater, Beth, acrylique sur papier, 13 x 35 cm, 1998, Marrakech

Nourreddine Chater, Shi, acrylique sur papier, 13 x 35 cm, 1998, Marrakech


Annabelle d’Huart

Annabelle d’Huart a réalisé 24 sculptures en bois qui ont fait l’objet d’une installation au Pavillon de la Ménara. Elle a travaillé en collaboration avec Adbellah* qui, à un moment, avait installé son atelier sur le toit de Dar Najma pendant l’absence d’Annabelle. En souvenir de cette collaboration, Annabelle a fait don de deux de ses “Déesses.” Extrait d’un courrier fax de Valérie à Annabelle… “Il y a plein d’énergie à la Fondation. De l’énergie positive, car tout semble fonctionner comme il faut pour tout le monde. Abdellah est vraiment charmant… C’est tellement enthousiasmant de le voir travailler. Son travail est soigné, il a les yeux qui pétillent quand il touche le bois. Et comme je te le disais au téléphone, nous avons l’impression que tu es là, c’est comme si tu venais de sortir pour un instant…”

Annabelle d’Huart, Déesse, Bois de cèdre cérusé, 1,95 cm de haut Annabelle d’Huart, Déesse, Bois de cèdre cérusé, 1, 85 cm de haut Pièces faisant partie d’une série de 24 sculptures réalisées pour une exposition au Jardin de la Ménara en 1998


François Bouillon

François Bouillon, artiste plasticien a séjourné à la Fondation en compagnie de sa compagne, Catherine Vernier. Au départ, Valérie Barkowski ne les connaissait pas. Elle les a invités sur la simple base de leur petit dossier de présentation et sur la recommandation de Najia Mehadji… Aujourd’hui encore, le souvenir de Marrakech et de sa lumière est vif dans l’esprit de François Bouillon dix ans après sa résidence.

“- Oui, oui, quand je dis les couleurs à Marrakech, ce n’est pas simplement comme cela, elles sont vraiment différentes, parce que j’ai déjà séjourné au Maghreb, en Algérie… Ce n’est pas du tout la même chose. Ce qui m’a aussi interpellé, comme je travaille beaucoup sur les signes, c’est la signalétique urbaine, les enseignes de boutiques, dans la rue… Beaucoup par la suite sont ressortis dans mes travaux... Et encore la main de Fatma, le dessin de cette main évocatrice m’avait frappé lors d’un retour de promenade dans l’Atlas, et il m’est resté longtemps dans l’œil et dans la tête…”.

François Bouillon, aquarelle sur ardoise, sans titre, 22 x 14,5 cm, s.d., Marrakech

François Bouillon, aquarelle sur ardoise, sans titre, 22 x 14,5 cm, s.d., Marrakech


Tomas Naegerl

“Invité par la fondation Barkowski, à Marrakech, j’étais inspiré par l’idée d’une très ancienne coutume de puiser l’eau. (…) Ce projet est pour moi un devoir socio-écologique, un essai de parcourir avec d’autres peuples les chemins divers de l’art et de la science. Inspiré par l’importance vitale de l’approvisionnement en eau, j’ai décidé de réaliser “La source” avec et pour les bédouins – un centre de communication dans leur milieu : simple, effectif et global. Ensemble, avec un énorme engagement physique et avec les outils les plus simples, nous avons pendant ces deux mois élaboré une forme de vie exprimant l’art…” Le site couvrait 800 m2 sur lesquels, ont été aménagés deux bassins maçonnés formant chacun une vasque…


Christine Spengler Christine Spengler, sans titre, photo, tirage numéroté, 39 x 60 cm, s.d., Marrakech

Christine Spengler, sans titre, photo, tirage numéroté, 39 x 60 cm, s.d., Marrakech


Atelier de Nourreddine Chater


“Je ne me rappelle plus exactement comment nous est venue l’idée de faire peindre des carrossas par les artistes… Mais cette idée a été accueillie avec enthousiasme par chaque artiste qui a séjourné chez nous à Marrakech. La marche à suivre était la suivante : nous donnions deux jours de vacances au “carrossa man” en lui payant ses deux jours comme s’il travaillait. Le premier jour, le carrossa était passé à la peinture anti-rouille et le deuxième jour, il était peint par un artiste. Ceci a eu pour résultat q’une vingtaine de carrossas peints se baladaient dans les ruelles de la médina et que du fait qu’ils étaient plus soignés que les autres, ils avaient plus de travail !”.

Etienne Yver, Nourredine Chater, Hervé Ingrand ont participé à cette opération, tout comme Cherkaoui, un artiste peintre qui n’a jamais séjourné à la fondation mais qui était ami de Nourreddine.


Axel Storms

Giovanni Franzi & Gennaro Cicalese


Fondation ONA . Collection SAHART . Donation Serge et Valérie Barkowski

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Amel Pascal Bouillon François Cabezuelo-Bertozzi Sandra Callewaert Yves-Oliver Chater Nourreddine Chodolenko Marc Cicalese Gennaro Commarque Cyril D’Huart Annabelle Dassel Sophie Dillon Baudouin Faucher Virginie Ferrière Jean-Marc Franzi Giovanni Giordano Ghislaine Goddijn Annie Ingrand Hervé Jerkevic Armano Karpov Andreï Kolesnikov Ivan Laillier Richard Lelong François Levy-Hadida Frédéric Lousberg Isabelle Mehadji Najia Naegerl Tomas Nittka Tania Panova Tatiana Puigvert Juan Maria Sautter Claus Spengler Christine Stas-Shuripa Sergeï Storms Axel Tsigal Serge Vanhevel Jasmine Vernier Catherine Wagner Eva Yver Etienne Zaar Aleksandar

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Amel Pascal Pascal Amel est né en 1957. Il vit et travaille à Paris et Essaouira. Il a séjourné à la Fondation au printemps 1997. Pascal Amel est écrivain. S’il a publié récits et romans, il réalise surtout des livres d’artistes et depuis 2002 a fondé, en collaboration avec Teddy Tibi, la revue électronique “Artabsolument” dont l’ambition est entre autres, de créer “des passerelles entre le public et l’art contemporain, (…) de rassembler des points de vue engagés d’artistes, d’écrivains, de conservateurs de musées (…) de réfléchir sur la place de l’art et ses significations dans notre société…”. Mais l’écriture n’est pas son seul centre d’intérêt, la musique le passionne également. C’est ainsi qu’on le retrouve, en compagnie de Abdeslam Alikane, un ébéniste gnaoui d’Essaouira aux sources du Festival Gnaoua organisé annuellement depuis 1998 dans cette ville. En 2005, il reprend d’une certaine façon le tablier puisqu’il crée le Festival des jeunes talents Gnaoua à Essaouira (toujours en collaboration avec Abdeslam Alikane). Site: www.artabsolument.com

Pascal Amel, « Les poètes en action », livre d’artiste, exemplaire unique, 17 x 21,5 cm, 1997 Marrakech.


