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trajectoires Entreprendre

N°29 février mars 2013

et réussir en Seine-et-Marne

La Seine-et-Marne joue groupée au Salon des Entrepreneurs Moulins Bourgeois quatre générations de meuniers La SNIE un leader de l’installation électrique

DOSSIER

L’économie sociale et solidaire : la nouvelle éco qui monte ! Céline Romain, gérante de la coopérative RurBan Coop


instantané Seine-et-Marne © PVI

par Yann PIRIOU

Boîtier de contrôle des véhicules industriels (camions et bus électriques) équipés par PVI, entreprise basée à Gretz-Armainvilliers.

sommaire ACTUALITÉS

DOSSIER

trajectoires

février-mars 2013 — n°29 ENJEUX

STORY TELLING

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• La Seine-et-Marne joue groupée au Salon des Entrepreneurs • Le trophée INPI de l'innovation pour JBP SYSTEME • Bienvenue à Takeshi Yamada • La vague du succès pour MADEAconcept • Sénart a décerné ses premiers trophées des Éco-Entreprises • Hologram Industries doublement recompensé • L'entreprise Baumit à Chelles • Le prix "La Seine-et-Marne est créative" distingue Aeria Design

L’économie sociale et solidaire : la nouvelle éco qui monte !

• Matière grise Labex MMCD : quatre laboratoires unissent leurs compétences pour étudier les matériaux du génie civil et de l’environnement •Parc d’activités économiques Un nouveau Parc signé Spirit à Bussy-Saint-Georges • à la carte Immobilier d’entreprises : l’offre 2013 en Seine-etMarne

• Moulins Bourgeois Quatre générations de meuniers • LA SNIE Un leader de l’installation électrique

• Une économie durable satisfaisant des besoins locaux • Interview de Sylvain Couthier, Président d’ATF Gaia • La Seine-et-Marne s’engage • Des success stories et des espoirs en Seine-et-Marne • Interview de Céline Romain, gérante de la coopérative RurBan Coop

02 — trajectoires FÉVRIER-MARS 2013

En couverture Céline Romain gérante de la coopérative RurBan Coop

vos contacts : Patricia Montin p.montin@smd77.com

Isabelle Cabrol i.cabrol@smd77.com

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point de vue

optimiser l'environnement entrepreneurial

tableau de bord BILAN DE L’ACTIVITÉ “IMPLANTATION” DE SEINE-ET-MARNE DÉVELOPPEMENT au 31/12/2012

Par Vincent Éblé, SÉNATEUR, Président du Conseil général de Seine-et-Marne et Gérard Eude, Président de Seine-et-Marne Développement

L 

a crise économique que nous traversons se répercute en ce début d’année sur les entreprises de notre territoire. Ralentissement des commandes, investissement en panne, embauches reportées sont autant de signes qui nous alertent et nous mobilisent dans la mise en œuvre de nos politiques. Si nous ne pouvons en effet influer sur les données macro-économiques, il nous est en revanche possible, par notre action locale, d’améliorer le cadre dans lequel les entreprises évoluent. C’est le cas, par exemple, lorsque le Conseil général investit dans le haut débit, ou encourage le développement de l’économie sociale et solidaire qui emploie déjà 7 % des salariés du département (cf. dossier). Plusieurs grands rendez-vous forment l’actualité de ce début d’année : réforme territoriale, Grand Paris, SDRIF… Tous auront des répercussions directes sur notre territoire. Le schéma directeur de l’Île-de-France revient au cœur du débat après un long travail d’élaboration mené par le Conseil régional. Il porte pour la Seine-etMarne une vision ambitieuse en termes de croissance démographique, sans pour autant s’extraire des logiques de concentrations métropolitaines. Ce n’est pas parce que les Parcs naturels régionaux sont désormais érigés en Territoires d’Intérêt Métropolitain que les nouveaux emplois vont s’y précipiter pour concourir au rééquilibrage de l’habitat et de l’emploi. Cette question reste d’ailleurs pour la Seine-et-Marne un enjeu central, tant pour des questions économiques que pour des questions d’aménagement du territoire et de services à la population. Or, si le projet de SDRIF est précis et territorialisé pour les prévisions de logement – 8 701 logements par an en moyenne en Seine-et-Marne à l’horizon 2030 – il reste singulièrement moins précis pour ce qui concerne l’emploi. L’objectif de 28 000 emplois par an reste régional et tous types d’emplois confondus. Il a été construit sur un “ratio d’équilibre” théorique estimé en moyenne à 1 emploi pour 2,5 logements construits. En conséquence, afin de pouvoir maintenir et améliorer le taux d’emploi en Seine-et-Marne (0,64 aujourd’hui), il est indispensable d’accueillir prioritairement de nouvelles activités génératrices d’emplois. 3 625 emplois en moyenne chaque année répartis sur l’ensemble du territoire départemental, si l’on s’en tient aux hypothèses du SDRIF. Si l’on se base sur les dernières années connues (2003–2010), l’évolution annuelle moyenne des effectifs salariés en Seine-et-Marne est de l’ordre de 2 000 emplois. On mesure donc les efforts à accomplir en termes d’attractivité économique, pour accompagner l’arrivée des nouveaux logements. Face à ces efforts, la Seine-et-Marne possède des atouts qu’il convient de mieux valoriser, notamment à travers la mise en œuvre de son projet de territoire. Elle souhaite donc s’inscrire dans la dynamique métropolitaine et saisir les opportunités de croissance qu’elle représente, afin de pouvoir porter certains secteurs d’excellence dans lesquels le territoire peut jouer un rôle essentiel – tels les éco-activités et le tourisme. Ainsi, le Département compte faire valoir sa contribution aux équilibres régionaux, notamment dans un certain nombre de fonctions indispensables à l’ensemble de la métropole (hub aéroportuaire, industrie, agriculture, économie des ressources de construction, économie des échanges, du tourisme et des loisirs…), mais aussi en favorisant le développement de certains sites comme Villaroche et le Grand Roissy.

Pour maintenir et améliorer le taux d’emploi en Seine-et-Marne, il faut accueillir prioritairement de nouvelles activités génératrices d’emplois.

287 dossiers en cours 52 implantations 570 emplois maintenus ou créés Source : Seine-et-Marne Développement

BusinEst c’est : Près de 2 500 membres et 1 000 entreprises 880 billets de blog, des annonces, des événements, des partenaires, des groupes de réflexion sur des sujets spécifiques … Chiffres arrêtés au 8 janvier 2013

Rejoignez BusinEst, la communauté des acteurs économiques seine-et-marnais sur www.seine-et-marne-invest.com/businest

Évolution de l’emploi du secteur privé SUR 1 AN

évolution de l’indice au 3ème trimestre 2012

Seine-et-Marne

+1,8 %

Île-de-France

+0,2 %

France

-0,2 %

Source URSSAF

10 C’est le nombre d’entreprises sélectionnées en 2012 Dans le cadre du programme e-transformation77, pour bénéficier d’un accompagnement financier du Conseil général à la mise en œuvre de leurs projets TIC et usages numériques.

g.eude@smd77.com

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trajectoires février-mars 2013 — 03


© Sophie Gérard

actualités

La Seine-et-Marne joue groupée au Salon des Entrepreneurs Que faut-il à un créateur d’entreprise une fois arrêtée sa décision de se lancer ? Un accompagnement sérieux, un financement avantageux et une implantation judicieuse. Voilà justement les trois thématiques que Créa 77 a décidé de mettre en avant sur le stand collectif que Seine-et-Marne Développement a réservé au Salon des Entrepreneurs 2013, les 6 et 7 février au Palais des Congrès de Paris. Les 60 000 visiteurs attendus peuvent notamment y rencontrer les chambres

