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NUMÉRO TRENTE-QUATRE / YOLO !


REMY TAVIERA

THE CONVERSE CONS CTAS PRO SKATE WITH

TECHNOLOGY

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Nabil Slimani à Veyrier du Lac en Haute Savoie, avec un FS flip qui ferait plaisir au « Chief »… Photo : Sebastiano Bartoloni

SOMMAIRE

10 - Intro Deux mecs l’un sur l’autre ? Tout fout l’camp… 16 - La Jeune Pauliana Laffabrier – Une fille dans un bowl ? Tout fout l’camp…

18 - Le Vieux Cédric Achard

– Encore un qui pourrait moucher plus d’un jeune loup.

22 - Nozbone à Porto Ils n’ont peut-être pas filmé autant qu’ils auraient dû, mais ils se sont bien regoysh les mecs !

74 - Portugoons Les ouf-malades de CRV WKD (Carve Wicked) sont allés au Portugal eux-aussi, mais l’article n’est pas vraiment le même que celui de Nozbone… 84 - Minutia Parfois, la vie est injuste. 86 - Off The Wall Spring Classic

La compète de mini rampe à Varazze en Italie. Pas très Street League dans l’esprit…

32 - Sur la route Sam Partaix et la p’tite Ana, Bastien Duverdier, Joseph Biais, Victor Pellegrin, Loïc Benoît, Guillaume Perimony et notre pote Benny en road trip à travers les ÉtatsUnis de l’Amérique ! Motel 6, feux d’artifices et skate-tourisme au programme…

88 - Holenite Pool Dix choses que vous ne

48 - Le Tour Sans Fin #5 Mais ils s’ar-

Online ! Yolo !

rêtent jamais les mecs ? Bein, non. Encore une

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très bonne édition du world famous Tour Sans Fin en attendant la prochaine.

saviez pas sur le trou à Aix-en-Provence.

90 - Littérature Deux bouquins à lire pour

faire croire que vous n’êtes pas accro à Internet.

92 - Instagram or Die You Only Live 94 - Skatopia Pélerinage en Ohio.

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INTRO

Vous vous en êtes sûrement rendu compte, ou pas (auquel cas permettez- moi de vous féliciter), mais il y a eu les X-Games à Barcelone il n’y a pas très longtemps, avec retransmission en direct à la télé, commentaires sportifs et tout le tintouin. C’est le genre de chose qui peut sembler totalement surréaliste pour des gars de notre espèce (qui a dit "vieux cons" ?), mais il va falloir qu’on se fasse une raison, parce qu’on n’est qu’au début de l’aventure. Mais en même temps, pourquoi pas ? Si les gens veulent voir du skate à la télé sans jamais en faire, ça n’est pas vraiment notre problème. Et ça nous empêchera sûrement pas d’aller faire des slappies sur le parking de carrouf’ avec un pack de six et deux potes chômeurs. Là où ça risque d’être un peu folklo par contre, c’est que votre voisin, vous savez, celui qu’est sympa et qui ne loupe pas un match de la ligue des champions ? Celui qui connaît toutes les tactiques de jeux sans jamais décoller de son fauteuil… Et bien à force de lui présenter le Skate comme n’importe quel sport, il va finir par s’y intéresser. Il va même commencer à s’y connaître. Pour l’instant, ce n’est que le début, alors il n’ose pas encore trop la ramener. Mais sous peu, il pourra vous expliquer que Torey Pudwill est mille fois meilleur que Busenitz parce que hé, on la lui fait pas, il connaît ses stats… « Leo Romero ? Nul. Lucas Puig ? Pfff, même pas en équipe de France le mec, soyons sérieux… » D’un seul coup, vous allez le trouver nettement moins sympa l’voisin et vous aurez beau lui expliquer que le skate c’est 10

Sur cette photo finish on voit très bien que la victoire revient à Stéphane Boussac, qui devance nettement son compatriote, le malchanceux Joseph Garbaccio qui n’aura pas réussi à s’élever au-dessus du coping et qui devra donc se contenter de la seconde place. Un coup dur pour ce bosseur qui avait fait d’énormes sacrifices et travaillé très dur cette saison pour atteindre le plus haut niveau. Ce qui n’entache en rien la très belle performance de Boussac qui n’a pas volé sa victoire. Un champion est né ! Photo : Clément Le Gall

prendre la route avec les potes, camper, squatter chez des gens qu’on connaît à peine, skater un pauvre banc jusqu’au bout de la nuit juste parce que ça rigole bien… Votre voisin, il saura mieux que vous que le skate, c’est des points, des stats, de la stratégie, des pompom girls et pas toutes vos conneries de beatniks. Soyez donc les bienvenus dans un mag 100% rempli de conneries de beatniks, de trips au Portugal, aux U.S., dans le sud de la France… Et tout un tas de choses que même avec meilleure volonté du monde, vous ne pourrez jamais faire comprendre au voisin, à votre oncle, ou à votre kiné… -Fredd

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INTRODUCING THE

WITH


NUMERO 34

ABD ! Victor Pellegrin se permet de refaire le BS lipslide que Mike Carroll, vingt ans plus tôt, faisait dans Virtual Reality (1993). Il brûlera donc en enfer, à moins que les antiskates soient une circonstance atténuante ? Le prochain conseil des ayatollahs du skate statuera bientôt sur son sort. En attendant la fatwa, soyez les bienvenus en Nerdistan. Photo : Loïc Benoit

Directeur de la publication Fred Demard [fred@somaskate.com] Rédaction en chef Fred Demard & David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz Secrétaire de rédaction Valéry Blin Photographes Loïc Benoit / Alex Irvine / Vincent Coupeau / Clément Le Gall / Fred Ferand Alex Pires / Fabien Ponséro Soma est édité par Les éditions du garage SARL 13, rue de l’Isère 38000 Grenoble info@somaskate.com ISSN : 1959-2450

Imprimé en France. Toute reproduction, même partielle, publication, édition, ou sous n’importe quelle autre forme est interdite, sauf moyennant finances, bien entendu. Et la finance, c'est notre truc, on s'apprête d'ailleurs à introduire le mag en bourse, histoire de s'en foutre encore plus dans les fouilles... Liste de diffusion, informations, anciens numéros, vidéos, commentaires désabusés, publicités et autres blogueries... Tout est sur

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LA JEUNE

Photos par Fred Ferand

FS grind

Pauliana Laffabrier Âge : 22 ans Lieu de naissance : Langon Lieu de résidence actuel : Bordeaux Années de skate : 5 ans, j’ai commencé la courbe il y a

deux ans.

Que fais-tu de ta vie ? Je garde des enfants, je donne des

cours de skate et je fais parfois des photos & vidéos. Vidéos de référence : J’adore les vieilles vidéos Bones, Creature et Thrasher ! Première board : Ça compte une planche Spider-Man de chez Decathlon ? Où seras-tu et que feras-tu dans 15 ans ? J’espère être en forme sur ma planche à roulettes, ou je ne sais pas mais dans un bel endroit avec un joli pool et mes amis. Sponsor : Transfert Skateshop

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LE VIEUX

Photos par Fabien Ponséro

FS feeble

Cédric Achard

Âge : 35 ans Lieu de naissance : Montbrison (42) Lieu de résidence actuel : Lyon Années de skate : Ça fait déjà quelques années que je dis que ça fait

20 ans…

Vidéos de référence : Je dirais les 411 ou Bag of Suck, mais je n’ai pas vraiment de vidéo de référence. Skateurs de référence : Je sais pas quoi dire non plus, j’en ai pas vraiment ou alors y’en a plein… Jerry Hsu peut-être ? J’en sais rien… Première board : La première vraie c’était une SMA double tail, mais avant ça il y avait eu une Variflex achetée chez Intersport La Hutte à St Étienne. Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans ? J’étais dans la Loire et je skatais plus que je bossais, j’étais encore chez mes parents alors je faisais des petits boulots mais surtout, je skatais… Sponsors : ABS et encore Osiris… 18

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Photos par Alex Pires Texte par Sylvain Tognelli

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Nozbone, le skateshop parisien, a envoyé une bonne partie de son team à Porto l’automne dernier. Pas vraiment pour s’en débarrasser, mais plutôt pour filmer un maximum de clips pour la future vidéo du magasin avec un Ludo Azémar qu’ils connaissent tous très bien. L’équipe, composée de Kévin Rodrigues, Lisa Jacob, Vincent Touzery, Akim Chérif, Lionel Dominioni, Remy Taveira et Sylvain Tognelli avait donc pour unique mission de faire du skate devant l’objectif de Ludo, mais à quelques rares exceptions, il semblerait que la tâche ait été finalement au-delà de leurs forces. Snobisme ? Lassitude ? Simple oubli ? Vents violents ? Faute à pas de bol ? Difficile d’expliquer le phénomène d’enrayement qui s’est produit à moins d’avoir la version d’un des acteurs de ce qui n’est pas non plus un naufrage (les images de cet article sont là pour prouver qu’ils n’ont pas fait que se prélasser au soleil... oui bon, la photo de la page précédente est un mauvais exemple). Pas un naufrage donc, mais certainement pas non plus ce qu’imaginait Alexis, le proprio du shop, venu voir sur place comment se passait le tournage de cette vidéo. Heureusement pour nous tous, Sylvain Tognelli a su trouver les mots pour nous éclairer un peu, sans trop en dire non plus… -FD L’équipe Nozbone aurait pu être un modèle de la diversité française tel que le décrivaient les reporters de FR3 dans les années 90. Origines arabes, italiennes, cathos... tout est là. Il y a aussi un Grec aux commandes et même une fille, c’est pour dire ! Dans le tas, il y a au moins un Portuguais, et je crois bien que c’est grâce à lui qu’on a atteri à Porto. En bon modèle d’intégration républicaine, l’équipe partage les valeurs primordiales de la république française comme par exemple le pantalon à ourlet, un goût exacerbé pour les «creuquettes» et a même une histoire commune constituée des rumeurs et contes légendaires sur à peu près tous les skateurs parisiens depuis les années 70.

Lisa Jacob en proie aux vents violents, finiT par sortir victorieuse de ce No Comply 360° dans le sens plus difficile que l’autre.

