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Sanctifier

Oct-Nov-dec 2010

l’humanité de la Sainteté


Tables des matières L’Avent, temps du désir Abbé Jean Simonart

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Entrer dans la prière continuelle avec le Rosaire… Jacques Hospied

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“ La mère de Jésus était là “ Noël M. Rath

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Le Saint, une humanité accomplie Sonia Chiavaroli et Stefania Castelli

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Le bienheureux John Henry Newman  et la beauté de la sainteté Luc Terlinden

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Une mission qui nous incombe à tous. Un appel. Jean Simonart. Recension

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Editorial

Organe officiel du Mouvement Pro Sanctitate, elle arrive ou physiquement il n’est pas possible d’aller nous pour annoncer et renouveler l’invitation aux haut degré de la vie chrétienne (NMI 31), au “large” (Lc 5,4) de la vie spirituelle, à l’ampleur, sans frontières, de la mission. Il n’y a pas de sainteté sans humanité, voilà le sens du thème de la Journée da la Sanctification Universelle 2010 (et de toute l’année Pro Sanctitate) : « Le Saint, une humanité accomplie », éclairé et bien développée dans l’article de Stefania Castelli.

En suivant ce fil rouge de “l’humanité de la Sainteté  “, un article de Jean Simonart nous introduit à l’Avent, temps de l’attente , de l’Incarnation, pour tous les être humaines et pour Marie, sacrement vivant, comme l’explique Noël Rath dans son expose (…exposé qui est en petit coup d’œil sur sa prochaine conférence qu’il fera dans notre centre à Bruxelles)  ; Marie à laquelle nous nous adressons traditionnellement avec le Rosaire, prière continuelle dans la vie, comme le définit Jacques Hospied. Les Saints sont pour nous témoins d’humanité , en particulier Newman, témoin de la vérité, tel qui Luc Terlinden lui a fait le portrait. Il y a enfin encore Jean Simonart qui nous invite à incarner l’Evangélisation, c’est-à-dire, à vivre davantage la Parole de Dieu que de parler de l’Evangile, afin de susciter de questions – pourquoi  ? comment ? - dans le cœur des gens. Bonne lecture ! La Rédaction

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Nous sommes au début d’une nouvelle année pour la revue Sanctifier qui est déjà depuis 65 ans au service de l’Eglise et da la vie spirituelle  : tout s’adaptant aux signes des temps, elle reste toujours fidèle à son but traditionnel  : faire connaitre à tout le monde l’appel universel à la sainteté.

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L’Avent, temps du désir

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L’Avent est la première de ces périodes liturgiques; elle nous achemine vers la fête de Noël. Traditionnellement elle est considérée Gomme la période la plus mariale de toutes...

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Chaque année, selon une succession harmonieuse, nous reviennent les différentes périodes liturgiques. Cellesci nous invitent Chaque fois, pendant un certain temps, à (re)faire nôtre des valeurs, des dispositions, des attitudes de vie et de cœur qui font partie de la vie chrétienne de tous les temps.

Puisse, en ces quelque lignes, Marie nous conduire et nous éduquer aux valeurs essentielles que cette période nous invite à (re)découvrir... et ce qu’Elle a vécues de manière exemplaire. L’Avent est essentiellement le temps du désir. Et cela à plusieurs titres. D’abord l’Avent rejoint le désir d’un monde meilleur Elle est vraiment de tous les temps cette quête de bonheur qu’anime l’humanité toute entière! Chaque homme a au fond de lui-même une aspiration à un bonheur profond et durable, aussi complet que possible. C’est là sans


En cette fin du vingtième siècle, il semble que pour beaucoup d’êtres humains cette quête connaît un temps de déception.... Le paradis terrestre promis à l’Est par l’idéologie communiste s’est lamentablernent écroulée par l’affaissement du régime soviétique et le désenchantement chinois. A l`Ouest, dans les sociétés de consommation, le mythe du bonheur parfait apporté par la science et la technique n’a pas non plus résisté aux leçons du temps: le chômage, la marginalisation, la concurrence à outrance, fait qu’à l’Ouest aussi, l’homme déchante.... Et beaucoup regardent l’avenir avec appréhension. Au cœur de ce monde douloureux et désappointé, la communauté chrétienne est invitée à communier à ce grand désir de paix, de justice, de fraternité; ce désir d’un monde meilleur. Nous sommes donc invités à épouser cette souffrance, cette insatisfaction de notre monde pour, en son nom, crier vers le ciel: “Viens Seigneur, viens!” “Suscite des hommes et des femmes prêts à s’engager et construire ce monde nouveau auquel l’homme aspire!”

La Vierge Marie connaissait la détresse de son peuple et son besoin d’un renouveau spirituel et moral. Son cœur en était imprégné. Aussi, au cœur d’Israël sa voix suppliante s’élevait vers le ciel; un cri vers Dieu: “Maranatha... Viens Seigneur, viens établir Ton règne de vérité, de justice, de paix et d’amour”. Et pour que ce dessein de Dieu puisse se réaliser, la jeune Marre se dona art toute entière à son Dieu... Afin de hâter le jour où Il viendrait.

L’Avent est aussi le temps du désir “Mystique” Heureux les hommes et les femmes qui par Dieu ont été touchés au cœur! Ils connaissent ce que saint Jean de la Croix appelle “la blessure délicieuse”. Car lorsque l’homme, dans sa quête de bonheur - qui souvent dans un premier temps se dirige vers les biens immédiatement à sa portée -, a dépassé les satisfactions passagères qu’apporte la terre, et a découvert Celui qui seul peut pleinement le combler, alors il est touché au cœur: c’est Dieu qui fa rejoint. Alors, comme le dit saint Augustin, une grande paix s’établit en lui: il a enfin trouvé, en qui se reposer. Tel l’oiseau qui après un long vol, lassé, trouve enfin ou poser le pied.

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doute le dynamisme le plus puissant de l’humanité. Elle suscite en son sein une quête jamais achevée et. toujours reprise. Avec ses moments d’exaltation voire d’exultation et ses moments de déception ou d’amertume.

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Mon cœur, écrivait Augustin, était inquiet aussi longtemps qu’il ne demeurait en Toi, Seigneur. “Oui, celui qui boit de cette eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif” disait Jésus à la Samaritaine. Paradoxalement, quand Dieu touche ainsi l’âme, Il lui accorde aussi, en même temps que cet apaisement et ce repos, un nouvel éveil... une nouvelle soif: celle du “désir mystique”. L’âme s’en va alors comme le dit le Cantique des cantiques par les rues et les places, les vallées et les monts, à la recherche de Celui que son Cœur aime, quémandant informations et conseils, guettant la moindre trace de son passage. La première rencontre l’a blessé et il a hâte de retrouver à nouveau Celui vers qui son cœur aspire.

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Ainsi, tous les amis de Dieu, sont-ils habités par le désir de L’approcher davantage, de la connaitre mieux, de Le rencontrer de manière plus profonde et plus durable encore.

