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L’observation provoquée

Beaux-arts de Paris les éditions


L’observation provoquée

Beaux-arts de Paris les éditions


Marie-Sybille LainĂŠ, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm.


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Entre temps Emeline Eudes

Et si l’espace était avant tout affaire de perception. Avant même de parler de corps stellaires, de lumière, de gravitation et d’apesanteur, de satellites, avant même de se projeter dans ce lieu extérieur à notre univers quotidien, peut-être l’espace n’est-il rien d’autre que l’objet inventé par les êtres humains pour exercer leur capacité à reconnaître ce qui les entoure. L’espace serait ce maillage par lequel on pose, on situe, on fait le tour, on saisit les objets. Nous avons nommé l’espace pour nous aider à atteindre le monde. Voilà l’ultime propriété de l’espace : il rend la disjonction (dislocation) des corps possible. « L’espace n’est pas le milieu (réel ou logique) dans lequel se disposent les choses, mais le moyen par lequel la position des choses devient possible. C’est-à-dire qu’au lieu de l’imaginer comme une sorte d’éther dans lequel baignent toutes les choses ou de le concevoir abstraitement comme un caractère qui leur soit commun, nous devons le penser comme la puissance universelle de leurs connexions. »1

Être conscient de la notion d’espace que nous avons construit à travers nos expériences perceptives est là un premier travail à établir pour pouvoir appréhender un espace sidéral où tout ce qui nous apparaît comme des normes, voire des évidences, sur notre territoire habituel est appelé à se modifier, s’étoffer et se complexifier. Partir du corps pour accéder à l’espace, ou

1 Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard Tel, Paris, 1996, p.281

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bien encore faire corps avec l’espace, à la manière du continuum spatio-corporel pensé par Maurice Merleau-Ponty. L’espace tel que nous l’envisageons présuppose donc notre corps, par le biais duquel nous apprenons à cerner, concevoir une forme, la modéliser, la localiser et la distinguer des autres environnantes. C’est à partir de ce corps, notre corps, que nous saisissons par l’esprit les implications de l’espace dans notre rapport aux objets. C’est aussi pourquoi la perception occupe une place bien particulière dans l’expérience artistique. Nathalie Novain : — J’aime jouer avec la perception qu’on a des formes et de leur poids. En cherchant à les faire coexister dans l’espace, je peux influer sur l’impression qu’aura le spectateur et modifier sa connaissance des volumes.

Le sculpteur, donc, mais tout autant le photographe, et bien sûr le performeur, tous travaillent à la fois avec leur ‘corps propre’, pour reprendre la terminologie du philosophe, et celui des autres, en face, à côté, parfois tout près mais aussi plus loin, qui guettent ou entraperçoivent, eux, les spectateurs. L’œuvre ne prend corps qu’au travers de leur présence ; et de façon encore plus décisive dans une exposition sur/avec l’espace, l’œuvre se doit de déployer le terrain de la perception de l’espace. Non pas l’espace, donc, mais l’espace perçu. Il ne saurait s’agir alors d’œuvres illustrant le cosmos et ses rêveries, mais d’objets offrant des situations où l’ensemble du corps est pris à partie. Les sculptures effleurant le sol, les photographies ouvrant leur surface au regard, la déambulation physique selon une trajectoire sont autant de situations qui amorcent pour le spectateur des modes de percevoir, d’avoir accès, à l’espace. Ces pistes tentent ainsi d’ouvrir les portes vers un outre-Terre en prenant d’abord conscience de l’ancrage de notre point de vue. Il y a donc la question du corps. Comprendre ce qui arrive au corps lorsque celui-ci franchit la barrière terrestre, c’est perdre les repères. Plus de haut ni de bas, un proche et un lointain soudainement relatifs (un espace-temps compressé entre millimètres et années-lumière), un environnement rempli de contraintes. La perte du contact avec notre sol induit un vécu du corps autre. Au premier rang de cette altérité se trouve l’apesanteur. Comme le souligne Georges Vigarello2, la pratique sportive, au fil des siècles, a régulièrement tenté de s’affranchir de la gravité. Les acrobates, bien sûr, ont depuis longtemps développé des méthodes de vol et d’accélération du corps qui leur offrent, l‘espace de quelques secondes, de ressentir physiquement une attraction annihilée. On pense aussi à l’extase du fameux sculpteur sur bois Steiner, immortalisée par Werner Herzog. Où l’on voit sur le visage filmé au ralenti lors des sauts à ski (puisque c’est bien ce dont il s’agit dans ce film : qu’est-ce que cet être humain cherche à atteindre à travers le saut à ski ?) les traits de ce que le réalisateur reconnaît comme l’extase. L’extase d’un corps se sentant être seulement corps, libéré de toute attache, flottant en lui-même, faisant la soudaine expérience d’une répartition poids/ mouvement unilatérale. Natalia Jaime-Cortez : — Que représente l’état d’immobilité en apesanteur ? Kitsou Dubois : — [...] On est comme en orbite à l’extérieur de notre corps. Par contre à l’intérieur on sent le mouvement continu, perpétuel dans toutes les directions de l’espace du corps. C’est donc un paradoxe entre l’immobilité extérieure et une mobilité extrême

