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P U B L I S C O P I E

E C R E M COM E L B A T I U ÉQ action ! ’ a l à s n o s Pas

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Commerce équitable, passons à l’action !

Le 2 octobre prochain débutera la 12ème édition de la Semaine du commerce équitable. 10 jours durant, le commerce et les produits équitables seront mis à l’honneur. C’est une belle occasion pour faire le point sur la situation dans notre pays : quels consommateurs équitables sommes-nous, et quelles sont les nouvelles initiatives en Belgique ? Le commerce équitable n’a pas fini de faire parler de lui. Si les bananes, le sucre, le café et le cacao demeurent les produits les plus populaires, le commerce équitable concerne aujourd’hui de nouveaux secteurs comme l’électronique ; avec pour cet automne, une grande première : le lancement sur le marché européen du smartphone le plus équitable. Dans le tourisme également, l’un des secteurs économiques les plus importants dans le monde, des efforts ont été entrepris pour répartir équitablement les revenus au profit des communautés du Sud. En 2012, le commerce équitable a permis à quelque 2 millions de petits producteurs et à leur famille, issus de 75 pays africains, asiatiques et d’Amérique latine, de jouir de meilleures conditions de vie. Au plus nous serons nombreux à faire le choix des produits équitables, au plus les acteurs commerciaux seront contraints d’en faire autant. Car il nous faut rester vigilants. L’industrie du chocolat s’était engagée, il y a 10 ans, à bannir le travail d’enfants des plantations de cacao et à garantir des conditions de travail conformes aux droits humains. Mais la route est encore longue.

Le commerce équitable, on adhère, on adore ! C’est pourquoi la Semaine du commerce équitable insiste d’année en année sur la nécessité de pratiques commerciales plus justes. Cette année encore, nous vous invitons à découvrir le commerce équitable et à en apprécier les produits. Au programme : des

activités ludiques pour inciter à acheter équitable, un concours de cuisine, un mariage « équitable », une dégustation de vins... Les activités proposées sont aussi nombreuses et diversifiées que le choix des produits. Consultez le calendrier en fin de dossier ou rendez-vous sur le site www.semaineducommerceequitable.be. Montrez votre engagement sur Facebook, et « bougez-vous » pour le commerce équitable. Mais surtout n’oubliez pas : lors de vos achats, faites le choix des produits équitables, utilisez votre pouvoir de consommateur pour changer les conditions de vie des producteurs du Sud. La Semaine du commerce équitable est une initiative du Trade for Development Centre, un programme de l’Agence Belge de Développement pour promouvoir le commerce équitable, durable et améliorer l’accès aux marchés des micro-, petites et moyennes entreprises du Sud. La Semaine du commerce équitable est organisée en collaboration avec les principaux acteurs belges du secteur.

Cette publiscopie est une réalisation de Roularta Custom Media pour le Trade for Development Centre de la CTB, Rue Haute 147, 1000 Bruxelles. Tél: 02 505 19 35. Editeur responsable: S. Van Iseghem Rédaction: Trade for Development Centre de la CTB Coordination: C. Specen-Berry. Régie publicitaire: Roularta Media (Zellik). Tél: 02 467 58 82.


Commerce équitable, passons à l’action !

En quête d’une électronique équitable GSM, smartphones, laptops, tablettes… nous ne pouvons plus imaginer notre quotidien sans eux. Et pourtant, ils recèlent encore bien des secrets. Qui sait en effet d’où proviennent précisément leurs matières premières ? Dans quelles conditions de travail sont-ils produits ? Quel est leur impact sur l’environnement ? Les analyses du secteur de l’électronique révèlent l’existence de problèmes aux différentes étapes des processus de production. Aussi, les actions de consommateurs se multiplient et des alternatives sont mises à l’étude. Une première nous est même promise à l’automne : le smartphone le plus équitable fera son apparition sur le marché belge !

L’électronique, un secteur confronté à de nombreux problèmes Les minerais de conflit Les appareils électroniques modernes intègrent des dizaines de métaux connus et moins connus : étain, cobalt, cuivre, coltan, tantale, tungstène... Leur histoire est similaire à celle du café ou des bananes : le commerce des ressources naturelles de l’hémisphère sud est entre les mains de grandes multinationales. Seule une infime partie des bénéfices retourne aux communautés locales... L’exemple le plus criant est sans conteste celui de la République démocratique du Congo. Bien qu’infiniment riche en minerais, ce pays demeure l’un des plus pauvres au monde. Le conflit persistant dans l’est du pays a tout à voir avec la guerre lucrative pour ces matières premières si nécessaires à nos smartphones et laptops.

En décembre 2012, la campagne MakeITfair, une campagne conjointe d’ONG néerlandaises, allemandes, scandinaves et hongroises, a publié un rapport intitulé « From Congo with (no) blood ». Etabli sur base d’un questionnaire envoyé à trente géants de l’électronique, il porte sur l’utilisation, dans leur processus de production, des trois T en provenance du Congo : l’étain (tin en anglais), le tantale et le tungstène. Treize d’entre eux ont reconnu leur responsabilité, certains ayant même déjà pris des mesures en vue de se procurer des matières premières dites « sans conflit ». La majorité des entreprises contactées n’a toutefois même pas souhaité collaborer à l’étude.

Des heures supplémentaires non rémunérées Etape suivante : le processus de production. Plus de la moitié des téléphones portables et des trois quarts des tablettes sont fabriqués dans des usines chinoises. En tête de peloton figure la société taïwanaise Foxconn, qui compte dans son portefeuille tous les géants de la technologie, d’Apple à Microsoft en passant par Sony et Nokia. En 2011, elle employait jusqu’à un million de travailleurs. La même année, Foxconn faisait tristement la une de l’actualité suite à une vague de suicides parmi ses ouvriers chinois. En cause, la charge de travail trop élevée, les nombreuses heures supplémentaires non rémunérées et les conditions de travail peu sûres. En réaction à l’indignation publique, Apple a décidé de s’affilier à la Fair Labour Association (FLA), une organisation américaine qui propose aux grandes entreprises un système d’inspection basé sur un code de conduite. Les rapports de la FLA confirment ce que nous savions tous déjà depuis belle lurette et incluent une longue liste de recommandations auxquelles Foxconn et Apple disent être en train de travailler.