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Jean évoque cette réalité en employant l’expression qui dit bien le désir de nos cœurs: “demeurer en Lui”. Et Paul, à son tour, dans son vocabulaire dit la même chose quand il perle ‘”d’être établi” dans le Christ. Un maitre spiritual, semi Louis-Marie Grignon de Montfort, recommandait

à ses disciples de “garder le désir ardent, de ne point l’étouffer, ni de le galvauder, ni de permettre qu’il se dilue ci s’affaiblisse au fil du temps.... Non. “Garder le désir ardent”, disait-il Pouvons-nous, au moins par l’imagination, rejoindre Marie, la femme immaculée, dont l’âme était touchée par l’Esprit comme nulle autre… Pouvons-nous entrevoir avec quels accents Elle chantait ces versets du psaume: “Dieu, c’est Toi mon Dieu que je désire dès l’aube, mon âme a Soif de Toi, ma chair languit après Toi…” Pendant l’Avent, avec Elle, nous faisons notre cette parole de l’Ancien Testament: “Ah, Seigneur si Tu pouvais déchirer les cieux et venir… !”

L’Avent nous fait rejoindre le désir de Dieu Nous venons d’évoquer deux, désirs: celui d’un monde meilleur et celui du croyant qui a connu une “touche de Dieu”. Ces deux désirs sont tous deux des aspirations de l’homme. Ce n’est pas encore cela le plus important à vivre durant la période de l’Avent. Mais pour découvrir cet essentiel, il est indispensable de s’oublier soi-même…, de prendre, autant


qu’on le peut, distance du “moi” afin d’essayer dans le mesure du possible, d’entrevoir et de rejoindre le désir qui habite le Cœur de Dieu. C’est là, sans doute, la grande conversion à laquelle la période de l’Avent nous invite : rejoindre le désir qui est celui de Dieu Lui-même. Par Son incarnation et Sa naissance a Noel, Il manifeste Son désir de venir rejoindre, dans son humanitémême, chaque homme, chaque femme de notre terre. Oui, notre Dieu est un Dieu qui a soif de l’homme, qui le cherche et aspire à le rejoindre pour établir avec lui, dans la joie de la rencontre une alliance afin que l’amitié naissante et fraichement éclose puisse durer toujours

Comme nul autre, Marie a coïncidé aux désirs de Dieu. Son cœur était continuellement travaillé par SON désir de venir rejoindre tous les hommes ci chaque homme en particulier. Aussi, Sa parole, dite à l’Ange reste-t-elle pour tout croyant l’inégalable sommet; “Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole”. Ed le Verbe prit visage sur notre Terre. Ainsi en sera-t-il jusqu’à la fin des temps  ;chaque fois que Dieu trouvera une âme dans les mêmes dispositions que celle de Marie à l’annonciation, le dessein de Dieu pourra prendre visage dans le monde... et alors... c’est à nouveau Noel! Abbé Jean Simonart

Oui, cela nous convertit et nous invite à nous mettre tout entiers à Sa disposition: “Me voici, Seigneur pour qua par ma voix. Tu puisses parte: aux hommes d’aujourd’hui  ; me voici, Seigneur pour que Tu puisses les rejoindre aujourd’hui. Me voici, Seigneur...

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Aurons-nous, en ce temps de l’Avent le cœur assez dégagé, ci assez oublieux de nous-mêmes, pour rejoindre le désir de Dieu. Non seulement pour L’accueillir, Lui… mais pour que, Son désir puisse se réaliser.

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Entrer dans la prière continuelle avec le Rosaire…

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Il n’est pas impossible que la prière «  de Jésus  », de tradition orientale, ait eu une influence parmi d’autres sur les origines de la prière occidentale du Rosaire au moment où la piété mariale médiévale prenait son essor.

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Bien que le Rosaire apparaisse d’abord comme une prière à Marie, il est clair qu’on peut le considérer comme une prière nettement «  christocentrique  »  : le nom de «  Jésus  » est prononcé dans cette salutation à « Marie » et puis, avec elle, on médite les mystères de sa vie et de son œuvre et, même, on y médite ou contemple l’unique Mystère de la Personne du Christ, si bien que cette prière «  méditative  » se rapproche aussi de la prière « contemplative »...

Comme la fameuse prière «  de Jésus  », le Rosaire est une prière « monologique » : on répète sans cesse la même phrase. Cette répétition est non seulement au service d’une prière du cœur, mais aussi d’une prière incessante… C’est en un sens la même chose… Une prière du cœur ne peut qu’être continuelle  : un cœur vivant est un cœur qui bat tout le temps, en animant la vie du corps… Inversement, une prière continuelle ne peut qu’être une prière du cœur : si le corps et la tête doivent régulièrement se reposer, le cœur, lui, peut continuer à battre… Le Rosaire et la prière «  de Jésus  » apparaissent comme de précieux moyens pour répondre à l’appel du Christ à « toujours prier et ne jamais se décourager ». Si la prière est « un élan du cœur  », comme dit Thérèse de Lisieux, alors il faut dire en un sens qu’on prie toujours ou pas du tout car, pour le cœur –c’est bien de lui qu’il s’agit– c’est tout ou rien…


Si ce n’est pas tout, une « réanimation cardiaque  » risque bien d’être urgente et impérative…

du Nouveau Testament sur la prière chrétienne. L’un est donné par saint Jean, l’autre par saint Paul…

Donc, quand on veut commencer à prier, on doit savoir qu’on entre dans une activité « totalitaire » ! Elle nous requiert tout de suite, tout entier et pour toujours  : «  Il faut toujours prier et ne jamais se décourager  »  ! La prière est une discipline pratique : on se jette à l’eau pour nager et apprendre à nager, aucun manuel ne peut suppléer au plongeon. Jésus d’ailleurs nous en parle presque sous la forme d’une «  tautologie  »  : « Quand tu veux prier, retire-toi (…) et prie ton Père ! » (Mt 6, 6).

Pour se plonger dans la prière, il est toujours bon de faire mémoire de notre « désir » de prière. Il peut « nous surprendre  » par moments comme une sorte de « bouffée de prière »… Dans l’Evangile selon saint Jean, Jésus explicite l’origine et la nature du désir des «  priants  »  : «  L'heure vient - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père dans l'esprit et la vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est dans l'esprit et la vérité qu'ils doivent adorer » (Jn 4, 23-24).

