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N°5 AVRIL-MAI 2008

Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

& Entreprises : la dynamique TPE

& Fontainebleau-Avon : nouvelle pépinière d’entreprises

& Agro-ressources : valoriser la biomasse

“Le Japon a choisi ma TPE pour perpétuer la tradition du papier à l’ancienne.” Gabor Ulveczki, gérant de Contejuga www.seine-et-marne-invest.com


Instantané Seine-et-Marne par Yann Piriou

Le centre d’affaires Régus Val d’Europe à Serris - Marne-la-Vallée.

Sommaire Actualité 04

Dossier “Entreprises : la dynamique TPE” 07

• Innovation : le territoire joue la carte du collectif • Retour à l’emploi : Cap-parrainage mobilise cadres et dirigeants • Aide à la création : une deuxième plateforme de professionnalisation • Fontainebleau-Avon : une nouvelle pépinière d’entreprises • Actualités – agenda • Actualités – en pratique

• TPE : l’habit ne fait pas le moine • Économie sociale : des TPE pas comme les autres • Interview d’Antoine Bouvy – gérant de Serviplus (entreprise d’insertion) à Torcy • Le vrai visage de l’artisanat • Interview de Gabor Ulveczki – gérant de Contejuga à Bussy-Saint-Martin

Enjeux 11

Success stories 14

• Matière grise L’élite du développement durable • Quartiers d’affaires Villaroche prend son envol • À la carte La valorisation des agro-ressources

• Sylumis à Lieusaint : une idée lumineuse • Hama à Meaux : une croissance qui n’est pas accessoire Pour plus de renseignements : smdev@seine-et-marne-invest.com ou 01 64 14 19 00


Avril-Mai 2008 Trajectoires

03

Edito

La Seine-et-Marne doit tenir sa place en Île-de-France Par Vincent Eblé, Président du Conseil général de Seine-et-Marne et Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement

L

a majorité du Conseil général vient d’être confortée lors des récentes élections cantonales pour les trois prochaines années. Le nouveau mandat que les Seine-et-Marnais nous ont confié est un témoignage de leur confiance et de leur soutien aux orientations que nous avons fixées depuis 2004. C’est aussi une grande responsabilité face aux mutations économiques rapides que connaît le département. Nous en mesurons l’importance, nous l’assumons avec enthousiasme et ténacité. Même si le taux de chômage continue à diminuer (5,6 %), l’accès à l’emploi reste la première des priorités du Conseil général en termes de développement économique. Notre action est celle d’un développement économique équilibré, au service du territoire et de ses habitants dans une logique de développement durable. Dans cet esprit, nous continuerons à agir pour renforcer l’attractivité du département et pour améliorer la compétitivité de ses entreprises. La Seine-et-Marne dispose d’atouts économiques dont il convient de faire la promotion pour attirer des entreprises. La plateforme aéroportuaire de Roissy, les territoires de Marne-la-Vallée, de Sénart et de Melun Val-de-Seine ont besoin d’être structurés et valorisés pour

Un nouveau mandat que nous assumons avec enthousiasme et ténacité. renforcer leur attractivité. Chaque intercommunalité du département doit trouver sa place en tirant profit de ses particularités. Le tissu économique du département est riche de sa diversité. Il conviendra de maintenir l’effort important que le Conseil général consacre à l’accompagnement du développement des entreprises. Création d’entreprises, innovation, pôles de compétitivité, exportation… sont autant de dossiers sur lesquels Seine-et-Marne Développement, l’agence économique du Conseil général, a bâti son action. Nous espérons, à travers ce magazine, vous faire partager notre ambition d’un département dynamique, fier de ses entreprises et de ses projets. Vous souhaitez nous faire part de vos réalisations, projets :

D Contact : smdev@seine-et-marne-invest.com

Tableau de bord

2.3 %

TAUX DE CHÔMAGE Décembre 2007 Seine-et-Marne : 5.6% Île-de-France : 6.9% France : 7.8%

10 8

INDICE DE DYNAMISME Décembre 2007 (sur un an courant)

ÉVOLUTION DU TAUX DE CHÔMAGE

ÉVOLUTION DU TAUX DE CRÉATION D’ENTREPRISES

en Seine-et-Marne

en Seine-et-Marne

8,1 %

8,3 %

7,7 %

6,7 %

6

5,6 %

2,5 2

1,9 %

2,1 %

1.7 %

2.3 %

BILAN DE L’ACTIVITÉ “IMPLANTATION” DE SEINE-ETMARNE DÉVELOPPEMENT Au 31 décembre 2007 : 611 dossiers en cours 106 implantations 2 794 emplois concernés

FINANCEMENTS D’AFILE 77 À L’ATTENTION DES TPE Nombre d’entreprises financées par Afile 77

400 300

1,5

4

Source : Seine-et-Marne Développement

1

2

0,5

0

0

2003

2004

2005

2006

2007

Sources : DDTEFP 77 ; SPE 77.

200

203

185

255

100

2004

2005

2006

2007

Source : Seine-et-Marne Développement

0

2005

2006

2007

Source Afile 77


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Actualités

Innovation : le territoire joue la carte du collectif Le Département entend stimuler l’innovation des PME via un programme d’actions collectives. Les premières “Rencontres professionnelles de l’innovation” ont eu lieu en mars et ont présenté les pôles de compétitivité en œuvre sur le territoire. Qui a dit que l’innovation était une pure question individuelle ? Pas Seineet-Marne Développement, en tous cas. En partenariat avec la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement), l’agence de développement économique s’est résolument engagée dans un programme d’actions collectives pour renforcer l’innovation des entreprises, et tout particulièrement celle des PME. Parmi les plus notables : les “Rencontres professionnelles de l’innovation”. Ouverts aux dirigeants et gratuits, ces forums permettent en effet aux PME, d’une part, de rencontrer des partenaires et, de l’autre, de mieux connaître les voies de financement de l’innovation. Les deux premières rencontres avaient eu pour thème principal la présentation des pôles de compétitivité.

La matinée du 11 mars a été quant à elle consacrée au pôle “ cap digital ”. En toute logique, elle a rassemblé des entreprises des domaines du numérique et du multimédia. Celle du 18 mars a permis de présenter par le détail “Advancity” - c’est le nouveau nom du pôle “Ville et Mobilité Durables”. Elle a ainsi réuni des PME des secteurs de la construction et de l’habitat, de l’urbanisme, des réseaux et des transports et de la mobilité. D’autres actions en faveur de l’innovation vont suivre dans les prochains mois.

D

as.calais@seine-et-marne-invest.com Moviken, une entreprise adhérente du pôle Advancity.

Retour à l’emploi : Cap-parrainage mobilise cadres et dirigeants

© Conseil général de Seine-et-Marne.

Soixante demandeurs d’emploi épaulés dans leurs démarches d’insertion professionnelle par des “parrains”, cadres dirigeants et spécialistes du recrutement et du management. Tel est le dispositif de “ Cap-parrainage ”, un nouveau réseau très efficace.

Signature des conventions par les “parrains” le 15/11/2007.