© JPB SYSTEME

Un trophée INPI de l’innovation pour JPB Système Dans le secteur de l’aéronautique, l’innovation et sa protection sont les conditions du succès. JPB Système, membre du pôle de compétitivité ASTech Paris Région, vient d’être récompensé pour sa stratégie gagnante en Recherche et Développement. Depuis que la famille Marc a repris JPB Système en 2009, la société de Brie-Comte-Robert spécialisée dans la conception et la fabrication de dispositifs auto-freinants, principalement pour les moteurs d’avions SNECMA, Safran, GE, Rolls Royce… a déjà déposé quatre brevets internationaux. Les écrous, les vis auto-freinantes et autres raccords de canalisation conçus par les équipes de JPB Système génèrent un gain de temps considérable dans les phases de montage et de maintenance des équipements aéronautiques civils et militaires. La stratégie de propriété industrielle est visiblement gagnante puisque le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de 450 % en 5 ans, notamment à l’export, avec 20 créations d’emplois à la clé ces 3 dernières années. L’Institut National de la Protection Industrielle (INPI) a voulu récompenser cette belle réussite en remettant à Damien Marc, le PDG de JPB Système, un de ses Trophées 2012 de l’innovation.

consulaires seine-et-marnaises pour l’accompagnement, l’AFILE 77, les Plates-Formes d’Initiatives Locales pour le financement et les 5 pépinières d’entreprises du département (Roissy CDG, Champssur-Marne, Sénart, Fontainebleau et Val d’Europe), mais aussi les services de Seine-et-Marne Développement pour les implantations sur le stand 238 au 2e niveau du salon. Pour célébrer dignement sa 20e édition, le Salon rassemble 20 fonds d’investissement susceptibles de lever 20 millions d’euros pour financer des PME et jeunes entreprises innovantes. + d'infos : www.seine-et-marne-invest.com b.lechartier@smd77.com

Bienvenue à Takeshi Yamada © Patrick Loison - CG77

Pour son 20e anniversaire, le Salon des Entrepreneurs invite 20 fonds d’investissement en quête de PME et jeunes entreprises innovantes. Seine-et-Marne Développement mobilise à cette occasion Créa 77, le réseau d’appui à la création d’entreprise sur son territoire.

Takeshi Yamada, actuellement en stage au sein de Seine-et-Marne Développement, accompagne les entrepreneurs désireux de tenter l’aventure japonaise.

Dans le cadre d’un partenariat avec le département de Hyogo, Takeshi Yamada, étudiant japonais, est actuellement en stage chez Seineet-Marne Développement. Jusqu’à fin septembre 2013, il a pour mission d’accompagner les chefs d’entreprises seine-et-marnais souhaitant développer une activité au Japon. Il peut leur proposer de l’aide à la traduction, les seconder dans la préparation d’une mission ou dans la réception d’une délégation nipponne comme les mettre en relation avec des associations locales au Japon. Toutes les trois semaines, le vendredi après-midi, il donne des conférences à l’université de Marne-la-Vallée. Parmi les thèmes prochainement abordés, “Le Japon et ses voisins : la Chine et la Corée”, “Le Japon et l’Amérique latine : une coopération ancienne et renouvelée”. japon@smd77.com

l.benko@smd77.com

04 — trajectoires février-mars 2013

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© MADEAconcept Simulateur de glisse pour la pratique du surf.

La vague du succès pour MADEAconcept Déjà deux contrats, à Buthiers (77) et Courchevel, pour l’entreprise seine-et-marnaise qui commercialise des simulateurs de glisse d’un incroyable réalisme. Pour son futur centre aquatique de loisirs et de remise en forme, la station de ski de Courchevel a choisi son équipement phare : un simulateur de glisse conçu par MADEAconcept, une jeune société seine-et-marnaise. En 2015, dans un bassin de 100 m3 avec vagues artificielles, 4 personnes pourront simultanément pratiquer côte à côte le surf, le ski nautique, la wake-board ou la bouée. C’est une seconde commande ferme pour la PME de sept salariés basée sur le pôle d’activités de Villaroche, qui a déjà installé un simulateur à la base de loisirs de Buthiers. D’autres contrats devraient prochainement être

© Voltagreen

Sénart a décerné ses premiers trophées éco-Entreprises

Voltagreen récompensée dans la catégorie “Jeune pousse” par Seine-et-Marne Développement.

conclus. Des négociations sont en effet bien avancées après l’Euro Attraction Show (EAS) de Berlin, le plus important salon commercial dédié à l’industrie des attractions en Europe, auquel MADEAconcept a participé en octobre dernier grâce au soutien de Seine-et-Marne Développement. En hiver comme en été, à l’intérieur ou à l’extérieur, fixe ou mobile (comme cet été à Divonneles-Bains), la gamme d’équipements de MADEAconcept est promise à un bel avenir – les sports de glisse connaissant actuellement un développement que beaucoup d’autres secteurs leur envient. l.benko@smd77.com

Le SAN de Sénart est fortement positionné sur le créneau des éco-activités. Des trophées récompensant les entreprises locales s’ajoutent à un large panel d’actions destinées à structurer et valoriser la filière sur son territoire. Les trophées éco-Entreprises de Sénart ont été décernés pour la première fois à Sénart le 13 décembre dernier à l'occasion du Speed Business Meeting organisé par ESF (Entreprises Sud Francilien). Objectif : valoriser les actions des entreprises sénartaises appartenant à la filière des éco-activités, ou qui sont engagées dans une démarche éco-responsable. Les lauréats sont Telsystis Solaire (groupes électrogènes solaires) dans la catégorie “énergies renouvelables”, Sylumis (système d'éclairage à base de leds) dans la catégorie “efficacité énergétique/éco-construction”, BV Promo dans la catégorie “éco-responsable” (communication/publicité par l'objet – récompensée pour la construction de son siège social labellisé PASSIVHAUS et BEPOS) et Voltagreen (vélos à assistance électrique pliables) dans la catégorie “jeune pousse”. Ils ont été choisis parmi douze entreprises candidates par un comité de sélection présidé par le San de Sénart et associant Seine-et-Marne Développement, l’Epa Sénart, l'association Entreprises Sud Francilien, la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de Seine-et-Marne et l'association Laclée. À ce titre, ils se verront notamment offrir, selon les catégories, un abonnement à la plate-forme de veille stratégique des éco-activités ou une participation au programme PME et Développement Durable, animé par Seine-et-Marne Développement. h.chenard@smd77.com

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trajectoires février-mars 2013 — 05


actualités

© Patrick Loison CG77

Le prix "La Seine-et-Marne est créative" en bref… distingue Aeria Design Objectif : développement international En septembre 2013, Seine-et-Marne Développement et les CCE de Seine-etMarne partenaires à l’export. Le Conseil national des conseillers du commerce extérieur (CCE) est une association regroupant des bénévoles, cadres ou dirigeants d'entreprise, qui se proposent d'accompagner les PME françaises dans leurs démarches à l'international. Dans le cadre d'un partenariat, les CCE de Seine-et-Marne et Seine-et-Marne Développement organisent, en septembre prochain, une manifestation commune à l'INSEAD à Fontainebleau - Objectifs : promouvoir l’international, faire se rencontrer des entrepreneurs experts du commerce international avec les PME seine-et-marnaises et initier des liens entre eux. e.quillere@smd77.com