Pourtant le Nouveau Testament donne quelques enseignements très brefs sur la prière chrétienne qui explicitent ce que l’Onction du SaintEsprit nous enseigne « au-dedans »… Car c’est Lui qui nous conduit vers la Vérité tout entière, dit Jésus… Si nous voulons nous consacrer à cette prière «  totalitaire  », il me semble important de se laisser « habiter » en particulier par deux enseignements

Cette parole de Jésus révèle que notre désir de prière vient de plus loin que nous, il exprime quelque chose du désir de Dieu lui-même. Comme le père de la parabole qui guette le retour du prodigue, Dieu « cherche » des adorateurs… D’une certaine façon, il «  prie  » l’homme… Il est en attente à toute heure  : «  c’est maintenant  »… L’adoration relève d’abord du désir de Dieu qui cherche des priants… D’autre part, Jésus nous révèle qu’elle n’est ni une affaire de moments et de lieux, ni de temples et de rites, ni de paroles et de gestes (même si tout cela est utile et souvent nécessaire), mais elle est surtout une affaire

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En un sens, la prière ne s’enseigne pas, pas plus que les battements du cœur, ou que rire, pleurer, aimer… Chacun fait sa propre expérience. La prière est une activité éminemment personnelle. Même quand on prie ensemble, la prière de chacun demeure un secret entre Dieu et lui…

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« d’esprit et de vérité ». Et donc elle concerne aussi la totalité de la vie…1 Dans quel «  esprit  » mène-t-on sa vie, accordé à quelle «  vérité  »  ? De la réponse juste à cette interrogation dépend l’adorateur véritable que cherche le Père… Les temps de prière sont des moyens pour vivre, mais la prière continuelle «  en esprit et en vérité  » est le but de la vie, ce que cherche le Père… Comment notre façon de prier nous aide à demeurer dans la prière continuelle  ?… Comment vivre pour prier toujours ?!

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En ce qui concerne saint Paul, au chapitre 8 de la lettre aux Romains, il est question de plusieurs «  gémissements  ». Ce mot évoque en même temps la souffrance et le désir… Paul parle des gémissements de la création, ensuite de ceux du corps, et enfin de ceux de l’Esprit Saint… D’une part, nous ne savons pas prier mais, d’autre part, l’Esprit «  gémit  » en nous d’une façon « ineffable » (et sa prière correspond aux vues de Dieu)  : ce sont deux «  vérités  » pour celui qui veut prier « en esprit et en vérité »…

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Si nous croyons que nous sommes capables de prier «  par nousmêmes  », ou que Dieu peut être atteint «  grâce à  » nos efforts, alors nous n���avons pas encore commencé 1 Comme l’écrit saint Paul : « Je vous exhorte frères par la miséricorde de Dieu à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Rm 12, 1).

à prier, et nous ne sommes pas prêt à commencer… parce que la parole de Paul est nette : nous ne savons pas !2 En matière de prière, ce diagnostic dont nous souffrons semble essentiel… Il s’agit d’une maladie parce que Dieu ne nous avait pas créés comme ça : il nous avait créés pour vivre dans une communion permanente avec lui… Le paradoxe, c’est que Jésus ne supprime pas le combat de la prière : «  il faut  » toujours prier…  ! Qu’estce que ça signifie: faire toujours quelque chose qui est impossible  ?! La pratique nous fait comprendre que la réponse à cet appel nous donne d’éprouver que nous ne savons pas mais aussi... que l’Esprit de Dieu prie en nous. Il n’est pas nécessaire de s’élever dans les cieux inaccessibles, ni d’attirer l’attention d’un dieu lointain : l’Esprit est déjà là, en nous, en prière… Seul Dieu peut nous introduire dans ce lieu «  inaccessible  » du cœur… Quand nous sommes dans le désert de la prière3 et que nous avons faim et soif, nous sommes peut-être tentés de « retourner en Egypte » ou bien de « mourir »… Si Dieu n’apporte pas du pain et de l’eau, nous allons en effet «  mourir  »… Mais, dépouillés, 2 Comme d’ailleurs nous ne pouvons « rien » faire en dehors de lui, nous dit Jésus (Jn 15, 5). 3 Sans doute ne faisons-nous d’authentique « expérience » de Dieu qu’en étant en quelque sorte « éprouvé » par lui.


Si nous regardons à ce propos Marie, nous devinons bien la valeur que peut représenter une prière à son contact (comme celle du Rosaire)… Marie nous est présentée (surtout par saint Luc), comme méditant et «  conservant  » les paroles ou les actions de Dieu «  dans son cœur  »… Elle ne vit pas loin de son cœur. Cela ne veut pas dire qu’elle est repliée sur elle-même, au contraire, elle est attentive à Dieu, à sa volonté, aux autres. Elle mène une vie «  intérieure  » constante, d’une fécondité incomparable pour « l’extérieur »…

C’est l’Esprit Saint qui, «  en elle  », a conçu Jésus pour le donner au monde… De même, au début de l’expansion de l’Eglise, Marie est présente, d’une façon presque «  cachée  », au cœur de l’assemblée en prière qui sera envahie par le 4 Dans les temps de prière, il est toujours bon de soigner le début, notamment en se rappelant dans la foi que Dieu est déjà présent, et que c’est nous qui ne lui sommes pas d’emblée présent… 5 Cf. LAFRANCE Jean, Le chapelet, un chemin vers la prière incessante, MédiaspaulEditions Paulines, Paris-Montréal, 1987.

Saint-Esprit… Prier, avec Marie, pauvrement mais en vérité, c’est immanquablement être conduit à descendre dans une prière du «  cœur  », temple de la prière incessante de l’Esprit… C’est certainement un «  raccourci  » pour entrer dans la prière continuelle! 6 La forme de la prière du Rosaire, en tant qu’elle utilise la répétition, peut contribuer à soutenir un unique désir de rejoindre le Seigneur dans une prière du cœur, au-delà des mots, de le rejoindre en esprit et en vérité, en cherchant ce qui lui plaît… Les mots sont simples. Il ne faut pas «  réfléchir  ». Nous pouvons les dire quel que soit notre état physique, psychologique, ou spirituel, quel que soit notre « état de grâce ou de péché »7, quelle que soit notre situation heureuse ou malheureuse… La prière simple du Rosaire peut généralement convenir en toute circonstance, quitte à simplifier parfois la formule… Le but étant de chercher à toujours prier… Jésus a été l’adorateur parfait que cherchait le Père, et il lui est arrivé aussi de formuler une prière «  répétitive  »… A Gethsémani, il redit plusieurs fois et de façon plus 6 Le péché et la désolation n’étant pas une raison valable pour s’arrêter de prier ! 7 Chacun doit adapter la prière à sa situation, pense-t-on spontanément… Mais ce serait peut-être plus juste de dire que chacun peut adapter sa situation (avec discernement bien entendu) à une vie de prière intense…

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nous sommes aussi peut-être mieux à même de découvrir -par grâce- que l’Esprit Saint est déjà là, gémissant dans notre cœur…4 Il n’y a de prière véritable et continuelle qu’en rejoignant ce lieu secret, éminemment personnel, qu’est notre cœur, le sanctuaire où prie le SaintEsprit, se joignant à notre esprit…5

