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1 rue Pierre Baudis, 31000 Toulouse www.theatre-cite.com

Centre Dramatique National Toulouse Occitanie

Printemps 2019

Journal  du  ThéâtredelaCité

Trimestriel édité par le ThéâtredelaCité CDN Toulouse Occitanie. Gratuit

Direction

Galin Stoev


Journal du ThéâtredelaCité, Printemps 2019

2 É D I T O

On traverse des temps mouvementés. Depuis que la notion de crise s’est installée dans notre quotidien, on vit dans une atmosphère chargée et bruyante. La rue et les réseaux sociaux augmentent ce bruit à tel point qu’on se fait emporter par un tourbillon où se mélangent l’injustice sociale, la colère et l’envie de changement. Dans une situation pareille, notre théâtre devient plus qu’un théâtre. Il est aperçu comme une institution chargée de symboles et de sens politiques qui dépassent largement l’artistique. Le théâtre est vu comme un écran sur lequel des individus et des groupes variés, et souvent opposés, projettent leurs espoirs, leurs rêves, leurs frustrations ou leurs revendications. Pourquoi ? Pourquoi là, maintenant ? Pourquoi ici ? Parce que la culture reste l’un des endroits sécurisés de dialogue, elle est un des garants de citoyenneté et un des intermédiaires qui peut encore relier les éléments d’une réalité sociale et culturelle en pleine mutation. C’est pour cela que dans des moments de crise un théâtre doit faire son devoir. En d’autres termes, un théâtre doit assurer que ses spectacles se jouent, que ses publics soient accueillis et que cet espace fragile et éphémère d’écoute et de compréhension envers autrui continue d’exister, même en cas de chaos et de division qu’il pourrait nous être imposé comme seule réalité légitime.

Pendant ce temps, daNs la maison des artistes du théâtredelacité et ses huit appartements…

Galin Stoev

En résidence au ThéâtredelaCité ce printemps Prince Lepetit Cie CRÉATURE / Lou Broquin Du 11 février au 13 mars Création au ThéâtredelaCité le 14 mars Énéide(s) Cie Crossroad / Maëlle Poésy Du 8 avril au 4 mai Création au festival Théâtre en mai de Dijon le 30 mai Cannes Cie Y / Étienne Gaudillère Du 22 au 27 avril Création au Théâtre Molière Sète – scène nationale archipel de Thau le 14 mai J’ai rêvé d’un cafard Sonia Belskaya Du 20 mai au 14 juin Création au ThéâtredelaCité en novembre Tout le monde ne peut pas être orphelin Chiens de Navarre Du 30 mai au 15 juin Création aux Nuits de Fourvière de Lyon le 22 juin Des cadavres qui respirent Laura Wade / Chloé Dabert  / AtelierCité Du 17 au 20 avril et du 15 mai au 3 juin Création au ThéâtredelaCité le 4 juin Falaise Baro d’evel / Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias Du 17 juin au 6 juillet Création au festival Grec de Barcelone en juillet

© Pierre Vanni

UniverCité : Rencontre #2 « Espace(s) des possibles ? »

Les HallesdelaCité Loges à fromage, sushis, cochonnaille, huîtres, soupes, vin et cocktails… ● Ouvertes du mercredi au samedi à partir de 18 h et tous les soirs de représentation

Présentation de saison 2019/2020

Le restaurant du ThéâtredelaCité

Deux soirées de présentation de la prochaine saison

Du petit-déjeuner au dîner, pour boire un verre, sur ses banquettes ou sa terrasse végétalisée, en semaine et le week-end

● Lundi 3 et mercredi 5 juin à 19 h au ThéâtredelaCité

● Ouverture prochainement, du mardi au samedi à partir de 10 h et le dimanche 12 h – 18 h

Entrée libre sur réservation à partir du 7 mai au 05 34 45 05 05

Le ThéâtredelaCité en tournée ce printemps PRLMNT De Camille de Toledo Mise en scène Christophe Bergon 26 et 27 mars 2019 Théâtre de l’Archipel, Perpignan Cataract Valley D’après la nouvelle Camp Cataract de Jane Bowles Un projet de Marie Rémond Adaptation et mise en scène Marie Rémond et Thomas Quillardet Du 15 mai au 15 juin 2019 Odéon – Théâtre de l’Europe, Paris

Toute personne a ses espaces, réels ou imaginaires, revendiqués ou ignorés, limités ou en mouvement, sociaux ou (et) intimes, proches ou lointains. Comment interagissent-ils entre eux ? « L’Espace vide », « Espèces d’espaces », « L’Espace du dedans », du dehors, du désordre, pour faire autre chose… : autant de questionnements qui ont jalonné les parcours de Galin Stoev, d’Aurélien Boryet de leurs invités.e.s. « Espace(s) des possibles ? » sera le point d’ancrage de cette matinée de réflexions partagées. Rencontre conçue et animée par le ThéâtredelaCité et le groupe de recherche CAS (Université Jean Jaurès) — représenté par Emeline Jouve ● Samedi 13 avril 10 h – 12 h aux HallesdelaCité Entrée libre sur réservation 05 34 45 05 05

Exposition Va dans ta chambre ! Venez découvrir la chambre d’adolescent de Galin Stoev dans le cadre de l’exposition participative Va dans ta chambre !. ● Jusqu’au 27 avril Fondation espace écureuil 3 place du Capitole, Toulouse Entrée libre Renseignements 05 62 30 23 30 caisseepargne-art-contemporain.fr

Vide dressing En collaboration avec l’association Étincelle Occitanie qui a pour but d’améliorer la qualité de vie des malades du cancer grâce à la mise en place d’un programme personnalisé d’accompagnement thérapeutique dès le diagnostic, pendant les traitements, et après la maladie. ● Samedi 15 juin dans le hall du ThéâtredelaCité Restauration sur place Entrée libre

Procès / Débat les acteur.rice.s culturel.le.s au banc des accusé.e.s Venez accuser, défendre et témoigner ● Dimanche 24 mars de 15 h à 17h 30 dans La Salle du ThéâtredelaCité Et à partir de 18 h soirée conviviale dans le hall Entrée libre


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Tristesses Un polar au théâtre… C’est rare, le polar, au théâtre. Et pourtant, ça peut être très bien, à l’image de Tristesses, le formidable spectacle que signe l’auteure-metteure en scène-comédienne belge Anne-Cécile Vandalem. Avec Anne-Cécile Vandalem, Tristesses est une île sur laquelle nous habitons tous, aujourd’hui en Europe, même si dans l’histoire qu’elle raconte, elle ne compte plus que huit habitants. L’artiste belge s’est inspirée d’un fait divers qui a eu lieu sur l’île de Samso, au Danemark, pour écrire cette fiction qui fait montre d’un goût et d’un talent certain pour la narration et la comédie noire.

Tristesses  © Phile Deprez

Kind

« L’ensemble du spectacle joue sur le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, ce qui est montré et ce que l’on cache. » Tristesses n’en garde pas moins un soubassement théâtral très fort, notamment dans le jeu, à la fois très incarné et légèrement distancié, que portent de très bons comédiens. Fabienne Darge, extrait de l’article Avignon : « Tristesses », beaux rivages, paru le 9 juillet 2016 dans Le Monde

● 9 – 12 avril

Anne-Cécile Vandalem / Das Fräulein [Kompanie] La Salle / 2 h 10

Conception et mise en scène

ALLER PLUS LOIN Préambule Mercredi 10 avril Bord de scène Jeudi 11 avril

— Kind est une nouvelle occasion pour Gabriela Carrizo et Franck Chartier de coréaliser à nouveau ensemble. — Contrairement à Vader et Moeder, Kind se déroule dans un cadre extérieur. Le décor est une forêt avec des arbres et des falaises. — Le casting de Kind est constitué de 5 danseurs, d’une mezzo-soprano et de 3 enfants.

Kind (Enfant) est le troisième et dernier volet d’une recherche sur les émotions cachées dans les constellations familiales. La trilogie de la compagnie Peeping Tom a débuté en 2014 avec Vader (Père), dirigé par Franck Chartier, suivi par Moeder (Mère) en 2016 de Gabriela Carrizo, tous deux accueillis au ThéâtredelaCité. Pour Kind, ils reprennent la direction artistique ensemble.

Véritable entrelacement de la danse avec la théâtralité, le texte, les chansons, la scénographie et la pratique amateur, le style Peeping Tom perdure. Là encore, ils font appel à des figurants locaux, souhaitant travailler avec diverses générations qui se juxtaposent sur scène.

trempés, que l’artiste belge inscrit dans la modernité d’un langage scénique d’aujourd’hui, lequel est luimême travaillé par son rapport au cinéma et aux séries télévisées.

5 ANECDOTES À PROPOS DE KIND

Une trilogie familiale

Le point de vue de l’enfant constitue la base de la pièce. Les enfants ont toujours été présents dans l’univers de Peeping Tom, mais jamais de façon aussi concrète. Sur scène, les enfants représentaient principalement un point de vue d’adulte. Cette fois, les actions sont guidées par la façon dont ils perçoivent le monde, par leurs peurs et leurs désirs. Dans Kind, Gabriela Carrizo et Franck Chartier expriment une fascination pour le potentiel expressif et physique des enfants et des adolescent.e.s. Ils étudient comment le point de vue d’un enfant change et se développe en grandissant, avec tous les choix, pressions, peurs, doutes et changements physiques associés ; comment cela se traduit en gestes et en langage corporel. Pour cette création, les chorégraphes ont multiplié les recherches préparatoires approfondies avec des jeunes de milieux et de statuts différents : privilégiés, défavorisés, perturbés, orphelins ou réfugiés. Leur monde mental et la façon dont ils voient les choses différemment des adultes ouvrent la voie à de nouvelles idées. Les chorégraphes leur ont donné toute la liberté d’auto-accentuer certains éléments, avec lesquels les créateurs ont pu travailler. Les personnages sont interprétés par des artistes qui ne sont pas nécessairement enfants, mais toujours à partir d’une perspective fournie par des enfants ou des adolescents pendant le processus de création.

Sur Tristesses, confetti perdu au nord du Danemark, vivaient donc des centaines d’habitants, jusqu’à ce que les abattoirs, qui étaient le seul employeur local, ne fassent faillite. Alors l’île s’est vidée, et ils ne sont plus que huit à l’habiter. Tous sont plus ou moins cousins. Un bon polar, c’est d’abord une question d’atmosphère, et on peut dire qu’Anne-Cécile Vandalem sait y faire dans ce domaine. Tout, sur le plateau, concourt à installer une légère étrangeté qui ne se dément pas, tout au long du spectacle, et qui par son hyperréalisme déjoue le naturalisme narratif de l’histoire. Il paraît qu’Anne-Cécile Vandalem aime les maisons, et ce que l’on découvre d’abord, ce sont les quelques chalets de bois serrés les uns contre les autres, comme pour se tenir chaud, dans le froid du petit matin. L’ensemble du spectacle jouera ainsi sur le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, ce qui est montré et ce que l’on cache. Anne-Cécile Vandalem rejoint ici la grande tradition du polar politique, de Dashiell Hammett à Jean-Patrick Manchette. Les peurs, les fantasmes d’invasion, le sentiment d’abandon, la corruption, les manipulations politiques, la macération d’une communauté endogamique, sont tricotés en un engrenage fatal, sans démonstration ni didactisme. Mais si son spectacle s’offre dans une forme accessible et ouverte à tous, il est sous-tendu par une solide réflexion, nourrie par les philosophes Gilles Deleuze et Georges Didi-Huberman notamment, sur la « tristesse » produite par l’impuissance et l’impasse politiques que nous subissons. Tout passe donc ici par le filtre d’une narration classique, avec des personnages bien

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— La création a débuté avec un atelier pour enfants comme préparation aux recherches pour la pièce. — Kind est la huitième production de Peeping Tom.

L E S AV I E Z - V O U S ? — L’équipe de Peeping Tom – artistes, chorégraphes, technicien.ne.s, designers et autres collaborateur.rice.s – est composée de plus de 13 nationalités différentes. — L’artiste le plus âgé de Peeping Tom a 80 ans et le plus jeune, 26.

— Plus de 280 000 personnes à travers le monde ont vu une représentation de Peeping Tom. — Plus de 1500 figurant.e.s à travers le monde ont joué dans une représentation de Peeping Tom. — En 2015, Peeping Tom a remporté le prestigieux Olivier Award à Londres pour 32 rue Vandenbranden.

Gabriela Carrizo & Franck Chartier  © Jesse Willems ● 12 – 14 juin

Gabriela Carrizo et Franck Chartier /Peeping Tom La Salle / 1 h 30 Conception et mise en scène


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Des cadavres qui respirent Une comédie à l’humour anglais Construite comme un puzzle géant, où chaque découvreur de cadavre devient lui-même un cadavre, cette pièce à l’humour noir nous livre cinq scènes, cinq tranches de vie où humour, ennui et ironie se côtoient, mettant à jour les petites et grandes souffrances ordinaires. La mort, omniprésente, ne montre jamais le même visage. Elle est tour à tour grotesque, pitoyable ou cruelle… Et l’auteure s’en amuse. — Blandine Pélissier, traductrice de l’œuvre

Entretien avec Laura Wade, auteure Comment avez-vous abordé l’écriture de cette pièce ? Quelle en était l’idée première ? L’idée première est venue très vite, d’un coup. Au cœur de la pièce, il y a, très fort, la lutte pour la joie, le bonheur. J’ai eu l’idée de trois personnages qui deviendraient chacun le cadavre de la scène d’après. C’était non linéaire, dès le départ. Il y a eu très très peu de changements en répétitions, parce que la pièce est construite comme un puzzle, ou un château de cartes. Si on enlève une carte, le château s’écroule. J’ai un peu joué avec l’ordre des scènes au tout début, mais très vite je m’en suis tenue à cette structure. C’est une structure en « nœud papillon », avec la première partie de la pièce dans une couleur, puis, au milieu, le nœud de la scène violente, puis la deuxième partie qui repart sur une autre couleur. Que vous voulez faire éprouver aux spectateur.rice.s à travers la structure de la pièce ? J’aime que le public travaille. Et aussi qu’il puisse prendre du plaisir à voir la pièce et à comprendre ce qu’il se passe entre les personnages, même s’il ne comprend pas tout de la structure. Quand la pièce s’est jouée au Royal Court, elle était programmée dans la salle Jerwood, tout en haut. J’avais très envie que le public cherche à comprendre ce qu’il avait vu tout le temps où il redescendait les escaliers et que les gens en parlent entre eux ! Comment avez-vous travaillé le rythme et l’oralité de votre texte ? Pour cela, avez-vous travaillé avec des acteurs pour aboutir à la version finale du texte ? En fait, cela me vient naturellement, j’entends des voix dans ma tête et je travaille à voix haute quand je suis bloquée, ça m’aide. J’ai travaillé à des tempos légèrement différents pour chaque personnage. La mort et la sexualité ont l’air d’être deux sujets très proches dans toute la pièce. Quelle est votre intention ou idée là-dessus ? Je voulais travailler sur la coexistence du corps et de l’esprit. Je m’intéressais beaucoup, à l’époque, au processus physique de la mort. C’était quelque chose que je trouvais à la fois répugnant et fascinant, les fluides qui s’échappent des corps morts, comme les fluides qui s’échappent des corps pendant l’acte sexuel. La mort qui termine la vie et l’acte sexuel qui peut donner la vie ont quelque chose de physiquement similaire dans le corps. Je trouve ça fort au niveau philosophique et émotionnel. « Quand un homme a perdu ce qui faisait sa joie, je tiens qu’il ne vit plus. C’est un cadavre qui respire. » Vous utilisez cette citation d’Antigone de Sophocle en guise d’avant-propos, que vous évoque-t-elle ? Tous les personnages, d’une certaine façon, se battent pour être heureux.ses dans leur vie. C’est le paradoxe des « cadavres qui respirent »

qui m’a intéressé (par définition, un cadavre ne peut pas respirer), parce qu’il coïncide aussi avec le paradoxe de la chronologie de la pièce qui est impossible (comme un ruban de Möbius, NdlT). Quand on n’est pas heureux.se dans sa vie, on peut se sentir comme un cadavre qui respire et qui continue à fonctionner. Pourquoi écrire pour le théâtre ? Quelles en sont, selon vous, les principales spécificités ? J’écris pour le théâtre parce que j’aime le théâtre, j’adore aller voir des pièces et j’ai donc envie de contribuer à ça. J’aime beaucoup aussi l’idée du travail en équipe, de la communauté. Je travaille toujours au plateau avec les metteur.e.s en scène. Quand on écrit un roman, on est plus solitaire. Maintenant, je commence à collaborer avec les metteur.e.s en scène dès le début de l’écriture. Propos recueillis et traduits par Blandine Pélissier, traductrice de l’œuvre

