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une identité à réinventer ...

2006_2007 Sylvain DELBOY

Directrice du travail de fin d’études: Catherine FARELLE

L

Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage


Sylvain Delboy Travail de fin d’étude de l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage. Année universitaire 2006/2007. Membres du jury de travail de fin d’études: - Président de session : Claude Eveno - Directrice du travail de fin d’études: Catherine Farelle - Enseignant de l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage: Frédéric Maillard - Personnalité extérieure représentant la maitrise d’ouvrage : Thierry Servelle, directeur des Espaces Publics de Grigny - Personnalité extérieure reconnue pour ses compétences professionnelles : Yann Michel, Paysagiste D.P.L.G., chargé de la conception de la ZAC Centre Ville


> • Remerciements .....................................................................................6-7 • Préambule : A

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LA RENCONTRE DE L’HUMAIN....... 8-9

APPROCHE

découverte d’une ville collage ...........................10-11

• lecture vue du ciel ......................................................... 12-13 • parcours tranversal en 8 séquences ............................. 14-29

I

ASSEMBLAGE MULTICOLORE

Rythmes et mesures : de la vallée à l’IDF ...........................................30-31

Aux limites de l’agglomération parisienne ................................................... 32-35 I I Image du Val de Seine .............................................................................. 36-39 • Grigny sur un méandre de Seine ..................................................... 40-43 • Village à flanc de coteau : culture du plateau à la plaine ........ 44-45 • Village tourné vers la Seine : sablières, ports .................................46-47 I II Ile de France : collage expérimental .......................................................... 48-51 • Village devenu ville ? .........................................................................52-53 1) flux traversants : grandes infrastructures et coupures ................. 54-55 2) habitat : individuel ou collectif : de la Grande Borne à Grigny II ...........................................56-65 ... dégradations : dérives d’un urbanisme inachevé .........66-67 3) économie : finitions du territoire.......................................................68-69 Image finale .....................................................................................................70-71


II

EN QUETE D’IDENTITE :

Identité Grignoise aujourd’hui ? entre malaises et possibles ...................... 72-75

II I Urbanisme déconnecté du territoire ....................................................................76-81 • vallée découpée/ ville sous divisée/recherche de porosité II II Respirations ................................................................................................................. 82-85 • vocabulaire d’une vallée/ vides ou pleins : terrains inachevés et oubliés II III Grignois et Grignards ............................................................................................86-93 • la culture des caddies / enfants et migrations : singularité Grignoise / vivre ensemble : règles, dérives ... et potentiels

III

TERRITOIRE A FEDERER

Créer une ville : fédérer, puis s’ouvrir..................................................................... 94-97

III I Objectifs des élus / observation et interrogations sur les politiques menées ....................... 98-99 Poltique de ville, quelques repères ...............................................................................................100-101 Politique à différentes échelles ............................................................................................................102-107 1) Création d’un Centre ville : fédérer les quartiers........................................................ 108-111 2) Réhabilitations : Grande Borne/Grigny II , le contraste .............................................112-115 3) Lacs d’essonne : potentiel «eau» .....................................................................................116-119 4) Trame Verte : cheminements dans la ville ......................................................................120-121 Vers un territoire durable ...............................................................................................................122-123 III II Projet : Réunion du ‘plateau urbain’ et de la ‘plaine naturelle’.......................................... 124-129 1) Site des intentions de projet : du centre ville aux lacs.................................................130-133 • 3 séquences et leurs singularités : coteau Vlamick / bois Arbalète / lacs...134-149 • programme de la ville ......................................................................................... 148-151 • enjeux : créer un ‘coeur vert, se relier à la ville ................................................152-153 • schéma directeur : un parcours, 7 lieux traversés ...........................................154-157 2) 7 Lieux à créer, à traverser, à requalifier...................................................................158 -175 • un urbanisme démocratique : enfant dans la ville

• CONCLUSION ............................176-177 • Bibliographie .........................................178-181 • Annexes .................................................182-185


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>


Le diplôme une aventure en solitaire : courir vers une envie, mais que l’on ne vit jamais seul. Des rencontres, des échanges, un partage pour construire la réflexion aidée par plusieurs personnes que je voudrais remercier. Pour leurs aides dans l’assemblage des pièces du puzzle : Je voudrais, tout d’abord remercier les membres de mon jury pour leur regard et intérêt pour le sujet : • Catherine Farelle, • Frédéric Maillard, • Thierry Servelle, • Yann Michel, Les rencontres, • Edith Commissaire, enseignante à l’ ENSNP, aux prémices du diplôme dans la phase de recherche : pour sa sensibilité et son ouverture culturelle • Alessandrat, sculpteur, membre de l’association du CODEJ et de l’Atelier De Launay, une rencontre précieuse, une émulation, les prémices d’une démarche participative • Les Grignois : - Famille Jean, habitants de la Grande Borne - Famille Goulier, habitants du Village Enfin mes proches, pour leur présence essentielle et leur soutien • Ma famille, mes amis et particulièrement Véronique pour le dialogue privilégié noué autour du diplôme

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*

Banlieues définies comme l’espace urbain des cités d’habitat social.

à la rencontre de l’ humain :

des non voyants aux banlieues ...

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C’est l’envie de réfléchir, penser pour et avec les gens qui prévaut dans mon approche. Le travail sur un espace urbain pour révéler sa singularité et le rendre ainsi propice aux rencontres et échanges apparaît à mes yeux comme une démarche essentielle pour instaurer un urbanisme durable et démocratique ...

l’espace urbain differemment. Riche de possibilités, de sens et d’envies, cette problématique et ses perspectives étaient contraints par l’absence d’un lieu porteur pour cette recherche. Le caractère monospécifique visant un type d’usager rendait difficile son inscription dans l’espace commun.

Mes premières réflexions dans le cadre de ce diplôme, se sont tournées vers les personnes mal et non voyantes : les plus démunis dans l’appréciation et le ressenti d’un espace dans un univers dominé par l’image. Une recherche pour mettre en valeur et en éveil les autres sens : l’idée d’un parcours, d’un cheminement, de nouveaux guides et repères pour percevoir

Cette approche m’a fait prendre conscience de l’importance du lieu : inversant ma démarche, je suis parti à la recherche de ce lieu. Mon regard s’est posé, après une déambulation sur différents territoires de la région parisienne, sur une ville de banlieue * : Grigny . Grigny porte en elle l’identité actuelle des banlieues : une di-

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versité humaine exubérante posée sur un territoire décousu. Banlieues * , territoires greffés à la ville. Mais la greffe opérée il y a 40 ans a généralement mal pris : vaisseaux sanguins atrophiés, artères bouchées, flux humain limité; le porteur a rejeté son greffon. Utopies et possibles d’hier, transformées en épines dorsales d’aujourd’hui, ces cités ont été délaissées et bannies de la ville. Elles partagent aujourd’hui avec le milieu rural le même sentiment d’isolement : «villes», par leurs densités , à la recherche d’une échelle humaine...


jeunesse Grignoise et vides à reconquérir

Ces territoires si singuliers sont porteurs de possibles : jeunesse, diversité et inventivité d’une population au contact de terrains encore vides à réinvestir. Quel rôle pour un paysagiste dans ce contexte où la principale demande est une insertion dans la société par le travail, le logement : «se sentir accepté». Quel rôle devant les grands gestes de la politique de ville se succédant à un rythme effréné (démolition/réhabilitation/ ...). Une intuition : l’espace public, qui ici plus qu’ailleurs, dans ces quartiers enclavés peut avoir l’ambition d’être le point de rencontre d’une société.

Grigny, terrain d’étude, est situé à 25 kilomètres de Paris, dans le département de l’Essonne, en bord de Seine et de voies rapides . Grigny est un cas d’école, un point de chute : laboratoire urbain, architectural et social de tous les courants de ces 50 dernières années. On y trouve de tout sauf peut être une identité propre fédérant les morceaux de villes. Une histoire qui s’est construite au rythme d’une écriture : une mesure douce et lente, qui s’est brutalement accélérée dans les années 20, puis dans les années 70 pour stopper brutalement dans les années 80.

De nouveau la rythmique reprend, le ville bat autour de sa reconstruction. Une envie de partager ce moment, écrire la partition inachevée, recoudre les morceaux de vies ... Ce mémoire et à travers lui mon projet cherche à répondre à cette ambition. Après une première partie qui analyse l’histoire atypique de ce lieu ( I ASSEMBLAGE MULTICOLORE ), je porterai dans la deuxième partie un regard sur les différentes identités de Grigny aujourd’hui (II EN QUETE D’IDENTITE); enfin dans la troisième partie (III TERRITOIRE A FEDERER) sera traitée la dynamique de ce territoire en soulignant des interrogations qui initieront la démarche de mon projet.

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* lexique vocabulaire Grignois : éloge de la diversité symboles/ histoire/ poésie/ franges actives/ centre vide/ mur rouge/ échancrure /son /flux / mini : proportion?/ séquence champs /antichambre / entre deux/ traversées caddies paniers / E.Leclerc / respiration/ jardins/ nouvelles constructions/ futur ?/ pavillonnaire / ancien/ rural/ passages/ ouvertures/ GII / belvédère/ privé/ hauteur/ vues et jardins / fermé : bois/ négligé/ ruines/ lacs/ GII/ oiseaux/ traces humaines/ N7 à franchir/ canal/ boite/ chasse/ Seine ?

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0

DÊcouverte d’une ville-collage *

Premiers signes, impressions sensorielles et physiques du lieu : couleurs, vides, possibles, ...

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Parcours ... Première vision sur une carte Michelin de la Banlieue Parisienne. En limite de carte, un premier repère : de grandes tâches bleues perdues dans le contexte bâti parisien dominé par les taches « jaunes-bâtis » et « vert-boisées ». Un fil ténu, comme lien, outil de raccord avec la sinueuse grande avenue francilienne. Un autre repère bleu se démarque. Un symbole, sigle indiquant : Attention, à observer ! Observer depuis les hauteurs la vallée de la Seine industrielle avec en toile de fond l’étendue verte de la forêt de Sénart.

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Une Seine en pointillée, marquant les limites communales des «villes pieds dans l’eau» Deux tracés parallèles à simple ou double trait traversant complètent le marquage : deux traits de passage sur le territoire. Une deuxième carte, zoom à l’échelle communale. La ville se dessine. Deux formes urbaines se détachent : un sinueux ver, la Grande Borne; et des cubes de legos en lots mono-orientés, Grigny II. Un temps de la marche à pieds maintenant pour appréhender ce territoire. Une démarche transversale, de haut en bas en trois temps à travers 8 séquences : du Plateau, ... à la Plaine.

Carte Michelin, Banlieue de Paris 2000


Triptyque ...

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place de l’enfant

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mur rouge, qui sĂŠpare le quartier de la ville


< la Grande Borne

cité/ forêt

Sortie d’autoroute, entrée principale de la ville : entrée dans le quartier de la Grande Borne. Véhicule à l’extérieur pour pénétrer dans un tissu de bâtiments ondulés qui découpent l’espace public. Jeu de signes, symboles, réminiscences culturelles, rapport de l’homme à l’univers : un serpent de mer, une poire, un astrobale, une femme ensevellie ... une histoire à raconter. Ces formes poétiques se personnifient en un ver qui serpente et marque de sa trace son territoire : territoire enclavé par les flux qui le ceinturent : l’ animal est pris au piège.

tryptique A6/ N445/ D3310

La vie se développe sur ces franges : arrêts de bus, écoles.

par sa face cachée parkings et autres activités.

Le coeur ouvert est lui vide, d’activités, de personnes. Véritable arène, déchu de son spectacle : quelques poussettes et tuniques colorées animent néanmoins la scène pour les spectateurs des derniers gradins du haut de leurs 5 étages. Pas de voie centrale. Sortir pour faire face à un mur rouge , rempart protecteur de la cité. Rempart moderne pour se protéger du flux automobile? Mur de séparation? La question reste ouverte, il développe

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flux piéton aérien

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flux voiture en contrebas

enjambement


< A6

mur rouge, 1 face

Chercher la faille, l’échancrure, pour aller vers « l’autre Grigny». Trouver un pont, un petit pont à double traffic routier et piéton : une proportion inégale pour des piétons avides de passer les frontières de leur quartier. Franchissement sonore, puis, une grande ouverture : la ville. 17


entre deux

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jardins ouvriers

chemins


< Vide à traverser

triptypique de marche

Séquence champs. Zone tampon d’ entre deux villes : antichambre. Le flux humain succéde au flux routier : un tracé moins régulier, plus hasardeux. Les allées-venues, munies de sacs plastiques et de cabas, en direction d’une enseigne, place de vie, place de ville ont modelé des chemins de traverses. Enseigne moderne, centrale, symbole, lieu de rencontre. Les échanges se font sur le parking, dans les galeries et leurs échoppes : une pause, un arrêt, un verre, une discussion ...

Ce grand «vide», cette respiration, accueille dans ses franges des jardins de fortune venus s’installer entre la voie ferrée et l’ autoroute Une série de petites maisons , un morceau de canal , une ferme rénovée : du neuf, qui rappelle le caractère éphémère et provisoire de ces formes d’appropriation de l’espace et annoncent le grand changement en cours .

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pavillonaire

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< Le Village

église

Route de Corbeil, rue principale avant la rupture du côteau. Elle offre un panorama sur deux nouvelles entités : Grigny II et le village. Deux pistes de descente vers la vallée ... Le village, piste rouge accidentée. Des zones pavillonaires renfermées en première ligne, derrière un tissu ancien tortueux resserré établi sur le coteau. Une histoire : un clocher, un lavoir, un caractère presque rural.

passages

chemin du renard, ouverture sur Grigny II

et murêts. Des percées qui révèlent ou laissent entrevoir la cité voisine, qui domine ... Un seul petit passage : le chemin du renard pour assumer et porter les liaisons entre ces deux entités voisines.

Des passages, pour assurer les continuets formés de vieux murs 21


> gn y II Gri

belvédère

les Sablons

1

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2

les Tuileries


< Grigny II

cité

tours

privé

Grigny II, nom d’une zone commerciale ? Piste noire, un point central, unificateur : E.Leclerc, reliant deux quartiers d’habitats distincts : les Tuileries, les Sablons. Un nouveau langage, le langage des hauteurs, régulières dans chaque quartier animé par quelques variations de façades.

coteau

gare, son église, ses parkings, ses rembardes blanches, ses grilles, et ses espaces verts. Une limite naturelle : le coteau boisé.

Les Tuileries, aux petits bâtiments de 5 à 6 étages, distincts les uns des autres Les Sablons, une seule entrée/sortie routière depuis le parking du E. Leclerc. Des bâtiments beaucoup plus imposants d’une quinzaine d’étages rapprochés les uns des autres. Un complexe à part entière avec une 23


jardins

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< Le Coteau

panorama

Ouvert ou Fermé : Un coteau boisé cachant et esquissant la vallée , ou un coteau s’ouvrant par ses jardins, sur la vallée.

murs

Ouvert, le coteau offre un panorama sur la vallée, son eau et son urbanisation : en vis à vis avec le coteau d’en face. Des petits logis ouvriers fraîchement installés au langage contemporain de roches grillagées dévalent la pente jusqu’au pied des lacs.

grille

Aux limites de parcelles, ceinturées de mur effrités par le temps et l’oubli (denses ou troués, négligés), les bois se présentent comme des écrans à franchir. Leurs pentes abruptes, érodées par le temps et les pluies deviennent plus douces vers le bas. Entre le feuillage, et les branches, aux pieds des caddies et quelques ordures ; ou après la traversée d’un milieu ouverte : l’étendue bleue.

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loisir

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ouverture

jetĂŠe


< Les Lacs

oiseaux

Un lac qui se contourne, qui s’ouvre, se détourne. Traces humaines de feux de retrouvailles et traces animales; témoins d’une cohabitation. On oublie facilement la ville. Il suffit pourtant juste de se retourner pour se rappeler, au regard des tours allongées de Grigny II, que la ville nous regarde. Presqu’îles en culs de sacs, peu d’accès et de repères : un parcours à tracer.

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N7

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cuves


< Le Canal/ la Seine ?

canal

RN7, deuxième coupure routière, cette fois ci pas de petit pont mais une traversée cloutées en deux temps pour entrer dans une zone industrielle. Des entrepôts, des boîtes, qui sont parfois partis laissant des terrains minés de trous où se développent les herbes. Une troisième rupture cette fois ci ferroviaire. Avant de franchir ce réseau, un terrain caché : son entrée sous un pont franchisant la RN7. Un panneau publicitaire, une barrière et un couvert boisé avant de découvrir une clairière habitée. Au fil d’un parcours, rencon-

Seine ?

tre frontale avec des animaux exotiques sous nos latitudes : guépards, rhinocéros … criblés de petits trous. Terrain de chasse clandestin, aux cahutes dispersées sous des pylônes électriques. Chercher la Seine ... une Seine dévolue à la production industrielle en cuves.

Cette déambulation piétonne suivant le moyen de locomotion local butte, marque des temps d’arrêts, de pause : trop étroit, trop étriqué, trop large ... On se sent petit en traversant le flux routier , puis trop grand : coincé entre les deux pans de mur du passage. La clarté des séquences observées, identifiables au premier regard révèle le caractère morcelé de la ville : son manque de fluidité, sa perte de l’échelle humaine et de la justesse des proportions, Grigny a sauté une étape intermédiaire ... Laquelle ?

