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NumĂŠro vingt-cinq / Politiquement camembert


JOSEPH BIAIS & THE CHUKKA LOW skate.vans.com


©2011 Vans, Inc. vans.fr photo: Loïc Benoit


Ruben Garcia Ambassador

R.Sanchez.Photo

SKATEBOARDING


LE SOMMAIRE

10 L’intro

Vive les spots de merde !

14 Le jeune

Un jeune qui skate comme un vieux.

16 Le vieux

Un vieux qui ne skate pas comme un jeune.

30 les mini-rampes

Une mini sauvage, un anniversaire viking et un gars qui s’en fait payer une par des boissons énergisantes.

42 Shut up and skate Variations autour du BS smith...

48 THE Battle of Normandy

18 Les pages de la honte

Au menu : camembert, roast beef et bière.

20 ABC

Un ollie up to un flip et wallie to wallride.

Les tricks pas rentrés...

‘Tout drop droppable doit être droppé’.

22 Les J.O.

70 SUAS II

76 l’interview inattendue

Merci Dyrdek... Fallait pas.

Mike Vallely à la Vague !

24 Le matos

80 Downtown Showdown

Wayfarer, deep V-neck, slim shorts, casquettes de cyclistes, appareil photo en plastique, tatouages de marins et moustaches des Brigades du Tigre... Tout y est.

84 Stair Wars

Le retour de l’attaque des clones ?

86 La maison ronde

Un peu de simplicité et de sobriété ne font jamais de mal en ces temps difficiles.

90 Le mini vrac

C’est l’une des rubriques préférées des lecteurs, alors on l’a réduite au minimum.

92 L’interview rock & folk

Geoff Rowley nous parle de son tonton Lemmy.

Une célébration à la gloire d’un des plus sordides tueurs en série.

Puisque vous posez la question, oui, Valentin Bauer vient du petit plan incliné. BS 180. Photo : Loïc Benoît 8 

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L’INTRO

Il y a un adage bien connu qui dit que la destination importe peu, que c’est le voyage qui compte. C’est un peu à cela que me fait penser cette photo. On y voit un spot clairement foireux, mais il y a quand même trois gars pour le skater et trouver l’énergie de l’exploiter jusqu’à la moelle. Bon, c’est vrai qu’on voit aussi un jeune dans le vent avec toute la panoplie du parfait hipster : pantalon retroussé, bonnet d’été, Wayfarer, Vans et on ne voit pas bien si le col est comme il se doit, en V... Mais nous ne sommes pas ici pour juger, ni faire de mauvais esprit, ce n’est pas du tout notre genre. En tout cas, à la fin de la journée, il est probable que ces quatre-là (on compte celui qui a fait la photo) se soient bien plus marrés à galérer pour trouver des spots, qu’un Lucas Puig se foutant à poil de rage, ou que moi devant mon ordinateur.… Peut-être aussi,

qu’une fois la photo prise ils se sont reçus un saut d’eau sur la gueule, que la vieille du deuxième a appelé les flics ou qu’ils ont fini par se faire dépouiller par une bande de cailleras parce que le spot se trouvait sur leur territoire… Ce sont des choses qui arrivent, mais ce sont aussi avec toutes ces petites déconvenues que l’on se construit les meilleurs souvenirs. Et c’est pourquoi, mes frères et mes sœurs, il faut arrêter de rouiller au skatepark, si parfait soit-il, parce qu’il y a plein de spots de merde qui n’attendent que vous. C’est pas forcément le meilleur moyen pour devenir un champion, mais au moins plus tard, vous aurez des trucs à raconter. - FD

PS : Ludo, on se voit au « spot » du parking souterrain…

Une board à celui qui nous enverra un nom valable pour ce trick. Le nom du skateur, par contre, ça on l’a : Vincenz Golly. Photo : Jonathan Peters 10 

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NYJAH HUSTON NOLLIE 180 HEELFLIP - SACRAMENTO PHOTO By ELEMENT AdvOCATE: BRIAN GABERMAN ELEMENTEUROPE.COM

THE FUTURE IS NOw

GSM EUROPE: +33 5 58 700 700


LE NUMERO 25 Directeur de la publication David Turakiewicz Rédaction en chef Fred Demard [fred@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Mise en page Tura Secrétaire de rédaction Valéry Blin Illustrations Soy Panday Photographes Alexandre Pires / Lex Kimbery / Jean Feil / Loïc Benoît / Jean Dolhats / JB Gurliat / Vincent Coupeau / Benoît Jaubert Benoît Jacquot / Alan Maag / Eric Antoine / Davy Van Laere / Sergio Martin / Yoann Kim / Christophe Corso Rédacteurs JB Gurliat / Vincent Coupeau / Jad Hussein / Lev Tanju / Vivien Feil

Soma est édité par Les éditions du garage SARL 13, rue de l’Isère 38000 Grenoble info@somaskate.com

ISSN : 1959-2450

Impression Tuerlinckx, Belgique. Toute reproduction, même partielle, publication, édition, ou sous n’importe quelle autre forme est interdite sans autorisation préalable. Interdit de chez interdit, ouais !

Toujours bon, une photo de Mark Gonzales, pour commencer un magazine. FS wallride. Photo : Alex Pires 12 

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KENNY ANDERSON

KA-ONE


LE JEUNE

FS feeble. Photos : Jean Dolhats

Romain Covolan Date et lieu de naissance

Le 22 novembre 1992, à Evry. Lieu de résidence actuel

Sainte-Geneviève-des-Bois. Années de skate

A fond depuis quatre ou cinq ans. Vidéos de référence

Les vidéos Thrasher.

Skateurs de référence

Brandon Perelson, Sean Gutierrez, Tony Miorana... Première board

Une Zero ou une merde comme ça...

Où te vois-tu et que feras-tu dans 15 ans ?

Du bowl chez moi ou en Oregon ! Sponsors

C.R.E.A.M. skateshop, Converse (Flow). 14 

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grey suede c h a d m u s k a s i g n atur e m odel

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LE VIEUX

Wallie. Photo : Tura

© S. Ashley

Dave mackey Date et lieu de naissance

Je suis né le 22 novembre 1974 dans une petite ville sur la côte au nord ouest de l’Angleterre appelée Southport. Lieu de résidence actuel

Liverpool.

Années de skate

J’ai commencé en 1986. Vidéos de référence

Dans le désordre : « Goldfish » (Girl), « Virtual Reality » (Plan B), « Finally » (FTC), « Underachievers » (Eastern Exposure 3), « Mixtape » (Zooyork), « Skypager » (Underworld Element), « Time code » (AWS)... Skateurs de référence

John Cardiel, Gonz, Fred Gall, Julien Stranger, Daewon Song, Natas, Josh Kalis... Première board

Une Santa Cruz Jeff Kendall que j’ai mis 10 semaines à payer avec les 5 livres que je me faisais chaque semaine en distribuant des journaux ! Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans ?

J’étais gérant de stock pour une boîte de jeans et j’habitais chez mes parents. 16 

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kr3Wdenim.com

terry kennedy // l o g a n j a c k e t

//

krest tee

chad muska // lizard king // erik ellington // jim greco // tom penny spencer hamilton // kevin romar // Boo johnson


nos excuses : les tricks pas rentres parus dans le mag Dans un monde parfait, toutes les photos qui paraissent dans les magazines de skate devraient être des preuves indiscutables de la validation des tricks… Sauf que, vous l’aurez constaté, on ne vit pas dans un monde parfait. Tous le magazines, régulièrement, publient des photos de tricks pas rentrés. On se croyait au-dessus de tout ça et puis Soma n’y a pas échappé, dès le premier numéro… Jusqu’ici, honteux, on vivait avec, mais on n’assume plus. On a fait des conneries, jamais volontairement (juste une fois), mais on est comme un vieux couple vous et nous, même si on se fait occasionnellement des petites infidélités, il faut parfois tout déballer et assumer, pour repartir sur de bonnes bases. Voici la liste de tous les tricks parus dans le mag qui n’ont jamais été officiellement validés. - DT

Romain Constant, BS flip, Soma #1

L’excuse du photographe, Tura : “Il avait posé les quatre roues plein de fois, il l’avait super bien, jusqu’à ce qu’il casse sa planche… J’avais la photo, et il m’avait assuré qu’il reviendrait le valider la semaine suivante. Je pense qu’il voulait aussi l’avoir en vidéo… Il a dû se passer 4 ou 5 mois entre ce jour-là et le jour où le mag est sorti. On préparait le premier numéro, tout était très compliqué, j’avais sa promesse donc je n’ai jamais pensé à m’assurer de la validation. Je ne l’ai appris que 1 ou 2 ans plus tard, par hasard...”

Vincent Dallemagne, FS bluntslide, Soma #3

L’excuse du photographe, Alex Pires : “Je me souviens qu’il y était retourné la semaine du bouclage, il s’était presque blessé en réessayant. Le jour de la photo, il l’avait plaqué et quasiment roulé, je sais qu’il y est retourné au moins 4 ou 5 fois avec différents filmeurs depuis mais il a jamais réussi à le rentrer proprement je crois… Ça me fout mal, j’étais certain de vous l’avoir dit à l’époque… C’est la seule fois que ça m’est arrivé, c’est un peu ma hantise… Je sais qu’il a réessayé récemment…”

Nabil Slimani, FS 180°, Soma #22

L’excuse du photographe, Loïc Benoît : “Je ne m’en rappelais plus… On s’en fout, c’est que du skate... Je déconne ! Navré... Sincèrement.”

