Page 1

trajectoires Entreprendre

N°30 avril mai 2013

et réussir en Seine-et-Marne

Greencity 2013 l’événement du Grand Paris sur la ville durable Qualifiez-vous à l’international avec le Fonds Export 77 Se développer en temps de crise : Opportunité ou utopie ?

DOSSIER

L'INNOVATION : UNE DES CLÉS DE LA RÉUSSITE Patrick herbelin dirigeant de xpert automation


instantané Seine-et-Marne par Yann PIRIOU

Le travail d’Alberto Comé, luthier italien implanté en Seine-et-Marne, se tourne vers l’expression d’une lutherie libre et spontanée. www.albertocome.com

sommaire ACTUALITÉS

DOSSIER

trajectoires

avril-mai 2013 — n°30 ENJEUX

STORY TELLING

PAGE 04

PAGE 07

PAGE 11

PAGE 14

• GreenCity 2013 : l’événement du Grand Paris sur la Ville Durable • Oxand passe la vitesse supérieure • e-transformation 77 de nouveaux lauréats • Seine-et-Marne Développement lance son application Smartphone • Qualifiez-vous à l’international avec le Fonds Export 77 • Se développer en temps de crise : opportunité ou utopie ? • La Seine-et-Marne joue la carte du biogaz • Salon de la mini-entreprise • Champions du monde !

L’innovation : Une des clefs de la réussite

• Matière grise L'Ifsttar à Marne-la-Vallée : zoom sur les transports de demain •Parc d’activités économiques La Faisanderie de Fontainebleau renaît sous le signe de la mixité urbaine • à la carte La Seine-et-Marne a du talent !

• Titeflex Europe Acteur majeur de l'aérospatiale européen • Keraglass Des verreries royales au verre vitrocéramique

02 — trajectoires AVRIL-MAI 2013

• INNOV77 l’union fait la force ! • Interview de Patrick Herbelin dirigeant de Xpert Automation • Des aides individuelles aux projets collaboratifs • Le futur s’invente en Seine-et-Marne ! • Interview de Raul Bravo PDG de BALYO

En couverture Patrick herbelin dirigeant de xpert automation

vos contacts : Patricia Montin p.montin@smd77.com

Isabelle Cabrol i.cabrol@smd77.com

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


point de vue

optimiser l'environnement entrepreneurial

tableau de bord BILAN DE L’ACTIVITÉ “IMPLANTATION” DE SEINE-ET-MARNE DÉVELOPPEMENT au 28/02/2013

Par Vincent Éblé, SÉNATEUR, Président du Conseil général de Seine-et-Marne et Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement

A 

u nom de toute l’équipe de rédaction, nous sommes heureux de vous présenter ce trentième numéro de Trajectoires, fidèle espérons-nous aux ambitions que, d’emblée, nous nous étions fixées : vous donner une vision de l’économie seine-et-marnaise à travers ses entreprises, ses laboratoires et l’ensemble des acteurs économiques de notre territoire. Bien sûr, comme toujours, parce que l’économie et le développement sont avant tout une affaire d’hommes et de femmes mettant en œuvre leurs talents et leurs passions, nous avons choisi de vous faire partager quelques aventures humaines qui s’inscrivent dans notre actualité économique... Pour l’équipe de Seine-et-Marne Développement, chaque numéro doit avant tout refléter le quotidien de ces acteurs économiques. Choix des informations, sélection des entreprises et des personnalités sont autant de sujets de discussions souvent passionnées, toujours passionnantes. Lors de la création du titre, en juin 2007, voici presque six ans, nous avions déjà fixé ce cap. Le numéro 1 affichait en couverture deux sujets qui nous sont chers : “faire émerger les projets innovants” et “penser aujourd’hui la ville de demain”. Tous deux demeurent au cœur de notre actualité... Le dossier de ce numéro 30 revient en effet sur l’innovation, facteur clé pour le développement de nos petites et moyennes entreprises en cette époque de mutation structurelle de l’économie. Innovation technologique bien sûr, mais aussi innovation organisationnelle et sociale – pour mieux accompagner les nouveaux usages liés en particulier au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cette “information”, ces “réseaux d’acteurs”, nous avons choisi en Seine-et-Marne de les partager avec vous. D’où la création en 2012 du programme “INNOV77” qui rassemble, à l’initiative conjointe de Seine-et-Marne Développement et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seineet-Marne, l’ensemble des structures d’appui à l’innovation au service des PME du territoire. De même, “penser aujourd’hui la ville et les territoires de demain” n’a cessé d’être au cœur de nos préoccupations depuis 2007. La Seine-etMarne a défini le cadre de ses ambitions dans son projet de territoire. Celui-ci s’inscrit clairement dans le schéma directeur régional et dans le projet métropolitain sous condition des intérêts du développement harmonieux et durable de notre département de grande couronne. Ainsi, nous serons des acteurs vigilants sur le projet de “métropole de Paris”, nouvel acte de décentralisation entraînant dans son sillage des intercommunalités à 200 000 ou 300 000 habitants et une nouvelle “instance métropolitaine” dont les contours devront intégrer leur insertion départementale. Certes, la métropolisation est en mouvement, mais les progrès technologiques et les mises en réseau des ressources n’ouvrent-elles pas aussi la voie à un autre modèle de développement, à l’instar de ce que nous essayons de promouvoir avec les télécentres ? Les débats des prochains mois seront décisifs pour notre département. à chacun d’entre nous d’y contribuer. “C'était un petit jardin Qui sentait bon le métropolitain, Qui sentait bon le bassin parisien”.

L’innovation est le facteur clé pour le développement de nos petites et moyennes entreprises en cette époque de mutation structurelle de l’économie.

12 implantations 297 fiches actives 126 emplois maintenus ou créés Source : Seine-et-Marne Développement

Le dynamisme économique en Seine-et-Marne s’est stabilisé en 2012 pour 2 entreprises qui disparaissaient, 5 se créaient.

72

C’est le nombre de projets R&D labellisés dans le cadre du 15ème appel à projets des pôles de compétitivité. Source : Communiqué de presse du 18/03/2013 www.redressement-productif.gouv.fr/

Évolution du nombre d'établissements en Seine-et-Marne en 2012 Industrie

2%

Agriculture Commerce

1% 4% 6%

Construction Transports Services entreprises Services particuliers

3% 6% 4%

Source URSSAF

28

C’est le nombre d’entreprises ayant candidaté au 5e appel à projets E-Transformation 77.

g.eude@smd77.com

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

trajectoires AVRIL-mAI 2013 — 03


actualités

GreenCity 2013 : l’événement du Grand Paris sur la Ville Durable

l’eVeneMent DU GranD Paris sUr la Ville DUrable

2013

17 - 18 Octobre Grand Paris Marne-la-Vallée Cité DesCartes

Ville du rab et effica le ci énergéti té que

ConférenCes • Convention d’affaires • forum d’investissement • village ville durable

Une manifestation de

AGENCE MARNE LA VALLÉE

DESCARTES DEVELOPPEMENT

en association avec

Les entreprises intéressées par la convention d’affaires internationale prévue les 17 et 18 octobre prochains dans le cadre de GreenCity ont jusqu’à fin septembre pour s’inscrire auprès de Seine-etMarne Développement, qui organise ce rendezvous dédié au développement de la Ville Durable de demain. En 2011, la 1ère convention d’affaires pilotée par l’agence économique du département en marge du colloque international “Faire la Ville Durable, inventer une nouvelle urbanité” avait réuni 130 entreprises franciliennes, françaises et internationales, et généré plus de 600 rendez-vous BtoB. La seconde édition, organisée dans le cadre de GreenCity 2013, les 17 et 18 octobre prochains à la Cité Descartes à Marne-la-Vallée, devrait connaître un succès plus fort encore, compte tenu de l’importance que revêt cet événement du Grand Paris sur la Ville Durable, réunissant chercheurs, industriels et territoires. Outre la convention, GreenCity propose une conférence,

un forum d’investissement start-up/investisseurs, un village Ville Durable, des visites de bâtiments et la présentation de programmes de recherche innovants. Moyennant une inscription de 500 € environ, une entreprise aura l’opportunité de rencontrer des professionnels (maîtres d’ouvrage publics et privés, grands groupes, PME) nationaux et internationaux, principalement sur les thématiques de l’efficacité énergétique de la Ville Durable et les éco-technologies de l’urbain. Les secteurs d’activités concernés sont multiples, de l’urbanisme et de l’architecture au traitement de l’eau et à l’éclairage public, en passant par l’ingénierie, l’aménagement numérique, la maîtrise de l’énergie, la performance énergétique, la mise aux normes des bâtiments, le traitement de l’air, les transports, l’éco-construction... + d'infos : www.greencity-event.com e.quillere@smd77.com