Remis en décembre dernier par Seine-etMarne Développement dans le cadre des "Prix de la créativité", le prix "La Seine-et-Marne est créative" a récompensé cette année Anaïs Leroux et son entreprise Aeria Design. En décembre dernier et pour la cinquième année consécutive, les "Prix de la créativité" désignaient leurs lauréats. Ce concours s'adresse aux chefs d'entreprise dont la structure a moins de trois ans et aux porteurs de projets souhaitant développer une activité en Seine-et-Marne. Il comporte cinq catégories, parmi lesquelles le prix "La Seine-etMarne est créative", décerné par Seine-et-Marne Les lauréats accueillis par Gérard Eude au Conseil général le 23 janvier 2013. Développement. Cette année, il a été remis à Anaïs Leroux pour son entreprise Aeria Design. Implantée à Boissise-le-Roi, la société fabrique, industrialise et commercialise des accessoires design pour poêles et cheminées : grilles et bagues à clipser, pièces de jonction décoratives ou encore cabas et outres à pellets. Les lauréats des quatre autres catégories ont été : Un Jardin potager pour Jelena (prix de la "Seine-et-Marne éco-attitude"), Violon Maker (prix "Les jeunes Seine-et-Marnais ont du talent !"), Café aux Laines (prix "Seine-et-Marne services") et Kinder Exchange (prix "L'économie sociale et solidaire en Seine-et-Marne"). + d'infos : www.aeriadesign.com b.lechartier@smd77.com

www.innov77.fr Le programme INNOV77 lance son site internet. INNOV77 est un programme d’actions partenariales destiné à soutenir les projets de croissance et d’innovation des entreprises du département. Copiloté par Seine-et-Marne Développement et la Chambre de Commerce et d'Industrie de Seine-et-Marne, il a désormais son site : www.innov77.fr. Particulièrement complet, celui-ci propose notamment une précieuse "boîte à outils", un agenda ainsi qu'une liste de contacts et de partenaires. Le site est également accessible via le portail francilien des entreprises. www.portail-entreprises-idf.fr

L’entreprise Baumit à Chelles Baumit, multinationale autrichienne spécialisée notamment dans les produits pour l’isolation des bâtiments, s’apprête à implanter son siège social français à Chelles, sur la ZAC de la Tuilerie. Spécialisée dans les produits pour l’isolation des bâtiments, les enduits de façade et les peintures, l’entreprise autrichienne Baumit est une multinationale présente dans 28 pays, qui compte 6 000 salariés. Sa filiale française, Baumit SAS France, dirigée par Fritz Six, installera son siège social à Chelles en 2015. Le bâtiment, situé sur la ZAC de la Tuilerie, offrira une surface de 930 m2 dont 750 m2 d’ateliers et d’entrepôts et 180 m2 de bureaux. e.quillere@smd77.com

Hologram Industries doublement récompensé Les billets de l’Euro, les cartes d’identité et les passeports français, les documents de véhicules en Pologne, des produits pour Hennessy ou SAGEM ont un point commun : leur sécurité est assurée en Seine-et-Marne par Hologram Industries. Quand la consécration vient de ses pairs, elle n’en a que plus de valeur ! Hologram Industries (Bussy-Saint-Georges) et son PDG Hugues Souparis ont doublement été honorés lors de la 24e édition des Prestiges Hélio, en novembre dernier, d’abord avec le Prix de l’Innovation et de la Technique, puis avec celui de l’impression directe sur encre blanche ! Les professionnels de l’héliogravure ont justement récompensé la stratégie gagnante de cette belle entreprise de 300 salariés spécialisée dans des solutions optiques, les micro et nanostructures des hologrammes, utilisées dans la protection des documents d’identité et de voyage, les documents fiduciaires, la protection des véhicules, celle des marques et l’investigation Web. La société qui fêtera ses 30 ans l’année prochaine possède déjà le label Anvar entreprise innovante d’OSEO. Elle consacre près de 10 % du chiffre d’affaires (50 M€ dont 80 % à l’export) au développement de nouvelles technologies. Ce qui lui a notamment permis, dès 1998, d’être sélectionnée par la Banque Centrale Européenne pour “l’origination” de l’Euro. Le siège du groupe, à Bussy-Saint-Georges, s’est doté d’une unité de production supplémentaire de 2 500 m2 en 2009 pour accueillir un nouveau parc de machines, les équipements de découpe ou un laboratoire de recherches expérimentales. Il regroupe aussi la division commerciale, projet et marketing. + d'infos : www.hologram-industries.com

Seine-et-Marne Développement au salon Ebace Seine-et-Marne Développement sera présent à Ebace, salon international dédié à l’aviation d’affaires, qui se tiendra du 21 au 23 mai prochain à Genève (Palexpo). Pour la 3e année consécutive, cette action de promotion s’organisera autour de la marque Hubstart® Paris (démarche de promotion du Grand Roissy). L’événement sera l’occasion de promouvoir le pôle de Villaroche, mais aussi de permettre à des entreprises seineet-marnaises, spécialisées dans l’aviation d’affaires, de nouer des contacts commerciaux. Si vous souhaitez être accompagné par Seineet-Marne Développement dans le cadre de ce salon d’entreprise, contactez David Rozenberg. d.rozenberg@smd77.com 06 70 57 32 73

l.benko@smd77.com

06 — trajectoires février-mars 2013

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DOSSIER

L’économie sociale et solidaire : la nouvelle éco qui monte ! Elle compte presque 30 000 salariés en Seine-et-Marne et crée chaque année de nouveaux emplois. Elle est socialement et écologiquement responsable. Mieux : elle est peu délocalisable. Vous avez deviné ? C’est l’économie sociale et solidaire ! On comprend aisément que la Seine-et-Marne en fasse une priorité de son développement territorial pour les années à venir.

En haut : ATF Gaia à Moissy-Cramayel a opté, en 2008, pour le statut d’entreprise adaptée. Sa mission : recycler en donnant une seconde vie au matériel électrique et électronique. En bas : Rurban Coop à Melun est une Coopérative d’Activités et d’Emplois. Sa mission : permettre à des entrepreneurs de créer leur activité dans un environnement sécurisé, coopératif et solidaire.

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DOSSIER

© Patrick Loison G77

L’ESS en France

Un chantier d’insertion pour apprendre le métier d’aide-cuisinier, au Sdis de Melun.

Une économie durable satisfaisant des besoins locaux Chaque jour et de plus en plus, en participant aux activités d’une association, en cotisant à leur mutuelle, en empruntant à leur banque coopérative ou en soutenant une fondation... les Seine-et-Marnais sont des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Une économie durable qui affirme la prééminence de l’homme sur le profit. Mais aussi une vraie économie qui crée des milliers d’emplois chaque année. Elle offre une alternative sécurisante à l’heure où l’économie de marché traditionnelle cherche un nouveau souffle.