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Guillaume Mocquin, gap to five-o, Soma #7

L’excuse du photographe, Tura : “Guillaume est super compliqué à shooter. Selon lui, tous les tricks qu’il fait ne méritent pas d’être pris en photo. Lorsqu’il arrive sur un spot, il est super spontané, et il préfère aller s’amuser dans un autre coin du bowl plutôt que de refaire un trick pour la photo. Celui-là, il l’a essayé deux fois. Je n’ai shooté que le second, qu’il a replaqué avant de tomber tout de suite après. Il s’était fait un peu mal et refusait de le refaire. Je savais qu’on ne reviendrait pas sur ce spot… Quand on a fait la maquette de l’article (Battle of Normandy #3), j’ai mis la photo quand-même… Sur le coup, je m’étais dit que c’était cool d’avoir une photo de Guillaume, même si c’était pas officiellement validé, et que de toute façon, s’il ne s’était pas fait mal, il l’aurait rentré au troisième essai… J’ai pas été réglo, sur c’coup là !”

Kévin Rodrigues, wallride, Soma #14

L’excuse du photographe, Tura : “Le jour où on a fait la photo, Kévin était à deux doigts de le faire. Sauf qu’au bout d’une trentaine d’essais, le sol rugueux a eu raison de ces deux doigts. L’entaille était assez profonde, il valait mieux être raisonnable et remettre ça à un autre jour. Il était censé revenir le filmer rapidement, il l’avait tellement bien que je ne doutais pas que ce soit rentré avant la sortie du mag... Je le traque encore quand je le vois, mais il faut aussi avouer que le spot ne donne pas trop envie, rien qu’avec le poteau devant...”

Damien Marzocca, FS tail slide, Soma #20

L’excuse du photographe, Kévin Métallier : “C’est la seule photo litigieuse que j’ai publiée dans Soma, et la réalité est qu’il a plaqué le tailslide, roulé quelques mètres et est tombé ensuite. Le truc c’est que le spot se trouve à trois heures de route et que le ledge en plâtre s’est peu à peu effrité au fil des essais. Du coup, quasi impossible de le refaire aujourd’hui... Ajoutez à ça un sol pourrave et une plaque dégout à la replaque et tout y est ! Mais malgré toutes les excuses du monde, on ne peut pas dire qu’il aie correctement validé cette photographie...”

Vincent Bressol, switch ollie, Soma #22

L’excuse du photographe, Tura : “Même histoire, il l’avait posé, mais pas roulé… Je lui ai dit qu’on avait un mois pour qu’il le valide. Toutes les semaines, sur Skype, on parlait de l’interview, et à chaque fois je lui demandais s’il l’avait finalement rentré. Un jour, il a fini par me dire que c’était bon, probablement pour que j’arrête de lui poser la question. Je crois qu’il pensait vraiment qu’il trouverait le temps et l’énergie d’y retourner avant que le mag ne sorte…” soma 

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ABC : Le drop On ne le dira jamais assez, le skate, c’est dans la rue que ça s’apprend, pas dans un magazine. Cela dit, de temps en temps, surtout lorsqu’il s’agit de tricks « de base », une petite démonstration s’impose pour nos lecteurs les plus jeunes. Et comme le disait mon patron lorsque je bossais chez Sugar : « C’est ça qu’ils veulent les gamins ! Ça, des posters et des stickers ! ». J’ai appris tellement de choses, là-bas, vous ne pouvez pas imaginer... Sauf que maintenant, le patron, c’est moi, et dans un souci de pérénisation de notre entreprise (je dis « notre » parce que Fred est aussi le patron), j’applique à la lettre ces bons conseils. Pour les stickers et les posters, faudra encore aller chez Sugar, par contre... Par Tura

Avant même de savoir faire un ollie, dropper une courbe devrait être la première chose à savoir faire, lorsqu’on décide de se lancer dans une carrière de skateboardeur (professionnel ou pas). C’est la base de la base, le beurre du fond de tarte si l’on peut dire, le détail indispensable qui permet un démoulage sans encombre. Et même si les fonds de tarte sont vendus avec une feuille de papier sulfurisé aujourd’hui, le skate, ça aussi on vous l’a dit mille fois : c’est Do It Yourself. C’est sur le tas, de sable, que ça s’apprend ! Faites-la donc vous-même votre tarte, comme ici notre ami Gastoune, joyeux Basque bondissant, qui a choisi la tarte sablée aux fruits de mer, sa spécialité. Une démonstration aussi efficace qu’appétissante.

figure A : le drop

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figure B : la tarte


la mise au point : Les Jeux Olympiques

Illustration par Soy Panday Texte par Tura

Les trois quarts des gens détestent le skate. Ça fait du bruit, ça détruit “le mobilier urbain payé par nos impôts”, et ça fait peur aux vieilles.

Mais un jour, qu’il leur plaise ou non, aux vieilles, le skate sera aux JO. C’est inéluctable, avec le travail de fond que des types comme Rob Dyrdek ou Steve Berra sont en train de réaliser. Des compétitions soidisant « comme dans la rue » dans des stades couverts, avec des commentateurs aventureux et des jugements instantanés, bannissant tout ce qui pourrait sortir des règlements qu’ils ont eux-mêmes produits. Les JO d’été n’intéressent plus que nos parents et peut-être encore nos grands-parents. Les vieilles et les vieux, quoi. Les JO d’hiver, par contre, grâce au snowboard, ont rajeuni un peu. Et les grosses têtes du comité olympique ont fini par comprendre que s’ils voulaient qu’on s’intéresse à leur cirque estival, il leur fallait le skateboard. Sauf que pour rentrer dans leur format, le skate a besoin d’être plus sportif, plus acceptable. Le problème est que le skate n’est pas un sport, ô surprise, et nous souhaitons qu’il reste ce qu’il est : un jouet et bon un prétexte pour s’amuser, dehors, avec ses potes, après l’école, après le boulot. 22 

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On aura beau nous faire croire que ça lui ferait du bien, au skate, d’entrer aux JO, mais en constatant ce qu’il se passe aujourd’hui avec le snowboard, qui est en évidente perte de vitesse depuis quelques années (de là à dire que c’est son entrée aux JO qui en est responsable, il n’y a qu’un pas…), il y a toutes les raisons de croire qu’il n’en sera rien. Les JO ont besoin du skateboard pour des raisons d’image, et par extension, d’argent. Leur affaire ne rapporte plus ce qu’elle a rapporté par le passé. Mais de son côté, le skate a-t’il besoin de ça ? En toute certitude, non. Car le jour où le skate s’alignera à côté du 100m et du basket-ball, les grandes marques se presseront pour y injecter des millions qui finiront par engloutir toutes les autres, comme dans le sport, le vrai, où le marché est dominé par deux ou trois marques indéboulonnables. Ce jour-là, le skate aura perdu toute son âme, sa différence qui a jusqu’ici fait de lui quelque chose d’unique et d’inclassable. Ce jour-là, les vieilles n’auront plus peur. Le skate tel qu’on l’a connu jusqu’ici sera mort.


Le matos board Element Darrell Stanton

bonnet DC

chemise WeSC

board Jart Ivan Rivado

t-shirt FTBX chaussure Osiris Chaveta

chaussure Supra SkyTop III

t-shirt Kr3w death sticks

chaussure DC M’S teak s

chaussettes Stance

chaussure Vans Era Max Schaaf

jean Nike P-Rod roues Satori en plastique recyclé 24 

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nouvelle collection nozbone rectangle d'or disponible à la boutique et sur le site, courant automne.

nozbone skateshop 295, rue du faubourg st antoine 75011 Paris metro nation - 01 43 67 59 67 la boutique en ligne nozbone.com / le blog nozbone-skateshop.com

mus bennacer × akim cherif × gregoire cuadrado × lionel dominoni lisa jacob × martin keller × mathieu lebail × jon monié samuel partaix × kevin rodrigues × rémy taveira powerslide / photo : loic benoit


Le matos board Hype The Who

relique du Battle Of Normandy original zipper ClichĂŠ American Icons

board Soma/Rekiem par Da

chaussure Es Taido Man Wolfs

cornichons fins Maille

t-shirt Es

chaussure DVS T-Puds t-shirt Vans truck Iron

roues Jart 52mm

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chaussure Element


John RATtRAY

John is wearing his signature elwood RAGLaN SWEATER and Jean in Navy TO view JOHN’s Artist reel visit:

W W W. E LW O O D C L O T H I N G . C O M


steve forstner / gravisskateboarding.com


steve’s video part coming out 11/01/11


Texte et photos par JB Gurliat (sauf indiqué)

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LA MINI DANS LES BOIS

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le «Fais-le toi-même» est complètement à la mode en ce moment. Pas que dans le skate, partout. Crise financière oblige. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le «retour à la nature» est aussi complètement à la mode en ce moment. Pas que dans le skate, partout. Prise de conscience écologique oblige.

Et justement, il y a un an j’étais à la fois en pleine crise financière et en pleine prise de conscience écologique. J’avais besoin de changement, profond et radical. Je suis donc parti une semaine en cure chez mon pote Jo Dezecot pour construire une minirampe en pleine forêt...

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Joseph Biais crail tree jam. Photo : Vincent Coupeau

Jo Dezecot FS blunt

Jo m’a fait jurer de respecter une seule devise : « Ne pas perdre une seconde, ne pas perdre un euro ». Virées nocturnes, constructions diurnes ; braquer parpaings et palettes pour mieux retourner scier, suer et jurer. Un arbre pour le wall. Une branche pour le coping. Dix gaillards pour le plaquage final. Et puis l’heure du premier drop est arrivée. Nous étions au cœur d’un bois, à faire glisser nos planches de bois sur d’autres planches en bois. Et puis l’heure du dernier drop est arrivée. La rampe s’est mise au vert plus vite que nous. Prochaine mission pour une prochaine cure : trouver une grange !