Encourager le retour à l’emploi. C’est l’objectif du réseau “Cap-parrainage”, lancé au mois de novembre à Val d’Europe. Cette démarche, qui mobilise des cadres dirigeants et des chefs d’entreprises pour épauler des demandeurs d’emploi dans leur recherche, a fait ses preuves au niveau national : 800 demandeurs d’emploi et allocataires des minima sociaux ont été suivis avec un taux de retour à l’emploi de 70 % (soit 560 personnes). Belle efficacité ! Le Conseil général met désormais en œuvre ce dispositif sur son territoire. 17 entreprises ont répondu à son appel, dont Auchan, BNP-Paribas, Eurodisney, la Fnac, Kyriad et Still. Dans chacune, plusieurs parrains habitués à l’univers du recrutement se sont portés volontaires.

Ils accompagnent 36 demandeurs d’emploi inscrits dans les Anpe de Lagny-sur-Marne et de Serris-Val d’Europe, suivis par les Associations d’Accompagnement Vers l’Emploi financées par le Conseil général. L’objectif ? Les guider dans leur recherche d’emploi en les faisant bénéficier de leur expérience, de leurs conseils et de leur réseau. “Ce suivi a une forte valeur ajoutée : il enclenche une nouvelle dynamique qui leur redonne confiance et les aide à mieux cibler leurs recherches”, explique Véronique Marchand, l’animatrice du réseau. En un an, quelque 60 chômeurs devraient bénéficier de ce soutien.

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Véronique Marchand, UAS de Lagny-sur-Marne, 01 64 30 22 06


Avril-Mai 2008 Trajectoires

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Actualités

Aide à la création : une 2e plateforme de professionnalisation

EN BREF… Mission Cap emploi

Et de deux. Après le succès de la première plateforme de professionnalisation, les acteurs de ce dispositif d’aide à la création d’entreprise récidivent. L’Assedic, l’Afpa, l’Anpe, la Boutique de gestion de Seine-etMarne, l’association Afile 77 et Seineet-Marne Développement ont lancé la deuxième plateforme qui va aider plus de quinze demandeurs d’emploi à créer ou à reprendre une entreprise. Sélectionnés sur le sérieux de leur projet, ceux-ci entrent ainsi dans la dernière ligne droite. Après avoir bénéficié d’une formation collective, ils sont à présent dans la phase d’accompagnement individuel. Objectif pendant ces quelques mois : peaufiner et améliorer le business plan de leur projet grâce

© Conseil général de Seine-et-Marne.

Le département soutient la deuxième plateforme de professionnalisation. Objectif : favoriser la création ou la reprise d’activité de quinze demandeurs d’emploi. Au programme, formations, coaching et accompagnement individuel jusqu’à l’aboutissement du projet.

Les bénéficiaires de la formation de la 1ère plateforme.

aux conseils des juristes, comptables Tous bénéficieront d’un soutien pour et experts financiers qui les suivent. passer et ajuster leur nouveau costume D’ici juillet, les candidats auront créé de chef d’entreprise. leur société. La moitié d’entre eux sera accueillie par Afile 77 dans les b.lechartier@seine-et-marne-invest.com locaux de sa couveuse, “Couv’emploi”.

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Fontainebleau-Avon : une nouvelle pépinière d’entreprises On ne peut pas rêver meilleur emplacement : la nouvelle pépinière d’entreprises de la Communauté de communes de Fontainebleau-Avon est hébergée dans les locaux de l’Insead. De très bon augure pour les jeunes pousses qui viennent s’y installer.

De 428 m2, la pépinière pourrait prochainement passer à 1 500 m2.

Un bel écrin pour de futurs joyaux. 428 m2 de locaux modernes et lumineux à loyer modéré, installés dans l’enceinte de l’Insead, l’une des plus prestigieuses écoles de management du monde. Peut-on rêver meilleures conditions ? La nouvelle pépinière d’entreprises initiée par la Com mun auté de communes de Fontainebleau-Avon,

ouverte au mois de janvier, offre un cadre idéal aux jeunes pousses. La première, Handpresso (3 salariés), a déjà emménagé. Trois autres sont dans les starting-blocks. “Nous avons très vite fait le plein de demandes”, sourit Pierre-Etienne Guiho, viceprésident de l’intercommunalité. Et pour cause. Dans cette partie du département, l’offre de bureaux et de

locaux professionnels reste insuffisante. Le territoire affiche un taux d’installation d’entreprises de 12,5 % (contre 13 % en moyenne en Seine-et-Marne). Mais les choses changent. Avec cette pépinière d’abord, dont la surface pourra être étendue à 1 500 m2. Et à l’horizon 2008-2009, avec l’aménagement de 3 500 m2 de locaux professionnels supplémentaires à la Faisanderie, à quelques centaines de mètres de là. La pépinière de Fontainebleau-Avon est la quatrième du département, après celles de Champs-sur-Marne, de l’aéroport de Roissy et de Sénart. Ces structures d’appui hébergent, pour une durée limitée, les jeunes créateurs d’entreprises et augmentent leurs chances de réussite.

D

Magalie Soares, 01 64 70 10 11 pepiniere@paysfontainebleau.fr

Nouvellement créée en Seine-etMarne, la mission Cap emploi vise à accompagner les personnes handicapées vers le monde du travail et à encourager les entreprises à les embaucher. Elle a été confiée à l’Association pour le développement de l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Adipph 77). Tél. : 01 64 87 08 73 / 01 64 79 59 39

Prix 2008 du développement durable Le Conseil général organise le 2e Prix du développement durable. Ce concours récompense de 1000 euros des actions innovantes en matière de développement durable. Il est ouvert aux particuliers, aux associations, aux entreprises, aux établissements d’enseignement, aux collectivités territoriales et aux établissements publics. Clôture des inscriptions : le 26 avril. www.seine-et-marne.fr

Grand prix Siemens de l’innovation En partenariat avec l’Agence régionale de l’innovation, Siemens lance un concours récompensant de 5 000 euros 3 entreprises franciliennes innovantes dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, de l’industrie ou de la santé. Inscriptions : www.siemens.fr/gpi

Natixis à Val d’Europe La banque d’investissement Natixis implante son Data Center sur 6 ha, à Val d’Europe. Livré entre 2009 et 2015, ce bâtiment HQE sera innovant en matière d’économie d’énergie, de gestion des déchets et d’emprise au sol.

L’immobilier d’entreprises à l’étude “Un immobilier récent et en forte tertiarisation”. Pour tout connaître de l’immobilier d’entreprises et des investissements réalisés et à venir, Seine-et-Marne Développement publie, avec le cabinet IPD, une enquête sur l’immobilier professionnel dans le département. www.seine-et-marne-invest.com


06

Actualités - agenda 2 avril

5 avril

9 Synapses, à Réau

15 anniversaire des Cadres et Entrepreneurs, à Fontainebleau

e

La neuvième édition des Synapses se déroule dans l’auditorium du musée Safran, à Réau (de 17h à 20h). Ce colloque est organisé par l’association Pôle Sud 77 en collaboration avec ASTech, le pôle de compétitivité dédié à l’aéronautique. Pour en savoir plus : www.polesud77.fr

3 avril Mobilisation des entreprises pour l’insertion, à Disneyland Paris

e

Le Club des Cadres et Entrepreneurs 77 souffle sa 15e bougie à l’IUT de Fontainebleau (à partir de 14h30). Et organise un colloque sur “le développement économique du Sud du département.”