Bouillon François

Cabezuelo-Bertozzi Sandra

François Bouillon est né en 1944 à Limoges. Il vit et travaille à Bagnolet (93) et à Treignac sur Vézère (19). Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998.

Sandra Cabezuelo-Bertozzi est née en 1966. Elle vit et travaille à Bruxelles et a séjourné plusieurs fois à la Fondation Sahart à Marrakech en 2002, 2003.

François Bouillon est un artiste autodidacte. Au gré de ses écoles buissonnières, sa conception de l’art et du travail de l’artiste s’est forgée et développée intégrant des mondes, des matières, des cultures, des émotions de plus en plus étendus et étonnants. Devenu professeur à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, sa position plus “académique” ne lui a rien enlevé de son esprit et œil critiques. Il a continué à “produire” dans tous les champs de la création et à écrire sur l’art et ses praticiens en général. Tour à tour ou en même temps peintre, photographe, sculpteur, “installateur“ ou metteur en scène, on ne peut retenir un “moment” de son œuvre. Il faut la parcourir pour y retrouver parfois un “signe“ qui, au fil des années évolue et passe du simple statut d’anecdote à celui de symbole universel. On peut le considérer aujourd’hui comme un des “incontournables“ du monde artistique.

Sandra Cabezuelo est styliste de formation. Mais une étiquette aussi claire ne lui convient pas. C’est une créatrice-voyageuse qui fait feu de tout bois pour s’exprimer, avec talent et sensibilité. Dessin, peinture, collage, écriture, elle manie la plume et parfois les ciseaux avec dextérité. De ses voyages et séjours multiples au Japon, en Chine, au Vietnam, à Marrakech, elle a ramené un art et une philosophie de vie uniques où le métissage est roi. Elle a le cœur sur la main et se lance aujourd’hui dans l’aventure humanitaire en tentant de mettre sur pied une école de dessin pour jeunes réfugiés en Asie, en collaboration avec des artistes de là-bas (Thaïlande, Cambodge). Tout son travail est une ode aux rêves réalisés, à la joie de vivre et aux plaisirs, ceux de la chair et du cœur comme ceux de la table et de l’esprit. Une créatrice aux mille facettes… inclassable ! Site : www.sandra-cabezuelo-bertozzi.com

François Bouillon, sans titre, aquarelle sur ardoise, 22 x 14,5 cm, s.d., Marrakech.

Sandra Cabezuelo-Bertozzi, sans titre, technique mixte sur papier, 21 x 15 cm, s.d., Marrakech


Callewaert Yves-Oliver Yves Oliver Callewaert est né en 1979 en Belgique. Il a séjourné à la Fondation en 1997.

Chater Nourreddine Nourreddine Chater, né en 1975, vit et travaille à Marrakech. Remarqué dès 1988 en Tchécoslovaquie où il est reconnu Lauréat du prix de la jeune peinture de la ville de Lidice, il fait, depuis, un parcours national et international sans faute. Son œuvre s’ancre dans la tradition de la calligraphie orientale mais la dépasse et s’affirme essentiellement comme un travail sur la forme. Son travail est couronné en 2006 par sa nomination en tant que Lauréat du concours “Le Maroc avenir”, organisé par la CDG à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Maroc. Outre diverses expositions en France, au Portugal, au Sénégal et au Maroc, Nourreddine Chater revendique son engagement dans la société civile, en tant qu’artiste et vice-président de l’antenne régionale du Centre Méditerranéen de l’Environnement et de l’Association internationale pour l’Education et l’Environnement.

Yves Callewaert avait 18 ans lorsqu’il fut invité à la Fondation. Il était alors en pleine expérimentation et s’essayait un peu à tous les médiums, dessin, peinture, etc. Suite à ce séjour, il a décidé de s’inscrire à l’école de La Cambre à Bruxelles. Pendant ses études, il s’est surtout intéressé à la photographie et au cinéma. Il a approfondi le côté visuel en suivant les cours de l’école…. à Los Angeles. Ensuite, il a voyagé plusieurs années, réalisant divers reportages photos et travaillant pour des magazines de voyages. Certaines de ses photos prises pour Volto ao mundo et Blue travel ont été primées par Bristol et Meyers dans la catégorie “Jeunes adultes”. Sarah Moon et Robert Taylor étaient membres du jury. Et la photo primée a été exposée au Palais de Tokyo à Paris. Pour assurer ses finances, Yves Callewaert travaille également pour des agences de publicité mais parvient de plus en plus à “vivre de son travail d’artiste”. Il réalise pour le moment une série de portraits d’albinos, qui devrait faire l’objet d’une exposition cette année encore. Site : www.yvesoliverphoto.com

Yves-Oliver Callewaert, sans titre, crayon sur papier, 11, 2 x 16 cm, 1997, Marrakech.

Nourreddine Chater, Noun, acrylique sur papier, 13 x 35 cm, 1998, Marrakech.


Chodolenko Marc

Cicalese Gennaro

Marc Chodolenko et né à Paris le 11 février 1950. Ecrivain romancier, il vit et travaille à Paris. Il a séjourné à la Fondation avec sa compagne, Annabelle d’Huart, en 1998.

Gennaro Cicalese, né en 1954 à Castellamare di Stabia dans la région de Naples. Il a séjourné à la Fondation en 1997. Il vit et travaille aujourd’hui à Milan.