Malgré mon manque de références locales et d’ourlets, je me suis senti bien acceuilli, si bien que j’en ai presque oublié de skater pendant ces dix jours à Porto. Il faut dire qu’entre les restaurants, les pasteis de nata, la proximité des spots de surf et la bonne humeur générale, il n’était pas toujours facile de trouver le temps de filmer un truc avec un Ludo déjà bien investi dans «Porto by night» et les «backpackeuses», et puis je venais aussi de me casser une main alors lâchez-moi un peu, oh ! 24

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Vincent Touzery arrive à fond les ballons pour survoler cette marche après un BS smith grind à toute berzingue.

Kevin (Rodrigues) essaie toute la journée des tricks impossibles avec plus ou moins de chance mais quand la caméra est sortie il ne lui reste plus que quelques essais avant de perdre le contrôle de son cerveau et de casser sa board afin d’abréger ses souffrances. Un des meilleurs moments du tour pour moi fût l’explosion silencieuse dans sa tête quand il s’est rendu compte qu’Alexis (le boss de Nozbone donc) le regardait et que casser la planche Nozbone de rechange qu’il venait de monter devant lui n’était pas très cool. Je crois qu’il l’a cassée quand même sous les yeux stupéfaits d’Alexis qui passait sa première journée sur un tour de skate, bienvenue ! Vincent (Touzery), moins impatient mais tout aussi incompréhensible que Kevin s’est bien «régoysh» (cherchez pas, c’est du language Blobys) à Porto, malgré un accident malheureux où il manqua de justesse de casser le poignet d’une serveuse en l’aidant à pousser des tables. Il a juste poussé un peu trop fort... Il peut aussi faire des tricks sans skate avec seulement deux escalators. Vincent et Kevin ont également en commun un dégoût pour les tricks à base de ollie, ils sont donc obligés de tout le temps trouver des alternatives, c’est fatiguant. Quand ils n’en peuvent plus, à la fin de la journée, ils vont tout droit dans les murs et ça marche aussi. Akim, qui comme moi avait remarqué la ressemblance de Porto avec San Francisco, s’est planté dans un downhill mais a refusé d’aller faire des «points américains» à l’hôpital. Pour des questions stratégiques, lui et Lionel sont seulement venus quelques jours nous rejoindre. Alex Pirès, le photographe, s’entraînait chaque nuit pour battre le record du monde d’apnée du sommeil. J’ai compté 87 secondes la seule nuit où il a eu le droit de dormir dans mon lit. Chaque fois il s’approche toujours plus de la mort scientifique, la lumière au bout du tunnel etc. J’espère qu’avant de nous laisser il aura le temps de finir son encyclopédie des rumeurs du skateboard, déjà bien entamée.

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Comme par hasard, on a casé les deux Portos sur la même page… Kevin Rodriguez, slob fast plant, un trick peu conventionnel dans la rue, en tout cas depuis 1989.

Lisa serait sans doute MVP du tour si on jouait au basket. Elle a filmé des clips presque chaque jour, skaté encore plus et a triomphé du BS no comply to fakie après une lutte acharnée contre le vent et la gravité. Vous l’aurez peut-être compris par toutes ces petites histoires, on a passé un bon moment à Porto grâce à Nozbone, les portugophones Rémi et Alex et surtout notre guide et ami Francisco qui a réussi à nous supporter pendant 10 jours. La vidéo ? Oui, oui, ça avance.

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รงa, c'est un bon moyen de faire une petite zipette dont vous nous direz des nouvelles... Remy Taveira, drop to fifty-fifty

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Texte et photos par Loïc Benoît

SUR LA ROUTE NYC à SF à la nage soma

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La traversée des États-Unis, on ne va pas se voiler la face, est un véritable mythe, même pour nous autres qui nous plaisons à dénigrer les rêves de monsieur tout-le-monde. On a beau se croire au-dessus de la masse, il fallait bien qu’on essaye nous aussi, au moins une fois, de se la jouer Kerouac sur la route, entre New York et San Francisco. Sous couvert de mission plus ou moins professionnelle (faire un article dans un mag de skate et des clips sur l’internet), nous nous sommes donc embarqués dans cette « aventure » qui en a fait rêver plus d’un avant nous. Ce qu’on voulait donc, c’était comme tout le monde, bouffer du hamburger, se faire des potes rednecks, jouer aux cowboys dans le désert, dormir dans des Motels, se brasser avec des security guards, se marier à Las Vegas, etc. Le rêve américain ! Et pour être sûr que tout se passe au mieux, nous avons porté une grande attention à ne réunir sur ce trip que des gens qui se détestaient vraiment, comme Sam Partaix et sa copine Ana, mais aussi Bastien Duverdier, Joseph Biais, Victor Pellegrin, le filmeur Guillaume Perimony, notre pote vacancier professionnel Benny et ma pomme… On avait tous rendez-vous à New York donc, sauf pour Joseph qui a fait sa princesse et nous a rejoints à Washington DC un peu plus tard. Nous avions deux berlines de location (impossible de louer un van pour la traversée du pays, allez comprendre !) et dans un éclair de lucidité assez rare, nous avons tout de suite pris deux Ricains en otage : Polo Roura (rien avoir avec le Roura du pays basque) filmeur de son état, ça aide pour les seconds angles et JZ, le boss de Natural Koncept, je vous laisse imaginer le gars… Une sorte de roi de tout : un système D sur pattes. Même s’il n’est resté que quatre jours en notre compagnie, il a tout donné pour que nous nous sentions « comme à la maison » ! Après NYC, on est partis skater Love Park à Philly. Sans Lil’Stevie et Oyola ça n’a pas la même saveur, mais c’est chouette quand même, et puis, à Philadelphie il y a aussi FDR, le Burnside de la côte est, et là, faut reconnaître que ça vaut le détour. Le skate-tourisme à son meilleur ! Ensuite, on est allé voir la capitale, Washington DC. Minor Threat, Fugazi, Bad Brains, et le Motel 6… On n’a pas fait long feu à vrai dire et après avoir refusé une invitation pour skater Detroit (faute de temps), nous sommes partis dans un état proche de l’Ohio et de la Virginie de l’Ouest, à Skatopia. 88 acres d’anarchie comme ils disent à très juste titre (voir l’article en fin de magazine) et où nous ne nous sommes ni fait brûler les voitures, ni même violer. Quelle déception, mais il faut reconnaître qu’encore une fois pour des raisons de planning, nous ne sommes restés qu’une journée… Nous n’avions en fait que dix jours pour 32

rejoindre Las Vegas et y déposer Bastien qui devait rentrer à Marseille pour accompagner Tommy Guerrero (et Seb Daurel et Fabien Tolosa) à la guitare dans un concert. Si j’étais lui, je n’hésiterai pas à me la raconter un peu… On a donc enchaîné les kilomètres en direction de San Francisco sans prendre le temps de nous retourner. On est passés par Louisville, Saint Louis, Kansas City, Denver et Las Vegas. Nous avons essuyé une tempête de neige pendant deux jours juste après Saint Louis, qui nous a suivi jusque dans les montagnes du Colorado. On a même failli louer du matos de snowboard pour aller rider… Mais deux jours plus tard nous étions à nouveau en short dans le désert et le lendemain dans une piscine à Vegas. Quatorze états visités (enfin je me comprends), 6700km avalés, 25 pleins d’essence effectués au total pour les 2 voitures, 3 parcs nationaux traversés, beaucoup trop de motel 6 visités, un seul contrôle de police, aucune blessure, seulement deux fêtes au compteur, peu d’embrouilles avec des vigiles, aucune avec la police, trop peu de repas avec des couverts et une assiette, un supermarché de feux d’artifices dévalisé… Un sans faute ! Soyez donc les bienvenus dans une sorte de carnet de voyages d’une bande de potes, partis sur leurs fidèles destriers pour une traversée de la première puissance mondiale, « coast to coast » comme on dit dans le jargon du routard.

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ça peut sembler un peu puérile voire même complètement con, mais on s’est bien marrés avec les pétards et les fumigènes dans ce désert de l’Utah à la limite du Colorado et de l’Arizona. L’endroit s’appelait « Mexican Hat » à cause d’un drôle de rocher plus ou moins en forme de Sombrero… C’est vraiment fou ces décors de Westerns, il manquait plus que John Wayne pour que la photo soit parfaite. John Wayne, et Bastien Duverdier, qui vous l’aurez remarqué, n’apparaît pas sur la photo, pour la « simple » et bonne raison qu’il avait dû rentrer en vitesse direction Marseille pour jouer de la guitare avec Tommy Guerrero (dans le cadre de « this is (not) music ») ! Rien que ça…

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Sam Partaix – BS Smith Grind Nous nous sommes arrêtés à Louisville dans le Kentucky le temps d’une longue après midi pensant y trouver « le plus grand et le meilleur skatepark de l’Amérique », imaginez un peu l’excitation générale… Sauf que ce n’était qu’une légende urbaine, une de plus. Il y avait bien un park, mais avec un revêtement affreux et qui ne valait franchement pas le détour. On a quand même trouvé quelques bons petits spots différents et photogéniques dans le même quartier, à l’image de ces petits bouts de béton rajoutés ici et là, donc au final, on n’a pas perdu notre journée !

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Joseph Biais – Axle stall En arrivant à Saint-Louis on a commencé par chercher le skateshop local via un smart-phone lui-même connecté à la wifi gratuite d’une chaine de fast food. Une technique qui a fait ses preuves. Et là, nous avons déboulé tous gagas de nos quatre heures en berlines de luxe, chez « No Coast » un vrai shop avec peu de matos et une mini rampe parfaite. Les gars nous proposent direct de skater leur spot fait main sous un pont et de dormir chez eux ! Nous avons passé les 48 heures les plus cool et les plus « au cœur de l’Amérique ». Saint Louis étant situé en plein centre des U.S. (d’ou le nom du shop), les skaters de là-bas sont un peu les oubliés du partage, ce qui fait d’eux des gars hyper sincères et « true » comme ils disent. Merci les gars !