10 avril Rencontre de chefs d’entreprises, à Provins Mille décideurs sont attendus pour la 2e édition des “Rencontres du réseau des associations de chefs d’entreprises de l’Est francilien”, organisée par l’Aire (Association inter réseau entreprises). Gymnase RaymondVitte, à partir de 13h30.

Groupie (Groupement des innovateurs pour l’emploi) organise une manifestation en faveur de l’implication des entreprises dans la lutte contre le chômage et l’exclusion. Ouverte aux dirigeants et aux acteurs de l’emploi et de l’insertion, cette rencontre se déroule à l’hôtel Newport Forum sur la transmission et à Disneyland Paris. Pour en savoir plus : www.groupie.fr la reprise d’entreprises, à Melun

17 avril

La CCI 77 et le réseau “Transmettre et reprendre une entreprise en Seineet-Marne” organisent le 6e Forum de la reprise et de la transmission. Rencontres et débats toute la journée, à l’espace Saint-Jean. À 18h, théâtre avec la pièce “C’est décidé, je vends ma boîte !”. Renseignements et inscriptions : 01 64 36 32 96/24. Pour en savoir plus : www.cci.fr

23 avril AG de Seine-et-Marne Développement, à Melun L’agence économique seine-etmarnaise présente son rapport d’activités 2007 et ses grandes orientations pour 2008, lors de son Assemblée générale qui se tient à l’Hôtel du Département.

15 avril et 20 mai Prévention des risques à Sénart et Chelles

Le service départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) et la CCI poursuivent leur sensibilisation des entreprises à la prévention des risques, le 15 avril à Sénart, puis le 20 mai, à Chelles.

23 mai Inauguration de LH Aviation, à Villaroche L’entreprise LH Aviation (aéronautique) inaugure ses nouveaux locaux sur la plateforme de Villaroche, en présence de nombreuses personnalités du monde économique. C’est la 1ère entreprise à s’implanter à Villaroche depuis la création du Sympav (le syndicat mixte).

D D

p.montin@seine-et-marne-invest.com

www.seine-et-marne-invest.com

Actualités - en pratique Econovista s’enrichit Econovista, le site économique tout en animations graphiques de la région Île-de-France, propose une nouvelle rubrique. La thématique “Vivre” souligne la richesse du patrimoine naturel, culturel et architectural francilien. Elle répertorie quatrevingt-six monuments (dont la Commanderie des Templiers de Coulommiers), mais aussi les parcours de golf, les bases de loisirs régionales (comme celle de Bois-leRoi), les pôles commerciaux, les gares, aéroports et aérodromes ainsi que les lycées et les écoles internationales (tel le Centre actif bilingue de Fontainebleau). Chaque icône renvoie à une courte présentation et au site Internet du lieu sélectionné. Une véritable invitation à la découverte du potentiel de la Seine-et-Marne.

D

www.econovista.com /econovistav2/

Le dynamisme économique de la Seine-et-Marne La Seine-et-Marne est un département de plus en plus dynamique. La preuve : au cours du premier semestre 2007, pour une entreprise qui disparaissait, 4 nouveaux établissements voyaient le jour - contre 2,3 en 2006. L’année 2007 avait donc été porteuse avec l’ouverture de 3 693 sociétés en 6 mois. Voilà le type d’information fournie par www.seine-etmarne-invest.com. Le site de Seineet-Marne Développement publie les statistiques sur les implantations, les cessations et les départs d’entreprises dans le département. Ces chiffres, issus des données de l’Insee, sont remis à jour tous les six mois.

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Guide du créateur 3e édition Vous avez envie de lancer votre activité ? Vous brûlez de vous installer à votre compte ? Seine-etMarne Développement publie la nouvelle édition du Guide du créateur d’entreprise en Seine-et-Marne. Conçu comme un parcours de création, ce fascicule de 80 pages insiste sur les questions essentielles à se poser à chacune des grandes étapes du projet. Il apporte des réponses sous la forme de fiches présentant les acteurs départementaux du réseau Créa 77. Il fournit aussi des informations sur les dispositifs et les intervenants nationaux impliqués dans le conseil et l’accompagnement, la formation, le financement, l’implantation et la fiscalité des entreprises. Disponible à Seine-et-Marne Développement ainsi que sur son site www.seine-et-marne-invest.com mais aussi auprès des membres du réseau Créa 77.

www.seine-et-marne-invest.com rubrique “Observatoire économique” puis “Informations économiques”.

D

www.seine-et-marne-invest.com

Nouvelle édition du Guide du créateur d’entreprise en Seine-et-Marne.


Avril-Mai 2008 Trajectoires

Dossier

Entreprises : la dynamique TPE Parce qu’elles irriguent par leurs activités l’ensemble de nos territoires, les TPE constituent un enjeu prioritaire de développement local. Diversité des emplois, proximité, réactivité face aux évolutions des marchés, sont autant d’atouts dont les TPE font la démonstration au quotidien. Les très petites entreprises (moins de 10 salariés) représentent 8 entreprises sur 10 et constituent de formidables gisements d’emplois dans des domaines aussi différents que l’artisanat, l’économie sociale et solidaire ou l’entreprenariat “en solo”. Elles se révèlent être les forces vives du développement économique.

En haut : dorure à la feuille du papier chez Contejuga, à Bussy-Saint-Martin. En bas : la nouvelle pépinière d’entreprises de Fontainebleau.

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Dossier Entreprises : la dynamique TPE

TPE : l’habit ne fait pas le moine Les TPE se révèlent plus souples et plus dynamiques que les autres entreprises : elles disparaissent moins et se renouvellent plus vite. 5 470 d’entre elles se sont implantées l’an dernier dans le département. Leur développement est de nature à diversifier le tissu économique local. Claire Raquin, co-fondatrice de la TPE “Solutions Carton” à Sénart.

LES TPE EN CHIFFRES

55 507 C’est le nombre de TPE du département (elles représentent 80 % du nombre total d’entreprises). La Seine-et-Marne compte 71 464 établissements.

80 % C’est le pourcentage de TPE du département comptant moins de 10 salariés. En Seineet-Marne, près des deux tiers des établissements (64 %) n’ont aucun salarié ou 1 à 2 salariés seulement.

5 470 C’est le nombre de nouvelles TPE qui se sont créées en 2007. En Seine-et-Marne, quand 2 TPE ferment, 5 nouvelles voient le jour.