Entretien avec Chloé Dabert, metteure en scène Que représente pour vous cet engagement auprès de l’AtelierCité ? C’est tout d’abord une relation, avec Galin Stoev et Stéphane Gil, qui se tisse désormais plus largement avec cette maison. Je suis contente, flattée même, d’être conviée ici, d’une part avec Iphigénie, d’autre part avec Des cadavres qui respirent, la création sur-mesure que je signe avec l’AtelierCité. Ma présence au sein de cette maison s’inscrit dans un projet plus global de véritable compagnonnage. Il y a ici une volonté d’intégrer l’artiste à la vie de la maison, qu’il soit de passage comme moi ou en permanence comme cette troupe. Je me sens proche de cette philosophie, que j’essaie d’insuffler également à la Comédie de Reims dont je viens de prendre la direction. J’ai très vite ressenti que les sept comédien.ne.s de l’AtelierCité font tous déjà pleinement partie de cette belle maison. C’est très important que les artistes, les équipes et les publics se côtoient ainsi, dans une possible familiarité. En tant que metteure en scène, je ne travaille pas différemment avec les acteur.rice.s de l’AtelierCité qu’avec d’autres interprètes. Certes, ce sont des acteur.rice.s qui ont la particularité d’être jeunes, mais qui que soit celui face à moi, la relation s’invente toujours de manière singulière. « Le théâtre se transmet et on ne transmet que ce en quoi l’on croit » dites-vous : en quoi croyez-vous ? Je souhaite amener l’autre au plus proche de luimême. Je cherche une forme de simplicité, de sincérité, sans douleur, avec douceur. Quelque chose qui soit ni violent, ni intrusif. Je fais du théâtre d’une certaine manière, je l’aime d’une certaine manière et c’est ce théâtre-là que je nomme lorsque je parle de croyance. S’il y a de

multiples approches, esthétiques et techniques, ce que je fais et transmets c’est ça, ce théâtre auquel je crois. J’interviens à un endroit particulier : sur une approche de l’interprétation dénuée de présupposés, considérant que tout vient du plateau, sur le travail du rythme et de la musicalité de la langue, sur la dialectique entre le cadre de la fiction et l’incarnation du personnage, entre le réalisme et l’onirisme. J’apporte des outils dont les gens s’emparent et avec lesquels ils font ce qu’ils veulent. C’est pour ça que j’encourage les acteurs à avoir des pédagogues différents, à recevoir des enseignements différents, à élargir leur palette d’outils. Parlons un peu des Cadavres qui respirent, le texte de Laura Wade que vous créez en juin prochain avec l’AtelierCité. Qu’est-ce qui vous a mené à cette pièce ? Une pièce reconnue en Angleterre – élue meilleure pièce en 2006 et pour laquelle la Britannique a reçu le prix de l’auteure la plus prometteuse par le Critics’ Circle Theatre – mais encore non créée en France je crois. C’est un vrai coup de cœur collectif, une profonde envie de faire découvrir cette auteure. Souvent, je choisis les textes en rêvant simultanément aux acteur.rice.s que je distribuerai. À mon sens, il doit y avoir une vraie rencontre humaine entre un texte et ses interprètes. Là, ne les connaissant pas, je n’arrivais pas à choisir seule, alors on a choisi ensemble. Je savais qu’ils étaient sept, je connaissais leur parcours, avais leurs photos. J’avais aussi envie de revenir à des dramaturges anglais, après avoir monté il y a quelques années deux pièces de Dennis Kelly. Il s’agissait aussi de leur transmettre un objet destiné à appartenir à la troupe, un objet qui doit être vu, qui doit vivre. À partir de ces éléments, je suis arrivée avec plein de propositions. On a passé une semaine à lire et puis il y a eu ce texte-ci, dont les personnages collaient bien avec le groupe, dont l’écriture et l’énergie ont tout de suite plu. On a tout de même mesuré les points forts, les points faibles, les défis. On a envie de partager la découverte stimulante d’une écriture qu’on ne connaît pas encore en France, traduite mais jamais montée en effet, un projet passionnant pour un tel spectacle. Vous qui travaillez le texte comme une partition musicale, avec précision, d’une manière très rythmique voire mathématique, quel rythme détient ce texte-ci spécifiquement ? C’est un rythme que j’ai déjà éprouvé et qu’il me plaît de travailler : ça va vite, ça fuse. Je peux ainsi leur apporter quelques éléments techniques à partir desquels on va pouvoir construire. Ce texte est finalement le socle d’une transmission puisqu’il se situe exactement à mon endroit de recherche. La pièce est ensuite délicieusement complexe car il n’y a pas de message clair. Il règne une certaine ambiguïté, un trouble, un suspense. Il est drôle, violent poétique et irrésolu, d’un possible réalisme, il nous entraîne vers le surnaturel. C’est un texte qui pose question et c’est ce qui fait son intérêt. Dans les écritures contemporaines auxquelles vous vous êtes attelée, vous semblez avoir un penchant pour

les pièces énigmatiques comme Orphelins – Prix Impatience 2014, Festival d’émergences théâtrales à Paris – ou L’Abattage rituel de Gorge Mastromas de Dennis Kelly ou dans un autre registre, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce. Comment relevezvous ces énigmes, véritables défis dramaturgiques, scénographiques ? Cette pièce-ci comporte effectivement des énigmes scénographiques et dramaturgiques à résoudre, c’est excitant. J’aime travailler sur les défis de mise en espace et d’incarnation. Le texte forme une boucle, il y a une sorte de circularité : j’ai l’impression que si c’est trop réaliste, ça ne fonctionnera pas. Un autre élément important est que le spectacle est destiné à tourner en décentralisation, la scénographie doit être légère et rapide à monter. Si je n’ai pas encore de réponses sur la manière dont nous allons relever ces défis, les contraintes du texte associées aux contraintes techniques posent un cadre à l’intérieur duquel on va inventer. Propos recueillis par Mélanie Jouen, janvier 2019 [EXTRAIT] EMMA : Merde. Désolée. Désolée. Elle regarde un moment vers le lit, comme si le cadavre avait dit quelque chose. Non, ça va. Emma se frotte les yeux et sourit faiblement. C’est juste que… vous êtes mort et que je vais peut-être me faire virer, alors… C’est pas… c’est pas génial, hein ? Ça la fait rire. Voilà que je vous parle. Elle fronce les sourcils, regarde autour d’elle. C’est nouveau, ça. Elle soupire et se tourne vers le cadavre. Comment vous vous appelez, Monsieur L’homme ? Elle regarde le lit et fait comme si le cadavre lui avait répondu. Je vais descendre leur dire dans une minute. Ils vont croire que je blague, cette fois. Un temps. Emma aperçoit une enveloppe en évidence sur la coiffeuse. Oh, vous avez fait une lettre. C’est gentil. Emma saisit l’enveloppe. Vous avez l’air… Je suis sûre que vous étiez sympa. Je suis sûre que vous étiez très… très gentil. Pas quelqu’un à qui j’aurais adressé la parole peut-être. Mais vous avez l’air vraiment sympa. Vous êtes pas mon genre, non, vous êtes un peu vieux pour moi. Des cadavres qui respirent Scène 1

● 4 – 14 juin De Laura Wade Traduction Blandine Pélissier et Kelly Rivière Mise en scène Chloé Dabert Avec les comédien.ne.s de l’ AtelierCité 2018-2019 : Sélène Assaf, Thomas Bellein, Maud Gripon, Adrien Guitton, Thibaut Prigent, Simon Ribet, Mélissa Zehner Produit par le ThéâtredelaCité Pour la création de Des cadavres qui respirent, l’équipe artistique est accueillie en résidence au ThéâtredelaCité pendant 4 semaines. Le CUB


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L’AtelierCité en un coup d’œil ce printemps Coréalisations de courts-métrages En partenariat avec l’ENSAV Tournage du 25 février au 9 mars Projection des films le mardi 14 mai / 18 h 30 – Le CUB PRLMNT # L’Invention d’un monde Camille de Toledo / Christophe Bergon 26 et 27 mars – L’Archipel, Perpignan

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Les Habits froids Atelier dirigé par Aurélien Bory En partenariat avec le LIDO, centre des arts du cirque du 2 au 13 avril Présentations publiques du mercredi au samedi 13 avril / 18 h 30 / Salle de répétition 1 Des cadavres qui respirent Laura Wade / Chloé Dabert Répétitions du 17 au 27 avril et du 17 mai au 3 juin Répétition publique mardi 21 mai / 18 h 30 Représentations du 4 au 14 juin Atelier dirigé par Galin Stoev du 2 au 11 mai et du 17 au 29 juin Présentations publiques (dates à préciser)

Réservations pour les présentations publiques (entrées libres) : c.chausson@theatre-cite.com

Les comédien.ne.s de l’AtelierCité. De gauche à droite : Sélène Assaf, Thibaut Prigent, Maud Gripon, Adrien Guitton, Simon Ribet, Mélissa Zehner, Thomas Bellein  © Polo Garat

Iphigénie Un mythe fondateur Entretien avec Chloé Dabert Racine. Dire le nom de cet auteur est déjà plonger dans l’histoire du théâtre et de la culture française. Était-ce cette confrontation qui vous intéressait ou vous éloignez-vous de cette idée pour y trouver l’indépendance de votre génération ? Iphigénie est un texte qui m’habite depuis l’adolescence et auquel je reviens régulièrement. Le choix de cette pièce a rapidement été une évidence. Les protagonistes y sont « arrêtés, bloqués » dans un camp militaire situé entre la plage et la mer, et ils attendent que le vent, jusque-là défavorable, se lève pour pouvoir partir au combat. Mon choix tient aussi au dialogue qu’entretient ce type de mythes fondateurs avec notre temps. Que représente le fait de sacrifier une jeune fille pour une idée, une raison d’État ? Qu’est-ce qui sous-tend le fait de se soumettre à un oracle ? De « croire l’oracle » ? L’ Iphigénie de Racine parle à travers le temps, et nous renvoie au présent. L’humain ne se questionne plus sur la fin de son prochain. Il agit et accepte de sacrifier l’un des siens au nom de l’intérêt commun. Les grandes figures féminines comme Antigone, Iphigénie, Penthésilée sont souvent des personnages qui permettent aux lecteurs et spectateurs d’entrer dans le monde du théâtre. Elles sont de magnifiques miroirs. Iphigénie est fille de roi. Elle incarne parfaitement sa fonction de princesse, et bientôt de sujet sacrifié. De par son éducation, elle ne remet pas en question l’autorité, elle accepte son sort, elle « croit » en l’oracle. Il y a une forme de conditionnement de cette jeune fille qui accepte d’être sacrifiée. Elle se bat avec les armes qu’elle a à sa disposition, à savoir son corps qu’elle offre par amour pour son père et par sens du devoir. Nous sommes ici dans le

drame épique tel qu’on le retrouve aujourd’hui dans des formes très diversifiées jusque dans les séries télévisées comme Game of Thrones dont le succès, mondial, témoigne de l’ancrage de la culture moderne dans le mythe. Il n’est pas anodin que l’un des épisodes parle d’un homme qui doit sacrifier sa fille pour accéder au trône. Par ambition, par épuisement et sous la contrainte, il accepte. Je travaille beaucoup en ateliers avec des adolescents et de jeunes adultes, et ce type de résonance est une source de réflexion, d’inspiration. Nous y retrouvons la trame d’Iphigénie que Racine a lui-même reprise à Euripide. Qu’est-ce que cette pratique raconte de notre propre rapport à l’expiation, au retour au calme, à l’apaisement, à la fin d’un cycle ? Pourquoi s’agit-il de sacrifices de jeunes femmes ? Je n’ai pas de réponse, je ne cherche d’ailleurs jamais à en donner une aux spectateurs. L’important pour moi est de nous retrouver ensemble face à un constat, de nous poser la question de nos propres limites, de nos systèmes de valeurs, sachant qu’un sacrifice aura bien lieu et que le vent se lèvera. Cela nous conduit à une autre question : quel sens moral pouvons-nous donner à la conclusion de Racine ? S’agit-il ici de justifier ou non un acte ? Le théâtre est là pour interroger et ébranler. Personnellement, j’aurais préféré que le vent ne se lève pas. Au-delà du rapport aux croyances et au pouvoir, la pièce questionne la figure féminine dans son rapport à l’intime. À travers ces trois femmes qui arrivent dans ce camp militaire – Iphigénie, Clytemnestre, Ériphile – et alors que chacune d’elles sait qu’elles n’y ont pas leur place, on perçoit qu’elles se battent avec les moyens qu’elles ont à leur disposition. Ces personnages m’amènent à interroger la place des corps, à me poser la question du désir. Iphigénie et Ériphile aiment le même homme, Achille. Le sacrifice d’Ériphile à la fin de la pièce est pour sa part guidé par le fait d’exister aux yeux des

hommes, d’égaler Iphigénie aux yeux d’Achille en « valant » autant qu’elle… Tandis que chez Euripide, c’est une biche qui est sacrifiée au final, je trouve qu’il y a quelque chose de très moderne dans la résolution de Racine qui met de côté toute forme de surnaturel pour conclure sur un sacrifice humain. Rappel violent de notre modernité.

Iphigénie  © Victor Tonelli

● 16 – 19 avril De Jean Racine Mise en scène Chloé Dabert / Cie Héros-limite Accompagné par le ThéâtredelaCité La Salle / 2 h 30 ALLER PLUS LOIN

Propos recueillis par Marion Guilloux pour le Festival d’Avignon

Bord de scène Jeudi 18 avril


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À nos Atrides ! Laurent Pérez de la Compagnie L’Émetteur, crée cette adaptation de L’Orestie d’Eschyle. En janvier avec les comédien.ne.s et les technicien.ne.s, ils étaient au ThéâtredelaCité pour travailler. Ce récit vous ouvre la porte de la salle de répétition. Lundi 21 janvier Il est neuf heures. Le hall du théâtre est vide, les lumières sont allumées. Il faut monter au cinquième étage, emprunter des chemins tortueux, un ascenseur, des escaliers, pour trouver Laurent, les comédien.ne.s et les technicien.ne.s. Dans une grande salle, presque nue, ils sont six assis autour d’une table. Dessus, il y a gourdes, tasses, flacons d’huiles essentielles, stylos, mouchoirs, carnets et téléphones. Ils travaillent le texte des premiers épisodes et chants du chœur. Ils répètent les scènes afin de bien comprendre ce que les personnages – Agamemnon, Ismène, etc – veulent dire. Laurent regarde et écoute attentivement. Il arrête Sylvie pour lui demander de changer de ton, de davantage s’enfoncer dans une humeur. Elle écrit et rature son texte. Un son indistinct parvient jusqu’à la salle – ce sont les deux musiciens (Roland et Mathieu) qui jouent. À nos Atrides ! © Fanny Batier

Prince Lepetit en audiodescription

L’accès pour tou.te.s au spectacle vivant ! Accompagner les publics en situation de handicap dans l’accès au spectacle vivant, notamment les personnes en situation de déficience visuelle, est un enjeu essentiel pour enrichir l’écoute et nourrir l’imagination de chaque spectateur ! À l’occasion de la création de Prince Lepetit, le ThéâtredelaCité a commandé une audiodescription du spectacle : description de l’ensemble des éléments visuels – décors, costumes, entrées et sorties des comédiens ou encore situations – seront détaillés en direct lors de la représentation du lundi 18 mars à 14h30. En amont, les spectateurs seront conviés à une visite tactile de l’espace scénique ainsi qu’à une rencontre avec Lou Broquin. Audiodescription réalisée par Dune Cherville ● Lundi 18 mars / 14h30 / Le CUB Représentation ouverte aux groupes et aux spectateurs individuels, petits et grands — Informations et réservations à l’accueil du théâtre

Dessine-moi un personnage Parcours croisés Ce parcours, proposé à trois classes de CM1-CM2 des écoles Falcucci et Ronsard, invite les élèves à explorer activement la relation entre un texte et le travail de mise en scène. Une metteure en scène et un auteur, Lou Broquin et Henri Bornstein, ont rencontré des enfants pour raconter leur processus créatif et expliquer comment un texte naît dans l’esprit d’un.e auteur.rice et prend corps entre les mains d’un.e metteur.e en scène. Les deux artistes ont proposé aux enfants de créer des productions plastiques à partir des personnages de Prince Lepetit. Chaque élève s’est emparé d’un personnage pour en faire son portrait. Avant de passer à la réalisation plastique, les enfants ont dû convoquer leur sensibilité et leur imaginaire afin de définir les traits du Père, de la Mère, d’Aristote ou encore de Prince Lepetit. Chaque élève a pu appréhender le temps de cette aventure la démarche de la metteure en scène. Ce parcours croisé est l’occasion de créer des passerelles entre deux lieux, le Centre culturel Henri Desbals et le ThéâtredelaCité. Les enfants assisteront à deux spectacles mis en scène par Lou Broquin, Bouchka au centre Culturel Henri Desbal le 13 février et Prince Lepetit au ThéâtredelaCité entre le 14 et 21 mars. Grâce à ces deux propositions les élèves découvriront la matière et l’univers de Lou Broquin. ● Les productions plastiques des élèves seront exposées dans le hall du ThéâtredelaCité du 14 au 21 mars.