Plus de la moitié des téléphones portables sont fabriqués en Chine (© FairPhone)

Pour tenter de tarir les sources de financement des mouvements rebelles, le Congrès américain a voté, en 2010, un article de loi imposant aux sociétés de contrôler et d’enrayer l’importation de « minerais de conflit » en provenance de la RDC ou d’un de ses pays voisins. Une initiative qui n’est pas sans faire penser au processus de Kimberley, qui vise à endiguer le commerce illégal des « diamants de sang » provenant de régions en conflit à travers l’instauration de certificats d’origine. La pratique nous apprend néanmoins qu’il est très difficile de trouver un système infaillible.

En parallèle, des ONG telles que China Labour Watch et SACOM (Students and Scholars Against Corporate Misbehavior) dénoncent régulièrement les conditions de travail chez Foxconn et d’autres entreprises. En Inde aussi, où est implanté le principal fournisseur de Nokia, et en Corée du Sud, berceau de Samsung, les conditions de production sont insoutenables : salaires trop bas, journées trop longues, heures supplémentaires trop nombreuses et non rémunérées, discrimination des plus âgés et contrats temporaires réduisant encore un peu plus les droits des travailleurs. Un rapport réalisé par MakeITfair dénonce de son côté la grande flexibilité de la législation du travail en Hongrie, principal pays producteur d’électronique en Europe centrale et orientale. Une législation qui permet de fermer les yeux sur des situations déplorables, similaires à celles sévissant en Asie : « dans un cas, nous avons été témoins d’une résistance brutale à la constitution d’un syndicat ; sur un autre lieu de travail, les ambulances attendaient régulièrement devant les portes pour emmener les ouvriers pris de malaise. »


Mine au Congo (© FairPhone)

La majeure partie des déchets est toujours illégalement exportée, souvent en Afrique (© FairPhone)

Jean-Marc Caudron de l’organisation achACT (Actions Consommateurs Travailleurs), un réseau regroupant 25 ONG francophones belges, suit de près la situation : « L’année dernière, c’était à qui damerait le pion à l’autre, de Samsung et d’Apple, en matière de non-respect des promesses. Samsung n’a autorisé les audits qu’au compte-gouttes et s’oppose résolument à toute création de syndicat. Par ailleurs, alors qu’un nombre important de cancers a été observé dans une unité de production de conducteurs électriques, Samsung refuse d’assumer quelque responsabilité que ce soit en la matière. Quant à Apple, son affiliation à la FLA n’a pas eu de répercussion sur les conditions de travail dans les ateliers de ses fournisseurs. La FLA de son côté n’a pratiquement aucun contact avec les syndicats locaux. Je m’interroge donc sérieusement sur ses contrôles. » « Les marges bénéficiaires dégagées par le secteur de l’électronique sont souvent énormes », poursuit Jean-Marc Caudron. « Le coût de production d’un iPad est de maximum 40 % du prix de vente 1: un iPad de 499 $ comprend pour 219 $ de pièces détachées, tandis que le montage ne coûte que 10 $. Qui osera donc encore prétendre qu’ aucune marge d’amélioration des conditions de production n’est possible ? »

d’énergie. Depuis des années, l’organisation Catapa mène campagne pour dénoncer l’impact négatif de l’exploitation minière. Dans une campagne intitulée Goud:Eerlijk?, elle incite les consommateurs à déposer leurs vieux portables, chargeurs et ordinateurs dans des points de recyclage. Chaque tonne de GSM (soit entre 6.000 et 10.000 pièces) contient pas moins de 340 grammes d’or pur, alors que l’extraction d’un seul gramme d’or pur des mines produit cinq tonnes de déchets toxiques, consomme 10.000 litres d’eau et rejette 17 tonnes de CO2.

De l’or dans les décharges Un GSM contient différentes substances nocives, comme l’arsenic et le plomb. L’Union européenne procède, d’après les estimations, au recyclage responsable de 25 % de ses déchets électroniques ou e-waste. Mais la majeure partie est toujours illégalement exportée, souvent en Afrique. Le Parlement européen espère pouvoir changer la donne en imposant une série d’obligations aux exportateurs. Les téléphones et ordinateurs hors d’usage constituent par ailleurs une véritable mine de métaux rares et précieux. Des entreprises comme Umicore s’orientent de plus en plus vers l’urban mining, ou « l’exploitation minière urbaine », qui vise à récupérer les métaux des appareils électroniques usagés. Par rapport à l’exploitation minière primaire, ces matières premières sont plus facilement accessibles et leur « exploitation » exige bien moins

Il est temps d’agir ! Il existe donc une grande marge d’amélioration. Les initiatives se multiplient ces dernières années. MakeITfair a publié une série de rapports portant sur les matières premières, les conditions de travail et l’impact sur l’environnement. Ces mêmes ONG sont aussi la locomotive d’un groupe plus large de 150 organisations, baptisé GoodElectronics, qui interpelle les sociétés et les autorités sur les conventions de l’OIT (Organisation internationale du travail) relatives au travail décent.

Une électronique verte Greenpeace International, de son côté, fait aussi entendre sa voix. En novembre 2012, l’ONG a publié la 18e édition de son « Guide to Greener Electronics » (Guide pour une électronique plus verte), qui analyse la présence de substances dangereuses dans les

(© Greenpeace International)


Commerce équitable, passons à l’action !

processus de production, le cycle de vie des produits, ainsi que la politique en matière d’énergie et de climat des entreprises. Ce guide débouche sur un classement des entreprises selon leur engagement en faveur de l’environnement. En pole position figure une entreprise quasi inconnue : Wipro. Ce producteur électronique établi en Inde utilise des énergies durables, fait du lobbying en faveur d’une politique énergétique plus verte, fournit des efforts importants pour collecter les déchets électroniques et élimine progressivement les substances nocives de ses produits. La société Acer avance dans le classement, grâce aux efforts entrepris pour éviter les substances toxiques et réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Apple, HP et Dell ont également remporté un meilleur score suite à la mise en place de mesures visant à refouler les minerais de conflit. Le fabricant des BlackBerry, RIM, occupe quant à lui la lanterne rouge. Dans l’ombre des géants de l’électronique évoluent aussi de plus petits fabricants soucieux de réduire leur empreinte écologique. La jeune entreprise belge United Pepper, par exemple, commercialise une petite webcam réalisée à base de kapok, de coton et de sable du Mékong, des matériaux exclusivement naturels. Son processus de production ne nécessite en outre qu’un faible apport énergétique.