Oxand passe la vitesse supérieure Expert reconnu dans l’analyse des risques des grandes infrastructures industrielles des secteurs énergie, transports et patrimoine industriel, le groupe Oxand vient de vivre deux opérations stratégiques majeures. D’abord, Venn Engineering, société spécialisée dans l’optimisation des coûts de démantèlement des sites nucléaires, vient renforcer ses

activités nucléaires. Ensuite, le fonds d’investissement Latour Capital, tourné vers les entreprises technologiques à fort développement, entre dans son capital, augmentant notablement ses capacités financières. Portée par une croissance annuelle à deux chiffres et d’excellentes prévisions pour les 3 années à venir, l’entreprise a décidé de doubler la surface de son siège, basé à Fontainebleau, pour accueillir dès ce printemps 45 nouveaux collaborateurs. l.benko@smd77.com

E-TRANsformation 77 DE NOUVEAUX LAURÉATS Le 5e appel à projets e-transformation 77 est clos. Le suivant pourrait intervenir avant la fin de l’année 2013 pour encourager les PME seine-et-marnaises à mettre en œuvre de nouveaux usages TIC. D’ici quelques semaines, EPL mettra en ligne un site marchand pour commercialiser en France et à l’international quelques-uns de ses produits phares – écrans vidéo, afficheurs électroniques et systèmes d’éclairage à base de LEDs – ainsi que quelques composants, sous-ensembles électriques et autres alimentations. L’entreprise familiale, créée par Pierre Landais en 1996 et aujourd’hui gérée par son fils Arnaud, en espère un regain d’activité dans une période un peu morose. Elle a procédé à cette fin à une réorganisation de ses stocks et s’est dotée d’un

04 — trajectoires AVRIL-MAI 2013

© EPL

Avec l’acquisition du britannique Venn Engineering et l’entrée dans son capital du fonds d’investissement Latour Capital, le groupe Oxand accélère significativement sa croissance.

nouveau logiciel de gestion. Le projet correspond parfaitement aux critères d’éligibilité du dispositif e-transformation 77, lequel vise à accompagner le développement des PME/TPE qui rencontrent des difficultés pour accéder aux nouveaux usages des technologies de l’information et de la communication (TIC). La petite société de Faremoutiers s’est vue ainsi octroyer une aide de 13 000 €, soit 50 % de la dépense engagée. Une quarantaine d’entreprises seine-etmarnaises de moins de 250 salariés a déjà bénéficié de cette aide sur appel à projets permettant de mettre en place une dématérialisation de leurs procédures, du travail collaboratif, une solution de voix ou de téléphonie sur IP, etc. c.etedali@smd77.com Arnaud Landais, PDG de EPL.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


Seine-et-Marne Développement lance son application Smartphone

L'actualité économique seine-etmarnaise à portée de tablette ou de Smartphone : c'est ce que propose, depuis le 7 mars dernier, Seine-etMarne Développement. L'outil a été pensé à l’intention des acteurs économiques, entreprises seineet-marnaises, collectivités et partenaires. Les informations disponibles sont réparties en plusieurs rubriques : "Actualités", "Agenda", "77 c'est eux", "Informations sur les entreprises", "Point de vue du président" et "Chiffres clés" (derniers chiffres de l'implantation d'entreprises, chiffres sur l'emploi, l'export, etc.). L'application, développée par Label Presse et Initial Soft, deux jeunes entreprises seine-etmarnaises, est gratuite et facilement téléchargeable, que ce soit sur Apple Store, Android Market, Google Play, Itunes ou tout simplement, en flashant le QR code ci-dessus.

Qualifiez-vous à l’international avec le Fonds Export 77 Quand le marché national tourne au ralenti, l’international peut offrir de nouvelles perspectives. Le Fonds Export de Seineet-Marne Développement accompagne les PME/PMI seine-et-marnaises à toutes les étapes du processus, en amorce de leurs projets de développement international. En 2012, avec le soutien de Seine-et-Marne Développement, la chaudronnerie M. LABBE, spécialisée dans les équipements inox pour l’industrie chimique, a fait des débuts remarqués à l’international en participant au salon ACHEMA de Francfort. Résultat : pour un investissement de 10 000 € environ, pris en charge à 50 % par Seine-et-Marne Développement, la société de Tournan-en-Brie a gagné deux commandes, l’une de 450 000 €, l’autre de 20 000 € avec de belles perspectives ultérieures. Toujours avec l’aide financière de l’agence économique, l’entreprise

a mené une prospection prometteuse au Maroc. Fort de ces expériences réussies, son PDG, Thomas Labbe, prévoit cette année de participer à un salon en Autriche et de réaliser deux missions en Russie et aux émirats Arabes Unis. Une nouvelle aide du Fonds Export pourrait lui être accordée, le règlement de ce dispositif prévoyant qu’une entreprise peut le mobiliser une fois par an par type de dépense éligible : étude de marché à l’international, participation à un salon à l’étranger, homologation de produit, création d’un service export, ouverture d’une filiale… 150 000 € sont ainsi alloués chaque année à une quarantaine de PME/PMI ayant déjà un projet identifié et structuré à l’export. Les aides, calculées sur la base de 50 % de la dépense TTC, sont plafonnées de 4 000 à 5 000 €. e.quillere@smd77.com

c.etedali@smd77.com L’équipe de M. LABBE sur le salon ACHEMA à Francfort.

Se développer en temps de crise : opportunité ou utopie ? Seine-et-Marne Développement organise une conférence-débat avec des experts pour accompagner les entreprises dans leur stratégie de développement en temps de crise. Comment accroître son activité commerciale ou aborder un nouveau marché en France ? Et à l’international ? Comment bien choisir ses partenaires et créer une relation de confiance ? Comment animer un plan d’actions commerciales ? La crise de 2008 continuant de faire ressentir durement ses effets, notamment avec une nouvelle contraction en ce début d’année 2013, les entreprises doivent se poser les bonnes questions et y apporter les bonnes réponses, pour renouer avec la croissance. Cela nécessite de repenser sa stratégie, d’innover dans ses services, ses offres et ses marchés, d’aller de l’avant et occuper le terrain, tout en trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

sécurisant ses opérations. Pour autant, il convient de maîtriser ses investissements et de s’entourer de partenaires efficaces pour se donner les meilleures chances de réussite. C’est dans ce but que Seine-et-Marne Développement accompagne les PME dans leur développement, en partenariat avec les experts : International Trade Connexion, Prospactive et TCS Soregor. Elle organise à leur intention une conférence débat – “Développer sa PME en temps de crise : opportunité ou utopie ?” – le mardi 23 avril à 8H30 dans ses locaux de Serris. Inscription : s.levine@smd77.com et 01 75 05 61 40 e.quillere@smd77.com

trajectoires AVRIL-mAI 2013 — 05


actualités

en bref… © M. QUAAK

La Seine-et-Marne joue la carte du biogaz

Unité de méthanisation agricole de la ferme d’Arcy.

Les 1ères Rencontres départementales du Biogaz se tiendront le 16 mai à Melun. Objectif : présenter le fort potentiel de la Seine-et-Marne à des entreprises allemandes venues spécialement à la rencontre des acteurs locaux d’une énergie durable. Plus vaste département d’Île-de-France, riche de grandes productions agricoles et de nombreux centres équestres,

la Seine-et-Marne dispose d’un fort potentiel pour le développement d’unités de production de biogaz. En sa qualité d’agence de développement économique du département, Seine-et-Marne Développement souhaite valoriser cet atout en termes d’activités et d’emplois, notamment auprès d’entreprises allemandes possédant une très grande expérience de la méthanisation. Dans ce but, des Rencontres départementales du Biogaz se tiendront le 16 mai prochain à Melun, réunissant tous les acteurs de la filière : experts, porteurs de projets, agriculteurs, intercommunalités intéressées, etc. En matinée, les opportunités offertes en île-de-France – et particulièrement en Seine-et-Marne – seront illustrées par la présentation d’expériences déjà réalisées ou en cours, qu’elles soient publiques ou privées. à midi, un déjeuner networking permettra aux entreprises, agriculteurs et collectivités d'échanger sur leurs projets. e.quillere@smd77.com

Salon de la mini-entreprise

Le dispositif s'est particulièrement développé sur le département, qui compte un tiers des participants en Île-de France. Un succès qui a poussé Seine-et-Marne Développement et le Conseil général de Seine-et-Marne à leur consacrer un salon, aux côtés de partenaires départementaux : la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne, la Place des Métiers d’émerainville, la Direction des services départemen-

taux de l'éducation Nationale de e Seine-et-Marne, la Chambre de salon de la métiers et de l'artisanat de Seineet-Marne, le Medef, la CGPME et la Maison de l'emploi Melun-Valen seine-et-marne de-Seine. Le salon se déroulera entreprises créées par le vendredi 12 avril 2013, au CFA des collégiens, des lycéens, des apprentis et des étudiants UTEC Avon-Fontainebleau. Il accueillera chaque équipe sur un stand sur lequel elle pourra valoriser son produit. à l'issue de l'événement, 8 prix seront remis, dont le grand prix départemental, le prix de la présentation, le prix de l’originalité et le prix coup de cœur du jury. Une belle façon de préparer les participants au salon régional du mois de mai.