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Sénart

ZNIEFF cuves

I

multicolore

Rythmes et mesures : de la vallée à l’IDF

L’ image actuelle de Grigny, cette sensation de collage d’éléments hétérogènes voire antagonistes s’est construite au rythme d’une histoire aux mesures saccadées. Lente, isolée, tournée vers son cours d’eau et sa vallée, Grigny s’est petit à petit vu grignotée , englobée par une logique régionale et nationale. En marge mais pas suffisamment éloignée, le rouleau compresseur est venu imposer ses règles et marquer le territoire en tournant le dos à une histoire et à sa singularité. Cette frénésie des années de reconstruction, s’est ensuite arrêtée brutalement, n’achevant pas son travail et laissant des espaces sans fonctions : les traces anciennes réapparaissent, ... La double clé de lecture aujourd’hui repose sur la morphologie et le caractère de la vallée de Seine et sur son histoire urbaine de première agglomération française. Ce double regard permet de recomposer et d’expliquer cette formation et de mettre à nu les contradictions actuelles. Double page suivante : cadrage géographique : Ile de France/ Seine comme horizon 30

S ei n e

N7


Forêt St Eutrope

N7

RERD

Grigny II

fil

lacs

bo i

s

nts a m dor

enfa nc

Village

e

vide - traversé t erre

jard i n é

Gra nd e Born e

e

A6

Le Grand Collage 31


Aux limites de lâ&#x20AC;&#x2122;agglomĂŠration parisienne ... 32


Ville nouvelle d’Evry - Forêt de Sénart - Vallée de la Seine - Aéroport d’Orly - Prison de Fleury 33


95 A15

93

A1

A13

75 78

92 94 N7 77 A10

Grigny

A6

91

Réseaux franciliens

Situation en Ile de France

Paris

Fiche d’Identité : Orly

25 km au Sud de Paris : à moins de 30 min de Paris 3e couronne (francilienne) Departement Essonne : 91 Arrondissement Evry Seine rive gauche A6/N7/N445/RER D

Draveil Viry-Châtillon

487 hectares/ 25 000 habitants

Grigny Fleury Merogis

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Ris Orangis

communes limitrophes/ flux routiers


A4

PARIS

ORLY Sénart A5

EVRY

PNR Gatinais

Paysage d’ Ile de France

Urbain Espaces Agricoles Boisements/ Espaces Naturels

Grigny

ne

cil ien

A

86 n fra

Grigny se situe en limite de l’agglomération parisienne, marquée communément par le tracé circulaire de la francilienne : 3ème couronne. La francilienne représentée au Sud par la ville nouvelle d’Evry trace une frontière nette entre la fin de l’étalement de la zone urbanisée et le début de la zone non urbanisée, caractérisée par les plateaux agricoles et les parcs nationaux tel : le PNR du Gatinais. Malgré cette position de frange, Grigny se trouve au coeur d’un carrefour de circulations : aériennes (Orly), fluviales(Seine) et routières(A6,N7,...). Ces flux traversants sont venus avec le temps cadrer et découper le parcellaire de la ville. Le centre vital n’en demeure pas moins la vallée de la Seine, garante et motrice du développement régional ... 35


I I Image du Val de Seine

Devant la disparité du paysage urbain de l’ île de France, la vallée de la Seine se révèle comme l’ élément structurant de l’agglomération parisienne et de son développement exponentiel : trait d’union de ses différents paysages, pôles urbains et économique : du plus urbain au plus rural. Le regard sur le fleuve permet de transcender les approches sectorielles, les limites administratives et de porter un regard plus généreux et global. Grigny s’est établie sur un de ses méandres, en amont de Paris : là où la Seine s’ouvre de nouveau et découpe une large plaine alluviale, inondable. Double page suivante : Seine rive droite naturelle , regardant les berges industrielles de Grigny 36


L’Aubette

La Seine

Plateau de la Brie

Plateau de la Plaine de France

Plateau du Vexin

Plateau de la Beauce

L’Oise

La Marne

*

Grigny

L’Yerres

L’Orge

L’Essonne Source : IAURIF

schéma structural de l’Ile de France : sa découpe en 4 grands plateaux et 6 principaux affluents

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38


39


Plaine fluviale

0

Plaine d’Orly Seine

33 NGF environ

Orge

Plateau de Tigery

80 NGF environ Plaine de Bretigny

Ecoute de l’eau s’il pleut

Essonne 40


84

81 33

la Seine

......................................................Grigny.................................................................

58

< Coupe vallée de la Seine

l’Orge

...............................Grigny ................................ 82

0

500

1 km

35 - 50 NGF 50 - 75 NGF + 75 NGF

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< Coupe vallée de l’Orge

La vallée de la Seine délimite et découpe, au niveau de Grigny, deux entités : la région de Brie, vaste plate-forme largement entaillée par la Seine; et l’ Hurepoix , caractérisée par ses paysages accidentés et variés, fait de plaines et coteaux. Grigny est ainsi largement marqué par la topographie et présente un coteau abrupte qui définit les 2 entités géographiques fortes de la ville : - la plaine alluviale (2/5) - le plateau urbain (3/5) ... séparés de 45 mètres.

Hydrogéomorphologie

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Vallée : Sables et alluvions

la Seine

aquifère multicouche - 30-35 NGF

nappe phréatique libre - 73-78 NGF Plateau : bancs de pierres de meulières sur couche d’argile


L’eau marque la ville : Seine, canal, lacs ... mais aussi : lavoir, sources, puits, qui sont le témoignage parfois oublié dans les consciences de l’activité du sous sol : de 3 nappes alluviales retenues par les couches d’argile :

Nappe libre des calcaires de Brie Elle se maintient au dessus des marnes vertes et s’écoule du plateau vers la vallée Cette nappe alimente les sources situées à flanc de coteau. Aquifère multicouche, libre du calcaire de Champigny Elle s’écoule dans les calcaires de Champigny. Cette nappe recharge directement l’aquifère alluvial de la Seine. Elle alimente en eau potable la quasi totalité des communes de la Brie, ainsi qu’une partie de l’agglomération parisienne. Nappe des alluvions de la Seine En relation hydraulique avec le fleuve. Cette nappe est également alimentée par la recharge de la nappe des calcaires de Champigny.

marnes et argile calcaire sables Coupe schématique géologique

eau qui rigole sur le coteau

C’est par ce positionnement géographique privilégié et cette abondante présence d’eau que le développement humain s’est ancré sur ce territoire.

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1

route de Fontainebleau

Forêt de Sénart vignes

Ferne Neuve Forêt de Sainte Geneviève

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Château de l’Arbalète cultures


Le Village à flanc de coteau : culture du plateau à la plaine Village - Bourg très modeste de vignerons à tradition paysanne, Grigny s’est développé sur le bord du plateau usant des 3 séquences nourricières : - plateau : agriculture : terre fertile de Brie - coteau : vignes et jardins - plaine : pairies, chasse, maisons en pierres de meulière propriétés bourgeoises Cette structure permettait de ménager un accès aisé aux champs situés sur le plateau, aux jardins et aux vignes étagées sur le coteau et aux pâtures installées sur les terrains humides du lit majeur de la rivière. Toutes les habitations à flanc de coteau possédaient un puits. A noter, la présence du château de l’Arbalète, en pied de coteau, entouré de prairies, de bois et d’eau, outil de base de l’aménagement paysager, avec, en prime l’utilisation possible du relief naturel pour varier les ambiances et les points de vue. Le parc du château de l’Arbalète a évolué suivant les styles de l’époque : du plan «à la française» du 17 ème siècle au plan «à l’anglaise» du 18 ème .

La Ferme Neuve, sur le plateau agricole

Source : Archives Grigny

Lavoir et village sur le côteau, vue ouverte sur la vallée

grandes propriétés boisements agriculture/ vignes

< 16 e - 19 e siècle

Château de l’Arbalète et son parc (16e), en pied de côteau

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2

RN7 (ancienne route de Fontainebleau)

aqueduc de la Vanne

Orme des Mazières

lacs

Ports

Forêt de Sénart

ligne du Val de Seine : Paris/Corbeil

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Le Village se tourne vers le val de Seine Dès 1890, les habitants de Grigny et Viry exploitent le sol comme carrière pour extraire la pierre de meulière du coteau. Puis cette exploitation du sol s’ouvre sur la plaine alluviale par la création de sablières. Les ports se développent à Ris et Viry , le canal de Grigny permet l’acheminement jusqu’ à la Seine. L’utilisation de cette ressource permet une croissance économique et démographique : vague d’immigration italienne. Avec la remontée de la nappe de la Seine les lacs apparaissent et marque irrrémédiablement le paysage. Grigny par ce nouvel atout et par l’essor de la ligne de Corbeil, devient un lieu de villégiature pour les parisiens : camping, pêche, baignade : nouveau regard sur la vallée. Ce rapprochement avec Paris amène les premières coupures de la ville. Dans le but de régler le problème récurrent du manque d’eau sur la capitale : eaux de la Seine et de l’Ourcq, déjà insuffisantes et polluées, Napoléon III sous la gouverne de l’hydrologue Belgrand construit deux aqueducs qui détournent à leur source les eaux de la Dhuis et de la Vanne pour les amener et distribuer respectivement à Ménilmontant et à Montsouris. L’aqueduc de la Vanne s’ancre dans le paysage Sud Parisien par sa traversée d’une vingtaine de vallées. Pour économiser la constructions d’aqueducs pour la traversée on a installé des canalisations en siphon. Sur le territoire de Grigny, l’aqueduc est enterré mais dessine une butte, marquant d’ores et déjà une première coupure.

téléphérique / pèche/ activités nautiques

baignade / camping aqueduc de la Vanne : aqueducs ou canalisations en siphons jusqu’à

sablières et carrières bassin culturel boisements agriculture jardins et vergers (après disparition des vignobles par la crise du phylloxera )

< 1850-1950

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I II Ile de France : collage expérimental un village devenu ville ?

Mondrian, Broadway boogie woogie, 1942-1943, par son travail boogie woogie sur New Yotk Mondrian renvoie ce rythme effréné, cette allure de la société contemporaine

Double page suivante : Chemin du Renard, 2007 Grande Borne, autoroute A6, 1972

de 3000 à 25 000 habitants ....

L’ Etat et la puissance publique vont prendre le contrôle du développement de la région parisienne et se substituer aux logiques propres de chaque territoire. Les villes les moins développées, présentant de larges emprises encore agricoles vont être les points de chutes, les terrains-laboratoires d’un nouvel urbanisme. Un urbanisme de la reconstruction d’après guerre, porté par l’élan des 30 gloriseuses et son utopie de tout transformer et rénover. Des lignes directrices, telle la Charte d’Athènes en 1941, organisent cadrent et guident ces nouvelles formes urbaines, séparant soigneusement les différentes fonctions urbaines : habiter, travailler, circuler et se divertir. Les schémas directeurs qui apparaissent dès 1932, mais entrent en vigueur à partir de 1965, suivent cette logique avec pour intention de rendre la ville plus efficace et performante. Ces nouveaux outils, par leurs mesures tournées exclusivement vers la banlieue, et laissant Paris souveraine de son devenir, vont accentuer le clivage Paris/ Banlieue. Sur-estimant ou sous-estimant le développement de l’agglomlération, ils ont produits un étalement ou densification trop forte, entraînant l’image brouillée et illisible de la région parisienne... La ville moderne va se construire dans un processus ‘ahistorique’. C’est cette étape brutale, qui aujourd’hui se lit fortement à Grigny. 49


50


paysage

cultures

auto

lisière

logement social

51


Massy

3

Aéroport Orly

A6 Forêt de Sénart Agriculture

Forêt St Eutrope

RER D

francilienne : N 104 Evry Aérodrome de Bretigny

Agriculture 52


Le village devenu ville ? ville nouvelle ? Après que le vieux village se soit installé au bord du plateau, regardant la vallée, l’extansion urbaine répondant à une politique nationale et régionale tourne peu à peu le dos à la Seine. Grigny devient une cité, une cité dortoire et laboratoire des nouvelles formes urbaines : lotissements, grands ensembles, autoroute ... Elle est le stéréotype de la ville nouvelle pensée et développée par les schémas directeurs : un centre urbain dense en cohérence avec les infrastructures lourdes. Choisie pour son territoire «sous exploité» et sa position stratégique, c’est cependant la commune voisine Evry qui se prépare à devenir chef lieu du département, assumant «la décentration concentrée» prônée par l’Etat. A l’époque, on prévoyait même une extansion d’ EVry jusque Grigny. Trois mécanismes de la ville nouvelle vont progressivement mais très rapidement s’inscrire sur le sol de Grigny ...

Processus historique et ses influences: • 1965 : SDAURP : Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Parisienne loger tous les franciliens : villes nouvelles / RER/ Autoroutes / répondre à la croissance des 30 glorieuses • 1976 : SDAURIF : Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France s’adapter au choc pétrolier / limiter l’étalement urbain • 1994 : SDRIF : Schéma Directeur de la Région Ile de France développement démographique et emploi /prône la solidarité de la région capitale avec le Bassin parisien et confirme l’ambition d’excellence européenne et mondiale de l’IDF/ protection espaces naturels/ extension RER / T1 T2

zone d’étude

villes Nouvelles/ Grands Ensembles + pavillonaire plans d’eau bassin culturel boisements agriculture péri-urbaine ZAE < 1960-2000

1950 : A6 1961 : Orly 1963 : 1ère Zone Commerciale à Ste Geneviève des Bois 1964 : département de la Seine et Oise : divisé en 6 nouveaux départements qui forment la région parisienne : 78, 91,92, 93, 94, 95 1965 : Villes nouvelles, moitié de la population parisienne structuré par SDAU : Evry/ Sénart/ Massy 1973 : Abandon par décret du schéma des villes nouvelles 1974 : RER D

53


N7

N445

D 310

A6

1) flux traversants :

1957 _ 1960 : A6

grandes infrastructures et coupures

La séparation des trafics et des flux prônée par le mouvement moderne allonge le réseau d’infrastructures et induit la pratique extensive des transports individuels. L’ automobile devient l’unique lien entre le logement et le monde extérieur, le réseau de transport arrive bien plus tard. A Grigny, le RER D arrive ainsi près de 15 ans après l’autoroute. Malgré deux logiques distinctes, ces deux flux traversent le territoire vers ... mais ne l’irrigue guère. Ils induisent des coupures physiques fortes, accentuées par les barrières et murs sonores, mais surtout établissent un autre rapport d’échelle à la ville. Par leur vitesse et leurs dimensionnement, ils créent une ségrégation de trafic : les flux piétons et cyclistes n’ayant pas leur place dans ce modèle. A6/ N7/ N445/ D 311 à franchir ... 54

1974 : RER D


séparation des traffics selon buchanan Source :l’automobile dans la ville - documentation française, 1965

55


lotissements et 1 ers logements sociaux

Grande Borne + Patio

Grigny II

2) habitat : individuel ou collectif ... Les premiers logements individuels collectifs apparaissent avec la zone pavillonaire des Blancs Manteaux, accueillant le personnel militaire des bases américaines de l’OTAN en 1955. S’en suivent en 1957, les premiers logements sociaux : «le Potager de l’Arbalète», puis en 1962 : la zone pavillonaire la mare aux moines. Question du logement social en latence ? Dans cette période de pleine croissance et de reconstruction, la demande en logement social est très forte. Défini non seulement par la catégorie sociale à laquelle il est destiné mais aussi par une intervention publique qui permet d’offrir en plus à ses membres l’hygiène et le confort qu’ils ne pourraient obtenir par leurs seules ressources; le logement social répond à l’ambition de l’époque. Un nouveau model, les Grands Ensembles : concensus général du pays Les grands ensembles matérialisant les nouvelles formes urbaines ont le vent en poupe, ils répondent à l’ urgence de la reconstruction et ont la volonté d’effacer les causes sociales globales : victoire de l’hygiène, de la lumière, du 56

confort mais aussi la perspective d’un avenir fait de progrès social ... Une alliance économique majeur se noue alors entre l’Etat : soucieux de planifier la croissance économique d’une industrie encore très artisanale et le développement social et les grandes entreprises industrielles : désireuses de se concentrer et d’accéder à un haut niveau technique. Les architectes issus du Mouvement Moderne et porteurs d’une esthétique nouvelle, elle aussi rationnelle, viennent constituer le trio. La loi de Finance de 1951 sur «les Secteurs Insutrialisés» instaure ce nouveau type de relations entre les architectes et les entreprises Ensemble, ils mirent en point une sorte de belle machine à produire l’architecture moderne et les quartiers nouveaux pour le bonheur de tous : - élus locaux comprenant la nécessité historique de cette évolution en réclamant dans leurs communes - population sortie des malheurs et l’ancienneté de l’entre deux guerres aspirant à un renouvellement et modernité de son cadre de vie.


* au premier plan la Grande Borne, puis l’autoroute A6, le vide, le village et Grigny II, et le côteau boisé * en arrière plan Ris Ornagis

photo aérienne, 1982

Début du malentendu, mais ... : Face à ce consensus général s’instaure progressivement le doute des artistes, et la réticence de la population . Produit de circonstances, porteur d’ équilibres fragiles entre acteurs les Grands Ensembles étaient dès leurs origines menacés : trop hétérogènes pour tenir très longtemps ... Malgré cela, Grigny, qui se situe historiquement dans la période de fin de vie des Grands Ensembles (1953 : ouverture des Chantiers du «Secteur Industrialisé» , 1973 : interdiction par la circulaire d’Olivier Guichard) se voit imposer deux grands ensembles dans son tissu encore villageois :

«Malgré l’opération «villes nouvelles» qui bénéficie de l’attention particulière des législateurs et observe des normes prescrites, il se construit des zones d’aménagement concerté : ZAC livréee aux constructeurs qui jouissent de regrettables facilités pour entasser le plus gens de possible sur le minimum de terrain.» Marie-Hélène Mérino NB: création d’une Commission du Bonheur, PIerre Sudreau, ministère de l’équipement

- la Grande Borne, en 1967 - Grigny II, en 1969

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2 models : formes/densités /utopie?