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2011

WeA c t i vi s t E LI R EED S HO T B Y PE T E T HO MPS ON www. wes c . c om


L’anniv’ de Gabeeb

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Avoir 30 ans, ça n’arrive qu’une fois dans une vie, et jusqu’à preuve du contraire, ça ne dure qu’un an. C’est un cap. Un truc super important, il paraît. Enfin moi j’en sais rien, j’suis encore jeune, moi, j’ai pas encore 30 balais. C’est ce qui se dit. Texte et photos par Vincent Coupeau

Dans la série des « vieux » croutons de 30 piges, je discerne 2 catégories bien distinctes : les gros cons qui trouvent « qu’entrer dans la trentaine c’est le début de la fin, c’est super vieux et c’est triste » et qui, du coup, comme ils dépriment, restent chez eux à ne plus rien foutre... et il y a les autres. Ceux qui se disent que c’est au contraire le moment de se lâcher. Ceux qui, quand ils ont eu 20 ans, ont tout envoyé péter en l’air (et ce pendant 10 ans) parce qu’ils étaient jeunes. Et qui, semblerait-il, à 30 n’ont toujours pas assez donné. Je ne connais pas vraiment Gabriel Engelke. Ce que je sais c’est qu’on est plutôt proches quand on a bu, et qu’on est tous les deux autant passionnés de photographie que de skate, ce qui crée des liens.

Je n’ai aucune idée de comment il a passé sa jeunesse, ni s’il a tout envoyé péter à ses 20 ans. En tout cas, «Le Gabeeb» vient d’avoir 30 ans et il a su prouver qu’il n’entrait en aucun cas dans la première catégorie de gens qui ont 30 râteaux (les blaireaux qui dépriment pour ceux qui ne suivent plus). Exit l’anniversaire dans une salle des fêtes ; exit l’apéro dinatoire avec les sifflets pouet-pouet et les ballons de baudruche ; exit la journée chez Disney avec le resto le soir. El Gabeeb c’est un homme, un vrai, un mec de la nature, perdu quelque part entre la Suède et la Norvège. Depuis son lieu de naissance paumé au milieu de la forêt suédoise, il a appelé sa bonne centaine de potes multinationaux à venir passer plusieurs jours de beuverie, de concerts, de naturisme (si, si !), de skate et j’en passe. 

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Gabeeb FS feeble to FS tail

Si vous aussi vous trouvez ça classe, et projetez de faire pareil, je vous mets en garde, parce que ça n’a pas du être simple pour lui. Le vieux terrain de ferme de son enfance, c’est avec ses bras musclés qu’il l’a transformé en véritable lieu de festival, mini-rampe «homemade» incluse ! Nous l’avons skaté 4 jours durant, même sous la pluie, ivres de la vieille, à la fraîche ! Je ne sais pas si les photos parleront d’elles même, mais j’ai passé là l’un des meilleurs trips de ma jeunesse et je tiens à remercier Gabriel pour tout ce joyeux bordel. J’espère qu’à 40 berges il remettra ça... Merci aussi à Carhartt pour le coup de pouce, sans ça j’aurais jamais pu y être, je serais resté chez moi dans mon fauteuil, à déprimer sur ma vingtaine ratée ! 36 

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Texte par Jad Hussein

Franck Sisounol tré flip to fakie. Photo : Benoît Jaubert

Benny G. pivot fakie. Photo : B.Jacquot

Will Agnès, qui a organisé tout ce bordel sur l’île de son pote (l’île de la Tête à l’Âne) dans le seul but de se faire financer une mini-rampe pour mettre dans son jardin, aimerait remercier : Monster Energy, Carhartt, Converse, DC, Magenta, Chaka Wheels, Mojito Skateshop, Yael et Josephe, Sols et Nature.

Fred Vander ‘Putten’ FS air. Photo : Benoît Jacquot 38 

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Une île, une mini & des mojitos

Île de Pac’, 2 juillet 2011, Épernay Déjà quinze minutes que j’attends Benny. C’est le matin et c’est le départ. Bon, je ne sais pas pourquoi mais je suis persuadé depuis le début que l’île de Pac’, c’est en Bretagne. La sonorité peut-être ou l’envie de fuir Paris. Donc je suis chaud, la Bretagne j’y suis jamais allé. Hop on embarque. On roule. Et là, premier panneau : direction «Reims», à l’opposé en gros. Consternation. Passé le choc, il s’avère que l’île de Pacques c’est en face du Chili. On pourra bien faire un crochet par Reims. Déjà la campagne s’étend sous nos roues et les vignes accrochent nos flancs. On arrive. Une petite embarcation nous attend. Je ne sais pas vous, mais moi quand je monte sur un bateau, j’ai l’impression de partir en vacances.

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La traversée dure une minute trente chrono et puis : vacances ! Will est là, la mini se cache entre trois arbres, deux cours d’eau, un stand Monster et une buvette à la carte simplifiée, il n’y a que des Mojitos ! Moi je m’en fous, j’adore ça. Les skatos roulent, les zikos débaroulent, la foule est saoule. Plus loin, un gang de cinquantenaire tient un bar clandestin. On parle Vespa, saucisses, et bières. Bien rempli, je me noie dans le décor. Au secours ! J’veux pas rentrer !

Julien Guillon nollie big spin BS noseblunt revert. Séquence : Benoît Jaubert

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NUméro XXV Timmey, BS wallride smith grind. Photo : Alan Maag

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Julien BĂŠnoliel, BS smith. Photo : Tura

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Julien Bachelier, sugarcane. Photo : Vincent Coupeau

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Michel Mahringer, BS smith. Photo : Eric Antoine

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THE BATTLE NORMANDY Le dernier Battle remontait à 2009. En deux ans les spots avaient eu le temps de refroidir, et puis elle commençait à nous manquer, la Normandie. Et même si déjà, à ce moment-là, on s’était dit que c’était la dernière fois, il restait encore un peu de boulot à finir sur place... Alors on a loué un gîte, des vans, appelé les collègues allemands et anglais, et c’était reparti, comme en 40.

Pour cette ultime épisode, toujours le même principe : pas de gagnant, pas de perdant. Une seule règle : quitter le gîte avant midi, et revenir avant minuit, histoire de dîner tous ensemble. Trois teams : les Berlinois de Radio skateboards, les Londoniens de chez Palace, et les franco-américains de chez Magenta. Malgré quelques difficultés financières et logistiques, le Battle a quand-même eu lieu, fin juin, et on pourrait même dire, une nouvelle fois, que ce fut une réussite. Voici l’article, équipe par équipe. A vous de trouver un gagnant si vraiment vous en voulez un, on n’a pas eu le temps de compter les points... - DT


Karim Bakhtaoui, ollie Afin d’enlever tous les doutes, je précise que Karim arrive, très vite, du premier bloc. Voilà. C’est plus clair maintenant.

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Un billet d’Eurostar, une petite heure de voiture vers le nord ouest et on y était. Une grande ferme au milieu de nulle part qui allait nous servir de camp de base pour les 5 prochains jours. Un endroit original et rafraîchissant, radicalement différent de ce qu’on a l’habitude de faire en skate trip. Un matin, en buvant le thé dans l’herbe, on a même vu un chien bouffer une poule qui avait eu la mauvaise idée de s’échapper de son enclos. Mais c’était plutôt cool, cette petite semaine. La journée, on traversait des jolis paysages entre les villes qu’on avait décidé d’atteindre, et quand on descendait du van, on cruisait à la recherche de spots. Le soir, on retrouvait les autres teams à la ferme pour boire du vin et se foutre de la gueule de Soy Panday et de sa passion des manuals. Qu’est-ce qu’on aurait pu demander de plus ?

Texte par Lev Tanju Photos par Lex Kembery

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Chewy Cannon, 50-50 wallie 50-50 Quel genre de légende est-ce qu’on peut écrire pour un trick aussi fou que celui-là ? J’en sais rien. Impossible de trouver les mots pour décrire ça. soma 

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Rory Milanes, ollie Un soir, en essayant de retrouver la ferme, on s’est perdu et on est tombés sur ce spot. Tout le monde avait faim et on était en panne d’OCB. Rory est descendu du van, a marché dans la merde et a fait ce ollie, first try !

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Lucien Clarke, crooked pop over Lorsque le montage Palace du Battle Of Normandy aura envahi tous les sites web du monde, vous serez surpris de voir la façon dont Lucien a rentré ce crooked pop over. A la jamaïcaine...

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Powerslides On a trouvé des downhills en Normandie ! Celui-ci se trouve à Rouen et il fait bien plus peur qu’il en a l’air. En tout cas moi qui suis une tapette notoire, j’ai lâché l’affaire bien avant que cette photo soit prise parce que je veux vivre. Faut dire que tous les mecs sur la photo qui font les beaux gosses en backside powerslide à 350 km/h au milieu des bagnoles sont tous à moitié de SF (ville des downhills par excellence) ou y passent une bonne partie de l’année (c’est le cas de Leo et Jimmy). Le seul là dessus qui ne devrait pas y être logiquement c’est Soy. Mais je le soupçonne d’être trop saoul de la veille pour se rendre compte de ce qu’il fait. Je ne vois pas d’autre explication.