4

vendredi 12 avril 2013 cfa utec avon - fontainebleau avon 10 h - 17 h Renseignements : 01 64 14 19 16

seine-et-marne.fr

Conseil général de Seine-et-Marne • Direction de la communication • Impression : Imprimerie départementale - Melun

Piloté par l'association "Entreprendre pour apprendre", le dispositif "Mini-entreprise" est destiné à développer l'initiative d'entreprendre chez les jeunes. Portées par des collégiens, des lycéens, des apprentis et des étudiants, ces mini-entreprises existent le temps d'une année scolaire, de septembre à juin. Les élèves passent par toutes les étapes de la création : numéro de SIRET, conception d'un produit ou d'un service, réalisation, mise en place, communication, marketing, action commerciale, etc.

b.lechartier@smd77.com

©Le Fotographe

Champions du monde !

L'équipe de France entraînée par Frédéric Cassel.

Pâtissier à Fontainebleau, Frédéric Cassel est, depuis janvier dernier, champion du monde de sa discipline. Frédéric Cassel s’est établi à Fontainebleau en 1994. Depuis, il a créé de nombreuses boutiques à l'étranger et accumulé les distinctions. Pâtissier de l'année en 1999 et en 2007, prix "Talents du goût" en 2008 et président de l'association Relais Desserts, il a entraîné pendant un an, en vue de la Coupe du Monde de Pâtisserie, une équipe de quatre jeunes professionnels de talent : Quentin Bailly (Chef chocolatier chez Philippe Rigollot, Annecy), Mathieu Blandin (Chef Pâtissier de la Maison Pascal Caffet, Troyes), Joffrey Lafontaine (Chef Pâtissier chez François Gimenez, Lyon) et Nicolas Jordan (le suppléant de l’équipe, Chef Pâtissier enseignant à l’école Le Cordon Bleu, Paris). Mission accomplie puisque l'équipe est devenue, le 28 janvier dernier, championne du monde. Une épreuve remportée à l'issue d'un véritable défi : 10 heures pour réaliser pas moins de trois entremets au chocolat, trois entremets glacés aux fruits et douze desserts à l'assiette. p.montin@smd77.com

06 — trajectoires AVRIL-MAI 2013

Seine-et-Marne Développement au salon du Bourget

Le SIAE, un rendez-vous à ne pas manquer pour la filière aéronautique seine-et-marnaise. Le SIAE (Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace) se tiendra du 17 au 23 juin prochains. Seineet-Marne Développement sera présent sur le stand ASTech Paris Région, le pôle de compétitivité francilien de l'aéronautique. Sous la bannière Hubstart Paris®, aux côtés du comité d'expansion du Val d'Oise et de l'Agence Régionale de Développement, l'agence économique du département aura un triple objectif : la prospection d'entreprises intéressées par une implantation en Seineet-Marne, la mise à l'honneur de sa filière aéronautique et, enfin, la promotion du parc d'activités de Villaroche. Ce pôle aéronautique majeur, organisé autour d'un aérodrome dédié à l'aviation d'affaires, accueille déjà une vingtaine d'entreprises (dont le groupe Safran) ainsi que l'ENAC (l'école Nationale d'Aviation Civile). d.rozenberg@smd77.com

L'Axel, étoilé Michelin 2013 Le guide Michelin distingue l'Axel de Kunihisa Goto. Installé depuis peu à Fontainebleau, Kunihisa Goto, chef du restaurant l'Axel, n'aura pas tardé à faire ses preuves : le guide Michelin édition 2013 vient de lui décerner sa première étoile. Une distinction qui récompense une cuisine gastronomique française aux saveurs subtiles et raffinées, parsemée de légères touches japonaises. www.laxel-restaurant.com

Un nouveau site Internet pour l'ESF Soucieuse de gagner encore en efficacité, l'ESF lance son nouveau site Internet. L'ESF (Entreprises Sud Francilien), ex-Sénart Entreprises, est une association d'entreprises créée en 1995. Son objectif principal : promouvoir des liens constructifs entre les chefs d'entreprise du bassin économique et participer ainsi au développement économique du sud-est francilien. Afin de consolider son réseau, de gagner en réactivité et en efficacité, elle vient de lancer un nouveau site Internet. Les adhérents et futurs adhérents peuvent y trouver, en plus d'une présentation de l'association et d'une liste précise de ses services, un répertoire des membres classés par secteur d'activité et un agenda des événements, rendez-vous, rencontres et autres tables rondes à venir. www.esf-asso.org

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


DOSSIER

© Digital Media Solutions

© Artefacto

L’innovation : Une des clefs de la réussite

Quand la conjoncture économique est maussade et que les marges de croissance semblent inexistantes, le salut des entreprises réside pour une bonne part dans leur capacité à innover pour se démarquer de leurs concurrents. Un produit plus recyclable, un process plus économe, un service plus performant... peuvent leur donner un nouvel élan, et générer de nombreux emplois. Avec INNOV77, Seine-et-Marne Développement et ses partenaires ont doté en 2012 le département d’un programme de proximité pour accompagner les PME et TPE dans ce processus riche de promesses.

En haut à gauche : Digital Media Solutions à Noisiel s’appuie sur le réseau INNOV77 pour engager des projets innovants. En haut à droite : Visuel 3D du Projet Sustains de l’entreprise Artefacto à Champs-sur-Marne, pour lequel le Conseil général de Seine-et-Marne prend en charge 45 % des dépenses de R&D. En bas à gauche : Machine pour le micro dosage de composé pharmaceutique de l’entreprise Xpert Automation à Pommeuse. En bas à droite : L’adhésion au pôle de compétitivité Systematic a permis à l’entreprise Balyo, à Moissy-Cramayel, de participer à une mission économique aux USA qui s’est traduite par l’ouverture d’une filiale à New-York.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

trajectoires AVRIL-mAI 2013 — 07


DOSSIER Un bilan déjà très positif La première année d’activité d’INNOV77 a été bien remplie avec l’organisation de nombreuses réunions touchant plus de 250 entreprises seine-et-marnaises et l’accompagnement d’une quarantaine de PME innovantes. Neuf rencontres “Innovation et Territoires” ont été montées par Seine-et-Marne Développement en partenariat avec les communautés d’agglomération du Pays de Meaux, de Marne et Chantereine, du Val Maubuée et de Marne et Gondoire, le SAN de Sénart et les communautés de communes de Montereau, de la Brie des Templiers, de la Brie Nangissienne, et du Pays de Nemours.

INNOV77 organise de nombreuses réunions d’informations et conférences thématiques.

INNOV77 L’union fait la force ! Créé début 2012 à l’initiative de Seine-et-Marne Développement, avec la Chambre de commerce et d’industrie de Seine-et-Marne, le programme INNOV77 a déjà largement fait la preuve de son utilité. Il mobilise tous les partenaires locaux de l’innovation autour de PME/TPE qui identifient difficilement les aides et accompagnements auxquels elles peuvent prétendre.