C 

’est un signe qui ne trompe pas : pour clôturer le désormais traditionnel mois de l’économie sociale et solidaire, la Tribune lui a entièrement consacré son dernier numéro de novembre. Déjà, au printemps, la nomination d’un ministre dédié – une première ! – avait récompensé tous ceux qui, depuis des années, se battent pour promouvoir cette alternative économique à l’individualisme. “La partie n’est pas gagnée, reconnaît Sylvie Nourry, la directrice de l’Union régionale des sociétés coopératives et participatives (URSCOPP) d’Ile-de-France. “Rien n’est moins naturel pour beaucoup d’entrepreneurs que de partager le pouvoir et l’argent. Une coopérative appartient à ses salariés, une association à ses adhérents, une banque ou une assurance mutualiste à ses sociétaires !” Et en plus, on limite l’écart des salaires à 1 à 20, voire 1 à 10 pour les jusqu’auboutistes ! Longtemps jugée subversive, l’ESS gagne peu à peu ses lettres de noblesse et s’inscrit dans une économie de marché dont elle veut adoucir les effets pervers. “Les mentalités évoluent, on mesure les limites du système libéral et on cherche des solutions complémentaires. à l’évidence, l’ESS a des réponses à apporter” défend Laura Winn, conseillère stratégique à l’Atelier, le bras armé de la Région IDF pour développer l’ESS.

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Une gestion démocratique et la satisfaction de besoins locaux Benoît Hamon, le ministre délégué en charge de cette économie solidaire, rattaché à Bercy – encore un autre encouragement – annonce une loi pour le printemps. Objectif : mieux définir les règles d’un secteur très disparate. Quoi de commun en effet entre la coopérative bientôt cinquantenaire Chèque Déjeuner, n° 3 mondial du ticket restaurant (2 200 salariés), et Remoiville, petite Scop de Bougligny (Sud Seine-et-Marne) spécialisée dans l’installation d’armoires électriques ? Entre la Fédération Française de Football (7 000 salariés), le Crédit Agricole et Germinale, auto-école associative de La Ferté-sousJouarre ? Entre la MACIF (4 millions de sociétaires) et Emmaüs Brie qui veut monter une plateforme de réemploi des déchets ? “Toutes partagent une finalité davantage tournée vers la plus-value sociale ou environnementale que vers la recherche du gain financier, résume Laura Winn. D’ailleurs, il y a peu ou pas de redistribution individuelle d’excédents. Elles pratiquent aussi une même gestion démocratique sur le principe “une personne, une voix” et ont l’avantage, précieux par les temps qui courent, de proposer des activités et des emplois difficilement délocalisables parce qu’elles s’attachent d’abord à satisfaire les besoins des territoires qui les accueillent”. Témoin, la Manufacture Innove, lauréate seine-et-marnaise du concours CréaRîF Entreprendre Autrement 2011 et de l’appel à projets du Département de Seine-et-Marne en 2012 (voir page 9). Elle permet à des familles à faibles revenus d’acquérir des maisons basse consommation tout en étant associées à leur construction sur la commune de Lieusaint. 

• 215 000 établissements employeurs : principalement des associations (84,5 %), mais aussi des coopératives (12 %), des mutuelles (3 %) et des fondations (0,5 %). • 2,3 millions de salariés, soit 9,9 % de l’emploi français. Avec plus de 100 000 emplois créés chaque année, l’ESS représente désormais 1 nouvel emploi sur 5. Entre 2006 et 2008, ses effectifs ont augmenté de 7,1 % tandis que ceux du reste du secteur privé ne croissaient que de 5,4 % et ceux du public chutaient de 0,6 %. à noter, la part très majoritaire de l’emploi féminin (66 %), y compris dans l’encadrement (54 %). • Dans des proportions assez équivalentes à celle du secteur privé classique, l’ESS comprend une très nette majorité de micro-entreprises (77 % ont moins de 10 salariés). Seules 0,9 % d’entre elles comptent plus de 250 salariés. • L’action sociale se classe au 1er rang des activités avec 6 emplois sur 10, suivie par les activités financières et d’assurances (1 sur 10). Viennent ensuite l’enseignement, la santé et les autres services. Elle pèse peu dans l’industrie et la construction (1 %), mais c’est en revanche dans ces secteurs qu’exercent essentiellement les coopératives. (source Insee, clap 2008 – Traitement : Observatoire National de l’ESS / CNCRES)

Et en Seine-et-Marne • 2 270 entreprises, soit 7,7 % de l’ensemble des entreprises seine-et-marnaises. L’emploi ESS représente 24 629 équivalents temps pleins (ETP) et 724 millions d’euros de rémunérations brutes. • Les associations sont les plus nombreuses (2 589 établissements) et pèsent le plus lourd avec 19 265 ETP et 534 M€ de rémunérations brutes. Suivent les coopératives (261 établissements et 2 948 ETP) et les mutuelles (53 établissements, 930 ETP). • Comme ailleurs en France, l’action sociale domine avec 428 établissements et 45 % des ETP. (source Insee, clap 2009 – Traitement : Observatoire régional de l'ESS Ile de France)

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interview

Sylvain Couthier Président d’ATF Gaia

Pourquoi avez-vous opté, en 2008, pour le statut d’entreprise adaptée et ainsi avoir rejoint l’économie sociale et solidaire ? S. C. : Principalement pour mettre en application les valeurs auxquelles nous croyons. Dès sa création en 1995, ATF Gaia avait employé des personnes en situation de handicap sans que cela nuise à ses performances et à sa rentabilité sur le marché du réemploi de matériel informatique. Nous avons voulu aller plus loin. Qu’est-ce qui justifie ce statut ? S. C. : Le fait, comme le précise la réglementation, qu’avec 45 personnes sur 50, plus de 80 % de nos effectifs de production sont en situation de handicap. Cela ouvre droit à des subventions dites “d’aide au poste” pour compenser les surcoûts induits par un déficit de productivité, un taux d’absentéisme plus élevé, un encadrement renforcé et les dépenses liées à l’adaptation des postes de travail.

“Nous sommes avant tout une entreprise avec des impératifs économiques, ce qui ne nous empêche pas de vouloir nous engager de façon solidaire et durable dans la société.”

Quel est l’impact pour vos clients ? C. R. : Ils sont gagnants car ils peuvent

mettre en avant notre statut d’entreprise adaptée pour remplir partiellement leurs obligations sur l’emploi de personnes handicapées. Les salariés sont également gagnants avec des emplois durables – en CDI – et la possibilité de se professionnaliser. Enfin, c’est une économie pour la société. Tous ces facteurs, plus quelques autres, nous ont valu de recevoir l’agrément ESS du Préfet de Seine-et-Marne.

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L'Université Paris-Est Marne-la-Vallée abrite la chaire d'économie sociale et solidaire.

La Seine-et-Marne s’engage Soucieux de concilier efficacité économique, responsabilité sociale et développement durable de ses territoires, le Conseil général de Seine-et-Marne a inscrit l’ESS parmi les priorités de son Contrat de mandature 2011-2014. Témoin, l’appel à projets très fructueux qui a permis de soutenir 17 opérateurs locaux en 2012. En 2011, le Département avait déjà fait un premier pas significatif en commandant une étude à la Chaire d’économie sociale et solidaire de l’Université ParisEst Marne-la-Vallée (voir l’encadré ci-dessous). “Ce travail nous a permis de déterminer les potentialités économiques du territoire et d’identifier les différentes pistes d’actions pour favoriser le développement de l’ESS en Seine-et-Marne, explique Kysia Dorizon, Chargée de mission au Conseil général. Des focus particuliers ont été