2,3 millions C’est, en France, le nombre d’entreprises comptant moins de 10 salariés. Dans l’hexagone, plus de 7 millions de personnes travaillent dans une TPE. Ce qui représente plus d’un actif sur trois (37 %).

lles restent discrètes et font très peu parler d’elles. Ce sont pourtant des acteurs économiques très présents dans le département. Elles ? Les TPE (ou très petites entreprises), ces sociétés de moins de 10 salariés réalisant moins de deux millions d’euros de chiffre d’affaires (selon la définition de l’Union européenne). En Seine-et-Marne, elles représentent 80 % de l’ensemble des établissements. Soit 55 507 entités selon l’INSEE – donc une part essentielle du tissu économique local. Une bonne raison pour se pencher sur elles et découvrir leur vrai visage.

E

Tous les champs sont concernés Tout d’abord, les TPE portent bien leur nom. 6 d’entre elles sur 10 (58 %) ne comptent… aucun salarié et se résument au chef d’entreprise. Et 8 sur 10 ont moins de 3 salariés. Côté secteur d’activité, tous les champs de l’économie sont concernés. Elles sont très présentes dans le commerce (19,3 % des TPE du département), le bâtiment et la construction (11,4 %), la santé et l’action sociale (10,5 %). Dans des secteurs comme les activités immobilières, la santé, les services à la personne et les spectacles et activités récréatives, plus de 8 entreprises sur 10 sont des TPE. Côté répartition géographique, elles s’avèrent plus nombreuses dans les cantons du Sud et de l’Est du département. La frange Ouest du département en comptent moins. Un salarié français sur trois Qualité supplémentaire, elles sont pourvoyeuses d’un grand nombre d’emplois. Chacune compte peu de salariés, mais au total elles occupent une grande part de la population active. En France, les TPE emploient plus d’un salarié sur trois, soit sept

Handpresso, première TPE installée dans la pépinière de Fontainebleau.

millions de personnes. Ce sont des structures vives et réactives. Leur indice de dynamisme économique est de 2,46 contre 2,33 toutes tailles confondues. Ainsi, pour une TPE qui met la clé sous la porte, 2,46 voient le jour. Mieux : leur taux de cessation (fermeture) est plus faible que pour les autres entreprises seineet-marnaises (3,8 % contre 4,5 %). Pas étonnant pour qui connaît leur souplesse et leur réactivité. Elles sont bien aidées par un “environnement local qui possède beaucoup d’atouts”, indique Didier Poirier, responsable du secteur “Reprise et création” à la Chambre de commerce et d’industrie de Seine-et-Marne. Et d’énumérer : “une population croissante, des locaux disponibles, la proximité de deux aéroports et de la capitale, de nombreuses voies de communications. Il y a une vraie dynamique entre les acteurs de la création et de l’accompagnement. Tout le monde se connaît, le réseau fonctionne bien.” De nombreux outils sont mis à leur

disposition : en plus des aides et des dispositifs nationaux et régionaux, le département dispose de quatre pépinières pouvant héberger une centaine d’entreprises au total. Contre des loyers de 20 à 30 % en dessous des prix du marché, elles offrent aux dirigeants un accompagnement, des services partagés (courrier, salles de réunion, etc.) et des facilités pour agrandir leurs locaux et développer leur activité. “Accueillir les TPE afin qu’elles se développent et puissent créer des emplois nous permet de diversifier le tissu économique local”, explique Thomas Guilmet, directeur de la pépinière “Entreprendre à Sénart”. En la matière, le département, qui compte 80 % de TPE, proportion de douze points inférieure à la moyenne nationale (92 %), conserve un équilibre dans la taille de ses entreprises.


Avril-Mai 2008 Trajectoires

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© Astrolab

Dossier Entreprises : la dynamique TPE

Le café de l’Astrolab, entreprise d’insertion à Melun.

Économie sociale : des TPE pas comme les autres Apparue à la fin des années soixante-dix, l’économie sociale et solidaire couvre aujourd’hui des activités très diversifiées : services à la personne, entreprises d’insertion, commerce équitable. À l’échelle nationale, les TPE pèsent 1 000 milliards d’euros. Et trouvent des relais de plus en plus nombreux en Seine-et-Marne. ntreprendre différemment. Par-delà cette définition globale de l’économie sociale et solidaire, le terme recouvre en fait des réalités très variées. Il désigne tout à la fois les sociétés coopératives (les SCOP), les mouvements mutualiste et associatif, les entreprises d’insertion, les acteurs du développement local et de la lutte contre l’exclusion. On y trouve donc aussi bien des régies de quartier que des associations d’ampleur nationale. Ce champ très vaste concerne en France 2 millions de salariés travaillant dans près de 760 000 entreprises. Il génère à lui seul 1 000 milliards d’euros de ressources, selon le Ceges (le Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale). En Seine-et-Marne aussi, ce domaine reste très étendu. Outre les grands

E

acteurs de la distribution, il est bien représenté par le secteur bancaire avec le Crédit agricole, le Crédit coopératif, etc. Il existe également quatorze entreprises d’insertion dont l’activité concerne aussi bien le BTP et les espaces verts que le tri des déchets, la petite restauration (au café de l’Astrolab, à Melun, par exemple), le marketing direct et les centres d’appel. Sans oublier toutefois les associations et les entreprises “insérantes”. Ces dernières “sont des entreprises ne bénéficiant pas de l’agrément préfectoral, mais qui emploient des personnes très peu qualifiées dans la perspective de les former et de leur ouvrir une porte de sortie vers le marché du travail”, précise Florence Rigault, directrice d’Afile 77 (association de micro crédits et de financement des entreprises solidaires).

Même si certaines sociétés comme les Ateliers protégés melunais (centre d’aide par le travail pour personnes handicapées) comptent 130 salariés, l’économie sociale et solidaire seineet-marnaise concerne surtout des TPE. Forcément, puisque la main d’œuvre nécessite un encadrement plus important que dans les secteurs traditionnels. “Aux difficultés classiques de l’entreprenariat s’ajoute la gestion parfois compliquée de la main d’œuvre, confirme Florence Rigault. D’ailleurs, on ne se lance pas dans l’économie solidaire pour faire fortune.” Ce sont donc de vraies entreprises – mais elles sont bel et bien différentes.

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www.afile77.org

L’ÉMERGENCE D’UN SECTEUR Fin des années 1970 Naissance du secteur de l’économie sociale et solidaire avec la création des entreprises d’insertion.

1981 Reconnaissance officielle et par décret de l’économie sociale.

2008 L’économie sociale et solidaire regroupe désormais 2 millions de salariés dans 760 000 entreprises, selon le Ceges. Téléchargez le guide de l’entrepreneur solidaire en Seine-et-Marne sur www.seine-et-marne-invest.com

Interview “Une économie à visage bien plus humain”

Antoine Bouvy Gérant de Serviplus (entreprise d’insertion) à Torcy

Serviplus, la société que vous avez créée, est une entreprise d’insertion. Quelle est sa vocation ? AB : Elle vise à préparer des personnes éloignées du marché du travail (titulaires du RMI, demandeurs d’emploi de longue durée, travailleurs handicapés) à retrouver un emploi. Après 24 mois chez nous, plus d’une sur deux retrouve du travail. Vous les formez ? AB : Oui. Et nous les mettons en situation de travail réelle :

elles occupent un véritable emploi. C’est une démarche structurante sur le plan social et professionnel. Quelle est votre activité ? AB : Nous nous occupons d’opérations de communication et de marketing opérationnel. Nous assurons par exemple le montage, le conditionnement, le routage et la livraison de courrier ou d’objets promotionnels. Nos téléconseillers gèrent également les appels téléphoniques liés à ces opérations.