Romancier français de renommée internationale, mais homme discret, Marc Chodolenko publie régulièrement soit de la poésie, soit des romans, depuis 1972. Son roman Les Etats du désert a été couronné par le prix Médicis en 1976. Il a également participé à l’élaboration de scénarii et a traduit, de l’anglais, entre autres, un roman de Jeffrey Eugenides, Middlesex.

Après des études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Naples, il a rapidement exposé dans des espaces ou galeries alternatives à Berlin, Naples, Colone. Il a collaboré avec divers groupes ou artistes comme Hal Hansens ou Fluxus à Berlin pour des vidéos et des installations. Touche-à-tout de génie, Gennaro Cicalese mélange techniques et références. Il se joue de la réalité à travers ses “images” avec une ironie peu commune. Code, signe, message, image, géographie, high tech, dansent la java au rythme d’un rap visuel endiablé dans ses œuvres dont certaines témoignent aussi d’une influence naïve qui laisse songeur… Aujourd’hui, il travaille sur une série “télé-visuelle“ de peintures à l’huile et collages abordant les multiples facettes de la vie contemporaine d’un point de vue “folklorique et ironique”. site : www.cicalese.it

Gennaro Cicalese, Le génie de la Koutoubia danse le souk, acrylique sur toile, 110 x 80 cm, 1997, Marrakech.

Marc Chodolenko, Manuscrit sur bois, exemplaire unique, 44 x 18 cm, 1997, Marrakech.


Commarque Cyril Cyril de Commarque est né en 1970. Après avoir vécu à New York et à Londres, il vit et travaille à Paris. Il a séjourné à la Fondation en 2002.

Annabelle d’Huart est née en 1952. Elle vit et travaille à Paris. Elle a séjourné à la Fondation Sahart en 1998. La formation d’Annabelle d’Huart est ouverte : le dessin à l’école Camondo, l’histoire de l’art à Florence, la photo à New York, la technologie des matériaux à Barcelone aux côtés de Ricardo Bofill… jusqu’au moment où elle se décide à peindre. Mais elle ne pouvait se cantonner dans l’exercice d’une discipline : tapisserie, sculpture, bijouterie, elle s’accorde chaque fois le temps d’élaborer un projet de recherche, et de le réaliser enfin plusieurs mois après. Une démarche plutôt anachronique comme le souligne D. Abensour “dans une société contemporaine toujours plus pressée de produire en quantité des objets de consommation rapide.” (plaquette de l’exposition “Songe d’or ou l’origine rêvée”, Centre d’art contemporain, Vassivière en Limousin, 1995). Elle a entamé, il y a une dizaine d’années, une collaboration avec la Manufacture de Sèvres, où elle occupe, depuis septembre 2007, un bureau.

Cyril de Commarque, avant de se consacrer à la photo et à la vidéo a travaillé pour le théâtre, la mise en scène et la production pour la télévision. Il a également collaboré 5 ans avec certains des plus grands magazines, Vogue Homme, Marie-Claire, etc. Aujourd’hui, il s’efforce de traduire dans son approche visuelle du monde (photos, vidéos, films) ses interrogations quant à l’homme et son rapport à la nature, à l’environnement au sens large. Qu’il s’intéresse plus particulièrement aux thèmes de la “surface” et de la “profondeur”, à celui de la solitude, de la nature, du progrès, de la mémoire ou à la manière dont la nature “reprend, s’approprie et pénètre la ville de façon accidentelle, délicate, surprenante…” (sa préoccupation principale pour le moment), ses œuvres présentent “le paradoxe d’une esthétique contrariée par la réalité du sujet”. Site : www.commarque.net

D’Huart Annabelle

Cyril Commarque, sans titre, Diasec C print sur aluminium, tirage numéroté, 2002, Marrakech.

Annabelle d’Huart, Déesse, sculpture, bois de cèdre peint, 1,85 cm, 1997, Marrakech.


Dassel Sophie

Dillon Baudouin

Sophie Dassel est née dans les années 60 à Bruxelles où elle vit et travaille. Elle a séjourné 2 mois à Sahart en 2003.

Baudouin Dillon est né en 1948. Il vit et travaille à Paris. Il a séjourné à la Fondation en 2001.

Après des études de recherche graphique à l’ERG à Bruxelles, des cours de peinture et de restauration de peinture, elle étudie la danse et le mouvement à Londres au Collège de Roehampton et au Laban Center. Tout en travaillant comme styliste, elle donne des cours de danse et de chorégraphie et crée en collaboration avec des artistes de diverses disciplines un spectacle “Danseuse et Toiles”. Ces dernières années, elle participe à différentes manifestations d’art contemporain prenant pour lieux d’exposition les sites industriels réaménagés. Entre peinture, sculpture, créations pour la mode, elle saisit les occasions pour créer. Pour le moment, elle travaille sur le visible et l’invisible utilisant pour cela la lumière bleue. Peignant essentiellement en noir et blanc sur le thème du papillon et de ses métamorphoses, après un séjour en Inde, elle vient de décider d’introduire le rouge…

Artiste autodidacte, Baudouin Dillon s’est mis à peindre assez tardivement. En 1992, il a commencé un travail avec les encres, les lavis et l’a approfondi huit années durant. Il est ensuite passé à l’huile et son approche s’est fondamentalement modifiée. Pour lui, il faut que l’art reste une découverte, un apprentissage constant. Ses préférences vont alors aux géométries abstraites colorées. Les œuvres qu’il a laissées à la fondation témoignent de cette période (2001). Il a persévéré dans ce style et ce médium jusqu’en 2006 et pour différentes raisons, notamment de recherches créatives, il ne peint plus depuis. Il “cherche”, au sens propre du terme, sa voie.

Site : http://users.skynet.be/sophie_dassel

Baudouin Dillon, sans titre, huile sur toile, 22,5 x 27,5 cm, 2001, Marrakech. Sophie Dassel, sans titre, Sculpture textile et portemanteau, 2003, Marrakech.

Baudouin Dillon, sans titre, huile sur toile, 22,5 x 27,5 cm, 2001, Marrakech.


Faucher Virginie

Ferrière Jean-Marc

Virginie Faucher est née le 30 juillet 1976. Elle vit et travaille aujourd’hui à Marrakech. Elle a séjourné à la Fondation en 2003.

Jean-Marc Ferrière est né à Toulon en 1963. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998.