E 

n février dernier, INNOV77 s’est déplacé dans les locaux de la Communauté d’agglomération de Melun Val de Seine pour tenir sa rencontre mensuelle “Innovation et Territoires”. Tous les partenaires du réseau étaient présents : Seine-et-Marne Développement, la CCI77, le Centre Francilien de l’Innovation, OSEO, l’INPI, JESSICA(1) et l’Incubateur Descartes. Au programme d’une journée bien chargée figuraient, en matinée, la présentation du dispositif aux PME/TPE intéressées puis, l’après-midi, des rencontres individuelles avec 4 entreprises en phase d’innovation. “Pour elles, ces rendez-vous groupés sont un gage d’efficacité et un gain de temps considérable, observe Sonia Dutartre, la Directrice Adjointe de Seine-et-Marne Développement et la copilote du programme avec Eric Nowak (CCI77). Tous les partenaires sont réunis pour analyser leur projet, les informer sur les aides et dispositifs auxquels elles peuvent prétendre, les orienter, leur fournir des contacts…” à ce jour, aucun autre département francilien n’a mis sur pied un système aussi complet. (1)

Un accompagnement de proximité Dans le plus vaste département d’Île-de-France, la proximité est visiblement un gage de succès. Selon une étude effectuée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne en 2011, beaucoup de PME et TPE se sentaient éloignées des structures qui pouvaient les accompagner dans leur processus d’innovation. “L’envie était là, les capacités aussi, mais trop peu d’entre-elles osaient franchir le pas, résume Eric Nowak. Il y avait tout à la fois un problème de visibilité et de lisibilité des aides disponibles. De ce point de vue, INNOV77 a très nettement amélioré les choses, avec une vingtaine d’événements, généralement décentralisés, organisés dès 2012 – sa première année d’existence (voir ci-contre). La raison d’être de la mise en place de ce programme n’est pas strictement liée à un aspect de financement des projets qui sont présentés. “Ces aides existent déjà, notamment en Seine-et-Marne, qui est à ce jour le seul département d’Île-de-France à abonder les aides régionales par exemple (voir page 9), explique Sonia Dutartre. Notre rôle se situe plus dans la détection, l’orientation, l’accompagnement. L’innovation est un processus long, compliqué et coûteux, nécessitant une multitude de compétences techniques, financières, commerciales, administratives. Concevoir un nouveau produit, un nouveau process ou un nouveau service ne suffit pas. Il faut aussi savoir le protéger, en vérifier la pertinence, en mesurer la rentabilité, en imaginer tous les développements. Pour triompher de ce parcours du combattant... rien ne vaut un réseau bien soudé !”

Cinq ateliers INNOV77 pilotés par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne ont également été proposés, avec le pôle de compétitivité Systematic Paris Région, la Grappe d’entreprises Défi Mécatronic ou le Cetim (mécanique). Chacun a réuni en moyenne une vingtaine d’entreprises. Celui monté avec la Caisse des Dépôts et OSEO sur le financement et la création de la future BPI (Banque Publique d’Investissement) a même réuni 80 participants. Enfin, le Centre Francilien de l’Innovation a organisé en 2012 deux conventions d’affaires réunissant des PME, des donneurs d’ordres et des laboratoires sur des secteurs d’activité spécifiques. La première a été consacrée à l’ingénierie de la construction, le bâtiment, la gestion de l’eau et le recyclage des déchets ; la seconde à la mécanique et l’électronique - en partenariat avec Défi Mécatronic, Air France Industrie et un laboratoire de Polytechnique. En 2012, le bilan du financement de l’innovation s’affiche comme suit : 91 entreprises ont bénéficié d’aides financières des principaux acteurs d’INNOV77, OSEO Innovation a versé 3,3 M€ d’avances remboursables, la Région (via le CFI) 475 000 € au titre de son fonds d’aide à l’innovation. Les aides régionales ont été abondées par le Département pour environ 184 000 €, sans compter le financement d’entreprises, ou de laboratoires de recherche, via le dispositif des Pôles de Compétitivité.

L’Association JESSICA France porte le programme CAP’TRONIC pour faciliter l’innovation et la compétitivité des PME par l’électronique.

08 — trajectoires AVRIL-MAI 2013

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


interview

Des aides individuelles aux projets collaboratifs Patrick Herbelin dirigeant de Xpert Automation à Pommeuse

Quelle est la nature de l’innovation développée par Xpert Automation ? P. h. : Il s’agit d’une technologie robotisée permettant la distribution de poudres en micro-quantités – à partir de quelques dixièmes de milligrammes –, ce qui permet de réduire les consommations de produits ou de solvants. Les débouchés sont nombreux dans l’industrie pharmaceutique, agro-alimentaire et cosmétique. La commercialisation débutera en 2014 avec les consommables associés. Au total, le chiffre d’affaires annuel devrait avoisiner les 3 à 4 M€. Quelles aides financières avez-vous reçues ? P. h. : Principalement l’Aide à l’Innovation Responsable (AIR), soit 36 900 €, de la Région Île-de-France, abondée par 10 250 € du Conseil général de Seine-etMarne. S’y ajoute, pour 3 000 €, une Aide à la Préparation de Programme Innovant (APPI) versée par OSEO pour financer la démarche Brevet. Au total, ces sommes représentent 45 % de la phase recherche et développement initiale.

“36 mois auront été nécessaires pour mettre au point et commercialiser mon innovation. Sans aides, j’aurais probablement mis 1 ou 2 ans de plus.”

En 2012, la Seine-et-Marne a poursuivi sa politique volontariste de soutien à l’innovation. Elle intervient aux côtés de l’état et de la Région, auprès des PME/TPE à la fois sur des projets d’innovation individuelle et collaborative (des pôles de compétitivité), dans la perspective de création d’activité et d’emplois pour le territoire. L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on quand on en a ! Sans argent, en tout cas, point d’innovation. En matière de recherche et développement, il est indispensable. Avant même de dépenser des sommes parfois considérables dans la recherche en elle-même, vérifier la pertinence d’une idée, organiser une stratégie et protéger ses arrières coûte déjà très cher ! C’est évidemment pour les TPE et les PME que le volet financier pose plus particulièrement problème. C’est donc à elles que le Programme INNOV77 apporte des solutions précieuses en les aidant à frapper aux bonnes portes et à mobiliser les bons dispositifs. “Au niveau régional, il en existe deux principalement, détaille Stéphane Beauvais, Conseiller entreprise au Centre Francilien de l’Innovation, où il suit plus particulièrement la Seine-et-Marne. Le 1er, l’Aide à la maturation de projets innovants (AIMA), permet d’accompagner un projet très en amont, en finançant la validation du cahier des charges, une analyse de marché, la protection industrielle, les tests d’un démonstrateur, etc. Nous en accordons une dizaine par an en Seine-et-Marne avec OSEO, dans la limite de 50 % de la dépense et 30 K€”. Le 2 e dispositif important, l’Aide à l’Innovation Responsable (AIR), est financé par la Région Île-deFrance, qui a confié l’instruction des dossiers au Centre Francilien de l’Innovation. “En moyenne, nous en comptons 4 par an en Seine-et-Marne. 8 les bonnes années, précise Stéphane Beauvais. La participation AIR à un projet oscille de 25 à 50 % dans la limite de 100 K€, mais cette aide n’est mobilisable que si l’innovation attendue est plus durable que le produit, le process ou le service qu’il se propose de remplacer.”

Sans ces aides, auriez-vous renoncé ? P. h. : Bien sûr que non ! Mais cela aurait

été beaucoup plus compliqué et, surtout, beaucoup plus long. Ces aides m’ont permis de consacrer l’essentiel de mon temps au développement de cette nouvelle technologie. Sans compter que le coup de pouce n’est pas seulement financier. L’accompagnement d’INNOV77 et du Centre Francilien de l’Innovation (CFI) a été déterminant car il a facilité la recherche d’information et l’orientation vers les bons interlocuteurs.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