Qu’est-ce qui distingue l’économie sociale et solidaire de l’économie classique ? AB : C’est une économie à visage humain : elle place l’homme au cœur de ses préoccupations et prend en compte les besoins des gens qu’elle emploie. Mais si notre moteur n’est pas le profit, cela ne nous empêche pas d’être une entreprise classique, qui réalise 500 000 euros de chiffre d’affaires environ.

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Serviplus : 01 60 37 07 77


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Dossier Entreprises : la dynamique TPE

Le vrai visage de l’artisanat Fer de lance des TPE, les entreprises artisanales représentent plus d’une société sur cinq dans le département : une filière en plein boom. Présentes surtout dans le domaine du bâtiment et des services, les entreprises artisanales ont souvent du mal à recruter. Stéphane Berna, standiste, dirigeant de “3,14” à Brie-Comte-Robert.

LES CHIFFRES CLÉS

14 103 C’est le nombre d’entreprises artisanales que comptait la Seine-et-Marne en 2005. Elles employaient au total 38 360 personnes.

3 millions C’est le nombre de salariés qui travaillent, en France, dans des entreprises artisanales. Ce qui équivaut à 11 % de la population active.

35 % C’est la proportion de femmes que compte à présent un secteur traditionnellement réservé aux hommes comme celui des métiers du bâtiment. L’artisanat se féminise de plus en plus.

’artisanat emploie plus de 3 millions de salariés sur le territoire national. Il est également le plus gros employeur du département de Seine-et-Marne. Avec 38 360 emplois (un chiffre en hausse de 17 % par rapport à 1999), il occupe aujourd’hui 15 % de la population active de Seine-et-Marne – soit plus d’un actif sur six. Mieux, le nombre d’établissements a augmenté de 6,3 % par rapport à 1999, pour atteindre le nombre de 14 103 entreprises en 2005. La plupart de ces entreprises sont des TPE puisqu’elles emploient, en moyenne, 4,5 salariés, quatre artisans sur dix travaillant seuls. Pour ses trois quarts, la profession est spécialisée dans les métiers du bâtiment et des services. Le bâtiment reste celui qui a le plus fortement progressé (+ 13,8 %). Autre caractéristique récente du secteur, sur le plan national cette fois : une féminisation de plus en plus évidente. “Il n’est plus rare de trouver des femmes sur les chantiers, en peinture et décoration mais également en maçonnerie, dans l’électricité, la soudure, chez les plombiers et les grutiers”, confirme-t-on à Artisanat.info, l’agence de promotion

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Les métiers de bouche, comme ici la pâtisserie Cassel à Fontainebleau, constitue aussi une part importante de la filière.

du secteur. Le nombre de femmes chefs d’entreprise a même doublé en dix ans. Il est passé de 10 à 20 %… Comment expliquer que ce secteur dynamique et attractif – l’un des rares où “il suffit de 10 ans à un salarié pour devenir son propre patron”– ait souvent du mal à recruter ? Réponse la plus logique : l’artisanat souffre d’un réel déficit d’image. D’où, au niveau national, les campagnes “l’artisanat, première entreprise de France”, relayées, en Seine-et-Marne, par les Chambres

de Métiers et de l’Artisanat. Ces dernières ont entrepris auprès de leurs membres une démarche de promotion de l’amélioration permanente et de la qualité globale. Elles n’hésitent pas, aussi, à vanter l���énorme potentiel de la filière. Par exemple, les artisans spécialisés dans les métiers liés à l’industrie sont en permanence en recherche de salariés.

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www.cm-montereau.fr www.cm77-meaux.fr

Interview “Le Japon a choisi ma TPE pour perpétuer la tradition du papier à l’ancienne.”

Gabor Ulveczki Gérant de Contejuga (et créateur de la marque Ulgad’Or) Implantation : Bussy-Saint-Martin Création : 2003 Chiffre d’affaires : 430 000 euros

Quelle est votre activité ? GU : Je suis designer. J’ai créé une méthode pour dorer à la feuille le papier. Au début, je m’adressais à des artisans encadreurs, cartonniers. De fil en aiguille, j’ai développé ma technique pour tous types de supports. À présent, je travaille des papiers-peints ainsi que divers panneaux muraux. Tout est fait sur commande et à la main. Nous venons de recevoir le label de l’Entreprise de Patrimoine Vivant.

Pour qui travaillez-vous ? GU : Nous sommes une équipe de 6 personnes et nos clients s’appellent Nina Ricci, Cartier ou Dior… et Mitsubishi Estatment. Je réalise 80 % de mon chiffre d’affaires à l’étranger. Le gouvernement japonais vient d’ailleurs de me désigner pour perpétuer la tradition de fabrication du papier à la main en utilisant des techniques ancestrales.

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www.ulgador.com


Avril-Mai 2008 Trajectoires

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Enjeux Matière grise

L’élite du développement durable Depuis plus de quinze ans, l’Isige forme les tops managers au développement durable. Créé par les Écoles des Mines, des Ponts et Chaussées et AgroParisTech, l’institut reçoit l’appui financier des grandes entreprises. Son Master spécialisé se décline à présent à l’international, en langue chinoise. Une première. n mois de février compliqué pour Frédérique Vincent. La directrice de l’Isige (Institut supérieur international de gestion de l’environnement) n’a pas une minute à elle. À la fin du mois, elle accompagne en effet à Pékin la première promotion d’étudiants du Master spécialisé international. Ils vont suivre la seconde partie de leur enseignement dans la capitale chinoise (voir encadré). Un moment historique pour l’école puisqu’il s’agit du plus haut niveau de coopération jamais réalisé entre les deux pays en matière d’enseignement supérieur : les étudiants se verront délivrer un double diplôme de l’Isige et de l’université Tsinghua de Pékin.

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Reconnaissance internationale Pour en arriver là, il a fallu plusieurs années de travail et le concours de l’Union européenne. Et si ce cursus, inauguré en 2007, ne compte que 7 étudiants (7 autres suivent le Master sur l’énergie à l’École des Mines), il monte en puissance : “8 étudiants chinois sont déjà inscrits pour l’an prochain.” Frédérique Vincent est fière de cette réussite. Elle donne à “son” établissement une reconnaissance internationale. Et montre le degré d’excellence atteint par l’institut situé à Fontainebleau. L’Isige reste en effet l’une des grandes écoles françaises les plus pointues en matière de développement durable. Alors que, de nos jours, ce terme devient courant, pour ne pas dire banal, l’Isige a vu le jour dès 1992, au lendemain de la conférence de Rio sur l’environnement. Il a été fondé par l’École des Mines de Paris, l’École nationale des Ponts et Chaussées et l’École nationale du Génie rural, des Eaux et des Forêts (AgroParistech). Objectif de ces trois établissements prestigieux : former la future génération d’ingénieurs et de top managers au développement durable.