?

concours Cité de Rotterdam (Strasbourg)/ 1951

Sarcelles

Le Mont-Mesly (Créteil)

Massy-Anthony 58


• 3 Grandes périodes : - 1952-58 : Origines - 1958-77 : Ere des ZUP et des ZAC - 1977-98 : Temps des Réhabilitations La période d’application des Grands Ensembles est marquée par un consensus idéologique et une convergence politique (années 50) qui se terminera par une situation de dégradation et de crise (années 60/70). Part la suite, le renouvellement du processus de consensus autour du thème de la réhabilitation : à l’origine de la Politique dite de la Ville entraînera les débats contemporains sur le chômage, la délinquance, le communautarisme, la marginalisation et l’exclusion

concours Cité de Rotterdam (Strasbourg)/ 1951 Cité Haut du lièvre (Nancy), domination brutale et massive

« Ces immeubles ont toujours un minimum de quatre niveaux audessus du rez de chaussée et jusqu’à plusieurs dizaines.» Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement

Deux Grands Ensembles, en complète opposition, imposés par l’Etat : 300 grands ensembles sont construits en 20 ans : - 40 unités de voisinages, - 195 ZUP, - 60 ZAC Grigny va s’inscrire dans l’histoire des Grands Ensembles. Malgré une architecture qui ne concernent directement que 5% de population française, ce mouvement va par ses formes, sa philosophie, ses acteurs, et son utopie profondément marquer le paysage français et mondial. Regard sur les deux modèles grignois, à la recherche de formes, densité (densité à plat, étalés ou superposés) sur un parcellaire agricole pour la Grande Borne et de vergers pour Grigny II. 59


au milieu du plateau agricole

• Grande Borne : 1967-1971

Une ville, essai de réponse

• Architecte : Emile Aillaud • Bailleur quasi unique : OPIEVOY : 98% du parc

En rupture avec les formes directrices des premiers Grands Ensembles, Emille Aillaud construit sa ville. Il y développe un urbanisme poétique , qui repose sur un bâti non assujetti à la banalité, mais aussi sur une consécration d’espaces extérieurs ludiques et de cheminements sensibles. Après la construction des Courtillères à Pantin, Chanteloup-les-Vignes, la Grande Borne est la dernière oeuvre symbole du travail d’ Aillaud. N’échappant pas aux modes de préfabrications et aux contraintes imposées par le site, il diversifie néanmoins les formes, les couleurs et crée un énorme jeu modulable ... Il abaisse les hauteurs, pour que : «le bruit des pas et des voix y entretiennent une rumeur d’accompagnement». Crée des «Rues-à-pied» où le trottoir refuge et ses responsables motorisés sont exclus.

• 90 ha, 10 000 habitants • 3700 logements : 40 logements/ ha • densité horizontale très importante/ faible hauteur (R+2/R+4) • tissu diffu qui libère des grands espaces communs • automobile en périphérie/ coeur ilot Piéton • situation en enclave accentuée par l’A6 • 7 quartiers : Le labyrinthe, Le méridien, Les radars, La peupleraie, Les enclos, La ville haute, La ville basse • principes : «faire un urbanisme de la vie privée» , «Cités de résidence» 60

L’enfant reste toujours l’interlocuteur privilégié dont il nourrit et forme la sensibilité. Cette vision pédagogique est une marque de l’utopie.


Esquisse de difficultés à venir : Dès la construction, un manque flagrant d’ équipements esquisse le caractère enclavé de la Grande Borne : - pas de Poste - 5 postes de téléphones publics

« L’acte d’habiter couvre des valeurs inconscientes. Il semble que l’inconscient lui-même connaisse comme symbole de l’être une sphère de Pharménide. Cette sphère n’a pas les beautés rationnelles du volume géométrique, mais elle a les grandes sécurités d’un ventre » _ Bachelard

C’est surtout l’ isolement par les coupures routières au reste de la ville qui va rapidement ternir l’image noble de la conception.

Pantin Les Courtillères (1955-1965)

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« Malgré tous ses mérites, c’est poétiquement que l’homme habite» _ Hölderlin

recherches : enfants/couleur/ sciences/ formes

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Enfant/ rêve/ couleur/ peintres / mythes : serpent de mer


animaux réels ou fabuleux : école du Minotaure, du cerf , ...

Grande Borne fortement influencée par une équipe d’artistes ... Décors de : Fabio Rieti : une pomme, une petite fille, Rimbaud, Kafka, un arbre Gilles Aillaud : un okapi Cremonini : un nageur Lucio Fanti : un paysage François Lalanne : deux pigeons Eva Lukasiewicz : des décors abstraits Laurence Rieti : Gulliver et le Serpent

maquettes de recherche sur nouvelles formes urbaines

Source :La Grande à Grigny, Ville d’emile Aillaud

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Source : Archive de Grigny

• Grigny II : 1969 - 1981

Inauguration de l’Ere des ZAC :

• Architecte : Balick • Promoteur : Balkany

Opération immobilière réalisée sans permis de construire dans le cadre de la ZAC des Tuileries : première ZAC de France. Créée le 12 mai 1969, elle était initialement prévue pour 5835 logements en accession à la propriété. En complément des habitations était envisagée la réalisation d’équipements et de trois centres commerciaux, ainsi qu’une participation financière pour la réalisation du tronçon du RER. Immeubles de standing moyen, Grigny était destiné à une population aisée (Air France).

• 54 hectares, 12 000 hab. /moitié de la population • 4952 logements : logements/ha • hauteur moyenne des bâtiments excède de plus de 10 étages celle du bourg : 12 étages • 5000 propriétaires • 2 quartiers : disparité spatiale et physique • Tuileries : majoritairement copropriétaires • Sablons : locataires nombreux • petits studios T1

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Construite en dépit du bon sens, la ZAC va finalement être stoppée, sous la pression des habitants en 1981.


à flanc de coteau

Esquisse de difficultés à venir : Grigny II cumule les difficultés engendrées par son statut particulier: - incapacité d’assurer la gestion efficace d’un tel ensemble - difficultés juridiques et issues de perceptions diverses du rôle du public/privé - fond d’investissements expatriés qui créé une inertie considérable - loyers trop chers entraînant une sous-location et sur-occupation des logements - disparition du promoteur : SCI LES TUILERIES - absence de rétrocession complète et claire des voies et équipements publics prévues dès 1969. - sans aucune liaison urbaine avec le contexte immédiat

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66


dégradations : dérives d’un urbanisme inachevé Départ des classes moyennes ...

Le mal : Grands ensembles/ problèmes sociaux

Ces deux modèles porteurs d’une nouvelle dynamique urbaine vont rapidement se dégrader.

A partir des années 70 et 80, on a donc commencé par détourner les familles des classes moyennes qui y vivaient encore. Plusieurs grands ensembles ont pris, le relais des cités spécifiques (petites cités «prévues à cet effet»)pour répondre aux besoins des plus démunis. «Pour loger décemment les familles d’origines étrangères ont a imprudemment mobilisés les Grands Ensembles, entraînant un processus difficilement réversible de ghettoïsation...» François Tomas

Maladresses économiques, laisser aller architectural ? C’est surtout la ville comme question absente, la question du logement avant la question de la ville , qui explique la spirale descendente que vont connaître à une échelle plus générale les grands ensembles. Cette dégradation démontre aussi le danger d’acteurs trop puissants ayant le monopole : « La banque faisant dans l’urbanisme, elle faisait l’urbanisme». La crise économique qui suivit leur édification n’a été qu’ un accélérateur, les classes moyennes ont ainsi petit à petit désertés ces logements prévus à leur égard.

Un petit square encerclé par les immeubles, espace réduit mal exposé : à 2h de l’après midi, la moitié se trouve à l’ombre.

Or à l’origine, moins du tiers des HLM avaient été insérés dans des grands ensembles, et leur contribution quantitative à l’histoire du logement social restait modeste. Ainsi à Grigny II : plus de la moitié des ménages qui ont reçu un logement étaient des cadres supérieurs, des cadres moyens, et des employés. Le malentendu fondamental repose donc sur deux concepts explosifs : le logement social et la forme urbaine dense, déconnectée de la ville.

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ZAE Plaine Basse

3) économie :

ZAE des Radars

Vide

finitions du territoire, des friches aux ‘boites’ ...

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ZUP de Chambéry-le-Haut : projet Dubuisson : 1960

ZUP de Chambéry-le-Haut : état actuel


friches de bord de nationale 7 attendant une nouvelle activité

Au lendemain de la construction des deux Grands Ensembles, Grigny se réveille avec un territoire centré sur l’habitat et une carence en équipements publics, caractérisant son statut de cité dortoir. Aucune entreprise créatrice d’emplois, quelques commerces au vieux village et à la Grande Borne, et un centre commercial sur l’emprise de Grigny II qui ne s’est construit qu’à partir de 1975 (fermé puis relancé en 1999). Afin de dynamiser son territoire et principalement de recevoir des recettes fiscales, Grigny va user de ces nombreux terrains inachevés ou non contruits et développer les 2 principales zones d’activités économiques (ZAE) : - les Radars : 1986 - Plaine Basse Cependant, la ZAE Plaine Basse, principalement industrielle composée de pipelines, cuves classées SEVESO, et quelques activités ne profite guère sur le plan fiscal à Grigny et marque définitivement une coupure vers le chemin de la Seine. Aujourd’hui, le grand vide du centre devient le terrain de toutes les convoitises ... 69


Grigny recherche ainsi aujourd’hui une identité commune à partager pour construire

0

250

Image de Grigny aujourd’hui : 70

500

Grigny II

Village / Lotissements

Vide

A6

Grande Borne

Cette coupe tranversale du plateau jusqu’à la Seine traduit expliclitement ce chapitre et l’évolution de Grigny par rapport à son assise. Le village en continué qui s’est inscrit sur la pente du coteau, puis les quartiers isolés et hétéroclites qui se sont développés sur le plateau. Entre ces entités, des vides, témoins du caractère inachevé de Grigny.


71

Seine

Z.A.E.

N7

Lacs

C么teau bois茅 / jardins

Village


21 e ?

Source : Lola Prieto, dans le cadre du festival de Chaumont

Double page suivante : clocher du village/ enfant de la Grande Borne, rapport de force 72


* II

30 ans plus tard

’Identité

Identité Grignoise aujourd’hui? entre malaises et possibles Questionnement sur l’identité devant la disparité de Grigny. Que signifie aujourd’hui habiter à Grigny? Quelles sont les valeurs motrices d’une identité partagée? De l’extérieur le regard se focalise sur les 2 cités, par leur empreintes physiques fortes d’abord , mais aussi par leurs populations stigmatisées et médiatisées. La recherche identitaire se ressent dans la ville à des micro-échelles, à l’exemple de la marque déposée : GBF : Grande Borne en Force. des jeunes du quartier de la Grande Borne. L’identité de chaque morceau de la ville est fortement marquée , or aujourd’hui l’enjeu est de rassembler ces territoires autour de leurs valeurs communes. A travers ce deuxième chapitre je voudrais montrer et révéler les différentes identités Grignoises. Ces identités sont stigmatisées certes par des faiblesses : démonstration urbaine castratrice, communautarisme, mais surtout par ses possibles parfois cachés ou oubliés : vides, vallée, dynamisme et jeunesse de la population. Relever toutes les richesses : clés de la reconstruction en cours de Grigny. 73


74


75


II I Urbanisme déconnecté du territoire A travers un aperçu historique, j’ai démontré dans la première partie, l’influence des courants de pensées, en soulignant leurs dérives inhérentes aboutissant au morcellement du territoire actuel. Je voudrais maintenant m’attacher à analyser plus systématiquement cet urbanisme. Deux échelles de lecture : la vallée et la continuité urbaine permettent d’apprécier le morcellement : composante dominante de Grigny. Une vallée découpée La sectorisation des activités et entités : urbain/ environnement/ économie est très nette et suit une orientation en bandes. Elle est dictée par la vallée, ou plutôt par l’oubli de relation entre le plateau et la plaine : la ville nouvelle s’étant uniquement constituée sur le plateau. Les deux infrastructures routières prédominantes (A6 et N7) renforcent et sous divisent cette lecture (ZAE Plaine Basse) :

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- plateau : zone d’habitations : ZU : - coteau : zone naturelle : ZN - plaine : zones mixte : ZAE et ZN

Ainsi, alors que le village-rue s’était construit stratégiquement sur le coteau afin d’user du plateau et de la plaine par un axe transversal fort menant à la Seine : la rue du port, l’ urbanisme des années 70, calé à partir des infrastructures en a fait autrement. Le sol s’est sectorisé : l’urbain renfermé sur lui même ne partageant le territoire ni de la zone naturelle, ni de la zone économique ...

ZAE/ ZN

plaine

ZN

coteau

ZU

plateau


N7

ZN A6 ZAE

ZN

ZU

0

500

2 km

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morcellement : intérieur/extérieur

morphologie de l’ habitat

Une ville sous divisée Une deuxième échelle celle de la continuité urbaine au sein de la ville et vers l’extérieur révéle une autre problématique. Deux sentiments qui se mèlent : sentiment de rupture par les tracés viaires et et les limites nettes qu’ils imposent et à contrario un sentiment d’homogénéité : chaque quartier étant clairement défini. de l’intérieur : processus de ZAC + réseau viaire ... Grigny révèle une grande unité au sein des quartiers clairement identifiables : Grande Borne, Grigny II, Village. Ces quartiers deviennent néanmoins très hétérogènes au regard de la ville : densités horizontales, verticales, ... Les Grands ensembles qui ont achevé l’urbanisation de Grigny, implantés dans les espaces vacants laissés par les infrastructures, vivent en autarcie. La procédure et l’outil opérationel de ZAC définissant de grands territoires à urbaniser a renforcé cette donne. 78

... vers l’exterieur : infrastructures Bien que la délimitation des quartiers ne respecte pas strictement les limites administratives de la ville : emprise de la Grande Borne et du lotissement des Blancs Manteaux sur Viry, Grigny a de nombreuses frontières infranchissables : - au Sud : la zone pénitentiaire de Fleury Merogis - à l’Est : talus du RER D, renforcé par la D310 et la zone économique de Ris Orangis - à l’Ouest : la N445 sur Viry

Z.U. Z.A.E. Z.N. Vide


N7

Seine

Lacs/Coteau Boisé

A6

N445 ZAE Plaine Basse

N445

Village

A6

Talus RER + D310

Grande Borne

Grigny II, quartier des sablons Vide D 310

Grigny II, quartier des tuileries

ZAE Ris Orangis ZAE Radars

Zone pénitentiaire Fleury 0

500

2 km

quartiers et limites routières

79


34 % des déplacements quotidiens à pieds

Absence de porosité : clé de la recouture ... Les cheminements dans la ville suivent principalement le coteau. Majoritairement issus de l’histoire ancienne, ces nombreux passages irriguaient à l’époque la rue tranversale principale. A cette lecture fine, cachée, se sont superposées les voies rapides qui traversent la ville. Le réseau viaire est sans nuance, une logique plus routière qu’ urbaine : route à la place de rue, chemins à la place de rues. Or c’est cette justesse du réseau viaire qui pourrait permettre d’irriguer les quartiers, d’assurer une porosité entre des espaces monolithes : créer un parcours urbain. L’exemple de Grigny II est révélateur et caractéristique d’ une logique générale de non acceptation des grands ensembles par le tissu ancien.

80

monorientation du territoire

La rue des Sablons, axe structurant de Grigny II , se transforme en petit passage étroit : le chemin des Renards au contact du village. En traversant ce passage étroit on se retrouve ensuite dans le prolongement d’une rue structurante du village, la rue Gabriel Péri. Un autre passage est lui aujourd’hui fermé par une grille. Il est cependant la liaison directe entre l’espace ouvert de Grigny II et la rue du Clozeau qui accueille le lavoir et l’ancienne mairie Le cheminement est aujourd’hui l’une des clés à l’ouverture et à la fédération des quartier. Surtout dans une ville ou un grand nombre de déplacements sont pédestres.

Regard sur Grigny II depuis la porte du passage fermé


81


II II Respirations : vides et pleins, vallée oubliée Vocabulaire d’une vallée L’urbanisme de Grigny se démarque. Son caractère urbain, nouveau s’affiche, s’impose. Depuis, le haut de la ville, on identifie aisément les quartiers, on ressent les coupures ... à en oublier presque, le bas : la vallée , l’assise sur laquelle le village primitif est venu s’installer. Pourtant les «espaces naturels» de la plaine, véritables respirations au tissu urbain dense du plateau représentent 1/5 du territoire, avec 80 ha de plans d’eau et 25 ha de bois sur le coteau. L’eau apparait ou réapparait sur le coteau en descendant la forêt, on y découvre aussi quelques ouvertures sur la plaine. Vides ou Pleins : terrains inachevés et oubliés L’espace public reste relativement important malgré la densité urbaine. Il est composé de vides (terrains inachevés à Grigny II et au centre) ; mais aussi de pleins (nombreux parcs de propriétés abandonnées qui se sont enfrichés). Ces espaces impénétrables ou inutilisés sont porteurs de signes : réminiscence d’un passé (grilles de château) ou langage contemporain ( bloc de béton) . Décousus, morcelés, délaissés ils sont pourtant garants de l’identité Grignoise et demande à être réinvestis afin de lier le tissu urbain. 82


une mosaïque de paysages et de repères

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canal

lacs

jardins familiaux parc St Lazard/ SATOM potager de l’Arbalète parc de l’Aiglon bois de l’Arbalète coteau Vlaminck

plaine centrale

parcs urbains forêts urbaines (anciens parcs) parcs historiques/ propriétés sapinière

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carte des espaces verts et publics de Grigny et des vues


ZNIEFF

Grigny II, belvédère urbain

0

500

2 km

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«il faut faire des gens des cités une force de proposition, car quand tout a échoué, il reste encore une solution : les gens» Jacques Donzelot

II III Grignois / Grignards Grigny, comme beaucoup de banlieues est un kaléidoscope de notre société, un puzzle original. Cette diversité multiculturelle dérive de la domination quantitative des deux cités à Grigny qui, suite à la paupérisation d’une population à l’origine ouvrière et de classe moyenne a vu arriver une classe plus pauvre avec la dégradation des Grands Ensembles (et notamment de Grigny II, originellement prévu pour une classe moyenne) . Aujourd’hui, Grigny partage une culture commune, la culture des caddies, les plus jeunes ayant grandi dans une ville dominé par le repère E.Leclerc: symbole fédérateur de la ville. Cependant une différenciation de terme : Grignard, Grignois montre un autre clivage, et rappelle l’existence du village minoritaire (grignards). La population des cités reste plus difficile à analyser par sa diversité, son invisibilité due à sa mouvance.