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La bagarre de Normandie est un événement sympathique, car il n’y a rien à gagner ni à perdre. En ces temps où le skate est gangrené d’un esprit de compétition malsain alimenté à coup de contests toujours plus importants et toujours plus fréquents pour savoir kicéké le meilleur et kicéka la plus grosse, c’est assez rare pour être souligné. Heureusement, la Battle of Normandy ne mange pas de ce pain-là. Ici c’est franche rigolade, camaraderie virile, clins d’œil coquins, tapes sur les fesses dégénérant rapidement en grosses galoches entre membres d’équipes à priori adversaires, et ça finit habituellement en orgie générale (en gros). Bref, on se marre. Et on fait du skate. Enfin moins chez Magenta Skateboards, parce qu’on est trop occupés à glousser comme des pucelles jusqu’à 7 heures du matin tous les jours en rossant le stock de vin. De ce point de vue là d’ail-

leurs, on a été dangereusement compétitifs. Je me dis qu’au moins on aura été ceux qui ont eu l’air de se marrer le plus. Bon il faut dire que c’était pas dur, vu que les Anglais se déplaçaient en permanence au milieu d’un nuage de fumée tellement épais qu’on ne pouvait pas savoir ce qu’ils faisaient de l’extérieur et que les Allemands étaient hyper sympas mais désespérément allemands : premiers couchés, premiers levés, über-productifs, arbeit à tous les étages. On a commencé à voir leurs premiers sourires apparaître après qu’ils aient filmé 10 minutes de footage et shooté 12 photos chacun. Mais quand même, je pense qu’on n’a pas été mauvais. Je pousserai même l’arrogance jusqu’à affirmer qu’on a gagné dans la catégorie galéjades. Et comme c’est un peu la seule qui compte, je crois qu’on a gagné tout court. Donc voilà l’article de Magenta, vainqueurs du Battle of Normandy 2011 !

Texte par Vivien Feil Photos par Jean Feil

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Léo Valls, wallride Tout le monde connaît la propension de Léo à s’exciter une fois la nuit venue pour aller battre le pavé à grands coups de semelles. On connaît un peu moins son goût pour la blague assassine et son sens de la formule lapidaire pour résumer une situation ou un personnage. Il était particulièrement en forme lors de cette Battle, où il a été l’un des agents principaux de rigolade de notre camp lors de nos interminables veillées, où ses expressions telles que « avoir les doigts qui sentent le gland de pépé » ou « ressembler à un mouflon cendré hydrocéphale absolu » ont fait merveille. Il a aussi fait pas mal de roulemurs de partout, dont celui-ci en côtédos.

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Jimmy Lannon, ollie Jimmy est américain. De la bonne sorte. De ceux qui n’ont pas l’impression de sauver le monde quand leur armée fait un million de morts en Irak. Le seul fait qu’il skate pour une marque française (notre pays étant notoirement connu comme empêcheur de répandre la liberté à coups de missiles aux US) le prouve. Au delà de ça, Jimmy est ce qu’on appelle en langage technique un type en or. Pour tout vous dire, je préférerais avoir sa classe plutôt que la mienne (moi j’suis un peu djust). C’était sa première fois en France, et quasiment en Europe (il était allé une fois en Finlande avant, mais ça compte pas vraiment, c’est plutôt des genres d’Esquimaux là-bas) et il était juste à bloc. Au bout de quelques jours, il baragouinait quelques mots de français (des insultes, évidemment). C’est lui qui a le plus skaté d’entre nous pendant la Battle. MVP comme disent les Américains. Là il fait un ollie par-dessus tout un bordel entre le mur et le poteau, replaqué après la portion de trottoir qui manque. Une bonne illustration du pop qui a fait sa réputation outre-Atlantique (ça et sa propension quasi maniaque à sauter les bornes à incendie). Le chef. soma 

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Evan Kinori, crooked grind Le jeune Evan était notre invité. Il est originaire de l’Unité des Etats d’Amérique, et résidant de San-Francisco pour être plus précis. Fanatique de Paris, il tombe immanquablement sur la ville tous les étés comme la misère sur le pauvre monde. A force de venir, il comprend très bien le français, et prétend même le parler (mais comme il n’articule absolument pas, ses phrases ressemblent au son que fait un criquet écrasé par une voiture). Bref, c’est un chic type et un joyeux compagnon, qui ressemble à s’y méprendre à Frodon du Seigneur des Anneaux, en à peine plus grand, et qui s’est révélé avoir un don pour relancer un fou rire au milieu de la nuit, habituellement en singeant quelque chose qu’un Allemand avait dit d’un air sérieux avant de foncer se coucher à 19h17 (du genre : « Diens aujourd’hui che n’ai bas shooté dellement te photos : zeulement 8 », les zallemands, c’est les meilleurs…).

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Vivien Feil, FS 180 Pendant cette Battle (comme dans à peu près tous nos déplacements à l’extérieur), j’ai assuré le rôle de team manager. Dans une petite marque où tout le monde est copain, ça ne génère pas vraiment de grandes obligations, à part arborer quotidiennement un air « responsable » (avec les sourcils légèrement froncés) et ramasser de temps en temps les épluchures de bananes des autres. Mais ça vous n’êtes pas censés le savoir, je peux donc vous faire croire que c’est un putain de taf de malade en me cachant derrière des appellations américaines ronflantes, et m’en servir comme excuse pour justifier le fait que c’est ma 4587ème parution d’affilée en ollie front par dessus un bidule dans Soma. Hop ! ni vu ni connu, je vous ai tous bien feintés.

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Maxim Rosenbauer, ollie to fakie Les trois-quarts des photos de cette semaine de Battle ont été prises au Havre. Mais « The Battle of Le Havre », ça sonnait vachement moins bien...

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Si vous n’avez jamais entendu parler de Radio, c’est à peu près normal. Disons qu’ils ont des lacunes en marketing international. Par contre, à un niveau plus local, voire familial, chez Radio, ils savent y faire. Pas les derniers à organiser des sessions dans la grange de chez Lennie Burmeister, des concours d’avalage de hot dogs ou à faire des vidéos remplies de scènes à moitié obcènes où tout le monde se pisse dessus, de rire (« Radio Active Kids », la vidéo). Donc en gros, des bons clients pour un Battle Of Normandy. Sauf que, quand ils ne sont arrivés qu’à 3 (Maxim, Octavio et Valeri), accompagnés de Jonathan Peters (vidéaste strasbourgeo-berlinois), j’ai eu peur pour la suite. Autant je savais bien qu’avec Magenta, à part picoler et faire des power slides, on avait notre chance, autant quand les Anglais ont débarqué à 8 ou 9, je me suis dit que si on voulait tirer notre épingle du jeu, il allait falloir se lever tôt. C’était sous-estimer un détail important : qui dit « allemands » dit rigueur, efficacité, ponctualité... (charcuterie et bière, aussi...). Et c’est là où faire équipe avec des cousins germains s’avère la meilleure stratégie, puisque conscients de leur sous effectif, ils se sont effectivement levés tôt, ont pilonné les spots comme on leur demandait, siroté des litres de canettes bon marché et avalé

des knacks avec une rigueur toute germanique. Une efficacité exemplaire, pourrais-je dire, qui a foutu la trouille à Magenta qui se sont enfoncés dans leur alcoolisme, aussi bien qu’à Palace, trop occupés à chercher des munitions... Etre les premiers couchés et premiers levés procure cependant un mélange de honte et de fierté. Après tout, il n’y avait rien à gagner à cette bataille. Mais notre conscience professionnelle nous a tenu éveillés et productifs. C’est comme ça, c’est plus fort que nous, les Allemands. (Vous aurez remarqué, au passage, le changement de pronom personnel de « ils » à « nous, les Allemands », qui en dit long sur mon rattachement, depuis, à l’Allemagne...) Autrement dit, si tout ceci avait été une vraie bataille, on en serait certainement sortis vainqueurs, grâce à des collabos comme moi. Et aussi incroyable que ça puisse paraître, en plus d’avoir fermé tous les spots sur notre passage, on a bien rigolé. Certainement pas autant que chez Magenta dont les rires gras fendaient la nuit jusqu’au petit matin, mais assez pour garder de tout ça le souvenir d’une petite semaine en colonie de vacances, plus que d’une enième sorte de King Of The Road à l’Européenne...

Texte et photos par Tura

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Valeri Rosomako, switch FS boardslide drop off Une peu de culture, ça ne fait jamais de mal : Oscar Niemeyer est l’architecte brésilien à qui l’on doit ce spot, et tous ceux qu’il y a autour, érigés au début des années 80. On ne le remerciera jamais assez pour tout ça, mais une question demeure : à quoi pensait-il lorsqu’il a dessiné cette courbe que les locaux du Havre appellent « la banane » ? Agé aujourd’hui de 103 ans, si on veut avoir la réponse, il va vite falloir aller lui demander...

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Octavio Trindade, ollie one foot from 2nd block Je vous jure que ce ballon de foot est là par hasard. La vérité ! J’étais allongé dans l’herbe, et il est arrivé, comme ça, sans que je ne demande rien à personne. Je l’ai mis dans mon cadre, Octavio a fait son trick et deux secondes plus tard, quelqu’un l’avait déjà ramassé. Le destin que ça s’appelle. Aah, c’est bien foutu quand-même...

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Valeri Rosomako, FS 180 nose grind Il devait être 22h, on avait skaté toute la journée, tout le monde n’avait qu’une idée en tête : rentrer manger à la maison, sauf Valeri, qui pensait à ce trick depuis la veille. Ça a pris un petit moment, à cause du crack entre le béton et le goudron, mais c’est officiellement validé. Si c’est pas dans le montage, ce sera dans les bonus !