Un effet de levier en Seine-et-Marne En 2012, le département de Seine-et-Marne, seul territoire francilien, à ce jour, à abonder les aides régionales, a majoré, sur proposition de Seine-et-Marne Développement, 8 AIMA et 2 AIR, pour un total de 184 000 €. Ces projets devraient générer la création d’environ 35 emplois. Digital Media Solutions (Noisiel, voir page 10) comptait parmi les bénéficiaires. L’implication du Conseil général est plus forte et s’inscrit sur une durée moyenne de 3 ans auprès des entreprises qui participent à des programmes collaboratifs labellisés

par les pôles de compétitivité auxquels il a adhéré (1) ; “Les cofinancements des acteurs de ces projets se répartissent entre l’état et les autres collectivités franciliennes, résume Sonia Dutartre, la Directrice adjointe de Seine-et-Marne Développement. Pour ce dispositif, les PME de notre territoire sont aidées sur la base de 45 % maximum de leurs dépenses de R&D dans le projet”. C’est par exemple le cas pour Sardou Recherche Développement (Saint-Soupplets) qui recevra 200 000 € (cofinancement Département-Région), ces trois prochaines années, pour sa participation au programme EPOCARB du pôle ASTech Paris Région. Ce projet représente pour l’aéronautique une “rupture technologique majeure”permettant une amélioration stratégique de la conductivité électrique et de la qualité des pièces. La phase d’industrialisation du procédé permettra la création de dizaines d’emplois. L’action du pôle de compétitivité Systematic ParisRegion, en Seine-et-Marne, affiche de belles promesses aussi avec la mobilisation de quatre grands groupes (C&K, EDF Renardieres, Hispano-Suiza, Snecma) et d’une vingtaine de PME. “à ce jour, résume son Président Jean-Luc Beylat, nous avons déjà expertisé 1 294 projets collaboratifs. 906 ont été labellisés et 364 financés – 19 concernent des entreprises et des laboratoires adhérents seine-et-marnais – pour un effort de recherche et développement global de 1,86 milliard d’euros. Aux côtés des financeurs publics (640 M€ provenant de l’état, des agences ANR, EUREKA, FEDER, OSEO et des collectivités territoriales), nous mobilisons aussi une vingtaine d’investisseurs privés, ce qui est très encourageant”. (1)

Advancity, ASTech Paris Région, Cap Digital et Systematic Paris Région.

Les collectivités et les associations aussi Au travers de son Fonds d’Innovation Numérique pour l’Expérimentation (FINE) doté de 150 000 € par an, le Conseil général de Seine-et-Marne entend favoriser l’émergence de projets numériques expérimentaux portés par les collectivités et les associations de son territoire avec le concours d’entreprises. Les résultats d’un 1er appel à manifestation d’intérêt seront prochainement connus. L’aide départementale peut atteindre 30  % d’une dépense plafonnée à 180 000 €. En savoir plus : christine.bertrand@cg77.fr

trajectoires AVRIL-mAI 2013 — 09


interview

DOSSIER

Le futur s’invente en Seine-et-Marne ! JPB Système ou Hologram Industries hier (voir Trajectoires n° 29), Digital Media Solutions ou Artefacto aujourd’hui, les PME seine-et-marnaises savent à la fois se positionner et se maintenir à la pointe de leur secteur d’activité, grâce à une politique recherche et développement très volontariste.

D 

epuis 2010, Digital Media Solutions s’est distinguée par sa capacité à sortir rapidement les innovations sur lesquelles elle a travaillé. Cette année, l’entreprise pourrait bien multiplier son chiffre d’affaires par 2 ou 3. “Nous tablons sur 3 à 4 M€ en 2013”, se félicite son PDG Hervé Roux. Cette croissance sans précédent se traduira aussi par la création de 5 à 10 emplois supplémentaires, en recherche et développement et en marketing/vente. Pas mal pour cette jeune pousse créée en 2009 à Noisiel, qui compte déjà 26 salariés et 3 consultants ! Spécialisée dans la conception et la distribution de solutions audio complètes pour les salles de cinéma, les salles de spectacle et les espaces publics, l’entreprise a déjà quelques belles références à son actif. Ses solutions équipent par exemple le Dôme UGC de la Défense et les mythiques studios Oceanway de Los Angeles où Franck Sinatra, Ray Charles, Paul Mc Cartney et Mickaël Jackson ont enregistré leurs tubes. En matière de sons – 3D dorénavant – l’innovation doit être permanente pour faire la course en tête. “Les programmes que nous allons valoriser cette année ont représenté un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros, estime Hervé Roux. Le CNC et OSEO nous ont consenti des subventions et des prêts pour près de 40 % du total. Sans ces aides, nous n’aurions jamais pu nous lancer. Le projet que nous engageons aujourd’hui avec INNOV77 suit le même chemin. Il s’agit, dans un premier temps, de valider la pertinence d’une innovation relative à l’amplification de sons intelligents et la limitation des pertes dans la transmission audio”. Coût : 78 000 € pris en charge pour moitié par une Aide à la maturation de projet innovant (AIMA) de la Région Île-de-France (25 000 €) et son abondement par le Conseil général de Seine-et-Marne (13 900 €). Si cette première étape s’avère concluante, suivra la phase de recherche et développement proprement dite, exigeant un investissement supplémentaire de 200 à 300 000 €. “Vu les économies d’énergies espérées avec l’utilisation de ces nouvelles technologies, nous solliciterons alors le Programme d’Aide à l’Innovation Responsable (AIR)”, annonce Hervé Roux. Simulations 3D pour des éco-territoires Toutes aussi prometteuses sont les retombées espérées par la Société Artefacto (Champs-sur-Marne) pour le projet Sustains qu’elle pilote depuis 2 ans dans le cadre d’Advancity, le pôle de compétitivité dédié à la Ville Durable. C’est la collaboration avec Epamarne et ce programme financé dans le cadre de la politique des pôles, qui a décidé cette société rennaise spécialisée dans la simulation 3D à venir implanter un nouveau site en Seine-et-Marne.

10 — trajectoires AVRIL-mAI 2013

Ce projet réunit autour d’Artefacto, le Laboratoire Informatique en Mécanique Science de l’Ingénieur (CNRS - Orsay), le Laboratoire d’Informatique Nantes Atlantique, Armines-Paris Tech (91), Artelys SA (75) et une filiale d’Areva. Il vise à concevoir un outil d’aide à la décision pour le choix des systèmes énergétiques à l’échelle d’un territoire, de la production à la consommation. “L’outil attendu permettra d’appréhender les logements et locaux d’activités ou de services publics à la fois sous l’angle social, économique, énergétique, de mobilité et de durabilité. Intégrer, visualiser et manipuler ces dimensions dans sur une seule et même plate-forme informatique facilitera la prise de décision pour les élus, les financeurs comme les techniciens”, détaille l’un des associés de l’entreprise, Erwan Mahe. Un atout indéniable dans la perspective de la transition énergétique qui s’annonce.“Au regard des enjeux, les 2,3 M€ du projet ne devaient pas être un obstacle. L’état, la Région, et la Seine-et-Marne ont contribué pour un total de 1,1 M€”. C’est le Conseil général qui a pris en charge les 45 % des dépenses de recherche et développement d’Artefacto dans le projet, très prometteur en termes de création d’emplois. “Nous comptons 3 salariés. Nous pourrions être 5 à 6 fois plus nombreux si Sustains répond, comme cela semble devoir être le cas, à toutes nos espérances” conclut Erwan Mahe.

Des territoires innovants Les rencontres “Innovation et Territoires” initiées par INNOV77 constituent pour les différents territoires une excellente opportunité d’afficher leur stratégie en la matière et de renforcer les partenariats avec les entreprises. Sur la thématique de la Ville Durable et des éco-technologies, Marne-la-Vallée et Sénart affichent ainsi des ambitions de territoires innovants et souhaitent favoriser les “expérimentations”. Les entreprises seine-et-marnaises peuvent s’appuyer sur la présence, à la Cité Descartes, du pôle Advancity, sur l’Incubateur Descartes, ou la pépinière d’entreprises innovantes. Elles profitent aussi d’un important potentiel de recherche présent dans les différentes structures du PRES Paris Est. à côté de ses projets dans le domaine de l’écodéveloppement (Ecopôle par exemple), Sénart s’engage, avec Seine-et-Marne Développement, sur la mise en place d’un pôle d’excellence Innovation Logistique et structure une offre de services pour accueillir les entreprises les plus performantes de ce secteur d’activités très représenté en Seine-etMarne. Avec la communauté d’agglomération de Melun Val de Seine et le Conseil général elle développe, sur le site de Villaroche, un pôle industriel et aéronautique reconnu, en collaboration étroite avec le pôle de compétitivité ASTech Paris Région.

Raul Bravo PDG de BALYO à Moissy-Cramayel

L’innovation est-elle importante dans le secteur de la logistique ? R. B. : Elle est indispensable. Nous sortons une nouveauté tous les 2 ou 3 mois. C’est même cela notre vrai métier. Ensuite, nous travaillons avec des partenaires pour la fabrication en série, principalement en France. Mais 90 % de nos trente salariés sont concernés de près ou de loin par la R&D. Ce n’est pas rien, surtout si l’on considère que nous n’étions que 10 il y a encore deux ans. Vous avez adhéré au Pôle de compétitivité mondial Systematic. Quel bénéfice en tirez-vous ? R. B. : à ce jour, une participation à une mission économique aux USA en 2011, qui s’est traduite par l’ouverture d’une filiale à New-York. Nous avons également repéré des partenaires, laboratoires principalement, avec lesquels nous pourrons concevoir des produits innovants et de nouvelles applications robotiques. Mais il est encore trop tôt pour en parler...