À côté d’eux, Camille ajoute une couche de peinture noire aux planches accrochées à l’échafaud – objet principal du décor. Mardi 22 janvier Les comédien.ne.s sont dans une autre salle, plus grande, plongée dans le noir, où seule la scène est éclairée. Les musiciens jouent, côté cour. Trois personnes sont installées derrière des machines de régie. Des pièces du décor sont installées, comme cette espèce d’échafaud gris-noir. Louise et Régis sont sur le plateau, costumés. Laurent est assis sur le sol. À sa gauche, Sarah suit le texte sur un ordinateur. Elle souffle les répliques oubliées. Souvent, Laurent se lève, entre sur le plateau et donne ses indications. Dans ces cas-là, les technicien.ne.s allument la salle toute entière. Quand une barre du décor tombe bruyamment, il la remet. Laurent exprime ses doutes, il cherche à « ce que quelque chose opère ». Le personnage de Cassandre est au centre du travail. Parfois, tout le monde se tait, pour réfléchir calmement. À la pause, ils vont sur la terrasse du troisème étage, fumer une cigarette, abrités de la forte pluie par une coursive. Presque un déluge de tragédie grecque. Mercredi 23 janvier Une dizaine de personnes regardent la répétition de la fin de la pièce. Ceux qui ne jouent pas sont installés par terre. Les régisseur.se.s ajustent les projections de vidéos et l’utilisation d’un micro – trop d’échos, problème d’allumage. Agacé.e.s, les comédien.ne.s tapent du pied au sol quand leur réplique leur échappe. Laurent monte sur l’échafaud et montre ce qu’il attend : « Tu vois ce que je veux dire ? » Cette question est un leitmotiv. Cette salle du cinquième étage est une espèce de moulin silencieux. Des personnes y entrent, en sortent, très discrètement. Des ouvreuses observent. Une femme photographie. La gravité et la démesure du mythe des Atrides sont telles qu’elles déteignent sérieusement sur l’atmosphère ambiante, presque en-dehors du monde. « Commence pas à me faire rire, je suis fatigué » concède Laurent, le sourire aux lèvres. La journée terminée, toutes lumières allumées, il faut déplacer l’échafaud. C’est un bazar à transbahuter. Une comédienne s’y suspend et fait des tractions. D’autres s’improvisent danseurs de claquettes en patientant. Les régisseur.se.s discutent. Tout ça forme une petite cacophonie. Jeudi 24 janvier Les comédien.ne.s et les régisseur.se.s « traversent » la pièce entièrement. Ils la jouent, du début à la fin, sans marquer d’arrêt, pour la première fois. Mathieu accorde sa guitare, Régis relit le texte, Sylvie se lave les dents. D’autres bavardent. Une douce agitation se déploie. « OK. OK. On peut se voir en plateau, là ? » Laurent rassure et motive la troupe. Les premières scènes se suivent et, désormais, c’est la folie que l’on sent à plein nez. Ce que jouent les deux musiciens est lent, délicat, aiguë, étrange et rappelle les mugissements d’animaux marins. Les portes de « la maison au sol imbibé de sang » s’ouvrent. La colère de Sylvie, jouant une Clytemnestre en robe blanche athénienne, impressionne. Les deux ou trois spectateur.rice.s sont inquiet.e.s par cette démence. L’air est empli de menaces. Et de promesses, pour le spectacle qui vient. Valentin Chomienne ● 12 – 15 mars L’Orestie d’  Eschyle Adaptation et mise en scène Laurent Pérez / Compagnie L’Émetteur Accompagné par le ThéâtredelaCité Présenté avec et au Théâtre Sorano Pour la création d’ À nos Atrides !, l’équipe artistique est accueillie en résidence au ThéâtredelaCité pendant 2 semaines. Au Théâtre Sorano / 2  h environ D'après

Prince Lepetit L’histoire de Prince Lepetit a fait écho illico auprès de Lou Broquin, l’artiste qui met en scène le beau texte d’Henri Bornstein. Un aperçu sensible de sa création en quelques mots choisis : Enfance : « Dès la première lecture, j’ai aimé ce texte. Ce n’est pas parce qu’on crée pour des enfants qu’on doit manquer d’exigence et d’honnêteté. S’adresser aux petits ce n’est pas écrire à genoux pour se mettre à leur taille, mais c’est parler à des êtres humains qui sont déjà actifs dans la construction du monde. Je protège leur vulnérabilité mais je laisse le chemin des questions grand ouvert ». Liberté : « Au fur et à mesure de la création, mes images, mes présences, mes fantômes se sont ajoutés à ceux du récit et le livre s’est déplié, déployé. Et mes visions de départ ont changé au passage au plateau, elles sont devenues plus oniriques, intimes, totalement en prise avec les états d’âme de Prince, sa perception, ses émotions et son évolution. Au final, sans que j’en modifie une ligne cette histoire m’a donné une liberté totale ».

dit aussi qu’en tant que spectateur.rice.s, on doit accepter de dépasser l’approche naturaliste, se laisser immerger. Accepter qu’un personnage ait plusieurs figures qui le définissent, aller sans peur vers davantage d’abstraction et se laisser embarquer dans cette aventure ». Propos recueillis par Cécile Brochard

« Le texte de Prince Lepetit a bouleversé l’adulte que je suis en lui rappelant l’enfant que j’ai été. » Lou Broquin ● 14 – 21 mars D’  Henri  Bornstein Conception et mise en scène Lou Broquin / Cie CRÉATURE Accompagné par le ThéâtredelaCité Pour la création de Prince Lepetit, l’équipe artistique est accueillie en résidence au ThéâtredelaCité pendant 5 semaines. Le CUB / 1 h 15 À partir de 8 ans ALLER PLUS LOIN

Dépasser : « C’est un mot qui dit d’abord que quel que soit son âge, on peut aller plus loin que la souffrance. Ce petit garçon confronté à une séparation brutale d’avec sa mère dont on ne connaît d’abord pas l’issue, sublime ce drame grâce à l’imaginaire et à la rêverie. Ce mot nous

Bord de scène Samedi 16 mars, à l’issue de la représentation de 20 h

Prince Lepetit © Arnaud Peyraube


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Nous/Eux (Wij/Zij) L’espoir et la vie… Beslan (Russie), 1er septembre 2004. Le jour de la rentrée des classes, des terroristes tchétchènes prennent d’assaut une école. Ils retiennent, pendant trois jours, plus de mille personnes dans la salle de gym. Cette prise d’otages se solde, dans un chaos total, par la mort de 334 personnes, dont 186 enfants. La compagnie bruxelloise Bronks s’est inspirée du documentaire d’Ewa Ewart et Leslie Woodhead, Children of Beslan, pour raconter les faits à hauteur d’enfant, à travers le regard d’un garçon et d’une fille. Un spectacle à voir en famille, plusieurs fois récompensé depuis sa création en 2014, qui permet d’évoquer la menace terroriste avec les plus jeunes. L’accent n’est pas mis sur la tragédie, mais sur l’espoir et la vie. Nous/Eux est loin d’être le récit tragique de cette prise d’otage, mais une pièce qui raconte comment les enfants – à leur manière – sont à même d’assumer des situations extrêmes. Sur le plateau, des craies pour délimiter les espaces, un garçon, une fille pour raconter avec facilité et décontraction cet évènement. Le spectacle Nous/Eux confronte, avec lucidité et humour, le regard et la logique de l’enfant face à la perception de l’adulte.

« J’ai bien aimé le spectacle parce que vous parlez d’un drame mais en rigolant. » Jeune spectatrice à la sortie de la salle, après une représentation ● 9 – 11 mai Texte et mise en scène Carly Wijs / Compagnie BRONKS Le CUB / 1 h À partir de 9 ans

ALLER PLUS LOIN

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« Légèreté et humour sont les armes évitant à Nous/Eux d’être un spectacle pesant, sans pour autant taire la gravité des événements » Filip Tielens, Cobra (BE) « Une pièce de théâtre remarquable, ludique, étonnamment et douloureusement drôle autant que bouleversante. » Lyn Gardner, The Guardian (UK)

Bord de scène Samedi 11 mai

Nous/Eux © FKPH

Un homme qui dort Bruno Geslin invente une chambre imaginaire et nous plonge dans une dérive mentale entre insomnie et rêves éveillés. Sous l’impulsion du violoncelle de Vincent Courtois et de magnifiques séquences vidéo, on suit cet homme qui refuse de se plier au diktat du monde social et se détache progressivement du réel.

Tristesse et joie dans la vie des girafes  © Pierre Grosbois

Tristesse et joie dans la vie des girafes Une traversée épique de Lisbonne à hauteur d’enfant, une quête dérisoire où les rencontres sont autant d’étapes pour grandir. ● 3 – 6 avril De Tiago Rodrigues Traduction et mise en scène Thomas Quillardet / Compagnie 8 avril Le CUB / 1 h 15 À partir de 9 ans

ALLER PLUS LOIN Bord de scène Vendredi 5 avril

● 19 – 21 mars D’après l’œuvre de Georges Perec Conception et mise en scène Bruno Geslin Présenté avec le Théâtre Sorano La Salle (public installé sur le plateau) / 1 h

Un homme qui dort  © Bruno Geslin


Tristesses Š Christophe Engels


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Maguy Marin et son Portrait/Paysage Fer de lance de la nouvelle danse française dès les années 70, elle dirige des Centres Chorégraphiques Nationaux à partir de 1985. Ses chorégraphies lui valent des prix dans le monde entier et même au-delà du milieu de la danse, comme le Lion d’or de la Biennale d’Art Contemporain de Venise en 2016. Elle prend un malin plaisir à créer des ponts entre la danse et d’autres arts comme le théâtre, la musique ou encore la littérature.

Entretien avec Maguy Marin Si j’ai été amenée à mélanger ces disciplines, c’est parce que j’ai pu rencontrer d’autres artistes ; des metteur.re.s en scène, des musicien.ne.s qui faisaient cette chose transgenre qui n’était pas vraiment de la danse, mais où le corps, le rythme, la musique et le jeu étaient centraux. C’étaient des gens de théâtre qui travaillaient beaucoup sur le corps, plutôt que des chorégraphes. En 1970, Maguy Marin, jeune danseuse d’opéra est une des premières inscrites à l’école Mudra, créée par Maurice Béjart. Maurice Béjart est très exigent dans son travail. Il a fondé cette école, Mudra, dans laquelle justement les disciplines étaient poreuses entre elles. C’est Spinoza qui dit qu’on ne sait pas ce qu’un corps peut. En fait, c’est vrai, on ne sait pas de quoi il est capable. Je suis assez fascinée par la façon dont on est marqué par son propre corps et comment on vit avec ce corps. C’est justement ce qui m’intéresse : travailler sur des corps qui ne sont pas forcément faits pour être sur un plateau. En 1981, Maguy Marin crée May B. Mal reçue à sa sortie, cette chorégraphie est aujourd’hui considérée comme un chef d’œuvre. May B est une pièce que j’ai faite assez jeune. Ça faisait une dizaine d’année déjà que j’avais

rencontré l’écriture de Beckett. C’est surtout cette écriture-là qui m’a beaucoup marquée. Il écrit beaucoup sur le corps. Ses corps sont tous en difficulté, avec des problèmes ; soit pour marcher, soit pour s’asseoir, soit ils sont enterrés… Cette vision de Beckett m’a justement donné envie de travailler sur le corps différemment, de rompre avec le travail chorégraphique qui embellie, magnifie les corps  : la performance, la jeunesse, la souplesse. J’ai eu envie de travailler à l’inverse de ça et l’écriture de Beckett me l’a permis. La dernière création de Maguy Marin est Ligne de crête : une vision cynique de la société de consommation, inspirée par l’essai Capitalisme, désir et servitude de Frédéric Lordon. C’est un économiste et un philosophe, qui travaille sur Spinoza. J’ai une passion pour Spinoza et le marxisme. Il m’éclaire sur le monde et arrive à me faire penser les choses, alors même qu’on a beaucoup de mal à le faire, car elles sont devenues très complexes et très compliquées. En fait, ce n’est pas si compliqué que cela : il y a toujours cette question de ceux qui ont et celle de ceux qui n’ont pas. Ces questions restent irrésolues et se re-posent sans cesse. Elles me font réfléchir et travailler. Mes pièces sont le résultat d’une tentative de mise en forme de ces questions sans réponse. Propos recueillis par Mathieu Caburet pour Entrée Libre, émission diffusée sur France 5 le 14 décembre 2018

« Je connais Kader Belarbi depuis longtemps. Je me suis régalée à travailler avec lui comme interprète. Je reconnais, dans la façon dont il mène le Ballet du Capitole, son exigence artistique, son écoute, sa générosité, son sens de la troupe... » Maguy Marin

DEMANDEZ LE PROGRAMME ! DES SPECTACLES… • Partage de danses – Marin/Soto/Belarbi Quatre pièces avec les danseur.se.s du Ballet du Capitole : Liens de table Chorégraphie et scénographie Kader Belarbi Fugaz Chorégraphie, mise en scène, costumes et lumières Cayetano Soto Eden (Duo) Chorégraphie, scénographie et bande son Maguy Marin Groosland Chorégraphie Maguy Marin 13 – 15 mars Au ThéâtredelaCité / 1 h 30 (avec entracte) Présenté avec le Théâtre du Capitole • Ha ! Ha ! Maguy Marin 13 et 14 avril À  l’Usine à Tournefeuille / 1 h 15 Présenté avec l’Usine De

• Ligne de crête De Maguy Marin 22 – 24 mai Création Au théâtre Garonne / 1 h environ Accompagné par et présenté avec le ThéâtredelaCité, le théâtre Garonne et La Place de la Danse

…MAIS PA S S E U L E M E N T • Cours de danse ouvert au public (à partir de 7 ans) 9 mars / de 12 h 15 à 13 h 30 Au ThéâtredelaCité Avec le Théâtre du Capitole Renseignements : 05 61 22 31 32

• Carnet de danse (à partir de 10 ans) Démonstrations et débats commentés par des danseur.se.s, des chorégraphes et des artistes invité.e.s autour de Partage de danses – Marin/Soto/Belarbi 9 mars / de 19 h à 20 h Au ThéâtredelaCité Avec le Théâtre du Capitole Renseignements : 05 61 22 31 32

• Rencontre Avec les chorégraphes Kader Belarbi, Cayetano Soto et Maguy Marin 12 mars / 18 h Au ThéâtredelaCité Avec le Théâtre du Capitole Entrée libre sur réservation : 05 34 45 05 05