86

défi _ réputation _ code cité _ chez nous

Reportages : Deux reportages cinématographiques ont nourri mon regard sur ce ressenti identitaire des habitants des deux cités de Grigny. Un film a l’initiative d’un professeur d’histoire du Collège Jean Vilar à la Grande Borne. Son approche est née du constat que beaucoup de jeunes étaient à la recherche de leur histoire, qui leur avait été partiellement transmise. Il a donc initié une démarche pour que les parents racontent à leurs enfants leur histoire, intitulée : «La vie avant la mienne». Le deuxième est l’inititive d’un journaliste de Libération : Samuel Bollendorff, qui par une série de 21 entretiens intitulés : «Cité dans le texte» réalise une chronique vidéo sur le ressenti des habitants du quartier de la Grande Borne. Comprendre ces populations, ces 6 à 8 milliions d’habitants de «gens venus d’ailleurs», leurs règles propres et leur quotidien, leur regard subtil... pour porter un projet commun. Regard sur une ville aux 55 nationalités ...


87


solde naturel exceptionnel

solde migratoire très déficitaire

enfants et migrations : singularité Grignoise ? Grigny présente de nombreuses similitudes avec les différents quartiers de banlieues. Cependant, un rappel historique montre que Grigny est depuis longtemps une terre d’accueil : dès le 17e des protestants hollandais puis des italiens au début du siècle ont foulé le sol grignois. Avec la dégradation du territoire et de l’habitat, Grigny s’est spécialisée depuis dans l’accueil des ménages les plus démunis, des étrangers avec de faibles niveaux de formation initiale et de ressources, des familles nombreuses, et monoparentales et des bénéficiaires des minima sociaux. Aujourd’hui 55 nationalités sont représentées sur le territoire, avec une moyenne de 25% d’étrangers. 88

Il est intéressant de constater que la population est relativement stable depuis l’édification des 2 Grands Ensembles (aux alentours de 25 000 habitants). Alors que l’on prévoyait 40 000 habitants dans les années 80 la population a stagnée. Pourquoi ? L’arrêt des constructions du quartier de Grigny II, initialement prévu est une raison. La seconde réside dans la confrontation de deux données contradictoires et identitaires : - un solde naturel exceptionnel - un solde migratoire très déficitaire La population est donc très mouvante (particulièrement sur Grigny II) et très jeune. La jeunesse de ces habitants est un trait fort de la ville. Un tiers de la po-

pulation a moins de 20 ans et près de 70 % a moins de 40 ans, en faisant la ville la plus jeune du département. Cette croissance de natalité semble exponentielle. Son solde migratoire très élevé traduit des mouvements très importants dans une ville qui pourtant ne construit guère de nouveaux logements. Ce flux humain demeure très difficile à quantifier du fait d’une forte invisibilité d’une part de la population (en situation irrégulière). Cette accéleration importante depuis les années 90 de l’arrivée de ménages étrangers, (principalement concentrés sur Grigny II) traduit le phénomène de paupérisation de la ville.


Source : P.L.U.

25 % d’étrangers, très majoritairement ressortissants d’un pays hors de l’union Européenne

La singularité de Grigny au regard de ces quelques chiffres est due principalement au caractère condensé et massif des deux grands ensembles par rapport au village : une disproportion poussée à l’extrême (un différentiel de 7 : 3000 habitants /22 000 habitants). Le caractère commun aux villes des cités et l’afflux massif de nouvelles populations majoritairement étrangères, relativement jeunes qui ont amené des difficultés sociales fortes :

étrangère atteint les 30% dans la copropriété de Grigny 2 et 21% sur le quartier de la Grande Borne) Dans la partie suivante, je m’attacherai plus à la notion de vivre ensemble en analysant certains fonctionnements ... Comment riche de cette diversité d’une population qui brasse des fonds de culture très originaux mais dans un milieu fermé, se créent les rapports : de l’invention de fondamentalismes brutaux et des ajustements savants ... ?

- un taux de chômage très élevé chez les jeunes entre 16 et 35 % en 2002. - un taux d’allocataires des minima sociaux (RMI, API et AAH) en 2002, atteignant 9,5% - une situation d’échec scolaire massif (42% d’élèves sont en retard en 6ème) - une concentration de personnes de nationalité étrangère ou primo-arrivantes, aux très faibles ressources (la population 89


Vivre ensemble ...

Source : Baptiste Alchourroun

ou par quelles méthodes la diversité fonctionne dans le concret des jours

La distance des cités ne réside pas somme toute principalement de l’éloignement géographique ou physique mais plutôt de l’apparence des gens (le parler, la démarche, la tenu vestimentaire). Espaces relativement fermés et petits, les habitants de la Grande Borne et de Grigny II ne sortent que très peu de leurs quartiers. Fermée de l’extérieure, la banlieue est une ville transparente de l’intérieur, où les habitants sont sujets au regard collectif et ou s’établissent des relations intimes et quotidiennes, . C’est donc à des niveaux microsocologiques que se définissent des règles très importantes pour les gens : règles du savoir vivre et coutumes de la vie ordinaire. Le paragraphe qui suit énonce quelques une de ses règles, repères et valeurs propres aux cités. Tirées de l’ouvrage «La Culture des Cités» de Marc Hatzfeld, elles permettent de déchiffrer et mettent en avant certains codes sociaux des habitants des banlieues : • L’honneur, peut être un support de l’identité collective dans un contexte de grande fragilité identitaire mais peut aussi entrâiner des dérives. 90

• La réputation • Le respect, Univers qui distingue l’ordre du monde de l’ordre social (pas de hiérarchie). Il opère l’ajustement entre des groupes qui ont besoin de trouver les raisons et les façon de vivre ensemble sans reposer sur un ordre majeur qui les surplomberait. Une demande qu’on leur fasse confiance, qu’on leur accorde crédit à eux, enfants qui ne savent pas grand chose de ce monde. Un respect double : - mise à distance - demande de considération • L’hospitalité • L’humilité • La solidarité, les gens se connaissent et ont conservé la chaleur simple de relations vivantes : gestes immédiats et spontanés. Il n’en demeure pas moins beaucoup d’isolement et de solitudes profondes.


«La solitude est une compagne aussi fréquente qu’inattendue dans des lieues de pareille densité.»

observatoire du haut d’une tour de Nancy

Les relations sont d’une grande politesse avec des marques et codes spécifiques. Une réelle aturité sociale dans les modes de civilités.

Les Médiateurs :

• Le recul, La non sédimentation, venus de terres distances apporte quelques repères.

• Les Vieux sages : discrétion cultivée pour ne faire ombrage aux représentants nationaux • Les «Femmes relais» : moins sensibles que les hommes aux appartenances aux origines et autres symboles portant la charge éducative et le pragmatisme • Les Grands frères : une autorité qui tient à l’appartenance ambigue à l’enfance et à l’age adulte

Diversité sociale : Ce sont les jeunes qui mettent en place de la façon la plus ostensible la notion de diversité sociale : mutuelle acceptation qui ne renie aucune différence et tend vers un point focale en perpétuelle invention. Construction hésitante mais obstinée de la cohésion du groupe de pairs autour de ce qui rassemble : Black, Noiche, Feuj, Rebeu s’apostrophent par les manifestations de leurs différences. Ils disent la différence pour l’intégrer dans leur collectif quotidien.

Des médiateurs régulent aussi cette diversité:

ou en opposition • Les Caïds : souvent venus d’ailleurs, ils ont un effet régulateur incontestable dans les cités. Un quartier qui est soumis à «l’ordre du deal» est un quartier pacifié.

91


« Vous nous avez tenus à l’écart pendant 40 ans par l’exil géographique, le refus de la participation démocratique et surtout le chômage massif. Vous n’avez plus légitimité à instaurer la loi ici. Ici, c’est chez nous!»

dérives ... Incendies dimanche en pleine journée à Grigny LEMONDE.FR | 23.10.06 | 11h06 Un car sans passagers et trois véhicules ont été incendiés par 30 à 40 jeunes sans faire de victime dimanche 22 octobre en début d’après-midi dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne). La police a indiqué avoir interpellé deux personnes, dont un mineur. Si un véhicule de police a été caillassé, aucun pompier ni policier n’a été blessé. Vers 14 heures, plusieurs jeunes ont mis le feu à une voiture stationnée dans le quartier puis ils s’en sont pris à un car qui passait dans la rue. Celui-ci était vide et le conducteur a eu le 92

temps de prendre la fuite avant que les jeunes n’incendient son véhicule, a indiqué une source préfectorale. D’importantes forces de l’ordre ont été déployées pour boucler le quartier de la Grande-Borne.

• La violence des émeutes : absence de régulateurs ?

De source judiciaire, l’une des hypothèses évoquée pour expliquer ces violences pourrait être celle de représailles après un contrôle effectué samedi soir par la police dans un café de la Grande-Borne. L’un des gérants n’aurait pas pu ou voulu présenter des papiers en règles. Au moins deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à la suite de ce contrôle.

La violence des émeutes peut être traduit par un élément du discours de leurs auteurs sur la réalité, un sens critique très vif à l’égard de l’organisation politique, sociale et économique.

(source AFP)

Malgré des régulations assumées par les habitants, la régulation principale devrait être assumée par l’Etat. Or l’absence de l’Etat dans les cités est marquant.

Retiré de l’espace, l’Etat a retiré ses règles ... Relativement absent, connaissant mal les cités, l’Etat y accumule les maladresses ou rappel les règles trop tard et brutalement. Cette absence se traduit aussi par une pauvreté en marquages symboliques. Si l’Etat n’est pas visible dans le quotidien, s’il n’est pas marqué dans le rapport à l’habitat, il n’est forcément pas pris en considération et peu respecté.


... et potentiels • Réinvention démocratique ? L’écart entre les principes et leurs applications ne permet pas au système municipal électif en particulier de fonctionner pour les cités.

Carnaval «Comme sur des Roulettes», édition 2007

Le dynamisme des habitants peut être le moteur de cette envie de s’investir dans les choses de la vie et de se retrouver pour ne pas laisser une porte d’entrée à tout communautarisme ... vivre et construire ensemble.

Trois réponses : 1) réseau associatif : son originalité porte sur son rôle politique. Volonté d’implication forte, adhésion à l’idée d’une nécessaire gestion partagée du droit commun, reposant sur une foi sincère et naïve dans le principe démocratique 2) conseils de quartier : né de la politique de ville à travers exigence d’une participation des habitants Plus institutionnel, inventer des instances qui puissent représenter les insaisissable habitants des cités, interdits pour certains de vote symbolique 3) régies de quartier : triangulation d’acteurs symboliques (élus locaux)/ techniques bailleurs sociaux)/ acteur politique (habitants) 93


«Grigny n’est pas une ville en «vitesse de croisière» ne serait ce que par l’extrême jeunesse de sa population ,elle est en mutations permanentes» P.L.U.

«Chacun mesure aujourd’hui que c’est dans les quelques centaines de quartiers qui vont mal, où les habitants vont mal que se joue pour une part non négligeable, l’avenir de la société française» _ Jean-Pierre Sueur

94

Double page suivante : Affiches réalisés dans le cadre du concours annuel «Etudiants,tous à Chaumont» sur le thème de la révolte des banlieues


III

à fédérer :

créer une ville : fédérer, puis s’ouvrir ...

Après un recul de 30 ans sur son histoire, l’enjeu aujourd’hui de Grigny est de créer une ville : fédérer ses quartiers, son territoire : créer une unité à partir de cette diversité autour de son potentiel identitaire. Différents volets : habitat, social, économie, paysage pour créer la dynamique : passer d’un urbanisme subi à un urbanisme partagé ... Etablir un projet de territoire durable en direction des habitants : en matière d’habitat, d’enfance, de réussite scolaire et d’accès à l’emploi : trois «coeurs de cibles». Grigny doit se centrer sur elle même mais aussi s’ouvrir sur l’extérieur. Elle est au coeur de la problématique contemporaine soulignée cette année lors de la révision du SDRIF (Schéma Directeur Régional d’Ile de France) : - résoudre les inégalités sociales et territoriales - assurer un développement durable 95


96


97


Institutions Publics /Maitrise d’Ouvrage Ville /service Urbanisme ZAC Centre Ville/ Grigny II/ Grande Borne G.I.P. : Groupement d’Intérêt Public

ZAC Centre Ville/ Grigny II/ Grande Borne/ Lacs C.A.L.E. : Communauté d’Agglomération des Lacs d’Essonne

A.F.T.R.P. : Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne

Maitrise d’Oeuvre : ZAC Centre Ville Agence Paule Green Paysagistes dplg Grande Borne Atelier Ruelle ZAC Centre Ville SCPA Marc Duval Architecte Urbaniste

Maitrise d’Oeuvre extérieure : C.A.U.E. 91 : Conseil en Architecture Urbanisme et Environnement

ZAC Centre Ville TECHNIC BET VRD Trame verte

98

ZAC Centre Ville/ Grigny II Les acteurs de la reconstructions


* financement Grignois, petite explication : Grigny par des aides perçoit 30% de sa richesse fiscale de départ . Ce financement permet de réduire l’handicap de 20%. Les 80% restants sont supportés par les habitants : soit par un supplément de pression fiscale, soit par un moindre service rendu (Grigny n’ a ce jour pas de jardinier municipal ! )

III I Objectifs des Elus

observation et interrogations sur les politiques menées

Territoire de la construction, Grigny est aussi le territoire de la reconstruction : des «politiques pot de chagrin» aux «nouvelles utopies» . La reconnaissance de ses blessures a engendré une prise de conscience ainsi qu’une mobilisation forte de la part des différents acteurs : locaux, régionaux, nationaux, et même européens. De nombreux acteurs, mais aussi différentes échelles de reconstructions sont déjà mis en route. Après les premiers balbutiements de la politique de ville, Grigny entame de lourds et grands travaux. Dépendante par défaut de cette politique du fait de ses faibles revenus fiscaux *, Grigny ne doit cependant pas être prise à ce piège. Un des enjeux tiendra donc dans sa capacité à se situer face aux aléas de la politique de ville (gouvernements ...) à ne pas subir une fois encore les transformations en cours au niveau de la région Ile de France.

Aujourd’hui les acteurs ont et doivent avoir le retour sur ces 30 années ... pour réfléchir le territoire dans sa globalité et ne pas commettre les mêmes erreurs de fragmentation. Observation et interrogations sur ces politiques par thématiques de l’échelle départementale à l’échelle locale ... 99


Politique de Ville , quelques repères ...

1973 : HVS : Habitat et Vie Sociale • groupe de réflexion de fonctionnaires de l’équipement, de l’action sociale et de la jeunesse sur les moyens d’améliorer les relations dans les ensembles collectifs 1977 : HVS : Habitat et Vie Sociale (C.I.) * • lancement du programme visant à la réhabilitation des cités HLM • 1er plan banlieue 1979 :

• 1ères émeutes urbaines à Vaulx en Velin

1981 : DSQ : Développement Social des Quartiers (C.N.) * • 22 quartiers prioritaires : «îlots sensibles» • Politique de décentralisation : Etat/Régions/Communes Début des opérations de réhabilitation 1982 /1983 : CNPD : Commission Nationale de Prévention de la Délinquance • ZEP : Zones d’Éducation Prioritaire • Banlieues 89 : à l’origine de 220 projets 1984 : Inscription des premiers contrats État-régions. • CIV : Comité Interministériel des Villes • FSU : Fonds Social Urbain 1985/1986 : • CAP : Contrats d’Action Prévention Accélération des opérations de réhabilitation 1988 :

• CNV : Conseil National des Villes. • DIV : Délégation Interministérielle à la Ville

1989 : • Contrats de ville : 13 / 100 contrats ville-habitat/ 300 opérations sont classées en DSQ 1990 : • Loi sur le droit au logement (loi Besson) • Ministère à la Ville 1991 :

100

Nomination de 13 sous-préfets à la ville./ ministre de la ville Comité d’évaluation de la politique de la ville. • LOV : Loi d’Orientation de la Ville.