Frédérique Vincent, directrice de l’Isige, avec son équipe. Situé à Fontainebleau, l’Institut compte parmi les grandes écoles françaises les plus pointues en matière de développement durable.

Une approche globale Un Master spécialisé en ingénierie et gestion de l’environnement est donc créé (niveau bac + 6). Son enseignement propose une approche globale, combinant plusieurs disciplines, afin d’aborder les multiples facettes de questions aussi complexes que l’impact de la pollution sur l’environnement ou les enjeux énergétiques des changements climatiques. “Des trois piliers du développement durable, nous insistons sur l’environnement sans jamais négliger le social et l’économique”, souligne Frédérique Vincent, qui enseigne l’écologie urbaine. D’ailleurs le Master est ouvert aux étudiants non scientifiques : juristes, philosophes, économistes, etc. L’enseignement repose sur le nombre et la qualité des intervenants extérieurs (un à deux par jour). Et sur l’observation réalisée in situ. “L’an dernier nous avons passé une semaine à la Nouvelle-Orléans afin d’étudier les enjeux de la reconstruction de la ville. Nous avons rencontré près de 40 personnes.” Et sa force principale réside dans le

Un sommet de coopération franco-chinoise Le plus haut niveau de coopération jamais réalisé entre la France et la Chine dans le domaine de l’éducation. Voilà ce que représente le Master spécialisé international en management de l’environnement. Les étudiants (7 dont 5 chinois) suivent la moitié de leurs enseignements à l’Isige et l’autre dans la prestigieuse université Tsinghua de Pékin, LA grande université technologique chinoise qui forme la future élite du pays. À noter : ce Master s’effectue en partenariat avec l’Insa de Lyon, l’université d’Ho Chi Minh Ville (Vietnam) et celle de Cracovie (Pologne).

nombre d’entreprises associées qui accueillent les étudiants pendant leur thèse. Les plus grands noms de l’industrie y figurent : Total, Areva, Suez, EDF, Danone, Safran, etc. Très tourné vers le monde de l’entreprise, l’Isige vient de créer un Master executive, destiné aux cadres et réservé à la formation professionnelle. Enfin, soucieuse de s’ouvrir au plus grand nombre, l’Isige met en ligne une partie de son enseigne-

ment sur son site Internet (rubrique “e-Sige”). Rien d’étonnant à ce qu’avec tous ces dossiers, l’emploi du temps de Frédérique Vincent soit vraiment très serré...

www.isige.ensmp.fr


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Enjeux Quartiers d’affaires

Villaroche prend son envol La transformation de l’aérodrome de Villaroche en plateforme d’activité bat son plein. Attirées par la présence des sociétés du groupe Safran et par l’offre de locaux disponibles, les premières sociétés se posent sur ce site fortement teinté d’aéronautique.

Un futur pôle aéronautique ? Situé à Melun Val-de-Seine et Sénart, sur les communes de Montereau-surle-Jard, Réau, Limoges-Fourches et Lissy, l’aérodrome de Villaroche entame une mue qui pourrait le conduire, dans un futur proche, à devenir l’une des toutes premières places dans le secteur aéronautique. Cet aérodrome, cédé par l’État en 2007 à un syndicat mixe, le Sympav, se transforme en pôle d’activité. L’objectif du Sympav (syndicat mixte regroupant le Conseil général de Seine-et-Marne, la Communauté d’agglomération de Melun Val-deSeine et le SAN de Sénart), c’est la mise à disposition de cette plateforme de 450 hectares aux entreprises. Pour cela, “30 hectares de terrain ont déjà été rendus constructibles ”, souligne Eric Lestien, le directeur du Sympav. Par ailleurs, le nouveau gérant du site a récupéré les 10 000 m2 en parfait état, rendus vacants par le départ de L’hôtel d’entreprises de Villaroche. la SEP (Société Européenne de Propulsion). Cette surface comprend des hangars, des locaux d’activités et des bureaux transformés depuis cette année en hôtel d’entreprises. Soit 3 500 m2 divisibles en parcelles de 100 m2 – là encore disponibles – et disposant de services communs. L’entreprise LH Aviation, start-up originaire du Nord-Pas-de-Calais, s’est déjà montrée intéressée par ce site situé à 45 minutes seulement du centre de Paris par l’autoroute A5. Elle reprend 3 200 m2 de locaux pour la production de ses petits avions biplaces à hélice en… kit ! Les aéronefs sont assemblables par les clients. Une innovation qui lui offre de belles Schéma de développement à long terme. perspectives : son effectif devrait bientôt passer de 18 à 30 salariés. Villaroche : avec la présence de trois sociétés du groupe Safran (Snecma, Une deuxième société s’est rappro- Snecma services et Hispano-Suiza) et chée du Sympav. Il s’agit d’une PME celle de la Direction Générale de labellisée par “AsTech”, le pôle de l’Aviation Civile, voilà la plateforme compétitivité francilien dédié à l’aé- très fortement teintée aux couleurs de rospatial et à l’aéronautique. Rien l’aéronautique. Plus de 4 800 salariés d’étonnant à ce qu’elle regarde vers du secteur œuvrent sur ce site dispo-

VILLAROCHE EN CHIFFRES ET EN DATES 450 ha C’est la surface sur laquelle s’étend la plateforme. Pour le moment, 30 ha (extensibles à 60 ha) sont constructibles pour accueillir des locaux d’activités : bureaux ou entrepôts.

10 000 m2 C’est la surface disponible pour implanter des activités. L’hôtel d’entreprises (3 500 m2) offre des locaux divisibles à partir de 100 m2 pour les PME.

5 000 C’est le nombre d’emplois prévus sur la plateforme dans un futur proche. 1945 Création de l’aérodrome sur la plateforme. Arrivée de la Snecma (groupe Safran).

2006 La SEP (Société Européenne de Propulsion) quitte le site, laissant 10 000 m2 de locaux d’activités en parfait état.

2007

sant de deux pistes d’atterrissage et d’une tour de contrôle. Ce chiffre devrait dépasser les 5 000 personnes dès la fin de l’année, lorsque Villaroche aura fini de décoller.

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Sympav : 01 60 68 83 90 e.lestien@sympav.com

Création du Sympav, le syndicat mixte, créé à l’initiative du Conseil général de Seine-et-Marne, du SAN de Sénart et de la Communauté d’agglomération Melun Val-de-Seine, qui gère aujourd’hui le pôle d’activité.

2008 Arrivée des premières entreprises.


Avril-Mai 2008 Trajectoires

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Enjeux A la carte

La valorisation des agro-ressources Comment recycler la “biomasse” ? Ces déchets issus notamment des champs et des bois représentent 108 700 tonnes de matières, transformables en énergie propre. Dans le sud du territoire, une filière de valorisation des agro-ressources se met en place.