• Projection Maguy Marin, l’urgence d’agir de David Mambouch 12 mars / 20 h 30 À La Cinémathèque de Toulouse, en présence de Maguy Marin, David Mambouch et Kader Belarbi Dans le cadre de Danse à la Cinémathèque en partenariat avec La Cinémathèque de Toulouse et Le Ballet du Capitole Renseignements : 05 62 30 30 10

• Conférence « Organiser le pessimisme ». La danse politique de Maguy Marin 14 mars / 19 h À l’  Université Toulouse Jean Jaurès Avec La Place de la Danse et l’  Isdat spectacle vivant Entrée libre, dans la limite des places disponibles : 05 61 59 98 78

• Journée d’étude « Maguy Marin et... : L’artiste et ses doubles » 15 mars / de 9 h à 18 h À l’   Université Toulouse Jean Jaurès Avec La Place de la Danse et LLA-CRÉATIS Université Toulouse Jean Jaurès Entrée libre, dans la limite des places disponibles : 05 61 59 98 78

• Démonstration scolaire Rencontres et démonstrations commentées pour inviter les plus jeunes à découvrir la danse, son histoire, ses créateur.rice.s et sa technique. 15 mars Au ThéâtredelaCité Renseignements : 05 62 27 62 25 (réservé aux scolaires)

• Projection de May B Projection de la pièce filmée en présence de Maguy Marin, David Mambouch et Kader Belarbi. 21 mai / 20 h 30 À La Cinémathèque de Toulouse Dans le cadre de Danse à la Cinémathèque en partenariat avec La Cinémathèque de Toulouse et Le Ballet du Capitole Renseignements : 05 62 30 30 10

Groosland © David Herrero


Journal du ThéâtredelaCité, Printemps 2019

Pourquoi travailler ensemble ? Pour vous « Qu’est-ce que travailler ensemble ? ». Sur le principe du précédent dossier thématique autour de l’acte de créer qui réunissait des paroles d’artistes, la question a été posée à trois responsables de structures du monde culturel. Marion Vian, co-directrice des Pronomade(s) en Haute-Garonne, Centre national des arts de la rue, Laurent Grégoire, directeur des filières artistiques à l’INSA, l’Institut National des Sciences Appliquées et Stéphane Gil, directeur délégué du ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, livrent leurs conceptions respectives du travail partenarial et interrogent leurs propres représentations de l’acte collectif. Enjeux, objectifs, espoirs et désirs partagés : leurs réponses dessinent en creux une cartographie des nouvelles façons de faire qui sont à l’œuvre en matière de politique culturelle. STÉPHANE GIL Quelles sont les conditions du possible pour ancrer le projet artistique de ce théâtre au cœur de la cité ? Comment inventer ces conditions, et quoi de plus enthousiasmant que de commencer tous ensemble avec les autres lieux culturels du plus grand au plus petit, du plus central jusqu’à la couronne de la métropole, à nommer des enjeux universels partagés ? La perspective de la biennale à venir (cf encadré ) s’est avérée une formidable opportunité. Tout naturellement l’idée de poser la question du « travailler ensemble » a fait son chemin, après plusieurs constats : le premier étant qu’il existait encore trop souvent, à l’échelle d’une ville comme Toulouse, dans son histoire, des territoires très circonscrits où s’exerçait une sorte de droit de propriété sur les artistes et de concurrence entre les théâtres, un fonctionnement asphyxiant dans lequel les compagnies « attachées » à un lieu se trouvent encore souvent enfermées. L’autre constat, qui découle directement du premier, c’est par conséquent qu’il est aujourd’hui impératif de décloisonner ces territoires. Pas seulement pour répondre à la nécessité de mutualiser des moyens (qui sont en baisse générale), ni sur la foi de goûts communs en matière de programmation (« on travaille ensemble parce qu’on aime les mêmes choses »), mais par envie véritable de faire un pas de côté dans ses habitudes, de partager réellement de la transversalité et de la pluridisciplinarité. Dans cette optique-là, on travaille ensemble justement parce qu’on ne se connaît pas mais qu’on a envie de coopérer collectivement, de façon moins figée que par le passé, plus horizontale. Même si nos structures n’ont pas nécessairement les mêmes échelles, les mêmes regards, ni les mêmes logiques. J’utilise le terme « coopérer » qui décrit bien pour moi l’esprit du travail que nous menons actuellement dans la construction de la biennale pour rassembler les acteur.rice.s et qui transforme nos rapports collectivement : coopérer, c’est fédérer, en partageant non seulement ce qui se construit pendant, mais également les conséquences de ce qui est entrepris. Cela rend évidente dès le début la nécessité de nous faire confiance : cela nous fait grandir et nous améliore. Car se faire confiance, c’est accepter de déléguer à d’autres la possibilité de choix artistiques qu’on assume tous, de déployer une idée dont parfois on a eu soi-même l’initiative et, surtout, c’est proposer un nouveau modèle, s’extraire du modèle descendant, autoritaire pour être dans l’empathie, la bienveillance. MARION VIAN Travailler ensemble, pour moi c’est une manière de faire et de faire avec : c’est se rencontrer, discuter, définir des modalités de travail en commun et, tout ceci, c’est totalement dans l’ADN du secteur des arts de la rue

et de Pronomade(s). L’Usine à Tournefeuille est l’autre entité des arts de la rue basée sur la métropole toulousaine, le territoire historique de Pronomade(s) est le sud de la Haute-Garonne centré sur le Comminges et nous travaillons avec tous ses acteurs, culturels ou pas, les musées, les porteurs de petits festivals, les cafés-librairies, les théâtres municipaux, les cinémas, les lycées, les élu.e.s, les maires, les gens dans les villages, les spectateur.rice.s, les comédien.ne.s, les technicien.ne.s, etc. Toutes nos actions, notamment la Saison, se déroulent hors les murs. Donc de fait, on ne fait rien seuls. On travaille avec le territoire, avec chacun et tout le monde se mélange. On accueille des spectacles dans l’espace public, parfois chez l’habitant, dans les cafés et on fait toujours le choix du petit pour continuer à être à la juste échelle. Travailler ensemble, en matière de sensibilisation des publics et d’action culturelle en particulier, c’est aussi concevoir ensemble les modalités de rencontre, les discuter et s’appuyer sur des compétences existantes. On mène de nombreux projets avec des élèves de lycées et de lycées professionnels, des apprenti.e.s du CFA… Et on essaie d’abord de construire des projets qui donnent la parole aux gens. C’est déjà une manière de solliciter la citoyenneté de chacun. On n’arrive pas dans un lieu ou auprès d’un partenaire avec des propositions toutes prêtes, des produits clé en main, qu’il suffirait ensuite de plaquer sur l’existant. Travailler en zone rurale, ce n’est pas apporter des choses à des gens auxquels ça manquerait : on est dans la collaboration, dans le partage permanent. Et ce travail collaboratif, c’est une petite fabrique d’humanité. Travailler ensemble, c’est bien sûr aussi s’associer et mutualiser pour avoir les moyens de faire venir des spectacles qu’on ne pourrait pas financièrement ou logistiquement porter seuls. C’est permettre à des spectateur.rice.s du Comminges (70% de notre public) éloignés de la métropole de voir des propositions renommées et aussi différentes que Le Phun ou Jan Fabre grâce à une mise en réseau. C’est permettre aux 10% de notre public constitué de Toulousain.e.s de venir en territoire rural voir qu’il s’y passe aussi des choses. C’est enfin s’emmener les uns les autres, entre structures, vers des propositions ou des domaines où on n’irait pas forcément, de découvrir d’autres registres que le nôtre. On est dans une transdisciplinarité évidente parce que chacun apporte son univers. Nous avons travaillé avec le ThéâtredelaCité pour la conception de sa Cité Merveilleuse. Nous allons nous retrouver aussi sur le projet Cargo X Sofia, avec le collectif Rimini Protokoll où deux vrais chauffeurs routiers vont conduire des spectateur.rice.s dans un camion entièrement vitré à travers des lieux désaffectés de la ville…

LAURENT GRÉGOIRE Le projet que nous menons avec le ThéâtredelaCité est récent, septembre dernier, mais il est représentatif pour moi des objectifs d’un projet que je porte depuis 18 ans au sein de l’INSA et qui est celui de la continuité des parcours et de la transdisciplinarité au sein de nos formations. Nous accueillons des étudiant.e.s qui se destinent à être ingénieur.e.s, mais qui se voyaient souvent contraint.e.s d’abandonner des pratiques artistiques, danse, musique, théâtre qui les avaient accompagnés jusque là au cours de leurs études, certain.e.s depuis le collège. L’idée, avec le développement des partenariats des filières artistiques c’est, au contraire, de permettre à ces jeunes de faire leurs humanités comme on le disait à une époque, de cultiver différentes dimensions de leurs apprentissages. Travailler ensemble, en ce sens, c’est développer nos collaborations, chacun amenant ses propres contraintes (nous, celles liées à l’école), mais pour les dépasser. En réponse à l’envie d’ouverture portée par le ThéâtredelaCité, on a ainsi pu construire ensemble un projet pertinent, cohérent, le dimensionner dans la réflexion et la prise en compte de nos expériences respectives. L’adapter au calendrier de nos étudiant.e.s, aux contenus pédagogiques : l’atelier théâtre facilite le contact direct avec la programmation, ils découvrent un spectacle par mois, sur des thématiques en lien avec leurs cours d’histoire, de littérature, etc. Ils ont la possibilité de rencontrer les artistes, les technicien.ne.s sur des métiers qui touchent à leur programme de formation. Travailler ensemble nous a permis de trouver des passerelles intelligentes pour que nos étudiant.e.s s’ouvrent, à tous points de vue. Et la collaboration se trouve forcément enrichie par la diversité de l’offre culturelle que porte ce lieu. Et par son désir de multiplier les interlocuteur.rice.s. C’est d’ailleurs ce partenariat riche de l’engagement mutuel des personnes et de la mise à disposition de certains espaces du théâtre qui a permis aux étudiant.e.s de se sentir « chez eux » dans ce lieu. Les soirs d’atelier théâtre ou de présentations publiques de leurs travaux certains y invitent leurs amis et certains y restent même pour faire leurs devoirs dans le hall. Cette réactivité des équipes, qui se connaissent bien maintenant et cette proximité de lien permettent de concevoir des parcours cousu-main, sur-mesure, en cohérence entre structures. On conçoit, par exemple, des aménagements horaires sur plusieurs années d’études pour permettre à certain.e.s élèves d’avoir en parallèle à leur cursus d’ingénieur.e une carrière en danse. Tout ceci, au-delà de réaffirmer l’intérêt des scientifiques pour l’art, c’est de développer des porosités, de décloisonner et, en cela, d’innover à travers un projet dont on espère qu’il va pouvoir vivre et se développer pleinement.

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La Biennale Une première à Toulouse Cette biennale inédite des arts vivants réunira du 24 septembre au 13 octobre prochain (puis chaque année impaire) plus de trente lieux culturels éclatés sur la métropole toulousaine autour de la venue d’artistes internationaux. Dans une volonté de découverte et de complicité avec tous les publics, l’événement promet avant tout d’être festif. Reste que sa mise en place offre aussi l’opportunité pour les structures entre elles de redessiner un maillage élargi des propositions culturelles et d’en fédérer les acteurs.

Pour le public : circuler entre les lieux Qui d’entre nous peut se targuer d’aller voir en trois semaines autant de spectacles à Altigone  –  SaintOrens, à Odyssud – Blagnac qu’à la Cave Poésie, à la Grainerie, à l’Usine  –  Tournefeuille, au Théâtre du Vent des signes ou au ThéâtredelaCité ? Et bien la biennale pourrait être la réponse à cette envie de balade festivalière aux beaux jours de l’automne. Ouverte à tous les styles et à tous les âges, conviviale et animée, elle offrira à chacun, familier ou néophyte, l’occasion d’aller voir de la danse, du théâtre, du cirque ou d’écouter de la musique en inventant le parcours de son choix à travers de nombreux lieux et différentes propositions. Un esprit de fête donc, mais également une véritable exigence puisque les spectacles sélectionnés seront choisis tout spécialement pour braquer la focale sur l’international et pour promouvoir la diversité artistique des nombreuses esthétiques qui font vibrer les scènes du monde entier. Valoriser la richesse de ces nouvelles formes est l’un des objectifs du projet d’ensemble qui souhaite multiplier aussi les moments de partage, d’échange et de transmission, que ce soit les débats entre les spectateur.rice.s et les artistes ou les temps forts, master-classes ou rencontres, entre les compagnies et les professionnel.le.s.

Pour les lieux culturels : apprendre à travailler ensemble À l’initiative du ThéâtredelaCité qui porte là un axe fort de son nouveau projet de direction, cet événement se veut donc collaboratif. Une conception pensée en transversalité où chaque partenaire quelle que soit sa taille ou sa nature est concerté et invité à apporter ses ressources, sa compétence, son savoir-faire et à fédérer ses efforts sur un territoire en s’impliquant autour d’un même souhait : faciliter à tous niveaux le partage et la rencontre. Identifier des équipes artistiques, co-accueillir ou coproduire des projets, communiquer collégialement pour susciter la curiosité et relayer l’engagement de tou.te.s, faire circuler les projets en région, tels sont quelques uns des objectifs que se fixe le travail collectif qui porte aujourd’hui la biennale. Parmi les enjeux, celui de mutualiser les moyens financiers, humains et matériels pour permettre que s’épanouissent de nouvelles synergies n’est pas le moindre. Celui de développer l’attractivité culturelle et touristique du territoire va dans le sens de l’intérêt commun, tout comme l’espoir de dépasser les freins du passé : apporter un regard plus attentif sur d’autres disciplines et s’intéresser simplement à ce que font ceux d’à côté peut permettre de transformer de grands objectifs de papier en valeurs communes concrètement vécues. Et ce, au bénéfice de tous. Cécile Brochard • Les partenaires (à ce jour) : Les Abattoirs, ARTO, La Cave Poésie, L’Espace Altigone à Saint-Orens-deGameville, la Direction de l’animation socio-culturelle de la Ville de Toulouse, La Grainerie, le Lido/l’ESAC TO, Lieu Commun, Le Marathon des mots, La Place de la Danse, L’Usine à Tournefeuille, le Festival Marionnettissimo, la Médiathèque José Cabanis, Mix’art Myrys, Odyssud – Blagnac, le Pavillon Mazar, les Pronomade(s), Le Ring – Cie Théâtre de l’Acte, le ThéâtredelaCité, le Théâtre du Grand Rond, le Théâtre Jules Julien, le théâtre Garonne, le Théâtre Sorano, le Théâtre Le Vent des signes, le Festival Toulouse les Orgues, les Villes de Beauzelle, Colomiers, Cornebarrieu, Cugnaux, Tournefeuille, Saint-Orensde-Gameville…

Retrouvez le détail des spectacles, événements et rendez-vous dans le prochain trimestriel du ThéâtredelaCité – juin 2019


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Monsieur accessoires Son rôle va bien au-delà de trouver les accessoires qui donnent à un spectacle son esthétique. Cheville ouvrière du décor, l’accessoiriste recherche les objets qui vont habiter le plateau. Souvent, il les fabrique lui-même. Ce poste-clé requiert débrouillardise, technicité et surtout de la créativité : un ingrédient dont Jean-Pierre Belin, quarante ans de maison au service du CDN, a à revendre ! Un parcours commencé aux Beaux-arts Il sculpte pour le plaisir, crée des animaux en papier enduit patinés comme des bronzes et des meubles épurés aux lignes modernistes, mais n’expose pas ses œuvres. Jean-Pierre Belin aime le plaisir du travail bien fait et sans esbroufe : bricoleur touche à tout, on le sent chaleureux, à l’écoute et enthousiaste. Des qualités indispensables dans un métier où il faut savoir se mettre au service des nombreux artistes qu’il aura connus depuis les débuts du CDN jusqu’à l’actuel ThéâtredelaCité. Selon les époques, l’activité de l’accessoiriste varie, de l’achat en masse (des parapluies suspendus, des chaises en tas pour un Ionesco) à la « fabrication maison » qui laisse davantage libre cours à l’inventivité. En fonction des demandes du metteur en scène et du scénographe, en collaboration étroite avec l’atelier de décors, avec la costumière, il prend le pouls des répétitions pour adapter l’objet à un but : des ailes de mouette plus vraies que nature avec un arceau caché sous le tulle, des têtes sur-mesure pour décapités shakespeariens ou des statues classiques moulées sur la silhouette d’un.e collègue. … et enrichi par l’expérience. Être imaginatif et forger constamment des savoir-faire acquis au fil des défis (créer des volumes en grillage ou en terre, travailler le plâtre, le bois, les résines, etc.) pour concrétiser les idées des autres : une belle « balanpoire » surréaliste, des dindes rôties en série ou une poétique neige de papier, c’est le travail de l’accessoiriste. Il déniche sinon ce qu’il faut dans le cabinet de curiosités à l’étage où dorment des décennies de création théâtrale : cannes, lunettes, meubles, œufs en plastique, cages à oiseaux, tonnes de vaisselle, téléphones à cadran, vieux joujoux, tout un monde attend son heure sagement sur les étagères. Jean-Pierre Belin est aussi celui qui « truque » les effets : escamoter un lit entre deux scènes, faire tinter les verres d’un banquet ou naufrager un navire dans une tempête de tissu, il règle chaque détail qui compte. En synchronisant le timing entre le plateau et la coulisse, l’accessoiriste peut apparaître sur scène lors de la représentation : une occasion alors d’apercevoir ces hommes de l’ombre sans lesquels un spectacle ne saurait être réussi. Cécile Brochard

Jean-Pierre Belin © Jules Campan

Culture et événementiel : opportunité ou opportunisme ? Le 24 janvier dernier, Stéphane Gil, directeur délégué du théâtre, recevait la Filière Événementiel du Bachelor de Toulouse Business School aux côtés du Master 2 Administrations des Activités Culturelles de l’Université de Toulouse 1 Capitole pour une rencontre sur « Culture et événementiel : opportunité ou opportunisme ? ». Suite à cet échange, les étudiant.e.s des deux formations exposent leurs points de vue sur le sujet. UNIVERSITÉ DE TOULOUSE 1 CAPITOLE

TOULOUSE BUSINESS SCHOOL

Si l’opportunité est définie comme une occasion favorable et l’opportunisme comme le fait de tirer au mieux partie des circonstances, Stéphane Gil ajoute une dimension nouvelle. Réfléchir l’événement culturel par le prisme du sens et de l’intention se rapporterait plutôt à l’opportunité. Le penser par celui des moyens et des outils à adopter pour le créer relèverait de l’opportunisme.