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2 Le corps en micropesanteur, rencontre avec Alain Berthoz et Georges Vigarello, organisée par le CNES, BNF, le 12 janvier 2010


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à l’intérieur.3

Le corps semble ainsi devenir une étendue pure d’acte en soi. Un mouvement rentré à l’intérieur, qu’il faut parvenir à concentrer en un point pour l’exprimer hors-soi, l’expulser au-delà de la frontière épidermique. « Ici (mais où est ici ? il n’est pas localisable, il est la localisation ayant lieu, l’être venant aux corps), ici donc il ne s’agit pas de rejoindre une « matière » intacte [...]. Il n’y a pas de matière intacte — ou bien il n’y a rien. Au contraire, il y a le tact, la pose et la dépose, le rythme de l’allée-venue des corps au monde.»4

Pour le chorégraphe ou le performeur, resté accroché ici, au sol terrestre, il est alors intéressant de re-saisir son corps selon les balancements de son poids et apprendre à construire un axe en lien étroit avec la gravité. Aller et venir par son corps, en cherchant à se prolonger au monde. Marcher d’un point A à un point B. Et toujours, augmenter de la mesure de son corps le noyau terrestre qui nous attire et nous repousse, vers l’extérieur. Le corps encore lorsque, face aux images de la Terre produites par les satellites, se pose la question du paysage. Ce dernier présuppose en effet le corps humain en son centre. C’est à partir de lui, de son amplitude physique, de ses captations sensibles et de son attraction au sol qu’il construit une vision de ce qui l’environne. Le paysage s’envisage à échelle humaine. En projetant un corps technologique qui enregistre notre univers terrestre sous un angle inédit, à quelques milliers de kilomètres de notre sol, nous modifions notre définition même du paysage et de ses implications psychiques. Notre nouveau paysage n’est plus vu directement, par le biais d’un corps positionné selon la gravité, mais par l’intermédiaire de Google Earth ou des satellites Spot Image. Le paysage est devenu une cartographie numérique qui n’a plus besoin du corps pour savoir ce qui est, là. Ici, là-bas. Très loin ou tout à côté. « Grâce aux simulations de point de vue et d’objet, on rentrera même dans les strates des images, on les sculptera, comme on forait et explorait [...]. On traverse les couches temporelles et iconographiques comme des strates géologiques et géographiques, des vestiges du temps affranchis de toute matière. »5

Et le corps même de l’image s’en trouve modifié. Les vues qui se présentent à la surface de nos écrans d’ordinateur ou de téléphone n’entrent plus dans un rapport analogique au monde, comme cela pouvait être le cas dans la photographie argentique. Ces apparitions, résultats de compilations d’informations digitales, participent d’un commerce et d’une circulation des images démultipliés, dont la dématérialisation augmente encore un peu plus l’effacement de la main humaine. Les étapes clés de SPOTMaps Online (ou comment acheter une image satellite sur Internet) : 1. Utilisez l’outil « Zoom + » ou « Afficher une zone d’intérêt » pour accéder à votre zone d’intérêt géographique (ZIG) 2. Définissez votre ZIG avec les outils de dessin 3. Vérifiez les informations de la section « Ma Commande » et cliquez sur « Commander »