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Bastien Duverdier – Slob Five-0 – FDR, Philadelphie Je peux vous dire qu’on en a bouffé du « park DIY sous le pont ». Bastien voulait absolument une photo de street pour cet article, mais il faudra qu’il se contente de ça, et vous aussi par la même occasion. Jouer de la guitare avec Tommy G et faire du street, il faut choisir…

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Joseph Biais – FS Nosepick On n’était pas vraiment partis aux Etats-Unis pour se la jouer fans de Johnny sur la road 66 en Harley Davidson, perfectos à franges et aigle royal dans le dos, surtout que la fameuse route n’existe plus depuis les années 80. Et puis la route commençait à Chicago et nous on est partis de NYC sans même passer par la ville d’Al Capone. Bref, aucun rapport avec la route 66, mais en allant à Las Vegas, au sud de Monument Valley, nous sommes quand même tombés sur un petit village entièrement dédié à la route mythique et là, on n’a pas pu s’empêcher de faire les touristes… Une fois le shopping dans les boutiques de souvenirs opéré, on a skaté un bon petit ditch pour déculpabiliser un peu…

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Victor Pellegrin – Kickflip – NYC ABD ou pas (perso j’en sais rien). Alex Olson l’a fait en frontside, ça c’est sûr, mais de toute façon, le Victor s’en fout. Il skate à fond, sans se poser de questions et il a bien raison. Je vous parle de ces histoires d’ « ABD » car tout au long de notre périple, le débat fut long et soutenu au sein des geeks de notre petit monde de la planche à roulettes. En tout cas Victor, t’as bien fait. T’as gagné une belle paru « NYC à mort » dans Soma !

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Jeff Rasp – ollie – Saint Louis Pour la petite histoire Jeff n’a sauté qu’une fois, il discutait là-haut avec son pote Zach qui voulait faire un drop complètement fou, puis d’un seul coup, il a sauté, sans prévenir personne... Heureusement que j’étais prêt avec mon appareil photo parce que je n’aurais pas osé lui demander de le refaire, étant donné qu’avec les cracks de partout dans le plan incliné, y’avait moyen de bien se défoncer. Zach lui, a essayé son drop pendant une heure. Le temps justement de bien se défoncer… Deux fois. Il droppait d’un truc de deux mêtres de haut, to fakie et il se mangeait le trottoir à deux mille à l’heure, en fakie… Si vous tapez 1 au 3618 sur le serveur de Soma on vous passera peut-être la séquence dans un numéro futur, ou sur le site ?

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Victor Pellegrin – BS lipslide to sugarcane – NYC « Balli ballo dans son berceau bandait déjà comme un taureau… » C’est ce que je chantais à ce passant perplexe, en prenant cette photo. Il ne comprenait rien mais semblait captivé par cette cascade de sport extrème sur fond de chanson française. Encore une photo bien « New York à mort » comme disait Victor, expression qu’il a répétée toute le semaine jusqu’à épuisement total. Si bien qu’il a failli se la faire tatouer sur le bras si nous n’étions pas intervenus…

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Sam Partaix – Lien air – Saint Louis Encore du spot fait main, mais pas sous un pont pour une fois ! Là, juste derrière la jersey barrière, c’est le périph de Saint Louis. Encore une belle session en compagnie de nos hôtes et guides sur Saint Louis, Zach et Jeff.

Ben Gonsolin AKA Ben de…Wall, Vans ou DC, selon les époques – Pivot to fakie à FDR Benny n’est pas officiellement champion de skateboard, c’est juste notre pote et il nous a accompagnés pendant notre périple (en vrai, c’est l’meilleur, mais faut pas le dire). Il est en plein tour du monde, il revenait de trois mois en Amérique du Sud, Pérou, Chili, Ile de Pâques, Galápagos et j’en passe… Il nous a rejoints à New-York pour faire la route avec nous jusqu’à S.F. et surtout pour faire pivot to fakie sur toutes les courbes qui croisaient son chemin…

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Photos par Tura Texte par Fredd

ĂŠPISODE 5

Marseille - Aix - Cannes Nice - Gap soma

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La dernière fois, le Tour Sans Fin était parti de Lyon pour venir mourir, après quelques vagabondages, au bord de l’eau, à Marseille. Il faisait presque beau, ça sentait plus ou moins le sable chaud et Julien Bénoliel s’était fait un devoir de nous accueillir dans sa ville comme si nous avions une quelconque importance. Du coup, on était restés deux jours sur place, ce qui est plus ou moins une hérésie, car selon les règles implicites du Tour Sans Fin, nous ne devons pas rester plus d’un jour au même endroit. Mais bon, à Marseille, le temps ne s’écoule pas forcément de la même manière qu’ailleurs. Quand il y fait beau, environ 364 jours par an, on se laisse facilement porter par les évènements. Vous avez vite fait de tomber sur untel qui connaît un spot in-cro-yable, (là-bas on dit "d’eng-cu-lé"), puis sur untel autre qui a un truc encore plus fou à vous montrer, et voire même sur Momo, légende locale, et là, avant que vous vous en soyez rendu compte, ça fait deux jours que vous êtes à Marseille. Il était donc évident que ce coup-ci, même si le rendez-vous était fixé à la gare St Charles, on ne se ferait pas avoir et il nous faudrait quitter les lieux au plus vite. Évidemment, vous l’aurez compris, on est restés deux jours de plus. Il faut dire qu’on a encore une fois été reçus en princes, et que ça foisonne de spots dans ce qui, quand même, est la deuxième plus grande ville de France. Mais qui y’avait-il donc dans notre équipe pour cette cinquième édition du TSF vous demandez-vous ? L’équipe technique tout d’abord, as known as : "les vieux", avec Tura à la photo, Paulo Labadie à la vidéo et oim en coupeur de citrons/chauffeur. Puis les jeunes : Guillaume Caracciolli, ItaloCorse de Paris, Jonathan Thijs, Belge néerlandophone imposé par Phil Zwijsen, Pierre Hoarau, Marseillais pur jus, Guillaume Mocquin, mec de droite mais sympa, puis Oscar Candon qu’on n’invite même plus mais qui sait toujours où nous trouver et finalement, Phil Zwijsen qui ne devait pas venir mais qui nous a prévenus juste avant le départ qu’en fait si, il avait prévu de venir… Le TSF victime de son succès ? Un peu, et c’est tant mieux parce que c’est des bons les mecs ! 48

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Dans l’ordre : Pierrot, Mocquin, Jonathan Thijs (prononcez "tess"), Phil Z, Oscar et Guillaume Caraccioli qui a évité le mohawk pour raisons professionnelles.

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Lundi 8 avril - Marseille Avec Tura, on s’est levés dès potron-minet pour

aller chercher notre rutilant Trafic rallongé à l’agence de location, puis nous sommes partis sur la route du soleil, laissant derrière nous femmes, enfants et montagnes enneigées. Depuis Grenoble, il faut compter environ le temps d’écouter cinq fois le même CD en boucle et de le jeter parce qu’on en peut plus. Arrivés les premiers, on a eu le temps de visiter le futur shop de Momo, « Bud Marseille », à la Friche, juste à côté du skatepark et du mini-pool en béton que P’tit Ju Bénoliel était en train de construire. Puis on est allés chercher Guillaume au saut du train, puis Phil (équipé d’une superbe crête d’Iroquois) et Paulo (qui est arrivé avec son snowboard... sans dec’), puis Jonathan, puis Oscar. Mais pas Pierre, le seul Marseillais de la bande, qui n’est apparu que le lendemain (l’avait pas réussi à se lever). Mocquin, c’était prévu, nous rejoindrait plus tard. Presque tout le monde était donc là, et ce bon vieux Colin Bonino, épaulé par ses potes Louis et Antoine, s’est proposé pour notre premier jour de nous montrer deux ou trois spots de derrière les fagots. Ne nous voilons pas la face, la journée fut ultra productive. Et c’est à ce moment-là, que je commence à raconter nos aventures au présent, parce que c’est plus vivant, plus palpitant, plus au présent quoi. Ça commence donc dans les grands plans inclinés de la gare St Charles, avec les cailleras du coin qui expliquent à Oscar comment rentrer son trick et que s’il le rentre pas, ils le défoncent ! Puis on va à la mairie (où on est d’ailleurs tombés sur le p’tit Alex Richard et Grilladin de chez Trauma), puis dans le quartier du Panier et enfin, retour à la case départ, le street-park de la Friche. Mais à force de skater, la nuit finit par tomber alors on laisse les jeunes chez Juliette et nous, « l’équipe technique » on part dormir chez nos hôtes, Guillaume, Charlotte et leur chat. C’est bien de commencer par une journée super productive, ça permet d’envisager la suite plus sereinement…

Mardi 9 - Marseille Le lendemain matin, on récupère les jeunes avec

des Mohawks sur la tête (sauf Guillaume qui s’est dégonflé) et on est tellement sereins qu’on loupe notre rendez-vous au bowl du Prado avec une bande de mecs dont les âges cumulés culminent au-dessus de la barre des 100 ans. Pourtant, ils ne sont que deux : Jean Terrisse et Dominique Bacconnier. On les a loupés de peu ce qui est toujours dommage, mais comme on doit les revoir le lendemain ça n’est pas catastrophique non plus. Enfin… avec le Tour Sans Fin, on ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain, ça ne sert à rien de prévoir quoi que ce soit, tout se décidant au jour le jour… Bref, à la place des deux vieux, il y a un jeune homme équipé de dreadlocks, d’une 50

nonchalance à toute épreuve, et qui du haut de ses quinze ans nous a bien fait rêver. Rémi Walker qu’il s’appelle, attention à lui, s’il est encore là dans quatre ou cinq ans, il va faire très mal. On a aussi droit à la présence de Pierre Hoareau, qui a finalement réussi à se lever... En bon techos marseillais, il commence par tuer le bowl puis il nous traîne un peu plus loin, sur le spot des covers de Sugar™ : les plans inclinés en étages un peu bizarres en bord de plage. Z’ont fait deux couv’ sur le même spot (Arthur Derrien #131 & Gauthier Rouger #141). On essaye d’en shooter une nous aussi du coup, mais rien à faire, je ne suis pas en forme aujourd’hui, désolé… Il fait tellement beau que le p’tit Alex (Richard) se baigne en caleçon imprimé « feuille de cannabis » puis Grilladin et lui nous quittent pour de bon. En même temps, ils n’étaient pas invités les mecs, allez hop, foutez l’camp les gitans ! La session sur le spot de Sugar ne donnant rien, on commence à sérieusement penser à aller en Corse, non vraiment, mais finalement, on va aux « Archives », un quartier d’affaires, tout neuf, tout propre, avec deux grands plans inclinés à dropper. Un super chaud, et l’autre un peu moins. On laisse le super chaud tranquille et Guillaume fait switch FS flip sur l���autre, tandis que Phil l’assomme en flip, sw flip, fakie flip (cf. photo), half cab flip et 360° flip... Bref, encore une journée incroyablement productive. Qu’est-ce qu’on fait ? On reste à Marseille ? Allez, on reste dormir (merci encore Juliette, Charlotte et Guillaume), on verra bien ce qu’on fait demain…