Une électronique équitable ? De portable vert à portable équitable, il n’y a plus qu’un pas... L’initiative française Fairtrade Electronic s’est fixée pour objectif de développer d’ici 2015 un smartphone « apaisé », c’est-àdire un appareil respectueux de l’homme comme de l’environnement, et conçu pour durer toute une vie. Dans sa philosophie, la technologie redevient subordonnée à l’homme. Mais, pour l’heure, tous les regards sont braqués sur l’initiative néerlandaise FairPhone. Bas van Abel, son coordinateur, explique : « Nous souhaitons développer un smartphone intégrant uniquement des pièces détachées dont la production n’entraîne pas d’effets nocifs pour l’homme ou l’environnement. Même si l’intention première est d’inspirer le secteur et non de le concurrencer, la meilleure manière de faire avancer les choses est d’offrir une alternative. » En mai dernier, FairPhone lançait un appel : si 5.000 personnes s’engageaient à « préacheter » un Fairphone, l’entreprise pourrait effectivement lancer le processus de production. Trois semaines plus tard, le pari était gagné : le premier FairPhone fera son apparition cet automne. « Que tant de personnes soient disposées à payer 325 euros pour un téléphone qui n’existe pas encore, démontre bien qu’il s’agit plus que d’un simple téléphone », poursuit Bas van Abel. « Les 1

Le smartphone le plus équitable du marché (© FairPhone)

consommateurs veulent vraiment investir dans le changement et démontrer qu’ensemble, nous pouvons faire exploser les chaînes complexes et révolutionner les processus de production. Ils demandent des produits ayant un effet positif sur les aspects sociaux et écologiques inhérents à leur production. La participation de ces 5.000 personnes est capitale pour la diffusion du message et la mise en route du projet par ses huit collaborateurs. Le financement participatif (crowdfunding) permet au FairPhone de conserver son indépendance et de ne pas avoir à trouver d’investisseurs étrangers. » Le FairPhone ne sera peut-être pas encore 100 % équitable, mais il sera le plus équitable du marché. Le premier appareil contiendra de l’étain et du tantale « sans conflit » en provenance de la RDC et sera assemblé dans une usine dont les ouvriers se verront attribuer un salaire décent grâce à un fonds spécialement créé à cet effet. Il s’agira d’un téléphone Android performant, facile à réparer et à recycler, et dont les pièces de rechange pourront être commandées en ligne. L’entreprise entend jouer la transparence totale sur la liste des matériaux utilisés, la répartition des coûts et les fournisseurs.

Campagnes et rapports : MakeITfair : www.makeitfair.org The Goodelectronics Network : www.goodelectronics.org From Congo with (no) blood : http://makeitfair.org/en/the-facts/news/from-congowith-no-blood Le processus de Kimberley (diamants) : www.kimberleyprocess.com The Flexe Syndrome : http://makeitfair.org/en/the-facts/news/flexibility-problematic-for-hungarian-electronics-workers China Labor Watch : www.chinalaborwatch.org SACOM: www.sacom.hk achAct : www.achact.be Goud:Eerlijk : www.goudeerlijk.be Fair Labor Association : www.fairlabor.org Guide to Greener Electronics, Greenpeace International : http://www.greenpeace.org/international/en/Guide-to-Greener-Electronics/18thEdition/Introduction United Pepper : www.unitedpepper.org

ƒlectronique équitable : FairPhone : www.fairphone.com Conflict-Free Tin Initiative : www.solutions-network.org/site-cfti Initiatief Duurzame Handel : www.idhsustainabletrade.com/electronics Geeksphone : www.geeksphone.com/ Fairtrade Electronic : www.fairtradeelectronic.org

Selon les calculs effectués par Isuppli, un bureau spécialisé dans les études de marché dans le domaine de l’électronique.


FAIRTRADE 12 & 13 octobre

TOUS AUX PETITS DÉJEUNERS OXFAM !

infos : www.omdm.be

Pour l’agriculture paysanne au Nord comme au Sud

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Commerce équitable, passons à l’action !

Le tourisme durable n’oublie plus le plaisir de voyager Le tourisme est un des principaux secteurs économiques au niveau mondial : il représente 500 milliards de dollars et 250 millions d’emplois. Mais ses revenus sont souvent inéquitablement répartis et l’environnement pâtit des déplacements de masse qu’il suscite. Quelle alternative offre le «tourisme durable» et comment concilier les trois « P » de la durabilité (people, planet, profit) avec celui de « plaisir »?

Le tourisme durable

Apprentissage du lancer de filet (© Eco-Benin)

Un impact non négligeable Jusqu’en 1930, le tourisme était réservé à une élite. Mais tout a changé avec l’instauration des congés payés, et l’augmentation spectaculaire du nombre de voyages internationaux : de 25 millions en 1950 à plus de 1 milliard en 2012. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prédit même qu’ils s’élèveront à 1,6 milliard d’ici 2020. Cette évolution ouvre des perspectives pour les pays en développement. Souvent, ceux-ci ont en effet de solides atouts à faire valoir : soleil, plages, patrimoine culturel et nature préservée. Dans 20 des 48 pays les moins avancés, le tourisme est, aujourd’hui déjà, la première ou la deuxième source de revenus. Il a pour avantage supplémentaire de créer aussi des emplois pour les femmes, les jeunes et les travailleurs peu qualifiés. Toutefois, le plus souvent, les pays du Nord restent les principaux bénéficiaires (compagnies aériennes, tour-opérateurs, chaînes hôtelières.) et il ne profite qu’à une minorité de la population locale. Les revenus du secteur sont aussi incertains : une catastrophe écologique ou des tensions politiques, par exemple, peuvent provoquer un brusque recul de la fréquentation touristique. Dans de très nombreux cas, le tourisme de masse s’avère désastreux pour l’environnement. « Dans plus de 50 pays, j’ai vu de mes propres yeux à quel point le tourisme peut être destructeur, » nous confie Marie-Paule Eskénazi, fondatrice de Tourisme Autrement. « Dans un pays du Sud, un touriste moyen consomme de 7 à 10 fois plus d’eau qu’un habitant local. Et pendant une heure de vol, chaque passager produit à lui seul plus de CO2 qu’un habitant du Bangladesh pendant toute une année. » Et l’OMT d’en conclure que « le tourisme n’est peut-être pas la réponse au problème du développement, mais il peut apporter sa pierre à l’édifice. »