Une chaire dédiée à Marne-la-Vallée Le Conseil général de Seine-et-Marne participe au comité de pilotage de la chaire d’économie sociale et solidaire de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée qu’il finance à hauteur de 10 000 € par an. Créée en 2010 et placée sous la responsabilité de Hervé Defalvard, Maître de conférences en économie, cette chaire compte déjà plusieurs travaux de recherche à son actif dont les études L'ESS dans la croissance et l'emploi en Seine-et-Marne, Les effets sur l'emploi de la concentration dans les mutuelles de santé, L'évolution des métiers dans le sanitaire et social et L'insertion par l'activité économique. Parallèlement, une licence professionnelle de Management des organisations de l'économie sociale et un Master de Management de l'insertion dans l'économie sociale et solidaire comptent une centaine d’étudiants.

réalisés sur trois secteurs (le tourisme, l’agriculture et l’insertion par l’activité économique) et deux territoires (Meaux et le Sud Seine-et-Marne). Nous ne partions pas de zéro grâce au travail d’Initiatives 77, à l’insertion par l’activité économique, le soutien à la jeunesse, aux clubs sportifs, aux associations culturelles. Mais nous voulions aller plus loin, avec une dimension économique plus marquée.” 500 000 euros de dotation C’est dans ce même but qu’a été lancé l’appel à projets départemental pour l’ESS en février 2012. “Les résultats ont été très encourageants puisque nous avons reçu 51 projets éligibles, détaille Kysia Dorizon. 17 ont finalement été retenus pour un total de 500 000 euros. Des associations et 3 Scop principalement, mais aussi des sociétés par actions simplifiées (SAS) dont les finalités sociales ou environnementales et l’organisation satisfaisaient aux critères de l’ESS. Tous recevront au maximum 50 % du coût HT de leur projet dans la limite de 50 000 €”. Le palmarès illustre à lui seul l’extraordinaire variété des activités couvertes par l’économie sociale et solidaire. Cela va de la solution informatique pour la dématérialisation du courrier tracé proposée par la Scop Andevia (Chelles) à la préparation/livraison de repas pour les particuliers et les entreprises à Fontainebleau par l’entreprise intermédiaire IN 2.0 (Bougligny) en passant par la couveuse d’activités agricoles biologiques portée par l’association Les Champs des Possibles (Villenauxela-Petite). “Au total, 80 emplois à court et moyen termes sont espérés”, ajoute Kysia Dorizon. Toujours en 2012, le 14 décembre, en clôture du mois de l’ESS en Seine-etMarne, une journée a mis l’accent sur les opportunités que pouvaient offrir les Scop, notamment pour la reprise d’une entreprise par ses salariés en cas de départ à la retraite du dirigeant ou de dépôt de bilan. Présente, l’Union régionale des sociétés coopératives et participatives (URSCOPP) d’Île-de-France a annoncé son intention de promouvoir cet outil avec la désignation d’un chargé de mission qui viendra en vanter les atouts dans le département.

trajectoires février-mars 2013 — 09


interview

DOSSIER

Céline Romain, gérante de la coopérative RurBan Coop

Des success stories et des espoirs en Seine-et-Marne Réussir dans l’ESS n’est ni plus facile, ni plus compliqué que dans le secteur privé traditionnel. Un atout, à tout le moins, est garanti : la forte implication des salariés qui sont associés à la gouvernance de leur outil de travail.

E 

n juillet prochain, Alpha T.P (Brie-Comte-Robert) fêtera son 30e anniversaire. Le bel âge pour une Société Coopérative Ouvrière de Production (Scop) portée sur les fonts baptismaux par 21 salariés associés, auxquels les pessimistes ne donnaient guère plus de chance de réussir que leur ancienne PME en dépôt de bilan. C’était sans compter les vertus de l’ESS et de la volonté farouche de professionnels passionnés par leur métier. Aujourd’hui, ils sont une petite centaine, associés pour 70 % d’entre eux, et leur petite entreprise se porte plutôt bien. En 2011, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 16 M€ (+ 11 %) avec Aéroports de Paris, la SNCF, CRE RATP, le Conseil général de Seine-et-Marne ou les EPA de Sénart et Marne-la-Vallée. Elle intervient principalement dans les travaux publics, mais elle a su, au fil des ans, négocier plusieurs diversifications dans l’éclairage public, la fabrication d’enrobé ou la location de matériel… Une telle réussite fait rêver tous ceux qui, eux aussi, ont misé sur l’économie sociale et solidaire. Pour Laure Colombier, c’est plutôt bien parti, puisque son association Kinder Exchange a reçu le Prix de l’Économie Sociale et Solidaire en Seine-et-Marne au concours de la Créativité 2012 organisé par la Maison de l’Emploi de Sénart, avec le soutien financier de Seine-et-Marne Développement. “2012 a été notre première année de plein exercice, avec l’organisation d’une trentaine d’échanges linguistiques avec l’Angleterre, l’Irlande et l’Espagne. Il nous en faudra une centaine pour créer un premier emploi, compte-tenu des tarifs très modestes que nous pratiquons”. 200 € de frais de mise en relation, c’est jusqu’à six fois moins cher que dans la concurrence privée, sélection rigoureuse et immersion totale en prime ! L’utilité sociale est ici évidente.

10 — trajectoires février-mars 2013

© AlphaT.P

Alpha T.P à Brie-Comte-Robert, une SCOP qui intervient principalement dans les Travaux Publics depuis bientôt 30 ans.

Des éco-activités en plein boom Plus spectaculaire pourrait être, très rapidement, la croissance d’Andévia, dès lors que cette jeune Scop SARL de Chelles aura convaincu ses premiers clients de l’intérêt économique et environnemental de sa solution informatique pour la dématérialisation du courrier tracé. Récente lauréate de l’appel à projets ESS du Conseil général de Seine-et-Marne, elle a reçu une aide de 50 000 € qui l’aidera à recruter un commercial. “S’il le souhaite, il deviendra salarié-associé”, annonce Pascal Aulard, co-fondateur de l’entreprise avec Fabrice Ansel. “Nous arrivons tous les deux d’une grande multinationale américaine dont la gouvernance ne correspondait pas à nos valeurs. Associer les gens aux bénéfices et aux décisions nous semble la méthode de management la plus motivante. Si nous donnons tous le meilleur de nous mêmes, nous en toucherons ensemble les bénéfices”. L’AFILE 77 en appui En 2011, AFILE 77 a accompagné et /ou financé 100 associations et entreprises solidaires seine-et-marnaises représentant plus de 1 800 emplois. “Pour 13 d’entreelles grâce, notamment, au Fond Territorial France Active, l’appui fut financier avec garantie d’emprunt bancaire et prêts (318 000 € au total, aux taux de 0 à 2 % sur 2 à 5 ans)” détaille la directrice d’AFILE 77, Florence Rigault. La micro-crèche rurale Au Clair de lune (Méry-sur-Marne) s’est ainsi vue octroyer un prêt de 20 000 € sans intérêt. Les 87 autres structures, essentiellement des associations, ont bénéficié du Dispositif local d’Accompagnement (DLA), soutenu par le Département, l’Etat et la Caisse de dépôts et Consignations. “Après un diagnostic partagé, nous pouvons offrir des journées de consultants – pour un budget global de 140 000 € en 2011 – afin de solutionner leurs problématiques en termes de gestion, de ressources humaines, de stratégie, etc.”