Virginie Faucher a suivi une formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et en architecture d’Intérieur. Elle s’est lancée dans la photographie il y a une dizaine d’années après avoir été assistante du photographe Guy Hervais. Elle a réalisé divers reportages pour des magazines anglais comme House & Garden et Interiors et a voyagé au Maroc, en Inde, au Sikkim entre autres. “Je me résigne à porter mon attention aux choses mises à l’écart…”. “J’essaie de ne pas me laisser piéger par une certaine nostalgie…”. “Dans chaque image, je laisse le spectateur avec son interpétration, je ne veux pas m’approprier son regard…” C’est cette humilité et cette discrétion qui caractérise le travail de cette jeune photographe admiratrice de photographes comme Walker Evans ou Dorothea Lange.

Il découvre le Maroc à moto en 1984. C’est en tant que jeune photographe que la Fondation Sahart lui permit de séjourner dans le désert. Il a été directeur de la photographie sur les tournages de plusieurs films. Mais il est aussi passé de l’autre côté de la caméra pour certaines productions. Il a notamment réalisé un reportage sur le Festival des Gnaouas. Il vit aujourd’hui en famille au Brésil avec sa femme Rachel et leur fille Olivia et prépare pour 2008 le film colombien “La Sangre y la Lluvia”.

Jean-Marc Ferrière, Sans titre, photographie N/B, non numéroté, 23,5 x 18 cm, 1998, Marrakech.

Virginie Faucher, Sans titre, diptyque photos couleurs, tirage numéroté 1/7, 39,6 x 30 cm, 2002, Marrakech.

Jean-Marc Ferrière, Sans titre, photographie couleurs, non numéroté, 30 x 40,5 cm, 1998, Marrakech.

Virginie Faucher, Sans titre, diptyque photos couleurs, tirage numéroté 1/7, 39,6 x 30 cm, 2002, Marrakech.


Franzi Giovanni Giovanni Franzi est né à Berlin en Allemagne, le 20 août 1960. Il vit et travaille à Milan. Il a séjourné à la Fondation en 1997.

Giordano Ghislaine Née le 19 janvier 1972, Ghislaine Giordano vit et travaille à Marseille, entre deux voyages de découverte à l’étranger. Elle a séjourné à la fondation en 2002-2003

Après une formation scientifique, Giovanni Franzi s’est lancé dans la peinture en autodidacte. En 1995, il fonde, avec Giorgio Martina, le Bau Bau’s à Milan et la même année expose en divers lieux. Dans un premier temps, il a eu une approche thématique de la peinture : paysages architecturaux, portraits animaliers, personnages. Il appelle cette période, celle de ses dipinti fumettistici, ses peintures roman-feuilleton sur le thème de l’aliénation domestique. Il a évolué vers le design textile et de mobilier. La peinture figurative ne l’a plus intéressé pendant plusieurs années. Son séjour au Maroc lui a permis de renouer avec une approche plus figurative mais très particulière du sujet en peinture, recomposant avec humour et ironie sur ses toiles, des éléments réels en des scènes burlesques. Toute une partie de son travail actuel concerne le dessin architectural.

Ghislaine Giordano s’est lancée dans la peinture après une formation d’info-graphisme et un D.E.A. en arts plastiques à l’Université d’Aix-en-Provence. Sa force réside dans une analyse claire des questions qui se posent à tout artiste : le rapport à la réalité, au sujet, à l’objet, à l’espace. Elle tente d’y répondre mais en peignant à bras-le-corps, parce qu’il faut “croire que la peinture est une expérience, au sens plein du terme… voir la vie quotidienne comme un miracle d’aventures, un effort continuel d’héroïsme”. C’est ainsi que les choses les plus simples, comme un verre, des ampoules, un ventilateur se sont imposés à elle comme autant d’objets/sujets de peinture. Et tout cela est peint avec une rare économie de moyens et une palette jouissant de toutes ses couleurs !

Ghislaine Giordano, Sans titre, acrylique sur carton, 36,5 x 21 cm, 2003, Marrakech.

Giovanni Franzi, Prot 2, acrylique sur toile, 99 x 152 cm, 1997, Marrakech.


Goddijn Annie Annie Goddijn est née en 1939. Elle vit et peint aux Pays-Bas, dans la région de Leiden, où elle enseigne également.. Elle a séjourné à la Fondation en 1998.

Ingrand Hervé Hervé Ingrand est né en 1972 à Paris. Il vit et travaille à Montreuil. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998.

Après une formation à l’Académie de La Haye, elle s’est très tôt consacrée à la peinture. Compte tenu de son parcours, résumer son travail est difficile. Et réduire ce qu’elle a fait à l’appellation “peinture de paysage” pourrait être péjoratif tant sa quête est marquée par une recherche de l’essence des choses, qu’il s’agisse d’une série de couchers de soleil peints dans la région de Wassenaar ou de visions de paysages de guerre réalisées suite à un “reportage” en ex-Yougoslavie en 1995. Elle revient régulièrement peindre au moins deux fois par ans dans le Sud marocain.

Annie Goddijn, Rissani, acrylique sur toile, 114 x 133 cm, 2000, Marrakech.

Après une approche du dessin publicitaire, il entre en 1991 à l’ENSB-A dans l’atelier de Jean-Michel Alberola et bénéficie d’une bourse Colin-Lefrancq en 1996 pour le Museum School de Boston. Diplômé de l’Ensb-a de Paris en 1997 avec les félicitations du jury, à l’unanimité, il continue son travail artistique. Son principal projet à l’époque était de réaliser un “accrochage chaotique et multimédia afin de mieux montrer la peinture, c’est-à-dire d’organiser l’espace d’accrochage comme un atelier avec toutes ses productions. Pour cela, plusieurs types de travaux seront montrés : sculptures, peintures, automates photos et gravures, donnant aux spectateurs l’impression de chaos, ce qui est le principe même de l’organisation de l’atelier. Cette idée rend compte aussi de la zone de rêve créée par la fiction d’un grenier ludique.” Et depuis, l’histoire de l’atelier a continué. De peintures en installations et en déménagements, il en a réalisé sept dont un à Marrakech à la Fondation. En projet : une synthèse de ses réalisations qui les présenterait en une tour… Une démarche qui ne manque pas d’humour à l’heure où tout le monde veut découvrir “les dessous de la création”.