Mercredi 10 - Aix Réveil à Marseille, encore une fois… Ras le bol

de ces gens sympathiques, ce coup-ci, il faut vraiment qu’on mette les voiles. « Allez les mecs, on récupère Mocquin et p’tit Ju à la Friche, et à nous l’aventure ! On va où au fait ? Aix-en-Provence ? Ok, on est des dingues… » Et paf, 30 km au compteur, même pas peur. Bon là, niveau productivité, ça se calme un peu. C’est beau Aix, les filles sont jolies, tout ça… Rien à re-dire de ce côté-là. Mais les rues sont bondées de monde et au niveau des spots, malgré nos deux guides locaux (Wissam et Hugo, merci les gars !) on ne trouve pas vraiment notre bonheur. Quoique, en y repensant, Jonathan a fait un beau flip front par dessus un rail et Phil s’est lancé dans une mission suicide sur un drop où toute erreur était juste impossible. Mais la vraie action du jour, c’est la visite à Dominique Baconnier et surtout à son Pool qu’il a au fond du jardin. Le Holenite pool (voir page 88). Un monstre qu’il a construit dans les années 70 (pas tout seul hein…) et qui a vu débouler le team Alva tout cuir et dreadlocks dehors et BBC (avec Jeff Phillips) dans les années 80. Bref, un vrai spot de légende. On entendait parler de ce truc

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Marseille

« Tu devrais aller un peu plus vite et mettre ton pied comme ça… De toute façon, si t’y arrives pas, on te défonce ! » C’est toujours bien de se sentir soutenu par les cailleras du coin… Jonathan Thijs fait connaissance avec les coutumes marseillaises pour son premier jour de Tour Sans Fin. Heelflip à la gare St Charles.

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Pierre Hoarau, frais comme un gardon, en FS half cab nose manual dans le bowl o첫 il a appris le skateboard.

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Phil Zwijsen s’est invité de force dans le tour, mais il n’est pas venu pour beurrer des sandwichs non plus. Il a quasiment vidé son sac de tricks sur ce spot, c’était limite obscène. Switch flip, entre autres… Marseille.

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depuis toujours mais on n’y avait jamais mis les pieds. C’est donc avec une vraie excitation qu’on suit Jean Terrisse sur le chemin de terre qui mène chez Dominique. On est aussi excités parce qu’on a mis Slayer à 11 sur le poste et que tout le monde hurle Silent Scream à tue tête dans l’camtar (oui, c’est un oxymore). Une fois sur place, on découvre un pool repeint à neuf, tout blanc et rose, il est magnifique, le soleil se couche en arrière plan, les oiseaux gazouillent, tout le monde a le sourire, c’est bien simple, j’ai cru que j’allais pleurer… On est surexcités donc, mais on hésite quand même à plonger dans le trou. 3,5 mètres de profondeur avec un mètre de vert' et un plat quasi inexistant, c’est vraiment très, très rad. Quand on tombe ça fait forcément mal et on est même pas sûr de réussir à remonter… Et j’exagère à peine. Mocquin, lui, ça l’impressionne pas tant que ça, puisqu’il fait Acid drop direct et skate le truc comme peu l’ont fait. Il est vraiment incroyable quand il veut… Puis les deux vieux finissent de mettre leurs protecs et là c’est la claque. Ils te skatent le truc comme si c’était un trottoir à slappy… Franchement balèzes ! Bravo les vieux. Même Tura et Paulo, les mecs du street, se surprennent à essayer de carver. Mais à 22h tout le monde doit quitter les lieux parce que les chasseurs du coin ont organisé une grande battue pour zigouiller un troupeau de sangliers qui ravagent les environs depuis quelques semaines. On aime bien Slayer et tout le folklore qui va avec, mais de là à affronter une bande de chasseurs après l’heure de l’apéro (et du digestif), faut pas déconner non plus. Parce que… y’a l’bon chasseur, puis y’a l’mauvais… Allez, on saute donc dans le Trafic, on dépose P’tit Ju en ville et on file direction Cannes, chez BT, le pote de Mocquin qui se propose (lui a t-on vraiment laissé le choix ?) de nous héberger tous les neuf chez lui. Deux heures de karaoké-bières en Van plus tard, et BT nous accueille avec le sourire. Il loge la bande de délinquants dans sa salle de billard/baby-foot, et les deux plus vieux (Tura et moi) dans la chambre de sa fille de deux ans, qui elle, est envoyée dormir avec Papa… Accueil princier encore une fois, mais le mérite-t-on vraiment ? Pas sûr.

Jeudi 11 – Cannes P’tit déj au soleil, sur la terrasse, avec vue sur

la mer, quand il pleut partout ailleurs en France, ça fait toujours plaisir. On traîne un peu, puis on file en ville. Mocquin est sur son territoire, et on sent qu’il a un peu la pression. Il nous fait la visite du skatepark en métal du coin qu’il semble connaître absolument par cœur, puis de son skateshop "Papatorro", très belle boutique, belle sélection, associé sympathique… et on va manger au meilleur Kebab de la ville en regardant le dernier Tarantino. Ensuite c’est parti pour l’exploration de la ville avec les locaux Florent Tourde 56

(Le Jeune du #33) et Steven Faure. Cruising sur la croisette, le Carlton, le palais des expositions, les vieux cons (très cons), les voitures de sport… On a droit à toute la carte postale. Par contre, on a beau être à Cannes, les spots sont plutôt ghetto. Le switch FS ollie d’Oscar sur le street gap (cf. photo) se fait sous la menace du voisinage d’appeler l’armée, et le switch ollie par dessus le rail de Florent était franchement suicidaire. On ne se rend pas bien compte sur la photo mais c’est vraiment chaud bouillant, on a tous eu peur pour lui et pour la Smart garée en face, mais ils s’en sortent tous deux indemnes. Jonathan essaye heelflip sur le même spot mais renonce avant de se faire mal. C’est un bon ce Jonathan Thjis d’ailleurs, content que Phil nous l’ait mis dans les pattes. Le dernier spot est celui du Five-0 to fakie de Pierre, vous le verrez dans la vidéo, c’était bien tendu aussi (et oui, lui aussi c’est un bon !). Le soir on va boire des coups sagement parce qu’on n’est pas là pour faire la fête, puis on va voir BT à son atelier. Il avait un skatepark couvert avant et c’est lui qui fait les modules "Vendetta", bref, il a un gros atelier et avec ses potes ils en sont à l’apéro, il n’est que minuit en même temps… Du coup on reste un peu. Les jeunes peaufinent leur coupes de punks, Pierrot se fait une mohawk lui aussi et Mocquin se fait « graver » un 13 dans les cheveux… « p’tite dédicace à Ju » (Bénoliel) resté à Marseille finir son mini-pool. La nuit qui suit est un peu mouvementée, Pierrot commence à bien être à l’aise avec nous j’ai l’impression…

Vendredi 12 – Nice Assez squatté chez BT, on essaye de remettre de

l’ordre dans la salle de jeux/dortoir où il y a eu une sorte de tempête la nuit dernière, et on file à Nice. Et là, comme dirait Renaud, c’est l’début d’la côte d’usure… On réalise que finalement, Mocquin ne connaît pas les spots de sa propre ville parce qu’il est tout le temps fourré à Cannes (sauf un spot mystérieux qu’il n’a pas voulu nous montrer parce qu’il se le garde pour la vidéo Element…) et à part aller au spot hyper connu de l’Arenas on ne trouve pas grand chose à faire. Du coup, et c’est pas plus mal, on skatouille le curb et on fait du flat. Puis Phil, qui n’est pas là pour enfiler des perles saute quand même le gros rail en FS 180 et finalement, Jonathan se trouve un ledge à son goût. Il fait 50-50 et Five-0 direct et nous demande ce qu’on préfère : nosegrind ou tailslide bigspin ? Tout le monde gueule « nosegrind » en chœur et il s’y colle sans broncher. Premier essai presque rentré, deuxième aussi, c’est sûr c’est pour le troisième. C’est là, évidemment, que le vigile arrive en nous expliquant gentiment qu’on ne peut pas rester. Mais le gars est cool, il faisait du roller avant, alors il octroie un essai supplémentaire à Jonathan. Mocquin discute avec le vigile, « t’inquiète pas, il sait ce qu’il fait, il [suite pge 58]

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e C N e V O r P aiX-eN

En se promenant dans les rues bondées d’Aix-en-Provence, on est tombés sur ce rail. Jonathan Thijs l’a FS flippé en quelques essais, puis on a repris notre route.

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C’était vraiment chaud ce ollie à Aixen-Provence. Phil Zwijsen retombe sur le plat au milieu du ledge ce qui fait un bon drop avec tout un tas de possibilités pour se défoncer…

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Après quelques zipettes et autant de bonnes frayeurs, Guillaume Caraccioli valide ce gap to nose grind sur un spot de dernière minute à Aix, sous la surveillance des bourgeois du quartier...

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Selon les dires même du proprio et de Jean Terrisse, le Holenite pool n’avait pas été skaté comme ça depuis les années 80. Rien que ça ! Il est bon ce Guillaume Mocquin, et il a tout fait ce soir-là, et notamment ce Miller flip.

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va pas se tuer », Jonathan s’élance, se cale en nosegrind, bloque direct, vole sur trois mètres et se défonce sur le trottoir qui doit encore s’en souvenir… On s’imagine tous à l’hôpital, mais finalement tout va bien. Costaud le gars ! Ce soir Jonathan nous a trouvé un squat chez le proprio du skateshop qui le sponsorise en Belgique. Le gars a une baraque vers Nice et il veut bien de nous pour la nuit, mais pour l’heure, Mocquin nous fait la visite du vieux Nice, et on se fait la traditionnelle pizzeria de fin de tour. Tout le monde est crevé, ce ne sera pas la fête ce soir, c’est bien de se poser de temps en temps… On laisse Mocquin chez lui, on lui dit à la prochaine fois et on file vers notre « squat ». En fait, c’est une méchante villa et on réalise que Patrick et sa femme nous attendaient quatre heures plus tôt pour le BBQ et la partie de pétanque… Mais là, il est une heure du mat’ et tout le monde va se coucher dans un bon lit, sauf Jonathan qui dort par terre… La grande classe !