Votre coopérative fêtera en mai sa 1e année effective de fonctionnement à Melun. Quel est son bilan ? C. R. : Fin 2012, elle comptait déjà 15 entrepreneurs dans des secteurs aussi différents que la formation, la communication, les loisirs créatifs ou l’artisanat. Arrivés progressivement au fil des mois, ils ont totalisé en six mois 60 000 € de chiffre d’affaires alors que nous en avions prévu 80 000 – mais sur 12 mois. Nous sommes donc dans les clous. Concrètement, que leur apporte la Coopérative d'Activités et d'Emploi, (CAE) comparée, par exemple, à un statut d’auto-entrepreneur ? C. R. : Trois choses principalement. D’abord un accompagnement dans la durée, à la création de leur activité et tout au long de son développement. Ensuite, un hébergement fiscal, juridique et comptable, sans pour autant empiéter sur leur autonomie et leur responsabilité. Enfin, un statut de salarié très rassurant, car il ouvre droit à toutes sortes de prestations : le congé maladie, le congé maternité, le congé parental…

“La Coopérative d’Activités et d’Emploi RurBan Coop est ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent poursuivre un projet entrepreneurial individuel en bénéficiant d’un collectif.”

Pour l’instant, vous n’équilibrez vos comptes qu’avec le soutien de la Région et des Départements de Seine-et-Marne et de l’Essonne. Quand la coopérative sera-t-elle autonome ? C. R. : L’équilibre sera atteint quand nous aurons réuni 80 à 100 entrepreneurs, sachant que chacun reverse à la CAE 10 % de son chiffre d’affaires ou de sa marge brute. trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne


enjeux

matière grise

Labex MMCD

quatre laboratoires unissent leurs compétences pour étudier les matériaux du génie civil et de l’environnement

On demande aux chercheurs de proposer des projets de recherche en même temps qu’un candidat, doctorant ou post-doc. Philippe Coussot, directeur du laboratoire d'excellence (Labex) mmcd

Philippe Coussot, Directeur du laboratoire d'excellence (Labex) mmcd.

Dirigé par Philippe Coussot, le Laboratoire d’Excellence (Labex) MMCD regroupe des chercheurs de quatre laboratoires dépendants de l’Université Paris-Est. Il a vocation à développer les recherches, les formations et les relations industrielles sur les matériaux du génie civil et de l'environnement.

“L 

orsqu’en 2010, le gouvernement lance l’appel à projets “Labex” (Laboratoire d’Excellence), l’objectif revendiqué est clair : permettre à des équipes de chercheurs de faire jeu égal avec leurs homologues étrangers. Parmi les lauréats, le Labex MMCD. “Pour Multi-Scale Modelling & Experimentation of Materials for Sustainable Construction” détaille Philippe Coussot, directeur de la structure qui regroupe une centaine de chercheurs de quatre laboratoires : le CERMICS, l’ICMPE, le MSME et le laboratoire Navier, tous dépendants de l’Université Paris-Est. “Nous voulons mettre en commun nos compétences, qui couvrent les domaines de la mécanique, de la physique, de la chimie et des mathématiques, sur des projets concernant les matériaux du génie civil et de l’environnement, le tout orienté vers le développement durable”. Des matériaux complexes, multi-échelles “Sols, roches, matériaux de construction… nous avons à faire à des matériaux compliqués”, explique Philippe Coussot. “Ils ont cette particularité d’être multi-échelles : selon celle à laquelle on les étudie, on observe des structures différentes”. Un sol peut ainsi être à la fois constitué de petites particules d’argiles, de grains de sable, de végétaux et de cailloux. Le béton, quant à lui, contient notamment des nanoparticules, des microparticules de ciment, du sable et des cailloux. “Le problème”, éclaire Philippe Coussot, “c’est que pour parvenir à prédire les propriétés d’un matériau, comprendre ses évolutions chimiques et physiques et

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

Un Labex soutenu par les industriels

s’assurer de sa durabilité il faut, au préalable, avoir identifié les différentes structures qui le composent et comprendre comment leur imbrication impacte ses propriétés”.

Beaucoup d’industriels, dont Lafarge et SaintGobain, avaient déjà passé des contrats avec l’un des quatre laboratoires du Labex avant sa création. Ce qui les intéresse dans le dispositif progressivement mis en place, c’est de disposer d’une interface plus large en termes de thématiques scientifiques et de domaines couverts et d’avoir accès, dorénavant, à plusieurs personnes travaillant au sein de chacun des quatre laboratoires. à leur intention, le Labex compte en outre organiser des workshops et des conférences, afin de leur présenter régulièrement ses travaux.

Un budget de six millions d’euros sur huit ans Doté d’un budget de six millions d’euros sur huit ans, le Labex MMCD travaille suivant trois axes. Un volet scientifique tout d’abord, avec un fonctionnement sur la base d’appels d’offres internes. “On demande aux chercheurs de proposer des projets de recherche en même temps qu’un candidat, doctorant ou post-doc” explique Philippe Coussot. Une façon de s’assurer du haut niveau de tous les nouveaux collaborateurs. “Nous les rémunérons d’ailleurs au maximum du tarif pratiqué dans les établissements publics”. Pour la seule année 2012, le Labex a déjà lancé 5 thèses et 2 post-docs. La stratégie de l’excellence Le second volet concerne la formation. Le Labex soutient ainsi le développement d’un master “mécanique et génie civil” au sein du PRES Paris-Est, sur le site de Marne-laVallée. “Nous nous appliquons à augmenter sa visibilité, son attractivité et son dynamisme interne en offrant notamment, aux meilleurs éléments, une bourse du Labex à l’issu du master”. Des relations privilégiées avec l’industrie Troisième volet, la valorisation. Chacun de leur côté, le CERMICS, l’ICMPE, le MSME et le laboratoire Navier ont développé des relations privilégiées avec des industriels. Le Labex désire désormais mettre en place une interface qui permette aux entreprises d’avoir accès simultanément, sur une problématique spécifique, à des chercheurs des quatre laboratoires. De quoi booster encore le projet – dont le degré d’avancement impressionne déjà l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche), financeur et gestionnaire de l’appel d’offres Labex. à suivre de près, donc !

trajectoires FÉVRIER-MARS 2013 — 11


enjeux

PARC D’ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES

Un nouveau Parc signé Spirit à Bussy-Saint-Georges Deux ans à peine avant l’ouverture, voisine, du Retail Park de Bussy-Saint-Georges qui mixera commerces et loisirs au cœur d’une zone de chalandise de plus d’un million et demi d’habitants, le Groupe Spirit crée un parc d’activités et de bureaux haut de gamme, à proximité immédiate de l’A4 et du RER A.

L 

a commercialisation de son parc d’activités du Val d’Europe à Chessy (7 100 m2) à peine achevée, le groupe immobilier Spirit mise à nouveau sur la Seine-et-Marne avec un programme cette fois stratégiquement placé à Bussy-Saint-Georges. “C’est une des villes les plus attractives du territoire de Marne-la-Vallée”, analyse Guillaume Borjeix, son responsable des projets parcs d’activités, citant la présence de groupes aussi importants que les Galeries Lafayette, Siemens, Air Liquide, Makita etc. C’est là, sur la ZAC Léonard de Vinci, que Spirit a acquis auprès d’Epamarne 2,4 hectares à proximité immédiate de l’A4 et du RER A. Le promoteur d’immobilier d’entreprise va y construire six bâtiments sur un total de 11 170 m2. “Dans un premier temps, début 2013, nous en mettons deux en chantier. Les suivants seront lancés au fur et à mesure de la commercialisation, laquelle s’opèrera indifféremment à la vente et à la location” détaille Guillaume Borjeix. La qualité de ses constructions est