Hervé Ingrand, Sans titre, technique mixte sur papier, 39 x 51,5 cm, 1998, Marrakech.


Jerkevic Armano

Karpov Andreï

Armano est un peintre et un photographe croate. Il a séjourné à la Fondation en 2000. Nous n’avons malheureusement retrouvé aucune trace de lui.

Andrei Karpov est né en 1959 à Tula en Russie. Il vit et “produit” à Moscou comme il le déclare avec humour. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1997-1998.

Son travail en tant que photographe témoigne d’une grande sensibilité aux scènes et à la lumière du quotidien. Il les saisit à l’état brut, sans aucune tentative d’esthétisme. Son travail de peintre par contre révèle un côté plus sombre de l’artiste, très introverti.

Andrei Karpov n’a pas fait d’études artistiques. Il est ingénieur en physique et mathématiques. Mais il peint depuis qu’il a 4 ans “Je me suis mis à recopier les œuvres classiques. Vers 7 ans, j’avais déjà recopié tout Rubens et Van Dijk. Les plus réussies étaient les copies de Léonard de Vinci… C’est là que mon activité de peintre a pris fin…” Il vit cependant toujours de la vente de ses œuvres ! Toutes, sous des dehors naïfs, sont empreintes d’un humour féroce mêlant folklore et modernité faisant basculer scènes ou personnages dans une réalité fantastique où êtres et choses flottent – ou sont coincés – entre solitude et inconscience. Très prisées des collectionneurs, ses œuvres se retrouvent dans de nombreuses collections privées russes, japonaises, américaines, belges ou françaises, un comble pour un peintre qui estimait déjà en 1992 qu’être “artiste n’est pas une profession sérieuse” !

Armano Jerkevic, Sans titre, acrylique sur carton, 100 x 122 cm, 2000, Marrakech.

Andreï Karpov, sans titre, huile sur toile, 100 x 120 cm, 1997, Marrakech.


Kolesnikov Ivan Ivan Kolesnikov est né le 4 mai 1954 à Rostov-sur-le-Don, en Russie. Aujourd’hui, il vit et travaille à Moscou. Il a séjourné à la fondation Sahart en 1997-1998.

Richard Laillier est né le 24 avril 1961 à Paris où il vit et travaille. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1997.

Ivan Kolesnikov est un artiste de conviction. En témoigne sa formation double, à l’Ecole Supérieure artistique et industrielle de Moscou. Et son parcours d’artiste. Amoureux des avant-gardistes russes du début du XXe, après avoir adhéré à l’Union des jeunes peintres russes, il a préféré s’en retirer pour être indépendant : un acte courageux avant la Perestroïka. Après avoir fait un bout de chemin avec les partisans du Sost-Art et défendu ensuite un certain conceptualisme abstrait, il a continué à peindre mais quelque peu “en retrait” du monde. Aujourd’hui, il travaille en collaboration étroite avec Sergueï Denissov sur de multiples projets relevant d’une démarche plus conceptuelle. Site : www.artmimicry.ru

Laillier Richard

Ivan Kolesnikov, Sans titre, huile sur toile, 80 x 99 cm, 1997, Marrakech.

Richard Laillier peint depuis 1984 et dessine depuis 1990. Il se consacre à la technique de la pierre noire dès 1991. Cette technique, qui fait que l’on recouvre un papier abrasif de pierre noire – une sorte de fusain – et qu’ensuite on le gratte ou le gomme pour faire apparaître la forme, lui permet d’exprimer un monde où le corps humain est l’objet de toute son attention. Corps souffrance, corps plaisir, il sonde les tréfonds de “l’âme-chair” humaine, “avec une gomme en guise de bistouri ou une plume que l’on peut imaginer glissant sur des corps plus alanguis”. Son chemin d’artiste passe par les plus grandes capitales de l’art – Paris, Tokyo, New York, Venise, Bruxelles entre autres – mais il accompagne aussi certains auteurs en créant des dessins originaux au diapason de leur œuvre comme il l’a fait pour Rodrigue Marques Souza, dans Punir, paru chez Fissile éditions. site : http://travers.asso.free.fr

Richard Laillier, Sans titre, pierre noire sur papier abrasif, 31,5 x 40 cm, 1997, Marrakech.


Lelong François

Levy-Hadida Frédéric

François Lelong est né le 5 juillet 1968 à Lille (France). Aujourd’hui, il vit et travaille dans le Limousin. Il a séjourné à plusieurs reprises à la Fondation Sahart entre 2001 et 2003 .

Frédéric Levy-Hadida est né à Nice, le 12 mars 1963. Il vit et travaille à Lille où il continue son parcours d’artiste. Il a séjourné à la Fondation en 2002-2003.

Architecte d’intérieur de formation, François Lelong a suivi les cours de sculpture de Pierre Van Craeynest. C’est dans le bronze qu’il coule ses premières œuvres avant de peindre et de passer aux installations et au Land Art. Artiste nomade, il engrange au cours de ses voyages et résidences au Sénégal, au Maroc, en Allemagne, un matériel hétéroclite – palpable ou impalpable – résultat de fouilles particulières. Pour lui, “Fouiller ne se résume pas à chercher un objet, mais bien plus à se rendre disponible à la découverte”. Chacune de ses “installations” témoigne – à la manière d’un puzzle – de cette recherche des liens qui peuvent exister entre l’Homme, ses traces passées, présentes et futures, l’installation réalisée et leurs rapports au monde.

Après des études à l’Ecole des Arts Décoratifs à Nice et en Expression visuelle à Paris, il participe à l’édition de plusieurs GraphZines allemands, belges et français et commence à exposer dès 1987. Depuis, il n’a cessé de chercher, d’expérimenter techniques, matières, thèmes et lieux de travail ou d’expositions. Du fusain à la peinture et au monotype en passant par le papier, le plastique, la vitre, les murs des villes, Frédéric Levy-Hadida parcourt le monde à la recherche d’expressions vraies et vivantes à partager et aime apparaître dans des lieux où on ne l’attend pas nécessairement. Site : www.frederic.levy-hadida.club.fr

François Lelong, Branches d’eucalyptus écorcées, hauteur :1,50 m, mai 2001, Dunes de Ba Hallou, Sahara Tafilalt

Frédéric Levy-Hadida, Sans titre, monotype, tirage unique, 25 x 35,5 cm, 2002, Marrakech.