De nombreuses instances plaident depuis longtemps déjà en faveur d’un tourisme plus durable. En 2004, l’OMT définit le concept de « tourisme durable » comme suit : «un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, et qui répond aux besoins des visiteurs, de l’industrie, de l’environnement et des communautés hôtes ». Le modèle des trois P, au centre des discussions sur le développement durable, s’applique ici aussi : • People : le tourisme doit respecter les spécificités socioculturelles, le patrimoine culturel et les valeurs traditionnelles des communautés, et contribuer à un dialogue interculturel ; • Planet : le tourisme peut utiliser les richesses naturelles locales, mais doit contribuer à préserver le patrimoine naturel et la biodiversité ; • Profit : le tourisme doit instaurer une relation économique à long terme, tout en assurant une répartition équitable des bénéfices. Cela sous-entend des emplois stables et des revenus décents pour les communautés hôtes.

Un quatrième P En comparaison avec d’autres secteurs, la durabilité a pris un certain retard dans le tourisme. Pour Manu Minne, coordinateur de la ViaVia Tourism Academy (spin-off de Joker, une agence spécialisée dans les voyages d’aventures, de découvertes) : « le ton de la réprimande utilisé pour parler de durabilité en est l’une des principales raisons, alors que les vacances sont justement synonymes de détente et de liberté. Heureusement, la rhétorique est aujourd’hui en train de changer. Je préfère donc adopter un modèle comportant un quatrième P, celui de plaisir. Pas au sens strict, mais comme un large éventail de sensations : joie, émotion, véritable rencontre... Du plaisir pour le voyageur par l’enrichissement de son vécu, et du plaisir pour l’hôte local au sens d’un traitement respectueux et d’un travail digne. Ce quatrième P devient ainsi un élément essentiel des trois premiers. »

Un Tata Somba, habitation traditionnelle de l’Atacora au Bénin (© Eco-Benin)


Assemblage de palétuviers au lac Ahémé (© Eco-Benin)

Plantation de palétuviers au lac Ahémé (© Eco-Benin)

Entrepreneuriat local Pour Manu Minne, le tourisme durable ne peut se concrétiser que dans le contexte local. La ViaVia Tourism Academy propose des formations au Sud. « Nous expliquons les attentes des touristes européens aux petits entrepreneurs locaux et réfléchissons ensemble aux formes durables concrètes que peut prendre le tourisme dans leur pays. » L’organisation recommande aux entrepreneurs locaux d’investir prudemment, car le tourisme est un secteur précaire et il peut s’avérer plus malin de le considérer comme une source complémentaire de revenus. La combinaison agriculture-tourisme, par exemple, donne aux touristes plus d’opportunités de vécu authentique. Les entrepreneurs locaux sont de plus en plus à même de communiquer directement avec les clients potentiels. Auparavant, les services touristiques et les tour-opérateurs détenaient un véritable monopole (Voyage 1.0). Les voyageurs se sont ensuite mis à s’informer mutuellement (Voyage 2.0), avant d’être relayés par les entrepreneurs locaux qui peuvent désormais faire leur propre publicité grâce aux médias sociaux et à l’Internet (Voyage 3.0).

Des exemples à suivre L’agence Warm Heart Travels est une belle initiative d’intégration des 4 P. Elle a été fondée par un jeune entrepreneur local du Malawi, un petit-fils de chef de village destiné à succéder à son grand-père, qui a préféré s’engager dans la voie du tourisme durable. « Nous avons tenté d’intégrer son histoire personnelle, sa culture et son ADN dans cette démarche entrepreneuriale », explique Manu Minne. Les familles participant au projet ne sont pas membres de tribus traditionnelles vêtus d’oripeaux exotiques, mais de simples paysans disposés à héberger chez eux des voyageurs. La contribution financière qui leur est allouée permet d’envoyer les enfants à l’école. Les activités proposées comprennent une rencontre avec le chef de village, la participation à la préparation d’un repas et la découverte des différences culturelles. Parmi les possibilités figure également un séjour dans le township de la capitale Lilongwe, Area 21. Les touristes peuvent y visiter une école, aller chez le coiffeur ou jouer au foot avec les jeunes. Warm Heart Travels entend ainsi faire la différence entre « un chouette voyage » et « une expérience de vie ». Les contacts se nouent au fil de petits détails : les visiteurs étrangers apprennent quelques phrases en langue locale avant d’aller acheter des légumes au marché... une expérience nouvelle pour eux, un incitant pour l’économie locale et une première étape de découverte culinaire avec la famille d’accueil.

Cuisiner ensemble (© Warm Heart Travels)

Parmi d’autres exemples encore, retenons celui de l’ONG EcoBenin, qui, à travers son site Web, Facebook et Youtube, fait la promotion d’une dizaine d’initiatives touristiques équitables et solidaires au Bénin : aussi bien des randonnées dans la nature que des rencontres avec les cultures locales. À chaque fois, c’est la communauté du lieu qui prend en charge l’accueil et l’accompagnement des touristes dans des gîtes ou de petites maisons traditionnelles. Ainsi, dans la communauté peule du nord du pays, les voyageurs apprennent à garder un troupeau ou à fabriquer le fromage local. Quelque 10 à 25 % des recettes sont affectées à des projets concrets tels des écoles ou des latrines, ou allouées aux familles les plus pauvres de la communauté. En 2011, les Peuls ont accueilli 6.322 touristes. Le tourisme constitue, pour Eco-Benin, une manière de promouvoir le développement durable dans les régions où l’agriculture et la pêche se retrouvent sous pression, ou dans celles où les richesses naturelles et culturelles sont menacées. La notion « Eco » reprise dans le nom de l’organisation est mise en place à travers un plan d’action CO2 et des activités de développement écologique (constructions écologiques, toilettes écologiques, agriculture biologique, etc.). Au sud-est du Bénin, par exemple, des pêcheurs sans emploi réhabilitent la mangrove. Chaque hectare replanté représente l’absorption d’environ 200 tonnes d’équivalent C02 par an. Les touristes peuvent aider à planter des palétuviers et compenser ainsi l’empreinte écologique de leurs déplacements. Au nord du pays, Eco-Benin diffuse des foyers améliorés pour la cuisson domestique dans les ménages ruraux autour du Parc National de la Pendjari. Ces foyers de cuisson permettent d’économiser jusqu’à 60% de bois, ce qui limite la déforestation et contribue à la séquestration du carbone. Des projets écologiques qui enrichissent le vécu du touriste tout en accroissant les revenus des communautés locales : une situation Win-Win à tous égards. Ou la durabilité comme instrument d’innovation dans un secteur florissant.