« Pour un théâtre tel que celui de la Cité, comment faire vivre culture et événementiel ? » « Un fait marquant, déterminé dans le temps, dans l’espace et dans la durée, prévu et organisé intentionnellement pour un public ciblé avec un objectif précis », telle est la définition de l’événement présenté par les étudiant.e.s des deux formations. Et la culture, quelle définition pourrions-nous en donner ? D’après Stéphane Gil, il existe plusieurs formes de culture : la culture savante, la culture légitime, la culture personnelle ou encore la contre-culture, etc. Tout est culture, du moment que cela réunit une communauté. Si pour lui, il n’y a pas de sous-culture, la notion de hiérarchisation est en revanche fortement présente : « En tant que directeur délégué, j’arbitre, je décide, je sélectionne les œuvres que nous souhaitons montrer au public ». Certaines cultures sont donc prédominantes tout simplement car elles sont choisies. Une des pistes de réflexion à la question qui nous anime aujourd’hui réside probablement dans le recours à l’art : « L’art, c’est la chose. La culture, c’est le rapport à la chose ». En effet, l’art est une création, une invention par laquelle s’exerce un talent dont malheureusement certain.e.s sont démuni.e.s. Alors que dans la culture, il y a la notion de communauté à travers laquelle l’art se diffuse lorsqu’il est reconnu, c’est-àdire exposé et donc choisi par certain.e.s comme nous l’expliquions précédemment.

Une affaire de subjectivité Cela ébranle la conception classique opposant opportunité et opportunisme. Il apparaît cependant que ces notions sont interdépendantes ; les moyens ne peuvent se penser sans être au service d’une idée, et une idée ne peut prendre vie sans s’appuyer sur des outils. Mais comment savoir où nous nous situons ? Cette qualification dépend de la subjectivité de chacun, il est impossible de n’être que opportun ou opportuniste, on ne pourra jamais que tendre vers l’un ou l’autre. De l’opportunisme à l’opportun Se pose alors la question du glissement de l’un à l’autre. Le caractère créatif et artistique de l’événement, qui servirait son propos en y amenant une dimension sensible, permettrait le point de bascule. Si ce dernier semble inhérent dès lors que nous parlons de culture, nous pouvons élargir le questionnement, et le faire reposer sur les intentions qui infusent l’événement culturel, de sa conception à sa réception. Dans cette perspective, ce sont les intentions qui donnent le sens à l’événement et le déterminent comme opportun ou opportuniste. La médiation culturelle nourrit cette réflexion. Elle est incontestablement un outil. Néanmoins, elle en renforce le caractère opportun en exposant l’intention des organisateurs et des artistes à l’origine de l’événement, et permet l’accès des publics au sens voulu. Penser les intentions avant les outils Nous ne souhaitons pas apporter de réponse mais simplement prolonger la réflexion. Il est primordial de questionner la réalisation d’un événement culturel. Cependant, si dès sa création on s’assure du sens qu’il porte, l’événement et les outils adoptés tendront alors vers l’opportunité. Ainsi, plutôt que le « comment », ne faut-il pas questionner le « pourquoi » de la création d’un événement culturel ? Sacha Cortial, Lorraine Crochemore, Héloïse Neycensas, Fanny Seffusatti pour le Master Administration des activités culturelles de l’UT1

« Recourir à l’art et à la création artistique, c’est donner du sens à l’événement. » Pour nous, étudiant.e.s de TBS, futur.e.s acteur.rice.s du monde de l’événementiel, ce serait donc en introduisant la création artistique au sein de nos événements que nous les ferions basculer de l’opportunisme à l’opportunité. En effet, le recours à l’art donnerait du sens à nos événements en se focalisant non pas sur les outils et les moyens à mettre en œuvre (techniques, logistiques, financiers), mais au contraire sur les enjeux et les objectifs. L’enjeu pour les futur.e.s concepteur.rice.s d’événements que nous sommes est bel et bien de donner du sens et de créer de l’émotion. C’est cela qui permettra de faire vivre la culture au sein de l’événementiel et ainsi favoriser la création d’une communauté reliée par des valeurs de partage, de curiosité et de pluridisciplinarité. Les étudiant.e.s du Bachelor de Toulouse Business School

Trois questions posées à : Christian Thorel, fondateur et directeur de la Librairie Ombres Blanches Implantée au cœur de Toulouse depuis 1978, la Librairie Ombres Blanches a, dès ses débuts, tissé des liens très forts avec le monde de la culture et les théâtres de la ville. Retour sur une histoire partagée depuis quarante ans… Comment sont nées les relations que vous entretenez avec le ThéâtredelaCité ? Ce qui me vient, en premier lieu, c’est un souvenir de spectateur, celui d’une magnifique Mouette de Tchekhov montée par Bruno Bayen la même année que la création de la librairie. Et le souvenir ensuite de l’arrivée de Jacques Rosner à la tête du Théâtre Sorano qui allait devenir le Centre Dramatique National et bien plus tard le ThéâtredelaCité. À partir de là, nous avons constitué un pôle fondé sur l’envie commune d’accueillir de grandes figures de la vie intellectuelle, auquel était associée aussi La Cinémathèque de Jean-Paul Gorce. C’est une longue histoire de partage. Encore aujourd’hui la librairie existe au sein de ce théâtre… Oui, la présence de la librairie dans ce théâtre a pris diverses formes au fil du temps, à l’origine il s’agissait d’un accueil de grand.e.s auteur.rice.s que je proposais et que le CDN acceptait : on a fait venir ainsi, devant des salles combles, Le Clézio, Michel Serres, Lanzmann, Léotard, Derrida, Paul Auster, Kertész, etc. Cette fidélité, installée dès l’origine, s’est poursuivie dans nos rapports avec ses co-directeurs suivants, Jacques Nichet et Richard Coconnier, férus de poésie. Aujourd’hui, la librairie existe toujours dans le hall, Galin Stoev et Stéphane Gil à leur tour font perdurer ce lien fort avec le livre, comme il existe aussi au théâtre Garonne ou au Théâtre Sorano. Une ère nouvelle ? Il me semble que le ThéâtredelaCité, par les choix qu’il fait actuellement, dans sa politique culturelle, dans son éthique, dans sa communication même, prend un peu ses distances par rapport à l’institution pour redevenir un théâtre de proximité. L’avoir rebaptisé est un acte qui le resitue formidablement « dans » la ville. C’est une dynamique qui se renouvelle à laquelle Ombres Blanches ne peut qu’être sensible car, pour moi, une librairie doit être associée à toutes les formes de productions artistiques. Je suis très heureux que ce lieu, comme notre librairie, reste un endroit de passage, ouvert aux gens, aux idées, où l’on vient chercher les programmes des lieux culturels de la ville. Cela entretient des échanges d’une grande richesse. Propos recueillis par Cécile Brochard ● La librairie du théâtre est ouverte tous les soirs de représentations.

LEX Le corps, un infini terrain de jeu

LEX © Loran Chourrau ● 30 mars

Sylvain Huc / Cie Divergences ThéâtredelaCité et La Place de la Danse Pour la création de LEX, l’équipe artistique est accueillie en résidence au ThéâtredelaCité pendant 2 semaines. Le CUB / 55 minutes

Un solo de et avec

Accompagné par et présenté avec le


Journal du ThéâtredelaCité, Printemps 2019

Bacchantes

Dans quel monde JE VIS ? – Dialogues sans frontières

Prélude pour une purge Marlene Monteiro Freitas ose tout ! Chorégraphe du mystère et des émotions indomptées, la jeune Capverdienne embarque cette fois treize performeur.se.s dans une intense bacchanale inspirée d’Euripide où l’humain se trouve inextricablement écartelé entre raison et folie. Avec Bacchantes – Prélude pour une purge, c’est la première fois que Marlene Monteiro Freitas propose une création d’une telle envergure. Ceux qui connaissent le travail de cette jeune chorégraphe ne seront pas étonnés de la voir plonger dans la pièce d’Euripide, elle qui se dit fascinée par l’étrangeté et la transgression des carnavals de rue. Formée chez Anne Teresa De Keersmaeker, à Bruxelles, et à la Fondation Gulbenkian, à Lisbonne, elle a notamment dansé avec Emmanuelle Huynh, Loïc Touzé et Boris Charmatz avant de collaborer avec Trajal Harrell, François Chaignaud et Cecilia Bengolea et de monter ses propres projets (Jaguar, De marfim e carne…, Paraiso, Guintche…) à partir de 2010. L’impureté, l’animalité et l’expression brute

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des émotions sont au cœur de ses précédentes pièces. Là encore, la folie, le trouble et les corps qui s’entrechoquent traversent ces Bacchantes où la psyché humaine se trouve sous influences contradictoires, entre l’harmonieuse raison d’Apollon et l’appel sauvage de Dionysos. Ce détour par la mythologie grecque n’empêche en rien la chorégraphe, qui danse ici comme dans toutes ses productions, de regarder le chaos du monde contemporain droit dans les yeux. ● 27– 29 mars Marlene Monteiro Freitas, Bruna Antonelli, Sandra Azevedo La Salle / 2 h 15 Présenté avec La Place de la Danse et le théâtre Garonne

Le ThéâtredelaCité a initié, en septembre 2017, ce projet européen participatif associant adolescent.e.s, auteur.e.s, enseignant.e.s et médiateur.rice.s culturels en France, en Belgique et au Royaume-Uni. En réponse à une même question posée, Dans quel monde JE VIS ?, les élèves de six classes de Toulouse, Bruxelles et Londres, âgés de 14 à 16 ans, écrivent des dialogues en collaboration avec un.e auteur.e : Sylvain Levey, Estelle Savasta, Geneviève Damas, Thomas Deprijk, Jessica Sîan ou encore Yolanda Mercy interviennent régulièrement en classe auprès des élèves. En mars, les dialogues co-écrits par les jeunes et les auteur.rice.s sont traduits en français et en anglais par des traducteur.rice.s professionnel.le.s. Les élèves découvrent ainsi les écrits des autres classes, les mettent en voix et en espace avec leurs professeur.e.s, accompagné.e.s par les auteur.rice.s ou des comédien.ne.s. Au-delà d’un processus créatif d’écriture, cette exploration est une expérience humaine, une confrontation des points de vue et des enjeux ciblés par les adolescent.e.s européen.ne.s, une occasion de créer des liens étroits entre des adolescent.e.s et des artistes. En mai prochain, à l’occasion de la dernière réunion transnationale du projet invitant l’ensemble des partenaires français, belges et anglais, les élèves du Collège Maurice Bécanne et du Collège Jean Gay présenteront des lectures mises en espace au ThéâtredelaCité. ● Ce projet est financé par l’Union Européenne, avec le ThéâtredelaCité (coordonnateur) et les partenaires suivants : le collège Jean Gay, le collège Maurice Bécanne, la Compagnie Nelson Dumont, la Compagnie Boundless Theatre, Sydenham School, Greenford School, l’Institut Marie Immaculée Montjoie, l’Athénée Léon Lepage, le Théâtre National de Bruxelles.

De

X, Y & Moi ? au ThéâtredelaCité

En partenariat avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de la Haute-Garonne et Ariège, le ThéâtredelaCité accueille le lundi 18 mars à 19h au Studio le spectacle-débat X, Y & moi ? de la Compagnie l’An 01, mis en scène par Yohan Bret. Le spectacle aborde la question du genre et des inégalités entre femmes et hommes. ● La représentation sera suivie d’un échange avec le public.

Section Études-Théâtre de l’INSA Les étudiant.e.s ingénieur.e.s de la section Études-Théâtre de l’Institut National des Sciences Appliquées continuent leur parcours au ThéâtredelaCité : ce semestre, ils seront accompagnés par Yohan Bret, metteur en scène et directeur artistique de la compagnie l’An 01. Ensemble, ils exploreront la thématique « Théâtre et réalité ». ● Une présentation publique de ces travaux aura lieu samedi 23 mars à 17h au Studio du ThéâtredelaCité. Entrée libre sur réservation au 05 34 45 05 05

Bacchantes – Prélude pour une purge © Felipe Ferreira

Porter les valeurs des Droits Humains par la force des mots ! Voici l’objectif porté par Slamnesty dirigé par Muriel Bélouga, slameuse toulousaine en compagnie des élèves de la classe de SEGPA – section d’enseignement général et professionnel adapté – du collège Clémence Isaure à Toulouse et de la classe d’UP2A – unité pédagogique pour élèves allophones arrivants – du collège Stendhal à Toulouse.

Les Démons

● Le 18 juin à 19h 30 aura lieu une présentation publique des ateliers menés pendant l’année (entrée libre). Amnesty International groupe de Toulouse est soutenu financièrement par la Fondation d’Amnesty France et accueilli gracieusement au Studio par le ThéâtredelaCité.

Tous les chemins mènent à Dostoïevski…

Entretien avec Sylvain Creuzevault

le lieu qu’il te propose, il est redoutable. Comment supporter la fréquentation d’un personnage comme Stavroguine pendant 1 000 pages ? Ce qui est redoutable chez Dostoïevski, c’est que puisqu’on veut que toute âme puisse être sauvée, on finit, en lisant ses livres, par développer... une foi. C’est par la foi qu’on combat ce genre de personnages, non pour le détruire, mais précisément pour le sauver.

Comment passe-t-on du Capital à Faust puis aux Démons ? Qu’est-ce qui chez vous conditionne le choix de travailler sur tel texte ou matériau thématique ? Il y a entre ces différents projets une sorte de suite souterraine. Une espèce de fleuve discret qui prend ses sources sinon dans la Modernité, du moins dans le Siècle des Lumières. Ce qui m’a toujours intéressé, c’est d’essayer de découvrir la chambre aux secrets de notre « mode d’organisation sociale ». J’ai essayé de la chercher, cette chambre, si tant est qu’elle existe, tantôt dans le lieu politique, tantôt dans le lieu économique, tantôt dans celui des représentations et de leur construction… […] J’ai su que j’allais faire Les Démons quand, en 2013, alors qu’on travaillait autour du Capital, sur le chemin de Marx, sa vie, les différents lieux qu’il avait fréquentés, je me suis retrouvé au congrès de la Paix en 1867, avec les proches de la Première Internationale ; j’étais là, à Genève, et dans la tribune d’en face, j’ai aperçu Dostoïevski. […]

Ce qui est redoutable chez Dostoïevski, c’est que puisqu’on veut que toute âme puisse être sauvée, on finit, en lisant ses livres, par développer... une foi.