Notre Parc de Bussy-Saint-Georges jouira d’un emplacement stratégique au cœur de Marne-la-Vallée.” GUILLAUME BORJEIX, responsable dES PROJETS PARCS D'ACTIVITÉS

la marque de fabrique de SPIRIT qui privilégie une approche davantage bureaux que parc industriel. Sept mois, à partir de la signature de l’acte authentique, suffisent à mettre à disposition des locaux haut de gamme alliant minéral, acier, aluminium laqué et verre, aérés, lumineux et généreusement dotés en places de stationnement (six par lots). Des implantations ultra-personnalisées L’esthétique soignée de l’architecture a achevé de convaincre la société Amaxteo qui, la première, a acheté 839 m2 de bureaux et d’ateliers pour ses activités théoriques et pratiques consacrées au désamiantage fin 2012. Ce centre de formation basé à Brest, premier certifié français pour la Prévention des risques liés à l'amiante, avait choisi la Seine-et-Marne et Ferrières-en-Brie dès 2011 pour prendre position sur le marché francilien. “Mais nos locaux en location étaient trop exigus avec trois salles de formation et, par ailleurs, nous voulions nous rapprocher du RER pour faciliter l’accès à nos quelque 1 000 stagiaires par an, explique son directeur Benjamin Jacq. En venant à Bussy-Saint-Georges, nous ne faisons qu’enjamber l’autoroute. Nous avions envisagé de construire, mais l’offre modulable de Spirit nous a convaincus. Nous avons obtenu l’aménagement d’une partie des locaux d’activités du rezde-chaussée en bureaux, en salles de formation à côté de la plateforme pédagogique, où nous mettrons les stagiaires en situation dans une zone confinée. Avec 5 salles, nous pourrons accueillir au moins 30 % d’effectifs en plus chaque semaine”. Cette souplesse est un autre atout dont le promoteur joue pour satisfaire de nombreux projets d’implantation en s’adaptant au maximum à tous les types de besoins. “Les lots sont modulables. Ils peuvent indifféremment comporter des locaux d’activités et/ou des bureaux et ils prennent en compte les process des entreprises et toutes les caractéristiques de leurs besoins en termes, par exemple, de hauteur sous plafond (jusqu’à 7 mètres) ou de traitement des déchets”, précise Guillaume Borjeix. l.benko@smd77.com

12 — trajectoires FÉVRIER-MARS 2013

En chiffres… • 1 1 170 m2 de superficie bâtie •2  4 000 m2 de terrain •6  bâtiments en R+1 •L  ots divisibles à partir de 340 m2 • 1 00 € HT et HC/m2 et par an à la location • 1 250 € HT/m2 à la vente • 1 3 millions d’euros d’investissement pour le groupe Spirit •à  25 km de Paris via l’A4 en accessibilité immédiate •à  30 km de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle via l’A104 à proximité immédiate. •à  10 mn à pied du RER A (Gare de Bussy-SaintGeorges) desservant Paris (11e) et la gare TGV de Val d’Europe (20 mn).

… Et en dates 2012

Lancement du programme, dépôt du permis de construire et début de la commercialisation. 2013

Lancement de la première tranche (un bâtiment) en février. Livraison en fin d’année. 2015

Ouverture du Retail Park de Bussy-Saint-Georges initié par Epamarne avec l’implantation du premier magasin Costco d’Europe occidentale.


1,1 %

15 % 4,5 %

12 %

2,9 % 10 % 42 % 6%

66 %

13 % 2,5 % 17 % 5% 21 % 12 %

2,1 % 1 %

53 %

L'IMMOBILIER D'ENTREPRISE EN SEINE-ET-MARNE L'OFFRE DISPONIBLE PAR SECTEUR

LOCAUX D'ACTIVITÉS (usines, ateliers) ENTREPÔTS

4,9 % 4,3 % 6%

BUREAUX

Roissy CDG Meaux Marne-la-Vallée / Marne et Chantereine Francilienne Sénart / Melun Val de Seine Provins Fontainebleau

À la Carte

Immobilier d’entreprises L’offre 2013 en Seine-et-Marne Régulièrement mis à jour, les chiffres de l’Observatoire de l’Immobilier d’Entreprises (OBIE 77) facilitent l’information des acteurs du marché seine-et-marnais et l’implantation des investisseurs. Avis aux amateurs : le stock d’opportunités actuellement disponible est particulièrement riche. Selon l’étude commandée par Seine-et-Marne Développement et présentée par la société GEMOFIS au dernier SIMI, salon de l’immobilier d’entreprise, plus d’1,5 million de m2 sont actuellement disponibles en Seine-et-Marne. Il s’agit d’entrepôts pour 58 %, de locaux d’activités (30 %) et de bureaux (12 %). Comme les années précédentes, ce sont les deux secteurs de Marnela-Vallée/Marne et Chantereine et de Sénart/Melun Val de Seine qui disposent fin 2012 de l’offre la plus riche. Marne-la-Vallée/Marne et Chantereine

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

occupent le premier rang sur les marchés du bureau (66 % de l’offre disponible et 36 % de l’existant) et des locaux d’activités (42 % de l’offre disponible). Sur ce dernier marché, viennent ensuite, dans des proportions égales les secteurs de la Francilienne (13 % de l’offre), Roissy CDG et Sénart/ Melun Val de Seine (12 %), puis Meaux (10 %). L’offre future, quantifiée par GEMOFIS, est tout aussi attractive avec 115 000 m2 prévus – principalement à Marne-la-Vallée (39 %) et à Sénart/Melun Val de Seine (29 %). Enfin, Sénart/Melun Val de Seine garde le leadership sur le marché de l’entrepôt, avec plus de la moitié de l’offre disponible (53 %), loin devant la Francilienne (17 %) et Roissy CDG (15 %). l.benko@smd77.com

trajectoires FÉVRIER-MARS 2013 — 13


sTORY TELLING

Moulins Bourgeois, à Verdelot :

quatre générations de meuniers Notre stratégie, c’est d’être un moulin régional. Nous achetons notre blé dans un rayon de 70 km et livrons dans un rayon de 200 km. Julien Bourgeois, co-directeur des Moulins Bourgeois

Julien Bourgeois, co-directeur des Moulins Bourgeois

Intimement liée au terroir local, l’histoire des Moulins Bourgeois débute en 1895. Quatre générations de meuniers plus tard, l’entreprise familiale cultive une relation de confiance et de proximité avec les artisans-boulangers de la région.

“T 

out a commencé en 1895, avec mon arrièregrand-père et son frère”. Lorsque Julien Bourgeois se penche sur l’histoire de l’entreprise familiale qu’il co-dirige avec son aîné David, c’est toute l’histoire d’un terroir qui affleure. “A l’époque, sur le petit Morin, il y avait quarante moulins…”. Il était une fois deux frères et un moulin, à Couargis. En 1905, ces derniers passent du statut de gérants à celui de propriétaires, tandis qu’un troisième frère achète un moulin à Verdelot. En 1935, la production de Couargis est stoppée et toute l’activité ramenée sur le site de Verdelot, modernisé pour l’occasion. “Depuis cette période, nous avons en permanence investi pour nous améliorer” retrace Julien Bourgeois. L’entreprise peut même aujourd’hui s’enorgueillir de posséder l’un des moulins les plus modernes d’Europe, avec une capacité d’écrasement de 450 tonnes de blé en 24 heures ! Un tel équipement laisserait à penser qu’elle s’adresse à l’industrie et à un marché international. Bien au contraire : “notre démarche et notre stratégie, c’est d’être un moulin régional” affirme Julien Bourgeois. “Nous achetons notre blé dans un rayon de 70 km et livrons dans un rayon de 200 km. Nous sommes des défenseurs de l’artisanat !