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instante : « …non pas ma volonté mais que ce soit la tienne qui se fasse… » (Lc 22, 42.44). Cette répétition exprime le combat pour une vie pleinement accordée à la volonté du Père, autrement dit pour l’adorer « en esprit et en vérité  »… Déjà le récit des tentations au début de l’Evangile avait exprimé cette lutte. C’est dire que toute la vie publique de Jésus est comme encadrée par ces deux temps de prière… «  Prier toujours  » ne dépend pas de nous en un sens parce que c’est un don de Dieu, et sans aucun doute le plus grand don, car c’est la vie de l’Esprit en nous (d’abord en germe, puis d’une façon qui nous saisit toujours davantage)… Mais ça ne veut pas dire que l’on ne peut rien faire. Saint Jean Climaque dit que Dieu fait le don de la prière à celui qui prie… Pour qu’il y ait un « toujours », il semble bien qu’il faille nécessairement un « beaucoup »… Les invitations de Marie dans ses apparitions semblent constantes  : «  Priez, priez beaucoup, priez toujours… Mais priez donc… »

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Jacques Hospied

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" La mère de Jésus était là " Jn 2,1 Or c’est bien de mystère qu’il s’agit quand il est question de sacrement. On peut même dire que le mystère chrétien consistant en l’Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ ne peut être approché que de manière sacramentelle. Or cette révélation, nous ne le savons que trop, n’est pas reçue d’emblée dans l’humanité. Transmise par une communauté de fidèles, l’Église, elle a besoin d’être sans cesse revivifiée en se reliant aux premiers chrétiens. Cette référence n’est pas seulement un rappel historique mais un appel à l’intercession dans la communion afin de soutenir celles et ceux qui sont aujourd’hui en chemin. Dans cette première Église qui demeure la source toujours active de notre communauté chrétienne d’aujourd’hui, la « mère de Jésus était là ». Laissant pour plus tard l’étude détaillée de la présence de Marie dans la vie sacramentelle pratiquée dans les sept sacrements, l’ambition de ce bref article est de montrer comment en tout acte sacramentel,

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«  Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci ». Non , ce n’est pas une citation d’un Père de l’Église. Elle éclaire pourtant tout ce qui a trait aux sacrements. Elle vient d’un poète, Eugène-Emile-Paul Grindel mieux connu sous le nom de Paul Eluard. Même s’il ne s’affirmait pas chrétien, il a cru à l’amour, d’ou l’écho que produit son œuvre dès que nous touchons au mystère.

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la mère de Jésus est toujours là. Ainsi, après avoir rappelé le sens de la Révélation et sa communication par l’Église, sainte Marie pourra être accueillie comme présente constamment à tout don de la grâce. D’ou trois moments  : Le Christ, L’Église, Marie.

Le Christ

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Trop habitués à énumérer les sacrements, nous oublions souvent d’où ils tirent leur source. L’Histoire ne peut être négligée. Ce n’est qu’au XIIème siècle qu’on commencera à compter les sacrements tandis qu’au concile de Trente en 1547 le chiffre 7 sera retenu. Auparavant l’Église n’avait pas ressenti le besoin ni de les dénombrer ni d’en donner une définition. Comme bien des réalités de la foi, nos sacrements ont été vécus avant d’être analysés. Toutefois quand, au cours du Moyen Age , il sera question de quatre-vingt ou de cent vingt sacrements, il faudra bien discerner l’essentiel de l’accessoire. Regrettable ou non, le fait est là et c’est à nous de ne pas perdre de vue que le sacrement appelé «  mysterion  » en grec, «  ce qui est voilé », renvoie non à des objets mais d’abord à une personne.

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Or le Mystère tenu caché depuis des siècles en Dieu, le Créateur de toutes choses, est révélé par l’annonce de l’insondable richesse du Christ (cf. Eph. 3,9). Il nous faut

relier impérativement nos sept sacrements au Christ sacrement. En 1960 Edouard Schillebeeckx o.p. intitulera son livre qui fera date : « le Christ, sacrement de la rencontre de Dieu  ». C’est à travers la dimension visible de son humanité que le Christ va révéler la dimension invisible de sa divinité. Il en sera toujours ainsi dans tout ce qui sera lié aux sacrements, le signe visible révèlera une réalité invisible. C’est pourquoi le Christ doit être reconnu comme le « sacrement primordial ».

L’Église Le Christ présent «  avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps  » MT 28,20 n’est plus directement visible. Il nous laisse comme signe sa communauté : l’Église. Fruit de la Pâque du Christ, elle est convoquée pour représenter le Christ, c’est-àdire le rendre présent. En ce sens la formule de Bossuet garde tout son relief  : «  l’Église c’est Jésus Christ répandu et communiqué. » C’est pourquoi l’Église pourra elle aussi être considérée, en quelque sorte, comme sacrement. Dans « Méditations sur l’Église », dès 1953, le P. de Lubac s.j., nourri des Pères de L’Église, pourra écrire  :  «  l’Église est ici bas le sacrement de Jésus Christ comme Jésus Christ luimême est pour nous, dans son humanité, le sacrement de Dieu.  » Quelques dix ans après, le N°1


Marie Si le Christ est le sacrement parfait de la rencontre du Christ, l’histoire du peuple de Dieu nous enseigne que l’Église dans son cheminement terrestre n’est pas le sacrement parfait du Christ. Pourtant en son sein et née mystérieusement de la Pâque avant même qu’elle soit manifestée, Marie, de par la grâce qui la sauve et dont elle est comblée du fait de son Immaculée Conception, réalise parfaitement ce qu’est et ce que doit devenir l’Église dans la pensée de Dieu . En Marie, modèle de l’Église, nous pouvons trouver à l’état pur ce que l’amour de Dieu veut réaliser en nous et en tous. Même si nous n’arriverons jamais au même degré de perfection, c’est justement par la fréquentation des sacrements que nous pourrons laisser Dieu réaliser ce projet. Or parce qu’elle

est présente à toute la vie du Christ, parce qu’en elle «  tout se rapporte au Christ et tout dépend de lui  » et surtout parce que au «  Voici ta Mère » de Jésus, nous sommes invités comme le disciple à prendre Marie chez nous, en chaque célébration sacramentelle, dans la communion des saints, la Mère de Jésus est là. Ainsi, était-il indispensable de poser les fondements qui vont permettre de méditer comment, en chacun des sept sacrements qui déploient aujourd’hui le mystère de l’Église du Christ, Marie aura un rôle spécifique à jouer pour la croissance de la communauté chrétienne et de chaque personne en son sein. C’est en scrutant l’Écriture qu’il sera possible de découvrir la nécessité et la richesse spirituelle de sa présence. Mais que jamais ne soit perdu de vue l’objectif fondamental de toute la mise en œuvre sacramentelle  : faire que, comme Marie, chaque vie chrétienne devienne au cœur de l’Église sacrement de la rencontre de Dieu ! Noël M. Rath

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de Lumen Gentium, Constitution dogmatique sur l’Église après avoir professé « Le Christ est la lumière des peuples » … reprendra presque mot à mot cette idée dans la deuxième phrase en déclarant : « l’Église, étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain.  » Ainsi, à condition de ne pas oublier l’essentiel, c’est-à-dire la mention «  dans le Christ  », l’Église peut légitimement être appelée sacrement.