Samedi 13 - Le Ditch / Gap Pas rancuniers, le lendemain matin, nos hôtes

nous ont préparé un p’tit déj’ continental sur la terrasse et Patrick se propose de déposer Phil à l’aéroport pour nous éviter de faire un détour… Si vous passez par Louvain (à côté de Bruxelles) un de ces quatre, allez acheter un truc chez Twits skateshop, n’importe quoi, une board, de la wax, un Soma gratuit, ce que vous voulez, mais dites bonjour (et merci) de notre part.

se jeter après sa boîte de la veille… Le spot est cool mais c’est vraiment engagé, y’a moyen de vraiment se faire très mal… Et puis de toute façon, Tura n’en peut plus de stresser de finir au poste, alors on décide de filer à Gap. On shoote la photo d’intro de l’article en partant du spot, ce qui nous cause quelques bonnes barres de rire et finit de mettre notre touche déco au Trafic tout neuf… À Gap, on file vers le spot de l’hôpital, où Guillaume, totalement déshinibé rend hommage à Flo Mirtain en BS smith sur son spot et Pierrot fait de la cascade juste à côté. Je vous laisse découvrir la chose sur la vidéo. Ce coup-ci, on a vraiment le sentiment d’avoir fini, on reprend la route pour Grenoble et en passant le col Bayard, on voit un gros patch de neige dans un champ, juste au bord de la route. Ça avait été la blague toute la semaine, dès qu’on ouvrait le coffre on demandait à Paulo s’il voulait prendre son snowboard. Alors là, son sang ne fait qu’un tour, il enfile direct ses bottes et l’on part faire une petite bosse pour faire des stalefishs pendant que les autres essayent de faire du snowskate avec une board sans truck. Ça nous permet à tous de remonter dans le camion tout boueux et trempés, mais surtout de clore la semaine en beauté. Si le Tour Sans Fin nous a appris quelque chose, c’est que l’hospitalité existe toujours dans le skateboard, et surtout qu’il faut toujours prendre un snowboard en trip, on ne sait jamais !

Que les choses soient claires, à ce moment-là, dans nos esprits, le tour est plus ou moins terminé. Phil et Mocquin ne sont plus là et on pense « avoir fait le job ». La mission est juste de rejoindre Gap au plus vite, y faire une photo et filmer un trick pour montrer qu’on y est allés, pour pouvoir repartir de là, la prochaine fois. Sauf que, alors qu’on est tranquillement en train de chanter tous en choeur dans l’van, sur l’autoroute, tout le monde se met à hurler en découvrant un ditch incroyable avec des plans inclinés, des courbes, des tables comme sur un snowpark… Bien sûr, on prend la première sortie, mais on n’y croit pas encore tout à fait. De ce qu’on en a vu, le spot est une centrale hydro-électrique et on se dit qu’il doit y avoir un minimum de surveillance. Mais c’est le week-end et le spot est désert, lisse comme un cul de bébé. C’est juste complètement parfait, irréel presque. Guillaume n’avait pas eu beaucoup de chance niveau tricks depuis le début de la semaine. Il avait fait quelques bons trucs le premier jour à Marseille, mais on le soupçonnait d’être un peu impressionné par Phil, qui, il faut bien le reconnaître, a skaté comme un ouf pendant toute la semaine. Du coup là, avec un peu moins de pression et surtout un spot complètement dingue à disposition, il nous sort un ollie aux proportions X-Gamesques qui fait bien plaisir… Oscar fait un five-0 avec drop inclus, Pierre fait du tech et Jonathan n’ose plus vraiment 62

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CaNNes

Le switch ollie de tous les dangers, rentré comme un champion par Florent Tourde à Cannes. Aucune Smart n’a été blessée lors de cette cascade…

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C’est un bon ce Pierre Hoarau, il nous a bien fait marrer. Après avoir rentré ce Five-o to fakie à Cannes il a voulu le refaire en line et il s’est mis une méchante tarte en s’embrouillant les pinceaux avec Paulo qui le suivait avec la caméra. Mais en bon professionnel, il l’a refait encore une fois. Quel talent !

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Oscar Candon avait une cheville flinguée alors il ne pouvait skater qu’en switch. Switch ollie 180 donc, à Cannes et sous l’œil des commerçants excédés.

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NiCe

À défaut de nous montrer le spot secret qu’il s’était mis sous le coude pour plus tard, Mocquin nous a traînés à ce fameux spot de Nice. On a donc fait du flat, Jonathan s’est défoncé et Phil Z. a fait de la cascade. FS 180 par-dessus le rail.

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On a fait un détour par l’Arizona, pour y skater un ditch fantastique, fraîchement refait à neuf. À moins que ce ne soit quelque part dans le sud de la Fance ? Guillaume Caraccioli y a fait ce (très) gros ollie et on était super contents de notre trouvaille. La semaine d’après, les gars d’Element qui avaient vu notre photo du spot sur Instagram ont voulu y aller eux aussi. Sauf qu’ils ont fait ça en semaine et qu’ils se sont fait virer par un gars de la centrale électrique. Normal. Le gars venu les mettre dehors était en panique, il leur a expliqué que quand l’eau arrive dans le ditch, elle déboule avec la puissance d’un Tsunami. Les gros blocs de béton sont là pour casser et orienter la vague qui se dirige ensuite sur de grosses turbines qui produisent de l’électricité. En gros, on a vraiment failli mourir, mais on l’a fait avec le sourire. Maintenant qu’on sait à quoi on a échappé, on fait tous de beaux cauchemars, merci. Bref, si vous voulez rester en vie, n’y allez pas ! Laissez-nous, s’il vous plait, le monopole de l’inconscience et de l’irresponsabilité...

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Comme vous pourrez le voir sur la vidéo, le FS five-o est un peu timide, mais le drop qui suit ne l’est pas du tout… Y’avait moyen de se faire de belles pizzas mais Oscar Candon, encore une fois, s’en sort comme un champion !

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GaP

Il y a une sorte de loi secrète dans le monde du skate « professionnel » qui interdit de refaire sur un même spot, un trick qui a déjà été fait. Sauf que nous, les règles, vous savez où on se les met ? Guillaume Caraccioli rend donc hommage à Flo Mirtain avec ce BS smith au spot de l’hôpital à Gap. La ville d’où repartira le Tour Sans Fin en août prochain.

Merci ! Marseille : Guillaume, charlotte, Juliette, Momo, P’tit Ju, colin, Louis & Antoine (etc.) Aix : Jean, Dominique, Wissam et Hugo. Cannes : BT, Élodie, la p’tite Kim, Florent Tourde, Steven et Papatoro. Nice : Patrick et sa femme.

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Rob Smith aime bien les trucs dangereux et un peu cons, comme ce drop avec des pièges à l’arrivée. Sol de travers, plaque d’égout, muret affuté… Impéccable !

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Texte par James Vooght Photos par Alex Irvine Illustrations "The Ring" par Lewis Brownlie

PORTU GOONS Carve Wicked au Portugal soma

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Avertissement : CRV-WKD (Carve Wicked) est une bande de gars qui skatent plutôt très bien et plutôt bruyants, principalement britanniques, mais pas uniquement. Leur ambassadeur en France s’appelle Julien Bénoliel et représente assez bien l’esprit de ce, euh… truc. Une bonne partie de la bande est allée au Portugal au printemps et une chose est sûre, le Portugal s’en souvient encore.

Il n’y avait jamais vraiment eu de trip Carve Wicked à proprement parler. On en avait évoqué et fantasmé la possibilité bien des fois, mais en général, on se contentait de détourner (et saborder) les tournées marketing de respectables sociétés qui n’en demandaient pas tant. On arrivait, on gueulait « Carve Wicked » ou tout autre slogan associé, plus fort que tout le monde, on forçait des gens qu’on ne connaissait pas vraiment à faire des gang signs Carve Wicked pour Instagram, on se bourrait la gueule, exaspérions les gens, skations un peu et c’était du bon marketing en ce qui nous concernait… C’est une formule qui a fait ses preuves depuis le début. Les gens semblent apprécier, ou pas, mais de toute façon, ils nous disent qu’ils aiment pour nous voir disparaître. C'est différent et les gens semblent apprécier la différence. Donc voilà, vous avez sous les yeux la première d’une longue série (espérons-le) d’excursions marketing indépendantes pour Carve Wicked… Lisbonne en mars semblait être une excellente idée, je me souviens avoir promis à tout le monde dans un e-mail, « soleil permanent et spots à la pelle ». Quand on a commencé à regarder les prévisions météo durant la semaine précédant le départ et vu que sept jours de pluie soutenue nous attendaient, mes promesses battaient un peu de l’aile, mais on n’allait pas se laisser abattre. Et puis, évidemment que tout irait pour le mieux, c’est un trip Carve Wicked, bordel ! Rien ne pourrait se mettre en travers de notre route. Allez moussaillon, monte à bord, ça va bien se passer. En arrivant à Lisbonne, nous fûmes ravis d’apprendre que notre réservation pour le van avait été annulée. Bien sûr, personne n’avait trouvé judicieux de nous informer de ce changement de programme. Nous allions donc devoir nous entasser dans les trois plus petites voitures du catalogue que la société de location, à contrecoeur, a bien voulu nous fournir. J’imagine que si nos sacs avaient été remplis de fers 9 et de putters au lieu de planches à roulettes, nous aurions eu plus de chance dans l’octroiement de véhicules plus grands et plus pratiques. Ce qui nous aurait par là-même occasion coûté bien moins cher en péage et en carburant… Le plus difficile dans l’organisation de ce trip avec les gros légumes de chez Carve Wicked fût de réunir le team. On aurait pu remplir dix petites voitures si on les avait tous eus ! Mais à cause des agendas surbookés de M. Way et de notre pote Shecks, on a dû se rabattre sur la division européenne de l’équipe. Ils sont venus des Pays-Bas, de Suède, de France pour rejoindre un groupe principalement britannique. Un de nos frères américains a également pointé le bout de son nez, mais je ne me souviens pas vraiment l’avoir vu durant les journées et beaucoup trop pendant les nuits. Oh, et on pense toujours que Rune va venir… Mais peut-être qu’il s’est trompé dans les dates ? Une chose qui peut ne pas avoir été très claire pour tout le monde dans notre troupe intercontinentale, c'est que nous n’allions pas loger à Lisbonne mais à 74

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Rien que s’asseoir sur ce truc pour regarder la session ça doit faire flipper… Sam Beckett, FS nosepick.