“Une Aide à la maturation de projet innovant nous a été accordée par la Région et le Département de Seineet-Marne pour développer une nouvelle application de chargement automatique des camions.” Balyo existe depuis 2005. Avec le recul, dans la mise au point d’une innovation, qu’est ce qui est le plus déterminant ? R. B. : La prise en compte, très tôt dans le processus, des nombreux facteurs qui vont influer sur la réussite ou l’échec final. Je pense principalement au financement de la R&D. Certes, les aides publiques existent, mais elles doivent être accompagnées de financements privés, de type capital risque, qui restent encore trop peu développés à mon avis. Il y a là une grosse marge de progrès. trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


enjeux

matière grise

L'IFSTTAR à Marnela-Vallée : zoom sur les transports de demain Le siège de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), né en janvier 2011, est implanté à Marne-la-Vallée. Cet EPST (établissement public à caractère scientifique et technologique) est le plus grand centre européen d'étude des transports. Il multiplie les collaborations avec des laboratoires prestigieux et les plus grands noms des domaines des transports et du génie civil.

“I 

l n'est plus question aujourd'hui d'imaginer un transport sans imaginer le système de transports qui va avec : c'est de ce constat qu'est né l'Ifsttar” explique Hélène Jacquot-Guimbal, retraçant la genèse de l'Institut qu'elle dirige. Cet établissement est issu de la fusion, en janvier 2011, de l'Inrets (Institut national de recherche sur les transports et la sécurité) et du LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées). “Le premier travaillait sur les véhicules et la sécurité des utilisateurs, le second sur les infrastructures de transports. Il était donc tout naturel qu'un jour, ils fusionnent”. Le plus grand centre européen consacré à l'étude des transports Résultats de la fusion : un siège commun à Marne-la Vallée, 1 200 collaborateurs (chercheurs, étudiants, doctorants, techniciens, ingénieurs, fonctions support), répartis sur 9 sites en France, un budget annuel de 120 millions d'euros, des partenariats avec des Grandes écoles et des laboratoires universitaires du monde entier (dont Berkeley et le Massachusetts Institute of Technology) et enfin, des contrats pour des études destinées à tous les grands noms ou presque des transports et du génie civil : Renault, Vinci, Valéo, Peugeot, Toyota, RFF, SNCF, etc. L’Ifsttar est aujourd’hui le plus grand centre de recherche européen sur les transports, recouvrant à la fois l'étude des infrastructures, des véhicules et des services de demain. “A l’heure actuelle, précise Hélène Jacquot-Guimbal, nous essayons de créer la route à haut niveau de services : déneigement automatisé, communication et échange d’énergie entre l’infrastructure, le véhicule et le gestionnaire du réseau, résilience aux évènements climatiques, etc.” Des équipes pluridisciplinaires L'approche globale de l'Ifsttar s’appuie sur la pluridisciplinarité de ses équipes, venues des sciences “dures”, de l'ingénierie mais trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

Il y a forcément interaction entre la ville et les systèmes de transports. Ils constituent son système veineux. Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale de l'IFSTTAR

Une dalle d'essai unique en Europe La future dalle d'essai de l'Ifsttar est en cours de livraison. Il s'agit d'une plateforme de dix mètres sur soixante, aux propriétés dynamiques adaptées aux structures qui y seront testées, comme des parties de bâtiments ou des piles de ponts. Le béton est ainsi spécialement conçu pour réduire les risques de fissuration. Même soumis à des vérins hydrauliques qui dépassent les 600 tonnes, l'ensemble est quasi indéformable. Seuls quelques laboratoires, au Japon et au Canada, disposent d'un tel équipement : un atout de taille donc, pour tester les structures de génie civil de demain.

aussi de la sociologie et des sciences économiques. “On ne peut étudier un système de transports sans faire appel à toutes ces compétences. Les premières grandes avancées en économie ont d'ailleurs été faites au XIXe siècle à propos des transports, parce qu'il fallait savoir comment développer des réseaux ferrés adaptés aux besoins des populations”. Cette transversalité se retrouve au sein de la structure de l'Ifsttar, organisée non pas par discipline, mais par domaine d'études – cinq au total. Un institut structuré en domaines d'études Cette organisation en domaines d’études se traduit ainsi par cinq départements de recherche pluridisciplinaires. Par exemple, le département “Transport, santé, sécurité” est consacré en particulier à l'étude de la psychologie du conducteur et de la mécanique humaine. Il est associé à deux CHU et leurs services de traumatologie. Ingénieurs, chercheurs et chirurgiens y collaborent pour concevoir des modèles humains – mannequins ou modèles virtuels - afin de retranscrire en termes mécaniques la fragilité du corps humain et essayer ainsi d'améliorer tout à la fois les systèmes de protection des occupants de véhicules, des piétons et des conducteurs de motos. Quant au département "Aménagement, mobilité et environnement", il associe sciences dures, économie, sociologie, histoire et statistiques dans le but d’analyser aussi bien l'impact des différentes actions humaines sur l'environnement que l'évolution des villes, des banlieues et des systèmes de transports. "Il y a nécessairement interaction entre la ville et ses systèmes de transports", conclut Hélène Jacquot-Guimbal. "Ils constituent son système veineux. Sans système de transports, il n'y a tout simplement... pas de ville".

trajectoires AVRIL-maI 2013 — 11


enjeux

PARC D'ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES

La Faisanderie de Fontainebleau renaît sous le signe de la mixité urbaine La Faisanderie fut, dans l’immédiate après-guerre, l’expression du savoirfaire architectural français. C’est un magnifique capital à valoriser. Emilie Frayssinet, Chef de projet Rénovation aux Foyers de Seine-et-Marne

Eléments forts du paysage et de l’histoire militaire de Fontainebleau, les quatre immeubles de la Faisanderie font l’objet, jusqu’en 2015, d’une réhabilitation totale. Le projet intègre des locaux commerciaux et des bureaux, pour promouvoir une véritable mixité d’usage.

L 

es bureaux et locaux d’activités se font rares à Fontainebleau. La transformation d’anciennes halles à fourrage face au château (voir Trajectoires n° 27) était une nouvelle initiative pour y remédier. La réhabilitation des tours de la Faisanderie s’inscrit dans la même veine. Imaginées dans les années 1950 par le génial Marcel Lods, l’un des pères de l’architecture moderniste française, celles-ci avaient défrayé la chronique dès leur construction. Moins de 9 mois avaient en effet suffi à créer de toutes pièces leurs 280 logements confortables et lumineux à l’orée de la forêt de Fontainebleau. Des officiers et sous-officiers d’une dizaine de nationalités attachés au QG de l’OTAN les avaient aussitôt occupées. D’emblée très appréciés pour la qualité de leur construction et de leur aménagement intérieur, ces logements ont sans surprise conservé une excellente réputation, même si le quartier s’était un peu vidé au fil des ans, faute d’investissements à long terme. Ce temps est révolu depuis l’acquisition de l’ensemble, en 2010, par les Foyers de Seine-et-Marne (FSM) qui ont engagé plus de 60 M€ dans l’opération.

En chiffres

rez-de-chaussée de deux des immeubles – Grande-Bretagne et Etats-Unis – pour créer quelques 1 700 m² de commerces. S’y ajouteront, au 1er étage de Grande-Bretagne, 700 m2 de bureaux”. Les lots sont modulables jusqu’à 230 m², la présence des cages d’escalier interdisant de plus grands espaces. “La commercialisation démarre à peine, mais l’intérêt est déjà bien présent avec une quinzaine de contacts très avancés”, annonce Eric Gillette, de GSA Immobilier, chargée de proposer ces locaux professionnels. Un environnement remarquable à l’orée de la forêt, un emplacement stratégique à l’entrée Nord-Ouest de Fontainebleau et la proximité de l’Ecole des Mines, de l’INSEAD ou de plusieurs IUT et formations médicales et paramédicales, constitueront à coup sûr les principaux atouts de ces locaux situés au pied de 358 logements. Sous le signe de la sobriété énergétique Le développement durable est un autre axe fort d’un projet de réhabilitation qui se veut exemplaire du point de vue énergétique. Après isolation intérieure, pour respecter les façades imaginées par Marcel Lods, et remplacement de toutes les huisseries, la consommation sera inférieure à 104 KWh/m²/an (classement BBC Rénovation). “La production de chauffage et d’eau chaude sera assurée par une chaufferie-bois qui alimentera également une école et les 170 logements sociaux d’une résidence voisine”, détaille Emilie Frayssinet.