Mehadji Najia

Lousberg Isabelle Isabelle Lousberg est née dans les années soixante à Mons, en Belgique. Elle vit et travaille à Bruxelles. Elle a séjourné à plusieurs reprises à la Fondation Sahart et détient le record du plus long séjour dans le désert. Plus de trois semaines.

Najia Mehadji est née à Paris en 1950. Elle vit et travaille entre Paris et Essaouira depuis 1985. Elle a séjourné à la Fondation Sahart en 1997. Najia Mehadji concentre les expériences artistiques. Intellectuelles – maîtrise d’Arts plastiques de la Sorbonne et licence en Théâtre de Paris VIII – et physiques puisque une grande partie de son travail et de sa recherche tente d’allier geste artistique, corps, respiration et musique. Les différents chapitres de son œuvre – Coupoles, Gradiants, Chaosmose, Floral, etc. – et son travail actuel en images numériques témoignent de cette quête constante de la parfaite “unité-universalité” qui anime l’artiste. Une référence qu’elle semble particulièrement priser, synthétise bien sa démarche : celle qu’elle fait à Paul Klee dans une brève interview vidéo en expliquant que “le point contient virtuellement la ligne…”.

Isabelle Lousberg est photographe, même si elle en refuse l’appellation. “Je ne me considère pas comme une photographe dans la mesure où je soignerais un regard aigu sur la réalité environnante. J’utilise la réalité et la dégorge de cette substance sous-jacente qu’il me plaît de voir (ré)apparaître. Je fais juste des photos, dans le sens concret du verbe faire”. Sa technique en effet est particulière, le sténopé. Son matériel : un contenant (un boîte en carton) percée d’un trou du diamètre d’une épingle. Le sténopé requiert de longs temps de pause et un travail laborieux en chambre noire. Chaque tirage est unique. Seule cette manière de faire, lui permet de rendre l’âme des lieux et des choses qu’elle aime : grandes bâtisses abandonnées, châteaux, déserts. Des mondes fourmillant d’une vie imperceptible qu’elle parvient à saisir.

Najia Mehadji, Coupole, huile sur toile, 120 x 120 cm, 1997, Marrakech.

Isabelle Lousberg, L’arbre, sténopé, tirage unique, 2001, Sahart.


Naegerl Tomas Tomas Naegerl est né en 1961 à Vienne en Autriche. Il vit et travaille à Vienne en tant que sculpteur-urbaniste et a séjourné à la Fondation Sahart en 1999.

Nittka Tania Tania Nittka est née le 22 juillet 1970 à Essen-Werden en Allemagne. Elle vit et travaille à Berlin. Elle a séjourné à la Fondation en 2003. Tania Nittka a une formation en philosophie, peinture et communication visuelle. Aquarelliste, vidéaste, elle se pose comme observatrice du monde dans lequel elle vit, croquant êtres et objets, en petit format, dans une réalité quotidienne brute sans architectures environnantes. Elle va à l’essentiel. La photographie a tenu cependant une place importante dans son travail jusqu’en 2007, date à laquelle elle commence à travailler d’après nature uniquement ou de mémoire. En 2001, elle commence à travailler la peinture à l’huile. “Peignez aussi vite que vous le pouvez”, cette citation de Manet qu’elle dit être au centre de ses réflexions la pousse à s’interroger continuellement sur les relations de l’acte de peindre avec le monde extérieur.

Après l’Ecole des Beaux-Arts à Paris, en sculpture, et un passage par les ateliers de Tony Grand et Piotr Kowalski, Tomas Naegerl a fait un Master en Architecture élémentaire, lithographie et sérigraphie. Ces formations approfondies ne l’ont jamais empêché de s’exprimer dans le domaine artistique dès l’age de 22 ans. Sculpture végétale, travail multimédia, installations conceptuelles, informations-installations, à Paris, au Brésil, à New York, en Bretagne, l’homme est toujours en projets sur tous les continents en vrai “artiste-communiquant”. Ouvert à toutes les expériences et les collaborations, le travail qu’il a fait ici, au Maroc, dans le désert, témoigne de sa conviction utopique et de sa croyance en l’art comme médium de rencontre. Site : www.naegerl.com

Tanja Nittka, Afriquia, huile sur toile, 21 x 26 cm, 2001-2, s.l.

Tomas Naegerl, La Source – Maroc, livre d’artiste, exemplaire numéroté, 1999. Réalisé à partir des photos prises lors de l’installation à Sahart, dans le désert.


Panova Tatiana

Puigvert Juan Maria

Tania Panova est née à Moscou, en Russie en 1973. Elle vit et travaille à Moscou. Elle a séjourné à la Fondation Sahart en 1998-1999.

Juan Maria Puigvert est né en Espagne en 1959. Il vit et travaille à Paris. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998.

Après des études d’Histoire de l’Art à l’université de Moscou, Tania Panova peint. Si elle fait un peu de photographie, celle-ci répond à une démarche plus “industrielle”. Dans son évolution, son séjour au Maroc est déterminant. De tempérament impatient, elle aime voir le résultat de son travail rapidement. Et comme elle le dit, “je suis photographe, c’est-à-dire, un peintre paresseux”. Les lumières et les jeux d’ombres l’ont particulièrement séduite, ici au Maroc mais aussi dans son travail ultérieur. Elle a l’art de saisir l’âme éternelle du quotidien le plus banal et de sonder les facettes cachées, les ombres de la réalité.

Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone et une licence en Histoire de l’Art, il commence par écrire et publier deux recueils de poèmes. Il se lance dans la peinture, travaillant dans un style plutôt expressionniste et figuratif. Il conçoit son œuvre comme un territoire narratif entre réel et imaginaire. Il attache énormément d’importance à l’élaboration technique de ses œuvres : diversité des matériaux, sédimentation des pigments, oxydations, érosions. Il recherche l’intensité par la sobriété et décline un répertoire iconographique de formes hybrides et antropomorphes. Ses œuvres se trouvent dans d’importantes collections privées en France et en Espagne. Tatiana Panova, Shadows Serie, photo couleur, tirage non numéroté, s.d. Marrakech. Juan Maria Puigvert, Sans titre, encre de chine et aquarelle sur papier, 4,5 x 3,2 cm, s.d. Marrakech.


