Red Roots, du Metal à lire... la suite

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Par l'auteur de


A tous les Zakas… PROLOGUE (en lecture gratuite)


JEG FALLER De l’eau, Que d’eau… De l’eau terreuse, sale, opaque, chargée de sédiments et de poussières, une eau loin de la mer, mais qui dans ma bouche laisse un goût salé et piquant. Devant moi, mes doigts glissent sur le quai visqueux, mes ongles raclent des couches d’algues et arrachent des morceaux de pierre. Je ne contrôle plus mes bras ; ils paniquent et gesticulent, sans savoir dans quelle direction propulser mon corps qui se noie. Mes membres s’engourdissent, mes vêtements se gonflent quand mes poumons se remplissent. La fraicheur de l’eau me pénètre et m’alourdit. Je tombe. Sous mes pieds, le fond est loin mais la mort est proche. Elle m’invite à la suivre, à me laisser aller sur le sable et m’y reposer. Pourtant mon être entier s’y refuse, car ce n’est pas mon choix, ce n’est pas mon destin, et parce que seuls dix centimètres me séparent de la surface d’où jaillit une lumière irréelle. Sans cette bottine qui m’écrase le crâne, je pourrais me relever et remonter vers la vie. Mais elle pousse la salope, et je sens les rainures de sa semelle me labourer le cuir chevelu comme on écrase une clope dans un cendrier. Dans mon dos, l’autre rive. Y es-tu parvenue mon amour, ou as-tu sombré toi aussi dans ces abîmes ? Me pardonnes-tu ? Je t’ai haï mon amour, comme on maudit une partie de soi, comme on rejette des sentiments qui font souffrir, mais malgré cela je n’ai qu’un souhait, même si c’est le dernier : Que toi, tu survives. \,,/

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