•4  bâtiments dont 2 accueillant commerces et bureaux • 358 logements •9  20 m² de bureaux divisibles en lots de 76 à 200 m² et 1 700 m² de surfaces commerciales divisibles en lots de 60 à 230 m² •6  2 M€ d’investissement dont 15 M€ d’acquisition du patrimoine et 41 M€ de travaux •2  0 000 heures d’insertion réalisées sur le chantier. • à 10 Km de l’A6 • à 65 Km de Paris • à 15 Km de Melun •à  5 min de la Gare RER D de Fontainebleau Avon (Gare de Lyon à 40 min) • à 40 Km d’Orly.

… Et en dates 2008

1ères études de faisabilité 2010

Rachat par les Foyers de Seine-et-Marne 2011

Appel d’offres européen et attribution des marchés 2012

Démarrage du chantier 2013

“Conformément aux souhaits de la Ville de Fontainebleau et de sa communauté de communes, notre programme privilégie la mixité des usages, résume Emilie Frayssinet, la responsable de l’opération de rénovation chez FSM. à cet effet, dans le plus grand respect du patrimoine architectural, d’ailleurs protégé par les Bâtiments de France, nous allons utiliser les espaces sous pilotis qui servaient de parking en

12 — trajectoires AVRIL-mAI 2013

La préservation des espaces boisés a également guidé le projet. Pour remplacer les places de stationnement supprimées en rez-de-chaussée, un parking souterrain de 98 places a été prévu en complément de la restructuration des emplacements de surface déjà existants. l.benko@smd77.com

Lancement de la commercialisation et livraison du bâtiment “Canada” 2014

Livraison de “USA” et de “Grande-Bretagne” 2015

Livraison de “Belgique”

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


Crouy-sur-Ourcq

3

Tancrou

3 Mitry-Mory

5

Trilport

2

Claye-Souilly

4

2

28 INITIATIVES LABELLISÉES “PROJET DE TERRITOIRE 77“ Jouarre

Chelles

1

Bussy-Saint-Martin

1

4

5

6

4

TORCY

Champssur-Marne

Orly-sur-Morin

Serris

8

2

Tournan-en-Brie

4

2

Rupéreux Lieusaint

9

3

Boissise-le-Roi

10 Bois-le-Roi

DonnemarieDontilly

5

1

2

Habitat social multi-générationnel

1

Achitecture web

2

Businext’home

2

Pôle touristique d’excellence

3

Trait d’union du Mo Montois

3

pin Pépinière du Creux du Chêne

4

Centre de laa Ga Gabrielle

4

u de Rentilly Château

5

on d n Association d’aide à l’insertion nne Metal Control professionnelle

5

L’Ânerie B Bacotte

6

Le Chat Graphé rap

1

Collège de l’Arche Guédon

7

de Buro’nomade

2

Biomasse pour le futur

8

ng p ts IFIS - Co-working pour étudiants

3

Avenir osier 77

9

Cyber Bus’Art

4

Planète chanvre

10

ole Clinique Les Trois Soleils

5

Cluster Descartes

1

Opt’i Vélo

6

Centre d’éco-tourisme de Franchard

2

Système Watt

1

Ecotron – Planaqua

3

mande Transport électrique à laa de demande

2

Éco-quartier Ancre de Lune

4

Projet WATT

3

Éco-quartier de l’Eau vive

Pommeuse

1

GretzArmainvilliers

1

3

6

LES 5 CHANTIERS CONCERNÉS

Moretsur-Loing

7 Saint-Pierreles-Nemours

Flagy

3

1

ACCESSIBILITÉ ET QUALITÉ DE SERVICES POUR TOUS

BÂTIR LE TERRITOIRE MODÈLE DE LA CONSTRUCTION DURABLE

DÉVELOPPER ET INNOVER DE NOUVELLES CLÉS POUR LA MOBILITÉ

INVENTER UN NOUVEL ÉQUILIBRE POUR LA VILLE DURABLE

DIVERSIFIER L'OFFRE DE TOURISME ET DE LOISIRS

À la Carte

La Seine-et-Marne a du talent ! Moins d’un an après le lancement de“La Seine-et-Marne a du talent”, appel à initiatives destiné à susciter et soutenir toutes celles capables de promouvoir les objectifs de son Projet de territoire, le Conseil général de Seine-et-Marne en a déjà labélisé 28... émanant d’entreprises, d’associations, de collectivités ou de simples citoyens engagés, ces initiatives vont bénéficier d’une communication renforcée et d’une mise en réseau de leurs acteurs pour être rapidement concrétisées. Parmi les 5 grands chantiers proposés, celui dédié à l’“Accessibilité et à la qualité de services pour tous” arrive en tête avec 10 projets retenus – notamment la création d’un quartier social multigénérationnel à Pommeuse, la multiplication des télécentres Buro’nomades

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

ou la mise en relation, via le web, des particuliers disposant d’une chambre disponible avec des intérimaires ou des stagiaires (Businext’home). En 2e position, figure le chantier“Bâtir le territoire modèle de la construction durable”, dont 6 initiatives ont été retenues, parmi lesquelles la construction d’un collège à énergie positive à Torcy (collège de l’Arche Guédon) ou la relance de la culture du chanvre pour approvisionner le secteur du bâtiment en éco-matériaux (Planète chanvre). Un second appel à initiatives a été d’ores et déjà lancé. Les dossiers de candidature sont à télécharger sur www.seine-et-marne.fr/appel-a-initiatives et à renvoyer avant le 28 septembre 2013. + d'infos : appelinitiativesPDT@cg77.fr

trajectoires AVRIL-maI 2013 — 13


sTORY TELLING

Titeflex Europe à Ozoir-la-Ferrière :

acteur MAJEUR de l'aérospatiale européen Comme beaucoup d'entreprises en Seine-et-Marne, nous développons en petites quantités des produits très techniques, que nous vendons dans le monde entier. FABIENNE MAHIEU, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE TITEFLEX EUROPE

Fabienne Mahieu, directrice générale de Titeflex Europe

Installée depuis 1976 à Ozoir-la-Ferrière, Titeflex Europe, filiale d'une entreprise américaine presque centenaire spécialisée dans les tuyaux en téflon accompagne, depuis ses débuts, l'essor de l'aéronautique et de l'aérospatial européens.

“A 

ujourd'hui multinationale, Titeflex n'était à ses débuts qu'une modeste entreprise installée dans un garage, quelque part dans le Massachusetts. "Une vraie success story à l'américaine", retrace Fabienne Mahieu, directrice générale de Titeflex Europe. L'affaire familiale, créée en 1916, commence par fabriquer de la tuyauterie pour les automobiles. Prenant de l'ampleur, elle s'installe dans une ancienne usine Rolls-Royce à Springfield, d'où elle accompagnera le formidable essor de l'industrie aéronautique. Dans les années cinquante, l’entreprise adapte de vieilles tresseuses textiles achetées en Allemagne et développe un tuyau à base de téflon, gainé d'un tissage en inox. D'abord développée pour un usage militaire, cette nouvelle technologie s'étend rapidement à l'aviation civile. "Avant, dans l'aéronautique civil, tout était fabriqué en caoutchouc" explique Fabienne Mahieu. "Donc plus fragile, avec une durée de vie plus faible et davantage de risques de fuite." En Europe, les concepteurs du Concorde décident d'adopter la technologie américaine. Par la suite, Aérospatiale, co-constructeur du Concorde, demande à ses fournisseurs, américains pour la plupart, de s'installer sur le vieux continent. En 1976, Titeflex implante ainsi sa filiale européenne à Ozoir-la-

14 — trajectoires AVRIL-mAI 2013

Titeflex c’est quoi ? • 20 millions d'Euros de CA • 90 salariés dont 12 ingénieurs et 8 commerciaux • 20 % de croissance par an • 20 embauches en 2 ans • 2000 m² de locaux couverts