Les différents types de biomasse : ressources sylvicoles et agricoles a aéropor aéropo or roissy roiss sy c

Chaufferie de Villeparisis

Plaquettes forestières

Broyats de classe A

Paris Un combustible obtenu par broyage ou déchiquetage de végétaux ligneux issus de peuplements forestiers, de plantations ou de haies bocagères n’ayant subi aucune transformation.

Bois provenant du broyage de palettes en fin de vie ou d’éléments en bois (mobilier, éléments provenant de la déconstruction etc..).

Sciure de bois

Un produit connexe des industries du bois, obtenu par la récupération des écorces, sciures, copeaux, plaquettes, chutes de tronçonnage, d’usinage de panneaux à base de bois, chutes de fabrication de parquets, de menuiseries, etc.

Bottes de paille Miscanthus Une culture lignocellulosique très proche de la paille de céréales, présentant de bonnes caractéristiques physicochimiques lui permettant d’être facilement utilisée en tant que combustible.

Un sous-produit des cultures céréalières à petits grains (blé, orge, avoine…) dont la tige est récupérée quand la plante est parvenue à maturité. Ses propriétés physico-chimiques en font un excellent combustible.

Le sud de la Seine-et-Marne Entre le massif de la forêt de Fontainebleau, le parc naturel régional du Gâtinais et les deux fleuves de la vallée de la Seine et du Loing, c’est le territoire francilien qui dispose du plus important gisement de biomasse agricole et forestière.

LA BIOMASSE, LES POINTS FORTS • Définition La biomasse est constituée des matières organiques et des agro-ressources : les cultures dédiées ainsi que les déchets issus de l’agriculture et de la sylviculture (bois, paille, déchets des silos à grains, etc.) Elle constitue une source d’énergie : en la brûlant, on obtient de la chaleur ou de l’électricité. • Le miscanthus C’est l’une des plantes cultivées pour servir notamment de combustible. Cette graminée présente en effet des rendements très intéressants (15 à 25 t de matières sèches par ha). 15,5 ha ont été plantés sur 4 communes du département. On en attend une production de 10 000 t/an. • Ressources disponibles La biomasse d’origine agricole et sylvicole représente au total plus de 100 000 tonnes de matières organiques en Seine-et-Marne. • La chaufferie de Villeparisis C’est un exemple de chaufferie à paille utilisé par l’Office publique de l’habitat du département (OPH 77). Alimentée par balles de 300 kg (de 600 à 700 t/an), elle chauffe toute l’année 250 appartements soit environ 1 200 habitants. Pour en savoir plus : www.maisondelenvironnement.org www.ademe.fr www.seine-et-marne-invest.com

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biomasse.energie.sud77@gmail.net


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Success stories Sylumis à Lieusaint

Sylumis c’est quoi ? 30 salariés 3 millions de chiffre d’affaires.

+ 100 % de croissance minimum attendue pendant les deux prochaines années.

Les dates 1992 Création de Cemm Thomé.

1994 Création de la filiale tchèque.

Août 2007 Arrivée de l’entreprise à Lieusaint.

1er janvier 2008 Création de Sylumis, division “éclairage intérieur transport et éclairage architectural” de Cemm Thomé. Christine Specte, Directrice générale déléguée de Sylumis.

Une idée lumineuse Implantée à Lieusaint depuis l’été 2007, Sylumis a conçu une partie de l’éclairage des futurs Transiliens qui entreront en service en 2009. Mais également les éclairages des vitrines du fameux Musée du quai Branly, à Paris. Une entreprise vraiment brillante. Un itinéraire éblouissant. Jeune “start-up”, née de la fusion d’une branche de l’entreprise Cemm Thomé (spécialisée dans la connectique pour éclairage automobile) avec Optectron, Sylumis achève un projet d’envergure qui va la conduire sous les feux de la rampe : l’entreprise implantée à Lieusaint a conçu une partie de l’éclairage intérieur des futurs Transiliens, construits par Bombardier et dont les premières rames sillonneront la région en début d’année prochaine. Une véritable innovation : “dans la zone d’accueil des voyageurs de chaque wagon, un plafond lumineux, éclairant blanc à l’arrêt, changera ensuite de couleur au fur et à mesure du trajet”, raconte

“C’est notre expertise en matière de normes qui nous a permis de nous développer dans le ferroviaire.” Christine Specte, Directrice générale déléguée de Sylumis.

Christine Specte, directrice générale déléguée et directeur du site. Du jamais vu. Et pour les places assises, Sylumis a conçu, à la demande de Bombardier, un éclairage bleu placé sous les sièges. “L’objectif étant de créer une ambiance agréable et sécurisante dans les voitures.” Un pari brillamment réussi par cette petite division (30 collaborateurs), grâce à l’adaptation aux transports des techniques d’éclairage par fibres optiques et par diodes électroluminescentes. Sylumis est en effet spécialiste des LED (en anglais “light-emitting diode”), ces composants électroniques éclairants qui consomment 60 % environ d’énergie en moins que des ampoules classiques. “C’est LA source lumineuse d’avenir grâce aux économies qu’elle génère”, souligne Christine Specte. Et l’entreprise a acquis un véritable savoir-faire en la matière. Elle le met au service des transports en commun mais également des monuments et du patrimoine dont elle éclaire les façades. Sans oublier les musées. Sylumis a en effet réalisé l’éclairage du Musée du quai Branly (le musée des arts premiers de Paris). C’est elle encore qui a assuré la mise en lumière

de l’exposition “Perles”, accueillie au Muséum national d’histoire naturelle jusqu’en mars dernier. “Nous souhaitons prendre une place importante dans ce domaine à l’étranger”, ambitionne d’ailleurs Christine Specte. Concernant les transports, l’entreprise veut “asseoir d’abord la position qu’elle a acquise dans le ferroviaire grâce à ses premières collaborations avec deux gros équipementiers du secteur, avant de penser à d’autres modes de transports.” Le volet documentaire de ce marché et les procédures qualité qui s’y rattachent se révèlent très lourds. Il demande du temps aux ingénieurs. Autant capitaliser cet investissement avant d’investiguer d’autres moyens de transport. Lieusaint reste un site d’études et de développement. La production s’effectue en République Tchèque. Sylumis veut néanmoins s’ancrer dans la vie locale : l’entreprise a pris contact avec son voisin l’IUT de Fontainebleau et plus particulièrement avec le Certes. De futures collaborations lumineuses ?