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Le Saint, une humanité accomplie Le saint est le lieu où le divin et l'humain se rencontrent; il est la continuation dans le temps, de l’amour rédempteur c’est-à-dire du Verbe qui s’est fait chair pour nous insérer dans son processus d’amour. (serviteur de Dieu

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Guglielmo Giaquinta )

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Cette année l’invitation concerne l’humanité de la sainteté, l’enracinement des bases du chemin de perfection pour chaque être humaine dans la réalité terrestre, dans ce que chacun de nous est  : homme ou femme.

Le saint, une humanité accomplie : donc on se rapproche la sainteté avec l’humanité, c'està-dire, il n’ya pas de saint sans la personne humaine ou, pour employer les paroles de st. Thomas, « la Grâce suppose la Nature ». S. Paul, dans la Première Lettre aux Thessaloniciens (5,23) définit l’être humain unité d’Esprit, âme et corps …et c’est vrai ! Nous sommes corps : notre corps est ce qui est dans l’espace et dans le temps, moyen de relation, communication, expérience du monde extérieur. Nous sommes aussi âme : notre ego, notre vie intérieure qui est au-delà de l’espace et du temps ; cette âme est nourrie par l’expérience et lorsque il manque de l’harmonie entre l’intelligence et le cœur elle tombe malade.

Nous sommes aussi esprit : l’esprit est notre rapport avec la transcendance, avec Dieu  ; il nous donne la conscience d’être des créatures , d’avoir des limites, mais aussi certitude d’être enfants du Très Haut et d’être aimés  par Lui; donc l’esprit permet la recherche de Dieu, par chaque être humain, et la relation avec Lui. Et voilà, en conséquence on reconnaît que l’être humain, crée à l’image de Dieu, se réalise en devenant saint à partir de tout son être : esprit, âme et corps.

Comment est-ce-que un saint réalise son humanité ? (la question habituelle étant  : comment l’homme peut-il devenir saint ?) on peut penser à l’humanité de tous les saints qui ont changé l’histoire par des gestes très simples et petits. Mais le Saint par excellence est Jésus le Christ lui-même, le Dieu fait homme qui a choisi de vivre son humanité jusqu’au bout. Les Apôtres, avant de connaître le Christ, le Messie, ils ont connu l’homme Jésus, Joshua, ils ont été touchés par sa personnalité authentique, par ses attitudes, par sa voix, par son regard  ; au cours des temps, graduellement, grâce à l’Esprit Saint, ils ont reconnu dans l’homme, Dieu.

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Chaque année le Mouvement Pro Sanctitate propose un thème de réflexion pour approfondir les différentes dimensions de la sainteté.

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On peut, alors, comprendre non seulement que l’humanité de Jésus nous mène à sa divinité mais aussi que sa divinité nous ouvre la vie pour notre humanité accomplie. Il est notre modèle, l’accueillir signifie nous approcher toujours davantage de notre vérité. Donc la proposition que le Christianisme fait à l’humanité n’est pas un idéal fondé sur un principe théologique ou éthique mais elle est une personne, l’histoire réelle d’un homme, Jésus le Christ, en qui Dieu explique à l’humanité le sens de l’être humaine.

Jésus est celui que Dieu a choisi (Lc 9,35), le Fils bien-aimé (Mc 9,7) pour être "exemple d’humanité ".

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L’être humain trouve en Jésus son projet de vie et la raison pour grandir, pour se réaliser dans l’intime et libre relation d’Amour avec le Père, le Fils et les frères.

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Enfin il faudra expliquer quelle devrait être l’attitude intérieure de l’être humain appelé à la sainteté mais interrogeons le serviteur de Dieu Jean Paul II, lorsque il a employé des paroles sublimes, sur le sujet, dans la Veritatis Splendor (n. 8): Il convient que l'homme d'aujourd'hui se tourne de nouveau vers le Christ pour recevoir de lui la réponse sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Le Christ est le Maître, le Ressuscité qui a en lui la vie et qui est toujours présent dans son Eglise et dans le monde. Il ouvre aux fidèles le livre des Ecritures et, en révélant pleinement la volonté du Père, il enseigne la vérité sur l'agir moral. A la source et au sommet de l'économie du salut, le Christ, Alpha et Oméga de l'histoire humaine (cf. Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22, 13), révèle la condition de l'homme et sa vocation intégrale. C'est pourquoi « l'homme qui veut se comprendre lui-même jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ.


Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son être, il doit " s'approprier " et assimiler toute la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver luimême. S'il laisse ce processus se réaliser profondément en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond émerveillement pour luimême » . Sonia Chiavaroli et Stefania Castelli Pour approfondir : E. SCHILLEBEECKX, Jésus, Parabole de Dieu-Paradigme de l ‘homme, en Savoir, faire, espérer: les limites de la raison. Bruxelles 1976

G. BESSIERE, Jésus, homme libre, en «La Vie Spirituelle» 122

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(1970)

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Le bienheureux John Henry Newman  et la beauté de la sainteté

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Le bienheureux John Henry Newman est né à Londres, en 1801, dans une famille anglicane. Professeur à Oxford, il y était également curé de la paroisse universitaire St Mary. Passé à l’église catholique en 1845, il va fonder, quelques années plus tard, l’Oratoire de SaintPhilippe Neri en Angleterre, dans la ville de Birmingham. Il y mourra à 89 ans, créé entre temps cardinal par le pape Léon XIII.

Newman laisse derrière lui une œuvre impressionnante, aussi bien pour sa valeur théologique que spirituelle, historique ou littéraire. Il fut, en particulier, un grand prédicateur. Très vite, ses sermons ont d’ailleurs fait l’objet de publications qui ont connu, déjà de son vivant, une large audience. Un thème, en particulier, se dégage de sa prédication : l’appel à la sainteté.

L’appel à la sainteté Pour Newman, comme pour la foi catholique, la sainteté du chrétien est d’abord réponse à un appel : celui du Christ qui, comme dans le cas de Paul sur le chemin de Damas ou des apôtres dans l’évangile, invite à tout quitter pour le suivre. Toutefois, contrairement aux apôtres, l’appel n’est plus celui du Jésus terrestre parcourant la Palestine. Sa voix ne se fait pourtant pas moins entendre


L’imitation du Christ Le Christ est donc, à la fois, celui qui nous donne d’être saint et le modèle de la sainteté dans les circonstances diverses de la vie. L’imitation du Christ implique, en particulier, le renoncement quotidien. «  Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive9  » dit Jésus dans l’évangile. 8 J. H. Newman, Sermons paroissiaux. Vol. 4, Paris, Cerf, 1996, p. 145-146. 9 Lc 9, 23.