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Octavio Trindade, FS flip Le troisième jour, on est partis vers l’inconnu, à la recherche de spots dans le Calvados. Le genre de mission excitante, où chaque coin de rue peut laisser découvrir un spot. Sauf qu’on n’a pas trouvé grand-chose et cette excitation a fini par se transformer en stress, de peur de rentrer bredouille au gîte. C’était sans compter sur Jo « oeil de lynx » qui repéra furtivement ce spot après avoir fait deux fois le tour de la ville. A part ça, y’a une chouette basilique, à Lisieux.

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© Kembery

© Tura

© Rosenbauer

© Tura

© Feil

© Tura

© Kembery

© Feil

© Tura


Voilà, c’était le Battle Of Normandy 2011, quatrième du nom. Une idée originale de Paul Labadie, récupérée sans scrupule par nos soins. On espère que ça vous a plu. Les montages de chaque équipe sont à suivre sur www.somaskate.com à partir du 1er novembre. Je remercie Vivien Feil pour son implication, Jo Peters pour avoir joué le jeu malgré tout et Burn pour le dépannage. Je ne remercie pas Arnaud D. qui a cru bon de s’en mettre dans la poche. - DT

of

THE BATTLE NORMANDY

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Romain Covolan, FS feeble grind. Photo : Jean Dolhats


NUméro XXV

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Michael Mackrodt, Ollie up to kickflip. Photo : Tura


Dave Mackey, wallie & wallride. Photo : Tura


L’INTERVIEW INATTENDUE

Pas qu’on soit fan du personnage, mais il est indéniable que Mike V a eu un rôle important dans la courte mais fabuleuse histoire du skate. Le problème, c’est qu’il a eu une période catch et bagarre qui lui a fait perdre pas mal de points... Alors quand je suis allé faire cette interview, lors d’une petite visite à Paris, c’était sans grande conviction. Et puis au final, c’était intéressant, depuis qu’il a dépassé la quarantaine, il semblerait qu’il se soit assagi, et qu’il ait pris du recul sur lui-même et le skate en général. J’suis même allé skater avec lui à La Vague ! - DT

Quel âge as-tu ?

41 ans.

Depuis combien de temps es-tu pro ?

24 ans, ça fera 25 ans en mai prochain.

Tu commences à ressentir le poids des années ?

Physiquement, un peu. Je me souviens, en 2001/2002, avoir pensé : “J’en peux plus…” J’avais la sensation que mon corps ne suivrait plus. J’avais mal partout. C’était une période intense, je voyageais tout le temps, et j’avais la chance de faire partie des grands noms du skate une nouvelle fois… Quelque chose que j’avais déjà vécu en 1988 ! Une deuxième fois au top ! Mais je me souviens avoir pensé, à ce moment-là : “Ok, il faut que j’en profite parce que ça va bientôt se terminer, c’est sûr !” Tu le ressentais déjà en 2002 ?

Oui. J’étais ruiné, physiquement. Mes anches, mes chevilles, mes coudes, tout était dans un sale état. Et je me suis cassé la jambe en 2005. J’ai alors pensé que c’était la fin. Et puis, aujourd’hui, je ne sais pas trop pourquoi, j’ai toujours un peu mal mais je me sens plus fort. Je pense que j’ai fini par accepter la douleur… Tu skates toujours beaucoup ?

Je skate beaucoup, mais moins longtemps. Mais des sessions intenses, avec des moments de récupération plus longs, alors qu’avant je pouvais skater tous les jours sans y penser… Donc je pense que j’ai changé, aujourd’hui je veux que ce soit marrant [“fun”], je ne veux pas avoir la sensation d’être obligé d’en faire. Je ne me force plus. Ce qui est bien avec le skate, c’est que c’est spontané, et c’est pas mal de prendre un peu recul parfois en ne skatant pas pendant un moment. C’est la meilleur approche, pour moi. Mais c’est possible que ça change à l’avenir, je 76 

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vois des mecs plus vieux que moi skater tous les jours. Ils ne peuvent pas s’arrêter. Je pense qu’on passe par différentes saisons, différents stades de notre vie, et pour moi, aujourd’hui, j’en suis à des sessions à fond avec des longs moments à faire autre chose, entre. Tu vois ce que je veux dire ?

Je crois… Comparé aux sports comme le hockey ou le catch que tu as pratiqué, qu’est-ce qui est plus violent ?

J’ai toujours pensé que le skate était un truc agressif et mon approche a toujours été très physique. Mais violent, je ne sais pas… Je me souviens, lorsque j’ai commencé le skate, j’écoutais ce groupe de punk Agression. C’était des skateurs et il y avait toujours des skates sur leurs albums. Agression ! Je comprenais le message, mais pas d’une manière négative, d’une manière positive. Le skate a toujours été une manière positive de libérer cette agression. C’est sain. Je voulais dire violent pour le corps.

Oui, ça l’est mais si tu commences à penser comme ça, quel est le but ? L’effet que ça a sur mon corps est le résultat de la façon dont je m’exprime. Je l’accepte. […] Je me suis cassé 16 os, et jamais j’ai pensé : “J’en ai marre, j’arrête”. Je me suis toujours plutôt dit : “Ok, je vais attendre que ça se remette pour aller essayer ce trick de nouveau”. Ce n’est pas comment tu te casses des trucs, c’est le plaisir que tu as à rider… Tu t’es cassé des trucs en jouant au hockey ?

Juste le bras. Jamais rien d’autre. Et jamais rien au catch. Comparé au skate, le hockey et le catch sont loin d’être dangereux. Ils le sont à leur façon, mais quand on y pense, le skate, ça l’est tellement… Prends juste un


« Si le skate est un sport, alors ce n’est plus du skate. » type normal, mets-le sur une board et jette-le dans la rue. Imagine comme ça peut être dangereux, et quand tu vois ce que d’autres types arrivent à faire aujourd’hui, c’est incroyable !

Quelle sensation ça procure, d’être de retour chez Powell-Peralta et Airwalk, vingt ans plus tard ?

C’est motivant, surtout pour Powell-Peralta. C’était pas prévu, mais c’est arrivé. Ça faisait quelques temps qu’on avait repris contact, depuis qu’ils avaient ressorti les vieilles boards. Ah oui, j’ai vu une petite vidéo où tu reçois les boards, chez toi…

Voilà, mais ça n’était pas fait pour ça, j’avais juste pensé que ça faisait une petite vidéo marrante. Aujourd’hui ça donne l’impression que c’était planifié, mais non, ils sont juste venus vers moi il y a un peu plus d’un an en me disant : “Ça te dirait d’aller plus loin ?”. A ce moment-là, je faisais d’autres trucs, donc je les avais envoyer balader. Et à l’automne dernier, ils sont revenus vers moi, et j’ai décidé d’aller voir ce qu’ils avaient à proposer. Ils m’ont expliqué que Stacy [Peralta] était de retour au sein de la marque et qu’il réalisait un documentaire sur la Bones Brigade. Ils m’ont dit que j’y avais eu un rôle majeur. Je leur ai dit : “Un rôle majeur ? En me barrant ?” Ils ont répondu qu’il faisait un documentaire sur Lance [Mountain], [Mike] McGill, Cab, Rodney Mullen, Tommy Guerrero, et tous ceux qui ont eu un impact dans les années 80, la génération de street-skaters qui sont toujours là. Et que Ray [Barbee] et moi étions les nouveaux visages de la Bones Brigade, enfin, si j’étais resté. [Mike a vite quitté Powell-Peralta, pour participer au lancement de World Industries, avec Steve Rocco en 1989 - ndlr] Mon départ est pour eux une partie importante de l’histoire, c’est le moment où ils ont commencé à décliner. Ils avaient ce truc presque magique entre les mains, et d’un coup, le skate a changé.

de voir où l’industrie du skate est arrivée, de la mentalité actuelle des skateurs. Je me demande souvent pourquoi je me suis autant battu, pour qu’aujourd’hui le skate devienne sport ? Si le skate est un sport, alors ce n’est plus du skate. […] Donc avec le passé que j’ai, je me suis demandé : “Et maintenant ?” En vérité, je n’en avais plus trop rien à foutre, jusqu’à ce que Powell-Peralta revienne vers moi.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de la Bones Brigade ?

J’en ai beaucoup… La première fois que j’ai rencontré Lance et Stacy, quand je me suis fait sponsoriser. Rien ne peut dépasser ça. C’est la meilleure chose qui me soit arrivé, en dehors d’avoir une famille [sa femme est assise à côté de lui… - ndlr]. J’avais 16 ans, je skatais sur le parking, à un contest de rampe. C’est à ce moment-là que le skate à changé, l’attention s’est portée vers moi. Je veux dire, le street était en train de naître, avec Gonz et Natas, tous mes héros, mais eux avaient grandi en Californie, là où il y avait des skateparks. C’était des street skaters, mais la rampe dominait encore : Tony Hawk, Jeff Phillips, Christian Hosoi, Steve Caballero… Et le jour où je me suis fait sponsoriser est le moment où tout s’est inversé. Pas seulement les kids ou les skateurs, mais toute l’industrie est passée de la rampe au street en voyant ce gamin skater ce parking. J’étais devenu le symbole de ça. J’avais fait la couverture de Thrasher et partout où j’allais j’étais une star comme Caballero ! C’était un rêve ! Je voulais être sponso, être pro, mais je n’avais jamais imaginé l’être chez Powell-Peralta. C’était le truc ultime ! Quand Lance Mountain est venu me dire : “Tu pourrais venir avec nous, ou passer chez moi, en Californie”, je m’étais dit : “Qu’est-ce qui se passe !”. Est-ce qu’ils t’ont demandé de faire de la courbe, quand-même ?