1993/1994 : 544 ZEP / 546 zones urbaines sensibles Ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, • GPU : Grands Projets Urbains • URBAN : programme européen en faveur des quartiers défavorisés 1996 :

• ZUS : Zones Urbaines sensibles • ZFU : Zones Franches Ubaines

1999 :

• GPV : Grand Projet de Ville • ORU : Opérations de Renouvellement Urbain

2000 :

• loi SRU : Solidarité et Renouvellement Urbain prélèvement pour les communes de + de 50 000 habitants; comptant moins de 20% de logements sociaux 2003 : loi Borloo : loi d’Orientation et deProgrammation pour la Ville et la Rénovation Urbaine • ANRU : Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine • OND : Observatoire National de la Délinquance

Politiques de Ville sigles HVS: Habitat et Vie Sociale (1977) DSQ: Développement Social des Quartiers (1981) ZEP: Zone Education Prioritaire (1982) CCPD: Conseil Communal de Prévention et de Délinquance (1983) CAP: Contrat d’ Action Préventive (1985) DSU: Développement Social Urbain (1988) Contrats de Ville (1989) GPU: Grand Projet Urbain (1991) ZFU: Zone Frange urbaine (1996) GPV: Grand Projet de Ville (2000)

*C. I. : Conseil Interministériel C.N. : Conseil National

40 ans de politique de ville

101


Seine

Massy Orly

Tram-train : Evry Massy Yerres

Aqueduc de la Vanne

Juvisy Savigny sur Orge

Base de Loisir : Port aux Cerises Draveil

Foret de Sénart

Plateau de Nozay-Marcoussis

Orge

Coulée Verte

Viry

Ste Geneviève des bois

Foret St Eutrope Evry

102

Plateau de Vert le Grand

CorbeilEssonne


92 Orly/Nord Essonne

Massy/Saclay/Coutaboeuf

Val d’Yerres/Val de Seine

94 78 Orge/RN20

co

rrid o

Evry/Corbeil/Centre Essonne

r v er t

28

77

Deux échelles de lecture des grands axes de la politique départementale. Le département étant principalement urbanisé au Nord et boisé et agricole au Sud, la politique globale est de préserver un corridor vert et de relier les pôles urbains du Nord. A échelle plus réduite, est en synthétisant les enjeux des 3 pôles urbains sur lesquels s’intégre Grigny (Val de Seine, Centre Essonne, Orge), 3 thématiques : - relier les pôles urbains : Massy/Evry - connecter les pôles naturels : Forêt de Sénart/Forêt St Eutrope ... et mettre en valeur les axes et fluides existants telle que la Seine. S’appuyer sur ces relations pour permettre à Grigny de s’ouvrir ...

45

échelle départementale/régionale < dynamique territoriales Essonne 2020

liaisons vertes

projets ANRU

développement économique

liaisons urbaines / économiques

urbain / économique :

environnement :

développer le rayonnement métropolitain • Tram-train : Evry-Massy

capitaliser sur la qualité de vie ... • valorisation vallée de Seine • principes de franchissement de Seine

accélérer la régénération urbaine • projets ANRU • requalification économique et urbaine de l’axe Seine - RN7 • organisation et remise à niveau des espaces de développement économique

... notamment par la mise en valeur des espaces verts et de loisirs • base de loisir du Port aux cerises • forêt de Sénart, poumon vert de la zone dense

améliorer la desserte du secteur • développement de la multimodalité des gares

valorisation des espaces ouverts • valoriser plateau de Nozay-Marcoussis dans le respect de l’identité paysagère et agricole • valorisation du plateau de Vert le Grand

103


Lacs / Coteaux

Grigny II (en suspens)

Centre Ville habitat environnement économique

Grande Borne

2005-2010 104

2010-2015 schématisation du développement de Grigny


Grigny

+

Viry

communauté d’agglo les Lacs d’Essonne

échelle intercommunale/communale

partenariat ?

Depuis 2004, Grigny s’est associée à la commune voisine de Viry-Chatillon afin de de créer la communauté d’agglomération des lacs d’Essonne : CALE. La réflexion sur les grands enjeux du territoire dépasse ainsi les limites administratives des deux villes. Cette alliance semble logique au regard de l’histoire partagée des deux villes : depuis l’exploitation des sablières, jusqu’à l’édification de la Grande Borne. Grigny et Viry partagent aussi un constat social commun : 8202 logements sociaux sur le territoire dont 43% : Grigny / 33% : Viry. Rejetées de coalitions plus larges telle celles des communes voisines : - Communauté d’agglomération Evry Centre Essonne (5 communes dont Evry et la commune limitrophe de Ris Orangis) - Communauté d’agglomération Val d’Orge (6 communes dont Fleury Merogis). Ensemble, ils mènent une politique sur trois axes : - logement, avec la réhabilitation des 3 cités : Grande Borne/ Grigny II/ Coteaux de l’Orge (Viry)

• 55 000 habitants

- économique , en gérant 6 zones d’activités et une réserve foncière de 370 000 m2 de réserve foncière dont 125 000 m2 en ZUP - environnementale par la protection et gestion des lacs et du coteau (107 ha de plans d’eau 136 ha d’espaces verts de zones naturelles) Classés en Z.U.S. ils profitent de l’action et des différents axes de rééquilibrage de l’Etat. Cette alliance se révèle finalement stratégique, car bien que Viry-Chatillon possède des recettes fiscales plus importantes, Grigny présente un potentiel foncier encore très important alors que celui de Viry est très limité. Le rééquilibrage des budgets communaux profite donc aujourd’hui principalment à Grigny mais demain à Viry. La CALE permet donc de doter le territoire d’une maîtrise d’ouvrage en situation de porter les enjeux du territoire, et d’en accélérer la mise en oeuvre : - création d’un nouveau centre ville - réhabilitations des cités - mise en valeur des lacs 105


Source : DIV _ Juin 2000 GPV : 50 sites ORU : 30 + 40 sites GPV et ORU, cadrage national et régional

dynamiques et dispositifs d’appuis et de soutien ... Grigny connaît tous les dispositifs d’appui et de soutien promus par l’Etat et les collectivités locales depuis 40 ans et dans la dernière période : ZUS : zone urbaine sensible, ZRU : zone de renouvellement urbain, ZFU : zone franche urbaine, GPU, GPV,... Trois mesures phares co-opérées avec Viry ont permis de faire évoluer en profondeur des choses : � LE GRAND PROJET URBAIN (1994), qui a permis de mettre en place le coeur du projet de Ville : la ZAC centre-ville. � LA ZONE FRANCHE URBAINE (1997), qui a donné un cadre d’action sur 200 hectares, dont 90 % localisés à Grigny. � LE GRAND PROJET DE VILLE (2001-2006), dans la continuité du GPU, qui participe aujourd’hui à l’établissement de la ZAC Centre Ville.

106

Ces trois outils visent à appuyer les enjeux fondamentaux du territoire. Il est intéressant d’observer et de comparer sur quelques points le GPV avec son homologue américain : «Empowerment zones» *

*«Empowerment zones» : «processus par lequel un sujet, individuel ou collectif renforce son pouvoir et parvient à maîtriser les ressources propres à assurer une existence autonome».

GPV / Empowerment zones Au même titre que les GPV, les «traitements préférentiels» : déploient de manière temporaire des moyens exceptionnels et ciblés, destinés à assurer un retour «à la normale» des quartiers. Cependant la logique est tout autre, il s’agit d’ une «logique d’activation», celle des forces plurielles de la société locale (les individus et leurs quartiers ); contrairement au système français qui a le «souci de l’unité», celle du gouvernement des territoires, des composantes de la ville, de l’intérêt public. Ainsi aux Etats Unis, les représentants communautaires sont associés dès le stade de sa conception : démocratie directe (les municipalités et autres institutions locales appuyant la démarche plus ou moins fortement). En France, la réflexion est interne à la technostructure de l’Etat. Il s’agit de l’avenir de la République par une double ambition : la «cohésion nationale» et le souci de solidarité (au coeur de la politique de «renouvellement urbain») Ce bref parallèle permet de montrer le rôle et le regard omniprésent de l’Etat dans la reconstruction.


périmètre du contrat de ville périmètre ZUS,ZFU ou ZRU Source : GIP

... leur organe de contrôle et le financement cadres législatifs

GIP : organe de contrôle (2000)

tard la notion de projet.

Instrument garantissant la préservation de l’intérêt public, le GIP a l’ambition de développer des coopérations entre collectivités publiques et/ou des partenaires privés (en assurant la représentation majoritaire des intérêts publics dans les instances de délibération) et de mettre en commun des moyens émanant de partenaires différents

Aujourd’hui l’évaluation a mi-parcours montre que les décideurs n’ honorent pas leurs engagements vis à vis du territoire.

Le GIP comprend aujourd’hui une équipe d’une dizaine de personnes chargées de l’expertise, répartis sur différents secteurs : Grande Borne, Grigny II, Coteaux de l’Orge, GUP Contrairement à de nombreuses autres villes retenues pour l’élaboration du GPV, Grigny semble exemplaire quant à la collaboration avec l’Etat, car elle a fait progresser l’unification du gouvernement territorial en fixant le devoir de chaque institution. L’Etat a ainsi donné son aval à des grands projets impossibles à évaluer dans leur grande majorité, faute de stratégie lisible ... attendant le signal d’une intention politique, renvoyant à plus

Financement Le problème des financements reste récurrent pour Grigny. Le potentiel fiscal de Grigny présentant un écart à la moyenne départementale de 50 % (insuffisance des recettes fiscales, poids de la charge liée aux spécificités des besoins de la population, poids de l’endettement), l’Etat s’est engagé à apporter chaque année des aides financières exceptionnelles à la ville de Grigny. Cependant des défaillance persistent. La présentation des différentes politiques phares va permettre de démontrer l’importance de ce financement. A titre indicatif, une comparaison des subventions pour les différentes réhabilitations : - Grande Borne : 243 millions euros - Copropriété Grigny II : 32 millions euros - CILOF : 118 millions euros

107


ZAC Centre Ville

1

Création d’un Centre Ville : Fédérer les quartiers

2010-2015

La ZAC Centre Ville s’inscrit dans la procédure des Grands Projets Urbains (GPU) créés par la DIV, transformés en Grands Projets de Ville (GPV) sept ans plus tard. Elle est menée par l’AFTRP (aménageur). Créée en juillet 1996 sur les 70 hectares de «terrains vides centraux», la ZAC Centre Ville est le projet phare de la ville. Partant du concept que la ville n’a pas de centre : village trop petit, ... et qu’elle possède en son centre un vide (à égale distance des trois principaux quartiers de Grigny), l’objectif est de bâtir ce centre pour y fédérer les quartiers. Quatre pôles dominants structurent sa construction : les commerces, l’habitat, les activités économiques et les équipements... afin de réintroduire dans Grigny des composantes essentielles au fonctionnement d’une ville. Trois entités dominantes composent l’espace : le Parc Centre (parc urbain et marie), le Coeur de Ville (commerces), et le franchissement de l’A6 (équipements). Les entreprises sont elles principalement localisées sur les franges afin de prémunir le coeur des nuisances sonores de l’A6. 108

Parc Centre Coeur de Ville Franchissement A6

activités et bureaux équipements/ commerces / / logements espaces verts

plan de référence de la ZAC Centre Ville à long terme


109


positions des cheminements piétons provisoires

plein bâti vide

positions des coeurs d’îlots dans le contexte futur

carte des vides et des pleins

La disparition du vide ... La volonté de fédérer les différents quartiers très hétéroclites autour d’un nouveau centre trouve toute sa valeur. Elle est porteuse de sens car Grigny manque cruellement d’équipements publiques élémentaires , comme par exemple d’un cinéma. Cependant la ZAC centre ville par son emprise maximale et ses limites floues et généreuses pose question. Un questionnement sur ses proportions et sa densité, qui concentrant tous les regards en oublie des plus petits gestes essentiels à la ville, telle une réappropriation du village ... De plus, elle fait disparaitre irrémédiablement le vide central. Un vide d’histoire, mémoire du plateau agricole (ferme neuve) mais surtout une grande respiration, une ouverture entre des quartiers fermés. Le sentiment le plus gênant face à ce vide en construction est l’emprise des «boîtes-entreprises» , qui occuperont une grande partie du terrain en jachère. Des boites s’en réelles identités, à coller en n’importe quel lieu, étrangères à l’esprit du lieu ... vont venir telles de mauvaises herbes coloniser l’espace. Comme souvent le vide est considéré comme un manque à construire pour beaucoup d’élus. 110

Cet état provisoire est pourtant essentiel : espace de liberté pour festivités, imprévus et inventions de demain, ... L’exemple du Cours Hermeland à Saint Herblain (Nantes) Dans les années 90, la commune de Saint Herblain a décidé de geler 100 ha de terres, ayant une position centrale dans la ville, afin que cet espace vide permette à chaque quartier de venir «se brancher». Petit à petit cet espace public, de respiration est devenu le noyau collectif de la ville, et les équipements publics si sont implantés : médiatèque ... Bien que l’ échelle soit différente, Saint Herblain présente le même caractère que Grigny : une ville satellite en 5 quartiers organisée autour du centre vide. Ce projet n’aurait pas sens à Grigny qui a d’autres besoins, il démontre néanmoins que ce centre aurait pu davantage se focaliser sur les équipements publics et l’habitat et conserver une zone transitoire.


Projet Agence Paule Green, mai 2004

Plan d’aménagements évolutifs des espaces vacants La réalisation du projet de la ZAC s’étalant sur plusieurs années, et en attendant les premières constructions, l’ agence de paysage Paule Green a été sollicitée en 2004 pour établir un plan d’aménagements évolutifs des espaces vacants pour être investis à titre provisoire. L’ambition était d’offrir à la population grignoise des espaces de détente dans un cadre «naturel». Ce projet paysager provisoire ne devait pas pour autant contraindre l’évolution planifiée. Les bâtiments des différents lots étant construits en ménageant un coeur d’îlot jardiné, cette opportunité permettait d’ investir les emprises des différents coeurs d’îlots en y plantant de très jeunes arbres. Les espaces restant (qui correspondent approximativement aux emprises de bâtiments et à celles des voiries) étaient eux traités en prairies. L’originalité et l’intérêt du projet tenait en deux points principaux :

1. plantations forestières : Le pré-verdissement des coeurs d’îlot s’effectuait non pas sur un mode de plantation urbain (arbres en alignement ou en quinconce) mais sur un mode forestier. Cette spécificité autorise à sélectionner au fur et à mesure de leur croissance les sujets les plus vigoureux et les plus intéressants, choisis parmi les essences plantées les plus décoratives. 2. partenariat événementiel des écoles : Les prairies étaient laissées au libre usage des Grignois, qui pouvaient s’y détendre différemment en fonction de leurs étendues respectives (espaces pique-nique, football, etc.). Des parcelles isolées recevaient un traitement événementiel Il était prévu : la création d’un labyrinthe saisonnier, l’ensemencement fleuri d’espaces de libre cueillette, la réalisation d’une pépinière, d’un potager pédagogique, d’un carrefour découverte des céréales alimentaires, etc. Ce projet initié en 2004 en partenariat avec les associations avorta un an et demi plus tard lors de l’arrivée du promoteur (du coeur de ville). Cette approche «durable» du territoire initiait pourtant un nouveau regard au sol. 111


2

Réhabilitations : contraste entre Grigny II et la Grande Borne

La politique de réhabilitation généralisée à partir des années 70 n’ a souvent été conçue que comme un moyen de résoudre, au mieux la dégradation physique des immeubles, au pire la seule situation financière des bailleurs. Après des premières initiatives des années 90, les réhabilitations renaissent autour de la politique de ville (démolition/réhabilitation) instaurée par la loi Borloo et son organisme régulateur l’ANRU (Agence Nationale de la Rénnovation Urbaine). Ces mesures ont donné un nouvel élan à la Grande Borne qui sous la gouverne de l’ Atelier Ruelle entreprend une profonde restauration. Grigny II avec un budget sept fois et demi moindre reste en suspens.

Grande Borne à l’oeuvre ... La Grande Borne a eu une rénnovation de ses facades, des cages d’escaliers dès 1985... Grigny II en étude ... Grigny II avec son marché immobilier décroché du marché francilien ( location moins élevée que dans les logements sociaux) , sa situation de lieu d’accueil et de passage pour une population primo arrivante et précarisée, ses charges élevées (au regard d’ une copropriété qui a besoin de copropriétaires solvables pour subvenir à son entretien) ... reste en marge. Face à cette situation, un outil immobilier a été mise en place nommé « fond de requalification de la copropriété» à partir de 1997 :

112


requalification de la Grande Borne

L’ objectif est de contrôler l’arrivée de population afin d’ attirer de nouvelles populations et de limiter l’arrivée de population fragile en ciblant un éventail de revenus plus large. Grigny II reste cependant englué dans sa situation délicate de copropriété, qui entraîne une mobilisation financière très faible des partenaires (32 millions d’euros contre 243 millions pour le Grande Borne). Dans le cadre de l’ANRU, 26 à 400 très petits logements (T1 à T3) ont été rachetés, puis restructurés pour être ensuite revendus par l’AFTRP. Ces quelques mesures sont importantes pour éviter de concenter des personnes en difficultés. Sur le plan urbain cependant aucun geste fort n’est envisagé (démolition/réhabilitation), or Grigny II souffre d’un réel enclavement. Le quartier a besoin de créer des liens avec le reste du territoire et notamment le village et la ZAC Centre Ville pour insuffler une évolution générale au territoire. 113


114

La Grande Borne Schéma de référence 2005-2010


résidentialisation des pieds d’immeubles

liaisons plaine centrale accroches

2005-2010

Réhabilitation de la Grande Borne

principe de désenclavement et de réorganisation des espaces publics

Les grands principes : • démolition de 355 logements et constructions de nouveaux logements à la Grande Borne et dans la ZAC Centre Ville • ouverture sur le futur centre ville par une passerelle • résidentialisation des espaces de proximité • transformation de la plaine centrale en parc urbain • transferts des compétences de l’OPIEVOY (bailleur) aux collectivités • création d’équipements pour jeunes et enfants (espaces 12/15 et 16/25, pôle petite enfance) • rénovation des façades et réhabilitation intérieure

La réhabilitation de la Grande Borne a été confiée après découpage par lots à différentes maitrises d’oeuvre . Ainsi , malgré la tutuelle de l’agence Ruelle, les orientations, notamment en terme d’espaces publics divergent. Certains espaces résidentialisés sont pensés comme des jardins de vue : interrogeant fortement sur leur appropriation par les habitants. 115


Plans d’eau «bruts de carrière», abandonnés après l’exploitation, oubliés et négligés, les lacs devinrent avec la dégénérescence de la ville dans les années 90, les réceptacles des eaux usées venues du plateau. Situés en fin de chaine d’un petit bassin versant, ils faisaient office d’une décharge à ciel ouvert. Repris en main, depuis une dizaine d’années par le SIVU : Syndicat Intercommunal à Vocation Unique, les lacs sont aujourd’hui sous la gouverne de la CALE, qui assure une continuité de la nouvelle dynamique créée.