Sautter Claus Claus Sautter, photographe allemand, est né en 1958 à Freiboug (Allemagne de l’ouest). Il vit et travaille à Berlin. Il séjourné à la Fondation en 2003.

Spengler Christine Née en Alsace, en 1947,Christine Spengler a séjourné à la Fondation en 1997 Elle a connu une enfance madrilène. Le musée du Prado et ses hôtes célèbres, Goya et Velazquez notamment, ont fait partie de son quotidien. Mais, comme elle l’affirme, “Je suis née le jour où j’ai réalisé ma première photo au Tchad”, en 1970. C’est là-bas qu’elle décide de devenir reporter de guerre. Elle apprend le métier sur le terrain et, du Cambodge à l’Irak, photographie en noir et blanc. En 1997, après un reportage sur les femmes en Afghanistan et sur l’Espagne, elle séjourne au Maroc, à Marrakech. Elle poursuivra sa carrière comme correspondante de guerre pour Sipa-Press et Corbys-Sygma et sera sur tous les grands conflits jusqu’en 2003. En mars 2007, elle a reçu le titre de Chevalier des Arts et des Lettres du ministère de la Culture à Paris pour l’ensemble de son parcours.

Site : www.claussautter.de

Claus Sautter, Bab serie, photo N/B, tirage numéroté 2/3, 30 x 34 cm, 2003, Marrakech.

Christine Spengler, Sans titre, photo couleur, tirage numéroté, 39 x 60 cm, 1997, Marrakech.


Stas-Shuripa Sergeï Sergueï Stas-Shuripa est né en 1971 dans l’est de la Russie. Il vit et travaille à Moscou, en tant que peintre et auteur d’articles critiques et théoriques sur l’art contemporain. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998-1999. Après une formation technique à l’Institut de Radio-électronique de Moscou, Stas-Shuripa a travaillé comme décorateur au théâtre Malij avant de suivre différentes formations artistiques en Russie et en Suède à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de l’université de Göteborg. Ces études ne l’ont pas empêché d’exposer dès 1996, au sein de la Galerie Aïdan, une des plus prestigieuses galeries d’Art contemporain de Moscou. Il compte ainsi déjà plus de 50 expositions à son actif et a participé, en 2005, au projet d’exposition de groupe Hope-Stop en marge de la Biennale d’Art Contemporain de Moscou. Sa peinture est à la croisée de chemins multiples – géométrie pop, évocation des comics strips, images vidéo et informatiques – et évoque souvent la réalité froide d’un monde urbain qui atteint au mythe une fois qu’il l’a fixé sur sa toile.

Storms Axel Axel Storms est né à Ixelles en Belgique, le 23 février 1974. Le peintre travaille à Gand en Belgique. Il a séjourné à la Fondation à deux reprises en 1997. Après des études en Arts Plastiques à Gand et à la Heaterleys School of Fine arts à Londres, il a commencé à peindre et à exposer dans la petite salle d’exposition que ses parents avaient au sein de leur magasin à Nieuwport. Ensuite, il a décidé de voir le monde et l’a parcouru pendant plus de 10 ans : Cuba, l’Amérique centrale, etc. Il vient de réinstaller son atelier à Gand en Belgique, et s’est remis à la peinture.

Sergei Stas-Shuripa, Urban Landscape, huile sur toile, 110,5 x 80 cm, 2000, Marrakech.

Axel Storms, Sans titre, acrylique sur toile, 196 x 104 cm, 1997, Marrakech.


Tsigal Serge Serge Tsigal est né en 1949 en Russie. Il a séjourné à la Fondation Sahart à Marrakech en 1998.

Vanhevel Jasmine Jasmine Vanhevel est née en 1970, en Belgique. Elle vit et travaille en Belgique mais réalise de nombreux reportages photographiques à l’étranger. Elle a séjourné à la Fondation Sahart en 2002.

Après des études de géographie à Moscou, il a participé à plusieurs expéditions scientifiques en Union soviétique et à l’étranger. Parallèlement, il a toujours dessiné et par la suite, s’est adonné à la gravure. Il est spécialiste du portrait d’animaux. Il a réalisé de multiples expositions en Russie, Italie, Mexique, Allemagne, Suède et est représenté dans plusieurs collections privées. En 1992, il a remporté le prix de la célèbre fondation écossaise Glasgow Print Studio.

Après des études de photographie à Sint-Lukas à Bruxelles, elle débute comme assistante du photographe de mode Luc Praet. Ensuite, dans le milieu professionnel, elle se fait un nom dans la presse magazine comme photographe d’ambiance pour la décoration et la mode (Glamour, Cosmopolitan, etc.). Ce qui ne l’empêche pas de réaliser des photos plus artistiques où ce sont surtout les lumières qui la préoccupent. En 2004, elle rentre chez Claudia Trucco qui est aujourd’hui son agent. Site : www.claudia-trucco.com

Jasmine Vanhevel, Sans titre, tirage couleur numéroté 1/5, 40 x 60 cm, s.d., Marrakech.

Sergeï Tsigal, Sans titre, gravure, tirage numéroté, 10 x 8 cm, s.d, Marrakech.


Vernier Catherine Catherine Vernier est née en 1950. Elle vit et travaille en région parisienne. Elle a séjourné à la Fondation en 1998, en compagnie de son mari François Bouillon.

Wagner Eva Née en 1967 à Salzbourg, Eva Wagner vit et travaille à Vienne. Elle a séjourné à Sahart en 1997-1998. Après ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, Eva Wagner fait différentes résidences d’artistes en Italie, en France et au Maroc avant d’entrer dans l’enseignement à l’Université des Arts Appliqués à Vienne et à l’Académie des Beaux-Arts internationale d’été de Salzbourg. Artiste d’envergure internationale, elle a découvert le Maroc à l’occasion d’une exposition collective organisée à Casablanca en 1997 consacrée à l’Art contemporain en Autriche. Son travail pictural joue sur les limites visible/invisible, figuration/abstraction, sur le mouvement et le temps. La photographie y tient une place particulière. Elle a remporté, en 2005, le prix Anton Feistauer en Autriche et participe régulièrement à différentes expositions et Foires de l’Art (France, Angleterre, Chine, Belgique, Russie, etc.).