Sources Projet OMT « Sustainable Tourism » : sdt.unwto.org Tourisme Autrement : www.tourisme-autrement.be ViaVia Tourism Academy : www.viaviatourismacademy.com Warm Heart Travels, Malawi : www.warmhearttravels.com Eco-Benin : www.ecobenin.org


Commerce équitable, passons à l’action !

Plus d’éthique dans la filière du cacao d’ici 2020 : rien qu’une promesse ? En lÕan 2000, les mŽdias se sont largement fait lÕŽcho de la pauvretŽ massive et du travail des enfants dans les plantations de cacao en Afrique de lÕOuest, suscitant lÕindignation publique. En rŽaction, lÕindustrie chocolati•re a promis de produire, dÕici 2020, 100 % de cacao certifiŽ Žquitable ou durable. Cette dŽmarche va-t-elle constituer une rŽelle avancŽe pour les cacaoculteurs ? ˆ un constat sŽv•re : aucun des objectifs fixŽs par ce protocole nÕa ŽtŽ pleinement rempli.

Plaidoyer de l’industrie

Séchage de fèves de cacao (© Gates Foundation)

Chiffres liés au cacao 75 % du cacao mondial sont produits en Afrique de lÕOuest, dont 59 % rien quÕen C™te dÕIvoire et au Ghana. La majeure partie provient de petites plantations et reprŽsente la seule source de revenus de quelque 5,5 millions de familles dÕagriculteurs. LÕ‰ge moyen dÕun cacaoculteur en Afrique de lÕOuest tourne autour des 50 ans. Quant ˆ la jeune gŽnŽration, elle dŽcroche. Ç Une rŽaction pas vraiment illogique È, selon le baromètre 2012 sur le cacao, un rapport rŽdigŽ par 8 ONG europŽennes rŽunies dans le rŽseau VOICE : Ç Les revenus dÕun cacaoculteur se situent bien en de•ˆ de nÕimporte quel seuil de pauvretŽ. Au Ghana, il devrait gagner 3 fois plus pour atteindre le seuil de pauvretŽ officiellement fixŽ ˆ 1,25 $/jour, et, en C™te dÕIvoire, m•me 16 fois plus. È Le paysan ouest-africain ne touche quÕune infime partie du prix du cacao, les acheteurs et transformateurs se taillant la part du lion. La demande de cacao est ˆ la hausse. Quant aux dŽfis ˆ relever par lÕensemble de lÕindustrie du cacao, ils sont gigantesques. Comment est-il possible dÕaugmenter la production ? Et comment faire pour contrer le vieillissement des cacaoculteurs ?

Enfants esclaves Il nÕest pas rare, en de nombreux endroits de notre plan•te, de voir les enfants travailler pour augmenter les revenus du mŽnage. Et les conditions dans les plantations de cacao en Afrique de lÕOuest sont souvent particuli•rement pŽnibles. Des enfants de moins de 12 ans sont ainsi contraints de porter de lourdes charges ou de travailler ˆ la machette. Des enfants maliens ou burkinabŽs sont vendus comme esclaves dans les plantations. La forte indignation suscitŽe par cette situation a amenŽ les reprŽsentants de lÕindustrie du cacao et du chocolat ˆ ratifier en 2001 le protocole Harkin-Engel (du nom de deux politiciens amŽricains), qui vise ˆ lutter contre les pires formes de travail des enfants dans la fili•re. Les gouvernements du Ghana et de la C™te dÕIvoire ont eux aussi ŽtŽ mis sous pression. Dix ans apr•s, une enqu•te approfondie, mandatŽe par le gouvernement amŽricain, a abouti

LÕindustrie a argumentŽ avoir dŽjˆ investi plus de 75 millions de dollars dans les Plans dÕaction nationaux du Ghana et de la C™te dÕIvoire, dans lÕinitiative ICI (International Cocoa Initiative), dans la World Cocoa Foundation (WCF) ainsi que dans des programmes propres. Elle a de m•me invoquŽ lÕimpossibilitŽ de conna”tre la provenance du cacao : trop de petits paysans, trop dÕintermŽdiaires et trop de trafics. Les grands chocolatiers (Mars, NestlŽ, Hershey, Mondelez et Ferrero) ont rŽguli•rement rejetŽ la faute sur lÕindustrie de transformation du cacao (Cargill, ADM, Barry Callebaut), un argument qui tient de moins en moins la route, les possibilitŽs de tra•abilitŽ du cacao Žtant de plus en plus dŽveloppŽes. Ainsi, au Ghana, le gouvernement contr™le de mieux en mieux le commerce au moyen de comptoirs dÕachat locaux. Les agriculteurs se sont rŽunis en coopŽratives. Quant aux transformateurs, ils ont construit des unitŽs de transformation dans ces deux pays, ce qui y a renforcŽ leur ancrage.

La demande de cacao est à la hausse (© Cstrom)

International Cocoa Initiative (ICI) LÕICI a ŽtŽ crŽŽe en rŽponse au protocole Harkin-Engel. FinancŽe par lÕindustrie, cette organisation met sur pied, au Ghana et en C™te dÕIvoire, de nombreux projets de sensibilisation destinŽs ˆ dissuader les agriculteurs de mettre leurs enfants au travail.

World Cocoa Foundation La WCF est une fondation regroupant lÕensemble des grands chocolatiers et transformateurs de chocolat. Elle met en Ïuvre des projets de formation des agriculteurs pour accro”tre la productivitŽ des rŽcoltes de cacao.