3 Question posée à Kitsou Dubois, chorégraphe travaillant sur la perception du mouvement dansé en absence de gravité et ayant effectué un vol à bord de l’Airbus Zéro-G. 4 Jean-Luc Nancy, Corpus, Éditions Métailié, Paris, 2000, p.102 5 Christine Buci-Glucksmann, L’œil cartographique de l’art, Galilée, collection Débats, Paris, 1996, p.153

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Des yeux prothétiques gravitent donc autour de notre astre pour nous rendre témoignage des multiples ici au même instant. Par le biais de l’espace, le corps apprend à se désincarner et pratique l’ubiquité. Désormais, il existe aussi du paysage dans les vues omniscientes de notre sol depuis l’espace. Marie-Sybille Lainé : — L’absence de l’objet ou du corps. C’est quelque chose qui revient souvent dans mes images. Parce que ce qui m’intéresse, c’est d’aller pointer le mouvement, cette suite de grains. J’ai l’impression de réduire mes formes à une multitude de points, de former des choses en donnant des points.

Corps présents ou projetés, l’espace est de toute façon le lieu de leur mouvement. L’immobilité semble en effet ne pas exister dans l’univers. Le mouvement massif d’expansion des galaxies, mais aussi à plus petite échelle la révolution des astres du système solaire dont nous dépendons sont autant de trajectoires s’inscrivant au fil du temps. Difficile de ne pas évoquer le temps lorsqu’on se penche sur le mouvement. C’est probablement la raison qui pousse les photographes à s’atteler à la tâche : capter à travers la fabrique de l’image une possible corporéité du mouvement. Suivre ce mouvement à la trace pour intervenir le moment venu. Choisi. Romaric de Meyer Stockman coche sur son calendrier les différentes phases de corrélation de la Lune avec les constellations du Zodiaque, Marie-Sybille Lainé assiste attentivement au flux des gaves. « comment amplifier la capacité d’inscription objective des mouvements que notre main et notre œil sont incapables de saisir naturellement ? Comment simplifier le mouvement à observer, lui trouver des coordonnées, le séparer de ses interférents ? Comment, enfin, à supposer qu’il ait été préalablement isolé, mesurer un tel mouvement ? »6

Les regards de l’un et de l’autre, que nous suivons par le biais de leurs images, empruntent à la scrutation scientifique afin de tenter une plongée dans la matière du réel. D’un réel animé dont on cherche à percer l’organisation du mouvement. Leur démarche reproduit un modèle systématique par lequel on tente de cerner l’in-formation de la matière : des corps soumis à des pressions extérieures qui en modifient les formes et les parcours. Le sable sculpté par le retrait de la mer, lui-même influencé par le positionnement de la lune. Impressions arénaires refaçonnées à chaque changement de coefficient de marée. L’eau encore, précipitée dans sa

6 Georges Didi-Huberman, Mouvements de l’air : Étienne-Jules Marey, photographe des fluides, Gallimard, Réunion des Musées Nationaux, collection Art et Artistes, Paris, 2004, p.189

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chute et soudain affranchie, pour un instant impalpable, de l’attraction terrestre. Eau explosée en particules, tournoyant en hélicoïdes brumeuses qui ne sont pas sans rappeler quelque mouvement d’expansion de la matière sidérale. Romaric de Meyer Stockman : — Il y a des facteurs connus et inconnus. J’observe les différences. Dans l’ici, sur Terre, au sol, j’essaie de percevoir ce qu’est l’espace. Quelque chose qui peut apparaître très loin, mais qui est finalement très proche.