Artiste plasticienne, après des études d’architecture intérieure et à l’école supérieure des Arts décoratifs, Catherine Vernier enseigne le dessin et la sculpture aux jeunes. Parallèlement, elle développe une technique artistique originale, précisément après son séjour à Marrakech. Elle “utilise la piqûre à la machine sur la toile comme on utiliserait un crayon très intime, qui d’une voix timide dit sa détermination à tracer là la marque d’une émotion qui revient de très loin*…” Elle allie en effet différents matériaux et outils pour travailler sur la toile du peintre : machine à coudre, peinture parfois, dessins, points de piqûre et broderie. Un travail étonnant. (*Extrait d’un article critique paru à l’occasion de sa dernière exposition, Exclusions, rédigé par Evelyne Arnaud).

Contact et info : www.evawagner.at ou info@feichtnergallery.com

Catherine Vernier, Sans titre, pastel sur papier, s.d. Marrakech.

Eva Wagner, Sans titre, huile sur toile, 90 x 120 cm, 1998, Marrakech.


Yver Etienne Etienne Yver est né en 1955 à Caen. Il vit et travaille à Paris. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 1998. Etienne Yver a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Mais, en fait, il peint comme il respire. Depuis toujours. Son travail témoigne d’un souffle de vie peu commun. Curieux, toujours à l’affût du monde qui l’entoure, il aime s’emparer de tous les supports, aborder tous les sujets, même poétiques ou musicaux, faisant fi de toutes les règles ou conventions. Il n’est jamais là où on l’attendrait et c’est cette diversité qui séduit. Qu’il s’agisse de sacs de ciment – comme ceux qu’il a utilisés à Marrakech – de bâches plastiques, de cartons ou de toiles classiques, il peint, avec humour ou ironie, émotions et sentiments qui l’animent face au quotidien. Son éclectisme l’a poussé à collaborer plus d’une fois à la création et la réalisation de décors, costumes et éléments scénographiques pour des troupes de théâtre et à participer à des rencontres “Peinture-Poésie” comme en 2007 à Marrakech avec le poète Yassin Adnan. Site : www.etienne-yver.com

Zaar Aleksandar Aleksandar Zaar est né à Novi Sad en Serbie le 10 juin 1971. Après des études en Allemagne et en Angleterre, il travaille aujourd’hui à Marseille. Il a séjourné à la Fondation Sahart en 2002-2003. Peintre, il s’est essayé à l’acrylique au pinceau sur toile et ensuite a adopté la technique du monotype. Aujourd’hui, il travaille essentiellement la photo, sur les thèmes de la mémoire et du temps photographiant des “séries” et des éléments en “évolution”. Site : www.azaar.eu

Etienne Yver, Sans titre, huile sur toile, 18 x 24 cm, s.d., Marrakech.

Aleksandar Zaar, Sans titre, acrylique sur toile, 140 x 140 cm, 2002, Marrakech.


Biographie

des

artistes

dont

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pas

Chaguignan Mirel Mirel Chaguignan est une artiste peintre d’origine russe qui a séjourné à la Fondation en 1998 en même temps que Sergeï Tsigal. Elle a laissé trois huiles sur toile à Sahart mais nous n’avons malheureusement pas retrouvé sa trace.

Collet Sophie Sophie Collet est une artiste belge qui s’est perfectionnée dans la technique du pastel gras. Elle a séjourné à la Fondation en 2000 et à laissé deux œuvres grands formats, de facture classique, réalisées pendant son séjour. Nous n’avons pas d’autres traces de son passage. Selon nos dernières informations, elle pratique toujours son art mais de manière intermittente.

Nejivoi Igor Artiste peintre d’origine russe, il a séjourné à la Fondation en 1998. Il a fait don de deux acryliques sur toile à la Fondation. Selon nos dernières informations, il aurait arrêté de peindre aujourd’hui.

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Fondation ONA . Collection SAHART . Donation Serge et Valérie Barkowski

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“Remerciements à tous les artistes grâce à qui des liens indélébiles se sont créés sur fond de moments inoubliables, à Tania Chorfi Bennani, pour sa sensibilité et sa compétence, à toute l’équipe de l’ONA, à Abdelhadi Mahrar, pour sa fidélité et sa disponibilité, à Fatiha, petite fée pour toutes et tous, à Awatif et Latifa, à Youssef, qui nous a fait partager “son désert”, à Radwane el Idrissi, qui m’a permis de rencontrer Tania Chorfi Bennani, à Charlotte et Gregoire Barkowski, Philippe Poignand, Yves Charriau, à Christiane Thiry, Quentin Wilbaux, Nicolas Tosi, Alex Grosman, Florence Bories, à Mariette Landon, à Dominique Pissoort en souvenir d’un voyage inoubliable, à Françoise et André Lafon, à Andrée Collin pour son investissement personnel, sans elle je n’aurais pas réussi à retracer toute l’histoire de la Fondation… 1000 fois merci”. Valérie Barkowski

Rédaction : Valérie Barkowski & Andrée Collin Réalisation Graphique : Marcos Claudino Rosa assisté pour l’arabe par Wassim El Hallioui Avant-propos : Fondation ONA, Rachid Slimi, Président Edition : Fondation ONA Impression : PIPO, Casablanca Tirage : 2 000 exemplaires Traduction : Mustapha Bouazzaoui Relecture & correction du texte français : Virginie Chaquiq El Badre Relecture & correction du texte arabe : Khadija Bidar, Atika Balagh, Samir Khalfi, Latifa Mahrar Crédits photograpiques : Couverture : Hassan Nadin Dans l’ouvrage : Hassan Nadin, Nourreddine Chater, Isabelle Lousberg, François Lelong www.fondationona.com Villa des Arts Casablanca 30, boulevard Brahim Roudani Casablanca, Maroc Villa des Arts Rabat 10, rue Beni Mellal Rabat, Maroc © 2008, Fondation ONA

Foundation Sahart  

42 artists in residence in southern Morocco upon invitation of Valérie Barkowski. Fondation ONA 42 artistes en résidence dans le Sud...

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