Si tous les chemins mènent à Dostoïevski, c’est donc en raison de cette dialectique rationalisme / spiritualité qui semble si éminemment contemporaine ? Il y a dans Les Démons à la fois une immense subtilité et une grande grossièreté. En même temps, en trois ou quatre personnages, il développe le portrait d’une génération libérale, occidentaliste, passant son temps à mépriser la Russie – une génération destructrice par excellence, qui sape les grandes institutions sur lesquelles repose la société russe. Finalement, Les Démons est beaucoup plus acerbe et terrible sur sa génération à lui, cette génération des « quarante-huitards » qu’il a côtoyée quand il baignait dans les milieux progressistes et révolutionnaires : ces pères qui vont pleurer dans le lit des enfants, sans aucune autorité ni rigueur, sans aucune droiture. Finalement, les libéraux des années 1840 forment les nihilistes des années 1870. Et donc, si tous les chemins mènent vers Dostoïevski, c’est parce que quand tu décides d’entrer dans

Comment avez-vous procédé pour adapter le texte ? Les Démons, c’est un matériau de douze-quinze heures de littérature, et nous voulons en faire un spectacle de théâtre qui tienne dans une soirée… J’ai demandé à André Markowicz l’autorisation de travailler avec sa traduction, tout en lui disant que du fait de notre manière de travailler, la répétition allait sans doute apporter des transformations. […] Le jeu de la répétition va consister à confronter des acteurs à ces personnages qui sont excédés par leur propre être, et de voir si ça tient, théâtralement. Propos recueillis par David Sanson ● 14 – 17 mai

Fédor Dostoïevski Sylvain Creuzevault La Salle / 3 h 45 (avec entracte) Présenté avec le théâtre Garonne Librement inspiré du roman de

Slamnesty

ALLER PLUS LOIN

Adaptation et mise en scène

Préambule Jeudi 16 mai

Journées du Théâtre Lycéen 130 lycéen.ne.s issu.e.s de dix lycées de la région Occitanie explorent le théâtre de Wajdi Mouawad. Accompagné.e.s par leurs enseignant.e.s et leurs intervenant.e.s artistiques, ils.elles élaborent dix propositions artistiques de dix minutes. Laurent Perez, metteur en scène du spectacle À nos Atrides ! parraine cette édition et échangera avec les élèves au cours de journées de rassemblement au ThéâtredelaCité et au Théâtre de la Maison du Peuple de Millau. Avec les lycées Pierre de Fermat, St-Sernin, Le Caousou, Berthelot (Toulouse), Pierre Paul Riquet (St-Orens), Saint-Exupery (Blagnac), Pyrène (Pamiers), Bellevue (Albi), Jean Vigo (Millau). ● La présentation publique de ces travaux aura lieu le lundi 20 mai à 19h30 dans la Salle du ThéâtredelaCité. L’entrée est libre sur réservation à la billetterie du théâtre ou au 05 34 45 05 05 du mardi au samedi de 13h à 19h. En partenariat avec l’Académie de Toulouse et le Théâtre de la Maison du Peuple de Millau.

Pièces à lire, pièces à entendre 20 ème édition Au sein de leurs classes, constituées en comités de lecture, des élèves d’écoles élémentaires et de collèges explorent des textes de théâtre et appréhendent les défis que recèle chaque nouvelle pièce. Enseignant.e.s et artistes – Lou Broquin, Romain Busson, Georges Campagnac et Nathalie Vidal cette saison – accompagnent cette découverte. Avec eux, les enfants partagent l’expérience de la lecture à voix haute de ces pièces écrites pour être entendues, s’expriment et échangent sur leurs interprétations, leurs émotions et leurs perceptions des textes. La relation de ces jeunes spectateur.rice.s au théâtre s’enrichit tout au long de l’année lors de venues régulières au ThéâtredelaCité : spectacles, rencontres avec des artistes, visites des coulisses, séances de travail partagées entre deux classes... Le 7 juin, lors d’une journée de rassemblement, les différents comités présenteront des lectures d’extraits des cinq textes découverts cette année : Prince Lepetit d’Henri Bornstein, La Nuit où le jour s’est levé de Sylvain Levey, Magali Mougel et Catherine Verlaguet, Le Préambule des étourdis d’Estelle Savasta, Tristesse et joie dans la vie des girafes de Tiago Rodrigues, Nous/Eux de Carly Wijs, présente ce jour-là. À l’issue de ces lectures, seront projetées des traces visuelles, photographies ou films réalisés par les différents comités, en lien avec les textes explorés. Les comités de lecture de la saison 2018-2019 : École Bénézet, École Clément Falcucci, École Étienne Billières, École Paul Dottin, École Sermet à Toulouse, École Marianne à Fronton, Collège Alphonse de Lamartine, Collège Clémence Isaure, Collège Michelet, Collège Pierre de Fermat, Collège Rosa Parks à Toulouse, Collège Pablo Picasso à Frouzins et Collège Germain Tillion à Aussonne. ● Vendredi 7 juin de 11h à 16h / La Salle

Les Démons © DR

Informations Émilie Pradère  05 34 45 05 29


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1949­­  –  2019 CDN de Toulouse, 70 ans de décentralisation théâtrale C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que s’impose l’idée d’un service public du théâtre qui doit atteindre tous les foyers, « comme l’eau, le gaz et l’électricité ». En 1947, avec la fondation du Centre Dramatique de l’Est à Colmar et de la Comédie de Saint-Étienne, débute l’aventure de la décentralisation théâtrale : les régions peuvent aussi inventer le théâtre, le créer et le faire partager. En 1949, le Grenier de Toulouse est labellisé CDN. Depuis, le rôle des 38 Centres Dramatiques Nationaux est de produire des créations originales et de les rendre accessibles à tous les publics sur un territoire. Les CDN incarnent aujourd’hui la création au sein de la « décentralisation », ils font exister la production et la diffusion de la culture en dehors de la capitale. Dans un paysage culturel riche de nombreux.ses acteur.rice.s, c’est par le choix fort de confier leur direction à des artistes que se distinguent les Centres Dramatiques Nationaux des autres héritiers de la décentralisation. Dans le cadre de ses missions, l’artiste-directeur.rice s’engage d’abord à produire ses spectacles, mais aussi à partager l’outil et les moyens de la structure avec d’autres ensembles artistiques. La mémoire vivante du théâtre 1er mars 2019 : j’ai soixante-seize ans. Pile-poil. Je suis né à Toulouse. Mais le seul lieu où je souhaiterais être enterré c’est sous le 7ème rang des fauteuils des spectateurs du Sorano. Je suis hyper sensible à l’odeur du Sorano. J’aime le théâtre depuis l’âge de 5 ans. Le théâtre, pour moi, ce fut d’abord Maurice Sarrazin, dans les années 50. Successivement « mon » Grenier de Toulouse, puis « mon » Sorano devient CDN – Centre Dramatique National. J’ai suivi le Grenier de Toulouse à « la Digue ». Mon plus grand souvenir de théâtre, c’est Ferruccio Soleri, l’historique Arlequin dans Arlecchino servitore di due padroni que j’ai vu et revu un peu partout. Dans le désordre de mes souvenirs : une version anthologique sur le petit plateau du Sorano. Une autre, grandiose, sur le grand plateau de la grande salle du TNT. Et même avant au Capitole. Ce premier soir, un lundi, les premiers rangs de spectateur.rice.s étaient occupé.e.s par tou.te.s le personnel du Grenier de Toulouse au grand complet, et tou.te.s étaient du même avis, de Jean Bousquet à Juju (André Juliac), tous étaient enthousiastes. Daniel Riou, en plaisantant, me donne le sobriquet gentil de « Mémoire Vivante du Théâtre ». Sous l’injonction de Jacques Rosner, nouveau Directeur de cette « belle bonbonnière qu’est ce bon vieux Sorano », la quatrième ville de France, voit se construire, rue Pierre Baudis, le CDN newlook. Il s’appelle le TNT – Théâtre national de Toulouse, le «... théâtre de la ville ! » aimait à sous-entendre le député-maire de Toulouse de l’époque. Lors des séances du comité des experts théâtre à la DRAC, comme au comité du Conseil Régional Midi-Pyrénées, on disait provisoirement « Le Labeda ». Le nouveau et grand bâtiment sera inauguré par Catherine Trautmann. Sur un plan plus personnel, je fais connaissance des débuts d’Aurélien Bory et du jeune danseur-jongleur-comédien Lionel About grâce à son partenaire Vincent Bruel... Et je retrouve ces duettistes dans la « petite » salle du TNT. Jacques Nichet, nouveau directeur de ce grand bâtiment, nous recommande « ne dites pas petite salle ! ». Petite ou pas, ces deux jongleurs jouent au TNT à ma grande joie pendant que la grande salle reçoit le

succès... mondial de L’Arlecchino. Personnellement, je n’aurais pas osé souhaiter un bonheur plus intense. Les soirées merveilleuses se succèdent. Puis, c’est la codirection Laurent Pelly – Agathe Mélinand qui introduit le théâtre lyrique. « Enfin Galin Stoev vint ! » avec son acolyte Stéphane Gil. Ils métamorphosent la seconde salle en CUB, inCUBateur créatif, et le TNT en ThéâtredelaCité et apportent tous les arts de la scène, partout ! Y compris au Capitole. Bilan de ces soixante-dix ans ? Beaucoup de bonheurs. Des petits délicats et des grands fantastiques. Et tous inoubliables. Et ce n’est pas fini. Pierre Bruel, animateur à Radio Présence pour « L’instant fable », chroniqueur au Brigadier

1949 Le Grenier de Toulouse, dirigé par Maurice Sarrazin, est labellisé CDN – Centre Dramatique National. 1964 Le Théâtre Daniel Sorano est inauguré et accueille le CDN. 1985 Jacques Rosner est nommé directeur du CDN. 1987 Le CDN prend le nom de TNT – Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées. 1998 Jacques Nichet est nommé directeur du TNT et intègre la bâtiment actuel baptisé « Théâtre de la Cité » par la ville de Toulouse. 2008 Agathe Mélinand et Laurent Pelly sont nommés co-directeurs du TNT. 2018 Galin Stoev est nommé artiste-directeur du TNT, qu’il renomme ThéâtredelaCité – Centre Dramatique National Toulouse Occitanie.

DISTRIBUTIONS  &  MENTIONS OBLIGATOIRES À NOS ATRIDES ! D’après L’Orestie d’Eschyle. Adaptation et mise en scène Laurent Pérez / Compagnie L’Émetteur. Avec Fanny Alvarez, François-Xavier Borrel, Roland Bourbon, Régis Goudot, Louise Guillame-Bert, Mathieu Hornain, Sylvie Maury et Laurent Pérez. Traduction Florence Dupont. Percussions Roland Bourbon. Vidéo / Création son Mathieu Hornain. Scénographie Camille Bouvier. Lumières Didier Glibert. Dramaturgie et collaboration à la mise en scène Sarah Freynet. Costumes Alice Thomas. Production : Théâtre Sorano, ThéâtredelaCité, Théâtre Jules Julien Présenté avec le Théâtre Sorano PARTAGE DE DANSES – MARIN/SOTO/BELARBI Avec les danseurs du Ballet du Capitole. Chorégraphies par Kader Belarbi, Maguy Marin, Cayetano Soto. LIENS DE TABLE Création par le Ballet du Rhin, le 31 mai 2001, à la Filature de Mulhouse. Re-création pour le Ballet du Capitole. Chorégraphie et scénographie Kader Belarbi. Musique Dimitri Chostakovitch, Quatuor à cordes n°8 opus 110 en ut mineur. Costumes Michaela Buerger. Lumières Sylvain Chevallot. FUGAZ Création par le Ballet du Gärtner Platz Theater à Munich, le 11 février 2007. Entrée au répertoire du Ballet du Capitole en mars 2019. Chorégraphie, mise en scène, costumes et lumières Cayetano Soto. Musique Georges Ivanovitch Gurdjieff GROOSLAND Création par le Ballet national de Hollande, le 20 février 1989, au Muziektheater d’Amsterdam. Entrée au répertoire du Ballet du Capitole le 30 janvier 2014. Musique Jean-Sébastien Bach. Chorégraphie Maguy Marin. Costumes Montserrat Casanova. Assistants costumes Claudia Verdejo, Martin Peronard. Lumières Sylvain Chevallot. EDEN (DUO) Création par la Compagnie Maguy Marin, le 12 décembre 1986, au Centre national de Danse contemporaine d’Angers. Entrée au répertoire du Ballet du Capitole le 15 janvier 2015. Chorégraphie, scénographie et bande son Maguy Marin. Costumes Montserrat Casanova. Lumières Alexandre Béneteaud. Théâtre du Capitole : Directeur artistique Christophe Ghristi. Administrateur général Guillaume Lecoester. Directeur de la Danse Kader Belarbi. Ballet du Capitole : Maîtres de ballet Minh Pham et Stéphane Dalle. Pianiste Raúl Rodriguez Bey. Régisseur technique Marion Jouhanneau. Chargé de diffusion et de production Antoine de Froberville. Chargée de la dramaturgie Carole Teulet. Régisseuse Frédérique Vivan. Présenté avec le Théâtre du Capitole PRINCE LEPETIT D’ Henri Bornstein. Conception et mise en scène Lou Broquin. Avec Sonia Belskaya, Thierry De Chaunac, Nicolas Lainé, Régis Lux. Assistante à la mise en scène Ysé Broquin. Musique originale Christophe Ruetsch. Création lumière / Régie générale Guillaume Herrmann. Scénographie Lou Broquin, Claire Saint Blancat. Formes animées / Objets Lou Broquin, Steffie Bayer, Fanny Journaut, Claire Saint Blancat. Costumes Odile Brisset. Réalisation des décors Ateliers du ThéâtredelaCité sous la direction de Claude Gaillard. Administration de production Marie Reculon. Communication et médiation culturelle Agathe Nivet. Production : Cie / CRÉATURE – Lou BROQUIN. Coproduction : ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; Odyssud – Blagnac. Accueil en résidence : Théâtre Sorano – Toulouse ; Théâtre Leo Mallet de Mireval pour le Théâtre Molière-Sète scène nationale archipel de Thau ; MJC de Rodez ; ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie. Soutiens : Scène Nationale d’Albi ; Théâtre de l’Archipel – Scène nationale de Perpignan. Aide : DRAC Occitanie, Conseil Départemental de la Haute-Garonne, Mairie de Toulouse, Adami. La Cie / CRÉATURE – Lou BROQUIN est conventionnée par la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée et la Mairie de Blagnac. UN HOMME QUI DORT D’après l’œuvre de Georges Perec. Conception et mise en scène Bruno Geslin. Présenté avec le Théâtre Sorano. Avec Vincent Courtois (violoncelle), Nicolas Fayol. Composition musique Vincent Courtois. Création lumière Laurent Bénard. Création son Teddy Degouys. Création vidéo Quentin Vigier. Images Bruno Geslin, Nicolas Fayol. Scénographie Bruno Geslin, Jean-Paul Zurcher. Construction et régie plateau Jean-Paul Zurcher. Coproduction : Théâtre de Nîmes Scène conventionnée pour la danse contemporaine ; Théâtre des 13 Vents CDN Montpellier / Scènes Croisées de Lozère. Avec le soutien de la DRAC, de la Région Occitanie –