Non, il ne voulaient surtout pas. C’est Voilà, et je représente ce changement pour la raison pour laquelle je suis parti : eux. Donc ils m’ont parlé de tout ça, et je depuis le tout début, ils ont essayé de pense que lorsque le film sortira, ça chanme controler. De gérer ma carrière à Powell-Peralta, 1988 gera le paysage du skate, d’une certaine ma place. Mais ce qu’ils n’avaient pas manière. Ça rappelera à tout le monde que compris, c’est que toutes les vidéos avec le skate est un truc marrant [“fun”]. Et la Bones Brigade, lesquelles j’avais grandi, celles qu’ils produisaient euxc’était marrant ! Alors je me suis dit : “C’est de ça dont mêmes, m’avaient appris le contraire : être différent. Et j’ai envie de faire partie”. C’était l’occasion de continuer ils voulaient me dire quels tricks faire, comment m’habildans cette idée, à un moment de ma vie où tout ce qui ler… […] J’ai toujours aimé faire de la courbe… J’étais m’intéresse, c’est ça, l’aspect “fun” du skate. J’ai fait pas censé passer pro avec un contest en Oregon, et juste mal de trucs, et je ne dirais pas que je suis très heureux avant, j’étais allé faire un contest de Vert’ à Toronto, avec Ils ont perdu le contrôle.

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« comment les marques d’energy drinks peuvent faire partie du skate ? » [Steve] Rocco. J’avais fini dernier et ils [Powell-Peralta – ndlr] n’avaient pas apprecié. “Nos riders ne finissent pas derniers !” Mais j’avais fait ça pour le fun, j’avais pas mal skaté, j’étais juste beaucoup tombé, je me souviens même que Chris Miller m’avait dit : “T’as déchiré !”, mes héros étaient à bloc que je fasse aussi de la Vert’ ! Ils voyaient que je skatais pour m’amuser… Pour moi, ça avait plus d’importance que la place à laquelle j’avais fini. Stacy n’avait pas apprecié que je fasse le contest, mais je m’en foutais. Mais plus le temps passait, plus ça empirait. Le plus marrant, c’est que quand ils sont revenus vers moi, l’année dernière, ils m’ont dit : “Voilà ce qu’on attend de toi : continue ce que tu fais, c’est ça qui nous intéresse”. C’est vraiment le meilleur truc que tu peux entendre d’un sponsor ! C’est Rocco qui est venu te parler, ou toi qui es allé le voir ?

C’est lui. Il avait tout planifié depuis le départ. Il voulait Natas Kaupas, Mark Gonzales et moi dans le même team. Déjà, en 87, au contest Savannah Slamma, il était arrivé et nous avait filé des fringues, (des t-shirts, casquettes et chaussettes UCLA) en nous demandant des les porter.

J’avais tout enfilé, et Stacy était arrivé : “Tu ne peux pas faire ça !”. Il m’avait fait les enlever mais Gonz les avait portées, et Natas n’avait pas fait le contest. Rocco nous voulait tous les trois. Ce qu’il a fini par avoir : Natas chez 101, Gonz avec Blind et moi chez World Industries. Ce n’était pas dans le même team, mais sous le même toit.

Est-ce que tu as des regrets ?

Il y a pas mal de choses que j’aurais fait différemment, mais je ne dirais pas des regrets. C’est un mot lourd de sens. J’ai toujours suivi mon cœur, peut-être parfois pas assez réfléchi, mais toujours agi par passion. C’est sûr qu’en 2001 par exemple, j’étais l’un des premiers à être sponsorisé par une marque de surf, un des premiers à avoir un sponsor d’energy drink, des trucs hors skate. Je me justifiais en disant : “ça me permet de continuer à faire ce que je veux, de faire la promotion du skate dans le monde !” J’aimais bien l’idée d’être un ambassadeur, j’avais des choses à dire, à offrir. Je me disais que tous ces sponsors me permettaient d’avoir plus d’impact. Mais aujourd’hui je me dis : “pour quoi faire ?”. J’ai toujours pensé que le skate était un truc créatif, une forme d’art plus expressive, mais ça devient un sport, et tout le monde, aujourd’hui, est sponsorisé par ces marques d’energy drinks ! Et tu en penses quoi ?

C’est difficile à dire. Je n’ai pas de sponsor d’energy drink, mais si quelqu’un m’offre beaucoup d’argent pour ça, il se peut que je dise oui. Mais honnêtement, je trouve ça horrible. Ca me rend presque malade, c’est vraiment de la merde ! Comment ces marques peuvent faire partie du skate ? On perd notre identité, on laisse d’autre gens s’en emparer. Ils mettent tellement d’argent, que je me demande souvent comment on faisait avant.

On faisait sans ! Et on avait de meilleures relations, on s’amusait plus… Mais ce n’est pas juste le skate, c’est toute la société en général, notre culture s’évapore. Ça devient quelque chose qui est contrôlé par quelqu’un d’autre. Et ce qui est magnifique, avec le skate, c’est qu’on a créé nous-même notre culture. Quand je vois ton magazine, je me dis : “Voilà comment on crée notre culture, c’est crucial, vital !” Mais il ne reste pas grand-chose de tout ça. […] La plupart des skateurs ont un sponsor d’energy drink, je ne les juge pas, les blame pas, je suis à la même place. J’ai une maison, des enfants, des factures à payer, et si c’est le seul moyen de gagner sa vie… Merde ! Mais il est possible que je dise non à ça aujourd’hui, parce que je suis plus en position de refuser, comparé à il y a dix ans, où je disais oui à tout en pensant : “C’est cool, je fonce !” World Industries, 1989 78 

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Photo et propos recueillis par Tura


Downtown showdown Texte par Fredd Photos par Tura & Davy Van Laere

Vous connaissez le principe, n’est-ce-pas ? Vans, une marque de chaussures qui utilise toujours un gaufrier pour mouler ses semelles, organise tous les ans un contest pour rendre hommage et donner de la visibilité aux marques de boards, sans oublier de mettre du logo Vans de partout parce qu’ils ne sont pas cinglés non plus. D’ailleurs, je les ai déjà cités deux fois alors que le texte n’a pas encore vraiment commencé. Ils sont bons les gars… Donc, pour en revenir au principe, les marques de boards invitées dessinent un module et s’il est jugé suffisamment créatif (et réalisable) par le comité de censure, béh ils le font. Cette année, c’est Cliché et deux marques anglaises aux noms très originaux : Death skateboard et Superdead, qui ont eu l’honneur de voir leurs croquis se transformer en véritables sculptures skatables. Ah oui, j’oublie presque l’essentiel, tout ceci se déroulait à Londres, une ville anglaise qui a vu naître le mouvement punk, et également un certain William Blake, poète de son état, mort en 1827 et qui n’a donc pas eu le temps de voir sa prestation dans « Dead Man », l’excellent film de Jim Jarmush. J’ai soudainement peur de m’éloigner un peu de notre sujet, le Downtown Showdown…Mesdames et messieurs, stupid white men, soyez les bienvenus à Londres pour un week-end de festivités et de skateboard de haut niveau, le tout fueled by des boissons énergisantes et bien d’autres encore.

Le Downtown Showdown est le genre de contest où nous autres, pseudo journalistes du skate, sommes invités et logés dans le confort d’hôtels luxueux et biens fréquentés. Évidemment, on adore ça, parce qu’on ne se prend pas pour de la merde d’une part, mais aussi parce que ça n’arrive pas si souvent. Par contre, je tiens à signaler que les fenêtres de notre chambre étaient condamnées « pour notre sécurité ». Dans les trains ou les avions, je comprends, c’est vrai que ça peut être dangereux, mais dans un hôtel, franchement… Autre surprise, personne ne nous avait prévenus, mon collègue et moi, qu’on finirait par se faire virer de nos lits par David Martelleur. En même temps on aurait pu s’en douter, vu que c’est pas la première fois que ça arrive, et que finalement, on ne va pas se voiler la face, on adore ça… Juste, si je puis me permettre un message personnel, Marto, au moment de payer les extras, merci de ne pas profiter de mon absence pour m’accuser, devant mon collègue, d’avoir fini le whisky dans le minibar… C’est chouette Londres, ça roule mal, mais c’est chouette. Fait curieux, sur 80 

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les murs de la ville, des photos d’Hugo Liard, Phil Zwijsen et Rob Smith sont placardés sur dix bons mètres de haut. C’est assez déroutant à première vue, mais pourquoi pas, si ça peut leur permettre de ramener des filles dans notre hôtel de luxe, je dis banco. Seulement, je ne crois même pas que ce fût le cas, donc finalement oui, à quoi bon ces gigantesques affiches ? L’événement se déroulait dans un superbe marché couvert de type Victorien, le Old Spitalfields market, dans lequel Steve Van Doren (le grand boss de Vans, fils du fondateur) avait choisi d’installer sa propre Pizzeria qu’il avait intelligemment appelée « Van Doren’s Pizza ». Déjà pour la première édition à Turin, il avait très pertinemment choisi d’installer un stand de gaufres (« Van Doren’s waffle », j’imagine). Pour les prochaines éditions, pour Paris par exemple, il pourra faire « Van Doren’s Fish & Chips », puis à Madrid, « Van Doren’s croissants », et à Stockholm, bien sûr, « Van Doren’s Tapas ». Ce ne sont que des suggestions M. Van Doren, mais pensez-y quand même.