En quelques années ˆ peine, lÕoffre de cacao certifié a connu une hausse spectaculaire (© Trade for Development Centre)

Les enfants travaillent pour augmenter les revenus du ménage (© Bread for the World)

Les enfants de planteurs certifiés re•oivent une meilleure instruction (© Nestlé)

Le recours aux certifications L’industrie a adopté une autre ligne de défense en optant pour la certification. Cadbury (aujourd’hui partie intégrante de Mondelez) a été le premier chocolatier à proposer du cacao certifié ; quant à Mars, il a promis de ne plus vendre en 2020 que des produits chocolatés certifiés. Ferrero, Nestlé et Hershey leur ont emboîté le pas. Les grands distributeurs européens, tels qu’Ahold, Sainsbury’s et Carrefour, s’investissent eux aussi de plus en plus dans des produits certifiés, ce qui contribue à accroître la pression. En quelques années à peine, l’offre de cacao certifié a donc connu une hausse spectaculaire. L’industrie a recours à trois systèmes : le label « équitable » Fairtrade Max Havelaar et les labels « durables » Rainforest Alliance et Utz Certified. Pour tous les trois, la provenance de chaque sac de cacao doit être traçable et toute une série de critères sociaux et environnementaux est d’application. Le label Fairtrade Max Havelaar est plus contraignant en terme de rémunération des producteurs et existe depuis plus longtemps, mais il est largement surpassé en termes de volume par ses deux jeunes concurrents.

Point de la situation Entretemps, chaque grand chocolatier a mis sur pied des programmes en Afrique de l’Ouest dans une optique de durabilité et de certification. Depuis 2010, Barry Callebaut collabore étroitement avec Biopartenaire en Côte d’Ivoire. L’organisation donne des formations dans quelque 300 villages, tout en assurant le traçage des fèves de cacao depuis les plantations jusqu’au port. Depuis peu, cette société mixte bénéficie des certifications Utz Certified et Rainforest Alliance. Pour sa part, Mars collabore avec les trois systèmes de certification. En Côte d’Ivoire, l’entreprise a recours au système OSTE (Observation et suivi du travail des enfants) mis en place par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Son programme de durabilité, Vision for Change, cen-

Gr‰ce au programme de certification, le cacaoculteur obtient une prime (© Alter Eco)

tre son action sur la formation des agriculteurs, l’amélioration du matériel de plantation et la modernisation des techniques agricoles. Dans son Plan Cacao, Nestlé, de son côté, promet, d’ici 2020, d’investir 90 millions d’euros, de construire 42 écoles, de former chaque année 20.000 agriculteurs et de distribuer 12 millions de cacaoyers résistants aux maladies et à haut rendement. Aux Etats-Unis, les critiques des activistes concernent essentiellement Hershey, un des plus grands producteurs de chocolat du pays. Elles fustigent le programme Cocoa Link de la WCF auquel adhèrent Hershey et d’autres entreprises : ce programme se contenterait en effet d’envoyer des SMS aux agriculteurs pour promouvoir de meilleures techniques agricoles et pour décourager le travail des enfants. FLO gère depuis 1988 le principal label de commerce équitable. En Belgique, nous le connaissons sous l’appellation de « Fairtrade Max Havelaar ». A la différence des deux labels brièvement présentés ci-dessous, le label équitable garantit un prix minimum aux organisations de producteurs Rainforest Alliance est une ONG américaine fondée dans l’optique de protéger l’environnement et la biodiversité. Elle s’est ensuite consacrée à la certification de produits cultivés de façon durable, en se focalisant sur les aspects écologiques. Le premier programme dédié au cacao a débuté en 1997, mais le chocolat certifié n’a suivi qu’en 2007. Utz Certified a été créé à l’initiative d’un producteur de café du Guatemala et d’un torréfacteur néerlandais. Depuis 2002, ce labellisateur a véritablement pris son envol et s’est, lui aussi, engagé dans la filière du cacao. Utz Certified centre son action sur la traçabilité des filières et l’augmentation de la productivité.


Commerce équitable, passons à l’action !

Impact des labels durables ? À ce jour, peu d’organismes indépendants ont analysé l’impact des programmes développés par les entreprises et celui des certifications du cacao par Utz Certified et Rainforest Alliance. Une lacune que VOICE entend bien réparer dans son prochain baromètre sur le cacao. Il ressort déjà de l’actuel rapport que l’accent est mis de façon trop unilatérale sur l’augmentation de la productivité, alors que ce n’est pas la seule et unique explication de la pauvreté. Les autres causes sont : l’instabilité du prix du marché mondial, la très faible rémunération des cacaoculteurs, l’accès précaire au crédit ainsi que l’absence d’infrastructures locales. Le réseau se demande si une hausse des recettes attribuable à une meilleure récolte contrebalancera l’augmentation des coûts (générée par l’utilisation d’un meilleur matériel de plantation et d’une plus grande quantité d’engrais et de pesticides). Dans l’article « Certification du cacao, stratégie à hauts risques » publié sur Inter-Réseaux Développement rural, François Ruf, économiste au CIRAD1, et d’autres spécialistes présentent les résultats d’une enquête menée auprès de 160 plantations ivoiriennes, dont la moitié était certifiée Rainforest Alliance et l’autre non. Les différences entre les deux types de plantations semblent ténues. Pire même, la certification peut parfois avoir des effets pervers, comme lorsqu’elle s’applique aux plantations issues de l’abattage de la forêt tropicale, légitimant ainsi a posteriori le défrichement massif.

en effet une prime, qui oscille entre 30 à 50 francs CFA par kilo (5 à 8 centimes d’euro). Un faible montant, mais qui a néanmoins l’avantage d’être versé les mois où la production est faible et donc lorsque les cacaoculteurs ont besoin d’argent. Suite à l’interpellation du magazine français Terra Eco, Edward Millard, directeur du programme cacao de Rainforest Alliance reconnaît : « qu’en Côte d’Ivoire, la certification Rainforest Alliance (…) doit s’améliorer. Mais nous faisons des progrès. Une étude indépendante publiée par le Comité d’Evaluation de Durabilité (COSA) en 2012 a montré que les plantations certifiées par Rainforest Alliance ont une productivité de 576 kg/ha contre 334 kg/ha dans un groupe non certifié. Et l’étude a noté des bénéfices sociaux comme de meilleurs résultats scolaires chez les fils de planteurs certifiés. (…) Ce système est une vraie incitation à investir dans la formation des planteurs et la gestion des coopératives. C’est positif, car c’est un modèle durable qui ne dépend pas de l’aide. »

L’avantage au commerce équitable Une étude de KPMG sur les coûts, avantages et désavantages des certifications pour le cacao a montré que les gros producteurs, ou ceux regroupés en coopératives (dont le pouvoir de négociation auprès des acheteurs est plus élevé), pouvaient mieux tirer profit des certifications. Dans ce domaine, le commerce équitable, qui travaille en priorité avec les petits producteurs organisés, peut faire la différence. Aussi parce qu’audelà de l’octroi d’une prime de développement, il garantit un prix minimum dont l’objectif est de couvrir les coûts de production, ceux de la certification, et surtout de satisfaire les besoins élémentaires des familles des producteurs. La stabilité économique ainsi créée leur permet d’investir dans l’avenir.