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cinquante bornes de là, dans ce qui s'est avéré être une incroyable maison de cinq chambres, avec piscine à l'arrière (qui a permis à 90% de l'équipage d’attraper un rhume), et une salle baby-foot/billard en bas, pour qu’on puisse perdre de l’argent entre nous. Le tout dans une résidence de vacances hors saison donc déserte. La raison pour laquelle notre choix s’est porté sur ce type de résidence était que ça allait nous permettre d’être plus productif. Éloigner les troupes des distractions nocturnes qu’une grande ville pouvait offrir et donc limiter les risques de se retrouver à six heures tous les matins à draguer les filles en gueulant des obscénités dans la rue, ne pouvait être qu’une bonne idée… Sauf que ce plan de maître avait ses failles, et Rob Smith, par exemple, en était une bonne. Être loin de la ville n’allait pas empêcher les gars de s’amuser… Avant même que j’ai eu le temps d’arriver à la maison, j’ai reçu un texto de Pas, le filmeur, qui disait « Sox vient de vomir par terre ». Et le même soir, Irvine, a qui l’on venait d’offrir un gâteau d’anniversaire avec des hot-dogs à la place des bougies, était tellement content qu’il a jeté le contenu de son verre de vin rouge sur les murs blancs de notre manoir de location. Notre plan génial pour un trip sans problème, je suis heureux de le dire, venait de passer par la fenêtre, ainsi que Rob et la plupart des meubles, directement dans la piscine glaciale en dessous. Cela étant dit, rendons ici hommage à ces gens capables de trouver des armes de distraction massive dans des endroits pareils. Chercher et détruire qu’ils disent… Oui, détruisez-vous pour les deux prochains jours pour être sûrs de ne pas pouvoir skater.

Essayez de faire abstraction du… heu… de la sorte de pantalon. Si si, essayez. Boardslide tirette over par le seul, l’unique (heureusement) : Sox.

Finalement, être dans cette lointaine banlieue de Lisbonne a tourné à notre avantage, car non seulement il y avait quelques spots décents dans ce quartier endormi, mais cela nous a surtout permis de rencontrer Laurent (TomTom), qui est devenu notre guide officieux et a fini par nous conduire vers ce qui était la principale raison de notre venue : le bowl perdu de Belmonte. Après les cinq heures de route vers le nord, notre convoi, qui avait des allures de « The Italian Job » (« L’or se barre » en France…), en version

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Il y a ceux qui balayent, et puis il a ceux qui font d’énormes Stalefishs à la Gonz comme (Fer)Nando Bramsmark.

cheap, est arrivé dans le petit village de Belmonte. Perdu était le bon terme ! Le fait que quelqu'un ait effectivement mis ce trou monumental dans un tel endroit était insensé. Le kidney-bowl de 4 mètres de haut avait trente centimètres d’eau stagnante au fond. Il y avait là des grenouilles et des pierres tombées de la falaise en surplomb dans laquelle cette chose avait été creusée. À croire qu’il n’avait pas été utilisé depuis le jour de son ouverture. Quelques heures de nettoyage et quelques trips au supermarché local pour l'approvisionnement en bière, combinée à l'aide d'un berger compréhensif qui tenait ses moutons hors de notre route, ont permis d’obtenir un trou propre dans un délai assez court. Sachant que la nuit et la pluie menaçaient, il fallait faire vite. Les gars n’ont pas chômé. Nando en particulier était partout à la fois, jusqu’à ce qu’il soit stoppé net dans son élan suite à un problème rencontré avec un rail sur la partie « street ». Après quelques heures passées à boire, à crier et à encourager Perelson, on a commencé à vouloir rester dormir sur place pour pouvoir tout donner le lendemain… Le plan initial était de squatter le craddle mais la pluie et le fait qu’on n’ait ni sacs de couchages, ni vêtements chauds, a vite eu raison de cette idée géniale. C’est là que Rob et TomTom ont été bons, ils ont réussi à nous trouver un très bon endroit (très vide) pour manger avec du vin rouge à la tireuse, et ils ont surtout réussi à négocier avec le propriétaire du café une nuit dans un appartement inhabité. Trois dans un lit, des gars de partout par terre et la stricte interdiction de toucher à la douche, mais c’était toujours 1000 fois mieux que le craddle. 78

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FS nose grind d’un bowl à l’autre. « tirette out » bien sûr parce que sinon ce serait un peu trop « classique »… Rob Smith.

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Ils ont bien fait de le réveiller le mec… Alex Perelson, BS nosegrind dans le monstrueux bowl de Belmonte.

Bien sûr il a plu toute la nuit, jusqu’au lendemain, mais on a continué d’y croire et on est finalement arrivés au bout de notre mission. Sam Beckett est une vraie putain de machine de guerre dans ce genre de situation et il a même réussi à sortir Perelson de son coma éthylique pour qu’il filme deux ou trois trucs avec Pas afin de justifier de sa présence sur ce trip. Les jours suivants furent occupés à skater les spots locaux, s’affronter dans des tournois de billards, fumer de l’herbe, plonger dans la piscine gelée, boire du « champagne » à 3 euros, faire du yoga avec Sox, et pour Juju (Benoliel) en un marathon « Walking Dead » avec les sous-titres en portugais. En termes de «marketing», le voyage a été un succès total. Nous avons réussi à ramener des images pour cet article et nous sommes super contents du montage vidéo (qui arrive…), mais ce n'est pas vraiment ce qui compte pour nous. Car même si vous le vouliez vraiment, vous ne pourriez pas acheter un T-shirt CRV-WKD, pour la simple et bonne raison que nous n’avons rien à vendre. Ce qui nous importe, c’est de rassembler des individus venant de teams et de pays différents. De réunir sur un même voyage des gars qu’à priori tout oppose et que vous verriez rarement skater ensemble. Certains avaient fait une pause dans leurs agendas surchargés et leurs obligations juste pour passer un bon moment avec leurs potes. Carve Wicked, c'est ça : ne rien prendre au sérieux, et tout niquer ! CARVE WICKEEEED ! Un grand merci à Charlie et Monster Energy et Colin chez Nike. Pas merci à Zara. 80

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HISTOIRE Minutia skateboards

Texte par Fredd

Les marques, dans notre petit monde du skateboard, vont et viennent à un rythme quelquefois déroutant. Parfois, ça ne dure que le temps d’une série de board ou d’une collection de quatre T-shirts, parfois on est même contents de les voir disparaître, et il y a d’autres fois par contre, où on ne comprend pas. Minutia faisait partie de ces marques qui semblaient faites pour rester mais qui sont malheureusement parties sans laisser d’adresse et surtout sans laisser d’explication. Initiée par Samir Krim en 2003 qui avait enrolé David Couliau, Soy Panday, Vivien Feil et Alex Van Hoecke dans l’histoire, l’univers de la marque semblait fonctionner, le team, les décos, les vidéos… Il y avait là une unité, une cohérence, un petit quelque chose qui semblait dire que ce n’était pas juste une marque de plus. La vidéo sortie en 2004 (filmée et montée par David Couliau) avait fait son petit effet. Ils avaient mis All My Love de Led Zeppelin dedans ce qui était un excellent choix, et surtout ça skatait fort et avec classe… Les tourtereaux ont roucoulé pendant deux ans puis "d’un commun accord" Samir a jeté l’éponge.

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Première série, par Sébastien Caldas - 2003

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Ça aura au moins servi de brouillon à Soy Panday et Vivien Feil pour créer leur Magenta, à David Couliau pour Metropolitan, ça aura mis un peu de lumière sur le trop discret phénomène Alex Van Hoecke ; et ça aura sûrement vacciné Samir Krim de se lancer à nouveau dans ce type de business…

Minutia Promo Video : https://vimeo.com/59159122 82

Seconde série, par Sébastien Caldas - 2004

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TOURISME Off the wall Spring Classic, Varazze, Italie, 3/4/5 mai

Texte et photos par Vincent Coupeau

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais l’année dernière je vous avais déjà parlé du Spring Classic, ce contest de mini rampe organisé par Vans tous les ans, à Varazze près de Gênes en Italie. Cela fait en fait 5 ans que ce contest existe et il semblerait qu’il y ait tous les ans 2 fois plus de monde. C’était en fait bondé ! Et ça fait du bien de voir tant de monde pour un event de skate, ça m’a renvoyé 10 ans en arrière.

Même si les riders viennent d’un peu partout en Europe, avec chaque année une délégation américaine pour rafler le prize money, les Frenchies ont encore bien assuré cette année. Je commence par citer les habitués Julien Benoliel et son backside ollie vertigineux ; et Guillaume Mocquin, qui avec sa descente d’alcool toute aussi vertigineuse a littéralement explosé la grande partie de la mini rampe, ainsi que son corps tout entier : 84

pires slams du week-end pour Guillaume… Adeptes des contests du genre, Vincent Mathéron et Aurélien Giraud ont eux aussi beaucoup impressionné. Le petit Aurélien en profite même pour rafler la deuxième place du podium, à seulement 15 ans, derrière le Danois Dannie Carlsen… Pas mal !

Le petit Aurélien Giraud commence à vraiment très bien skater. En fait, à chaque fois qu'on voit un truc de lui, on dit qu'il commence à bien skater, donc à force... il finit deuxième à Varazze, comme quoi, il commence à très bien skater ! Indy nosebone.

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Mini ramp Dannie Carlsen (DK) Aurélien Giraud (FR) Ivan Federico (IT) Best trick mini ramp Chris Gregson (US) : flip FS disaster BS revert Daan Van Der Linden (NL) : step up FS nosegrind Mason Merlino (US) : FS noseblunt BS revert Dannie Carlsen (UK) : half cab blunt 360 kickflip fakie

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Daan Van Der Linden est une sorte de mini Trujillo avec un style incroyable et une capacité à faire des tricks complètement fous quand on s'y attend le moins. Il est hollandais et il va vous falloir apprendre à prononcer son nom... FS air avec la board au-dessus de la tête. 10:14

Best trick park Kris Vile (UK) : BS 270 lipslide / nollie inward heelflip Richard Tury (SK) : bigspin heelflip BS boardslide / switch heelflip BS boardslide Kilian Zehnder (CH) : FS feeble FS 180 out Jacopo Picozza (IT) : FS smith flip out / crooked nollie flip out

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ARCHéOLOGIE 10 choses au sujet du Holenite pool

Texte par Bad Professor et photo par Tura

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Le propriétaire, Dominique, avait

15 ans en 1979 et voulait un bowl "comme dans les magazines ricains". A l’époque, l’utilisation systématique du fish-eye donnait un air monstrueux à n’importe quel pool, d’où le mètre vingt de verticale et le manque de plat… Ceci dit, il ne présente pas de difficulté technique : le béton et la courbe sont réguliers. Une seule consigne : évitez le plat.