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www.cemmthome.com


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Success stories Hama à Meaux

Une croissance qui n’est pas accessoire Forte d’une tradition vieille de plus de 80 ans d’adaptation à ses marchés maîtres, Hama est aujourd’hui le leader du marché des accessoires numériques et informatiques. La société propose plus de 16 000 produits, de la housse pour caméscope au cordon de raccordement pour GPS. L’accessoire c’est essentiel. Hama est le leader mondial des accessoires dans le domaine de la photo, de la vidéo, de la téléphonie mobile, de l’informatique, des lecteurs MP3, des GPS et du jeu vidéo. Cette marque conçoit des housses pour téléphones portables, des poignées pour consoles vidéo, des chargeurs pour allume-cigares, des claviers sans fil et des cordons de raccordement. Elle dispose de plus de 16 000 références différentes couvrant tous ces domaines et fournit l’ensemble des réseaux de distribution : les grandes surfaces alimentaires, les magasins spécialisés (type FNAC ou boutiques des opérateurs de téléphonie mobile) et même les grandes surfaces de bricolage. “Nous créons près de 2 000 articles par an, précise Laurent Justamente, le directeur général de la filiale française, la plus importante de toutes les filiales de cette société allemande. Nous nous adaptons en permanence au marché. Il faut se montrer attentif et hyper réactif afin de répondre très vite à la demande. Prévoir le futur ? C’est quasi impossible… Qui aurait parié il y a deux ans que le marché des GPS prendrait une telle ampleur ? Certaines gammes doublent en quelques mois ou au contraire disparaissent très vite. Le seul moyen de rester compétitif, c’est la flexibilité.” L’adaptation fait partie intégrante de la culture de cette société née outre-Rhin en 1923. À l’origine, Hama vendait des accessoires pour le matériel photo (des housses, des pieds, etc.). Elle a su évoluer, pour répondre aux besoins de la vidéo puis surfer sur la déferlante du numérique et de l’informatique. “Jamais à court d’idée”, telle pourrait être sa devise. Et jamais à court de croissance non plus : Hama France est passée de 6 à 45 millions d’euros de chiffre d’affaires en quinze ans. Et vise les 60 millions d’euros cette année. “Nous augmentons nos effectifs et recrutons 15 commerciaux”, souligne Laurent Justamente. La force de vente s’élèvera alors à 40 collaborateurs. Une vraie force de frappe. La présence sur le terrain reste en effet l’une des clés de la réussite

Laurent Justamente, DG d’Hama France.

“Nous parions sur de fortes croissances car notre marché reste peu développé en France” Laurent Justamente, DG d’Hama France.

Hama France, c’est quoi ? Bientôt 170 salariés 45 millions de chiffre d’affaires en 2007

+ 20 à 30 % de croissance en volume par an

d’Hama. Avec un catalogue aussi large, le quadrillage s’avère indispensable pour aider les vendeurs des magasins à organiser leurs rayons mais également pour leur fournir les informations et les conseils dont ils ont besoin pour mieux connaître – et vendre – les produits. “Nous leur offrons des marges bien supérieures à ce qu’ils connaissent sur les produits maîtres.” De quoi espérer de nouvelles conquêtes puisque ce marché en devenir reste “encore largement sous-développé et très mal travaillé.” Pour se préparer à un avenir radieux, Hama dispose d’ailleurs de 11 000 m2 d’entrepôts et 3 500 m2 de bureaux, auxquels vont s’ajouter 6 000 m2, surface nécessaire à l’agrandissement de son site de Poincy (près de Meaux). Une société pour qui se montrer prévoyant n’est pas du domaine de l’accessoire.

Les dates 1923 Création de la société Hamaphot, à Dresde, en Allemagne.

1985 Création de Hama France. L’entreprise compte aujourd’hui 14 filiales partout en Europe, à Dubaï et à Hong-Kong.

1993 Hama se lance dans l’univers du multimédia et des télécommunications.

Août 2007

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www.hama.fr

Hama France installe ses bureaux et ses entrepôts sur la zone industrielle de Meaux-Poincy.


77 c’est eux

77 c’est eux, c’est une collection de portraits renouvelée à chaque parution. Des acteurs économiques de tous horizons, public comme privé, jeunes et moins jeunes, artisans locaux, entrepreneurs internationaux... tous unis par leur confiance dans l’avenir de la Seine-et-Marne.

Chantal Setbon

Franck Litche

Florence Rigault

Co-gérante d’Equation RH, cabinet de conseil et formation en relations humaines à Bussy-Saint-Martin :

Dirigeant de l’entreprise Franck Sono (sonorisation, éclairage et vidéo) à Nemours :

Directrice d’Afile 77 (organisme de microfinance) à Melun :

“En 20 ans, notre réussite est d’avoir transmis à des patrons de PME et des cadres un mode de management fondé sur le développement conjoint de l’homme et de l’entreprise.”

“L’activité a été créée il y a 22 ans dans le sud de la Seine-et-Marne. Nous sommes en progression constante et nous nous développons sur l’ensemble de l’hexagone.”

“Nous finançons des entreprises créées par des demandeurs d’emplois et des bénéficiaires du RMI. Au bout de 3 ans, 4 personnes sur 5 réintègrent le monde du travail.”

Sébastien Prioux

Thomas Guilmet

Jean Cazalet

Co-fondateur de Green Synergie (ONG) à Fontainebleau :

Directeur d’Entreprendre à Sénart, la pépinière d’entreprises de la Ville Nouvelle :

Gérant de Guilbert signalétique à Dammarie-les-Lys :

“Green Synergie, notre ONG, devrait devenir à terme une TPE en SCOP (Société COopérative de Production) et pourrait, pourquoi pas, rejoindre la pépinière d’entreprises de Fontainebleau-Avon. ”

“Nous accueillons 17 TPE du secteur tertiaire : cela représente 46 emplois. Depuis septembre, notre capacité d’accueil a augmenté de 20 %.”

“Chef d’entreprise depuis 23 ans à Vaux-le-Penil, j’ai repris Guilbert signalétique (enseignes et panneaux publicitaires) en 2007. Depuis, j’ai créé 3 emplois et modernisé l’outil de travail.”

Béatrice Fabignon

Henri Gouillard

Samya Goerens

Chef à domicile et fondatrice de www.gastronomieantillaise.com au Pin :

Fondateur d’APM (centre d’aide par le travail) à Melun :

Télé-secrétaire indépendante à Ury :

“Je concocte pour les particuliers et les entreprises des menus de cuisine antillaise que je réalise sur place. Vivre enfin de ma passion reste ma plus grande satisfaction.”

“Cent trente personnes handicapées et peu qualifiées travaillent dans notre entreprise adaptée. Elles trouvent ici un emploi, une autonomie financière et une raison de vivre.”

“Créer son entreprise demande rigueur, souplesse et organisation. Je me développe grâce au bouche-à-oreille pratiqué par les clients satisfaits de mes prestations.”

Trajectoires est édité par Seine-et-Marne Développement, agence pour le développement économique du Conseil général de Seine-et-Marne • Directeur de la publication Gérard Eude • Comité de rédaction François-Xavier Deflou, Dominique Marinov • Rédacteur en chef Patricia Montin • Journaliste Sébastien Pierrot • Réalisation agencebeaurepaire.com • Photos yannpiriou.com • Hôtel du Département 77010 Melun Cedex • Contact p.montin@seine-et-marne-invest.com • seine-et-marne-invest.com • Imprimeur Printed and Co 77500 Chelles • Imprimé sur du papier recyclé Cyclus couché print • N°ISSN 1958-8372.


Trajectoires n°5