Languedoc-Roussillon et du département du Gard. Présenté avec le Théâtre Sorano BACCHANTES – PRÉLUDE POUR UNE PURGE De Marlene Monteiro Freitas / P.OR.K ( Lisbonne, PT ) – Bruna Antonelli, Sandra Azevedo. Avec Andreas Merk, Betty Tchomanga, Cookie, Cláudio Silva, Flora Détraz, Gonçalo Marques, Guillaume Gardey de Soos, Johannes Krieger, Lander Patrick, Marlene Monteiro Freitas, Miguel Filipe, Tomás Moital, Yaw Tembe. Lumière et espace Yannick Fouassier. Son Tiago Cerqueira. Tabourets João Francisco Figueira, Luís Miguel Figueira. Recherche Marlene Monteiro Freitas, João Francisco Figueira. . Production : P.OR.K (Lisbonne, PT) – Bruna Antonelli, Sandra Azevedo. Distribution : Key Performance (Stockholm, SE). Coproduction : TNDMII (Lisbonne, PT) ; Kunstenfestivaldesarts (Bruxelles, BE) ; steirischer herbst festival (Graz, AT) & Alkantara (Lisbonne, PT) avec le soutien du NXTSTP – Programme Culture de l´Union européenne; NorrlandsOperan (Umeå, SE) ; Festival Montpellier Danse 2017 (Montpellier, FR); Bonlieu Scène nationale Annecy (Annecy, FR) & La Bâtie-Festival de Genève (Geneva, CH) dans le cadre du soutien FEDER du programme Interreg France-Suisse 2014-2020 ; Teatro Municipal do Porto (Porto, PT) ; Le Cuvier – Centre de Développement Chorégraphique (Nouvelle-Aquitaine, FR) ; HAU Hebbel am Ufer (Berlin, DE) ;  International Summer Festival Kampnagel (Hamburg, DE) ; Athens and Epidaurus Festival (Athènes, GR) ; Münchner Kammerspiele (Munich, DE) ; Kurtheater Baden (Baden, CH); SPRING Performing Arts Festival (Utrecht, NL) ; Zürcher Theater Spektakel (Zurich, CH); Nouveau Théâtre de Montreuil – centre dramatique national (Montreuil, FR) ; Les Spectacles Vivants / Centre Pompidou (Paris, FR). Avec le soutien : O Espaço do Tempo (Montemor-o-Novo, PT) ; Montpellier Danse à l´Agora, cité internationale de la danse ; ICI – centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie / Pyrénées-Méditerranée / Direction Christian Rizzo – dans le cadre du programme de résidence Par/ICI (Montpellier, FR). Remerciements : Cristina Neves ; Alain Micas; Bruno Coelho ; Christophe Jullian ; Louis Le Risbé ; Manu Protopopoff ;  ACCCA – Companhia Clara Andermatt (Lisbonne, PT) ; ESMAE (Lisbonne, PT) ; ESTC (Lisbonne, PT). LEX Un solo de et avec Sylvain Huc / Cie Divergences. Assistant / Photographe / Vidéaste Loran Chourrau. Dramaturgie Thomas Pondevie. Regard extérieur Jan Martens, Mathilde Olivares. Création lumières Pascale Bongiovanni. Musique Emptyset. Régie son Fabrice Planquette. Création costumes Rachel Garcia. Production : Cie Divergences. Coproduction : Le Gymnase – CDCN Roubaix ; 2 Angles – Relais culturel régional de Flers. LEX est soutenu dans le cadre d’une résidence croisée menée en partenariat avec ICI – centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie / Pyrénées-Méditerranée / Direction Christian Rizzo, La Place de la Danse – CDCN Toulouse Occitanie et La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie (en cours). Sylvain Huc/Cie Divergences a bénéficié du soutien de O espaço do tempo (Portugal), de CircuitEst, centre chorégraphique (Québec) et de La Briqueterie – Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne. La Cie Divergences est subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Occitanie au titre de «l’aide à la structuration». Elle est conventionnée par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, soutenue par le Département du Lot et la Communauté de Communes Cazals-Salviac. Accompagné par et présenté avec le ThéâtredelaCité et La Place de la Danse TRISTESSE ET JOIE DANS LA VIE DES GIRAFES De Tiago Rodrigues. Traduction du portugais et mise en scène Thomas Quillardet / Compagnie 8 avril. Avec Jean-Baptiste Anounon, Maloue Fourdrinier, Christophe Garcia, Blaise Pettebone. Assistante à la mise en scène Claire Guièze. Scénographie lumineuse Sylvie Mélis. Scénographie Lisa Navarro. Construction Philippe Gaillard. Création costumes Frédéric Gigout. Régie générale Titouan Lechevalier. Régie lumière Lauriane Duvignaud ou Benjamin Duprat. Régie son Damien Rottier. Production : Cie 8 avril. Coproduction : Le Théâtre- scène nationale de Saint Nazaire ; Festival d’Avignon, Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi ; Théâtre Jean Arp à Clamart, Festival Terres de Paroles, Le Trident – scène nationale de Cherbourg en Cotentin – La Coupe d’Or – Rochefort. Avec le soutien du Ministère de la Culture – DRAC Île de France, de la région Île de France, de la Ville de Paris et d’ARTCENA. Texte traduit à l’initiative de France Culture, avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale. Avec l’aide du T2G – Théâtre de Gennevilliers et de Humain trop humain – Centre dramatique national de Montpellier. La compagnie est conventionnée par le ministre de la Culture – DRAC Île de France

TRISTESSES Conception, écriture et mise en scène Anne-Cécile Vandalem / Das Fräulein [Kompanie]. Avec Vincent Cahay, Anne-Pascale Clairembourg, Didier De Neck, Epona Guillaume, Séléné Guillaume / Asia Amans (en alternance), Florence Janas, Pierre Kissling, Vincent Lécuyer, Catherine Mestoussis / Zoé Kovacs (en alternance), Jean-Benoit Ugeux, Françoise Vanhecke. Composition musicale Vincent Cahay, Pierre Kissling. Scénographie Ruimtevaarders. Création sonore JeanPierre Urbano. Création lumière Enrico Bagnoli. Création costumes Laurence Hermant. Création vidéo Arié van Egmond, Federico D’Ambrosio. Chef opérateur Leonor Malamatenios. Directeur technique Damien Arrii. Assistanat à la mise en scène Sarah Seignobosc. Accessoiriste Fabienne Müller. Création maquillage Sophie Carlier. Collaboration dramaturgique Sébastien Monfè. Coiffure Gaétan d’Agostino. Soprano, instrumentiste, coach vocal ISFV Françoise Vanhecke. Régisseur lumière Léonard Clarys. Régisseur son Antoine Bourgain. Régisseur vidéo Tonin Bruneton. Chargée de production Marie Charrieau. Management Audrey Brooking. Production : Das Fräulein (Kompanie). Coproduction : Théâtre de Liège ; Le Volcan – Scène Nationale du Havre ; Théâtre National – Bruxelles ; Théâtre de Namur, centre dramatique ; Le Manège.Mons ; Bonlieu Scène Nationale Annecy ; Maison de la Culture d’Amiens – Centre européen de création et de production ; Les Théâtres de Marseille – Aix en Provence. Coproduction dans le cadre du projet Prospero : Théâtre National de Bretagne ; Théâtre de Liège ; Schaubühne am Lehniner Platz / Göteborgs Stadsteatern ; Théâtre National de Croatie, World Theatre Festival Zagreb ; Festival d’Athènes et d’Epidaure ; Emilia Romagna Teatro Fondazione. Avec le soutien de : Fédération Wallonie-Bruxelles ; Service Théâtre, WallonieBruxelles International. Avec l’aide de : l’ESACT, l’Ecole Supérieure d’Acteurs ; LA HALTE, Liège ; Le Boson, Bruxelles HA ! HA ! De Maguy Marin / Compagnie Maguy Marin. Avec Ulises Alvarez, Laura Frigato, Françoise Leick, Louise Mariotte,Cathy Polo, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda. Lumières Alexandre Béneteaud. Coproduction : Festival Montpellier Danse 2006 ; Le Théâtre de la Ville de Paris ; Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape/Cie Maguy Marin. La Compagnie Maguy Marin à rayonnement national et international est soutenue par le Ministère de Culture et de la Communication (Direction générale de la création artistique Délégation à la Danse). La Compagnie Maguy Marin est subventionnée par la Ville de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et reçoit l’aide de l’Institut français pour ses projets à l’étranger. Présenté avec l'Usine IPHIGÉNIE De Jean Racine. Mise en scène Chloé Dabert / Cie Héros-limite. Avec Elsa Agnès, Yann Boudaud, Bénédicte Cerutti, Olivier Dupuy, Sébastien Eveno, Anne-Lise Heimburger, Julien Honoré, Arthur Verret. Scénographie et vidéo Pierre Nouvel. Lumières Kelig Le Bars. Son Lucas Lelièvre. Costumes Marie La Rocca. Régie générale arNo Seghiri. Administration, production AlterMachine, Camille Hakim Hashemi, Carole Willemot. Stagiaire production Marine Mussillon. Production : Cie Héros-limite. Coproductions : Le Quai / Centre dramatique national d’Angers- Pays de la Loire ; Théâtre National de Bretagne, Festival d’Avignon, Espace 1789 / scène conventionnée pour la danse de Saint-Ouen, La passerelle / scène nationale de Saint-Brieuc ; L’Archipel / Pôle d’action culturelle de Fouesnant-Les Glénan, Les Célestins, Théâtre de Lyon (en cours). Avec l’aide du ministère de la Culture – Drac Bretagne, la région Bretagne, du département de la Seine-Saint-Denis, du Jeune Théâtre national et de la Spedidam. Avec le soutien de CENTQUATRE-PARIS et du ThéâtredelaCité. Héros-limite, compagnie fondée par Chloé Dabert et Sébastien Eveno en 2012, est implantée en région Bretagne. Chloé Dabert est artiste associée au Quai, Centre dramatique national Angers-Pays de la Loire et au CENTQUATRE-PARIS. Elle est également en résidence à l’espace 1789, scène conventionnée pour la danse de Saint Ouen, avec le soutien du département de la Seine Saint-Denis et fait partie du projet Surface Scénique Contemporaine de La passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc. NOUS/EUX (WIJ/ZIJ) Texte et mise en scène Carly Wijs / Compagnie BRONKS. Avec Gytha Parmentier Roman, Van Houtven. Créé avec Thomas Vantuycom. Dramaturgie Mieke Versyp. Scénographie Stef  Stessel. Lumière Thomas Clause. Son Peter Brughmans. Production : BRONKS

LES DÉMONS Librement inspiré du roman de Fédor Dostoïevski. Adaptation et mise en scène Sylvain Creuzevault. Traduction française André Markowicz. Avec Yann-Joël Collin, Valérie Dréville, Vladislav Galard, Michèle Goddet, Arthur Igual, Sava Lolov, Léo-Antonin Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Blanche Ripoche, Anne-Laure Tondu. Scénographie Jean-Baptiste Bellon. Lumière Nathalie Perrier. Costumes Gwendoline Bouget. Masques Loïc Nébréda. Régie générale et son Michaël Schaller. Régie lumière Jacques Grislin. Production et diffusion Élodie Régibier. Administration de tournée Anne-Lise Roustan. Information, communication Anne Echenoz. Production : Le Singe. Coproduction : Odéon – Théâtre de l’Europe ; Festival d’Automne à Paris ; TAP Scène nationale de Poitiers; TnBA Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine ; Théâtre de Lorient Centre dramatique national ; Le Parvis Scène nationale Tarbes Pyrénées ; L’Empreinte Scène nationale Brive Tulle. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National La compagnie est soutenue par la Direction Générale de la Création Artistique du ministère de la culture. Sylvain Creuzevault est artiste associé à l’Odéon – Théâtre de l’Europe. Répétitions du 25 avril au 17 septembre 2018 à l’Odéon – Théâtre de l’Europe / Ateliers Berthier. Création mardi 18 septembre 2018 à l’Odéon – Théâtre de l’Europe / Ateliers Berthier en partenariat avec le Festival d’Automne à Paris. Présenté avec le théâtre Garonne LIGNE DE CRÊTE Conception et chorégraphie Maguy Marin / Compagnie Maguy Marin. En étroite collaboration et avec Ulises Alvarez, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda. Lumière Alexandre Béneteaud. Production : Compagnie Maguy Marin. Coproduction : Biennale de la Danse de Lyon ; Théâtre de la Ville ; Théâtre Gérard Philipe –  CDN, Centre dramatique national de Saint-Denis ; La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne ; Ville de Fontenay-sous-Bois ; théâtre Garonne, scène européenne – Toulouse ; ThéâtredelaCité –  CDN Toulouse Occitanie ; La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie. Avec le soutien du Conseil Départemental du Val de Marne pour l’aide à la création. La Compagnie Maguy Marin à rayonnement national et international est soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication (Direction générale de la création artistique Délégation à la Danse). La Compagnie Maguy Marin est subventionnée par la Ville de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et reçoit l’aide de l’Institut français pour ses projets à l’étranger. DES CADAVRES QUI RESPIRENT De Laura Wade. Traduction de l’anglais Blandine Pélissier et Kelly Rivière. Mise en scène Chloé Dabert. Avec les comédien.ne.s de l’AtelierCité 2018-19 : Sélène Assaf, Thomas Bellein, Maud Gripon, Adrien Guitton, Thibaut Prigent, Simon Ribet, Mélissa Zehner. Son Géraldine Belin. Collaboration artistique Marie La Rocca. Assistanat à la mise en scène Caroline Chausson. Produit par le ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie KIND Conception et mise en scène Peeping Tom / Gabriela Carrizo, Franck Chartier. Avec Eurudike De Beul, Marie Gyselbrecht, Hun-Mok Jung, Brandon Lagaert, Yi-chun Liu, Maria Carolina Vieira. Assistance artistique et chargée des tournées Lulu Tikovsky. Composition sonore Raphaëlle Latini, Peeping Tom. Conception lumières Amber Vandenhoeck. Conception décors Justine Bougerol, Peeping Tom. Construction décors KVSatelier, Peeping Tom. Costumes Peeping Tom. Direction technique Filip Timmerman. Chargée de production Anastasia Tchernokondratenko. Communication et presse Sébastien Parizel. Administrateur Quentin Legrand. Production : Peeping Tom. Coproduction : KVS – Koninklijke Vlaamse Schouwburg (Bruxelles) ; Theater im Pfalzbau (Ludwigshafen) ; Teatre Nacional de Catalunya – GREC Festival de Barcelona (Barcelone) ; Les Théâtres de la Ville de Luxembourg. Avec le soutien des Autorités flamandes. Diffusion : Frans Brood Productions. Kind bénéficie du soutien du Theater im Pfalzbau (Ludwigshafen) et Taipai Performing Arts Center (Taipei), partenaires principaux de la trilogie Vader, Moeder, Kind.


Journal du ThéâtredelaCité, Printemps 2019

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CALENDRIER MARS – JUIN 2019 ACCUEIL, INFORMATIONS, RÉSERVATIONS Au ThéâtredelaCité du mardi au samedi de 13 h à 19 h Par téléphone 05 34 45 05 05 Par correspondance ThéâtredelaCité (Billetterie) 1 rue Pierre Baudis BP 50919 31009 Toulouse Cedex 6 www.theatre-cite.com

S 09/ 03 M 12 / 03 M 13 / 03 J 14 / 03 V 15 / 03 S 16 / 03 L 18 / 03 M 19 / 03 M 20 / 03 J 21 / 03 S 23/03 D 24/03

ACCÈS ThéâtredelaCité Entrée principale : 1 rue Labéda – 31000 Toulouse Métro / Bus / VélôToulouse Jean Jaurès Parkings Saint-Georges et Jean Jaurès Théâtre Sorano 35 allées Jules Guesde – 31000 Toulouse l’Usine 6 impasse Marcel Paul – 31170 Tournefeuille théâtre Garonne 1 avenue du Château d’Eau – 31300 Toulouse La Cinémathèque de Toulouse 69 rue du Taur – 31000 Toulouse

M 27 / 03 J 28 / 03 V 29 / 03 S 30 / 03 M 03 / 04 J 04 / 04 V 05 / 04 S 06 / 04 M 09 / 04 M 10 / 04 J

11 / 04

V 12 / 04 S 13 / 04 D 14 / 04 M 16 / 04 M 17 / 04 J 18 / 04 V 19 / 04 J 09 / 05

Les HallesdelaCité avec des loges à fromage, à vin, à huîtres et à cochonnaille, pour se retrouver avant et après les spectacles. Ouvertes du mercredi au samedi à partir de 18 h et tous les soirs de représentations

V 10 / 05 S

11 / 05

M 14 / 05 M 15 / 05 J 16 / 05 V 17 / 05 L 20 / 05

La librairie du théâtre vous propose un large choix d’ouvrages, de DVD et de petits objets de papeterie. En partenariat avec la Librairie Ombres Blanches

M 21 / 05

Le vestiaire Gratuit les soirs de représentations

V 24 / 05

Échange de billets Tout échange de billet résultant d’une modification de date entraînera une participation aux frais. En cas de retard Par respect pour le public et les artistes, les spectateur.rice.s retardataires ne pourront accéder aux salles que si la mise en scène le permet. Les places numérotées dans La Salle et Le CUB ne sont plus garanties après l’heure de la représentation. Le ThéâtredelaCité est accessible aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. Les malentendant.e.s peuvent bénéficier d’une boucle magnétique en se signalant en amont.