Cette insistance de Jésus sur le renoncement quotidien montre que l’obéissance du chrétien ne se limite pas seulement à quelques actions d’éclat, mais se manifeste dans les petites choses de la vie de chaque jour  : «  C’est pourquoi prendre la croix du Christ n’est pas une grande action accomplie une fois pour toutes  ; cela consiste dans la pratique continuelle de petites obligations qui nous répugnent10.  » Le renoncement quotidien «  peut être considéré comme le critère qui nous fait discerner si nous sommes les disciples du Christ  : si nous vivons dans un pur rêve, que nous confondons avec la foi et l’obéissance chrétiennes ou si nous sommes éveillés vraiment et pour de bon, vivant, cheminant en plein jour sur la route du ciel11. » Nous savons pourtant bien, par expérience, que le renoncement auquel nous appelle le Christ ne peut reposer sur nos seules forces. Il se fait grâce à Dieu, qui nous donne la volonté et la force. L’œuvre de l’Esprit Saint, en particulier, contribue à édifier l’homme intégral dans la foi et la sainteté et l’amène ainsi à obéir à Dieu. Car, en définitive, c’est la présence de l’Esprit Saint qui rend le croyant saint devant Dieu et capable d’accomplir des actes de sainteté.

10 J. H. Newman, Sermons paroissiaux. Vol. 1, Paris, Cerf, 1993, p. 84. 11 J. H. Newman, Sermons paroissiaux. Vol. 4, p. 18.

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aujourd’hui qu’hier. Elle passe par la lecture de l’Écriture, par la rencontre d’une personne qui devient pour nous l’instrument de Dieu, par les appels de la conscience ou, encore, par les événements heureux ou malheureux de la vie, pour autant qu’il soient accueillis dans la foi et la disponibilité du cœur. Parce qu’elle est réponse à un appel, nous comprenons que la sainteté n’est pas d’abord une affaire de performance, mais bien de promptitude à obéir à la volonté de Dieu. Plus que la multiplication de bonnes actions, elle est donc, selon Newman, un état d’esprit  : celui du croyant qui aime Dieu et cherche à lui obéir. Le saint «  met en avant, comme unique but de sa vie, le souci de plaire et d’obéir à Dieu ; toujours il cherche à soumettre sa volonté à celle de Dieu ; il poursuit avec ardeur la sainteté  ; il s’efforce habituellement de ressembler de son mieux au Christ en toutes choses8. »

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La croissance dans la sainteté

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La motion de l’Esprit ne dispense toutefois pas de l’effort de l’obéissance. Car si le disciple n’obéit pas sans le secours de la grâce, c’est en vain qu’il reçoit la grâce sans obéissance. La sainteté demande donc conversion, croissance, progression, persévérance, labeur, combat... Elle est comme une semence enfouie en nous au jour de notre baptême, même si le combat entre l’homme nouveau et le vieil homme n’est jamais achevé sur cette terre  : « une semence de vérité et de sainteté a été déposée en nous, une loi nouvelle introduite dans notre nature  ; mais nous avons toujours à maîtriser cette ancienne nature, ’le vieil homme qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes’ [Ep 4, 22].

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C’est dire que tout au long de notre vie, nous avons un labeur à accomplir, un combat à mener. Il nous faut maîtriser et dominer tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons, rejetant tout désordre et toute insubordination, enseignant et imprimant à chaque partie de notre âme et de notre corps la place qu’elle doit tenir, ainsi que son devoir, jusqu’à ce que nous appartenions complètement au Christ par notre volonté, nos affections et notre raison, ainsi que nous le professons12. » 12 J. H. Newman, Sermons paroissiaux. Vol. 5, Paris, Cerf, 2000, p. 291.

La sainteté n’est jamais acquise mais demande labeur et persévérance. Sans se lasser, le Christ nous y appelle et donne sa grâce pour l’accomplir : « nous ne sommes pas appelés une fois seulement, mais de nombreuses fois  : tout au long de notre vie le Christ nous appelle. Il nous a appelés pour la première fois dans le baptême, mais Il a ensuite continué à le faire ; que nous obéissions ou non à Sa voix, Il nous appelle encore par l’effet de Sa grâce. Si nous sommes indignes de notre baptême, Il nous appelle au repentir  ; si nous nous efforçons d’accomplir notre vocation, Il nous appelle de grâce en grâce, et de sainteté en sainteté13 . » Si la sainteté est bien le fruit de patients efforts et de petits actes au quotidien, avec le temps toutefois, elle demande de moins en moins d’efforts et de travail sur soi. Car elle devient comme une habitude, au fur et à mesure que l’Esprit devient souverain en nous. Nous n’agissons alors plus seulement par principe, nous agissons par amour.

La charité Au cœur de la sainteté, il y a donc la charité. Car seul l’amour est capable de nous rendre digne de nous présenter devant Dieu dans l’audelà  : «  La seule qualification qui puisse nous servir pour le ciel est l’amour de Dieu. (...) 13 J. H. Newman, Sermons paroissiaux. Vol. 7, Paris, Cerf, 2007, p. 113.


C’est cet amour qui change notre être tout entier, c’est lui qui nous fait vivre, c’est lui qui nous fait croître dans la grâce et abonder en bonnes œuvres, c’est lui qui nous rend propres à la présence de Dieu dans l’au-delà. » L’amour est l’unique nécessaire. Newman refuse donc tout moralisme. Car il est possible d’obéir par obligation, par une sorte d’acquit de conscience ou pour se conformer à une loi extérieure, mais sans amour pour Dieu et pour l’homme. Il ne suffit toutefois pas d’obéir, il faut obéir dans la crainte filiale et l’amour de Dieu. Sinon, croyant vivre dans l’obéissance, nous ne cherchons, en fait, qu’à plaire à nous-mêmes et au monde, sans prêter réellement attention à l’appel de Dieu. Dans ce cas, nous satisfaisons peut-être nos désirs égoïstes, mais nous passons à côté de la vraie joie et de la beauté de la sainteté.

beauté à découvrir et à demander, comme John Henri Newman  le suggérait à ses paroissiens d’Oxford et nous y invite encore aujourd’hui : « Prions Dieu de nous donner toutes les grâces et, tandis que nous le prions en premier lieu de nous rendre saints, prions-le aussi de nous donner la beauté de la sainteté, qui est faite de tendre et ardente affection envers Notre Seigneur et Sauveur - dans le cas du chrétien, c’est là ce qu’est la beauté physique dans le domaine de l’apparence - de sorte que, par la miséricorde de Dieu, nos âmes puissent être pourvues non seulement de force et de santé mais encore d’une sorte d’épanouissement et de charme et qu’à mesure que nos corps vieillissent nous puissions, par l’esprit, devenir d’année en année plus jeunes. » Luc Terlinden

Newman souligne encore deux attraits de la sainteté, souvent peu mis en valeur dans l’opinion commune : sa joie et sa beauté. L’adage est connu : « Un saint triste est un triste saint  ». Les vrais saints témoignent pourtant que la pratique religieuse n’est pas une chose ennuyeuse et triste. Au contraire, la sainteté est source d’une vie intense et joyeuse ! Mais la sainteté n’est pas seulement joyeuse, elle est aussi belle. Une

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La joie et la beauté de la sainteté

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Une mission qui nous incombe à tous! Un appel.

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Quand le Pape Jean-Paul II vint pour la première fois en Belgique, c’était en mai 1985, il a préconisé pour nos régions une “nouvelle évangélisation”.