Sources

Extraction de fèves de cacao (© Bread for the World)

Souvent, des politiques publiques bien comprises sont plus efficaces que les certifications. Un exemple en matière d’amélioration de la qualité, un des objectifs des certifications durables : « depuis la réforme politique de septembre 2012, avec un prix fixé et contrôlé par l’Etat, les exportateurs n’ont plus la possibilité de payer le cacao à la qualité. Ils prennent ou rejettent. La réponse des planteurs est immédiate : ils trient le cacao et font un séchage complet des fèves. Comparée au coûteux dispositif de la certification, cette mesure de politique publique est plus décisive et élégante pour améliorer la qualité. (…) Du coup, en 2012/13, sur le plan de la qualité, il n’y a plus de grande différence entre cacao certifié et non certifié. » Rainforest Alliance « devrait communiquer en cohérence avec ce qu’elle est : avant tout une démarche productiviste en termes de rendements par hectare (une demande de l’industrie, ndlr), avec la justification qu’elle est susceptible d’améliorer les revenus des planteurs. » Pour le travail supplémentaire requis, les producteurs perçoivent 1

Centre français de recherche agronomique pour le développement

VOICE : www.cocoabarometer.org (publié en novembre 2012) Miki Mistrati: www.thedarksideofchocolate.org, www.shady-chocolate.com International Cocoa Initiative: www.cocoainitiative.org World Cocoa Foundation: www.worldcocoafoundation.org FLO : www.fairtrade.net Rainforest Alliance : www.rainforest-alliance.org Utz : www.utzcertified.org CIRAD : www.cirad.fr François Ruf, Youssoupha N’Dao et Sylvaine Lemeilleur, Certification du cacao, stratégie à hauts risques, Inter-réseaux Développement rural : www.interreseaux.org/IMG/pdf/Certification_du_cacao_Ruf_juin2013.pdf Terra eco, Chocolat : des labels à côté de la plaque, 23 juin 2013 : www.terraeco.net/Chocolat-des-labels-a-cote-de-la,50290.html KPMG, Cocoa Certification. Study on the costs, advantages and disadvantages of cocoa certification, commanditée par l’Organisation Internationale du cacao (ICCO), octobre 2012.

Transformateurs de cacao et chocolatiers : Barry Callebaut: www.barry-callebaut.com Mars: www.cocoasustainability.com Hershey: www.hersheycocoasustainability.com Nestlé: www.nestlecocoaplan.com Mondelez: www.mondelezinternational.com Ferrero: www.ferrero.com Cabosses de cacao (© Cepicafe)


Le commerce équitable en Belgique : quelques chiffres et de nouvelles initiatives La Semaine du commerce équitable constitue le moment idéal pour passer en revue le secteur du commerce équitable en Belgique. Connaissons-nous le concept ? Achetons-nous peu ou beaucoup de produits équitables ? Et quelles sont les nouvelles initiatives prises en Belgique dans le domaine ?

Un assortiment de produits équitables (© Oxfam-Magasins du monde)

Les chiffres Un sondage d’opinion commandité par le Trade for Development Centre (TDC) révèle que la notoriété du commerce équitable auprès des Belges augmente d’année en année. De 79 % en 2011, elle est passée à 90 % en 2012. Quel impact cela a-t-il sur notre comportement d’achat ? Les ventes de produits équitables en Belgique s’élèvent en 2012 à un peu plus de 95 millions d’euros (5,5 à 6 milliards d’euros à l’échelon mondial). Concrètement, cela signifie que chaque Belge consacre en moyenne 8,6 euros par an à l’achat de produits équitables ; un montant qui reste relativement faible. C’est mieux que nos voisins français (6,24 euros), mais beaucoup moins bien que les Britanniques (34,5 euros). Sur les 95 millions, 86 proviennent de ventes de produits offrant la garantie Fairtrade de Max Havelaar. En 2012, 1 ménage belge sur 2 a acheté au moins un produit labellisé Fairtrade contre 1 sur 3 en 2011, ce qui se traduit par une belle progression de 12 % du chiffre d’affaires. La moitié des points de vente belges offre désormais des produits portant ce label équitable. A eux quatre, les supermarchés Delhaize, Carrefour, Colruyt et Lidl représentent quelque 70 % des ventes. Pour leur part, les Magasins du monde comptabilisent 16% des ventes. Les bananes (45 %), le sucre (25 %), le chocolat (14 %) et le café (15 %) demeurent les produits les plus prisés.1 Il ressort également du sondage d’opinion du TDC que les Belges ne sont que 14 % à estimer que le commerce équitable doit concerner uniquement les producteurs du Sud. Pour la majorité des sondés, ce concept peut donc s’étendre aux producteurs belges.