3

116

Lacs d’Essonne : potentiel «eau»

Projet pilote subventionné à 80 % par la région, le département, l’ agence de l’Eau Seine-Normandie, et l’union Européenne, deux phases ont été entamées : - la dépollution totale des lacs par la mise en place d’ un décanteur lamélaire : face cachée - l’aménagement des berges, et la création de zones humides et de cheminements : face ouverte et visible depuis peu Aujourd’hui, les lacs sont au coeur de la deuxième phase de travaux qui doit voir l’apparition d’ environ 5 ha de zones humides. Soumis à une reconquête progressive par une végétation peu exigente, du fait de son abandon (principalement sur Grigny), les lacs ont été appropriés par les oiseaux et autres espèces nicheuses. Aujourd’hui les lacs accueillent 31% des variétés régionales d’oiseaux et 50 des 160 espèces nicheuses d’IDF. La zone a ainsi été classée en ZNIEFF (Zone d’Intérêt Ecologique par sa Faune et sa Flore).


projet d’aménagement des lacs d’Essonne

potentiel eau : rapport au patrimoine de Seine ? Inscrit dans un large méandre de la Seine (cf page suivante), Grigny et les communes voisines ont largement profités de cette ressource au 20 ème siècle. A cette cohabitation particulière avec la Seine a succédé une période de désintérêt au profit de la construction des grands projets urbains du plateau. Les berges de Seine ont ainsi développé une activité industrielle puis commerciale occultant tout rapport avec la Seine. Aujourd’hui, les berges contribuent à stocker les quelques 200 000 T de céréales acheminées par pipeline. Malgré une requalification urbaine des friches industrielles de Viry et Grigny, et l’implantation futur d’un Truffaut la zone reste impénétrable et peu accueillante. Sa reconversion dans un futur proche semble illusoire. Quel rapport à l’eau voulons nous ? De fausses relations s’établissent tel que la création d’un canal dans le projet du centre ville : autonome, déconnecté, non sens. Les lacs et le canal qui les relie à la Seine portent l’ambition du rapport de la ville à la Seine.

117


Port aux Cerises, Draveil

Plage, base de plein air et de loisirs, Bois-le-Roi

Quel politique de l’eau ? Les lacs d’Essonne sont les principales ressources en eau de la rive gauche. La rive droite quand à elle, concentre notamment sur la commune de Draveil : trois importantes «réserves d’eau» : - l’Orme des Mazières - la Fosse aux carpes - le Port aux Cerises Des gestions antagonistes : Deux types de gestions. L’Orme des Mazières et la Fosse aux carpes sont classés en zones humides (a Fosse aux carpes propriété de la région fait parti des 5 zones humides en bord de fleuve). Le Port aux Cerises est lui devenu l’une des 12 bases de loisirs d’Ile de France, dont le rôle est «d’assurer un service public en permettant la pratique d’activités sportives, culturelles, de plein air et de loisirs dans un cadre naturel préservé du bruit».Pôle d’attractif, parc d’attraction : du petit train, aux séminaires d’entreprises.

118

La gestion des lacs de Grigny suit principalement (sans toutefois être en relation) la politique de préservation.

Cohabitation ? La dynamique autour des lacs qui a considérablement changé l’esthétique du lieu pose aujourd’hui la question de son appropriation et de ses usages. Le premier conflit repose sur le droit du sol , les lacs étant propriétés de Viry sur leurs totalités depuis la fin de l’exploitation. Certaines parties ayant été rétroprocédéset d’autres étant revendiquées par les héritiers des carriers. Le deuxième conflit,plus profond repose sur la cohabitation entre deux usagers : les animaux et les hommes au coeur de cet espace,... Quel caractère donner à cet espace? Ces lacs sont ils voués à la promenade du dimanche, au loisir, au tourisme, à l’observation de la nature ? La création des nombreuses zones humides à proximité d’une zone d’habitation très dense, séparé par le coteau boisé interroge. Ce milieu totalement artificiel, fut créé par la main de l’homme ... or l’homme se voit aujourd’hui rejeté ou mis à


Port aux Cerises, 160 ha

Fosse aux carpes, 26 ha Orme des Mazières

Port aux malades

Port aux malades

l’écart de cet espace sous l’égide d’un dicours protectionniste sur la préservation de la faune. Aujourd’hui les promenades en barque sont interdits sur les étangs de Grigny (vertu pédagogique) ... Enfin, interrogation sur la dynamique que crée les zones humides. Une dynamique qui tend à terme à envaser les lacs se transformant petit à petit en marais. Il y a 30 ans on jouait sur le sol sableux et on se baignait dans les eaux des lacs ... Aujourd’hui les grignois ne s’approprient pas, voir ne prennent pas conscience de cette caractéristique fondatrice de la ville. Il n’y a plu de contact avec l’eau. De nombreux Grignois ne vont jamais au bord des lacs : trop loin, ininteressant?

Vers un réveil fluvial ... Les lacs présentent un formidable pouvoir attracteur et pourraient représenter une nouvelle entrée sur Grigny . L’île de France accusait jusqu’alors un retard sur le créneau de la plaisance (malgré ses 700 km voies d’eau et de nouvelles attentes des touristes). Cependant un réveil apparait. Le Nouvel Observateur Paris Ile de France titré son numéro du début de mois de mai : «Seine, le grand réveil» évoquant les nombreux festivals qui se développent, le concours d’aménagement des berges Villes Seine, l’éco quartier insulaire de Saint Denis et enfin le développement d’ici 2010 de bus sur le fleuve, les Batolignes pour le trajet domicile travail. Grigny est encore loin physiquement et mentalement de cette effervescence mais il serait bon d’initier des premières mesures. Un premier geste serait donc de renouer le contact à la Seine en ouvrant le canal et en développant un point d’accroche sur Grigny.

119


4

Trame verte : cheminements dans la ville Menée en partenariat avec le CAUE 91, la trame verte a pour objectif de relier par un maillage piéton les espaces publics de la ville : de la Grande Borne à la Seine, du plateau au fleuve. La trame verte demeure aujourd’hui principalement un schéma de déplacement, de circulation douce entre les différents espaces verts de la ville. Généreux dans son tracé, elle reste peut pris en compte dans le développement de la ville. Quel sens et quel poids a aujourd’hui cette trame verte, qui à l’origine devait être l’ossature de la reconstruction ? Or aujourd’hui de nombreuses tranversales, franges vertes ont été effacées par une toute autre logique ...

120

Le cheminement est un mouvement vers un objet désiré, un but socialement désirable : commerces, bois, ... Chercher son identification spatiale, graphique : se perdre dans les bois mais relier instinctivement Grigny II et le village.Relier des points de ruptures, favoriser une fluidité. Il s’agit donc de hiérarchiser les voies, de réinvestir les emprises de parkings, de réouvrir les axes fermés, de caractériser les usages de la rue entre voiture et piéton, ...


Trame verte, liaison des ÂŤespaces vertsÂť de Grigny

0

500

2 km

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Evolutions proposées par Philippe Panerai pour le quartier Teisseire, Grenoble

Vers un territoire durable ... Au regard de la dynamique très urbaine de Grigny, je voudrais mettre en avant en conclusion de ce chapitre, deux problématiques. Habitat et peuplement La première, la plus délicate, me dépasse et dépasse le cadre de ce type d’étude. Politique, elle questionne et remet en cause l’équilibre des flux et les disparités sociales encore très fortes entre les villes. Grigny a mis en place une démarche HABITAT ET PEUPLEMENT, définissant les orientations conjointes des partenaires en matière de fonctionnement social des quartiers et des conditions de peuplement de ces sites. Ces mesures restent trop faibles et ne peuvent se traiter à l’échelle de la ville. La concentration des difficultés sociales dérive d’ un processus du début de la politique de ville, qui a à l’occasion de l’accession à la propriété des familles aisées qui vivaient jusqu’alors en HLM, transposé aux Grands Ensmbles, et notamment à celui de Grigny II, dans le cas de Grigny des règles éta122

blies alors à plus petites échelles : cités spécifiques. La généralisation des primes, aux familles insolvables à entraîné une augmentation des loyers des logements sociaux au niveau voire au dessus de ceux du marché immobilier. La Grande Borne, et Grigny II payent des charges très lourdes. Le paradoxe aujourd’hui est que seules les familles insolvables peuvent s’offrir, grâce à l’APL, un logement social. Or, ce sont les quartiers valorisés et bien desservis en services de tous ordres, stables à l’intérieur de la ville et non pas les viles démunies comme Grigny qui sont les mieux à même de pouvoir intégrer aujourd’hui les familles nombreuses en difficulté sociale. Il est temps de reporter l’attention sur les familles solvables en les aidant à rester, plutôt qu’aux familles en difficultés qui ne se trouvent souvent là que parce qu’on ne leur a offert d’autres alternatives. Les réflexions sur la statut de l’habitat, telle l’évolution du quartier Teisserre à Grenoble sont des pistes à suivre.


Territoire durable Le deuxième point, à l’échelle dans ce type d étude, rejoind la notion de territoire durable. Malgré la cohésion que fonde le nouveau centre ville, sa banalisation inquiète : un canal illusoire, des entreprises lambda dans un territoire riche en potentiels inexploités. Il s’agit aujourd’hui que Grigny utilise les spécificités de son territoire en tirant un bénéfice propre de son gisement en ressources : telle la Seine etses plans d’eau. Cette approche était l’ambition de l’extravaguant et utopique projet de Grand Paris, projet manifeste pour un pari : «Le pari des cinq Paris» pour que les «Paris périphériques» soient en mesure de rivaliser avec Paris. Mon ambition sur ce territoire se tourne au premier regard sur une démonstration de ces potentiels et de leurs valeurs négligées.

Grand Paris, mené par Banlieue 89

123


géographie de l’ eau

l’ enfant

cheminements et franchissements

124

4 thématiques pour l’image du projet


vides et pleins

III II / Projet : réunion du Plateau urbain et de la Plaine naturelle

En découvrant les diversités et la complexité de Grigny, j’ai eu en premier la volonté d’avoir un regard global pour ne pas retomber dans les erreurs de fragmentation qui ont marqué la ville. L’enjeu de Grigny est d’assurer une continuité, une fluidité entre les quartiers. La ZAC Centre Ville a posée la première pierre de l’ édifice en fédérant autour d’elle les trois quartiers de la ville unifiant ainsi le plateau urbain. Cependant demeure une coupure entre le haut de Grigny qui ne regarde pas le bas; ce bas qui tend à devenir attractif. Le dernier enjeu de la reconstruction sera donc de relier l’habitat dense à son poumon naturel (autrement dit : le centre ville à la Seine). Pour mettre en oeuvre cette logique il s’agit de s’appuyer sur les différents espaces publics nombreux et autonomes qui constituent l’entre deux. Ce nouveau coeur de ville Grignois doit dessiner, affirmer des ouverture sur la vallée pour ne pas s’interdire des potentiels notamment ceux de répondre à une logique territoriale qui se dessinerait dans le futur.

Dessiner, affirmer les ouvertures s’est aussi assurer les fluides de ce territoire (en référence au schéma départemental) : - la Seine - l’ Aqueduc de la Vanne - le coteau - le Bois de Saint Eutrope L’eau et la Seine reste le fluide garant de la plus grande ouverture (bateaux, transport fluvial ...) Grigny doit se programmer dans une logique durable et non au cas par cas et dans l’urgence. Considérant le climat ambiant de ce type de villes qui doit résoudre et inventer dans l’urgence, gérer l’accumulation des problèmes quotidiens, je voudrais que mon regard d’une année avec le temps et le recul puisse servir de base de réflexion pour s’orienter vers une évolution durable.

125


0

126

500

2 km


le coeur

Deux noyaux , et leurs échappées comme parcours :

ZAC Centre Ville

du centre ville à la Seine : en passant par canal, ... jusqu’à la rive Droite plus naturelle qui développe des parcours le long des berges de la Seine Aqueduc de la Vanne : liaison régionale, qui traverse le Centre Ville

du Bois de St Eutrope en passant par par la Grande Borne : depuis la Sapinière , puis la Grande Borne coteau rive gauche : qui malgré la coupure de la voie de chemin de fer dessine un parcours panoramique et historique (bassin culturel)

coeur et ouvertures

Double page suivante : Carnaval « Comme sur des roulettes », édition 2007

127


Extraits choisis du PADD, pour ne pas oublier ...

1 - Fonder le nécessaire droit à la ville RECENTRER LA VILLE SUR SON COEUR 1. Créer un véritable coeur de ville pour Grigny 2. Irriguer les quartiers à partir du centre, pour les ouvrir sur la ville 3. Rechercher la mixité urbaine et le point d’équilibre entre habitations individuelles et logements collectifs ; espaces verts et espaces publics ; équipements publics, activités industrielles et commerces.

2 - Faire un urbanisme raisonné et partagé METTRE EN VALEUR LE PAYSAGE ARCHITECTURAL, NATUREL ET URBAIN 12. Valoriser l’espace public notamment sur la Grande Borne au profit de tous les grignois 14. Développer les activités dîtes de loisirs sur les parties boisées et les coteaux que la ville recèle RENDRE LES ESPACES LIBRES PLUS AGRÉABLES ET DÉVELOPPER UNE TRAME VERTE SUR GRIGNY 15. Organiser une traversée Est - Ouest, structurant la future trame verte 16. Requalifier les axes traversant Grigny, en priviliégiant la constitution de parcours urbain 17. Améliorer la qualité des espaces publics, lieux propices à la rencontre sociale REDÉCOUVRIR LA GÉOGRAPHIE DE L’EAU 18. Les lacs et étangs 19. Les berges du canal et de la Seine AMÉLIORER LA QUALITÉ DES ENTRÉES DE VILLE ET LA SÉCURITÉ DES DÉPLACEMENTS PIÉTONS 21. Adapter la circulation notamment les franchissements, aux nouveaux objectifs et futurs projets

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ENGAGER UNE NOUVELLE POLITIQUE DES DÉPLACEMENTS


3 - Réduire les inégalités entre les territoires FAVORISER LA VIE DE QUARTIER 37. Renforcer les dynamiques de quartiers 39. Prendre en compte les rythmes de vie dans la définition et la gestion des équipements de proximité

4 - Mettre les habitants, au coeur des projets RENFORCER LE DIALOGUE ET LA PARTICIPATION DES HABITANTS ET LES ACTEURS PARTENAIRES DE LA VILLE 47. Offrir aux habitants plus d’outils et de procédures participatives, favorisant l’implication des grignois dans leurs diversités d’origines et de générations 48. Accompagner l’enfance et la jeunesse grignoise en vue de l’appropriation des projets en devenir

POURSUIVRE ET DÉVELOPPER LES ÉQUIPEMENTS DE PROXIMITÉ 40. Adapter la ville aux enfants et aux familles 42. Multiplier les initiatives sociales et culturelles en direction de tous les Grignois 43. Promouvoir la pratique sportive

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0 1 2

3

130


Centre Ville

Village

Grigny II

Lacs

1) Site des intentions de projet :

du centre ville aux lacs

0) le centre ville 1) le coteau Vlaminck 2) le bois arbalète 3) le potager de l’arbalète, bord de lac + village

Axonométrie du coeur de projet

Au regard des perspectives énoncées, il me fallait trouver une emprise de site à une échelle plus réduite, permettant de dessiner le projet. Ce chapitre énonce donc l’échelle des intentions du projet qui se concentre autour d’un espace central porteur d’une ambition fédératrice et durable : constituer un coeur composé des trois séquences, et qui reste ouvert à une extention future et à ses possibles. Mon emprise de site part ainsi du centre ville, traverse le coteau Vlaminck (parc urbain ouvert de Grigny II) puis le bois de l’Arbalète jusqu’aux lacs. En lisière de l’habitat, il offre la possibilité aux quartiers de la ville de venir se connecter (tel le village). Cette lanière est caractérisée par des espaces composites, peu traités et approche tantôt un tissu urbain dense, tantôt des «espaces naturels» forestiers et des lacs. Ces singularités contrastées entraînant aujourd’hui de nombreux points de rupture, mon ambition est donc de requalifier ces espaces délaissés en révélant leurs singularités et en les unifiant en un parcours fédérateur. Ces espaces publics (pleins/vides) permettent d’engager une réflexion autour des plus jeunes usagers (majorité de la population) en unissant autour de leurs besoins la population hétérogène de Grigny. 131


A’

A

0

132

500

2 km


Centre Ville

Village

Lacs

Grigny II

lacs

emprise de site et statut foncier

coteau boisé

Village

Grigny II

ZAC Centre Ville

route de Corbeil

coupe tranversale

A

Village (arrière plan)

1

Coteau Vlaminck (Grigny II)

2

Bois de l’Arbalète

3

Lacs

133

A’


emprises :

limites copro routes principales RER

existant

circulation double sens circulation sens unique circulation piétonne impasses en projet

circulation double sens impasses

134

légende à titre indicatif des circulations


3 séquences : coteau Vlaminck, bois de l’Arbalète, les Lacs

logiques de territoires : équipements et singularités

Il est fondamental de comprendre les caractéristiques, occupations du sol et logiques des trois séquences, pour trouver la justesse et le point de bascule d’une entité à l’ autre : 1) Le coteau Vlaminck est un espace urbain dense régit par le caractère semi-primatif de la copropriété Grigny II entraîant un droit du sol contraignant. 2) Le bois arbalète s’inscrit dans une logique de préservation du coteau naturel. 3) Les lacs et leurs abords sont eux aussi dominés par leur caractère protégé et classé : ZNIEFF Ils accueillent néanmoins de nombreux grignois le week end

emprise intentions 135


1

2 Eglise

P么le administratif et commercial RER D

7

8

4

3

E.Leclerc

5

136

0

50

100

250

6


Grigny II : quartier des Sablons

espace copropriété aires de jeux espaces verts parking

espace ville commerces , équipements publics espace public

8 établissements scolaires écoles cours écoles

entrée piétonne

entrée routière

Le quartier d’habitat des Sablons est caractérisé par son habitat dense et la hauteur de ses tours. Situé au coeur de ville entre les bois, le village et le futur centre ville, le quartier est à proximité des équipement publics de la ville : commerce,RER, Eglise. Cependant, il n’en reste pas moins enclavé par son organisation spatiale refusant toute continuité urbaine avec les autres quartiers. Le talus du RER marque ainsi une frontière franche à l’Est tandis que, seul le petit chemin du Renard dans le prolongement de l’axe principal des Sablons, assure la liaison au village. Cet enclavement se traduit enfin par une seule entrée routière. L’espace public est dominé par des parkings en pieds d’immeubles regroupés, des espaces verts, et des aires de jeux disparates et closes. Le coteau Vlaminck, espace ouvert, sauvegardé de la construction, et rétrocédé à la ville constitue le coeur ouvert de Grigny II. Les cheminements entre ces espaces publics sont difficiles : marqués par les coupures de cette urbanisation non achevée, et les proportions aléatoires de voies non hiérarchisées. Ce quartier présente enfin de nombreux établissements scolaires (allant de la crèche au collège). Dans un périmètre restreint , on dénombre huit écoles, dont quatre sur l’emprise de GII . Les enfants sont donc très présents sur ce quartier, ils créent, donnent vie et inventent les usages de ces différents lieux.