Une certaine idée du cosmos, donc, au sein duquel la lumière est le corps communiquant entre l’inaccessible univers et notre monde immédiat. Lumière incidente, lumière lunaire, lumière réfléchie, lumière cendrée, ce corps qui frappe au fond de notre œil, la rétine, nous parvient comme une balle qui aurait rebondi sur de multiples surfaces. Un corps voyageant qui, au long de sa course, déclenche au passage notre vision du monde, rendue possible par ces réceptacles sensibles que sont nos yeux. Voir l’ailleurs, un paysage lointain comme le fond de notre galaxie, passe donc par la présence de la lumière blanche et notre capacité à distinguer les couleurs induites par son spectre. La lumière devient ainsi une entité double, corps mobile au sein d’un espace qui transcende l’échelle humaine et médiateur de l’apparition des choses, pour un point de vue humain. C’est cette double qualité qui en fait un objet amené à ricocher dans les ateliers d’artistes et les constructions à l’usage des sens. Mais de façon encore peut-être plus décisive, la lumière enclenche un ultime phénomène, qui n’a pas fini de nourrir les artistes dans leur exploration de l’expérience sensible : la couleur. Antoine Yoseph : — La couleur est un matériau qui permet de produire un espace, un rythme, une temporalité. Une sonorité.

On a pu voir la couleur intervenir comme une clef de lecture dont le but est de faire apparaître des données scientifiques sur un document visuel. La présence de l’eau soulignée en rouge sur les images de la Terre prises par les satellites. Et le regard exercé du cartographe, qui sait déceler dans la répartition et l’intensité de la couleur le type de végétation et son niveau de sanité. Sylvie Marzocchi : — On a été élevés au rouge.

La télédétection identifie dans ces cas des signatures spectrales, qui sont traduites ensuite selon un code couleur établi. La corrélation entre ce que notre œil perçoit, ce qu’il ne peut percevoir et ce que l’on souhaite lui rendre visible est alors affaire de convention abstraite, de contrat, entre les personnes qui pratiquent ce code.

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« 429. Tu dis : « Ceci est rouge », mais comment décidera-t-on si tu as raison ? N’est-ce pas l’accord des hommes entre eux qui en décide ? »7

Voilà la couleur ramenée à une règle de langage. Mais on peut aussi voir dans les couleurs une aptitude à organiser l’espace et lui donner une matière. Leur vibration, leur radiation entrent en écho avec nos corps. Les pans colorés d’Antoine Yoseph réactivent dans leurs découpes incisives et leur intensité chromatique une expérience de l’émission, de la transmission et de la propagation non seulement des couleurs, mais surtout de la lumière. Ses plages de papier photosensible insolées agissent comme des miroirs nous renvoyant des lueurs variées, tentatives de nous rendre palpables ces signatures spectrales invisibles. Jusqu’à ce que le ricochet s’épuise. Ou se perde. « Ce corps forme très exactement ce que l’astrophysique nomme un trou noir : un astre d’une dimension telle que sa gravité y retient jusqu’à sa propre lumière, un astre qui s’éteint et s’effondre de lui-même en lui-même, ouvrant dans l’univers, au centre de l’astre et de sa densité inouïe, le trou noir d’une absence de matière »8