Cet appel a étonné et laissé perplexe. Nos régions n’ont-elles pas été évangélisées voilà plus de 10 siècles? Que voulait dire exactement le pape? Cette intuition, Jean-Paul II l’avait déjà exprimée deux ans plus tôt. Et ultérieurement, il précisa sa pensée: “Une nouvelle évangélisation”, c’est à dire une évangélisation nouvelle dans son ardeur, nouvelle dans ses méthodes et nouvelle dans son expression. Déjà, avant lui, les plus hautes autorités de l’Eglise s’étaient préoccupées de l’Evangélisation: dix ans après le concile Vatican II, Paul VI avait convoqué un synode ayant pour thème “L’Evangélisation”. Suite à ce synode, ce même pape publia l’exhortation apostolique “Evangelii Nuntiandi”, un texte remarquable qui reste encore aujourd’hui un texte de référence. Nos évêques, aussi, ont répété le même appel à plusieurs reprises; en témoigne entre autres leur publication en mai 2003 “Envoyés pour annoncer”.


A qui s’adresse cet appel? A toute l’Eglise! A chacun d’entre nous!

Mais qu’est-ce l’Evangélisation? Paul VI dans son exhortation “Evangelii Nuntiandi” s’explique: “Evangéliser, pour l’Eglise, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’humanité et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même”. Cela peut se faire d’une double façon. L’Eglise continuellement évangélise les croyants. Nous tous avons besoin d’être remis continuellement en contact avec l’Evangile. L’Eglise le fait abondamment, dans sa catéchèse, dans sa prédication, dans sa liturgie. Cependant, l’appel qui nous est adressé aujourd’hui est autre. Si depuis toujours, nos églises évangélisent “ad intra” c’est à dire à l’intérieur, aujourd’hui, elle est appelée plus que jamais à évangéliser

“ad extra”, c’est à dire en portant la Bonne Nouvelle à ceux qui sont hors de l’Eglise. Nous sommes tous bien conscients que dans nos régions la pratique… et même la foi se sont érodés. Le nombre de pratiquants s’est effondré dans nos régions de manière spectaculaire. Bien que beaucoup de nos contemporains cherchent un supplément d’âme, la grande majorité s’est éloignée de l’Evangile, ou n’en a toujours pas perçu la saveur de vie. Ce deuxième type d’évangélisation consiste à transmettre l’évangile de telle façon que celui qui l’entend soit mis en chemin de conversion, c’est à dire vers une rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus et établisse avec lui une relation vivante et vitale de confiance et d’amour. Bien sûr, cette rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus, nous ne pouvons pas la produire par nos forces humaines; seul l’Esprit Saint peut la réaliser. Alors, si c’est seul l’Esprit qui peut provoquer une telle rencontre, une question se pose: Et nous, qu’avons nous à faire?

Qu’avons-nous à faire? Avant tout, il y a le travail de fond à réaliser dans l’Eglise qui touche à un double changement de mentalité. Bien des chrétiens restent captifs d’une mentalité désormais dépassée. Nos générations précédentes ont vécu

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Ainsi, le Pape, nos évêques nous appellent à l’Evangélisation! En fait leurs appels ne font que relayer celui de Jésus lui-même. Nous le trouvons exprimé entre autres en Mc 16,15 “Allez dans le monde entier et annoncez la Bonne Nouvelle” et encore en Jn20,21 “Comme le Père m’a envoyé… moi aussi je vous envoie”.

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dans une société où la vie chrétienne avait sa place et où les structures de l’Eglise “fonctionnaient”. On naissait dans une famille chrétienne qui avait le souci de la sacramentalisation, on recevait le catéchisme à l’école… Dans cet esprit, il y avait peu de place pour une évangélisation “ad extra”. On insistait surtout sur la responsabilité à “bien vivre sa vie chrétienne”.

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Cette mentalité, encore quelque peu tributaire de la période de la chrétienté, marque encore beaucoup de croyants. On est donc peu éveillé à la nouveauté de la situation de l’Eglise. Dans nos régions, cela n’est un secret pour personne, la pratique s’est effondrée en quelques dizaines d’années. Le nombre de croyants s’est fortement réduit à tel point que ceux-ci deviennent minoritaires. Bien que beaucoup de nos concitoyens cherchent un supplément d’âme, la grande majorité de ceux-ci s’est éloignée de l’Evangile ou n’en a toujours pas perçu la saveur de vie.

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Un changement de mentalité doit donc se faire dans nos églises et les esprits des croyants. L’Appel de l’Esprit, aujourd’hui à nos églises est d’annoncer l’Evangile au Monde. Nos églises sont appelées à être des églises évangélisatrices. Cette dimension d’évangélisation qui fut mise en sourdine fait pourtant toujours partie intégrante de tout vie chrétienne authentique.

Il y a encore une deuxième mentalité à développer dans l’Eglise: une mentalité d’accueil. Toutes nos communautés devraient devenir des communautés d’accueil pour tous ceux qui cherchent, parfois encore à tâtons. Sans doute, nos mentalités ont été marquées par l’accentuation moralisante de la foi. La morale, évidemmebnt, est partie intégrante et essentielle à notre foi. Mais cette recentration risque que nous ne soyons pas assez ouverts à la progressivité d’un cheminement et aux frères et soeurs quinne peuvent (pas encore) vivre l’entièreté des exigences chrétiennes. Cette conversion à l’accueil devra aussi créer les structures d’accueil indispensables et encore trop peu présentes en nos églises pour tous ceux qui en sont “au début du chemin”. Voilà une première chose à faire: un changement de mentalité… une conversion. Cela concerne toutes nos églises, mais cela nous concerne aussi personnellement! L’appel à l’Evangélisation nous concerne aussi dans notre vie toute personnelle. Sans vouloir être exhaustif, en voici quelques éléments. D’abord, ce qu’on attend de tout chrétien, c’est qu’il le soot vraiment… et en tout. Rien n’est aussi puissant que le témoignage de vie. Nous sommes appelés à vivre dans le monde mais comme le dit l’Evangils sans être du monde. Cela veut dire


L’annonce de l’Evangile peut aussi prendre d’autres formes. La forme la plus expressive de cette annonce est ce qu’on appelle “l’annonce kerygmatique”! Elle consiste à transmettre la bonne nouvelle d’une manière synthétique, percutante de telle façon que celui qui l’entend est interpelé personnellement et soit mis en chemin de conversion, c’est à dire vers une rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus et établisse avec lui une relation vivante et vitale de confiance et d’amour. Une telle parole interpellante… brise la coque d’indifférence pour mettre la personne devant ses responsabilités. Cela aussi nous devons oser le faire, dans le respect de la liberté de l’autre et avec beaucoup de charité. Quand on a trouvé un grand trésor, on aimerait évidemment que d’autres aussi puissent en jouir. Ce n’est là que charité! Donc la seconde chose à quoi nous appelle l’Evangélisation, c’est d’oser parler de sa foi, de la dire. Cela peut se faire à de nombreuses occasions… demandons à l’Esprit de ne pas les rater. Peut-être n’avons-nous pas été habitués à cela… Pourtant cela peut être une source de grandes grâces pour celui qui parle et celui qui l’entend.