Double page suivante : parkings, espaces verts, aires de jeux, terrain d’évolution

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138


139


belvédère

bassin

glacière

140

0

50

100

250


Bois de l’ Arbalète Strate arborée : - tilleuls à petites et grandes feuilles - érables sycomores, planes, champêtre - frênes, chênes, charmes, merisiers, ormes, robiniers, marronniers, hêtres, ... Strate arbustive : - ronces, troènes, sureaux, noisetiers, lierres, clématites, cornouillers houx/ petit houx, aubépine, groseillers à maquereaux et rouges, églantiers, viornes, lauréoles, buis, ifs

Ancien parc du château de l’Arbalète, le bois a conservé ses limites (encore visibles par les murs en pierre qui le ceinture) et quelques tracés forts de l’époque. Issu à la fois d’interventions poussées et d’abandons successifs, le boisement s’est dégradé laissant évolué une strate forestière très hétéroclite clairsemée de moindre qualité (les végétaux extraordinaires qui auraient pu témoigner d’un passé de parc de château à vocation ornementale ou botanique ayant disparus). Le boisement est ainsi dominée par une chenaie-charmaie. Quelques reliques, telle une glacière, un grand bassin, des grilles ponctuent le parcours dans le bois, qui se divise au niveau des douves en deux entités : - le coteau : 5 ha de pente moyenne de 15% - la plaine naturelle : 2,5 à 3 ha faible pente : 5%, amorce des lacs L’eau apparait néanmoins en haut du boisement sous forme de resurgences (dernier point de la ville).

traces anciennes

eau apparente

Antichambre entre Grigny II et les lacs, ce parc historique délaissé accueille caddys et autres déchets, il constitue ainsi une véritable frontière pour les habitants du plateau.

A traverser Double page suivante : chemins, regard sur grigny II, douves , regard sur les lacs

... 141


142


143


aire accueil gens du voyage

plan d’eau privé maison de la nature

potager de l’Arbalète

centre loisir et adminsitratif

0 144

50

100

250


Lacs : potager de l’Arbalète

Oiseaux : - Grèbe huppée - Pic épeichette - Pouillot siffleur - Poule d’eau Strate arborée : - Saule blanc - Erable sycomore - Aulne - Erable champêtre - Tilleul argenté - Frêne

Le contact aux lacs est amorcé par la transition du bois et l’ancienne devanture du château. Il se prolonge en une allée de maronniers vers le coeur de ces bords de lacs : le potager de l’Arbalète. Espace ouvert, géré en prairie aux abords du lacs, il accueille les promenades dominicales et barbecues. Ces bords de lacs sont caractérisés par la présence de la maison de la nature et par le parc de la SATOM qui accueillent de nombreux enfants du plateau. Quelques maisons, un bassin privé et une aire d’accueil des gens du voyage, complètent le reste de l’espace.

Double page suivante : allée des maronniers, prairie, bassin d’eau , ouverture panoramique des lacs

145


146


Pente, ancien ment ch창teau

emplace-

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aire dâ&#x20AC;&#x2122;accueil gens du voyage

zone humide

continuitĂŠ urbaine

0 148

50

100

250


* programme

: perspectives

149


150


*

Un ratio évocateur : 1 parcelle jardinée pour 278 habitants ( 79 jardins familiaux pour 22 000 habitants en logements collectifs).

axonométrie du groupe scolaire

groupe scolaire du coteau zones humides des lacs

Quels besoins ? - terrain de foot, de basket - accessibilité enfants, poussettes, handicapés - parking - cricket/ polo / skate ? - réminiscence parc de l’Arbalète - ...

dynamique urbaine/ dynamique de préservation Dans le but d’achever l’urbanisation de la ville, de diversifier l’habitat et de lôtir les dernières parcelles, une volonté de continuité urbaine est engagée avec une emprise sur les jardins du village et sur une partie du bois de l’Arbalète. Une AFUL est ainsi en cours afin de remembrer en 22 parcelles constructibles le parcellaire des jardins en lanières. Le bois va, lui, accueillir une trentaine de maisons. Cette urbanisation s’accompagne d’un désenclavement (par la création d’une voirie automobile) à l’entrée de Grigny II et la construction d’un groupe scolaire (destiné à accueillir 380 élèves : une école élémentaire et une école maternelle). Une densité se crée. Elle donnera à la rue Renoir un caractère de rue. Le coteau Vlaminck est lui en étude pour une requalification de son terrain d’évolution. Ce coeur devient donc plus attractif; malgré les questions que posent la qualité des lotissements, la disparation de ce patrimoine de vergers * et surtout la crainte d’une fermeture avec le village engendrée par la disparition des passages de cet entre deux. Je rappelle qu’en contrebas, l’installation et la création des zones humides en fin de parcours du bois de l’Arbalète, changent l’appréciation du lieu. L’avancée, jetée qui hier reliait Grigny à Ris-Orangis disparaît... Ce geste démontre la contradiction entre la volonté de densification et diversification de l’habitat et le rapport entretenu avec les espaces naturels mitoyens. 151


P么le activit茅s

P么le loisir

Parc/bois 0

Eglise

50

100

RER D

Ecoles E.Leclerc

P么le administratif et commerces

Parc Centre

Coeur de ville

152

250


Principes : • valoriser le paysage et la qualité des espaces publics • équilibrer les centralités • créer et affirmer les liaisons piétonnes • désenclaver le quartier de Grigny II

enjeux : créer

liaisons à créer ou affirmer

liaisons de ville en projet

pôle commerces / équipements pôle «espaces verts» (existants ou en projet ) pôle enfants pôle activités de bord d’eau carte des enjeux

un coeur vert / se relier à la ville Afin de briser le fonctionnement autarcique des 3 séquences, l’enjeu sur cette partie de la ville est de fédérer les différents espaces publics (pleins/ vides) qui constituent l’entre deux, de les lier pour initier un parcours entre le haut et le bas. Depuis ce coeur d’espace public («coeur vert») assurer les branchements, les fluides qui viendront l’irriguer et le régénérer. Le coteau Vlaminck et le bois de l’Arbalète sont les deux séquences catalysantes de cette dynamique. Quatres pôles à relier : - pôle des commerces et des équipements : RER D, E. Leclerc, la ZAC centre Ville, et les quelques commerces et équipements du village - pôle «espaces verts» : le coteau boisé qui se prolonge jusqu’aux jardins ouvriers, les futurs parcs urbain du centre ville et de Grigny II - pôle enfants : les écoles concentrées sur le plateau et le pôle de loisir en bord de lacs - pôle activités de bord d’eau : activités envisageables en bord des lacs Permettre une tranversale entre les écoles et la base de loisir. Assurer une connection à la gare depuis le village en traversant l’avenue des Sablons .... Le démêlage du tissu urbain permet ensuite de s’ouvrir et de dialoguer avec la Seine.

153


Maison de la Nature

ĂŠglise

parc de lâ&#x20AC;&#x2122;Aiglon

place du village

Parc Centre

0 154

50

100

250

Coeur de Ville


un cheminement qui traverse des espaces contrastés, les influence et s’ en nourrit

schéma directeur : 1 Portes : points de contacts (vers ...)

parcours / 7 lieux traversés

la Porte d’entrée

l’ Arrière cour

Tranversales à créer le Parc du château Liaisons à affirmer

Belvédères

Le Belvédère

le Parking

l’ Espace copropriété Transitions (points de ruptures) Vers la Seine en passant par le canal

+ Activités de bord de lacs

le Parc Vlaminck 155


156


belvédère amarrage passages quai

baignade

restauration, buvettes

Détail des activités des bords de Lacs

quai buvettes

Le schéma directeur des intentions de projets esquisse un parcours élaboré, orienté, à travers 7 lieux s’inscrivant dans l’espace du coteau Vlaminck et du bois de l’Arbalète. C’est la continuité de ces deux séquences paysagères et leur contact avec les lacs, le village et le centre ville qui cristallisent l’ambition du projet.

baignade

pontons

Cependant, (bien que ce sujet ne sera pas dessiné dans mon projet) il me semblerait important de créer un pôle attractif autour des lacs. Cette perception du territoire géographique n’est somme toute pas nouvelle : cet élan se fait l’ écho du développement de Grigny en villégiature dans les années 50, où, bar des pêcheurs, espaces de baignades, téléphériques, campings, investissianet les abords des lacs. Une même dynamique pourrait être insufflée afin de créer sur le territoire de la ville des activités développées autour de ses ressources. Tous les élements sont présents : un bassin en eau, peu d’habitations, une large rive ouverte sur l’étendue bleue. Aujourd’hui le contact physique avec les bord de Seine est rendu impossible par la barrière que constitue la Zone industrielle et la voie de chemin de fer. Le développement nautique pourrait initier un retour vers la Seine par le canal. Ce canal constituerait une nouvelle entrée sur la ville, drainant un flux humain qui viendrait animer ces étendues d’eau et les sublimer.

image prospective

157


le belvédère

3

2

Bosquet/Copro

4

cohabitation voiture

Terrain d’évolution

parkings

aires de jeux

belvédère

Source

5

sorties d’école

Futaie jardinée

ambiance arborée

Parc du Château

158

6 Lacs


Centre Ville

1

Entrée

Village

2) Lieux

à traverser, à créer, à requalifier ... Comme je viens de l’énoncer, ne pouvant pas tout traiter dans le cadre d’un projet détaillé, mon travail se ressert autour d’une succesion de lieux : espaces à traverser, lieux à valoriser ou à créer. Ces lieux sont marqués par des ruptures, des frontières nettes. Il s’agit de travailler ces points de contact pour recoudre le territoire. Je suis convaincu que Grigny n’a pas besoin de grand geste pour construire son image de ville, mais doit avant tout retrouver sa dignité. La dignité du lieu qui favorise à la fois tantôt la pause, tantôt l’envie de découverte du promeneur. Ces lieux à travailler doivent jouer de leurs singularités et de leurs qualités parfois effacées pour créer des effets inattendues : vues, ambiance ombragée, pente, réminiscence du château, vocabulaire brut des blocs de bétons (marqueurs des cheminements). L’arbre, le végétal a un rôle central dans ce type d’aménagement où l’urbain domine et impose sa densité et sa hauteur. Il permet par sa taille de donner une échelle humaine au lieu et enrichit le vocabulaire urbain par la notion de temps qu’il instaure aux changements de saisons. 159


160


Repenser la cité avec une vision de 1,20 m de hauteur . Walter Veltroni, maire de Rome

«Enfants, parents et grands parents sont prêts à jouer ensemble si le lieu est adapté aux capacités motrices de chacun» Lappset

- structures éphémères mises en place par l’association bruit du frigo dans la cité HLM Pey-Harry à Boulazac - camping aux bord des lacs, Grigny - «jeux récup’», à l’occasion d’un festival au bord du canal de la vilette enfant de la Grande Borne

Je voudrais aussi réaffirmer l’envie qui m’anime de m’engager au delà d’une réflexion spatiale vers une réflexion humaine sur le vécu des gens. Michel Corajoud insiste sur le fait que «l’espace public est lieu neutre animé par les gens mêmes». Le projet doit donc être à l’image de ses habitants. Les habitants sont les garants d’une appropriation du lieu. Ils doivent donc se retrouver dans ces lieux : retrouver leurs couleurs, leur langage («bricolage urbain»). Il se trouve que la singularité de la population Grignoise consiste en sa jeunesse (plus d’un tiers des habitants ont moins de 20 ans). Quelle place accorder aux principaux usagers de Grigny dans un territoire comme décrit caractérisé par ses coupures et disproportions? Quel regard porte un enfant du haut de ses 1,20 m?: une perception de la limite de son espace de jeu segmenté en différents endroits clos ... à l’exception près de la Grande Borne. En découvrant la richesse, l’influence poétique et imaginative insufflée par Emile Aillaud pour la Grande Borne, il y a 30 ans, j’ai envie que cet esprit ce retrouve partout dans la ville et dépasse l’echelle du quartier ... qu’elle devienne même la singularité de la ville : ville pour les enfants. La rue serait réappropriée, les interstices se transformeraient en jeux libres et spontannés : libérer l’énergie des enfants, redonner et porter leurs rêves (couleurs, lieux magiques) Je pense d’ailleurs que c’est dans ce type d’approche que Grigny peut retrouver une identité cohérente. De plus l’enfant a la particularité de pouvoir réunir (ceci au même titre qu’un nouveau centre ville ou qu’une réunion haut- bas). Les enfants sont le ciment du lien et de la dynamique social entre les habitants de toutes les générations. Ils contribuent à celler l’appropriation de la ville et même au-delà, à limiter le rejet de l’autre et de ce fait les dégradations de l’espace. Grigny possède déjà dans ses lieux des éléments premiers à mettre au service du jeu : eau, bois, ... L’aménagement et la qualité donnée au nombreux espaces, interstices, devants d’écoles, parking, peut créer des lieux de vie qui doivent devenir des points centraux. Enfin, fort de son tissu associatif, Grigny a la possibilité d’impliquer et d’associer les habitants dans ce type de projet pour qu’ils se réattribuent leurs quartiers. Deux études ont ainsi déjà été menées en 1992 et 1994, sur les besoins des habitants sur le coteau Vlaminck et le bois de l’Arbalète. Evoqués : escalade, chemins libres, terrain de boule, moins de béton, moins de nuisances sonores,...

161


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prolongement de la ZAC Centre Ville

entrée Grigny II

• créer une continuité fonctionnelle et piétonne depuis la ZAC Centre Ville par une largeur de voirie conséquente • matérialiser au sol le cheminement • se réappropier les deux arrières cours d’écoles

vers le belvédère ...

La route de Corbeil, délimite l’emprise du quartier des Sablons et en matérialise les portes d’entrées. Deux entrées piétonnes permettent aujourd’hui de rejoindre l’avenue des Sablons et d’assurer les flux piétons nombreux. La principale, dans le prolongement continu du coeur de ville et de son parc urbain est un terrain vague. Ce terrain vague appartenant à la ville va accueillir la voie de désenclavement automobile; et initie le début du parcours


P

route de corbeil

la Porte d’entrée

1

Espace à traverser

163


• ouvrir l’espace en enlevant les grilles (côté écoles) • mettre en scène l’ouverture sur la vallée • lier la rue au terre plein en créant une porosité notamment aux sorties des écoles • affirmer la continuité avec le chemin des renards • démolir une partie ? 164

point haut, ouverture

Malgré l’opportunité que représente ce terre plein (qui accueille des parkings souterrains), il reste vécu pour le piéton comme un monolithe faisant obstacle aux liaisons tranversales et longitudinales.

vres l’église ...