M 22 / 05 J 23 / 05 L 03/06 M 04 / 06 M 05 / 06 J 06 / 06 V 07 / 06 S 08 / 06 M 11 / 06 M 12 / 06 J 13 / 06 V 14 / 06 S

15/06

M 18 / 06 V 28 / 06 S 29 / 06 D 30 / 06

ThéâtredelaCité Cours de danse ..................... 12h15 La Salle Partage de danses ................ 20h30 Partage de danses ................ 20h30 Partage de danses ................ 20h30 ............................................................ La Salle Un homme qui dort ............. 20h30 Un homme qui dort .. 12h30/19h30 Un homme qui dort .. 12h30/19h30 ............................................................ ....................................................... Bacchantes ........................... 19h30 Bacchantes ........................... 19h30 Bacchantes ........................... 20h30 ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ La Salle Tristesses .............................. 20h30 Tristesses P .......................... 19h30 Tristesses BS ...................... 19h30 Tristesses .............................. 20h30 ............................................................. La Salle Iphigénie ............................... 20h30 Iphigénie ............................... 19h30 Iphigénie BS ..................... 19h30 Iphigénie .............................. 20h30 ............................................................ ............................................................ La Salle Les Démons .......................... 20h30 Les Démons .......................... 19h30 Les Démons P .................... 19h30 Les Démons .......................... 20h30 Journées du Théâtre Lycéen ... 19h30 ........................................................... ........................................................... ............................................................ ThéâtredelaCité Présentation de saison 2019/20 .. 19h ThéâtredelaCité Présentation de saison 2019/20 .. 19h La Salle Pièces à lire, pièces à entendre ..... ............................................................ La Salle Kind ...................................... 19h30 Kind ...................................... 19h30 Kind ...................................... 20h30 Le Studio Slamnesty ............................. 19h30 ............................................................ ............................................................ ............................................................ *  Représentations scolaires

ABONNEMENTS Vous souhaitez bénéficier des meilleurs tarifs et soutenir la vie artistique du ThéâtredelaCité ? L’abonnement est fait pour vous ! Les abonnements sont nominatifs et permettent à tout moment, en cours de saison, de choisir de nouveaux spectacles en bénéficiant de votre tarif abonné. EN TOUTE LIBERTÉ, BÉNÉFICIEZ DE TARIFS PRÉFÉRENTIELS DÈS MAINTENANT ET TOUT AU LONG DE LA SAISON AVEC LE PassCité. PassCité 11 € à l’achat, il vous permet de bénéficier d’un tarif préférentiel de 20 € pour chacune de vos places – au lieu de 30 €. PassCité réduit * 5 € à l’achat, il vous permet de bénéficier, pour vous et pour une personne disposant également d’un tarif réduit *, d’un tarif préférentiel de 12 € pour chacune de vos places – au lieu de 16 €. * -28 ans, demandeur.se.s d’emploi, étudiant.e.s, personnes en situation de handicap EN TOUTE LIBERTÉ, DÉCOUVREZ LA PROGRAMMATION JEUNE PUBLIC AU TARIF UNIQUE DE 8 € POUR PETITS ET GRANDS. Carnet Tribu 8 € pour tou.te.s. 8 tickets minimum non nominatifs

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ThéâtredelaCité ThéâtredelaCité Carnet de danse ....................... 19h Rencontre Marin/Soto/Belarbi . 18h ............................................................ Le CUB Université Toulouse Jean Jaurès Prince Lepetit ..................... 14h30*   Conférence «  Organiser le pessimisme  » Journée d’étude « Maguy Marin  et…» ... Prince Lepetit ........... 14h30* / 20h ........................................................... Prince Lepetit BS ... 14h30 / 20h .. 10h*  / 14h30*  ........................................................... Prince Lepetit Prince Lepetit .......... 10h* / 14h30*  ........................................................... ........................................................... Prince Lepetit .......................... 18h Le Studio Prince Lepetit .......... 10h*  / 14h30*  Présentation INSA ..................... 17h ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... Le CUB ........................................................... LEX ............................................ 20h Tristesse et joie .......................... 18h ........................................................... Tristesse et joie ......... 10h*   / 14h30*  ........................................................... Tristesse et joie BS .. 14h30 * / 20h ........................................................... ........................................................... Tristesse et joie ......................... 20h ........................................................... Salle de répétition 1 ........................................................... Présentation AtelierCité ......... 18h30 ........................................................... Présentation AtelierCité ......... 18h30 ThéâtredelaCité Présentation AtelierCité ......... 18h30 UniverCité ................................ 10h Présentation AtelierCité ......... 18h30 ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ............................................................ Le CUB ........................................................... Nous/Eux ................... 14h30* /18h Nous/Eux ................. 10h* /14h30*  ........................................................... ........................................................... Nous/Eux BS ........................ 20h ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... La Cinémathèque de Toulouse Le CUB Répétition Des cadavres qui ... 18h30 Projection May B .................... 20h30 ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ ........................................................... ............................................................ Le CUB Des cadavres qui respirent ...... 20h .......................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... Des cadavres qui respirent ...... 20h ........................................................... ........................................................... ............................................................ ............................................................ Le Studio HallesdelaCité Le Marathon des mots ..................... Le Marathon des mots : La Nuit américaine .............................................. 22h Le Marathon des mots ..................... ...............................................................

Les préambules sont présentés 45 minutes avant le début des spectacles.

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Théâtre Sorano À nos Atrides ! ........................ 20h À nos Atrides ! ........................ 20h À nos Atrides ! ........  14h30* /20h À nos Atrides ! ........................ 20h ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ HallesdelaCité Procès / Débat ............................ 15h ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ l’Usine Ha ! Ha ! ................................... 20h Ha ! Ha ! ................................... 16h ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ .......................................................... ......................................................... théâtre Garonne Ligne de crête ........................... 20h Ligne de crête ........................... 20h Ligne de crête ...................... 20h30 ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................ ThéâtredelaCité Vide dressing ....................................... ............................................................ ............................................................ ............................................................ ............................................................

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Les bords de scène sont organisés à l’issue des représentations.

La Nuit américaine du Marathon des mots

1969 –1979. 1969, alors que la France fredonne, encore sous l’émotion de son printemps 68 et un rien polissonne, 69 année érotique, le tube de Serge Gainsbourg et Jane Birkin, il s’en passe des choses sur le continent américain. Le 26 mai, alors que la guerre du Vietnam s’enlise, tue et enrôle de plus en plus de jeunes américain.e.s, John Lennon et Yoko Ono lancent leur célèbre « Bed-In » pour dénoncer la guerre et donner une chance à la paix. 8 jours à vivre, à écrire et composer des chansons (Give Peace A Chance) et à recevoir les journalistes du monde entier dans les draps immaculés de l’Hôtel Elisabeth à Montréal. Le 22 juin, la chanteuse et comédienne Judy Garland (Une étoile est née, Le Magicien d’Oz) passe over the rainbow. On dit que l’émotion suscitée par ses obsèques dans la communauté gay n’est pas pour rien dans la rébellion des client.e.s du Stonewall Inn, un bar de Christopher Street (West Village, Manhattan), qui n’en pouvaient plus d’être harcelé.e.s par la police de New York. La gay pride est lancée. Le 15 août, tous les garçons et les filles de la côte Est convergent vers Woodstock pour trois jours de paix et de musique, désormais légendaires. On écoute de la musique (Janis Joplin, Jefferson Airplane, Jimi Hendrix, Joan Baez, Ravi Shankar, The Who), on boit, on fume, on danse, on se baigne nu.e dans les rivières environnantes, on s’y envoie en l’air aussi… mais cela n’a rien de comparable au saut historique de Neil Amstrong qui, le 20 juillet, devant les yeux de millions de spectateur.rice.s rivé.e.s à leur poste de télévision, fly to the moon ! Alors que Richard Nixon est en passe de remporter les élections présidentielles, le pays est en proie à la colère des citoyen.ne.s noir.e.s américain.e.s qui, un an après la mort de Martin Luther King et aux accents de Gil Scott-Heron (Whitey is on the moon), réclament plus d’égalité, des droits et une vie décente. Quel été ! Déjà, les hippies et leur flower power en imposent aux beatniks, Jack Kerouac en meurt, amer et isolé, laissant sur la route une cohorte d’écrivain.e.s, de poète.sse.s et d’artistes (Patti Smith, Susan Sontag, William Finnegan, Bruce Springsteen) qui revendiqueront un héritage qui, 50 ans plus tard, donnera lieu à cette grande nuit américaine au ThéâtredelaCité dans le cadre de la 15e édition du Marathon des mots, consacrée à la littérature et à la culture américaine. En lectures, chansons, projections, performances de tout genre, on reviendra sur cette année mythique avant qu’un DJ set, proposé par les Siestes électroniques, transforme le CUB en une immense boîte de nuit. On vous emmènera alors jusqu’au bout des années 70 et de la nuit pour une formidable parenthèse enchantée… Serge Roué, directeur du Marathon des mots, festival international de littérature  Samedi 29 juin au CUB, au Studio et aux HallesdelaCité du ThéâtredelaCité de 22 h – 7 h

LA BOUTIQUE DU THÉÂTREDELACITÉ

Retour sur… Vol d’usage – Cie.Quotidienne

– le sac en coton biologique, fabriqué en France / 5 €

Renversant ! Mise en scène, chapiteau, circassiens extraordinaires, tout est plein d’émotions diverses… surprise, rire, peur, admiration. Ce nouveau cirque mérite d’être connu.

– les cartes postales / 1 € l’unité, 3 € les 5 – la gourde / 5 €

Que du bonheur qui nous permet de nous faire rêver et ça fait du bien. OUI... il est possible « de faire voler un vélo » !

– les crayons / 1€ pièce – le livre de cartes postales Cité Merveilleuse / 4 € En vente à l’accueil du théâtre Vol d’usage sur le plateau de La Salle, décembre 2018 © Sadock Mouelhi

Témoignage d’une spectatrice venue dans le cadre du dispositif Première fois au théâtre


Journal du ThéâtredelaCité, Printemps 2019

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BÉLIER Régulièrement tu repenses avec envie à ces temps où, étant petit.e, les problématiques de la vie devaient te sembler toutes autres. Mais te rappelles-tu réellement ce que c’était ? Pose un nouveau regard sur l’enfance grâce à Kind et Nous/Eux et relativise ta vie d’adulte. TAU REAU Avec Mars dans ta constellation jusqu’en avril, « colère » et « passion » seront tes épithètes préférées. Avant de te brouiller avec ton entourage, cours chercher un effet cathartique devant À nos Atrides ! pour pouvoir profiter pleinement, ensuite, de l’influence du Soleil qui arrivera aux beaux jours. G ÉM EAU X Préoccupe-toi de ton corps ! Pas de son apparence – tu es superbe – mais de sa portée politique. Ta liberté commence par ton corps. Face aux personnes et aux lois qui voudraient te dire comment en disposer, réponds avec toute la puissance de tes muscles grâce à LEX. CA N CER L’arrivée des beaux jours te donne envie de courir à moitié nu.e enveloppé.e de peaux de bêtes, mais tu n’oses pas par pudeur ? Viens rencontrer les Bacchantes (dont c’est l’activité favorite). Tes muscles seront électrisés, ton sang revigoré et tes sens en alerte pour t’emparer du printemps ! LION Tu souffres d’une carence en comédie. Comme le ThéâtredelaCité prend très au sérieux ses missions de service public, il met à ton service ses sept spécialistes de l’AtelierCité qui te préparent un remède imparable plein d’humour anglais : Des cadavres qui respirent. V IERG E Tu ne liras ici nul oracle fatal : C’est sur Iphigénie que retombe le mal. Car les astres cléments épargnent ta maison, Pour qu’avec Racine, tu vibres avec passion. BA LA N CE Tu es sur une Ligne de crête. Tu jouis de l’horizon dégagé et des perspectives radieuses. Cela t’inspire des envies de faire un Partage de danses avec le monde mais gare au fauxpas qui te ferait dégringoler. Il faut suivre la crête jusqu’au sommet. SCORPION Ha ! Ha ! Sacré.e veinard.e ! Jupiter passe trois mois à tes côtés. Tu peux bomber le torse et lever la tête haute : tu vas dominer ce printemps. Laisse-toi gagner par l’insouciance et, inspiré.e par Maguy Marin, montre toutes tes dents en riant de cette aubaine. SAG ITTA IRE Dans les semaines à venir, tes intuitions seront lumineuses. Pour le vérifier, Tristesses t’emmène en Norvège résoudre une enquête où se mêlent intime et politique dans un dispositif surprenant. Qui est coupable ? Indice : ce n’est pas le Colonel Moutarde, dans la véranda, avec le chandelier.

#actuallyfreezing © Marie Guillard, 2017

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V ERSEAU Si Prince Lepetit essaie depuis le début de la semaine de venir te serrer la pince avec l’empereur et sa femme, c’est bien qu’il a quelque chose d’essentiel à te dire, tu ne crois pas ?

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POISSON Mercure et Vénus se bataillent ton printemps. À cause du premier, tu seras parfois aussi nonchalant.e et indifférent.e qu’Un homme* qui dort. Grâce à la seconde, tes hormones et ta libido seront en effervescence le reste du temps. Curieuse alternance !

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CA PRICORN E Les giboulées de mars et orages de printemps étiolent ta confiance en toi, sans raison. Ton existence est vraiment plus palpitante que toutes les Tristesse et joie dans la vie des girafes réunies. Alors pas de larmes de crocodile !

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POU LPE-PA N THÈRE A ILÉ Envie de changer de signe ? C’est possible avec le Poulpepanthère ailé : la constellation qui fait l’unanimité ! Ici, nul dogme, nulle croyance, seulement la certitude qu’il est essentiel de connaître Les Démons.

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* S’adapte en sexe et en genre selon ta convenance.

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Joyeux anniversaire au Centre Dramatique National de Toulouse ! Directeur de la publication Galin Stoev Coordination / Rédaction Fanny Batier, Stéphane Gil, Eva Salviac Contributeurs Célia Baptiste, Sophie Cabrit, Caroline Chausson, Maxime Donot, Bénédicte Guérin, Régis Huvelin, Benjamine Long, Laurie Marsoni, Émilie Pradère, Clément Séguier Faucher, Armelle Yvinec Designer graphique Pierre Vanni

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En couverture, la Une du 13/04/2018 du Politiken (Danemark) Double page centrale, Tristesses © Christophe Engels

Pendant ce temps, dans les insoutenAbles longues étreintes…

Ce journal est imprimé par Rotogaronne (Estillac – 47) sur un papier d’origines française et allemande 100% recyclé issu de forêts gérées durablement, porteur de l’Ecolabel européen. Mars 2019 / 20 000 exemplaires Prochain numéro Été – numéro spécial, 4 juin 2019

La création, la diffusion et l’accueil des spectacles ainsi que l’organisation des rendez-vous autour de la programmation sont rendues possible grâce au travail de l’ensemble de l’équipe permanente et intermittente du CDN, les ouvreur.euse.s et les partenaires du ThéâtredelaCité.

Licences spectacle 1-1109344 / 2-1109345 / 3-1109346 ISSN 2649-7794 Les journaux sont aussi disponibles sur theatre-cite.com.

Profile for ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie

Journal trimestriel printemps 2019  

Journal trimestriel printemps 2019  

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