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que le chrétien ne vit pas de la hiérarchie des valeurs mondaines; il vit selon l’Evangile. Pour un chrétien, une expression comme “Mais, tout le monde le fait” est à proscrire… Nous ne sommes pas à la traîne du monde, mais nous suivons Jésus Christ! Cela suppose évidemment que nous connaissions les données de notre foi et que nous acceptions dans certains cas d’être “différents”! Rien n’est plus fort que le témoignage de vie. Au plus nous serons “saints” au plus notre témoignage se fera éloquent et conquérant. Au plus notre vie sera pure incarnation de l’Evangile, au plus elle sera “évangélisatrice”. Bien souvent ce sera ,notre comportement qui conduira à cette seconde exigence que nous rappelle l’appel à l’Evangélisation: une parole. Car certaines personnes nous poseront la question “pourquoi fais-tu cela?” Alors la porte sera ouverte pour le témoignage non plus par l’agir mais par la parole. C’est donc la seconde chose qu’on attend du croyant, c’est qu’il témoigne en parole. Qu’il annonce l’Evangile qui l’inspire et le fait vivre. Il ne s’agit pas ici, de donner un cours, ou de s’embarquer dans de grandes discussions. Il s’agit en un premier temps de dire ce que l’on vit, ce qui nous anime. Il est bon de pouvoir dire ce que l’amitié avec Jésus, notre relation à Dieu, nous apporte; combien elle est un soutien et ce qu’elle nous donne de vivre et de découvrir. Cela est un témoignage… et cela est inattaquable! C’est ce que je vis!

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Encore un élément indispensable à l’Evangélisation: l’intercession. Nous pourrions faire nôtre ce slogan: “Pas d’évangélisation sans intercession”. De quoi s’agit-il? Nous disions un peu plus haut que l’espoir qui nous anime c’est que finalement notre auditeur fasse une rencontre personnelle avec Jésus-Christ et établisse avec lui une relation d’amour et de confiance. Cette rencontre, l’établissement d’une telle relation, nous ne pouvons le lui donner. Seul l’Esprit Saint peut en être l’auteur. Si nous ne pouvons pas le donner nous-même, nous pouvons cependant obtenir cette action de l’Esprit.

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De deux manières.

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Par notre foi. Quand nous annonçons la Parole, nous sommes invités à le faire dans une grande foi et une grande espérance en l’Esprit Saint. Si nousmêmes sommes habités par ce même Esprit, nos paroles seront d’autant plus porteuses. La seconde manière d’obtenir cette action de l’Esprit, c’est de prier, de la demander avec persévérance et insistance dans notre prière personnelle.

Saint Paul, qui était un grand évangélisateur a fait une expérience qui doit nous aider. Il a fait cette découverte que l’action de Dieu était bien plus forte et plus puissante quand il se sentait personnellement faible… et fragile. C’est sans doute alors, que l’on ne se fie plus à son propre savoir faire et que l’on met toute sa confiance en Dieu seul! Sans doute, l’on pourrait dire encore beaucoup de choses sur l’Evangélisation… et de très belles. Mais ces lignes, simplement, voulaient vous transmettre un appel. Il vient de Jésus Christ et est relayé par l’Eglise. A chacun de nous de voir comment y répondre. Pour conclure, voici un conseil. Dans votre prière du matin, dites au Seigneur… “Seigneur, si tu veux qu’aujourd’hui je parle de toi à quelqu’un, me voici… Donne n’en l’occasion.” Ensuite, regardez bien. Car il se passera des choses! Jean Simonart. N.B. Actuellement en Eglises certains chemins d’Evangélisation ont pris forme. Cfr. Ecole Jean-Paul II qui donne des weekends de sensibilisation et de formation. Tél. 02/ 720 78 10 Les Cours Alpha M.G.Bouchez Tél. 0476 60 27 80


Recension Le prêtre est canal et instrument pour le Christ, source de vie; il s'attache au Christ et éprouve une passion pour l'Eglise, la tete  et les membres. Une bonne part de la joie du prêtre est intérieure: joie de la prière et du recueillement et  joie de la liberté évangélique. Le prêtre est bâtisseur de  ponts ,affronte   des questions nouvelles et difficiles, "au déboisement de la mémoire chrétienne  ". A ces souffrances s'ajoute qu'il " porte    un trésor, le sacerdoce, en des vases d'argile".

Il existe plus d'un essai de synthèse théologique du sacerdoce ministériel. Certains considèrent le prêtre surtout  partir du service  de la parole, d'autres partent du service eucharistique, d’autres encore voient d'abord dans le prêtre l'ouvrier et le garant de l'unité, d'autres encore disent: le prêtre est l'homme du mystère, de la communion et de

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"Messagers de la joie" est un petit livre qui contient une trentaine de courts chapîtres pour commenter: Prêtres, qui sommes-nous? Messagers de la joie car nous sommes joyeux dans notre vocation, passionnés du Christ ce qui se manifeste avant tout dans la célébration de l'Eucharistie, prolongée dans l'Adoration.

La source et la racine du sacerdoce résident dans le Christ qui appelle et qui envoie. Le prêtre est l'envoyé du Christ pour une mission tout à fait propre. Il accomplit le sacerdoce ministériel dans l'Eglise qui n'entre pas en concurrence avec le sacerdoce baptismal des fideles. Il faut penser en termes d'"inclusion".

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la mission. Un fil rouge parcourt cependant toutes ces synthèses théologiques : le prêtre est celui qui rend possible  que, de manière visible et audible, le Christ  lui-même continue a l'intérieur de son Eglise a parler ( prêcher est plus que savoir parler), a sanctifier (célébrant plus qu'animateur) et a conduire les siens en bon berger (pasteur plus que chef ).     

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            Il y a moins de prêtres et ils prennent de l'âge. L'inquiétude est de mise mais pas la panique. Y a-t-il des voies alternatives? Quoi qu'il en soit nous avons besoin de prêtres. La pastorale des vocations doit être intensive et nécessite une conception juste de ce qu'est le prêtre. Le prêtre doit aimer l'Eglise telle qu'elle est. Son propre bonheur est a ce prix. Pas mal de fideles sont persuades    que c'est seulement en œuvrant a l'intérieur de l'Eglise qu'on collabore vraiment a l'édification du Royaume. Ce n'est pas exact. Le Royaume de Dieu grandit d'abord du dehors, au milieu du monde (apostolat séculier). Ensuite seulement viennent les taches al’ intérieur de l'Eglise.

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Dans un petit chapitre "Célibataires a cause des Cieux" le Cardinal présente le sens fondamental du célibat qui est une affaire d'amour. Il constate aussi que notre Eglise deviendra une Eglise pauvre en moyens cela ne ravira pas la joie, au contraire, elle sera doublée. Les prêtres veulent être des messagers de la joie !  

Messagers de la joie Prêtes, qui sommes-nous?  Cardinal Godfried Danneeels Editions Fidelite 2O1O 97 pages richement illustrées en couleurs


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Sanctifier Octobre 2010