Depuis le E. Leclerc et jusqu’à l’église centrale, ce terre plein est occupé par des équipements publics, le cheminement se fait en contrebas sur les bas côté. A partir de l’Eglise et jusqu’au chemin des Renards, le terre plein se met au niveau de la rue puis s’éléve, se tranformant en promenade aérienne. Le long de cette promenade, deux plateformes de jeux, en échos aux deux sorties d’écoles ponctuent la traversée. En fin de parcours, depuis un point haut, on observe la vallée qui se dessine au dessus des cimes des arbres du coteau boisé.

obstacle

L’ avenue des Sablons est l’axe d’ articulation des tours du quartier.


terrasse à traverser sortie école

sortie école

le Belvédère

2

Lieu à requalifier

165


166

parking

rue-trottoir

• affirmer le caractère de rue (nouvellement créé) • utiliser le langage des marquages aux sols pour recomposer et redéfinir l’emprise des usagers (voitures, piétons) • assurer la tranversale vers la rue du clozeau • affirmer le chemin de traverse vers le 4ème lieu

école maternelle de la petite Sirène

Ce lieu est occupé par un large parking qui crée un noeud dans le parcours. La rue renoir (en construction: groupe scolaire, AFUL) n’a qu’une très faible marge pour le cheminement. Cet espace marque l’entrée et l’ouverture sur le parc Vlaminck.


rue renoir

P

le Parking

3

Espace Ă traverser

167


espace ombragé

• marquer l’entrée • requalifier certains espaces de jeux • affirmer la continuité avec le belvédère et le chemin de traverse vers le 3 ème lieu 168

vocabulaire de la copropriété

Dominé par le vocabulaire du mobiler de la copropriété, cet espace deuxième entrée sur le parc est le point de raccord à l’église et au belvédère. Arboré, il est composé de jeux éparpillés : terrain de boules, ancien terrain de volley, jeux d’enfants , ...


l’ Espace Copropriété

4

Espace à requalifier

169


vers le bois

• qualité fonctionnelle et spatiale • transition avec le bois de l’Arbalète

170

vers les tours

Terrain d’évolution, terrain de jeu cet espace central, ouvert du coteau est à créer. Les cheminements découpentce parc en trois parties : - le parvis des écoles - le coeur ouvert - des aires de jeux plus spécifiques : terrain de football, ...


P aires de jeux

pa r v i s d e s écoles coeur ouvert

5

le Parc Vlaminck Espace à créer

171


eau résurgente

• créer des chemins • affirmer des ouvertures visuels sur les lacs • réinvestir les ruines • mettre en valeur l’eau résurgente • créer une tranversale vers la ruelle de l’église (village) 172

jardin à l’anglaise (18e) jardin à la française (17e)

réminiscence du parc de l’Arbalète

Le bois de l’Arbalète constitue par sa proximité urbaine et par les traces de son passé un lieu à réinvestir. Cet espace, ancienne arrière cour du château de l’Arbalète concentre de nombreux attributs à mettre en valeur pour ponctuer la promenade.


L’ Arrière cour

6

Espace à requalifier

173


grilles vers le potager de l’Arbalète ...

• accroche au potager de l’arbalète (entrée des lacs) • rapport aux berges des lacs 174

regard sur les lacs

Ancienne devanture du château (que très récemment démoli), cet espace ouvert est l’amorce de la «plaine naturel» et le contact aux lacs.


7

Le Parc du château Espace à requalifier

175


clusion

176


Comme décrite au fil du mémoire, Grigny, ville nouvelle des années 70 s’impose au regard par son caractère morcelé, composite. Deux chaînons essentiels à la construction d’une ville manquent profondément : celui du rapport maîtrisé entre l’espace public et l’espace privé à différentes échelles et celui de l’inscription du temps dans la forme du territoire. Après un recul sur son histoire brutale et soudaine, Grigny aujourd’hui se réveil et se rattache à la dynamique de restructuration amorcée par les politiques de ville. Elle se tourne ainsi vers son espace bâti au travers des réhabilitations de deux cités et pense à son futur en construisant son centre ville. Un maître mot de ces dynamiques : fédérer. La ville se ressoude autour de ses quartiers bâtis du plateau, porte un regain d’ intérêt autour des lacs, mais oublie une partie du territoire : l’entre deux. L’entre deux, à flanc de coteau est composé de lieux vestiges de l’histoire inachevée de Grigny. Mon ambition est de recoudre ces lieux, les affirmer, créer des effets inattendus au travers d’un parcours catalyseur. Un projet qui tent à retrouver la dignité du site, un travail qui veut rendre à la ville la justesse de ses échelles et à ses habitants la singularité de leur identité. Cette année m’a permis d’initier une démarche d’ approche participative, porteuse de convictions et d’enseignements, à explorer par la suite. Ce travail constitue donc la première étape nécessaire à Grigny pour se reconstruire et esquisse avec l’ouverture et la redynamisation des lacs ... un après, pour aller plus loin vers la Seine et s’ouvrir à d’autres horizons. L’oeil du cyclone, Saint Denis 177


graphie Urbanisme/ Grands Ensembles/ Politique de ville Editions Papiers ............................................................. • DUFAUX F. , FOURCAULT A. , 2004 - Le monde des grands ensembles, Ed. Créaphis • CERTU, DIV, novembre 1996 - Entre les Tours et les Barres, restructurer les espaces publics des Grands Ensembles • F. TOMAS, BLANC J.N. , M. BONILLA, 2003 - Les Grands Ensembles, une histoire qui continue, , Ed. Université de Saint Etienne, • GASSIOT-TALABOT G. , DEVY A. , 1972 - La Grande Borne, A Grigny, Ville d’Emile Aillaud, Collection Projet Urbain, Ed. Hachette, • MASBOUNGI A., 2005 - Régénérer les grands ensembles , Collection Projet Urbain, Ed. de la Villette, • AGIER M., 1999 - L’invention de la ville, Banlieues, townships, invasions et favelas, Ed. des archives contemporaines, • KIRSZBAUM T., no 114, juin 2003.- 8 p. - Le traitement préférentiel des quartiers pauvres : les grands projets de ville au miroir de l’expérience américaine des «empowerment zones», Migrations études • Les Cahiers de Profession Banlieue, juin 2005 - La rénovation urbaine, une solution pour les quartiers • Plan Local d’Urbanisme de Grigny

178

Périodiques ................................................................................ • MERINO M. H., Avenirs n° 234-235, p154-161, juin 1972 - Grigny ou un environnement à deux faces, • Oeil, n° 179, p 52-59, nov. 1969 - Clés pour Grigny, • SIMON J. , Paysage-Actualités, n° 151, 2005 - La Grande Borne : une bouffée d’air frais • GROLLIER K., Le Moniteur, n° 5290, p 75-79, 1992 - Comment sauver les copropriétés dégradées • Revue Urbanisme, n°322, jan./fev. 2002 - Le grand ensemble, histoire et devenir • Revue Urbanisme, n°332, sept./oct. 2003 - Paris/Banlieues • Revue Urbanisme, n°333, nov./dec. 2003 - De Banlieues 89 à Jean-Louis Borloo • D’Architectures, n° 141, Novembre 2004 - Faut il détruire les grands ensembles ? • Le Monde diplomatique, Manière de voir 89, nov. 2006 - Banlieues, trente ans d’histoire et de révoltes,


Habitants des cités

Enfants dans la ville / Urbanisme démocratique

Editions Papiers .......................................................................... • HATZFELD M., 2006 - La culture des cités, Ed. Autrement, • HATZFELD M , 2004 - Petit traité de la Banlieue, Ed. Dunot

Editions Papiers ........................................................... • MESSIKA L., n° 193, 2000 - Imagin’ aires de Jeux, , Ed. Autrement

Périodiques ................................................................................. • RIZK C., INSEE Première, n°934, dec. 2003 - Citadins votre quartier est il agréable à vivre? • LACOSTE G., MANDON O., Supplément Habitat aux Cahiers de l’IAURIF, n°32, Paris, juin 2002 - L’évolution des zones urbaines sensibles d’Ile de France depuis 1990, • GUIGOU B., Espaces et sociétés, n°112, 2003 - De l’usage à l’usure_ Conflits et construction d’accord entre un organisme HLM et ses locataires

Périodiques ................................................................. • L’architecture d’aujourd’hui , janv.-fev. 2007, n°368 - Participer, Ed. Jeanmichelplace • Fonds du C.O.D.E.J.

Chroniques vidéo ...................................................................... • L’Oeil Public_ Cité dans le texte, la Grande Borne) http://www.oeilpublic.com/reportages • La vie avant la mienne _ Collège Jean Villar _ Grande Borne Sites internet (associations)...................................................... • Profession Banlieue ( http://www.professionbanlieue.org/) • Banlieue Europe (http://banlieues-europe.com/) • Grignywood (http://www.grignywood.com/) • Quartier Sans Cible (http://quartiersc.canalblog.com/) • Pulsart (http://www.pulsart.org/) 179


180

Ephémère/ Marche

Eau/ Environnement / Géographie/ Paysage

Editions Papiers .................................................................... • VIOLEAU J.-L., 1998 - Situations construites, Ed. Sens&Tonka, 2006 • HAYDN F., TEMEL R., 2005 - Temporary Urban Spaces, Concepts for the Use of City Spaces, Ed. Birkhäuser, • RENARD-CHAPIRO C., CASTANY L., 2006 - Paroles d’Elus, Nouveaux Territoires de l’Art, Ed. Subjet/Objet • DAVILA T., 2002 - Marcher, créer. Déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XXe siècle, ,Ed. du Regard, • Les carnets du paysage n°11, 2004 - Cheminements, , Ed. Actes Sud

Editions Papiers .............................................................. • Les Cahiers de l’IAURIF, 2ème trimestre 2004 - Le fleuve, un système, des territoires des acteurs, • le Nouvel Obs Paris Ile de France, n°2217, du 3 au 9 mai 2007 - Seine, le grand réveil !, • D.I.R.E.N. (http://www.ile-de-france.ecologie) • Bassin culturel RN7 : parcs et jardins, CAUE Essonne, 1998 Sites internet .................................................................... • Syndicat Mixte de la Vallée de l’Orge (http:// www.sivoa.fr/) • Bases de loisirs de l’Ile de France (http://www. bases-loisirs-iledefrance.fr/) • Agenda 21 (http://www.agenda21france.org/) • Google Earth (http://www.google.fr/)


Institutions Sites internet .................................................................... • Ville de Grigny (http://www.grigny91.fr/) • Conseil Général Essonne (http://www.essonne.fr/) • S.D.R.I.F. (http://www.sdrif.com/) • I.A.U.R.I.F. (http://www.iaurif.org/) • CDU (http://www.urbanisme.equipement.gouv.fr/cdu/) • DIV (http://i.ville.gouv.fr/) • INSEE (http://www.insee.fr/) • Groupement d’Intérêt Public de Grigny (http://www.gipgrignyviry.fr/) • Communauté Agglo Lacs Essonne (http://www.leslacsdelessonne.fr/) • Communauté Agglo Evry Centre Essonne (http://www.sanevry.fr/) • Communauté Agglo Val d’Orge(http://www.agglo-valdorge.fr/)

181


Annexe : l’ enfant dans la ville >

Cette année de recherche m’a fait découvrir une association : le CODEJ : Comité pour le développement d’espace pour le Jeu, qui a mené et mis en place depuis 30 ans une réflexion sur les enfants dans la ville. Cette association vient de s’éteindre (structurellement) mais reste active par ses anciens membres. Regard sur l’histoire du jeu et énonciation de quelques principes au travers de leur expérience ....

1980

Source : CODEJ

l’Europe instaure les normes : 1970 les éducateurs, les animateurs sont meneurs : Le jeu dans les terrains d’aventure BUT : l’autogestion Les années 1970 ont vu se développer les grands ensembles et la rénovation urbaine. Cet urbanisme a suscité de nombreuses critiques de la part des professionnels de l’enfance : pas de reconnaissance des besoins en jeu et en espace et des différentes activités nécessaires, l’absence de réflexion sur l’espace public et tout ce qui entoure l’habitat. Il fallait réagir... Garantir la création d’espaces de jeux accompagnant la constitution des nouveaux quartiers, c’était d’abord la promotion et la création des terrains d’aventure dont nous avons voulu importer le modèle des pays nordiques. 182

1980 Les artistes plasticiens s’engagent : Le jeu artistique et l’espace ludique BUT : l’imaginaire et le créatif La prise de conscience des besoins de l’enfant et l’intérêt porté à l’espace de jeu se sont affirmés en une seule et même préoccupation : aménager. Ainsi, les années 1980(et 1990) correspondent au souhait de développer les projets associant les enfants à la conception de leurs aires de jeu. Puisque le jeu de l’enfant est imaginaire, fiction, action, sensation, c’est tout naturellement que des plasticiens, sculpteurs, ébénistes, par leurs pratiques artistiques et artisanales, se sont passionnés pour le sujet. Le dialogue entre l’usager enfant et l’artiste fabricant de jeux se structure.

La sécurité, et l’équipement BUT : maîtrise de l’économique Les normes européennes ont profondément modifié les contraintes liées à la sécurité. Tenus responsables d’accidents liés à des équipements de jeu défaillants, les maires se virent personnellement attaqués au pénal. De nombreux jeux même récents furent retirés des espaces publics, et n’ont pas été remplacés. Le contexte social des quartiers s’est durci. La délinquance et les dégradations volontaires ont poussé les collectivités locales à faire appel à des entreprises proposant des jeux normés, souvent standardisés, assurant l’entretien et le changement de jeux lorsqu’ils sont trop vétustes. Cette époque correspond à un changement radical dans le secteur professionnel du jeu, avec le déclin du rôle des concepteurs-réalisateurs, la marginalité des démarches participatives, la mise à l’écart des professionnels de l’enfance dans les projets de terrain.


Institutions et références : • Le CoDEJ a été fondé en 1971 à la suite du Congrès tenu à Paris de l’Internationale Playground Association (IPA), aujourd’hui appelée « Association Internationale pour le droit des enfants au jeu ». • Le CoDEJ s’est constitué en un réseau de mouvements éducatifs (CEMEA, FFC, UFCV, APES), d’organismes de logement social (SCIC, 3F, OCIL) ainsi que de professionnels de l’enfance et de l’aménagement. • Le CoDEJ a bénéficié d’une reconnaissance immédiate par un agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports. • Le CoDEJ est en arrêt depuis 2005 • APEAJ : Association des Professionnels des Equipements d’Aires de Jeux, rassemble les fabricants et les distributeurs d’ équipements d’aires de jeux • Fédération Française des Industries du Sport et des Loisirs, rassemble fabricants d’ équipemnst, de sol de sécurité et les services de maintenance Grandir ... tranches d’âge

• 0-3 : 1ères expériences

• 6-9 : mouvement et action

- apprend à contrôler ses propres mouvements - joue principalement seul - expérimente le touché, vue, son, - joue dans le sable, l’argile, l’eau - balancoire et toboggan avec adultes

- jeux organisés et physiques - teste leurs dextériter avec les éléments (grimpe)

• 3-6 : conscience de l’autre / rencontre /en groupe

• 9-12 : en groupe sans la supervision des parents et l’interférence de plus jeunes - jeux structurés avec des règles à jouer en groupe - démontre ses capacités de coordination sur des jeux à grimper plus complexes

- apprécie les activités qui représente quelque chose d’autre - éléments abstraits ,équipements qui bougent ...

183


Annexe : Sujet de diplôme (octobre 2006) >

* Grigny, ville pour utopies 1965: Un village à 25 km de Paris, adossé à un coteau boisé regarde la Seine, ses lacs … sa vallée. Associé à l’Etat, il se prépare à accueillir une ambition, un espoir, une utopie : penser une façon nouvelle d’habiter. Dans ces années, à renfort de slogans : «Faire la ville à la campagne», «Habiter ici, travailler ailleurs», de nombreuses banlieues se construisent une nouvelle identité. 1970, cinq ans plus tard, deux grands ensembles : la Grande Borne, Grigny 2 sont ancrés dans le paysage grignois. La population a explosé et est passée de 3000 à 25 000 habitants. Précurseurs dans leur domaine, médiatiques, ces grands ensembles illustrent deux modèles pionners : un quartier exemplaire, de qualité, à faible densité d’habitat découpant un espace public piéton généreux ; et un ensemble résidentiel hors du commun : première ZAC et copropriété de France. 184


Le développement est rapide, trop rapide, précipité par la volonté de changement. Ces cités vont avec le temps se confiner et créer leurs propres remparts, qui seront renforcés par le déploiement de la logique routière. Par manque de relation avec le contexte existant, ces forteresses-modèles vont rapidement s’écrouler. Par manque d’équipements, d’emplois, de financements, le village devenu ville se paupérise. Exemple typique et atypique, Grigny illustre l’enclave des banlieues. Typique car elle exprime, cette tension palpable contemporaine, ce malaise ambiant. Atypique, car elle présente en son territoire un potentiel considérable de dynamisme : un contexte géographique et naturel généreux mais trop longtemps assujetti : lacs, Seine, boisements, prairies du grand espace vide central à urbaniser, … Après un début de réflexion urbaine conduit par la ville et ses habitants dans les années 90, l’Etat valide, en 1994, la mise en place d’un GPV (Grand Projet de Ville), afin de réhabiliter, réinvestir ces deux entités ; et de tisser la ville autour du nouveau centre, encore vierge. Parallèlement et avec le temps, les Grignois ont aussi inventé leurs propres outils de développement. Singuliers, jeunes, dynamiques, ils utilisent les espaces vacants : terrains délaissés ou oubliés, en attente, où ils tracent leurs chemins, créent leurs jardins, … leur quotidien. D’une diversité étonnante pour un seul territoire, Grigny est un grand collage. Il porte ses qualités et ruptures qui permettent encore de rêver. Rêver à une re-couture par un nouveau cœur de ville, mais plus encore,… - Assumer la faculté acquise du « provisoire » et les esquisses créatives éphémères posées par ses habitants. - Jouer avec le temps qui dessine et construit lot par lot le territoire. - Ne pas omettre de nouveau la géographie. C’est dans cette volonté que se dessinera mon projet sur ce territoire laboratoire. 185


L’école nationale supérieure de la nature et du paysage 5-7 rue des Grands-Champs cs 2902 41029 Blois cedex tél. : +33(0)2 54 78 37 00 fax : +33(0)2 54 78 40 70 ensnp@ensnp.fr 186

Grigny  

TFE - ENSNP, 2007

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