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Les Moulins Bourgeois c’est quoi ? • 2 moulins • 50 000 tonnes de blé moulues par an • 28 millions d’€ de CA • 80 salariés • Une flotte de 20 camions • 5 boulangers démonstrateurs

Les dates 1895

Acquisition du moulin de Couargis par les frères Bourgeois 1905

Acquisition du moulin de Verdelot 1935

Concentration de la production à Verdelot 2005

Hubert Bourgeois transmet la direction des Moulins à ses deux fils, Julien et David

Nos clients sont exclusivement des artisans-boulangers. Notre travail, c’est de leur apporter de la farine de qualité : à la manière des vignerons, nous mélangeons les variétés de blés, les terroirs”. 80 % de la production des Moulins Bourgeois sont constitués de farine de blé pour la fabrication de la baguette parisienne ou de tradition. Les 20 % restants sont destinés aux pains spéciaux. L’entreprise familiale a ainsi investi, il y a trois ans, dans la construction d’un moulin à meules de pierre, à plus petit débit, qui permet une plus grande diversité : farine de blé complet et farines biologiques de toutes sortes. “Un marché de niche pour les boulangers qui veulent faire des pains à l’ancienne” explique Julien Bourgeois. Leur stratégie est claire : être à l’écoute des clients. C’est dans cette même logique qu’ils multiplient les services. “Les boulangers vendent et rachètent un fond de commerce en moyenne tous les sept ans. Nous les mettons en relation avec des agences spécialisées, des avocats, nous les conseillons sur la vente et l’achat, leur octroyons des prêts”. Les Moulins Bourgeois proposent également de nombreuses formations gratuites, pour mettre en place des recettes, aider à développer un nouveau pain ou encore former aux techniques de vente. “Nous ne sommes pas que des marchands de farine” conclut Julien Bourgeois, “et c’est de cette façon que nous comptons continuer à nous démarquer”. + d’infos : www.moulinsbourgeois.com

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LA SNIE, à Brie-Comte-Robert :

un leader de l’installation électrique Créée en 1966 par quatre ouvriers électriciens, la SNIE (Société Nouvelle d’Installations électriques) est devenue l’un des leaders de sa branche. Entreprise familiale aujourd’hui dirigée par deux frères, elle mise sur la qualité et l’indépendance pour mener une croissance soutenue et régulière.

“U 

ne famille modeste, l’école quittée dès ses 13 ans… Lorsqu’il quitte la Normandie pour Paris, André Crief ne dispose d’aucun atout, si ce n’est un frère, de quatre ans son aîné, déjà sur place. Ensemble, ils travaillent comme électriciens sur les chantiers. “Ils se sont formés sur le tas”, raconte Fabien Crief, l’un des fils d’André. “En 1966, ils ont créé une SARL avec deux confrères”. La SNIE est née. Les associés travaillent d’abord comme sous-traitants exclusifs d’une entreprise d’électricité avant d’avoir leurs propres clients, des promoteurs constructeurs. “On a accompagné la mutation

LA SNIE c’est quoi ? • 450 salariés • 45 millions d’€ de CA • 180 chantiers en cours • 8 000 logements équipés chaque année • 100 % du capital détenus par la famille Crief

Nos salariés savent qu’il y a des possibilités d’évolution, qu’ils ne sont pas de simples matricules. C’est notre force !

les dates

fabien crief, PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE SNIE

1966

Création de la SNIE 1997

Départ à la retraite d’André Crief. Ses fils Fabien et Laurent deviennent respectivement président du directoire et directeur général 2001

Un grave incendie détruit entièrement le stock. Une semaine plus tard, la SNIE reprend son activité

de leur activité” retrace Fabien Crief, “de la maison individuelle au logement collectif”. La SNIE évolue par sa taille et sa forme juridique. André Crief, secondé par son épouse Mireille, qui assure la partie facturation, comptabilité et paies, rachète les parts de ses associés. En 1997, il prend sa retraite. “Mon père est devenu président du conseil de surveillance” précise Fabien Crief, “mon frère Laurent directeur général et moi-même président du directoire”. à l’époque, la société compte déjà plus de 400 salariés. “Reprendre une entreprise de cette taille, c’est assez compliqué. Mais pour nous, ça s’est fait en douceur. Nous avions déjà plus d’une dizaine d’années d’expérience au sein de la SNIE, nous avions participé à son essor”. Avec des installations électriques sur environ 8 000 logements neufs chaque année et des clients tels que Kaufman et Broad, Nexity et Bouygues, l’entreprise est aujourd’hui leader dans son activité sur l’Ile-de-France. “Notre levier de croissance, c’est la qualité” analyse Fabien Crief. “C’est ce qui nous permet de conquérir de nouveaux clients”. Pour maîtriser entièrement cette qualité, la SNIE ne sous-traite pas. Grâce à son atelier de préfabrication, elle réalise entre autres, ses propres tableaux et armoires électriques. “Ça a toujours été la volonté de mon père de gagner en indépendance, en réactivité, en intégrant une bonne partie du processus”. Une maîtrise rendue possible par l’expertise de salariés qui ont parfois jusqu’à 25 années d’ancienneté. “Nous pratiquons beaucoup la promotion interne” relève Fabien Crief. “Il est plus facile pour un conducteur de travaux de diriger une équipe s’il a lui-même été ouvrier. Et puis c’est motivant. Nos salariés savent qu’il y a des possibilités d’évolution, qu’ils ne sont pas de simples matricules. C’est notre force !” Une preuve de cette solidité ? En 2001, un très grave incendie réduisait en cendres le stock de l’entreprise. D’autres ne s’en seraient jamais relevés. Hébergée par la mairie, bénéficiant de la confiance de ses fournisseurs, la SNIE, elle, relançait son activité une semaine plus tard.

De gauche à droite, Fabien Crief (Président du Directoire), Laurent Crief (Membre du Directoire et Directeur Général), André Crief (Président du Conseil de Surveillance), Mireille Crief (Membre du Conseil de Surveillance)

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

trajectoires FÉVRIER-MARS 2013 — 15


77 c’est eux, c’est une collection de portraits renouvelée à chaque parution. Des acteurs économiques de tous horizons, public comme privé, jeunes et moins jeunes, artisans locaux, entrepreneurs internationaux… tous unis par leur confiance dans l’avenir de la Seine-et-Marne.

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Daniel Rapaport

Dirigeant de l’agence d’architecture Sémon Rapaport & Associés, Brie-Comte-Robert Nous construisons des bâtiments à vivre, dans une démarche durable avec nos clients, en recherchant toujours la qualité technique et architecturale.

Trajectoires est édité par Seine-et-Marne Développement, agence pour le développement économique du Conseil général de Seine-et-Marne Directeur de la publication Gérard Eude • Comité de rédaction François-Xavier Deflou, Dominique Marinov • Rédacteur en chef Patricia Montin • Journalistes Claire Judrin et Emmanuel de Lestrade • Réalisation agencebeaurepaire.com • Photos yannpiriou.com • Contact p.montin@smd77.com  • www.seine-et-marne-invest.com • Hôtel du Département 77010 Melun Cedex • Imprimeur Printed and Co 77500 Chelles • Imprimé sur du papier recyclé Cyclus couché print • N° ISSN 1958-8372.

trajectoires Entreprendre et réussir en Seine-et-Marne

TRAJECTOIRES N°29  

TRAJECTOIRES N°29

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