Alors comment comprendre l’espace, finalement ? demandons-nous, un index pointé vers le ciel. Tandis que se déroulait l’épopée retracée par la tapisserie de Bayeux, un curieux météore traversa le ciel. La comète de Halley faisait ainsi son entrée dans l’histoire iconique, représentée sous la forme d’une boule de feu drainant derrière elle quelques rayons lumineux. Mais le plus intéressant se situe en dessous : un groupe de personnes regarde l’objet, leurs visages et leurs index dirigés vers le haut. isti mirant stella — ceux-ci regardent avec étonnement l’étoile. L’index est un indice, un signe qui nous guide vers où diriger notre regard, notre compréhension. Il ne dit rien en soi, seule sa forme comporte en elle une dynamique dont notre interprétation s’empare pour ré-adresser notre attention ailleurs. Un peu comme une carte du ciel qu’on ausculterait avant d’observer directement les cieux étoilés pour y reconnaître les constellations. Le travail de Lucy Watts et Thiago Alves Máximo se situe dans cet héritage de l’élaboration du signe. Depuis les cartographies célestes emplies de points observés par Johannes Hevelius au XVIIe siècle jusqu’aux graphiques exhaustifs de la NASA-STD-30009, le dessin reste le médiateur permanent pour nous saisir, intellectuellement, de la complexité du monde environnant, au plus près comme au plus loin de nous. Une langue indicielle du cosmos, créée par l’humain et adaptée à son usage des signes. L’exposition L’Observation provoquée met en scène une façon de comprendre l’espace, faite d’allers-retours incessants entre l’ici et l’outre-Terre, nos sens et nos langages, nos expériences et nos imaginaires. Elle montre la capacité de l’art à catalyser, en l’information sensible, une matière aux facettes multiples, encore mal définie et la plupart du temps maniée dans une acception scientifique. Elle relate l’aventure de regards croisés, entre artistes et scientifiques, mais aussi plus simplement entre êtres humains animés du désir de mieux comprendre

7 Ludwig Wittgenstein, Fiches, nrf Gallimard, collection Bibliothèque de Philosophie, Paris, 2008, p.103 8 Jean-Luc Nancy, Corpus, Éditions Métailié, Paris, 2000, p.66 9 Il s’agit d’un ouvrage rassemblant la totalité des informations et exigences nécessaires à une bonne conception de l’interface technique, dans un vol habité, à laquelle ont à faire les astronautes. Ce document conséquent est très richement illustré de dessins techniques, graphes et tableaux.

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leur place au sein de l’univers. Aussi à la suite des spationautes, cosmonautes, astronautes et taïkonautes10, il conviendrait d’ajouter les sémionautes, ces artistes contemporains dont le rôle est d’ « invente[r] des trajectoires entre des signes. »11 Car comprendre l’espace, c’est peut-être aussi et avant tout comprendre nos signes, que nous créons en fonction de lui et de nous.

L’espace n’a donc pas fini de fasciner nos regards, suspendus à une connaissance qui progresse en fonction des avancées technologiques et des usages du lieu sidéral que la communauté humaine développe, pas à pas. L’espace n’a pas fini d’être le lieu de rencontre entre nos observations du passé, du présent, et nos visions de l’avenir. Au milieu du XIXe siècle, Alexander von Humboldt écrivait : « Sans exprimer en nombre précis la puissance avec laquelle les télescopes pénètrent déjà dans l’espace [...], la vérité est que nous devons aux instruments d’optique de connaître la vitesse de la lumière, et de savoir que celle qui de la surface des astres les plus reculés vient frapper nos regards, est le plus ancien témoignage sensible de l’existence de la matière. »12

Les artistes de l’Observation provoquée continuent d’écrire la suite, avec leurs signes et leurs points de vue.

10 Tous ces termes désignent la même chose, c’est-à-dire l’être humain qui navigue dans l’espace extraterrestre, à ceci près que chacun est coloré d’une appartenance nationale. Le spationaute correspond à la terminologie américaine, le cosmonaute à la russe, l’astronaute à l’européenne et le taïkonaute à la chinoise. 11 Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, les presses du réel, 2001, p.117 12 Alexandre de Humboldt, Cosmos, Essai d’une description physique du Monde, tome II, Utz, collection La Science

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des Autres, Thizy et Paris, 2000, p.951