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Construit par un maçon du coin, le bowl est coincé dans de la roche qu'il a fallu casser pour y loger le béton armé. Cela fait que même en cas de glissement de terrain ou séisme, il peut bouger, mais ne va pas se fissurer. Tony "Mad dog" Alva (son surnom

de l'époque) avait un skatepark baptisé en son honneur, à Londres. Le Mad dog Bowl. Comme celui de Dominique était peint en rose, il s'est longtemps appelé "Mad pig bowl" jusqu'à ce que la peinture disparaisse. On avait pensé à l'appeler "le cratère étoilé" mais Holenite c'était bien plus classe...

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Au départ, le coping dépassait de

10 centimètres. Afin de grinder plus facilement, il a disparu sous les coups de burin, ce qui lui donne un aspect sauvage et oblige à adopter une technique brutale... En appuyant bien, vous pourrez parfois faire des étincelles.

Une fois débarassé du coping, l'armature en acier dépassait, Dominique a réglé le problème en repliant les bouts qui dépassaient. Puis il ne s'en est plus soucié jusqu'à ce que je bloque mon truck arrière dessus et finisse au fond, façon crêpe plombée. Le lendemain, un bon coup de meuleuse a éliminé le danger. En 1990 le bowl a reçu la visite de J. Phillips, M. Nolder, S. Alba, C. Johnson, B. Danforth, J. Murphy, C. Grabke, R. Simpson, S. Ventura, L. Ralph... qui avaient fait une pause entre deux démos, et rares sont les témoins du massacre. À l'époque, on n'avait pas 3 filmeurs et 5 photographes pour chaque skateur, donc il n'y a que 4 photos qui se promènent sur le net...

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Dominique dans sa piscine, au fond du jardin...

C’est aussi cette année-là que Jeff Grosso a fait un acid drop pieds nus et Monty Nolder backside ollie disaster par-dessus le canyon… Les animaux sont souvent attirés au

fond : couleuvres, vipères, lapins... Sans pouvoir sortir, ils tournent en rond, et plus ils tournent, plus ils deviennent aggressifs... Une fois, un grand-duc s'est retrouvé coincé et il a fallu appeler les pompiers pour le faire sortir, il n'arrivait pas à déployer ses ailes et se cognait à la paroi...

Il n’y a pas de photos, mais le bowl

a connu des séquences du type "jackass" : solex, snowboard, sessions à poil, baignade dans de l’eau croupie...

Vous voulez venir ? Débrouillez-

vous pour trouver le contact du maître des lieux en retenant que le but est de faire des sessions, pas de se servir du bowl comme décor pour présenter des collections de fringues. Mais comme vous le savez, tout s’achète...

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samuel partaix frontside wall bash photo : tadashi yamaoda

mus bennacer akim cherif gregoire cuadrado lionel dominoni lisa jacob martin keller mathieu lebail jon moniĂŠ samuel partaix kevin rodrigues rĂŠmy taveira sylvain tognelli vincent touzery nozbone skateshop 295 rue du faubourg st antoine 75011 paris metro nation 01 43 67 59 67 la boutique en ligne nozbone.com le blog nozbone-skateshop.com

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LITTéRATURE Skateurs Ordinaires C’est l’histoire d’un mec… Normal… Qui s’est dit que son histoire à priori banale de skateur ni connu, ni particulièrement doué, pouvait avoir un intérêt pour peu qu’il se donne la peine de la raconter. C’est donc le contraire de ce qu’on a l’habitude de voir dans les médias, que ce soit les magazines, les livres, ou les vidéos, qui évidemment, ne s’intéressent qu’aux skateurs exceptionnels. Les "skateurs ordinaires" représentant environ 99% de la population totale des skateurs, on peut en laisser un s’exprimer, pour une fois… D’autant que celui-là s’est donné un mal fou pour venir à bout de ce projet. Le gars s’appelle Étienne Bouet, vient d’Alençon et a fouillé dans sa mémoire et ses archives pour pondre ce livre qu’il publie lui-même et que vous pouvez trouver dans quelques skateshops bien inspirés ou sur Amazon et le site www.skateursordinaires.com. -FD

d'Etienne Bouet, 168 pages, 24 euros

A Room With No Windows

de Scott Bourne, 352 pages, 19 euros www.1980editions.com

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Il y a quelques semaines, on m'a demandé de faire une interview de Scott Bourne au sujet de son bouquin pour une émission de radio sur le site Carhartt. J'étais content qu'on me demande ça à moi, ça m'avait donné l'impression d'évoluer. Content de voyager. Passer de la rédaction de légendes photo à une interview à la radio à Paris, une étape vers le succès, quoi ! On m'avait envoyé un PDF du livre et je m'étais senti privilégié. Le livre n'était même pas encore imprimé, et je faisais partie des quelques rares personnes à pouvoir le lire. Pas mal. Aujourd'hui, tout le monde peut avoir ce livre entre les mains. Par contre, pas le PDF, donc il faudra l'acheter sans vraiment savoir si ça vaut le coup ou non. Moi, je sais que ça m'a plu. C'est pas non plus le prix Nobel mais ça m'a tenu éveillé un bon moment. Il y a des bons passages et des moins bons, un peu comme dans toute chose, mais je ne pourrais pas dire ce que vous en penserez, quand vous l'aurez lu. C'est le problème avec les livres, on ne peut pas vraiment les essayer en les jetant par terre et en montant dessus pour avoir une idée de la forme… En fait, si, on peut, mais ça ne dira pas vraiment ce qu'il y a à l'intérieur. On peut juger la couverture mais généralement, ça n'a pas trop de sens non plus. Le truc, c'est qu'on peut parfois imaginer l'esprit des gens par leur look, leurs tatouages ou leur façon de faire du skate. Et je pense que Scott fait partie de ces gens. ARWNW est une histoire basée sur sa vie, donc si vous voyez à quoi il ressemble et son approche du skate, alors vous pouvez imaginer le reste. ARWNW est la version Scott Bourne de l'amour et de la vie avec ses dropins, ses downhills bien raides, ses bras noirs avec un coeur blanc, son tatouage "friendship" dans le cou, ses FS airs to wall bash sur des spots branlants. Jusqu'à la décision d'aller vivre à Paris. -Bram de Cleen

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SOCIOLOGIE @instalife #YouOnlyLiveOnline

Texte par FredD-Tur

Les réseaux sociaux, on aura mis du temps à y croire puis finalement on s’y est mis, si bien qu’aujourd’hui on est dedans jusqu’au cou. Sans Facebook, où l’on relaye la plupart de nos news, moitié moins de gens viendrait visiter notre site, et surtout, sans Instagram, lors du Tour Sans Fin par exemple, on serait totalement déconnectés (ce qui ne serait pas une mauvaise chose en soi, sauf quand on est un média...).

Depuis qu’on s’est acheté des smartphones, il faut bien avouer qu’on est devenus accros (surtout Fred), et qu’on passe notre temps à surveiller ce qu’il se passe dans la centaine de comptes auxquels nous sommes abonnés sur Instagram. Facebook par contre, bizarrement, sur nos téléphones, on n’y arrive pas. Trop lourd, trop compliqué et loin d’être aussi ludique que son petit frère à un milliard de dollars. Quant à Twitter, on n’a toujours pas compris l’intérêt... Voici donc quelques-uns des meilleurs comptes auxquels on est abonnés :

@polarskateco Pontus avait prévenu tout le monde : le jour où il aurait un smartphone, il ne ferait pas semblant de s’en servir. Il ne fait tellement pas les choses à moitié, à poster dix photos par jour, que parfois il finit même par être fatiguant. Une preuve que c’est bien le compte de Pontus et pas celui d’un imposteur… @thetimoconnor Si vous connaissez un peu le personnage vous pouvez imaginer le bordel… Toujours un peu limite mais toujours hilarant. Des exemples ? Lui posant avec une cagoule en latex et son bébé dans les bras, la cover pour son faux album "can’t stop making love to the mirror", un collage d’une photo de son fils et une autre d’un étron qui flotte dans la cuvette avec le commentaire "Two things that I made », etc. @tempster_returns C’est le compte d’Ed Templeton donc vous savez que vous allez y trouver de l’art sous toutes ses formes et des conneries en tout genre… ça va de vielles photos qui vous mettront la larme à l’œil, à un avant goût de sa prochaine expo à Bâle, en passant par sa vrai spécialité : la photo de fille en skateboard (généralement en bikini... il habite à Huntington Beach), Ed est le champion absolu du hashtag #skateboardinggirl. 90

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@philzwisjen Phil passe son temps à voyager et à filmer des trucs dans la rue avec son téléphone. Le moindre moment de rigolade est immortalisé et rapidement mis en ligne. Et contrairement à la rumeur, non, Phil ne publie rien sous la contrainte de ses sponsors. Son compte est simplement une compilation de bons souvenirs. Et vu qu'on a passé pas mal de temps en sa compagnie ces derniers temps, on en a quelques-uns en commun...

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@koolmoeleo Pour les nostalgiques de 90’s. Le gars, un certain Dave Ruta, skateur de Chicago, prend en photo des vieux magazines de l’époque, une sorte de Chrome Ball Incident sur Instagram. Hensley, Jason Lee, Jerry Fowler, etc... Très très bonne sélection, jamais de faute de goût. @burnout Michael Burnett, c’est la face cachée du magazine Thrasher, l’antithèse de Jake Phelps (on n'ose pas imaginer ce que ce serait s'il avait un compte.. il en a sûrement un d'ailleurs). L’homme de l’ombre qui ne publie pas plus d’une photo par jour, mais qui vaut toujours le détour. @grossosucks Celui là est un incontournable pour les nostalgiques de la vert et des années 70/80. De l’humour, de l’espièglerie et surtout des archives à faire pâlir plus d’un skatenerd, il est vraiment bon ce Jeff Grosso. On regrettera cependant l’apparition de photos de son fils de deux ans qui font un peu tâche au milieu des vieilles photos de Neil Blender, Lance Mountain, etc.