Lucas Puig hurricane

Nassim Guammaz heel flip © DVL

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Danny Brady BS 180 nosegrind © DVL

Mais parlons un peu technique et donc des modules : Cliché’s « Tower bridge et, heu, l’autre pont là… »

Le module aurait franchement pu être fantastique s’il y avait eu de la vraie eau dans le trou. Un grand bassin en plexiglas aurait été du plus bel effet à notre avis (Jérémie Daclin qui avait dessiné le module est du même avis…), mais non, dans le trou il y avait juste du trou avec une pauvre planche sur le fond, sur laquelle était peinte une rivière en trompe l’œil en guise de Tamise… Un peu dommage donc, mais le grand avantage de cet obstacle est qu’il était le plus skatable par un grand nombre. Ce qui est simple est parfois ce qui fonctionne le mieux. À ce jeux-là, Danny Brady a été très bon. Très très bon. Il devait avoir toute sa famille dans le public parce qu’il a vraiment été épatant. Il a donc très logiquement gagné, suivi de près par Chris Oliver et Dallas Rockvam, mais ils sont un paquet à avoir bien skaté la chose, notamment Nassim Guammaz, Flo Mirtain, Phil Swijsen, Daniel Espinoza (oui, il était là), Barney Page (incroyable lui), etc. Même si je ne pense pas qu’ils avaient leur famille respective dans le public. Superdead’s « ye olde English pub »

Une bonne vielle taverne anglaise avec des tonneaux et tout le tintouin. En pratique, ça donnait surtout un gap avec un ledge sur le côté. C’était donc ambiance plongeon-balargue sur ce module, et c’est pas ce qui m’a le plus passionné pour être tout à fait franc. Je sais qu’il n’a pas fait l’unanimité, mais le drop de Rob Smith que vous avez sous les yeux, est ce que j’ai préféré sur ce module. Désolé d’avoir le mauvais goût de préférer ça aux cabrioles plus modernes et plus « dans le vent » mais hé, qui est-ce qui écrit cet article, vous ou moi ? Sinon, c’est Nassim Guammaz qui a 82 

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gagné « l’épreuve », devant Chris Pfanner et le chanteur de The Cure. Ils sont, encore une fois, un paquet à avoir bien skaté –je ne vais pas vous refaire le coup de la liste– et peut-être même à avoir mérité de gagner un petit quelque chose, mais hé, c’est la vie… Death skateboard’s « Ripper’s Alley »

Selon moi, c’est le module qui gagne, haut la main. Dan Cates, le grand zguègue de chez Death a décidé avec son module de rendre hommage à l’un des personnages anglais les plus célèbres dans le monde, non, pas Benny Hill : Jack L’Eventreur ! Alors bien sûr, c’était un infâme serial killer, réputé pour l’atrocité de ses crimes, mais hé, on a les héros qu’on mérite. Nous en ce moment on a Yannick Noah, Dani Boon et Mimi Mathy (source : jeanmarcmorandini.com) alors on ferait bien de ne pas trop la ramener non plus. Surtout que les Anglais nous détestent suffisamment comme ça, c’est pas la peine d’en rajouter. Pourtant on les aime bien les Anglais, ils nous font marrer. On ne comprend rien à ce qu’ils racontent avec leur accent à la con, mais ils nous font bien marrer. Ce module par exemple : une interprétation skatable de l’endroit où a été retrouvée la première victime de Jack the Ripper, Gunthorpe Street, agrémentée de répliques de mythiques spots londoniens, comme le Bank to Wall de South’s Bank, les défunts quarter pipes de Fenchurch Street et un plan incliné surmonté d’une flat barre inspirée du spot de Clapham Junction Station. Je dis bravo. Sauf que c’était pas vraiment le genre de module qui se skate à trente en même temps… C’était un bon bordel et franchement fatigant à regarder tous ces gars qui se rentraient dedans. Dommage. Il y a quand même eu de très bonnes choses de faites là-dessus, mais à l’heure qu’il est, vous avez certainement déjà vu la vidéo sur internet, et je me demande même pourquoi on se


Rob Smith death drop

Best teams 1. Antiz 2. Element Europe 3. Enjoi Europe 4. Superdead Module Death 1. Phil Zwijsen 2. Ben Raemers 3. Danny Brady Module Cliché 1. Danny Brady 2. Chris Oliver 3. Dallas Rockvam Module Superdead 1. Nassim Guammaz 2. Chris Pfanner 3. Rob Smith Meilleur pro Danny Brady Meilleur amateur Nassim Guammaz Prix Monster Florent Mirtain Meilleur squatteur David Martelleur

fatigue à mettre des photos de skate dans nos articles de contests de nos jours. On ne devrait plus mettre que des photos de Martelleur squattant notre chambre, ou des photos d’Hugo de 10 mètres de haut dans les rues… Merci Internet ! Bon allez, il est l’heure de conclure là, on a plus de place sur cette page. En y repensant, j’ai peut-être donné l’impression de dénigrer ce contest dans

mon texte, mais vous êtes de grandes filles maintenant, vous savez qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Le Downtown Showdown est un excellent événement, et cette édition était un très bon cru. En tout cas, on s’est bien marrés avec les collègues, on a même eu le temps de skater Stockwell (et de retourner le spot bien sûr), c’est juste bizarre ces gigantesques affiches d’Hugo, Phil et Rob dans les rues... limite monstrueux. soma 

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La guerre des escaliers Texte par Fredd Photos par Sergio Martin

Jart, fabricant de planches en bois d’arbre, a orchestré ce printemps une série de concours de saut de marches à travers l’Europe, le « Stair Wars ». Les meilleurs plongeurs de ce festival du balargage étaient réunis cet été pour une grande finale dans la petite et très jolie ville de Hondarribia, au Pays Basque. Je ne vais pas vous mentir, quand je suis monté dans ma voiture ce matinlà, à 5h00, j’ai eu un petit moment de doute. Je précise aussi qu’on était le samedi 30 juillet, soit le pire jour de l’année pour prendre la route…

Ce contest de marches valait-il vraiment la peine de se lever si tôt pour bouffer de l’autoroute pendant d’interminables heures, seul avec mon autoradio ? Si encore ça avait été un concours de wallies... Mais non, je venais de me lever aux aurores, pour aller voir un set de marches dans un gymnase, et tout un tas de champions que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’avant. Le problème, et c’est là que je fais plaisir à mon p’tit copain Sylvain Tognelli qui adore que j’en parle : j’avais accepté de faire juge à ce contest. Il fallait donc que j’y aille. Je laissais ainsi ma petite famille en vacances, je mettais une cassette de Starshouter dans mon Blaupunkt et je prenais la route sans broncher. Les juges étaient censés être les représentants des principaux mags européens. Ça ne me déplaisait pas que Soma ait été choisi pour « représenter » la France… Une fois sur place, je me suis rendu compte que j’étais le seul couillon à avoir fait le déplacement avec Alex Braza de Erosion magazine, qui habite à côté… Alain Goikoetxea était le troisième juge, et malgré son expertise aiguisée, on a pas mal galéré à essayer de comprendre ce que faisaient les gars sur les marches. On avait décidé de noter tous les tricks, pour

Christian Vannella fakie flip shifty

départager les gars à la fin, mais ça allait tellement vite que nos cerveaux n’arrivaient pas à décrypter ce qui se passait devant nos yeux. Les jeunes de nos jours… Ça, pour ce qui est du spectacle, on en a eu pour notre argent (et mes kilomètres). S’il y avait eu un titre pour le joueur le plus fair-play on n’aurait pas automatiquement pensé à Adrien Bulard, mais pour ce qui est de la performance purement sportive, on a bien été obligés de le faire gagner. C’était vraiment le meilleur. Voilà ce que j’ai noté sur ma feuille pour son « run » de finale : treflip / BS 360 / patapizza (360 shove-it)/ nollie flip / sw BS 180 / sw inward revert / nollie late flip / ? / sw BS heel / BS bigflip / nollie inward revert / sw FS flip, j’en ai sûrement loupé un ou deux, et vous remarquez qu’il y a a un « ? » signifiant que je n’ai même pas compris ce qu’il avait fait… Les deux autres à côté de moi avaient pas mal de « ? » sur leurs feuilles aussi… Christian Vannella et Fries Taillieu qui terminent deuxième et troisième méritent bien d’avoir au moins leur nom dans cet article, ils étaient vraiment balèzes, voilà qui est fait.

1. Adrien Bulard 2. Christian Vannella 3. Fries Taillieu 4. Alain Saavedra 5. Sébastien Simon 6. Julien Béchet Fries Taillieu flip BS noseblunt 84 

soma

Best trick Fries Taillieu


La maison ronde

Un skatepark en béton pour 39 jours ?

