Du Metal à lire : l’ultime épisode...

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Du même auteur :

VIOLENT INSTINCT RED ROOTS

Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de ce livre ou de quelque citation que ce soit sous n’importe quelle forme. Cet ouvrage est une fiction. Toute référence à des évènements historiques, des personnes réelles ou des lieux réels cités n’ont d’autre existence que fictive. Tous les noms, personnages, lieux ou évènements sont le produit de l’imagination de l’auteur, et toute ressemblance avec des personnes, des évènements ou des lieux existants ou ayant existé, ne peut être que fortuite.

Copyright @ Saad Jones 2022 La couverture de ce roman est un cocréation Saad Jones / Art Dot tatouage. La photo en quatrième de couverture est l’œuvre du l’artiste photographe français Colin Du Mont.



A Phyllis et Aunetta…


PROLOGUE

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SCREAMING FOR VENGEANCE La paix. Marie voulait la paix. Entrée dans cette chambre sur la pointe des pieds, la jeune femme avait posé son sac de voyage près du lit et tiré les rideaux. Dans un coin, à la même place que d’habitude, elle avait trouvé une chaise et, sans faire devantlalaporte, porte,son sondossier dossierbloquant bloquantlalapoignée. poignée. de bruit, l’avait placéedevant Marie avait besoin de retrouver son amant. Lentement, la Libanaise ôta ses chaussures et fit quelques pas de chatte en direction du lit, déboutonnant tranquillement son chemisier pour dévoiler sa poitrine et, sous ses seins délicats, l’hideuse cicatrice boursoufflée qui marquait son ventre. Lentement, elle repoussa la couverture et découvrit le torse de son amour maudit. Sous le coton, Tilio semblait dormir paisiblement, la tête penchée sur le côté, ses mèches blondes lui glissant sur les joues. Le chanteur était encore beau, et le coma dans lequel il était plongé n’avait que peu altéré ses traits fins. Cela faisait déjà dix ans que Marie souffrait auprès de cet homme enfermé dans une prison de chair dont elle voulait le faire évader à tout prix, s’acharnant chaque jour pour stimuler son corps meurtri et percer le voile couvrant ses yeux, si bleus. Marie et Tilio ne s’étaient aimés que quelques semaines mais elle n’avait jamais pu l’abandonner, comme elle n’avait jamais pu oublier celui qui les avait séparés. Chaque jour qu’un Dieu avait fait, pendant une longue décennie, la jeune femme avait dégluti sa rage, rentré sa haine dans les confins de son âme pour se consacrer à son devoir. Longtemps, elle avait cru que leur bourreau ne serait jamais puni : Zafer était mort et sa vengeance impossible.

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Et puis, un jour, Lia était apparue. Telle une étincelle ravivant ses douleurs et ses espoirs, la jeune Malgache avait ouvert une brèche, et Marie s’y était engouffrée. Nue, la jeune femme se blottit contre son amant dans de doux gestes félins, l’enveloppant de ses bras et de ses jambes pour ne perdre aucune parcelle de sa peau. Posant son oreille sur son cœur lent et faible, elle soupira. Ce soir, Marie voulait la paix et seul Tilio pouvait la lui apporter. Ce soir, c’était elle qui réclamait du réconfort, une étreinte, de l’intimité, un contact charnel pour apaiser ses craintes et oublier le son du cuir qui se déchire. Ce soir, Marie attendait de Tilio qu’il lui offre un peu de l’humanité qu’elle avait perdue, car elle avait succombé : Marie avait tué un autre être humain. \,,/

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PREMIERE PARTIE

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