Les dates 1916

Création de Titeflex aux Etats-Unis 1976

Installation de Titeflex Europe à Ozoir-la-Ferrière 2000

Rachat de Titeflex par le britannique Smiths Group

Ferrière. "Parce que le distributeur d'origine de Titeflex y était installé" précise Fabienne Mahieu. L'activité de Titeflex Europe connaît un tournant décisif avec la création de la fusée Ariane qui oriente l'entreprise vers des produits de plus en plus complexes et techniques. "Ils avaient besoin de fournisseurs locaux. Ils sont venus chez nous et nous ont aidé à construire un système qualité, à cultiver un certain perfectionnisme". Depuis lors, la filiale n'a cessé de croître, accompagnant tout le développement de l'aéronautique en Europe et exportant dans le monde entier : Inde, Afrique du Sud, Israël, Corée du Sud, Russie... etc. Si la maison mère aux Etats-Unis fabrique toujours les tuyaux pour ses filiales, Titeflex Europe réalise de son côté les études d'ingénierie pour l'adaptation des produits aux différents clients, conçoit tous les embouts, les parties rigides et la connectique qu'elle fait ensuite fabriquer par des sous-traitants. Nombre de ses fournisseurs sont d'ailleurs seine-et-marnais. "Nous avons besoin de petites quantités, fabriquées sur mesure. Nous préférons donc acheter localement" analyse Fabienne Mahieu. "Comme beaucoup d'entreprises en Seine-et-Marne, nous développons en petites quantités des produits très techniques, que nous vendons dans le monde entier". Prochain objectif de l’entreprise ? La qualification pour l'A350 et le nouveau moteur Snecma (le Leap-x), peu gourmand en kérosène, qui équipera l'A320 Neo, successeur de l'A320, ainsi que le nouveau C919 du constructeur chinois Comac et le Boeing 737 MAX. De quoi continuer à alimenter la croissance tranquille de Titeflex Europe. + d’infos : www.titeflex.com

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


Keraglass à Bagneaux-sur-Loing :

des verreries royales au verre vitrocéramique Installé sur l'un des plus anciens sites industriels de France, Keraglass, société amont d'Eurokera, fabrique du verre vitrocéramique pour les grands groupes de l'électroménager et les fabricants de cheminées et poêles de chauffage.

“S 

i Keraglass est officiellement né en 1992, ses origines sont bien plus anciennes. Le site de Bagneaux, aujourd'hui spécialisé dans la fabrication de verres techniques, est en fait l'un des plus vieux sites industriels français. "Il a été créé en 1753 par la verrerie royale de Bagneaux-sur-Loing", raconte Jean-Eric Vermont, directeur de Keraglass, "pour fabriquer des vitres et des bouteilles". Une localisation qui n'est pas due au hasard : "Le sable de Fontainebleau servait de matière première, la forêt fournissait le combustible et le canal du Loing permettait le transport du verre, voilà le triptyque fondateur !". Dans le courant du vingtième siècle, le site se développe

Keraglass c'est quoi ? • 250 collaborateurs • Une usine qui fonctionne 24 heures/24 et 7 jours/7 • 66 millions d'euros d'investissement dans un nouveau four • Propriété à 50/50 de Corning et Saint-Gobain

les dates 1753

1920

Prise de participation de l'américain Corning Naissance de Keraglass 2010

Construction du plus grand four de vitrocéramique au monde

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

JEAN-ERIC VERMONT, DIRECTEUR DE KERAGLASS

Création des verreries royales de Bagneaux-surLoing

1992

Jean-Eric Vermont, directeur de Keraglass

Notre entreprise est l'exemple parfait d'une joint venture réussie. Chacun des partenaires amène une composante technologique clé qu'il maîtrise parfaitement.

considérablement. Il reste entièrement français jusqu'à la prise de participation en 1920, de Corning, un groupe américain fabriquant de verres de spécialité et techniques, qui en deviendra plus tard propriétaire à 100 %. Corning, toujours présent sur Bagneaux pour la fabrication de verres de lunettes et d'optique, décide au début des années 90, de créer une nouvelle activité : la production de vitrocéramique plate. Pour l'occasion, ses dirigeants se rapprochent du groupe Saint-Gobain, expert en laminage et réalisation de verre plat. En 1992, naît donc Keraglass, propriété commune de Corning et de Saint-Gobain, tous deux actionnaires à parts égales. "L'exemple parfait d'une joint venture réussie" commente Jean-Eric Vermont, venu de chez Corning. "Chacun des partenaires amène une composante technologique clé qu'il maîtrise parfaitement". Aujourd'hui, la fabrication de plaques de cuisson et d'inserts de cheminée constitue le cœur d'activité de Keraglass, société amont du groupe Eurokera, auquel elle fournit le verre de base. Le filon de sable de Fontainebleau étant depuis longtemps épuisé, l'entreprise se fournit désormais en Australie. "Pour la vitrocéramique, nous utilisons du spodumène, un sable qui contient du lithium", explique Jean-Eric Vermont. "Il n'en existe que de rares gisements dans le monde". Parmi les principaux clients de l'entreprise, tous les grands groupes de l'électroménager (Electrolux, Samsung, General Electric ou encore Ikea), ainsi que les principaux fabricants de cheminée et de poêles de chauffage. "Entre la création de Keraglass et les années 2000, nous avons capturé l'essentiel de la croissance du marché mondial". Forte de cette expansion, Keraglass a récemment investi 66 millions d'euros dans la construction, sur son site de Bagneaux, du plus grand four de vitrocéramique au monde. Une fois monté en température, il doit absolument être maintenu chaud. Et Jean-Eric Vermont, de s'enthousiasmer : "Maintenir de telles installations à plus de 1500 °C 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pendant plusieurs années est un challenge permanent !".

trajectoires AVRIL-maI 2013 — 15


77 c’est eux, c’est une collection de portraits renouvelée à chaque parution. Des acteurs économiques de tous horizons, public comme privé, jeunes et moins jeunes, artisans locaux, entrepreneurs internationaux… tous unis par leur confiance dans l’avenir de la Seine-et-Marne.

77 c’est eux

Philippe Cyprien

Marie Louise Bureau

Luc Kieffer

Nous sommes fabricants de matériel électrique pour zones à risque d'explosion dans les secteurs de la chimie, de la pétrochimie et du nucléaire.

Sièges, acoustique, éclairage... nous sensibilisons nos clients à l'ergonomie en leur proposant des aménagements de bureau qui améliorent leur confort de travail.

Créateurs et fabricants de bijoux et accessoires de mode en résine composite, nous travaillons pour toutes les grandes marques de luxe françaises.

Martine Leroy

Alberto Osvaldo Comé

Anais Leroux

Mon magasin de laine multimarques est doté d'un espace café tricot : un lieu d'échanges et de convivialité autour du tricot, du crochet et de la broderie.

Expert dans la fabrication d'instruments de la famille du violon, j'apporte de l'innovation en menant des recherches sur l'acoustique des instruments.

Nous détournons l'aspect industriel des accessoires pour cheminées et poêles (grilles d'aération, pièces de jonction...) pour en améliorer le design.

Marie Brouard

Hervé Dubois

Laure Colombier

Je suis spécialisée dans les légumes rares, anciens ou oubliés, et plus généralement dans le maraîchage et l'arboriculture fruitière biologiques.

Conseil, bilan de compétences, formation... notre parcours, sur dix mois, permet aux salariés d'intégrer une ONG ou une institution de coopération.

Dirigeant de la société IDRM, à Saint-Soupplets

Gérante du Café aux laines, à Lieusaint

Chef de l'exploitation Un jardin potager pour Jelena, à Maison-Rouge

Dirigeante de Concept Bureau, à Vaux-le-Pénil

Luthier à Lagny-sur-Marne

Président de l'Institut de coopération internationale, à Moissy-Cramayel

Président de LK Design, à Brie-Comte-Robert

Présidente d'Aeria Design, à Boissise-Le-Roi

Créatrice de Kinder Exchange, à Fontainebleau Notre principe : recevoir chaque enfant comme on aimerait que son propre enfant soit reçu, afin qu'il parle la langue du pays et découvre sa culture.

Trajectoires est édité par Seine-et-Marne Développement, agence pour le développement économique du Conseil général de Seine-et-Marne Directeur de la publication Gérard Eude • Comité de rédaction François-Xavier Deflou, Dominique Marinov • Rédacteur en chef Patricia Montin • Journalistes Claire Judrin et Emmanuel de Lestrade • Réalisation agencebeaurepaire.com • Photos yannpiriou.com • Contact p.montin@smd77.com  • www.seine-et-marne-invest.com • Hôtel du Département 77010 Melun Cedex • Imprimeur Printed and Co 77500 Chelles • Imprimé sur du papier recyclé Cyclus couché print • N° ISSN 1958-8372.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

TRAJECTOIRES N°30  

TRAJECTOIRES N°30

Advertisement