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©TRISTAN VERGNAULT

@isekinobuo Iseki est un photographe japonais qui publie quasi exclusivement des photos de spots plus dingues les uns que les autres, vides de tout âme, qui pour la plupart ont l’air vierge et qui donnent instantanément envie d'aller les skater.

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ANTHONY BOUDARD / ALEXANDRE MAISON / ARMAND VAUCHER / ALEXANDRE PRIOL / MIHIEL GUERHANE / ARTHUR JACCAZ / MELVIL LOPES

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GEOGRAPHIE Skatopia, Ohio

C’était à la fin des années 90 ou début des années 00, impossible de me rappeler la date exacte, mais c’était l’un des premiers Quiksilver Bowlriders à Marseille. Il y avait là une tripotée de Ricains tous plus fous les uns que les autres, skatant comme on ne pensait même pas que c’était possible. Tout le monde était plus ou moins sous le choc, il y avait Cardiel, Petersen, Speyer, Trujillo entre autres, qui volaient dans tous les sens… Et au milieu de toute cette agitation il y avait ce mec, espèce de punk quarantenaire skatant encore plus vite que les autres avec un style d’homme des cavernes. On n’avait jamais vu un truc pareil, une telle énergie, une telle fougue… Et puis d’un seul coup, le voilà qui se met à poil et se lance dans le bowl, tout sourire. Il carvait à deux mille à l’heure, bite au vent. Ça faisait marrer tout le monde, les mamans étaient soudainement contentes d’avoir accompagnées leur rejeton à la compète des Américains… Et là, le mec perd une roue mais ne s’arrête pas pour autant. Il continue à skater sur trois roues, à faire frontside invert dans le gros bowl avec la quenelle à l’air, mort de rire… C’était complètement fou à voir. Ce gars c’était Brewce Martin, originaire de l’Ohio, et totalement inconnu en France à l’époque. Il parlait à tous ceux qu’il croisait de son musée du skateboard et invitait tout le monde dans sa ferme de l’Ohio, une sorte de temple / mecque du skateboard « déjanté ». Bastien bean plant

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Texte et photos par Loïc Benoît

Nous voilà donc quelques années plus tard, avec les copains (ceux de l’article « Sur la route ») perdus sur des petites routes de campagne de l’Ohio, à la recherche de ce Skatopia. Nous étions tous à la fois surexcités et franchement inquiets par ce pèlerinage… Mais sur la page Web de la ferme de Brewce, en lisant la rubrique « frequently asked questions » nous avons vite compris que nous avions plutôt à faire là, à une bande de hippys qu’à des hooligans assoiffés de sang. Il y est dit que Skatopia est ouvert à tous 24/24 et 7/7 moyennant quelques donations de bon aloi. Trouver son chemin n’est pas chose facile dans cette cambrousse où les habitations sont rares (mais arborent toutes un drapeau américain) et nous voilà donc en train de demander notre chemin aux agriculteurs du coin qui font immédiatement remonter notre niveau de stress… "Mais ils vont brûler vos voitures" et "ils vont violer la p’tite" (Ana, la copine de Sam)… Même pas

peur, on continue, et après quelques péripéties, nous voilà enfin à mi-colline, devant la porte de Skatopia. Nous garons nos berlines au milieu de vieux bus scolaires, de camping cars vétustes, d’une Limo à cornes et sommes accueillis par un cochon équipé d’un harnais et Tim, maître des lieux en l’absence de Brewce (« in town » pour quelques jours). Difficile de donner un age à Tim, nous dirons quinquagénaire, il nous étale très vite son CV : ancien "ramp builder" pour le compte d’un certain Bob Burnquist. Nous comprenons très vite qu’il a des bornes au compteur et que même si nous acquiesçons à tout ce qu’il dit, il nous répètera tout ça en boucle tout au long de la journée. Hormis ces petits soucis de communication, les gens vivant sur place, dans les campingcars, s’avèrent être des gens adorables, ayant pour passion le skateboard comme vous et moi. Après, pour eux la défonce semble être une passion tout aussi dévorante… Tim nous fait visiter les lieux : un musée du skateboard incroyable, une énorme grange avec le fameux deep bowl en bois et un full pipe à l’arrière, Sam FS Brewce à mi-hauteur de colline un autre hangar héberge un bowl en béton tout aussi accueillant que le reste, c’est-à-dire inskatable sans protect , et enfin, au sommet de la colline, un bowl énorme, mais plus praticable, en béton, comprenant un "wall over the door", un bus en guise d’extension, un cradle et j’en passe. En contrebas, une piste de "race car" en terre, une autre pool en construction, et des mini chalets tous ravagés, qui doivent être remis en état chaque mois de juin pour accueillir des gens comme vous et moi, passionnés de skate et de défonce ! Tim nous précise donc que tous les ans, en juin c’est le carnage pendant plusieurs semaines… Nous n’osons pas imaginer et on se dit qu’on a bien fait de passer un peu en avance dans la saison des orgies ! Nous avons donc commencé notre après-midi à Skatopia par le petit bassin, le fameux bowl situé en haut de la colline, puis en fin de journée, le père Duverdier s’est mis en tête de skater le big bowl sans plat en vue d’y caler son fameux backside smith grind, qui selon lui, peut être effectué de partout, même sur les courbes les plus hautes et les plus rad… Et bien que dalle, il n’a pas réussi. D’ailleurs, peu de tricks furent validés ce jour-là. Finalement Sam se fout à poil pour rendre hommage au proprio, et malgré une invitation à rester pour la nuit, nous reprenons la route, cette longue route qui nous mènera vers l’ouest, en Californie, un Etat un tantinet moins rude que l’Ohio ! soma

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Feeling good, all the time.

Apse Batir Forstner Pfanner Dorfer Tognelli Candon Dietrich Zwijsen Mackrodt R端stig Thijs... 94 soma

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Photo : DvL / Concept. : tmn

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TOURISME Le Tour Sans Fin

Texte et photo par Tura

Déjà cinq épisodes et on n’a pas l’intention de s’arrêter. Ça nous amuse tellement qu’on aurait bien envie d’en faire un pour chaque numéro, mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air, et c’est épuisant. Les sessions sont bien souvent plus longues que les nuits, et au bout d’une semaine, on est rincés. EPISODE 1 - OCTObRE 2011 Paris - Tours - Vendôme - Poitiers - Nantes Avec : Hugo Maillard, Alex Richard, Rémy Taveira,

Oscar Candon, Arnaud Brémard, Joseph Biais Guests : Jo Dezecot... Un blessé le premier jour (un orteil plus ou moins pété pour Joseph), Alex qui doit rentrer d’urgence à Bordeaux et la pluie qui nous suit pendant quelques jours... Une seule nuit à l'hôtel et un 'featuring' sur Radio Pulsar à Poitiers ! On n'est pas passé loin du fiasco, mais ça ne nous a pas découragés, au contraire...

EPISODE 4 - OCTObRE 2012 Lyon - Grenoble - Valence - Nîmes - Marseille Avec : Phil Zwijsen, Oscar Candon, Julien Bénoliel Guests : Sammy Idri, Patate, Oualid Mostaka,

Charles de Roy, Choup... L’épisode Juggalo, ces néo-punks-clowns américains qui ont pour cri de guerre «Whoop whoooop !». Peut-être celui où les fou-rires étaient quotidiens et les réveils difficiles... Peut-être le plus productif, aussi... Publié dans SOMA #33 www.somaskate.com/tour-sans-fin-episode-4-la-video/

Publié dans SOMA #27 www.somaskate.com/le-tour-sans-fin-episode-1/ EPISODE 2 - FéVRIER 2012 Nantes - Niort - La Rochelle - bordeaux Avec : Alex Richard, Sylvain Tognelli Guests : Jo Dezecot, Arthur Chiron, Thibaud Fradin,

Armand Vaucher, Oscar Candon... Faute de budget et donc de pouvoir se payer un van, on avait formé qu’une petite équipe avec dans l’idée de voyager en train ou en stop. Au final, on aura surtout profité de la Nevada 7 places de Jo Dezecot pour nous trimballer et profiter de la seule semaine de soleil de tout l’hiver ! Publié dans SOMA #29 www.somaskate.com/tour-sans-fin-episode-2-la-video/ EPISODE 3 - AOûT 2012 bordeaux - Périgueux - Limoges Vassivière - Lyon Avec : Jérôme Chevallier, Bram de Cleen,

Valentin Bauer

Guests : Morgan Fabvre, Sammy Idri, Alex Richard,

Fred Plocque-Santos... Les vacances. Il faisait tellement chaud qu’on aura passé plus de temps à se baigner qu’à skater... Probablement l’épisode le moins productif (avec le #1) mais le plus mémorable, au moins pour ceux qui y ont participé ! Budget minimal, douches aléatoires, camping sauvage et une session nocturne à Vassivière, le tout avec les chiens et la remorque de Jérôme ! Souvenirs...

Episode 3 !

On repart début août de Gap avec dans l’idée de remonter vers le nord pour mettre toutes les chances de notre côté avec la météo. Comme d’habitude, on improvisera au jour le jour selon le ciel, les envies et l’accueil qu’on nous réservera. Quant à l’équipe, on n’en a encore aucune idée. On essayera comme toujours de prendre un ou deux étrangers histoire de perfectionner notre anglais, Oscar finira sûrement par nous rattraper et on croisera toujours des skateurs locaux motivés... Sinon, envoyez vos CV et lettre de motivation, si vous êtes assez convaincant, on pourrait très bien vous emmener un de ces jours !

Publié dans SOMA #31 www.somaskate.com/tour-sans-fin-3-part-1/ www.somaskate.com/tour-sans-fin-3-part-2/ 96

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« Les seuls gens qui m’intéressent sont les fous, ceux qui ont la folie de vivre, la folie du verbe, la folie d’être sauvés, ceux qui veulent tout à la fois, ceux qui ne savent pas bâiller ou sortir un lieu commun, mais qui brûlent, brûlent, brûlent comme de fabuleux feux d’artifices à travers les étoiles en des explosions tentaculaires. » - Jack Kerouac / On The Road

PHOTO : LOÏC BENOIT


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