Ils ont mis le paquet, cette année, Nike. Une boîte de nuit transformée en spot publicitaire avec un skatepark en béton à l’arrière boutique, le tout à 200 mètres de la plage, à Anglet, sur la Côte Basque. Et une piscine, aussi. Enfin, elle était déjà là, elle… Le skatepark, par contre, a été construit en juin, sous les yeux plein de haine des voisins et à la Dès les premiers coups de pelleteuse, le voisinage, paniqué, a réagi et tenté grande surprise des locaux, plus de faire capoter le projet à coups de pétitions et d’articles dénonciateurs dans habitués à voir les budgets marles médias locaux. Une réaction somme toute assez classique et prévisible. keting partir dans le surf. Sauf Des discussions ont donc eu lieu avec la mairie, impuissante (l’endroit est qu’à l’heure où l’on boucle ce privé), qui s’est inévitablement posée la question : qu’allait devenir l’objet de magazine (que l’endroit est fermé toutes les discordances, une fois passé l’été ? depuis le 23 août), personne n’est Dans l’hypothèse où la chose pourrait rester, la première idée entendue fût de vraiment capable de nous dire ce le refiler à une association locale pour occuper les locaux et utiliser le park cette petite merveille va devenir. à bon escient. Une autre idée fût d’aller le déposer sur la grande dalle du Et c’est là où le bât blesse.

skatepark de La Barre, à quelques kilomètres de là…

Une chose est sûre : le park a été construit sur pilotis (pas posé directement sur le sol) afin de faciliter son démontage. Une éventualité donc connue dès le départ. Mais découper un skatepark en béton, le déplacer pour le remonter ailleurs tient plus de l’exploit que du réalisme, et nécessite des fonds que personne ne semble vouloir dépenser.

Texte par Tura Photos par Yoann Kim 86 

soma

Aujourd’hui (15 septembre), on attend encore les réponses à ces interrogations. Ce qui dérange dans cette histoire, c’est le côté ephémère, la vocation uniquement publicitaire de la Roundhouse, plutôt qu’une volonté de développer le skate sur le long terme dans la région…


Tim Zom crooked grind jusqu’en bas

JP Villa flip BS nose blunt

soma 

87


mini

Le vrac

© C.Corso

Old Man Army et pâté Henaff

Ayatollah de la verticale et du coping de pool, Jean Terrisse n’en reste pas moins un exemple à suivre. Toujours aussi motivé et enjoué après plus de trois décénnies de skateboard dans les pattes. Le voilà le jour de son 46ème anniversaire, célébrant l’événement comme il se doit dans l’un des pools les plus terrifiants au monde : le fameux « Holenite » à Aix-enProvence. Bon anniversaire, vieux ! - FD

Le coin lecture Un des buts qu’on s’était fixés quand on a démarré notre petite entreprise était, en plus de Soma, de publier des beaux livres. Quatre ans plus tard, on se rend compte qu’on en a publié à peu près zéro. Pas de quoi fanfaronner donc. Par contre, du côté de chez Cliché, qui ne sont pas à la base censés publier autre chose que du matos de skateboard, on peut dire qu’ils s’en sont donnés à cœur

joie, ils en sont à cinq bouquins dont un vrai mastodonte de 320 pages pour fêter leurs dix ans. Leur dernière publication est ce « Hand in Hand », un très beau recueil de photos de Fred Mortagne, un petit jeune de Lyon à qui Cliché a décidé de donner un coup de pouce. Les photos datent de leur récent trip en Israël (cf. Soma #22), où Fred était pour la première fois photographe, et non caméraman. Notons qu’il est assez rare qu’un photographe rentre de trip avec suffisamment de matière pour remplir un livre d’une centaine de pages… Pour un coup d’essai, on peut donc dire qu’il a fait fort, les photos sont superbes, en noir et blanc, du skate, des chats, des rabbins, des kalachnikovs... Il ira loin ce jeune. Alors voilà ce qu’on a décidé, pour pallier à notre incompétence et à défaut de publier des livres, on va vous en faire gagner. Trouvez les noms des cinq bouquins estampillés Cliché et vous en gagnerez trois, dont celui de Fred (non, pas le gros). Envoyez vos réponses sur carte postale à Soma, 13 rue de l’Isère 38000 Grenoble (N’oubliez pas de mettre votre adresse). Dix vainqueurs seront tirés au sort. Oui, ça fait trente livres à gagner, on est des dingues ! - FD Hand in Hand par Fred Mortagne (publié chez Cliché) 98 pages, dispo chez Vans, WeSC et avec la board Fred Mortagne à venir.


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Ce qui est visisble est dispo


L’interview rock & folk

Geoff Rowley

Au départ, je n’étais pas vraiment enchanté à l’idée d’aller interviewer Geoff Rowley… Il m’énervait un peu. C’était un peu con dans la mesure où je ne l’avais jamais rencontré, mais de ce qu’en j’en voyais dans les magazines et les vidéos, ça me crispait un peu. Trop d’attitude, trop « cool » pour moi… Et puis aussi, je ne savais pas trop quoi lui demander et puis j’avais mal dormi et bref, je le sentais pas trop, alors j’y suis vraiment allé à reculons. C’était à Londres, au Downtown Showdown, Vans nous proposait d’interviewer leurs champions et mon collègue avait choisi Rowley, juste pour moi, cadeau… Il m’a aussi trouvé une question bien foireuse, histoire que je passe bien pour un blaireau d’entrée de jeu (la question du fs flip, vous verrez…), merci bien. Mais au final, le p’tit gars de Liverpool s’est avéré fort sympathique, surtout quand je me suis mis à le questionner sur Motörhead…

Comment ça se passe ce contest, pas trop d’interviews ?

Non ça va, c’est cool. J’étais déjà venu à un contest ici quand j’étais gamin. Dans mes souvenirs, ce marché était gigantesque [le contest se déroule dans un vieux marché couvert de Londres]. C’est tout petit en fait…

Tu as souvent l’occasion de revenir en Angleterre ?

Oui, je viens environ deux à cinq fois par ans. Mais je vais plutôt du côté de Liverpool, pour voir mes vieux potes, ma famille. En général, je ne skate pas beaucoup quand je viens, mais sur ce trip c’est différent. Je suis venu avec Anthony Van Engelen, alors on a pas mal skaté. Il y a pas mal de bons spots en ce moment en Angleterre, si on sait où les trouver… On est parti de Liverpool justement, et on est descendu jusqu’ici [Londres]. On a skaté tous les jours, toute la journée, on est crevés… Il y a eu des émeutes à Liverpool aussi ?

Oui. C’est chaud à Liverpool en ce moment. Mais on est arrivé après la bataille… J’aurais bien aimé voir ça. Shooter un trick avec les émeutes dans l’arrière-plan… Comment se fait-il que le fs flip sur les containers de la pub Vans ne soit pas dans la vidéo Flip ? C’est pas rentré ?

C’est un fs 180. Pas un fs flip [c’est donc là que je passe pour un con. Merci David]. C’était impossible de faire flip ce jour-là, il y avait trop de vent. Les containers bougeaient, c’était vraiment sketchy. Je suis content de ne pas avoir fini en pièces, par terre. En effet, parlons un peu de Lemmy si tu veux bien. Comment l’as-tu rencontré ?

Je crois que son manager a appelé chez Flip il y a super longtemps. Pour nous dire que si on voulait aller voir Motörhead en concert on serait toujours les bienvenus. Il [le manager] aime le skateboard et je crois qu’il avait rencontré Rune, ou je ne sais plus comment ça s’est fait… En tout cas, c’est un bon Lemmy ! Il ne vient pas tout à fait de Liverpool, mais il venait souvent pour voir jouer Gerry and the Pacemakers, les Beatles… Donc la première fois que je lui ai parlé, c’était un peu comme si je parlais avec 92 

soma

mon oncle. Il me racontait des histoires sur John Lennon, comment que c’était un vrai dur, qu’il ne fallait pas le faire chier parce qu’il n’hésitait pas à cogner… Et comme c’était un super musicien. Ce genre de choses... C’est vraiment cool de parler avec lui, même s’il est beaucoup plus vieux que moi, on se comprend, tu vois ce que je veux dire ? Et il comprend quelque chose au skateboard ?

Il apprécie le skateboard. Il sait que c’est quelque chose de difficile qui demande beaucoup d’engagement et il respecte ça. Motörhead a toujours été un groupe intègre et fidèle à ses valeurs. Son attachement au rock’n’roll ressemble à notre attachement au skateboard. Il est conscient que d’une certaine manière, on fait la même chose… C’est pourquoi quand on veut faire des boards, des T-shirts en collaboration avec Motörhead, c’est toujours OK. On avait fait des pompes avec Vans aussi. Il est toujours partant pour ce genre de choses. J’ai toujours aimé et supporté Motörhead, je vais les voir jouer le plus souvent possible. Je vais le voir en backstage après, pour lui dire si c’était un bon show. C’est toujours un bon show.

Exact ! C’est toujours un bon show parce que c’est un VRAI show. Ils ne trichent pas et ils savent y faire… Quel est ton morceau préféré de Motörhead ?

Il y a cette chanson « I Don’t Believe a Word ». Un morceau lent avec des paroles sombres et profondes. Ce qui est amusant à propos de cette chanson, c’est qu’on m’avait déjà demandé une fois quel était mon morceau préféré, j’avais répondu celui-ci, et quand j’ai demandé à Lemmy quel était son morceau préféré, il se trouvait que c’était aussi celui-là. C’est vraiment une de ses meilleures chansons, il m’a dit qu’il l’avait écrite en une nuit. « Devils » est une bonne chanson aussi, très bonnes paroles là encore. « Red Rose » (« english rose » ?) une chanson récente, bonnes paroles… Il y a tellement de bons morceaux… J’ai lu quelque part qu’il avait écrit pour Ozzy.

Oui, il a écrit pour pas mal de groupes en fait. C’est un super bon auteur. C’est un bon Lemmy ! Propos recueillis par Fredd, photo par Davy Van Laere


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« Dans les rapports humains, [...] rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l’humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que les pinguoins. » - Romain Gary

Maxim Rosenbauer, tréflip to fakie Le Havre - photo : Tura


SOMA #25