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autres vues marc pataut & gérard azoulay Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane, responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.» Concernant les salaires, ces chiffres sont confirmés par les grilles 2009 de la police municipale : les gardiens, brigadiers et brigadiers chefs ne peuvent pas dépasser (sans primes) les 2 000 euros brut par mois, au dernier échelon d’avancement. En 2010, les mêmes postes au sein de la police nationale de la région parisienne, finissent leur carrière à près de 2 500 euros net mensuels. Pour les policiers municipaux en grève, cette différence n’est pas justifiée. Tous insistent sur les missions similaires effectuées par les deux corps de police lorsqu’il s’agit de combattre la petite et la moyenne délinquances, avec les mêmes «risques» et «dangers» sur le terrain. Stéphane constate que, «de plus en plus souvent en mission avec l’arme et l’uniforme sur la voie publique», les policiers municipaux sont «mis dans le même sac» que les autres, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’intervenir dans les quartiers en difficulté de la Seine-Saint-Denis. La manifestation de jeudi intervient en outre quelques jours avant l’examen, à partir du 9 février à l’Assemblée nationale, du projet de loi LOPPSI 2, qui pourrait renforcer les compétences des agents municipaux. Le 27 janvier, le député UMP Eric Ciotti présentait un rapport sous forme d’amendements, en partie adoptés par la commission des lois de l’Assemblée pour la refonte de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane, responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.»

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Concernant les salaires, ces chiffres sont confirmés par les grilles 2009 de la police municipale : les gardiens, brigadiers et brigadiers chefs ne peuvent pas dépasser (sans primes) les 2 000 euros brut par mois, au dernier échelon d’avancement. En 2010, les mêmes postes au sein de la police nationale de la région parisienne, finissent leur carrière à près de 2 500 euros net mensuels. Pour les policiers municipaux en grève, cette différence n’est pas justifiée. Tous insistent sur les missions similaires effectuées par les deux corps de police lorsqu’il s’agit de combattre la petite et la moyenne délinquances, avec les mêmes «risques» et «dangers» sur le terrain. Stéphane constate que, «de plus en plus souvent en mission avec l’arme et l’uniforme sur la voie publique», les policiers municipaux sont «mis dans le même sac» que les autres, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’intervenir dans les quartiers en difficulté de la Seine-Saint-Denis. La manifestation de jeudi intervient en outre quelques jours avant l’examen, à partir du 9 février à l’Assemblée nationale, du projet de loi LOPPSI 2, qui pourrait renforcer les compétences des agents municipaux. Le 27 janvier, le député UMP Eric Ciotti présentait un rapport sous forme d’amendements, en partie adoptés par la commission des lois de l’Assemblée pour la refonte de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure.

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biographies gérard azouLay

mariE-sybiLLE Lainé

Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites.

Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites.

«Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane,

«Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane,

responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire

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Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane, responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de

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euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.»

devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de

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Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane, responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de

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LuCy Watts police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.» police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.» police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.»

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Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm. Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm. Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm. Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm. Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm. Marie-Sybille Lainé, Titre en italic, 2010, photographie 21x29,7cm.

rEmErCiEmEnt Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales Leurs revendications : la revalorisation «sérieuse» des grilles de salaires et de retraites. «Pour qu’elles soient au moins égales à celles des collègues de la nationale», précise David Meseray, qui dirige le SNPM du 93. Stéphane, responsable d’une brigade motorisée, en bonnet noir devant la préfecture, n’hésite pas à parler de «clochards» en évoquant les agents en retraite : «Un fonctionnaire de police municipale ne touche pas les primes qu’il perçoit lorsqu’il était actif. Il touche entre 800 et 900 euros par mois, après un début de carrière à 1 300 euros et un plafonnement en fin de parcours à moins de 2 000 euros.» Concernant les salaires, ces chiffres sont confirmés par les grilles 2009 de la police municipale : les gardiens, brigadiers et brigadiers chefs ne peuvent pas dépasser (sans primes) les 2 000 euros brut par mois, au dernier échelon d’avancement. En 2010, les mêmes postes au sein de la police nationale de la région parisienne, finissent leur carrière à près de 2 500 euros net mensuels. (c) Copyright Observation Provoquée (c) Autres droits images

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dépôt légale achevée d’imprimé par Editions des Beaux-Arts à Paris en avril 2010


EmELinE EudEs nataLia JaimE-CortEz mariE-sybiLLE Lainé LuCy Watts & thiago aLvEz maximo romariC dE mEyEr stoCkman nathaLiE novain antoinE yosEph

909876543 9876789098765456789

ISBN 978-2-1234-5678-9 Prix10 €


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