Les producteurs de lait optent pour le commerce équitable Depuis le début de la crise européenne du lait, en 2009, les producteurs européens sont de plus en plus nombreux à revendiquer un prix et un marché équitables pour leur produit. Diverses initiatives européennes ont d’ailleurs déjà vu le jour en la 1

Étude GFK commanditée par Max Havelaar Belgique

matière. Dans notre pays, FAIREBEL, la marque solidaire de 500 agriculteurs belges, propose du lait demi-écrémé, du lait chocolaté (dont le chocolat ne provient malheureusement pas du commerce équitable) et différentes crèmes glacées. En 2011, le grossiste biologique Biosano s’est, de son côté, associé à la coopérative Biomelk Vlaanderen/Biolait Wallonie pour lancer Biodia, un lait biologique et équitable. Ce lait est essentiellement vendu dans les magasins bios, et, depuis peu, également dans les Magasins du monde-Oxfam. Début septembre, Biosano a commencé à commercialiser du lait chocolaté (dont le cacao et le sucre de canne sont certifiés Fair- (© Oxfam-Magasins du monde, trade par Max Havelaar). Campagne 2013)

Oxfam-Magasins du monde lance une nouvelle initiative Sous l’appellation « Paysans du Nord », Oxfam-Magasins du Monde offre aux consommateurs un assortiment de produits issus de divers fournisseurs belges et européens (Biosano, Brasserie de la Lesse, Ethiquable). Ces produits viennent compléter l’offre de produits équitables existante. L’assortiment « Paysans du Nord » est disponible depuis septembre dans tous les Magasins du monde-Oxfam de Bruxelles et de Wallonie. Certains magasins font par ailleurs office de points de retrait de paniers de fruits et légumes locaux. Plus d’infos sur le site www.omdm.be


Commerce équitable, passons à l’action !

Agenda de la semaine du commerce équitable Voici quelques-unes des activités qui auront lieu du 2 au 12 octobre, dans le cadre de la 12ème édition de la Semaine du commerce équitable. Pour un aperçu complet, n’hésitez pas à vous rendre sur www.semaineducommerceequitable.be

Auvelais Centre culturel de Sambreville EtHiquette Exposition, conférence, reportage et animations pour les élèves de secondaire supérieur et toutpublic. Les 7 et 8/10

Braine l’Alleud MATM Le tourisme équitable s’invite à Braine l’Alleud Animations sur le tourisme équitable, pièce de théâtre, atelier de cuisine du sud, souper bio-équitable. Du 8 au 12/10

Bruxelles • STEFoP Asbl Co-équipez-vous Formation sur le commerce équitable et les outils pédagogiques pour les acteurs socio-culturels Les 2 et 3/10 • ABECE Asbl Outils et bonnes pratiques de promotion du commerce équitable chez vous ! Ecriture d’une brochure sur les outils et documents de promotion du commerce équitable • World Fair Trade Organisation - Europe Un monde équitable, une personne à la fois Le public, en rue à Bruxelles et en ligne sera invité à prendre une photo avec un jammonceau « Je soutiens le commerce équitable ». • Bruxelles formation Café et magasin équitables • Village partenaire Saint-Gilles commune des commerces équitables Forum de l’entreprenariat équitable (le 10/10) • Administration communale de Saint-Gilles Commerce équitable de Saint-Gilles, tous en piste Jeu de piste, conférence-débat, film et workshop au Pianofabriek • CGRA Faites la promotion du commerce équitable Conférence, diffusion de films de sensibilisation, dégustation de différents produits équitables le midi, exposition sur les objectifs du millénaire.

Eupen Ville d’Eupen Der Eupener FairFührer Distribution de plans de la ville avec les adresses où acheter équitable, goûter équitable, etc. Une vitrine équitable qui changera tous les jours, sera installée au centre commerial d’Eupen.

Heusy Asbl Reform L’équité pour tous ! (mise à disposition d’une animation « clé sur porte ») Formations pour les enseignants de la 3ème à la 6ème primaire.

Jette Administration communale de Jette Ensemble pour une commune équitable Sensibilisation des élèves des écoles communales, petits déjeuners et repas équitables, promotion « achète un produit équitable et reçois-en un autre » et actions dans des bibliothèques. Du 2 au 12/10

Liège Identité Amérique Indienne Asbl Commerce et tourisme équitables : vers un enrichissement mutuel Marché de produits équitables, expositions, conférence et film (5/10), théâtre « Turista » (11/10), animations et conférence (12/10).

Mons • Sud radio Coup de cœur au commerce équitable Rubriques spécifiques consacrées au commerce équitable Du 2 au 12/10 • Collectif citoyen « Mons-équitable » Mons, Ville équitable. Ça passe par tous ! Films, débats, pièce de théâtre, conférence, cours de cuisine, apéros, vente de produits équitables Du 2 au 12/10 • AID Hainaut centre EFT Une semaine fruitée, saine et équilibrée Buffet équitable au “Mess” à La Louvière pour le personnel de la CSC et le public en formation (8/10) ; stand sur le marché de Haine-SaintPierre (9/10) et de Jemappes (10/10), petitdéjeuner équitable au restaurant “Le goût d’apprendre” (11/10)

Namur Comité organisateur de la semaine du commerce équitable à Namur Namur, demain capitale du commerce équitable Concours, lunch bio-végétarien et « les midis de la Fucid » (le 3/10) Du 2 au 12/10

Rixensart Commune de Rixensart et centre culturel de Rixensart Semaine du commerce équitable à Rixensart Animations en bibliothèques (2 et 9/10), cours de cuisine (4 et 5/10), apéro-conférence (8/10), stand d’information au festival « Rocktobre » (12/10) ainsi que des animations dans des écoles primaires.

Saint-Josse-Ten-Noode Projet de l’administration communale de SaintJosse-Ten-Noode (tout public) Visite de la ferme bio du Petit Sart (2/10), dégustation de produits locaux (8/10), conférence-débat (10/10).

Soignies Ville de Soignies Soignies équitable c’est bien, le « Fair » c’est mieux Conférence (3/10 et 10/10), exposition (du 4 au 11/10), film « je mange donc je suis » (8/10)

Tournai Ville de Tournai Semaine du Commerce équitable à Tournai – Devenons des consom’acteurs ! Pièce de théâtre (4/10), soirée à la Halle aux Draps (5/10), conférence-débat (10/10), festival équitable (11/10), exposition et visites guidées chez les artisans locaux.

Virton Fair trade connection Asbl Chaque produit a une histoire Séances de sensibilisation, dégustation des produits, exposition photo Le 10/10

Et partout en Belgique francophone • BFTF (Fédération Belge du Commerce Equitable) Le commerce équitable s’invite à votre table Le commerce équitable à l’honneur dans les émissions “Table et Terroir” sur TvLux et 11 autres télévisions locales. • Oxfam Magasins du monde Petits-déjeuners Pour l’agriculture paysanne au Nord comme au Sud 12 & 13 octobre


Supplément commerce équitable 2013 - Le Vif-L'Express